Archive for septembre, 2011

3.

Le ton distancié et parfois ironique de ce décrochage régional East-Anglian à parution erratique est sur le point de se fissurer ce lundi 26 septembre pour laisser place à un impudique épanchement de sentimentalité brute. Il ne s’agit pas de faire de nécessité vertu face à une affiche somme toute mineure : Norwich -Sunderland. Il ne s’agit pas non plus de se laisser submerger par la bonhommie d’un public chaleureux et dévoué à son équipe. Le juste constat est qu’on a assisté lundi soir, dans les travées de Carrow Road, à un réjouissant match de football livré par une équipe des Canaries parfaitement enthousiasmante, solidaire, pugnace et dotée d’un bagage technique et tactique largement au-dessus de celui qu’on attend chez un promu.

Alors que les premiers débats laissent croire à un dispositif offensif direct et fruste reposant sur la seule gigue placée en pointe (Morison) vers lequel de longs ballons sont supposés converger, c’est finalement sur deux actions collectives millimétrées et foudroyantes que Norwich plante deux pions splendides. Grâce à deux latéraux tenant parfaitement leur couloir (Naughton, Pilkington) et grâce à l’inspiration d’un type plein de classe appelé Fox, dont les orientations de jeu instantanées sont admirables. Le supplément d’âme vibrant de cette charmante combinatoire s’appelle Wes Hoolahan qui est tout petit, vraiment petit, aussi petit que Morison, son partenaire en attaque, est grand. Le job de Wes Hoolahan consiste à courir indéfiniment entre les jambes des géants de la défense adverse, sur toute la largeur du terrain, pour y ratisser des ballons - ce qu’il parvient à faire souvent. Et quand il se loupe, c’est généralement pour pousser son adversaire à commettre une erreur technique, une passe approximative que récupérera sans mal un de ses partenaires. Adorable Wes Hoolahan, qui soulève dans les gradins des oh d’admiration malgré la tâche terriblement ingrate qui lui échoit.

Mais une ombre traverse le tableau. La face sombre des Canaries s’appelle Grant Holt. Il porte le numéro 9 et est entré en fin de match, en remplacement de Morison. Une mèche démodée et poisseuse est plaquée sur le front de Grant Holt. Grant Holt est un peu vouté, ses fesses sont basses et une bedaine naissante déforme son maillot. La silhouette de Grant Holt sur un terrain de football surprend. Cet homme est pourtant déjà une légende du club, auteur en deux ans et 85 matches de 50 buts pour Norwich.

Rien de ce que Grant Holt montre cependant ce lundi à Carrow Road ne fait écho à ses exploits passés. Ce type ralentit le jeu de son équipe, ne défend pas, commet des gestes d’antijeu manifestes et simule à la moindre occasion, déchainant de lugubres vociférations dans la foule acquise à sa cause malgré le grotesque de ses simagrées. Et je ne suis pas loin de croire que la réduction du score par Sunderland peu après son entrée lui est imputable, lui qui a changé l’esprit d’un match impeccablement fair-play jusqu’alors (et facilité par un arbitre dont le sifflet est pratiquement resté sec pendant 80 minutes).

Grant Holt appartient à la catégorie de mauvais génies vicelards que certains supporters  jugent indispensables sur les pelouses. C’est de sa faute si la prose est préférée ce soir à l’ode énamourée aux Canaries qu’auraient méritée les 80 premières minutes de jeu. A défaut d’ode cependant, ne rechignons pas à entonner le plus vieux chant de supporter d’Angleterre.

Enfin, la rubrique culte Said and Done (publiée dans le dominical The Observer), le meilleur de la presse anglaise sur les bizarreries du foot british et international, arrive en France. Une exclusivité Teenage Kicks, of course.

(suite et fin de la première partie, voir ici).

21 août 2011

Nouvelles Relations publiques

Février. Le président d’Everton, Bill Kenwright, présente le bilan annuel du club :

« Ce qui a caractérisé cette année, c’est une gestion raisonnable, qui nous a permis de continuer d’inquiéter les quatre meilleurs clubs. »

Août. Bill Kenwright, enregistré secrètement par trois représentants du groupe de supporters Blue Union (lors d’un meeting privé, voir ici) :

« Ecoutez, on a besoin d’argent, j’ai urgemment besoin d’argent [...] Et les banques veulent absolument qu’on les rembourse. »

Giving back

25 000 £ : montant versé par chaque club de Premier League pour offrir des tenues à des clubs de jeunes et des écoles.

Le président de la PFA [syndicat des joueurs], Gordon Taylor :

« Je suis fier et j’espère que cela encouragera les jeunes à faire du football. »

Richard Scudamore [chief exec de la Premier League]:

« C’est une aide qui sera très utile. »

100 M de £ : coût estimé par le fisc anglais de « l’optimisation fiscale » pratiquées par des dizaines de vedettes du foot anglais (voir première partie).

65 M de £ : budget du sport scolaire sur trois ans, en réduction de 87 %.

News de notre nouvel homme

Dernières nouvelles de la fédération colombienne sur l’avenir du sélectionneur Hernán Darío ”Bolillo” Gómez, qui a offert sa démission après avoir frappé une femme. Alvaro González, membre de la fédération :

« Gómez doit absolument rester en place. Si un homme frappait une femme, telle que la sénatrice Piedad Córdoba, par exemple, que la plupart des gens détestent, on chanterait ses louanges. C’est d’une telle hypocrisie. Des moralistes de pacotille essayent d’achever Bolillo. »


Les journalistes : des idiots

Juin. Diego Forlán :

« Tous les jours, on me lie à un nouveau club. Ma situation est bizarre, les médias disent que je ne veux pas rester à l’Atlético, mais moi j’insiste : je veux rester dans ce club. »

Août :

« Mon rêve, c’est de porter les couleurs du Milan. En Turquie, on parle aussi beaucoup de moi. La Turquie est un pays magnifique. »

Mai. Samuel Eto’o déclare aux supporters de l’Inter :

« Tout comme vous, j’ai été stupéfait de lire ce que racontent les journaux. Je vais être clair, comme je l’ai toujours été avec vous, car vous m’avez montré beaucoup d’amour et de respect. Ne vous inquiétez pas, rien ne me fera quitter l’Inter. »

29 M de $ : salaire annuel net (contrat de trois ans) offert par Anzhi Makhachkala.

Best move

Robbie Keane, toujours un intouchable du genre, 2008 :

« Signer à Liverpool, c’était mon rêve, je supporte LFC depuis toujours, je portais le maillot Red déjà tout petit. »

2010 :

« Je réalise mon rêve, signer au Celtic… Ce n’est un secret pour personne que je suis supporter du Celtic - ce qui m’arrive est incroyable. »

2011 : « J’ai toujours voulu jouer en MLS. Je réalise mon rêve. »

Il a enfin réalisé son rêve

Des nouvelles de Gigi

Gigi Becali, questionné sur l’avenir du manager général du Steaua Bucarest, Mihai Stoica :

« Vous pensez vraiment qu’il ne sait pas à quoi s’attendre si le club échoue ? Que Dieu l’aide si c’est le cas, le Jihad pourra commencer. »

Love news

La mannequin Noelia López se déclare « triste » après que le milieu du Besiktas Guti a annoncé leur deuxième séparation sur Twitter :

« Je ne m’attendais pas à ça. »

Guti a tweeté :

« Je me suis demandé si aimer et désirer valent la peine de vivre tant d’angoisse. Quand tout est fini, la seule chose qui reste est un vide intérieur. J’existe maintenant dans une solitude que je n’ai pas recherchée. »

28 août 2011

Deal de la semaine

8,5M de £ : montant de la somme d’argent public offert au club de Tottenham Hotspur pour rester sur le quartier de Tottenham. Des officiels de la municipalité déclarent que cette subvention - presque la moitié du fond Plan de secours post émeutes créé par le gouvernement - réduirait la part que le club doit verser pour participer à la régénération de l’arrondissement, part que le club a déclaré être un frein majeur à son maintien dans le quartier (« La part que nous devons consacrer à la régénération de Tottenham ne rend pas viable la construction d’un nouveau stade. »).

2,8 milliards de £ : montant de la fortune personnelle de l’exilé fiscal Joe Lewis, actionnaire à 82 % des Spurs, qui avait réalisé de grosses plus-values en misant sur l’effondrement de la livre sterling en 1992.

Suit également avec intérêt cette histoire de subvention : Lord Ashcroft, l’actionnaire (4 %) des Spurs, basé à Belize [le bon Lord pèse 1 milliard de £ et est également actionnaire majoritaire de Watford FC, D2, ndlr TK]


Pendant ce temps-là…

La banque Barclays a réaffirmé son engagement de lutter contre les injustices sociales via son programme de régénération Spaces for Sport - avec 37M de £ investis depuis 2004.

« Les émeutes ont accru la détermination de Barclays d’utiliser le sport comme une force positive. »

113 M : montant de la taxe professionnelle payée par Barclays en 2009, c’est à dire 1 % de ses bénéfices.

Justice instantanée

Nouveauté de la Nouvelle Fifa : la tolérance zéro après que les autorités béninoises ont arrêté le président de la fédération du pays, Anjorin Moucharaf, en l’inculpant de détournement de fonds. Fifa a demandé au gouvernement du Bénin de ne pas intervenir :

« Nous sommes surpris… Moucharaf demeure le président légitime de la fédération, tel qu’il est reconnu par la Fifa. »

Nouvelles politiques

Leader de la semaine : le président du Dagestan, Magomedsalam Magomedov. Il a répondu au malaise médiatique entourant les conditions et sommes du transfert de Samuel Eto’o au Anzhi Makhachkala en annonçant une augmentation des enseignants « à la mesure de leur caractère irremplaçable dans une société moderne et saine. » Nouveau salaire moyen d’un enseignant au Dagestan : 215 £.

Juin. Eto’o déclare que son avenir est clair :

« Si je devais quitter l’Inter, ce ne serait pas pour essayer de gagner 100 000 ou 200 000 € de plus. Ce qui m’importe dans ma carrière, c’est d’être heureux dans une ville et jouer dans un gros club, dans un endroit où je me plais. »


Dernières nouvelles transfert

Emmanuel Adebayor a choisi Tottenham, quatre mois après avoir expliqué pourquoi il avait quitté Man City pour le Real Madrid :

« A Arsenal, les supporters m’adoraient et quand je suis allé à Madrid, pareil, j’ai vraiment senti que les supporters m’aimaient. Rien n’est plus important que d’être aimé. C’est ça que vous voulez ressentir et rien d’autre. »

Mai. Papiss Demba Cissé sur son avenir à Fribourg :

« Fribourg est un club fait pour moi, les dirigeants ont été fantastiques envers moi. Ce club m’a permis de montrer ce que je sais faire et donc je dois les récompenser en restant. »

Août. En réponse aux rumeurs le liant à Arsenal :

« Oui, j’ai un contrat avec Fribourg, mais j’ai vraiment envie de partir. »

Samir Nasri, avril 2010, sur les raisons pour lesquelles les critiques concernant l’absence de trophées et titres font vraiment mal :

« C’est frustrant. Notre bon travail n’a pas donné les résultats qu’on mérite, car c’est vrai, on ne remporte pas de titre. C’est injuste. Je pense qu’on a plus de mérite en tant que club que ceux qui se contentent de construire leur succès à coup de millions. »

Propriétaire de la semaine

Mai. Le nouveau président de Neuchâtel Xamax, Andrei Rudakov, déclare que les supporters du club suisse devraient se montrer plus coulants au sujet de leur nouveau propriétaire tchéchène, Bulat Chagaev, et la stabilité du club :

« Nous nous concentrons sur le football. »

Août. Chagaev limoge Rudakov, après avoir viré l’intégralité du staff des entraîneurs, viré le gardien et être entré furax dans le vestiaire en criant « Je vais tous vous tuer. »

Rudakov : « Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? Je me suis fait limoger, c’est la vie. »

Club de la semaine

Beerschot, Belgique. Le club donne son avis sur ses supporters qui se sont moqués du gardien japonais Eiji Kawashima en y allant de leurs chants sur la catastrophe nucléaire de Fukushima (ce dernier a déclaré que ces chants étaient « irréels »). Le club de Beerschot affirme que tout est la faute du gardien nippon :

« Il a provoqué nos supporters avec des gestes et des expressions faciales. »

Legal news

Munich, Jens Lehmann. L’ex Gunner n’obtient pas les 20 000 € de réparation qu’il escomptait soutirer au gardien de Werder Bremen, Tim Wiese, pour les désobligeants commentaires de ce dernier :

« Lehmann devrait être dans le Muppet Show. » 

La plainte de Lehmann contre Wiese pour diffamation a été classée sans suite. Klaus Allofs, manager du Werder :

« Je n’arrive pas à comprendre comment ce truc a pu atterrir devant un tribunal. »

Love news pour conclure

Belgique. Alicia Tenderness, mannequin de son état, a déclaré « n’avoir eu aucune idée » qu’elle et son partenaire avaient créé un « trouble » parmi les 7 000 spectateurs présents au stade du Stayen (Saint-Trond), en s’envoyant en l’air au vu et su de tous dans un hôtel mitoyen qui surplombe quasiment la pelouse (on pouvait suivre live leurs ébats à travers la fenêtre). Les médias locaux déclarent que l’incident se termina quand un stadier alerta la réception de l’hôtel.

Alicia Tenderness :

« On pensait que la vitre était teintée. Ce n’est que quand les spectateurs se sont tournés vers notre fenêtre pour prendre des photos de mes seins plaqués contre la vitre que j’ai compris qu’elle ne l’était pas. »

Luc Withofs, propriétaire de l’hôtel :

« J’ai contacté la police, c’est à eux de voir maintenant. Je n’ai aucun contrôle sur mes invités. »

That’s all folks ! (pour août). Début octobre : le best of de septembre.

Enfin, la rubrique culte Said and Done (publiée dans le dominical The Observer), le meilleur de la presse anglaise sur les bizarreries du foot british et international, arrive en France. Une exclusivité Teenage Kicks, of course.

C’est donc au terme d’une lutte sans merci (encore plus intense que le transfert de Rohan Ricketts aux Shamrock Rovers) que Teenage Kicks a obtenu les droits de traduction de Said and Done, l’incontournable trublion de la presse foot anglaise. Chaque semaine, S & D braque son puissant projecteur sur les aberrations, étrangetés et autres excentricités du foot britannique et international. Une fois par mois, nous publierons un généreux florilège des exotiques trouvailles de David Hills (rédacteur en chef) et sa bande de fins limiers. Aujourd’hui, remettons-nous en bouche les baroqueries du mois d’août.

14 août 2011

Homme de la semaine

Rio Ferdinand (@Rioferdy5) sur les émeutes :

« C’est pas à moi de dire aux jeunes ce qu’ils doivent faire mais voler des télés ou des baskets et incendier les maisons et boutiques ne résoudra rien… Ces gamins/gens n’ont aucune peur ou respect pour la police. »

2009. 50 Cent, la vedette du film Get Rich or Die Trying, annonce sa participation au film de Rio Ferdinand sur le trafic de drogues entre gangs :

« Je suis une inspiration pour beaucoup de gens. Pas juste aux USA mais dans les ghettos du monde entier. »

Egalement, tweeté par Rio, en mars dernier :

« Salut les Tweeters. 14 ans déjà que Notorious B.I.G est mort, il a pas pris une ride. Aujourd’hui, je vais mettre que du B.I.G dans ma caisse en accompagnant les gamins à l’école. »

Prix de l’été des plus beaux gestes

1 million de $ : montant de la donation humanitaire de la Fifa contre la famine en Somalie. La fédération somalienne de football félicite la Fifa pour son accent mis sur l’aide « aux plus vulnérables ».

1 million de $ : salaire annuel de base de Sepp Blatter. « Je touche un million de salaire annuel, ou peut-être plus. Je n’ai pas honte. »

1er août. Une source à Man City rapporte au Sun que Gareth Barry prête sa villa espagnole à une association caritative pour que des enfants issus de milieux défavorisés y passent leurs vacances :

« C’est un superbe geste de sa part. C’est tellement positif quand les joueurs font un effort pour la communauté. »

135 000 £ : montant de l’impôt « économisé » par Gareth Barry en 2009 via une combine (plus ou moins légale) utilisée par des dizaines de footballeurs et qui aurait coûté cent millions de £ au fisc anglais à l’HMRC ces dernières années (voir l’article TK « le fisc anglais veut sévir contre Rio Ferdinand et ses potes » du 2 février 2011, en bas de page, voir ici).

Le membre Fifa du mois

Juillet. Le président de la fédération brésilienne, Ricardo Teixeira, explique au magazine Piaui la façon dont il gérerait toute accusation de corruption provenant des médias anglais avant la coupe du monde :

« Je m’en fous. En fait, merde et je vous emmerde tous. En 2014, je pourrai faire ce que je fais avec la presse. Je pourrai faire preuve de la cruauté la plus impensable, machiavélique et fourbe contre les médias… je serai intouchable. »

Prix de la plus belle croisade

Ken Bates, exilé fiscal à Monaco [et président très controversé de Leeds United, NDLR], au sujet des députés britanniques enquêtant actuellement sur le football anglais (voir ici) :

« Ils feraient mieux de se trouver un vrai emploi et faire l’expérience de ce que travailler veut dire, au lieu de se complaire dans leurs vies surprotégées et dorées comme trop d’entre eux le font. »

Prix du meilleur démarrage de saison

Juillet. Adrian Mutu signe pour Cesena après une suspension de neuf mois pour usage de produits illicites :

« Grâce à mon expérience, je peux être un exemple pour mes coéquipiers. Je montrerai que j’ai progressé en tant qu’homme. »

Août : suspendu à vie par la Roumanie pour consommation d’alcool peu avant un match amical.

Prix des transferts canons

Mai 2011, Nigel Reo-Coker (alors à Aston Villa) :

« J’ai eu des contacts avec des clubs qui disputent la Ligue des Champions. Je veux jouer au plus haut niveau. Je ne joue pas au football juste pour flamber. Je suis quelqu’un de sérieux et d’ambitieux. »

Juillet 2011 : signe à Bolton.

1er juin, Kevin Nolan :

« Quand ma fille raconte à tout le monde que je suis capitaine de Newcastle, c’est là que je me rends compte que mon rôle touche beaucoup de monde. Honnêtement, du fond du cœur, j’adore porter le maillot de Newcastle. »

15 juin : signe à West Ham.

Flashback. Gaël Clichy, juillet 2009 :

« Je crois vraiment que si vous ne pensez qu’à l’argent en tant que joueur, alors vous atterrirez forcément à Manchester City. »

Prix de la décision la plus réfléchie

24 mai, Keith Hill, manager de Rochdale (D3), sur les raisons qui l’ont poussé lui et son adjoint David Flitcroft à rejeter l’offre de Barnsley (D2) :

« On a été en pourparlers avec Barnsley mais bon, on le sentait pas. J’ai ressassé tout ça longtemps. Vous savez comment on est moi et David, on analyse, on examine tout et ensuite on prend une décision réfléchie. On aime les gens avec lesquels on bosse ici, on a une bonne équipe autour de nous. On est heureux dans notre travail. »

1er juin : signe à Barnsley.

Prix du meilleur petit nouveau

Bulat Chagaev, ami du pacifiste tchéchène Ramzan Kadyrov (« Il est comme un frère pour moi »), désormais propriétaire du club suisse Neuchâtel Xamax FC. Ses plus beaux faits d’armes jusqu’à maintenant : a) virer l’intégralité du staff des entraîneurs b) virer le gardien c) entrer en trombe dans le vestiaire en criant « Je vais tous vous tuer. »

La réaction du nouvel entraîneur, Joaquín Caparrós : « Je sais gérer ça. »

Prix de la plus grosse victime

Réactions en Colombie après la démission du sélectionneur national, Hernán Darío “Bolillo” Gómez, pour avoir frappé une femme. Le vice-président de la fédération, Alvaro González Alzate :

« Il s’agissait d’une affaire personnelle. Nous aurions dû refuser sa démission. »

L’ex joueur Víctor Hugo Aristizábal :

« C’est vraiment très dur. Après tout, ce n’est qu’un être humain. »

La sénatrice du Parti Conservateur, Liliana Rendón :

« Cette femme doit être partiellement coupable aussi. Nous les femmes sommes manipulatrices, nous portons cela en nous. Les gens devraient laisser Bolillo tranquille. »

Et finalement, en Roumanie…

Donnant le ton pour la saison à venir, l’ex agent Giovani Becali, cousin de Gigi Becali [richissime politicien-député européen-businessman-proprio ultra homophobe et raciste du Steaua Bucarest, ndlr], nie avoir tenté de corrompre l’ex sélectionneur national Razvan Lucescu :

« Je ne donne jamais de pot-de-vin aux hommes, même aux beaux hommes. C’est pas mon truc. Si Lucescu parle de pot-de-vin, c’est qu’il en veut un. Cet homme est un bébé sale qui baigne dans sa couche-culotte souillée, rendu fou par l’odeur puante qu’il dégage. »

Giovani Becali a réaffirmé à la presse qu’il est irréprochable, en ajoutant :

« Mais j’aime beaucoup me montrer méchant. J’aime quand les autres me craignent. »

21 août 2011

Homme de la semaine

Le président de Brazil 2014, Ricardo Teixeira, en juillet au magazine Piaui :

« L’intérêt que les medias portent à mon bilan éthique, c’est zéro… Les médias anglais sont des pirates corrompus, et les médias brésiliens pour moitié inutiles, pour moitié sous ma coupe. UOL News ne raconte que des conneries. Qui lit Lance ? Qui regarde ESPN ? Ils sont nuls. La seule chose qui m’inquiéterait serait que Globo commence à balancer des allégations contre moi, mais ils ne le feront pas. Plus je critique leurs rivaux, plus ils m’aiment. »

La semaine dernière : Globo fait état d’un lien entre Teixeira et une affaire de détournement de fonds portant sur 3,5M de £. Teixeira nie toute malversation.

Vive le progrès

2009. Les travailleurs sud-africains embauchés à la construction des stades du Mondial se mettent en grève pour salaires trop bas (8 £ par jour). 400 sont licenciés pour « action de grève irresponsable ».

Salaire moyen annuel des employés de la Fifa à Zurich : 83 100 £.

2011 : les travailleurs brésiliens qui (re)construisent Maracanã se mettent en grève pour salaires trop bas (14 £ par jour) et mauvaises conditions de travail (ils viennent d’être victime d’une explosion d’origine chimique).

Salaire moyen annuel des employés de la Fifa à Zurich : 102 000 £.

Nouvelles olympiques

Réactions au sujet de la Chine qui a choisi Leeds comme base pour 2012. La municipalité de Leeds :

« C’est un grand honneur, l’impact de cette décision se fera ressentir pendant des générations. Nous leur réserverons un fantastique accueil. »

Ken Bates [président de Leeds United, NDLR] :

« Les jeux Olympiques vont nous coûter 8 milliards et c’est pas fini. Quel gâchis d’argent ! Et tout ce que la ville de Leeds va récupérer en retombées financières c’est une augmentation des ventes de plats à emporter de cuisine chinoise. »

Mot du président Ken Bates dans le programme de la semaine dernière [Leeds - Middlesbrough] sur la meilleure façon d’arrêter les émeutes :

« Il faut rétablir les châtiments corporels et la peine de mort, réduire drastiquement les allocations, envoyer dans des foyers les mères célibataires et virer tous les demandeurs d’asile… Les jeunes croient trop que tout leur est dû. Les droits de l’homme ? Et si on évoquait les devoirs et responsabilités de tout un chacun plutôt ? »

90 : nombre de jours maximum annuels que Ken Bates passe au Royaume-Uni afin de maintenir son statut d’exilé fiscal.

(A suivre…)

Matchbox vintage - Liverpool 3 - 1 Chelsea (9 septembre 1967)

A une époque où tout le monde trottinait sur un terrain de football, certains joueurs de Liverpool couraient. Ample victoire des locaux, sans l’ombre d’un doute.

Buts : Smith (38′), Hateley (46′, 47′) ; Houseman (78′)

l'excellent statto.com)

Le point sur le classement au coup d'envoi (source : l'excellent statto.com)

Remontés en D1 en 1963, Chelsea est alors un bon club quoi que modeste : deux titres remportés et autant de finales perdues (Community Shield excepté).  Mais, en quatre ans, les londoniens se sont peu à peu mêlés à la lutte, en terminant deux fois cinquième et une fois troisième. Reste à poursuivre.

Revenus en D1 en 1962, Liverpool gagne le titre en 1964, puis réitère en 1966, son septième sacre national. La défense de leur titre s’est soldée par une cinquième place, pêchant par leur irrégularité à domicile. En étrillant Newcastle 6-0 lors de la 3ème journée, les Rouges se sont rassurés. Reste à confirmer.

Liverpool

Le onze de Liverpool

Le onze de Liverpool

Coach : Bill Shankly (en place depuis sept ans et neuf mois)

Chelsea

Le onze de Chelsea

Le onze de Chelsea

Coach : Tommy Docherty (en place depuis six ans et cinq mois)

Le Onze de Larqué

Le Onze de Larqué

La première mi-temps

Très grosse domination de Liverpool, avec un Thompson omniprésent. Les occasions de Chelsea se sont réduites à des corners, bien que la plus dangereuse d’entre elles vienne d’une action placée. Hateley, tout juste transféré de Chelsea à Liverpool, n’a aucun scrupule vis-à-vis de ses anciens coéquipiers. Avantage « mérité ».

Le but au ralenti

Lawrence, gardien sans gant, dégage au pied. Le ballon arrive dans les vingt-cinq mètres londoniens. La défense renvoie péniblement, et St. John récupère aux trente mètres. Il s’avance et frappe. Waldron contre le ballon, qui parvient à Hateley aux seize mètres, dans l’axe. Harris, le défenseur-sandwich, panique un peu et tacle le buteur en retard. Pénalty, que Smith se charge de tirer. Bonetti, l’autre gardien sans gant, ne peut rien contre le poteau rentrant. 1-0 (38′).

une affiche souvent alléchante, des hectolitres d'alcool, beaucoup de moyens mais les drapeaux nous bouchent la vue et on repart toujours un peu deçu du spectacle

Anfield, c'est un peu comme les Vieilles Charrues : une affiche souvent alléchante, des hectolitres d'alcool et beaucoup de moyens, mais les drapeaux nous bouchent toujours la vue et on repart systématiquement déçu du spectacle

La deuxième mi-temps

Hormis quelques rares incursions dans la surface des Reds, Chelsea boit le calice jusqu’à la lie après les deux buts très précoces encaissés. Liverpool, bien aidé par Thompson, la Botte Increvable de l’équipe, a dominé le match dans ses grandes largeurs, profitant des lacunes défensives de leurs adversaires. Sans Bonetti (et sa barre transversale), l’écart aurait pu être un peu lourd.

Les buts au ralenti

Liverpool donne le coup d’envoi. En deux touches de balle, le ballon arrive à Thompson, excentré sur l’aile. Il contrôle de la poitrine, avance en provoquant son adversaire direct et passe en retrait à Hugues, aux abords de la surface. Celui-ci centre instantanément du gauche sur Hateley qui, d’une tête plongeante aux six mètres, double le score. 2-0 (46′).

Hollins récupère le ballon dans son propre camp et, n’étant pas attaqué, s’avance jusqu’au rond central. Il tente une passe ras de terre à son attaquant, mais le défenseur adverse a bien anticipé et intercepte sans mal. Celui-ci relance immédiatement sur Thompson, sur sa gauche. L’ailier contrôle le ballon sur la ligne médiane et accélère, prend de vitesse Hinton, rentre dans la surface et centre fort devant le but. Hateley se jette et aggrave la marque. 3-0 (47′)

Baldwin récupère le ballon sur l’aile gauche. Le jeu bascule dans l’axe, sur Osgood,  qui passe dans la profondeur à Hollins à l’entrée de la surface. Il perd son duel face à Smith, mais Chelsea garde la possession. Houseman, légèrement décalé sur la gauche, frappe instantanément des seize mètres. Petit filet, 3-1 (78′).

Spectateurs

Officiellement 53839, mais 150000 à vue de nez.

2.

C’est par la plus grande des ironies que notre chauffeur de taxi (tous les grands reporters - et peut-être même les plus réputés des anthropologues - tiennent l’essentiel de leurs informations en milieu exotique de chauffeurs de taxi) vécut aux Iles Canaries l’un des plus grands exploits de l’histoire récente du Norwich City Football Club: une glorieuse victoire en championnat face au Manchester United d’un Wayne Rooney tout juste sorti de l’adolescence. « Ma femme - qui est abonnée - et moi étions dans un pub bondé de supporters de Man U, autant dire que nous n’en menions pas large ». Et avec emphase : « le patron du pub nous a d’ailleurs bien dit qu’on avait de sacrées tripes d’avoir enfilé nos maillots jaunes et verts ! ». Eh. Le coup d’éclat n’empêcha pas, cette année-là, la relégation du club sur le bilan amer de 77 buts encaissés.

Le fait est que les exploits susceptibles de gonfler l’orgueil canari ne sont pas légion. Deux maigres coupes nationales en 109 ans d’existence. Mais une ferveur populaire exemplaire, sur laquelle nous reviendrons. Et surtout, un derby venimeux, qui consolide peut-être mieux que n’importe quel palmarès l’identité supporteriale. Le deuxième plus féroce d’Angleterre, dit-on (après, le saviez-vous, celui qui oppose West Bromwich Albion aux Wolverhampton Wanderers). Il est ainsi temps d’avertir le lecteur d’une spécificité linguistique de Norwich. Si le désir vous prend de visiter le centre-ville aux charmes discutables et pour peu que les circonstances exigent de vous que vous fassiez part publiquement de ce projet, faites bien en sorte d’annoncer que vous vous rendez in the city, mais surtout pas in town. ‘Town’ réveille les haines primordiales les plus barbares ; ‘town’ évoque la damnation et le Malin. ‘Town’ pour Ipswich Town, rival honni du Suffolk pour l’hégémonie footballistique de l’East Anglia. L’ironie de ceux qui ont baptisé ce derby ‘Old Farm’, en référence à l’Old Firm du Celtic et des Rangers n’entame pas l’ardeur de ses protagonistes. Un préposé à  l’affichage de Carrow Rd, le stade de Norwich, a parait-il, un jour signalé aux supporters canaris l’évolution du score du voisin ainsi : ‘Manchester United 1 - Scum 0′. Il arrive que la rivalité des deux clubs prenne une tournure moins heureuse. « Pourtant, poursuit le chauffeur de taxi, ma femme et moi passons de nombreux week-ends à Ipswich et il faut bien reconnaitre qu’il s’agit d’une ville très agréable… mais que voulez-vous… on les déteste ».