
Habituées de la finale de la Coupe de France, Lyon et Montpellier se disputeront le trophée le 13 mai à Bourges. Lyon avait battu dimanche facilement Arras, pensionnaire de D2 alors que Montpellier est venu s’imposer au Camp des Loges face au PSG.
La Coupe de France succède cette saison au Challenge de France mais on retrouve des équipes habituées :
Lyon est en finale pour la première fois depuis 2008 mais avait auparavant disputé les 7 premières1, ce qui lui permet de rester légèrement devant Montpellier qui disputera sa 6e finale, la 4e de suite.
C’est bien simple, depuis que cette compétition a été créée lors de la saison 2001-2002, il y a toujours eu l’une des deux équipes en finale2. L’affiche de cette année compte trois précédents : en 2003 où le FCF Lyon l’avait emporté 4-3 sur un but en fin de match de Sandrine Brétigny qui construisait son record de buts et de participations en finale, puis en 2006 et 2007 où Montpellier l’emportait aux tirs aux buts.
En 2006 sous les ordres de Patrice Lair et avec Laure Lepailleur, Camille Abily, Sonia Bompastor et Hoda Lattaf dans leurs ranges, les Montpelliéraines avait égalisé au bout du temps additionnel par Élodie Thomis, alors qu’elles jouaient à 10 depuis l’expulsion de la gardienne Céline Deville à la 38e minute et qu’elles étaient menées depuis un but de Delphine Blanc à la 50e. Puis lors de la séance de tirs aux buts, la gardienne de fortune Virginie Faisandier, habituellement milieu offensive, donnait la victoire à son équipe grâce à deux arrêts.
La saison suivante, l’OL se présentait comme favorite avec le titre de championne en poche et sur la pelouse les transfuges Laure Lepailleur, Camille Abily, Sonia Bompastor et Hoda Lattaf. Mais au bout d’une demi-heure, Élodie Thomis et Élodie Ramos avaient donné un avantage de 2-0 à Montpellier. Le score était ensuite porté à 2-1 puis à 3-1 avant que Hoda Lattaf et Camille Abily ne permettent à Lyon d’égaliser en toute fin de match. Cette fois c’était Lyon qui revenait sur le fil. Mais Céline Deville n’avait pas besoin d’une suppléante pour arrêter les trois tirs aux buts lyonnais (dont ceux de Camille Abily et Sonia Bompastor).
Ces deux séances de tirs aux buts font partie de la légende lyonnaise dans cet exercice : depuis 2005, l’OL en a disputé 7 et en a perdu 7 (6 en Challenge de France, 1 en Ligue des Championnes) dont 3 contre Montpellier (les deux finales et la demi-finale 2009 qui avait privé l’OL d’une finale organisée sur mesure à Gerland). D’ailleurs Lyon ne compte qu’une défaite en 10 éditions du Challenge de France, lors de la finale de 2002.
Montpellier et le PSG partagent moins de souvenirs dans cette compétition, mais depuis trois saisons que les Parisiennes jouent sérieusement le haut du tableau, les confrontations sont devenues décisives avant qu’elles ne le soient chez les garçons (et le rapport de force était plutôt inverse avec une équipe de Montpellier habituée à jouer le titre et la Coupe d’Europe et un PSG qui s’initie au haut de tableau).
Depuis 10 ans, les deux équipes se sont affrontées 20 fois. Montpellier l’a emporté 12 fois, pour 6 nuls et 2 défaites. Mais ces deux défaites ont été particulièrement marquantes. L’an dernier, le PSG recevait Montpellier lors de la dernière journée, les deux équipes comptant le même nombre de points à la deuxième place. Grâce à sa victoire au match aller, Montpellier pouvait se contenter du nul pour se qualifier pour la Coupe d’Europe.
À l’issue d’un match heurté et globalement dominé par Montpellier, le PSG obtenait un pénalty dans les arrêts de jeu qui permettait Sabrina Delannoy d’envoyer Paris en Ligue des Championnes malgré les protestations des joueuses montpelliéraines.
L’autre défaite a eu lieu lors du seul précédent en Challenge de France, lors de la finale 2010. L’équipe parisienne avait déjà réussi sa saison avec une troisième place, la meilleure de son histoire et l’élimination de l’OL en demi-finales. Mais Montpellier, deuxième en championnat et tenant du titre apparaissait légèrement favori. Mais il n’y eu pas vraiment de match grâce à un PSG dominateur qui menait 1-0 à la pause avant de faire exploser Montpellier en deuxième mi-temps et de s’imposer 5-0.
En ce premier mai, le PSG recevait donc Montpellier sur le terrain du Camp des Loges et devant les caméras d’Eurosport. Les deux équipes voyaient là le dernier objectif de leur saison puisque tant le titre que la qualification en Coupe d’Europe semblent inaccessibles.
L’opposition de style est classique entre une équipe du PSG bardée d’internationales (10 dans l’effectif, mais la seule Élise Bussaglia régulièrement appelée) et celle de Montpellier qui comporte beaucoup de joueuses formées au club mais avec sans doute autant de talents individuels et plus de force collective.
Et puis Montpellier dispose en Hoda Lattaf de la joueuse d’expérience qui met la jeunesse en ordre de marche et avec Marie-Laure Delie et Viviane Asseyi d’une imposante force de frappe offensive. Si la première est bien connue, la seconde ne devrait pas tarder à l’être : pointant encore dans la catégorie des moins de 19 ans, elle va enchaîner sa deuxième saison à environ 20 matchs et 10 buts, la troisième si on compte celle où elle est passée du FC Rouen à Montpellier au cœur de l’hiver.
C’est exactement le type de joueuse qui aura manqué au PSG cette saison pour convertir la domination en victoire : la meilleure buteuse du club est Kenza Dali (10 buts) et l’avant-centre Ella Masar n’a marqué que 5 buts en une demi-saison.
Cependant, ce n’est pas sur une de ses nombreuses occasion que Montpellier a marqué le seul but du match. Comme lors du match contre Juvisy, Véronique Pons a attrapé un ballon aérien légèrement dans ses buts, cette fois-ci un centre manqué de Marion Torrent. Jamais le PSG n’a réussi à reprendre la direction du jeu malgré quelques occasions.
Au final, la qualification de Montpellier pour retrouver Lyon en finale le 13 mai à Bourges est amplement méritée.
On connaît désormais la composition des groupes du tournoi olympique de football féminin qui se tiendra du 25 juillet au 9 août prochains. En dehors de l’Allemagne, les meilleures sélections sont toutes là, menées par les États-Unis et le Brésil, finalistes des deux dernières éditions.
Comme c’est l’habitude pour les filles et les garçons, le tournoi débutera deux jours avant la cérémonie d’ouverture afin de disposer d’un temps suffisant pour disputer toute la compétition en assurant le délai nécessaire entre les matchs.
Comme c’est l’habitude également, le tournoi de football se déroulera en partie loin de la ville organisatrice. Londres dispose pourtant de suffisamment de stades assez grands pour un tournoi de football féminin (ou un tournoi espoirs) mais l’événement olympique suffit à lui seul à remplir des enceintes plus grandes.
Les deux tournois de football quitteront donc Londres et même l’Angleterre (mais l’Olympisme ne connaît que la Grande-Bretagne) avec des matchs au Millenium Stadium de Cardiff, à Hampden Park à Glasgow, à Old Trafford à Manchester, à St James Park à Newcastle et de façon plus étonnante au City of Coventry Stadium (de Coventry donc). Les finales se joueront à Wembley.
Le tournoi féminin se joue à 12 équipes, comme l’Euro et comme les tournois d’Algarve et de Chypre. Mais ce n’est pas parce que tout le monde fait pareil que c’est une bonne idée. Pour passer de 12 équipes à des quarts de finales sans faire des groupes de trois qui n’assureraient pas au moins trois matchs à chaque équipe (puisque le football évite par tradition les matchs de classement pour la 9e place), on fait donc trois groupes de 4 dont les 2 premiers et les 2 meilleurs troisièmes sont qualifiés en quart, ce qui permet toutes les situations ubuesques.
Les États-Unis ont disputé les 4 finales Olympiques et en ont remporté 3, dont les deux dernières contre le Brésil. Les deux équipes feront partie des favorites. L’Allemagne qui complétait le podium à Pékin comme à Athènes ne défendra pas sa médaille de Bronze en raison du petit nombre de places pour les équipes européennes et du mode de qualification choisi par l’UEFA qui envoie aux JO les deux sélections les mieux classées lors de la Coupe du monde.
En perdant en quarts de finales contre le Japon, les Allemandes ont non seulement perdu leur titre de championnes du monde, mais également l’occasion de remporter pour la première fois le titre olympique.
L’autre absente de marque est la Norvège, championne olympique à Sydney en 2000, victime du même mode de sélection, mais qui est de toute façon en nette perte de vitesse.
En dehors de l’Europe, seule l’Afrique n’envoie pas ses meilleures équipes sur le papier puisque le Ghana et surtout le Nigeria ont laissé leur place au Cameroun et à l’Afrique du Sud. On notera également que l’Australie, quart de finaliste de la Coupe du monde est absente, devancée par le Japon et la Corée du Nord.
Le tirage au sort était bâti pour permettre à l’équipe anglaise, rebaptisée pour l’occasion « Team GB » d’avoir le groupe le plus simple possible : quatre chapeaux plus ou moins géographiques de trois équipes ont été constitués mais on a ajouté trois têtes de séries (pays hôte, tenant du titre, vainqueur de la Coupe du monde) qui sont dans trois chapeaux différents et qui ne peuvent pas être dans le même groupe. Ainsi la Grande-Bretagne était assurée d’éviter le Japon et les États-Unis (têtes de série) ainsi que la Suède et la France (dans le même chapeau européen), soit les quatre demi-finalistes de la dernière Coupe du monde, la vie est bien faite.
Toutefois la chance n’a pas récompensé l’effort puisque le Brésil, meilleure équipe restante, accompagnera la Grande-Bretagne dans le groupe E, ainsi que le Cameroun et la Nouvelle-Zélande. Les Britanniques et les Brésiliennes devraient se qualifier sans trop de problème et par son niveau, ce groupe devrait être celui qui ne qualifie que deux équipes. Mais le comparaison entre groupes sont rarement des histoires de niveau et il vaut souvent mieux être dans un groupe bien nivelé que dans un groupe homogène. Une solide victoire contre les Camerounaises pourrait permettre aux Néo-zélandaises d’accrocher un quart de finale.
Angleterre-Brésil : aucune confrontation
Angleterre-Cameroun : aucune confrontation
Angleterre-Nouvelle-Zélande : une victoire anglaise en Coupe du monde l’an dernier et un nul.
Brésil-Cameroun : aucune confrontation
Brésil-Nouvelle-Zélande : une victoire 5-0 lors de la coupe du monde 2007
Cameroun-Nouvelle-Zélande : aucune confrontation
Le Japon aura l’occasion de confirmer son statut de champion du monde en compétition officielle, si les confirmations données en Algarve et lors de la Kirin Cup ne suffisaient pas.
Pour cela, les Japonaises devront se débarrasser de la Suède, du Canada et de l’Afrique du sud.
Les Sud-africaines semblent parties pour n’être que des faire-valoir alors que le Canada devra avoir retrouvé un niveau perdu l’été dernier pour espérer bien figurer.
Japon-Canada : 9 confrontations entre 1995 et 2008, 3 victoires pour le Japon, 3 défaites dont la dernière confrontation remportée par les Canadiennes 3-0 lors du tournoi de Chypre 2008.
Japon-Suède : 9 confrontations entre 1988 et 2011, 3 victoires pour le Japon dont la demi-finale de la dernière Coupe du monde, 4 défaites (toutes avant 96 lors des 4 premières oppositions) et 2 nuls.
Japon-Afrique du sud : aucune confrontation
Canada-Suède : 16 confrontations entre 1987 et 2012, 3 victoires pour le Canada (la dernière en amical l’an dernier), 12 défaites (la dernière en amical cette année) et 1 nul.
Canada-Afrique du sud : une victoire canadienne 2-1 lors du tournoi de Chypre 2010.
Suède-Afrique du sud : aucune confrontation
Les Bleues se retrouvent dans un groupe à leur portée avec les États-Unis qui sont les grandes favorites de la compétition, la Corée du Nord relativement imprévisible et la Colombie qui devrait généreusement distribuer des points.
Pour les États-Unis, c’est un peu un jour sans fin puisqu’elles étaient dans le groupe de la Corée du nord et de la Colombie lors de la Coupe du monde. Et encore, elles évitent de reproduire à l’identique le groupe en remplaçant la Suède par la France rencontrée elle en demi-finale.
En cas de première place les Bleues rencontreraient les troisièmes de l’un des autres groupe, qui pourrait être la Nouvelle-Zélande ou le Canada. En cas de deuxième place, ce serait le premier du groupe F, vraisemblablement le Japon ou la Suède. En cas de troisième place enfin, ce serait le premier du groupe E, Brésil ou Grande-Bretagne si la logique est respectée. Bref la troisième place pourrait sembler meilleure que la deuxième si le football était une science exacte et si ce genre de calcul n’était pas dangereux.
États-Unis-France : 14 confrontations entre 1988 et 2011, 12 victoires pour les Etats-Unis dont la demi-finale de la dernière Coupe du monde, 1 défaite en 1990 et 1 nul en 2006
États-Unis-Corée du nord : 4 confrontations entre 1999 et 2011 (lors de chaque Coupe du monde), 3 victoire pour les États-Unis, 1 nul en 2007.
États-Unis-Colombie : 1 victoire américaine 3-0 lors de la dernière Coupe du monde.
France-Corée du nord : aucune confrontation
France-Colombie : aucune confrontation
Corée du nord-Colombie : 1 match nul 0-0 en phase de poule de la dernière Coupe du monde.
D’ici la Coupe du monde, l’équipe de France va monter en puissance en jouant trois matchs à domicile contre des adversaires de plus en plus coriaces. Cela commencera par la Roumanie le 4 juillet à Orléans pour une aimable mise en jambe, continuera avec la Russie de Farid Benstiti le 11 juillet à Beauvais avant de se finir contre le Japon le 20 juillet au stade Charléty à Paris pour la première confrontation amicale contre une équipe de top niveau depuis l’Algarve 2007.
On attendait les joueuses de l’OL légèrement favorites à domicile contre Potsdam mais elles ont déjà mis un pied en finale. Francort a également pris une option face à Arsenal.
La première réaction de Patrice Lair à la fin de la demi-finale aller contre Potsdam aura donc été de regretter le but encaissé en toute fin de match. Étant donné le score de 5-1, cela traduit bien la supériorité affichée par ses joueuses qui ont désossé les championnes d’Allemagne en titre et leader de la Bundesliga comme une équipe de milieu de tableau du championnat de France.
Certes, Potsdam a déjà subi de lourdes défaites dans la compétition (4-0 en finale aller 2006 contre Francfort, et surtout 3-0 en quart aller 2007 contre Brøndby, dernière élimination avant la finale par un club non allemand), certes Francfort a perdu une finale contre Umea 5-0 et 3-0, et lâché de-ci de-là quelques matchs. Mais ce n’est pas fréquent qu’une équipe allemande perde à peu près toute chance de qualification dès le match aller. D’ailleurs, en dehors de la précédente finale, il faut remonter à l’élimination du Bayern (éphémère participant à la Coupe d’Europe) par Montpellier en 2010 pour trouver trace d’un club allemand sorti de la compétition par un club étranger, et avant il faut donc remonter à l’annus horribilis 2006-2007 et à l’élimination de Francfort et Potsdam par Kolbotn et Brøndby en quart.
Bref en remportant son match aller 5-1, l’OL a sans doute impressionné et étonné l’Europe du football féminin, ce qui n’est pas une mince affaire pour une équipe tenante du titre. Il faut dire que le score n’est pas le fruit d’un réussite insolente et qu’il aurait pu être plus large. Au bout de 20 minutes, les Lyonnaises menaient 3-0 suite à une frappe lointaine d’Amandine Henry, un coup franc de Camille Abily et un but de Lotta Schelin. Le dernier quart d’heure était entièrement à l’avantage des Allemandes ce qui permettait à la défense de l’OL de se mettre en valeur, en particulier Sarah Bouhaddi très présente dans les airs.
Puis, alors qu’on pouvait imaginer une poussée de Potsdam pour revenir en deuxième mi-temps, les Lyonnaises ont totalement repris le jeu à leur compte après la pause pour marquer d’une nouvelle frappe hors de la surface de Lara Dickenmann et d’une tête de Camille Abily. Paradoxalement, c’est sur un coup franc faisant suite à une contre attaque que les Allemandes réduisait légère le score par Bianca Schmidt.
Pour aboutir à cette prestation, Patrice Lair avait composé une équipe classique, mais avec un effectif dont la richesse fait qu’il n’a pas tout à fait d’équipe type. Et la pelouse gorgée d’eau n’a pas empêché son équipe d’afficher une très nette supériorité technique qui n’est plus compensée par un engagement physique défaillant. Au contraire.
En défense, Sabrina Viguier avait été préférée à Laura Georges et aura apporté toute son expérience, finissant même capitaine après la sortie de Sonia Bompastor, qui comme Corine Franco et comme d’habitude a en même temps bloqué les offensives adverses sur son côté et apporté des dédoublements et des centres. Mais comme de plus en plus souvent, la patronne de la défense a été Wendie Renard. Il est loin le temps où Marta se jouait d’elle pour offrir l’ouverture du score à Umea en demi-finale à Gerland.
Mais bien entendu, la clé du match a été le milieu de terrain où les joueuses de l’OL ont asphyxié celles de Potsdam. Les trois joueuses du milieu sont habituées à jouer comme récupératrices mais ont plutôt été formées comme meneuses. Ce qui leur a permis de faire les deux à la fois. Shirley Cruz a comme d’habitude été immense pour récupérer et nettoyer le jeu dans les petits espaces. Mais que dire alors d’Amandine Henry. Visiblement, elle tient à être désagréable avec le sélectionneur. Parce qu’à un tel niveau, elle n’a plus beaucoup d’équivalents dans le monde et son absence de la sélection ne serait plus celle d’une joueuse parmi d’autres possibles. D’ailleurs Camille Abily a aussi décidé de donner des migraines à Bruno Bini qui trouve qu’elle est « dix fois plus efficace » à la récupération qu’en numéro 10. Cela dépend de ce qu’on entend par « efficacité », son sens du but semble trouver mieux à s’exprimer plus près du but adverse. Mais il faut dire qu’en sélection, elle n’a pas Shirley Cruz et Amandine Henry derrière elle.
Devant enfin, Lotta Schelin et Lara Dickenmann ont longuement torturé la défense allemande et marqué chacune un but, et Eugénie Le Sommer a été légèrement en dedans, mais c’est simplement qu’on attend toujours plus de la meilleures joueuse française du moment et meilleure buteuse de la compétition. D’ailleurs elle aurait sans doute marqué elle-même sans une faute de Babett Peter qui a mené au deuxième but. Sa remplaçante Élodie Thomis a été égale à elle-même, au point de se demander si vraiment « elle a beaucoup progressé ». Dès sa première action, elle a résumé ce qu’on allait voir en prenant de vitesse toute la défense adverse avant de tergiverser sur un dribble et de perdre le ballon. Au match retour face à une équipe obligée de se découvrir et avec un terrain où le ballon roulera à défaut d’être complètement plat, elle sera sans doute une arme redoutable.
Dans l’autre demi-finale, Francfort s’est imposé dans les arrêts de jeu grâce à un but de la toujours vaillante Kerstin Garefrekes. Les Ladies d’Arsenal avait avant cela répliqué par Ciara Grant à un but de la Suissesse Ana Maria Crnogorčević peu après l’heure de jeu. Étonnamment, c’est le premier match européen à l’extérieur que Francfort ne perd pas cette saison. Tous les matchs à domicile s’étant soldés par une victoire de trois buts, les Allemandes sont favorites pour retrouver le stade Olympique de Munich.
On pourrait donc bien avoir la finale annoncée en début de saison entre les deux plus gros budgets européens, Francfort et Lyon.
Victorieuses de l’Écosse et du Pays de Galles, les Bleues ont fait le nécessaire pour être (presque) qualifiées pour l’Euro 2013 et peuvent désormais se tourner vers les JO. La sélection comptera finalement 22 joueuses, soit 18 plus 4 susceptibles d’intégrer la liste en cas de blessure.
Bruno Bini a beaucoup insisté sur l’importance et la difficulté des matchs éliminatoires pour l’Euro suédois, et sur le fait qu’il ne fallait pas les oublier en ayant les yeux fixés sur Londres. Il a raison, il est dans son rôle. Cependant, la densité est nettement moins forte que chez les garçons et le risque de faire un faux pas est moins grand. Bref, si le sélectionneur arrive a faire intégrer à ses joueuses que ça ne va pas être facile, le suiveur peut paradoxalement en déduire que ça ne va pas être difficile.
Comme depuis le début des éliminatoires (et contrairement à Chypre), les Bleues ont semblé légèrement en dedans sans vraiment se mettre en danger. Côté pile, on peut penser que l’équipe ne parvient pas à exprimer son potentiel, côté face qu’il s’agit de gérer au mieux une saison longue où le principal est de se qualifier et d’être au point en juillet. La prestation chypriote permet de pencher pour la seconde option : dans un effectif à majorité lyonnaise qui n’a pratiquement pas arrêté depuis la saison dernière, enchaînant une finale de Coupe d’Europe, une Coupe du Monde et très vite la présente saison, la lassitude physique et mentale se fait sentir.
Au Havre, contre une équipe écossaise très accrocheuse, les Bleues ont eu besoin d’une heure pour trouver la faille, deux fois par le duo Wendie Renard-Gaëtane Thiney qui se sont partagé les rôles de passeuse et de buteuse (bien que le but de la seconde a finalement été accordé à Ifeoma Dieke contre son camp).
Le remplacement à la mi-temps d’Élise Bussaglia par Sandrine Soubeyrand a semblé remettre de l’ordre au milieu.

Photo : Le Moustic Production
Quatre jours plus tard à Caen, la prestation a été plus poussive sauf pour Élodie Thomis qui a fêté sa première titularisation de l’année par un triplé, dont deux premiers buts de vraie avant-centre. Pour le reste, les absentes n’ont pas vraiment eu tort alors que Bruno Bini avait fait tourner son effectif en mettant au repos Sarah Bouhaddi, Eugénie Le Sommer, Ophélie Meilleroux et Camille Abily. Les deux dernières entrent dans des rotations à trois respectivement avec Wendie Renard et Laura Georges d’une part et avec Élise Bussaglia et Sandrine Soubeyrand d’autre part mais leur place semble plutôt avoir été confortée par ce match. En particulier, l’entrée de la milieu de terrain lyonnaise à la place d’Élise Bussaglia a relancé l’équipe de France. Contrairement à Chypre, c’est donc la Parisienne qui a semblé en retrait au milieu malgré ses deux titularisations.
Dans le même temps, l’Écosse a connu les plus grandes difficultés pour battre l’Irlande : après un but encaissé d’entrée et un pénalty manqué par Kim Little, les Écossaises ont dû attendre les 5 dernières minutes pour renverser le score par Rhonda Jones et Christie Murray, ce qui leur permet de reprendre la deuxième place à leurs adversaires du jour. Cela fait finalement les affaires de la France qui possède désormais 11 et 12 points d’avance sur des équipes d’Écosse et d’Irlande à qui il ne reste que 12 points à prendre (et une confrontation directe). Bref, la deuxième place qualificative pour les barrages est déjà acquise et il faudrait un sans faute de l’une ou l’autre des équipes associé à deux défaites françaises pour perdre la première place.
Dans les autres groupes, la recomposition du paysage est en cours : l’Italie a battu la Russie de Farid Benstiti sur un doublé de l’éternelle Patrizia Panico et caracole en tête du groupe 1 avec 7 victoires en 7 matchs, 25 buts marqués et aucun encaissé. Le renouveau italien aperçu avant la Coupe du monde malgré l’élimination concédée en barrage contre la France et les États-Unis, se confirme.
Le Danemark complète le tableau des équipes qui ont remporté tous leurs matchs, mais la situation est légèrement moins décantée puisque les Danoises ont joué un match de moins que les Autrichiennes qui les suivent à deux points. La rencontre entre les deux équipes en septembre pourrait être décisive même le Danemark semble au dessus (et si la République Tchèque n’est pas complètement hors course).
Dans le groupe le plus serré (d’aucuns diront le plus faible), la Finlande mène la danse mais suivie à trois points par la Slovaquie, la Biélorussie et l’Ukraine. Seule l’Estonie est hors course avec cinq défaites pour autant de matchs. Cependant, malgré un accroc contre la Biélorussie, la Finlande semble supérieure.
Le groupe 2 verra bien entendu la qualification de l’Allemagne, mais a été l’occasion d’un événement : après 12 ans de victoires dans tous leurs matchs éliminatoires (depuis un nul 4-4 contre l’Italie alors vice championne d’Europe, avec un triplé de Patrizia Panico, déjà), les Allemandes ont été tenues en échec 2-2 en Espagne dans un match où elles menaient pourtant 2-0 au bout d’une demi-heure.
Après leur échec lors de leur Coupe du monde doublé de l’élimination des JO, cela aurait pu être la marque du début d’un déclin allemand, mais les Allemandes ont remis les pendules à l’heure en remportant le match retour 5-0. Et finalement, ce résultat marquait sans doute plutôt l’éclosion de l’équipe d’Espagne qui a remporté tous ses autres matchs, dont des victoires 10-1 contre la Turquie et 13-0 contre le Kazakhstan et qui postule à la place de meilleure seconde qui permet d’éviter les barrages. Il faudra pour cela battre la Suisse et la Roumanie. On notera que l’Espagne est par ailleurs double tenante du titre de championne d’Europe M-17.
Pays-Bas-Angleterre était l’affiche d’une demi-finale du dernier Euro. Les deux équipes sont à la lutte dans le groupe 6. Les Néerlandaises ont l’avantage grâce au nul concédé par les Anglaises en Serbie en ouverture (avec une égalisation de Vesna Smiljković au bout des arrêts de jeu) mais elles comptent aussi un match de plus. Un nul en Angleterre en juin pourrait les envoyer en Suède mais il sera difficile à aller chercher.
C’est dans le groupe 3 que la modification des rapports de force se fait le plus sentir : la Belgique est en tête devant l’Islande et la Norvège, sans compter que l’Irlande du Nord compte un match en moins.
La Norvège est bien loin de l’équipe qui dominait le monde il y a dix ans. Seule équipe du quatuor à compter deux défaites (3-1 contre l’Islande et contre l’Irlande du Nord), elle est toujours favorite pour la qualification grâce à la victoire des Belges sur l’Islande cette semaine.
La nouveauté à quatre mois des Jeux Olympiques, c’est que les sélections comporteront 4 joueuses en plus des 18 de la liste principales. Ces joueuses pourront remplacer à tout moment définitivement l’une des 18, en particulier pour pallier une éventuelle blessure.
Cela permettra en particulier de dissiper la crainte liée à la présence de deux gardiennes seulement.
Reste à trouver les joueuses en question, sachant qu’il n’y a eu que 21 joueuses cette année en sélection. Étant donnée la concurrence entre les milieux offensives et les attaquantes, une répartition entre milieux défensives d’un côté et milieux offensives et attaquante de l’autre côté semble plus pertinente, et encore en considérant que Camille Abily et Élise Bussaglia sont stabilisées comme milieu défensives.
On devrait alors avoir une répartition 2+7+3+6, avec un suppléante par ligne (au deux en attaque et pas au milieu).
On considérera qu’on ne devrait pas avoir de retour d’Amandine Henry, de Laetitia Tonazzi ou de Hoda Lattaf.

Photo : Le Moustic Production
Sarah Bouhaddi est revenue pour être titulaire, Céline Deville est sa remplaçante en sélection comme à l’OL et Laetitia Philippe sera dans la liste supplémentaire. La blessure puis l’arrêt de Bérangère Sapowicz ôtent tout suspens sur ce poste.
Sonia Bompastor est indiscutable à gauche, Corine Franco l’est désormais à droite, et la charnière centrale devrait être composée de Wendie Renard et d’Ophélie Meilleroux ou de Laura Georges avec une légère avance pour la première.
Laure Boulleau devrait être la remplaçante attitrée à gauche. Il reste sans doute une place plus un strapontin, qui devraient se jouer entre Kelly Gadea, Laure Lepailleur et Sabrina Viguier. La Montpelliéraine semblait avoir une longueur d’avance mais elle n’a pas été convoquée pour les deux derniers matchs, même après la blessure de Laure Boulleau. À la place, c’est Sabrina Viguier qui a été appelée. La Lyonnaise a connu ses premières sélections sur le côté droit de la défense mais elle est maintenant tout à fait spécialisée dans l’axe. Finalement, c’est Laure Lepailleur qui reste la favorite pour son habitude du couloir droit en sélection.
La blessure de Sandrine Soubeyrand pour le tournoi de Chypre a montré tout l’intérêt d’une base défensive à deux joueuses. Mais les deux matchs éliminatoires joués depuis ont rappelé que la capitaine des Bleues pouvait être l’une des deux. Si elle avait par défaut perdu un peu de crédit à Chypre, c’est Élise Bussaglia qui a pâti des derniers matchs où sa sortie a coïncidé avec la reprise en main des Bleues au milieu.
Bref la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain et on dira avec le sélectionneur qu’il y a trois joueuses pour deux postes et que c’est un vrai problème de riche. Il ne devrait pas y avoir de quatrième joueuse pour le poste dans la mesure où avec trois il y en a déjà une de trop étant donné leur statut et où Corine Franco peut également occuper le poste donc être une solution.
Une meneuse, deux ailières et une avant-centre, il y aura sans doute quatre postes pour 7+2 joueuses.
La meneuse sera Louisa Necib, les ailières Gaëtane Thiney et Eugénie Le Sommer et l’avant-centre Marie-Laure Delie. Mais Gaëtane Thiney est aussi la suppléante du poste de meneuse et Eugénie Le Sommer celle d’avant-centre.
Élodie Thomis fera également partie de la rotation.

Photo : Le Moustic Production
Reste donc 2 places à prendre, qui sont pour l’instant promises à Camille Catala et Marina Makanza, appelées systématiquement mais dont le temps de jeu reste très faible. Et il y aura sans doute deux place de suppléante pour des joueuses offensives mais il est difficile de savoir pour qui puisque aucune autre n’a été appelée cette année et qu’en remontant plus loin, on ne trouve que Léa Rubio qui ne devrait pas être remise, Caroline Pizzala disparue des listes voire en remontant à la Coupe du monde, Sandrine Brétigny qui joue surtout en DH avec Lyon. Bref il y a sans doute une ou deux places à prendre pour de nouvelles joueuses comme la parisienne Kenza Dali.
On connaît maintenant l’intégralité du plateau puisque la Nouvelle-Zélande a pris la dernière place, sans vraiment de surprise face à la Papouasie-Nouvelle-Guinée (8-0 et 7-0).
On retrouvera donc les quatre demi-finalistes de la Coupe du monde (Japon, États-Unis, Suède et France), la Grande-Bretagne, le Brésil, le Canada, la Corée du Nord, l’Afrique du Sud, le Cameroun et la Colombie.
Le tirage au sort aura lieu le 24 avril prochain et répartira les 12 équipes en 3 groupes de 4 avec des têtes de séries qui devraient être les États-Unis, le Japon et le Brésil suivant le classement Fifa. Sauf si la Grande-Bretagne est tête de série bien sûr.
Comme à l’Euro, les deux premières de chaque groupe et les deux meilleures troisièmes seront qualifiées pour les quarts de finales. Autant dire que la qualification pour les quarts est plus qu’envisageable. Après tout est possible, même si malgré l’atmosphère de confiance ambiante, il faudra sans doute battre des équipes d’un calibre supérieur au Canada ou à l’Angleterre pour décrocher une médaille.
Pas de surprise en quart de finales de la Ligue des Championnes, seul Francfort a été légèrement accroché. Les quatre demi-finalistes pouvaient pratiquement être annoncées dès le début de la compétition. Lyon et Potsdam se retrouveront donc un tour plus tôt que les deux années précédentes pendant que Francfort défiera Arsenal avec en point de mire une finale au stade Olympique de Munich qui devrait afficher complet.
La dernière fois que l’Olympique Lyonnais avait affronté Brøndby, c’était en octobre 2007 et les Lyonnaises jouaient leur premier véritable match de Coupe d’Europe1 face à un adversaire demi-finaliste de la précédente édition. Dans la mesure où il s’agissait d’une phase de poule comportant un autre demi-finaliste sortant (les Norvégiennes de Kolbotn), le 0-0 obtenu avait été considéré comme un bon résultat permettant d’espérer l’une des deux places qualificatives pour les quarts de finales. Deux courtes victoires plus tard, les deux équipes finissaient à égalité (y compris au nombre de cartons jaunes), départagées uniquement par un tirage au sort pour désigner qui finirait première, les deux équipes étant qualifiées2.
Quatre saisons plus tard, le rapport de force s’est inversé : Brøndby n’a plus dépassé les quart de finales et s’est même arrêté en huitièmes les deux dernières années, alors que Lyon est tenant du titre, double finaliste et quadruple demi-finaliste. Sur le terrain, cette différence s’est faite largement sentir tant les Lyonnaises ont semblé jouer à leur main : lancées à l’aller comme au retour par un but de Camille Abily dans les 10 premières minutes, elles ont méthodiquement assommé l’équipe Danoise en marquant deux buts lors de chaque mi-temps. Après le 4-0 de l’aller, Patrice Lair a même pu faire légèrement tourner son effectif au match retour, offrant ses premières minutes lyonnaises à la recrue japonaise Ami Otaki.
Au passage, l’OL prend le large au coefficient UEFA, profitant d’être la seule équipe avec Arsenal et Brøndby (et dans une moindre mesure Neulengbach et Valur Reykjavik) présente chaque année, et donc de l’éparpillement des points des équipes russes, suédoises et surtout allemandes (Potsdam, Francfort et Duisbourg ne comptent que trois participations sur les 5 dernières années, plus une pour le Bayern).
Le prochain tour sera nettement plus compliqué puisqu’il sera le remake des deux dernières finales. Francfort était annoncé comme l’épouvantail allemand avec son budget pharaonique, mais c’est bien encore Potsdam qui est en tête de la Bundesliga, et qui a fait la plus forte impression en Ligue des Championnes. Malgré le départ de Fatmire Bajramaj (pour Francfort) à l’intersaison, puis celui d’Anja Mittag pour Malmö cet hiver, Potsdam ne baisse pas de pied. Il faut dire que la force de l’équipe de Bernd Schröder a toujours été d’abord collective.
Farid Benstiti sur le banc et un maillot aux couleurs de l’OL sur les épaules, c’était pourtant bien l’équipe Russe de Rossiyanka qui affrontait Potsdam.
Au match aller les Allemandes ont d’abord profité de la crainte ressentie par l’équipe russe pour mener 2-0 à la mi-temps. Puis en deuxième période, elles ont laissée venir leurs adversaires pour tenter d’aggraver le score en contre, sans succès.
Au match retour, la stratégie a été la même, couronnée par un but d’Eigentor3 et un doublé de Yuki Nagasato.
Outre la Japonaise, Lyon devra se méfier de Genoveva Añonma qui avait brillé avec la Guinée Équatoriale lors de la Coupe du monde.
Cette demi-finale ressemble à une finale avant l’heure. Il ne faudrait cependant pas sous-estimer les deux autres demi-finalistes.
Francfort a comme à son habitude perdu son match à l’extérieur, 1-0 contre Malmö. Après Stabæk et le PSG, c’est la troisième défaite en autant de déplacements en Coupe d’Europe cette saison. Mais il faut dire que Francfort n’a pas été gâté par le tirage au sort en affrontant trois quart de finalistes potentiels et surtout que les joueuses Allemandes ont toujours compensé ces défaites d’un but par des victoires de trois à domicile.
À Malmö, l’équipe locale a dominé en première mi-temps et ouvert le score logiquement, mais la deuxième période a été à sens unique en faveur des Allemandes. Au match retour, l’équipe de Francfort a finalement été moins dominatrice mais a su égaliser par Kerstin Garefrekes dans le cours de la deuxième mi-temps avant d’abattre les Suédoises par deux buts dans les arrêts de jeu.
Francfort ressemble vraiment à un assemblage hétéroclite de stars, ce qui engendre un jeu pas toujours convaincant et des difficultés en championnat (3e à 7 points de Potsdam, et à 5 de Duisbourg pour la deuxième place européenne) mais qui rend l’équipe capable de battre tout le monde.
Logiquement, Arsenal ne partira pas favorite de cette demi-finale. Contre Göteborg, les Anglaises n’ont pas été loin de subir ce qu’elles ont régulièrement fait subir à leurs adversaires. Vainqueur assez logiquement au match aller (3-1) après une poussée en fin de match, Arsenal a tranquillement géré son avantage pendant presque 90 minutes, jusqu’à ce que Jane Törnqvist ne marque et ne fasse planer la menace d’une élimination en cas de second but.
Mais l’équipe anglaise qui jouera la demi-finale pourrait être assez différente de celle qui a joué le début de la compétition : en raison de l’annulation de la saison de la WPS américaine, Kelly Smith, Alex Scott et Gemma Davison sont revenues au bercail. Ce qui pourrait permettre à Arsenal d’espérer battre pour la première fois une équipe allemande et prendre sa revanche du quart de finale de 2005.
Les matchs en retard joués ce dimanche font comme une sorte de journée supplémentaire. Lyon repasse en tête pendant que Soyaux et Muret filent vers la D2
L’arrivée du printemps est l’occasion de rattraper le retard causé par les conditions atmosphériques hivernales. 5 matchs étaient au programme, concernant toutes les équipes sauf Montpellier et Juvisy et comptant pour les 16e et 17e journées.
En haut de tableau, Lyon avait l’occasion de reprendre la tête du classement sur la pelouse de Muret, actuelle lanterne rouge. Dans ce genre de match, la question n’est en général pas de savoir qui va gagner mais combien de but va marquer l’OL (plus de 7 en moyenne hors top 4 depuis le début de saison).
Vu dans cette perspective, le score de 3-0 (doublé de Lotta Schelin et but de Lara Dickenmann) est plutôt à prendre comme une bonne performance pour les Muretaines, qui avaient encaissés 11 buts à l’aller et qui obtiennent là le meilleur résultat des équipes hors du top 4 (Coupe de France et Coupe d’Europe comprises) contre Lyon cette saison. De toute façon, ce n’est pas contre l’OL que Muret a perdu son maintien
Lyon reprend donc logiquement la tête avec une équipe où quelques joueuses (Sarah Bouhaddi, Wendie Renard, Eugénie Le Sommer) ont été ménagées entre les deux manches du quart de finales de Ligue des Championnes contre Brøndby.

Photos : William Morice/Le Moustic Production
De son côté, le PSG s’est imposé largement (5-2) face à Yzeure avec des doublés de Delphine Blanc et d’Alexandra Long. Ce qui permet aux Parisiennes de recoller à un point de Montpellier, mais à 6 de Juvisy et de la place en Coupe d’Europe qui sera sans doute difficile à aller chercher. Cela passera de toute façon par une victoire contre Juvisy dimanche prochain, pour confirmer la qualification en Coupe de France.
La semaine dernière, Saint-Étienne et Vendenheim avaient profité d’être déjà éliminées de la Coupe de France pour s’affronter en match en retard et faire match nul 0-0.
Les Fédinoises recevaient Guingamp ce dimanche pour l’opposition entre Aurélie Mula et Julie Morel, peut-être les deux meilleures joueuses de la saison hors quatuor de tête. Vendenheim l’a emporté 2-0 ce qui lui permet de passer devant son adversaire du jour.
Saint-Étienne qui vise la cinquième place à défaut de la quatrième se déplaçait à Hénin-Beaumont qui semble avoir remis son jeu dans le bon sens et qui remonte peu à peu jusqu’à la surface.
Ce retour coïncide avec celui de Pauline Crammer qui a mis une demi-saison à digérer le fait de ne pas quitter Hénin-Beaumont. Ce n’est donc pas étonnant si c’est la jeune internationale qui a marqué l’unique but du match.
Avec cette victoire, Hénin-Beaumont reste relégable mais revient à 5 points des Vertes qui sont 5e. Le ventre mou est en effet maintenant constituées de 6 équipes étagées d’un point en un point de la 5e à la 10e place. Mais comme cette dernière place appartient à la zone rouge, cette victoire d’Hénin-Beaumont transforme d’un seul coup le ventre mou en gigantesque lutte pour le maintien qui concerne la moitié du plateau.
Outre les quatre équipes de têtes, on peut en effet considérer que le maintien ne concerne plus Muret ni Soyaux.
Les Haut-garonnaises, on l’a vu, ont perdu contre Lyon et se retrouvent à 13 points du maintien avec 6 matchs à jouer. Il leur faudrait au moins 5 victoires pour recoller, ce qui semble improbable pour une équipe qui n’en a obtenu qu’une, lors de la deuxième journée.
L’adversaire s’appelait alors Soyaux qui semble également condamnée aujourd’hui. Les Sojaldiciennes se déplaçaient à Rodez, équipe située juste au dessus de la zone rouge et à portée d’Hénin-Beaumont. Les Ruthénoises ont fait la différence en deuxième mi-temps et l’ont emporté 2-0 ce qui leur permet de se placer comme nombril du ventre mou.
Pour Soyaux, l’arithmétique est quasiment la même que pour Muret, à un point près, et deux victoires au lieu d’une (le match retour contre Muret et une victoire contre Hénin-Beaumont alors en perdition). Et l’équipe charentaise devra faire son quasi sans faute en jouant contre Lyon, Juvisy et Montpellier.
Bref, le pari engagé au mercato en même temps que trois joueuses semble déjà perdu. D’ailleurs la gardienne Rebecca Spencer est repartie à Arsenal après seulement 4 matchs, pour raisons familiales. Mais c’est sans doute aussi bien pour le club de Soyaux qui aura besoin de toutes les économies possibles pour la suite de son histoire.
La semaine prochaine, la 18e journée sera bien sûr dominée par le choc PSG-Juvisy (dimanche 25 mars à 19h15 en direct sur Eurosport) mais on suivra avec attention le match entre Guingamp et Hénin-Beaumont qui pourrait pousser les Bretonnes dans la zone rouge en cas de défaite. Et entre temps, Lyon se sera qualifié pour sa cinquième demi-finale de Coupe d’Europe de suite où elle rencontrera sa meilleure ennemie de Potsdam.
La France a remporté le tournoi de Chypre1 à l’issue de deux matchs particulièrement aboutis contre l’Angleterre et le Canada. Tout le monde se projette déjà sur le JO sauf Bruno Bini qui rappelle qu’il y a avant des matchs éliminatoires contre l’Écosse et le Pays de Galles.
Traditionnellement, la fin du mois de février (et le début de celui de mars) est consacrée aux sélections nationales dans le football féminin. Il s’agit sans doute d’une marque de la puissance traditionnel des nations nordiques, habituées à mettre le cap au sud pour préparer la reprise en début d’année, souvent dans la péninsule Ibérique.
Si la Manga en Espagne accueille un tournoi de sélections de jeunes, la région de l’Algarve au Portugal reçoit depuis 1994 un tournoi qui est considéré comme une mini Coupe du monde regroupant toutes les meilleures équipes du monde. Les États-Unis et la Norvège mènent le palmarès, accompagnées de la Suède, de la Chine et de l’Allemagne.
Le système est assez original : la compétition comprend trois poules de 4, mais seules les deux premières jouent pour la victoire finale. La troisième est une sorte de deuxième division qui permet à l’équipe locale de participer. Les vainqueurs des deux premières poules s’affrontent en finale, les seconds en match pour la troisième place.
Cette année, la troisième journée a offert deux « demi-finales » entre des équipes qui ont remporté leurs deux premiers matchs, avec la Suède et l’Allemagne d’un côté, victorieuses de la Chine et de l’Islande, et avec les États-Unis et le Japon de l’autre, victorieuses de la Norvège et du Danemark.
Le Japon a confirmé sa victoire en Coupe du monde en battant de nouveau les Etats-Unis qui ne joueront donc pas leur 10e finale de suite en Algarve ; tandis que l’Allemagne semble bien décider à faire payer à toutes les adversaires qui se présentent l’échec en Coupe du monde et l’absence aux JO. La Suède a donc encaissé un sévère 4-0.
Trois des quatre demi-finalistes de la dernière Coupe du monde étaient donc de la partie, il ne manquait que la France.
De 2003 à 2007, la France a bien participé à cette compétition en finissant toujours deuxième de sa poule, disputant donc la petite finale. Bruno Bini a même obtenu là sa première victoire de prestige, 1-0 contre l’Allemagne.

Mais après cette édition 2007 où la présence de la France avait été organisée avant sa nomination, la France n’a plus participé au tournoi de l’Algarve, ne rencontrant plus les meilleures équipes que dans les phases finales de compétition (pour autant de défaites contre l’Allemagne, les États-Unis ou la Suède).
Après une année de battement, les Bleues ont participé en 2009 puis depuis 2011 au tournoi de Chypre dont le plateau est nettement moins relevé, et où elles n’avaient pas obtenus vraiment de meilleurs résultats jusqu’à cette année.
Ce tournoi de Chypre est la réponse des fédérations anglaise, écossaise et néerlandaise à celui de l’Algarve où elles n’étaient pas invitées (ou pas dans les deux premières poules). Elles ont donc décidé d’organiser leur propre compétition sur le même format dans une île méditerranéenne garantissant une météo clémente pour un stage de reprise (sauf cette année où le tournoi a débuté sous la neige). L’Angleterre a remporté l’édition 2009 contre le Canada qui avait remporté les trois autres éditions.

L’impact de la Coupe du monde se fait vraiment sentir lors de cette édition pour l’équipe de France : le fait d’avoir battu cet été les deux anciennes vainqueurs (4-0 contre le Canada en phase de poules et 1-1 puis tirs aux buts en quarts de finales contre l’Angleterre) a sans doute modifié l’image que les Bleues ont d’elles mêmes, et le regard que les autres leur portent. Et forte de cette confiance nouvelle, les Françaises ont semblé décidées à aller chercher un premier titre, fut-il officieux.
Pour cela, il fallait d’abord battre la Suisse de Lara Dickenmann, écartée 3-0 sans trop de problème. Puis vaincre une équipe finlandaise accrocheuse malgré un renouvellement de génération. Les Bleues ont eu nettement plus de difficulté encore qu’on pourrait considérer qu’elles ont géré : après un but d’Eugénie Le Sommer à la demi-heure de jeu, elles ont encaissé un but en contre en deuxième mi-temps mais n’ont pas tardé à reprendre l’avantage grâce à une tête de Wendie Renard.
Il ne leur restait plus qu’à confirmer contre l’Angleterre pour se qualifier pour la finale : un nul suffisait grâce à une meilleure différence de buts. Mais les Bleues ont livré une démonstration. Comme lors du quart de finale de la Coupe du monde, elles ont nettement fait tout le jeu, mais au contraire de ce précédent, elles n’ont pas laissé le réalisme à leurs adversaires. Louisa Necib a ouvert le score dès la 11e minute, laissant les Anglaises courir après le score autant qu’après le ballon.
Puis après avoir géré un temps faible en fin de première mi-temps, elles ont accéléré à la reprise pour doubler le score par Marie-Laure Delie, et fini par conclure sur un but de Gaëtane Thiney.

Photo : Thibault Simonnet pour footofeminin.fr
L’Angleterre n’est pas l’épouvantail qu’on a parfois cherché à nous vendre, mais il ne s’agit pas d’un faire valoir comme les adversaires des éliminatoires de l’Euro et cette victoire 3-0 est particulièrement probante.
Refaisant le parcours de la Coupe du monde à l’envers, les Bleues affrontaient ensuite le Canada, battu 4-0 cet été lors d’un match certainement autant fondateur que celui contre l’Angleterre. Face à une équipe canadienne plus solide que les Anglaises, l’équipe de France a posé sa domination en milieu de terrain avant de marquer sur une récupération de balle dans les pieds de la défense puis sur un pénalty de Louisa Necib.
Nettement dominatrice tout au long du tournoi, la France remportait ainsi son premier titre, dans un tournoi certes amical.
Comme dirait Camille Abily, « ça fait plaisir et c’est de bon augure pour la suite », c’est à dire pour les qualifications de l’Euro et surtout pour les JO qui sont bien entendu dans toutes les têtes. Le sélectionneur a fort à faire pour rappeler à ses joueurs et à l’environnement de l’équipe de France qu’il y a deux matchs de qualifications à jouer avant Londres, contre l’Écosse et le Pays de Galles. Cependant, on voit mal ces Bleues perdre des points lors de ces deux matchs.
On peut tirer des enseignements de ce tournoi et on ne va pas se gêner pour le faire : 20 joueuses ont été appelées, il est permis de penser que c’est dans cette liste qu’il faudra chercher les 18 qui iront à Londres. Autant dire que Sabrina Viguier, Caroline Pizzala, Sandrine Brétigny voire Laure Lepailleur et Bérangère Sapowicz (toutes deux écartées des listes sur des blessures) ne devraient pas enchaîner la Coupe du monde et les JO.
Dans la mesure où Bruno Bini n’a procédé qu’à un seul changement entre chaque match de poule (contrairement par exemple à Hope Powell la coach anglaise qui a changé 8 joueuses entre les matchs contre la Suisse et la France) et aucun pour la finale, on pourrait penser qu’une équipe type se dégage. Symptomatiquement, les changements n’ont concerné que la défense centrale, poursuivant un taux de rotation élevé déjà constaté lors de la Coupe du monde.
Cependant deux éléments laissent planer une certaine incertitude. D’abord parce que le changement entre les deux derniers matchs a été le remplacement de Laura Georges par Marie-Laure Delie, ce qui a entraîné le replacement de près de la moitié de l’équipe. Ensuite parce que les Bleues ont pour l’instant joué sans leur capitaine Sandrine Soubeyrand, blessée mais qui semble rester titulaires dans l’esprit du sélectionneur.
Les mauvaises langues diront qu’il ne faut pas chercher plus loin les bonnes prestations des Bleues. Sans aller aussi loin, on pourra au moins constater que l’absence simultanée de Sandrine Soubeyrand et d’Amandine Henry permet à Bruno Bini de résoudre en partie l’épineux problème de faire jouer ensemble Élise Bussaglia, Camille Abily, Louisa Necib et Gaëtane Thiney, sans avoir besoin de les placer dans des positions trop éloignées de leur meilleur place (on ne dira pas « de leur poste en club » puisque les deux Lyonnaises posent le même problème à Patrice Lair).
Camile Abily et Élise Bussaglia associées à la récupération et à la relance, Louisa Necib en meneuse de jeu, les joueuses anglaises et canadiennes doivent encore se demander comment faire pour contrer ce milieu. Et encore Gaëtane Thiney a semblé dans une petite forme (ce qui ne l’a pas empêché d’être régulièrement décisive avec deux buts et une passe décisive).
Quoi que prometteuse, cette organisation n’était peut-être que de circonstance : contre la Finlande, c’est Corine Franco qui accompagnait Élise Bussaglia, Camille Abily étant déportée sur la droite où elle remplaçait Eugénie Le Sommer promue avant-centre à la place de Marie-Laure Delie laissée au repos.

La meilleure joueuses française 2009 et actuelle meilleure buteuse et meilleure passeuse du championnat semble d’ailleurs définitivement installée comme titulaire chez les Bleues. Et c’est finalement dans ce secteur de jeu que les choses semblent le mieux établiés : Marie-Laure Delie en pointe, Eugénie Le Sommer d’un côté et Gaëtane Thiney de l’autre. Élodie Thomis dont la ressemblance avec Théo Walcott devient chaque jour plus frappante trouve un rôle de contre attaquante en fin de match, et les autres attaquantes éventuelles n’ont que des miettes. La seule présente à Chypre est Marina Makanza qui en tant que dernière arrivée pourrait être la première éliminée de la liste.
En défense, un seul poste est verrouillé : celui de gauche occupé par Sonia Bompastor, sans doute la meilleure spécialiste dans le monde (même si elle se préfère au milieu). Les trois autres places ne sont pas encore attribuées et sont disputées à quatre, puisque Kelly Gadea et Laure Boulleau ne semblent pas encore avoir bousculé la hiérarchie. Wendie Renard a profité de sa polyvalence pour jouer tous les matchs. Ses prestations semblent devoir en faire une titulaire indiscutable dans l’axe ou à droite où l’équipe de France ne possède pas de vraie spécialiste, la place étant maudite et propice aux blessures de longue durée1.
Toutefois la place est actuellement occupée par Corine Franco, qui joue également à ce poste à Lyon même si ce n’est pas sa préférence, et qui fait partie des joueuses de confiance de Bruno Bini.
C’est donc le deuxième poste dans l’axe qui semble le plus ouvert même si Ophélie Meilleroux a une longueur d’avance sur Laura Georges
Enfin, le retour de Sarah Bouhaddi semble clore la question de la gardienne titulaire, mais la question de la remplaçante est double : qui est la doublure ? et faut-il emmener deux ou trois gardiennes aux JO ?
Les deux présentes, Céline Deville et Laetitia Philippe pourraient jouer les doublures, mais il ne faut pas oublier Bérangère Sapowicz écartée pour l’instant sur blessure dont on ne sait pas si la confiance que lui vouait Bruno Bini a été écornée par la Coupe du monde.
Sur le plan du jeu, cette compétition (et le match précédent contre les Pays-Bas) semble marquer une inflexion dans le jeu de l’équipe de France : certes les Bleues conservent la majorité de la possession de balle, mais elles jouent beaucoup moins haut et se projettent beaucoup plus vite en attaque quasiment en contre. C’est peut-être cela qui leur permet d’être beaucoup plus efficace tant devant où le ratio but/occasion s’est élevé que derrière où elles n’ont encaissé qu’un seul but et n’ont pas beaucoup été mises en danger.
Toutefois, le fait de disposer de joueuses comme Marie-Laure Delie ou Eugénie Le Sommer devant, et de Sarah Bouhaddi derrière permet aussi d’améliorer nettement l’efficacité, surtout quand cette dernière est protégée par un duo de récupératrice Camille Abily-Élise Bussaglia aussi dominateur et une Wendie Renard aussi impressionnante.
La France ne devient pas pour autant « favorite des Jeux » comme le propose un peu hâtivement l’Équipe, mais elle pourra défendre ses chances.
Premier match de l’année pour l’équipe de France contre un adversaire qui ne lui réussit guère. Courte victoire dans un match dans l’ensemble plutôt maîtrisé. La liste pour les JO semble se dessiner.
Il paraît que les Pays-Bas sont l’adversaire que les Bleues ont le plus rencontré dans leur histoire (24 fois). Il est certain qu’il s’agit de l’adversaire le plus marquant des dernières années avec l’Angleterre, venant régulièrement doucher les espoirs bleus.
Les Néerlandaises ne sont pourtant pas des épouvantails, classées entre la 15e et la 20e place mondiale, et au delà la de la 8e place en Europe, ne participant à l’Euro que depuis son élargissement à 12 équipes.
Mais il s’agit sans doute de l’adversaire le plus emblématique de l’actuel sélectionneur : en 2005, la France entame sa campagne de qualifications pour la Coupe du monde 2007 en Chine par une défaite contre les Pays-Bas par une froide après-midi angevine. Les Bleues ne rattraperont jamais ces points perdus et l’élimination coûtera sa place à Élisabeth Loisel, remplacée par Bruno Bini.
Trois ans (et deux victoires contre les néerlandaises) plus tard, les Oranges viennent s’imposer 2-0 à Compiègne et mettent le doigt sur les faiblesses de l’équipe de France à quelques mois de l’Euro, où les deux équipes se retrouvent en quart de finales. Les Bleues dominent l’ensemble du match mais ne parviennent pas à marquer et s’inclinent aux tirs aux buts.
La dernière rencontre entre les deux équipes a eu lieu au dernier tournoi de Chypre et avait vu la victoire des Pays-Bas 2-1.
Comme dans la plupart de leurs matchs, les Bleues ont assez largement dominé les débats en étant nettement supérieures sur le plan technique et en rivalisant sur le plan physique. Toutefois, face à une équipe nettement supérieure aux adversaires rencontrés depuis la Coupe du monde, il n’était pas possible de se contenter de gérer en attendant que ça finisse par passer.
La première mi-temps a d’ailleurs semblé confirmer le mauvais karma des Bleues faces aux Oranges, Eugénie Le Sommer par deux fois, Louisa Necib et Gaëtane Thiney manquant des occasions qualifiées d’immanquables. Et pour couronner le tout, la dernière occasion de la mi-temps était un coup franc que Sherida Sptitse envoyait dans la lucarne de Sarah Bouhaddi.
À la mi-temps, Bruno Bini ne changeait rien et incitait ses joueuses à continuer dans la même voie, qui était assez vite récompensée sur un corner cafouillé et repris de près par Eugénie Le Sommer. Puis Marie-Laure Delie confirmait ses statistiques (30 buts en 32 sélections désormais) en donnant l’avantage à la France sur une frappe enroulée dans la lucarne. Et pourtant, elle n’avait pas eu beaucoup de bons ballons à jouer (d’ailleurs on peut difficilement considérer que ce ballon là était bon quand elle l’a reçu).
La fin de match était brouillonne comme souvent dans ce genre de match amical qui finit en une succession de changements et de réorganisation d’équipes. Mais l’essentiel était acquis pour l’équipes de France : un match sérieux et une victoire.
Le prochaine rendez vous de l’équipe de France est à Chypre début mars pour le désormais traditionnel tournoi alternatif à l’Algarve Cup. La liste des joueuses qui participeront à la compétition est déjà connue, c’est la même que pour ce match, avec le retour de Laetitia Philippe et l’arrivée de Marina Makanza (attaquante de Fribourg en championnat allemand) pour arriver à 20.
Mais au-delà de Chypre et même des matchs qualificatifs pour l’Euro qui ne poseront pas de problème, les yeux sont bien entendus rivés sur l’horizon londonien. La différence avec la Coupe du monde est que la liste ne comptera que 18 noms, soit autant que celle du match amical du jour.
À six mois de l’échéance, il est peu probable que Bruno Bini ne se décide brusquement à chambouler son équipe qui devrait donc ressembler d’assez près à la liste actuelle.
La surprise de la sélection est venue du retour de Sarah Bouhaddi. Ce n’est un secret pour personne que ce n’était pas son niveau de jeu qui avait causé son absence depuis un an. Mais soit que ses concurrentes n’aient pas convaincu, soit qu’elle ait convaincu de son adhésion au projet de vie (et sans doute un peu des deux), elle est de retour et directement titulaire, ce qui est sans doute un bon point pour l’équipe de France.
Cela montre qu’il ne faut sans doute pas se fier au discours de façade sur la hiérarchie des critères de sélection entre le projet de vie et le niveau sportif, ainsi sans doute que sur les résultats. Le sélectionneur soigne sa communication et n’est sans doute pas dupe de la réalité des résultats de ses Bleues. D’ailleurs on ne va pas lui reprocher de remporter ses matchs faciles.
La quinzaine de joueuses qui ont conservé leur place depuis la Coupe du monde n’a sans doute pas de souci à se faire pour la sélection des JO, ce qui ne laisse plus beaucoup de place pour les autres. Celles qui comme Caroline Pizzala, Bérangère Sapowicz ou Sabrina Viguier ont perdu leur place auront sans doute du mal à refaire leur retard, tout comme Amandine Henry dont la situation semble plus critique que celle de Sarah Bouhaddi.
Le tournoi de Chypre sera donc sans doute décisif pour des joueuses comme Kelly Gadea, Camille Catala ou Marina Makanza qui ne sont pas encore installées dans l’équipe et qui devront gagner leur place.
Profitons de la neige qui a provoqué le report de l’ensemble des matchs de la 17e journée (et d’une bonne partie de ceux de la 16e) pour faire un point sur les effectifs après une demi-saison et un mercato hivernal particulièrement actif.
Pendant que Juvisy a laissé la tête à Lyon en concédant le nul à Montpellier, puis l’a reprise suite au report du match de l’OL à Muret, le premier mois de l’année a été marqué par la fin de la période de recrutement.
Le championnat féminin étant régi par les règlements de la FFF concernant le football amateur, il n’y a pas réellement de « mercato d’hiver » mais les transferts sont autorisés du 1er juin au 31 janvier et les clubs ont profité des enseignements de la première moitié de saison pour ajuster leurs effectifs en janvier.
Cette forte activité et le grand nombre de contrats fédéraux signés devrait d’ailleurs marquer la fin de ce règlement sur les transferts qui n’est pas conforme à celui de la Fifa concernant les championnats professionnels. Ce point avait déjà fait l’objet de divergence d’interprétation entre la commission de discipline de l’UEFA et sa commission d’appel au sujet du transfert de Christine Nielsen et Isabell Herlovsehn à l’OL en 2010. Finalement le TAS avait tranché en faveur de l’OL jugeant le championnat de France était bien un championnat amateur qui pouvait appliquer les règles Fifa sur les championnats amateurs. Maintenant que les contrats fédéraux se multiplient dans les autres clubs, cette qualification ne pourra sans doute pas durer.
La suspension du WPS pour la saison 2012 est intervenue trop tardivement pour permettre aux clubs français d’aller puiser dans le vivier américain (même s’il semble que c’est ce qui permettra au PSG de conserver Alexandra Long), mais Rodez a profité de la faillite de Santos pour recruter une joueuse brésilienne.
[en gras dans les équipes types, les joueuses titulaires lors des 12 premières journées.]

21 joueuses utilisées
Audrey Malet – Anaig Butel, Gwenaëlle Butel, Nelly Guilbert, Émilie Trimoreau, - Sandrine Soubeyrand, Amélie Coquet, Inès Dhaou – Gaëtane Thiney, Laetitia Tonazzi, Julie Machart
Malgré les 21 joueuses utilisées, l’ossature est particulièrement stable avec 7 joueuses qui ont été titulaires à tous les matchs, Laetitia Tonazzi n’a manqué qu’un match et demi suite à son transfert manqué et la gardienne Audrey Malet a été systématiquement titulaire jusqu’à sa blessure au genou qui lui a fait manquer les trois dernières journées. Si l’on ajoute à la liste Inès Dhaou qui a participé à tous les matchs mais avec trois entrées en jeu, on a une équipe type de 10 joueuses indéboulonnables, qui permettent de penser que la bonne première partie de saison de Juvisy tient aussi au fait d’avoir pu échapper aux blessures. Encore que si la 11e joueuse de l’équipe type est si difficile à déterminer (aucune autre à plus de 6 titularisations), c’est peut-être aussi parce que Julie Machart s’est blessée en octobre et qu’elle commence seulement à revenir.
C’est sans doute pour compenser la relative étroitesse de l’effectif que Juvisy est allé chercher l’internationale belge Janice Cayman, vue lors des matchs amicaux du mois d’août et qui arrive du championnat universitaire américain. Avec le retour de Julie Machart, cette arrivée devrait donner un peu de variété à l’attaque juvisienne qui semble un peu en peine après un début de saison tonitruant.
20 joueuses utilisées
Sarah Bouhaddi – Sonia Bompastor, Wendie Renard, Laura Georges (Sabrina Viguier), Corine Franco (Aurélie Kaci) – Amandine Henry (Rosana), Shirley Cruz (Louisa Necib), Camille Abily – Eugénie Le Sommer, Lotta Schelin, Lara Dickenmann (Élodie Thomis)
Dans un effectif bardé d’internationales, pas facile de dégager une équipe type. Toutefois, on peut dégager un axe Sarah Bouhaddi-Sonia Bompastor-Wendie Renard-Amandine Henry-Camille Abily-Lotta Schelin (un match manqué au maximum plus une seule entrée en cours de jeu), particulièrement compétitif. En ajoutant devant Louisa Necib, Eugénie Le Sommer et Élodie Thomis, présentes à tous les matchs ou presque et alternant titularisation et entrées en jeu, on le voit, l’OL est armé et son banc aussi.
Du coup l’arrivée de la japonaise Ami Otaki peut susciter les interrogations, surtout qu’elle a été annoncée dans la même interview où Jean-Michel Aulas évoque également le transfert du défenseur émirati Hamdan Al Kamali (qui n’avait pas vraiment convaincu le staff lyonnais et qui viendrait pour « finir sa formation à Lyon ») et précise qu’il s’agit « d’ouvrir la porte de l’Olympique Lyonnais au Japon et aux Émirats »1.
Nonobstant, Ami Otaki est retenue en stage avec l’équipe japonaise championne du monde, ce qui indique qu’elle n’est sans doute pas seulement un coup marketing. Elle pourrait pallier l’échec de la venue de Laetitia Tonazzi et le départ probable de Sandrine Brétigny en fin de saison.
26 joueuses utilisées
Laetitia Philippe – Marion Torrent, Kelly Gadea, Ophélie Meilleroux, Aya Sameshima – Rumi Utsugi, Charlotte Bilbault, Marine Pervier, Ludivine Diguelman – Hodda Lattaf, Marie-Laure Delie (Viviane Asseyi)
Les 26 joueuses montpelliéraines utilisées se répartissent de façon assez équitable entre les joueuses de l’équipe type et un banc très dispersé avec 11 joueuses à moins de 270 minutes (soit moins de 3 matchs).
En dehors de Marie-Laure Delie un peu ménagée, l’ossature d’internationales a été fidèle au poste, entre l’ancienne Hoda Lattaf et la nouvelle Kelly Gadéa, en passant par Ophélie Meilleroux, Laetitia Philippe et les championnes du monde japonaises Aya Sameshima et Rumi Utsugi.
On peut imaginer que les retours de Melissa Plaza et d’Élodie Ramos ainsi que l’éclosion de Claire Lavogez devraient permettre à l’entraîneur Sarah M’Barek d’avoir un banc plus proche de ses titulaires.
20 joueuses utilisées
Véronique Pons – Laure Boulleau, Laure Lepailleur (Delphine Blanc), Sabrina Delannoy, Julie Soyer (Nonna Debonne) – Élise Bussaglia, Caroline Pizzala, Jessica Houara, Kenza Dali (Nora Coton-Pélagie) - Alexandra Long, Ella Masar
Entre les blessures de longue durée (Bérangère Sapowicz, Léa Rubio, Laure Lepailleur voire Élise Bussaglia) et les arrivées en cours de saison de deux joueuses américaines (Ella Masar et Alexandra Long), le PSG a presque connu deux équipes type en une demi-saison.
Avec 16 joueuses (dont 12 internationales) ayant un temps de jeu conséquent (plus Bérangère Sapowicz de retour), le PSG sans doute l’équipe avec l’effectif le plus riche derrière Lyon. Il peut sans doute se mordre les doigts d’avoir laissé partir le duo Juvisy-Lyon qui sera difficile à rattraper.

18 joueuses utilisées
Méline Gérard – Charlotte Gauvin (Charlotte Lorgeré), Ophélie Brevet, Astrid Chazal, Amandine Soulard - Caroline La Villa (Amélie Barbetta), Aude Moreau, Kheira Hamraoui (Laury Jesus), Camille Catala – Rose Lavaud, Sarah Palacin
Saint-Étienne a connu un mercato particulier puisqu’il n’a été marqué que par le départ surprise de Caroline La Villa pourtant arrivée en début de saison et grand espoir du club, pour Monteux en D2.
Cela n’est pas une bonne nouvelle pour un effectif très limité en nombre : derrière le onze type, si le départ de Caroline La Villa et la blessure de Charlotte Gauvin ont permis respectivement à Amélie Barbetta et Charlotte Lorgeré de se faire une place, les possibilités de rotation ont été peu nombreuses même si Morgane Courteille et Ludivine Coulomb ont profité de la nouvelle année pour se faire une place en défense. Mais comme il s’agissait des matchs contre Lyon et Juvisy, l’équipe a semblé avoir une vocation nettement plus défensive et ces entrées dans l’équipe type demandent donc confirmation dans des matchs contres des adversaires moins huppés.
20 joueuses utilisées
Emmeline Mainguy – Griedge Mbock Bathy Nka (Charline Lemaire), Marion Boishardy, Audrey Février, Floriane Hellio (Saïda Akherraze) – Sophie Rissoan, Salma Amani, Ellie Hamon – Alexandra Banner, Julie Morel , Michèle Ngono Mani
Guingamp n’a connu qu’un mercato d’ajustement (départ de la gardienne remplaçante Violaine Grave et arrivée de l’attaquante Amandine Audureau en provenance de Tours en DH). Mais il faut dire que les nouveaux riches guingampais avaient déjà profité à fond de leur nouvelle attractivité.
Outre Emmeline Mainguy arrivée en début de saison, Guingamp a recruté en cours de saison Saïda Akherraze (sans club après avoir été laissée libre par Lyon), Michèle Ngono Mani (en provenance de Monteux en D2, mais ancienne pensionnaire de D1 avec Saint-Étienne et Soyaux et internationale camerounaise), Leslie Sychareunh (de retour de Rennes) et Jessica Remmes (joueuse américaine passée par Montpellier sans jouer).
Les deux premières sont titulaires depuis leur arrivée, et les autres n’en sont pas loin, ce qui remodèle sérieusement équipe type déjà difficile à établir en raison des permutations entre les joueuses.
Guingamp qui compte également dans ses rangs la prometteuse Griedge Mbock Bathy (16 ans) et Julie Morel, leader du grotesque challenge de la FFF (mais elle-même pas grotesque du tout) semble non seulement armé pour abandonner la lutte pour le maintien au souvenir de l’époque briochine et pour disputer à Saint-Étienne la 5e place, mais aussi pour se mêler l’an prochain à la lutte avec les quatre premiers.
17 joueuses utilisées
Thais Da Silva –Faustine Roux, Alexia Trévisan, Stéphanie Maître (Candice Pognat), Charlène Gorce – Coralie Belin, Sarah Chalabi, Tatiana Solanet, Julie Berger (Caroline Dolo) – Cynthia Gueheo-Djetou (Anne Sirot), Anaïs Ribeyra
Yzeure tourne depuis le début de saison avec un effectif limité mais 16 joueuses ont été sur presque toutes les feuilles de matchs, ce qui est le signe d’une grande stabilité.
Pour élargir un peu le groupe, les Auvergnates pourront compter sur le retour du Brésil d’Émilie Gonssolin et la reprise d’Aurélie Maître. S’il n’y a pas trop de blessures, ça devrait suffire surtout qu’Yzeure a un calendrier relativement léger d’ici la fin de saison avec un seul match en retard, plus de Coupe de France et peu d’internationales.
19 joueuses utilisées
Delphine Soret – Laure Anstett, Kadidia Diawara (Noémie Freckhaus), Jennifer Meyer, Noémie Sturm–Sabrina Klugherz, Cynthia Duteil, Leila Meflah (Jeanne Haag) – Leila Boumrar, Aurélie Mula, Johanna Schwartz
Avec 13 joueuses ayant un temps de jeu conséquent durant la première moitié de la saison, l’équipe alsacienne a vraiment tourné avec une équipe type réduite. La talentueuse attaquante internationale algérienne Naima Bouhani Benziane est arrivé au mercato pour compenser le départ de Laura Ey, et l’éclosion d’Alexandra Atamaniuk (16 ans) devrait compenser celui de Leila Meflah (pour Rueil-Malmaison en PH).
La gardienne Loanne Schneider est arrivée en provenance de Bischheim (D2) pour servir de doublure à Delphine Soret qui n’en avait pas jusque là. Habile inspiration des dirigeants de fédinois puisque la titulaire est blessée depuis le premier match de l’année contre Juvsiy (alors qu’elle avait déjà manqué le match aller, remplacée à ce moment là par l’habituelle latérale Noémie Sturm).
17 joueuses utilisées
Karima Benameur (Amélie Fabries) – Laura Agard (Alexia Pascal), Séverine Cabec, Anne-Sophie Ginestet, Manon Guitard – Zohra Ayachi, Agathe Calvié, Audrey Cugat, Marine Chavaroche (Sabbah Meftah Saoues) – Sabine Stoller, Flavie Lemaître (Marine Augis)
Rodez est sans doute l’équipe (hormis Lyon) où le temps de jeu a été le mieux partagé. Cela concerne même la gardienne et seule internationale A du club Karima Benameur.
L’effectif est expérimenté avec des joueuses habituées à la D1 avec Toulouse et Montpellier. L’allemande Sabine Stoller est retournée à Hoffenheim (D2 allemande) après six mois convaincants mais elle est remplacée par la Brésilienne Nathalia Correira Ribeiro en provenance de Santos.

22 joueuses utilisées
Claire Jacob (Céline Musin) – Charlotte Blanchard, Rigoberte M’Bah (Charlotte Landrieux), Gwendoline Rossi, Gwenaëlle Devleesschauwer (Marine Dafeur) – Aurélie Desmaretz, Marie Schepers, Léa Declercq (PaulineMartin), Rachel Saïdi,– Estelle Ancemot, Pauline Cousin
Le mauvais départ (6 défaites de la 2e à la 7e journée, 0 but marqué, 38 encaissés) a eu raison de l’idée d’une équipe type à Hénin-Beaumont. Les velléités de départ de Claire Lavogez (partie à Montpellier fin octobre) et de Pauline Crammer (restée et de retour aux affaires en 2012) voire « l’affaire » Rigoberte M’Bah2 expliquent sans doute en partie le début de saison chaotique du club nordiste.
Les départs d’Hélène Delebarre pour Zulte-Waregem et de Tiffany Monsauret pour Templemars-Vendeville sont anecdotiques puisqu’il ne s’agissait pas de joueuses très utilisées.
Contrairement aux autres équipes de la zone rouge, le renouveau est recherché en interne, sans doute parce qu’au moment de la trêve, Hénin-Beaumont avait déjà redressé la barre, même si le maintien est encore loin.
La gardienne Claire Jacob et l’attaquante Pauline Cousin (voire Rigoberte M’Bah revenue une journée plus tôt) symbolisent ce renouveau puisque leur entrée dans l’équipe a coïncidé avec la première victoire contre Guingamp, et plus généralement avec le redressement de l’équipe. Toutefois, Céline Musin a repris sa place dans le but héninois au début de l’année.
21 joueuses utilisées
Marine Lafon – Justine Deschamps (Coralie Jeanneteau), Siga Tandia, Jennifer Maier, Marie Aurelle Awona – Marina Pascaud, Jennifer Marchadié, Anaïs Dumont, Anaïs Bounouar (Gladys Boilard) – Eva Sumo, Candie Herbert
Soyaux est l’équipe qui a été le plus active lors du mercato, recrutant trois internationales anglo-saxonnes, au risque de mettre en péril le club en cas d’échec de l’opération maintien (voir l’épisode précédent). Les trois défaites concédées depuis le début de l’année sont à ce titre très préoccupantes, surtout celles à domicile contre Hénin-Beaumont et Vendenheim, des adversaires directs.
Malgré les mauvais résultats, les compositions ont été d’une remarquable régularité, ce qui confirme le discours tenu au moment de l’arrivée des trois recrues : l’effectif manque de profondeur pour offrir à Corinne Diacre des possibilité de changements.
20 joueuses utilisées
Marine Fromantin – Julie Simon, Laura Asensio, Aïvi Mitchai, Pauline Exposito – Céline Escoubeyron, Sarah Hamraoui (Céline Faure), Audrey Monicolle, Julia Dany – Fanny Tenret, Anne Trévisan
Dans la même situation que l’autre promu Soyaux, Muret cherche également l’étincelle à l’extérieur de son effectif. Mais les voies choisies ne sont pas les mêmes : entre les championnats étrangers et les divisions inférieures (étant donné que le recrutement de joueuses ayant joué cette saison en D1 est impossible), le club haut-garonnais choisi la deuxième solution. Aurore Gastal est arrivée de Sainte-Christie (DH) et Nisrine Daoudi de Toulouse (D2), et il y a eu un grand chambardement des gardiennes : la titulaire Marine Fromantin est partie à Leguevin (PH), remplacée par Violaine Grave, qui ne vient pas tout à fait de division inférieure puisqu’elle était la doublure d’Emmeline Mainguy à Guingamp (et qu’elle était titulaire à Saint-Brieuc les saisons précédentes). Un peu plus tôt dans la saison, Muret avait également engagé la gardienne d’Arpajon (D2) Hassay Benezati comme doublure. Mais lors la suspension qui allait coûter sa place à Marine Fromantin, c’est plutôt une joueuse de champ, Chloé Ys, qui a occupé la place dans les buts muretains.
Ces ajustements ne semble pas devoir changer radicalement la situation puisqu’en dehors de Violaine Grave, les autres n’ont pas pris la place des titulaires.
L’effectif muretain reste donc très limité en nombre puisqu’en dehors des gardiennes, 14 joueuses seulement ont été titularisées lors de la première partie de saison (dont 11 seulement plus de deux fois).
La solution pourrait bien venir du trio d’attaque malgré le faible total de 11 buts marqués jusque là : Julia Dany a été internationale quand elle jouait à Toulouse puis à Juvisy, Anne Trévisan a été convoquée par Bruno Bini qui cherchait l’avant centre des Bleues en 2009 lors d’un rassemblement A et A’, alors qu’elle venait de monter en D2 avec Muret, et Fanny Tenret flambait à la même époque à Saint-Étienne puis Toulouse après sa formation à Montpellier.
Lyon bat Montpellier et reste en embuscade derrière Juvisy. Mais l’événement le plus important de cette journée de reprise pourrait bien s’être déroulé en Charente.
Bien sûr, le match au sommet de la 13e journée se déroulait à la Plaine des Jeux de Gerland et opposait Lyon (2e) à Montpellier (3e). Face au rythme effréné de Juvisy, l’équipe perdante risquait de se trouver en difficulté dans la course au titre. Les Lyonnaise ont eu le brin de réussite qui leur a manqué lors des matchs aller, et un but de Rosana en tout début de match leur a permis de s’imposer.
Juvisy l’a emporté assez largement (5-2) face à une équipe d’Hénin-Beaumont qui semble malgré tout mieux partie qu’il y a trois mois. Laetitia Tonazzi a doublé son total de but en inscrivant un triplé ce qui rappelle que Juvisy est actuellement en tête sans avoir vraiment pu compter sur sa buteuse. Ce qui peut lui laisser de grands espoirs pour la suite de la saison.
Le PSG a battu Muret 3-0 avec des buts d’Ella Masar, de Nora Coton-Pélagie et de Jessica Houara. Ce score permet aux Parisiennes de ne pas décrocher plus du duo de tête.
Enfin, tandis que le match Rodez-Guingamp était remis, Saint-Etienne n’a pas pu suivre le rythme du quatuor de tête en s’inclinant finalement 4-2 à Yzeure. Les Auvergnates confirment qu’elles se feront moins de frayeurs cette saison.
Mais l’événement marquant a donc eu lieu à Soyaux qui a perdu 2-1 contre Vendenheim. En soi, ce n’est pas un résultat très étonnant : les filles de Corinne Diacre n’ont remporté que deux matchs cette saison et ont perdu tous leurs matchs à domicile.
Mais ce résultat intervient après une trêve qui a été agitée à Soyaux : devant les manques constatés et la blessure de longue durée de la gardienne Marine Lafon, le club a décidé de casser sa tirelire et de recruter.
Depuis l’échec du recrutement de Laetitia Tonazzi par Lyon (et la réussite par Montpellier de celui de Claire Lavogez qui avait eu la présence d’esprit de ne pas jouer avec Hénin-Beaumont), on sait qu’un club de D1 ne peut pas recruter de joueuse ayant déjà joué en D1. Il faut donc se tourner soit vers la D2 soit vers l’étranger.
La première solution a été mise à profit par Guingamp pour recruter la buteuse camerounaise Michèle Ngono Mani. L’échec de négociations avec quelques joueuses a poussé Soyaux à se tourner vers la seconde solution, et pas dans la demi mesure.
La première recrue a été l’américaine Kathleen Smith, défenseuse qui jouait jusque là à Reykjavik. La seconde est Fiona O’Sullivan, avant centre de l’équipe d’Irlande qui avait fait forte impression malgré la défaite de sa sélection contre les Bleues en septembre dernier. Et la troisième est la gardienne remplaçante d’Arsenal Rebecca Spencer qui est également internationale anglaise des moins de 20 ans.

Photo : www.asjsoyauxcharente.com
Ce « mercato » en cours de saison n’est pas vraiment une première en D1 : cette saison, le PSG a recruté les Américaines Ella Masar et Alexandra Long et Lyon la Brésilienne Rosana. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’il s’agit de Soyaux, un club féminin qui n’est pas adossé à une structure professionnelle. Le risque est important : le club a dû « gratter les fonds de tiroir » selon les mots de son président Denis Bodi, pour pouvoir financer ces recrutements.
Certes la situation était critique, mais en cas d’échec et de retour en D2, c’est la survie même du club qui serait en jeu. Souhaitons que l’opération maintien réussisse pour éviter que le club de Corinne Diacre et Bernadette Constantin ne subisse le sort de celui de Marinette Pichon, Gaëtane Thiney et Élise Bussaglia : le club de Saint-Memmie a flirté plusieurs années avec la D2 et ne s’est pas remis de sa descente : après une première saison finie à la première place de son groupe et en position de montée après les barrages, le club a dû refuser la montée pour des raisons financières avant de vivre une saison en enfer en D2 (2 nuls et 20 défaites) puis de tomber en DH après la suppression de la D3.
Saint-Maur et Saint-Memmie sont en DH, Reims et Etroeungt n’existent plus, il serait dommage que Soyaux ne s’en tire pas.
Ce qui n’est évidemment pas du tout l’avis des joueuses de Muret, Hénin-Beaumont, Rodez ou Guingamp.
La semaine prochaine, Soyaux aura fort à faire pour se rattraper en jouant contre le PSG. Lyon jouera le derby contre Saint-Étienne mais on s’intéressera surtout à l’opposition entre Montpellier et Juvisy.
