Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

Six mois

Édition du 9/12/2018 : La Fifa a “corrigé une erreur administrative” la veille du tirage au sort et rectifié le tableau pour replacer le vainqueur du groupe F dans la première moitié de tableau.

La quasi totalité de cet article devient donc nulle et non avenue.

Le plateau de la Coupe du monde est désormais connu et il ne comporte pas de surprise à part peut-être la Jamaïque. Mais il ne manquera personne.

Place désormais au tirage au sort où comme d’habitude c’est plus l’agencement du tableau que la composition des six poules de quatre qui retiendra l’attention. Le tableau est conçu pour être favorable aux Bleues qui attendront principalement la tête de série du groupe D qui sera leur principal obstacle sur la route de la finale.

Dans six mois aura lieu la Coupe du monde en France. Les Bleues n’ayant pas disputé de match depuis le mois dernier, la cote des joueuses n’a pas vraiment évolué même si Clarisse Le Bihan est peut-être en train de marquer des points avec Montpellier pour accrocher une place dans la liste.

Mais depuis la dernière fois, toutes les places pour la Coupe du monde ont été attribuées. Il n’y a presque pas de surprise, les dix meilleures nations mondiales seront là et 17 des vingt premières au classement Fifa. Chaque confédération envoie globalement ses meilleures représentantes : le plateau à 24 équipes limite le risque d’une absence majeure.

Cinq finales et les Pays-Bas par les barrages

En Europe l’Angleterre, l’Écosse, la Norvège, la Suède et l’Allemagne ont remporté leurs finales respectives contre le Pays de Galles, la Suisse, les Pays-Bas, le Danemark et l’Islande pour rejoindre l’Italie et l’Espagne qui étaient déjà qualifiées.

La revanche de l’Allemagne contre l’Islande prive non seulement les joueuses du nord de la qualification mais aussi d’une place en barrage à cause de deux nuls concédés aux Tchèques. Du coup, ce sont les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique et le Danemark qui se sont disputé la dernière place.

Dans la revanche de la finale de l’Euro, les coéquipières de Lieke Martens ont battu deux fois celles de Pernille Harder, pendant que la Suisse éliminait la Belgique grâce à un but supplémentaire marqué à l’extérieur après deux nuls. Et en finale, les championnes d’Europe ont fait la différence lors de la seconde mi-temps du match aller contre une équipe suisse privée de Lara Dickenmann et Ramona Bachmann. Le but de Vivianne Miedema au match retour éteignait ensuite tout suspense malgré l’égalisation de Coumba Sow. La Coupe du monde ne sera donc pas privée de l’équipe championne d’Europe.

Neuf des onze équipes européennes les mieux classées par la Fifa seront donc en France l’été prochain, l’Italie ayant profité d’un groupe plus abordable que le Danemark et l’Écosse ayant devancé à la régulière la Suisse.

La surprise jamaïcaine

La zone Concacaf – Amérique du Nord et du Centre et Caraïbes – dispose de trois places pour deux équipes capables de jouer les premiers rôles. Autant dire que les États-Unis et le Canada n’ont jamais été en danger durant la Gold Cup qui servait d’éliminatoires. Avec trois victoires en poules (pour des différence de buts respectives de 18-0 et 17-1), suivis de demi-finales remportées 6-0 et 7-0, la question de la qualification n’était pas posée et la victoire 2-0 des Américaines sur les Canadiennes leur permet simplement de remporter leur huitième titre en dix éditions (les deux autres étant remportés par leur adversaires de la finale).

Le niveau de ces deux équipes vaut à la confédération de disposer d’un troisième ticket pour lequel le Mexique voire le Costa Rica étaient favoris. Mais les premières ont été battues au premier tour par Panama et les secondes par la Jamaïque. Après les demi-finales pour du beurre contre les favorites, Panaméennes et Jamaïcaines se retrouvaient dans un match pour la troisième place en forme de barrage pour la Coupe du monde, remporté par les Caribéennes grâce à un but de Khadija Shaw.

Comme l’équipes masculine en 1998, la Jamaïque jouera sa première Coupe du monde en France l’an prochain. L’équipe du Panama avait ensuite une seconde chance en barrage contre l’Argentine mais les Sud-Américaines l’emportaient 4-0 à l’aller avec deux buts au bout du temps additionnel et pouvaient gérer le match retour.

L’Argentine accompagne le Brésil et le Chili pour la zone Conmebol. Argentines et Chiliennes ont sorti la Colombie habituelle représentante sud-américaine dans les phases finales mais la confédération envoie trois de ses quatre meilleures représentantes.

Première pour l’Afrique du Sud

La Coupe d’Afrique des Nations disputée en novembre au Ghana délivrait trois des dernières places pour le mondial. Elle commençait par un imbroglio concernant la Guinée équatoriale, disqualifiée et remplacée par le Kenya puis repêchée à quelques jours de la compétition. Mais cela n’avait pas vraiment d’impact sur la qualification pour la Coupe du monde puisque la Guinée équatoriale est de toute façon exclue par la Fifa pour usage de fausses licences et qu’elle perdra ensuite ses trois rencontres.

Dans la poule A le Ghana, deuxième meilleure équipe africaine et évoluant à domicile faisait figure de favori face au Cameroun, au Mali et à l’Algérie. Mais après une courte victoire contre les Algériennes, les Black Stars étaient défaites par le Mali et ne parvenaient pas à se rattraper en concédant le nul contre le Cameroun vainqueur de ses deux premiers matchs. Camerounaises et Maliennes rejoignaient donc les demi-finales.

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Dans l’autre poule, l’Afrique du Sud créait la surprise en battant les quasi-invincibles Nigérianes et complétait avec un facile victoire sur la Guinée équatoriale et un nul contre la Zambie pour finir en tête. Toutefois les Super Falcons remportaient leurs deux matchs suivant pour l’accompagner en demi-finales.

Bien que vainqueur de sa poule, le Cameroun était donc opposé en demi-finale à l’ogre nigerian et devait s’avouer vaincu à l’issue des tirs aux buts après un nul 0-0. L’Afrique du Sud battait le Mali 2-0 et filait vers la France en capitalisant sur sa victoire initiale.

La finale était – comme d’habitude – remportée par le Nigeria, à nouveau aux tirs aux buts après un match nul 0-0 pour un troisième titre d’affilée, le dixième en douze éditions.

Le Cameroun et le Mali se retrouvaient après leur affrontement du premier tour pour un match autrement important puisqu’il envoyait le vainqueur à la Coupe du monde. Comme deux semaines auparavant, les Camerounaises de Christine Manie l’emportaient et complètent donc le plateau.

Trois des quatre meilleures nations africaines iront en France, avec une grosse déception pour le Ghana qui avait pourtant l’avantage de jouer sa qualification à domicile.

La Nouvelle-Zélande sans surprise

La dernière place ne faisait pas de doute mais il fallait que la Nouvelle-Zélande dispute les matchs afin d’être officiellement qualifiée. Le dernier ticket se jouait lors de la Coupe d’Océanie disputée en Nouvelle Calédonie et comme prévu, il n’y eut pas de débat : 11-0 contre les Tonga, 6-0 contre les Îles Cook et 10-0 contre le Fidjis, puis 8-0 contre la Nouvelle Calédonie en demi-finale et 8-0 à nouveau contres les Fidjis en finale, les Football Ferns sont seront sans surprise en France l’été prochain.

Répartition par chapeau et par confédération
Confédération \ Chapeau 1 2 3 4 Total
AFC 1 1 3 5
CAF 3 3
CONCACAF 2 1 3
CONMEBOL 1 2 3
OFC 1 1
UEFA 3 4 2 9
Total 6 6 6 6 24

Sur mesure pour les Bleues

Le plateau est désormais complet, il est temps de passer au tirage au sort qui aura lieu le 8 décembre. Comme il y a quatre ans, la compétition va se disputer à 24 équipes, réparties en six groupes de quatre, d’où sortiront les deux premiers et les quatre meilleures troisièmes pour disputer des huitièmes de finale, dans un format utilisé chez les garçons entre 1986 et 1994.

Les équipes sont réparties en quatre chapeaux suivant le classement Fifa au jour du tirage au sort1. Les écarts sont tels qu’il ne devrait pas y avoir de changement entre le dernier classement connu à ce jour et le prochain qui puisse changer la composition des chapeaux.

Chapeau 1
Équipe Pos. Pts. Conf.
États-Unis 1 2114 CONCACAF
Allemagne 2 2060 UEFA
Angleterre 3 2034 UEFA
France 4 2033 UEFA
Canada 5 2014 CONCACAF
Australie 6 2012 AFC
Chapeau 2
Équipe Pos. Pts. Conf.
Japon 7 1981 AFC
Brésil 8 1973 CONMEBOL
Suède 9 1964 UEFA
Pays-Bas 10 1963 UEFA
Espagne 12 1916 UEFA
Norvège 13 1907 UEFA
Chapeau 3
Équipe Pos. Pts. Conf.
Corée du Sud 14 1880 AFC
Chine 15 1876 AFC
Italie 17 1855 UEFA
Écosse 19 1811 UEFA
Nouvelle-Zélande 20 1810 OFC
Thaïlande 28 1677 AFC
Chapeau 4
Équipe Pos. Pts. Conf.
Argentine 37 1633 CONMEBOL
Nigeria 38 1607 CAF
Chili 39 1594 CONMEBOL
Cameroun 49 1478 CAF
Afrique du Sud 50 1446 CAF
Jamaïque 64 1387 CONCACAF

Cette répartition n’étant pas géographique, le tirage au sort sera dirigé pour assurer qu’aucun groupe n’aura plusieurs équipes de la même confédération ou plus de deux équipes européennes. Pour la France, cela augmente légèrement la probabilité de tomber sur le Japon voire le Brésil dans le deuxième chapeau.

Mais comme souvent, la composition de la poule de l’équipe de France n’aura à ce stade que peu d’importance : la répartition est assez homogène et à moins de tomber sur la Thaïlande qui semble nettement plus faible que les autres équipes du troisième chapeau, tous les groupes possibles seront assez équivalents.

Depuis la prise de fonction de Corinne Diacre, les Bleues ont rencontré trois de leurs six adversaires potentiels du second chapeau pour deux victoires contre le Brésil et l’Espagne et un nul contre la Suède disputé il y a un an, avant le big bang de la SheBelieves Cup avec une équipe dont la moitié ne sera pas titulaire l’an prochain et dont un tiers ne devrait même pas faire partie du groupe.

La Norvège et les Pays-Bas étaient deux des trois équipes affrontées lors de la préparation pour le dernier Euro, pour un nul et une victoire. La dernière confrontation avec le Japon remonte à l’Algarve 2015 avec là aussi une large victoire. Autant dire que s’il faudra jouer les matchs, aucun adversaire de ce deuxième chapeau n’est hors de portée des Bleues actuelles.

La remarque vaut évidemment encore plus pour les équipes des troisième et quatrième chapeaux : les Bleues en ont affronté huit sur douze depuis la dernière Coupe du monde (incluse), ne concédant qu’un nul en début d’année contre l’Italie.

Dans l’optique de remporter la Coupe du monde – ou au moins de se hisser en demi-finale – aucun des tirages possibles ne doit donc faire peur aux joueuses de Corinne Diacre pour le premier tour, il suffit d’espérer mollement la Thaïlande pour rendre les choses plus faciles mais c’est à peu près tout.

La structure du tableau fait qu’il faudra par contre s’intéresser de très près à la position des autres têtes de série. Les Bleues sont d’office placées dans le groupe A, celui qui jouera le match d’ouverture au Parc de Princes le 7 juin. Elles joueront ensuite à Nice et Rennes.

En cas de première place, elles joueraient ensuite un huitième de finale au Havre, puis un quart au Parc des Princes, les deux demi-finales et la finale étant disputées au Stade des Lumières de Lyon. En cas de deuxième place, ce serait Nice puis éventuellement Le Havre et en cas de troisième place, Montpellier puis Valenciennes ou Grenoble puis Rennes.

L’importance du groupe D

Mais ce n’est pas la géographie qui importe. Comme d’habitude, l’équipe du pays organisateur bénéficie d’un tableau cousu main. Comme le Canada en 2015, si la France finit en tête de son groupe, elle affrontera le troisième d’une autre poule. Et en cas de victoire, elle sera confrontée au vainqueur d’un duel entre seconds. Ce qui lui permettrait d’atteindre les demi-finales sans avoir rencontré une équipe ayant remporté son groupe du premier tour. Et si elle finit deuxième de son groupe, elle rencontrera le deuxième d’un autre groupe avant d’affronter éventuellement en quart de final un premier de groupe.

Mais au contraire du Canada il y a quatre ans, les deux parties du tableau ne sont pas équilibrées : dans la partie haute, on ne retrouvera que le vainqueur du groupe A de la France et celui du groupe D. Les quatre autres vainqueurs du premier tours seront envoyés dans l’autre partie du tableau pour s’affronter éventuellement dès les quarts.

La conséquence de ce tableau, c’est qu’à condition d’éviter que les États-Unis et l’Allemagne ne se retrouvent dans le groupe D2, que ces tout le monde tienne son rang au premier tour et bien sûr que les Bleues finissent à l’une des deux premières places de leur poule, elles auraient une route dégagée avec potentiellement aucune équipe mieux classée jusqu’à la finale3. Cela serait en quelque sorte le contraire du tableau proposé il y a quatre ans où le quart contre l’Allemagne était annoncé, suivi éventuellement d’une demi-finale contre les États-Unis.

Cet avantage théorique nécessiterait bien sûr d’être confirmé sur le terrain. À Rio, le quart de finale contre le Canada était sur le papier une bonne affaire.

Enfin, tout bien échafaudé qu’il soit, ce plan nécessite que la tête de série du groupe D soit la plus faible possible, a priori l’Australie ou le Canada. Mais si c’était les États-Unis ou l’Allemagne4, cela rendrait la première place du groupe impérative.

La contrepartie de ce tableau, c’est qu’une troisième place envoie directement en enfer affronter toutes les meilleures équipes du monde. Mais autant l’équipe de 2017 dans la foulée d’un Euro affreux pouvait laisser craindre qu’il faille en passer par une place de meilleur troisième pour s’extirper du premier tour, autant l’équipe de 2018 n’aura pas d’excuse de ne pas sortir de poule par le haut.

En résumé, un bon tirage pour la France serait la Thaïlande dans le chapeau 3, l’Australie ou le Canada dans le groupe D et peu importe le reste.

Tableau final prévisionnel
8e de finale Quarts de finale Demi-finales Finale
A2 A2 ou C2 D1 D1 ou A1
C2
D1 D1
B/E/F3
A1 A1 A1
C/D/E3
B2 B2 ou F2
F2
C1 C1 C1 ou E1 B1, C1, E1 ou F1
A/B/F3
E1 E1
D2
B1 B1 B1 ou F1
A/C/D3
F1 F1
E2

Sept mois

Les Bleues terminent l’année sur une victoire convaincante contre le Brésil, la septième d’affilée cette année, dans un système à trois défenseuses déjà vu contre l’Australie qui élargit leur palette tactique.

Ce match a aussi été l’occasion des débuts de Marie Katoto. La sélection pour la Coupe du monde ne se précise pas tellement sinon : au-delà d’un noyau de joueuses titulaires déjà connues, la place des autres est encore très loin d’être réservée.

Depuis 2014, le Brésil est un traditionnel adversaire automnal des Bleues (sauf l’an dernier) qui totalisent désormais trois victoires lors des quatre dernières confrontations et qui sont pour le reste invaincues contre les Sud-américaines avec aussi cinq matchs nuls (parfois au printemps). Cette fois l’équipe brésilienne était privée de plusieurs joueuses dont Marta mais présentait une opposition conséquente. La victoire 3-1 obtenue à Nice est la septième d’affilée, série débutée contre l’Allemagne lors de la SheBelievesCup et composée d’une bonne moitié d’équipe de haut niveau (Allemagne, Canada, Australie, Brésil).

Avec ces résultats1, l’équipe de France devrait finir l’année à la troisième place du classement mondial, position qu’elle occupait déjà dans les fins d’années qui ont précédé ses trois dernières phases finales. La dernière défaite remonte à la leçon infligée par l’Angleterre à la SheBelieves Cup, leçon qui a mené au retour à une équipe moins expérimentale dès le match suivant contre les États-Unis soldé par un nul puis sur la série de victoires en cours.

Ce 4-1 concédé aux joueuses de Phil Neville restera donc sans doute comme le tournant principal sur la route vers la Coupe du monde à domicile. Depuis s’est mise en place une équipe type dont la composition est sans doute très proche de ce qu’elle aurait été sous les ordres de Philippe Bergerôo ou Olivier Echouafni. À grands traits, les retraitées et blessées de longue durée ont été remplacées par des joueuses déjà dans le groupe et par quelques entrantes de la jeune génération.

Fidèle à se promesses, Corinne Diacre a fait débuter un grand nombre de joueuses, 15 en 16 matchs, soit autant que Philippe Bergerôo en 55, alors qu’Olivier Echouafni n’en avait lancé que 4 avec un match de moins qu’elle (mais avec une phase finale dedans, moins propice aux expérimentations).

Marion Torrent s’est imposée

Mais trois de ces quatre joueuses (Delphine Cascarino, Aïssatou Tounkara et Ève Périsset) ont joué contre le Brésil et la quatrième (Grace Geyoro) a toutes les chances d’être titulaire au mondial. A contrario, 8 des débutantes de Corinne Diacre2 ont déjà disparu alors que deux autres qui semblaient avoir fait leur trou n’ont pas été appelées cette fois3. Sous un autre angle, quatre de ces débutantes seulement sont apparues plus de deux fois sur le terrain, dont trois ne sont plus appelées actuellement. Seule Marion Torrent a durablement trouvé sa place chez les Bleues4, en attendant que Marie Katoto voire Émelyne Laurent ne s’installent – la probabilité de voir Maéva Clémaron ou Julie Debever faire une longue carrière internationale semblant plus faible.

Première pour Marie Katoto

Première pour Marie Katoto

En dehors de Marion Torrent donc, des jeunes Valérie Gauvin (déjà vue sous Philppe Bergerôo) et Delphine Cascarino et d’Amel Majri qui était alors blessée, les joueuses titularisées contre le Brésil étaient à l’Euro 2017 où elles étaient en général titulaires. Enfin en dehors de Julie Debever, entrée à la 90e minute, les seize joueuses entrées en jeu samedi venaient toutes de l’habituel quatuor de clubs habitués à être en tête de la D1, et des deux clubs en tête de la Liga espagnole.

Comme le soulignait Philippe Bergerôo après les Jeux Olympiques de Rio, le réservoir français n’est pas infini en joueuses de niveau international et il était donc prévisible que la solution pour relancer l’équipe de France après son Euro raté ne viendrait pas principalement d’un renouvellement des joueuses. La sélectionneuse en a sans doute bien conscience qui axe beaucoup sa communication sur l’état d’esprit et le rôle dans le groupe des joueuses qui jouent pas ou moins, surtout dans le futur contexte d’une phase finale où il faudra vivre ensemble pendant un mois si tout va bien.

Poursuite des expérimentations tactiques

Mais la manière de faire évoluer les (mêmes) joueuses sur le terrain est aussi importante. Pour la deuxième fois après l’Australie, la France a évolué avec une défense à trois. L’animation offensive était cette fois différente puisque devant la doublette du milieu, on avait une triplette d’attaquantes là où il y avait une meneuse et deux attaquantes contre les Matildas. L’organisation a donné pleinement satisfaction, tant sur le plan défensif – le but encaissé étant plutôt imputable à une déconcentration de fin de match – qu’offensif. Les ailières Delphine Cascarino et Kadidiatou Diani5 ont eu une position assez axiale laissant beaucoup d’espace pour les latérales Marion Torrent et Amel Majri.

Outre la diversité des possibilités qu’il offre, ce système permet aussi de faire jouer Amel Majri plus haut que dans une défense à quatre, alors qu’elle n’évolue plus jamais en défense à Lyon.

Enfin si le choix des joueuses aligné était donc d’un grand classicisme, ce match contre le Brésil a été l’occasion des grands débuts de Marie Katoto sous le maillot de l’équipe de France A. Elle a remplacé peu après l’heure de jeu Delphine Cascarino et a évolué dans le couloir gauche. La prestation courageuse mais sans grande efficacité de Valérie Gauvin devrait lui ouvrir un boulevard pour jouer dans l’axe. Les prestations cette fois de Delphine Cascarino et la fois précédente d’Émelyne Laurent tandis qu’Eugénie Le Sommer et Kadidiatou Diani sont bien installées (et qu’Amel Majri pourrait bien postuler devant aussi) semblent saturer les postes offensifs (surtout avec Gaëtane Thiney et Kenza Dali pour occuper le poste de meneuse le cas échéant). Viviane Asseyi et Ouleymata Sarr qui étaient deux joueuses symboliques de l’ère Diacre sont sorties du groupe et leur retour n’ira donc pas de soi.

La météo des internationales

Gardiennes

Pas vraiment d’évolution : Sarah Bouhaddi est désormais intronisée titulaire, Karima Benameur avait été laissée à disposition de l’équipe B pour avoir du temps de jeu mais a été rappelée pour palier la blessure de Pauline Peyraud-Magnin et Solène Durand est revenue. Seule nouveauté, la Floriacumoise Maryne Gignoux-Soulier a été appelée en équipe de France B pour épauler Laetitia Philippe. Pas encore de quoi bousculer la hiérarchie.

Défenseuses

Le match contre le Brésil n’a fait que confirmer la hiérarchie actuelle où Julie Debever semble s’installer pour une place dans le groupe et où Aïssatou Tounkara est de retour après sa blessure de la SheBelieves Cup. Là aussi la seule nouveauté vient de l’équipe de France B où la Franco-Canadienne Vanessa Gilles a été appelée.

Milieux

Élise Bussaglia a disputé toute la rencontre, ce qui lui donne un temps de jeu nettement supérieur en sélection qu’en club. Comme pour Laura Georges l’an dernier, elle semble avoir la confiance de la sélectionneuse mais son challenge sera de jouer assez durant la saison pour rester compétitive. Aminata Diallo n’est pas revenue (mais elle a joué avec l’équipe de France B) alors que Charlotte Bilbault semble s’imposer comme la quatrième récupératrice du groupe. Mais la hiérarchie a tellement été rebattue depuis un an et demi que tout reste à faire.

Attaquantes et meneuses

La partie offensive est celle où les choses semblent le plus ouvertes d’autant que les essais tactiques demandent des profils légèrement différents suivant les matchs. Ainsi Gaëtane Thiney n’a quasiment pas joué contre le Brésil dans un système sans meneuse, même si un poste d’attaquante peut aussi lui convenir.

Si l’arrivée de Marie Katoto était attendue, les absences d’Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi l’étaient moins. Delphine Cascarino a été appelée de dernière minute pour suppléer Eugénie Le Sommer, puis elle a débuté et marqué et si les blessures la laissent tranquille, sa présence ne devrait pas faire de doutes.

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 0 0 0 70,00%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 134 90 90 90 90 100,00%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10,00%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 0 50,00%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10,00%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 0 0 50,00%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10,00%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Bacha Selma 17 Lyon 0 1,00%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 25,00%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 1,00%
Debever Julie 30 Guingamp 2 0 74 0 1 42,00%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 21 0 0 90 0 95,00%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 1,00%
Majri Amel 25 Lyon 42 90 90 0 90 100,00%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 47 90 90 90 90 100,00%
Périsset Ève 23 PSG 12 0 0 0 9 90,00%
Renard Wendie 28 Lyon 104 90 90 90 100,00%
Torrent Marion 26 Montpellier 15 90 16 90 81 100,00%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 7 0 0 89 95,00%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 11 19 90 15 25 57,00%
Bussaglia Élise 32 Barcelone 182 82 75 90 70,00%
Clemaron Maéva 25 Fleury 2 0 15 0 10,00%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 0 5,00%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 50,00%
Geyoro Grace 21 PSG 17 90 0 90 0 100,00%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 1,00%
Henry Amandine 28 Lyon 78 71 8 65 100,00%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 1,00%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1,00%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 5,00%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 0 0 65,00%
Cascarino Delphine 21 Lyon 6 61 65 90,00%
Dali Kenza 27 Dijon 22 10 16 45 75,00%
Diani Kadidiatou 23 PSG 42 90 69 80 90 100,00%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 13 90 90 88 90,00%
Laurent Émelyne 20 Lyon 2 21 10 39,00%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 1,00%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 159 90 90 75 100,00%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 25,00%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 15,00%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 5,00%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 50,00%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 150 80 74 45 2 100,00%
Katoto Marie 19 PSG 1 25 95,00%

Huit mois

La sélectionneuse de l’équipe de France a profité des matchs du mois d’octobre pour tester de nouveaux systèmes de jeu afin de s’offrir des possibilités tactiques et de sortir ses joueuses de leur zone de confort. Les deux victoires ne doivent pas masquer quelques difficultés mais elles ne seront que positives à condition d’en tirer les bonnes conclusions.

Dans la course à la liste des 23, certaines positions ont évolué. Kenza Dali semble avoir pris une option sur la place de deuxième meneuse et Marie Katoto gagné des points sans avoir jamais été appelée.

Pendant que la Suisse et les Pays-Bas se défaisaient de la Belgique et du Danemark pour accéder au dernier tour de barrage et que les États-Unis et le Canada validaient leur ticket pour l’été prochain, la France continuait sa préparation.

Les matchs du mois d’octobre ont été l’occasion de nouveaux essais et se sont conclu par deux victoires. Il faudra être prudent avant de tirer des conclusions de ces résultats acquis contre une équipe d’Australie privée des joueuses évoluant en NWSL et une faible équipe camerounaise à la préparation tronquée.

Ces matchs ont été l’occasion pour Corinne Diacre de tester deux systèmes : un 3-5-2 contre l’Australie et un 4-4-2 losange contre le Cameroun. Il s’agissait d’enrichir la palette tactique à disposition des Bleues et de les tester en dehors de leur zone de confort.

Contre l’Australie, Julie Debever a fait ses débuts en bleu, profitant de la défense à trois pour jouer aux côtés de Wendie Renard et Griedge Mbock et elle a fait un match tout à fait convaincant, face à un adversaire qui est resté très inoffensif. Sa présence répétée marque la confiance que lui porte Corinne Diacre mais contre le Mexique en septembre, c’est Annaïg Butel qui avait joué.

La Parisienne était cette fois blessée et la hiérarchie n’est donc pas encore clairement établie maintenant qu’Aïssatou Tounkara est de retour, elle qui était clairement le premier choix derrière le duo titulaire avant sa blessure.

Eugénie Le Sommer relayeuse

L’événement principal du match contre le Cameroun était non seulement le milieu en losange mais le positionnement d’Eugénie Le Sommer en relayeuse. Le parti pris de positionner très systématiquement l’attaquante le plus loin possible du but est étonnant même si ça ne l’a pas empêché de faire un très bon match et de marquer. Mais face à une opposition composée principalement de joueuses de D2 et dont une partie n’étaient arrivée en France que la veille au soir, elle aurait certainement été dans le ton même comme arrière latérale.

Du côté des gardiennes, les choses ont beaucoup évolué. D’abord Corinne Diacre a désormais officialisé la position de numéro une de Sarah Bouhaddi. Ce n’est pas vraiment une surprise tant la différence de niveau avec ses concurrentes est importante. Pour les deux autres places, Karima Benameur est revenue dans le groupe tout comme Pauline Peyraud-Magnin qui semble avoir remporté son pari risqué de trouver du temps de jeu en allant à Arsenal entrer en concurrence avec la championne d’Europe Sari van Veenendaal puisqu’elle a systématiquement été titularisée dans l’équipe qui caracole en tête de FAWSL. Les jeux ne semblent pas faits pour ces deux places, d’autant que la saison de Mylène Chavas vient de commencer.

En défense, en dehors de la titularisation de Julie Debever et du retour d’Aïssatou Tounkara, il n’y a pas eu réellement de nouveaux enseignements : la charnière lyonnaise reste solide au poste, Marion Torrent reste devant Ève Périsset à droite, Sakina Karchaoui est toujours la concurrente d’Amel Majri à gauche. Toutefois le 352 contre l’Australie a été l’occasion de voir la Lyonnaise plus haut et son pendant à droite était Kadidiatou Diani.

Clavicule cassée pour Amandine Henry

Au milieu, Amandine Henry n’a joué que 8 minutes, avant de sortir blessée à l’épaule. Charlotte Bilbault et Élise Bussaglia ont été pour l’occasion les doublures de la capitaine et de Grace Geyoro. Maéva Clémaron a connu sa deuxième sélection dans un groupe qu’elle fréquente assidûment depuis le début de l’année. A contrario, Aminata Diallo n’a pas été appelée pour la première fois depuis un an et sa place qui semblait assurée est peut-être plus précaire que prévue.

Au poste de meneuse, Kenza Dali a remplacé en cours de jeu pour les deuxième et troisième fois d’affilée Gaëtane Thiney et elle semble bien partie pour en être (au moins) la doublure.

Devant, outre Eugénie Le Sommer, Valérie Gauvin a joué les deux matchs en intégralité, et elle a donc été titularisée six fois lors des sept derniers matchs (elle était absente sur blessure contre le Mexique) et elle a semblée aussi empruntée que son début de saison à Montpellier.

Il semble que c’est Olivier Echouafni qui a demandé à ce que Marie Katoto ne soit pas encore sélectionnée, pour lui laisser le temps de se remettre de sa Coupe du monde M20 ratée. Son début de saison semble montrer que c’est le cas. Il va finir par ne plus être possible de se passer de l’attaquante parisienne qui n’est plus du tout un espoir à tester mais la meilleure attaquante française actuelle avec Eugénie Le Sommer.

Comme Aminata Diallo, deux attaquantes qui symbolisait les débuts de l’ère Corinne Diacre semblent avoir perdu du crédit : Viviane Asseyi n’est pas entrée en jeu et Ouleymata Sarr n’était même pas dans la liste.

Les postes sur les côtés de l’attaque sont encore ouverts et n’ont pas beaucoup avancé en raison des systèmes de jeu employés cette fois. Mais Kaditiatou Diani a joué les deux matchs dans des positions variables et Émelyne Laurent l’a remplacée deux fois de façon assez convaincante. Toutefois dans l’état actuel de la situation des deux joueuses à Lyon, il serait étonnant qu’elle soit déjà passée devant Delphine Cascarino (absente pour blessure).

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 0 0 80,00%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 133 90 90 90 100,00%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10,00%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 45,00%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10,00%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 0 0 45,00%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10,00%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Bacha Selma 17 Lyon 0 5,00%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 50,00%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 5,00%
Debever Julie 30 Guingamp 1 0 74 0 19,00%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 21 0 0 90 95,00%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 5,00%
Majri Amel 25 Lyon 41 90 90 0 100,00%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 46 90 90 90 100,00%
Périsset Ève 23 PSG 11 0 0 0 80,00%
Renard Wendie 28 Lyon 103 90 90 100,00%
Thibaud Julie 20 Bordeaux 0 1,00%
Torrent Marion 26 Montpellier 14 90 16 90 100,00%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 6 0 0 90,00%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 10 19 90 15 50,00%
Bussaglia Élise 32 Barcelone 181 82 75 60,00%
Clemaron Maéva 25 Fleury 2 0 15 10,00%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 5,00%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 59,00%
Geyoro Grace 21 PSG 17 90 0 90 100,00%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 5,00%
Henry Amandine 28 Lyon 77 71 8 100,00%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 5,00%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1,00%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 5,00%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 0 0 75,00%
Cascarino Delphine 21 Lyon 5 61 75,00%
Dali Kenza 27 Dijon 22 10 16 45 75,00%
Diani Kadidiatou 23 PSG 41 90 69 80 100,00%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 12 90 90 75,00%
Laurent Émelyne 20 Lyon 2 21 10 15,00%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 5,00%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 156 90 90 75 100,00%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 40,00%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 20,00%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 20,00%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 70,00%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 149 80 74 45 100,00%
Katoto Marie 19 PSG 0 80,00%

La D1 dans la lumière

La saison de D1 qui vient de débuter marque peut-être le début d’une nouvelle ère. Le championnat va être sous les feux des projecteurs avec une exposition télévisée sans précédent et en ligne de mire la Coupe du monde à domicile. Pour autant, le suspense ne devrait pas être au rendez-vous pour le titre. Mais l’ensemble du plateau sera sans doute plus resserré.

Cause ou conséquence de cette médiatisation croissante, l’emprise du monde professionnel masculin s’accentue également. Neuf clubs et sept entraîneurs en sont issus.

La période des transferts en D1 se termine aujourd’hui entre la troisième et la quatrième journée de la compétition et il est désormais possible d’avoir une idée à peu près claire sur les effectifs qui vont jouer cette saison.

Neuf clubs de D1 sur douze sont des sections féminines de clubs professionnels masculins de L1 ou L2, alors que Rodez et Fleury ont également une équipe masculine respectivement en National et National 2. Soyaux reste le seul club exclusivement féminin en D1 et l’un des rares qui n’est pas adossé à un club à statut professionnel.

Ce n’est pas une nouveauté mais le phénomène va en s’accentuant puisque l’Olympique de Marseille et l’ASPTT Albi ont été remplacés par le FC Metz et le Dijon FCO, alors que Juvisy s’efface de plus en plus derrière le PFC, son nom n’apparaissant plus sur les maillots sous le blason du club parisien.

Un autre phénomène confirme cette tendance. S’il y a toujours aussi peu d’entraîneuse – Sabrina Viguier à Rodez ayant repris le flambeau détenu jusque là par Sarah M’Barek à Guingamp et occupant désormais le rôle qu’elle occupait officieusement jusque là – la majorité des clubs sont désormais entraînés par des hommes ayant été joueurs professionnels, près de la moitié ayant même joué en Ligue 1.

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Sabrina Viguier (Rodez) / photo: footofeminin.fr

Reynald Pedros, ancien international A est évidemment la tête d’affiches de cette confrérie mais il a été rejoint cette saison par quatre autres anciens joueurs pro. Pendant que l’actuel entraîneur lyonnais remportait le titre de champion de France en 1995, le FC Gueugnon réussissait l’exploit de monter en première division. Dans ses rangs se trouvaient Yannick Chandioux et David Fanzel qui participeront ensuite à l’unique saison du club dans l’élite. Les deux hommes sont désormais les entraîneurs des deux clubs promus en D1, respectivement Dijon et Metz.

Guingamp et le PSG ont également choisi de confier leur équipe féminine à d’ancien joueurs professionnels, Frédéric Biancalani chez les Bretonnes et l’ancien sélectionneur des Bleues Olivier Echouafni à Paris. Si l’on ajoute Jean-Louis Saez, ancien joueur de la maison montpelliéraine et brièvement entraîneur d’Arles-Avignon en Ligue 1 et Dominique Carlier, nouvel entraîneur du LOSC qui a longtemps joué puis entraîné en Ligue 2, les bancs de D1 semblent désormais des places intéressantes dans une carrière d’entraîneur. Difficile de dire s’il faut plutôt se réjouir de ce que la discipline soit désormais prise au sérieux ou se lamenter de ce qu’aucune place ne soit laissée à des entraîneuses de valeur. D’autant que si les anciens joueurs professionnels sont majoritaires, peu arrivent avec de vraies références sur un banc.

Une D1 100% télévisée

Ce n’est sans doute ni une cause ni une conséquence mais les fruits communs d’une montée en puissance mais ces clubs et ces entraîneurs vont vivre une saison médiatisée comme jamais elle ne l’a été. Il y a moins de deux saisons, la FFF bricolait les résumés des journées de D1 qu’elle présentait sur son site web à partir des images tournées par des amateurs dévoués. Il faut dire qu’Eurosport et France 4 qui disposaient des droits de la compétition n’en faisaient pas un grand usage. Et encore, quelques années auparavant, les matchs dont existaient plus d’une ou deux minutes d’images se comptaient sur les doigts d’une seule main dans une saison.

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Candice Prévost interroge Ada Hegerberg (Lyon) pour Canal+ / photo: footofeminin.fr

Désormais la FFF a confié son destin au groupe Canal+ avec pour mission de valoriser la discipline. Tous les matchs seront donc produits et quasiment tous seront diffusés en direct, un ou deux sur une chaîne à peu près accessible (Canal+ Sport en général) et les autres sur des canaux plus confidentiels (Foot+ ou Multisports) mais ayant le mérite d’exister. Certaines parties pourraient même être diffusées sur les antennes en clair du groupe, C8 et CStar.

La D1 profite de la perte des Coupes d’Europe masculine par Canal+ et de la probable disparition de la Ligue 1 sur ses antennes la saison prochaine pour devenir l’un de ses produits d’appel sportif avec le Top 14 de rugby. À moins d’un an de la Coupe du monde en France, tout est réuni pour que le grand public ne puisse plus ignorer la première division et les équipes qui la composent.

Le retour du synthétique

Nécessité de la réalisation télévisée ou conséquence de la croissance des clubs, plusieurs équipes déménagent cette saison : Bordeaux coupe un peu plus le lien qui le rattachait à l’ES Blanquefort en quittant le stade Jean-Pierre-Delhomme pour le stade Robert-Monseau à Saint-Médard-en-Jalles, Guingamp fait de même avec le Stade Briochin en abandonnant le stade Fred-Aubert pour jouer au centre d’entraînement du club à Pabu, tout comme Lille qui jouera cette saison plus souvent dans ses installations de Luchin plutôt qu’au Stadium de Villeneuve-d’Ascq.

Les deux clubs parisiens viennent ou reviennent dans la capitale : le PSG jouera cette saison à deux pas du Parc des Princes au stade Jean-Bouin alors que le PFC, s’il continuera de jouer majoritairement à Bondoufle, occupera à l’occasion le stade Charléty, résidence régulière de son équipe masculine (et ancienne du PSG1).

Enfin Metz jouera cette saison sur l’île Saint-Symphorien, soit dans le stade du même nom, soit plus souvent dans le stade Dezavelle. Jusque là, il jouait plutôt à Algrange et à Amnéville il y a deux ans en D1. La plupart de ces déménagements vont dans le sens de l’intégration des anciens clubs féminins à des clubs masculins et les équipes quittent leur ancienne résidence pour se rapprocher de celle de l’équipe fanion masculine.

Autre changement, trois équipes joueront cette saison de façon régulière sur des pelouses synthétiques : Guingamp, Metz et Dijon.

Une meilleure répartition des forces pour un plateau plus homogène

L’avantage de présenter la saison à venir alors que trois journées ont déjà été jouées, c’est qu’on dispose déjà de quelques éléments sur les forces et faiblesses des équipes. L’inconvénient peut être au contraire de tirer des conclusions hâtives.

On ne prend toutefois pas un gros risque à prédire que Lyon est le grand favori pour le titre et le PSG pour la deuxième place européenne, ces équipes ont terminé aux deux premières places dans cet ordre six fois sur les huit dernières saisons et rien n’indique qu’une révolution couve.

Le reste du plateau devrait être au moins aussi homogène que l’an dernier où hors Montpellier et Marseille, toutes les autres équipes étaient mathématiquement sous la menace de rélégation jusqu’à deux journées de la fin. Bien entendu, il se peut que l’une ou l’autre équipe se retrouve en difficulté, que la mayonnaise ne prenne pas mais aucun club ne semble structurellement promis à la relégation.

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Wang Shuang, nouvelle star du PSG / photo: footofeminin.fr

Les premières journées on toutefois redéfini la hiérarchie établie : le trio de tête semble se réduire à un duo, Lyon et le PSG sont les deux seules équipes à avoir remporté leurs deux premiers matchs2 et surtout Montpellier a perdu deux matchs contre Bordeaux et Fleury qu’il n’avait pas l’habitude de perdre les saisons précédentes. Il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit de faux pas, si Montpellier est désormais rentré dans le rang ou si Bordeaux et Fleury visent désormais la troisième place, il y a sans doute un peu de tout cela. Mais sauf si l’évolution est plus forte que prévue, ces deux défaites semblent offrir un boulevard aux deux équipes de têtes dans un D1 où le second perd rarement plus de deux matchs dans la saison et jamais plus de quatre depuis plus de vingt ans.

En bas de tableau, la lutte pour le maintien devrait comme d’habitude concerner la moitié du plateau. Avant le début de saison, Metz et Rodez semblaient les plus en danger, ce que confirment les premiers résultats mais ce n’est évidemment pas encore significatif après trois matchs3.

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Eseosa Aigbogun, recrue internationale suisse du PFC / photo: footofeminin.fr

Sur le plan des effectifs, quasiment toutes les équipes comptent désormais dans leur rang au moins une internationale A française et une internationale étrangère ou une joueuse recrutée à l’étranger (ces deux dernières catégories se recoupant souvent). Le premier cas est en partie la conséquence du discours de la sélectionneuse Corinne Diacre mais également de l’internationalisation croissante des effectifs des clubs de haut de tableau qui laisse moins de places aux postulantes à l’équipe de France. Au coup d’envoi de son match contre Bordeaux, Montpellier n’alignait ainsi qu’une seule joueuse sélectionnable, Marion Torrent.

Les seconds montrent que désormais tous les clubs prospectent hors de France pour chercher la perle rare, le prototype de la joueuse parfaite étant une Nord-Américaine (parce que là bas le vivier est fourni) qui parle français (pour faciliter son intégration), donc soit franco-américaine comme Danielle Tolmais passée cet été de Soyaux à Lille ou Daphne Corboz rejointe cette saison par sa sœur Rachel à Fleury, soit Canadienne comme Mélissa Roy ou Alex Lamontagne à Fleury ou Vanessa Gilles à Bordeaux4.

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Morgane Nicoli (Lille) devant Mathilde Bourdieu (PFC) / photo: footofeminin.fr

Les équipes

Bordeaux

Depuis l’absorption de l’ES Blanquefort, Bordeaux avance plus vite que ses ambitions affichées. Pour sa troisième saison en D1, les Girondines ont recruté deux internationales en attaque, Claire Lavogez qui cherche à renouer avec les Bleues et à ajouter une 36e sélection à sa collection et Viviane Asseyi qui a quitté Marseille de retour en D2 pour rester dans le groupe de Corinne Diacre. Avec quelques paris comme la Canadienne Vanessa Gilles ou la Suissesse Camille Surdez et le retour de blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues, elles semblaient armées pour jouer la quatrième place. Les difficultés de Montpellier qu’elles ont justement battu, peuvent leur donner des idées pour monter une marche supplémentaire.

Pronostic : entre 3e et 6e

Dijon

Huit ans après avoir absorbé l’ASC Saint-Apollinaire, le DFCO arrive enfin en D1 après avoir cédé le passage à Marseille et Val d’Orge (devenu Fleury depuis) les deux saisons précédentes. Le club dijonnais a clairement décidé de ne pas retourner en D2. La perte de Pauline Cousin et Alexandra Atamaniuk est compensée par l’arrivée de sept joueuses habituées de la D1 : Marie-Aurelle Awona, Lalia Storti, Léa Declercq, Noémie Carage, Lindsey Thomas et surtout Mylène Chavas de retour en D1 et Kenza Dali de nouveau internationale. Ainsi les treize joueuses déjà titularisées cette saison par le promu avaient toutes joué au moins une saison complète de D1.

Du coup Dijon devrait avoir de la marge pour le maintien et s’annonce comme l’une des équipes les plus séduisante de la saison avec les revenantes (en D1) Tatiana Solanet et Laura Bouillot.

Pronostic : entre 5e et 10e

Fleury

Le statut de Fleury est assez paradoxal. Bien qu’il soit adossé à un club masculin depuis la fusion du FCF Val d’Orge avec le FC Fleury 91, celui-ci joue en National 2 et on peut considérer que Fleury est avec Rodez et Soyaux l’un des trois clubs amateurs du plateau5.

Pourtant le club essonnien se construit une équipes à même de rivaliser avec les autres (hors Lyon et PSG), témoin la victoire sur Montpellier. Aux Maryne Gignoux, Marine Haupais et Maéva Clémaron arrivées l’an dernier se sont ajoutées cet été des joueuses comme Kelly Gadéa et Marie-Charlotte Léger. Daphné Corboz a été rejointe par sa sœur Rachel et les Canadiennes Mélissa Roy et Alex Lamontagne.

Pronostic : entre 4e et 8e

Guingamp

Guingamp a connu une mini révolution cet été avec le départ de Sarah M’Barek qui entraînait le club depuis 2013. Elle a été remplacée par l’ancien joueur professionnel Frédéric Biancalani. Du côté de l’effectif, il n’y a pas eu de grandes manœuvres malgré de nombreux départs. Seule la capitaine Marine Pervier et la latérale Suzy Morin étaient réellement titulaires. Elles sont remplacées par deux joueuses en provenance de Rodez6, l’internationale russe Ekaterina Tyryshkina et la gauchère Fanny Hoarau, championne du monde des moins de 20 ans avec la génération Griedge Mbock.

La saison dernière avait été difficile et s’était terminée juste au-dessus de la zone rouge (mais à deux points de la cinquième place) malgré cinq joueuses appelées en équipe de France. Sur le papier, l’effectif offre beaucoup moins d’assurance que d’autres mais comme d’habitude, l’équipe Bretonne mise beaucoup sur ses jeunes pousses comme Ella Pallis, Juliette Merle ou Léonie Le Moing.

Pronostic : entre 6e et 10e

Lille

Comme Dijon et Fleury, Lille se construit une équipe capable de s’assurer un maintien tranquille7. Le LOSC est désormais entraîné par Dominique Carlier, qui partage avec Olivier Echouafni la caractéristique d’avoir entraîné en deuxième division masculine (à Wasquehal).

Kenza Dali est partie à Dijon et Charlotte Saint-Sans Levacher est retournée à Arras alors que d’autres joueuses qui n’étaient pas titulaires sont allées chercher du temps de jeu ailleurs. Le recrutement du LOSC a été très ciblé avec l’arrivée de quatre joueuses seulement qui devraient toutes être titulaires : la défenseuse centrale prêtée par Montpellier Morgane Nicoli, l’internationale M20 d’Arras Carla Polito, la milieu prêtée par le PSG Lina Boussaha et l’attaquante franco-américaine de Soyaux Danielle Tolmais qui pourrait former un duo détonnant avec Ouleymata Sarr. L’attaquante belge Jana Coryn sera par contre longuement indisponible, blessée au genou.

Pronostic : entre 5e et 8e

Lyon

Le bilan lyonnais de la première saison de Reynald Pedros est à double face. Côté pile, l’OL a remporté les deux titres majeurs, avec une large victoire en finale de Ligue des Championnes 4-1 à l’issue d’une prolongation magnifique. Côté face, il a perdu la Coupe de France qu’il détenait depuis 2012 – certes à l’issue d’un scénario rocambolesque – et il a régulièrement peiné face aux adversaires de haut niveau. En dehors d’une victoire 5-0 contre Montpellier en début de saison et de la finale de coupe d’Europe qui doit sans doute beaucoup au délire psychotique d’Alexandra Popp, les Rhodaniennes n’ont marqué qu’un seul but en trois matchs contre le PSG, pour une victoire un nul et une défaite, et n’ont marqué que quatre buts lors des quatre matchs contre Barcelone et Manchester City, restant à chaque fois à la portée de leur adversaire quasiment jusqu’au bout.

À l’intersaison l’OL a largement dégraissé son effectif. Pas moins de huit joueuses ont quitté le club (dont trois étaient déjà prêtées depuis l’hiver dernier) et trois autres ont pris leur retraite. Parmi elles, seules Camille Abily et dans une moindre mesure Kheira Hamraoui étaient régulièrement titulaires.

Elles sont remplacées par les Allemandes Lisa Weiß et Carolin Simon et par l’Anglaise Izzy Christiansen. L’effectif est donc nettement moins fourni puisqu’il passe de 27 joueuses professionnelles à 21 mais la saison dernière s’était globalement jouée à 16 donc la différence sera surtout le nombre de joueuses laissées de côté chaque week-end. Et cela devrait permettre de laisser plus de places aux jeunes joueuses comme Émelyne Laurent, Melvine Malard, Éva Kouache ou Jessy Roux.

Normalement cet effectif reste largement au-dessus des autres en France. En Europe, la marge était faible l’an dernier et les solutions de rechange sont désormais moins nombreuses d’autant que Dzsenifer Marozsan, touchée par un virus pulmonaire est absente pour une durée indéterminée et il faudra que l’entraîneur lyonnais tire le meilleur parti de son effectif.

Pronostic : 1er

Metz

À l’instar de son équipe masculine, le FC Metz semble trop fort pour la D2 mais pas assez pour la D1. Depuis 2013, l’équipe qui s’appelait alors l’AS Algrange a changé de division chaque saison. Les Grenates vont tenter de réussir à se maintenir pour la première fois, emmenées par la Brésilienne Simone Jatoba au club depuis la reprise par Metz et par Marie-Laure Delie venue se relancer en Lorraine. Comme d’habitude, les Mosellanes compteront sur leur jeunesse avec cinq joueuses qui étaient à la Coupe du monde M20 cet été8. Justine Lerond, Pauline Dechilly, Hélène Fercocq et Christy Gavory devraient jouer régulièrement et la révélation de l’été Amélie Delabre avoir un rôle de joker en attaque.

Pronostic : 11e ou 12e

Montpellier

Avant le début de saison, cette présentation aurait parlé de Montpellier concurrent du PSG pour la deuxième place, avec peut-être même un léger avantage avec une équipe expérimentée face à une équipe très jeune et renouvelée. Mais après trois journées, les Héraultaises ont déjà perdu contre Bordeaux et Fleury et même leur victoire contre Dijon a été difficile. Les points perdus seront difficiles à rattraper mais surtout Montpellier ne semble avoir aucune marge sur des équipes qui ne jouaient jusque là pas le même championnat.

Le départ de Laura Agard semblait avoir été compensé par l’arrivée de Maëlle Lakrar mais il l’est sans doute plutôt par celle de l’Autrichienne Sarah Puntigam qui permet à Anouk Dekker de se stabiliser en défense. Pour le reste, l’équipe est à peu près la même que la saison dernière et Montpellier reste le favori pour la troisième place. Mais désormais il est à la lutte avec une partie du plateau.

Pronostic : entre 3e et 6e

Paris FC

Longtemps Juvisy s’est enorgueilli d’avoir un fonctionnement différent, s’appuyant sur le « double projet », comprendre « projet footballistique et projet professionnel » pour les joueuses. Mais comme c’était prévisible, le mariage avec le Paris FC ressemble plutôt à une absorption et le club francilien est rentré dans le rang en s’alignant sur les pratiques des autres clubs. Cette saison, trois joueuses sont arrivées de l’étranger, la Suissesse Eseosa Aigbogun, la Finlandaise Linda Sällström et l’Américaine Michaela Abam. La voyageuse Alice Benoît (qui jouera là pour son sixième club de D1 ou D2 à 22 ans) complète les arrivées alors que Léa Declercq, Anissa Lahmari et surtout Aïssatou Tounkara quittent le club. Cette dernière était avec Kadidiatou Diani, désormais au PSG, le symbole de la jeunesse juvisienne. Le flambeau est désormais repris par Élisa De Almeida et Mathilde Bourdieu.

Il n’y avait peut-être pas d’autre choix mais il semble inéluctable que le PFC rentre dans le rang en entrant en concurrence avec des clubs comme Bordeaux, Lille ou Dijon qui s’appuient sur des structures masculines beaucoup plus importantes. À part Gaëtane Thiney qui n’a pas son équivalent hors Lyon et PSG, le reste de l’effectif parisien est de qualité mais ne tranche pas avec ceux des autres clubs ambitieux et la descente amorcée depuis quelques saisons semble devoir se poursuivre. Le Paris FC se battra sans doute pour la quatrième place (voire pour la troisième si Montpellier rate sa saison) mais ne pourra plus regarder le reste du peloton de haut.

Pronostic : entre 4e et 8e

PSG

C’est à un vrai changement d’époque que l’on a assisté au PSG avec l’arrêt de Laure Boulleau et le départ de Marie-Laure Delie qui suivait de six mois ceux de Laura Georges et Shirley Cruz et d’un an la retraite de Sabrina Delannoy. Il ne reste désormais plus aucune joueuse de la première saison de Farid Benstiti au club, et les départs d’Erika, de Vero Boquete et Jenni Hermoso complètent les grandes manœuvres démarrées l’hiver dernier avec Patrice Lair et poursuivie avec Olivier Echouafni.

En dehors de la Chinoise Wang Shuang, d’Irene Paredes toujours là et de Formiga qui va revenir de blessure9, l’effectif n’est plus constitué de stars internationales mais plutôt de jeunes joueuses prometteuses, qu’elles soient françaises ou étrangères. Le PSG a ainsi complété son contingent de jeunes Bleues, actuelles comme Ève Périsset, Kadidiatou Diani et Grace Geyoro ou prétendantes comme Marie Katoto et Perle Morroni en faisant venir Annahita Zamanian, particulièrement en vue lors de la Coupe du monde M20 cet été.

De même, la Polonaise Paulina Dudek et la Belge Davinia Vanmechelen arrivées l’an dernier ont été rejointes par la Danoise Signe Bruun et la Brésilienne Daiane Limeira Santos Silva.

On aurait plutôt attendu cette stratégie de la part de clubs moins riches et elle tranche avec le recrutement d’une pléthore de stars plus ou moins sur le retour qui était pratiqué jusque là. Mais en ce début de saison, elle fait la preuve de son efficacité et elle est riche de promesses d’avenir. Il reste à voir si la régularité sera au rendez-vous et si cela permettra de rivaliser avec Lyon mais la place européenne semble déjà en vue.

Pronostic : 2e

Rodez

Après avoir créé la surprise en atteignant la 5e place il y a trois ans sous les ordres de Sébastien Joseph, l’équipe ruthénoise semble plus à la peine depuis. L’an dernier, elle a fait partie du groupe d’équipes à 22 points en compagnie de Bordeaux, Fleury et Guingamp, Albi étant relégué avec 20. Mais l’impression qui demeure est que les concurrentes en question se sont plus renforcé cette saison et que le fait d’être adossé à un club dont l’équipe masculine évolue en National 1 (un cran plus haut que Fleury cependant) est un désavantage sur la durée.

Sur le papier, le principal changement est le remplacement sur le banc de Grégory Mleko par Sabrina Viguier. Mais la saison dernière, l’ancienne internationale semblait déjà jouer le rôle d’entraîneuse principale.

Outre Fanny Hoarau et Ekaterina Tyryshkina partie pour Guingamp, le RAF a aussi perdu Raquel Infante et Julie Peruzzetto. Ces départs ont été compensés par les arrivées de Suzy Morin, Sarah Chalabi et Léonie Fleury mais les deux principales recrues évoluent aux deux extrémités du terrain. Rodez a profité de la relégation des voisines albigeoises pour attirer leur meilleure joueuse l’attaquante Kimberley Cazeau et la gardienne internationale de Montpellier, barrée dans l’Hérault par Casey Murphy et Méline Gérard est venu chercher du temps de jeu dans l’Aveyron.

Pronostic : 11e ou 12e

Soyaux

Face à l’ES Blanquefort, à l’AS Saint-Apollinaire, au FC Val d’Orge, au Stade Briochin, au FC Templemars Vendeville, au FC Lyon, à l’AS Algrange, à Montpellier Le Crès, au FC Juvisy, l’ASJ Soyaux est l’un des trois clubs de D1 qui n’est pas issu de l’absorption10 d’une équipe de D1 ou D2 par un club masculin et le seul qui reste exclusivement féminin puisque le PSG et Rodez sont des clubs mixtes.

À long terme, le manque de moyen qui en découle sera fatalement préjudiciable mais jusque là le club charentais qui fêtait ses cinquante ans la saison dernière11 arrive à rester concurrentiel et ne figure pas au premier rang des équipes destinées à la relégation. L’un de ses points forts actuels est son entraîneur Sébastien Joseph.

Soyaux a perdu ses défenseuses Elba Verges et Marie-Aurelle Awona, son attaquante Danielle Tolmais repartie après six mois très convaincants et surtout Justine Deschamps, joueuse emblématique du club qui a arrêté après une dizaine d’années au club.

En contrepartie, il est allé chercher des joueuses revanchardes : les défenseuses marseillaises de l’équipe de France B Anaïs M’Bassidje et Hawa Cissoko qui restent ainsi en D1, l’attaquante historique de l’ES Blanquefort Sarah Cambot qui n’entrait plus dans le projet des Girondines de Bordeaux et la Stéphanoise Lucie Pingeon qui n’a pas confirmé jusque là les promesses de sa formation lyonnaise. Il a également attiré l’Espagnole Aina Torres arrivée de Houston en UWS (la deuxième division de la NWSL américaine).

Pronostic : entre 4e et 8e

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Anaïs M'Bassidjé et Hawa Cissoko, de Marseille à Soyaux / photo: footofeminin.fr

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Izzy Christiansen, recrue lyonnaise / photo: footofeminin.fr

Neuf mois

Les grandes lignes de la sélection française pour la prochaine Coupe du monde à domicile semblent désormais établies mais il reste quelques places à prendre. Le point à neuf mois de l’échéance avec le poste d’avant-centre qui a peut-être été chamboulé par la Coupe du monde M20 et celui d’arrière centrale dont les titulaires sont connues mais pas les remplaçantes.

Pendant que les autres équipes européennes se partageaient les derniers tickets pour la Coupe du monde (l’Allemagne, l’Angleterre, l’Écosse, la Norvège et la Suède ont rejoint l’Espagne et l’Italie alors que la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse se disputeront en barrage la dernière place), les Bleues de Corinne Diacre reprenaient en douceur face au Mexique. La victoire 4-0 est dans les normes habituelles face à cet adversaire (d’habitude c’était 5-0) et la faiblesse de l’opposition ne permet pas de tirer d’énormes enseignements sur le jeu de l’équipe de France mais il dévoile quelques options envisagées par la sélectionneuse.

Eugénie Le Sommer

Eugénie Le Sommer

C’est l’occasion de commencer à suivre la probabilité de présence des internationales à la Coupe du monde (sauf blessure) calculée selon une méthode hygrodactylique.

Le match contre le Mexique n’a pas remis réellement en cause les tendances fortes constatées suite à la lourde défaite contre l’Angleterre lors de la SheBelieves Cup. L’équipe type est à peu près certaine au moins en défense et au milieu. Les places d’ailière droite et d’avant-centre sont les seules qui semblent encore ouvertes. De plus une quinzaine de places semblent déjà prises dans la liste des 23 (sauf blessures) ce qui laisse encore quelques ouvertures.

Kadidiatou Diani en pointe

En théorie, la place en pointe devrait revenir à Marie Katoto qui est avec Ada Hegerberg la meilleure joueuse à ce poste en D1. Mais elle a été réservée toute la saison dernière pour la Coupe du monde M20 pendant laquelle elle a été fantomatique. La solution au problème s’est donc à nouveau éloignée en attendant de voir comme l’attaquante du PSG se reprendra cette saison.

Sans elle et en l’absence de Valérie Gauvin blessée, Corinne Diacre a choisi de titulariser Kadidiatou Diani en pointe, poste qu’elle a occupé régulièrement chez les jeunes mais plus vraiment depuis. Sa prestation a été intéressante avec en particulier un très bon déplacement et une très bonne réalisation sur le premier but. Difficile de dire que c’est une solution d’avenir face à une aussi faible adversité mais elle a au moins démontré qu’elle pouvait rendre service ponctuellement dans l’axe.

Kadidiatou Diani

Kadidiatou Diani

Côté droit de l’attaque, Delphine Cascarino a enchaîné sa deuxième titularisation mais n’a pas montré toutes ses qualités, s’attirant les foudres de Corinne Diacre. Sur le papier, elle est largement favorite pour être titulaire mais il lui reste à le démontrer en équipe de France mais aussi à Lyon où la concurrence est forte.

Deux nouvelles joueuses offensives ont été appelées par la sélectionneuse : Clara Matéo qui n’est pas entrée en jeu mais qui pourrait être une solution comme doublure de Gaëtane Thiney bien qu’elle joue plutôt en pointe ou sur un côté au PFC (où la place de Gaëtane Thiney est occupée par Gaëtane Thiney) et Kenza Dali qui a fait son retour après deux ans d’absences.

Ces arrivées montrent que si les essais tous azimuts sont terminés, le groupe n’est pas encore fermé surtout en attaque. Cela peut laisser des espoirs à d’anciennes internationales comme Claire Lavogez ou Kheira Hamraoui en fonction de leur saison en club. Par contre au-delà du cas de Marie Katoto, la Coupe du monde M20 n’a sans doute pas fait avancer les candidatures des joueuses offensives.

Annaïg Butel plutôt que Julie Debever

Deux autres sujets ont été mis en exergue contre le Mexique par les forfaits de deux joueuses sélectionnées initialement. Karima Benameur a été remplacée par Laetitia Philippe qui ne compte certes que quatre sélections (dont deux pour moins de cinq minutes) mais dont la première apparition date de 2009. L’ancienne montpelliéraine devrait retrouver du temps de jeu à Rodez. Pour le moment rien ne permet de penser que cela perturbera la hiérarchie actuelle et on attendra plutôt le retour en D1 de Mylène Chavas à Dijon pour cela.

Wendie Renard a également déclaré forfait pour ce match contre le Mexique, ne laissant que deux défenseuses centrales dans la liste initiale : Griedge Mbock et Julie Debever. Elle a été remplacée dans la liste par Annaïg Butel, neuf sélections depuis 2013 sous trois sélectionneurs différents. Et comme si Corine Diacre voulait bien appeler Julie Debever mais pas pousser l’excentricité jusqu’à l’aligner, c’est l’appelée de dernière minute qui a joué à côté de Griedge Mbock et qui a livré une prestation tout à fait convaincante. Dans la mesure où derrière les deux titulaires, il y a une ou deux places à prendre et que la première est sans doute dévolue à Aïssatou Tounkara de retour de blessure, elle a pris date, prenant un peu d’avance sur les internationales M20 de la Coupe du monde bretonne, Julie Thibaud et Maëlle Lakrar.

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 80%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 131 90 100%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 80%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 10%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Bacha Selma 17 Lyon 0 9%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 50%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 10%
Debever Julie 30 Guingamp 0 0 1%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 20 0 90%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 10%
Majri Amel 25 Lyon 40 90 100%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 44 90 100%
Perisset Eve 23 PSG 11 0 80%
Renard Wendie 28 Lyon 101 100%
Thibaud Julie 20 Bordeaux 0 10%
Torrent Marion 26 Montpellier 12 90 100%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 6 90%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 8 19 25%
Bussaglia Élisse 32 Barcelone 179 40%
Clemaron Maéva 25 Fleury 1 10%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 9%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 80%
Geyoro Onema Grace 21 PSG 16 90 100%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 5%
Henry Amandine 28 Lyon 76 71 100%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 20%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 10%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 90%
Cascarino Delphine 21 Lyon 5 61 80%
Dali Kenza 27 Dijon 20 10 30%
Diani Kadidiatou 23 PSG 39 90 100%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 10 80%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 5%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 154 90 100%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 60%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 30%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 30%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 90%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 147 80 100%
Katoto Marie 19 PSG 0 55%

Pas de finale pour les Bleuettes

La finale du mondial des moins de 20 ans opposera le Japon à l’Espagne. Les deux équipes se sont déjà affrontées au premier tour et les Nipponnes ont les faveurs des pronostics pour prendre leur revanche. L’affiche de la finale propose les deux équipes qui ont fait la meilleure impression depuis le début du tournoi.

Le Japon a tranquillement fait la leçon à une Angleterre dépassée alors que l’Espagne a éliminé la France sur un nouveau but de Patricia Guijarro. Les Bleuettes ont atteint leurs limites et n’ont pas été sauvées par leur star annoncée Marie Katoto qui sera passée à côté de son tournoi du début à la fin.

Malgré les discours positivistes de la fédération, il n’y aura à peu près rien à retenir de la compétition dans l’optique du futur de l’équipe de France A.

L’attaquante américaine Savannah DeMelo et ses coéquipières peuvent nourrir des regrets en voyant l’affiche de la finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans qui opposera les deux équipes qui les ont devancées au premier tour. Revenues de 2-0 à 2-2 lors du dernier match de poule contre l’Espagne, il ne leur avait alors manqué qu’un but pour continuer la compétition. Mais comme prévu le groupe C était le plus relevé avec trois des principaux candidats au titre et donc les deux finalistes.

Ueki Riko

Ueki Riko

Au premier tour l’Espagne était venue à bout du Japon grâce à un but en début de match de Carmen Menayo mais quinze jours plus tard, la faveur des pronostics va plutôt aux partenaires de Nagano Fuka qui semblent moins émoussées que celles de Maite Oroz. En demi-finale, l’Angleterre en a été réduite à faire des fautes (22 contre 5) pour tenter de contenir le jeu de passes des Japonaises, sans grand succès.

La seconde demi-finale a été beaucoup plus serrée parce que l’Espagne a eu beaucoup de mal à se dépêtrer du plan de jeu mis en place par Gilles Eyquem avec pressing très haut d’Amélie Delabre et Hélène Fercocq pour gêner la relance des défenseuses centrales Berta Pujadas et Laia Aleixandri. Avec les titularisations au milieu de Sana Daoudi et Carla Polito plutôt que d’Annahita Zamanian, la contrepartie de ce choix de la puissance était un manque de créativité qui fait que si les Bleuettes n’ont pas souvent été mises en danger, elles ont eu du mal à s’approcher du but de Catalina Coll en première mi-temps en dehors de deux accélérations d’Émelyne Laurent.

Laia Aleixandri

Laia Aleixandri

Chacune des deux équipes pouvait donc à bon droit penser être en train de maîtriser la situation mais l’Espagne était mieux placée pour faire la différence sur la justesse d’une passe ou l’efficacité d’un geste. C’est ce qui se produisait quand avant l’heure de jeu, Patricia Guijarro profitait d’une inattention de la défense française sur une touche pour battre Mylène Chavas de la tête.

La France ne parvenait ensuite pas à profiter d’une suite de faits de jeux favorables. Ni l’expulsion d’Aitana Bonmati (qui manquera donc la finale), ni le pénalty concédé par Laia Aleixandri mais manqué par Marie Katoto ne suffisait aux Bleuettes pour revenir dans le match.

Il reste encore une finale pour la troisième place contre l’Angleterre (nettement plus abordable que ne l’aurait été la vraie finale contre le Japon) mais il est déjà possible de faire un premier bilan côté français.

Le discours officiel du côté de la fédération est que la compétition est porteuse d’avenir avec une génération talentueuse qui ne sera pas passée loin de la victoire.

La réalité semble légèrement différente. Par un désagréable caprice du destin, la génération qui avait la possibilité de jouer cette Coupe du monde à domicile était sans doute l’une des moins talentueuses des dernières années et elle doit sa place en demi-finale à un tirage abordable, des faits de jeu favorables et un sélectionneur très inspiré. Soit un ensemble de facteurs qui n’auront que peu d’impact sur l’avenir. Par « avenir », il faut bien sûr entendre la Coupe du monde 2019 de l’équipe de France A et ce qu’on pouvait attendre de cette édition préliminaire était un effet d’entraînement avec une victoire finale et bien sûr la performance de quelques joueuses qui pourraient intégrer l’équipe de Corinne Diacre d’ici un an.

Le fantôme de Marie Katoto

Pour la victoire c’est donc manqué et clairement, aucune joueuse de la sélection de Gilles Eyquem n’a fait un pas en avant vers les A durant la compétition. Ce n’est bien sûr pas rédhibitoire et il est très probable que l’on retrouve l’une ou l’autre très prochainement dans une liste de Corinne Diacre mais cela plutôt malgré cette Coupe du monde que grâce à elle.

Le premier nom qui vient en tête est bien entendu celui de Marie Katoto qui a manqué ses deux premiers matchs, s’est retrouvée remplaçante, a fait des entrées en jeu médiocres avant de parachever son bilan en manquant le pénalty qui aurait relancé les Bleuettes, histoire de bien confirmer que sa Coupe du monde était manquée. Sans chercher les raisons du pourquoi et du comment, ce bilan de l’attaquante parisienne est aussi un constat d’échec de la doctrine de donner la priorité cette saison à l’équipe des moins de 20 ans sur l’équipe A. Ses prestations depuis deux saisons faisaient d’elle une candidate naturelle à l’équipe de France A et le choix de la mettre au frais une saison l’a faite arriver en Bretagne avec la pression d’une joueuse qui n’avaient qu’à perdre pendant la compétition, sa place en A était déjà annoncée.

Marie Katoto

Marie Katoto

À l’étranger, Patricia Guijarro compte 12 sélections en équipe d’Espagne, Lucia Garcia 6 et Aitana Bonmati 4, alors que Nagano Fuka, Miyagawa Asato et Ueki Riko ont été convoquées en janvier au stage de l’équipe du Japon. Cela n’empêche pas ces joueuses de briller lors de cette Coupe du monde dont Guijarro et Ueki sont actuellement les meilleures buteuses.

En France, non seulement Marie Katoto a perdu l’occasion de s’intégrer chez les A mais sa Coupe du monde risque de retarder son appel, en espérant même qu’elle arrive à tourner vite la page.

En dehors de ce cas d’espèce, le bilan général des individualités est très mitigé et n’a rien apporté de nouveau. Du moins pas positivement.

En dehors de Marie Katoto, deux joueuses étaient particulièrement attendue pour une intégration rapide au niveau au dessus. Mylène Chavas n’a pas raté sa compétition mais elle ne devrait pas être désignée meilleure gardienne de la compétition comme il y a deux ans et ce tournoi n’ajoutera rien à sa gloire. Elle devra plutôt compter sur son retour en D1 avec Dijon. Selma Bacha a sans doute été la Française la plus en vue mais cela lui a surtout permis de ne pas dilapider le capital acquis en club. Et elle évolue à un poste qui n’est sans doute pas celui où l’urgence est la plus grande pour la sélectionneuse.

Ce n’est sans doute pas le cas de ses partenaires de la défense, le secteur de jeu le plus convaincant des Bleuettes. Même si après avoir longtemps cherché une doublure à Marion Torrent, Corinne Diacre a fini par rappeler Ève Périsset et que l’urgence est donc moins grande, Élisa De Almeida a fait preuve de solidité et a tenté d’impulser la révolte en fin de match contre l’Espagne. Sa remplaçante Léna Goetsch a par contre coulé contre la Nouvelle-Zélande.

Dans l’axe comme prévu Maëlle Lakrar est devenue la joueuse de base et Julie Thibaud l’a le plus souvent accompagnée, profitant un temps d’une légère blessure de Julie Piga. La présence de trois défenseuses centrales seulement1 dans la liste de Corinne Diacre pour le premier match de la saison contre le Mexique, et le fait que l’une d’elle est Julie Debever dont la probabilité de présence à la Coupe du monde reste faible, montre qu’il y a certainement au moins une place à prendre avec la retraite de Laura Georges et même après le retour d’Aïssatou Tounkara.

Julie Piga n’a joué que deux matchs et aura difficilement l’occasion de se montrer en D2 avec Grenoble. Au contraire, Maëlle Lakrar jouera le haut de tableau à condition de se faire une place à Montpellier. Mais ce n’est pas faire un pari très risque que de miser sur elle.

Sana Daoudi

Sana Daoudi

Devant, les ailières Émelyne Laurent, Sandy Baltimore et Melvine Malard n’ont pas démérité mais pas au point de compenser leur faible temps de jeu en club. Comme pour les défenseuses centrales, il y a sans doute de la place mais aucune ne s’est assez montrée durant ce mondial pour mettre le pied dans la porte.

En pointe le cas de Marie Katoto a été évoqué et celui de sa remplaçante illustre assez bien le bilan des Bleuettes. Amélie Delabre a marqué quatre buts, sortant la France d’une situation délicate contre les Pays-Bas puis marquant avec autorité le pénalty vainqueur contre la Corée du Nord. Son abattage et son abnégation au pressing ont été appréciées. Mais si elle apporte un profile différent, qu’elle a su saisir sa chance au premier tour, ses prestations contre la Corée et l’Espagne n’ont pas apporté beaucoup offensivement et à 17 ans la benjamine du groupe qui n’a encore jamais joué en D1 n’est certainement pas le futur immédiat des Bleues.

Le milieu enfin a confirmé qu’il était le point faible de cette sélection. Sana Daoudi a été impeccable à la récupération et pourra être vue plus haut mais à son poste évoluent déjà Amandine Henry, Grace Geyoro ou Aminata Diallo. Annahita Zamanian est l’autre joueuse qui a pu marquer des points. Peu connue en France où elle n’a jamais joué, la joueuse de Göteborg a montré une belle qualité de passe.

Mais Hélène Fercocq, malgré une belle activité contre l’Espagne, Christy Gavory et Carla Polito semblent avoir atteint leurs limites dans cette compétition.

Dernier carré

Pas de surprise en quarts de finale, les demi-finales opposeront l’Angleterre au Japon et la France à l’Espagne. Pour les Bleuettes il s’agira de la deuxième revanche des finales de l’an dernier face à l’équipe qui l’avait battu à l’Euro.

La compétition reste très ouverte mais il est certain qu’elle connaîtra un nouveau vainqueur puisque la Corée du Nord et l’Allemagne ont été sorties par la France et le Japon.

L’affiche des demi-finales de la Coupe du monde des moins de 20 ans est conforme à ce qui était attendu avant les quarts. S’il y a une surprise, c’est seulement que le match le moins serré aura été celui qui semblait le plus incertain et qu’il a été à l’avantage du seul deuxième de groupe qui sera en demi-finales.

Le Japon a sorti l’Allemagne 3-1 après avoir mené 3-0 et a confirmé que le groupe C était bien le plus relevé puisque ses deux représentants ont passé le cap des quarts.

Battues par les Françaises il y a deux ans, les Japonaises tenteront d’atteindre pour la première fois la finale contre l’Angleterre.

Georgia Stanway

Georgia Stanway

Face aux Pays-Bas, c’est Georgia Stanway qui cette fois a été la joueuse en vue en marquant coup sur coup les deux buts de la victoire alors que les Néerlandaises avaient ouvert le score grâce à Victoria Pelova. Largement favorites, les Anglaises se sont contentées du service minimum mais entrent pour la première fois dans les dernier carré de la compétition.

Pour l’Espagne, le monde après l’Europe

L’Espagne atteint également ce stade pour la première fois et matérialise au niveau mondial sa domination européenne (double tenante de l’Euro et six fois finalistes lors des sept dernières éditions). Sa victoire contre le Nigeria ne faisait pas vraiment de doute et le score ne reflète pas vraiment son importante domination. Mais comme contre les États-Unis, les coéquipières de Patricia Guijarro ont trouvé le moyen de se mettre en difficulté dans un match qu’elles dominaient largement.

En demi-finale, elles affronteront la France pour la revanche de la finale de l’Euro M19. Les Bleuettes ont déjà pris leur revanche de la finale de la dernière Coupe du monde M20 contre la Corée du Nord mais sur la pelouse seule Mylène Chavas était déjà présente. La finale de l’Euro M19 de l’an dernier concerne par contre les mêmes joueuses. 19 des 22 titulaires de la finale seront présentes à Vannes, onze du côté espagnol et huit du côté français et il devrait y en avoir une grosse douzaine sur la pelouse au coup d’envoi même si les voies de Gilles Eyquem sont impénétrables.

Possession
Pos. Équipe %
1 Espagne 59%
2 France 57%
Brésil 57%
4 Pays-Bas 55%
5 États-Unis 53%
Japon 53%
7 Chine 51%
8 Mexique 50%
Allemagne 50%
10 Haïti 49%
11 Corée du Nord 47%
12 Ghana 46%
Angleterre 46%
14 Nigeria 44%
15 Nouvelle-Zélande 39%
16 Paraguay 37%

En quart de finale, l’entraîneur français avait reconduit Amélie Delabre plutôt que Marie Katoto ce qui était dans la logique du troisième match de poule mais restait un choix fort. Et surtout il choisissait de ne pas titulariser Émelyne Laurent pour la première fois de la compétition pour conserver Melvine Malard et faire entrer Sandy Baltimore. Les deux autres changements, les retours de Julie Thibaud à la place de Julie Piga et celui d’Annahita Zamanian pour Carla Polito étaient plus attendus.

Émelyne Laurent

Émelyne Laurent

Contre les Coréennes, les Bleuettes tenaient le ballon et dominaient mais s’engluaient sur la rigoureuse défense des tenantes du titre et il fallait un pénalty sur une main anodine pour leur permettre d’ouvrir le score. En seconde période, les coéquipières de Ryang Rong Mi sortaient un peu plus et au bilan, la France finissait avec plus de possession de balle mais moins de tirs et moins de tirs cadrés. Elle a d’ailleurs concédé 14 tirs cadrés depuis le début de la compétition pour un seul but encaissé. Les autres équipes encaissent dans le meilleur des cas un but tous les 6 tirs cadrés. Dans l’autre sens, il ne lui faut qu’à peine plus de deux tirs cadrés pour marquer un but. La force française réside donc dans une incroyable efficacité offensive comme défensive.

En demi-finale, les Bleuettes seront confrontées à un défi très différent puisqu’elles affronteront la seule équipe qui tient plus le ballon. Selon Gilles Eyquem, la clef du match sera de répondre à cette possession puisque les Espagnoles savent en général quoi faire de la balle quand elles l’ont.

Buteuses
Pos. Nom Buts
1 8-GUIJARRO Patricia (ESP) 5
10-STANWAY Georgia (ENG) 5
3 19-DELABRE Amelie (FRA) 4
10-DEMELO Savannah (USA) 4
11-OVALLE Jacqueline (MEX) 4
11-TAKARADA Saori (JPN) 4
19-UEKI Riko (JPN) 4
8 9-HEMP Lauren (ENG) 3
19-KALMA Fenna (NED) 3
7-LAURENT Emelyne (FRA) 3
10-MONDESIR Nerilia (HAI) 3
7-RUSSO Alessia (ENG) 3
9-SMITH Sophia (USA) 3
14 20-CHOE Kum Ok (PRK) 2
10-FREIGANG Laura (GER) 2
17-KEROLIN NICOLI (BRA) 2
14-PELOVA Victoria (NED) 2
18 14-BONMATI Aitana (ESP) 1
8-AJIBADE Rasheedat (NGA) 1
3-ANIMA Ruth (GHA) 1
Passeuses
Pos. Nom Passes
1 2-AN Kuk Hyang (PRK) 4
2 20-ENDO Jun (JPN) 3
8-GUIJARRO Patricia (ESP) 3
4 9-HEMP Lauren (ENG) 2
4-RODRIGUEZ Kimberly (MEX) 2
19-KALMA Fenna (NED) 2
14-PELOVA Victoria (NED) 2
17-POLITO Carla (FRA) 2
11-TAKARADA Saori (JPN) 2
10-VICTORIA (BRA) 2
11 14-BONMATI Aitana (ESP) 1
8-ALLEN Georgia (ENG) 1
6-ASANTEWAA Grace (GHA) 1
3-BACHA Selma (FRA) 1
18-BUEHL Klara (GER) 1
9-ESPINOSA Daniela (MEX) 1
11-ELOISSAINT Roseline (HAI) 1
8-FELDKAMP Jana (GER) 1
19-GILROY Erin (USA) 1
7-GWINN Giulia (GER) 1

Programme

Les deux demi-finales auront lieu mardi 20 août au Stade de la Rabine à Vannes

Angleterre-Japon à 16h00

L’Angleterre a impressionné mais face n’a rencontré aucune équipe du niveau de l’Espagne, des États-Unis ou de l’Allemagne. Elle a quasiment toujours débuté avec le même onze qui pourrait commencer à être usé mais cela sera aussi le cas du Japon où une douzaine de joueuses seulement a été utilisée plus de quelques minutes jusque là. La clé du match sera certainement la capacité des attaquantes anglaises à marquer en transition rapide dans un match où les Japonaises auront le ballon.

Angleterre : 1-Sandy MacIver - 2-Anna Patten, 14-Chloe Peplow, 5-Grace Fisk (cap.), 2-Patten Anna - 4-Mollie Rouse, 6-Megan Finnigan, 10-Georgia Stanway - 7-Alessia Russo, 9-Lauren Hemp, 16-Chloe Kelly

Japon : 18-Stambaugh Hannah - 4-Minami Moeka (cap.), 13-Asato Miyagawa, 6-Takahashi Hana, 17-Kitamura Nanami - 7-Hayashi Honoka, 9-Miyazawa Hinata, 10-Nagano Fuka, 20-Endo Jun - 11-Takarada Saori, 19-Ueki Riko

France-Espagne à 19h30

La composition de l’équipe de France est imprévisible. À part Mylène Chavas et Selma Bacha, aucune joueuse n’a démarré les quatre premiers matchs. Cinq des six attaquantes sont des titulaires en puissance, seule Marion Rey semblant légèrement en retrait (et encore, on ne sait jamais avec Gilles Eyquem), les cinq milieux ont toutes été titularisées au moins deux fois et trois joueuses se disputent les deux places dans l’axe de la défense.

Pedro Lopez est beaucoup plus conservateur avec une équipe type beaucoup stable. L’Espagne ayant aussi eu des oppositions plus relevées, même si ce n’était pas le cas de son quart, elle aura intérêt à faire la différence rapidement face à une équipe plus fraîche et dont les remplaçantes seront plus proches des titulaires.

France : 1-Mylène Chavas - 2-Élisa De Almeida, 4-Julie Thibaud, 13-Maëlle Lakrar, 3-Selma Bacha - 6-Sana Daoudi, 17-Christy Gavory, 10-Annahita Zamanian - 7-Émelyne Laurent, 9-Marie Katoto (cap.), 20-Sandy Baltimore

Espagne : 21-Catalina Coll - 4-Laia Aleixandri, 11-Carmen Menayo, 12-Lucia Rodriguez, 3-Berta Pujadas - 6-Damaris Egurrola, 8-Patricia Guijarro, 10-Maite Oroz, 14-Aitana Bonmati (cap.) - 17-Lucia Garcia, 20-Claudia Pina

Des quarts à Vannes (et à Concarneau)

Le premier tour de la Coupe du monde des moins de 20 ans a vu la qualification de l’intégralité des sélections européennes qui seront accompagnées par la Corée du Nord, le Japon et le Nigeria qui a doublé la Chine sur le fil.

Si l’Allemagne est la seule équipe à avoir réussi à remporter ses trois matchs, c’est l’Angleterre de Lauren Hemp qui a fait la plus forte impression.

En quart de finale, les Bleuettes affronteront la Corée du Nord pour la revanche de la dernière finale.

Le bilan général du premier tour de la Coupe du monde est très à l’avantage de l’Europe qui a qualifié ses cinq représentant et qui a remporté les quatre groupes. À quelque secondes près, les quarts de finales auraient pu se résumer à une confrontation avec l’Asie puisque la Corée du Nord et le Japon ont pris la deuxième place des groupes B et C et que la Chine pensait faire de même dans le groupe D avant d’encaisser un but égalisateur du Nigeria à l’ultime minute du dernier match qui a qualifié l’équipe africaine. Aucune équipe américaine ne sera présente au tour suivant.

La forte impression anglaise

L’équipe la plus convaincante du premier tour est l’Angleterre menée par les joueuses de Manchester City Georgia Stanway et Lauren Hemp. Après avoir battu les tenantes du titre coréennes avec autorité en ouverture, elles laissaient échapper la victoire contre Brésil dans le temps additionnel. Mais menée à la mi-temps du dernier match contre le Mexique sur un but de l’ailière Jacqueline Orvalle, elles accéléraient pour remporter le match 6-1. Dans ce groupe B, la Corée du Nord a remporté difficilement ses matchs contre le Brésil et le Mexique pour s’offrir un quart de finale contre la France. Le Mexique a cru jusqu’à la mi-temps du dernier match à la qualification avant de couler sous la pluie de Saint-Malo. Le Brésil par contre est resté totalement hors sujet de bout en bout, jamais complètement dépassé mais ne remportant qu’un point in extremis contre l’Angleterre.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 Angleterre 10
2 États-Unis 8
3 France 8
4 Japon 7
5 Espagne 7
6 Pays-Bas 6
Allemagne 6
8 Mexique 5
Corée du Nord 5
10 Brésil 4
11 Haïti 3
Chine 3
13 Nigeria 2
Ghana 2
15 Paraguay 1
Nouvelle-Zélande 1

L’Allemagne a remporté ses trois matchs et elle est la seule dans ce cas. Pourtant elle n’a pas fait aussi forte impression. La faute certainement à la faiblesse du groupe D où ni la Chine, ni le Nigeria ne semblent au niveau. Du coup Haïti qui était l’invité surprise a pu rivaliser lors des trois matchs même s’ils ont été perdus à chaque fois d’un but d’écart. C’est le Nigeria qui accompagne l’Allemagne au tour suivant grâce à un but contre son camp de Dou Jia-xing dans les arrêts de jeu de la confrontation contre la Chine, et parce que les Chinoises ont encaissés un but de plus contre l’Allemagne. C’est l’Espagne qui se trouvera sur sa route dans un quart de finale qui sera le plus déséquilibré.

Dou Jia-xing

Dou Jia-xing

L’équipe espagnole a remporté le groupe le plus relevé. Comme prévu, le Paraguay n’a pas fait illusion battu 4-1 par l’Espagne puis 6-0 par les États-Unis et le Japon. Tout se jouait donc lors des confrontations entre les trois favorites. L’Espagne n’était pas loin de remporter ces deux matchs. Après avoir battu le Japon 1-0, elle menait 2-0 contre les États-Unis avant de se relâcher en fin de match et de se faire rejoindre finalement sans conséquence mais une défaite aurait été éliminatoire en raison du plus faible score contre le Paraguay. Mais le nul ne profitait pas aux Américaines qui avaient entre temps perdu contre le Japon. Si l’Espagne peut déjà préparer sa demi-finale, le Japon aura fort à faire contre l’Allemagne.

Amélie Delabre et Claudia Bunge

Amélie Delabre et Claudia Bunge

Enfin dans le groupe A, la France bénéficiait d’un groupe à sa portée. Mais après avoir facilement battu une très faible équipe ghanéenne, elle butait sur de solides Néo-Zélandaises. Comme pendant ce temps là, les Néerlandaises avaient battu les mêmes équipes, il fallait au moins un nul aux Bleuettes pour s’assurer la qualification et une victoire pour la première place. Fidèle à son habitude, Gilles Eyquem n’hésitait pas à faire tourner (20 joueuses ont participé au premier tour, seule la troisième gardienne Camille Pecharman n’est pas entrée en jeu). Il changeait six joueuses entre le deuxième et le troisième match, sortant en particulier la star attendue Marie Katoto. Et c’est justement sa remplaçante Amélie Delabre, plus jeune joueuse de l’équipe, qui tirait l’équipe en marquant un triplé dès la première demi-heure.

Nombre de joueuses utilisées
Pos. Équipe Joueuses
1 France 20
2 Allemagne 19
3 Haïti 18
Espagne 18
5 Pays-Bas 17
Nouvelle-Zélande 17
Nigeria 17
Japon 17
Angleterre 17
10 États-Unis 16
Paraguay 16
Mexique 16
Ghana 16
Chine 16
15 Corée du Nord 15
Brésil 15

Des stars au rendez-vous

Au bilan individuel, plusieurs stars annoncées ont été au rendez-vous. Les Anglaises Georgia Stanway et surtout Lauren Hemp ont pris date. L’Espagnole Patricia « Patri » Guijarro est en tête au classement des buteuses accompagnée de l’ailière mexicaine Jacqueline Orvalle, buteuse à chaque match et de l’Américaine Savannah Demelo, triple buteuse contre le Paraguay (tout comme Patricia Guijarro). Parmi les autres joueuses en vue, on peut citer l’avant-centre néerlandaise Fenna Kalma, la meneuse coréenne Kim Kyong Yong et la relayeuse allemande Giulia Gwin.

La capitaine haïtienne Nérilia Mondésir était attendue et elle a confirmé en marquant trois buts dont un doublé contre une équipe d’Allemagne certes remaniée. Mais sa coéquipière Melchie Dumonay a été également une vraie découverte.

Nérilia Mondésir

Nérilia Mondésir

Du côté des Bleuettes, Marie Katoto est passé à côté de son premier tour, laissant la vedette à Amélie Delabre au troisième match. Mylène Chavas n’a pas brillé mais elle a été assez peu sollicitée et n’a encaissé qu’un but, la France étant la meilleure défense à égalité avec le Japon. La troisième star attendue Selma Bacha a par contre été au rendez-vous. Seule joueuse française à avoir disputé l’intégralité des trois rencontre, elle a enchaîné les prestations de haut niveau et été désignée joueuse du match contre la Nouvelle-Zélande. Émelyne Laurent sur l’aile droite et Annahita Zamanian au milieu ont aussi été convaincantes. Enfin comme prévu Maëlle Lakrar s’est imposée comme une concurrente du duo Julie Thibaud-Julie Piga dans l’axe. Chacune des trois joueuses a débuté deux matchs mais la néo-Montpelliéraine semble la plus assurée de débuter en quart.

Défenses
Pos. Équipe Buts
1 France 1
2 Japon 1
3 Allemagne 2
4 Nigeria 2
5 Angleterre 3
6 Espagne 3
Nouvelle-Zélande 3
8 États-Unis 3
9 Chine 4
10 Corée du Nord 5
11 Pays-Bas 5
12 Brésil 6
13 Haïti 6
14 Ghana 8
15 Mexique 10
16 Paraguay 16

Programme

Espagne-Nigeria

Le 16 août à 16h00 au stade Guy-Pirou à Concarneau.

En théorie pas de suspense. Les championnes d’Europe partent largement favorites face à des Nigeriannes passées par un trou de souris.

Gift Monday, Bashirat Amoo et Peace Efih

Gift Monday, Bashirat Amoo et Peace Efih

Espagne : 21-Catalina Coll - 4-Laia Aleixandri, 11-Carmen Menayo, 12-Lucia Rodriguez, 3-Berta Pujadas - 6-Damaris Egurrola, 8-Patricia Guijarro (cap.), 10-Maite Oroz, 14-Aitana Bonmati - 17-Lucia Garcia, 20-Claudia Pina

Nigeria : 16-Chiamaka Nnadozie - 15-Opeyemi Sunday, 13-Mary Ologbosere, 9-Joy Duru - 14-Anam Imo, 8-Rasheedat Ajibade (cap.), 5-Gift Monday, 7-Peace Efih - 17-Chidinma Okeke, 11-Bashirat Amoo, 4-Christy Ucheibe

France-Corée du Nord

Le 16 août à 19h30 au stade Guy-Pirou à Concarneau.

C’était l’affiche de la finale d’il y a deux ans, remportée par les Coréennes. Mais seule Mylène Chavas est à nouveau présente et la Corée du Nord semble moins forte. À domicile, les Bleuettes partent très légèrement favorites.

Si la composition l’équipe coréenne est assez prévisible – 10 joueuses ont débuté tous les matchs de poules – celle de l’équipe de France est indéchiffrable : 17 joueuses ont été titularisées au moins une fois, seule l’Allemagne, Haïti et l’Espagne ont seulement fait entrer plus de joueuses.

Élisa De Almeida

Élisa De Almeida

France : 1-Mylène Chavas - 2-Élisa De Almeida, 4-Julie Thibaud, 13-Maëlle Lakrar, 3-Selma Bacha - 6-Sana Daoudi, 17-Carla Polito, 10-Annahita Zamanian - 7-Émelyne Laurent, 9-Marie Katoto (cap.), 11-Melvine Malard

Corée du Nord : 18-Kim Yong Sun - 2-An Kuk Hyang , 5-Ri Kum Hyang, 19-Ri Pom Hyang, 3-Ryang Ryong Mi (cap.) - 8-Pang Un Sim, 9-Kim Pom Ui, 12-Ko Kyong Hui, 20-Choe Kum Ok - 10-Kim Kyong Yong, 11-Son Sun Im

Angleterre-Pays-Bas

Le 17 août à 16h00 au stade de la Rabine à Vannes.

L’an dernier, les deux équipes s’étaient affrontées au premier tour de l’Euro M19 et les Néerlandaises l’avaient emporté 2-0 grâce à Aniek Nouwen et Joelle Smits. Mais un an plus tard, le rapport de force semble avoir évolué. Si les Anglaises ont conservé une ossature plus proche de celle de l’Euro que les Néerlandaises, elles se sont aussi renforcé en attaque avec le retour de Georgia Stanway et l’arrivée de Lauren Hemp qui aurait pu jouer l’Euro cet année mais qui est déjà au mondial M20. La milieu anglaise Mollie Rouse ayant reçu deux cartons jaunes devrait être suspendue pour ce match.

Lauren Hemp

Lauren Hemp

Angleterre : 1-Sandy MacIver - 2-Anna Patten, 14-Chloe Peplow, 5-Grace Fisk (cap.), 2-Patten Anna - 8-Georgia Allen, 6-Megan Finnigan, 10-Georgia Stanway - 7-Alessia Russo, 9-Lauren Hemp, 16-Chloe Kelly

Pays-Bas : 1-Lize Kop (cap.) - 2-Jasmijn Duppen, 5-Aniek Nouwen, 12-Danique Ypema, 15-Lisa Doorn - 6-Eva van Deursen, 3-Caitlin Dijkstra, 14-Victoria Pelova - 17-Naomi Pattiwael, 19-Fenna Kalma, 11-Ashleigh Weerden

Allemagne-Japon

Le 17 août à 19h30 au stade de la Rabine à Vannes.

Entre l’Allemagne qui a pu remporter ses trois matchs en cachant son jeu et le Japon qui n’a encaissé qu’un but contre l’Espagne, le duel s’annonce très serré.

Vanessa Fischer

Vanessa Fischer

Allemagne : 1-Vanessa Fischer - 14-Janina Hechler, 4-Sophia Kleinherne, 6-Janina Minge, 5-Pawollek Tanja - 8-Jana Feldkamp (cap.), 20-Lena Oberdorf - 7-Giulia Gwinn, 17-Sjoeke Nüsken, 10-Laura Freigang - 9-Stefanie Sanders

Japon : 18-Stambaugh Hannah - 4-Minami Moeka (cap.), 5-Ushijima Riko, 6-Takahashi Hana, 17-Kitamura Nanami - 7-Hayashi Honoka, 9-Miyazawa Hinata, 10-Nagano Fuka, 20-Endo Jun - 11-Takarada Saori, 19-Ueki Riko

Répétition générale

Moins d’un an avant la Coupe du monde, la France organise en Bretagne la Coupe du monde des moins de 20 ans. Seize équipes sont sur la ligne de départ dont les favorites habituelles. La France aura plutôt un rôle d’outsider mais profitera de jouer à domicile pour tenter de créer la surprise.

Certaines joueuses dont plusieurs Bleuettes seront en repérage en espérant revenir dans un an.

Depuis 2010, la Coupe du monde des moins de 20 ans sert de répétition pour le pays organisateur de la Coupe du monde disputée un an plus tard. Après l’Allemagne en 2010 et le Canada en 2014, c’est la France qui est chargée de l’organiser cette année1 du 5 au 24 août.

Seize équipes participent à l’épreuve avec une organisation classique, quatre poules de quatre qui qualifient pour des quarts de finales. La compétition aura lieu intégralement en Bretagne, principalement à Vannes qui accueillera en particulier les demi-finales et les finales. Les autres matchs se dérouleront à Concarneau, Dinan et Saint-Malo.

Les trois anciens vainqueurs États-Unis, Allemagne et Corée du Nord seront présents et compteront bien sûr parmi les favoris, tout comme l’Espagne, championne d’Europe M19 l’an dernier2 et le Japon de Fuka Nagano, finaliste de la Coupe du monde M17 il y a deux ans, battu par la Corée du Nord après avoir éliminé en demi-finale l’Espagne.

La France, vice-championne d’Europe M19 l’an dernier et qui jouera à domicile visera bien sûr le titre après la finale en 2016 face à la Corée du Nord et la troisième place en 2014. Mais les Bleuettes ne seront pas favorites.

La concomitance de l’Euro M19 et du mondial M20, l’un en juillet et l’autre en août a posé de vrais problèmes de choix d’effectif pour les quatre sélections qualifiées pour les deux événements. Beaucoup de joueuses étaient éligibles pour les deux mais seules deux gardiennes, la Néerlandaise Daphne van Domselaar et la Française Justine Lerond auront participé à l’un et à l’autre. Pour la France, Mathilde Bourdieu était attendu avec les moins de 20 ans mais apporté son expérience à l’Euro qu’Amélie Delabre, Selma Bacha ou Maëlle Lakrar auraient pu jouer.

Cette contrainte a eu des conséquences différentes selon les équipes. La France a été éliminée sans gagner un match, les Pays-Bas sont sortis au premier tour après deux victoires en trois matchs et à la différence de buts alors que l’Espagne a battu l’Allemagne en finale.

Des très jeunes au milieu des jeunes

La limite d’âge de 20 ans se comprend au début de l’année civile au cours de laquelle la compétition a lieu ce qui signifie que certaines joueuses peuvent avoir légèrement plus de 20 ans. Ainsi la France compte huit joueuses nées entre le 1er janvier et le 5 août 1998, tout comme l’Angleterre qui sera l’équipe plus âgée de la compétition avec une moyenne d’âge légèrement supérieure à 19 ans.

Théoriquement, les joueuses doivent aussi être âgées de plus de 16 ans (en fin d’année civile) mais quatre joueuses haïtiennes sont plus jeunes, trois n’ayant même pas encore 15 ans. Haïti présente donc naturellement l’équipe la plus jeune de la compétition, devant les deux équipes africaines, Ghana et Nigeria et la Corée du Nord.

Les Haïtiennes sont aussi – et c’est sans doute lié – les plus petites de la compétition, rendant près de 20cm aux Néerlandaises et aux Allemandes et 8cm aux Ghanéennes qui les précèdent.

Les universités américaines, principal centre de formation

Dans une telle catégorie de jeunes, les joueuses sont encore majoritairement dans des clubs locaux avec une exception liée au soccer universitaire américain : la moitié de l’équipe du Mexique et un tiers de celle d’Angleterre est licenciée dans une université au États-Unis. C’est aussi le cas de la Brésilienne Thais Reiss, de la Chinoise Zhao Yu-Jie, de l’Allemande Stefanie Sanders et de la Néerlandaise Eva van Deursen ce qui porte le contingent de joueuses qui jouent au États-Unis à 42, le plus important devant l’Espagne où la Françaises Sana Daoudi complète le contingent local.

Après le Mexique et l’Angleterre, la France est d’ailleurs l’équipe qui compte le plus d’expatriées : outre Sana Daoudi, Annahita Zamanian joue à Göteborg3 et Marion Rey à Bâle. Si l’on excepte les étudiantes américaines, aucune autre équipe ne compte plus d’une joueuse expatriée : la Paraguayenne Jessica Martinez à Santos au Brésil, la Japonaise Fuka Nagano à Hyundai Steel en Corée, la Néerlandaise Jacinta Weimar au Bayern, l’Allemange Charlotte Voll au PSG et l’Haïtienne Nérilia Mondesir à Montpellier. Car la France est également la deuxième destination après les États-Unis mais avec seulement deux expatriées.

La Montpelliéraine Nérilia Mondésir est la seule joueuse haïtienne affiliée à un club, sa sélection présente la particularité que les 20 autres joueuses sont sans club, ce qui est aussi le cas de la Ghanéenne Ernestine Abambila.

Onze des seize sélections présentes en Bretagne étaient déjà de l’affiche en Papouasie-Nouvelle-Guinée il y a deux ans. Et 46 joueuses sont à nouveau présentes dont la Brésilienne Geyse et l’Espagnole Patricia Guijarro. Pour la France, seule Mylène Chavas rempile après avoir remporté le titre de meilleure gardienne il y a deux ans.

Marie Katoto devrait être dans cette liste mais elle avait alors du décliner le voyage sur blessure.

Toutes les deux chercheront ensuite à imiter Griedge Mbock, Kadidiatou Diani et Claire Lavogez qui avaient enchaîné avec la vraie Coupe du monde un an plus tard.

Qui sont les Bleuettes ?

Mylène Chavas sera titulaire dans les buts français. Après une saison en D2 à Saint-Étienne, elle a rejoint Dijon à l’intersaison pour retrouver la D1 et reprendre sa progression qui doit la mener à l’équipe de France. La question est de savoir si ça sera dès 2019 ou juste après. Sa doublure sera la gardienne du PFC Camille Pécharman, passée également par Montpellier et Toulouse mais dont l’expérience en D1 remonte à la saison 2013-2014 où elle avait battu des records de précocité dans les buts de Muret. La troisième gardienne sera la Messine Justine Lerond qui arrive de l’Euro M19 où elle a joué les trois matchs.

En défense centrale, la Bordelaise Julie Thibaud est la valeur sûre des Bleuettes. Après des débuts au milieu avec Soyaux en 2014 lors de deux matchs décalés contre le PSG où l’équipe sojaldicienne avait envoyé sa réserve elle s’est vite imposée dans l’équipe charentaise avant de rejoindre Bordeaux la saison dernière. À ses côtés, on devrait voir Julie Piga, régulièrement capitaine de cette génération. Mais la joueuse formée à Lyon qui joue à Grenoble depuis une saison et demi pourrait être dépassée par la Marseillaise Maëlle Lakrar, de deux ans sa cadette mais qui compte deux saisons de D1 et qui rejoindra Montpellier après la Coupe du monde.

Avec la retraite de Laura Georges et le succès mitigé des essais de Corinne Diacre, il y a certainement une place à prendre dans l’axe derrière l’inamovible duo Wendie Renard-Griedge Mbock. La Coupe du monde M20 pourrait permettre à Julie Thibaud et Maëlle Lakrar de poser des jalons, ce sera sans doute plus difficile pour Julie Piga qui aura ensuite moins l’occasion de se montrer avec Grenoble en D2.

Le côté droit de la défense est assez ouvert avec trois joueuse qui étaient à l’Euro M19 l’an dernier. Élisa De Almeida part avec les faveurs des pronostics, en particulier suite à sa très bonne saison avec le PFC où elle a régulièrement occupé le flanc droit puisque l’axe était bouché par Annaïg Butel et Aïssatou Tounkara. Mais la Messine Pauline Dechilly et la Fédinoise Léna Goetsch postulent également.

La révélation Selma Bacha

Si le côté droit est ouvert, c’est parce que le gauche ne l’est pas du tout. La Lyonnaise Selma Bacha, qui n’est pas la plus jeune de l’effectif à quinze jours près, devancée par Amélie Delabre, a explosé cette saison. Prévue pour s’entraîner avec les pros de l’OL et jouer avec les U19, elle a finalement joué une vingtaine de matchs, la plupart comme titulaire et elle est championne d’Europe en ayant débuté contre Barcelone, Manchester City et Wolfsbourg. Du coup, elle est aussi la joueuse la plus utilisée cette année par Gilles Eyquem. À 17 ans, la question qui se pose n’est pas si elle sera encore de la prochaine Coupe du monde M20 dans deux ans mais plutôt ce qui pourra l’empêcher d’être de la grande dans un an. Contrairement à l’axe central, il n’y a pas vraiment de place à prendre à gauche mais comme à Lyon, elle pourrait forcer à déplacer l’une de ses concurrentes pour lui faire de la place.

La hiérarchie du milieu est la moins assurée. Sana Daoudi qui n’a pas beaucoup joué à l’Atletico cette saison devrait être la joueuse de base tandis que la joueuse de Göteborg Annahita Zamanian devrait organiser le jeu. Les deux Messines Christy Gavory et Hélène Fercocq (la seconde arrivant de Reims à l’intersaison) se disputeraient alors la troisième place. Mais l’ancienne Arrageoise Carla Polito, désormais à Lille tentera de venir bouleverser cet ordonnancement. Le milieu est sans doute la zone où les Bleuettes comptent le moins d’expérience.

Marie-Katoto avant les A

L’attaque au contraire sera une des forces de cette équipe. La Lyonnaise Émelyne Laurent sera très attendue : après avoir rongé son frein à Montpellier, elle a fait une demi-saison remarquée à Bordeaux l’an dernier et a signé à Lyon où elle a été très peu utilisée mais trouvant moyen de marquer quasiment à chaque apparition, soit trois fois en quatre matchs. Elle devrait majoritairement occuper le côté droit. À gauche, Sandy Baltimore a eu plus l’occasion de s’exprimer avec le PSG, jouant une douzaine de matchs.

Mais bien sûr, l’arme fatale des Bleuettes sera dans l’axe de l’attaque avec Marie Katoto, désormais capitaine de cette sélection. Avec 21 buts marqués en 21 matchs de D1, et 4 en 5 matchs de Coupe dont l’unique but de la finale, l’attaquante du PSG est désormais la meilleure attaquante française avec Eugénie Le Sommer. Elle sera d’autant plus attendue lors de cette Coupe du monde bretonne qu’elle devrait déjà être chez les A depuis au moins un an mais qu’elle a été réservée pour cette compétition. Et sauf incident, elle sera de nouveau en Coupe du monde dans un an.

La hiérarchie semble très nette devant et les trois autres attaquantes devraient surtout avoir un rôle de complément. La Lyonnaise Melvine Malard est annoncée comme un très grand talent depuis très longtemps mais sa seule apparition en équipe première se résume à 14 minutes contre BIIK en Coupe d’Europe. De même la Bâloise Marion Rey et l’ancienne stéphanoise Amélie Delabre, benjamine de l’équipe renverseront difficilement la hiérarchie.

Effectif de l’équipe de France
poste Nom_fifa Date de naissance Âge Club Taille
1 G Mylène Chavas 07/01/1998 20 Dijon 178
2 D Élisa De Almeida 11/01/1998 20 Paris FC 173
3 D Selma Bacha 09/11/2000 17 Lyon 160
4 D Julie Thibaud 20/04/1998 20 Bordeaux 167
5 D Julie Piga 12/01/1998 20 Grenoble 170
6 M Sana Daoudi 12/03/1998 20 Atletico Madrid (ESP) 160
7 A Émelyne Laurent 04/11/1998 19 Lyon 163
8 M Hélène Fercocq 27/08/1998 19 Metz 170
9 A Marie Katoto 01/11/1998 19 PSG 176
10 M Annahita Zamanian 19/02/1998 20 Göteborg (SWE) 163
11 A Melvine Malard 28/06/2000 18 Lyon 168
12 D Pauline Dechilly 07/04/1998 20 Metz 160
13 D Maëlle Lakrar 27/05/2000 18 Montpellier 171
14 D Léna Goetsch 07/10/1999 18 Vendenheim 169
15 M Christy Gavory 05/05/1998 20 Metz 160
16 G Camille Pécharman 07/10/1998 19 Paris FC 172
17 M Carla Polito 13/01/2000 18 Lille 173
18 A Marion Rey 21/03/1999 19 Bâle (CHE) 162
19 A Amélie Delabre 26/11/2000 17 Metz 176
20 A Sandy Baltimore 19/02/2000 18 PSG 162
21 G Justine Lerond 29/02/2000 18 Metz 170

Programme

Groupe A

5 août à Vannes : Nouvelle-Zélande- Pays-Bas à 16h30 et France- Ghana à 19h30

8 août à Vannes : Pays-Bas- Ghana à 16h30 et France- Nouvelle-Zélande à 19h30

12 août à 16h30 : Pays-Bas- France à Saint-Malo et Ghana- Nouvelle-Zélande à Concarneau

Groupe B

5 août à Dinan-Léhon : Mexique- Brésil à 13h30 et Corée du Nord- Angleterre à 16h30

8 août à Dinan-Léhon : Brésil- Angleterre à 13h30 et Corée du Nord- Mexique à 16h30

12 août à 13h30 : Angleterre- Mexique à Saint-Malo et Brésil- Corée du Nord à Concarneau

Groupe C

6 août à Concarneau : Paraguay- Espagne à 16h30 et USA- Japon à 19h30

9 août à Concarneau : Espagne- Japon à 16h30 et USA- Paraguay à 19h30

13 août à 13h30 : Japon- Paraguay à Vannes et Espagne- USA à Dinan-Léhon

Groupe D

6 août à Saint-Malo : Nigeria- Allemagne à 13h30 et Haïti- Chine à 16h30

9 août à Saint-Malo : Chine- Allemagne à 13h30 et Haïti- Nigeria à 16h30

13 août à 16h30 : Allemagne- Haïti à Vannes et Chine- Nigeria à Dinan-Léhon

Quarts de finale

16 août à Concarneau : 1C-2D à 16h00 et 1A-2B à 19h30

17 août à Vannes : 1B-2A à 16h00 et 1D-2C à 19h30

Demi-finales

20 août à Vannes à 16h00 et 19h30

Finales

24 août à Vannes : match pour la 3e place à 16h00 et finale à 19h30

Au milieu du gué

À un an de la Coupe du monde et après un an de mandat de Corinne Diacre, on peut avoir une idée assez précise de son projet. Les discours sur l’ouverture à tous les clubs et toutes les joueuses ont fait long feu et son équipe est globalement composée des mêmes joueuses que celles que son prédécesseur aurait appelées mais l’animation est assez différente.

Et à partir de septembre, l’embargo sur les participantes à la Coupe du monde des moins de 20 ans sera levé et devrait permettre de voir enfin arriver des joueuses très attendues au premier rang desquelles Marie Katoto.

Le parcours de l’équipe de France de Corinne Diacre suit assez bien la progression de son classement Fifa : tombée du podium à la fin de l’ère Olivier Echouafni, elle est descendue à la 6e place à la fin de l’année avant de remonter pour finir par retrouver le podium en fin de saison1. Ce classement traduit mieux l’impression d’ensemble que les résultats bruts où les victoires éclatantes contre des adversaires très faibles (8-0 contre le Ghana fin octobre, 7-1 contre le Nigéria en avril) en ont agrémentés d’autres plus serrées contre des équipes de meilleur niveau et que deux larges défaites sont venues ternir (4-0 contre l’Allemagne en novembre et 4-1 contre l’Angleterre en mars). Mais la revanche prise contre l’Allemagne à la SheBelieves Cup (3-1 le 7 mars, qui pouvait aussi servir de revanche à la défaite contre l’Angleterre une semaine plus tôt) semble un point d’inflexion important dans la trajectoire des Bleues vers leur Coupe du monde.

Amandine Henry, désormais capitaine de l'équipe de France

Amandine Henry, désormais capitaine de l'équipe de France

À son arrivée, Corinne Diacre a récupéré une sélection traumatisée par son échec à l’Euro. Échec d’autant plus cuisant que si la France avait jusque là réussi plutôt de bonnes phases finales depuis une petite dizaine d’années avec seulement un plafond de verre dans les matchs à élimination directe, ses prestations avaient cette fois été uniformément consternantes face à des adversaires qui étaient sans doute les plus faibles qui lui aient été opposés en phase finale. Dans la perspective d’une Coupe du monde à domicile deux ans plus tard, il ne s’agissait donc plus de faire franchir un palier à une sélection habituée des phases finales mais d’en refaire une équipe cohérente.

Dès son arrivée, la sélectionneuse appliquait un remède de cheval dont on ne sait pas bien s’il a été efficace ou si elle a changé son fusil d’épaule. Le discours initial était de rebattre complètement les cartes, de chercher des internationales partout en D1 avec un discours assez agressif sur l’OL et le PSG jusque là principaux fournisseurs de Bleues.

Il est difficile d’être certain que ce discours n’avait pas un but détourné comme celui de piquer l’orgueil des joueuses en place tant il est à peu près sûr qu’à quelques rares exceptions près, le problème de l’équipe de France ne concerne pas le choix des joueuses appelées.

Asseyi, Sarr et c’est tout

Dans les faits, l’appel de nouvelles joueuses a surtout ressemblé à un leurre. La diversité des clubs se résume finalement à la présence régulière de la Marseillaise2 Viviane Asseyi et de la Lilloise Ouleymata Sarr. Pour les autres, Albi, Rodez et Soyaux n’ont eu aucune sélectionnée cette année, malgré la bonne saison des Charentaises, les Floriacumoises Daphne Corboz et Maéva Clémaron ont cumulé deux minutes de jeu et la Bordelaise3 Nadjma Ali Nadjim une mi-temps. Cinq Guingampaises ont été appelées mais si Faustine Robert a joué deux matchs avant de se blesser et sera sans doute revue, Léa Le Garrec a été longuement testée au poste de meneuse avant que l’évidence Gaëtane Thiney finisse pas s’imposer, Charlotte Lorgeré n’a joué qu’une mi-temps, au poste de latérale et Solène Durand semble pour l’instant la troisième gardienne mais n’a pas encore joué. L’appel de Julie Debever complète le mystère puisqu’il est intervenu pour les matchs du mois d’avril, au moment où la phase d’exploration semblait terminée et qu’il s’agit d’une joueuse certes expérimentée et habituée de la D1 mais qui en près de quinze ans de D1 n’a jamais particulièrement semblé destinée à bousculer la hiérarchie de l’équipe de France.

Mbock, Sarr, Georges, Henry, Asseyi, Bussaglia ; Catala, Le Garrec, Gérard, Lorgeré, E. Cascarino

L'équipe de France contre le Ghana : Mbock, Sarr, Georges, Henry, Asseyi, Bussaglia ; Catala, Le Garrec, Gérard, Lorgeré, E. Cascarino

Un autre élément accrédite la thèse de la revue d’effectif à des fins de communication interne et externe plus que pour chercher vraiment des joueuses oubliées : 41 joueuses ont été appelées en un an, et quatre seulement n’avaient pas été vues en équipe de France A ou B pendant les deux saisons précédentes. Autant dire que toutes étaient déjà connues des sélectionneurs précédents. Ces quatre nouvelles sont Solène Durand, longtemps gardienne remplaçante à Montpellier et désormais titulaire à Guingamp mais championne d’Europe M19 avec la génération des Sandie Toletti et Aminata Diallo, Nadjma Ali Nadjim qui découvrait la D1 avec Bordeaux cette saison, Daphne Corboz qui arrivait des États-Unis avec la double nationalité, et Julie Debever4.

Cela serait d’ailleurs faire peu de cas du travail des cadres techniques de la fédération et des clubs que de croire possible de redéfinir complètement la hiérarchie des meilleures joueuses françaises.

La portée de la phase prospective est elle-aussi difficile à mesurer. Côté pile, les sélectionnées déjà présentes ont pu sentir que Corinne Diacre était prête à chercher ailleurs. Côté face, elles ont aussi vu que c’est finalement toujours vers elles qu’on se retourne et que comme le suggérait Philippe Bergerôo, le réservoir de joueuses internationales pour viser un dernier carré n’est pas très profond.

Retour à la normale

Le passage d’une sélection ouverte à toutes à un groupe plus resserré était peut-être prévu dès le début pour le début de l’année 2018 mais les deux lourdes défaites contre l’Allemagne et l’Angleterre ont sans doute précipité le retour à des listes très proches de celles des précédents sélectionneurs.

L’équipe type qui a été alignée dans les trois matchs importants qui ont suivi la victoire des joueuses de Phil Neville (le match contre le Nigéria s’étant joué avec une équipe remaniée) ressemble beaucoup à celle qu’Olivier Echouafni aurait vraisemblablement aligné s’il était resté, c’est-à-dire celle de l’Euro moins les joueuses retraitées : Sarah Bouhaddi dans les buts, Griedge Mbock et Wendie Renard en défense centrale, Aïssatou Tounkara remplaçant la seconde en cas de blessure, Amel Majri arrière gauche, Amandine Henry et Grace Geyoro à la récupération, avec Élise Bussaglia en remplaçante, Gaëtane Thiney meneuse et Eugénie Le Sommer devant. La révolution se limite donc au choix de Marion Torrent à la place d’Ève Périssent comme arrière droite5, au retour de Viviane Asseyi qui a légèrement pris le dessus sur Kaditiatou Diani et à l’entrée de Valérie Gauvin en pointe à la place de Marie-Laure Delie. Soit l’arrivée de trois joueuses qui étaient déjà dans le groupe ou très proche à la place de joueuses qui ne constituaient pas l’épine dorsale de l’équipe et dont deux sont encore dans le groupe.

À moins d’un an du début du match d’ouverture au Parc des Princes, le groupe semble déjà assez circonscrit. Et il est probable que les joueuses qui entreront pour jouer un vrai rôle proviendront de l’équipe de France M20 qui va disputer la Coupe du monde de sa catégorie en Bretagne dans quelques semaines. Au premier rang de celles-là, on trouve bien sûr Marie Katoto qui est actuellement la meilleure avant-centre française si l’on considère qu’Eugénie Le Sommer est ailière, poste qu’elle occupe actuellement tant en club qu’en sélection. La joueuse du PSG n’a pour l’instant pas intégré les Bleues en vertu d’une étrange priorité donnée à l’équipe des moins de 20 ans, un peu comme si Kylian Mbapppé avait été réservé pour l’Euro M19 plutôt que d’aller en Russie. Sauf blessure, ce serait une énorme surprise qu’elle ne soit pas l’avant-centre titulaire des Bleues l’an prochain.

Mais c’est aussi dans cette équipe qu’on peut s’attendre à trouver les joueuses capables d’atteindre le niveau international et qui ne sont pas déjà chez les Bleues.

L’état de la liste

Gardiennes

Sarah Bouhaddi sera à la Coupe du monde et devrait être titulaire. Karima Benameur semble avoir gagné sa place puisqu’elle a été de toutes les listes depuis novembre et qu’elle a joué quasiment la moitié des matchs.

La troisième place semble moins assurée. Pour l’instant, c’est la Guingampaise Solène Durand qui l’occupe mais d’autres gardiennes ont été appelées récemment : Élisa Launay, Méline Gérard qui est passée brusquement de titulaire à Montpellier et aspirante titulaire en équipe de France à remplaçante à Montpellier et hors du groupe en équipe de France, et Pauline Peyraud-Magnin qui devra jouer plus à Arsenal qu’elle ne le faisait à Lyon pour pouvoir espérer. Mais là aussi, la nouveauté devrait venir des Bleuettes. Mylène Chavas sera enfin sélectionnable après la Coupe du monde bretonne et elle va retrouver la D1 la saison prochaine avec Dijon où elle sera en concurrence avec Émelyne Mainguy. Mais elle devrait vite prendre la place, arriver chez les Bleues et peut-être postuler à la place de titulaire.

Défenseuses centrales

Wendie Renard et Griedge Mbock semblent actuellement indéboulonnables. Mais il leur faut au moins une ou deux doublures. Aïssatou Tounkara est une postulante naturelle mais tout dépendra de son retour de blessure. Pour le reste beaucoup de joueuses ont été appelées, bien peu ont été élues. Laura Georges qui était une joueuse de confiance de Corinne Diacre a aussi peu joué au Bayern qu’au PSG et elle a mis fin à sa carrière. Hawa Cissoko a été testée et retestée mais elle a perdu sa place dans un Marseille à la dérive. Estelle Cascarino et Charlotte Lorgeré ont été appelées mais n’ont joué que comme latérales.

L’axe de la défense est donc une position où on pourrait voir de la nouveauté, soit en provenance de l’équipe de France M20 où la Bordelaise Julie Thibaud et la néo-Montpelliéraine Maëlle Lakrar par exemple pourraient postuler, soit avec des joueuses déjà passées par les A comme Annaïg Butel ou Kelly Gadéa, désormais à Fleury.

Arrières gauches

Le poste de latérale gauche semble solidement pourvu et il devrait être couplé avec celui d’ailière gauche, la plupart des postulantes pouvant occuper les deux postes. Amel Majri est solidement installée, et Sakina Karchaoui presque autant. Théa Gréboval a joué le premier match mais n’est plus revenue, Estelle Cascarino a disputé un match contre le Ghana à ce poste mais s’il y a du changement, cela viendrait plutôt d’une joueuse qui bouscule la hiérarchie que d’un choix par défaut. C’est la Lyonnaise Selma Bacha qui semble le mieux placée pour venir troubler la hiérarchie établie.

Arrières droites

Marion Torrent est l’une des joueuses les plus utilisées par Corinne Diacre et devrait être titulaire. Après des tâtonnements avec des défenseuses centrales délocalisées, Charlotte Lorgeré contre le Ghana et Griedge Mbock contre l’Allemagne, Ève Périsset est revenue dans la course pour prendre la deuxième place. La Parisienne et la Montpelliéraine peuvent par ailleurs aussi dépanner à gauche.

À ce poste, le seul autre nom qui émerge est celui de Jessica Houara mais elle vient à nouveau de se blesser gravement et l’hypothèse de son rétablissement à temps pour la Coupe du monde est assez peu probable.

Milieux défensives ou relayeuses

Amandine Henry et Grace Geyoro forment une paire de récupératrice qui semble indiscutable. Aminata Diallo a été régulièrement appelée et devrait être la première remplaçante. Beaucoup de joueuses ont été appelées à ces postes mais quand il a fallu remplacer Grace Geyoro blessée pour le dernier match contre le Canada, c’est Élise Bussaglia qui a été titularisée. Inès Jaurena, Maéva Clémaron ou Daphne Corboz peuvent envisager de s’immiscer dans le groupe, tout comme Kheira Hamraoui si elle joue à Barcelone, d’autant qu’aucune Bleuette n’est titulaire à ce poste en D1.

Milieux offensives et attaquantes

Eugénie Le Sommer est la joueuse la plus utilisée par Corinne Diacre, la seule qui a participé à toutes les rencontres, la plupart du temps sur une aile. Il a fallu presque six mois pour que Gaëtane Thiney revienne chez les Bleues mais l’absence totale d’autre solution crédible au poste de meneuse primordial dans le système de jeu promu par la sélectionneuse la rend indispensable.

Paradoxalement, la troisième joueuse dont la présence en juin prochain semble certaine n’a encore jamais été appelée chez les Bleues. Marie Katoto est l’avant-centre du PSG, la deuxième meilleure buteuse de D1 derrière Ada Hegerberg et elle a porté toute l’année l’attaque parisienne pour ramener son équipe en Coupe d’Europe. Il est certain que sans la décision ubuesque de privilégier la Coupe du monde M20 la saison dernière, elle aurait déjà été appelée. Mais cette position de recours a peut-être finalement joué en sa faveur puisqu’aucune de ses concurrentes ne s’est vraiment imposée. Ouleymata Sarr avait commencé très fort sa saison mais elle s’est vite essoufflée et a été devancée par Valérie Gauvin qui est la deuxième buteuse de l’équipe de France cette saison derrière Eugénie Le Sommer mais surtout grâce à des buts en fin de matchs contre le Nigéria et le Ghana et elle ne semble pas en mesure de résister à l’arrivée de sa concurrente parisienne.

La dernière place du quatuor offensif, celui de l’aile droite, revient pour l’instant à Viviane Asseyi qui a devancé Kadidiatou Diani en apportant toujours quelque chose d’intéressant sans toutefois atteindre un niveau qui la rendrait définitivement indispensable. Delphine Cascarino, qui a mis la championne d’Europe Shanice van de Sanden sur le banc à Lyon, est arrivée en fin de saison et ce n’est pas un pari très risqué que de dire qu’elle a une place à prendre à droite.

Les talents les plus brillants étant en général dans le domaine offensif, c’est à ces postes qu’on pourrait voir du mouvement cette année, avec Marie-Charlotte Léger régulièrement appelée mais sans beaucoup jouer et qui aura un rôle plus important cette saison à Fleury qu’elle n’avait à Montpellier, avec Faustine Robert qui avait fait deux bonnes entrées avant de se blesser, avec Claire Lavogez qui s’est relancée à Fleury et qui jouera à Bordeaux, avec Nadjma Ali Nadjim passée fugitivement chez les Bleues et victime de la défaite contre l’Allemagne et qui fait le chemin inverse de Bordeaux à Fleury ou avec les autres, qu’elles soient dans l’équipe de France M20 comme Sandy Baltimore ou Émelyne Laurent ou de l’équipe de France B comme Clara Matéo ou les Sojaldiciennes Laura Bourgouin ou Danielle Tolmais.

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