
Premier match de l’année pour l’équipe de France contre un adversaire qui ne lui réussit guère. Courte victoire dans un match dans l’ensemble plutôt maîtrisé. La liste pour les JO semble se dessiner.
Il paraît que les Pays-Bas sont l’adversaire que les Bleues ont le plus rencontré dans leur histoire (24 fois). Il est certain qu’il s’agit de l’adversaire le plus marquant des dernières années avec l’Angleterre, venant régulièrement doucher les espoirs bleus.
Les Néerlandaises ne sont pourtant pas des épouvantails, classées entre la 15e et la 20e place mondiale, et au delà la de la 8e place en Europe, ne participant à l’Euro que depuis son élargissement à 12 équipes.
Mais il s’agit sans doute de l’adversaire le plus emblématique de l’actuel sélectionneur : en 2005, la France entame sa campagne de qualifications pour la Coupe du monde 2007 en Chine par une défaite contre les Pays-Bas par une froide après-midi angevine. Les Bleues ne rattraperont jamais ces points perdus et l’élimination coûtera sa place à Élisabeth Loisel, remplacée par Bruno Bini.
Trois ans (et deux victoires contre les néerlandaises) plus tard, les Oranges viennent s’imposer 2-0 à Compiègne et mettent le doigt sur les faiblesses de l’équipe de France à quelques mois de l’Euro, où les deux équipes se retrouvent en quart de finales. Les Bleues dominent l’ensemble du match mais ne parviennent pas à marquer et s’inclinent aux tirs aux buts.
La dernière rencontre entre les deux équipes a eu lieu au dernier tournoi de Chypre et avait vu la victoire des Pays-Bas 2-1.
Comme dans la plupart de leurs matchs, les Bleues ont assez largement dominé les débats en étant nettement supérieures sur le plan technique et en rivalisant sur le plan physique. Toutefois, face à une équipe nettement supérieure aux adversaires rencontrés depuis la Coupe du monde, il n’était pas possible de se contenter de gérer en attendant que ça finisse par passer.
La première mi-temps a d’ailleurs semblé confirmer le mauvais karma des Bleues faces aux Oranges, Eugénie Le Sommer par deux fois, Louisa Necib et Gaëtane Thiney manquant des occasions qualifiées d’immanquables. Et pour couronner le tout, la dernière occasion de la mi-temps était un coup franc que Sherida Sptitse envoyait dans la lucarne de Sarah Bouhaddi.
À la mi-temps, Bruno Bini ne changeait rien et incitait ses joueuses à continuer dans la même voie, qui était assez vite récompensée sur un corner cafouillé et repris de près par Eugénie Le Sommer. Puis Marie-Laure Delie confirmait ses statistiques (30 buts en 32 sélections désormais) en donnant l’avantage à la France sur une frappe enroulée dans la lucarne. Et pourtant, elle n’avait pas eu beaucoup de bons ballons à jouer (d’ailleurs on peut difficilement considérer que ce ballon là était bon quand elle l’a reçu).
La fin de match était brouillonne comme souvent dans ce genre de match amical qui finit en une succession de changements et de réorganisation d’équipes. Mais l’essentiel était acquis pour l’équipes de France : un match sérieux et une victoire.
Le prochaine rendez vous de l’équipe de France est à Chypre début mars pour le désormais traditionnel tournoi alternatif à l’Algarve Cup. La liste des joueuses qui participeront à la compétition est déjà connue, c’est la même que pour ce match, avec le retour de Laetitia Philippe et l’arrivée de Marina Makanza (attaquante de Fribourg en championnat allemand) pour arriver à 20.
Mais au-delà de Chypre et même des matchs qualificatifs pour l’Euro qui ne poseront pas de problème, les yeux sont bien entendus rivés sur l’horizon londonien. La différence avec la Coupe du monde est que la liste ne comptera que 18 noms, soit autant que celle du match amical du jour.
À six mois de l’échéance, il est peu probable que Bruno Bini ne se décide brusquement à chambouler son équipe qui devrait donc ressembler d’assez près à la liste actuelle.
La surprise de la sélection est venue du retour de Sarah Bouhaddi. Ce n’est un secret pour personne que ce n’était pas son niveau de jeu qui avait causé son absence depuis un an. Mais soit que ses concurrentes n’aient pas convaincu, soit qu’elle ait convaincu de son adhésion au projet de vie (et sans doute un peu des deux), elle est de retour et directement titulaire, ce qui est sans doute un bon point pour l’équipe de France.
Cela montre qu’il ne faut sans doute pas se fier au discours de façade sur la hiérarchie des critères de sélection entre le projet de vie et le niveau sportif, ainsi sans doute que sur les résultats. Le sélectionneur soigne sa communication et n’est sans doute pas dupe de la réalité des résultats de ses Bleues. D’ailleurs on ne va pas lui reprocher de remporter ses matchs faciles.
La quinzaine de joueuses qui ont conservé leur place depuis la Coupe du monde n’a sans doute pas de souci à se faire pour la sélection des JO, ce qui ne laisse plus beaucoup de place pour les autres. Celles qui comme Caroline Pizzala, Bérangère Sapowicz ou Sabrina Viguier ont perdu leur place auront sans doute du mal à refaire leur retard, tout comme Amandine Henry dont la situation semble plus critique que celle de Sarah Bouhaddi.
Le tournoi de Chypre sera donc sans doute décisif pour des joueuses comme Kelly Gadea, Camille Catala ou Marina Makanza qui ne sont pas encore installées dans l’équipe et qui devront gagner leur place.
Profitons de la neige qui a provoqué le report de l’ensemble des matchs de la 17e journée (et d’une bonne partie de ceux de la 16e) pour faire un point sur les effectifs après une demi-saison et un mercato hivernal particulièrement actif.
Pendant que Juvisy a laissé la tête à Lyon en concédant le nul à Montpellier, puis l’a reprise suite au report du match de l’OL à Muret, le premier mois de l’année a été marqué par la fin de la période de recrutement.
Le championnat féminin étant régi par les règlements de la FFF concernant le football amateur, il n’y a pas réellement de « mercato d’hiver » mais les transferts sont autorisés du 1er juin au 31 janvier et les clubs ont profité des enseignements de la première moitié de saison pour ajuster leurs effectifs en janvier.
Cette forte activité et le grand nombre de contrats fédéraux signés devrait d’ailleurs marquer la fin de ce règlement sur les transferts qui n’est pas conforme à celui de la Fifa concernant les championnats professionnels. Ce point avait déjà fait l’objet de divergence d’interprétation entre la commission de discipline de l’UEFA et sa commission d’appel au sujet du transfert de Christine Nielsen et Isabell Herlovsehn à l’OL en 2010. Finalement le TAS avait tranché en faveur de l’OL jugeant le championnat de France était bien un championnat amateur qui pouvait appliquer les règles Fifa sur les championnats amateurs. Maintenant que les contrats fédéraux se multiplient dans les autres clubs, cette qualification ne pourra sans doute pas durer.
La suspension du WPS pour la saison 2012 est intervenue trop tardivement pour permettre aux clubs français d’aller puiser dans le vivier américain (même s’il semble que c’est ce qui permettra au PSG de conserver Alexandra Long), mais Rodez a profité de la faillite de Santos pour recruter une joueuse brésilienne.
[en gras dans les équipes types, les joueuses titulaires lors des 12 premières journées.]

21 joueuses utilisées
Audrey Malet – Anaig Butel, Gwenaëlle Butel, Nelly Guilbert, Émilie Trimoreau, - Sandrine Soubeyrand, Amélie Coquet, Inès Dhaou – Gaëtane Thiney, Laetitia Tonazzi, Julie Machart
Malgré les 21 joueuses utilisées, l’ossature est particulièrement stable avec 7 joueuses qui ont été titulaires à tous les matchs, Laetitia Tonazzi n’a manqué qu’un match et demi suite à son transfert manqué et la gardienne Audrey Malet a été systématiquement titulaire jusqu’à sa blessure au genou qui lui a fait manquer les trois dernières journées. Si l’on ajoute à la liste Inès Dhaou qui a participé à tous les matchs mais avec trois entrées en jeu, on a une équipe type de 10 joueuses indéboulonnables, qui permettent de penser que la bonne première partie de saison de Juvisy tient aussi au fait d’avoir pu échapper aux blessures. Encore que si la 11e joueuse de l’équipe type est si difficile à déterminer (aucune autre à plus de 6 titularisations), c’est peut-être aussi parce que Julie Machart s’est blessée en octobre et qu’elle commence seulement à revenir.
C’est sans doute pour compenser la relative étroitesse de l’effectif que Juvisy est allé chercher l’internationale belge Janice Cayman, vue lors des matchs amicaux du mois d’août et qui arrive du championnat universitaire américain. Avec le retour de Julie Machart, cette arrivée devrait donner un peu de variété à l’attaque juvisienne qui semble un peu en peine après un début de saison tonitruant.
20 joueuses utilisées
Sarah Bouhaddi – Sonia Bompastor, Wendie Renard, Laura Georges (Sabrina Viguier), Corine Franco (Aurélie Kaci) – Amandine Henry (Rosana), Shirley Cruz (Louisa Necib), Camille Abily – Eugénie Le Sommer, Lotta Schelin, Lara Dickenmann (Élodie Thomis)
Dans un effectif bardé d’internationales, pas facile de dégager une équipe type. Toutefois, on peut dégager un axe Sarah Bouhaddi-Sonia Bompastor-Wendie Renard-Amandine Henry-Camille Abily-Lotta Schelin (un match manqué au maximum plus une seule entrée en cours de jeu), particulièrement compétitif. En ajoutant devant Louisa Necib, Eugénie Le Sommer et Élodie Thomis, présentes à tous les matchs ou presque et alternant titularisation et entrées en jeu, on le voit, l’OL est armé et son banc aussi.
Du coup l’arrivée de la japonaise Ami Otaki peut susciter les interrogations, surtout qu’elle a été annoncée dans la même interview où Jean-Michel Aulas évoque également le transfert du défenseur émirati Hamdan Al Kamali (qui n’avait pas vraiment convaincu le staff lyonnais et qui viendrait pour « finir sa formation à Lyon ») et précise qu’il s’agit « d’ouvrir la porte de l’Olympique Lyonnais au Japon et aux Émirats »1.
Nonobstant, Ami Otaki est retenue en stage avec l’équipe japonaise championne du monde, ce qui indique qu’elle n’est sans doute pas seulement un coup marketing. Elle pourrait pallier l’échec de la venue de Laetitia Tonazzi et le départ probable de Sandrine Brétigny en fin de saison.
26 joueuses utilisées
Laetitia Philippe – Marion Torrent, Kelly Gadea, Ophélie Meilleroux, Aya Sameshima – Rumi Utsugi, Charlotte Bilbault, Marine Pervier, Ludivine Diguelman – Hodda Lattaf, Marie-Laure Delie (Viviane Asseyi)
Les 26 joueuses montpelliéraines utilisées se répartissent de façon assez équitable entre les joueuses de l’équipe type et un banc très dispersé avec 11 joueuses à moins de 270 minutes (soit moins de 3 matchs).
En dehors de Marie-Laure Delie un peu ménagée, l’ossature d’internationales a été fidèle au poste, entre l’ancienne Hoda Lattaf et la nouvelle Kelly Gadéa, en passant par Ophélie Meilleroux, Laetitia Philippe et les championnes du monde japonaises Aya Sameshima et Rumi Utsugi.
On peut imaginer que les retours de Melissa Plaza et d’Élodie Ramos ainsi que l’éclosion de Claire Lavogez devraient permettre à l’entraîneur Sarah M’Barek d’avoir un banc plus proche de ses titulaires.
20 joueuses utilisées
Véronique Pons – Laure Boulleau, Laure Lepailleur (Delphine Blanc), Sabrina Delannoy, Julie Soyer (Nonna Debonne) – Élise Bussaglia, Caroline Pizzala, Jessica Houara, Kenza Dali (Nora Coton-Pélagie) - Alexandra Long, Ella Masar
Entre les blessures de longue durée (Bérangère Sapowicz, Léa Rubio, Laure Lepailleur voire Élise Bussaglia) et les arrivées en cours de saison de deux joueuses américaines (Ella Masar et Alexandra Long), le PSG a presque connu deux équipes type en une demi-saison.
Avec 16 joueuses (dont 12 internationales) ayant un temps de jeu conséquent (plus Bérangère Sapowicz de retour), le PSG sans doute l’équipe avec l’effectif le plus riche derrière Lyon. Il peut sans doute se mordre les doigts d’avoir laissé partir le duo Juvisy-Lyon qui sera difficile à rattraper.

18 joueuses utilisées
Méline Gérard – Charlotte Gauvin (Charlotte Lorgeré), Ophélie Brevet, Astrid Chazal, Amandine Soulard - Caroline La Villa (Amélie Barbetta), Aude Moreau, Kheira Hamraoui (Laury Jesus), Camille Catala – Rose Lavaud, Sarah Palacin
Saint-Étienne a connu un mercato particulier puisqu’il n’a été marqué que par le départ surprise de Caroline La Villa pourtant arrivée en début de saison et grand espoir du club, pour Monteux en D2.
Cela n’est pas une bonne nouvelle pour un effectif très limité en nombre : derrière le onze type, si le départ de Caroline La Villa et la blessure de Charlotte Gauvin ont permis respectivement à Amélie Barbetta et Charlotte Lorgeré de se faire une place, les possibilités de rotation ont été peu nombreuses même si Morgane Courteille et Ludivine Coulomb ont profité de la nouvelle année pour se faire une place en défense. Mais comme il s’agissait des matchs contre Lyon et Juvisy, l’équipe a semblé avoir une vocation nettement plus défensive et ces entrées dans l’équipe type demandent donc confirmation dans des matchs contres des adversaires moins huppés.
20 joueuses utilisées
Emmeline Mainguy – Griedge Mbock Bathy Nka (Charline Lemaire), Marion Boishardy, Audrey Février, Floriane Hellio (Saïda Akherraze) – Sophie Rissoan, Salma Amani, Ellie Hamon – Alexandra Banner, Julie Morel , Michèle Ngono Mani
Guingamp n’a connu qu’un mercato d’ajustement (départ de la gardienne remplaçante Violaine Grave et arrivée de l’attaquante Amandine Audureau en provenance de Tours en DH). Mais il faut dire que les nouveaux riches guingampais avaient déjà profité à fond de leur nouvelle attractivité.
Outre Emmeline Mainguy arrivée en début de saison, Guingamp a recruté en cours de saison Saïda Akherraze (sans club après avoir été laissée libre par Lyon), Michèle Ngono Mani (en provenance de Monteux en D2, mais ancienne pensionnaire de D1 avec Saint-Étienne et Soyaux et internationale camerounaise), Leslie Sychareunh (de retour de Rennes) et Jessica Remmes (joueuse américaine passée par Montpellier sans jouer).
Les deux premières sont titulaires depuis leur arrivée, et les autres n’en sont pas loin, ce qui remodèle sérieusement équipe type déjà difficile à établir en raison des permutations entre les joueuses.
Guingamp qui compte également dans ses rangs la prometteuse Griedge Mbock Bathy (16 ans) et Julie Morel, leader du grotesque challenge de la FFF (mais elle-même pas grotesque du tout) semble non seulement armé pour abandonner la lutte pour le maintien au souvenir de l’époque briochine et pour disputer à Saint-Étienne la 5e place, mais aussi pour se mêler l’an prochain à la lutte avec les quatre premiers.
17 joueuses utilisées
Thais Da Silva –Faustine Roux, Alexia Trévisan, Stéphanie Maître (Candice Pognat), Charlène Gorce – Coralie Belin, Sarah Chalabi, Tatiana Solanet, Julie Berger (Caroline Dolo) – Cynthia Gueheo-Djetou (Anne Sirot), Anaïs Ribeyra
Yzeure tourne depuis le début de saison avec un effectif limité mais 16 joueuses ont été sur presque toutes les feuilles de matchs, ce qui est le signe d’une grande stabilité.
Pour élargir un peu le groupe, les Auvergnates pourront compter sur le retour du Brésil d’Émilie Gonssolin et la reprise d’Aurélie Maître. S’il n’y a pas trop de blessures, ça devrait suffire surtout qu’Yzeure a un calendrier relativement léger d’ici la fin de saison avec un seul match en retard, plus de Coupe de France et peu d’internationales.
19 joueuses utilisées
Delphine Soret – Laure Anstett, Kadidia Diawara (Noémie Freckhaus), Jennifer Meyer, Noémie Sturm–Sabrina Klugherz, Cynthia Duteil, Leila Meflah (Jeanne Haag) – Leila Boumrar, Aurélie Mula, Johanna Schwartz
Avec 13 joueuses ayant un temps de jeu conséquent durant la première moitié de la saison, l’équipe alsacienne a vraiment tourné avec une équipe type réduite. La talentueuse attaquante internationale algérienne Naima Bouhani Benziane est arrivé au mercato pour compenser le départ de Laura Ey, et l’éclosion d’Alexandra Atamaniuk (16 ans) devrait compenser celui de Leila Meflah (pour Rueil-Malmaison en PH).
La gardienne Loanne Schneider est arrivée en provenance de Bischheim (D2) pour servir de doublure à Delphine Soret qui n’en avait pas jusque là. Habile inspiration des dirigeants de fédinois puisque la titulaire est blessée depuis le premier match de l’année contre Juvsiy (alors qu’elle avait déjà manqué le match aller, remplacée à ce moment là par l’habituelle latérale Noémie Sturm).
17 joueuses utilisées
Karima Benameur (Amélie Fabries) – Laura Agard (Alexia Pascal), Séverine Cabec, Anne-Sophie Ginestet, Manon Guitard – Zohra Ayachi, Agathe Calvié, Audrey Cugat, Marine Chavaroche (Sabbah Meftah Saoues) – Sabine Stoller, Flavie Lemaître (Marine Augis)
Rodez est sans doute l’équipe (hormis Lyon) où le temps de jeu a été le mieux partagé. Cela concerne même la gardienne et seule internationale A du club Karima Benameur.
L’effectif est expérimenté avec des joueuses habituées à la D1 avec Toulouse et Montpellier. L’allemande Sabine Stoller est retournée à Hoffenheim (D2 allemande) après six mois convaincants mais elle est remplacée par la Brésilienne Nathalia Correira Ribeiro en provenance de Santos.

22 joueuses utilisées
Claire Jacob (Céline Musin) – Charlotte Blanchard, Rigoberte M’Bah (Charlotte Landrieux), Gwendoline Rossi, Gwenaëlle Devleesschauwer (Marine Dafeur) – Aurélie Desmaretz, Marie Schepers, Léa Declercq (PaulineMartin), Rachel Saïdi,– Estelle Ancemot, Pauline Cousin
Le mauvais départ (6 défaites de la 2e à la 7e journée, 0 but marqué, 38 encaissés) a eu raison de l’idée d’une équipe type à Hénin-Beaumont. Les velléités de départ de Claire Lavogez (partie à Montpellier fin octobre) et de Pauline Crammer (restée et de retour aux affaires en 2012) voire « l’affaire » Rigoberte M’Bah2 expliquent sans doute en partie le début de saison chaotique du club nordiste.
Les départs d’Hélène Delebarre pour Zulte-Waregem et de Tiffany Monsauret pour Templemars-Vendeville sont anecdotiques puisqu’il ne s’agissait pas de joueuses très utilisées.
Contrairement aux autres équipes de la zone rouge, le renouveau est recherché en interne, sans doute parce qu’au moment de la trêve, Hénin-Beaumont avait déjà redressé la barre, même si le maintien est encore loin.
La gardienne Claire Jacob et l’attaquante Pauline Cousin (voire Rigoberte M’Bah revenue une journée plus tôt) symbolisent ce renouveau puisque leur entrée dans l’équipe a coïncidé avec la première victoire contre Guingamp, et plus généralement avec le redressement de l’équipe. Toutefois, Céline Musin a repris sa place dans le but héninois au début de l’année.
21 joueuses utilisées
Marine Lafon – Justine Deschamps (Coralie Jeanneteau), Siga Tandia, Jennifer Maier, Marie Aurelle Awona – Marina Pascaud, Jennifer Marchadié, Anaïs Dumont, Anaïs Bounouar (Gladys Boilard) – Eva Sumo, Candie Herbert
Soyaux est l’équipe qui a été le plus active lors du mercato, recrutant trois internationales anglo-saxonnes, au risque de mettre en péril le club en cas d’échec de l’opération maintien (voir l’épisode précédent). Les trois défaites concédées depuis le début de l’année sont à ce titre très préoccupantes, surtout celles à domicile contre Hénin-Beaumont et Vendenheim, des adversaires directs.
Malgré les mauvais résultats, les compositions ont été d’une remarquable régularité, ce qui confirme le discours tenu au moment de l’arrivée des trois recrues : l’effectif manque de profondeur pour offrir à Corinne Diacre des possibilité de changements.
20 joueuses utilisées
Marine Fromantin – Julie Simon, Laura Asensio, Aïvi Mitchai, Pauline Exposito – Céline Escoubeyron, Sarah Hamraoui (Céline Faure), Audrey Monicolle, Julia Dany – Fanny Tenret, Anne Trévisan
Dans la même situation que l’autre promu Soyaux, Muret cherche également l’étincelle à l’extérieur de son effectif. Mais les voies choisies ne sont pas les mêmes : entre les championnats étrangers et les divisions inférieures (étant donné que le recrutement de joueuses ayant joué cette saison en D1 est impossible), le club haut-garonnais choisi la deuxième solution. Aurore Gastal est arrivée de Sainte-Christie (DH) et Nisrine Daoudi de Toulouse (D2), et il y a eu un grand chambardement des gardiennes : la titulaire Marine Fromantin est partie à Leguevin (PH), remplacée par Violaine Grave, qui ne vient pas tout à fait de division inférieure puisqu’elle était la doublure d’Emmeline Mainguy à Guingamp (et qu’elle était titulaire à Saint-Brieuc les saisons précédentes). Un peu plus tôt dans la saison, Muret avait également engagé la gardienne d’Arpajon (D2) Hassay Benezati comme doublure. Mais lors la suspension qui allait coûter sa place à Marine Fromantin, c’est plutôt une joueuse de champ, Chloé Ys, qui a occupé la place dans les buts muretains.
Ces ajustements ne semble pas devoir changer radicalement la situation puisqu’en dehors de Violaine Grave, les autres n’ont pas pris la place des titulaires.
L’effectif muretain reste donc très limité en nombre puisqu’en dehors des gardiennes, 14 joueuses seulement ont été titularisées lors de la première partie de saison (dont 11 seulement plus de deux fois).
La solution pourrait bien venir du trio d’attaque malgré le faible total de 11 buts marqués jusque là : Julia Dany a été internationale quand elle jouait à Toulouse puis à Juvisy, Anne Trévisan a été convoquée par Bruno Bini qui cherchait l’avant centre des Bleues en 2009 lors d’un rassemblement A et A’, alors qu’elle venait de monter en D2 avec Muret, et Fanny Tenret flambait à la même époque à Saint-Étienne puis Toulouse après sa formation à Montpellier.
Lyon bat Montpellier et reste en embuscade derrière Juvisy. Mais l’événement le plus important de cette journée de reprise pourrait bien s’être déroulé en Charente.
Bien sûr, le match au sommet de la 13e journée se déroulait à la Plaine des Jeux de Gerland et opposait Lyon (2e) à Montpellier (3e). Face au rythme effréné de Juvisy, l’équipe perdante risquait de se trouver en difficulté dans la course au titre. Les Lyonnaise ont eu le brin de réussite qui leur a manqué lors des matchs aller, et un but de Rosana en tout début de match leur a permis de s’imposer.
Juvisy l’a emporté assez largement (5-2) face à une équipe d’Hénin-Beaumont qui semble malgré tout mieux partie qu’il y a trois mois. Laetitia Tonazzi a doublé son total de but en inscrivant un triplé ce qui rappelle que Juvisy est actuellement en tête sans avoir vraiment pu compter sur sa buteuse. Ce qui peut lui laisser de grands espoirs pour la suite de la saison.
Le PSG a battu Muret 3-0 avec des buts d’Ella Masar, de Nora Coton-Pélagie et de Jessica Houara. Ce score permet aux Parisiennes de ne pas décrocher plus du duo de tête.
Enfin, tandis que le match Rodez-Guingamp était remis, Saint-Etienne n’a pas pu suivre le rythme du quatuor de tête en s’inclinant finalement 4-2 à Yzeure. Les Auvergnates confirment qu’elles se feront moins de frayeurs cette saison.
Mais l’événement marquant a donc eu lieu à Soyaux qui a perdu 2-1 contre Vendenheim. En soi, ce n’est pas un résultat très étonnant : les filles de Corinne Diacre n’ont remporté que deux matchs cette saison et ont perdu tous leurs matchs à domicile.
Mais ce résultat intervient après une trêve qui a été agitée à Soyaux : devant les manques constatés et la blessure de longue durée de la gardienne Marine Lafon, le club a décidé de casser sa tirelire et de recruter.
Depuis l’échec du recrutement de Laetitia Tonazzi par Lyon (et la réussite par Montpellier de celui de Claire Lavogez qui avait eu la présence d’esprit de ne pas jouer avec Hénin-Beaumont), on sait qu’un club de D1 ne peut pas recruter de joueuse ayant déjà joué en D1. Il faut donc se tourner soit vers la D2 soit vers l’étranger.
La première solution a été mise à profit par Guingamp pour recruter la buteuse camerounaise Michèle Ngono Mani. L’échec de négociations avec quelques joueuses a poussé Soyaux à se tourner vers la seconde solution, et pas dans la demi mesure.
La première recrue a été l’américaine Kathleen Smith, défenseuse qui jouait jusque là à Reykjavik. La seconde est Fiona O’Sullivan, avant centre de l’équipe d’Irlande qui avait fait forte impression malgré la défaite de sa sélection contre les Bleues en septembre dernier. Et la troisième est la gardienne remplaçante d’Arsenal Rebecca Spencer qui est également internationale anglaise des moins de 20 ans.

Photo : www.asjsoyauxcharente.com
Ce « mercato » en cours de saison n’est pas vraiment une première en D1 : cette saison, le PSG a recruté les Américaines Ella Masar et Alexandra Long et Lyon la Brésilienne Rosana. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’il s’agit de Soyaux, un club féminin qui n’est pas adossé à une structure professionnelle. Le risque est important : le club a dû « gratter les fonds de tiroir » selon les mots de son président Denis Bodi, pour pouvoir financer ces recrutements.
Certes la situation était critique, mais en cas d’échec et de retour en D2, c’est la survie même du club qui serait en jeu. Souhaitons que l’opération maintien réussisse pour éviter que le club de Corinne Diacre et Bernadette Constantin ne subisse le sort de celui de Marinette Pichon, Gaëtane Thiney et Élise Bussaglia : le club de Saint-Memmie a flirté plusieurs années avec la D2 et ne s’est pas remis de sa descente : après une première saison finie à la première place de son groupe et en position de montée après les barrages, le club a dû refuser la montée pour des raisons financières avant de vivre une saison en enfer en D2 (2 nuls et 20 défaites) puis de tomber en DH après la suppression de la D3.
Saint-Maur et Saint-Memmie sont en DH, Reims et Etroeungt n’existent plus, il serait dommage que Soyaux ne s’en tire pas.
Ce qui n’est évidemment pas du tout l’avis des joueuses de Muret, Hénin-Beaumont, Rodez ou Guingamp.
La semaine prochaine, Soyaux aura fort à faire pour se rattraper en jouant contre le PSG. Lyon jouera le derby contre Saint-Étienne mais on s’intéressera surtout à l’opposition entre Montpellier et Juvisy.
Pour la troisième saison consécutive, la FFF organise le « Trophée de la Meilleure Joueuse de D1 Féminine ». L’initiative est louable pour faire parler de ce championnat, mais le mode de calcul choisi est pour le moins scabreux. C’est actuellement la Guingampaise Julie Morel qui est en tête de ce classement.
Les récompenses individuelles dans un sport collectif comme le football sont sans doute aussi vieilles que le football lui-même. Elles visent sans doute à réussir l’impossible distinction de l’apport de l’individu dans l’équipe. Mais elles sont surtout des outils de communication : le « Ballon d’Or » a été inventé par France Football pour soutenir ses ventes à une période de l’année alors peu mouvementée. Les trophées de l’UNFP sont l’occasion de faire parler du syndicat des joueurs une fois l’an1.
Depuis 2001, ils font une petite place au football féminin en désignant la meilleure joueuse de l’année, d’abord comme étant la meilleure joueuse française puis comme meilleure joueuse du championnat. D’Anne Zenoni en 2001 à Élise Bussaglia en 2011 le palmarès est tout à fait cohérent. Comme pour ces messieurs, l’élection se fait par un vote des pairs, en l’occurrence donc les joueuses de D1.
Mais cette élection ne permet qu’une communication limitée pour la FFF : au moment de l’annonce des trois joueuses finalistes puis le jour de la remise du trophée. Et encore, cette communication est phagocytée par celle sur les récompenses des garçons.
Parallèlement, la FFF a donc mis en place depuis 2009 un classement de la meilleure joueuse de D1 basé sur les performances match après match. Il est donc plus proche dans le principe des notes de l’Equipe ou de l’Étoile d’Or de France Football2. Ainsi la FFF communique régulièrement sur l’évolution du classement, la dernière news nous apprend que c’est la Guingampaise Julie Morel qui est en tête du classement3.

Julie Morel face à Élise Bussaglia (photo : Le Moustic Production)
Mais ce trophée souffre d’un défaut de naissance rédhibitoire : son mode de calcul est grotesque. Sans doute pour palier le manque d’observateurs neutres sur chaque terrain de D1, et considérant que le délégué du match n’est pas là pour juger des qualités des footballeuses, la fédération s’en remet aux entraîneurs pour noter les joueuses. Pour ne pas leur compliquer trop la tâche, on ne leur demande de distinguer que deux joueuses et pour éviter toute partialité, uniquement dans l’équipe adverse. C’est là que commencent les ennuis : ce système implique que pour chaque match les meilleurs joueuses de chaque équipe vont recevoir le même nombre de points.
Lors de la 6e journéee, Lyon a battu Muret 11-0. Pourtant la meilleure joueuse de Muret, Audrey Monicolle a obtenu autant de points que la meilleure joueuse de l’OL Louisa Necib. Et quand Juvisy bat Hénin-Beaumont 9-0 lors de la 3e journée, Gwendoline Rossi marque autant de points que Julie Machart pourtant auteuse d’un quadruplé. Bref ce classement ne récompense pas la meilleure joueuse mais la meilleure borgne dans une équipe d’aveugles.
Lors de la première édition, la FFF a eu un énorme coup de chance avec Eugénie Le Sommer qui était à la fois tout à fait crédible comme meilleure joueuse du championnat4 et suffisamment nettement au dessus de ses coéquipières Briochines pour remporter haut la main le titre.
La saison dernière, c’est Élise Bussaglia qui est arrivée en tête, faisant elle aussi le doublé avec les Trophées UNFP. Les mauvaises langues diront que telles les notes de l’Equipe, le classement est suffisamment éditorialisé pour éviter des aberrations trop voyantes en têtes. De fait, soit qu’il y ait un effet de mise en lumière sur la joueuse en tête, soit que les deux premières vainqueuses aient vraiment été au dessus des autres, le palmarès est jusque là relativement cohérent.
Par contre, autant les « nominations » des trophées UNFP (c’est-à-dire les joueuses arrivées juste après lors de l’élection) font assez bonne figure au palmarès, autant les cinq premières de la FFF pour les deux précédentes éditions ressemblent plutôt à un classement des joueuses qui ont surnagé dans des équipes de bas de tableau.
Certes ce classement permet de distinguer des joueuses « de club » régulières au fil des saisons comme Claire Guillard ou Julie Morel (cette dernière ayant été barrée la première saison par la présence d’Eugénie Le Sommer dans son équipe), mais il n’est pas du tout pertinent pour obtenir un classement des joueuses de D1 tant il surestime par son calcul les équipes les plus faibles.

Gaëtane Thiney devrait succéder à Élise Bussaglia au palmarès (photo William Morice/Le Moustic Production)
D’ailleurs, Gaëtane Thiney qui va remporter le titre cette année dit la même chose (elle était à ce moment là en tête du classement) : « Concernant le challenge de la meilleure joueuse de la FFF, je ne suis pas là pour critiquer, mais je pense que le moyen de notation n’est peut-être pas totalement objectif parce que dans ce cas pour qu’une joueuse de Lyon soit élue meilleure joueuse du championnat, il faut qu’elle soit meilleure que toutes les autres joueuses de Lyon à chaque match. Donc je suis contente mais je ne suis pas sûre que ça reflète vraiment le championnat. »
C’est pourquoi, je propose un classement alternatif basé uniquement sur des observations objectives : on comptera donc 1pt par titularisation et 2pts par tranche de 90 minutes jouées, cela pour récompenser la régularité en considérant que l’entraîneur connaît son travail et fait jouer les meilleures. On ajoutera 1pt par but et ½pt par passe décisive, on retranchera 1pt par carton jaune et 3pts par carton rouge. Enfin, à chaque match sans but encaissé, on ajoutera 4pts à la gardienne, 2 aux défenseuses et 1 aux milieux.
Bien sûr, quoi que calculé sur la base d’éléments purement factuels, ce classement est totalement arbitraire : le barème est arbitraire, le poste des joueuses est arbitraire, le choix de juger la défense uniquement sur le fait de ne pas prendre de but au cours d’un match l’est aussi. Mais enfin, il faut bien faire des choix.
À l’usage, on verra que le classement avantage plutôt les buteuses et les gardiennes. Si l’on applique ce calcul pour les deux dernières saison, on obtient les classements suivants :
On le voit avec les classements d’Eugénie Le Sommer, le fait de jouer à Lyon plutôt qu’à Saint-Brieuc est nettement moins pénalisant.
Avec des résultats nuls 1-1 dans les deux matchs au sommet, la manche décisive pour le titre est reportée à plus tard1. Juvisy est champion d’automne tandis que les promues de Muret et de Soyaux sont en grande difficulté.
Les réactions au coup de sifflet final ne laissent aucun doute : les Lyonnaises qui filent au vestiaire le visage fermé pendant que les Juvisiennes se congratulent et restent pour saluer le public2. Bref, le match nul est une victoire pour Juvisy. Le maintien à la première place du classement est sans doute une explication. La position d’ultra favorite de l’OL en est une autre. Chaque équipe arrive dans ses petits souliers pour jouer à Lyon, qui plus est à Gerland. Il faut dire que les précédents adversaires de l’OL cette saison sont repartis avec entre 6 et 11 buts dans les valises, Coupe d’Europe comprise et que Juvisy en avait encaissé 6 et 7 pour ses deux dernières visites.
Mais contrairement à l’an dernier, Juvisy a semblé cette fois ci avoir un vrai plan de jeu pour utiliser le ballon. Ou alors Lyon a moins réussi à l’empêcher de jouer. Laetitia Tonazzi en pointe chargée de tenir le ballon et d’occuper la défense centrale, Inès Dhaou en soutien dans l’axe pour permettre à son équipe de remonter et Gaëtane Thiney occupant le côté gauche, il n’y a finalement qu’Amélie Coquet qui n’a pas réussi à mettre le doute dans la défense Lyonnaise.
En face, Patrice Lair alignait une équipe assez proche de son équipe type, si ce n’était la présence d’Aurélie Kaci arrière droite préférée à Corine Petit-Franco. Comme souvent dans les grands matchs, Sonia Bompastor, Camille Abily et surtout Amandine Henry ont été au rendez-vous, cette dernière finissant la partie arrière droite dans un duel épique avec Gaëtane Thiney. Mais la joueuse du match côté lyonnais restera sans doute Eugénie Le Sommer auteuse de l’égalisation.
Lyon a assez nettement dominé dans la conduite du jeu et au nombre d’occasions mais comme contre Paris et Montpellier, les barres et la gardienne n’ont pas permis aux Lyonnaises de remporter le match. Il est d’autant plus regrettable pour la gardienne de Juvisy Audrey Malet d’encaisser un but sur un légère faute de main qui ternit un peu une très bonne prestation, en particulier dans sa lecture du jeu pour venir intercepter les ballons en profondeur et compenser la relative lenteur de sa charnière centrale.
Juvisy a été beaucoup plus réaliste en obtenant un pénalty sur un contre de l’inévitable Laetitia Tonazzi, et aurait même pu l’emporter à l’issue d’un autre contre où l’entrante Stéphanie Léocadie a trouvé la barre.
Ce résultat donnait la possibilité à Montpellier de prendre la tête du championnat. Mais pour cela, il fallait l’emporter sur la pelouse du Camp des Loges face au PSG. Menées à la mi-temps sur un but d’Alexandra Long, les Montpelliéraines ont finalement décroché le nul grâce à la récente internationale Kelly Gadéa. Statu quo en tête donc.
11 points derrière le PSG, on retrouve Yzeure, Vendenheim, Guingamp et Rodez un point plus loin. Les deux premières ont fait match nul 2-2 pendant que Guingamp l’emportait à Soyaux 4-1 et que Rodez battait Hénin-Beaumont 3-1. Entre le groupe de tête et ce ventre mou, Saint-Étienne se trouve isolé au milieu après victoire 5-0 à Muret. Pour les Vertes d’Astrid Chazal (un doublé aujoud’hui), le quatuor de tête semble un peu trop haut, mais le reste du plateau semble nettement en dessous. Reste à consolider au moins cette cinquième place et continuer à faire des coups : Saint-Étienne reste la seule équipe à avoir battu Juvisy, si elle n’est plus seule à lui avoir pris des points.
Enfin, comme Hénin-Beaumont, Muret et Soyaux ont encore perdu, ces équipes décrochent un peu plus : il y a maintenant 9 points entre Soyaux et la 9e place de Rodez, la dernière avant la relégation.
La semaine prochaine, 12e journée, la première des matchs retours et la dernière avant une trêve d’un mois. Le match phare de la journée se jouera entre Muret et Soyaux : l’équipe vaincue – s’il y en a une – pourra sérieusement commencer à le retour à l’étage du dessous.
À quelques jours du match au sommet du championnat de France de D1, retour sur l’histoire commune des équipes de Lyon et de Juvisy pour voir que l’antagonisme ne date pas d’hier et que le costume du patron n’a pas toujours été sur les mêmes épaules.
Suivant les points de vue, on a les sombres forces de l’argent contre les valeurs morales, ou l’amateurisme archaïque contre le moteur du développement du football féminin.
Tandis que les mots doux fleurissent entre Patrice Lair et Marie-Christine Terroni, respectivement entraîneur de l’un et présidente de l’autre, la réalité de l’opposition entre Lyon et Juvisy est sans doute plus nuancée.
Lors de la saison 1991, le FC Lyon de Marie-Christine Umdenstock remporte son premier titre de champion de France aux tirs aux buts, mettant fin à la suprématie de sa victime du jour, la VGA Saint-Maur qui venait de remporter 6 titres sur les 8 derniers et qui avait atteint la finale en battant les voisines de Juvisy en demi-finales.
La saison suivante, le Juvisy d’Aline Riera, Hélène Hillion et Sandrine Fusier ouvre à son tour son palmarès contre Saint-Brieuc.
En 1992, le championnat se joue pour la première fois sous la forme d’une poule unique et couronne l’équipe Lyonnaise emmenée par la fabuleuse joueuse russe Irine Grigorieva, devant le FCF Juvisy. Suit une alternance de titres entre les deux équipes jusqu’au début de la domination du Toulouse OAC en 1999 : quatre titres chacun en huit saisons.
À partir de la saison 2000, le championnat se termine par un « tournoi final » opposant les quatre premières de la saison en matchs aller sans retour. En 2001 et 2002, si c’est Toulouse qui est sacré, c’est Juvisy qui avait remporté la saison régulière.
Juvisy prend sa revanche en 2003 en remportant le titre, tout en ayant été devancé par Toulouse en phase régulière. Un peu en retrait, le FC Lyon a malgré tout réussi à être présent à toutes les éditions du tournoi final.
Autant dire que quand le FCF Lyon devient l’Olympique Lyonnais lors de l’été 2004, Juvisy et Lyon ont déjà un long passé commun et sont les deux meilleures équipes des quinze dernières années même si elles sont rattrapées par Toulouse et Montpellier.
Le 6 juin 2004, le FCF Lyon accueille le FCF Juvisy champion en titre pour la deuxième journée du tournoi final. Les deux équipes ont fini 3e et 4e de la saison régulière mais ont remporté leur premier matchs contre les favorites de Toulouse et Montpellier. Lyon peut même remporter son 5e titre en cas de victoire si pendant ce temps Toulouse et Montpellier font match nul.
Les coéquipières de Cécile Locatelli dominent le match et mènent 3-0 à l’heure de jeu grâce à un doublé – déjà – de Sandrine Brétigny et un but de Claire Morel. Mais Laetitia Tonazzi – déjà – relance le match d’un doublé dans les dernières minutes. Pour Lyon il ne fallait pas que le match dure plus longtemps.

Photos : William Morice/Le Moustic Production
Il n’aurait d’ailleurs pas fallu que l’autre match de la journée dure aussi longtemps : une fois le match fini à Gerland, les téléphones chauffent pour connaître le résultat de Toulouse- Montpellier. On joue les arrêts de jeu, il y a toujours 0-0, Lyon est champion. Mais un but de Ludivine Diguelman laisse Montpellier dans la course, qui remportera le titre la semaine suivante.
Ce que l’on ne sait pas encore, c’est que le FCF Lyon deviendra l’OL au cours de l’été et qu’il s’agissait là de son dernier match à domicile et de sa dernière victoire. Pour l’anecdote, les Lyonnaises portaient bien ce jour là un short siglé « Olympique Lyonnais », mais il s’agissait juste d’un achat à la boutique située à quelques centaines de mètres.
La saison suivante, Juvisy et Montpellier sont au coude à coude pour le titre au début de cette 16e journée. Juvisy a commencé à bâtir l’invincible armada qui écrasera tout sur son passage la saison suivante en faisant revenir des États-Unis Marinette Pichon et Stéphanie Mugneret-Béghé.
L’arrivée de l’OL s’est faite sur la pointe des pieds avec un effectif inchangé mais lors de la trêve hivernale le club frappe un grand coup en engageant 5 internationales américaines : Hope Solo, Danielle Slaton, Lorrie Fair, Aly Wagner et Christie Welsh. Pour se faire une idée de l’événement, il faut imaginer le FC Bruges engageant Pepe Reina, Sergio Ramos, Cesc Fabregas, Juan Mata et Fernando Torres.
Lyon devient du coup largement favori pour la fin du championnat, mais le retard est tel que le titre est à peu près déjà perdu. D’autant plus que la semaine précédente, l’OL n’a pu aligner que Hope Solo et Christie Welsh (les autres recrues n’étant pas qualifiées) contre Montpellier et a perdu 1-0.
Le Lyon-Juvisy du 6 février 2005 est donc le premier match de l’Olympique d’Amérique. Sur le terrain, Juvisy est balayé comme il ne l’a jamais été, Aly Wagner éblouit les 600 spectateurs présents (grosse affluence pour l’époque).
Juvisy ne digérera jamais vraiment cette défaite qui lui coûte le titre et qui est d’autant plus vécue comme une injustice que Montpellier n’a pas eu à affronter les recrues américaines de l’OL. Mais il prendra sa revanche en finale du Challenge de France aux tirs aux buts.
L’aventure américaine de l’OL sera éphémère : Aly Wagner ne jouera au total que 3 matchs et toutes repartiront en fin de saison après une ultime défaite dans un match sans enjeu contre le CNFE : 5-1 avec un quadruplé d’Élodie Thomis et un but de Louisa Necib.
Un an plus tard, l’OL est revenu à l’ordinaire malgré le recrutement de trois joueuses sud-américaines (dont Shirley Cruz et Simone Gomes Jatoba, moins clinquantes mais plus utiles dans la durée) et émarge à 25 points de son adversaire du jour.
Il faut dire que Juvisy s’est fabriqué une équipe d’internationales avec les arrivées d’Anne-Laure Casseleux et d’Amélie Coquet qui viennent d’ajouter aux Sandrine Capy, Nelly Guilbert, Élise Bussaglia, Alexandra Guiné, Peggy Provost, Sandrine Soubeyrand, Marinette Pichon et Laetita Tonazzi.
18 victoires en 18 matchs, 12 points d’avances sur Montpellier, Juvisy survole le championnat. La partie s’annonce déséquilibrée et Juvisy prend sans surprise une revanche éclatante sur la saison précédente. La Brésilienne Simone marque contre son camp en début de match avant que les inévitables Laetitia Tonazzi (deux fois) et Marinette Pichon ne donnent plus d’ampleur à la victoire en deuxième mi-temps.
Juvisy ne concédera finalement qu’une défaite lors de la journée suivante contre Montpellier et remportera cette saison là son 6e titre, égalant le record de la VGA Saint-Maur. Marinette Pichon aura marqué 36 buts en 22 journées, soit deux de moins que la saison précédente.
Pour conserver son titre et disputer la Coupe d’Europe, Juvisy est allé chercher la jeune gardienne internationale du TFC Sarah Bouhaddi. Mais l’OL a décidé qu’il était temps de commencer à gagner et que cela passait par le recrutement de joueuses habituées aux joutes de la D1. Comme quelques années plus tôt, Montpellier était allé chercher Sonia Bompastor, Camille Abily et Hoda Lattaf à la Roche et que cela lui avait réussi (deux titres remportés), l’OL les fait venir à son tour ainsi que Laure Lepailleur.
L’effectif de Lyon rivalise désormais avec celui de Juvisy. Mais en ce début de saison, l’expérience est encore du côté noir et blanc. Et comme souvent, c’est Laetitia Tonazzi qui donne la victoire à son équipe dans ce match à enjeu, d’une frappe de 25 mètres.
Cette défaite sera la dernière de l’OL jusqu’à une défaite contre Duisbourg au printemps 2009, et en championnat l’invincibilité durera plus de trois ans (et 70 matchs) jusqu’au 15 novembre 2009 et une défaite 3-1 à Hénin-Beaumont.
Lors du match retour, Lyon est monté en puissance et ne compte que deux points de retard sur Juvisy. Bien qu’il reste une dizaine de journée et que Montpellier soit en embuscade, on sent que ce match sera décisif pour le titre. Une victoire de Juvisy et le titre sera quasiment en poche, une victoire de Lyon et on commencera à changer d’ère.
Simone ouvre rapidement la marque mais Juvisy n’a pas le temps de douter grâce à Marinette Pichon qui égalise. En deuxième mi-temps, Lyon accentue la pression et c’est Sandrine Brétigny entrée à l’heure de jeu qui donne la victoire à l’OL et lui permet de prendre la tête du championnat. Cette saison là, elle réussira même à battre le record de Marinette Pichon en marquant 42 buts en 21 matchs joués.
Lors de la saison 2007-2008, les oppositions entre les deux clubs ne sont pas inoubliables par le jeu développé mais par des événements liés.
Au match aller, Juvisy dépose un recours sur la qualification de la gardienne Émeline Mainguy. Véronique Pons blessée et Alexandra Muci ayant joué avec la réserve, il n’y a pas de gardienne disponible. C’est donc Océane Caïraty qui joue gardienne « parce que c’est la plus grande disponible », alors qu’elle n’avait jamais enfilé les gants jusque là. S’en suit un triste 0-0 où les lyonnaises cherchent surtout à jouer le plus loin possible de leur but.
Au match retour, l’OL qui s’est encore renforcé cette saison là (arrivée de Laura Georges, Élodie Thomis, Louisa Necib tandis que Juvisy perdait Marinette Pichon) compte 7 points d’avance sur Juvisy. Un nul suffit donc pour assurer le titre. À l’issue d’un match tendu et pauvre en occasions, Hoda Lattaf répond à Amélie Coquet et permet à l’OL de remporter son 2e titre, le 6e si l’on compte ceux du FC Lyon, soit autant que Juvisy.
Lyon et Juvisy ne sont plus réellement des concurrentes directes pour le titre mais les oppositions restent assez serrées, malgré une victoire 4-1 de l’OL à Juvisy en 2008-2009.
Le 8 novembre 2009, Lyon accueille Juvisy au stade de Gerland qui reçoit là une de ses premiers match de première division féminine. Fait exceptionnel, ce n’est pas Juvisy qui est le concurrent direct de l’OL, ni même Montpellier mais le PSG qui a réussi le gros coup de faire revenir Camille Abily et Sonia Bompastor des États-Unis pour une demi-saison durant laquelle l’équipe parisienne sera la meilleure du championnat.
Du côté de Lyon, on sait que le PSG marquera le pas en deuxième partie de saison, mais il ne faut pas se laisser distancer et donc ne pas perdre de points contre Juvisy, qui de son côté cherche à accrocher la deuxième place nouvellement qualificative pour la Coupe d’Europe.
Des triplés de Lotta Schelin et de Katia vont torpiller les ambitions juvisiennes et infliger au club de l’Essonne la plus lourde défaite de son histoire, un score qu’il est plus habitué à donner qu’à recevoir. En l’absence de Laetitia Tonazzi, c’est Virginie Bourdille-Mendes qui sauvera l’honneur.
La saison suivante, l’OL marquera même un but de plus, montrant l’écart qui se creuse entre les deux clubs.
Entre temps Juvisy aura malgré tout eu l’occasion de montrer que le petit peut encore manger le gros.
Lyon vit une saison 2010 paradoxale qui l’emmènera en finale de Coupe d’Europe, perdue aux tirs aux buts contre Potsdam mais avec une qualité de jeu plus que suspecte et une défaite 3-1 à Hénin-Beaumont, pas un adversaire direct loin de là.

Photos : Eric Baledent (Le Moustic Production)
Juvisy n’a plus les mêmes moyens mais reste à portée du PSG pour la deuxième place et compte bien prendre sa revanche sur la claque de l’aller.
Dans une deuxième mi-temps de feu, Laetitia Tonazzi (encore elle) et Julie Machart font subir à l’OL sa deuxième défaite de la saison (la dernière en date).
Profitant de cet élan, Juvisy battra le PSG et lui ravira la place en Coupe d’Europe.
La saison dernière, Lyon a facilement remporté les deux confrontations en championnat (3-1 et 7-1) mais la qualification de Juvisy en quart de finales du Challenge de France est venue rappeler que sur un match, l’écart n’était pas si grand.
Pas de surprise pour la 10e journée du championnat. Les équipes de têtes affûtent leurs armes avant les chocs du week-end prochain.
Quand les trois derniers affrontent trois des quatre équipes de têtes, l’addition se monte à 20-0. Au jeu des cartons, c’est comme d’habitude l’OL qui l’emporte en battant Soyaux 8-01 avec les deux premiers buts de Rosana. Mais Montpellier a fait subir le même sort à Muret. Le PSG n’en a fait que la moitié face Hénin-Beaumont, stoppé après deux victoires mais c’était prévisible.
C’est finalement le leader Juvisien qui aura eu le plus de mal ce dimanche, contre un adversaire sans doute plus consistant : Yzeure avait jusque là un bilan équilibré (3 victoires, 3 nuls, 3 défaites). Laetitia Tonazzi et Gaëtane Thiney ont permis à Juivsy de l’emporter 2-1.

Photos d'archive : William Morice/Le Moustic Production
Saint-Etienne avait l’occasion de rester au contact du quatuor de tête avant de tenter de s’y immiscer à la faveur du match en retard de la première journée qui aura lieu ce mercredi. Mais les Stéphanoises ont été tenues en échec 1-1 par Guingamp. Le but des bretonnes a été marqué par Michèle Ngono Mani, ancienne Stéphanoise et recrue de fraîche date de Guingamp, puisqu’elle est arrivée la semaine dernière de Monteux où elle jouait en D2 depuis le début de la saison2. La verte Bleue Camille Catala a égalisé sur pénalty.
Dans le dernier match, Vendenheim a pris de précieux points pour le maintien contre un concurrent direct en battant Rodez 2-1.
Cette journée n’était de toute façon qu’une journée de transition pour permettre aux internationales de se remettre en jambes en attendant la prochaine journée qui verra les quatre équipes de têtes se rencontrer : Lyon recevra Juvisy le samedi à 18h45 en direct sur France 4 puis le PSG recevra Montpellier le dimanche à 15h. Toutes sauf le PSG peuvent être désignées à cette occasion championnes d’automne.
Bilan presque trop beau pour les Bleues dans une tournée aux Antilles conçue autant comme une session de travail que comme une récompense pour les demi-finalistes de la Coupe du monde.
Un soir de victoire 5-1 contre la Pologne à Poznan, le sélectionneur Michel Platini avait fait la fine bouche : « 3-1, c’est bien, c’est qu’on a été bon. 5-1 c’est que l’adversaire a été mauvais ».
C’est le genre de réflexion que pourrait faire Bruno Bini après les deux larges victoires de l’équipe de France contre l’Uruguay (8-0) et contre le Mexique (5-0). Et si le faible niveau de la Celeste ne fait pas de doute, le Mexique était annoncé comme un adversaire difficile, vainqueur des États-Unis en tournoi qualificatif à la Coupe du monde où il avait fait plutôt bonne figure (nul contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, courte défaite contre le Japon).
Entre l’épouvantail annoncé et le faire valoir que laisserait croire le score, la vérité est sans doute intermédiaire : le Mexique est une équipe en construction avec pas mal de jeunes joueuses et la motivation pour un match amical en Martinique n’est pas la même que pour un match qualificatif à Cancún.

Mais le 5-0 est trompeur car il met plus la lumière sur la faiblesse supposée de l’adversaire que sur la qualité de l’équipe de France. Et on a pourtant vu une très belle équipe de France, capable comme toujours de très beaux mouvements, de maîtriser les changements de rythmes sous un climat qui ne permettait pas d’accélérer pendant 90 minutes, et surtout traduire sa domination au score.
Une tournée aux Antilles à l’automne précédant une grande compétition internationale, le parallèle était tentant celle de l’équipe de Raymond Domenech en 2005, il ne manquait ni la décision assez tardive, ni les grincements de dents de l’entraîneur de l’OL. Mais si cela avait été en quelque sorte le début de l’aventure Allemande pour les garçons dont le groupe s’était sans doute cimenté là, pour les filles cela ressemble à la conclusion de la Coupe du monde en Allemagne.
Noël Le Graet, président de la FFF l’a présenté comme une « récompense » aux Bleues pour leur demi-finale et les 17 joueuses parties en tournée faisaient bien partie de la liste lors de la Coupe du monde1. D’ailleurs il n’y a pas vraiment besoin de construire un groupe qui existe déjà, c’est même l’une des préoccupations majeures de Bruno Bini. Mais cela permet de l’entretenir.
L’émotion était bien entendue beaucoup plus forte pour les joueuses originaires de Guadeloupe (Laura Georges) et de Martinique (Wendie Renard et Élodie Thomis, même si elle est née à Colombes). Chacune a d’ailleurs eu l’occasion de porter le brassard.
Sur le plan du jeu, on n’aura du coup pas vu beaucoup de nouveautés, mais quelques variantes. Tout d’abord la malédiction de l’arrière droite a encore frappé avant le match contre le Mexique avec les blessures de Laure Lepailleur et de Corine Franco, obligeant Wendie Renard à déserter l’axe pour montrer qu’elle savait aussi jouer latérale, agrémentant une impeccable prestation défensive de nombreuses montées et d’un but de vraie ailière.
Par ricochet, on a aussi pu voir que la rotation en défense centrale était potentiellement sans limite : Sabrina Viguier à la maison, Wendie Renard à droite, Laure Lepailleur préservée, Laura Georges sortie à la mi-temps, il ne restait plus aucune habituée du poste pour tenir compagnie à Ophélie Meilleroux. La place a donc été occupée successivement par Sandrine Soubeyrand (qui a joué quelques saisons à ce poste à Juvisy) et par Sonia Bompastor (qui ne devait y avoir joué qu’une seule fois en sélection, lors d’une défaite assez laide contre les Pays-Bas).
Contrecoup du contrecoup, cela a aussi permis de confirmer qu’une solution pour faire jouer à la fois Élise Bussaglia, Camille Abily, Louisa Necib et Gaëtane Thiney était peut-être de mettre les deux premières à la récupération. Cela suppose de se passer de la capitaine Sandrine Soubeyrand, mais c’est une solution qui a régulièrement été employée en cours de match lors de la Coupe du monde.
L’ouverture du groupe déjà entrevue contre le Pays de Galles et Israël se poursuivra sans doute au printemps avec le retour des éliminatoires de l’Euro et les matchs contre l’Écosse, et peut-être enfin un match contre une équipe de haut niveau, au moins un avant les JO.
Le PSG bat Francfort mais est éliminé. Cela reste une très bonne performance contre les favorites de la compétition.
On ne saura jamais vraiment ce qui se serait passé si, dès la deuxième minute, Ana Maria Crnogorčević n’avait pas trompé Véronique Pons d’un tir croisé. Après la victoire 3-0 de Francfort au match aller, la mission devenait impossible pour les joueuses du PSG qui devaient marquer 5 fois pour se qualifier.
On pourrait imaginer qu’Alexandra Long aurait marqué de la même manière ses deux buts et que le PSG aurait poussé pour jouer la qualification en fin de match. Mais il est plus probable que les joueuses de Francfort auraient imprimé plus de rythme qu’elles ne l’ont fait. Peut-être même que ce but d’entrée aura finalement été la meilleure chose qui pouvait arriver pour permettre au PSG de remporter le match, une fois la question de la qualification définitivement réglée.

Pendant tout le reste du match, le PSG a dominé son adversaire allemand, même si cela s’est traduit par assez peu d’occasions, les buts venant surtout de cafouillages. Ce qui met en lumière la prestation de l’une des deux Américaines de Paris : Alexandra Long qui a beaucoup souffert de l’impact des joueuses de Francfort et qui a semblé un peu empruntée et pas au point physiquement (contrairement à sa compatriote Ella Masar). Mais elle a su être au bon endroit au bon moment pour faire le bon geste et marquer les buts qui manquaient au PSG dans sa série de matchs au somment contre Lyon, Francfort à l’aller et Juvisy.
Il y aura toujours des spécialistes des chiffres pour nous dire que le PSG a fait moins bien que Juvisy qui, l’an dernier, était allé jusqu’en quart. Mais les Essonniennes avaient simplement rencontré leur adversaire allemande un tour plus tard, et si elles avaient également perdu l’aller 3-0, elles ne s’étaient par contre pas vengé au retour, au contraire (défaite 6-2).
Il ne faut donc pas s’y tromper, la première campagne du PSG dans cette Ligue des Championnes est une vraie réussite avec trois victoires en quatre matchs et une prestation très solide contre Francfort, y compris à l’aller où les trois buts étaient surtout venus d’erreurs de jeunesse.

Cette première campagne est à mettre au même niveau que les débuts européens réussis de Toulouse (demi-finale contre Francfort, mais il s’agissait de la première édition, tout le monde débutait) et de Lyon (demi-finale contre Umea, mais avec d’autres moyens). Juvisy (élimination en tour préliminaire en 2003 contre Kolbotn et surtout en 2006 contre l’Espanyol Barcelone malgré la dream team juvisienne) et Montpellier (élimination en phase de poules en 2004 avec trois défaites dont un 6-0 contre Potsdam et un 2-0 contre Wroclaw) avaient connu des débuts nettement moins glorieux. L’avenir appartient peut-être au PSG.
Le seul regret est peut-être que cette compétition devait être l’occasion pour Bérangère Sapowicz d’engranger une expérience précieuse pour l’équipe de France, mais qu’elle n’aura pas eu l’occasion de jouer.
Francfort, son budget pharaonique (plus important encore que celui de l’OL), sa recrue star Fatmire Bajramaj et son effectif pléthorique sera en quarts de finales comme prévu. Mais son bilan n’est que de deux victoires et deux défaites. Chez les garçons, des qualifications 0-1 puis 4-1 et 3-0 puis 1-2 seraient considérées comme sans histoire. Mais chez les filles, on a l’habitude de résultats plus tranchés1.
Bien sûr Francfort avait un tirage particulièrement difficile avec des équipes norvégiennes et françaises, là où d’autres favorites se contentaient d’Islandaises, d’Écossaises, de Roumaines ou de Tchèques. Bien sûr aussi, on a le sentiment que Francfort a toujours à peu près contrôlé la situation, même après une défaite au match aller contre Stabaek.
Mais cette équipe ne semble pas encore tout à fait au point et n’est sans doute pas encore l’épouvantail qu’on pouvait craindre à l’intersaison. Il lui reste jusqu’au mois de mars pour le devenir.
L’autre équipe française engagée n’a pas fait dans le détail en l’emportant 6-0 au retour comme à l’aller, malgré une première mi-temps brouillonne. L’entrée de Lotta Schelin a permis à l’OL de marquer cinq fois en deuxième mi-temps.
Les tenantes affirment leurs prétentions à la reconquête de leur titre, mais leurs adversaires des deux dernières finales impressionnent au moins autant : après une victoire 10-0 à l’aller, Potsdam a confirmé sa qualification au retour en l’emportant 7-0 avec une équipe légèrement remaniée. Visiblement, le départ de Fatmire Bajramaj a été parfaitement digéré.
Le plateau des quarts de finales sera représentatif des traditionnelles places fortes du football féminin : deux clubs allemands (Francfort et Potsdam), deux clubs suédois (Göteborg et Malmö2) et les anciens vainqueurs anglais et français et invités récurrents des derniers tours (Arsenal et Lyon). Arsenal s’est qualifié en éliminant le Rayo Vallecano qui espérait pourtant prendre sa revanche sur la cruelle élimination de l’an dernier au même stade de la compétition (0-2, 4-1 avec le buts vainqueurs dans les dernières minutes). Mais cette année, il n’y a pas eu photo (1-1 à l’aller, 5-1 au retour).
Les deux dernières places reviennent à deux équipes également habituées à participer à la Coupe d’Europe tous les ans, Rossiyanka et Brondby3.
8e journée
Le PSG commence a payer la répétition des efforts pendant qu’Hénin-Beaumont et sa future star annoncée Claire Lavogez se réveillent. Mais pas dans le même match.
Le match au sommet de cette 8e journée voyait le leader juvisien recevoir le PSG. Pour les Parisiennes, il s’agissait de la troisième étape d’une série de quatre matchs au sommet après la réception de Lyon et au milieu de la double confrontation face à Francfort. Après avoir bien résisté contre l’OL et avoir réalisé une bonne prestation en Allemagne malgré la défaite 3-0, le PSG a cette fois cédé 1-0 sur un but de Gaëtane Thiney. Il manque sans doute au PSG la joueuse capable de faire basculer un match, même si Élise Bussaglia pourrait être celle-là, mais elle joue sans doute dans une position trop reculée pour assumer ce rôle, et surtout elle revient actuellement de blessure. Malgré des prestations relativement convaincantes, les Parisiennes n’ont toujours pas marqué dans cette série de quatre. Rendez-vous mercredi à Charléty pour y parvenir.
Juvisy qui a sans doute une équipe moins solide bénéficie par contre de son calendrier plus léger et d’une ligne d’attaque de haute volée, menée bien sûr par Gaëtane Thiney, mais aussi Laetitia Tonazzi, Julie Machart et Amélie Coquet.
Lyon reste donc la dernière équipe invaincue de D1, avec ce dimanche une victoire 7-0 contre Rodez, avec un 12e but de Lotta Schelin et un triplé de Camille Abily qui la place seconde au classement des buteuses. L’OL a comme prévu géré plus facilement l’enchaînement des matchs avec la Coupe d’Europe (victoire 6-0 à Prague contre le Sparta jeudi), la force de l’habitude, d’un effectif plus étoffé et d’adversaires nettement plus abordables.
L’autre événement de la journée est le réveil d’Hénin-Beaumont. Et cela sans la joueuse qui était annoncée comme la future star de l’équipe nordiste après sa prestation remarquée lors de l’Euro U17, Claire Lavogez qui a été transférée la semaine dernière à Montpellier1 avec qui elle a remporté une victoire probante 4-0 contre Saint-Etienne, marquant elle-même le 3e but. La liste des buteuses est d’ailleurs une ode au recrutement montpelliérain et à sa capacité à dénicher les futures internationales : Marie-Laure Delie que l’on ne présente plus, Kelly Gadéa internationale depuis dix jours, Viviane Asseyi, 17 ans, arrivée du FC Rouen il y a un an et demi, internationale dans toutes les catégories de jeunes et meilleure buteuse du club, et donc Claire Lavogez.
La néo-Montpelliéraine peut avoir la conscience tranquille, son ancien club s’est réveillé de manière tout à fait spectaculaire en passant six buts à Guingamp (6-0), soit un de plus que ce qu’avait fait l’OL. Du coup, Hénin-Beaumont rend la dernière place à Soyaux, battu à domicile par Yzeure (4-2). La dernière place de relégable est occupée par Muret, battu à Vendenheim 3-1 samedi.
Au classement trois groupes se dessinent : un trio de tête Juvisy-Lyon-Montpellier, auquel on pourra sans doute ajouter le PSG en cas de victoire lors de son match en retard contre Saint-Etienne, qui devance d’au moins 7 points le ventre mou, lequel ventre mou devance le trio de relégables de 5 points. Pour la tête la différence est certainement déjà faite, la course se fera à quatre et on s’en doutait. Pour la descente, les choses ne sont peut-être pas figées comme l’a montré Yzeure l’an dernier, mais il faudra cravacher pour combler l’écart.
Prochaine journée dimanche prochain avant une trêve internationale aux Antilles ponctuée par un match contre l’Uruguay le 16 novembre aux Abymes et un autre contre le Mexique à Fort-de-France. Avant cela, il y aura les matchs retours des 8e de finales de coupe d’Europe même si les qualifications semblent déjà jouées. L’OL jouera à Gerland mercredi à 19h00 (et sur Eurosport), puis le PSG jouera à Charléty à 20h45 (et sur Direct 8).
