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Deuxième journée de D1 2016-2017 - Dur apprentissage pour Bordeaux

Après la deuxième journée, Lyon, Montpellier et le PSG sont déjà en tête avec deux victoires et aucun but encaissé. Juvisy se reprend contre Metz et Saint- Étienne étrille Bordeaux ce qui fait qu’avec Guingamp, six équipes seulement ont déjà remporté un match.

Les six autres attendent donc leur première victoire parmi lesquelles les trois promus. Si Marseille a plutôt bien résisté au PSG, Metz et surtout Bordeaux ont largement cédé. L’avenir dira si Saint-Étienne aura plus d’ambition que les saisons précédentes ou si les Girondines doivent s’inquiéter avant de rencontrer des adversaires d’un autre calibre.

Contrairement à la première, la deuxième journée du championnat de France de première division 2016-2017 n’a pas offert de vraie surprise. Les trois clubs professionnels1 ont remporté leur match et sont déjà les seuls à compter deux victoires, et Juvisy s’est repris après son faux pas initial. Une fois cela posé, il ne reste plus que deux matchs qui intéressent le classement de « l’autre championnat ».

Maëlle Garbino a fait passer une mauvaise après-midi à Félicité Hamidouche.

Maëlle Garbino a fait passer une mauvaise après-midi à Félicité Hamidouche.

Lyon a fait jouer sa profondeur de banc en battant largement Albi avec une équipe où seules Camille Abily, Saki Kumagai, Delphine Cascarino et Mylaine Tarrieu avaient conservé leur place de titulaire. Il faut dire que Gérard Prêcheur déplorait de nombreuses absences et faisait débuter des joueuses qui pour cause de blessures n’avaient pas joué entre temps en équipe nationale, que ce soit française pour Jessica Houara et Amel Majri ou allemande pour Pauline Bremer ou Dzsenifer Marozsán. La championne olympique en profitait même pour faire des débuts tonitruants en France avec deux buts et trois passes décisives.

Si l’on ajoute que l’entraîneur lyonnais pu gérer « à la Patrice Lair » en faisant un changement à la mi-temps et deux autres dès l’heure de jeu et qu’Eugénie Le Sommer et la gardienne de la Nouvelle-Zélande Erin Nayler sont restées sur le banc, on voit qu’il ne faudra pas compter sur quelques absences pour prendre en défaut l’OL cette saison.

Albi compte deux défaites et dix buts encaissés mais en débutant par le PSG et l’OL, il n’y avait pas vraiment de points prévus sur le tableau de marche. D’ailleurs Adolphe Ogouyon a beaucoup fait tourner lui aussi entre les deux premières journées. La saison des Albigeoises va vraiment commencer maintenant avec la double réception de Bordeaux et de Guingamp.

La D1 sur de nouveaux terrains

Le match se jouait à Décines à l’ombre du Parc OL sur le nouveau terrain d’honneur et devant près d’un milliers de spectateurs. C’est à peu près la même assistance qui s’est pressée au Camp des Loges pour voir le premier affrontement entre le PSG et l’OM. C’est un des choix forts de Patrice Lair cette saison de jouer au Stade Georges-Lefèvre plutôt que de subir l’absence d’ambiance de Charléty.

Bien que l’ambition marseillaise soit à coup sûr de se mêler au plus vite à la lutte pour le haut de tableau, c’est encore un peu prématuré malgré la présence de six recrues au coup d’envoi dont la dernière arrivée Viviane Asseyi. Le PSG reste encore cette saison le grand favori de ces confrontations. Mais le match aura été plus serré que prévu malgré le retour des Brésiliennes Erika et Cristiane en cours de match puisque les Parisiennes ne l’emportent que d’un petit but marqué par Marie-Laure Delie.

Montpellier reste donc à la deuxième place à la différence de buts après avoir battu Guingamp 3-0 avec un doublé de Sofia Jakobsson et un but de Clarisse Le Bihan, titulaire pour la deuxième fois de suite. Guingamp ne renouvelle pas son exploit de la première journée mais compte sans doute trois poins de plus que son tableau de marche prévisionnel après avoir rencontré Juvisy et Montpellier.

Juvisy se reprend

Les Essonniennes se sont quant à elle vengées sur les promues messines, battues 6-0 avec des doublés de Tatiana Coleman et Gaëtane Thiney. Comme Albi, Metz compte deux défaites (et onze buts encaissés) mais là aussi, c’est ce qui était prévu après avoir affronté Montpellier et Juvisy.

Après être allé cherché le nul à Saint-Étienne, Rodez recevait une équipe de Soyaux fortement secouée par l’OL lors de la première journée. Sébastien Joseph reconduisait quasiment la même équipe que lors de la première journée, c’est-à-dire que Julie Niphon et Clara Noiran étaient à nouveau préférées à Déborah Garcia et Flavie Lemaître. En face, l’équipe sojaldicienne n’était que très légèrement remaniée avec les titularisations de Laura Bourgouin et d’Anna Clérac. Cette dernière répondait en milieu de deuxième mi-temps à l’ouverture du score de Laurie Cance pour donner à Soyaux son premier point de la saison. Rodez est toujours invaincu mais ne compte que deux points après avoir affronté deux adversaires à sa portée, ou au moins à la portée d’un cinquième de D1.

Saint-Étienne donne la leçon à Bordeaux

Maéva Clemaron devance Eva Sumo

Maéva Clemaron devance Eva Sumo

Mais le premier d’entre eux, Saint-Étienne, pourrait bien viser un peu plus haut cette saison. Contrairement à l’habitude, le plus gros score de la journée n’est pas à mettre à l’actif de l’un des membres du quatuor de tête. En déplacement à Bordeaux2, ce sont les Vertes qui ont réalisé le plus gros écart du week-end en l’emportant 7-0. Au bout de vingt minutes, Audrey Chaumette avait déjà inscrit un triplé, et Julie Peruzzetto et Rose Lavaud ajoutaient chacune un but autour de la demi-heure. L’addition était lourde pour des Girondines totalement dépassées et ne parvenant quasiment pas à se porter dans la moitié de terrain adverse.

La deuxième mi-temps rééquilibrait un peu les choses. Bordeaux trouvait enfin quelques possibilités et poussait en fin de match avec les entrées des deux anciennes de Saint-Maur Cindy Ferreira et Maeva Salomon en lieu et place Naweal Ouinekh et Juliette Loumagne mais cela permettait aux Stéphanoises d’ajouter deux nouveaux buts en contre.

Après le nul initial contre Marseille, Bordeaux voit la différence qui peut exister avec une équipe désormais habituée à la D1. Mais la deuxième mi-temps laisse des espoirs. Et l’objectif reste de laisser deux équipes derrière au classement.

En face, les Vertes semblent avoir rapidement fait leur deuil de deux de leurs forces de l’an passé. L’expérimentée défense centrale composée de Sabrina Viguier et de Maria Karlsson est partie, Marion Boishardy est arrivée de Guingamp. Elle était accompagnée contre Bordeaux de la revenante Morgane Courteille qui n’était plus apparue depuis plus d’un an. La charnière a rarement été mise en danger par Sarah Cambot et ses coéquipières, sans doute grâce à la domination stéphanoise et à la mainmise d’Aude Moreau et Maéva Clemaron sur l’entrejeu.

À l’autre bout du terrain, Sarah Palacin n’est plus là. Mais Julie Peruzzetto l’est encore tout comme Audrey Chaumette et Rose Lavaud. Et Maëlle Garbino et Lucie Pingeon sont arrivées. C’est au moins suffisant pour permettre à Saint-Étienne d’obtenir la plus large victoire de son histoire en D1. En attendant plus.

Une joueuse dans le match

Maëlle Garbino

Maëlle Garbino

Sevrée de temps de jeu à Lyon avec seulement cinq matchs de D1 en deux saisons, Maëlle Garbino est allé en chercher dans le Forez tout comme ses anciennes coéquipières Lucie Pingeon et Noémie Carage3. Contre Bordeaux, elle a constamment apporté le danger depuis son aile gauche terminant avec trois passes décisives et un but juste avant de sortir se reposer. Elle a cette saison la lourde tâche de succéder à Sarah Palacin tout en devant soutenir la comparaison avec Rose Lavaud sur l’autre aile. Pour l’instant, le défi est relevé.

Avec des prestations de ce genre, elles devrait accompagner sa coéquipières Mylène Chavas pour la Coupe du monde M20 en Papouasie-Nouvelle Guinée et pourquoi pas postuler ensuite plus haut.

Résultats

Bordeaux-Saint-Étienne 0-7 : Chaumette 3′, 13′, 19′, Peruzzetto 28′, 64′, Lavaud 32′, Garbino 72′

Juvisy-Metz 6-0 : Diani 12′, Thiney 14′, 45′, Coleman 16′, 53′, Butel 80′

Lyon-Albi 6-0 : Marozsán 12′, 70′, Majri 27′, Lavogez 45′, Hegerberg 68′, 75′

Montpellier-Guingamp 3-0 : Jakobsson 6′, 37′, Le Bihan 70′

PSG-Marseille 1-0 : Delie 48′

Rodez-Soyaux 1-1 : Cance 36′ ; Clerac 69′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 6 2 2 0 0 15 0 15
2 Montpellier 6 2 2 0 0 8 0 8
3 PSG 6 2 2 0 0 5 0 5
4 Saint-Etienne 4 2 1 1 0 8 1 7
5 Guingamp 3 2 1 0 1 1 3 -2
6 Juvisy 3 2 1 0 1 6 1 5
7 Rodez 2 2 0 2 0 2 2 0
8 Marseille 1 2 0 1 1 1 2 -1
9 Bordeaux 1 2 0 1 1 1 8 -7
10 Soyaux 1 2 0 1 1 1 10 -9
11 Albi 0 2 0 0 2 0 10 -10
12 Metz 0 2 0 0 2 0 11 -11

Première journée de D1 2016-2017 - Juvisy bute sur Guingamp

Première journée de D1 et les favoris habituels sont déjà tous en place. Tous ? Non, Juvisy a chuté dans les Côtes d’Armor face à Guingamp. Les ambitions essonniennes de lutter avec d’autres armes contre les armadas professionnelles en prennent déjà un coup. Jusqu’à la prochaine journée…

Les matchs de « l’autre championnat » se sont soldés par des matchs nuls en particulier dans le duel de promus entre les Girondines de Bordeaux et les Olympiennes de Marseille qui avait les honneurs de la télévision.

Desire Oparanozie a marqué le but vainqueur pour Guingamp contre Juvisy.

Desire Oparanozie a marqué le but vainqueur pour Guingamp contre Juvisy.

La D1 a repris un peu plus tard que d’habitude, Jeux Olympiques oblige. Et du coup la première journée est immédiatement suivie d’une trêve internationale, la seconde se jouera dans deux semaines.

Pas vraiment de révolution à attendre en haut de tableau bien que l’habituel duopole de tête ait connu de profonds changements. Lyon a perdu une partie de ses joueuses historiques et a compensé en forçant sur le recrutement, en particulier dans les rangs de son principal concurrent. Le PSG a tourné la page Farid Benstiti et ouvre l’ère Patrice Lair avec moins de noms en fin de carrière et plus de jeunes joueuses prometteuses.

La première journée indique que cela ne devrait pas changer grand chose. L’OL est allé s’imposer 9-0 à Angoulême face à Soyaux avec un quintuplé d’Eugénie Le Sommer et la veille au soir, le PSG en avait fait autant à Albi, 4-0 avec un panel de buteuses qui décrit assez bien ce nouveau PSG : une glorieuse ancienne (Shirley Cruz), une jeune future star (Marie-Antoinette Katoto), une internationale A française à la relance (Marie-Laure Delie) et la star du recrutement estival (Veronica Boquete).

Montpellier aspire à retrouver l’Europe et l’a montré à Metz en l’emportant 5-0 ce qui lui permet de se glisser entre Lyon et Paris. Au bout d’un quart d’heure, les Héraultaises menaient déjà 3-0 grâce à Laetitia Tonazzi et Lindsey Thomas par deux fois. Cette dernière est de retour à Montpellier après une saison en Suisse et vient concurrencer Marie-Charlotte Léger et Valérie Gauvin dans le rôle de la jeune avant-centre qui monte.

Des nuls dans le ventre mou

Difficile de distinguer a priori entre la lutte pour la cinquième place et le haut du ventre mou et celle pour le maintien. Sur le papier, huit équipes sont engagées dans les deux. C’est d’autant plus vrai cette saison que les promus sont tous des équipes adossés à des clubs professionnels masculins évoluant en L1, ce qui est donc le cas de 8 équipes sur les 12 engagées en D11. Cela permet en général de disposer de meilleures conditions tant pour les entraînements que pour les déplacements même si les situations sont très disparates selon les clubs. Les promus semblent donc mieux armés cette saison que la précédente où tous étaient redescendus.

Deux clubs seulement descendront cette fois, ce qui assure déjà le maintien d’un promu mais la vraie révolution est le passage à la victoire à trois points. Désormais, la D1 compte les points comme l’ensemble des championnats de la terre. Et si une équipe déclare forfait pour un match, elle est pénalisée d’un point.

Deux matchs opposaient des équipes qui lutteront pour la cinquième place ou le maintien. Rodez, révélation de la saison dernière se déplaçait à Saint-Étienne qui avait fini un point derrière seulement. Les deux équipes se sont neutralisées, Nanmata Traoré répondant pour les Vertes à Clara Noiran qui avait ouvert le score juste après la pause.

Le fait de voir s’affronter des équipes avec des noms de clubs de Ligue 1 n’est pas obligatoirement une bonne chose à tous les points de vue pour la D1 qui à force devient un peu une succursale de la L1 mais c’est efficace sur le plan de la communication.

Pour la première fois, un match opposant deux promus a eu les honneurs d’une diffusion télévisée en direct sur une chaîne nationale. L’Olympique de Marseille se déplaçait au Bouscat pour affronter les Girondines de Bordeaux. Malgré les noms, il s’agissait bien d’un duel de promues qui se sont quittées sur un score nul de 1-1, Pauline Cousin ayant répliqué à Sarah Cambot.

Ces deux nuls font finalement plutôt les affaires des équipes qui comme Albi, Metz ou Soyaux ont perdu dans des matchs qu’elles ne comptaient pas vraiment gagner et qui n’ont qu’un point de retard sur leurs concurrentes.

Guingamp se paie Juvisy

Gaëtane Thiney devance Marine Pervier

Gaëtane Thiney devance Marine Pervier

Toutefois, il y a une équipe de ce championnat à huit qui a remporté la victoire, au dépens d’un membre du quatuor de tête qui plus est. Même si en début de saison dernière Guingamp visait l’intégration à ce premier carré, ce qui a suivi et l’évolution de l’effectif à l’intersaison laissait plutôt entrevoir une lutte pour le maintien.

De son côté, Juvisy annonçait clairement son objectif d’aller chercher une qualification européenne voire le titre. Il s’agit très certainement plus d’un discours volontariste que d’une vraie foi dans la capacité à aller concurrencer de façon durable des équipes avec des moyens nettement supérieurs. Mais si Lyon semble intouchable, Montpellier n’a devancé Juvisy que d’un point la saison dernière et c’était la première fois depuis 2011. Et la reconstruction du PSG peut susciter des ambitions chez ses concurrents bien que le chantier soit mené de façon à ne pas laisser trop de place au doute.

Au stade Fred-Aubert de Saint-Brieuc, Juvisy campait d’entrée dans la moitié de terrain des Bretonnes. Le duo Annaïg Butel-Inès Jaurena contrôlait la situation au milieu malgré les efforts des recrues Evelyn Nwabuoku et Marine Pervier. Mais si les Essonniennes dominaient, elles peinaient à mettre vraiment en danger Maryne Gignoux en dehors de quelques frappes asses facilement contrôlées.

Et comme cela arrive parfois, Desire Oparanozie profitait d’un ballon intercepté à vingt minutes de la fin pour frapper de 25m et lober Céline Deville légèrement avancée. La fin de match était totalement à l’avantage des Juvisiennes mais la défense guingampaise autour de Charlotte Lorgeré et Julie Debever tenait bon. À vrai dire si la pression était forte, cela ne débouchait sur aucune occasion vraiment construite.

Une joueuse dans le match

Clara Matéo

Clara Matéo

La première de Clara Matéo en D1 pour une équipe de haut de tableau était particulièrement attendue. Positionnée sur l’aile droite, il lui faudra près d’une demi-heure pour trouver le rythme, le jeu se faisant plutôt côté gauche entre Camille Catala et Théa Gréboval. Elle a fini par prendre ses marques en finissant la première mi-temps au poste d’avant-centre après permutation avec Tatiana Coleman. Elle touchait beaucoup plus de ballons en seconde période sans réussir à conclure ou à offrir le but égalisateur. Avec Gaëtane Thiney, Camille Catala et Kadidiatou Diani et en attendant Marina Makanza (et Catherine Karadjov), elle constitue une escouade offensive de qualité à laquelle il ne manque qu’une avant-centre du même niveau, Tatiana Coleman se dépensant beaucoup sur le front de l’attaque mais avec un talent moindre que celui de ses partenaires.

Résultats

Albi-PSG 0-4 : Cruz 23′, Katoto 52′, Delie 54′, Boquete 64′

Bordeaux-Marseille 1-1 : Cambot 13′ ; Cousin 33′

Guingamp-Juvisy 1-0 : Oparanozie 73′

Metz-Montpellier 0-5 : Tonazzi 5′, Thomas 8′, 13′, Torrecilla 86′, Jakobsson 89′

Saint-Étienne-Rodez 1-1 : Traoré 75′ ; Noiran 46′

Soyaux-Lyon 0-9 : Le Sommer 5′, 23′, 35′, 69′, 78′, Hegerberg 38′, 79′, Viana 45′ (csc), Lavogez 81′

Classement

Place Nom Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Lyon 3 1 1 0 0 9 0 9
2 Montpellier 3 1 1 0 0 5 0 5
3 PSG 3 1 1 0 0 4 0 4
4 Guingamp 3 1 1 0 0 1 0 1
5 Bordeaux 1 1 0 1 0 1 1 0
6 Marseille 1 1 0 1 0 1 1 0
7 Rodez 1 1 0 1 0 1 1 0
8 Saint-Étienne 1 1 0 1 0 1 1 0
9 Juvisy 0 1 0 0 1 0 1 -1
10 Albi 0 1 0 0 1 0 4 -4
11 Metz 0 1 0 0 1 0 5 -5
12 Soyaux 0 1 0 0 1 0 9 -9

Bergerôo, clap de fin

Un mois après les jeux mais dans une impression de précipitation, le sélectionneur Philippe Bergerôo a été remercié et remplacé par Olivier Echouafni, nouveau venu dans le monde féminin.

Le parcours du désormais ancien sélectionneur comporte clairement deux phases avant et après la Coupe du monde canadienne.

Désormais son successeur a près d’un an pour composer une équipe pour un Euro pour lequel elle est déjà qualifiée avec en point de mire la Coupe du monde 2019 à domicile. Cela signifie sans doute rompre avec l’ossature qui constitue l’équipe de France depuis un peu plus de dix ans.

Les Bleues ont ramené de Rio un certain sentiment d’échec qui ne tient pas tant à l’absence de médaille qu’à la manière dont elles sont sorties de la compétition. Le chemin le plus probable sur le papier leur promettait d’avoir à battre les États-Unis ou l’Allemagne pour accéder aux demis-finales. Dans ces conditions un retour sans médaille aurait pu être une déception mais rester conforme à la logique.

Mais l’Allemagne a eu la délicatesse de passer par les chemins de traverses pour aller chercher le titre olympique. Et les Bleues ont eu à affronter le Canada en quart de finale. Malgré leur tournoi très positifs, les joueuses de John Herdman étaient clairement sur le papier à la portée de celles de Philippe Bergerôo. Mais ces dernières n’ont jamais donné le sentiment de jouer un match décisif.

Après la rencontre, le sélectionneur a pointé un problème mental récurrent de son équipe évacuant un peu vite sa propre responsabilité même si son constat n’est pas dénué de tout fondement.

Bien que prolongé jusqu’en 2017, Philippe Bergerôo avait déjà laissé entendre avant les Jeux qu’il pourrait ne pas aller au delà de Rio. L’impression olympique rendait très improbable son maintien à la tête de l’équipe de France. Le calendrier de son éviction est toutefois légèrement étonnant même si la France étant déjà qualifiée pour l’Euro 2017 aux Pays-Bas, les Bleues ne vont jouer que des matchs sans enjeux directs jusque là et ne feront que préparer cette échéance cette saison.

On ne reverra pas Louisa Necib sous le maillot bleu.

On ne reverra pas Louisa Necib sous le maillot bleu.

Il s’est passé près d’un mois entre l’élimination contre le Canada le 12 août et le remplacement de Philippe Bergerôo par Olivier Echouafni le 9 septembre. Cette nomination intervient quelques jours seulement avant les matchs contre le Brésil et l’Albanie. La communication de la liste des joueuses sélectionnées pour ces matchs a même été repoussée de quelques jours à cause de cela et interviendra dimanche, la veille seulement du début prévu du rassemblement.

L’impression qui prédomine est celle d’une grande précipitation : si le sort de Philippe Bergerôo semblait scellé dès Rio (voire avant), le choix de son successeur fleure bon l’improvisation. Il semble que l’absence de candidature interne à la DTN et l’impossibilité de débaucher Corinne Diacre de Clermont ait poussé la FFF à trouver en urgence un candidat qui avait comme qualité d’être disponible.

Sur le papier, le profil d’Oliver Echouafni ne suscite pas un grand enthousiasme. Né à Menton, il débute sa formation dans le club voisin de Monaco et la termine à Marseille. Il profite des affaires qui envoient le club phocéen en D2 en 1994 pour s’y faire une place. Il fait ensuite une honnête carrière de milieu défensif à Strasbourg, Rennes et la termine chez lui à Nice. Titulaire du BEPF, il entraîne ensuite Amiens en National puis Sochaux en Ligue 2 sans particulièrement se faire remarquer par la qualité du jeu pratiqué par ses équipes.

Bref le nouveau sélectionneur des Bleues n’apporte ni une qualité de jeu reconnue, ni une aura d’ancien joueur ou entraîneur à succès ni une quelconque connaissance du football féminin.

Bien sûr il n’est pas question de le discréditer avant même sa première liste, son premier entraînement et son premier match. Mais sa nomination pose quelques questions sur la procédure de désignation du sélectionneur de l’équipe de France par la FFF ou sur l’attractivité du poste, y compris au sein de la DTN. Le calendrier n’aide sans doute pas puisque ce n’est pas en septembre que les entraîneurs sont disponibles en général mais ce point aurait sans doute pu être anticipé.

Et bien que les contrats des sélectionneurs soient faits pour ne pas être respectés (surtout s’ils ont été prolongés peu avant), la durée de deux ans est très étonnante puisqu’elle mène à une période exactement à mi-chemin entre le prochain Euro et la Coupe du monde.

Un bilan contrasté

S’il part sur un échec1, le bilan de Philippe Bergerôo comporte assez nettement deux phases distinctes séparées par la Coupe du monde au Canada. En reprenant la sélection après l’Euro 20132, son apport n’a d’abord pas été dans la constitution du groupe, quasiment identique à celui de Bruno Bini mais dans le choix des adversaires. Sous ses ordres, les Bleues ont affronté six fois les États-Unis dont cinq fois en match amical, trois fois l’Allemagne, l’Angleterre et le Brésil. L’objectif affiché était de préparer l’équipe à aborder et à jouer les matchs qui comptent.

Dans un premier temps les choses ont plutôt bien fonctionné. En dehors d’un nul contre l’Écosse avec une équipe remaniée3 et d’une délicate tournée américaine avec de nombreuses absences et des délais de récupérations trop courts, les Bleues ont tout emporté sur leur passage entre septembre 2013 et mars 2015 en remportant 23 matchs sur 27 contre des adversaires comme les États-Unis, l’Allemagne, la Suède, le Brésil ou l’Angleterre4. Cela leur a permis de passer de la sixième à la troisième place mondiale.

Le premier accroc a été la finale de l’Algarve 2015. Revanche de la victoire contre les États-Unis un mois plus tôt à Lorient, ce sont cette fois les Bleues qui étaient plus diminuées que leurs adversaires et qui n’ont rien pu faire. Curieusement, cette défaite a plus semblé être un coup d’arrêt dans la dynamique des Bleues que n’avait pu l’être celle concédée neuf mois plus tôt contre le même adversaire à Tampa.

Mais c’est peut-être une interprétation a posteriori. Les Bleues ont continué leur route jusqu’à la Coupe du monde au Canada où leur premier tour a été indéchiffrable : une victoire à la Pyrrhus contre l’Angleterre5, une défaite sans conséquence contre la Colombie et une victoire trop facile contre le Mexique. Puis elles ont gagné le deuxième match à élimination directe de leur histoire contre la Corée du Sud avant d’être éliminées aux tirs aux buts contre l’Allemagne à l’issue d’un grand match.

Pour une autre équipe que celle-ci, ce match aurait pu être la promesse de beaux lendemains : il avait montré que la France était désormais capable de jouer les yeux dans les yeux avec les meilleures équipes mondiales et qu’il ne manquait pas grand chose (vingt minutes d’autonomie en plus à Élodie Thomis) pour les battre.

Mais les Françaises sont sans doute trop marquées par les différentes déceptions subies lors des précédentes phases finales pour voir les choses sous cet angle.

La suite du parcours a été nettement moins bonne. Dans les résultats d’abord avec une SheBelieves Cup disputée sans remporter de victoire et sans marquer et surtout dans le jeu. À l’arrivée à Rio, on pouvait encore croire que tout cela était le fruit d’une préparation ciblée sur une compétition dense avec un effectif resserré.

Mais si la victoire contre la Colombie a été très probante, si la défaite contre les États-Unis a été le résultat d’un match finalement assez réussi et si le succès contre la Nouvelle-Zélande n’a pas été le fruit d’un très grand match mais qu’il a été acquis par une équipe très remaniée, tout cela est envoyé aux oubliettes de l’histoire puisque l’objectif était le match suivant, celui qui permet d’entrée dans le dernier carré où tout le monde n’a pas de médaille mais presque. Et ce match charnière – qui n’a donc même pas été joué contre un adversaire supposé plus fort – a très objectivement été raté.

La petite saison des Françaises

Si la responsabilité du sélectionneur dans le jeu et dans l’état d’esprit de son équipe est bien sûr importante, il est possible qu’il n’avait pas tout à fait des joueuses aussi brillantes que leur réputation. Malgré leur importante présence dans la liste finale pour le titre de meilleure joueuse de l’UEFA et malgré le triplé lyonnais, aucune joueuse française n’a fait une grande saison. Les joueuses de base du titre européen de l’OL sont Ada Hegerberg et Saki Kumagai. Amel Majri et Griedge Mbock font aussi une très bonne saison mais ne sont pas encore de vraies cadres chez les Bleues (mais elles ont à cette occasion gagné leurs galons de titulaires, en profitant aussi des blessures de Laure Boulleau et Laura Georges). Camille Abily s’est gérée et n’a plus les jambes pour répéter des matchs de haut intensité tous les trois jours, Louisa Necib a semblé avoir la tête ailleurs, Eugénie Le Sommer a couru après sa forme toute la saison, Amandine Henry et Wendie Renard ont passé une bonne partie de leur année à l’infirmerie, ce qui leur a sans doute accordé un repos nécessaire et explique qu’elles ont été les meilleures françaises à Rio.

La thèse de la fatigue est sans doute recevable. D’ailleurs même à l’étranger les internationales des grands clubs allemands n’ont pas brillé outre mesure : Wolfsbourg a lâché des points un peu partout et a longtemps été portée à bout de bras par Caroline Hansen, le Bayern s’est fait sortir très tôt de la scène européenne par Twente qui n’est pas un ogre, Francfort a alterné le moyen et le médiocre. Mais les Allemandes ont su passer outre la fatigue pour remporter les matchs qui comptent à défaut d’être convaincantes tout au long du tournoi (en particulier au premier tour).

À Lyon, cet état de forme a été masqué par Ada Hegerberg et par l’absence de gros matchs : il y a eu une victoire contre un PSG fantomatique pour assommer le championnat au mois de septembre mais l’OL n’a ensuite battu en championnat ni Montpellier ni le PSG au retour. Et la Coupe d’Europe s’est résumée à la finale après le sabordage du PSG au tour précédent.

Les internationales de l’équipe parisienne n’ont justement pas été beaucoup mieux. Laura Georges et Laure Boulleau ont été blessée à peu près toute la saison et pour les Jeux, Kenza Dali presque autant, Jessica Houara a payé toute la saison d’être utilisée à toutes les sauces, Kheira Hamraoui et Marie-Laure Delie n’ont pas été surmenées mais ont été écartées assez longtemps des feuilles de matchs par Farid Benstiti.

Bref les joueuses de la Coupe du monde (auxquelles ont peut ajouter Clarisse Le Bihan ou Annaïg Butel qui ont aussi connu une saison quasiment blanche) ont raté leur saison à un degré ou un autre. C’est peut-être une des raisons de l’échec. Ou au moins cela a pu masquer au staff les problèmes puisque les difficultés rencontrés pouvaient s’expliquer par ces blessures et ces états de forme et qu’il y avait ensuite deux mois de préparation pour remettre tout le monde en forme.

Que cela diminue la responsabilité du sélectionneur ou pas, cette question de l’état de forme des internationales est un vrai problème que devra résoudre son successeur. D’ici à l’Euro, il n’y aura pas de période de vacances sauf peut-être pour Amandine Henry si elle ne revient pas en Europe pendant l’intersaison américaine.

Le chantier d’Echouafni

La première liste d’Olivier Echouafni va évidemment être très attendue. Non seulement le résultats des Jeux Olympiques et l’horizon de la Coupe du monde font attendre du changement mais la connaissance du nouveau sélectionneur des joueuses qui ne sont pas déjà internationales n’est sans doute pas encyclopédique.

La composition du staff qui l’accompagnera n’a pas encore été annoncée mais il est très probable qu’il se fera aider par des membres de la DTN qui connaissent le sujet et on devrait donc avoir une liste composée à la fois de joueuses déjà vues récemment en A et d’autres issues de la génération des moins de 19 ans championne d’Europe cet été. À moins que la consigne fédérale soit d’éviter de déshabiller totalement l’équipe des moins de 20 ans qui disputera la Coupe du monde de la catégorie en Papouasie-Nouvelle Guinée à l’automne.

L’ossature du groupe sera certainement constituée de Wendie Renard, Griedge Mbock, Amel Majri, Amandine Henry et Eugénie Le Sommer. Jessica Houra et Kheira Hamraoui seront sans doute de la première liste avant que leur sort ne dépende de leur temps de jeu. Mais la question sensible sera le sort de certaines joueuses dont on peut douter de la capacité à tenir jusqu’à 2019 : la présence ou non d’Élise Bussaglia, Laura Georges, Sabrina Delannoy et surtout Camille Abily sera scrutée. Tout comme celle de Gaëtane Thiney, écartée par Philippe Bergerôo mais dont la récente interview à L’Équipe montrait qu’elle se replaçait en candidate à la sélection en prévision du changement d’ère.

L'équipe de France des moins de 19 ans constitiue la relève à court terme.

L'équipe de France des moins de 19 ans constitiue la relève à court terme.

De jeunes joueuses qui faisaient déjà partie du groupe comme Claire Lavogez ou Sandie Toletti devraient sans doute monter en grade mais jusque là elles n’ont pas réussi à bousculer à la régulières leurs aînées.

Chez les moins de 19 ans, Olivier Echouafni pourrait rappeler Delphine Cascarino et Perle Morroni qui ont déjà côtoyé les Bleues et donner leur chance à des joueuses comme Clara Matéo ou Marie-Antoinette Katoto. Par contre la présence de joueuses plus âgées et pas encore vues comme Sarah Palacin, Solène Barbance ou Tatiana Solanet serait une vraie surprise parce qu’elle indiquerait une meilleure connaissance que prévu des joueuses par le sélectionneur (ou de meilleurs conseils) qui n’aura eu entre sa nomination et sa première liste la possibilité de ne voir qu’un seul match de championnat.

Finales des JO de Rio 2016

L’Allemagne est championne olympique féminine de football ce qui complète son impressionnant palmarès puisque c’est la première fois qu’elle remporte ce titre. Le Brésil n’a pas réussi à obtenir une médaille à domicile, le podium est complété par la Suède et le Canada qui remporte sa deuxième médaille de bronze consécutive.

Les finales ont été plutôt plus enlevées que les tours précédents comme si les équipes ne craignaient plus de lancer leurs dernières forces dans la bataille. Si les résultats du tournoi ont laissé la place à de nombreuses surprises, ils ne préfigurent sans doute pas un nouvel ordre mondial.

Dans les finales du tournoi féminin de football au Jeux Olympiques de Rio, il fallait jouer en rouge pour battre les jaunes. L’Allemagne a remporté sa première médaille d’or olympique après trois médailles de bronze entre 2000 et 2008. Ce titre n’est pas vraiment une surprise pour une équipe avec un tel palmarès et qui est numéro deux mondiale. Pourtant quand l’élimination des États-Unis aurait dû en faire la principale favorite, son premier tour laissait penser qu’il y avait peut-être une chance pour les autres. Mais ni la Chine, ni le Canada, ni la Suède en finale n’ont su la saisir.

Silvia Neid – et sans doute quelques une de ses joueuses comme Saskia Bartusiak, Annike Krahn et Anja Mittag – quitte la scène internationale sur un titre olympique qui complète sa collection après la Coupe du monde 2007 et les Euros 2009 et 2013. Son équipe n’a pas vraiment convaincu jusqu’en finale mais c’est un refrain qu’on entend au moins depuis la Coupe du monde 2011 à domicile. Entre temps, son équipe d’Allemagne a trouvé le temps de remporter l’Euro 2013 ce qui fait qu’elle remporte une compétition sur deux qu’elle dispute1 quand elle ne convainc pas. Dans les autres, il faut un Japon irrésistible en 2011 et un enchaînement France-États-Unis en 2015 pour l’empêcher d’aller au bout.

Annike Krahn et Saskia Bartusiak

Annike Krahn et Saskia Bartusiak

L’Allemagne confirme ainsi le cliché : sa principale force est de gagner. Et à l’occasion elle peut bien jouer. Cela a été plutôt le cas en finale où le jeu a été plutôt plus ouvert que lors des tours précédents. Est-ce parce que les Suédoises étaient en terrain connu et avaient moins peur des Allemandes ? Ou parce que ces dernières les ont moins acculées sur leur but ? Les coéquipières de Nila Fischer ont sans doute réalisé leur meilleure prestation offensive du tournoi avec leur début de match du premier tour contre le Brésil. Le résultat n’est pas une bonne publicité pour le jeu offensif.

Mais sur l’ensemble de la compétition, les Suédoises ne sont pas malheureuse de leur médaille d’argent, obtenue en battant uniquement l’Afrique du Sud en fin de match et en réussissant deux séances de tirs aux buts. La moitié du plateau a remporté plus de matchs.

Les Canadiennes gardent leur bronze

Si la victoire des rouges allemandes sur les jaunes suédoises était assez attendue, celle des Canadiennes sur les Brésiliennes l’était beaucoup moins. La petite finale pour la médaille de bronze opposait les deux équipes du premier tour. Le Canada avait remporté ses trois premiers matchs et le Brésil avait fortement impressionné contre la Chine et la Suède.

Les coéquipières de Marta ont confirmé leurs difficultés à marquer puisqu’il leur a fallu attendre les dix dernières minutes pour mettre fin à trois matchs et deux prolongations de stérilité. Mais cela ne leur apportera pas la médaille de bronze parce qu’entre temps les joueuses de John Herdman avaient marqué deux fois en jouant le jeu qui leur avait parfaitement réussi au premier tour, celui du contre.

Le Canada est encore en bronze

Le Canada est encore en bronze

Le premier but est intervenu sur un contre supersonique d’Ashley Lawrence qui déposait Fabiana et servait idéalement Deanne Rose, le second sur une récupération de Jessie Fleming suite à une relance de Barbara.

Le Brésil termine donc sa compétition à domicile sans médaille, l’objectif de la CBF de mettre en place une équipe pour revenir à cette occasion au niveau du milieu des années 2000 n’a pas été atteint.

Au contraire, le Canada obtient sa deuxième médaille de bronze consécutive ce qui est une excellente performance pour une équipe dont le classement oscille entre la 7e et la 11e place et qui sait donc être présente dans le format si particulier des Jeux.

Quelles conséquences pour l’avenir ?

Malgré le rajeunissement de l’équipe canadienne, elle n’a sans doute pas le potentiel pour aller tellement au-delà de ce qu’elle a déjà fait, c’est-à-dire des demi-finales quand les circonstances s’y prêtent.

Plus généralement, les résultats surprenant observés à Rio dans le contexte d’un jeu très fermé ne semblent pas décrire une nouvelle hiérarchie.

Les Américaines n’ont pas réussi à percer le coffre-fort suédois mais elles semblent encore au-dessus des autres et resteront favorites lors des prochaines compétitions. Encore que pour elles commencent une longue période sans trop d’enjeu, la Gold Cup n’étant pas un objectif prioritaire en dehors de la qualification pour la Coupe du monde 2019 en France.

De même, il semble que les parcours de la Suède, du Canada et du Brésil doivent principalement aux circonstances et au contexte particulier de la compétition. En particulier les premières ont une équipe vieillissante qui devra se reconstruire pour les prochaines échéances même si elle peut durer jusqu’à l’Euro 2017 et surtout si des joueuses comme Stina Backstenius et Fridolina Rolfö ont commencé à se faire une place.

A contrario, l’Australie, la Chine, la Nouvelle-Zélande et même la France ne sont pas tellement loin de leur position supposée. Bien sûr pour cette dernière, on observera avec attention comment la déception sera suivie d’effet puisque l’incapacité à traduire une bonne place au classement par un résultat en phase finale commence à tourner au psychodrame.

Résultats

Finale

Allemagne- Suède 2-1

Match pour la troisième place

Canada- Brésil 2-1

Stina Blackstenius

Stina Blackstenius

Demi-finales des JO de Rio 2016

Les demi-finales du tournoi féminin de football au Jeux Olympiques de Rio ont confirmé que la compétition ne serait pas un sommet du jeu. Les deux finalistes ont éliminé une équipe qui les avait battues au premier tour confirmant la règle qui veut qu’on ne bat pas deux fois la même équipe dans un tournoi.

La finale se disputera entre l’Allemagne et la Suède, deux équipes qui n’avaient pas vraiment convaincu pour leur entrée. La forte coloration de D1 des deux finalistes ne fera qu’aviver les regrets des Françaises.

Le nombre de but marqué n’est pas l’unique indicateur de la qualité du jeu pratiqué dans une compétition mais il n’est pas tout à fait anodin de n’avoir vu que six buts dans les six matchs à élimination directe déjà joués. La moyenne du premier tour était de trois buts par match, certes aidée par les score de ceux du Zimbabwe1. Mais depuis seule l’Allemagne est parvenue à marquer deux buts dans un match, lors de la demi-finale contre le Canada. Et en dehors de la Mannschaft (mais c’était contre le Zimbabwe), les équipes qui avaient présenté les prestations les plus abouties au premier tour ont été incapables de les reproduire ensuite pour s’imposer.

Marta et Lotta Schelin s'affrontent depuis plus d'une décennie.

Marta et Lotta Schelin s'affrontent depuis plus d'une décennie.

Les États-Unis et la France avaient montré de belles choses en poule mais ont été totalement stériles en quart de finale. De même le Brésil qui avait commencé en trombe en passant huit buts à la Chine et à la Suède, pas exactement des faire-valoir, n’a plus marqué lors des trois matchs suivant. Ironiquement, c’est exactement le parcours opposé de son équipe masculine qui avait commencé par deux 0-0 avant de passer la marche avant en marquant douze buts en trois matchs pour atteindre la finale.

Au-delà du fait qu’il ne faut bien sûr jamais tirer de conclusion définitive au bout de deux match, c’est aussi symptomatique du fait que plus encore que dans un Euro ou une Coupe du monde où les matchs sont plus espacés avec un effectif plus étoffé, il est quasiment impossible de commencer et de finir fort dans un format comme ce tournoi olympique.

Les revanches aux revanchardes

Cette évolution des états de forme explique sans doute en partie pourquoi quand une affiche se reproduit dans une compétition, le résultat du premier match est rarement confirmé par le second. Les deux demi-finales ont été des revanches de matchs du premier tour et dans les deux cas, l’équipe qui avait perdu la première manche s’est qualifiée pour la finale.

Paradoxalement, la Suède avait été plus convaincante dans le jeu au premier tour lors de la défaite 5-1, au moins avant d’encaisser deux buts coup sur coup. En demi-finale, elle a défendu et résisté aux nombreuses attaque des coéquipières de Marta, ne procédant que par de rares contre attaques et semblant attendre la séance de tirs aux buts. Son bilan est donc d’une courte victoire contre l’Afrique du Sud, d’une défaite contre le Brésil et de trois matchs nuls.

Et grâce aux nerfs de ses tireuses de pénalties elle se retrouve en finale olympique pour la première fois avec l’une des équipes les plus faibles de son histoire alors qu’elle avait jusque là participé à toutes les éditions sans jamais obtenir de médaille. On verra là l’influence de Pia Sundhage qui sait bien sûr comment gérer les Jeux Olympiques où elle visera une troisième victoire consécutive avec deux équipes différentes.

Silvia Neid

Silvia Neid

La finale opposera les deux sélectionneuses les plus expérimentées du plateau. Silvia Neid n’a jamais remporté les Jeux mais elle a ramené la médaille de bronze en 2008 et elle a remporté une Coupe du monde et deux Euros.

Sa Mannschaft n’a pas réédité son erreur du premier tour contre le Canada. Après avoir à nouveau ouvert le score sur un pénalty de Melanie Behringer, elle n’a cette fois-ci pas laissé les joueuses à la feuille d’érable revenir dans la partie. Ces dernières souffrent sans doute également de la longueur du tournoi et de la répétition des matchs. Déjà contre la France, elles n’avaient pas vraiment été en mesure de se procurer beaucoup d’occasions et n’avaient dû leur salut qu’à l’incapacité des Bleues à faire mieux.

Déjà une finale mondiale et une finale européenne

Allemagne-Suède, c’est une finale qui fleure bon le début des années 2000. C’était l’affiche de l’Euro 2001 et de la Coupe du monde 2003. À chaque fois c’est l’équipe allemande qui s’était imposée. Elle partira encore favorite de cette opposition européenne, la première en finale des Jeux Olympiques où la Norvège était jusque là la seule équipe européenne à être arrivée. Mais entre deux équipes très expérimentées – trop croyait-on – où plusieurs joueuses font sans doute leur dernier tour de piste en sélection comme Lotta Schelin ou Anja Mittag et sont loin du niveau qui a fait leur gloire, on se gardera d’avoir trop de certitudes. Il est probable que la victoire ne passera pas par le jeu. La Suède a bâti son parcours aux tirs aux buts et il est symbolique que la meilleure buteuse allemande – et quasiment la seule de le phase à élimination directe – soit Melanie Behringer.

Résultats

Brésil- Suède 0-0 (3 t.a.b. à 4)

Canada- Allemagne 0-2

Des regrets pour les Bleues

Les Bleues sont déjà rentrées à la maison mais la suite de la compétition n’est pas totalement dénuée d’enseignements pour la France.

En premier lieu, la grande médiocrité d’ensemble dans le jeu dans cette phase à élimination directe ne donne finalement pas entièrement tort à Philippe Bergerôo dans son choix d’un jeu très restrictif. D’ailleurs il était loin d’être le plus fermé de l’ensemble des participants. Mais dans un format de compétition aussi compact, il était sans doute nécessaire de pouvoir jouer à l’économie. Par contre dans ce cas, les choix de joueuses et de rotation n’ont sans doute pas été en accord avec cet objectif.

Ensuite la Suède a fini la demi-finale avec une majorité de joueuse qui avait joué cette saison en D1 : Caroline Seger, Lisa Dahlkvist et Kosovare Asllani au PSG, Linda Sembrant et Sofia Jakobsson à Montpellier et Lotta Schelin à Lyon. Si les Montpelliéraines et Caroline Seger ont plutôt donné satisfaction, les autres Parisiennes sont reparties sans être tellement regrettées et Lotta Schelin aura géré sa fin de parcours dans l’ombre d’Ada Hegerberg. Bref, il ne s’agit pas de joueuses qui ont éclaboussé cette saison la D1, signe que le niveau individuel des joueuses suédoises n’est certainement pas supérieur à celui des joueuses françaises. Et que ce qu’ont fait les scandinaves, les Bleues auraient dû pouvoir le faire.

Le même genre de remarque pourrait être fait avec Anja Mittag, fantômatique à Paris et indéboulonnable en sélection ou Annike Krahn, partie en début de saison, lassée d’occuper le banc parisien mais toujours régulièrement titulaire pour Silvia Neid.

Quarts de finales des JO de Rio 2016

Les quarts de finale du tournoi de football féminin des Jeux Olympiques de Rio 2016 n’ont pas vraiment respecté la hiérarchie établie. La principale surprise est bien sûr l’élimination des États-Unis, jusque là toujours au moins finalistes par une Suède qui ne faisait peur à personne après son premier tour. L’Allemagne et le Brésil seront au rendez-vous dans la douleur.

France échoue avant les demi-finales alors que la route semblait dégagée. Autant la Coupe du monde pouvait donner des regrets avec un tableau particulièrement difficile, autant cette fois le sort avait finalement été plutôt clément et la France a étalé son incapacité à se hausser à la hauteur de l’événement.

À force d’expliquer que le tableau des tournois était presque entièrement défini par le classement Fifa, il fallait que cela arrive : les États-Unis, premières au classement mais aussi triple tenantes et championnes du monde en titre ont été éliminées par la Suède, sixième mondiale et qui restait sur un premier tour médiocre suivant une Coupe du monde qui n’était pas meilleure. C’est une vraie sensation puisque le plus mauvais résultat des Américaines aux Jeux Olympiques était jusque là une médaille d’argent obtenue lors d’une défaite en prolongation en 2000. Lors de toutes les autres éditions depuis l’entrée de la discipline au programme olympique en 1996, y compris donc les trois dernières, l’équipe des États-Unis avait remporté la médaille d’or.
Cette année, elle était encore largement favorite, forte de son titre de championne du monde obtenu l’an dernier au Canada. Quelques cadres avaient bien passé la main comme Abby Wambach ou Christie Rampone, mais leur participation au titre canadien avait été surtout symbolique et elles étaient remplacées par de jeunes joueuses très prometteuses, en particulier Mallory Pugh, déjà annoncée à 18 ans comme la superstar de demain.

Bien sûr, on l’imaginait pouvoir être mise en difficulté. Par l’Allemagne qui n’est jamais aussi dangereuse que quand on ne la croit pas au niveau. Par le Brésil de Marta qui joue à domicile et veut obtenir son premier titre mondial après plusieurs secondes places. Et pourquoi pas par la France, troisième mondiale et qui avait rivalisé au premier tour.

Alex Morgan a vu son tir au but arrêté par Hedvig Lindahl.

Alex Morgan a vu son tir au but arrêté par Hedvig Lindahl.

Mais il était difficile d’imaginer que cette opposition viendrait de la Suède. Incapable de remporter un match au Canada1, explosant en huitième de finale face à l’Allemagne, les coéquipières de Lotta Schelin n’avait pas vraiment fait mieux au premier tour à Rio. Après une victoire poussive contre la faible Afrique du Sud, elles avaient explosé face au Brésil et n’avaient pas été capables de faire la différence contre la Chine, sortant à nouveau des poules par une des places de meilleures troisièmes.

Mais contre les États-Unis, elles ont fait mieux que résister. L’ouverture du score était l’œuvre de Stina Blackstenius, la valeur montante suédoise, à l’heure de jeu et il fallait un coup de billard dans la surface pour permettre à Alex Morgan d’égaliser. Les deux équipes marquaient durant la prolongation un but refusé pour des hors-jeu peu évidents (voire inexistants) et la qualification pour la demi-finale se jouait aux tirs aux buts. Alex Morgan voyait son tir repoussé par Hedvig Lindahl tout comme Linda Sembrant par Hope Soloe. En fin de série, Christen Press tirait au dessus permettant à Lisa Dahlkvist de donner la victoire à son équipe malgré les tentatives d’intimidation de la gardienne américaine. Pia Sundhage éliminait ainsi l’équipe qu’elle avait menée au titre lors des deux dernières olympiades.

Le Brésil au rendez-vous de Rio

Ce quart de finale étant chronologiquement le premier, il y a fort à parier que son résultat était dans toutes les têtes lors des trois suivants : les États-Unis hors-jeu, la médaille d’or devenait tout de suite nettement plus accessible.

Dans le cas du Brésil, c’est même la place en finale qui s’ouvrait en grand à la perspective d’affronter la Suède, battue 5-1 il y a moins d’une semaine. Mais avant, il fallait réussir à se débarrasser de l’Australie, l’équipe qui avait éliminé les Brésiliennes l’an dernier au Canada. Malgré une débauche d’énergie et de beaux mouvements, aucune des deux équipes ne parvenait à marquer et le match se jouait également aux tirs aux buts où le Brésil s’imposait malgré l’échec de Marta.

Le Brésil a commencé très fort la compétition mais n’a pas réussi à marquer lors de ses deux derniers matchs. La revanche contre la Suède pourrait ne pas être une partie de plaisir, surtout si l’on se souvient du début de match des Suédoises en poule qui avaient nettement perturbé les locales, avant que deux buts autour de la 20e minute ne les liquéfie.

L’Australie sort de son tournoi avec des regrets : un match contre le Canada dominé en supériorité numérique mais perdu par manque de tranchant, le suivant face à l’Allemagne qui aurait dû être remporté largement, une victoire contre le Zimbabwe large mais pas assez pour passer devant l’Allemagne et s’offrir un quart de finale plus simple et enfin un nul contre le Brésil qui ne permet pas de passer. Le bilan est clairement celui des occasions manquées pour la quatrième meilleure équipe du plateau au classement Fifa.

L’Allemagne sans convaincre

Entre ces deux quarts, l’Allemagne était venue à bout de la Chine en dominant de bout en bout mais sans se montrer tellement dangereuse. Il fallait une lourde frappe de Melanie Behringer sur une remise d’Anja Mittag pour ouvrir le score à un quart d’heure de la fin contre une Chine réduite à dix par l’expulsion de Wang Shanshan suite à un tacle au menton sur Annike Krahn. Et il fallait ensuite un poteau pour repousser le pénalty de Wang Shuang et empêcher la Chine de revenir.

L’Allemagne est donc en demi-finale, sans convaincre mais grâce à un gros score contre le Zimbabwe, une égalisation miraculeuse contre l’Australie qui malgré une défaite contre le Canada leur a permis d’affronter l’adversaire le plus faible des quarts de finales. La capacité à se sortir des mauvais pas et à égaliser dans les arrêts de jeu est à coup sûr à porter au rayon des qualités de la Mannschaft, qualité qui fait défaut à d’autres.

Résultats

États-Unis- Suède 1-1 (3 t.a.b. à 4)

Chine- Allemagne 0-1

Canada- France 1-0

Brésil- Australie 0-0 (7 t.a.b. à 6)

L’échec des Bleues

La deuxième demi-finale sera également la revanche d’un match du premier tour : le Canada tentera de battre une deuxième fois l’Allemagne.

On ne négligera pas la qualité de l’adversaire, seul vainqueur de tous ses matchs du premier tour et présentant un collectif solide à défaut d’être brillant. Peut-être qu’on se rendra compte à la fin du tournoi et dans les années à venir que les Bleues ont assisté pour leur malheur à la naissance d’une très grande équipe.

Mais ce n’est pas certain. Il y a un an au Canada justement, la France était sortie pleine de regrets à l’issue d’une prestation remarquable contre une équipe d’Allemagne grande favorite de la compétition. Là, elle quitte la compétition après un match assez indigent face à un adversaire inférieur sur le papier. Et s’il doit y avoir des regrets, c’est que comme en 2009 et 2013, le destin avait tracé une route vers la médaille puisqu’il n’y avait plus qu’à battre les équipes moins fortes pour en accrocher une et que même l’Allemagne ne semblait pas invincible.

La bonne prestation de Sakina Karchaoui contre la Nouvelle-Zélande a sans doute été un mal pour un bien. Elle a incité Philippe Bergerôo à la titulariser à la place d’une Amel Majri qui est encore plus solide qu’elle pour l’instant, et surtout à monter la Lyonnaise d’un cran au poste qu’elle revendique mais où elle se retrouve limitée par l’obligation d’être fréquemment dos au jeu. Bref ce changement affaiblissait deux postes et le but est arrivé sur l’une des erreurs de placement de la Montpelliéraine. Mais le centre de Janine Beckie n’aurait été qu’une péripétie si de l’autre côté, l’autre latérale Jessica Houara, joueuse de base du sélectionneur n’avait pas ponctué son tournoi raté d’un oubli de marquage sur Sophie Schmidt.

Toutefois, ces détails ne doivent pas masquer l’incapacité totale de l’équipe de France d’imposer son jeu et de trouver autre chose à faire que de longs ballons. Le sélectionneur Philippe Bergerôo sait que ses jours sont comptés à la tête de l’équipe de France, son départ semblait déjà dans l’air avant la compétition et il est probable que la réponse qu’il fait en commun avec son président Noël Le Graët, qu’il est sous contrat jusqu’en 2017, n’est qu’une manière de temporiser.

Toutefois, l’ancien gardien toulousain pointe – de façon sans doute assez inélégante mais pas vraiment hors-sujet – l’incapacité de son équipe à se révolter et à renverser une situation défavorable. Effectivement, il semble y avoir pour la génération née lors de l’Euro 2005 un plafond de verre autour des quarts de finales : depuis 2009, elle a atteint ce stade à 6 reprises et n’y a remporté qu’un seul match, contre la Suède il y a quatre ans. On peut ajouter une qualification aux tirs aux buts contre l’Angleterre en 2012 et une victoire en huitième de finale l’an dernier face à une faible Corée du Sud pour arriver au résultat que les Bleues n’ont remporté que deux matchs à élimination directe sur onze.

Il est sans doute temps de passer à autre chose. Dans le staff bien sûr puisque si l’on n’oubliera pas que sous Philippe Bergerôo la France est montée à la troisième place mondiale et qu’elle n’a pas à rougir de son mondial 2015, il semble que son pic de performance a eu lieu avant même la compétition canadienne au moment des victoires contres les États-Unis et l’Allemagne et que son niveau semble en baisse depuis.

Mais les équipes de France de jeunes ont accumulé les titres et les places d’honneur depuis quelques années, il va falloir commencer à s’appuyer sur les joueuses qui les ont remportées. Certaines comme Griedge Mbock sont déjà présentes, d’autres vont arriver très vite.

Cela veut dire aussi que la génération 2005 va devoir passer la main tant elle semble marquée par ces échecs. Louisa Necib arrête sa carrière pour devenir Louisa Cadamuro. Camille Abily n’a sans doute plus les jambes pour tenir un rôle aussi central dans une compétition où les matchs sont aussi rapprochés avec autant d’intensité. Dans un an, les Bleues joueront l’Euro aux Pays-Bas et s’il serait intéressant de viser le titre dans une Europe en reconstruction où l’Angleterre s’affirme et où l’Allemagne est en difficulté (relative), il faudra déjà commencer à travailler sur l’équipe qui jouera à domicile en 2019. Le chantier est déjà ouvert puisque Sakina Karchaoui, Wendie Renard, Griedge Mbock, Amandine Henry, Amel Majri, Eugénie Le Sommer et Kadidiatou Diani postuleront à coup sûr. Mais il faudra sans doute que Wendie Renard et Amandine Henry en particulier prennent davantage de leadership pour changer la dynamique de l’échec.

Troisième journée des JO de Rio 2016

La troisième journée du tournoi féminin de football des Jeux Olympiques de Rio a quelque peu bousculé les valeurs. Les deux traditionnelles meilleures équipes mondiales n’ont pas pu remporter leur match, ce qui a des conséquences importantes pour l’Allemagne qui sera bien en quarts de finales mais pas là où on l’attendait.

Car la France rencontrera finalement le Canada, seule équipe qui a remporté ses trois matchs du premier tour. Après avoir nettement dominé la Nouvelle-Zélande, les Bleues vont donc affronter une équipe moins forte sur le papier et qu’elles ont battu en amical il y a quelques semaines.

La troisième journée du tournoi féminin de football des Jeux Olympiques de Rio a été marquée la défaite de l’Allemagne contre le Canada et le nul des États-Unis face à la Colombie. Et si les premières n’ont jamais vraiment couru le risque de l’élimination1, elles ne finissent que deuxième du groupe F et ne seront pas au rendez-vous annoncé face à l’équipe de France. Elles ne sont même pas passées loin de la troisième place qui les envoyait rencontrer soit les États-Unis, soit le Brésil, en fonction des matchs des autres groupes.

Sur le papier, leur tâche sera plutôt plus facile que prévue face à la Chine. Mais on ne sait plus que penser de cette Mannschaft où Silvia Neid semble décidée à offrir un dernier tour de piste à ses cadres dans ce qui sera peut-être leur compétition de trop. Mais une victoire contre une équipe chinoise à sa portée l’enverrait encore une fois en demi-finale où presque toutes les places offrent une médaille.

La Colombie sort en beauté

Le match nuls des États-Unis contre la Colombie est d’une autre nature. Déjà qualifiées, les Américaines ont aligné une équipe remaniée avec quatre joueuses qui n’étaient pas titulaires contre la France. Au total, seules cinq joueuses ont débuté les trois matchs et toutes les joueuses de champ ont débuté au moins un match. Ensuite elles n’ont certes pas battu la Colombie, mais elles ont à peu près fait le travail et ne doivent le nul qu’à deux erreurs de leur gardienne Hope Solo. Bref ce résultat ressemble simplement à un peu de décompression avant de se lancer dans la phase à éliminations directes et si on a pu un instant croire qu’elle pouvaient se retrouver deuxième en perdant le match et ainsi renverser le tableau, cela n’a pas duré.

Cette fois Hope Solo n'a pas vraiment aidé son équipe.

Cette fois Hope Solo n'a pas vraiment aidé son équipe.

Malgré cela, la performance est belle pour la Colombie un an après avoir battu la France lors de la Coupe du monde et même si l’on retiendra les erreurs de la gardienne, les deux buts viennent de très belles frappes de Catalina Usme.

Statu quo dans le groupe E

Le groupe E était le dernier à jouer et connaissait toutes les données du problème. Le Brésil était certain de finir premier et l’Afrique du Sud dernière, tandis qu’un nul qualifiait la Chine et la Suède, la première n’ayant pas à craindre une défaite de moins de trois buts mais gardant sa deuxième place en cas de partage des points, la seconde craignant au contraire une défaite qui l’éliminerait.

Du coup le Brésil a abondamment fait tourner en titularisant les sept joueuses qui n’avaient pas commencé les deux premiers matchs, y compris la deuxième gardienne Aline. Le 0-0 contre l’Afrique du Sud qui n’a finalement encaissé que trois buts dans ce tournoi est donc très anecdotique.

Le même score entre la Chine et la Suède l’est presque autant entre deux équipes qui y trouvent finalement leur compte. La Chine affrontera une Allemagne qui ne vaut pas son nom et la Suède aura certes une mission impossible contre les États-Unis mais une place en quarts de finale est sans doute déjà bien payé quand on ne parvient à battre que l’Afrique du Sud sur un cafouillage.

Des surprises mais un tableau très logique

Le Canada a surpris en étant la seule équipe à remporter ses trois matchs, la Suède n’a pas tenu son rang et l’Allemagne encore moins mais la liste des qualifiés est finalement conforme aux prévisions : l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Colombie ont bien fini derniers de leurs poules et la Nouvelle-Zélande a été le moins bon troisième (les deux autres troisièmes n’étant certes pas ceux prévus).

Le tableau final peut même laisser entrevoir la présence en demi-finales des trois nations les mieux classées par la Fifa et du Brésil qui à domicile peut être considéré comme l’équivalent du troisième mondial2.

Résultats et classements

Groupe E

Afrique du Sud- Brésil 0-0

Chine- Suède 0-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Brésil 7 3 2 1 0 8 1 7
2 Chine 4 3 1 1 1 2 3 -1
3 Suède 4 3 1 1 1 2 5 -3
4 Afrique du Sud 1 3 0 1 2 0 3 -3

Groupe F

Australie- Zimbabwe 6-1

Allemagne- Canada 1-2

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Canada 9 3 3 0 0 7 2 5
2 Allemagne 4 3 1 1 1 9 5 4
3 Australie 4 3 1 1 1 8 5 3
4 Zimbabwe 0 3 0 0 3 3 15 -12

Groupe G

Colombie- États-Unis 2-2

Nouvelle-Zélande- France 0-3

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 États-Unis 7 3 2 1 0 5 2 3
2 France 6 3 2 0 1 7 1 6
3 Nouvelle-Zélande 3 3 1 0 2 1 5 -4
4 Colombie 1 3 0 1 2 2 7 -5

Les Bleues dans la dernières ligne droite

C’est induit par la formule et le nombre de joueuses, et c’était accentué par l’ordre des matchs : Philippe Bergerôo savait qu’un des problèmes qu’il aurait à résoudre serait celui de l’état de fraîcheur de ses troupes. La méthode traditionnelle veut qu’on commence par remporter ses deux premiers matchs avec son équipe type et qu’on profite du troisième match sans enjeu ou presque pour faire tourner l’effectif, reposer les cadres et concerner les remplaçantes.

On peut aussi appliquer une variante comme l’a fait Gilles Eyquem, l’entraîneur de l’équipe de France des moins de 19 ans lors de l’Euro remporté cette année en faisant tourner son effectif à chaque match jusqu’à la finale. Mais cela fonctionne nettement mieux quand l’équipe est au dessus de ses adversaires et peut se passer sans dommage de ses meilleurs éléments, voire comme on l’a vu en Slovaquie, quand l’équipe peut se contenter de faire entrer les meilleures seulement en deuxième mi-temps pour redresser une situation grave mais pas désespérée.

Faire tourner face à un adversaire plus faible sans attendre que la qualification soit acquise, c’est ce qu’avait fait le sélectionneur des Bleues il y a un an contre la Colombie avec à la clef une défaite qui pouvait le dissuader de réessayer.

Tout cela explique sans doute pourquoi c’est l’équipe type française qui a joué d’entrée contre la Colombie, puis qui a été globalement reconduite dans le match au sommet contre les États-Unis. Et malgré la défaite qui obligeait à faire au moins un nul contre la Nouvelle-Zélande pour se qualifier, Philippe Bergerôo a choisi de faire amplement tourner pour le troisième match en changeant quatre titulaires (ce qui est beaucoup quand il n’y a que six joueuses de champs remplaçantes). Seules Kheira Hamraoui et Méline Gérard n’auront pas été titularisées, et seule la gardienne n’aura pas joué.

Le choix des sortantes permettait de préserver des joueuses sous la menace d’une suspension (Amel Majri, Griedge Mbock) et de reposer l’indispensable Camille Abily qui n’a plus la capacité à jouer autant de matchs aussi rapprochés.

Le match n’a pas été particulièrement emballant mais les Bleues ont géré tranquillement sans être vraiment en danger et mettant plusieurs fois en danger l’arrière garde néo-zélandaise, surtout après l’entrée à la demi-heure de jeu d’Eugénie Le Sommer à la place d’une Marie-Laure Delie semble-t-il légèrement blessée.

Avec des victoires 4-0 et 3-0 contre la Colombie et la Nouvelle-Zélande, là où les États-Unis n’ont fait « que » 2-2 et 2-0 mais une défaite contre les Américaines, le bilan des Bleues est comme d’habitude difficile à déchiffrer. Le jeu ne semble toujours pas complètement en place mais les résultats sont là contre les équipes à leur portée et il semble ne manquer que peu de chose contre les meilleures.

Pas d’excuses

Comme en 2009 ou comme en 2013, les facéties de leurs adversaires offrent aux Bleues un quart de finale face à une équipe moins bien classée. Le Canada a certes remporté ses trois matchs du premier tour mais tant contre l’Australie que contre l’Allemagne, il a surtout fait preuve d’une grande capacité à faire le dos rond et à contrer. La France a remporté la dernière confrontation entre les deux équipes il y a trois semaines à Auxerre mais surtout les huit joueuses qui étaient déjà là en 2012 ne voudront pas être privées de médailles deux fois de suite par la même équipe.

Une des forces de l’équipe de France actuelle est de ne presque plus perdre contre des équipes présumées plus faibles. Voilà une qualité qu’il faudra démontrer dans le cadre d’un match couperet afin de rejoindre les demi-finales et une série de deux matchs où une victoire assure une médaille et deux un titre olympique.

Les quarts de finales

Canada- France

Avant le début du tournoi, les Bleues auraient été largement favorites. Les performances des Canadiennes leur donne beaucoup de crédit. Mais la France semble plus complète et plus talentueuse.

Pronostic : France à 55%

Chine- Allemagne

La Chine est la moins bien classée des quarts de finalistes. Il faudra au moins cela pour l’Allemagne qui a soit très bien caché son jeu, soit a perdu une grande partie de son niveau.

Pronostic : Allemagne à 70%

Brésil- Australie

Le Brésil a fait forte impression à domicile tant dans les résultats que dans le jeu. L’Australie a manqué son entame contre le Canada, n’a pas réussi à revenir avant de manquer d’à-propos contre l’Allemagne pour faire fructifier un score de 2-0 et même de ne pas faire complètement le travail contre le Zimbabwe contre qui deux buts de plus auraient donné la seconde place, celle qui permet d’éviter le Brésil. Il s’agira aussi de la revanche du huitième de finale de la dernière Coupe du monde, remporté 1-0 par les Australiennes.

Pronostic : Brésil à 80%

États-Unis- Suède

Le match contre la Colombie n’a pas de vraie signification, les États-Unis sont au-dessus de tout le monde, et surtout de la Suède qui est à nouveau en train de réaliser un tournoi misérable. C’était déjà le cas l’an dernier et pourtant les deux équipes avaient fait match nul au premier tour. Mais ce n’était pas un match couperet. Cette fois, on ne vois pas comment les coéquipières de Lotta Schelin pourraient inquiéter celles de Carli Lloyd.

Pronostic : États-Unis à 95%

Deuxième journées des JO de Rio 2016

Trois équipes sont déjà qualifiées pour les quarts de finales après deux journées : États-Unis, Canada et Brésil. Il n’y a pas eu tellement plus de surprise que lors des premiers matchs mais cela n’est pas sans enseignements.

Les Bleues n’ont toujours pas réussi à battre les Américaines en compétition officielle mais le bilan n’est peut-être pas si négatif d’autant que l’Allemagne fait un peu moins peur après son début de compétition.

On commence à avoir les idées un peu plus clair sur les forces en présence à Rio. Sur les résultats bruts, il n’y a à nouveau eu que deux surprises et elles viennent à nouveau de l’Australie et de la Suède.

Les Matildas ne sont pas où on les attend : après avoir perdu contre le Canada malgré une supériorité numérique qui a duré plus d’une heure, elles ont assez nettement dominé l’Allemagne, candidate à l’or. Mais dominer n’est pas gagner, surtout contre l’Allemagne. Après avoir très vite ouvert le score grâce à Samantha Kerr, elles ont même doublé la mise grâce à Caitlin Foord pour mener 2-0. Cet avantage n’a tenu que quelques secondes, Sarah Däbritz réduisant le score dans les arrêts de jeu de la première mi-temps. Après la pause, c’est bien l’Allemagne qui a dominé, offrant à l’Australie de nombreuses occasions en contre sans réussite. Et à force de rater, les Australiennes ont été rejointes en fin du match, Saskia Bartusiak profitant d’un cafouillage sur un corner pour marquer (à moins que ça ne soit Clare Polkinghorne contre son camp).

Cette égalisation est une très mauvaise affaire pour l’Australie qui aura désormais du mal à éviter la troisième place du groupe : si elle battra sans doute assez largement le Zimbabwe, elle doit espérer une défaite de l’Allemagne sur le Canada tout en rattrapant 7 buts de différence de buts. Cela n’est pas impossible mais difficile.

Et la troisième place du groupe F est évidemment à éviter puisqu’elle envoie directement affronter les États-Unis en quarts de finale. Il aurait été amusant de voir les deux premières équipes au classement Fifa s’affronter aussi tôt mais à vrai dire même quand l’Australie a été menée 2-0, c’est restée une hypothèse peu probable. Bien sûr le Canada peut battre l’Allemagne mais cette dernière reste favorite pour ce match et pour la première place du groupe. Sur le plan comptable, ce match nul ne change donc finalement pas grand chose côté allemand.

Mais la Mannschaft fait moins peur après ces deux premiers matchs même si on sait qu’il ne faut pas toujours se fier à ce genre d’impressions.

Le Brésil en forme olympique

Si l’Allemagne n’a pas impressionné, ce n’est pas le cas du Brésil. Bien sûr, on a toujours tendance à réécrire le déroulement d’un match après coup quand on connaît le score, surtout quand il est de 5-1. La Suède a fait très bonne impression face au pays hôte pendant une vingtaine de minute, le temps pour Kosovare Asllani de manquer une occasion très franche puis d’encaisser un but sur une mésentente entre Emma Berglund et Hedvig Lindahl. Elle a même égalisé immédiatement mais Lotta Schelin était hors-jeu et ne pensait pas à laisser la balle à Sofia Jakobsson qui ne l’était pas.

Mais après la superbe Crespo1 de Cristiane, les Suédoises se sont entièrement liquéfiées. Il faut dire que ce Brésil ne ressemble plus vraiment à celui de 2015 et Marta semble avoir retrouvé une partie de ses jambes d’il y a dix ans. Avec deux buts et deux passes décisives, elle a plus que contribué à mettre la Suède à terre. Le pays organisateur est celui qui a le plus impressionné jusque là avec les États-Unis bien qu’une revanche (ou une consolante) des finales de 2004 et 2008 soit peu probable puisque les deux équipes se rencontreraient en demi-finales si elles finissent premières de leurs poules – ce qui est probable – et qu’elles remportent leur quart de finale – ce qui est possible.

Dans l’autre match de la poule, la Chine s’est logiquement imposée 2-0 face à l’Afrique du Sud. Ce qui place la Suède dans une position plus délicate que prévue puisqu’elle ne pourra pas se contenter d’un nul pour prendre la deuxième place et qu’en cas de défaite, sa troisième place ne serait probablement pas qualificative sauf très grosse victoire de la France sur la Nouvelle-Zélande (ou de défaite encore plus grosse). Les coéquipières de Caroline Seger auront au moins l’avantage de jouer en dernier et de connaître toutes les données du problème.

Résultats et classements

Groupe E

Afrique du Sud- Chine 0-3

Brésil- Suède 5-1

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Brésil 6 2 2 0 0 8 1 7
2 Chine 3 2 1 0 1 2 3 -1
3 Suède 3 2 1 0 1 2 5 -3
4 Afrique du Sud 0 2 0 0 2 0 3 -3

Groupe F

Canada- Zimbabwe 3-1

Allemagne- Australie 2-2

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Canada 6 2 2 0 0 5 1 4
2 Allemagne 4 2 1 1 0 8 3 5
3 Australie 1 2 0 1 1 2 4 -2
4 Zimbabwe 0 2 0 0 2 2 9 -7

Groupe G

États-Unis- France 1-0

Colombie- Nouvelle-Zélande 0-1

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 États-Unis 6 2 2 0 0 3 0 3
2 France 3 2 1 0 1 4 1 3
3 Nouvelle-Zélande 3 2 1 0 1 1 2 -1
4 Colombie 0 2 0 0 2 0 5 -5

Pas d’exploit pour les Bleues

Le compte-rendu du match entre la France et les États-Unis va sembler être recopié sur celui de nombreux matchs précédents qui ont opposé les Bleues aux Américaines ou en général aux autres favorites : domination française sur tout ou partie du match, des occasions manquées et finalement un but encaissé et de regrets.

Bien que privées d’Eugénie Le Sommer légèrement blessée et remplacée par Marie-Laure Delie, les Bleues ont réalisé une très bonne première période en obtenant plusieurs occasions très nettes. Après la pause, les choses ont été un peu plus difficiles et le but de Carli Lloyd sanctionne assez naturellement une période de domination américaine. Les Bleues ont ensuite repris un peu l’ascendant pour tenter de revenir.

Kadidiatou Diani a été l'une des meilleures françaises contre les Etats-Unis

Kadidiatou Diani a été l'une des meilleures françaises contre les Etats-Unis

Mais contrairement au lieu commun de l’histoire sans fin, la France n’avait jamais fait jeu égal comme cela contre les États-Unis en compétition officiel. Il y a quatre ans dans un contexte assez similaire, celui d’un match de poule, la France menait 2-0 au bout d’un quart d’heure en faisant preuve d’une très grande efficacité mais avait atteint la mi-temps à 2-2 et la fin de match à 2-4.

Si ce n’était le risque de retrouver l’Allemagne dès les quarts de finales, cette défait serait plutôt une bonne chose tant on voit mal une équipe battre deux fois ces États-Unis et s’il faut choisir, autant que ce soit en finale.

L’autre grand enseignement pour les Bleues ne vient pas de leur match mais du groupe F. L’Australie a montré l’exemple de ce qu’il fallait faire contre l’Allemagne même si le résultat n’a pas été tout à fait au bout. Silvia Neid finira peut-être par perdre à cause de la confiance absolue accordée à ses anciennes grognardes, Saskia Bartusiak et Anja Mittag en tête.

Du coup l’Allemagne ne fait peut-être pas beaucoup plus peur que le Canada.

La gestion de la fatigue

Enfin, la baisse de régime des Bleues en deuxième mi-temps pose la question de l’état physique des Bleues. Philippe Bergerôo a choisi de ne pas faire tourner entre les deux premiers matchs (et assez peu à l’intérieur des matchs). C’était un choix assumé avec l’espoir de pouvoir le faire contre la Nouvelle-Zélande en cas de qualification déjà assurée, c’est-à-dire de victoire contre les États-Unis. C’était un pari particulièrement risqué. D’une part parce que la victoire lors de ce match était loin d’être gagnée d’avance et ensuite parce que même en cas de victoire, il aurait été dommage d’en perdre l’avantage lors du match suivant.

Le seul changement dans le onze de départ était imposé par la blessure d’Eugénie Le Sommer. Avec dix joueuses qui ont débuté les deux matchs, la France n’est pas très loin de ce qu’ont fait les autres favorites – le Brésil a même reconduit les onze mêmes – mais la plupart ont changé une ou deux joueuses de plus ce qui est une proportion assez importante dans un effectif de 18.

Et là où certaines équipes vont pouvoir reposer des joueuses importantes, la France ne pourra sans doute pas, ce qui sera pénalisant pour le match (mais la Nouvelle-Zélande est dans la même situation) et pour l’éventuel suivant. Le seul point positif est que l’Allemagne a à peine plus tourné et devra aussi se battre contre le Canada.

Première journée des JO de Rio 2016

Première journée presque sans surprises pour le tournoi de football des Jeux Olympiques de Rio. Le Canada a surpris l’Australie et la Suède a peiné pour venir à bout de l’Afrique du Sud. Sinon la logique a été respectée et prépare au mieux les chocs de la deuxième journée qui verra s’affronter les favorites dans chaque groupe.

Dans le camp français, les Bleues ont pris leur revanche de la Coupe du monde contre la Colombie à l’issue d’une prestation nette et sans bavure. Toutefois, c’est l’équipe type qui a été mise à contribution contre l’adversaire supposé le plus faible ce qui est peut-être risqué dans une compétition au rythme aussi soutenu.

C’est peut-être parce que la compétition ne dure que quinze jours mais il a semblé que presque toutes les équipes étaient conditionnées pour être en forme dès le premier match. Là où on voit souvent en Coupe du monde des favorites qui montent en régime en utilisant le premier tour comme un tour de chauffe, la première journée du tournoi de football des Jeux Olympiques de Rio n’a pas donné cette impression. Pourtant la qualification des deux tiers des participantes pour le tour suivant laisse le droit à l’erreur. Mais les quarts de finales étant programmés moins de dix jours après l’ouverture et la finale à peine une semaine plus tard, il est sans doute moins difficile de conserver un état de forme optimale pendant toute la compétition que quand elle dure un mois comme la Coupe du monde.

Souvent dans une phase finale, les surprises du premier tour viennent du nivellement des valeurs entre des équipes qui ciblent le premier tour et sont déjà au maximum, et d’autres qui visent plus loin et ne sont pas encore prêtes. C’est peut-être une raison pour laquelle il n’y a eu d’indécision pour aucun match de la première journée de ces Jeux, et quasiment aucune surprise.

Ashley Lawrence félicite Janine Beckie pour son but.

Ashley Lawrence félicite Janine Beckie pour son but.

Preuve en est, le résultat le plus étonnant est la victoire de l’équipe qui était médaille de bronze il y a quatre ans. Face à l’Australie, le Canada a obtenu une victoire qui l’envoie quasiment en quarts de finales. Pourtant bien des éléments ont joué contre les Nord-américaines : elles ont joué en infériorité numérique pendant plus d’une heure face à l’une des équipes qui monte et elles ont même manqué un pénalty en fin de match. Mais elles ont aussi bénéficié d’une erreur de relance entre Laura Alleway et Alanna Kennedy dès la première minute qui a permis à Christine Sinclair de servir idéalement Janine Beckie pour commencer avec un avantage d’un but. Puis une certaine forme de naïveté australienne a permis de conserver se score jusqu’à une contre-attaque où la même Christine Sinclair a doublé la mise.

Le Brésil en favori

L’autre demi-surprise est la difficulté qu’a eu la Suède pour venir à bout de la résistance de l’Afrique du Sud. Il a fallu une faute de main de Roxanne Barker pour permettre à Nila Fischer de marquer à l’issue d’un cafouillage. L’essentiel a été fait et ce qui inquiète le plus les Suédoises est plutôt la forme affichée par leurs futures adversaires brésiliennes. Les Auriverdes ont montré tout l’intérêt de jouer à domicile. Outre le soutien du public, leur fédération leur a pour une fois donné les moyens de se préparer. C’est la Chine qui en a fait les frais pour le premier match. La lourde défaite face à un adversaire qui s’est positionné comme un candidat à une médaille pourrait vite être un problème : avec la victoire du Canada et la résistance de la Nouvelle-Zélande contre les États-Unis, les trois buts encaissés pourraient peser lourd dans la course à l’une des meilleures troisièmes places. Et le match des Sud-Africaines montre qu’elle ne sont pas venues pour permettre à leurs adversaires de soigner leur différence de buts.

Les Zimbabwéennes ne sont sans doute pas non plus là dans ce but mais la différence était trop importante avec l’Allemagne. Toutefois, Kudakwashe Bhasopo a réduit le score à 2-1 en début de deuxième période ce qui est une belle performance. Non seulement ce but permettait de sauver l’honneur (et il est le seul inscrit par une équipe battue) mais il est intervenu alors que le score n’était que de 2-0 et avant que les Allemandes ne puissent être vraiment relâchées.

Résultats et classements

Groupe E

Suède- Afrique du Sud 1-0

Brésil- Chine 3-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Brésil 3 1 1 0 0 3 0 3
2 Suède 3 1 1 0 0 1 0 1
3 Afrique du Sud 0 1 0 0 1 0 1 -1
4 Chine 0 1 0 0 1 0 3 -3

Groupe F

Canada- Australie 2-0

Zimbabwe- Allemagne 1-6

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Allemagne 3 1 1 0 0 6 1 5
2 Canada 3 1 1 0 0 2 0 2
3 Australie 0 1 0 0 1 0 2 -2
4 Zimbabwe 0 1 0 0 1 1 6 -5

Groupe G

États-Unis- Nouvelle-Zélande 2-0

France- Colombie 4-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 France 3 1 1 0 0 4 0 4
2 États-Unis 3 1 1 0 0 2 0 2
3 Nouvelle-Zélande 0 1 0 0 1 0 2 -2
4 Colombie 0 1 0 0 1 0 4 -4

La revanche des Bleues

Les Bleues sont bien entrées dans leur compétition en jouant à fond leur match contre la Colombie contrairement à l’an dernier. L’avertissement reçu au Canada a donc été entendu même si on ne jurerait pas que ça ne soit qu’une bonne chose.

Lors de la Coupe du monde, la défaite était venue en grande partie de la rotation dans la composition et d’un relâchement après la victoire dans le match au sommet du groupe contre l’Angleterre. Cette fois les circonstances ont été nettement plus favorables avec un but marqué d’entrée de jeu plutôt que concédé sur une incompréhension sur une touche favorable mais les Bleues ont surtout joué à fond avec leur équipe type.

Les Bleues ont bien entamé leurs Jeux Olympiques.

Les Bleues ont bien entamé leurs Jeux Olympiques.

Mais comme le rappelait Gilles Eyquem, le sélectionneur de l’équipe de France M-19 à l’issue du récent titre de championne d’Europe, pour aller au bout dans une compétition de ce genre, il faut faire tourner pour répartir la fatigue et pour concerner tout le monde. C’était sans doute ce que visait Philippe Bergerôo il y a un an et qu’il aura sans doute du mal à faire cette fois. Au prochain match, ce sont les États-Unis qui se présentent et à moins de faire complètement l’impasse sur le match, il alignera à peu près la même équipe. Ce qui ne laissera que le dernier match contre la Nouvelle-Zélande pour faire tourner.

Et encore, quel que soit le résultat de la confrontation face aux Américaines, le dernier match aura un gros enjeu : en cas de victoire1, il serait dommage de la galvauder et de s’éviter une confrontation en quart face à l’Allemagne. Et en cas de défaite, la qualification ne serait sans doute pas complètement assurée.

Dans cette optique, les changements sont intervenus très tard. Il aurait sans doute été envisageable de mettre au repos beaucoup plus tôt une ou deux joueuses puisque la France menait 3-0 à la mi-temps. Mais le staff a sans doute confiance dans sa préparation physique et dans la capacité de ses joueuses à disputer 6 matchs de haut niveau en 15 jours (et 4 matchs en 10 jours dont il faut absolument remporter le quatrième).

La ruée vers l’or

Comme les Jeux Olympiques sont l’occasion de voir des sports pour la première fois (depuis quatre ans), voici une petite présentation du tournoi olympique de football féminin de Rio pour pouvoir briller dans les dîners en ville.

La médaille d’or se dispute à 12 équipes et à la fin, ce sont les États-Unis qui gagnent. Malgré sa troisième place au classement mondial, la France aura besoin d’au moins un exploit pour accrocher une médaille.

Contrairement à ce qui se passe chez les garçons, la Fifa ne craint pas (encore) que les Jeux Olympiques fassent de la concurrence à sa Coupe du Monde chez les filles. Du coup, un an après le mondial, on a une séance de rattrapage avec le prestige olympique en plus et quelques différences qui changent un peu la donne sans altérer le niveau.

La principale différence entre les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde est liée à la limitation voulue par le CIO du nombre d’athlètes1et de la durée limitée de la compétition2. On passe donc de 24 équipes de 23 joueuses à 12 équipes de 18 joueuses. Cette réduction aboutit à un resserrement du niveau et surtout à une compétition très dense et cadencée avec un match tous les trois jours à effectif restreint.

Du coup, le tournoi olympique nécessite sans doute des qualités légèrement différentes du mondial. Le réservoir de joueuses d’un pays est moins sollicité avec une liste limitée à 18 mais celle qui sont présentes doivent avoir la capacité d’enchaîner presque autant de matchs en deux fois moins de temps.

Les Américaines sont championnes olympiques en titre.

Les Américaines sont championnes olympiques en titre.

Cela explique peut-être en partie que si l’Allemagne fait quasiment jeu égal avec les États-Unis dans la compétition Fifa, elle n’a jamais réussi à briser l’hégémonie américaine pour la médaille d’or olympique y compris pendant les années 2000 où elles étaient invincibles dans la première.

On trouvera sans doute aussi d’autres explications comme un fond culturel qui fait que le football européen accorde à la suite des garçons moins de prestige à l’olympisme, ou comme un simple caprice du hasard.

Mais depuis la création du tournoi olympique à Atlanta en 1996, l’équipe des États-Unis a toujours remporté le titre sauf en 2000 à Sydney où un but de Dagny Mellgren en prolongation a permis à la Norvège de s’emparer de la médaille d’or, les Américaines devant se contenter de l’argent.

Douze pour trois médailles

Le format de cette compétition à douze est à peu près le même que celui de l’Euro. Les équipes sont réparties dans trois poules de 4. Les deux premiers de chaque poules sont qualifiés pour les quarts de finales, ainsi que les deux meilleurs troisièmes. Quarts de finales, demi-finales et finales (pour l’or et le bronze) sont entièrement définies par le tableau.

Les seules différences entre les Jeux Olympiques et l’Euro3 sont les différences habituelles entre les tournois organisés par la Fifa et ceux organisés par l’UEFA. À Rio, la différence de but générale et le nombre de buts marqués dans le groupe interviennent avant la différence de buts particulière dans les critères pour départager les équipes qui ont le même nombre de points. Et pour classer les troisièmes, la différence de buts et le nombre de buts marqués interviennent avant le tirage au sort4

La formule n’est pas idéale mais à défaut d’un plateau à 16, elle permet une vraie compétition mondiale alors qu’elle serait vraiment très serrée à 8.

Rio mais aussi Belo Horizonte et São Paulo

Comme d’habitude, les tournois de football ne se cantonnent pas dans la ville qui accueil les Jeux. Seul le groupe du Brésil aura lieu principalement à Rio. Les autres seront à 350 km environ à São Paulo et Belo Horizonte. Les troisièmes matchs de poules qui doivent se dérouler en même temps auront même lieu encore plus loin à Salvador de Bahia, Brasilia et même à Manaus qui est à près de 3000 km de Rio. Les tournois masculins et féminins se dérouleront en alternance dans les mêmes stades.

Ce n’est qu’à partir d’une des demi-finale que la compétition reviendra à Rio. Seule la finale aura lieu au mythique stade Maracanã, le reste des matchs à Rio se déroulant au stade Nilton-Santos, antre du club de Botafogo5.

Ainsi en finissant deuxième de sa poule la France pourrait aller décrocher une médaille de bronze (à São Paulo) après une demi-finale à Belo Horizonte sans avoir mis les pieds à Rio. Déjà en 2012, la campagne des Bleues avait eu lieu essentiellement à Glasgow avec un intermède à Newcastle pour le troisième match de poule, ne passant à Wembley que pour la demi-finale avant de finir à Coventry.

Les forces en présence

En dehors des équipes africaines, le niveau est très relevé avec cinq équipes au dessus des 2000 points au classement Fifa. La plupart des continents envoient leurs meilleurs représentants. En Europe, l’Angleterre est absente faute d’avoir pu refaire une équipe de Grande-Bretagne (sinon elle aurait d’ailleurs été qualifiée grâce à sa troisième place au mondial canadien). En Asie, le Japon a explosé lors du tournoi qualificatif et la Chine a dépassé la Corée du Nord qui la devance légèrement. L’Océanie et les Amériques respectent à la lettre le classement.

Seule l’Afrique fait donc exception avec la présence de deux représentants qui ne sont pas les mieux classés. Et si l’Afrique du Sud avait était déjà présent il y a quatre ans à Londres, elle n’est accompagnée ni par l’ancienne puissance hégémonique du Nigeria, ni par le Cameroun qui avait impressionné l’an dernier, ni même par le Ghana, la Guinée Équatoriale ou la Côte d’Ivoire mais par le Zimbabwe, 13e nation africaine.

Bien sûr, l’exemple camerounais a montré que la fiabilité du classement Fifa était moins grande pour les pays qui ont mois d’occasion de jouer des matchs internationaux contre des équipes de haut de classement et que les équipes africaines sont sans doute sous évaluées. Toutefois la présence de l’une d’elle à une place qualificative serait une vraie surprise.

Pia Sundhage a remporté les deux dernières médailles d'or avec les États-Unis et revient à la tête de la Suède.

Pia Sundhage a remporté les deux dernières médailles d'or avec les États-Unis et revient à la tête de la Suède.

Les premières places de l’Allemagne et des États-Unis dans les groupes F et G6 sont très probables. Dans le groupe E, cela devrait être plus serré entre la Suède et le Brésil. Toutefois ces deux dernières devraient se qualifier, tout comme la France et l’Australie dans les deux autres groupes.

La Chine, le Canada et la Nouvelle-Zélande n’ont en théorie pas beaucoup de crainte à avoir pour leur troisième place mais elle ne permettra pas à tout le monde de passer le premier tour. Sur le papier, c’est la Nouvelle-Zélande qui est en mauvaise position. Elle est la moins forte des trois et elle a en face d’elle la plus forte tête de série, le plus fort deuxième et le plus fort quatrième. Bref la prévision à partir du classement Fifa est sans ambiguïté : ce sont la Chine et le Canada qui iront en quarts de finales.

Tableau prospectif suivant le classement Fifa
Quarts de finales Demi-finales Finale
Allemagne 2115 Allemagne 2115 Allemagne 2115
France 2064
Brésil 1982 Australie 2011
Australie 2011
Suède 2002 Suède 2002 États-Unis 2168
Canada 1938
États-Unis 2168 États-Unis 2168
Chine 1914

Bien entendu, ces prévisions seront battues en brèche par la réalité du terrain et il y aura des surprises. Mais si on pouvait prévoir les surprises, ça n’en serait plus.

Des équipes et des joueuses

États-Unis

Quatre médailles d’or et une d’argent en cinq éditions. Championnes du monde en titre. Premières au classement Fifa. Les Américaines sont bien évidemment très largement favorites de la compétition.

La star : Alex Morgan

La joueuse à suivre : Mallory Pugh

La cote :

Allemagne

C’est la dernière compétition de la sélectionneuse Silvia Neid qui emportera sans doute avec elle une partie de ses cadres comme Saskia Bartusiak ou Anja Mittag. Mais la relève est déjà là et l’Allemagne répond toujours présente. Sauf aux Jeux Olympiques.

La star : Dzsenifer Marozsan

La joueuse à suivre : Melanie Leupolz

Surnom : Die Mannschaft

La cote :

France

Même s’il y a un Euro dans moins d’un an, les Jeux Olympiques sont peut-être la dernière occasion de remporter enfin quelque chose en sélection pour une génération sur le pont depuis plus de dix ans. L’avantage c’est qu’il y a trois médailles, chacune étant « quelque chose ».

La star : Amandine Henry

La joueuse à suivre : Griedge Mbock Bathy

Surnom : Les Bleues

La cote :

Brésil

Le Brésil n’est plus l’équipe qui bousculait la hiérarchie et atteignait les finales mondiales et olympiques entre 2004 et 2008. Malgré sa 8e place mondiale, qui est le plus mauvais classement de son histoire, elle va tenter de profiter du fait de jouer à domicile pour offrir enfin à Marta, la meilleure joueuse de l’histoire, un titre avec la sélection.

La star : Marta

La joueuse à suivre : Andressa

Surnom : les Canarinhas

La cote :

Suède

Pas complètement convaincante à domicile en 2013, pas du tout au Canada l’an dernier, la Suède de Pia Sundhage (double tenante du titre avec l’équipe américaine) a su se débarrasser de la Norvège, de la Suisse et des Pays-Bas au printemps pour se donner le droit de venir au Brésil.

La Star : Lotta Schelin

La joueuse à suivre : Stina Blackstenius

La cote :

Australie

Jurisprudence « Japon 2011 » oblige, il faut se méfier de l’équipe d’Australie, devenue 5e mondiale et meilleure équipe de la confédération asiatique.

La star : Lisa De Vanna

La joueuse à suivre : Steph Catley

Surnom : les Matildas

La cote :

Canada

Grâce aux États-Unis, la zone Concacaf dispose toujours d’au moins deux places pour les compétitions internationales, ce qui profite au Canada. Derrière la star Christine Sinclair, le talent est en général parcimonieux mais l’équipe est en général solide pour profiter de circonstances favorables. Par exemple pour obtenir le bronze il y a quatre ans.

La star : Christine Sinclair

La joueuse à suivre : Kadeisha Buchanan

La cote :

Chine

La Chine se réveille sous les ordres de Bruni Bini. Mais elle était déjà quart de finaliste du mondial l’an dernier et a profité de l’explosion du Japon lors du tournoi de qualification pour se faire une place. Elle profitera du groupe le plus faible pour s’assurer au moins une place parmi les deux meilleurs troisièmes. Et en cas de meilleure performance, elle éviterait les États-Unis en quarts de finales pour aller s’offrir un quart de finale difficile mais jouable contre le Brésil ou la Suède.

La star : Gu Ya-sha

La joueuse à suivre : Tan Ruyin

Surnom : les Roses d’acier

La cote :

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande profite du départ de l’Australie dans la zone asiatique pour avoir sa place réservée à toutes les compétitions7. Le profil est un peu celui du Canada : une équipe sans génie mais solide. Mais Amber Hearn n’est pas Christine Sinclair.

La Star : Ali Riley

La joueuse à suivre : Katie Bowen

Surnom : les Football Ferns

La cote :

Afrique du Sud

Déjà présente en 2012 et capable d’un nul contre le Japon, l’Afrique du Sud n’est pas la plus grosse surprise du plateau mais n’était quand même pas attendue. Il est difficile de penser qu’elle peut espérer grand chose mais l’exemple camerounais pourrait l’inspirer.

La star : Janine van Wyk

La joueuse à suivre : Linda Motlhalo

Surnom : les Banyana Banyana

La cote :

Zimbabwe

C’est évidemment la très grosse surprise du plateau. Le Zimbabwe n’est que la 13e nation africaine mais s’est qualifiée en éliminant deux des participantes à la dernière Coupe du Monde, la Côte d’Ivoire (sur tapis vert) et le Cameroun (sur la pelouse). Il est à craindre que les Zimbabwéennes ne pourront faire mieux que d’essayer de limiter la casse lors de trois défaites. D’autant que le système des meilleurs troisièmes va inciter les équipes à tenter de marquer le plus possible contre les adversaires supposés plus faibles.

La star : Rudo Neshamba

La joueuse à suivre : Mavis Chirandu

La cote :

Pourquoi une médaille des Bleues serait un exploit

La France est actuellement troisième au classement Fifa. La logique voudrait donc qu’en battant les adversaires supposés plus faibles et en perdant contre les plus forts, elle obtienne une médaille de bronze. Mais ce serait sans compter sur les facéties du tirage au sort, voire du tirage qui n’est pas au sort. Placée dans le groupe des États-Unis, les Bleues ont une alternative simple : soit battre les Américaines (mieux classées), soit finir deuxième et affronter l’Allemagne (mieux classée) en quart de finale. Bref sauf surprise8, la route des demi-finales (et donc des médailles) est gardée par les deux seules équipes mieux classées.

Bien sûr, le plus simple serait de battre tout le monde mais c’est difficile même pour la meilleure nation au monde (que n’est pas – encore – la France) surtout dans une compétition aussi dense. Un parcours comme celui proposé à la Suède qui peut arriver en demi-finale en battant la Chine, le Brésil et le Canada. Ou encore sans battre le Brésil, en venant à bout de la Chine et de l’Australie. Il s’agit certes d’adversaire valeureux mais sans commune mesure avec les États-Unis et l’Allemagne. Et ceux qui expliqueront qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire sont en général les mêmes que ceux qui trouvent qu’un quart de finale contre l’Allemagne est équivalent à un autre contre le Danemark.

Louisa Necib visera une médaille olympique pour conclure sa carrière.

Louisa Necib visera une médaille olympique pour conclure sa carrière.

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