Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

Cinq pour une place

Outre la qualification européenne et quelques enjeux honorifiques, la dernière journée de D1 servira surtout à déterminer quelle équipe accompagnera Marseille en D2.

Cinq équipes peuvent encore craindre l’issue de la saison mais chacune est presque assurée de se maintenir en remportant le dernier match, ce qui ne sera pas facile pour tout le monde. La machine à calculer va fonctionner tant les cas sont nombreux, d’autant qu’aucun match n’oppose plusieurs des candidats.

À un match seulement de la fin de saison, la D1 est très loin d’avoir rendu son verdict. Lyon est officiellement champion ce qui n’est pas vraiment une surprise et Marseille est relégué ce qui commençait à être prévisible. Mais les deux autres places notables, celle du qualifié européen et celle du second relégué, sont encore disputées.

Deux équipes se disputent l’Europe et cinq le maintien et – magie du calendrier – leur lutte concerne les six matchs de la dernière journée. Tous les matchs auront donc un enjeu et les cas possibles sont extrêmement nombreux puisque les résultats de tous les protagonistes sont indépendants.

Margaux Bueno et Charlotte Fernandes

Margaux Bueno et Charlotte Fernandes

Cinq équipes seulement n’auront rien à jouer (et encore Soyaux et Bordeaux se disputeront à distance la cinquième place).

Le PSG se déplacera à Soyaux pour prendre le point qui lui assure de retrouver l’Europe l’an prochain. Le match sera le seul qui ne concernera pas le maintien.

Sur tous les autres terrains, on aura une oreille sur les résultats des autres matchs. À Montpellier qui recevra Albi en premier lieu, les locales espérant une victoire sojaldicienne. Mais partout ailleurs il devrait y avoir au moins une personne avec une machine à calculer pour savoir si son club se maintient.

Les données du problème

Les matchs

Bordeaux-Lille

Guingamp-Marseille

Montpellier-Albi

Paris FC-Fleury

Rodez-Lyon

Soyaux-PSG

Les critères de classement

Les critères utilisés pour départager les équipes qui comptent le même nombre de points sont :

  • classement aux points sur les matchs joués entre ces équipes
  • différence de but sur les matchs joués entre ces équipes
  • différence de but générale sur l’ensemble du championnat
  • meilleure attaque sur l’ensemble du championnat

En cas d’égalité sur tous ces critères, un match d’appui peut être disputé entre les équipes concernées. Cette saison le cas ne pourrait se produire qu’entre Lille et Albi. Mais c’est très improbable puisqu’il faudrait qu’Albi perde contre Montpellier en marquant au moins 11 buts1.

Le classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [20/1/0/93] 61
    60
    59
    58
    57
    56
    55
    54
2 PSG [17/2/2/43] 53
    52
    51
3 Montpellier [16/2/3/39] 50
    49
    48
    47
    46
    45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
4 Paris FC [8/5/8/-6] 29
    28
    27
    26
    25
5 Soyaux [6/6/9/-15] 24
    23
6 Bordeaux [5/7/9/-13]
Rodez [5/7/9/-24]
22
8 Fleury [6/3/12/-23] 21
9 Albi [5/5/11/-23]
Lille [5/5/11/-24]
20
11 Guingamp [5/4/12/-17] 19
    18
    17
    16
    15
    14
    13
12 Marseille [3/3/15/-30] 12

Les différents cas possibles

Guingamp étant seul 11e avec 19 points, la deuxième place de relégable ne se jouera pas en dessous et toute équipe atteignant 23 points sera assurée de son maintien. Les différents cas possibles concernant la relégation se situent donc tous entre 19 et 22 points. Ils concernent entre une et quatre équipes parce qu’il n’est pas possible de prendre exactement deux points en un match.

Bien que ne possédant que 22 points, Bordeaux est déjà assuré de son maintien par le jeu des différences de buts particulières mais ce n’est pas le cas de Rodez.

Bien sûr, il s’agit de cas d’école : la probabilité de voir Rodez prendre un ou trois point contre Lyon est infinitésimale, légèrement supérieure celle d’Albi contre Montpellier.

En pratique, la relégation devrait se jouer entre Albi, Lille et Guingamp dont la probabilité de prendre des points est inverse au besoin qu’elles ont d’en obtenir.

La relégation à 19 points

Le premier cas est le plus simple. Si Guingamp perd son match contre Marseille, il restera seul à 19 points et sera relégué.

La relégation à 20 points

Albi et Lille comptent déjà 20 points. Ils garderont ce total en cas de défaite contre Montpellier et Bordeaux. Guingamp peut aussi arriver à ce total en cas de nul contre Marseille. Ces résultats n’étant pas mutuellement exclusifs, on peut donc avoir une, deux ou trois équipes à 20 points en position de relégable (ce qui suppose que Guingamp ne perde pas sinon cette discussion devient oiseuse).

Victoire de Guingamp. Défaite d’Albi et de Lille2

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 2 0 -23 11
Lille 2 0 -24 22

Albi et Lille se sont séparés deux fois sur un score nul. Tout se jouerait donc à la différence de buts générale où les deux équipes ne sont pour l’instant séparées que d’un but à l’avantage d’Albi voire à la meilleure attaque où Lille est largement en avance de onze buts. C’est le seul cas où la différence de buts générale peut encore faire la différence.

Défaite d’Albi. Nul de Guingamp. Victoire ou nul de Lille

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 6 +3 -23 11
Guingamp 0 -3 -17 16

Albi a battu Guingamp à l’aller et au retour.

Défaite de Lille. Nul de Guingamp. Victoire ou nul d’Albi

Équipe Pts DP DG Bp
Guingamp 3 0 -17 16
Lille 3 0 -24 22

Guingamp et Lille ont remporté chacun leur confrontation à domicile 1-0. Tout se jouerait alors à la différence de but générale. Mais Guingamp obtenant le match nul resterait à –17 et Lille ne pourrait améliorer son –24 en perdant.

Défaite d’Albi et de Lille. Nul de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 8 +3 -23 11
Lille 5 0 -24 22
Guingamp 3 -3 -17 33

Guingamp a perdu trois matchs sur quatre contre ces adversaires directs.

La relégation à 21 points

Trois équipes peuvent terminer la saison avec 21 points : Fleury qui les a déjà, Albi et Lille qui peuvent les atteindre en faisant match nul contre Montpellier et Bordeaux.

Guingamp n’est pas partie prenante de ces égalités mais elles ne concernent la relégation que dans le cas où les Bretonnes remportent leur match.

Nul d’Albi et Lille. Victoire ou nul de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 2 0 -23 11
Lille 2 0 -24 22

Albi et Lille peuvent se disputer le maintien à 20 ou à 21 points. Mais dans ce dernier cas, la différence de buts est déjà connue et favorable à Albi.

Victoire de Lille. Nul d’Albi. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 6 +2 -23 11
Fleury 0 -2 -23 18

Albi a battu Fleury 1-0 à l’aller comme au retour.

Victoire d’Albi. Nul de Lille. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Lille 4 +1 -24 22
Fleury 1 -1 -23 18

Lille l’a emporté a domicile et a obtenu le nul à Fleury.

Nul d’Albi et Lille. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 8 2 -23 11
Lille 6 1 -24 22
Fleury 1 -3 -23 18

Fleury a perdu trois des quatre matchs contre ces adversaires directs.

La relégation à 22 points

Quatre équipes peuvent finir la saison à 22 points (Albi et Lille ne le peuvent pas). Mais les seuls cas intéressant pour le maintien sont ceux où Guingamp bat Marseille (sinon la relégation se jouera à 19 ou 20) et ou Lille bat Bordeaux (sinon la relégation se jouera au total lillois à 20 ou 21). Par conséquent, Guingamp et Bordeaux sont concernés par tous les cas. Ce qui va permettre de vérifier qu’il n’y a aucun cas où Bordeaux est relégué.

De même que Lille, il faut également qu’Albi batte Montpellier pour que le maintien se joue à 22 points.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Victoire de Fleury. Victoire ou nul de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 4 1 -14 18
Guingamp 1 -1 -17 16

Ce cas d’égalité peut aussi se produire en cas de défaite de Fleury mais il ne concerne alors pas la relégation.

Bordeaux a concédé le nul à domicile mais était allé gagner au stade Fred-Aubert.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Nul de Fleury. Victoire ou nul de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 8 2 -14 18
Fleury 7 1 -23 18
Guingamp 2 -3 -17 16

Guingamp compte deux nuls et deux défaites contre ces adversaires directs.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Victoire de Fleury. Défaite de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 6 1 -14 18
Guingamp 5 1 -17 16
Rodez 3 -2 -24 21

Rodez ne compte que trois nuls contre ces adversaires. C’est le seul cas d’égalité qui permet à Guingamp de se sauver.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Nul de Fleury. Défaite de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 10 2 -14 18
Fleury 10 1 -23 18
Rodez 6 -2 -24 21
Guingamp 5 -1 -17 16

Guingamp n’a remporté qu’un match sur six face à ces adversaires (3-1 contre Rodez).

Les enjeux club par club

Lyon

Lyon est assuré de finir premier et cherchera seulement à terminer invaincu.

PSG

Le PSG peut se contenter d’un point pour assurer sa deuxième place. En cas de défaite, il devra compter sur un faux pas de Montpellier face à Albi.

Montpellier

Montpellier doit à tout prix gagner et espérer une défaite du PSG ce qui mettrait les deux clubs au même nombre de points. Montpellier serait alors second grâce à sa victoire 3-0 à Grammont qui a renversé la défaite 3-1 concédée au Camp des Loges.

Paris FC

Le Paris FC est assuré de terminer quatrième avec le plus petit total de points et de victoires de son histoire3. Il peut seulement essayer d’éviter de battre son record de nombre de défaites pour l’instant seulement égalé.

Soyaux

Soyaux cherchera à conserver sa 5e place. Pour cela un nul lui suffit (tout comme au PSG) en raison de son avance dans les confrontations particulières avec Bordeaux et Rodez. En cas de défaite, Soyaux pourrait être dépassé par Bordeaux voire Rodez ou Fleury mais c’est très improbable pour ces deux derniers qui devraient respectivement battre Lyon et battre le Paris FC en remontant 8 buts de différence.

Bordeaux

Bordeaux cherchera à aller reprendre la 5e place à Soyaux. Pour cela il faudra battre Lille et espérer une défaite de Soyaux. Le résultat de Rodez est indifférent pour cet objectif. Une batterie de résultats défavorables (victoires de toutes les équipes qui suivent) pourrait mener Bordeaux à la 10e place.

Rodez

Rodez pourrait en théorie viser la 5e place en comptant que Soyaux perde et que Bordeaux ne gagne pas. Mais il devra surtout se garder de la relégation qui ne peut survenir que si toutes les équipes moins bien classées (hors Marseille) l’emportent. Et surtout l’affiche face à Lyon fait que le sort des Ruthénoises risque de se jouer sur les autres pelouses.

Léa Le Garrec devant Océane Saunier

Léa Le Garrec devant Océane Saunier

Fleury

Fleury peut aussi viser la 5e place en rattrapant une différence de buts très défavorable face à Soyaux. Mais c’est le maintien qui doit être sa ligne d’horizon. Il serait assuré avec un nul ou une victoire. En cas de défaite par contre, il faudrait compter sur Albi, Lille ou Guingamp pour rester derrière, tous les cas d’égalité étant défavorables au Floriacumoises. Il serait donc nécessaire que Lille ou Albi perde ou que Guingamp ne gagne pas.

Albi

Albi assurera son maintien en battant Montpellier. En cas de nul, il suffirait que Lille ou Guingamp ne gagne pas. En cas de défaite, il faudrait soit que Guingamp ne gagne pas, soit que Lille perde au mieux avec le même écart qu’Albi.

Lille

Lille assurera son maintien en battant Bordeaux. En cas de nul, il faudra qu’Albi perde ou que Guingamp ne gagne pas. En cas de défaite, il faudrait soit que Guingamp perde, soit qu’Albi perde d’au moins un but de plus.

Guingamp

Guingamp est la seule équipe qui n’est pas sûre de se maintenir en remportant son dernier match. Il est sûr de descendre en le perdant. En cas de nul, tout dépendra principalement du résultat d’Albi : si les Tarnaises perdent contre Montpellier, alors Guingamp sera relégué. Si elles prennent au moins un point contre Montpellier, le sort des Bretonnes dépendra alors de Lille : défaites à Bordeaux, ce sont les Nordistes qui descendraient.

En cas de victoire, la situation ne serait donc pas assurée mais évidemment beaucoup plus favorable. Il suffirait alors qu’Albi ou Lille ne gagne pas, ou que Fleury perde. Sinon si le maintien se joue à 22 points, il faudrait que Fleury ne fasse pas match nul et que Rodez perde.

Les cas décrits sont nombreux et complexes mais en pratique si l’on considère que Rodez devrait perdre contre Lyon, une victoire de Guingamp est suffisante sauf nul de Fleury.

Marseille

Marseille est déjà relégué et assuré de terminer lanterne rouge.

Revanche à Kiev

Lyon et Wolfsbourg se retrouvent le 24 mai à Kiev pour la belle en finale de Ligue des Championnes. Les deux équipes sont largement les deux meilleures d’Europe à l’heure actuelle.

Les Lyonnaises ont remporté les deux dernières éditions de la compétition et seront favorites. Mais Wolfsbourg dont l’effectif est moins clinquant aura les arguments pour résister et plus encore.

L’affiche de la finale de Ligue des Championnes n’est pas vraiment une surprise. Dès le coup d’envoi de la compétition, il est attendu que sauf tirage au sort facétieux comme l’an dernier, Lyon et Wolfsbourg s’affronteront en finale.

Ce sera donc la troisième finale entre les deux équipes qui rejoignent ainsi Francfort et Umeå, inséparables au début des années 2000. Si l’on ajoute le quart de finale de l’an dernier, ce sera même la quatrième confrontation. Le bilan est pour l’instant équilibré : Lyon l’a emporté deux fois sur trois (2016 et 2017) mais Wolfsbourg a remporté deux matchs sur quatre contre une seule défaite et un nul en raison d’une finale terminée aux tirs aux buts et d’un quart de finale où chaque équipe avait remporté un match.

En un an, les équipes n’ont pas énormément changé. Lyon a perdu Pauline Bremer, Caroline Seger et Alex Morgan,Wolfsbourg a laissé partir Élise Bussaglia, Anja Mittag et Emily van Egmond. Mais si Lyon a recruté dès le début de saison avec Lucy Bronze et Shanice van de Sanden ou en cours de saison dans le championnat américain avec Amandine Henry et Morgan Brian, Wolfsbourg ne s’est renforcé que cet hiver en piochant dans le championnat suédois des joueuses qui avaient déjà participé à la Ligue des Championnes. Ainsi la Portugaise Claudia Neto mais aussi la Norvégienne Kristine Minde et l’Américaine Ella McLeod1 ne pourront pas disputer la finale pour avoir déjà joué avec Linköping et Rosengård cette saison. La première risque particulièrement de manquer puisqu’elle a disputé tous les matchs de Wolfsbourg depuis son arrivée2 et huit des neuf derniers comme titulaire.

Du nouveau sur les bancs

La principale évolution pour les deux équipes se situe sur le banc. Ralf Kellermann et Gérard Prêcheur ont laissé leur place respectivement à Stephan Lerch et Reynald Pedros. Cette similitude cache toutefois une grand disparité. Côté Allemand, l’ancien entraîneur est devenu directeur sportif et le nouvel entraîneur était celui de l’équipe réserve depuis quatre ans. En face, l’ancien entraîneur et parti avec tout son staff et le nouvel entraîneur vis sa première expérience avec une équipe de haut niveau, féminine qui plus est.

Jusque là les deux entraîneurs justifient la confiance qui a été placée en eux. Les deux clubs ont déjà remporté leur championnat et sont en lice pour le triplé. Wolfsbourg a remporté la Coupe d’Allemagne face au Bayern aux tirs aux buts alors que Lyon disputera la finale contre le PSG.

En 33 matchs disputés, Lyon en a remporté 31 et Wolfsbourg 29. Les nuls de Lyon contre le PSG et de Wolfsbourg lors des matchs retours contre la Fiorentina et le Slavia Prague sont très anecdotique dans des matchs sans enjeu. Les Louves ont concédé en fin d’automne un nul contre Potsdam et une défaite à Fribourg qui ont pu laisser penser que le titre serait disputé mais elles ont ensuite remporté tous leurs matchs de Bundesliga.

Lyon a laissé encore moins de miettes, remportant tous ses matchs de D1 jusqu’au nul à Saint-Germain-en-Laye dans un match qui suivait l’officialisation du titre en D1 et qui précédait la finale de Ligue des Championnes. L’autre nul face à Manchester City est sans doute plus inquiétant parce qu’il a eu lieu dans un match avec un vrai enjeu, une demi-finale aller de Coupe d’Europe. Les confrontations face à Barcelone et à Manchester City laissent planer un doute sur les capacité réelles de l’équipe lyonnaise quand le niveau s’élève.

La prudence de Reynald Pedros

Le problème vient peut-être de la manière d’aborder ces matchs. Reynald Pedros arrive d’un univers masculin où les écarts sont beaucoup moins importants et où l’équipe favorite doit assurer son équilibre défensif avant de se projeter vers l’avant et où un but encaissé devient rapidement un problème insoluble. La supériorité de son effectif sur celui de Barcelone ou de Manchester City est pourtant telle que le seul risque d’élimination reposait sur des matchs fermés qui se jouent sur un coup du sort ou deux. De ce point de vue, Barcelone et Manchester City, en restant à portée d’un seul but de la qualification, ont fait du mieux possible pour s’autoriser à espérer un événement favorable. Vu d’en face, Lyon n’a pas su manifester sa supériorité.

Cette gestion prudente pourrait paradoxalement être plus efficace contre Wolfsbourg qui a d’autres armes à sa disposition et qui peut l’emporter à la régulière si l’OL se lance trop inconsidérément à l’abordage.

Les joueuses de Stephan Lerch ont eu un parcours assez aisé jusqu’en demi-finales avec des noms certes clinquants mais des équipes très inférieures. À chaque fois la différence a été faite dès le match aller, à Madrid contre l’Atletico (3-0), à Florence contre la Fiorentina (4-0) et à domicile contre le Slavia Prague (5-0). Le retour contre le partenaires d’Aurélie Kaci a tourné au carnage (12-2) alors que les deux autres ont fini sur un score nul (3-3 et 1-1).

La demi-finale contre Chelsea, champion d’Angleterre était le premier vrai test européen pour Wolfsbourg cette saison et il a été passé sans encombre, 3-1 à Londres, 2-0 à Wolfsbourg.

Des absentes à Wolfsbourg

Les deux entraîneurs ont à leur disposition des effectifs assez comparables : Stephan Lerch a utilisé cette saison 27 joueuses contre 24 pour Reynald Pedros. La différence s’explique par les changements apportés en cours de saison à l’effectif de Wolfsbourg avec les arrivées de Claudia Neto, Kristine Minde et Ella McLeod, le départ d’Emily van Egmond et les blessures de longue durée de Babett Peter et Vanessa Bernauer, touchées lors des tournois internationaux de fin d’hiver aux États-Unis et à Chypre. Aucune de ces six joueuses ne participera à la finale.

Les mouvements hivernaux n’ont eu en revanche aucune incidence de ce genre sur l’effectif lyonnais : Amandine Henry et Morgan Brian sont qualifiées pour la finale, Claire Lavogez et Kenza Dali parties en prêt à Fleury et Lille n’avaient pas joué une minute alors que Mylaine Tardieu n’avait disputé que le premier match de la saison avant de partir à Bordeaux.

Le noyau dur des joueuses ayant participé à l’équivalent de cinq matchs entier compte 18 joueuses à Wolfsbourg et 17 à Lyon. Mais là aussi, toutes les Lyonnaises sont disponibles pour la finale alors qu’elles ne seront que quinze Wolfsbourgeoises, voire quatorze si l’absence annoncée d’Alexandra Popp se confirme. Sauf s’il se décide à lancer dans le grand bain Anna-Lena Stolze, Stephan Lerch n’aura pas beaucoup de choix dans la composition de son équipe ni même dans celle de son banc. En cas d’absence d’Alexandra Popp, il pourrait même être obligé de ressortir du placard Luisa Wensing.

Mais le souvenir de 2013 incite à la prudence : Wolfsbourg était alors privé de Viola Odebrecht suspendue et de Zsanett Jakabfi et Verena Faißt blessées, et Alexandra Popp était aussi annoncée absente. Ralf Kellermann avait bluffé jusqu’au bout sur la question avant d’aligner son attaquante au poste d’arrière droite et de faire totalement déjouer l’OL de Patrice Lair.

Contrairement à son prédécesseur qui était privé de Laetitia Tonazzi, Reynald Pedros dispose d’un effectif au complet. Non seulement il peut compter sur 17 joueuses à plus de 450 minutes, mais Jessica Houara, Morgan Brian et Élodie Thomis qui n’atteignent pas ce chiffre sont arrivées ou revenues de blessure et postulent.

Les deux équipes présentent actuellement une équipe type assez claire même si la rotation est assez importante dans les matchs de moindre importance. Reynald Pedros est adepte du 4-4-2 qu’il adapte à son effectif en jouant régulière avec Dzsenifer Marozsán voire Camille Abily en deuxième attaquante. La hiérarchie semble désormais claire à presque tous les postes. En défense centrale, Griedge Mbock a éteint la concurrence de Kadeisha Buchanan trop limitée dans la relance. Sur l’aile droite, Shanice van de Sanden a laissé un boulevard à la concurrence qui pourrait profiter à Delphine Cascarino mais qui par un jeu de réorganisations a surtout permis à Selma Bacha de s’installer3 de l’autre côté du terrain. Le choix entre les deux joueuses formées au club semble la seule incertitude dans la composition lyonnaise.

De même, si Stephan Lerch a régulièrement fait jouer son équipe à trois derrière à l’allemande, il a plutôt pratiqué une défense à quatre dans les gros matchs, en particulier en demi-finale contre Chelsea et en finale de Coupe contre le Bayern. Babett Peter blessée, c’est Lena Goeßling qui officie en défense centrale à côté de Nila Fischer. Sara Björk Gunnarsdóttir équilibre l’équipe au milieu alors que Pernille Harder tourne autour de la Polonaise Ewa Pajor devant.

La seule véritable interrogation sera l’identité de la joueuse qui remplacera Alexandra Popp si elle n’est pas disponible. En finale contre le Bayern, c’est Claudia Neto qui l’avait remplacée numériquement mais il faudra trouver une autre solution contre Lyon puisque la Portugaise n’est pas qualifiée. Trois joueuses postulent naturellement : l’Allemande Isabel Kerschowski, la Hongroise Zsanett Jakabfi, la Belge Tessa Wullaert dans des profils offensifs croissants.

Les effectifs

Wolfsbourg
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Almuth Schult G DEU 27 32 2910 0
12 Jana Burmeister G DEU 29 0 0 0
29 Merle Frohms G DEU 23 1 90 0
2 Luisa Wensing D DEU 25 1 90 1
4 Nilla Fischer D SWE 34 28 2489 0
6 Katharina Baunach D DEU 29 5 145 0
8 Babett Peter D DEU 30 17 1353 2
14 Meret Wittje D DEU 19 1 90 0
16 Noelle Maritz D CHE 22 30 2301 1
24 Joelle Wedemeyer D DEU 22 13 868 0
30 Franziska Fiebig D DEU 25 1 48 0
3 Zsanett Jakabfi M HUN 28 24 1086 8
5 Claudia Neto M PRT 30 12 695 0
5 Emily van Egmond M AUS 25 3 139 2
7 Sara Björk Gunnarsdóttir M ISL 28 31 2543 11
9 Anna Blässe M DEU 31 29 1915 0
18 Vanessa Bernauer M CHE 30 14 397 0
19 Kristine Minde M NOR 26 6 258 0
21 Lara Dickenmann M CHE 32 24 1920 5
26 Caroline Graham Hansen M NOR 23 29 2255 8
27 Isabel Kerschowski M DEU 30 13 568 0
28 Lena Goeßling M DEU 32 29 2554 0
30 Ella McLeod M USA 32 11 565 4
10 Tessa Wullaert A BEL 25 23 1461 8
11 Alexandra Popp A DEU 27 27 2179 13
15 Anna-Lena Stolze A DEU 18 1 15 0
17 Ewa Pajor A POL 21 24 1615 11
19 Samantha Steuerwald A DEU 20 0 0 0
22 Pernille Harder A DNK 26 30 2423 26
Lyon
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Pauline Peyraud-Magnin G FRA 26 4 360 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 32 29 2610 0
30 Romane Bruneau G FRA 22 0 0 0
3 Wendie Renard D FRA 28 27 2358 11
4 Selma Bacha D FRA 18 19 1390 2
8 Jessica Houara D FRA 31 3 247 0
17 Corine Petit D FRA 35 12 607 1
21 Kadeisha Buchanan D CAN 23 22 1893 0
22 Lucia Bronze D ENG 27 28 2419 4
24 Mylaine Tarrieu D FRA 23 2 113 0
29 Griedge Mbock D FRA 23 23 1818 4
5 Saki Kumagai M JPN 28 28 2056 6
[2]6 Amandine Henry M FRA 29 14 1003 4
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 26 27 2076 10
11 Kheira Hamraoui M FRA 28 26 1341 12
15 Morgan Brian M USA 25 5 312 2
23 Camille Abily M FRA 33 31 2011 16
7 Amel Majri A FRA 25 28 2201 7
9 Eugénie Le Sommer A FRA 29 30 2313 26
12 Élodie Thomis A FRA 32 11 302 0
14 Ada Hegerberg A NOR 23 29 2538 47
19 Shanice van de Sanden A NLD 26 22 1255 2
20 Delphine Cascarino A FRA 21 29 1287 5
27 Émelyne Laurent A FRA 20 3 146 2
28 Melvine Malard A FRA 18 1 14 0

La peur du vide

À quatre journées de la fin, la lutte pour le maintien fait rage et concerne mathématiquement neuf équipes sur douze. Derrière un trio de tête échappé, le plateau s’étage très régulièrement de point en point laissant ouvertes toutes les possibilités. Certaines équipes sont bien sûr plus en danger que d’autres par leur classement mais aussi par leur calendrier – celles qui n’ont plus Lyon à leur programme sont un peu rassurées. Mais toutes peuvent basculer sur une mauvaise série.

Vu de l’autre bout, Marseille qui est légèrement décroché garde un minuscule fragment d’espoir. Un an après une brillante quatrième place, les Phocéennes auront besoin d’un exploit encore plus grand pour se maintenir. Les difficultés étaient annoncées dès le début de saison mais elles ont été d’une ampleur plus importante que prévu.

C’est une affaire entendue, le titre est déjà acquis à Lyon. Mais à quatre journées de la fin, il reste encore du suspense en D1. Avec sa victoire 3-0 contre le PSG, Montpellier a repris la deuxième place et l’avantage à la différence de buts particulière. Les Parisiennes comptent certes un match en retard mais doivent aussi affronter Lyon contre qui un exploit risque d’être nécessaires pour retrouver l’Europe la saison prochaine.

Mais surtout, tout le reste du plateau joue encore son maintien. Aucune équipe hors du trio de tête n’est encore assurée de rester en D1 et aucune n’est déjà condamnée. Bien sûr le Paris FC est moins en danger que Rodez mais une mauvaise série peut encore être fatale à n’importe quelle équipe.

Le cas marseillais

Du côté marseillais, c’est au contraire un exploit qui sera nécessaire pour rester en D1. Un an après avoir réussi une extraordinaire saison de promu, terminée à la quatrième place, l’équipe de Christophe Parra est dernière et légèrement décrochée, à trois points de l’avant-dernier et à quatre du maintien et son calendrier ne plaide pas en sa faveur.

Les difficultés étaient prévisibles et prévues avec de nombreux départs et un recrutement exotique fait de paris dont aucun n’a été gagnant. Pourtant la victoire contre le Paris FC en décembre avait pu laisser penser que l’équipe avait fini par trouver ses marques. D’ailleurs elle avait été suivie d’une courte défaite contre Montpellier et d’une seconde victoire contre Bordeaux. Mais le match à Soyaux a sans doute été un tournant. Caroline Pizzala avait ouvert la marque en tout début de match sur pénalty mais la recrue sojaldicienne Danielle Tolmais avait renversé le score, avec l’aide involontaire de la gardienne marseillaise Geneviève Richard.

Danielle Tolmais et Anaïs M'Bassidje

Danielle Tolmais et Anaïs M'Bassidje

Depuis les coéquipière de la revenante Sandrine Brétigny sont bien allées l’emporter à Albi mais elles ont perdu au stade Roger-Lebert contre deux autres concurrents directs, Lille et Fleury. À quatre journées de la fin, il faudra prendre au moins cinq points dans le meilleur des cas alors que les deux premiers adversaires seront le PSG dès dimanche au stade Jean-Bouin à deux pas du Parc des Princes et l’OL. Autant dire qu’à moins d’un exploit qui semble à l’heure actuelle très improbable, il faudra remporter les deux derniers matchs en espérant que l’ensemble des autres résultats auront été favorables entre temps.

Mathématiquement rien n’est donc définitivement perdu pour Marseille mais le maintien cette saison serait sans doute un exploit encore plus grand que la quatrième place de l’an dernier.

Le classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [18/0/0/84] 54
    53
    52
    51
    50
    49
    48
    47
    46
    45
    44
2 Montpellier [14/1/3/36] PSG [14/1/2/36] 43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
    26
    25
    24
    23
4 Paris FC [6/4/8/-8] 22
5 Bordeaux [5/6/7/-11] 21
6 Soyaux [5/5/8/-15] 20
7 Guingamp [5/4/9/-14] 19
8 Fleury [5/3/9/-18] 18
9 Lille [4/5/9/-22] 17
10 Albi [4/4/10/-23] 16
11 Rodez [3/6/9/-27] 15
    14
    13
12 Marseille [3/3/12/-18] 12
Héloïse Mansuy

Héloïse Mansuy

Les scénarios par équipe

Compte tenu du nombre de possibilités qu’il reste à neuf équipes et quatre journées de la fin, les scénarios qui suivent partent du principe que Lyon, le PSG et Montpellier remporteront leurs matchs contre le reste du plateau. Lyon parce que Lyon et les deux autres parce qu’ils ne peuvent plus se permettre de laisser des points en route pour retrouver l’Europe. Mais un exploit contre l’une ou l’autre peut bouleverser les plans les mieux établis.

Paris FC

Avec sept points d’avance sur Rodez et dix sur Marseille, la présence de l’ancien Juvisy dans cette liste est essentiellement théorique. Mais il n’y a pas de cassure dans le peloton et le scénario catastrophe reste mathématiquement possible.

Il faudrait toutefois un très improbable concours de circonstance. D’abord parce qu’il faudrait que les Parisiennes perdent tous leurs matchs alors que leur problème est plutôt l’abus de matchs nuls. En dehors des matchs contre le trio de tête, les coéquipières de Clara Matéo n’ont perdu que deux fois, contre Guingamp et Marseille en douze matchs. Deux nuls ou une victoire assurerait le maintien.

Inès Jaurena

Inès Jaurena

Ensuite parce qu’il faudrait que l’ensemble du peloton passe devant simultanément ce qui impose une répartition savante des points. Rodez devrait par exemple prendre au moins neuf points en quatre matchs dont la réception de Lyon ce qui ne laisse que peu de marge. Un nul serait rédhibitoire parce que le Paris FC compte non seulement sept points d’avance mais a aussi l’avantage à la différence de buts particulière. Puis il faudrait que les autres prennent exactement le nombre de points nécessaires pour en laisser aux autres pour passer devant le PFC.

Probabilité de relégation : 1%

Bordeaux

Les Girondines n’ont qu’un point de moins mais sont nettement plus en danger. À cause de ce point donc, parce qu’elles ont moins d’expérience que les Parisiennes mais aussi parce que leur calendrier est beaucoup plus ardu avec les confrontations contre Montpellier et le PSG. L’an dernier, c’est bien à Charléty que les joueuses de Jérôme Dauba étaient allées chercher leur maintien mais les miracles ne se répètent pas toujours.

Delphine Chatelin face à Sarah Palacin

Delphine Chatelin face à Sarah Palacin

Ensuite, Bordeaux n’ayant pas l’avantage sur Rodez à la différence de but particulière, les Ruthénoises n’ont que six points à reprendre pour passer, ce qui leur laisse un joker et donne plus de possibilité de scénarios défavorables à Bordeaux dans les autres matchs.

Le risque est grand de voir Bordeaux encore à 21 points dans deux journées. Mais ce total pourrait bien suffire pour le maintien.

Probabilité de relégation : 5%

Soyaux

Un point plus bas et un calendrier plus difficile, Soyaux n’est pas en aussi bonne situation que sa sixième place pourrait le laisser penser. Les quatre adversaires qui se présentent sont tous mieux classés que les coéquipières de Justine Deschamps qui ne leur avait pris qu’un seul point (contre Bordeaux) lors des matchs aller.

Laura Bourgouin

Laura Bourgouin

Le principal atout des Charentaises reste leur classement qui obligerait quatre équipes situées entre un et cinq points derrière à les doubler.

Mais il y a fort à craindre qu’elles n’aient qu’une maîtrise très limitée de la situation et doivent s’en remettre aux résultats de leurs concurrentes.

Probabilité de relégation : 7%

Guingamp

Paradoxalement, la situation des coéquipières de Charlotte Lorgeré semble plutôt moins inconfortable que celle de leurs prédécesseuses charentaises. Avec quatre points d’avance sur Rodez, elles restent à un écart de plus d’une victoire de la zone rouge d’autant qu’elles ont l’avantage à la différence de but particulière qui en fait presque une avance de cinq points. Mais elles ont aussi un calendrier beaucoup plus favorable. Si Soyaux devra jouer contre des adversaires mieux classées, Guingamp n’affrontera que des équipes situées derrière.

Charlotte Lorgeré

Charlotte Lorgeré

La catastrophe reste possible mais la dynamique est favorable et le calendrier offre aussi l’avantage que chaque match peut quasiment suffire à assurer un avantage définitif au classement sur l’adversaire.

Probabilité de relégation : 6%

Fleury

À partir de Fleury, on arrive aux équipes qui peuvent se retrouver en un seul match dans la zone rouge. Les coéquipières de Maéva Clémaron ont un match de plus à jouer mais ce n’est sans doute pas un avantage parce que c’est contre le PSG et que le match de la prochaine journée – qui sera joué le 9 mai – sera la réception de Lyon. Il est vraisemblable que le déplacement à Rodez sera décisif. Une défaite en Aveyron transformerait les matchs contre Guingamp et le Paris FC en matchs couperets.

Daphne Corboz et Sarah Cambot

Daphne Corboz et Sarah Cambot

Un point joue en faveur de Fleury : après avoir perdu ses sept premiers matchs, l’équipe essonnienne n’en a plus perdu que deux depuis fin octobre soit neuf matchs dont celui contre Lyon. La défaite à Albi en mars est plus dommageable sur le plan comptable que sur la dynamique.

Probabilité de relégation : 11%

Lille

Autre promu, le LOSC n’est pas tout à fait là où on l’attendait après sa victoire 3-0 en ouverture du championnat contre Bordeaux. Et une défaite contre le même adversaire lors de la dernière journée pourrait l’envoyer en D2.

Jessica Lernon

Jessica Lernon

La situation est délicate avec un seul point d’avance sur Albi et deux sur Rodez (et même cinq seulement sur Marseille) et un calendrier qui – s’il n’est pas impossible – est difficile. Albi et Rodez s’affrontant dimanche, en cas de défaite à Guingamp Lille serait presque à coup sûr dépassé par l’une des deux1. La situation serait alors critique avec l’obligation de conserver une avance d’un ou deux points sur un seul adversaire en jouant contre le PFC, Montpellier et donc Bordeaux pour finir.

Probabilité de relégation : 15%

Albi

Mathématiquement les trois quarts du plateau sont donc concernés par la relégation mais le plus probable est bien sûr que Marseille descendra et que la deuxième place se jouera entre les deux voisins tarno-aveyronnais. Et justement Albi reçoit Rodez dimanche au stade Maurice-Rigaud. Le vainqueur de ce match fera un grand pas vers le maintien, surtout si c’est Albi. Les coéquipières de Kristina Pantelic compteraient alors quatre points d’avance et l’avantage à la différence de but particulière sur Rodez à trois matchs de la fin dont un Rodez-Lyon. Il faudrait donc deux victoires ruthénoises2 lors des deux autres matchs contre Fleury et Marseille pour mettre Albi en péril. Et encore, cela impliquerait une défaite de Fleury qui laisserait un avantage d’un point à Albi sur les Essonniennes à deux journées de la fin.

Laurie Saulnier

Laurie Saulnier

Une défaite ou un nul seraient par contre très problématiques. La défaite parce qu’elle permettrait à Rodez de passer devant mais un nul aussi parce que le calendrier d’Albi semble légèrement moins facile que celui de Rodez

Probabilité de relégation : 30%

Rodez

Les coéquipières de Manon Guitard sont déjà dans la zone rouge donc elles ne peuvent pas se maintenir en D1 sans doubler au moins une équipe et pour cela il leur faut prendre des points.

Un ne sera pas suffisant à cause de la confrontation directe contre Albi. Un seul point de pris signifierait un nul et donc l’écart resterait le même et il faudrait donc au poins un point de plus. Ensuite Albi est déjà devant à la différence de buts générale, cela ne devrait pas s’arranger avec le Rodez-Lyon de la dernière journée et il est donc à peu près certain qu’il faut au moins deux points pour passer devant.

Clara Noiran

Clara Noiran

Bref Rodez doit remporter au moins un de ses trois prochains matchs. Par chance les adversaires proposés sont trois des quatre autres équipes les plus mal classées ce qui permet d’une part d’espérer avoir de plus grandes chances de l’emporter, et d’autre part de faire coup double en cas de victoire dans ces matchs « à six points »3. Une victoire contre Albi ou Fleury obligerait quasiment l’adversaire en question à remporter un autre match pour repasser devant4. Et un nul contre l’un ou l’autre associé à une victoire contre Marseille serait presque aussi positif.

La situation de Rodez n’est donc pas désespérée et les Ruthénoises semblent avoir un peu plus leur destin en main que d’autres dans la mesure où elles ont des occasions plausibles pour aller chercher les points qui leur manquent. Mais leur saison s’arrêtera une journée avant les autres avec un dernier match qui ne devrait servir qu’à dégrader leur différence de buts générale.

Probabilité de relégation : 50%

Marseille

Les Phocéennes sont dernières et décrochées. Cela signifie qu’elles doivent doubler au moins deux équipes et qu’elles ont besoin d’au moins cinq points pour cela dans le meilleur des cas. En effet, le match Albi-Rodez va obligatoirement donner des points à au moins une de ces équipes et la dixième place sera au plus bas à 17 points dimanche soir (en cas de nul dans ce match ou de défaite lilloise).

Lalia Storti et Viviane Boudaud

Lalia Storti et Viviane Boudaud

Le problème marseillais est que sauf improbable exploit contre le PSG ou Lyon, il ne reste que deux matchs pour prendre ces cinq points qui sont nécessaires et même pas suffisants. Donc il faudra très vraisemblablement battre Rodez et Guingamp en espérant que deux autres équipes restent à traîner. Fleury ne sera sans doute pas de celles là, déjà à 18 points et en avance à la différence de buts particulière5 sur Marseille. Il ne reste donc que Lille, Albi et Rodez et le derby rouge et jaune fait qu’il sera sans doute difficile de doubler à la fois les deux équipes tarno-aveyronnaises et qu’il faudra donc sans doute devancer Lille.

En effet une victoire des Albigeoises les mettrait hors de portée et une victoire des Ruthénoises obligerait Marseille à les battre ensuite d’au moins deux buts pour rattraper le match aller à condition qu’elles aient entre temps perdu contre Fleury.

Marseille n’a plus son destin en main et devra compter sur les résultats des autres.

Probabilité de relégation : 75%

Les confrontations directes

À quatre journées de la fin et avec neuf équipes en jeu, les cas d’égalités à trois ou quatre sont encore possibles (même si en pratique, les égalités à trois qui peuvent avoir un intérêt pour le maintien sont déjà rares et ceux à quatre quasiment inexistants) mais ils sont de toute façon encore très indécis avec le nombre de matchs qu’il reste à jouer.

Léa Declercq

Léa Declercq

Le tableau suivant récapitule les résultats entre les équipes concernées et précise les équipes qui ont l’avantage à la différence de but particulière dans les confrontations deux à deux.

Résultats des confrontations directes
Alb Bor Fle Gui Lil Mar PFC Rod Soy
Albi 0-1 1-0 2-0 0-0 0-2 4-4 0-1 0-1
Bordeaux 3-1 3-3 1-1 1-0 2-3 1-1 0-0
Fleury 0-1 0-1 0-2 1-2 2-1 1-5 2-0 1-0
Guingamp 1-1 0-1 1-2 1-0 2-2 3-1 1-0
Lille 1-1 3-0 2-2 1-1 1-1 1-1 0-2 2-0
Marseille 1-2 1-0 0-1 0-0 0-2 1-0 0-0
Paris FC 1-0 1-1 1-3 2-0 2-1 4-0 2-1
Rodez 0-0 2-2 1-0 1-1 2-1 4-2 0-0 1-1
Soyaux 1-1 2-1 1-2 2-1 2-1 3-2
Différence de buts particulière à l’avantage de l’équipe à domicile (en ligne)
Différence de buts particulière à l’avantage de l’équipe à l’extérieur (en colonne)
Pas d’avantage à la différence de buts particulière alors que les deux matchs ont été joués
Justine Deschamps

Justine Deschamps

Kristina Pantelic

Kristina Pantelic

Par tous les états

L’équipe de France de Corinne Diacre est allée du pire au meilleur lors de la SheBelieves Cup. Commencée par une très lourde défaite contre l’Angleterre, la compétition s’est achevée par la plus large victoire de l’histoire contre l’Allemagne.

La sélectionneuse semble avoir trouvé une équipe type lors des deux derniers matchs. Sa composition n’a rien de révolutionnaire au point de s’interroger sur l’utilité des essais pratiqués jusque là. Cela confirme que le vrai sujet n’est pas celui du choix des joueuses mais de la manière de les faire jouer.

L’équipe de France termine la SheBelieves Cup sur un bilan très équilibré d’une victoire, un nul et une défaite avec cinq buts marqués et cinq buts encaissés. C’est assez inespéré après le premier match où les Bleues ont été totalement surclassées par une équipe d’Angleterre qui était sans doute la meilleure de la compétition même si elle finit derrière les États-Unis avec un bilan très proche de celui de la France.

C’est sans doute cette claque qui a poussé Corinne Diacre à remettre totalement en cause le projet qu’elle avait annoncé de faire tourner pour donner du temps de jeu à tout le monde, éviter en priorité les blessures et économiser Lyonnaises et Montpelliéraines qui jouent des quarts de finales européens dans quinze jours.

Au lieu de ça, l’équipe a été très fortement remaniée pour affronter les États-Unis lors du deuxième match mais elle a été intégralement reconduite ensuite face à l’Allemagne. En sus, la sélectionneuse n’a effectué qu’un seul changement contre les Américaines et a attendu que le score soit décanté face aux joueuses de Steffie Jones pour faire souffler quelques cadres avec seulement deux changements avant cela, l’entrée obligée de Laura Georges avant la mi-temps pour suppléer Aïssatou Tounkara gravement blessée et celle Kadidiatou Diani.

On prend les mêmes et on recommence

Bref que le discours initial n’ait été que de la communication ou qu’il ait changé par la force des événements, la fin du tournoi américain a permis de mettre en place une équipe type qui devrait servir de base pour la suite. Comme on pouvait s’y attendre, cette équipe type ressemble à s’y méprendre à celle qui a disputé l’Euro, au moins pour les joueuses qui la composent.

Cinq des joueuses qui ont été titulaires contre les États-Unis et l’Allemagne l’étaient déjà lors du quart de finale de l’Euro contre l’Angleterre : Sarah Bouhaddi, Griedge Mbock, Grace Geyoro, Amandine Henry et Eugénie Le Sommer. Fin juillet, Wendie Renard était suspendue. En son absence Laura Georges était titulaire et Aïssatou Tounakara remplaçante. Cette fois, la Lyonnaise était blessée et les rôles des deux autres étaient inversés. En ajoutant qu’Amel Majri était blessée à l’Euro où elle aurait à peu près sûrement été titulaire et que Sakina Karchaoui est de toute façon toujours dans la course, que Camille Abily a pris sa retraite mais a été remplacée dans son rôle par Gaëtane Thiney qui n’est pas exactement une débutante, et que Jessica Houara est blessée (mais rien ne dit que Marion Torrent ne lui aurait pas été préféré quand même), la fameuse nouvelle équipe type ne différencie donc de sa devancière que par les blessures, les départs à la retraite et par la présence de Valérie Gauvin en pointe à la place de Marie-Laure Delie et celle de Viviane Asseyi à celle de Kadidiatou Diani, toujours présente dans le groupe.

Malgré un but contre l’Allemagne, l’attaquante de Montpellier a sans doute été la moins convaincante et il semble clair que dès qu’elle ne sera plus prisonnière de l’équipe de France des moins de 20 ans, la meilleure avant-centre française actuelle avec Eugénie Le Sommer, la joueuse du PSG Marie Katoto fera son entrée dans cette équipe où elle tentera de s’imposer.

Les nouvelles joueuses de cette équipe type sont Viviane Asseyi internationale depuis juin 2013, Valérie Gauvin depuis octobre 2015, et Marion Torrent qui ne comptait aucune sélection avant l’arrivée de Corinne Diacre mais qui avait déjà pris place sept fois sur le banc depuis juin 2015.

Le temps de jeu des Bleues à la SheBelieves Cup
Nom Prenom Angleterre États-Unis Allemagne
1 Benameur Karima 90
2 Tounkara Aïssatou 90 44
3 Périsset Ève 90
4 Georges Laura 90 46
5 Cascarino Estelle
6 Henry Amandine 90 90 88
7 Majri Amel 90 90
8 Clemaron Maéva 2
9 Le Sommer Eugénie 90 90 77
10 Diallo Aminata 90
11 Sarr Ouleymata 73
12 Thiney Gaëtane 30 90 90
13 Gauvin Valérie 17 85 89
14 Robert Faustine 60
15 Léger Marie-Charlotte 1
16 Bouhaddi Sarah 90 90
17 Torrent Marion 90 90
18 Asseyi Viviane 30 90 66
19 Mbock Bathy Nka Griedge 90 90 90
20 Diani Kadidiatou 60 5 24
21 Durand Solène
22 Karchaoui Sakina 90 13
23 Geyoro Onema Grace 90 90

Les six mois d’essais divers auront donc principalement servi à reprendre les mêmes joueuses qu’avant, les entrantes les plus convaincantes étant déjà dans un groupe élargi de la sélection depuis plusieurs années. Dans la mesure où l’on choisit sciemment de se passer des joueuses de moins de vingt ans – là où l’Américaine Tierna Davidson à brillé lors de la SheBelieves Cup ce qui ne l’empêchera pas de faire bonne figure à la prochaine Coupe du monde M20 – s’attendre à découvrir une future titulaire des Bleues marque un certain manque de confiance pour le travail des précédents staffs des équipes de France et pour celui des clubs.

Ce grand brassage était sans doute une forme de communication pour raccrocher l’ensemble des clubs à la sélection et provoquer une forme d’union sacrée. Mais la nouvelle équipe type compte cinq joueuses de Lyon, deux de Montpellier et du PFC, une du PSG et une seule de Marseille. Et les remplaçantes qui ont eu un peu de temps de jeu jouent au PSG, à Montpellier et au Bayern.

Pendant ce temps là, l’équipe de France B a joué – et remporté – un tournoi en Turquie avec une équipe quasiment intégralement composé de joueuses déjà appelées plus ou moins récemment chez les A1. Cette victoire a marqué le retour en sélection pour Claire Lavogez et Kenza Dali après leurs blessures.

Ces considérations sur l’effectif confirment que le problème de l’équipe de France n’est pas vraiment de savoir quelles joueuses sont les meilleures. Les sélectionneurs passent mais les joueuses restent et les listes évoluent essentiellement au gré des départs à la retraite et de l’éclosion des jeunes pépites.

Construire une équipe

La vraie question est de savoir comment faire une équipe de ces joueuses et comment les faire jouer ensemble. Et surtout comment les rendre capable d’aborder un match à élimination directe, véritable écueil sur lequel la France échoue régulièrement depuis 2009, à l’exception d’une qualification aux tirs aux buts contre l’Angleterre en 2011 et de deux victoires plus significatives contre la Suède en 2012 et la Corée du Sud en 2015. Soit trois qualifications sur treize tentatives (en comptant les matchs pour la troisième place). Car le spectacle consternant du dernier Euro ne doit pas faire oublier que les Bleues restent sur près de dix ans à sortir de leurs poules à chaque compétition et le plus souvent de façon convaincante. Mais qu’elle n’ont ensuite réussi à passer un tour (et jamais plus) que trois fois sur sept et que la qualité de l’adversaire ne semble pas tellement entrer en compte dans cette incapacité, les Pays-Bas de 2009, le Danemark de 2013 ou le Canada de 2016 n’ayant rien d’épouvantails.

Maintenant que la question du choix des joueuses commence à être débroussaillée, et même s’il y aura encore des essais, le travail de Corinne Diacre va donc être de donner un style à son équipe. On a commencé à le voir aux États-Unis et elle dispose par son expérience à Clermont de plus de crédit sur ce plan que ne pouvait avoir Olivier Echouafni par les siennes à Amiens et Sochaux. Peut-être qu’il fallait passer par cette phase de « reconstruction » pour éteindre la question du choix des joueuses – qui fera toujours polémique sur un ou deux noms mais c’est le lot d’une sélection – et concentrer toutes les forces sur la construction d’une équipe et d’une identité de jeu.

Résultats

Angleterre-France 4-1 : Duggan 7′, Scott 28′, Taylor 39′, Kirby 46′ ; Thiney 77′

États-Unis-Allemagne 1-0 : Rapinoe 17′

États-Unis-France 1-1 : Pugh 35′ ; Le Sommer 38′

Allemagne-Angleterre 2-2 : Kayikçi 17′, Bright 51′ csc ; White 18′, 73′

France-Allemagne 3-0 : Henry 10′, Le Sommer 55′, Gauvin 68′

États-Unis-Angleterre 1-0 : Beardsley 58′ csc

Classement

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff
1 États-Unis 7 3 2 1 0 3 1 2
2 Angleterre 4 3 1 1 1 6 4 2
3 France 4 3 1 1 1 5 5 0
4 Allemagne 1 3 0 1 2 2 6 -4

SheBelieves Cup 2018, crépuscule ou renouveau

La SheBelives Cup va connaître sa troisième édition, probablement la dernière à laquelle participera la France. Compétition qui oppose quatre des meilleures sélections mondiales, elle présente cette année un plateau rajeuni par des équipes en reconstruction après des échecs plus ou moins marqués.

Les États-Unis accueillent à nouveau l’Allemagne, l’Angleterre et la France pour la troisième édition de la SheBelieves Cup. Version très élitiste des traditionnels tournois de fin d’hiver1, il regroupe donc les deux équipes qui se partagent les deux premières places du classement Fifa depuis 2003, le troisième de ce classement (la France les deux dernières saisons et maintenant l’Angleterre) et une dernière équipe n’est pas très loin (l’Angleterre 5e et cette saison la France 6e).

Sa création est due aux barrages pour les Jeux Olympiques de Rio programmés lors de la période internationale de fin de l’hiver 2016 et qui occupait une bonne partie des équipes européennes et asiatiques, laissant prévoir un affaiblissement conséquent du plateau à 12 équipes du tournoi de l’Algarve. Les meilleures équipes disponibles2 avaient donc fait sécession pour un tournoi à quatre avec un match de moins et entre adversaires de qualité.

Dès le début, le contrat portait sur trois éditions et il se pourrait bien que la prochaine soit la dernière, au moins sous cette forme. La sélectionneuse française Corinne Diacre a fait savoir son opposition à cette compétition qui l’oblige à traverser l’Atlantique pour rencontrer deux adversaires européens.

D’une manière générale, la situation a beaucoup évolué depuis la première édition. En 2016, les quatre équipes restaient sur une Coupe du monde réussie même si l’Allemagne et la France avaient pu concevoir une légère déception quant au résultat final. Mais les équipes se présentaient sûres de leur force et en favorites pour les compétitions à venir, Jeux Olympiques et Euro suivant les cas.

Deux ans plus tard, les échecs se sont succédé : la France a échoué en quart de finale aussi bien à Rio qu’à Deventer et surtout n’a jamais justifié son statut, l’Euro marquant une nette régression. Les États-Unis ont abandonné « leur » médaille d’or olympique dès les quarts de finales. L’Allemagne a remporté (sans vraiment convaincre d’ailleurs) le titre à Rio mais a cédé sa couronne européenne dès les quarts de finales également. Et l’Angleterre qui a été plus à son aise sur le terrain malgré la correction reçue des Pays-Bas en demi-finale de l’Euro a compensé par un psychodrame en dehors avec l’éviction du sélectionneur Mark Sampson pour des propos à caractère raciste tenus quelques années auparavant.

Reconstruction pour tout le monde

C’est d’ailleurs l’un des indicateurs qui montre que les équipes sont en reconstruction : Jill Ellis est la seule sélectionneuse restante de la première édition de la SheBelieves Cup. En Allemagne, Steffie Jones a comme c’était programmé pris la succession de Silvia Neid après les Jeux Olympiques. La France arrive avec une troisième sélectionneuse en trois édition.

Et en Angleterre, après un intérim de Maureen Marley, c’est Phil Neville qui est le nouveau patron, sans référence et visiblement choisi par défaut.

Par ailleurs le calendrier est évidemment favorable à des expérimentations puisque 2018 est l’année blanche de l’olympiade3 et qu’il reste plus d’une saison avant la prochaine échéance, celle de la Coupe du monde française.

Les quatre équipes présentent donc des effectifs sensiblement plus jeunes et moins expérimentés qu’en 2016. La France et l’Angleterre se renouvellent cette année alors que l’Allemagne l’avait plutôt fait l’an dernier, sous l’influence dans tous les cas des changements de sélectionneuses. Pour les Américaines de Jill Ellis, la situation est plus ambiguë avec un effectif de moins en moins expérimenté mais dont la moyenne d’âge ne diminue pas tellement.

Nombre moyen de sélections
Équipe 2016 2017 2018
France 54 65 38
Allemagne 41 30 34
Angleterre 52 52 37
États-Unis 64 52 49
Âge moyen de l’effectif
Équipe 2016 2017 2018
France 26,1 26,3 25,0
Allemagne 26,3 25,6 26,0
Angleterre 28,1 28,2 27,0
États-Unis 26,8 26,2 26,3

Quelques stars comme Camille Abily, Anja Mittag, Casey Stoney ou Ali Krieger sont absentes parce qu’elles ont pris leur retraite internationale4. D’autres sont blessées comme Wendie Renard, Steph Houghton, Jordan Nobbs, Karen Carney, Becky Sauerbrunn ou Tobin Heath.

Ces absences de joueuses dont la plupart ont dépassé les cent sélections ou pas loin accélèrent le renouvellement des deux équipes anglo-saxonnes. Les trois défections anglaises ont eu lieu après la parution de la liste initiale de Phil Neville et entraînent les arrivées de Rachel Daly, d’Abby McManus et de la très jeune Georgia Stanway qui rejoignent Gabrielle George et Hannah Blundell au rayon des nouveautés.

Côté américain, à défaut de Rose Lavelle, on observera avec attention Andi Sullivan et Tierna Davidson attendu qu’à 20 ans, Mallory Pugh fait déjà partie des cadres de l’USWNT.

Steffie Jones a pris un an d’avance sur le renouvellement de son équipe et les absences concernent plutôt des joueuses d’avenir comme Pauline Bremer ou Kristin Demann. Ce qui n’empêche pas la sélectionneuse d’emmener des novices comme Sharon Beck ou Carina Schlüter. Et le principal événement est le retour en sélection de Lena Goessling, fâchée avec Steffie Jones depuis l’automne.

Autre retour surprise, celui d’Anita Asante rappelée par Phil Neville après trois ans d’absences en sélection.

La France compte aussi son lot de revenantes. Le rappel d’Ève Périsset était assez attendu pour concurrencer Marion Torrent à un poste d’arrière droite où les essais effectués ont été assez peu concluants. Celui de Gaëtane Thiney était plus imprévu. L’expérimentée attaquante du PFC semblait faire partie de la génération que Corinne Diacre semblait pousser dehors en dehors de quelques relais triés sur le volet. Mais l’absence de solution au poste de meneuse ou à un poste équivalent permettant de fluidifier un minimum le jeu d’attaque a certainement plaidé pour son retour. Les Bleues sont arrivées en Amérique avec deux vraies novices, Maéva Clémaron et Solène Durand et deux presque novices, Estelle Cascarino et Faustine Robert qui ne comptent qu’une seule sélection.

La saison dernière, la France avait remporté la compétition après une victoire dans les arrêts de jeu contre l’Angleterre, un nul vierge contre l’Allemagne et une victoire de prestige contre les États-Unis construite avec deux buts dans les dix premières minutes. La saison précédente, elle avait fini en dernière position après deux défaites 1-0 en fin de match contre l’Allemagne et les États-Unis et un nul vierge contre l’Angleterre.

Au contraire, les Américaines ont emporté la première édition avec trois victoires et perdu la seconde malgré une victoire initiale contre l’Allemagne en perdant ensuite contre l’Angleterre et donc la France.

Allemandes et Anglaises ont conservé d’une année sur l’autre leurs positions respectives de deuxième et troisième.

En trois éditions, quatre matchs seulement sur douze ont fini avec plus d’un but marqué et la France est la seule équipe à avoir remporté un match par plus d’un but d’écart, mais elle a aussi participé aux deux seuls 0-0. Bref, la compétition a jusque là été très serrée et le calendrier très rapproché de trois matchs en une semaine ne favorise sans doute pas les initiatives.

Cette année, les Bleues commenceront à nouveau contre l’Angleterre mais affronteront ensuite les hôtesses américaines pour terminer contre les Allemandes.

Après avoir visité la Floride et le Tennessee en 2016, la Pennsylvanie, le New Jersey et Washington D.C. en 2017, les participantes découvriront cette année l’Ohio et retourneront dans le New Jersey et en Floride.

Édition 2016

Allemagne-France 1-0 : Maier 83’

États-Unis-Angleterre 1-0 : Dunn 72’

États-Unis-France 1-0 : Morgan 91’

Allemagne-Angleterre 2-1 : Flaherty 76’ csc, Peter 82’ pen. ; Duggan 9’

France-Angleterre 0-0

États-Unis-Allemagne 2-1 : Morgan 35’, Mewis 41’ ; Mittag 29’

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 États-Unis 9 3 3 0 0 4 1 3
2 Allemagne 6 3 2 0 1 4 3 1
3 Angleterre 1 3 0 1 2 1 3 −2
4 France 1 3 0 1 2 0 2 −2

Édition 2017

Angleterre-France 1-2 : Nobbs 32’ ; Delie 80’, Renard 95’

États-Unis-Allemagne 1-0 : Williams 56’

France-Allemagne 0-0

États-Unis-Angleterre 0-1 : White 89’

Allemagne-Angleterre 1-0 : Mittag 44’

États-Unis-France 0-3 : Abily 8’ pen., 63’, Le Sommer 10’

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 France 7 3 2 1 0 5 1 4
2 Allemagne 4 3 1 1 1 1 1 0
3 Angleterre 3 3 1 0 2 2 3 −1
4 États-Unis 3 3 1 0 2 1 4 −3

Édition 2018

1er mars 2018 : Angleterre-France et États-Unis-Allemagne à Columbus (Ohio)

4 mars 2018 : États-Unis-France et Allemagne-Angleterre à Harrison (New Jersey)

7 mars 2018 : France-Allemagne et États-Unis-Angleterre à Orlando (Floride)

Effectifs

Allemagne

Nom Prénom Sélections Âge
Beck Sharon 0 23
Benkarth Laura 8 25
Blässe Anna 24 31
Däbritz Sara 48 23
Dallmann Linda 11 23
Doorsoun Sara 11 26
Elsig Johanna 3 25
Faisst Verena 34 29
Goessling Lena 97 32
Hendrich Kathrin 21 26
Huth Svenja 32 27
Islacker Mandy 22 30
Kayikçi Hasret 7 26
Kemme Tabea 45 26
Klasen Jacqueline 2 24
Magull Lina 17 24
Maier Leonie 60 25
Marozsan Dzsenifer 81 26
Peter Babett 116 30
Popp Alexandra 83 27
Schlüter Carina 0 21
Schüller Lea 3 21
Schult Almuth 49 27

Angleterre

Nom Prénom Sélections Âge
Asante Anita 67 33
Bardsley Karen 71 33
Blundell Hannah 0 24
Bright Millie 18 25
Bronze Lucy 52 26
Chamberlain Siobhan 49 35
Christiansen Izzie 21 26
Daly Rachel 7 26
Duggan Toni 54 27
George Gabrielle 0 21
Greenwood Alex 26 24
Kirby Fran 26 25
Lawley Melissa 3 24
McManus Abbie 0 25
Parris Nikita 18 24
Scott Jill 126 31
Stanway Georgia 0 19
Stokes Demi 44 26
Taylor Jodie 24 32
Telford Carly 8 31
Walsh Keira 1 21
White Ellen 68 29
Williams Fara 167 34

États-Unis

Nom Prénom Sélections Âge
Brian Morgan 69 25
Campbell Jane 2 23
Dahlkemper Abby 14 25
Davidson Tierna 1 19
Dunn Crystal 58 26
Ertz Johnston Julie 58 26
Harris Ashlyn 14 32
Horan Lindsey 44 24
Huerta Sofia 3 25
Lloyd Carli 247 36
Long Allie 33 31
McCaskill Savannah 1 22
Morgan Alex 135 29
Naeher Alyssa 24 30
O’Hara Kelley 105 30
Press Christen 97 29
Pugh Mallory 30 20
Rapinoe Megan 130 33
Short Casey 19 28
Smith Taylor 8 24
Sonnett Emily 13 24
Sullivan Andi 8 22
Williams Lynn 16 25

France

Nom Prénom Sélections Âge
Asseyi Viviane 19 24
Benameur Karima 3 29
Bouhaddi Sarah 127 31
Cascarino Estelle 1 21
Clémaron Maéva 0 25
Diallo Aminata 5 23
Diani Kadidiatou 35 23
Durand Solène 0 23
Gauvin Valérie 5 22
Georges Laura 186 34
Geyoro Grace 13 21
Henry Amandine 70 28
Karchaoui Sakina 17 22
Le Sommer Eugénie 148 29
Léger Marie-Charlotte 7 22
Majri Amel 35 25
Mbock Bathy Nka Griedge 38 23
Perisset Ève 9 23
Robert Faustine 1 24
Sarr Ouleymata 7 22
Thiney Gaëtane 141 32
Torrent Marion 7 26
Tounkara Aïssatou 4 23

D1 2017-2018, mi-temps

À la trève intevenue après une journée dans les matchs retour, tout semble presque joué en haut de classement en dehors du duel entre le PSG et Montpellier pour la deuxième place européenne. Mais à partir de la cinquième place, tout le monde est concerné par la lutte pour le maintien et personne n’est déjà décroché même si Marseille compte un peu de retard.

Bordeaux et Fleury fourbissent leurs armes pour viser un maintien confortable mais cela n’est pas une assurance dans un championnat aussi serré.

Comme souvent, le titre semble joué dès la mi-saison. Et comme souvent cela tient autant à l’impression laissée par les Lyonnaises qu’à leur avance au classement. Outre sa défaite à Décines, le PSG n’a finalement abandonné que deux points dans les arrêts de jeu de la première journée contre Soyaux. En cas de victoire au match retour face à Lyon, il resterait à deux points à l’affût du moindre faux pas.

Mais l’armada lyonnaise ne semble pas disposée à trébucher et profite du mercato hivernale pour ajuster son effectif en prêtant Mylaine Tarrieu (à Bordeaux) et Claire Lavogez (à Fleury) et en accueillant Amandine Henry (de Portland) et Morgan Brian (de Chicago) en attendant peut-être le départ de Kenza Dali et l’arrivée de l’arrière gauche de Liverpool Alex Greenwood. Autant dire que l’OL prête des joueuses qui ne jouent pas (90 minutes pour Mylaine Tarrieu lors de la première journée et c’est tout pour les trois citées) et recrute des titulaires potentielles, internationales confirmées. À part en provoquant une cassure dans le vestiaire, cela peut difficilement affaiblir l’équipe.

Du mouvement au PSG

Le PSG visera donc de retrouver la Coupe d’Europe l’an prochain et sera pour cela à la lutte avec Montpellier qui la joue cette saison. Les deux équipes sont séparées de quatre points mais Montpellier compte un match de retard à Fleury qui pourrait le ramener à une seule longueur. Rien n’est donc joué et le PSG a pris l’avantage à la faveur de la confrontation directe où Jean-Louis Saez avait étrangement laissé sur le banc sa doublette d’attaquantes suédoises mais une revanche au retour replacerait Montpellier à la seconde place.

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

En haut de classement, c’est ce duel pour l’Europe qui animera la deuxième partie de saison. Les deux clubs ne l’abordent pas de la même manière. Montpellier a pour l’instant commencé à libérer des joueuses qui ne jouaient pas (Marine Haupais à Fleury) ou peu (Lindsey Thomas à Bordeaux). Mais le PSG s’est lancé dans de plus grandes manœuvres en marge des terrains. Après la nomination de Bruno Cheyrou comme directeur sportif, c’est Bernard Mendy qui est arrivé comme entraîneur adjoint. Laura Georges à cours de temps de jeu est partie au Bayern alors que le staff parisien cherche à recruter : on parle de l’arrivée de l’Australienne Samantha Kerr, meilleure joueuse et meilleure buteuse de la dernière saison de NWSL.

Paris FC seul au milieu

Cette présentation d’une équipe de tête suivie d’un duo en lutte pour l’Europe confirme ce que la saison dernière avait montré : le quatuor de tête est désormais un trio et Juvisy n’en fait plus partie malgré sa transformation en Paris FC. Les néo-Parisiennes ont non seulement perdu contre les trois équipes du trio de tête (avec neuf buts encaissés contre Lyon qui doivent être le record du club) mais elles ont aussi abandonné des points contre les deux derniers du classement. À Guingamp, elles menaient 2-0 dans les arrêts de jeu avant de se faire rejoindre et à Marseille pour le dernier match de l’année, elles ont offert à l’OM sa première victoire de la saison (comme l’an dernier).

Karima Benameur

Karima Benameur

Après une saison particulièrement ratée, l’équipe à nouveau entraînée par Pascal Gouzenes s’est remise à l’endroit et possède une avance confortable sur la meute mais reste décrochée de la tête. Au rayon des satisfactions, les prestations de Karima Benameur qui a retrouvé la sélection et l’intégration de l’ancienne du PSG Anissa Lahmari de retour en France après un prêt à Reading.

Le ventre mou lutte pour le maintien

Le PFC est dans la position remarquable d’être sans doute la seule équipe qui n’a plus ni ambition à nourrir pour le titre ou l’Europe et plus aucune crainte pour le maintien. Cette saison plus qu’avant, il n’y a pas de ventre mou en D1. Bordeaux, cinquième du classement, ne possède que cinq points d’avance sur Guingamp, onzième et premier relégable. Huit équipes se tiennent en moins de deux victoires et au moins une sera reléguée. D’autant que Marseille qui était décroché a terminé l’année par une victoire sur le PFC qui lui permet de revenir à trois points seulement du maintien.

Une chose est sûre, l’inéluctable prise de pouvoir des clubs professionnels masculins sur l’ensemble de la D1 n’est pas pour cette saison. Il est effectif en haut de tableau mais ce n’est pas une nouveauté. En dessous, l’appartenance à un tel club ne fait pas encore la différence. Pour preuve, après la relégation l’an dernier de Metz et Saint-Étienne, ce sont actuellement Guingamp et Marseille qui occupent les dernières places alors que Soyaux continue de viser la première partie de tableau.

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Les difficultés marseillaises étaient prévues et annoncées. Après une très bonne saison de promue terminée à la quatrième place, l’équipe phocéenne a manqué son intersaison dans les grandes largeurs, faisant même naître le doute sur l’intérêt porté par le club à son équipe féminine. Les départs de près de la moitié de l’équipe type1 et de la plupart des recrues de l’an dernier2 ont été compensés par un certain nombre de paris dont peu sont actuellement payants. Le recrutement de la Parisienne Hawa Cissoko était sur le papier le moins hasardeux. D’ailleurs la défenseuse a été systématiquement appelée en équipe de France depuis le début de saison. Mais sur le terrain, elle a en fait été dépassée par Anaïs M’Bassidje, dernière représentante de l’équipe marseillaise montée de DH en D2 puis en D1.

Le reste du recrutement s’est fait à l’étranger3 avec des joueuses sans grandes références en dehors de l’Islandaise Fanndís Friðriksdóttir. Cette dernière et les deux Canadiennes Marie-Yasmine Alidou d’Anjou et Geneviève Richard ont fait leur place dans l’équipe mais sans apporter énormément. Quant à l’internationale mexicaine Cristina Ferral, elle n’apparaît que très sporadiquement sur la pelouse.

Les Marseillaises n’ont remporté aucune victoire (et trois matchs nuls) lors de la phase aller. Elles ont doublé leur nombre de points pour le premier match de la phase retour (et dernier avant la trêve) en battant le PFC 1-0. L’an dernier, elles avaient obtenu leur première victoire contre Juvisy pour débuter une série de neuf victoires et une défaite (contre Lyon) qui les avait menée à la quatrième place. Cette fois, elle leur permet de conserver un espoir de maintien.

Non longe a quinto ad relegatio

Toutes les autres équipes, soit un peu plus de la moitié du plateau se tient en cinq points et peut encore aussi bien espérer une cinquième place très positive que craindre une relégation. Et il est bien difficile de prévoir celle ou celles qu’on retrouvera en D2 la saison prochaine d’autant que la dynamique est globalement à l’inverse du classement.

Soyaux qui avait commencé la saison par trois victoires et un nul contre le PSG n’a plus remporté un match depuis sa victoire contre Fleury lors de la quatrième journée début octobre et reste sur cinq défaites et un nul. De même Bordeaux ne compte qu’une victoire à Guingamp depuis le mois d’octobre pour quatre défaites et deux nuls. Ce ne sont pas les matchs perdus qui sont les plus négatifs puisqu’il s’agit des confrontations contre les quatre équipes de tête, que le Girondines n’ont concédé que deux buts à Lyon qui en a sinon marqué au moins quatre à tout le monde en dehors du PSG et que le PFC ne doit sa victoire qu’à un but de Mathilde Bourdieu à la 89e minute. Mais le nul concédé au Grand Stade face à Rodez et celui lors du dernier match contre Soyaux sont des points perdus pour l’ambition affichée du club de se battre plutôt avec le PFC pour la quatrième place qu’avec tous les autres pour le maintien.

Rose Lavaud

Rose Lavaud

Pour cela, les dirigeants girondins continuent de renforcer leur équipe. Après une intersaison très chargée où l’équipe a été profondément renouvelée, ils ont obtenu le prêts de deux attaquantes en manque de temps de jeu dans les équipes de tête. La Montpelliéraine Lindsey Thomas est arrivée pour pallier la blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues et la Lyonnaise Mylaine Tarrieu suit pour occuper une place sur le flanc gauche, sans doute plus offensive qu’à l’OL où elle dépannait comme latérale.

Claire Lavogez, une internationale à Fleury

L’autre club qui anime le mercato d’hiver après avoir déjà été très actif cet été est le FC Fleury 91 qui après avoir attiré Daphne Corboz en octobre et Marine Haupais en novembre vient de se faire prêter Claire Lavogez par l’OL. En manque de temps de jeu pour postuler à l’équipe de France, la Calaisienne va passer ses six derniers mois de contrat dans l’Essonne. Fleury était déjà le club qui comptait le plus de joueuses passées par l’équipe de France B4. Il avait déjà avec Lilas Traïkia une internationale A dans ses rangs. Il dispose désormais d’une joueuse expérimentée qui a disputé trois phases finales, la seule en dehors du quatuor de tête5. Les Marseillaises Viviane Asseyi et Caroline Pizzala peuvent presque rivaliser avec leur présence dans la sélection respectivement pour l’Euro 2013 et la Coupe du monde 2011 mais seule la seconde était entrée en jeu, sept minutes lors du match pour la troisième place contre la Suède.

Avec 35 sélections dont neuf en phases finales, Claire Lavogez va apporter un vécu qui sera un atout important pour Fleury qui était déjà l’équipe en forme de la fin d’année 2017 avec trois victoires lors des quatre derniers matchs. Certes c’était contre ses trois concurrentes les plus mal classées mais ce sont les matchs qu’il faut gagner pour construire un maintien.

Fleury est avec Bordeaux l’équipe qui a sur le papier le plus bel effectif pour aller chercher la cinquième place. Sur le terrain, Soyaux fait aussi belle impression depuis le début de saison avec un profil totalement opposé, celui du seul club exclusivement féminin de D1, qui ne compte que deux internationales A tous pays confondus6.

Albi et Rodez font de la résistance

Les deux autres équipes qui ne sont pas adossées à un club professionnel masculin, Albi et Rodez sont assez inséparables. Pas seulement pour leur proximité géographique et leurs couleurs mais aussi parce que saison après saison, ils trouvent des solutions qui leur permettent de se maintenir malgré la difficulté à attirer des joueuses internationales, et peut-être l’œil des sélectionneurs. En tout et pour tout, les deux clubs comptent deux internationales B, les Ruthénoises Fanny Hoarau et Julie Peruzzetto. Albi compense avec une intéressante filière serbe représentée par trois joueuses dont la talentueuse Kristina Pantelic.

Laurie Saulnier

Laurie Saulnier

Après trois défaites initiales, les Albigeoises n’ont plus perdu que contre les équipes du quatuor de tête et n’ont concédé que deux nuls contre Lille et Rodez. De même, les Ruthénoises avaient commencé la saison par quatre défaites et un nuls, mais avaient alors évacué le problème des confrontations pariso-lyonno-montpélliéraines et n’a ensuite plus concédé qu’une défaite face à Fleury lors des six journées suivantes (avant de reprendre la phase retour contre le PSG). Le problème de l’équipe aveyronnaise est qu’elle n’a remporté que deux de ces matchs et que les nuls ne la font pas beaucoup avancer.

Finalement, les deux équipes semblent le plus en danger avec Marseille sont peut-être deux autres équipes adossées à des clubs professionnels.

Après avoir commencé sur les chapeaux de roues en battant Bordeaux 3-0 grâce à un triplé d’Ouleymata Sarr, les Lilloises ont enchaîné pour engranger sept points lors des cinq premières journées mais sans affronter d’ogre en dehors du PSG. Puis la machine s’est enrayée et le LOSC a enchaîné un nul au Stadium contre Marseille puis quatre défaites. Si ce bilan s’était fait à la fin des matchs aller7, la dynamique aurait clairement été contre les Nordistes. Mais tout comme les Marseillaises, elle n’ont pas attendu la trêve pour se relancer dès le premier match retour en battant Soyaux, victoire qui coïncidait avec le premier but d’Ouleymata Sarr depuis la quatrième journée.

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

La situation guingampaise semble plus précaire parce que l’embellie a eu lieu au mois de novembre avec une victoire légèrement contre le cours du jeu à Soyaux et une autre contre Lille, mais qu’elle a été suivie de deux défaites contre Albi et Fleury. Fort de son important contingent international, il semble que l’EAG est une équipe bâtie pour jouer le haut du tableau. C’est bien sûr trop juste contre Lyon (deux défaites 4-0 et 5-0) voire contre le PSG (défaite 3-0) mais ça ne passe pas loin contre Montpellier qui doit s’en remettre à un coup franc de Laura Agard pour l’emporter et ça suffit pour rivaliser avec le PFC, 2-2 avec certes une fin de match rocambolesque. Mais il semble manquer l’étincelle qui permet de faire d’aussi bons matchs contre des adversaires directs en dehors du mois de novembre.

La chance de Guingamp est sans doute dans l’homogénéité du championnat qui lui permet de ne pas être décroché. Et la vérité de la première partie de saison ne sera bien sûr pas celle de la seconde. Autant il n’est sans doute pas très risque de parier sur le quarté, y compris dans l’ordre, autant toute la suite du classement reste la bouteille à l’encre.

Résultats

7e journée

Fleury-PSG 0-2 : Multari 11′ (csc), Delie 57′

Lyon-Lille 6-0 : Abily 7′, 21′, van de Sanden 9′, Hegerberg 17′, 42′, Majri 92′

Guingamp-Bordeaux 0-1 : Rodrigues 62′

Marseille-Albi 1-2 : Asseyi 4′ ; Cazeau 53′, 80′

Paris FC-Montpellier 1-2 : Thiney 19′ ; Blackstenius 62′, Le Bihan 64′

Rodez-Soyaux 1-1 : Lemaître 12′ ; Clerac 72′

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

8e journée

Albi-Lyon 0-5 : Hegerberg 2′, Le Sommer 56′, Kumagai 68′, Abily 73′, Mbock Bathy Nka 89′

Bordeaux-Paris FC 2-3 : Barbance 63′, Rodrigues 84′ ; Thiney 36′, Otaki 81′, Bourdieu 89′

Fleury-Marseille 2-1 : Laplacette 61′ (csc), Corboz 72′ ; Caputo 14′

Lille-Rodez 0-2 : Saunier 1′, Austry 76′

PSG-Montpellier 3-1 : Paredes 19′, Delie 40′, Torrent 71′ (csc) ; Cayman 85′

Soyaux-Guingamp 1-2 : Dumont 5′ ; Oparanozie 84′, Bourgouin 87′ (csc)

9e journée

Guingamp-Lille 1-0 : Robert 38′

Lyon-Fleury 5-0 : Marozsán 34′, Hegerberg 48′, Kumagai 67′, Le Sommer 76′, Cascarino 85′

Marseille-PSG 2-5 : Asseyi 31′, Lakrar 38′ ; Perisset 50′, Diani 55′, Katoto 67′, 68′, 81′

Montpellier-Bordeaux 4-1 : Jakobsson 22′, 29′, 92′, Blackstenius 32′ ; Karchouni 43′

Paris FC-Soyaux 2-1 : Matéo 56′, Bourdieu 66′ ; Bourgouin 74′

Rodez-Albi 0-0

10e journée

Albi-Guingamp 2-0 : Rouzies 10′, Cazeau 76′

Fleury-Rodez 2-0 : Palacin 7′, Dunord 81′

Lille-Paris FC : reporté

Marseille-Lyon 0-5 : Renard 11′, Hegerberg 50′, 55′, Bronze 58′, Hamraoui 68′

PSG-Bordeaux 3-0 : Katoto 66′, Erika 70′, Cruz 72′

Soyaux-Montpellier 1-5 : Babinga 55′ ; Blackstenius 4′, 93′, Léger 83′, Torrecilla 89′, Gauvin 91′

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

11e journée

Bordeaux-Soyaux 0-0

Guingamp-Fleury 1-2 : Le Garrec 27′ ; Machart-Rabanne 40′, Fernandes 70′

Lyon-PSG 1-0 : Hegerberg 12′

Montpellier-Lille 4-1 : Léger 4′, 25′, Cayman 28′, Gauvin 84′ ; Coryn 93′

Paris FC-Albi 1-0 : Lahmari 25′

Rodez-Marseille 4-2 : Peruzzetto 4′, Lemaître 56′, 85′, Noiran 59′ ; Caputo 66′, Asseyi 93′

12e journée

Albi-Bordeaux : reporté

Fleury-Montpellier : reporté

Lille-Soyaux 2-0 : Coryn 33′, Sarr 91′

Lyon-Guingamp 4-0 : Hegerberg 8′, 61′, Le Sommer 27′, Marozsán 66′

Marseille-Paris FC 1-0 : Gadea 70′

PSG-Rodez 6-0 : Tyryshkina 23′ (csc), Berglund 56′, Katoto 57′, Hermoso 63′, Delie 78′, Diani 87′

Manon Guitard

Manon Guitard

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [12/0/0/57] 36
    35
    34
    33
    32
2 PSG [10/1/1/28] 31
    30
    29
    28
3 Montpellier [9/0/2/29] 27
    26
    25
    24
    23
    22
    21
    20
4 Paris FC [6/1/4/2] 19
    18
    17
    16
    15
5 Bordeaux [4/2/5/-7] 14
6 Soyaux [3/4/5/-10] 13
    12
7 Lille [3/2/6/-12] Albi [3/2/6/-13] 11
9 Rodez [2/4/6/-24] 10
10 Fleury [3/0/8/-19] Guingamp [2/3/7/-15] 9
    8
    7
12 Marseille [1/3/8/-16] 6
Laura Agard

Laura Agard

Fin de la période d’essais

Les premiers mois de la mandature de Corinne Diacre ont été placés sous le signe des essais. Cette période semble révolue et un groupe plus stable devrait désormais se détacher à l’occasion des prochains rassemblements des Bleues. C’est l’occasion de dresser un bilan de ce brassage et de le confronter aux annonces initiales. Si la prééminence de l’OL et du PSG était ciblée et si les joueuses de tous les clubs devaient avoir leur chance, la réalité est plus nuancée : les pensionnaires des quatre fournisseurs historiques de la sélection restent largement majoritaires et près de la moitié des clubs de D1 n’ont pas été représentés.

La trêve en D1 permet de faire un tour d’horizon des joueuses sélectionnables poste par poste et de voir qui est là, qui n’y est pas, qui a été oublié ou qui a été ignoré.

Après deux rassemblements conclus par quatre victoires dont deux assez significatives contre l’Espagne et l’Angleterre, les Bleues de Corinne Diacre ont connu leur premier coup d’arrêt avec une lourde défaite 4-0 en Allemagne, suivie d’un nul 0-0 contre la Suède qui a surtout semblé positif en comparaison.

La sélectionneuse a déjà annoncé qu’une ossature devrait commencer à se dégager dès le prochain match contre l’Italie même si elle devrait continuer à s’autoriser quelques essais, en particulier parce que certaines joueuses ne lui ont pas donné satisfaction lors du match contre l’Allemagne.

Il est d’ores et déjà possible de dresser un premier bilan de l’important brassage effectué lors de ces trois rassemblements au regard des annonces initiales.

Deux axes forts avaient été énoncés : il ne suffirait plus d’émarger à Lyon ou au PSG pour avoir sa place chez les Bleues et l’équipe de France était désormais accessible aux joueuses de tous les clubs de D1. Dans tous les cas, il faudrait jouer dans son club pour pouvoir prétendre à la sélection. Après quatre mois, si les choses ont plutôt évolué dans ce sens, le bilan reste à nuancer.

Guingamp, nouvel Eldorado

La prépondérance lyonnaise a effectivement beaucoup diminué. Sous Olivier Echouafni, les pensionnaires de l’OL cumulaient à peu près la moitié du temps de jeu total. Elles n’en comptent plus qu’un quart. Mais l’influence du changement de sélectionneuse est à relativiser dans cette évolution qui doit aussi beaucoup à l’arrêt de Camille Abily et d’Élodie Thomis1 et aux blessures de Jessica Houara et Claire Lavogez.

La place libérée a d’abord profité aux Montpelliéraines passées de 10% à 20% du temps de jeu total, tandis que les Parisiennes conservent une place à peu près équivalente (qu’elles soient du PSG ou du PFC, ex-Juvisy).

Les joueuses venant de l’habituel top 4 ou de l’étranger2 occupent toujours une place prépondérante mais là où elles ne laissaient que des quelques miettes aux autres (moins d’1%) la saison dernière, elles laissent désormais presque 15% du temps à des joueuses en provenance du reste du championnat.

Faustine Robert

Faustine Robert

La promesse de l’ouverture de l’équipe de France à tous les clubs n’est pourtant qu’en partie remplie. Aucune joueuse d’Albi, de Rodez, de Fleury ou de Soyaux n’a encore été appelée et Bordeaux n’a été représenté que par la seule Nadjma Ali Nadjim en première mi-temps contre l’Allemagne.

C’est Guingamp qui fait figure de nouveau fournisseur des Bleues avec quatre appelées, soit une de moins seulement que Lyon. Parmi elles, seule Léa Le Garrec a participé à plusieurs matchs et à plusieurs rassemblements. Et seule Faustine Robert semble avoir convaincu lors du match contre la Suède.

Les autres représentantes du reste de la D1 viennent de Lille et de Marseille. Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi sont mêmes solidement installées dans le groupe. La seconde est avec quatre buts la meilleure réalisatrice actuelle des Bleues de Corinne Diacre.

Le problème Laura Georges

Le cas de l’autre Marseillaise Hawa Cissoko est symptomatique de l’application à géométrie variable de la règle du temps de jeu en club nécessaire pour prétendre à la sélection. Après quatre journées comme titulaire, la défenseuse centrale est sortie de l’équipe fin septembre jusqu’à fin novembre, tout en étant présente aux trois rassemblements de l’équipe de France. Des joueuses comme Griedge Mbock ou Aminata Diallo qui ne sont pas toujours titulaires en clubs ont conservé la confiance de la sélectionneuse mais le cas extrême est celui de Laura Georges. La défenseuse aux 185 sélections n’a joué avec le PSG qu’un match contre Bordeaux où Patrice Lair avait abondamment fait tourner, et quelques minutes de la première journée contre Soyaux. Pourtant elle a jusque là conservé la confiance de Corinne Diacre qui comptait s’appuyer sur son expérience.

Comme c’est le cas de quasiment tous les sélectionneurs, l’ancienne défenseuse de Soyaux doit composer avec les décisions des entraîneurs de clubs qui n’ont pas toujours la même hiérarchie qu’elle. Dans l’ensemble la plupart des internationales potentielles (et valides) jouent au moins un tiers ou la moitié des matchs de leur club ce qui est suffisant pour postuler.

La question du temps de jeu se posera au retour des blessées lyonnaises Jessica Houara, Kenza Dali3 et Claire Lavogez. La dernière a déjà annoncé qu’elle sera prêtée pour la fin de saison dans un club où elle pourra jouer.

Marion Torrent déjà cadre des Bleues

Au total, treize nouvelles joueuses ont été appelées par Corinne Diacre parmi lesquelles seules les gardiennes Élisa Launay et Solène Durand n’ont pas joué. Estelle Cascarino et Charlotte Lorgeré, qui jouent en défense centrale au PFC et à Guingamp ont joué comme latérales face au Ghana et n’ont pas été rappelées tout comme Théa Gréboval, titulaire face au Chili. Nadjma Ali Nadjim n’a joué qu’une mi-temps contre l’Allemagne et n’a pas eu droit à une séance de rattrapage à domicile contre la Suède. Enfin, Faustine Robert n’a aussi joué qu’une seul match mais c’était le dernier et elle semble avoir convaincu Corinne Diacre. Sa présence en janvier est probable.

Les six autres nouvelles ont participé à plusieurs matchs et ont été de tous les rassemblements (sauf Aminata Diallo et Inès Jaurena qui ont manqué le premier). Marion Torrent a été la joueuse la plus utilisée après Eugénie Le Sommer, alors qu’Ouleymata Sarr, Aminata Diallo et Inès Jaurena semblent avoir gagné leur place dans le groupe. Les cas de Léa Le Garrec et d’Hawa Cissoko sont plus flous : elles ont eu l’occasion de se montrer mais n’ont sans doute pas vraiment convaincu.

Marion Torrent

Marion Torrent

Finalement, les essais ont permis à quatre joueuses de s’imposer. L’une vient de Montpellier, une autre du PSG et une troisième du PFC. Et la Lilloise jouait au PSG la saison dernière.

Cela confirme qu’il peut être intéressant de chercher de bonnes joueuses partout mais que le travail des quatre clubs principaux et celui des différentes sélectionneuses des équipes de jeunes (et des cadres techniques de la FFF) fait qu’il est assez peu probable de découvrir brusquement une nouvelle joueuse totalement passée inaperçue jusque là.

D’ailleurs parmi les 32 sélectionnées de la saison, seules Solène Durand et Nadjma Ali Nadjim n’étaient pas déjà passées en équipe de France (A ou B) dans les deux dernières années. Et Charlotte Lorgeré est la seule qui n’est jamais passé par Lyon, PSG, Montpellier ou Juvisy.

Tour d’horizon par poste

Les essais ont été nombreux mais finalement la sélection est restée réservée aux joueuses des clubs qui occupent les quatre premières places ou les deux dernières. Entre les deux, les Lilloise Ouleymata Sarr et Élisa Launay ont été les seules appelées.

La trêve est l’occasion de faire un tour d’horizon poste par poste, y compris dans les autres clubs pour voir celles qui sont installées en sélection, de celles qui y ont été dans le passé mais n’y sont plus, de celles qui y ont fait un tour cette saison et surtout de celles qu’on aurait pu voir et qu’on verra peut-être prochainement. L’occasion aussi de voir quels sont les postes occupés par des joueuses non sélectionnables alors que le président de la FFF Noël Le Graët a commencé à pointer le problème que pose le grand nombre de joueuses nom sélectionnables dans les équipes de tête du championnat.

Les postes indiqués peuvent prêter à discussion parce que toutes les équipes ne sont pas organisées de la même manière, parce que certaines joueuses ont occupé plusieurs positions et aussi parce qu’il y a sans doute des erreurs. En principe, le poste indiqué est celui où la joueuse a majoritairement évolué cette saison en D1.

Joueuse non sélectionnable (ou retraitée)
Joueuse sélectionnée
Ancienne internationale non rappelée
Joueuse appelée cette saison pour le moment sans suite
Joueuse qui aurait pu être essayée

Gardiennes

Quatre clubs font appels à des étrangères pour le poste de gardienne de but (Albi, Marseille, Bordeaux PSG). Ce qui en laisse au moins huit disponibles pour l’équipe de France (et en fait un peu plus, certains clubs ayant aligné deux gardiennes avec un temps significatif).

Laetitia Philippe devancée à Montpellier par Méline Gérard et Pauline Peyraud-Magnin revenue à Lyon comme doublure de Sarah Bouhaddi ont pris du retard tandis que Karima Benameur a pris la place de Céline Deville au Paris FC et est revenue de façon convaincante en équipe de France, dix ans après sa première sélection (et six après la seconde). La hiérarchie semble encore à définir puisque c’est Méline Gérard qui a le plus joué cette saison.

Déborah Garcia

Déborah Garcia

Parmi les autres gardiennes, Élisa Launay et Solène Durand ont été appelées sans jouer, et d’autres auraient pu l’être comme Maryne Gignoux-Soulier ou Romane Munich, vues en équipe de France B la saison dernière ou Déborah Garcia redevenue titulaire à Rodez.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Bouhaddi Sarah Lyon FRA 31 12 12 1080 0 0
Durand Solène Guingamp FRA 23 12 12 1080 0 0
Richard Geneviève Marseille CAN 25 12 12 1080 0 0
Gignoux-Soulier Maryne Fleury FRA 21 11 11 990 0 1
Lambert Gabrielle Albi CAN 23 11 11 990 0 0
Munich Romane Soyaux FRA 23 10 10 900 0 0
Gérard Méline Montpellier FRA 27 9 9 810 0 0
Garcia Déborah Rodez FRA 23 9 9 810 0 1
Kiedrzynek Katarzyna PSG POL 26 9 9 810 0 0
Nayler Erin Bordeaux NZL 25 9 9 810 0 0
Launay Élisa Lille FRA 20 8 8 720 0 0
Benameur Karima Paris FC FRA 28 7 7 630 0 0
Deville Céline Paris FC FRA 35 4 4 360 0 0
Niphon Julie Rodez FRA 28 3 3 270 0 0
Azem Floriane Lille FRA 20 3 3 270 0 0
Endler Christiane PSG CHL 26 3 3 270 0 0
Philippe Laëtitia Montpellier FRA 26 2 2 180 0 0
Nadal Alizée Bordeaux FRA 23 2 2 180 0 0
Moinet Cassandra Soyaux FRA 19 2 2 180 0 0

Latérales droites

Les trois latérales droites les plus utilisées en D1 ne sont pas sélectionnables : Lucy Bronze est internationale pour l’Angleterre, Falone Tcheno4 pour le Cameroun et Anne-Marie Banuta pour la Roumanie.

Le remplacement d’Ève Périsset par Marion Torrent est un symbole fort de l’arrivée de Corinne Diacre. À vrai dire, l’absence actuelle de la première est à peu près aussi étonnante que ne l’était avant celle de la seconde. Les deux devraient à terme être régulièrement appelées, en attendant le retour de Jessica Houara qui pourra changer la donne.

Mais aucune autre habituée du poste n’a été appelée cette saison. À défaut de la Montpelliéraine c’est la défenseuse centrale de Guingamp Charlotte Lorgeré qui a joué contre le Ghana et celle de Lyon Griedge Mbock contre l’Allemagne.

Justine Deschamps

Justine Deschamps

Parmi les titulaires en D1, la Bordelaise Andrea Lardez et la Sojaldiciennes Justine Deschamps ont déjà eu les honneurs d’une convocation en équipe de France B. Mais à 23 et 24 ans, elles ne doivent pas tarder parce que la relève est déjà là avec aux premiers rangs Élisa De Almeida et Héloïse Mansuy.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Bronze Lucy Lyon ENG 26 12 12 1049 2 0
Tcheno Falonne Guingamp CMR 27 12 11 1035 0 1
Banuta Anne-Marie Rodez ROU 26 11 11 990 0 1
Lardez Andréa Bordeaux FRA 23 11 10 908 1 2
Torrent Marion Montpellier FRA 25 10 9 834 0 0
Périsset Ève PSG FRA 22 11 10 801 1 2
Deschamps Justine Soyaux FRA 24 11 9 797 0 1
De Almeida Élisa Paris FC FRA 19 9 9 794 0 1
Soyer Julie Paris FC FRA 32 8 8 720 0 1
Mitchai Aïvi Albi FRA 26 8 8 720 0 0
Mansuy Héloïse Lille FRA 20 8 7 605 0 0
Bouchenna Jennifer Lille FRA 25 8 5 484 0 0
Blanc Amandine Marseille FRA 21 6 4 433 0 1
Bruère-Clément Charlotte Fleury FRA 20 6 5 417 0 1
Stefanovic Dejana Albi SRB 20 8 4 407 0 0
Dinglor Elodie Guingamp FRA 20 5 4 360 0 0
Laplacette Tess Marseille FRA 18 4 4 360 0 0
Romanelli Marion Montpellier FRA 21 6 4 330 0 2
Sahraoui Santana Albi FRA 18 4 2 198 0 1
Mollet Félicia Fleury FRA 25 3 2 186 0 0

Latérales gauches

Si le poste de latérale droite permet souvent d’aguerrir une défenseuse centrale ou une milieu défensive, celui de latérale gauche est réservé à une gauchère. Quelque fois une attaquante qui dépanne, souvent une attaquante reconvertie.

L’arrière gauche la plus utilisée est canadienne mais toutes les autres sont disponibles pour les Bleues. Amel Majri et Sakina Karchaoui sont bien présentes et Théa Gréboval a été essayée contre le Chili. Perle Morroni qui peut aussi occuper ce poste a été convoquée sans pouvoir honorer la sélection, blessée depuis la première journée.

Viviane Boudaud

Viviane Boudaud

D’autres auraient pu avoir leur chance comme Viviane Boudaud, titulaire inamovible à Soyaux depuis cinq ans ou Delphine Chatelin qui a participé à stabiliser la défense bordelaise.

Mais les places semblent déjà occupées et les nouveautés pourraient venir des deux côtés du spectre : d’un côté de l’ancienne Laure Boulleau de retour après presque deux ans de blessures, et de l’autre avec les très jeunes Maëlle Lakrar (en attendant une place dans l’axe) et Selma Bacha.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Lawrence Ashley PSG CAN 22 12 11 1025 0 1
Coudon Marine Fleury FRA 25 11 11 990 0 1
Boudaud Viviane Soyaux FRA 24 11 11 990 0 5
Karchaoui Sakina Montpellier FRA 21 11 11 966 0 0
Dafeur Marine Lille FRA 23 11 10 923 0 2
Majri Amel Lyon FRA 24 11 9 786 1 0
Chatelin Delphine Bordeaux FRA 29 9 8 732 0 1
Hoarau Fanny Rodez FRA 23 9 8 699 0 1
Schlepp Angélique Albi FRA 23 8 8 653 0 0
Morin Suzy Guingamp FRA 20 10 7 639 0 0
Butel Gwenaëlle Fleury FRA 28 7 7 630 0 1
Belkhiter Morgane Albi FRA 22 8 7 587 0 2
Soulard Amandine Marseille FRA 30 8 6 520 0 1
Greboval Théa Paris FC FRA 20 6 6 508 0 1
Drozo Maevane Guingamp FRA 18 6 5 406 0 0
Boulleau Laure PSG FRA 31 7 5 396 0 0
Bacha Selma Lyon FRA 17 5 2 225 0 0

Défenseuses centrales

Le poste de défenseuse centrale nécessite de l’expérience. C’est donc l’un de ceux où les clubs vont le plus volontiers chercher à l’étranger. Sept clubs sur douze comptent au moins une défenseuse centrale venue d’ailleurs, dont trois Espagnoles et deux Suédoises. Mais en dehors de Laura Georges au PSG, cela n’empêche pas les postulantes aux Bleues de s’exprimer.

Corinne Diacre a longuement évolué à ce poste, ses choix sont donc certainement mûrement pesés. Mais ils sont ici légèrement indéchiffrables. Derrière la paire Wendie Renard-Griedge Mbock annoncée depuis longtemps comme la charnière de base des Bleues et qui ne semble pas vraiment remise en cause, quatre autres joueuses ont été appelées. Laura Georges ne joue plus au PSG ce qui posera rapidement un problème, tant sur l’accord entre le discours et la méthode que du simple point de vue du rythme pour être compétitive. Hawa Cissoko a été convoquée à chaque fois alors que sa demi-saison marseillaise est au mieux quelconque. Enfin Charlotte Lorgeré et Estelle Cascarino n’ont été convoquées que pour jouer latérales.

Julie Thibaud

Julie Thibaud

Les expérimentées Laura Agard, Annaïg Butel et Kelly Gadéa auraient pu espérer un signe, et des jeunes joueuses comme Julie Thibaud, Maëlle Lakrar5 ou Léonie Multari n’ont pas été moins en vue que leurs concurrentes sélectionnées.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Debever Julie Guingamp FRA 29 12 12 1080 0 1
Guitard Manon Rodez FRA 25 12 12 1080 0 0
Lorgeré Charlotte Guingamp FRA 23 12 12 1080 0 0
Infante Raquel Rodez ESP 27 12 12 1062 0 2
Vergés Elba Soyaux ESP 22 12 12 1061 0 0
Gadea Kelly Marseille FRA 26 11 11 990 1 1
Renard Wendie Lyon FRA 27 11 11 990 3 0
Butel Annaig Paris FC FRA 25 11 11 990 0 2
Rouzies Manon Albi FRA 25 11 11 990 1 0
Berglund Emma PSG SWE 28 11 11 990 1 0
Coutereels Maud Lille BEL 31 11 11 977 0 1
Cascarino Estelle Paris FC FRA 20 11 10 905 0 1
Fahey Niamh Bordeaux IRL 30 10 10 900 0 1
Multari Léonie Fleury FRA 21 10 10 888 0 2
Lakrar Maëlle Marseille FRA 17 10 10 873 1 0
Paredes Irene PSG ESP 26 10 10 850 3 2
Agard Laura Montpellier FRA 28 9 9 810 1 3
Sissoko Teninsoun Fleury FRA 25 9 9 810 0 0
Thibaud Julie Bordeaux FRA 19 9 9 810 0 1
Sembrant Linda Montpellier SWE 30 9 9 776 0 0
Saint-Sans Charlotte Lille FRA 22 9 9 759 0 0
Rouge Aurélie Soyaux FRA 25 8 8 708 0 0
Buchanan Kadeisha Lyon CAN 22 8 8 691 0 0
Mbock Bathy Nka Griedge Lyon FRA 22 9 7 666 1 0
Cazes Manon Albi FRA 22 7 7 630 0 4
M’Bassidje Anaïs Marseille FRA 24 7 7 630 0 1
Couturier Cathy Soyaux FRA 20 7 6 548 0 0
Haupais Marine Fleury FRA 25 6 6 540 0 0
Cissoko Hawa Marseille FRA 20 6 6 533 0 5
Erika PSG BRA 29 9 4 491 1 0
Awona Marie Aurelle Soyaux CMR 24 4 3 274 0 0

Milieux défensives

Le trio de tête du championnat place devant sa défense des joueuses non sélectionnables comme Saki Kumagai, Formiga, Anouk Dekker ou Virginia Torrecilla. D’autres clubs font de même comme Rodez avec Ekaterina Tyryshkina, Albi avec Yvonne Leuko Chibosso et Kristina Pantelic ou Lille avec Silke Demeyer. Mais cela laisse de la place pour des Kheira Hamraoui, Aminata Diallo, Sandie Toletti ou pour Océane Saunier ou Jessica Lernon.

Chez les Bleues, une place est déjà prise par Amandine Henry, et Grace Geyoro ne devrait pas être loin de la seconde (même si elle joue plus excentrée ces derniers temps à Paris).

Aminata Diallo et Inès Jaurena ont pris une longueur d’avance sur Sandie Toletti dans un secteur très fourni. Parmi les autres joueuses qui pourraient postuler, il est probable que l’heure de Caroline Pizzala et Siga Tandia – toutes deux déjà internationales – est passée à 30 ans (encore que Formiga en compte presque dix de plus) mais la capitaine de Bordeaux Sophie Istillart pourrait s’immiscer comme Jessica Lernon qui régule l’entrejeu lillois depuis le début de saison.

Daphné Corboz face à Falone Tcheno

Daphné Corboz face à Falone Tcheno

Et bien sûr, on observe avec attention le cas de Daphné Corboz, internationale U23 américaine mais qui possède la double nationalité et qui a été appelée récemment en équipe de France B.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Saunier Océane Rodez FRA 26 12 11 1022 1 1
Istillart Sophie Bordeaux FRA 21 11 11 990 1 2
Formiga PSG BRA 39 12 11 983 0 1
Pizzala Caroline Marseille FRA 30 11 11 980 0 1
Lernon Jessica Lille FRA 24 11 11 974 0 1
Kumagai Saki Lyon JPN 27 12 10 911 3 1
Tandia Siga Soyaux FRA 30 10 10 900 3 0
Pervier Marine Guingamp FRA 27 11 10 829 0 0
Torrecilla Virginia Montpellier ESP 23 10 9 822 3 1
Clemaron Maéva Fleury FRA 25 9 9 797 0 3
Abily Camille Lyon FRA 33 11 10 776 5 0
Nakkach Élodie Soyaux FRA 22 11 9 771 0 3
Jaurena Inès Paris FC FRA 26 10 10 763 2 2
Dekker Anouk Montpellier NLD 31 9 8 742 0 1
Geyoro Grace PSG FRA 20 11 7 717 0 0
Karchouni Ghoutia Bordeaux FRA 22 10 9 710 1 0
Toletti Sandie Montpellier FRA 22 10 7 693 2 0
Tyryshkina Ekaterina Rodez RUS 21 9 8 633 0 1
Leuko Chibosso Yvonne Albi CMR 26 7 7 630 0 1
Corboz Daphne Fleury FRA 24 7 7 621 1 0
Lahmari Anissa Paris FC FRA 20 11 6 616 1 1
Demeyere Silke Lille BEL 25 10 6 604 0 0
Palis Ella Guingamp FRA 18 9 7 586 0 3
Dali-Storti Lalia Marseille FRA 24 9 6 562 0 2
Gathrat Juliane Bordeaux FRA 21 10 6 553 2 0
Hamraoui Kheira Lyon FRA 27 11 5 547 4 1
Bilbault Charlotte Paris FC FRA 27 6 6 494 0 0
Pantelic Kristina Albi SRB 20 7 5 453 0 3
Diallo Aminata PSG FRA 22 7 5 408 0 0
Bonet Élise Rodez FRA 19 11 4 396 0 3
Da Costa Angeline Rodez FRA 18 9 3 393 0 0
Bueno Margaux Guingamp FRA 21 9 3 360 0 3
Ferral Cristina Marseille MEX 24 6 4 278 0 0
Bauduin Justine Lille FRA 23 5 3 272 0 0
Paprzycki Aurore Lille FRA 23 6 4 264 0 2
De Sousa Marine Rodez FRA 24 7 4 257 0 0
Hamidou Jamila Marseille FRA 16 6 2 233 0 1
Cruz Shirley PSG CRI 32 4 2 192 1 0

Meneuses

Tous les clubs n’utilisent pas de meneuse. On retrouvera dans cette catégorie les milieux de terrain axiales offensives. La distinction n’est pas toujours facile avec une milieu relayeuse portée vers l’avant, une ailière qui se recentre ou une deuxième attaquante qui tourne autour de l’avant-centre6.

C’est un poste qui a posé problème lors des six premiers matchs où Léa Le Garrec a été la seule habituée à être alignée. Sinon ce sont successivement Camille Catala, plutôt ailière et Inès Jaurena, plutôt récupératrice qui ont été testées. C’est la seconde qui a été la plus convaincante des trois.

Cette absence de meneuse est un comble quand il y a quelques années les sélectionneurs de l’équipe de France s’arrachaient les cheveux pour trouver un système permettant de faire jouer en même temps Louisa Necib, Camille Abily et Gaëtane Thiney. Mais si les deux premières ont pris leur retraite (au moins internationale), la troisième est disponible et voir deux de ses coéquipières de club jouer à son poste en sélection confirme que son absence n’est pas une question de niveau de jeu.

Laurie Cance

Laurie Cance

Le problème des Bleues est que la D1 ne regorge pas de meneuses disponibles. À Lyon et au PSG, le poste est occupé par Dzsenifer Marozsan et Jenni Hermoso (et quand elles ne sont pas là, c’est par Camille Abily, Vero Boquete ou Shirley Cruz, ce qui n’arrange pas la situation). Montpellier joue avec deux pointes et deux milieux excentrées7.

Salma Amani aurait un profil convainquant mais elle est internationale marocaine. Par contre Laurie Cance qui à 22 ans joue sa septième saison de D1 comme titulaire pourrait être vue, tout comme son ancienne coéquipière Solène Barbance.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Cance Laurie Rodez FRA 22 12 12 1060 0 2
Thiney Gaëtane Paris FC FRA 32 11 11 990 9 2
Le Garrec Léa Guingamp FRA 24 11 11 958 2 2
Barbance Solène Bordeaux FRA 26 11 9 761 2 0
Hermoso Jennifer PSG ESP 27 10 9 743 1 0
Marozsán Dzsenifer Lyon DEU 25 10 9 703 4 1
Amani Salma Fleury MAR 28 8 8 693 1 1
Djebbar Gwendoline Soyaux FRA 27 11 8 684 1 1
Saïdi Rachel Lille FRA 29 10 8 668 0 1
Mijatovic Milica Albi SRB 26 10 8 660 0 2
Coton-Pelagie Nora Marseille FRA 29 9 7 621 0 1
Bayo Stéphanie Albi FRA 18 7 7 553 0 1
Chatelain Céline Fleury FRA 32 11 5 543 0 2
Benlazar Myriam Albi FRA 22 7 5 459 0 0
Boquete Verónica PSG ESP 30 9 2 330 0 0

Ailières droites

À la fin du XXe siècle, on parlait d’ailière, on préfère maintenant dire « milieu excentrée » mais la différence est plus lexicale que sémantique. Et souvent les joueuses ne sont pas définitivement fixées d’un côté ou de l’autre ce qui fait que la distinction entre ailières gauches et droites faite ici est souvent très arbitraire.

Les joueuses les plus utilisées en D1 sont aussi solidement installées en sélection, même si Camille Catala a manqué le dernier rassemblement.

Sarah Palacin a sans doute laissé passer sa chance à son époque stéphanoise quand sa coéquipière d’alors Rose Lavaud a pu brièvement fréquenter le groupe des Bleues.

Delphine Cascarino

Delphine Cascarino

Comme ce n’est sans doute pas le poste où on cherche le plus de monde actuellement, il est probable que s’il y a une arrivée, ce sera plutôt une joueuse qui pousse la porte qu’une que l’on convoque pourvoir. Et il y a fort à parier qu’il s’agira de Delphine Cascarino qui reprend doucement après sa blessure et qui ne devrait pas tarder à prendre la place de Shanice van de Sanden.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Asseyi Viviane Marseille FRA 24 12 12 1080 3 2
Diani Kadidiatou PSG FRA 22 12 11 1035 3 0
Cayman Janice Montpellier BEL 29 11 9 834 3 1
Catala Camille Paris FC FRA 26 11 9 824 3 1
Palacin Sarah Fleury FRA 29 11 10 802 1 2
Lavaud Rose Bordeaux FRA 25 10 9 801 0 0
Austry Coralie Rodez FRA 20 11 8 765 1 1
Roy-Petitclerc Arielle Albi CAN 23 9 8 743 0 0
Dumont Anaïs Soyaux FRA 28 12 7 714 1 0
Caputo Cindy Marseille FRA 18 10 7 677 2 1
van de Sanden Shanice Lyon NLD 25 9 9 625 1 0
Pasquereau Julie Lille FRA 23 8 7 622 0 4
Blais Allison Soyaux FRA 22 8 7 562 0 2
Le Bihan Clarisse Montpellier FRA 23 9 5 496 5 1
Fleury Louise Guingamp FRA 20 9 4 432 0 0
Ollivier Agathe Guingamp FRA 19 8 5 412 0 0
Saulnier Laurie Albi FRA 22 8 4 354 1 2
Bornes Chloé Bordeaux FRA 24 7 5 343 0 1
Cascarino Delphine Lyon FRA 20 9 1 269 1 0
Closset Océane Albi FRA 19 6 0 191 0 0
Thomis Élodie Lyon FRA 31 8 1 190 0 0

Ailières gauches

C’est le poste où Eugénie Le Sommer est titulaire aussi bien à Lyon que chez les Bleues. C’est plus compréhensible dans le premier cas où les places dans l’axe sont occupées par Ada Hegerberg et Dzsenifer Marozsan.

Anna Clerac

Anna Clerac

Faustine Robert a été essayée avec plus de succès que Nadjma Ali Nadjim8 mais il y a sans doute encore la possibilité de s’immiscer pour Anna Clérac ou Charlotte Fernandes. Et bien sûr pour Clara Matéo.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Peruzzetto Julie Rodez FRA 30 12 12 1077 2 1
Le Sommer Eugénie Lyon FRA 28 12 11 983 11 1
Robert Faustine Guingamp FRA 23 11 10 920 2 1
Ali Nadjim Nadjma Bordeaux FRA 23 11 10 912 0 2
Clerac Anna Soyaux FRA 20 11 10 846 1 0
Fernandes Charlotte Fleury FRA 24 11 11 778 2 1
Friðriksdóttir Fanndís Marseille ISL 27 10 9 724 1 0
Khoury Pilar Albi CAN 23 9 7 593 0 0
Veje Katrine Montpellier DNK 26 7 7 517 2 0
Fourre Adélie Guingamp FRA 19 10 6 497 0 0
Matéo Clara Paris FC FRA 20 8 5 474 2 0
Makanza Marina Paris FC FRA 26 9 4 398 0 2
Declercq Léa Paris FC FRA 22 10 4 394 0 0
Bultel Ludivine Lille FRA 28 7 5 374 0 2
Cardia Mickaëlla Marseille FRA 17 8 2 255 0 3
Léger Marie-Charlotte Montpellier FRA 21 6 2 221 4 0

Avants centre

Montpellier et Lyon, mais aussi Lille et Guingamp confient la pointe de leur attaque à une joueuse étrangère (ou à deux pour Montpellier) mais ce n’est pas le cas du PSG où l’avant-centre titulaire est Marie Katoto, dauphine d’Ada Hegerberg au classement des buteuses. Par un étonnant renversement des priorités, elle est réservée pour l’équipe de France des moins de 20 ans qui disputera la Coupe du monde en fin de saison en Bretagne alors qu’elle est clairement déjà la meilleure avant-centre française (après Eugénie Le Sommer cantonnée sur un côté).

Kimberley Cazeau

Kimberley Cazeau

Plusieurs joueuses ont donc été essayées à ce poste essentiel. Ouleymata Sarr a été plutôt convaincante, Valérie Gauvin beaucoup moins et Marie-Laure Delie a été rappelée et titularisée contre l’Allemagne et la Suède.

Mais là aussi, l’ouverture n’est pas allée jusqu’à Soyaux et Albi où Laura Bourgouin et Kimberley Cazeau postulent aussi. En attendant la fin de la Coupe du monde M20.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Oparanozie Desire Guingamp NGA 24 12 12 1080 2 1
Hegerberg Ada Lyon NOR 22 12 12 1069 18 0
Bourgouin Laura Soyaux FRA 25 12 11 991 3 0
Coryn Jana Lille BEL 25 11 10 944 5 0
Machart-Rabanne Julie Fleury FRA 28 11 11 939 2 0
Sarr Ouleymata Lille FRA 22 11 9 875 6 2
Cazeau Kimberley Albi FRA 24 9 9 810 5 2
Lemaître Flavie Rodez FRA 29 11 10 787 3 0
Katoto Marie PSG FRA 19 11 11 774 12 0
Delie Marie-Laure PSG FRA 29 11 9 767 8 0
Babinga Pamela Soyaux FRA 27 12 9 763 1 0
Blackstenius Stina Montpellier SWE 21 11 9 763 10 0
Alidou d’Anjou Marie Yasmine Marseille CAN 22 10 8 731 2 4
Bourdieu Mathilde Paris FC FRA 18 9 8 701 3 1
Rodrigues Carol Bordeaux BRA 23 7 6 577 3 2
Gauvin Valérie Montpellier FRA 21 10 6 473 7 0
Jakobsson Sofia Montpellier SWE 27 7 4 447 4 0
Cambot Sarah Bordeaux FRA 24 11 3 396 0 0
Thomas Lindsey Montpellier FRA 22 6 4 292 0 0
Noiran Clara Rodez FRA 21 7 2 282 1 0
Bodain Cloé Montpellier FRA 19 8 2 234 0 0
Dunord Danaé Fleury FRA 31 10 0 200 1 0
Otaki Ami Paris FC JPN 28 7 2 198 2 0

D1 2017-2018, premier quart

Lyon en tête devant le PSG et Montpellier, un promu à la dernière place, après un quart de saison la D1 ne déroute pas ses habitués. Quelques évolutions sont toutefois notables dans le cœur du classement,

En haut de tableau, l’OL de Reynald Pedros se confirme plus joueur que son prédécesseur mais semble à nouveau trop fort pour la concurrence. Les matchs contre le Paris FC et Montpellier indiquent qu’il ne faut pas trop compter sur une fin de règne. D’autant que le PSG a commencé sa saison en concédant le nul contre Soyaux.

Mais tant le PSG que Montpellier ont remporté tous leurs autres matchs et sont déjà détachées du reste du peloton et se disputent comme prévu la seconde place européenne. Les Héraultaises vont pouvoir confirmer leurs ambitions à Paris où elle joueront deux fois de suite puisque Juvisy devenu Paris FC jouera pour la première fois à domicile au stade Charléty.

Le changement de nom n’a pas changé fondamentalement les choses : le PFC reste une équipe qui regarde le haut du classement mais qui ne fait plus partie du quatuor de tête (devenu trio de ce fait). D’ailleurs c’est actuellement Soyaux qui est quatrième du classement. Les deux équipes ont déjà affronté Lyon et le PSG, ce qui donne l’avantage aux Charentaises qui ont pris un point à Saint-Germain-en-Laye. Pour le reste elles ont concédé un nul plus frustrant pour le Paris FC qui menait 2-0 dans les arrêts de jeu à Guingamp que pour Soyaux qui est allé faire 0-0 à Marseille. Et elles ont remporté leurs trois autres matchs.

Bordeaux est sur la même ligne que le PFC mais après un calendrier plus favorable. Elle est l’équipe qui a le mieux résisté à Lyon et après une claque lors du premier match à Lille, le bilan était quasiment parfait jusqu’ à l’égalisation de Julie Peruzzetto pour Rodez au Matmut-Atlantique. Les Girondines comptent déjà autant de victoires que l’an dernier.

Une dernière équipe présente un bilan clairement positif. Lille présente un profil proche de celui de Bordeaux, celui d’une équipe adossée à un club de Ligue 1 qui a fait le nécessaire à l’intersaison pour bien figurer. Les débuts ont été tonitruants grâce justement à une victoire contre Bordeaux et un triplé de la recrue Ouleymata Sarr. La suite est plus difficile avec une seule victoire à Fleury. Mais en dehors d’une lourde défaite contre le PSG, tous les autres matchs ont été serrés et les Lilloises vont chercher des points qui seront essentiels pour le maintien. Avec déjà dix points, il n’en manque guère que cinq ou six pour être quasiment assuré de rester en D1.

Le reste du plateau est en difficulté, ce qui est peut-être rassurant pour chaque équipe : sur les cinq, il n’y en aura que deux qui descendront ce qui laisse une chance à tout le monde.

Albi doit à un but dans les arrêts de jeu du dernier match de ne pas être à zéro victoire comme les autres mais ne compte toujours que deux points d’avance sur Rodez et la zone rouge. Malgré un effectif très expérimenté, l’autre promu Fleury ne compte pour le moment que des défaites. Mais ce n’est pas une vraie surprise de voir ces trois équipes se battre pour le maintien, Tarnaises et Aveyronnaises ont montré qu’elles savaient gérer cette situation.

Les difficultés de Guingamp et Marseille étaient moins prévisibles même si leur intersaison n’incitait pas à les voir se battre pour le podium. Les Bretonnes ont eu un calendrier difficile mais n’ont pas pris beaucoup de point dans les matchs plus faciles.

Cinq matchs clés

Lille-Bordeaux 3-0

Première journée, dimanche 3 septembre à 15h00, Terrain annexe du Stadium Lille-Métropole, Villeneuve-d’Ascq

Buts : Ouleymata Sarr 9′, 21′, 79′

Pour leur premier match de D1, les joueuses du LOSC reçoivent des Bordelaises qui ont vécu la mêle situation un an plus tôt. Les deux équipes sont ambitieuses et alignent une majorité de recrue (six à Lille, sept à Bordeaux). Mais très rapidement, ce sont les Nordistes qui font la différence. Transfuge du PSG, Ouleymata Sarr chipe le ballon à Juliane Gathrat et vient tromper Erin Nayler, la gardienne néo-zélandaise de Bordeaux qui remplace Élisa Launay passée dans le camp d’en face. L’attaquante récidive au bout de vingt minutes en reprenant de la tête un coup-franc de sa capitaine Maud Coutereels. Elle parachève son coup du chapeau à dix minutes de la fin en reprenant un centre de Jessica Lernon.

Ce résultat met d’emblée Lille en bonne position et montre que le promu est au niveau. Il faudra ensuite attendre la cinquième journée et le déplacement à Fleury pour voir la deuxième victoire lilloise. Du côté bordelais au contraire, cette défaite qui aurait pu être un coup d’arrêt reste finalement anecdotique puisque les coéquipières de Sophie Istillart remportent leurs trois matchs suivants avant de ne concéder que deux buts à Lyon. Seul le nul concédé à Rodez au Matmut Atlantique ternit ensuite le tableau.

PSG-Soyaux 1-1

Première journée, dimanche 3 septembre à 15h00, Stade Georges-Lefèvre, Saint-Germain-en-Laye

But : Marie Katoto 29′ ;Siga Tandia 92′

Premier match de la saison pour l’équipe féminine du PSG pas encore indésirable sur son terrain. Orphelin de Cristiane partie en Chine et de Shirley Cruz mais avec le retour de Laure Boulleau et menée par sa jeune garde représentée par Grace Geyoro et Marie Katoto, il affronte Soyaux qui a reconstruit sa charnière centrale, la Parisienne Cathy Couturier et l’Espagnole Elba Verges remplaçant Cynthia Viana et Marie-Aurelle Awona, et où Laura Bourgouin début sur le banc.

Le PSG domine tout le début de match et après plusieurs corners dangereux, Marie Katoto finit par tromper Romane Munich en en reprenant un tiré par Laure Boulleau. La victoire semble sur les rails.

Pourtant, au fil du match la domination se fait moins intense et les incursions sojaldiciennes sont de plus en plus nombreuses. L’égalisation de Siga Tandia qui reprend de la tête une coup-franc d’Elba Verges vient finalement remettre dans les arrêts de jeu un score plus conforme à la physionomie du match.

Ce résultat n’est finalement pas un coup d’arrêt pour le PSG qui remporte ensuite tous ses matchs mais il lance bien la saison de Soyaux qui reste invaincu en dehors de la réception de Lyon.

Montpellier-Lyon 0-5

Quatrième journée, samedi 30 septembre à 14h30, Centre Bernard-Gasset, Terrain n°7 Mama-Ouattara, Montpellier

Buts : Ada Hegerberg 23′, Sakina Karchaoui 51′ csc, Eugénie Le Sommer 59′, Kheira Hamraoui 66′, Dzsenifer Marozsán 92′

Le premier vrai choc de D1 entre les deux équipes européennes intervient à la quatrième journée au domaine de Grammont. Montpellier et Lyon se présentent avec trois victoires en autant de match et le vainqueur s’emparera seul de la tête du classement.

Sous une pluie continue, il n’y a finalement pas de match. La domination lyonnaise n’est concrétisée en première mi-temps que par une reprise d’Ada Hegerberg mais le jeu ne se déroule que sur une moitié du terrain. Peu après l’heure de jeu, Eugénie Le Sommer fait craquer Montpellier, d’abord en poussant Sakina Karchaoui à marquer contre son camp puis en reprenant un centre de Camille Abily. Kheira Hamraoui et Dzsenifer Marozsán parachèvent le score.

Ce n’est que la quatrième journée mais la différence de niveau est telle que le titre semble déjà joué. Les Montpelliéraines peinent à encaisser cette défaite et enchaînent par une défaite à la Mosson en Coupe d’Europe contre Zvezda, heureusement compensée au retour.

Guingamp-PFC 2-2

Cinquième journée, dimanche 8 octobre à 15h00, Stade Fred-Aubert, Saint-Brieuc

Buts : Léa Le Garrec 94′, Desire Oparanozie 96′ ; Mathilde Bourdieu 67′, Camille Catala 91′

Saint-Brieuc-Juvisy était un classique de D1. Il faut désormais parler de Guingamp-Paris FC, même si les deux équipes jouent encore essentiellement à Saint-Brieuc et à Bondoufle. L’an dernier, c’est par une défaite sur la pelouse de Guingamp que Juvisy avait commencé son annus horribilis.

Cette saison avait mieux commencé avec trois victoires en quatre matchs et malgré une très lourde défaite à Lyon. Après une heure de domination, l’entrée de Clara Matéo est décisive. L’ancienne Ornaysienne centre pour Mathilde Bourdieu qui ouvre le score. Dans les arrêts de jeu, Camille Catala parachève la victoire parisienne d’une frappe puissante sous la barre.

Puis le match bascule dans le paranormal. Alors que Paris a le ballon, Faustine Robert intercepte dans son camp une relance d’Estelle Cascarino et lance Léa Le Garrec qui prend de vitesse Annaïg Butel et élimine Karima Benameur sortie à sa rencontre pour marquer dans le but vide. Mené 2-0 dans les arrêts de jeu, Guingamp vient de marquer en contre. Deux minutes plus tard, Falone Tcheno centre à la suite d’une action confuse. Le ballon traverse la défense pour aboutir à Desire Oparanozie totalement oubliée et qui ne se fait pas prier pour égaliser.

Albi-Fleury 1-0

Sixième journée, 15 octobre à 15h00, Stade Maurice-Rigaud, Albi

But : Laurie Saulnier 93′

À l’orée de la sixième journée, cinq équipes soit la moitié du plateau n’a encore remporté aucune victoire. Outre Guingamp et Marseille, on retrouve les trois équipes a priori les plus menacées par la relégation : Rodez, Albi et Fleury. Ces deux dernières s’affrontent au stade Maurice-Rigaud.

Sur le papier, Albi a l’avantage de l’expérience collective en D1 pour sa quatrième saison mais Fleury présente une équipe où seule Marine Coudon (longtemps albigeoise) ne possède pas une solide expérience de D1. La (Franco-)Américaine Daphne Corboz ne joue que son deuxième match de D1 mais une saison et demi à Manchester City où elle sera remplacée par Carli Lloyd et une saison au Sky Blue en NWSL valent sans doute plusieurs saisons de D1.

Julie Machart-Rabanne manque une pénalty à la 20e minute qui aurait pu changer l’histoire mais à la fin du temps réglementaire, il semble bien que les deux équipes devront attendre une journée de plus leur première victoire. Mais le banc d’Albi fait alors la différence. Océane Closset, entrée à la 70e minute déborde et centre pour Laurie Saulnier, entrée à la 54e et qui marque. La saison dernière, c’est par ce type de victoires 1-0 dans les arrêts de jeu, contre Metz à l’aller et au retour qu’Albi s’était maintenu en vie pour aller chercher le maintien.

Fleury attend toujours son premier point, que son effectif devrait finir par lui offrir rapidement.

Six joueuses de quart

Ouleymata Sarr (Lille)

Après quatre saisons, l’ancienne joueuse d’Évreux a quitté le PSG qui lui préférait Marie-Laure Delie et Marie Katoto. Même le départ de Cristiane ne devait pas lui profiter avec l’arrivée de Jenni Hermoso.

C’est à Lille qu’elle a trouvé qu’elle a trouvé refuge chez un promu ambitieux. Ses débuts ont été tonitruants avec un triplé contre Bordeaux pour une victoire 3-0 d’entrée. Elle a ensuite enchaîné en marquant contre Soyaux et Albi. Avec déjà six titularisations, elle égale presque son total de la saison dernière. Et avec cinq buts, elle n’est plus qu’à un seul de son meilleur total établi en fin de saison 2015.

Ses prestations lui ont valu d’être appelée par Corinne Diacre, de connaître ses quatre premières sélections et d’y marquer ses deux premiers buts.

Siga Tandia (Soyaux)

En 2009 et 2010, la jeune défenseuse de Soyaux avait connu trois sélections. Mais la descente de Soyaux en D2 lui avait valu de laisser passer le train vers la Coupe du monde. Désormais âgée de 29 ans, elle est capitaine de Soyaux et joue au milieu de terrain. Et elle s’est découvert une vocation de buteuse. Elle a commencé dès la première journée en plaçant dans les arrêts de jeu une tête permettant d’égaliser contre le PSG. Deux journées plus tard, elle a récidivé dans la manière et le timing pour cette fois donner la victoire à son équipe contre Albi. Et contre Fleury, elle a ouvert le score pour lancer les siennes vers un nouveau succès.

Mathilde Bourdieu (Paris FC)

Depuis le départ de Laetitia Tonazzi, Juvisy était orphelin d’une avant-centre permettant à Gaëtane Thiney de tourner autour. Les internationales Sandrine Brétigny et Lilas Traïkia ont été recrutées sans parvenir à faire oublier l’actuelle Montpelliéraine. Les deux dernières saisons, c’est la Franco-américaine Tatiana Coleman qui devait jouer ce rôle mais l’an dernier, c’est surtout Clara Matéo qui a joué en pointe alors que son profil en fait plutôt une alternative à sa capitaine.

Lors de la dernière journée, la jeune Mathilde Bourdieu avait été essayée par Pascal Gouzenes qui remplaçait au pied levé Emmanuel Beauchet. Pendant l’été, cette dernière a participé à l’Euro des moins de 17 ans où la France a atteint la finale. À titre personnel, elle a marqué trois buts dont l’ouverture du score de la finale qui n’a cependant pas suffi aux Bleuettes pour battre l’Espagne.

Depuis le début de saison, elle a été titulaire quatre fois sur six et a marqué son premier but en D1 en ouvrant le score contre Guingamp. sIl est encore un peu tôt pour tirer des conclusions mais Juvisy devenu Paris FC pourrait bien avoir enfin trouvé l’avant centre qui manquait à son jeu.

Nadjma Ali Nadjim (Bordeaux)

Au milieu de recrues internationales comme Erin Nayler ou Rose Lavaud, très expérimentées comme Solène Barbance, ou passées par toutes les sélections de jeunes comme Juliane Gathrat ou Julie Thibaut, Nadjma Ali Nadjim pouvait passer inaperçue. Pourtant elle est après sa capitaine Sophie Istillart la Bordelaise la plus utilisée depuis le début de saison.

Née à Marseille et formée à Lyon1, c’est à Claix qu’elle s’est fait connaître en marquant 23 buts en 19 matchs de D2 en 2014 ce qui en avait fait la dauphine de Valérie Gauvin au classement des buteuses et qui avait mené le club isérois à une belle troisième place.

Après plusieurs blessures, elle a pris le relais l’an dernier du duo Anaïs Ribeyra-Laury Jesus en marquant 14 buts en 8 matchs en fin de saison qui on permis au club, devenu Grenoble de finir à nouveau troisième. À l’intersaison, elle a accompagné sa coéquipière néo-zélandaise Erin Nayler pour traverser la France en direction de l’Atlantique.

Elle n’a pas encore marqué en D1 mais ses prestations lui ont valu d’être enfin appelée en sélection, en équipe de France B. Ce qu’elle a fêté par un doublé lors du match d’entraînement contre Saint-Maur.

Falone Tcheno (Guingamp)

Moins connue que les stars camerounaise comme Gaëlle Enganamouit ou Gabrielle Onguéné, la défenseuse Claudine Falone Meffometou Tcheno qui jouait alors à Arras avait sans doute été la meilleure des Lionnes indomptables lors de la dernière CAN, dont elle avait disputé la finale contre son actuelle coéquipière Desiree Oparanozie.

Joueuse expérimentée puisqu’elle est arrivée en Europe en 2012 et qu’elle a disputé trois campagne de Ligue des Championnes aves le Spartak Subotica (Serbie) et surtout avec le Zvezda-2005 de Perm (Russie), elle jouait les deux dernières saison à Arras. Elle s’est immédiatement imposée sur le côté droit de la défense de Guingamp, titularisée cinq fois sur six (et entrant à la mi-temps contre le PSG).

À 27 ans, elle apporte à la très jeune équipe de Sarah M’Barek son expérience de joueuse ayant disputé les plus grandes compétitions : Jeux Olympiques, Coupe du monde, CAN et Ligue des Championnes.

Daphne Corboz (Fleury)

C’est dans une certaine indifférence que le FC Fleury 91 a annoncé début octobre la signature de Daphne Corboz. Il s’agit pourtant à coup sûr d’une très bonne pioche pour le promu, assez symbolique du recrutement habile effectué par le club essonnien.

Américaine née de parents français2, elle a été une meneuse remarquée durant sa carrière universitaire à Georgetown qui lui a valu d’être draftée par le Sky Blue FC, l’équipe de NWSL du New Jersey. Mais elle a d’abord choisi d’aller passer d’abord une saison et demi en Angleterre à Manchester City avec qui elle a remporté le titre anglais en 2016. En fin d’année 2016, elle quitte l’Angleterre pour retourner au Sky Blue (et elle est remplacée à Manchester par Carli Lloyd) et disputer la saison 2017 de NWSL.

Son équipe n’étant pas qualifiée pour les playoffs, elle est arrivée dès début octobre pour jouer à Fleury pendant l’intersaison américaine avant de retourner dans le New Jersey en avril. Son arrivée confirme la qualité de l’effectif du FC Fleury 91 même si pour le moment les résultats ne suivent pas.

Résultats

1re journée

Albi-Montpellier 0-7 : Veje 25′, Gauvin 27′, Le Bihan 65′, 92′, Blackstenius 75′, 88′, Uffren 90′

Fleury-Paris FC 1-5 : Fernandes 9′ ; Thiney 5′, 52′, 68′, Jaurena 11′, Catala 47′

Lille-Bordeaux 3-0 : Sarr 9′, 21′, 79′

Lyon-Rodez 7-0 : Hegerberg 9′, 10′, 40′, 82′, Le Sommer 25′, 81′, Hamraoui 78′

Marseille-Guingamp 0-0

PSG-Soyaux 1-1 : Katoto 29′ ; Tandia 92′

2e journée

Bordeaux-Albi 3-1 : Gathrat 9′, Lardez 45′, Barbance 78′ ; Cazeau 5′

Guingamp-Lyon 0-5 : Le Sommer 24′, Renard 26′, Kumagai 38′, Hegerberg 59′, Marozsán 80′

Montpellier-Fleury 8-0 : Torrecilla 31′, Veje 34′, Blackstenius 41′, Gauvin 47′, 60′, Toletti 50′, Cayman 57′, Léger 91′

Paris FC-Marseille 2-1 : Thiney 27′, Jaurena 49′ ; Alidou d’Anjou 13′

Rodez-PSG 0-3 : Diani 4′, Paredes 51′, Katoto 73′

Soyaux-Lille 2-1 : Djebbar 6′, Bourgouin 23′ ; Sarr 8′

3e journée

Albi-Soyaux 0-1 : Tandia 94′

Fleury-Bordeaux 0-1 : Rodrigues 72′

Lyon-Paris FC 9-2 : Declercq 11′ (csc), Le Sommer 21′, 62′, Butel 24′ (csc), Abily 29′, 57′, Deville 31′ (csc), Hegerberg 65′, 77′ ; Thiney 45′, Otaki 92′

Marseille-Montpellier 1-4 : Alidou d’Anjou 22′ ; Blackstenius 4′, 75′, Gauvin 19′, Torrecilla 69′

PSG-Lille 6-1 : Katoto 6′, 13′, 58′, Delie 51′, 72′, Paredes 81′ ; Coryn 92′

Rodez-Guingamp 1-1 : Mabomba 86′ ; Robert 38′

4e journée

Bordeaux-Marseille 1-0 : Gathrat 89′

Guingamp-PSG 0-3 : Katoto 29′, Delie 41′, 69′

Lille-Albi 1-1 : Sarr 25′ ; Cazeau 33′

Montpellier-Lyon 0-5 : Hegerberg 23′, Karchaoui 51′ (csc), Le Sommer 59′, Hamraoui 66′, Marozsán 92′

Paris FC-Rodez 4-0 : Thiney 7′, 87′, Matéo 26′, Catala 77′

Soyaux-Fleury 2-1 : Tandia 27′, Bourgouin 62′ ; Machart-Rabanne 71′

5e journée

Fleury-Lille 1-2 : Amani 46′ ; Bruère-Clément 51′ (csc), Coryn 94′

Guingamp-Paris FC 2-2 : Le Garrec 94′, Oparanozie 96′ ; Bourdieu 67′, Catala 91′

Lyon-Bordeaux 2-0 : Hamraoui 10′, Laurent 28′

Marseille-Soyaux 0-0

PSG-Albi 1-0 : Delie 55′

Rodez-Montpellier 0-6 : Le Bihan 44′, 80′, Jakobsson 49′, Blackstenius 51′, Toletti 76′, Gauvin 83′

6e journée

Albi-Fleury 1-0 : Saulnier 93′

Bordeaux-Rodez 1-1 : Istillart 14′ ; Peruzzetto 43′

Lille-Marseille 1-1 : Coryn 76′ ; Friðriksdóttir 42′

Montpellier-Guingamp 1-0 : Agard 31′

Paris FC-PSG 0-1 : Katoto 45′

Soyaux-Lyon 0-5 : Le Sommer 3′, 31′, Hegerberg 10′, Bronze 14′, Renard 81′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [6/0/0/31] 18
    17
2 PSG [5/1/0/13] 16
3 Montpellier [5/0/1/20] 15
    14
    13
    12
4 Soyaux [3/2/1/-2] 11
5 Paris FC [3/1/2/1]
Bordeaux [3/1/2/-1]
10
    9
7 Lille [2/2/2/-2] 8
    7
    6
    5
8 Albi [1/1/4/-10] 4
9 Marseille [0/3/3/-5]
Guingamp [0/3/3/-9]
3
11 Rodez [0/2/4/-20] 2
    1
12 Fleury [0/0/6/-16] 0

Le changement c’est maintenant

Les Bleues de Corinne Diacre ont battu l’Angleterre et le Ghana en procédant à une large revue d’effectif. Et si le renouvellement n’est pas aussi important que le discours pourrait le laisser croire il marque un vrai changement d’époque.

Aucune des onze Bleues qui étaient titulaires le 20 octobre contre l’Angleterre ne l’étaient à nouveau trois jours plus tard contre le Ghana. C’est la première fois de l’histoire de l’équipe de France que deux équipes totalement différentes sont alignées pour deux matchs consécutifs. En 2014, Philippe Bergerôo n’avait conservé que Laure Boulleau entre le match contre le Brésil à Remire-Montjoly et celui contre les États-Unis à Tampa trois jours plus tard. Le contexte était alors très particulier avec une série de matchs très rapprochés immédiatement après la traversée de l’Atlantique, le tout quelques jours seulement après une finale de Coupe de France Lyon-PSG qui avait concerné 16 des 25 sélectionnées.

Cette fois, ce n’est pas une question de contraintes externes : Corinne Diacre a convoqué 23 joueuses et les a toutes titularisées sauf la troisième gardienne Élisa Launay. En ajoutant Théa Gréboval, Sandie Toletti et Sakina Karchaoui qui avaient joué contre le Chili ou l’Espagne, ce sont au total 25 joueuses qui ont été alignées cette saison, chacune comptant au moins une titularisation. Seules les deux gardiennes Solène Durand et Élisa Launay et la défenseuse Ève Périsset, appelée en septembre pour pallier la blessure de Charlotte Lorgeré, ont été convoquées sans jouer.

Des résultats qui permettent d’avancer

On se gardera de tirer un bilan collectif des matchs déjà joué, le faible rendement collectif s’expliquant aisément par le renouvellement en cours et la revanche contre l’Angleterre, pour agréable qu’elle soit, intervenant dans un contexte amical où la France restait sur deux victoires et deux nuls depuis 2015 contre le même adversaire. Bref penser que les nouvelles ont enfin réussi ce que les anciennes n’avaient pas su faire est aussi prématuré que de trouver que le jeu collectif manque de liant au bout de quatre matchs à vingt-cinq.

Sur le plan individuel, il semble que la lutte pour la place de gardienne reste circonscrite à Sarah Bouhaddi et Méline Gérard. Dans l’axe de la défense, Hawa Cissoko est venue s’ajouter aux anciennes Wendie Renard, Laura Georges et Griedge Mbock alors que les deux nouvelles Charlotte Lorgeré et Estelle Cascarino ont été alignées à des postes de latérales qu’elles ont pu occuper par le passé à Saint-Étienne ou Juvisy mais qui ne sont clairement plus les leurs à Guinagmp et au PFC. Contre le Ghana le challenge n’était pas trop relevé et il faudra voir dans un contexte plus tendu mais elles ont au moins évité l’écueil fréquent des défenseuses centrales décalées en proposant régulièrement des solutions offensives. Mais à ces postes, Marion Torrent semble en train de s’imposer à droite alors qu’Amel Majri a sans doute une longueur d’avance à gauche, en attendant un retour probable de Sakina Karchaoui.

À la recherche d’une meneuse

Au milieu, il y a abondance de récupératrices et de relayeuses avec Amandine Henry, Élise Bussaglia, Grace Geyoro et Aminata Diallo qui a connu sa première sélection contre l’Angleterre mais la France se cherche toujours une meneuse : après l’expérience mitigée de Camille Catala en septembre, c’est Inès Jaurena qui a joué à ce poste qui n’est pas le sien contre l’Angeterre et Léa Le Garrec contre le Ghana. Pour l’instant personne ne se détache pour ce poste1, un comble après tant de temps à chercher comment faire jouer en même temps Louisa Necib, Camille Abily et Gaëtane Thiney.

Viviane Asseyi

Viviane Asseyi

Devant, Eugénie Le Sommer a confirmé qu’elle était l’attaquante française au niveau internationale. Joueuse la plus utilisée par Corinne Diacre, elle a marqué trois fois (laissant le « titre » de meilleure buteuse à Viviane Asseyi) mais elle a surtout brillé dans le jeu. Ce n’est sans doute pas tout un fait un hasard si la transfiguration offensive en deuxième mi-temps contre le Ghana a coïncidée avec son entrée. Même si bien sûr le manque d’essence des joueuses ghanéennes a joué. Elle est pour l’instant utilisée sur un côté ce qui posera d’autant moins de problème que la joueuse qui occupera l’axe sera indiscutable. Sur le papier, Valérie Gauvin a toutes les qualités pour cela mais elle n’est pas parvenue à le montrer jusque là. Au contraire, Ouleymata Sarr a confirmé ses premières sélections et son début de saison. À droite, Viviane Asseyi a été beaucoup plus à son avantage que Kadidiatou Diani. À gauche, Camille Catala a été beaucoup plus convaincante en première mi-temps contre le Ghana qu’elle ne l’avait été comme meneuse contre le Chili et l’Espagne mais la différence avec Eugénie Le Sommer a été frappante.

Joueuses utilisées par Corinne Diacre
Joueuse Cette saison Avant cela
Matchs Titularisations Temps Buts Cartons Sélections Buts
Eugénie Le Sommer 4 3 315 3 0 141 61
Marion Torrent 4 3 294 0 0 0 0
Laura Georges 3 3 265 1 0 181 6
Camille Catala 3 3 225 0 0 28 3
Ouleymata Sarr 4 2 201 2 0 0 0
Elise Bussaglia 3 2 197 0 0 174 28
Kadidiatou Diani 3 2 184 0 0 29 2
Valérie Gauvin 4 2 182 1 0 1 0
Sarah Bouhaddi 2 2 180 0 0 124 0
Wendie Renard 2 2 180 0 0 94 19
Amandine Henry 2 2 180 2 1 65 7
Griedge Mbock Bathy Nka 2 2 180 0 0 33 2
Méline Gérard 2 2 180 0 0 11 0
Viviane Asseyi 4 2 176 4 0 13 0
Onema Grace Geyoro 2 2 155 0 0 8 0
Aminata Diallo 2 1 98 0 0 0 0
Léa Le Garrec 3 1 95 0 0 0 0
Hawa Cissoko 2 1 95 0 0 0 0
Sakina Karchaoui 1 1 90 0 0 15 0
Estelle Cascarino 1 1 90 0 0 0 0
Amel Majri 1 1 90 0 0 32 4
Théa Greboval 1 1 90 0 0 0 0
Sandie Toletti 1 1 84 0 0 12 0
Inès Jaurena 1 1 68 0 0 0 0
Charlotte Lorgeré 1 1 66 0 0 0 0
Elisa Launay 0 0 0 0 0 0 0
Solène Durand 0 0 0 0 0 0 0
Eve Perisset 0 0 0 0 0 9 0

Le club des quatre

L’autre axe annoncé du renouvellement était que désormais le fait d’être à Lyon ou au PSG ne serait plus un viatique absolu pour entrer chez les Bleues. Bien sûr, la mise en garde s’adresse à celles dont le temps de jeu sera insuffisant en club. Mais les circonstances font que l’application de cette doctrine est pour l’instant difficile à mesurer. Les blessures de Claire Lavogez, Jessica Houara et Kenza Dali, le retour récent de Delphine Cascarino et les retraites internationales de Camille Abily et Élodie Thomis font que le contingent de Lyonnaises sélectionnables est assez réduit. Il n’y a guère que Kheira Hamraoui qui aurait pu espérer. La situation est plus nette du côté du PSG où Marie-Laure Delie est clairement mise de côté, alors que Laure Boulleau et Ève Périsset pourraient postuler. Et il ne s’agit pas là seulement d’une question de temps de jeu puisque ces trois joueuses sont régulièrement titulaires au contraire de Laura Georges qui a joué cette saison deux fois plus en équipe de France qu’au PSG.

Toutefois, si la sélection n’est plus entièrement réduite à un quatuor de clubs et à un duo jouant à l’étranger, l’ouverture aux autres clubs reste encore très limitée. Sur les 28 joueuses appelées, 19 viennent de l’habituel quatuor Lyon, Montpellier, PSG, PFC (ex-Juvisy). Avec Amandine Henry de Portland et Élise Bussaglia de Barcelone, il ne reste de la place que pour trois Guingampaises, deux Marseillaises et deux Lilloises. Et encore la gardienne de Guingamp Solène Durand et celle de Lille Élisa Launay n’ont pas foulé la pelouse tout comme la Parisienne Ève Périsset. Sur 25 joueuses utilisées, 18 viennent donc du quatuor habituel, et cinq de trois autres clubs de D1.


Charlotte Lorgeré

Charlotte Lorgeré

Parmi ces cinq, les attaquantes ont plus semblé saisir leur chance que les défenseuses. La Lilloise Ouleymata Sarr et la Marseillaise Viviane Asseyi ont participé aux quatre matchs, et la Guingampaise Léa Le Garrec à trois avec un temps de jeu nettement moindre2. Au contraire Charlotte Lorgeré n’a joué que contre le Ghana et Hawa Cissoko contre l’Angleterre avec un tout petit apéritif de quelques minutes contre l’Espagne. Mais cette différence tient peut-être surtout à ce qu’il y a généralement plus de remplacement en cours de matchs aux postes offensifs. Toutefois Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi comptent deux titularisations contre une à leurs trois coéquipières.

Les trois clubs représentés ont en commun d’être des sections féminines de clubs professionnels de Ligue 1. Pour le moment, aucune joueuse de Soyaux, Albi, Rodez ou Fleury n’a encore été appelée. Aucune joueuse de Bordeaux non plus d’ailleurs qui réussi pourtant un bien meilleur début de saison que Marseille ou Guingamp. Corinne Diacre a déjà annoncé qu’elle ferait encore d’autres essais pour les matchs de novembre contre la Suède et l’Allemagne. Il serait étonnant de ne voir aucune girondine. Andrea Lardez, Sophie Istillart, Juliane Gathrat et Nadjma Ali Nadjim qui faisaient partie de l’équipe de France B réunie en stage en même temps que l’équipe A sont en première ligne pour cela.

France B, la réserve des Bleues

Et d’une manière générale, toutes les joueuses de cette équipe B peuvent espérer être appelées. Sur les vingt joueuses qui avaient participé à la double confrontation contre la Bosnie-Herzégovine en avril, dix ont été appelées en A cet automne3 et seules Viviane Asseyi et Valérie Gauvin n’ont pas fait à cette occasion leurs débuts en équipe de France.

A contrario, des 28 appelées de la saison par Corinne Diacre, seule Solène Durand n’avait connu aucune sélection en A ou en B la saison dernière. Ce qui permet de tordre un peu le cou au fantasme de la joueuse inconnue qui joue dans un petit club et qui va sortir du chapeau pour sauver l’équipe de France. C’est faire preuve d’un certain mépris pour le travail des clubs de D1 et de la fédération que de penser qu’en dehors d’un cas exceptionnel4, les joueuses qui ont le potentiel pour figurer dans une équipe de haut niveau international5 ne sont pas déjà identifiées.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir de postulante aux Bleues dans des clubs qui ne sont pas professionnels voire en D2. La défenseuse de La Roche-sur-Yon Pauline Dhaeyer était du dernier stage de l’équipe de France B. Mais elle est dans le viseur de la FFF depuis au moins quatre ans quand elle jouait en D1 à Issy. Et si d’aventure une telle joueuse se faisait une place en équipe de France, elle serait probablement vite sollicitée par l’un des quatre clubs qui composent l’ossature des Bleues.

Représentation des clubs en équipe de France cette saison
Club Joueuses Matchs Titularisations Temps Buts Cartons
Lyon 5 11 10 945 3 0
Montpellier 5 12 9 830 1 0
PSG 5 10 8 702 1 0
Paris FC 4 6 6 473 0 0
Marseille 2 6 3 271 4 0
Lille 2 4 2 201 2 0
Barcelone (ESP) 1 3 2 197 0 0
Portland Thorns FC (USA) 1 2 2 180 2 1
Guingamp 3 4 2 161 0 0

En attendant de briller

L’équipe de France a commencé sa préparation pour sa Coupe du monde à domicile par deux victoires contre des adversaires à sa main avec une équipe renouvelée. La revue d’effectif n’en est sans doute qu’à ses débuts et pour l’instant les enseignements sont maigres.

Mais les Bleues semblent avoir tourné une page pour repartir sur de nouvelles bases. Il reste à savoir s’il est vraiment possible de trouver une voie vraiment différente de celle empruntée par les précédents sélectionneurs.

L’équipe de France de Corinne Diacre a donc commencé par deux victoires, 1-0 contre le Chili et 3-1 face à l’Espagne. Ces résultats en eux-mêmes n’ont pas beaucoup d’importance. La courte victoire contre les sud-américaines peut difficilement être qualifiée de bonne performance mais la victoire assez nette contre les joueuses de Jorge Vilda a beaucoup plus de valeur.

Les Bleues ont été appliquées, parfois trop et ont déroulé un jeu assez fluide dans un même 4-3-3 dans les deux matchs. La naïveté de l’Espagne a bien servi les desseins des Françaises. Le but marqué par Mariona Caldentey est d’ailleurs assez symptomatique du refus des attaquantes espagnoles de tenter leur chance.

Mais il est toujours plus facile de construire sur des victoires et l’intérêt de cette double confrontation était plutôt dans la reconstruction d’une équipe qui a pour mission d’aller remporter la prochaine Coupe du monde. Cet objectif est connu mais il mérite d’être rappelé puisqu’il va conditionner la suite. Il ne s’agit pas de construire une équipe capable de figurer honorablement à partir de rien. Cela a été vécu comme des échecs parce qu’on les imaginait capable de mieux, mais les Bleues ont été au moins quart de finalistes de toutes les compétitions depuis 2009. Changer profondément est certainement nécessaire en raison de l’arrêts de certaines joueuses et du besoin de donner un nouvel élan mais il n’est déjà pas acquis de faire aussi bien. Et il faut faire beaucoup mieux puisque la prochaine échéance est à domicile.

Corinne Diacre

Corinne Diacre

Corinne Diacre a annoncé une large revue d’effectif et on verra sans doute apparaître d’autres joueuses en octobre contre l’Angleterre et le Ghana puis en novembre contre l’Allemagne et la Suède. D’autres seront sans doute rappelées. D’ici là, les enseignements sont assez maigres et en particulier aucune joueuse nouvelle n’a vraiment crevé l’écran.

Derrière, la place de gardienne continue de se jouer entre Sarah Bouhaddi et Méline Gérard, l’avenir dira si la Lyonnaise a la confiance de la nouvelle sélectionneuse comme elle l’a eu de ses prédécesseurs et de ses entraîneurs lyonnais. L’axe défensif reste partagé entre Wendie Renard, Griedge Mbock et Laura Georges. C’est sur les côtés que le renouvellement devrait se faire. Il s’agit depuis longtemps du secteur le moins établi de la sélection. À droite, Jessica Houara s’était imposé mais elle est désormais blessée et ses deux dernières saisons étaient de toute façon moins convaincantes. Et traditionnellement, c’est un poste difficile pour les Bleues, depuis les blessures de Sandrine Dusang il y a près de dix ans. Marion Torrent en a profité en étant l’une des trois seules à disputer l’intégralité des deux matchs. Elle sera en concurrence avec Ève Périsset qui a été finalement rappelée suite au forfait de Charlotte Lorgeré mais qui n’a pas joué et sans doute avec Jessica Houara ou d’autres mais elle est sans doute la nouvelle qui a le plus de chance de s’imposer durablement comme titulaire.

À gauche, les gauchères rechignent à jouer derrière. Amel Majri et Sakina Karchaoui se voient plus haut ce qui pourrait laisser la place à Théa Gréboval dont la première a été propre mais sans éclat. En attendant un éventuel retour de Laure Boulleau.

Le cas Catala

L’enchaînement des deux matchs a confirmé qu’Amandine Henry était la meilleure joueuse française et que Grace Geyoro ne tarderait pas à être indispensable. A contrario, Élise Bussaglia apporte surtout son expérience et Sandie Toletti tarde à confirmer les promesses qu’elle avait fait naître dans les catégories de jeunes.

Camille Catala a joué l’intégralité des deux matchs à un poste de meneuse qui n’est pas celui qu’elle occupe en club et elle n’a jamais semblée dans le ton. Outre le fait qu’elle a avec Gaëtane Thiney et Clara Matéo deux coéquipières au Paris FC qui sembleraient plus à l’aise à ce poste, l’une apportant son expérience, l’autre sa jeunesse, son cas illustre une interrogation sur le choix des joueuses qui doivent prendre le pouvoir en équipe de France.

L’ancienne stéphanoise est à un mois près en équipe de France depuis six ans. Elle vient de connaître ses deux premières titularisations et ses deux premières sélections de plus d’une mi-temps. Sa présence régulière sous les ordres successifs de Bruno Bini, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni indique bien que son talent était reconnu mais va-t-elle à 26 ans se transformer en une joueuse leader d’une équipe qui ne vise pas à sortir d’une phase de poule mais à gagner la Coupe du monde ? la même interrogation s’applique aussi à des joueuses qui comme Viviane Asseyi ou Sandie Toletti connaissent l’équipe de France depuis plusieurs années sans avoir pu s’y imposer pendant que d’autres comme Grace Geyoro, Griedge Mbock ou Sakina Karchaoui ont su forcer la porte.

Sakina Karchaoui et Grace Geyoro

Sakina Karchaoui et Grace Geyoro

En attaque, Eugénie Le Sommer a été naturellement eu un rôle de leader, qu’elle a plutôt assumé avec un but et deux passes décisives. Viviane Asseyi et Kadidiatou Diani ont aussi fait leur travail mais c’est bien sûr la prestation des deux nouvelles pointes qui était scrutée. Dans la lignée de son début de saison, Ouleymata Sarr a réussi ses débuts alors que Valérie Gauvin a semblé plus empruntée. Toutefois la Montpelliéraine n’a que 21 ans et prend de plus en plus d’importance à Montpellier où elle vient de marquer douze buts lors de sept journées consécutives à cheval sur les deux saisons. Sa présence est donc une évidence.

Le mythe de la joueuse inconnue

Dans une interview en marge de la présentation de la Coupe du monde 2019, Corinne Diacre a expliqué « qu’il faut ouvrir un petit peu plus et moins sélectionner les joueuses venant de Lyon et du PSG sachant qu’ils ont de plus en plus d’internationales étrangères ». On imagine qu’on peut ajouter Montpellier aux clubs en question, le club héraultais ayant 6 ou 7 étrangères dans son équipe type1, soit à peu près autant que Lyon2 ou le PSG3.

Sur ce plan la première liste est légèrement en trompe l’œil puisque si 9 clubs étaient représentés, ces trois comptaient 13 joueuses sur 224. Mais Juvisy devenu PFC a toujours été largement représenté sur les listes des pércédents sélectionneurs, et avec Amandine Henry de Portand et Élise Bussaglia de Barcelone, il ne reste finalement que cinq joueuses de trois autres clubs : Solène Durand et Léa Le Garrec de Guingamp, Hawa Cissoko et Viviane Asseyi de Marseille et Ouleymata Sarr de Lille.

Seule Léa Le Garrec représente un football hors des gros clubs5 puisqu’Hawa Cissoko et Ouleymata Sarr n’ont quitté le PSG que cet été alors que Solène Durand et Viviane Asseyi ont passé de nombreuses saison à Montpellier jusqu’à cette saison pour la première et jusqu’à l’an dernier pour la seconde.

Marion Torrent

Marion Torrent

De plus, seules les deux attaquantes ont eu un temps de jeu significatif. Solène Durand n’est pas entrée tandis que Léa Le Garrec et Hawa Cissoko ont seulement pu fouler la pelouse quelques minutes pour honorer leur première sélection.

Quand Solène Barbance, Juliane Gathrat, Laura Bourgouin ou Héloïse Mansuy seront titulaire cette volonté affichée sera réalisée mais pour l’instant les six minutes de Léa Le Garrec ressemblent aux dix minutes accordées à Julie Morel contre l’Irlande en 2012.

Pour pousser son raisonnement, Corinne Diacre ajoute : « J’ai eu la chance de faire une carrière, internationale dans un petit club, j’ai 121 sélections sous les couleurs de l’ASJ Soyaux. J’ai réussi à le faire et ce club-là m’a aidé à être une joueuse internationale, à être un entraîneur aujourd’hui de haut niveau. C’est possible. Il n’y a pas besoin d’aller jouer à Lyon ou au Paris-Saint-Germain, sans faire offense à ces deux clubs-là. On peut évoluer aussi à l’Olympique de Marseille, aux Girondins de Bordeaux, à Rodez, à Albi, à Soyaux, à Guingamp… »

Il s’agit bien sûr d’un discours de circonstance, communication destinée à satisfaire une fraction du monde du foot féminin qui ne se retrouve pas dans une forme poussée de professionnalisation. Mais les temps ont changé depuis la période où la sélectionneuse était joueuse. Désormais l’arrivée des clubs professionnels et des contrats fédéraux font que les joueuses changent beaucoup plus facilement de club et qu’une joueuse vraiment talentueuse a plus de chance de se voir proposer un contrat (et plus de chance de l’accepter) par un club professionnel. Assez vite une joueuses internationale se retrouvera chez l’un des clubs les plus riches.

Autre élément apparu depuis, la Coupe d’Europe apporte une expérience internationale aux joueuses qui la disputent là où il y a quinze ans seule la sélection permettait de voir autre chose que la D1.

Par ailleurs, la concentration des internationales dans quelques clubs existait déjà il y a quinze ans. À l’Euro 2005, quatre clubs représentaient 16 des 20 sélectionnées et seuls les six premiers de D1 étaient représentés (plus Laura Georges de Boston). Quatre ans plus tôt, c’était 15 sur 20. La différence est que désormais une Marinette Pichon n’attendrait pas 27 ans pour quitter Saint-Memmie. Mais aucune joueuse d’un petit club ne le porte à ce point sur ses épaules. Quand Eugénie Le Sommer puis Griedge Mbock ont impressionné toute la D1 à Saint-Brieuc puis Guingamp, elle n’y sont pas resté très longtemps. Et il est probable que si une joueuse d’Albi ou de Rodez s’impose en équipe de France cette saison, elle jouera l’an prochain à Lyon, Montpellier ou Paris.

Ce n’est pas une raison pour ne pas chercher la perle rare dans tous les clubs mais il probable qu’elle n’existe pas. Le problème de l’équipe de France lors des dernières compétitions ne relevait sans doute pas du choix des joueuses mais du jeu lui-même.

Clubs représentés à l’Euro 2005
Club Joueuses
Juvisy 6
Montpellier 4
CNFE 3
Soyaux 3
Toulouse 2
Boston 1
Lyon 1
Clubs représentés à l’Euro 2001
Club Joueuses
Toulouse 5
La Roche-sur-Yon 5
Juvisy 3
Soyaux 2
Lyon 2
Saint-Memmie 1
Saint-Brieuc 1
Quimper 1
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