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Seizième journée de D1 2016-2017 - Marseille relance la course à l’Europe

La défaite du PSG à Marseille offre à Lyon un joker supplémentaire dans la course au titre et permet à Montpellier de revenir dans la course à l’Europe. Elle est surtout la victoire de Marseille qui confirme ses prétentions à faire très vite partie du groupe de tête.

Les autres promus ont fait bonne figure mais sans prendre les points qui leur permettraient de sortir de la zone rouge, contrairement à Rodez qui est allé l’emporter à Soyaux et qui se donne un peu de marge.

On se plaint que la D1 manque de surprise – et il est effectivement possible que le résultat final soit celui annoncé avant son entame : Lyon champion et deux promus relégués. Et le PSG serait encore tranquillement en en route pour l’Europe sans son match perdu sur tapis vert1.

Mais si c’est le cas, le chemin pour arriver à ce résultat annoncé aura été particulièrement tortueux. À l’issue des matchs aller, le PSG était en tête avec onze victoires en autant de matchs, aucun but encaissé et filait sinon vers le titre au moins vers une finale au Parc OL pour l’avant dernière journée. C’était une surprise pour une équipe en reconstruction qui ne visait pas si haut si vite. Les recrutements annoncés d’Amandine Henry ou Ashley Lawrence devaient stabiliser l’équipe à ce niveau.

Mais l’annonce de la sanction liée au match de la première journée semble avoir fait retomber le PSG de son nuage. La défaite contre Marseille, la deuxième sur le terrain après Montpellier, est infligée à une équipe à la recherche de son efficacité. Amandine Henry est déjà repartie à Portland et il faudra à Formiga quelques matchs pour se remettre en rythme après une inactivité prolongée. Juvisy n’était pas passé loin d’éliminer le PSG en Coupe de France la semaine dernière et les difficultés parisiennes à manifester au score leur domination dans le jeu se confirment. La blessure de Marie-Antoinette Katoto posait déjà problème à Patrice Lair, celle de Cristiane qui l’a obligée à laisser ses partenaires à dix à Marseille va compliquer la donne, en particulier pour la Coupe d’Europe où Nataša Andonova n’est pas qualifiée.

Nataša Andonova devancée par Kelly Gadea

Nataša Andonova devancée par Kelly Gadea

Cette défaite donne sept points d’avances à Lyon qui l’a emporté 5-0 à Albi avec un doublé d’Alex Morgan et si le titre n’est pas encore acquis aux Lyonnaises, cela ne tient qu’à l’incertitude sur le recours du PSG pour son propre match dans le Tarn. En cas de bonne nouvelle pour les Parisiennes, elle ne ferait que leur ôter un joker et les obliger à l’emporter à Lyon2. Sinon, le titre est sans doute joué.

Ce résultat permet aussi à Montpellier – vainqueur à Guingamp 2-0 avec les premiers buts de Stina Blackstenius et de Clarisse Le Bihan – de revenir à un seul point dans la course à l’Europe alors que les Héraultaises n’ont plus de match contre Lyon à leur programme. En cas de maintien de la sanction parisienne, le match du PSG au Parc OL pourrait se transformer en un match décisif pour l’Europe.

Un promu pas comme les autres

Lyon, Juvisy, Montpellier et le PSG forment le quatuor de tête de la D1 depuis la saison 2009-2010. Pendant sept saisons, une seule autre équipe a réussi à battre deux de ses membres durant la même saison. Il s’agissait d’Hénin-Beaumont, vainqueur de Lyon 3-1 le 15 novembre 2009 grâce à un doublé de Pauline Crammer et de Montpellier 2-1 le 11 avril 2010 grâce à Marie Schepers et Laurie Dacquigny. Si l’exploit était déjà grand3, il venait d’une équipe qui avait fini quatrième la saison précédente avant que le PSG n’intègre le groupe de tête.

Marseille a réalisé cette performance en battant le PSG après Juvisy et ajoute le fait d’être un promu. Toutefois, le profil particulier du club associé à la saison de Juvisy permet de changer légèrement le point de vue : ce n’est pas tant un promu un réalise des exploits qu’un club du haut du tableau qui n’avait simplement pas encore atteint la D1.

Avec près de 1300 matchs disputés en D1 par l’ensemble de son effectif avant le début de la saison, l’expérience de l’élite des joueuses marseillaises est du même ordre que celle des Stéphanoises, Ruhénoises ou Sojaldiciennes, plus importantes que celle des jeunes Guingampaises et sans communes mesures avec celle des autres promues ou des Albigeoises.

Et avec près de 350 buts marqués, les statistiques de l’attaque marseillaise se trouvent entre celles du PSG et celles de Montpellier4. Bien entendu, elles le doivent beaucoup à la présence de la meilleure buteuse de D1 en activité derrière Laetitia Tonazzi, Sandrine Brétigny. Laquelle a justement marqué lors des victoires contre Juvisy et contre le PSG.

Viviane Asseyi, Cindy Caputo, Pauline Peyraud-Magnin, Maëlle Lakrar, Sara Yüceil, Caroline Pizzala ; Nora Coton-Pélagie, Kelly Gadea, Amandine Soulard, Tess Laplacette, Charlotte Lozé

Viviane Asseyi, Cindy Caputo, Pauline Peyraud-Magnin, Maëlle Lakrar, Sara Yüceil, Caroline Pizzala ; Nora Coton-Pélagie, Kelly Gadea, Amandine Soulard, Tess Laplacette, Charlotte Lozé

Neuf ans après Saint-Étienne, Marseille pourrait renouveler la performance d’être promu et de finir quatrième. Son championnat est clairement coupé en deux : durant les sept premières journées, il n’avait réussi à accrocher que deux nuls à Bordeaux et Rodez. Durant les neuf suivantes, il a remporté tous ses matchs en dehors de son déplacement à Lyon. La bonne série a débuté avec la victoire contre Juvisy qui a sans doute agi comme un déclic psychologique même si l’acclimatation à la D1 a pu prendre un peu de temps pour une équipe assez largement remaniée à l’intersaison. Le calendrier explique aussi en partie les difficultés marseillaises en début de saison. Lors de la première période de sept journées, elles n’avaient joué qu’à l’extérieur en dehors des matchs contre Montpellier et Lyon.

Expérience des équipes de D1
Équipe Matchs Buts
Lyon 2557 765
Juvisy 1987 294
PSG 1540 393
Montpellier 1345 324
Saint-Étienne 1316 104
Marseille 1274 346
Rodez 1239 124
Soyaux 1158 97
Guingamp 1071 115
Albi 730 44
Metz 434 29
Bordeaux 308 11
Nombre de matchs et de buts en D1 de la totalité de l’effectif au début de la saison.
Les chiffres ne prennent en compte que les matchs joués en D1 depuis la saison 2003-2004 ce qui amène à une sous-estimation pour les clubs qui comptent des joueuses qui ont débuté avant ou qui ont joué en première division à l’étranger. C’est-à-dire Lyon, le PSG et Montpellier principalement.

Une joueuse dans le match

Viviane Asseyi

Viviane Asseyi

Avec plus de cent matchs et quarante buts en D1, treize sélections en équipe de France dont la dernière il y a moins d’un an, elle est le prototype des joueuses recrutées par Marseille à l’intersaison. Pas inaccessible comme pourrait l’être une Bleue titulaire mais habituée du très haut niveau à Montpellier et en sélection, Viviane Asseyi apporte tout ce que son club attendait d’elle. Symboliquement, elle a été la première à marquer un but contre Lyon cette saison, et si elle n’a pas marqué contre le PSG, elle a été de toutes les actions dangereuses. Elle remporte son duel de la tête contre Formiga pour envoyer Sarah Yüceil profiter de la mésentente entre Laura Georges et Irene Paredes et c’est elle qui subit la faute qui amène le coup-franc transformé par Sandrine Brétigny.

Rodez en profite, pas Bordeaux

Juvisy comptait sans doute sur les adversaires de ses concurrents directs pour refaire une partie de son retard sur la quatrième place. Mais si Guingamp a comme prévu dû baisser pavillon face à Montpellier, Marseille a donc gardé ses distances. Pour se rapprocher il fallait aussi que les Juvisiennes battent Metz. Les choses n’ont pas été sans mal puisque Melike Pekel ouvrait le score en tout début de match comme lors de la journée précédente face à Marseille. Mais comme lors de la journée précédente, les Messines n’ont tenu qu’une heure avant d’encaisser deux buts coup sur coup et un troisième en fin de match. Metz enchaîne les matchs encourageants mais ne prend toujours pas de point.

Les Essonniennes se rapprochent moins que prévu de la quatrième place mais remonte d’une marche en profitant de la défaite surprise de Soyaux contre Rodez. Les Ruthénoises menaient 3-0 à l’heure de jeu grâce à Flavie Lemaître et à un doublé de Clara Noiran et le Sojaldiciennes ne sont parvenues qu’à réduire le score par Pamela Babinga et Laura Bourgouin. C’est un nouveau coup d’arrêt pour Soyaux après la défaite contre Hénin-Beaumont en Coupe de France. Mais c’est surtout une bonne affaire pour Rodez qui était à portée de la zone de relégation et qui se donne un peu de marge sur ses trois concurrents, le cas de Metz étant réglé.

Emelyne Laurent devance Teninsoun Sissoko

Emelyne Laurent devance Teninsoun Sissoko

Après sa prévisible défaite contre Lyon, Albi devait regarder avec attention le match entre Bordeaux et Saint-Étienne. La place des Vertes dans ce groupe de bas de tableau est légèrement en trompe l’œil avec deux matchs en retard contre Metz et Soyaux qui pourraient leur donner beaucoup d’air. Elles pouvaient déjà prendre six points d’avance sur la zone rouge en battant à nouveau les Bordelaises après le 7-0 de l’aller. Mais l’exclusion de Mylène Chavas au bout d’un quart d’heure pour une main en dehors de la surface changeait la donne du match. Bordeaux dominait toute la première mi-temps emmenée par sa recrue hivernale Emelyne Laurent mais ne parvenait pas à prendre en défaut Mélodie Carré, la deuxième gardienne stéphanoise. Après la pause, les coéquipières de Maéva Clémaron reprenaient le contrôle du jeu sans parvenir à se montrer très dangereuses mais en limitant les offensives bordelaises.

Un nul à Saint-Étienne est plutôt un bon résultat pour Bordeaux mais le scénario du match peut laisser des regrets alors qu’il y avait l’occasion de sortir de la zone de relégation.

Résultats

Albi-Lyon 0-5 : Kumagai 4′, Hegerberg 30′, Abily 39′, Morgan 66′, 67′

Guingamp-Montpellier 0-2 : Blackstenius 5′, Le Bihan 30′

Marseille-PSG 2-0 : Yüceil 64′, Brétigny 76′

Metz-Juvisy 1-3 : Pekel 9′ ; Catala 67′, Diani 70′, Declercq 79′

Saint-Étienne-Bordeaux 0-0

Soyaux-Rodez 2-3 : Babinga 66′, Bourgouin 72′ ; Lemaître 19′, Noiran 39′, 50′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [15/0/1/67] 45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
2 PSG [13/0/3/33] 38
3 Montpellier [12/1/3/29] 37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
4 Marseille [8/2/6/-5] 26
    25
    24
    23
5 Guingamp [6/4/6/-9] 22
    21
6 Juvisy [6/2/8/12] Soyaux [5/5/5/-7] 20
    19
    18
    17
8 Rodez [4/4/8/-23] 16
    15
9 Saint-Étienne [3/5/6/-8] 14
10 Albi [4/1/11/-28] 13
    12
11 Bordeaux [2/5/9/-27] 11
    10
    9
    8
    7
    6
    5
    4
12 Metz [0/3/12/-34] 3

Le rêve américain avant l’Euro

Les Bleues ont remporté la deuxième édition de la SheBelievesCup à l’issue d’une victoire de prestige sur les États-Unis et grâce à un réalisme qu’on ne leur connaissait pas vraiment jusque là. Tous les autres participants au prochain Euro disputaient l’un des tournois organisés à cette période ce qui a permis de faire le point sur les états de formes. La hiérarchie semble de moins en moins figée.

La performance des Bleues est encourageante pour l’Euro et la lecture des compositions permet de penser que non seulement l’équipe actuelle est prête pour le mois de juillet mais qu’une bonne partie devrait être encore en poste en France en 2019.

L’an dernier, l’équipe de France de Philippe Bergerôo avait été assez convaincante lors des deux premiers matchs de la SheBelieves Cup contre les États-Unis et l’Allemagne mais sans réussir à marquer et avait concédé à chaque fois la défaite sur un unique but en fin de match. Le troisième match s’était terminé sur un 0-0 sans relief face à l’Angleterre propulsant la France à la dernière place du tournoi.

Depuis, les Bleues ont échoué aux Jeux Olympiques et Philippe Bergerôo a été remplacé par Olivier Echouafni qui marche dans ses traces. Pourtant les deux premiers matchs de son équipe lors de l’édition 2017 de la compétition amicale sont l’exact opposé de ceux de la précédente.

Contre l’Angleterre, la France a d’abord été dominée pendant une mi-temps comme elle l’a rarement été, incapable de sortir du pressing des joueuses de Mark Sampson et c’est logiquement qu’elle était menée 1-0 à la mi-temps. Contre l’Allemagne ensuite, elle a rarement eu le contrôle du jeu, Sarah Bouhaddi étant même obligée d’arrêter un pénalty pour éviter à son équipe d’être menée.

Mais à l’issue des deux premières journées, la France comptait quatre points de plus que l’année précédente au même stade. En premier lieu grâce à une deuxième mi-temps de bien meilleure facture contre l’Angleterre une fois le pressing un peu moins intense puis encore plus quand quelques cadres sont entrées. Avec un peu de réussite, cette reprise en main permettait à Marie-Laure Delie et à Wendie Renard de marquer de la tête.

Ensuite les Bleues n’ont jamais paniqué contre l’Allemagne sachant faire le dos rond pour ne pas perdre le match à défaut de le gagner. Deux lectures étaient possibles de ces prestations. On pouvait y voir une équipe en difficulté avec son jeu et qui ne s’en tirait que par miracles. Mais pour une équipe tellement habituée à obtenir des résultats bien en deçà de ce que son jeu laisserait espérer, c’était aussi une forme de révolution.

Le troisième match donne donc la tonalité de l’ensemble. Et si l’an dernier la faible prestation face à l’Angleterre avait plutôt terni les jolis matchs précédents, l’éclatante victoire de cette année contre les États-Unis rehausse nettement le tableau. Le titre dans ce tournoi est évidemment une satisfaction mais cela reste des matchs amicaux et c’est l’Euro qui dira réellement ce qu’il faut penser de cette tournée américaine.

Tout le monde sur le pont

La totalité du plateau du prochain Euro participait à l’un des trois principaux tournois organisés à cette période de l’année en Algarve, à Chypre et donc aux États-Unis1. À l’exception des équipes sud-américaines (Brésil et Colombie), ce sont même les 25 équipes les mieux classées par la Fifa qui disputaient ces compétitions, complétées à Chypre par quelques équipes européennes moins bien classées (Irlande, Pays de Galles, République tchèque et Hongrie)2.

Le traditionnel tournoi de l’Algarve est désormais déserté par les États-Unis, vainqueur dix fois en 24 éditions, ainsi que par l’Allemagne et la France3 mais contrairement à la saison dernière, il n’y avait pas de qualification olympique pour décimer le plateau. En dehors des quatre équipes parties aux Amérique, du Brésil qui faisait relâche et de la Corée du Nord qui était à Chypre, les neuf meilleures équipes possibles étaient au Portugal, complétées par l’Islande, la Russie et le Portugal. C’était l’occasion de retrouver l’Australie qui n’était plus venu depuis 1999 ou les Pays-Bas depuis 1998. Et c’était la première participation de l’Espagne venue en voisine. Ses débuts ont été couronnés de succès puisque les joueuses de Jorge Vilda ont remporté le tournoi en battant le Japon, en écrasant la Norvège et en finissant par une victoire sur le grandissime favori canadien4. Le Danemark finit à une belle troisième place, peut-être légèrement trompeuse puisqu’elle a été obtenue en battant le Portugal et la Russie et seulement en poussant l’Australie à la séance des tirs aux buts lors de la petite finale. La septième place de la Suède, battue par les Pays-Bas et incapable battre la Chine, et surtout la onzième de la Norvège victorieuse seulement du Portugal sont sans doute des indices plus frappants du resserrement des valeurs.

La hiérarchie a été nettement mieux respectée à Chypre où la Suisse a remporté le tournoi en battant la Corée du Sud en finale et surtout la Corée du Nord en poule. L’Italie n’a toutefois pas tenu son rang, battue sèchement par la Corée du Nord, la Suisse et la Belgique (treize buts encaissés en trois matchs), ne se vengeant que lors du match de classement destiné à éviter la dernière place en rossant la République tchèque.

Bien entendu, chaque pays a son propre agenda et tout le monde ne participait pas à ces différents tournois avec les mêmes objectifs. Certains ont plus fait tourner, d’autres ont tenté de cacher leur jeu. La hiérarchie de l’Euro sera sans doute bien différente (et sans doute plus proche du classement Fifa) mais France, Espagne et Suisse ont pris date en remportant leur tournoi respectif.

Les 25 premières nations au classement Fifa dans les tournois d’hiver
Fifa Conf. Pays Tournoi Place Euro
1 CONCACAF États-Unis SheBelieves 4
2 UEFA Allemagne SheBelieves 2 B
3 UEFA France SheBelieves 1 C
4 CONCACAF Canada Algarve 2
5 UEFA Angleterre SheBelieves 3 D
6 AFC Australie Algarve 4
7 AFC Japon Algarve 6
8 UEFA Suède Algarve 7 B
9 CONMEBOL Brésil
10 AFC Corée du Nord Cyprus 3
11 UEFA Norvège Algarve 11 A
12 UEFA Pays-Bas Algarve 5 A
13 AFC Chine Algarve 10
14 UEFA Espagne Algarve 1 D
15 UEFA Danemark Algarve 3 A
16 UEFA Italie Cyprus 11 B
17 UEFA Suisse Cyprus 1 C
18 AFC Corée du Sud Cyprus 2
19 OFC Nouvelle-Zélande Cyprus 9
20 UEFA Islande Algarve 9 C
21 UEFA Écosse Cyprus 5 D
22 CONMEBOL Colombie
23 UEFA Russie Algarve 8 B
24 UEFA Autriche Cyprus 8 C
25 UEFA Belgique Cyprus 7 A
Le Portugal, 38e au classement Fifa est la 16e équipe qualifiée pour l’Euro dans le groupe D.

Bleues d’aujourd’hui et de demain

L’an dernier, les Bleues avaient traversé l’Atlantique sans Wendie Renard ni Amandine Henry blessées et préparaient à 23 une compétition qui se disputerait à 18. Ainsi, Viviane Asseyi, Charlotte Bilbault, Kelly Gadea, Aurélie Kaci, Marie-Charlotte Léger et Marion Torrent avaient disparu tout de suite ou peu de temps après la SheBelieves Cup et n’étaient pas à Rio 5. Aucune n’est revenue régulièrement depuis mais toutes les autres forment encore l’ossature de l’équipe de France à l’exception des deux retraitées Louisa Necib et Sabrina Delannoy et de Kheira Hamraoui qui paie son transfert à Lyon.

Cette constatation décrit assez bien le travail d’Olivier Echouafni et la manière dont il fait évoluer la liste des joueuses sélectionnées. Quatorze des 23 joueuses victorieuses de l’édition 2017 étaient donc déjà présentes en 2016, auxquelles on peut ajouter Wendie Renard et Amandine qui ne l’avaient manqué que sur blessure voire Sakina Karchaoui qui a intégré l’équipe juste après et ne l’a quasiment pas quittée depuis. Gaëtane Thiney, Camille Catal et Sandie Toletti ont été rappelées ; Aïssatou Tounkara, Ève Périsset et Grace Geyoro ont intégré l’équipe.

Amandine Henry

Amandine Henry

Un quart de l’effectif a donc été renouvelé en un an et les deux nouvelles appelées parisiennes ont eu largement l’occasion de montrer leur valeur, un peu aidées par les circonstances. Jessica Houara rentrée en France pour raisons personnelles, Ève Périsset a été la seule joueuse avec Amandine Henry titulaire à chaque match. Griedge Mbock blessée lors du match contre l’Angleterre et Laura Georges malade de dernière minute contre l’Allemagne, Grace Geyoro a eu l’occasion de jouer le deuxième match en défense centrale après le premier disputé au milieu.

Presque toutes les joueuses de l’équipe de France ont eu l’occasion de s’exprimer durant le tournoi. Seule la troisième gardienne Laetitia Philippe n’est pas entrée en jeu alors qu’Aïssatou Tounkara et Camille Catala n’ont eu droit qu’à une poignée de minute, essentiellement une fois la victoire acquise contre les États-Unis. Kadidiatou Diani, Griedge Mbock et Jessica Houara n’ont pu participer qu’au premier match contre l’Angleterre alors que Claire Lavogez et Sandie Toletti n’ont connu qu’une seule titularisation pour un temps de jeu total de moins de 90 minutes. Enfin bien qu’ayant participé à tous les matchs, Gaëtane Thiney n’a jamais été titularisée.

Cette gestion de l’effectif d’Olivier Echouafni s’approche de celle de Steffi Jones qui a même poussé jusqu’à faire jouer une mi-temps à sa troisième gardienne Lisa Weiß. Toutes les joueuses de champ allemandes ont d’ailleurs joué au moins une mi-temps et le temps de jeu a été beaucoup plus réparti même si Babett Peter et Dzsenifer Marozsan n’ont manqué aucune minute.

Mark Sampson et Jill Ellis se sont passé respectivement de deux et trois joueuses de champs en plus de leur troisième gardienne. Ainsi on n’a vu ni la jeune Brianna Pinto (17 ans) qui commence déjà à remplacer Mallory Pugh comme future merveille américaine ni la défenseuse de Portland Emily Sonnett qui aurait peut-être pu faire du bien dans la désastreuse défense à trois américaine, par exemple à la place d’Allie Long.

La Coupe du monde derrière l’Euro

Olivier Echouafni a deux horizons : il prépare bien sûr l’Euro qui arrive dans moins de six mois mais il doit aussi avoir en tête la prochaine Coupe du monde qui est d’autant plus importante qu’elle se déroulera en France. Le renouvellement par petite touche qui est en cours est assez efficace du point de vue du rajeunissement de l’équipe. La sélection française était à 26,7 ans de moyenne6 la deuxième plus jeune du tournoi après celle de l’Allemagne. Avec Ève Périsset, Aïssatou Tounkara, Sandie Toletti, Claire Lavogez, Kadidiatou Diani, Griedge Mbock, Grace Geyoro et Sakina Karchaoui, un tiers des Bleues avait moins de 24 ans. Nikita Parris était la seule anglaise dans ce cas et si la sélection américaine compte dans ses rangs Mallory Pugh, Lindsey Horan, Rose Lavelle, Emily Sonnett, Jane Campbell et Brianna Pinto, les trois dernières n’ont pas foulé une pelouse durant le tournoi (les trois autres participant essentiellement au match contre l’Angleterre).

Les Bleues à la SheBelieves Cup
Maillot Poste Nom Prénom Âge Temps Matchs
1 G Philippe Laëtitia 26 0 0
2 D Perisset Eve 22 222 3
3 D Renard Wendie 27 205 3
4 D Georges Laura 33 180 2
5 D Tounkara Aïssatou 22 23 1
6 M Henry Amandine 27 259 3
7 M Toletti Sandie 22 63 2
8 D Houara d’Hommeaux Jessica 29 90 1
9 A Le Sommer Eugénie 28 167 3
10 M Abily Camille 32 184 3
11 M Lavogez Claire 23 81 2
12 A Thomis Élodie 31 115 3
13 A Diani Kadidiatou 22 71 1
14 A Catala Camille 26 16 2
15 M Bussaglia Élise 31 128 2
16 G Bouhaddi Sarah 30 180 2
17 M Thiney Gaëtane 31 102 3
18 A Delie Marie-Laure 29 174 3
19 D Mbock Bathy Nka Griedge 22 82 1
20 M Geyoro Onema Grace 20 180 2
21 G Gérard Méline 27 90 1
22 M Majri Amel 24 178 3
23 D Karchaoui Sakina 21 180 2

Bref si l’Allemagne reste comme d’habitude un modèle dans le renouvellement de son effectif (six joueuses de moins de 24 ans et seules Anja Mittag et Anna Blässe ont dépassé les 30 ans), la France procède à une transition en douceur qui semble mieux partie que celle de l’équipe américaine. Cinq Bleues ont dépassé les trente ans – qui n’est pas rédhibitoire pour être encore compétitives dans deux ans – parmi lesquelles Gaëtane Thiney et Élise Bussaglia ont été utilisées avec parcimonie. Le cas le plus sensible sera bien sûr celui de Camille Abily qui ne semble pas vouloir continuer au-delà de l’Euro et dont le rôle ne semble pas prêt à être endossé par une autre. Dans la mesure où elle n’a sans doute plus les jambes pour enchaîner les matchs de haut niveau tous les trois jours, il serait sans doute prudent de la protéger jusqu’à l’Euro. Lyon et l’équipe de France ont les moyens de se passer d’elle pour une grande partie de leurs matchs afin de lui permettre de rééditer des prestations comme celle du match contre les États-Unis les fois où c’est nécessaire.

Si la France alignait une équipe plutôt plus jeune que les autres, elle était assez nettement la plus expérimentée avec une moyenne de 77 sélections par joueuse7 et par match là où les États-Unis en comptaient 66 et les autres nettement moins de 50.

Le changement dans la continuité

Avec en plus l’équipe de France B qui aligne en particulier des joueuses passées récemment par l’équipe A et beaucoup des vice-championnes du monde M20, Olivier Echouafni dispose donc d’un effectif capable non seulement de bien figurer à l’Euro mais aussi de pousser jusqu’à la Coupe du monde.

Il a fait le même choix que son prédécesseur de n’évoluer qu’à petites touches et de rester globalement dans la continuité. L’échec des Jeux Olympiques où la France n’a encore pas su comment gérer un match à élimination directe, contre un adversaire réputé inférieur qui plus est, aurait pu appeler à une remise à plat plus radicale. Il est sans doute maintenant trop tard pour y procéder. C’est une certitude pour l’Euro et pour la Coupe du monde, les deux années qui viennent seront bien courtes s’il faut tout changer. D’autant plus que si les sélectionneurs successifs choisissent les mêmes joueuses à de rares exceptions, c’est sans doute qu’ils n’ont finalement pas tellement le choix et que la hiérarchie est assez nette.

Il faudra donc obligatoirement réussir avec cette équipe, ce qui veut dire au minimum d’atteindre les demi-finales de l’Euro.

Quinzième journée de D1 2016-2017 – Lyon et le PSG remportent les matchs au sommet

Les deux matchs au sommet de la quinzième journée ont confirmé que le titre se jouera encore une fois à deux. La victoire de Montpellier sur le PSG avait laissé pensé le contraire mais ça n’aura été qu’un feu de paille.

Marseille profite du surplace de tous ses adversaires pour consolider sa quatrième place. Mais l’événement de la journée est la victoire d’Albi à Saint-Étienne qui lui permet de passer devant son adversaire du jour.

La quinzième journée devait offrir une double confrontation entre les quatre équipes de tête. Ce n’était finalement pas le cas, la saison de Juvisy amoindrissant le niveau du duel Juvisy-PSG qui n’est pas non plus vraiment une confrontation historique puisque la présence de l’équipe parisienne en haut de tableau est assez récente.

La défaite place Juvisy dans une deuxième série de quatre matchs sans victoires – dont trois défaites – seulement séparées par une victoire face à Albi. Mais cette deuxième série est le fruit du double affrontement contre Lyon, de la réception du PSG et du déplacement à Montpellier. La série précédente comportait déjà le PSG mais également Saint-Étienne, Marseille et Bordeaux. Il n’y a certes pas de gloire à rater des choses difficiles mais la seconde série est beaucoup moins inquiétante et la manière a été beaucoup plus convaincante.
L’utilisation de l’effectif de Juvisy reste toutefois légèrement mystérieuse. Il compte de nombreuses absences en défense (Sandrine Dusang, Estelle Cascarino, Julie Soyer) mais cela n’explique pas totalement la composition alignée contre le PSG. Charlotte Bilbault était placée dans l’axe de la défense où elle a ses repères et où elle avait fait une très bonne saison il y a deux ans avec Soyaux. Annaïg Butel était arrière droite à un poste où elle n’a plus aucun repère et sa prestation s’en est nettement ressentie. Du coup, c’est Gaëtane Thiney qui s’est retrouvée aux côtés d’Inès Jaurena à la récupération, privant son équipe d’une partie de son apport offensif. Et c’est Léa Declercq qui l’a remplacée à un poste mi-attaquante de soutien, mi-meneuse de jeu.

Cette mise en place avait donc le défaut de placer deux des joueuses les plus importantes de Juvisy à des postes qui limitent leur expression alors même que Léa Declercq peut jouer arrière droite avec un certain succès comme elle l’avait fait à l’occasion au PSG. D’ailleurs en fin de match Gaëtane Thiney et Annaïg Butel ont été replacées à des positions plus conformes à leurs qualités.

Toutefois la prestation pleine d’abnégation de Juvisy qui a longtemps tenu en échec le PSG valide sans doute les choix d’Emmanuel Beauchet.

Cette mise en échec tiens aussi à la première mi-temps en demi-teinte des joueuses de Patrice Lair. Le tournant du match aura été l’entrée à la mi-temps de Grace Geyoro et Marie-Antoinette Katoto. Les deux jeunes Parisiennes avaient débuté ce match au sommet sur le banc, victimes de la concurrence internationale. Mais à l’issue de la partie, leur position dans la hierarchie est plutôt confortée : on ajoute des stars internationales mais elles sont toujours des joueuses clés du PSG. La première a remplacé la Brésilienne Formiga en manque de rythme après n’avoir plus joué depuis les Jeux Olympiques. Et la seconde a marqué le but de la victoire.

Lyon en forme européenne

Le seul match au sommet était donc le déplacement de Lyon à Montpellier. La séquence des réceptions à Grammont de Juvisy, du PSG et de Lyon pouvait permettre aux Montpelliéraines de se mêler à la lutte pour le titre. La victoire contre le PSG avait confirmé cette possibilité mais le nul contre Juvisy l’avait atténuée. La venue de Lyon a mis fin à ces espoirs. Au match aller, les joueuses de l’OL avait vite mené 2-0 puis Wendie Renard avait perdu un ballon dans l’axe qui avait permis à Anouk Dekker de réduire le score et la deuxième mi-temps avait été plus tendue. La capitaine lyonnaise avait sans doute cette action en mémoire et elle n’a laissé à personne d’autre le soin d’ouvrir le score de la tête sur un coup-franc de Dzsenifer Marozsan et d’assurer la victoire en marquant le troisième but sur un autre coup-franc cette fois de Camille Abily.

Entre temps, Pauline Bremer avait confirmé sa bonne forme en trompant au premier poteau Laetitia Philippe qui s’attendait sans doute à un centre. Le match de l’Allemande ne se résume pas à ce fait d’arme, elle a assez largement remporté son duel direct avec une autre jeune internationale, Sakina Karchaoui.

Pauline Bremer et Sakina Karchaoui

Pauline Bremer et Sakina Karchaoui

L’absence de Sofia Jakobsson qui s’ajoute à celle de Laetitia Tonazzi semble laisser un gros trou dans l’attaque héraultaise. Valérie Gauvin, Lindsey Thomas et Clarisse Le Bihan sont de très bonnes joueuses de D1 et sans doute un peu plus, d’ailleurs elles ont toutes les trois été appelées en équipe de France B pour l’Istria Cup. Mais la marche semble encore un peu haute contre Lyon à ce niveau.

À quelques semaines du quart de finale contre Wolfsbourg, Gérard Prêcheur a aligné ce qui semble être la meilleure formation possible de l’OL. Cette composition ne comprend pas Alex Morgan convalescente mais qui ne devrait pas dépasser Ada Hegerberg et Eugénie Le Sommer à la régulière d’ici le quart de finale européen. Et si les recrues de la saison Dzsenifer Marozsan et Kadeisha Buchanan étaient titulaires, Caroline Seger n’est entrée qu’en deuxième mi-temps, Jessica Houara est restée sur le banc alors que’Alex Morgan, Kenza Dali, Josephine Henning et Kheira Hamraoui n’étaient pas sur la feuille de match.

La dernière question qui reste en suspens en haut de tableau est l’équipe qui de l’OL ou du PSG remportera le titre. La réponse dépendra dépendra de deux facteurs. D’une part du déplacement du PSG à Lyon pour l’avant dernière journée. D’autre part de la décision définitive concernant l’affaire de la feuille de match du match Albi-PSG de la première journée. Si les Parisiennes récupèrent ne serait-ce qu’un point sur les quatre qu’elles ont perdus en première instance, la confrontation directe sera décisive. Si elles récupèrent l’intégralité des points, elle pourront même se contenter d’un match nul.

Marseille sur la trace de Saint-Étienne

La lutte pour la quatrième place est beaucoup plus honorifique mais dans une compétition tellement nivelée, les places d’honneurs sont importantes. En 2008, le RC Saint-Étienne1 tout juste promu avait profité de la période de transition entre la sortie de Toulouse du quatuor de tête et l’entrée du PSG pour prendre la quatrième place et réaliser la meilleure performance d’un promu depuis la deuxième place du Toulouse OAC en 1995. Depuis aucun promu n’a fait aussi bien.

Outre quelques noms connus comme Karima Benameur, Jessica Houara ou Michèle Ngono Mani et quelques championnes en titre priées par l’OL d’aller voir ailleurs (Delphine Blanc, Ludivine Bruet, Aurélie Naud et Anne-Laure Perrot), deux jeunes joueuses avaient participé à l’aventure verte2 et cherchent à la rééditer cette saison. Amandine Soulard alors âgée de 21 ans avait joué 9 matchs. Kelly Gadéa avait disputé à 16 ans deux matchs (qui n’étaient pas ses premiers en D1, elle en avait joué six avec Montpellier lors des deux saisons précédentes). Les deux joueuses sont désormais titulaires dans la défense de Marseille et sont en bonne position pour rééditer l’exploit.

Le match du jour était facile sur le papier face à une équipe de Metz qui ne comptait que trois matchs nuls à son bilan de la saison. Mais les Lorraines sont en bien meilleure forme ces derniers temps, restaient justement sur deux de leurs trois matchs nuls et surtout sur des prestations très convaincantes. Ce n’étais donc pas tout à fait une surprise qu’elles ouvrent le score en tout début de match grâce à leur recrue germano-turque3 en provenance de l’équipe B du Bayern Munich Melike Pekel.

Melike Pekel

Melike Pekel

L’avantage tenait près d’une heure avant que la supériorité marseillaise se ne concrétise grâce à Nora Coton-Pélagie et à un doublé de Viviane Asseyi. Marseille compte désormais trois points d’avance sur la cinquième place maintenant occupée par Soyaux. Les Charentaises ont doublé Guingamp en battant l’équipe bretonne 1-0 sur un pénalty de Viviane Boudaud consécutif à une faute de Soazig Quéro sur Laura Bourgouin.

Le match opposait deux équipes dont le dernier résultat était un nul à Metz et qui cherchaient à rattraper les points perdus. C’est donc Soyaux qui fait la bonne opération à l’issue d’un duel équilibré qui était marqué par la première titularisation de Gwendoline Djebbar depuis sa blessure contre Juvisy il y a près d’un an.

Louise Fleury et Gwendoline Djebbar

Louise Fleury et Gwendoline Djebbar

La scission du ventre mou

Traditionnellement, la D1 était constituée d’un quatuor de tête, d’une ou eux équipes décrochées en bas et d’un immense ventre mou entre les places d’honneur et la relégation. Cette saison, le quatuor de tête est un trio et seul Metz est vraiment décroché. Le reste du plateau constitué de huit équipes est insensiblement en train de se couper en deux. Marseille, Soyaux, Guingamp et Juvisy ont fait le trou et peuvent se contenter de regarder devant. Les quatre autres équipes sont concernées par la lutte pour le maintien qui ne se résumera peut-être finalement pas à un duel entre Albi et Bordeaux.

Le cas de Saint-Étienne est un peu à part puisque les Vertes ont deux matchs en retard contre Metz et Soyaux qui peuvent leur permettre de revenir sur le groupe précédent mais elles sont à l’origine du retour d’Albi par leur défaite surprise contre l’équipe d’Adolphe Ogouyon sur un but de l’internationale serbe Milica Mijatovic.

C’est la première victoire d’Albi cette saison qui soit à la fois sur le terrain et pas contre Metz. Elle permet aux Albigeoises de rejoindre leurs adversaires du jour (avec deux matchs joués en plus donc) mais aussi Rodez et de prendre trois points d’avances sur Bordeaux. Ces deux dernières équipes ont fait match nul 0-0 qui semblait favorables aux Girondines avant le match d’Albi.

Comme en haut de tableau, tout est encore soumis à la décision en appel concernant le match Albi-PSG mais avec cette victoire, la perte de ces trois points de bonus ne serait plus rédhibitoire. Et si on savait que Bordeaux aurait à conquérir son maintien point par point jusqu’à la dernière journée, la position de Rodez est plus étonnante. L’équipe de Sébastien Joseph ne possède donc que trois points d’avance sur la zone rouge et semble avoir perdu tout ce qui faisait sa force l’an dernier. L’avant dernière journée verra la confrontation pour le titre entre Lyon et le PSG mais elle pourrait bien être aussi décisive pour le maintien avec le match entre Albi et Rodez.

Résultats

9e journée

Juvisy-Lyon 0-1 : Abily 22′

11e journée

Metz-Guingamp 1-1 : Khelifi 71′ ; Amani 65′

Léa Khélifi buteuse contre Guingamp, face à Salma Amani et Soazig Quéro

Léa Khélifi buteuse contre Guingamp, face à Salma Amani et Soazig Quéro

15e journée

Juvisy-PSG 1-2 : Thiney 66′ ; Paredes 62′, Katoto 64′

Metz-Marseille 1-3 : Pekel 3′ ; Coton-Pelagie 59′, Asseyi 66′, 81′

Montpellier-Lyon 0-3 : Renard 13′, 67′, Bremer 26′

Rodez-Bordeaux 0-0

Saint-Étienne-Albi 0-1 : Mijatović 61′

Soyaux-Guingamp 1-0 : Boudaud 75′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [14/0/1/62] 42
    41
    40
    39
2 PSG [13/0/2/35] 38
    37
    36
    35
3 Montpellier [11/1/3/27] 34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
    26
    25
    24
4 Marseille [7/2/6/-7] 23
    22
    21
5 Soyaux [5/5/4/-6] 20
6 Guingamp [5/4/5/-8] 19
    18
7 Juvisy [5/2/8/10] 17
    16
    15
    14
8 Rodez [3/4/8/-24] Albi [4/1/10/-23] Saint-Étienne [3/4/6/-8] 13
    12
    11
11 Bordeaux [2/4/8/-26] 10
    9
    8
    7
    6
    5
    4
12 Metz [0/3/11/-32] 3

Faut-il croire dans les Bleues ?

La traditionnelle période des tournois de fin d’hiver est l’occasion pour la France d’une vaste revue d’effectif entre les Bleues aux États-Unis, l’équipe de France B en Croatie et les M19 en Espagne.

À moins de six mois de l’Euro, toutes les joueuses qui seront aux Pays-Bas seront sur le pont. Malgré des discours d’ouverture, ce sont les quatre clubs habituels qui fournissent l’essentiel du contingent et la transition vers la Coupe du monde 2019 se fait en petites touches. Mais l’équipe reste assez proche de celle de Rio.

Peut-être qu’après avoir bien cherché, les meilleures joueuses françaises sont finalement bien toujours les mêmes.

Olivier Echouafni vient de publier la liste des joueuses convoquées pour la SheBelieves Cup où l’équipe de France rencontrera début mars les États-Unis, l’Allemagne et l’Angleterre. Après lui avoir laissé une période d’observation en début de mandat où il était resté dans les pas de son prédécesseur, ceux qui attendaient une rupture nette en sont pour leurs frais.

Le groupe s’est enrichi du retour de Gaëtane Thiney et des arrivées d’Ève Périsset, Aïssatou Tounkara et surtout Grace Geyoro mais c’est un niveau de renouvellement normal après une compétition internationale même sans changement de sélectionneur. Les joueuses qui ont quitté le groupe ont disparu pour cause de retraite (totale pour Louisa Necib, internationale pour Sabrina Delannoy) ou de transfert hasardeux (Kheira Hamraoui). Toutes les autres joueuses qui étaient à Rio seront aux États-Unis1.

Ève Périsset et Grace Geyoro, deux nouvelles joueuses appelées par Olivier Echouafni.

Ève Périsset et Grace Geyoro, deux nouvelles joueuses appelées par Olivier Echouafni.

Outre la nécessité de donner un peu d’air à un groupe apparu à bout de souffle aux Jeux Olympiques et celle de préparer déjà la Coupe du monde 2019 qui aura lieu en France, cette attente de renouvellement a été alimentée par le discours du sélectionneur qui a fait le tour de France des clubs en annonçant que chacune pouvait avoir sa chance quel que soit son club.

Dans les faits, en dehors d’une courte apparition de la marseillaise (et ex-montpelliéraine) Kelly Gadea, la seule sélectionnée qui ne joue pas dans l’un des quatre clubs habituels2 est Élise Bussaglia. De Wolfsbourg3. Soit le discours du sélectionneur n’était que de convenance, soit il a cherché et il est arrivé aux mêmes conclusions que Philippe Bergerôo sur la hiérarchie des joueuses.

Même s’il y aura peut-être une ou deux surprises d’ici à l’Euro en juillet4, il semble désormais acquis que le groupe qui ira aux Pays-Bas ressemblera de très près à celui qui a préparé les Jeux Olympiques. Et à vrai dire, aucune joueuse n’a bousculé la hiérarchie en club au point de briller par son absence en sélection.

La relève

On cherchera naturellement les éventuelles surprises de l’Euro dans les joueuses appelées en équipe de France B pour jouer l’Istria Cup en Croatie pour jouer contre le pays hôte, la Bosnie-Herzégovine et l’équipe B de Hongrie.

L’équipe de France B a été relancée en 2014 pour servir d’antichambre à l’équipe de France. Mais elle a jusque là surtout servi à faire patienter des joueuses qui n’étaient plus éligibles aux sélections de jeunes et qui n’étaient pas encore appelées chez les A. Elle a aussi été utilisée pour donner un peu de temps de jeu à des joueuses déjà appelées chez les Bleues.

En général, elle est d’abord composée des joueuses des quatre principaux clubs qui ne sont ni étrangères, ni sélectionnées en A, ni en équipe de jeune et qui ne sont ni blessées ni d’anciennes internationales comme Laetitia Tonazzi, Corine Petit ou Sandrine Dusang.

À peu près tout l’effectif de Lyon, du PSG, de Montpellier et de Juvisy est ainsi concerné en général par la sélection et les joueuses des autres clubs peuvent un peu avoir l’impression d’être là pour faire le nombre et arriver à une liste d’une vingtaine de noms. On retrouve là un noyau dur de quelques joueuses sur lesquelles les différents staffs des équipes de France semble avoir un œil comme Charlotte Lorgeré, Laura Bourgouin, Rose Lavaud ou Léa Le Garrec. Certaines sont même suivies jusque dans les divisions inférieures comme cette dernière qui était appelée quand elle jouait à Saint-Malo avant de revenir à Guingamp, ou comme Charlotte Saint-Sans-Levacher d’Arras ou Marine Dafeur de Lille.

Mais sans faire injure à ces très bonnes joueuses dont certaines pourraient sans doute figurer honorablement au dessus, si on doit chercher dans la liste de l’équipe de France B les joueuses qui pourraient être des titulaires d’une équipe visant le titre mondial en 2019, on aura plus de chance de les trouver parmi les Perle Morroni ou Théa Gréboval, c’est-à-dire parmi les joueuses qui étaient encore internationales des moins de vingt ans en décembre.

L'équipe de France M19 championne d'Europe en 2016

L'équipe de France M19 championne d'Europe en 2016

D’ailleurs certaines des joueuses qui ont le plus de chance d’apparaître chez les Bleues d’ici l’Euro ou juste après ne seront pas en Croatie. C’est le cas de Laura Agard et Annaïg Butel qui ont régulièrement été appelées par Olivier Echouafni, de Clara Matéo qui était du précédent rassemblement de l’équipe de France B en janvier et de Marie-Antoinette Katoto qui sera à la Manga avec l’équipe de France M19.

L’avenir dira si l’équipe de France réussira son Euro mais dans deux ans en 2019, la moitié des sélectionnées de la SheBelieves Cup aura trente ans ou plus. Toutes n’arrêteront pas d’ici là mais il est très probable qu’on assiste au plus gros renouvellement de génération depuis 2005.

Sur le papier, la France dispose des joueuses pour prendre la relève : vice championne du monde des moins de vingt ans en 2016 et troisième en 2014, championne d’Europe des moins de 19 ans en 2016 et 2013 et demi-finaliste en 2015, le palmarès récent des sélections de jeunes montre qu’il ne manque pas de jeunes talents.

Griedge Mbock et dans une moindre mesure Kadidiatou Diani, Sakina Karchaoui et Claire Lavogez sont désormais bien installées, Aïssatou Tounkara et Sandie Toletti sont régulièrement appelées à défaut de jouer fréquemment.

Delphine Cascarino et Grace Geyoro sont déjà entrées dans le groupe, Marie-Antoinette Katoto et sans doute Clara Matéo et Mylène Chavas ne devraient pas tarder à suivre : il est fort possible que le renouvellement se fasse finalement plutôt en douceur. Il faut maintenant que les jeunes poussent les anciennes vers la sortie et s’imposent naturellement comme des titulaires. L’équipe type de l’Euro pourrait compter plus de joueuses de moins de 25 ans que de trentenaires5. Bref, le renouvellement se fait par petites touches ce qui peut donner une sensation d’immobilisme pas tout à fait justifiée.

La concurrence étrangère

Il y a toutefois un phénomène récent et qui gagne en intensité qui peut être inquiétant pour l’équipe de France à l’avenir. Kheira Hamraoui a disparu des listes des équipes de France alors qu’elle était systématiquement appelée en A depuis trois ans. Marie-Charlotte Léger n’apparaît dans aucune des dernières sélection alors qu’il y a encore un an, elle semblait en mesure de postuler pour une place aux Jeux Olympiques6. Sarah Palacin n’a plus été appelée en équipe de France B depuis sont arrivée au PSG. Et si on peut mettre les absences de Kenza Dali et d’Aurélie Kaci sur le compte de leurs blessures, il n’est pas sûr que le faible temps de jeu qu’elles auront à Lyon leur permette de revenir ni en A ni même en B.

Ces absences sont dues à la concurrence mais désormais, c’est une concurrence de joueuses étrangères, de plus en plus nombreuses dans les trois clubs de tête qui sont les principaux pourvoyeurs des Bleues.

Les nombreuses arrivées d’internationales augmentent sans doute le niveau général de ces équipes et permettent de faire parler de la D1 mais elles occupent des places qui renvoient des postulantes à l’équipe de France sur le banc ou en tribune.

Griedge Mbock Bathy Nka

Griedge Mbock Bathy Nka

Cette concurrence est certainement positive pour les meilleures d’entre elles qui peuvent ainsi se mesurer au niveau international à chaque entraînement et Griedge Mbock n’a pas été mise sur le banc par les arrivées de Kadeisha Buchanan et Josephine Henning (c’est pour l’instant l’Allemande qui est remplaçante). De même Grace Geyoro et Marie-Antoinette Katoto avant sa blessure ont réussi à se faire une place parmi les stars parisiennes.

Mais tout le monde n’a pas autant de potentiel et il faudra suivre avec attention la prochaine intersaison. Il semble que plusieurs impétrantes internationales devront partir si elles veulent jouer. Cela sera sans doute une bonne chose pour la densité de la D1 mais sans doute pas pour les Bleues tant l’expérience a montré que les conditions de travail des clubs professionnels faisaient beaucoup pour la progression des joueuses.

Les listes

Équipe de France A pour la SheBelievesCup

Gardiennes : Sarah Bouhaddi (Lyon), Méline Gérard (Lyon), Laetitia Philippe (Montpellier)

Défenseuses : Laura Georges (PSG), Jessica Houara (Lyon), Sakina Karchaoui (Montpellier), Griedge Mbock (Lyon), Ève Périsset (PSG), Wendie Renard (Lyon), Aïssatou Tounkara (Juvisy)

Millieux : Camille Abily (Lyon), Élise Bussaglia (Wolfsbourg), Grace Geyoro (PSG), Amandine Henry (PSG), Claire Lavogez (Lyon), Amel Majri (Lyon), Gaëtane Thiney (Juvisy), Sandie Toletti (Montpellier)

Attaquantes : Camille Catala (Juvisy), Marie-Laure Delie (PSG), Kadidiatou Diani (Juvisy), Eugénie Le Sommer (Lyon), Élodie Thomis (Lyon)

Sandie Toletti

Sandie Toletti

Équipe de France B pour l’Istria Cup

Gardiennes : Romane Munich (Soyaux), Maryne Gignoux (Guingamp)7

Défenseuses : Hawa Cissoko (PSG), Marine Dafeur (Lille), Théa Gréboval (Juvisy), Charlotte Lorgeré (Guingamp), Marion Romanelli (Montpellier), Charlotte Saint Sans Levacher (Arras), Teninsoun Sissoko (Saint-Étienne), Marion Torrent (Montpellier)

Milieux : Charlotte Bilbault (Juvisy), Laura Bourgouin (Soyaux), Aminata Diallo (PSG), Inès Jaurena (Juvisy), Rose Lavaud (Saint-Étienne), Léa Le Garrec (Guingamp), Perle Morroni (PSG), Mylaine Tarrieu (Lyon), Lindsey Thomas (Montpellier)

Attaquantes : Valérie Gauvin (Montpellier), Clarisse Le Bihan (Montpellier), Ouleymata Sarr (PSG)

Équipe de France M19 pour le tournoi de La Manga

Gardiennes : Mylène Chavas (Saint-Étienne), Jade Lebastard (Guingamp)

Défenseuses : Oumy Bayo (PSG), Élisa De Almeida (Juvisy), Sarah Galera (Toulouse), Manon Labois (PSG), Tess Laplacette (Marseille), Agathe Maetz (Vendenheim), Agathe Ollivier (Guingamp), Julie Piga (Grenoble), Andréa Prette (Arras), Julie Thibaud (Soyaux)

Milieux : Ninon Blanchard (Saint-Étienne), Élise Bonet (Rodez), Lina Boussaha (PSG), Sana Daoudi (PSG), Hélène Fercocq (Saint-Maur), Christy Gavory (Metz), Amira Ould Braham (Juvisy)

Attaquantes : Cindy Caputo (Marseille), Aimy Diop (Montpellier), Catherine Karadjov (Juvisy), Marie-Antoinette Katoto (PSG), Émelyne Laurent (Bordeaux), Chloé Pierel (Juvisy)

Marie-Antoinette Katoto

Marie-Antoinette Katoto

Quatorzième journée de D1 2016-2017 – La révolte des promus

Les trois leaders ont remporté leur match avec plus ou moins de difficulté tandis que les promus se sont montré à leur avantage même s’ils en ont tiré plus ou moins de profit.

Tout cela ne révolutionne pas vraiment le classement où c’est finalement la bataille pour la quatrième place évolue le plus de journée en journée.

La quatorzième journée de ce week-end est la première depuis la sixième journée au mois d’octobre qui a pu se dérouler en une seule fois sans match remis. Pour cela il a été nécessaire de déplacer deux matchs sur des pelouses synthétiques à Saint-Brieuc et Metz.

Elle ne fait pas vraiment avancer les choses dans les zones à enjeu du classement à savoir les deux premières et deux dernières places. Mais elle confirme que même entre équipes proches au classement, certaines font meilleure impression que d’autres.

Les trois pensionnaires du podium ont emporté leur match. Mais si Lyon et le PSG ont géré tranquillement face à des adversaires de milieu de tableau, Montpellier a eu beaucoup plus de mal face à Bordeaux qui est actuellement relégable.

Amandine Henry et Maéva Clémaron

Amandine Henry et Maéva Clémaron

Pour l’instant il semble que Montpellier a plus perdu avec la blessure de Sofa Jakobsson qu’il n’a gagné avec les arrivées de Janice Cayman et Stina Blackstenius. Dans le vent du stade Jean-Pierre Belhomme de Blanquefort, ce sont les Bordelaises qui ouvraient le score sur un coup-franc de Sarah Cambot juste avant la mi-temps.

Mais après la pause, les Montpelliéraines passaient devant sous la houlette de Sandie Toletti qui marquait d’abord elle-même et dont une frappe était ensuite reprise par Janice Cayman pour le deuxième but.

Bordeaux manque une bonne occasion de prendre des points permettant de sortir de la zone rouge. Ce n’était sans doute pas prévu au début du match mais il y a des regrets à la fin.

Lyon soigne sa première au Parc OL

Juvisy n’est plus un concurrent pour le titre et devra se battre pour rester quatrième. Mais cela reste un nom de la D1 ce qui justifie qu’il s’agit de l’affiche qui aura eu les honneurs du premier match de championnat dans le Parc OL1. Le résultat aura finalement été conforme au statut actuel des deux équipes. Dès la cinquième minute, Amel Majri ouvrait le score, puis Ada Hegerberg marquait deux fois avant la demi-heure de jeu. La suite était plus équilibrée à un rythme moins élevé permettant à Clara Matéo et Inès Jaurena de réduire un score que Saki Kumagai et Eugénie Le Sommer avaient alourdi.

De même le PSG n’a jamais été inquiété face à Saint-Étienne. Un détail montrait l’écart qui sépare les deux équipes. Sarah Palacin qui était l’attaquante vedette des vertes l’an dernier n’était même pas sur la feuille de match pour le PSG. Elle n’a plus foulé une pelouse de D1 depuis le match contre Bordeaux fin novembre et à la concurrence de Cristiane, Veronica Boquete et Marie-Laure Delie, à celle de Marie-Antoinette Katoto qui faisait son retour s’est ajouté celle de Nataša Andonova qui a fait ses débuts en seconde mi-temps.

Cela souligne aussi la performance des jeunes Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro, Perle Morroni et Ève Périsset qui font leur trou dans cet effectif de star.

Ashley Lawrence

Ashley Lawrence

En face, privé de Maëlle Garbino et avec une Mylène Chavas qui n’était pas dans un grand jour, l’ASSE ne pouvait pas espérer grand chose. Dès la huitième minute, Veronica Boquete plaçait le ballon hors de portée de la gardienne stéphanoise. Ashley Lawrence mettait ensuite le côté droit de la défense au supplice, servant Marie-Laure Delie pour le deuxième but et obtenant le corner sanctionné par le troisième de Cristiane. L’avant-centre française marquait même son treizième but de la saison en fin de match.

Lyon et le PSG campent donc sur leur position alors que Juvisy et Saint-Étienne laissent Guingamp et surtout Marseille prendre de l’avance dans la lutte pour la quatrième place.

Marseille et Guingamp au pied du podium

Les Marseillaises avaient l’occasion de profiter de la défaite de Juvisy pour prendre le large en accueillant Albi. Elle ne l’ont pas laissé passer. Un but de Sandrine Brétigny et un doublé de la capitaine Caroline Pizzala permettent aux provençales d’équilibrer leur bilan avec désormais autant de victoires que de défaites.

Mais un but de Desire Oparanozie sur la pelouse synthétique du stade de l’Europe où Guingamp recevait Rodez permet aux bretonnes de rester au contact avec deux matchs de retard (dont un dès mercredi à Metz). Le duel entre les cinquième des deux dernières saisons a donc tourné en faveur de celles d’il y a deux ans. Et elles sont cette fois à la lutte pour une place de mieux.

Il semble que Rodez ne participera pas à cette lutte cette saison, l’écart étant déjà conséquent avec le haut du milieu de tableau. Les Rafettes ont sans doute plutôt le regard tourné vers le bas puisqu’elles n’ont que trois points d’avance sur Bordeaux et deux sur Albi – les Girondines ayant un match en retard.

Saint-Étienne ne compte d’ailleurs qu’un seul point d’avance sur Rodez mais ses deux matchs en retard et l’impression laissée dans le jeu en font un candidat moins crédible à la descente.

Soyaux est encore dans la course à la quatrième place avec trois points et un match de retard sur icelle. Mais les Charentaises ont déjà une particularité cette saison : elles sont celles qui permettent à Metz de marquer des points et des buts. Après l’égalisation dans le temps additionnel du match aller, c’est cette fois dès la première mi-temps que Selen Altunkulak a répliqué à Pamela Babinga pour donner aux Grenates leur deuxième but et leur deuxième point de la saison. C’est sans doute l’émulation de la victoire marseillaise face à Albi et de la bonne prestation des Bordelaises contre Montpellier qui a porté les troisièmes promues. Dans leur cas, cela ne servira pas à grand chose mais ça permet déjà de faire mieux que Muret en 2014.

Résultats

Bordeaux-Montpellier 1-2 : Cambot 45′ ; Toletti 52′, Cayman 64′

Guingamp-Rodez 1-0 : Oparanozie 83′

Lyon-Juvisy 5-2 : Majri 5′, Hegerberg 23′, 29′, Kumagai 53′, Le Sommer 66′ ; Matéo 31′, Jaurena 80′

Marseille-Albi 3-1 : Brétigny 18′, Pizzala 66′, 73′ ; Condon 92′

Metz-Soyaux 1-1 : Altunkulak 34′ ; Babinga 8′

PSG-Saint-Étienne 4-0 : Boquete 8′, Delie 23′, 94′, Cristiane 26′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [12/0/1/58] 36
2 PSG [12/0/2/34] 35
3 Montpellier [11/1/2/30] 34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
    26
    25
    24
    23
    22
    21
4 Marseille [6/2/6/-9] 20
    19
5 Guingamp [5/3/4/-7] 18
6 Juvisy [5/2/6/12] Soyaux [4/5/4/-7] 17
    16
    15
    14
8 Saint-Étienne [3/4/5/-7] 13
9 Rodez [3/3/8/-24] 12
    11
10 Albi [3/1/10/-24] 10
11 Bordeaux [2/3/8/-26] 9
    8
    7
    6
    5
    4
    3
12 Metz [0/2/10/-30] 2

Treizième journée de D1 2016-2017 – Albi en profite

Après Lyon et le PSG, c’est cette fois Montpellier qui a abandonné des points. La lutte pour l’Europe sinon pour le titre reste plus indécise que jamais. À l’autre bout du tableau, Albi a profité de la tempête à Bordeaux et de la venue de Metz pour sortir très provisoirement de la zone rouge.

Dans le haut du classement, chaque journée apporte son lot de rebondissement. Montpellier comptait sur la réception de ses adversaires directs pour revenir dans la course au titre. Mais après avoir battu le PSG, le club héraultais s’est heurté à une équipe de Juvisy très imprévisible cette saison.

La semaine avait mal commencé avec la blessure de Sofia Jakobsson. L’actuelle meilleure buteuse du championnat devrait manquer toute la fin de saison. Malgré les arrivées de Janice Cayman et de Stina Blackstenius, c’est un gros coup dur.

Pour Juvisy, la saison en dents de scies continue. Les Essonniennes ne peuvent plus guère viser que la quatrième place loin du podium et donc de réussir quelques coups dans des matchs au sommet. Ça tombe bien les deux prochains matchs seront contre Lyon.

Avant ces deux confrontations, les Lyonnaises profitent des points perdus par leurs adversaires pour garder la tête du classement malgré un match de plus à jouer. Le match face à Marseille était présenté comme une affiche et la tribune de Décines étaient copieusement garnie mais bien que l’équipe de Christophe Parra soit quatrième, aucune incertitude n’était au programme. Un pénalty de Saki Kumagai et un coup-franc de Camille Abily permettaient aux locales d’atteindre la pause avec un avantage de deux buts. Les remplacements à la pause de Caroline Seger et Alex Morgan par Dzsenifer Marozsán et Eugénie Le Sommer donneront ensuite plus d’allant à Lyon ce qui se traduira par deux buts de plus.

Eugénie Le Sommer devance Kelly Gadea

Eugénie Le Sommer devance Kelly Gadea

La série de victoire marseillaise reste donc à cinq mais c’était prévu et les prochains matchs contre Albi et Metz peuvent définitivement assurer le maintien aux coéquipières de Kelly Gadea et leur permettre de se mettre sereinement à la poursuite de la quatrième place qu’elles occupent pour le moment mais avec un match de plus que Juvisy et Soyaux et deux de plus que Guingamp et Saint-Étienne.

Le PSG se déplaçait à Rodez et a mis une mi-temps pour parvenir à tromper Julie Niphon. C’est la recrue hivernale Amandine Henry qui a trouvé la faille la première à la reprise, imitée ensuite par Irene Paredes et Cristiane. Ce n’est bien sûr pas contre cet adversaire que le RAF comptait prendre les point nécessaires pour le maintien et le constat traditionnel de l’équipe qui a bien résisté une mi-temps est de mise mais on sait que ce n’est pas toujours un gage de bonnes performances ultérieures. Pour l’instant, Rodez a su battre les trois derniers du classement ce qui est suffisant pour le maintien.

Ce résultat permet à l’équipe parisienne de repasser devant Montpellier et de rester en course pour le titre même sans récupérer les points perdus sur tapis vert.

Albi enfonce Metz

Mais si le PSG pourra peut-être s’en passer, ils pourraient manquer finalement à Bordeaux. Ou plutôt, les points attribués à Albi pourraient faire le malheur des Girondines.

La tempête sévissant sur le sud-ouest de la France a provoqué le report des matchs Bordeaux-Guingamp et Soyaux-Saint-Étienne. Mais le duel de relégables entre Albi et Metz a bien eu lieu. Et il s’est terminé de la même manière qu’à l’aller : les Albigeoises ont marqué le seul but de la rencontre en toute fin de match. Cette fois, Tatiana Solanet étant partie à Dijon, c’est Pilar Khoury qui a marqué dans les arrêts de jeu, bien servie par Laurie Saulnier.

Ce résultat permet donc à Albi de dépasser Bordeaux et de sortir de la zone de relégation. Mais la situation reste précaire : les Girondines comptent donc un match de moins et un tiers des points albigeois est soumis à un appel du PSG.

Le cas de Metz est par contre définitivement réglé. Il l’était à vrai dire déjà avant le match. Malgré deux matchs en retard, les Grenates ne prendront pas lors des onze prochains matchs les dix points (au moins) qui leur manquent alors qu’elles n’en ont pris qu’un seul lors des onze premiers. L’objectif le plus raisonnable sera déjà d’essayer de faire mieux que Muret qui en 2014 n’avait obtenu qu’un match nul, encaissant 109 buts mais en rendant huit. Pour l’instant, Metz a déjà réussi un nul, n’a encaissé que 31 buts (moins que Bordeaux et Rodez et à peine plus qu’Albi) mais n’a marqué que l’égalisation de Simone Jatoba contre Soyaux.

Les prochaines semaines vaudront surtout pour les duels de haut de tableau. Les deux prochaines journées (et un match en retard) verront l’aller-retour entre Lyon et Juvisy, un Juvisy-PSG et un Montpellier-Lyon. Autant dire qu’il peut se passer beaucoup de choses d’ici à la fin du mois.

Résultats

8e journée

Albi-Soyaux 1-4 : Barbe 12′ ; Bourgouin 17′, 77′, Clerac 47′, Nakkach 71′

9e journée

Albi-Marseille 0-1 : Coton-Pelagie 58′

Saint-Étienne-PSG 0-6 : Cristiane 11′, 38′, Delie 24′, 58′, Boquete 64′, 77′

13e journée

Albi-Metz 1-0 : Khoury 92′

Bordeaux-Guingamp : reporté

Lyon-Marseille 4-0 : Kumagai 28′, Abily 37′, Le Sommer 55′, Hegerberg 84′

Montpellier-Juvisy 0-0

Rodez-PSG 0-3 : Henry 48′, Paredes 59′, Cristiane 62′

Soyaux-Saint-Étienne : reporté

Classement

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [11/0/1/55] 33
2 PSG [11/0/2/30] 32
3 Montpellier [10/1/2/29] 31
    30
    29
    28
    27
    26
    25
    24
    23
    22
    21
    20
    19
    18
4 Marseille [5/2/6/-11]
Juvisy [5/2/5/15]
17
6 Soyaux [4/4/4/-7] 16
7 Guingamp [4/3/4/-8] 15
    14
8 Saint-Étienne [3/4/4/-3] 13
9 Rodez [3/3/7/-23] 12
    11
10 Albi [3/1/9/-22] 10
11 Bordeaux [2/3/7/-25] 9
    8
    7
    6
    5
    4
    3
    2
12 Metz [0/1/10/-30] 1

Douzième journée de D1 2016-2017 – Le poids des recrues

Les Suédoises de Montpellier ont infligé au PSG sa première défaite de la saison et reviennent dans la course au titre qui devient donc une course à trois. L’issue en est incertaine d’autant plus que la décision concernant la pénalité infligée au PSG n’est pas encore définitive.

Le ventre mou reste très regroupé mais Marseille semble destiné à rejoindre Guingamp et Juvisy dans la lutte pour la quatrième place après sa nette victoire contre Rodez.

Enfin, Bordeaux et Albi ne se départagent pas encore vraiment pour accompagner Metz en D2.

Le PSG avait vu arriver la mi-saison avec un bilan parfait : onze victoires en onze matchs et aucun but encaissé. La trêve et la première journée ont tout remis en cause. Après avoir perdu sur tapis vert son match de la première journée contre Albi, l’équipe parisienne a perdu sur le rectangle vert son premier match de la saison contre Montpellier.

Pourtant Ève Périsset avait ouvert le score en première mi-temps d’un match largement perturbé par le vent soufflant sur le terrain Mama-Ouattara de Grammont. Mais à la pause, Jean-Louis Saez fasait entrer sa recrue suédoise Stina Blackstenius. Il y a une semaine, c’est l’autre recrue Janice Cayman qui avait donné in extremis la qualification à Montpellier contre Marseille en Coupe de France. Cette fois c’est la Suédoise qui a permis à Montpellier de l’emporter en marquant à la 88e minute. Entre temps, sa compatriote Sofia Jakobsson qui avait égalisé à l’heure de jeu.

Montpellier est donc revenu non seulement dans la course à l’Europe mais aussi dans la course au titre. En remportant tous leurs matchs d’ici la fin de la saison – et celui contre Lyon fin février par plus d’un but d’écart – les montpelliéraines seraient assurées de remporter le titre1.

Lyon version dream team

Cela faisait longtemps qu’à l’entame des matchs retour on ne pouvait plus échafauder d’hypothèses menant au titre d’une ou plusieurs autres équipes que Lyon. C’est donc le cas cette année de Montpellier et du PSG. Pourtant l’OL a sans doute sur le papier l’équipe la plus clinquante de son histoire. Le match contre Guingamp marquait les débuts de Kadeisha Buchanan et d’Alex Morgan qui forment avec Dszenifer Maroszan un trio de recrues parmi les plus cotées dans le monde.

Le match a été contrôlé par les joueuses de Gérard Prêcheur. La Canadienne a fait parler sa puissance malgré quelques imprécisions techniques et l’Américaines a été à l’origine des deux buts de la locale Eugénie Le Sommer en première mi-temps.

La difficulté pour Lyon vient sans doute de l’hétérogénéité de la D1. Les équipes de têtes courent très peu de risque de perdre des points en dehors des confrontations directes. Et le niveau requis pour être sûr de la victoire contre des équipes comme le PSG ou Montpellier semble au-delà des possibilités d’un club. Avec son effectif, Lyon est bien sûr le favori de ces confrontations et les remporte la majorité du temps mais il n’est pas à l’abri d’un échec comme contre le PSG2 cette saison. Paradoxalement, une D1 plus compétitive lui serait sans doute favorable parce qu’elle multiplierait les occasions pour les favoris de perdre des points, ce qu’il ferait sans doute moins que ses concurrents grâce à la richesse de son effectif.

Guingamp est un bon exemple de cette situation. L’équipe bretonne lutte pour la quatrième place cette saison. Elle dispose d’un effectif de qualité et rend des prestations cohérentes match après match. Pourtant, elle a encaissé douze buts en deux matchs contre Lyon, n’en rendant qu’un seul (à 7-0 à l’aller). Montpellier et le PSG l’ont battu respectivement 3-0 et 4-0 en attendant les matchs retours. S’il y a une différence entre les clubs de tête, elle se manifeste éventuellement au score3 mais assez peu au classement4.

²Une joueuse dans le match

Le match disputé au stade Fred-Aubert de Saint-Brieuc marquait les débuts très attendus d’Alex Morgan. Mais l’ancienne joueuse d’Orlando est sortie du terrain sans avoir réussi à marquer. La faute en revient à la gardienne Guingampaise Maryne Gignoux qui a repoussé toutes ses tentatives. Arrivée de Montpellier en 2014 à 18 ans, la jeune gardienne a eu la lourde tâche de succéder en cours de saison dernière à Emmeline Mainguy qui était l’une des pièces maîtresses de l’EAG. Les débuts ont été délicats dans une équipe en difficulté. Mais cette saison, Guingamp joue la première moitié de tableau et si elle a encaissé trois ou quatre buts contre le trio de tête (elle n’était pas de la défaite 9-1 contre Lyon), elle n’a encaissé sinon que deux buts des Bordelaises Naweal Ouinekh et Sarah Cambot lors des sept autres matchs qu’elle a disputé.

Et sa prestation face Alex Morgan a permis de limiter le score à un niveau largement sous la moyenne lyonnaise.

Maryne Gignoux

Maryne Gignoux

Juvisy en profite… un peu

La défaite Guingampaise fait les affaires de Juvisy qui profite de sa victoire 3-0 face à Albi pour reprendre la quatrième place avec un point d’avance sur l’équipe bretonne. Mais la semaine des Essonniennes est très loin d’être positive. La victoire contre les Albigeoise s’apparentait à une obligation contre un adversaire qui n’a battu que Metz sur le terrain. Et en milieu de semaine, Juvisy avait joué son match en retard contre Saint-Étienne qui s’était soldé par une victoire des Vertes grâce à des buts d’Audrey Chaumette et Maëlle Garbino. À la date initiale du match, l’équipe stéphanoise aurait été privée de Mylène Chavas et Maëlle Garbino, c’est peut-être cette rencontre qu’il aurait fallu jouer à la date prévue pour Juvisy plutôt que celle contre Marseille.

Cette défaite est la cinquième cette saison et en cas d’échec – probable – dans le dernier match en retard contre Lyon, Juvisy aura perdu la moitié de ses matchs aller, et quasiment autant que son record de sept en une saison depuis 25 ans.

Anaïs Arcambal et Kadidiatou Diani

Anaïs Arcambal et Kadidiatou Diani

Saint-Étienne en a profité pour revenir brièvement à la hauteur de son adversaire. Mais son match de la douzième journée contre Metz a été reporté en raison des conditions climatiques et l’ASSE n’a donc pas pris les points qui auraient dû lui permettre d’occuper la quatrième place.

C’est le deuxième match remis de suite pour Metz mais cela ne semble pas devoir changer grand chose. L’autre relégable Albi compte également deux matchs de retard. Cumulés avec les deux points seulement qui le séparent de Bordeaux et du maintien, ils lui donnent un semblant d’espoir. Mais il est sans doute légèrement en trompe-l’œil avec les points remportés contre le PSG qui ne sont ni définitivement acquis ni surtout un signe positif pour le jeu des Albigeoises qui n’ont pour l’instant marqué qu’un seul but en fin de match en contre face à Metz par Tatiana Solanet qui joue désormais à Dijon.

Soyaux et Marseille font le travail

Finalement, le principal espoir d’Albi, c’est que malgré des prestations courageuses et des points pris face à des adversaires mieux classés, Bordeaux ne compte que deux points d’avance. Une victoire albigeoise lors de la confrontation directe permettrait de combler cet écart.

Bordeaux se déplaçait ce dimanche à Soyaux qui l’avait battu au match aller à l’issue d’un match où les Girondines avaient pourtant mené deux fois au score. Cette fois les choses ont été plus nettes. Pamela Babinga en fin de première mi-temps et la revenante Lydia Belkacemi en fin de match ont concrétisé la domination de Soyaux. Les Charentaises restent au milieu du ventre mou et passent devant Rodez.

Les Ruthénoises ont décidément du mal à tenir le score face à Marseille. À l’aller, elles avaient été rejointes sur le fil de 2-0 à 2-2. Cette fois, elles ont également ouvert le score par Anne-Marie Banuta mais Nora Coton-Pélagie, Viviane Asseyi sur pénalty et Charlotte Lozé ont renversé la tendance.

Il s’agit de la quatrième victoire de suite pour Marseille et de la quatrième tout court après un début difficile. La suite pourrait s’avérer du même tonneau puisque lors des quatre prochains matchs, l’OM rencontrera deux fois Albi et se déplacera à Metz. Il y aura au milieu le déplacement à Lyon et ensuite la réception du PSG où les chances marseillaises restent faibles. C’est après, lors de la réception de Guingamp fin mars, qu’on pourra vérifier si les coéquipières de Caroline Pizzala sont bien aussi en compétition pour la quatrième place.

Résultats

7e journée

Saint-Étienne-Juvisy 2-0 : Chaumette 20′, Garbino 62′

12e journée

Guingamp-Lyon 0-3 : Le Sommer 21′, 26′, Hegerberg 72′

Juvisy-Albi 3-0 : Greboval 9′, Catala 28′, Matéo 76′

Marseille-Rodez 3-1 : Coton-Pelagie 35′, Asseyi 60′, Lozé 79′ ; Banuta 28′

Montpellier-PSG 2-1 : Jakobsson 61′, Blackstenius 88′ ; Perisset 21′

Saint-Étienne-Metz : reporté

Soyaux-Bordeaux 2-0 : Babinga 43′, Belkacemi 88′

Théa Gréboval face à Laurie Saulnier

Théa Gréboval face à Laurie Saulnier

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [10/0/1/51] Montpellier [10/0/2/29] 30
    29
    28
    27
3 PSG [9/0/2/21] 26
    25
    24
    23
    22
    21
    20
    19
    18
    17
4 Juvisy [5/1/5/15] 16
5 Guingamp [4/3/4/-8] 15
6 Marseille [4/2/5/-8] 14
7 Saint-Étienne [3/4/3/3] Soyaux [3/4/4/-10] 13
9 Rodez [3/3/6/-20] 12
    11
    10
10 Bordeaux [2/3/7/-25] 9
    8
11 Albi [2/1/7/-19] 7
    6
    5
    4
    3
    2
12 Metz [0/1/9/-29] 1

Tapis et billets verts

Bilan de la première moitié de la saison de D1 2016-2017

La dernière journée des matchs aller avait été marquée par la victoire du PSG sur l’OL donnant à l’équipe parisienne l’avantage dans la course au titre. Mais avant la reprise, elle est rattrapée par une bévue administrative et se retrouve troisième derrière Lyon et Montpellier.

Les trois équipes ont profité de la réouverture du marché des transferts pour attirer plusieurs pointures internationales en provenance de championnats dont le calendrier est décalé et qui sont entre deux saisons. Alex Morgan est la plus célèbre de ces recrues mais loin d’être la seule.

Pendant ce temps, les choses se resserrent dans le reste du championnat en dehors de Metz, de plus en plus décroché.

Lors de ses dix derniers titres, Lyon n’a pas toujours basculé en tête à la fin des matchs aller. En 2011, Juvisy comptait un point d’avance malgré une défaite contre Saint-Étienne parce que Lyon avait concédé le nul contre chacun de ses trois adversaires directs. En 2009, c’était le PSG de Camille Abily et Sonia Bompastor qui était en tête mais on pressentait sa baisse de régime quand les deux joueuses retourneraient aux États-Unis. Et en 2006 pour le premier titre Lyonnais, Juvisy avait deux points d’avance pour avoir battu Lyon en début de saison.

Trois fois en dix ans Lyon a donc eu besoin d’aller chercher le titre dans la deuxième moitié de saison et si en 2009 le scénario de la baisse de régime parisienne était écrit (le PSG finira troisième derrière Juvisy), tout restait à faire les deux autres fois.

Dzsenifer Marozsán et Caroline Seger

Dzsenifer Marozsán et Caroline Seger

Cette saison, la situation est originale. En battant Lyon dans le match au sommet de la 11e journée, le PSG a terminé l’année en tête du championnat. Mais avant même la journée suivante, il a été rattrapée par une erreur administrative commise lors de la première : Sarah Palacin avait participé au match à Albi sans avoir été inscrite sur la feuille de match. La décision de la Commission fédérale des Règlements et Contentieux de la FFF a donné match gagné à Albi sur le score de 3-0. Le PSG perd même quatre points dans l’affaire puisque la défaite sur tapis vert vaut –1 point.

Le PSG ne va pas manquer de faire appel ce qui pourrait lui permettre de récupérer une partie des trois points ou de rejouer le match.

Toutefois le scénario prospectif qui voyait Lyon et le PSG remporter tous leurs matchs jusqu’à une « finale » du championnat lors de l’avant-dernière journée n’est quasiment pas modifié. Si la décision de donner match perdu au PSG est confirmée, la seule différence sera qu’un match nul sera alors à l’avantage des Lyonnaises. Mais bien sûr, elle enlève un joker au PSG pour le donner à Lyon.

En bas de classement en revanche, ces trois points permettent à Albi de revenir à deux points de Bordeaux avec deux matchs en retard contre des équipes qui redeviennent ses adversaires directs (Soyaux et Marseille). En dehors de Metz dont la situation semble déjà compromise avec huit points de retard à rattraper pour une équipe qui n’en a pris qu’un seul jusque là, tout le monde peut espérer se sauver. Et réciproquement Guingamp a pris un peu d’avance et on doute que Juvisy soit en danger mais de Rodez à Albi, tout le monde peut être en difficulté à la suite d’une mauvaise série.

Le PSG joue les filles de Lair

Pour le moment Lyon, Montpellier et le PSG se tiennent en un point et peuvent espérer remporter le titre ou jouer l’Europe mais les Héraultaises ont joué un match de plus. Si Lyon reste favori, c’est bien le PSG qui aura fait la meilleure impression en haut de tableau lors de la première moitié de saison.

Repris en main par Patrice Lair avec un effectif largement remanié, le club de la capitale a bouclé la phase aller sans encaisser de buts. Mené par ses stars internationales Cristiane et Verónica Boquete, il a aussi pu compter sur deux buteuses. En septembre et octobre, Marie-Antoinette Katoto s’est imposée comme avant centre, marquant cinq buts en cinq matchs, dont celui de la victoire contre Montpellier. Blessée au moment où elle aurait de toute façon dû partir à la Coupe du monde des moins de 20 ans, elle a été suppléée par Marie-Laure Delie qui avait commencé sa saison avec quatre buts en trois matchs et qui l’a reprise après une blessure en marquant les trois buts de la victoire contre Juvisy et l’unique de celle contre Lyon. Avec 9 buts, elle est troisième au classement des buteuses au même niveau qu’Ada Hegerberg.

Marie-Laure Delie

Marie-Laure Delie

Ces deux joueuses symbolisent assez le travail de Patrice Lair à Paris. Il a su remettre en selle des joueuses comme Marie-Laure Delie ou Laura Georges qui ne faisaient sans doute pas partie de ses premiers choix. Et il a su tirer partie de la qualité du centre de formation parisien en utilisant à plein le vivier constitué par les Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro et autres Hawa Cissoko ou Perle Morroni.

Montpellier tout proche du duopole

La deuxième place de Montpellier à égalité de point avec Lyon est légèrement en trompe-l’œil puisque l’OL et le PSG ont un match en retard. Ce qui ne l’est en revanche pas, c’est la qualité des matchs que les joueuses de Jean-Louis Saez ont disputé contre leurs adversaires directs. Le but d’Anouk Dekker contre Lyon doit certes beaucoup à une saute de concentration de Wendie Renard, mais en dehors de deux éclairs en début de matchs, les Lyonnaises n’ont pas beaucoup mis en danger Laetitia Philippe lors de leur victoire 2-1.

Linda Sembrant

Linda Sembrant

Le MHSC recevra ses deux concurrents lors de la phase retour ce qui pourrait lui permettre de se mêler à la course. Fin février on saura s’il s’agissait seulement d’une belle résistance : Montpellier aura joué quatre matchs de championnats dont les réceptions du PSG, de Lyon et de Juvisy. Une victoire contre l’un des deux premiers cités1 placerait les Pailladines en très bonne position pour l’Europe, voire pour le titre suivant le résultat de Lyon-PSG en fin de saison.

Guingamp reprend sa route

Il y a dix-huit mois, Guingamp sortait d’une cinquième place – la deuxième de suite – à quelques points seulement de Juvisy et Montpellier et semblait partie pour être plutôt le cinquième membre du quatuor de tête que le premier de « l’autre championnat ». Mais le départ de Griedge Mbock, suivie de ceux d’Audrey Février, Charlène Gorce, Ellie Hamon, Maud Hurault et Fatoumata Baldé, avait semblé déstabiliser le club qui l’an dernier est resté sous la menace de la relégation quasiment jusqu’au bout.

Après une nouvelle saignée avec les départs d’Emmeline Mainguy, Marion Boishardy, Aminata Diallo, Noémie Carage, Mélissa Plaza, Laura Douessin et Clarisse Le Bihan, Guingamp semble reparti du bon pied avec des jeunes du crû encadrées par des joueuses expérimentées. L’arrivée de Nîmes de Marine Pervier a stabilisé l’entrejeu et l’épine dorsale constituée de Charlotte Lorgeré, Salma Amani et Desire Oparanozie permet à l’EAG de virer à mi-saison à la quatrième place en bénéficiant de la sortie de route de Juvisy, qui avait justement commencé dès la première journée par une défaite au stade Fred-Aubert.

Marseille a pris son temps

Marseille n’est pas un promu comme les autres, même cette saison où ses compagnons d’ascension sont également adossés à des clubs professionnels masculin. Le projet marseillais est ambitieux depuis son lancement et l’effectif de l’OM est constitué principalement de joueuses habituées à la D1. On avait donc d’autres attentes pour Marseille que pour Metz ou Bordeaux. Et pendant longtemps elles ont été déçues.

Après un nul à Bordeaux et une courte défaite assez encourageante contre le PSG, les Marseillaises ont enchaîné quatre défaites et un nul arraché contre Rodez à l’issue de prestations peu abouties.

Le tournant est intervenu avec la réception de Juvisy qui a vu la victoire des Marseillaises à l’issue d’un match qu’elles ont plutôt dominé. Si la victoire à Metz s’est ensuite apparenté à un minimum vital – tout le monde bat Metz – les joueuses de Christophe Parra ont terminé l’année en allant s’imposer sereinement à Feurs contre Saint-Étienne.

Dynamique opposée

Saint-Étienne a connu une trajectoire à peu près inverse. Après un nul à Rodez, les joueuses d’Hervé Didier sont allé s’imposer très largement à Bordeaux dans le sillage d’une Maëlle Garbino intenable. Mais la suite a été moins brillante. Les défaites contre Lyon et Montpellier ne sont pas en cause. Mais l’ASSE n’a remporté que le match contre Metz, concédant le nul dans toutes les confrontations directes contre Soyaux, Guingamp et Albi avant donc de perdre contre Marseille. Le potentiel pourtant assurément là mais Saint-Étienne peine saison après saison à le convertir au classement. Et si les Vertes comptent deux matchs en retard, ils se joueront contre Juvisy et le PSG.

Soyaux pas payé

Le bilan de Soyaux est également en demi-teinte. Les Charentaises n’ont perdu que contre le quatuor de tête supposé2 mais elles n’ont remporté que deux matchs contre des promus. Face à Bordeaux, elles ont été mené deux fois au score avant de le renverser ; contre Marseille c’est Vivane Asseyi qui avait ouvert la marque et Pamela Babinga n’a donné la victoire aux Bleues que dans les arrêts de jeu.

Julie Thibaud

Julie Thibaud

Les Sojaldiciennes ont concédé le nul lors des quatre autres matchs. Elles sont en particulier les seules à avoir laissé un but et un point à Metz.

Pourtant, en dehors du match d’ouverture contre Lyon, elles n’ont jamais été dépassées et n’ont concédé de défaite par deux buts d’écart que contre le PSG et Montpellier. Le retour de Lydia Belkacemi puis celui de Gwendoline Djebbar pourraient donner à Soyaux de quoi faire basculer ces matchs en sa faveur.

Lyon perd la tête

Lyon est actuellement en tête du championnat avec 52 buts marqués et 4 encaissés. L’intégration de sa recrue star du début de saison Dzsenifer Marozsán se passe au mieux, l’Allemande devrait postuler au titre de meilleure joueuse de la saison. On n’en dira pas autant de la colonie parisienne où Caroline Seger a certes une place de titulaire et où Jessica Houara se retrouve à un étrange poste de défenseuse centrale mais où Kenza Dali a été à nouveau blessée et où Kheira Hamaroui ne joue quasiment pas.

Pourtant il semble qu’un grain de sable se soit glissé dans la belle mécanique. La défaite contre le PSG n’en est peut-être que le symptôme, le match précédent contre Montpellier n’ayant pas été d’une très grande qualité alors qu’il s’agissait des deux parties où l’OL doit faire la preuve de son talent.

La suite de la saison montrera3 s’il ne s’agissait que de la fatigue d’une trop longue année pour des joueuses dont beaucoup étaient à Rio (mais pas Ada Hegerberg dont la première moitié de saison n’est pas au niveau de la précédente).

La difficulté pour Lyon est que son effectif est largement surdimensionné pour à peu près tous les matchs qu’il doit jouer en France ou en Europe et qu’il n’est donc jugé que sur les quelques matchs au sommet comme ceux contre Montpellier ou le PSG.

Rodez, la saison d’après

Comme Guingamp l’a expérimenté, la saison qui suit une prometteuse cinquième place peut être difficile surtout si on perd une bonne partie de sa défense. Rodez a perdu en début de saison Marine Haupais, partie à Montpellier et son alter-ego Manon Alard n’a joué que 19 minutes jusque là. Habitué l’an dernier à aligner une équipe type très stable, Sébastien Joseph doit cette année tâtonner pour trouver un équilibre. Son équipe a réussi à battre les trois derniers et à obtenir le nul contre les trois précédents, confirmant ainsi son profil de l’an dernier où elle avait principalement pris ses points dans les matchs à sa portée plutôt que de faire des exploits contre les équipes de tête. Cela lui permet de se trouver à la sixième place mais en étant la seule équipe avec Bordeaux et Montpellier à compter onze matchs. Les matchs en retard de Marseille et Soyaux étant contre Albi, la probabilité de voir Rodez huitième assez vite n’est pas mince. Mais le fait de ne pas vraiment se sentir concerné par la relégation est déjà une victoire pour le RAF.

Bordeaux continue d’y croire

Malgré le maillot marine au scapulaire et le match contre Rodez au Grand Stade, Bordeaux est un promu sans expérience. Quelques joueuses ont connu la D1 mais l’expérience de son effectif n’a rien à voir avec celle de Marseille et même de Metz.

C’est à l’aune de ce constat qu’il faut analyser la première moitié de saison des Girondines. Leur objectif est clairement le maintien et s’il doit être obtenu à la différence de buts lors de la dernière journée, la saison sera une grande réussite.

Andrea Lardez

Andrea Lardez

Les coéquipières de Sarah Cambot ont fait l’essentiel en battant à l’extérieur les deux autres équipes présumées les plus faibles, Albi et Metz. Elles ont cédé lourdement contre Lyon et le PSG mais aussi contre Saint-Étienne mais elles ont aussi su résister contre Marseille, Guingamp et surtout Juvisy lors du dernier match pour obtenir autant de matchs nuls, nettement plus rentable que d’avoir limité la casse à chaque fois4.

Bien entendu, malgré la satisfaction de finir l’année en dehors de la zone de relégation, tout reste à faire lors de la phase retour puisque Bordeaux n’a pris aucune marge sur ces adversaires, étant même l’une des rares équipes qui ne compte aucun match en retard.

L’incertitude albigeoise

Albi n’a battu que Metz cette saison grâce à un but en contre et en fin de match de Tatiana Solanet (le seul pour l’ASPTT jusque là). Il n’a obtenu qu’un nul 0-0 contre Saint-Étienne. Autant dire que les trois points obtenus sur tapis vert contre le PSG sont les bienvenus. Mais à vrai dire on voit mal comment le club albigeois pourrait s’en sortir.

Bien sûr, il compte encore deux matchs en retard et ils se joueront contre des adversaires directs pour le maintien. Mais ce type de match n’a pas apporté de points jusque là cette saison.

L’effectif n’a pourtant pas beaucoup bougé depuis l’an dernier en dehors du remplacement de la gardienne portugaise Patricia Morais par Cindy Perrault. Kimberley Cazeau qui portait l’attaque albigeoise l’an dernier n’a pas encore trouvé le chemin des filets.

Albi devra clairement retrouver au moins son niveau de jeu de la saison passée pour espérer se maintenir, avec une forte incertitude sur les trois points du match contre le PSG qui resteront indécis jusqu’à l’épuisement des recours.

Metz déjà en D2

À la 92e minute du match contre Soyaux, Simone Jatoba est venu dribbler Romane Munich pour égaliser pour Metz. Cette action pour revenir dans un match que Soyaux aurait largement dû gagner est à peu près la seule note positive de la première moitié de saison messine.

L’équipe grenat ne compte que des défaites, en général par au moins trois buts d’écarts – l’une des plus encourageantes étant celle contre Lyon, conclue seulement sur le score de 3-0. Et même les deux défaites d’un seul but sont finalement plutôt inquiétantes puisqu’elles ont été concédées face aux concurrentes directes d’Albi et de Bordeaux dans les dernières minutes des matchs, comme si Metz avait moins de ressources mentales pour tenir en fin de match que ses principales adversaires directes.

Avec seulement un point pris en dix matchs, il faudrait un miracle pour en rattraper huit. Finir la saison à la hauteur actuelle d’Albi ou de Bordeaux serait déjà un exploit.

L’annus horribilis de Juvisy

Quatre défaites et un nul en une demi-saison, cela n’était jamais arrivé à Juvisy depuis la création de la D1 à poule unique en 1992. L’équipe essonnienne a terminé quasiment comme elle avait commencé en concédant le nul sur sa pelouse contre une équipe de Bordeaux vaillante mais limitée. Elle était certes privée de Gaëtane Thiney blessée, mais comme cette dernière jouait depuis quelques semaines à un étrange poste de milieu relayeuse, il n’est pas sûr que cela ait constitué un handicap très important.

Juvisy visait clairement le titre ou au moins une place européenne en début de saison. Le recrutement de Clara Matéo mais aussi d’Estelle Cascarino et Léa Declercq était une bonne manière de rajeunir un peu un effectif vieillissant et de préparer l’avenir avec les jeunes joueuses déjà au club comme Théa Gréboval, Aïssatou Tounkara ou Kadidiatou Diani.

Mais la mécanique tourne à vide et Juvisy ne se contente plus de ne pas battre les équipes de tête, il perd désormais contre les autres. Il peut ne s’agir que d’une mauvaise passe mais le club a jusque là beaucoup bénéficié de son image de club de haut de tableau pour attirer des joueuses intéressées par le challenge. En finissant en milieu de tableau, cette image pourrait être écornée et il n’est pas sûr que certains espoirs ne préfèrent pas aller dans des filiales de clubs pros où les salaires sont plus attractifs.

Juvisy compte deux matchs en retard mais cela ne constitue qu’un maigre espoir dans un championnat où presque tout le monde en compte au moins un et où dans ceux-là, il y a la réception de Lyon.

Le mercato

Lors de la période de trêve hivernale, les clubs ont à nouveau la possibilité d’engager des joueuses. Les transferts entre équipes de D1 sont impossibles puisqu’une joueuse ne peut pas jouer pour deux clubs différents dans la même compétition. Cela empêche par exemple des joueuses en manque de temps de jeu dans un club du haut de tableau d’aller en chercher ailleurs en D1.

Il est par contre un terrain de chasse qui a particulièrement intéressé les clubs du trio de tête. En dehors de la France et de l’Allemagne, les principaux championnats ont un calendrier calé sur l’année civile5. Les (nombreuses) joueuses concernées sont donc entre deux saisons et la tentation est grande pour les clubs français (et allemands) d’engager tout de suite celles qui les intéressent sans attendre leur propre fin de saison qui serait peut-être trop tard.

C’est la raison pour laquelle la recrue star du championnat de France et du football européen, Alex Morgan, arrive à ce moment de la saison. Sa saison avec Orlando est terminée (depuis le mois d’octobre) et son contrat avec la fédération américaine vient également de s’achever6.

Si l’arrivée de l’Américaine a été la plus médiatisée, elle est loin d’être la seule. Se trouvant sans doute trop démuni en défense centrale avec les Wendie Renard, Gridge Mbock, Saki Kumagai et Corine Petit7, au point d’y faire jouer régulièrement Jessica Houara, Lyon a recruté l’Allemande Josephine Henning en provenance d’Arsenal (et passée par le PSG) et la Canadienne Kadeisha Buchanan annoncée un peu partout à 21 ans comme la future meilleure défenseuse du monde en concurrence avec Griedge Mbock.

Kadeisha Buchanan

Kadeisha Buchanan

Le nombre de joueuses extra-communautaires sous contrat étant limité à trois, Lyon a même dû prêter Erin Nayler, sa troisième gardienne néo-zélandaise au Grenoble Foot 388 pour libérer une place aux deux Nord-Américaines.

S’il y a une rationalité dans ces arrivées, cela signifie sans doute que l’OL prévoit du mouvement en fin de saison avec d’éventuels envies de départ de Wendie Renard et Saki Kumagai. Et que sinon, toutes les arrivantes ne resteront pas : Josephine Henning n’a un contrat que pour six mois9. Son maintien dans l’effectif dépendra certainement autant de la situation de l’effectif en fin de saison que de son adaptation à l’équipe.

Ces recrutements renforcent bien entendu la position de favori de Lyon en France et en Europe, à condition que le sureffectif ne vienne pas créer des tensions chez celles des 22 internationales A en activité qui non seulement ne joueront plus les matchs importants, mais qui ne joueront sans doute pas beaucoup les autres et fréquenteront plus les tribunes que le banc.

Le retour d’Amandine Henry

Les adversaires de Lyon ne sont pas restés inactifs pendant ce temps10. Le PSG a renouvelé l’expérience de faire revenir un joueuse pendant la trêve du championnat américain, méthode qui lui avait réussi avec Camille Abily et Sonia Bompastor, ce qui avait marqué l’entrée du PSG parmi les équipes de tête, avant même l’arrivée de QSI.

Cette fois, c’est Amandine Henry qui revient. Sans doute plus proche de Patrice Lair que de Gérard Prêcheur, elle arrive dans un club où son apport pourra être utile pendant trois mois. Et il semble déjà prévu qu’elle revienne définitivement de Portland au PSG après la prochaine saison NWSL en octobre prochain.

Ashley Lawrence au duel avec Amandine Henry

Ashley Lawrence au duel avec Amandine Henry

Elle n’est pas seule à traverser l’Atlantique vers Paris puisque le PSG a aussi recruté la Canadienne Ashley Lawrence qui avait été particulièrement en vu lors des Jeux Olympiques. Gauchère capable de jouer aussi bien latérale qu’attaquante, elle vient renforcer un côté qui était certes occupé principalement par la droitière Ève Périsset depuis le début de saison, mais où Perle Morroni est de retour et Laure Boulleau ne tardera pas.

La filière suédoise de Montpellier

Montpellier a également fait son marché outre-atlantique en rapatriant la Belge Janice Cayman bien connue en D1 pour avoir passé cinq saisons à Juvisy. Elle était partie en fin de saison dernière pour tenter l’aventure américaine au Western New York Flash. L’expérience n’a pas été très concluante et la joueuse a choisi de revenir en Europe pour préparer au mieux le prochain Euro auquel participera la Belgique pour la première fois et qui se déroulera presque à domicile. Les dirigeants montpelliérains ont flairé la bonne affaire et ont su l’attirer.

Stina Blackstenius

Stina Blackstenius

Depuis le passage de Josefine Öqvist, Montpellier a pris l’accent suédois. Sa capitaine est Linda Sembrant et sa meilleure buteuse Sofia Jakobsson. Il va l’avoir encore un peu plus avec l’arrivée de Stina Blackstenius. Championne d’Europe des moins de 19 ans l’an dernier, la joueuse de Linköpings était annoncé dans tous les meilleurs clubs allemands et anglais. Avant-centre et buteuse, elle aussi fait partie des futures stars mondiales annoncées et son arrivée chez un club vu comme « le troisième de D1 » qui ne joue donc pas régulièrement l’Europe11, est un indicateur intéressant de l’attractivité du championnat.

À deux vitesses

L’intérêt éventuel des joueuses n’est pas tout, il faut aussi avoir les moyens de les recruter. Le mercato est clinquant pour les plus riches, il est un peu moins agité chez les autres. Il faut dire que quand on ne peut pas payer des stars internationales, il faut miser sur des joueuses de divisions inférieures ou acceptant de venir de l’étranger à des conditions financières nettement moins avantageuses qu’à Lyon, Paris ou Montpellier.

Guingamp a choisi la première solution en faisant revenir Léa Le Garrec de Saint-Malo. L’histoire retiendra qu’elle aura justement joué son premier match pour son retour contre l’équipe malouine en Coupe de France et qu’elle aura marqué un doublé.

Albi et Soyaux ont cherché à l’étranger des solutions permettant de compenser le départ de l’une de leur joueuse. Après le départ pour Dijon de Tatiana Solanet, Albi est allé chercher à l’Étoile Rouge de Belgrade la meneuse de l’équipe de Serbie Milica Mijatovic. Il a aussi recruté la nîmoise Laurie Saulnier.

De son côté, Soyaux à compensé le retour aux États-Unis de Madison Krauser en recrutant Anne-Laure Davy en provenance de l’Angleterre et de Watford (WSL 2, deuxième division du championnat anglais). Il s’agit d’une française passée par les États-Unis avant l’Angleterre.

Résultats

11e journée

Juvisy-Bordeaux 0-0

Metz-Guingamp : reporté

PSG-Lyon 1-0 : Delie (83’)

Rodez-Albi 1-0 : Lemaître (71’ pen.)

Saint-Étienne-Marseille 0-2 : Lozé (32’), Asseyi (56’)

Soyaux-Montpellier 0-2 : Jakobsson (9’), Thomas (18’)

7e journée

Montpellier-Albi 7-0 : Jakobsson (34’, 72’, 81’, 88’), Toletti (42’), Dekker (78’), Thomas (83’)

Classement

Classement général
Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 27 10 9 0 1 52 4 48
2 Montpellier 27 11 9 0 2 33 5 28
3 PSG 26 10 9 0 1 25 3 22
4 Guingamp 15 10 4 3 3 13 18 -5
5 Juvisy 13 9 4 1 4 23 9 14
6 Rodez 12 11 3 3 5 12 30 -18
7 Marseille 11 10 3 2 5 12 22 -10
8 Saint-Étienne 10 9 2 4 3 13 12 1
9 Soyaux 10 10 2 4 4 10 22 -12
10 Bordeaux 9 11 2 3 6 7 30 -23
11 Albi 7 9 2 1 6 4 20 -16
12 Metz 1 10 0 1 9 1 30 -29

Dixième journée de D1 2016-2017 – Regroupement du peloton derrière les deux échappées

À une journée de la mi-saison, Lyon et le PSG ont repoussé leurs adversaires directs à une distance qui semble déjà insurmontable. Seul Montpellier peut encore espérer au prix d’une difficile remontée.

En bas de classement, Marseille enchaîne une deuxième victoire et recolle au peloton du ventre mou. Metz malgré un premier point pris la semaine dernière semble plus que jamais condamné alors qu’Albi peut compter sur ses trois matchs en retard pour tenter de se rattraper.

La saison s’annonçait palpitante : si pour le titre, le recrutement lyonnais tuait d’emblée tout suspense, le changement d’époque parisien associé aux ambitions affichées de Montpellier et Juvisy semblait présager au moins d’une lutte acharnée pour le deuxième ticket européen. Mais bien entendu, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu : Juvisy est déjà hors course et Montpellier a cédé beaucoup de terrain mais le PSG réalise jusque là un parcours parfait au point de faire du match contre Lyon de la dernière journée des matchs aller une première finale pour le titre.

Montpellier compte déjà six points de retard sur le duo de tête contre qui il a perdu ses deux confrontations, ses seuls points laissés en route jusque là. Mais il s’agissait de deux matchs à l’extérieur et de deux défaites d’un seul but d’écart.

Camille Abily, buteuse sur coup-franc

Camille Abily, buteuse sur coup-franc

Contre Lyon, le MHSC était privé de Laetitia Tonazzi mais retrouvait ses internationales M20. Marion Romanelli et Sakina Karchaoui étaient titulaires et Valérie Gauvin sur le banc.

En face, Lyon se présentait presque au complet : seule Jessica Houara était indisponible en dehors des absentes de longue durée et Dzsenifer Marozsan était finalement sur la feuille de match, débutant sur le banc.

Le match démarrait en trombe. Après dix minutes, les Lyonnaises menaient 2-0 grâce à un coup franc direct de Camille Abily et une tête d’Eugénie Le Sommer. Elles jouaient ensuite à leur main, contrôlant sans se procurer vraiment d’occasion. Mais juste avant la mi-temps, Wendie Renard subissait le pressing d’Anouk Dekker – quasiment la seule joueuse du championnat à pouvoir rivaliser avec elle par la taille – et perdait le ballon que la néerlandaise allait loger dans le petit filet de Sarah Bouhaddi.

Anouk Dekker réduit le score pour Montpellier

Anouk Dekker réduit le score pour Montpellier

La deuxième période était plus équilibrée. Lyon avait quelques occasions de reprendre le larges, en particulier en fin de match sur une frappe sur le poteau d’Ada Hegerberg. Et si Montpellier n’était pas souvent dangereux, il l’était sérieusement. Clarisse Le Bihan égalisait même dans les dernières minutes mais son but était refusé pour un hors-jeu.

Ce résultat est ambigu pour les joueuses de Jean-Louis Saez qui viennent donc de perdre leur deuxième confrontation face à leurs concurrentes pour une place européenne mais qui ont à chaque fois montré qu’elles avaient les moyens de résister et pourquoi pas de réussir un coup. Elles ont été cueillies à froid par les Lyonnaises mais ont ensuite bien tenu le choc. Bien sûr le but d’Anouk Dekker ne vient pas sur un mouvement construit et on peut imaginer que Lyon a cherché à gérer une fois devant au score. Mais durant toute la deuxième mi-temps, Montpellier est resté à portée de son adversaire.

Les matchs retour contre le PSG et l’OL auront lieu à Grammont et s’il semble ambitieux de viser le titre qui supposerait sans doute de les remporter tous les deux, la place européenne n’est pas encore perdue.

Juvisy dans le trou

Pendant ce temps, le PSG de Patrice Lair continue son parcours parfait avec neuf victoires en autant de matchs et avec une défense toujours invaincue. Ce n’est pas le moindre mérite du nouvel entraîneur que d’avoir su conserver et remobiliser des joueuses qui étaient sur le départ, y compris certaines qu’il n’avait pas épargné dans ses commentaires avant d’être sur le banc parisien. C’est l’une de ces joueuses – Marie-Laure Delie – qui a donné la victoire au PSG contre Juvisy d’un coup du chapeau qui la porte à la troisième place du classement des buteuses à égalité avec Sofia Jakobsson et à une longueur seulement d’Ada Hegerberg. Ses derniers triplés en D1 remontaient à la saison 2014-2015 et aux matchs contre l’équipe M19 de Soyaux1.

Ce dernier est sans doute beaucoup plus significatif même si Juvisy semble inexorablement s’éloigner du trio de tête et rejoindre le rang des autre équipes. Depuis l’instauration de la poule unique, c’est la première fois que l’équipe essonnienne compte quatre défaite avant la mi-saison avec un risque important d’en compter une de plus puisque le match contre Lyon n’a pas encore été joué.

Avant 2012, elle n’avait concédé qu’une seule fois cinq défaites sur l’ensemble de la saison et une poignée de fois quatre défaites. Depuis, elle en a concédé respectivement cinq en 2012-2013 puis trois, sept, quatre et donc au moins quatre cette saison.

Juvisy a régulièrement perdu contre des équipes de milieu de tableau comme Soyaux, Yzeure, Saint-Brieuc ou le PSG de l’époque mais cela n’arrivait qu’une fois par saison au maximum et c’était compensé par des victoires contre des adversaires du quatuor de tête.

Bien sûr Juvisy dispose d’un effectif de qualité et peut encore redresser la barre comme l’an dernier où il avait battu Montpellier et tenu en échec le PSG lors de la phase retour mais il semble que cela ne serait même suffisant pour recoller au podium.

Guingamp ne profite pas de l’occasion

Sa place dans le quatuor de tête est tellement remise en cause que c’est Guingamp qui est actuellement quatrième avec trois points d’avance, mais avec aussi deux matchs disputés en plus. Les Bretonnes avaient l’occasion de prendre le large en recevant Soyaux.

Mais si les Sojaldiciennes peinent un peu cette saison, elles restent difficiles à battre. Seul le PSG et l’OL les ont battu de plus d’un but d’écart.

Malgré le retour de la championne d’Afrique Desire Oparanozie, Guingamp n’est pas parvenu à trouver la faille dans la défense charentaise et le match s’est achevé sur un score de 0-0.

C’est aussi sur ce score que s’est terminé la confrontation entre Albi et Saint-Étienne, deux équipes qui retrouvaient plusieurs éléments importants, revenues avec leur médaille d’argent de Papouasie. Côté stéphanois, Mylène Chavas et Maëlle Garbino débutaient sur le banc alors qu’en face, si Laura Condon faisait de même, Cindy Perrault était titularisée.

En grande difficulté au classement, Albi jouait de plus son premier match depuis 30 octobre après avoir demandé le report de tous ses matchs durant la Coupe du monde M20. Ce point est un bon point de pris pour Albi mais il en faudra plus pour sortir de la zone rouge et ça sera obligatoirement dans ce genre de confrontations.

Saint-Étienne avait une belle occasion de revenir à la hauteur de Juvisy avec le même nombre de matchs joués mais il reste à la hauteur de Soyaux.

Rodez et Marseille recollent

Le surplace de Saint-Étienne et Soyaux fait les affaires de Marseille et Rodez. Les Ruthénoises avaient les honneurs du grand stade de Bordeaux, en baisser de rideau du match de L1 Bordeaux-Monaco. Si les spectateurs girondins comptaient se remonter le moral avec ce deuxième match, Clara Noiran ne leur en a pas donné l’occasion. L’attaquante de Rodez a trouvé deux fois la faille avant la mi-temps donnant à son équipe sa deuxième victoire de la saison. Les Rafettes doublent du même coup les Girondines au classement.

Ces dernières sont même rejointes par les Marseillaises qui l’ont emporté 3-0 face à Metz en faisant preuve d’un grand réalisme. C’est d’abord Sandrine Brétigny qui trompait Getter Laar en première mi-temps, puis Amandine Soulard poussait Mélissa Godart à marquer contre son camp avant que Caroline Pizzala ne ferme la marque.

Ce résultat permet à Marseille de rejoindre Bordeaux et de revenir à deux points de la sixième place. Metz reste à la dernière place malgré le nul obtenu in extremis la semaine dernière à Soyaux où Simone Jatoba a égalisé dans les arrêts de jeu, donnant aux Lorraines leur premier but et leur premier point. Mais avec un seul point pris soit sept de retard sur le maintien, aucun match en retard et après avoir été clairement dominé par tous ses adversaires, il faudra une seconde partie de saison d’une autre tenue au FC Metz pour se sauver.

Eugénie Le Sommer face à Sakina Karchaoui

Eugénie Le Sommer face à Sakina Karchaoui

Résultats

9e journée

Albi-Marseille : reporté

Juvisy-Lyon : reporté

Montpellier-Bordeaux 1-0 : Tonazzi 72′

Rodez-Guingamp 0-3 : Ringenbach 47′, Amani 79′, 82′

Saint-Étienne-PSG : reporté

Soyaux-Metz 1-1 : Babinga 12′ ; Jatobá 92′

10e journée

Albi-Saint-Étienne 0-0

Bordeaux-Rodez 0-2 : Noiran 31′, 42′

Guingamp-Soyaux 0-0

Lyon-Montpellier 2-1 : Abily 5′, Le Sommer 7′ ; Dekker 42′

Marseille-Metz 3-0 : Brétigny 20′, Godart 78′ (csc), Pizzala 82′

PSG-Juvisy 3-0 : Delie 35′, 55′, 65′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 27 9 9 0 0 52 3 49
2 PSG 27 9 9 0 0 28 0 28
3 Montpellier 21 9 7 0 2 24 5 19
4 Guingamp 15 10 4 3 3 13 18 -5
5 Juvisy 12 8 4 0 4 23 9 14
6 Saint-Étienne 10 8 2 4 2 13 10 3
7 Soyaux 10 9 2 4 3 10 20 -10
8 Rodez 9 10 2 3 5 11 30 -19
9 Marseille 8 9 2 2 5 10 22 -12
10 Bordeaux 8 10 2 2 6 7 30 -23
11 Albi 4 7 1 1 5 1 16 -15
12 Metz 1 10 0 1 9 1 30 -29

Huitième journée de D1 2016-2017 - Le péché d’orgueil de Juvisy

La huitième journée de D1 est marquée par la première victoire de Marseille, obtenue contre Juvisy qui abandonne sans doute définitivement là ses chances de podium. Malgré plusieurs joueuses à la Coupe du monde M20, Juvisy n’avait pas demandé le report de ce match.

Le reste des favoris s’est imposé assez aisément même si la victoire lyonnaise contre la lanterne rouge messine est pour l’instant la plus courte de la saison.

Marion Torrent (Montpellier) face à Fanny Hoarau et Marine De Sousa (Rodez)

Marion Torrent (Montpellier) face à Fanny Hoarau et Marine De Sousa (Rodez)

Les deux premiers de D1 n’ont pas connu de problème lors de la huitième journée de D1. Lyon a réalisé une petite performance à son échelle en ne l’emportant « que » 3-0 face à Metz, dernier et habitué à perdre sur des scores plus importants. Quatre jours après son écrasante victoire à Zürich, le leader de D1 présentait une équipe remaniée et ne menait que d’un but à la mi-temps, grâce à l’opportunisme de Camille Abily. L’entrée de Dzsenifer Marozsán à la pause permettait d’alourdir le score : l’Allemande était avant-dernière passeuse pour Amel Majri qui servait Ada Hegerberg pour le deuxième but et donnait elle-même le ballon du troisième à Wendie Renard sur corner – une action appelée à devenir un classique.

Le PSG n’a eu que trois jours pour se remettre de sa qualification européenne et Patrice Lair n’avait pas beaucoup de solutions à sa disposition entre la Coupe du monde M20 et l’absence de Cristiane. Hormis la titularisation de Marie-Laure Delie à la place de la Brésilienne1, c’est donc la même équipe qui se déplaçait au Bouscat pour affronter Bordeaux.

Le PSG était la deuxième équipe de tête affrontée par les Girondines qui avaient largement cédé contre Lyon. Il n’y a pas eu de miracle non plus cette fois. Dès l’entame, Ouleymata Sarr obtenait un pénalty pour une faute d’Emmanuelle Saboulard. Sabrina Delannoy se chargeait de le transformer. Verónica Boquete, Ouleymata Sarr et Erika alourdissaient le score avant la pause. Puis après un but de Marie-Laure Delie, Sarah Palacin entrée peu de temps auparavant marquait son premier but sous les couleurs du PSG.

Pour les promues de Metz et de Bordeaux, ces résultats sont simplement conformes aux prévisions. Les premières sont en difficultés mais cela ne tient pas à ce match qui est plutôt un bon résultat, surtout en l’absence d’Héloïse Mansuy et de Juliane Gathrat, retenues en Papouasie. Bordeaux reste calé en milieu de peloton et ira chercher les points nécessaires à son maintien dans des matchs plus abordables.

Rodez se saborde en deuxième mi-temps

La journée avec commencé la veille avec le déplacement de Rodez à Montpellier. L’équipe ruthénoise, révélation de la saison dernière est beaucoup plus à la peine cette année. Cela se traduit en particulier par une rotation très importante de l’effectif là où Sébastien Joseph avait pu s’appuyer sur une équipe type très stable la saison passée. Et la nouvelle grave blessure d’Anne-Sophie Ginestet n’a rien arrangé. Depuis deux journées, ce sont donc les cadres Deborah Garcia et Flavie Lemaître mais aussi Charlène Farrugia et les jeunes Élise Bonet et Océane Daniel qui sont entrées dans l’équipe à la place d’Anne-Sophie Ginestet, de Cathy Couturier partie elle-aussi à l’autre bout du monde mais aussi de Julie Niphon, Sofia Guelatti et Clara Noiran, signe d’un entraîneur qui cherche la bonne formule. Contre Montpellier, Solène Barbane débutait même sur le banc.

Jean-Louis Saez dispose d’une effectif plus conséquent qui lui permet de se passer de Sakina Karchaoui, Marion Romanelli, Marie-Charlotte Léger et Valérie Gauvin tout en laissant sur le banc Anouk Dekker et de titulariser malgré cela neuf internationales de différents pays. L’une des deux autres2 est l’ancienne Ruthénoie Marine Haupais, titulaire face à ses anciennes coéquipières dans une défense à trois aux côtés de Laura Agard et Linda Sembrant.

La première mi-temps était copieusement dominée par l’équipe locale qui ouvrait rapidement le score par Sofia Jakobsson, gâchait plusieurs occasions et doublait la mise grâce à Laetitia Tonazzi pour atteindre la pause avec un avantage qui semblait suffisant.

Sofia Jakobsson double buteuse contre Rodez

Sofia Jakobsson double buteuse contre Rodez

Au repos, Sébastien Joseph changeait ses batteries en faisant entrer Océane Saunier et Clara Noiran à la place de Marine De Sousa et de Fanny Hoarau et le résultat était immédiat : Montpellier conservait globalement la possession de balle mais Rodez n’était plus acculé sur ses buts et développait de beaux mouvements. À l’heure de jeu, Océane Saunier trompait Laetitia Philippe et un retour ruthénois devenait possible.

Mais en moins de dix minutes, deux erreurs défensives douchaient les espoirs des Rafettes. Sur un ballon récupéré dans son camp, Montpellier lançait d’abord une contre-attaque éclair conclue par Sofia Jakobsson. Puis Audrey Cugat déviait dans son but un centre qui se dirigeait en sortie de but.

À 4-1, Rodez ne cherchait plus qu’à en rester là et la fin de match était moins palpitante. Montpellier a pris les points dont il avait besoin mais Rodez commence peut-être à trouver la solution.

Guingamp-Saint-Étienne RAS

Guingamp et Saint-Étienne partagent la caractéristique d’avoir deux joueuses sélectionnées pour la Coupe du monde papoue mais de n’avoir pas la possibilité de demander le report des matchs de D1 parce que les gardiennes Jade Lebastard et Mylène Chavas sont trop jeunes3. Guingamp est aussi désormais privé de sa buteuse Desire Oparanozie partie disputer la CAN au Cameroun (ainsi que de sa compatriote Evelyne Nwabuoku qui manquera moins). L’opposition entre les deux équipes s’est achevée sur un score de 0-0 qui permet à chacune de rester sur ses position mais pas de profiter des résultats (ou absence de résultat) des autres équipes de milieu de tableau.

Marseille pour une première

Dans la lutte pour le ventre mou, Soyaux était au repos, son match contre Albi étant reporté. Il s’agissait cette fois de la seule rencontre remise, Juvisy n’ayant pas fait la demande pour son match à Marseille contrairement à celui contre Saint-Étienne de la journée précédente.

Il n’y a pas de raison officiellement invoquée, cela tient sans doute au fait d’éviter d’avoir trop de match en retard et une trop longue période d’inactivité. Jouer affaibli contre un promu qui n’avait jusque là pas remporté le moindre match était un pari qui pouvait se tenter. Mais il est perdu.

Juvisy n’a pas la profondeur de banc de Montpellier. À Marseille, toutes les remplaçantes juvisiennes – en dehors de Marina Makanza qui n’est pas encore vraiment en condition – portaient des numéros au-delà de trente, ceux des joueuses qui n’ont pas de numéro fixe. Et non seulement Amira Ould-Braham, Catherine Karadjov et Élise Legrout occupaient le banc mais Lena Jouan était même titularisée avec le numéro 34.

En plus des absences de Clara Matéo, Théa Gréboval et Estelle Cascarino, Emmanuel Beauchet était privé d’Inès Jaurena et Charlotte Bilbault. Il optait pour un système qui sur le papier devait être un 4-1-4-1 mais qui a plutôt ressemblé à un 4-2-3-1 avec Gaëtane Thiney en milieu relayeuse quasiment sur la même ligne qu’Annaïg Butel tandis que le côté gauche était occupé par Léa Declercq devant Lena Jouan.

Durant la première demi-heure, Juvisy peinait à mettre son jeu en place et Marseille faisait largement jeu égal. Deux événements allaient changer la donne. Sur un débordement côté gauche, Camille Catala centrait en retrait hors de portée de Pauline Peyraud-Magnin mais pas de Tatiana Coleman qui ouvrait le score. Et Léna Jouan était remplacée par Amira Ould-Braham qui prenait le côté droite de la défense, Julie Soyer passant à gauche. Le dernier quart d’heure de la première mi-temps était totalement à l’avantage des visiteuses qui ne parvenaient pourtant pas à aggraver le score.

Marseille, meilleur contre les tenors

Depuis le début de saison, Marseille a semblé plus à son aise dans les grosses affiches ne perdant que d’un but contre le PSG et réalisant une bonne prestation contre Lyon malgré la lourde défaite. Seul le match contre Montpellier avait été raté. L’effectif marseillais est certainement beaucoup plus talentueux que celui de Bordeaux mais contrairement aux Phocéennes, les Girondines semblent avoir intégré que leur maintien se jouera dans les matchs contre les équipes de milieu et de bas de tableau. Toutefois, on n’oubliera pas que Bordeaux a remporté ses deux victoires contre Albi et Metz que Marseille n’a pas encore affronté.

La plupart du temps une équipe dont le profil est de réaliser de bons matchs contre les meilleurs et de s’oublier contre les autres est en mauvaise posture parce qu’elle ne prend de points ni dans un cas ni dans l’autre4.

Marseille vient cette fois d’ajouter la victoire à son « bon match contre une équipe de tête » ce qui lui offre un joker pour le maintien.

Privé de sa capitaine Caroline Pizzala mais avec les retours de Nora Coton-Pélagie et Sandrine Brétigny, Marseille se présentait également avec Charlotte Lozé, Sara Yuceil et la jeune Maëlle Lakrar dont c’était la première titularisation en D15.

Sandrine Brétigny

Sandrine Brétigny

Christophe Parra semble chercher encore la bonne formule pour son équipe mais il pourrait bien l’avoir trouvée. Car si Juvisy restait plutôt dominateur, la défense marseillaise était peu mise en danger en début de deuxième mi-temps. Et sur un corner de Charlotte Lozé, Nora Coton-Pélagie (1m64) égalisait de la tête. Et dix minutes plus tard, Sandrine Brétigny profitait d’une action où Céline Deville avait dû sortir de son but pour la lober et donner l’avantage à ses couleurs.

La fin de match était une sorte d’attaque-défense mais Juvisy ne se procurait que peu d’occasions, arrêtées par Pauline Peyraud-Magnin qui comme son équipe sait se transcender pour ce type de match. Mais cette fois ses parades permettent de prendre les trois points et pas seulement de limiter le score.

Malgré le score défavorable, le seul changement juvisien est resté celui de latérale en première mi-temps, ni Élise Legrout au milieu, ni Catherine Karadjov devant ne sont entrées.

Une joueuse dans le match

Ancienne Juvisienne, Sandrine Brétigny n’avait pas encore marqué en D1 avec Marseille. Suspendue en début de saison et au repos lors des derniers matchs, il ne s’agissait contre Juvisy que de sa troisième titularisation après les matchs contre Soyaux et Lyon (et une entrée contre Montpellier). Des matchs contre le quatuor de tête, elle n’aura donc manqué – sur suspension – que le match contre le PSG. C’est le signe que son statut est différent à Marseille de ce qu’il était à Lyon, Francfort ou Juvisy où elle voyait souvent les matchs au sommet depuis le banc. Pourtant le but du jour rappelle qu’elle n’est pas seulement encore la détentrice du record de buts sur une saison de D1 – 42 en 2006-2007 – mais qu’elle sait aussi marquer dans les gros matchs pour peu qu’elle foule la pelouse. Avec le but de Laetitia Tonazzi la veille, les « anciennes » sont encore là.

Résultats

Albi-Soyaux : reporté

Bordeaux-PSG 0-6 : Delannoy 3′, Boquete 30′, Sarr 42′, Erika 44′, Delie 58′, Palacin 66′

Guingamp-Saint-Étienne 0-0

Lyon-Metz 3-0 : Abily 36′, Hegerberg 54′, Renard 87′

Marseille-Juvisy 2-1 : Coton-Pélagie 50′, Brétigny 62′ ; Coleman 29′

Montpellier-Rodez 4-1 : Jakobsson 7′, 64′, Tonazzi 38′, Cugat 69′ (csc) ; Saunier 59′

Laetitia Tonazzi

Laetitia Tonazzi

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 24 8 8 0 0 50 2 48
2 PSG 21 7 7 0 0 19 0 19
3 Montpellier 18 7 6 0 1 22 3 19
4 Juvisy 12 7 4 0 3 23 6 17
5 Guingamp 11 8 3 2 3 10 18 -8
6 Saint-Étienne 9 7 2 3 2 13 10 3
7 Soyaux 8 7 2 2 3 9 19 -10
8 Bordeaux 8 7 2 2 3 7 21 -14
9 Rodez 6 8 1 3 4 9 27 -18
10 Marseille 5 8 1 2 5 7 22 -15
11 Albi 3 6 1 0 5 1 16 -15
12 Metz 0 8 0 0 8 0 26 -26
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