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Matchbox vintage - Arsenal 5 - 3 Middlesbrough (22 août 2004)

Dans la continuité de leur saison 2003-2004 (vingt-six victoires, douze matchs nuls), les Invincibles démarrent pied au plancher.

Buts : Henry (25, 90), Bergkamp (54), Reyes (65), Pires (65) ; Job (43), Hasselbaink (50), Queudrue (53).

Lors de cette deuxième journée du championnat, Arsenal peut égaler le record de Nottingham Forest, soit quarante-deux matchs sans défaite, s’ils ne perdent pas contre une équipe de Boro qui n’a jamais fini mieux que 9ème depuis leur remontée (datant de six ans) mais qui vient de remporter la Carling Cup. Une semaine avant, les Gunners avaient étrillé Everton (4-1) tandis que les Smoggies avaient concédé le nul face à Newcastle (2-2).

Arsenal

Lehmann

Lauren - Cygan - K. Touré - A. Cole

Reyes (Flamini, 78) - G. Silva - Fabregas - Ljungberg (Pires, 61)

Bergkamp - Henry

Coach : Arsène Wenger

Middlesbrough

Schwarzer

Reiziger (Parnaby, 74) - Riggott - Cooper - Queudrue

Job - Mendieta - Boateng - Parlour - Zenden (Nemeth, 78)

Hasselbaink

Coach : Steve MacLaren

Le match

Forts d’une confiance engrangée sur le long terme, et ce malgré les retours difficiles des sélectionnés de l’Euro, les Gunners ont tout de suite la mainmise sur le jeu. Le premier à se mettre en évidence se nomme Ljungberg, à la 7ème minute. Sa frappe aux six mètres est sauvée par Cooper qui remet involontairement sur Reyes, lequel, surpris, ne parvient qu’à pousser le ballon sur le poteau. Le corner ne donne rien, mais les craintes de Boro quant à la complexité de la tâche qui les attendent semblent fondées.

Le rythme se densifie, les occasions se multiplient, mais les débats demeurent stériles. En l’absence de Vieira, c’est Francesc Fabregas, 17 ans, qui tient le milieu de terrain d’une main de junior. Middlesbrough souffre mais contient le danger.

A la 21ème minute, sur un superbe jeu en triangle à une touche de balle Reyes-Henry-Bergkamp, celui-ci remise au point de pénalty à l’espagnol qui frappe instantanément. Schwarzer préserve son but au prix d’un joli réflexe.

C’est quatre minutes plus tard qu’Arsenal ouvre logiquement le score. D’une passe de cinquante mètres, l’omniprésent Reyes trouve Henry dans la profondeur, qui lobe Schwarzer venu à sa mauvaise rencontre.

Loin de se satisfaire de ce petit but d’avance, les Gunners continuent d’avancer, au contraire de Smoggies dénués d’idées. A la 41ème minute, Fabregas obtient un coup-franc aux 30 mètres, qu’Henry se presse de tirer. Son ballon enroulé heurte la transversale. Dans la foulée, Queudrue élimine quatre joueurs, un cinquième à la faveur d’un une-deux avec Hasselbaink, puis un sixième en taclant le ballon qu’il peut transmettre à Job qui, dans l’angle fermé, assomme Lehmann.

Ultra-dominé, Boro rentre aux vestiaires avec le point du match nul. Sur son banc, Wenger peine à le croire. Half Time.

Queudrue, l'homme de Boro.

Queudrue, l'homme de Boro

La deuxième période démarre sur les chapeaux de roue. Boro obtient notamment deux corners coup sur coup, sans danger pour Lehmann. Sur un ballon anodin de Queudrue, Cygan rate complètement son intervention. Hasselbaink, qui n’en demandait pas tant, file au but et frappe aux 15 mètres, légèrement excentré sur la droite. Le gardien londonien est battu sur sa gauche. Deux occasions et deux buts pour les joueurs de MacLaren. Et bientôt trois, puisque trois minutes plus tard, Queudrue reçoit un ballon au milieu de terrain, s’avance un peu sur sa gauche et lève la tête. Lehmann anticipe plus ou moins logiquement le centre, mais sa sortie trop précoce donne l’indice à Queudrue qui tente alors la frappe de loin. Son extérieur du gauche fait mouche. Lehmann a beau revenir sur ses pas, il ne peut qu’effleurer le ballon. En huit minutes, la défense d’Arsenal a remis Boro sur les rails d’un match qu’ils avaient pourtant bien mal engagé. L’absence de Sol Campbell, blessé, se fait sentir.

Cependant, Arsenal a aussi une attaque flamboyante. Sur le coup d’envoi, Fabregas trouve Bergkamp aux 30 mètres. Il n’est pas marqué ni attaqué. Les deux défenseurs centraux ne cessant de reculer, il arme sa frappe aux 20 mètres. Petit filet. Pas de place pour le doute à Highbury.

Trois buts en dix minutes, et le rythme du match s’accélère enfin. Zenden, puis Bergkamp, écopent de cartons jaunes tout à fait mérités. Loin de se retrancher dans son camp, Boro tente encore d’aller de l’avant, et se montre dangereux sur un coup-franc du néerlandais.

A l’heure de jeu, Wenger choisit de remplacer Ljungberg par Pires. L’entrée du français dynamite le flanc droit de l’attaque londonienne, obtenant notamment un corner sur lequel Henry est tout proche d’égaliser. La solution est proche. A la 64ème, Fabregas récolte le ballon au milieu de terrain, prend de vitesse un adversaire, réchappe au second, dribble le troisième et passe à Henry en bout de course. Celui-ci s’infiltre sur la gauche de la surface de réparation et frappe au but. Son tir écrasé se transforme en centre pour Pirès, qui n’a plus qu’à pousser le ballon au second poteau. Le match s’emballe. Le réalisateur a le temps de passer deux ralentis et demi ; quand il revient au direct, c’est pour proposer au téléspectateur la joie de Reyes, auteur du quatrième but. “Stand up for the Champions” clame le commentateur, qui tente de compenser la bévue de sa production. Flash-back, donc : sur le coup d’envoi, Boro n’a pas le temps de faire plus de trois passes avant de se faire confisquer la possession du ballon ; il en suffit de quatre en face pour placer Reyes en position, sur la gauche de la surface. Une fois Reiziger sur les fesses, l’espagnol vient battre Schwarzer en nettoyant sa lucarne droite.

S’ensuit alors une série de corners, d’attaques placées et d’occasions plus ou moins franches. Le battement cardiaque revient à la normale. La doublette Pirès-Henry fait des merveilles. Ce dernier scelle finalement le score en contre-attaque, grâce à une récupération astucieuse de Bergkamp au milieu de terrain. MacLaren rit jaune.

Arsenal dépassera le record de Notthingham en battant Blackburn trois jours plus tard (3-0), mais n’atteindra pas la barre symbolique des 50 matchs, la faute à Manchester United et à des faits de jeu toujours sujets à polémiques.

Henry

Henry, l'homme du match, pour le Guardian

Statistiques

Corners : 7 - 5

Tirs (cadrés) : 19 (9) - 9 (5)

Fautes : 8 - 14

Hors-jeu : 2 - 5

Spectateurs : 37415