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L’effervescence footballistique des derniers mois a balayé un évènement remarquable : Vincent Péricard a raccroché les crampons.

Fin février, celui que les médias anglais aiment à présenter comme un « ex Juventus striker » a dit stop. Basta. A seulement 29 ans. Ou plutôt c’est son club de Havant & Waterlooville (mini cylindrée de D6 anglaise) qui l’aurait envoyé à la retraite anticipée en décidant, fin décembre 2011, de ne pas prolonger son contrat de trois mois. Une fin brutale pour un chasseur de buts qui fit jadis rêver dans certaines chaumières reculées de l’Angleterre profonde.

Suite de la première partie.

Stoke, le début de la fin

Saison 2008-2009. Sans réel avenir dans un Stoke City monté en Premier League, Vince en est réduit à jouer les bouche-trous en Coupe de la Ligue plusieurs mois durant. Puis l’espoir renaît soudain mi décembre : il intègre enfin l’effectif de Premier League. Il figure sur la teamsheet pour quatre matchs de championnat (dont trois sur le banc) mais peine à retrouver son mojo. Le 20 décembre, contre Blackburn, il est titularisé mais sa piètre prestation lui fait regagner le banc à l’heure de jeu (ici).

Le 20 février 2009, il est prêté aux Lions de Millwall (D3) pour trois mois. En mars, une énième blessure (tendon d’Achille) limite son séjour londonien à deux matchs. Fatalement, après l’avoir fait sortir de prison en octobre 2007, Stoke City le libère pour de bon en juin 2009.

Pour la première fois de sa carrière, Vince se retrouve sans contrat. Il gamberge et se demande s’il reverra un jour l’élite, surtout que les essais estivaux avec des clubs de D2 s’avèrent infructueux. Qu’importe où on l’annonce, comme ici à Cardiff City, le label glamour d’ancien « avant-centre de la Juventus » lui colle à la peau comme un tatouage devenu oppressant. Cependant, dans un coin singulier du Royaume, sa cote est au zénith…

Carlisle, ville maudite

Scène de rue typique à Carlisle

Scène de rue typique à Carlisle

Début octobre 2009, Vince, au chômage depuis trois mois, est contacté par Carlisle United, modeste club de D3, essentiellement connu pour son ancien propriétaire, Michael Knighton, un excentrique d’obédience kachkarienne. L’ex prof de sport, après avoir bien failli racheter Manchester United en 1989 au bluff (pour 20 millions de £ seulement !), avait finalement jeté son dévolu sur Carlisle United à grand renfort de promesses délirantes (« Nous retrouverons l’élite d’ici dix ans » - Carlisle connut jadis une saison solitaire en D1, 1974-75).

Le contrat n’est que de trois mois et le club est relégable. Le deal n’emballe guère Vince et il hésite. Il faut dire que l’endroit a de quoi rebuter. Carlisle, ville moche de soixante-dix mille habitants d’où partit la fièvre aphteuse et qui fait souvent l’actualité pour ses inondations, se situe aux confins embrumés de l’Angleterre et de l’Écosse. Il y a bien un semblant de château-fort mais il a été largement pillé. A trente kilomètres de là se trouve le site de la tragédie de Lockerbie (270 victimes). Extrait du wiki français sur Carlisle :

« Alcoolisme, hooliganisme et comportement antisocial sont les symptômes qui frappent Carlisle et la région, en proie à une crise identitaire urbaine post-industrielle. [...] Selon la légende, la ville serait sous l’influence d’une malédiction. »

Bref, le coin maudit par excellence (le Guide du Routard confirme). Notre Vince national se risquera-t-il à aggraver crise et calamité en signant chez les Cumbrians ?

Les routiers sont sympas mais barjots

Carlisle a cependant un atout, des plus tordus évidemment : la cité a enfanté le Stobart Group, aujourd’hui l’une des plus grosses entreprises de transport et logistique d’Europe (5 500 employés, 2 500 camions, 500M £ de chiffre d’affaires). Un patrimoine routier qui, fatalement, a dérapé sur l’invention d’un hobby unique au monde : le lorry-spotting.

Ce navrant divertissement consiste à rester perché sur les ponts autoroutiers le week-end pour enregistrer expressément plaques d’immatriculation et caractéristiques de centaines de camions. De préférence des Stobart et Norbert Dentressangle dernier cri, ça compte double. Le nec plus ultra est de filmer les bahuts au dépôt, comme un hydrologue va débusquer la rivière à sa source (voir clips si ça vous chante, ici et ici). Le spotter atteint son nirvana en entrant ses données vitales sur Internet. Probablement le passe-temps le plus crétin jamais inventé.

Il faut dire qu’à Carlisle, la gamme des loisirs est limitée. Soit on s’adonne au comptage machinal des camions, soit on se consacre à l’autre hobby du coin : l’étude de la pluviométrie. Les pauvres Carlislois (?) se prennent 1 300 mm de flotte par an sur leur parapluie en titane. Une goutte d’eau comparée aux chiffres des vallées du Lake District tout proche : jusqu’à 4 500 mm l’an (en bas darticle).

Vince, acculé, n’a de toute manière pas le choix et, le 13 octobre 2009, il signe des deux mains frigorifiées dans la Mecque du camionneur trempé.

Vince, à la BBC, fin 2009 : « Participer à la Coupe du Monde est quelque chose qui me fait rêver. C’est peut-être un rêve lointain mais si je travaille dur sur les mois qui viennent, qui sait ? »

Objectif : la Coupe du Monde 2010

Et Vince fait bonne pioche. Cette ambiance de poids-lourds turbo le requinque comme jamais. Dans son rôle de target man en duo avec le brouillard local qui désarçonne les défenses adverses, Vince carbure au nitrogène : six buts en onze matchs. Le club se hisse au milieu de tableau. La Vince-mania gagne toute la région et les gazettes locales en redemandent. Porté par son nouveau statut de cult hero, Vince s’enflamme un chouia et parle même de Coupe du Monde avec le Cameroun (en bas d’article) :

« Participer à la Coupe du Monde est quelque chose qui me fait rêver » déclare-t-il à la BBC, « C’est peut-être un rêve lointain mais si je travaille dur sur les mois qui viennent, qui sait ? »

Bercé par l’euphorie ambiante et l’ennui abrutissant, Vince clame aussi imprudemment son attachement à Carlisle (ici). Morceaux choisis :

« J’adore ma vie ici à Carlisle, malgré le mauvais temps et la pluie. [...] C’est génial ici, tout le monde est hyper sympa, j’ai le sourire aux lèvres en permanence et je me dis que j’ai vraiment bien fait de venir. [...] Après nos deux victoires d’affilée, l’ambiance est fantastique. Si on continue de la sorte, qui sait ce qui peut arriver. Si on avance soudé et on continue à bosser dur, je ne vois vraiment pas quelle équipe pourra nous arrêter. »

Une fois relancé, il ne s’éternise pas dans le coin

Sa foi dans le club et ses plongées lyriques dans un passé glorieux exacerbent les passions. Les supporters, envoûtés, sont éblouis de compter en leur sein ce digne ex coéquipier de Zidane et Del Piero. Vince leur renvoie l’ascenseur. Love is in the air. Il déclare au canard local (ici) :

« Le temps que j’ai passé avec Zinédine Zidane inspire toujours ma carrière. [...] Ici, à Carlisle, ce sont des vrais fans, pas des fans de luxe. Ils croient en l’équipe, ils chantent, et ils font tout pour que les joueurs se sentent vraiment spéciaux. Et c’est ce que veut tout footballeur : se sentir aimé. »

Ses exploits (dont ce spectaculaire but dans une belle purée de pois) ne passent pas inaperçus en Football League et Vince profite de la première occasion pour quitter ce Max Meynier-Land à la masse. Le mercato d’hiver arrivé, finies les déclarations d’amour enflammées pour son nouveau club et ses supporters tombés en adulation. Carlisle United fait le forcing pour le garder mais il rejette leurs multiples avances.

Le 14 janvier 2010, il signe pour un an et demi chez les Robins (rouges-gorges) de Swindon Town (D3), l’ancien club d’Ossie Ardiles et Glenn Hoddle. Swindon, la ville des ronds-points psychédéliques. Après les routiers dérangés et la mousson sauce british, Vince s’apprête à découvrir l’art du sens giratoire dégénéré.

A suivre…

Kevin Quigagne.

L’effervescence footballistique de ces derniers mois a balayé un évènement remarquable : Vincent Péricard a raccroché les crampons.

Fin février, celui que les médias anglais aiment à présenter comme un « ex Juventus striker » a dit stop. Basta. A seulement 29 ans. Ou plutôt c’est son club de Havant & Waterlooville (mini cylindrée de D6 anglaise) qui l’aurait envoyé à la retraite anticipée en décidant, fin décembre 2011, de ne pas prolonger son contrat de trois mois. Une fin brutale pour un chasseur de buts qui fit jadis rêver dans certaines chaumières reculées de l’Angleterre profonde.

Des débuts bioniques

Tout commence chez les Verts pour ce joueur d’origine camerounaise. Vince fait toute sa formation à Sainté et après deux matchs de Ligue 1 saison 1999-2000, la Juventus le kidnappe. L’effet Mondial 1998 joue à plein pour les mini-Bleuets et la formation à la française a la cote. Vince fait partie de cette génération de jeunes cadors français dont les clubs italiens raffolent soudain (citons Mickaël Sylvestre, Ousmane Dabo ou Jonathan Zébina).

C’est Carlo Ancelotti qui l’a repéré avec l’équipe de France des U18. A 17 ans et demi, Vince cotoie les Zidane, Thuram, Nedved et autre Trézéguet et en profite pour s’imprégner de l’ambiance d’un grand club auquel il semble promis.

Tous lui prédisent en effet un avenir d’extraterrestre, à la Steve Austin. A commencer par Julien Courbet qui est frappé d’une inspiration géniale en lui consacrant en 2000 un numéro choc, sobrement intitulé « Vincent Péricard, l’homme qui vaudra des milliards », dans son émission Les 7 péchés capitaux (voir Top 10 des Cahiers ici).

Toutefois, loin de déraciner les arbres, Vince doit se contenter de la réserve Bianconera pendant deux ans (et de trente minutes de Ligue des Champions contre Arsenal, en mars 2002). Chez les coiffeurs, il décoiffe - deux fois meilleur buteur - mais la concurrence est féroce. Dans une interview accordée à The Independent en novembre dernier, il revient sur son étourdissant séjour transalpin :

« Au début, je ne parlais pas italien et je ne connaissais personne.  [...] Zinédine Zidane était un ami et il m’arrivait de passer chez Edgar Davids pour croquer un morceau. Mon copain de chambrée, c’était Lilian Thuram. »

Été 2002, la Vieille Dame décide de le prêter au Portsmouth de Milan Mandaric, alors en D2. Le culture shock va être violent.

Vincent Péricard : « Même le manager, Harry Redknapp, disait Péricard ne sait pas jouer au foot »

When Harry meets Vince

L’intersaison n’augure rien de bon. Le manager de Portsmouth, Harry Redknapp, se demande ouvertement s’il a tiré le bon numéro (Vince avait, dit-on, impressionné Harry lors de ce Juventus-Arsenal). Plus tard, Vince déclarera :

« En arrivant à Portsmouth à l’intersaison, j’en ai bavé. Le choc des cultures a été terrible et ça m’a affecté. Même Harry disait “Péricard ne sait pas jouer au foot”, et c’est vrai que j’en touchais pas une les premières semaines. »

Entre deux coups de sang (savourez ce clip de 2002-03), Harry doit toutefois ravaler ses médisances car les débuts de Vince à Pompey sont fracassants, il fait notamment mouche lors de son premier match contre Nottingham Forest. Associé à Svetoslav Todorov (26 buts), Paul Merson (12), Yakubu et Steve Stone, Vince affolera les compteurs lors de cet exercice 2002-03, 9 pions. Puissant, technique, excellent dans la conservation du ballon, Vince impressionne.

Pompey finit largement premier (98 points) et retrouve l’élite quittée quinze ans auparavant. Été 2003, la Juventus le cède aux Anglais pour 400 000 £. L’avenir s’annonce des plus radieux.

Las ! Tout comme les emmerdes, les blessures vont arriver en escadrilles, principalement quadriceps et ligaments croisés. Entre le 13 décembre 2003 et le 13 août 2005, il ne dispute aucun match et révélera plus tard avoir sombré dans la dépression durant cette période (« Le médecin me prescrivait du Prozac mais franchement, je ne le recommande à personne ce truc. »).
Une fois la rééducation achevée, été 2005, il s’entraîne avec les internationaux camerounais en France, à l’occasion d’un match amical des Lions Indomptables.

Alain Perrin, le nouveau manager de Pompey, le juge toutefois encore un peu tendre pour la Premier League et, en septembre 2005, « Reggie » le prête pour trois mois à Sheffield United (D2). A son retour sur la côte sud, Perrin a péri et c’est son vieux pote Harry qu’il retrouve. Ce dernier ne sait trop quoi faire de lui et l’expédie chez les Pélerins (Pilgrims) de Plymouth (D2) en février 2006. A peine débarqué parmi les ancêtres du Mayflower, Vince claque un hat-trick mais sa pige Pilgrim sera plus un remake de « Vogue la galère » que de « L’île au trésor » (15 matchs, 4 buts).

Fin mai 2006, de retour dans un Portsmouth qui a frôlé la descente deux saisons d’affilée, Harry lui annonce qu’il veut monter un effectif bâti pour le milieu de tableau de Premier League. Exit Vince.

Nouveau départ avec passage par la case prison

Le 19 juin 2006, Stoke City (club ambitieux de D2) le recrute, pour trois ans et 15 000 £ de salaire mensuel. Tout comme à Portsmouth, ses débuts sont tonitruants (3 buts en 10 matchs). Puis commence une longue traversée du désert peu orthodoxe. D’octobre 2006 à mai 2007, il ne plante plus un pion (21 matchs). Les supporters lui reprochent une certaine lenteur et sa propension à tomber trop facilement.

Peu à peu, il est eclipsé par le déménageur Ricardo Fuller qui, lui, fait tomber les adversaires. Vince est cependant loin de se douter que sa méforme sportive va vite devenir le cadet de ses soucis. Fin août 2007, une banale infraction routière commise dix-huit mois plus tôt vient bouleverser sa vie.

Le 6 mars 2006, Vince s’était fait flasher près de Plymouth à 165 kilomètres/heure sur l’A38 (limitée à 112 km/h) au volant de sa Mercèdes. Le hic, c’est que Vince est un récidiviste des gros excès de vitesse.

Pour éviter les ennuis, il avait alors tenté de feinter la patrouille en déclarant que son beau-père, Jack, était au volant… Ce dernier, contacté par la police britannique, était tombé de haut. Et pour cause : Jack vit en France et n’avait pas mis les pieds en Angleterre depuis presque quatre ans !

Le 24 août 2007, le tribunal de Plymouth condamne notre Vince national à quatre mois de prison pour « entrave à la justice ». Vince déclarera à sa sortie de zonzon :

« Le juge qui m’a envoyé au trou ce jour-là était de mauvaise humeur et a voulu faire de mon cas un exemple. A l’annonce de la sentence, la police m’a menoté et conduit en cellule. Pendant plusieurs jours, j’étais en état de choc. [...] Cette expérience est une dure leçon pour moi. Dorénavant, je respecterai scrupuleusement la loi et je conseille à tous de faire de même. »

Heureusement pour Vince, son avocat obtient rapidement une libération conditionnelle et l’extrait de la HM Prison Exeter le 20 septembre 2007, après quatre semaines de nick. Il rejoint alors une open security prison pendant dix jours avant d’être définitivement libéré. Seule condition : il devra porter un bracelet électronique pendant trois mois. Il devient le troisième footballeur du pays à avoir les chevilles qui enflent électroniquement, après Gary Croft (2000) et Jermaine Pennant (2005).

Harry Redknapp, le sauveur

Dans le Mirror du 9 octobre 2007, sous l’intitulé « My prison hell », Vince raconte pêle-mêle son Midnight Express à lui au pénitencier d’Exeter. Le détenu voisin qui se pend, les traumatismes, les cornflakes dégueulasses, l’isolement, la claustrophobie, la promiscuité, le défi mental permanent et la vie de sous-tricard à sept livres la semaine.

Ce pécule (7 £ hebdo), précise-t-il, qui lui a sacrément servi pour améliorer l’ordinaire. Comme par exemple se payer des rations supplémentaires de nourriture et des crédits pour son téléphone. Il confessera plus tard que Stoke City avait continué à lui verser ses quinze patates mensuelles pendant son incarcération. De quoi consommer de la céréale upmarket tous les matins.

Il avoue aussi ne pas savoir s’il aurait pu tenir le coup sans le soutien d’Harry Redknapp et Teddy Sheringham, son ex-coéquipier à Pompey. Il remercie également Tony Pulis et le board de Stoke City. Les Potters le soutiennent et ont decidé de lui accorder une seconde chance. Vince déclare que porter un bracelet ne lui posera aucun problème et envisage l’avenir immédiat avec bonheur :

« C’est comme si c’était Noël pour moi. Je suis aux anges de retrouver mes amis et coéquipiers et de ne plus être parmi les criminels. »

Mais lors d’une séance d’entraînement peu après sa sortie, la guigne s’acharne : la douceur des tacles de ses coéquipiers Potters fait exploser son bracelet électronique. La justice ne lui fait pas de cadeau pour autant et il doit passer deux semaines en confinement à Manchester.

Fin novembre, Vince-la-scoumoune se blesse à nouveau. Le 14 mars 2008, il est prêté à Southampton (D2), sans succès. Le bilan de la saison est déprimant : un séjour en prison, un bracelet qui éclate, une libération avortée, un retour en prison, des blessures, onze matchs, zéro but. Entre temps, Stoke City est monté en Premier League et ne compte plus franchement sur lui. Vince se met à sévèrement gamberger.

A suivre…

Kevin Quigagne.

Un peu de légèreté pour conclure la saison Teenage Kicks : le bilan club par club, mode Twitter, en 140 mots (enfin, pour ce qui est du résumé de la saison quoi).

Voir introduction dans la première partie, avec tous les jolis liens (clips grands moments de la saison, plus beaux buts, photos, etc.). Par ailleurs, la Premier League a publié la semaine dernière son calendrier pour la saison à venir, la liste club par club ici et celle de tous les matchs ici. Et pour voir toutes les tenues des clubs de PL, c’est par ici que ça se passe.  

Aujourd’hui, quatrième partie : de Manchester United à Stoke City (deuxième et troisième parties ici et ici).

[nb : tous les chiffres sont en £. Ceux de la rubrique financière portent sur la période 2009-2010. Les dettes (nettes) : emprunts bancaires, propriétaires ou autre provenance. Source Companies House et Guardian].

 

MANCHESTER UNITED (champion, 80 pts. G-A + 41 / 78 / 37)

Résumé de la saison

Saison très réussie avec ce dix-neuvième titre historique et une finale de Ligue des Champions. Sans oublier une demi-finale de FA Cup, toutefois perdue face aux rivaux de Man City. Voir le film du dix-neuvième titre.

Satisfactions

Voir le bilan complet. Citons brièvement les meilleurs élèves : Nemanja Vidic (évidemment dans la PFA Team of the Year), Nani (idem, PFA Team) et Javier Hernandez. Le Petit Pois fait une entrée fracassante dans le football anglais, 20 buts pour sa première saison (13 en PL) pour 27 matchs ou bouts de match. Berbatov (également dans la PFA Team of the Year) s’en est bien sorti aussi et se retrouve co-meilleur buteur de PL avec Tévez (21 buts). Le Bulgare a signé trois hat-tricks cette saison (voir le clip). Seul Alan Shearer a fait mieux (cinq, en 1995-1996). Mention spéciale aussi à Edwin van der Sar qui, à 40 ans et 205 jours au 22 mai, devient le joueur le plus âgé de PL à décrocher le titre. Sans oublier l’increvable Ryan Giggs, avec la borne des 573 matchs de PL atteinte le 14 mai, le Gallois passe devant David James (572) au hit-parade du plus grand nombre de matchs de PL (Giggs a débuté avec Man United en mars 1991, avant l’ère PL, et compte 613 apparitions en championnat). 

 

Déceptions

Voir le bilan complet. Mais la palme Flop revient incontestablement à Bébé.

L’homme invisible : Bébé

Highlights

Le dix-neuvième titre historique. L’épopée en Ligue des Champions. La série de 24 matchs sans défaite en championnat (stoppée le 5 février face à Wolves, voir ici). La solidité à domicile, 55 points engrangés sur 57 possibles (record de Chelsea égalé, 2005-06) et un seul but d’encaissé à Old Trafford en première mi-temps ! Le ciseau retourné de Rooney dans le derby mancunien en février. Les fins de match, souvent en trombe : 36 buts marqués sur la dernière-heure, plus élevé total de PL. Anecdotique mais impressionnant : le 29 août, Man United est devenu le premier club à atteindre le cap des 1 500 points de l’ère Premier League.

Lowlights

La défaite face au Barça en Ligue des Champions. La saga Rooney, inter-minable. On ne peut pas trop en vouloir au joueur d’essayer de gratter ce qu’il peut (bien assisté de Paul “Mister 40 %” Stretford, voir ici, entrée 13 août), mais à ce point-là… La série noire entre les 25è et 35è journées, quatre défaites (Wolves, Chelsea, Liverpool, Arsenal). L’élimination sans gloire de la Coupe de la Ligue, défaite 4-0 à West Ham fin novembre. La forme à l’extérieur, décevante, seulement 25 points engrangés sur 57 possibles (plus faible total pour un champion depuis Leeds en 1992), et cinq victoires seulement en déplacement (seuls deux clubs champion ont fait pire : Newcastle en 1907  - 4 victoires - et Sheffield Wednesday en 1930, 3).

Enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Seules quelques retouches ici ou là seront nécessaires, surtout pour combler les départs en retraite. Les retours de prêts, notamment Danny Welbeck, et l’arrivée d’Ashley Young aujourd’hui (voir ici, ainsi que sa carrière en bref) devraient aider à satisfaire le gros des besoins (un Young qui ne le sera pas lui dans le besoin, 520 000 £/mois). Le poste du gardien demeure prioritaire (l’arrivée de David De Gea serait imminente) tandis que le recrutement d’un milieu axial créatif fait aussi partie des plans. Voir ci-dessous lien dernières rumeurs.

Trucs bizarres / marrants

La saga Rooney de septembre à fin octobre, truffée de déclarations bizarres et hilarantes. Les duos au micro de Wayne et Andy Carroll actuellement en vacances ensemble aux Caraïbes (Wayne et Andy seraient devenus les meilleurs amis du monde - Andy, le TK te conseille d’en prendre de la graine pour négocier ton prochain contrat). Tweet du Roo : « Suis à la Barbade et j’ai passé une super soirée hier soir au Lexy’s piano bar avec Coleen et des amis. Ai chanté sept chansons et me suis senti une âme de rock star. » Voir les photos des vacances Karaoke-Beatles.

Les perles-Tweets de Rio Ferdinand, dont ce bizarre coup de sang anti-laitiers (ci-dessous). Les pauvres milkmen, déjà que les supermarchés les ont quasiment mis sur la paille, si en plus ils doivent se faire pourrir par des milliardaires pressés d’aller faire leur round de golf, dur dur pour eux (publié dans le Times du 28 août dernier) :

« Mais que fout un laitier dans les rues à 8 h 55 ?! Il ralentit toute la circulation avec son p’tit van de lait. Mais mon bonhomme, distribue ton truc quand il fait nuit ! »

Encore un van de laitier dégagé de la route par Rio
Encore un van de laitier dégagé de la route par Rio

Sans oublier les joutes Twitter de première partie de saison avec le Gallois Robbie Savage, sorte d’éternel poil à gratter du foot anglais (et un bilan cartons jaunes respectable, 150). Dont ce morceau d’anthologie en septembre dernier, alors que Ferdinand était blessé et que Savage (Derby County, D2) parlait de revenir en équipe du Pays de Galles après une longue absence (avec pour vague objectif le Pays de Galles-Angleterre qualificatif pour l’Euro 2012) :

RIO @ robbie : « Tu reviens alors ? C’est sûr que tu seras frais et dispo ! Tu seras bon pour le banc si t’as du bol, mais ça me plairait de te refaire ta fête, du style Boum Boum Boum, jusqu’à ce que tu sortes ton drapeau blanc »

ROBBIE @ rio : « T’es sûr d’être rétabli pour jouer ? »

RIO @ robbie : « T’en fais pas, et moi je joue en Premier League pour Man United, et toi rappelle-moi où tu joues déjà »

ROBBIE @ rio : « Ah ah, le gamin, t’as mordu à l’hameçon, excellent !!! Il a mordu, lol lol lol, je savais que tu mordrais, lol lol lol. Au fait, le brassard de capitaine que porte Steven Gerrard, tu vas supplier Capello pour qu’il te le refile ? »

RIO @ robbie : « Ah ah ah… Dis-moi, le coup de boule que t’avait collé Dion Dublin, tu t’en souviens ? KO et plus de Robbie ! »

ROBBIE @ rio : « Ah ah ah… Tiens, t’as le bonjour de Craig Bellamy, comment il t’avait enfumé l’an dernier dans le derby mancunien ! Même à reculons, il va plus vite que toi ! »

RIO @ robbie : « Au fait, Dion Dublin vient de me texter, il paraît que tu chouinais comme une vraie p’tite gonzesse ce jour-là. Et pis coupe-moi cette horrible tignasse que tu te trimballes, sois viril mon gars »

ROBBIE @ rio : « Tout le monde sait maintenant que tu as mordu à l’hameçon, point barre. J’ai évolué moi, fais-en autant, avance. Par exemple, éloigne-toi de ton lit de soins ! lol, aïe, aïe aïe, touché, dans le mille ! »

RIO @ robbie : « Arrête de vouloir déverser sur moi toute ta frustration de ne pas avoir été conservé par Man United [en 1994, ndlr]… Touché ! Tu t’en es remis au fait de t’être fait virer de chez nous, ça doit toujours faire mal, non ? »

La tignasse de Robbie et le lit de Rio, version Twitter
La crinière de Robbie et le lit de Rio, version Twitter

Le Manager

En poste depuis le 6 novembre 1986. Avec Bob Paisley (Liverpool, 1974-1983), Fergie a le plus beau palmarès du football anglais : 12 titres de champion, 2 Ligue des Champions, 1 Coupe d’Europe des Vainqueurs de coupe, 5 FA Cups et 4 Coupes de la Ligue (en plus des titres obtenus avec St-Mirren et Aberdeen).

In / Out (le point sur les mouvements au 23 juin)

In : P. Jones (Blackburn, 16,5M), A. Young (Aston Villa, montant exact non révélé mais entre 15 et 20M)

Out : Bébé (prêt, Besiktas), R. De Laet (prêt, Norwich), J. Dudgeon, C. Evans (tous deux Hull, respectivement 83 000 et 500 000 £). C. Devlin, O. Hargreaves (tous deux libérés)

Retours de prêt : M. Biram Diouf, T. Cleverley. F. Macheda, D. Welbeck

Ont enfilé les pantoufles (arrêt de carrière) : E. van der Sar, P. Scholes et G. Neville (fin janvier 2011 pour ce dernier)

Voir diaporama des joueurs convoités par United.  

Et pour les dernières rumeurs, c’est par ici.

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières

286M / 131M. Perte avant impôts : 79M. Dette : 590M

 

NEWCASTLE UNITED (12è, 46 pts. G-A - 1 / 56 / 57)

Résumé de la saison

Retour parmi l’élite satisfaisant. Cependant, sans Carroll et Nolan, faire mieux que le ventre mou pourrait s’avérer compliqué en 2011-2012, surtout qu’un exode de cadres se préparerait sur Tyneside (voir plus bas). Après les dépenses extravagantes et contrats mirobolants des années précédentes, la politique du club semble s’orienter vers un renflouement des caisses (vente de Carroll) compensée par un recrutement malin. Encore un club qui a perdu son entraîneur (de qualité) en cours de route sans trop qu’on sache pourquoi.

Satisfactions

Les deux principales : Joey Barton et Cheick Tioté. Barton a été élu Toon Player of the Year par les lecteurs du journal local (Evening Chronicle), 4 buts et 9 passes décisives en PL. Il a mûri et évolué, c’est incontestable (surtout dans sa communication), il sait par exemple garder son sang-froid devant les provocations et fautes répétées des joueurs adverses (comme à Wolves en août) mais il lui en reste encore sous la chaussure question agressivité bête et méchante (voir incident avec Pedersen, ici). Cheick Tioté a été élu Club’s Player of the Year sur internet avec 42 % des voix. L’Ivoirien est incontestablement l’une des affaires de la saison (acheté 3,5M seulement à Twente). Cela dit, faudra qu’il tacle mollo la saison prochaine : quatorze cartons jaunes sur 26 matchs de PL ! (plus élevé total de PL). Ses suspensions répétées inquiètent le boss, Alan Pardew, voir ici.

Egalement : Harper, Krul, Coloccini, Enrique, Simpson et K. Nolan, 12 buts (du milieu  - 18 l’an dernier en D2).

Déceptions

Mike Ashley à l'entraînement
Mike Ashley à l’entraînement

J. Perch, N. Ranger, A. Smith. Ce dernier a un gros salaire et le club aura du mal à s’en débarrasser. Ranger a été vivement critiqué pour des problèmes « d’attitude » (pourquoi lui a-t-on fait signer un contrat de 5 ans ? on se le demande). Et Mike Ashley évidemment, le Abramovitch du nord (impopulaire) a encore laissé bon nombre de supporters Magpie sur les fesses avec ses décisions controversées et parfois incompréhensibles. Si on sait pas mal de choses sur le patron de la chaîne Sports Direct, par exemple qu’il aime débarquer à l’improviste en hélico au centre d’entraînement et claquer ses millions dans les casinos de la région avec son chief exec, ou qu’il cherche à vendre le club quasiment depuis  son rachat en 2007, on a en revanche du mal à cerner sa « vision » pour le club. En a-t-il seulement une ?

L’homme invisible : Shefki Kuqi. Le finno-bosnien avait commencé sa carrière pro au FC Jokerit, il la finit au FC Joke rit jaune (pour en savoir plus sur son extraordinaire aventure, c’est ici, entrée du 10 février).

Highlights

La très gracieuse danse du poulet de Kevin

La très gracieuse danse du poulet de Kevin

Incontestablement la raclée infligée à Sunderland le jour d’Halloween, 5-1, avec en guise de « trick or treat » un hat-trick de Kevin Nolan (on a donc eu droit à trois de ses infâmes célébrations « danse du poulet »). Cette tannée mémorable a logiquement récolté 77 % des votes dans le journal local au titre de la « Meilleure performance à domicile de la saison ». L’extraordinaire comeback contre Arsenal (de 0-4 à 4-4) lors de la folle 26è journée (voir ici, entrée 5 et 6 février, avec en bonus un dossier sur les plus grands comebacks de l’histoire du football anglais). La victoire 1-0 à Arsenal, élue par les supporters « Meilleure performance à l’extérieur ». Le 4-3 à Stamford Bridge, en Coupe de la Ligue en septembre, sans oublier la correction d’Aston Villa 6-0 en août.

Lowlights

Le limogeage de Chris Hughton. La vente d’Andy Carroll en janvier (LFC, 35M) et celle de Kevin Nolan récemment (décevant pour un club qui aspire à retrouver une certaine splendeur européenne). L’élimination en FA Cup par Stevenage 3-1 (D4). Beaucoup trop de jaunes (78, record PL cette saison).

Enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Rien ne sert de perdre son temps à tenter de tirer quelque enseignement que ce soit, ce club est une vraie novella et les leçons du passé ne sont jamais retenues sur Tyneside. Après Carroll et Nolan, pourraient décamper : Barton, Coloccini, Enrique et Guttierez. Si Enrique part, il faudra un latéral gauche. Seraient aussi les bienvenus : un attaquant, un ailier excentré et un milieu créatif. Côté conservation du patrimoine, il faut absolument garder Tioté. L’Ivoirien a beau avoir signé un nouveau contrat de 6 ans et demi en février, ça n’empêchera pas certaines grosses écuries de vouloir le débaucher. Tout semble être à vendre au club, et s’il se sent convoité, Tioté pourrait se laisser convaincre par un défi sportif haut de gamme (ailleurs évidemment)  ainsi que par la revalorisation de salaire qui va avec (il touche actuellement 175 000 £/mois). Voir ci-dessous lien « dernières rumeurs » pour les possibles arrivants.

Trucs bizarres / marrants

Nombreux, normal, on est sur Tyneside, place forte du soap opera footeux. En tête de gondole, les multiples affaires judiciaires l’automne dernier avec l’infernal duo Andy Carroll-Paul Gascoigne (ex Magpie) qui a sacrément occupé les tribunaux du Nord-Est : pas moins d’une dizaine de comparutions à eux deux en quelques mois ! Voir les chroniques judiciaires d’un autre genre ici, aussi ici et enfin ici. En février, le juge en eut tellement marre de voir Gascoigne qu’il jeta l’éponge (voir cette extraordinaire audience, entrée du 10 février).

Andy, dans la lignée

Andy, dans la lignée

Plus près de nous, il y a huit jours, la réaction de Barton à l’annonce du départ de Nolan pour West Ham fut amusante :

« Je suis en route pour Ascot, je suis vert de voir partir Kevin. C’est un super joueur, un leader, un capitaine, un crack à l’entraînement et un ami pour la vie. »

Avant d’ajouter le tweeterisme « £mejoseandjonasnext » (= moi, Enrique et Guttierez seront les prochains à être vendus).

Joey Barton : « J’ai bien l’intention de servir de modèle à Andy Carroll. »

Et pis Barton au Royal Ascot Festival (chevaux), ça en jette (il possède des purs-sangs). Le tiercé, visiblement ça attendrit Joey. Qui s’y frotte s’hippique mais c’est bien grâce aux canassons que l’ex taulard s’était réconcilié avec Alan Shearer, un autre amateur d’équidés, suite aux problèmes entre eux fin de saison 2008-2009 (quand Shearer reprit l’équipe à huit journées de la fin, dont une mémorable bagarre de vestiaire à Anfield le 3 mai 2009 entre le Geordie et le Scouser - Barton fut suspendu et renvoyé chez lui pour le restant de la saison). On ne va pas revenir sur ses nombreuses déclarations burlesques cette saison (en Angleterre et dans So Foot), signalons juste celle-ci, faite en novembre 2010, à l’encontre d’Andy Carroll (en pleine tourmente judiciaire) :

« J’ai bien l’intention de servir de modèle à Andy Carroll. »

Le Manager

Alan Pardew, mission accomplie. A remplacé le méritant Chris Hughton en signant un contrat de cinq ans et demi. Il devrait faire la rentrée en août mais avec Ashley, allez savoir…

In / Out (au 23 juin)

In : Y. Cabaye (Lille, 4,3M), D. Ba (West Ham, gratuit), S. Marveaux (Rennes, gratuit), M. Abeid (Lens, gratuit)

Out : K. Nolan (West Ham, 3,5M). S. Campbell, N. Evans, S. Kuqi, P. McLaughlin, D. Leadbitter, A. Mogwo (tous libérés)

Retours de prêt : J.S Edmundsson, F. Forster, K. LuaLua, Xisco, T. Kádár, W. Routledge, J. Tavernier, B. Tozer.

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières*

52M* / 47M. Perte avant impôts : 17M. Dette** : 150M

[*club en D2 saison 2009-2010. C.A de 101M saison précédente pour une masse salariale de 73M. Dette** : quasi entièrement prêts à 0 % de la société du propriétaire Mike Ashley, St James Holdings Ltd]

 

STOKE CITY (13è, 46 pts. G-A - 2 / 46 / 48)

Résumé de la saison

La troisième d’affilée en PL, et honnête dans l’ensemble. Le début fut rude, sept défaites sur les onze premiers matchs (17è) mais le talentueux trio Etherington-Pennant-Walters se mit en branle et le club sortit la tête de l’eau (8è le 1er janvier - bilan de la phase retour : 6 victoires, 9 défaites et 4 nuls). Malgré les louanges, plus fournies cette saison, Stoke c’est plus que jamais un arsenal musclé, un style « combatif » et un jeu souvent à base de coups de pied (arrêtés, parfois), sans parler des légendaires touches-missiles de Rory Delap. Tout ça prend parfois des airs de football de tranchée, avec le bombardement aérien comme principale arme offensive, mais c’est efficace, on fait l’économie d’attaquant. Faut aimer quoi.

Satisfactions

Etherington-Walters-Pennant
Etherington-Walters-Pennant, à peine 7M à eux trois. Ça c’est de la bargain.

Nombreuses. Citons les « recyclés » d’abord : le trio M. Etherington, J. Walters J. Pennant. Ces trois cas désespérés du foot anglais se sont métamorphosés en cadors productifs (voir leur histoire, entrée Stoke City 1 - Manchester City 1). La carrière de Jermaine était en danger de s’enliser gravement après les échecs de Liverpool, Portsmouth et du Real Zaragoza. A 2,8M de £, l’ex habitué des tabloïds est l’une des affaires de la saison. Ont également brillé : le gardien Asmir Begović (élu Young Player of the Season du club, il a piqué la place à Tomas Sorensen en octobre) et l’Allemand Robert Huth, l’arrière-central canonnier a été élu Player of the Season du club (44 apparitions, 9 buts). Huth était d’ailleurs le meilleur buteur du club en championnat jusqu’en mars-avril et le réveil tardif de Kenwyne Jones. Si Huth a donné du coup de tête victorieux, il a aussi probablement distribué plus de coups de coude qu’une ménagère américaine pour le lancement des soldes au Wal-Mart du coin. Aussi à féliciter : Dean Whitehead et Andy Wilkinson.

 

Déceptions

La ligne avant (hormis Jonathan Walters, 12 buts toutes compétitions confondues), elle est exotique mais elle ne fit guère d’étincelles : le Jamaïcain Ricardo Fuller, le Norvégien John Carew et le Trinidadien Kenwyne Jones. Fuller est de plus en plus full et de moins en moins prolifique ; Carew (prêté par Aston Villa à l’arrivée de Darren Bent) de moins en moins mobile ; Jones, acheté 8M de £ l’été dernier à Sunderland, ne s’est réveillé qu’en fin d’année. Parmi les boulets, citons aussi l’ex Sanglier Salif Diao et l’ex Blaugrana Eiður Guðjohnsen.

L’homme invisible : Eiður Guðjohnsen.

Highlights

Wembley, finale de la FA Cup contre Man City, la première du club (défaite 1-0 - Stoke avait étrillé Bolton 5-0 en demies). La qualification pour la Ligue Europe, via la FA Cup (finaliste). La victoire 2-0 sur Liverpool en novembre, et celle sur Newcastle 4-0 en mars, et 3-1 sur Arsenal le 8 mai. Les fins de match, l’un des points forts des Potters est la condition physique et ils savent faire plier leurs adversaires.

Lowlights

Trop de défaites, 18 (dont un 0-3 contre West Ham). Les embrouilles entre Tony Pulis (manager) et Mark Hughes (manager de Fulham cette saison), qui ont refusé de se serrer la main, d’abord le fait de Hughes, puis celui de Pulis au match retour (Domenech a fait des émules). Des stats pas folichonnes pour Stoke, jugez plutôt :

22 % : pourcentage de buts marqués par les défenseurs Potters en championnat, le plus élevé de PL (dont Huth évidemment).

38 % : Stoke pourrait faire sien la pensée de Proudhon : la propriété, c’est le vol. Les Potters affichent en effet le pourcentage de possession le plus faible de PL (seul club à descendre en dessous de 40 %).

56 % : taux de passes réussies dans le camp adverse, le plus faible de PL

570 : le nombre de touches longues des Potters (Delap), de loin le plus élevé de PL (le deuxième est Bolton, avec 288). Bref, évitez les Stoke-Bolton.

Stoke, en pleine préparation offensive
Stoke, en pleine construction d’attaque placée

Enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Il faudrait recruter un bon joueur par ligne (surtout devant) pour avoir une chance de se maintenir sans trop stresser, aussi afin de bien figurer en Ligue Europe, pour la troisième sortie européenne (1972 et 1974) de ce vénérable club qui fêtera ses 150 ans en 2013 (le deuxième plus vieux club professionnel anglais et donc du monde, derrière Notts County, 1862).

Trucs bizarres / marrants

Le coup de la Porsche de J. Pennant, laissée cinq mois sur le parking de la gare de Saragosse… et dont le Jermaine avait oublié l’existence ! Hilarant, voir détails.

Casquette indévissable, souvent en colère aussi
Pulis, aussi souvent encasquetté qu’en colère

Le Manager

Tony Pulis, chez les Potters depuis juin 2006 et bombproof. Faudrait que la Luftwaffe revienne pour qu’il ne soit plus manager du club.

In / Out (au 23 juin)

In : personne

Out : A. Faye (West Ham, gratuit). Z. Forster, E. Gudjohnsen, J. Harrison, A. Hedley, C.Mitchell, D. Parton, L. Wint, I. Sonko (tous libérés)

Retours de prêt : D. Arismendi, C. Dickinson

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières

59M / 45M. Perte avant impôts : 5M. Dette : 8M

Kevin Quigagne.