Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

Les championnes d’Europe à l’assaut du monde

La finale de la Coupe du monde opposera les tenantes du titre aux championnes d’Europe. Les Néerlandaises continuent de repousser les limites depuis leur Euro 2017 remporté à domicile avec une manière de fonctionner en effectif réduit très atypique.

Toutefois, il reste probable qu’elles finissent par se heurter comme toutes les autres avant elles à une équipe américaine qui semble avoir géré la compétition à sa main.

Parmi les sept équipes européennes qualifiées pour les quarts de finale, ce sont les championnes en titre qui affronteront les États-Unis en finale de la Coupe du monde. Championnes du monde contre championnes d’Europe, l’affiche est alléchante.

Les demi-finales ont été très dissemblables. Même s’il restait quelques places libres, la première s’est jouée dans une ambiance survoltée : une grande partie des billets avaient été achetés depuis les États-Unis dès l’ouverture de la billetterie, avant même le tirage au sort. Ce qui explique peut-être aussi un peu la faible affluence (48 000 pour 60 000 places) de la seconde demi-finales, la plupart de ces achats s’étant fait sur des packs comprenant les deux matchs et quelques supporters américains ont pu passer leur tour pour le second. L’ambiance était donc beaucoup moins orange qu’elle avait pu l’être lors de matchs précédents.

Dans le jeu, le contraste a été aussi important. La première demi-finale s’est jouée sur un rythme très élevée alors que la seconde a été abordée avec beaucoup plus de prudence.

L’Angleterre et la Suède se disputeront la troisième place de la compétition. Elles connaissent déjà le contexte particulier de cette finale entre équipes déçues et qui souvent auraient préféré ne pas avoir à disputer ce match supplémentaire : il s’agit des équipes qui ont remporté les dux dernières finales pour la troisième place, la Suède face à la France en 2011 et l’Angleterre contre l’Allemagne en 2015.

Quinze pour une coupe

Un but de Jackie Groenen durant la prolongation a permis aux Pays-Bas de se qualifier pour leur seconde finale consécutive en compétition internationale. Il a évidemment fallu un peu de chance pour cela entre le pénalty de Saki Kumagai en huitièmes de finale et l’Italie plutôt que les États-Unis ou l’Allemagne en quarts par exemple, mais la chance ne fait pas tout et la méthode de Sarina Wiegman mérite d’être étudiée de près par ses concurrentes tant elle semble à l’opposée des habitudes.

L’effectif des Pays-Bas n’est pas le plus clinquant du plateau. En dehors de Vivianne Miedema et peut-être de Danielle van de Donk, il compte peu de prétendante au Ballon d’Or et de joueuses ayant un rôle majeur dans les grands clubs européens. Lieke Martens n’a jamais montré son niveau de l’Euro 2017 en deux ans à Barcelone où Stefanie van der Gragt a souvent été sur le banc. La gardienne et capitaine Sari van Veenendaal était cette saison la remplaçante de Pauline Peyraud-Magnin à Arsenal alors que Shanice van de Sanden était celle de Delphine Cascarino à Lyon.

Jackie Groenen à Francfort, Desiree van Lunteren à Fribourg ou Merel van Dongen au Betis sont des joueuses importantes mais dans des équipes de milieu de tableau. Mais cet ensemble de bonnes joueuses sans vraiment de stars est persuadé de sa force et maîtrise assez ses automatismes pour tout renverser sur son passage depuis la nomination de Sarina Wiegman qui a remplacé Arjan van der Laan six mois seulement avant l’Euro, montrant au passage qu’il n’est pas nécessaire de faire deux ans d’essais pour bâtir une équipe compétitive.

Les remplaçantes néerlandaises ne foulent la pelouse que pour les échauffements

Les remplaçantes néerlandaises ne foulent la pelouse que pour les échauffements

La principale caractéristique de l’équipe des Pays-Bas est de faire appel à un groupe très resserré. Après avoir remporté l’Euro à treize (voir « Rêve orange »), elle est arrivée en finale avec quinze joueuses seulement. En demi-finale, Lineth Beerensteyn a débuté à la place de Shanice van de Sanden et c’est l’intégralité du turn-over réalisé dans la phase à élimination directe. Sarina Wiegman est la sélectionneuse qui a utilisé le moins de joueuses dans cette compétition alors que les trois autres demi-finalistes sont celles qui en ont employé le plus, faisant entrer au moins une fois toutes leurs joueuses de champ (en dehors de la Suédoise Julia Roddar). Et malgré la prolongation (et la possibilité qu’elle induit de faire quatre changements), elle n’a utilisé que treize joueuses contre la Suède en remplaçant sur blessure Lieke Martens par Jill Roord à la mi-temps puis en faisant entrer sa titulaire habituelle Shanice van de Sanden.

Cette réussite est à mettre en perspective avec les critiques adressées à Corinne Diacre pour avoir construit son équipe autour d’un noyau d’une quinzaine de joueuses seulement et pour ne pas avoir utilisé ou presque huit de ses joueuses.

On sait donc déjà assez précisément comment l’équipes des Pays-Bas abordera la finale. Shanice van de Sanden pourrait bien reprendre sa place alors que Kika van Es et Anouk Dekker semblent avoir définitivement perdu la leur. L’incertitude demeure sur l’état de santé de Lieke Martens qui joue mais ne s’entraîne plus depuis le huitième de finale. Elle pourrait être remplacée par Jill Roord.

La France, 51e état des États-Unis

Comme prévu, les Américaines sont en finale, quasiment à domicile comme c’est le cas dans tous les stades où elles sont passées, sauf lors du quart de finale contre la France où le soutien était partagé. Avec deux matchs joués à Lyon quasiment à guichet fermé, elles vont dépasser les Bleues à la moyenne de spectateur par match.

Contre une Angleterre en formation défensive avec Fran Kirby et Toni Duggan sur le banc, les joueuses de Jill Ellis ont employé leur méthode habituelle en ouvrant la marque durant le premier quart d’heure comme lors de tous les matchs de cette Coupe du monde.

Mais après qu’on leur a reproché un excès de zèle lors du premier match contre la Thaïlande, elles ont semblé gérer leurs efforts sans jamais chercher à enfoncer le clou. Leurs trois matchs à élimination directe se sont achevés sur le score de 2-1 et contre l’Angleterre comme cela avait été le cas contre l’Espagne, elles ont semblé se contenter d’attendre après leur ouverture du score ce qui leur a coûté l’égalisation. Elles sont alors reparties de l’avant pour reprendre l’avantage et se remettre à attendre. Contre les Bleues, le schéma a été le même mais le scénario différent puisqu’une de leurs contre-attaques leur a permis de prendre deux buts d’avance.

Alyssa Naeher s'apprête à arrêter le pénalty de Steph Houghton

Alyssa Naeher s'apprête à arrêter le pénalty de Steph Houghton

Il est toujours difficile de savoir si l’impression de contrôle est conforme à la réalité ou si elle n’est due qu’à la victoire mais après un premier tour où on a pu penser que leur domination tenait essentiellement à la faiblesse de l’opposition, les coéquipières d’Alex Morgan traversent la phase à élimination directe en accélérant tant qu’elles ne mènent pas et en semblant dominées dès qu’elles sont devant au score.

La composition que choisira Jill Ellis dépendra de l’état de santé de Megan Rapinoe et Rose Lavelle. La première a laissé sa place à Christen Press lors de la demi-finale dont la seconde est sortie en cours de jeu. Mais elles devraient être rétablies pour la finale. La seconde est en concurrence avec Lindsey Horan et Sam Mewis dans le milieu à trois où Julie Ertz semble ne pas être remise en cause par sa sélectionneuse.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 0 ENG 1 USA 68,4%
AUS 1
ENG 3 ENG 3
CMR 0
FRA 2 FRA 1 USA 2
BRA 1
ESP 1 USA 2
USA 2
ITA 2 ITA 0 NLD 1 NLD 31,6%
CHN 0
NLD 2 NLD 2
JPN 1
DEU 3 DEU 1 SWE 0
NGA 0
SWE 1 SWE 2
CAN 0

Coupe du monde 2019 – Quarts de finale – Les Bleues hors course

L’équipe de France ne sera pas dans le dernier carré de sa Coupe du monde à domicile, victime des États-Unis, du comité d’organisation et de ses propres insuffisances. Comme prévu, les tenantes du titre américaines affronteront en demi-finale l’Angleterre qui a vaincu sans coup férir la Norvège.

L’affiche de l’autre demi-finale sera plus inattendue. Elle opposera les championnes d’Europe néerlandaises à la Suède qui a pris une revanche sur l’Allemagne qui lui a si souvent barré la route du titre en compétition internationale.

Comme c’était redouté depuis le tirage au sort, l’équipe de France a eu affaire à trop forte partie contre les Américaines, numéro 1 mondiales et tenantes du titre. Le match a été enlevé et les Bleues auraient pu obtenir mieux mais dans l’ensemble la qualification des coéquipières de Megan Rapinoe est simplement conforme au rapport de force entre les deux équipes.

Maintenant que le match est joué, l’interrogation subsiste : comment le comité d’organisation a pu mettre en place un tableau qui permette ce genre d’opposition en quart de finale ? C’est un privilège classique du pays organisateur, il est dispensé de tirage au sort et se retrouve judicieusement placé dans le tableau. Cela permet en particulier de s’assurer qu’il jouera autant que possible dans des stades adaptés.

La formule à 24 équipes réparties en 6 groupes fait que mathématiquement, si les vainqueurs du premier tour passent le cap du huitième de finale1, deux seront opposés en quart de finale à une équipe ayant fini à un moins bon rang.

Cette fois, ce sont les vainqueurs des groupes B et D, respectivement l’Angleterre et l’Allemagne qui avaient cet avantage, le cas de la Mannschaft rappelant qu’il n’est pas absolu et qu’il ne dispense pas de gagner les matchs.

Amandine Henry et Samantha Mewis

Amandine Henry et Samantha Mewis

La France a été placée d’office dans le groupe A qui ne bénéficiait pas de ce chemin jonché de roses. Ou plutôt qui n’en a plus bénéficié après une correction du tableau intervenue la veille du tirage au sort. Cette correction – l’interversion des deux premiers du groupe F, donc finalement les États-Unis et la Suède – est tout à fait rationnelle puisque sans elle, le tableau était totalement déséquilibré avec quatre vainqueurs de groupe d’un côté et seulement deux de l’autre, côté France.

La question qui se pose est de savoir si l’organisation française a simplement complètement ignoré le problème, si « l’erreur » n’en était pas une et visait à faciliter le parcours des Bleues mais a été éventée ou s’il s’agissait réellement d’une erreur qui a fait croire que le tableau de l’équipe de France était idéal.

Dans tous les cas, la responsabilité de l’organisation est patente, soit par ignorance, soit pour ne pas avoir su faire un tableau raisonnable pour l’équipe à domicile, ce qui était faisable très simplement en reproduisant celui de l’édition précédente.

A posteriori, on mesure le poids de ce défaut d’organisation. Non seulement cette défaite en quart de finale accrédite l’idée d’une stagnation et d’un plafond de verre alors que la même défaite un ou deux tours plus tard n’aurait pas eu cette image, mais elle barre aussi aux Bleues la route vers les Jeux Olympiques de Tokyo.

Bien sûr, le tableau ne fait pas tout et les Bleues ont déjà eu l’occasion (souvent à l’Euro) de disposer de tableaux favorables et se sont pris les pieds dans le tapis. La défaite contre les Américaines est comparable avec celles de 2015 contre les Allemandes, elle ne l’est certainement pas avec celle du dernier Euro où les Françaises n’arrivaient pas lestées de quatre victoires lors des matchs précédents.

Les demi-finales à Lyon

L’affiche des demi-finales opposera donc l’Angleterre aux États-Unis et les Pays-Bas à la Suède. La première était attendue2, la seconde beaucoup moins : les Pays-Bas sont champions d’Europe et leur présence dans le dernier carré n’est pas une vraie surprise mais il s’agit de leur première apparition à ce niveau. Au contraire, la Suède est habitué des derniers tours mais a fini deuxième de son groupe – derrière les États-Unis – et a dû ensuite éliminer deux équipes mieux classées, le Canada et surtout l’Allemagne.

Les demi-finales et la finale auront pour cadre le Stade de Lyon, nom donné au stade de l’Olympique lyonnais durant la Coupe du monde, la Fifa n’acceptant pas que les enceintes de sa compétition portent des noms de marques commerciales, surtout s’il ne s’agit pas de ses propres sponsors.

Lucy Bronze et Shanice van de Sanden y seront évidemment en terrain de connaissance comme joueuses lyonnaises. D’anciennes lyonnaises passées suffisamment récemment ont aussi pu jouer à Décines, Alex Morgan et Caroline Seger. En revanche, Morgan Brian n’a fait que s’asseoir sur le banc une fois lors d’un quart de finale contre Barcelone.

Mais beaucoup d’autres joueuses connaissent aussi ce terrain pour l’avoir fréquenté comme visiteuses. Lucy Bronze et Caroline Seger sont d’abord venu avec un maillot adverse, respectivement celui de Manchester City et du PSG.

Avec les affrontements récents entre Lyon et des équipes anglaises, Manchester City et Chelsea, plus de la moitié de la sélection de Phil Neville est déjà venue : Millie Bright, Karen Carney et Fran Kirby cette saison avec Chelsea, Karen Bardsley, Abbie McManus, Steph Houghton, Demi Stokes, Keira Walsh, Jill Scott, Nikita Parris, Georgia Stanway et Toni Duggan avec Manchester City. Cette dernière est ensuite revenue avec Barcelone. Ainsi dix des onze titulaires du quart de finale contre la Norvège ont déjà joué au Stade de Lyon, seule Ellen White ne le connaissant pas encore.

On peut également ajouter à liste Mary Earps venue comme gardienne remplaçante de Wolfsbourg et qui est la seule anglaise qui n’a pas joué lors de cette Coupe du monde.

La Suède pourrait être presque autant en terrain de connaissance mais Montpellier n’ayant pas le lustre du PSG, Linda Sembrant, Sofia Jakobsson et Stina Blackstenius n’ont jamais eu les honneurs du grand stade et ont dû se contenter du centre d’entraînement tout à côté pour affronter l’OL. Néanmoins six de leurs compatriotes sont déjà venues. Caroline Seger donc comme adversaire puis comme hôte, Nilla Fischer avec Wolfsbourg, Kosovare Asllani avec Manchester City (elle avait quitté le PSG avant l’ouverture du stade), Magdalena Eriksson, Jonna Andersson et Hedvig Lindahl avec Chelsea – la gardienne étant restée sur le banc – et Hanna Glas avec le PSG sans entrer en jeu non plus.

Enfin les deux autres équipes ont seulement eu quelques ambassadrices. Alex Morgan a affronté sa compatriote Carli Lloyd qui faisait de son côté un court passage à Manchester City, et Shanice van de Sanden a joué contre Lieke Martens et Barcelone. Loes Geurts est aussi venue avec le PSG mais elle était restée sur le banc comme elle le fera sans doute encore cette fois.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 0 ENG 42,6% USA 68,4%
AUS 1
ENG 3 ENG 3
CMR 0
FRA 2 FRA 1 USA 57,4%
BRA 1
ESP 1 USA 2
USA 2
ITA 2 ITA 0 NLD 50,7% NLD 31,6%
CHN 0
NLD 2 NLD 2
JPN 1
DEU 3 DEU 1 SWE 49,3%
NGA 0
SWE 1 SWE 2
CAN 0

Le dernier carré

Angleterre- États-Unis

La première demi-finale oppose les deux équipes qui ont le plus fait participer l’ensemble de leur banc. Toutes les Anglaises sauf la troisième gardienne Mary Earps ont joué, tout comme l’intégralité des joueuses de champ américaines. Dix-neuf Anglaises ont déjà été titularisées et dix-huit Américaines. Mais si Phil Neville a vraiment fait tourner durant toute la phase de groupe avec trois compositions assez différentes, Jill Ellis a plutôt aligné son équipe type contre la Thaïlande et la Suède et fait jouer une équipe bis contre le Chili. Six joueuses n’ont débuté que ce match alors que les cinq Anglaises qui n’ont commencé qu’un seul match sont réparties trois contre l’Argentine et deux contre le Japon.

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Toutefois depuis le début de la phase éliminatoire, l’Anglais et l’Américaine ont resserré leur composition sur une équipe type. Le premier n’hésite qu’entre Demi Stokes et Alex Greenwood pour le poste d’arrière gauche et la seconde a reconduit contre la France les onze mêmes que contre l’Espagne même si on peut imaginer que Lindsey Horan qui avait débuté tous les matchs de poule pourrait frapper à la porte pour remplacer Julie Ertz (ou la pousser à l’arrière).

Après la France, l’Angleterre est la deuxième dernière équipe à avoir battu les États-Unis. On a vu quel profit cela avait fait aux Bleues. Les Anglaises semblent avoir nettement moins de talent dans les pieds mais en faire nettement meilleur usage que leurs voisines d’outre-Manche, ce qui pourrait leur permettre de déranger les championnes du monde. Mais les Américaines restent clairement favorites.

Pays-Bas- Suède

La Suède est le troisième pays à avoir utilisé le plus de joueuses alors que les Pays-Bas sont celui qui en a utilisé le moins. Pourtant la différence d’utilisation de l’effectif n’est pas aussi grande qu’elle en a l’air. Peter Gerhardsson a utilisé vingt joueuses et en a titularisé 18 mais ces chiffres sont biaisés par le match contre les États-Unis que les Suédoises ne voulaient pas vraiment gagner et où cinq joueuses ont connu leur seule titularisation. Neuf joueuses ont débuté tous les matchs sauf celui là et les deux autres joueuses de l’équipe-type ont démarré à chaque fois sauf contre la Thaïlande. Si le banc est impliqué, le onze-type est solidement installé.

Mais la suspension de Fridolina Rolfö pour deux cartons jaunes reçus contre le Canada et l’Allemagne va obliger son sélectionneur à trouver une autre solution. Cela devrait être Olivia Schough qui avait déjà occupé l’aile gauche lors du match contre l’Allemagne.

Elin Rubensson

Elin Rubensson

Sarina Wiegman n’a pas fait tourner son effectif, comme elle ne l’avait pas fait lors de l’Euro avec une certaine réussite. Neuf joueuses ont débuté à chaque match, Stefanie van der Gragt et Anouk Dekker se sont partagée un poste en défense centrale alors que Merel van Dongel a succédé à Kika van Es à gauche. En dehors de ces treize joueuses, les deux Bavaroises Jill Roord et Lineth Beerensteyn sont entrées à chaque match. Les autres regardent. Seule Renate Jansen a joué trois minutes contre le Canada.

Cette demi-finale pourrait être la revanche du quart de finale du dernier Euro où Lieke Martens et Vivianne Miedema avaient éliminé les partenaires de Caroline Seger.

[Édition du 30/6/2019 : ajout d'une précision concernant la suspension de Fridolina Rolfö]

Coupe du monde 2019 – Huitièmes de finale – Les états unis d’Europe

Les quarts de finales de la Coupe du monde opposeront sept équipes européennes et les États-Unis. Ce sont les Bleues qui auront la lourde tâche d’affronter les championnes du monde pour le match au sommet annoncé depuis le tirage au sort.

Au-delà de la poursuite de leur parcours en Coupe du monde, les joueuses de Corinne Diacre joueront aussi leur qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo puisqu’il est désormais établi qu’il faudra au moins être demi-finaliste pour faire partie des trois meilleures équipes européennes.

Tous les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2019 opposaient une équipe européenne à une équipe d’un autre continent et en dehors de ceux concernant les deux équipes africaines, le Nigeria et le Cameroun, qui n’ont jamais semblé en mesure d’inquiéter l’Allemagne et l’Angleterre, aucun autre match ne s’est achevé avec plus d’un but d’écart.

Mais en dehors des États-Unis, grandissimes favoris et qui ont eu besoin de deux pénalties pour venir à bout de l’Espagne, c’est à chaque fois l’équipe européenne qui a passé le tour ce qui donnera aux quarts de finales un petit air d’Euro amélioré.

Il y a deux ans lors du vrai Euro, l’Italie et la Norvège n’avaient pas passé le premier tour mais les cinq autres équipes étaient également en quart de finale. Toutefois, l’Autriche et le Danemark, absents cette année, avaient passé le tour et s’étaient disputé une place en finale.

La présence d’une très grande majorité d’équipes européenne n’est pas inhabituelle dans les Coupes du monde masculines où elles étaient également sept en 1994 et où elles ont été quatre fois six depuis 1990. Mais cela correspond à un football masculin bipolaire où les demi-finalistes qui ne viennent ni d’Europe ni d’Amérique du Sud sont au nombre de deux en 21 éditions1, aucune n’ayant atteint la finale. Chez les femmes, trois continents ont déjà emporté l’épreuve et quatre sont arrivés au moins en demi-finale. Et ce constat reste le même si l’on ignore les États-Unis, sorte de point aberrant toujours présent en demi-finale mais qui n’est la pas la seule équipe Nord-Américaine à avoir atteint ce stade puisqu’elle était accompagnée du Canada en 2003.

L’image courante est donc celle d’une compétition féminine beaucoup plus ouverte à tous les continents que son homologue masculine. D’ailleurs il y a quatre ans, seules l’Angleterre, l’Allemagne et la France avaient atteint les quarts de finale et le record du genre date des deux premières éditions où cinq représentants du vieux continent étaient représentés.

Mais à y regarder de plus près, c’est sans doute plutôt le millésime 2015 qui était le moins représentatif avec à peine plus d’un tiers des équipes de la zone UEFA qualifiées à ce stade. Lors de toutes les autres éditions, ce taux est d’au moins deux tiers et atteint souvent les 80 % (voir 100 % en 1991 et 1995). Avant l’élargissement à 24 équipes en 2015, il n’y avait que cinq représentants européens (6 en 1999), difficile donc de faire quasi carton plein.

Ainsi si la répartition entre les différentes confédération n’a pas sensiblement évolué, l’augmentation du nombre d’équipe semble bénéficier à l’Europe, plus à même de présenter un grand nombre d’équipes compétitives.

Le mode de qualification de la zone UEFA pour les Jeux Olympiques est lié au même constat : avec un grand nombre d’équipes concernées pour un très petit nombre de places, il est difficile de fabriquer des éliminatoires spécifiquement olympiques. La phase finale de l’Euro se disputant trois ans avant les Jeux Olympiques, elle ne serait pas très pertinente comme tournoi qualificatif. C’est pourquoi c’est la Coupe du monde qui en tient lieu2. Mais avec sept équipes encore en lice pour trois places seulement, les quarts de finales de la Coupe du monde deviennent des matchs de barrages olympiques. En cas de victoire des États-Unis sur la France, les trois autres demi-finalistes iront à Tokyo. Dans le cas contraire, le match pour la troisième place, habituelle aimable partie de campagne entre équipes démotivées deviendra lui aussi un barrage à la mort subite.

Pour les Bleues, le match de vendredi aura des conséquences lourdes pour les deux prochaines années : en cas de victoire sur l’ogre américain, la compétition sera réussie et la qualification olympique restera possible. En cas de défaite, l’objectif minimal de rejoindre les demi-finales ne sera pas atteint, les interrogations sur la manière ressortiront et il faudra se concentrer pendant deux ans sur les éliminatoires de l’Euro 2010 face à l’Autriche, la Serbie, le Kazakhstan et la Macédoine du Nord.

Après avoir plusieurs fois échoué à ce stade contre des adversaires largement à sa portée, cela serait un beau pied de nez de cette équipe de France de passer à nouveau le cap face à la meilleure équipe du monde. Il y a quatre ans, ça n’était pas passé loin.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 31,6% ENG 36,8% FRA 60,1%
AUS 1
ENG 3 ENG 68,4%
CMR 0
FRA 2 FRA 56,0% FRA 63,2%
BRA 1
ESP 1 USA 44,0%
USA 2
ITA 2 ITA 36,1% NLD 35,3% DEU 39,9%
CHN 0
NLD 2 NLD 63,9%
JPN 1
DEU 3 DEU 65,3% DEU 64,7%
NGA 0
SWE 1 SWE 34,7%
CAN 0

Les quatre quarts

Norvège- Angleterre

C’est la revanche du huitième de finale de l’édition précédente où Steph Houghton et Lucy Bronze avaient permis à l’Angleterre de passer en quarts de finales. Depuis la hiérarchie ne s’est pas inversée, la Norvège a manqué son Euro 2017 dans les grandes largeurs pendant que l’Angleterre se hissait en demi-finale, ce qui reste finalement une déception.

L’Angleterre a remporté tous ses matchs sans trembler, faisant participer toutes ses joueuses sauf la gardienne Mary Earps alors que la Norvège dispute sa compétition à 16 et a eu besoin des tirs aux buts à 11 contre 10 venir à bout de l’Australie. Sur le papier, l’Angleterre est nettement favorite mais cette Norvège semble capable de faire déjouer tout le monde, les Bleues peuvent en témoigner.

France- États-Unis

C’est le match qui était annoncé le jour du tirage au sort. L’épine dans le pied dès deux équipes, le point sur lequel elles se sont focalisées depuis le début. Car si on a bien en tête que vu du côté Bleu, c’est un mauvais tirage que de devoir affronter la meilleure équipe mondiale dès le quart de finale, vu d’en face, on ne pouvait pas non plus imaginer bien pire que de rencontrer le pays organisateur, l’équipe qui a infligé aux Américaines leur seule défaite en 2019 (3-1 au Havre le 19 janvier), qui est aussi l’autrice de leur avant dernière défaite (3-0 le 7 mars 2017 lors de la SheBelieves Cup) et qu’elles n’ont pas battu entre temps (un nul 1-1 le 4 mars 2018, à nouveau pour la SheBelieves Cup).

À la fin, le tirage n’aura évidemment été mauvais que pour une seule des deux équipes et cela a toutes les chances d’être la France : si elle a réussi ses trois dernières rencontres face aux États-Unis, c’était à chaque fois en match amical. La confrontation précédente avait eu lieu aux Jeux Olympiques de Rio et les Américaines s’étaient imposées 1-0, tout comme lors des Jeux précédents (4-2) et lors de la Coupe du monde 2011 (3-1 en demi-finale). Après avoir mis 27 ans à remporter enfin un match face aux États-Unis, la France attend encore de le faire dans un match officiel.

Kadidiatou Diani face à Tamires sous les yeux de Marta et Delphine Cascarino

Kadidiatou Diani face à Tamires sous les yeux de Marta et Delphine Cascarino

Au bout de deux matchs, Jill Ellis avait fait jouer toutes ses joueuses de champ et la victoire contre le Chili avait permis à Ali Krieger d’affirmer que les États-Unis avaient les deux meilleures équipes de la compétition. Mais les remplaçantes américaines ont bien fait de profiter de ce match parce que pour la plupart, elles n’ont plus eu l’occasion de s’exprimer : six joueuses n’ont foulé la pelouse que lors de ce deuxième match. En huitième de finale, les trois remplaçantes se sont partagées 7 minutes de jeu3. Même Corinne Diacre qui rechigne en général à employer son banc ne va pas jusque là.

Outsider mais à domicile, l’équipe de France possède en théorie toutes les armes pour gêner une équipe américaine qui a peiné contre l’Espagne face à sa première vraie adversité dans cette compétition (une seule frappe cadrée en dehors des deux pénalties de Megan Rapinoe), la Thaïlande et le Chili n’étant pas vraiment au niveau et la Suède ayant – sans doute avec raison – choisi de ne pas se disperser dans une bataille qu’elle n’avait pas besoin de gagner en alignant une moitié de remplaçantes.

La qualité des prestations de l’équipe de France jusque là n’encourage pas à l’optimisme en dehors de la première mi-temps du match d’ouverture mais même dans la difficulté, elle a remporté tous ses matchs et si elle arrive à lâcher les chevaux, elle ne sera pas une victime expiatoire. Le fait de ne pas être favorite et d’affronter une équipe qui ne lui laissera pas toute la responsabilité du jeu pourrait l’aider à y parvenir.

Italie- Pays-Bas

L’Italie a été une nation forte durant les années 80 et 90, participant à peu près à toutes les éditions de l’Euro ce qui lui avait valu de participer à la première édition de la Coupe du monde en 1991 où elle avait poussée la Norvège à la prolongation. Mais malgré des participations encourageantes à l’Euro où elle n’avait dû s’incliner que face à l’Allemagne en 2009 et 2013, elle n’était plus revenue en Coupe du monde depuis 1999. Entre temps, la fédération italienne avait laissé partir le train et le reste de l’Europe l’avait distancée. Mais depuis deux ans, avec l’arrivée de Milena Bertolini à la tête de la Squadra Azzura à la place d’Antonio Cabrini et avec l’arrivée concomitante des clubs professionnels masculins, les choses ont changé.

Les Pays-Bas ne faisaient pas du tout partie des nations historiques. Les Néerlandaises avaient profité des élargissements des phases finales pour participer à l’Euro depuis 2009 (passage à 12 équipes) et à la Coupe du monde depuis 2015 (passage à 24 équipes) mais c’est l’arrivée de Sarina Wiegman à six mois de l’Euro à domicile qui a transformé l’équipe des Pays-Bas qui a surfé sur le succès populaire jusqu’à la victoire finale.

Mais au contraire des italiennes, la progression ne passe pas par l’amélioration du championnat mais par l’exode des joueuses dans les championnats les plus huppés. Dans les 23 Italiennes, seule Elena Linari joue à l’étrange à l’Atlético Madrid. A contrario, six Néerlandaises seulement jouent aux Pays-Bas, donc quatre à l’Ajax Amsterdam, mais pami elles, seule Kika van Es joue réellement cette Coupe du monde, Renate Jansen n’est entrée que trois minutes contre le Canada et les autres ne sont pas entrées en jeu.

Allemagne- Suède

Si Italie-Pays-Bas est un duel de nations montantes, Allemagne-Suède est un classique éprouvé : cela a déjà été l’affiche d’une finale de Coupe du monde, de deux finales d’Euro et de la dernière finale olympique. Avec à chaque fois la victoire de l’Allemagne. Car si les deux équipes font depuis longtemps partie des favorites des compétitions, le palmarès de la Suède se limite à la victoire dans le premier Euro de l’histoire en 1984 là où l’Allemagne a remporté une médaille d’or olympique, deux Coupes du monde et huit Euros.

Les deux équipes sont annoncées en reconstruction après le départ de leurs sélectionneuses emblématiques Silvia Neid et Pia Sundhage mais si l’Allemagne présente toujours une des équipes les plus jeunes du plateau – signe à la fois de la richesse du vivier et de la difficulté à faire durer et à stabiliser l’équipe – la Suède tente de se renouveler avec les mêmes joueuses sauf Lotta Schelin, ce qui est certes une perte d’importance. Les jeunes Stina Blackstenius et Fridolina Rolfö tentent de combler le vide laissé par l’ancienne joueuse de l’OL mais le costume semble encore un peu grand pour elles.

Coupe du monde 2019 – Troisième journée – Un tableau de rêve

La qualification des meilleures troisièmes a permis de maintenir du suspense jusqu’au dernier match alors que les favoris étaient déjà qualifiés depuis longtemps. Le plateau des huitièmes de finale comprend toutes les meilleures équipes du monde.

Du côté des Bleues, c’est un match contre le Brésil qui s’annonce qu’il ne faudra pas sous estimer même si tout le monde a les yeux tournés depuis le tirage au sort vers un éventuel quart de finale contre les favorites américaines. Une victoire contre les coéquipières de Marta serait aussi un premier pas vers une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

La troisième journée de la Coupe du monde a apporté assez de surprises pour la rendre passionnante mais elle n’a pas changé fondamentalement le plateau de la phase à élimination directe. Les favorites ont fait respecter leur rang et l’animation est venue des équipes à la lutte pour les troisièmes places, à l’intérieur des groupes et entre les différents groupes.

Dans quatre groupes, les deux premiers sont ceux qui étaient attendu dans l’ordre, les Pays-Bas ont devancé le Canada dans le groupe E et l’Australie et le Brésil l’ont été par l’Italie dans le groupe C mais seront au tour suivant. Les équipes de deux premiers pots du tirage au sort sont donc qualifiés et le Brésil est le seul qui aura profité de la règle de qualification des meilleurs troisièmes.

Mariana Larroquette et Jenny Beattie

Mariana Larroquette et Jenny Beattie

Les seize qualifiées sont les équipes les mieux placées au classement Fifa moins les deux Corées et plus deux équipes africaines, le Nigeria et le Cameroun.

On peut supposer que la difficulté à se réunir régulièrement pénalise ces sélections pour obtenir des résultats lors des matchs amicaux et leur vaut un classement en deçà de leur valeur réelle, remarque qui est sans doute valable également pour les sélections sud-américaines, Argentine et Chili. Ces équipes du quatrième chapeau se sont classées troisièmes de leur groupe même si cela n’a pas permis aux Chiliennes et Argentines de se qualifier (à un but près dans les deux cas).

La répartition par continent est assez équilibrée même si l’Europe est légèrement sur représentée. Avec deux tiers de qualifiés, on devrait avoir deux équipes européennes de moins pour respecter un équilibre parfait remplacées par une équipe de la zone Amérique du Sud et une autre de la zone Asie-Océanie.

Les Jeux Olympiques en ligne de mire

Avec huit qualifiées, il y aura une équipe européenne dans chaque huitième de finale. Le taux de qualification en quart de finale aura une grande importance au-delà de la Coupe du monde elle-même puisqu’elle sert également d’éliminatoires pour les prochains Jeux Olympiques à Tokyo en 2020.

Les trois équipes les mieux classées en France seront celles qui iront au Japon un an plus tard. La question se pose tous les quatre ans mais normalement l’Angleterre n’est pas concernée (comme ne l’était pas l’Écosse) car le CIO ne reconnaît que la Grande-Bretagne et qu’il fallait vraiment que les Jeux Olympiques se déroulent à Londres pour faire passer une équipe d’Angleterre pour une équipe de Grande-Bretagne.

Le seul classement reconnu pour ces éliminatoires celui officiel de la Coupe du monde où les quatre premiers sont classés mais où les quarts de finalistes perdants ne sont pas départagés entre eux ni les huitièmes de finalistes.

Amandine Henry (France)

Amandine Henry (France)

Avec sept équipes encore en course, les 8e de finales devraient éclaircir la situation. Si trois équipes européennes exactement passent ce tour, elles iront aux Jeux Olympiques. S’il n’y en a qu’une ou deux, elle ira ou elles iront également et il faudra que l’UEFA invente un moyen de départager les cinq ou six autres1. Ou les sept si aucune ne se qualifie. S’il y en a quatre ou plus, le problème sera repoussé d’un tour : si trois équipes européennes au moins vont en demi-finales, elles seront toutes classées et les trois premières obtiendront leur billet. Sinon, il faudra également organiser une compétition pour départager les éliminés des quarts de finales.

Il est probable qu’il y aura au moins trois équipes européennes en quart de finales et qu’une élimination avant sera donc rédhibitoire. Mais il est également peu probable que trois équipes européennes (hors Angleterre) atteignent les demi-finales. Le premier tour éliminatoire est donc capital dans l’optique olympique.

Quelques chiffres

Attaques

La deuxième mi-temps des États-Unis contre la Thaïlande a porté l’attaque américaine à un niveau inaccessible pour les autres équipes. Elle est aussi l’équipe qui tire le plus et qui cadre le plus (même si c’est surtout le premier qui implique le second et que le taux de tir cadré est seulement dans la moyenne). En revanche, le taux de conversion des tirs cadrés en buts est parmi les meilleurs même s’il n’atteint pas celui de la Norvège qui n’a eu besoin que de 7 tirs cadrés pour marquer 6 buts.
A contrario et dans le même groupe, la Corée du Sud a cadré deux fois plus de tirs mais n’a marqué qu’une seule fois.

Rosario Balmaceda (Chili) face à Tierna Davidson (États-Unis)

Rosario Balmaceda (Chili) face à Tierna Davidson (États-Unis)

Assez logiquement, le classement des attaques permet à peu près de retrouver celui des qualifiées même si le match nul 3-3 entre l’Écosse et l’Argentine fait remonter tout en les éliminant. Toutes les équipes ont marqué au moins un but et la Chine se qualifie en ne marquant qu’une seule fois.

La Thaïlande est étonnamment l’équipe dont la proportion de tirs cadrés est largement la plus importante. Mais elle est aussi celle qui a le moins tiré.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 États-Unis 18
2 Australie 8
3 Suède 7
Italie 7
France 7
6 Pays-Bas 6
Norvège 6
Brésil 6
Allemagne 6
10 Écosse 5
Angleterre 5
12 Canada 4
13 Espagne 3
Cameroun 3
Argentine 3
16 Nigeria 2
Japon 2
Chili 2
19 Thaïlande 1
Nouvelle-Zélande 1
Jamaïque 1
Corée du Sud 1
Chine 1
Afrique du Sud 1
Tirs cadrés
Pos. Équipe Tirs
1 États-Unis 34
2 Allemagne 25
3 Suède 24
4 Espagne 23
5 Australie 19
Angleterre 19
7 France 17
8 Écosse 15
Corée du Sud 15
10 Japon 14
Brésil 14
12 Italie 13
13 Canada 12
14 Pays-Bas 10
Cameroun 10
16 Jamaïque 8
Chili 8
18 Thaïlande 7
Norvège 7
Argentine 7
21 Nouvelle-Zélande 6
22 Chine 4
Afrique du Sud 4
24 Nigeria 3
% cadrés
Pos. Équipe %
1 Thaïlande 53.8
2 Australie 48.7
3 Écosse 46.9
4 Allemagne 44.6
5 Italie 43.3
6 États-Unis 41.0
7 Angleterre 40.4
8 Suède 36.9
9 Corée du Sud 35.7
10 Espagne 35.4
11 Nouvelle-Zélande 35.3
12 Argentine 35.0
13 Japon 33.3
Brésil 33.3
15 Norvège 30.4
16 France 28.8
17 Pays-Bas 28.6
18 Cameroun 26.3
19 Afrique du Sud 25.0
20 Canada 24.0
21 Jamaïque 22.2
Chili 22.2
23 Chine 18.2
24 Nigeria 13.0
Tirs cadrés par but
Pos. Équipe Tirs
1 Corée du Sud 15.0
2 Jamaïque 8.0
3 Espagne 7.7
4 Thaïlande 7.0
Japon 7.0
6 Nouvelle-Zélande 6.0
7 Allemagne 4.2
8 Chine 4.0
Chili 4.0
Afrique du Sud 4.0
11 Angleterre 3.8
12 Suède 3.4
13 Cameroun 3.3
14 Écosse 3.0
Canada 3.0
16 France 2.4
Australie 2.4
18 Brésil 2.3
Argentine 2.3
20 États-Unis 1.9
Italie 1.9
22 Pays-Bas 1.7
23 Nigeria 1.5
24 Norvège 1.2

Défenses

Deux équipes seulement ont fini le premier tour sans avoir encaissé de buts, les deux premières au classement Fifa. Le classement des défenses est encore plus proche que celui des attaques de celui des qualifiées.

Défenses
Pos. Équipe Buts
1 Allemagne 0
États-Unis 0
3 Angleterre 1
Chine 1
France 1
6 Canada 2
Espagne 2
Italie 2
Pays-Bas 2
10 Brésil 3
Japon 3
Norvège 3
Suède 3
14 Argentine 4
Nigeria 4
16 Australie 5
Cameroun 5
Chili 5
Nouvelle-Zélande 5
20 Écosse 7
21 Afrique du Sud 8
Corée du Sud 8
23 Jamaïque 12
24 Thaïlande 20

Possession

Les États-Unis et l’Espagne possèdent les plus forts pourcentages de possession de balle ce qui promet une belle opposition en huitième de finale. Elles devancent le Canada et cela marque un vrai virage pour les deux équipes nord-américaines plus habituées jusque là à un jeu direct. Pour les premières, on attendra toutefois une opposition plus consistante que deux des équipes les plus faibles du plateau et une Suède décidée à ne pas se perdre dans un combat inutile pour savoir quelle est la part de philosophie de jeu et celle de nécessite face à des équipes incapables de tenir la balle.

Cette grande hétérogénéité du plateau explique sans doute aussi pourquoi le classement de la possession de balle est tellement corrélé avec celui des qualifiées, la Corée du Sud étant la seule équipe éliminée qui a eu plus de 50% du temps le ballon (alors que la Norvège et le Nigeria se sont qualifiés dans le même groupe en l’ayant moins). La suite du tournoi dira si la possession de balle est à nouveau une arme importante.

Possession
Pos. Équipe %
1 États-Unis 67 %
2 Espagne 64 %
3 Canada 62 %
4 Pays-Bas 59 %
France 59 %
6 Suède 57 %
Australie 57 %
Angleterre 57 %
9 Japon 53 %
Corée du Sud 53 %
Allemagne 53 %
12 Brésil 52 %
13 Italie 50 %
14 Écosse 48 %
Norvège 48 %
16 Chine 43 %
17 Chili 42 %
Argentine 42 %
19 Jamaïque 41 %
Cameroun 41 %
21 Nigeria 39 %
Afrique du Sud 39 %
23 Nouvelle-Zélande 38 %
24 Thaïlande 34 %

Caractéristiques des équipes

En données pondérées des temps de jeu, la Suède est l’équipe la plus grande du premier tour avec une taille moyenne d’1m73, soit douze centimètres de plus que l’Afrique du Sud.

La deuxième équipe la plus grande est la Jamaïque et la deuxième plus petite le Japon, un centimètre de moins que le Cameroun. Mais ces équipes sont des contre exemples puisque la taille des joueuses est très fortement corrélée avec le classement des qualifiées : six des équipes éliminées sont parmi les neuf plus petites du tournoi.

Yuika Sugasawa (Japon)

Yuika Sugasawa (Japon)

L’âge au contraire ne semble pas discriminant. Les États-Unis ont la deuxième équipe la plus âgée derrière le Brésil et ces équipes sont six ans plus vieilles que la Jamaïque. Mais si Brésil, États-Unis, Suède, France et Cameroun ont profité de leur expérience pour se qualifier, le Japon, l’Espagne, l’Australie et l’Allemagne ont usé de leur jeunesse pour faire de même.

Taille
Pos. Équipe Taille
1 Suède 173
2 Jamaïque 172
3 Pays-Bas 171
Allemagne 171
5 États-Unis 170
Chine 170
Angleterre 170
8 Écosse 169
Norvège 169
Nigeria 169
France 169
Espagne 169
Canada 169
14 Italie 168
Australie 168
16 Argentine 167
17 Nouvelle-Zélande 166
Corée du Sud 166
Brésil 166
20 Chili 165
21 Thaïlande 164
Cameroun 164
23 Japon 163
24 Afrique du Sud 161
Âge
Pos. Équipe Âge
1 Brésil 28.7
2 États-Unis 28.5
3 Suède 28.2
4 Thaïlande 27.7
France 27.7
Cameroun 27.7
Angleterre 27.7
8 Nouvelle-Zélande 27.4
9 Afrique du Sud 27.3
10 Corée du Sud 26.8
11 Norvège 26.7
Chine 26.7
Argentine 26.7
14 Italie 26.5
Canada 26.5
16 Écosse 26.2
Pays-Bas 26.2
18 Nigeria 26.0
Chili 26.0
20 Allemagne 25.7
21 Australie 25.3
22 Espagne 25.1
23 Japon 24.4
24 Jamaïque 22.8

Joueuses utilisées

Le premier tour a vu différents stratégies de gestion de l’effectif : pour les États-Unis, Jill Ellis a aligné toutes ses joueuses de champ dès le deuxième match et 17 ont été titularisée au moins une fois. Malgré la qualification assurée de l’Italie avant le dernier match, Milena Bertolini au contraire n’a utilisé que quinze joueuses dont huit ont été titulaires à chaque fois.

La France de Corinne Diacre n’a aligné que seize joueuses différentes, tout comme la Norvège, le Japon, le Canada et les Pays-Bas. Les Néerlandaises sont sans doute un exemple à suivre pour la sélectionneuse des Bleues puisque lors de l’Euro 2017, Sarina Wiegman n’avait réellement utilisé que treize joueuses durant la compétition.

Joueuses utilisées
Pos. Équipe Joueuses
1 États-Unis 21
2 Suède 20
Jamaïque 20
Angleterre 20
5 Écosse 19
Espagne 19
Corée du Sud 19
Cameroun 19
Afrique du Sud 19
10 Thaïlande 18
Chili 18
Brésil 18
Argentine 18
Allemagne 18
15 Nouvelle-Zélande 17
Nigeria 17
Chine 17
Australie 17
19 Pays-Bas 16
Norvège 16
Japon 16
France 16
Canada 16
24 Italie 15

Affluences

Le classement des affluences par équipe est déterminé par trois facteurs : la présence de l’équipe de France, celle de l’équipe des États-Unis et le stade où se sont joués les matchs.

La France et les États-Unis sont les deux équipes ont attiré le plus de monde et ces deux équipes ont joué au Parc des Princes, attirant plus de 45 000 personnes chacune alors que la moyenne de l’ensemble de la compétition est de moins de 19 000.

Le Chili et la Corée du Sud ont joué à Paris contre les États-Unis et la France et l’Argentine a joué deux matchs Porte d’Auteuil, ce qui a permis à ces équipes de jouer devant plus de 23 000 spectateurs de moyenne.

Affluence
Pos. Équipe Affluence
1 France 36 133
2 États-Unis 28 868
3 Chili 25 012
4 Argentine 24 518
5 Corée du Sud 23 182
6 Norvège 19 655
7 Brésil 18 790
8 Écosse 18 198
9 Japon 17 525
10 Pays-Bas 17 451
11 Allemagne 17 182
12 Nigeria 16 859
13 Australie 16 605
14 Italie 16 355
15 Angleterre 15 934
16 Suède 15 882
17 Afrique du Sud 15 852
18 Chine 15 703
19 Jamaïque 15 695
20 Canada 14 948
21 Espagne 14 873
22 Thaïlande 13 837
23 Cameroun 13 714
24 Nouvelle-Zélande 11 173

Tableau final

Le classement Fifa est construit en estimant à chaque match un pourcentage pour les deux adversaires basé sur leur différence de points au classement puis en comparant ce pourcentage à celui établi à partir du résultat réel2.

Le tableau suivant présente les pourcentages des oppositions du tableau final de la Coupe du monde, jusqu’à la finale si la logique est respectée.

La France est favorite de la compétition en vertu des 100 points de bonus accordés par la méthode pour manifester l’avantage de jouer à domicile et parce que les les Bleues comptent 2043 points au dernier classement, donc moins de 100 de retards sur les 2101 des États-Unis en tête de ce classement. Que cela soit de bonne augure pour la suite comme on dit dans le football.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 37,6% AUS 43,4% ENG 36,8% FRA 60,1%
AUS 62,4%
ENG 96,0% ENG 56,6%
CMR 4,0%
FRA 75,9% FRA 56,0% FRA 63,2%
BRA 24,1%
ESP 25,3% USA 44,0%
USA 74,7%
ITA 50,3% ITA 33,0% JPN 38,5% DEU 39,9%
CHN 49,7%
NLD 46,6% JPN 67,0%
JPN 53,4%
DEU 93,8% DEU 59,4% DEU 61,5%
NGA 6,2%
SWE 43,7% CAN 40,6%
CAN 56,3%
Wang Shuang (Chine)

Wang Shuang (Chine)

France-Brésil

La France affronte le Brésil en huitième de finale. L’affiche est belle, elle a un lustre de finale de Coupe du monde masculine. Pourtant si le Brésil a connu une période dorée entre 2004 et 2008 avec trois finales mondiales (dont deux aux Jeux Olympiques) il n’est pas pentacampeón comme en football masculin. Et Marta Ballon d’Or, Cristiane Ballon de Bronze et Formiga membre de l’équipe all-star de la Coupe du monde 2007, sont encore ses joueuses les plus importantes comme il y a douze ans.

La première confrontation entre la France et le Brésil date de la Coupe du monde 2003. Marta était titulaire tout comme Corinne Diacre. Cristiane était entrée en jeu en seconde mi-temps et Formiga était sur le banc.

Déjà dans le groupe de la Corée du Sud et de la Norvège, la France avait battu la première mais perdu contre la seconde et avait besoin d’une victoire lors du dernier match. Le Brésil avait lui remporté ses deux premiers matchs mais n’était pas qualifié même s’il aurait fallu une large défaite couplée à une large victoire de la Norvège sur la Corée pour l’éliminer.

La future lyonnaise Katia ouvrait la marque en seconde mi-temps à un moment où la Norvège menait déjà de 5 buts et obligeait les coéquipières de Sandrine Soubeyrand à l’emporter d’au moins quatre buts pour se qualifier. Dans les arrêts de jeu, Marinette Pichon obtenait l’égalisation qui ne servait à rien pour la compétition mais permet à l’équipe de France d’être toujours invaincue contre le Brésil.

Coupe du monde 2019 – Deuxième journée – Les favorites sont en place

Plus de la moitié du plateau des 8e de finales était connu au bout de 2 journées mais aucune équipe n’était encore éliminée. Toutefois il n’y aura sans doute pas de surprise et les favorites ont déjà leur ticket.

Les affluences augmentent un peu quand les États-Unis jouent dans un stade plus grand mais le record de billets vendus ne tiendra qu’à l’augmentation du nombre de matchs total.

C’est le lot d’une formule qui qualifie 16 équipes sur 24, au bout de deux journées on connaissait déjà 9 qualifiés et aucune équipe n’était éliminée (même si les chances sont inégales, la Thaïlande ayant sans doute besoin de s’imposer avec plus d’une quinzaine de buts d’écart face au Chili pour se qualifier).

Dès la deuxième journée, trois groupes avaient au moins trois équipes à trois points (groupes A, B et C) et dans un quatrième, la troisième place se jouera au moins à deux points (l’Argentine en compte déjà un et elle affrontera pour finir l’Écosse qui n’en compte aucun). Cela signifie que la qualification comme l’un des quatre meilleurs troisièmes se jouera avec au moins deux points.

Concrètement, le Cameroun dans le groupe E et le Chili dans le groupe F savent qu’un match nul ne pourra pas leur suffire, même s’il leur assurerait la troisième place de leur groupe.

Toutes les favorites sont là

Deux tiers des équipes qui passent le premier tour et presque pas de surprise, le résultat est évident : les favorites seront au rendez-vous des huitièmes de finales. Huit des dix équipes les mieux classées par la Fifa sont déjà qualifiées (dont les cinq premières). Seules l’Australie (6e) et le Brésil (10e) doivent encore gagner leur place ce qui semble probable sauf large défaite des coéquipières de Marta face à l’Italie.

La Norvège, la Chine et l’Espagne s’étant qualifiées lors des premiers matchs de la troisième journée, les deux seules équipes du Top 16 mondial qui ne seront pas dans le Top 16 du mondial devraient être les deux Corée, celle du Nord ayant été éliminée par celle du Sud dès la première phase éliminatoire.

Pour les Bleues, il faudra attendre la fin du premier tour pour être fixées mais il est très probable qu’elles affronteront le troisième du groupe C. L’organisation de la répartition des meilleurs troisièmes est faite de telle sorte que si celui du groupe C en fait partie, il affronte presque à coup sûr le premier du groupe A (donc la France), sauf s’il est accompagné de ceux des groupes B, E et F. Or le groupe F, celui du Chili et de la Thaïlande est celui qui semble avoir le moins de chance de fournir un troisième qualifié. La France devrait donc affronter le Brésil ou l’Australie, voire l’Italie.

Une victoire 2-0 du Brésil sur l’Italie associée à une victoire 3-1 de l’Australie sur la Jamaïque – deux résultats plausibles – mettrait ces trois équipes à égalité sur les trois critères habituels (nombre de points, différence buts, buts marqués) et enverrait chercher les critères suivants, le nombre de points marqués dans les confrontations directes qui laisserait tout le monde ex-aequo puis la différence de but dans les confrontations directes où le Brésil prendrait enfin la tête devant l’Australie puis l’Italie.

Bref la France sait qu’elle doit regarder avec attention les deux matchs du groupe C mais sans trop savoir à quoi s’attendre, sauf si l’Italie prend vite les devant sur le Brésil qui deviendrait alors son adversaire.

Moyenne en hausse mais peut mieux faire

Au rayon des affluences, le Parc des Princes transformé en stade américain lors du match États-Unis-Chili a battu le record du match d’ouverture pour 350 spectateurs, trois heures seulement après que Suède-Thaïlande avait été le premier à descendre sous la barre des 10 000 à Nice.

La moyenne remonte à près de 19 000 spectateurs par match, grâce donc au match des Américaines joué dans un plus grand stade et aussi grâce à l’invasion batave à Valenciennes.

Ville Stade Matchs Moyenne Capacité Remplissage
Paris Parc des Princes 5 33 980 48 583 70 %
Nice Stade de Nice 4 19 138 36 178 53 %
Rennes Roazhon Park 5 17 151 29 820 58 %
Grenoble Stade des Alpes 4 17 114 20 068 85 %
Valenciennes Stade du Hainaut 4 16 999 25 172 68 %
Reims Stade Auguste-Delaune 5 13 888 21 608 64 %
Montpellier Stade de la Mosson 4 13 871 27 310 51 %
Le Havre Stade Océane 5 11 966 25 278 47 %

La Fifa annonce qu’avec plus d’un million, le record du nombre de billets vendu pour la compétition devrait être battu. Mais ce sera sans combattre. Le nombre de matchs est passé de 32 à 52 depuis l’édition 2015 et le nombre de séance était quasiment deux fois moindre au Canada puisque la plupart des billets du premier tour permettaient de voir deux matchs successifs.

Nombre de billets vendus pour des séances d’un ou deux matchs
Édition Organisateur Billets Moyenne
1991 Chine 451 000 21 476
1995 Suède 112 261 4 318
1999 États-Unis 658 159 38 715
2003 États-Unis 360 320 21 195
2007 Chine 869 781 37 817
2011 Allemagne 845 711 26 428
2015 Canada 1 003 847 26 417
2019 France 452 433* 18 851*
* : chiffres après 24 matchs sur 52

Joueuse professionnelle et contrat fédéral

La mise en lumière de la discipline à l’occasion de la Coupe du monde incite les médias à s’intéresser de plus près au statut et aux revenus des footballeuses. Apparaît alors le très mystérieux « contrat fédéral » dont la nature de contrat de travail ne semble pas bien comprise.

Les joueuses disposant de ce type de contrat sont bien des joueuses de football professionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont forcément bien payées.

Dans son dossier du jour sur les retombées possibles de la Coupe du monde sur la Division 1, le journal L’Équipe indique que « seuls trois clubs (le PSG, l’OL et Montpellier) sont totalement professionnels alors que les autres bénéficient de contrats fédéraux »1.

Libération disait à peu près la même chose à la veille du match d’ouverture dans un cheknews sur les salaires en D1 : « Techniquement, il n’y a pas de joueuses professionnelles de football en France puisqu’il n’y a pas encore de ligue professionnelle de football féminine. 161 des 290 joueuses de Division 1 disposent toutefois de contrats amateurs (appelés «contrats fédéraux») qui leur permettent d’être rémunérées. »2

Cette incompréhension de la professionnalisation tire sans doute son origine de deux confusions, celle du statut professionnel qui peut concerner le club ou l’athlète et celle due à l’homonymie entre le contrat fédéral masculin et féminin.

La Ligue de Football Professionnel définit le statut professionnel des clubs, qui est obligatoire pour disputer les championnats masculins de Ligue 1 et Ligue 2 et qui peut être conservé pendant un certain temps pour les clubs descendants dans le championnat de National 1 masculin.

Ce statut professionnel n’existe pas pour les clubs qui disputent les compétitions féminines et on peut effectivement dire qu’il n’existe pas de club professionnel féminin, même si la plupart des équipes qui disputent le championnat de Division 1 sont alignées par des clubs disposant du statut professionnel au sens de la LFP (elles seront 10 sur 12 la saison prochaine).

Mais le statut d’un club ne définit pas entièrement le statut de la joueuse ou du joueur qui le représente. Un club professionnel peut aligner un joueur amateur, un club amateur peut aligner un joueur ou une joueuse professionnelle.

Dans son « Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs », la Fifa définit ce qu’est un joueur (ou une joueuse) professionnel : « Est considéré comme joueur professionnel tout joueur ayant un contrat écrit avec un club percevant, pour son activité footballistique, une rétribution supérieure au montant des frais effectifs qu’il encourt. Tous les autres joueurs sont considérés comme amateurs. »

Le professionnalisme est simplement caractérisé par le fait d’être rémunéré pour jouer et que cela soit fixé par contrat.

En France, ce type de contrat est encadré par un statut défini par la FFF, le « Statut de la Joueuse Fédérale » et qui commence par reprendre la définition de la Fifa et par l’appliquer dans le cadre de la législation française : « Une joueuse fédérale est une sportive qui met à disposition d’un club de football visé à l’article 1 du présent Statut, contre rémunération, ses compétences et son potentiel physique en vue de participer aux compétitions. La joueuse fédérale est une salariée occupant un emploi dans le secteur du football. La joueuse fédérale est une professionnelle du football fédéral par la nature salariale de son activité et non par le statut de son club. »

L’appellation « contrat fédéral » est la même que celle employée pour un joueur masculin disposant d’un contrat défini par le « Statut du Joueur Fédéral » qui précise le cadre des contrats des joueurs professionnels pour les clubs « n’ayant pas le statut professionnel, au sens du Règlement Administratif de la L.F.P. ».

Ainsi les garçons et pour les filles disposant d’un « contrat fédéral » sont bien professionnelles au sein de clubs qui n’en ont pas le statut.

Contrat de travail

Un contrat de footballeuse professionnelle est un contrat de travail. À ce titre il obéit en France à la réglementation du travail. Le statut précise explicitement qu’il se conforme aux articles L.222-2-3 et suivant du code du sport3.

Parmi les différentes dispositions qui découlent de ce type de contrat se trouvent celles concernant les couvertures sociales. « Les noms et adresses des caisses de retraite complémentaire et de prévoyance et de l’organisme assurant la couverture maladie complémentaire » font partie des mentions qui doivent obligatoirement y figurer. C’est une différence fondamentale avec une joueuse amatrice touchant des primes de matchs.

Pour autant, si le contrat fédéral assure à la joueuse un vrai statut de salariée, il n’est pas nécessairement très rémunérateur. Il peut être à temps partiel jusqu’à mi-temps.

La rémunération minimale est définie en lien avec le chapitre 9 de la « Convention collective nationale du sport ». Globalement, elle correspond à peu près à un salaire brut de 1 500 € pour un temps plein ce qui signifie qu’une joueuse professionnelle disposant d’un contrat à mi-temps peut ne toucher que 750 € bruts par mois pour son activité de footballeuse alors que les stars du championnat touchent à peu près 50 fois plus avec le même type de contrat.

  1. « Le Virage ou le mirage », article issu du journal et réservé aux abonnés
  2. « Checknews : Quel est le salaire moyen des footballeuses professionnelles en France ? »
  3. « Code du sport, chapitre II : Sport professionnel » sur Legifrance.

Coupe du monde 2019 – Première journée – Jusque là tout va bien

Toutes les équipes ont désormais joué au moins un match. Pour le moment, le mondial est conforme aux attentes. Les favorites font respecter leur rang mais sans excès en dehors des États-Unis et les stades sont fréquentés à défaut d’être pleins.

Il serait présomptueux de tirer déjà des conclusions sur la Coupe du monde après seulement un tiers du premier tour mais quelques grandes tendances se font déjà sentir.

Si l’adage qu’il veut qu’il n’y a plus de petites équipes est surtout un cliché et s’il a légèrement été mis à mal par le match d’ouverture et par le dernier match de la première ronde, peu d’autres équipes que la Corée du Sud et la Thaïlande ont été vraiment dépassées jusque là. La suite dira peut-être aussi la part prise par la France et les États-Unis dans cette constatation. Et il sera alors temps de se lamenter que les deux soient appelées à se rencontrer avant même les demi-finales.

L’amélioration de la compétitivité des équipes les plus faibles n’est pas vraiment concomitante avec une amélioration de la qualité du spectacle. Des équipes comme l’Argentine ou le Chili se sont par exemple surtout appliquées à bien défendre et mais l’ont fait avec une organisation très rigoureuse.

Autre fait saillant, la plupart des gardiennes de buts ont réalisé de très bonnes prestations, y compris dans les équipes les moins cotées comme la Chilienne Christiane Endler et la Jamaïcaine Syndey Schneider.

Sydney Schneider

Sydney Schneider

Toutefois si les équipes les plus faibles ont bien résisté, les équipes les plus fortes se sont presque systématiquement imposées. Seule l’équipe du Japon a concédé le match nul à l’Argentine. La défaite de l’Australie dans les arrêts de jeu n’est pas conforme à la hiérarchie supposée mais elle n’est pas une très grosse surprise, l’Italie ayant été la première équipe qualifiée de la très dense zone Europe. Les matchs au sommet entre équipes favorites de ce premier tour n’ont pas encore eu lieu mais la plupart ayant déjà obtenu trois points, il est probable qu’il ne manquera pas grand monde au rendez-vous des huitièmes de finale.

Au plan individuel, l’Américaines Alex Morgan a bien entendu frappé fort avec son quintuplé rehaussé de trois passes décisives contres les très faibles Thaïlandaises et dans un match où toute la ligne offensive américaine a brillé. Aucun autre nom ne ressort encore vraiment et les titres de joueuse du match ont pour le moment été attribués de façon systématique à celle qui a marqué le plus de buts, sauf Lieke Martens dont la notoriété a permis de doubler Jill Roord qui n’était entrée qu’en fin de match. Le mode de désignation par acclamation du public accentue sans doute le phénomène du vote pour la joueuse dont le nom apparaît sur le tableau d’affichage.

De belles affluences mais sans record

La Coupe du monde sera réussie si les stades sont pleins et si les Bleues font un beau parcours, ce qui est sans doute en partie lié. Pour le moment, c’est plutôt bien parti.

Le match d’ouverture s’est joué à guichets fermés, les autres matchs de l’équipe de France le seront aussi comme ceux des États-Unis. En dehors du Parc des Princes qui a accueilli 45 000 personnes pour le match d’ouverture puis 25 000 pour Japon-Argentine, les affluences des autres stades oscillent entre 10 000 et 20 000 spectateurs. La moyenne actuelle de 17 500 est la plus faible de l’histoire après celle de l’édition 1995 en Suède (où il n’y avait eu qu’un peu plus de 4 000 spectateurs par match) mais la comparaison est difficile à faire puisque dans la plupart des éditions précédentes, la plupart des matchs étaient groupés par deux avec un billet unique.

Les chiffres les plus comparables sont ceux de la Coupe du monde 2011 en Allemagne où ce couplage n’existait pas. Le match d’ouverture Allemagne-Canada s’était joué à Berlin devant près de 74 000 spectateurs et la moyenne avait été d’un peu plus de 26 000.

Pour l’instant, l’édition en cours en est loin et même en comptant un stade plein à Lyon pour les demi-finales et la finale, il faudrait augmenter nettement les affluences pour retrouver des chiffres comparables à la Coupe du monde 2011.

Toutefois il n’était sans doute pas au programme de la Fifa et du comité d’organisation de faire plus qu’en Allemagne puisque la moitié des stades choisis n’atteignent pas les 26 000 places et que trois seulement dépassent les 30 000.

Affluence moyenne
Année Organisateur Équipes moyenne
1991 Chine 12 19 615
1995 Suède 12 4 316
1999 États-Unis 16 37 319
2003 États-Unis 16 21 240
2007 Chine 16 37 218
2011 Allemagne 16 26 248
2015 Canada 24 26 029
2019 France 24 17 564*
Source : Fifa.com
* : moyenne après 12 matchs seulement
Affluence des stades de la Coupe du monde 2019
Ville Stade Matchs Moyenne
Paris Parc des Princes 2 35 158
Grenoble Stade des Alpes 1 17 668
Rennes Roazhon Park 2 15 579
Valenciennes Stade du Hainaut 1 15 380
Reims Stade Auguste-Delaune 2 14 825
Nice Stade de Nice 1 13 188
Le Havre Stade Océane 2 11 349
Montpellier Stade de la Mosson 1 10 710
Source : Fifa.com

Édition du 15/06/2019 : les chiffres des deux premiers matchs du groupe F à Rennes et Reims avaient été inversés. Les moyennes de ces deux stades ont été corrigées.

Elles connaissent déjà la France

Le monde du football se retrouve en France pour un mois mais ça ne sera pas une découverte pour toutes les joueuses. Tour d’horizon de celles qui ont déjà fréquenté les pelouses françaises soit pour avoir émargé pour un club français, soit pour avoir participé à la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans

Elles vont être 552 à se disputer la Coupe du monde sur les pelouses françaises du 7 juin au 7 juillet. En dehors des Françaises, une cinquantaine d’entre elles ne sera pas en terrain complètement inconnu pour avoir déjà porté les couleurs d’un club français.

Quatre sélections seulement ne comptent aucune joueuse déjà passée par la France, l’Afrique du Sud, la Jamaïque, la Thaïlande et l’Australie même si Sam Kerr a plusieurs fois été annoncée au PSG.

Les sélections qui seront le plus en terrain de connaissance seront le Cameroun avec huit joueuses devant la Suède et les États-Unis avec six. Mais les Américaines ont le plus souvent fait des passages éclairs en France là où leurs consœurs suédoises y ont plus souvent fait carrière.

Alex Morgan

Alex Morgan

Vu du côté club, ce sont bien sûr les plus riches qui sont le plus internationalisés : 19 joueuses sont passées par le PSG, 14 par Lyon et 9 par Montpellier, les autres n’en ayant vu qu’une ou deux à l’exception de Guingamp qui en a accueilli quatre. Sept clubs de D1 sur douze envoient au moins une joueuse étrangère à la Coupe du monde et avec Soyaux dont deux anciennes seront présentes, ce sont les 8 équipes les mieux classées cette saison qui sont représentées.

Chez les Sud-Américaines, l’Argentine est représentée par l’attaquante Sole Jaimes qui a fait une pige sans grand relief cette saison à Lyon, le Chili par la gardienne du PSG Christiane Endler et le Brésil par une autre Parisienne Formiga et par la défenseuse bordelaise Katheleen. Mais la sélection auriverde compte aussi dans ses rangs Erika et Cristiane, anciennes du PSG et la Barcelonaise Andressa Alves passée par Montpellier.

Un tiers de la sélection camerounaise joue en France

Côté africain, huit Camerounaises jouent sur le sol français en D1 ou D2. La capitaine Christine Manie évolue à Nancy tout comme sa partenaire Marlyse Ngo Ndoumbouk qui a passé une demi-saison en D1 à Saint-Maur après une extraordinaire saison en D2 où elle avait presque à elle seule permis à l’équipe du Val-de-Marne de monter avec ses 43 buts. Trois autres ont déjà fait un grand tour des club français. Yvonne Leuko jouait cette saison chez les Pierrots Vauban de Strasbourg en D2 mais elle était déjà en D1 à Montigny il y a dix ans et est passée aussi par Arras et Albi dans l’élite. De même Madeleine Ngono Mani évoluait cette année à Ambilly en D2 à 35 ans mais elle a connu aussi une longue carrière en première division de Saint-Étienne à Guingamp en passant par Soyaux où elle a eu Corinne Diacre comme entraîneuse. Jeannette Yango n’a connu la D1 qu’une saison à Yzeure mais a depuis joué à Rouen, Brest et Saint-Malo cette saison.

Aurelle Awona, née à Yaoundé, a passé sa jeunesse en France où elle a fréquenté différents clubs de la région parisienne puis débuté au Mans en D1 avant de rejoindre le Soyaux de Corinne Diacre où elle a passé sept saisons et dépassé les 100 matchs, et de jouer cette saison à Dijon. Michaela Abam est arrivée au Paris FC en début de saison avec l’étiquette de joueuses américaine. Née à Houston et passée par les équipes de jeunes des États-Unis, elle possède la double nationalité et est devenue internationale Camerounaise au mois de novembre.

Enfin Claudine Meffometou, qui officie plutôt à Guingamp sous le nom de Falone Tcheno a occupé ses deux dernières saison le flanc droit de la défense guingampaise après avoir joué deux saisons en D2 à Arras. Et elle pourrait se retrouver la saison prochaine dans l’axe de la défense bretonne déserté par ses deux titulaires Julie Debever et Charlotte Lorgeré.

Claudine Falonne Meffometou Tcheno

Claudine Falonne Meffometou Tcheno

Guingamp est aussi la terre d’accueil de deux des trois Nigérianes passées par la D1. Desire Oparanozie est depuis cinq saisons la pointe de l’attaque de l’EAG dont elle a été quatre fois la meilleure buteuse. Au contraire Evelyn Nwabuoku arrivée comme capitaine des Super Falcons n’a passé qu’une seule saison dans les Côtes d’Armor où elle a joué les quatre premiers matchs de la saison avant de disparaître des feuilles de match.

La troisième Nigériane passée par la France est la latérale Ngozi Ebere, au PSG entre 2015 et 2017 mais qui n’a joué qu’une poignée de matchs et n’est jamais parvenue à s’imposer.

L’Océanie n’est représentée que par la gardienne néo-zélandaise Erin Nayler. Arrivée à Lyon pour concurrencer Sarah Bouhaddi, elle a dû plier bagage en cours de saison sans avoir jamais joué pour libérer une place d’extra communautaire pour Alex Morgan et Kadeisha Buchanan, a fait un passage à Grenoble avant de signer à Bordeaux où elle est titulaire depuis deux saisons.

Les Américaines de passage

Les Nord-Américaines, Américaines ou Canadiennes donc, se concentrent à Paris et Lyon. Kadeisha Buchanan et Ashely Lawrence sont désormais des habituées de la D1, elles ont été rejointe cet hiver discrètement par la défenseuse Rebecca Quinn arrivée à Paris mais au PFC. Et la jeune Jordyn Huitema a déjà signé au PSG pour la saison prochaine.

Au contraire, les six américaines passées par la France jouent toutes actuellement au pays, conformément à la politique instituée par leur fédération. Et si Lindsey Horan qui a commencé sa carrière professionnelle au PSG a fait une vraie carrière en France avec quatre saisons et 58 matchs de D1, les autres n’ont le plus souvent fait que passer. Toujours au PSG, Tobin Heath a passé une saison et demi mais elle a été beaucoup blessée et n’a joué qu’une douzaine de matchs et Allie Long n’est restée que six mois à une autre époque où elle ne postulait pas vraiment à la sélection et où le PSG n’avait pas des fonds illimités.

Ashley Lawrence

Ashley Lawrence

Les Américaines de l’OL ont dans l’ensemble été encore moins convaincantes. Megan Rapinoe a joué deux demi-saisons dans l’équipe de Patrice Lair sans s’imposer, Alex Morgan n’a été rien d’autre qu’un coup marketing pour le club et la joueuse s’est empressée de repartir une fois qu’elle a eu garni son palmarès de la Ligue des Championnes et Morgan Brian n’est elle aussi restée que six mois où elle n’a joué que cinq matchs et n’étaient même pas retenue dans le groupe qui a joué la finale contre Wolfsbourg.

L’Asie est elle aussi représentée par l’OL et le PSG. La Japonaise Saki Kumagai vient de boucler sa sixième saison à Lyon et si elle a été un peu moins titulaire, elle a disputé à peu près tous les matchs cette saison. La Chinoise Wang Shuang est arrivée cette saison au PSG pour en être la meneuse.

Mais c’est Montpellier qui avait été précurseur en recrutant Rumi Utsugi alors que le Japon n’était pas encore champion du monde et n’avait à peu près rien remporté. Elle passera au total six saisons pleines dans l’Hérault avant de traverser l’Atlantique pour jouer à Seattle depuis trois ans. Et pendant une saison à Montpellier, elle avait été rejointe par sa compatriote Aya Sameshima.

Toute l’Europe vient en France

Le contingent européen est sans surprise le plus nombreux. Le plus important est celui de la Suède qui s’est aussi concentré que le même trio de clubs. Linda Sembrant et Sofia Jakobsson font depuis longtemps les beaux jours de Montpellier, la première comme défenseuse et capitaine, la seconde comme attaquante, elles étaient accompagnées en début de saison par Stina Blackstenius dont le passage a été plus inégal et qui est retournée en Suède.

La défenseuse latérale Hanna Glas est la concurrente d’Ève Périsset au PSG qui a aussi vu passer Kosovare Asllani, arrivée avec de flatteuse comparaison avec Zlatan et repartie beaucoup plus discrètement et la capitaine Caroline Seger, qui a fait un détour par Lyon avant de rentrer mais qui avait déjà passé ses plus belles années quand elle était en France.

Deux Allemandes jouent à Lyon, Dzsenifer Marzsan bien sûr, maîtresse à jouer de l’OL et Carolin Simon qui est en concurrence avec Selma Bacha au poste d’arrière-gauche. La saison prochaine, elles seront rejointes en France par Sara Däbritz qui a signé au PSG.

Elle sera donc la coéquipière de l’Espagnole Irene Paredes alors que la Montpelliéraine Virginia Torrecilla devrait retraverser les Pyérénées après quatre saisons. La milieu Jenni Hermoso a également joué au PSG la saison dernière sans grande réussite.

Anouk Dekker

Anouk Dekker

La Néerlandaise Anouk Dekker tient le milieu de Montpellier depuis plus de trois saisons et sera encore dans l’Hérault la saison prochaine. Sa compatriote Shanice van de Sanden est arrivée à Lyon il y a deux saisons auréolée de son titre de championne d’Europe et si ses prestations ont été très irrégulières, elle a été décisives deux saisons de suite en finale de Ligue des Championnes. La deuxième gardienne des Pays-Bas Loes Geurts a passé une saison au PSG il y a deux ans dans le même rôle.

Dernière joueuse évoluant actuellement sous les couleurs d’un club français, Lucy Bronze sort de deux très bonnes saison à Lyon et elle est peut-être la meilleure joueuse anglaise actuellement. Nikita Parris, désignée meilleure joueuse du championnat anglais la rejoindra la saison prochaine.

Les trois dernières sélections européennes ne comptent actuellement aucune joueuse dans les championnats français mais l’Italienne Sara Gama a passé deux saisons au PSG, essentiellement sur le banc, l’Écossaise Jenny Beattie a passé une saison et demi à Montpellier où elle avait rejoint son frère alors rugbyman au MHR et la Norvégienne Isabell Herlovsen a passé un peu plus d’une saison à Lyon où son principal fait d’arme a été son tir au but manqué lors de la première finale européen du club contre Potsdam en 2010.

Et bien entendu, la joueuse étrangère la plus célèbre du championnat de France ne disputera pas cette Coupe du monde au contraire de sa sélection : Ada Hegerberg est en retrait de son équipe nationale, en désaccord avec sa fédération.

De la Coupe du monde à la Coupe du monde

Outre Émelyne Laurent, 23 joueuses qui ont disputé il y a moins d’un an la Coupe du monde des moins de 20 ans en Bretagne reviennent en France pour disputer la Coupe du monde tout court.

On retrouve bien sûr les stars de l’an dernier, en particulier le podium du titre de meilleure joueuse, l’Espagnole Patri Guijarro et les Japonaises Moeka Minami et Saori Takarada, cette dernière ne remplaçant qu’à la dernière minute sur blessure Riko Ueki, qui était elle-aussi déjà là il y a un an.

Le podium du classement des meilleures buteuse était aussi occupé par Guijarro et Takarada accompagnées par l’Anglaise Georgia Stanway qui portera le numéro 19 des Three Lionesses cette fois.

Georgia Stanway

Georgia Stanway

La Brésilienne Geyse, l’Allemande Giulia Gwin, la Néerlandaises Victoria Pelova et l’Espagnole Aitana Bonmati seront également de retour alors que le Japon, le Nigeria et la Nouvelle-Zélande compteront quatre joueuses de cette Coupe du monde des moins de 20 ans.

Joueuses ayant disputé la Coupe du monde des moins de 20 ans
Équipe Poste Nom
Brésil A 23 Geyse
Chine G 1 Xu Huan
Angleterre M 19 Georgia Stanway
France A 12 Émelyne Laurent
Allemagne D 15 Giulia Gwinn
Allemagne A 19 Klara Bühl
Allemagne M 6 Lena Oberdorf
Japon D 12 Moeka Minami
Japon D 16 Asato Miyagawa
Japon M 13 Saori Takarada
Japon M 19 Jun Endo
Pays-Bas G 16 Lize Kop
Pays-Bas M 12 Victoria Pelova
Nouvelle-Zélande D 15 Sarah Morton
Nouvelle-Zélande G 23 Nadia Olla
Nouvelle-Zélande A 19 Paige Satchell
Nouvelle-Zélande G 23 Nadia Olla
Nigeria M 15 Rasheedat Ajibade
Nigeria A 7 Anam Imo
Nigeria G 16 Chiamaka Nnadozie
Nigeria D 20 Chidinma Okeke
Espagne M 12 Patri Guijarro
Espagne M 18 Aitana Bonmati
Espagne A 17 Lucía García
Patri Guijarro

Patri Guijarro

Vingt-trois pour une coupe

Elles sont désormais 23 qui vont tenter de remporter pour la première fois un titre international lors de cette Coupe du monde à la maison. Vous ne pourrez plus dire que vous ne les connaissez pas.

1-Solène Durand

Gardienne, 24 ans, Guingamp, 1m70, 66kg, 0 sélection, 77 matchs de D1, 19 matchs de Coupe de France

Club précédent : Montpellier

Palmarès : 1 Euro M19 (2013)

Longtemps barrée par Laetitia Philippe à Montpellier où elle avait débuté à 17 ans dans une équipe où elle côtoyait Marion Torrent, Charlotte Bilbault et Viviane Asseyi, la Chalonnaise est depuis deux ans la titulaire indiscutable à Guingamp (deux saisons pleines de 22 matchs).

Elle arrive à la Coupe du monde sans avoir porté le maillot bleu des A mais elle est passée par toutes les sélections de jeunes et elle était la gardienne titulaire lors de la victoire à l’Euro M19 en 2013 avec Aïssatou Tounkara et Kadidiatou Diani, puis lors de la Coupe du monde M20 au Canada un an plus tard que les coéquipières de Griedge Mbock et Ève Périsset avaient fini à la troisième place.

2-Ève Périsset

Arrière droite, 24 ans, PSG, 1m59, 55kg, 14 sélections, 75 matchs de D1, 19 matchs de Coupe de France, 18 matchs de Ligue des Championnes

Club précédent : Lyon

Palmarès : 3 D1 (2014, 2015,2016), 4 Coupes de France (2014, 2015, 2016, 2018), 1 Ligue des Championnes (2016)

Lyonnaise formée à Lyon comme milieu récupératrice, elle a réussi à se faire une petite place dans l’armada de Patrice Lair puis de Gérard Prêcheur mais le retour d’Aurélie Kaci qui postulait comme elle au milieu et en latérale droite la réduit à la portion congrue en 2015-2016. Elle fait donc le chemin inverse la saison suivante et est depuis trois saisons titulaire indiscutable sur le flanc droit de la défense du PSG dont elle est l’une des vice-capitaines.

Testée comme beaucoup de joueuses dans les sélections des moins de 16 et 17 ans, elle attend ensuite la Coupe du monde des moins de 20 ans au Canada pour retrouver le maillot bleu. Ses prestations sous le maillot parisien lui valent de faire partie de la première liste d’Olivier Echouafni et d’être régulièrement titulaire jusqu’à l’Euro qu’elle achève sur une expulsion contre la Suisse pour avoir empêché une action de but de Ramona Bachmann. Après divers essais peu concluants, Corinne Diacre en a fait la remplaçante de Marion Torrent.

Joueuse endurante et accrocheuse malgré son petit gabarit, elle est aussi une excellente tireuse de coups de pieds arrêtés.

3-Wendie Renard

Arrière centrale, 28 ans, Lyon, 1m87, 70kg, 108 sélections, 20 buts, 213 matchs de D1, 43 matchs de Coupe de France, 82 matchs de Ligue des Championnes

Palmarès : 13 D1 (2007 à 2019), 8 Coupes de France (2008, 2012 à 2017, 2019), 6 Ligues des Championnes (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019)

Régulièrement la plus grande joueuse engagée dans les compétitions avec son 1m87, son palmarès en club est également surdimensionné puisqu’elle a remporté l’intégralité des 27 titres de l’OL depuis 2007.

Arrivée à 15 ans de Martinique à Lyon, elle s’est vite imposée comme titulaire d’abord en alternant avec le côté droit puis exclusivement dans l’axe avant de devenir capitaine à la retraite de Sonia Bompastor.
En équipe de France, son parcours a été similaire. Après une première expérience de phase finale lors de la Coupe du monde 2011 où elle a commencé à droite avant d’entrer dans la rotation avec Sabrina Viguier et Ophélie Meilleroux dans l’axe. Elle a ensuite joué l’intégralité de tous les matchs de phase finale des Bleues avant de manquer le dernier quart de finale de l’Euro 2017 contre l’Angleterre, suspendue.

Désignée capitaine des Bleues par Philippe Bergerôo à son arrivée et confirmée dans ce rôle par Olivier Echouafni, elle ne l’est plus depuis l’arrivée de Corinne Diacre.

Très puissante malgré son physique longiligne, elle a aussi un sens de l’anticipation au-dessus de la moyenne et une très bonne technique qui lui permet de casser des lignes sur les relances. Elle marque aussi beaucoup pour une défenseuse, évidemment en plaçant sa tête sur coup de pied arrêté mais aussi avec ses pieds : son sens du but est aussi digne d’une attaquante.

4-Marion Torrent

Arrière droite, 27 ans, Montpellier, 1m64, 56kg, 21 sélections, 200 matchs de D1, 32 matchs de Coupe de France, 12 matchs de Ligue des Championnes

Palmarès : 1 Coupe de France (2009), 1 Euro M19 (2010)

La Châlonnaise a débuté à Montpellier alors qu’elle n’avait pas encore 16 ans et deux ans plus tard elle était régulièrement titulaire, souvent dans l’axe de la défense alors qu’elle a été formée au milieu1. C’est également en étant surclassée qu’elle remporte l’Euro M19 en 2010 après avoir fréquenté toutes les catégories de jeunes. Elle participe même à la Coupe du monde M20 la même année où elle joue un match.

Son destin semble alors s’écrire en bleu mais tour à tour Bruno Bini, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni l’ignorent alors que personne ne s’impose vraiment au poste de latérale droite. Titulaire depuis près de dix ans à Montpellier, elle doit attendre l’arrivée de Corinne Diacre pour connaître sa première cape. Elle devient non seulement la titulaire du poste mais elle est aussi celle qui aura le plus joué depuis la prise de fonction de la sélectionneuse.

5-Aïssatou Tounkara

Arrière centrale, 24 ans, Atlético Madrid, 1m74, 60kg, 12 sélections, 87 matchs de D1, 22 matchs de Liga, 10 matchs de Coupe de France, 4 matchs de Coupe de la Reine, 5 matchs de Ligue des Championnes

Club précédent : Juvisy puis Paris FC

Palmarès : 1 Liga (2019), 1 Coupe du monde M17 (2012), 1 Euro M19 (2013)

twitter Aïssatou Tounkara @Aissatou75

Photo: twitter Aïssatou Tounkara @Aissatou75

La Parisienne formée à Juvisy est avec Kadidiatou Diani le symbole de deux générations. En club elle représente la nouvelle génération juvisienne appelée à ramener au plus haut les couleurs de l’historique club essonnien. Mais après avoir été titulaire trois ans dans un effectif vieillissant, sa dernière saison sous la nouvelle appellation de Paris FC est gâchée par une grave blessure contractée lors de la SheBelieves Cup. Elle choisit donc de se relancer à l’Atlético Madrid où elle devient championne d’Espagne et manque de peu le doublé, battue en finale par la Real Sociedad.

Elle fait aussi partie de la génération de tous les succès en sélection : finaliste malheureuse de l’Euro M17 2012, battue aux tirs aux buts par l’Allemagne de Pauline Bremmer et Sara Däbritz, elle se rattrape trois mois plus tard lors de la Coupe du monde de la même catégorie remportée aussi aux tirs aux buts face à la Corée du Nord avec Griedge Mbock, Delphine Cascarino, Kadidiatou Diani et Grace Geyoro. Elle remporte ensuite l’Euro M19 en 2013 avant de prendre la troisième place de la Coupe du monde M20 au Canada en 2014. Elle est ainsi montée sur le podium dans toutes les catégories, il ne lui manque plus que les seniors.

Plutôt milieu récupératrice à ses débuts à Juvisy, elle a ensuite reculé d’un cran en échangeant alors sa place avec Annaïg Butel et s’est maintenant stabilisée dans l’axe de la défense. Elle évolue dans un secteur très concurrentiel chez les Bleues où Wendie Renard et Griedge Mbock semblent indéboulonnables mais elle est mieux qu’une remplaçante.

6-Amandine Henry

Milieu défensive, 29 ans, Lyon, 1m71, 57kg, 83 sélections, 11 buts, 213 matchs de D1, 33 matchs de NWSL, 40 matchs de Coupe de France, 58 matchs de Ligue des Championnes

Clubs précédents : Hénin-Beaumont, CNFE, Lyon, Portland, PSG, Portland

Palmarès : 11 D1 (2008 à 2016, 2018, 2019), 1 NWSL (2017), 6 Coupes de France (2012 à 2016, 2019), 5 Ligues des Championnes (2011, 2012, 2016, 2018, 2019), Ballon d’Argent de la Coupe du monde 2015

Dès ses débuts en première division à Hénin-Beaumont alors qu’elle n’avait pas encore 15 ans, il était annoncé que le talent hors norme de la Lilloise la mènerait haut.

Meilleure joueuse héninoise à 15 ans, elle passe ensuite deux au CNFE2 où elle côtoie Charlotte Bilbault, Louisa Necib, Kheira Hamraoui et Marie-Laure Delie parmi d’autres. À la sortie de sa formation elle signe à l’OL tout frais champion de France dont elle joue le premier match européen. Mais un mois après, c’est le premier coup dur de sa carrière. Une grave blessure au genou l’oblige à s’arrêter pendant dix-huit mois, et n’est pas loin de l’obliger a arrêter tout court. Mais preuve 19 ans elle était déjà attendue, le sélectionneur Bruno Bini lui tend la main deux mois à peine après son retour à la compétition en lui offrant sa première sélection puis en la sélectionnant pour l’Euro 2009.

Elle devient alors l’une des pièces maîtresses de l’entrejeu lyonnais mais se retrouve mise à l’écart des Bleues par Bruno Bini pour des questions relationnelles au sein du groupe. Elle manque ainsi la Coupe du monde 2011 et les Jeux Olympiques 2012 avant d’être réintégrée pour l’Euro 2013 sous la pression populaire et fédérale, mais blessée elle ne joue qu’une heure contre l’Angleterre.

Ses prestations à Lyon et en bleu la désignent comme l’une des meilleures joueuses du monde : sur le podium du titre de meilleure joueuse européenne désigné par l’UEFA en 2015 et 2016, elle obtient même le Ballon d’Argent désignant la deuxième meilleure joueuse de la Coupe du monde 2015 au Canada derrière l’intouchable Carli Lloyd, une performance alors que les Bleues n’ont pas atteint le dernier carré de l’épreuve.

C’est forte de cette stature de star mondiale qu’elle passe deux saisons à Portland dans la NWSL américaine où elle remporte la saison régulière en 2016 et le titre en 2017. Son séjour n’est pas à la hauteur de l’une des meilleures joueuses du monde mais elle en revient avec un statut renforcé qui explique sans doute pourquoi Corinne Diacre décide de lui confier le brassard pour être la capitaine de l’équipe de France lors de sa Coupe du monde à domicile.

Elle porte le numéro 6 et joue au poste de numéro six qui convient parfaitement à sa puissance et son activité mais son talent lui aurait sans doute permis d’être l’une des meilleures à presque n’importe quel poste. À ses débuts en D1, elle a vite été positionnée plus haut au point de finir meilleure buteuse de son équipe à Hénin-Beaumont puis au CNFE la première saison et de n’être devancée que par Marie-Laure Delie la seconde. Puis comme les places dans l’axe sont souvent chères pour les jeunes joueuses dans les effectifs expérimentés, elle a beaucoup dépanné à droite – devant ou derrière – au début à Lyon. C’est comme latérale droite qu’elle a disputé son premier match de phase finale en équipe de France lors du quart de finale de l’Euro 2009. Enfin c’est derrière dans l’axe d’une défense à trois qu’elle a terminé sa première période lyonnaise sous les ordres de Gérard Prêcheur lors de la finale de Ligue des Championnes 2016.

7-Sakina Karchaoui

Arrière gauche, 23 ans, Montpellier, 1m59, 53kg, 19 sélections, 95 matchs de D1, 18 matchs de Coupe de France, 6 matchs de Ligue des Championnes

Ailière de formation, la Salonaise s’est rapidement imposée à 19 ans sur le côté de la défense Montpelliéraine. Au bout d’une seule saison complète, elle a été appelée chez les Bleues par Philippe Bergerôo en 2016 ce qui lui a permis de disputer les Jeux Olympiques de Rio. C’est avec cette expérience chez les A qu’elle a ensuite disputé la Coupe du monde des moins de 20 ans en Papouasie-Nouvelle-Guinée que les Bleuettes de Delphine Cascarino et Valérie Gauvin ont achevé sur une finale perdue face à la Corée du Nord.

Très vive et très offensive, elle n’hésite pas à se porter vers l’avant parfois à l’excès mais elle est plus qu’une remplaçante d’Amel Majri.

8-Grace Geyoro

Milieu, 21 ans, PSG, 1m68, 61kg, 21 sélections, 1 but, 64 matchs de D1, 12 matchs de Coupe de France, 12 matchs de Ligue des Championnes

Palmarès : 1 Coupe de France (2018), 1 Euro M19 (2016)

Lancée par Farid Benstiti à 17 ans dans un match contre Issy où elle a remplacé Fatmire Alushi, elle fait alors partie de la génération montante du PSG avec notamment Marie Katoto, Hawa Cissoko et Perle Morroni. À 19 ans, Patrice Lair en fait une titulaire indiscutable de son équipe ce qui la mène jusqu’en finale de Ligue des Championnes, perdue seulement aux tirs aux buts.

Passée par toutes les sélections de jeunes, sa progression est météorique en 2016-2017 puisqu’en six mois elle remporte l’Euro M19, atteint la finale de la Coupe du monde M20 et accède à l’équipe de France A qui prépare l’Euro 2017 où elle est titulaire trois matchs sur quatre.

Régulièrement titulaire à côté d’Amandine Henry au début de l’ère Corinne Diacre, elle a depuis été dépassée par Élise Bussaglia et semble devenue la remplaçante de Gaëtane Thiney au poste de meneuse de jeu.

9-Eugénie Le Sommer

Attaquante, 30 ans, 1m61, 58kg, 159 sélections, 74 buts, 242 matchs de D1, 48 matchs de Coupe de France, 69 matchs de Ligue des Championnnes

Club précédent : Saint-Brieuc

Palmarès : 9 D1 (2011 à 2019), 7 Coupes de France (2012 à 2017, 2019), 6 Ligues des Championnes (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019)

Formée à Lorient, elle débute en D1 à 19 ans à Saint-Brieuc pas encore devenu Guingamp où elle passe trois saisons comme titulaire mais en prenant de plus en plus d’importance comme en témoigne la progression du nombre de ses buts 4, 10 puis 19. En 2010 elle est logiquement désignée meilleure joueuse du championnat, succédant ainsi à Marinette Pichon sacrée avec Saint-Memmie en 2002 et seule autre joueuse désignée sans jouer dans l’une des équipes de tête.

La saison suivante, elle signe à Lyon récent finaliste de la Ligue des Championnes où elle s’impose aussi immédiatement. En douze saisons de D1, elle n’a jamais joué moins de 18 matchs (sur 22) et toujours atteint (et souvent dépassé) les dix buts.

Régulièrement appelée dans les sélections de jeunes, elle n’y remporte aucun titre malgré sa participation à trois campagnes européennes des moins de 19 ans. Elle dispute également la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2008 au Chili en compagnie de Wendie Renard et Charlotte Bilbault où les Bleuettes obtiennent la quatrième place. Elle est sacrée Ballon de Bronze, troisième meilleure joueuse de la compétition derrière les Américaines Sydney Leroux et Alex Morgan et elle fini vice-meilleure buteuse.

Forte de cette compétition réussie, elle est appelée un mois plus tard chez les Bleues d’où elle n’est pas ressortie depuis, participant aux sept phases finales disputées entre les Euros 2009 et 2017. Avec 74 buts marqués en 159 sélections, elle n’est plus qu’à 7 unités du record de Marinette Pichon.

Joueuse plutôt axiale, sa capacité à jouer à tous les postes de l’attaque a souvent été utilisée pour la faire évoluer avec des joueuses plus exclusivement centrales comme Ada Hegerberg à Lyon ou Valérie Gauvin en équipe de France. Son sens du but est alors moins mis en valeur mais sa capacité de percussion et de dribble est augmentée. Pour Corinne Diacre, pas de doute, elle doit jouer à gauche pour pouvoir rentrer sur son pied droit.

10-Amel Majri

Arrière gauche, 26 ans, Lyon, 1m64, 54kg, 46 sélections, 4 buts, 119 matchs de D1, 28 matchs de Coupe de France, 44 matchs de Ligue des Championnes

Palmarès : 9 D1 (2011 à 2019), 7 Coupes de France (2012 à 2017, 2019), 6 Ligues des Championnes (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019)

Née à Monastir mais ayant grandi à Vénissieux, elle a été formée à Lyon où elle a jusque là toujours joué. En une petite dizaine d’années elle est passée sans à-coup d’espoir prometteuse à titulaire dans une équipe confirmée puis à star au milieu des stars au point d’être désignée meilleure joueuse de D1 en 2016, d’apparaître dans la liste restreinte pour le premier Ballon d’Or en 2018 et d’avoir son mot à dire sur son poste sur le terrain.

Elle n’a connu aucune sélection dans aucune catégorie des Bleuettes. Jusqu’à l’âge de 20 ans elle ne possédait que la nationalité tunisienne et compte quelques sélections chez les moins de 20 ans de son pays de naissance. Mais quand elle a eu la nationalité du pays où elle a toujours vécu, elle a quasiment immédiatement été appelée par Philippe Bergerôo avant de participer à la Coupe du monde 2015 et aux Jeux Olympiques 2016. Elle était absente du dernier Euro sur blessure.

Gauchère et formée attaquante, sa capacité à répéter les efforts et à se projeter vers l’avant en fait le prototype de la latérale moderne. Mais elle ne joue derrière qu’avec réticences et la question de son positionnement sur le terrain avait été au cœur de sa prolongation de contrat à Lyon en 2016. L’émergence de Selma Bacha l’an dernier et l’arrivée de Carolin Simon cette saison lui ont permis de postuler en attaque où son début de saison a confirmé ses prétentions. Mais en équipe de France, la place d’attaquante sur le côté gauche est réservé à Eugénie Le Sommer et Corinne Diacre ne l’envisage que derrière, position où elle au aussi fini la saison à Lyon, autant pour suppléer aux difficultés de ses concurrentes que pour faire de la place à d’autres joueuses devant.

11-Kadidiatou Diani

Attaquante, 24 ans, PSG, 1m68, 64kg, 46 sélections, 9 buts, 117 matchs de D1, 19 matchs de Coupe de France, 10 matchs de Ligue des Championnes

Club précédent : Juvisy

Palmarès : 1 Coupe de France (2018), 1 Coupe du monde M17 (2012),1 Euro M19 (2013)

Après trois saisons à cumuler le championnat de France des moins de 19 ans et la D1 à Juvisy, son premier coup d’éclat a été de disputer une bonne partie de la campagne 2013 de Ligue des Championnes et en particulier les deux matchs de la demi-finale face à Lyon et à 20 ans elle était titulaire dans son club formateur.

En 2017 après trois saisons pleines, elle passe chez les voisines du PSG où elle a été la joueuse la plus utilisée ces deux dernières saisons. Depuis un peu plus d’un an, elle semble avoir passé un cap et confirmer toutes les qualités qu’on lui prête.

Comme son ancienne coéquipière juvisienne Aïssatou Tounkara, elle est passée par toutes les sélections de jeunes avec qui elle a réalisé de longs parcours dans toutes les catégories : championne du monde M17 en 2012 et d’Europe M19 un an plus tard, elle est aussi finaliste de l’Euro M17 en 2011 face à l’Espagne d’Alexia Putellas et troisième de la Coupe du monde M20 en 2014, éliminée en demi-finale par l’Allemagne de Sara Däbritz. Philippe Bergerôo la convoque ensuite chez les Bleues et elle retourne au Canada en 2015 avec les A où elle joue quelques minutes contre la Corée du Sud. Un an plus tard, elle est titulaire aux Jeux Olympiques et son statut ne change ensuite pas avec l’arrivée d’Olivier Echouafni ni avec celle de Corinne Diacre.

Plutôt avant-centre chez les jeunes, elle a classiquement fait ses gammes sur un côté. Au PSG, l’axe est occupé par Marie Katoto mais en équipe de France elle est à ce poste la première remplaçante de Valérie Gauvin. À moins qu’elle n’en devienne la titulaire ce qui aurait l’avantage de libérer le côté droit pour Delphine Cascarino. Ses prestations comme avant-centre contre les États-Unis et la Thaïlande plaident en ce sens.

12-Émelyne Laurent

Attaquante, 20 ans, Guingamp, 1m61, 50kg, 4 sélections, 55 matchs de D1, 5 matchs de Coupe de France, 5 matchs de Ligue des Championnes

Clubs précédents : Montpellier, Bordeaux, Lyon

Palmarès : 2 D1 (2018, 2019), 2 Ligues des Championnes (2018, 2019)

Benjamine de la sélection, la native de Fort-de-France est pourtant l’une de celles qui a joué en D1 pour le plus d’équipes différentes. Formée à Montpellier, elle n’y a joué que trois bouts de matchs début 2016. Elle a ensuite passé six mois à Bordeaux où ses cinq buts en neuf matchs ont beaucoup aidé au maintien des Girondines. Son passage à Lyon a été plus difficile mais elle faisait de fréquentes apparition cette saison avant d’être prêtée pour trouver plus de temps de jeu et maximiser ses chances d’être appelée pour la Coupe du monde, pari gagnant donc.

Elle fait partie de la génération de Bleuettes qui a sans cesse buté sur l’Espagne de Patri Guijarro, lors de l’Euro M17 en 2015, de l’Euro M19 en 2017 et de la Coupe du monde M20 l’an dernier en Bretagne. Toutefois ses performances lors de ces compétitions ont beaucoup fait pour lui ouvrir les portes de ses différents clubs puis de l’équipe de France A.

Attaquante extrêmement rapide, elle évolue principalement côté droit mais elle avait été employée comme avant-centre à Bordeaux.

13-Valérie Gauvin

Avant-centre, 23 ans, Montpellier, 1m73, 70kg, 18 sélections, 9 buts, 89 matchs de D1, 11 matchs de Coupe de France, 4 matchs de Ligue des Championnes

Club précédent : Toulouse

Après des débuts en D1 à Toulouse à seize ans, elle réalise une deuxième saison tonitruante en D2 en marquant 32 buts en 20 matchs qui lui valent de rejoindre Montpellier. Son parcours dans l’Hérault est plus difficile. Elle ne parvient pas à s’imposer comme titulaire depuis cinq saisons et marque une dizaine de buts par saison ce qui est peu pour une postulante internationale mais dans le haut du panier de la D1.

Passée par l’équipe de France des moins de 17 ans, elle est appelée en 2015 par Philippe Bergerôo qui cherche une avant-centre après la mise à l’écart de Gaëtane Thiney mais sans suite. Elle enchaîne donc avec la Coupe du monde M20 en Papouasie-Nouvelle-Guinée où elle n’est titulaire qu’une fois mais entre quasiment à chaque match et elle devient un pilier de l’équipe de France B. Après la déroute de l’Euro 2017, Corinne Diacre en fait son point d’appui en attaque et lui conserve sa confiance malgré une dernière saison difficile.

Avant-centre puissante, elle joue un rôle de pivot autour duquel peuvent tourner les attaquantes les plus rapides. Son abattage défensif plaît à la sélectionneuse mais elle peine à retrouver le sens du but qui avait fait sa réussite à Toulouse.

14-Charlotte Bilbault

Milieu défensive, 29 ans, Paris FC, 1m69, 65kg, 6 sélections, 1 but, 214 matchs de D1, 28 matchs de Coupe de France

Clubs précédents : CNFE, Soyaux, Nord-Allier, Montpellier, Soyaux

Formée au CNFE où elle a débuté à 17 ans en D1 comme défenseuse, elle choisit ensuite de rejoindre Soyaux où Corinne Diacre est en train de finir sa carrière (en faisant deux apparitions en attaque…). Après deux saisons pleines en Charente où elle a surtout joué en défense mais dépanné au milieu, elle rejoint Nord-Allier, le club d’Yzeure qui vient de finir cinquième et qui reproduit la saison suivante. Ses bonnes prestations lui permettent de signer à Montpellier, quart de finaliste européen et qui cherche à retrouver la Ligue des Championnes.

Après trois bonnes saisons, la quatrième est plus difficile et la Berruyère choisit de se relancer en retournant à Soyaux où elle réalise une très bonne saison en défense centrale qui lui permet une nouvelle fois de repartir à la conquête des sommets, cette fois à Juvisy (devenu Paris FC depuis) où elle est désormais une cadre.
Passée par toutes les sélections de jeunes dans une période faible des équipes de France, elle réussit toutefois l’exploit de participer à deux éditions de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2008 au Chili et en 2010 en Allemagne en compagnie de Pauline Peyraud-Magnin et Marion Torrent.

Elle passe ensuite sa période montpelliéraine dans un certain anonymat vis-à-vis des sélections mais son retour à Soyaux est remarqué par Philippe Bergerôo qui l’appelle en équipe de France A à près de 25 ans. Elle alterne ensuite entre les équipes de France A et B, n’est pas retenue pour la Coupe du monde 2015 ni pour les Jeux Olympiques 2016 bien que faisant partie du groupe élargi de Philippe Beregerôo. Olivier Echouafni ne fait jamais appel à elle mais Corinne Diacre finit par la rappeler il y a un an après avoir testé plusieurs joueuses à son poste.

En équipe de France, elle est milieu défensive choisie pour amener de l’impact. En club elle joue aussi régulièrement en défense centrale selon les besoins.

15-Élise Bussaglia

Milieu défensive, 33 ans, Dijon, 1m64, 55kg, 187 sélections, 30 buts, 286 matchs de D1, 33 matchs de Bundesliga, 22 matchs de Liga, 33 matchs de Coupe de France, 9 matchs de Coupe d’Allemagne, 4 matchs de Coupe de la Reine, 33 matchs de Ligue des championnes

Clubs précédents : Saint-Memmie, CNFE, Juvisy, Montpellier, PSG, Lyon, Wolfsbourg, Barcelone

Palmarès : 4 D1 (2006, 2013, 2014, 2015), 1 Bundesliga (2017), 6 Coupes de France (2005, 2009, 2010, 2013, 2014, 2015), 2 Coupes d’Allemagne, 1 Coupe de la Reine, 1 Euro M19 (2003)

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Photo: feminafutbol.com

Dernière joueuse (avec Sarah Bouhaddi) à avoir joué avec Corinne Diacre, en sélection entre 2003 et 2005, la Sedanaise est la plus âgée du groupe en devançant d’un mois Gaëtane Thiney avec qui elle débuté dans le Saint-Memmie de Marinette Pichon. Et comme elle a débuté à quinze ans, elle a eu le temps d’avoir plusieurs carrières. Elle rejoint ensuite Clairefontaine et le CNFE où elle a pour coéquipières Sarah Bouhaddi mais aussi Laura Georges, Camille Abily, Élodie Thomis ou Jessica Houara.

Tête d’affiche de sa génération, elle rejoint l’armada juvisienne avec qui elle remporte le titre la seconde saison avec un bilan presque parfait de 21 victoires et une seule défaite en fin de saison contre les dauphines montpelliéraines alors que le titre était déjà joué. Elle est ainsi la seule joueuse de l’effectif à avoir connu les joies du titre de championne de France dans un autre club que Lyon. Elle passe ensuite deux saisons à Montpellier où elle est vice-championne de France avant de rejoindre le PSG pré-QSI qui tente déjà de concurrencer les équipes de tête. Elle est élue meilleure joueuse du championnat en 2011 alors qu’elle est encore professeur de écoles, la professionnalisation de la D1 n’en étant qu’à ses balbutiements.

Elle franchit le pas un an plus tard en signant à Lyon. Son passage est mitigé entre concurrence et blessures mais elle arrive à jouer 47 matchs de D1 en trois ans. Ces trois saisons sont surtout celles où l’OL ne parvient pas à remporter la Ligue des Championnes.

Désireuses de pousser son expérience de footballeuse professionnelle jusqu’au bout, elle part ensuite à Wolfsbourg, l’autre place forte européenne où elle bute deux fois sur son ancien club, manquant le tir au but décisif en finale en 2016. Mais elle en profite pour garnir son palmarès et réaliser deux saisons pleines.

Elle continue ensuite ses découvertes en signant au FC Barcelone en train de s’ouvrir à des joueuses étrangères pour passer un cap. Après une première saison très réussie malgré la perte du titre face à l’Atlético Madrid d’Aurélie Kaci, elle est poussée sur le banc par l’arrivée de Kheira Hamraoui. Elle rejoint donc Dijon cet hiver pour préserver ses chances de participer à la Coupe du monde. Elle en pour participer grandement au maintien du club en D1.

Elle a donc fréquenté près d’une dizaine de clubs en presque vingt ans de carrière. Elle est la seule joueuse avec Céline Deville et Laure Lepailleur à avoir joué pour les quatre meilleures équipes françaises des quinze dernières années3 et elle a remporté la Coupe de France avec chacune, tout comme elle a remporté la Coupe nationale en Allemagne et en Espagne. Elle a aussi disputé la Coupe d’Europe avec cinq clubs différents ce qui ne doit pas être loin d’un record.

En sélection, elle fait partie des pionnières championnes d’Europe des moins de 19 ans en 2003 sous les ordres de Bruno Bini, premier titre international du football féminin français. Trois mois plus tard, elle connaît sa première sélection. Depuis elle a participé à toutes les aventures de l’équipe de France dans les bons comme dans les mauvais moments. Elle marque de but égalisateur contre l’Angleterre qui permet au Bleues d’atteindre le dernière carré de la Coupe du monde 2011, elle manque un an plus tard le pénalty qui aurait permis de revenir contre le Japon en demi-finale des Jeux Olympiques de Londres. Elle est la seule joueuse du groupe à avoir disputé toutes les phases finales des Bleues depuis 2005 et avec 30 matchs, elle y est bien sûr la plus expérimentée (à égalité avec Gaëtane Thiney).

Son statut a d’abord semblé remis en cause à l’arrivée de Corinne Diacre. Pendant la première saison, elle n’a pas toujours été appelée et a très peu joué. Mais depuis un an elle est redevenue indispensable, probablement moins à cause de ses propres performances, puisque cela a correspondu à l’époque où elle a été reléguée sur le banc à Barcelone, qu’à des événements extérieurs. La baisse de régime de Grace Geyoro a ouvert le jeu au milieu de terrain et la retraite de Laura Georges a sans doute obligé Corinne Diacre à chercher un autre relai d’expérience.

Formée au milieu de terrain, elle est resté milieu de terrain. Elle a pu jouer plus ou moins haut, défensive, relayeuse ou offensive mais si elle ne s’est logiquement jamais aventuré en attaque, elle n’a à peu près pas joué en défense non plus. Ses qualités de couverture du terrain, d’endurance et d’anticipation ne seraient sans doute pas exploité de façon optimale derrière.

16-Sarah Bouhaddi

Gardienne, 32 ans, Lyon, 1m75, 69kg, 139 sélections, 280 matchs de D1, 32 matchs de Coupe de France, 63 matchs de Ligue des Championnes

Clubs précédents : CNFE, Toulouse, Juvisy

Palmarès : 10 D1 (2010 à 2019), 7 Coupes de France (2012 à 2017, 2019), 6 Ligues des Championnes (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019), 1 Euro M19 (2003)

La Cannoise débute à 16 ans au CNFE au milieu des premières promotions du centre alignées en D1. Même si la règle est une certaine alternance pour permettre à toutes les pensionnaires de progresser en D1, elle prend le pas chaque saison sur ses concurrentes. À la sortie de cette formation, elle part pour Toulouse qui n’est plus que l’ombre du club dominateur qu’il était encore deux saisons plus tôt mais qui finit tout de même quatrième. Après seulement une saison elle part pour Juvisy tout récent champion de France où elle joue et finit trois fois sur le podium. Lyon à la recherche d’une gardienne pour succéder à la mythique Norvégienne Bente Nordby l’attire et elle quitte l’Essonne dans des termes mitigés.

Sa première saison entre Rhône et Saône est perturbée par une longue blessure mais elle revient à temps pour la fin de saison (après avoir repris avec la réserve où jouent Ève Périsset et Amel Majri) et pour la finale de Ligue des Championnes contre Potsdam achevée sur le score de 0-0 mais perdue aux tirs aux buts. Elle remporte avec Lyon tout ce qu’il est possible de remporter, se montrant en particulier décisive dans les deux victoires aux tirs aux buts en 2016 contre Wolfsbourg en arrêtant les tirs de Nilla Fischer et d’Élise Bussaglia alors que la séance était mal engagée et en 2017 en marquant elle-même le tir au but après l’échec de son homologue parisienne Katrzyna Kiedrzynek. La saison dernière elle avait même fini la finale avec une fracture de la main qui la privera ensuite de la finale de Coupe de France. Malgré le passage de plusieurs autres gardiennes internationales comme Céline Deville, Méline Gérard, Wang Fei ou Lisa Weiß, son statut de titulaire n’a jamais été remis en cause pas aucun de ses entraîneurs successifs.

Titulaire de l’équipe de France des moins de 19 ans championne d’Europe avec Bruno Bini, elle connaît sa première sélection chez les Bleues à 17 ans. Elle ne se passe pas très bien puisqu’Élisabeth Loisel la remplace avant la demi-heure de jeu alors que le score est de 3-2 pour les Écossaises. Mais elle revient six mois plus tard et en 2005 est non seulement dans le groupe pour l’Euro mais à la surprise générale, elle clôt le débat pour savoir qui de Céline Deville ou Sandrine Capy sera titulaire et s’installe.

Elle reste titulaire à l’Euro 2009 avec Bruno Bini mais après la blessure qui a handicapé sa première saison lyonnaise, elle n’est rappelée que pour le tournoi de Chypre début 2011 où elle ne joue qu’un match. Entre temps Bérangère Sapowicz s’est imposée et le sélectionneur craint que la concurrence de l’ancienne titulaire de perturbe la vie de groupe et choisit de l’écarter.

Mais la gardienne du PSG blessée lors du dernier match de la compétition ne retrouvera que brièvement les terrains et lui laisse à nouveau le champ libre. Malgré une relation tendue avec le sélectionneur elle est titulaire lors des Jeux Olympiques de Londres où elle sauve les Bleues en quart de finale contre la Suède avant de manquer une prise de balle contre le Japon dont elles ne se remettront pas.

Initialement écartée lors des matchs qui suivent les Jeux, elle profite des blessures de Laetitia Philippe pour revenir dans le groupe puis de Céline Deville pour reprendre une place de titulaire qu’elle occupe depuis sans personne pour lui contester. Elle a ainsi disputé tous les matchs de phase finale des Bleues depuis 2005 hormis le quart de finale de l’Euro 2009 sur blessure, le match sans enjeu contre l’Angleterre et bien sûr la Coupe du monde 2011.

Ses qualités sont quelques fois aussi ses défauts. Excellente joueuse au pied, il lui arrive d’en abuser (et il a pu arriver à ses entraîneurs d’en abuser aussi). Joueuse très confiante en ses qualités, elle peut parfois se déconcentrer. Pour le reste, elle est solide sur sa ligne, n’hésite pas à aller chercher les ballons aériens, occupe sa surface et au-delà et n’est jamais passive.

17-Gaëtane Thiney

Meneuse de jeu, 33 ans, Paris FC, 1m69, 62kg, 155 sélections, 58 buts, 379 matchs de D1, 45 matchs de Coupe de France, 17 matchs de Ligue des Championnes

Clubs précédents : Saint-Memmie, Compiègne

Palmarès :1 Euro M19 (2003)

Joueuse au parcours atypique, ell a débuté à Saint-Memmie avec Élise Bussaglia et partage avec elle le rôle de doyenne de la sélection qui défendra les couleurs de la France à domicile. Mais entre temps, elles auront eu presque 20 ans de choix différents si ce n’est que toutes deux ont longtemps mené une autre carrière professionnelle parallèlement à leur activité de joueuse. Mais si la Sedanaise de Dijon a fini par se mettre en disponibilité pour vivre quelques années par et pour le football, la Troyenne du Paris FC a toujours conservé le statut amateur – même si son activité professionnelle se déroule au sein de la FFF ce qui ne l’éloigne pas du monde du football.

Elle a démarré à Saint-Memmie après avoir longtemps joué plutôt dans des équipes masculines et n’est jamais passée par le système fédéral de formation. Quand le club a été relégué en D2, elle a migré à Compiègne où elle a connu sa deuxième relégation. Elle a suivi son équipe à l’étage inférieur, le temps de devenir meilleure buteuse puis elle est revenue en première division en signant à Juvisy dont elle est immédiatement devenue une pièce essentielle et qui a fusionné il y a deux ans avec le Paris FC.

Championne d’Europe des moins de 19 ans de Bruno Bini en 2003, elle a ensuite dû attendre sa promotion avec les A pour être appelée en 2006. Son parcours hors du système fédéral et les clubs où elles évoluaient expliquent sans doute qu’elle n’ait pas été retenue par Élisabeth Loisel plus tôt.

Joueuse de base et relais privilégié de Bruno Bini, elle fait partie des quelques joueuses qu’il couche en premier sur ses feuilles de matchs. Elle est titularisée à tous les matchs de phase finales entre le second de l’Euro 2009 et le quart de finale de l’Euro 2013.

L’arrivée de Philippe Bergerôo remet son statut en question et elle répond sur le terrain en étant la meilleure buteuse européenne des éliminatoires pour la Coupe du monde 2015. Mais lors de la phase finale qu’elle débute comme titulaire, elle est l’une des victimes du match raté contre la Colombie et n’entre qu’en fin de matchs pour les trois suivant. Cause ou conséquence, une cassure se produit avec le sélectionneur et elle n’est plus appelée de toute la suite du mandat de Philippe Bergerôo et manque les Jeux Olympiques de Rio.

Elle est rappelée par Olivier Echouafni dès sa première liste mais elle est dès lors moins souvent titulaire. Lors de l’Euro 2017, elle ne débute que contre l’Autriche, entre en fin de partie lors des deux autres matchs du premier tour et ne participe pas du tout au quart de finale.

L’arrivée de Corinne Diacre n’améliore d’abord pas du tout sa situation : il faut six mois à la sélectionneuse pour prendre acte qu’elle ne dispose pas d’autres meneuse de jeu au niveau international et elle est rappelée pour la SheBelievesCup 2018 qui est l’occasion du grand virage qui voit le retour en force des joueuses expérimentées. Depuis sa place derrière l’attaquante de pointe semble garantie.

Buteuse mais pas avant-centre, elle peut jouer sur les côtés mais préfère l’axe où elle peut mieux faire parler ses qualités qui sont plus dans l’orientation du jeu et la frappe de balle que dans le dribble et le débordement. Longtemps employée sur un côté quand Bruno Bini avait au moins trois meneuses à aligner ensemble, elle a maintenant la main sur le poste de numéro 10.

18-Viviane Asseyi

Attaquante droite, 25 ans, Bordeaux, 1m63, 59kg, 31 sélections, 5 buts, 189 matchs de D1, 35 matchs de Coupe de France, 2 matchs de Ligue des Championnes

Clubs précédents : Rouen, Montpellier, Marseille

Buteuse prolifique en D2 à 16 ans, la Rouennaise est repérée par Montpellier qui l’attire en cours de saison en partie pour pallier la blessure d’Élodie Ramos. Titulaire la moitié des matchs et entrant dans les autres, elle n’atteint pourtant jamais les dix buts en six saisons et demi dans l’Hérault. Après deux dernières saisons un peu plus difficiles, elle part se relancer à Marseille récent promu où elle passe de jeune joker à référence expérimentée. Elle participe grandement au maintien et à la bonne première saison du club mais se retrouve emportée par la catastrophique seconde qui voit les Phocéennes retourner en D2. Elle trouve refuge à Bordeaux où elle réalise la meilleure saison de sa carrière.

Passée par les sélections de jeunes à une époque où les Bleuettes sont à la peine, elle y côtoie déjà Pauline Peyraud-Magnin, Marion Torrent et Maéva Clémaron. Elle est appelée par Bruno Bini juste avant l’Euro 2013 auquel elle participe sans toutefois entrer en jeu. Elle est ensuite appelée ponctuellement par Philippe Bergerôo pendant tout son mandat. Tout comme Marion Torrent et Charlotte Bilbault, elle fait partie du groupe élargi avant la Coupe du monde 2015. Jamais appelée par Olivier Echouafni, elle revient chez les Bleues avec l’arrivée de Corinne Diacre qui l’intègre à presque chacune de listes sauf un avertissement fin 2018 auquel elle répond d’un triplé contre Rodez et d’un double contre Montpellier.

Attaquante rapide et intrépide, elle occupe son aile droite plus en puissance qu’en technique et ne rechigne pas aux efforts qu’ils soient offensifs et défensifs.

19-Griedge Mbock Bathy Nka

Défenseuse centrale, 24 ans,Lyon, 1m72, 68kg, 49 sélections, 5 buts, 154 matchs de D1, 20 matchs de Coupe de France, 32 matchs de Ligue des Championnes

Club précédent : Saint-Brieuc puis Guingamp

Palmarès : 4 D1 (2016 à 2019), 3 Coupes de France (2016, 2017, 2019), 4 Ligues des Championnes (2016 à 2019), 1 Coupe du monde M17 (2012), 1 Euro M19 (2013)

Titulaire en défense centrale à quinze ans à Saint-Brieuc, la Brestoise le reste une fois le club passé sous les couleurs guingampaises. Pendant quatre saisons, son équipe progresse jusqu’à finir par recoller à Montpellier et Juvisy loin devant le peloton. Elle signe alors à Lyon et les résultats guingampais montrent ensuite toute la part qu’elle y prenait.

Avec elle, les championnes de France redeviennent championne d’Europe. Après avoir obligé Gérard Prêcheur a faire monter Saki Kumagai au milieu, elle est mise en concurrence avec la meilleure jeune joueuse du mondial 2015 Kadeisha Buchanan de neuf mois sa cadette mais prend nettement l’ascendant.

Elle est aussi la capitaine de la génération qui est allé au bout ou presque de toutes les compétitions : finaliste de l’Euro M17 en 2011, elle remporte l’année suivant la Coupe du monde de la catégorie puis l’Euro M19 avant d’échouer en demi-finale lors de la Coupe du monde M20 au Canada. Un an plus tard elle est de retour pour la Coupe du monde avec les A même si elle ne joue pas une minute. Et lors des Jeux Olympiques de 2016 elle profite de l’absence de Laura Georges pour prendre la place en défense centrale à côté de Wendie Renard, place qu’elle ne rend pas l’année suivante à l’Euro 2017 et qu’elle occupera aussi cette fois.
Défenseuse puissante et successeuse de Laura Georges, elle en est pourtant à peu près l’antithèse : dotée d’une technique très sûre et d’un très bon sens du jeu, elle n’hésite pas à monter balle au pied ou à tenter des relances vers l’avant.

20-Delphine Cascarino

Attaquante droite, 22 ans, Lyon, 1m65, 58kg, 12 sélections, 3 buts, 57 matchs de D1, 13 matchs de Coupe de France, 21 matchs de Ligue des Championnes

Palmarès : 5 D1 (2015 à 2019), 4 Coupes de France (2015, 2016, 2017, 2019), 4 Ligues des Championnes (2016, 2017,2018, 2019), 1 Coupe du monde M17 (2012), 1 Euro M19 (2016)

Annoncée très tôt comme un grand talent, la San-Priote (comme Ève Périsset) débute en demi-finale de Coupe de France contre Rouen et se fait petit à petit une place dans la constellation de stars de l’OL. Sa progression est blessée un an et demi plus tard par une blessure au genou qui la tient éloignée des terrains près de neuf mois. À sont retour, le club a engagé à son poste la championne d’Europe Shanice van de Sanden. Mais si la concurrence entre les deux est acharnée, c’est la Française a le plus souvent la préférence de Reynald Pedros dans les matchs décisifs.

Repérée très jeunes, elle est passée par toutes les sélections de jeunes. Ses deux campagnes européennes chez les moins de 17 ans n’ont pas connu de réussite mais contrairement à ses coéquipières, elle pouvait se prévaloir d’avoir déjà remporté le titre de championne du monde de la catégorie avant même son premier Euro. Benjamine du groupe avec Grace Geyoro – mais contrairement à la Parisienne elle participera à l’aventure sur le terrain – elle est la bande de Sandie Toletti en Azerbaïdjan.

Elle dispute ensuite deux éditions de l’Euro des moins de 19 ans. En 2015, elle est blessée au bout d’une demi-heure lors du premier match et elle assiste impuissante à l’élimination aux tirs aux buts en demi-finale contre l’Espagne. Un an plus tard, accompagnée de sa sœur Estelle, de Marie Katoto, Clara Matéo et Mylène Chavas, elle prend sa revanche en battant en finale Patri Guijarro, Aitana Bonmati et leurs coéquipières. Et en fin d’année, elle atteint sa troisième finale internationale lors de la Coupe du monde des moins de 20 ans en Papouasie-Nouelle-Guinée, perdue cette fois contre la Corée du Nord.

À peine un mois plus tard, elle est convoquée par Olivier Echouafni pour le match contre l’Afrique du Sud à Saint-Denis de La Réunion où elle se blesse gravement pendant le stage. Elle manque l’Euro 2017 et n’est rappelée par Corinne Diacre que lors du second rassemblement. Après quelques incompréhensions, elle finit par s’imposer et postule pour être titulaire à un poste déjà occupé par Kadidiatou Diani, l’une des Bleues les plus en forme.

Ailière de débordement, elle ajoute à sa vitesse une grande qualité technique qui lui permet de prendre régulièrement le dessus sur sa latérale. Depuis peu, elle semble avoir pris confiance en sa capacité à marquer et n’hésite plus à tenter sa chance.

21-Pauline Peyraud-Magnin

Gardienne, 27 ans, Arsenal, 1m73, 57kg, 2 sélections, 57 matchs de D1, 13 matchs de FAWSL, 5 matchs de Coupe de France, 1 match de Coupe d’Angleterre, 1 match de Ligue des Championnes

Clubs précédents : Lyon, Issy, Saint-Étienne, Marseille, Lyon

Palmarès : 3 D1 (2013, 2014, 2018), 1 FAWSL (2019), 1 Ligue des Championnes (2018)

twitter Arsenal @ArsenalWFC

Photo: twitter Arsenal @ArsenalWFC

Formée à Lyon, elle y reste pendant longtemps dans l’ombre de Sarah Bouhaddi, deuxième ou troisième gardienne. Spécificité du poste de gardienne, il se passe quatre ans entre sa première apparition sur le banc de l’équipe première et son premier match en fin de saison 2013 alors que Patrice Lair prépare le départ de Céline Deville. Elle passe donc la saisons suivante avec le statut de seconde gardienne ce qui ne lui donne pas plus de temps de jeu. Après six ans passés sur le banc et seulement cinq matchs joués, elle est alors prêtée à Issy, promu en D1 où elle fait pour la première fois une saison pleine. Elle enchaîne avec un autre prêt à Saint-Étienne où elle réalise une bonne saison malgré la concurrence de Mylène Chavas. Elle est enfin transférée chez un autre promu à Marseille où elle participe grandement avec Viviane Asseyi à la très bonne première saison des phocéennes.

Elle revient alors à Lyon pour remplacer Méline Gérard en partance pour Montpellier mais elle est passée en trois ans de l’espoir formé au club à la gardienne expérimentée de D1. Ce changement ne l’aide pas plus que ses prédécesseuses à déboulonner Sarah Bouhaddi. Elle ne dispute qu’un seul match de D1, le dernier après la blessure de sa titulaire. Mais elle se voit offrir la possibilité de jouer la Coupe de France dont elle perd la finale contre le PSG dans l’orage de Strasbourg.

Elle passe alors la vitesse supérieure en quittant non seulement Lyon mais la D1 et en signant à Arsenal. À Londres, elle a affaire à forte partie puisque la titulaire du poste est alors Sari van Veenendaal, gardienne des Néerlandaises championnes d’Europe. Mais elle s’impose et dispute comme titulaire la saison qui permet aux canonnières de remporter à nouveau le titre sept ans après la fin de leur série historique.

Passée par les sélections de jeunes avant l’ère des victoires, elle est d’abord pénalisée par son absence de match. Ses prestations à Saint-Étienne lui valent d’être convoquée avec l’équipe de France B puis elle est appelée par Olivier Echouafni à la fin de sa saison marseillaise mais sans entrer en jeu et sans faire partie de la liste pour l’Euro. Corinne Diacre l’appelle une fois pendant sa saison lyonnaise bien qu’elle n’apparaisse plus sur les terrains. Mais c’est avec son transfert à Arsenal et sa manière de s’y imposer qu’elle devient membre à part entière du groupe bleu.

Elle connaît sa première sélection en avril dernier contre le Japon, achevée prématurément pour une blessure musculaire mais a été de nouveau alignée lors du premier match de préparation à la Coupe du monde contre la Thaïlande et sera comme elle en a l’habitude numéro 2 derrière Sarah Bouhaddi lors de la Coupe du monde.

22-Julie Debever

Défenseuse centrale, 31 ans, Guingamp, 1m74, 65kg, 3 sélections, 256 matchs de D1, 22 matchs de Coupe de France

Clubs précédents : Hénin-Beaumont, Juvisy, Saint-Étienne

Formée à Hénin-Beaumont, elle y débute comme Amandine Henry et dispute six saisons pleines, les trois premières au milileu, les suivantes en défense centrale. Elle y connaît des fortunes diverses entre une 10e place en 2007 et une 4e deux ans plus tard. À 23 ans, elle tente sa chance à Juvisy où elle rejoint Gaëtane Thiney et les débutantes Aïssatou Tounkara et Kadidiatou Diani. Mais elle ne parvient pas à débouloner Nelly Guilbert et Annaïg Butel et ne joue que trois bouts de matchs au milieu en fin de saison.

Elle rejoint ensuite Saint-Étienne et Maéva Clémaron pour retrouver une place de titulaire en défense centrale. Sa première saison l’amène jusqu’à la finale de Coupe de France, la deuxième est plus difficile et les Vertes ne se sauvent qu’à la dernière journée (et c’est Hénin-Beaumont qui est alors relégué). Elle est mise à l’écart la saison suivante après un début de championnat manqué par l’ASSE et elle passe même plus de six mois sans apparaître sur une feuille de match de l’équipe première.

Elle rejoint donc Guingamp qui cherche à compenser le départ de Griedge Mbock, accompagnée de sa coéquipière stéphanoise Charlotte Lorgeré avec qui elle forme depuis la charnière guingampaise. Déjà vice-capitaine l’an dernier, elle devient titulaire du brassard cette saison avec le départ de Marine Pervier.

Passée par la sélection des moins de 19 ans, elle est très ponctuellement appelée dans de grandes revues d’effectifs d’équipes de France A’ ou B mais son nom n’est jamais évoqué pour les Bleues jusqu’à ce Corinne Diacre ne la convoque il y a un an. Depuis elle a participé à tous les rassemblements même si elle n’a presque jamais joué.

Débutante en équipe de France à 30 ans passés, sans expérience du haut niveau et sans avoir particulièrement brillé sur les pelouses de D1 ces deux dernières saisons, sa présence dans les 23 tient certainement à l’équilibre du groupe et son rôle de capitaine à Guingamp a sans doute plus pesé que ses matchs.

23-Maéva Clémaron

Milieu défensive, 26 ans, Fleury, 1m65, 60kg, 4 sélections, 1 but, 177 matchs de D1, 24 matchs de Coupe de France

Club précédent : Saint-Étienne

Palmarès : 1 Coupe de France (2011)

Formée à Lyon, elle rejoint à 15 ans le RC Saint-Étienne qui devient un an plus tard l’AS Saint-Étienne. Entre études et blessures, ses premières saisons dans le Forez sont en pointillé mais elle participe à la victoire en Coupe de France en 2011 où elle remplace Kheira Hamraoui pour les dernières minutes de la finale. En 2015 elle succède à Morgane Courteille comme capitaine et peut enfin faire des saisons complètes. Mais deux ans plus tard une phase retour catastrophique (dix défaites et deux nuls) envoie son équipe en D2 pour un point.

Pour rester en D1, elle rejoint Fleury, promu, amateur mais ambitieux où elle vient de passer deux saisons solides à assurer le maintien et dont elle est devenue capitaine en fin de saison, les deux précédentes Julie Machart-Rabanne et Teninsoun Sissoko passant désormais plus de temps sur le banc.

Joueuse de la génération de Pauline Peyraud-Magnin et Marion Torrent, elle a connu quelques sélections chez les jeunes mais n’a ensuite retrouvé le maillot bleu que sur la fin de sa période stéphanoise en équipe de France B à nouveau accompagnée de la gardienne d’Arsenal et de la défenseuse de Montpellier. Elle est ensuite appelée début 2018 par Corinne Diacre dans sa large revue d’effectif et elle est régulièrement présente depuis même si elle n’a eu droit qu’à quatre entrées en jeu en fin de match.

Milieu accrocheuse mais avec une bonne vision du jeu elle peu jouer relayeuse autant que défensive et devrait plutôt être la remplaçante d’Élise Bussaglia que d’Amandine Henry.

Nouvelle ère à Budapest

Pas de club allemand en finale de Ligue des Championnes cette année mais le FC Barcelone qui tentera d’être le premier club à avoir à son palmarès la Coupe d’Europe des garçons et des filles.

L’équipe catalane vise ouvertement le titre dans les prochaines années mais à l’occasion de prendre un peu d’avance en conclusion d’une saison où elle a de nouveau été devancée par l’Atletico Madrid.

Cette année à Budapest, la finale de la Ligue des Championnes n’opposera pas un club français à un club allemand comme cela a été le cas sept fois sur neuf depuis que la compétition a pris ce nom en 2009 (auparavant, c’était plutôt les Suédoises qui se partageaient les finales avec les Allemandes). La faute au FC Barcelone qui est venu à bout du Bayern Munich en demi-finale alors que Lyon avait éliminé Wolfsbourg un tour plus tôt.

L’équipe catalane sera donc la deuxième équipe non franco-allemande à parvenir en finale de Ligue des Championnes (en 2017, la finale était franco-française entre l’OL et le PSG) après l’artificielle équipe suédoise de Tyresö en 2014, battue à l’époque par Wolfsbourg 4-3 à l’issue d’une finale épique.

Pour la partie française de la finale, on retrouve l’Olympique lyonnais, déjà présent sept fois sur neuf et triple tenant du titre. L’armada de Reynald Pedros se présentera presque au complet, seulement privée d’Izzy Christiansen dont la course contre la montre pour être revenue à temps pour la Coupe du monde n’a pas été couronnée de succès. Delphine Cascarino devrait par contre être sur pied et reprendre sa place à Shanice van de Sanden dans une équipe qui ressemblera certainement de très près à celle qui a débuté la finale de Coupe de France contre Lille.

Barcelone sera la première équipe espagnole représentée en finale de Coupe d’Europe féminine, la treizième équipe à tenter sa chance. Jusque là, l’Allemagne (15), la France (9) et la Suède (7) se sont partagées 31 des 34 places de finalistes. Seule les Danoises du Fortuna Hjørring, les Russes du Zvezda 2005 et les Anglaises d’Arsenal avaient brisé cette hégémonie et les dernières avaient même remporté le titre en 2008.

La présence en finale du FC Barcelone dans une édition où l’on trouvait aussi le Bayern et Chelsea en demi-finale est peut-être l’indication d’un changement d’ère où les grands clubs de football masculin commencent à envisager de monter une équipe féminine performante et d’y consacrer des moyens. Le club catalan est en lice pour être le premier à avoir à son palmarès la Ligue des Champions et la Ligue des Championnes. Arsenal est pour l’instant le seul à avoir remporté des coupes d’Europe masculine et féminine mais il ne compte pas de C1 masculine à son palmarès (et le 1. FFC Francfort est distinct de l’Eintracht Francfort vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1980).

Un recrutement international

Pour Barcelone cela se traduit par un recrutement international depuis deux saisons et cela pourrait se poursuivre puisque l’on parle de l’intérêt du club pour les Lyonnaises Ada Hegeberg et Amel Majri et que la Norvégienne de Wolfsbourg Caroline Graham Hansen en serait très proche.

Cela marquerait une inflexion puisque jusque là, Barcelone a plutôt engagé des seconds couteaux. La Néerlandaises Lieke Martens a signé en 2017 en provenance de Rosengård après plusieurs bonnes saisons en Allemagne et en Suède. Entre sa signature et son arrivée, elle a réalisé un Euro extraordinaire à la maison qui lui a valu le titre de meilleure joueuse européenne mais elle a depuis été rattrapée par son statut, celui d’un bonne joueuse fiable mais loin du top mondial. Sa compatriote Stefanie van der Gragt, la Brésilienne Andressa Alves arrivée de Montpellier, l’Anglaise Toni Duggan et la Nigeriane Asisat Oshoala arrivée cet hiver sont d’authentiques internationales mais aucune n’émarge dans la liste des toutes meilleures joueuses mondiales.

Les deux françaises qui ont participé à la saison barcelonaise permettent aussi de comprendre le type de recrutement de Barcelone. Élise Bussaglia était arrivée la saison dernière pour apporter son expérience en provenance de Wolfsbourg où elle ne jouait plus un rôle important. Et elle a été remplacée cette saison par Kheira Hamraoui, arrivée de Lyon où elle jouait seulement pour faire souffler les titulaires.

À Barcelone, l’ancienne Héninoise et Stéphanoise a été cette saison un élément essentiel pour stabiliser le milieu de terrain et lui apporter de la puissance et elle était titulaire indiscutable, absente seulement quand il fallait la faire souffler.

Pallier l’absence de Kheira Hamraoui

Mais elle va manquer la finale à cause d’un deuxième carton jaune reçu à vingt minutes de la fin de la demi-finale retour contre le Bayern. Ce sera la quatrième fois en cinq ans qu’elle appartient à un club qualifié pour la finale de la Ligue des Championnes mais ce sera aussi la quatrième fois qu’elle ne la jouera pas. Déjà en 2015 avec le PSG, elle était suspendue pour avoir été expulsée en demi-finale contre Wolfsbourg. En 2017, elle n’était même pas dans le groupe lyonnais et la saison dernière, elle était restée sur le banc.

Malheureusement pour elle, cette absence n’est que la conséquence logique du nombre de cartons qu’elle reçoit. Cette saison en Coupe d’Europe, neuf cartons ont été infligés à Barcelone dont cinq pour elles. Toutes compétitions confondues c’est onze sur quarante.

Son absence va poser problème à son équipe où elle joue un rôle prépondérant et où elle a toujours participé aux matchs importants cette saison. C’est sans doute Vicky Losada qui redescendra légèrement pour prendre sa place et elle devrait être remplacée numériquement par Aitana Bonmati, l’une des stars de la dernière Coupe du monde M20 et peut-être de la prochaine Coupe du monde. Par contre sa coéquipière dans ces deux sélections Patri Guijaro ne jouera pas, absente depuis le début de l’année.

En défense, l’indestructible Mapi León devrait être accompagnée d’Andréa Pereira devant Sandra Paños. Si à droite Marta Torrejón est à peu près sûre de débuter, à gauche Leila Ouhabi est en concurrence avec Melanie Serrano. La première part avec une longueur d’avance après avoir joué les deux matchs de la demi-finale contre le Bayern.

Au milieu, Alexia Putellas complètera le trio avec Vicky Losada et Aitana Bonmati. Et devant Toni Duggan jouera son rôle de point d’appui avec Lieke Martens sa gauche et sans doute plutôt Mariona Caldentey plutôt qu’Andressa Alves à droite.

Globalement, l’équipe qui sera alignée devrait ressembler d’assez près à celle qui avait été éliminée par l’OL l’an dernier en quart de finale puisqu’en l’absence de Kheira Hamraoui, Andrea Pereira arrivée cet été de l’Atletico devrait être la seule nouvelle joueuse à débuter. La Nigériane Asisa Oshoala pourrait aussi entrer en jeu.

Si l’OL a déjà réalisé le doublé en France cette saison, Barcelone compte sur la finale de Ligue des Championnes pour garnir son palmarès après avoir été devancé par l’Atletico Madrid en Liga et éliminé par la même équipe en demi-finale de Coupe de la Reine.

La saison aura été particulièrement frustrante pour les Barcelonaise qui n’a connu que deux défaites dont une quasiment sans enjeu lors de la dernière journée et surtout après avoir battu deux fois leurs concurrentes directes de l’Atletico en championnat. Mais des nuls contre Valence et l’Espanyol, deux équipes de milieu de tableau et contre Levante, troisième du championnat ont permis à l’Atletico d’Aurélie Kaci et Aïssatou Tounkara de prendre l’avantage en ayant remporté tous les matchs qui ne l’opposaient pas à Barcelone.

La saison européenne de Barcelone avait elle-même très mal commencé par une défaite 3-1 à Chimkent au Kazakhstan face au BIIK Kazygurt où la réduction du score de Toni Duggan à 3-0 peut être vue comme le début de l’aventure menant à la finale. À l’heure actuelle, la Géorgienne Gulnara Gabelia reste la dernière joueuse à avoir trompé Sandra Paños en Coupe d’Europe, ce que n’ont pu faire aucune joueuse de Glasgow, de Lillestrøm ou du Bayern.

Toutefois Lyon reste évidemment favori, triple tenant du titre, double vainqueur de Barcelone la saison dernière.

Les effectifs

Lyon
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Lisa Weiß G DEU 32 10 900 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 33 25 2250 0
30 Audrey Dupupet G FRA 18 0 0 0
2 Lucia Bronze D ENG 28 28 2361 2
3 Wendie Renard D FRA 29 29 2610 14
4 Selma Bacha D FRA 19 23 1599 1
18 Éva Kouache D FRA 19 5 271 0
21 Kadeisha Buchanan D CAN 24 14 975 1
26 Carolin Simon D DEU 26 14 1163 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 24 27 2334 5
5 Saki Kumagai M JPN 29 33 2155 2
6 Amandine Henry M FRA 30 30 2285 8
8 Isobel Christiansen M ENG 28 18 941 4
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 27 26 1996 13
19 Lorena Azzaro M FRA 19 1 19 0
24 Jessica Fishlock M WAL 32 25 1710 2
7 Amel Majri A FRA 26 30 2309 15
9 Eugénie Le Sommer A FRA 30 30 2297 21
11 Shanice van de Sanden A NLD 27 30 1420 8
14 Ada Hegerberg A NOR 24 32 2697 26
17 Jessy Danielle Roux A FRA 19 0 0 0
20 Delphine Cascarino A FRA 22 28 1463 6
25 Sole Jaimes A ARG 30 7 352 1
27 Emelyne Laurent A FRA 21 14 403 1
28 Melvine Malard A FRA 19 4 140 0
Barcelone
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Sandra Paños G ESP 27 38 3420 0
13 Pamela Tajonar G MEX 34 3 270 0
25 Gemma Font G ESP 20 0 0 0
3 Stefanie van der Gragt D NLD 27 9 653 1
4 Mapi León D ESP 24 41 3553 2
5 Melanie Serrano D ESP 30 22 1709 0
8 Marta Torrejón D ESP 29 38 3289 8
15 Leila Ouahabi D ESP 26 29 2051 0
17 Andréa Pereira D ESP 26 32 2718 0
26 Jana Fernandez D ESP 17 1 32 0
6 Vicky Losada M ESP 28 33 2567 2
7 Gemma Gili M ESP 25 10 534 0
9 Mariona Caldentey M ESP 23 27 1898 11
11 Alexia Putellas M ESP 25 38 2613 18
12 Patri Guijarro M ESP 21 18 1301 6
14 Aitana Bonmati M ESP 21 36 2221 12
18 Kheira Hamraoui M FRA 29 34 2646 4
20 Élise Bussaglia M FRA 34 3 111 0
23 Candela Andujar M ESP 19 21 630 2
24 Claudia Pina M ESP 18 12 353 2
10 Andressa Alves A BRA 27 35 1570 7
16 Toni Duggan A ENG 28 36 2179 15
19 Bárbara Latorre A ESP 26 15 511 0
20 Asisat Oshoala A NGA 25 10 504 7
21 Nataşa Andonova A MKD 25 30 976 2
22 Lieke Martens A NLD 26 30 2243 14
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