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Quatre ans après

Il y a quatre ans, l’annonce de l’organisation de la Coupe du monde 2019 par la France, et donc de la qualification des Bleues avait été l’occasion de tenter de deviner quelles seraient les joueuses qui seraient de la partie, à un moment où la liste pour la Coupe du monde 2015 semblait bouclée – et elle n’évoluera effectivement pas ensuite.

Les critères généraux d’âge, d’expérience et de profil devraient devraient être globalement respectés et si la liste de Corinne Diacre ne sera pas celle prévue il y a quatre ans, elle lui ressemblera quand même fortement quatre ans plus tard après deux changements de sélectionneuse.

Il y a quatre ans la France obtenait l’organisation de la Coupe du monde 2019 et par la même occasion les Bleues assuraient leur place en phase finale. En s’appuyant sur les constantes des sélections en phases finales depuis 2003, on avait essayé ici même de prévoir qui seraient les joueuses appelées pour cette compétition à domicile (voir Quelles Bleues pour 2019 ?).

La moyenne d’âge des sélections bleues en phase finale tourne autour de 26 ans depuis 10 ans et la prochaine ne devrait pas faire exception avec une répartition de deux petites moitiés de joueuses entre 20 et 24 ans et entre 25 et 29 ans complétées de quelques joueuses plus âgées (mais d’aucunes plus jeunes cette fois alors que c’était plus courant jusqu’en 2015).

Toutefois la génération des moins de 26 ans de la Coupe du monde 2015 qui devait former l’ossature de celle de 2019 n’a pas complètement survécu. Elles étaient onze et Claire Lavogez n’a jamais été appelée par Corinne Diacre, Méline Gérard et Annaïg Butel ont assez vite disparu de ses listes alors que Kenza Dali et Kheira Hamraoui peuvent encore espérer mais partent de loin.

Une des hypothèses faite était que les seules nouvelles seraient de jeunes joueuses pas assez âgées pour avoir déjà débuté. Trois joueuses appelées par Corinne Diacre ne remplissent pas vraiment ce critère : Marion Torrent et Maéva Clémaron ont débuté en sélection à 25 ans et Julie Debever à 30. Toutefois la première était attendue depuis longtemps et c’est plutôt son absence jusque là qui était surprenante.

Enfin l’analyse avait montré que quatre ans avant une phase finale, toutes les joueuses jouaient déjà en D1 sauf les plus jeunes, et la plupart du temps déjà dans les clubs du quatuor de tête.

En 2015, Viviane Asseyi, Marion Torrent, Solène Durand et Valérie Gauvin jouaient à Montpellier.

En 2015, Viviane Asseyi, Marion Torrent, Solène Durand et Valérie Gauvin jouaient à Montpellier.

En 2019, le quatuor de tête n’existe plus vraiment mais la règle reste vraie. De toutes les joueuses appelées pour les matchs contre le Japon et le Danemark, quatre seulement ne jouaient en 2015 ni à Lyon, ni au PSG, ni à Montpellier, ni à Juvisy. Et encore, Charlotte Bilbault était en train de se relancer à Soyaux en provenance de Montpellier avant de partir pour Juvisy au bout d’une saison. Pauline Peyraud-Magnin était prêtée à Issy par Lyon où elle avait été formée. Seules Griedge Mbock, alors à Guingamp et Julie Debever qui jouait à Saint-Étienne (tout comme Maéva Clémaron qui n’a pas été appelée cette fois) étaient vraiment hors du quatuor de tête. Mais si l’actuelle défenseuse lyonnaise faisait déjà partie des Bleues et s’apprétait à disputer la Coupe du monde canadienne, son homologue guingampaise (et successeuse en Bretagne) avait quasiment disparu des feuilles de matchs stéphanoises depuis septembre précédent. Autant dire que si sa présence est actuellement une surprise, elle n’était tout simplement pas envisageable en 2015.

Les joueuses annoncées en 2015

Sur 23 joueuses proposées en 2015, deux seulement ont disparu du paysage et pour cause : Louisa Necib et Élodie Thomis ont arrêté leur carrière de joueuse.

Douze ont été appelées en équipe de France depuis un an et si Kenza Dali et surtout Sandie Toletti risquent de manquer le train, les dix autres ont une place quasiment assurée et formeront l’ossature de l’équipe type lors de la Coupe du monde.

Sept des joueuses restantes ont été appelées en équipe de France A par Corinne Diacre il y a plus d’un an et trois d’entre elles étaient encore en équipe B dernièrement.

Seules Pauline Dhaeyer, restée en D2 à Issy puis La Roche-sur-Yon (mais elle aussi appelée en équipe de France B en fin de saison dernière) et Claire Lavogez n’ont jamais été appelées par Corinne Diacre.

Gardiennes

« Céline Deville à la retraite et Sarah Bouhaddi devenue joueuse de champ, il ne reste que Méline Gérard. Les deux gardiennes de Montpellier, Laetitia Philippe (enfin épargnée par les blessures et devenue titulaire) et Solène Durand prennent les deux places restantes. »

Sarah Bouhaddi n’est pas finalement pas devenue joueuse de champ et reste la gardienne titulaire. Méline Gérard et Laetitia Philippe ont été appelées par Corinne Diacre mais ne seront pas du voyage en France. Au contraire Solène Durand semble bien partie tandis que Karima Benameur est revenue du diable vauvert et que Pauline Peyraud-Magnin s’est imposée.

Pauline-Peyraud Magnin sous le maillot d'Issy

Pauline-Peyraud Magnin sous le maillot d'Issy

Défenseuses

« Wendie Renard reste capitaine, Griedge Mbock est titulaire à ses côtés et Anaig Butel reste dans le groupe. Aïssatou Tounkara entre chez les Bleues en défense centrale. »

Wendie Renard n’est plus capitaine mais forme bien la charnière avec Griedge Mbock. Aïssatou Tounkara est bien entrée en défense centrale. Par contre Annaïg Butel a été supplantée contre toute attente par Julie Debever. Toutefois la pariso-juvisienne a plus joué sous Corinne Diacre que Julie Debever (90 minutes contre 75).

Griedge Mbock avec Guingamp

Griedge Mbock avec Guingamp

« Sur le côté gauche, Amel Majri est toujours présente avec comme suppléante Théa Gréboval, actuellement à Juvisy. »

Amel Marji est toujours là, mais plutôt que Théa Gréboval testée en début de mandat et pas rappelée, c’est Sakina Karchaoui, 19 ans à l’époque qui s’est imposée dès 2016.

« À droite, Marion Romanelli, championne du monde des moins de 17 ans déjà une des pièces maîtresses d’Albi a un temps d’avance pour la place de titulaire sur Pauline Dhaeyer, qui peut jouer latérale des deux côtés et qui est aussi recentrée chez les Bleuettes et quelques fois à Issy en raison de sa taille. Une polyvalence utile. »

Marion Romanelli a été appelée par Corinne Diacre mais s’est blessée au cours du stage et Pauline Dhaeyer est toujours à La Roche-sur-Yon où elle joue plutôt en défense centrale.

Ce sont donc Marion Torrent (qui aurait eu le profil pour être citée en 2015) et Ève Périsset qui jouait plutôt au milieu à l’époque à Lyon qui prennent les places.

Milieux

« Amandine Henry, Louisa Necib et Claire Lavogez sont toujours là. Sandie Toletti fait désormais pleinement partie de la sélection. Elles sont rejointes par Aminata Diallo, suppléantes naturelles d’Amandine Henry et par Ève Périsset qui peut jouer à tous les postes du milieu mais aussi sur les deux côtés de la défense. »

Amandine Henry est toujours là mais Louias Necib a pris sa retraite il y a trois ans et Claire Lavogez est la seule sélectionnée de 2015 qui n’a jamais été appelée par Corinne Diacre sans être à la retraite internationale. Sandie Toletti a ponctuellement été appelée mais semble passer à côté de la carrière qu’on lui prédisait. Aminata Diallo est bien entrée dans la sélection, a été conservée pendant longtemps avant d’en ressortir. Et Ève Périsset est donc devenue arrière latérale droite

Charlotte Bilbault avec Soyaux

Charlotte Bilbault avec Soyaux

Par contre Élise Bussaglia est toujours là, et Grace Geyoro est arrivée dès 2017. D’autres joueuses qu’on n’attendaient pas postulent : Maéva Clémaron n’était pas toujours titulaire à Saint-Étienne et Daphne Corboz était une jeune joueuse américaine. Au contraire, la présence de Charlotte Bilbault était beaucoup plus envisageable puisqu’elle a connu sa première sélection avant même la Coupe du monde 2015.

Attaquantes

« Peu de changement devant où le renouvellement a été le plus important sous les deux derniers sélectionneurs.

Eugénie Le Sommer, Marie-Laure Delie, Kenza Dali, Kadidiatou Diani et Élodie Thomis sont en pleine force de l’âge. Gaëtane Thiney étant quasiment la dernière arrivée de sa génération, elle sera aussi la dernière à partir. »

Eugénie Le Sommer, Kadidiatou Diani et Gaëtane Thiney seront à la Coupe du monde et sans doute titulaires. Élodie Thomis a pris sa retraite. Kenza Dali a peut-être perdu sa place en raison de ses récentes blessures mais elle était jusqu’à il y a peu la remplaçante annoncée de Gaëtane Thiney. Marie-Laure Delie a fini par perdre sa place mais elle a été réessayée par Diacre.

À leurs places on devrait voir Marie Katoto et Dephine Cascarino. La première sera lancée en équipe première du PSG quinze jours après l’article cité (en demi-finales retour de C1) et la seconde était apparue pour la première fois quinze jours avant en demi-finale de Coupe de France.

Les débuts de Delphine Cascarino en demi-finale de Coupe de France à Rouen

Les débuts de Delphine Cascarino en demi-finale de Coupe de France à Rouen

Parmi les autres postulantes, Émelyne Laurent n’a débuté que près d’un an après en D1 avec Montpellier contre le Saint-Étienne de Pauline Peyraud-Magnin et Maéva Clémaron.

Viviane Asseyi comptait déjà 7 sélections et s’apprêtait à faire partie du groupe élargie préparant la Coupe du monde 2015. Valérie Gauvin avait 19 ans et aurai pu être citée : pour sa première saison de D1 elle avait alors marqué trois buts pour finir la saison à sept après un quadruplé lors de la dernière journée contre Issy. De même Ouleymata Sarr débutait avec le PSG. Pour sa deuxième saison, elle comptait alors deux buts avant d’améliorer son score d’un quadruplé lors de l’avant dernière journée contre Rodez.

De vieilles connaissances

Placés dans la même moitié de tableau, les deux clubs français engagés sur la scène européenne auront affaire à forte partie. Le PSG affronte Chelsea qui avait éliminé Montpellier l’an dernier au même stade de la compétition. Et Lyon rencontre Wolfsbourg comme tous les ans.

Les deux confrontations s’annoncent équilibrées entre les deux clubs dominants d’un côté et deux prétendants à les renverser de l’autre.

Comme chaque année, le printemps est l’occasion de présenter l’effectif de Wolfsbourg qui s’apprête à affronter Lyon. Pour la quatrième année consécutive, le deux équipes se rencontrent en en Coupe d’Europe après la trêve. Il faut dire qu’elles sont toutes deux têtes de séries et ne peuvent donc pas se rencontrer lors des deux premiers tours et qu’elles sont jusque là assez largement au dessus pour ne pas être éliminées par d’autres et qu’elles finissent donc toujours par se rencontrer en finale si leurs chemins ne se sont pas croisés avant.

Si leur première confrontation en 2013 avait été l’avantage des Louves, les trois dernières ont été remportées par les Lionnes. Mais aucune équipe ne l’a jamais emporté facilement. La finale de 2013 s’était jouée à un pénalty sur une action anodine, celle de 2017 l’a été aux tirs aux buts et si l’an dernier les joueuses de Reynald Pedros l’ont emporté largement 4-1, il a fallu attendre pour cela les prolongations atteintes sur le score de 0-0 et surtout l’exclusion stupide d’Alexandra Popp laissant ses coéquipières à 10 et exténuées par leur finale de Coupe d’Allemagne le week-end précédent.

Victoire allemande au stade des Lumières

La seule confrontation en match aller et retour entre Lyon et Wolfsbourg date de 2016 et avait déjà pour cadre les quarts de finales. Les coéquipières de Camille Abily l’avaient emporté 2-0 à l’AOK Stadium avec un peu de réussite et n’avaient pas pu faire mieux que gérer une défaite 1-0 au retour sur un pénalty en fin de match.

Les deux équipes se connaissent donc très bien et les 22 joueuses titulaires en finale l’an dernier auraient pu débuter cette année sans la blessure à l’automne de la Suissesse Lara Dickenmann absente sans doute jusqu’à la fin de la saison. Elles a été numériquement remplacée dans l’équipe type de Wolfsbourg par la Portugaise Claudia Neto, qui s’était déjà imposée l’an dernier mais qui n’avait pas joué la finale parce qu’elle n’était pas qualifiée, ayant débuté la saison européenne à Linköping. Sa présence assure une plus grande stabilité dans l’axe du milieu où elle fait la paire avec l’Islandaise Sara Björk Gunnarsdóttir. Le quatuor offensif n’a pas changé avec la Danoise Pernille Harder, la Norvégienne Caroline Graham Hansen et l’Allemande Alexandra Popp derrière la Polonaise Ewa Pajor. La Hongroise Zsanett Jakabfi sert de joker.

Sara Doorsoun-Kajeh

Sara Doorsoun-Kajeh

Dans l’état actuel de l’effectif des championnes d’Allemagne, il n’y a pas vraiment de doute sur l’animation offensive. Zsanett Jakabfi et Pia-Sophie Wolter ont été titularisées lors du dernier match contre Fribourg ce dimanche mais il s’agissait pour Stephan Lerch de faire souffler Caroline Hansen et Ewa Pajor.

Derrière, la composition a un peu plus varié pendant la saison avec la recrue Sara Doorsoun qui a beaucoup joué en début d’exercice. Mais elle ne semble pas en mesure de faire vaciller le quatuor en place comme ne devrait pas le faire non plus le retour d’Anna Bläße. En son absence, Lena Goeßling s’est installée dans l’axe à côté de Nilla Fischer, décalant Babett Peter côté droit alors que Noëlle Maritz occupe le flanc gauche.

En face, l’effectif lyonnais est pléthorique et peut aligner 18 internationales. L’équipe type est à peu près claire même si les blessures répétées de Griedge Mbock on permis à Kadeisha Buchanan de revenir dans le jeu. La principale incertitude sera sur le côté droit de l’attaque où Shanice van de Sanden et Delphine Cascarino se livrent une concurrence sans merci.

Mais la vraie nouveauté depuis la finale de l’an dernier se trouve au milieu où l’OL a attiré la Galloise Jessica Fishlock, l’une des meilleures joueuses de la NWSL américaine depuis cinq ou six ans et qui est clairement venue à Lyon pour remporter une Ligue des Championnes qu’elle compte à son palmarès pour l’avoir disputée en 2015 avec Francfort mais sans jouer la finale parce qu’elle était déjà repartie dans le championnat américain à ce moment là.

Wolfsbourg et Lyon sont en tête de leurs championnats respectifs mais sont encore loin de l’avoir remporté. Lyon ne compte que deux points d’avances sur le PSG alors que Wolfbourg ne devance le Bayern Munich qu’à la différence de buts. La faute en revient à deux nuls et une défaite contre les Bavaroises lors des six dernières journées alors que les coéquipières d’Almuth Schulth caracolaient en tête avec dix victoires lors des dix premières journées, dont un 6-0 face au Bayern.

Si l’OL n’a lâché de points que contre le PSG, les pénibles victoires contre Lille et contre Grenoble en Coupe de France ne rassurent pas non plus à l’heure d’affronter l’adversaire le plus redoutable. Mais la victoire 7-1 à Bordeaux face à un adversaire qui a moins systématiquement cherché à ne faire que défendre ressemble plus à ce qu’on attend d’une triple championne d’Europe. D’autant plus que la Norvégienne Ada Hegerberg semble décidée à honorer son Ballon d’or et revient à un niveau qu’on ne lui avait plus vu depuis assez longtemps.

Lyon
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Lisa Weiß G DEU 31 8 720 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 32 19 1710 0
30 Audrey Dupupet G FRA 18 0 0 0
2 Lucy Bronze D eng 27 23 1939 2
3 Wendie Renard D FRA 29 22 1980 10
4 Selma Bacha D FRA 18 17 1290 1
18 Éva Kouache D FRA 19 4 181 0
21 Kadeisha Buchanan D CAN 23 10 677 1
26 Carolin Simon D DEU 26 11 893 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 24 20 1732 4
5 Saki Kumagai M JPN 28 24 1722 1
6 Amandine Henry M FRA 29 22 1727 6
8 Izzie Christiansen M eng 27 18 941 4
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 27 19 1417 12
19 Lorena Azzaro M FRA 18 1 19 0
24 Jessica Fishlock M WAL 32 18 1169 2
7 Amel Majri A FRA 26 23 1803 14
9 Eugénie Le Sommer A FRA 30 22 1748 16
11 Shanice van de Sanden A NLD 26 23 1106 5
14 Ada Hegerberg A NOR 24 24 2090 25
17 Jessy Danielle Roux A FRA 19 0 0 0
20 Delphine Cascarino A FRA 22 22 1137 6
25 Sole Jaimes A ARG 30 4 123 0
27 Émelyne Laurent A FRA 20 14 403 1
28 Melvine Malard A FRA 19 4 140 0
Wolfsbourg
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Almuth Schult G DEU 28 19 1656 0
12 Jana Burmeister G DEU 30 0 0 0
27 Mary Earps G eng 26 5 414 0
33 Melina Loeck G DEU 19 0 0 0
4 Nilla Fischer D SWE 35 21 1807 3
6 Katharina Baunach D DEU 30 4 194 1
8 Babett Peter D DEU 31 17 1451 1
14 Meret Wittje D DEU 20 0 0 0
16 Noëlle Maritz D CHE 23 15 1300 2
24 Joelle Wedemeyer D DEU 23 11 702 1
3 Zsanett Jakabfi M HUN 29 21 898 10
5 Claudia Neto M PRT 31 20 1508 1
7 Sara Björk Gunnarsdóttir M ISL 28 17 1469 3
9 Anna Bläße M DEU 32 11 722 1
19 Kristine Minde M NOR 27 13 820 7
20 Pia-Sophie Wolter M DEU 21 14 597 3
21 Lara Dickenmann M ARG 33 5 346 0
23 Sara Doorsoun-Kajeh M DEU 27 17 1241 0
26 Caroline Graham Hansen M NOR 24 22 1569 9
28 Lena Goeßling M DEU 33 10 882 1
30 Ella McLeod M USA 33 16 582 4
2 Anna-Lena Stolze A DEU 19 4 80 1
11 Alexandra Popp A DEU 28 19 1490 10
17 Ewa Pajor A POL 22 17 1319 20
22 Pernille Harder A DNK 26 22 1723 23

Duel d’outsiders

Si Lyon et Wolfsbourg ont remporté plusieurs fois la compétition, ce n’est pas le cas du PSG ni de Chelsea. Les Parisiennes ont atteint deux fois la finale (dont une en ayant éliminé Lyon puis Wolfsbourg) alors que la meilleure performance de Chelsea est sa demi-finale contre Wolfsbourg l’an dernier. D’ailleurs les Blues n’ont jusque là été éliminées que par les Louves lors de leurs trois premières participation, une fois en 16e de finales, une fois en 8e de finales et l’an dernier en demi-finales. La poursuite de la série ne serait pas une bonne nouvelle pour les deux clubs français.

Autre différence, aucune des deux équipes n’est en tête de son championnat. Les Parisiennes ont abandonné contre Lille deux points qui leurs manquent pour être à la hauteur de Lyon mais peuvent toujours compter sur une victoire sur la pelouse de leur adversaire directe pour lui passer devant. Elles ont sinon toujours réussi à se tirer des pièges comme contre Rodez ou contre Dijon dimanche.

Chelsea participe à une compétition beaucoup plus disputée et où les équilibres sont beaucoup plus mouvants. Non seulement les Blues ne sont pas en tête de la FA Women Super League mais leur place en Coupe d’Europe l’an prochain semble même très compromise. À cinq journées de la fin, elles sont à six points de Manchester City en tête et à quatre d’Arsenal qui compte deux matchs en moins.

Incertitude sur les gardiennes

Le PSG et Chelsea ont donc beaucoup moins de certitudes et leur équipe type semble moins nettement établie. Le poste de gardienne symbolise la recherche d’équilibre des deux équipes. Le club parisien dispose de deux très bonnes gardiennes qui se partagent assez équitablement le temps de jeu. La Chilienne Christiane Endler a joué les quatre premiers matchs de Coupe d’Europe mais la Polonaise Katarzyna Kiedrzynek a joué tous les derniers matchs de championnat. La première devrait être alignée comme en Coupe de France.

Du côté de Chelsea, la situation est beaucoup plus compliquée. Aucune gardienne ne fait partie des douze joueuses les plus utilisées cette saison. Théoriquement, la Suédoise Hedvig Lindahl est titulaire mais elle a joué moins de la moitié des matchs sans avoir vraiment subi de blessures. Sa concurrente internationale anglaise Carly Telford a joué presque autant et la troisième gardienne, elle aussi anglaise et internationale Lizzie Durack a joué trois matchs de Coupe de la Ligue. Pour ajouter à la confusion, ou sans doute à cause de celle-ci, Chelsea a engagé en janvier l’Allemande Ann-Katrin Berger passée par Potsdam avec qui elle avait atteint la demi-finale en 2014 et surtout par le PSG entre 2014 et 2016 où elle était la remplaçante de Katarzyna Kiedrzynek. Il est probable qu’elle sera alignée contre son ancienne équipe, elle a été recrutée pour ça.

Jonna Andersson

Jonna Andersson

En défense, la blessure de la Norvégienne Maria Thorisdottir en octobre a permis à Hannah Blundell de s’installer à droite et l’expérience d’Anita Asante et Ali Riley ne leur vaut que rarement une place de titulaire. Le PSG doit donc s’attendre à affronter un axe composé de Millie Bright et Magdalena Eriksson entouré de Jonna Andersson et Hannah Blundell. À moins que le retour de Maren Mjelde ne vienne bousculer les certitudes : la Norvégiennes étaient absentes depuis le mois de septembre mais elle vient d’être deux fois titulaire.

Sophie Ingle et Drew Spence formeront sans doute la base du milieu de terrain mais la composition de l’attaque est plus incertaine.

Erin Cuthbert semble indispensable tout comme la capitaine Karen Carney. Fran Kirby en pointe devrait l’être aussi mais elle a été longtemps blessée et Bethany England a impressionné. Elle est actuellement meilleure buteuse du club même si elle a surtout marqué en Cup (et en Coupe de la Ligue) et ne compte aucun but en Coupe d’Europe. La Coréenne Ji So-yun et la Suissesse Ramona Bachmann devraient se disputer la dernière place. La première a longtemps semblé être la titulaire mais la seconde a joué les deux derniers matchs en intégralité, enchaînant 180 minutes pour la première fois de la saison. Difficile de savoir celle qui débutera mais il est à peu près certain que l’autre entrera en jeu.

L’équipe type du PSG est elle difficile à déterminer : quinze joueuses ont déjà joué plus de 900 minutes, l’équivalent de dix matchs, sans compter les recrues Alana Cook et Nadia Nadim et les blessées de longue durée Signe Bruun et Emma Berglund. Près de vingt joueuses peuvent ainsi prétendre à débuter contre Chelsea.

En défense, Ève Périsset et Perle Morroni sur les côtés ont un certain avantage. Dans l’axe, Irene Paredes et Paulina Dudek seraient alignées à coup sûr sans quelques pépins physiques. À défaut la Suédoise Emma Berglund et la jeune Américaine Alana Cook pourraient débuter comme elles l’ont fait contre Dijon. La Brésilienne Daiane a par contre disparu des feuilles de match depuis décembre.

Formiga et Grace Geyoro ont la faveur des pronostics au milieu même si Aminata Diallo peut aussi avoir sa chance. Andrine Hegerberg, sœur de, ne semble par contre pas dans les plans d’Olivier Echouafni.

Enfin six joueuses vont se disputer les quatre places offensives. Normalement les titulaires devraient être Marie Katoto, la joueuse la plus utilisée et star du club, Wang Shuang, la meneuse d’attaque, Kadi Diani la joueuse en forme et Ashley Lawrence la gauchère. Mais Nadia Nadim n’a sans doute pas été recrutée pour cirer le banc et Signe Bruun est revenue de blessure en très grande forme et une surprise n’est pas à écarter.

Chelsea
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Hedvig Lindahl G SWE 36 13 1170 0
12 Lizzie Durack G eng 25 3 270 0
28 Carly Telford G eng 32 12 1080 0
30 Ann-Katrin Berger G DEU 28 3 270 0
2 Maria Thorisdottir D NOR 26 8 561 1
3 Hannah Blundell D eng 25 23 1705 3
4 Millie Bright D eng 26 23 2030 2
6 Anita Asante D eng 34 6 466 1
7 Jessica Carter D eng 21 20 1203 0
11 Ali Riley D NZL 31 15 663 2
16 Magdalena Eriksson D SWE 26 28 2461 2
20 Jonna Andersson D SWE 26 25 1872 1
21 Deanna Cooper D eng 26 11 604 1
5 Sophie Ingle M WAL 28 23 1954 0
8 Karen Carney M eng 32 22 1688 2
10 Ji So-Yun M KOR 28 23 1736 7
18 Maren Mjelde M NOR 29 9 740 1
24 Drew Spence M eng 26 26 1779 11
25 Jade Bailey M eng 23 7 475 0
14 Francesca Kirby A eng 26 26 1814 16
15 Bethany England A eng 25 27 1686 17
17 Adelina Engman A FIN 24 18 769 4
22 Erin Cuthbert A SCO 21 29 2141 9
23 Ramona Bachmann A CHE 28 25 1374 6
PSG
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Katarzyna Kiedrzynek G POL 28 12 1080 0
16 Christiane Endler G CHL 28 13 1170 0
30 Charlotte Voll G DEU 20 0 0 0
2 Hanna Glas D SWE 26 15 910 1
3 Daiane D BRA 22 12 915 0
4 Paulina Dudek D POL 22 19 1580 3
5 Alana Cook D USA 22 1 90 0
14 Irene Paredes D ESP 28 13 1170 0
15 Emma Berglund D SWE 30 7 563 0
17 Ève Perisset D FRA 24 18 1453 2
20 Perle Morroni D FRA 21 19 1653 0
6 Andrine Hegerberg M NOR 26 8 521 0
7 Aminata Diallo M FRA 24 19 1293 1
8 Grace Geyoro M FRA 22 23 1920 3
19 Annahita Zamanian M FRA 21 12 359 1
24 Formiga M BRA 41 16 1263 0
28 Wang Shuang M CHN 24 21 1521 8
29 Anissa Lahmari A FRA 22 8 386 1
9 Marie Katoto A FRA 20 24 1936 26
10 Nadia Nadim A DNK 21 6 236 2
11 Kadidiatou Diani A FRA 24 24 1814 13
12 Ashley Lawrence A CAN 24 16 1397 2
21 Sandy Baltimore A FRA 19 13 746 3
22 Signe Bruun A DNK 21 11 413 4
25 Davinia Vanmechelen A BEL 20 2 91 0
27 Melike Pekel A TUR 24 11 270 1

Trois mois

À trois mois de son entrée dans sa Coupe du monde, l’équipe de France de Corinne Diacre semble au complet et il est certainement déjà trop tard pour les joueuses qui n’ont pas déjà intégré la sélection.

Après une solide victoires contres les États-Unis, les Bleues ont perdu petitement contre l’Allemagne avant de se venger sur l’Uruguay. Ces matchs n’ont pas été l’occasion de grands bouleversement et les principaux enseignements viennent des joueuses qui n’ont pas été alignées.

L’Allemagne a mis fin à près d’un an d’invincibilité de l’équipe de France. Mais les Bleues sont bien placées pour savoir que les victoires de prestiges à quelques mois des phases finales des compétitions internationales n’ont pas de grande signification. D’ailleurs si le match des Françaises a été très décevant, comme si les joueuses de Corinne Diacre avaient inconsciemment obéi à l’injonction de celle qui souhaitait voir son équipe dans la défaite. Le résultat lui-même a surtout tenu au sens du but de Léa Schüller plus aiguisé ce soir-là que ceux de Marie Katoto et Gaëtane Thiney.

La réaction contre l’Uruguay n’est pas très significative contre un adversaire aussi faible. Ce deuxième match a surtout permis a certaines joueuses de marquer des points dans l’optique de leur présence dans la future les liste des 23. Les six buts ont été marqués par des joueuses dont le statut semble assez équivalent : assez bien placées pour avoir de bons espoirs – et entrer en jeu dans un match – mais ne faisant pas ou plus partie des cadres qui ont leur place assurée.

Charlotte Bilbault

Charlotte Bilbault

Viviane Asseyi avait disparu ponctuellement de la sélection alors que Valérie Gauvin fait face à la concurrence de Marie Katoto et que Grace Geyoro a perdu sa place de titulaire même si sa présence dans le groupe n’a jamais été remise en cause. Charlotte Bilbault et Maéva Clémaron quant à elles semblent en concurrence pour une place au milieu dans le groupe. Au-delà de leurs buts, toutes ont marqué des points dans le contexte d’un match certes facile.

Les jeux sont faits

Dix-huit joueuses ont participé à l’un des trois matchs disputés depuis le début de l’année et comme d’habitude, les autres ne sont venues que pour faire le nombre à l’entraînement. Corinne Diacre n’a fait que huit changements en trois matchs. Les quatre entrantes du match contre l’Allemagne étaient titulaires quatre jours plus tard alors que Marie Katoto est entrée deux fois en jeu autour d’une titularisation à Laval. Dix-sept joueuses ont donc été titularisées et seule Maéva Clémaron est seulement entrée en jeu.

En ajoutant Griedge Mbock blessée à l’occasion des deux rassemblements, les deux gardiennes Solène Durand et Pauline Peyraud-Magnin et Julie Debever qui ne joue jamais mais qui est toujours présente, on a pratiquement le nombre et il serait étonnant que plus d’une ou deux de ces joueuses soit absente au mois de juin hors blessure.

Trois mois avant l’échéance, l’heure n’est évidemment plus aux expérimentations surtout qu’aucune joueuse n’a fait irruption dans le paysage pour remettre en cause les choix déjà faits. Pour pallier les absences sur blessure de Griedge Mbock et Ève Périsset, ce sont ainsi Estelle Cascarino et Hawa Cissoko qui ont été appelées, soit deux joueuses qui avaient fait partie de la phase de recherche de la sélectionneuse mais qui n’étaient plus apparues depuis un an. Et ce ne sont ni leur absence d’entrée en jeu cette fois ni leurs prestations dans leurs clubs qui pourraient leur faire espérer bousculer la hiérarchie. Leur convocation ressemble à une manière de faire le nombre sans donner de faux espoirs à des nouvelles joueuses.

Le retour d’Ouleymata Sarr peut aussi être vu de cette manière même si la Lilloise a eu un statut plus affirmé chez les Bleues où elle compte trois fois plus de sélections que le total cumulé des deux défenseuses.

Première pour Soyaux

Le retour de l’ancienne parisienne et marseillaise est aussi un événement : elle est la première joueuse de Soyaux appelée par l’ancienne Sojaldicienne Corinne Diacre. Des quatorze clubs passés en D1 sous son mandat, seuls Albi et Metz n’ont jamais eu de sélectionnées. Sur le papier, cela confirme le discours sur l’importance de tous les clubs. Sur le terrain, seules cinq joueuses hors du quatuor de tête habituel et de l’Atlético ont été aperçues sur la pelouse cette saison. La Dijonnaise (et Barcelonaise jusqu’en décembre) Élise Bussaglia est un peu à part du haut de ses 184 sélections, il ne reste guère que la Bordelaise Viviane Asseyi (133 minutes), la Guingampaise Julie Debever (75), la Dijonnaise Kenza Dali (71) et la Floriacumoise Maéva Clémaron (34). Soit quatre des sept plus faibles temps de jeu des 24 joueuses alignées avec Annaïg Butel (90), Émelyne Laurent (31) et Ève Périsset (9).

Maéva Clémaron

Maéva Clémaron

Bref les rassemblements de l’équipe de France est ouvert aux joueuses de tous les clubs mais le terrain reste la chasse gardée de quelques uns.

Vingt-quatre joueuses ont été alignées cette saison, auxquelles ont peut ajouter deux gardiennes puisque seule Sarah Bouhaddi a joué mais qu’il en faudra bien trois. Il serait très étonnant que la liste du mois de juin comporte un nom hors de ceux là.

Bien entendu des joueuses comme Kheira Hamraoui, Aurélie Kaci ou Claire Lavogez qui ont attendu vainement une convocation depuis deux ans n’ont plus d’illusion. Mais les habituées de l’ère Diacre que sont Ouleymata Sarr et Aminata Diallo en sont réduites à espérer une défection pour avoir une chance de faire partie de l’aventure.

La météo des internationales

La liste des 23 est à peu près connue. Il peut rester une petite incertitude entre trois joueuses pour deux places de gardiennes remplaçantes, entre deux pour la dernière place au milieu et pour la dernière en attaque mais avec 26 noms, on est presque sûr d’avoir l’intégralité de la liste.

Gardiennes

Sarah Bouhaddi sera titulaire, Corinne Diacre l’a déjà annoncé. Il faut trouver deux autres joueuses pour faire la liste. Pour l’instant Solène Durand et Pauline Peyraud-Magnin semblent avoir une longueur d’avance sur Karima Benameur. Mais tout devrait se jouer entre ces trois là.

Défenseuses

Wendie Renard, Griedge Mbock et Aïssatou Tounkara qui a joué les trois premiers matchs de l’année en intégralité seront donc accompagnées de Julie Debever toujours présente, jamais alignée (présente lors des sept matchs de cette saison, elle compte moins de temps de jeu qu’Annaïg Butel qui n’a pourtant été appelée qu’une fois pour pallier une blessure).

À droite Marion Torrent sera titulaire et Ève Périsset devrait être sa remplaçante même si elle ne compte qu’une entrée en jeu cette saison. À gauche Amel Majri sera secondée par Sakina Karchaoui.

Sauf grosse surprise ou blessure, la liste défensive est déjà établie.

Milieux

Au milieu, Amandine Henry sera évidemment présente, Élise Bussaglia semble avoir profité de la retraite de Laura Georges pour reprendre son rôle d’ancienne et s’assurer une place à un moment où elle ne jouait plus à Barcelone. Grace Geyoro a perdu sa place de titulaire mais sa présence dans le groupe ne semble pas menacée d’autant que lors des deux derniers matchs, elle a été testée comme suppléante de Gaëtane Thiney au poste de meneuse de jeu.

Charlotte Bilbault semble en pôle position pour la quatrième place dans ce secteur de jeu même si Maéva Clémaron peut aussi espérer.

Sandie Toletti, Aminata Diallo ou Inès Jaurena voire Daphne Corboz qui ont eu leur chance avec Corinne Diacre et Kheira Hamraoui ou Aurélie Kaci qui ne l’ont pas eue semblent désormais hors course.

Attaquantes

Eugénie Le Sommer, Kadidiatou Diani et Gaëtane Thiney sont déjà certaines de faire partie de la liste. Les premiers matchs de l’année ont confirmé que Delphine Cascarino, Marie Katoto, Viviane Asseyi et Valérie Gauvin faisaient clairement partie des plans de la sélectionneuse. Il reste sans doute une place pour laquelle Kenza Dali, absente sur blessure contre l’Allemagne et l’Uruguay tient la corde mais pour laquelle Ouleymata Sarr n’a peut-être pas perdu tout espoir.

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Beaucoup de joueuses ont une cote à 1% pour ne pas avoir l’air de trop se dédire mais on aurait presque pu avoir une liste avec 19 joueuses à 100% et sept autres qui se partagent les quatre places restantes.

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE USA ALL URU P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 0 0 0 49,00%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 137 90 90 90 90 90 90 90 100,00%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 1,00%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 0 0 0 0 74,00%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 1,00%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 0 0 0 0 0 74,00%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 1,00%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE USA ALL URU P
Bacha Selma 17 Lyon 0 1,00%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 4,00%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 0 0 10,00%
Cissoko Hawa 22 Soyaux 2 0 0 4,00%
Debever Julie 30 Guingamp 2 0 74 0 1 0 0 0 80,00%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 22 0 0 90 0 0 90 0 100,00%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 1,00%
Lorgeré Charlotte 24 Guingamp 1 0 5,00%
Majri Amel 25 Lyon 44 90 90 0 90 90 0 90 100,00%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 47 90 90 90 90 100,00%
Périsset Ève 23 PSG 12 0 0 0 9 0 95,00%
Renard Wendie 28 Lyon 107 90 90 90 90 90 90 100,00%
Torrent Marion 26 Montpellier 18 90 16 90 81 90 90 90 100,00%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 10 0 0 89 90 90 90 100,00%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE USA ALL URU P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 13 19 90 15 25 0 23 90 70,00%
Bussaglia Élise 32 Dijon 184 82 75 90 90 67 0 95,00%
Clemaron Maéva 25 Fleury 3 0 15 0 0 19 25,00%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 0 1,00%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 5,00%
Geyoro Grace 21 PSG 19 90 0 90 0 0 6 90 100,00%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 1,00%
Henry Amandine 28 Lyon 81 71 8 65 90 90 71 100,00%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 1,00%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1,00%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 1,00%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE USA ALL URU P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 28 29 0 0 8 6 90 80,00%
Cascarino Delphine 21 Lyon 9 61 65 68 84 63 95,00%
Dali Kenza 27 Dijon 22 10 16 45 0 75,00%
Diani Kadidiatou 23 PSG 44 90 69 80 90 82 66 0 100,00%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 15 90 90 88 0 24 90 95,00%
Laurent Émelyne 20 Lyon 2 21 10 5,00%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 1,00%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 160 90 90 75 90 100,00%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 1,00%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 2,00%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 1,00%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 0 0 50,00%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 152 80 74 45 2 90 84 0 100,00%
Katoto Marie 19 PSG 4 25 22 90 27 95,00%

Six mois

Édition du 9/12/2018 : La Fifa a “corrigé une erreur administrative” la veille du tirage au sort et rectifié le tableau pour replacer le vainqueur du groupe F dans la première moitié de tableau.

La quasi totalité de cet article devient donc nulle et non avenue.

Le plateau de la Coupe du monde est désormais connu et il ne comporte pas de surprise à part peut-être la Jamaïque. Mais il ne manquera personne.

Place désormais au tirage au sort où comme d’habitude c’est plus l’agencement du tableau que la composition des six poules de quatre qui retiendra l’attention. Le tableau est conçu pour être favorable aux Bleues qui attendront principalement la tête de série du groupe D qui sera leur principal obstacle sur la route de la finale.

Dans six mois aura lieu la Coupe du monde en France. Les Bleues n’ayant pas disputé de match depuis le mois dernier, la cote des joueuses n’a pas vraiment évolué même si Clarisse Le Bihan est peut-être en train de marquer des points avec Montpellier pour accrocher une place dans la liste.

Mais depuis la dernière fois, toutes les places pour la Coupe du monde ont été attribuées. Il n’y a presque pas de surprise, les dix meilleures nations mondiales seront là et 17 des vingt premières au classement Fifa. Chaque confédération envoie globalement ses meilleures représentantes : le plateau à 24 équipes limite le risque d’une absence majeure.

Cinq finales et les Pays-Bas par les barrages

En Europe l’Angleterre, l’Écosse, la Norvège, la Suède et l’Allemagne ont remporté leurs finales respectives contre le Pays de Galles, la Suisse, les Pays-Bas, le Danemark et l’Islande pour rejoindre l’Italie et l’Espagne qui étaient déjà qualifiées.

La revanche de l’Allemagne contre l’Islande prive non seulement les joueuses du nord de la qualification mais aussi d’une place en barrage à cause de deux nuls concédés aux Tchèques. Du coup, ce sont les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique et le Danemark qui se sont disputé la dernière place.

Dans la revanche de la finale de l’Euro, les coéquipières de Lieke Martens ont battu deux fois celles de Pernille Harder, pendant que la Suisse éliminait la Belgique grâce à un but supplémentaire marqué à l’extérieur après deux nuls. Et en finale, les championnes d’Europe ont fait la différence lors de la seconde mi-temps du match aller contre une équipe suisse privée de Lara Dickenmann et Ramona Bachmann. Le but de Vivianne Miedema au match retour éteignait ensuite tout suspense malgré l’égalisation de Coumba Sow. La Coupe du monde ne sera donc pas privée de l’équipe championne d’Europe.

Neuf des onze équipes européennes les mieux classées par la Fifa seront donc en France l’été prochain, l’Italie ayant profité d’un groupe plus abordable que le Danemark et l’Écosse ayant devancé à la régulière la Suisse.

La surprise jamaïcaine

La zone Concacaf – Amérique du Nord et du Centre et Caraïbes – dispose de trois places pour deux équipes capables de jouer les premiers rôles. Autant dire que les États-Unis et le Canada n’ont jamais été en danger durant la Gold Cup qui servait d’éliminatoires. Avec trois victoires en poules (pour des différence de buts respectives de 18-0 et 17-1), suivis de demi-finales remportées 6-0 et 7-0, la question de la qualification n’était pas posée et la victoire 2-0 des Américaines sur les Canadiennes leur permet simplement de remporter leur huitième titre en dix éditions (les deux autres étant remportés par leur adversaires de la finale).

Le niveau de ces deux équipes vaut à la confédération de disposer d’un troisième ticket pour lequel le Mexique voire le Costa Rica étaient favoris. Mais les premières ont été battues au premier tour par Panama et les secondes par la Jamaïque. Après les demi-finales pour du beurre contre les favorites, Panaméennes et Jamaïcaines se retrouvaient dans un match pour la troisième place en forme de barrage pour la Coupe du monde, remporté par les Caribéennes grâce à un but de Khadija Shaw.

Comme l’équipes masculine en 1998, la Jamaïque jouera sa première Coupe du monde en France l’an prochain. L’équipe du Panama avait ensuite une seconde chance en barrage contre l’Argentine mais les Sud-Américaines l’emportaient 4-0 à l’aller avec deux buts au bout du temps additionnel et pouvaient gérer le match retour.

L’Argentine accompagne le Brésil et le Chili pour la zone Conmebol. Argentines et Chiliennes ont sorti la Colombie habituelle représentante sud-américaine dans les phases finales mais la confédération envoie trois de ses quatre meilleures représentantes.

Première pour l’Afrique du Sud

La Coupe d’Afrique des Nations disputée en novembre au Ghana délivrait trois des dernières places pour le mondial. Elle commençait par un imbroglio concernant la Guinée équatoriale, disqualifiée et remplacée par le Kenya puis repêchée à quelques jours de la compétition. Mais cela n’avait pas vraiment d’impact sur la qualification pour la Coupe du monde puisque la Guinée équatoriale est de toute façon exclue par la Fifa pour usage de fausses licences et qu’elle perdra ensuite ses trois rencontres.

Dans la poule A le Ghana, deuxième meilleure équipe africaine et évoluant à domicile faisait figure de favori face au Cameroun, au Mali et à l’Algérie. Mais après une courte victoire contre les Algériennes, les Black Stars étaient défaites par le Mali et ne parvenaient pas à se rattraper en concédant le nul contre le Cameroun vainqueur de ses deux premiers matchs. Camerounaises et Maliennes rejoignaient donc les demi-finales.

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Dans l’autre poule, l’Afrique du Sud créait la surprise en battant les quasi-invincibles Nigérianes et complétait avec un facile victoire sur la Guinée équatoriale et un nul contre la Zambie pour finir en tête. Toutefois les Super Falcons remportaient leurs deux matchs suivant pour l’accompagner en demi-finales.

Bien que vainqueur de sa poule, le Cameroun était donc opposé en demi-finale à l’ogre nigerian et devait s’avouer vaincu à l’issue des tirs aux buts après un nul 0-0. L’Afrique du Sud battait le Mali 2-0 et filait vers la France en capitalisant sur sa victoire initiale.

La finale était – comme d’habitude – remportée par le Nigeria, à nouveau aux tirs aux buts après un match nul 0-0 pour un troisième titre d’affilée, le dixième en douze éditions.

Le Cameroun et le Mali se retrouvaient après leur affrontement du premier tour pour un match autrement important puisqu’il envoyait le vainqueur à la Coupe du monde. Comme deux semaines auparavant, les Camerounaises de Christine Manie l’emportaient et complètent donc le plateau.

Trois des quatre meilleures nations africaines iront en France, avec une grosse déception pour le Ghana qui avait pourtant l’avantage de jouer sa qualification à domicile.

La Nouvelle-Zélande sans surprise

La dernière place ne faisait pas de doute mais il fallait que la Nouvelle-Zélande dispute les matchs afin d’être officiellement qualifiée. Le dernier ticket se jouait lors de la Coupe d’Océanie disputée en Nouvelle Calédonie et comme prévu, il n’y eut pas de débat : 11-0 contre les Tonga, 6-0 contre les Îles Cook et 10-0 contre le Fidjis, puis 8-0 contre la Nouvelle Calédonie en demi-finale et 8-0 à nouveau contres les Fidjis en finale, les Football Ferns sont seront sans surprise en France l’été prochain.

Répartition par chapeau et par confédération
Confédération \ Chapeau 1 2 3 4 Total
AFC 1 1 3 5
CAF 3 3
CONCACAF 2 1 3
CONMEBOL 1 2 3
OFC 1 1
UEFA 3 4 2 9
Total 6 6 6 6 24

Sur mesure pour les Bleues

Le plateau est désormais complet, il est temps de passer au tirage au sort qui aura lieu le 8 décembre. Comme il y a quatre ans, la compétition va se disputer à 24 équipes, réparties en six groupes de quatre, d’où sortiront les deux premiers et les quatre meilleures troisièmes pour disputer des huitièmes de finale, dans un format utilisé chez les garçons entre 1986 et 1994.

Les équipes sont réparties en quatre chapeaux suivant le classement Fifa au jour du tirage au sort1. Les écarts sont tels qu’il ne devrait pas y avoir de changement entre le dernier classement connu à ce jour et le prochain qui puisse changer la composition des chapeaux.

Chapeau 1
Équipe Pos. Pts. Conf.
États-Unis 1 2114 CONCACAF
Allemagne 2 2060 UEFA
Angleterre 3 2034 UEFA
France 4 2033 UEFA
Canada 5 2014 CONCACAF
Australie 6 2012 AFC
Chapeau 2
Équipe Pos. Pts. Conf.
Japon 7 1981 AFC
Brésil 8 1973 CONMEBOL
Suède 9 1964 UEFA
Pays-Bas 10 1963 UEFA
Espagne 12 1916 UEFA
Norvège 13 1907 UEFA
Chapeau 3
Équipe Pos. Pts. Conf.
Corée du Sud 14 1880 AFC
Chine 15 1876 AFC
Italie 17 1855 UEFA
Écosse 19 1811 UEFA
Nouvelle-Zélande 20 1810 OFC
Thaïlande 28 1677 AFC
Chapeau 4
Équipe Pos. Pts. Conf.
Argentine 37 1633 CONMEBOL
Nigeria 38 1607 CAF
Chili 39 1594 CONMEBOL
Cameroun 49 1478 CAF
Afrique du Sud 50 1446 CAF
Jamaïque 64 1387 CONCACAF

Cette répartition n’étant pas géographique, le tirage au sort sera dirigé pour assurer qu’aucun groupe n’aura plusieurs équipes de la même confédération ou plus de deux équipes européennes. Pour la France, cela augmente légèrement la probabilité de tomber sur le Japon voire le Brésil dans le deuxième chapeau.

Mais comme souvent, la composition de la poule de l’équipe de France n’aura à ce stade que peu d’importance : la répartition est assez homogène et à moins de tomber sur la Thaïlande qui semble nettement plus faible que les autres équipes du troisième chapeau, tous les groupes possibles seront assez équivalents.

Depuis la prise de fonction de Corinne Diacre, les Bleues ont rencontré trois de leurs six adversaires potentiels du second chapeau pour deux victoires contre le Brésil et l’Espagne et un nul contre la Suède disputé il y a un an, avant le big bang de la SheBelieves Cup avec une équipe dont la moitié ne sera pas titulaire l’an prochain et dont un tiers ne devrait même pas faire partie du groupe.

La Norvège et les Pays-Bas étaient deux des trois équipes affrontées lors de la préparation pour le dernier Euro, pour un nul et une victoire. La dernière confrontation avec le Japon remonte à l’Algarve 2015 avec là aussi une large victoire. Autant dire que s’il faudra jouer les matchs, aucun adversaire de ce deuxième chapeau n’est hors de portée des Bleues actuelles.

La remarque vaut évidemment encore plus pour les équipes des troisième et quatrième chapeaux : les Bleues en ont affronté huit sur douze depuis la dernière Coupe du monde (incluse), ne concédant qu’un nul en début d’année contre l’Italie.

Dans l’optique de remporter la Coupe du monde – ou au moins de se hisser en demi-finale – aucun des tirages possibles ne doit donc faire peur aux joueuses de Corinne Diacre pour le premier tour, il suffit d’espérer mollement la Thaïlande pour rendre les choses plus faciles mais c’est à peu près tout.

La structure du tableau fait qu’il faudra par contre s’intéresser de très près à la position des autres têtes de série. Les Bleues sont d’office placées dans le groupe A, celui qui jouera le match d’ouverture au Parc de Princes le 7 juin. Elles joueront ensuite à Nice et Rennes.

En cas de première place, elles joueraient ensuite un huitième de finale au Havre, puis un quart au Parc des Princes, les deux demi-finales et la finale étant disputées au Stade des Lumières de Lyon. En cas de deuxième place, ce serait Nice puis éventuellement Le Havre et en cas de troisième place, Montpellier puis Valenciennes ou Grenoble puis Rennes.

L’importance du groupe D

Mais ce n’est pas la géographie qui importe. Comme d’habitude, l’équipe du pays organisateur bénéficie d’un tableau cousu main. Comme le Canada en 2015, si la France finit en tête de son groupe, elle affrontera le troisième d’une autre poule. Et en cas de victoire, elle sera confrontée au vainqueur d’un duel entre seconds. Ce qui lui permettrait d’atteindre les demi-finales sans avoir rencontré une équipe ayant remporté son groupe du premier tour. Et si elle finit deuxième de son groupe, elle rencontrera le deuxième d’un autre groupe avant d’affronter éventuellement en quart de final un premier de groupe.

Mais au contraire du Canada il y a quatre ans, les deux parties du tableau ne sont pas équilibrées : dans la partie haute, on ne retrouvera que le vainqueur du groupe A de la France et celui du groupe D. Les quatre autres vainqueurs du premier tours seront envoyés dans l’autre partie du tableau pour s’affronter éventuellement dès les quarts.

La conséquence de ce tableau, c’est qu’à condition d’éviter que les États-Unis et l’Allemagne ne se retrouvent dans le groupe D2, que ces tout le monde tienne son rang au premier tour et bien sûr que les Bleues finissent à l’une des deux premières places de leur poule, elles auraient une route dégagée avec potentiellement aucune équipe mieux classée jusqu’à la finale3. Cela serait en quelque sorte le contraire du tableau proposé il y a quatre ans où le quart contre l’Allemagne était annoncé, suivi éventuellement d’une demi-finale contre les États-Unis.

Cet avantage théorique nécessiterait bien sûr d’être confirmé sur le terrain. À Rio, le quart de finale contre le Canada était sur le papier une bonne affaire.

Enfin, tout bien échafaudé qu’il soit, ce plan nécessite que la tête de série du groupe D soit la plus faible possible, a priori l’Australie ou le Canada. Mais si c’était les États-Unis ou l’Allemagne4, cela rendrait la première place du groupe impérative.

La contrepartie de ce tableau, c’est qu’une troisième place envoie directement en enfer affronter toutes les meilleures équipes du monde. Mais autant l’équipe de 2017 dans la foulée d’un Euro affreux pouvait laisser craindre qu’il faille en passer par une place de meilleur troisième pour s’extirper du premier tour, autant l’équipe de 2018 n’aura pas d’excuse de ne pas sortir de poule par le haut.

En résumé, un bon tirage pour la France serait la Thaïlande dans le chapeau 3, l’Australie ou le Canada dans le groupe D et peu importe le reste.

Tableau final prévisionnel
8e de finale Quarts de finale Demi-finales Finale
A2 A2 ou C2 D1 D1 ou A1
C2
D1 D1
B/E/F3
A1 A1 A1
C/D/E3
B2 B2 ou F2
F2
C1 C1 C1 ou E1 B1, C1, E1 ou F1
A/B/F3
E1 E1
D2
B1 B1 B1 ou F1
A/C/D3
F1 F1
E2

Sept mois

Les Bleues terminent l’année sur une victoire convaincante contre le Brésil, la septième d’affilée cette année, dans un système à trois défenseuses déjà vu contre l’Australie qui élargit leur palette tactique.

Ce match a aussi été l’occasion des débuts de Marie Katoto. La sélection pour la Coupe du monde ne se précise pas tellement sinon : au-delà d’un noyau de joueuses titulaires déjà connues, la place des autres est encore très loin d’être réservée.

Depuis 2014, le Brésil est un traditionnel adversaire automnal des Bleues (sauf l’an dernier) qui totalisent désormais trois victoires lors des quatre dernières confrontations et qui sont pour le reste invaincues contre les Sud-américaines avec aussi cinq matchs nuls (parfois au printemps). Cette fois l’équipe brésilienne était privée de plusieurs joueuses dont Marta mais présentait une opposition conséquente. La victoire 3-1 obtenue à Nice est la septième d’affilée, série débutée contre l’Allemagne lors de la SheBelievesCup et composée d’une bonne moitié d’équipe de haut niveau (Allemagne, Canada, Australie, Brésil).

Avec ces résultats1, l’équipe de France devrait finir l’année à la troisième place du classement mondial, position qu’elle occupait déjà dans les fins d’années qui ont précédé ses trois dernières phases finales. La dernière défaite remonte à la leçon infligée par l’Angleterre à la SheBelieves Cup, leçon qui a mené au retour à une équipe moins expérimentale dès le match suivant contre les États-Unis soldé par un nul puis sur la série de victoires en cours.

Ce 4-1 concédé aux joueuses de Phil Neville restera donc sans doute comme le tournant principal sur la route vers la Coupe du monde à domicile. Depuis s’est mise en place une équipe type dont la composition est sans doute très proche de ce qu’elle aurait été sous les ordres de Philippe Bergerôo ou Olivier Echouafni. À grands traits, les retraitées et blessées de longue durée ont été remplacées par des joueuses déjà dans le groupe et par quelques entrantes de la jeune génération.

Fidèle à se promesses, Corinne Diacre a fait débuter un grand nombre de joueuses, 15 en 16 matchs, soit autant que Philippe Bergerôo en 55, alors qu’Olivier Echouafni n’en avait lancé que 4 avec un match de moins qu’elle (mais avec une phase finale dedans, moins propice aux expérimentations).

Marion Torrent s’est imposée

Mais trois de ces quatre joueuses (Delphine Cascarino, Aïssatou Tounkara et Ève Périsset) ont joué contre le Brésil et la quatrième (Grace Geyoro) a toutes les chances d’être titulaire au mondial. A contrario, 8 des débutantes de Corinne Diacre2 ont déjà disparu alors que deux autres qui semblaient avoir fait leur trou n’ont pas été appelées cette fois3. Sous un autre angle, quatre de ces débutantes seulement sont apparues plus de deux fois sur le terrain, dont trois ne sont plus appelées actuellement. Seule Marion Torrent a durablement trouvé sa place chez les Bleues4, en attendant que Marie Katoto voire Émelyne Laurent ne s’installent – la probabilité de voir Maéva Clémaron ou Julie Debever faire une longue carrière internationale semblant plus faible.

Première pour Marie Katoto

Première pour Marie Katoto

En dehors de Marion Torrent donc, des jeunes Valérie Gauvin (déjà vue sous Philppe Bergerôo) et Delphine Cascarino et d’Amel Majri qui était alors blessée, les joueuses titularisées contre le Brésil étaient à l’Euro 2017 où elles étaient en général titulaires. Enfin en dehors de Julie Debever, entrée à la 90e minute, les seize joueuses entrées en jeu samedi venaient toutes de l’habituel quatuor de clubs habitués à être en tête de la D1, et des deux clubs en tête de la Liga espagnole.

Comme le soulignait Philippe Bergerôo après les Jeux Olympiques de Rio, le réservoir français n’est pas infini en joueuses de niveau international et il était donc prévisible que la solution pour relancer l’équipe de France après son Euro raté ne viendrait pas principalement d’un renouvellement des joueuses. La sélectionneuse en a sans doute bien conscience qui axe beaucoup sa communication sur l’état d’esprit et le rôle dans le groupe des joueuses qui jouent pas ou moins, surtout dans le futur contexte d’une phase finale où il faudra vivre ensemble pendant un mois si tout va bien.

Poursuite des expérimentations tactiques

Mais la manière de faire évoluer les (mêmes) joueuses sur le terrain est aussi importante. Pour la deuxième fois après l’Australie, la France a évolué avec une défense à trois. L’animation offensive était cette fois différente puisque devant la doublette du milieu, on avait une triplette d’attaquantes là où il y avait une meneuse et deux attaquantes contre les Matildas. L’organisation a donné pleinement satisfaction, tant sur le plan défensif – le but encaissé étant plutôt imputable à une déconcentration de fin de match – qu’offensif. Les ailières Delphine Cascarino et Kadidiatou Diani5 ont eu une position assez axiale laissant beaucoup d’espace pour les latérales Marion Torrent et Amel Majri.

Outre la diversité des possibilités qu’il offre, ce système permet aussi de faire jouer Amel Majri plus haut que dans une défense à quatre, alors qu’elle n’évolue plus jamais en défense à Lyon.

Enfin si le choix des joueuses aligné était donc d’un grand classicisme, ce match contre le Brésil a été l’occasion des grands débuts de Marie Katoto sous le maillot de l’équipe de France A. Elle a remplacé peu après l’heure de jeu Delphine Cascarino et a évolué dans le couloir gauche. La prestation courageuse mais sans grande efficacité de Valérie Gauvin devrait lui ouvrir un boulevard pour jouer dans l’axe. Les prestations cette fois de Delphine Cascarino et la fois précédente d’Émelyne Laurent tandis qu’Eugénie Le Sommer et Kadidiatou Diani sont bien installées (et qu’Amel Majri pourrait bien postuler devant aussi) semblent saturer les postes offensifs (surtout avec Gaëtane Thiney et Kenza Dali pour occuper le poste de meneuse le cas échéant). Viviane Asseyi et Ouleymata Sarr qui étaient deux joueuses symboliques de l’ère Diacre sont sorties du groupe et leur retour n’ira donc pas de soi.

La météo des internationales

Gardiennes

Pas vraiment d’évolution : Sarah Bouhaddi est désormais intronisée titulaire, Karima Benameur avait été laissée à disposition de l’équipe B pour avoir du temps de jeu mais a été rappelée pour palier la blessure de Pauline Peyraud-Magnin et Solène Durand est revenue. Seule nouveauté, la Floriacumoise Maryne Gignoux-Soulier a été appelée en équipe de France B pour épauler Laetitia Philippe. Pas encore de quoi bousculer la hiérarchie.

Défenseuses

Le match contre le Brésil n’a fait que confirmer la hiérarchie actuelle où Julie Debever semble s’installer pour une place dans le groupe et où Aïssatou Tounkara est de retour après sa blessure de la SheBelieves Cup. Là aussi la seule nouveauté vient de l’équipe de France B où la Franco-Canadienne Vanessa Gilles a été appelée.

Milieux

Élise Bussaglia a disputé toute la rencontre, ce qui lui donne un temps de jeu nettement supérieur en sélection qu’en club. Comme pour Laura Georges l’an dernier, elle semble avoir la confiance de la sélectionneuse mais son challenge sera de jouer assez durant la saison pour rester compétitive. Aminata Diallo n’est pas revenue (mais elle a joué avec l’équipe de France B) alors que Charlotte Bilbault semble s’imposer comme la quatrième récupératrice du groupe. Mais la hiérarchie a tellement été rebattue depuis un an et demi que tout reste à faire.

Attaquantes et meneuses

La partie offensive est celle où les choses semblent le plus ouvertes d’autant que les essais tactiques demandent des profils légèrement différents suivant les matchs. Ainsi Gaëtane Thiney n’a quasiment pas joué contre le Brésil dans un système sans meneuse, même si un poste d’attaquante peut aussi lui convenir.

Si l’arrivée de Marie Katoto était attendue, les absences d’Ouleymata Sarr et Viviane Asseyi l’étaient moins. Delphine Cascarino a été appelée de dernière minute pour suppléer Eugénie Le Sommer, puis elle a débuté et marqué et si les blessures la laissent tranquille, sa présence ne devrait pas faire de doutes.

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 0 0 0 70,00%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 134 90 90 90 90 100,00%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10,00%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 0 50,00%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10,00%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 0 0 50,00%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10,00%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Bacha Selma 17 Lyon 0 1,00%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 25,00%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 1,00%
Debever Julie 30 Guingamp 2 0 74 0 1 42,00%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 21 0 0 90 0 95,00%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 1,00%
Majri Amel 25 Lyon 42 90 90 0 90 100,00%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 47 90 90 90 90 100,00%
Périsset Ève 23 PSG 12 0 0 0 9 90,00%
Renard Wendie 28 Lyon 104 90 90 90 100,00%
Torrent Marion 26 Montpellier 15 90 16 90 81 100,00%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 7 0 0 89 95,00%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 11 19 90 15 25 57,00%
Bussaglia Élise 32 Barcelone 182 82 75 90 70,00%
Clemaron Maéva 25 Fleury 2 0 15 0 10,00%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 0 5,00%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 50,00%
Geyoro Grace 21 PSG 17 90 0 90 0 100,00%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 1,00%
Henry Amandine 28 Lyon 78 71 8 65 100,00%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 1,00%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1,00%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 5,00%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM BRE P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 0 0 65,00%
Cascarino Delphine 21 Lyon 6 61 65 90,00%
Dali Kenza 27 Dijon 22 10 16 45 75,00%
Diani Kadidiatou 23 PSG 42 90 69 80 90 100,00%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 13 90 90 88 90,00%
Laurent Émelyne 20 Lyon 2 21 10 39,00%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 1,00%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 159 90 90 75 100,00%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 25,00%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 15,00%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 5,00%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 50,00%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 150 80 74 45 2 100,00%
Katoto Marie 19 PSG 1 25 95,00%

Huit mois

La sélectionneuse de l’équipe de France a profité des matchs du mois d’octobre pour tester de nouveaux systèmes de jeu afin de s’offrir des possibilités tactiques et de sortir ses joueuses de leur zone de confort. Les deux victoires ne doivent pas masquer quelques difficultés mais elles ne seront que positives à condition d’en tirer les bonnes conclusions.

Dans la course à la liste des 23, certaines positions ont évolué. Kenza Dali semble avoir pris une option sur la place de deuxième meneuse et Marie Katoto gagné des points sans avoir jamais été appelée.

Pendant que la Suisse et les Pays-Bas se défaisaient de la Belgique et du Danemark pour accéder au dernier tour de barrage et que les États-Unis et le Canada validaient leur ticket pour l’été prochain, la France continuait sa préparation.

Les matchs du mois d’octobre ont été l’occasion de nouveaux essais et se sont conclu par deux victoires. Il faudra être prudent avant de tirer des conclusions de ces résultats acquis contre une équipe d’Australie privée des joueuses évoluant en NWSL et une faible équipe camerounaise à la préparation tronquée.

Ces matchs ont été l’occasion pour Corinne Diacre de tester deux systèmes : un 3-5-2 contre l’Australie et un 4-4-2 losange contre le Cameroun. Il s’agissait d’enrichir la palette tactique à disposition des Bleues et de les tester en dehors de leur zone de confort.

Contre l’Australie, Julie Debever a fait ses débuts en bleu, profitant de la défense à trois pour jouer aux côtés de Wendie Renard et Griedge Mbock et elle a fait un match tout à fait convaincant, face à un adversaire qui est resté très inoffensif. Sa présence répétée marque la confiance que lui porte Corinne Diacre mais contre le Mexique en septembre, c’est Annaïg Butel qui avait joué.

La Parisienne était cette fois blessée et la hiérarchie n’est donc pas encore clairement établie maintenant qu’Aïssatou Tounkara est de retour, elle qui était clairement le premier choix derrière le duo titulaire avant sa blessure.

Eugénie Le Sommer relayeuse

L’événement principal du match contre le Cameroun était non seulement le milieu en losange mais le positionnement d’Eugénie Le Sommer en relayeuse. Le parti pris de positionner très systématiquement l’attaquante le plus loin possible du but est étonnant même si ça ne l’a pas empêché de faire un très bon match et de marquer. Mais face à une opposition composée principalement de joueuses de D2 et dont une partie n’étaient arrivée en France que la veille au soir, elle aurait certainement été dans le ton même comme arrière latérale.

Du côté des gardiennes, les choses ont beaucoup évolué. D’abord Corinne Diacre a désormais officialisé la position de numéro une de Sarah Bouhaddi. Ce n’est pas vraiment une surprise tant la différence de niveau avec ses concurrentes est importante. Pour les deux autres places, Karima Benameur est revenue dans le groupe tout comme Pauline Peyraud-Magnin qui semble avoir remporté son pari risqué de trouver du temps de jeu en allant à Arsenal entrer en concurrence avec la championne d’Europe Sari van Veenendaal puisqu’elle a systématiquement été titularisée dans l’équipe qui caracole en tête de FAWSL. Les jeux ne semblent pas faits pour ces deux places, d’autant que la saison de Mylène Chavas vient de commencer.

En défense, en dehors de la titularisation de Julie Debever et du retour d’Aïssatou Tounkara, il n’y a pas eu réellement de nouveaux enseignements : la charnière lyonnaise reste solide au poste, Marion Torrent reste devant Ève Périsset à droite, Sakina Karchaoui est toujours la concurrente d’Amel Majri à gauche. Toutefois le 352 contre l’Australie a été l’occasion de voir la Lyonnaise plus haut et son pendant à droite était Kadidiatou Diani.

Clavicule cassée pour Amandine Henry

Au milieu, Amandine Henry n’a joué que 8 minutes, avant de sortir blessée à l’épaule. Charlotte Bilbault et Élise Bussaglia ont été pour l’occasion les doublures de la capitaine et de Grace Geyoro. Maéva Clémaron a connu sa deuxième sélection dans un groupe qu’elle fréquente assidûment depuis le début de l’année. A contrario, Aminata Diallo n’a pas été appelée pour la première fois depuis un an et sa place qui semblait assurée est peut-être plus précaire que prévue.

Au poste de meneuse, Kenza Dali a remplacé en cours de jeu pour les deuxième et troisième fois d’affilée Gaëtane Thiney et elle semble bien partie pour en être (au moins) la doublure.

Devant, outre Eugénie Le Sommer, Valérie Gauvin a joué les deux matchs en intégralité, et elle a donc été titularisée six fois lors des sept derniers matchs (elle était absente sur blessure contre le Mexique) et elle a semblée aussi empruntée que son début de saison à Montpellier.

Il semble que c’est Olivier Echouafni qui a demandé à ce que Marie Katoto ne soit pas encore sélectionnée, pour lui laisser le temps de se remettre de sa Coupe du monde M20 ratée. Son début de saison semble montrer que c’est le cas. Il va finir par ne plus être possible de se passer de l’attaquante parisienne qui n’est plus du tout un espoir à tester mais la meilleure attaquante française actuelle avec Eugénie Le Sommer.

Comme Aminata Diallo, deux attaquantes qui symbolisait les débuts de l’ère Corinne Diacre semblent avoir perdu du crédit : Viviane Asseyi n’est pas entrée en jeu et Ouleymata Sarr n’était même pas dans la liste.

Les postes sur les côtés de l’attaque sont encore ouverts et n’ont pas beaucoup avancé en raison des systèmes de jeu employés cette fois. Mais Kaditiatou Diani a joué les deux matchs dans des positions variables et Émelyne Laurent l’a remplacée deux fois de façon assez convaincante. Toutefois dans l’état actuel de la situation des deux joueuses à Lyon, il serait étonnant qu’elle soit déjà passée devant Delphine Cascarino (absente pour blessure).

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 0 0 80,00%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 133 90 90 90 100,00%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10,00%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 45,00%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10,00%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 0 0 45,00%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10,00%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Bacha Selma 17 Lyon 0 5,00%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 50,00%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 5,00%
Debever Julie 30 Guingamp 1 0 74 0 19,00%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 21 0 0 90 95,00%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 5,00%
Majri Amel 25 Lyon 41 90 90 0 100,00%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 46 90 90 90 100,00%
Périsset Ève 23 PSG 11 0 0 0 80,00%
Renard Wendie 28 Lyon 103 90 90 100,00%
Thibaud Julie 20 Bordeaux 0 1,00%
Torrent Marion 26 Montpellier 14 90 16 90 100,00%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 6 0 0 90,00%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 10 19 90 15 50,00%
Bussaglia Élise 32 Barcelone 181 82 75 60,00%
Clemaron Maéva 25 Fleury 2 0 15 10,00%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 5,00%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 59,00%
Geyoro Grace 21 PSG 17 90 0 90 100,00%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 5,00%
Henry Amandine 28 Lyon 77 71 8 100,00%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 5,00%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1,00%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 5,00%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. MEX AUS CAM P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 0 0 75,00%
Cascarino Delphine 21 Lyon 5 61 75,00%
Dali Kenza 27 Dijon 22 10 16 45 75,00%
Diani Kadidiatou 23 PSG 41 90 69 80 100,00%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 12 90 90 75,00%
Laurent Émelyne 20 Lyon 2 21 10 15,00%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 5,00%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 156 90 90 75 100,00%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 40,00%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 20,00%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 20,00%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 70,00%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 149 80 74 45 100,00%
Katoto Marie 19 PSG 0 80,00%

La D1 dans la lumière

La saison de D1 qui vient de débuter marque peut-être le début d’une nouvelle ère. Le championnat va être sous les feux des projecteurs avec une exposition télévisée sans précédent et en ligne de mire la Coupe du monde à domicile. Pour autant, le suspense ne devrait pas être au rendez-vous pour le titre. Mais l’ensemble du plateau sera sans doute plus resserré.

Cause ou conséquence de cette médiatisation croissante, l’emprise du monde professionnel masculin s’accentue également. Neuf clubs et sept entraîneurs en sont issus.

La période des transferts en D1 se termine aujourd’hui entre la troisième et la quatrième journée de la compétition et il est désormais possible d’avoir une idée à peu près claire sur les effectifs qui vont jouer cette saison.

Neuf clubs de D1 sur douze sont des sections féminines de clubs professionnels masculins de L1 ou L2, alors que Rodez et Fleury ont également une équipe masculine respectivement en National et National 2. Soyaux reste le seul club exclusivement féminin en D1 et l’un des rares qui n’est pas adossé à un club à statut professionnel.

Ce n’est pas une nouveauté mais le phénomène va en s’accentuant puisque l’Olympique de Marseille et l’ASPTT Albi ont été remplacés par le FC Metz et le Dijon FCO, alors que Juvisy s’efface de plus en plus derrière le PFC, son nom n’apparaissant plus sur les maillots sous le blason du club parisien.

Un autre phénomène confirme cette tendance. S’il y a toujours aussi peu d’entraîneuse – Sabrina Viguier à Rodez ayant repris le flambeau détenu jusque là par Sarah M’Barek à Guingamp et occupant désormais le rôle qu’elle occupait officieusement jusque là – la majorité des clubs sont désormais entraînés par des hommes ayant été joueurs professionnels, près de la moitié ayant même joué en Ligue 1.

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Sabrina Viguier (Rodez) / photo: footofeminin.fr

Reynald Pedros, ancien international A est évidemment la tête d’affiches de cette confrérie mais il a été rejoint cette saison par quatre autres anciens joueurs pro. Pendant que l’actuel entraîneur lyonnais remportait le titre de champion de France en 1995, le FC Gueugnon réussissait l’exploit de monter en première division. Dans ses rangs se trouvaient Yannick Chandioux et David Fanzel qui participeront ensuite à l’unique saison du club dans l’élite. Les deux hommes sont désormais les entraîneurs des deux clubs promus en D1, respectivement Dijon et Metz.

Guingamp et le PSG ont également choisi de confier leur équipe féminine à d’ancien joueurs professionnels, Frédéric Biancalani chez les Bretonnes et l’ancien sélectionneur des Bleues Olivier Echouafni à Paris. Si l’on ajoute Jean-Louis Saez, ancien joueur de la maison montpelliéraine et brièvement entraîneur d’Arles-Avignon en Ligue 1 et Dominique Carlier, nouvel entraîneur du LOSC qui a longtemps joué puis entraîné en Ligue 2, les bancs de D1 semblent désormais des places intéressantes dans une carrière d’entraîneur. Difficile de dire s’il faut plutôt se réjouir de ce que la discipline soit désormais prise au sérieux ou se lamenter de ce qu’aucune place ne soit laissée à des entraîneuses de valeur. D’autant que si les anciens joueurs professionnels sont majoritaires, peu arrivent avec de vraies références sur un banc.

Une D1 100% télévisée

Ce n’est sans doute ni une cause ni une conséquence mais les fruits communs d’une montée en puissance mais ces clubs et ces entraîneurs vont vivre une saison médiatisée comme jamais elle ne l’a été. Il y a moins de deux saisons, la FFF bricolait les résumés des journées de D1 qu’elle présentait sur son site web à partir des images tournées par des amateurs dévoués. Il faut dire qu’Eurosport et France 4 qui disposaient des droits de la compétition n’en faisaient pas un grand usage. Et encore, quelques années auparavant, les matchs dont existaient plus d’une ou deux minutes d’images se comptaient sur les doigts d’une seule main dans une saison.

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Candice Prévost interroge Ada Hegerberg (Lyon) pour Canal+ / photo: footofeminin.fr

Désormais la FFF a confié son destin au groupe Canal+ avec pour mission de valoriser la discipline. Tous les matchs seront donc produits et quasiment tous seront diffusés en direct, un ou deux sur une chaîne à peu près accessible (Canal+ Sport en général) et les autres sur des canaux plus confidentiels (Foot+ ou Multisports) mais ayant le mérite d’exister. Certaines parties pourraient même être diffusées sur les antennes en clair du groupe, C8 et CStar.

La D1 profite de la perte des Coupes d’Europe masculine par Canal+ et de la probable disparition de la Ligue 1 sur ses antennes la saison prochaine pour devenir l’un de ses produits d’appel sportif avec le Top 14 de rugby. À moins d’un an de la Coupe du monde en France, tout est réuni pour que le grand public ne puisse plus ignorer la première division et les équipes qui la composent.

Le retour du synthétique

Nécessité de la réalisation télévisée ou conséquence de la croissance des clubs, plusieurs équipes déménagent cette saison : Bordeaux coupe un peu plus le lien qui le rattachait à l’ES Blanquefort en quittant le stade Jean-Pierre-Delhomme pour le stade Robert-Monseau à Saint-Médard-en-Jalles, Guingamp fait de même avec le Stade Briochin en abandonnant le stade Fred-Aubert pour jouer au centre d’entraînement du club à Pabu, tout comme Lille qui jouera cette saison plus souvent dans ses installations de Luchin plutôt qu’au Stadium de Villeneuve-d’Ascq.

Les deux clubs parisiens viennent ou reviennent dans la capitale : le PSG jouera cette saison à deux pas du Parc des Princes au stade Jean-Bouin alors que le PFC, s’il continuera de jouer majoritairement à Bondoufle, occupera à l’occasion le stade Charléty, résidence régulière de son équipe masculine (et ancienne du PSG1).

Enfin Metz jouera cette saison sur l’île Saint-Symphorien, soit dans le stade du même nom, soit plus souvent dans le stade Dezavelle. Jusque là, il jouait plutôt à Algrange et à Amnéville il y a deux ans en D1. La plupart de ces déménagements vont dans le sens de l’intégration des anciens clubs féminins à des clubs masculins et les équipes quittent leur ancienne résidence pour se rapprocher de celle de l’équipe fanion masculine.

Autre changement, trois équipes joueront cette saison de façon régulière sur des pelouses synthétiques : Guingamp, Metz et Dijon.

Une meilleure répartition des forces pour un plateau plus homogène

L’avantage de présenter la saison à venir alors que trois journées ont déjà été jouées, c’est qu’on dispose déjà de quelques éléments sur les forces et faiblesses des équipes. L’inconvénient peut être au contraire de tirer des conclusions hâtives.

On ne prend toutefois pas un gros risque à prédire que Lyon est le grand favori pour le titre et le PSG pour la deuxième place européenne, ces équipes ont terminé aux deux premières places dans cet ordre six fois sur les huit dernières saisons et rien n’indique qu’une révolution couve.

Le reste du plateau devrait être au moins aussi homogène que l’an dernier où hors Montpellier et Marseille, toutes les autres équipes étaient mathématiquement sous la menace de rélégation jusqu’à deux journées de la fin. Bien entendu, il se peut que l’une ou l’autre équipe se retrouve en difficulté, que la mayonnaise ne prenne pas mais aucun club ne semble structurellement promis à la relégation.

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Wang Shuang, nouvelle star du PSG / photo: footofeminin.fr

Les premières journées on toutefois redéfini la hiérarchie établie : le trio de tête semble se réduire à un duo, Lyon et le PSG sont les deux seules équipes à avoir remporté leurs deux premiers matchs2 et surtout Montpellier a perdu deux matchs contre Bordeaux et Fleury qu’il n’avait pas l’habitude de perdre les saisons précédentes. Il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit de faux pas, si Montpellier est désormais rentré dans le rang ou si Bordeaux et Fleury visent désormais la troisième place, il y a sans doute un peu de tout cela. Mais sauf si l’évolution est plus forte que prévue, ces deux défaites semblent offrir un boulevard aux deux équipes de têtes dans un D1 où le second perd rarement plus de deux matchs dans la saison et jamais plus de quatre depuis plus de vingt ans.

En bas de tableau, la lutte pour le maintien devrait comme d’habitude concerner la moitié du plateau. Avant le début de saison, Metz et Rodez semblaient les plus en danger, ce que confirment les premiers résultats mais ce n’est évidemment pas encore significatif après trois matchs3.

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Eseosa Aigbogun, recrue internationale suisse du PFC / photo: footofeminin.fr

Sur le plan des effectifs, quasiment toutes les équipes comptent désormais dans leur rang au moins une internationale A française et une internationale étrangère ou une joueuse recrutée à l’étranger (ces deux dernières catégories se recoupant souvent). Le premier cas est en partie la conséquence du discours de la sélectionneuse Corinne Diacre mais également de l’internationalisation croissante des effectifs des clubs de haut de tableau qui laisse moins de places aux postulantes à l’équipe de France. Au coup d’envoi de son match contre Bordeaux, Montpellier n’alignait ainsi qu’une seule joueuse sélectionnable, Marion Torrent.

Les seconds montrent que désormais tous les clubs prospectent hors de France pour chercher la perle rare, le prototype de la joueuse parfaite étant une Nord-Américaine (parce que là bas le vivier est fourni) qui parle français (pour faciliter son intégration), donc soit franco-américaine comme Danielle Tolmais passée cet été de Soyaux à Lille ou Daphne Corboz rejointe cette saison par sa sœur Rachel à Fleury, soit Canadienne comme Mélissa Roy ou Alex Lamontagne à Fleury ou Vanessa Gilles à Bordeaux4.

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Morgane Nicoli (Lille) devant Mathilde Bourdieu (PFC) / photo: footofeminin.fr

Les équipes

Bordeaux

Depuis l’absorption de l’ES Blanquefort, Bordeaux avance plus vite que ses ambitions affichées. Pour sa troisième saison en D1, les Girondines ont recruté deux internationales en attaque, Claire Lavogez qui cherche à renouer avec les Bleues et à ajouter une 36e sélection à sa collection et Viviane Asseyi qui a quitté Marseille de retour en D2 pour rester dans le groupe de Corinne Diacre. Avec quelques paris comme la Canadienne Vanessa Gilles ou la Suissesse Camille Surdez et le retour de blessure de la Brésilienne Carol Rodrigues, elles semblaient armées pour jouer la quatrième place. Les difficultés de Montpellier qu’elles ont justement battu, peuvent leur donner des idées pour monter une marche supplémentaire.

Pronostic : entre 3e et 6e

Dijon

Huit ans après avoir absorbé l’ASC Saint-Apollinaire, le DFCO arrive enfin en D1 après avoir cédé le passage à Marseille et Val d’Orge (devenu Fleury depuis) les deux saisons précédentes. Le club dijonnais a clairement décidé de ne pas retourner en D2. La perte de Pauline Cousin et Alexandra Atamaniuk est compensée par l’arrivée de sept joueuses habituées de la D1 : Marie-Aurelle Awona, Lalia Storti, Léa Declercq, Noémie Carage, Lindsey Thomas et surtout Mylène Chavas de retour en D1 et Kenza Dali de nouveau internationale. Ainsi les treize joueuses déjà titularisées cette saison par le promu avaient toutes joué au moins une saison complète de D1.

Du coup Dijon devrait avoir de la marge pour le maintien et s’annonce comme l’une des équipes les plus séduisante de la saison avec les revenantes (en D1) Tatiana Solanet et Laura Bouillot.

Pronostic : entre 5e et 10e

Fleury

Le statut de Fleury est assez paradoxal. Bien qu’il soit adossé à un club masculin depuis la fusion du FCF Val d’Orge avec le FC Fleury 91, celui-ci joue en National 2 et on peut considérer que Fleury est avec Rodez et Soyaux l’un des trois clubs amateurs du plateau5.

Pourtant le club essonnien se construit une équipes à même de rivaliser avec les autres (hors Lyon et PSG), témoin la victoire sur Montpellier. Aux Maryne Gignoux, Marine Haupais et Maéva Clémaron arrivées l’an dernier se sont ajoutées cet été des joueuses comme Kelly Gadéa et Marie-Charlotte Léger. Daphné Corboz a été rejointe par sa sœur Rachel et les Canadiennes Mélissa Roy et Alex Lamontagne.

Pronostic : entre 4e et 8e

Guingamp

Guingamp a connu une mini révolution cet été avec le départ de Sarah M’Barek qui entraînait le club depuis 2013. Elle a été remplacée par l’ancien joueur professionnel Frédéric Biancalani. Du côté de l’effectif, il n’y a pas eu de grandes manœuvres malgré de nombreux départs. Seule la capitaine Marine Pervier et la latérale Suzy Morin étaient réellement titulaires. Elles sont remplacées par deux joueuses en provenance de Rodez6, l’internationale russe Ekaterina Tyryshkina et la gauchère Fanny Hoarau, championne du monde des moins de 20 ans avec la génération Griedge Mbock.

La saison dernière avait été difficile et s’était terminée juste au-dessus de la zone rouge (mais à deux points de la cinquième place) malgré cinq joueuses appelées en équipe de France. Sur le papier, l’effectif offre beaucoup moins d’assurance que d’autres mais comme d’habitude, l’équipe Bretonne mise beaucoup sur ses jeunes pousses comme Ella Pallis, Juliette Merle ou Léonie Le Moing.

Pronostic : entre 6e et 10e

Lille

Comme Dijon et Fleury, Lille se construit une équipe capable de s’assurer un maintien tranquille7. Le LOSC est désormais entraîné par Dominique Carlier, qui partage avec Olivier Echouafni la caractéristique d’avoir entraîné en deuxième division masculine (à Wasquehal).

Kenza Dali est partie à Dijon et Charlotte Saint-Sans Levacher est retournée à Arras alors que d’autres joueuses qui n’étaient pas titulaires sont allées chercher du temps de jeu ailleurs. Le recrutement du LOSC a été très ciblé avec l’arrivée de quatre joueuses seulement qui devraient toutes être titulaires : la défenseuse centrale prêtée par Montpellier Morgane Nicoli, l’internationale M20 d’Arras Carla Polito, la milieu prêtée par le PSG Lina Boussaha et l’attaquante franco-américaine de Soyaux Danielle Tolmais qui pourrait former un duo détonnant avec Ouleymata Sarr. L’attaquante belge Jana Coryn sera par contre longuement indisponible, blessée au genou.

Pronostic : entre 5e et 8e

Lyon

Le bilan lyonnais de la première saison de Reynald Pedros est à double face. Côté pile, l’OL a remporté les deux titres majeurs, avec une large victoire en finale de Ligue des Championnes 4-1 à l’issue d’une prolongation magnifique. Côté face, il a perdu la Coupe de France qu’il détenait depuis 2012 – certes à l’issue d’un scénario rocambolesque – et il a régulièrement peiné face aux adversaires de haut niveau. En dehors d’une victoire 5-0 contre Montpellier en début de saison et de la finale de coupe d’Europe qui doit sans doute beaucoup au délire psychotique d’Alexandra Popp, les Rhodaniennes n’ont marqué qu’un seul but en trois matchs contre le PSG, pour une victoire un nul et une défaite, et n’ont marqué que quatre buts lors des quatre matchs contre Barcelone et Manchester City, restant à chaque fois à la portée de leur adversaire quasiment jusqu’au bout.

À l’intersaison l’OL a largement dégraissé son effectif. Pas moins de huit joueuses ont quitté le club (dont trois étaient déjà prêtées depuis l’hiver dernier) et trois autres ont pris leur retraite. Parmi elles, seules Camille Abily et dans une moindre mesure Kheira Hamraoui étaient régulièrement titulaires.

Elles sont remplacées par les Allemandes Lisa Weiß et Carolin Simon et par l’Anglaise Izzy Christiansen. L’effectif est donc nettement moins fourni puisqu’il passe de 27 joueuses professionnelles à 21 mais la saison dernière s’était globalement jouée à 16 donc la différence sera surtout le nombre de joueuses laissées de côté chaque week-end. Et cela devrait permettre de laisser plus de places aux jeunes joueuses comme Émelyne Laurent, Melvine Malard, Éva Kouache ou Jessy Roux.

Normalement cet effectif reste largement au-dessus des autres en France. En Europe, la marge était faible l’an dernier et les solutions de rechange sont désormais moins nombreuses d’autant que Dzsenifer Marozsan, touchée par un virus pulmonaire est absente pour une durée indéterminée et il faudra que l’entraîneur lyonnais tire le meilleur parti de son effectif.

Pronostic : 1er

Metz

À l’instar de son équipe masculine, le FC Metz semble trop fort pour la D2 mais pas assez pour la D1. Depuis 2013, l’équipe qui s’appelait alors l’AS Algrange a changé de division chaque saison. Les Grenates vont tenter de réussir à se maintenir pour la première fois, emmenées par la Brésilienne Simone Jatoba au club depuis la reprise par Metz et par Marie-Laure Delie venue se relancer en Lorraine. Comme d’habitude, les Mosellanes compteront sur leur jeunesse avec cinq joueuses qui étaient à la Coupe du monde M20 cet été8. Justine Lerond, Pauline Dechilly, Hélène Fercocq et Christy Gavory devraient jouer régulièrement et la révélation de l’été Amélie Delabre avoir un rôle de joker en attaque.

Pronostic : 11e ou 12e

Montpellier

Avant le début de saison, cette présentation aurait parlé de Montpellier concurrent du PSG pour la deuxième place, avec peut-être même un léger avantage avec une équipe expérimentée face à une équipe très jeune et renouvelée. Mais après trois journées, les Héraultaises ont déjà perdu contre Bordeaux et Fleury et même leur victoire contre Dijon a été difficile. Les points perdus seront difficiles à rattraper mais surtout Montpellier ne semble avoir aucune marge sur des équipes qui ne jouaient jusque là pas le même championnat.

Le départ de Laura Agard semblait avoir été compensé par l’arrivée de Maëlle Lakrar mais il l’est sans doute plutôt par celle de l’Autrichienne Sarah Puntigam qui permet à Anouk Dekker de se stabiliser en défense. Pour le reste, l’équipe est à peu près la même que la saison dernière et Montpellier reste le favori pour la troisième place. Mais désormais il est à la lutte avec une partie du plateau.

Pronostic : entre 3e et 6e

Paris FC

Longtemps Juvisy s’est enorgueilli d’avoir un fonctionnement différent, s’appuyant sur le « double projet », comprendre « projet footballistique et projet professionnel » pour les joueuses. Mais comme c’était prévisible, le mariage avec le Paris FC ressemble plutôt à une absorption et le club francilien est rentré dans le rang en s’alignant sur les pratiques des autres clubs. Cette saison, trois joueuses sont arrivées de l’étranger, la Suissesse Eseosa Aigbogun, la Finlandaise Linda Sällström et l’Américaine Michaela Abam. La voyageuse Alice Benoît (qui jouera là pour son sixième club de D1 ou D2 à 22 ans) complète les arrivées alors que Léa Declercq, Anissa Lahmari et surtout Aïssatou Tounkara quittent le club. Cette dernière était avec Kadidiatou Diani, désormais au PSG, le symbole de la jeunesse juvisienne. Le flambeau est désormais repris par Élisa De Almeida et Mathilde Bourdieu.

Il n’y avait peut-être pas d’autre choix mais il semble inéluctable que le PFC rentre dans le rang en entrant en concurrence avec des clubs comme Bordeaux, Lille ou Dijon qui s’appuient sur des structures masculines beaucoup plus importantes. À part Gaëtane Thiney qui n’a pas son équivalent hors Lyon et PSG, le reste de l’effectif parisien est de qualité mais ne tranche pas avec ceux des autres clubs ambitieux et la descente amorcée depuis quelques saisons semble devoir se poursuivre. Le Paris FC se battra sans doute pour la quatrième place (voire pour la troisième si Montpellier rate sa saison) mais ne pourra plus regarder le reste du peloton de haut.

Pronostic : entre 4e et 8e

PSG

C’est à un vrai changement d’époque que l’on a assisté au PSG avec l’arrêt de Laure Boulleau et le départ de Marie-Laure Delie qui suivait de six mois ceux de Laura Georges et Shirley Cruz et d’un an la retraite de Sabrina Delannoy. Il ne reste désormais plus aucune joueuse de la première saison de Farid Benstiti au club, et les départs d’Erika, de Vero Boquete et Jenni Hermoso complètent les grandes manœuvres démarrées l’hiver dernier avec Patrice Lair et poursuivie avec Olivier Echouafni.

En dehors de la Chinoise Wang Shuang, d’Irene Paredes toujours là et de Formiga qui va revenir de blessure9, l’effectif n’est plus constitué de stars internationales mais plutôt de jeunes joueuses prometteuses, qu’elles soient françaises ou étrangères. Le PSG a ainsi complété son contingent de jeunes Bleues, actuelles comme Ève Périsset, Kadidiatou Diani et Grace Geyoro ou prétendantes comme Marie Katoto et Perle Morroni en faisant venir Annahita Zamanian, particulièrement en vue lors de la Coupe du monde M20 cet été.

De même, la Polonaise Paulina Dudek et la Belge Davinia Vanmechelen arrivées l’an dernier ont été rejointes par la Danoise Signe Bruun et la Brésilienne Daiane Limeira Santos Silva.

On aurait plutôt attendu cette stratégie de la part de clubs moins riches et elle tranche avec le recrutement d’une pléthore de stars plus ou moins sur le retour qui était pratiqué jusque là. Mais en ce début de saison, elle fait la preuve de son efficacité et elle est riche de promesses d’avenir. Il reste à voir si la régularité sera au rendez-vous et si cela permettra de rivaliser avec Lyon mais la place européenne semble déjà en vue.

Pronostic : 2e

Rodez

Après avoir créé la surprise en atteignant la 5e place il y a trois ans sous les ordres de Sébastien Joseph, l’équipe ruthénoise semble plus à la peine depuis. L’an dernier, elle a fait partie du groupe d’équipes à 22 points en compagnie de Bordeaux, Fleury et Guingamp, Albi étant relégué avec 20. Mais l’impression qui demeure est que les concurrentes en question se sont plus renforcé cette saison et que le fait d’être adossé à un club dont l’équipe masculine évolue en National 1 (un cran plus haut que Fleury cependant) est un désavantage sur la durée.

Sur le papier, le principal changement est le remplacement sur le banc de Grégory Mleko par Sabrina Viguier. Mais la saison dernière, l’ancienne internationale semblait déjà jouer le rôle d’entraîneuse principale.

Outre Fanny Hoarau et Ekaterina Tyryshkina partie pour Guingamp, le RAF a aussi perdu Raquel Infante et Julie Peruzzetto. Ces départs ont été compensés par les arrivées de Suzy Morin, Sarah Chalabi et Léonie Fleury mais les deux principales recrues évoluent aux deux extrémités du terrain. Rodez a profité de la relégation des voisines albigeoises pour attirer leur meilleure joueuse l’attaquante Kimberley Cazeau et la gardienne internationale de Montpellier, barrée dans l’Hérault par Casey Murphy et Méline Gérard est venu chercher du temps de jeu dans l’Aveyron.

Pronostic : 11e ou 12e

Soyaux

Face à l’ES Blanquefort, à l’AS Saint-Apollinaire, au FC Val d’Orge, au Stade Briochin, au FC Templemars Vendeville, au FC Lyon, à l’AS Algrange, à Montpellier Le Crès, au FC Juvisy, l’ASJ Soyaux est l’un des trois clubs de D1 qui n’est pas issu de l’absorption10 d’une équipe de D1 ou D2 par un club masculin et le seul qui reste exclusivement féminin puisque le PSG et Rodez sont des clubs mixtes.

À long terme, le manque de moyen qui en découle sera fatalement préjudiciable mais jusque là le club charentais qui fêtait ses cinquante ans la saison dernière11 arrive à rester concurrentiel et ne figure pas au premier rang des équipes destinées à la relégation. L’un de ses points forts actuels est son entraîneur Sébastien Joseph.

Soyaux a perdu ses défenseuses Elba Verges et Marie-Aurelle Awona, son attaquante Danielle Tolmais repartie après six mois très convaincants et surtout Justine Deschamps, joueuse emblématique du club qui a arrêté après une dizaine d’années au club.

En contrepartie, il est allé chercher des joueuses revanchardes : les défenseuses marseillaises de l’équipe de France B Anaïs M’Bassidje et Hawa Cissoko qui restent ainsi en D1, l’attaquante historique de l’ES Blanquefort Sarah Cambot qui n’entrait plus dans le projet des Girondines de Bordeaux et la Stéphanoise Lucie Pingeon qui n’a pas confirmé jusque là les promesses de sa formation lyonnaise. Il a également attiré l’Espagnole Aina Torres arrivée de Houston en UWS (la deuxième division de la NWSL américaine).

Pronostic : entre 4e et 8e

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Anaïs M'Bassidjé et Hawa Cissoko, de Marseille à Soyaux / photo: footofeminin.fr

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Izzy Christiansen, recrue lyonnaise / photo: footofeminin.fr

Neuf mois

Les grandes lignes de la sélection française pour la prochaine Coupe du monde à domicile semblent désormais établies mais il reste quelques places à prendre. Le point à neuf mois de l’échéance avec le poste d’avant-centre qui a peut-être été chamboulé par la Coupe du monde M20 et celui d’arrière centrale dont les titulaires sont connues mais pas les remplaçantes.

Pendant que les autres équipes européennes se partageaient les derniers tickets pour la Coupe du monde (l’Allemagne, l’Angleterre, l’Écosse, la Norvège et la Suède ont rejoint l’Espagne et l’Italie alors que la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse se disputeront en barrage la dernière place), les Bleues de Corinne Diacre reprenaient en douceur face au Mexique. La victoire 4-0 est dans les normes habituelles face à cet adversaire (d’habitude c’était 5-0) et la faiblesse de l’opposition ne permet pas de tirer d’énormes enseignements sur le jeu de l’équipe de France mais il dévoile quelques options envisagées par la sélectionneuse.

Eugénie Le Sommer

Eugénie Le Sommer

C’est l’occasion de commencer à suivre la probabilité de présence des internationales à la Coupe du monde (sauf blessure) calculée selon une méthode hygrodactylique.

Le match contre le Mexique n’a pas remis réellement en cause les tendances fortes constatées suite à la lourde défaite contre l’Angleterre lors de la SheBelieves Cup. L’équipe type est à peu près certaine au moins en défense et au milieu. Les places d’ailière droite et d’avant-centre sont les seules qui semblent encore ouvertes. De plus une quinzaine de places semblent déjà prises dans la liste des 23 (sauf blessures) ce qui laisse encore quelques ouvertures.

Kadidiatou Diani en pointe

En théorie, la place en pointe devrait revenir à Marie Katoto qui est avec Ada Hegerberg la meilleure joueuse à ce poste en D1. Mais elle a été réservée toute la saison dernière pour la Coupe du monde M20 pendant laquelle elle a été fantomatique. La solution au problème s’est donc à nouveau éloignée en attendant de voir comme l’attaquante du PSG se reprendra cette saison.

Sans elle et en l’absence de Valérie Gauvin blessée, Corinne Diacre a choisi de titulariser Kadidiatou Diani en pointe, poste qu’elle a occupé régulièrement chez les jeunes mais plus vraiment depuis. Sa prestation a été intéressante avec en particulier un très bon déplacement et une très bonne réalisation sur le premier but. Difficile de dire que c’est une solution d’avenir face à une aussi faible adversité mais elle a au moins démontré qu’elle pouvait rendre service ponctuellement dans l’axe.

Kadidiatou Diani

Kadidiatou Diani

Côté droit de l’attaque, Delphine Cascarino a enchaîné sa deuxième titularisation mais n’a pas montré toutes ses qualités, s’attirant les foudres de Corinne Diacre. Sur le papier, elle est largement favorite pour être titulaire mais il lui reste à le démontrer en équipe de France mais aussi à Lyon où la concurrence est forte.

Deux nouvelles joueuses offensives ont été appelées par la sélectionneuse : Clara Matéo qui n’est pas entrée en jeu mais qui pourrait être une solution comme doublure de Gaëtane Thiney bien qu’elle joue plutôt en pointe ou sur un côté au PFC (où la place de Gaëtane Thiney est occupée par Gaëtane Thiney) et Kenza Dali qui a fait son retour après deux ans d’absences.

Ces arrivées montrent que si les essais tous azimuts sont terminés, le groupe n’est pas encore fermé surtout en attaque. Cela peut laisser des espoirs à d’anciennes internationales comme Claire Lavogez ou Kheira Hamraoui en fonction de leur saison en club. Par contre au-delà du cas de Marie Katoto, la Coupe du monde M20 n’a sans doute pas fait avancer les candidatures des joueuses offensives.

Annaïg Butel plutôt que Julie Debever

Deux autres sujets ont été mis en exergue contre le Mexique par les forfaits de deux joueuses sélectionnées initialement. Karima Benameur a été remplacée par Laetitia Philippe qui ne compte certes que quatre sélections (dont deux pour moins de cinq minutes) mais dont la première apparition date de 2009. L’ancienne montpelliéraine devrait retrouver du temps de jeu à Rodez. Pour le moment rien ne permet de penser que cela perturbera la hiérarchie actuelle et on attendra plutôt le retour en D1 de Mylène Chavas à Dijon pour cela.

Wendie Renard a également déclaré forfait pour ce match contre le Mexique, ne laissant que deux défenseuses centrales dans la liste initiale : Griedge Mbock et Julie Debever. Elle a été remplacée dans la liste par Annaïg Butel, neuf sélections depuis 2013 sous trois sélectionneurs différents. Et comme si Corine Diacre voulait bien appeler Julie Debever mais pas pousser l’excentricité jusqu’à l’aligner, c’est l’appelée de dernière minute qui a joué à côté de Griedge Mbock et qui a livré une prestation tout à fait convaincante. Dans la mesure où derrière les deux titulaires, il y a une ou deux places à prendre et que la première est sans doute dévolue à Aïssatou Tounkara de retour de blessure, elle a pris date, prenant un peu d’avance sur les internationales M20 de la Coupe du monde bretonne, Julie Thibaud et Maëlle Lakrar.

La cote des Bleues pour la Coupe du monde

Gardiennes
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Benameur Karima 29 Paris FC 5 80%
Bouhaddi Sarah 31 Lyon 131 90 100%
Chavas Mylène 20 Dijon 0 10%
Durand Solène 23 Guingamp 0 0 80%
Gérard Méline 28 Montpellier 14 10%
Peyraud-Magnin Pauline 26 Arsenal 0 10%
Philippe Laëtitia 27 Rodez 4 0 10%
Défenseuses
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Bacha Selma 17 Lyon 0 9%
Butel Annaig 26 Paris FC 10 90 50%
Cascarino Estelle 21 Paris FC 1 10%
Debever Julie 30 Guingamp 0 0 1%
Karchaoui Sakina 22 Montpellier 20 0 90%
Lakrar Maëlle 17 Montpellier 0 10%
Majri Amel 25 Lyon 40 90 100%
Mbock Bathy Nka Griedge 23 Lyon 44 90 100%
Perisset Eve 23 PSG 11 0 80%
Renard Wendie 28 Lyon 101 100%
Thibaud Julie 20 Bordeaux 0 10%
Torrent Marion 26 Montpellier 12 90 100%
Tounkara Aïssatou 23 Atlético 6 90%
Milieux
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Bilbault Charlotte 28 Paris FC 8 19 25%
Bussaglia Élisse 32 Barcelone 179 40%
Clemaron Maéva 25 Fleury 1 10%
Corboz Daphne 25 Fleury 0 9%
Diallo Aminata 23 PSG 7 0 80%
Geyoro Onema Grace 21 PSG 16 90 100%
Hamraoui Kheira 28 Barcelone 35 5%
Henry Amandine 28 Lyon 76 71 100%
Jaurena Inès 27 Paris FC 2 20%
Kaci Aurélie 28 Atlético 7 1%
Toletti Sandie 23 Montpellier 13 0 10%
Attaquantes
Nom Prénom Âge Club Nb. Mexique P
Asseyi Viviane 24 Bordeaux 25 29 90%
Cascarino Delphine 21 Lyon 5 61 80%
Dali Kenza 27 Dijon 20 10 30%
Diani Kadidiatou 23 PSG 39 90 100%
Gauvin Valérie 22 Montpellier 10 80%
Lavogez Claire 24 Bordeaux 35 5%
Le Sommer Eugénie 29 Lyon 154 90 100%
Léger Marie-Charlotte 22 Fleury 9 60%
Matéo Clara 20 Paris FC 0 0 30%
Robert Faustine 24 Guingamp 2 30%
Sarr Ouleymata 22 Lille 10 0 90%
Thiney Gaëtane 32 Paris FC 147 80 100%
Katoto Marie 19 PSG 0 55%

Pas de finale pour les Bleuettes

La finale du mondial des moins de 20 ans opposera le Japon à l’Espagne. Les deux équipes se sont déjà affrontées au premier tour et les Nipponnes ont les faveurs des pronostics pour prendre leur revanche. L’affiche de la finale propose les deux équipes qui ont fait la meilleure impression depuis le début du tournoi.

Le Japon a tranquillement fait la leçon à une Angleterre dépassée alors que l’Espagne a éliminé la France sur un nouveau but de Patricia Guijarro. Les Bleuettes ont atteint leurs limites et n’ont pas été sauvées par leur star annoncée Marie Katoto qui sera passée à côté de son tournoi du début à la fin.

Malgré les discours positivistes de la fédération, il n’y aura à peu près rien à retenir de la compétition dans l’optique du futur de l’équipe de France A.

L’attaquante américaine Savannah DeMelo et ses coéquipières peuvent nourrir des regrets en voyant l’affiche de la finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans qui opposera les deux équipes qui les ont devancées au premier tour. Revenues de 2-0 à 2-2 lors du dernier match de poule contre l’Espagne, il ne leur avait alors manqué qu’un but pour continuer la compétition. Mais comme prévu le groupe C était le plus relevé avec trois des principaux candidats au titre et donc les deux finalistes.

Ueki Riko

Ueki Riko

Au premier tour l’Espagne était venue à bout du Japon grâce à un but en début de match de Carmen Menayo mais quinze jours plus tard, la faveur des pronostics va plutôt aux partenaires de Nagano Fuka qui semblent moins émoussées que celles de Maite Oroz. En demi-finale, l’Angleterre en a été réduite à faire des fautes (22 contre 5) pour tenter de contenir le jeu de passes des Japonaises, sans grand succès.

La seconde demi-finale a été beaucoup plus serrée parce que l’Espagne a eu beaucoup de mal à se dépêtrer du plan de jeu mis en place par Gilles Eyquem avec pressing très haut d’Amélie Delabre et Hélène Fercocq pour gêner la relance des défenseuses centrales Berta Pujadas et Laia Aleixandri. Avec les titularisations au milieu de Sana Daoudi et Carla Polito plutôt que d’Annahita Zamanian, la contrepartie de ce choix de la puissance était un manque de créativité qui fait que si les Bleuettes n’ont pas souvent été mises en danger, elles ont eu du mal à s’approcher du but de Catalina Coll en première mi-temps en dehors de deux accélérations d’Émelyne Laurent.

Laia Aleixandri

Laia Aleixandri

Chacune des deux équipes pouvait donc à bon droit penser être en train de maîtriser la situation mais l’Espagne était mieux placée pour faire la différence sur la justesse d’une passe ou l’efficacité d’un geste. C’est ce qui se produisait quand avant l’heure de jeu, Patricia Guijarro profitait d’une inattention de la défense française sur une touche pour battre Mylène Chavas de la tête.

La France ne parvenait ensuite pas à profiter d’une suite de faits de jeux favorables. Ni l’expulsion d’Aitana Bonmati (qui manquera donc la finale), ni le pénalty concédé par Laia Aleixandri mais manqué par Marie Katoto ne suffisait aux Bleuettes pour revenir dans le match.

Il reste encore une finale pour la troisième place contre l’Angleterre (nettement plus abordable que ne l’aurait été la vraie finale contre le Japon) mais il est déjà possible de faire un premier bilan côté français.

Le discours officiel du côté de la fédération est que la compétition est porteuse d’avenir avec une génération talentueuse qui ne sera pas passée loin de la victoire.

La réalité semble légèrement différente. Par un désagréable caprice du destin, la génération qui avait la possibilité de jouer cette Coupe du monde à domicile était sans doute l’une des moins talentueuses des dernières années et elle doit sa place en demi-finale à un tirage abordable, des faits de jeu favorables et un sélectionneur très inspiré. Soit un ensemble de facteurs qui n’auront que peu d’impact sur l’avenir. Par « avenir », il faut bien sûr entendre la Coupe du monde 2019 de l’équipe de France A et ce qu’on pouvait attendre de cette édition préliminaire était un effet d’entraînement avec une victoire finale et bien sûr la performance de quelques joueuses qui pourraient intégrer l’équipe de Corinne Diacre d’ici un an.

Le fantôme de Marie Katoto

Pour la victoire c’est donc manqué et clairement, aucune joueuse de la sélection de Gilles Eyquem n’a fait un pas en avant vers les A durant la compétition. Ce n’est bien sûr pas rédhibitoire et il est très probable que l’on retrouve l’une ou l’autre très prochainement dans une liste de Corinne Diacre mais cela plutôt malgré cette Coupe du monde que grâce à elle.

Le premier nom qui vient en tête est bien entendu celui de Marie Katoto qui a manqué ses deux premiers matchs, s’est retrouvée remplaçante, a fait des entrées en jeu médiocres avant de parachever son bilan en manquant le pénalty qui aurait relancé les Bleuettes, histoire de bien confirmer que sa Coupe du monde était manquée. Sans chercher les raisons du pourquoi et du comment, ce bilan de l’attaquante parisienne est aussi un constat d’échec de la doctrine de donner la priorité cette saison à l’équipe des moins de 20 ans sur l’équipe A. Ses prestations depuis deux saisons faisaient d’elle une candidate naturelle à l’équipe de France A et le choix de la mettre au frais une saison l’a faite arriver en Bretagne avec la pression d’une joueuse qui n’avaient qu’à perdre pendant la compétition, sa place en A était déjà annoncée.

Marie Katoto

Marie Katoto

À l’étranger, Patricia Guijarro compte 12 sélections en équipe d’Espagne, Lucia Garcia 6 et Aitana Bonmati 4, alors que Nagano Fuka, Miyagawa Asato et Ueki Riko ont été convoquées en janvier au stage de l’équipe du Japon. Cela n’empêche pas ces joueuses de briller lors de cette Coupe du monde dont Guijarro et Ueki sont actuellement les meilleures buteuses.

En France, non seulement Marie Katoto a perdu l’occasion de s’intégrer chez les A mais sa Coupe du monde risque de retarder son appel, en espérant même qu’elle arrive à tourner vite la page.

En dehors de ce cas d’espèce, le bilan général des individualités est très mitigé et n’a rien apporté de nouveau. Du moins pas positivement.

En dehors de Marie Katoto, deux joueuses étaient particulièrement attendue pour une intégration rapide au niveau au dessus. Mylène Chavas n’a pas raté sa compétition mais elle ne devrait pas être désignée meilleure gardienne de la compétition comme il y a deux ans et ce tournoi n’ajoutera rien à sa gloire. Elle devra plutôt compter sur son retour en D1 avec Dijon. Selma Bacha a sans doute été la Française la plus en vue mais cela lui a surtout permis de ne pas dilapider le capital acquis en club. Et elle évolue à un poste qui n’est sans doute pas celui où l’urgence est la plus grande pour la sélectionneuse.

Ce n’est sans doute pas le cas de ses partenaires de la défense, le secteur de jeu le plus convaincant des Bleuettes. Même si après avoir longtemps cherché une doublure à Marion Torrent, Corinne Diacre a fini par rappeler Ève Périsset et que l’urgence est donc moins grande, Élisa De Almeida a fait preuve de solidité et a tenté d’impulser la révolte en fin de match contre l’Espagne. Sa remplaçante Léna Goetsch a par contre coulé contre la Nouvelle-Zélande.

Dans l’axe comme prévu Maëlle Lakrar est devenue la joueuse de base et Julie Thibaud l’a le plus souvent accompagnée, profitant un temps d’une légère blessure de Julie Piga. La présence de trois défenseuses centrales seulement1 dans la liste de Corinne Diacre pour le premier match de la saison contre le Mexique, et le fait que l’une d’elle est Julie Debever dont la probabilité de présence à la Coupe du monde reste faible, montre qu’il y a certainement au moins une place à prendre avec la retraite de Laura Georges et même après le retour d’Aïssatou Tounkara.

Julie Piga n’a joué que deux matchs et aura difficilement l’occasion de se montrer en D2 avec Grenoble. Au contraire, Maëlle Lakrar jouera le haut de tableau à condition de se faire une place à Montpellier. Mais ce n’est pas faire un pari très risque que de miser sur elle.

Sana Daoudi

Sana Daoudi

Devant, les ailières Émelyne Laurent, Sandy Baltimore et Melvine Malard n’ont pas démérité mais pas au point de compenser leur faible temps de jeu en club. Comme pour les défenseuses centrales, il y a sans doute de la place mais aucune ne s’est assez montrée durant ce mondial pour mettre le pied dans la porte.

En pointe le cas de Marie Katoto a été évoqué et celui de sa remplaçante illustre assez bien le bilan des Bleuettes. Amélie Delabre a marqué quatre buts, sortant la France d’une situation délicate contre les Pays-Bas puis marquant avec autorité le pénalty vainqueur contre la Corée du Nord. Son abattage et son abnégation au pressing ont été appréciées. Mais si elle apporte un profile différent, qu’elle a su saisir sa chance au premier tour, ses prestations contre la Corée et l’Espagne n’ont pas apporté beaucoup offensivement et à 17 ans la benjamine du groupe qui n’a encore jamais joué en D1 n’est certainement pas le futur immédiat des Bleues.

Le milieu enfin a confirmé qu’il était le point faible de cette sélection. Sana Daoudi a été impeccable à la récupération et pourra être vue plus haut mais à son poste évoluent déjà Amandine Henry, Grace Geyoro ou Aminata Diallo. Annahita Zamanian est l’autre joueuse qui a pu marquer des points. Peu connue en France où elle n’a jamais joué, la joueuse de Göteborg a montré une belle qualité de passe.

Mais Hélène Fercocq, malgré une belle activité contre l’Espagne, Christy Gavory et Carla Polito semblent avoir atteint leurs limites dans cette compétition.

Dernier carré

Pas de surprise en quarts de finale, les demi-finales opposeront l’Angleterre au Japon et la France à l’Espagne. Pour les Bleuettes il s’agira de la deuxième revanche des finales de l’an dernier face à l’équipe qui l’avait battu à l’Euro.

La compétition reste très ouverte mais il est certain qu’elle connaîtra un nouveau vainqueur puisque la Corée du Nord et l’Allemagne ont été sorties par la France et le Japon.

L’affiche des demi-finales de la Coupe du monde des moins de 20 ans est conforme à ce qui était attendu avant les quarts. S’il y a une surprise, c’est seulement que le match le moins serré aura été celui qui semblait le plus incertain et qu’il a été à l’avantage du seul deuxième de groupe qui sera en demi-finales.

Le Japon a sorti l’Allemagne 3-1 après avoir mené 3-0 et a confirmé que le groupe C était bien le plus relevé puisque ses deux représentants ont passé le cap des quarts.

Battues par les Françaises il y a deux ans, les Japonaises tenteront d’atteindre pour la première fois la finale contre l’Angleterre.

Georgia Stanway

Georgia Stanway

Face aux Pays-Bas, c’est Georgia Stanway qui cette fois a été la joueuse en vue en marquant coup sur coup les deux buts de la victoire alors que les Néerlandaises avaient ouvert le score grâce à Victoria Pelova. Largement favorites, les Anglaises se sont contentées du service minimum mais entrent pour la première fois dans les dernier carré de la compétition.

Pour l’Espagne, le monde après l’Europe

L’Espagne atteint également ce stade pour la première fois et matérialise au niveau mondial sa domination européenne (double tenante de l’Euro et six fois finalistes lors des sept dernières éditions). Sa victoire contre le Nigeria ne faisait pas vraiment de doute et le score ne reflète pas vraiment son importante domination. Mais comme contre les États-Unis, les coéquipières de Patricia Guijarro ont trouvé le moyen de se mettre en difficulté dans un match qu’elles dominaient largement.

En demi-finale, elles affronteront la France pour la revanche de la finale de l’Euro M19. Les Bleuettes ont déjà pris leur revanche de la finale de la dernière Coupe du monde M20 contre la Corée du Nord mais sur la pelouse seule Mylène Chavas était déjà présente. La finale de l’Euro M19 de l’an dernier concerne par contre les mêmes joueuses. 19 des 22 titulaires de la finale seront présentes à Vannes, onze du côté espagnol et huit du côté français et il devrait y en avoir une grosse douzaine sur la pelouse au coup d’envoi même si les voies de Gilles Eyquem sont impénétrables.

Possession
Pos. Équipe %
1 Espagne 59%
2 France 57%
Brésil 57%
4 Pays-Bas 55%
5 États-Unis 53%
Japon 53%
7 Chine 51%
8 Mexique 50%
Allemagne 50%
10 Haïti 49%
11 Corée du Nord 47%
12 Ghana 46%
Angleterre 46%
14 Nigeria 44%
15 Nouvelle-Zélande 39%
16 Paraguay 37%

En quart de finale, l’entraîneur français avait reconduit Amélie Delabre plutôt que Marie Katoto ce qui était dans la logique du troisième match de poule mais restait un choix fort. Et surtout il choisissait de ne pas titulariser Émelyne Laurent pour la première fois de la compétition pour conserver Melvine Malard et faire entrer Sandy Baltimore. Les deux autres changements, les retours de Julie Thibaud à la place de Julie Piga et celui d’Annahita Zamanian pour Carla Polito étaient plus attendus.

Émelyne Laurent

Émelyne Laurent

Contre les Coréennes, les Bleuettes tenaient le ballon et dominaient mais s’engluaient sur la rigoureuse défense des tenantes du titre et il fallait un pénalty sur une main anodine pour leur permettre d’ouvrir le score. En seconde période, les coéquipières de Ryang Rong Mi sortaient un peu plus et au bilan, la France finissait avec plus de possession de balle mais moins de tirs et moins de tirs cadrés. Elle a d’ailleurs concédé 14 tirs cadrés depuis le début de la compétition pour un seul but encaissé. Les autres équipes encaissent dans le meilleur des cas un but tous les 6 tirs cadrés. Dans l’autre sens, il ne lui faut qu’à peine plus de deux tirs cadrés pour marquer un but. La force française réside donc dans une incroyable efficacité offensive comme défensive.

En demi-finale, les Bleuettes seront confrontées à un défi très différent puisqu’elles affronteront la seule équipe qui tient plus le ballon. Selon Gilles Eyquem, la clef du match sera de répondre à cette possession puisque les Espagnoles savent en général quoi faire de la balle quand elles l’ont.

Buteuses
Pos. Nom Buts
1 8-GUIJARRO Patricia (ESP) 5
10-STANWAY Georgia (ENG) 5
3 19-DELABRE Amelie (FRA) 4
10-DEMELO Savannah (USA) 4
11-OVALLE Jacqueline (MEX) 4
11-TAKARADA Saori (JPN) 4
19-UEKI Riko (JPN) 4
8 9-HEMP Lauren (ENG) 3
19-KALMA Fenna (NED) 3
7-LAURENT Emelyne (FRA) 3
10-MONDESIR Nerilia (HAI) 3
7-RUSSO Alessia (ENG) 3
9-SMITH Sophia (USA) 3
14 20-CHOE Kum Ok (PRK) 2
10-FREIGANG Laura (GER) 2
17-KEROLIN NICOLI (BRA) 2
14-PELOVA Victoria (NED) 2
18 14-BONMATI Aitana (ESP) 1
8-AJIBADE Rasheedat (NGA) 1
3-ANIMA Ruth (GHA) 1
Passeuses
Pos. Nom Passes
1 2-AN Kuk Hyang (PRK) 4
2 20-ENDO Jun (JPN) 3
8-GUIJARRO Patricia (ESP) 3
4 9-HEMP Lauren (ENG) 2
4-RODRIGUEZ Kimberly (MEX) 2
19-KALMA Fenna (NED) 2
14-PELOVA Victoria (NED) 2
17-POLITO Carla (FRA) 2
11-TAKARADA Saori (JPN) 2
10-VICTORIA (BRA) 2
11 14-BONMATI Aitana (ESP) 1
8-ALLEN Georgia (ENG) 1
6-ASANTEWAA Grace (GHA) 1
3-BACHA Selma (FRA) 1
18-BUEHL Klara (GER) 1
9-ESPINOSA Daniela (MEX) 1
11-ELOISSAINT Roseline (HAI) 1
8-FELDKAMP Jana (GER) 1
19-GILROY Erin (USA) 1
7-GWINN Giulia (GER) 1

Programme

Les deux demi-finales auront lieu mardi 20 août au Stade de la Rabine à Vannes

Angleterre-Japon à 16h00

L’Angleterre a impressionné mais face n’a rencontré aucune équipe du niveau de l’Espagne, des États-Unis ou de l’Allemagne. Elle a quasiment toujours débuté avec le même onze qui pourrait commencer à être usé mais cela sera aussi le cas du Japon où une douzaine de joueuses seulement a été utilisée plus de quelques minutes jusque là. La clé du match sera certainement la capacité des attaquantes anglaises à marquer en transition rapide dans un match où les Japonaises auront le ballon.

Angleterre : 1-Sandy MacIver - 2-Anna Patten, 14-Chloe Peplow, 5-Grace Fisk (cap.), 2-Patten Anna - 4-Mollie Rouse, 6-Megan Finnigan, 10-Georgia Stanway - 7-Alessia Russo, 9-Lauren Hemp, 16-Chloe Kelly

Japon : 18-Stambaugh Hannah - 4-Minami Moeka (cap.), 13-Asato Miyagawa, 6-Takahashi Hana, 17-Kitamura Nanami - 7-Hayashi Honoka, 9-Miyazawa Hinata, 10-Nagano Fuka, 20-Endo Jun - 11-Takarada Saori, 19-Ueki Riko

France-Espagne à 19h30

La composition de l’équipe de France est imprévisible. À part Mylène Chavas et Selma Bacha, aucune joueuse n’a démarré les quatre premiers matchs. Cinq des six attaquantes sont des titulaires en puissance, seule Marion Rey semblant légèrement en retrait (et encore, on ne sait jamais avec Gilles Eyquem), les cinq milieux ont toutes été titularisées au moins deux fois et trois joueuses se disputent les deux places dans l’axe de la défense.

Pedro Lopez est beaucoup plus conservateur avec une équipe type beaucoup stable. L’Espagne ayant aussi eu des oppositions plus relevées, même si ce n’était pas le cas de son quart, elle aura intérêt à faire la différence rapidement face à une équipe plus fraîche et dont les remplaçantes seront plus proches des titulaires.

France : 1-Mylène Chavas - 2-Élisa De Almeida, 4-Julie Thibaud, 13-Maëlle Lakrar, 3-Selma Bacha - 6-Sana Daoudi, 17-Christy Gavory, 10-Annahita Zamanian - 7-Émelyne Laurent, 9-Marie Katoto (cap.), 20-Sandy Baltimore

Espagne : 21-Catalina Coll - 4-Laia Aleixandri, 11-Carmen Menayo, 12-Lucia Rodriguez, 3-Berta Pujadas - 6-Damaris Egurrola, 8-Patricia Guijarro, 10-Maite Oroz, 14-Aitana Bonmati (cap.) - 17-Lucia Garcia, 20-Claudia Pina

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