Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

D1 2017-2018, mi-temps

À la trève intevenue après une journée dans les matchs retour, tout semble presque joué en haut de classement en dehors du duel entre le PSG et Montpellier pour la deuxième place européenne. Mais à partir de la cinquième place, tout le monde est concerné par la lutte pour le maintien et personne n’est déjà décroché même si Marseille compte un peu de retard.

Bordeaux et Fleury fourbissent leurs armes pour viser un maintien confortable mais cela n’est pas une assurance dans un championnat aussi serré.

Comme souvent, le titre semble joué dès la mi-saison. Et comme souvent cela tient autant à l’impression laissée par les Lyonnaises qu’à leur avance au classement. Outre sa défaite à Décines, le PSG n’a finalement abandonné que deux points dans les arrêts de jeu de la première journée contre Soyaux. En cas de victoire au match retour face à Lyon, il resterait à deux points à l’affût du moindre faux pas.

Mais l’armada lyonnaise ne semble pas disposée à trébucher et profite du mercato hivernale pour ajuster son effectif en prêtant Mylaine Tarrieu (à Bordeaux) et Claire Lavogez (à Fleury) et en accueillant Amandine Henry (de Portland) et Morgan Brian (de Chicago) en attendant peut-être le départ de Kenza Dali et l’arrivée de l’arrière gauche de Liverpool Alex Greenwood. Autant dire que l’OL prête des joueuses qui ne jouent pas (90 minutes pour Mylaine Tarrieu lors de la première journée et c’est tout pour les trois citées) et recrute des titulaires potentielles, internationales confirmées. À part en provoquant une cassure dans le vestiaire, cela peut difficilement affaiblir l’équipe.

Du mouvement au PSG

Le PSG visera donc de retrouver la Coupe d’Europe l’an prochain et sera pour cela à la lutte avec Montpellier qui la joue cette saison. Les deux équipes sont séparées de quatre points mais Montpellier compte un match de retard à Fleury qui pourrait le ramener à une seule longueur. Rien n’est donc joué et le PSG a pris l’avantage à la faveur de la confrontation directe où Jean-Louis Saez avait étrangement laissé sur le banc sa doublette d’attaquantes suédoises mais une revanche au retour replacerait Montpellier à la seconde place.

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

Gaëtane Thiney et Sofia Jakobsson

En haut de classement, c’est ce duel pour l’Europe qui animera la deuxième partie de saison. Les deux clubs ne l’abordent pas de la même manière. Montpellier a pour l’instant commencé à libérer des joueuses qui ne jouaient pas (Marine Haupais à Fleury) ou peu (Lindsey Thomas à Bordeaux). Mais le PSG s’est lancé dans de plus grandes manœuvres en marge des terrains. Après la nomination de Bruno Cheyrou comme directeur sportif, c’est Bernard Mendy qui est arrivé comme entraîneur adjoint. Laura Georges à cours de temps de jeu est partie au Bayern alors que le staff parisien cherche à recruter : on parle de l’arrivée de l’Australienne Samantha Kerr, meilleure joueuse et meilleure buteuse de la dernière saison de NWSL.

Paris FC seul au milieu

Cette présentation d’une équipe de tête suivie d’un duo en lutte pour l’Europe confirme ce que la saison dernière avait montré : le quatuor de tête est désormais un trio et Juvisy n’en fait plus partie malgré sa transformation en Paris FC. Les néo-Parisiennes ont non seulement perdu contre les trois équipes du trio de tête (avec neuf buts encaissés contre Lyon qui doivent être le record du club) mais elles ont aussi abandonné des points contre les deux derniers du classement. À Guingamp, elles menaient 2-0 dans les arrêts de jeu avant de se faire rejoindre et à Marseille pour le dernier match de l’année, elles ont offert à l’OM sa première victoire de la saison (comme l’an dernier).

Karima Benameur

Karima Benameur

Après une saison particulièrement ratée, l’équipe à nouveau entraînée par Pascal Gouzenes s’est remise à l’endroit et possède une avance confortable sur la meute mais reste décrochée de la tête. Au rayon des satisfactions, les prestations de Karima Benameur qui a retrouvé la sélection et l’intégration de l’ancienne du PSG Anissa Lahmari de retour en France après un prêt à Reading.

Le ventre mou lutte pour le maintien

Le PFC est dans la position remarquable d’être sans doute la seule équipe qui n’a plus ni ambition à nourrir pour le titre ou l’Europe et plus aucune crainte pour le maintien. Cette saison plus qu’avant, il n’y a pas de ventre mou en D1. Bordeaux, cinquième du classement, ne possède que cinq points d’avance sur Guingamp, onzième et premier relégable. Huit équipes se tiennent en moins de deux victoires et au moins une sera reléguée. D’autant que Marseille qui était décroché a terminé l’année par une victoire sur le PFC qui lui permet de revenir à trois points seulement du maintien.

Une chose est sûre, l’inéluctable prise de pouvoir des clubs professionnels masculins sur l’ensemble de la D1 n’est pas pour cette saison. Il est effectif en haut de tableau mais ce n’est pas une nouveauté. En dessous, l’appartenance à un tel club ne fait pas encore la différence. Pour preuve, après la relégation l’an dernier de Metz et Saint-Étienne, ce sont actuellement Guingamp et Marseille qui occupent les dernières places alors que Soyaux continue de viser la première partie de tableau.

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Anaïs M'Bassidje et Kristina Pantelic

Les difficultés marseillaises étaient prévues et annoncées. Après une très bonne saison de promue terminée à la quatrième place, l’équipe phocéenne a manqué son intersaison dans les grandes largeurs, faisant même naître le doute sur l’intérêt porté par le club à son équipe féminine. Les départs de près de la moitié de l’équipe type1 et de la plupart des recrues de l’an dernier2 ont été compensés par un certain nombre de paris dont peu sont actuellement payants. Le recrutement de la Parisienne Hawa Cissoko était sur le papier le moins hasardeux. D’ailleurs la défenseuse a été systématiquement appelée en équipe de France depuis le début de saison. Mais sur le terrain, elle a en fait été dépassée par Anaïs M’Bassidje, dernière représentante de l’équipe marseillaise montée de DH en D2 puis en D1.

Le reste du recrutement s’est fait à l’étranger3 avec des joueuses sans grandes références en dehors de l’Islandaise Fanndís Friðriksdóttir. Cette dernière et les deux Canadiennes Marie-Yasmine Alidou d’Anjou et Geneviève Richard ont fait leur place dans l’équipe mais sans apporter énormément. Quant à l’internationale mexicaine Cristina Ferral, elle n’apparaît que très sporadiquement sur la pelouse.

Les Marseillaises n’ont remporté aucune victoire (et trois matchs nuls) lors de la phase aller. Elles ont doublé leur nombre de points pour le premier match de la phase retour (et dernier avant la trêve) en battant le PFC 1-0. L’an dernier, elles avaient obtenu leur première victoire contre Juvisy pour débuter une série de neuf victoires et une défaite (contre Lyon) qui les avait menée à la quatrième place. Cette fois, elle leur permet de conserver un espoir de maintien.

Non longe a quinto ad relegatio

Toutes les autres équipes, soit un peu plus de la moitié du plateau se tient en cinq points et peut encore aussi bien espérer une cinquième place très positive que craindre une relégation. Et il est bien difficile de prévoir celle ou celles qu’on retrouvera en D2 la saison prochaine d’autant que la dynamique est globalement à l’inverse du classement.

Soyaux qui avait commencé la saison par trois victoires et un nul contre le PSG n’a plus remporté un match depuis sa victoire contre Fleury lors de la quatrième journée début octobre et reste sur cinq défaites et un nul. De même Bordeaux ne compte qu’une victoire à Guingamp depuis le mois d’octobre pour quatre défaites et deux nuls. Ce ne sont pas les matchs perdus qui sont les plus négatifs puisqu’il s’agit des confrontations contre les quatre équipes de tête, que le Girondines n’ont concédé que deux buts à Lyon qui en a sinon marqué au moins quatre à tout le monde en dehors du PSG et que le PFC ne doit sa victoire qu’à un but de Mathilde Bourdieu à la 89e minute. Mais le nul concédé au Grand Stade face à Rodez et celui lors du dernier match contre Soyaux sont des points perdus pour l’ambition affichée du club de se battre plutôt avec le PFC pour la quatrième place qu’avec tous les autres pour le maintien.

Rose Lavaud

Rose Lavaud

Pour cela, les dirigeants girondins continuent de renforcer leur équipe. Après une intersaison très chargée où l’équipe a été profondément renouvelée, ils ont obtenu le prêts de deux attaquantes en manque de temps de jeu dans les équipes de tête. La Montpelliéraine Lindsey Thomas est arrivée pour pallier la blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues et la Lyonnaise Mylaine Tarrieu suit pour occuper une place sur le flanc gauche, sans doute plus offensive qu’à l’OL où elle dépannait comme latérale.

Claire Lavogez, une internationale à Fleury

L’autre club qui anime le mercato d’hiver après avoir déjà été très actif cet été est le FC Fleury 91 qui après avoir attiré Daphne Corboz en octobre et Marine Haupais en novembre vient de se faire prêter Claire Lavogez par l’OL. En manque de temps de jeu pour postuler à l’équipe de France, la Calaisienne va passer ses six derniers mois de contrat dans l’Essonne. Fleury était déjà le club qui comptait le plus de joueuses passées par l’équipe de France B4. Il avait déjà avec Lilas Traïkia une internationale A dans ses rangs. Il dispose désormais d’une joueuse expérimentée qui a disputé trois phases finales, la seule en dehors du quatuor de tête5. Les Marseillaises Viviane Asseyi et Caroline Pizzala peuvent presque rivaliser avec leur présence dans la sélection respectivement pour l’Euro 2013 et la Coupe du monde 2011 mais seule la seconde était entrée en jeu, sept minutes lors du match pour la troisième place contre la Suède.

Avec 35 sélections dont neuf en phases finales, Claire Lavogez va apporter un vécu qui sera un atout important pour Fleury qui était déjà l’équipe en forme de la fin d’année 2017 avec trois victoires lors des quatre derniers matchs. Certes c’était contre ses trois concurrentes les plus mal classées mais ce sont les matchs qu’il faut gagner pour construire un maintien.

Fleury est avec Bordeaux l’équipe qui a sur le papier le plus bel effectif pour aller chercher la cinquième place. Sur le terrain, Soyaux fait aussi belle impression depuis le début de saison avec un profil totalement opposé, celui du seul club exclusivement féminin de D1, qui ne compte que deux internationales A tous pays confondus6.

Albi et Rodez font de la résistance

Les deux autres équipes qui ne sont pas adossées à un club professionnel masculin, Albi et Rodez sont assez inséparables. Pas seulement pour leur proximité géographique et leurs couleurs mais aussi parce que saison après saison, ils trouvent des solutions qui leur permettent de se maintenir malgré la difficulté à attirer des joueuses internationales, et peut-être l’œil des sélectionneurs. En tout et pour tout, les deux clubs comptent deux internationales B, les Ruthénoises Fanny Hoarau et Julie Peruzzetto. Albi compense avec une intéressante filière serbe représentée par trois joueuses dont la talentueuse Kristina Pantelic.

Laurie Saulnier

Laurie Saulnier

Après trois défaites initiales, les Albigeoises n’ont plus perdu que contre les équipes du quatuor de tête et n’ont concédé que deux nuls contre Lille et Rodez. De même, les Ruthénoises avaient commencé la saison par quatre défaites et un nuls, mais avaient alors évacué le problème des confrontations pariso-lyonno-montpélliéraines et n’a ensuite plus concédé qu’une défaite face à Fleury lors des six journées suivantes (avant de reprendre la phase retour contre le PSG). Le problème de l’équipe aveyronnaise est qu’elle n’a remporté que deux de ces matchs et que les nuls ne la font pas beaucoup avancer.

Finalement, les deux équipes semblent le plus en danger avec Marseille sont peut-être deux autres équipes adossées à des clubs professionnels.

Après avoir commencé sur les chapeaux de roues en battant Bordeaux 3-0 grâce à un triplé d’Ouleymata Sarr, les Lilloises ont enchaîné pour engranger sept points lors des cinq premières journées mais sans affronter d’ogre en dehors du PSG. Puis la machine s’est enrayée et le LOSC a enchaîné un nul au Stadium contre Marseille puis quatre défaites. Si ce bilan s’était fait à la fin des matchs aller7, la dynamique aurait clairement été contre les Nordistes. Mais tout comme les Marseillaises, elle n’ont pas attendu la trêve pour se relancer dès le premier match retour en battant Soyaux, victoire qui coïncidait avec le premier but d’Ouleymata Sarr depuis la quatrième journée.

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

Maud Coutereels devant Valérie Gauvin

La situation guingampaise semble plus précaire parce que l’embellie a eu lieu au mois de novembre avec une victoire légèrement contre le cours du jeu à Soyaux et une autre contre Lille, mais qu’elle a été suivie de deux défaites contre Albi et Fleury. Fort de son important contingent international, il semble que l’EAG est une équipe bâtie pour jouer le haut du tableau. C’est bien sûr trop juste contre Lyon (deux défaites 4-0 et 5-0) voire contre le PSG (défaite 3-0) mais ça ne passe pas loin contre Montpellier qui doit s’en remettre à un coup franc de Laura Agard pour l’emporter et ça suffit pour rivaliser avec le PFC, 2-2 avec certes une fin de match rocambolesque. Mais il semble manquer l’étincelle qui permet de faire d’aussi bons matchs contre des adversaires directs en dehors du mois de novembre.

La chance de Guingamp est sans doute dans l’homogénéité du championnat qui lui permet de ne pas être décroché. Et la vérité de la première partie de saison ne sera bien sûr pas celle de la seconde. Autant il n’est sans doute pas très risque de parier sur le quarté, y compris dans l’ordre, autant toute la suite du classement reste la bouteille à l’encre.

Résultats

7e journée

Fleury-PSG 0-2 : Multari 11′ (csc), Delie 57′

Lyon-Lille 6-0 : Abily 7′, 21′, van de Sanden 9′, Hegerberg 17′, 42′, Majri 92′

Guingamp-Bordeaux 0-1 : Rodrigues 62′

Marseille-Albi 1-2 : Asseyi 4′ ; Cazeau 53′, 80′

Paris FC-Montpellier 1-2 : Thiney 19′ ; Blackstenius 62′, Le Bihan 64′

Rodez-Soyaux 1-1 : Lemaître 12′ ; Clerac 72′

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

Clarisse Le Bihan et Anissa Lahmari

8e journée

Albi-Lyon 0-5 : Hegerberg 2′, Le Sommer 56′, Kumagai 68′, Abily 73′, Mbock Bathy Nka 89′

Bordeaux-Paris FC 2-3 : Barbance 63′, Rodrigues 84′ ; Thiney 36′, Otaki 81′, Bourdieu 89′

Fleury-Marseille 2-1 : Laplacette 61′ (csc), Corboz 72′ ; Caputo 14′

Lille-Rodez 0-2 : Saunier 1′, Austry 76′

PSG-Montpellier 3-1 : Paredes 19′, Delie 40′, Torrent 71′ (csc) ; Cayman 85′

Soyaux-Guingamp 1-2 : Dumont 5′ ; Oparanozie 84′, Bourgouin 87′ (csc)

9e journée

Guingamp-Lille 1-0 : Robert 38′

Lyon-Fleury 5-0 : Marozsán 34′, Hegerberg 48′, Kumagai 67′, Le Sommer 76′, Cascarino 85′

Marseille-PSG 2-5 : Asseyi 31′, Lakrar 38′ ; Perisset 50′, Diani 55′, Katoto 67′, 68′, 81′

Montpellier-Bordeaux 4-1 : Jakobsson 22′, 29′, 92′, Blackstenius 32′ ; Karchouni 43′

Paris FC-Soyaux 2-1 : Matéo 56′, Bourdieu 66′ ; Bourgouin 74′

Rodez-Albi 0-0

10e journée

Albi-Guingamp 2-0 : Rouzies 10′, Cazeau 76′

Fleury-Rodez 2-0 : Palacin 7′, Dunord 81′

Lille-Paris FC : reporté

Marseille-Lyon 0-5 : Renard 11′, Hegerberg 50′, 55′, Bronze 58′, Hamraoui 68′

PSG-Bordeaux 3-0 : Katoto 66′, Erika 70′, Cruz 72′

Soyaux-Montpellier 1-5 : Babinga 55′ ; Blackstenius 4′, 93′, Léger 83′, Torrecilla 89′, Gauvin 91′

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

Anouk Dekker et Laura Bourgouin

11e journée

Bordeaux-Soyaux 0-0

Guingamp-Fleury 1-2 : Le Garrec 27′ ; Machart-Rabanne 40′, Fernandes 70′

Lyon-PSG 1-0 : Hegerberg 12′

Montpellier-Lille 4-1 : Léger 4′, 25′, Cayman 28′, Gauvin 84′ ; Coryn 93′

Paris FC-Albi 1-0 : Lahmari 25′

Rodez-Marseille 4-2 : Peruzzetto 4′, Lemaître 56′, 85′, Noiran 59′ ; Caputo 66′, Asseyi 93′

12e journée

Albi-Bordeaux : reporté

Fleury-Montpellier : reporté

Lille-Soyaux 2-0 : Coryn 33′, Sarr 91′

Lyon-Guingamp 4-0 : Hegerberg 8′, 61′, Le Sommer 27′, Marozsán 66′

Marseille-Paris FC 1-0 : Gadea 70′

PSG-Rodez 6-0 : Tyryshkina 23′ (csc), Berglund 56′, Katoto 57′, Hermoso 63′, Delie 78′, Diani 87′

Manon Guitard

Manon Guitard

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [12/0/0/57] 36
    35
    34
    33
    32
2 PSG [10/1/1/28] 31
    30
    29
    28
3 Montpellier [9/0/2/29] 27
    26
    25
    24
    23
    22
    21
    20
4 Paris FC [6/1/4/2] 19
    18
    17
    16
    15
5 Bordeaux [4/2/5/-7] 14
6 Soyaux [3/4/5/-10] 13
    12
7 Lille [3/2/6/-12] Albi [3/2/6/-13] 11
9 Rodez [2/4/6/-24] 10
10 Fleury [3/0/8/-19] Guingamp [2/3/7/-15] 9
    8
    7
12 Marseille [1/3/8/-16] 6
Laura Agard

Laura Agard

Fin de la période d’essais

Les premiers mois de la mandature de Corinne Diacre ont été placés sous le signe des essais. Cette période semble révolue et un groupe plus stable devrait désormais se détacher à l’occasion des prochains rassemblements des Bleues. C’est l’occasion de dresser un bilan de ce brassage et de le confronter aux annonces initiales. Si la prééminence de l’OL et du PSG était ciblée et si les joueuses de tous les clubs devaient avoir leur chance, la réalité est plus nuancée : les pensionnaires des quatre fournisseurs historiques de la sélection restent largement majoritaires et près de la moitié des clubs de D1 n’ont pas été représentés.

La trêve en D1 permet de faire un tour d’horizon des joueuses sélectionnables poste par poste et de voir qui est là, qui n’y est pas, qui a été oublié ou qui a été ignoré.

Après deux rassemblements conclus par quatre victoires dont deux assez significatives contre l’Espagne et l’Angleterre, les Bleues de Corinne Diacre ont connu leur premier coup d’arrêt avec une lourde défaite 4-0 en Allemagne, suivie d’un nul 0-0 contre la Suède qui a surtout semblé positif en comparaison.

La sélectionneuse a déjà annoncé qu’une ossature devrait commencer à se dégager dès le prochain match contre l’Italie même si elle devrait continuer à s’autoriser quelques essais, en particulier parce que certaines joueuses ne lui ont pas donné satisfaction lors du match contre l’Allemagne.

Il est d’ores et déjà possible de dresser un premier bilan de l’important brassage effectué lors de ces trois rassemblements au regard des annonces initiales.

Deux axes forts avaient été énoncés : il ne suffirait plus d’émarger à Lyon ou au PSG pour avoir sa place chez les Bleues et l’équipe de France était désormais accessible aux joueuses de tous les clubs de D1. Dans tous les cas, il faudrait jouer dans son club pour pouvoir prétendre à la sélection. Après quatre mois, si les choses ont plutôt évolué dans ce sens, le bilan reste à nuancer.

Guingamp, nouvel Eldorado

La prépondérance lyonnaise a effectivement beaucoup diminué. Sous Olivier Echouafni, les pensionnaires de l’OL cumulaient à peu près la moitié du temps de jeu total. Elles n’en comptent plus qu’un quart. Mais l’influence du changement de sélectionneuse est à relativiser dans cette évolution qui doit aussi beaucoup à l’arrêt de Camille Abily et d’Élodie Thomis1 et aux blessures de Jessica Houara et Claire Lavogez.

La place libérée a d’abord profité aux Montpelliéraines passées de 10% à 20% du temps de jeu total, tandis que les Parisiennes conservent une place à peu près équivalente (qu’elles soient du PSG ou du PFC, ex-Juvisy).

Les joueuses venant de l’habituel top 4 ou de l’étranger2 occupent toujours une place prépondérante mais là où elles ne laissaient que des quelques miettes aux autres (moins d’1%) la saison dernière, elles laissent désormais presque 15% du temps à des joueuses en provenance du reste du championnat.

Faustine Robert

Faustine Robert

La promesse de l’ouverture de l’équipe de France à tous les clubs n’est pourtant qu’en partie remplie. Aucune joueuse d’Albi, de Rodez, de Fleury ou de Soyaux n’a encore été appelée et Bordeaux n’a été représenté que par la seule Nadjma Ali Nadjim en première mi-temps contre l’Allemagne.

C’est Guingamp qui fait figure de nouveau fournisseur des Bleues avec quatre appelées, soit une de moins seulement que Lyon. Parmi elles, seule Léa Le Garrec a participé à plusieurs matchs et à plusieurs rassemblements. Et seule Faustine Robert semble avoir convaincu lors du match contre la Suède.

Les autres représentantes du reste de la D1 viennent de Lille et de Marseille. Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi sont mêmes solidement installées dans le groupe. La seconde est avec quatre buts la meilleure réalisatrice actuelle des Bleues de Corinne Diacre.

Le problème Laura Georges

Le cas de l’autre Marseillaise Hawa Cissoko est symptomatique de l’application à géométrie variable de la règle du temps de jeu en club nécessaire pour prétendre à la sélection. Après quatre journées comme titulaire, la défenseuse centrale est sortie de l’équipe fin septembre jusqu’à fin novembre, tout en étant présente aux trois rassemblements de l’équipe de France. Des joueuses comme Griedge Mbock ou Aminata Diallo qui ne sont pas toujours titulaires en clubs ont conservé la confiance de la sélectionneuse mais le cas extrême est celui de Laura Georges. La défenseuse aux 185 sélections n’a joué avec le PSG qu’un match contre Bordeaux où Patrice Lair avait abondamment fait tourner, et quelques minutes de la première journée contre Soyaux. Pourtant elle a jusque là conservé la confiance de Corinne Diacre qui comptait s’appuyer sur son expérience.

Comme c’est le cas de quasiment tous les sélectionneurs, l’ancienne défenseuse de Soyaux doit composer avec les décisions des entraîneurs de clubs qui n’ont pas toujours la même hiérarchie qu’elle. Dans l’ensemble la plupart des internationales potentielles (et valides) jouent au moins un tiers ou la moitié des matchs de leur club ce qui est suffisant pour postuler.

La question du temps de jeu se posera au retour des blessées lyonnaises Jessica Houara, Kenza Dali3 et Claire Lavogez. La dernière a déjà annoncé qu’elle sera prêtée pour la fin de saison dans un club où elle pourra jouer.

Marion Torrent déjà cadre des Bleues

Au total, treize nouvelles joueuses ont été appelées par Corinne Diacre parmi lesquelles seules les gardiennes Élisa Launay et Solène Durand n’ont pas joué. Estelle Cascarino et Charlotte Lorgeré, qui jouent en défense centrale au PFC et à Guingamp ont joué comme latérales face au Ghana et n’ont pas été rappelées tout comme Théa Gréboval, titulaire face au Chili. Nadjma Ali Nadjim n’a joué qu’une mi-temps contre l’Allemagne et n’a pas eu droit à une séance de rattrapage à domicile contre la Suède. Enfin, Faustine Robert n’a aussi joué qu’une seul match mais c’était le dernier et elle semble avoir convaincu Corinne Diacre. Sa présence en janvier est probable.

Les six autres nouvelles ont participé à plusieurs matchs et ont été de tous les rassemblements (sauf Aminata Diallo et Inès Jaurena qui ont manqué le premier). Marion Torrent a été la joueuse la plus utilisée après Eugénie Le Sommer, alors qu’Ouleymata Sarr, Aminata Diallo et Inès Jaurena semblent avoir gagné leur place dans le groupe. Les cas de Léa Le Garrec et d’Hawa Cissoko sont plus flous : elles ont eu l’occasion de se montrer mais n’ont sans doute pas vraiment convaincu.

Marion Torrent

Marion Torrent

Finalement, les essais ont permis à quatre joueuses de s’imposer. L’une vient de Montpellier, une autre du PSG et une troisième du PFC. Et la Lilloise jouait au PSG la saison dernière.

Cela confirme qu’il peut être intéressant de chercher de bonnes joueuses partout mais que le travail des quatre clubs principaux et celui des différentes sélectionneuses des équipes de jeunes (et des cadres techniques de la FFF) fait qu’il est assez peu probable de découvrir brusquement une nouvelle joueuse totalement passée inaperçue jusque là.

D’ailleurs parmi les 32 sélectionnées de la saison, seules Solène Durand et Nadjma Ali Nadjim n’étaient pas déjà passées en équipe de France (A ou B) dans les deux dernières années. Et Charlotte Lorgeré est la seule qui n’est jamais passé par Lyon, PSG, Montpellier ou Juvisy.

Tour d’horizon par poste

Les essais ont été nombreux mais finalement la sélection est restée réservée aux joueuses des clubs qui occupent les quatre premières places ou les deux dernières. Entre les deux, les Lilloise Ouleymata Sarr et Élisa Launay ont été les seules appelées.

La trêve est l’occasion de faire un tour d’horizon poste par poste, y compris dans les autres clubs pour voir celles qui sont installées en sélection, de celles qui y ont été dans le passé mais n’y sont plus, de celles qui y ont fait un tour cette saison et surtout de celles qu’on aurait pu voir et qu’on verra peut-être prochainement. L’occasion aussi de voir quels sont les postes occupés par des joueuses non sélectionnables alors que le président de la FFF Noël Le Graët a commencé à pointer le problème que pose le grand nombre de joueuses nom sélectionnables dans les équipes de tête du championnat.

Les postes indiqués peuvent prêter à discussion parce que toutes les équipes ne sont pas organisées de la même manière, parce que certaines joueuses ont occupé plusieurs positions et aussi parce qu’il y a sans doute des erreurs. En principe, le poste indiqué est celui où la joueuse a majoritairement évolué cette saison en D1.

Joueuse non sélectionnable (ou retraitée)
Joueuse sélectionnée
Ancienne internationale non rappelée
Joueuse appelée cette saison pour le moment sans suite
Joueuse qui aurait pu être essayée

Gardiennes

Quatre clubs font appels à des étrangères pour le poste de gardienne de but (Albi, Marseille, Bordeaux PSG). Ce qui en laisse au moins huit disponibles pour l’équipe de France (et en fait un peu plus, certains clubs ayant aligné deux gardiennes avec un temps significatif).

Laetitia Philippe devancée à Montpellier par Méline Gérard et Pauline Peyraud-Magnin revenue à Lyon comme doublure de Sarah Bouhaddi ont pris du retard tandis que Karima Benameur a pris la place de Céline Deville au Paris FC et est revenue de façon convaincante en équipe de France, dix ans après sa première sélection (et six après la seconde). La hiérarchie semble encore à définir puisque c’est Méline Gérard qui a le plus joué cette saison.

Déborah Garcia

Déborah Garcia

Parmi les autres gardiennes, Élisa Launay et Solène Durand ont été appelées sans jouer, et d’autres auraient pu l’être comme Maryne Gignoux-Soulier ou Romane Munich, vues en équipe de France B la saison dernière ou Déborah Garcia redevenue titulaire à Rodez.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Bouhaddi Sarah Lyon FRA 31 12 12 1080 0 0
Durand Solène Guingamp FRA 23 12 12 1080 0 0
Richard Geneviève Marseille CAN 25 12 12 1080 0 0
Gignoux-Soulier Maryne Fleury FRA 21 11 11 990 0 1
Lambert Gabrielle Albi CAN 23 11 11 990 0 0
Munich Romane Soyaux FRA 23 10 10 900 0 0
Gérard Méline Montpellier FRA 27 9 9 810 0 0
Garcia Déborah Rodez FRA 23 9 9 810 0 1
Kiedrzynek Katarzyna PSG POL 26 9 9 810 0 0
Nayler Erin Bordeaux NZL 25 9 9 810 0 0
Launay Élisa Lille FRA 20 8 8 720 0 0
Benameur Karima Paris FC FRA 28 7 7 630 0 0
Deville Céline Paris FC FRA 35 4 4 360 0 0
Niphon Julie Rodez FRA 28 3 3 270 0 0
Azem Floriane Lille FRA 20 3 3 270 0 0
Endler Christiane PSG CHL 26 3 3 270 0 0
Philippe Laëtitia Montpellier FRA 26 2 2 180 0 0
Nadal Alizée Bordeaux FRA 23 2 2 180 0 0
Moinet Cassandra Soyaux FRA 19 2 2 180 0 0

Latérales droites

Les trois latérales droites les plus utilisées en D1 ne sont pas sélectionnables : Lucy Bronze est internationale pour l’Angleterre, Falone Tcheno4 pour le Cameroun et Anne-Marie Banuta pour la Roumanie.

Le remplacement d’Ève Périsset par Marion Torrent est un symbole fort de l’arrivée de Corinne Diacre. À vrai dire, l’absence actuelle de la première est à peu près aussi étonnante que ne l’était avant celle de la seconde. Les deux devraient à terme être régulièrement appelées, en attendant le retour de Jessica Houara qui pourra changer la donne.

Mais aucune autre habituée du poste n’a été appelée cette saison. À défaut de la Montpelliéraine c’est la défenseuse centrale de Guingamp Charlotte Lorgeré qui a joué contre le Ghana et celle de Lyon Griedge Mbock contre l’Allemagne.

Justine Deschamps

Justine Deschamps

Parmi les titulaires en D1, la Bordelaise Andrea Lardez et la Sojaldiciennes Justine Deschamps ont déjà eu les honneurs d’une convocation en équipe de France B. Mais à 23 et 24 ans, elles ne doivent pas tarder parce que la relève est déjà là avec aux premiers rangs Élisa De Almeida et Héloïse Mansuy.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Bronze Lucy Lyon ENG 26 12 12 1049 2 0
Tcheno Falonne Guingamp CMR 27 12 11 1035 0 1
Banuta Anne-Marie Rodez ROU 26 11 11 990 0 1
Lardez Andréa Bordeaux FRA 23 11 10 908 1 2
Torrent Marion Montpellier FRA 25 10 9 834 0 0
Périsset Ève PSG FRA 22 11 10 801 1 2
Deschamps Justine Soyaux FRA 24 11 9 797 0 1
De Almeida Élisa Paris FC FRA 19 9 9 794 0 1
Soyer Julie Paris FC FRA 32 8 8 720 0 1
Mitchai Aïvi Albi FRA 26 8 8 720 0 0
Mansuy Héloïse Lille FRA 20 8 7 605 0 0
Bouchenna Jennifer Lille FRA 25 8 5 484 0 0
Blanc Amandine Marseille FRA 21 6 4 433 0 1
Bruère-Clément Charlotte Fleury FRA 20 6 5 417 0 1
Stefanovic Dejana Albi SRB 20 8 4 407 0 0
Dinglor Elodie Guingamp FRA 20 5 4 360 0 0
Laplacette Tess Marseille FRA 18 4 4 360 0 0
Romanelli Marion Montpellier FRA 21 6 4 330 0 2
Sahraoui Santana Albi FRA 18 4 2 198 0 1
Mollet Félicia Fleury FRA 25 3 2 186 0 0

Latérales gauches

Si le poste de latérale droite permet souvent d’aguerrir une défenseuse centrale ou une milieu défensive, celui de latérale gauche est réservé à une gauchère. Quelque fois une attaquante qui dépanne, souvent une attaquante reconvertie.

L’arrière gauche la plus utilisée est canadienne mais toutes les autres sont disponibles pour les Bleues. Amel Majri et Sakina Karchaoui sont bien présentes et Théa Gréboval a été essayée contre le Chili. Perle Morroni qui peut aussi occuper ce poste a été convoquée sans pouvoir honorer la sélection, blessée depuis la première journée.

Viviane Boudaud

Viviane Boudaud

D’autres auraient pu avoir leur chance comme Viviane Boudaud, titulaire inamovible à Soyaux depuis cinq ans ou Delphine Chatelin qui a participé à stabiliser la défense bordelaise.

Mais les places semblent déjà occupées et les nouveautés pourraient venir des deux côtés du spectre : d’un côté de l’ancienne Laure Boulleau de retour après presque deux ans de blessures, et de l’autre avec les très jeunes Maëlle Lakrar (en attendant une place dans l’axe) et Selma Bacha.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Lawrence Ashley PSG CAN 22 12 11 1025 0 1
Coudon Marine Fleury FRA 25 11 11 990 0 1
Boudaud Viviane Soyaux FRA 24 11 11 990 0 5
Karchaoui Sakina Montpellier FRA 21 11 11 966 0 0
Dafeur Marine Lille FRA 23 11 10 923 0 2
Majri Amel Lyon FRA 24 11 9 786 1 0
Chatelin Delphine Bordeaux FRA 29 9 8 732 0 1
Hoarau Fanny Rodez FRA 23 9 8 699 0 1
Schlepp Angélique Albi FRA 23 8 8 653 0 0
Morin Suzy Guingamp FRA 20 10 7 639 0 0
Butel Gwenaëlle Fleury FRA 28 7 7 630 0 1
Belkhiter Morgane Albi FRA 22 8 7 587 0 2
Soulard Amandine Marseille FRA 30 8 6 520 0 1
Greboval Théa Paris FC FRA 20 6 6 508 0 1
Drozo Maevane Guingamp FRA 18 6 5 406 0 0
Boulleau Laure PSG FRA 31 7 5 396 0 0
Bacha Selma Lyon FRA 17 5 2 225 0 0

Défenseuses centrales

Le poste de défenseuse centrale nécessite de l’expérience. C’est donc l’un de ceux où les clubs vont le plus volontiers chercher à l’étranger. Sept clubs sur douze comptent au moins une défenseuse centrale venue d’ailleurs, dont trois Espagnoles et deux Suédoises. Mais en dehors de Laura Georges au PSG, cela n’empêche pas les postulantes aux Bleues de s’exprimer.

Corinne Diacre a longuement évolué à ce poste, ses choix sont donc certainement mûrement pesés. Mais ils sont ici légèrement indéchiffrables. Derrière la paire Wendie Renard-Griedge Mbock annoncée depuis longtemps comme la charnière de base des Bleues et qui ne semble pas vraiment remise en cause, quatre autres joueuses ont été appelées. Laura Georges ne joue plus au PSG ce qui posera rapidement un problème, tant sur l’accord entre le discours et la méthode que du simple point de vue du rythme pour être compétitive. Hawa Cissoko a été convoquée à chaque fois alors que sa demi-saison marseillaise est au mieux quelconque. Enfin Charlotte Lorgeré et Estelle Cascarino n’ont été convoquées que pour jouer latérales.

Julie Thibaud

Julie Thibaud

Les expérimentées Laura Agard, Annaïg Butel et Kelly Gadéa auraient pu espérer un signe, et des jeunes joueuses comme Julie Thibaud, Maëlle Lakrar5 ou Léonie Multari n’ont pas été moins en vue que leurs concurrentes sélectionnées.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Debever Julie Guingamp FRA 29 12 12 1080 0 1
Guitard Manon Rodez FRA 25 12 12 1080 0 0
Lorgeré Charlotte Guingamp FRA 23 12 12 1080 0 0
Infante Raquel Rodez ESP 27 12 12 1062 0 2
Vergés Elba Soyaux ESP 22 12 12 1061 0 0
Gadea Kelly Marseille FRA 26 11 11 990 1 1
Renard Wendie Lyon FRA 27 11 11 990 3 0
Butel Annaig Paris FC FRA 25 11 11 990 0 2
Rouzies Manon Albi FRA 25 11 11 990 1 0
Berglund Emma PSG SWE 28 11 11 990 1 0
Coutereels Maud Lille BEL 31 11 11 977 0 1
Cascarino Estelle Paris FC FRA 20 11 10 905 0 1
Fahey Niamh Bordeaux IRL 30 10 10 900 0 1
Multari Léonie Fleury FRA 21 10 10 888 0 2
Lakrar Maëlle Marseille FRA 17 10 10 873 1 0
Paredes Irene PSG ESP 26 10 10 850 3 2
Agard Laura Montpellier FRA 28 9 9 810 1 3
Sissoko Teninsoun Fleury FRA 25 9 9 810 0 0
Thibaud Julie Bordeaux FRA 19 9 9 810 0 1
Sembrant Linda Montpellier SWE 30 9 9 776 0 0
Saint-Sans Charlotte Lille FRA 22 9 9 759 0 0
Rouge Aurélie Soyaux FRA 25 8 8 708 0 0
Buchanan Kadeisha Lyon CAN 22 8 8 691 0 0
Mbock Bathy Nka Griedge Lyon FRA 22 9 7 666 1 0
Cazes Manon Albi FRA 22 7 7 630 0 4
M’Bassidje Anaïs Marseille FRA 24 7 7 630 0 1
Couturier Cathy Soyaux FRA 20 7 6 548 0 0
Haupais Marine Fleury FRA 25 6 6 540 0 0
Cissoko Hawa Marseille FRA 20 6 6 533 0 5
Erika PSG BRA 29 9 4 491 1 0
Awona Marie Aurelle Soyaux CMR 24 4 3 274 0 0

Milieux défensives

Le trio de tête du championnat place devant sa défense des joueuses non sélectionnables comme Saki Kumagai, Formiga, Anouk Dekker ou Virginia Torrecilla. D’autres clubs font de même comme Rodez avec Ekaterina Tyryshkina, Albi avec Yvonne Leuko Chibosso et Kristina Pantelic ou Lille avec Silke Demeyer. Mais cela laisse de la place pour des Kheira Hamraoui, Aminata Diallo, Sandie Toletti ou pour Océane Saunier ou Jessica Lernon.

Chez les Bleues, une place est déjà prise par Amandine Henry, et Grace Geyoro ne devrait pas être loin de la seconde (même si elle joue plus excentrée ces derniers temps à Paris).

Aminata Diallo et Inès Jaurena ont pris une longueur d’avance sur Sandie Toletti dans un secteur très fourni. Parmi les autres joueuses qui pourraient postuler, il est probable que l’heure de Caroline Pizzala et Siga Tandia – toutes deux déjà internationales – est passée à 30 ans (encore que Formiga en compte presque dix de plus) mais la capitaine de Bordeaux Sophie Istillart pourrait s’immiscer comme Jessica Lernon qui régule l’entrejeu lillois depuis le début de saison.

Daphné Corboz face à Falone Tcheno

Daphné Corboz face à Falone Tcheno

Et bien sûr, on observe avec attention le cas de Daphné Corboz, internationale U23 américaine mais qui possède la double nationalité et qui a été appelée récemment en équipe de France B.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Saunier Océane Rodez FRA 26 12 11 1022 1 1
Istillart Sophie Bordeaux FRA 21 11 11 990 1 2
Formiga PSG BRA 39 12 11 983 0 1
Pizzala Caroline Marseille FRA 30 11 11 980 0 1
Lernon Jessica Lille FRA 24 11 11 974 0 1
Kumagai Saki Lyon JPN 27 12 10 911 3 1
Tandia Siga Soyaux FRA 30 10 10 900 3 0
Pervier Marine Guingamp FRA 27 11 10 829 0 0
Torrecilla Virginia Montpellier ESP 23 10 9 822 3 1
Clemaron Maéva Fleury FRA 25 9 9 797 0 3
Abily Camille Lyon FRA 33 11 10 776 5 0
Nakkach Élodie Soyaux FRA 22 11 9 771 0 3
Jaurena Inès Paris FC FRA 26 10 10 763 2 2
Dekker Anouk Montpellier NLD 31 9 8 742 0 1
Geyoro Grace PSG FRA 20 11 7 717 0 0
Karchouni Ghoutia Bordeaux FRA 22 10 9 710 1 0
Toletti Sandie Montpellier FRA 22 10 7 693 2 0
Tyryshkina Ekaterina Rodez RUS 21 9 8 633 0 1
Leuko Chibosso Yvonne Albi CMR 26 7 7 630 0 1
Corboz Daphne Fleury FRA 24 7 7 621 1 0
Lahmari Anissa Paris FC FRA 20 11 6 616 1 1
Demeyere Silke Lille BEL 25 10 6 604 0 0
Palis Ella Guingamp FRA 18 9 7 586 0 3
Dali-Storti Lalia Marseille FRA 24 9 6 562 0 2
Gathrat Juliane Bordeaux FRA 21 10 6 553 2 0
Hamraoui Kheira Lyon FRA 27 11 5 547 4 1
Bilbault Charlotte Paris FC FRA 27 6 6 494 0 0
Pantelic Kristina Albi SRB 20 7 5 453 0 3
Diallo Aminata PSG FRA 22 7 5 408 0 0
Bonet Élise Rodez FRA 19 11 4 396 0 3
Da Costa Angeline Rodez FRA 18 9 3 393 0 0
Bueno Margaux Guingamp FRA 21 9 3 360 0 3
Ferral Cristina Marseille MEX 24 6 4 278 0 0
Bauduin Justine Lille FRA 23 5 3 272 0 0
Paprzycki Aurore Lille FRA 23 6 4 264 0 2
De Sousa Marine Rodez FRA 24 7 4 257 0 0
Hamidou Jamila Marseille FRA 16 6 2 233 0 1
Cruz Shirley PSG CRI 32 4 2 192 1 0

Meneuses

Tous les clubs n’utilisent pas de meneuse. On retrouvera dans cette catégorie les milieux de terrain axiales offensives. La distinction n’est pas toujours facile avec une milieu relayeuse portée vers l’avant, une ailière qui se recentre ou une deuxième attaquante qui tourne autour de l’avant-centre6.

C’est un poste qui a posé problème lors des six premiers matchs où Léa Le Garrec a été la seule habituée à être alignée. Sinon ce sont successivement Camille Catala, plutôt ailière et Inès Jaurena, plutôt récupératrice qui ont été testées. C’est la seconde qui a été la plus convaincante des trois.

Cette absence de meneuse est un comble quand il y a quelques années les sélectionneurs de l’équipe de France s’arrachaient les cheveux pour trouver un système permettant de faire jouer en même temps Louisa Necib, Camille Abily et Gaëtane Thiney. Mais si les deux premières ont pris leur retraite (au moins internationale), la troisième est disponible et voir deux de ses coéquipières de club jouer à son poste en sélection confirme que son absence n’est pas une question de niveau de jeu.

Laurie Cance

Laurie Cance

Le problème des Bleues est que la D1 ne regorge pas de meneuses disponibles. À Lyon et au PSG, le poste est occupé par Dzsenifer Marozsan et Jenni Hermoso (et quand elles ne sont pas là, c’est par Camille Abily, Vero Boquete ou Shirley Cruz, ce qui n’arrange pas la situation). Montpellier joue avec deux pointes et deux milieux excentrées7.

Salma Amani aurait un profil convainquant mais elle est internationale marocaine. Par contre Laurie Cance qui à 22 ans joue sa septième saison de D1 comme titulaire pourrait être vue, tout comme son ancienne coéquipière Solène Barbance.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Cance Laurie Rodez FRA 22 12 12 1060 0 2
Thiney Gaëtane Paris FC FRA 32 11 11 990 9 2
Le Garrec Léa Guingamp FRA 24 11 11 958 2 2
Barbance Solène Bordeaux FRA 26 11 9 761 2 0
Hermoso Jennifer PSG ESP 27 10 9 743 1 0
Marozsán Dzsenifer Lyon DEU 25 10 9 703 4 1
Amani Salma Fleury MAR 28 8 8 693 1 1
Djebbar Gwendoline Soyaux FRA 27 11 8 684 1 1
Saïdi Rachel Lille FRA 29 10 8 668 0 1
Mijatovic Milica Albi SRB 26 10 8 660 0 2
Coton-Pelagie Nora Marseille FRA 29 9 7 621 0 1
Bayo Stéphanie Albi FRA 18 7 7 553 0 1
Chatelain Céline Fleury FRA 32 11 5 543 0 2
Benlazar Myriam Albi FRA 22 7 5 459 0 0
Boquete Verónica PSG ESP 30 9 2 330 0 0

Ailières droites

À la fin du XXe siècle, on parlait d’ailière, on préfère maintenant dire « milieu excentrée » mais la différence est plus lexicale que sémantique. Et souvent les joueuses ne sont pas définitivement fixées d’un côté ou de l’autre ce qui fait que la distinction entre ailières gauches et droites faite ici est souvent très arbitraire.

Les joueuses les plus utilisées en D1 sont aussi solidement installées en sélection, même si Camille Catala a manqué le dernier rassemblement.

Sarah Palacin a sans doute laissé passer sa chance à son époque stéphanoise quand sa coéquipière d’alors Rose Lavaud a pu brièvement fréquenter le groupe des Bleues.

Delphine Cascarino

Delphine Cascarino

Comme ce n’est sans doute pas le poste où on cherche le plus de monde actuellement, il est probable que s’il y a une arrivée, ce sera plutôt une joueuse qui pousse la porte qu’une que l’on convoque pourvoir. Et il y a fort à parier qu’il s’agira de Delphine Cascarino qui reprend doucement après sa blessure et qui ne devrait pas tarder à prendre la place de Shanice van de Sanden.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Asseyi Viviane Marseille FRA 24 12 12 1080 3 2
Diani Kadidiatou PSG FRA 22 12 11 1035 3 0
Cayman Janice Montpellier BEL 29 11 9 834 3 1
Catala Camille Paris FC FRA 26 11 9 824 3 1
Palacin Sarah Fleury FRA 29 11 10 802 1 2
Lavaud Rose Bordeaux FRA 25 10 9 801 0 0
Austry Coralie Rodez FRA 20 11 8 765 1 1
Roy-Petitclerc Arielle Albi CAN 23 9 8 743 0 0
Dumont Anaïs Soyaux FRA 28 12 7 714 1 0
Caputo Cindy Marseille FRA 18 10 7 677 2 1
van de Sanden Shanice Lyon NLD 25 9 9 625 1 0
Pasquereau Julie Lille FRA 23 8 7 622 0 4
Blais Allison Soyaux FRA 22 8 7 562 0 2
Le Bihan Clarisse Montpellier FRA 23 9 5 496 5 1
Fleury Louise Guingamp FRA 20 9 4 432 0 0
Ollivier Agathe Guingamp FRA 19 8 5 412 0 0
Saulnier Laurie Albi FRA 22 8 4 354 1 2
Bornes Chloé Bordeaux FRA 24 7 5 343 0 1
Cascarino Delphine Lyon FRA 20 9 1 269 1 0
Closset Océane Albi FRA 19 6 0 191 0 0
Thomis Élodie Lyon FRA 31 8 1 190 0 0

Ailières gauches

C’est le poste où Eugénie Le Sommer est titulaire aussi bien à Lyon que chez les Bleues. C’est plus compréhensible dans le premier cas où les places dans l’axe sont occupées par Ada Hegerberg et Dzsenifer Marozsan.

Anna Clerac

Anna Clerac

Faustine Robert a été essayée avec plus de succès que Nadjma Ali Nadjim8 mais il y a sans doute encore la possibilité de s’immiscer pour Anna Clérac ou Charlotte Fernandes. Et bien sûr pour Clara Matéo.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Peruzzetto Julie Rodez FRA 30 12 12 1077 2 1
Le Sommer Eugénie Lyon FRA 28 12 11 983 11 1
Robert Faustine Guingamp FRA 23 11 10 920 2 1
Ali Nadjim Nadjma Bordeaux FRA 23 11 10 912 0 2
Clerac Anna Soyaux FRA 20 11 10 846 1 0
Fernandes Charlotte Fleury FRA 24 11 11 778 2 1
Friðriksdóttir Fanndís Marseille ISL 27 10 9 724 1 0
Khoury Pilar Albi CAN 23 9 7 593 0 0
Veje Katrine Montpellier DNK 26 7 7 517 2 0
Fourre Adélie Guingamp FRA 19 10 6 497 0 0
Matéo Clara Paris FC FRA 20 8 5 474 2 0
Makanza Marina Paris FC FRA 26 9 4 398 0 2
Declercq Léa Paris FC FRA 22 10 4 394 0 0
Bultel Ludivine Lille FRA 28 7 5 374 0 2
Cardia Mickaëlla Marseille FRA 17 8 2 255 0 3
Léger Marie-Charlotte Montpellier FRA 21 6 2 221 4 0

Avants centre

Montpellier et Lyon, mais aussi Lille et Guingamp confient la pointe de leur attaque à une joueuse étrangère (ou à deux pour Montpellier) mais ce n’est pas le cas du PSG où l’avant-centre titulaire est Marie Katoto, dauphine d’Ada Hegerberg au classement des buteuses. Par un étonnant renversement des priorités, elle est réservée pour l’équipe de France des moins de 20 ans qui disputera la Coupe du monde en fin de saison en Bretagne alors qu’elle est clairement déjà la meilleure avant-centre française (après Eugénie Le Sommer cantonnée sur un côté).

Kimberley Cazeau

Kimberley Cazeau

Plusieurs joueuses ont donc été essayées à ce poste essentiel. Ouleymata Sarr a été plutôt convaincante, Valérie Gauvin beaucoup moins et Marie-Laure Delie a été rappelée et titularisée contre l’Allemagne et la Suède.

Mais là aussi, l’ouverture n’est pas allée jusqu’à Soyaux et Albi où Laura Bourgouin et Kimberley Cazeau postulent aussi. En attendant la fin de la Coupe du monde M20.

Nom Prénom Club Nat. Âge Matchs Tit. Temps Buts Cartons
Oparanozie Desire Guingamp NGA 24 12 12 1080 2 1
Hegerberg Ada Lyon NOR 22 12 12 1069 18 0
Bourgouin Laura Soyaux FRA 25 12 11 991 3 0
Coryn Jana Lille BEL 25 11 10 944 5 0
Machart-Rabanne Julie Fleury FRA 28 11 11 939 2 0
Sarr Ouleymata Lille FRA 22 11 9 875 6 2
Cazeau Kimberley Albi FRA 24 9 9 810 5 2
Lemaître Flavie Rodez FRA 29 11 10 787 3 0
Katoto Marie PSG FRA 19 11 11 774 12 0
Delie Marie-Laure PSG FRA 29 11 9 767 8 0
Babinga Pamela Soyaux FRA 27 12 9 763 1 0
Blackstenius Stina Montpellier SWE 21 11 9 763 10 0
Alidou d’Anjou Marie Yasmine Marseille CAN 22 10 8 731 2 4
Bourdieu Mathilde Paris FC FRA 18 9 8 701 3 1
Rodrigues Carol Bordeaux BRA 23 7 6 577 3 2
Gauvin Valérie Montpellier FRA 21 10 6 473 7 0
Jakobsson Sofia Montpellier SWE 27 7 4 447 4 0
Cambot Sarah Bordeaux FRA 24 11 3 396 0 0
Thomas Lindsey Montpellier FRA 22 6 4 292 0 0
Noiran Clara Rodez FRA 21 7 2 282 1 0
Bodain Cloé Montpellier FRA 19 8 2 234 0 0
Dunord Danaé Fleury FRA 31 10 0 200 1 0
Otaki Ami Paris FC JPN 28 7 2 198 2 0

D1 2017-2018, premier quart

Lyon en tête devant le PSG et Montpellier, un promu à la dernière place, après un quart de saison la D1 ne déroute pas ses habitués. Quelques évolutions sont toutefois notables dans le cœur du classement,

En haut de tableau, l’OL de Reynald Pedros se confirme plus joueur que son prédécesseur mais semble à nouveau trop fort pour la concurrence. Les matchs contre le Paris FC et Montpellier indiquent qu’il ne faut pas trop compter sur une fin de règne. D’autant que le PSG a commencé sa saison en concédant le nul contre Soyaux.

Mais tant le PSG que Montpellier ont remporté tous leurs autres matchs et sont déjà détachées du reste du peloton et se disputent comme prévu la seconde place européenne. Les Héraultaises vont pouvoir confirmer leurs ambitions à Paris où elle joueront deux fois de suite puisque Juvisy devenu Paris FC jouera pour la première fois à domicile au stade Charléty.

Le changement de nom n’a pas changé fondamentalement les choses : le PFC reste une équipe qui regarde le haut du classement mais qui ne fait plus partie du quatuor de tête (devenu trio de ce fait). D’ailleurs c’est actuellement Soyaux qui est quatrième du classement. Les deux équipes ont déjà affronté Lyon et le PSG, ce qui donne l’avantage aux Charentaises qui ont pris un point à Saint-Germain-en-Laye. Pour le reste elles ont concédé un nul plus frustrant pour le Paris FC qui menait 2-0 dans les arrêts de jeu à Guingamp que pour Soyaux qui est allé faire 0-0 à Marseille. Et elles ont remporté leurs trois autres matchs.

Bordeaux est sur la même ligne que le PFC mais après un calendrier plus favorable. Elle est l’équipe qui a le mieux résisté à Lyon et après une claque lors du premier match à Lille, le bilan était quasiment parfait jusqu’ à l’égalisation de Julie Peruzzetto pour Rodez au Matmut-Atlantique. Les Girondines comptent déjà autant de victoires que l’an dernier.

Une dernière équipe présente un bilan clairement positif. Lille présente un profil proche de celui de Bordeaux, celui d’une équipe adossée à un club de Ligue 1 qui a fait le nécessaire à l’intersaison pour bien figurer. Les débuts ont été tonitruants grâce justement à une victoire contre Bordeaux et un triplé de la recrue Ouleymata Sarr. La suite est plus difficile avec une seule victoire à Fleury. Mais en dehors d’une lourde défaite contre le PSG, tous les autres matchs ont été serrés et les Lilloises vont chercher des points qui seront essentiels pour le maintien. Avec déjà dix points, il n’en manque guère que cinq ou six pour être quasiment assuré de rester en D1.

Le reste du plateau est en difficulté, ce qui est peut-être rassurant pour chaque équipe : sur les cinq, il n’y en aura que deux qui descendront ce qui laisse une chance à tout le monde.

Albi doit à un but dans les arrêts de jeu du dernier match de ne pas être à zéro victoire comme les autres mais ne compte toujours que deux points d’avance sur Rodez et la zone rouge. Malgré un effectif très expérimenté, l’autre promu Fleury ne compte pour le moment que des défaites. Mais ce n’est pas une vraie surprise de voir ces trois équipes se battre pour le maintien, Tarnaises et Aveyronnaises ont montré qu’elles savaient gérer cette situation.

Les difficultés de Guingamp et Marseille étaient moins prévisibles même si leur intersaison n’incitait pas à les voir se battre pour le podium. Les Bretonnes ont eu un calendrier difficile mais n’ont pas pris beaucoup de point dans les matchs plus faciles.

Cinq matchs clés

Lille-Bordeaux 3-0

Première journée, dimanche 3 septembre à 15h00, Terrain annexe du Stadium Lille-Métropole, Villeneuve-d’Ascq

Buts : Ouleymata Sarr 9′, 21′, 79′

Pour leur premier match de D1, les joueuses du LOSC reçoivent des Bordelaises qui ont vécu la mêle situation un an plus tôt. Les deux équipes sont ambitieuses et alignent une majorité de recrue (six à Lille, sept à Bordeaux). Mais très rapidement, ce sont les Nordistes qui font la différence. Transfuge du PSG, Ouleymata Sarr chipe le ballon à Juliane Gathrat et vient tromper Erin Nayler, la gardienne néo-zélandaise de Bordeaux qui remplace Élisa Launay passée dans le camp d’en face. L’attaquante récidive au bout de vingt minutes en reprenant de la tête un coup-franc de sa capitaine Maud Coutereels. Elle parachève son coup du chapeau à dix minutes de la fin en reprenant un centre de Jessica Lernon.

Ce résultat met d’emblée Lille en bonne position et montre que le promu est au niveau. Il faudra ensuite attendre la cinquième journée et le déplacement à Fleury pour voir la deuxième victoire lilloise. Du côté bordelais au contraire, cette défaite qui aurait pu être un coup d’arrêt reste finalement anecdotique puisque les coéquipières de Sophie Istillart remportent leurs trois matchs suivants avant de ne concéder que deux buts à Lyon. Seul le nul concédé à Rodez au Matmut Atlantique ternit ensuite le tableau.

PSG-Soyaux 1-1

Première journée, dimanche 3 septembre à 15h00, Stade Georges-Lefèvre, Saint-Germain-en-Laye

But : Marie Katoto 29′ ;Siga Tandia 92′

Premier match de la saison pour l’équipe féminine du PSG pas encore indésirable sur son terrain. Orphelin de Cristiane partie en Chine et de Shirley Cruz mais avec le retour de Laure Boulleau et menée par sa jeune garde représentée par Grace Geyoro et Marie Katoto, il affronte Soyaux qui a reconstruit sa charnière centrale, la Parisienne Cathy Couturier et l’Espagnole Elba Verges remplaçant Cynthia Viana et Marie-Aurelle Awona, et où Laura Bourgouin début sur le banc.

Le PSG domine tout le début de match et après plusieurs corners dangereux, Marie Katoto finit par tromper Romane Munich en en reprenant un tiré par Laure Boulleau. La victoire semble sur les rails.

Pourtant, au fil du match la domination se fait moins intense et les incursions sojaldiciennes sont de plus en plus nombreuses. L’égalisation de Siga Tandia qui reprend de la tête une coup-franc d’Elba Verges vient finalement remettre dans les arrêts de jeu un score plus conforme à la physionomie du match.

Ce résultat n’est finalement pas un coup d’arrêt pour le PSG qui remporte ensuite tous ses matchs mais il lance bien la saison de Soyaux qui reste invaincu en dehors de la réception de Lyon.

Montpellier-Lyon 0-5

Quatrième journée, samedi 30 septembre à 14h30, Centre Bernard-Gasset, Terrain n°7 Mama-Ouattara, Montpellier

Buts : Ada Hegerberg 23′, Sakina Karchaoui 51′ csc, Eugénie Le Sommer 59′, Kheira Hamraoui 66′, Dzsenifer Marozsán 92′

Le premier vrai choc de D1 entre les deux équipes européennes intervient à la quatrième journée au domaine de Grammont. Montpellier et Lyon se présentent avec trois victoires en autant de match et le vainqueur s’emparera seul de la tête du classement.

Sous une pluie continue, il n’y a finalement pas de match. La domination lyonnaise n’est concrétisée en première mi-temps que par une reprise d’Ada Hegerberg mais le jeu ne se déroule que sur une moitié du terrain. Peu après l’heure de jeu, Eugénie Le Sommer fait craquer Montpellier, d’abord en poussant Sakina Karchaoui à marquer contre son camp puis en reprenant un centre de Camille Abily. Kheira Hamraoui et Dzsenifer Marozsán parachèvent le score.

Ce n’est que la quatrième journée mais la différence de niveau est telle que le titre semble déjà joué. Les Montpelliéraines peinent à encaisser cette défaite et enchaînent par une défaite à la Mosson en Coupe d’Europe contre Zvezda, heureusement compensée au retour.

Guingamp-PFC 2-2

Cinquième journée, dimanche 8 octobre à 15h00, Stade Fred-Aubert, Saint-Brieuc

Buts : Léa Le Garrec 94′, Desire Oparanozie 96′ ; Mathilde Bourdieu 67′, Camille Catala 91′

Saint-Brieuc-Juvisy était un classique de D1. Il faut désormais parler de Guingamp-Paris FC, même si les deux équipes jouent encore essentiellement à Saint-Brieuc et à Bondoufle. L’an dernier, c’est par une défaite sur la pelouse de Guingamp que Juvisy avait commencé son annus horribilis.

Cette saison avait mieux commencé avec trois victoires en quatre matchs et malgré une très lourde défaite à Lyon. Après une heure de domination, l’entrée de Clara Matéo est décisive. L’ancienne Ornaysienne centre pour Mathilde Bourdieu qui ouvre le score. Dans les arrêts de jeu, Camille Catala parachève la victoire parisienne d’une frappe puissante sous la barre.

Puis le match bascule dans le paranormal. Alors que Paris a le ballon, Faustine Robert intercepte dans son camp une relance d’Estelle Cascarino et lance Léa Le Garrec qui prend de vitesse Annaïg Butel et élimine Karima Benameur sortie à sa rencontre pour marquer dans le but vide. Mené 2-0 dans les arrêts de jeu, Guingamp vient de marquer en contre. Deux minutes plus tard, Falone Tcheno centre à la suite d’une action confuse. Le ballon traverse la défense pour aboutir à Desire Oparanozie totalement oubliée et qui ne se fait pas prier pour égaliser.

Albi-Fleury 1-0

Sixième journée, 15 octobre à 15h00, Stade Maurice-Rigaud, Albi

But : Laurie Saulnier 93′

À l’orée de la sixième journée, cinq équipes soit la moitié du plateau n’a encore remporté aucune victoire. Outre Guingamp et Marseille, on retrouve les trois équipes a priori les plus menacées par la relégation : Rodez, Albi et Fleury. Ces deux dernières s’affrontent au stade Maurice-Rigaud.

Sur le papier, Albi a l’avantage de l’expérience collective en D1 pour sa quatrième saison mais Fleury présente une équipe où seule Marine Coudon (longtemps albigeoise) ne possède pas une solide expérience de D1. La (Franco-)Américaine Daphne Corboz ne joue que son deuxième match de D1 mais une saison et demi à Manchester City où elle sera remplacée par Carli Lloyd et une saison au Sky Blue en NWSL valent sans doute plusieurs saisons de D1.

Julie Machart-Rabanne manque une pénalty à la 20e minute qui aurait pu changer l’histoire mais à la fin du temps réglementaire, il semble bien que les deux équipes devront attendre une journée de plus leur première victoire. Mais le banc d’Albi fait alors la différence. Océane Closset, entrée à la 70e minute déborde et centre pour Laurie Saulnier, entrée à la 54e et qui marque. La saison dernière, c’est par ce type de victoires 1-0 dans les arrêts de jeu, contre Metz à l’aller et au retour qu’Albi s’était maintenu en vie pour aller chercher le maintien.

Fleury attend toujours son premier point, que son effectif devrait finir par lui offrir rapidement.

Six joueuses de quart

Ouleymata Sarr (Lille)

Après quatre saisons, l’ancienne joueuse d’Évreux a quitté le PSG qui lui préférait Marie-Laure Delie et Marie Katoto. Même le départ de Cristiane ne devait pas lui profiter avec l’arrivée de Jenni Hermoso.

C’est à Lille qu’elle a trouvé qu’elle a trouvé refuge chez un promu ambitieux. Ses débuts ont été tonitruants avec un triplé contre Bordeaux pour une victoire 3-0 d’entrée. Elle a ensuite enchaîné en marquant contre Soyaux et Albi. Avec déjà six titularisations, elle égale presque son total de la saison dernière. Et avec cinq buts, elle n’est plus qu’à un seul de son meilleur total établi en fin de saison 2015.

Ses prestations lui ont valu d’être appelée par Corinne Diacre, de connaître ses quatre premières sélections et d’y marquer ses deux premiers buts.

Siga Tandia (Soyaux)

En 2009 et 2010, la jeune défenseuse de Soyaux avait connu trois sélections. Mais la descente de Soyaux en D2 lui avait valu de laisser passer le train vers la Coupe du monde. Désormais âgée de 29 ans, elle est capitaine de Soyaux et joue au milieu de terrain. Et elle s’est découvert une vocation de buteuse. Elle a commencé dès la première journée en plaçant dans les arrêts de jeu une tête permettant d’égaliser contre le PSG. Deux journées plus tard, elle a récidivé dans la manière et le timing pour cette fois donner la victoire à son équipe contre Albi. Et contre Fleury, elle a ouvert le score pour lancer les siennes vers un nouveau succès.

Mathilde Bourdieu (Paris FC)

Depuis le départ de Laetitia Tonazzi, Juvisy était orphelin d’une avant-centre permettant à Gaëtane Thiney de tourner autour. Les internationales Sandrine Brétigny et Lilas Traïkia ont été recrutées sans parvenir à faire oublier l’actuelle Montpelliéraine. Les deux dernières saisons, c’est la Franco-américaine Tatiana Coleman qui devait jouer ce rôle mais l’an dernier, c’est surtout Clara Matéo qui a joué en pointe alors que son profil en fait plutôt une alternative à sa capitaine.

Lors de la dernière journée, la jeune Mathilde Bourdieu avait été essayée par Pascal Gouzenes qui remplaçait au pied levé Emmanuel Beauchet. Pendant l’été, cette dernière a participé à l’Euro des moins de 17 ans où la France a atteint la finale. À titre personnel, elle a marqué trois buts dont l’ouverture du score de la finale qui n’a cependant pas suffi aux Bleuettes pour battre l’Espagne.

Depuis le début de saison, elle a été titulaire quatre fois sur six et a marqué son premier but en D1 en ouvrant le score contre Guingamp. sIl est encore un peu tôt pour tirer des conclusions mais Juvisy devenu Paris FC pourrait bien avoir enfin trouvé l’avant centre qui manquait à son jeu.

Nadjma Ali Nadjim (Bordeaux)

Au milieu de recrues internationales comme Erin Nayler ou Rose Lavaud, très expérimentées comme Solène Barbance, ou passées par toutes les sélections de jeunes comme Juliane Gathrat ou Julie Thibaut, Nadjma Ali Nadjim pouvait passer inaperçue. Pourtant elle est après sa capitaine Sophie Istillart la Bordelaise la plus utilisée depuis le début de saison.

Née à Marseille et formée à Lyon1, c’est à Claix qu’elle s’est fait connaître en marquant 23 buts en 19 matchs de D2 en 2014 ce qui en avait fait la dauphine de Valérie Gauvin au classement des buteuses et qui avait mené le club isérois à une belle troisième place.

Après plusieurs blessures, elle a pris le relais l’an dernier du duo Anaïs Ribeyra-Laury Jesus en marquant 14 buts en 8 matchs en fin de saison qui on permis au club, devenu Grenoble de finir à nouveau troisième. À l’intersaison, elle a accompagné sa coéquipière néo-zélandaise Erin Nayler pour traverser la France en direction de l’Atlantique.

Elle n’a pas encore marqué en D1 mais ses prestations lui ont valu d’être enfin appelée en sélection, en équipe de France B. Ce qu’elle a fêté par un doublé lors du match d’entraînement contre Saint-Maur.

Falone Tcheno (Guingamp)

Moins connue que les stars camerounaise comme Gaëlle Enganamouit ou Gabrielle Onguéné, la défenseuse Claudine Falone Meffometou Tcheno qui jouait alors à Arras avait sans doute été la meilleure des Lionnes indomptables lors de la dernière CAN, dont elle avait disputé la finale contre son actuelle coéquipière Desiree Oparanozie.

Joueuse expérimentée puisqu’elle est arrivée en Europe en 2012 et qu’elle a disputé trois campagne de Ligue des Championnes aves le Spartak Subotica (Serbie) et surtout avec le Zvezda-2005 de Perm (Russie), elle jouait les deux dernières saison à Arras. Elle s’est immédiatement imposée sur le côté droit de la défense de Guingamp, titularisée cinq fois sur six (et entrant à la mi-temps contre le PSG).

À 27 ans, elle apporte à la très jeune équipe de Sarah M’Barek son expérience de joueuse ayant disputé les plus grandes compétitions : Jeux Olympiques, Coupe du monde, CAN et Ligue des Championnes.

Daphne Corboz (Fleury)

C’est dans une certaine indifférence que le FC Fleury 91 a annoncé début octobre la signature de Daphne Corboz. Il s’agit pourtant à coup sûr d’une très bonne pioche pour le promu, assez symbolique du recrutement habile effectué par le club essonnien.

Américaine née de parents français2, elle a été une meneuse remarquée durant sa carrière universitaire à Georgetown qui lui a valu d’être draftée par le Sky Blue FC, l’équipe de NWSL du New Jersey. Mais elle a d’abord choisi d’aller passer d’abord une saison et demi en Angleterre à Manchester City avec qui elle a remporté le titre anglais en 2016. En fin d’année 2016, elle quitte l’Angleterre pour retourner au Sky Blue (et elle est remplacée à Manchester par Carli Lloyd) et disputer la saison 2017 de NWSL.

Son équipe n’étant pas qualifiée pour les playoffs, elle est arrivée dès début octobre pour jouer à Fleury pendant l’intersaison américaine avant de retourner dans le New Jersey en avril. Son arrivée confirme la qualité de l’effectif du FC Fleury 91 même si pour le moment les résultats ne suivent pas.

Résultats

1re journée

Albi-Montpellier 0-7 : Veje 25′, Gauvin 27′, Le Bihan 65′, 92′, Blackstenius 75′, 88′, Uffren 90′

Fleury-Paris FC 1-5 : Fernandes 9′ ; Thiney 5′, 52′, 68′, Jaurena 11′, Catala 47′

Lille-Bordeaux 3-0 : Sarr 9′, 21′, 79′

Lyon-Rodez 7-0 : Hegerberg 9′, 10′, 40′, 82′, Le Sommer 25′, 81′, Hamraoui 78′

Marseille-Guingamp 0-0

PSG-Soyaux 1-1 : Katoto 29′ ; Tandia 92′

2e journée

Bordeaux-Albi 3-1 : Gathrat 9′, Lardez 45′, Barbance 78′ ; Cazeau 5′

Guingamp-Lyon 0-5 : Le Sommer 24′, Renard 26′, Kumagai 38′, Hegerberg 59′, Marozsán 80′

Montpellier-Fleury 8-0 : Torrecilla 31′, Veje 34′, Blackstenius 41′, Gauvin 47′, 60′, Toletti 50′, Cayman 57′, Léger 91′

Paris FC-Marseille 2-1 : Thiney 27′, Jaurena 49′ ; Alidou d’Anjou 13′

Rodez-PSG 0-3 : Diani 4′, Paredes 51′, Katoto 73′

Soyaux-Lille 2-1 : Djebbar 6′, Bourgouin 23′ ; Sarr 8′

3e journée

Albi-Soyaux 0-1 : Tandia 94′

Fleury-Bordeaux 0-1 : Rodrigues 72′

Lyon-Paris FC 9-2 : Declercq 11′ (csc), Le Sommer 21′, 62′, Butel 24′ (csc), Abily 29′, 57′, Deville 31′ (csc), Hegerberg 65′, 77′ ; Thiney 45′, Otaki 92′

Marseille-Montpellier 1-4 : Alidou d’Anjou 22′ ; Blackstenius 4′, 75′, Gauvin 19′, Torrecilla 69′

PSG-Lille 6-1 : Katoto 6′, 13′, 58′, Delie 51′, 72′, Paredes 81′ ; Coryn 92′

Rodez-Guingamp 1-1 : Mabomba 86′ ; Robert 38′

4e journée

Bordeaux-Marseille 1-0 : Gathrat 89′

Guingamp-PSG 0-3 : Katoto 29′, Delie 41′, 69′

Lille-Albi 1-1 : Sarr 25′ ; Cazeau 33′

Montpellier-Lyon 0-5 : Hegerberg 23′, Karchaoui 51′ (csc), Le Sommer 59′, Hamraoui 66′, Marozsán 92′

Paris FC-Rodez 4-0 : Thiney 7′, 87′, Matéo 26′, Catala 77′

Soyaux-Fleury 2-1 : Tandia 27′, Bourgouin 62′ ; Machart-Rabanne 71′

5e journée

Fleury-Lille 1-2 : Amani 46′ ; Bruère-Clément 51′ (csc), Coryn 94′

Guingamp-Paris FC 2-2 : Le Garrec 94′, Oparanozie 96′ ; Bourdieu 67′, Catala 91′

Lyon-Bordeaux 2-0 : Hamraoui 10′, Laurent 28′

Marseille-Soyaux 0-0

PSG-Albi 1-0 : Delie 55′

Rodez-Montpellier 0-6 : Le Bihan 44′, 80′, Jakobsson 49′, Blackstenius 51′, Toletti 76′, Gauvin 83′

6e journée

Albi-Fleury 1-0 : Saulnier 93′

Bordeaux-Rodez 1-1 : Istillart 14′ ; Peruzzetto 43′

Lille-Marseille 1-1 : Coryn 76′ ; Friðriksdóttir 42′

Montpellier-Guingamp 1-0 : Agard 31′

Paris FC-PSG 0-1 : Katoto 45′

Soyaux-Lyon 0-5 : Le Sommer 3′, 31′, Hegerberg 10′, Bronze 14′, Renard 81′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [6/0/0/31] 18
    17
2 PSG [5/1/0/13] 16
3 Montpellier [5/0/1/20] 15
    14
    13
    12
4 Soyaux [3/2/1/-2] 11
5 Paris FC [3/1/2/1]
Bordeaux [3/1/2/-1]
10
    9
7 Lille [2/2/2/-2] 8
    7
    6
    5
8 Albi [1/1/4/-10] 4
9 Marseille [0/3/3/-5]
Guingamp [0/3/3/-9]
3
11 Rodez [0/2/4/-20] 2
    1
12 Fleury [0/0/6/-16] 0

Le changement c’est maintenant

Les Bleues de Corinne Diacre ont battu l’Angleterre et le Ghana en procédant à une large revue d’effectif. Et si le renouvellement n’est pas aussi important que le discours pourrait le laisser croire il marque un vrai changement d’époque.

Aucune des onze Bleues qui étaient titulaires le 20 octobre contre l’Angleterre ne l’étaient à nouveau trois jours plus tard contre le Ghana. C’est la première fois de l’histoire de l’équipe de France que deux équipes totalement différentes sont alignées pour deux matchs consécutifs. En 2014, Philippe Bergerôo n’avait conservé que Laure Boulleau entre le match contre le Brésil à Remire-Montjoly et celui contre les États-Unis à Tampa trois jours plus tard. Le contexte était alors très particulier avec une série de matchs très rapprochés immédiatement après la traversée de l’Atlantique, le tout quelques jours seulement après une finale de Coupe de France Lyon-PSG qui avait concerné 16 des 25 sélectionnées.

Cette fois, ce n’est pas une question de contraintes externes : Corinne Diacre a convoqué 23 joueuses et les a toutes titularisées sauf la troisième gardienne Élisa Launay. En ajoutant Théa Gréboval, Sandie Toletti et Sakina Karchaoui qui avaient joué contre le Chili ou l’Espagne, ce sont au total 25 joueuses qui ont été alignées cette saison, chacune comptant au moins une titularisation. Seules les deux gardiennes Solène Durand et Élisa Launay et la défenseuse Ève Périsset, appelée en septembre pour pallier la blessure de Charlotte Lorgeré, ont été convoquées sans jouer.

Des résultats qui permettent d’avancer

On se gardera de tirer un bilan collectif des matchs déjà joué, le faible rendement collectif s’expliquant aisément par le renouvellement en cours et la revanche contre l’Angleterre, pour agréable qu’elle soit, intervenant dans un contexte amical où la France restait sur deux victoires et deux nuls depuis 2015 contre le même adversaire. Bref penser que les nouvelles ont enfin réussi ce que les anciennes n’avaient pas su faire est aussi prématuré que de trouver que le jeu collectif manque de liant au bout de quatre matchs à vingt-cinq.

Sur le plan individuel, il semble que la lutte pour la place de gardienne reste circonscrite à Sarah Bouhaddi et Méline Gérard. Dans l’axe de la défense, Hawa Cissoko est venue s’ajouter aux anciennes Wendie Renard, Laura Georges et Griedge Mbock alors que les deux nouvelles Charlotte Lorgeré et Estelle Cascarino ont été alignées à des postes de latérales qu’elles ont pu occuper par le passé à Saint-Étienne ou Juvisy mais qui ne sont clairement plus les leurs à Guinagmp et au PFC. Contre le Ghana le challenge n’était pas trop relevé et il faudra voir dans un contexte plus tendu mais elles ont au moins évité l’écueil fréquent des défenseuses centrales décalées en proposant régulièrement des solutions offensives. Mais à ces postes, Marion Torrent semble en train de s’imposer à droite alors qu’Amel Majri a sans doute une longueur d’avance à gauche, en attendant un retour probable de Sakina Karchaoui.

À la recherche d’une meneuse

Au milieu, il y a abondance de récupératrices et de relayeuses avec Amandine Henry, Élise Bussaglia, Grace Geyoro et Aminata Diallo qui a connu sa première sélection contre l’Angleterre mais la France se cherche toujours une meneuse : après l’expérience mitigée de Camille Catala en septembre, c’est Inès Jaurena qui a joué à ce poste qui n’est pas le sien contre l’Angeterre et Léa Le Garrec contre le Ghana. Pour l’instant personne ne se détache pour ce poste1, un comble après tant de temps à chercher comment faire jouer en même temps Louisa Necib, Camille Abily et Gaëtane Thiney.

Viviane Asseyi

Viviane Asseyi

Devant, Eugénie Le Sommer a confirmé qu’elle était l’attaquante française au niveau internationale. Joueuse la plus utilisée par Corinne Diacre, elle a marqué trois fois (laissant le « titre » de meilleure buteuse à Viviane Asseyi) mais elle a surtout brillé dans le jeu. Ce n’est sans doute pas tout un fait un hasard si la transfiguration offensive en deuxième mi-temps contre le Ghana a coïncidée avec son entrée. Même si bien sûr le manque d’essence des joueuses ghanéennes a joué. Elle est pour l’instant utilisée sur un côté ce qui posera d’autant moins de problème que la joueuse qui occupera l’axe sera indiscutable. Sur le papier, Valérie Gauvin a toutes les qualités pour cela mais elle n’est pas parvenue à le montrer jusque là. Au contraire, Ouleymata Sarr a confirmé ses premières sélections et son début de saison. À droite, Viviane Asseyi a été beaucoup plus à son avantage que Kadidiatou Diani. À gauche, Camille Catala a été beaucoup plus convaincante en première mi-temps contre le Ghana qu’elle ne l’avait été comme meneuse contre le Chili et l’Espagne mais la différence avec Eugénie Le Sommer a été frappante.

Joueuses utilisées par Corinne Diacre
Joueuse Cette saison Avant cela
Matchs Titularisations Temps Buts Cartons Sélections Buts
Eugénie Le Sommer 4 3 315 3 0 141 61
Marion Torrent 4 3 294 0 0 0 0
Laura Georges 3 3 265 1 0 181 6
Camille Catala 3 3 225 0 0 28 3
Ouleymata Sarr 4 2 201 2 0 0 0
Elise Bussaglia 3 2 197 0 0 174 28
Kadidiatou Diani 3 2 184 0 0 29 2
Valérie Gauvin 4 2 182 1 0 1 0
Sarah Bouhaddi 2 2 180 0 0 124 0
Wendie Renard 2 2 180 0 0 94 19
Amandine Henry 2 2 180 2 1 65 7
Griedge Mbock Bathy Nka 2 2 180 0 0 33 2
Méline Gérard 2 2 180 0 0 11 0
Viviane Asseyi 4 2 176 4 0 13 0
Onema Grace Geyoro 2 2 155 0 0 8 0
Aminata Diallo 2 1 98 0 0 0 0
Léa Le Garrec 3 1 95 0 0 0 0
Hawa Cissoko 2 1 95 0 0 0 0
Sakina Karchaoui 1 1 90 0 0 15 0
Estelle Cascarino 1 1 90 0 0 0 0
Amel Majri 1 1 90 0 0 32 4
Théa Greboval 1 1 90 0 0 0 0
Sandie Toletti 1 1 84 0 0 12 0
Inès Jaurena 1 1 68 0 0 0 0
Charlotte Lorgeré 1 1 66 0 0 0 0
Elisa Launay 0 0 0 0 0 0 0
Solène Durand 0 0 0 0 0 0 0
Eve Perisset 0 0 0 0 0 9 0

Le club des quatre

L’autre axe annoncé du renouvellement était que désormais le fait d’être à Lyon ou au PSG ne serait plus un viatique absolu pour entrer chez les Bleues. Bien sûr, la mise en garde s’adresse à celles dont le temps de jeu sera insuffisant en club. Mais les circonstances font que l’application de cette doctrine est pour l’instant difficile à mesurer. Les blessures de Claire Lavogez, Jessica Houara et Kenza Dali, le retour récent de Delphine Cascarino et les retraites internationales de Camille Abily et Élodie Thomis font que le contingent de Lyonnaises sélectionnables est assez réduit. Il n’y a guère que Kheira Hamraoui qui aurait pu espérer. La situation est plus nette du côté du PSG où Marie-Laure Delie est clairement mise de côté, alors que Laure Boulleau et Ève Périsset pourraient postuler. Et il ne s’agit pas là seulement d’une question de temps de jeu puisque ces trois joueuses sont régulièrement titulaires au contraire de Laura Georges qui a joué cette saison deux fois plus en équipe de France qu’au PSG.

Toutefois, si la sélection n’est plus entièrement réduite à un quatuor de clubs et à un duo jouant à l’étranger, l’ouverture aux autres clubs reste encore très limitée. Sur les 28 joueuses appelées, 19 viennent de l’habituel quatuor Lyon, Montpellier, PSG, PFC (ex-Juvisy). Avec Amandine Henry de Portland et Élise Bussaglia de Barcelone, il ne reste de la place que pour trois Guingampaises, deux Marseillaises et deux Lilloises. Et encore la gardienne de Guingamp Solène Durand et celle de Lille Élisa Launay n’ont pas foulé la pelouse tout comme la Parisienne Ève Périsset. Sur 25 joueuses utilisées, 18 viennent donc du quatuor habituel, et cinq de trois autres clubs de D1.


Charlotte Lorgeré

Charlotte Lorgeré

Parmi ces cinq, les attaquantes ont plus semblé saisir leur chance que les défenseuses. La Lilloise Ouleymata Sarr et la Marseillaise Viviane Asseyi ont participé aux quatre matchs, et la Guingampaise Léa Le Garrec à trois avec un temps de jeu nettement moindre2. Au contraire Charlotte Lorgeré n’a joué que contre le Ghana et Hawa Cissoko contre l’Angleterre avec un tout petit apéritif de quelques minutes contre l’Espagne. Mais cette différence tient peut-être surtout à ce qu’il y a généralement plus de remplacement en cours de matchs aux postes offensifs. Toutefois Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi comptent deux titularisations contre une à leurs trois coéquipières.

Les trois clubs représentés ont en commun d’être des sections féminines de clubs professionnels de Ligue 1. Pour le moment, aucune joueuse de Soyaux, Albi, Rodez ou Fleury n’a encore été appelée. Aucune joueuse de Bordeaux non plus d’ailleurs qui réussi pourtant un bien meilleur début de saison que Marseille ou Guingamp. Corinne Diacre a déjà annoncé qu’elle ferait encore d’autres essais pour les matchs de novembre contre la Suède et l’Allemagne. Il serait étonnant de ne voir aucune girondine. Andrea Lardez, Sophie Istillart, Juliane Gathrat et Nadjma Ali Nadjim qui faisaient partie de l’équipe de France B réunie en stage en même temps que l’équipe A sont en première ligne pour cela.

France B, la réserve des Bleues

Et d’une manière générale, toutes les joueuses de cette équipe B peuvent espérer être appelées. Sur les vingt joueuses qui avaient participé à la double confrontation contre la Bosnie-Herzégovine en avril, dix ont été appelées en A cet automne3 et seules Viviane Asseyi et Valérie Gauvin n’ont pas fait à cette occasion leurs débuts en équipe de France.

A contrario, des 28 appelées de la saison par Corinne Diacre, seule Solène Durand n’avait connu aucune sélection en A ou en B la saison dernière. Ce qui permet de tordre un peu le cou au fantasme de la joueuse inconnue qui joue dans un petit club et qui va sortir du chapeau pour sauver l’équipe de France. C’est faire preuve d’un certain mépris pour le travail des clubs de D1 et de la fédération que de penser qu’en dehors d’un cas exceptionnel4, les joueuses qui ont le potentiel pour figurer dans une équipe de haut niveau international5 ne sont pas déjà identifiées.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir de postulante aux Bleues dans des clubs qui ne sont pas professionnels voire en D2. La défenseuse de La Roche-sur-Yon Pauline Dhaeyer était du dernier stage de l’équipe de France B. Mais elle est dans le viseur de la FFF depuis au moins quatre ans quand elle jouait en D1 à Issy. Et si d’aventure une telle joueuse se faisait une place en équipe de France, elle serait probablement vite sollicitée par l’un des quatre clubs qui composent l’ossature des Bleues.

Représentation des clubs en équipe de France cette saison
Club Joueuses Matchs Titularisations Temps Buts Cartons
Lyon 5 11 10 945 3 0
Montpellier 5 12 9 830 1 0
PSG 5 10 8 702 1 0
Paris FC 4 6 6 473 0 0
Marseille 2 6 3 271 4 0
Lille 2 4 2 201 2 0
Barcelone (ESP) 1 3 2 197 0 0
Portland Thorns FC (USA) 1 2 2 180 2 1
Guingamp 3 4 2 161 0 0

En attendant de briller

L’équipe de France a commencé sa préparation pour sa Coupe du monde à domicile par deux victoires contre des adversaires à sa main avec une équipe renouvelée. La revue d’effectif n’en est sans doute qu’à ses débuts et pour l’instant les enseignements sont maigres.

Mais les Bleues semblent avoir tourné une page pour repartir sur de nouvelles bases. Il reste à savoir s’il est vraiment possible de trouver une voie vraiment différente de celle empruntée par les précédents sélectionneurs.

L’équipe de France de Corinne Diacre a donc commencé par deux victoires, 1-0 contre le Chili et 3-1 face à l’Espagne. Ces résultats en eux-mêmes n’ont pas beaucoup d’importance. La courte victoire contre les sud-américaines peut difficilement être qualifiée de bonne performance mais la victoire assez nette contre les joueuses de Jorge Vilda a beaucoup plus de valeur.

Les Bleues ont été appliquées, parfois trop et ont déroulé un jeu assez fluide dans un même 4-3-3 dans les deux matchs. La naïveté de l’Espagne a bien servi les desseins des Françaises. Le but marqué par Mariona Caldentey est d’ailleurs assez symptomatique du refus des attaquantes espagnoles de tenter leur chance.

Mais il est toujours plus facile de construire sur des victoires et l’intérêt de cette double confrontation était plutôt dans la reconstruction d’une équipe qui a pour mission d’aller remporter la prochaine Coupe du monde. Cet objectif est connu mais il mérite d’être rappelé puisqu’il va conditionner la suite. Il ne s’agit pas de construire une équipe capable de figurer honorablement à partir de rien. Cela a été vécu comme des échecs parce qu’on les imaginait capable de mieux, mais les Bleues ont été au moins quart de finalistes de toutes les compétitions depuis 2009. Changer profondément est certainement nécessaire en raison de l’arrêts de certaines joueuses et du besoin de donner un nouvel élan mais il n’est déjà pas acquis de faire aussi bien. Et il faut faire beaucoup mieux puisque la prochaine échéance est à domicile.

Corinne Diacre

Corinne Diacre

Corinne Diacre a annoncé une large revue d’effectif et on verra sans doute apparaître d’autres joueuses en octobre contre l’Angleterre et le Ghana puis en novembre contre l’Allemagne et la Suède. D’autres seront sans doute rappelées. D’ici là, les enseignements sont assez maigres et en particulier aucune joueuse nouvelle n’a vraiment crevé l’écran.

Derrière, la place de gardienne continue de se jouer entre Sarah Bouhaddi et Méline Gérard, l’avenir dira si la Lyonnaise a la confiance de la nouvelle sélectionneuse comme elle l’a eu de ses prédécesseurs et de ses entraîneurs lyonnais. L’axe défensif reste partagé entre Wendie Renard, Griedge Mbock et Laura Georges. C’est sur les côtés que le renouvellement devrait se faire. Il s’agit depuis longtemps du secteur le moins établi de la sélection. À droite, Jessica Houara s’était imposé mais elle est désormais blessée et ses deux dernières saisons étaient de toute façon moins convaincantes. Et traditionnellement, c’est un poste difficile pour les Bleues, depuis les blessures de Sandrine Dusang il y a près de dix ans. Marion Torrent en a profité en étant l’une des trois seules à disputer l’intégralité des deux matchs. Elle sera en concurrence avec Ève Périsset qui a été finalement rappelée suite au forfait de Charlotte Lorgeré mais qui n’a pas joué et sans doute avec Jessica Houara ou d’autres mais elle est sans doute la nouvelle qui a le plus de chance de s’imposer durablement comme titulaire.

À gauche, les gauchères rechignent à jouer derrière. Amel Majri et Sakina Karchaoui se voient plus haut ce qui pourrait laisser la place à Théa Gréboval dont la première a été propre mais sans éclat. En attendant un éventuel retour de Laure Boulleau.

Le cas Catala

L’enchaînement des deux matchs a confirmé qu’Amandine Henry était la meilleure joueuse française et que Grace Geyoro ne tarderait pas à être indispensable. A contrario, Élise Bussaglia apporte surtout son expérience et Sandie Toletti tarde à confirmer les promesses qu’elle avait fait naître dans les catégories de jeunes.

Camille Catala a joué l’intégralité des deux matchs à un poste de meneuse qui n’est pas celui qu’elle occupe en club et elle n’a jamais semblée dans le ton. Outre le fait qu’elle a avec Gaëtane Thiney et Clara Matéo deux coéquipières au Paris FC qui sembleraient plus à l’aise à ce poste, l’une apportant son expérience, l’autre sa jeunesse, son cas illustre une interrogation sur le choix des joueuses qui doivent prendre le pouvoir en équipe de France.

L’ancienne stéphanoise est à un mois près en équipe de France depuis six ans. Elle vient de connaître ses deux premières titularisations et ses deux premières sélections de plus d’une mi-temps. Sa présence régulière sous les ordres successifs de Bruno Bini, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni indique bien que son talent était reconnu mais va-t-elle à 26 ans se transformer en une joueuse leader d’une équipe qui ne vise pas à sortir d’une phase de poule mais à gagner la Coupe du monde ? la même interrogation s’applique aussi à des joueuses qui comme Viviane Asseyi ou Sandie Toletti connaissent l’équipe de France depuis plusieurs années sans avoir pu s’y imposer pendant que d’autres comme Grace Geyoro, Griedge Mbock ou Sakina Karchaoui ont su forcer la porte.

Sakina Karchaoui et Grace Geyoro

Sakina Karchaoui et Grace Geyoro

En attaque, Eugénie Le Sommer a été naturellement eu un rôle de leader, qu’elle a plutôt assumé avec un but et deux passes décisives. Viviane Asseyi et Kadidiatou Diani ont aussi fait leur travail mais c’est bien sûr la prestation des deux nouvelles pointes qui était scrutée. Dans la lignée de son début de saison, Ouleymata Sarr a réussi ses débuts alors que Valérie Gauvin a semblé plus empruntée. Toutefois la Montpelliéraine n’a que 21 ans et prend de plus en plus d’importance à Montpellier où elle vient de marquer douze buts lors de sept journées consécutives à cheval sur les deux saisons. Sa présence est donc une évidence.

Le mythe de la joueuse inconnue

Dans une interview en marge de la présentation de la Coupe du monde 2019, Corinne Diacre a expliqué « qu’il faut ouvrir un petit peu plus et moins sélectionner les joueuses venant de Lyon et du PSG sachant qu’ils ont de plus en plus d’internationales étrangères ». On imagine qu’on peut ajouter Montpellier aux clubs en question, le club héraultais ayant 6 ou 7 étrangères dans son équipe type1, soit à peu près autant que Lyon2 ou le PSG3.

Sur ce plan la première liste est légèrement en trompe l’œil puisque si 9 clubs étaient représentés, ces trois comptaient 13 joueuses sur 224. Mais Juvisy devenu PFC a toujours été largement représenté sur les listes des pércédents sélectionneurs, et avec Amandine Henry de Portand et Élise Bussaglia de Barcelone, il ne reste finalement que cinq joueuses de trois autres clubs : Solène Durand et Léa Le Garrec de Guingamp, Hawa Cissoko et Viviane Asseyi de Marseille et Ouleymata Sarr de Lille.

Seule Léa Le Garrec représente un football hors des gros clubs5 puisqu’Hawa Cissoko et Ouleymata Sarr n’ont quitté le PSG que cet été alors que Solène Durand et Viviane Asseyi ont passé de nombreuses saison à Montpellier jusqu’à cette saison pour la première et jusqu’à l’an dernier pour la seconde.

Marion Torrent

Marion Torrent

De plus, seules les deux attaquantes ont eu un temps de jeu significatif. Solène Durand n’est pas entrée tandis que Léa Le Garrec et Hawa Cissoko ont seulement pu fouler la pelouse quelques minutes pour honorer leur première sélection.

Quand Solène Barbance, Juliane Gathrat, Laura Bourgouin ou Héloïse Mansuy seront titulaire cette volonté affichée sera réalisée mais pour l’instant les six minutes de Léa Le Garrec ressemblent aux dix minutes accordées à Julie Morel contre l’Irlande en 2012.

Pour pousser son raisonnement, Corinne Diacre ajoute : « J’ai eu la chance de faire une carrière, internationale dans un petit club, j’ai 121 sélections sous les couleurs de l’ASJ Soyaux. J’ai réussi à le faire et ce club-là m’a aidé à être une joueuse internationale, à être un entraîneur aujourd’hui de haut niveau. C’est possible. Il n’y a pas besoin d’aller jouer à Lyon ou au Paris-Saint-Germain, sans faire offense à ces deux clubs-là. On peut évoluer aussi à l’Olympique de Marseille, aux Girondins de Bordeaux, à Rodez, à Albi, à Soyaux, à Guingamp… »

Il s’agit bien sûr d’un discours de circonstance, communication destinée à satisfaire une fraction du monde du foot féminin qui ne se retrouve pas dans une forme poussée de professionnalisation. Mais les temps ont changé depuis la période où la sélectionneuse était joueuse. Désormais l’arrivée des clubs professionnels et des contrats fédéraux font que les joueuses changent beaucoup plus facilement de club et qu’une joueuse vraiment talentueuse a plus de chance de se voir proposer un contrat (et plus de chance de l’accepter) par un club professionnel. Assez vite une joueuses internationale se retrouvera chez l’un des clubs les plus riches.

Autre élément apparu depuis, la Coupe d’Europe apporte une expérience internationale aux joueuses qui la disputent là où il y a quinze ans seule la sélection permettait de voir autre chose que la D1.

Par ailleurs, la concentration des internationales dans quelques clubs existait déjà il y a quinze ans. À l’Euro 2005, quatre clubs représentaient 16 des 20 sélectionnées et seuls les six premiers de D1 étaient représentés (plus Laura Georges de Boston). Quatre ans plus tôt, c’était 15 sur 20. La différence est que désormais une Marinette Pichon n’attendrait pas 27 ans pour quitter Saint-Memmie. Mais aucune joueuse d’un petit club ne le porte à ce point sur ses épaules. Quand Eugénie Le Sommer puis Griedge Mbock ont impressionné toute la D1 à Saint-Brieuc puis Guingamp, elle n’y sont pas resté très longtemps. Et il est probable que si une joueuse d’Albi ou de Rodez s’impose en équipe de France cette saison, elle jouera l’an prochain à Lyon, Montpellier ou Paris.

Ce n’est pas une raison pour ne pas chercher la perle rare dans tous les clubs mais il probable qu’elle n’existe pas. Le problème de l’équipe de France lors des dernières compétitions ne relevait sans doute pas du choix des joueuses mais du jeu lui-même.

Clubs représentés à l’Euro 2005
Club Joueuses
Juvisy 6
Montpellier 4
CNFE 3
Soyaux 3
Toulouse 2
Boston 1
Lyon 1
Clubs représentés à l’Euro 2001
Club Joueuses
Toulouse 5
La Roche-sur-Yon 5
Juvisy 3
Soyaux 2
Lyon 2
Saint-Memmie 1
Saint-Brieuc 1
Quimper 1

Les nouveaux visages des Bleues

La première liste de Corinne Diacre renouvelle quasiment à moitié l’effectif des Bleues par rapport à l’Euro mais compte surtout huit joueuses qui ne comptent aucune sélection. C’est un renouvellement totalement inédit dans l’histoire de l’équipe de France.

Toutefois la révolution est tempérée par le fait que les nouvelles appelées avaient passé l’année 2017 en équipe de France B.

Une semaine après sa nomination, Corinne Diacre a publié la liste des joueuses appelées pour disputer les matchs amicaux face au Chili et à l’Espagne. Elle avait annoncé d’entrée qu’elle ne changerait pas tout et il fallait visiblement la prendre au pied de la lettre.

Sa liste de vingt-trois compte treize joueuses qui étaient à l’Euro, elle n’a donc pas tout changé. Mais le renouvellement est très important d’autant plus que les dix entrantes sont quasiment novices : six n’avaient jamais été appelées, deux avaient été convoquées sans entrer en jeu, alors que Valérie Gauvin compte une sélection. Seule Viviane Asseyi a un certain passé chez les Bleues avec treize sélections entre 2013 et 2016.

Autre signe que le renouvellement est d’importance, il ne concerne pas que les joueuses les plus âgées. Camille Abily, Élodie Thomis et Gaëtane Thiney n’ont pas été appelées mais les deux premières ont annoncé leur retraite internationale. Sarah Bouhaddi, Laura Georges et Élise Bussaglia sont les seules qui ont joué en équipe de France avec l’actuelle sélectionneuse. Claire Lavogez et Jessica Houara sont actuellement indisponibles. Mais Ève Périsset, Aïssatou Tounkara, Laetitia Philippe, Clarisse Le Bihan et même Marie-Laure Delie auraient pu postuler. La première est sortie à la mi-temps du match contre Soyaux, la seconde n’était pas sur la feuille de match contre Fleury et la troisième a commencé comme remplaçante de Méline Gérard, les choix ne sont donc sans doute pas définitifs mais l’impression d’ensemble est patente.

Quatre fois plus de nouvelles joueuses

Ce niveau de renouvellement est inédit dans l’histoire des Bleues. Il y a un an, Olivier Echouafni n’avait appelé que deux nouvelles joueuses pour sa première sélection, Ève Périsset et Aïssatou Tounkara qui ont joué l’Euro mais qui ne sont donc pas de la présente liste.

Trois ans plus tôt, Philippe Bergerôo n’avait appelé que la seule Marine Dafeur comme débutante. La défenseuse du LOSC n’a depuis obtenu que deux sélections. En 2007, Bruno Bini avait appelé Nonna Debonne et Gaëtane Thiney, qui ont par la suite eu des carrières en sélection différentes. Et dix ans plus tôt, elles n’étaient encore que deux débutantes dans la première liste d’Élisabeth Loisel : Corinne Lagache et Sarah M’Barek.

Détection en équipe de France B

Les dix nouvelles joueuses ne sont pas des inconnues. En dehors de Solène Durand, qui a est championne d’Europe M19 en 2013 et troisième de la Coupe du monde M20 en 2014, toutes les nouvelles venues ont été régulièrement appelées en équipe de France B tout au long de l’année 2017.

Parmi les joueuses qui ont tourné autour de la sélection l’an dernier sans être à l’Euro, seule Marion Torret est appelée. Annaïg Butel, Aminata Diallo, Kheira Hamaroui ou Pauline Peyraud-Magnin attendront pour revenir, tout comme Marie Katoto et Clara Matéo dont l’heure ne devrait pas tarder à venir.

Qui sont les nouvelles ?

Solène Durand

22 ans, gardienne de but, Guingamp.

Finaliste de l’Euro M17 2011, vainqueure de l’Euro M19 2013, troisième du mondial M20 2014

41 matchs de D1 avec Montpellier, 1 avec Guingamp

Passée par toutes les sélections de jeunes, l’ancienne gardienne de Montpellier a passé tout son début de carrière dans l’ombre de Laetitia Philippe dont elle a régulièrement assuré l’intérim de façon très convaincante. Depuis son arrivée, Jean-Louis Saez lui avait donné une place de titulaire en Coupe de France ce qui lui a permis de jouer deux finales en 2015 et 2016.

Elle est arrivée cet été à Guingamp pour pouvoir enfin jouer de façon régulière.

Charlotte Lorgeré

23 ans, défenseuse centrale, Guingamp

Finaliste de l’Euro M17 2011, vainqueure de la Coupe du monde militaire 2016

108 matchs de D1 avec Saint-Brieuc, Toulouse, Saint-Étienne et Guingamp

La Bretonne a fait ses premiers pas en D1 avec le Stade Briochin d’Eugénie Le Sommer et Clarisse Le Bihan. Elle est ensuite allée s’aguerrir une saison à Toulouse et quatre ans à Saint-Étienne où elle a disputé la finale de la Coupe de France 2013. Élue meilleure joueuse stéphanoise en 2015, elle quitte le club pour revenir en Bretagne mais aussi pour faire du football à plein temps et se donner une chance d’approcher l’équipe de France. C’est désormais chose faite. Elle est la seule joueuse de la sélection qui n’est pas passée récemment par Lyon, Montpellier, Juvisy ou PSG.

Hawa Cissoko

20 ans, défenseuse centrale, Marseille

Vainqueure de l’Euro M19 2016, finaliste de l’Euro M19 2015, finaliste de la Coupe du monde M20 2016

9 matchs de D1 avec le PSG, 1 avec Marseille

Titulaire inamovible de la charnière centrale des générations 2015 et 2016 de l’équipe de France des moins de 19 ans, la Parisienne est entrée à 18 ans dans le groupe du PSG mais n’a pas eu beaucoup l’occasion de s’exprimer en trois saisons avec l’importante concurrence en défense au club (Sabrina Delannoy, Laura Georges, Erika, Irene Paredes). Elle est arrivée cet été à Marseille qui devrait lui offrir une place de titulaire

Marion Torrent

25 ans, défenseuse latérale droite (ou milieu défensive), Montpellier

Vainqueure de la Coupe de France 2009

143 matchs de D1 avec Montpellier

La Montpelliéraine de Châlons-sur-Marne n’a rien d’une novice. En D1 où elle compte déjà près de dix ans d’expérience dont sept comme titulaire. Elle a notamment eu l’occasion d’être quart de finaliste de la Coupe d’Europe en 2010. Et en équipe de France où elle est passée par toutes les sélections de jeunes un peu avant que les Bleuettes ne se mettent à empiler les titres et les finales. Sa première apparition avec les Bleues date du stage de préparation à la Coupe du monde 2015. Elle a ensuite été régulièrement rappelée tant par Philippe Bergerôo que par Olivier Echouafni. Elle était notamment de la SheBelievesCup 2016 et du groupe élargi convoqué pour préparer le dernier Euro. Mais elle n’est jusque là jamais entrée en jeu. Les absences de Jessica Houara et Ève Périsset devraient en faire la titulaire à droite lors des deux prochains matchs.

Théa Gréboval

20 ans, défenseuse latérale gauche, Paris FC

Vainqueure de l’Euro M19 2016, finaliste de l’Euro M19 2015, finaliste de la Coupe du monde M20 2016

22 matchs de D1 avec Hénin-Beaumont, 41 avec Juvisy puis Paris FC

Capitaine de la génération M19 vainqueure de l’Euro et finaliste de la Coupe du monde en 2016, la latérale gauche a débuté en D1 par une saison complète avec Hénin-Beaumont avant de signer à Juvisy où elle a peu à peu conquis une place de titulaire. Elle a la particularité d’avoir un profil nettement plus défensif que ses concurrentes Sakina Karchaoui et Amel Majri.

Inès Jaurena

26 ans, milieu défensive, Paris FC

9 matchs de D1 avec Issy, 56 avec Juvisy puis Paris FC

La Parisienne est comme les autres passée par toutes les sélections de jeunes, sans grand résultat à une époque où les Bleuettes brillaient moins qu’actuellement, elle quitte Saint-Maur et la D2 en 2009 à 18 ans pour aller poursuivre ses études à l’université de Floride. Elle fait bien sûr partie de l’équipe de soccer sur place et fait pendant trois saisons partie des meilleures joueuses de NCAA.

Elle revient en France début 2013 à Issy où elle s’impose immédiatement mais sans parvenir à éviter la relégation. Elle signe ensuite à Juvisy où elle convoquée dès sa première saison en équipe de France par Philippe Bergerôo pour la tournée au États-Unis. Elle n’y joue pas une minute et cette convocation n’avait jusqu’à présent pas eu de suite.

Perle Morroni

19 ans, ailière gauche ou défenseuse latérale gauche, PSG

Vainqueure de l’Euro M19 2016

24 matchs de D1 avec le PSG

Attaquante gauchère, donc à l’occasion reconvertie en arrière gauche, elle a débuté à 17 ans à peine avec le PSG. Son profil d’attaquante très percutante en fait une joueuse très attendue même si elle ne s’est pas encore imposée comme titulaire dans l’équipe parisienne. Elle avait été convoquée par Philippe Bergerôo pour un match des éliminatoires de l’Euro 2017 mais une erreur administrative l’avait empêchée – ainsi que sept autres joueuses – d’être inscrite sur la feuille de match et peut-être de connaître sa première sélection.

Viviane Asseyi

23 ans, attaquante, Marseille

124 matchs de D1 avec Montpellier, 22 avec Marseille. 13 sélections

La Normande est un peu une intruse dans cette liste puisqu’elle est très loin d’être une débutante. Elle a connu sa première sélection en 2013 sous Bruno Bini et faisait même partie de la sélection qui a disputé l’Euro 2013 en Suède. Elle a ensuite été régulièrement appelée par Philippe Bergerôo pour atteindre les treize sélections.

En club, elle a débuté à Rouen où ses statistiques ont attiré l’attention de Montpellier qui l’a recrutée pendant l’hiver 2010. Elle n’a jamais été totalement titulaire dans l’Hérault, jouant la plupart des matchs mais n’en débutant que la moitié. La saison dernière, elle est partie à Marseille où elle a été très nettement la meilleure joueuse offensive, marquant en particulier les esprits lors de la victoire contre le PSG.

Ouleymata Sarr

21 ans, attaquante, Lille

Championne du monde M20 2014

37 matchs de D1 avec le PSG, 1 avec Lille

On attendait Marie Katoto et voilà Ouleymata Sarr. La joueuse du LOSC a l’habitude d’être inattendue. Elle est arrivée en 2012 d’Évreux dans un PSG qui empilait les stars alors qu’elle ne faisait pas partie des joueuses régulièrement appelées dans les sélections de jeunes. Son appartenance au club parisien ainsi que ses apparitions régulières à défaut d’être fréquentes en équipe première lui on valu des sélections chez les moins de 19 et 20 ans et la victoire lors de la Coupe du monde 2014. Barrée par l’importante concurrence en attaque, elle a signé cet été chez le promu lillois où elle a commencé par un hat-trick contre Bordeaux.

Valérie Gauvin

21 ans, attaquante, Montpellier

Finaliste de la Coupe du monde M20 2016

11 matchs de D1 avec Toulouse, 43 avec Montpellier

Il y a longtemps qu’on sait que l’attaquante de Montpellier sera l’avant-centre de l’équipe de France. La seule question était : quand ?

Elle a débuté en D1 à 17 ans dans une équipe toulousaine à la dérive. Elle a ensuite marqué 32 buts en 20 matchs en D2 ce qui lui a permis de signer à Montpellier. Elle est restée pendant deux ans dans l’ombre des Sofia Jakobsson, Laetitia Tonazzi et Marie-Charlotte Léger mais elle semble avec passé un cap la saison dernière malgré l’arrivée de Stina Blackstenius et Janice Cayman en finissant la saison par neuf buts lors des cinq dernières journées.

Elle a connu sa première sélection en octobre 2015 lors d’une défaite contre les Pays-Bas. Son retour n’était qu’une question de temps. Son sens du buts et sa puissance dressent d’elle le portrait robot de la joueuse qui manquait aux Bleues ces derniers temps.

La sélection

Gardiennes

Sarah Bouhaddi (Lyon), Solène Durand (Guingamp), Méline Gérard (Montpellier)

Défenseuses

Hawa Cissoko (Marseille), Laura Georges (PSG), Théa Gréboval (Paris FC), Sakina Karchaoui (Montpellier), Charlotte Lorgeré (Guingamp), Griedge Mbock Bathy Nka (Lyon), Wendie Renard (Lyon), Marion Torrent (Montpellier)

Milieux

Élise Bussaglia (Barcelone, Espagne), Camille Catala (Paris FC), Grace Geyoro (PSG), Amandine Henry (Portland, États-Unis), Inès Jaurena (Paris FC), Sandie Toletti (Montpellier)

Attaquantes

Viviane Asseyi (Marseille), Kadidiatou Diani (PSG), Valérie Gauvin (Montpellier), Eugénie Le Sommer (Lyon), Perle Morroni (PSG), Ouleymata Sarr (Lille)

D1 2017-2018 - Reprise

La D1 reprend ce dimanche avec beaucoup de nouveautés. Lyon s’annonce toujours comme grandissime favori mais Montpellier et le PSG se partagent le rôle d’outsider. Les promus ne sont pas favoris pour la descente grâce à des recrutements ambitieux. Et surtout, le championnat va se jouer sans Juvisy qui s’appelle désormais Paris FC.

Comme d’habitude, on ne cherchera pas l’intérêt de la D1 dans le suspense pour le nom du futur champion. Tout peut toujours arriver mais on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher l’Olympique Lyonnais d’empocher un douzième titre consécutif. Reynald Pedros qui remplace Gérard Prêcheur aura à sa disposition un effectif encore une fois largement au dessus de la concurrence. Plus que jamais, le terrain de jeu lyonnais se situe en Europe.

Montpellier et le PSG chercheront bien sûr à rivaliser mais ils devraient d’abord se disputer la seconde place qualificative pour la Ligue de Championnes. Ce duel à distance devrait être le principal objet d’attention en haut de tableau. Mais là aussi, le trio de tête semble déjà établi.

L’an dernier, Marseille avait fait sensation en prenant la quatrième place. Elle ne sera pas favorite à sa propre succession suite à un mercato qui a vu le départ d’une dizaine de joueuses dont près de la moitié de l’équipe type et l’arrivée d’une poignée de joueuse qui ne semblent pas vraiment supérieures aux partantes. Pendant ce temps, la concurrence a travaillé.

Bordeaux a tiré les leçons de la saison dernière et du maintien sur le fil en opérant le recrutement le plus impressionnant de l’été. Si la mayonnaise prend, les Girondines viseront le quatuor de tête.

D’habitude, on aurait bien sûr parlé de Juvisy comme d’un prétendant à cette place. Mais c’est du passé : l’un des derniers clubs historiques a été absorbé par le Paris FC et jouera sous les couleurs parisiennes. L’équipe sera presque identique à celle de la saison dernière ce qui n’est pas forcément encourageant mais devrait permettre de rester à la lutte pour le haut de tableau.

Cette année, les promus ne devraient pas être les favoris pour la descente. Avec le soutien d’un club professionnel, Lille a largement recruté pour être tout de suite au niveau de D1. L’autre promu s’est aussi associé à un club masculin, mais avec moins de moyens. En fin de saison dernière, on attendait les derbies essonniens entre Juvisy et Val d’Orge. Il faudra se contenter des matchs entre le Paris FC et Fleury1. Avec moins de moyens, la meilleure équipe de D2 de la saison dernière s’est aussi renforcée assez pour postuler de façon crédible à un place au milieu de tableau.

Du coup, c’est Albi et Rodez qui vont jouer les rôles des équipes qu’on condamne d’entrée et qui se battront pour donner tort aux pronostics. Les deux ont changé d’entraîneur et ont tenté de recruter malin pour compenser le départ de joueuses importantes.

Du changement sur les bancs et dans les buts

L’intersaison a d’ailleurs été marquée par les changements d’entraîneurs : la moitié des équipes maintenues reprennent avec un nouveau sur le banc. Mais si Reynald Pedros est nouveau dans la discipline, Pascal Gouzenes avait déjà opéré au club quand il s’appelait Juvisy, Sébastien Joseph a simplement fait le trajet de Rodez à Soyaux alors que Grégoy Mleko et Théodore Genoux ont déjà l’expérience de la D2 respectivement à Yzeure et Bordeaux.

Le poste gardienne a aussi fait l’objet d’un grand jeu de chaises musicales, puisque seules Céline Deville, Romane Muniche, Katarzyna Kiedrzynek et Sarah Bouhaddi étaient déjà titulaires dans leur club il y a un an. Certaines ont gagné ou regagné leur place entre temps comme Déborah Garcia à Rodez ou Gabrielle Lambert à Albi mais les autres se sont échangées les places. Seule la canadienne Geneviève Richard n’était pas déjà en D1 l’an dernier. Sinon Erin Nayler est passée de Lyon à Bordeaux (via Grenoble), Maryne Gignoux de Guingamp à Fleury, Solène Durand de Montpellier à Guingamp, Élisa Launay de Bordeaux à Lille et Méline Gérard de Lyon à Montpellier.

Recrutement à l’étranger

Plus d’un tiers des joueuses qui arrivent en D1 arrivent de l’étranger. Et ce n’est pas l’apanage des équipes du haut de tableau puisque Bordeaux, Marseille mais aussi Rodez et Albi sont allés chercher hors des frontières hexagonales.

Enfin deux des joueuses qui avaient marqué la deuxième partie de saison dernière après être arrivées pendant l’hiver ont profité de leur nouvelle notoriété pour signer dans une équipe de haut de tableau. Émelyne Laurent avait réussi l’opération maintien avec Bordeaux contrairement à Melike Pekel avec Metz mais les deux joueuses avaient été très en vues et avaient changé le visage de leur équipe. La première a signé à Lyon et la seconde au PSG.

Les équipes

Albi

Après avoir perdu Tatiana Solanet l’hiver dernier, Albi a vu partir cet été sa capitaine Anaïs Arcambal, ainsi que Lauriane Cervera, Coline Gouineau et Laura Condon. Pour les remplacer, le club s’est tourné vers sa filière serbe pour attirer Dejana Stefanovic, milieu de l’Étoile Rouge de Belgrade, vers la D2 et vers des joueuses du championnat U19 à la recherche d’une place en D1. Le maintien sera difficile mais c’est le cas depuis qu’Albi est en D1 et ça fait quatre ans que ça dure.

Bordeaux

Après une première saison en D1 difficile mais un maintien obtenu grâce à de très bonnes performances face aux équipes du haut de tableau, Bordeaux a décidé de monter en gamme. Une dizaine de joueuses sont parties dont quatre ou cinq titulaires mais autant sont arrivées et toutes postuleront à l’équipe type. Entre Solène Barbance, Julie Thibaut et Juliane Gathrat, les places seront chères au milieu.

Bordeaux a même joué la carte internationale avec la gardienne néo-zélandaise Erin Nayler (déjà en France), la défenseuse irlandaise de Chelsea Niamh Fahey et l’attaquante brésilienne d’Orlando Carol Rodrigues. Rose Lavaud, Chloé Bornes et la buteuse grenobloise Nadjma Ali Nadjim ne déparent pas dans ce tableau qui fait que le départ d’Émelyne Laurent a été totalement oublié.

Fleury

Le FC Fleury 91 est non seulement un promu mais un jeune club : il a été créé en 2003 sous le nom de FC Val d’Orge. Mais son effectif est rompu à la D1. Déjà l’an dernier, il avait un fort accent Juvisien avec des joueuses comme Gwenaëlle Butel, Corinne Lebailly, Lilas Traïkia ou Julie Machart (meilleure joueuse de D2) qui avaient fait les beaux jours du voisin essonnien. Pour la D1, le recrutement est allé chercher plus loin mais avec l’expérience de la D1. Maryne Gignoux arrive de Guingamp, Léonie Multari de Marseille, Teninsoun Sissoko et Maéva Clémaron de Saint-Étienne dont elles étaient les deux capitaines l’an dernier, Sarah Palacin revient au clubet surtout, Fleury a réussi le gros coup d’attirer la talentueuse meneuse de Guingamp Salma Amani.

Ce sera également la quatrième expérience de D1 pour Céline Chatelain avec son quatrième club différent d’Île-de-France après Montigny, Issy et Saint-Maur. Sans jamais avoir joué à Juvisy ou au PSG donc.

Guingamp

Cette année, Guingamp a fait dans la continuité. L’équipe a perdu sa gardienne Maryne Gignoux mais Sarah M’Barek est allé chercher une autre ancienne de Montpellier, Solène Durand qui devrait enfin pouvoir faire une saison comme titulaire en D1.

L’autre défection importante est celle de Salma Amani, partie à Fleury. Dans l’autre sens, seule l’Arrageoise Claudine Meffometou vient renforcer l’équipe.

Lille

L’équipe de Templemars Vendeville a changé de dimension en devenant LOSC Lille Métropole. Elle s’était appuyé pour monter sur une escouade de joueuses passées en D1 avec Arras et Hénin-Beaumon, et sur les deux internationales belges Maud Coutereels. Pour se maintenir, elle a ajouté une poignée de joueuses talenteuses habituées de la D1 avec en figure de proue la messine Héloïse Mansuy.

Lyon

La liste des joueuses parties à l’intersaison pourrait faire peur. Elle ne compte quasiment que des internationales. Mais il faut dire que l’effectif lyonnais ne compte que des internationales. Mais à regarder de plus près, Alex Morgan a été plus divertissante qu’utile, Méline Gérard était la remplaçante de Sarah Bouhaddi, Caroline Seger commençait à sentir le poids des ans, Pauline Bremer a été régulièrement arrêtée par des blessures, Josephine Henning n’a joué que des matchs sans enjeu qu’Aurélie Kadi n’a même pas eu l’occasion de disputer.

Pour compenser ces départs et faire le nombre, Lyon est donc aller chercher la gardienne titulaire de Marseille Pauline Peyrauds-Magnin et un sérieux espoir du poste Romane Bruneau qui était déjà titulaire à La Roche-sur-Yon puis à Dijon. Il a réussi a attirer l’une des meilleures arrières droites du monde, l’Anglaise Lucy Bronze et comme il fallait céder à la hype néerlandaise, a fait signer Shanice van de Sanden.

Et comme cette vingtaine d’internationales ne suffit pas, on prête au club lyonnais l’intention de faire traverser l’Atlantique cet hiver à Amandine Henry et Morgan Brian.

Marseille

Marseille a été la très bonne surprise de l’an dernier. Et ce serait un suprise encore plus grande s’il renouvelait sa performance. D’abord parce qu’il est toujours difficile de confirmer.

Mais surtout parce que si l’équipe type est encore à peu près là en dehors de Pauline Peyraud-Magnin, retournée à Lyon et de Sandrine Brétigny partie à la retraite, le club compte une dizaine de départs dont ceux de la plupart des recrues de l’année dernière.

Et dans l’autre sens les arrivées ont été peu nombreuses et sont pour la plupart des paris. Hawa Cissoko était un grand espoir du PSG mais elle ne s’est pas imposée comme ses consœurs Grace Geyoro et Marie Katoto. La Canadienne Geneviève Richard et la Mexicaine Cristina Ferral ne sont pas vraiment des valeurs sûres internationales et l’attaquante Namnata Traoré ne s’est pas imposée à Saint-Étienne.

Pour la première fois depuis sa création, l’équipe marseillaise ne devrait pas avoir une équipe plus forte que la saison précédente. Cela devrait suffire pour le maintien mais être trop juste pour lutter pour le haut de tableau comme la saison dernière.

Montpellier

Après la deuxième place de l’an dernier, la perspective de retrouver l’Europe n’a pas suffi à pousser Montpellier à de grandes manœuvres. Méline Gérard est venue concurrencer Laetitia Philippe et pousser Solène Durand au départ et la Danoise Katrine Veje croise l’Américaine Genessee Daughetee qui n’avait presque pas joué l’an dernier.

En dehors de ça, les seuls mouvements sont le retour de Manon Uffren et le départ d’Aimy Diop. Le principal renfort arrivera en fait avec le retour de blessure de Sofia Jakobsson. Mais sur la lancée de sa fin de saison dernière, l’équipe héraultaise visera à coup sûr un bon double parcours en France et en Europe.

Paris FC

Malgré le changement de nom, Juvisy-Paris FC fait dans la continuité pour son effectif. Sandrine Dusang a arrêté et Kadidiatou Diani est partie au PSG. Les autres départs concernent des jeunes joueuses.

Le club a recruté Inès Koré et Anissa Lahmari mais va surtout tenter de combler don manque à la pointe de l’attaque en sortant la Japonaise Ami Otaki de sa retraite. L’attaquante avait marqué régulièrement avec Lyon mais dans une situation assez favorable et elle n’avait pas tellement convaincu à Guingamp. Elle a été assez convaincante lors des matchs de préparation.

Finalement, le principal changement – outre le nom – se situe sur le banc où Pascal Gouzènes revient et semble vouloir se démarquer d’Emmanuel Beauchet. Annaïg Butel devrait retourner en défense centrale et Clara Matéo quitter la pointe de l’attaque pour prendre un poste plus reculé qui devrait mieux lui convenir. Il semble par contre que les expérimentations avec Gaëtane Thiney en position reculée soient encore à l’ordre du jour.

PSG

Beaucoup de mouvemenet dans l’effectif du PSG mais cela concerne surtout des joueuses de complément. Ce n’est bien sûr pas le cas de la capitaine emblématique Sabrina Delannoy qui a mis un terme à sa carrière ni de Cristiane partie pour un lucratif contrat en Chine.

En dehors de l’arrivée de Kadidiatou Diani, le PSG est allé faire son marché à l’étranger. Pas strictement dans les cas d’Erika qui revient au club après sa blessure et maintenant qu’une place d’extra communautaire s’est libérée ni de Melike Pekel qui était déjà en D1 à Metz. Mais l’Espagnole Jenni Hermoso arrive de Barcelone et la Suédoise Emma Berglund de Rosengård. Enfin, le PSG remplace Loes Geurts et Romane Salvador par la Chilienne Christiane Endler et l’Allemande Charlotte Voll.

Avec la progression de Grace Geyoro et peut-être une saison pleine pour Marie Katoto, le PSG semble pouvoir concurrencer Montpellier plus que l’an dernier. L’absence de Coupe d’Europe deux ans de suite serait sans doute mal perçue au club.

Rodez

Rodez a eu du mal à mettre quelqu’un sur son banc. Sébastien Joseph a choisi de quitter le club au bout de deux saisons pour aller à Soyaux et son remplaçant Nicolas Piresse est finalement allé subrepticement à Tours pour jouer la dernière place de L2 en tant que préparateur physique.

Du coup, c’est l’entraîneur d’Yzeure qui est finalement arrivé dans un club qui a perdu les trois quarts de sa défense, sa capitaine et sa meilleure joueuse. Il va tenter de les remplacer avec Julie Peruzzetto en provenance de Saint-Étienne où elle avait été extraordinaire il y a deux ans et moins l’an dernier et avec l’Espagnole Rachel Infante en provenance de Levante et la Russe Ekaterina Tyryshkina qui arrive de Brescia.

Le collectif peut bien sûr faire des miracles mais la saison s’annonce difficile dans l’Aveyron.

Soyaux

Soyaux s’est payé une révolution de palais l’an dernier aussi bien dans le staff technique, remercié à quelques journées de la fin, que dans la direction du club. Les choses semblent rentrées dans l’ordre chez les dernier des clubs historiques de la D1.

Quelques joueuses importantes ont quitté les club comme Julie Thibaut partie à Bordeaux ou Cynthia Viana et Maud Hurault qui ont arrêté leur carrière. Elles sont remplacées par l’Espagnole Elba Vergés Prats, la défenseuse de Rodez Cathy Couturier qui a suivi son entraîneur Sébastien Joseph et l’attaquante stéphanoise Léonie Fleury.

Le changement est à la fois suffisant pour apporter du sang frais et assez limité pour permettre de travailler dans la continuité.

Corinne Diacre à la relance

Après un Euro totalement raté, les Bleues vont finalement avoir une nouvelle sélectionneuse. Corinne Diacre qui a longtemps été une figure de proue de la féminisation du football aura la lourde tâche de mener la France vers sa Coupe du monde à domicile.

Elle arrive à un tournant où le noyau historique de joueuses qui a fait l’équipe de France pendant plus de dix ans laisse la place aux nouvelles générations qui ont brillé dans les compétitions de jeunes et doivent désormais prendre le relais.

L’élimination 1-0 face à une équipe d’Angleterre en pleine progression et à l’issue d’un match relativement équilibré n’était pas en soi une très grosse contre performance, même en quart de finale. Mais venant après un premier tour ponctué de matchs lénifiants et qui avait nécessité un coup-franc miraculeux dans les derniers instants pour permettre d’accéder au tour suivant, elle constituait le point d’orgue d’un Euro raté.

La tristesse du premier tour aurait pu allègrement passer à la trappe en cas de bon parcours par la suite, c’est la loi du genre. De même, une défaite dans un match à élimination directe peut n’être qu’un match raté. Mais la collusion des deux dresse un bilan particulièrement défavorable, sans doute le pire de l’histoire des phases finales des Bleues en raison de leur statut actuel et de l’adversité qui leur était opposée.

Olivier Echouafni confirmé puis remplacé

L’idée de remplacer le sélectionneur Olivier Echouafni était donc assez naturelle. Son bilan d’une seule défaite en quinze matchs s’efface largement devant celui d’une seule victoire en phase finale sans aucun but dans le jeu.

Pourtant dès la fin de l’Euro, le président de la FFF Noël Le Graët confirmait le sélectionneur dans ses prérogatives. Son éviction trois semaines est donc arrivée par surprise. La méthode peut surprendre.

Il est probable que la fédération ne pouvait pas rester muette à la fin de l’Euro sur l’avenir du sélectionneur mais ne voulait pas se séparer d’un sélectionneur sans en avoir recruté un autre. C’est ce qui était arrivé il y a un an quand le départ de Philippe Bergerôo était acté – à défaut d’être annoncé – et qu’il avait fallu attendre la dernière minute pour lui trouver un remplaçant en la personne d’Olivier Echouafni, qui semblait avoir été choisi parce qu’il passait dans les couloirs de la fédération à ce moment là et qu’il était entraîneur diplômé et disponible.

L’ancien joueur niçois n’a pas totalement démérité, son équipe a remporté la SheBelieves Cup, tournoi prestigieux mais amical. Et elle a manqué son Euro, pas tant pour ne pas avoir dépassé les quarts de finale que pour n’avoir jamais donné l’impression de pouvoir le faire.

Pour le remplacer, Noël Le Graët a réussi à débaucher Corinne Diacre. Le mois écoulé entre l’annonce du maintien d’Olivier Echouafni et son éviction a sans doute été occupé à négocier avec le club de Clermont pour libérer la nouvelle sélectionneuse de sa dernière année de contrat.

Élue meilleur entraîneur de D2 par le magazine France Football en 2015, Corinne Diacre amène plus de certitude que son prédécesseur dont les passages sur les bancs d’Amiens et de Sochaux avaient beaucoup moins convaincus les supporters de ces clubs. Mais elle a aussi un passé du côté féminin qui lui permet d’arriver en terrain connu.

Première à 100

Née dans le Nord, c’est à Saint-Chamond, près de Saint-Étienne qu’elle signe sa première licence de joueuse. Elle suit ensuite sa famille à Aubusson dans la Creuse mais c’est à Soyaux qu’elle débute réellement sa carrière de joueuse, « découverte » par Claude Fort, le président du club qui l’hébergera un temps pour lui épargner les allers-retours entre la Creuse et la Charente.

À quatorze ans, elle découvre le Parc des Princes en remportant le championnat de France de jonglage mais c’est bien dans le vrai football qu’elle fait carrière. Fidèle à Soyaux de 1988 à 2006, elle est appelée pour la première fois en équipe de France par Aimé Mignot en mars 1993 pour un match contre la Suède perdu 3-1 avec un but de Pia Sundhage. C’est l’ancien entraîneur (des garçons) de l’OL qui la fixera définitivement en défense centrale. Son style la fera plus souvent comparer à Franz Beckenbauer ou Laurent Blanc qu’à Carlos Mozer ou Claudio Gentile.

En avril 1997 pour sa trentième sélection elle prend le brassard de capitaine des Bleues, succédant à Sandrine Roux. Elle le portera 65 fois avant de le rendre après la Coupe du monde 2003 à la suite de désaccords avec Élisabeth Loisel.

Les capitaines de l’équipe de France
Capitaine Matchs Période
Sandrine Soubeyrand 84 2003-2013
Corinne Diacre 65 1997-2003
Wendie Renard 52 2013-2017
Sandrine Roux 38 1992-1997
Sonia Bompastor 38 2003-2006
Élisabeth Loisel 13 1983-1989
Ophélie Meilleroux 12 2007-2012
Sabrina Delannoy 9 2014-2016
Michèle Wolf 8 1982-1984
Élise Bussaglia 5 2009-2016
Amandine Henry 4 2015-2017
Marie-Noëlle Fourdrignier Warot 4 1980-1981
Gaëtane Thiney 4 2012-2013
Élodie Woock 3 1998-2003
Marie-Christine Tschopp 3 1972-1973
Stéphanie Mugneret-Béghé 2 2005
Bernadette Constantin 2 1990-1993
Nelly Reb 1 1970
Jessica Houara d’Hommeaux 1 2014
Marinette Pichon 1 2003
Gaëlle Blouin 1 2001
Camille Abily 1 2016
Danielle Vatin 1 1982
Ghislaine Royer Souef 1 1976
Élodie Thomis 1 2009
Michèle Monier 1 1971
Laura Georges 1 2006
Annie Bataille 1 1975

À la fin des années 90, elle est reconnue comme l’une des meilleures joueuses au monde : elle est sélectionnée pour le match exhibition disputé en marge du tirage au sort de la Coupe du monde 1999 et elle fait partie des premières joueuses étrangères sollicitées pour disputer le championnat WUSA, la première version du championnat professionnel américain. Elle choisit cependant de rester en Charente où elle est cadre technique de la Ligue du Centre-Ouest.

Son parcours est jalonné de hauts et de bas comme cet Euro 2001 raté avec une expulsion ubuesque contre le Danemark mais aussi avec le but de la qualification de la France pour sa première Coupe du monde à Geoffroy-Guichard.

Elle est la première Bleue à atteindre les 100 sélections en 2003 lors d’une victoire 4-0 en Hongrie (doublés de Marinette Pichon et Hoda Lattaf). Elle termine son parcours en sélection après l’Euro 2005 où elle assiste à l’éclosion de la génération qui a depuis porté l’équipe de France.

Désormais Camille Abily a annoncé sa retraite, Louisa Necib a arrêté l’an dernier et il est probable qu’elle pousse vers la sortie Laura Georges, Élise Bussaglia et Élodie Thomis. Il ne resterait alors que Sarah Bouhaddi parmi ses coéquipières de l’Euro anglais.

On l’a un peu oublié depuis mais sa notoriété a explosé au début des années 2000 grâce à Téléfoot où elle a tenu une chronique épisodique, en commençant par une interview du duo dirigeant la Fifa, Sepp Blatter et Michel Platini.

La carrière d’entraîneuse

Sa carrière de joueuse prend fin sur deux graves blessures. Touchée au genou en octobre 2006 lors d’un match contre Montpellier, elle est absente un an. Mais à son retour, après quelques matchs en équipe réserve, elle se blesse à nouveau au bout de vingt minutes de sa deuxième entrée en jeu contre le Saint-Brieuc d’Eugénie Le Sommer et doit arrêter sa carrière de joueuse même si elle reprendra une licence et apparaîtra sur quelques feuilles de matchs en D2 pendant sa carrière d’entraîneuse. La (petite) histoire retiendra qu’elle a joué ses derniers matchs en D1 comme attaquante.

Bruno Bini en fait son adjointe en sélection mais lui laisse la possibilité d’aller entraîner Soyaux, d’abord comme adjointe de Bernadette Constantin puis comme entraîneuse principale à partir de 2010. Son premier fait d’arme est de faire remonter l’équipe charentaise en remportant le groupe B de D2 devant Issy. La saison suivante est plus difficile en D1 puisque son équipe ne remporte que deux matchs contre Hénin-Beaumont et Muret. Les trois équipes descendent en D2. Soyaux est alors au bord du gouffre, ayant consenti de gros efforts pour attirer la gardienne anglaise Rebecca Spencer, la défenseuse américaine Kathleen Smith et l’attaquante irlandaise Fiona O’Sullivan. Elle reste la saison suivante et permet à nouveau à Soyaux de remonter en remportant le groupe B de D2 devant La Roche-sur-Yon et Le Mans. Mais en fin de saison, elle quitte son club de toujours après une ultime victoire 6-0 sur Condé afin de se consacrer à l’obtention du DEPF1, nécessaire pour entraîner une équipe professionnelle.

La suite est connue : quelques semaines après l’obtention de son diplôme, elle est choisie par le président du Clermont Foot Claude Michy pour succéder à Helena Costa démissionnaire avant même de commencer. Suivent trois saisons terminées aux 12e, 7e et 12e place avec l’un des plus petits budgets de Ligue 2, et une désignation comme meilleur entraîneur de la division par France Football.

Après été pionnière à la télévision, elle est ainsi la première femme à obtenir le DEPF par la voie traditionnelle2 et la première à entraîner une équipe professionnelle en France3.

Une entraîneuse confirmée

Elle sera la huitième à entraîner l’équipe de France depuis 1970. Comme Pierre Geoffroy4, Élisabeth Loisel et Bruno Bini5, elle arrive en terrain connu. Comme Aimé Mignot, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni, elle pourra s’appuyer sur une expérience en tant qu’entraîneuse d’une équipe professionnelle6.

Sur le papier, sa nomination présente plus de garantie que celle de son prédécesseur et l’année supplémentaire passée devrait lui donner les coudées plus franches pour assurer la transition entre la « génération 2005 » et les joueuses qui ont remporté de nombreux titres et places d’honneurs dans les catégories de jeunes.

Sa première sélection va être attendue avec impatience, en particulier par les tenants de la révolution. Pourtant elle ne devrait pas faire table rase du passé. Alors que Camille Abily a déjà annoncé sa retraite internationale, Laura Georges, Élise Bussaglia et Élodie Thomis pourraient ne pas être rappelées mais elles avaient déjà eu un rôle très intermittent pendant l’Euro. De toute façon, la continuité des compositions avec les changements de sélectionneurs rappelle que ce n’est pas sur cet aspect que se fera la différence mais bien sur la tactique et le fond de jeu qui a manqué lors des deux dernières compétitions.

Bilan des sélectionneurs de l’équipe de France
Selectionneur Debut Fin J V N D Bp Bc Pts
Pierre Geoffroy 19/09/1970 30/05/1976 13 2 1 10 19 30 0,539
Francis-Pierre Coché 26/02/1977 16/05/1987 40 12 13 15 47 52 1,225
Aimé Mignot 24/10/1987 05/07/1997 82 37 17 28 127 102 1,561
Élisabeth Loisel 04/10/1997 22/11/2006 117 63 24 30 220 132 1,821
Bruno Bini 28/02/2007 22/07/2013 101 70 17 14 271 74 2,248
Philippe Bergerôo 20/09/2013 12/08/2016 55 42 5 8 142 25 2,382
Olivier Echouafni 16/09/2016 30/07/2017 15 8 6 1 23 7 2,000

La date de 2019 est depuis longtemps dans toutes les têtes, on pouvait se poser la question de la place de l’Euro 2017 dans la route vers de mondial à la maison. Corinne Diacre arrive avec l’avantage d’une ligne d’horizon claire. On peut ajouter une autre perspective importante. En 2024, Paris devrait organiser les Jeux Olympiques. La plupart des joueuses qui vont participer aux matchs de septembre contre l’Espagne et la Colombie devraient être encore en âge de postuler en 2024. Voilà toute une génération qui peut envisager de disputer deux compétitions mondiales à domicile durant sa carrière (puisque contrairement aux garçons, les Jeux Olympiques sont bien une autre Coupe du monde).

Deux ans de matchs amicaux

Déjà qualifiée, la France ne va donc disputer que des matchs amicaux pendant les deux prochaines années. Cela ne pose pas vraiment les problèmes que cela pose chez les garçons, au contraire. L’adversité dans les qualifications pour les tournois internationaux n’est pas suffisante pour permettre vraiment à une équipe comme la France de travailler. Les Bleues ont totalement manqué leur premier tour de l’Euro mais elles l’ont terminé invaincu. Et dans un groupe de qualification, il n’y aurait pas plus d’une équipe du niveau de l’Islande, de la Suisse ou de l’Autriche. La dernière fois que l’équipe de France a terminé un match de qualification sans l’avoir remporté, c’était en septembre 2010 en barrage contre l’Italie. Il y avait eu 0-0. La dernière fois qu’elle a perdu un match, c’était en juin 2007 en Islande.

La liberté dans le calendrier va permettre au nouveau staff de l’équipe de France d’affronter des équipes capables de la pousser dans ses retranchements à chaque fois, et comme on en reste souvent à la simple lecture des résultats, à ne pas se féliciter de victoires 1-0 en Grèce ou en Roumanie comme si c’était des performances encourageantes dans la perspective d’affronter les meilleures mondiales.

Au moment de l’attribution de la Coupe du monde 20077, Corinne Diacre rêvait qu’elle revienne à la France ce qui lui permettrait de finir sa carrière dessus. Finalement, elle devrait être la sélectionneuse de l’équipe de France qui jouera la Coupe du monde à domicile en 2019, avec une légitime ambition comme quatrième nation mondiale8.

Rêve orange

Les Pays-Bas remportent à domicile un Euro dont ils n’étaient pas favoris au départ mais dont ils le sont devenu au fil du tournoi. Et la manière dont les Néerlandaises se sont imposées est au moins autant une surprise que leur victoire elle-même.

La compétition aura été marquée par la faillite des favorites, joueuses ou équipes qui bouscule la hiérarchie à un point imprévisible. Signe que les « petites équipes » progressent mais sans doute pas seulement.

Premier titre pour l’équipe des Pays-Bas à l’issue d’un tournoi totalement réussi avec six victoires en six matchs et la meilleure attaque devant l’Angleterre. D’autant que si les joueuses de Mark Sampson avaient marqué six de leurs dix buts au premier match contre l’Écosse, celles de Sarina Wiedman ont fait l’inverse en marquant de plus en plus : quatre buts au premier tours et sept en phase finale.

Quand Nadia Nadim a ouvert le score sur pénalty dès la septième minute, le doute aurait pu s’insinuer chez les Néerlandaises à l’heure d’aller chercher leur premier titre à domicile. Mais soit que l’égalisation quasi immédiate de Vivianne Miedema leur ait permis de ne pas douter, soit à l’inverse que leur confiance ait permis de continuer à appliquer leur plan de jeu et d’égaliser rapidement, elles ont toujours semblé aller en ligne droite à la victoire. Pourtant, le Danemark avait fait le nécessaire en égalisant avant la mi-temps par Pernille Harder après que l’inévitable Lieke Martens avait donné l’avantage aux siennes, puis en se procurant plusieurs occasion d’égaliser ou de revenir dans le match en seconde période.

Les deux équipes ont ainsi proposé une finale échevelée qui permet de terminer sur une note positive un Euro qui sinon n’avait pas toujours brillé par ses envolées offensives. Cela tient peut-être à la faillite des équipes favorites qui ont laissé la place à des équipes moins bien outillées mais plus collectives et mieux organisées. La finale semble montrer qu’il ne s’agit pas de l’inverse : les Pays-Bas et le Danemark ont montré que du talent et de l’allant offensif étaient un ingrédient utile en sus d’une bonne organisation.

La victoire néerlandaise est une vraie surprise dans une discipline où les vainqueurs tournent assez peu et sont en général assez identifiés en amont des compétitions. Outre les éternels Allemagne et États-Unis qui trustent les titres, la Norvège était toujours parmi les favorites à la fin des années 90 quand elle a garni son palmarès et même le Japon, vainqueur surprise de la Coupe du monde 2011 arrivait avec le rang de quatrième mondial.

Cette fois, si en dehors de la Norvège et de l’Autriche, le premier tour avait à peu près respecté les rangs supposés, les quarts de finale ont totalement écarté les favoris, à l’exception de l’Angleterre qui ne pouvait pas sortir en même temps que la France et qui a attendu un tour de plus pour échouer. L’avenir dira s’il s’agira d’une tendance de fond ou d’un épiphénomène. Le classement mondial est ainsi fait qu’il va accompagner ces résultats. Les Pays-Bas seront dans les dix meilleures nations mondiales au prochain classement et devraient talonner l’Angleterre et la France pour la deuxième place européenne. La révolution sera peut-être circonscrite à cela. Sauf si les difficultés rencontrées par la France, l’Allemagne et la Suède se confirment.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 Pays-Bas 13
2 Angleterre 11
3 Danemark 6
4 Italie 5
Autriche 5
Allemagne 5
7 Suède 4
8 Suisse 3
Portugal 3
France 3
Belgique 3
12 Écosse 2
Russie 2
Espagne 2
15 Islande 1
16 Norvège 0
Défenses
Pos. Équipe Buts
1 Autriche 1
2 Allemagne 3
Belgique 3
Espagne 3
France 3
Pays-Bas 3
Suisse 3
8 Angleterre 4
Norvège 4
10 Portugal 5
Russie 5
Suède 5
13 Danemark 6
Islande 6
Italie 6
16 Écosse 8
Tirs
Pos. Équipe Tirs
1 Allemagne 88
2 Pays-Bas 75
3 Danemark 74
4 Espagne 73
5 Autriche 69
6 France 65
7 Angleterre 57
8 Suède 55
9 Norvège 36
10 Italie 33
Belgique 33
12 Écosse 30
13 Suisse 26
14 Islande 21
15 Russie 20
16 Portugal 18
% tirs cadrés
Pos. Équipe %
1 Italie 48.5
2 Pays-Bas 46.7
3 Danemark 39.2
4 Allemagne 38.6
5 Suisse 38.5
6 Autriche 37.7
7 Angleterre 36.8
8 Portugal 33.3
9 Espagne 31.5
10 Belgique 30.3
11 Russie 30.0
12 France 29.2
13 Norvège 27.8
14 Suède 27.3
15 Écosse 23.3
16 Islande 4.8
Tirs cadrés par but
Pos. Équipe Tirs
1 Espagne 11.5
2 Allemagne 6.8
3 France 6.3
4 Autriche 5.2
5 Danemark 4.8
6 Suède 3.8
7 Écosse 3.5
8 Suisse 3.3
Belgique 3.3
10 Italie 3.2
11 Russie 3.0
12 Pays-Bas 2.7
13 Portugal 2.0
14 Angleterre 1.9
15 Islande 1.0
16 Norvège
Possession
Pos. Équipe %
1 Espagne 71%
2 Allemagne 65%
3 France 62%
4 Suisse 53%
Pays-Bas 53%
6 Norvège 50%
Danemark 50%
8 Suède 49%
9 Italie 48%
10 Belgique 47%
Angleterre 47%
12 Portugal 42%
13 Islande 41%
14 Écosse 40%
Autriche 40%
16 Russie 35%
Taille
Pos. Équipe Taille (cm)
1 Suède 173
Autriche 173
3 Danemark 172
4 Pays-Bas 171
Norvège 171
6 Écosse 170
Islande 170
8 Suisse 169
Russie 169
Portugal 169
Italie 169
France 169
Espagne 169
Belgique 169
Allemagne 169
16 Angleterre 168
Âge
Pos. Équipe Âge
1 Suède 28.5
2 Angleterre 27.9
3 Écosse 27.7
4 Italie 27.5
5 France 27.1
6 Islande 26.9
Danemark 26.9
8 Norvège 26.7
9 Suisse 26.6
Allemagne 26.6
11 Belgique 26.0
12 Portugal 25.9
13 Pays-Bas 25.6
14 Russie 25.5
15 Espagne 25.3
16 Autriche 24.6

Lieke Martens, nouvelle star

Traditionnellement, il est facile de déterminer l’équipe type dans la sélection néerlandaise : il s’agit des joueuses numérotées de 1 à 11. Cette fois, seule la numéro 141 s’était immiscée alors que dans le courant de la compétition, la numéro 3 Stefanie van der Gragt a pris la place sur la numéro 4 et capitaine Mandy van den Berg. Une treizième joueuse a été titularisée une fois, la numéro 22 Liza van der Most contre la Belgique et elle n’est pas apparue sinon. En dehors de ces treize joueuses, aucune autre n’a passé quarante minutes sur le terrain, quatre n’entrant même pas du tout en jeu (dont les deux gardiennes remplaçantes). Le titre est donc celui d’une équipe très resserrée qui a pourtant réussi à finir encore plus fort qu’elle n’avait commencé.

Si huit des douze joueuses les plus utilisées évoluaient la saison dernière dans l’un des quatre championnats européens principaux2, seule l’attaquante du Bayern3 Vivianne Miedema faisait vraiment partie des stars de ces équipes. Dans la liste des quarante joueuses nommées pour le titre de meilleure joueuse européenne4 en décembre dernier, elle était la seule néerlandaise tout comme Pernille Harder était la seule Danoise et Steph Houghton la seule Anglaise. Il n’y avait aucune autrichienne. Par contre, il y avait huit Allemandes, six Françaises, quatre Suédoises, trois Norvégiennes et trois Espagnoles.

La meilleure joueuse de l’Euro, et désignée comme telle par l’UEFA, est l’ailière gauche néerlandaise Lieke Martens qui avait signé à Barcelone avant le début du tournoi en provenance de Rosengård où elle a passé une saison et demi5 après deux saisons à Göteborg et deux à Duisbourg. En six ans, elle s’était fait une réputation de bonne joueuse mais sans arriver au niveau qu’elle a montré dans un rôle taillé pour elle.

Buteuses
Pos. Nom Buts
1 9-Jodie Taylor (ENG) 5
2 9-Vivianne Miedema (NLD) 4
3 11-Lieke Martens (NLD) 3
8-Sherida Spitse (NLD) 3
5 11-Stina Blackstenius (SWE) 2
10-Nina Burger (AUT) 2
18-Carolina Mendes (PRT) 2
19-Toni Duggan (ENG) 2
9-Ilaria Mauro (ITA) 2
9-Nadia Nadim (DNK) 2
5-Babett Peter (DEU) 2
18-Daniela Sabatino (ITA) 2
8-Lotta Schelin (SWE) 2
Tirs
Pos. Nom Tirs
1 9-Vivianne Miedema (NLD) 20
2 7-Sanne Troelsgaard (DNK) 19
3 9-Nadia Nadim (DNK) 18
4 10-Dzsenifer Marozsan (DEU) 16
11-Lieke Martens (NLD) 16
6 8-Sherida Spitse (NLD) 15
7 10-Nina Burger (AUT) 14
10-Pernille Harder (DNK) 14
9 15-Elena Danilova (RUS) 12
6-Amandine Henry (FRA) 12
15-Silvia Meseguer (ESP) 12
12 11-Stina Blackstenius (SWE) 10
9-Mari Paz Vilas (ESP) 10
9-Jodie Taylor (ENG) 10
15 10-Camille Abily (FRA) 9
10-Jenni Hermoso (ESP) 9
8-Lotta Schelin (SWE) 9
11-Katrine Veje (DNK) 9
19 15-Nicole Billa (AUT) 8
11-Barbara Bonansea (ITA) 8
Tirs cadrés
Pos. Nom Tirs
1 7-Sanne Troelsgaard (DNK) 14
2 11-Lieke Martens (NLD) 13
3 10-Dzsenifer Marozsan (DEU) 12
4 9-Vivianne Miedema (NLD) 11
5 9-Nadia Nadim (DNK) 10
6 10-Nina Burger (AUT) 9
10-Pernille Harder (DNK) 9
15-Silvia Meseguer (ESP) 9
8-Sherida Spitse (NLD) 9
9-Jodie Taylor (ENG) 9
11 11-Barbara Bonansea (ITA) 7
12 10-Camille Abily (FRA) 6
11-Stina Blackstenius (SWE) 6
15-Elena Danilova (RUS) 6
6-Amandine Henry (FRA) 6
10-Jenni Hermoso (ESP) 6
17 19-Verena Aschauer (AUT) 5
10-Ramona Bachmann (CHE) 5
15-Elise Bussaglia (FRA) 5
15-Sara Doorsoun-Khajeh (DEU) 5
Stine Larsen

Stine Larsen

La dernière marche

Les Pays-Bas et le Danemark vont se retrouver en finale après s’être déjà rencontrés au premier tour. Les hôtesses ont pulvérisé l’Angleterre qui n’aura donc toujours remporté aucun titre alors que les Danoises ont eu besoin des tirs aux buts pour éliminer l’Autriche qui termine donc l’Euro invaincu.

Les Néerlandaises seront bien sûr favorites après l’impression générale laissée tout au long de la compétition mais il est fréquent que quand deux équipes se rencontrent plusieurs fois dans une phase finale, la gagnante d’un jour n’est pas celle du lendemain.

Le Groupe A était finalement non seulement le plus homogène mais le plus relevé puisqu’il envoie deux équipes en finale de l’Euro. Les deux sélections les plus convaincantes des quarts de finale se retrouveront donc deux semaines après s’être déjà affrontées à Rotterdam.

Les Pays-Bas ont largement battu l’Angleterre dans la revanche de la demi-finale 2009. Le plan de jeu de Mark Sampson était le même que d’habitude mais il est cette fois tombé sur une équipe capable de mettre de la vitesse sur les côtés et qui l’a surtout battu à son propre jeu de l’efficacité : les Néerlandaises ont cadré quatre tirs pour trois buts. Les Anglaises en ont cadré cinq pour vingt tentatives et aucun but.

Jade Moore et Karen Carney

Jade Moore et Karen Carney

Le but de Vivianne Miedema est venu d’une belle construction mais les deux suivants ne sont que la sanctions d’erreurs des Anglaises. C’est d’ailleurs la première fois du tournoi que les Pays-Bas n’ont pas eu plus le ballon que leur adversaire, l’Angleterre n’ayant dominé cette statistique que contre l’Écosse et le Portugal. Le but marqué assez tôt par Vivianne Miedema a sans doute permis de laisser la balle à l’adversaire mais dans des conditions similaires contre le Danemark, la Norvège ou la Suède, les joueuses de Sarina Wiegman avaient réussi à garder largement la possession du ballon. Cette fois l’Angleterre a fait jeu égal, à rebours de ses habitudes.

Enfin, on notera qu’ironiquement, tous les buts du match ont été inscrits par des joueuses appointées par des clubs anglais, Vivianne Miedema ayant rejoint Daniëlle van de Donk à Arsenal (et Millie Bright jouant pour Chelsea).

Millie Bright et Vivianne Miedema

Millie Bright et Vivianne Miedema

Les spécialistes des tirs aux buts

On dit qu’on ne se qualifie jamais deux fois de suites aux tirs aux buts dans une compétition. Il y a sans doute des statistiques qui infirment ou confirment l’adage. Mais les deux autres demi-finaliste1 ont eu l’occasion de le vérifier en phase finale d’Euro. Après avoir éliminé l’Espagne en réussissant une séance parfaite, avec cinq tirs marqués pour cinq tireuses, l’Autriche a totalement manqué la suivante contre le Danemark. Pourtant les trois Autrichiennes ont changé leur manière de tirer par rapport au quart de final. La frappe de Laura Feiersinger est passée au dessus et celles de Verena Aschauer et Viktoria Pinther ont été arrêtées par Stina Lykke Petersen. La cinquième tireuse du quart de finale contre l’Espagne, Sarah Puntigam, n’aurait pas participé à la séance puisqu’elle était sortie avant la prolongation mais elle avait aussi eu l’occasion de s’essayer à la frappe à onze mètres en début de match, envoyant elle aussi la balle au-dessus du but.

Verena Aschauer

Verena Aschauer

L’Autriche termine donc la compétition invaincue et n’a encaissé que le but d’Amandine Henry. La déception passée, le bilan sera bien évidemment positif pour l’une des plus grosses cotes de la compétition qui à moins de 25 ans de moyenne était l’équipe la plus jeune du tournoi.

Elle pourra aussi se servir de l’exemple de son adversaire du jour. Il y a quatre ans le Danemark était éliminé aux tirs aux buts en demi-finale de l’Euro par la Norvège après avoir passé le quart de finale par le même moyen face à la France. Son bilan était beaucoup moins flatteur puisque les Danoises n’avaient remporté aucun match. Mais quatre ans plus tard, elle est en finale avec une équipe qui a grandi : sept des titulaires actuelles (plus Janni Arnth blessée après le premier match contre la Belgique) étaient déjà présentes en Suède dont six en tant que titulaires.

Nadia Nadim

Nadia Nadim

Cette fois, la présence danoise en demi-finale ne tenait pas à un concours de circonstance heureux (et à un tirage au sort favorable). La victoire sur l’Allemagne en quart de finale suffirait s’il en était besoin à rendre légitime cette place. Dominatrices dans le jeu, elles se sont pourtant procuré beaucoup moins d’occasions que les Autrichiennes durant le temps réglementaire, se rattrapant lors de la prolongation. Mais le talent de Pernille Harder et de Nadia Nadim n’a pas suffit pour trouver la faille. Celui Stina Petersen s’y sera substitué pour remporter la qualification.

Comme on se retrouve

Comme en 2013, la finale opposera deux équipes issues du même groupe. En Suède, l’Allemagne avait pris sa revanche sur la Norvège qui l’avait battue au premier tour dans un match relativement sans enjeu puisque les deux équipes étaient déjà assurées de la qualification après le nul la veille du Danemark sur la Finlande2. La finale était aussi une répétition du premier tour en 2005 (entre l’Allemagne et la Norvège déjà), 2001 (Allemagne-Suède) et 1999 (Allemagne-Italie). À l’époque c’était plus probable puisque le tournoi se jouait alors à huit et qu’il n’y avait alors que deux groupes au premier tour. Si l’Italie avait obtenu un nul au premier match, la Suède et la Norvège avaient déjà perdu.

Pernille Harder et Mandy van den Berg

Pernille Harder et Mandy van den Berg

Les Pays-Bas ont remporté la première manche il y a quinze jours sur un pénalty de Sherida Spitse qui portait à 5 le nombre de leurs victoires consécutives sur le Danemark. Cette série a débuté en 2009 à Lahti durant la phase finale de l’Euro. Pour le troisième match de poule, les deux équipes étaient à égalité après avoir chacune battu l’Ukraine et perdu contre la Finlande. Une victoire assurait la qualification alors qu’une défaite éliminait quasiment avec au mieux une troisième place à trois points alors que les deux autres groupes jouaient ensuite3. À l’heure de jeu, Sylvia Smit et Manon Melis donnaient l’avantage aux Néerlandaises, le but de Johanna Rasmussen en fin de match ne permettant pas aux Danoises de revenir.

Depuis, les Pays-Bas ont remporté trois matchs amicaux à chaque fois avec un but dans le temps additionnel, seul celui de Shanice van de Sanden en janvier 2016 n’étant pas décisif puisque Lieke Martens avait déjà donné l’avantage aux Oranjes. Les deux autres fois, c’est le but de la victoire qu’on marqué Marlous Pieete en 2013 et Daniëlle van de Donk en 2016.

Mais si la série en cours est nettement à l’avantage des locales, ce n’est pas le cas du bilan global. Pays-Bas et Danemark ont un riche passé commun avec 21 rencontres depuis qu’en octobre 1977 Lone Smidt Nielsen donnait la victoire aux Danoises. Le premier match officiel était remporté par les Pays-Bas en 1982 dans le cadre des éliminatoires pour l’Euro 84. Il s’agissait de la première victoire néerlandaise dans ces confrontations, et jusqu’à 2009, de la dernière. Le Danemark a remporté le match retour et neuf des treize confrontations suivantes, pour quatre nuls. Les deux équipes étaient dans le même groupe pour les éliminatoires de la première Coupe du monde en 91 puis de l’Euro 2005 avec à chaque fois la qualification danoise.

Cette nette inversion de tendance correspond au moment où le Danemark a quitté le top 10 mondial et où les Pays-Bas ont intégré le top 15.

Stabilité néerlandaise

Cette fois, les Néerlandaises partent donc nettement favorites tant par la qualité de leur jeu que par le fait d’être à domicile devant un public prompt à les soutenir. Les deux équipes ont en commun de n’avoir utilisé que 18 de leurs 23 joueuses mais si 16 des Danoises ont été titulaires au moins une fois, ça n’a été le cas que de 13 Néerlandaises. En dehors de la titularisation de Liza van der Most à la place de Desire van Lunteren malade contre la Belgique, le seul changement opéré par Sarina Wiegman dans son onze de départ a été la rentrée à partir de ce troisième match de la défenseuse du Bayern Stefanie van der Gragt à la place de la capitaine Mandy van den Berg. Elle fait jouer son équipe dans un système assez hollandais avec deux véritables ailières, Shanice van de Sanden et Lieke Martens pour alimenter la star de l’équipe Vivianne Miedema. Toutefois, ce sont surtout les deux premières qui ont brillé en début de compétition. La milieu de Montpellier Anouk Dekker opère en défense centrale.

Elle retrouvera sur sa route sa future coéquipière Katrine Veje qui occupe le flanc gauche de l’équipe danoise. Nils Nielson a beaucoup plus varié dans ses compositions que sa consœur néerlandaise. La blessure de sa patronne de défense Janni Arnth l’a poussé à abandonner la défense à trois pour un 4-4-2 dont une des conséquences a été de faire monter Pernille Harder de meneuse en attaque à la place de Stine Larsen. Après quelques tâtonnements, cette dernière joue désormais en défense centrale à gauche de Simone Boye Sørensen. D’autres ajustements ont été nécessaires comme le nom de la joueuse qui accompagne Line Sigvardsen Jensen dans l’axe du milieu de terrain. Contre l’Allemagne et l’Autriche, c’est Maja Kildemoes qui a occupé le poste, permettant à Sanne Troelsgaard d’occuper le flanc droit. La dernière incertitude concerne le poste d’arrière gauche où Line Røddik Hansen est en principe titulaire mais où elle a été régulièrement remplacée en cours de match par Cecilie Sandvej sauf contre les Pays-Bas où cette dernière était alignée d’entrée. Elle pourrait l’être à nouveau pour le remake.

Ce premier match était toutefois son unique titularisation comme il l’a été pour Mie Leth Jans en défense centrale. Dans la mesure où il s’agissait du premier match dans la nouvelle disposition et où Line Røddik Hansen avait commencé comme centrale gauche plutôt que comme latérale, Nils Nielsen cherchait sans doute plus la bonne solution plutôt qu’une tactique anti-orange particulière.

Il est aussi confronté à la grave blessure de Line Sigvardsen Jensen qui manquera la finale (et une bonne partie de la prochaine saison). Elle pourrait être remplacée poste pour poste par Nanna Christiansen qui avait joué le premier match contre les Pays-Bas ou par Frederikke Thøgersen sur l’aile droite, Sanne Troelsgaard glissant dans l’axe comme contre la Norvège.

Résultats

Pays-Bas-Angleterre 3-0 : Miedema 22’, van de Donk 62’, Bright 93’ csc

Danemark-Autriche 0-0 (3 tàb 0)

Tableau final

Pays-Bas Pays-Bas Pays-Bas
Suède
Angleterre Angleterre
France
Allemagne Danemark Danemark
Danemark
Autriche Autriche
Espagne

Effectifs

Pays-Bas
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Sari van Veenendaal G 27 177 Arsenal (ENG) 450 0 0
2 Desiree van Lunteren D 25 170 Ajax 360 0 0
3 Stefanie van der Gragt D 25 178 Ajax 252 0 0
4 Mandy van den Berg D 27 165 Reading (ENG) 177 0 0
5 Kika van Es D 26 169 Twente 450 0 0
6 Anouk Dekker D 31 182 Montpellier (FRA) 450 0 0
7 Shanice van de Sanden A 25 168 Liverpool (ENG) 416 1 1
8 Sherida Spitse M 27 167 Twente 450 2 0
9 Vivianne Miedema A 21 178 Arsenal (ENG) 445 2 0
10 Danielle van de Donk M 26 160 Arsenal (ENG) 432 1 0
11 Lieke Martens A 25 168 Rosengård (SWE) 433 2 1
12 Jill Roord M 20 173 Bayern Munich (DEU) 13 0 0
13 Renate Jansen A 27 178 Twente 30 0 0
14 Jackie Groenen M 23 164 Francfort (DEU) 439 0 2
15 Sippie Folkertsma M 20 172 Ajax 0 0 0
16 Angela Christ G 28 167 PSV Eindhoven 0 0 0
17 Kelly Zeeman D 24 24 Ajax 37 0 0
18 Vanity Lewerissa A 26 160 PSV Eindhoven 5 0 0
19 Sheila van den Bulk D 28 167 Djurgårdens (SWE) 0 0 0
20 Dominique Janssen D 22 174 Arsenal (ENG) 0 0 0
21 Lineth Beerensteyn A 21 178 Bayern Munich (DEU) 21 0 0
22 Liza van der Most D 24 165 Ajax 90 0 0
23 Loes Geurts G 32 169 0 0 0
Danemark
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Stina Lykke Petersen G 31 174 KoldingQ 480 0 0
2 Line Røddik Hansen D 29 176 Barcelon (ESP) 293 0 0
3 Janni Arnth Jensen D 31 174 Linköpings (SWE) 90 0 0
4 Maja Ring Kildemoes M 21 173 Linköpings (SWE) 174 0 0
5 Simone Boye Sørensen D 25 173 Rosengård (SWE) 480 0 0
6 Nanna Christiansen M 28 167 Brøndby IF 64 0 0
7 Sanne Troelsgaard M 29 176 Rosengård (SWE) 480 1 0
8 Theresa Nielsen D 31 168 Vålerenga (NOR) 480 1 0
9 Nadia Nadim A 30 175 Portland Thorns (USA) 450 1 0
10 Pernille Harder A 25 168 Wolfsburg (DEU) 480 0 1
11 Katrine Veje M 26 174 Montpellier (FRA) 457 1 0
12 Stine Larsen A 21 168 Brøndby 381 0 1
13 Sofie Junge Pedersen M 25 176 Rosengård (SWE) 52 0 0
14 Nicoline Haugård Sørensen M 20 175 Brøndby 13 0 0
15 Frederikke Skjødt Thøgersen A 22 163 Fortuna Hjørring 191 0 1
16 Maria Christensen G 22 175 Fortuna Hjørring 0 0 0
17 Line Sigvardsen Jensen M 26 168 Washington Spirit (USA) 428 0 0
18 Mie Leth Jans D 23 164 Manchester City (ENG) 90 0 0
19 Cecilie Sandvej D 27 173 Francfort (DEU) 197 0 0
20 Stine Ballisager Pedersen D 24 175 Skovbakken 0 0 0
21 Sarah Dyrehauge Hansen M 21 168 Fortuna Hjørring 0 0 0
22 Line Johansen G 28 172 Vejle 0 0 0
23 Luna Norgaard Gevitz D 23 164 Fortuna Hjørring 0 0 0
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