Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

Des quarts à Vannes (et à Concarneau)

Le premier tour de la Coupe du monde des moins de 20 ans a vu la qualification de l’intégralité des sélections européennes qui seront accompagnées par la Corée du Nord, le Japon et le Nigeria qui a doublé la Chine sur le fil.

Si l’Allemagne est la seule équipe à avoir réussi à remporter ses trois matchs, c’est l’Angleterre de Lauren Hemp qui a fait la plus forte impression.

En quart de finale, les Bleuettes affronteront la Corée du Nord pour la revanche de la dernière finale.

Le bilan général du premier tour de la Coupe du monde est très à l’avantage de l’Europe qui a qualifié ses cinq représentant et qui a remporté les quatre groupes. À quelque secondes près, les quarts de finales auraient pu se résumer à une confrontation avec l’Asie puisque la Corée du Nord et le Japon ont pris la deuxième place des groupes B et C et que la Chine pensait faire de même dans le groupe D avant d’encaisser un but égalisateur du Nigeria à l’ultime minute du dernier match qui a qualifié l’équipe africaine. Aucune équipe américaine ne sera présente au tour suivant.

La forte impression anglaise

L’équipe la plus convaincante du premier tour est l’Angleterre menée par les joueuses de Manchester City Georgia Stanway et Lauren Hemp. Après avoir battu les tenantes du titre coréennes avec autorité en ouverture, elles laissaient échapper la victoire contre Brésil dans le temps additionnel. Mais menée à la mi-temps du dernier match contre le Mexique sur un but de l’ailière Jacqueline Orvalle, elles accéléraient pour remporter le match 6-1. Dans ce groupe B, la Corée du Nord a remporté difficilement ses matchs contre le Brésil et le Mexique pour s’offrir un quart de finale contre la France. Le Mexique a cru jusqu’à la mi-temps du dernier match à la qualification avant de couler sous la pluie de Saint-Malo. Le Brésil par contre est resté totalement hors sujet de bout en bout, jamais complètement dépassé mais ne remportant qu’un point in extremis contre l’Angleterre.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 Angleterre 10
2 États-Unis 8
3 France 8
4 Japon 7
5 Espagne 7
6 Pays-Bas 6
Allemagne 6
8 Mexique 5
Corée du Nord 5
10 Brésil 4
11 Haïti 3
Chine 3
13 Nigeria 2
Ghana 2
15 Paraguay 1
Nouvelle-Zélande 1

L’Allemagne a remporté ses trois matchs et elle est la seule dans ce cas. Pourtant elle n’a pas fait aussi forte impression. La faute certainement à la faiblesse du groupe D où ni la Chine, ni le Nigeria ne semblent au niveau. Du coup Haïti qui était l’invité surprise a pu rivaliser lors des trois matchs même s’ils ont été perdus à chaque fois d’un but d’écart. C’est le Nigeria qui accompagne l’Allemagne au tour suivant grâce à un but contre son camp de Dou Jia-xing dans les arrêts de jeu de la confrontation contre la Chine, et parce que les Chinoises ont encaissés un but de plus contre l’Allemagne. C’est l’Espagne qui se trouvera sur sa route dans un quart de finale qui sera le plus déséquilibré.

Dou Jia-xing

Dou Jia-xing

L’équipe espagnole a remporté le groupe le plus relevé. Comme prévu, le Paraguay n’a pas fait illusion battu 4-1 par l’Espagne puis 6-0 par les États-Unis et le Japon. Tout se jouait donc lors des confrontations entre les trois favorites. L’Espagne n’était pas loin de remporter ces deux matchs. Après avoir battu le Japon 1-0, elle menait 2-0 contre les États-Unis avant de se relâcher en fin de match et de se faire rejoindre finalement sans conséquence mais une défaite aurait été éliminatoire en raison du plus faible score contre le Paraguay. Mais le nul ne profitait pas aux Américaines qui avaient entre temps perdu contre le Japon. Si l’Espagne peut déjà préparer sa demi-finale, le Japon aura fort à faire contre l’Allemagne.

Amélie Delabre et Claudia Bunge

Amélie Delabre et Claudia Bunge

Enfin dans le groupe A, la France bénéficiait d’un groupe à sa portée. Mais après avoir facilement battu une très faible équipe ghanéenne, elle butait sur de solides Néo-Zélandaises. Comme pendant ce temps là, les Néerlandaises avaient battu les mêmes équipes, il fallait au moins un nul aux Bleuettes pour s’assurer la qualification et une victoire pour la première place. Fidèle à son habitude, Gilles Eyquem n’hésitait pas à faire tourner (20 joueuses ont participé au premier tour, seule la troisième gardienne Camille Pecharman n’est pas entrée en jeu). Il changeait six joueuses entre le deuxième et le troisième match, sortant en particulier la star attendue Marie Katoto. Et c’est justement sa remplaçante Amélie Delabre, plus jeune joueuse de l’équipe, qui tirait l’équipe en marquant un triplé dès la première demi-heure.

Nombre de joueuses utilisées
Pos. Équipe Joueuses
1 France 20
2 Allemagne 19
3 Haïti 18
Espagne 18
5 Pays-Bas 17
Nouvelle-Zélande 17
Nigeria 17
Japon 17
Angleterre 17
10 États-Unis 16
Paraguay 16
Mexique 16
Ghana 16
Chine 16
15 Corée du Nord 15
Brésil 15

Des stars au rendez-vous

Au bilan individuel, plusieurs stars annoncées ont été au rendez-vous. Les Anglaises Georgia Stanway et surtout Lauren Hemp ont pris date. L’Espagnole Patricia « Patri » Guijarro est en tête au classement des buteuses accompagnée de l’ailière mexicaine Jacqueline Orvalle, buteuse à chaque match et de l’Américaine Savannah Demelo, triple buteuse contre le Paraguay (tout comme Patricia Guijarro). Parmi les autres joueuses en vue, on peut citer l’avant-centre néerlandaise Fenna Kalma, la meneuse coréenne Kim Kyong Yong et la relayeuse allemande Giulia Gwin.

La capitaine haïtienne Nérilia Mondésir était attendue et elle a confirmé en marquant trois buts dont un doublé contre une équipe d’Allemagne certes remaniée. Mais sa coéquipière Melchie Dumonay a été également une vraie découverte.

Nérilia Mondésir

Nérilia Mondésir

Du côté des Bleuettes, Marie Katoto est passé à côté de son premier tour, laissant la vedette à Amélie Delabre au troisième match. Mylène Chavas n’a pas brillé mais elle a été assez peu sollicitée et n’a encaissé qu’un but, la France étant la meilleure défense à égalité avec le Japon. La troisième star attendue Selma Bacha a par contre été au rendez-vous. Seule joueuse française à avoir disputé l’intégralité des trois rencontre, elle a enchaîné les prestations de haut niveau et été désignée joueuse du match contre la Nouvelle-Zélande. Émelyne Laurent sur l’aile droite et Annahita Zamanian au milieu ont aussi été convaincantes. Enfin comme prévu Maëlle Lakrar s’est imposée comme une concurrente du duo Julie Thibaud-Julie Piga dans l’axe. Chacune des trois joueuses a débuté deux matchs mais la néo-Montpelliéraine semble la plus assurée de débuter en quart.

Défenses
Pos. Équipe Buts
1 France 1
2 Japon 1
3 Allemagne 2
4 Nigeria 2
5 Angleterre 3
6 Espagne 3
Nouvelle-Zélande 3
8 États-Unis 3
9 Chine 4
10 Corée du Nord 5
11 Pays-Bas 5
12 Brésil 6
13 Haïti 6
14 Ghana 8
15 Mexique 10
16 Paraguay 16

Programme

Espagne-Nigeria

Le 16 août à 16h00 au stade Guy-Pirou à Concarneau.

En théorie pas de suspense. Les championnes d’Europe partent largement favorites face à des Nigeriannes passées par un trou de souris.

Gift Monday, Bashirat Amoo et Peace Efih

Gift Monday, Bashirat Amoo et Peace Efih

Espagne : 21-Catalina Coll - 4-Laia Aleixandri, 11-Carmen Menayo, 12-Lucia Rodriguez, 3-Berta Pujadas - 6-Damaris Egurrola, 8-Patricia Guijarro (cap.), 10-Maite Oroz, 14-Aitana Bonmati - 17-Lucia Garcia, 20-Claudia Pina

Nigeria : 16-Chiamaka Nnadozie - 15-Opeyemi Sunday, 13-Mary Ologbosere, 9-Joy Duru - 14-Anam Imo, 8-Rasheedat Ajibade (cap.), 5-Gift Monday, 7-Peace Efih - 17-Chidinma Okeke, 11-Bashirat Amoo, 4-Christy Ucheibe

France-Corée du Nord

Le 16 août à 19h30 au stade Guy-Pirou à Concarneau.

C’était l’affiche de la finale d’il y a deux ans, remportée par les Coréennes. Mais seule Mylène Chavas est à nouveau présente et la Corée du Nord semble moins forte. À domicile, les Bleuettes partent très légèrement favorites.

Si la composition l’équipe coréenne est assez prévisible – 10 joueuses ont débuté tous les matchs de poules – celle de l’équipe de France est indéchiffrable : 17 joueuses ont été titularisées au moins une fois, seule l’Allemagne, Haïti et l’Espagne ont seulement fait entrer plus de joueuses.

Élisa De Almeida

Élisa De Almeida

France : 1-Mylène Chavas - 2-Élisa De Almeida, 4-Julie Thibaud, 13-Maëlle Lakrar, 3-Selma Bacha - 6-Sana Daoudi, 17-Carla Polito, 10-Annahita Zamanian - 7-Émelyne Laurent, 9-Marie Katoto (cap.), 11-Melvine Malard

Corée du Nord : 18-Kim Yong Sun - 2-An Kuk Hyang , 5-Ri Kum Hyang, 19-Ri Pom Hyang, 3-Ryang Ryong Mi (cap.) - 8-Pang Un Sim, 9-Kim Pom Ui, 12-Ko Kyong Hui, 20-Choe Kum Ok - 10-Kim Kyong Yong, 11-Son Sun Im

Angleterre-Pays-Bas

Le 17 août à 16h00 au stade de la Rabine à Vannes.

L’an dernier, les deux équipes s’étaient affrontées au premier tour de l’Euro M19 et les Néerlandaises l’avaient emporté 2-0 grâce à Aniek Nouwen et Joelle Smits. Mais un an plus tard, le rapport de force semble avoir évolué. Si les Anglaises ont conservé une ossature plus proche de celle de l’Euro que les Néerlandaises, elles se sont aussi renforcé en attaque avec le retour de Georgia Stanway et l’arrivée de Lauren Hemp qui aurait pu jouer l’Euro cet année mais qui est déjà au mondial M20. La milieu anglaise Mollie Rouse ayant reçu deux cartons jaunes devrait être suspendue pour ce match.

Lauren Hemp

Lauren Hemp

Angleterre : 1-Sandy MacIver - 2-Anna Patten, 14-Chloe Peplow, 5-Grace Fisk (cap.), 2-Patten Anna - 8-Georgia Allen, 6-Megan Finnigan, 10-Georgia Stanway - 7-Alessia Russo, 9-Lauren Hemp, 16-Chloe Kelly

Pays-Bas : 1-Lize Kop (cap.) - 2-Jasmijn Duppen, 5-Aniek Nouwen, 12-Danique Ypema, 15-Lisa Doorn - 6-Eva van Deursen, 3-Caitlin Dijkstra, 14-Victoria Pelova - 17-Naomi Pattiwael, 19-Fenna Kalma, 11-Ashleigh Weerden

Allemagne-Japon

Le 17 août à 19h30 au stade de la Rabine à Vannes.

Entre l’Allemagne qui a pu remporter ses trois matchs en cachant son jeu et le Japon qui n’a encaissé qu’un but contre l’Espagne, le duel s’annonce très serré.

Vanessa Fischer

Vanessa Fischer

Allemagne : 1-Vanessa Fischer - 14-Janina Hechler, 4-Sophia Kleinherne, 6-Janina Minge, 5-Pawollek Tanja - 8-Jana Feldkamp (cap.), 20-Lena Oberdorf - 7-Giulia Gwinn, 17-Sjoeke Nüsken, 10-Laura Freigang - 9-Stefanie Sanders

Japon : 18-Stambaugh Hannah - 4-Minami Moeka (cap.), 5-Ushijima Riko, 6-Takahashi Hana, 17-Kitamura Nanami - 7-Hayashi Honoka, 9-Miyazawa Hinata, 10-Nagano Fuka, 20-Endo Jun - 11-Takarada Saori, 19-Ueki Riko

Répétition générale

Moins d’un an avant la Coupe du monde, la France organise en Bretagne la Coupe du monde des moins de 20 ans. Seize équipes sont sur la ligne de départ dont les favorites habituelles. La France aura plutôt un rôle d’outsider mais profitera de jouer à domicile pour tenter de créer la surprise.

Certaines joueuses dont plusieurs Bleuettes seront en repérage en espérant revenir dans un an.

Depuis 2010, la Coupe du monde des moins de 20 ans sert de répétition pour le pays organisateur de la Coupe du monde disputée un an plus tard. Après l’Allemagne en 2010 et le Canada en 2014, c’est la France qui est chargée de l’organiser cette année1 du 5 au 24 août.

Seize équipes participent à l’épreuve avec une organisation classique, quatre poules de quatre qui qualifient pour des quarts de finales. La compétition aura lieu intégralement en Bretagne, principalement à Vannes qui accueillera en particulier les demi-finales et les finales. Les autres matchs se dérouleront à Concarneau, Dinan et Saint-Malo.

Les trois anciens vainqueurs États-Unis, Allemagne et Corée du Nord seront présents et compteront bien sûr parmi les favoris, tout comme l’Espagne, championne d’Europe M19 l’an dernier2 et le Japon de Fuka Nagano, finaliste de la Coupe du monde M17 il y a deux ans, battu par la Corée du Nord après avoir éliminé en demi-finale l’Espagne.

La France, vice-championne d’Europe M19 l’an dernier et qui jouera à domicile visera bien sûr le titre après la finale en 2016 face à la Corée du Nord et la troisième place en 2014. Mais les Bleuettes ne seront pas favorites.

La concomitance de l’Euro M19 et du mondial M20, l’un en juillet et l’autre en août a posé de vrais problèmes de choix d’effectif pour les quatre sélections qualifiées pour les deux événements. Beaucoup de joueuses étaient éligibles pour les deux mais seules deux gardiennes, la Néerlandaise Daphne van Domselaar et la Française Justine Lerond auront participé à l’un et à l’autre. Pour la France, Mathilde Bourdieu était attendu avec les moins de 20 ans mais apporté son expérience à l’Euro qu’Amélie Delabre, Selma Bacha ou Maëlle Lakrar auraient pu jouer.

Cette contrainte a eu des conséquences différentes selon les équipes. La France a été éliminée sans gagner un match, les Pays-Bas sont sortis au premier tour après deux victoires en trois matchs et à la différence de buts alors que l’Espagne a battu l’Allemagne en finale.

Des très jeunes au milieu des jeunes

La limite d’âge de 20 ans se comprend au début de l’année civile au cours de laquelle la compétition a lieu ce qui signifie que certaines joueuses peuvent avoir légèrement plus de 20 ans. Ainsi la France compte huit joueuses nées entre le 1er janvier et le 5 août 1998, tout comme l’Angleterre qui sera l’équipe plus âgée de la compétition avec une moyenne d’âge légèrement supérieure à 19 ans.

Théoriquement, les joueuses doivent aussi être âgées de plus de 16 ans (en fin d’année civile) mais quatre joueuses haïtiennes sont plus jeunes, trois n’ayant même pas encore 15 ans. Haïti présente donc naturellement l’équipe la plus jeune de la compétition, devant les deux équipes africaines, Ghana et Nigeria et la Corée du Nord.

Les Haïtiennes sont aussi – et c’est sans doute lié – les plus petites de la compétition, rendant près de 20cm aux Néerlandaises et aux Allemandes et 8cm aux Ghanéennes qui les précèdent.

Les universités américaines, principal centre de formation

Dans une telle catégorie de jeunes, les joueuses sont encore majoritairement dans des clubs locaux avec une exception liée au soccer universitaire américain : la moitié de l’équipe du Mexique et un tiers de celle d’Angleterre est licenciée dans une université au États-Unis. C’est aussi le cas de la Brésilienne Thais Reiss, de la Chinoise Zhao Yu-Jie, de l’Allemande Stefanie Sanders et de la Néerlandaise Eva van Deursen ce qui porte le contingent de joueuses qui jouent au États-Unis à 42, le plus important devant l’Espagne où la Françaises Sana Daoudi complète le contingent local.

Après le Mexique et l’Angleterre, la France est d’ailleurs l’équipe qui compte le plus d’expatriées : outre Sana Daoudi, Annahita Zamanian joue à Göteborg3 et Marion Rey à Bâle. Si l’on excepte les étudiantes américaines, aucune autre équipe ne compte plus d’une joueuse expatriée : la Paraguayenne Jessica Martinez à Santos au Brésil, la Japonaise Fuka Nagano à Hyundai Steel en Corée, la Néerlandaise Jacinta Weimar au Bayern, l’Allemange Charlotte Voll au PSG et l’Haïtienne Nérilia Mondesir à Montpellier. Car la France est également la deuxième destination après les États-Unis mais avec seulement deux expatriées.

La Montpelliéraine Nérilia Mondésir est la seule joueuse haïtienne affiliée à un club, sa sélection présente la particularité que les 20 autres joueuses sont sans club, ce qui est aussi le cas de la Ghanéenne Ernestine Abambila.

Onze des seize sélections présentes en Bretagne étaient déjà de l’affiche en Papouasie-Nouvelle-Guinée il y a deux ans. Et 46 joueuses sont à nouveau présentes dont la Brésilienne Geyse et l’Espagnole Patricia Guijarro. Pour la France, seule Mylène Chavas rempile après avoir remporté le titre de meilleure gardienne il y a deux ans.

Marie Katoto devrait être dans cette liste mais elle avait alors du décliner le voyage sur blessure.

Toutes les deux chercheront ensuite à imiter Griedge Mbock, Kadidiatou Diani et Claire Lavogez qui avaient enchaîné avec la vraie Coupe du monde un an plus tard.

Qui sont les Bleuettes ?

Mylène Chavas sera titulaire dans les buts français. Après une saison en D2 à Saint-Étienne, elle a rejoint Dijon à l’intersaison pour retrouver la D1 et reprendre sa progression qui doit la mener à l’équipe de France. La question est de savoir si ça sera dès 2019 ou juste après. Sa doublure sera la gardienne du PFC Camille Pécharman, passée également par Montpellier et Toulouse mais dont l’expérience en D1 remonte à la saison 2013-2014 où elle avait battu des records de précocité dans les buts de Muret. La troisième gardienne sera la Messine Justine Lerond qui arrive de l’Euro M19 où elle a joué les trois matchs.

En défense centrale, la Bordelaise Julie Thibaud est la valeur sûre des Bleuettes. Après des débuts au milieu avec Soyaux en 2014 lors de deux matchs décalés contre le PSG où l’équipe sojaldicienne avait envoyé sa réserve elle s’est vite imposée dans l’équipe charentaise avant de rejoindre Bordeaux la saison dernière. À ses côtés, on devrait voir Julie Piga, régulièrement capitaine de cette génération. Mais la joueuse formée à Lyon qui joue à Grenoble depuis une saison et demi pourrait être dépassée par la Marseillaise Maëlle Lakrar, de deux ans sa cadette mais qui compte deux saisons de D1 et qui rejoindra Montpellier après la Coupe du monde.

Avec la retraite de Laura Georges et le succès mitigé des essais de Corinne Diacre, il y a certainement une place à prendre dans l’axe derrière l’inamovible duo Wendie Renard-Griedge Mbock. La Coupe du monde M20 pourrait permettre à Julie Thibaud et Maëlle Lakrar de poser des jalons, ce sera sans doute plus difficile pour Julie Piga qui aura ensuite moins l’occasion de se montrer avec Grenoble en D2.

Le côté droit de la défense est assez ouvert avec trois joueuse qui étaient à l’Euro M19 l’an dernier. Élisa De Almeida part avec les faveurs des pronostics, en particulier suite à sa très bonne saison avec le PFC où elle a régulièrement occupé le flanc droit puisque l’axe était bouché par Annaïg Butel et Aïssatou Tounkara. Mais la Messine Pauline Dechilly et la Fédinoise Léna Goetsch postulent également.

La révélation Selma Bacha

Si le côté droit est ouvert, c’est parce que le gauche ne l’est pas du tout. La Lyonnaise Selma Bacha, qui n’est pas la plus jeune de l’effectif à quinze jours près, devancée par Amélie Delabre, a explosé cette saison. Prévue pour s’entraîner avec les pros de l’OL et jouer avec les U19, elle a finalement joué une vingtaine de matchs, la plupart comme titulaire et elle est championne d’Europe en ayant débuté contre Barcelone, Manchester City et Wolfsbourg. Du coup, elle est aussi la joueuse la plus utilisée cette année par Gilles Eyquem. À 17 ans, la question qui se pose n’est pas si elle sera encore de la prochaine Coupe du monde M20 dans deux ans mais plutôt ce qui pourra l’empêcher d’être de la grande dans un an. Contrairement à l’axe central, il n’y a pas vraiment de place à prendre à gauche mais comme à Lyon, elle pourrait forcer à déplacer l’une de ses concurrentes pour lui faire de la place.

La hiérarchie du milieu est la moins assurée. Sana Daoudi qui n’a pas beaucoup joué à l’Atletico cette saison devrait être la joueuse de base tandis que la joueuse de Göteborg Annahita Zamanian devrait organiser le jeu. Les deux Messines Christy Gavory et Hélène Fercocq (la seconde arrivant de Reims à l’intersaison) se disputeraient alors la troisième place. Mais l’ancienne Arrageoise Carla Polito, désormais à Lille tentera de venir bouleverser cet ordonnancement. Le milieu est sans doute la zone où les Bleuettes comptent le moins d’expérience.

Marie-Katoto avant les A

L’attaque au contraire sera une des forces de cette équipe. La Lyonnaise Émelyne Laurent sera très attendue : après avoir rongé son frein à Montpellier, elle a fait une demi-saison remarquée à Bordeaux l’an dernier et a signé à Lyon où elle a été très peu utilisée mais trouvant moyen de marquer quasiment à chaque apparition, soit trois fois en quatre matchs. Elle devrait majoritairement occuper le côté droit. À gauche, Sandy Baltimore a eu plus l’occasion de s’exprimer avec le PSG, jouant une douzaine de matchs.

Mais bien sûr, l’arme fatale des Bleuettes sera dans l’axe de l’attaque avec Marie Katoto, désormais capitaine de cette sélection. Avec 21 buts marqués en 21 matchs de D1, et 4 en 5 matchs de Coupe dont l’unique but de la finale, l’attaquante du PSG est désormais la meilleure attaquante française avec Eugénie Le Sommer. Elle sera d’autant plus attendue lors de cette Coupe du monde bretonne qu’elle devrait déjà être chez les A depuis au moins un an mais qu’elle a été réservée pour cette compétition. Et sauf incident, elle sera de nouveau en Coupe du monde dans un an.

La hiérarchie semble très nette devant et les trois autres attaquantes devraient surtout avoir un rôle de complément. La Lyonnaise Melvine Malard est annoncée comme un très grand talent depuis très longtemps mais sa seule apparition en équipe première se résume à 14 minutes contre BIIK en Coupe d’Europe. De même la Bâloise Marion Rey et l’ancienne stéphanoise Amélie Delabre, benjamine de l’équipe renverseront difficilement la hiérarchie.

Effectif de l’équipe de France
poste Nom_fifa Date de naissance Âge Club Taille
1 G Mylène Chavas 07/01/1998 20 Dijon 178
2 D Élisa De Almeida 11/01/1998 20 Paris FC 173
3 D Selma Bacha 09/11/2000 17 Lyon 160
4 D Julie Thibaud 20/04/1998 20 Bordeaux 167
5 D Julie Piga 12/01/1998 20 Grenoble 170
6 M Sana Daoudi 12/03/1998 20 Atletico Madrid (ESP) 160
7 A Émelyne Laurent 04/11/1998 19 Lyon 163
8 M Hélène Fercocq 27/08/1998 19 Metz 170
9 A Marie Katoto 01/11/1998 19 PSG 176
10 M Annahita Zamanian 19/02/1998 20 Göteborg (SWE) 163
11 A Melvine Malard 28/06/2000 18 Lyon 168
12 D Pauline Dechilly 07/04/1998 20 Metz 160
13 D Maëlle Lakrar 27/05/2000 18 Montpellier 171
14 D Léna Goetsch 07/10/1999 18 Vendenheim 169
15 M Christy Gavory 05/05/1998 20 Metz 160
16 G Camille Pécharman 07/10/1998 19 Paris FC 172
17 M Carla Polito 13/01/2000 18 Lille 173
18 A Marion Rey 21/03/1999 19 Bâle (CHE) 162
19 A Amélie Delabre 26/11/2000 17 Metz 176
20 A Sandy Baltimore 19/02/2000 18 PSG 162
21 G Justine Lerond 29/02/2000 18 Metz 170

Programme

Groupe A

5 août à Vannes : Nouvelle-Zélande- Pays-Bas à 16h30 et France- Ghana à 19h30

8 août à Vannes : Pays-Bas- Ghana à 16h30 et France- Nouvelle-Zélande à 19h30

12 août à 16h30 : Pays-Bas- France à Saint-Malo et Ghana- Nouvelle-Zélande à Concarneau

Groupe B

5 août à Dinan-Léhon : Mexique- Brésil à 13h30 et Corée du Nord- Angleterre à 16h30

8 août à Dinan-Léhon : Brésil- Angleterre à 13h30 et Corée du Nord- Mexique à 16h30

12 août à 13h30 : Angleterre- Mexique à Saint-Malo et Brésil- Corée du Nord à Concarneau

Groupe C

6 août à Concarneau : Paraguay- Espagne à 16h30 et USA- Japon à 19h30

9 août à Concarneau : Espagne- Japon à 16h30 et USA- Paraguay à 19h30

13 août à 13h30 : Japon- Paraguay à Vannes et Espagne- USA à Dinan-Léhon

Groupe D

6 août à Saint-Malo : Nigeria- Allemagne à 13h30 et Haïti- Chine à 16h30

9 août à Saint-Malo : Chine- Allemagne à 13h30 et Haïti- Nigeria à 16h30

13 août à 16h30 : Allemagne- Haïti à Vannes et Chine- Nigeria à Dinan-Léhon

Quarts de finale

16 août à Concarneau : 1C-2D à 16h00 et 1A-2B à 19h30

17 août à Vannes : 1B-2A à 16h00 et 1D-2C à 19h30

Demi-finales

20 août à Vannes à 16h00 et 19h30

Finales

24 août à Vannes : match pour la 3e place à 16h00 et finale à 19h30

Au milieu du gué

À un an de la Coupe du monde et après un an de mandat de Corinne Diacre, on peut avoir une idée assez précise de son projet. Les discours sur l’ouverture à tous les clubs et toutes les joueuses ont fait long feu et son équipe est globalement composée des mêmes joueuses que celles que son prédécesseur aurait appelées mais l’animation est assez différente.

Et à partir de septembre, l’embargo sur les participantes à la Coupe du monde des moins de 20 ans sera levé et devrait permettre de voir enfin arriver des joueuses très attendues au premier rang desquelles Marie Katoto.

Le parcours de l’équipe de France de Corinne Diacre suit assez bien la progression de son classement Fifa : tombée du podium à la fin de l’ère Olivier Echouafni, elle est descendue à la 6e place à la fin de l’année avant de remonter pour finir par retrouver le podium en fin de saison1. Ce classement traduit mieux l’impression d’ensemble que les résultats bruts où les victoires éclatantes contre des adversaires très faibles (8-0 contre le Ghana fin octobre, 7-1 contre le Nigéria en avril) en ont agrémentés d’autres plus serrées contre des équipes de meilleur niveau et que deux larges défaites sont venues ternir (4-0 contre l’Allemagne en novembre et 4-1 contre l’Angleterre en mars). Mais la revanche prise contre l’Allemagne à la SheBelieves Cup (3-1 le 7 mars, qui pouvait aussi servir de revanche à la défaite contre l’Angleterre une semaine plus tôt) semble un point d’inflexion important dans la trajectoire des Bleues vers leur Coupe du monde.

Amandine Henry, désormais capitaine de l'équipe de France

Amandine Henry, désormais capitaine de l'équipe de France

À son arrivée, Corinne Diacre a récupéré une sélection traumatisée par son échec à l’Euro. Échec d’autant plus cuisant que si la France avait jusque là réussi plutôt de bonnes phases finales depuis une petite dizaine d’années avec seulement un plafond de verre dans les matchs à élimination directe, ses prestations avaient cette fois été uniformément consternantes face à des adversaires qui étaient sans doute les plus faibles qui lui aient été opposés en phase finale. Dans la perspective d’une Coupe du monde à domicile deux ans plus tard, il ne s’agissait donc plus de faire franchir un palier à une sélection habituée des phases finales mais d’en refaire une équipe cohérente.

Dès son arrivée, la sélectionneuse appliquait un remède de cheval dont on ne sait pas bien s’il a été efficace ou si elle a changé son fusil d’épaule. Le discours initial était de rebattre complètement les cartes, de chercher des internationales partout en D1 avec un discours assez agressif sur l’OL et le PSG jusque là principaux fournisseurs de Bleues.

Il est difficile d’être certain que ce discours n’avait pas un but détourné comme celui de piquer l’orgueil des joueuses en place tant il est à peu près sûr qu’à quelques rares exceptions près, le problème de l’équipe de France ne concerne pas le choix des joueuses appelées.

Asseyi, Sarr et c’est tout

Dans les faits, l’appel de nouvelles joueuses a surtout ressemblé à un leurre. La diversité des clubs se résume finalement à la présence régulière de la Marseillaise2 Viviane Asseyi et de la Lilloise Ouleymata Sarr. Pour les autres, Albi, Rodez et Soyaux n’ont eu aucune sélectionnée cette année, malgré la bonne saison des Charentaises, les Floriacumoises Daphne Corboz et Maéva Clémaron ont cumulé deux minutes de jeu et la Bordelaise3 Nadjma Ali Nadjim une mi-temps. Cinq Guingampaises ont été appelées mais si Faustine Robert a joué deux matchs avant de se blesser et sera sans doute revue, Léa Le Garrec a été longuement testée au poste de meneuse avant que l’évidence Gaëtane Thiney finisse pas s’imposer, Charlotte Lorgeré n’a joué qu’une mi-temps, au poste de latérale et Solène Durand semble pour l’instant la troisième gardienne mais n’a pas encore joué. L’appel de Julie Debever complète le mystère puisqu’il est intervenu pour les matchs du mois d’avril, au moment où la phase d’exploration semblait terminée et qu’il s’agit d’une joueuse certes expérimentée et habituée de la D1 mais qui en près de quinze ans de D1 n’a jamais particulièrement semblé destinée à bousculer la hiérarchie de l’équipe de France.

Mbock, Sarr, Georges, Henry, Asseyi, Bussaglia ; Catala, Le Garrec, Gérard, Lorgeré, E. Cascarino

L'équipe de France contre le Ghana : Mbock, Sarr, Georges, Henry, Asseyi, Bussaglia ; Catala, Le Garrec, Gérard, Lorgeré, E. Cascarino

Un autre élément accrédite la thèse de la revue d’effectif à des fins de communication interne et externe plus que pour chercher vraiment des joueuses oubliées : 41 joueuses ont été appelées en un an, et quatre seulement n’avaient pas été vues en équipe de France A ou B pendant les deux saisons précédentes. Autant dire que toutes étaient déjà connues des sélectionneurs précédents. Ces quatre nouvelles sont Solène Durand, longtemps gardienne remplaçante à Montpellier et désormais titulaire à Guingamp mais championne d’Europe M19 avec la génération des Sandie Toletti et Aminata Diallo, Nadjma Ali Nadjim qui découvrait la D1 avec Bordeaux cette saison, Daphne Corboz qui arrivait des États-Unis avec la double nationalité, et Julie Debever4.

Cela serait d’ailleurs faire peu de cas du travail des cadres techniques de la fédération et des clubs que de croire possible de redéfinir complètement la hiérarchie des meilleures joueuses françaises.

La portée de la phase prospective est elle-aussi difficile à mesurer. Côté pile, les sélectionnées déjà présentes ont pu sentir que Corinne Diacre était prête à chercher ailleurs. Côté face, elles ont aussi vu que c’est finalement toujours vers elles qu’on se retourne et que comme le suggérait Philippe Bergerôo, le réservoir de joueuses internationales pour viser un dernier carré n’est pas très profond.

Retour à la normale

Le passage d’une sélection ouverte à toutes à un groupe plus resserré était peut-être prévu dès le début pour le début de l’année 2018 mais les deux lourdes défaites contre l’Allemagne et l’Angleterre ont sans doute précipité le retour à des listes très proches de celles des précédents sélectionneurs.

L’équipe type qui a été alignée dans les trois matchs importants qui ont suivi la victoire des joueuses de Phil Neville (le match contre le Nigéria s’étant joué avec une équipe remaniée) ressemble beaucoup à celle qu’Olivier Echouafni aurait vraisemblablement aligné s’il était resté, c’est-à-dire celle de l’Euro moins les joueuses retraitées : Sarah Bouhaddi dans les buts, Griedge Mbock et Wendie Renard en défense centrale, Aïssatou Tounkara remplaçant la seconde en cas de blessure, Amel Majri arrière gauche, Amandine Henry et Grace Geyoro à la récupération, avec Élise Bussaglia en remplaçante, Gaëtane Thiney meneuse et Eugénie Le Sommer devant. La révolution se limite donc au choix de Marion Torrent à la place d’Ève Périssent comme arrière droite5, au retour de Viviane Asseyi qui a légèrement pris le dessus sur Kaditiatou Diani et à l’entrée de Valérie Gauvin en pointe à la place de Marie-Laure Delie. Soit l’arrivée de trois joueuses qui étaient déjà dans le groupe ou très proche à la place de joueuses qui ne constituaient pas l’épine dorsale de l’équipe et dont deux sont encore dans le groupe.

À moins d’un an du début du match d’ouverture au Parc des Princes, le groupe semble déjà assez circonscrit. Et il est probable que les joueuses qui entreront pour jouer un vrai rôle proviendront de l’équipe de France M20 qui va disputer la Coupe du monde de sa catégorie en Bretagne dans quelques semaines. Au premier rang de celles-là, on trouve bien sûr Marie Katoto qui est actuellement la meilleure avant-centre française si l’on considère qu’Eugénie Le Sommer est ailière, poste qu’elle occupe actuellement tant en club qu’en sélection. La joueuse du PSG n’a pour l’instant pas intégré les Bleues en vertu d’une étrange priorité donnée à l’équipe des moins de 20 ans, un peu comme si Kylian Mbapppé avait été réservé pour l’Euro M19 plutôt que d’aller en Russie. Sauf blessure, ce serait une énorme surprise qu’elle ne soit pas l’avant-centre titulaire des Bleues l’an prochain.

Mais c’est aussi dans cette équipe qu’on peut s’attendre à trouver les joueuses capables d’atteindre le niveau international et qui ne sont pas déjà chez les Bleues.

L’état de la liste

Gardiennes

Sarah Bouhaddi sera à la Coupe du monde et devrait être titulaire. Karima Benameur semble avoir gagné sa place puisqu’elle a été de toutes les listes depuis novembre et qu’elle a joué quasiment la moitié des matchs.

La troisième place semble moins assurée. Pour l’instant, c’est la Guingampaise Solène Durand qui l’occupe mais d’autres gardiennes ont été appelées récemment : Élisa Launay, Méline Gérard qui est passée brusquement de titulaire à Montpellier et aspirante titulaire en équipe de France à remplaçante à Montpellier et hors du groupe en équipe de France, et Pauline Peyraud-Magnin qui devra jouer plus à Arsenal qu’elle ne le faisait à Lyon pour pouvoir espérer. Mais là aussi, la nouveauté devrait venir des Bleuettes. Mylène Chavas sera enfin sélectionnable après la Coupe du monde bretonne et elle va retrouver la D1 la saison prochaine avec Dijon où elle sera en concurrence avec Émelyne Mainguy. Mais elle devrait vite prendre la place, arriver chez les Bleues et peut-être postuler à la place de titulaire.

Défenseuses centrales

Wendie Renard et Griedge Mbock semblent actuellement indéboulonnables. Mais il leur faut au moins une ou deux doublures. Aïssatou Tounkara est une postulante naturelle mais tout dépendra de son retour de blessure. Pour le reste beaucoup de joueuses ont été appelées, bien peu ont été élues. Laura Georges qui était une joueuse de confiance de Corinne Diacre a aussi peu joué au Bayern qu’au PSG et elle a mis fin à sa carrière. Hawa Cissoko a été testée et retestée mais elle a perdu sa place dans un Marseille à la dérive. Estelle Cascarino et Charlotte Lorgeré ont été appelées mais n’ont joué que comme latérales.

L’axe de la défense est donc une position où on pourrait voir de la nouveauté, soit en provenance de l’équipe de France M20 où la Bordelaise Julie Thibaud et la néo-Montpelliéraine Maëlle Lakrar par exemple pourraient postuler, soit avec des joueuses déjà passées par les A comme Annaïg Butel ou Kelly Gadéa, désormais à Fleury.

Arrières gauches

Le poste de latérale gauche semble solidement pourvu et il devrait être couplé avec celui d’ailière gauche, la plupart des postulantes pouvant occuper les deux postes. Amel Majri est solidement installée, et Sakina Karchaoui presque autant. Théa Gréboval a joué le premier match mais n’est plus revenue, Estelle Cascarino a disputé un match contre le Ghana à ce poste mais s’il y a du changement, cela viendrait plutôt d’une joueuse qui bouscule la hiérarchie que d’un choix par défaut. C’est la Lyonnaise Selma Bacha qui semble le mieux placée pour venir troubler la hiérarchie établie.

Arrières droites

Marion Torrent est l’une des joueuses les plus utilisées par Corinne Diacre et devrait être titulaire. Après des tâtonnements avec des défenseuses centrales délocalisées, Charlotte Lorgeré contre le Ghana et Griedge Mbock contre l’Allemagne, Ève Périsset est revenue dans la course pour prendre la deuxième place. La Parisienne et la Montpelliéraine peuvent par ailleurs aussi dépanner à gauche.

À ce poste, le seul autre nom qui émerge est celui de Jessica Houara mais elle vient à nouveau de se blesser gravement et l’hypothèse de son rétablissement à temps pour la Coupe du monde est assez peu probable.

Milieux défensives ou relayeuses

Amandine Henry et Grace Geyoro forment une paire de récupératrice qui semble indiscutable. Aminata Diallo a été régulièrement appelée et devrait être la première remplaçante. Beaucoup de joueuses ont été appelées à ces postes mais quand il a fallu remplacer Grace Geyoro blessée pour le dernier match contre le Canada, c’est Élise Bussaglia qui a été titularisée. Inès Jaurena, Maéva Clémaron ou Daphne Corboz peuvent envisager de s’immiscer dans le groupe, tout comme Kheira Hamraoui si elle joue à Barcelone, d’autant qu’aucune Bleuette n’est titulaire à ce poste en D1.

Milieux offensives et attaquantes

Eugénie Le Sommer est la joueuse la plus utilisée par Corinne Diacre, la seule qui a participé à toutes les rencontres, la plupart du temps sur une aile. Il a fallu presque six mois pour que Gaëtane Thiney revienne chez les Bleues mais l’absence totale d’autre solution crédible au poste de meneuse primordial dans le système de jeu promu par la sélectionneuse la rend indispensable.

Paradoxalement, la troisième joueuse dont la présence en juin prochain semble certaine n’a encore jamais été appelée chez les Bleues. Marie Katoto est l’avant-centre du PSG, la deuxième meilleure buteuse de D1 derrière Ada Hegerberg et elle a porté toute l’année l’attaque parisienne pour ramener son équipe en Coupe d’Europe. Il est certain que sans la décision ubuesque de privilégier la Coupe du monde M20 la saison dernière, elle aurait déjà été appelée. Mais cette position de recours a peut-être finalement joué en sa faveur puisqu’aucune de ses concurrentes ne s’est vraiment imposée. Ouleymata Sarr avait commencé très fort sa saison mais elle s’est vite essoufflée et a été devancée par Valérie Gauvin qui est la deuxième buteuse de l’équipe de France cette saison derrière Eugénie Le Sommer mais surtout grâce à des buts en fin de matchs contre le Nigéria et le Ghana et elle ne semble pas en mesure de résister à l’arrivée de sa concurrente parisienne.

La dernière place du quatuor offensif, celui de l’aile droite, revient pour l’instant à Viviane Asseyi qui a devancé Kadidiatou Diani en apportant toujours quelque chose d’intéressant sans toutefois atteindre un niveau qui la rendrait définitivement indispensable. Delphine Cascarino, qui a mis la championne d’Europe Shanice van de Sanden sur le banc à Lyon, est arrivée en fin de saison et ce n’est pas un pari très risqué que de dire qu’elle a une place à prendre à droite.

Les talents les plus brillants étant en général dans le domaine offensif, c’est à ces postes qu’on pourrait voir du mouvement cette année, avec Marie-Charlotte Léger régulièrement appelée mais sans beaucoup jouer et qui aura un rôle plus important cette saison à Fleury qu’elle n’avait à Montpellier, avec Faustine Robert qui avait fait deux bonnes entrées avant de se blesser, avec Claire Lavogez qui s’est relancée à Fleury et qui jouera à Bordeaux, avec Nadjma Ali Nadjim passée fugitivement chez les Bleues et victime de la défaite contre l’Allemagne et qui fait le chemin inverse de Bordeaux à Fleury ou avec les autres, qu’elles soient dans l’équipe de France M20 comme Sandy Baltimore ou Émelyne Laurent ou de l’équipe de France B comme Clara Matéo ou les Sojaldiciennes Laura Bourgouin ou Danielle Tolmais.

Dans un an, la Coupe du monde

Dans un an aura lieu la phase finale de la Coupe du monde en France. Le plateau est encore loin d’être complet mais on connaît déjà le nom de 10 des 24 participants. Car si l’Europe procède par des éliminatoires classiques, les équipes des autres confédérations jouent leur place à l’occasion de leur compétition continentale. La Coupe d’Asie et la Copa America ayant déjà eu lieu, les qualifiés asiatiques et sud-américains sont déjà connus. Les autres le seront en fin d’année.

Dans moins d’un an aura lieu la Coupe du monde. Mais d’ici là, il va déjà falloir désigner les 24 sélections invitées à parcourir la France. La répartition par confédération est plus équilibrée que pour la Coupe du monde masculine où l’Europe et l’Amérique du Sud dominent largement. Ici l’Amérique du Nord et l’Asie ont remporté quatre des sept éditions de l’épreuve.

Nombre de places par confédération
Confédération Places
UEFA 8
AFC 5
CONCACAF 3
CAF 3
CONMEBOL 2
OFC 1

Les deux places manquantes sont pour la France, pays hôte et le vainqueur d’un barrage américain entre le troisième de la zone CONMEBOL et le quatrième de la zone CONCACAF.

Hors d’Europe, le mode de qualification n’est pas une campagne au long cours comme chez les garçons mais c’est la compétition continentale qui sert aussi à attribuer les places pour la Coupe du monde.

Au mois d’avril dernier se sont disputées la Coupe d’Asie et la Copa America. La première qualifiait cinq équipes soit les quatre demi-finalistes et le vainqueur d’un barrage entre les troisième des deux poules.

Asie

Disputée en Jordanie, la compétition asiatique était composée de deux poules très déséquilibrées. Dans la première se trouvaient la Chine, la Thaïlande, les Philippines et le pays hôte. Les Chinoises remportaient aisément tous leurs matchs et la Thaïlande prenait aussi très facilement la deuxième place grâce à des victoires 6-1 sur la Jordanie et 3-1 sur les Philippines. Ces résultats envoyaient les deux équipes en demi-finales de la Coupe d’Asie et en Coupe du monde.

L’autre groupe comprenait les trois meilleures équipes asiatiques1 et le Viêt Nam comme victime expiatoire. L’Australie, le Japon et la Corée du Sud s’échangeaient des matchs nuls et battaient largement le Viêt Nam. L’Australie devançait le Japon et la Corée du Sud au nombre de buts marqués dans les confrontations directes puis à la différence de buts générale. Les deux premières étaient donc directement qualifiées et la troisième devait passer par un barrage contre les Philippines finalement largement remporté.

Sans conséquence pour la qualification à la Coupe du monde, le Japon remportait le titre asiatique devant l’Australie, la Chine et la Thaïlande qui seront donc accompagnés par la Corée du Sud en France. Malgré le déséquilibre de la compétition, les cinq représentants asiatiques seront cinq des six mieux classés par la Fifa.

Amérique du Sud

Au même moment, le Chili accueillait la Copa America. Les dix équipes de la confédération étaient réparties en deux groupes de cinq dont s’extrayaient d’une part la Colombie et le Chili et d’autre part le Brésil et l’Argentine. Là, pas de demi-finales mais une poule de quatre dont les deux premiers gagnaient leur place pour la France et le troisième un ticket pour un barrage contre une équipe de la zone Concacaf. Il y avait donc deux places et demi pour quatre.

Ou plutôt une place et demi pour trois tant le Brésil est supérieur à tout le monde dans sa zone. Après avoir remporté ses quatre matchs de la première phase avec 22 buts marqués et un seul encaissé, la sélection brésilienne enchaînait par trois victoires supplémentaires.

La qualification était donc un tournoi triangulaire où la Colombie, qualifiée en 2015 au Canada perdait d’abord toute chance en s’inclinant contre l’Argentine avant de concéder le nul face au Chili.

Le Chili de Christiane Endler sera à la Coupe du monde

Le Chili de Christiane Endler sera à la Coupe du monde

En supposant que le Brésil remporterait bien ensuite son match contre la Colombie, l’Argentine abordait donc le dernier match avec l’assurance de disputer au moins un barrage et n’avait besoin que d’un nul pour se qualifier directement. En face, le Chili devait l’emporter pour se qualifier alors qu’un nul lui offrait une place en barrage et qu’une défaite risquait de l’éliminer.

Mais les Chiliennes profitaient de l’avantage du terrain pour l’emporter 4-0 sur les Argentines et se qualifier pour la France. L’Argentine devra attendre le résultat de la Gold Cup pour connaître son adversaire en barrage. Le Chili accompagnera le Brésil en France.

Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes

La phase finale de la Gold Cup, compétition de la zone Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes, aura lieu en octobre. Elle donne trois places pour le voyage en France et une place de barragiste contre l’Argentine. Cette zone est beaucoup plus importante que dans le football masculin parce que les États-Unis et dans une moindre mesure le Canada sont des places fortes de la disciplines.

Mallory Pugh et les États-Unis joueront leur qualification en octobre.

Mallory Pugh et les États-Unis joueront leur qualification en octobre.

La compétition aura lieu aux États-Unis, au Texas et en Caroline du Nord. Les trois meilleures nations, qui sont également les trois équipes de la zone Amérique du Nord sont qualifiées d’office pour la Gold Cup, et sont assez largement favorites pour les trois places en Coupe du monde.

Dans la zone Caraïbes, un premier tour a eu lieu en mai qui a vu la qualification de Cuba, de la Jamaïque, de Trinité-et-Tobago, d’Antigua-et-Barbuda et des Bermudes (et l’élimination de la Martinique et de la Guadeloupe qui ne concourraient de toute façon que pour la compétition continentale mais ne pouvaient se qualifier pour la Coupe du monde, n’étant membre de la Fifa que via la FFF). Ces cinq équipes disputeront un deuxième tour en août pour déterminer les trois qui iront à la Gold Cup.

En Amérique centrale, quatre équipes se disputent deux places : le Nicaragua, le Costa Rica, le Salvador et le Panama2. Un tournoi était prévu en mai au Nicaragua mais il a été annulé et devrait avoir lieu en août dans un lieu restant à déterminer.

La phase finale regroupera donc huit équipes, réparties en deux groupes de quatre. Les deux premiers de chaque poule se retrouveront en demi-finale et accéderont au pire au barrage contre l’Argentine.

Afrique

Dans la zone Afrique, la CAN se jouera en novembre au Ghana. Outre le pays organisateur, sept autres équipes se sont qualifiées à l’issue d’une phase éliminatoire disputée à élimination directe. Le Nigeria, le Cameroun l’Afrique du Sud étaient exemptées du premier tour et n’ont eu aucune difficulté à écarter respectivement la Gambie, le Congo et le Lesotho. La Guinée équatoriale a eu plus de difficultés face au Kenya. Les trois derniers qualifiés sont l’Algérie, vainqueure du Sénégal puis de l’Éthiopie, le Mali qui a profité du forfait de la Sierra Leone puis a battu la Côte d’Ivoire et la Zambie qui a écarté difficilement la Tanzanie et le Zimbabwe.

Le Nigéria de Desire Oparanozie sera favori pour la qualification

Le Nigéria de Desire Oparanozie sera favori pour la qualification

Trois places sont réservées aux sélections africaines qui reviendront donc aux deux finalistes et au vainqueur du match pour la troisième place de cette CAN. Toutefois, la Guinée équatoriale est suspendue de Coupe du monde par la Fifa. Si elle passe le premier tour, les trois autres demi-finalistes seront donc qualifiés pour la France.

Sur le papier, la qualification devrait se jouer entre le Nigeria, le Cameroun, l’Afrique du Sud et le Ghana.

Océanie

L’Océanie sera la dernière zone à désigner son représentant pour la Coupe du monde mais on sait déjà que ça sera comme toujours la Nouvelle-Zélande. Le tournoi aura lieu en Nouvelle-Calédonie et rassemblera huit équipes dont sept sont déjà connues. La dernière place se jouera en août dans un tournoi aux Fidji qui opposera l’équipe locale aux Samoa américaines, aux Îles Salomon et au Vanuatu.

Ce n'est pas encore officiel mais Erin Nayler et la Nouvelle-Zélande seront à la Coupe du monde

Ce n'est pas encore officiel mais Erin Nayler et la Nouvelle-Zélande seront à la Coupe du monde

Depuis que l’Australie a quitté la zone Océanie en 2006, la Nouvelle-Zélande a remporté toutes ses rencontres avec une moyenne de 9 buts par match. Seule la Papouasie-Nouvelle-Guinée a réussi à limiter les dégâts en ne perdant que 3-0 et le dernier but encaissé par les Néo-Zélandaises dans la compétition date du 9 avril 2007 lors d’une victoire 6-1 contre les Tonga.

Europe

L’UEFA est la seule confédération qui n’utilise pas son tournoi continental comme phase éliminatoire pour la Coupe du monde. Si elle l’avait fait, c’est donc la participation aux quarts de finale du dernier Euro qui aurait qualifié les Pays-Bas, le Danemark, l’Angleterre, l’Autriche, la Suède, l’Allemagne et l’Espagne. Mais il aurait fallu trouver une solution pour la dernière place puisque la France est qualifiée d’office. Toutes ces équipes sont encore en lice mais toutes ne seront pas en France.

Très classiquement, les éliminatoires se déroulent en sept poules de cinq dont le premier est directement qualifié pour la Coupe du monde et les quatre meilleurs deuxièmes s’affrontent en barrage pour désigner le dernier qualifié.

Comme il y a plus de 35 nations affiliées à l’UEFA, les 16 équipes les moins bien classées ont disputé en avril 2017 des tournois en quatre poules de quatre pour désigner cinq qualifiés qui ont été le Kazakhstan, l’Albanie, Israël, les Îles Féroé et la Moldavie.

Laura Giuliani et l'Italie sont déjà qualifiées

Laura Giuliani et l'Italie sont déjà qualifiées

À deux journées de la fin, les débats sont plus serrés que d’habitude. Seules la Suisse, l’Espagne et l’Italie ont remporté tous leurs matchs jusque là alors que c’était souvent la norme dans ce type d’éliminatoires. Espagnoles et Italiennes sont déjà qualifiées alors que les Suissesses devront attendre leur match retour contre des Écossaises qui ont aussi remporté tous leurs matchs sauf l’aller à Schaffhausen.

Mais les places fortes traditionnelles que sont l’Allemagne, la Suède ou la Norvège ont déjà abandonné des points, tout comme les championnes d’Europe néerlandaises. Toutefois la plupart devraient être présentes en France, les absences de marque viendront sans doute des groupes où les favorites sont en concurrence comme les Pays-Bas et la Norvège dans le groupe 3 ou la Suède et le Danemark dans le groupe 4. Une au moins de ces quatre équipes regardera la Coupe du monde à la télévision puisqu’il n’y aura qu’un seul deuxième qui passera les barrages.

Groupe 1

Le groupe 1 se joue entre l’Angleterre et le Pays de Galles. Les Galloises ont tenu leurs voisines en échec à Southampton et possèdent un point d’avance. Mais elles ont aussi fait match nul en Russie et n’ont plus qu’un seul match à jouer, le retour contre l’Angleterre qui se déplacera ensuite au Kazakhstan. Les coéquipières de Jessica Fishlock doivent donc l’emporter dans le duel sororicide le 31 août pour espérer conserver leur avance sachant qu’une défaite leur serait sans doute fatale aussi pour espérer les barrages. Et l’Angleterre de Phil Neville devrait se qualifier sans trop de difficulté.

Groupe 1
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Pays de Galles 17 7 5 2 0 7 0 7
2 Angleterre 16 6 5 1 0 20 1 19
3 Russie 7 6 2 1 3 10 13 -3
4 Kazakhstan 3 6 1 0 5 2 12 -10
5 Bosnie-Herzégovine 3 7 1 0 6 3 16 -13

Restent à jouer3 : Pays de Galles-Angleterre et Kazakhstan-Angleterre.

Groupe 2

Dans le groupe 2, la Suisse a remporté ses six premiers matchs mais n’est pas encore qualifiée parce que l’Écosse en a aussi remporté cinq sur six. Cinq jours après le match retour le 30 août, la Suisse se déplacera en Pologne et l’Écosse en Albanie. Ce qui ne devrait donc pas changer les choses, le match entre les coéquipières de Kim Little et celles de Lara Dickenmann servira de finale du groupe. Si une victoire 1-0 ne serait sans doute pas suffisante pour les Écossaises, elle serait néanmoins précieuse pour assurer au moins la place de barragiste.

Groupe 2
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Suisse 18 6 6 0 0 20 3 17
2 Écosse 15 6 5 0 1 15 5 10
3 Pologne 7 6 2 1 3 12 11 1
4 Albanie 4 7 1 1 5 5 20 -15
5 Biélorussie 3 7 1 0 6 4 17 -13

Restent à jouer : Écosse-Suisse, Pologne-Suisse et Albanie-Écosse.

Groupe 3

Le groupe 3 est dominé par les Pays-Bas qui ont battu la Norvège grâce à un but de Vivanne Miedema dans les arrêts de jeu mais qui ont concédé le nul à l’Irlande. La Norvège est donc quatre points derrière mais avec un match en plus facile à jouer en Slovaquie avant de recevoir les Pays-Bas le 4 septembre pour la finale du groupe.

Groupe 3
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Pays-Bas 19 7 6 1 0 21 0 21
2 Norvège 15 6 5 0 1 16 3 13
3 Irlande 10 7 3 1 3 6 6 0
4 Irlande du Nord 3 6 1 0 5 4 22 -18
5 Slovaquie 0 6 0 0 6 3 19 -16

Restent à jouer : Slovaquie-Norvège et Norvège-Pays-Bas

Groupe 4

Le groupe 4 est le théâtre d’un incroyable scénario. Il comprend la Suède et le Danemark, deux habitués des phases finales. Les deux équipes sont actuellement à égalité avec cinq victoires et une défaite et si l’Ukraine n’est pas mathématiquement éliminée, elle ne peut plus atteindre la première place et la seconde sera très difficile à obtenir.

La Suède a perdu contre toute attente son match en Ukraine en juin alors qu’elle semblait se diriger tout droit vers la qualification avec trois points d’avance sur le Danemark. Pourtant les Danoises n’ont perdu aucun match sur le terrain. Quelques jours avant d’affronter la Suède en octobre 2017, les joueuses danoises se sont mises en grève pour obtenir de leur fédération un traitement équivalent à celui de leurs homologues masculins. Le match a été annulé et malgré la proposition des joueuses suédoises de le reporter, le forfait danois a été entériné sous la forme d’une défaite 3-0.

La défaite suédoise en Ukraine redonne la main aux Danoises qui peuvent se qualifier à coup sûr en remportant leurs deux derniers matchs dont celui du 4 septembre contre la Suède (encore une finale de groupe).

Groupe 4
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Suède 15 6 5 0 1 18 2 16
2 Danemark 15 6 5 0 1 21 6 15
3 Ukraine 10 6 3 1 2 7 7 0
4 Hongrie 4 7 1 1 5 8 24 -16
5 Croatie 2 7 0 2 5 4 19 -15

Restent à jouer : Suède-Ukraine, Danemark-Croatie, Danemark-Suède et Ukraine-Hongrie

Groupe 5

Le groupe 5 a vu un événement inédit : une défaite de l’Allemagne en match de qualification pour phase finale. La précédente datait de décembre 1997 face aux Pays-Bas. Cette fois c’est l’Islande qui a réussi l’exploit dans les formes en l’emportant à Wiesbaden et sur le score de 3-2. Les Allemandes avaient déjà senti le vent du boulet un mois plus tôt en ne l’emportant que 1-0 face à la République tchèque.

Mais quatre jours après cet exploit l’Islande n’a pas su battre les Tchèques et ne compte donc qu’un seul point d’avance à deux matchs de la fin. Elle finira par le match retour contre la République tchèque pendant que l’Allemagne se déplacera aux Îles Féroé. Donc, refrain connu, le match Islande-Allemagne du 1er septembre sera une sorte de finale même si l’enjeu exact ne sera pas complètement connu : une victoire des Islandaises les enverrait à coup sûr en France, une défaite qualifierait certainement l’Allemagne que l’on imagine pas perdre des points aux Féroé mais un nul qui serait sur le moment favorable à l’Islande demanderait d’être ensuite confirmé par une victoire contre la République tchèque au contraire des matchs aller.

Cependant les deux équipes étant maîtresses de leur destin, l’Allemagne est assez largement favorite pour la qualification.

Groupe 5
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Islande 16 6 5 1 0 21 3 18
2 Allemagne 15 6 5 0 1 28 3 25
3 République tchèque 10 6 3 1 2 17 7 10
4 Slovénie 6 7 2 0 5 9 18 -9
5 Îles Féroé 0 7 0 0 7 1 45 -44

Restent à jouer : République tchèque-Slovénie, Islande-Allemagne, Islande-République tchèque et Îles Féroé-Allemagne.

Groupe 6

Il n’y a aura pas de finale fin août dans le groupe 6. Pourtant le calendrier avait bien prévu un Belgique-Italie pour finir mais si les Italiennes ont remporté tous leurs matchs, les Belges ont non seulement perdu le match aller à Ferrare mais elles ont aussi concédé le nul à Louvain contre le Portugal. Tine De Caigny avait bien ouvert le score dans les arrêts de jeu mais les Portugaises étaient immédiatement revenues sur un pénalty de Dolores Silva.

L’Italie ayant joué et remporté sept de ses huit matchs, elle est qualifiée avant même de disputer le dernier. La Belgique est assurée de terminer deuxième mais le dernier match ne sera pas sans enjeu : les partenaires de Tessa Wullaert doivent impérativement l’emporter pour pouvoir espérer figurer parmi les meilleurs deuxièmes qui se disputeront la dernière place lors des barrages.

Groupe 6
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Italie 21 7 7 0 0 18 2 16
2 Belgique 13 6 4 1 1 25 5 20
3 Portugal 5 6 1 2 3 10 7 3
4 Roumanie 5 6 1 2 3 6 9 -3
5 Moldavie 1 7 0 1 6 2 38 -36

Restent à jouer : Roumanie-Belgique et Belgique-Italie.

Groupe 7

Pas de finale non plus pour le groupe 7 et les deux meilleures équipes du groupe se sont déjà affrontées deux fois. Ce groupe était le lieu de la revanche du quart de finale de l’Euro entre l’équipe surprise autrichienne et l’Espagne.

Cette fois, les Espagnoles ont fait respecter leur supposée supériorité en s’imposant deux fois contre leurs concurrentes, en remportant les six matchs qu’elles ont disputé et elles ont déjà leur billet pour la Coupe du monde en poche.

En concédant en outre le nul face à la Serbie, l’Autriche a non seulement laissé filer la première place mais elle est sous la menace de la Finlande qui peut la dépasser soit en la battant de plus de deux buts lors de la dernière journée, soit en l’emportant après avoir pris au moins un point face à l’Espagne. Mais de toute façon, l’Autriche n’a presque aucune chance de figurer parmi les meilleurs deuxièmes.

Groupe 7
Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 Espagne 18 6 6 0 0 17 1 16
2 Autriche 13 7 4 1 2 15 6 9
3 Finlande 10 6 3 1 2 7 4 3
4 Serbie 7 7 2 1 4 5 10 -5
5 Israël 1 8 0 1 7 0 23 -23

Restent à jouer : Espagne-Finlande et Autriche-Finlande.

Barrages

Les barrages concerneront les quatre meilleurs seconds. Mais l’ordre des seconds de chaque groupe sera déterminé en enlevant les résultats contre le dernier du groupe. Ainsi non seulement seule la Belgique est pour l’instant assurée de finir deuxième, mais dans les quatre premiers groupes4, la place de lanterne rouge n’est pas encore définitivement acquise.

Cependant cette incertitude sur l’identité du cinquième ne devrait pas avoir une très grande influence : pour le moment, la Finlande est la seule équipe avec un espoir raisonnable d’accéder aux barrages qui a laissé des points contre le dernier de son groupe, Israël déjà assuré de sa dernière place. Cela pourrait par contre jouer sur la différence de buts de l’une ou l’autre des équipes.

En plus de l’Espagne et de l’Italie, quatorze équipes peuvent encore rêver de Coupe du monde, soit en terminant en tête soit en prenant l’une des quatre places de barragiste.

Pour faciliter la lecture de la situation et dans un contexte où les hiérarchies sont en général assez nettes, on peut utiliser une sorte de moyenne anglaise en considérant que tous les points pris par un deuxième contre un premier sont un bonus mais que tous les points perdus contre une autre équipe sont un malus. Si la hiérarchie est parfaitement respectée, les deuxièmes finissent donc à 0.

En dehors de l’Autriche, toutes les équipes ont encore à disputer un match contre leur principal concurrent. Mais dans la plupart des cas, ça ne changera pas la situation du deuxième du groupe puisque le vainqueur deviendra en général premier et ne sera plus concerné par ce calcul.

Seules la Belgique, la Finlande et la Norvège, voire l’Écosse en cas de victoire d’un but d’écart, pourraient remporter leur dernier match au sommet tout en restant deuxième.

Le calcul des moyennes anglaises montre donc que la Suisse est déjà quasiment assurée de disputer au moins les barrages, que l’Autriche semble déjà éliminée. La Belgique n’a pas d’autre choix que de battre l’Italie et le Pays de Galles ne sera à peu près sûrement pas barragiste : ce sera la qualification directe ou rien.

Le plus probable est donc une qualification directe de l’Angleterre, de la Suisse, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne en plus de l’Italie et de l’Espagne, et le passage par les barrages pour l’Écosse, la Norvège, la Suède et l’Islande.

Barragistes potentiels
Rang Groupe Place Équipe Eng Pts J G N P Bp Bc Diff
1 2 1 Suisse 3 12 4 4 0 0 12 3 14
2 5 3 République tchèque 1 4 4 1 1 2 5 6 -1
3 4 3 Ukraine 1 6 4 2 0 2 3 6 -4
4 1 2 Angleterre 1 10 4 3 1 0 14 1 13
5 3 1 Pays-Bas 1 13 5 4 1 0 15 0 15
6 5 1 Islande 1 10 4 3 1 0 8 3 5
7 5 2 Allemagne 0 12 5 4 0 1 17 3 14
8 4 2 Danemark 0 12 5 4 0 1 17 6 11
9 3 2 Norvège 0 12 5 4 0 1 10 2 8
10 2 2 Écosse 0 9 4 3 0 1 11 3 8
11 4 1 Suède 0 9 4 3 0 1 12 2 10
12 1 1 Pays de Galles -1 11 5 3 2 0 5 0 5
13 7 2 Autriche -2 7 5 2 1 2 7 6 1
14 6 2 Belgique -2 7 4 2 1 1 6 5 1
15 7 3 Finlande -3 6 4 2 0 2 3 4 -1

République tchèque et Ukraine doivent gagner une place pour postuler aux barrages et leur moyenne anglaise dépend de l’équipe qui sera première dans leur groupe. S’il s’agit respectivement de l’Allemagne et du Danemark, cette moyenne sera alors de -1.

Cinq pour une place

Outre la qualification européenne et quelques enjeux honorifiques, la dernière journée de D1 servira surtout à déterminer quelle équipe accompagnera Marseille en D2.

Cinq équipes peuvent encore craindre l’issue de la saison mais chacune est presque assurée de se maintenir en remportant le dernier match, ce qui ne sera pas facile pour tout le monde. La machine à calculer va fonctionner tant les cas sont nombreux, d’autant qu’aucun match n’oppose plusieurs des candidats.

À un match seulement de la fin de saison, la D1 est très loin d’avoir rendu son verdict. Lyon est officiellement champion ce qui n’est pas vraiment une surprise et Marseille est relégué ce qui commençait à être prévisible. Mais les deux autres places notables, celle du qualifié européen et celle du second relégué, sont encore disputées.

Deux équipes se disputent l’Europe et cinq le maintien et – magie du calendrier – leur lutte concerne les six matchs de la dernière journée. Tous les matchs auront donc un enjeu et les cas possibles sont extrêmement nombreux puisque les résultats de tous les protagonistes sont indépendants.

Margaux Bueno et Charlotte Fernandes

Margaux Bueno et Charlotte Fernandes

Cinq équipes seulement n’auront rien à jouer (et encore Soyaux et Bordeaux se disputeront à distance la cinquième place).

Le PSG se déplacera à Soyaux pour prendre le point qui lui assure de retrouver l’Europe l’an prochain. Le match sera le seul qui ne concernera pas le maintien.

Sur tous les autres terrains, on aura une oreille sur les résultats des autres matchs. À Montpellier qui recevra Albi en premier lieu, les locales espérant une victoire sojaldicienne. Mais partout ailleurs il devrait y avoir au moins une personne avec une machine à calculer pour savoir si son club se maintient.

Les données du problème

Les matchs

Bordeaux-Lille

Guingamp-Marseille

Montpellier-Albi

Paris FC-Fleury

Rodez-Lyon

Soyaux-PSG

Les critères de classement

Les critères utilisés pour départager les équipes qui comptent le même nombre de points sont :

  • classement aux points sur les matchs joués entre ces équipes
  • différence de but sur les matchs joués entre ces équipes
  • différence de but générale sur l’ensemble du championnat
  • meilleure attaque sur l’ensemble du championnat

En cas d’égalité sur tous ces critères, un match d’appui peut être disputé entre les équipes concernées. Cette saison le cas ne pourrait se produire qu’entre Lille et Albi. Mais c’est très improbable puisqu’il faudrait qu’Albi perde contre Montpellier en marquant au moins 11 buts1.

Le classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [20/1/0/93] 61
    60
    59
    58
    57
    56
    55
    54
2 PSG [17/2/2/43] 53
    52
    51
3 Montpellier [16/2/3/39] 50
    49
    48
    47
    46
    45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
4 Paris FC [8/5/8/-6] 29
    28
    27
    26
    25
5 Soyaux [6/6/9/-15] 24
    23
6 Bordeaux [5/7/9/-13]
Rodez [5/7/9/-24]
22
8 Fleury [6/3/12/-23] 21
9 Albi [5/5/11/-23]
Lille [5/5/11/-24]
20
11 Guingamp [5/4/12/-17] 19
    18
    17
    16
    15
    14
    13
12 Marseille [3/3/15/-30] 12

Les différents cas possibles

Guingamp étant seul 11e avec 19 points, la deuxième place de relégable ne se jouera pas en dessous et toute équipe atteignant 23 points sera assurée de son maintien. Les différents cas possibles concernant la relégation se situent donc tous entre 19 et 22 points. Ils concernent entre une et quatre équipes parce qu’il n’est pas possible de prendre exactement deux points en un match.

Bien que ne possédant que 22 points, Bordeaux est déjà assuré de son maintien par le jeu des différences de buts particulières mais ce n’est pas le cas de Rodez.

Bien sûr, il s’agit de cas d’école : la probabilité de voir Rodez prendre un ou trois point contre Lyon est infinitésimale, légèrement supérieure celle d’Albi contre Montpellier.

En pratique, la relégation devrait se jouer entre Albi, Lille et Guingamp dont la probabilité de prendre des points est inverse au besoin qu’elles ont d’en obtenir.

La relégation à 19 points

Le premier cas est le plus simple. Si Guingamp perd son match contre Marseille, il restera seul à 19 points et sera relégué.

La relégation à 20 points

Albi et Lille comptent déjà 20 points. Ils garderont ce total en cas de défaite contre Montpellier et Bordeaux. Guingamp peut aussi arriver à ce total en cas de nul contre Marseille. Ces résultats n’étant pas mutuellement exclusifs, on peut donc avoir une, deux ou trois équipes à 20 points en position de relégable (ce qui suppose que Guingamp ne perde pas sinon cette discussion devient oiseuse).

Victoire de Guingamp. Défaite d’Albi et de Lille2

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 2 0 -23 11
Lille 2 0 -24 22

Albi et Lille se sont séparés deux fois sur un score nul. Tout se jouerait donc à la différence de buts générale où les deux équipes ne sont pour l’instant séparées que d’un but à l’avantage d’Albi voire à la meilleure attaque où Lille est largement en avance de onze buts. C’est le seul cas où la différence de buts générale peut encore faire la différence.

Défaite d’Albi. Nul de Guingamp. Victoire ou nul de Lille

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 6 +3 -23 11
Guingamp 0 -3 -17 16

Albi a battu Guingamp à l’aller et au retour.

Défaite de Lille. Nul de Guingamp. Victoire ou nul d’Albi

Équipe Pts DP DG Bp
Guingamp 3 0 -17 16
Lille 3 0 -24 22

Guingamp et Lille ont remporté chacun leur confrontation à domicile 1-0. Tout se jouerait alors à la différence de but générale. Mais Guingamp obtenant le match nul resterait à –17 et Lille ne pourrait améliorer son –24 en perdant.

Défaite d’Albi et de Lille. Nul de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 8 +3 -23 11
Lille 5 0 -24 22
Guingamp 3 -3 -17 33

Guingamp a perdu trois matchs sur quatre contre ces adversaires directs.

La relégation à 21 points

Trois équipes peuvent terminer la saison avec 21 points : Fleury qui les a déjà, Albi et Lille qui peuvent les atteindre en faisant match nul contre Montpellier et Bordeaux.

Guingamp n’est pas partie prenante de ces égalités mais elles ne concernent la relégation que dans le cas où les Bretonnes remportent leur match.

Nul d’Albi et Lille. Victoire ou nul de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 2 0 -23 11
Lille 2 0 -24 22

Albi et Lille peuvent se disputer le maintien à 20 ou à 21 points. Mais dans ce dernier cas, la différence de buts est déjà connue et favorable à Albi.

Victoire de Lille. Nul d’Albi. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 6 +2 -23 11
Fleury 0 -2 -23 18

Albi a battu Fleury 1-0 à l’aller comme au retour.

Victoire d’Albi. Nul de Lille. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Lille 4 +1 -24 22
Fleury 1 -1 -23 18

Lille l’a emporté a domicile et a obtenu le nul à Fleury.

Nul d’Albi et Lille. Défaite de Fleury. Victoire de Guingamp

Équipe Pts DP DG Bp
Albi 8 2 -23 11
Lille 6 1 -24 22
Fleury 1 -3 -23 18

Fleury a perdu trois des quatre matchs contre ces adversaires directs.

La relégation à 22 points

Quatre équipes peuvent finir la saison à 22 points (Albi et Lille ne le peuvent pas). Mais les seuls cas intéressant pour le maintien sont ceux où Guingamp bat Marseille (sinon la relégation se jouera à 19 ou 20) et ou Lille bat Bordeaux (sinon la relégation se jouera au total lillois à 20 ou 21). Par conséquent, Guingamp et Bordeaux sont concernés par tous les cas. Ce qui va permettre de vérifier qu’il n’y a aucun cas où Bordeaux est relégué.

De même que Lille, il faut également qu’Albi batte Montpellier pour que le maintien se joue à 22 points.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Victoire de Fleury. Victoire ou nul de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 4 1 -14 18
Guingamp 1 -1 -17 16

Ce cas d’égalité peut aussi se produire en cas de défaite de Fleury mais il ne concerne alors pas la relégation.

Bordeaux a concédé le nul à domicile mais était allé gagner au stade Fred-Aubert.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Nul de Fleury. Victoire ou nul de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 8 2 -14 18
Fleury 7 1 -23 18
Guingamp 2 -3 -17 16

Guingamp compte deux nuls et deux défaites contre ces adversaires directs.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Victoire de Fleury. Défaite de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 6 1 -14 18
Guingamp 5 1 -17 16
Rodez 3 -2 -24 21

Rodez ne compte que trois nuls contre ces adversaires. C’est le seul cas d’égalité qui permet à Guingamp de se sauver.

Victoire d’Albi, de Lille et de Guingamp. Nul de Fleury. Défaite de Rodez

Équipe Pts DP DG Bp
Bordeaux 10 2 -14 18
Fleury 10 1 -23 18
Rodez 6 -2 -24 21
Guingamp 5 -1 -17 16

Guingamp n’a remporté qu’un match sur six face à ces adversaires (3-1 contre Rodez).

Les enjeux club par club

Lyon

Lyon est assuré de finir premier et cherchera seulement à terminer invaincu.

PSG

Le PSG peut se contenter d’un point pour assurer sa deuxième place. En cas de défaite, il devra compter sur un faux pas de Montpellier face à Albi.

Montpellier

Montpellier doit à tout prix gagner et espérer une défaite du PSG ce qui mettrait les deux clubs au même nombre de points. Montpellier serait alors second grâce à sa victoire 3-0 à Grammont qui a renversé la défaite 3-1 concédée au Camp des Loges.

Paris FC

Le Paris FC est assuré de terminer quatrième avec le plus petit total de points et de victoires de son histoire3. Il peut seulement essayer d’éviter de battre son record de nombre de défaites pour l’instant seulement égalé.

Soyaux

Soyaux cherchera à conserver sa 5e place. Pour cela un nul lui suffit (tout comme au PSG) en raison de son avance dans les confrontations particulières avec Bordeaux et Rodez. En cas de défaite, Soyaux pourrait être dépassé par Bordeaux voire Rodez ou Fleury mais c’est très improbable pour ces deux derniers qui devraient respectivement battre Lyon et battre le Paris FC en remontant 8 buts de différence.

Bordeaux

Bordeaux cherchera à aller reprendre la 5e place à Soyaux. Pour cela il faudra battre Lille et espérer une défaite de Soyaux. Le résultat de Rodez est indifférent pour cet objectif. Une batterie de résultats défavorables (victoires de toutes les équipes qui suivent) pourrait mener Bordeaux à la 10e place.

Rodez

Rodez pourrait en théorie viser la 5e place en comptant que Soyaux perde et que Bordeaux ne gagne pas. Mais il devra surtout se garder de la relégation qui ne peut survenir que si toutes les équipes moins bien classées (hors Marseille) l’emportent. Et surtout l’affiche face à Lyon fait que le sort des Ruthénoises risque de se jouer sur les autres pelouses.

Léa Le Garrec devant Océane Saunier

Léa Le Garrec devant Océane Saunier

Fleury

Fleury peut aussi viser la 5e place en rattrapant une différence de buts très défavorable face à Soyaux. Mais c’est le maintien qui doit être sa ligne d’horizon. Il serait assuré avec un nul ou une victoire. En cas de défaite par contre, il faudrait compter sur Albi, Lille ou Guingamp pour rester derrière, tous les cas d’égalité étant défavorables au Floriacumoises. Il serait donc nécessaire que Lille ou Albi perde ou que Guingamp ne gagne pas.

Albi

Albi assurera son maintien en battant Montpellier. En cas de nul, il suffirait que Lille ou Guingamp ne gagne pas. En cas de défaite, il faudrait soit que Guingamp ne gagne pas, soit que Lille perde au mieux avec le même écart qu’Albi.

Lille

Lille assurera son maintien en battant Bordeaux. En cas de nul, il faudra qu’Albi perde ou que Guingamp ne gagne pas. En cas de défaite, il faudrait soit que Guingamp perde, soit qu’Albi perde d’au moins un but de plus.

Guingamp

Guingamp est la seule équipe qui n’est pas sûre de se maintenir en remportant son dernier match. Il est sûr de descendre en le perdant. En cas de nul, tout dépendra principalement du résultat d’Albi : si les Tarnaises perdent contre Montpellier, alors Guingamp sera relégué. Si elles prennent au moins un point contre Montpellier, le sort des Bretonnes dépendra alors de Lille : défaites à Bordeaux, ce sont les Nordistes qui descendraient.

En cas de victoire, la situation ne serait donc pas assurée mais évidemment beaucoup plus favorable. Il suffirait alors qu’Albi ou Lille ne gagne pas, ou que Fleury perde. Sinon si le maintien se joue à 22 points, il faudrait que Fleury ne fasse pas match nul et que Rodez perde.

Les cas décrits sont nombreux et complexes mais en pratique si l’on considère que Rodez devrait perdre contre Lyon, une victoire de Guingamp est suffisante sauf nul de Fleury.

Marseille

Marseille est déjà relégué et assuré de terminer lanterne rouge.

Revanche à Kiev

Lyon et Wolfsbourg se retrouvent le 24 mai à Kiev pour la belle en finale de Ligue des Championnes. Les deux équipes sont largement les deux meilleures d’Europe à l’heure actuelle.

Les Lyonnaises ont remporté les deux dernières éditions de la compétition et seront favorites. Mais Wolfsbourg dont l’effectif est moins clinquant aura les arguments pour résister et plus encore.

L’affiche de la finale de Ligue des Championnes n’est pas vraiment une surprise. Dès le coup d’envoi de la compétition, il est attendu que sauf tirage au sort facétieux comme l’an dernier, Lyon et Wolfsbourg s’affronteront en finale.

Ce sera donc la troisième finale entre les deux équipes qui rejoignent ainsi Francfort et Umeå, inséparables au début des années 2000. Si l’on ajoute le quart de finale de l’an dernier, ce sera même la quatrième confrontation. Le bilan est pour l’instant équilibré : Lyon l’a emporté deux fois sur trois (2016 et 2017) mais Wolfsbourg a remporté deux matchs sur quatre contre une seule défaite et un nul en raison d’une finale terminée aux tirs aux buts et d’un quart de finale où chaque équipe avait remporté un match.

En un an, les équipes n’ont pas énormément changé. Lyon a perdu Pauline Bremer, Caroline Seger et Alex Morgan,Wolfsbourg a laissé partir Élise Bussaglia, Anja Mittag et Emily van Egmond. Mais si Lyon a recruté dès le début de saison avec Lucy Bronze et Shanice van de Sanden ou en cours de saison dans le championnat américain avec Amandine Henry et Morgan Brian, Wolfsbourg ne s’est renforcé que cet hiver en piochant dans le championnat suédois des joueuses qui avaient déjà participé à la Ligue des Championnes. Ainsi la Portugaise Claudia Neto mais aussi la Norvégienne Kristine Minde et l’Américaine Ella McLeod1 ne pourront pas disputer la finale pour avoir déjà joué avec Linköping et Rosengård cette saison. La première risque particulièrement de manquer puisqu’elle a disputé tous les matchs de Wolfsbourg depuis son arrivée2 et huit des neuf derniers comme titulaire.

Du nouveau sur les bancs

La principale évolution pour les deux équipes se situe sur le banc. Ralf Kellermann et Gérard Prêcheur ont laissé leur place respectivement à Stephan Lerch et Reynald Pedros. Cette similitude cache toutefois une grand disparité. Côté Allemand, l’ancien entraîneur est devenu directeur sportif et le nouvel entraîneur était celui de l’équipe réserve depuis quatre ans. En face, l’ancien entraîneur et parti avec tout son staff et le nouvel entraîneur vis sa première expérience avec une équipe de haut niveau, féminine qui plus est.

Jusque là les deux entraîneurs justifient la confiance qui a été placée en eux. Les deux clubs ont déjà remporté leur championnat et sont en lice pour le triplé. Wolfsbourg a remporté la Coupe d’Allemagne face au Bayern aux tirs aux buts alors que Lyon disputera la finale contre le PSG.

En 33 matchs disputés, Lyon en a remporté 31 et Wolfsbourg 29. Les nuls de Lyon contre le PSG et de Wolfsbourg lors des matchs retours contre la Fiorentina et le Slavia Prague sont très anecdotique dans des matchs sans enjeu. Les Louves ont concédé en fin d’automne un nul contre Potsdam et une défaite à Fribourg qui ont pu laisser penser que le titre serait disputé mais elles ont ensuite remporté tous leurs matchs de Bundesliga.

Lyon a laissé encore moins de miettes, remportant tous ses matchs de D1 jusqu’au nul à Saint-Germain-en-Laye dans un match qui suivait l’officialisation du titre en D1 et qui précédait la finale de Ligue des Championnes. L’autre nul face à Manchester City est sans doute plus inquiétant parce qu’il a eu lieu dans un match avec un vrai enjeu, une demi-finale aller de Coupe d’Europe. Les confrontations face à Barcelone et à Manchester City laissent planer un doute sur les capacité réelles de l’équipe lyonnaise quand le niveau s’élève.

La prudence de Reynald Pedros

Le problème vient peut-être de la manière d’aborder ces matchs. Reynald Pedros arrive d’un univers masculin où les écarts sont beaucoup moins importants et où l’équipe favorite doit assurer son équilibre défensif avant de se projeter vers l’avant et où un but encaissé devient rapidement un problème insoluble. La supériorité de son effectif sur celui de Barcelone ou de Manchester City est pourtant telle que le seul risque d’élimination reposait sur des matchs fermés qui se jouent sur un coup du sort ou deux. De ce point de vue, Barcelone et Manchester City, en restant à portée d’un seul but de la qualification, ont fait du mieux possible pour s’autoriser à espérer un événement favorable. Vu d’en face, Lyon n’a pas su manifester sa supériorité.

Cette gestion prudente pourrait paradoxalement être plus efficace contre Wolfsbourg qui a d’autres armes à sa disposition et qui peut l’emporter à la régulière si l’OL se lance trop inconsidérément à l’abordage.

Les joueuses de Stephan Lerch ont eu un parcours assez aisé jusqu’en demi-finales avec des noms certes clinquants mais des équipes très inférieures. À chaque fois la différence a été faite dès le match aller, à Madrid contre l’Atletico (3-0), à Florence contre la Fiorentina (4-0) et à domicile contre le Slavia Prague (5-0). Le retour contre le partenaires d’Aurélie Kaci a tourné au carnage (12-2) alors que les deux autres ont fini sur un score nul (3-3 et 1-1).

La demi-finale contre Chelsea, champion d’Angleterre était le premier vrai test européen pour Wolfsbourg cette saison et il a été passé sans encombre, 3-1 à Londres, 2-0 à Wolfsbourg.

Des absentes à Wolfsbourg

Les deux entraîneurs ont à leur disposition des effectifs assez comparables : Stephan Lerch a utilisé cette saison 27 joueuses contre 24 pour Reynald Pedros. La différence s’explique par les changements apportés en cours de saison à l’effectif de Wolfsbourg avec les arrivées de Claudia Neto, Kristine Minde et Ella McLeod, le départ d’Emily van Egmond et les blessures de longue durée de Babett Peter et Vanessa Bernauer, touchées lors des tournois internationaux de fin d’hiver aux États-Unis et à Chypre. Aucune de ces six joueuses ne participera à la finale.

Les mouvements hivernaux n’ont eu en revanche aucune incidence de ce genre sur l’effectif lyonnais : Amandine Henry et Morgan Brian sont qualifiées pour la finale, Claire Lavogez et Kenza Dali parties en prêt à Fleury et Lille n’avaient pas joué une minute alors que Mylaine Tardieu n’avait disputé que le premier match de la saison avant de partir à Bordeaux.

Le noyau dur des joueuses ayant participé à l’équivalent de cinq matchs entier compte 18 joueuses à Wolfsbourg et 17 à Lyon. Mais là aussi, toutes les Lyonnaises sont disponibles pour la finale alors qu’elles ne seront que quinze Wolfsbourgeoises, voire quatorze si l’absence annoncée d’Alexandra Popp se confirme. Sauf s’il se décide à lancer dans le grand bain Anna-Lena Stolze, Stephan Lerch n’aura pas beaucoup de choix dans la composition de son équipe ni même dans celle de son banc. En cas d’absence d’Alexandra Popp, il pourrait même être obligé de ressortir du placard Luisa Wensing.

Mais le souvenir de 2013 incite à la prudence : Wolfsbourg était alors privé de Viola Odebrecht suspendue et de Zsanett Jakabfi et Verena Faißt blessées, et Alexandra Popp était aussi annoncée absente. Ralf Kellermann avait bluffé jusqu’au bout sur la question avant d’aligner son attaquante au poste d’arrière droite et de faire totalement déjouer l’OL de Patrice Lair.

Contrairement à son prédécesseur qui était privé de Laetitia Tonazzi, Reynald Pedros dispose d’un effectif au complet. Non seulement il peut compter sur 17 joueuses à plus de 450 minutes, mais Jessica Houara, Morgan Brian et Élodie Thomis qui n’atteignent pas ce chiffre sont arrivées ou revenues de blessure et postulent.

Les deux équipes présentent actuellement une équipe type assez claire même si la rotation est assez importante dans les matchs de moindre importance. Reynald Pedros est adepte du 4-4-2 qu’il adapte à son effectif en jouant régulière avec Dzsenifer Marozsán voire Camille Abily en deuxième attaquante. La hiérarchie semble désormais claire à presque tous les postes. En défense centrale, Griedge Mbock a éteint la concurrence de Kadeisha Buchanan trop limitée dans la relance. Sur l’aile droite, Shanice van de Sanden a laissé un boulevard à la concurrence qui pourrait profiter à Delphine Cascarino mais qui par un jeu de réorganisations a surtout permis à Selma Bacha de s’installer3 de l’autre côté du terrain. Le choix entre les deux joueuses formées au club semble la seule incertitude dans la composition lyonnaise.

De même, si Stephan Lerch a régulièrement fait jouer son équipe à trois derrière à l’allemande, il a plutôt pratiqué une défense à quatre dans les gros matchs, en particulier en demi-finale contre Chelsea et en finale de Coupe contre le Bayern. Babett Peter blessée, c’est Lena Goeßling qui officie en défense centrale à côté de Nila Fischer. Sara Björk Gunnarsdóttir équilibre l’équipe au milieu alors que Pernille Harder tourne autour de la Polonaise Ewa Pajor devant.

La seule véritable interrogation sera l’identité de la joueuse qui remplacera Alexandra Popp si elle n’est pas disponible. En finale contre le Bayern, c’est Claudia Neto qui l’avait remplacée numériquement mais il faudra trouver une autre solution contre Lyon puisque la Portugaise n’est pas qualifiée. Trois joueuses postulent naturellement : l’Allemande Isabel Kerschowski, la Hongroise Zsanett Jakabfi, la Belge Tessa Wullaert dans des profils offensifs croissants.

Les effectifs

Wolfsbourg
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Almuth Schult G DEU 27 32 2910 0
12 Jana Burmeister G DEU 29 0 0 0
29 Merle Frohms G DEU 23 1 90 0
2 Luisa Wensing D DEU 25 1 90 1
4 Nilla Fischer D SWE 34 28 2489 0
6 Katharina Baunach D DEU 29 5 145 0
8 Babett Peter D DEU 30 17 1353 2
14 Meret Wittje D DEU 19 1 90 0
16 Noelle Maritz D CHE 22 30 2301 1
24 Joelle Wedemeyer D DEU 22 13 868 0
30 Franziska Fiebig D DEU 25 1 48 0
3 Zsanett Jakabfi M HUN 28 24 1086 8
5 Claudia Neto M PRT 30 12 695 0
5 Emily van Egmond M AUS 25 3 139 2
7 Sara Björk Gunnarsdóttir M ISL 28 31 2543 11
9 Anna Blässe M DEU 31 29 1915 0
18 Vanessa Bernauer M CHE 30 14 397 0
19 Kristine Minde M NOR 26 6 258 0
21 Lara Dickenmann M CHE 32 24 1920 5
26 Caroline Graham Hansen M NOR 23 29 2255 8
27 Isabel Kerschowski M DEU 30 13 568 0
28 Lena Goeßling M DEU 32 29 2554 0
30 Ella McLeod M USA 32 11 565 4
10 Tessa Wullaert A BEL 25 23 1461 8
11 Alexandra Popp A DEU 27 27 2179 13
15 Anna-Lena Stolze A DEU 18 1 15 0
17 Ewa Pajor A POL 21 24 1615 11
19 Samantha Steuerwald A DEU 20 0 0 0
22 Pernille Harder A DNK 26 30 2423 26
Lyon
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Pauline Peyraud-Magnin G FRA 26 4 360 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 32 29 2610 0
30 Romane Bruneau G FRA 22 0 0 0
3 Wendie Renard D FRA 28 27 2358 11
4 Selma Bacha D FRA 18 19 1390 2
8 Jessica Houara D FRA 31 3 247 0
17 Corine Petit D FRA 35 12 607 1
21 Kadeisha Buchanan D CAN 23 22 1893 0
22 Lucia Bronze D ENG 27 28 2419 4
24 Mylaine Tarrieu D FRA 23 2 113 0
29 Griedge Mbock D FRA 23 23 1818 4
5 Saki Kumagai M JPN 28 28 2056 6
[2]6 Amandine Henry M FRA 29 14 1003 4
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 26 27 2076 10
11 Kheira Hamraoui M FRA 28 26 1341 12
15 Morgan Brian M USA 25 5 312 2
23 Camille Abily M FRA 33 31 2011 16
7 Amel Majri A FRA 25 28 2201 7
9 Eugénie Le Sommer A FRA 29 30 2313 26
12 Élodie Thomis A FRA 32 11 302 0
14 Ada Hegerberg A NOR 23 29 2538 47
19 Shanice van de Sanden A NLD 26 22 1255 2
20 Delphine Cascarino A FRA 21 29 1287 5
27 Émelyne Laurent A FRA 20 3 146 2
28 Melvine Malard A FRA 18 1 14 0

La peur du vide

À quatre journées de la fin, la lutte pour le maintien fait rage et concerne mathématiquement neuf équipes sur douze. Derrière un trio de tête échappé, le plateau s’étage très régulièrement de point en point laissant ouvertes toutes les possibilités. Certaines équipes sont bien sûr plus en danger que d’autres par leur classement mais aussi par leur calendrier – celles qui n’ont plus Lyon à leur programme sont un peu rassurées. Mais toutes peuvent basculer sur une mauvaise série.

Vu de l’autre bout, Marseille qui est légèrement décroché garde un minuscule fragment d’espoir. Un an après une brillante quatrième place, les Phocéennes auront besoin d’un exploit encore plus grand pour se maintenir. Les difficultés étaient annoncées dès le début de saison mais elles ont été d’une ampleur plus importante que prévu.

C’est une affaire entendue, le titre est déjà acquis à Lyon. Mais à quatre journées de la fin, il reste encore du suspense en D1. Avec sa victoire 3-0 contre le PSG, Montpellier a repris la deuxième place et l’avantage à la différence de buts particulière. Les Parisiennes comptent certes un match en retard mais doivent aussi affronter Lyon contre qui un exploit risque d’être nécessaires pour retrouver l’Europe la saison prochaine.

Mais surtout, tout le reste du plateau joue encore son maintien. Aucune équipe hors du trio de tête n’est encore assurée de rester en D1 et aucune n’est déjà condamnée. Bien sûr le Paris FC est moins en danger que Rodez mais une mauvaise série peut encore être fatale à n’importe quelle équipe.

Le cas marseillais

Du côté marseillais, c’est au contraire un exploit qui sera nécessaire pour rester en D1. Un an après avoir réussi une extraordinaire saison de promu, terminée à la quatrième place, l’équipe de Christophe Parra est dernière et légèrement décrochée, à trois points de l’avant-dernier et à quatre du maintien et son calendrier ne plaide pas en sa faveur.

Les difficultés étaient prévisibles et prévues avec de nombreux départs et un recrutement exotique fait de paris dont aucun n’a été gagnant. Pourtant la victoire contre le Paris FC en décembre avait pu laisser penser que l’équipe avait fini par trouver ses marques. D’ailleurs elle avait été suivie d’une courte défaite contre Montpellier et d’une seconde victoire contre Bordeaux. Mais le match à Soyaux a sans doute été un tournant. Caroline Pizzala avait ouvert la marque en tout début de match sur pénalty mais la recrue sojaldicienne Danielle Tolmais avait renversé le score, avec l’aide involontaire de la gardienne marseillaise Geneviève Richard.

Danielle Tolmais et Anaïs M'Bassidje

Danielle Tolmais et Anaïs M'Bassidje

Depuis les coéquipière de la revenante Sandrine Brétigny sont bien allées l’emporter à Albi mais elles ont perdu au stade Roger-Lebert contre deux autres concurrents directs, Lille et Fleury. À quatre journées de la fin, il faudra prendre au moins cinq points dans le meilleur des cas alors que les deux premiers adversaires seront le PSG dès dimanche au stade Jean-Bouin à deux pas du Parc des Princes et l’OL. Autant dire qu’à moins d’un exploit qui semble à l’heure actuelle très improbable, il faudra remporter les deux derniers matchs en espérant que l’ensemble des autres résultats auront été favorables entre temps.

Mathématiquement rien n’est donc définitivement perdu pour Marseille mais le maintien cette saison serait sans doute un exploit encore plus grand que la quatrième place de l’an dernier.

Le classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [18/0/0/84] 54
    53
    52
    51
    50
    49
    48
    47
    46
    45
    44
2 Montpellier [14/1/3/36] PSG [14/1/2/36] 43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
    26
    25
    24
    23
4 Paris FC [6/4/8/-8] 22
5 Bordeaux [5/6/7/-11] 21
6 Soyaux [5/5/8/-15] 20
7 Guingamp [5/4/9/-14] 19
8 Fleury [5/3/9/-18] 18
9 Lille [4/5/9/-22] 17
10 Albi [4/4/10/-23] 16
11 Rodez [3/6/9/-27] 15
    14
    13
12 Marseille [3/3/12/-18] 12
Héloïse Mansuy

Héloïse Mansuy

Les scénarios par équipe

Compte tenu du nombre de possibilités qu’il reste à neuf équipes et quatre journées de la fin, les scénarios qui suivent partent du principe que Lyon, le PSG et Montpellier remporteront leurs matchs contre le reste du plateau. Lyon parce que Lyon et les deux autres parce qu’ils ne peuvent plus se permettre de laisser des points en route pour retrouver l’Europe. Mais un exploit contre l’une ou l’autre peut bouleverser les plans les mieux établis.

Paris FC

Avec sept points d’avance sur Rodez et dix sur Marseille, la présence de l’ancien Juvisy dans cette liste est essentiellement théorique. Mais il n’y a pas de cassure dans le peloton et le scénario catastrophe reste mathématiquement possible.

Il faudrait toutefois un très improbable concours de circonstance. D’abord parce qu’il faudrait que les Parisiennes perdent tous leurs matchs alors que leur problème est plutôt l’abus de matchs nuls. En dehors des matchs contre le trio de tête, les coéquipières de Clara Matéo n’ont perdu que deux fois, contre Guingamp et Marseille en douze matchs. Deux nuls ou une victoire assurerait le maintien.

Inès Jaurena

Inès Jaurena

Ensuite parce qu’il faudrait que l’ensemble du peloton passe devant simultanément ce qui impose une répartition savante des points. Rodez devrait par exemple prendre au moins neuf points en quatre matchs dont la réception de Lyon ce qui ne laisse que peu de marge. Un nul serait rédhibitoire parce que le Paris FC compte non seulement sept points d’avance mais a aussi l’avantage à la différence de buts particulière. Puis il faudrait que les autres prennent exactement le nombre de points nécessaires pour en laisser aux autres pour passer devant le PFC.

Probabilité de relégation : 1%

Bordeaux

Les Girondines n’ont qu’un point de moins mais sont nettement plus en danger. À cause de ce point donc, parce qu’elles ont moins d’expérience que les Parisiennes mais aussi parce que leur calendrier est beaucoup plus ardu avec les confrontations contre Montpellier et le PSG. L’an dernier, c’est bien à Charléty que les joueuses de Jérôme Dauba étaient allées chercher leur maintien mais les miracles ne se répètent pas toujours.

Delphine Chatelin face à Sarah Palacin

Delphine Chatelin face à Sarah Palacin

Ensuite, Bordeaux n’ayant pas l’avantage sur Rodez à la différence de but particulière, les Ruthénoises n’ont que six points à reprendre pour passer, ce qui leur laisse un joker et donne plus de possibilité de scénarios défavorables à Bordeaux dans les autres matchs.

Le risque est grand de voir Bordeaux encore à 21 points dans deux journées. Mais ce total pourrait bien suffire pour le maintien.

Probabilité de relégation : 5%

Soyaux

Un point plus bas et un calendrier plus difficile, Soyaux n’est pas en aussi bonne situation que sa sixième place pourrait le laisser penser. Les quatre adversaires qui se présentent sont tous mieux classés que les coéquipières de Justine Deschamps qui ne leur avait pris qu’un seul point (contre Bordeaux) lors des matchs aller.

Laura Bourgouin

Laura Bourgouin

Le principal atout des Charentaises reste leur classement qui obligerait quatre équipes situées entre un et cinq points derrière à les doubler.

Mais il y a fort à craindre qu’elles n’aient qu’une maîtrise très limitée de la situation et doivent s’en remettre aux résultats de leurs concurrentes.

Probabilité de relégation : 7%

Guingamp

Paradoxalement, la situation des coéquipières de Charlotte Lorgeré semble plutôt moins inconfortable que celle de leurs prédécesseuses charentaises. Avec quatre points d’avance sur Rodez, elles restent à un écart de plus d’une victoire de la zone rouge d’autant qu’elles ont l’avantage à la différence de but particulière qui en fait presque une avance de cinq points. Mais elles ont aussi un calendrier beaucoup plus favorable. Si Soyaux devra jouer contre des adversaires mieux classées, Guingamp n’affrontera que des équipes situées derrière.

Charlotte Lorgeré

Charlotte Lorgeré

La catastrophe reste possible mais la dynamique est favorable et le calendrier offre aussi l’avantage que chaque match peut quasiment suffire à assurer un avantage définitif au classement sur l’adversaire.

Probabilité de relégation : 6%

Fleury

À partir de Fleury, on arrive aux équipes qui peuvent se retrouver en un seul match dans la zone rouge. Les coéquipières de Maéva Clémaron ont un match de plus à jouer mais ce n’est sans doute pas un avantage parce que c’est contre le PSG et que le match de la prochaine journée – qui sera joué le 9 mai – sera la réception de Lyon. Il est vraisemblable que le déplacement à Rodez sera décisif. Une défaite en Aveyron transformerait les matchs contre Guingamp et le Paris FC en matchs couperets.

Daphne Corboz et Sarah Cambot

Daphne Corboz et Sarah Cambot

Un point joue en faveur de Fleury : après avoir perdu ses sept premiers matchs, l’équipe essonnienne n’en a plus perdu que deux depuis fin octobre soit neuf matchs dont celui contre Lyon. La défaite à Albi en mars est plus dommageable sur le plan comptable que sur la dynamique.

Probabilité de relégation : 11%

Lille

Autre promu, le LOSC n’est pas tout à fait là où on l’attendait après sa victoire 3-0 en ouverture du championnat contre Bordeaux. Et une défaite contre le même adversaire lors de la dernière journée pourrait l’envoyer en D2.

Jessica Lernon

Jessica Lernon

La situation est délicate avec un seul point d’avance sur Albi et deux sur Rodez (et même cinq seulement sur Marseille) et un calendrier qui – s’il n’est pas impossible – est difficile. Albi et Rodez s’affrontant dimanche, en cas de défaite à Guingamp Lille serait presque à coup sûr dépassé par l’une des deux1. La situation serait alors critique avec l’obligation de conserver une avance d’un ou deux points sur un seul adversaire en jouant contre le PFC, Montpellier et donc Bordeaux pour finir.

Probabilité de relégation : 15%

Albi

Mathématiquement les trois quarts du plateau sont donc concernés par la relégation mais le plus probable est bien sûr que Marseille descendra et que la deuxième place se jouera entre les deux voisins tarno-aveyronnais. Et justement Albi reçoit Rodez dimanche au stade Maurice-Rigaud. Le vainqueur de ce match fera un grand pas vers le maintien, surtout si c’est Albi. Les coéquipières de Kristina Pantelic compteraient alors quatre points d’avance et l’avantage à la différence de but particulière sur Rodez à trois matchs de la fin dont un Rodez-Lyon. Il faudrait donc deux victoires ruthénoises2 lors des deux autres matchs contre Fleury et Marseille pour mettre Albi en péril. Et encore, cela impliquerait une défaite de Fleury qui laisserait un avantage d’un point à Albi sur les Essonniennes à deux journées de la fin.

Laurie Saulnier

Laurie Saulnier

Une défaite ou un nul seraient par contre très problématiques. La défaite parce qu’elle permettrait à Rodez de passer devant mais un nul aussi parce que le calendrier d’Albi semble légèrement moins facile que celui de Rodez

Probabilité de relégation : 30%

Rodez

Les coéquipières de Manon Guitard sont déjà dans la zone rouge donc elles ne peuvent pas se maintenir en D1 sans doubler au moins une équipe et pour cela il leur faut prendre des points.

Un ne sera pas suffisant à cause de la confrontation directe contre Albi. Un seul point de pris signifierait un nul et donc l’écart resterait le même et il faudrait donc au poins un point de plus. Ensuite Albi est déjà devant à la différence de buts générale, cela ne devrait pas s’arranger avec le Rodez-Lyon de la dernière journée et il est donc à peu près certain qu’il faut au moins deux points pour passer devant.

Clara Noiran

Clara Noiran

Bref Rodez doit remporter au moins un de ses trois prochains matchs. Par chance les adversaires proposés sont trois des quatre autres équipes les plus mal classées ce qui permet d’une part d’espérer avoir de plus grandes chances de l’emporter, et d’autre part de faire coup double en cas de victoire dans ces matchs « à six points »3. Une victoire contre Albi ou Fleury obligerait quasiment l’adversaire en question à remporter un autre match pour repasser devant4. Et un nul contre l’un ou l’autre associé à une victoire contre Marseille serait presque aussi positif.

La situation de Rodez n’est donc pas désespérée et les Ruthénoises semblent avoir un peu plus leur destin en main que d’autres dans la mesure où elles ont des occasions plausibles pour aller chercher les points qui leur manquent. Mais leur saison s’arrêtera une journée avant les autres avec un dernier match qui ne devrait servir qu’à dégrader leur différence de buts générale.

Probabilité de relégation : 50%

Marseille

Les Phocéennes sont dernières et décrochées. Cela signifie qu’elles doivent doubler au moins deux équipes et qu’elles ont besoin d’au moins cinq points pour cela dans le meilleur des cas. En effet, le match Albi-Rodez va obligatoirement donner des points à au moins une de ces équipes et la dixième place sera au plus bas à 17 points dimanche soir (en cas de nul dans ce match ou de défaite lilloise).

Lalia Storti et Viviane Boudaud

Lalia Storti et Viviane Boudaud

Le problème marseillais est que sauf improbable exploit contre le PSG ou Lyon, il ne reste que deux matchs pour prendre ces cinq points qui sont nécessaires et même pas suffisants. Donc il faudra très vraisemblablement battre Rodez et Guingamp en espérant que deux autres équipes restent à traîner. Fleury ne sera sans doute pas de celles là, déjà à 18 points et en avance à la différence de buts particulière5 sur Marseille. Il ne reste donc que Lille, Albi et Rodez et le derby rouge et jaune fait qu’il sera sans doute difficile de doubler à la fois les deux équipes tarno-aveyronnaises et qu’il faudra donc sans doute devancer Lille.

En effet une victoire des Albigeoises les mettrait hors de portée et une victoire des Ruthénoises obligerait Marseille à les battre ensuite d’au moins deux buts pour rattraper le match aller à condition qu’elles aient entre temps perdu contre Fleury.

Marseille n’a plus son destin en main et devra compter sur les résultats des autres.

Probabilité de relégation : 75%

Les confrontations directes

À quatre journées de la fin et avec neuf équipes en jeu, les cas d’égalités à trois ou quatre sont encore possibles (même si en pratique, les égalités à trois qui peuvent avoir un intérêt pour le maintien sont déjà rares et ceux à quatre quasiment inexistants) mais ils sont de toute façon encore très indécis avec le nombre de matchs qu’il reste à jouer.

Léa Declercq

Léa Declercq

Le tableau suivant récapitule les résultats entre les équipes concernées et précise les équipes qui ont l’avantage à la différence de but particulière dans les confrontations deux à deux.

Résultats des confrontations directes
Alb Bor Fle Gui Lil Mar PFC Rod Soy
Albi 0-1 1-0 2-0 0-0 0-2 4-4 0-1 0-1
Bordeaux 3-1 3-3 1-1 1-0 2-3 1-1 0-0
Fleury 0-1 0-1 0-2 1-2 2-1 1-5 2-0 1-0
Guingamp 1-1 0-1 1-2 1-0 2-2 3-1 1-0
Lille 1-1 3-0 2-2 1-1 1-1 1-1 0-2 2-0
Marseille 1-2 1-0 0-1 0-0 0-2 1-0 0-0
Paris FC 1-0 1-1 1-3 2-0 2-1 4-0 2-1
Rodez 0-0 2-2 1-0 1-1 2-1 4-2 0-0 1-1
Soyaux 1-1 2-1 1-2 2-1 2-1 3-2
Différence de buts particulière à l’avantage de l’équipe à domicile (en ligne)
Différence de buts particulière à l’avantage de l’équipe à l’extérieur (en colonne)
Pas d’avantage à la différence de buts particulière alors que les deux matchs ont été joués
Justine Deschamps

Justine Deschamps

Kristina Pantelic

Kristina Pantelic

Par tous les états

L’équipe de France de Corinne Diacre est allée du pire au meilleur lors de la SheBelieves Cup. Commencée par une très lourde défaite contre l’Angleterre, la compétition s’est achevée par la plus large victoire de l’histoire contre l’Allemagne.

La sélectionneuse semble avoir trouvé une équipe type lors des deux derniers matchs. Sa composition n’a rien de révolutionnaire au point de s’interroger sur l’utilité des essais pratiqués jusque là. Cela confirme que le vrai sujet n’est pas celui du choix des joueuses mais de la manière de les faire jouer.

L’équipe de France termine la SheBelieves Cup sur un bilan très équilibré d’une victoire, un nul et une défaite avec cinq buts marqués et cinq buts encaissés. C’est assez inespéré après le premier match où les Bleues ont été totalement surclassées par une équipe d’Angleterre qui était sans doute la meilleure de la compétition même si elle finit derrière les États-Unis avec un bilan très proche de celui de la France.

C’est sans doute cette claque qui a poussé Corinne Diacre à remettre totalement en cause le projet qu’elle avait annoncé de faire tourner pour donner du temps de jeu à tout le monde, éviter en priorité les blessures et économiser Lyonnaises et Montpelliéraines qui jouent des quarts de finales européens dans quinze jours.

Au lieu de ça, l’équipe a été très fortement remaniée pour affronter les États-Unis lors du deuxième match mais elle a été intégralement reconduite ensuite face à l’Allemagne. En sus, la sélectionneuse n’a effectué qu’un seul changement contre les Américaines et a attendu que le score soit décanté face aux joueuses de Steffie Jones pour faire souffler quelques cadres avec seulement deux changements avant cela, l’entrée obligée de Laura Georges avant la mi-temps pour suppléer Aïssatou Tounkara gravement blessée et celle Kadidiatou Diani.

On prend les mêmes et on recommence

Bref que le discours initial n’ait été que de la communication ou qu’il ait changé par la force des événements, la fin du tournoi américain a permis de mettre en place une équipe type qui devrait servir de base pour la suite. Comme on pouvait s’y attendre, cette équipe type ressemble à s’y méprendre à celle qui a disputé l’Euro, au moins pour les joueuses qui la composent.

Cinq des joueuses qui ont été titulaires contre les États-Unis et l’Allemagne l’étaient déjà lors du quart de finale de l’Euro contre l’Angleterre : Sarah Bouhaddi, Griedge Mbock, Grace Geyoro, Amandine Henry et Eugénie Le Sommer. Fin juillet, Wendie Renard était suspendue. En son absence Laura Georges était titulaire et Aïssatou Tounakara remplaçante. Cette fois, la Lyonnaise était blessée et les rôles des deux autres étaient inversés. En ajoutant qu’Amel Majri était blessée à l’Euro où elle aurait à peu près sûrement été titulaire et que Sakina Karchaoui est de toute façon toujours dans la course, que Camille Abily a pris sa retraite mais a été remplacée dans son rôle par Gaëtane Thiney qui n’est pas exactement une débutante, et que Jessica Houara est blessée (mais rien ne dit que Marion Torrent ne lui aurait pas été préféré quand même), la fameuse nouvelle équipe type ne différencie donc de sa devancière que par les blessures, les départs à la retraite et par la présence de Valérie Gauvin en pointe à la place de Marie-Laure Delie et celle de Viviane Asseyi à celle de Kadidiatou Diani, toujours présente dans le groupe.

Malgré un but contre l’Allemagne, l’attaquante de Montpellier a sans doute été la moins convaincante et il semble clair que dès qu’elle ne sera plus prisonnière de l’équipe de France des moins de 20 ans, la meilleure avant-centre française actuelle avec Eugénie Le Sommer, la joueuse du PSG Marie Katoto fera son entrée dans cette équipe où elle tentera de s’imposer.

Les nouvelles joueuses de cette équipe type sont Viviane Asseyi internationale depuis juin 2013, Valérie Gauvin depuis octobre 2015, et Marion Torrent qui ne comptait aucune sélection avant l’arrivée de Corinne Diacre mais qui avait déjà pris place sept fois sur le banc depuis juin 2015.

Le temps de jeu des Bleues à la SheBelieves Cup
Nom Prenom Angleterre États-Unis Allemagne
1 Benameur Karima 90
2 Tounkara Aïssatou 90 44
3 Périsset Ève 90
4 Georges Laura 90 46
5 Cascarino Estelle
6 Henry Amandine 90 90 88
7 Majri Amel 90 90
8 Clemaron Maéva 2
9 Le Sommer Eugénie 90 90 77
10 Diallo Aminata 90
11 Sarr Ouleymata 73
12 Thiney Gaëtane 30 90 90
13 Gauvin Valérie 17 85 89
14 Robert Faustine 60
15 Léger Marie-Charlotte 1
16 Bouhaddi Sarah 90 90
17 Torrent Marion 90 90
18 Asseyi Viviane 30 90 66
19 Mbock Bathy Nka Griedge 90 90 90
20 Diani Kadidiatou 60 5 24
21 Durand Solène
22 Karchaoui Sakina 90 13
23 Geyoro Onema Grace 90 90

Les six mois d’essais divers auront donc principalement servi à reprendre les mêmes joueuses qu’avant, les entrantes les plus convaincantes étant déjà dans un groupe élargi de la sélection depuis plusieurs années. Dans la mesure où l’on choisit sciemment de se passer des joueuses de moins de vingt ans – là où l’Américaine Tierna Davidson à brillé lors de la SheBelieves Cup ce qui ne l’empêchera pas de faire bonne figure à la prochaine Coupe du monde M20 – s’attendre à découvrir une future titulaire des Bleues marque un certain manque de confiance pour le travail des précédents staffs des équipes de France et pour celui des clubs.

Ce grand brassage était sans doute une forme de communication pour raccrocher l’ensemble des clubs à la sélection et provoquer une forme d’union sacrée. Mais la nouvelle équipe type compte cinq joueuses de Lyon, deux de Montpellier et du PFC, une du PSG et une seule de Marseille. Et les remplaçantes qui ont eu un peu de temps de jeu jouent au PSG, à Montpellier et au Bayern.

Pendant ce temps là, l’équipe de France B a joué – et remporté – un tournoi en Turquie avec une équipe quasiment intégralement composé de joueuses déjà appelées plus ou moins récemment chez les A1. Cette victoire a marqué le retour en sélection pour Claire Lavogez et Kenza Dali après leurs blessures.

Ces considérations sur l’effectif confirment que le problème de l’équipe de France n’est pas vraiment de savoir quelles joueuses sont les meilleures. Les sélectionneurs passent mais les joueuses restent et les listes évoluent essentiellement au gré des départs à la retraite et de l’éclosion des jeunes pépites.

Construire une équipe

La vraie question est de savoir comment faire une équipe de ces joueuses et comment les faire jouer ensemble. Et surtout comment les rendre capable d’aborder un match à élimination directe, véritable écueil sur lequel la France échoue régulièrement depuis 2009, à l’exception d’une qualification aux tirs aux buts contre l’Angleterre en 2011 et de deux victoires plus significatives contre la Suède en 2012 et la Corée du Sud en 2015. Soit trois qualifications sur treize tentatives (en comptant les matchs pour la troisième place). Car le spectacle consternant du dernier Euro ne doit pas faire oublier que les Bleues restent sur près de dix ans à sortir de leurs poules à chaque compétition et le plus souvent de façon convaincante. Mais qu’elle n’ont ensuite réussi à passer un tour (et jamais plus) que trois fois sur sept et que la qualité de l’adversaire ne semble pas tellement entrer en compte dans cette incapacité, les Pays-Bas de 2009, le Danemark de 2013 ou le Canada de 2016 n’ayant rien d’épouvantails.

Maintenant que la question du choix des joueuses commence à être débroussaillée, et même s’il y aura encore des essais, le travail de Corinne Diacre va donc être de donner un style à son équipe. On a commencé à le voir aux États-Unis et elle dispose par son expérience à Clermont de plus de crédit sur ce plan que ne pouvait avoir Olivier Echouafni par les siennes à Amiens et Sochaux. Peut-être qu’il fallait passer par cette phase de « reconstruction » pour éteindre la question du choix des joueuses – qui fera toujours polémique sur un ou deux noms mais c’est le lot d’une sélection – et concentrer toutes les forces sur la construction d’une équipe et d’une identité de jeu.

Résultats

Angleterre-France 4-1 : Duggan 7′, Scott 28′, Taylor 39′, Kirby 46′ ; Thiney 77′

États-Unis-Allemagne 1-0 : Rapinoe 17′

États-Unis-France 1-1 : Pugh 35′ ; Le Sommer 38′

Allemagne-Angleterre 2-2 : Kayikçi 17′, Bright 51′ csc ; White 18′, 73′

France-Allemagne 3-0 : Henry 10′, Le Sommer 55′, Gauvin 68′

États-Unis-Angleterre 1-0 : Beardsley 58′ csc

Classement

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff
1 États-Unis 7 3 2 1 0 3 1 2
2 Angleterre 4 3 1 1 1 6 4 2
3 France 4 3 1 1 1 5 5 0
4 Allemagne 1 3 0 1 2 2 6 -4

SheBelieves Cup 2018, crépuscule ou renouveau

La SheBelives Cup va connaître sa troisième édition, probablement la dernière à laquelle participera la France. Compétition qui oppose quatre des meilleures sélections mondiales, elle présente cette année un plateau rajeuni par des équipes en reconstruction après des échecs plus ou moins marqués.

Les États-Unis accueillent à nouveau l’Allemagne, l’Angleterre et la France pour la troisième édition de la SheBelieves Cup. Version très élitiste des traditionnels tournois de fin d’hiver1, il regroupe donc les deux équipes qui se partagent les deux premières places du classement Fifa depuis 2003, le troisième de ce classement (la France les deux dernières saisons et maintenant l’Angleterre) et une dernière équipe n’est pas très loin (l’Angleterre 5e et cette saison la France 6e).

Sa création est due aux barrages pour les Jeux Olympiques de Rio programmés lors de la période internationale de fin de l’hiver 2016 et qui occupait une bonne partie des équipes européennes et asiatiques, laissant prévoir un affaiblissement conséquent du plateau à 12 équipes du tournoi de l’Algarve. Les meilleures équipes disponibles2 avaient donc fait sécession pour un tournoi à quatre avec un match de moins et entre adversaires de qualité.

Dès le début, le contrat portait sur trois éditions et il se pourrait bien que la prochaine soit la dernière, au moins sous cette forme. La sélectionneuse française Corinne Diacre a fait savoir son opposition à cette compétition qui l’oblige à traverser l’Atlantique pour rencontrer deux adversaires européens.

D’une manière générale, la situation a beaucoup évolué depuis la première édition. En 2016, les quatre équipes restaient sur une Coupe du monde réussie même si l’Allemagne et la France avaient pu concevoir une légère déception quant au résultat final. Mais les équipes se présentaient sûres de leur force et en favorites pour les compétitions à venir, Jeux Olympiques et Euro suivant les cas.

Deux ans plus tard, les échecs se sont succédé : la France a échoué en quart de finale aussi bien à Rio qu’à Deventer et surtout n’a jamais justifié son statut, l’Euro marquant une nette régression. Les États-Unis ont abandonné « leur » médaille d’or olympique dès les quarts de finales. L’Allemagne a remporté (sans vraiment convaincre d’ailleurs) le titre à Rio mais a cédé sa couronne européenne dès les quarts de finales également. Et l’Angleterre qui a été plus à son aise sur le terrain malgré la correction reçue des Pays-Bas en demi-finale de l’Euro a compensé par un psychodrame en dehors avec l’éviction du sélectionneur Mark Sampson pour des propos à caractère raciste tenus quelques années auparavant.

Reconstruction pour tout le monde

C’est d’ailleurs l’un des indicateurs qui montre que les équipes sont en reconstruction : Jill Ellis est la seule sélectionneuse restante de la première édition de la SheBelieves Cup. En Allemagne, Steffie Jones a comme c’était programmé pris la succession de Silvia Neid après les Jeux Olympiques. La France arrive avec une troisième sélectionneuse en trois édition.

Et en Angleterre, après un intérim de Maureen Marley, c’est Phil Neville qui est le nouveau patron, sans référence et visiblement choisi par défaut.

Par ailleurs le calendrier est évidemment favorable à des expérimentations puisque 2018 est l’année blanche de l’olympiade3 et qu’il reste plus d’une saison avant la prochaine échéance, celle de la Coupe du monde française.

Les quatre équipes présentent donc des effectifs sensiblement plus jeunes et moins expérimentés qu’en 2016. La France et l’Angleterre se renouvellent cette année alors que l’Allemagne l’avait plutôt fait l’an dernier, sous l’influence dans tous les cas des changements de sélectionneuses. Pour les Américaines de Jill Ellis, la situation est plus ambiguë avec un effectif de moins en moins expérimenté mais dont la moyenne d’âge ne diminue pas tellement.

Nombre moyen de sélections
Équipe 2016 2017 2018
France 54 65 38
Allemagne 41 30 34
Angleterre 52 52 37
États-Unis 64 52 49
Âge moyen de l’effectif
Équipe 2016 2017 2018
France 26,1 26,3 25,0
Allemagne 26,3 25,6 26,0
Angleterre 28,1 28,2 27,0
États-Unis 26,8 26,2 26,3

Quelques stars comme Camille Abily, Anja Mittag, Casey Stoney ou Ali Krieger sont absentes parce qu’elles ont pris leur retraite internationale4. D’autres sont blessées comme Wendie Renard, Steph Houghton, Jordan Nobbs, Karen Carney, Becky Sauerbrunn ou Tobin Heath.

Ces absences de joueuses dont la plupart ont dépassé les cent sélections ou pas loin accélèrent le renouvellement des deux équipes anglo-saxonnes. Les trois défections anglaises ont eu lieu après la parution de la liste initiale de Phil Neville et entraînent les arrivées de Rachel Daly, d’Abby McManus et de la très jeune Georgia Stanway qui rejoignent Gabrielle George et Hannah Blundell au rayon des nouveautés.

Côté américain, à défaut de Rose Lavelle, on observera avec attention Andi Sullivan et Tierna Davidson attendu qu’à 20 ans, Mallory Pugh fait déjà partie des cadres de l’USWNT.

Steffie Jones a pris un an d’avance sur le renouvellement de son équipe et les absences concernent plutôt des joueuses d’avenir comme Pauline Bremer ou Kristin Demann. Ce qui n’empêche pas la sélectionneuse d’emmener des novices comme Sharon Beck ou Carina Schlüter. Et le principal événement est le retour en sélection de Lena Goessling, fâchée avec Steffie Jones depuis l’automne.

Autre retour surprise, celui d’Anita Asante rappelée par Phil Neville après trois ans d’absences en sélection.

La France compte aussi son lot de revenantes. Le rappel d’Ève Périsset était assez attendu pour concurrencer Marion Torrent à un poste d’arrière droite où les essais effectués ont été assez peu concluants. Celui de Gaëtane Thiney était plus imprévu. L’expérimentée attaquante du PFC semblait faire partie de la génération que Corinne Diacre semblait pousser dehors en dehors de quelques relais triés sur le volet. Mais l’absence de solution au poste de meneuse ou à un poste équivalent permettant de fluidifier un minimum le jeu d’attaque a certainement plaidé pour son retour. Les Bleues sont arrivées en Amérique avec deux vraies novices, Maéva Clémaron et Solène Durand et deux presque novices, Estelle Cascarino et Faustine Robert qui ne comptent qu’une seule sélection.

La saison dernière, la France avait remporté la compétition après une victoire dans les arrêts de jeu contre l’Angleterre, un nul vierge contre l’Allemagne et une victoire de prestige contre les États-Unis construite avec deux buts dans les dix premières minutes. La saison précédente, elle avait fini en dernière position après deux défaites 1-0 en fin de match contre l’Allemagne et les États-Unis et un nul vierge contre l’Angleterre.

Au contraire, les Américaines ont emporté la première édition avec trois victoires et perdu la seconde malgré une victoire initiale contre l’Allemagne en perdant ensuite contre l’Angleterre et donc la France.

Allemandes et Anglaises ont conservé d’une année sur l’autre leurs positions respectives de deuxième et troisième.

En trois éditions, quatre matchs seulement sur douze ont fini avec plus d’un but marqué et la France est la seule équipe à avoir remporté un match par plus d’un but d’écart, mais elle a aussi participé aux deux seuls 0-0. Bref, la compétition a jusque là été très serrée et le calendrier très rapproché de trois matchs en une semaine ne favorise sans doute pas les initiatives.

Cette année, les Bleues commenceront à nouveau contre l’Angleterre mais affronteront ensuite les hôtesses américaines pour terminer contre les Allemandes.

Après avoir visité la Floride et le Tennessee en 2016, la Pennsylvanie, le New Jersey et Washington D.C. en 2017, les participantes découvriront cette année l’Ohio et retourneront dans le New Jersey et en Floride.

Édition 2016

Allemagne-France 1-0 : Maier 83’

États-Unis-Angleterre 1-0 : Dunn 72’

États-Unis-France 1-0 : Morgan 91’

Allemagne-Angleterre 2-1 : Flaherty 76’ csc, Peter 82’ pen. ; Duggan 9’

France-Angleterre 0-0

États-Unis-Allemagne 2-1 : Morgan 35’, Mewis 41’ ; Mittag 29’

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 États-Unis 9 3 3 0 0 4 1 3
2 Allemagne 6 3 2 0 1 4 3 1
3 Angleterre 1 3 0 1 2 1 3 −2
4 France 1 3 0 1 2 0 2 −2

Édition 2017

Angleterre-France 1-2 : Nobbs 32’ ; Delie 80’, Renard 95’

États-Unis-Allemagne 1-0 : Williams 56’

France-Allemagne 0-0

États-Unis-Angleterre 0-1 : White 89’

Allemagne-Angleterre 1-0 : Mittag 44’

États-Unis-France 0-3 : Abily 8’ pen., 63’, Le Sommer 10’

Place Équipe Pts J G N P Bp Bc Diff.
1 France 7 3 2 1 0 5 1 4
2 Allemagne 4 3 1 1 1 1 1 0
3 Angleterre 3 3 1 0 2 2 3 −1
4 États-Unis 3 3 1 0 2 1 4 −3

Édition 2018

1er mars 2018 : Angleterre-France et États-Unis-Allemagne à Columbus (Ohio)

4 mars 2018 : États-Unis-France et Allemagne-Angleterre à Harrison (New Jersey)

7 mars 2018 : France-Allemagne et États-Unis-Angleterre à Orlando (Floride)

Effectifs

Allemagne

Nom Prénom Sélections Âge
Beck Sharon 0 23
Benkarth Laura 8 25
Blässe Anna 24 31
Däbritz Sara 48 23
Dallmann Linda 11 23
Doorsoun Sara 11 26
Elsig Johanna 3 25
Faisst Verena 34 29
Goessling Lena 97 32
Hendrich Kathrin 21 26
Huth Svenja 32 27
Islacker Mandy 22 30
Kayikçi Hasret 7 26
Kemme Tabea 45 26
Klasen Jacqueline 2 24
Magull Lina 17 24
Maier Leonie 60 25
Marozsan Dzsenifer 81 26
Peter Babett 116 30
Popp Alexandra 83 27
Schlüter Carina 0 21
Schüller Lea 3 21
Schult Almuth 49 27

Angleterre

Nom Prénom Sélections Âge
Asante Anita 67 33
Bardsley Karen 71 33
Blundell Hannah 0 24
Bright Millie 18 25
Bronze Lucy 52 26
Chamberlain Siobhan 49 35
Christiansen Izzie 21 26
Daly Rachel 7 26
Duggan Toni 54 27
George Gabrielle 0 21
Greenwood Alex 26 24
Kirby Fran 26 25
Lawley Melissa 3 24
McManus Abbie 0 25
Parris Nikita 18 24
Scott Jill 126 31
Stanway Georgia 0 19
Stokes Demi 44 26
Taylor Jodie 24 32
Telford Carly 8 31
Walsh Keira 1 21
White Ellen 68 29
Williams Fara 167 34

États-Unis

Nom Prénom Sélections Âge
Brian Morgan 69 25
Campbell Jane 2 23
Dahlkemper Abby 14 25
Davidson Tierna 1 19
Dunn Crystal 58 26
Ertz Johnston Julie 58 26
Harris Ashlyn 14 32
Horan Lindsey 44 24
Huerta Sofia 3 25
Lloyd Carli 247 36
Long Allie 33 31
McCaskill Savannah 1 22
Morgan Alex 135 29
Naeher Alyssa 24 30
O’Hara Kelley 105 30
Press Christen 97 29
Pugh Mallory 30 20
Rapinoe Megan 130 33
Short Casey 19 28
Smith Taylor 8 24
Sonnett Emily 13 24
Sullivan Andi 8 22
Williams Lynn 16 25

France

Nom Prénom Sélections Âge
Asseyi Viviane 19 24
Benameur Karima 3 29
Bouhaddi Sarah 127 31
Cascarino Estelle 1 21
Clémaron Maéva 0 25
Diallo Aminata 5 23
Diani Kadidiatou 35 23
Durand Solène 0 23
Gauvin Valérie 5 22
Georges Laura 186 34
Geyoro Grace 13 21
Henry Amandine 70 28
Karchaoui Sakina 17 22
Le Sommer Eugénie 148 29
Léger Marie-Charlotte 7 22
Majri Amel 35 25
Mbock Bathy Nka Griedge 38 23
Perisset Ève 9 23
Robert Faustine 1 24
Sarr Ouleymata 7 22
Thiney Gaëtane 141 32
Torrent Marion 7 26
Tounkara Aïssatou 4 23

D1 2017-2018, mi-temps

À la trève intevenue après une journée dans les matchs retour, tout semble presque joué en haut de classement en dehors du duel entre le PSG et Montpellier pour la deuxième place européenne. Mais à partir de la cinquième place, tout le monde est concerné par la lutte pour le maintien et personne n’est déjà décroché même si Marseille compte un peu de retard.

Bordeaux et Fleury fourbissent leurs armes pour viser un maintien confortable mais cela n’est pas une assurance dans un championnat aussi serré.

Comme souvent, le titre semble joué dès la mi-saison. Et comme souvent cela tient autant à l’impression laissée par les Lyonnaises qu’à leur avance au classement. Outre sa défaite à Décines, le PSG n’a finalement abandonné que deux points dans les arrêts de jeu de la première journée contre Soyaux. En cas de victoire au match retour face à Lyon, il resterait à deux points à l’affût du moindre faux pas.

Mais l’armada lyonnaise ne semble pas disposée à trébucher et profite du mercato hivernale pour ajuster son effectif en prêtant Mylaine Tarrieu (à Bordeaux) et Claire Lavogez (à Fleury) et en accueillant Amandine Henry (de Portland) et Morgan Brian (de Chicago) en attendant peut-être le départ de Kenza Dali et l’arrivée de l’arrière gauche de Liverpool Alex Greenwood. Autant dire que l’OL prête des joueuses qui ne jouent pas (90 minutes pour Mylaine Tarrieu lors de la première journée et c’est tout pour les trois citées) et recrute des titulaires potentielles, internationales confirmées. À part en provoquant une cassure dans le vestiaire, cela peut difficilement affaiblir l’équipe.

Du mouvement au PSG

Le PSG visera donc de retrouver la Coupe d’Europe l’an prochain et sera pour cela à la lutte avec Montpellier qui la joue cette saison. Les deux équipes sont séparées de quatre points mais Montpellier compte un match de retard à Fleury qui pourrait le ramener à une seule longueur. Rien n’est donc joué et le PSG a pris l’avantage à la faveur de la confrontation directe où Jean-Louis Saez avait étrangement laissé sur le banc sa doublette d’attaquantes suédoises mais une revanche au retour replacerait Montpellier à la seconde place.

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

En haut de classement, c’est ce duel pour l’Europe qui animera la deuxième partie de saison. Les deux clubs ne l’abordent pas de la même manière. Montpellier a pour l’instant commencé à libérer des joueuses qui ne jouaient pas (Marine Haupais à Fleury) ou peu (Lindsey Thomas à Bordeaux). Mais le PSG s’est lancé dans de plus grandes manœuvres en marge des terrains. Après la nomination de Bruno Cheyrou comme directeur sportif, c’est Bernard Mendy qui est arrivé comme entraîneur adjoint. Laura Georges à cours de temps de jeu est partie au Bayern alors que le staff parisien cherche à recruter : on parle de l’arrivée de l’Australienne Samantha Kerr, meilleure joueuse et meilleure buteuse de la dernière saison de NWSL.

Paris FC seul au milieu

Cette présentation d’une équipe de tête suivie d’un duo en lutte pour l’Europe confirme ce que la saison dernière avait montré : le quatuor de tête est désormais un trio et Juvisy n’en fait plus partie malgré sa transformation en Paris FC. Les néo-Parisiennes ont non seulement perdu contre les trois équipes du trio de tête (avec neuf buts encaissés contre Lyon qui doivent être le record du club) mais elles ont aussi abandonné des points contre les deux derniers du classement. À Guingamp, elles menaient 2-0 dans les arrêts de jeu avant de se faire rejoindre et à Marseille pour le dernier match de l’année, elles ont offert à l’OM sa première victoire de la saison (comme l’an dernier).

Karima Benameur

Karima Benameur

Après une saison particulièrement ratée, l’équipe à nouveau entraînée par Pascal Gouzenes s’est remise à l’endroit et possède une avance confortable sur la meute mais reste décrochée de la tête. Au rayon des satisfactions, les prestations de Karima Benameur qui a retrouvé la sélection et l’intégration de l’ancienne du PSG Anissa Lahmari de retour en France après un prêt à Reading.

Le ventre mou lutte pour le maintien

Le PFC est dans la position remarquable d’être sans doute la seule équipe qui n’a plus ni ambition à nourrir pour le titre ou l’Europe et plus aucune crainte pour le maintien. Cette saison plus qu’avant, il n’y a pas de ventre mou en D1. Bordeaux, cinquième du classement, ne possède que cinq points d’avance sur Guingamp, onzième et premier relégable. Huit équipes se tiennent en moins de deux victoires et au moins une sera reléguée. D’autant que Marseille qui était décroché a terminé l’année par une victoire sur le PFC qui lui permet de revenir à trois points seulement du maintien.

Une chose est sûre, l’inéluctable prise de pouvoir des clubs professionnels masculins sur l’ensemble de la D1 n’est pas pour cette saison. Il est effectif en haut de tableau mais ce n’est pas une nouveauté. En dessous, l’appartenance à un tel club ne fait pas encore la différence. Pour preuve, après la relégation l’an dernier de Metz et Saint-Étienne, ce sont actuellement Guingamp et Marseille qui occupent les dernières places alors que Soyaux continue de viser la première partie de tableau.

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Les difficultés marseillaises étaient prévues et annoncées. Après une très bonne saison de promue terminée à la quatrième place, l’équipe phocéenne a manqué son intersaison dans les grandes largeurs, faisant même naître le doute sur l’intérêt porté par le club à son équipe féminine. Les départs de près de la moitié de l’équipe type1 et de la plupart des recrues de l’an dernier2 ont été compensés par un certain nombre de paris dont peu sont actuellement payants. Le recrutement de la Parisienne Hawa Cissoko était sur le papier le moins hasardeux. D’ailleurs la défenseuse a été systématiquement appelée en équipe de France depuis le début de saison. Mais sur le terrain, elle a en fait été dépassée par Anaïs M’Bassidje, dernière représentante de l’équipe marseillaise montée de DH en D2 puis en D1.

Le reste du recrutement s’est fait à l’étranger3 avec des joueuses sans grandes références en dehors de l’Islandaise Fanndís Friðriksdóttir. Cette dernière et les deux Canadiennes Marie-Yasmine Alidou d’Anjou et Geneviève Richard ont fait leur place dans l’équipe mais sans apporter énormément. Quant à l’internationale mexicaine Cristina Ferral, elle n’apparaît que très sporadiquement sur la pelouse.

Les Marseillaises n’ont remporté aucune victoire (et trois matchs nuls) lors de la phase aller. Elles ont doublé leur nombre de points pour le premier match de la phase retour (et dernier avant la trêve) en battant le PFC 1-0. L’an dernier, elles avaient obtenu leur première victoire contre Juvisy pour débuter une série de neuf victoires et une défaite (contre Lyon) qui les avait menée à la quatrième place. Cette fois, elle leur permet de conserver un espoir de maintien.

Non longe a quinto ad relegatio

Toutes les autres équipes, soit un peu plus de la moitié du plateau se tient en cinq points et peut encore aussi bien espérer une cinquième place très positive que craindre une relégation. Et il est bien difficile de prévoir celle ou celles qu’on retrouvera en D2 la saison prochaine d’autant que la dynamique est globalement à l’inverse du classement.

Soyaux qui avait commencé la saison par trois victoires et un nul contre le PSG n’a plus remporté un match depuis sa victoire contre Fleury lors de la quatrième journée début octobre et reste sur cinq défaites et un nul. De même Bordeaux ne compte qu’une victoire à Guingamp depuis le mois d’octobre pour quatre défaites et deux nuls. Ce ne sont pas les matchs perdus qui sont les plus négatifs puisqu’il s’agit des confrontations contre les quatre équipes de tête, que le Girondines n’ont concédé que deux buts à Lyon qui en a sinon marqué au moins quatre à tout le monde en dehors du PSG et que le PFC ne doit sa victoire qu’à un but de Mathilde Bourdieu à la 89e minute. Mais le nul concédé au Grand Stade face à Rodez et celui lors du dernier match contre Soyaux sont des points perdus pour l’ambition affichée du club de se battre plutôt avec le PFC pour la quatrième place qu’avec tous les autres pour le maintien.

Rose Lavaud

Rose Lavaud

Pour cela, les dirigeants girondins continuent de renforcer leur équipe. Après une intersaison très chargée où l’équipe a été profondément renouvelée, ils ont obtenu le prêts de deux attaquantes en manque de temps de jeu dans les équipes de tête. La Montpelliéraine Lindsey Thomas est arrivée pour pallier la blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues et la Lyonnaise Mylaine Tarrieu suit pour occuper une place sur le flanc gauche, sans doute plus offensive qu’à l’OL où elle dépannait comme latérale.

Claire Lavogez, une internationale à Fleury

L’autre club qui anime le mercato d’hiver après avoir déjà été très actif cet été est le FC Fleury 91 qui après avoir attiré Daphne Corboz en octobre et Marine Haupais en novembre vient de se faire prêter Claire Lavogez par l’OL. En manque de temps de jeu pour postuler à l’équipe de France, la Calaisienne va passer ses six derniers mois de contrat dans l’Essonne. Fleury était déjà le club qui comptait le plus de joueuses passées par l’équipe de France B4. Il avait déjà avec Lilas Traïkia une internationale A dans ses rangs. Il dispose désormais d’une joueuse expérimentée qui a disputé trois phases finales, la seule en dehors du quatuor de tête5. Les Marseillaises Viviane Asseyi et Caroline Pizzala peuvent presque rivaliser avec leur présence dans la sélection respectivement pour l’Euro 2013 et la Coupe du monde 2011 mais seule la seconde était entrée en jeu, sept minutes lors du match pour la troisième place contre la Suède.

Avec 35 sélections dont neuf en phases finales, Claire Lavogez va apporter un vécu qui sera un atout important pour Fleury qui était déjà l’équipe en forme de la fin d’année 2017 avec trois victoires lors des quatre derniers matchs. Certes c’était contre ses trois concurrentes les plus mal classées mais ce sont les matchs qu’il faut gagner pour construire un maintien.

Fleury est avec Bordeaux l’équipe qui a sur le papier le plus bel effectif pour aller chercher la cinquième place. Sur le terrain, Soyaux fait aussi belle impression depuis le début de saison avec un profil totalement opposé, celui du seul club exclusivement féminin de D1, qui ne compte que deux internationales A tous pays confondus6.

Albi et Rodez font de la résistance

Les deux autres équipes qui ne sont pas adossées à un club professionnel masculin, Albi et Rodez sont assez inséparables. Pas seulement pour leur proximité géographique et leurs couleurs mais aussi parce que saison après saison, ils trouvent des solutions qui leur permettent de se maintenir malgré la difficulté à attirer des joueuses internationales, et peut-être l’œil des sélectionneurs. En tout et pour tout, les deux clubs comptent deux internationales B, les Ruthénoises Fanny Hoarau et Julie Peruzzetto. Albi compense avec une intéressante filière serbe représentée par trois joueuses dont la talentueuse Kristina Pantelic.

Laurie Saulnier

Laurie Saulnier

Après trois défaites initiales, les Albigeoises n’ont plus perdu que contre les équipes du quatuor de tête et n’ont concédé que deux nuls contre Lille et Rodez. De même, les Ruthénoises avaient commencé la saison par quatre défaites et un nuls, mais avaient alors évacué le problème des confrontations pariso-lyonno-montpélliéraines et n’a ensuite plus concédé qu’une défaite face à Fleury lors des six journées suivantes (avant de reprendre la phase retour contre le PSG). Le problème de l’équipe aveyronnaise est qu’elle n’a remporté que deux de ces matchs et que les nuls ne la font pas beaucoup avancer.

Finalement, les deux équipes semblent le plus en danger avec Marseille sont peut-être deux autres équipes adossées à des clubs professionnels.

Après avoir commencé sur les chapeaux de roues en battant Bordeaux 3-0 grâce à un triplé d’Ouleymata Sarr, les Lilloises ont enchaîné pour engranger sept points lors des cinq premières journées mais sans affronter d’ogre en dehors du PSG. Puis la machine s’est enrayée et le LOSC a enchaîné un nul au Stadium contre Marseille puis quatre défaites. Si ce bilan s’était fait à la fin des matchs aller7, la dynamique aurait clairement été contre les Nordistes. Mais tout comme les Marseillaises, elle n’ont pas attendu la trêve pour se relancer dès le premier match retour en battant Soyaux, victoire qui coïncidait avec le premier but d’Ouleymata Sarr depuis la quatrième journée.

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

La situation guingampaise semble plus précaire parce que l’embellie a eu lieu au mois de novembre avec une victoire légèrement contre le cours du jeu à Soyaux et une autre contre Lille, mais qu’elle a été suivie de deux défaites contre Albi et Fleury. Fort de son important contingent international, il semble que l’EAG est une équipe bâtie pour jouer le haut du tableau. C’est bien sûr trop juste contre Lyon (deux défaites 4-0 et 5-0) voire contre le PSG (défaite 3-0) mais ça ne passe pas loin contre Montpellier qui doit s’en remettre à un coup franc de Laura Agard pour l’emporter et ça suffit pour rivaliser avec le PFC, 2-2 avec certes une fin de match rocambolesque. Mais il semble manquer l’étincelle qui permet de faire d’aussi bons matchs contre des adversaires directs en dehors du mois de novembre.

La chance de Guingamp est sans doute dans l’homogénéité du championnat qui lui permet de ne pas être décroché. Et la vérité de la première partie de saison ne sera bien sûr pas celle de la seconde. Autant il n’est sans doute pas très risque de parier sur le quarté, y compris dans l’ordre, autant toute la suite du classement reste la bouteille à l’encre.

Résultats

7e journée

Fleury-PSG 0-2 : Multari 11′ (csc), Delie 57′

Lyon-Lille 6-0 : Abily 7′, 21′, van de Sanden 9′, Hegerberg 17′, 42′, Majri 92′

Guingamp-Bordeaux 0-1 : Rodrigues 62′

Marseille-Albi 1-2 : Asseyi 4′ ; Cazeau 53′, 80′

Paris FC-Montpellier 1-2 : Thiney 19′ ; Blackstenius 62′, Le Bihan 64′

Rodez-Soyaux 1-1 : Lemaître 12′ ; Clerac 72′

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

8e journée

Albi-Lyon 0-5 : Hegerberg 2′, Le Sommer 56′, Kumagai 68′, Abily 73′, Mbock Bathy Nka 89′

Bordeaux-Paris FC 2-3 : Barbance 63′, Rodrigues 84′ ; Thiney 36′, Otaki 81′, Bourdieu 89′

Fleury-Marseille 2-1 : Laplacette 61′ (csc), Corboz 72′ ; Caputo 14′

Lille-Rodez 0-2 : Saunier 1′, Austry 76′

PSG-Montpellier 3-1 : Paredes 19′, Delie 40′, Torrent 71′ (csc) ; Cayman 85′

Soyaux-Guingamp 1-2 : Dumont 5′ ; Oparanozie 84′, Bourgouin 87′ (csc)

9e journée

Guingamp-Lille 1-0 : Robert 38′

Lyon-Fleury 5-0 : Marozsán 34′, Hegerberg 48′, Kumagai 67′, Le Sommer 76′, Cascarino 85′

Marseille-PSG 2-5 : Asseyi 31′, Lakrar 38′ ; Perisset 50′, Diani 55′, Katoto 67′, 68′, 81′

Montpellier-Bordeaux 4-1 : Jakobsson 22′, 29′, 92′, Blackstenius 32′ ; Karchouni 43′

Paris FC-Soyaux 2-1 : Matéo 56′, Bourdieu 66′ ; Bourgouin 74′

Rodez-Albi 0-0

10e journée

Albi-Guingamp 2-0 : Rouzies 10′, Cazeau 76′

Fleury-Rodez 2-0 : Palacin 7′, Dunord 81′

Lille-Paris FC : reporté

Marseille-Lyon 0-5 : Renard 11′, Hegerberg 50′, 55′, Bronze 58′, Hamraoui 68′

PSG-Bordeaux 3-0 : Katoto 66′, Erika 70′, Cruz 72′

Soyaux-Montpellier 1-5 : Babinga 55′ ; Blackstenius 4′, 93′, Léger 83′, Torrecilla 89′, Gauvin 91′

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

11e journée

Bordeaux-Soyaux 0-0

Guingamp-Fleury 1-2 : Le Garrec 27′ ; Machart-Rabanne 40′, Fernandes 70′

Lyon-PSG 1-0 : Hegerberg 12′

Montpellier-Lille 4-1 : Léger 4′, 25′, Cayman 28′, Gauvin 84′ ; Coryn 93′

Paris FC-Albi 1-0 : Lahmari 25′

Rodez-Marseille 4-2 : Peruzzetto 4′, Lemaître 56′, 85′, Noiran 59′ ; Caputo 66′, Asseyi 93′

12e journée

Albi-Bordeaux : reporté

Fleury-Montpellier : reporté

Lille-Soyaux 2-0 : Coryn 33′, Sarr 91′

Lyon-Guingamp 4-0 : Hegerberg 8′, 61′, Le Sommer 27′, Marozsán 66′

Marseille-Paris FC 1-0 : Gadea 70′

PSG-Rodez 6-0 : Tyryshkina 23′ (csc), Berglund 56′, Katoto 57′, Hermoso 63′, Delie 78′, Diani 87′

Manon Guitard

Manon Guitard

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [12/0/0/57] 36
    35
    34
    33
    32
2 PSG [10/1/1/28] 31
    30
    29
    28
3 Montpellier [9/0/2/29] 27
    26
    25
    24
    23
    22
    21
    20
4 Paris FC [6/1/4/2] 19
    18
    17
    16
    15
5 Bordeaux [4/2/5/-7] 14
6 Soyaux [3/4/5/-10] 13
    12
7 Lille [3/2/6/-12] Albi [3/2/6/-13] 11
9 Rodez [2/4/6/-24] 10
10 Fleury [3/0/8/-19] Guingamp [2/3/7/-15] 9
    8
    7
12 Marseille [1/3/8/-16] 6
Laura Agard

Laura Agard

« page précédente