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Des louves contre les lionnes

La finale de la Ligue des Championnes opposera Lyon à une équipe allemande comme tous les ans depuis quatre ans. Cette année, c’est Wolfsbourg, novice en la matière qui représente la Bundesliga en finale.

L’affiche de la finale de Ligue des Championnes était envisageable dès le début de la saison, entre un Olympique Lyonnais double tenant du titre et et un VfL Wolfsbourg en pleine progression et très renforcé, au contraire de Potsdam qui venait de perdre en particulier Babett Peter et Bianca Schmidt parties à Francfort et Viola Odebrecht arrivée justement à Wolfsbourg.

Arsenal et les clubs suédois ne semblant pas vraiment en mesure de remettre en cause la désormais traditionnelle mainmise de Lyon et des clubs allemands sur la compétition européenne, le pronostic se portait naturellement sur Potsdam et sur les deux clubs que l’on retrouve finalement.

La surprise Arsenal

Pourtant les Anglaises ont quelque peu fait mentir le pronostic : dans l’élan de la création de la Women’Premier League, championnat professionnel, Arsenal a éliminé Potsdam en huitièmes de finales en l’emportant à l’aller comme au retour, ce qui reste un événement, les éliminations avant la finale d’équipes allemandes hors des duels germano-allemands se comptant sur les doigts d’une main1.

Mais en demi-finale, Arsenal a buté sur Wolfsbourg en perdant tous ses espoirs dès le match aller perdu 2-0 à domicile. Même si Kim Little entretenait un petit espoir en égalisant à 1-1 en début de deuxième mi-temps au retour, la capitaine Nadine Keßler remettait les choses à plat en transformant un pénalty en deux temps.

La Suède battue par la France

Les équipes suédoises ont par contre confirmé qu’avec le déclin d’Umeå et en attendant l’arrivée du Tyresö de Marta, Christen Press et Verónica Boquete, elles n’étaient plus en mesure de jouer le titre. Malmö, qualifié comme champion et entre temps vice-champion à la différence de but avec Tyresö a explosé face à Lyon en quart de finale (0-5 et 0-3) et Göteborg a concédé deux défaites à Juvisy au même stade confirmant que la Division 1 n’a pas grand chose à envier au Damallsvenskan.

Avant de rencontrer Arsenal, Wolfsbourg avait eu un parcours relativement facile d’abord face aux Polonaise de l’Unia Racibórz puis au Norvégiennes de Røa qui ont toutefois réussi à arracher le nul au retour. En quart, ce sont les Russes de Rossiyanka qui se dressaient face aux Allemandes qui se faisaient une légère frayeur à l’aller dans la Volkswagen Arena : menant 2-0 et à 11 contre 10 après l’expulsion d’Olesya Mashina, elles avaient concédé un but dès le début de deuxième mi-temps et restaient à portée avant le match retour malgré une importante domination (19 tirs à 5). Au stade Luzhniki, il leur fallait plus d’une heure avant de se mettre à l’abri.

Le parcours lyonnais a été nettement plus linéaire face à des adversaires du même calibre : les Finlandaise du PK-35 Vantaa ont été avalées 7-0 et 5-0, l’autre équipe russe du Zorkiy Krasnogorsk n’a pas mieux résisté (0-9 et 0-2) et Malmö a donc également été balayé. La demi-finales franco-française contre Juvisy a connu à peu près aussi peu de suspense et Lyon arrive en finale avec des statistiques impressionnantes (8 matchs, 8 victoires, 40 buts marqués, 1 but encaissé).

La même réussite domestique

Lyon et Wolfsbourg arrivent à Stamford Bridge après une saison déjà réussie sur le plan national. Les deux équipes ont été sacrées en championnat au mois d’avril avant la fin de la compétition. Là aussi, le parcours diffère un peu : Lyon a remporté tous ses matchs alors que Wolfsbourg a laissé quelques points en routes : un 0-0 contre Essen lors de la 6e journée et un 2-2 contre Bad-Neuenahr lors de la 11e trois jours avant une lourde défaite 3-0 contre le Bayern avec un milieu remanié privé de Nadine Keßler et de Zsanett Jakabfi. Les louves avaient donc remporté 26 de leurs 30 premiers matchs de la saison, toutes compétitions confondues.

Elles ont en particulier affirmé leurs prétentions sur le titre au mois de novembre en battant Francfort et Potsdam à 15 jours d’intervalle. Contre les championnes en titre, c’est la capitaine Nadine Keßler qui renversait la situation alors que son équipe était menée 1-0, but de Lisa Evans mais jouait en supériorité numérique après l’expulsion de Jeannette Yango. Elle égalisait d’abord à dix minutes de la fin avant de marquer le but de la victoires dans les arrêts de jeu2

Wolfsbourg a certes perdu les deux matchs retours ces dernières semaines mais le match contre Potsdam n’a aucune signification pour une équipe qui avait déjà le titre en poche3 et les yeux tournés vers ses deux finales du mois de mai et qui est arrivée avec une composition très fantaisiste et 7 titulaires au repos (sans compter les blessées). Le match contre Francfort est plus intéressant même s’il n’était pas vraiment décisif non plus puisqu’une victoire dans les quatre derniers matchs suffisait4. Face à une équipe de Francfort remise en selle par son deuxième changement d’entraîneurs de la saison et son recrutement hivernal, elles étaient logiquement battues.

Des histoires parallèles

L’Olympique Lyonnais et le VfL Wolfsbourg sont tous les deux des clubs professionnels avec une équipe masculine dans le championnat d’élite et tous deux ont remporté un ou plusieurs titres dans les années récentes, en 2009 pour le club allemand. L’intégration de l’équipe féminine date de 2003 pour Wolfsbourg et de 2004 pour Lyon.

Si l’OL a succédé au FC Lyon qui venait de passer à quelque minutes du titre, Le VfL Wolfsbourg a pris la relève du Wendschotter SV Wolfsbourg de Claudia Müller qui venait de finir 9e, 33 points derrière Francfort. Le Wendschotter avait lui-même pris la suite du VfR Eintracht Wolfsbourg en 1996 et évoluait en Bundesliga depuis 1998 après avoir manqué la qualification pour la saison initiale de la poule unique.

Tout comme la section féminine du FC Lyon datait du début des années 1970, l’Eintracht avait été créé en 1973 et avait régulièrement évolué au plus haut niveau, atteignant la finale de la Coupe en 1984 et faisant partie des 20 équipes participant à la première Bundesliga en 1990.

Le virage vers le professionnalisme

Ne partant pas du même point, les deux clubs n’ont pas mis le même temps pour arriver au sommet : l’OL a remporté son premier titre sous ce nom dès 2007 et atteint sa première demi-finale européenne la saison suivante et a récidivé tous les ans depuis. Le VfL Wolfsbourg a eu plus de difficultés. Reléguées en 2005 après deux saisons dans la deuxième moitié de classement, les louves remontent immédiatement, en particulier grâce aux 36 buts de Martina Müller.

Jusqu’en 2011, Wolfsbourg navigue entre la 5e et la 8e place de la Bundesliga, assez bien pour ne pas se faire de frayeur, pas assez pour se mêler à la lutte pour le titre ou la qualification européenne. Mais cela est sans doute insuffisant pour un club soutenu par une multinationale comme Volkswagen5. Le tournant intervient à l’été 2011 avec l’arrivée des finalistes de la Ligue des Championnes (et vainqueurs la saison précédentes) Josephine Henning et Nadine Keßler de Potsdam, ainsi que celle de Conny Pohlers qui arrive de Francort et de Lena Goeßling de Bad Neuenahr. Toutes quatre sont déjà internationales, comme le sont aussi Verena Faißt, Navina Omilade et Martina Müller déjà présentes.

Martina Müller

Martina Müller

Le résultat ne se fait pas attendre et Wolfsbourg finit la saison à la seconde place, trois points derrière Potsdam mais sept devant Francfort, favori de la compétition et finaliste de la Ligue des Championnes. Le moteur de l’équipe est le duo du milieu constitué de Nadine Keßler et Lena Goeßling et son arme fatale celui d’attaque Martina Müller-Conny Pohlers. Alisa Vetterlein est déjà titulaire dans le but, Verena Faißt arpente déjà son côté gauche et Zsanett Jakabfi alimente déjà le duo d’attaque. En défense centrale, Josephine Henning est d’abord associée à l’expérimentée Navina Omilade (championne d’Europe 2001 et 2005 avec la Mannschaft) puis à Maren Tetzlaff et enfin à la néo-zélandaise Rebecca Smith. Ralf Kellermann fait jouer son équipe en 4-4-2 mais alterne à l’occasion avec le 3-5-2 allemand traditionnel.

Les Vertes concèdent trois défaites dont deux contre Potsdam qui coûtent cher au décompte final, mais battent deux fois Francfort, ce qui est aussi important. Conny Pohlers finit deuxième buteuse avec 19 buts derrière Genoveva Añonma 20, aucune autre joueuse ne dépassant les 10 buts.

La troisième défaite a lieu lors du match aller contre Duisbourg, autre cador de Bundesliga : il s’agit du dernier champion (en 2000) avant l’oligopole de Francfort et Potsdam. Wolfsbourg est le premier depuis.

En quasi faillite le club de la Ruhr a sans doute passé le témoin à Wolfsbourg comme troisième larron du trio de tête et pour marquer le coup, a vu partir Luisa Wensing et Alexandra Popp vers la Basse-Saxe. La dernière pierre à l’édifice est l’arrivée de Viola Odebrecht en provenance de Potsdam.

L’expérience européenne

Wolfsbourg s’apprête alors à disputer pour la première fois une Coupe d’Europe. Il est le cinquième club allemand à le faire. Les trois premiers, Francfort, Potsdam et Duisbourg ont remporté la compétition pour leur première participation. Seul le Bayern n’a pas réussi, éliminé par Montpellier. Wolfsbourg cherchera à faire aussi bien en s’appuyant donc sur un effectif expérimenté comptant plusieurs joueuse déjà titrées : Josephine Henning, Viola Odebrecht et Nadine Keßler en 2010 avec Potsdam, Alexandra Popp en 2009 avec Duisbourg (après avoir infligé à Lyon sa seule vraie défaite en Coupe d’Europe, 3-1 en demi-finale retour6), Conny Pohlers en 2008 avec Francfort, Navina Omilade avec déjà Viola Odebrecht et Conny Pohlers en 2005 avec Potsdam. Six joueuses dont trois devraient être sur la pelouse connaissent déjà l’événement pour l’avoir remporté (et la plupart ont eu l’occasion en plus de perdre une finale).

Conny Pohlers et Zsanett Jakabfi

Conny Pohlers et Zsanett Jakabfi

Conny Pohlers a non seulement gagné deux finales et perdu une (avec Potsdam contre Francfort en 2006) mais elle a marqué 8 buts en finales, en 6 matchs puisque cela se jouait à l’époque en match aller et retour. Si elle l’emporte cette année, elle deviendra la seule joueuse à avoir remporté la Coupe d’Europe pour trois clubs différents.

En outre, l’effectif compte 10 internationales allemandes dont 7 en activité mais seules Viola Odebrecht (Coupe du monde 2003), Navina Omilade (Euro 2001 et 2005), Martina Müller (Coupe du monde 2003 et 2007, Euro 2001 et 2009) et Conny Pohlers (Coupe du monde 2005 et Euro 2005) ont remporté un titre avec l’Allemagne, soit les trois qui ont pris leur retraite internationale (récemment pour Martina Müller puisque c’était contre la France en novembre pour sa 101e sélection) et Viola Odebrecht.

Cela peut sembler étonnant dans la mesure où la Mannschaft a trusté les titres, remportant toutes les éditions de l’Euro depuis 19957 et les Coupes du monde 2003 et 2007. Mais elle n’a plus rien remporté depuis 2009 et les autres internationales ne le sont que depuis 2010. Il faut d’ailleurs noter que contrairement à ses rivaux de Francfort et de Potsdam, l’effectif de Wolfsbourg n’est à peu près composé que de joueuses allemandes, en dehors de la Hongroise Zsanett Jakabfi et de la Néo-Zélandaise Rebecca Smith (qui n’a pas encore joué cette saison et qui quittera le club en fin de saison).

La plupart des joueuses sont passées par les sélections de jeunes et a eu l’occasion de remporter des titres et de disputer des finales. Il faut dire que Wolfsbourg est une équipe jeune. Sa moyenne d’âge pondérée par le temps de jeu8 est de 24,5 ans et elle est nettement augmentée par Viola Odebrecht (30 ans), Martina Müller (33 ans) et Conny Pohlers (34 ans). Parmi les autres joueuses qui ont joué plus de l’équivalent de 5 matchs, seule Ivonne Hartmann (31 ans) et Anna Blässe (26 ans) ont plus de 25 ans.

La stabilité lyonnaise

En comparaison, la moyenne d’âge pondérée des Lyonnaises est de 26,8 ans et le gros de l’effectif lyonnais a entre 26 et 29 ans, en dehors de Wendie Renard (22 ans) et d’Eugénie Le Sommer (23 ans) d’un côté et de Sonia Bompastor, Laetitia Tonazzi et Sabrina Viguier (32 ans) de l’autre côté.

Doubles championnes en titre, les Lyonnaises ont bien entendu l’expérience des finales de Coupe d’Europe en dehors des joueuses arrivées cette saison, Élise Bussaglia, Laura Agard et Laetitia Tonazzi, le cas des deux recrues hivernales Megan Rapinoe et Shinobu Ohno étant particulier puisque si elles n’ont pas d’expérience en Ligue des Championnes, elles en ont sur leur continent respectif et qu’elles ont surtout joué les deux dernières finales mondiales avec leurs sélections. Et de toute façon, parmi ces recrues, seule Megan Rapinoe peut envisager d’être titularisée pour cette finale.

Face à une équipe de Wolfsbourg qui compte essentiellement des joueuses arrivées depuis 2009 (dont 7 titulaires arrivées ces deux dernières saisons), l’OL frappe par sa stabilité : 9 des titulaires de la demi-finale aller contre Juvisy l’étaient déjà lors de la finale de Craven Cottage il y a deux ans, et Lara Dickenmann titulaire cette fois était alors entrée en jeu, tout comme Eugénie Le Sommer, remplaçante et entrée les deux fois. Les chiffres sont équivalents au retour (si ce n’est qu’Élodie Thomis et Eugénie Le Sommer ont échangé leur places). À ces joueuses, on peut ajouter Amel Majri qui était déjà dans le groupe et Corine Franco qui était blessée les deux fois.

Treize joueuse sont donc encore présentes deux ans après et parmi les joueuses qui avaient eu un temps de jeu conséquent dans la campagne 2011, seule Shirley Cruz est partie. Et a contrario, parmi les arrivantes, seule Megan Rapinoe semble pouvoir être titulaire, et Élise Bussaglia ou Laetitia Tonazzi9 pourraient entrer en jeu.

En remontant plus loin, 7 joueuses10 étaient de la demi-finale perdue contre Duisbourg en 2009 et 5 de la précédente contre Umeå en 2008 (mais pas les mêmes)11.

Louisa Necib et Corine Franco

Louisa Necib et Corine Franco

Mécaniquement, l’effectif est très expérimentée avec près d’une dizaine de joueuses ayant participé au moins à 6 demi-finales et 3 finales, six joueuses devraient même participer à leur quatrième finale de rang et en comptant la demi-finale de Montpellier en 2006, Élodie Thomis a joué 7 demi-finales.

Du côté des sélections même, l’expérience n’est pas non plus tellement à l’avantage des Allemandes dans la mesure lors des deux dernières compétitions, les Bleues ont réussi un meilleur parcours que les Allemandes. Douze joueuses ont participé aux demi-finales mondiales et Olympiques des Bleues, sans compter Lotta Schelin, troisième de la Coupe du monde avec la Suède et bien sûr Megan Rapinoe championne Olympique et vice-championne du monde et Shinobu Ohno championne du monde et vice-championne Olympique.

Au delà du niveau individuel, cette stabilité et cette expérience expliquent sans doute la facilité pour se hisser en finale. Un bon exemple est donné par le match aller face à Zorkiy, prétendante au titre en Russie, donc un peu plus qu’un faire valoir. La météo était neigeuse et le terrain peu praticable et les dirigeants du club russe tentaient de faire reporter le match au lendemain. Après divers atermoiements, le coup d’envoi était finalement donné avec une quarantaine de minutes de retard. Ces conditions auraient pu décontenancer une équipe novice et le match aurait pu se transformer en traquenard. Mais pas pour cette équipe là qui en avait vu suffisamment d’autres et qui mettait vite les choses au point en menant 3-0 au bout d’une demi-heure et 9-0 à la fin. On était assez loin de l’équipe de 2008 qui ne savait pas si elle devait attaquer ou attendre à 1-1 contre Umeå à Gerland.

Revue d’effectif(s)

Il est difficile de dégager une équipe type pour Lyon lors de cette saison, surtout en Coupe d’Europe : l’effectif compte 23 joueuses professionnelles, un vingtaine a joué plus de 450 minutes (l’équivalent de 5 matchs) toutes compétitions confondues et la rotation a été importante dans les matchs plus facile, ce qui a en particulier été le cas de matchs retour des deux premiers tours de Coupe d’Europe. Ainsi Amel Majri, Laura Agard, Makan Traoré et Céline Deville ont été titulaires dans ces conditions. Aucune joueuse n’a participé à l’intégralité de la campagne, chacune ayant eu au moins un match complet de repos.

Toutefois, on peut dégager des grandes tendances. Le poste de gardienne ne fait pas débat : Sarah Bouhaddi est titulaire. Céline Deville a joué un peu dans toutes les compétitions et Pauline Peyraud-Magnin a récemment été titularisée contre Arras mais il ne s’agit que de gestion de l’effectif et la hiérarchie est claire.

L’axe de la défense est plus épineux. Wendie Renard est indiscutable hors blessure et mise au repos. Laura Georges est celle qui a joué le plus à ses côté, mais Sabrina Viguier n’est pas très loin. Toutefois, pour les matchs au sommet et hors blessure ou suspension, c’est en général la première qui est alignée cette saison.

Lara Dickenmann

Lara Dickenmann

Les postes de latérales possèdent une titulaire et une remplaçante (la même pour les deux) qui a impressionné. Corine Franco à droite et encore plus Sonia Bompastor à gauche sont titulaires indiscutables. Mais au fil de leurs blessures et en l’absence de vraie spécialiste, c’est Lara Dickenmann qui est devenue la première solution de remplacement, voire un peu mieux.

L’empire du milieu

Depuis le départ de Shirley Cruz et avec les nombreuses blessures d’Élise Bussaglia, le milieu de terrain ne fait pas débat : Amandine Henry, Camille Abily et Louisa Necib sont indiscutables et sont les trois joueuses de champ les plus utilisées. La Nordiste tient le poste sentinelle et les deux autres alternent entre celui de relayeuse et celui de meneuse, en général au sein même d’un match. En l’absence de l’une d’entre elles, c’est normalement Élise Bussaglia qui joue soit comme sentinelle soit comme relayeuse. On a vu également Sonia Bompastor monter et bien sûr Lara Dickenmann dépanner puisqu’elle peut jouer avec bonheur à peu près à tous les postes.

Lotta Schelin

Lotta Schelin

Devant, Lotta Schelin est bien sûr indiscutable comme avant-centre, même si en raison de blessures et de mises au repos, elle a joué moins que Laetitia Tonazzi. Mais elle a été titularisée pour tous les matchs importants, avec succès puisqu’elle marque à peu près à chaque fois et souvent des doublés. Elle talonne Conny Pohlers (et Patrizia Panico) pour le titre de meilleure buteuse de la phase finale12 de la Ligue des Championnes avec 7 buts tous marqués en quart et en demi-finales, alors qu’elle n’avait à peu près pas joué les tours précédents.

Quatre joueuses se disputent les deux places d’ailières dans le système en 4-3-3 le plus fréquent à Lyon. Les plus utilisées ont été Lara Dickenmann et Eugénie Le Sommer mais les chiffres sont trompeurs. La Suissesse a été largement utilisée à tous les autres postes et la Bretonne est rarement titulaire lors des gros matchs, seulement au match aller contre le PSG en championnat, contre Juvisy à Gerland en Coupe d’Europe, plus le match retour contre Malmö. Dans les grandes occasions, c’est plutôt Élodie Thomis qui est alignée d’entrée, et depuis son arrivée Megan Rapinoe.

Ces postes d’attaque sont aussi ceux où se font les remplacements en cours de match. Au-delà de la question des titulaires, il est courant que les 6 joueuses d’attaque participent au match.

Sarah Bouhaddi - Sonia Bompastor, Laura Georges, Wendie Renard, Corine Franco - Amandine Henry, Louisa Necib, Camille Abily - Megan Rapinoe, Élodie Thomis, Lotta Schelin

La recherche d’équilibre

Des trois principales recrues du début de saison à Wolfsbourg, seule Luisa Wensing arrivait sur un poste où elle pouvait prendre la place de la titulaire. L’arrière droite titulaire de la saison précédente était Stephanie Bunte qui n’est pas internationale et assez naturellement, l’ancienne joueuses de Duisbourg s’est emparée de la place. En dehors du premier tour de Coupe d’Allemagne (« DFB-Pokal der Frauen ») contre l’équipe de deuxième division de Berlin-Lübars et du récent match contre Potsdam où Ralf Kellermann avait fait tourner, elle a été titularisée à chaque match. Elle est la joueuse la plus utilisée, aussi bien en temps de jeu qu’en nombre de matchs.

La situation était différente pour Viola Odebrecht et Alexandra Popp qui venaient en concurrence des deux principaux duos de la saison précédente. Au milieu, Nadine Keßler et Lena Goeßling avaient été titulaires à chaque match et devant Conny Pohlers et Martina Müller étaient aussi une des forces de l’équipe. L’arrivée d’Alexandra Popp, 22 ans, est sans doute lié à l’âge des deux titulaires (34 et 33 ans) et à la nécessité de préparer l’avenir. Celle de Viola Odebrecht, de 5 ans plus âgée que ses concurrentes répondait sans doute à un besoin plus immédiat.

Comme souvent dans ces cas là, la solution aura finalement été une réorganisation pour permettre de faire jouer tout ce beau monde ensemble.

Devant Alisa Vetterlein, indiscutable dans le but, même si elle a laissé quelques matchs à Jana Burmeister, la charnière devait être constituée de Josephine Henning et de Maren Tetzlaff. Mais cette dernière s’est rompu les ligaments croisés en mai dernier et vient seulement de faire son retour. Pour la remplacer, Wolsbourg a fait signer Carolin Simon en provenance d’Hambourg. Mais dès le début de saison, c’est en fait Lena Goeßling qui a pris place en défense pour constituer un quatuor international avec Josephine Henning, Luisa Wensing et Verena Faißt. Elles ont été titularisées ensemble en défense 17 fois sur la trentaine de matchs de cette saison.

Nadine Keßler

Nadine Keßler

Ce replacement résolvait le problème du milieu où Viola Odebrecht a pris simplement la place libérée par Lena Goeßling à côté de Nadine Keßler, reformant un duo déjà vu à Potsdam.

La rotation est plus importante aux postes offensifs et le système de jeu plus variable mais dans l’ensemble Wolfsbourg joue plutôt en 4-4-2 avec des milieux excentrées ou des ailières suivant l’interprétation que l’on en a. La Hongroise Zsanett Jakabfi était indiscutable jusqu’à sa blessure fin mars. L’autre côté devait plutôt être occupée par Anna Blässe, mais assez tôt dans la saison, l’alternance entre les trois attaquantes s’est transformée en un replacement de Martina Müller sur le côté et un duo d’attaque Conny Pohlers-Alexandra Popp. Anna Blässe a continué à avoir du temps de jeu entre les blessures et les mises au repos des autres, surtout depuis fin mars donc mais le schéma des matchs à enjeu était bien celui permettant de faire jouer les trois attaquantes.

Alisa Vetterlein - Verena Faißt, Josephine Henning, Lena Goeßling, Luisa Wensing - Nadine Keßler, Viola Odebrecht - Martina Müller, Zsanett Jakabfi - Conny Pohlers, Alexandra Popp

Le casse tête de Ralf Kellermann

Une feuille de match de finale n’est pas une opposition d’équipes type. Le contexte, l’état de forme, les blessures et l’opposition jouent un rôle. Même si Wolfsbourg est novice à ce niveau de compétition, ses joueuses ne le sont pas et il ne devrait pas y avoir de révolution tactique en finale : il est probable que Lyon emploie son habituel 4-3-3 et Wolfsbourg son 4-4-2.

Du côté de Patrice Lair, il n’y a des (petites) incertitudes sur trois postes, la défenseuse centrale à côté de Wendie Renard et les deux ailières. Si l’on s’en tient à ce qui a été fait cette saison on devrait avoir Laura Georges, Élodie Thomis et Megan Rapinoe, qui seraient d’ailleurs les trois seules entrantes par rapport aux titulaires de la finale de Münich13 (et ce qui ferait neuf titulaires en commun avec celle de Craven Cottage, quand on parle de stabilité…).

Patrice Lair

Patrice Lair

Pour l’instant, la seule joueuse qui risque d’être indisponible est Laetitia Tonazzi, ce qui ne changerait pas l’équipe de départ mais modifierait la stratégie de coaching puisqu’elle entre assez systématiquement.

Ralf Kellermann va avoir plus de difficultés à bâtir son équipe avec trois titulaires indiscutables absentes, dont deux dans son milieu de terrain absente. Viola Odebrecht est suspendue pour avoir reçu un second carton jaune au match retour contre Arsenal alors que la qualification était déjà en poche, Zsanett Jakabfi est blessée à la cheville et absente jusqu’à la fin de la saison, et Alexandra Popp s’est blessée lors du dernier match de championnat contre Bad Neuenahr. Comble de malchance, la jeune espoir Selina Wagner qui avait un profil intéressant pour remplacer l’ancienne joueuse du MTK Budapest et qui revenait d’une rupture des ligaments croisés s’est à nouveau blessée au genou lors de sa deuxième titularisation après une saison et demi blanche.

L’ancienne joueuse de Potsdam pourrait être remplacée poste pour poste par Ivonne Hartmann, mais avec l’absence de la Zsanett Jakabfi, il est probable que Ralf Kellermann va remonter Lena Goeßling au milieu comme il l’a régulièrement fait, en particulier en Coupe d’Europe en l’absence de Viola Odebrecht ou de Nadine Keßler. Il reformerait ainsi le duo de la saison dernière.

Ralf Kellermann

Ralf Kellermann

Il est peu probable par contre que le duo d’attaque soit reformé en l’absence d’Alexandra Popp, à cause du manque de solution sur les côtés avec les blessures de Zsanette Jakabfi et Selina Wagner. Martina Müller devrait rester côté gauche et Lina Magull entrer à la place d’Alexandra Popp. Zsanett Jakabfi serait elle remplacée par Anna Blässe.

Il resterait alors à trouver qui accompagnera Josephine Henning dans l’axe de la défense. Maren Tetzlaff vient seulement de reprendre et Carolin Simon est partie cet hiver. Les deux joueuses qui ont occupé le poste, en particulier quand Lena Goeßling montait au milieu sont Ivonne Hartmann et Laura Vetterlein (jeune sœur de la gardienne). Elles étaient titulaires lors de la récente défaite contre Potsdam et on ne peut pas dire qu’elles ont marqué des points dans une équipe très remaniée cependant. Laura Vetterlein a commencé arrière gauche derrière une Verena Faißt ailière avant de permuter pour la fin de la première mi-temps et de sortir à la pause. Ivonne Hartmann s’en est plutôt mieux tiré mais sans plus. Elle part sans doute favorite pour être titulaire.

Feuille de match probable :

VfL Wolfsbourg : 1-Alisa Vetterlein – 22-Verena Faißt, 18-Ivonne Hartmann, 27-Josephine Henning, 2-Luisa Wensing – 13-Nadine Keßler (cap.), 28-Lena Goeßling – 9-Anna Blässe, 25-Martina Müller – 14-Lina Magull, 26-Conny Pohlers

Olympique Lyonnais : 26-Sarah Bouhaddi – 18-Sonia Bompastor (cap.), 3-Wendie Renard, 5-Laura Georges, 17-Corine Franco – 6-Amandine Henry, 10-Louisa Necib, 23-Camille Abily – 7-Megan Rapinoe, 12-Élodie Thomis, 8-Lotta Schelin

Les joueuses

Nom Prénom Nat. Nais. Taille Matchs Temps Buts
1 Vetterlein Alisa 22/10/1988 1,69 29 2610 0
12 Burmeister Jana 06/03/1989 1,80 4 360 0
29 Frohms Merle 28/01/1995 1,73 1 90 0
2 Wensing Luisa 08/02/1993 1,73 33 2859 2
22 Faißt Verena 22/05/1989 1,73 32 2724 4
28 Goeßling Lena 08/03/1989 1,71 32 2487 5
27 Henning Josephine 08/08/1989 1,75 31 2755 0
17 Vetterlein Laura 07/04/1992 1,71 8 438 1
7 Odebrecht Viola 11/02/1983 1,75 30 2512 5
13 Keßler Nadine 04/04/1988 1,69 28 2314 12
9 Blässe Anna 27/02/1987 1,66 28 1759 2
3 Jakabfi Zsanett 18/02/1990 1,72 22 1687 10
18 Hartmann Ivonne 15/09/1981 1,72 21 1295 0
10 Wagner Selina 06/10/1990 1,70 10 205 1
23 Omilade-Keller Navina 03/11/1981 1,75 11 412 1
15 Jäger Annabel 06/01/1994 1,70 4 190 0
26 Pohlers Conny 16/11/1978 1,64 33 2372 32
25 Müller Martina 18/04/1980 1,61 33 2319 19
11 Popp Alexandra 06/04/1991 1,74 31 2306 16
14 Magull Lina 15/08/1994 1,66 26 749 4
20 Bunte Stephanie 14/02/1989 1,62 18 993 0
5 Tietge Johanna 16/04/1996 1,67 1 90 0
6 Tetzlaff Maren 03/08/1988 1,64 1 28 0
8 Chandraratne Eve 20/06/1989 1,57 0 0 0
16 Smith Rebecca 17/08/1981 1,74 0 0 0
Nom Prénom Nat. Nais. Taille Matchs Temps Buts
26 Bouhaddi Sarah 17/10/1986 1,75 26 2385 0
1 Deville Céline 24/01/1982 1,73 6 495 0
16 Peyraud-Magnin Pauline 17/03/1992 1,73 1 90 0
18 Bompastor Sonia 08/06/1980 1,62 27 2155 2
5 Georges Laura 20/08/1984 1,72 23 1912 2
3 Renard Wendie 20/07/1990 1,87 22 1767 7
20 Viguier Sabrina 04/01/1981 1,69 24 1841 2
17 Petit-Franco Corine 05/10/1983 1,78 22 1679 5
11 Agard Laura 26/07/1989 1,75 14 1152 1
19 Perisset Eve 24/12/1994 1,57 1 13 0
6 Henry Amandine 28/09/1989 1,71 30 2527 11
10 Necib Louisa 23/01/1987 1,68 30 2194 8
23 Abily Camille 05/12/1984 1,68 30 2382 29
15 Bussaglia Elise 24/09/1985 1,63 12 687 3
25 Majri Amel 25/01/1993 1,68 13 801 3
4 Traoré Makan 27/06/1993 1,67 5 203 0
21 Dickenmann Lara 27/11/1985 1,65 27 1842 8
9 Le Sommer Eugénie 18/05/1989 1,61 31 1867 24
12 Thomis Elodie 13/08/1986 1,68 27 1619 14
8 Schelin Lotta 27/02/1984 1,79 23 1575 34
24 Tonazzi Laetitia 31/01/1981 1,72 29 1703 33
7 Rapinoe Megan 05/07/1985 1,70 13 778 4
22 Otaki Ami 28/07/1989 1,72 15 646 12
29 Ohno Shinobu 23/01/1984 1,55 7 387 1
  1. Potsdam par Brøndby et Francfort par Kolbotn en 2007, le Bayern par Montpellier en 2010, Potsdam par Lyon en 2012. Jusque là, la main de Mickey suffisait.
  2. Arrêts de jeu qui auront peut-être coûté le titre à Potsdam qui avait été défait dans les mêmes conditions par Francfort sur un but de Fatmire Bajramaj. Deux points de plus pour Potsdam, 2 de moins pour Wolfsbourg et Francfort, le titre ne serait pas encore joué. Mais c’est du football fiction.
  3. Pas tout à fait mathématiquement, mais presque avec 6 points d’avance à 2 journées de la fin et une avance de 27 à la différence de buts.
  4. Qui sera obtenue trois jours plus tard à Leverkusen.
  5. Le club du VfL Wolfsbourg dépend de la société VfL Wolfsburg-Fußball GmbH qui une filiale de Volkswagen. La ville même de Wolfsbourg s’est développée autour de l’usine Volkswagen et n’était qu’un village à l’ouverture de celle-ci en 1938.
  6. Le seul autre match perdu par les Lyonnaises en Coupe d’Europe a eu lieu l’année suivante à Torres en quart de finale retour, sans conséquence pour la qualification.
  7. Entre 1987 et 1997, l’Euro avait lieu tous les deux ans.
  8. Concept certes fumeux mais très opérationnel qui consiste à calculer la moyenne d’âge en pondérant par le nombre de minute passées sur le terrain.
  9. Si elle est remise de sa blessure
  10. Wendie Renard, Lara Dickenmann, Laura Georges, Louisa Necib, Élodie Thomis, Corine Franco et Lotta Schelin.
  11. Wendie Renard, Laura Georges, Louisa Necib, Élodie Thomis, Camille Abily et Sonia Bompastor, les deux dernières ayant fait un tour aux Amériques entre temps.
  12. En comptant la phase de qualification, c’est la Roumaine Laura Rus de l’Apollon Limassol qui est meilleure buteuse avec 11 buts dont 5 lors de la victoire 21-0 contre les Albanaises de l’Ada Velipoje.
  13. Même si le système était un peu différent avec Louisa Necib sur le côté et Shirley Cruz au milieu

Les Vertes en finale

Les demi-finales de la Coupe de France ont donné lieu à une surprise et demi. Une très jeune équipe de Saint-Étienne a dominé un PSG ultra favori, et Montpellier a obligé Lyon à concéder son premier match nul de la saison, mais a perdu une séance de tirs aux buts très controversée.

Les demi-finales de la Coupe de France féminine présentaient des affiches propre à faire plaisirs aux diffuseurs qui serinent que ce qu’attend le public pour suivre le football féminin, ce sont des affiches avec des noms de clubs professionnels masculin.

Saint-Étienne-PSG et Montpellier-Lyon auraient pu être les affiches des demi-finales de la Coupe de France masculine ou de la Coupe de la Ligue. Chacune des quatre équipes est effectivement adossée à un club professionnel qui l’aide plus ou moins. Seule la section féminine du PSG a été créée sous ce nom, les autres issues du rapprochement entre un club de l’élite féminine et un club professionnel. Et l’évolution du rapport entre le PSG et sa section féminine cette saison ressemble assez au scénario vécu par les autres clubs, hormis le changement de nom. Mais ces équipes sont aussi les quatre derniers vainqueurs, chacune ayant remporté l’une des quatre dernières éditions. Il faut même remonter à 2005 pour trouver un autre vainqueur (Juvisy).

Qui c’est les plus fortes ?

Sur le papier, l’affrontement entre Saint-Étienne et le PSG était totalement déséquilibré. D’un côté Saint-Étienne qui a peiné toute la saison pour se remettre du départ de Camille Catala et de Kheira Hamraoui, de l’autre le PSG qui a recruté quelques unes des meilleures joueuses du monde, et où Kheira Hamraoui n’est qu’une solution parmi d’autres, sur le banc au début de ce match.

D’ailleurs, les deux confrontations en championnat ont été largement remportée par les Parisiennes, 5-0 et 4-1, avec en plus la blessure de la capitaine stéphanoise Astrid Chazal lors de ce match retour, alors qu’elle revenait seulement après 9 mois d’absence.

Depuis un mois, l’attaque stéphanoise est composée de Candice Gherbi et d’Audrey Chaumette, qui ont pris la suite de la Taiwanaise Chu O Tseng et de l’Américaine Megan Manthey qui ont assez moyennement convaincu. La première de ce nouveau duo a 17 ans et est championne du monde M-17 depuis novembre et la seconde a un an de moins.

Candice Gherbi

Candice Gherbi

En face, le club parisien se présentait privé de ses Allemandes Annike Krahn, sur le banc pour son retour de blessure et Linda Bresonik.

Dès le début du match, les débats étaient équilibrées, le PSG tenant plutôt le ballon mais Saint-Étienne plaçant des contres tranchants, en particulier sur l’aile droite où Rose Lavaud livrait un beau duel avec Laure Boulleau. Les stars parisiennes du milieu Shirley Cruz et Tobin Heath pas plus que leurs coéquipières Aurélie Kaci et Kenza Dali ne parvenaient pas à prendre le dessus sur Maéva Clemaron, Aude Moreau et Amélie Barbetta, ni à trouver Kosovare Asllani – certes assez invisible – ou Lindsey Horan.

La jeunesse au pouvoir

À la demi-heure de jeu, Rose Lavaud chipait le ballon dans les pieds d’Aurélie Kaci, s’enfonçait dans l’axe pour servir Audrey Chaumette qui éliminait Caroline Pizzala d’un crochet intérieur avant d’enrouler une frappe dan la lucarne de Karima Benameur.

Mené 1-0, le PSG ne parvenait pas à accélérer et malgré son effectif, manquait de solution de rechange : Kheira Hamraoui remplaçait Kenza Dali poste pour poste avant que Farid Benstiti ne tente son classique « le tout pour le tout en sortant une attaquante pour faire entrer une défenseuse centrale » en remplaçant Kosovare Asllani par Annike Krahn1.

De son côté, Hervé Didier modifiait légèrement son équipe en faisant entrer Léonie Fleury pour apporter de la vitesse en contre attaque maintenant que son équipe avait nettement reculé. Entrée à la place d’Audrey Chaumette, elle n’apportait pas plus d’expérience puisqu’elle a 16 ans également. Le coaching était gagnant même si l’action ne venait pas d’un contre.

Sur une relance parisienne, Julie Debever servait l’inévitable Rose Lavaud, qui éliminait Laure Boulleau pour servir Léonie Fleury à l’entrée de la surface. La frappe de l’entrante était difficilement repoussée par Karima Benameur mais Candice Gherbi était la plus prompte pour pousser la balle au fond des filets. À 2-0 à moins de dix minutes de la fin, les coups de boutoirs parisiens ne changeaient rien, Saint-Étienne sera en finale de la Coupe de France.

L’invraisemblable tir au but

À Clermont-Ferrand, l’ASSE devrait jouer un derby. Mais ce n’est pas encore sûr.

Lyon se déplaçait à Montpellier battu largement deux fois en championnat. Et comme dans l’autre demi-finale, les débats étaient beaucoup plus équilibrés en Coupe. Lotta Schelin marquait comme à chaque match, mais Marie-Laure Delie lui répondait en fin de première mi-temps. Rien ne bougeait en seconde période et la décision se faisait aux tirs aux buts.

Le bilan des Lyonnaises dans cet exercice est simple : en 7 tentatives (dont une en Coupe d’Europe), elles ont perdu à chaque fois, dont trois contre Montpellier. Les Héraultaises n’ont perdu qu’une séance lors de la finale 2011 contre Saint-Étienne. Dans une séance où chaque équipe passait de l’espoir au désespoir, huit joueuses de chaque équipe tentaient leur chance et le fait du match était la tentative de Rumi Utsugi : après une première tentative réussie mais annulée parce que le ballon était en mouvement à cause du vent, la Japonaise faisait un remake de Bruno Bellone face au Brésil. Dans la confusion, l’arbitre n’accordait pas le but et après quelques tirs supplémentaires, Sarah Bouhaddi arrêtait celui de Kelly Gadea et donnait la victoire à l’OL, brisant la malédiction (ou l’incapacité) lyonnaise.

Rumi Utsugi

Rumi Utsugi

Hénin-Beaumont et Soyaux, une page d’histoire

Soyaux et Hénin-Beaumont font leur retour en D1 un an seulement après leur relégation. Ces deux clubs font partie de l’histoire du football féminin français.

Cette fin de saison aime à faire des raccourcis entre le passé et le présent. Après les éternels rivaux Lyon et Juvisy qui se sont affrontés pour une place en finale de Coupe d’Europe, deux autres clubs qui ont fait l’histoire du football féminin en France font parler d’eux : Hénin-Beaumont et Soyaux remontent en première division.

Certes, ce n’est pas une révolution, les deux clubs étaient descendus à la fin de la saison dernière1.

La liste des champions de France est finalement assez courte et faite de périodes successives de domination : celle de Reims d’abord (5 titres entre 75 et 82), à peine entamée par la résistance d’Étrœungt (les 3 titres manquants à Reims, entre 78 et 81), celle de la VGA Saint-Maur (6 titres entre 83 et 90). Lyon et Juvisy se sont partagé les titres dans les années 90, avant une série de quatre de Toulouse, un chassé croisé entre Juvisy de nouveau et Montpellier et enfin l’actuelle série lyonnaise.

Bref, entre Reims, Saint-Maur, Lyon, Juvisy et Toulouse, on a 32 titres sur les 39 distribués pour 5 clubs. En ajoutant les plus courtes périodes de domination d’Étrœungt et de Montpellier, cela ne laisse pas beaucoup de place pour les autres2.

Quelques équipes ont su tirer leur épingle du jeu. Lors de la domination Saint-Maurienne, trois équipes se sont particulièrement distingué : Soyaux, champion en 1984 et finaliste en 86, 87 et 893, Saint-Brieuc, champion en 1989 et finaliste en 92, et Hénin-Beaumont, finaliste en 1983 et 88.

Le cas de l’équipe bretonne ne sera pas évoqué ici. Il serait pourtant intéressant puisque ce club vit une quatrième vie : d’abord Chaffoteaux Sport Saint-Brieuc (lié aux chauffages du même nom), devenu Saint-Brieuc Football Féminin après sa prise d’indépendance de la société, puis Stade Briochin par la fusion avec l’ancien club de Yannick Le Saux et depuis cette saison En Avant Guingamp-Ville de Saint-Brieuc4.

Les deux autres équipes partagent avec Juvisy le fait d’être des clubs historiques qui ne se sont pas lié à un club professionnel masculin. Cela avait été évoqué pour Hénin-Beaumont avec le RC Lens, mais d’une part le club lensois n’est pas vraiment actuellement en phase d’expansion et d’autre part l’accord a finalement été signé avec Arras qui a profité de sa place en D1.

Marina Pascaud, capitaine de l'ASJ Soyaux depuis plusieurs saisons

Marina Pascaud, capitaine de l'ASJ Soyaux depuis plusieurs saisons

Les années héroïques

L’histoire des deux clubs synthétise assez bien les passages obligés des clubs féminins : création au début des années 70 comme section féminine du club local, sous la pression de jeunes femmes qui cherchaient un cadre pour pouvoir jouer, puis scission au début des années 80 quand les équipes féminines évoluant au plus haut niveau national commencent à faire de l’ombre aux garçons dont l’univers reste cantonné à leur district5.

La section féminine de l’AS Soyaux a été créée en 1968, ce qui permet au club d’annoncer fièrement (quoi qu’un peu abusivement cette saison) qu’il est « LE plus ancien club de France évoluant en D1 ». Celle de l’Olympique Héninois date de 1972.

Au début des années 80, l’équipe de Soyaux emmenée par Bernadette Constantin, mais aussi Florence Rimbault, Martine Chapuzet et Sylvie Bailly joue les premiers rôles mais bute face à Reims et à Étrœungt en finale en 80 et en demi-finales les deux saisons suivantes6.

L’Oympique Héninois gravit les échelons jusqu’à accéder à la première division en 1979. Mais la présence d’Étrœungt dans la même zone géographique est une rude concurrence qui barre la route des Héninoises en quart de finale de leur première saison dans l’élite puis dans les phase préliminaires lors des suivantes.

L’indépendance et les premiers succès

C’est après ces premiers faits d’armes que les filles prennent leur indépendance des garçons. La section féminine de l’Olympique Héninois devient le Football Club Féminin d’Hénin-Beaumont en 1981, et l’année suivante l’AS Soyaux supprime sa section féminine. L’ensemble des licenciées et quelques dirigeants ajoutent la Jeunesse à leur Association Sportive et deviennent l’ASJ Soyaux.

Lors la saison 83, Hénin-Beaumont, devancé en phase préliminaire par Étrœungt prend sa revanche lors du tour principal et accède enfin aux demi-finales où il rencontre Soyaux qui va tenter pour la troisième fois consécutive de rejoindre la finale. Les Charentaises emportent l’aller 4-2 mais les Nordistes renversent le score au retour 2-0. En finale elles affrontent la Vie au Grand Air de Saint-Maur-des-Fossés qui a éliminé Reims lors du tour principal : pour la première fois, le titre reviendra à une autre équipe que Reims ou Étrœungt.

Le 12 juin à Pierrelatte, Sylvie Pinte ouvre le score pour Hénin-Beaumont mais Martine Puentes égalise en début de deuxième mi-temps pour les coéquipières d’Élisabeth Loisel. Le titre se joue aux tirs aux buts et c’est la VGA Saint-Maur qui s’impose et inaugure une période domination qui sera ponctuée par 6 titres.

La saison suivante, la nouvelle donne est confirmée, Reims et Étrœungt sont devancées en tour préliminaire (par Saint-Maur et Vendenheim) et en tour principal (par Saint-Maur et Hénin-Beaumont) et l’on retrouve Saint-Maur, Soyaux et Hénin-Beaumont en demi-finales7.

Sojaldiciennes et Héninoises sont de nouveau opposées à ce stade, mais si les Charentaises concèdent le nul à l’aller sur leur pelouse, elles se qualifient au retour en l’emportant 1-0. La quatrième tentative a été la bonne. Elles affrontent donc les championnes en titre de Saint-Maur et s’imposent 1-0, remportant ce qui reste le seul titre de championne de France du club. L’histoire raconte que les joueuses de Soyaux ont fini le match retranchées dans leurs 18 mètres, complètement carbonisées mais ont su préserver la victoire.

La domination Saint-Maurienne

Les saisons suivantes, les deux clubs alternent leur présence en demi-finales (ou en poules demi-finales suivant les évolutions erratiques de la formule de la compétition), toujours au moins une jusqu’en 1990, jamais les deux.

On les retrouve même en finale quatre fois de suite : en 86 et 87, Soyaux retrouve Saint-Maur mais la situation a changé : la VGA domine maintenant le football français et constitue le socle de l’équipe de France. Soyaux perd ses deux finales 5-1 et 3-0. En 88, c’est Hénin-Beaumont qui affronte Saint-Maur en finale et qui s’en tire beaucoup mieux : Isabelle Musset (déjà 5 fois championne avec Reims, et qui le sera de nouveau deux ans plus tard avec Saint-Maur) égalise en fin de match pour Hénin qui pousse de nouveau les championnes en titre à la séance de tirs aux buts. Mais comme cinq ans plus tôt, c’est Saint-Maur qui s’impose.

La saison suivante marque en quelque sorte la fin de la période dorée pour les deux clubs qui s’affrontent en quart de finales. Soyaux l’emporte puis bat en demi-finales Flacé-lès-Mâcon, vainqueur surprise de la VGA Saint-Maur. Face à Saint-Brieuc, Florence Rimbault réplique successivement à Isabelle Le Boulch et à François Jézéquel et le titre se joue encore une fois aux tirs aux buts. Symboliquement, c’est Bernadette Constantin qui manque son tir et offre la victoire aux Bretonnes.

Le début de l’ère moderne

Après un dernier titre pour Saint-Maur, on entre alors dans l’ère de domination conjointe de Lyon et de Juvisy. En 1992, le championnat devient une poule unique de 12 équipes dont le vainqueur est sacré. C’est le FC Lyon qui est sacré pour le centenaire du club8, devant Juvisy. Hénin-Beaumont finit 4e et Soyaux 5e. La saison suivante les places sont inversées. Juvisy devance Lyon et Soyaux devance Hénin-Beaumont. Puis trajectoires divergent : en 1996, le Soyaux de Corinne Diacre finit dauphin de Juvisy alors qu’Hénin-Beaumon est relégué. Puis l’équipe charentaise rentre peu à peu dans le rang, bien calée saison après saison en milieu de classement.

Elle ne parvient pas à participer au tournoi final, sorte de play-off regroupant les 4 premiers du classement et qui durera de 2000 à 2004. En 2005, menée par Corinne Diacre et l’ancienne (et future) Héninoise Candie Herbert, Soyaux profite de l’effondrement toulousain pour prendre la quatrième place, mais il n’y a plus de tournoi final pour se mêler à la lutte pour le titre (et Montpellier finit 22 points devant). Dans cette équipe, deux jeunes joueuses de 21 ans attirent particulièrement l’attention : Ophélie Meilleroux et Corine Petit (qui ne s’appelle pas encore Franco).

Les passages en D2

Deux ans plus tard, Soyaux récidive malgré la grave blessure de sa capitaine Corinne Diacre en début de saison à Montpellier. Désormais régulièrement appelées chez les Bleues, Ophélie Meilleroux et Corine Petit sont toujours à la barre, comme Candie Herbert, Laetitia Stribick ou Claire Morel.

Mais la saison suivante est houleuse : bien que finie à une classique sixième place, elle voit le départ des deux internationales. Soyaux finit ensuite 10e puis 11e et se retrouve donc relégué pour la première fois depuis plus de 30 ans. Premier du groupe B de D2 en 2011, il est de nouveau relégué la saison dernière malgré un recrutement international à la mi saison qui avait vu arriver la gardienne Rebecca Spencer d’Arsenal, vite repartie au pays à Birmingham puis de nouveau à Arsenal cette saison9 et l’attaquante irlandaise Fiona O’Sullivan qui fait cette saison les beaux jours de Fribourg.

Pendant ce temps, Hénin-Beaumont remonte en D1 en 2003 et commence par se caler à la 7e place grâce à des joueuses comme Séverine Goulois, Amélie Coquet ou Marie Claude Herlem, internationales A ou championnes d’Europe M19 (ou les deux). Il conserve sa place la saison suivante avec l’éclosion d’une joueuse de 15 ans nommée Amandine Henry qui commence comme milieu défensive et finit la saison meilleure buteuse du club. Saison après saison, le club doit compenser les départs et vit deux saisons difficiles au bord de la relégation en 2007 et 2008.

Mais en 2009 la saison prend une autre tournure : menacé de relégation à la mi-saison (il faut dire que la moitié du plateau se battait pour le maintien), l’équipe est largement remaniée avec la prise de pouvoir de Marion Mancion dans les buts à la place de l’actuelle Arrageoise Manuella Cuvillier, l’arrivée de Rigoberte M’Bah, l’éclosion de Charlotte Blanchard et le retour de Marie-Hélène Olivier. Menée par un duo d’attaque composé de Candie Herbert et de Pauline Crammer, Hénin-Beaumont obtient la quatrième place, derrière ce qui n’est encore qu’un trio (et que le PSG transformera en quatuor la saison suivante). Deux 7e places suivront avant la descente de la saison dernière. Au bout de 7 journées, le club ne comptait qu’un nul et semblait largement décroché. Malgré une phase retour réussie avec seulement les 4 inévitables défaites contre le quatuor de tête, il est relégué pour ne pas avoir réussi à battre Yzeure lors de la dernière journée.

La remontée triomphale

La dynamique n’était donc pas tout à fait la même pour les joueuses de Corinne Diacre qui avaient fini la saison par 10 défaites et celles de Yannick Ansart qui avaient terminé sur 4 victoire et 3 nuls lors des 9 derniers matchs.

Mais les deux équipes ont vite fait la différence. Dès la deuxième journée, Soyaux s’imposait 5-1 sur la pelouse de La Roche-sur-Yon qui se posait pourtant en concurrente directe, et qui est d’ailleurs toujours deuxième avec seulement une deuxième défaite, au match retour. Dès ce match aller, mettait en avant les joueuses qui allaient la porter, en particulier l’attaquante Lauren Elwis auteuse d’un quadruplé et actuellement meilleure buteuse du groupe B avec 17 buts.

Lauren Elwis entourée de Jessica Marchadié et Justine Deschamps

Lauren Elwis entourée de Jessica Marchadié et Justine Deschamps

Avec un seul nul concédé la journée suivante face à Quimper, Soyaux n’a finalement jamais été inquiété et a pu fêter sa montée à domicile au stade Léo-Lagrange à trois journées de la fin par un feu d’artifice face à la lanterne rouge Corné, battu 7-0. L’occasion pour Corinne Diacre d’annoncer qu’elle quittait le club dont elle était l’entraîneur depuis 2010 où elle avait succédé à Bernadette Constantin. Une page se tourne à Soyaux.

Le parcours a été tout aussi maîtrisé pour Hénin-Beaumont qui n’a aussi connu qu’un seul nul début février à Dijon. Pourtant les Vertes menaient 2-0 à l’heure de jeu grâce aux deux meilleures buteuses du groupe A Aurélie Desmaretz et Pauline Cousin. Cela n’aura pas vraiment ralenti une équipe sacrée début février à la faveur d’une courte victoire contre Montigny. Plus encore que dans le groupe B, aucune équipe n’aura semblé en mesure d’empêcher Hénin-Beaumont de remonter.

Un mélange d’expérience et de jeunesse

Pour cela, Yannick Ansart a pu s’appuyer sur des joueuse habituées de l’élite comme Rachel Saïdi, Marie Schepers ou Aurélie Desmaretz, qui comptent toutes trois plus de 80 matchs en D1 mais aussi sur des joueuses issues de la formation héninoise dont les meilleurs exemples sont les deux attaquantes Pauline Cousin et Léa Declercq, championnes du monde M17 cet automne.

Céline Musin, Marine Dafeur, Charlotte Blanchard, Gwenaëlle Devleesschauwer, Rigoberte M'Bah, Pauline Martin, Marie Schepers, Rachel Saïdi, Pauline Cousin, Aurélie Desmaretz, Léa Declercq

De son côté, Corinne Diacre a pu compter sur un effectif beaucoup plus resserré : 8 joueuses ont joué au moins 18 des 19 matchs de Soyaux. Une des joueuses de base est évidemment Siga Tandia, un temps convoquée chez les Bleues (de France) et replacée devant la défense chez les Bleues (de Soyaux). Marina Pascaud Anaïs Dumont et Jennifer Maier apportent leur expérience de plusieurs saisons de D1. Et bien sûr, la meilleure buteuse du groupe Lauren Elwis a joué un rôle majeur dans cette montée.

Amandine Guérin, Jessica Marchadié, Marina Pascaud, Marie Aurelle Awona, Mary Miralves, Siga Tandia, Justine Deschamps, Anaïs Dumont, Jennifer Maier, Élodie Monteiro, Lauren Elwis
  1. Le troisième relégué, Muret, est en passe d’être aussi le troisième promu, tandis que dans l’autre sens les promus d’Issy et de Toulouse retournent en D2. Seul Arras a réussi à bloquer l’ascenseur.
  2. D’autant plus que le championnat est resté la seule compétition jusqu’aux années 2000, et que le Challenge de France devenu Coupe de France ne diversifie pas beaucoup le palmarès : 4 titres pour Lyon, 3 pour Montpellier, plus des victoires de Toulouse et de Juvisy, avec toutefois ce qui préfigure sans doute l’avenir, des victoires du PSG et de Saint-Étienne. Et en dehors de ces 6 là, seul Compiègne et Le Mans sont parvenu en finale.
  3. À l’époque, il n’y avait pas encore de poule unique et le titre se jouait après une phase finale.
  4. Par un autre retournement de l’histoire puisque dans les années 70, les filles du Chaffoteaux Sport jouaient en lever de rideau de l’En Avant Guingamp.
  5. La même chose est arrivée aux sections féminines du FC Lyon devenue FCF Lyon, et de l’Étoile Sportive Juvisienne qui donné naissance au FCF Juvisy.
  6. Les demi-finales sont alors jouées sous la forme de poules de trois équipes.
  7. La quatrième équipe étant Muret comme un clin d’œil à la présente saison.
  8. Du club masculin, finaliste de la première Coupe de France. La section féminine date comme ailleurs du début des années 70 et la scission aura lieu en 1995. En 2010, le FC Lyon a ouvert une nouvelle section féminine.
  9. Et dont le passage de trois matchs à Soyaux a tellement peu marqué qu’il n’est même pas mentionné sur sa fiche à Arsenal.

À moins d’un exploit

Sauf énorme surprise, la finale de la Ligue des Championnes opposera pour la quatrième fois de suite Lyon à une équipe allemande. Wolfsbourg a en effet pris un net avantage en l’emportant 2-0 sur la pelouse d’Arsenal alors que Lyon a pris une marge de sécurité suffisante dans le duel franco-français contre Juvisy.

Le suspense aura duré 18 minutes, et encore : l’écart entre Lyon et Juvisy nécessitait deux exploits des Essonniennes pour atteindre la finale de Stamford Bridge. Ou alors une sorte de miracle la semaine prochaine.

En réalité, l’intérêt du match était ailleurs. Du côté juvisien, il s’agissait de savoir comment l’équipe allait gérer l’événement de cette première demi-finale en quatre participations. Le résultat ne doit pas être trompeur : malgré la lourde défaite, Juvisy a fait largement aussi bien que Malmö qui se posait pourtant en prétendant légitime aux demi-finales.

Gwenaëlle Butel

Gwenaëlle Butel

Du côté lyonnais, outre le fait de confirmer un statut d’ultra-favori, c’était l’occasion de battre le record d’affluence de la demi-finales 2011 contre Arsenal.

Le destin de Marion Mancion

Sur le terrain, les deux équipes présentaient des compositions classiques. La principale surprise était la titularisation de Marion Mancion aux dépens d’Yryna Zvarytch. On se rappelle que l’ancienne Héninoise avait démarré la saison titulaire après le rocambolesque départ d’Audrey Malet. Mais après avoir manqué le match aller contre Zürich, elle s’était vue préférer Tanya de Souza pour les deux matchs contre Stabæk avant de voir arriver l’internationale ukrainienne. Par un curieux retournement de situation, elle était donc titulaire sur choix de l’entraîneur pour la première demi-finale de Coupe d’Europe de son club. Elle a d’ailleurs fait une prestation tout à fait correcte, remportant plusieurs duels face à Lotta Schelin. Mais contre la Suédoise, plusieurs n’est pas toujours assez.

Nelly Guilbert et Marion Mancion abattues par le dernier but de Lotta Schelin

Nelly Guilbert et Marion Mancion abattues par le dernier but de Lotta Schelin

En face, la seule curiosité était la titularisation de Lara Dickenmann au poste de latérale droite pour palier l’absence de Corine Franco. La Suissesse a livré une prestation époustouflante, en particulier en deuxième mi-temps après l’entrée d’Élodie Thomis avec laquelle son entente semble plus au point qu’avec Megan Rapinoe. Bricolage ou choix planifié, ses prestations à droite et à gauche valident l’option de disposer de beaucoup de solutions offensives et peu de défensives. Il faut dire qu’à l’OL, les latérales jouent beaucoup dans le camp adverse.

Le record d'affluence pour un match de club a été battu.

Le record d

Le réalisme à la lyonnaise

Lors des dernières oppositions entre les deux équipes, on avait beaucoup loué le réalisme des attaquantes lyonnaises. Ce ne fut pas le cas cette fois ci avec plusieurs occasions nettes manquées et une pression plus importante jusqu’au bout. Ce ne fut pas non plus vraiment le cas de Juvisy qui aurait eu besoin de convertir toutes ses incursions en terre adverse pour se donner une chance. Mais un soupçon de maladresse et un zeste de mauvais choix ont empêché les partenaires de Julie Machart de se mettre même en bonne position de tir.

Lotta Schelin et Wendie Renard, les deux buteuses du soir.

Lotta Schelin et Wendie Renard, les deux buteuses du soir.

On a entendu que le troisième but avait mis un coup sur la tête des Juvisiennes et éteint leurs chances de qualifications. C’est un petit peu exagéré. Bien sûr, c’est désagréable d’encaisser un but dans les derniers instants. Mais la tâche était à peu près aussi insurmontable à 2-0. La dernière fois que Lyon a perdu par plus de deux buts d’écarts, c’était certes à Juvisy mais en 2006 et Marinette Pichon avait marqué l’un des quatre buts de son équipe (et deux pour Laetitia Tonazzi). Bref, c’était un autre temps où Juvisy remportait le titre avec 21 victoires en 22 matchs et des scores à deux chiffres contre le Saint-Memmie de Gaëtane Thiney.

Le rose et le noir

Il y a au moins un sur lequel les deux équipes sont à égalité, c’est la laideur de leur maillot. Et bien entendu, comme tout club français qui se respecte en Coupe d’Europe, les maillots sont non seulement hideux mais surtout pas aux couleurs des clubs. Amateurs et professionnelles se rejoignent sur le fait que les joueuses doivent respecter le maillot mais que le club n’y est pas obligé.

Lotta Schelin face à Anaig Butel dans leurs maillots Coupe d'Europe

Lotta Schelin face à Anaig Butel dans leurs maillots Coupe d

Éternelle Conny Pohlers

Arsenal n’a pas réédité la performance de son huitième de finale contre Potsdam. Sans doute en partie parce qu’un exploit n’arrive pas à chaque fois mais aussi et surtout parce que désormais Wolfsbourg est bien le fer de lance de la Bundesliga. Comme de bien entendu, le premier but a été marqué par Conny Pohlers qui a conforté sa place de meilleure buteuse d’une compétition qu’elle a déjà remportée en 2005 avec Potsdam (et un titre de meilleure buteuse en prime) et 2008 avec Francfort. Elle visera la passe de trois avec trois clubs différents, ce qui serait vraisemblablement un record.

Il s’agissait du premier match qu’Arsenal ne gagnait pas cette saison en Coupe d’Europe malgré un parcours relevé, mais on imagine difficilement les Anglaises aller s’imposer de deux buts en Allemagne. Encore que si une équipe peut déjouer tous les pronostics, c’est sans doute Arsenal.

La France sur le toit de l’Europe

Lyon et Juvisy s’affronteront en demi-finales de la Ligue des Championnes. Cela confirme que malgré un niveau hétérogène, la D1 a atteint un très bon niveau. Wolfsbourg et Arsenal se disputeront l’autre place en finale.

Il n’y a pas eu de renversement de situation lors des quarts de finales retours de la Ligue des Championnes : les quatre équipes visiteuses l’avaient emporté à l’aller et l’ont emporté au retour. Plus que d’infirmer la théorie de l’avantage de recevoir pour la deuxième manche, c’est surtout un effet du tirage au sort qui a fait commencer les favorites à la maison.

Premières en lice, les joueuses d’Arsenal se déplaçaient en Italie fortes d’un avantage d’une victoire 3-1 à l’aller. Les Italiennes de Torres s’étaient donné le droit d’espérer en réduisant le score grâce à un but de la Suissesse Sandy Maendly, mais au bout de 4 minutes au retour, l’Irlandaise Niamh Fahey faisait tomber le suspens. Sans réelle surprise malgré la domination italienne, Arsenal rejoint sa troisième demi-finale consécutive.

Le lendemain, Wolfsbourg se rendait au stade Luzhniki de Moscou pour affronter Rossiyanka dans une situation assez similaire à celle d’Arsenal après le match aller : après une ouverture du score rapide d’Alexandra Popp, les Louves menaient 2-0 à la mi-temps, à 11 contre 10, mais ne parvenaient pas à assurer leur qualification et finissait la première manche avec un court avantage de 2-1.

Le match retour ressemblait à l’aller : pendant plus d’une heure, Wolfsbourg dominait mais restait à la merci d’un but de Rossiyanka. C’est comme souvent Conny Pohlers qui libérait son équipe à 20 minutes de la fin, imitée par Lena Goeßling un quart d’heure plus tard. Ce résultat ne faisait que confirmer la domination allemande à l’aller comme au retour. Wolfsbourg se hisse en demi-finale pour sa première participation, et confirme avec sa place en tête de la Bundesliga qu’elle est actuellement la meilleure équipe allemande.

Après le match aller entre Lyon et Malmö, il n’y avait plus de suspens pour la qualification. Avant non plus à vrai dire tant l’OL semble au dessus du lot cette saison. Victorieuses 5-0 à l’aller, les Lyonnaises ont définitivement enterré les maigres espoirs adverses dès le quart d’heure grâce à la star locale Lotta Schelin. Les deux autres buts n’ont fait que confirmer.

Les championnes d’Europe ont remporté leurs 6 matchs cette saison1 , marqué 31 buts sans en encaisser. C’est un but marqué de moins que la saison dernière.

Le match le plus indécis sur le papier était l’autre opposition franco-suédoise. Juvisy avait pris un petit avantage sur Göteborg à l’aller grâce à Julie Machart mais abordait le retour avec le frein à main comme lors des deux tours précédents. On ne saurait dire s’il s’agit de timidité ou de maîtrise, sans doute un peu des deux. Pendant une heure, les Juvisienne ont semblé hésiter à se porter vers l’avant de crainte de se faire contrer.

Deux événements vont changer la physionomie du match : le but de Yael Averbuch et l’entrée de Camille Catala.

En position de devoir jouer une prolongation et même à deux doigts d’encaisser un second but, Juvisy va alors commencer à jouer. Après un premier face-à-face manqué contre Kristin Hammarström pour se chauffer, Camille Catala profite d’une chandelle dans la surface de Johanna Almgren pour égaliser d’une subtile frappe en pivot. Göteborg doit marquer deux fois dans le dernier quart d’heure pour se qualifier.

Dix minutes plus tard, la même Camille Catala met fin aux incertitudes : à l’entrée de la surface, elle prend appui sur Gaëtane Thiney et marque d’une frappe croisée. Comme d’habitude, on louera le coaching habile qui fait entrer la joueuse décisive ou on s’étonnera de son absence du onze de départ.

Juvisy rejoint Toulouse, Montpellier et Lyon

Il y a aura donc une demi-finale franco-française, et par suite une équipe française en finale pour la 4e année consécutive. Ce n’est pas la première fois que deux équipes d’un même pays s’affrontent à ce stade de la compétition : Potsdam a éliminé Duisbourg en 2010 et 2011. De plus, Duisbourg a éliminé Francfort en quarts de finales en 2009, Francfort a battu Potsdam en finale en 2007 et Djurgården a éliminé Umeå en quart de finales en 2004. Le cas était pourtant plus improbable avant 2009 puisqu’il n’y avait qu‘un seul représentant par pays, plus le tenant du titre.

Juvisy est la 4e équipe française à se qualifier pour une demi-finale. Seule l’Allemagne a fait aussi bien, grâce à la qualification de Wolfsbourg2. La différence est que si Francfort, Duisbourg et Potsdam du côté allemand ont passé ce cap, et ont remporté la compétition, seul Lyon est passé, Toulouse et Montpellier butant sur Francfort à ce stade. Et aussi que les quatre équipes allemandes comptent 15 participations aux demi-finales, les trois suédoises 10 et les françaises 9, dont 6 pour Lyon.

Cette demi-finale 100% française est donc une première et elle confirme la première place prise par la France cette saison à l’indice UEFA. Elle rappelle que si cette place doit bien sûr beaucoup aux performances de l’OL, les contributions de Montpellier, du PSG et de Juvisy ne sont pas non plus anodines.

Il est une antienne classique des contempteurs de la D1 féminine, c’est que seul l’OL est crédible sur la scène européenne, qu’elle est très faible comme le prouvent les gros scores des victoires lyonnaises3. La performance de Juvisy montre que le quatuor de tête du championnat de France est parfaitement crédible sur la scène européenne. Et les scores de l’OL contre Malmö, Zorkiy ou l’an dernier contre Potsdam valent largement ceux obtenus contre Saint-Étienne ou Guingamp.

Bien sûr, une bonne partie du plateau de D1 est d’un niveau bien plus faible mais est-on sûr que Sindelfingen ou Gütersloh feraient beaucoup mieux qu’Arras ou Rodez ?

France-Suède 2-0

Cependant, si la supériorité globale de la Bundesliga semble probable, la Damallsvenskan, D1 suédoise, a souvent été citée en exemple de championnat de niveau supérieur à la D1. Le résultat de la double confrontation qui vient d’avoir lieu est clair. Lyon, leader en France était confronté à Malmö, qui a perdu le titre en décembre à la différence de buts4. Il n’y a pas eu photo entre les deux équipes. Plus significatif, Göteborg a fini 4e et rencontrait Juvisy qui occupe la même place. La confrontation a été plus serrée mais assez nettement à l’avantage des Françaises.

On relativisera bien sûr cette progression du football français : Juvisy a évité les meilleures équipes, Wolfsbourg, Potsdam, Arsenal et même Malmö qui aurait été autrement plus difficile. Il n’est pas question ici de dénigrer la performance qui place – pour l’instant – Juvisy juste derrière les trois ou quatre favorites pour le titre. Il s’agit par contre de rappeler que Montpellier, le PSG ou même Juvisy il y a deux ans avaient eu la malchance de tomber sur l’une de ces trois ou quatre favorites avant les demi-finales : le PSG avait été éliminé par Francfort l’an dernier, Juvisy par Potsdam la saison précédente, deux équipes que seul Lyon a pu arrêter, et Montpellier avait d’abord joué et éliminé le Bayern avant de chuter contre Umeå (qui était un vrai prétendant au titre) alors qu’elle menaient de deux buts à 5 minutes de la fin.

Bref, un peu comme l’OL de Claude Puel qui avait atteint les demi-finales que ses prédécesseurs avaient manqué, Juvisy a eu la petite part de réussite qui lui avait manqué deux ans plus tôt en rencontrant le tenant dès les quarts et on aurait pu avoir déjà une demi-finale franco-française lors d’une saison précédente.

Cependant, cet ensemble de résultats est significatif de l’évolution du niveau du football français depuis quelques saisons, qui se traduit aussi en partie en équipe de France, présente dans le dernier carré des deux dernières compétitions mondiales.

Cette évolution est liée à la professionnalisation et à la formation. La création du CNFE en 1998 et plus récemment des Pôles Espoirs Féminins permet à la France d’être un vivier de joueuses bien formées et bien préparées. À peu près toutes les joueuses de l’équipe de France actuelle sont passées par cette formation.

La possibilité pour les joueuses de football d’être professionnelles grâce au contrat fédéral initié en 2010 leur permet de se consacrer à plein temps au football.

Bien sûr Juvisy n’est pas directement concerné par la professionnalisation5 mais elle fait progresser l’ensemble du football français.

De plus les deux équipes restent assez « nationales » : toutes deux on démarré leur demi-finale avec 9 Françaises sur la pelouse. À titre de comparaison, Malmö ne comptait que 3 Suédoises et Göteborg 8. Pour les autres qualifiées, Arsenal a démarré avec 6 Anglaises seulement (mais avec 11 Britanniques ou Irlandaises) et Wolfbourg avec 10 Allemandes. En face, Torres comptait 9 Italiennes et Rossiyanka 5 Russes. Bref, Lyon et Juvisy sont dans la norme des équipes qui comptent sur les joueuses locales.

Comme on se retrouve

Il est symbolique que la première confrontation nationale sur la scène européenne oppose Lyon à Juvisy. Ces deux équipes font l’histoire de la D1 féminine depuis plus de 20 ans (voir « Juvisy et Lyon, des amis de 20 ans), bien avant l’opposition entre le professionnalisme et l’amateurisme. Il s’agit des deux équipes les plus titrées de D16 et aussi des plus anciennes : elles sont présentes dans l’élite depuis la fin des années 70, même si jusqu’au milieu des années 80, ce n’était guère significatif avec une D1 à 48 (8 poules de 6)7. L’équipe suivante à ce classement est Montpellier, montée en 1998 soit 20 ans plus tard.

Depuis l’instauration de la poule unique en 1992/1993, alors que les deux équipes venaient de remporter leur premier titre, elles ont toujours fini dans les 4 premières (hormis deux 5e place pour Lyon en 95 et 99) et ont remporté 16 des 22 titres mis en jeu (les deux premiers avant la poule unique donc).

Au delà des inimitiés de personnes et des disputes sur les « valeurs », cette demi-finale va présenter au plus haut niveau du football européen un partie importante de l’histoire du football féminin français.

Sur le papier, Lyon est très largement favori. Double tenant du titre, l’OL est demi-finalistes pour la sixième fois alors que Juvisy atteint ce stade pour la première fois en quatre participations. L’effectif lyonnais compte 19 internationales dont 16 à plus de 50 sélections pour un total de plus de 1500 sélections , contre 3 sur 10 à Juvisy (et 450 sélections environ)8.

Un élément permet de comprendre l’expérience lyonnaise : les 11 titulaires du match de Malmö étaient sur la pelouse de Craven Cottage pour la finale remportée il y a deux ans. Cela explique peut-être que des joueuses comme Megan Rapinoe et Shinobu Ohno, stars des deux meilleurs sélections mondiales, ne sont pas encore titulaire de cette équipe.

Du côté de Juvisy, seule Sandrine Dusang a déjà joué une demi-finale européenne en 2008 avec Lyon contre Umeå.

Les Bleues ne sont pas nées d’hier

La communication officielle des Bleues insiste beaucoup sur la « progression » de l’équipe. Un peu trop puisque cela finit par laisser entendre que les générations précédentes étaient complètement nulles. Le respect dû aux Bleues passées (et à quelques unes encore présentes) nécessite de rappeler que tout n’a pas démarré en 2007, 2009 ou 2011.

La FFF lance le « club des internationales » qui vise à regrouper toutes les joueuses ayant porté le maillot bleu. On se demande ce que les membres du club pensent de la communication autour des Bleues, basée sur la thématique générale « avant les Bleues étaient nulles, mais maintenant elles ont beaucoup progressé ». Bien sûr ce n’est pas dit aussi crûment, mais le sens est bien là.

Principal vecteur de communication des Bleues, le sélectionneur Bruno Bini est évidemment en pointe sur le sujet, mais il est relayé par sa capitaine Sandrine Soubeyrand et aussi par des membres de la fédération comme Brigitte Henriques et Marinette Pichon, qui seraient pourtant toutes bien placées pour savoir que les Bleues avaient déjà quelques références avant ces dernières années.

Il ne faut pas faire d’anachronisme : les Bleues actuelles ont certainement un niveau technique et surtout physique nettement au dessus de leurs devancières d’il y a une dizaine d’année. L’équipe de France est désormais composée de joueuses professionnelles (quel que soit leur statut) dont la préparation et l’implication n’a rien à voir avec ce qu’elles étaient il y a quelques années. Mais cette évolution est celle du football féminin en général, pas seulement en équipe de France et pas seulement en France. La progression à mesurer est donc celle des Bleues dans la hiérarchie mondiale et de leurs résultats face aux différents adversaires.

Contrairement à sa version masculine, le classement Fifa des équipes nationales féminines représente en général assez bien les rapports de force. Créé en 2003, il représente un outil intéressant pour éviter les anachronismes : rencontrer la Norvège championne olympique en 2000, ce n’est pas la même chose que rencontrer la Norvège incapable de se qualifier pour la Coupe du monde 2011 dix ans plus tard. Jouer contre la Chine vice-championne du monde en 1999, ce n’est pas comme jouer contre la Chine absente de la Coupe du monde 2011.

La grande première de l’Euro 2009

Cette communication sur la progression a régulièrement été utilisée, en général pour justifier des défaites ou des éliminations. On a un premier exemple avec l’Euro 2009 où les Bleues avaient été éliminées aux tirs aux buts par les Pays-Bas. Miracle de la communication, ce résultat était devenu « la meilleure performance des Bleues dans une phase finale », avec la première qualification pour des quarts de finales de l’Euro.

Par un habile tour de passe-passe, on escamote le fait que l’Euro se joue alors pour la première fois à 12 et qu’être quart de finalistes, 8 parmi 12 n’est pas vraiment une meilleure performance que d’être 8 parmi 8 comme les Bleues l’avaient été lors des éditions 1997, 2001 et 2005, où l’entrée dans les 8 meilleures se faisait simplement lors de la phase éliminatoire et non pas dans la phase finale.

La comparaison avec 2005 est même assez peu à l’avantage de l’équipe de 20091. Les adversaires sont à peu près les mêmes au premier tour, l’Allemagne et la Norvège, seule l’Italie (2005) est remplacée par l’Islande (2009). Les résultats sont aussi à peu près les mêmes : défaite contre l’Allemagne (3-0 puis 5-1), nul contre la Norvège (1-1) et victoire 3-1 en ouverture contre la dernière équipe. La différence est qu’en 2005, l’Allemagne est 1re mondiale, la Norvège 3e et l’Italie 10e. En 2009, les deux premières sont respectivement 3e et 10e, et l’Islande est 19e. Autre différence, un doublé de Fatmire Bajramaj et un but d’Anja Mittag, tous trois dans les arrêts de jeu du match contre la Norvège permettent à l’Allemagne de l’emporter 4-0 et à la France d’avoir l’avantage à la différence de buts sur la Norvège. Ce qui est de peu d’importance puisque contrairement à 2005, la formule à 12 équipes permet au 3e de ce groupe d’être qualifié aussi pour les quarts de finales. La France rencontre alors les Pays-Bas, 17e au classement Fifa et dont la victoire un après midi de septembre 2005 au stade Jean-Bouin d’Angers avait finalement coûté sa place à Élisabeth Loisel.

Euro 2005 Euro 2009
Adversaire Classement Résultat Adversaire Classement Résultat
Allemagne 1er 0-3 Allemagne 3e 1-5
Norvège 3e 1-1 Norvège 10e 1-1
Italie 10e 3-1 Islande 19e 3-1
Pays-Bas 17e
0-0

Ainsi, les Bleues de 2009 finissent la compétition en ayant été largement battues par les 3e mondiales, en ayant vaincu les 19e et fait un nul contre les 10e et 17e. Celles de 2005 avaient été largement battues par les 1re, vaincu les 10e et obtenu le nul contre les 3e. Bref, si les résultats de 2009 étaient loin d’être déshonorant, ils n’étaient pas meilleurs que ceux de 2005, au contraire.

Trois défaites et puis s’en va

Cela ne sera pas le cas des deux compétitions suivantes où les Bleues iront en demi-finales à chaque fois en ayant bouclé le premier tour avec deux victoires et une défaite, remporté le quart de finale (aux tirs aux buts lors de la Coupe du monde 2011) avant de perdre la demi-finale et le match pour la troisième place. Contrairement à 2009, on assiste là à une vraie progression en particulier avec le gain d’un deuxième match au premier tour et du quart de finale et donc la présence dans le dernier carré, surtout deux fois de suite.

Toutefois nos communicants doivent penser les défaites en demi-finales et en match de classement ternissent un bilan qu’il convient d’enjoliver. C’est ainsi qu’en réponse aux critiques qui ont suivi les Jeux Olympiques, Bruno Bini explique en substance qu’avant lui, la France prenait trois défaites au premier tour et rentrait à la maison et que maintenant elle allait en demi-finales.

Si la deuxième partie est vraie, quelle exagération épique pousse à dénigrer à ce point les prestations des équipes précédentes. Cela ressemble plus à un élément de langage qu’à une réaction épidermique puisque la capitaine Sandrine Soubeyrand reprend quasiment à l’identique l’argument, en expliquant qu’avant 2009, les Bleues étaient éliminées dès le deuxième match.

C’est d’autant plus curieux de sa part qu’en 2005 elle a joué un rôle éminent dans le parcours des Bleues qui après deux matchs en étaient donc à une victoire et un nul contre la Norvège qui n’était pas loin de se transformer en victoire sur un but qui lui avait été injustement refusé. Certes la France savait à quoi s’attendre au moment de jouer le dernier le dernier match contre l’Allemagne, quasiment invincible mais elle était théoriquement en position de force, sûre d’être qualifiée en cas de victoire ou de nul, et gardait ses chances même en cas de défaite, en fonction du résultat entre la Norvège et l’Italie.

Lors de la Coupe du monde américaine de 2003, le scénario était du même type, avec cette fois une défaite initiale contre la Norvège (alors 2e mondiale), une victoire contre la Corée du sud (25e) et un match décisif à jouer face au Brésil (6e). La victoire des Auriverdes face aux Norvégiennes compliquait la tâche puisqu’à moins d’un sursaut coréen, une victoire était absolument nécessaire pour passer. Les Bleues n’obtiendront qu’un nul insuffisant.

Les classements des différents adversaires montrent qu’en 2003, 2009, 2011 et 2012, la situation était relativement semblable, avec un adversaire dans le trio de tête qui bat les Bleues (Allemagne et États-Unis), un adversaire au delà de la 15e place que les Bleues battent (Corée du Sud 25e, Islande 19e, Nigeria 27e, Colombie 28e) et un troisième adversaire situé entre la 5e et la 10e place (Brésil 6e, Norvège 10e, Canada 6e, Corée du Nord 8e). C’est contre ce troisième type d’adversaire que se fait réellement la différence entre les nuls obtenus en 2003 et 2009 et les larges victoires obtenues en 2011 et 2012.

En 2005, la situation est légèrement différente avec deux adversaires dans le trio de tête, et l’autre dans les 10. C’est sans doute ce tirage particulièrement difficile dans un Euro à 8 qui a empêché les Bleues de Marinette Pichon, Corinne Diacre et Sandrine Soubeyrand de participer dès 2005 à une demi-finale. D’ailleurs elles étaient déjà classées 5e mondiales (et 3e européennes…) à l’époque.

En remontant plus loin, avant la création du classement Fifa, on trouve effectivement un cas où les Bleues étaient éliminées après 2 matchs : lors de l’Euro 2001, elles entamaient la compétition pas l’habituelle défaite contre les championnes olympiques norvégiennes (3-0), avant de subir une abracadabrante défaite contre le Danemark (4-3)2. Mais elles avaient sauvé l’honneur en battant l’Italie qui pensait pourtant bien profiter de l’aubaine pour se qualifier3.

Plus tôt encore, en 1997, les Bleues avaient joué leur partition classique : nul contre l’Espagne, victoire contre la Russie avant de perdre contre l’organisateur suédois et d’être éliminé à la différence de but pour un but. Bref, s’il est clair que depuis 2011, la France semble avoir passé le palier qui lui permet de remporter un deuxième match dans une phase de poule et de se qualifier, cela fait plus de 15 ans qu’elle est dans la course à chaque fois. Et les seules compétitions où les Bleues ont perdu trois matchs sont la Coupe du monde 2011 et les Jeux Olympiques 2012. Mais elle en avaient disputé 6.

« Avant, on prenait des cartons contre de telles équipes »

« Ce n’est pas frustrant de ne pas gagner. Avant on prenait des cartons contre de telles équipes. Là on concède le nul, on les titille même. Maintenant il faut qu’on passe un autre cap, gagner ces matches, ça fait partie de la deuxième phase de notre préparation »

C’est avec ces phrases que Bruno Bini commentait le premier match nul contre le Brésil, le 5e de la série de 6 en cours. On ne rentrera pas ici dans le débat de savoir si ces nuls contre l’Allemagne, le Brésil, l’Angleterre ou les Pays-Bas sont de bons ou de mauvais résultats, s’ils présagent des lendemains qui chantent ou de cruelles désillusions.

On s’intéressera pas contre à cet « avant » mythologique dans lequel « on » prenait des « cartons » contre de « telles équipes ». C’est sur le « on » que l’exégèse est la plus facile : il s’agit de l’équipe de France féminine A de football. On voit bien ce que sont des « cartons », on aura plus de peine à les définir précisément, disons des défaites par au moins deux buts d’écarts, et plutôt plus.

L’« avant » est plus délicat. Est-ce « avant cette série de matchs amicaux » ? « avant le big-bang de la Coupe du monde 2011 » ? « avant celui de l’Euro 2009 » ? « avant l’arrivée de Bruno Bini en 2007 » ? Comme on accordera au sélectionneur de ne pas être égocentrique, on considérera qu’il fait référence aux derniers résultats et que c’est donc la première proposition qui est la bonne.

Cela donne donc une indication sur les « telles équipes ». Il s’agit sans doute principalement des équipes classées 2e et 4e, que l’on peut sans doute étendre aux équipes mieux classées que les Bleues, et des équipes classées 8e et 14e, extensibles à on ne sait pas trop quoi, mais sans doute aux équipes classées dans les 15 ou 20 premières.

Des victoires contre le quatuor de tête dès 2004

Depuis juin 2003 que le classement Fifa existe pour les équipes nationales féminines, les Bleues ont joué 25 matchs contre des équipes classées entre la 1re et la 4e place, elles-mêmes étant classées entre la 5e et la 9e place4. Ces équipes sont les États-Unis, l’Allemagne et la Norvège (6 fois chacune), la Suède (3), le Brésil et le Japon (2 fois chacun)5.

Le bilan total est de 7 victoire, 7 nuls (dont les 4 derniers matchs des Bleues) et 11 défaites parmi lesquels quelques défaites cuisantes (5-1 contre les États-Unis en 2004, contre l’Allemagne en 2009 pour les plus lourdes).

Les victoires s’étalant de 20046 à 2012, il est difficile de déterminer un avant pendant lequel la France aurait systématiquement perdu ses matchs contre le quatuor de tête. Il y a bien un trou entre 2007 et 2012 mais il correspond à la période où les Bleues ont évité soigneusement de se confronter aux bonnes équipes. Durant cette période, elles n’ont ainsi joué que 3 matchs contre le quatuor de tête, l’Allemagne à l’Euro 2009 et à la Coupe du monde 2011, et les États-Unis à la même Coupe du monde, pour 3 défaites.

Mais outre qu’il serait présomptueux de tirer un bilan sur trois matchs en quatre ans, cela met la lumière sur le fait qu’il y une différence assez nette entre les résultats lors des matchs amicaux et ceux des phases finales7.

La France a disputé 9 matchs officiels contre ces équipes pour 7 défaites, 1 nul et 1 victoire contre la Suède aux JO. Ce résultat est certainement beaucoup plus représentatif d’une progression des Bleues que les derniers matchs amicaux. Le nul avait été obtenu contre la Norvège lors de l’Euro 2005.

La France en match officiel contre le top 4
Co. Date Lieu Adversaire Score CF CA
JO12 06/08/2012 Londres Japon 1-2 6 3
JO12 03/08/2012 Glasgow Suède 2-1 6 4
JO12 25/07/2012 Glasgow Etats-Unis 2-4 6 1
CM11 13/07/2011 Mönchengladbach Etats-Unis 1-3 7 1
CM11 05/07/2011 Mönchengladbach Allemagne 2-4 7 2
CE09 27/08/2009 Tampere Allemagne 1-5 8 3
CE05 12/06/2005 Warrington Allemagne 0-3 5 1
CE05 09/06/2005 Warrington Norvège 1-1 5 3
CM03 20/09/2003 Philadelphie Norvège 0-2 9 2

On en déduit donc que les Bleues ont joué 16 matchs amicaux contre le quatuor de tête, qu’elles en ont remporté 6, perdu 4 et fait 6 matchs nuls. Les derniers matchs contre l’Allemagne et le Brésil font partie de cette série et ’on voit qu’ils ne rehaussent pas spectaculairement le bilan. Trois des 4 défaites ont été concédées face aux États-Unis à l’Algarve Cup, la dernière face à la Suède. Les matchs contre les Américaines n’ont d’ailleurs jamais vraiment réussi au Bleues qui ne comptent qu’un nul 0-0 en Chine en 2006 sur la série8.

Match amicaux des Bleues contre le top 4
Co. Date Lieu Adversaire Score CF CA
A 09/03/2013 Le Petit Quevilly Brésil 1-1 5 4
A 06/03/2013 Nancy Brésil 2-2 5 4
A 13/02/2013 Strasbourg Allemagne 3-3 5 2
A 29/11/2012 Halle Allemagne 1-1 5 2
A 19/07/2012 Paris Japon 2-0 6 3
AC07 14/03/2007 Vila Real Santo António Suède 1-3 7 4
AC07 12/03/2007 Lagos Norvège 1-0 7 3
AC07 09/03/2007 Faro/Loulé Allemagne 1-0 7 1
AC06 13/03/2006 Faro/Loulé Etats-Unis 1-4 7 2
A 22/01/2006 Ghangzhou Norvège 1-1 7 3
A 20/01/2006 Ghangzhou Etats-Unis 0-0 7 2
AC05 09/03/2005 Ferreiras Etats-Unis 0-1 9 2
A 22/02/2005 Los Belones Norvège 1-0 9 3
A 19/02/2005 Los Belones Norvège 2-0 9 3
AC04 16/03/2004 Quarteira Suède 3-0 9 4
AC04 14/03/2004 Ferreiras Etats-Unis 1-5 9 2

Ainsi, on aura du mal à trouver un « avant », fût-il « avant novembre 2012 », « avant la Coupe du monde 2011 » ou « avant l’arrivée de Bruno Bini en 2007 » où la France aurait systématiquement été battue par les équipes du quatuor de tête, sans même parler de « carton ». Et les précédents contre les équipes rencontrées vont aussi dans ce sens : les deux derniers matchs amicaux contre l’Allemagne s’étaient conclu par des victoires de la France 1-0 (en 2003 et 2007), et si la France n’avait jamais rencontré le Brésil en amical, le seul précédent était déjà un match nul. Bref, si l’on veut des motifs d’espoir dans les derniers matchs amicaux, il ne faudra pas les chercher dans les résultats bruts qui sont dans la droite ligne de ceux des 10 années précédentes.

La France contre le top 20

La communication autour du fait d’affronter désormais les meilleures équipes du monde a clairement inclus les matchs contre l’Angleterre et les Pays-Bas. Il s’agissait peut-être d’une anticipation au moment où les matchs contre l’Allemagne et le Brésil étaient encore en négociation, mais le discours d’après ces deux nuls restait sur la même thématique en pointant qu’il s’agissait finalement de bons résultats contre des adversaires difficiles.

Il ne faut bien entendu mépriser aucun adversaire, mais on se souviendra9 qu’une défaite et une victoire contre les Néerlandaises suivies de deux nuls contre les Anglaises ont coûté aux Bleues leur qualification pour la Coupe du monde 2007, et que cela avait semblé de tellement mauvais résultats que cela avait coûté sa place à Élisabeth Loisel, remplacée par Bruno Bini.

Au demeurant, le classement confirme l’analyse : la France était alors 6e, l’Angleterre 12e et les Pays-Bas 17e. La situation a légèrement évolué puisque l’Angleterre est entrée dans le top 10 et les Pays-Bas dans le top 15. Cette évolution peut-elle justifier de considérer ces deux nuls comme des résultats significativement meilleurs que ce l’équipe de France obtenait jusque là contre ce type de nation ?

On s’intéressera à deux groupes de nations, celles qui comme l’Angleterre sont « comme la France », donc classées entre la 5e et la 10e place, et celles qui comme les Pays-Bas se situent entre la 11e et la 20e place.

On évacuera au passage le bilan contre les autres nations : les Bleues ont remporté 55 de leurs 59 matchs contre des équipes classées au-delà de la 20e place, pour 3 nuls et 1 défaite, contre l’Islande au début de la campagne éliminatoire de l’Euro 2009, heureusement moins difficile que celle de 2007 avec 11 qualifiés au lieu de 5.

Les Bleues contre leurs concurrentes…

Depuis 10 ans, la France a joué 25 matchs contre des équipes classées entre la 5e et la 10e place, pour 11 victoire, 9 nuls et 5 défaites : contre la Suède (1-0) à l’Algarve Cup 2006, contre le Danemark (4-0) à l’Algarve Cup 2007 pour les débuts de Bruno Bini, contre le Japon dans le match préparatoire de l’Euro 2009 qui ne signifie à peu près rien et lors des matchs pour les troisièmes places de la Coupe du monde et des Jeux Olympiques.

On notera cependant différentes périodes dans les résultats contre ces équipes : de 2003 à 2007 avec Élisabeth Loisel, les Bleues ont joué 12 matchs et la première défaite est arrivée en 2006 lors de l’Algarve 2006. De 2007 à la Coupe du monde 2011, les débuts de Bruno Bini ont été nettement moins fringants avec 1 victoire10 (et 3 défaites) en 8 matchs. La suite est nettement meilleure avec trois nettes victoires d’affilées entre la Cyprus Cup 2012 (Canada et Angleterre) et les Jeux Olympiques (contre la Corée du Nord) et la défaite en match pour la médaille de bronze.

Les Bleues contre les équipes classées entre 5 et 10
Co. Date Lieu Adversaire Score CF CA
A 20/10/2012 Paris Angleterre 2-2 5 8
JO12 09/08/2012 Coventry Canada 0-1 6 7
JO12 28/07/2012 Glasgow Corée du Nord 5-0 6 8
CYP12 06/03/2012 Larnaca Canada 2-0 6 7
CYP12 04/03/2012 Achnas Angleterre 3-0 6 8
CM11 16/07/2011 Sinsheim Suède 1-2 7 5
CM11 09/07/2011 Leverkusen Angleterre 1-1 7 10
CM11 30/06/2011 Bochum Canada 4-0 7 6
CE09 30/08/2009 Helsinki Norvège 1-1 8 10
A 01/08/2009 Montargis Japon 0-4 8 7
CYP09 07/03/2009 Paralimni Angleterre 2-2 8 10
A 14/03/2008 Bondoufle Canada 0-0 7 9
AC07 07/03/2007 Silves Danemark 0-4 7 8
A 28/02/2007 Mérignac Chine 2-0 7 9
AC06 15/03/2006 Faro/Loulé Suède 0-1 7 5
AC06 11/03/2006 Lagos Chine 1-0 7 9
AC06 09/03/2006 Faro Danemark 2-2 7 8
A 18/01/2006 Ghangzhou Chine 1-1 7 9
CE05 06/06/2005 Preston Italie 3-1 5 10
AC05 15/03/2005 Faro/Loulé Suède 3-2 9 5
AC05 11/03/2005 Guia Danemark 2-1 9 7
A 08/09/2004 Slagelse Danemark 3-2 7 9
AC04 20/03/2004 Faro Italie 3-3 9 10
AC04 18/03/2004 Silves Danemark 1-0 9 8
CM03 27/09/2003 Washington Dc Brésil 1-1 9 6

Bref sans être déshonorant, un nul contre l’Angleterre ou autre équipe classée 8e ne saurait passer pour une progression pour les Bleues, que ce soit un une échelle de 10 ans ou d’un an. Et encore moins par rapport à la manière dont la France avait battu le Canada et l’Angleterre il y a un an à Chypre.

… et contre les équipes qui les talonnent

Terminons le tour d’horizon par les équipes de la deuxième moitié du top 20 même si le problème initial est résolu maintenant que l’on sait que les Bleues ont depuis 10 ans régulièrement été capables d’obtenir d’aussi bon résultats que cette série de « scores de parités » contre des équipes du top 10, et que les « telles équipes » ne désignaient certainement pas celles qui suivent.

La France a joué 29 matchs contre ces équipes, pour 15 victoires, 8 nuls et 6 défaites, soit un bilan à peine meilleur que contre les équipes classées entre 5 et 10. On ne prêtera pas trop d’attention à cette comparaison puisque trois de ces défaites ont eu lieu contre l’équipe alors classée 11e (la Russie et deux fois le Canada) et que la limite à la 10e place est tout à fait arbitraire. Les trois autres ont été contre les Pays-Bas, ce qui justifie peut-être finalement le contentement après le match d’Eindhoven. Avec 3 victoires, 3 nuls et 3 défaites les Néerlandaises sont effectivement un peu les bêtes noires des Françaises pour une équipe toujours classée une petite dizaine de places derrière.

La France contre les Pays-Bas
Co. Date Lieu Score CF CPB
A 24/10/2012 Eindhoven 1-1 5 14
A 15/02/2012 Nîmes 2-1 6 14
CYP11 04/03/2011 Larnaca 1-2 8 15
CE09 03/09/2009 Tampere 0-0 8 17
A 14/12/2008 Compiègne 0-2 7 20
A 01/10/2007 Almere 4-1 7 18
QCM07 13/05/2006 Zwolle 2-0 5 17
QCM07 24/09/2005 Angers 0-1 5 18
A 13/04/2005 Montbéliard 0-0 5 17

C’est sans doute dans la capacité à affronter ces adversaires inférieures sur le papier mais pas battues d’avance que les Bleues de Bruno Bini ont nettement progressé par rapport à celles d’Élisabeth Loisel : avec 10 victoires et 2 défaites en 15 matchs contre 5 victoires et 4 défaites en 14 matchs, la différence est nette. Ce qui ne fait d’un nul contre le 14e une progression par rapport aux résultats obtenus depuis 2007, mais contre les Pays-Bas, c’est différent.

5 ans à l’écart des gros

Il est très probable que cette capacité à battre les équipes de la deuxième moitié du top 20, mais aussi la manière d’envisager les derniers matchs comme des sommets où un nul est déjà un bon résultats viennent des adversaires rencontrés ces dernières années.

Sans doute pour faire engranger de la confiance à ses joueuses, Bruno Bini a longtemps choisi de n’affronter que des seconds voire des troisièmes couteaux lors des matchs amicaux. De l’Algarve Cup 2007 où la France était inscrite avant son arrivée, il a considéré que les défaites 4-0 contre le Danemark et 3-1 contre la Suède auraient plus d’impact que les victoires contre l’Allemagne et la Norvège (1re et 3e). La France n’est jamais retourné au tournoi portugais, préférant disputer parfois la Cyprus Cup d’un niveau nettement moindre.

L’élargissement du champ du football féminin a fait que les Bleues n’ont rencontré que l’Islande (qui évoluait autour de la 17e place) et l’Italie (11e en barrage) parmi les 20 meilleures lors des phase qualificatives pour l’Euro 2009 et la Coupe du monde 2011. Bref, il ne restait plus que les phases finales pour se frotter aux meilleures.

Entre 2003 et 2007, les Bleues ont joué 17 matchs amicaux contre les 10 meilleurs. Depuis 2007, elles en ont joué presque autant. Mais entre l’Algarve 2007 (4 matchs qui suivaient une confrontation face à la Chine, elle aussi déjà programmée sous Élisabeth Loisel) et le match contre le Japon de Charléty en préparation des Jeux Olympiques, elles n’en on joué que 5 en 5 ans.

Cette politique a sans doute été payante sur le plan de la confiance permettant à l’équipe de France de se reconstruire dans la victoire mais elle est bien sûr remise en question avec les difficultés rencontrées lors contre les meilleures lors des phases finales, d’où l’inflexion de la politique pour affronter désormais les meilleures.

L’étude des résultats passés doit cependant inciter à la circonspection : les Bleues des 10 dernières années ont régulièrement su faire face aux meilleures équipes mondiales lors des matchs amicaux, ce qui ne leur a pas toujours permis de le faire lors des phases finales. La actuelle ressemble finalement assez à celle du début 2006 : les Bleues sortaient d’une bonne prestation à l’Euro 2005 conclue sur une élimination décevante et elles avaient enchaîné quatre nuls puis une victoire contre les meilleures équipes mondiales lors de deux tournois en Chine puis en Algarve. Les choses s’étaient nettement gâtées par la suite avec deux défaites au Portugal et surtout la non-qualification pour la Coupe du monde.

Ainsi les six nuls obtenus ne sont ni de bons ni de mauvais résultats, bien au contraire.

Tous les matchs des Bleues depuis la création du classement Fifa
Co. Date Lieu Adversaire Score CF CA
A 09/03/2013 Le Petit Quevilly Brésil 1-1 5 4
A 06/03/2013 Nancy Brésil 2-2 5 4
A 13/02/2013 Strasbourg Allemagne 3-3 5 2
A 29/11/2012 Halle Allemagne 1-1 5 2
A 24/10/2012 Eindhoven Pays-Bas 1-1 5 14
A 20/10/2012 Paris Angleterre 2-2 5 8
QCE13 19/09/2012 Edimbourg Ecosse 5-0 5 22
QCE13 15/09/2012 Guingamp Irlande 4-0 5 34
JO12 09/08/2012 Coventry Canada 0-1 6 7
JO12 06/08/2012 Londres Japon 1-2 6 3
JO12 03/08/2012 Glasgow Suède 2-1 6 4
JO12 31/07/2012 Newcastle Colombie 1-0 6 28
JO12 28/07/2012 Glasgow Corée du Nord 5-0 6 8
JO12 25/07/2012 Glasgow Etats-Unis 2-4 6 1
A 19/07/2012 Paris Japon 2-0 6 3
A 11/07/2012 Beauvais Russie 3-0 6 19
A 04/07/2012 Orléans Roumanie 6-0 6 36
QCE13 04/04/2012 Caen Pays de Galles 4-0 6 45
QCE13 31/03/2012 Le Havre Ecosse 2-0 6 21
CYP12 06/03/2012 Larnaca Canada 2-0 6 7
CYP12 04/03/2012 Achnas Angleterre 3-0 6 8
CYP12 01/03/2012 Larnaca Finlande 2-1 6 20
CYP12 28/02/2012 Nicosie Suisse 3-0 6 25
A 15/02/2012 Nîmes Pays-Bas 2-1 6 14
A 20/11/2011 Fort de France Mexique 5-0 7 22
A 16/11/2011 Les Abymes Uruguay 8-0 7 68
QCE13 26/10/2011 Troyes Israël 5-0 7 60
QCE13 22/10/2011 Llanelli Pays de Galles 4-1 7 47
QCE13 22/09/2011 Cork Irlande 3-1 7 28
QCE13 14/09/2011 Ness Ziona Israël 5-0 7 60
A 24/08/2011 Lens Pologne 2-0 7 29
CM11 16/07/2011 Sinsheim Suède 1-2 7 5
CM11 13/07/2011 Mönchengladbach Etats-Unis 1-3 7 1
CM11 09/07/2011 Leverkusen Angleterre 1-1 7 10
CM11 05/07/2011 Mönchengladbach Allemagne 2-4 7 2
CM11 30/06/2011 Bochum Canada 4-0 7 6
CM11 26/06/2011 Sinsheim Nigeria 1-0 7 27
A 18/06/2011 Calais Belgique 7-0 7 35
A 15/06/2011 Nieuwpoort Belgique 2-1 7 35
A 18/05/2011 Brest Ecosse 1-1 7 23
CYP11 09/03/2011 Nicosie Ecosse 3-0 8 24
CYP11 07/03/2011 Nicosie Nouvelle-Zélande 5-2 8 23
CYP11 04/03/2011 Larnaca Pays-Bas 1-2 8 15
CYP11 02/03/2011 Nicosie Suisse 2-0 8 26
A 19/11/2010 Angers Pologne 5-0 8 30
QCM11 15/09/2010 Gubbio Italie 3-2 8 11
QCM11 11/09/2010 Besançon Italie 0-0 8 11
QCM11 25/08/2010 Troyes Serbie 7-0 8 42
QCM11 21/08/2010 Reykjavik Islande 1-0 8 16
QCM11 23/06/2010 Tallinn Estonie 6-0 8 79
QCM11 20/06/2010 Besançon Croatie 3-0 8 60
A 05/05/2010 Bâle Suisse 2-0 8 26
QCM11 31/03/2010 Belfast Irlande du Nord 4-0 8 65
QCM11 27/03/2010 Boulogne-sur-Mer Irlande du Nord 6-0 8 65
A 25/02/2010 Dublin Irlande 2-1 9 30
QCM11 21/11/2009 Indidja Serbie 2-0 10 34
QCM11 28/10/2009 Le Havre Estonie 12-0 10 78
QCM11 24/10/2009 Lyon Islande 2-0 10 17
QCM11 23/09/2009 Zapreši Croatie 7-0 8 48
CE09 03/09/2009 Tampere Pays-Bas 0-0 8 17
CE09 30/08/2009 Helsinki Norvège 1-1 8 10
CE09 27/08/2009 Tampere Allemagne 1-5 8 3
CE09 24/08/2009 Tampere Islande 3-1 8 19
A 12/08/2009 Chartres Ecosse 4-0 8 25
A 01/08/2009 Montargis Japon 0-4 8 7
A 25/04/2009 Colmar Suisse 1-0 8 26
A 22/04/2009 Dijon Suisse 2-0 8 26
CYP09 12/03/2009 Nicosie Nouvelle-Zélande 1-1 8 24
CYP09 10/03/2009 Nicosie Afrique du Sud 3-2 8 25
CYP09 07/03/2009 Paralimni Angleterre 2-2 8 10
CYP09 05/03/2009 Larnaca Ecosse 2-0 8 25
A 12/02/2009 Blois Irlande 2-0 8 27
A 14/12/2008 Compiègne Pays-Bas 0-2 7 20
QCE09 27/09/2008 La Roche-sur-Yon Islande 2-1 7 18
QCE09 08/05/2008 Saint-Brieuc Serbie 2-0 7 32
QCE09 23/04/2008 Ano Liossia Grèce 5-0 7 51
A 14/03/2008 Bondoufle Canada 0-0 7 9
A 08/03/2008 Casablanca Maroc 6-0 7 67
A 30/01/2008 Martigues Italie 1-0 7 14
QCE09 31/10/2007 Dravograd Slovénie 2-0 7 60
QCE09 27/10/2007 Belgrade Serbie 8-0 7 32
A 01/10/2007 Almere Pays-Bas 4-1 7 18
QCE09 16/06/2007 Reykjavik Islande 0-1 7 21
QCE09 30/05/2007 Angoulême Slovénie 6-0 7 67
QCE09 11/04/2007 Valence Grèce 6-0 7 56
AC07 14/03/2007 Vila Real Santo António Suède 1-3 7 4
AC07 12/03/2007 Lagos Norvège 1-0 7 3
AC07 09/03/2007 Faro/Loulé Allemagne 1-0 7 1
AC07 07/03/2007 Silves Danemark 0-4 7 8
A 28/02/2007 Mérignac Chine 2-0 7 9
A 22/11/2006 Boulogne-sur-Mer Belgique 6-0 6 33
QCM07 30/09/2006 Rennes Angleterre 1-1 6 12
QCM07 23/09/2006 Troyes Autriche 2-1 6 43
A 29/08/2006 Saint-Aubin-sur-Scie Canada 2-2 6 11
A 26/08/2006 Le Petit Quevilly Canada 0-1 6 11
QCM07 13/05/2006 Zwolle Pays-Bas 2-0 5 17
QCM07 22/04/2006 Dunaujvaros Hongrie 5-0 5 35
QCM07 26/03/2006 Blackburn Angleterre 0-0 5 13
AC06 15/03/2006 Faro/Loulé Suède 0-1 7 5
AC06 13/03/2006 Faro/Loulé Etats-Unis 1-4 7 2
AC06 11/03/2006 Lagos Chine 1-0 7 9
AC06 09/03/2006 Faro Danemark 2-2 7 8
A 22/01/2006 Ghangzhou Norvège 1-1 7 3
A 20/01/2006 Ghangzhou Etats-Unis 0-0 7 2
A 18/01/2006 Ghangzhou Chine 1-1 7 9
QCM07 09/11/2005 Blois Hongrie 2-0 5 31
QCM07 05/11/2005 Langenrohr Autriche 3-1 5 47
QCM07 24/09/2005 Angers Pays-Bas 0-1 5 18
A 07/09/2005 Sens Irlande 6-0 5 34
CE05 12/06/2005 Warrington Allemagne 0-3 5 1
CE05 09/06/2005 Warrington Norvège 1-1 5 3
CE05 06/06/2005 Preston Italie 3-1 5 10
A 27/04/2005 Bischheim Canada 0-2 5 11
A 13/04/2005 Montbéliard Pays-Bas 0-0 5 17
AC05 15/03/2005 Faro/Loulé Suède 3-2 9 5
AC05 13/03/2005 Loulé Finlande 2-1 9 16
AC05 11/03/2005 Guia Danemark 2-1 9 7
AC05 09/03/2005 Ferreiras Etats-Unis 0-1 9 2
A 22/02/2005 Los Belones Norvège 1-0 9 3
A 19/02/2005 Los Belones Norvège 2-0 9 3
QCE05 03/10/2004 Opole Pologne 5-1 7 32
QCE05 26/09/2004 Dijon Russie 2-5 7 11
A 08/09/2004 Slagelse Danemark 3-2 7 9
QCE05 02/06/2004 Reykjavik Islande 3-0 9 17
QCE05 16/05/2004 Selyatino Russie 3-0 9 12
QCE05 24/04/2004 Reims Hongrie 6-0 9 26
AC04 20/03/2004 Faro Italie 3-3 9 10
AC04 18/03/2004 Silves Danemark 1-0 9 8
AC04 16/03/2004 Quarteira Suède 3-0 9 4
AC04 14/03/2004 Ferreiras Etats-Unis 1-5 9 2
A 21/02/2004 Montpellier Ecosse 6-3 9 30
A 18/02/2004 Sète Ecosse 1-1 9 30
QCE05 15/11/2003 Quimper Pologne 7-1 9 33
CM03 27/09/2003 Washington Dc Brésil 1-1 9 6
CM03 24/09/2003 Washington Dc Corée du sud 1-0 9 25
CM03 20/09/2003 Philadelphie Norvège 0-2 9 2
A 14/09/2003 Concord Japon 2-2 9 14
QCE05 08/09/2003 Bonneuil-sur-Marne Islande 2-0 9 17
  1. On ne parlera pas de « génération suivante » puisque 11 joueuses sur les 20 de 2005 sont encore présentes dans les 22 de 2009, dont 6 restent dans l’équipe type, et que seules Marinette Pichon, Corinne Diacre et Stéphanie Mugneret-Béghé ont arrêté.
  2. Corinne Diacre ne doit pas encore avoir compris l’action qui lui a valu l’expulsion et le but vainqueur danois, alors que personne n’a vu ne serait-ce qu’une faute valant un coup franc et que l’action était déjà repartie de l’autre côté du terrain.
  3. Et on se rappellera qu’à l’époque, le football féminin était déjà à la mode puisque Canal+ avait diffusé en direct les matchs contre la Norvège et le Danemark, et que TF1 devait diffuser celui contre l’Italie. Les Bleues étant éliminé, la chaîne avait finalement rediffusé un épisode de « Walker Texas Rangers ».
  4. Elles ont toujours été entre ces deux bornes hormis un passage à la 10e place au classement de septembre 2009, calculé avec les résultats de l’Euro.
  5. Les Bleues ont pu rencontrer certaines des ces équipes d’autres fois alors qu’elles n’étaient pas classées dans les 4 premières.
  6. En « oubliant » une victoire contre l’Allemagne 1-0 en avril 2003, trois mois avant la création du classement Fifa.
  7. Les Bleues n’ont jamais rencontré d’équipe du quatuor de tête en phase éliminatoire, cela aurait sans doute été le cas si le classement avait existé pour ceux de la Coupe du monde 2003 où elles avaient affronté la Norvège.
  8. Et une seule victoire dans toute son histoire en 1990 sur un but de Brigitte Olive-Henriques, désormais Secrétaire Générale de la FFF.
  9. D’autant plus facilement que c’est rappelé un peu plus haut.
  10. Victoire très importante cependant, 4-0 contre le Canada pour accéder en quarts de la Coupe du monde, suivi d’un nul à saveur de victoire contre l’Angleterre.

PSG, le dernier rempart ?

Match de la 19e journée planté entre la 16e et la 17e, le match OL-PSG est bien le sommet de la saison même si son résultat ne devrait avoir aucune conséquence sur le classement des deux équipes. Et même si le PSG est désormais un vrai concurrent, Lyon reste favori.

Comme le calendrier de D1 féminine était trop à jour avec pas moins de 5 équipes qui n’ont pas de match en retard, la FFF a décidé de redonner de la lisibilité au classement en acceptant la demande de France 4 qui souhaitait diffuser une affiche de football féminin à l’occasion de la Journée de la femme. Ce sera légèrement en avance puisque le match Lyon-PSG de la 19e journée aura lieu le 2 mars (avant les 17e et 18e journées) et la Journée de la femme le 8. Mais il paraît que c’est la semaine qui compte.

Élodie Thomis et Eugénie Le Sommer entourent leur partenaire d'alors Aurélie Kaci

Élodie Thomis et Eugénie Le Sommer entourent leur partenaire d'alors Aurélie Kaci

Nonobstant, il s’agit bien d’un match au sommet du championnat même si son importance réelle sera essentiellement symbolique. En effet, le mode de calcul abscons1 et le calendrier en dentelles cachent un peu la situation réelle en tête : certes l’OL n’a que trois points d’avance sur le PSG, mais le match en retard contre Vendenheim lui permet d’en espérer 4 de plus. Outre une victoire à Gerland, l’équipe parisienne devrait donc espérer deux autres « non-victoires » lyonnaises pour passer devant. Et si un défaite contre Montpellier est envisageable, ce n’est pas faire injure à Vendenheim, Saint-Étienne, Arras, Issy et Rodez que de ne pas les imaginer accrocher les doubles championnes d’Europe.

Le PSG semble également à l’abri avec 6 points d’avance sur Montpellier, l’avantage dans les confrontations directes et un seul autre sommet à jouer contre Juvisy. Il semble en effet peu probable que les Parisiennes laissent à nouveau échapper des points contre Guingamp comme lors de la première journée surtout si le match est décisif pour l’Europe. D’autant plus que l’équipe parisienne a bien changé.

Une équipe en construction

Parmi les 12 joueuses les plus utilisées jusque là par Farid Benstiti, 7 sont arrivées au club cette saison, et l’entraîneur lui-même est dans ce cas. Il est donc assez naturel que l’équipe soit nettement monté en puissance après un début délicat2 remportant tous ces matchs depuis la 4e journée, sauf le match aller contre Lyon, n’encaissant que 5 buts dans cette période – autant que l’OL – et marquant 43 buts, soit plus de 3 par match.

Il est à peu près certain que le PSG est désormais une équipe qui ne perdra pas de points contre les équipes classées au delà de la cinquième place et rarement contre les autres.

Ce qui en fait le premier concurrent de l’OL depuis 2010 où l’équipe alors entraînée par Farid Benstiti avait fini un seul point devant Juvisy, et quatre devant le PSG avec deux défaites dans la saison3. La saison dernière, la place de leader de Juvisy jusqu’à un point avancé de la saison n’avait tenu qu’à l’habituel calendrier à trou et au positionnement du match entre les deux équipes lors de la dernière journée4.

Amandine Henry face à Shirley Cruz au match aller, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Amandine Henry face à Shirley Cruz au match aller, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Avec le PSG, l’OL doit faire face à une équipe qui a les mêmes forces, et un peu plus : une structure totalement professionnelle et une importante puissance financière. On ne l’a ainsi pas tellement noté mais le match aller était la première rencontre de football féminin en France entre deux équipes entièrement professionnelles.

Il y a une certaine crainte côté lyonnais face à ce concurrent qui voudra prendre la place aussi bien en France qu’en Europe. Ainsi Patrice Lair expliquait l’arrivée de Shinobu Ohno dès cet hiver par le fait que lors de la prochaine intersaison Lyon ne pourrait pas s’aligner financièrement sur d’éventuelles offres du PSG. C’est aussi la raison pour laquelle le club lyonnais s’est empressé de faire prolonger la quasi totalité de son effectif.

La bataille du milieu

Si le titre semble déjà promis à l’OL et si le PSG devrait dès l’an prochain être capable de le lui disputer, le match de cette 19e journée devrait permettre de savoir si le PSG a déjà rattrapé Lyon.

Gardiennes

En dehors de la Montpelliéraine Laetitia Philippe, les deux clubs comptent dans leurs rangs toutes les gardiennes appelées en équipe de France depuis 20085. Mais si Lyon fait jouer la titulaire des Bleues, Sarah Bouhaddi, le PSG aligne le plus souvent Véronique Pons, ancienne de la maison d’en face, et laisse la quatrième gardienne des Bleues Karima Benameur sur le banc. L’ancienne titulaire – chez les Bleues et au PSG – Bérangère Sapowicz est sortie de sa retraite mais n’a pas encore rejoué et n’avait à peu près pas repris après sa blessure lors de la Coupe du monde. Bref, le PSG n’est pas dépourvu à ce poste, l’OL garde nettement l’avantage.

Défenseuses centrales

Le PSG n’est fortement renforcé dans l’axe cette saison. Premièrement en recrutant Annike Krahn, internationale allemande à plus de 80 sélections et deuxièmement en donnant un statut professionnel à la capitaine Sabrina Delannoy qui après 10 ans de D1 a franchi le palier lui permettant d’intégrer l’équipe de France. Les deux joueuses n’ont pas laissé beaucoup de temps de jeu à la concurrence et heureusement parce que derrière ça ressemble un peu à du bricolage. Lors du dernier match contre Issy, ce sont Caroline Pizzala et Saïda Akherraze qui ont été alignée, contre Toulouse, c’est Nonna Debonne qui jouait. Et si les deux dernières sont plutôt latérale, la première jouait jusque là au milieu.

Avec les trois internationales expérimentées que sont Wendie Renard, Laura Georges et Sabrina Viguier, plus Laura Agard, Lyon n’est pas en reste, les deux premières formant actuellement la charnière des Bleues. Au niveau individuel, Wendie Renard est peut-être la meilleure joueuse française à l’heure actuelle et n’est pas loin de rivaliser avec l’expérimentée Annike Krahn. Du coup la paire lyonnaise vaut la paire parisienne, avec nettement plus de solution de repli comme lors de la blessure de Wendie Renard en octobre-novembre. Dans la mesure où l’Allemande du PSG est annoncée absente et où sa coéquipière devrait être de retour de blessure, l’OL garde là aussi l’avantage pour ce match et pour une saison grâce à sa profondeur de banc.

Défenseuses latérales

À gauche, ce match est le duel entre la titulaires des Bleues depuis 14 ans et celle qui vient de lui succéder. Pour rester poli, on dira que le changement ne s’est pas fait sur une question de niveau. Toutefois même quand les deux étaient sélectionnées, la Parisienne Laure Boulleau était mieux qu’une remplaçante de la Lyonnaise Sonia Bompastor. À ce poste, c’est Paris qui dispose de plus de solutions de remplacement avec Nonna Debonne ou Saïda Akherraze, voire Jessica Houara qui change de côté pour laisser un entrante côté droit. À Lyon par contre, rien n’a vraiment été prévu pour suppléer la capitaine : on a donc vu Amel Majri dépanner et maintenant Lara Dickenmann. On a même vu Megan Rapinoe s’y coller. Si Patrice Lair prévoit d’avoir à défendre, on devrait sans doute plutôt voir une axiale décalée, Laura Agard ou Sabrina Viguier (ou l’une de celles-ci dans l’axe et Laura Georges ou Wendie Renard à gauche). Bref, si entre titulaires, Sonia Bompastor est sans doute encore devant Laure Boulleau, en son absence l’avantage est nettement côté parisien.

À droite, Corine Franco est régulièrement pointé comme le point faible de l’OL. Ce qui n’est pas entièrement faux mais ce qui exprime surtout la qualité de l’effectif lyonnais puisque le point faible en question est titulaire chez les Bleues et sans doute la meilleure en France alors que ce n’est pas vraiment son meilleur poste qui serait plutôt celui de milieu récupératrice. En son absence, c’est Laura Agard qui a tenu le poste (et Amandine Henry une fois, plus une demi-heure contre Juvisy où Corine Franco était occupée à gauche).

À Paris cette saison, c’est Jessica Houara qui a été recyclée arrière droite avec réussite puisque c’est à ce poste qu’elle est régulièrement sélectionnée6 après une première cape d’une mi-temps en attaque en 2008. En son absence Nonna Debonne peut aussi occuper la place. Comme à Lyon, il ne s’agit pas du point fort de l’équipe mais le poste est vaillamment occupé.

Milieux

Le milieu de terrain est sans conteste le point fort du PSG avec deux joueuses exceptionnelles, Shirley Cruz et Linda Bresonik, même si l’Allemande a connu plusieurs blessures. Mais aux mêmes postes, l’OL présente aussi deux joueuses exceptionnelles Amandine Henry et Camille Abily. On ne cherchera pas à savoir qui est la plus forte de la Costaricienne ou de la Nordiste, ni de l’Allemande ou de la Bretonne. De toute façon, on ne se trompera pas de beaucoup en disant qu’on a là les 4 meilleures joueuses de milieu de terrain du championnat.

Linda Bresonik, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Linda Bresonik, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Autour d’elles, Farid Benstiti fait confiance à deux anciennes Lyonnaises Aurélie Kaci et Kenza Dali, les deux seules joueuses avec Shirley Cruz à avoir participé à tous les matchs. Entre Rhône et Saône, elles jouaient plutôt les utilités et elles sont assez loin du niveau de Louisa Necib, qui aurait pu faire partie du carré d’as, et d’Élise Bussaglia qui va peut-être enfin pouvoir commencer sa saison.

C’est sans doute pour pallier ce déficit que le PSG a engagé la championne olympique Tobin Heath jusqu’à la fin de la saison. Avec l’arrivée de la championne du monde Shinobu Ohno qui peut jouer comme meneuse, Lyon s’est aussi donné d’autres solutions. Il y a donc peut-être un très léger avantage à Lyon, mais il s’agit surtout de deux milieux de terrain de très haut niveau, sans doute pas très loin du meilleur niveau mondial.

Attaquantes

La principale différence entre les deux effectifs est donc devant. Cela n’était déjà pas le point fort du PSG les saisons précédentes malgré le bon passage des Américaines Alexandra Long et Ella Masar l’an dernier. Tout le monde est parti à l’intersaison et l’attaque a été entièrement reconstruite autour de trois recrues, jeunes internationales : la Suédoise Kosovare Asllani, l’Américaine Lindsey Horan et la Française Kheira Hamraoui qui joue plutôt milieu offensive. Si la première commence à être expérimentée en équipe nationale, les deux autres débutent seulement leur carrière en sélection. Il faut dire que l’Américaine n’a pas encore 20 ans. Le duo suédo-américain fonctionne plutôt bien puisqu’il cumule 21 buts depuis le début de saison.

Kosovare Asllani, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Kosovare Asllani, photo Éric Baledent, Le Moustic Production

Mais l’attaque lyonnaise est d’un autre calibre avec la meilleure joueuse suédoise Lotta Schelin, qui peut-être suppléée dans l’axe par Laetitia Tonazzi ou Eugénie Le Sommer, deux joueuses régulières au dessus de 15 buts par saisons, bien que cette dernière joue plus régulièrement sur un côté, tout comme Élodie Thomis et Lara Dickenmann, toutes deux internationales confirmées. Et on ne parle pas là d’Ami Otaki, déjà 9 buts cette saison en 7 matchs et 340 minutes, ni des arrivantes Shinobu Ohno championne du monde à plus de 100 sélections et Megan Rapinoe, star de l’équipe championne Olympique. Bref, s’il fallait trouver un défaut à l’attaque lyonnaise, ce serait plutôt qu’elle est trop riche. En tous cas, même en cas d’absences et quel que soit le schéma de départ, il y a toujours des solutions sur le banc.

Lotta Schelin

Lotta Schelin

Entraîneurs et équipes types

Le football est un sport collectif et une comparaison individuelle est insuffisante pour évaluer deux équipes. Farid Benstiti, entraîneur du PSG est expérimenté puisqu’il a été quatre fois champion avec l’OL, avant d’entraîner Rossiyanka champion de Russie et l’équipe nationale russe. Comme il le fait à Paris, il participé à la transformation du FC Lyon, club amateur de haut de tableau en un OL quasi invincible en France et habitué du dernier carré en Europe. Au PSG, il a su vite faire collectif de son effectif fortement remanié, même s’il profite des talents individuels et qu’il s’appuie surtout sur une solide base défensive lors des gros matchs.

Véronique Pons - Jessica Houara, Annike Krahn, Sabrina Delannoy, Laure Boulleau - Shirley Cruz, Aurélie Kaci, Kenza Dali, Linda Bresonik - Lindsey Horan, Kosovare Asllani

Son équipe type est à géométrie légèrement variable en fonction de l’adversaire et de la présence ou non de Linda Bresonik. Kosovare Asllani joue alors régulièrement sur un côté, Kheira Hamraoui ou Kenza Dali pouvant occuper l’autre. L’intégration de Tobin Heath l’obligera peut-être à changer légèrement son schéma.

Patrice Lair lui a succédé à Lyon en poursuivant encore la progression jusqu’au triplé de la saison dernière. Sans tirer trop de conclusions définitives sur des victoires en Ligue des Championnes d’une équipe qui n’avait perdu en finale avec Farid Benstiti qu’aux tirs aux buts et sans Lotta Schelin, Camille Abily et Sonia Bompastor, il semble avoir apporté à cette équipe en particulier par sa rigueur et son perfectionnisme.

Sarah Bouhaddi - Corine Franco, Wendie Renard, Laura Georges (Sabrina Viguier), Sonia Bompastor - Amandine Henry, Louisa Necib, Camille Abily - Eugénie Le Sommer (Élodie Thomis), Lotta Schelin, Lara Dickenmann

Son schéma principal est un 4-3-3 avec une meneuse et des ailières mais il n’hésite pas à varier les organisations en particulier en fin de matchs déjà gagnés, afin de disposer d’une plus grande palette de solutions, ce qui lui permet de s’adapter très vite comme lors du match contre Juvisy où il a chamboulé son équipe au bout d’une demi-heure. Là aussi, l’intégration de Megan Rapinoe nécessite des ajustements tactiques ou au moins des replacements, qui sont aussi liés à l’absence de Sonia Bompastor. Et Shinobu Ohno n’est pas encore rentrée dans la rotation.

Rien ne va plus, les jeux sont (presque) faits

Lyon bat Juvisy dans le match au sommet et assure quasiment son titre ainsi que la place européenne du PSG. Personne ne gagne en bas de classement, ce qui profite à peine aux équipes qui ne perdent pas.

Comme d’habitude, le championnat de D1 prend ses quartiers d’hiver et se déroule en pointillé. Un tiers seulement des équipes ne compte pas de match en retard. Avec le burlesque comptage à un point pour la défaite1, le décryptage du classement n’est pas toujours facile, même si cette saison les écarts sont de toute façon importants.

Le match au sommet de la journée opposait Lyon à Juvisy. Ce n’était certes pas le « premier tournant » de la saison qu’essayait de nous vendre le diffuseur, mais une des rares occasions pour Lyon de perdre des points et pour Juvisy de rattraper ceux perdus dans la course à l’Europe.

Aligné dans une étrange configuration avec Amandine Henry arrière droite et Corine Franco arrière gauche, l’OL était à la peine. Ce choix était lié à l’incorporation de Megan Rapinoe sur l’aile gauche et à l’absence de Sonia Bompastor. Patrice Lair n’attendait pas la mi-temps pour réorganiser son équipe, remettre Amandine Henry à la récupération en sacrifiant Lara Dickenmann comme arrière gauche de fortune, puis en début de deuxième mi-temps, Eugénie Le Sommer remplaçait Megan Rapinoe pas vraiment convaincante pour ses débuts en D1 et montrait qu’elle avait aussi sa place dans l’attaque lyonnaise.

Juvisy bien en place

En face, Juvisy alignait une composition classique sans Émilie Trimoreau (ni Sandrine Dusang), mais avec la recrue Yryna Zvarytch dans les buts et Janice Cayman en pointe. Les Essonniennes profitaient de la difficile mise en place lyonnaise pour tenir le ballon en première mi-temps, se procurant une grosse occasion par Julie Machart dont la frappe était repoussée par Sarah Bouhaddi sur sa barre. Mais la stratégie générale était de ne pas se découvrir trop, visible principalement par le positionnement d’Amélie Coquet, nettement moins offensives que d’habitude.

Lyon ayant repris le contrôle des opérations ouvrait le score en fin de première période par Camille Abily grâce à un débordement d’Élodie Thomis, et le doublait en début de seconde par Lotta Schelin servie par Eugénie Le Sommer, puis fermait le jeu.

Le septième titre déjà annoncé

À l’issue du match, Patrice Lair a acquiescé à la proposition que le titre était à peu près acquis : « Pour ne pas être champion de France, il faudrait qu’on perde trois matchs ; si on est sérieux, je pense qu’on aura un septième titre ».

En effet, même si Lyon ne compte que trois points d’avance sur le PSG, il compte aussi un match de moins. En cas de victoire parisienne dans la confrontation directe, même une défaite lyonnaise dans le match en retard redonnerait un point d’avance aux championnes en titre. Bref il faudrait ajouter un troisième résultat négatif, nul ou défaite pour permettre mathématiquement au PSG de revenir. Lyon n’a pas concédé plus de deux défaites dans une saison depuis 2005-2006, autant dire que le titre semble joué.

Paris voit l’Europe

Pourtant le PSG avance maintenant au même rythme : s’il a fallu trois journées au joueuses de Farid Benstiti pour se mettre en train, un nul contre Guingamp sans les recrues offensives Linda Bresonik, Kosovare Asllani et Lindsey Horan et un autre contre Montpellier, depuis elles ont remporté tous leurs matchs sauf celui contre Lyon, perdu seulement sur un pénalty.

En visite à Arras avec un effectif enrichi de la championne olympique Tobin Heath, le PSG n’a pas vraiment tremblé pour s’imposer grâce à ses recrues, les Américaines Lindsey Horan et Tobin Heath éteignant tout espoir dès le premier quart d’heure.

Les PSG déjà en ordre de bataille

Il semble que désormais le quatuor de tête est devenu un duo de tête : plus que les six points qui séparent le PSG de Montpellier (qui ne sont virtuellement pas plus que l’écart entre Lyon et le PSG), c’est la dynamique des équipes et des effectifs qui pousse à cette conclusion. Depuis le nul de la troisième journée entre Montpellier et un PSG en cours de mise en place, l’équipe parisienne a battu ses adversaires direct de Montpellier et de Juvisy.

Comme prévu le PSG est en train de construire une équipe capable très rapidement de lutter pour le titre et pour le dernier carré de Ligue des Championnes. Et c’est la nécessaire mise en place qui fait que le premier cap ne sera pas franchi dès cette saison, à trois journées près donc.

À ce sujet, le parallèle avec les premières saisons de l’OL est intéressant. On a beaucoup lu qu’il avait fallu trois saison à Lyon pour bâtir son équipe invincible. Ce qui n’est pas tout à fait vrai : il a fallu deux saisons avant de commencer à mettre les moyens. La première année, l’OL a démarré avec exactement le même effectif que le FCL de la saison précédente. Certes une armada américaine est arrivée en milieu de saison, mais le retard était déjà trop grand et le faible niveau du championnat n’avait pas permis de les retenir. La saison suivante, l’OL avait recruté des joueuses exotiques, Simone Gomes Jatoba, Shirley Cruz et l’anecdotique brésilienne Dayan Da Rocha. Et ce n’est qu’au bout de ces deux saisons que l’OL avait vraiment lancé les hostilités en allant chercher la moitié de l’équipe montpelliéraine double championne de France.

Tobin Heath, une championne olympique à Paris jusqu'à la fin de la saison.

Tobin Heath, une championne olympique à Paris jusqu'à la fin de la saison.

La situation du PSG présente quelques similitudes, mais on est alors dans une phase ressemblant à la troisième saison de l’OL : depuis 2009-2010, le PSG s’est positionné comme une des meilleures équipes du championnat, avec l’arrivée d’Élise Bussaglia, Laure Lepailleur, Jessica Houara et Julie Soyer et la pige de Sonia Bompastor et Camille Abily entre deux saison américaines. Maintenant, il met les moyens pour recruter des joueuses internationales confirmées.

Cela explique qu’il ne faudra pas attendre plusieurs saison pour que le PSG soit compétitif au plus haut niveau. Son équipe actuelle aurait sans doute pu jouer le titre sans la nécessaire période de rodage et dès l’an prochain elle le fera.

Le mercato confirme ces forces établies : le quatuor de tête s’est renforcé mais pendant que Lyon allait cherche une championne olympique et une championne du monde, le PSG une championne olympique, Montpellier recrutait l’internationale espoir danoise Luna Gevitz2 et Juvisy la gardienne Ukrainienne Yryna Zvarytch.

Bref les deux première places ne devraient pas bouger d’ici la fin de saison, et sauf révolution dans un autre club, dans les saisons suivantes. Les optimistes diront que cela donnera du suspense pour le titre, les pessimistes que cela l’enlèvera totalement des places européennes.

La révolution Isséenne

Montpellier se déplaçait à Issy qui fait feu de tout bois pour tenter d’éviter l’inéluctable relégation. Nicolas Gonfalone a remplacé David Remisse comme entraîneur, Inès Jaurena et Adeline Rousseau sont arrivées pendant qu’Islay Tait a claqué la porte.

Tous ces changements n’ont pas vraiment portés leurs fruits puisque depuis Issy a encaissé trois défaites contre Guingamp, Saint-Étienne et Montpellier, sans compter une élimination face à la VGA Saint-Maur qui évolue en DH (première élimination d’une D1 par une DH dans l’histoire de la Coupe). Mais bien sûr, c’est plutôt dans la série contre Arras, Rodez et Toulouse qu’on pourrait attendre de meilleurs résultats pour le maintien. Ce qui sera vraisemblablement trop tard puisqu’il faudrait une dizaine de points (en données corrigées…) ce qui implique de remporter quatre des cinq matchs restant, hors PSG et Lyon qui semblent raisonnablement hors de portée.

Montpellier est donc venu s’imposer sur la pelouse Isséenne face à une équipe locale privée au dernier moment de sa recrue Adeline Rousseau. Comme d’habitude, les Chouettes ont fait plutôt bonne impression et comme d’habitude elles ont cédé les premières, sur des buts de la nouvelle capitaine de Montpellier Marine Pervier et de la revenante Élodie Ramos. L’ancienne Héraultaise Charlotte Lozé a réduit le score en deuxième mi-temps pour premier but Isséen à domicile en D1, mais la « recrue » montpelliéraine Luna Gevitz, titulaire aux côtés de Kelly Gadea, douchait les espoirs locaux.

Montpellier conforte sa troisième place mais aura du mal à aller plus haut et Issy reste à la dernière place.

Yzeure au bout du suspens

Si le quatuor de tête avance maintenant en ordre dispersé, il garde une certaine avance sur le reste du peloton. Il y a donc un titre honorifique de premier des autres à aller chercher avec la cinquième place.

Guingamp, titulaire de la place de déplaçait à Yzeure qui le suit au classement. Les Auvergnates, bonne surprise de la saison comme à peu près tous les ans depuis qu’elles sont montées, ont rapidement pris l’avantage grâce à Faustine Roux puis par l’inévitable Laura Bouillot. Mais l’internationale camerounaise Michèle Ngono Mani a immédiatement réduit le score avant d’égaliser sur coup franc. C’est finalement Émilie Gonssollin qui a donné la victoire à Yzeure en fin de match. Les Auvergnates reviennent à un point des Bretonnes et prennent surtout de précieux points avant d’affronter au mois de mars Juvisy, Montpellier et le PSG à la file.

Nuls en bas de classement

Saint-Étienne était candidat déclaré à cette cinquième place, voire mieux, mais la première demi saison des Vertes les a plutôt placé dans la lutte pour le maintien, sans trop d’inquiétude cependant. Elles se déplaçaient à Rodez qui reste au dessus de la ligne rouge malgré deux matchs de retard. Ce sont les visiteuses qui ont ouvert le score grâce au premier but de Chu O Tseng, mais les Rafettes ont égalisé grâce à Flavie Lemaître. Les deux équipes auraient sans doute préféré de plus gros points mais sauront se contenter de ceux là.

Ce qui ne sera sans doute pas le cas des protagonistes du dernier match : Toulouse recevait Vendenheim qui a suivi le discutable modèle Isséen : l’entraîneur Dominique Steinberger a été écarté puis réintégré avant de démissionner et d’être remplacé par l’ancienne joueuse du club Stéphanie Trognon. Des clans sont apparus, en particulier entre les recrues et les anciennes, l’ex-parisienne Cindy Thomas a d’ailleurs quitté le club pour le Standard de Liège. Bref des conditions idéales pour une équipe à l’arrêt après deux victoires lors des deux premières journées.

Pourtant le déplacement à Toulouse ressemblait à un match à élimination directe, l’équipe victorieuse étant loin d’assurer son maintien mais l’équipe vaincue pouvant commencer à se renseigner sérieusement sur la D2. Finalement à l’issue d’un match plutôt dominé par Vendenheim, les deux équipes se sont séparés dos-à-dos, ce qui n’arrange personne et surtout pas les Violettes, un point derrière leurs adversaires du jour avec deux matchs de plus mais dont la situation semble légèrement moins compromise que celle des Chouettes d’Issy, avec deux points de plus et surtout un seul match à jouer contre le quatuor de tête, soit trois victoires à obtenir et six matchs pour le faire.

Shinobu Ohno a également fait ses débuts sous le maillots lyonnais.

Shinobu Ohno a également fait ses débuts sous le maillots lyonnais.

15e journée

  • Lyon-Juvisy 2-0 : Abily 45′, Schelin 58′
  • Arras-PSG 1-4 : Lernon 22′ ; Horan 4′, 83′, Heath 12′, Asllani 68′
  • Issy-Montpellier 1-3 : Lozé 54′ ; Pervier 28′, Ramos 34′, Gevitz 74′
  • Yzeure-Guingamp 3-2 : Roux 3′, Bouillot 30′, Gonssollin 90′ ; Ngono Mani 32′, 68′
  • Rodez-Saint-Etienne 1-1 : Lemaître 69′ ; Tseng 19′
  • Toulouse-Vendenheim 0-0
Classement général
Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 56 14 14 0 0 90 4 86
2 PSG 53 15 12 2 1 48 7 41
3 Montpellier 47 15 10 2 3 44 15 29
4 Juvisy 42 14 9 1 4 42 11 31
5 Guingamp 35 14 6 3 5 25 19 6
6 Yzeure 34 14 6 2 6 20 28 -8
7 Saint-Etienne 30 14 4 4 6 10 22 -12
8 Arras 28 14 4 2 8 15 55 -40
9 Rodez 25 13 3 3 7 14 29 -15
10 Vendenheim 22 13 2 3 8 6 37 -31
11 Toulouse 21 15 1 3 11 9 54 -45
12 Issy 19 15 1 1 13 11 53 -42

Mauvais dimanche en bas de tableau

Journée tronquée et sans son match au sommet. Les trois relégables ont perdu et chacun s’est évertué à repartir comme en première partie de saison

Le match au sommet de la 13e journée oppose le PSG à Montpellier mais il se jouera la semaine prochaine devant les caméras d’Eurosport, trop occupées ce week-end avec la Coupe de France des garçons.

Le premier match devait opposer Arras à Saint-Étienne mais la pelouse du stade Degouve Brabant a été déclarée impraticable. Les deux équipes se retrouveront donc à une date ultérieure.

Les quatre matchs restant étaient l’occasion pour les trois relégables d’essayer de revenir au moins provisoirement au contact d’Arras et de la zone de maintien. C’était à vrai dire surtout le cas pour Vendenheim qui se déplaçait à Yzeure et qui était à quatre points d’Arras. Issy était de toute façon trop loin mais avait un coup à jouer en recevant Guingamp alors que Toulouse ne se hasardait vraisemblablement même pas à rêver d’accrocher Lyon.

Laura Bouillot frappe trois fois

Malheureusement pour les Fédinoises, Yzeure compte en ses rangs l’une des attaquantes en forme de D1, Laura Bouillot. Elle avait déjà assommé l’équipe alsacienne d’un quadruplé au match aller et elle a récidivé au retour avec un triplé. Sept buts contre Vendenheim et onze au total, elle est la meilleure buteuse non lyonnaise. Ce résultat rapproche de plus en plus Yzeure du maintien et complique bien sûr les affaires de Vendenheim dont les matchs en retard contre Arras et Rodez seront décisifs.

Bien qu’à domicile, Issy avait une tâche sans doute plus difficile face à une équipe de Guingamp qui s’affiche de plus en plus en comme le dernière équipe du haut de tableau plutôt que la première du bas. Les Isséennes ont comme souvent bien résisté à la domination adverse mais ont fini par céder peu après l’heure de jeu sur des buts de Salma Amani et de Michèle Ngono Mani. Seule équipe de la deuxième moitié de tableau sans match en retard, on ne voit pas bien ce qui pourra permettre à Issy de se sauver.

Des leaders tranquilles

L’objectif de Toulouse face à Lyon était sans doute de ne pas encaisser trop de buts. Il n’a pas été atteint. Menées 3-0 au bout d’un quart d’heure, les Violettes ont été la troisième équipe de la saison à concéder plus de 10 buts mais elles pourront se consoler avec la réduction du score obtenue par Delphine Chatelin en début de deuxième mi-temps. De toute façon, ce n’est pas dans ce match que se sera joué le maintien. Dans ses 10 derniers matchs, Toulouse n’affrontera plus ni Montpellier ni Lyon, ce qui lui fait en théorie 8 matchs pour prendre la trentaine de points qui lui manque. La situation est donc très inconfortable et Toulouse ne s’en tirera que si Rodez ou Arras qui sont actuellement juste au dessus de la zone de relégation craquent et que le maintien se joue nettement en dessous de la quarantaine de points habituels.

Du côté Lyonnais, outre le triplé de Lotta Schelin, les doublés de Lara Dickenmann et d’Ami Otaki et l’habituel but de Camille Abily, on notera surtout le triplé de Corine Franco dans la première demi-heure. Rare joueuse de l’effectif lyonnais dont le contrat n’a pas encore été prolongé, à ce rythme elle sera en position de force au moment de négocier.

Corine Franco n'arrête plus de marquer.

Corine Franco n'arrête plus de marquer.

Juvisy prend sa revanche

Le dernier match concernait une équipe qui espère bien ne pas retourner dans la zone de relégation cette saison. Rodez recevait Juvisy chez qui elle avait été chercher le nul au match aller. Mais les vices-championnes en titre étaient alors en pleine Coupe d’Europe. Si le match retour n’a pas été un sommet de la saison, Juvisy a verrouillé la victoire en une demi-heure avant de gérer et d’enfoncer le clou en toute fin de match par Camille Catala qui devient meilleure buteuse du club.

13e journée

  • Rodez-Juvisy 0-3 : Machart 16′ pen., Soubeyrand 25′ , Catala 88′
  • Toulouse-Lyon 1-11 : Chatelin 46′ ; Schelin 7′, 18′, 37′, Petit-Franco 11′, 21′, 27′, Dickenmann 12′, 47′, Otaki 75′, 89′, Abily 88′
  • Yzeure-Vendenheim 3-0 : Bouillot 7′, 48′, 83′
  • Issy-Guingamp 0-2 : Amani 67′, Ngono Mani 69′
Classement général
Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 52 13 13 0 0 88 4 84
2 PSG 41 12 9 2 1 38 5 33
3 Juvisy 41 13 9 1 3 42 9 33
4 Montpellier 38 12 8 2 2 33 11 22
5 Guingamp 34 13 6 3 4 23 16 7
6 Yzeure 30 13 5 2 6 17 26 -9
7 Saint-Etienne 23 11 3 3 5 7 20 -13
8 Rodez 23 12 3 2 7 13 28 -15
9 Arras 22 11 3 2 6 12 44 -32
10 Vendenheim 19 11 2 2 7 6 35 -29
11 Issy 17 13 1 1 11 10 48 -38
12 Toulouse 14 12 0 2 10 8 51 -43

Bilan de mi-saison

À mi parcours du championnat de D1, petit retour sur les faits marquants. Où l’on verra que les prévisions de début de saison se sont en grande partie vérifiées. Que le championnat féminin prend de plus en plus de tics de celui des garçons. Et que Camille Abily a survolé le début de saison.

Qu’est-ce qu’on avait dit ?

La mi-saison a été atteinte et même un peu plus (la première journée des matchs retours a été jouée avant la trêve) et on peut déjà tirer des enseignements. Et comparer avec ce qu’on a pu dire en début de compétition.

En haut de classement, il n’y a pas vraiment eu de surprise. Lyon a déjà posé une main sur le titre en remportant tous ses matchs et en pulvérisant Juvisy et Montpellier. Seul le PSG a résisté (défaite 1-0 sur un pénalty d’Amandine Henry) et se retrouve logiquement deuxième après avoir trouvé son rythme avec une équipe presque entièrement renouvelée. Montpellier est troisième, en difficulté contre les autres équipes de haut de tableau et au dessus du reste du plateau. Juvisy ferme comme prévu la marche du quatuor principalement à cause des points perdus autour du premier tour de Coupe d’Europe (un nul contre Rodez et une défaite à Yzeure). Toutefois, l’effectif a plus tourné au moment du deuxième tour qui a été beaucoup mieux géré et qui pourrait donner des idées pour la suite de la saison, même si Lyon et même le PSG seront difficile à rattraper.

Linda Bresonik apporte son expérience au PSG

Linda Bresonik apporte son expérience au PSG

Du côté des joueuses aussi, les prévisions se sont grandement avérées : Laetitia Tonazzi s’est imposée immédiatement à Lyon, les Allemandes Annike Krahn et Linda Bresonik ont fait passer un cap au PSG et Hoda Lattaf a continué de montrer qu’elle est toujours l’une des meilleures attaquantes françaises. La Suédois Kosovare Asllani, arrivée après les pronostics, n’a pas encore justifié son ambition de devenir la star du PSG même si avec 8 buts ses statistiques sont tout à fait bonnes. Mais avec le même total, sa coéquipière Lindsey Horan a beaucoup plus convaincu.

Hoda Lattaf, leader du MHSC

Hoda Lattaf, leader du MHSC

À Juvisy, il aurait été plus judicieux de choisir Camille Catala comme joueuse à suivre. L’ancienne Stéphanoise est rapidement devenue une pièce maîtresse du collectif essonnien. Sandrine Dusang a malheureusement confirmé ses statistiques des saisons précédentes en se blessant dès le troisième match de la saison, en Coupe d’Europe contre Zürich. Mais elle sera à coup sûr une joueuse à suivre pour la deuxième partie de saison. On l’espère.

Un petit ventre mou

Traditionnellement, le championnat de D1 est globalement constitué d’un quatuor qui joue le titre ou les places européennes, et d’un octuor qui joue le maintien en haut duquel on trouve une ou deux équipes à peu près tranquilles. Trois équipes étaient attendues dans cette lutte pour la cinquième place, Guingamp, Saint-Étienne et Toulouse.

Les Bretonnes ont fait plus que confirmer, profitant du passage dans une structure professionnelle. Elles ont contraint le PSG et Montpellier au nul et sont solidement installées à la cinquième place malgré une grande irrégularité : troisième à domicile, devant Montpellier et le PSG (mais avec plus de matchs joués) et à égalité avec Juvisy (avec le même nombre de matchs), elles sont seulement dixième à l’extérieur où elles n’ont pas encore gagné. Ces bons résultats ont été obtenues en grande partie sans Julie Morel dont le statut de joueuse à suivre est à débattre : elle a formidablement commencé la saison par un but égalisateur contre le PSG puis une sélection chez les Bleues ponctuée d’un autre but. Mais depuis la fin octobre, elle alterne entre les matchs en équipe réserve et en équipe première, parfois sur le banc. Il aurait finalement été plus pertinent de désigner Emmeline Mainguy dont les prestations dans le but guingampais ont été particulièrement remarquées, ou Griedge Mbock Bathy, championne du monde M17 et meilleure joueuse de la compétition, et qui s’est depuis installée en défense centrale à côté d’Audrey Février, poussant Marion Boishardy sur le banc alors que c’était une des associations sur laquelle l’entraîneur Olivier Moullac comptait s’appuyer.

La bonne surprise venue d’Auvergne

Le pronostic n’était pas qu’Yzeure aurait une saison facile. D’ailleurs ça ne sera peut-être pas le cas. Mais les Auvergnates ont su déjouer les pronostics pour aller chercher des points leur permettant d’être sixième et d’avoir un matelas de 8 points d’avance sur la zone de relégation. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est déjà un peu et c’est le fruit de quelques coups d’éclats : une victoire contre Juvisy, un nul contre Saint-Étienne. Pour le reste les résultats ont été réguliers des victoires probantes contre Toulouse, Vendenheim ou Rodez, des défaites encourageantes comme celles contre Montpellier ou Lyon au retour, et essentiellement des points perdus contre des équipes plus fortunées (Lyon et Montpellier donc, mais aussi le PSG et Guingamp). Seul passage à vide, une défaite surprise à Arras suivie d’un nul contre Issy.

L’équipe de Patrice Degironde a tourné avec 14 joueuses ce qui est un gage de cohérence mais un risque en cas de blessure ou de méforme. Elle s’est appuyée jusque là sur la réussite de Laura Bouillot, déjà 8 buts marqués, soit deux fois plus que lors de ses quatre premières saisons en D1.

Saint-Étienne est dans le pronostic de début de saison, et peut repasser devant Yzeure à la faveur d’un match en retard à jouer à Toulouse, mais le début de saison des Vertes reste une déception pour le club qui visait, de façon assez irréaliste, une place dans le quatuor de tête malgré les départs de Camille Catala et de Kheira Hamraoui. Les Stéphanoises n’ont pas connu de vrais gros accrocs et ont en premier lieu souffert d’un début de championnat difficile avec les réceptions de Montpellier et du PSG. Au final, elles n’ont perdu que contre le quatuor de tête, soit cinq défaites (avec le match retour contre le PSG). Elles ont même été l’emporter à Guingamp dans un officieux match pour la cinquième place. La déception vient en fait de nuls concédés contre Arras, Yzeure et Vendenheim, à cause d’une attaque inoffensive, dixième du championnat avec 7 buts à égalité avec Toulouse et un but seulement devant Vendenheim. Si la défense est parfaitement en place devant Méline Gérard qui s’impose de plus en plus comme l’une des bonnes gardiennes du championnat, l’attaque n’a pas encore trouvé la solution pour remplacer les deux partantes. Le club comptait beaucoup sur les arrivantes, l’américaine Megan Manthey et la taiwanaise Chu O Tseng, mais elles ont démarré leur saison en novembre, n’ont toujours pas marqué et leurs prestations n’ont pas encore enthousiasmé les foules.

Élodie Woock et Rodez restent au-dessus de la zone rouge

Élodie Woock et Rodez restent au-dessus de la zone rouge

Avec son effectif renouvelé, Rodez s’attendait à lutter pour le maintien. À ce titre, la huitième place et surtout les quatre points d’avance sur la zone rouge sont plutôt un début de saison réussi, surtout après le début de saison ponctué par la défaite à domicile face à Vendenheim. Mais le nul à Juvisy puis la large victoire 4-0 contre Guingamp ont lancé la saison de l’équipe d’Élodie Woock qui a ensuite sur remporter les confrontations directs contre Arras et Issy. Il reste à refaire la même chose lors de la deuxième partie de la saison.

Arras est dans une situation à peu près similaire avec le même nombre de points. En dehors de la défaite contre Rodez, les Arrageoises n’ont perdu que contre le quatuor de tête et contre Guingamp, toujours assez largement (toujours au moins six buts d’écarts sauf contre Montpellier), mais la différence de buts générale arrive assez loin dans les critères de classement et le fait d’être capable d’aller chercher des points à Saint-Étienne et Toulouse ou contre Issy et Vendenheim est nettement plus important pour le promu. On soulignera la performance de Caroline Gracial qui a joué tous les matchs depuis le début de saison, la moitié comme attaquante de pointe, l’autre moitié comme gardienne pour pallier les absence de Manuela Cuvillier et de Claire Jacob, le première su blessure et la seconde occupée à gagner la Coupe du monde M17 en Azerbaïdjan puis expulsée et suspendue deux matchs.

Trois équipes en difficulté

Comme prévu, Vendenheim est en difficulté pour sa deuxième saison de D1, que le club n’a jamais sur franchir. Les choses avaient pourtant bien commencé avec deux victoires contre Issy et Rodez. Depuis, l’équipe alsacienne n’en a plus remporté, accrochant seulement un nul contre Toulouse et un autre contre Saint-Étienne. La défaite 4-1 à domicile contre Yzeure semble avoir déboussolé l’équipe. Pire, depuis le but égalisateur de Julie Walocha contre Toulouse, Vendenheim vient de passer plus de cinq matchs sans marquer et possède la pire attaque de D1. On tempèrera l’analyse en remarquant que les Fédinoises comptent deux matchs en retard contre Rodez et Arras qui pourraient les remettre dans la course au maintien.

Les Chouettes d’Issy ne comptent par contre aucun match à rattraper et déjà six points de retard sur le maintien. La première saison dans l’élite est aussi difficile qu’on pouvait le prévoir. Il a fallu attendre la huitième journée pour accrocher enfin quelque chose, une victoire à Toulouse qui n’a été suivi depuis que d’un nul à Yzeure.

L’attaquante Gwenaëlle Migot était la joueuse à suivre à Issy après ses 28 buts marqués la saison passée. Dans un rôle totalement différent – elle n’est plus la pointe d’une attaque dominatrice mais un point d’appui qui passe ses matchs à courir dans le vide – elle a plutôt réussi son début de saison. Deuxième joueuse la plus utilisées d’Issy, elle est aussi la meilleure buteuse du club avec trois buts, dont deux qui ont permis de remporter la seule victoire de l’équipe.

Gwenaëlle Migot face à Camille Abily

Gwenaëlle Migot face à Camille Abily

Toulouse est donc finalement la seule vraie surprise de la saison. Largement meilleure équipe de D2 l’an passé, forte d’un effectif habitué à la D1, renforcée par le retour d’anciennes internationales du club et disposant des moyens d’une structure professionnelle, on voyait plutôt les Violettes lutter avec Guingamp et Saint-Étienne pour la première moitié du classement. Mais au bout d’une demi-saison, elles n’ont remporté aucune victoire et n’ont glané que deux nuls à Vendenheim et contre Rodez. Les carottes ne sont toutefois pas cuites pour le TFC qui dispose d’assez de talent pour se maintenir mais il faudra pour cela remporter quasiment toutes les confrontations directes ou réussir d’improbables exploits. La dynamique n’est d’ailleurs pas si mauvaise puisque Toulouse a fini l’année 2012 sur un nul à Rodez et une courte défaite face à Montpellier.

Dans ces deux matchs, le but toulousain a été marqué par Sandra Maurice, la joueuse à suivre du début de saison. Le duo de meilleures buteuses de D2 qu’elle aurait pu formé avec Lilas Traïkia n’a pas vraiment existé puisqu’elle a joué moitié moins que sa coéquipière et n’a été titularisée que quatre fois. Mais les deux ont marqué la quasi totalité des buts de Toulouse et surtout à elles deux, elles ont scoré cinq fois lors des quatre derniers matchs. Le duo n’est pas encore enterré.

Qui c’est la meilleure ?

Dans le but totalement avoué d’établir un classement alternatif au classement de la meilleure borgne chez les aveugles de la FFF, le classement ni but ni soumis est un outil qui cherche à déterminer la meilleure joueuse de la saison à partir de ses buts, de son nombre de matchs et d’autres critères purement objectifs. Ce qui ne veut pas dire que le classement l’est, les diverses pondérations étant hautement subjectives. Mais c’est toujours mieux qu’un classement dans lequel, lors du Lyon-Vendenheim 13-0 de la 4e journée Félicitée Hamidouche a marqué trois fois plus de points qu’Eugénie Le Sommer (et infiniment plus que toutes les autres Lyonnaises sauf Élodie Thomis) simplement parce que la première a été la meilleure de Vendenheim alors que la seconde n’a été que la deuxième de Lyon. Malgré les évidentes qualités de l’ancienne joueuse du PSG, défenseuse centrale d’une équipe qui a encaissé 13 buts, il est vraisemblable qu’elle a réussi ce jour là un moins bon match qu’Eugénie Le Sommer (un doublé) et même que Camille Abily et Laetitita Tonazzi, un triplé chacune et aucun point au classement de la FFF. Comme d’habitude, au point qu’on se demande s’il n’y a pas anguille sous roche, la première place va à une joueuse qui le mérite, la Parisienne Shirley Cruz. Mais la suite du classement place la Toulousaine Delphine Chatelin, l’Arrageoise Ludivine Bultel et les Isséennes Nora Coton-Pélagie et Gwenaëlle Migot aux cinq premières places. Soit quatre joueuses qui semblent effectivement au dessus de leur coéquipières mais dans trois des quatre équipes les moins bien classées. Que dire d’un championnat aussi déséquilibré, entre les scores et les 35 points d’écarts entre le premier et le dernier (sur un maximum possible de 37) où les meilleures joueuses appartiennent toutes aux clubs les plus mal classés ? Soit il y a un complot de la FFF pour faire gagner les moins bonnes joueuses, soit ce classement est grotesque. Chacun se fera son opinion.

Camille Abily, meilleure joueuse de la première moitié de la saison

Camille Abily, meilleure joueuse de la première moitié de la saison

Pour succéder à Bérangère Sapowicz, lauréate (virtuelle) en 2010, à Laetitia Tonazzi (2011) et à Eugénie Le Sommer (2012), le classement intermédiaire est le suivant :

  1. Camille Abily (Lyon) : 92,51
  2. Laetitia Tonazzi (Lyon) : 78,49
  3. Sarah Bouhaddi (Lyon) : 72,5
  4. Lotta Schelin (Lyon) : 65,83
  5. Sonia Bompastor (Lyon) : 62,79
  6. Hoda Lattaf (Montpellier) : 62
  7. Camille Catala (Juvisy) : 60,27
  8. Laura Georges (Lyon) : 57,58
  9. Solène Durand (Montpellier) : 57
  10. Nelly Guilbert (Juvisy) : 56,27
  11. Laura Bouillot (Nord-Allier) : 55,64
  12. Sabrina Delannoy (PSG) : 55,6
  13. Marie-Laure Delie (Montpellier) : 55,26
  14. Annike Krahn (PSG) : 55
  15. Kosovare Asllani (PSG) : 54,34
  16. Elodie Thomis (Lyon) : 54,27
  17. Marion Mancion (Juvisy) : 54
  18. Eugénie Le Sommer (Lyon) : 53
  19. Léa Le Garrec (Saint-Brieuc) : 52,78
  20. Kheira Hamraoui (PSG) : 52,51
  21. Emmeline Mainguy (Saint-Brieuc) : 52
  22. Méline Gérard (Saint-Etienne) : 52
  23. Linda Bresonik (PSG) : 51,7
  24. Lara Dickenmann (Lyon) : 50,64
  25. Lindsey Horan (PSG) : 50,32
  26. Emilie Trimoreau (Juvisy) : 50,22
  27. Véronique Pons (PSG) : 50
  28. Marion Torrent (Montpellier) : 49,71
  29. Laure Boulleau (PSG) : 49,59
  30. Shirley Cruz Traña (PSG) : 48,86

Le début de saison de Camille Abily est suffisamment éloquent pour ne pas nécessiter de commentaire supplémentaire. Laetitia Tonazzi et Lotta Schelin bénéficient sans doute de l’importance donné aux buts marqués dans ce classement, et les Lyonnaises en général de leur impressionnant début de saison. Mais l’intérêt de ce classement n’est pas vraiment la précision à une place près mais d’avoir une idée générale des forces en présence. Et on notera que Camille Catala s’impose comme la joueuse importante de Juvisy, comme l’est déjà Hoda Lattaf à Montpellier.

Qui arrive cet hiver ?

Comme chez les garçons, la D1 féminine connaît le mercato d’hiver, avec une variante amusante qui est qu’il faut composer avec la contrainte qu’une joueuse ne peut pas jouer pour deux clubs différents dans la même compétition. Ce qui signifie que les équipes peuvent recruter soit à l’étranger soit dans les divisions inférieures.

Comme on ne prête qu’aux riches, c’est évidemment du PSG qu’on attendait les premières nouvelles pour améliorer encore un effectif dont le banc ne semble pas au niveau du onze titulaire. Les noms ronflants d’Abby Wambach et de Christine Sinclair ont circulé, puis ceux des anglaises Alex Scott et Elle White mais ce ne sont resté que des bruits. On parle désormais de l’intérêt de Farid Benstiti pour quelques unes de ses anciennes joueuses de Rossiyanka, en particulier Sofia Jakobsson et Olga Petrova. Mais comme chez les garçons, on parle beaucoup plus de transferts qu’on n’en réalise réellement. Dans le cas du PSG, on imagine quand même qu’il y aura des renforts cet hiver, même s’il ne s’agit pas des noms déjà cités.

Le coup de tonnerre est en fait arrivé de Lyon dont on pouvait penser qu’il n’avait pas vraiment besoin de recruter. Peut-être pour pallier la possible longue indisponibilité d’Élise Bussaglia, pour préparer la saison prochaine, pour enrichir son effectif, pour se faire connaître à l’étranger ou pour montrer que Lyon reste le patron, Patrice Lair a obtenu les arrivées de la Japonaise Shinobu Ohno et de l’Américaine Megan Rapinoe, soit une championne du monde et une championne olympique, mais aussi une vice-championne olympique et une vice championne du monde. Ces arrivées ont été confirmées et les signatures sont seulement conditionnées par les visites médicales qui devraient avoir lieu la semaine prochaine.

Avec Shinobu Ohno et Megan Rapinoe, Lyon va avoir des allures de finale olympique

Avec Shinobu Ohno et Megan Rapinoe, Lyon va avoir des allures de finale olympique

Évidemment, les autres clubs ne peuvent pas rivaliser avec ce type d’annonce. Mais certains essayent. Déjà très actif cet été, Juvisy se renforce aussi cet hiver en engageant la gardienne internationale ukrainienne Yryna Zvarytch1, qui était jusqu’à l’an dernier la gardienne de Rossiyanka, qui a participé à la Coupe d’Europe avec ce club, mais aussi avant avec le Legend Chernigov et l’Energy Voronezh où, nous apprend sa fiche Wikipedia, elle a joué dans le champ, marqué un triplé contre Shkiponjat et été élue meilleure arrière droite du championnat russe. De toute façon, dans l’est, si la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende.

Dans les autres clubs, on ne note que l’arrivée de l’ancienne lyonnaise et stéphanoise Déborah Taghavi à Yzeure.

Un autre événement rapproche la D1 de la L1 : Issy a annoncé que l’entraîneur David Remisse était déchargé de l’équipe première pendant la trêve et que l’intérim serait assuré par Jean-Claude Daix, jusque là conseiller technique du club et qui a été entraîneur de Juvisy entre 2000 et 2002 (pour deux premières places en saison régulière mais pas de titre qui à cette époque se jouait sur un tournoi final à quatre). La décision de changer définitivement d’entraîneur n’a toutefois pas encore été annoncée.

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