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Ils sont 32. 32 anciens Gunners à avoir été honorés par le club, au moyen d’une fresque les représentant, 4 par 4, placardée sur le mur d’enceinte de l’Emirates Stadium. Présentation des 4 premiers.

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1. Cliff Bastin (1912-1991)

Bio

Au club de 1929 à 1947, Cliff Bastin a inscrit la bagatelle de 178 buts en 396 matchs sous la tunique d’Arsenal, ce qui a fait de lui pendant longtemps (de 1939 à 1997) le meilleur buteur des Gunners, dépassé désormais par Thierry Henry et Ian Wright.

Né à Exeter, où il disputa sa première saison, il a été acheté par Arsenal à l’âge de dix-sept ans, à la suite d’un match contre Watford. Herbert Chapman, le manager des Gunners de l’époque, était venu observer un joueur de Watford, mais Bastin lui fit si forte impression qu’il décida de l’engager dès la fin de la saison 1928-29, contre un chèque de 2000 livres.

Ailier gauche repiquant très souvent au centre, il profita de la tactique très offensive mise en place par Chapman (inventeur du WM) et surtout des passes d’Alex James pour inscrire de nombreux buts et devenir le plus jeune joueur de l’histoire, à dix-neuf ans, à remporter le championnat et la FA Cup, et être sélectionné en équipe nationale d’Angleterre.

À la suite de l’arrivée de Ted Drake, et du déclin d’Alex James, ‘Boy’ Bastin fut contraint de redescendre d’un cran sur le terrain, et de jouer numéro dix, pendant la saison 1935-36, ce qui ne l’empêcha pas de marquer 17 buts. Puis il retrouva son flanc gauche, jusqu’à la saison 1938-39, où des blessures récurrentes au genou gauche l’éloignèrent des terrains.

Le championnat ayant interrompu pendant la Seconde Guerre Mondiale, il ne retrouva jamais son niveau en 1945 et ne joua que sept matches en un an et demi, et prit sa retraite à presque trente-cinq ans.

Il retourna s’installer à Exeter, où il ouvrit un pub, le Horse and Groom, et décéda en 1991. Une tribune de St James Park, le stade d’Exeter, porte désormais son nom.

Cliff Bastin vous présente la collection automne-hiver 1931. Ici la veste de survêtement.

Cliff Bastin vous présente la collection automne-hiver 1931. Ici la veste de survêtement.

 

Fiche

Nom : Clifford Sydney Bastin
Surnom : ‘Boy’ Bastin
Nationalité : Anglaise
Date de naissance : 14/03/1912
Date de décès : 04/12/1991
Poste : Ailier gauche
Carrière à Arsenal : 1929-1947
Matches joués : 396
Buts inscrits : 178
Titres remportés avec Arsenal : Championnat d’Angleterre (1931, 1933, 1934, 1935, 1938), FA Cup (1930, 1936), Charity Shield (1930, 1931, 1933, 1934, 1938)
Sélections nationales : 21 (12 buts)
Distinctions personnelles : Entrée dans l’English Football Hall of Fame en 2009

 

Fun Facts

- Nous sommes en pleine Guerre Mondiale, en 1941, et la radio de propagande fasciste italienne annonce la capture d’un footballeur international anglais, Cliff Bastin, lors de la bataille de Crète. Visiblement mal informés, les hommes de Mussolini ignoraient certainement que Bastin avait été réformé à cause de sa surdité, et servait la patrie anglaise en tant qu’ARP Warden (patrouilleur de nuit chargé de prévenir les raids aériens ennemis) et était stationné au sommet du stade d’Highbury, avec Tom Whittaker, ancien joueur et préparateur physique d’Arsenal, qui avait pour habitude de “soigner” le genou de Bastin en lui tirant sur la jambe pour remettre le cartilage en place, à la mi-temps de chaque match. L’histoire ne dit pas s’il est également devenu sourd à force d’entendre les cris de souffrance de Bastin.

- Italie toujours. Les deux faits marquants de la carrière internationale de Bastin ont été deux matchs contre l’Italie. Tout d’abord en 1933, à Rome, où il inscrivit le but qui offre le nul à son équipe. Les supporters italiens, déçus, se mirent alors à chanter “Basta Bastin !” Ensuite, le match Angleterre-Italie de 1934, plus connu sous le nom de Bataille de Highbury (le match le plus violent de l’histoire, selon Sir Stanley Matthews).

- Bastin est classé dix-huitième parmi les cinquante plus grands joueurs de l’histoire d’Arsenal selon un sondage sur le site officiel des Gunners.

 

2. Tony Adams (1966-…)

Bio

Né à Dagenham, Tony Adams n’a connu qu’Arsenal dans sa carrière de footballeur. Arrivé au club en 1980, à quatorze ans, il disputa le premier de ses 669 matchs sous le maillot rouge et blanc le cinq novembre 1983, contre Sunderland. Aux côtés de Lee Dixon, Nigel Winterburn et Steve Bould, il faisait partie du “famous four” défensif du Boring Arsenal des années quatre-vingt. Promu capitaine en 1988, à vinggt-et-un ans, il reste aujourd’hui le plus jeune joueur d’Arsenal à avoir obtenu cet honneur. Surnommé “le colosse” par George Graham et “le professeur de la défense” par Arsène Wenger, il sombra dans l’alcoolisme jusqu’à l’arrivée du technicien français, qui le remit sur les bons rails.

Il inscrivit quarante-huit buts pour les Gunners, et réussit l’exploit, lors d’un match à Manchester en 1991, d’inscrire les deux buts de la partie, dont un contre son camp. Le Daily Mirror publia alors une photo d’Adams avec des oreilles d’âne, et les supporters adverses ne manquèrent pas de le railler.

En guise de réponse, il souleva le trophée de champion d’Angleterre huit semaines plus tard, sur la pelouse d’Anfield.

Sélectionné 66 fois en équipe nationale, il ne participa pas à la Coupe du Monde 1990, à la grande surprise des supporters anglais, ni à l’Euro 1992 pour cause de blessure. L’Angleterre ne participant pas à la WC’94, il dut attendre 1996, et l’Euro 1996 à domicile pour représenter son pays dans une compétition internationale, avec le brassard de capitaine.

La carrière d’entraîneur qu’il a menée (et mène toujours) par la suite ne mérite même pas qu’on en parle (Wycombe, Portsmouth, Gabala).

Tony Adams inscrit ici certainement le plus beau but de sa carrière, lors de la victoire 4-0 contre Everton en 1998.

Tony Adams inscrit ici certainement le plus beau but de sa carrière, lors de la victoire 4-0 contre Everton en 1998.

 

Fiche

Nom : Tony Alexander Adams
Surnom : ‘Mr. Arsenal’
Nationalité : Anglaise
Date de naissance : 10/10/1966
Poste : Défenseur central
Carrière à Arsenal : 1983-2002
Matches joués : 668
Buts inscrits : 48
Titres remportés avec Arsenal : Championnat d’Angleterre (1989, 1991, 1998, 2002), FA Cup (1993, 1998, 2002), League Cup (1987, 1993), Charity Shield (1991, 1998, 1999), Coupe des vainqueurs de Coupe (1994)
Sélections nationales : 66 (5 buts)
Distinctions personnelles : Entrée dans l’English Football Hall of Fame en 2003, PFA Young Player of the Year en 1987, Equipe-type de l’année de la Premier League en 1994, 1996 et 1997

 

Fun Facts

- Son alcoolisme (qu’il a reconnu devant la presse en 1996) lui valut une condamnation à quatre mois de prison ferme, pour avoir crashé sa voiture en état d’ébriété le six mai 1990. Les contrôles révélèrent un taux d’alcoolémie plus de vingt-sept fois supérieur à la limite légale. Condamné le dix-neuf décembre 1990, il fut libéré deux mois plus tard. Loin de s’être calmé, il disputa notamment un match ivre lors de la saison 1993-1994. D’autres faits reliés à son alcoolisme incluent une chute dans un escalier qui lui valut vingt-neuf points de sutures au crâne, et une scène cocasse (et dangereuse, ne faites pas ça chez vous les enfants) à Pizza Hut où, en compagnie de Ray Parlour, il vida les extincteurs et tira avec un fusil de détresse dans des toilettes pour handicapés, après avoir été “chauffé” par des supporters rivaux. Depuis, il a fondé un centre de désintoxication pour sportifs, nommé Sporting Chance Clinic, qui a vu passer notamment Paul Gascoigne.

- Il a sorti une autobiographie en 1998, Addicted, saluée par le public et les médias, dans laquelle il raconte notamment son combat avec l’alcoolisme, et l’arrivée bienfaisante d’Arsène Wenger qui lui a permis de se (re-)découvrir une sensibilité - il reprit les études et s’initia au piano. Malheureusement pour nous, le tome 2 dans lequel il raconte comment il a fini par entraîner un club azéri (le Gabala FC, ou Qəbələ Futbol Klubu, depuis la rentrée 2010) n’est pas encore prévu.

- Adams est classé troisième parmi les cinquante plus grands joueurs de l’histoire d’Arsenal selon un sondage sur le site officiel des Gunners.

 

3. Liam Brady (1956-…)

Bio

Liam Brady l’Irlandais n’a passé que sept ans en pro à Arsenal, de 1973 à 1980, mais cela lui a amplement suffi pour devenir une légende vivante du club. Entré au centre de formation à quinze ans, il disputa son premier match officiel à dix-sept, et finit la saison 1973-1974 avec treize matchs au compteur, dont neuf comme titulaire. Dès la saison suivante, il s’imposa comme un titulaire indiscutable, et brilla au milieu d’une équipe assez moyenne qu’il transcendait, à la manière d’un Maradona lors de la WC’86.

L’arrivée d’un nouvel encadrement et de nouveaux joueurs lui permit d’exprimer tout son talent et il fut un des grands artisans de la victoire contre Manchester en finale de la FA Cup 1979. L’année suivante, il emmena son équipe en finale de la Coupe des vainqueurs de Coupe, étant notamment excellent en demi-finale contre la Juve. Malheureusement, en finale, Arsenal échoua aux tirs au but contre Valence, et Brady, lassé, s’exila à la Juventus pour un demi-million de livres.

Pendant qu’Arsenal pleurait le départ de son talisman irlandais (les Gunners n’ont pas gagné un titre entre 1980 et 1987), Brady découvrit l’Italie de long en large, Turin, Gênes (la Samp), Milan (l’Inter) et Ascoli, avant de revenir à Londres, à West Ham en 1987, pour ses trois dernières saisons.

Sélectionné 72 fois en équipe nationale, il a marqué à neuf reprises, dont le seul but du match contre la France en 1977. De manière générale, il marqua ses buts internationaux contre de grandes équipes (la France, les Pays-Bas de Gullit et Van Basten, l’Angleterre et le Brésil), même s’il a parfois choisi la facilité en scorant contre Malte (doublé), Trinidad & Tobago ou la Belgique.

Une fois sa retraite de joueur prise, il se lança dans celle d’entraîneur et dirigea le Celtic de 1991 à 1993, puis Brighton pendant deux ans également. Il est maintenant de retour à Arsenal, où il s’occupe du centre de formation depuis 1996, et a également été entraîneur adjoint du Trap en Irlande de 2008 à 2010.

Liam Brady, nouvel arrivant dans la série des Mario Kart.

Liam Brady, nouvel arrivant dans la série des Mario Kart.

 

Fiche

Nom : Liam Brady
Surnom : ‘Chippy’
Nationalité : Irlandaise
Date de naissance : 13/02/1956
Poste : Milieu offensif
Carrière à Arsenal : 1973-1980
Matches joués : 307
Buts inscrits : 59
Titres remportés avec Arsenal : FA Cup (1979)
Sélections nationales : 72 (9 buts)
Distinctions personnelles : Entrée dans l’English Football Hall of Fame en 2006, PFA Players’ Player of the Year en 1979

 

Fun Facts

- Liam Brady est surnommé ‘Chippy’ par les fans d’Arsenal. Mais pourquoi ? D’aucuns pourraient croire que c’est grâce à sa capacité à centrer (”chip” en anglais) de manière impeccable. Que nenni ! Brady est surnommé ainsi parce que c’est un fanatique du fish & chips. True story.

- Dans la famille Brady, je voudrais le fils Liam, incontestablement celui qui a le mieux réussi. Mais je voudrais aussi le grand-oncle Frank Senior, international irlandais, le grand frère Ray, international également. Tiens, l’autre grand frère, Frank Junior, vainqueur de la FAI Cup avec les Shamrock Rovers, je l’ai pas… Pioche ? Mauvaise pioche, je suis tombé sur le petit frère Pat, ancien international ayant évolué aux QPR. Les sept familles avec les Brady, c’est n’importe quoi.

- Brady a récemment déclaré que le joueur actuel lui ressemblant le plus est Mesut Özil. Au niveau du jeu, hein… Physiquement, Özil ressemble plus à un caméléon qu’à un humain.

- Brady est classé huitième parmi les cinquante plus grands joueurs de l’histoire d’Arsenal selon un sondage sur le site officiel des Gunners.

 

4. Thierry Henry (1977-…)

Bio

Que dire de Thierry Henry ? Tout le monde ici le connaît, tant pour ses qualités de buteur, que pour son palmarès. M’enfin, on va essayer de pondre quelque chose quand même, hein.

Né aux Ulis en 1977, Thierry Henry fut repéré à seize ans par les recruteurs de l’AS Monaco, lors d’un match qu’il disputa avec son équipe de Viry-Châtillon, et durant lequel il inscrivit un sextuplé.

C’est sur le Rocher qu’il fit la rencontre d’Arsène Wenger, qui partit à Arsenal seulement un an plus tard. Thierry, lui, resta à Monaco jusqu’en janvier 1999, où il rejoignit la Juve. Expérience non concluante, puisqu’il quitta l’Italie seulement sept mois plus tard et retrouva Wenger à Arsenal, contre 13.5 millions d’euros.

Auréolé d’un titre de champion du Monde avec la France, ‘Titi’ explosa véritablement à Londres. Replacé en pointe, aux côtés de Dennis Bergkamp, il obtint quatre fois le titre de meilleur buteur de Premier League pendant ses huit années au club et fut promu capitaine de l’équipe en 2005. Et c’est avec le brassard qu’il dépassa Ian Wright (qui avait lui-même dépassé Cliff Bastin) et devint le meilleur buteur de toute l’histoire d’Arsenal.

Une fois second et trois fois quatrième au classement du Ballon d’Or, il quitta Arsenal pour Barcelone avec 226 buts inscrits sous le maillot des Gunners. De moins en moins utilisé au Barça, il s’est exilé cet été aux Etats-Unis, où il joue désormais pour les New York Red Bulls.

Sa carrière internationale non plus n’est pas dégueue, champion du monde en 1998 et d’Europe en 2000, il figura également dans le meilleur XI de la Coupe du Monde 2006. Et 2002 ? Quoi 2002 ? Il s’est passé quoi en 2002 ?

Titi, quand il a le brassard de capitaine, il joue bien. Comme quoi Evra c’était peut-être pas le bon choix cet été.

Titi, quand il a le brassard de capitaine, il joue bien. Comme quoi Evra c’était peut-être pas le bon choix cet été.

 

Fiche

Nom : Thierry Daniel Henry
Surnom : ‘Titi’ Henry
Nationalité : Française
Date de naissance : 17/08/1977
Poste : Attaquant
Carrière à Arsenal : 2000-2007
Matches joués : 380
Buts inscrits : 226
Titres remportés avec Arsenal : Championnat d’Angleterre (2002, 2004), FA Cup (2002, 2003, 2005), Community Shield (2002, 2004)
Sélections nationales : 123 (51 buts)
Distinctions personnelles : Entrée dans l’English Football Hall of Fame en 2008, PFA Players’ Player of the Year en 2003 et 2004, FWA Footballer Of The Year en 2003, 2004 et 2006, Soulier d’Or Européen en 2004 et 2005, Meilleur buteur de Premier League en 2002, 2004, 2005 et 2006, Equipe-type de l’année de la Premier League en 2001, 2002, 2003, 2004, 2005 et 2006, nommé dans le FIFA 100 et le Time 100.

 

Fun Facts

- Lors de la saison 2005-2006, Thierry Henry a marqué plus de buts à lui tout seul que l’équipe de Sunderland au grand complet. Il a également été le meilleur buteur français à chaque Coupe du monde qu’il a disputée (si l’on omet le fiasco de 2010), avec trois buts en 1998 et autant en 2006. Et 2002 ? Quoi 2002 ? Il s’est passé quoi en 2002 ?

- ‘Titi’ est un grand fan de basket, et notamment des San Antonio Spurs, où joue son grand ami Tony Parker. Il aime également beaucoup le rap US, mais là, rien à voir avec Tony Parker.

- Thierry Henry a contribué à la culture anglaise, en faisant rentrer le mot “va-va-voom” dans le dictionnaire abrégé d’Oxford. Défini comme “quelque chose de passionnant, vigoureux ou de sexuellement attirant” (exemple : Elle n’a rien perdu de son va-va-voom, même depuis qu’elle a donné naissance à sa fille), l’attaquant français utilisait ce mot pour vanter les qualités de la Renault Clio dans des spots commerciaux anglais diffusés entre 2003 et 2005.

- C’est lui le number one dans le fameux sondage classant les 50 plus grands joueurs de l’histoire d’Arsenal sur le site officiel des Gunners.

Matchbox vintage - Arsenal 5 - 3 Middlesbrough (22 août 2004)

Dans la continuité de leur saison 2003-2004 (vingt-six victoires, douze matchs nuls), les Invincibles démarrent pied au plancher.

Buts : Henry (25, 90), Bergkamp (54), Reyes (65), Pires (65) ; Job (43), Hasselbaink (50), Queudrue (53).

Lors de cette deuxième journée du championnat, Arsenal peut égaler le record de Nottingham Forest, soit quarante-deux matchs sans défaite, s’ils ne perdent pas contre une équipe de Boro qui n’a jamais fini mieux que 9ème depuis leur remontée (datant de six ans) mais qui vient de remporter la Carling Cup. Une semaine avant, les Gunners avaient étrillé Everton (4-1) tandis que les Smoggies avaient concédé le nul face à Newcastle (2-2).

Arsenal

Lehmann

Lauren - Cygan - K. Touré - A. Cole

Reyes (Flamini, 78) - G. Silva - Fabregas - Ljungberg (Pires, 61)

Bergkamp - Henry

Coach : Arsène Wenger

Middlesbrough

Schwarzer

Reiziger (Parnaby, 74) - Riggott - Cooper - Queudrue

Job - Mendieta - Boateng - Parlour - Zenden (Nemeth, 78)

Hasselbaink

Coach : Steve MacLaren

Le match

Forts d’une confiance engrangée sur le long terme, et ce malgré les retours difficiles des sélectionnés de l’Euro, les Gunners ont tout de suite la mainmise sur le jeu. Le premier à se mettre en évidence se nomme Ljungberg, à la 7ème minute. Sa frappe aux six mètres est sauvée par Cooper qui remet involontairement sur Reyes, lequel, surpris, ne parvient qu’à pousser le ballon sur le poteau. Le corner ne donne rien, mais les craintes de Boro quant à la complexité de la tâche qui les attendent semblent fondées.

Le rythme se densifie, les occasions se multiplient, mais les débats demeurent stériles. En l’absence de Vieira, c’est Francesc Fabregas, 17 ans, qui tient le milieu de terrain d’une main de junior. Middlesbrough souffre mais contient le danger.

A la 21ème minute, sur un superbe jeu en triangle à une touche de balle Reyes-Henry-Bergkamp, celui-ci remise au point de pénalty à l’espagnol qui frappe instantanément. Schwarzer préserve son but au prix d’un joli réflexe.

C’est quatre minutes plus tard qu’Arsenal ouvre logiquement le score. D’une passe de cinquante mètres, l’omniprésent Reyes trouve Henry dans la profondeur, qui lobe Schwarzer venu à sa mauvaise rencontre.

Loin de se satisfaire de ce petit but d’avance, les Gunners continuent d’avancer, au contraire de Smoggies dénués d’idées. A la 41ème minute, Fabregas obtient un coup-franc aux 30 mètres, qu’Henry se presse de tirer. Son ballon enroulé heurte la transversale. Dans la foulée, Queudrue élimine quatre joueurs, un cinquième à la faveur d’un une-deux avec Hasselbaink, puis un sixième en taclant le ballon qu’il peut transmettre à Job qui, dans l’angle fermé, assomme Lehmann.

Ultra-dominé, Boro rentre aux vestiaires avec le point du match nul. Sur son banc, Wenger peine à le croire. Half Time.

Queudrue, l'homme de Boro.

Queudrue, l'homme de Boro

La deuxième période démarre sur les chapeaux de roue. Boro obtient notamment deux corners coup sur coup, sans danger pour Lehmann. Sur un ballon anodin de Queudrue, Cygan rate complètement son intervention. Hasselbaink, qui n’en demandait pas tant, file au but et frappe aux 15 mètres, légèrement excentré sur la droite. Le gardien londonien est battu sur sa gauche. Deux occasions et deux buts pour les joueurs de MacLaren. Et bientôt trois, puisque trois minutes plus tard, Queudrue reçoit un ballon au milieu de terrain, s’avance un peu sur sa gauche et lève la tête. Lehmann anticipe plus ou moins logiquement le centre, mais sa sortie trop précoce donne l’indice à Queudrue qui tente alors la frappe de loin. Son extérieur du gauche fait mouche. Lehmann a beau revenir sur ses pas, il ne peut qu’effleurer le ballon. En huit minutes, la défense d’Arsenal a remis Boro sur les rails d’un match qu’ils avaient pourtant bien mal engagé. L’absence de Sol Campbell, blessé, se fait sentir.

Cependant, Arsenal a aussi une attaque flamboyante. Sur le coup d’envoi, Fabregas trouve Bergkamp aux 30 mètres. Il n’est pas marqué ni attaqué. Les deux défenseurs centraux ne cessant de reculer, il arme sa frappe aux 20 mètres. Petit filet. Pas de place pour le doute à Highbury.

Trois buts en dix minutes, et le rythme du match s’accélère enfin. Zenden, puis Bergkamp, écopent de cartons jaunes tout à fait mérités. Loin de se retrancher dans son camp, Boro tente encore d’aller de l’avant, et se montre dangereux sur un coup-franc du néerlandais.

A l’heure de jeu, Wenger choisit de remplacer Ljungberg par Pires. L’entrée du français dynamite le flanc droit de l’attaque londonienne, obtenant notamment un corner sur lequel Henry est tout proche d’égaliser. La solution est proche. A la 64ème, Fabregas récolte le ballon au milieu de terrain, prend de vitesse un adversaire, réchappe au second, dribble le troisième et passe à Henry en bout de course. Celui-ci s’infiltre sur la gauche de la surface de réparation et frappe au but. Son tir écrasé se transforme en centre pour Pirès, qui n’a plus qu’à pousser le ballon au second poteau. Le match s’emballe. Le réalisateur a le temps de passer deux ralentis et demi ; quand il revient au direct, c’est pour proposer au téléspectateur la joie de Reyes, auteur du quatrième but. “Stand up for the Champions” clame le commentateur, qui tente de compenser la bévue de sa production. Flash-back, donc : sur le coup d’envoi, Boro n’a pas le temps de faire plus de trois passes avant de se faire confisquer la possession du ballon ; il en suffit de quatre en face pour placer Reyes en position, sur la gauche de la surface. Une fois Reiziger sur les fesses, l’espagnol vient battre Schwarzer en nettoyant sa lucarne droite.

S’ensuit alors une série de corners, d’attaques placées et d’occasions plus ou moins franches. Le battement cardiaque revient à la normale. La doublette Pirès-Henry fait des merveilles. Ce dernier scelle finalement le score en contre-attaque, grâce à une récupération astucieuse de Bergkamp au milieu de terrain. MacLaren rit jaune.

Arsenal dépassera le record de Notthingham en battant Blackburn trois jours plus tard (3-0), mais n’atteindra pas la barre symbolique des 50 matchs, la faute à Manchester United et à des faits de jeu toujours sujets à polémiques.

Henry

Henry, l'homme du match, pour le Guardian

Statistiques

Corners : 7 - 5

Tirs (cadrés) : 19 (9) - 9 (5)

Fautes : 8 - 14

Hors-jeu : 2 - 5

Spectateurs : 37415