Ni buts ni soumises » Blog de filles et d’eau fraîche

C’est qui la meilleure ?

Pour la troisième saison consécutive, la FFF organise le « Trophée de la Meilleure Joueuse de D1 Féminine ». L’initiative est louable pour faire parler de ce championnat, mais le mode de calcul choisi est pour le moins scabreux. C’est actuellement la Guingampaise Julie Morel qui est en tête de ce classement.

Les récompenses individuelles dans un sport collectif comme le football sont sans doute aussi vieilles que le football lui-même. Elles visent sans doute à réussir l’impossible distinction de l’apport de l’individu dans l’équipe. Mais elles sont surtout des outils de communication : le « Ballon d’Or » a été inventé par France Football pour soutenir ses ventes à une période de l’année alors peu mouvementée. Les trophées de l’UNFP sont l’occasion de faire parler du syndicat des joueurs une fois l’an1.

Depuis 2001, ils font une petite place au football féminin en désignant la meilleure joueuse de l’année, d’abord comme étant la meilleure joueuse française puis comme meilleure joueuse du championnat. D’Anne Zenoni en 2001 à Élise Bussaglia en 2011 le palmarès est tout à fait cohérent. Comme pour ces messieurs, l’élection se fait par un vote des pairs, en l’occurrence donc les joueuses de D1.

Mais cette élection ne permet qu’une communication limitée pour la FFF : au moment de l’annonce des trois joueuses finalistes puis le jour de la remise du trophée. Et encore, cette communication est phagocytée par celle sur les récompenses des garçons.

Un classement au fil de la saison

Parallèlement, la FFF a donc mis en place depuis 2009 un classement de la meilleure joueuse de D1 basé sur les performances match après match. Il est donc plus proche dans le principe des notes de l’Equipe ou de l’Étoile d’Or de France Football2. Ainsi la FFF communique régulièrement sur l’évolution du classement, la dernière news nous apprend que c’est la Guingampaise Julie Morel qui est en tête du classement3.

Le Moustic Production)

Julie Morel face à Élise Bussaglia (photo : Le Moustic Production)

Mais ce trophée souffre d’un défaut de naissance rédhibitoire : son mode de calcul est grotesque. Sans doute pour palier le manque d’observateurs neutres sur chaque terrain de D1, et considérant que le délégué du match n’est pas là pour juger des qualités des footballeuses, la fédération s’en remet aux entraîneurs pour noter les joueuses. Pour ne pas leur compliquer trop la tâche, on ne leur demande de distinguer que deux joueuses et pour éviter toute partialité, uniquement dans l’équipe adverse. C’est là que commencent les ennuis : ce système implique que pour chaque match les meilleurs joueuses de chaque équipe vont recevoir le même nombre de points.

FFF, la créativité mathématique

Lors de la 6e journéee, Lyon a battu Muret 11-0. Pourtant la meilleure joueuse de Muret, Audrey Monicolle a obtenu autant de points que la meilleure joueuse de l’OL Louisa Necib. Et quand Juvisy bat Hénin-Beaumont 9-0 lors de la 3e journée, Gwendoline Rossi marque autant de points que Julie Machart pourtant auteuse d’un quadruplé. Bref ce classement ne récompense pas la meilleure joueuse mais la meilleure borgne dans une équipe d’aveugles.

Un palmarès miraculeux

Lors de la première édition, la FFF a eu un énorme coup de chance avec Eugénie Le Sommer qui était à la fois tout à fait crédible comme meilleure joueuse du championnat4 et suffisamment nettement au dessus de ses coéquipières Briochines pour remporter haut la main le titre.

La saison dernière, c’est Élise Bussaglia qui est arrivée en tête, faisant elle aussi le doublé avec les Trophées UNFP. Les mauvaises langues diront que telles les notes de l’Equipe, le classement est suffisamment éditorialisé pour éviter des aberrations trop voyantes en têtes. De fait, soit qu’il y ait un effet de mise en lumière sur la joueuse en tête, soit que les deux premières vainqueuses aient vraiment été au dessus des autres, le palmarès est jusque là relativement cohérent.

Par contre, autant les « nominations » des trophées UNFP (c’est-à-dire les joueuses arrivées juste après lors de l’élection) font assez bonne figure au palmarès, autant les cinq premières de la FFF pour les deux précédentes éditions ressemblent plutôt à un classement des joueuses qui ont surnagé dans des équipes de bas de tableau.

En 2011, on avait :

  1. Élise Bussaglia (PSG)
  2. Julie Morel (Saint-Brieuc)
  3. Cynthia Guého-Djetou (Yzeure)
  4. Claire Guillard (La Roche)
  5. Rose Lavaud (Tououse)

Et en 2010 :

  1. Eugénie Le Sommer (Saint-Brieuc)
  2. Claire Guillard (La Roche)
  3. Madeleine Michèle Ngono Mani (Soyaux)
  4. Delphine Chatelain (Toulouse)
  5. Hoda Lattaf (Montpellier)

Certes ce classement permet de distinguer des joueuses « de club » régulières au fil des saisons comme Claire Guillard ou Julie Morel (cette dernière ayant été barrée la première saison par la présence d’Eugénie Le Sommer dans son équipe), mais il n’est pas du tout pertinent pour obtenir un classement des joueuses de D1 tant il surestime par son calcul les équipes les plus faibles.

Gaëtane Thiney devrait succéder à Élise Bussaglia au palmarès (photo William Morice/Le Moustic Production)

Gaëtane Thiney devrait succéder à Élise Bussaglia au palmarès (photo William Morice/Le Moustic Production)

D’ailleurs, Gaëtane Thiney qui va remporter le titre cette année dit la même chose (elle était à ce moment là en tête du classement) : « Concernant le challenge de la meilleure joueuse de la FFF, je ne suis pas là pour critiquer, mais je pense que le moyen de notation n’est peut-être pas totalement objectif parce que dans ce cas pour qu’une joueuse de Lyon soit élue meilleure joueuse du championnat, il faut qu’elle soit meilleure que toutes les autres joueuses de Lyon à chaque match. Donc je suis contente mais je ne suis pas sûre que ça reflète vraiment le championnat. »

Le classement ni bête ni soumis

C’est pourquoi, je propose un classement alternatif basé uniquement sur des observations objectives : on comptera donc 1pt par titularisation et 2pts par tranche de 90 minutes jouées, cela pour récompenser la régularité en considérant que l’entraîneur connaît son travail et fait jouer les meilleures. On ajoutera 1pt par but et ½pt par passe décisive, on retranchera 1pt par carton jaune et 3pts par carton rouge. Enfin, à chaque match sans but encaissé, on ajoutera 4pts à la gardienne, 2 aux défenseuses et 1 aux milieux.

Bien sûr, quoi que calculé sur la base d’éléments purement factuels, ce classement est totalement arbitraire : le barème est arbitraire, le poste des joueuses est arbitraire, le choix de juger la défense uniquement sur le fait de ne pas prendre de but au cours d’un match l’est aussi. Mais enfin, il faut bien faire des choix.

À l’usage, on verra que le classement avantage plutôt les buteuses et les gardiennes. Si l’on applique ce calcul pour les deux dernières saison, on obtient les classements suivants :

2009-2010

  1. Bérangère Sapowicz (PSG) : 126
  2. Eugénie Le Sommer (Saint-Brieuc) : 122.32
  3. Lara Dickenmann (Lyon) : 118.41
  4. Gaëtane Thiney (Juvisy) : 110.96
  5. Sonia Bompastor (PSG) : 108.03
  6. Audrey Malet (Juvisy) : 107.5
  7. Marie-Laure Delie (Montpellier) : 107.14
  8. Wendie Renard (Lyon) : 103
  9. Katia Cilene Teixeira Da Silva (Lyon) : 102.8
  10. Laure Boulleau (PSG) : 102

2010-2011

  1. Laetitia Tonazzi (Juvisy) : 131.87
  2. Eugénie Le Sommer (Lyon) : 113.87
  3. Louisa Necib (Lyon) : 112.96
  4. Elise Bussaglia (PSG) : 112.67
  5. Marie-Laure Delie (Montpellier) : 110.82
  6. Méline Gérard (Saint-Etienne) : 110
  7. Amélie Coquet (Juvisy) : 109.91
  8. Camille Abily (Lyon) : 107.59
  9. Sabrina Delannoy (PSG) : 104
  10. Gaëtane Thiney (Juvisy) : 101.8
  11. Bérangère Sapowicz (PSG) : 99

On le voit avec les classements d’Eugénie Le Sommer, le fait de jouer à Lyon plutôt qu’à Saint-Brieuc est nettement moins pénalisant.

Et pour l’année en cours, le classement est le suivant :

  1. Gaëtane Thiney (Juvisy) : 79.9
  2. Eugénie Le Sommer (Lyon) : 78.64
  3. Lotta Schelin (Lyon) : 76.08
  4. Camille Abily (Lyon) : 70.73
  5. Kelly Gadea (Montpellier) : 67
  6. Nelly Guilbert (Juvisy) : 67
  7. Laëtitia Philippe (Montpellier) : 64
  8. Amélie Coquet (Juvisy) : 63.08
  9. Sarah Bouhaddi (Lyon) : 63
  10. Kenza Dali (PSG) : 62.31
  1. L’autre apparition de l’UNFP dans l’actualité étant son équipe de footballeurs au chômage qui cherchent à se recaser.
  2. Son mode de calcul est d’ailleurs assez proche du système historique de FF pour les divisions inférieures.
  3. Julie Morel vire en tête sur le site de la FFF.
  4. Même si l’impact de Camille Abily et de Sonia Bompastor sur les résultats du PSG avant leur retour aux Amériques en faisaient sans doute des candidates tout aussi crédibles. Mais leur absence était certainement plus aberrantes lors des trophées UNFP que d’un classement basé sur la régularité.

11e journée de D1 : Un coup pour rien

Avec des résultats nuls 1-1 dans les deux matchs au sommet, la manche décisive pour le titre est reportée à plus tard1. Juvisy est champion d’automne tandis que les promues de Muret et de Soyaux sont en grande difficulté.

Les réactions au coup de sifflet final ne laissent aucun doute : les Lyonnaises qui filent au vestiaire le visage fermé pendant que les Juvisiennes se congratulent et restent pour saluer le public2. Bref, le match nul est une victoire pour Juvisy. Le maintien à la première place du classement est sans doute une explication. La position d’ultra favorite de l’OL en est une autre. Chaque équipe arrive dans ses petits souliers pour jouer à Lyon, qui plus est à Gerland. Il faut dire que les précédents adversaires de l’OL cette saison sont repartis avec entre 6 et 11 buts dans les valises, Coupe d’Europe comprise et que Juvisy en avait encaissé 6 et 7 pour ses deux dernières visites.

Mais contrairement à l’an dernier, Juvisy a semblé cette fois ci avoir un vrai plan de jeu pour utiliser le ballon. Ou alors Lyon a moins réussi à l’empêcher de jouer. Laetitia Tonazzi en pointe chargée de tenir le ballon et d’occuper la défense centrale, Inès Dhaou en soutien dans l’axe pour permettre à son équipe de remonter et Gaëtane Thiney occupant le côté gauche, il n’y a finalement qu’Amélie Coquet qui n’a pas réussi à mettre le doute dans la défense Lyonnaise.

En face, Patrice Lair alignait une équipe assez proche de son équipe type, si ce n’était la présence d’Aurélie Kaci arrière droite préférée à Corine Petit-Franco. Comme souvent dans les grands matchs, Sonia Bompastor, Camille Abily et surtout Amandine Henry ont été au rendez-vous, cette dernière finissant la partie arrière droite dans un duel épique avec Gaëtane Thiney. Mais la joueuse du match côté lyonnais restera sans doute Eugénie Le Sommer auteuse de l’égalisation.

Lyon a assez nettement dominé dans la conduite du jeu et au nombre d’occasions mais comme contre Paris et Montpellier, les barres et la gardienne n’ont pas permis aux Lyonnaises de remporter le match. Il est d’autant plus regrettable pour la gardienne de Juvisy Audrey Malet d’encaisser un but sur un légère faute de main qui ternit un peu une très bonne prestation, en particulier dans sa lecture du jeu pour venir intercepter les ballons en profondeur et compenser la relative lenteur de sa charnière centrale.

Juvisy a été beaucoup plus réaliste en obtenant un pénalty sur un contre de l’inévitable Laetitia Tonazzi, et aurait même pu l’emporter à l’issue d’un autre contre où l’entrante Stéphanie Léocadie a trouvé la barre.

Les autres matchs

Ce résultat donnait la possibilité à Montpellier de prendre la tête du championnat. Mais pour cela, il fallait l’emporter sur la pelouse du Camp des Loges face au PSG. Menées à la mi-temps sur un but d’Alexandra Long, les Montpelliéraines ont finalement décroché le nul grâce à la récente internationale Kelly Gadéa. Statu quo en tête donc.

Saint-Étienne en chasse-patate

11 points derrière le PSG, on retrouve Yzeure, Vendenheim, Guingamp et Rodez un point plus loin. Les deux premières ont fait match nul 2-2 pendant que Guingamp l’emportait à Soyaux 4-1 et que Rodez battait Hénin-Beaumont 3-1. Entre le groupe de tête et ce ventre mou, Saint-Étienne se trouve isolé au milieu après victoire 5-0 à Muret. Pour les Vertes d’Astrid Chazal (un doublé aujoud’hui), le quatuor de tête semble un peu trop haut, mais le reste du plateau semble nettement en dessous. Reste à consolider au moins cette cinquième place et continuer à faire des coups : Saint-Étienne reste la seule équipe à avoir battu Juvisy, si elle n’est plus seule à lui avoir pris des points.

Enfin, comme Hénin-Beaumont, Muret et Soyaux ont encore perdu, ces équipes décrochent un peu plus : il y a maintenant 9 points entre Soyaux et la 9e place de Rodez, la dernière avant la relégation.

La semaine prochaine, 12e journée, la première des matchs retours et la dernière avant une trêve d’un mois. Le match phare de la journée se jouera entre Muret et Soyaux : l’équipe vaincue – s’il y en a une – pourra sérieusement commencer à le retour à l’étage du dessous.

Juvisy et Lyon, des amis de 20 ans

À quelques jours du match au sommet du championnat de France de D1, retour sur l’histoire commune des équipes de Lyon et de Juvisy pour voir que l’antagonisme ne date pas d’hier et que le costume du patron n’a pas toujours été sur les mêmes épaules.

Suivant les points de vue, on a les sombres forces de l’argent contre les valeurs morales, ou l’amateurisme archaïque contre le moteur du développement du football féminin.

Tandis que les mots doux fleurissent entre Patrice Lair et Marie-Christine Terroni, respectivement entraîneur de l’un et présidente de l’autre, la réalité de l’opposition entre Lyon et Juvisy est sans doute plus nuancée.

Une domination partagée dans les années 90

Lors de la saison 1991, le FC Lyon de Marie-Christine Umdenstock remporte son premier titre de champion de France aux tirs aux buts, mettant fin à la suprématie de sa victime du jour, la VGA Saint-Maur qui venait de remporter 6 titres sur les 8 derniers et qui avait atteint la finale en battant les voisines de Juvisy en demi-finales.
La saison suivante, le Juvisy d’Aline Riera, Hélène Hillion et Sandrine Fusier ouvre à son tour son palmarès contre Saint-Brieuc.

En 1992, le championnat se joue pour la première fois sous la forme d’une poule unique et couronne l’équipe Lyonnaise emmenée par la fabuleuse joueuse russe Irine Grigorieva, devant le FCF Juvisy. Suit une alternance de titres entre les deux équipes jusqu’au début de la domination du Toulouse OAC en 1999 : quatre titres chacun en huit saisons.

À partir de la saison 2000, le championnat se termine par un « tournoi final » opposant les quatre premières de la saison en matchs aller sans retour. En 2001 et 2002, si c’est Toulouse qui est sacré, c’est Juvisy qui avait remporté la saison régulière.

Juvisy prend sa revanche en 2003 en remportant le titre, tout en ayant été devancé par Toulouse en phase régulière. Un peu en retrait, le FC Lyon a malgré tout réussi à être présent à toutes les éditions du tournoi final.

Autant dire que quand le FCF Lyon devient l’Olympique Lyonnais lors de l’été 2004, Juvisy et Lyon ont déjà un long passé commun et sont les deux meilleures équipes des quinze dernières années même si elles sont rattrapées par Toulouse et Montpellier.

Juvisy-Lyon, quelques confrontations

Tournoi final de D1 2003-2004 - 2e journée - Lyon-Juvisy 3-2

Le 6 juin 2004, le FCF Lyon accueille le FCF Juvisy champion en titre pour la deuxième journée du tournoi final. Les deux équipes ont fini 3e et 4e de la saison régulière mais ont remporté leur premier matchs contre les favorites de Toulouse et Montpellier. Lyon peut même remporter son 5e titre en cas de victoire si pendant ce temps Toulouse et Montpellier font match nul.

Les coéquipières de Cécile Locatelli dominent le match et mènent 3-0 à l’heure de jeu grâce à un doublé – déjà – de Sandrine Brétigny et un but de Claire Morel. Mais Laetitia Tonazzi – déjà – relance le match d’un doublé dans les dernières minutes. Pour Lyon il ne fallait pas que le match dure plus longtemps.

William Morice/Le Moustic Production

Photos : William Morice/Le Moustic Production

Il n’aurait d’ailleurs pas fallu que l’autre match de la journée dure aussi longtemps : une fois le match fini à Gerland, les téléphones chauffent pour connaître le résultat de Toulouse- Montpellier. On joue les arrêts de jeu, il y a toujours 0-0, Lyon est champion. Mais un but de Ludivine Diguelman laisse Montpellier dans la course, qui remportera le titre la semaine suivante.

Ce que l’on ne sait pas encore, c’est que le FCF Lyon deviendra l’OL au cours de l’été et qu’il s’agissait là de son dernier match à domicile et de sa dernière victoire. Pour l’anecdote, les Lyonnaises portaient bien ce jour là un short siglé « Olympique Lyonnais », mais il s’agissait juste d’un achat à la boutique située à quelques centaines de mètres.

Championnat de France de D1 2004-2005 - 16e journée - Lyon-Juvisy 3-0

La saison suivante, Juvisy et Montpellier sont au coude à coude pour le titre au début de cette 16e journée. Juvisy a commencé à bâtir l’invincible armada qui écrasera tout sur son passage la saison suivante en faisant revenir des États-Unis Marinette Pichon et Stéphanie Mugneret-Béghé.

L’arrivée de l’OL s’est faite sur la pointe des pieds avec un effectif inchangé mais lors de la trêve hivernale le club frappe un grand coup en engageant 5 internationales américaines : Hope Solo, Danielle Slaton, Lorrie Fair, Aly Wagner et Christie Welsh. Pour se faire une idée de l’événement, il faut imaginer le FC Bruges engageant Pepe Reina, Sergio Ramos, Cesc Fabregas, Juan Mata et Fernando Torres.

Lyon devient du coup largement favori pour la fin du championnat, mais le retard est tel que le titre est à peu près déjà perdu. D’autant plus que la semaine précédente, l’OL n’a pu aligner que Hope Solo et Christie Welsh (les autres recrues n’étant pas qualifiées) contre Montpellier et a perdu 1-0.

Le Lyon-Juvisy du 6 février 2005 est donc le premier match de l’Olympique d’Amérique. Sur le terrain, Juvisy est balayé comme il ne l’a jamais été, Aly Wagner éblouit les 600 spectateurs présents (grosse affluence pour l’époque).

Juvisy ne digérera jamais vraiment cette défaite qui lui coûte le titre et qui est d’autant plus vécue comme une injustice que Montpellier n’a pas eu à affronter les recrues américaines de l’OL. Mais il prendra sa revanche en finale du Challenge de France aux tirs aux buts.

L’aventure américaine de l’OL sera éphémère : Aly Wagner ne jouera au total que 3 matchs et toutes repartiront en fin de saison après une ultime défaite dans un match sans enjeu contre le CNFE : 5-1 avec un quadruplé d’Élodie Thomis et un but de Louisa Necib.

Championnat de France de D1 2005-2006 - 19e journée - Juvisy-Lyon 4-0

Un an plus tard, l’OL est revenu à l’ordinaire malgré le recrutement de trois joueuses sud-américaines (dont Shirley Cruz et Simone Gomes Jatoba, moins clinquantes mais plus utiles dans la durée) et émarge à 25 points de son adversaire du jour.

Il faut dire que Juvisy s’est fabriqué une équipe d’internationales avec les arrivées d’Anne-Laure Casseleux et d’Amélie Coquet qui viennent d’ajouter aux Sandrine Capy, Nelly Guilbert, Élise Bussaglia, Alexandra Guiné, Peggy Provost, Sandrine Soubeyrand, Marinette Pichon et Laetita Tonazzi.

18 victoires en 18 matchs, 12 points d’avances sur Montpellier, Juvisy survole le championnat. La partie s’annonce déséquilibrée et Juvisy prend sans surprise une revanche éclatante sur la saison précédente. La Brésilienne Simone marque contre son camp en début de match avant que les inévitables Laetitia Tonazzi (deux fois) et Marinette Pichon ne donnent plus d’ampleur à la victoire en deuxième mi-temps.

Juvisy ne concédera finalement qu’une défaite lors de la journée suivante contre Montpellier et remportera cette saison là son 6e titre, égalant le record de la VGA Saint-Maur. Marinette Pichon aura marqué 36 buts en 22 journées, soit deux de moins que la saison précédente.

Championnat de France de D1 2006-2007 - 2e journée - Lyon-Juvisy 0-1

Pour conserver son titre et disputer la Coupe d’Europe, Juvisy est allé chercher la jeune gardienne internationale du TFC Sarah Bouhaddi. Mais l’OL a décidé qu’il était temps de commencer à gagner et que cela passait par le recrutement de joueuses habituées aux joutes de la D1. Comme quelques années plus tôt, Montpellier était allé chercher Sonia Bompastor, Camille Abily et Hoda Lattaf à la Roche et que cela lui avait réussi (deux titres remportés), l’OL les fait venir à son tour ainsi que Laure Lepailleur.

L’effectif de Lyon rivalise désormais avec celui de Juvisy. Mais en ce début de saison, l’expérience est encore du côté noir et blanc. Et comme souvent, c’est Laetitia Tonazzi qui donne la victoire à son équipe dans ce match à enjeu, d’une frappe de 25 mètres.

Cette défaite sera la dernière de l’OL jusqu’à une défaite contre Duisbourg au printemps 2009, et en championnat l’invincibilité durera plus de trois ans (et 70 matchs) jusqu’au 15 novembre 2009 et une défaite 3-1 à Hénin-Beaumont.

Championnat de France de D1 2006-2007 - 12e journée - Juvisy-Lyon 1-2

Lors du match retour, Lyon est monté en puissance et ne compte que deux points de retard sur Juvisy. Bien qu’il reste une dizaine de journée et que Montpellier soit en embuscade, on sent que ce match sera décisif pour le titre. Une victoire de Juvisy et le titre sera quasiment en poche, une victoire de Lyon et on commencera à changer d’ère.

Simone ouvre rapidement la marque mais Juvisy n’a pas le temps de douter grâce à Marinette Pichon qui égalise. En deuxième mi-temps, Lyon accentue la pression et c’est Sandrine Brétigny entrée à l’heure de jeu qui donne la victoire à l’OL et lui permet de prendre la tête du championnat. Cette saison là, elle réussira même à battre le record de Marinette Pichon en marquant 42 buts en 21 matchs joués.

Championnat de France de D1 2007-2008 - 20e journée - Juvisy-Lyon 1-1

Lors de la saison 2007-2008, les oppositions entre les deux clubs ne sont pas inoubliables par le jeu développé mais par des événements liés.

Au match aller, Juvisy dépose un recours sur la qualification de la gardienne Émeline Mainguy. Véronique Pons blessée et Alexandra Muci ayant joué avec la réserve, il n’y a pas de gardienne disponible. C’est donc Océane Caïraty qui joue gardienne « parce que c’est la plus grande disponible », alors qu’elle n’avait jamais enfilé les gants jusque là. S’en suit un triste 0-0 où les lyonnaises cherchent surtout à jouer le plus loin possible de leur but.

Au match retour, l’OL qui s’est encore renforcé cette saison là (arrivée de Laura Georges, Élodie Thomis, Louisa Necib tandis que Juvisy perdait Marinette Pichon) compte 7 points d’avance sur Juvisy. Un nul suffit donc pour assurer le titre. À l’issue d’un match tendu et pauvre en occasions, Hoda Lattaf répond à Amélie Coquet et permet à l’OL de remporter son 2e titre, le 6e si l’on compte ceux du FC Lyon, soit autant que Juvisy.

Championnat de France de D1 2009-2010 - 6e journée - Lyon-Juvisy 6-1

Lyon et Juvisy ne sont plus réellement des concurrentes directes pour le titre mais les oppositions restent assez serrées, malgré une victoire 4-1 de l’OL à Juvisy en 2008-2009.

Le 8 novembre 2009, Lyon accueille Juvisy au stade de Gerland qui reçoit là une de ses premiers match de première division féminine. Fait exceptionnel, ce n’est pas Juvisy qui est le concurrent direct de l’OL, ni même Montpellier mais le PSG qui a réussi le gros coup de faire revenir Camille Abily et Sonia Bompastor des États-Unis pour une demi-saison durant laquelle l’équipe parisienne sera la meilleure du championnat.

Du côté de Lyon, on sait que le PSG marquera le pas en deuxième partie de saison, mais il ne faut pas se laisser distancer et donc ne pas perdre de points contre Juvisy, qui de son côté cherche à accrocher la deuxième place nouvellement qualificative pour la Coupe d’Europe.

Des triplés de Lotta Schelin et de Katia vont torpiller les ambitions juvisiennes et infliger au club de l’Essonne la plus lourde défaite de son histoire, un score qu’il est plus habitué à donner qu’à recevoir. En l’absence de Laetitia Tonazzi, c’est Virginie Bourdille-Mendes qui sauvera l’honneur.

La saison suivante, l’OL marquera même un but de plus, montrant l’écart qui se creuse entre les deux clubs.

Championnat de France de D1 2009-2010 - 16e journée - Juvisy-Lyon 2-0

Entre temps Juvisy aura malgré tout eu l’occasion de montrer que le petit peut encore manger le gros.

Lyon vit une saison 2010 paradoxale qui l’emmènera en finale de Coupe d’Europe, perdue aux tirs aux buts contre Potsdam mais avec une qualité de jeu plus que suspecte et une défaite 3-1 à Hénin-Beaumont, pas un adversaire direct loin de là.

Eric Baledent (Le Moustic Production)

Photos : Eric Baledent (Le Moustic Production)

Juvisy n’a plus les mêmes moyens mais reste à portée du PSG pour la deuxième place et compte bien prendre sa revanche sur la claque de l’aller.

Dans une deuxième mi-temps de feu, Laetitia Tonazzi (encore elle) et Julie Machart font subir à l’OL sa deuxième défaite de la saison (la dernière en date).

Profitant de cet élan, Juvisy battra le PSG et lui ravira la place en Coupe d’Europe.

La saison dernière, Lyon a facilement remporté les deux confrontations en championnat (3-1 et 7-1) mais la qualification de Juvisy en quart de finales du Challenge de France est venue rappeler que sur un match, l’écart n’était pas si grand.

10e journée de D1 : Veillées d’armes

Pas de surprise pour la 10e journée du championnat. Les équipes de têtes affûtent leurs armes avant les chocs du week-end prochain.

Quand les trois derniers affrontent trois des quatre équipes de têtes, l’addition se monte à 20-0. Au jeu des cartons, c’est comme d’habitude l’OL qui l’emporte en battant Soyaux 8-01 avec les deux premiers buts de Rosana. Mais Montpellier a fait subir le même sort à Muret. Le PSG n’en a fait que la moitié face Hénin-Beaumont, stoppé après deux victoires mais c’était prévisible.

C’est finalement le leader Juvisien qui aura eu le plus de mal ce dimanche, contre un adversaire sans doute plus consistant : Yzeure avait jusque là un bilan équilibré (3 victoires, 3 nuls, 3 défaites). Laetitia Tonazzi et Gaëtane Thiney ont permis à Juivsy de l’emporter 2-1.

William Morice/Le Moustic Production

Photos d'archive : William Morice/Le Moustic Production

Saint-Etienne avait l’occasion de rester au contact du quatuor de tête avant de tenter de s’y immiscer à la faveur du match en retard de la première journée qui aura lieu ce mercredi. Mais les Stéphanoises ont été tenues en échec 1-1 par Guingamp. Le but des bretonnes a été marqué par Michèle Ngono Mani, ancienne Stéphanoise et recrue de fraîche date de Guingamp, puisqu’elle est arrivée la semaine dernière de Monteux où elle jouait en D2 depuis le début de la saison2. La verte Bleue Camille Catala a égalisé sur pénalty.

Dans le dernier match, Vendenheim a pris de précieux points pour le maintien contre un concurrent direct en battant Rodez 2-1.

Cette journée n’était de toute façon qu’une journée de transition pour permettre aux internationales de se remettre en jambes en attendant la prochaine journée qui verra les quatre équipes de têtes se rencontrer : Lyon recevra Juvisy le samedi à 18h45 en direct sur France 4 puis le PSG recevra Montpellier le dimanche à 15h. Toutes sauf le PSG peuvent être désignées à cette occasion championnes d’automne.

La tournée du patron

Bilan presque trop beau pour les Bleues dans une tournée aux Antilles conçue autant comme une session de travail que comme une récompense pour les demi-finalistes de la Coupe du monde.

Un soir de victoire 5-1 contre la Pologne à Poznan, le sélectionneur Michel Platini avait fait la fine bouche : « 3-1, c’est bien, c’est qu’on a été bon. 5-1 c’est que l’adversaire a été mauvais ».

C’est le genre de réflexion que pourrait faire Bruno Bini après les deux larges victoires de l’équipe de France contre l’Uruguay (8-0) et contre le Mexique (5-0). Et si le faible niveau de la Celeste ne fait pas de doute, le Mexique était annoncé comme un adversaire difficile, vainqueur des États-Unis en tournoi qualificatif à la Coupe du monde où il avait fait plutôt bonne figure (nul contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, courte défaite contre le Japon).

Entre l’épouvantail annoncé et le faire valoir que laisserait croire le score, la vérité est sans doute intermédiaire : le Mexique est une équipe en construction avec pas mal de jeunes joueuses et la motivation pour un match amical en Martinique n’est pas la même que pour un match qualificatif à Cancún.

Mais le 5-0 est trompeur car il met plus la lumière sur la faiblesse supposée de l’adversaire que sur la qualité de l’équipe de France. Et on a pourtant vu une très belle équipe de France, capable comme toujours de très beaux mouvements, de maîtriser les changements de rythmes sous un climat qui ne permettait pas d’accélérer pendant 90 minutes, et surtout traduire sa domination au score.

Comme un air de déjà vu

Une tournée aux Antilles à l’automne précédant une grande compétition internationale, le parallèle était tentant celle de l’équipe de Raymond Domenech en 2005, il ne manquait ni la décision assez tardive, ni les grincements de dents de l’entraîneur de l’OL. Mais si cela avait été en quelque sorte le début de l’aventure Allemande pour les garçons dont le groupe s’était sans doute cimenté là, pour les filles cela ressemble à la conclusion de la Coupe du monde en Allemagne.

Noël Le Graet, président de la FFF l’a présenté comme une « récompense » aux Bleues pour leur demi-finale et les 17 joueuses parties en tournée faisaient bien partie de la liste lors de la Coupe du monde1. D’ailleurs il n’y a pas vraiment besoin de construire un groupe qui existe déjà, c’est même l’une des préoccupations majeures de Bruno Bini. Mais cela permet de l’entretenir.

L’émotion était bien entendue beaucoup plus forte pour les joueuses originaires de Guadeloupe (Laura Georges) et de Martinique (Wendie Renard et Élodie Thomis, même si elle est née à Colombes). Chacune a d’ailleurs eu l’occasion de porter le brassard.

Rotation à l’arrière

Sur le plan du jeu, on n’aura du coup pas vu beaucoup de nouveautés, mais quelques variantes. Tout d’abord la malédiction de l’arrière droite a encore frappé avant le match contre le Mexique avec les blessures de Laure Lepailleur et de Corine Franco, obligeant Wendie Renard à déserter l’axe pour montrer qu’elle savait aussi jouer latérale, agrémentant une impeccable prestation défensive de nombreuses montées et d’un but de vraie ailière.

Par ricochet, on a aussi pu voir que la rotation en défense centrale était potentiellement sans limite : Sabrina Viguier à la maison, Wendie Renard à droite, Laure Lepailleur préservée, Laura Georges sortie à la mi-temps, il ne restait plus aucune habituée du poste pour tenir compagnie à Ophélie Meilleroux. La place a donc été occupée successivement par Sandrine Soubeyrand (qui a joué quelques saisons à ce poste à Juvisy) et par Sonia Bompastor (qui ne devait y avoir joué qu’une seule fois en sélection, lors d’une défaite assez laide contre les Pays-Bas).

Contrecoup du contrecoup, cela a aussi permis de confirmer qu’une solution pour faire jouer à la fois Élise Bussaglia, Camille Abily, Louisa Necib et Gaëtane Thiney était peut-être de mettre les deux premières à la récupération. Cela suppose de se passer de la capitaine Sandrine Soubeyrand, mais c’est une solution qui a régulièrement été employée en cours de match lors de la Coupe du monde.

L’ouverture du groupe déjà entrevue contre le Pays de Galles et Israël se poursuivra sans doute au printemps avec le retour des éliminatoires de l’Euro et les matchs contre l’Écosse, et peut-être enfin un match contre une équipe de haut niveau, au moins un avant les JO.

Le PSG prend date pour l’avenir

Le PSG bat Francfort mais est éliminé. Cela reste une très bonne performance contre les favorites de la compétition.

On ne saura jamais vraiment ce qui se serait passé si, dès la deuxième minute, Ana Maria Crnogorčević n’avait pas trompé Véronique Pons d’un tir croisé. Après la victoire 3-0 de Francfort au match aller, la mission devenait impossible pour les joueuses du PSG qui devaient marquer 5 fois pour se qualifier.

On pourrait imaginer qu’Alexandra Long aurait marqué de la même manière ses deux buts et que le PSG aurait poussé pour jouer la qualification en fin de match. Mais il est plus probable que les joueuses de Francfort auraient imprimé plus de rythme qu’elles ne l’ont fait. Peut-être même que ce but d’entrée aura finalement été la meilleure chose qui pouvait arriver pour permettre au PSG de remporter le match, une fois la question de la qualification définitivement réglée.

Pendant tout le reste du match, le PSG a dominé son adversaire allemand, même si cela s’est traduit par assez peu d’occasions, les buts venant surtout de cafouillages. Ce qui met en lumière la prestation de l’une des deux Américaines de Paris : Alexandra Long qui a beaucoup souffert de l’impact des joueuses de Francfort et qui a semblé un peu empruntée et pas au point physiquement (contrairement à sa compatriote Ella Masar). Mais elle a su être au bon endroit au bon moment pour faire le bon geste et marquer les buts qui manquaient au PSG dans sa série de matchs au somment contre Lyon, Francfort à l’aller et Juvisy.

Pas mal pour un début

Il y aura toujours des spécialistes des chiffres pour nous dire que le PSG a fait moins bien que Juvisy qui, l’an dernier, était allé jusqu’en quart. Mais les Essonniennes avaient simplement rencontré leur adversaire allemande un tour plus tard, et si elles avaient également perdu l’aller 3-0, elles ne s’étaient par contre pas vengé au retour, au contraire (défaite 6-2).

Il ne faut donc pas s’y tromper, la première campagne du PSG dans cette Ligue des Championnes est une vraie réussite avec trois victoires en quatre matchs et une prestation très solide contre Francfort, y compris à l’aller où les trois buts étaient surtout venus d’erreurs de jeunesse.

Cette première campagne est à mettre au même niveau que les débuts européens réussis de Toulouse (demi-finale contre Francfort, mais il s’agissait de la première édition, tout le monde débutait) et de Lyon (demi-finale contre Umea, mais avec d’autres moyens). Juvisy (élimination en tour préliminaire en 2003 contre Kolbotn et surtout en 2006 contre l’Espanyol Barcelone malgré la dream team juvisienne) et Montpellier (élimination en phase de poules en 2004 avec trois défaites dont un 6-0 contre Potsdam et un 2-0 contre Wroclaw) avaient connu des débuts nettement moins glorieux. L’avenir appartient peut-être au PSG.

Le seul regret est peut-être que cette compétition devait être l’occasion pour Bérangère Sapowicz d’engranger une expérience précieuse pour l’équipe de France, mais qu’elle n’aura pas eu l’occasion de jouer.

Le mystère Francfort

Francfort, son budget pharaonique (plus important encore que celui de l’OL), sa recrue star Fatmire Bajramaj et son effectif pléthorique sera en quarts de finales comme prévu. Mais son bilan n’est que de deux victoires et deux défaites. Chez les garçons, des qualifications 0-1 puis 4-1 et 3-0 puis 1-2 seraient considérées comme sans histoire. Mais chez les filles, on a l’habitude de résultats plus tranchés1.

Bien sûr Francfort avait un tirage particulièrement difficile avec des équipes norvégiennes et françaises, là où d’autres favorites se contentaient d’Islandaises, d’Écossaises, de Roumaines ou de Tchèques. Bien sûr aussi, on a le sentiment que Francfort a toujours à peu près contrôlé la situation, même après une défaite au match aller contre Stabaek.

Mais cette équipe ne semble pas encore tout à fait au point et n’est sans doute pas encore l’épouvantail qu’on pouvait craindre à l’intersaison. Il lui reste jusqu’au mois de mars pour le devenir.

Lyon et Potsdam restent les patronnes

L’autre équipe française engagée n’a pas fait dans le détail en l’emportant 6-0 au retour comme à l’aller, malgré une première mi-temps brouillonne. L’entrée de Lotta Schelin a permis à l’OL de marquer cinq fois en deuxième mi-temps.

Les tenantes affirment leurs prétentions à la reconquête de leur titre, mais leurs adversaires des deux dernières finales impressionnent au moins autant : après une victoire 10-0 à l’aller, Potsdam a confirmé sa qualification au retour en l’emportant 7-0 avec une équipe légèrement remaniée. Visiblement, le départ de Fatmire Bajramaj a été parfaitement digéré.

Un plateau de rêve

Le plateau des quarts de finales sera représentatif des traditionnelles places fortes du football féminin : deux clubs allemands (Francfort et Potsdam), deux clubs suédois (Göteborg et Malmö2) et les anciens vainqueurs anglais et français et invités récurrents des derniers tours (Arsenal et Lyon). Arsenal s’est qualifié en éliminant le Rayo Vallecano qui espérait pourtant prendre sa revanche sur la cruelle élimination de l’an dernier au même stade de la compétition (0-2, 4-1 avec le buts vainqueurs dans les dernières minutes). Mais cette année, il n’y a pas eu photo (1-1 à l’aller, 5-1 au retour).

Les deux dernières places reviennent à deux équipes également habituées à participer à la Coupe d’Europe tous les ans, Rossiyanka et Brondby3.

8e journée de D1 : Réveil et fatigue

8e journée

Le PSG commence a payer la répétition des efforts pendant qu’Hénin-Beaumont et sa future star annoncée Claire Lavogez se réveillent. Mais pas dans le même match.

Le match au sommet de cette 8e journée voyait le leader juvisien recevoir le PSG. Pour les Parisiennes, il s’agissait de la troisième étape d’une série de quatre matchs au sommet après la réception de Lyon et au milieu de la double confrontation face à Francfort. Après avoir bien résisté contre l’OL et avoir réalisé une bonne prestation en Allemagne malgré la défaite 3-0, le PSG a cette fois cédé 1-0 sur un but de Gaëtane Thiney. Il manque sans doute au PSG la joueuse capable de faire basculer un match, même si Élise Bussaglia pourrait être celle-là, mais elle joue sans doute dans une position trop reculée pour assumer ce rôle, et surtout elle revient actuellement de blessure. Malgré des prestations relativement convaincantes, les Parisiennes n’ont toujours pas marqué dans cette série de quatre. Rendez-vous mercredi à Charléty pour y parvenir.

Juvisy qui a sans doute une équipe moins solide bénéficie par contre de son calendrier plus léger et d’une ligne d’attaque de haute volée, menée bien sûr par Gaëtane Thiney, mais aussi Laetitia Tonazzi, Julie Machart et Amélie Coquet.

Lyon reste donc la dernière équipe invaincue de D1, avec ce dimanche une victoire 7-0 contre Rodez, avec un 12e but de Lotta Schelin et un triplé de Camille Abily qui la place seconde au classement des buteuses. L’OL a comme prévu géré plus facilement l’enchaînement des matchs avec la Coupe d’Europe (victoire 6-0 à Prague contre le Sparta jeudi), la force de l’habitude, d’un effectif plus étoffé et d’adversaires nettement plus abordables.

Le destin de Claire

L’autre événement de la journée est le réveil d’Hénin-Beaumont. Et cela sans la joueuse qui était annoncée comme la future star de l’équipe nordiste après sa prestation remarquée lors de l’Euro U17, Claire Lavogez qui a été transférée la semaine dernière à Montpellier1 avec qui elle a remporté une victoire probante 4-0 contre Saint-Etienne, marquant elle-même le 3e but. La liste des buteuses est d’ailleurs une ode au recrutement montpelliérain et à sa capacité à dénicher les futures internationales : Marie-Laure Delie que l’on ne présente plus, Kelly Gadéa internationale depuis dix jours, Viviane Asseyi, 17 ans, arrivée du FC Rouen il y a un an et demi, internationale dans toutes les catégories de jeunes et meilleure buteuse du club, et donc Claire Lavogez.

La néo-Montpelliéraine peut avoir la conscience tranquille, son ancien club s’est réveillé de manière tout à fait spectaculaire en passant six buts à Guingamp (6-0), soit un de plus que ce qu’avait fait l’OL. Du coup, Hénin-Beaumont rend la dernière place à Soyaux, battu à domicile par Yzeure (4-2). La dernière place de relégable est occupée par Muret, battu à Vendenheim 3-1 samedi.

La situation se décante, jusqu’à la prochaine fois

Au classement trois groupes se dessinent : un trio de tête Juvisy-Lyon-Montpellier, auquel on pourra sans doute ajouter le PSG en cas de victoire lors de son match en retard contre Saint-Etienne, qui devance d’au moins 7 points le ventre mou, lequel ventre mou devance le trio de relégables de 5 points. Pour la tête la différence est certainement déjà faite, la course se fera à quatre et on s’en doutait. Pour la descente, les choses ne sont peut-être pas figées comme l’a montré Yzeure l’an dernier, mais il faudra cravacher pour combler l’écart.

Prochaine journée dimanche prochain avant une trêve internationale aux Antilles ponctuée par un match contre l’Uruguay le 16 novembre aux Abymes et un autre contre le Mexique à Fort-de-France. Avant cela, il y aura les matchs retours des 8e de finales de coupe d’Europe même si les qualifications semblent déjà jouées. L’OL jouera à Gerland mercredi à 19h00 (et sur Eurosport), puis le PSG jouera à Charléty à 20h45 (et sur Direct 8).

PSG-Lyon : le plat sommet

7e journée du championnat ce week-end, et première véritable affiche diffusée en direct sur France 4. Pas vraiment une bonne publicité pour la D1 au passage.

Après Lyon-Saint-Etienne sur France 4 et Guingamp-Lyon sur Eurosport, deux matchs largement remportés par les Lyonnaises, l’affiche du jour opposait donc le PSG à l’OL. Longtemps annoncé au Parc des Princes, le match se tenait finalement au Stade Dominique Duvauchelle de Créteil1, suite à la décision de Leonardo de réserver le Parc à la seule équipe première masculine.

Pour les deux équipes, ce match était le prélude à un huitième de finale européen. Mais si c’est une habitude pour les joueuses de l’OL, c’est le début d’une quinzaine décisive pour le PSG qui affrontera ensuite deux fois Francfort, grandissime favorite pour la victoire en C1 et Juvisy, postulante au titre.

Retours de sélection

Le PSG enregistrait le retour d’Élise Bussaglia, blessée depuis mi-septembre et surtout l’arrivée de deux joueuses américaines : Allie Long, ancienne partenaire de Sonia Bompastor à Washington et Ella Masar. La première était même titulaire. L’équipe parisienne avait ainsi à disposition la quasi totalité de ses internationales (Laure Boulleau, Laure Lepailleur, Élise Bussaglia, Léa Rubio et Caroline Pizzala), seule Bérangère Sapowicz manquait à l’appel. Toutefois, aucune n’avait eu un temps de jeu conséquent dans la semaine internationale.

Dans le camp d’en face par contre, six joueuses étaient titulaires lors des deux matchs des Bleues. Mais les choix de Patrice Lair ne sont pas ceux de Bruno Bini, Et si Camille Abily, Sonia Bompastor et Louisa Necib étaient titulaire ce dimanche, Corine Franco, Eugénie Le Sommer et Laura Georges débutaient sur le banc, remplacées par Sabrina Viguier, Élodie Thomis et Wendie Renard.

L’importance de l’effectif Lyonnais fera sans doute la différence sur la saison, mais en ce dimanche cristolien, les joueuses de l’OL on semblé bien empruntées. Elles ont dominé nettement la première mi-temps, mais ont buté sur leur ancienne coéquipière Véronique Pons qui fait mieux que l’intérim dans la cage parisienne. En deuxième mi-temps, le PSG a tenu le ballon beaucoup plus haut, sans se procurer beaucoup d’occasions en dehors de quelques contres d’Ella Masar, mais l’OL n’a jamais vraiment semblé en mesure de faire la différence malgré les entrées d’Eugénie Le Sommer et de Lara Dickenmann.

Au final, on a le sentiment que les joueuses Lyonnaises payent un peu le prix de leur précédente longue saison et de la présence de nombreuses joueuses à la Coupe du Monde qui ne leur a pas permis de souffler. L’OL risque donc de finir l’année en tirant la langue, mais a sans doute assez de marge pour ne pas trop en souffrir.

Vu sous un angle plus positif, on peut aussi penser que ce match montre la capacité du PSG à résister à une des meilleures équipes européenne, ce qui offre des perspectives intéressantes avant la double confrontation face à Francfort. Plus encore que celui de Lyon, c’est l’exemple de Montpellier qu’il faudra suivre : les joueuses de l’Hérault ont par deux fois fait jeu égal avec une équipe allemande : contre Francfort en 2006 (victoire 1-0 Francfort et défaite 3-2 au retour à Montpellier) et contre le Bayern en 2009 (nuls 0-0 à Montpellier et 1-1 à Munich).

Juvisy en tête

Ce nul fait le bonheur des concurrentes pour le titre : en premier lieu de Juvisy, vainqueur 3-0 à Muret et qui reprend la tête en attendant le match contre le PSG dimanche prochain. Mais aussi de Montpellier qui a difficilement battu Soyaux 4-3.

Dans les autres matchs, Saint-Étienne a battu 3-0 Hénin-Beaumont et reste en embuscade avec un match de moins pendant que Guingamp (3-2 face à Vendenheim) et Yzeure (1-0 à Rodez) ont remporté des matchs qui leurs permettent de prendre des points d’avance sur la zone rouge où prennent place Soyaux, Muret (mais les défaites contre Montpellier et Soyaux ne sont pas infamantes) et surtout Hénin-Beaumont qui concède sa 5e défaite d’affilée, et qui n’a plus marqué depuis le but d’Aurélie Desmaretz la 52e minute de la première journée.

La semaine prochaine, le match au sommet sera Juvisy-PSG, mais il ne sera pas télévisé. La faute à la Coupe d’Europe et à la demande parisienne de jouer le match dimanche plutôt que samedi, entre le match aller à Francfort, mercredi 2 novembre et le match retour au stade Charléty, mercredi 9 novembre à 20h45.

Galles-France : une troisième levée tranquille

L’équipe de France poursuit sa campagne de qualification pour l’Euro 2013 et continue à gagner largement ses matchs en entretenant le doute sur la qualité de son jeu.

Pays de Galles-France 1-4

Il est toujours illusoire de tirer des conclusions définitives en football. Ça l’est d’autant plus dans un parcours comme celui des Bleues, jonché de larges victoires contre des adversaires de niveau très inférieur. Mais si l’on ne discutait plus à l’infini après chaque match, on n’aurait plus qu’à fermer les blogs de football, et celui là, on vient de l’ouvrir, merci.

Le match

Donc, ce samedi, l’équipe de France jouait son troisième match sur la route qui la mènera en Suède en 2013. Après des visites en Israël et en Irlande, le parcours les menait cette fois-ci au Pays de Galles, à Llanelli, fief de l’équipe de rugby des Scarlets. Mais contrairement à la demi-finale de Coupe du monde de la semaine dernière, le match ne s’annonçait pas vraiment disputé : les Galloises sont actuellement 47e au classement Fifa (27e en Europe) et même si l’arrivée de l’entraîneur finlandais Jarmo Matikainen s’est accompagnée d’un vrai projet de jeu, cette équipe n’a rien de plus que l’Irlande ou Israël.

Il s’agissait d’un rendez-vous périlleux puisque aucun autre résultat qu’une victoire n’était envisageable et que la manière allait bien sûr être observée de près. Et les Bleues ont particulièrement mal débuté en encaissant un but de Jayne Ludlow dès la 2e minute sur le premier corner. Sans jamais vraiment inquiéter ni s’inquiéter, elles ont ensuite livré une copie assez laborieuse avec une circulation de balle suspecte et pas mal de mauvais choix. Mais les Françaises disposaient de deux arguments que n’avaient pas les Galloises : une capacité à user l’équipe adverse en la faisant courir derrière le ballon, et du talent individuel. Le premier finira comme prévu par faire tomber des Galloises déjà touchées par le talent de Gaëtane Thiney.

Un bon bilan contre une opposition peu relevée

Troisième victoire en trois matches avec 12 buts marqués et 2 encaissés – aujourd’hui un poteau, une transversale, un penalty manqué plus quelques situations nettes –, le bilan indique que la France reste largement supérieure aux équipes qu’elle va rencontrer en éliminatoires, et qu’elle fait ce qu’il faut pour passer sans encombres. Elle ne devrait pas avoir plus de problèmes pour se qualifier, mais la qualité de son jeu est scrutée pour chercher des raisons d’espérer des résultats contre des oppositions plus relevées lors des JO puis de l’Euro.

L’exercice est difficile et un peu vain: ce n’est pas contre le Pays de Galles qu’il faut user des qualités nécessaires pour battre les Etats-Unis. Toutefois, on notera au rayon des satisfactions que les attaquantes Gaëtane Thiney et Marie-Laure Delie confirment alternativement qu’elles ont les qualités pour débloquer des situations difficiles. Et a contrario la fébrilité défensive vue lors de la Coupe du monde est toujours patente.

Les filles

Remplaçante de Sarah Bouhaddi à l’OL, intérimaire de Bérangère Sapowicz en bleu, Céline Deville vit une situation paradoxale puisqu’elle joue plus en sélection qu’en club. Cueillie à froid sur le but de Jayne Ludlow, elle n’a trouvé à s’employer que sur un coup franc d’Helen Bleazard (35e).

Laura Georges et Ophélie Meilleroux ont globalement bien contrôlé Helen Lander malgré quelques inattentions. À gauche, Sonia Bompastor a comme d’habitude tenu son poste double d’arrière-ailière avec comme d’habitude deux passes décisives, pour les deux buts de Gaëtane Thiney (certes la première sur une touche). Sa commère de droite Corine Franco a été au même niveau, en étant la première à sonner la charge sur deux frappes de loin et en donnant le ballon du deuxième but à Eugénie Le Sommer. En l’absence de vraie spécialiste du poste, elle reprend naturellement la place après sa grave blessure, même si son avenir est sans doute de succéder à Sandrine Soubeyrand au milieu, comme elle l’a fait pour le dernier quart d’heure. La capitaine a fait un match sans relief, contrôlant le milieu de terrain mais avec une influence amoindrie dans la relance par la présence à ses côtés de Camille Abily.

Gaëtane Thiney, une joueuse dans le match

Abondance de biens ne nuit pas, mais il faut arriver à gérer les stocks. Camille Abily est sans doute actuellement la meilleure joueuse française, et peut-être la plus décisive. Il serait donc logique de la mettre dans la position où elle pourra le mieux exprimer ses qualités. Mais voilà, à ce poste de numéro 10, il y a aussi Louisa Necib, difficile à placer ailleurs1. Sans compter que Gaëtane Thiney lui dispute les deux titres (meilleure joueuse et plus décisive) et lorgne aussi sur la place. Du coup, Bruno Bini a profité de l’absence d’Élise Bussaglia2 pour l’installer à la récupération où elle a assuré la première relance et proposé quelques surnombres en attaque.

C’est bien, mais elles serait sans doute plus influente placée plus haut, surtout avec une Louisa Necib visiblement pas encore complètement remise de sa blessure, ni d’un ballon sur le nez généreusement offert par Jayne Ludlow. Le remplacement de la meneuse par Elodie Thomis à la mi-temps a permis à Gaëtane Thiney de prendre la place dans l’axe, plus comme deuxième attaquante que comme meneuse, mais le jeu a tout de suite été plus fluide. L’attaquante de Juvisy avait déjà égalisé en première mi-temps d’une frappe excentrée improbable et elle a sans conteste été la joueuse du match.

Eugénie Le Sommer a beaucoup provoqué avec un peu de déchet mais surtout un but et une passe décisive. Elle est sans doute en train de s’imposer comme titulaire face à Élodie Thomis dont l’entrée à la mi-temps a surtout été décisive par la réorganisation qu’elle a provoqué. Enfin, Marie-Laure Delie n’a pas beaucoup pesé sur le jeu, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande, et elle a marqué comme d’habitude, sur un ballon mal contrôlé par la gardienne. Elle s’est même permis de manquer un face à face, ce qui est assez rare chez elle.

Mercredi, on remet ça en prenant troyes points contre Israël à Trois (ou le contraire).

  1. Même si à l’OL, Patrice Lair a tenté l’inverse : Louisa Necib en 6, Camille Abily en 10 voire 9½. Sans grand succès à vrai dire.
  2. Qui joue peu ou prou aux mêmes postes que les autres…

Un printemps en juillet

Le foot féminin s’est révélé au monde, le Japon aussi: bilan d’une compétition aussi historique qu’excitante…

Le comité d’organisation a été loué de toute part, en particulier parce qu’il a réussi à faire de cette compétition un vrai événement populaire en Allemagne. Bien entendu, le statut de double tenante du titre et de grande favorite de l’équipe locale a pesé, mais le succès ne s’est pas démenti après l’élimination de l’équipe allemande.

Vue de France, cette compétition – arrivant juste un mois après la victoire lyonnaise en Ligue des championnes et bénéficiant du bon parcours des Bleues – a été l’occasion pour la plupart des médias (sportifs ou pas) de rattraper des années de retard en rivalisant de unes et de pages spéciales, chacun expliquant à quel point le manque d’intérêt que les confrères professaient jusque-là envers le football féminin était blâmable1.

On notera toutefois que Direct 8 avait pris de l’avance en récupérant les droits des Bleues dans un lot avec les Espoirs (et le National, soldé à France 3 depuis), et que la chaîne semble s’être pris au jeu, depuis, en diffusant également des matches qui ne font pas partie de ce contrat. Pour les autres, on imagine bien qu’il ne restera plus grand monde quand il s’agira de rendre compte du prochain France-Pays de Galles, sans parler du championnat2.

Paradoxes continentaux

Le succès en Europe tient aussi du fait qu’il s’agit de la deuxième édition seulement à se dérouler en Europe (la précédente en 1995 en Suède), les quatre autres ayant eu lieu aux Etats-Unis et en Chine, avec des décalages horaires importants. Le premier tour a d’ailleurs semblé indiquer une montée en puissance de l’Europe: trois des quatre groupes ont été remportés par des équipes européennes, la Suède et l’Angleterre ayant pour cela battu l’équipe tête de série. Quatre équipes du continent sur cinq ont accédé aux quarts de finales, seule la Norvège confirmant sa régression actuelle.

L’autre moitié du tableau était constituée de deux équipes de la zone Asie, même si l’habituelle place forte qu’est la Corée du Nord a totalement raté sa Coupe du monde alors qu’on en attendait beaucoup après les bonnes performances récentes de ses sélections de jeunes3, et le dernier quart opposait les Etats-Unis au Brésil – soit dans les deux cas une nation largement dominatrice dans sa zone4.

Mais cette répartition des forces en faveur de l’Europe a volé en éclat ensuite. Seule la Suède a réussi à battre une équipe non européenne, l’Australie en quart. On remisera donc les conclusions continentales pour une autre occasion, et on se contentera de constater le resserrement des forces ainsi que l’émergence d’une nouvelle place forte.

Le sacre du Japon

Le resserrement avait été constaté dès le premier tour (lire “À une surprise près”), et la conclusion n’a pas changé… ce qui est logique: on découvre rarement les équipes les plus faibles en quart de finale. Le plus gros écart est resté de quatre buts et il n’y a pas eu de score fleuve. Trois quarts de finales se sont achevés en prolongation, dont deux aux tirs aux buts. Pour mémoire, il y a quatre ans, deux quarts et les deux demi-finales avaient fini avec un écart de trois buts ou plus.

Même si on se gardera d’enterrer l’Allemagne et le Brésil, tombés contre les deux finalistes, la compétition aura été l’occasion de confirmer que les États-Unis sont encore là, et surtout que le trio de tête compte un quatrième membre: l’équipe japonaise a pratiqué le plus beau jeu de la compétition et, en dehors d’un match raté contre l’Angleterre (et dans une moindre mesure de la finale), elle aura imposé son jeu à toutes ses adversaires (comme la France, mais avec efficacité). Menée par Homare Sawa, cinquième participation, meilleure buteuse avec cinq buts et meilleure joueuse de la compétition, le Japon est donc le quatrième vainqueur de l’histoire (après les Etats-Unis, la Norvège et l’Allemagne).

Au passage, ce sacre confirme l’étonnante crédibilité du classement FIFA pour les femmes, dont le Japon était au quatrième rang avant le tournoi – ce qui pouvait sembler légèrement surestimé pour une sélection qui n’était même pas parvenu à remporter sa compétition continentale5. Même la finale aura confirmé le resserrement des valeurs en ne trouvant son dénouement qu’au cours de la séance de tirs aux buts, durant laquelle le mental des Américaines a subitement volé en éclats…

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