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Vingt-et-unième journée de D1 2016-2017 – Saint-Étienne sous pression

Lyon a pris sa revanche du match aller perdu contre le PSG et assure la qualification européenne de Montpellier qui n’a pas fait de détail contre Soyaux. En battant Saint-Étienne, Marseille n’a pas attendu son déplacement à Juvisy pour rendre définitive sa quatrième place.

C’est donc en bas de tableau qu’il reste du suspense. Grâce à son nul contre Juvisy, Bordeaux s’offre le droit de rêver face au PSG. Saint-Étienne garde l’avantage mais il est temps que la saison se termine pour les Vertes. Metz est par contre définitivement relégué.

Cela devait être la finale du championnat, le scénario d’une équipe lyonnaise ayant besoin de l’emporter pour reprendre l’avantage sur le PSG avait pris corps dans la victoire des coéquipières de Marie-Laure Delie en décembre. Mais après un match donné perdu contre Albi, des défaites contre Montpellier et Marseille et pour couronner le tout un nul concédé à Guingamp après avoir mené 3-0, les Parisiennes sont arrivées au Parc OL non pas pour remporter le titre mais pour essayer de ne pas laisser Montpellier se qualifier pour la Coupe d’Europe dès l’avant-dernière journée.

La mission était quasiment impossible face à cette équipe de Lyon. Gérard Prêcheur avait décidé que l’absence d’enjeu au classement pour son équipe ne signifiait pas qu’il ne fallait pas marquer la suprématie nationale. Il avait donc aligné une équipe type même si elle était légèrement différentes de celles des matchs au sommet précédents. Elle était en revanche identique à celle qui avait battu Soyaux la semaine dernière. La défense à quatre coûtait sa place à Kadeisha Buchanan et permettait d’aligner les trois attaquantes stars de l’équipe.

Eugénie Le Sommer, buteuse et double passeuse.

Eugénie Le Sommer, buteuse et double passeuse.

On ne saura sans doute pas si c’était une préfiguration des deux vraies finales à venir puisque l’Américaine Alex Morgan est sortie sur blessure en première mi-temps et semble très incertaine y compris pour Cardiff. Cette absence est en soi moins importantes que son impact médiatique mais elle limite les choix de l’entraîneur lyonnais surtout après les précédentes blessures de Delphine Cascarino et Pauline Bremer.

Montpellier l’Europe huit ans après

Si cette défaite parisienne qualifie Montpellier pour la prochaine Ligue des Championnes, elle ne fait que hâter l’échéance pour une équipe héraultaise qui avait son destin entre ses pieds et qui n’a pas traîné contre Soyaux. Dès la première minute, Valérie Gauvin ouvrait la marque. Stina Blackstenius marquait un quadruplé autour de la mi-temps et Lindsey Thomas un coup du chapeau après être entrée à une demi-heure de la fin. Il semble que le choc consécutif à la blessure de Sofia Jakobsson a été encaissé, Montpellier reste sur 29 buts marqués en quatre matchs.

À l’inverse, Soyaux vient d’encaisser 19 buts en deux matchs. Les adversaires étaient certes les deux premiers du championnat mais même pour Montpellier et Lyon, il s’agit de la moyenne haute. Il n’est pas sûr que la mise à l’écart de l’entraîneur Nicolas Goursat avant ces échéance ait été très positive. La saison prochaine, c’est l’actuel entraîneur de Rodez Sébastien Joseph qui s’assiéra sur le banc sojaldicien.

Montpellier devrait finir avec quatre points d’avances sur le PSG et une meilleur différence de buts : même s’il n’avait pas perdu ses quatre points sur tapis vert contre Albi, le PSG serait donc à la même place. Mais on peut bien sûr penser que si l’impact mathématique est finalement nul en haut de classement, ça n’a pas été le cas de l’impact psychologique.

En revanche sans ces trois points bonus, Albi serait encore sous la menace en bas avec un point seulement d’avance sur Saint-Étienne et Bordeaux. Les Albigeoise ont été battues par Rodez qui en profite pour leur passer devant au classement.

Bordeaux croit en sa chance

Outre la place européenne, il restait deux points chaud au classement qui faisaient l’objet de deux matchs croisés. Marseille et Juvisy luttaient à distance pour la quatrième place et affrontaient respectivement Saint-Étienne et Bordeaux qui luttent pour le maintien. Outre que le second combat a beaucoup plus d’importance que le premier, il concerne également un troisième protagoniste, Metz et ne s’est pas achevé avec les résultats de la 21e journée.

Juvisy rêvait de prendre sa revanche sur Marseille lors du dernier match à Bondoufle et d’en profiter pour reprendre « sa » quatrième place. Mais avec quatre points d’écart entre les deux équipes à deux journées de la fin, il fallait reprendre au moins un point sur les Phocéennes ce week-end.
En cas de victoire à Marseille, Saint-Étienne pouvait assurer sa place en D1 l’an prochain. Mais dans la double confrontation, c’est la dynamique des équipes du bas de tableau qui a prévalu. Malgré le précieux point pris à Rodez la semaine dernière, le Vertes n’ont toujours pas remporté de match lors de la phase retour. Et après une (très) courte défaite contre Lyon, Bordeaux restait sur une victoire à Marseille qui l’avait relancé.

Sans doute vexées par ce résultat et bien que privées de Caroline Pizzala et Nora Coton-Pélagie, les Marseillaises prenaient tout de suite les choses en main pour mener 2-0 au bout de cinq minutes grâce à des buts de Charlotte Lozé et Viviane Asseyi. Après cette entame catastrophiques, les Vertes dominaient sans arriver à tromper leur ancienne gardienne Pauline Peyraud-Magnin. Dans les arrêts de jeu, Viviane Asseyi alourdissait le score avant qu’Audrey Chaumette ne finisse enfin par trouver la faille, nettement trop tard.

Mélissa Godart et les Messines joueront la saison prochaine en D2.

Mélissa Godart et les Messines joueront la saison prochaine en D2.

À Blanquefort, la nouvelle du score très tôt acquis encourageait les Bordelaises mais ne décourageait pas les Juvisiennes. Clara Matéo ouvrait le score en première mi-temps avant que l’inévitable Émelyne Laurent n’égalise. Malgré plusieurs occasions franches, le score n’évoluait plus.

Pour la quatrième place, l’affaire est entendue, elle reviendra donc à Marseille pour sa première saison de D1. Il est probable que dès la saison prochaine le club marseillais visera au moins un cran plus haut. L’avenir semble plus flou pour Juvisy qui se présentera sous la bannière du Paris FC qui n’apportera pas un prestige extraordinaire.

Pour le maintien en revanche, tout reste encore possible. Avec ce point pris, Bordeaux revient au niveau de Saint-Étienne mais reste derrière à la différence de buts particulière. Il faudra donc que les Bordelaise fassent mieux contre le PSG que les Stéphanoises contre Guingamp. Cela semble très improbable dans l’absolu mais le contexte permet de croire au miracle en Gironde. Le match de la dernière journée de championnat ne sera clairement pas l’objectif du PSG entre les deux finales de Coupe contre Lyon et un point peut suffire dans la mesure où une défaite stéphanoise est très envisageable dans leur dynamique actuelle.

Il y a trois ans, les joueuses d’Hervé Didier abordaient la dernière journée en position de relégable et recevaient Montpellier avec pour objectif de prendre au moins un point afin de revenir sur Arras ou Hénin-Beaumont qui affrontaient Guingamp et Lyon. Un but de Sarah Palacin avait répondu à l’ouverture du score de Marina Makanza et avait permis à Saint-Étienne de se maintenir au détriment d’Hénin-Beaumont. Le précédent peut inspirer autant les Stéphanoises qui l’ont vécue que les Bordelaises qui sont à peu près dans la même situation.

Mais les Vertes savent ce qui leur reste à faire à domicile face à Guingamp qui vient seulement de renouer avec la victoire après deux mois et cinq matchs d’abstinence.

Léa Le Garrec, auteuse du second but guingampais.

Léa Le Garrec, auteuse du second but guingampais.

Face à Metz, les Guingampaises ont offert un joli bouquet final au public du stade Fred-Aubert venu assister au dernier match à domicile de la saison. Margaux Bueno, Léa Le Garrec et Fautine Robert profitaient première mi-temps de la passivité de la défense messine pour tromper Justine Lerond. Les Messines revenaient avec plus de mordant après la pause et Julie Wojdyla reprenait de la tête un centre d’Élodie Martins pour redonner espoir à son équipe qui avait besoin d’au moins un point pour pouvoir croire à un miracle. Mais en un quart d’heure, Guingamp doublait le score avec trois nouvelles buteuses, Agathe Ollivier, Maévane Drozo et Desire Oparanozie. Le deuxième but messin d’Ophélie Cordier dans les arrêts de jeu ne venait que pour la forme.

Avec trois points de retard sur Bordeaux et Saint-Étienne, Metz n’est pas en mesure de passer devant les Vertes qui ont une meilleure différence de but particulière aussi bien dans une égalité à deux qu’à trois

Bordeaux Metz Saint-Étienne
Bordeaux 1-2 0-7
Metz 0-1 0-3
Saint-Étienne 0-0 1-2

Dans ce mini-championnat, chaque équipe est allé l’emporter sur la pelouse de ses concurrentes, sauf Bordeaux qui n’est pas parvenu à marquer contre Saint-Étienne à onze contre dix après l’expulsion de Mylène Chavas.

Metz est donc assuré de jouer en D2 l’an prochain et pourra au mieux viser la onzième place si ni Bordeaux ni Saint-Étienne ne l’emportent1. Mais pour cela, il faudra l’emporter contre Lyon.

Résultats

Albi-Rodez 1-3 : Saulnier 18′ ; Cugat 10′, Noiran 48′, Bornes 57′

Bordeaux-Juvisy 1-1 : Laurent 75′ ; Matéo 32′

Guingamp-Metz 6-2 : Bueno 11′, Le Garrec 20′, Robert 22′, Ollivier 66′, Drozo 70′, Oparanozie 74′ ; Wojdyla 60′, Cordier 91′

Lyon-PSG 3-0 : Le Sommer 13′, Hegerberg 27′, Morgan 28′

Marseille-Saint-Étienne 3-1 : Lozé 2′, Asseyi 5′, 91′ ; Chaumette 93′

60′, Cordier 91′

Montpellier-Soyaux 10-0 : Gauvin 1′, 60′, Le Bihan 15′, Blackstenius 28′, 45′, 46′, 57′, Thomas 73′, 75′, 92′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [20/0/1/94] 60
    59
    58
    57
    56
    55
    54
    53
2 Montpellier [17/1/3/59] 52
    51
    50
    49
3 PSG [16/1/4/38] 48
    47
    46
    45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
4 Marseille [11/2/8/-5] 35
    34
    33
    32
    31
    30
5 Juvisy [8/5/8/16] 29
    28
    27
6 Guingamp [7/5/9/-9] 26
    25
7 Soyaux [6/6/9/-29] 24
    23
    22
8 Rodez [5/6/10/-30] 21
    20
9 Albi [6/1/14/-33] 19
    18
    17
    16
10 Saint-Étienne [3/6/12/-29] Bordeaux [3/6/12/-29] 15
    14
    13
12 Metz [3/3/15/-43] 12

Triple final

La première finale franco-française en Ligue des Championnes va être précédée par deux autres confrontations entre Lyon et le PSG. Il aurait pu s’agir de trois « finales » mais le match en D1 n’aura finalement pas d’autre enjeu que d’ouvrir cette série.

Sur le papier, l’effectif de Lyon semble nettement supérieur en qualité et surtout en quantité. Mais une fois sur le terrain, il n’y a plus que onze joueuses de chaque côté et les débats promettent d’être serrés comme l’a déjà montré la victoire parisienne au mois de décembre en D1.

L’OL et le PSG règnent sur le football français depuis près de cinq ans et vont se rencontrer pour la première fois en finale de Ligue des Championnes et pour la seconde seulement pendant cette période en finale de Coupe de France1. Ces deux finales seront précédées par le match retour entre les deux équipes pour l’avant dernière journée de D1. Mais malgré la victoire parisienne en décembre, il n’y aura pas d’enjeu à ce match de championnat. Non seulement le titre est déjà à Lyon, mais la seconde place européenne ira certainement à Montpellier même en cas de victoire parisienne à Décines.

Cette absence d’enjeu direct ne rend pas le premier match inintéressant pour autant. Les deux équipes le joueront avec les deux suivants en tête. Lyon ne voudra pas perdre deux fois en championnat contre le même adversaire mais aura sans doute la tentation de profiter de la richesse de son effectif pour réserver ses forces pour les échéances suivantes. Toutefois le calendrier ne propose qu’un match par semaine et une trop forte rotation pourrait faire perdre le rythme à l’équipe type.

Aurélie Kaci et Josephine Henning

Aurélie Kaci et Josephine Henning

Le PSG peut encore espérer une défaillance montpelliéraine pour accrocher la qualification européenne sans attendre le 1er juin. Il ne pourra sans doute pas totalement faire l’impasse sur le match de championnat.

Autre élément qui pourra compter : l’impact psychologique de cette première levée. Quel sera l’avantage mental pris par le vainqueur ? quel esprit de revanche animera le vaincu ?

Une semaine plus tard, la valeur du match montera d’un cran à Vannes avec la finale de la Coupe de France qui opposera deux invaincus. La dernière défaite de Lyon dans cette compétition remonte à la finale 2002 contre Toulouse dans une compétition nouvellement créée qui s’appelait encore le Challenge de France. Le club s’appelait alors le FC Lyon. Depuis, les Lyonnaises n’ont pas remporté toutes les éditions mais elles n’ont jamais été éliminées autrement qu’aux tirs aux buts. Elles sont donc invaincues sous le blason olympien et sont tenantes des cinq dernières éditions.

En face, c’est un autre spécialiste qui se présente. Patrice Lair mène sa septième campagne en Coupe de France pour son troisième club. Jusque là, il en a remporté cinq n’échouant qu’une seule fois en quart de finale en 2011 avec Lyon aux tirs aux buts face à Juvisy. Sinon il a remporté les éditions 2006 et 2007 avec Montpellier (à chaque fois aux tirs aux buts face à Lyon) puis celles de 2012 à 2014 avec Lyon contre Montpellier, Saint-Étienne puis le PSG.

En début de saison, la Coupe de France était clairement l’objectif parisien. Elle semblait naturellement la voie la plus probable pour remporter enfin un second titre, plus que le championnat qui nécessite de la régularité et la Coupe d’Europe où l’opposition est plus relevée.

Shirley Cruz

Shirley Cruz

Mais désormais, le PSG est à la même distance d’une victoire en Coupe de France qu’en Coupe d’Europe. Dans les deux cas, il ne reste qu’un match à remporter et face au même adversaire. Les déboires subis en championnat et le prestige supérieur de la compétition incitent sans doute le club parisien à privilégier désormais une victoire européenne qui serait qualificative pour la prochaine édition (et donnerait trois représentants à la France si la situation reste inchangée en D1).

La position lyonnaise est sans doute assez similaire : rejoindre Francfort au nombre de victoires en Ligue des Championnes est sans doute plus important que d’augmenter encore le record du nombre de Coupes de France. Mais il est certain qu’aucune des deux équipes ne fera l’impasse sur la finale française.

La bête noire

Lors des cinq dernières saisons, l’OL n’a concédé que six défaites. Une contre Potsdam, deux contre Wolfsbourg et trois contre le PSG. L’équipe parisienne est donc celle qui arrive le plus à battre celle de Lyon. Mais pendant le même temps, elle a aussi concédé neuf défaites dont certaines assez lourdes. Bref, si le PSG est sans doute la bête noire de l’OL, c’est plus relatif aux standards lyonnais que dans l’absolu.

Jessica Houara

Les deux équipes ne se quittent plus en Coupe d’Europe : c’est la troisième saison consécutive qu’elles se rencontrent avec une qualification partout. Il faut dire qu’une fois sorti des équipes allemandes et françaises et éventuellement d’une suédoise les bonnes années, le reste du plateau n’est clairement pas au même niveau, ce qui multiplie les confrontations entre les mêmes quatre ou cinq équipes. En ajoutant la finale de la Coupe de France 2014, cela fera donc la quatrième saison consécutive que les deux clubs s’affrontent plus que deux fois. C’est beaucoup mais c’est finalement dans la logique de l’hétérogénéité des équipes dans les différentes compétition qui fait que les meilleures équipes finissent la plupart du temps par s’affronter, en finale à défaut de tirage au sort plus précoce. Ainsi cette saison sera seulement la première sans Montpellier-Lyon en Coupe de France depuis 2011. C’est plutôt le faible nombre de PSG-Lyon dans cette compétition qui est anormal.

Des joueuses en commun

L’histoire commune de l’OL et du PSG repose sur les matchs qui ont opposé les deux équipes mais également sur les nombreuses joueuses qui ont porté les couleurs des deux clubs. Onze joueuses des effectifs actuels ont ainsi porté les couleurs de l’équipe adverse2.

Joueuses ayant porté les couleurs de l’OL et du PSG
Joueuse Lyon PSG Total
Camille Abily 284 13 297
Shirley Cruz 172 123 295
Laura Georges 162 116 278
Amandine Henry 208 6 214
Jessica Houara 26 171 197
Aurélie Kaci 118 76 194
Sonia Bompastor 170 13 183
Élise Bussaglia 71 70 141
Kenza Dali 7 124 131
Delphine Blanc 96 20 116
Katia 89 22 111
Kheira Hamraoui 14 93 107
Laure Lepailleur 38 65 103
Gwenaëlle Pelé 45 47 92
Caroline Seger 24 61 85
Véronique Pons 37 44 81
Ève Perisset 28 32 60
Méline Gérard 34 16 50
Rosana 24 10 34
Inès Dhaou 7 25 32
Josephine Henning 8 23 31
Saïda Akherraze 6 11 17
Les statistiques ne prennent en compte les données que depuis la saison 2003-2004. Il manque ainsi Céline Deville, passée par le PSG au début des années 2000.

Le PSG dispose d’un bel effectif comprenant 14 internationales A3 pour 18 joueuses ayant participé au moins à l’équivalent de cinq matchs complets toutes compétitions confondues. Parmi elles, quatre ont déjà remporté la Ligue des Championnes4 : Shirley Cruz et Laura Georges avec Lyon, Verónica Boquete avec Francfort (contre le PSG) et Cristiane avec Potsdam il y a douze ans. On pourrait aussi ajouter Ève Périsset qui était restée sur le banc l’an dernier à Reggio d’Emilie. Quatre autres joueuses5 étaient de la finale perdue contre Francfort il y a deux ans. Patrice Lair dispose donc d’un effectif qui pourrait faire envie à presque n’importe quel adversaire.

Kenza Dali

Kenza Dali

Mais ça n’est pas le cas quand il s’agit de Lyon où 22 joueuses ont joué plus de 450 minutes. Toutes sont des internationales A en exercice sauf Corine Petit (89 sélections tout de même) et Mylaine Tarrieu. La richesse de l’effectif est telle que Kenza Dali et Aurélie Kaci, qui étaient titulaires lors de la finale du PSG contre Francfort et qui étaient régulièrement appelées en sélection les deux dernières saisons n’ont pas atteint la barre des 450 minutes après une saison certes gâchée par les blessures.

Douze joueuses ont déjà remporté la Ligue des Championnes et cinq autres ont au moins joué la finale, sans compter des joueuses comme Méline Gérard, Claire Lavogez ou Kheira Hamraoui qui ont atteint une finale sans y prendre part. Outre les joueuses qui étaient déjà là l’an dernier, Josephine Henning a remporté trois titres européens avec Potsdam et Wolfsbourg (dont deux contre Lyon) et Dzsenifer Marozsán un avec Francfort (contre le PSG). Parmi les 24 joueuses susceptibles de participer cette année, les seules qui n’ont pas déjà mené une campagne européenne jusqu’en finale sont les deux recrues nord-américaines et pour causse : elles participent pour la première fois à la compétition.

Ève Périsset

Ève Périsset

Avantage quantitatif à Lyon

Dans la mesure où il n’est possible d’aligner que onze joueuses sur le terrain et qu’il ne peut pas y en avoir plus de quatorze qui participent à un match, l’avantage que possède Gérard Prêcheur sur Patrice Lair est nivelé sur un match. Les deux entraîneurs ont la possibilité d’aligner une équipe entièrement composée d’internationales A en exercice. La différence peut commencer à se faire sur les joueuses qui entrent. Et plus encore sur les choix possibles sur le banc.

Aurélie Kaci

Aurélie Kaci

Dans le contexte particulier d’une triple confrontation, il est évident que l’entraîneur lyonnais dispose d’un très grand avantage puisqu’il peut aligner quasiment deux équipes compétitives. Mais il est peu probable qu’il s’en serve. Il n’y a quasiment qu’un match par semaine et l’avancée de la dernière journée de championnat au jeudi 25 mai et celle de la finale de la Coupe de France au vendredi 19 permettent des récupérations quasiment optimales entre la journée de championnat du dimanche 14 et la finale de la Coupe d’Europe du jeudi 1er juin.

Du coup, il y a presque plus de risque à laisser au repos les joueuses au risque de leur faire perdre le rythme de la compétition qu’à leur faire jouer les matchs. Et si d’aventure Gérard Prêcheur décide de faire jouer son équipe bis, ce sera vraisemblablement contre Metz pour la dernière journée. Mais Patrice Lair pourrait en faire la même chose au même moment contre Bordeaux.

Des schémas équivalents

Gérard Prêcheur a régulièrement modifié son schéma tactique mais c’est surtout pour s’adapter à son effectif, aux joueuses qu’il laissait au repos et à des adversaires contre lesquels il pouvait expérimenter. Lors des matchs au somment en revanche il a régulièrement utilisé le même système en 3-5-2 qui optimise son effectif dans lequel il dispose de quatre défenseuses centrales6 de haut niveau mais d’aucune défenseuse latérale en dehors de Jessica Houara. Amel Majri et Pauline Bremer sont beaucoup plus utiles quand elles peuvent occuper haut leur couloir et que leur devoir défensif est limité. Le milieu a souvent été densifié dans les gros matchs avec la titularisation de Caroline Seger. Cela sera peut-être le cas en Coupe de France mais à Cardiff, on imagine mal voir Saki Kumagai, Camille Abily ou Dzsenifer Marozsán sur le banc. Reste qu’il faudra faire un choix devant entre Alex Morgan, Ada Hegerberg et Eugénie Le Sommer. Mais celle qui ne sera pas titulaire entrera à coup sûr en cours de partie.

Laura Georges

Laura Georges

Patrice Lair a aussi longtemps alterné entre une défense à trois et à quatre en fonction des joueuses dont il disposait et du niveau des adversaires. Contre Lyon à l’aller et plus récemment contre Barcelone, il a lui aussi opté pour la première solution. L’arrivée de la Canadienne Ashley Lawrence favorise aussi cette organisation. Malgré la blessure d’Erika, il dispose avec Laura Georges, Irene Paredes et Sabrina Delannoy de trois défenseuses centrales de haut niveau et quand il a fallu pallier une absence, Grace Geyoro est redescendue comme si elle avait dix ans d’expérience du poste.

Sa position naturelle est au milieu où les places son chères avec l’inamovible Shirley Cruz et Verónica Boquete. Entre les blessures et les suspensions, les trois ont rarement formé le milieu parisien ces derniers temps. Il faut dire qu’Amandine Henry pendant les quatre matchs où elle a pu jouer et Formiga ont apporté de la concurrence dans un secteur qui compte aussi Aminata Diallo.

En attaque, les solutions sont en revanche nettement moins nombreuses. Cristiane et Marie-Laure Delie sont incontournables tandis que Marie-Antoinette Katoto est blessée quasiment depuis le mois de novembre, que Nataša Andonova n’est pas qualifiée pour la Coupe d’Europe et que Sarah Palacin qui n’avait joué depuis novembre qu’une mi-temps en janvier lors de la victoire 19-0 contre Bourges s’est blessée gravement peu de temps après être réapparue dans l’équipe en demi-finale de Coupe de France. Pour la finale européenne, la seule option offensive sera donc Ouleymata Sarr.

Patrice Lair contre Gérard Prêcheur

Le dernier élément de la triple confrontation concerne le duel des entraîneurs. Gérard Prêcheur et Patrice Lair ont déjà réalisé le triplé avec Lyon. Le premier a jusque là remporté six des sept compétitions qu’il a disputé et il vise donc le huit sur neuf. Mais le second avait fait presque aussi bien dans les mêmes conditions avec neuf titres sur douze. Leur philosophie de jeu est assez différente. L’entraîneur parisien mise sur un jeu très vertical et sur des attaques très rapides, son homologue lyonnais cherche plus la possession pour déséquilibrer l’adversaire et surtout l’épuiser au fil du match. Sur les aspects techniques de l’entraînement et des mises en places tactiques, l’ancien membre de la DTN est sans doute supérieur. Ce n’est certainement pas un hasard si beaucoup des joueuses qu’il a formé à Clairefontaine en parlent comme du meilleur entraîneurs qu’elles ont eu. Mais Patrice Lair semble plus convaincant au moment d’aborder les quelques matchs importants, ceux sur lesquels on juge le résultat d’une saison, surtout dans un contexte aussi hétérogène où beaucoup de matchs sont vraiment des matchs faciles.

Patrice Lair

Patrice Lair

L’ancien entraîneur de Montpellier sera le second après Farid Benstiti à mener deux équipes différentes en finale de Ligue des Championnes et cherchera à être le premier à remporter la compétition avec deux clubs. Il est déjà le premier à avoir atteint les demi-finales avec trois7. De même, il sera le premier entraîneur à disputer la finale de la Coupe de France avec trois clubs différents.

Gérard Prêcheur n’a bien sûr pas ces références, sa seule expérience précédente en D1 remonte à plus de dix ans à l’époque où le CNFE8 de Clairefontaine alignait une équipe en D1. Elle ne disputait pas le Challenge de France (qui était le nom de la Coupe de France à l’époque) et ne pouvait pas être reléguée. Il disposait alors d’un effectif extrêmement talentueux : Sarah Bouhaddi, Laura Georges, Laure Boulleau, Sabrina Delannoy, Jessica Houara, Camille Abily, Élise Bussaglia, Amandine Henry, Louisa Necib ou Élodie Thomis ont ainsi évolué en D1 sous ses ordres. Mais il s’agissait de joueuses de moins de vingt ans et l’objectif étant d’abord de les former, les résultats étaient très irréguliers.

Gérard Prêcheur

Le fait que Patrice Lair et Farid Benstiti apparaissent souvent dans ces records de participation avec des clubs différents vient aussi du fait qu’ils sont à peu près les seuls (en Europe) à avoir pu entraîner plus d’une équipe de haut niveau. Contrairement au football masculin où les grands clubs s’échangent les Guardiola, Mourinho et Ancelotti, les entraîneurs sont peu recyclés dans les clubs de haut de tableau.

Josephine Henning, Aurélie Kaci et Kenza Dali

Josephine Henning, Aurélie Kaci et Kenza Dali

Effectif du PSG
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Katarzyna Kiedrzynek G POL 26 25 2239 0
16 Loes Geurts G NLD 31 9 731 0
30 Romane Salvador G FRA 19 0 0 0
3 Laure Boulleau D FRA 31 1 45 0
4 Laura Georges D FRA 33 27 2276 1
5 Sabrina Delannoy D FRA 31 33 2816 3
6 Ngozi Ebere D NGA 26 0 0 0
8 Erika D BRA 29 12 923 3
13 Sandy Baltimore D FRA 17 2 53 0
14 Irene Paredes D ESP 26 25 2250 5
17 Ève Perisset D FRA 22 32 2396 3
20 Perle Morroni D FRA 20 17 805 2
23 Hawa Cissoko D FRA 20 3 120 0
7 Aminata Diallo M FRA 22 28 1626 1
11 Anissa Lahmari M FRA 20 11 407 3
12 Ashley Lawrence M CAN 22 17 1350 1
19 Lina Boussaha M FRA 18 4 67 0
22 Sana Daoudi M FRA 19 2 29 0
24 Formiga M BRA 39 12 899 1
26 Grace Geyoro M FRA 20 24 2042 0
28 Shirley Cruz Traña M CRI 32 28 2311 6
29 Amandine Henry M FRA 28 6 429 3
9 Sarah Palacin A FRA 29 10 370 3
10 Cristiane A BRA 32 29 2206 26
15 Nataša Andonova A MKD 23 8 435 2
18 Marie-Laure Delie A FRA 29 26 1832 27
21 Verónica Boquete A ESP 30 29 2244 12
25 Marie Antoinette Katoto A FRA 19 10 704 7
27 Ouleymata Sarr A FRA 22 25 1056 5
Nataša Andonova n’est pas qualifiée pour la finale de la Ligue des Championnes mais elle l’est pour celle de Coupe de France et pour le match de D1.

Kheira Hamraoui

Kheira Hamraoui

Effectif de Lyon
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Erin Nayler G NZL 25 0 0 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 31 23 2070 0
30 Méline Gérard G FRA 27 10 900 0
28 Loïs Ursella G FRA 18 0 0 0
3 Wendie Renard D FRA 27 24 2070 7
4 Julie Marichaud D FRA 19 0 0 0
5 Saki Kumagai D JPN 27 26 2159 10
7 Amel Majri D FRA 24 24 1976 7
8 Jessica Houara d’Hommeaux D FRA 30 26 1890 2
15 Aurélie Kaci D FRA 27 5 336 1
17 Corine Petit D FRA 34 15 977 5
21 Kadeisha Buchanan D CAN 22 13 1025 0
25 Julie Piga D FRA 19 3 163 0
26 Josephine Henning D DEU 28 8 550 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 22 22 1878 3
2 Kenza Dali M FRA 26 6 298 1
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 25 28 1957 7
11 Kheira Hamraoui M FRA 27 14 897 3
18 Claire Lavogez M FRA 23 23 1294 16
20 Delphine Cascarino M FRA 20 9 557 3
23 Camille Abily M FRA 32 26 2002 15
27 Caroline Seger M SWE 32 24 1521 1
9 Eugénie Le Sommer A FRA 28 28 1965 28
12 Élodie Thomis A FRA 31 12 591 0
13 Andrea Norheim A NOR 18 1 18 1
14 Ada Hegerberg A NOR 22 29 2125 25
22 Pauline Bremer A DEU 21 26 1666 9
24 Mylaine Tarrieu A FRA 22 14 847 5
31 Alex Morgan A USA 28 14 892 11

Josephine Henning et Caroline Seger

Josephine Henning et Caroline Seger

Vingtième journée de D1 2016-2017 – La folle semaine de Bordeaux

Comme prévu Lyon a remporté son onzième titre consécutif à deux journées de la fin du championnat. La seconde place européenne semble promise à Montpellier. En revanche Marseille a manqué l’occasion de s’assurer de la quatrième place.

Dans le bas du classement, rien n’est encore fait, Bordeaux a réussi à aller chercher à Marseille une lueur d’espoir de maintien et aucune équipe n’est encore mathématiquement en D2.

Lyon n’a pas fait de détail pour battre Soyaux et s’assurer son quinzième titre, le onzième de rang. À la demi-heure, il y avait déjà 3-0. Le trio d’attaquantes Alex Morgan, Eugénie Le Sommer et Ada Hegerberg était titularisée pour la deuxième fois de la saison après le match retour contre Wolfsbourg et chacune y allait de son doublé.

Eugénie Le Sommer et Ada Hegerberg

Eugénie Le Sommer et Ada Hegerberg

Montpellier et le PSG ont tranquillement fait le travail respectivement face à Metz et Albi. Il ne reste plus aux Héraultaises que deux étapes contre Soyaux et Rodez pour retrouver l’Europe sept ans après. Mais le PSG ne lâche pas même si sa meilleure chance de qualification pour la Ligue des Championnes reste de remporter la finale du 1er juin.

Dans le groupe du milieu de tableau, la bonne affaire est pour Juvisy qui a pourtant failli ne pas obtenir sa huitième victoire (seulement) de la saison contre Guingamp. Gaëtane Thiney avait ouvert le score sur pénalty en première mi-temps mais Agathe Ollivier a égalisé au retour des vestiaires. Il a ensuite fallu attendre les arrêts de jeu pour que la capitaine juvisienne ne donne la victoire à son équipe.

Juvisy revient à quatre points seulement de Marseille et devra donc en reprendre encore au moins un pour pouvoir jouer une finale pour la quatrième place lors de la dernière journée qui opposera les deux équipes.

Saint-Étienne pas encore tiré d’affaire

C’est sans doute dans la course à trois pour le maintien qu’il reste le plus de choses à jouer même si cela fait longtemps que le sort de Bordeaux et Metz semble scellé. Albi et Rodez ont fait le nécessaire pour se sauver, même si ce n’est pas encore mathématique. Ce n’est pas le cas de Saint-Étienne qui fait du surplace depuis le début de l’année et dont la plus grande chance est le calendrier particulièrement difficile des deux promus en cette fin de saison.

En milieu de semaine, les deux promus-relégables recevaient en match en retard les deux finalistes de la Ligue des Championnes. Metz a résisté autant que possible face au PSG mais le score de 2-0 était acquis à la mi-temps. Bordeaux a fait un match plein de courage et d’abnégation face à une équipe de Lyon certes très remaniée mais qui a été obligée de s’en remettre à un coup-franc de Claire Lavogez en fin de match pour s’imposer 1-0.

Claire Lavogez

Claire Lavogez

La méthode bordelaises n’est sans doute pas celle qui assure le plus de points dans une saison, ce qui nécessite plus de maîtrise pour aller chercher des victoires contre les concurrents directs. Mais les adversaires de la fin de saison bordelaise se nommant Lyon, Marseille, Juvisy et PSG, la solution la plus efficace est certainement de savoir tenir et contrer. Les Girondines ont un atout important pour cela en la personne d’Emelyne Laurent, l’internationale M19 prêtée par arrivée de Montpellier cet hiver et qui a été le seul danger dans la défense lyonnaise.

À l’heure d’affronter Marseille, c’est pourtant par le jeu que Bordeaux cherchait son salut en dominant la première mi-temps avec l’aide du vent. La seconde était plus équilibrée même après l’expulsion de la Marseillaise Caroline Pizzala. Et c’est finalement bien sur une contre attaque conclue par Emelyne Laurent que venait la délivrance.

Bordeaux obtient sa troisième victoire de la saison, six mois après la précédente et cela lui permet de conserver un soupçon d’espoir de maintien.

Sophie Istillart

Sophie Istillart

Car s’il n’y a pas eu de surprise du côté de Metz qui affrontait Montpellier après le PSG, Saint-Étienne est allé chercher un précieux match nul sur la pelouse de Rodez. Pourtant les Ruthénoises ont longtemps mené grâce à Flavie Lemaître. Mais un but contre son camp offert par Océane Daniel a permis aux Vertes de revenir au bout de arrêts de jeu. Ce point est particulièrement important parce qu’il permet aux Stéphanoises de rester une longueur devant Bordeaux et trois devant Metz, tout en ayant l’avantage à la différence de buts particulière sur ces deux équipes. Cela signifie que même si Saint-Étienne ne prend aucun point dans ses deux matchs pourtant accessibles contre Marseille et Guingamp, il faudra que Bordeaux remporte l’un des deux siens ou obtienne deux nuls, ou que Metz ne concède aucune défaite et obtienne au moins une victoire contre Guingamp et surtout Lyon.

Jouer son maintien sur l’obligation de prendre au moins un point à Lyon est sans doute une forme de gageure. Bref si la situation n’a pas tellement changé mathématiquement, l’espoir ténu qui animait Metz ces dernières semaines a déménagé du côté de Bordeaux.

Résultats

19e journée

Bordeaux-Lyon 0-1 : Lavogez 79′

Metz-PSG 0-2 : Perisset 21′, Delie 45′

20e journée

Juvisy-Guingamp 2-1 : Thiney 20′, 94′ ; Ollivier 53

Lyon-Soyaux 9-0 : Viana 21′ (csc), Hegerberg 24′, 32′, Morgan 37′, 51′, Kumagai 43′, Le Sommer 46′, 59′, Renard 68′

Marseille-Bordeaux 0-1 : Laurent 88′

Montpellier-Metz 6-0 : Gauvin 12′, 67′, Dekker 43′, 90′, Léger 81′, Thomas 84′

PSG-Albi 4-0 : Cristiane 4′, Gouineau 22′ (csc), Delie 56′, Lawrence 65′

Rodez-Saint-Étienne 1-1 : Lemaître 41′ ; Daniel 94′ (csc)

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [19/0/1/91] 57
    56
    55
    54
    53
    52
    51
    50
2 Montpellier [16/1/3/49] 49
3 PSG [16/1/3/41] 48
    47
    46
    45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
4 Marseille [10/2/8/-7] 32
    31
    30
    29
5 Juvisy [8/4/8/16] 28
    27
    26
    25
6 Soyaux [6/6/8/-19] 24
7 Guingamp [6/5/9/-13] 23
    22
    21
    20
8 Albi [6/1/13/-31] 19
9 Rodez [4/6/10/-32] 18
    17
    16
10 Saint-Étienne [3/6/11/-27] 15
11 Bordeaux [3/5/12/-29] 14
    13
12 Metz [3/3/14/-39] 12

Dix-neuvième journée de D1 2016-2017 – Albi confirme son maintien

Jouée le même week-end que les demi-finales européennes aller de deux de ses représentantes, la dix-neuvième journée de D1 a continué de décanter la lutte pour le maintien avec les points pris par Albi et Rodez qui les mettent à l’abri d’un retour de l’arrière. Seul Saint-Étienne laisse un petit espoir à Bordeaux et Metz.

Plus haut dans le tableau, les résultats de Juvisy et de Marseille ont confirmé le passage de témoin de l’un à l’autre pour la quatrième place. Et tout laisse à penser que cela préfigure les saisons futures.

Lyon et le PSG étaient occupés ailleurs à rappeler à Manchester City et Barcelone qu’il y a encore quelques niveaux d’écarts et joueront leur match de la 19e journée contre Bordeaux et Metz le 3 mai1. En cas probable qualification, les deux équipes se rencontreront trois fois en un peu plus de deux semaines entre l’avant-dernière journée de D1 le 14 mai, la finale de la Coupe de France le 19 et donc la finale de la Ligue des Championnes le 1er juin.

Ces reports concernent bien sûr le haut du classement mais également la lutte pour le maintien puisque les deux adversaires des clubs européens sont les deux actuels relégables.

Pendant ce temps, le deuxième du classement était en déplacement sur la médiocre pelouse du dixième. Montpellier n’a pas tremblé pour continuer sa marche vers la qualification pour la prochaine Ligue des Championnes et par conséquent, Saint-Étienne n’a pas pu profiter du repos de ses concurrentes pour prendre le large.

Le match était la revanche du quart de finale de Coupe de France où les Vertes étaient allé éliminer les Héraultaises grâce à un but de Rose Lavaud. Rétrospectivement, ce résultat semble particulièrement incongru puisqu’il se situe dans une période où les Stéphanoises ne parviennent pas à battre d’adversaire de D1 : en 2017, leur seule autre victoire remonte au match en retard contre Juvisy joué le 11 janvier. Depuis Saint-Étienne n’a pris qu’un seul point en championnat.

Privé de Maëlle Garbino et Morgane Courteille, Hervé Didier pouvait compter sur le retour des blessées et suspendue Mylène Chavas, Marion Boishardy, Meryl Cirri et Lucie Pingeon déjà alignées contre le PSG en Coupe, ainsi que sur Rose Lavaud absente de la demi-finale. Autre blessée de longue date, Noémie Carage faisait son retour sur le banc où s’asseyaient également la capitaine Maéva Clémaron et Julie Peruzzetto.

De son côté, Jean-Louis Saez pouvait compter sur la quasi totalité de son effectif, étant entendu que Sofia Jakobsson et Laetitia Tonazzi ne rejoueront pas cette saison. Sandie Toletti était de retour tandis que le duo Stina Blackstenius-Valérie Gauvin était préféré à Marie-Charlotte Léger et Lindsey Thomas en attaque.

Janice Cayman échappe à Morgane Martins

Janice Cayman échappe à Morgane Martins

Montpellier démarrait sur les chapeaux de roue avec un but de Janice Cayman dès la quatrième minute avant que Valérie Gauvin ne profite par deux fois de la passivité de la défense stéphanoise. À la mi-temps, Maéva Clémaron prenait la place d’Aude Moreau et Saint-Étienne tenait le choc pendant une vingtaine de minutes jusqu’à l’entrée de Lindsey Thomas.

L’attaquante montpelliéraine n’était pas directement concernée par le but de Laura Agard consécutif à un corner. Mais elle allait être à l’origine des trois suivants. Entre temps, Jérôme Bonnet qui remplaçait Hervé Didier suspendu avait fait entrer Noémie Carage à la place de Lucie Pingeon pour tenter de densifier la défense avec un axe à trois mais cette tentative n’était pas couronnée de succès.

Lindsey Thomas commençait par déposer deux fois la défense stéphanoise. La première pour trouver Marie-Charlotte Léger qui venait d’entrer et qui trouvait en finesse le petit filet, la seconde pour marquer elle-même. Puis Janice Cayman l’imitait en débordant et la trouvait pour une reprise imparable. Sur le dernier ballon du match, Sandie Toletti parachevait le succès montpelliérain en marquant d’un corner direct.

Lindsey Thomas

Lindsey Thomas

La victoire de Montpellier était prévisible, c’est le résultat en Coupe qui était une surprise. Mais si les Montpelliéraines semblent avoir digéré l’absence de Sofia Jakobsson, les Stéphanoises sont peut-être encore sous le coup de l’annonce du départ d’Hervé Didier à la fin de la saison.

Pour Montpellier, il reste trois matchs à gagner contre Metz, Soyaux et Rodez pour s’assurer un retour en Coupe d’Europe huit ans après la campagne qui l’avait vu éliminer le Bayern et passer à quelque seconde de sortir Umeå.

Saint-Étienne a encore son destin en main et peut compter sur le fait que Bordeaux doit lui reprendre trois points en quatre matchs et Metz cinq points avec cinq occasions et que dans les deux cas le PSG et Lyon sont au programme. Le travail commence dès dimanche prochain avec la réception de Metz pour le match en retard de la douzième journée. La dynamique actuelle est clairement messine mais une victoire des Stéphanoise leur assurerait quasiment de jouer en D1 l’an prochain

Rodez et Albi ont déjà pris les points qui les mettent hors de portée même si ce n’est pas encore mathématique. Les Ruthénoises allaient à Juvisy avec la volonté de laver l’affront du match aller où les coéquipières de Sandrine Dusang leur avaient infligé leur plus lourde défaite de la saison, 10-0. Et si les Essonniennes dominaient plutôt les débats, c’est Rodez qui ouvrait le score d’une tête d’Audrey Cugat à la demi-heure de jeu. Servie par Clara Matéo, Annaig Butel égalisait immédiatement mais plus rien n’était marqué.

Albi a fait encore mieux en allant s’imposer à Saint-Brieuc face à Guingamp à la peine lors des matchs retours et dont la remontée de 0-3 à 3-3 contre le PSG lors de la dernière journée semble n’avoir été qu’une étincelle dans la nuit. Après un but d’entrée de chaque côté, Pilar Khoury récupérait à l’heure de jeu un dégagement de sa gardienne pour aller tromper Maryne Gignoux.

Pour Albi comme pour Rodez, le maintien semble acquis. Ce n’est pas le cas mathématiquement mais il faudrait au moins une victoire de Metz ou Bordeaux contre un membre du trio de tête pour rendre leur position dangereuse.

Pour Guingamp et surtout Juvisy en revanche, ces résultats sont un coup d’arrêt dans la course à un hypothétique quatrième place. Les Bretonnes ont neuf points de retard sur Marseille à trois matchs de la fin, le seul espoir résidant dans la meilleure différence de but particulière. Les Essonniennes ne comptent que sept points de retard et devront donc en reprendre au moins quatre avant d’accueillir les Phocéennes lors de la dernière journée. C’est assez peu probable. Guingamp et Juvisy se rencontreront lors de la prochaine journée pour jouer au moins la cinquième place.

Le déplacement de Soyaux à Marseille a confirmé que les promues n’étaient pas vraiment dans le groupe du ventre mou mais formaient leur propre groupe intermédiaire entre le trio de tête et ce milieu de tableau. En moins d’une demi-heure, Nora Coton-Pélagie puis Kelly Gadea donnaient la victoire à Marseille pour repousser leurs adversaires du jour à huit points. Les deux prochains matchs à domicile contre Bordeaux et Saint-Étienne devraient permettre d’assurer très vite la quatrième place honorifique.

Stina Blackstenius

Stina Blackstenius

Résultats

13e journée

Soyaux-Saint-Étienne 1-0 : Hurault 40′

19e journée

Bordeaux-Lyon : reporté

Guingamp-Albi 1-2 : Oparanozie 6′ ; Rouzies 10′, Khoury 58′

Juvisy-Rodez 1-1 : Butel 34′ ; Cugat 32′

Marseille-Soyaux 2-0 : Coton-Pelagie 16′, Gadea 29′

PSG-Metz : reporté

Saint-Étienne-Montpellier 0-8 : Cayman 4′, Gauvin 10′, 37′, Agard 67′, Léger 77′, Thomas 81′, 84′, Toletti 92′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [17/0/1/81] 51
    50
    49
    48
    47
2 Montpellier [15/1/3/43] 46
    45
    44
    43
3 PSG [14/1/3/35] 42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
4 Marseille [10/2/7/-6] 32
    31
    30
    29
    28
    27
    26
5 Juvisy [7/4/8/15] 25
6 Soyaux [6/6/7/-10] 24
7 Guingamp [6/5/8/-12] 23
    22
    21
    20
8 Albi [6/1/12/-27] 19
    18
9 Rodez [4/5/10/-32] 17
    16
    15
10 Saint-Étienne [3/5/10/-26] 14
    13
    12
11 Bordeaux [2/5/11/-29] 11
    10
12 Metz [2/3/12/-32] 9
Coralie Digonnet

Coralie Digonnet

Les valeurs montantes

Lyon et le PSG se présentent en favorites pour leur demi-finale européenne. Toutes deux ont déjà passé ce cap alors que leurs adversaires sont novices à ce niveau. Barcelone et Manchester City sont deux noms du football masculins qui visent désormais la victoire dans les Coupes d’Europe des deux genres et ils sont également les représentants de deux nations montantes du football féminin qui pourraient se retrouver sur la route des Bleues lors de l’Euro. Mais il y a également des différences de méthode entre les deux.

Les quatre demi-finalistes de la Ligue des Championnes sont des clubs qui étaient aussi engagés en début de saison dans la compétition masculine1 et au moins trois d’entre eux sont clairement chaque année des candidats à la victoire finale. Au-delà de l’anecdote, ce plateau montre l’implication croissante d’un certain nombre de clubs professionnels masculins dans la pratique féminine. Il est aussi symbolique de l’évolution du rapport de forces des nations européennes, ce qui n’est sans doute pas sans rapport avec cette implication.

L’absence de club allemand en demi-finale n’est sans doute qu’un épiphénomène lié au tirage au sort des quarts de finale qui leur a sans doute opposé les deux seules équipes capable de les battre. Ça ne sera que la deuxième fois que cela se produit2. La précédente a eu lieu lors de la saison 2006-2007 où contre toute attente en quart de finale Francfort avait été éliminée par les Norvégiennes de Kolbotn et Potsdam par les Danoises de Brøndby. La finale avait opposé Arsenal à Umeå.

Carli Lloyd

Carli Lloyd

La double qualification française est sans doute plus significative de la montée en puissance des clubs français qui ont éliminé (ou battu) Wolfsbourg lors des trois dernières éditions et qui ont été représentés en finale six fois sur les sept dernières éditions (certes essentiellement par Lyon). En cas de finale franco-française, le PSG et Lyon ne se quitteraient quasiment plus puisqu’ils s’affronteraient successivement lors de l’avant dernière journée du championnat le 14 mai, en finale de Coupe de France le 19 mai puis donc en finale de Coupe d’Europe le 1er juin avec seulement un intermède pour la dernière journée de championnat le 27 mai.

Enfin, la présence d’un club anglais et d’un club espagnol, ce dernier ayant éliminé le dernier représentant suédois, marque la montée en puissance de ces deux nations qui possèdent les deux championnats masculins les plus puissants et qui sont peu à peu en train de passer devant les traditionnelles places fortes féminines du nord.

L’Angleterre à l’Américaine

La méthode n’est pas la même pour les deux pays qui ne partent pas du même point. L’Angleterre est depuis dix ans parmi les dix meilleures nations mondiales, a disputé une finale d’Euro en 2009 et Arsenal a non seulement remporté la fameuse édition 2007 de la Coupe d’Europe mais a longtemps été un membre assidu du dernier carré. Depuis 2010, la fédération anglaise a lancé un championnat entièrement professionnel inspiré du modèle américain, en particulier sur la manière d’octroyer les places. Ainsi Manchester City a gagné sa place dans l’élite en 2014 pour des raisons liées à sa meilleure assise financière que Doncaster qui s’est du coup retrouvé relégué avant même le début de sa dernière saison.

La FA Women’s Super League a grandi petit à petit, commençant par une unique division de huit clubs pour arriver désormais à deux divisions de dix. Un des objectifs affiché était d’augmenter la densité par rapport à une Premier League dont les sept dernières éditions avaient été remportées par Arsenal. Il a été atteint3 puisqu’après deux premières éditions à nouveau remporté par le Gunners, trois autres équipes ont remporté les quatre titres suivants : Liverpool par deux fois puis Chelsea et Manchester City.

Jennifer Beattie

Jennifer Beattie

C’est au titre de sa seconde place obtenue en 2015 que l’équipe mancunienne dispute cette saison européenne et son titre de 2016 lui assure de revenir l’an prochain. En effet, l’une des innovations de la FAWSL était de se dérouler de mars à octobre suivant un calendrier proche de celui des compétitions américaines ou suédoises.

Toutefois, ce calendrier ayant le défaut de n’être adapté ni pour la Coupe d’Europe qui est alors à cheval sur deux saisons ni pour les tournois internationaux qui viennent alors interrompre la compétition, la prochaine saison ne reprendra qu’au mois de septembre. D’ici là, les clubs anglais jouent la Cup et disputent les Spring Series, championnat raccourci avec seulement une phase aller qui ne comptera ni pour le palmarès ni pour la qualification européenne.

La Liga Femenina, le plus grand championnat d’Europe

L’Espagne part de plus loin. Barcelone est la première équipe a atteindre les demi-finale après avoir été la première en quart de finales contre Wolfsbourg il y a trois ans et déjà contre le PSG l’an dernier. L’équipe nationale a certes été demi-finaliste de l’Euro 19974 mais elle a attendu 2015 pour disputer sa première Coupe du monde. Contrairement à l’Angleterre, pas de championnat professionnel réduit à quelques équipes, au contraire. Là où à peu près tous les championnats européens se disputent au maximum à douze équipes, la première division espagnole en compte 16 après avoir débuté à 18 en 2011 quand la compétition a été renommée sur les cendres de la Superliga qui en comptait 235. A contrario, la Copa de la Reina n’occupe désormais qu’une semaine à l’issue du championnat dont seuls les huit premiers sont qualifiés.

Mais comme dans le reste de l’Europe, les équipes adossées à des clubs professionnels masculins occupent une bonne partie du plateau et la plupart des places d’honneurs. Depuis 2000, ils ont ainsi remporté tous les titres dans les différentes formules de championnat qui se sont succédé. Barcelone a remporté les quatre premières éditions de la formule actuelle de la Liga mais a été devancé l’an dernier par l’Athletic Bilbao (éliminé dès le premier tour de la Ligue des Championnes par le Fortuna Hjørring).

Une pléiade de stars internationales

Le mercato d’hiver a été marqué par l’arrivée en Europe de plusieurs joueuses américaines dont deux des principales stars de la sélection Alex Morgan à Lyon et Carli Lloyd à Manchester City. Les deux joueuses ne font pas mystère du fait qu’une de leur motivation principale est la Ligue des Championnes, compétition qui rassemble une bonne partie des meilleurs joueuses mondiales. Toutefois ces demi-finales vont mettre en évidence que le recours aux joueuses étrangères est assez variable. En l’absence des clubs allemands et suédois, ce sont donc les clubs français qui jouent le rôle d’équipes cosmopolites.

Line Røddik Hansen

Line Røddik Hansen

Leurs adversaires comptent chacune un grand nombre d’internationales mais seulement trois joueuses étrangères6 arrivées depuis moins d’un an et seule Carli Lloyd peut vraiment prétendre au titre de star. Plusieurs joueuses sont d’ailleurs connues dans le championnat de France pour avoir joué en D1 à Lyon, Paris ou Montpellier. Et si la Barcelonnaise Andressa Alves a laissé plutôt un bon souvenir dans le jeu dans l’Hérault, la Mancunienne Jennifer Beattie a été très avantageusement remplacée par Laura Agard. À Lyon, on se demande encore quel était le sens du passage de Line Røddik Hansen, pratiquement pas utilisée pendant les six mois qu’elle a passé entre Rhône et Saône et laissée libre de s’engager avec Barcelone. Enfin, Kosovare Asllani était arrivé au PSG sous les comparaisons avec Zlatan Ibrahimovic. Elle en est reparti trois ans et demi plus tard sans avoir jamais vraiment convaincu malgré une bonne première saison.

Duel d’espagnoles

Les forces de Barcelone et de Manchester City sont donc principalement à chercher dans leur ossature de leur équipe nationale. L’Espagne aligne régulièrement une moitié de titulaire issue du club catalan. Pourtant les deux principales stars actuelles de la sélection, sa capitaine et celle qui a été désignée meilleur joueuse du tournoi de l’Algarve seront dans le camp d’en face : Verónica Boquete7 et Irene Paredes font cette saison le bonheur du PSG.

Pour autant, Barcelone ne manque pas de talent. On suivra particulièrement l’attaquante Jennifer Hermoso qui a déjà marqué près de 30 buts cette saison ainsi que sa coéquipière d’attaque Alexia Putellas. L’ancienne capitaine Vicky Losada est revenue en novembre d’Arsenal où elle avait passé les deux dernières saisons et elle s’est déjà réinstallée comme patronne de l’entrejeu catalan. On se méfiera sans doute particulièrement du flanc gauche de Leila Ouahabi et on regardera avec intérêt une éventuelle entrée en jeu de la toute jeune Patricia Guijarro.

La Brésilienne Andressa Alves est blessée mais Line Røddik Hansen devrait être titulaire et l’Ivoirienne Koko Ange N’guessan devrait postuler même s’il est peu probable de la voir sur le terrain.

Andressa Alves

Andressa Alves

L’an dernier, Barcelone et le PSG s’étaient rencontrés en quart de finale s’étaient qualifiées de justesse grâce à un but de Cristiane en toute fin du match retour à Charléty. Cette année, le match aura lieu au Parc des Princes8 et les deux équipes ont changé. Barcelone semble plus solide et le PSG est en reconstruction. Les Françaises restent favorites mais la confrontation pourrait être beaucoup plus enlevée.

Manchester City veut y croire

Demi-finaliste pour sa première participation, Manchester City arrive en pleine confiance face à l’OL sur la foi d’une invincibilité qui dure depuis le mois d’octobre 2015 et une défaite face à Arsenal. La campagne européenne est également pleinement réussie jusque là avec cinq victoires en six matchs et dix buts marqués pour un seul encaissé.

Le discours dominant autour du club montre une très grande confiance à la limite de l’excès. Car l’adversaire qui se présente n’est pas exactement du même standing que Zvezda 2005, Brøndby ou le Fortuna Hjørring. Le bilan lyonnais compte certes une défaite lors du dernier match contre Wolfsbourg mais également 29 buts marqués en six matchs.

Pour contrer cette attaque, la défense des Skyblues sera quasiment celle de l’équipe d’Angleterre avec Karen Bardsley dans les buts, Lucy Bronze à droite, Demi Stokes à gauche et Steph Houghton dans l’axe. Seule Abbie McManus n’est pas internationale. Au milieu, Jill Scott sera accompagnée bien sûr de Carli Lloyd et peut-être de la jeune Keira Walsh préférée à Izzi Christiansen lors de la double confrontation contre le Foruna Hjørring. Devant, Kosovare Asllani et la recrue Melissa Lawley – qui n’est pas encore internationale mais ça ne saurait tarder – entoureront sans doute l’avant-centre écossaise Jane Ross.

Kosovare Asllani

Kosovare Asllani

Une des caractéristiques de l’effectif de Manchester City, liée sans doute à la faible durée du championnat, est sa faible profondeur. Sur l’ensemble de la saison dernière, Nick Cushing n’a utilisé que 16 joueuses de champs9 là où Lyon, Barcelone et le PSG en ont déjà utilisé plus de 20 cette saison. Du coup avec les blessures de Megan Campbell et de Jennifer Beattie et le retour aux États-Unis de Daphne Corboz10, Manchester a inscrit deux gardiennes remplaçantes sur ses feuilles de matchs des quarts de finales puisque l’UEFA autorise 18 noms.

Cela ne devrait cependant pas pénaliser les Anglaises qui n’ont joué qu’une poignée de matchs depuis la reprise de leur saison au mois de mars et qui risquent plus de manquer de rythme que d’être épuisées.

L’expérience anglaise de Lyon se limite à Arsenal qui est resté longtemps le seul représentant d’outre Manche sur la scène européenne. Le bilan lyonnais est de quatre victoires en cinq matchs après un 0-0 initial en quart de final aller en 2008. Steph Houghton et Jennifer Beattie qui portaient les couleurs des Gunners lors de la dernière confrontation en 2011 auront sans doute mis en garde leurs coéquipières contre l’excès de confiance.

Effectif de Manchester City
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Karen Bardsley G ENG 33 23 2035 0
13 Alex Brooks G ENG 22 0 0 0
21 Marie Hourihan G ENG 32 2 180 0
26 Ellie Roebuck G ENG 18 1 35 0
2 Lucy Bronze D ENG 25 25 2236 5
3 Demi Stokes D ENG 25 25 2143 2
6 Steph Houghton D ENG 29 25 2250 2
20 Megan Campbell D IRL 24 4 273 0
23 Abbie McManus D ENG 24 12 1049 0
4 Tessel Middag M NLD 24 15 600 1
5 Jennifer Beattie M SCO 26 18 1575 5
8 Jill Scott M ENG 30 23 2035 4
10 Daphne Corboz M USA 24 17 751 3
11 Isobel Christiansen M ENG 26 15 1167 5
24 Keira Walsh M ENG 20 16 1317 1
55 Carli Lloyd M USA 35 2 180 1
7 Kosovare Asllani A SWE 28 19 1155 1
9 Toni Duggan A ENG 26 22 1500 7
12 Georgia Stanway A ENG 18 13 455 6
14 Melissa Lawley A ENG 23 2 166 0
16 Jane Ross A SCO 28 25 2122 11
17 Nikita Parris A ENG 23 25 1511 5
Les statistiques sont calculées sur la saison dernière et sur le quart de finale de Ligue des Championnes
Effectif de Lyon
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Erin Nayler G NZL 25 0 0 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 31 20 1800 0
30 Méline Gérard G FRA 27 9 810 0
28 Loïs Ursella G FRA 18 0 0 0
3 Wendie Renard D FRA 27 21 1800 6
4 Julie Marichaud D FRA 19 0 0 0
5 Saki Kumagai D JPN 27 23 1889 8
7 Amel Majri D FRA 24 21 1706 7
8 Jessica Houara d’Hommeaux D FRA 30 22 1591 2
15 Aurélie Kaci D FRA 27 5 336 1
17 Corine Petit-Franco D FRA 34 14 932 5
21 Kadeisha Buchanan D CAN 21 10 800 0
25 Julie Piga D FRA 19 3 163 0
26 Josephine Henning D DEU 28 7 460 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 22 18 1518 3
2 Kenza Dali M FRA 26 6 298 1
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 25 25 1687 6
11 Kheira Hamraoui M FRA 27 13 852 3
18 Claire Lavogez M FRA 23 21 1189 15
20 Delphine Cascarino M FRA 20 9 557 3
23 Camille Abily M FRA 32 23 1775 15
27 Caroline Seger M SWE 32 22 1403 1
9 Eugénie Le Sommer A FRA 28 24 1705 25
12 Élodie Thomis A FRA 31 9 455 0
13 Andrea Norheim A NOR 18 1 18 1
14 Ada Hegerberg A NOR 22 25 1840 23
22 Pauline Bremer A DEU 21 26 1666 9
24 Mylaine Tarrieu A FRA 22 13 757 5
31 Alex Morgan A USA 28 10 657 9
Effectif de Barcelone
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Laura Ràfols Parellada G ESP 27 8 720 0
13 Sandra Paños García-Villamil G ESP 24 23 2070 0
25 Andrea Giménez G ESP 20 0 0 0
2 Ane Bergara Artieda D ESP 30 3 195 0
3 Ruth Garcia Garcia D ESP 30 24 2122 0
4 Marta Unzué Urdániz D ESP 29 27 2141 3
5 Melanie Serrano Pérez D ESP 28 22 1720 1
6 Line Røddik Hansen D DNK 29 24 2068 0
15 Leila Ouahabi D ESP 24 23 1875 1
18 Marta Torrejón Moya D ESP 27 28 2228 2
23 Leire Landa Iroz D ESP 30 0 0 0
7 Gemma Gili Giner M ESP 23 16 743 4
8 Míriam Diéguez de Oña M ESP 31 21 1605 0
9 Mariona Caldentey Oliver M ESP 21 16 673 3
12 Patricia Guijarro Gutiérrez M ESP 19 18 1193 2
16 Vicky Losada Gómez M ESP 26 17 1421 4
17 Irene Del Río Peláez M ESP 26 11 395 2
24 Aitana Bonmatí M ESP 19 10 360 0
10 Jennifer Hermoso Fuentes A ESP 27 28 2381 29
11 Alexia Putellas Segura A ESP 23 29 2026 10
14 Sandra Hernández Rodríguez A ESP 20 4 174 1
19 Bárbara Latorre Viñals A ESP 24 25 803 6
20 Olga García Pérez A ESP 25 27 1311 11
21 Ange Koko N’Guessan A CIV 26 20 681 4
22 Andressa Alves Da Silva A BRA 24 24 1695 8
Effectif du PSG
Nom Poste Nationalité Âge Matchs Temps Buts
1 Katarzyna Kiedrzynek G POL 26 23 2059 0
16 Loes Geurts G NLD 31 7 551 0
30 Romane Salvador G FRA 19 0 0 0
3 Laure Boulleau D FRA 30 1 45 0
4 Laura Georges D FRA 33 25 2141 1
5 Sabrina Delannoy D FRA 31 29 2456 2
6 Ngozi Ebere D NGA 26 0 0 0
8 Erika D BRA 29 12 923 3
13 Sandy Baltimore D FRA 17 2 53 0
14 Irene Paredes D ESP 26 22 1980 5
17 Ève Perisset D FRA 22 28 2081 2
20 Perle Morroni D FRA 20 14 701 2
23 Hawa Cissoko D FRA 20 3 120 0
7 Aminata Diallo M FRA 22 24 1395 1
11 Anissa Lahmari M FRA 20 11 407 3
12 Ashley Lawrence M CAN 22 13 1045 0
19 Lina Boussaha M FRA 18 4 67 0
22 Sana Daoudi M FRA 19 2 29 0
24 Formiga M BRA 39 8 603 1
26 Grace Geyoro M FRA 20 20 1682 0
28 Shirley Cruz Traña M CRI 32 26 2155 5
29 Amandine Henry M FRA 28 6 429 3
9 Sarah Palacin A FRA 29 10 370 3
10 Cristiane A BRA 32 25 1875 24
15 Nataša Andonova A MKD 23 6 332 2
18 Marie-Laure Delie A FRA 29 22 1529 24
21 Verónica Boquete A ESP 30 25 1995 12
25 Marie Antoinette Katoto A FRA 18 10 704 7
27 Ouleymata Sarr A FRA 22 21 974 5
  1. L’inverse n’étant pas vrai : des quatre demi-finaliste de la Ligue des Championnes masculine, seul l’Atletico Madrid dispose d’une équipe féminine au plus haut niveau national, qui a même disputé la Coupe d’Europe l’an dernier, éliminée en huitième de finales par Lyon. L’ASD Juventus de Turin féminine joue en Série B sans avoir tellement de lien avec le club masculin, l’AS Monaco FF joue en DH et le Real Madrid n’a pas d’équipe féminine et ne semble pas parti pour malgré une annonce qui s’est avérée être un canular du jour des Saints Innocents, sorte de 1er avril espagnol.
  2. Et la troisième seulement qu’il n’y aura pas de club allemand en finale : outre 2017 et 2007, cela était le cas en 2003. À l’époque il n’y avait qu’un représentant par pays et Francfort avait été éliminé en demi-finale par l’Umeå d’Hanna Ljungberg aux tirs aux buts après deux matchs nuls 1-1.
  3. Les mauvaises langues diront que le passage de Laura Harvey à la tête de l’équipe a plus sûrement scellé la chute d’Arsenal que l’augmentation de la concurrence.
  4. Alors disputé à huit.
  5. La Superliga aurait dû compter lors de ses deux dernières saisons 24 équipes réparties en trois groupes de huit mais les forfaits ont fait qu’il n’y en a eu que 22 puis 23.
  6. En assimilant les Écossaise et l’Irlandaise de Manchester City à des joueuses nationales ce qui est certainement abusif.
  7. Qui pourrait manquer le match aller sur blessure.
  8. Les match aller auront lieu au Mini Estadi de Barcelone et au Mini-Stadium de Manchester tandis que les matchs retours se dérouleront au Parc des Princes et au Parc OL.
  9. Pour une durée supérieure à celle d’un match entier.
  10. La jeune Américaine a signé au Sky Blue à la fin de la saison anglaise en novembre et donc au milieu de la saison européenne. Elle disposait du numéro 10 repris par Carli Lloyd. Mais comme l’UEFA ne permet pas de réattribuer un numéro en cours de saison, cette dernière joue en Coupe d’Europe avec le numéro 55. La même situation se produit avec le numéro 13 d’Alex Morgan qui reste attribué à Andrea Norheim en Coupe d’Europe. Du coup l’Américaine a inversé les chiffres et porte le 31.

Dix-huitième journée de D1 2016-2017 - Le PSG se saborde

La journée devait se dérouler en bas de classement pendant que les équipes de têtes géraient les affaires courantes. Mais Guingamp a modifié ce scénario tout prêt en remontant trois buts au PSG, permettant à Montpellier de s’emparer de la deuxième place qualificative pour la Coupe d’Europe.

Pendant que le ventre mou faisait du surplace (trois points pour quatre équipes), Albi est allé l’emporter à Bordeaux pour assurer quasiment sa place en D1 l’an prochain et envoyer presque sûrement son adversaire à l’étage inférieur.

À la mi-temps des matchs de dimanche, on semblait parti pour une journée sans histoire dans le haut du classement. Montpellier avait battu Marseille 5-0 la veille, Lyon et le PSG menaient 3-0 respectivement face à Saint-Étienne et Guingamp.

Mais si à Lyon, les attaquantes Eugénie Le Sommer et Claire Lavogez ont ensuite imité les défenseuses Jessica Houara et Gridege Mbock pour doubler le score, à Saint-Germain ce sont Salma Amani et Desire Oparanozie qui ont répliqué à Cristiane et Veronica Boquete.

Tout avait pourtant bien commencé pour le PSG qui avait fait le trou en dix minutes au cœur de la première mi-temps. Mais inexplicablement en deuxième mi-temps, les joueuses de Patrice Lair n’arrivaient pas à se sortir du pressing de celles de Sarah M’Barek. L’absence de Shirley Cruz, suspendue et les sorties de Cristiane et Grace Geyoro ménagée peut-être un peu tôt se faisaient sentir. Salma Amani réduisait d’abord le score à l’heure de jeu avant de récidiver à dix minutes de la fin, imitée dans la foulée par Desire Oparanozie qui reprenait de la tête un coup franc de Suzy Morin. Le match en restait finalement sur ce score nul qui fait perdre deux nouveaux points aux Parisiennes.

Montpellier ramène Marseille sur terre et s’envole vers l’Europe

La veille, Montpellier avait rappelé à Marseille que malgré la victoire sur le PSG, le podium restait encore un peu au-desssus. Privé de longues dates de Sofia Jakobsson et de Laetitia Tonazzi, Jean-Louis Saez laissait aussi au repos sur le banc Sandie Toletti. Mais ses joueuses prenaient très rapidement le dessus sur celles de Christophe Parra par un but sur corner de Linda Sembrant. Anouk Dekker doublait le score juste avant la mi-temps à la conclusion d’une belle action de Valérie Gauvin. L’attaquante marquait elle-même le troisième but dans une deuxième mi-temps tranquillement gérée avant que Janice Cayman et Lindsey Thomas ne l’imitent.

Janice Cayman

Janice Cayman

Avec les résultats de la journée, le titre semble définitivement acquis à Lyon puisque même en cas d’arbitrage favorable du CNOSF et de victoire au Parc OL, il resterait encore deux points à reprendre pour le PSG. Et si les deux premiers éléments sont déjà hypothétiques, voir les joueuses de Gérard Prêcheur lâcher des points contre Bordeaux, Soyaux ou Metz, leurs trois adversaires restants, est clairement plus qu’improbable.

Mais si le titre semblait déjà loin de Saint-Germain, cette journée pourrait bien avoir été décisive pour la course à l’Europe. Désormais, la victoire à Lyon ou la récupération des points albigeois ne suffisent plus l’un sans l’autre pour assurer la place européenne. Si Montpellier remporte ses quatre derniers matchs – ce qui est probable contre Saint-Étienne, Metz, Soyaux et Rodez – il gardera le point d’avance qu’il possède désormais sur le PSG en cas de statu quo disciplinaire. Si les Parisiennes récupèrent leur première victoire1 leur situation sera plus favorable mais elle n’en auront pas entièrement la maîtrise. Il leur faudra prendre au moins un point à Lyon ou tout se jouera à la différence de buts générale : Montpellier et le PSG sont à égalité une victoire d’un but d’écart partout et le PSG aurait alors sept buts d’avance.

En cas de troisième place, le PSG pourrait se qualifier pour la prochaine édition de la Coupe d’Europe en remportant l’actuelle. Cela donnerait trois représentants à la France.

Le milieu de tableau à l’arrêt

Dans le ventre mou des équipes qui ne sont pas concernées par le podium2 mais ne le sont plus par le maintien, les résultats ont été assez contraires aux états de formes constatés ces derniers temps, signe d’un changement de tendance ou simplement d’une adversité différente.

Marseille restait sur neuf victoires en dix matchs mais chute sur l’obstacle montpelliérain comme sur l’obstacle lyonnais. Ce n’est pas vraiment un coup d’arrêt pour un promu qui se satisfera déjà d’une belle place dans la première moitié de tableau que ses camarades de montée lui jalouseront. Mais cela montre la distance qu’il reste avec les équipes de têtes capables de répéter les matchs de haut niveau.

Inversement, Guingamp restait sur deux défaite (contre Marseille et Montpellier). Et si la saison est meilleure que la précédente, elle est en dents de scie. Jamais les Bretonnes n’ont réussi à enchaîner deux victoires et leurs séries de résultats identiques les plus longues sont de deux : deux fois deux défaites, une fois deux nuls.

Le résultat du jour est assez conforme à cette irrégularité puisqu’il s’agit d’un nul qui vient après deux défaites et une victoire mais il est surtout remarquable parce qu’il a été obtenu en remontant trois buts à une équipe réputée largement supérieure.

Les deux autres membres de ce groupe du milieu s’affrontaient en Charente. Tout se jouait en une minute avant la demi-heure de jeu. Élodie Nakkach marquait d’un coup-franc direct pour Soyaux, Marina Makanza égalisait dans la foulée pour sa deuxième titularisation sous le maillot de Juvisy. Ce résultat permet aux deux équipes de profiter du nul de Guingamp et de la défaite de Marseille pour resserrer les rangs. Il confirme aussi Juvisy dans son nouveau statut d’équipe de ce deuxième groupe loin du podium dans lequel Marseille a un peu d’avance et Soyaux est un peu décroché mais avec un match de plus à jouer face à Saint-Étienne.

Les Vertes comptent en effet deux matchs en retard contre Soyaux et Metz qui pourraient leur faire rejoindre ce wagon du milieu. Mais en attendant, elles sont concernées au premier chef par la lutte pour le maintien contre Albi semble en train de s’extraire à la suite de Rodez.

Albi fait tomber Bordeaux

Les Albigeoises sont allées prendre trois précieux points sur la pelouse des Girondines de Bordeaux. Pourtant ce sont bien les Marines et Blanches qui démarraient le plus fort ce match qui pouvait leur permettre de sortir de la zone rouge. Elles monopolisaient le ballon et mettaient l’arrière garde tarnaise sous pression. Mais le jeu restait beaucoup trop brouillon pour créer vraiment du danger sur le but de Gabrielle Lambert. Il fallait un exploit personnel d’Émelyne Laurent pour ouvrir le score à l’issue d’un débordement et d’une frappe sans angle. Mais la pause était atteinte avec un seul but d’avance.

Émelyne Laurent

Émelyne Laurent

À la reprise, les Albigeoises desserraient un peu l’étreinte et si elles ne dominaient pas, elles avaient l’occasion de placer des contres. Laurie Saulnier obtenait un pénalty pour une faute de Sophie Istillart, que transformait Manon Rouzies. Puis la même Laurie Saulnier était à la réception d’un centre Kimberley Cazeau pour donner l’avantage à son équipe. Bordeaux poussait en fin de match sans parvenir à se montrer dangereux.

Ce résultat condamne quasiment Bordeaux qui devra reprendre soit quatre points à Saint-Étienne qui a deux matchs de plus à sa disposition soit cinq à Albi ou six à Rodez3 et qui devra le faire contre Lyon, Marseille, Juvisy et le PSG. Même en cas de perte de ses points de bonus par Albi, il resterait au moins deux points à prendre par les Bordelaises tout en espérant que leurs concurrentes n’en prennent aucun.

Kimberley Cazeau, Laurie Saulnier et Camille Eliceche

Kimberley Cazeau, Laurie Saulnier et Camille Eliceche

La séquence qui s’achève est cruelle pour les Bordelaises qui ont eu trois occasions de faire un pas vers le maintien et qui les ont manquées toutes les trois. Il y a une certaine logique a être relégable quand on perd successivement contre Metz et Albi en ayant ouvert le score après avoir été incapable de battre Saint-Étienne réduit à dix pendant une heure et quart.

Les Girondines ont généralement fait bonne figure cette saison en ne concédant que trois grosses défaites contre Lyon et le PSG bien sûr (les retours restent à venir) et Saint-Étienne en tout début de saison. Sinon, elle n’ont perdu que deux autres fois par deux buts d’écart (2-0 contre Soyaux et Rodez), n’ont concédé qu’une autre fois plus de deux buts (3-2 contre Soyaux). Mais dans ce championnat hétérogène, il vaut sans doute mieux être capable de quelques coups qui apportent des points que d’être solide en perdant à chaque fois de peu4.

Metz se réveille sur la fin

Le parcours du troisième promu est assez différent puisqu’on ne pourra pas taxer Metz d’avoir fait preuve de solidité en première partie de saison. Mais alors qu’elles n’avaient marqué qu’un seul but jusque là, les Messines marquent à chaque match depuis la réception de Soyaux lors de la quatorzième journée. Elles restent la dernière attaque avec neuf buts5 mais sont revenues à la hauteur Bordeaux et à une longueur d’Albi. Un tiers des buts messins6 a été marqué par la recrue hivernale Melike Pekel. L’ancienne joueuse du Bayern est sans doute la recrue qui aura eu le plus d’impact sur son équipe, avec peut-être Émelyne Laurent à Bordeaux et certainement plus qu’Alex Morgan, Stina Blackstenius ou Ashley Lawrence.

Mais son arrivée et la montée en puissance messines interviennent sans doute trop tard. Saint-Étienne n’est que cinq points devant avec une confrontation directe à venir mais le reste du calendrier est aussi difficile que celui de Bordeaux avec le seul match contre Guingamp pour respirer entre les matchs contre le trio de tête donc l’ambition messine risque bien de se limiter à essayer d’éviter la dernière place.

Cette fois-ci, c’est Rodez a été la victime du renouveau messin. Les Lorraines ouvraient la marque à l’heure de jeu par la Brésilienne Simone Jatobá sur coup-franc et la doublait par l’inévitable Melike Pekel quelques minutes plus tard. Flavie Lemaître réduisait vite le score sur un pénalty consécutif à une faute de la gardienne Justine Lerond sur Océane Saunier mais la victoire restait aux Messines.

Rodez a sans doute sauvé sa place il y a quinze jours à Soyaux et peut s’en féliciter même si la défaite bordelaises lui aurait finalement assuré un joker.

Résultats

Bordeaux-Albi 1-2 : Laurent 38′ ; Rouzies 53′, Saulnier 75′

Lyon-Saint-Étienne 6-0 : Houara 9′, 13′, Mbock 23′, Le Sommer 48′, 72′, Lavogez 70′

Montpellier-Marseille 5-0 : Sembrant 12′, Dekker 44′, Gauvin 56′, Cayman 64′, Thomas 89′

PSG-Guingamp 3-3 : Cristiane 15′, 19′, Boquete 25′ ; Amani 62′, 80′, Oparanozie 81′

Rodez-Metz 1-2 : Lemaître 74′ ; Jatobá 63′, Pekel 72′

Soyaux-Juvisy 1-1 : Nakkach 27′ ; Makanza 28′

Manon Rouzies

Manon Rouzies

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [17/0/1/81] 51
    50
    49
    48
    47
    46
    45
    44
2 Montpellier [14/1/3/35] 43
3 PSG [14/1/3/35] 42
    41
    40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
4 Marseille [9/2/7/-8] 29
    28
    27
    26
    25
5 Juvisy [7/3/8/15] 24
6 Guingamp [6/5/7/-11] 23
    22
7 Soyaux [5/6/6/-9] 21
    20
    19
    18
    17
8 Rodez [4/4/10/-32]
Albi [5/1/12/-28]
16
    15
10 Saint-Étienne [3/5/8/-17] 14
    13
    12
11 Bordeaux [2/5/11/-29] 11
    10
12 Metz [2/3/12/-32] 9

Dix-septième journée de D1 2016-2017 – Bordeaux laisser passer une occasion

Les deux clubs européens ont assuré les affaires courantes entre deux rendez-vous allemands, imités par le reste du quatuor de tête, qu’il soit classique avec Juvisy ou nouveau avec Marseille.

C’est du dernier match de la journée qui opposait les deux relégables qu’est venue la surprise. Metz a ajouté encore plus de piment dans la lutte pour le maintien. Pas tellement pour son compte qui semble définitivement dans le rouge mais en entravant la course poursuite de Bordeaux derrière Albi.

Lyon et le PSG devaient assurer en prenant les points contre Rodez et Soyaux alors qu’ils avaient certainement la tête au match retour européen qui se profile mercredi pour lesquels rien n’est encore définitivement joué.

Côté lyonnais, Gérard Prêcheur avait choisi d’utiliser pleinement la richesse de son effectif. En dehors de Sarah Bouhaddi, aucune des joueuses qui avaient joué plus d’une mi-temps jeudi n’était titulaire dimanche. Et par le jeu des remplacements, seule Pauline Bremer1 aura joué plus de 90 minutes au total lors de ces deux matchs (précisément 113 minutes) ; Caroline Seger et Ada Hegerberg qui avaient joué une mi-temps jeudi n’ont aussi joué que la première période contre Rodez.

Pas de quoi rassurer les Ruthénoises toutefois : quinze des seize joueuses alignées sur la feuille de match lyonnaise étaient des internationales A et la seizième, Mylaine Tarrieu a trouvé le moyen de marquer un doublé. Ada Hegerberg avait fait de même en première mi-temps et le match se finissait sur le score de 8-0.

Pour Rodez, c’était un mauvais moment à passer entre une victoire à Soyaux la semaine dernière et la réception de Metz la semaine prochaine, deux matchs nettement plus à la portée des Rafettes dans leur lutte pour le maintien.

L’effectif parisien est nettement moins étoffé ce qui limite les possibilités de rotation. Irene Paredes était toutefois laissée au repos tandis que Katarzyna Kiedrzynek, Ève Périsset, Grace Geyoro et Marie-Laure Delie débutaient sur le banc au profit de Loes Geurts, Aminata Diallo ou Nataša Andonova. Assez tôt dans le match, lancée par Cristiane, Perle Morroni venait tromper la gardienne sojaldicienne Romane Munich. Mais les coéquipières de Shirley Cruz ne parvenaient pas à se mettre à l’abri. Pire, la capitaine parisienne était expulsée peu avant l’heure de jeu pour une faute sur Laura Bourgouin.

Perle Morroni

Perle Morroni

Soyaux pouvait reprendre espoir mais il est souvent difficile à une équipe qui a prévu de subir de prendre le jeu à son compte. Les Charentaises prenaient le contrôle du ballon mais sans vraiment réussi à inquiéter Loes Geurts.

Sur un débordement d’Ève Périsset, Annissa Lahmari (elle aussi entrée en jeu) doublait même le score d’une belle frappe lobée peu avant la fin du match. L’essentiel était fait pour le PSG qui peut préparer sereinement sa remontada au Parc des Princes mercredi.

Un quatuor à cinq

Montpellier se déplaçait à Albi pour rester en embuscade derrière le PSG dans la lutte pour l’Europe. Mais il fallait un pénalty de Janice Cayman à l’heure de jeu pour briser la résistance albigeoise. Montpellier est désormais mathématiquement assuré de finir dans le quatuor de tête et peut assurer sa place sur le podium dès la semaine prochaine contre Marseille.

Les Marseillaises ont quant à elles assuré un maintien qui ne faisait plus de doute en battant Guingamp 2-0 grâce à des buts de Kelly Gadea et Charlotte Lozé sur deux passes de Viviane Asseyi. Les trois anciennes Montpélliéraines2 tenteront la semaine prochaine d’accrocher un troisième nom à leur tableau de chasse pour essayer de conserver la quatrième place.

Avec ce résultat, Guingamp perd sa cinquième place mais la manière permet plus d’espoirs que ce qui avait été récemment vu lors du nul à Metz ou de la victoire à Bordeaux.

C’est désormais Juvisy qui pointe à la cinquième place avec la perspective de rattraper les six points de retard sur Marseille à la faveur d’une contre performance des Provençales par exemple la semaine prochaine et de leur réception pour le dernier match de la saison.

Les Juvisiennes ont déjà commencé à se venger de leurs déboires de la saison en débutant par Saint-Étienne. Victorieuses 2-0 à l’aller, les Vertes ont été défaites 3-0 à Bondoufle. Il a fallu une mi-temps à Théa Gréboval et à ses partenaires pour trouver la faille, mais après un but de la latérale gauche, c’est la capitaine Gaëtane Thiney puis Kadidiatou Diani qui ont corsé le score. Les résultats ne sont pas encore significativement différents mais Juvisy fait bien meilleure impression depuis quelques semaines et devrait finalement bien se mêler à la lutte pour la quatrième place.

Shirley Cruz (PSG) et Justine Deschamps (Soyaux)

Shirley Cruz (PSG) et Justine Deschamps (Soyaux)

Les cinq premiers ayant gagné – et même si Guingamp était en fait cinquième avant cette journée – cela signifie que cinq des sept autres ont perdu et restent sur leurs positions. Guingamp et Soyaux perdent donc un peu de terrain sur Juvisy mais sans trop d’inquiétude : les Sojaldiciennes comptent neuf points d’avance sur la zone rouge alors qu’il n’en reste que quinze à distribuer (et que les équipes qui jouent le maintien n’en ont pas pris tellement plus jusque là).

Metz enfin en réussite

Rodez, Saint-Étienne (qui compte deux matchs de retard) et Albi ont donc fait du surplace. C’était l’occasion pour Bordeaux qui recevait Metz de faire une bonne opération en doublant Albi et en rejoignant Saint-Étienne.

Après une première mi-temps plutôt dominé par les Girondines, c’est Metz qui ouvrait le score grâce à sa seule Nord-Américaine encore présente Carleigh Williams qui venait d’entrer en jeu. C’était la troisième journée d’affilée que Metz marquait le premier but, pour deux défaites 3-1 lors des matchs précédents, ce qui laissait des espoirs à Bordeaux. Effectivement, Émelyne Laurent qui avait remplacé Éva Sumo peu avant égalisait un quart d’heure plus tard.

Émelyne Laurent

Émelyne Laurent

Lors de ses précédents duels avec ses adversaires directes d’Albi et de Bordeaux, Metz avait perdu en encaissant des buts en contre3 en toute fin de match. Cette fois, c’est Bordeaux qui poussait et sur un corner de la Girondine Sarah Cambot, Meryll Wenger (entrée à l’heure de jeu) profitait du dégagement de sa défense pour avancer aux 40m et lober Élisa Launay.

Cette victoire arrive sans doute trop tard pour Metz qui compte sept points de retard sur la 10e place occupée actuellement par Albi. L’opposition entre Bordelaises et Albigeoises lors de la prochaine journée fera monter cette place d’au-moins un cran. Elle sera alors occupée soit par Bordeaux en cas de victoire girondine, soit par Saint-Étienne en cas de nul ou de victoire tarnaise4.

La meilleure situation pour les Lorraines serait la victoire de Bordeaux qui des trois concurrentes est la plus facile à devancer au total des confrontations directes, critère qui permet de départager les équipes comptant le même nombre de points. Bordeaux et Metz ont remporté chacune une victoire 1-0 (sur la pelouse adverse) et seraient donc départagées à la différence de buts générale, actuellement favorable de cinq buts aux Girondines, situation qui pourrait évoluer avec la conjonction de victoires messines et de défaites bordelaises nécessaires à ramener les deux équipes au même nombre de points.

Contre Albi, Metz compte deux défaites et si le match retour contre Saint-Étienne le 30 avril, il faudra remonter le 3-0 de l’aller ce qui ne sera pas une mince affaire pour une équipe qui n’a marqué que 7 buts en 16 matchs.

Carleigh Williams

Carleigh Williams

Tous calculs faits, il faudra donc au moins huit points à Metz pour se maintenir et sans doute neuf. Tout cela en comptant qu’aucune des deux équipes à (au moins) quatorze points n’ira en marquer un ou deux de plus lors des quatre dernière journées.

Il resterait donc à Metz dans le meilleur des cas à prendre huit ou neuf points lors de ses six derniers matchs. Mais le calendrier propose aux Lorraines quatre déplacements pour seulement deux réceptions, celles du PSG et celle de Lyon. Et l’un des matchs à l’extérieur sera sur la pelouse de Montpellier. Autant dire qu’il ne restera que trois matchs (Saint-Étienne, Soyaux et Guingamp) à Metz pour prendre les neuf points nécessaires.

S’il sera donc sans doute inutile pour Metz, ce résultat est lourd de conséquence pour Bordeaux qui manque pour la deuxième semaine de suite une bonne occasion de sortir de la zone rouge. Après avoir échoué à battre une équipe stéphanoise réduite à dix, les Girondines n’ont pas été en mesure de vaincre les Messines et n’ont même pas réussi à conserver le point du match nul5.

La semaine prochaine, Bordeaux reçoit Albi. L’équipe victorieuse aura fait un grand pas vers le maintien et l’équipe vaincue aura bien du mal à se maintenir. Ce sera un peu tôt pour être définitif mais ce match ressemblera à un barrage de maintien.

Résultats

Albi-Montpellier 0-1 : Cayman 63′

Bordeaux-Metz 1-2 : Laurent 76′ ; Williams 63′, Wenger 87′

Juvisy-Saint-Étienne 3-0 : Greboval 47′, Thiney 63′, Diani 82′

Lyon-Rodez 8-0 : Hegerberg 37′, 44′, Lavogez 43′, Tarrieu 45′, 48′, Mbock 62′, Petit 76′, Bremer 80′

Marseille-Guingamp 2-0 : Gadea 8′, Lozé 65′

PSG-Soyaux 2-0 : Morroni 18′, Lahmari 85′

Les Parisiennes ont marqué deux buts à (Romane) Munich. À rééditer mercredi.

Les Parisiennes ont marqué deux buts à (Romane) Munich. À rééditer mercredi.

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [16/0/1/75] 48
    47
    46
    45
    44
    43
    42
2 PSG [14/0/3/35] 41
3 Montpellier [13/1/3/30] 40
    39
    38
    37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
4 Marseille [9/2/6/-3] 29
    28
    27
    26
    25
    24
5 Juvisy [7/2/8/15] 23
6 Guingamp [6/4/7/-11] 22
    21
7 Soyaux [5/5/6/-9] 20
    19
    18
    17
8 Rodez [4/4/9/-31] 16
    15
9 Saint-Étienne [3/5/7/-11] 14
10 Albi [4/1/12/-29] 13
    12
11 Bordeaux [2/5/10/-28] 11
    10
    9
    8
    7
12 Metz [1/3/12/-33] 6

L’axe franco-allemand

Les quarts de finales européens des clubs français les opposeront aux deux clubs allemands pour une sorte de double finale avant l’heure. Ces confrontations commencent à être classiques entre les deux pays qui dominent la compétition.

Les deux matchs auront leur tonalité propre. D’un côté Lyon-Wolfsbourg sera la revanche de la dernière finale entre deux équipes au meilleur de leur forme et de l’autre PSG-Bayern verra l’opposition entre deux équipes qui auront besoin d’une performance européenne pour se relancer.

Depuis 2009, la finale de la Coupe d’Europe oppose presque invariablement un club allemand à un club français. Seul Tyresö en 2014 avait réussi à s’y glisser. Le bilan est légèrement à l’avantage de l’Allemagne avec quatre victoires contre trois, et il l’est encore plus sur l’ensemble de la compétition avec cinq victoires supplémentaires avant que la première équipe française ne parvienne en finale. De plus, quatre équipes différentes ont remporté le titre1 contre une seule équipe française.

L’histoire de la Coupe d’Europe puis de la Ligue des Championnes compte déjà 17 confrontations franco-allemandes. Les deux pays ont présentés cinq représentants différents au fil des saisons et chacun a eu l’occasion de franchir le Rhin au moins une fois.

Dès la première édition, Toulouse a affronté Francfort en demi-finale et a dû s’incliner au Stade des Sept-Deniers notamment sur un but de Steffi Jones, l’actuelle sélectionneuse de la Mannschaft. Montpellier a ensuite affronté lors des deux saisons suivantes le Turbine Potsdam et le FFC Francfort, sans parvenir non plus à prendre le dessus mais en montrant une progression très nette : en 2004, les coéquipières de Camille Abily avaient concédé une lourde défaite 6-0 dans une poule disputée à Potsdam face à celles d’Anja Mittag. Elles avaient ensuite été battues par Torres et Wrocław. La saison suivante sous les ordres de Patrice Lair et à domicile, la phase de poule avait été nettement plus réussie puisqu’après avoir battu Saestum et Neulengbach, elles avaient poussé Potsdam à un nul qualifiant les deux équipes pour les quarts de finales.

Puis un tour plus tard, elles avaient été battre Francfort au Stadion am Brentanobad grâce à un but de Ludivine Diguelman mais avaient été éliminées à domicile 3-2 en l’absence de Camille Abily et Sonia Bompastor suspendues et malgré deux nouveaux buts de Ludivine Diguelman.

En 2009, c’est l’histoire entre Lyon et l’Allemagne qui débutait. L’adversaire s’appelait Duisbourg et si les Lyonnaises ne disputaient que leur deuxième saison européenne, c’était la première pour leurs adversaires. Après un nul 1-1 à Gerland, les coéquipières de Shirley Cruz étaient balayées par celles d’Alexandra Popp sur un score de 3-1 qui ne reflétait pas entièrement l’écart entre les deux équipes. Ce match est sans doute le dernier où Lyon a été clairement dominé2 et a concédé une défaite aussi claire et nette.

Le premier renversement de tendance est intervenu la saison suivante. Pour sa première participation, le Bayern Munich a retrouvé Montpellier en huitième de finale et c’est l’équipe de Marie-Laure Delie qui s’est qualifiée aux dépens de celle de Katharina Baunach et Carina Wenninger grâce à un unique but marqué par Hoda Lattaf à la fin de la première période de la prolongation du match retour en Allemagne. C’était la première fois qu’une équipe française éliminait une équipe allemande.

Une autre première avait lieu quelques mois plus tard : Lyon atteignait la finale face au Turbine Potsdam. C’était la première finale pour Lyon et pour une équipe française mais aussi le premier duel d’une longue série entre les deux équipes. Ce jour là, c’est l’équipe de Josephine Henning qui battait celle Wendie Renard à l’issue d’une longue séance de tirs aux buts. La saison suivante, l’actuelle capitaine de l’équipe de France prenait sa revanche sur son actuelle coéquipière, marquant elle-même le premier but avant que Lara Dickenmann – désormais joueuse de Wolfsbourg – ne double la mise pour battre ses futures coéquipières Babett Peter, Isabel Kerschowski et Anja Mittag.

Entre temps, le Turbine Potsdam avait marché sur Juvisy en quart de finale. Cela reste le seul adversaire allemand de l’équipe essonnienne.

Lyon-Potsdam sous la pluie

Lyon-Potsdam sous la pluie

La tendance se confirmait la saison suivante où l’OL faisait exploser Potsdam en demi-finale sous la pluie de Gerland avant de l’emporter en finale contre Francfort sous le soleil de Munich. Pour sa première apparition européenne, le PSG pré QSI connaissait moins de réussite. Mais battu 3-0 à l’aller à Francfort, il réussissait au moins à emporter le match retour 2-1 sur un doublé de l’Américaine Allie Long3.

Puis Lyon connaissait moins de réussite en perdant d’abord sa première finale contre Wolfsbourg en 2013 sur un pénalty de Martina Müller puis en cédant en huitième de finale contre le Potsdam d’Ada Hegerberg, Pauline Bremer, Nataša Andonova et Lisa Evans malgré une victoire 1-0 à l’extérieur et une rapide ouverture du score au retour. Après ce dernier des quatre affrontements entre les deux clubs, le bilan reste de deux qualifications (ou victoire en finale) partout.

C’est donc le PSG qui a pris la relève en 2015 après avoir éliminé Lyon. Confronté à Wolfsbourg alors invaincu en trois saisons européennes, les coéquipières de Sabrina Delannoy ont réalisé l’exploit d’aller l’emporter 2-0 à l’AOK Stadium à l’issue d’un match parfait. Le retour a été légèrement plus difficile malgré l’ouverture du score très rapide d’Aurélie Kaci puisque les Allemandes ont pris l’avantage en marquant deux fois coup sur coup à un quart d’heure de la fin, se plaçant à un seul but de la qualification. Mais c’est bien le PSG qui se retrouvait en finale. Francfort remportait alors son quatrième titre grâce à un but de Mandy Islacker dans les arrêts de jeu.

Enfin la saison dernière c’est donc Lyon qui a remporté la dernière manche en date en battant Wolfsbourg aux tirs aux buts en finale.

L’avantage est globalement à l’Allemagne avec dix qualifications contre six4 mais les confrontations ont souvent été serrées. Potsdam compte quelques gros scores (victoire 6-0 contre Montpellier, 3-0 puis 6-2 contre Juvisy, défaite 5-1 contre Lyon) mais 16 des 26 matchs disputés se sont achevés avec un écart n’excédant pas un but.

Confrontations franco-allemandes en Coupe d’Europe

  • 2015-2016 (Finale) : Wolfsbourg - Lyon 1-1
  • 2014-2015 (Finale) : Francfort - PSG 2-1
  • 2014-2015 (Demi-finale) : Wolfsbourg - PSG 0-2 / 2-1
  • 2013-2014 (Huitième) : Potsdam - Lyon 0-1 / 2-1
  • 2012-2013 (Finale) : Wolfsbourg - Lyon 1-0
  • 2011-2012 (Finale) : Lyon - Francfort 2-0
  • 2011-2012 (Demi-finale) : Lyon - Potsdam 5-1 / 0-0
  • 2011-2012 (Huitième) : Francfort - PSG 3-0 / 1-2
  • 2010-2011 (Finale) : Potsdam- Lyon 0-2
  • 2010-2011 (Quart) : Juvisy - Potsdam 0-3 / 2-6
  • 2009-2010 (Finale) : Potsdam - Lyon 0-0
  • 2009-2010 (Huitième) : Montpellier - Bayern 0-0 / 0-1
  • 2008-2009 (Demi-finale) :  Lyon - Duisbourg 1-1 / 1-3
  • 2007-2008
  • 2006-2007
  • 2005-2006 (Demi-finale) : Francfort - Montpellier 0-1 / 3-2
  • 2005-2006 (Poules) : Potsdam - Montpellier 0-0
  • 2004-2005 (Poules) : Potsdam - Montpellier 6-0
  • 2003-2004
  • 2002-2003
  • 2001-2002 (Demi-finale) : Toulouse - Francfort 1-2 / 0-0
Bilan des confrontations franco-allemandes en Coupe d’Europe
Équipe C M V N D Q E BP BC
Toulouse 1 2 0 1 1 0 1 1 2
Montpellier 4 6 2 2 2 1 2 4 9
Lyon 8 11 4 4 3 4 4 14 9
Juvisy 1 2 0 0 2 0 1 2 9
PSG 3 5 2 0 3 1 2 6 8
Total France 17 26 8 7 11 6 10 27 37
Francfort 5 8 4 1 3 3 1 11 9
Potsdam 7 10 4 3 3 4 2 18 11
Duisbourg 1 2 1 1 0 1 0 4 2
Bayern 1 2 0 1 1 0 1 0 1
Wolfsbourg 3 4 2 1 1 2 2 4 4
Total Allemagne 17 26 11 7 8 10 6 37 27

Wolfsbourg-Lyon, la revanche ou la belle

Wolfsbourg et Lyon ont remporté cinq des six dernières éditions de la compétition et sont les deux principaux favoris cette saisons. Les deux équipes arrivent en pleine forme pour cette échéance avec un minimum de blessées : la seule Delphine Cascarino côté lyonnais, Zsanett Jakabfi et Lena Goeßling côté wolfsbourgeois.

Bien sûr l’absence de sa meilleure buteuse et de la patronne de son entrejeu peut gêner Ralf Kellermann mais l’Allemande est tellement souvent absente que son équipe a fini par s’habituer à jouer sans elle et près de la moitié des buts de la Hongroise a été inscrite lors de la confrontation contre Eskilstuna, son bilan en Bundesliga étant de trois buts en dix matchs.

Une autre raison limite l’impact de ces deux absences : elles coïncident à peu près avec le retour de blessure de la Norvégienne Caroline Hansen et avec l’arrivée de la Danoise Pernille Harder en provenance de Linköpings qu’elle avait mené au titre suédois au nez et à la barbe du Rosengård de Marta et Lotta Schelin. L’impact de ces deux joueuses compense certainement l’absence des deux blessées. Au rayon des arrivées hivernales, il est certain que le recrutement de la Danoise est moins médiatique que celui d’Alex Morgan mais à moyen terme il est sans doute particulièrement judicieux. Et à court terme, la semaine à venir dira lequel était le plus utile.

Eugénie Le Sommer (Lyon)

Eugénie Le Sommer (Lyon)

Wolfsbourg reste sur deux victoires 2-0 face au Bayern en Bundesliga et en Coupe d’Allemagne. Cela lui permet de se replacer en embuscade derrière Potsdam et quasiment assurer la qualification européenne pour l’an prochain. Lyon est également dans une bonne dynamique, non seulement en raison des résultats de ses concurrents qui lui ouvrent la route vers le titre mais par un jeu retrouvé depuis le début de l’année. Les deux équipes sont donc non seulement les deux meilleures sur le papier mais arrivent toutes les deux en pleine possession de leurs moyens ce qui devrait donner un duel très relevé.

Effectif de Wolfsbourg
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Almuth Schult G DEU 26 19 1710 0
12 Jana Burmeister G DEU 28 0 0 0
29 Merle Frohms G DEU 22 2 180 0
33 Jennifer Martens G DEU 27 0 0 0
2 Luisa Wensing D DEU 24 0 0 0
4 Nilla Fischer D SWE 33 20 1800 5
8 Babett Peter D DEU 29 20 1755 2
16 Noelle Maritz D CHE 21 15 1035 0
20 Stephanie Bunte D DEU 28 0 0 0
23 Michaela Brandenburg D DEU 19 0 0 0
24 Joelle Wedemeyer D DEU 21 1 90 0
3 Zsanett Jakabfi M HUN 27 15 974 11
5 Emily van Egmond M AUS 24 7 284 1
7 Sara Björk Gunnarsdóttir M ISL 26 18 1389 2
9 Anna Blässe M DEU 30 16 1136 1
17 Madeleine Wojtecki M DEU 22 1 66 0
18 Vanessa Bernauer M CHE 29 11 587 3
21 Lara Dickenmann M CHE 31 20 1631 3
26 Caroline Graham Hansen M NOR 22 12 736 1
27 Isabel Kerschowski M DEU 29 15 1106 1
28 Lena Goeßling M DEU 31 9 762 0
30 Élise Bussaglia M FRA 31 12 738 3
31 Julia Šimić M DEU 28 8 304 0
10 Tessa Wullaert A BEL 24 19 1101 3
11 Alexandra Popp A DEU 26 19 1632 6
15 Jasmin Sehan A DEU 20 0 0 0
17 Ewa Pajor A POL 20 6 224 2
19 Ramona Bachmann A CHE 26 6 402 1
20 Agata Tarczyńska A POL 29 1 24 1
22 Pernille Harder A DNK 24 5 447 1
41 Anja Mittag A DEU 32 15 587 5
Effectif de Lyon
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Erin Nayler G NZL 25 0 0 0
16 Sarah Bouhaddi G FRA 30 16 1440 0
30 Méline Gérard G FRA 27 7 630 0
3 Wendie Renard D FRA 27 18 1530 6
4 Julie Marichaud D FRA 19 0 0 0
5 Saki Kumagai D JPN 26 20 1647 8
7 Amel Majri D FRA 24 18 1436 6
8 Jessica Houara d’Hommeaux D FRA 29 18 1372 0
15 Aurélie Kaci D FRA 27 3 246 1
17 Corine Petit-Franco D FRA 33 12 752 3
21 Kadeisha Buchanan D CAN 21 6 495 0
25 Julie Piga D FRA 19 2 135 0
26 Josephine Henning D DEU 28 3 135 0
29 Griedge Mbock Bathy Nka D FRA 22 14 1158 1
2 Kenza Dali M FRA 26 4 225 1
10 Dzsenifer Marozsán M DEU 25 21 1347 5
11 Kheira Hamraoui M FRA 27 9 580 2
18 Claire Lavogez M FRA 23 18 964 11
20 Delphine Cascarino M FRA 20 8 467 1
23 Camille Abily M FRA 32 19 1460 14
27 Caroline Seger M SWE 32 17 1105 1
9 Eugénie Le Sommer A FRA 28 20 1453 21
12 Élodie Thomis A FRA 31 6 275 0
13 Andrea Norheim A NOR 18 0 0 0
14 Ada Hegerberg A NOR 22 20 1570 18
22 Pauline Bremer A DEU 21 21 1383 7
24 Mylaine Tarrieu A FRA 22 11 577 3
31 Alex Morgan A USA 28 6 342 5

Bayern-PSG, pour sauver la saison

Au contraire, le Bayern et le PSG restent sur des prestations en demi-teinte. Les deux équipes ont perdu ce week-end et si le PSG s’est miraculeusement sorti de son quart de finale de Coupe de France face à Juvisy, le Bayern n’y est pas parvenu contre Wolfsbourg. Les Bavaroises sont troisièmes de Bundesliga avec quatre points de retard sur Wolfsbourg et six sur Potsdam. Il est donc très probable qu’elles ne remporteront pas un troisième titre consécutif et que leur palmarès national restera vierge cette saison. La qualification européenne est même très compromise par la voie du championnat. Le PSG est un peu moins en difficulté, toujours deuxième de D1 et encore qualifié en Coupe de France mais le titre s’est éloigné et la qualification européenne est en suspens avec un seul point d’avance sur Montpellier.

Irene Paredes (PSG)

Irene Paredes (PSG)

C’est sans doute lié avec ces dynamiques, les deux équipes se présentent pour ce quart de finale fortement diminuées. Le PSG est privé de longue date de Laure Boulleau5 et d’Erika. Amandine Henry est repartie à Portland avant cette confrontation contrairement à ce qui était espéré. Et en attaque, Nataša Andonova n’est pas qualifiée pour avoir disputé les deux premiers tours avec Rosengård et Marie-Antoinette Katoto est à nouveau blessée. Seul éclaircie dans cette grisaille, la blessure de Cristiane contre Marseille semble moins grave que prévue et elle pourrait même être disponible dès le match aller.

Mais le Bayern n’est pas en reste. Simone Laudehr, Nora Holstad, Melanie Leupolz, Stefanie van der Gragt, Mana Iwabuchi, Viktoria Schnaderbeck, Anna Gerhardt et Sarah Romert sont actuellement indisponibles et les six premières au moins postuleraient sans doute à une place de titulaire. Lors du dernier match contre Wolfsbourg, Thomas Wörle a même dû titulariser Sydney Lohmann qui n’a pas encore 17 ans.

Autant dire que le choix des joueuses du Bayern dépendra surtout des joueuses aptes même si l’effectif est assez riche pour aligner une belle équipe. Les internationales Melanie Behringer et Sara Däbritz seront bien sûr particulièrement attendue tout comme la buteuse néerlandaise Vivianne Miedema qui a marqué le tiers des buts du Bayern cette saison. Il faut dire qu’en dehors de matchs faciles en Coupe et Coupe d’Europe, l’équipe de Munich n’a marqué qu’une seule fois plus d’un but dans un match lors de la première partie de saison, contre Duisbourg. L’efficacité offensive semblait légèrement revenue depuis le début de l’année mais les attaquantes bavaroises n’ont pas trouvé le chemin des filets lors des deux matchs contre Wolfsbourg.

Effectif du Bayern Munich
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
28 Jacintha Weimar G NLD 19 0 0 0
31 Manuela Zinsberger G AUT 21 4 360 0
32 Tinja-Riikka Korpela G FIN 31 17 1530 0
34 Anna Wellmann G DEU 22 0 0 0
37 Katriina Talaslahti G FIN 16 0 0 0
2 Gina Lewandowski D USA 32 20 1757 2
3 Stefanie van der Gragt D NLD 25 14 1141 4
5 Caroline Abbé D CHE 29 10 512 0
6 Katharina Baunach D DEU 28 14 769 2
15 Nora Holstad Berge D NOR 30 17 1485 2
19 Carina Wenninger D AUT 26 17 960 1
20 Leonie Maier D DEU 24 15 1207 2
22 Verena Faißt D DEU 28 16 1333 0
7 Melanie Behringer M DEU 31 17 1438 4
8 Melanie Leupolz M DEU 23 9 627 4
9 Vanessa Bürki M CHE 31 1 9 0
35 Verena Wieder M DEU 17 4 84 0
14 Sarah Romert M DEU 22 0 0 0
16 Claire Falknor M USA 24 3 118 2
21 Simone Laudehr M DEU 31 11 716 2
23 Ricarda Walkling M DEU 20 0 0 0
25 Viktoria Schnaderbeck M AUT 26 6 540 0
27 Anna Gerhardt M DEU 19 9 385 4
33 Sara Däbritz M DEU 22 19 1633 3
36 Sydney Lohmann M DEU 17 1 90 0
4 Fridolina Rolfö A SWE 23 3 159 0
4 Melike Pekel A TUR 22 2 40 1
10 Vivianne Miedema A NLD 21 21 1575 19
11 Lena Lotzen A DEU 24 2 22 0
13 Mana Iwabuchi A JPN 24 3 131 0
18 Lisa Evans A SCO 25 19 1221 2
29 Nicole Rolser A DEU 25 16 948 6
Effectif du PSG
Nom Poste Nat. Âge Matchs Temps Buts
1 Katarzyna Kiedrzynek G POL 26 18 1609 0
16 Loes Geurts G NLD 31 6 461 0
30 Romane Salvador G FRA 19 0 0 0
3 Laure Boulleau D FRA 30 1 45 0
4 Laura Georges D FRA 33 19 1630 1
5 Sabrina Delannoy D FRA 31 23 1916 1
6 Ngozi Ebere D NGA 26 0 0 0
8 Erika D BRA 29 12 923 3
13 Sandy Baltimore D FRA 17 2 53 0
14 Irene Paredes D ESP 26 20 1800 5
17 Ève Perisset D FRA 22 22 1630 1
20 Perle Morroni D FRA 19 9 435 1
23 Hawa Cissoko D FRA 20 3 120 0
7 Aminata Diallo M FRA 22 18 989 1
11 Anissa Lahmari M FRA 20 8 257 0
12 Ashley Lawrence M CAN 22 8 652 0
19 Lina Boussaha M FRA 18 3 49 0
22 Sana Daoudi M FRA 19 2 29 0
24 Formiga M BRA 39 4 304 1
26 Onema Grace Geyoro M FRA 20 16 1363 0
28 Shirley Cruz Traña M CRI 32 22 1832 3
29 Amandine Henry M FRA 27 6 429 3
9 Sarah Palacin A FRA 29 8 311 1
10 Cristiane A BRA 32 19 1428 13
15 Nataša Andonova A MKD 23 3 107 0
18 Marie-Laure Delie A FRA 29 17 1232 18
21 Verónica Boquete A ESP 30 20 1632 10
25 Marie Antoinette Katoto A FRA 18 9 614 7
27 Ouleymata Sarr A FRA 21 19 858 5

Seizième journée de D1 2016-2017 - Marseille relance la course à l’Europe

La défaite du PSG à Marseille offre à Lyon un joker supplémentaire dans la course au titre et permet à Montpellier de revenir dans la course à l’Europe. Elle est surtout la victoire de Marseille qui confirme ses prétentions à faire très vite partie du groupe de tête.

Les autres promus ont fait bonne figure mais sans prendre les points qui leur permettraient de sortir de la zone rouge, contrairement à Rodez qui est allé l’emporter à Soyaux et qui se donne un peu de marge.

On se plaint que la D1 manque de surprise – et il est effectivement possible que le résultat final soit celui annoncé avant son entame : Lyon champion et deux promus relégués. Et le PSG serait encore tranquillement en en route pour l’Europe sans son match perdu sur tapis vert1.

Mais si c’est le cas, le chemin pour arriver à ce résultat annoncé aura été particulièrement tortueux. À l’issue des matchs aller, le PSG était en tête avec onze victoires en autant de matchs, aucun but encaissé et filait sinon vers le titre au moins vers une finale au Parc OL pour l’avant dernière journée. C’était une surprise pour une équipe en reconstruction qui ne visait pas si haut si vite. Les recrutements annoncés d’Amandine Henry ou Ashley Lawrence devaient stabiliser l’équipe à ce niveau.

Mais l’annonce de la sanction liée au match de la première journée semble avoir fait retomber le PSG de son nuage. La défaite contre Marseille, la deuxième sur le terrain après Montpellier, est infligée à une équipe à la recherche de son efficacité. Amandine Henry est déjà repartie à Portland et il faudra à Formiga quelques matchs pour se remettre en rythme après une inactivité prolongée. Juvisy n’était pas passé loin d’éliminer le PSG en Coupe de France la semaine dernière et les difficultés parisiennes à manifester au score leur domination dans le jeu se confirment. La blessure de Marie-Antoinette Katoto posait déjà problème à Patrice Lair, celle de Cristiane qui l’a obligée à laisser ses partenaires à dix à Marseille va compliquer la donne, en particulier pour la Coupe d’Europe où Nataša Andonova n’est pas qualifiée.

Nataša Andonova devancée par Kelly Gadea

Nataša Andonova devancée par Kelly Gadea

Cette défaite donne sept points d’avances à Lyon qui l’a emporté 5-0 à Albi avec un doublé d’Alex Morgan et si le titre n’est pas encore acquis aux Lyonnaises, cela ne tient qu’à l’incertitude sur le recours du PSG pour son propre match dans le Tarn. En cas de bonne nouvelle pour les Parisiennes, elle ne ferait que leur ôter un joker et les obliger à l’emporter à Lyon2. Sinon, le titre est sans doute joué.

Ce résultat permet aussi à Montpellier – vainqueur à Guingamp 2-0 avec les premiers buts de Stina Blackstenius et de Clarisse Le Bihan – de revenir à un seul point dans la course à l’Europe alors que les Héraultaises n’ont plus de match contre Lyon à leur programme. En cas de maintien de la sanction parisienne, le match du PSG au Parc OL pourrait se transformer en un match décisif pour l’Europe.

Un promu pas comme les autres

Lyon, Juvisy, Montpellier et le PSG forment le quatuor de tête de la D1 depuis la saison 2009-2010. Pendant sept saisons, une seule autre équipe a réussi à battre deux de ses membres durant la même saison. Il s’agissait d’Hénin-Beaumont, vainqueur de Lyon 3-1 le 15 novembre 2009 grâce à un doublé de Pauline Crammer et de Montpellier 2-1 le 11 avril 2010 grâce à Marie Schepers et Laurie Dacquigny. Si l’exploit était déjà grand3, il venait d’une équipe qui avait fini quatrième la saison précédente avant que le PSG n’intègre le groupe de tête.

Marseille a réalisé cette performance en battant le PSG après Juvisy et ajoute le fait d’être un promu. Toutefois, le profil particulier du club associé à la saison de Juvisy permet de changer légèrement le point de vue : ce n’est pas tant un promu un réalise des exploits qu’un club du haut du tableau qui n’avait simplement pas encore atteint la D1.

Avec près de 1300 matchs disputés en D1 par l’ensemble de son effectif avant le début de la saison, l’expérience de l’élite des joueuses marseillaises est du même ordre que celle des Stéphanoises, Ruhénoises ou Sojaldiciennes, plus importantes que celle des jeunes Guingampaises et sans communes mesures avec celle des autres promues ou des Albigeoises.

Et avec près de 350 buts marqués, les statistiques de l’attaque marseillaise se trouvent entre celles du PSG et celles de Montpellier4. Bien entendu, elles le doivent beaucoup à la présence de la meilleure buteuse de D1 en activité derrière Laetitia Tonazzi, Sandrine Brétigny. Laquelle a justement marqué lors des victoires contre Juvisy et contre le PSG.

Viviane Asseyi, Cindy Caputo, Pauline Peyraud-Magnin, Maëlle Lakrar, Sara Yüceil, Caroline Pizzala ; Nora Coton-Pélagie, Kelly Gadea, Amandine Soulard, Tess Laplacette, Charlotte Lozé

Viviane Asseyi, Cindy Caputo, Pauline Peyraud-Magnin, Maëlle Lakrar, Sara Yüceil, Caroline Pizzala ; Nora Coton-Pélagie, Kelly Gadea, Amandine Soulard, Tess Laplacette, Charlotte Lozé

Neuf ans après Saint-Étienne, Marseille pourrait renouveler la performance d’être promu et de finir quatrième. Son championnat est clairement coupé en deux : durant les sept premières journées, il n’avait réussi à accrocher que deux nuls à Bordeaux et Rodez. Durant les neuf suivantes, il a remporté tous ses matchs en dehors de son déplacement à Lyon. La bonne série a débuté avec la victoire contre Juvisy qui a sans doute agi comme un déclic psychologique même si l’acclimatation à la D1 a pu prendre un peu de temps pour une équipe assez largement remaniée à l’intersaison. Le calendrier explique aussi en partie les difficultés marseillaises en début de saison. Lors de la première période de sept journées, elles n’avaient joué qu’à l’extérieur en dehors des matchs contre Montpellier et Lyon.

Expérience des équipes de D1
Équipe Matchs Buts
Lyon 2557 765
Juvisy 1987 294
PSG 1540 393
Montpellier 1345 324
Saint-Étienne 1316 104
Marseille 1274 346
Rodez 1239 124
Soyaux 1158 97
Guingamp 1071 115
Albi 730 44
Metz 434 29
Bordeaux 308 11
Nombre de matchs et de buts en D1 de la totalité de l’effectif au début de la saison.
Les chiffres ne prennent en compte que les matchs joués en D1 depuis la saison 2003-2004 ce qui amène à une sous-estimation pour les clubs qui comptent des joueuses qui ont débuté avant ou qui ont joué en première division à l’étranger. C’est-à-dire Lyon, le PSG et Montpellier principalement.

Une joueuse dans le match

Viviane Asseyi

Viviane Asseyi

Avec plus de cent matchs et quarante buts en D1, treize sélections en équipe de France dont la dernière il y a moins d’un an, elle est le prototype des joueuses recrutées par Marseille à l’intersaison. Pas inaccessible comme pourrait l’être une Bleue titulaire mais habituée du très haut niveau à Montpellier et en sélection, Viviane Asseyi apporte tout ce que son club attendait d’elle. Symboliquement, elle a été la première à marquer un but contre Lyon cette saison, et si elle n’a pas marqué contre le PSG, elle a été de toutes les actions dangereuses. Elle remporte son duel de la tête contre Formiga pour envoyer Sarah Yüceil profiter de la mésentente entre Laura Georges et Irene Paredes et c’est elle qui subit la faute qui amène le coup-franc transformé par Sandrine Brétigny.

Rodez en profite, pas Bordeaux

Juvisy comptait sans doute sur les adversaires de ses concurrents directs pour refaire une partie de son retard sur la quatrième place. Mais si Guingamp a comme prévu dû baisser pavillon face à Montpellier, Marseille a donc gardé ses distances. Pour se rapprocher il fallait aussi que les Juvisiennes battent Metz. Les choses n’ont pas été sans mal puisque Melike Pekel ouvrait le score en tout début de match comme lors de la journée précédente face à Marseille. Mais comme lors de la journée précédente, les Messines n’ont tenu qu’une heure avant d’encaisser deux buts coup sur coup et un troisième en fin de match. Metz enchaîne les matchs encourageants mais ne prend toujours pas de point.

Les Essonniennes se rapprochent moins que prévu de la quatrième place mais remonte d’une marche en profitant de la défaite surprise de Soyaux contre Rodez. Les Ruthénoises menaient 3-0 à l’heure de jeu grâce à Flavie Lemaître et à un doublé de Clara Noiran et le Sojaldiciennes ne sont parvenues qu’à réduire le score par Pamela Babinga et Laura Bourgouin. C’est un nouveau coup d’arrêt pour Soyaux après la défaite contre Hénin-Beaumont en Coupe de France. Mais c’est surtout une bonne affaire pour Rodez qui était à portée de la zone de relégation et qui se donne un peu de marge sur ses trois concurrents, le cas de Metz étant réglé.

Emelyne Laurent devance Teninsoun Sissoko

Emelyne Laurent devance Teninsoun Sissoko

Après sa prévisible défaite contre Lyon, Albi devait regarder avec attention le match entre Bordeaux et Saint-Étienne. La place des Vertes dans ce groupe de bas de tableau est légèrement en trompe l’œil avec deux matchs en retard contre Metz et Soyaux qui pourraient leur donner beaucoup d’air. Elles pouvaient déjà prendre six points d’avance sur la zone rouge en battant à nouveau les Bordelaises après le 7-0 de l’aller. Mais l’exclusion de Mylène Chavas au bout d’un quart d’heure pour une main en dehors de la surface changeait la donne du match. Bordeaux dominait toute la première mi-temps emmenée par sa recrue hivernale Emelyne Laurent mais ne parvenait pas à prendre en défaut Mélodie Carré, la deuxième gardienne stéphanoise. Après la pause, les coéquipières de Maéva Clémaron reprenaient le contrôle du jeu sans parvenir à se montrer très dangereuses mais en limitant les offensives bordelaises.

Un nul à Saint-Étienne est plutôt un bon résultat pour Bordeaux mais le scénario du match peut laisser des regrets alors qu’il y avait l’occasion de sortir de la zone de relégation.

Résultats

Albi-Lyon 0-5 : Kumagai 4′, Hegerberg 30′, Abily 39′, Morgan 66′, 67′

Guingamp-Montpellier 0-2 : Blackstenius 5′, Le Bihan 30′

Marseille-PSG 2-0 : Yüceil 64′, Brétigny 76′

Metz-Juvisy 1-3 : Pekel 9′ ; Catala 67′, Diani 70′, Declercq 79′

Saint-Étienne-Bordeaux 0-0

Soyaux-Rodez 2-3 : Babinga 66′, Bourgouin 72′ ; Lemaître 19′, Noiran 39′, 50′

Classement (en relief)

Rang Club [victoires / nuls / défaites / diff. de buts] Pts
1 Lyon [15/0/1/67] 45
    44
    43
    42
    41
    40
    39
2 PSG [13/0/3/33] 38
3 Montpellier [12/1/3/29] 37
    36
    35
    34
    33
    32
    31
    30
    29
    28
    27
4 Marseille [8/2/6/-5] 26
    25
    24
    23
5 Guingamp [6/4/6/-9] 22
    21
6 Juvisy [6/2/8/12] Soyaux [5/5/5/-7] 20
    19
    18
    17
8 Rodez [4/4/8/-23] 16
    15
9 Saint-Étienne [3/5/6/-8] 14
10 Albi [4/1/11/-28] 13
    12
11 Bordeaux [2/5/9/-27] 11
    10
    9
    8
    7
    6
    5
    4
12 Metz [0/3/12/-34] 3

Le rêve américain avant l’Euro

Les Bleues ont remporté la deuxième édition de la SheBelievesCup à l’issue d’une victoire de prestige sur les États-Unis et grâce à un réalisme qu’on ne leur connaissait pas vraiment jusque là. Tous les autres participants au prochain Euro disputaient l’un des tournois organisés à cette période ce qui a permis de faire le point sur les états de formes. La hiérarchie semble de moins en moins figée.

La performance des Bleues est encourageante pour l’Euro et la lecture des compositions permet de penser que non seulement l’équipe actuelle est prête pour le mois de juillet mais qu’une bonne partie devrait être encore en poste en France en 2019.

L’an dernier, l’équipe de France de Philippe Bergerôo avait été assez convaincante lors des deux premiers matchs de la SheBelieves Cup contre les États-Unis et l’Allemagne mais sans réussir à marquer et avait concédé à chaque fois la défaite sur un unique but en fin de match. Le troisième match s’était terminé sur un 0-0 sans relief face à l’Angleterre propulsant la France à la dernière place du tournoi.

Depuis, les Bleues ont échoué aux Jeux Olympiques et Philippe Bergerôo a été remplacé par Olivier Echouafni qui marche dans ses traces. Pourtant les deux premiers matchs de son équipe lors de l’édition 2017 de la compétition amicale sont l’exact opposé de ceux de la précédente.

Contre l’Angleterre, la France a d’abord été dominée pendant une mi-temps comme elle l’a rarement été, incapable de sortir du pressing des joueuses de Mark Sampson et c’est logiquement qu’elle était menée 1-0 à la mi-temps. Contre l’Allemagne ensuite, elle a rarement eu le contrôle du jeu, Sarah Bouhaddi étant même obligée d’arrêter un pénalty pour éviter à son équipe d’être menée.

Mais à l’issue des deux premières journées, la France comptait quatre points de plus que l’année précédente au même stade. En premier lieu grâce à une deuxième mi-temps de bien meilleure facture contre l’Angleterre une fois le pressing un peu moins intense puis encore plus quand quelques cadres sont entrées. Avec un peu de réussite, cette reprise en main permettait à Marie-Laure Delie et à Wendie Renard de marquer de la tête.

Ensuite les Bleues n’ont jamais paniqué contre l’Allemagne sachant faire le dos rond pour ne pas perdre le match à défaut de le gagner. Deux lectures étaient possibles de ces prestations. On pouvait y voir une équipe en difficulté avec son jeu et qui ne s’en tirait que par miracles. Mais pour une équipe tellement habituée à obtenir des résultats bien en deçà de ce que son jeu laisserait espérer, c’était aussi une forme de révolution.

Le troisième match donne donc la tonalité de l’ensemble. Et si l’an dernier la faible prestation face à l’Angleterre avait plutôt terni les jolis matchs précédents, l’éclatante victoire de cette année contre les États-Unis rehausse nettement le tableau. Le titre dans ce tournoi est évidemment une satisfaction mais cela reste des matchs amicaux et c’est l’Euro qui dira réellement ce qu’il faut penser de cette tournée américaine.

Tout le monde sur le pont

La totalité du plateau du prochain Euro participait à l’un des trois principaux tournois organisés à cette période de l’année en Algarve, à Chypre et donc aux États-Unis1. À l’exception des équipes sud-américaines (Brésil et Colombie), ce sont même les 25 équipes les mieux classées par la Fifa qui disputaient ces compétitions, complétées à Chypre par quelques équipes européennes moins bien classées (Irlande, Pays de Galles, République tchèque et Hongrie)2.

Le traditionnel tournoi de l’Algarve est désormais déserté par les États-Unis, vainqueur dix fois en 24 éditions, ainsi que par l’Allemagne et la France3 mais contrairement à la saison dernière, il n’y avait pas de qualification olympique pour décimer le plateau. En dehors des quatre équipes parties aux Amérique, du Brésil qui faisait relâche et de la Corée du Nord qui était à Chypre, les neuf meilleures équipes possibles étaient au Portugal, complétées par l’Islande, la Russie et le Portugal. C’était l’occasion de retrouver l’Australie qui n’était plus venu depuis 1999 ou les Pays-Bas depuis 1998. Et c’était la première participation de l’Espagne venue en voisine. Ses débuts ont été couronnés de succès puisque les joueuses de Jorge Vilda ont remporté le tournoi en battant le Japon, en écrasant la Norvège et en finissant par une victoire sur le grandissime favori canadien4. Le Danemark finit à une belle troisième place, peut-être légèrement trompeuse puisqu’elle a été obtenue en battant le Portugal et la Russie et seulement en poussant l’Australie à la séance des tirs aux buts lors de la petite finale. La septième place de la Suède, battue par les Pays-Bas et incapable battre la Chine, et surtout la onzième de la Norvège victorieuse seulement du Portugal sont sans doute des indices plus frappants du resserrement des valeurs.

La hiérarchie a été nettement mieux respectée à Chypre où la Suisse a remporté le tournoi en battant la Corée du Sud en finale et surtout la Corée du Nord en poule. L’Italie n’a toutefois pas tenu son rang, battue sèchement par la Corée du Nord, la Suisse et la Belgique (treize buts encaissés en trois matchs), ne se vengeant que lors du match de classement destiné à éviter la dernière place en rossant la République tchèque.

Bien entendu, chaque pays a son propre agenda et tout le monde ne participait pas à ces différents tournois avec les mêmes objectifs. Certains ont plus fait tourner, d’autres ont tenté de cacher leur jeu. La hiérarchie de l’Euro sera sans doute bien différente (et sans doute plus proche du classement Fifa) mais France, Espagne et Suisse ont pris date en remportant leur tournoi respectif.

Les 25 premières nations au classement Fifa dans les tournois d’hiver
Fifa Conf. Pays Tournoi Place Euro
1 CONCACAF États-Unis SheBelieves 4
2 UEFA Allemagne SheBelieves 2 B
3 UEFA France SheBelieves 1 C
4 CONCACAF Canada Algarve 2
5 UEFA Angleterre SheBelieves 3 D
6 AFC Australie Algarve 4
7 AFC Japon Algarve 6
8 UEFA Suède Algarve 7 B
9 CONMEBOL Brésil
10 AFC Corée du Nord Cyprus 3
11 UEFA Norvège Algarve 11 A
12 UEFA Pays-Bas Algarve 5 A
13 AFC Chine Algarve 10
14 UEFA Espagne Algarve 1 D
15 UEFA Danemark Algarve 3 A
16 UEFA Italie Cyprus 11 B
17 UEFA Suisse Cyprus 1 C
18 AFC Corée du Sud Cyprus 2
19 OFC Nouvelle-Zélande Cyprus 9
20 UEFA Islande Algarve 9 C
21 UEFA Écosse Cyprus 5 D
22 CONMEBOL Colombie
23 UEFA Russie Algarve 8 B
24 UEFA Autriche Cyprus 8 C
25 UEFA Belgique Cyprus 7 A
Le Portugal, 38e au classement Fifa est la 16e équipe qualifiée pour l’Euro dans le groupe D.

Bleues d’aujourd’hui et de demain

L’an dernier, les Bleues avaient traversé l’Atlantique sans Wendie Renard ni Amandine Henry blessées et préparaient à 23 une compétition qui se disputerait à 18. Ainsi, Viviane Asseyi, Charlotte Bilbault, Kelly Gadea, Aurélie Kaci, Marie-Charlotte Léger et Marion Torrent avaient disparu tout de suite ou peu de temps après la SheBelieves Cup et n’étaient pas à Rio 5. Aucune n’est revenue régulièrement depuis mais toutes les autres forment encore l’ossature de l’équipe de France à l’exception des deux retraitées Louisa Necib et Sabrina Delannoy et de Kheira Hamraoui qui paie son transfert à Lyon.

Cette constatation décrit assez bien le travail d’Olivier Echouafni et la manière dont il fait évoluer la liste des joueuses sélectionnées. Quatorze des 23 joueuses victorieuses de l’édition 2017 étaient donc déjà présentes en 2016, auxquelles on peut ajouter Wendie Renard et Amandine qui ne l’avaient manqué que sur blessure voire Sakina Karchaoui qui a intégré l’équipe juste après et ne l’a quasiment pas quittée depuis. Gaëtane Thiney, Camille Catal et Sandie Toletti ont été rappelées ; Aïssatou Tounkara, Ève Périsset et Grace Geyoro ont intégré l’équipe.

Amandine Henry

Amandine Henry

Un quart de l’effectif a donc été renouvelé en un an et les deux nouvelles appelées parisiennes ont eu largement l’occasion de montrer leur valeur, un peu aidées par les circonstances. Jessica Houara rentrée en France pour raisons personnelles, Ève Périsset a été la seule joueuse avec Amandine Henry titulaire à chaque match. Griedge Mbock blessée lors du match contre l’Angleterre et Laura Georges malade de dernière minute contre l’Allemagne, Grace Geyoro a eu l’occasion de jouer le deuxième match en défense centrale après le premier disputé au milieu.

Presque toutes les joueuses de l’équipe de France ont eu l’occasion de s’exprimer durant le tournoi. Seule la troisième gardienne Laetitia Philippe n’est pas entrée en jeu alors qu’Aïssatou Tounkara et Camille Catala n’ont eu droit qu’à une poignée de minute, essentiellement une fois la victoire acquise contre les États-Unis. Kadidiatou Diani, Griedge Mbock et Jessica Houara n’ont pu participer qu’au premier match contre l’Angleterre alors que Claire Lavogez et Sandie Toletti n’ont connu qu’une seule titularisation pour un temps de jeu total de moins de 90 minutes. Enfin bien qu’ayant participé à tous les matchs, Gaëtane Thiney n’a jamais été titularisée.

Cette gestion de l’effectif d’Olivier Echouafni s’approche de celle de Steffi Jones qui a même poussé jusqu’à faire jouer une mi-temps à sa troisième gardienne Lisa Weiß. Toutes les joueuses de champ allemandes ont d’ailleurs joué au moins une mi-temps et le temps de jeu a été beaucoup plus réparti même si Babett Peter et Dzsenifer Marozsan n’ont manqué aucune minute.

Mark Sampson et Jill Ellis se sont passé respectivement de deux et trois joueuses de champs en plus de leur troisième gardienne. Ainsi on n’a vu ni la jeune Brianna Pinto (17 ans) qui commence déjà à remplacer Mallory Pugh comme future merveille américaine ni la défenseuse de Portland Emily Sonnett qui aurait peut-être pu faire du bien dans la désastreuse défense à trois américaine, par exemple à la place d’Allie Long.

La Coupe du monde derrière l’Euro

Olivier Echouafni a deux horizons : il prépare bien sûr l’Euro qui arrive dans moins de six mois mais il doit aussi avoir en tête la prochaine Coupe du monde qui est d’autant plus importante qu’elle se déroulera en France. Le renouvellement par petite touche qui est en cours est assez efficace du point de vue du rajeunissement de l’équipe. La sélection française était à 26,7 ans de moyenne6 la deuxième plus jeune du tournoi après celle de l’Allemagne. Avec Ève Périsset, Aïssatou Tounkara, Sandie Toletti, Claire Lavogez, Kadidiatou Diani, Griedge Mbock, Grace Geyoro et Sakina Karchaoui, un tiers des Bleues avait moins de 24 ans. Nikita Parris était la seule anglaise dans ce cas et si la sélection américaine compte dans ses rangs Mallory Pugh, Lindsey Horan, Rose Lavelle, Emily Sonnett, Jane Campbell et Brianna Pinto, les trois dernières n’ont pas foulé une pelouse durant le tournoi (les trois autres participant essentiellement au match contre l’Angleterre).

Les Bleues à la SheBelieves Cup
Maillot Poste Nom Prénom Âge Temps Matchs
1 G Philippe Laëtitia 26 0 0
2 D Perisset Eve 22 222 3
3 D Renard Wendie 27 205 3
4 D Georges Laura 33 180 2
5 D Tounkara Aïssatou 22 23 1
6 M Henry Amandine 27 259 3
7 M Toletti Sandie 22 63 2
8 D Houara d’Hommeaux Jessica 29 90 1
9 A Le Sommer Eugénie 28 167 3
10 M Abily Camille 32 184 3
11 M Lavogez Claire 23 81 2
12 A Thomis Élodie 31 115 3
13 A Diani Kadidiatou 22 71 1
14 A Catala Camille 26 16 2
15 M Bussaglia Élise 31 128 2
16 G Bouhaddi Sarah 30 180 2
17 M Thiney Gaëtane 31 102 3
18 A Delie Marie-Laure 29 174 3
19 D Mbock Bathy Nka Griedge 22 82 1
20 M Geyoro Onema Grace 20 180 2
21 G Gérard Méline 27 90 1
22 M Majri Amel 24 178 3
23 D Karchaoui Sakina 21 180 2

Bref si l’Allemagne reste comme d’habitude un modèle dans le renouvellement de son effectif (six joueuses de moins de 24 ans et seules Anja Mittag et Anna Blässe ont dépassé les 30 ans), la France procède à une transition en douceur qui semble mieux partie que celle de l’équipe américaine. Cinq Bleues ont dépassé les trente ans – qui n’est pas rédhibitoire pour être encore compétitives dans deux ans – parmi lesquelles Gaëtane Thiney et Élise Bussaglia ont été utilisées avec parcimonie. Le cas le plus sensible sera bien sûr celui de Camille Abily qui ne semble pas vouloir continuer au-delà de l’Euro et dont le rôle ne semble pas prêt à être endossé par une autre. Dans la mesure où elle n’a sans doute plus les jambes pour enchaîner les matchs de haut niveau tous les trois jours, il serait sans doute prudent de la protéger jusqu’à l’Euro. Lyon et l’équipe de France ont les moyens de se passer d’elle pour une grande partie de leurs matchs afin de lui permettre de rééditer des prestations comme celle du match contre les États-Unis les fois où c’est nécessaire.

Si la France alignait une équipe plutôt plus jeune que les autres, elle était assez nettement la plus expérimentée avec une moyenne de 77 sélections par joueuse7 et par match là où les États-Unis en comptaient 66 et les autres nettement moins de 50.

Le changement dans la continuité

Avec en plus l’équipe de France B qui aligne en particulier des joueuses passées récemment par l’équipe A et beaucoup des vice-championnes du monde M20, Olivier Echouafni dispose donc d’un effectif capable non seulement de bien figurer à l’Euro mais aussi de pousser jusqu’à la Coupe du monde.

Il a fait le même choix que son prédécesseur de n’évoluer qu’à petites touches et de rester globalement dans la continuité. L’échec des Jeux Olympiques où la France n’a encore pas su comment gérer un match à élimination directe, contre un adversaire réputé inférieur qui plus est, aurait pu appeler à une remise à plat plus radicale. Il est sans doute maintenant trop tard pour y procéder. C’est une certitude pour l’Euro et pour la Coupe du monde, les deux années qui viennent seront bien courtes s’il faut tout changer. D’autant plus que si les sélectionneurs successifs choisissent les mêmes joueuses à de rares exceptions, c’est sans doute qu’ils n’ont finalement pas tellement le choix et que la hiérarchie est assez nette.

Il faudra donc obligatoirement réussir avec cette équipe, ce qui veut dire au minimum d’atteindre les demi-finales de l’Euro.

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