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Direction Paris, via l’Angleterre

L’équipe de France de Corinne Diacre retrouve la compétition officielle avec la campagne de qualification pour l’Euro 2021 en Angleterre.

Pour l’instant, la sélection est dans la continuité de celle qui a disputé la Coupe du monde mais l’équipe va sans doute évoluer dans les deux ans à venir et plus encore d’ici les Jeux Olympiques 2024 qui auront lieu à domicile. La plupart des joueuses qui y participeront jouent déjà en D1 ou dans les sélections de jeunes

Après une reprise contre l’Espagne qui a servi à faire le deuil d’une coupe du monde au bilan indéchiffrable, l’équipe de France démarre une nouvelle aventure avec deux objectifs en ligne de mire. Le premier est bien sûr l’Euro 2021 en Angleterre pour lequel la qualification ne fait que peu de doute. Le second est plus lointain. Il s’agit des Jeux Olympiques de 2024 pour lesquelles les Bleues sont déjà qualifiées depuis que Paris en a obtenu l’organisation. Bien sûr il y aura une Coupe du monde entre temps mais elle ne se fera pas indépendamment des jeux à domicile.

C’est la norme, Corinne Diacre va axer son travail et son discours sur le premier objectif, et même sur la phase de qualification. C’est une précaution habituelle dans ce métier où les objectifs se vivent à court terme et l’actuelle sélectionneuse a particulièrement peu été dans l’anticipation durant deux ans où elle n’a appelé presque aucune joueuse en prévision de campagnes futures – quasiment toutes ses nouvelles étant des joueuses expérimentées.

Cela n’empêche pas pour autant d’essayer de décrire les contours de l’équipe de France pour les deux échéances, dans la mesure où l’Euro commence mardi contre le Kazakhstan et où l’expérience prouve que les joueuses qui participent à une compétition internationale ne sont déjà plus des inconnues quatre ou cinq ans avant1, soit qu’elles soient déjà internationales, soit au moins qu’elles jouent en D1 ou dans des sélections de jeunes.

Autant dire que la liste des joueuses qui iront en Angleterre en 2021 ne comportera que des noms connus et qu’il ne devrait pas y avoir plus d’une ou deux jeunes joueuses encore non identifiées2 à Paris 2024.

Dans la continuité

Les deux premières listes de joueuses appelées depuis la Coupe du monde sont globalement dans sa continuité puisque quasiment toutes les joueuses aptes ont été rappelées. Seule la benjamine Émelyne Laurent a laissé la place pour les matchs contre l’Islande et le Kazahkstan. Mais les blessures ont permis un peu de nouveauté avec les entrées de Justine Lerond et Elisa De Almeida, deux nouvelles représentantes de la génération demi-finaliste mondiale chez les moins de 20 ans en 2018 (la première ayant depuis remporté l’Euro des moins de 19 ans) et le retour de Perle Morroni et surtout Marie-Antoinette Katoto pour qui il est temps d’arrêter le psychodrame monté de toute pièce par la fédération et la sélectionneuse alors qu’il est clair depuis au moins trois ans qu’elle devrait être un choix prioritaire en attaque.

Pour l’instant, la révolution n’est pas encore en route et l’équipe de 2021 s’apprête à être une légère évolution de celle de 2019. La raison principale est sans doute l’écart de niveau important entre le niveau international d’un côté et la masse de la D1 et les sélections de jeune de l’autre. Seules les internationales actuelles et les joueuses de l’OL et du PSG (qui sont souvent les mêmes) ont l’occasion de se frotter au plus haut niveau. Ainsi peu d’autres joueuses n’arrivent à bousculer la hiérarchie établie.

Les deux clubs en questions ne semblent pas partis pour donner leur chance à de futures internationales. Le champion de France alimente les autres clubs de D1 plus qu’il n’y recrute des joueuses puisqu’il va plutôt chercher ses titulaires à l’étranger. Et au-delà de sa jeune garde formée au club qui est déjà en sélection, son dauphin tente bien des coups comme avec Annahita Zamanian ou Léa Khelifi mais les aligne avec une extrême parcimonie.

Bordeaux, nouveau vivier d’internationales

Deux pistes permettent d’envisager la progression d’éventuelles futures internationales. La première est bien sûr l’augmentation du niveau de la D1 et sa professionnalisation. La stratégie de Montpellier cette saison avec le retour de Morgane Nicoli et de Marie-Charlotte Léger ainsi que l’arrivée d’Elisa De Almeida pour remplacer l’escouade suédoise permet à ces joueuses ainsi qu’à d’autres comme Maëlle Lakrar de jouer le haut de tableau. L’équipe héraultaise compte ainsi une dizaine de postulantes à l’équipe de France (dont près de la moitié sont effectivement appelées).

Club plus jeune en D1, Bordeaux s’appuie beaucoup moins sur la jeunesse mais pratique également une politique basée sur l’arrivée de solides joueuses de D1 comme les Parisiennes Estelle Cascarino, Inès Jaurena et Charlotte Bilbault, la Lilloise Ouleymata Sarr et la Lyonnaises Émelyne Laurent, cinq recrues qui ont été appelées plus ou moins régulièrement par Corinne Diacre depuis deux ans et qui s’ajoutent à Julie Thibaud, Ghoutia Karchouni ou Maëlle Garbino pour viser le haut du tableau et fournir à la sélectionneuse un panel de joueuses qui passent plus de temps sur le terrain que sur le banc.

Enfin le Paris FC, ancien gros pourvoyeur d’international quand il s’appelait Juvisy, semble au contraire se tourner plutôt vers l’étranger pour compenser les départs. Mais le jeu de la promotion interne peut toujours permettre l’émergence de l’une ou l’autre, comme la titularisation actuelle de Camille Pécharman ou l’entrée dans l’équipe d’Oriane Jean-François.

La piste étrangère

L’autre piste pour les aspirantes internationales est d’aller jouer à l’étranger pour trouver un niveau plus homogène et se frotter à d’autres cultures footballistiques. Idéalement, il faudrait que de jeunes internationales aillent renforcer des équipes de haut de tableau des championnats voisins (Angleterre, Allemagne, Espagne) ou plus lointains (États-Unis).

En pratique, ce sont pour le moment plutôt des joueuses expérimentées – souvent déjà passées par les Bleues – qui rejoignent des équipes de milieu de tableau. En dehors d’Aïssatou Tounkara à l’Atlético Madrid, Kheira Hamraoui à Barcelone, Pauline Peyraud-Magnin à Arsenal qui étaient déjà parties la saison dernière et de Karima Benameur à Manchester City qui ne devrait pas jouer beaucoup, la vague d’expatriation de l’été s’est plutôt faite vers le ventre mou des championnats espagnols et anglais : Méline Gérard au Betis Séville, Marie-Laure Delie au CFF Madrid (rien à voir avec le Real), Aurélie Kaci passée de l’Atlético au CD Tacon (futur Real Madrid), Maéva Clémaron à Everton, Léa Le Garrec à Brighton, Kenza Dali à West Ham. De plus en signant à l’Inter, Julie Debever a rejoint en Italie Laura Agard, à la Fiorentina depuis la saison précédente.

Les onze joueuses citées ont toutes été internationales A (sauf Laura Agard, appelée sans jouer) et en dehors d’Aïssatou Tounkara (24 ans) et Léa Le Garrec (26 ans), elles ont toutes plus de 27 ans et ne représentent donc sans doute pas tellement le futur des Bleues.

Le principal intérêt pour l’équipe de France de cette vague de départ est qu’elle peut être un jalon pour l’avenir. D’une part en montrant aux joueuses que c’est une option envisageable et d’autre part en obligeant un peu le staff de l’équipe de France à regarder ce qui se passe dans les autres championnats, ce qu’il ne faisait pas vraiment ces dernières saisons.

France B devient France M-23

Autre changement intéressant dans la perspective de l’arrivée de jeunes joueuses chez les Bleues, l’équipe de France B est désormais officiellement devenue l’équipe de France des moins de 23 ans, comme elle l’était déjà officieusement au tournoi de La Manga en avril dernier.

Elle offre un terrain d’expression aux joueuses qui ne peuvent plus être appelées dans aucune sélection de jeunes mais qui sont encore un peu tendre pour l’équipe de France A. Ce qui marque aussi une nette inflexion : désormais la sélectionneuse ne devrait plus chercher à faire évoluer son groupe avec des joueuses expérimentées miraculeusement passées inaperçues jusque là.

La liste des joueuses rassemblées en stage en même temps que les A permet de se faire une idées de celles qui sont suivies par le staff de l’équipe de France. On y retrouve des noms passés par les Bleues plus ou moins récemment comme Estelle Cascarino, Marie-Charlotte Léger, Hawa Cissoko, Théa Gréboval, Clara Matéo et Marion Romanelli mais aussi Émelyne Laurent et Léa Khelifi sur le banc contre l’Espagne.

Les sélections A, M-23, M-20 et M-19 étaient en stage à peu près au même moment fin septembre début octobre (et même en éliminatoires du prochain Euro pour les plus jeunes). Cela donne une liste de 92 joueuses parmi lesquelles on devrait trouver presque une vingtaine des noms de la future liste de 2024 (principale et complémentaire puisque les Jeux Olympiques se jouent à 18+4). Et en ajoutant quelques absentes sur blessure comme Ève Périsset et Amandine Henry, on pourrait arriver à un centaine de joueuses parmi lesquelles on aurait quasiment à coup sûr les listes pour les prochaines échéances d’ici 2024.

Liste de l’équipe de France A pour les matchs contre l’Islande et le Kazakhstan

Gardiennes : Sarah Bouhaddi (Lyon), Solène Durand (Guingamp), Pauline Peyraud-Magnin (Arsenal, ENG)

Défenseuses : Elisa De Almeida (Montpellier), Julie Debever (Inter Milan, ITA), Sakina Karchaoui (Montpellier), Griedge Mbock Bathy Nka (Lyon), Perle Morroni (PSG), Wendie Renard (Lyon), Marion Torrent (Montpellier), Aïssatou Tounkara (Atlético Madrid, ESP)

Milieux : Charlotte Bilbault (Bordeaux), Maéva Clémaron (Everton, ENG), Kenza Dali (West Ham, ENG), Grace Geyoro (PSG), Amel Majri (Lyon), Gaëtane Thiney (Paris FC)

Attaquantes : Viviane Asseyi (Bordeaux), Delphine Cascarino (Lyon), Kadidiatou Diani (PSG), Valérie Gauvin (Montpellier), Marie-Antoinette Katoto (PSG), Eugénie Le Sommer (Lyon)

Liste de l’équipe de France M-23 en stage du 1er au 4 octobre

Gardiennes : Mylène Chavas (Dijon), Blandine Joly (Marseille)

Défenseuses : Noémie Carage (Dijon), Hawa Cissoko (Soyaux), Pauline Dhaeyer (Issy, D2), Théa Gréboval (Paris FC), Héloïse Mansuy (Guingamp), Morgane Nicoli (Montpellier), Marion Romanelli (Montpellier), Julie Thibaud (Bordeaux)

Milieux : Maureen Bigot (Metz), Lina Boussaha (PSG), Anna Clérac (Soyaux), Salomé Élisor (Lille, D2), Maëlle Garbino (Bordeaux), Anissa Lahmari (Soyaux), Justine Rougemont (Metz), Annahita Zamanian (PSG)

Attaquantes : Mathilde Bourdieu (Paris FC), Louise Fleury (Guingamp), Adélie Fourré (Guingamp), Léa Khelifi (PSG), Émelyne Laurent (Bordeaux), Marie-Charlotte Léger (Montpellier)

Melvine Malard, Léna Goetsch, Christy Gavory, Maëlle Lakrar, Julie Thibaud, Justine Lerond ; Annahita Zamanian, Sana Daoudi, Selma Bacha, Sandy Baltimore, Émelyne Laurent

Melvine Malard, Léna Goetsch, Christy Gavory, Maëlle Lakrar, Julie Thibaud, Justine Lerond ; Annahita Zamanian, Sana Daoudi, Selma Bacha, Sandy Baltimore, Émelyne Laurent

Liste de l’équipe de France M-20 en stage du 30 septembre au 4 octobre

Gardiennes : Mary Innebeer (Lille, D2), Justine Lerond (Metz), Marie-Morgane Sieber (Vendenheim, D2)

Défenseuses : Selma Bacha (Lyon), Magou Doucouré (Reims), Éva Frémaux (Lille, D2), Maëlle Lakrar (Montpellier), Lisa Martinez (Glasgow Rangers, SCT), Manon Revelli (Lyon), Émeline Saint-Georges (Lille, D2)

Milieux : Chaïma Badr Bassem (Toulouse, D2), Julie Dufour (Lille, D2), Oriane Jean-François (Paris FC), Éva Kouache (Lyon), Margaux Le Mouël (Guingamp), Chloé Philippe (Reims), Carla Polito (Lille, D2)

Attaquantes : Lorena Azzaro (Lyon), Sandy Baltimore (PSG), Vicky Becho (PSG), Kessya Bussy (Orléans, D2), Naomie Feller (Reims), Mélody Lapierre (Saint-Étienne, D2), Melvine Malard (Fleury), Coline Stephen (Dijon)

Liste de l’équipe de France M-19 pour le tournoi qualificatif de l’Euro 2020 en Macédoine du Nord

Gardiennes : Marie Petiteau (Bordeaux), Alice Pinguet (PSG)

Défenseuses : Inès Belloumou (Montpellier), Emmy Jézéquel (Guingamp), Jade Le Guilly (PSG), Assimina Maoulida (Orléans, D2), Clara Moreira (Lyon), Kate Nado (Saint-Maur, D2), Célina Ould Hocine (PSG)

Milieux : Adeline Coquard (Saint-Étienne, D2), Thelma Eninger (PSG), Jamila Hamidou (Marseille), Grace Kazadi (Lyon), Leïla Peneau (Nantes, D2), Océane Picard (Vendenheim, D2), Sarah Zahot (Marseille)

Attaquantes : Kenza Chapelle (Saint-Maur, D2), Dialamba Diaby (Guingamp), Esther Mbakem Niaro (Montpellier), Naomie Vagre (PSG)

L’équipe de France du futur

Gardiennes

Sauf surprise, Sarah Bouhaddi sera à l’Euro et elle sera titulaire parce qu’aucune concurrente ne semble actuellement en mesure de lui disputer la place. Au bout de quinze ans, il faut se faire une raison que personne n’y arrivera.

Pauline Peyraud-Magnin et Solène Durand tiennent la corde pour enchaîner le mondial et l’Euro bien que la seconde ne compte toujours aucune sélection. Pour la suite, ce sont les gardiennes du mondial M-20 en Bretagne qui sont favorites. Justine Lerond a déjà été appelée, Mylène Chavas va finir par reprendre le cours de sa progression quand elle sera titulaire à Dijon comme l’est Camille Pécharman au Paris FC.

Méline Gérard et Laetitia Philippe semblent avoir laissé passer leur chance et risque d’avoir du mal à repasser devant les plus jeunes.

Euro 2021 : Sarah Bouhaddi, Pauline Peyraud-Magnin, Solène Durand

JO 2024 : Sarah Bouhaddi, Mylène Chavas + Justine Lerond

Arrières centrales

En 2024, Wendie Renard aura 34 ans et Griedge Mbock 29. Elles pourraient donc encore être présentes et elles formeront encore à coup sûr la charnière des Bleues à l’Euro. Aïssatou Tounkara est dans le même cas si ce n’est qu’elle n’est pas titulaire.

La relève pointe déjà le bout de son nez. Elisa De Almeida est désormais appelée et les performances de Maëlle Lakrar et Julie Thibaud pourrait leur valoir des convocations prochainement. Comme dans d’autres secteurs de jeu, les générations précédentes qui ne sont pas déjà chez les Bleues ont sans doute laissé passer leur chance (même si la répétition des convocations de Julie Debever montre que rien n’est impossible). Mais si d’autre noms doivent apparaître, il est probable que cela sera plutôt des joueuses comme Lisa Martinez ou Émmeline Saint-Georges.

Euro 2021 : Wendie Renard, Griedge Mbock, Aïssatou Tounkara, Elisa De Almeida

JO 2024 : Griedge Mbock, Maëlle Lakrar, Aïssatou Tounkara + Elisa De Almeida

Arrières droites

Comme toujours, il est difficile d’anticiper qui seront les latérales du futur, surtout à droite. En général, les meilleures ne sont pas positionnées comme latérales dans les catégories de jeunes. Depuis vingt ans (et sans doute plus), les arrières droites de l’équipe de France ont soit été des arrières centrales décalées (Sandrine Dusang, Marion Torrent), soit des milieux replacées (Ève Périsset, Corine Petit), soit des ailières reculées (Jessica Houara).

Les occupantes actuelles du poste, Marion Torrent et Ève Périsset visent certainement l’Euro et peuvent durer jusqu’aux Jeux Olympiques. Leur niveau ne les met pas à l’abri d’un phénomène qui apparaîtrait mais il est difficile à prévoir puisque qu’il joue sans doute à un autre poste. Les Françaises les plus utilisées à ce poste en D1 depuis deux ans sont Charlotte Fernandes à Fleury, Andréa Lardez à Bordeaux et Hawa Cissoko à Soyaux (soit deux attaquantes et une arrière centrale).

Dans les sélections de jeunes, les arrières latérales droites ont souvent été des défenseuses centrales lors des dernières compétitions comme Elisa De Almeida au mondial M-20 breton. La joueuse qui monte est la Stéphanoise de Lyon Manon Revelli. Mais elle aura fort à faire pour avoir du temps de jeu derrière l’indestructible Lucy Bronze et en concurrence avec Janice Cayman.

Euro 2021 : Marion Torrent, Ève Périsset

JO 2024 : Ève Périsset, Charlotte Fernandes

Arrières gauches

Contrairement aux droitières qui sont volontiers placées dans l’axe, les gauchères sont presqu’à coup sûr cantonnée au côté gauche. Les arrières gauches sont donc en général d’anciennes ailières gauches.

Amel Majri ne fait plus partie de la catégorie, elle a finalement réussi à convaincre aussi bien son club que sa sélectionneuse que sa place était devant ou à la rigueur au milieu. La place est sans doute libre pour Sakina Karchaoui même si Ève Périsset peut jouer des deux côtés. Perle Morroni, titulaire au PSG vient d’être rappelée et elle a toutes les qualités pour postuler durablement. La Lyonnaise Selma Bacha est programmée pour bousculer la hiérarchie même si les blessures ont freiné sa progression au mauvais moment la saison dernière puisque la concurrence de Carolin Simon aurait plus facile à écarter que celle d’Alex Greenwood. Mais son arrivée en équipe de France n’est qu’une question de temps.

Enfin parmi les gauchères qui courent le risque de reculer et de postuler, Sandy Baltimore a une bonne figure d’outsider. D’ailleurs c’est au poste d’arrière gauche qu’elle avait connu ses premières entrées en jeu au PSG.

Euro 2021 : Sakina Karchaoui, Perle Morroni

JO 2024 : Selma Bacha, Sandy Baltimore

Milieux défensives et relayeuses

Le secteur est là aussi assez imprédictible. Il est suffisamment sensible pour que les clubs hésitent à y placer de jeunes joueuses et que les débutantes commencent donc à des postes moins exposés, souvent sur un côté. Ainsi la Lyonnaise Éva Kouache n’est apparue la saison dernière que comme latérale droite.

Amandine Henry devrait aller jusqu’à l’Euro mais sa présence aux Jeux reste peu probable à 35 ans (la tentative de faire durer les milieux défensives à des âges avancés n’a pas toujours été un franc succès en équipe de France). Grace Geyoro en revanche devrait être encore de la partie.

Derrière ces deux joueuses, il y a sans doute des places à prendre. Si Élise Bussaglia a laissé la place, Charlotte Bilault et Maéva Clémaron sont toujours là mais elles ne semblent pas avoir une avance invraisemblable sur des joueuses comme Inès Jaurena, Aminata Diallo ou Sandie Toletti, sans même parler de Kheira Hamraoui ou Aurélie Kaci qui semblent hors du périmètre de l’équipe de France.

Mais en dehors de ces joueuses, déjà testées chez les Bleues, les Christy Gavory, Hélène Fercocq, Carla Polito, Chloé Philippe ou Margaux Le Mouël qui ont peuplé le milieu des Bleuettes lors des dernières compétitions ne semblent pas encore en mesure de frapper à la porte.

Les joueuses qui sont sans doute les plus proches sont la Guingampaise Ella Palis et la Parisienne Oriane Jean-François voire les Sojaldiciennes Anna Clérac et Anissa Lahmari dans des options un peu plus offensives.

Euro 2021 : Amandine Henry, Grace Geyoro, Charlotte Bilbault, Ella Palis

JO 2024 : Grace Geyoro, Sandie Toletti + Ella Palis

Joueuses offensives

Les joueuses sont souvent interchangeables entre des postes d’avant-centre, d’ailières, de milieux offensives ou de meneuses et tout dépend tellement du système choisi qu’il est difficile d’anticiper beaucoup que d’imaginer qu’il faudra à peu près quatre « joueuses offensives » dans un onze titulaire.

Eugénie Le Sommer sera en Angleterre en 2021 mais sans doute pas à Paris en 2024 contrairement à Kadidiatou Diani, Delphine Cascarino et espérons-le Marie-Antoinette Katoto. Amel Majri postule actuellement non seulement pour le côté gauche mais aussi pour un éventuel poste plus axial. Elle aussi peut envisager de continuer jusqu’en 2024.

La présence de Gaëtane Thiney, Viviane Asseyi et de Valérie Gauvin à l’Euro est probable mais elles sont en première ligne face à la concurrence qui arrive. Celle d’Émelyne Laurent bien sûr qui était au mondial mais visera à monter dans la hiérarchie mais aussi celle de la jeunesse qui monte menée par Melvine Malard, Naomie Feller et plus tard par Vicky Becho qui n’aura pas 21 ans aux Jeux Olympiques.

Mais la porte semble fermée pour Clarisse Le Bihan qui plane avec Montpellier mais dont la carrière en bleu n’aura pas coïncidé avec son meilleur niveau. Des joueuses déjà appelées comme Clara Matéo ou Ouleymata Sarr pourraient aussi revenir.

Euro 2021 : Eugénie Le Sommer, Amel Majri, Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto, Delphine Cascarino, Valérie Gauvin, Viviane Asseyi, Clara Matéo

JO 2024 : Amel Majri, Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto, Delphine Cascarino, Clara Matéo, Vicky Becho + Naomie Feller

Justine Lerond

Justine Lerond

La saison d’après

La D1 reprend après les fastes de la Coupe du monde. L’influence de celle-ci sur celle-là se mesurera avec le temps.

Lyon sera champion devant le PSG, Bordeaux se mêlera à la lutte pour le podium avec Montpellier et le Paris FC et les sept autres équipes tenteront de garder leur place dans l’élite.

Même si cela va décevoir ceux qui pensaient que les 50 000 spectateurs du Parc OL pour la finale de la Coupe du monde allaient se retrouver autour des terrains de D11, le championnat se jouera encore cette saison devant des affluences beaucoup plus confidentielles. L’évolution se comptera dans le meilleur des cas en centaines de spectateurs. De toutes façons, les clubs n’ont pour la plupart pas les infrastructures adaptées à des affluences nettement supérieures.

Les évolutions se font donc petit à petit et le chemin parcouru depuis une dizaine d’année est déjà important et l’été dernier n’est qu’un pas de plus, certes important. Désormais tous les matchs sont télévisés2 là où il y a trois ans la FFF en était presque à chercher si quelqu’un dans le public avait filmé les buts avec son téléphone pour fabriquer les résumés de certains matchs. Cette saison, le diffuseur annonce un plus grand nombre d’affiche sur sa chaîne premium (quand le Top 14 de rugby fera relâche) mais sacrifie le multiplexe de D1 sur l’autel du retour de la Premier League.

Morgane Nicoli

Morgane Nicoli

Le lancement de la D1 a fait l’objet de deux doubles pages consécutives dans L’Équipe et de quatre pages dans France Football là où il fallait une loupe il y a quelques saisons pour trouver les résultats de la D1 entre ceux des U19 régionaux et ceux du championnat du Kazakhstan.

Bref si la médiatisation de la D1 est encore loin de celle de la L1 masculine, elle semble désormais équivalente ou supérieure aux championnats d’autres sports comme le basket ou le handball, masculins ou féminins3.

L’affluence moyenne était de 900 la saison dernière, l’objectif de dépasser les mille spectateurs par match semble réalisable même s’il cachera une grande disparité entre des clubs comme Lyon et le PSG capable de dépasser systématiquement ce seuil et ponctuellement de le multiplier par dix ou vingt pour de grosses affiches et d’autres qui peineront toute la saison à attirer plus de 300 spectateurs. Mais il y a moins de dix ans, ce millier de spectateurs était un maximum atteint une fois tous les trois ou quatre ans.

À moitié synthétique

Au rayon des infrastructures, dix équipes sur douze étant affiliées à des clubs professionnels masculins, elles bénéficient de leurs installations et jouent souvent sur la même pelouse que le centre de formation des garçons.

Le terme pelouse est d’ailleurs légèrement impropre. Ironiquement, quatre ans après le tollé de la Coupe du monde au Canada et juste après l’édition française jouée intégralement sur herbe, la moitié des équipes de D1 recevra cette saison sur un terrain synthétique : à Dijon, Guingamp et Metz viennent s’ajouter les deux promus, Marseille et Reims ainsi que le PSG puisque la pelouse du stade Jean-Bouin est désormais synthétique.

Jessy Danielle Roux

Jessy Danielle Roux

Parmi les évolutions de l’année, la D1 est désormais sponsorisée par une entreprise chimique, ce qui va permettre à chaque club de toucher 80 000 euros. Cette somme sera assez dérisoire pour les plus gros clubs comme le PSG ou Lyon mais sera importante pour les autres, particulièrement pour Soyaux et Fleury qui ne peuvent s’appuyer sur un club professionnel.

Autre changement, les feuilles de matchs peuvent désormais contenir 18 noms, donc sept remplaçantes. Cela va certainement aider les clubs les plus riches qui auront deux joueuses de moins à laisser en tribune mais cela va accentuer l’écart avec les autres qui avaient quelque fois déjà du mal à aligner 16 noms. Lors de la première journée, Metz est la seule équipe en déplacement à avoir réussi à remplir sa feuille. Soyaux est venu à Paris avec 16 joueuses et Fleury à Bordeaux avec 15. Le club floriacumois ne dispose de toute façon pour le moment que de 17 joueuses dans son effectif.

À moitié en lutte pour le maintien

Le plateau réunit désormais 10 clubs professionnels, Rodez4 et Lille ayant été remplacés par Reims et Marseille, deux clubs ayant participé aux débuts de la D1 dans les années 70 avant d’abandonner leur équipe féminine et de la recréer il y a moins de dix ans.

Comme d’habitude, le suspense se situera plutôt en bas de classement où la moitié des équipes cherchera principalement à éviter la relégation. Devant, Lyon sera champion sauf cataclysme et le PSG prendra la deuxième place qualificative pour l’Europe. Le discours sur le resserrement en haut n’est qu’une fable marketing, la structure du championnat fait qu’une équipe comme le PSG gagne en général à peu près tout sauf ses matchs contre Lyon et reste donc mathématiquement dans la course jusqu’au match retour.

Sara Däbritz

Sara Däbritz

Le PSG ne se rapproche pas parce qu’en 2015, il avait déjà dû attendre l’antépénultième journée pour être décroché (certes c’était en février à cause d’un calendrier baroque). Peut-être que cette année, les Parisiennes arriveront à accrocher les Lyonnaises sur l’ensemble de la confrontation aller-retour, comme elles l’avaient fait en Coupe d’Europe en 2014 mais elles ne semblent pas particulièrement plus proche qu’avant de le faire.

Déjà quatrième l’an dernier, Bordeaux semble faire le nécessaire pour transformer durablement le quatuor de tête en quintet et la troisième place sur le podium sera disputée avec Montpellier et le Paris FC.

La lutte pour le maintien est beaucoup plus indécise entre Metz et Dijon qui étaient en difficulté la saison dernière, Soyaux et Fleury qui n’ont pas le soutien d’un club professionnel, Reims et Marseille qui (re)découvrent la D1 et Guingamp qui doit reconstruire toute sa défense et qui repart avec une équipe très jeune. Sur le papier, personne ne part perdant à coup sûr. La progression de la D1 se fait par le bas.

Les équipes

Bordeaux

Quatrième la saison dernière, les Girondines de Bordeaux n’entendent pas se reposer sur leurs lauriers. L’entraîneur Jérôme Daubat, deux fois désigné meilleur entraîneur de D1 n’a pas été conservé au terme de son contrat et il est remplacé par l’Espagnol Pedro Martinez Losa, trois fois champion d’Espagne avec le Rayo Vallecano et vainqueur d’un FA Cup et d’une Coupe de la Ligue anglaise avec Arsenal.

Le club a envoyé Solène Barbance, Rose Lavaud et Carol Rodrigues à Dijon et fait venir Estelle Cascarino, Charlotte Bilbault et Inès Jaurena du Paris FC. Mais il a surtout conservé Claire Lavogez et recruté la Jamaïcaine Khadija Shaw.

Il ne reste plus grand-chose de Blanquefort et à peine plus de la première saison des Girondines en D1 : si les recrues de l’époque Ghoutia Karchouni et Delphine Chatelin devraient se faire une place, la saison pourrait être plus difficile pour les historiques Andrea Lardez et Sophie Istillart qui ont toutefois prolongé leur contrat cet été.

Bordeaux vise ouvertement le podium, sans doute pour se mêler à court terme à la lutte pour l’Europe.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

Dijon

Pour sa deuxième saison dans l’élite, Dijon a globalement conservé son équipe type et laissé partir des remplaçantes pour attirer des titulaires en puissance.
Kenza Dali est partie à West Ham et Lindsey Thomas est retournée à Montpellier d’où elle a été transférée à l’AS Rome. Coline Gouineau et Lalia Dali-Storti qui avaient beaucoup joué en début de saison mais avaient perdu leur place ont également quitté le club tout comme Allison Blais, Fatoumata Baldé, Agathe Maetz et Laura Magnin-Feysot qui avaient assez peu joué.

Afin de se stabiliser en D1, Dijon a établi un pont avec Bordeaux et fait venir Rose Lavaud, Solène Barbance et Carol Rodrigues. Lena Goetsch, Pauline Dechilly et Océane Daniel arrivent pour densifier le secteur défensif, seule la première n’ayant pas d’expérience de la D1.

Mais la question de l’expérience ne se pose pas à Dijon dont tout l’effectif est rompu aux joutes de l’élite et qui compte dans ses rangs Élise Bussaglia pour la dernière saison de sa carrière. Sur le papier, Dijon est sans doute l’équipe qui a le plus d’atout parmi celles qui joueront le championnat du bas.

L’équipe de la première journée :

Pronostic: entre 6e et 12e

Fleury

Fleury est avec Soyaux l’une des deux équipes de D1 qui n’est pas adossée à un club professionnel, les masculins évoluant en National 2. Mais il procède comme les clubs professionnels avec des recrutements de haut niveau. Attendu que Julie Rabanne et Céline Chatelain sont parties pour faire de la figuration cette saison, il ne reste guère que Charlotte Fernandes de l’équipe montée en D1 sous le nom de Val-d’Orge.

Comme c’est souvent le cas avec les Nord-Américaines qui viennent faire un passage en D1 mais restent rarement très longtemps, les Canadiennes Mélissa Roy, Alexandria Lamontagne et Madeline Bauer sont reparties. La capitaine et internationale Maéva Clémaron est allée tenter sa chance outre-Manche à Everton et Marie-Charlotte Léger est retournée à Montpellier. Les autres départs concernent des joueuses en manque de temps de jeu.

Avec onze départs, il était nécessaire de recruter pour pouvoir aligner onze noms sur une feuille de match. Le FCF91 a pioché chez la concurrence : Falonne Tchéno arrive de Guingamp, Hannah Diaz et Marine Dafeur de Lille, Laetitia Philippe de Rodez et Marina Makanza du Paris FC. Et il a activé une filière danoise en engageant les trois internationales Rikke Sevecke, Cecilie Sandvej et Stine Larsen.

Mais cela ne fait encore que 17 joueuses sous contrat, ce qui ne suffit même plus à remplir une feuille de match, d’autant que le club ne semble pas avoir de jeune joueuse qui frappe à la porte. Il pourrait toutefois y avoir d’autres arrivées.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Guingamp

Guingamp était – derrière Lyon et à égalité avec le PSG et Montpellier – l’équipe la plus représentée parmi les 23 Bleues lors de la Coupe du monde même si aucune de ses trois joueuses n’a foulé la pelouse durant la compétition. À la reprise, seule Solène Durand est encore au club, Julie Debever est partie à l’Inter Milan et Émelyne Laurent est retournée à Lyon. L’EAG a également perdu plusieurs de ses internationales. Léa Le Garrec a signé à Brighton, Charlotte Lorgeré à Metz et Falonne Tchéno à Fleury.

En ajoutant les départs d’Élodie Dinglor et de Maëvanne Drozo, c’est toute la défense qui est à reconstruire. Et la nouvelle capitaine Desire Opranozie restait la seule joueuse de l’effectif âgée de plus de 25 ans5.

Comme d’habitude, Guingamp va promouvoir ses jeunes joueuses comme Nolwenn Cheval, Emmy Jézéquel, Margaux Le Mouël, Juliette Merle ou Dialamba Diaby dans un effectif où Ella Palis et Adélie Fourré font déjà figure de cadre.

Et pour éviter une défense où seule Fanny Hoarau aurait plus de vingt ans, l’EAG a recruté la Lilloise Héloïse Mansuy et la Danoise Luna Gevitz en provenance du Fortuna Hjørring mais passée brièvement par Montpellier en 2013.

La Camerounaise Jeannette Yango, titulaire lors de tous les matchs de la Coupe du monde arrive également en provenance des voisines de Saint-Malo. Mais elle a surtout baroudé depuis dix ans en passant par la Serbie et la Pologne, par Potsdam avec qui elle a été vice-championne d’Allemagne puis par toute une série de club française, Rouen, Brest et Yzeure avec qui elle a joué une saison complète de D1 en 2013-2014.

Au total, Guingamp possède un effectif jeune et talentueux mais dont on ne sait pas encore comme il résistera dans les moments difficiles.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Lyon

Difficile d’imaginer que cette saison sera celle de la chute de l’OL en D1. La plus grosse évolution concerne le staff qui a été totalement renouvelé, Jean-Luc Vasseur succédant à Reynald Pedros avec l’étiquette « d’ancien entraîneur de Ligue 1 ». La plus-value de l’ancien joueur de Nantes durant deux ans ne semble pas justifier qu’on s’inquiète pour son successeur.

D’autant que l’effectif lyonnais ne semble pas avoir jamais été aussi riche. La seule perte est celle de Jessica Fishlock, retournée à Seattle puisque Carolin Simon n’a jamais convaincu et a été remplacée par l’internationale anglaise Alex Greenwood et que personne ne sait au juste ce qu’était venue faire Sole Jaimes qui aurait sans doute eu du mal à être titulaire dans n’importe quel club de D1. Enfin, Jessy Danielle Roux a été prêtée à Reims où elle pourra engranger nettement plus d’expérience qu’à Lyon où elle était le cinquième choix sur l’aile droite.

Mais non content d’avoir conservé tout son effectif, l’OL a recruté cinq joueuses, presque toutes internationales, en plus du retour de prêt d’Émelyne Laurent. Nikita Parris a été la première recrue à un poste où jouent déjà Delphine Cascarino et Shanice van de Sanden. Elle complète la colonie anglaise avec Alex Greenwood arrivée cet été et Lucy Bronze et Izzy Christiansen déjà au club.

La Belge Janice Cayman, passée par Juvisy et Montpellier arrive comme doublure de Lucy Bronze alors que la Portugaise de Levante Jéssica Silva vient gonfler un secteur offensif où il n’y avait déjà pas de place pour tout le monde. Enfin la jeune gardienne finlandaise Katriina Talaslahti a été chipée au Bayern mais son heure n’est sans doute pas pour cette saison.

Lyon possède donc vingt internationales A en activité6 soit de quoi aligner deux équipes. Mais il compte aussi dans ses rangs quatre joueuses championnes d’Europe M-19 cet été, Selma Bacha, Manon Revelli, Lorena Azzaro et Melvine Malard, mais aussi Éva Kouache et Grace Kazadi qui ne faisaient pas parti du groupe lors de la phase finale en Écosse mais qui avaient participé au tour précédent au pays basque. Une telle escouade d’internationales des moins de 19 ans ferait rêver à peu près tous les clubs de D1 mais il est à craindre que seule Selma Bacha puisse jouer un peu cette saison.

Comme d’habitude, l’enjeu de la saison lyonnaise se résumera à quelques matchs contre le PSG et à la Coupe d’Europe. Et pour Jean-Luc Vasseur, la question principale sera l’utilisation optimale de l’ensemble de ses troupes, qui pose souvent problème aux entraîneurs lyonnais lors de leur première saison, le temps de comprendre qu’une rotation importante n’empêche pas de remporter largement la plupart des matchs.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : 1er

Marseille

Difficile de savoir quel Marseille on verra en D1 cette saison. Cela fait trois saisons que cette équipe déjoue tous les pronostics. Après une brillante quatrième place pour sa première année dans l’élite, elle avait ensuite fini bonne dernière quand on pensait qu’elle allait capitaliser sur ses succès. Et l’an dernier avec un effectif amputé de la plupart de ses titulaires (Kelly Gadéa, Maëlle Lakrar, Anaïs M’Bassidjé, Viviane Asseyi, Fanndís Friðriksdóttir, Hawa Cissoko, Marie-Yasmine Alidou) et seulement renforcé par Marine Coudon, Éva Sumo et Maéva Salomon, l’équipe de Christophe Parra a réussi à remporter le groupe B de D2 en remportant de haute lutte son duel contre Saint-Étienne.

Désormais pensionnaire d’installations de qualité au stade Paul-Le-Cesne, Marseille s’est mis dans les conditions pour viser le maintien. Avec Blandine Joly, Sarah Palacin et Nadjma Ali Nadjim, il a recruté des joueuses revanchardes après une saison passée en grande partie sur le banc de Fleury. Enfin Candice Gherbi, devancée pour la montée dans le Forez retrouve la D1 au bord de la Méditerranée.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Metz

Sauvées sur le fil la saison dernière après un départ catastrophique, les Messines vont jouer une deuxième saison de rang en D1 à leur troisième tentative. Elles abordent cette année privée de leurs deux joueuses les plus expérimentées. La Brésilienne Simone Jatoba et la Française Marie-Laure Delie ont quitté le club, l’une pour la retraite et l’autre pour Madrid. Pour les remplacer, le club a misé sur la Guingampaise Charlotte Lorgeré, brièvement appelée par Corinne Diacre et actuellement blessée et sur l’internationale turque d’origine allemande Melike Pekel qui avait suffisamment brillé lors de son premier passage par la Lorraine pour être recrutée par le PSG.

Une page se tourne également avec les départs d’Adeline Janela, Pauline Dechilly, Selen Altunkulak et surtout de Léa Khelifi, partie au PSG juste avant d’être appelée en équipe de France.

Ce qui n’empêche pas le FC Metz de miser sur sa jeunesse avec au premier rang la gardienne Justine Lerond, championne d’Europe M-19 cet été et elle aussi appelée par Corinne Diacre, mais aussi avec Hélène Fercocq, Christy Gavory et Amélie Delabre, remarquées l’an dernier à la Coupe du monde M-20 et qui restent à Metz cette saison.

Pour compenser la petite dizaine de départs, le club a activé la filière universitaire nord-américaine en attirant deux Américaines Sh’Nia Gordon et Kristen Ricks ainsi que l’Écossaise Christy Grimshaw.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Montpellier

Changement d’époque à Montpellier : Frédéric Mendy succède à Jean-Louis Saez sur le banc et la colonie suédoise a quitté le club marquant symboliquement ce changement de génération.

Stina Blackstenius était partie dès le mois de janvier, et cet été Linda Sembrant a rejoint la Juventus alors que Sofia Jakobsson est allé renforcer le futur Real Madrid. En ajoutant le départ cet hiver de la Danoise Katrine Veje et à l’intersaison de l’Américaine Casey Murphy, de l’Espagnole Virginia Torrecilla et de la Belge Janice Cayman, Montpellier repart principalement avec ses joueuses françaises et la vice-championne du monde Anouk Dekker.

Pour compléter son effectif, l’équipe héraultaise est allé chercher de l’expérience en Bundesliga avec deux internationales allemandes, la gardienne Lisa Schmitz et l’attaquante Lena Petermann, ainsi que la milieu croate Iva Landeka, passée par l’Allemagne mais qui arrive de Rosengård. Mais il a surtout rajeuni son effectif avec des espoirs françaises, en commençant par le retour de Morgane Nicoli et Marie-Charlotte Léger respectivement prêtées à Lille et Fleury l’an dernier et par le recrutement de la défenseuse Élisa De Almeida du Paris FC, nouvellement appelée chez les Bleues.

La composition alignée lors de la première journée ne comptait ainsi que trois joueuses étrangères au coup d’envoi, loin des standards des dernières années. La défense était composée de Marion Torrent, Élisa De Almeida, Morgane Nicoli et Sakina Karchaoui alors que les championnes d’Europe M-19 Maëlle Lakrar et Lisa Martinez ainsi que Marion Romanelli postuleront pour les prochaines journées.

Au milieu, Sandie Toletti va tenter de reprendre le fil de sa progression et devant outre Valérie Gauvin, Clarisse Le Bihan semble partie pour être la patronne de la division offensive. Sur le papier, l’escouade composée de jeunes françaises épaulées par quelques internationales étrangères est séduisante. Cela sera sans doute un peu léger pour rivaliser avec Lyon ou le PSG mais la troisième marche du podium sera comme d’habitude dans le viseur.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

Paris FC

Traditionnelle place forte de la D1 à l’époque de Juvisy, le Paris FC semble rétrograder un peu plus chaque année. Devancé par Monptellier et Bordeaux l’an dernier, le club a aussi vu trois de ses titulaires rejoindre la Gironde, et sa jeune défenseuse Élisa De Almeida rejoindre l’Hérault, renforçant ainsi ses deux principaux concurrents.

Deux des étrangères recrutées la saison dernière, Rebecca Quinn et Michaela Abam sont aussi reparties sans avoir vraiment convaincu. Avec les départs de la gardienne Karima Benameur et de l’attaquante Marina Makanza, c’est quasiment une moitié d’effectif qu’il a fallu reconstruire.

Le PFC a comme souvent regardé dans les autres clubs de banlieue en attirant Celya Barclais et Cindy Ferreira de la VGA Saint-Maur mais il a aussi cherché à l’étranger en recrutant les Suissesses Natascha Honegger et Coumba Sow et les Allemandes Marith Müller-Prießen et Claire Savin.

Ce recrutement semble taillé pour les joutes de la D1 mais sera sans doute un peu limité qualitativement pour viser le podium sans une grande force collective. Mais il devrait permettre de laisser de la place à la jeune garde déjà aperçue l’an dernier avec la championne d’Europe M-19 Oriane Jean-François mais aussi Caroline Pimentel et Mélanie Carvalho.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

PSG

Comme chaque année, on annonce que l’écart se réduit entre le PSG et l’OL même si cela ne semble pas fondé sur grand-chose. L’an dernier, l’équipe parisienne a été dans le coup jusqu’à trois journées de la fin mais cela n’a tenu qu’à la date du match retour entre les deux équipes.

En annonçant qu’il veut remporter des titres, Olivier Echouafni est bien conscient de l’avance de ses concurrentes mais il sait aussi que son équipe est capable de remporter à peu près tous les autres matchs en France et que tout devrait se jouer comme d’habitude lors des confrontations directes donc sur un match ou deux, circonstances où les Parisiennes ont déjà battu les Lyonnaises.

Pour arriver à ses fins, le PSG reste sur sa stratégie de bâtir sur un noyau de jeunes joueuses françaises dont beaucoup sont formées au club comme Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro et Perle Morroni et qu’il entoure d’internationales venues d’horizons variés avec une grande stabilité des titulaires et une forte rotation des remplaçantes.

Les gardiennes Christiane Endler et Katarzyna Kiedrzynek, la nouvelle capitaine Irene Paredes, la légende brésilienne Formiga et l’attaquante danoise Nadia Nadim sont toujours là mais le club a laissé partir la Chinoise Wang Shuang qui avait plafonné après des débuts convaincants, ainsi que les joueuses de complément qu’étaient Charlotte Voll, Davinia Vanmechelen, Dainane, Emma Berglund et Andrine Hegerberg7.

Tout comme Kadidiatou Diani et Aminata Diallo étaient arrivées pour compléter la partie « jeunes françaises » de l’effectif, c’est cette année la Messine Léa Khelifi qui est arrivée, avec comme résultat immédiat d’être appelée par Corinne Diacre. Lina Boussaha, prêtée l’an dernier à Lille revient dans l’effectif contrairement à Anissa Lahmari qui reste à Soyaux.

La partie internationale du recrutement est de haut niveau avec l’arrivée d’une des meilleures joueuses allemandes Sara Däbritz, de la Norvégienne Karina Sævik et de la star annoncée du football canadien Jordyn Huitema qui aura fort à faire pour déloger Marie-Antoinette Katoto si Olivier Echouafni ne trouve pas un système pour les faire cohabiter.

Ainsi bâti, le PSG est prêt à affronter toutes les compétitions avec un espoir raisonnable de les remporter même s’il faudra pour cela réaliser un ou deux exploits.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : 2e

Reims

Vainqueur des trois premiers championnats de D1 de 1975 à 1977 et toujours finaliste jusqu’en 1982, le temps d’ajouter deux autres titres, le Stade de Reims reste le quatrième club le plus titré, devancé dans les années 80 par la VGA Saint-Maur et plus récemment dans les années 2000 par Juvisy et Lyon. Mais victime du déclin de l’équipe masculine, elle disparaît lors de la liquidation judiciaire du club en 1992 pour ne réapparaître qu’en 2014 et monter les marches quatre à quatre pour accéder à l’élite cette saison.

L’entraîneuse rémoise Amandine Miquel dispose d’un effectif assez jeune et globalement peu expérimenté : au coup d’envoi du premier match de la saison, seule Rachel Corboz arrivée cet été de Fleury connaissait la D1 (19 matchs dont 10 comme titulaire l’an dernier), même si Giorgia Spinelli a aussi joué dans l’élite italienne avec l’Atalanta et l’Inter et Melissa Herrera est internationale costaricienne.

Toutefois, d’autres joueuses du club ont une expérience de la D1, Charlotte Blanchard et Gwenaëlle Devleesschauer avec Hénin-Beaumont, Lisa Fragoli avec Arras et La Roche-sur-Yon, Mélissa Gomes avec Juvisy et surtout Saint-Maur, voire Chloé Pierel pour un match avec Juvisy.

Globalement, c’est l’équipe championne de D2 qui a commencé la saison, renforcée seulement par Rachel Corboz et Jessy Danielle Roux, prêtée par Lyon. Ce que l’équipe y perd en expérience, elle le gagne en cohésion. Les Rémoises comptent s’en sortir en jouant, le projet est ambitieux.

L’attaque peut être explosive avec Noémie Feller (championne d’Europe M-19 cet été avec Chloé Philippe), Melissa Herrera et Jessy Danielle Roux.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Soyaux

L’ASJ Soyaux reste un club singulier dans cette D1 même s’il cherche à se normaliser puisqu’il ne compte à peu près plus que des joueuses professionnelles. La grande affaire annoncée de l’intersaison était la fusion avec le club masculin d’Angoulême-Charente FC mais elle a capoté au dernier moment. Soyaux reste donc Soyaux même s’il devrait jouer cette saison au stade Camille-Lebon d’Angoulême plutôt que dans son stade Léo-Lagrange.

Face à l’armada des clubs professionnels, l’équipe charentaise ne peut opposer que la qualité de son travail et profitera encore cette saison de disposer avec Sébastien Joseph sans doute du meilleur entraîneur du plateau. Il n’y a pas de star à Soyaux et à part un bref rappel d’Hawa Cissoko en février, aucune joueuse sojaldicienne n’est dans le viseur de Corinne Diacre qui est pourtant bien placée pour les connaître.

L’évolution de l’effectif à l’intersaison a été réduite au plus strict minimum : Pamela Babinga est partie à Saint-Malo, remplacée par Kimberley Cazeau qui va tenter d’éviter une troisième relégation consécutive après celles d’Albi et de Rodez. Sinon le principal recrutement est sans doute d’avoir réussi à conserver Anissa Lahmari, prêtée par le PSG l’an dernier. Et signe que le club ne peut pas s’aligner avec la force de frappes des clubs professionnels et doit regarder ailleurs, il a fait signer Sarah Magnier, longuement passée par les divisions inférieures et qui arrive de Limoges.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Kimberley Cazeau

Kimberley Cazeau

Les championnes d’Europe à l’assaut du monde

La finale de la Coupe du monde opposera les tenantes du titre aux championnes d’Europe. Les Néerlandaises continuent de repousser les limites depuis leur Euro 2017 remporté à domicile avec une manière de fonctionner en effectif réduit très atypique.

Toutefois, il reste probable qu’elles finissent par se heurter comme toutes les autres avant elles à une équipe américaine qui semble avoir géré la compétition à sa main.

Parmi les sept équipes européennes qualifiées pour les quarts de finale, ce sont les championnes en titre qui affronteront les États-Unis en finale de la Coupe du monde. Championnes du monde contre championnes d’Europe, l’affiche est alléchante.

Les demi-finales ont été très dissemblables. Même s’il restait quelques places libres, la première s’est jouée dans une ambiance survoltée : une grande partie des billets avaient été achetés depuis les États-Unis dès l’ouverture de la billetterie, avant même le tirage au sort. Ce qui explique peut-être aussi un peu la faible affluence (48 000 pour 60 000 places) de la seconde demi-finales, la plupart de ces achats s’étant fait sur des packs comprenant les deux matchs et quelques supporters américains ont pu passer leur tour pour le second. L’ambiance était donc beaucoup moins orange qu’elle avait pu l’être lors de matchs précédents.

Dans le jeu, le contraste a été aussi important. La première demi-finale s’est jouée sur un rythme très élevée alors que la seconde a été abordée avec beaucoup plus de prudence.

L’Angleterre et la Suède se disputeront la troisième place de la compétition. Elles connaissent déjà le contexte particulier de cette finale entre équipes déçues et qui souvent auraient préféré ne pas avoir à disputer ce match supplémentaire : il s’agit des équipes qui ont remporté les dux dernières finales pour la troisième place, la Suède face à la France en 2011 et l’Angleterre contre l’Allemagne en 2015.

Quinze pour une coupe

Un but de Jackie Groenen durant la prolongation a permis aux Pays-Bas de se qualifier pour leur seconde finale consécutive en compétition internationale. Il a évidemment fallu un peu de chance pour cela entre le pénalty de Saki Kumagai en huitièmes de finale et l’Italie plutôt que les États-Unis ou l’Allemagne en quarts par exemple, mais la chance ne fait pas tout et la méthode de Sarina Wiegman mérite d’être étudiée de près par ses concurrentes tant elle semble à l’opposée des habitudes.

L’effectif des Pays-Bas n’est pas le plus clinquant du plateau. En dehors de Vivianne Miedema et peut-être de Danielle van de Donk, il compte peu de prétendante au Ballon d’Or et de joueuses ayant un rôle majeur dans les grands clubs européens. Lieke Martens n’a jamais montré son niveau de l’Euro 2017 en deux ans à Barcelone où Stefanie van der Gragt a souvent été sur le banc. La gardienne et capitaine Sari van Veenendaal était cette saison la remplaçante de Pauline Peyraud-Magnin à Arsenal alors que Shanice van de Sanden était celle de Delphine Cascarino à Lyon.

Jackie Groenen à Francfort, Desiree van Lunteren à Fribourg ou Merel van Dongen au Betis sont des joueuses importantes mais dans des équipes de milieu de tableau. Mais cet ensemble de bonnes joueuses sans vraiment de stars est persuadé de sa force et maîtrise assez ses automatismes pour tout renverser sur son passage depuis la nomination de Sarina Wiegman qui a remplacé Arjan van der Laan six mois seulement avant l’Euro, montrant au passage qu’il n’est pas nécessaire de faire deux ans d’essais pour bâtir une équipe compétitive.

Les remplaçantes néerlandaises ne foulent la pelouse que pour les échauffements

Les remplaçantes néerlandaises ne foulent la pelouse que pour les échauffements

La principale caractéristique de l’équipe des Pays-Bas est de faire appel à un groupe très resserré. Après avoir remporté l’Euro à treize (voir « Rêve orange »), elle est arrivée en finale avec quinze joueuses seulement. En demi-finale, Lineth Beerensteyn a débuté à la place de Shanice van de Sanden et c’est l’intégralité du turn-over réalisé dans la phase à élimination directe. Sarina Wiegman est la sélectionneuse qui a utilisé le moins de joueuses dans cette compétition alors que les trois autres demi-finalistes sont celles qui en ont employé le plus, faisant entrer au moins une fois toutes leurs joueuses de champ (en dehors de la Suédoise Julia Roddar). Et malgré la prolongation (et la possibilité qu’elle induit de faire quatre changements), elle n’a utilisé que treize joueuses contre la Suède en remplaçant sur blessure Lieke Martens par Jill Roord à la mi-temps puis en faisant entrer sa titulaire habituelle Shanice van de Sanden.

Cette réussite est à mettre en perspective avec les critiques adressées à Corinne Diacre pour avoir construit son équipe autour d’un noyau d’une quinzaine de joueuses seulement et pour ne pas avoir utilisé ou presque huit de ses joueuses.

On sait donc déjà assez précisément comment l’équipes des Pays-Bas abordera la finale. Shanice van de Sanden pourrait bien reprendre sa place alors que Kika van Es et Anouk Dekker semblent avoir définitivement perdu la leur. L’incertitude demeure sur l’état de santé de Lieke Martens qui joue mais ne s’entraîne plus depuis le huitième de finale. Elle pourrait être remplacée par Jill Roord.

La France, 51e état des États-Unis

Comme prévu, les Américaines sont en finale, quasiment à domicile comme c’est le cas dans tous les stades où elles sont passées, sauf lors du quart de finale contre la France où le soutien était partagé. Avec deux matchs joués à Lyon quasiment à guichet fermé, elles vont dépasser les Bleues à la moyenne de spectateur par match.

Contre une Angleterre en formation défensive avec Fran Kirby et Toni Duggan sur le banc, les joueuses de Jill Ellis ont employé leur méthode habituelle en ouvrant la marque durant le premier quart d’heure comme lors de tous les matchs de cette Coupe du monde.

Mais après qu’on leur a reproché un excès de zèle lors du premier match contre la Thaïlande, elles ont semblé gérer leurs efforts sans jamais chercher à enfoncer le clou. Leurs trois matchs à élimination directe se sont achevés sur le score de 2-1 et contre l’Angleterre comme cela avait été le cas contre l’Espagne, elles ont semblé se contenter d’attendre après leur ouverture du score ce qui leur a coûté l’égalisation. Elles sont alors reparties de l’avant pour reprendre l’avantage et se remettre à attendre. Contre les Bleues, le schéma a été le même mais le scénario différent puisqu’une de leurs contre-attaques leur a permis de prendre deux buts d’avance.

Alyssa Naeher s'apprête à arrêter le pénalty de Steph Houghton

Alyssa Naeher s'apprête à arrêter le pénalty de Steph Houghton

Il est toujours difficile de savoir si l’impression de contrôle est conforme à la réalité ou si elle n’est due qu’à la victoire mais après un premier tour où on a pu penser que leur domination tenait essentiellement à la faiblesse de l’opposition, les coéquipières d’Alex Morgan traversent la phase à élimination directe en accélérant tant qu’elles ne mènent pas et en semblant dominées dès qu’elles sont devant au score.

La composition que choisira Jill Ellis dépendra de l’état de santé de Megan Rapinoe et Rose Lavelle. La première a laissé sa place à Christen Press lors de la demi-finale dont la seconde est sortie en cours de jeu. Mais elles devraient être rétablies pour la finale. La seconde est en concurrence avec Lindsey Horan et Sam Mewis dans le milieu à trois où Julie Ertz semble ne pas être remise en cause par sa sélectionneuse.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 0 ENG 1 USA 68,4%
AUS 1
ENG 3 ENG 3
CMR 0
FRA 2 FRA 1 USA 2
BRA 1
ESP 1 USA 2
USA 2
ITA 2 ITA 0 NLD 1 NLD 31,6%
CHN 0
NLD 2 NLD 2
JPN 1
DEU 3 DEU 1 SWE 0
NGA 0
SWE 1 SWE 2
CAN 0

Coupe du monde 2019 – Quarts de finale – Les Bleues hors course

L’équipe de France ne sera pas dans le dernier carré de sa Coupe du monde à domicile, victime des États-Unis, du comité d’organisation et de ses propres insuffisances. Comme prévu, les tenantes du titre américaines affronteront en demi-finale l’Angleterre qui a vaincu sans coup férir la Norvège.

L’affiche de l’autre demi-finale sera plus inattendue. Elle opposera les championnes d’Europe néerlandaises à la Suède qui a pris une revanche sur l’Allemagne qui lui a si souvent barré la route du titre en compétition internationale.

Comme c’était redouté depuis le tirage au sort, l’équipe de France a eu affaire à trop forte partie contre les Américaines, numéro 1 mondiales et tenantes du titre. Le match a été enlevé et les Bleues auraient pu obtenir mieux mais dans l’ensemble la qualification des coéquipières de Megan Rapinoe est simplement conforme au rapport de force entre les deux équipes.

Maintenant que le match est joué, l’interrogation subsiste : comment le comité d’organisation a pu mettre en place un tableau qui permette ce genre d’opposition en quart de finale ? C’est un privilège classique du pays organisateur, il est dispensé de tirage au sort et se retrouve judicieusement placé dans le tableau. Cela permet en particulier de s’assurer qu’il jouera autant que possible dans des stades adaptés.

La formule à 24 équipes réparties en 6 groupes fait que mathématiquement, si les vainqueurs du premier tour passent le cap du huitième de finale1, deux seront opposés en quart de finale à une équipe ayant fini à un moins bon rang.

Cette fois, ce sont les vainqueurs des groupes B et D, respectivement l’Angleterre et l’Allemagne qui avaient cet avantage, le cas de la Mannschaft rappelant qu’il n’est pas absolu et qu’il ne dispense pas de gagner les matchs.

Amandine Henry et Samantha Mewis

Amandine Henry et Samantha Mewis

La France a été placée d’office dans le groupe A qui ne bénéficiait pas de ce chemin jonché de roses. Ou plutôt qui n’en a plus bénéficié après une correction du tableau intervenue la veille du tirage au sort. Cette correction – l’interversion des deux premiers du groupe F, donc finalement les États-Unis et la Suède – est tout à fait rationnelle puisque sans elle, le tableau était totalement déséquilibré avec quatre vainqueurs de groupe d’un côté et seulement deux de l’autre, côté France.

La question qui se pose est de savoir si l’organisation française a simplement complètement ignoré le problème, si « l’erreur » n’en était pas une et visait à faciliter le parcours des Bleues mais a été éventée ou s’il s’agissait réellement d’une erreur qui a fait croire que le tableau de l’équipe de France était idéal.

Dans tous les cas, la responsabilité de l’organisation est patente, soit par ignorance, soit pour ne pas avoir su faire un tableau raisonnable pour l’équipe à domicile, ce qui était faisable très simplement en reproduisant celui de l’édition précédente.

A posteriori, on mesure le poids de ce défaut d’organisation. Non seulement cette défaite en quart de finale accrédite l’idée d’une stagnation et d’un plafond de verre alors que la même défaite un ou deux tours plus tard n’aurait pas eu cette image, mais elle barre aussi aux Bleues la route vers les Jeux Olympiques de Tokyo.

Bien sûr, le tableau ne fait pas tout et les Bleues ont déjà eu l’occasion (souvent à l’Euro) de disposer de tableaux favorables et se sont pris les pieds dans le tapis. La défaite contre les Américaines est comparable avec celles de 2015 contre les Allemandes, elle ne l’est certainement pas avec celle du dernier Euro où les Françaises n’arrivaient pas lestées de quatre victoires lors des matchs précédents.

Les demi-finales à Lyon

L’affiche des demi-finales opposera donc l’Angleterre aux États-Unis et les Pays-Bas à la Suède. La première était attendue2, la seconde beaucoup moins : les Pays-Bas sont champions d’Europe et leur présence dans le dernier carré n’est pas une vraie surprise mais il s’agit de leur première apparition à ce niveau. Au contraire, la Suède est habitué des derniers tours mais a fini deuxième de son groupe – derrière les États-Unis – et a dû ensuite éliminer deux équipes mieux classées, le Canada et surtout l’Allemagne.

Les demi-finales et la finale auront pour cadre le Stade de Lyon, nom donné au stade de l’Olympique lyonnais durant la Coupe du monde, la Fifa n’acceptant pas que les enceintes de sa compétition portent des noms de marques commerciales, surtout s’il ne s’agit pas de ses propres sponsors.

Lucy Bronze et Shanice van de Sanden y seront évidemment en terrain de connaissance comme joueuses lyonnaises. D’anciennes lyonnaises passées suffisamment récemment ont aussi pu jouer à Décines, Alex Morgan et Caroline Seger. En revanche, Morgan Brian n’a fait que s’asseoir sur le banc une fois lors d’un quart de finale contre Barcelone.

Mais beaucoup d’autres joueuses connaissent aussi ce terrain pour l’avoir fréquenté comme visiteuses. Lucy Bronze et Caroline Seger sont d’abord venu avec un maillot adverse, respectivement celui de Manchester City et du PSG.

Avec les affrontements récents entre Lyon et des équipes anglaises, Manchester City et Chelsea, plus de la moitié de la sélection de Phil Neville est déjà venue : Millie Bright, Karen Carney et Fran Kirby cette saison avec Chelsea, Karen Bardsley, Abbie McManus, Steph Houghton, Demi Stokes, Keira Walsh, Jill Scott, Nikita Parris, Georgia Stanway et Toni Duggan avec Manchester City. Cette dernière est ensuite revenue avec Barcelone. Ainsi dix des onze titulaires du quart de finale contre la Norvège ont déjà joué au Stade de Lyon, seule Ellen White ne le connaissant pas encore.

On peut également ajouter à liste Mary Earps venue comme gardienne remplaçante de Wolfsbourg et qui est la seule anglaise qui n’a pas joué lors de cette Coupe du monde.

La Suède pourrait être presque autant en terrain de connaissance mais Montpellier n’ayant pas le lustre du PSG, Linda Sembrant, Sofia Jakobsson et Stina Blackstenius n’ont jamais eu les honneurs du grand stade et ont dû se contenter du centre d’entraînement tout à côté pour affronter l’OL. Néanmoins six de leurs compatriotes sont déjà venues. Caroline Seger donc comme adversaire puis comme hôte, Nilla Fischer avec Wolfsbourg, Kosovare Asllani avec Manchester City (elle avait quitté le PSG avant l’ouverture du stade), Magdalena Eriksson, Jonna Andersson et Hedvig Lindahl avec Chelsea – la gardienne étant restée sur le banc – et Hanna Glas avec le PSG sans entrer en jeu non plus.

Enfin les deux autres équipes ont seulement eu quelques ambassadrices. Alex Morgan a affronté sa compatriote Carli Lloyd qui faisait de son côté un court passage à Manchester City, et Shanice van de Sanden a joué contre Lieke Martens et Barcelone. Loes Geurts est aussi venue avec le PSG mais elle était restée sur le banc comme elle le fera sans doute encore cette fois.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 0 ENG 42,6% USA 68,4%
AUS 1
ENG 3 ENG 3
CMR 0
FRA 2 FRA 1 USA 57,4%
BRA 1
ESP 1 USA 2
USA 2
ITA 2 ITA 0 NLD 50,7% NLD 31,6%
CHN 0
NLD 2 NLD 2
JPN 1
DEU 3 DEU 1 SWE 49,3%
NGA 0
SWE 1 SWE 2
CAN 0

Le dernier carré

Angleterre- États-Unis

La première demi-finale oppose les deux équipes qui ont le plus fait participer l’ensemble de leur banc. Toutes les Anglaises sauf la troisième gardienne Mary Earps ont joué, tout comme l’intégralité des joueuses de champ américaines. Dix-neuf Anglaises ont déjà été titularisées et dix-huit Américaines. Mais si Phil Neville a vraiment fait tourner durant toute la phase de groupe avec trois compositions assez différentes, Jill Ellis a plutôt aligné son équipe type contre la Thaïlande et la Suède et fait jouer une équipe bis contre le Chili. Six joueuses n’ont débuté que ce match alors que les cinq Anglaises qui n’ont commencé qu’un seul match sont réparties trois contre l’Argentine et deux contre le Japon.

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Toutefois depuis le début de la phase éliminatoire, l’Anglais et l’Américaine ont resserré leur composition sur une équipe type. Le premier n’hésite qu’entre Demi Stokes et Alex Greenwood pour le poste d’arrière gauche et la seconde a reconduit contre la France les onze mêmes que contre l’Espagne même si on peut imaginer que Lindsey Horan qui avait débuté tous les matchs de poule pourrait frapper à la porte pour remplacer Julie Ertz (ou la pousser à l’arrière).

Après la France, l’Angleterre est la deuxième dernière équipe à avoir battu les États-Unis. On a vu quel profit cela avait fait aux Bleues. Les Anglaises semblent avoir nettement moins de talent dans les pieds mais en faire nettement meilleur usage que leurs voisines d’outre-Manche, ce qui pourrait leur permettre de déranger les championnes du monde. Mais les Américaines restent clairement favorites.

Pays-Bas- Suède

La Suède est le troisième pays à avoir utilisé le plus de joueuses alors que les Pays-Bas sont celui qui en a utilisé le moins. Pourtant la différence d’utilisation de l’effectif n’est pas aussi grande qu’elle en a l’air. Peter Gerhardsson a utilisé vingt joueuses et en a titularisé 18 mais ces chiffres sont biaisés par le match contre les États-Unis que les Suédoises ne voulaient pas vraiment gagner et où cinq joueuses ont connu leur seule titularisation. Neuf joueuses ont débuté tous les matchs sauf celui là et les deux autres joueuses de l’équipe-type ont démarré à chaque fois sauf contre la Thaïlande. Si le banc est impliqué, le onze-type est solidement installé.

Mais la suspension de Fridolina Rolfö pour deux cartons jaunes reçus contre le Canada et l’Allemagne va obliger son sélectionneur à trouver une autre solution. Cela devrait être Olivia Schough qui avait déjà occupé l’aile gauche lors du match contre l’Allemagne.

Elin Rubensson

Elin Rubensson

Sarina Wiegman n’a pas fait tourner son effectif, comme elle ne l’avait pas fait lors de l’Euro avec une certaine réussite. Neuf joueuses ont débuté à chaque match, Stefanie van der Gragt et Anouk Dekker se sont partagée un poste en défense centrale alors que Merel van Dongel a succédé à Kika van Es à gauche. En dehors de ces treize joueuses, les deux Bavaroises Jill Roord et Lineth Beerensteyn sont entrées à chaque match. Les autres regardent. Seule Renate Jansen a joué trois minutes contre le Canada.

Cette demi-finale pourrait être la revanche du quart de finale du dernier Euro où Lieke Martens et Vivianne Miedema avaient éliminé les partenaires de Caroline Seger.

[Édition du 30/6/2019 : ajout d'une précision concernant la suspension de Fridolina Rolfö]

Coupe du monde 2019 – Huitièmes de finale – Les états unis d’Europe

Les quarts de finales de la Coupe du monde opposeront sept équipes européennes et les États-Unis. Ce sont les Bleues qui auront la lourde tâche d’affronter les championnes du monde pour le match au sommet annoncé depuis le tirage au sort.

Au-delà de la poursuite de leur parcours en Coupe du monde, les joueuses de Corinne Diacre joueront aussi leur qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo puisqu’il est désormais établi qu’il faudra au moins être demi-finaliste pour faire partie des trois meilleures équipes européennes.

Tous les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2019 opposaient une équipe européenne à une équipe d’un autre continent et en dehors de ceux concernant les deux équipes africaines, le Nigeria et le Cameroun, qui n’ont jamais semblé en mesure d’inquiéter l’Allemagne et l’Angleterre, aucun autre match ne s’est achevé avec plus d’un but d’écart.

Mais en dehors des États-Unis, grandissimes favoris et qui ont eu besoin de deux pénalties pour venir à bout de l’Espagne, c’est à chaque fois l’équipe européenne qui a passé le tour ce qui donnera aux quarts de finales un petit air d’Euro amélioré.

Il y a deux ans lors du vrai Euro, l’Italie et la Norvège n’avaient pas passé le premier tour mais les cinq autres équipes étaient également en quart de finale. Toutefois, l’Autriche et le Danemark, absents cette année, avaient passé le tour et s’étaient disputé une place en finale.

La présence d’une très grande majorité d’équipes européenne n’est pas inhabituelle dans les Coupes du monde masculines où elles étaient également sept en 1994 et où elles ont été quatre fois six depuis 1990. Mais cela correspond à un football masculin bipolaire où les demi-finalistes qui ne viennent ni d’Europe ni d’Amérique du Sud sont au nombre de deux en 21 éditions1, aucune n’ayant atteint la finale. Chez les femmes, trois continents ont déjà emporté l’épreuve et quatre sont arrivés au moins en demi-finale. Et ce constat reste le même si l’on ignore les États-Unis, sorte de point aberrant toujours présent en demi-finale mais qui n’est la pas la seule équipe Nord-Américaine à avoir atteint ce stade puisqu’elle était accompagnée du Canada en 2003.

L’image courante est donc celle d’une compétition féminine beaucoup plus ouverte à tous les continents que son homologue masculine. D’ailleurs il y a quatre ans, seules l’Angleterre, l’Allemagne et la France avaient atteint les quarts de finale et le record du genre date des deux premières éditions où cinq représentants du vieux continent étaient représentés.

Mais à y regarder de plus près, c’est sans doute plutôt le millésime 2015 qui était le moins représentatif avec à peine plus d’un tiers des équipes de la zone UEFA qualifiées à ce stade. Lors de toutes les autres éditions, ce taux est d’au moins deux tiers et atteint souvent les 80 % (voir 100 % en 1991 et 1995). Avant l’élargissement à 24 équipes en 2015, il n’y avait que cinq représentants européens (6 en 1999), difficile donc de faire quasi carton plein.

Ainsi si la répartition entre les différentes confédération n’a pas sensiblement évolué, l’augmentation du nombre d’équipe semble bénéficier à l’Europe, plus à même de présenter un grand nombre d’équipes compétitives.

Le mode de qualification de la zone UEFA pour les Jeux Olympiques est lié au même constat : avec un grand nombre d’équipes concernées pour un très petit nombre de places, il est difficile de fabriquer des éliminatoires spécifiquement olympiques. La phase finale de l’Euro se disputant trois ans avant les Jeux Olympiques, elle ne serait pas très pertinente comme tournoi qualificatif. C’est pourquoi c’est la Coupe du monde qui en tient lieu2. Mais avec sept équipes encore en lice pour trois places seulement, les quarts de finales de la Coupe du monde deviennent des matchs de barrages olympiques. En cas de victoire des États-Unis sur la France, les trois autres demi-finalistes iront à Tokyo. Dans le cas contraire, le match pour la troisième place, habituelle aimable partie de campagne entre équipes démotivées deviendra lui aussi un barrage à la mort subite.

Pour les Bleues, le match de vendredi aura des conséquences lourdes pour les deux prochaines années : en cas de victoire sur l’ogre américain, la compétition sera réussie et la qualification olympique restera possible. En cas de défaite, l’objectif minimal de rejoindre les demi-finales ne sera pas atteint, les interrogations sur la manière ressortiront et il faudra se concentrer pendant deux ans sur les éliminatoires de l’Euro 2010 face à l’Autriche, la Serbie, le Kazakhstan et la Macédoine du Nord.

Après avoir plusieurs fois échoué à ce stade contre des adversaires largement à sa portée, cela serait un beau pied de nez de cette équipe de France de passer à nouveau le cap face à la meilleure équipe du monde. Il y a quatre ans, ça n’était pas passé loin.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 31,6% ENG 36,8% FRA 60,1%
AUS 1
ENG 3 ENG 68,4%
CMR 0
FRA 2 FRA 56,0% FRA 63,2%
BRA 1
ESP 1 USA 44,0%
USA 2
ITA 2 ITA 36,1% NLD 35,3% DEU 39,9%
CHN 0
NLD 2 NLD 63,9%
JPN 1
DEU 3 DEU 65,3% DEU 64,7%
NGA 0
SWE 1 SWE 34,7%
CAN 0

Les quatre quarts

Norvège- Angleterre

C’est la revanche du huitième de finale de l’édition précédente où Steph Houghton et Lucy Bronze avaient permis à l’Angleterre de passer en quarts de finales. Depuis la hiérarchie ne s’est pas inversée, la Norvège a manqué son Euro 2017 dans les grandes largeurs pendant que l’Angleterre se hissait en demi-finale, ce qui reste finalement une déception.

L’Angleterre a remporté tous ses matchs sans trembler, faisant participer toutes ses joueuses sauf la gardienne Mary Earps alors que la Norvège dispute sa compétition à 16 et a eu besoin des tirs aux buts à 11 contre 10 venir à bout de l’Australie. Sur le papier, l’Angleterre est nettement favorite mais cette Norvège semble capable de faire déjouer tout le monde, les Bleues peuvent en témoigner.

France- États-Unis

C’est le match qui était annoncé le jour du tirage au sort. L’épine dans le pied dès deux équipes, le point sur lequel elles se sont focalisées depuis le début. Car si on a bien en tête que vu du côté Bleu, c’est un mauvais tirage que de devoir affronter la meilleure équipe mondiale dès le quart de finale, vu d’en face, on ne pouvait pas non plus imaginer bien pire que de rencontrer le pays organisateur, l’équipe qui a infligé aux Américaines leur seule défaite en 2019 (3-1 au Havre le 19 janvier), qui est aussi l’autrice de leur avant dernière défaite (3-0 le 7 mars 2017 lors de la SheBelieves Cup) et qu’elles n’ont pas battu entre temps (un nul 1-1 le 4 mars 2018, à nouveau pour la SheBelieves Cup).

À la fin, le tirage n’aura évidemment été mauvais que pour une seule des deux équipes et cela a toutes les chances d’être la France : si elle a réussi ses trois dernières rencontres face aux États-Unis, c’était à chaque fois en match amical. La confrontation précédente avait eu lieu aux Jeux Olympiques de Rio et les Américaines s’étaient imposées 1-0, tout comme lors des Jeux précédents (4-2) et lors de la Coupe du monde 2011 (3-1 en demi-finale). Après avoir mis 27 ans à remporter enfin un match face aux États-Unis, la France attend encore de le faire dans un match officiel.

Kadidiatou Diani face à Tamires sous les yeux de Marta et Delphine Cascarino

Kadidiatou Diani face à Tamires sous les yeux de Marta et Delphine Cascarino

Au bout de deux matchs, Jill Ellis avait fait jouer toutes ses joueuses de champ et la victoire contre le Chili avait permis à Ali Krieger d’affirmer que les États-Unis avaient les deux meilleures équipes de la compétition. Mais les remplaçantes américaines ont bien fait de profiter de ce match parce que pour la plupart, elles n’ont plus eu l’occasion de s’exprimer : six joueuses n’ont foulé la pelouse que lors de ce deuxième match. En huitième de finale, les trois remplaçantes se sont partagées 7 minutes de jeu3. Même Corinne Diacre qui rechigne en général à employer son banc ne va pas jusque là.

Outsider mais à domicile, l’équipe de France possède en théorie toutes les armes pour gêner une équipe américaine qui a peiné contre l’Espagne face à sa première vraie adversité dans cette compétition (une seule frappe cadrée en dehors des deux pénalties de Megan Rapinoe), la Thaïlande et le Chili n’étant pas vraiment au niveau et la Suède ayant – sans doute avec raison – choisi de ne pas se disperser dans une bataille qu’elle n’avait pas besoin de gagner en alignant une moitié de remplaçantes.

La qualité des prestations de l’équipe de France jusque là n’encourage pas à l’optimisme en dehors de la première mi-temps du match d’ouverture mais même dans la difficulté, elle a remporté tous ses matchs et si elle arrive à lâcher les chevaux, elle ne sera pas une victime expiatoire. Le fait de ne pas être favorite et d’affronter une équipe qui ne lui laissera pas toute la responsabilité du jeu pourrait l’aider à y parvenir.

Italie- Pays-Bas

L’Italie a été une nation forte durant les années 80 et 90, participant à peu près à toutes les éditions de l’Euro ce qui lui avait valu de participer à la première édition de la Coupe du monde en 1991 où elle avait poussée la Norvège à la prolongation. Mais malgré des participations encourageantes à l’Euro où elle n’avait dû s’incliner que face à l’Allemagne en 2009 et 2013, elle n’était plus revenue en Coupe du monde depuis 1999. Entre temps, la fédération italienne avait laissé partir le train et le reste de l’Europe l’avait distancée. Mais depuis deux ans, avec l’arrivée de Milena Bertolini à la tête de la Squadra Azzura à la place d’Antonio Cabrini et avec l’arrivée concomitante des clubs professionnels masculins, les choses ont changé.

Les Pays-Bas ne faisaient pas du tout partie des nations historiques. Les Néerlandaises avaient profité des élargissements des phases finales pour participer à l’Euro depuis 2009 (passage à 12 équipes) et à la Coupe du monde depuis 2015 (passage à 24 équipes) mais c’est l’arrivée de Sarina Wiegman à six mois de l’Euro à domicile qui a transformé l’équipe des Pays-Bas qui a surfé sur le succès populaire jusqu’à la victoire finale.

Mais au contraire des italiennes, la progression ne passe pas par l’amélioration du championnat mais par l’exode des joueuses dans les championnats les plus huppés. Dans les 23 Italiennes, seule Elena Linari joue à l’étrange à l’Atlético Madrid. A contrario, six Néerlandaises seulement jouent aux Pays-Bas, donc quatre à l’Ajax Amsterdam, mais pami elles, seule Kika van Es joue réellement cette Coupe du monde, Renate Jansen n’est entrée que trois minutes contre le Canada et les autres ne sont pas entrées en jeu.

Allemagne- Suède

Si Italie-Pays-Bas est un duel de nations montantes, Allemagne-Suède est un classique éprouvé : cela a déjà été l’affiche d’une finale de Coupe du monde, de deux finales d’Euro et de la dernière finale olympique. Avec à chaque fois la victoire de l’Allemagne. Car si les deux équipes font depuis longtemps partie des favorites des compétitions, le palmarès de la Suède se limite à la victoire dans le premier Euro de l’histoire en 1984 là où l’Allemagne a remporté une médaille d’or olympique, deux Coupes du monde et huit Euros.

Les deux équipes sont annoncées en reconstruction après le départ de leurs sélectionneuses emblématiques Silvia Neid et Pia Sundhage mais si l’Allemagne présente toujours une des équipes les plus jeunes du plateau – signe à la fois de la richesse du vivier et de la difficulté à faire durer et à stabiliser l’équipe – la Suède tente de se renouveler avec les mêmes joueuses sauf Lotta Schelin, ce qui est certes une perte d’importance. Les jeunes Stina Blackstenius et Fridolina Rolfö tentent de combler le vide laissé par l’ancienne joueuse de l’OL mais le costume semble encore un peu grand pour elles.

Coupe du monde 2019 – Troisième journée – Un tableau de rêve

La qualification des meilleures troisièmes a permis de maintenir du suspense jusqu’au dernier match alors que les favoris étaient déjà qualifiés depuis longtemps. Le plateau des huitièmes de finale comprend toutes les meilleures équipes du monde.

Du côté des Bleues, c’est un match contre le Brésil qui s’annonce qu’il ne faudra pas sous estimer même si tout le monde a les yeux tournés depuis le tirage au sort vers un éventuel quart de finale contre les favorites américaines. Une victoire contre les coéquipières de Marta serait aussi un premier pas vers une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

La troisième journée de la Coupe du monde a apporté assez de surprises pour la rendre passionnante mais elle n’a pas changé fondamentalement le plateau de la phase à élimination directe. Les favorites ont fait respecter leur rang et l’animation est venue des équipes à la lutte pour les troisièmes places, à l’intérieur des groupes et entre les différents groupes.

Dans quatre groupes, les deux premiers sont ceux qui étaient attendu dans l’ordre, les Pays-Bas ont devancé le Canada dans le groupe E et l’Australie et le Brésil l’ont été par l’Italie dans le groupe C mais seront au tour suivant. Les équipes de deux premiers pots du tirage au sort sont donc qualifiés et le Brésil est le seul qui aura profité de la règle de qualification des meilleurs troisièmes.

Mariana Larroquette et Jenny Beattie

Mariana Larroquette et Jenny Beattie

Les seize qualifiées sont les équipes les mieux placées au classement Fifa moins les deux Corées et plus deux équipes africaines, le Nigeria et le Cameroun.

On peut supposer que la difficulté à se réunir régulièrement pénalise ces sélections pour obtenir des résultats lors des matchs amicaux et leur vaut un classement en deçà de leur valeur réelle, remarque qui est sans doute valable également pour les sélections sud-américaines, Argentine et Chili. Ces équipes du quatrième chapeau se sont classées troisièmes de leur groupe même si cela n’a pas permis aux Chiliennes et Argentines de se qualifier (à un but près dans les deux cas).

La répartition par continent est assez équilibrée même si l’Europe est légèrement sur représentée. Avec deux tiers de qualifiés, on devrait avoir deux équipes européennes de moins pour respecter un équilibre parfait remplacées par une équipe de la zone Amérique du Sud et une autre de la zone Asie-Océanie.

Les Jeux Olympiques en ligne de mire

Avec huit qualifiées, il y aura une équipe européenne dans chaque huitième de finale. Le taux de qualification en quart de finale aura une grande importance au-delà de la Coupe du monde elle-même puisqu’elle sert également d’éliminatoires pour les prochains Jeux Olympiques à Tokyo en 2020.

Les trois équipes les mieux classées en France seront celles qui iront au Japon un an plus tard. La question se pose tous les quatre ans mais normalement l’Angleterre n’est pas concernée (comme ne l’était pas l’Écosse) car le CIO ne reconnaît que la Grande-Bretagne et qu’il fallait vraiment que les Jeux Olympiques se déroulent à Londres pour faire passer une équipe d’Angleterre pour une équipe de Grande-Bretagne.

Le seul classement reconnu pour ces éliminatoires celui officiel de la Coupe du monde où les quatre premiers sont classés mais où les quarts de finalistes perdants ne sont pas départagés entre eux ni les huitièmes de finalistes.

Amandine Henry (France)

Amandine Henry (France)

Avec sept équipes encore en course, les 8e de finales devraient éclaircir la situation. Si trois équipes européennes exactement passent ce tour, elles iront aux Jeux Olympiques. S’il n’y en a qu’une ou deux, elle ira ou elles iront également et il faudra que l’UEFA invente un moyen de départager les cinq ou six autres1. Ou les sept si aucune ne se qualifie. S’il y en a quatre ou plus, le problème sera repoussé d’un tour : si trois équipes européennes au moins vont en demi-finales, elles seront toutes classées et les trois premières obtiendront leur billet. Sinon, il faudra également organiser une compétition pour départager les éliminés des quarts de finales.

Il est probable qu’il y aura au moins trois équipes européennes en quart de finales et qu’une élimination avant sera donc rédhibitoire. Mais il est également peu probable que trois équipes européennes (hors Angleterre) atteignent les demi-finales. Le premier tour éliminatoire est donc capital dans l’optique olympique.

Quelques chiffres

Attaques

La deuxième mi-temps des États-Unis contre la Thaïlande a porté l’attaque américaine à un niveau inaccessible pour les autres équipes. Elle est aussi l’équipe qui tire le plus et qui cadre le plus (même si c’est surtout le premier qui implique le second et que le taux de tir cadré est seulement dans la moyenne). En revanche, le taux de conversion des tirs cadrés en buts est parmi les meilleurs même s’il n’atteint pas celui de la Norvège qui n’a eu besoin que de 7 tirs cadrés pour marquer 6 buts.
A contrario et dans le même groupe, la Corée du Sud a cadré deux fois plus de tirs mais n’a marqué qu’une seule fois.

Rosario Balmaceda (Chili) face à Tierna Davidson (États-Unis)

Rosario Balmaceda (Chili) face à Tierna Davidson (États-Unis)

Assez logiquement, le classement des attaques permet à peu près de retrouver celui des qualifiées même si le match nul 3-3 entre l’Écosse et l’Argentine fait remonter tout en les éliminant. Toutes les équipes ont marqué au moins un but et la Chine se qualifie en ne marquant qu’une seule fois.

La Thaïlande est étonnamment l’équipe dont la proportion de tirs cadrés est largement la plus importante. Mais elle est aussi celle qui a le moins tiré.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 États-Unis 18
2 Australie 8
3 Suède 7
Italie 7
France 7
6 Pays-Bas 6
Norvège 6
Brésil 6
Allemagne 6
10 Écosse 5
Angleterre 5
12 Canada 4
13 Espagne 3
Cameroun 3
Argentine 3
16 Nigeria 2
Japon 2
Chili 2
19 Thaïlande 1
Nouvelle-Zélande 1
Jamaïque 1
Corée du Sud 1
Chine 1
Afrique du Sud 1
Tirs cadrés
Pos. Équipe Tirs
1 États-Unis 34
2 Allemagne 25
3 Suède 24
4 Espagne 23
5 Australie 19
Angleterre 19
7 France 17
8 Écosse 15
Corée du Sud 15
10 Japon 14
Brésil 14
12 Italie 13
13 Canada 12
14 Pays-Bas 10
Cameroun 10
16 Jamaïque 8
Chili 8
18 Thaïlande 7
Norvège 7
Argentine 7
21 Nouvelle-Zélande 6
22 Chine 4
Afrique du Sud 4
24 Nigeria 3
% cadrés
Pos. Équipe %
1 Thaïlande 53.8
2 Australie 48.7
3 Écosse 46.9
4 Allemagne 44.6
5 Italie 43.3
6 États-Unis 41.0
7 Angleterre 40.4
8 Suède 36.9
9 Corée du Sud 35.7
10 Espagne 35.4
11 Nouvelle-Zélande 35.3
12 Argentine 35.0
13 Japon 33.3
Brésil 33.3
15 Norvège 30.4
16 France 28.8
17 Pays-Bas 28.6
18 Cameroun 26.3
19 Afrique du Sud 25.0
20 Canada 24.0
21 Jamaïque 22.2
Chili 22.2
23 Chine 18.2
24 Nigeria 13.0
Tirs cadrés par but
Pos. Équipe Tirs
1 Corée du Sud 15.0
2 Jamaïque 8.0
3 Espagne 7.7
4 Thaïlande 7.0
Japon 7.0
6 Nouvelle-Zélande 6.0
7 Allemagne 4.2
8 Chine 4.0
Chili 4.0
Afrique du Sud 4.0
11 Angleterre 3.8
12 Suède 3.4
13 Cameroun 3.3
14 Écosse 3.0
Canada 3.0
16 France 2.4
Australie 2.4
18 Brésil 2.3
Argentine 2.3
20 États-Unis 1.9
Italie 1.9
22 Pays-Bas 1.7
23 Nigeria 1.5
24 Norvège 1.2

Défenses

Deux équipes seulement ont fini le premier tour sans avoir encaissé de buts, les deux premières au classement Fifa. Le classement des défenses est encore plus proche que celui des attaques de celui des qualifiées.

Défenses
Pos. Équipe Buts
1 Allemagne 0
États-Unis 0
3 Angleterre 1
Chine 1
France 1
6 Canada 2
Espagne 2
Italie 2
Pays-Bas 2
10 Brésil 3
Japon 3
Norvège 3
Suède 3
14 Argentine 4
Nigeria 4
16 Australie 5
Cameroun 5
Chili 5
Nouvelle-Zélande 5
20 Écosse 7
21 Afrique du Sud 8
Corée du Sud 8
23 Jamaïque 12
24 Thaïlande 20

Possession

Les États-Unis et l’Espagne possèdent les plus forts pourcentages de possession de balle ce qui promet une belle opposition en huitième de finale. Elles devancent le Canada et cela marque un vrai virage pour les deux équipes nord-américaines plus habituées jusque là à un jeu direct. Pour les premières, on attendra toutefois une opposition plus consistante que deux des équipes les plus faibles du plateau et une Suède décidée à ne pas se perdre dans un combat inutile pour savoir quelle est la part de philosophie de jeu et celle de nécessite face à des équipes incapables de tenir la balle.

Cette grande hétérogénéité du plateau explique sans doute aussi pourquoi le classement de la possession de balle est tellement corrélé avec celui des qualifiées, la Corée du Sud étant la seule équipe éliminée qui a eu plus de 50% du temps le ballon (alors que la Norvège et le Nigeria se sont qualifiés dans le même groupe en l’ayant moins). La suite du tournoi dira si la possession de balle est à nouveau une arme importante.

Possession
Pos. Équipe %
1 États-Unis 67 %
2 Espagne 64 %
3 Canada 62 %
4 Pays-Bas 59 %
France 59 %
6 Suède 57 %
Australie 57 %
Angleterre 57 %
9 Japon 53 %
Corée du Sud 53 %
Allemagne 53 %
12 Brésil 52 %
13 Italie 50 %
14 Écosse 48 %
Norvège 48 %
16 Chine 43 %
17 Chili 42 %
Argentine 42 %
19 Jamaïque 41 %
Cameroun 41 %
21 Nigeria 39 %
Afrique du Sud 39 %
23 Nouvelle-Zélande 38 %
24 Thaïlande 34 %

Caractéristiques des équipes

En données pondérées des temps de jeu, la Suède est l’équipe la plus grande du premier tour avec une taille moyenne d’1m73, soit douze centimètres de plus que l’Afrique du Sud.

La deuxième équipe la plus grande est la Jamaïque et la deuxième plus petite le Japon, un centimètre de moins que le Cameroun. Mais ces équipes sont des contre exemples puisque la taille des joueuses est très fortement corrélée avec le classement des qualifiées : six des équipes éliminées sont parmi les neuf plus petites du tournoi.

Yuika Sugasawa (Japon)

Yuika Sugasawa (Japon)

L’âge au contraire ne semble pas discriminant. Les États-Unis ont la deuxième équipe la plus âgée derrière le Brésil et ces équipes sont six ans plus vieilles que la Jamaïque. Mais si Brésil, États-Unis, Suède, France et Cameroun ont profité de leur expérience pour se qualifier, le Japon, l’Espagne, l’Australie et l’Allemagne ont usé de leur jeunesse pour faire de même.

Taille
Pos. Équipe Taille
1 Suède 173
2 Jamaïque 172
3 Pays-Bas 171
Allemagne 171
5 États-Unis 170
Chine 170
Angleterre 170
8 Écosse 169
Norvège 169
Nigeria 169
France 169
Espagne 169
Canada 169
14 Italie 168
Australie 168
16 Argentine 167
17 Nouvelle-Zélande 166
Corée du Sud 166
Brésil 166
20 Chili 165
21 Thaïlande 164
Cameroun 164
23 Japon 163
24 Afrique du Sud 161
Âge
Pos. Équipe Âge
1 Brésil 28.7
2 États-Unis 28.5
3 Suède 28.2
4 Thaïlande 27.7
France 27.7
Cameroun 27.7
Angleterre 27.7
8 Nouvelle-Zélande 27.4
9 Afrique du Sud 27.3
10 Corée du Sud 26.8
11 Norvège 26.7
Chine 26.7
Argentine 26.7
14 Italie 26.5
Canada 26.5
16 Écosse 26.2
Pays-Bas 26.2
18 Nigeria 26.0
Chili 26.0
20 Allemagne 25.7
21 Australie 25.3
22 Espagne 25.1
23 Japon 24.4
24 Jamaïque 22.8

Joueuses utilisées

Le premier tour a vu différents stratégies de gestion de l’effectif : pour les États-Unis, Jill Ellis a aligné toutes ses joueuses de champ dès le deuxième match et 17 ont été titularisée au moins une fois. Malgré la qualification assurée de l’Italie avant le dernier match, Milena Bertolini au contraire n’a utilisé que quinze joueuses dont huit ont été titulaires à chaque fois.

La France de Corinne Diacre n’a aligné que seize joueuses différentes, tout comme la Norvège, le Japon, le Canada et les Pays-Bas. Les Néerlandaises sont sans doute un exemple à suivre pour la sélectionneuse des Bleues puisque lors de l’Euro 2017, Sarina Wiegman n’avait réellement utilisé que treize joueuses durant la compétition.

Joueuses utilisées
Pos. Équipe Joueuses
1 États-Unis 21
2 Suède 20
Jamaïque 20
Angleterre 20
5 Écosse 19
Espagne 19
Corée du Sud 19
Cameroun 19
Afrique du Sud 19
10 Thaïlande 18
Chili 18
Brésil 18
Argentine 18
Allemagne 18
15 Nouvelle-Zélande 17
Nigeria 17
Chine 17
Australie 17
19 Pays-Bas 16
Norvège 16
Japon 16
France 16
Canada 16
24 Italie 15

Affluences

Le classement des affluences par équipe est déterminé par trois facteurs : la présence de l’équipe de France, celle de l’équipe des États-Unis et le stade où se sont joués les matchs.

La France et les États-Unis sont les deux équipes ont attiré le plus de monde et ces deux équipes ont joué au Parc des Princes, attirant plus de 45 000 personnes chacune alors que la moyenne de l’ensemble de la compétition est de moins de 19 000.

Le Chili et la Corée du Sud ont joué à Paris contre les États-Unis et la France et l’Argentine a joué deux matchs Porte d’Auteuil, ce qui a permis à ces équipes de jouer devant plus de 23 000 spectateurs de moyenne.

Affluence
Pos. Équipe Affluence
1 France 36 133
2 États-Unis 28 868
3 Chili 25 012
4 Argentine 24 518
5 Corée du Sud 23 182
6 Norvège 19 655
7 Brésil 18 790
8 Écosse 18 198
9 Japon 17 525
10 Pays-Bas 17 451
11 Allemagne 17 182
12 Nigeria 16 859
13 Australie 16 605
14 Italie 16 355
15 Angleterre 15 934
16 Suède 15 882
17 Afrique du Sud 15 852
18 Chine 15 703
19 Jamaïque 15 695
20 Canada 14 948
21 Espagne 14 873
22 Thaïlande 13 837
23 Cameroun 13 714
24 Nouvelle-Zélande 11 173

Tableau final

Le classement Fifa est construit en estimant à chaque match un pourcentage pour les deux adversaires basé sur leur différence de points au classement puis en comparant ce pourcentage à celui établi à partir du résultat réel2.

Le tableau suivant présente les pourcentages des oppositions du tableau final de la Coupe du monde, jusqu’à la finale si la logique est respectée.

La France est favorite de la compétition en vertu des 100 points de bonus accordés par la méthode pour manifester l’avantage de jouer à domicile et parce que les les Bleues comptent 2043 points au dernier classement, donc moins de 100 de retards sur les 2101 des États-Unis en tête de ce classement. Que cela soit de bonne augure pour la suite comme on dit dans le football.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 37,6% AUS 43,4% ENG 36,8% FRA 60,1%
AUS 62,4%
ENG 96,0% ENG 56,6%
CMR 4,0%
FRA 75,9% FRA 56,0% FRA 63,2%
BRA 24,1%
ESP 25,3% USA 44,0%
USA 74,7%
ITA 50,3% ITA 33,0% JPN 38,5% DEU 39,9%
CHN 49,7%
NLD 46,6% JPN 67,0%
JPN 53,4%
DEU 93,8% DEU 59,4% DEU 61,5%
NGA 6,2%
SWE 43,7% CAN 40,6%
CAN 56,3%
Wang Shuang (Chine)

Wang Shuang (Chine)

France-Brésil

La France affronte le Brésil en huitième de finale. L’affiche est belle, elle a un lustre de finale de Coupe du monde masculine. Pourtant si le Brésil a connu une période dorée entre 2004 et 2008 avec trois finales mondiales (dont deux aux Jeux Olympiques) il n’est pas pentacampeón comme en football masculin. Et Marta Ballon d’Or, Cristiane Ballon de Bronze et Formiga membre de l’équipe all-star de la Coupe du monde 2007, sont encore ses joueuses les plus importantes comme il y a douze ans.

La première confrontation entre la France et le Brésil date de la Coupe du monde 2003. Marta était titulaire tout comme Corinne Diacre. Cristiane était entrée en jeu en seconde mi-temps et Formiga était sur le banc.

Déjà dans le groupe de la Corée du Sud et de la Norvège, la France avait battu la première mais perdu contre la seconde et avait besoin d’une victoire lors du dernier match. Le Brésil avait lui remporté ses deux premiers matchs mais n’était pas qualifié même s’il aurait fallu une large défaite couplée à une large victoire de la Norvège sur la Corée pour l’éliminer.

La future lyonnaise Katia ouvrait la marque en seconde mi-temps à un moment où la Norvège menait déjà de 5 buts et obligeait les coéquipières de Sandrine Soubeyrand à l’emporter d’au moins quatre buts pour se qualifier. Dans les arrêts de jeu, Marinette Pichon obtenait l’égalisation qui ne servait à rien pour la compétition mais permet à l’équipe de France d’être toujours invaincue contre le Brésil.

Coupe du monde 2019 – Deuxième journée – Les favorites sont en place

Plus de la moitié du plateau des 8e de finales était connu au bout de 2 journées mais aucune équipe n’était encore éliminée. Toutefois il n’y aura sans doute pas de surprise et les favorites ont déjà leur ticket.

Les affluences augmentent un peu quand les États-Unis jouent dans un stade plus grand mais le record de billets vendus ne tiendra qu’à l’augmentation du nombre de matchs total.

C’est le lot d’une formule qui qualifie 16 équipes sur 24, au bout de deux journées on connaissait déjà 9 qualifiés et aucune équipe n’était éliminée (même si les chances sont inégales, la Thaïlande ayant sans doute besoin de s’imposer avec plus d’une quinzaine de buts d’écart face au Chili pour se qualifier).

Dès la deuxième journée, trois groupes avaient au moins trois équipes à trois points (groupes A, B et C) et dans un quatrième, la troisième place se jouera au moins à deux points (l’Argentine en compte déjà un et elle affrontera pour finir l’Écosse qui n’en compte aucun). Cela signifie que la qualification comme l’un des quatre meilleurs troisièmes se jouera avec au moins deux points.

Concrètement, le Cameroun dans le groupe E et le Chili dans le groupe F savent qu’un match nul ne pourra pas leur suffire, même s’il leur assurerait la troisième place de leur groupe.

Toutes les favorites sont là

Deux tiers des équipes qui passent le premier tour et presque pas de surprise, le résultat est évident : les favorites seront au rendez-vous des huitièmes de finales. Huit des dix équipes les mieux classées par la Fifa sont déjà qualifiées (dont les cinq premières). Seules l’Australie (6e) et le Brésil (10e) doivent encore gagner leur place ce qui semble probable sauf large défaite des coéquipières de Marta face à l’Italie.

La Norvège, la Chine et l’Espagne s’étant qualifiées lors des premiers matchs de la troisième journée, les deux seules équipes du Top 16 mondial qui ne seront pas dans le Top 16 du mondial devraient être les deux Corée, celle du Nord ayant été éliminée par celle du Sud dès la première phase éliminatoire.

Pour les Bleues, il faudra attendre la fin du premier tour pour être fixées mais il est très probable qu’elles affronteront le troisième du groupe C. L’organisation de la répartition des meilleurs troisièmes est faite de telle sorte que si celui du groupe C en fait partie, il affronte presque à coup sûr le premier du groupe A (donc la France), sauf s’il est accompagné de ceux des groupes B, E et F. Or le groupe F, celui du Chili et de la Thaïlande est celui qui semble avoir le moins de chance de fournir un troisième qualifié. La France devrait donc affronter le Brésil ou l’Australie, voire l’Italie.

Une victoire 2-0 du Brésil sur l’Italie associée à une victoire 3-1 de l’Australie sur la Jamaïque – deux résultats plausibles – mettrait ces trois équipes à égalité sur les trois critères habituels (nombre de points, différence buts, buts marqués) et enverrait chercher les critères suivants, le nombre de points marqués dans les confrontations directes qui laisserait tout le monde ex-aequo puis la différence de but dans les confrontations directes où le Brésil prendrait enfin la tête devant l’Australie puis l’Italie.

Bref la France sait qu’elle doit regarder avec attention les deux matchs du groupe C mais sans trop savoir à quoi s’attendre, sauf si l’Italie prend vite les devant sur le Brésil qui deviendrait alors son adversaire.

Moyenne en hausse mais peut mieux faire

Au rayon des affluences, le Parc des Princes transformé en stade américain lors du match États-Unis-Chili a battu le record du match d’ouverture pour 350 spectateurs, trois heures seulement après que Suède-Thaïlande avait été le premier à descendre sous la barre des 10 000 à Nice.

La moyenne remonte à près de 19 000 spectateurs par match, grâce donc au match des Américaines joué dans un plus grand stade et aussi grâce à l’invasion batave à Valenciennes.

Ville Stade Matchs Moyenne Capacité Remplissage
Paris Parc des Princes 5 33 980 48 583 70 %
Nice Stade de Nice 4 19 138 36 178 53 %
Rennes Roazhon Park 5 17 151 29 820 58 %
Grenoble Stade des Alpes 4 17 114 20 068 85 %
Valenciennes Stade du Hainaut 4 16 999 25 172 68 %
Reims Stade Auguste-Delaune 5 13 888 21 608 64 %
Montpellier Stade de la Mosson 4 13 871 27 310 51 %
Le Havre Stade Océane 5 11 966 25 278 47 %

La Fifa annonce qu’avec plus d’un million, le record du nombre de billets vendu pour la compétition devrait être battu. Mais ce sera sans combattre. Le nombre de matchs est passé de 32 à 52 depuis l’édition 2015 et le nombre de séance était quasiment deux fois moindre au Canada puisque la plupart des billets du premier tour permettaient de voir deux matchs successifs.

Nombre de billets vendus pour des séances d’un ou deux matchs
Édition Organisateur Billets Moyenne
1991 Chine 451 000 21 476
1995 Suède 112 261 4 318
1999 États-Unis 658 159 38 715
2003 États-Unis 360 320 21 195
2007 Chine 869 781 37 817
2011 Allemagne 845 711 26 428
2015 Canada 1 003 847 26 417
2019 France 452 433* 18 851*
* : chiffres après 24 matchs sur 52

Joueuse professionnelle et contrat fédéral

La mise en lumière de la discipline à l’occasion de la Coupe du monde incite les médias à s’intéresser de plus près au statut et aux revenus des footballeuses. Apparaît alors le très mystérieux « contrat fédéral » dont la nature de contrat de travail ne semble pas bien comprise.

Les joueuses disposant de ce type de contrat sont bien des joueuses de football professionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont forcément bien payées.

Dans son dossier du jour sur les retombées possibles de la Coupe du monde sur la Division 1, le journal L’Équipe indique que « seuls trois clubs (le PSG, l’OL et Montpellier) sont totalement professionnels alors que les autres bénéficient de contrats fédéraux »1.

Libération disait à peu près la même chose à la veille du match d’ouverture dans un cheknews sur les salaires en D1 : « Techniquement, il n’y a pas de joueuses professionnelles de football en France puisqu’il n’y a pas encore de ligue professionnelle de football féminine. 161 des 290 joueuses de Division 1 disposent toutefois de contrats amateurs (appelés «contrats fédéraux») qui leur permettent d’être rémunérées. »2

Cette incompréhension de la professionnalisation tire sans doute son origine de deux confusions, celle du statut professionnel qui peut concerner le club ou l’athlète et celle due à l’homonymie entre le contrat fédéral masculin et féminin.

La Ligue de Football Professionnel définit le statut professionnel des clubs, qui est obligatoire pour disputer les championnats masculins de Ligue 1 et Ligue 2 et qui peut être conservé pendant un certain temps pour les clubs descendants dans le championnat de National 1 masculin.

Ce statut professionnel n’existe pas pour les clubs qui disputent les compétitions féminines et on peut effectivement dire qu’il n’existe pas de club professionnel féminin, même si la plupart des équipes qui disputent le championnat de Division 1 sont alignées par des clubs disposant du statut professionnel au sens de la LFP (elles seront 10 sur 12 la saison prochaine).

Mais le statut d’un club ne définit pas entièrement le statut de la joueuse ou du joueur qui le représente. Un club professionnel peut aligner un joueur amateur, un club amateur peut aligner un joueur ou une joueuse professionnelle.

Dans son « Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs », la Fifa définit ce qu’est un joueur (ou une joueuse) professionnel : « Est considéré comme joueur professionnel tout joueur ayant un contrat écrit avec un club percevant, pour son activité footballistique, une rétribution supérieure au montant des frais effectifs qu’il encourt. Tous les autres joueurs sont considérés comme amateurs. »

Le professionnalisme est simplement caractérisé par le fait d’être rémunéré pour jouer et que cela soit fixé par contrat.

En France, ce type de contrat est encadré par un statut défini par la FFF, le « Statut de la Joueuse Fédérale » et qui commence par reprendre la définition de la Fifa et par l’appliquer dans le cadre de la législation française : « Une joueuse fédérale est une sportive qui met à disposition d’un club de football visé à l’article 1 du présent Statut, contre rémunération, ses compétences et son potentiel physique en vue de participer aux compétitions. La joueuse fédérale est une salariée occupant un emploi dans le secteur du football. La joueuse fédérale est une professionnelle du football fédéral par la nature salariale de son activité et non par le statut de son club. »

L’appellation « contrat fédéral » est la même que celle employée pour un joueur masculin disposant d’un contrat défini par le « Statut du Joueur Fédéral » qui précise le cadre des contrats des joueurs professionnels pour les clubs « n’ayant pas le statut professionnel, au sens du Règlement Administratif de la L.F.P. ».

Ainsi les garçons et pour les filles disposant d’un « contrat fédéral » sont bien professionnelles au sein de clubs qui n’en ont pas le statut.

Contrat de travail

Un contrat de footballeuse professionnelle est un contrat de travail. À ce titre il obéit en France à la réglementation du travail. Le statut précise explicitement qu’il se conforme aux articles L.222-2-3 et suivant du code du sport3.

Parmi les différentes dispositions qui découlent de ce type de contrat se trouvent celles concernant les couvertures sociales. « Les noms et adresses des caisses de retraite complémentaire et de prévoyance et de l’organisme assurant la couverture maladie complémentaire » font partie des mentions qui doivent obligatoirement y figurer. C’est une différence fondamentale avec une joueuse amatrice touchant des primes de matchs.

Pour autant, si le contrat fédéral assure à la joueuse un vrai statut de salariée, il n’est pas nécessairement très rémunérateur. Il peut être à temps partiel jusqu’à mi-temps.

La rémunération minimale est définie en lien avec le chapitre 9 de la « Convention collective nationale du sport ». Globalement, elle correspond à peu près à un salaire brut de 1 500 € pour un temps plein ce qui signifie qu’une joueuse professionnelle disposant d’un contrat à mi-temps peut ne toucher que 750 € bruts par mois pour son activité de footballeuse alors que les stars du championnat touchent à peu près 50 fois plus avec le même type de contrat.

  1. « Le Virage ou le mirage », article issu du journal et réservé aux abonnés
  2. « Checknews : Quel est le salaire moyen des footballeuses professionnelles en France ? »
  3. « Code du sport, chapitre II : Sport professionnel » sur Legifrance.

Coupe du monde 2019 – Première journée – Jusque là tout va bien

Toutes les équipes ont désormais joué au moins un match. Pour le moment, le mondial est conforme aux attentes. Les favorites font respecter leur rang mais sans excès en dehors des États-Unis et les stades sont fréquentés à défaut d’être pleins.

Il serait présomptueux de tirer déjà des conclusions sur la Coupe du monde après seulement un tiers du premier tour mais quelques grandes tendances se font déjà sentir.

Si l’adage qu’il veut qu’il n’y a plus de petites équipes est surtout un cliché et s’il a légèrement été mis à mal par le match d’ouverture et par le dernier match de la première ronde, peu d’autres équipes que la Corée du Sud et la Thaïlande ont été vraiment dépassées jusque là. La suite dira peut-être aussi la part prise par la France et les États-Unis dans cette constatation. Et il sera alors temps de se lamenter que les deux soient appelées à se rencontrer avant même les demi-finales.

L’amélioration de la compétitivité des équipes les plus faibles n’est pas vraiment concomitante avec une amélioration de la qualité du spectacle. Des équipes comme l’Argentine ou le Chili se sont par exemple surtout appliquées à bien défendre et mais l’ont fait avec une organisation très rigoureuse.

Autre fait saillant, la plupart des gardiennes de buts ont réalisé de très bonnes prestations, y compris dans les équipes les moins cotées comme la Chilienne Christiane Endler et la Jamaïcaine Syndey Schneider.

Sydney Schneider

Sydney Schneider

Toutefois si les équipes les plus faibles ont bien résisté, les équipes les plus fortes se sont presque systématiquement imposées. Seule l’équipe du Japon a concédé le match nul à l’Argentine. La défaite de l’Australie dans les arrêts de jeu n’est pas conforme à la hiérarchie supposée mais elle n’est pas une très grosse surprise, l’Italie ayant été la première équipe qualifiée de la très dense zone Europe. Les matchs au sommet entre équipes favorites de ce premier tour n’ont pas encore eu lieu mais la plupart ayant déjà obtenu trois points, il est probable qu’il ne manquera pas grand monde au rendez-vous des huitièmes de finale.

Au plan individuel, l’Américaines Alex Morgan a bien entendu frappé fort avec son quintuplé rehaussé de trois passes décisives contres les très faibles Thaïlandaises et dans un match où toute la ligne offensive américaine a brillé. Aucun autre nom ne ressort encore vraiment et les titres de joueuse du match ont pour le moment été attribués de façon systématique à celle qui a marqué le plus de buts, sauf Lieke Martens dont la notoriété a permis de doubler Jill Roord qui n’était entrée qu’en fin de match. Le mode de désignation par acclamation du public accentue sans doute le phénomène du vote pour la joueuse dont le nom apparaît sur le tableau d’affichage.

De belles affluences mais sans record

La Coupe du monde sera réussie si les stades sont pleins et si les Bleues font un beau parcours, ce qui est sans doute en partie lié. Pour le moment, c’est plutôt bien parti.

Le match d’ouverture s’est joué à guichets fermés, les autres matchs de l’équipe de France le seront aussi comme ceux des États-Unis. En dehors du Parc des Princes qui a accueilli 45 000 personnes pour le match d’ouverture puis 25 000 pour Japon-Argentine, les affluences des autres stades oscillent entre 10 000 et 20 000 spectateurs. La moyenne actuelle de 17 500 est la plus faible de l’histoire après celle de l’édition 1995 en Suède (où il n’y avait eu qu’un peu plus de 4 000 spectateurs par match) mais la comparaison est difficile à faire puisque dans la plupart des éditions précédentes, la plupart des matchs étaient groupés par deux avec un billet unique.

Les chiffres les plus comparables sont ceux de la Coupe du monde 2011 en Allemagne où ce couplage n’existait pas. Le match d’ouverture Allemagne-Canada s’était joué à Berlin devant près de 74 000 spectateurs et la moyenne avait été d’un peu plus de 26 000.

Pour l’instant, l’édition en cours en est loin et même en comptant un stade plein à Lyon pour les demi-finales et la finale, il faudrait augmenter nettement les affluences pour retrouver des chiffres comparables à la Coupe du monde 2011.

Toutefois il n’était sans doute pas au programme de la Fifa et du comité d’organisation de faire plus qu’en Allemagne puisque la moitié des stades choisis n’atteignent pas les 26 000 places et que trois seulement dépassent les 30 000.

Affluence moyenne
Année Organisateur Équipes moyenne
1991 Chine 12 19 615
1995 Suède 12 4 316
1999 États-Unis 16 37 319
2003 États-Unis 16 21 240
2007 Chine 16 37 218
2011 Allemagne 16 26 248
2015 Canada 24 26 029
2019 France 24 17 564*
Source : Fifa.com
* : moyenne après 12 matchs seulement
Affluence des stades de la Coupe du monde 2019
Ville Stade Matchs Moyenne
Paris Parc des Princes 2 35 158
Grenoble Stade des Alpes 1 17 668
Rennes Roazhon Park 2 15 579
Valenciennes Stade du Hainaut 1 15 380
Reims Stade Auguste-Delaune 2 14 825
Nice Stade de Nice 1 13 188
Le Havre Stade Océane 2 11 349
Montpellier Stade de la Mosson 1 10 710
Source : Fifa.com

Édition du 15/06/2019 : les chiffres des deux premiers matchs du groupe F à Rennes et Reims avaient été inversés. Les moyennes de ces deux stades ont été corrigées.

Elles connaissent déjà la France

Le monde du football se retrouve en France pour un mois mais ça ne sera pas une découverte pour toutes les joueuses. Tour d’horizon de celles qui ont déjà fréquenté les pelouses françaises soit pour avoir émargé pour un club français, soit pour avoir participé à la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans

Elles vont être 552 à se disputer la Coupe du monde sur les pelouses françaises du 7 juin au 7 juillet. En dehors des Françaises, une cinquantaine d’entre elles ne sera pas en terrain complètement inconnu pour avoir déjà porté les couleurs d’un club français.

Quatre sélections seulement ne comptent aucune joueuse déjà passée par la France, l’Afrique du Sud, la Jamaïque, la Thaïlande et l’Australie même si Sam Kerr a plusieurs fois été annoncée au PSG.

Les sélections qui seront le plus en terrain de connaissance seront le Cameroun avec huit joueuses devant la Suède et les États-Unis avec six. Mais les Américaines ont le plus souvent fait des passages éclairs en France là où leurs consœurs suédoises y ont plus souvent fait carrière.

Alex Morgan

Alex Morgan

Vu du côté club, ce sont bien sûr les plus riches qui sont le plus internationalisés : 19 joueuses sont passées par le PSG, 14 par Lyon et 9 par Montpellier, les autres n’en ayant vu qu’une ou deux à l’exception de Guingamp qui en a accueilli quatre. Sept clubs de D1 sur douze envoient au moins une joueuse étrangère à la Coupe du monde et avec Soyaux dont deux anciennes seront présentes, ce sont les 8 équipes les mieux classées cette saison qui sont représentées.

Chez les Sud-Américaines, l’Argentine est représentée par l’attaquante Sole Jaimes qui a fait une pige sans grand relief cette saison à Lyon, le Chili par la gardienne du PSG Christiane Endler et le Brésil par une autre Parisienne Formiga et par la défenseuse bordelaise Katheleen. Mais la sélection auriverde compte aussi dans ses rangs Erika et Cristiane, anciennes du PSG et la Barcelonaise Andressa Alves passée par Montpellier.

Un tiers de la sélection camerounaise joue en France

Côté africain, huit Camerounaises jouent sur le sol français en D1 ou D2. La capitaine Christine Manie évolue à Nancy tout comme sa partenaire Marlyse Ngo Ndoumbouk qui a passé une demi-saison en D1 à Saint-Maur après une extraordinaire saison en D2 où elle avait presque à elle seule permis à l’équipe du Val-de-Marne de monter avec ses 43 buts. Trois autres ont déjà fait un grand tour des club français. Yvonne Leuko jouait cette saison chez les Pierrots Vauban de Strasbourg en D2 mais elle était déjà en D1 à Montigny il y a dix ans et est passée aussi par Arras et Albi dans l’élite. De même Madeleine Ngono Mani évoluait cette année à Ambilly en D2 à 35 ans mais elle a connu aussi une longue carrière en première division de Saint-Étienne à Guingamp en passant par Soyaux où elle a eu Corinne Diacre comme entraîneuse. Jeannette Yango n’a connu la D1 qu’une saison à Yzeure mais a depuis joué à Rouen, Brest et Saint-Malo cette saison.

Aurelle Awona, née à Yaoundé, a passé sa jeunesse en France où elle a fréquenté différents clubs de la région parisienne puis débuté au Mans en D1 avant de rejoindre le Soyaux de Corinne Diacre où elle a passé sept saisons et dépassé les 100 matchs, et de jouer cette saison à Dijon. Michaela Abam est arrivée au Paris FC en début de saison avec l’étiquette de joueuses américaine. Née à Houston et passée par les équipes de jeunes des États-Unis, elle possède la double nationalité et est devenue internationale Camerounaise au mois de novembre.

Enfin Claudine Meffometou, qui officie plutôt à Guingamp sous le nom de Falone Tcheno a occupé ses deux dernières saison le flanc droit de la défense guingampaise après avoir joué deux saisons en D2 à Arras. Et elle pourrait se retrouver la saison prochaine dans l’axe de la défense bretonne déserté par ses deux titulaires Julie Debever et Charlotte Lorgeré.

Claudine Falonne Meffometou Tcheno

Claudine Falonne Meffometou Tcheno

Guingamp est aussi la terre d’accueil de deux des trois Nigérianes passées par la D1. Desire Oparanozie est depuis cinq saisons la pointe de l’attaque de l’EAG dont elle a été quatre fois la meilleure buteuse. Au contraire Evelyn Nwabuoku arrivée comme capitaine des Super Falcons n’a passé qu’une seule saison dans les Côtes d’Armor où elle a joué les quatre premiers matchs de la saison avant de disparaître des feuilles de match.

La troisième Nigériane passée par la France est la latérale Ngozi Ebere, au PSG entre 2015 et 2017 mais qui n’a joué qu’une poignée de matchs et n’est jamais parvenue à s’imposer.

L’Océanie n’est représentée que par la gardienne néo-zélandaise Erin Nayler. Arrivée à Lyon pour concurrencer Sarah Bouhaddi, elle a dû plier bagage en cours de saison sans avoir jamais joué pour libérer une place d’extra communautaire pour Alex Morgan et Kadeisha Buchanan, a fait un passage à Grenoble avant de signer à Bordeaux où elle est titulaire depuis deux saisons.

Les Américaines de passage

Les Nord-Américaines, Américaines ou Canadiennes donc, se concentrent à Paris et Lyon. Kadeisha Buchanan et Ashely Lawrence sont désormais des habituées de la D1, elles ont été rejointe cet hiver discrètement par la défenseuse Rebecca Quinn arrivée à Paris mais au PFC. Et la jeune Jordyn Huitema a déjà signé au PSG pour la saison prochaine.

Au contraire, les six américaines passées par la France jouent toutes actuellement au pays, conformément à la politique instituée par leur fédération. Et si Lindsey Horan qui a commencé sa carrière professionnelle au PSG a fait une vraie carrière en France avec quatre saisons et 58 matchs de D1, les autres n’ont le plus souvent fait que passer. Toujours au PSG, Tobin Heath a passé une saison et demi mais elle a été beaucoup blessée et n’a joué qu’une douzaine de matchs et Allie Long n’est restée que six mois à une autre époque où elle ne postulait pas vraiment à la sélection et où le PSG n’avait pas des fonds illimités.

Ashley Lawrence

Ashley Lawrence

Les Américaines de l’OL ont dans l’ensemble été encore moins convaincantes. Megan Rapinoe a joué deux demi-saisons dans l’équipe de Patrice Lair sans s’imposer, Alex Morgan n’a été rien d’autre qu’un coup marketing pour le club et la joueuse s’est empressée de repartir une fois qu’elle a eu garni son palmarès de la Ligue des Championnes et Morgan Brian n’est elle aussi restée que six mois où elle n’a joué que cinq matchs et n’étaient même pas retenue dans le groupe qui a joué la finale contre Wolfsbourg.

L’Asie est elle aussi représentée par l’OL et le PSG. La Japonaise Saki Kumagai vient de boucler sa sixième saison à Lyon et si elle a été un peu moins titulaire, elle a disputé à peu près tous les matchs cette saison. La Chinoise Wang Shuang est arrivée cette saison au PSG pour en être la meneuse.

Mais c’est Montpellier qui avait été précurseur en recrutant Rumi Utsugi alors que le Japon n’était pas encore champion du monde et n’avait à peu près rien remporté. Elle passera au total six saisons pleines dans l’Hérault avant de traverser l’Atlantique pour jouer à Seattle depuis trois ans. Et pendant une saison à Montpellier, elle avait été rejointe par sa compatriote Aya Sameshima.

Toute l’Europe vient en France

Le contingent européen est sans surprise le plus nombreux. Le plus important est celui de la Suède qui s’est aussi concentré que le même trio de clubs. Linda Sembrant et Sofia Jakobsson font depuis longtemps les beaux jours de Montpellier, la première comme défenseuse et capitaine, la seconde comme attaquante, elles étaient accompagnées en début de saison par Stina Blackstenius dont le passage a été plus inégal et qui est retournée en Suède.

La défenseuse latérale Hanna Glas est la concurrente d’Ève Périsset au PSG qui a aussi vu passer Kosovare Asllani, arrivée avec de flatteuse comparaison avec Zlatan et repartie beaucoup plus discrètement et la capitaine Caroline Seger, qui a fait un détour par Lyon avant de rentrer mais qui avait déjà passé ses plus belles années quand elle était en France.

Deux Allemandes jouent à Lyon, Dzsenifer Marzsan bien sûr, maîtresse à jouer de l’OL et Carolin Simon qui est en concurrence avec Selma Bacha au poste d’arrière-gauche. La saison prochaine, elles seront rejointes en France par Sara Däbritz qui a signé au PSG.

Elle sera donc la coéquipière de l’Espagnole Irene Paredes alors que la Montpelliéraine Virginia Torrecilla devrait retraverser les Pyérénées après quatre saisons. La milieu Jenni Hermoso a également joué au PSG la saison dernière sans grande réussite.

Anouk Dekker

Anouk Dekker

La Néerlandaise Anouk Dekker tient le milieu de Montpellier depuis plus de trois saisons et sera encore dans l’Hérault la saison prochaine. Sa compatriote Shanice van de Sanden est arrivée à Lyon il y a deux saisons auréolée de son titre de championne d’Europe et si ses prestations ont été très irrégulières, elle a été décisives deux saisons de suite en finale de Ligue des Championnes. La deuxième gardienne des Pays-Bas Loes Geurts a passé une saison au PSG il y a deux ans dans le même rôle.

Dernière joueuse évoluant actuellement sous les couleurs d’un club français, Lucy Bronze sort de deux très bonnes saison à Lyon et elle est peut-être la meilleure joueuse anglaise actuellement. Nikita Parris, désignée meilleure joueuse du championnat anglais la rejoindra la saison prochaine.

Les trois dernières sélections européennes ne comptent actuellement aucune joueuse dans les championnats français mais l’Italienne Sara Gama a passé deux saisons au PSG, essentiellement sur le banc, l’Écossaise Jenny Beattie a passé une saison et demi à Montpellier où elle avait rejoint son frère alors rugbyman au MHR et la Norvégienne Isabell Herlovsen a passé un peu plus d’une saison à Lyon où son principal fait d’arme a été son tir au but manqué lors de la première finale européen du club contre Potsdam en 2010.

Et bien entendu, la joueuse étrangère la plus célèbre du championnat de France ne disputera pas cette Coupe du monde au contraire de sa sélection : Ada Hegerberg est en retrait de son équipe nationale, en désaccord avec sa fédération.

De la Coupe du monde à la Coupe du monde

Outre Émelyne Laurent, 23 joueuses qui ont disputé il y a moins d’un an la Coupe du monde des moins de 20 ans en Bretagne reviennent en France pour disputer la Coupe du monde tout court.

On retrouve bien sûr les stars de l’an dernier, en particulier le podium du titre de meilleure joueuse, l’Espagnole Patri Guijarro et les Japonaises Moeka Minami et Saori Takarada, cette dernière ne remplaçant qu’à la dernière minute sur blessure Riko Ueki, qui était elle-aussi déjà là il y a un an.

Le podium du classement des meilleures buteuse était aussi occupé par Guijarro et Takarada accompagnées par l’Anglaise Georgia Stanway qui portera le numéro 19 des Three Lionesses cette fois.

Georgia Stanway

Georgia Stanway

La Brésilienne Geyse, l’Allemande Giulia Gwin, la Néerlandaises Victoria Pelova et l’Espagnole Aitana Bonmati seront également de retour alors que le Japon, le Nigeria et la Nouvelle-Zélande compteront quatre joueuses de cette Coupe du monde des moins de 20 ans.

Joueuses ayant disputé la Coupe du monde des moins de 20 ans
Équipe Poste Nom
Brésil A 23 Geyse
Chine G 1 Xu Huan
Angleterre M 19 Georgia Stanway
France A 12 Émelyne Laurent
Allemagne D 15 Giulia Gwinn
Allemagne A 19 Klara Bühl
Allemagne M 6 Lena Oberdorf
Japon D 12 Moeka Minami
Japon D 16 Asato Miyagawa
Japon M 13 Saori Takarada
Japon M 19 Jun Endo
Pays-Bas G 16 Lize Kop
Pays-Bas M 12 Victoria Pelova
Nouvelle-Zélande D 15 Sarah Morton
Nouvelle-Zélande G 23 Nadia Olla
Nouvelle-Zélande A 19 Paige Satchell
Nouvelle-Zélande G 23 Nadia Olla
Nigeria M 15 Rasheedat Ajibade
Nigeria A 7 Anam Imo
Nigeria G 16 Chiamaka Nnadozie
Nigeria D 20 Chidinma Okeke
Espagne M 12 Patri Guijarro
Espagne M 18 Aitana Bonmati
Espagne A 17 Lucía García
Patri Guijarro

Patri Guijarro

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