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Huitième journée de D1 2016-2017 - Le péché d’orgueil de Juvisy

La huitième journée de D1 est marquée par la première victoire de Marseille, obtenue contre Juvisy qui abandonne sans doute définitivement là ses chances de podium. Malgré plusieurs joueuses à la Coupe du monde M20, Juvisy n’avait pas demandé le report de ce match.

Le reste des favoris s’est imposé assez aisément même si la victoire lyonnaise contre la lanterne rouge messine est pour l’instant la plus courte de la saison.

Marion Torrent (Montpellier) face à Fanny Hoarau et Marine De Sousa (Rodez)

Marion Torrent (Montpellier) face à Fanny Hoarau et Marine De Sousa (Rodez)

Les deux premiers de D1 n’ont pas connu de problème lors de la huitième journée de D1. Lyon a réalisé une petite performance à son échelle en ne l’emportant « que » 3-0 face à Metz, dernier et habitué à perdre sur des scores plus importants. Quatre jours après son écrasante victoire à Zürich, le leader de D1 présentait une équipe remaniée et ne menait que d’un but à la mi-temps, grâce à l’opportunisme de Camille Abily. L’entrée de Dzsenifer Marozsán à la pause permettait d’alourdir le score : l’Allemande était avant-dernière passeuse pour Amel Majri qui servait Ada Hegerberg pour le deuxième but et donnait elle-même le ballon du troisième à Wendie Renard sur corner – une action appelée à devenir un classique.

Le PSG n’a eu que trois jours pour se remettre de sa qualification européenne et Patrice Lair n’avait pas beaucoup de solutions à sa disposition entre la Coupe du monde M20 et l’absence de Cristiane. Hormis la titularisation de Marie-Laure Delie à la place de la Brésilienne1, c’est donc la même équipe qui se déplaçait au Bouscat pour affronter Bordeaux.

Le PSG était la deuxième équipe de tête affrontée par les Girondines qui avaient largement cédé contre Lyon. Il n’y a pas eu de miracle non plus cette fois. Dès l’entame, Ouleymata Sarr obtenait un pénalty pour une faute d’Emmanuelle Saboulard. Sabrina Delannoy se chargeait de le transformer. Verónica Boquete, Ouleymata Sarr et Erika alourdissaient le score avant la pause. Puis après un but de Marie-Laure Delie, Sarah Palacin entrée peu de temps auparavant marquait son premier but sous les couleurs du PSG.

Pour les promues de Metz et de Bordeaux, ces résultats sont simplement conformes aux prévisions. Les premières sont en difficultés mais cela ne tient pas à ce match qui est plutôt un bon résultat, surtout en l’absence d’Héloïse Mansuy et de Juliane Gathrat, retenues en Papouasie. Bordeaux reste calé en milieu de peloton et ira chercher les points nécessaires à son maintien dans des matchs plus abordables.

Rodez se saborde en deuxième mi-temps

La journée avec commencé la veille avec le déplacement de Rodez à Montpellier. L’équipe ruthénoise, révélation de la saison dernière est beaucoup plus à la peine cette année. Cela se traduit en particulier par une rotation très importante de l’effectif là où Sébastien Joseph avait pu s’appuyer sur une équipe type très stable la saison passée. Et la nouvelle grave blessure d’Anne-Sophie Ginestet n’a rien arrangé. Depuis deux journées, ce sont donc les cadres Deborah Garcia et Flavie Lemaître mais aussi Charlène Farrugia et les jeunes Élise Bonet et Océane Daniel qui sont entrées dans l’équipe à la place d’Anne-Sophie Ginestet, de Cathy Couturier partie elle-aussi à l’autre bout du monde mais aussi de Julie Niphon, Sofia Guelatti et Clara Noiran, signe d’un entraîneur qui cherche la bonne formule. Contre Montpellier, Solène Barbane débutait même sur le banc.

Jean-Louis Saez dispose d’une effectif plus conséquent qui lui permet de se passer de Sakina Karchaoui, Marion Romanelli, Marie-Charlotte Léger et Valérie Gauvin tout en laissant sur le banc Anouk Dekker et de titulariser malgré cela neuf internationales de différents pays. L’une des deux autres2 est l’ancienne Ruthénoie Marine Haupais, titulaire face à ses anciennes coéquipières dans une défense à trois aux côtés de Laura Agard et Linda Sembrant.

La première mi-temps était copieusement dominée par l’équipe locale qui ouvrait rapidement le score par Sofia Jakobsson, gâchait plusieurs occasions et doublait la mise grâce à Laetitia Tonazzi pour atteindre la pause avec un avantage qui semblait suffisant.

Sofia Jakobsson double buteuse contre Rodez

Sofia Jakobsson double buteuse contre Rodez

Au repos, Sébastien Joseph changeait ses batteries en faisant entrer Océane Saunier et Clara Noiran à la place de Marine De Sousa et de Fanny Hoarau et le résultat était immédiat : Montpellier conservait globalement la possession de balle mais Rodez n’était plus acculé sur ses buts et développait de beaux mouvements. À l’heure de jeu, Océane Saunier trompait Laetitia Philippe et un retour ruthénois devenait possible.

Mais en moins de dix minutes, deux erreurs défensives douchaient les espoirs des Rafettes. Sur un ballon récupéré dans son camp, Montpellier lançait d’abord une contre-attaque éclair conclue par Sofia Jakobsson. Puis Audrey Cugat déviait dans son but un centre qui se dirigeait en sortie de but.

À 4-1, Rodez ne cherchait plus qu’à en rester là et la fin de match était moins palpitante. Montpellier a pris les points dont il avait besoin mais Rodez commence peut-être à trouver la solution.

Guingamp-Saint-Étienne RAS

Guingamp et Saint-Étienne partagent la caractéristique d’avoir deux joueuses sélectionnées pour la Coupe du monde papoue mais de n’avoir pas la possibilité de demander le report des matchs de D1 parce que les gardiennes Jade Lebastard et Mylène Chavas sont trop jeunes3. Guingamp est aussi désormais privé de sa buteuse Desire Oparanozie partie disputer la CAN au Cameroun (ainsi que de sa compatriote Evelyne Nwabuoku qui manquera moins). L’opposition entre les deux équipes s’est achevée sur un score de 0-0 qui permet à chacune de rester sur ses position mais pas de profiter des résultats (ou absence de résultat) des autres équipes de milieu de tableau.

Marseille pour une première

Dans la lutte pour le ventre mou, Soyaux était au repos, son match contre Albi étant reporté. Il s’agissait cette fois de la seule rencontre remise, Juvisy n’ayant pas fait la demande pour son match à Marseille contrairement à celui contre Saint-Étienne de la journée précédente.

Il n’y a pas de raison officiellement invoquée, cela tient sans doute au fait d’éviter d’avoir trop de match en retard et une trop longue période d’inactivité. Jouer affaibli contre un promu qui n’avait jusque là pas remporté le moindre match était un pari qui pouvait se tenter. Mais il est perdu.

Juvisy n’a pas la profondeur de banc de Montpellier. À Marseille, toutes les remplaçantes juvisiennes – en dehors de Marina Makanza qui n’est pas encore vraiment en condition – portaient des numéros au-delà de trente, ceux des joueuses qui n’ont pas de numéro fixe. Et non seulement Amira Ould-Braham, Catherine Karadjov et Élise Legrout occupaient le banc mais Lena Jouan était même titularisée avec le numéro 34.

En plus des absences de Clara Matéo, Théa Gréboval et Estelle Cascarino, Emmanuel Beauchet était privé d’Inès Jaurena et Charlotte Bilbault. Il optait pour un système qui sur le papier devait être un 4-1-4-1 mais qui a plutôt ressemblé à un 4-2-3-1 avec Gaëtane Thiney en milieu relayeuse quasiment sur la même ligne qu’Annaïg Butel tandis que le côté gauche était occupé par Léa Declercq devant Lena Jouan.

Durant la première demi-heure, Juvisy peinait à mettre son jeu en place et Marseille faisait largement jeu égal. Deux événements allaient changer la donne. Sur un débordement côté gauche, Camille Catala centrait en retrait hors de portée de Pauline Peyraud-Magnin mais pas de Tatiana Coleman qui ouvrait le score. Et Léna Jouan était remplacée par Amira Ould-Braham qui prenait le côté droite de la défense, Julie Soyer passant à gauche. Le dernier quart d’heure de la première mi-temps était totalement à l’avantage des visiteuses qui ne parvenaient pourtant pas à aggraver le score.

Marseille, meilleur contre les tenors

Depuis le début de saison, Marseille a semblé plus à son aise dans les grosses affiches ne perdant que d’un but contre le PSG et réalisant une bonne prestation contre Lyon malgré la lourde défaite. Seul le match contre Montpellier avait été raté. L’effectif marseillais est certainement beaucoup plus talentueux que celui de Bordeaux mais contrairement aux Phocéennes, les Girondines semblent avoir intégré que leur maintien se jouera dans les matchs contre les équipes de milieu et de bas de tableau. Toutefois, on n’oubliera pas que Bordeaux a remporté ses deux victoires contre Albi et Metz que Marseille n’a pas encore affronté.

La plupart du temps une équipe dont le profil est de réaliser de bons matchs contre les meilleurs et de s’oublier contre les autres est en mauvaise posture parce qu’elle ne prend de points ni dans un cas ni dans l’autre4.

Marseille vient cette fois d’ajouter la victoire à son « bon match contre une équipe de tête » ce qui lui offre un joker pour le maintien.

Privé de sa capitaine Caroline Pizzala mais avec les retours de Nora Coton-Pélagie et Sandrine Brétigny, Marseille se présentait également avec Charlotte Lozé, Sara Yuceil et la jeune Maëlle Lakrar dont c’était la première titularisation en D15.

Sandrine Brétigny

Sandrine Brétigny

Christophe Parra semble chercher encore la bonne formule pour son équipe mais il pourrait bien l’avoir trouvée. Car si Juvisy restait plutôt dominateur, la défense marseillaise était peu mise en danger en début de deuxième mi-temps. Et sur un corner de Charlotte Lozé, Nora Coton-Pélagie (1m64) égalisait de la tête. Et dix minutes plus tard, Sandrine Brétigny profitait d’une action où Céline Deville avait dû sortir de son but pour la lober et donner l’avantage à ses couleurs.

La fin de match était une sorte d’attaque-défense mais Juvisy ne se procurait que peu d’occasions, arrêtées par Pauline Peyraud-Magnin qui comme son équipe sait se transcender pour ce type de match. Mais cette fois ses parades permettent de prendre les trois points et pas seulement de limiter le score.

Malgré le score défavorable, le seul changement juvisien est resté celui de latérale en première mi-temps, ni Élise Legrout au milieu, ni Catherine Karadjov devant ne sont entrées.

Une joueuse dans le match

Ancienne Juvisienne, Sandrine Brétigny n’avait pas encore marqué en D1 avec Marseille. Suspendue en début de saison et au repos lors des derniers matchs, il ne s’agissait contre Juvisy que de sa troisième titularisation après les matchs contre Soyaux et Lyon (et une entrée contre Montpellier). Des matchs contre le quatuor de tête, elle n’aura donc manqué – sur suspension – que le match contre le PSG. C’est le signe que son statut est différent à Marseille de ce qu’il était à Lyon, Francfort ou Juvisy où elle voyait souvent les matchs au sommet depuis le banc. Pourtant le but du jour rappelle qu’elle n’est pas seulement encore la détentrice du record de buts sur une saison de D1 – 42 en 2006-2007 – mais qu’elle sait aussi marquer dans les gros matchs pour peu qu’elle foule la pelouse. Avec le but de Laetitia Tonazzi la veille, les « anciennes » sont encore là.

Résultats

Albi-Soyaux : reporté

Bordeaux-PSG 0-6 : Delannoy 3′, Boquete 30′, Sarr 42′, Erika 44′, Delie 58′, Palacin 66′

Guingamp-Saint-Étienne 0-0

Lyon-Metz 3-0 : Abily 36′, Hegerberg 54′, Renard 87′

Marseille-Juvisy 2-1 : Coton-Pélagie 50′, Brétigny 62′ ; Coleman 29′

Montpellier-Rodez 4-1 : Jakobsson 7′, 64′, Tonazzi 38′, Cugat 69′ (csc) ; Saunier 59′

Laetitia Tonazzi

Laetitia Tonazzi

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 24 8 8 0 0 50 2 48
2 PSG 21 7 7 0 0 19 0 19
3 Montpellier 18 7 6 0 1 22 3 19
4 Juvisy 12 7 4 0 3 23 6 17
5 Guingamp 11 8 3 2 3 10 18 -8
6 Saint-Étienne 9 7 2 3 2 13 10 3
7 Soyaux 8 7 2 2 3 9 19 -10
8 Bordeaux 8 7 2 2 3 7 21 -14
9 Rodez 6 8 1 3 4 9 27 -18
10 Marseille 5 8 1 2 5 7 22 -15
11 Albi 3 6 1 0 5 1 16 -15
12 Metz 0 8 0 0 8 0 26 -26

Direction Enschede

Les Bleues connaissent désormais leurs adversaire du premier tour de l’Euro 2017 et ont une idée du parcours qui s’offre à elles pour aller chercher leur premier titre. Le tirage est plutôt clément mais le statut de tête de série l’assurait quasiment et comme d’habitude la France voit se dresser l’Allemagne sur sa route avant la finale. À condition que tout se passe selon la logique et de remporter enfin un match à élimination directe à l’Euro.

La liste des joueuses convoquées pour affronter l’Espagne à la fin du mois semble indiquer que le groupe ne devrait pas être bouleversé d’ici l’Euro. Mais on attendra avec impatience le retour des internationales des moins de 20 ans actuellement en Papouasie, certaines pouvant sans doute se faire une petite place.

L’Euro 2017 qui se tiendra du 16 juillet au 16 août 2017 aux Pays-Bas sera représentatif des forces en présence en Europe puisque 15 des 16 équipes les mieux classées par la Fifa seront présentes. Seul le Portugal (24e) a pris la place de l’Ukraine (14e)1. En dehors de Pays-Bas, pays hôte2, la composition des chapeaux lors du tirage respecte parfaitement le classement.

C’est comme toujours dans ce cadre contraint de répartition des équipes qu’il faut apprécier la « difficulté » d’un tirage. La France, deuxième européenne et donc tête de série était assurée d’éviter l’Allemagne, seule équipe qui la précède, sextuple tenante du titre et bien sûr grande favorite. Dans le reste du plateau, même « s’il faut se méfier de tout le monde », il ne reste guère que l’Angleterre, les Pays-Bas, la Suède et la Norvège qui puissent gêner les Bleues, et les deux premières étaient aussi tête de série.

Groupe A Points Groupe B Points
Pays-Bas 1902 Allemagne 2112
Norvège 1923 Suède 1995
Danemark 1838 Italie 1847
Belgique 1737 Russie 1762
Groupe C Points Groupe D Points
France 2046 Angleterre 2021
Suisse 1850 Espagne 1861
Islande 1849 Ecosse 1778
Autriche 1747 Portugal 1565

Bref, le groupe C où se trouve l’équipe de France constitue un bon tirage parce qu’il contient l’équipe la moins cotée du second chapeau, la Suisse plutôt que la Suède ou la Norvège. L’Islande et l’Autriche sont plutôt dans le haut de leurs chapeaux respectifs mais à vrai dire il n’y avait pas là de risque de tomber sur des équipes assez fortes pour des Bleues qui assument leur niveau.

L’Angleterre gâtée, pas l’Allemagne

En réalité, c’est l’Allemagne qui a le plus mauvais tirage avec la Suède bien sûr pour la revanche de la finale olympique mais avec en général quasiment l’équipe la plus forte de tous les chapeaux3. Ce qui ne l’empêchera pas de sortir du groupe. A contrario, l’Angleterre s’en tire comme d’habitude avec le tirage le plus simple et l’équipe la plus faible de chaque pot4.

Les Pays-Bas seront sans doute la tête de série la plus en difficulté en raison de leur niveau propre mais aussi de la présence de la Norvège légèrement mieux classée5, le Danemark et la Belgique étant sans doute à leur portée mais on ne sait jamais.

Comme d’habitude aussi, la véritable difficulté du tirage pour une équipe qui veut aller au bout est plutôt à chercher dans la suite du tableau que dans le groupe du premier tour.

Tableau prévisionnel si la logique du classement est respectée
Quarts de finales Demi-finales Finale Vainqueur
Pays-Bas* Pays-Bas* Angleterre Allemagne
Suède
Angleterre Angleterre
Suisse
Allemagne Allemagne Allemagne
Norvège*
France France
Espagne
* En accordant aux Pays-Bas le bonus de 100 points de l’équipe à domicile qui lui permet de passer devant la Norvège et la Suède.

Encore une fois, la France deuxième équipe européenne devrait normalement avoir besoin de battre l’Allemagne pour atteindre la finale. Mais avant cela, il faudra remporter pour la première fois un quart de finale d’Euro au bout de quatre tentatives6, ce qui ferait seulement une troisième victoire en onze matchs à élimination directe dans son histoire. Par ailleurs, même si les deux équipes sont en demi-finales, la France ou l’Allemagne peuvent le faire en prenant des chemins de traverse et en allant visiter l’autre moitié de tableau. En 2013, c’est ce qui s’était passé mais les Bleues n’avaient pas su profiter du chemin dégagé vers la finale.

Pas de révolution en attendant le retour des moins de vingt ans

Sur le papier, c’est contre l’Espagne que la France devrait jouer son quart de finale. Et c’est justement l’adversaire que les joueuses d’Olivier Echouafni rencontreront à la fin du mois pour le prochain match de préparation.

La sélection pour ce match a été annoncée et elle est sans nouveauté. En dehors des arrivées d’Ève Périsset et Aïssatou Tounkara et des retours de Gaëtane Thiney et Camille Catala, les choix d’Olivier Echouafni sont ceux de Philippe Bergerôo.

Il est probable que s’il y a de nouvelles joueuses d’ici l’Euro, elles sont actuellement en Papouasie pour la Coupe du monde M20 et qu’il faudra donc attendre l’année prochaine pour les voir. Sakina Karchaoui et Delphine Cascarino ont déjà été appelées, Marie-Antoinette Katoto est très attendue7 et d’autres pourraient suivre comme Clara Mateo ou Mylène Chavas.

La sélection contre l’Espagne.

Gardiennes : Sarah Bouhaddi (Lyon), Méline Gérard (Lyon), Laëtitia Philippe (Montpellier)

Défenseuses : Laura Agard (Montpellier), Annaig Butel (Juvisy), Laura Georges (PSG), Jessica Houara d’Hommeaux (Lyon), Griedge Mbock (Lyon), Ève Périsset (PSG), Wendie Renard (Lyon), Aissatou Tounkara (Juvisy)

Milieux de terrain : Camille Abily (Lyon), Élise Bussaglia (Wolfsbourg), Kadidiatou Diani (Juvisy), Kheira Hamraoui (Lyon), Claire Lavogez (Lyon), Amel Majri (Lyon), Gaëtane Thiney (Juvisy), Sandie Toletti (Montpellier)

Attaquantes : Camille Catala (Juvisy), Marie-Laure Delie (PSG), Clarisse Le Bihan (Montpellier), Eugénie Le Sommer (Lyon)

Septième journée de D1 2016-2017– Guingamp corrige Marseille

Tronquée par la Coupe du monde M20, la septième journée a confirmé les tendances : Lyon et le PSG ne font pas de faux-pas en haut de tableau, Marseille et Metz ne décollent pas en bas. Au milieu, c’est Guingamp et Bordeaux qui font la bonne affaire dans les deux matchs qui ne concernent pas le duo de tête.

La septième journée de D1 était marquée par le report des matchs Saint-Étienne-Juvisy et Montpellier-Albi à la demande de Juvisy et d’Albi dont plusieurs joueuses sont parties en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour disputer la Coupe du monde des moins de 20 ans1.

En haut de tableau, cela laissait donc le champ libre à Lyon et au PSG pour s’échapper un peu plus. Ce qu’ils n’ont évidemment pas manqué de faire bien que leurs esprits soient sans doute déjà un peu tournés vers la Suisse et le Kazahstan où ils iront cette semaine pour jouer leur seizième de finale de Ligue des Championnes2.

Cristiane a donné la victoire au PSG

Cristiane a donné la victoire au PSG

Lyon se déplaçait à Rodez presque au complet, privé seulement de Delphine Cascarino en Papouasie et des blessées de longue date Aurélie Kaci, Élodie Thomis et Kenza Dali. Le groupe était tellement au complet que Gérard Prêcheur pouvait à nouveau laisser Corine Petit à Lyon.

En face par contre, Sébastien Joseph était nettement plus démuni avec la sélection de Cathy Couturier, la suspension de Sofia Guellati et la nouvelle grave blessure d’Anne-Sophie Ginestet. Le match était l’occasion de la première titularisation de la saison pour Déborah Garcia et Flavie Lemaître, cadres des saisons précédentes et pour la jeune Élise Bonet, arrivée cet été de Lyon.

Les Rafettes résistaient vaillamment mais comme souvent elles devaient se contenter de ne rentrer à la pause qu’avec deux buts d’écarts, marqués par Dzsenifer Marozsan. L’addition se montait finalement à cinq buts, ce qui ne va pas vraiment faire douter des Ruthénoises qui trouveront plutôt des motifs de satisfaction dans la manière dont elles ont résisté à une équipe bâtie pour d’autres dimensions.

Le PSG fait l’essentiel

En pleine transition, le PSG ne devait pas vraiment contrarier Lyon cette saison. Mais jusque là, il fait l’essentiel afin de faire en sorte que comme souvent le titre se joue lors des matchs aller et retour entre les deux équipes, et la qualification obtenue il y a deux ans en Ligue des Championnes rappelle que sur un ou deux matchs, l’histoire n’est pas écrite d’avance.

C’est privé de Grace Geyoro et Marie-Antoinette Katoto3 mais avec Marie-Laure Delie de retour que les Parisiennes se déplaçaient à Soyaux où manquait Anna Clérac et Élodie Nakkach4. Jean Paredes et Nicolas Goursat optaient pour l’occasion pour une défense à cinq où en complément de Marie-Aurèle Awona et Cynthia Viana, Justine Deschamps était préférée à Siga Tandia, titularisée au milieu. Devant, Laura Bourgouin et Pamela Babinga se retrouvaient en duo.

Face à cela, et sans doute en raison des absences, le PSG laissait ses ailes à ses latérales Sabrina Delannoy et Ève Périsset et tentait de forcer la décision dans l’axe où l’on retrouvait en général ses milieux et son duo d’attaque.

C’est finalement sur une erreur de relance et un centre d’Ève Périsset que Romane Munich ne pouvait que repousser que Cristiane ouvrait le score à la demi-heure de jeu. La Brésilienne doublait la marque en seconde période d’une frappe lointaine. Encore une fois son talent venait au secours de son équipe pour faire la décision.

Le PSG a donc fait l’essentiel et reste sur la même ligne que Lyon. Les gardiennes parisiennes n’ont encore encaissé aucun but cette saison en D1. Soyaux ne profite pas de l’occasion pour dépasser Saint-Étienne et se rapprocher de Juvisy mais ce n’était sans doute pas à son programme.

Une joueuse dans le match

Makan Traoré face à Verónica Boquete

Makan Traoré face à Verónica Boquete

Makan Traoré faisait ses grands débuts chez les Bleues pour sa première titularisation en D1 depuis un match à Saint-Étienne avec Le Mans en mai 2011 (en compagnie de ses actuelles coéquipières Marie-Aurèle Awona, Lydia Belkacemi et Laura Bourgouin). Entre temps elle a passé quatre saisons à Lyon pour 310 minutes de D1 et aucune titularisation, puis une saison blanche l’an dernier. Elle s’est appliquée avec sa capitaine Siga Tandia et Julie Thibaud à colmater les brèches et essayer de contenir un milieu parisien en surnombre et comptant en ses rangs Verónica Boquete et Shirley Cruz.

Metz et Marseille à l’arrêt

Depuis le début de saison, à défaut de convaincre et de prendre les points, Marseille avait au moins su ne pas se laisser submerger en dehors des matchs contre Montpellier et Lyon, où il y avait quand même du positif à retenir. Contre Guingamp, Christophe Parra avait beaucoup fait tourner son effectif et le résultat n’a sans doute pas été à la hauteur de ses espérances avec la première large défaite face à une équipe hors du quatuor de tête.

Guingamp a l’expérience l’an dernier d’une saison qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions et sans faire de révolution semble reparti du bon pied cette année. Cette fois le duo Salma Amani-Desire Oparanozie a fait exploser la défense marseillaise. Les Bretonnes se retrouvent à la cinquième place qu’elles occupaient à la fin de la saison 2015. Marseille reste dans la zone de relégation et ne profite pas du match reporté d’Albi.

Bordeaux enfonce Metz

Promu présentant le moins de garantie, Bordeaux continue son bon début de saison, confirmant que même conclue par une défaite, une prestation comme la précédente face à Soyaux était bien prometteuse.

Les Girondines se déplaçaient à Metz qui jouait son troisième match à domicile de suite5 et qui avait une deuxième belle occasion de prendre enfin des points après la réception d’Albi. Mais c’est le même scénario cruel qui s’est reproduit : les Grenates n’ont pas réussi à marquer leur premier but de la saison et l’on s’acheminait vers un 0-0 qui leur aurait au moins donné leur premier point quand Sarah Cambot a obtenu un pénalty. Pire encore, alors que Getter Laar avait repoussé le tir de Maéva Salomon, c’est Margaux Montegut qui a été plus prompte pour pousser le ballon au fond des filets.

Metz reste donc à zéro point et si la situation n’est pas désespérée parce qu’Albi, dernier non relégable, n’est que trois points devant6, il faudra finir par en prendre quelques uns pour se sauver.

Par contre, Bordeaux dépasse Rodez et rejoint Saint-Étienne et Soyaux avec huit points qui constituent un capital intéressant pour un maintien qui ne devrait pas se jouer bien au-delà de la douzaine. Sur les cinq dernières saisons, et en données corrigée du passage à la victoire à trois points et en tenant compte du fait qu’entre 2011 et 2016, il y avait trois relégués, la onzième place du classement n’a dépassé 9 points qu’une seule fois en 2014 où Yzeure en comptait 17. Avant 2012 cette place se jouait à des niveaux plus élevés, entre 15 et 20 points.

Marie-Laure Delie est de retour

Marie-Laure Delie est de retour

Résultats

Guingamp-Marseille 4-0 : Oparanozie 22′, Amani 32′, 85′, 91′

Metz-Bordeaux 0-1 : Montegut 87′

Montpellier-Albi : reporté

Rodez-Lyon 0-5 : Marozsán 31′, 45′, Hegerberg 56′, Abily 57′, Renard 90′

Saint-Étienne-Juvisy : reporté

Soyaux-PSG 0-2 : Cristiane 33′, 66′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 21 7 7 0 0 47 2 45
2 PSG 21 7 7 0 0 19 0 19
3 Montpellier 15 6 5 0 1 18 2 16
4 Juvisy 12 6 4 0 2 22 4 18
5 Guingamp 10 7 3 1 3 10 18 -8
6 Saint-Etienne 8 6 2 2 2 13 10 3
7 Soyaux 8 7 2 2 3 9 19 -10
8 Bordeaux 8 7 2 2 3 7 21 -14
9 Rodez 6 7 1 3 3 8 23 -15
10 Albi 3 6 1 0 5 1 16 -15
11 Marseille 2 7 0 2 5 5 21 -16
12 Metz 0 7 0 0 7 0 23 -23

Sixième journée de D1 2016-2017 – Une question de suprématie

Le PSG a remporté son duel au sommet face à Montpellier et confirme qu’il n’entend pas que sa reconstruction se fasse sans Ligue des Championnes. Lyon et Juvisy ont bien entendu gagné et profitent du faux pas montpelliérain.

Le reste du championnat demeure très serré. Cette fois la bonne opération est pour Saint-Étienne et Soyaux, les Charentaises remportant le premier derby de l’histoire contre Bordeaux, preuve que l’expérience en D1 reste encore un avantage sur le nom du club.

On aura beau tout tenter, perdre des joueuses historiques à Lyon, tout reconstruire au PSG, promouvoir de D2 des équipes qui portent le nom de clubs professionnels, le changement n’est pas pour maintenant : Lyon remporte tous ses matchs avec des écarts indécents, le PSG gagne plus petitement mais assure le minimum pour la Coupe d’Europe et les promus sont en difficultés, seul Albi leur disputant l’une des trois dernières places.

Anaïs Dumont et Sarah Cambot

Anaïs Dumont et Sarah Cambot

Pour la sixième journée, Lyon recevait Guingamp. Bien sûr les Lyonnaises l’ont emporté, on retiendra que Desire Oparanizie a marqué à Méline Gérard le deuxième but encaissé en D1 par l’OL mais que le score était déjà de 7-0. Exceptionnellement, Ada Hegereberg n’a pas marqué mais Eugénie Le Sommer y est allée de son triplé portant son total à 10 buts cette saison.

Guingamp achève sur ce résultat un début de saison qui l’a déjà vu affronter tous les membres du Top 4. Les joueuses de Sarah M’Barek vont maintenant affronter des équipes beaucoup plus à leur portée comme Marseille ou Saint-Étienne lors des deux prochaines journées. Elles le feront à la tête de sept points soit sans doute au moins un de plus que ce qu’elles espéraient à ce moment de la saison. Contre Lyon, c’est Jade Lebastard qui a gardé les buts guingampais pour la première fois de la saison, juste avant de s’envoler pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Coupe du monde M20.

Le PSG emporte le sommet

Avec la fin en queue de poisson du premier cycle de l’ère QSI au PSG sous l’égide de Farid Benstiti, l’actuelle saison est annoncée plus ou moins comme une saison de transition. Le départ de quatre joueuses pour l’OL, la fin de la filière allemande, le changement d’entraîneur, plusieurs éléments accréditent cette thèse. Mais il ne faut pas non plus totalement s’y fier : les Brésiliennes Erika et Cristiane sont restées, Shirley Cruz et Laura Georges qui étaient sur le départ sont finalement encore là et le PSG a recruté Verónica Boquete qui reste l’une des meilleures joueuses d’Europe.

Ce qui étaient peut-être plus difficile à prévoir est la place que prennent les jeunes joueuses formées au club. Grace Geyoro est une joueuse de base du milieu parisien et Marie-Antoinette Katoto est l’attaquante la plus utilisée1 et la meilleure buteuse du club après avoir donné la victoire au PSG dans le match au sommet contre Montpellier. Bien sûr, elle a profité des absences de Marie-Laure Delie et Cristiane pour s’imposer mais elle semble désormais incontournable. Elle aurait sans doute beaucoup manqué au PSG pendant la Coupe du monde M20 mais blessée, elle n’ira finalement pas, remplacée par la Montpelliéraine Valérie Gauvin. Son absence sur blessure pourrait être moins longue que ne l’aurait été la Coupe du monde.

Pour Montpellier, c’est bien sûr un coup d’arrêt. Les Héraultaises ne sont plus la troisième équipe invaincue du championnat. Mais la saison est encore longue et le duo de tête n’a que trois points d’avance.

Pas de répit pour Metz et Albi

Juvisy a profité de son déplacement à Albi pour ne pas enchaîner une deuxième défaite d’affilée. Camille Catala, Clara Mateo et Annaïg Butel ont permis aux Essonniennes de revenir au contact de Montpellier. Après la victoire face à Metz, c’est une nouvelle défaite pour Albi mais ce n’était sans doute pas contre Juvisy que les coéquipières d’Anaïs Arcambal pensaient le plus prendre des points.

Les deux clubs ont obtenus le report de leur prochain match en raison des voyages en Papouasie de Cindy Perrault et Laura Condon d’un côté et de Théa Gréboval et Clara Mateo (et Estelle Cascarino) de l’autre.

La tâche était difficile aussi pour Metz contre une équipe stéphanoise qui fait enfin un début de saison à son niveau supposé. Un doublé de Maëlle Garbino et le cinquième but de la saison d’Audrey Chaumette permettent à Saint-Étienne de prendre la cinquième place en profitant de la défaite de Guingamp qui sera son prochain adversaire puisque le match contre Juvisy est reporté2.

Metz enchaîne sa sixième défaite, n’a toujours pas marqué et en dehors du match contre Albi, a toujours encaissé au moins trois buts. Mathématiquement, la situation n’est pas désespérée puisque la huitième place n’est qu’à deux victoires.

La vie de promue est toujours difficile mais pour sa deuxième apparition à ce niveau, Metz semblait armé pour tenir le rythme avec son effectif empli de joueuses connaissant la D1. Il en va de même pour Marseille, équipe novice mais dont quasiment chaque joueuse connaissait l’élite. Contre Rodez, la mauvaise série a bien failli se poursuivre puisqu’à l’heure de jeu, les Ruthénoises menaient 2-0 grâce à Anne-Marie Banuta et Clara Noiran. Mais grâce à deux penalties de Caroline Pizzala et de Viviane Asseyi dans les arrêts de jeu, Marseille a réussi à arracher un point qui ne le sort pas de la zone rouge mais le rapproche d’Albi. Et surtout, les coéquipières de Nora Coton-Pélagie pourront se servir de ce retour au score comme base de travail pour la suite.

Du côté des Rafettes, c’est la troisième fois qu’elles se font rejoindre au score après les deux premières journées. Elles n’ont pour l’instant battu que Metz et sont assez loin de leurs bons résultats de la saison dernière.

Le derby pour Soyaux

Bordeaux était le promu qui présentait le moins de garantie pour la D1 : pas de recrutement d’une armée de joueuses d’expérience comme Marseille, pas de passé récent en D1 comme Metz, les Girondines de Bordeaux sont encore l’Étoile Sportive Blanquefortaise avec un maillot bleu marine. La plupart des joueuses de l’effectif (et de l’équipe type) portaient déjà le vert de Blanquefort il y a deux saisons. Les recrues de la saison apportent un peu de connaissance de la D1 mais pas énormément. La plus expérimentée est Félicité Hamidouche et ses 70 matchs de D1 avec le CNFE, le PSG et Vendenheim. Les Saint-Maurienne Cindy Ferreira et Maéva Salomon ont joué une demi-saison pour la première et une poignée de match pour la seconde l’an dernier. Et Élisa Launay n’a connu de la D1 que le banc de Montpellier où elle a passé deux saisons avant de revenir à Blanquefort devenu Bordeaux.

Le reste de l’expérience bordelaise vient des anciennes joueuses de Soyaux, Alizée Nadal, Emmanuelle Lacroix, Chloé Billaud et Eva Sumo qui – sauf la dernière plus utilisée en Charente et passée aussi par Yzeure – ont joué quelques matchs en bleu avant de trouver du temps de jeu en D2 à Blanquefort.

Plus que la distance (environ 130 km), c’est cette connexion entre les deux clubs qui fait du match Bordeaux-Soyaux un derby3. Pour cette sixième journée, il ne s’agissait pas du premier derby de l’histoire : Soyaux a fait deux passages en D2 en 2010-2011 et 2012-2013 sous les ordres de Corinne Diacre, où il a rencontré – et battu – quatre fois Blanquefort. Neuf des quatorze joueuses de l’ESB qui ont pris part à la dernière confrontation en mai 2013 sont encore présentes aujourd’hui (à titre de comparaison, seules Anaïs Dumont, Justine Deschamps, Marie-Aurelle Awona et Siga Tandia sont encore à Soyaux).

Les victoires Sojaldiciennes n’étaient à l’époque pas des surprises entre un relégué de D1 visant la remontée immédiate et une équipe de milieu ou bas de tableau.

Maéva Salomon face à Allison Blais

Maéva Salomon face à Allison Blais

Ce week-end, ce n’était même pas la première fois que Bordeaux affrontait Soyaux sous son nouveau nom. L’an dernier, les deux équipes s’étaient rencontrées au deuxième tour de la Coupe de France et les Girondines avaient réalisé l’exploit d’éliminer un club de l’élite : Gwendoline Djebbar avait bien répliqué à Sabrina Barbe (autre ancienne Sojaldicienne) mais les Bordelaises s’étaient imposées aux tirs aux buts.

Pour le premier affrontement entre équipes de D1, on pouvait lire la confrontation sous deux angles opposés. Celui de club professionnel qui accueil un club amateur ou celui du promu qui reçoit un habitué de D1.

Le premier scénario n’est sans doute qu’une question de temps mais c’est bien le second qui a prévalu. Au delà de l’expérience individuelle et collective des deux équipes, Soyaux semble tout simplement avoir encore de meilleures joueuses. Le quatuor offensif composé de Laura Bourgouin, Pamela Babinga, Anna Clérac et Allison Blais n’a sans doute pas d’équivalent à Bordeaux (et Gwendoline Djebbar et Lydia Belkacemi sont actuellement blessées) malgré le talent indéniable de Sarah Cambot, Maéva Salomon ou Juliette Loumagne.

Cette dernière a ouvert le score d’une reprise acrobatique merveilleuse et Sarah Cambot a redonné l’avantage à ses couleurs en début de seconde période à l’issue d’une contre attaque bien menée. Mais il fallait bien un exploit ou un contre pour marquer, le jeu était plutôt du côté de Soyaux.

Une joueuse dans le match

Arrivée du Mans en 2013 en même temps que Lydia Belkacemi, Laura Bourgouin s’est tout de suite imposée à la pointe de l’attaque Sojaldicienne. Annoncée comme la plus petite joueuse du championnat après sa capitaine Anaïs Dumont, son gabarit semble plus un problème pour les observateurs que pour elle sur le terrain. L’an dernier elle a atteint le total de 10 buts en D1 et est désormais régulièrement appelée en équipe de France B.

Contre Bordeaux, elle a su allier précision et opportunisme pour marquer les trois buts de son équipe mais elle a aussi constamment pesé sur la défense bordelaise. À 24 ans, elle est une des valeurs sûres du championnat.

Résultats

Albi-Juvisy 0-3 : Catala 44′, Matéo 57′, Butel 73′

Bordeaux-Soyaux 2-3 : Loumagne 21′, Cambot 58′ ; Bourgouin 39′, 67′, 74′

Lyon-Guingamp 9-1 : Abily 8′, 47′, Majri 11′, Bremer 28′, Kumagai 31′, Lavogez 45′, Le Sommer 63′, 82′, 84′ ; Oparanozie 67′

Metz-Saint-Etienne 0-3 : Garbino 15′, 45′, Chaumette 29′

PSG-Montpellier 1-0 : Katoto 33′

Rodez-Marseille 2-2 : Banuta 51′, Noiran 59′ ; Pizzala 79′, Asseyi 93′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 18 6 6 0 0 42 2 40
2 PSG 18 6 6 0 0 17 0 17
3 Montpellier 15 6 5 0 1 18 2 16
4 Juvisy 12 6 4 0 2 22 4 18
5 Saint-Etienne 8 6 2 2 2 13 10 3
6 Soyaux 8 6 2 2 2 9 17 -8
7 Guingamp 7 6 2 1 3 6 18 -12
8 Rodez 6 6 1 3 2 8 18 -10
9 Bordeaux 5 6 1 2 3 6 21 -15
10 Albi 3 6 1 0 5 1 16 -15
11 Marseille 2 6 0 2 4 5 17 -12
12 Metz 0 6 0 0 6 0 22 -22

La révolution attendra

Après trois matchs sous les ordres du nouveau sélectionneur Olivier Echouafni, la continuité avec le travail de Philippe Bergerôo est patente, tant dans le jeu que dans le choix des joueuses. Sa nomination tardive, l’absence de match à enjeu d’ici l’Euro et la Coupe du monde des moins de 20 ans retardent sans doute l’avènement d’une équipe de France portant vraiment sa marque.

Entre les équipes de France A, B et M20, il a déjà près de 70 joueuses dans son viseur qui formeront à coup sûr la base des Bleues de 2019. Reste à savoir où en sera la transition pour l’étape de l’Euro 2017.

Le troisième match d’Olivier Echouafni à la tête des Bleues a accouché d’un match nul 0-0 assez insipide. Joué à l’extérieur face à une Angleterre cinquième mondiale et arrivée à cette place en sachant faire déjouer les meilleures équipes, ce n’est pas en soi un mauvais résultat. La physionomie du match a même montré essentiellement une équipe anglaise terrée dans sa moitié de terrain et laissant le ballon au Françaises pour tenter de faire la différence en contre attaque.

Mais les Bleues n’ont jamais vraiment été en mesure de faire la différence et après un premier match contre le Brésil qui était de cette teneur et une victoire facile contre la très faible Albanie, Olivier Echouafni marche dans les pas de Philippe Bergerôo.

Wendie Renard faisait son retour contre l'Angleterre.

Wendie Renard faisait son retour contre l'Angleterre.

Ceux qui attendaient une révolution avec le changement de sélectionneur en sont pour leurs frais. Malgré les débuts de trois joueuses1 et le retour de Gaëtane Thiney, les noms sont les mêmes et la manière de jouer est très similaire aussi. Il faut dire que malgré la déception des Jeux Olympiques, il s’agit d’une équipe qui a fait ses preuves en atteignant la troisième place mondiale et en s’approchant assez près du niveau des meilleures que sont l’Allemagne et les États-Unis. Mais l’incapacité à remporter des matchs à élimination directe semble désormais ressortir de la psychose et nécessiter un changement plus radical. Évidemment, cela ne pourra avoir d’intérêt que si l’équipe arrive au moins à se qualifier pour de tels matchs, ce qui suppose de rester à un niveau élevé.

Quelle relève pour la « génération 2005 »

Contre le Brésil et l’Albanie, on pouvait arguer du manque de temps pour expliquer la très grande continuité avec l’équipes de Jeux Olympiques, les nouveautés étant surtout liées à des absences pour cause d’arrêt ou de blessure. Un mois plus tard, on peut supposer que la proximité de la Coupe du monde M20 a pu limiter les options offertes au sélectionneur. Toutefois, la présence de Delphine Cascarino et Sakina Karchaoui sur la feuille de match à Doncaster montre que ce n’est pas rédhibitoire.

La relève de la « génération 20052 » se dessine mais de façon très parcimonieuse. Chaque sélectionneur successif, de Bruno Bini à Olivier Echouafni en passant par Philippe Bergerôo a apporté quelques touches personnelles mais dans les grandes lignes, chacun a toujours conservé l’ossature de l’équipe de son prédécesseur.

Il est certainement erroné d’axer la lecture de cette ossature sur les clubs. Bien entendu, les Bleues actuelles viennent quasi exclusivement de Lyon, du PSG, de Montpellier et de Juvisy, mais ce sont plutôt ces clubs qui piochent en équipe de France que le contraire3. Dans la fameuse équipe de l’Euro 2005, seule Sandrine Dusang jouait à Lyon4 et le club le plus représenté était Juvisy. Mais la moitié des vingt sélectionnées passera ensuite entre Rhône et Saône quand l’OL aura pris à Juvisy le rôle de meilleur club de France.

Concentration des forces

Parmi les 28 joueuses appelées en équipe de France par Olivier Echouafni, 10 seulement ont commencé en équipe première avec le club où elles jouent actuellement5. Il s’agit essentiellement des plus jeunes joueuses. Les autres ont le plus souvent débuté en équipe de France avant de rejoindre une des équipes de tête de D1.

Cela éclaire sans doute sous un autre angle l’impression de stabilité de l’effectif des Bleues : les joueuses ne laissent pas la place en équipe de France parce qu’elles ne la laissent pas en club. Quand un club comme Lyon remporte tout sur son passage, il le doit bien sûr en partie au talent de ses internationales étrangères, de plus en plus nombreuses. Mais les Françaises de son effectif ne sont pas non plus là pour faire le nombre. Le PSG, Montpellier et Juvisy perdent rarement plus d’un match dans la saison contre une autre équipe. Il est assez logique que les sélectionneurs successifs piochent principalement dans les effectifs de ces quatre clubs.

Sur les 77 joueuses convoquées au moins une fois en équipe de France A, B ou M20 depuis le début de saison, on retrouve à peu près tout l’effectif sélectionnable de ces équipes6. Globalement, seules des blessées (Griege Mbock et Laure Boulleau), d’anciennes internationales (Corine Petit, Laetitia Tonazzi, Céline Deville, Sandrine Dusang, Sabrina Delannoy) et de très jeunes joueuses (Julie Piga, Sandy Baltimore, Lina Boussaha) ont joué en D1 sans apparaître dans ces sélections. Et seule Kelly Gadea est apparue en équipe A sans appartenir à un club du quatuor de tête.

Sandie Toletti représente la jeunesse qui doit encore s'imposer chez les Bleues.

Sandie Toletti représente la jeunesse qui doit encore s'imposer chez les Bleues.

Le pouvoir d’attraction de ces clubs est très important : quand des joueuses comme Griedge Mbock, Clarisse Le Bihan ou Clara Mateo émergent, elles se retrouvent assez vite dans l’une de ces quatre équipes.

Ainsi Juvisy et Montpellier seront les deux clubs les plus représentées à la Coupe du monde des moins de 20 ans avec trois joueuses chacun. Mais sur ces six joueuses, seule Sakina Karchaoui a commencé sa carrière en D1 dans son club actuel.

A contrario, quatre joueuses formées à Lyon sont dans cette liste mais seule Delphine Cascarino y joue encore à 19 ans. Cela illustre la difficulté à se faire une place au milieu d’un effectif surdimensionné. Ce n’est pas impossible, Wendie Renard, Amel Majri et donc Delphine Cascarino y sont parvenu, ce qui leur a ouvert les portes des Bleues. Mais peut-être qu’avec un peu plus de possibilité de s’exprimer dans un club de haut niveau, d’autres joueuses pourraient aussi être utiles à l’équipe de France. Ce qui est en train de se passer au PSG est à ce titre très intéressant avec les titularisations régulières de Marie-Antoinette Katoto et Grace Geyoro. La première semble même une postulante très probable pour le prochain Euro.

Quelles joueuses pour l’Euro ?

D’habitude, à quelque jour du tirage au sort de la phase finale d’une compétition internationale, on avait une idée assez précise de la sélection qui la disputerait. Cette fois avec la nomination d’un nouveau sélectionneur, les nombreuses blessures, la Coupe du monde M20 et les chambardement à Lyon et au PSG, l’incertitude est importante. Rien dans les premières listes d’Olivier Echouafni n’indique vraiment de rupture, l’avenir dira si c’était une manière d’arriver en douceur ou la simple marque de la continuité. Peut-être que comme le suggérait il y a quelques mois Philippe Bergerôo, les possibilités ne sont pas si nombreuses et les choix limités.

Cinquième journée de D1 2016-2017 – La bonne affaire pour Montpellier et Albi

Juvisy défait par Montpellier laisse son adversaire s’échapper avec Lyon et le PSG six points devant.

En bas de tableau, Albi a remporté sur le fil sa très importante confrontation contre Metz et profite des nuls dans les matchs entre équipes du « deuxième championnat » pour se replacer à seulement deux points de la sixième place.

Le match entre Lyon et Marseille a beaucoup attiré les lumières médiatiques. Pourtant, c’était sans doute sur le papier l’affiche la moins intéressante de la journée. Entre les décuples championnes de France et championnes d’Europe et les promues qui ne comptent qu’un point, il n’y avait pas de match sur le papier et il n’y en a pas vraiment eu sur le terrain. Bien sûr, les Lyonnaises ont montré de beaux mouvements et les Marseillaises ont fait preuve d’une belle abnégation. C’est souvent le cas dans le matchs de l’OL où l’adversaire n’est jamais à court de motivation. À la fin, il y a donc eu 6-1, Viviane Asseyi a infligé à Lyon son premier but de la saison sur une grossière erreur de Wendie Renard. Mais ni la saison de l’OL ni celle de l’OM ne se jouait au stade Parsemain.

Juvisy s’éloigne de l’Europe

L’importance était toute autre pour l’autre match diffusé1 de la journée et qui opposait Juvisy à Montpellier. Les Essonniennes n’avaient déjà plus tellement le droit à l’erreur dans un championnat où le titre et la place européenne ne jouent généralement entre des équipes qui n’ont pas laissé échapper la victoire dans plus de trois ou quatre matchs. Autant dire qu’avec deux défaites en cinq journées, le quota est déjà pratiquement atteint. Montpellier a globalement contrôlé la rencontre, s’en remettant à un coup franc de Sandie Toletti pour ouvrir le score puis à une action entre Laetitia Tonazzi et Sofia Jakobsson pour s’échapper juste après le repos. Malgré quelques tentatives de Kadidiatou Diani, juvisienne la plus en vue et finalement récompensée par un but, Montpellier conservait son avantage qui lui permet de rester au contact de Lyon avant son prochain choc au Camp des Loges contre le PSG après la trêve internationale.

PSG-Rodez, des équipes amoindries

Ce duel opposera deux des équipes qui ont jusque là remporté tous leurs matchs et qui semblent déjà détachées pour la lutte pour les deux premières places. Car si le PSG a quelque fois semblé en difficulté en début de saison, en particulier lors de son premier tour aller de Coupe d’Europe, il a toujours fait l’essentiel. Contre Rodez, Patrice Lair a conclu la semaine centrée sur le renversement d’une situation mal engagée contre le LSK en Coupe d’Europe de la même manière qu’il l’avait commencée contre Metz : en alignant une équipe mixte où Katarzyna Kiedrzynek était de nouveau remplacée par Loes Geurts, où Laura Georges était encore préservée et où Cristiane succédait Verónica Boquete et Shirley Cruz dans le rôle de la star. Comme d’habitude, Sabrina Delannoy est la seule joueuse du PSG à avoir joué l’intégralité de tous les matchs, Ève Périsset ayant également été cinq fois titulaire.

Charlène Farrugia, Océane Daniel et Anne-Marie Banuta (Rodez)

Charlène Farrugia, Océane Daniel et Anne-Marie Banuta (Rodez)

En face Rodez avait à se remettre de la claque reçue face à Juvisy. L’an dernier, l’équipe de Sébastien Joseph se caractérisait par une très grande stabilité. Cette année, Déborah Garcia n’a pas joué une minute, pas plus que Manon Alard, Marine Haupais est partie à Montpellier et Flavie Lemaître ne fait que des fins de matchs. De l’épine dorsale qui a mené les Ruthénoises à la cinquième place, il ne reste que le milieu de terrain avec Audrey Cugat, Laurie Cance et Solène Barbance2.

À Paris, la première était absente et la seconde sur le banc, comme Anne-Sophie Ginestet. Du coup, Rodez semble encore en rodage et le match était l’occasion de la première titularisation de la saison pour Charlène Farrugia et pour Océane Daniel. C’était même la première titularisation en D1 tout court pour la seconde, transfuge des équipes de jeunes du PSG.

La prestation ruthénoise était cohérente mais insuffisante face à la puissance de la jeune garde parisienne (cinq joueuses de 21 ans ou moins). Et c’est logiquement que Marie-Antoinette Katoto ouvrait le score de la tête sur corner. La touche d’Amérique latine faisait ensuite la différence avec un but de Cristiane, son quatrième de la semaine après son triplé qualificatif en Coupe d’Europe contre le LSK, un autre d’Erika et un dernier de Shirley Cruz.

Guingamp et Bordeaux solides

Derrière ce trio de tête détaché et très proche de Juvisy, on retrouve Guingamp qui n’a pas réussi à venir à bout de Bordeaux. Néanmoins, la saison dernière et la lutte pour le maintien semblent oubliés du côté des Côtes d’Armor. On estime que le maintien devrait se jouer entre 15 et 20 points. Guingamp en a déjà entre le tiers et la moitié.

Si l’équipe de Sarah M’Barek n’a pas pris les trois points, c’est parce qu’elle a été confrontée au promu le plus convaincant. Malgré les inquiétudes nées de la défaite 7-0 face à Saint-Étienne et malgré la défaite 8-0 beaucoup plus logique contre Lyon, Bordeaux fait preuve de beaucoup de constance et a su prendre des points contre des adversaires comme Marseille, Albi et Guingamp. Cette fois, les Girondines ont su faire front après l’ouverture du score un peu heureuse de Louise Fleury. Peu après la mi-temps, Naweal Ouinekh puis Sarah Cambot profitaient d’errements de la défense guingampaise pour donner l’avantage à Bordeaux. Desire Oparanozie égalisait ensuite bien servie par Luce Ndolo Ewele.

Ce point permet à Bordeaux de rester à égalité avec Saint-Étienne et Soyaux qui ont également partagé les points avec un scénario assez similaire où Pamela Babinga et Laura Bourgouin ont répondu à Audrey Chaumette avant que Maëlle Garbino n’égalise. Avec Rodez, cela met quatre équipes à égalité dans une sorte de ventre mou mathématiquement aussi proche de la quatrième place que de la relégation (mais plus concerné par la seconde).

Albi sur la fin

Enfin les deux équipes qui n’avaient concédé que des défaites sans marquer aucun but s’affrontaient. Pour l’occasion, Metz et Albi avaient les honneurs du stade Saint-Symphorien, délaissant le terrain d’Amnéville. Pendant très longtemps on a pu croire que la stérilité offensive perdurerait, donnant leur premier point à chacune des deux équipes. Mais à quelques instants de la fin, Tatiana Solanet profitait d’une contre attaque pour offrir la victoire aux Albigeoises qui prennent les trois points et restent au contact du ventre mou. Pour Metz, la situation se complique. Si jusque là, les joueuses de David Fanzel pouvaient se rassurer en ayant affronté les cinq premiers de la saison dernière, cette défaite à domicile contre une autre équipe en difficulté est plus gênante : c’est dans ce genre de match qu’il faut prendre les points pour le maintien.

Le casse-tête du calendrier

La prochaine journée aura lieu le 30 octobre après la trêve internationale et sera la dernière après une période qui pourrait être anarchique dans le calendrier. Du 13 novembre au 3 décembre aura lieu en Papouasie-Nouvelle-Guinée la Coupe du monde des moins de vingt ans. La France est qualifiée et en dehors de Jade Lebastard, la seconde gardienne de Guingamp et de Pauline Dhaeyer, défenseuse de La Roche-sur-Yon en D2, toutes les autres joueuses sont titulaires en D13. Le règlement indiquant qu’un club ayant deux titulaires absentes pour cause de sélection4 peut demander à reporter son match. Le cas concerne Albi, Metz, Montpellier, Juvisy et le PSG5.

Dans le cas le plus extrême, la septième journée du 6 novembre pourrait se résumer à Rodez-Lyon et Guingamp-Marseille, la huitième à Guingamp-Saint-Étienne et la suivante à Rodez-Guingamp. Ce qui laisserait 14 matchs à replacer. Il est probable que le PSG ne cherchera pas à compliquer son calendrier en demandant ces reports et ses adversaires ne sont pas en position de le faire. C’est moins sûr pour Juvisy et Montpellier qui ont un effectif assez étoffé mais on imagine mal les Essonniennes accepter d’affronter Lyon avec en étant amoindri et laisser passer l’occasion de jouer ce duel à une période où le calendrier lyonnais serait surchargé. Celui de Montpellier semble en revanche plus abordable sans ses internationales.

Par contre, il est presque certain que Metz et Albi demanderont le report (encore que Metz pourrait s’en dispenser pour affronter Lyon afin de ne pas compliquer son propre calendrier pour un match où les absences ne pèseront de toute façon pas très lourd).

Chloé Bornes face à Sarah Palacin

Chloé Bornes face à Sarah Palacin

Résultats

Guingamp-Bordeaux 2-2 : Fleury 20′, Oparanozie 76′ ; Ouinekh 53′, Cambot 57′

Juvisy-Montpellier 1-2 : Diani 94′ ; Toletti 29′, Jakobsson 49′

Marseille-Lyon 1-6 : Asseyi 75′ ; Abily 27′, Le Sommer 32′, 49′, Hegerberg 44′, Majri 63′, Laplacette 65′ (csc)

Metz-Albi 0-1 : Solanet 89′

PSG-Rodez 4-0 : Katoto 24′, Cristiane 52′, Erika 72′, Cruz 86′

Saint-Étienne-Soyaux 2-2 : Chaumette 41′, Garbino 60′ ; Babinga 48′, Bourgouin 59′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 15 5 5 0 0 33 1 32
2 Montpellier 15 5 5 0 0 18 1 17
3 PSG 15 5 5 0 0 16 0 16
4 Juvisy 9 5 3 0 2 19 4 15
5 Guingamp 7 5 2 1 2 5 9 -4
6 Saint-Etienne 5 5 1 2 2 10 10 0
7 Soyaux 5 5 1 2 2 6 15 -9
8 Rodez 5 5 1 2 2 6 16 -10
9 Bordeaux 5 5 1 2 2 4 18 -14
10 Albi 3 5 1 0 4 1 13 -12
11 Marseille 1 5 0 1 4 3 15 -12
12 Metz 0 5 0 0 5 0 19 -19

Quatrième journée de D1 2016-2017 – Rodez subit la loi de Juvisy

La quatrième journée a été une formalité pour les quatre équipes de tête. En particulier, Juvisy a marqué son territoire en pulvérisant Rodez. L’écart se creuse déjà entre ce quatuor et le reste du plateau.

En bas de classement, Albi et Metz n’ont toujours pas pris de point et Marseille à peine plus.

Entre les deux matchs du premier tour de la Coupe d’Europe, les deux représentants français affrontaient pour le compte de la quatrième journée deux promus. L’objectif était donc clairement de prendre les trois points en économisant ses forces. C’était bien sûr le cas pour Lyon qui est bien engagé en Europe avec sa victoire 5-2 au match aller contre Avaldsnes. Avec quelques joueuses au repos pour une mi-temps ou pour le match entier, l’OL n’a pas eu de difficulté pour battre largement Bordeaux 8-0 avec en particulier des doublés de Claire Lavogez et Corine Petit.

La jeunesse du PSG

Le PSG est dans une situation plus délicate après sa défaite 3-1 à Lilleström qui nécessitera de gagner au moins 2-0 jeudi à Charléty. Outre Laure Boulleau, Perle Morroni et Cristiane blessées, Laura Georges et Marie-Laure Delie étaient laissées au repos contre Metz tandis que Katarzyna Kiedrzynek, Irene Paredes et Sarah Palacin prenaient place sur le banc aux côtés des jeunes Lina Boussaha et Sandy Baltimore. Ces dernières entreront en cours de match pour leur première apparition en D1.

Face à la lanterne rouge, Patrice Lair choisissait donc clairement de privilégier le match suivant en misant sur le fait que sa jeune garde suffirait. Il opérait même à deux changements dès la mi-temps comme à son habitude bien que le score ne soit alors que de 1-0.

Ici face à Adeline Janela, Sandy Baltimore a connu son baptême du feu en D1.

Ici face à Adeline Janela, Sandy Baltimore a connu son baptême du feu en D1.

Du côté messin, on notait la première titularisation de Getter Laar en l’absence de Justine Lerond et l’absence au coup d’envoi de toutes les Nord-Américaines. Seule la Canadienne Danielle Rotherham était sur la feuille de match. La défense menée par les expérimentées Simone Jatoba et Mélissa Godart résistait plutôt bien aux assauts parisiens timides et désordonnés. Mais elle craquait une première fois sur une frappe lointaine de Verónica Boquete puis Marie-Antoinette Katoto marquait deux fois à la réception de centres de Sarah Palacin et d’Ève Périsset. Metz finissait à dix après la blessure de Meryll Wenger mais le PSG ne cherchait pas vraiment à pousser son avantage.

Une joueuse dans le match

À 29 ans, elle a tout connu : l’Espagne bien sûr mais aussi les États-Unis, la Suède, l’Allemagne et même la Russie. Elle a remporté la Ligue des Championnes en 2015 face au PSG après avoir perdu la finale précédente avec Tyresö. Elle a remporté les championnats d’Espagne, de Suède et d’Allemagne et elle a même été désignée joueuse de la saison de WPS1 en 2011 devant des joueuses comme Marta, Caroline Seger, Christine Sinclair ou Abby Wambach.

Veronica Boquete

Veronica Boquete

À la lecture de ses états de service, on comprend que Verónica Boquete n’émarge pas à la catégorie des joueuses que le PSG a recruté comme pari sur l’avenir mais plutôt à celle qui doivent encadrer sa jeune garde. Déjà buteuse contre Albi, elle a de nouveau marqué contre Metz, ouvrant cette fois le score avant la mi-temps ce qui évitait aux Parisiennes de trop douter. Après la sortie d’Aminata Diallo, elle a reculé pour organiser le jeu de derrière, venant régulièrement entre ses deux défenseuses centrales pour faire la première relance. Plus encore après la sortie de Shirley Cruz, elle a montré qu’elle était déjà la dépositaire du jeu parisien.

Si le PSG réussit une grande saison, il lui devra certainement même si son expérience allemande des deux dernières saison a été assez mitigée (sauf au niveau du palmarès).

Les favoris se font respecter

Entre le PSG et Lyon, Montpellier tient son rôle de candidat à l’Europe. Face à des Stéphanoises séduisantes, elles ont dû attendre les derniers instants de la dernière minute pour que Marine Haupais ne vienne placer sa tête sur un centre de Sandie Toletti et n’ouvre le score. En deuxième mi-temps, Anouk Dekker doublait la mise à l’issue d’un long cafouillage et Sofia Jakobsson la triplait. Entre temps, Mylène Chavas avait arrêté un pénalty de Laetitia Tonazzi.

Laura Agard, Sofia Jakobsson, Clarisse Le Bihan, Anouk Dekker, Laetitia Tonazzi, Marine Haupais, Marion Romanelli, Sakina Karchaoui, Laetitia Philippe, Sandie Toletti et Lindsey Thomas.

Laura Agard, Sofia Jakobsson, Clarisse Le Bihan, Anouk Dekker, Laetitia Tonazzi, Marine Haupais, Marion Romanelli, Sakina Karchaoui, Laetitia Philippe, Sandie Toletti et Lindsey Thomas.

Juvisy corrige Rodez

Dès la précédente journée, Juvisy était passé devant Rodez mais les Aveyronnaises restaient invaincues comme le trio de tête et au contraire de leurs adversaires du jour. Sans viser vraiment d’entrer dans le premier carré, elles ambitionnaient un peu de le titiller. Mais l’équipe d’Emmanuel Beauchet n’a pas traîné à remettre les pendules à l’heure au stade Paul-Lignon. Ouverture du score à la sixième minute, 3-0 à la demi-heure et 4-0 à la pause, la question de la victoire ne se posait pas longtemps. Mais un quadruplé de Camille Catala et un triplé de Kadidiatou Diani plus tard, le score enflait à 10-0, la plus grosse défaite du RAF en D1.

Juvisy met les bouchées doubles pour revenir dans la course mais il faudra rattraper les points perdus dans les confrontations contre les adversaires directes. Rodez n’est plus invaincu et regrette sans doute encore plus aujourd’hui les points abandonnés contre Soyaux et Saint-Étienne d’autant que la semaine prochaine, c’est le déplacement à Paris qui se profile.

Trois équipes en difficulté

Pour autant, les points déjà pris sont un matelas appréciable, surtout à la vitesse où avancent les équipes du bas de classement. On se doutait que ce n’était pas de son déplacement à Paris que Metz rapporterait ses premiers points. Mais on pouvait imaginer que Marseille et surtout Albi pouvaient profiter de la journée pour décoller.

Ça n’est pas passé loin pour les Marseillaises qui ont longtemps mené à Soyaux après l’ouverture du score de Viviane Asseyi. Mais Laura Bourgouin a d’abord égalisé sur pénalty puis quand on pensait que les deux équipes allaient se quitter sur un score de parité, une autre championne du monde militaire – Paméla Babinga – est venue placer sa tête sur un corner pour donner à Soyaux se première victoire de la saison. La situation n’est pas encore grave pour les joueuses de Christophe Parra dont seule la défaite contre Montpellier l’a été sur un score large et qui ont rivalisé avec une bonne équipe de Soyaux. Mais au classement, elles ne comptent toujours que le point obtenu à Bordeaux.

De son côté, Soyaux rejoint Saint-Étienne et Bordeaux avec quatre points, un point seulement derrière Rodez qui est sixième au classement.

Car la cinquième place est désormais occupée par Guingamp qui est allé l’emporter 2-0 à Albi grâce à des buts de Desire Oparanozie et Salma Amani. Avec deux victoires et deux défaites en ayant déjà joué contre trois des équipes du quatuor de tête, le bilan est très intéressant pour les joueuses de Sarah M’Barek qui sont peut-être plus dans leur veine de 2015 que celle de 2016.

Pour Albi par contre la situation commence à poser problème avec aucun point et aucun but marqué. Ce double zéro était normal après avoir affronté le PSG et Lyon. Il est plus délicat après les réceptions de Bordeaux et Guingamp.

La prochaine journée propose un Metz-Albi dont le perdant sera vraiment en difficulté après seulement cinq journées. Le match au sommet sera la réception de Montpellier par Juvisy. C’est pourquoi France 4 diffusera Marseille-Lyon2.

Résultats

Albi-Guingamp 0-2 : Amani 21’, Oparanozie 61’ pen.

Lyon-Bordeaux 8-0 : Majri 15’, Lavogez 23’, 65’, Hegerberg 29’, Mustaki 47’ csc, Petit 55’, 60’, Bremer 63’

Montpellier-Saint-Étienne 3-0 : Haupais 45’, Dekker 57’, Jakobsson 76’

PSG-Metz 3-0 : Boquete 29’, Katoto 53’, 61’

Rodez-Juvisy 0-10 : Catala 6’, 42’, 77’, 79’, Thiney 20’, Diani 30’, 54’, 66’, Butel 73’, Declercq 85’

Soyaux-Marseille 2-1 : Bourguoin 66’ pen., Babinga 92’ ; Asseyi 23’

Marie-Antoinette Katoto félicite Eve Périsset, passeuse sur son deuxième but.

Marie-Antoinette Katoto félicite Eve Périsset, passeuse sur son deuxième but.

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 12 4 4 0 0 27 0 27
2 Montpellier 12 4 4 0 0 16 0 16
3 PSG 12 4 4 0 0 12 0 12
4 Juvisy 9 4 3 0 1 18 2 16
5 Guingamp 6 4 2 0 2 3 7 -4
6 Rodez 5 4 1 2 1 6 12 -6
7 Saint-Etienne 4 4 1 1 2 8 8 0
8 Soyaux 4 4 1 1 2 4 13 -9
9 Bordeaux 4 4 1 1 2 2 16 -14
10 Marseille 1 4 0 1 3 2 9 -7
11 Albi 0 4 0 0 4 0 13 -13
12 Metz 0 4 0 0 4 0 18 -18

Troisième journée de D1 2016-2017 – Albi et Metz en difficulté

Au bout d’à peine trois journées et on retrouve déjà le classement de la saison dernière pour la première moitié du classement. Derrière le quatuor de tête, Rodez est encore invaincu et confirme sa saison précédente avec une convaincante victoire à Metz. Au contraire, Albi est déjà en difficulté en offrant à Bordeaux sa première victoire en D1.

Trois journées et l’habituel quatuor de tête est déjà reformé. Le trio de clubs professionnels continue à ne compter que des victoires et s’est tranquillement imposé à l’extérieur. Il est désormais suivi par Juvisy qui s’est bien repris avec deux victoires après son faux-pas initial. Pourtant les Essonniennes n’ont pas eu la partie facile face à Soyaux. Elles doivent en grande partie leur victoire à Kadidiatou Diani qui a offert le premier but à Camille Catala et le second à Gaëtane Thiney. Mais entre temps Laura Bourgouin avait égalisé pour Soyaux.

La performance est encourageante pour les Charentaises mais elle ne les fait pas avancer au classement où elles ne comptent toujours qu’un seul point. Après avoir affronté Lyon, Juvisy et Rodez, ce n’est sans doute pas si mal mais les prochains matchs contre Saint-Étienne et Bordeaux seront importants pour éviter de prendre trop de retard.

Jamais les partenaires de Sandrine Dusang n’ont réussi à se mettre à l’abri plus largement mais le résultat final est là qui leur permet de rester au contact du trio de tête et même de remonter à la quatrième place en profitant de ce que les équipes qui les devançaient accueillaient Lyon et le PSG.

Les Vertes de Saint-Étienne ont tenu presque une mi-temps contre l’OL et cèdent finalement sur un score de 4-0 finalement dans la norme des derbies qui font de leur équipe l’une de celle qui généralement résiste le mieux à l’armada lyonnaise.

De même, Guingamp est longtemps resté dans le match face au PSG après avoir cependant encaissé un premier but par Cristiane. Mais un doublé de Marie-Laure Delie et un but d’Erika autour de l’heure de jeu ont donné au score une allure plus prévisible.

Le quatrième membre du quatuor de tête Montpellier se déplaçait quant à lui à Marseille et n’a pas vraiment été mis en difficulté face à un promu certainement mieux armé que la moyenne pour se maintenir mais qui n’est pas encore au niveau des meilleurs.

Rodez confirme

Si ces larges victoires à l’extérieure étaient très prévisible, celle de Rodez l’était nettement moins. Certes Metz comptait deux défaites en deux matchs, mais après avoir affronté Montpellier et Juvisy. Et bien qu’invaincu, Rodez n’avait pas non plus remporté de match face à deux adversaires – Saint-Étienne et Soyaux – nettement moins huppés. Mais il n’y a pas vraiment eu de match. Laurie Cance ouvrait le score dès le début du match et en début de seconde mi-temps, Solène Barbance, Marie De Sousa et Chloé Bornes donnaient de l’ampleur au score. Les Ruthénoises sont donc à nouveau cinquième au classement et sont également l’une des quatre équipe invaincues.

La situation de Metz est bien entendue beaucoup plus difficile avec cette troisième défaite. L’objectif reste de laisser deux équipes derrières mais les autres promues ont eu l’occasion de présenter des copies beaucoup plus convaincantes.

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas : après leur lourde défaite à domicile contre Saint-Étienne, les Bordelaises sont allées gagner à Albi grâce à un but de Sarah Cambot qui les place en plein milieu de classement et constitue déjà un petit pas vers le maintien.

Bordeaux se reprend

Pour ce match, l’entraîneur bordelais Jérôme Dauba avait largement renouvelé sa défense où seule Félicité Hamidouche conservait sa place.

En face, Adolphe Ogouyon alignait à nouveau Aïvi Mitchai en défense centrale à côté de Manon Cazes en l’absence de Manon Rouzies mais revenait à une attaque plus habituelle après l’intermède lyonnais avec le retour de Kimberley Cazeau, Patricia Martinez et Tatiana Solanet.

L’entame de match était plutôt bordelaise et c’est assez logiquement que la meilleure buteuse de D2 l’an dernier, Sarah Cambot ouvrait le score. La suite était l’opposition entre des Albigeoise tentant d’égaliser et des Bordelaises cherchant à conserver leur avantage, plus encore après l’expulsion d’Andrea Lardez en seconde mi-temps.

Le score final est une très mauvaise opération pour Albi qui reste bloqué à zéro point et qui confirme son statut d’équipe vouée à lutter pour le maintien. La prochaine réception de Guingamp et plus encore le déplacement suivant à Metz face à l’autre équipe en difficulté de ce début de saison seront importants pour éviter de prendre un retard trop important.

Résultats

Albi-Bordeaux 0-1 : Cambot 26′

Guingamp-PSG 0-4 : Cristiane 13′, Delie 52′, 69′, Erika 57′

Juvisy-Soyaux 2-1 : Catala 4′, Thiney 54′ ; Bourgouin 31′

Marseille-Montpellier 0-5 : Agard 36′, Léger 43′, Thomas 61′, Gauvin 76′, Jakobsson 91′

Metz-Rodez 0-4 : Cance 2′, Barbance 49′, De Sousa 61′, Bornes 64′

Saint-Étienne-Lyon 0-4 : Abily 44′, Hegerberg 71′, Majri 81′, Kumagai 91′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 9 3 3 0 0 19 0 19
2 Montpellier 9 3 3 0 0 13 0 13
3 PSG 9 3 3 0 0 9 0 9
4 Juvisy 6 3 2 0 1 8 2 6
5 Rodez 5 3 1 2 0 6 2 4
6 Saint-Etienne 4 3 1 1 1 8 5 3
7 Bordeaux 4 3 1 1 1 2 8 -6
8 Guingamp 3 3 1 0 2 1 7 -6
9 Marseille 1 3 0 1 2 1 7 -6
10 Soyaux 1 3 0 1 2 2 12 -10
11 Albi 0 3 0 0 3 0 11 -11
12 Metz 0 3 0 0 3 0 15 -15

Deuxième journée de D1 2016-2017 - Dur apprentissage pour Bordeaux

Après la deuxième journée, Lyon, Montpellier et le PSG sont déjà en tête avec deux victoires et aucun but encaissé. Juvisy se reprend contre Metz et Saint- Étienne étrille Bordeaux ce qui fait qu’avec Guingamp, six équipes seulement ont déjà remporté un match.

Les six autres attendent donc leur première victoire parmi lesquelles les trois promus. Si Marseille a plutôt bien résisté au PSG, Metz et surtout Bordeaux ont largement cédé. L’avenir dira si Saint-Étienne aura plus d’ambition que les saisons précédentes ou si les Girondines doivent s’inquiéter avant de rencontrer des adversaires d’un autre calibre.

Contrairement à la première, la deuxième journée du championnat de France de première division 2016-2017 n’a pas offert de vraie surprise. Les trois clubs professionnels1 ont remporté leur match et sont déjà les seuls à compter deux victoires, et Juvisy s’est repris après son faux pas initial. Une fois cela posé, il ne reste plus que deux matchs qui intéressent le classement de « l’autre championnat ».

Maëlle Garbino a fait passer une mauvaise après-midi à Félicité Hamidouche.

Maëlle Garbino a fait passer une mauvaise après-midi à Félicité Hamidouche.

Lyon a fait jouer sa profondeur de banc en battant largement Albi avec une équipe où seules Camille Abily, Saki Kumagai, Delphine Cascarino et Mylaine Tarrieu avaient conservé leur place de titulaire. Il faut dire que Gérard Prêcheur déplorait de nombreuses absences et faisait débuter des joueuses qui pour cause de blessures n’avaient pas joué entre temps en équipe nationale, que ce soit française pour Jessica Houara et Amel Majri ou allemande pour Pauline Bremer ou Dzsenifer Marozsán. La championne olympique en profitait même pour faire des débuts tonitruants en France avec deux buts et trois passes décisives.

Si l’on ajoute que l’entraîneur lyonnais pu gérer « à la Patrice Lair » en faisant un changement à la mi-temps et deux autres dès l’heure de jeu et qu’Eugénie Le Sommer et la gardienne de la Nouvelle-Zélande Erin Nayler sont restées sur le banc, on voit qu’il ne faudra pas compter sur quelques absences pour prendre en défaut l’OL cette saison.

Albi compte deux défaites et dix buts encaissés mais en débutant par le PSG et l’OL, il n’y avait pas vraiment de points prévus sur le tableau de marche. D’ailleurs Adolphe Ogouyon a beaucoup fait tourner lui aussi entre les deux premières journées. La saison des Albigeoises va vraiment commencer maintenant avec la double réception de Bordeaux et de Guingamp.

La D1 sur de nouveaux terrains

Le match se jouait à Décines à l’ombre du Parc OL sur le nouveau terrain d’honneur et devant près d’un milliers de spectateurs. C’est à peu près la même assistance qui s’est pressée au Camp des Loges pour voir le premier affrontement entre le PSG et l’OM. C’est un des choix forts de Patrice Lair cette saison de jouer au Stade Georges-Lefèvre plutôt que de subir l’absence d’ambiance de Charléty.

Bien que l’ambition marseillaise soit à coup sûr de se mêler au plus vite à la lutte pour le haut de tableau, c’est encore un peu prématuré malgré la présence de six recrues au coup d’envoi dont la dernière arrivée Viviane Asseyi. Le PSG reste encore cette saison le grand favori de ces confrontations. Mais le match aura été plus serré que prévu malgré le retour des Brésiliennes Erika et Cristiane en cours de match puisque les Parisiennes ne l’emportent que d’un petit but marqué par Marie-Laure Delie.

Montpellier reste donc à la deuxième place à la différence de buts après avoir battu Guingamp 3-0 avec un doublé de Sofia Jakobsson et un but de Clarisse Le Bihan, titulaire pour la deuxième fois de suite. Guingamp ne renouvelle pas son exploit de la première journée mais compte sans doute trois poins de plus que son tableau de marche prévisionnel après avoir rencontré Juvisy et Montpellier.

Juvisy se reprend

Les Essonniennes se sont quant à elle vengées sur les promues messines, battues 6-0 avec des doublés de Tatiana Coleman et Gaëtane Thiney. Comme Albi, Metz compte deux défaites (et onze buts encaissés) mais là aussi, c’est ce qui était prévu après avoir affronté Montpellier et Juvisy.

Après être allé cherché le nul à Saint-Étienne, Rodez recevait une équipe de Soyaux fortement secouée par l’OL lors de la première journée. Sébastien Joseph reconduisait quasiment la même équipe que lors de la première journée, c’est-à-dire que Julie Niphon et Clara Noiran étaient à nouveau préférées à Déborah Garcia et Flavie Lemaître. En face, l’équipe sojaldicienne n’était que très légèrement remaniée avec les titularisations de Laura Bourgouin et d’Anna Clérac. Cette dernière répondait en milieu de deuxième mi-temps à l’ouverture du score de Laurie Cance pour donner à Soyaux son premier point de la saison. Rodez est toujours invaincu mais ne compte que deux points après avoir affronté deux adversaires à sa portée, ou au moins à la portée d’un cinquième de D1.

Saint-Étienne donne la leçon à Bordeaux

Maéva Clemaron devance Eva Sumo

Maéva Clemaron devance Eva Sumo

Mais le premier d’entre eux, Saint-Étienne, pourrait bien viser un peu plus haut cette saison. Contrairement à l’habitude, le plus gros score de la journée n’est pas à mettre à l’actif de l’un des membres du quatuor de tête. En déplacement à Bordeaux2, ce sont les Vertes qui ont réalisé le plus gros écart du week-end en l’emportant 7-0. Au bout de vingt minutes, Audrey Chaumette avait déjà inscrit un triplé, et Julie Peruzzetto et Rose Lavaud ajoutaient chacune un but autour de la demi-heure. L’addition était lourde pour des Girondines totalement dépassées et ne parvenant quasiment pas à se porter dans la moitié de terrain adverse.

La deuxième mi-temps rééquilibrait un peu les choses. Bordeaux trouvait enfin quelques possibilités et poussait en fin de match avec les entrées des deux anciennes de Saint-Maur Cindy Ferreira et Maeva Salomon en lieu et place Naweal Ouinekh et Juliette Loumagne mais cela permettait aux Stéphanoises d’ajouter deux nouveaux buts en contre.

Après le nul initial contre Marseille, Bordeaux voit la différence qui peut exister avec une équipe désormais habituée à la D1. Mais la deuxième mi-temps laisse des espoirs. Et l’objectif reste de laisser deux équipes derrière au classement.

En face, les Vertes semblent avoir rapidement fait leur deuil de deux de leurs forces de l’an passé. L’expérimentée défense centrale composée de Sabrina Viguier et de Maria Karlsson est partie, Marion Boishardy est arrivée de Guingamp. Elle était accompagnée contre Bordeaux de la revenante Morgane Courteille qui n’était plus apparue depuis plus d’un an. La charnière a rarement été mise en danger par Sarah Cambot et ses coéquipières, sans doute grâce à la domination stéphanoise et à la mainmise d’Aude Moreau et Maéva Clemaron sur l’entrejeu.

À l’autre bout du terrain, Sarah Palacin n’est plus là. Mais Julie Peruzzetto l’est encore tout comme Audrey Chaumette et Rose Lavaud. Et Maëlle Garbino et Lucie Pingeon sont arrivées. C’est au moins suffisant pour permettre à Saint-Étienne d’obtenir la plus large victoire de son histoire en D1. En attendant plus.

Une joueuse dans le match

Maëlle Garbino

Maëlle Garbino

Sevrée de temps de jeu à Lyon avec seulement cinq matchs de D1 en deux saisons, Maëlle Garbino est allé en chercher dans le Forez tout comme ses anciennes coéquipières Lucie Pingeon et Noémie Carage3. Contre Bordeaux, elle a constamment apporté le danger depuis son aile gauche terminant avec trois passes décisives et un but juste avant de sortir se reposer. Elle a cette saison la lourde tâche de succéder à Sarah Palacin tout en devant soutenir la comparaison avec Rose Lavaud sur l’autre aile. Pour l’instant, le défi est relevé.

Avec des prestations de ce genre, elles devrait accompagner sa coéquipières Mylène Chavas pour la Coupe du monde M20 en Papouasie-Nouvelle Guinée et pourquoi pas postuler ensuite plus haut.

Résultats

Bordeaux-Saint-Étienne 0-7 : Chaumette 3′, 13′, 19′, Peruzzetto 28′, 64′, Lavaud 32′, Garbino 72′

Juvisy-Metz 6-0 : Diani 12′, Thiney 14′, 45′, Coleman 16′, 53′, Butel 80′

Lyon-Albi 6-0 : Marozsán 12′, 70′, Majri 27′, Lavogez 45′, Hegerberg 68′, 75′

Montpellier-Guingamp 3-0 : Jakobsson 6′, 37′, Le Bihan 70′

PSG-Marseille 1-0 : Delie 48′

Rodez-Soyaux 1-1 : Cance 36′ ; Clerac 69′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 6 2 2 0 0 15 0 15
2 Montpellier 6 2 2 0 0 8 0 8
3 PSG 6 2 2 0 0 5 0 5
4 Saint-Etienne 4 2 1 1 0 8 1 7
5 Guingamp 3 2 1 0 1 1 3 -2
6 Juvisy 3 2 1 0 1 6 1 5
7 Rodez 2 2 0 2 0 2 2 0
8 Marseille 1 2 0 1 1 1 2 -1
9 Bordeaux 1 2 0 1 1 1 8 -7
10 Soyaux 1 2 0 1 1 1 10 -9
11 Albi 0 2 0 0 2 0 10 -10
12 Metz 0 2 0 0 2 0 11 -11

Première journée de D1 2016-2017 - Juvisy bute sur Guingamp

Première journée de D1 et les favoris habituels sont déjà tous en place. Tous ? Non, Juvisy a chuté dans les Côtes d’Armor face à Guingamp. Les ambitions essonniennes de lutter avec d’autres armes contre les armadas professionnelles en prennent déjà un coup. Jusqu’à la prochaine journée…

Les matchs de « l’autre championnat » se sont soldés par des matchs nuls en particulier dans le duel de promus entre les Girondines de Bordeaux et les Olympiennes de Marseille qui avait les honneurs de la télévision.

Desire Oparanozie a marqué le but vainqueur pour Guingamp contre Juvisy.

Desire Oparanozie a marqué le but vainqueur pour Guingamp contre Juvisy.

La D1 a repris un peu plus tard que d’habitude, Jeux Olympiques oblige. Et du coup la première journée est immédiatement suivie d’une trêve internationale, la seconde se jouera dans deux semaines.

Pas vraiment de révolution à attendre en haut de tableau bien que l’habituel duopole de tête ait connu de profonds changements. Lyon a perdu une partie de ses joueuses historiques et a compensé en forçant sur le recrutement, en particulier dans les rangs de son principal concurrent. Le PSG a tourné la page Farid Benstiti et ouvre l’ère Patrice Lair avec moins de noms en fin de carrière et plus de jeunes joueuses prometteuses.

La première journée indique que cela ne devrait pas changer grand chose. L’OL est allé s’imposer 9-0 à Angoulême face à Soyaux avec un quintuplé d’Eugénie Le Sommer et la veille au soir, le PSG en avait fait autant à Albi, 4-0 avec un panel de buteuses qui décrit assez bien ce nouveau PSG : une glorieuse ancienne (Shirley Cruz), une jeune future star (Marie-Antoinette Katoto), une internationale A française à la relance (Marie-Laure Delie) et la star du recrutement estival (Veronica Boquete).

Montpellier aspire à retrouver l’Europe et l’a montré à Metz en l’emportant 5-0 ce qui lui permet de se glisser entre Lyon et Paris. Au bout d’un quart d’heure, les Héraultaises menaient déjà 3-0 grâce à Laetitia Tonazzi et Lindsey Thomas par deux fois. Cette dernière est de retour à Montpellier après une saison en Suisse et vient concurrencer Marie-Charlotte Léger et Valérie Gauvin dans le rôle de la jeune avant-centre qui monte.

Des nuls dans le ventre mou

Difficile de distinguer a priori entre la lutte pour la cinquième place et le haut du ventre mou et celle pour le maintien. Sur le papier, huit équipes sont engagées dans les deux. C’est d’autant plus vrai cette saison que les promus sont tous des équipes adossés à des clubs professionnels masculins évoluant en L1, ce qui est donc le cas de 8 équipes sur les 12 engagées en D11. Cela permet en général de disposer de meilleures conditions tant pour les entraînements que pour les déplacements même si les situations sont très disparates selon les clubs. Les promus semblent donc mieux armés cette saison que la précédente où tous étaient redescendus.

Deux clubs seulement descendront cette fois, ce qui assure déjà le maintien d’un promu mais la vraie révolution est le passage à la victoire à trois points. Désormais, la D1 compte les points comme l’ensemble des championnats de la terre. Et si une équipe déclare forfait pour un match, elle est pénalisée d’un point.

Deux matchs opposaient des équipes qui lutteront pour la cinquième place ou le maintien. Rodez, révélation de la saison dernière se déplaçait à Saint-Étienne qui avait fini un point derrière seulement. Les deux équipes se sont neutralisées, Nanmata Traoré répondant pour les Vertes à Clara Noiran qui avait ouvert le score juste après la pause.

Le fait de voir s’affronter des équipes avec des noms de clubs de Ligue 1 n’est pas obligatoirement une bonne chose à tous les points de vue pour la D1 qui à force devient un peu une succursale de la L1 mais c’est efficace sur le plan de la communication.

Pour la première fois, un match opposant deux promus a eu les honneurs d’une diffusion télévisée en direct sur une chaîne nationale. L’Olympique de Marseille se déplaçait au Bouscat pour affronter les Girondines de Bordeaux. Malgré les noms, il s’agissait bien d’un duel de promues qui se sont quittées sur un score nul de 1-1, Pauline Cousin ayant répliqué à Sarah Cambot.

Ces deux nuls font finalement plutôt les affaires des équipes qui comme Albi, Metz ou Soyaux ont perdu dans des matchs qu’elles ne comptaient pas vraiment gagner et qui n’ont qu’un point de retard sur leurs concurrentes.

Guingamp se paie Juvisy

Gaëtane Thiney devance Marine Pervier

Gaëtane Thiney devance Marine Pervier

Toutefois, il y a une équipe de ce championnat à huit qui a remporté la victoire, au dépens d’un membre du quatuor de tête qui plus est. Même si en début de saison dernière Guingamp visait l’intégration à ce premier carré, ce qui a suivi et l’évolution de l’effectif à l’intersaison laissait plutôt entrevoir une lutte pour le maintien.

De son côté, Juvisy annonçait clairement son objectif d’aller chercher une qualification européenne voire le titre. Il s’agit très certainement plus d’un discours volontariste que d’une vraie foi dans la capacité à aller concurrencer de façon durable des équipes avec des moyens nettement supérieurs. Mais si Lyon semble intouchable, Montpellier n’a devancé Juvisy que d’un point la saison dernière et c’était la première fois depuis 2011. Et la reconstruction du PSG peut susciter des ambitions chez ses concurrents bien que le chantier soit mené de façon à ne pas laisser trop de place au doute.

Au stade Fred-Aubert de Saint-Brieuc, Juvisy campait d’entrée dans la moitié de terrain des Bretonnes. Le duo Annaïg Butel-Inès Jaurena contrôlait la situation au milieu malgré les efforts des recrues Evelyn Nwabuoku et Marine Pervier. Mais si les Essonniennes dominaient, elles peinaient à mettre vraiment en danger Maryne Gignoux en dehors de quelques frappes asses facilement contrôlées.

Et comme cela arrive parfois, Desire Oparanozie profitait d’un ballon intercepté à vingt minutes de la fin pour frapper de 25m et lober Céline Deville légèrement avancée. La fin de match était totalement à l’avantage des Juvisiennes mais la défense guingampaise autour de Charlotte Lorgeré et Julie Debever tenait bon. À vrai dire si la pression était forte, cela ne débouchait sur aucune occasion vraiment construite.

Une joueuse dans le match

Clara Matéo

Clara Matéo

La première de Clara Matéo en D1 pour une équipe de haut de tableau était particulièrement attendue. Positionnée sur l’aile droite, il lui faudra près d’une demi-heure pour trouver le rythme, le jeu se faisant plutôt côté gauche entre Camille Catala et Théa Gréboval. Elle a fini par prendre ses marques en finissant la première mi-temps au poste d’avant-centre après permutation avec Tatiana Coleman. Elle touchait beaucoup plus de ballons en seconde période sans réussir à conclure ou à offrir le but égalisateur. Avec Gaëtane Thiney, Camille Catala et Kadidiatou Diani et en attendant Marina Makanza (et Catherine Karadjov), elle constitue une escouade offensive de qualité à laquelle il ne manque qu’une avant-centre du même niveau, Tatiana Coleman se dépensant beaucoup sur le front de l’attaque mais avec un talent moindre que celui de ses partenaires.

Résultats

Albi-PSG 0-4 : Cruz 23′, Katoto 52′, Delie 54′, Boquete 64′

Bordeaux-Marseille 1-1 : Cambot 13′ ; Cousin 33′

Guingamp-Juvisy 1-0 : Oparanozie 73′

Metz-Montpellier 0-5 : Tonazzi 5′, Thomas 8′, 13′, Torrecilla 86′, Jakobsson 89′

Saint-Étienne-Rodez 1-1 : Traoré 75′ ; Noiran 46′

Soyaux-Lyon 0-9 : Le Sommer 5′, 23′, 35′, 69′, 78′, Hegerberg 38′, 79′, Viana 45′ (csc), Lavogez 81′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 3 1 1 0 0 9 0 9
2 Montpellier 3 1 1 0 0 5 0 5
3 PSG 3 1 1 0 0 4 0 4
4 Guingamp 3 1 1 0 0 1 0 1
5 Bordeaux 1 1 0 1 0 1 1 0
6 Marseille 1 1 0 1 0 1 1 0
7 Rodez 1 1 0 1 0 1 1 0
8 Saint-Étienne 1 1 0 1 0 1 1 0
9 Juvisy 0 1 0 0 1 0 1 -1
10 Albi 0 1 0 0 1 0 4 -4
11 Metz 0 1 0 0 1 0 5 -5
12 Soyaux 0 1 0 0 1 0 9 -9
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