Vainqueur de la CAN 2012 avec l’équipe de Zambie, le sélectionneur français Hervé Renard est brièvement passé de l’autre coté de la Manche. C’était en 2004, à Cambridge United

Illustre inconnu il y a quinze jours, le coach français Hervé Renard est devenu la nouvelle hype du football d’aujourd’hui pour avoir mené l’équipe de Zambie au sommet du foot africain. Une compétence doublée d’une belle gueule et d’un certain chic vestimentaire. Un nom de famille digne d’un roman et qui rime trop bien avec Bob Denard.

Mais quel rapport avec le foot anglais ? Pas grand-chose, c’est vrai, si ce n’est un passage aussi court que rocambolesque courant 2004 dans les sous-divisions du football d’outre-manche. Un passage que n’avait pas manqué de narrer le mythique site web www.kicknrush.com, qui fut pour la première décennie du XXIème siècle ce que Teenage Kicks sera pour celle qui suit.

Le 16 février 2007, le site publie un article, « Sweet six weeks » signé Rian Gyggs, pseudo derrière se cache un éphémère Prince Charles à la plume vive et acérée. L’article évoque en fait l’arrivée trois ans plus tôt d’un autre Bob Denard du foot, Claude Le Roy dans un club de Coca Cola League Two (Quatrième Division) plutôt mal en point, Cambridge United.

Nous sommes fin mars 2004 et le club vient alors d’essuyer six défaites en huit matches. Il pointe à la 22ème place d’un classement qui compte 24 équipes et voit s’approcher le spectre de la Conférence, ultime division du foot professionnel d’Angleterre. Edward Freeman, le chairman du club, s’est bien entendu débarrassé de l’entraîneur en place, John Taylor, et a fait appel à son vieil ami Claude Leroy pour sauver ce qui peut l’être.

L’idée, à priori, est géniale. Le club s’offre un peu de lumière médiatique en faisant venir un grand nom. Dès la première conférence de presse, Le Roy s’attire toutes les sympathies en annonçant qu’il s’est lancé dans cette opération gratuitement, uniquement par amitié. Sa deuxième annonce rafraîchit un peu l’atmosphère. Claude Leroy ne vient pas en tant qu’entraîneur, ni manager, mais seulement conseiller. C’est ici qu’entre en scène le dénommé Hervé Renard, alors seulement âgé de 36 ans, dont le CV d’entraîneur ne mentionne alors que les prestigieux AS Draguigan et Sanghai (Chine). Et encore, comme adjoint.

Ainsi donc le conseiller Claude Leroy ne passe-t-il que quelques heures par semaines à Cambridge, son emploi du temps étant surtout occupé par son activité de consultant pour une chaîne de télévision française cryptée. Hervé Renard se retrouve donc seul maître à bord, avec huit matches au programme pour éviter le pire.

Et c’est le meilleur qui arrive. Cambridge United aligne quatre victoires et trois matches nuls, ne concédant qu’une défaite, quasiment planifiée face à Doncaster Rover, l’impitoyable leader de la division. Les « U’s » terminent treizième avec cinquante-six points. Hervé Renard devient un héros du coté de Cambridge.

Un héros malheureusement éphémère. Alors que Claude Le Roy s’est discrètement éclipsé, son protégé entame une nouvelle saison avec son club d’accueil. Six mois plus tard, il est déjà viré. L’équipe rame en fond de classement, le club est en banqueroute et finira la saison en Conférence.

Renard poursuivra son job du coté de Cherbourg (2005-2007) avant de rejoindre son mentor Claude le Roy à la tête de la sélection du Ghana. Puis en 2008 il prendra en charge, seul, la sélection de Zambie. Mais là, on s’éloigne du sujet.

Richard N.

2 commentaires

  1. jepigepo dit :

    Encore une découverte pour moi

    Quizz : Combien de temps survivra t il à la tête de l’ équipe nationale zambienne ?

  2. Pablo dit :

    @jepigepo:

    – le temps de se voir offrir une meilleure offre par un club d’Europe ou le temps… de rentrer dans la légende.

    Bon du coup j’ai pas pu m’empêcher d’aller me documenter et le club a l’air d’avoir un joli p’tit stade de 10.000 places. Il est également étonnant de voir que malgré un coup de moins bien lors de leur descente en Conference et l’année d’après (12e et 17e), ils ne sont pas remontés les deux années suivantes, échouant deux fois à la deuxième place avec 86 pts à chaque fois (en 46 matchs).

    Il est marrant de constater que dans leur division se trouve également les “Hatters” de Luton town, cité précédemment dans ce blog!

    Merci pour l’article et la coiffure “scarole renversée” de Claude Le Roy 🙂

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