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Corinne Diacre à la relance

Après un Euro totalement raté, les Bleues vont finalement avoir une nouvelle sélectionneuse. Corinne Diacre qui a longtemps été une figure de proue de la féminisation du football aura la lourde tâche de mener la France vers sa Coupe du monde à domicile.

Elle arrive à un tournant où le noyau historique de joueuses qui a fait l’équipe de France pendant plus de dix ans laisse la place aux nouvelles générations qui ont brillé dans les compétitions de jeunes et doivent désormais prendre le relais.

L’élimination 1-0 face à une équipe d’Angleterre en pleine progression et à l’issue d’un match relativement équilibré n’était pas en soi une très grosse contre performance, même en quart de finale. Mais venant après un premier tour ponctué de matchs lénifiants et qui avait nécessité un coup-franc miraculeux dans les derniers instants pour permettre d’accéder au tour suivant, elle constituait le point d’orgue d’un Euro raté.

La tristesse du premier tour aurait pu allègrement passer à la trappe en cas de bon parcours par la suite, c’est la loi du genre. De même, une défaite dans un match à élimination directe peut n’être qu’un match raté. Mais la collusion des deux dresse un bilan particulièrement défavorable, sans doute le pire de l’histoire des phases finales des Bleues en raison de leur statut actuel et de l’adversité qui leur était opposée.

Olivier Echouafni confirmé puis remplacé

L’idée de remplacer le sélectionneur Olivier Echouafni était donc assez naturelle. Son bilan d’une seule défaite en quinze matchs s’efface largement devant celui d’une seule victoire en phase finale sans aucun but dans le jeu.

Pourtant dès la fin de l’Euro, le président de la FFF Noël Le Graët confirmait le sélectionneur dans ses prérogatives. Son éviction trois semaines est donc arrivée par surprise. La méthode peut surprendre.

Il est probable que la fédération ne pouvait pas rester muette à la fin de l’Euro sur l’avenir du sélectionneur mais ne voulait pas se séparer d’un sélectionneur sans en avoir recruté un autre. C’est ce qui était arrivé il y a un an quand le départ de Philippe Bergerôo était acté – à défaut d’être annoncé – et qu’il avait fallu attendre la dernière minute pour lui trouver un remplaçant en la personne d’Olivier Echouafni, qui semblait avoir été choisi parce qu’il passait dans les couloirs de la fédération à ce moment là et qu’il était entraîneur diplômé et disponible.

L’ancien joueur niçois n’a pas totalement démérité, son équipe a remporté la SheBelieves Cup, tournoi prestigieux mais amical. Et elle a manqué son Euro, pas tant pour ne pas avoir dépassé les quarts de finale que pour n’avoir jamais donné l’impression de pouvoir le faire.

Pour le remplacer, Noël Le Graët a réussi à débaucher Corinne Diacre. Le mois écoulé entre l’annonce du maintien d’Olivier Echouafni et son éviction a sans doute été occupé à négocier avec le club de Clermont pour libérer la nouvelle sélectionneuse de sa dernière année de contrat.

Élue meilleur entraîneur de D2 par le magazine France Football en 2015, Corinne Diacre amène plus de certitude que son prédécesseur dont les passages sur les bancs d’Amiens et de Sochaux avaient beaucoup moins convaincus les supporters de ces clubs. Mais elle a aussi un passé du côté féminin qui lui permet d’arriver en terrain connu.

Première à 100

Née dans le Nord, c’est à Saint-Chamond, près de Saint-Étienne qu’elle signe sa première licence de joueuse. Elle suit ensuite sa famille à Aubusson dans la Creuse mais c’est à Soyaux qu’elle débute réellement sa carrière de joueuse, « découverte » par Claude Fort, le président du club qui l’hébergera un temps pour lui épargner les allers-retours entre la Creuse et la Charente.

À quatorze ans, elle découvre le Parc des Princes en remportant le championnat de France de jonglage mais c’est bien dans le vrai football qu’elle fait carrière. Fidèle à Soyaux de 1988 à 2006, elle est appelée pour la première fois en équipe de France par Aimé Mignot en mars 1993 pour un match contre la Suède perdu 3-1 avec un but de Pia Sundhage. C’est l’ancien entraîneur (des garçons) de l’OL qui la fixera définitivement en défense centrale. Son style la fera plus souvent comparer à Franz Beckenbauer ou Laurent Blanc qu’à Carlos Mozer ou Claudio Gentile.

En avril 1997 pour sa trentième sélection elle prend le brassard de capitaine des Bleues, succédant à Sandrine Roux. Elle le portera 65 fois avant de le rendre après la Coupe du monde 2003 à la suite de désaccords avec Élisabeth Loisel.

Les capitaines de l’équipe de France
Capitaine Matchs Période
Sandrine Soubeyrand 84 2003-2013
Corinne Diacre 65 1997-2003
Wendie Renard 52 2013-2017
Sandrine Roux 38 1992-1997
Sonia Bompastor 38 2003-2006
Élisabeth Loisel 13 1983-1989
Ophélie Meilleroux 12 2007-2012
Sabrina Delannoy 9 2014-2016
Michèle Wolf 8 1982-1984
Élise Bussaglia 5 2009-2016
Amandine Henry 4 2015-2017
Marie-Noëlle Fourdrignier Warot 4 1980-1981
Gaëtane Thiney 4 2012-2013
Élodie Woock 3 1998-2003
Marie-Christine Tschopp 3 1972-1973
Stéphanie Mugneret-Béghé 2 2005
Bernadette Constantin 2 1990-1993
Nelly Reb 1 1970
Jessica Houara d’Hommeaux 1 2014
Marinette Pichon 1 2003
Gaëlle Blouin 1 2001
Camille Abily 1 2016
Danielle Vatin 1 1982
Ghislaine Royer Souef 1 1976
Élodie Thomis 1 2009
Michèle Monier 1 1971
Laura Georges 1 2006
Annie Bataille 1 1975

À la fin des années 90, elle est reconnue comme l’une des meilleures joueuses au monde : elle est sélectionnée pour le match exhibition disputé en marge du tirage au sort de la Coupe du monde 1999 et elle fait partie des premières joueuses étrangères sollicitées pour disputer le championnat WUSA, la première version du championnat professionnel américain. Elle choisit cependant de rester en Charente où elle est cadre technique de la Ligue du Centre-Ouest.

Son parcours est jalonné de hauts et de bas comme cet Euro 2001 raté avec une expulsion ubuesque contre le Danemark mais aussi avec le but de la qualification de la France pour sa première Coupe du monde à Geoffroy-Guichard.

Elle est la première Bleue à atteindre les 100 sélections en 2003 lors d’une victoire 4-0 en Hongrie (doublés de Marinette Pichon et Hoda Lattaf). Elle termine son parcours en sélection après l’Euro 2005 où elle assiste à l’éclosion de la génération qui a depuis porté l’équipe de France.

Désormais Camille Abily a annoncé sa retraite, Louisa Necib a arrêté l’an dernier et il est probable qu’elle pousse vers la sortie Laura Georges, Élise Bussaglia et Élodie Thomis. Il ne resterait alors que Sarah Bouhaddi parmi ses coéquipières de l’Euro anglais.

On l’a un peu oublié depuis mais sa notoriété a explosé au début des années 2000 grâce à Téléfoot où elle a tenu une chronique épisodique, en commençant par une interview du duo dirigeant la Fifa, Sepp Blatter et Michel Platini.

La carrière d’entraîneuse

Sa carrière de joueuse prend fin sur deux graves blessures. Touchée au genou en octobre 2006 lors d’un match contre Montpellier, elle est absente un an. Mais à son retour, après quelques matchs en équipe réserve, elle se blesse à nouveau au bout de vingt minutes de sa deuxième entrée en jeu contre le Saint-Brieuc d’Eugénie Le Sommer et doit arrêter sa carrière de joueuse même si elle reprendra une licence et apparaîtra sur quelques feuilles de matchs en D2 pendant sa carrière d’entraîneuse. La (petite) histoire retiendra qu’elle a joué ses derniers matchs en D1 comme attaquante.

Bruno Bini en fait son adjointe en sélection mais lui laisse la possibilité d’aller entraîner Soyaux, d’abord comme adjointe de Bernadette Constantin puis comme entraîneuse principale à partir de 2010. Son premier fait d’arme est de faire remonter l’équipe charentaise en remportant le groupe B de D2 devant Issy. La saison suivante est plus difficile en D1 puisque son équipe ne remporte que deux matchs contre Hénin-Beaumont et Muret. Les trois équipes descendent en D2. Soyaux est alors au bord du gouffre, ayant consenti de gros efforts pour attirer la gardienne anglaise Rebecca Spencer, la défenseuse américaine Kathleen Smith et l’attaquante irlandaise Fiona O’Sullivan. Elle reste la saison suivante et permet à nouveau à Soyaux de remonter en remportant le groupe B de D2 devant La Roche-sur-Yon et Le Mans. Mais en fin de saison, elle quitte son club de toujours après une ultime victoire 6-0 sur Condé afin de se consacrer à l’obtention du DEPF1, nécessaire pour entraîner une équipe professionnelle.

La suite est connue : quelques semaines après l’obtention de son diplôme, elle est choisie par le président du Clermont Foot Claude Michy pour succéder à Helena Costa démissionnaire avant même de commencer. Suivent trois saisons terminées aux 12e, 7e et 12e place avec l’un des plus petits budgets de Ligue 2, et une désignation comme meilleur entraîneur de la division par France Football.

Après été pionnière à la télévision, elle est ainsi la première femme à obtenir le DEPF par la voie traditionnelle2 et la première à entraîner une équipe professionnelle en France3.

Une entraîneuse confirmée

Elle sera la huitième à entraîner l’équipe de France depuis 1970. Comme Pierre Geoffroy4, Élisabeth Loisel et Bruno Bini5, elle arrive en terrain connu. Comme Aimé Mignot, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni, elle pourra s’appuyer sur une expérience en tant qu’entraîneuse d’une équipe professionnelle6.

Sur le papier, sa nomination présente plus de garantie que celle de son prédécesseur et l’année supplémentaire passée devrait lui donner les coudées plus franches pour assurer la transition entre la « génération 2005 » et les joueuses qui ont remporté de nombreux titres et places d’honneurs dans les catégories de jeunes.

Sa première sélection va être attendue avec impatience, en particulier par les tenants de la révolution. Pourtant elle ne devrait pas faire table rase du passé. Alors que Camille Abily a déjà annoncé sa retraite internationale, Laura Georges, Élise Bussaglia et Élodie Thomis pourraient ne pas être rappelées mais elles avaient déjà eu un rôle très intermittent pendant l’Euro. De toute façon, la continuité des compositions avec les changements de sélectionneurs rappelle que ce n’est pas sur cet aspect que se fera la différence mais bien sur la tactique et le fond de jeu qui a manqué lors des deux dernières compétitions.

Bilan des sélectionneurs de l’équipe de France
Selectionneur Debut Fin J V N D Bp Bc Pts
Pierre Geoffroy 19/09/1970 30/05/1976 13 2 1 10 19 30 0,539
Francis-Pierre Coché 26/02/1977 16/05/1987 40 12 13 15 47 52 1,225
Aimé Mignot 24/10/1987 05/07/1997 82 37 17 28 127 102 1,561
Élisabeth Loisel 04/10/1997 22/11/2006 117 63 24 30 220 132 1,821
Bruno Bini 28/02/2007 22/07/2013 101 70 17 14 271 74 2,248
Philippe Bergerôo 20/09/2013 12/08/2016 55 42 5 8 142 25 2,382
Olivier Echouafni 16/09/2016 30/07/2017 15 8 6 1 23 7 2,000

La date de 2019 est depuis longtemps dans toutes les têtes, on pouvait se poser la question de la place de l’Euro 2017 dans la route vers de mondial à la maison. Corinne Diacre arrive avec l’avantage d’une ligne d’horizon claire. On peut ajouter une autre perspective importante. En 2024, Paris devrait organiser les Jeux Olympiques. La plupart des joueuses qui vont participer aux matchs de septembre contre l’Espagne et la Colombie devraient être encore en âge de postuler en 2024. Voilà toute une génération qui peut envisager de disputer deux compétitions mondiales à domicile durant sa carrière (puisque contrairement aux garçons, les Jeux Olympiques sont bien une autre Coupe du monde).

Deux ans de matchs amicaux

Déjà qualifiée, la France ne va donc disputer que des matchs amicaux pendant les deux prochaines années. Cela ne pose pas vraiment les problèmes que cela pose chez les garçons, au contraire. L’adversité dans les qualifications pour les tournois internationaux n’est pas suffisante pour permettre vraiment à une équipe comme la France de travailler. Les Bleues ont totalement manqué leur premier tour de l’Euro mais elles l’ont terminé invaincu. Et dans un groupe de qualification, il n’y aurait pas plus d’une équipe du niveau de l’Islande, de la Suisse ou de l’Autriche. La dernière fois que l’équipe de France a terminé un match de qualification sans l’avoir remporté, c’était en septembre 2010 en barrage contre l’Italie. Il y avait eu 0-0. La dernière fois qu’elle a perdu un match, c’était en juin 2007 en Islande.

La liberté dans le calendrier va permettre au nouveau staff de l’équipe de France d’affronter des équipes capables de la pousser dans ses retranchements à chaque fois, et comme on en reste souvent à la simple lecture des résultats, à ne pas se féliciter de victoires 1-0 en Grèce ou en Roumanie comme si c’était des performances encourageantes dans la perspective d’affronter les meilleures mondiales.

Au moment de l’attribution de la Coupe du monde 20077, Corinne Diacre rêvait qu’elle revienne à la France ce qui lui permettrait de finir sa carrière dessus. Finalement, elle devrait être la sélectionneuse de l’équipe de France qui jouera la Coupe du monde à domicile en 2019, avec une légitime ambition comme quatrième nation mondiale8.

Rêve orange

Les Pays-Bas remportent à domicile un Euro dont ils n’étaient pas favoris au départ mais dont ils le sont devenu au fil du tournoi. Et la manière dont les Néerlandaises se sont imposées est au moins autant une surprise que leur victoire elle-même.

La compétition aura été marquée par la faillite des favorites, joueuses ou équipes qui bouscule la hiérarchie à un point imprévisible. Signe que les « petites équipes » progressent mais sans doute pas seulement.

Premier titre pour l’équipe des Pays-Bas à l’issue d’un tournoi totalement réussi avec six victoires en six matchs et la meilleure attaque devant l’Angleterre. D’autant que si les joueuses de Mark Sampson avaient marqué six de leurs dix buts au premier match contre l’Écosse, celles de Sarina Wiedman ont fait l’inverse en marquant de plus en plus : quatre buts au premier tours et sept en phase finale.

Quand Nadia Nadim a ouvert le score sur pénalty dès la septième minute, le doute aurait pu s’insinuer chez les Néerlandaises à l’heure d’aller chercher leur premier titre à domicile. Mais soit que l’égalisation quasi immédiate de Vivianne Miedema leur ait permis de ne pas douter, soit à l’inverse que leur confiance ait permis de continuer à appliquer leur plan de jeu et d’égaliser rapidement, elles ont toujours semblé aller en ligne droite à la victoire. Pourtant, le Danemark avait fait le nécessaire en égalisant avant la mi-temps par Pernille Harder après que l’inévitable Lieke Martens avait donné l’avantage aux siennes, puis en se procurant plusieurs occasion d’égaliser ou de revenir dans le match en seconde période.

Les deux équipes ont ainsi proposé une finale échevelée qui permet de terminer sur une note positive un Euro qui sinon n’avait pas toujours brillé par ses envolées offensives. Cela tient peut-être à la faillite des équipes favorites qui ont laissé la place à des équipes moins bien outillées mais plus collectives et mieux organisées. La finale semble montrer qu’il ne s’agit pas de l’inverse : les Pays-Bas et le Danemark ont montré que du talent et de l’allant offensif étaient un ingrédient utile en sus d’une bonne organisation.

La victoire néerlandaise est une vraie surprise dans une discipline où les vainqueurs tournent assez peu et sont en général assez identifiés en amont des compétitions. Outre les éternels Allemagne et États-Unis qui trustent les titres, la Norvège était toujours parmi les favorites à la fin des années 90 quand elle a garni son palmarès et même le Japon, vainqueur surprise de la Coupe du monde 2011 arrivait avec le rang de quatrième mondial.

Cette fois, si en dehors de la Norvège et de l’Autriche, le premier tour avait à peu près respecté les rangs supposés, les quarts de finale ont totalement écarté les favoris, à l’exception de l’Angleterre qui ne pouvait pas sortir en même temps que la France et qui a attendu un tour de plus pour échouer. L’avenir dira s’il s’agira d’une tendance de fond ou d’un épiphénomène. Le classement mondial est ainsi fait qu’il va accompagner ces résultats. Les Pays-Bas seront dans les dix meilleures nations mondiales au prochain classement et devraient talonner l’Angleterre et la France pour la deuxième place européenne. La révolution sera peut-être circonscrite à cela. Sauf si les difficultés rencontrées par la France, l’Allemagne et la Suède se confirment.

Attaques
Pos. Équipe Buts
1 Pays-Bas 13
2 Angleterre 11
3 Danemark 6
4 Italie 5
Autriche 5
Allemagne 5
7 Suède 4
8 Suisse 3
Portugal 3
France 3
Belgique 3
12 Écosse 2
Russie 2
Espagne 2
15 Islande 1
16 Norvège 0
Défenses
Pos. Équipe Buts
1 Autriche 1
2 Allemagne 3
Belgique 3
Espagne 3
France 3
Pays-Bas 3
Suisse 3
8 Angleterre 4
Norvège 4
10 Portugal 5
Russie 5
Suède 5
13 Danemark 6
Islande 6
Italie 6
16 Écosse 8
Tirs
Pos. Équipe Tirs
1 Allemagne 88
2 Pays-Bas 75
3 Danemark 74
4 Espagne 73
5 Autriche 69
6 France 65
7 Angleterre 57
8 Suède 55
9 Norvège 36
10 Italie 33
Belgique 33
12 Écosse 30
13 Suisse 26
14 Islande 21
15 Russie 20
16 Portugal 18
% tirs cadrés
Pos. Équipe %
1 Italie 48.5
2 Pays-Bas 46.7
3 Danemark 39.2
4 Allemagne 38.6
5 Suisse 38.5
6 Autriche 37.7
7 Angleterre 36.8
8 Portugal 33.3
9 Espagne 31.5
10 Belgique 30.3
11 Russie 30.0
12 France 29.2
13 Norvège 27.8
14 Suède 27.3
15 Écosse 23.3
16 Islande 4.8
Tirs cadrés par but
Pos. Équipe Tirs
1 Espagne 11.5
2 Allemagne 6.8
3 France 6.3
4 Autriche 5.2
5 Danemark 4.8
6 Suède 3.8
7 Écosse 3.5
8 Suisse 3.3
Belgique 3.3
10 Italie 3.2
11 Russie 3.0
12 Pays-Bas 2.7
13 Portugal 2.0
14 Angleterre 1.9
15 Islande 1.0
16 Norvège
Possession
Pos. Équipe %
1 Espagne 71%
2 Allemagne 65%
3 France 62%
4 Suisse 53%
Pays-Bas 53%
6 Norvège 50%
Danemark 50%
8 Suède 49%
9 Italie 48%
10 Belgique 47%
Angleterre 47%
12 Portugal 42%
13 Islande 41%
14 Écosse 40%
Autriche 40%
16 Russie 35%
Taille
Pos. Équipe Taille (cm)
1 Suède 173
Autriche 173
3 Danemark 172
4 Pays-Bas 171
Norvège 171
6 Écosse 170
Islande 170
8 Suisse 169
Russie 169
Portugal 169
Italie 169
France 169
Espagne 169
Belgique 169
Allemagne 169
16 Angleterre 168
Âge
Pos. Équipe Âge
1 Suède 28.5
2 Angleterre 27.9
3 Écosse 27.7
4 Italie 27.5
5 France 27.1
6 Islande 26.9
Danemark 26.9
8 Norvège 26.7
9 Suisse 26.6
Allemagne 26.6
11 Belgique 26.0
12 Portugal 25.9
13 Pays-Bas 25.6
14 Russie 25.5
15 Espagne 25.3
16 Autriche 24.6

Lieke Martens, nouvelle star

Traditionnellement, il est facile de déterminer l’équipe type dans la sélection néerlandaise : il s’agit des joueuses numérotées de 1 à 11. Cette fois, seule la numéro 141 s’était immiscée alors que dans le courant de la compétition, la numéro 3 Stefanie van der Gragt a pris la place sur la numéro 4 et capitaine Mandy van den Berg. Une treizième joueuse a été titularisée une fois, la numéro 22 Liza van der Most contre la Belgique et elle n’est pas apparue sinon. En dehors de ces treize joueuses, aucune autre n’a passé quarante minutes sur le terrain, quatre n’entrant même pas du tout en jeu (dont les deux gardiennes remplaçantes). Le titre est donc celui d’une équipe très resserrée qui a pourtant réussi à finir encore plus fort qu’elle n’avait commencé.

Si huit des douze joueuses les plus utilisées évoluaient la saison dernière dans l’un des quatre championnats européens principaux2, seule l’attaquante du Bayern3 Vivianne Miedema faisait vraiment partie des stars de ces équipes. Dans la liste des quarante joueuses nommées pour le titre de meilleure joueuse européenne4 en décembre dernier, elle était la seule néerlandaise tout comme Pernille Harder était la seule Danoise et Steph Houghton la seule Anglaise. Il n’y avait aucune autrichienne. Par contre, il y avait huit Allemandes, six Françaises, quatre Suédoises, trois Norvégiennes et trois Espagnoles.

La meilleure joueuse de l’Euro, et désignée comme telle par l’UEFA, est l’ailière gauche néerlandaise Lieke Martens qui avait signé à Barcelone avant le début du tournoi en provenance de Rosengård où elle a passé une saison et demi5 après deux saisons à Göteborg et deux à Duisbourg. En six ans, elle s’était fait une réputation de bonne joueuse mais sans arriver au niveau qu’elle a montré dans un rôle taillé pour elle.

Buteuses
Pos. Nom Buts
1 9-Jodie Taylor (ENG) 5
2 9-Vivianne Miedema (NLD) 4
3 11-Lieke Martens (NLD) 3
8-Sherida Spitse (NLD) 3
5 11-Stina Blackstenius (SWE) 2
10-Nina Burger (AUT) 2
18-Carolina Mendes (PRT) 2
19-Toni Duggan (ENG) 2
9-Ilaria Mauro (ITA) 2
9-Nadia Nadim (DNK) 2
5-Babett Peter (DEU) 2
18-Daniela Sabatino (ITA) 2
8-Lotta Schelin (SWE) 2
Tirs
Pos. Nom Tirs
1 9-Vivianne Miedema (NLD) 20
2 7-Sanne Troelsgaard (DNK) 19
3 9-Nadia Nadim (DNK) 18
4 10-Dzsenifer Marozsan (DEU) 16
11-Lieke Martens (NLD) 16
6 8-Sherida Spitse (NLD) 15
7 10-Nina Burger (AUT) 14
10-Pernille Harder (DNK) 14
9 15-Elena Danilova (RUS) 12
6-Amandine Henry (FRA) 12
15-Silvia Meseguer (ESP) 12
12 11-Stina Blackstenius (SWE) 10
9-Mari Paz Vilas (ESP) 10
9-Jodie Taylor (ENG) 10
15 10-Camille Abily (FRA) 9
10-Jenni Hermoso (ESP) 9
8-Lotta Schelin (SWE) 9
11-Katrine Veje (DNK) 9
19 15-Nicole Billa (AUT) 8
11-Barbara Bonansea (ITA) 8
Tirs cadrés
Pos. Nom Tirs
1 7-Sanne Troelsgaard (DNK) 14
2 11-Lieke Martens (NLD) 13
3 10-Dzsenifer Marozsan (DEU) 12
4 9-Vivianne Miedema (NLD) 11
5 9-Nadia Nadim (DNK) 10
6 10-Nina Burger (AUT) 9
10-Pernille Harder (DNK) 9
15-Silvia Meseguer (ESP) 9
8-Sherida Spitse (NLD) 9
9-Jodie Taylor (ENG) 9
11 11-Barbara Bonansea (ITA) 7
12 10-Camille Abily (FRA) 6
11-Stina Blackstenius (SWE) 6
15-Elena Danilova (RUS) 6
6-Amandine Henry (FRA) 6
10-Jenni Hermoso (ESP) 6
17 19-Verena Aschauer (AUT) 5
10-Ramona Bachmann (CHE) 5
15-Elise Bussaglia (FRA) 5
15-Sara Doorsoun-Khajeh (DEU) 5
Stine Larsen

Stine Larsen

La dernière marche

Les Pays-Bas et le Danemark vont se retrouver en finale après s’être déjà rencontrés au premier tour. Les hôtesses ont pulvérisé l’Angleterre qui n’aura donc toujours remporté aucun titre alors que les Danoises ont eu besoin des tirs aux buts pour éliminer l’Autriche qui termine donc l’Euro invaincu.

Les Néerlandaises seront bien sûr favorites après l’impression générale laissée tout au long de la compétition mais il est fréquent que quand deux équipes se rencontrent plusieurs fois dans une phase finale, la gagnante d’un jour n’est pas celle du lendemain.

Le Groupe A était finalement non seulement le plus homogène mais le plus relevé puisqu’il envoie deux équipes en finale de l’Euro. Les deux sélections les plus convaincantes des quarts de finale se retrouveront donc deux semaines après s’être déjà affrontées à Rotterdam.

Les Pays-Bas ont largement battu l’Angleterre dans la revanche de la demi-finale 2009. Le plan de jeu de Mark Sampson était le même que d’habitude mais il est cette fois tombé sur une équipe capable de mettre de la vitesse sur les côtés et qui l’a surtout battu à son propre jeu de l’efficacité : les Néerlandaises ont cadré quatre tirs pour trois buts. Les Anglaises en ont cadré cinq pour vingt tentatives et aucun but.

Jade Moore et Karen Carney

Jade Moore et Karen Carney

Le but de Vivianne Miedema est venu d’une belle construction mais les deux suivants ne sont que la sanctions d’erreurs des Anglaises. C’est d’ailleurs la première fois du tournoi que les Pays-Bas n’ont pas eu plus le ballon que leur adversaire, l’Angleterre n’ayant dominé cette statistique que contre l’Écosse et le Portugal. Le but marqué assez tôt par Vivianne Miedema a sans doute permis de laisser la balle à l’adversaire mais dans des conditions similaires contre le Danemark, la Norvège ou la Suède, les joueuses de Sarina Wiegman avaient réussi à garder largement la possession du ballon. Cette fois l’Angleterre a fait jeu égal, à rebours de ses habitudes.

Enfin, on notera qu’ironiquement, tous les buts du match ont été inscrits par des joueuses appointées par des clubs anglais, Vivianne Miedema ayant rejoint Daniëlle van de Donk à Arsenal (et Millie Bright jouant pour Chelsea).

Millie Bright et Vivianne Miedema

Millie Bright et Vivianne Miedema

Les spécialistes des tirs aux buts

On dit qu’on ne se qualifie jamais deux fois de suites aux tirs aux buts dans une compétition. Il y a sans doute des statistiques qui infirment ou confirment l’adage. Mais les deux autres demi-finaliste1 ont eu l’occasion de le vérifier en phase finale d’Euro. Après avoir éliminé l’Espagne en réussissant une séance parfaite, avec cinq tirs marqués pour cinq tireuses, l’Autriche a totalement manqué la suivante contre le Danemark. Pourtant les trois Autrichiennes ont changé leur manière de tirer par rapport au quart de final. La frappe de Laura Feiersinger est passée au dessus et celles de Verena Aschauer et Viktoria Pinther ont été arrêtées par Stina Lykke Petersen. La cinquième tireuse du quart de finale contre l’Espagne, Sarah Puntigam, n’aurait pas participé à la séance puisqu’elle était sortie avant la prolongation mais elle avait aussi eu l’occasion de s’essayer à la frappe à onze mètres en début de match, envoyant elle aussi la balle au-dessus du but.

Verena Aschauer

Verena Aschauer

L’Autriche termine donc la compétition invaincue et n’a encaissé que le but d’Amandine Henry. La déception passée, le bilan sera bien évidemment positif pour l’une des plus grosses cotes de la compétition qui à moins de 25 ans de moyenne était l’équipe la plus jeune du tournoi.

Elle pourra aussi se servir de l’exemple de son adversaire du jour. Il y a quatre ans le Danemark était éliminé aux tirs aux buts en demi-finale de l’Euro par la Norvège après avoir passé le quart de finale par le même moyen face à la France. Son bilan était beaucoup moins flatteur puisque les Danoises n’avaient remporté aucun match. Mais quatre ans plus tard, elle est en finale avec une équipe qui a grandi : sept des titulaires actuelles (plus Janni Arnth blessée après le premier match contre la Belgique) étaient déjà présentes en Suède dont six en tant que titulaires.

Nadia Nadim

Nadia Nadim

Cette fois, la présence danoise en demi-finale ne tenait pas à un concours de circonstance heureux (et à un tirage au sort favorable). La victoire sur l’Allemagne en quart de finale suffirait s’il en était besoin à rendre légitime cette place. Dominatrices dans le jeu, elles se sont pourtant procuré beaucoup moins d’occasions que les Autrichiennes durant le temps réglementaire, se rattrapant lors de la prolongation. Mais le talent de Pernille Harder et de Nadia Nadim n’a pas suffit pour trouver la faille. Celui Stina Petersen s’y sera substitué pour remporter la qualification.

Comme on se retrouve

Comme en 2013, la finale opposera deux équipes issues du même groupe. En Suède, l’Allemagne avait pris sa revanche sur la Norvège qui l’avait battue au premier tour dans un match relativement sans enjeu puisque les deux équipes étaient déjà assurées de la qualification après le nul la veille du Danemark sur la Finlande2. La finale était aussi une répétition du premier tour en 2005 (entre l’Allemagne et la Norvège déjà), 2001 (Allemagne-Suède) et 1999 (Allemagne-Italie). À l’époque c’était plus probable puisque le tournoi se jouait alors à huit et qu’il n’y avait alors que deux groupes au premier tour. Si l’Italie avait obtenu un nul au premier match, la Suède et la Norvège avaient déjà perdu.

Pernille Harder et Mandy van den Berg

Pernille Harder et Mandy van den Berg

Les Pays-Bas ont remporté la première manche il y a quinze jours sur un pénalty de Sherida Spitse qui portait à 5 le nombre de leurs victoires consécutives sur le Danemark. Cette série a débuté en 2009 à Lahti durant la phase finale de l’Euro. Pour le troisième match de poule, les deux équipes étaient à égalité après avoir chacune battu l’Ukraine et perdu contre la Finlande. Une victoire assurait la qualification alors qu’une défaite éliminait quasiment avec au mieux une troisième place à trois points alors que les deux autres groupes jouaient ensuite3. À l’heure de jeu, Sylvia Smit et Manon Melis donnaient l’avantage aux Néerlandaises, le but de Johanna Rasmussen en fin de match ne permettant pas aux Danoises de revenir.

Depuis, les Pays-Bas ont remporté trois matchs amicaux à chaque fois avec un but dans le temps additionnel, seul celui de Shanice van de Sanden en janvier 2016 n’étant pas décisif puisque Lieke Martens avait déjà donné l’avantage aux Oranjes. Les deux autres fois, c’est le but de la victoire qu’on marqué Marlous Pieete en 2013 et Daniëlle van de Donk en 2016.

Mais si la série en cours est nettement à l’avantage des locales, ce n’est pas le cas du bilan global. Pays-Bas et Danemark ont un riche passé commun avec 21 rencontres depuis qu’en octobre 1977 Lone Smidt Nielsen donnait la victoire aux Danoises. Le premier match officiel était remporté par les Pays-Bas en 1982 dans le cadre des éliminatoires pour l’Euro 84. Il s’agissait de la première victoire néerlandaise dans ces confrontations, et jusqu’à 2009, de la dernière. Le Danemark a remporté le match retour et neuf des treize confrontations suivantes, pour quatre nuls. Les deux équipes étaient dans le même groupe pour les éliminatoires de la première Coupe du monde en 91 puis de l’Euro 2005 avec à chaque fois la qualification danoise.

Cette nette inversion de tendance correspond au moment où le Danemark a quitté le top 10 mondial et où les Pays-Bas ont intégré le top 15.

Stabilité néerlandaise

Cette fois, les Néerlandaises partent donc nettement favorites tant par la qualité de leur jeu que par le fait d’être à domicile devant un public prompt à les soutenir. Les deux équipes ont en commun de n’avoir utilisé que 18 de leurs 23 joueuses mais si 16 des Danoises ont été titulaires au moins une fois, ça n’a été le cas que de 13 Néerlandaises. En dehors de la titularisation de Liza van der Most à la place de Desire van Lunteren malade contre la Belgique, le seul changement opéré par Sarina Wiegman dans son onze de départ a été la rentrée à partir de ce troisième match de la défenseuse du Bayern Stefanie van der Gragt à la place de la capitaine Mandy van den Berg. Elle fait jouer son équipe dans un système assez hollandais avec deux véritables ailières, Shanice van de Sanden et Lieke Martens pour alimenter la star de l’équipe Vivianne Miedema. Toutefois, ce sont surtout les deux premières qui ont brillé en début de compétition. La milieu de Montpellier Anouk Dekker opère en défense centrale.

Elle retrouvera sur sa route sa future coéquipière Katrine Veje qui occupe le flanc gauche de l’équipe danoise. Nils Nielson a beaucoup plus varié dans ses compositions que sa consœur néerlandaise. La blessure de sa patronne de défense Janni Arnth l’a poussé à abandonner la défense à trois pour un 4-4-2 dont une des conséquences a été de faire monter Pernille Harder de meneuse en attaque à la place de Stine Larsen. Après quelques tâtonnements, cette dernière joue désormais en défense centrale à gauche de Simone Boye Sørensen. D’autres ajustements ont été nécessaires comme le nom de la joueuse qui accompagne Line Sigvardsen Jensen dans l’axe du milieu de terrain. Contre l’Allemagne et l’Autriche, c’est Maja Kildemoes qui a occupé le poste, permettant à Sanne Troelsgaard d’occuper le flanc droit. La dernière incertitude concerne le poste d’arrière gauche où Line Røddik Hansen est en principe titulaire mais où elle a été régulièrement remplacée en cours de match par Cecilie Sandvej sauf contre les Pays-Bas où cette dernière était alignée d’entrée. Elle pourrait l’être à nouveau pour le remake.

Ce premier match était toutefois son unique titularisation comme il l’a été pour Mie Leth Jans en défense centrale. Dans la mesure où il s’agissait du premier match dans la nouvelle disposition et où Line Røddik Hansen avait commencé comme centrale gauche plutôt que comme latérale, Nils Nielsen cherchait sans doute plus la bonne solution plutôt qu’une tactique anti-orange particulière.

Il est aussi confronté à la grave blessure de Line Sigvardsen Jensen qui manquera la finale (et une bonne partie de la prochaine saison). Elle pourrait être remplacée poste pour poste par Nanna Christiansen qui avait joué le premier match contre les Pays-Bas ou par Frederikke Thøgersen sur l’aile droite, Sanne Troelsgaard glissant dans l’axe comme contre la Norvège.

Résultats

Pays-Bas-Angleterre 3-0 : Miedema 22’, van de Donk 62’, Bright 93’ csc

Danemark-Autriche 0-0 (3 tàb 0)

Tableau final

Pays-Bas Pays-Bas Pays-Bas
Suède
Angleterre Angleterre
France
Allemagne Danemark Danemark
Danemark
Autriche Autriche
Espagne

Effectifs

Pays-Bas
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Sari van Veenendaal G 27 177 Arsenal (ENG) 450 0 0
2 Desiree van Lunteren D 25 170 Ajax 360 0 0
3 Stefanie van der Gragt D 25 178 Ajax 252 0 0
4 Mandy van den Berg D 27 165 Reading (ENG) 177 0 0
5 Kika van Es D 26 169 Twente 450 0 0
6 Anouk Dekker D 31 182 Montpellier (FRA) 450 0 0
7 Shanice van de Sanden A 25 168 Liverpool (ENG) 416 1 1
8 Sherida Spitse M 27 167 Twente 450 2 0
9 Vivianne Miedema A 21 178 Arsenal (ENG) 445 2 0
10 Danielle van de Donk M 26 160 Arsenal (ENG) 432 1 0
11 Lieke Martens A 25 168 Rosengård (SWE) 433 2 1
12 Jill Roord M 20 173 Bayern Munich (DEU) 13 0 0
13 Renate Jansen A 27 178 Twente 30 0 0
14 Jackie Groenen M 23 164 Francfort (DEU) 439 0 2
15 Sippie Folkertsma M 20 172 Ajax 0 0 0
16 Angela Christ G 28 167 PSV Eindhoven 0 0 0
17 Kelly Zeeman D 24 24 Ajax 37 0 0
18 Vanity Lewerissa A 26 160 PSV Eindhoven 5 0 0
19 Sheila van den Bulk D 28 167 Djurgårdens (SWE) 0 0 0
20 Dominique Janssen D 22 174 Arsenal (ENG) 0 0 0
21 Lineth Beerensteyn A 21 178 Bayern Munich (DEU) 21 0 0
22 Liza van der Most D 24 165 Ajax 90 0 0
23 Loes Geurts G 32 169 0 0 0
Danemark
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Stina Lykke Petersen G 31 174 KoldingQ 480 0 0
2 Line Røddik Hansen D 29 176 Barcelon (ESP) 293 0 0
3 Janni Arnth Jensen D 31 174 Linköpings (SWE) 90 0 0
4 Maja Ring Kildemoes M 21 173 Linköpings (SWE) 174 0 0
5 Simone Boye Sørensen D 25 173 Rosengård (SWE) 480 0 0
6 Nanna Christiansen M 28 167 Brøndby IF 64 0 0
7 Sanne Troelsgaard M 29 176 Rosengård (SWE) 480 1 0
8 Theresa Nielsen D 31 168 Vålerenga (NOR) 480 1 0
9 Nadia Nadim A 30 175 Portland Thorns (USA) 450 1 0
10 Pernille Harder A 25 168 Wolfsburg (DEU) 480 0 1
11 Katrine Veje M 26 174 Montpellier (FRA) 457 1 0
12 Stine Larsen A 21 168 Brøndby 381 0 1
13 Sofie Junge Pedersen M 25 176 Rosengård (SWE) 52 0 0
14 Nicoline Haugård Sørensen M 20 175 Brøndby 13 0 0
15 Frederikke Skjødt Thøgersen A 22 163 Fortuna Hjørring 191 0 1
16 Maria Christensen G 22 175 Fortuna Hjørring 0 0 0
17 Line Sigvardsen Jensen M 26 168 Washington Spirit (USA) 428 0 0
18 Mie Leth Jans D 23 164 Manchester City (ENG) 90 0 0
19 Cecilie Sandvej D 27 173 Francfort (DEU) 197 0 0
20 Stine Ballisager Pedersen D 24 175 Skovbakken 0 0 0
21 Sarah Dyrehauge Hansen M 21 168 Fortuna Hjørring 0 0 0
22 Line Johansen G 28 172 Vejle 0 0 0
23 Luna Norgaard Gevitz D 23 164 Fortuna Hjørring 0 0 0

Plus que des surprises, la Révolution

Les quarts de finales de l’Euro ont accouché d’un chambardement total des valeurs établies. Le principal séisme est bien sûr l’élimination de l’Allemagne, sextuple tenante du titre par le Danemark. La Norvège éliminée au premier tour et la Suède en quart de finale, il y aura donc un nouveau nom au palmarès de l’Euro.

Ça ne sera pas celui de la France qui s’est inclinée contre l’Angleterre à l’issue de son meilleur match du tournoi. Mais si cette défaite contre l’une des équipes les plus convaincantes depuis le début peut ressortir des aléas du football, le chemin qui a mené à affronter les Anglaises est nettement plus problématique.

Trois des qualifiés avaient déjà connu le dernier carré de la compétition mais les demi-finales auront malgré cela un parfum de nouveauté.

Une des constantes du football au féminin était que la hiérarchie était assez figée et que le classement des nations la reflétait assez bien pour permettre des prévisions assez fiables. L’Euro est régulièrement allé contre cette idée mais les quarts de finales de cette édition ont décidé de mettre à bas les idoles. Dans les quatre matchs, c’est l’équipe la moins bien classée qui s’est imposée même si ce n’était pas complètement une surprise à chaque fois après le premier tour.

Le vrai coup de tonnerre est bien sûr l’élimination de l’Allemagne. Quelle que soit l’impression laissée au premier tour, c’était un fait qui semblait établi, la Mannschaft finissait toujours par s’en tirer. Quand au bout de trois minutes, Isabel Kerschowski profitait d’une faute de main de Stina Petersen pour ouvrir le score, l’affaire semblait entendue. La suite de la première mi-temps confirmait l’impression : l’Allemagne jouait à son rythme, Dzsenifer Marozsan donnait le tempo alors que le duo d’attaque danois constitué de Pernille Harder et Nadia Nadim venait s’empaler dans l’axe de la défense allemande sans jamais la mettre en danger.

Puis petit à petit les Danoises resserraient l’étau. Et juste après la pause, Nadia Nadim reprenait marquait en reprenant de la tête un centre de Stine Larsen. La physionomie du match avait alors complètement changé, le milieu allemand prenait l’eau et c’est logiquement que Theresa Nielsen donnait finalement l’avantage au Danemark. L’Allemagne est éliminée avant même les demi-finales. Elle devrait s’en remettre : l’équipe de Silvia Neid avait subi la même déconvenue en 2011 lors de la Coupe du monde à domicile avant d’être championne d’Europe en 2013 (puis championne olympique en 2016). C’est un échec pour les débuts de la sélectionneuse Steffi Jones mais elle menait une équipe plutôt plus jeune et inexpérimentée que la moyenne et son avenir ne semble pas remis en question. Tout au plus peut-on se demander combien de temps Anja Mittag bénéficiera d’un crédit illimité.

Anja Mittag

Anja Mittag

Fin de partie pour Pia Sundhage

Finaliste des Jeux Olympiques face à l’Allemagne, la Suède a également cédé en quart de finales aux Pays-Bas face au pays hôte mais ce n’est pas vraiment une surprise. À Rio, l’équipe de Pia Sundhage avait essentiellement démontré des qualités défensives, ne remportant qu’un seul match face à l’Afrique du Sud et ne marquant que trois buts en six matchs. Cette fois, l’attaque n’a guère plus brillé mais la défense a brusquement cédé à partir du troisième match de poule et n’a jamais été en mesure de résister au trio offensif néerlandais. Vivianne Miedema a marqué son premier but du tournoi mais ce sont bien ses consœurs de la ligne d’attaque Lieke Martens et Shanice van de Sanden qui ont brillé, lui offrant d’ailleurs ce premier but.

Pia Sundhage

Pia Sundhage

L’Espagne toujours inoffensive

Si l’Allemagne a été éliminée, la « petite Allemagne » reste en course. Le parcours de l’Autriche est sans doute la plus grosse surprise depuis le début de la compétition. Mais la qualification face à l’Espagne elle-même est moins étonnante. Les partenaires d’Irene Paredes ont été égales à elles-mêmes, monopolisant le ballon, multipliant les offensives mais ne trouvant que peu de positions de tir, rarement le cadre et jamais le fond des filets. Face à une équipe aussi disciplinée que l’Autriche, il était probable que l’Espagne ne marque pas et sa meilleure chance était d’arriver à ne pas encaisser non plus.

Sarah Puntigam

Sarah Puntigam

La seule frappe cadrée ayant été arrêtée, c’est naturellement que tout s’est décidé aux tirs aux buts où l’Autriche a confirmé que son surnom n’était pas usurpé en réussissant une séance toute germanique. L’Espagne est largement l’équipe qui a eu le plus le ballon (devant l’Allemagne et la France…), celle qui a le plus tiré derrière l’Allemagne (et devant la France) et celle à qui a fallu le plus de tirs cadrés pour marquer (devant l’Allemagne et la France, cette statistique ne s’étant bien sûr pas améliorée avec le 0-0). Bref le jeu espagnol est resté très fluide et très élégant mais sans aucune efficacité. Finalement, peut-être que l’absence de joueuses aussi décisives que Sonia Bermudez ou Vero Boquete était préjudiciable, surtout avec une Jenni Hermoso à ce point hors-sujet.

Les Bleues chutent encore en quart

Le dernier quart de finale a aussi vu la victoire de l’équipe la moins bien classée mais ce n’est hélas pas vraiment une surprise. Dans un match entre deux équipes aussi proche au classement, une victoire 1-0 de l’une ou de l’autre n’est de toute façon pas une grosse surprise sur le papier mais ici, les prestations comparée de la France et de l’Angleterre depuis le début du tournoi faisaient qu’il aurait fallu un vrai retournement de situation pour que les Bleues poursuivent. En lui-même, le match a plutôt été le meilleur des Françaises et un soupçon de chance aurait pu faire changer l’histoire mais le destin ne peut pas être favorable à chaque match et l’équipe d’Olivier Echouafni avait déjà consommé son quota contre la Suisse. Celle de Mark Sampson en a encore en réserve si nécessaire pour la suite.

Pays-Bas-Angleterre, comme en 2009

La première demi-finale opposera les Pays-Bas à l’Angleterre dans un remake de celle de 2009, qui faisait déjà suite à une élimination décevante des Bleues1. Mais la situation a changé depuis. En 2009, les deux équipes étaient au mieux des outsiders, l’Angleterre était sortie par miracle de sa poule et les Pays-Bas étaient une surprise à l’autrichienne. En 2017, les deux faisaient partie avant même le tournoi des favorites2 pour la victoire finale et il s’agissait des deux seules équipes à avoir remporté leurs trois matchs de poules.

Lieke Martens

Lieke Martens

Les deux équipes se connaissent bien pour s’être souvent affrontées : 19 depuis la première victoire anglaise en 1973 à Maidenhead. Le bilan est très favorable à l’Angleterre avec 12 victoire et 4 nuls et il l’est encore plus en match officiel où les Anglaises ont remporté 6 de leurs 9 oppositions officielles pour 2 nuls. Outre la demi-finale 2009 remportée en prolongation par les joueuses de Hope Powell grâce à un but de Jill Scott, ce matchs officiels se sont déroulés en éliminatoires des Coupes du monde 1999, 2003 et 20073 et de l’Euro 2013. Hormis pour 1999 où chaque équipe avait remporté une confrontation (qui étaient la seule victoire de la campagne pour l’Angleterre, les deux équipes terminant éliminées, loin derrière la Norvège et l’Allemagne), c’est en général les Anglaises qui sont sorties victorieuses. Pour la Coupe du monde 2003, elles avaient compensé un nul à domicile en allant s’imposer largement 4-1 à La Haye, ce qui leur avait permis de prendre la deuxième place du groupe 4 loin derrière l’Allemagne puis d’aller affronter la France en barrage à Selhurst Park et Geoffroy-Guichard. Quatre ans plus tard, elles avaient emporté l’aller à Zwolle grâce à un pénalty de Fara Williams et le retour 4-0 avec un triplé de Kelly Smith et un but de Rachel Yankey.

La dernière confrontation officielle date des éliminatoires de l’Euro 2013 avec un nul à Zwolle et une courte victoire 1-0 à Manchester avec là aussi un but de Rachel Yankey. Les deux équipes s’étaient qualifiées pour la Suède, l’Angleterre comme première du groupe et les Pays-Bas comme meilleur second. Depuis les deux équipes se sont rencontré deux fois : une fois pour un nul au tournoi de Chypre 2015 remporté finalement par l’Angleterre, puis en novembre dernier en amical à Tilburg où les Anglaises s’étaient imposées 1-0 grâce à Jodie Taylor. La dernière victoire néerlandaise remonte à 2007.

Jodie Taylor

Jodie Taylor

Mais depuis la dernière confrontation a eu lieu un changement majeur : à six mois de l’Euro à domicile, le sélectionneur Arjan van der Laan a été subitement démis de ses fonctions et remplacé par Sarina Wiegman qui était jusque là son adjointe et qui a connu plus de cent sélections avec les Oranje dans les années 90, ce qui en fait l’une des dix internationales les plus capées du pays.

La confrontation ne manquera pas d’intérêt entre les deux équipes qui ont été les plus convaincantes depuis le début de l’Euro et l’Angleterre pourrait pour la première fois rencontrer une équipe capable de la mettre en difficulté. Mais dont la défense – quoi que solide – devrait lui laisser les quelques occasions qui lui suffisent jusque là pour marquer. Quoi qu’il en soit, l’équipe qui sortira de cette demi-finale sera favorite pour le titre.

Le Danemark pour une revanche

L’autre demi-finale oppose au contraire deux équipes que l’on n’attendait pas. Le Danemark est une place forte historique de la discipline, demi-finaliste de la première édition de l’Euro en 1984, troisième en 1991 et 1993, demi-finaliste en 20014. Elle est d’ailleurs la seule équipe du dernier carré qui avait déjà atteint ce stade il y a quatre ans. Mais l’équipe qui oscillait autour de la 8e place mondiale (et de la 4e européenne) jusqu’en 2008 a ensuite dégringolé pour arriver aux alentours de la 15e place. Son Euro 2013 était en fait un modèle de réussite puisque les coéquipières de Pernille Harder étaient sorties de leur poule après deux nuls et une défaite, à la faveur d’un tirage au sort favorable face à la Russie5 puis avaient tenu en échec les Bleues, écartées aux tirs aux buts avant de buter contre la Norvège dans le même exercice. La place de demi-finaliste était donc bien payée pour un bilan d’une défaite et quatre nuls.

Cette fois-ci, le parcours est au-dessus de tout soupçon. Des victoires sur la Belgique et la Norvège ont offert une place de quart de finalistes et la victoire sans bavure sur l’ogre allemand légitime au plus haut point la présence dans le dernier carré.

En face, l’Autriche était novice en phase finale. Elle l’est d’autant plus en demi-finale. Antépénultième équipe la moins bien classée du plateau (mais en constante progression), elle a su faire preuve de solidité pour venir à bout des solides équipes d’Islande et de Suisse, seule la France ayant réussi à lui résister. Le quart de finale contre l’Espagne était déjà un bâton de maréchal appréciable mais la séance de tirs aux buts a permis de pousser l’histoire plus loin. Comme d’habitude, les joueuses de Dominik Thalhammer ne seront pas favorites. Ça ne sera que la cinquième fois de l’Euro.

Autrichiennes et Danoises ont une histoire commune très restreinte. Il faut dire qu’elles n’ont longtemps pas évolué dans la même catégorie, y compris au sens propre du terme puisque jusqu’en 2008, les éliminatoires européens se déroulaient en deux divisions distincte et que l’Autriche n’a rejoint la première qu’en 2006 pour la campagne pour la Coupe du monde 2007 (dans le groupe de l’Angleterre, la France et les Pays-Bas). Cela l’empêchait donc de rencontrer en match officiel le Danemark, habitué de l’élite des éliminatoires.

Les deux équipes ne se sont donc rencontrées que trois fois et le bilan est à l’avantage des Autrichiennes, deux victoires à une car ces matchs sont assez récents. Les premiers datent des qualifications pour l’Euro 2013. Un triplé de Pernille Harder avait donné la victoire au Danemark au match aller. Mais au retour, les Danoises qui comptaient deux points d’avance et un dernier match à jouer ensuite contre le Portugal avaient sombré à Sankt Pölten, se retrouvant menées 3-0 par un but de Verena Aschauer et un doublé de Nina Burger avant de réduire le score grâce à Nadia Nadim.

Le Danemark avait ensuite battu le Portugal pour se qualifier pour l’Euro suédois et ses demi-finales. L’Autriche avait dû disputer un barrage, perdu contre la Russie.

La dernière confrontation est très récente puisqu’elle a eu lieu lors des matchs de préparation à l’Euro. À Wiener Neustadt, patrie de Michael Haneke et Dominik Thiem, des doublés de Nicole Billa et de Sarah Zadrazil avaient donné la victoire 4-2 aux joueuses de Dominik Thalhammer sur celles de Niels Nielsen. Katrine Veje avait un temps égalisé et Stine Larsen réduit le score en toute fin de match.

Cette seconde demi-finale semble à peu près aussi ouverte que la première mais l’Autriche pourrait avoir un léger avantage psychologique en raison de cette dernière victoire et du fait qu’elle est de toute façon déjà bien au-delà de ses objectifs.

Résultats

Pays-Bas-Suède 2-0 : Martens 33′, Miedema 64′

Allemagne-Danemark 1-2 : Kerschowski 3′ ; Nadim 49′, Nielsen 83′

Autriche-Espagne 0-0 (5 tàb 3)

Angleterre-France 1-0 : Taylor 60′

Tableau final

Pays-Bas Pays-Bas
Suède
Angleterre Angleterre
France
Allemagne Danemark
Danemark
Autriche Autriche
Espagne

Effectifs

Danemark
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Stina Lykke Petersen GK 31 174 KoldingQ 360 0 0
2 Line Røddik Hansen DF 29 176 Barcelone (ESP) 248 0 0
3 Janni Arnth Jensen DF 31 174 Linköpings (SWE) 90 0 0
4 Maja Ring Kildemoes MF 21 173 Linköpings (SWE) 123 0 0
5 Simone Boye Sørensen DF 25 173 Rosengård (SWE) 360 0 0
6 Nanna Christiansen MF 28 167 Brøndby 64 0 0
7 Sanne Troelsgaard MF 29 176 Rosengård (SWE) 360 1 0
8 Theresa Nielsen DF 31 168 Vålerenga (NOR) 360 1 0
9 Nadia Nadim FW 30 175 Portland Thorns (USA) 330 1 0
10 Pernille Harder FW 25 168 Wolfsburg (DEU) 360 0 1
11 Katrine Veje MF 26 174 Montpellier (FRA) 337 1 0
12 Stine Larsen FW 21 168 Brøndby 261 0 1
13 Sofie Junge Pedersen MF 25 176 Rosengård (SWE) 0 0 0
14 Nicoline Haugård Sørensen MF 20 175 Brøndby 13 0 0
15 Frederikke Skjødt Thøgersen FW 22 163 Fortuna Hjørring 122 0 1
16 Maria Christensen GK 22 175 Fortuna Hjørring 0 0 0
17 Line Sigvardsen Jensen MF 26 168 Washington Spirit (USA) 360 0 0
18 Mie Leth Jans DF 23 164 Manchester City (ENG) 90 0 0
19 Cecilie Sandvej DF 27 173 Francfort (DEU) 122 0 0
20 Stine Ballisager Pedersen DF 24 175 Skovbakken 0 0 0
21 Sarah Dyrehauge Hansen MF 21 168 Fortuna Hjørring 0 0 0
22 Line Johansen GK 28 172 Vejle 0 0 0
23 Luna Nørgaard Gevitz DF 23 164 Fortuna Hjørring 0 0 0
Autriche
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Manuela Zinsberger GK 22 177 Bayern Munich (DEU) 390 0 0
2 Marina Georgieva DF 20 174 Turbine Potsdam (DEU) 0 0 0
3 Katharina Naschenweng DF 20 175 Sturm Graz 0 0 0
4 Viktoria Pinther FW 19 170 Sankt Pölten 35 0 0
5 Sophie Maierhofer DF 21 170 University of Kansas (USA) 0 0 0
6 Katharina Schiechtl MF 24 185 Werder Brême (DEU) 376 0 0
7 Carina Wenninger DF 26 178 Bayern Munich (DEU) 390 0 0
8 Nadine Prohaska MF 27 164 Sankt Pölten 188 0 1
9 Sarah Zadrazil MF 24 167 Turbine Potsdam (DEU) 270 1 2
10 Nina Burger FW 30 171 Sand (DEU) 374 2 0
11 Viktoria Schnaderbeck DF 27 174 Bayern Munich (DEU) 243 0 0
12 Stefanie Enzinger FW 27 168 Sturm Graz 5 1 0
13 Virginia Kirchberger DF 24 176 Duisbourg (DEU) 310 0 0
14 Barbara Dunst MF 20 168 Bayer Leverkusen (DEU) 0 0 0
15 Nicole Billa FW 21 168 Hoffenheim (DEU) 331 0 0
16 Jasmin Eder MF 25 171 Sankt Pölten 6 0 0
17 Sarah Puntigam MF 25 173 Fribourg (DEU) 390 0 0
18 Laura Feiersinger MF 24 169 Sand (DEU) 390 0 0
19 Verena Aschauer DF 23 166 Sand (DEU) 390 0 0
20 Lisa Makas FW 25 173 Duisbourg (DEU) 202 1 0
21 Jasmin Pfeiler GK 33 184 Altenmarkt 0 0 0
22 Jennifer Klein MF 19 168 Neulengbach 0 0 0
23 Carolin Größinger GK 20 174 Bergheim 0 0 0
Pays-Bas
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Sari van Veenendaal GK 27 177 Arsenal (ENG) 360 0 0
2 Desiree van Lunteren DF 25 170 Ajax 270 0 0
3 Stefanie van der Gragt DF 25 178 Ajax 183 0 0
4 Mandy van den Berg DF 27 165 Reading (ENG) 177 0 0
5 Kika van Es DF 26 169 Twente 360 0 0
6 Anouk Dekker DF 31 182 Montpellier (FRA) 360 0 0
7 Shanice van de Sanden FW 25 168 Liverpool (ENG) 328 1 1
8 Sherida Spitse MF 27 167 Twente 360 2 0
9 Vivianne Miedema FW 21 178 Arsenal (ENG) 355 1 0
10 Daniëlle van de Donk MF 26 160 Arsenal (ENG) 343 0 0
11 Lieke Martens FW 25 168 Rosengård (SWE) 343 2 1
12 Jill Roord MF 20 173 Bayern Munich(DEU) 12 0 0
13 Renate Jansen FW 27 178 Twente 28 0 0
14 Jackie Groenen MF 23 164 Francfort (DEU) 349 0 1
15 Sippie Folkertsma MF 20 172 Ajax 0 0 0
16 Angela Christ GK 28 167 PSV Eindhoven 0 0 0
17 Kelly Zeeman DF 24 172 Ajax 16 0 0
18 Vanity Lewerissa FW 26 160 PSV Eindhoven 5 0 0
19 Sheila van den Bulk DF 28 167 Djurgårdens (SWE) 0 0 0
20 Dominique Janssen DF 22 174 Arsenal (ENG) 0 0 0
21 Lineth Beerensteyn FW 21 178 Bayern Munich (DEU) 21 0 0
22 Liza van der Most DF 24 165 Ajax 90 0 0
23 Loes Geurts GK 32 169 0 0 0
Angleterre
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Karen Bardsley GK 33 183 Manchester City 254 0 0
2 Lucia Bronze DF 26 172 Manchester City 270 0 2
3 Demi Stokes DF 26 162 Manchester City 280 0 0
4 Jill Scott MF 30 181 Manchester City 270 0 0
5 Steph Houghton DF 29 174 Manchester City 270 0 1
6 Jo Potter DF 33 174 Reading 92 0 0
7 Jordan Nobbs MF 25 159 Arsenal 301 1 1
8 Izzy Christiansen MF 26 164 Manchester City 112 0 0
9 Jodie Taylor FW 31 168 Arsenal 236 5 0
10 Fara Williams MF 33 164 Arsenal 90 0 1
11 Jade Moore MF 27 166 Reading 270 0 0
12 Casey Stoney DF 35 174 Liverpool 0 0 0
13 Siobhan Chamberlain GK 34 180 Liverpool 106 0 0
14 Karen Carney FW 30 162 Chelsea 107 0 0
15 Laura Bassett DF 34 165 90 0 0
16 Millie Bright MF 24 173 Chelsea 329 0 0
17 Nikita Parris FW 23 162 Manchester City 116 1 0
18 Ellen White FW 28 170 Birmingham City 241 1 2
19 Toni Duggan FW 26 168 Manchester City 124 2 0
20 Alex Greenwood DF 24 168 Liverpool 90 0 0
21 Carly Telford GK 30 174 Chelsea 0 0 0
22 Alex Scott DF 33 163 Arsenal 90 0 0
23 Fran Kirby FW 24 157 Chelsea 222 1 0

Les meilleures ennemies

La France retrouve en quart de finales l’Angleterre, l’une des équipes qu’elle a le plus souvent affronté et dont elle a souvent été très proche. L’histoire est nettement en faveur des Françaises mais la dynamique de l’Euro est clairement anglaise.

De plus, le style de jeu de l’équipe de Mark Sampson a tout pour déplaire à celle d’Olivier Echouafni qui n’est jamais autant mise en difficulté que face à une équipe qui fait bloc, presse fort et contre.

L’Angleterre n’est pas l’équipe que la France a le plus souvent affronté (ce sont les Pays-Bas, 28 fois), ni celle qu’elle a le plus rencontré en match officiel (Italie, 12 fois) ou en phase finale (Norvège et Allemagne, 4 fois). Mais l’histoire des deux sélections est indissociablement liée depuis une quinzaine d’années d’autant plus que leur niveau a souvent été assez proche.

En dehors des Euros 2005 et 2009, Françaises et Anglaises se sont rencontrées lors de chaque campagne internationale depuis celle de la Coupe du monde 20031, soit en phase éliminatoire, soit en phase finale. Avant cela, l’histoire commune avait commencé au début des années 70 avec deux nettes victoires des coéquipières de Sheila Parker sur celles de Michèle Wolf. Celle du 7 novembre 1974 à Wimbledon reste à ce jour la dernière. Une troisième confrontation trois ans plus tard se terminera sur un score nul et vierge et les deux équipes attendront une dizaine d’années pour se revoir et se quitter à nouveaux dos à dos.

C’est à la fin des années 90 que la France et l’Angleterre vont commencer à se rencontrer régulièrement. En 1998, un doublé de Marinette Pichon permet au Française de battre pour la première fois leurs adversaires anglaises, avant de récidiver un an plus tard. En 2000, les deux sélections sont choisies par la Fifa pour disputer au Stade Vélodrome de Marseille un lever de rideau avant un match de gala entre l’équipe de France masculine championne du monde et d’Europe et une sélection de la Fifa2.

Affluence record à Geoffroy-Guichard

La rencontre suivante sera la première officielle et désormais, Françaises et Anglaises ne se rencontreront quasiment plus qu’à titre officiel ou lors des traditionnels tournois de la fin de l’hiver.

Le 16 novembre 2002, la France reçoit l’Angleterre au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne devant les caméras de Canal+. Le match a tout pour marquer le décollage du football féminin en France puisqu’il peut permettre aux Bleues de se qualifier pour la première fois de leur histoire à la Coupe du monde aux États-Unis. La compétition offre 16 places et il n’y en a que 5 pour l’Europe3. La France est devancée par les championnes olympiques norvégiennes et l’Angleterre par les championnes d’Europe allemandes. Il leur faut donc passer par des barrages pour prendre la dernière place restante. Les Bleues éliminent d’abord le Danemark pendant que les Lionesses se défont de l’Islande et elles doivent donc s’affronter pour le dernier ticket. Au match aller à Selhurst Park, un but de Marinette Pichon permet aux joueuses d’Élisabeth Loisel de prendre l’avantage sur celles de Hope Powell.

Le match retour se joue devant 23 680 spectateurs ce qui restera le record pour un match de football féminin en France jusqu’à un France-Grèce à Rennes en 2016. Le match est serré mais la capitaine Corinne Diacre donne la victoire à son équipe et l’envoie à la Coupe du monde américaine dont la faible médiatisation et l’élimination au premier tour ne permettra pas à l’équipe de France de surfer sur la vague stéphanoise.

Élisabeth Loisel, Corinne Diacre et Marinette Pichon après la victoire à Selhurst Park

Élisabeth Loisel, Corinne Diacre et Marinette Pichon après la victoire à Selhurst Park

Les deux équipes s’évitent à l’Euro 2005 puisque l’Angleterre ne participe pas aux éliminatoires en tant que pays organisateur, que les deux se trouvent pas dans la même poule en phase finale et qu’aucune n’en sort.

Mais elles se retrouvent ensuite sur la route pour la Coupe du monde chinoise de 2007. Dès le début de la campagne, les Bleues se mettent difficulté en perdant leur premier match à Angers (devant les caméra de Canal+) contre les Pays-Bas. Pendant ce temps l’Angleterre fait un sans faute contre les Néerlandaises, les Hongroises et les Autrichiennes. La première confrontation directe se dispute à Blackburn et se termine par un 0-0 qui permet à l’Angleterre de conserver trois points d’avance mais à la France d’avoir son destin en main à condition de tout remporter. Le temps de rencontrer à nouveau et de battre les autres adversaires du groupe4, les deux équipes se retrouvent en septembre 2006 à Rennes dans un match où l’enjeu est simple : le vainqueur ira en Chine, et l’Angleterre peut se contenter d’un match nul. Les Bleues dominent mais sont crispées et ne semblent pas en mesure de s’assurer la victoire. C’est même l’Angleterre qui ouvre le score à une demi-heure de la fin sur un coup-franc de Rachel Yankey dévié par Hoda Lattaf dans les buts de Sarah Bouhaddi. En toute fin de match, Ludivine Diguelman finit par égaliser mais trop tard et c’est l’Angleterre qui s’envole vers la Chine pour assister au triomphe allemand. Les coéquipières de Kelly Smith disputeront un quart de finale (perdu contre les États-Unis 3-0) et surtout seront la seule équipe à tenir en échec l’Allemagne5.

Les rencontres en phase finale

Après cet échec, Bruno Bini remplace Élisabeth Loisel à la tête des Bleues. La rencontre prévue en demi-finale de l’Euro 2009 est ajournée pour cause d’échec des Bleues en quart de finale contre les Pays-Bas (laissant à l’Angleterre le soin de disputer la finale face à l’Allemagne et de la perdre 6-2) et c’est en quart de finale de la Coupe du monde 2011 que les deux équipes se retrouvent (après un nul au tournoi de Chypre 2009). Après avoir battu brillamment le Canada et plus difficilement le Nigeria, la France a pris la deuxième place du groupe A derrière l’Allemagne. L’Angleterre a fait encore mieux en prenant la première du groupe B malgré un nul initial contre le Mexique et grâce à une victoire sur le Japon (futur champion du monde).

Les partenaires de Sandrine Soubeyrand dominent mais se procurent moins d’occasion que leurs adversaires et c’est logiquement que sur un service de Karen Carney, Jill Scott vient tromper Céline Deville. L’entrée d’Élodie Thomis met enfin le feu à la défense anglaise et Élise Bussaglia égalise à quelques minutes de la fin du temps réglementaire. La prolongation ne donne rien et c’est la séance de tirs aux buts qui envoie les Bleues en demi-finale. Six des dix participantes à la séance de tirs aux buts sont encore présentes six ans plus tard6.

Si le France-Angleterre de Geoffroy-Guichard n’aura finalement pas été le point de départ espéré, celui de Leverkusen le sera. Le terreau était plus favorable dans phase finale de Coupe du monde avec la qualification pour une demi-finale.

Cette qualification marque aussi un tournant dans le rapport de force franco-anglais. Malgré l’absence de victoire anglaise depuis 1974, il restait équilibré. Les trois précédentes confrontations s’étaient soldées par des nuls mais plutôt à l’avantage des Anglaises avec la qualification pour la Coupe du monde 2007 puis pour la finale de la Coupe de Chypre 2009. Désormais c’est la France qui est en position de force comme on le constate lors du tournoi de Chypre 2012 brillamment remporté par les Bleues avec au passage une victoire 3-0 contre les Lionessses.

À l’Euro 2013, la France se présente en favorite pour le titre alors que l’Angleterre vit la difficile fin de règne de Hope Powell. Lors du troisième match de poule, les Françaises déjà qualifiées font à nouveau exploser les Anglaises 3-0 avec une équipe bis. La France file en quart avec un bilan parfait alors que l’Angleterre termine dernière de son groupe. Avec l’élimination danoise, la compétition sera fatale aux deux sélectionneurs. Philippe Bergerôo succède à Bruno Bini et Mark Sampson à Hope Powell qui démissionne après quinze ans à la tête des Three Lionesses.

Mark Sampson contre Olivier Echouafni

Le nouveau sélectionneur anglais transforme radicalement son équipe qui passe du 11e rang mondial au 5e à l’orée de la Coupe du monde canadienne où elle retrouve la France en ouverture. Le match est légèrement en trompe l’œil : la première place du groupe n’est pas forcément souhaitable puisqu’elle envoie directement affronter l’Allemagne en quart de finale et la victoire dans ce match est peut-être un cadeau empoisonné. Les Bleues s’imposent comme elles l’avaient fait un an plus tôt en finale du tournoi de Chypre mais c’est l’Angleterre qui en tire le meilleur parti. La France s’incline en quart de finale contre l’Allemagne alors que les coéquipières de Steph Houghton battent la Norvège puis le Canada pour filer en demi-finale où elles s’inclinent contre Japon. Elles prennent finalement la troisième place face à l’Allemagne.

Depuis, Françaises et Anglaises se sont encore affrontées trois fois pour deux nuls 0-0 à la SheBelieves Cup 2016 et en amical en octobre dernier et une victoire françaises à la SheBelieves Cup 2017 alors que les Bleues étaient encore menées à dix minutes de la fin.

Mark Sampson et son staff

Mark Sampson et son staff

Ainsi le bilan historique est très favorable aux Bleues qui n’ont plus perdu contre l’Angleterre depuis plus de quarante ans et qui ont obtenu des victoires ou des qualifications quasiment à chaque fois depuis dix ans. Moins d’un an après son entrée en fonction, Olivier Echouafni a déjà affronté deux fois Mark Sampson contre qui il mène d’un nul et d’une victoire.

Mais la dynamique est bien entendu anglaise. Les coéquipières de Jodie Taylor ont été largement les plus convaincantes du premier tour, en particulier par leur efficacité alors que celles d’Eugénie Le Sommer n’ont pas montré grand chose dans le jeu et ont eu toutes les peines du monde à se défaire d’adversaires finalement assez modestes. Mais l’histoire est pleine d’équipes miraculées au premier tour qui cueillent un adversaire en pleine confiance. En 2013, le Danemark était sortie de poule avec deux nuls et une défaite et à la faveur d’un tirage au sort qui l’avait désigné plutôt que la Russie et en quart de finale il avait éliminé la France qui venait de remporter brillamment ses trois matchs contre la Russie, l’Espagne et l’Angleterre.

L’incapacité française en élimination directe

Mais si l’histoire commune des deux équipes est favorable à la France, celle des matchs éliminations directes ne l’est pas du tout et une qualification marquerait une vraie réussite d’Olivier Echouafni. Car le bilan des Bleues dans ce type de matchs est famélique. Depuis sa première sortie de poules à l’Euro 2009, la France en a disputé onze pour trois qualifications7. Ces trois exceptions sont celle de 2011 contre l’Angleterre, la victoire 2-1 contre la Suède en quart de finale des Jeux Olympiques de Londres en 2012 et celle 3-0 contre la Corée du Sud en huitième de finale de la Coupe du monde 2015. Et si les défaites contre les États-Unis en demi-finale 2011, contre le Japon au même stade en 2012 ou contre l’Allemagne (aux tirs aux buts) en quart de finale en 2015 sont de l’ordre de la logique, beaucoup d’éliminations ont eu lieu contre des adversaires vraiment abordables : les Pays-Bas de 2009 étaient loin de leur niveau actuel, le Danemark 2013 n’a pas remporté un match lors de l’Euro, le Canada n’avait pas plus de génie à Rio en 2016 qu’à Londres8 en 2012. Bref au delà de l’histoire propre à chaque match, il semble qu’il y a un vrai blocage psychologique de l’équipe de France à l’heure de jouer son sort sur un match. Si les Bleues pouvaient le faire sauter, cela serait une vraie progression même si elle ne remplacerait pas non plus un vrai fond de jeu qui semble actuellement un peu absent.

Laura Georges en discussion avec Steph Houghton après le match à Doncaster en octobre

Laura Georges en discussion avec Steph Houghton après le match à Doncaster en octobre

Le bilan anglais est nettement plus conforme à son statut supposé. L’Angleterre ne s’est qualifiée que 5 fois sur 139 mais elle a déjà attendu 2009 et sa cinquième tentative pour remporter enfin un tel match. Et depuis, son bilan est donc de 5 qualifications pour 4 éliminations : la finale de 2009 contre l’Allemagne, le quart de 2011 contre la France, celui de 201210 contre le Canada et la demi-finale 2015 contre le Japon. A contrario, elle n’a non seulement jamais cédé contre des adversaires vraiment réputés plus faibles comme la Finlande ou les Pays-Bas en 2009 mais elle a pris sa revanche sur le Canada en 2015 et la même année battu la Norvège et surtout l’Allemagne dans le match pour la troisième place.

Un plan de jeu introuvable

Sur le plan du jeu, l’Angleterre n’est certainement pas l’adversaire idéal pour cette équipe de France. Les partenaires de Wendie Renard ont toujours du mal à se défaire des équipes qui savent faire bloc, sont en difficultés face à des pressings intenses et depuis le début de l’Euro semblent rapidement en danger sur les contre-attaques. On retrouve là exactement la description de l’équipe d’Angleterre dont la qualité individuelle n’est certainement pas supérieure à celle de la France mais qui est homogène, qui sait laisser le ballon à l’adversaire sans s’affoler, contrer rapidement et très haut et surtout marquer sur chaque occasion ou presque.

Autre point fort, bien qu’ayant utilisé toutes ses joueuses ou presque, Mark Sampson dispose d’une équipe type très sûre. Il est très probable que l’équipe qui va débuter contre la France sera celle qui a joué les deux premiers matchs de la compétition avec Fran Kirby au soutien de Jodie Taylor et les deux latérales Lucie Bronze et Demi Stokes comme points forts. La lenteur de la défense est compensée par un jeu très bas.

En face, Olivier Echouafni a assez peu de certitudes pour composer son équipe. Il a effectué beaucoup de changements entre les matchs du premier tour et doit composer avec les suspensions et les blessures. Tour à tour Clarisse Le Bihan, Camille Catala, Laura Georges et Élodie Thomis ont souffert de blessures plus ou moins graves qui ont limité les possibilités du sélectionneur. Et pour le quart de finale, il devra se passer de Wendie Renard et Éve Périsset. Certaines compositions ont circulé avec Aïssatou Tounkara sur un côté ou Amandine Henry à droite (comme dans le quart de finale de 2009) mais l’essai contre la Norvège devrait nous préserver de la première solution et la seconde est beaucoup trop importante au milieu pour ne pas y jouer.

Le plus probable est sans doute le plus simple. Laura Georges devrait remplacer poste pour poste Wendie Renard et Jessica Houara retrouver sa place à droite. La vraie incertitude concernera le milieu où Camille Abily, Grace Geyoro et Élise Bussaglia sont en balance pour deux places. Les deux premières semblent avoir une longueur d’avance mais on peut aussi imaginer que la Bretonne pourrait être préservée pour entrer en cours de jeu et se montrer décisive.

Devant tout reste à faire autour d’Eugénie Le Sommer. La seule certitude d’Olivier Echouafni était la place côté gauche d’Amel Majri qui est absente. Les deux ailières du premier matchs ont été blessées, Gaëtane Thiney n’est pas une ailière (mais elle a été alignée en soutien des attaquantes contre l’Autriche), pas plus que Claire Lavogez. La présence de Marie-Laure Delie oblige à décaler Eugénie Le Sommer sur un côté où elle est moins utile, sauf à transformer le 4-3-3- en 4-4-2 avec une meneuse. Mais c’est plus ou moins ce qui a été tenté contre l’Autriche et le résultat n’a pas été miroboloant. Il y a donc sept joueuses pour deux places si tout le monde est rétabli. La plus convaincante d’entre elles a certainement été Kadidiatou Diani mais surtout contre la Suisse où elle a fait valoir son abnégation pour jouer à la fois latérale et ailière.

Effectifs

Angleterre
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Karen Bardsley G 33 183 Manchester City 180 0 0
2 Lucia Bronze D 26 172 Manchester City 180 0 1
3 Demi Stokes D 26 162 Manchester City 190 0 0
4 Jill Scott M 30 181 Manchester City 180 0 0
5 Steph Houghton D 29 174 Manchester City 180 0 1
6 Jo Potter D 33 174 Reading 92 0 0
7 Jordan Nobbs M 25 159 Arsenal 211 1 1
8 Izzy Christiansen M 26 164 Manchester City 112 0 0
9 Jodie Taylor A 31 168 Arsenal 146 4 0
10 Fara Williams M 33 164 Arsenal 90 0 1
11 Jade Moore M 27 166 Reading 180 0 0
12 Casey Stoney D 35 174 Liverpool 0 0 0
13 Siobhan Chamberlain G 34 180 Liverpool 90 0 0
14 Karen Carney A 30 162 Chelsea 107 0 0
15 Laura Bassett D 34 165 90 0 0
16 Millie Bright M 24 173 Chelsea 239 0 0
17 Nikita Parris A 23 162 Manchester City 116 1 0
18 Ellen White A 28 170 Birmingham City 151 1 2
19 Toni Duggan A 26 168 Manchester City 124 2 0
20 Alex Greenwood D 24 168 Liverpool 90 0 0
21 Carly Telford G 30 174 Chelsea 0 0 0
22 Alex Scott D 33 163 Arsenal 90 0 0
23 Fran Kirby A 24 157 Chelsea 132 1 0
France
Nom Poste Âge Taille Club Temps Buts Passes
1 Laëtitia Philippe G 26 173 Montpellier 0 0 0
2 Ève Perisset D 23 159 PSG 106 0 0
3 Wendie Renard D 27 187 Lyon 270 0 0
4 Laura Georges D 33 172 PSG 90 0 0
5 Sandie Toletti M 22 169 Montpellier 0 0 0
6 Amandine Henry M 28 171 Portland Thorns (USA) 270 1 0
7 Clarisse Le Bihan M 23 172 Montpellier 42 0 0
8 Jessica Houara d’Hommeaux D 30 161 Lyon 160 0 0
9 Eugénie Le Sommer A 28 161 Lyon 270 1 0
10 Camille Abily M 33 168 Lyon 189 1 0
11 Claire Lavogez M 23 173 Lyon 70 0 0
12 Élodie Thomis A 31 167 Lyon 76 0 0
13 Camille Catala A 26 168 Juvisy 0 0 0
14 Aissatou Tounkara D 22 174 Juvisy 0 0 0
15 Elise Bussaglia M 32 164 Barcelone (ESP) 140 0 1
16 Sarah Bouhaddi G 31 175 Lyon 270 0 0
17 Gaëtane Thiney M 32 170 Juvisy 100 0 0
18 Marie-Laure Delie A 29 172 PSG 124 0 0
19 Griedge Mbock Bathy D 22 172 Lyon 180 0 0
20 Kadidiatou Diani A 22 168 Juvisy 151 0 0
21 Méline Gérard G 27 168 Montpellier 0 0 0
22 Sakina Karchaoui D 21 159 Montpellier 208 0 0
23 Grace Geyoro M 20 168 PSG 180 0 0

Place aux quarts

Les principaux favoris seront au rendez-vous des quarts de finales après des prestations variables mais l’histoire a montré que l’essentiel dans un premier tour était d’en sortir et que la phase à élimination directe était une autre affaire. Parmi les huit meilleures équipes européennes supposées, seule la Norvège manque à l’appel et c’est l’Autriche qui crée la plus grosse surprise de la compétition en allant jusqu’à prendre la première place du groupe C.

L’équipe de France est passé à deux doigts de l’élimination mais sera au rendez-vous après avoir fini deuxième de son groupe, ce qui lui permet de ne pas risquer de rencontrer l’Allemagne avant la finale mais lui promet des matchs difficiles au niveau qu’elle a affiché jusque là, à commencer par son quart de finale contre l’Angleterre, l’équipe qui a semblé la plus au point.

Parmi les huit équipes annoncées comme favorites pour la qualification1, six seront effectivement au rendez-vous des quarts de finales et en dehors de la France, à la place attendue dans le tableau. Comme c’est souvent le cas si chaque match a pu paraître serré ou indécis, les résultat global a été conforme à ce qui était prévu.

Ainsi jusqu’à la dernière seconde, le Portugal et l’Écosse ont pu espérer une qualification pour laquelle il ne leur manquait qu’un seul but alors qu’il s’agissait de deux des équipes annoncées comme les plus faibles du plateau. Mais ce sont bien l’Angleterre et l’Espagne qui finissent aux deux premières places du groupe D.

Les Anglaises ont laissé jusqu’au bout un espoir au Portugal mais c’est parce qu’elles ne menaient que d’un but et elles ont finalement remporté le match avec une équipe totalement remaniée. Mark Sampson a fait le pari – il est vrai peu risqué – que ses remplaçantes arriveraient à tenir en respect le Portugal et ne dilapideraient pas l’avance engrangée lors des deux premiers matchs2 et il a aligné pour la dernière journée une équipe avec dix joueuses qui n’avaient pas encore été titularisées dont cinq qui n’avaient pas encore foulé la pelouse. Ainsi, seule Casey Stoney et la troisième gardienne Carly Telford n’ont pas encore joué. L’entraîneur anglais est celui qui a fait joué le plus de joueuses avec l’allemande Steffi Jones qui a aussi utilisé 21 de ses 23 joueuses mais de façon moins homogène puisque six d’entre elles ont joué moins de 90 minutes et parfois nettement moins comme Lena Petermann qui n’a eu que 12 minutes ou Tabea Kemme entrée pour 16 minutes contre la Russie.

Ramona Bachmann face à Ève Périsset

Ramona Bachmann face à Ève Périsset

L’Angleterre termine le premier tour avec la meilleure attaque (10 buts, deux fois plus que l’Italie et l’Autriche qui suivent), la meilleure défense (un but encaissé) et la meilleure buteuse, Jodie Taylor seule joueuse à plus de deux buts. Mais la statistique qui décrit le mieux le premier tour de l’équipe anglaise est le nombre de tirs cadrés nécessaires pour marquer un but. Il est de 1,4 là où il en faut 9 à l’Espagne. Ce n’est pas le meilleur chiffre mais s’il n’en a fallu qu’un à l’Islande, c’est que les Islandaises n’ont cadré que le tir qui a permis à Fanndís Fridriksdottir d’ouvrir le score contre la Suisse et d’inscrire le seul but de son équipe.

L’Angleterre a réussi le seul carton du premier tour en battant l’Écosse 6-0. C’est une caractéristique de cette édition. Seuls deux matchs ont fini avec plus de deux buts d’écart (et cinq avec deux buts) ce qui est le total le plus faible depuis 1997 que l’Euro se joue à plus de quatre équipes. Pourtant l’augmentation du nombre de participant qui se fait par le bas aurait pu laisser prévoir le contraire. L’adage qui dit qu’il n’y a plus de petites équipes trouve sans doute là une confirmation.

La surprise autrichienne

Bien sûr, la plupart des équipes qui ne sont plus petites regarderont la suite de la compétition à la télévision pendant que les favorites en découdront. Mais l’une d’entre elles a déjoué le pronostic, en remportant au passage l’autre victoire par plus de deux buts d’écart. L’Autriche a battu l’Islande 3-0 après avoir déjà battu la Suisse et avoir tenu la France en échec.

Pour sa première participation, l’équipe de Dominik Thalhammer se qualifie donc pour les quarts de finales où elle sera la seule novice au milieu d’adversaires qui avaient tous déjà connu ce niveau de compétition, toutes les équipes qualifiées sauf la France ayant déjà disputé au moins une demi-finale de l’Euro. Elle était pourtant classée quatorzième des seize engagés. Le sélectionneur autrichien a aligné l’équipe la plus jeune de la compétition ce qui est sans doute prometteur pour les années qui viennent.

Le bilan est jusque là parfait avec la seconde attaque de la compétition et la meilleure défense. Mais la suite de la compétition sera bien sûr difficile en particulier parce que neuf joueuses ont joué quasiment l’intégralité des trois matchs (plus de 250 minutes) et que les sept qui ne sont pas encore apparues sur le terrain ne devraient pas être d’un grand secours à leur coéquipières fatiguées. Mais de toute façon, l’Euro autrichien est déjà une réussite et une qualification contre l’Espagne pour aller sans doute affronter la grande sœur allemande en demi-finale serait plus qu’un exploit.

Pour les favoris comme l’Allemagne, les quarts de finales ne sont au contraire que le début de la compétition. C’est sans doute la raison pour laquelle en dehors de l’Angleterre, aucun des quatre prétendants au titre ne semble encore entré dans son Euro. La palme revient bien sûr à la France qui a tremblé jusqu’au bout, n’a remporté qu’un seul match sur un pénalty et n’a mené que cinq minutes au total. Mais si l’Allemagne et la Suède ont eu moins de frayeurs, la qualité de leur premier tour tient essentiellement à leur qualification. L’Allemagne a marqué trois pénaltys et n’a sinon trouvé la faille que par Josephine Henning sur 67 tirs dont 23 cadrés. La Suède a battu une Russie très complaisante mais a dû compter sur une victoire de l’Allemagne sur ces mêmes Russes pour ne pas être en danger pendant qu’elle perdait face à l’Italie.

La troisième équipe qui peut se satisfaire pleinement de son premier tour est l’équipe organisatrice. Les Néerlandaises ont remporté leurs trois matchs. Elles ont aussi marqué la moitié de leurs buts sur pénalty mais l’attente n’est pas la même pour la 12e équipe mondiale que pour les sextuples tenantes du titre. Elles peuvent même voir un motif d’espoir dans le fait d’avoir réussi leur premier tour alors que leur star Vivianne Miedema n’a pas vraiment pesé sur le jeu ni sur le résultat.

Des stars en difficulté

C’est une autre constatation de cette phase de groupe. Les stars n’ont pas encore brillé. La Norvégienne Ada Hegerberg a été invisible, sa coéquipière Caroline Graham Hansen ne s’est signalée qu’en manquant un pénalty qui aurait pu lancer son équipe, la Belge Tessa Wullaert et la Danoise Pernille Harder ont été un peu plus en vue, la première a marqué un superbe but qui ressemble beaucoup à un ballon dans le tas qui finit par miracle dans la cage, la seconde a donné le but de la victoire contre la Norvège à Katrine Veje. Mais en dehors de ces coups d’éclats, si leurs prestation ont été correctes, elles n’ont pas justifié leur statut.

Les autres stars annoncées comme Dzsenifer Marozsan, Lotta Schelin, Jenni Hermoso ou Lara Dickenmann n’ont pas non plus brillé. Toutefois les joueuses qui ont le plus impressionné ne sont pas non plus des inconnues en général. Au premier rang des satisfactions individuelles du premier tour, on trouve l’ailière néerlandaise Lieke Martens. La future joueuse de Barcelone est une valeur sûre des championnats européens. Outre les Pays-Bas et la Belgique, elle a également foulé les pelouses allemandes et suédoises avec Duisbourg, Göteborg et Rosengård et elle comptait avant l’Euro 30 buts en 74 sélections. Elle en a ajouté un et une passe décisive, accompagnés de deux titres de joueuse du match. Son pendant côté droit Shanice van de Sanden a aussi beaucoup impressionné.

Lieke Martens

Lieke Martens

La Suissesse Ramona Bachmann aurait pu être considéré comme la star de l’équipe de Suisse plutôt que sa capitaine. Déjà finaliste de la Ligue des Championnes à 16 ans en 2007 avec Umeå et à nouveau la saison suivante, elle a aussi joué une saison avec Atlanta en WPS3 avant de revenir en Suède, à Umeå puis à Rosengård, de filer à Wolfsbourg pour perdre une troisième finale européenne face à Lyon. Elle joue depuis la saison dernière à Chelsea. Malgré cette carte de visite impressionnante, elle n’a jamais réussi à vraiment s’imposer, son jeu imprévisible s’accommodant souvent difficilement des consignes collectives. Mais lors de cet Euro, elle a permis à l’équipe suisse d’espérer la qualification jusqu’au bout, d’abord en marquant le but de la victoire contre l’Islande après avoir donné le premier à Lara Dickenmann, puis en mettant la défense française au supplice durant tout le troisième match. Ce sont deux de ses incursions qui vaudront aux Bleues de jouer leur quart de finale sans Wendie Renard ni Ève Périsset.

La troisième joueuse à mettre en exergue après le premier tour est Jodie Taylor qui symbolise l’efficacité anglaise avec quatre buts marqués en seulement cinq tirs. Elle a marqué lors des deux parties qu’elle a joué et elle pu se reposer le match contre le Portugal.

La déception norvégienne

Parmi les équipes éliminées la principale déception vient de la Norvège. Certes cette équipe porte le poids de son passé et on ne manque pas de rappeler son impressionnant palmarès qui date de plus de 17 ans (le dernier titre est la médaille d’or olympique en 2000) et qui ne correspond plus vraiment à son standing actuel. Mais les coéquipières d’Ada Hegerberg se présentaient sur la ligne départ avec un léger statut de favorites du groupe A plus ou moins à égalité avec les Pays-Bas. Plus que l’élimination, c’est le contenu des matchs qui provoque la déception. La Norvège est la seule équipe qui n’a marqué aucun but malgré ses deux stars en attaque et elle n’a même pas semblé chercher à provoquer le miracle qui restait possible lors du dernier match contre le Danemark.

Les autres peuvent être déçues de ne pas avoir fait mieux mais sont plus proches de leur statut. L’Islande a également perdu ses trois matchs mais elle a très bien résisté à la France et à la Suisse avant d’être victime de la surprise autrichienne une fois qu’elle était de toute façon éliminée.

Toutefois, il n’est jamais obligatoire de laisser tomber le dernier match une fois éliminé. C’est ce qu’à montré l’Italie en battant la Suède. Finalement les transalpines ont surtout été victimes d’une mise en route difficile qui leur a coûté les buts des revenantes Elena Danilova et Elena Morozova. Ensuite, elles ont largement dominé la Russie sans parvenir à égalisé, fait jeu égal avec l’Allemagne avant de céder sur un pénalty, puis battu la Suède. Malgré l’élimination, l’Italie a globalement réussi son Euro. C’est sans doute un peu moins le cas de la Russie qui a surtout réussi sa première demi-heure donc. Ensuite, elle a subi contre tous ses adversaires sans jamais donner l’impression de pouvoir réussir quelque chose contre les favoris.

Sakina Karchaoui et Camille Abily

Sakina Karchaoui et Camille Abily

La Belgique et la Suisse Russie pourront aussi trouver des motifs de satisfaction dans leurs prestations mais être déçues de ne pas avoir réussi à trouver une place en quart de finales dans des groupes à leur portée.

Les deux battues du groupe D en revanche ont très clairement réussi un bien meilleur Euro que prévu. Le Portugal arrivait comme le petit poucet et il a non seulement réussi à battre l’Écosse dans un match qui pouvait sembler pour l’honneur. Mais il a ensuite joué la qualification jusqu’au bout contre l’équipe B anglaise. De même, l’Écosse privée de Kim Little et de Jennifer Beattie, puis de Jane Ross après la lourde défaite contre l’Angleterre semblait totalement à la dérive en perdant contre le Portugal. Mais elle a sauvé son Euro en battant l’Espagne qui a même fini le match en essayant de conserver le score, un deuxième but écossais étant synonyme d’élimination pour les joueuses de Jorge Vilda. Cette victoire doit bien sûr plus aux qualités de cœur et de solidarité des Écossaises et à l’incroyable inefficacité espagnole. L’Espagne est l’équipe qui possède le plus le ballon, et assez largement. Elle est aussi celle qui est le plus inefficace devant le but : il lui faut 9 tirs cadrés pour marquer un but, il n’en faut que 6,5 à l’Allemagne, 6 au Danemark et 5,7 à la France.

Cela ne lui a pas été trop préjudiciable puisqu’elle est en quart de finale où elle va affronter la surprise du premier tour. Mais le premier tour est désormais terminé, c’est une nouvelle histoire qu’il faut écrire.

Résultats

Groupe A

Belgique-Pays-Bas 1-2 : Wullaert 59’ ; Spitse 27’ pen., Martens 74’

Norvège-Danemark 0-1 : Veje 5’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Pays-Bas 9 3 3 0 0 4 1 3
2 Danemark 6 3 2 0 1 2 1 1
3 Belgique 3 3 1 0 2 3 3 0
4 Norvège 0 3 0 0 3 0 4 -4

Groupe B

Russie-Allemagne 0-2 : Peter 10’ pen., Marozsán 56’ pen.

Suède-Italie 2-3 : Schelin 14’ pen., Blackstenius 47’ ; Sabatino 4’, 37’, Girelli 85’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Allemagne 7 3 2 1 0 4 1 3
2 Suède 4 3 1 1 1 4 3 1
3 Russie 3 3 1 0 2 2 5 -3
4 Italie 3 3 1 0 2 5 6 -1

Groupe C

Islande-Autriche 0-3 : Zadrazil 36’, Burger 44’, Enzinger 89’

Suisse-France 1-1 : Crnogorčević 19’ ; Abily 76’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Autriche 7 3 2 1 0 5 1 4
2 France 5 3 1 2 0 3 2 1
3 Suisse 4 3 1 1 1 3 3 0
4 Islande 0 3 0 0 3 1 6 -5

Groupe D

Portugal-Angleterre 1-2 : Carolina Mendez 17’ ; Duggan 7’ ; Parris 48’

Écosse-Espagne 1-0 : Weir 42’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Angleterre 9 3 3 0 0 10 1 9
2 Espagne 3 3 1 0 2 2 3 -1
3 Écosse 3 3 1 0 2 2 8 -6
4 Portugal 3 3 1 0 2 3 5 -2

Tableau final

Pays-Bas
Suède
Angleterre
France
Allemagne
Danemark
Autriche
Espagne

Rien n’est joué

Trois équipes sur seize seulement savent déjà si elles joueront les quarts de finales. Pour les autres, la qualification reste possible avec plus ou moins de chances. Tour d’horizon des différents cas de figure.

Au bout de deux journées, tout reste encore possible pour les quarts de finales de l’Euro même si on ne s’achemine pas vers beaucoup de surprises. Deux équipes sont déjà éliminées, l’Italie et l’Islande et aucune n’est encore qualifiée même si certaines ont déjà fait un grand pas.

Un enseignement général de cet Euro est que les forces se resserrent. En dehors du carton de l’Angleterre contre l’Écosse, aucun score ne dépasse les deux buts d’écart et aucune équipe n’a marqué plus de deux buts dans un match. Toutefois même si quatorze équipes peuvent encore mathématiquement prétendre à la qualification, cela tient sans doute un peu à l’ordre des matchs pour les groupes B et D où la Russie, le Portugal et l’Écosse n’ont guère plus que les mathématiques pour espérer. Et sauf mauvaise surprise de la France, les équipes les plus attendues devraient être au rendez-vous des quarts.

Amandine Henry

Amandine Henry

Groupe A

Comme prévu, le groupe A est le plus serré. Toutes les équipes peuvent encore se qualifier ou être éliminées. La Norvège est pour l’instant la principale déception de l’Euro mais une victoire contre le Danemark par trois buts d’écarts1 associée à une victoire des Pays-Bas contre la Belgique soit un résultat plausible associé à un résultat probable enverrait la Norvège en quart de finale. Inversement, défaite néerlandais faces à la Belgique avec un écart de plus d’un but tandis que le Danemark battrait la Norvège éliminerait les Pays-Bas2.

La seule chose certaine est qu’une qualification de la Norvège qualifie les Pays-Bas et qu’une élimination néerlandaise scelle le sort des Norvégiennes.

Autre caractéristique de ce groupe, chaque équipe est menée par une star (deux pour la Norvège) qui ne convainc pas encore : Vivianne Miedema, Tessa Wullaert, Pernille Harder, Caroline Hansen et Ada Hegerberg ne comptent pour le moment ni buts ni passes décisives et n’ont montré leur talent que très parcimonieusement. Mais chacune peut encore changer l’histoire de ce groupe qui reste plus que jamais ouvert.

Résultats

Norvège-Belgique 0-2 : Van Gorp 59’, Cayman 67

Pays-Bas-Danemark 1-0 : Spitse 20’ pen.

Classement

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Pays-Bas 6 2 2 0 0 2 0 2
2 Danemark 3 2 1 0 1 1 1 0
3 Belgique 3 2 1 0 1 2 1 1
4 Norvège 0 2 0 0 2 0 3 -3

Enjeux

Les Pays-Bas seront qualifiés en cas de victoire ou de nul contre la Belgique, de défaite d’un but d’écart autre que 1-0, de défaite 1-0 ou plus lourde si le Danemark ne bat pas la Norvège. En cas de défaite 1-0 des Pays-Bas et de victoire du Danemark, c’est la différence de buts générale qui comptera suivie du nombre total de buts marqués, ce qui sera à l’avantage du Danemark sauf victoire 1-0 seulement contre la Norvège. Dans ce dernier cas, c’est le fair-play (en gros, le nombre de cartons pour l’instant nettement à l’avantage des visiteuses 7 contre 1) qui départagera les deux équipes, puis éventuellement le classement UEFA où le Danemark est situé juste au dessus des Pays-Bas. Bref sauf cas exceptionnel, une défaite 1-0 des Pays-Bas et une victoire du Danemark élimine les Pays-Bas.

Le Danemark sera qualifié en cas de victoire contre la Norvège sauf victoire belge d’un but contre les Pays-Bas autre que 1-0, ou victoire belge 1-0 et victoire danoise 1-0 et avalanche de carton danois (par exemple 7 jaunes de plus que les Néerlandaises, ou deux rouges et un jaune). Qualifié aussi en cas de nul si la Belgique ne gagne pas. La défaite est en revanche éliminatoire à coup sûr.

La Belgique sera qualifiée en cas de victoire contre les Pays-Bas, en cas de nul si le Danemark ne gagne pas contre la Norvège voire en cas de défaite si la Norvège bat le Danemark avec moins de trois buts d’écart.

La Norvège sera qualifiée en cas de victoire d’au moins trois buts contre le Danemark à condition que les Pays-Bas battent la Belgique.

Groupe B

Le match nul initial entre l’Allemagne et la Suède donne l’impression que le groupe est serré avec la Russie mais c’est seulement le temps que les deux favorites battent leurs adversaires. La confrontation entre la Suède et la Russie a bien montré qu’il y avait une classe ou deux d’écart. Paradoxalement, l’Italie a beaucoup mieux résisté à l’Allemagne mais se retrouve éliminée après deux courtes défaites.

Ce serait un véritable séisme si la Russie battait l’Allemagne et parvenait à se qualifier, même si cela n’éliminerait pas obligatoirement l’Allemagne en fonction du score d’Italie-Suède. Mais cela n’arrivera pas, la seule incertitude réelle est l’ordre de passage des qualifiées.

Résultats

Suède-Russie 2-0 : Schelin 22’, Blackstenius 51’

Allemagne-Italie 2-1 : Henning 19’, Peter 66’ pen. ; Mauro 29’

Classement

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Suède 4 2 1 1 0 2 0 2
2 Allemagne 4 2 1 1 0 2 1 1
3 Russie 3 2 1 0 1 2 3 -1
4 Italie 0 2 0 0 2 2 4 -2

Enjeux

La Suède sera qualifiée en cas de victoire ou de nul contre l’Italie, voire en cas de défaite si la Russie ne bat pas l’Allemagne moins lourdement qu’elle ne perd contre l’Italie. Précisément en cas de défaite conjointe de la Suède et de l’Allemagne, si les écarts sont identiques, la Suède se qualifiera à la différence de buts. Si les Suédoises perdent par deux buts de plus que les Allemandes, ce sont ces dernières qui iront en quart de finales et si la défaite suédoise est plus lourde d’un but seulement que l’allemande, c’est l’équipe des deux qui aura marqué le plus dans le dernier match qui sera qualifiée. Si les deux marquent autant, on aura recours au fair-play (où la Suède mène 1 cartons à 4) puis au coefficient UEFA où l’Allemagne devance la Suède.

L’Allemagne sera qualifiée en cas de victoire ou de nul contre la Russie voire en cas de défaite si l’Italie ne bat pas la Suède. Le cas de défaite conjointe de l’Allemagne et de la Suède est décrit plus haut.

La Russie sera qualifiée en cas de victoire contre l’Allemagne.

L’Italie est éliminée.

Groupe C

Sur le papier, la situation est la même que dans le groupe B : les deux vainqueurs d’une journée ont fait match nul lors de l’autre journée tandis que l’un des battus a pris les trois points face à l’autre. Mathématiquement les cas sont les mêmes mais si la probabilité d’une victoire suisse n’est que légèrement plus importante que celle d’une victoire russe ou italienne, l’Islande semble beaucoup mieux armée face à l’Autriche ce qui ouvre les possibilités. Les écarts vus sur le terrain semblent moins nets dans ce groupe.

L’obligation pour la Suisse de l’emporter sera sans doute une chance pour les Bleues qui feront sans doute face à une équipe moins regroupée.

Résultats

Islande-Suisse 1-2 : Friðriksdóttir 33’ ; Dickenmann 43’, Bachmann 52’

France-Autriche 1-1 : Henry 52’ ; Makas 27’

Classement

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 France 4 2 1 1 0 2 1 1
2 Autriche 4 2 1 1 0 2 1 1
3 Suisse 3 2 1 0 1 2 2 0
4 Islande 0 2 0 0 2 1 3 -2

Enjeux

La France sera qualifiée en cas de victoire ou de nul contre la Suisse, voire en cas de défaite si l’Autriche perd au moins aussi lourdement contre l’Islande. En cas de défaite sur le même score pour la France et l’Autriche, c’est le fair-play qui interviendra où la France mène deux cartons à trois, puis le classement UEFA où la France est devant l’Autriche.

L’Autriche sera qualifiée en cas de victoire ou de nul contre l’Islande, voire en cas de défaite si la France ne perd pas contre la Suisse ou perd plus lourdement qu’elle.

La Suisse sera qualifiée en cas de victoire contre la France.

L’Islande est éliminée.

Groupe D

Rien n’est encore joué mais seulement parce que le calendrier a fait jouer le match des favoris avant la dernière journée. Il ne fait aucun doute que l’Angleterre et l’Espagne vont s’imposer lors du troisième match. Les Anglaises ont confirmé leur large victoire initiale en donnant une leçon de réalisme à l’Espagne. Le Portugal a créé une petite surprise en venant à bout d’un Écosse désormais privée de Jane Ross et à qui il ne reste plus beaucoup d’atouts.

Jodie Taylor fête son but.

Jodie Taylor fête son but.

Résultats

Écosse-Portugal 1-2 : Cuthbert 68’ ; Carolina Mendes 27’, Leite 72’

Angleterre-Espagne 2-0 : Kirby 2’, Taylor 85’

Classement

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Angleterre 6 2 2 0 0 8 0 8
2 Espagne 3 2 1 0 1 2 2 0
3 Portugal 3 2 1 0 1 2 3 -1
4 Écosse 0 2 0 0 2 1 8 -7

Enjeux

L’Angleterre sera qualifiée en cas de victoire, de nul, voire de défaite si l’Espagne ne bat pas l’Écosse. En cas de victoires conjointes de l’Espagne et du Portugal, l’Angleterre reste qualifiée si elle ne perd pas de plus de deux buts.

L’Espagne sera qualifiée en cas de victoire sur l’Écosse sauf victoire du Portugal sur l’Angleterre par deux buts d’écarts exactement. Si cette victoire est 2-0, l’Espagne reste qualifiée en l’emportant aussi 2-0 ou en marquant trois buts ou plus. En cas de victoire espagnole 2-1 (et écossaise 2-0), c’est le fair-play qui différenciera les Ibères (l’Espagne mène 2 cartons à 5) puis le classement UEFA où l’Espagne a l’avantage. Les Espagnoles seront qualifiées avec un match nul si le Portugal ne gagne pas, voire avec une défaite d’un but à condition que le Portugal perde. Toute défaite de plus d’un but d’écart est éliminatoire.

Le Portugal sera qualifié en cas de victoire sur l’Angleterre par deux buts d’écarts ou plus sauf 2-0. Le cas de la victoire 2-0 est décrit plus haut. Un match nul envoie le Portugal en quarts de finale si l’Espagne perd. La défaite est à coup sûr éliminatoire.

L’Écosse sera qualifiée en cas de victoire contre l’Espagne par deux buts d’écarts à condition que l’Angleterre batte le Portugal.

Élise Bussaglia

Élise Bussaglia

Des surprises, pas de révolution

La première journée de groupe de l’Euro a donné lieu a beaucoup de matchs serrés et à quelques surprises mineures. Mais pour l’instant, rien de suffisant pour remettre en cause les statuts supposés.

La France a eu beaucoup de difficulté à se défaire de l’Islande mais une pénalty d’Eugénie Le Sommer en fin de match a permis d’assurer l’essentiel.

Il a fallu attendre le quatrième jour de l’Euro et le dernier groupe à entrer en piste pour voir des favoris manifester réellement leur supériorité supposée. Il faut dire que le Portugal est certainement l’équipe la plus faible du plateau et que l’Écosse privée de Kim Little devient une équipe très limitée. L’Espagne et l’Angleterre ont toutefois parfaitement entamé leur compétition, et même un peu plus pour les joueuses de Mark Sampson qui ont quasiment marqué autant que toutes les équipes des autres groupes réunies.

La victoire 6-0 avec un triplé de Jodie Taylor met les Anglaises en position de force avant leur duel face à l’Espagne dimanche puisqu’on peut commencer à imaginer qu’un nul pourrait leur suffire pour finir premières du groupe mais il n’est même pas certain que cette place leur semble intéressante. Au moment d’affronter les joueuses de Jorge Vilda, elles auront toutefois une meilleure visibilité sur les parcours que pourraient leur valoir la première et la deuxième place.

Car il se pourrait que l’Allemagne ne soit pas au rendez-vous prévu en demi-finale mais aille dans l’autre moitié de tableau. Les tenantes du titre ont concédé le nul 0-0 à la Suède et si leur qualification pour la suite de la compétition n’est pas du tout remise en cause, il se pourrait que la première place du groupe B se joue à la différence de buts.

Eugénie Le Sommer

Eugénie Le Sommer

Mais la principale surprise de ce groupe est venue de l’autre match où la Russie a battu l’Italie, emmenée par sa génération dorée qu’on croyait à peu près perdue, symbolisée par les deux buts d’Elena Danilova et d’Elena Morozova. La faiblesse récurrente des Italiennes et la fin de match où les transalpines ont assiégé la cage de Tatiana Shcherbak sans parvenir à égaliser tempèrent toutefois l’impression laissée par les Russes et aucune des deux équipes ne semble en mesure de gêner vraiment l’Allemagne et la Suède.

Le groupe A s’annonçait serré et jusque là il l’est mais en respectant l’ordre supposé1. Pour l’ouverture de leur Euro, les Néerlandaises ont battu les Norvégiennes à l’issue d’un match intense mais peu emballant. Le Danemark a ensuite profité d’un coup-franc pour marquer en tout début de match et rejoindre les Pays-Bas au classement. Ces résultats ne remettent pas en cause la hiérarchie annoncée mais ils ne la confirment que très légèrement. Tout est encore possible.

Dzsenifer Marozsan et Caroline Seger

Dzsenifer Marozsan et Caroline Seger

Le groupe C, celui de la France a commencé la victoire surprise de l’Autriche sur la Suisse. Les Autrichiennes ont parfaitement joué le contre laissant les talentueuses attaquantes helvètes faire leur numéro à tour de rôle et s’empaler sur leur solide défense. La situation se complique pour les partenaires de Lara Dickenmann qui ont perdu le match qui était le plus facile sur le papier et qui devront peut-être aller chercher leur qualification au troisième match contre la France.

Pour débuter contre l’Islande, Olivier Echouafni avait concocté une équipe dans la droite ligne des deux matchs de préparation mais avec un côté gauche surprise puisque Sakina Karchaoui reprenait sa place après une blessure qui l’avait privé des matchs contre la Belgique et la Norvège et que la dernière appelée Clarisse Le Bihan débutait devant elle, remplaçant ainsi Amel Majri non seulement dans le groupe mais aussi sur le terrain.

Comme souvent, les Bleues dominaient, menées par une Wendie Renard impériale, mais peinaient à trouver l’ouverture à l’image d’une tête de la capitaine sur la transversale.

Il fallait un pénalty d’Eugénie Le Sommer consécutif à une faute d’Elín Jensen sur Amandine Henry pour enfin marquer à cinq minutes de la fin. L’essentiel est fait et on peut supposer que le pic de forme des Bleues n’était pas prévu pour ce premier match.

Groupe A

Pays-Bas-Norvège 1-0 : van de Sanden 66’

Danemark-Belgique 1-0 : Troelsgaard 6’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Pays-Bas 3 1 1 0 0 1 0 1
Danemark 3 1 1 0 0 1 0 1
3 Norvège 0 1 0 0 1 0 1 -1
Belgique 0 1 0 0 1 0 1 -1

Groupe B

Russie-Italie 2-1 : Danilova 9’, Morozova 26’ ; Mauro 88’

Allemagne-Suède 0-0

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Russie 3 1 1 0 0 2 1 1
2 Allemagne 1 1 0 1 0 0 0 0
Suède 1 1 0 1 0 0 0 0
4 Italie 0 1 0 0 1 1 2 -1

Groupe C

Autriche-Suisse 1-0 : Burger 15’

France-Islande 1-0 : Le Sommer 86’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 France 3 1 1 0 0 1 0 1
Autriche 3 1 1 0 0 1 0 1
3 Islande 0 1 0 0 1 0 1 -1
Suisse 0 1 0 0 1 0 1 -1

Groupe D

Espagne-Portugal 2-0 : Losada 22’, Sampedro 41’

Angleterre-Écosse 6-0 : Taylor 10’, 26’, 53’, White 33’, Nobbs 86’, Duggan 93’

Équipe Pts J G N P Bp Bc Dif
1 Angleterre 3 1 1 0 0 6 0 6
2 Espagne 3 1 1 0 0 2 0 2
3 Portugal 0 1 0 0 1 0 2 -2
4 Écosse 0 1 0 0 1 0 6 -6

Orange Euro

Le premier Euro à 16 débute ce dimanche aux Pays-Bas. Comme d’habitude c’est l’Allemagne qui va l’emporter ce qui ne l’empêchera pas d’être passionnant avec une équipe de France qui voudra pour une fois faire respecter son rang en passant au moins les quarts de finale. Les équipes capables de sortir de poules voire de se hisser en quarts de finale sont nombreuses. Celles capables de remporter le titre beaucoup moins.

Dimanche commence à Utrecht le douzième Euro, la première qui se disputera à seize équipes après seulement deux éditions à douze. Cet élargissement permet à cinq équipes de découvrir la compétition1, tandis que les onze autres étaient déjà présentes il y a quatre ans en Suède2. Cette stabilité est le corollaire de la présence des quinze équipe européennes les mieux placées au classement Fifa. Seul le Portugal qui n’est que 23e a réussi à se glisser.

La principale tête d’affiche est bien entendu l’Allemagne, qui a remporté les six dernières éditions et deux des cinq précédentes. La dernière fois qu’une autre équipe a remporté l’Euro – la Norvège en 1993 – un tiers des joueuses engagées cette année n’étaient pas encore nées.

La Suède a remporté la première édition en 19843 et la Norvège donc celles de 1987 et 1993. Ces deux équipes collectionnent les demi-finales et ont été les adversaires de l’Allemagne lors des ses deux dernières finales internationales, la Suède aux Jeux Olympiques 2016 et la Norvège à l’Euro 2013.

Outre l’Allemagne, la Suède et la Norvège, trois autres équipes ont participé à toutes les éditions depuis le passage à huit en 19974 : le Danemark, la France et l’Italie. Mais si Danoises et Italiennes ont déjà joué des demi-finales voire des finales, ce sont bien les Françaises qui sont actuellement les principales concurrentes des Allemandes pour la victoire finale.

Elles peuvent s’appuyer pour cela sur leur victoire en SheBelieves Cup et leur troisième place au classement mondial et sur le fait d’être largement l’équipe la plus expérimentée du plateau avec huit joueuses comptant plus de cent sélections et avec Marie-Laure Delie (65), Eugénie Le Sommer (60) et Gaëtane Thiney (55) trois des quatre joueuses ayant marqué plus de cinquante buts en sélection5.

Pour autant, le travail de rajeunissement de l’effectif en cours porte ses fruits : la moyenne d’âge de l’équipe de France est très proche de celle de l’Allemagne, réputée pour avoir profondément renouvelé son effectif.

Autre outsider de par sa troisième place européenne et sa médaille de bronze mondiale en 2015, l’Angleterre présente l’équipe la plus âgée de la compétition. Sa tâche sera toutefois délicate dès le premier tour où elle devra affronter l’Espagne dans un duel dont le perdant ne devrait pas avoir de peine à se hisser en quart de finale mais risque de devoir alors affronter la France puis l’Allemagne.

L’équipe espagnole s’annonce comme la surprise de l’Euro, forte de ses résultats dans les sélections de jeunes, de son jeu séduisant et de sa victoire en Algarve. Comme chez les garçons, l’Espagne arrive toujours précédée d’une flatteuse réputation comme les garçons jusqu’en 2008, elle déçoit. Quart de finaliste en 2013 mais largement dominée par la Norvège, elle a complètement sombré en 2015 à la Coupe du monde. Mais comme les garçons, elle va peut-être finir par confirmer les espoirs placés en elle. En 2008, Luis Aragones s’était appuyé sur une nouvelle génération, mettant à la retraite internationale des jours intouchables comme Raul. En 2017, Jorge Vilda décide de se passer de Vero Boquete et Sonia Bermudez pour aligner l’un des effectifs les plus jeunes du plateau et le moins expérimenté.

Les Pays-Bas sont le derniers outsiders en tant que pays organisateur mais le tirage au sort assure un parcours du combattant pour atteindre le dernier carré avec un premier tour ardu face à la Norvège, au Danemark et à la Belgique puis la perspective d’affronter l’Allemagne ou la Suède.

Des joueuses dans les grands clubs

La lecture des effectifs de l’Euro est très instructive sur la hiérarchie des clubs et des championnats6. Comme prévu, les joueuses viennent principalement d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède et de France. La sélection suédoise est très représentative de ce fait avec seize joueuses à la maison, trois en France et deux en Allemagne et en Angleterre. Pour les trois autres, les sélectionnées jouent dans leur championnat domestique à une ou deux exceptions près. C’est aussi le cas des joueuses russes et italiennes.

De l’autre côté du spectre, quatorze sélectionnées autrichiennes et neuf suissesses jouent en Allemagne. Cela explique pourquoi 41 étrangères représentent la Bundesliga. Elles sont 21 en Damallsvenskan, principalement Danoises, Islandaises et Écossaises, 19 en FAWSL venant surtout des Pays-Bas et d’Écosse et 13 en Division 1 en provenance de 7 sélections différentes. Le dernier championnat représenté par plus de trois joueuses « étrangères » est la NWSL américaine avec neuf7 représentantes dont Amandine Henry et ses coéquipières Dagny Brynjarsdottir et Nadia Nadim.

Sans surprise non plus, les clubs les plus représentés sont Wolfsbourg (14 joueuses) et Lyon (12) puis le Bayern, Montpellier, Barcelone et Manchester City (11). Cela pourrait être quasiment dans l’ordre le pronostic pour la victoire finale de la prochaine édition de la Ligue des Championnes.

Groupe A

Comme souvent, le groupe du pays organisateur est l’un des plus ouverts car c’est celui où la tête de série est la moins forte. Les Néerlandaises n’ont de plus pas été favorisées par le tirage au sort en récupérant la deuxième équipe du chapeau 2 et les meilleures des chapeaux 3 et 4.

Le groupe A est le seul groupe où on serait bien en peine de savoir qui va se qualifier et dans quel ordre. Outre le derby belgo-néerlandais, on notera que Norvège-Danemark était une demi-finale de l’édition précédente et plus généralement un classique de la compétition.

Pays-Bas

La star : Vivianne Miedema

Avec 41 buts marqués en 51 sélections, la future joueuse d’Arsenal est déjà une joueuse confirmée à seulement 21 ans. Pistée par Lyon et Wolfsbourg alors qu’elle venait d’être meilleure joueuse et meilleure buteuse de l’Euro 2014 M19 remporté avec les Pays-Bas, elle avait décidé de rejoindre plutôt le Bayern pour participer à la construction d’une histoire. Mission accomplie avec les deux premiers titres en Bundesliga du club bavarois. Elle jouera la saison prochaine à Arsenal qu’elle essaiera de replacer aux sommets anglais et européen.

La joueuse à suivre : Jill Roord

Meilleure buteuse de l’Eredivisie en 2016, la milieu de terrain de Twente va marcher dans les traces de son aînée d’un an en rejoignant le Bayern Munich la saison prochaine.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 60%

Probabilité de remporter la compétition : 1%

Norvège

La star : Ada Hegerberg

À seulement 22 ans, l’attaquante de l’OL possède déjà un solide palmarès tant collectif qu’individuel. Après avoir tout remporté en 2016 et été élue meilleure joueuse en France, en Norvège et en Europe, sa dernière saison a été moins brillante mais pas au point de laisser le titre de meilleure buteuse de D1. Finaliste de la dernière édition de l’Euro elle cherchera cette fois à monter une marche supplémentaire

La joueuse à suivre : Caroline Graham Hansen

Dans une sélection où les deux principales stars ont 22 ans, la joueuse à suivre est une star et réciproquement. La joueuse de Wolfsbourg n’a pas encore atteint la même reconnaissance que sa cadette de cinq mois en grande partie à cause de blessures qui ont retardé sa progression et qui l’ont privé de la Coupe du monde 2015 et de la finale de Ligue des Championnes en 2016.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 60%

Probabilité de remporter la compétition : 5%

Danemark

La star : Perniller Harder

La saison dernière, l’attaquante danoise a réussi l’exploit d’être championne de Suède avec Linköpings et d’Allemagne avec Wolfsbourg en jouant dans les deux cas une part active, d’abord comme meilleure buteuse en Suède pour détrôner Rosengård et sa collection de stars, ensuite en participant la remontée des Louves sur Potsdam. Elle a pour cela profité du décalage de calendrier entre les championnats suédois et allemands.

La joueuse à suivre : Stine Larsen

Joueuse de Brøndby et internationale depuis 2015, elle est au choix une latérale particulièrement offensive ou une ailière qui peut dépanner en défense. Elle ne devrait pas tarder à tenter sa chance à l’étranger.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 40%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Belgique

La star : Tessa Wullaert

À 24 ans, la joueuse de Wolfsbourg détient déjà le record de buts marqués en équipe de Belgique. Championne de BeNe League8 en 2015 et d’Allemagne cette saison, elle n’est pas toujours titulaire dans le club allemand mais porte avec Janice Cayman les Red Flames sur ses épaules.

La joueuse à suivre : Tine De Caigny

Meilleur espoir belge en 2016, la joueuse d’Anderlecht peut jouer en défense centrale ou en milieu défensive. Elle est régulièrement titularisée depuis sa première sélection en 2014 contre la Pologne.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 40%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Groupe B

À première vue, on pourrait dire que l’Allemagne n’a pas eu de veine de tomber sur la Suède, meilleure équipe du second chapeau. Et réciproquement. Mais dans la mesure où il y a deux places en quart de finale, cela sera sans doute plutôt l’assurance pour les deux équipes de ne pas se revoir avant la finale. Pas vraiment d’incertitude dans ce groupe entre la Russie rajeunie mais pas vraiment au niveau et l’Italie qui n’est plus ce qu’elle était dans les années 90. Le seul doute concerne la première place, l’Allemagne est coutumière de ne pas gâcher ses forces au premier tour, surtout si la première place n’apporte pas vraiment d’avantage ce qui devrait être le cas cette fois, la seconde permettant en théorie d’éviter la France en demi-finale.

Allemagne

La star : Dzsenifer Marozsán

Championne olympique, championne d’Europe, double championne d’Allemagne, championne de France et double vainqueur de la Ligue des Championnes, la meneuse de l’OL n’a pourtant qu’à peine 25 ans. Annoncée depuis longtemps comme la future star de la Mannschaft, elle en est désormais la capitaine et il semble que son transfert à l’étranger lui ait permis de trouver la constance qui pouvait lui manquer.

La joueuse à suivre : Sara Däbritz

Benjamine de la sélection allemande à 22 ans, la joueuse du Bayern n’est pourtant plus un espoir. Déjà championne d’Europe et médaillée d’Or olympique, elle a été l’une des joueuses de base des deux Bundesliga remportées par le club de Munich.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 100%

Probabilité de remporter la compétition : 69%

Suède

La star : Lotta Schelin

Inutile de présenter l’ancienne attaquante lyonnaise qui joue désormais pour Rosengård. Elle est avec 86 buts la buteuse la plus prolifique du plateau9 mais si son palmarès est impressionnant, il n’a été construit qu’avec l’OL. Göteborg n’était pas un club propice à le garnir surtout face à l’Umeå de Marta mais avec Rosengård, elle n’a pour le moment remporté qu’une Coupe de Suède. En sélection, elle voudra faire encore mieux que la médaille d’argent obtenue l’an dernier à Rio qui reste son meilleure résultat puisqu’elle est arrivée après la grande période des finales de l’équipe menée par Hanna Ljungberg et Victoria Svensson.

La joueuse à suivre : Stina Blackstenius

Championne d’Europe M19 et meilleure buteuse de la compétition en 2015, elle a immédiatement été intégrée à l’équipe A pour les Jeux Olympiques où elle a progressivement conquis une place de titulaire, marquant les deux seuls buts de la Suède lors des matchs à élimination directe.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 80%

Probabilité de remporter la compétition : 5%

Italie

La star : Melania Gabbiadini

La sœur de l’attaquant de Southampton est la joueuse la plus expérimentée de l’équipe italienne dont elle est le symbole depuis la retraite de Patrizia Panico. Fidèle depuis 2004 au club de Vérone sous ses diverses appellations, elle a tout remporté en Italie.

La joueuse à suivre : Manuela Giugliano

Joueuse de Véronae après un court passage par l’Atletico Madrid, elle est la première représentante de l’équipe M17 médaillée de bronze mondiale en 2014 à s’installer durable chez les A.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 15%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Russie

La star : Elena Morozova

Quand la Russie a remporté l’Euro M19 en 2005 face à la France de Jessica Houara et Élodie Thomis, la star annoncée était Elena Danilova. Une dizaine d’année plus tard, c’est sa coéquipière Elena Morozova qui est devenue la pièce maîtresse d’une sélection russe qui n’a pas vraiment fait d’étincelles depuis.

La joueuse à suivre : Nadezda Smirnova

La meneuse de jeu du CSKA Moscou âgée de 21 ans pourrait être la bonne surprise d’une équipe dont on en n’attend de toute façon pas beaucoup.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 5%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Groupe C

La difficulté pour la France dans ce groupe pourrait être comme en 2015 d’arriver à éviter la première place pour échapper à l’Allemagne en demi-finale, attendu que le quart devrait l’envoyer affronter l’Angleterre ou l’Espagne, ce qui se vaut. Entre l’expérimentée Islande et les novices Autriche et Suisse, difficile de se prononcer. Sur le papier, la Suisse semble supérieure et elle a pour elle l’expérience d’une Coupe du monde assez réussie en 2015.

L’absence de titre pour les Bleues semble devenu un problème psychologique. Pour autant il ne faut pas voir les autres plus hauts qu’ils ne sont : la Suède et la Norvège ont certes remporté l’Euro. Il y a plus de 25 ans. Depuis le titre olympique de la Norvège il y a 17 ans, la France a concouru pour douze compétitions internationales (dont neuf en phase finale). Une seule a échappé au duo américano-allemand : la Coupe du monde 2011 remportée par le Japon. L’absence de titre peut assez facilement se justifier par ce duopole qu’il serait certes agréable de déboulonner. L’absence de demi-finale européenne pour une équipe qui fait régulièrement partie des quatre meilleures équipes continentales est en revanche nettement plus gênante.

France

La star : Amandine Henry

Seule française avec Élise Bussaglia à évoluer à l’étranger, la joueuse de Portland jouera pour mener les Bleues à un premier titre et pour postuler à nouveau au titre de meilleure joueuse du monde. L’impact de son arrivée aux États-Unis a montré le statut que lui avaient donné ses prestations lors de la dernière Coupe du monde et le fait que Portland ne la laisse pas rentrer en France à l’issue de la SheBelieves Cup, ce qui lui aurait permis de prendre part au quart de finale du PSG contre le Bayern montre l’importance qu’elle a déjà dans son équipe.

La joueuse à suivre : Grace Geyoro

En début de saison, c’est plutôt Marie-Antoinette Katoto qu’on attendait aussi bien au PSG qu’en équipe de France. Mais profitant des départs de Caroline Seger, Kheira Hamaraoui et Lisa Dahlkvist, elle s’est imposé dans l’entrejeu parisien aux dépens d’Aminata Diallo et les arrivées successives d’Amandine Henry et Formiga n’ont pas suffi à la faire sortir de l’équipe, tout au plus à la placer à l’occasion en défense centrale où elle a semblé aussi à l’aise. Elle ne part pas titulaire mais on ne tardera pas à chercher comment organiser l’équipe pour lui faire de la place à côté d’Amandine Henry.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 100%

Probabilité de remporter la compétition : 10%

Islande

La star : Sara Björk Gunnarsdottir

Championne d’Allemagne cette saison avec Wolfsbourg après l’avoir été quatre fois de Suède avec Malmö puis Rosengård (deux noms pour la même équipe), elle s’apprête à participer à 26 ans à son troisième Euro.

La joueuse à suivre : Glodis Perla Viggosdottir

Malgré ses 22 ans, la défenseuse d’Eskilstuna a déjà une grande expérience de la sélection qu’elle fréquente depuis 2012.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 35%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Autriche

La star : Nina Burger

Joueuse la plus expérimentée d’une équipe qui ne l’est pas tellement, l’attaquante joue comme les deux tiers de ses coéquipières en Bundesliga, à Sand après avoir fait un court passage aux États-Unis à Houston. C’est cependant en sélection et à Neulengbach pendant 10 ans qu’elle a construit son expérience. Bien entendu, comme pour son équipe, cet Euro sera sa première compétition internationale.

La joueuse à suivre : Manuela Zinsberger

La jeune gardienne de 22 ans entre déjà en concurrence au Bayern avec Tinja-Riikka Korpela et compte trente sélections dans les buts de la sélection autrichienne.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 20%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Suisse

La star : Lara Dickenmann

Double vainqueures de la Ligue des Championnes, l’attaquante de la sélection suisse se sera imposé dans les deux meilleurs clubs européens du moment même si elle aura souvent été obligée de jouer à un poste d’arrière latérale qui ne lui plaît pas. En sélection, pas question de la brider, les talents existent mais ne sont pas abondants au point de se passer de son talent là où elle est le plus décisive.

La joueuse à suivre : Noelle Maritz

La défenseuse est née et a grandi aux États-Unis où elle a commencé à jouer au football. Mais c’est bien en Suisse qu’elle a démarré en senior, au FC Zurich, le temps de remporter deux titres nationaux avant d’aller à Wolfsbourg et de s’imposer en défense, en général comme arrière latérale. Dans une équipe suisse très expérimentée, elle est un peu le symbole de la nouvelle génération.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 45%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Groupe D

On pourrait penser que comme d’habitude l’Angleterre est favorisée par le tirage au sort avec les équipes les plus faibles des chapeaux 3 et 4, le Portugal étant même sur le papier nettement plus faible que toutes les autres équipes. Mais à y regarder de plus près, ce tirage a tout d’un piège.

Pour le premier tour, il y avait de toute façon assez peu d’inquiétude à avoir face aux équipes des chapeaux 3 et 4, ou alors il n’est pas nécessaire d’avoir l’ambition d’aller loin dans la compétition. Mais la présence de l’Espagne constitue un premier os, l’équipe ibère ayant tout pour être l’équipe surprise de cet Euro. Cela pourrait ne pas être grave puisqu’il y a deux places en quarts de finale. Mais si la première devrait donner un obstacle aisé pour entrer dans le dernier carré, la seconde doit normalement fournir l’adversaire de la France. Le match Angleterre-Espagne du 23 juillet sera donc particulièrement important.

Il le sera évidemment autant pour l’Espagne qui n’a cependant pas un statut de troisième meilleure équipe européenne à assumer. Quant à l’Écosse privée de Kim Little et de Jennifer Beattie et surtout au Portugal, il serait déjà surprenant de les voir se mêler à la lutte pour la qualification.

Angleterre

La star : Fara Williams

Internationale depuis 2001, elle a attendu 2012 et son passage par Liverpool pour remporter pour la première fois le championnat anglais, avant de récidiver la saison suivante. Elle a participé à tous les Euros et Coupes du monde depuis 2005, réussissant même à marquer à chaque fois sauf lors de l’Euro 2013.

La joueuse à suivre : Fran Kirby

Révélation anglaise de la dernière Coupe du monde et sensation du mini-championnat anglais destiné à recaler le calendrier de la FAWSL sur celui de la Coupe d’Europe, l’attaquante de Chelsea a été comparée par son sélectionneur Mark Sampson à Lionel Messi. Une comparaison difficile à assumer pour une joueuse qui apporte cependant une touche de créativité dans une équipe qui en manque cruellement.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 95%

Probabilité de remporter la compétition : 10%

Écosse

La star : Gemma Fay

Bien sûr, il devrait ici y avoir un paragraphe sur Kim Litlle, la seule joueuse écossaise réellement au niveau international (et même un peu plus). Mais blessée, elle ne participera pas au premier Euro de son équipe10. Du coup la star sera la gardienne du club islandais de Stjarnan et ses 199 sélections qui en font la joueuse la plus capée du plateau.

La joueuse à suivre : Caroline Weir

Passée par Arsenal, Bristol et désormais à Liverpool, la milieu de 22 ans est déjà expérimentée et elle tentera de faire oublier les absences de Kim Little et de Jennifer Beattie.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 10%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Espagne

La star : Jenni Hermoso

Cela aurait pu être Vicky Losada de retour d’Arsenal à Barcelone, ce sera Jenni Hermoso en partance pour le PSG. Les deux joueuses symbolisent la nouvelle équipe d’Espagne qui a remporté l’Algarve et qui se présente aux Pays-Bas sans la star qui représentait jusque là l’Espagne dans les plus grands championnats (États-Unis, Suède, Allemagne et France) Veronica Boquete. La nouvelle attaquante parisienne présente de solide référence avec trois championnats d’Espagne remportés avec le Rayo Vallecano et Barcelone et deux titres de meilleure buteuse de cette compétition lors des deux dernières saisons.

La joueuse à suivre : Alexia Putellas

Barcelonaise depuis 2012, elle est depuis longtemps annoncée comme une future star du football espagnol et à 23 ans elle est déjà une pièce maîtresse en club comme en sélection.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 95%

Probabilité de remporter la compétition : 5%

Portugal

La star : Claudia Neto

Championne de Suède avec Linköpings et bien partie pour récidiver, elle fait partie des joueuses expérimentées de l’équipe portugaise (8 joueuses au-delà des 80 sélections). Cette expérience sera utile dans une compétition d’un niveau certainement trop élevé.

La joueuse à suivre : Vanessa Marques

La milieu de Braga représente à 21 ans la relève de sa sélection.

Probabilité d’atteindre les quarts de finale : 0%

Probabilité de remporter la compétition : 0%

Bilan D1 2016-2017

La saison s’achève sur un nouveau triplé pour Lyon dont la domination aura été moins éclatantes que le palmarès pourrait le laisser penser. La prise de pouvoir des clubs professionnels masculins se poursuit avec la quatrième place de Marseille mais les clubs amateurs résistent puisque ce sont Saint-Étienne et Metz qui descendent.

Sur le plan des individualités, la saison a été marquée par une nouvelle vague d’arrivée de stars étrangères dont le rendement a été inégal. La moitié des entraîneurs de D1 ne sera plus en place l’an prochain.

Lyon champion de France pour la onzième année de suite et vainqueur de la Coupe de France pour la sixième1, on pourra difficilement dire que le palmarès national est inattendu. Même au niveau européen, entre un OL champion d’Europe pour la deuxième fois d’affilée et quatre fois en sept ans et la place de finaliste d’un PSG déjà présent à ce stade il y a deux ans, les résultats bruts manquent d’originalité.

Mais un regard plus attentif sur le déroulement de la saison montre quelques évolutions de la D1.

Des équipes

La Ligue des Championnes a proposé en quart de finale une double confrontation franco-allemande qui s’est traduite par une double victoire française. Wolfsbourg et le Bayern ont pourtant terminé leur saison aux deux premières places de Bundesliga. Le PSG qui a étrillé les Bavaroises au Parc des Princes (4-0 au match retour) n’a pourtant terminé qu’à la troisième place du championnat de France.

C’est l’autre évolution marquante de la saison : les forces se resserrent. Avec 18 victoires, Montpellier obtient son meilleur résultat depuis son dernier titre en 20052 et retrouve la deuxième place qualificative pour la Coupe d’Europe qui lui échappait depuis 2009 (et une campagne qui l’avait vu éliminer le Bayern).

Marion Torrent

Marion Torrent

Le PSG au contraire est en transition après la première période de l’ère QSI sous les ordres de Farid Benstiti. Les joueuses de Patrice Lair ont bien commencé en virant à mi-saison avec onze victoires en D1 en autant de matchs. La seule défaite concédée en Coupe d’Europe face à Lillestrøm a été finalement positive puisqu’elle a permis un retournement de situation (4-1 au retour à Charléty) qui a sans doute construit une partie de la confiance d’une équipe qui n’avait jusque là disputé que quatre matchs de championnat.

La deuxième partie de saison a été nettement plus difficile. Elle a commencé loin des terrains avec la perte sur tapis vert du match de la première journée contre Albi. Cette décision a sans doute brisé l’élan du PSG qui dans la foulée a perdu contre Montpellier à l’issue d’un match serré et rendu difficile par le vent qui soufflait à Grammont.

Les partenaires de Sabrina Delannoy finissent la saison bredouille et font un pas en arrière en ne disputant pas la Coupe d’Europe l’an prochain. Pourtant l’impression d’ensemble est qu’elles sont dans la bonne direction et il n’a tenu qu’à deux séances de tirs aux buts qu’elles n’accrochent enfin un titre.

Quelques jours avant le déplacement à Munich, se déroulait le premier OM-PSG en D13. La victoire marseillaise 2-0 est symbolique de la saison des deux équipes. Les Parisiennes finissent troisième, juste devant les Marseillaises mais c’est bien pour les secondes que cela dépasse le résultat espéré.

Viviane Asseyi prend le dessus sur Formiga

Viviane Asseyi prend le dessus sur Formiga

L’Olympique de Marseille n’est bien sûr pas un promu comme les autres. Issu d’un club professionnel masculin, il dispose d’une partie de ses infrastructures. Contrairement à la plupart des autres équipes qui portent un nom de club masculin4, il n’est pas le fruit du renommage d’un club amateur féminin. Algrange et Blanquefort sont devenus Metz et Bordeaux alors que Marseille a commencé au niveau District, soit le cinquième. Chaque saison, il a profité du blason « droit au but » pour recruter des joueuses nettement au dessus de son statut de promu. Cette saison encore, les quatre joueuses les plus utilisées5 sont des recrues dont deux internationales et parmi les dix qui ont eu le plus de temps de jeu, seules Caroline Pizzala et Tess Laplacette étaient déjà au club en 2015.

Cette méthode porte ses fruits. En dehors d’un accroc lors de la première saison de D2 où Nîmes avait privé Marseille de la montée en D1, les joueuses de Christophe Parra – présent depuis le début – sont toujours montées. Cette fois, la marche pour le titre était bien entendu trop élevée mais pas celle du quatuor de tête.

Maëlle Lakrar, plus jeune joueuse du championnat

Maëlle Lakrar, plus jeune joueuse du championnat

Marseille a attendu le mois de novembre et le match de la huitième journée contre Juvisy pour remporter sa première victoire. Mais une fois la phase d’intégration terminée, la tendance s’est inversée avec dix victoires en douze matchs dont celui contre le PSG. La fin de saison a été un plus difficile avec en particulier une défaite contre Bordeaux mais la quatrième place était acquise.

Tout comme l’ont fait Montpellier, Lyon et le PSG en leur temps, il est clair que dès la saison prochaine, Marseille fera en sorte de jouer le haut du tableau, c’est à dire non seulement la quatrième place mais au contact des trois autres et non pas à quinze ou vingt points.

La résistance des amateurs

Juvisy a été la première victime des Marseillaises dans un match qui restera peut-être comme une passation de pouvoir dans le cadre d’une évolution qui semble inéluctable où les clubs amateurs sont dépassés par la puissance financière de ceux qui s’appuient sur une structure professionnelle masculine.

Effectivement, l’équipe essonnienne a réalisé sa plus mauvaise saison depuis l’instauration de la poule unique en 1992 en ne remportant que neuf victoires pour huit défaites. Jamais Juvisy n’avait fini au delà de la quatrième place.

Gaëtane Thiney

Gaëtane Thiney

Au-delà du classement qui est lié à l’apparition d’un nouveau concurrent, ce sont surtout les difficultés à battre les équipes hors du quatuor de tête qui sont inquiétantes. Metz et Albi sont les seules équipes qui ont donné six points à Juvisy cette saison. Le rapprochement avec le Paris FC dès la saison prochaine entérine le constat que l’évolution de la D1 est de plus en plus favorable aux équipes adossées à un club masculin6.

Pourtant le reste du tableau contredit légèrement ce point de vue. La cinquième place est un échec pour Juvisy, mais elle reste un position de la première moitié du classement qui assure un saison tranquille. De même Soyaux n’a jamais craint pour son maintien tandis que Rodez et Albi ont été rassuré assez tôt.

Le souvenir de la saison dernière rend la huitième place ruthénoise légèrement décevante mais c’est vouloir rendre l’exploit permanent. Les Rafettes ont perdu à l’intersaison trois titulaires d’une équipe type particulièrement stable et Sébastien Joseph a cherché toute la saison la bonne formule.

Les Albigeoises avaient commencé très difficilement avec un seule victoire jusqu’en décembre mais leur saison a alors été relancée par la décision de leur donner match gagné pour l’erreur administrative du PSG lors de leur match de la première journée qui les ramenait à deux points seulement du maintien. Elles ont alors su faire le nécessaire en battant Bordeaux, Saint-Étienne et Metz ainsi que Guingamp lors de la phase retour.

De fait, derrière les quatre clubs professionnels masculins qui investissent réellement dans leur équipe féminine, on ne trouve Guingamp en milieu de tableau. Les Bretonnes ont connu une saison plus tranquille que la précédente mais sans aller se frotter au haut de tableau comme c’était leur ambition il y a deux ans. Et les trois autres sections féminines de club masculins se sont disputées les places de relégables, passées cette saison de trois à deux.

Delphine Chatelin échappe à Candice Gherbi

Delphine Chatelin échappe à Candice Gherbi

Metz et Bordeaux étaient des promus comme Marseille mais n’ont pas abordé la D1 avec les mêmes moyens et restent proche de ceux d’Algrange et de Blanquefort. Le FC Metz était le seul promu déjà passé par l’élite il y a deux ans mais son début de saison été catastrophique avec un seul point et seul but marqué lors de la première moitié. La suite a été bien meilleure avec une moyenne d’un point par match qui sur une saison entière assure un maintien tranquille . En particulier, les Messines ont enchaîné trois victoires de suite à l’extérieur en avril pour s’inventer un espoir de maintien mais il était déjà bien tard et le calendrier de la fin de saison a eu raison de leurs illusions.

Bordeaux était beaucoup mieux parti avec des nuls contre Marseille et Guingamp et des victoires contre Albi et Metz qui semblaient les destiner à un maintien tranquille. Mais l’incapacité des Girondines à transformer leurs bonnes prestations en points et une séquence catastrophique en mars achevé avec un point pris en trois matchs contre des concurrents directs les a mises en grande difficulté. Il a fallu une fin de saison héroïque et surtout la catastrophe industrielle stéphanoise pour leur permettre de rester en D1.

L’échec stéphanois

Car l’échec de la saison n’est pas le PSG qui ne se qualifie pas pour la Ligue des Championnes ni Juvisy qui perd presque autant de matchs qu’il n’en gagne. La faillite de la saison est la relégation de Saint-Étienne dont le statut et l’effectif aurait dû lui permettre de jouer la première moitié du classement quelque part entre Marseille et Juvisy. Tous les ans, les Vertes flirtaient avec la zone rouge mais jusque là elles avaient toujours réussi à s’en sortir. Cette fois, une phase retour cataclysmique leur a été fatal. Après dix ans de D17, Saint-Étienne retrouvera le niveau inférieur et la remontée ne sera sans doute pas une formalité dans un groupe particulièrement relevé.

Bordeaux, Metz et Saint-Étienne finissent avec trois victoires et respectivement douze, treize et seize défaites. Il faut remonter à 2007-2008 pour trouver une saison où aucune équipe n’avait concédé plus de seize défaites (La Roche-sur-Yon et Évreux, 15) et à un an de plus pour que toute les équipes aient remporté plus de trois matchs (Condé, 4).

Saison Victoires min. Défaites max.
2017 3 16
2016 1 18
2015 1 18
2014 0 21
2013 1 17
2012 1 20
2011 3 17
2010 3 18
2009 0 17
2008 3 15
2007 4 17
2006 2 18
2005 1 16
2004 2 16
2003 2 18
2002 0 21
2001 0 21
2000 1 19
1999 1 16
1998 2 19
1997 2 20
1996 3 16
1995 2 18
1994 5 15

L’hétérogénéité habituelle de la D1 peut être mesurée par le fait qu’il n’y a pas de surprise, c’est à dire qu’une équipe remporte toujours tous ses matchs face aux équipes les moins bien classées, ce qui se traduit dans le bilan final par le fait que le champion a 22 victoires, son dauphin 20 et que le dernier compte 22 défaites. Dans la réalité, ce n’est pas aussi absolu8 mais lors des cinq dernières saison, le dernier ne remportait jamais plus d’une victoire et perdait régulièrement au moins deux matchs de plus que cette fois. Cette augmentation des points pris par les derniers ressemble à un resserrement du niveau du championnat.

Ce n’est pas encore une tendance mais il semble que les derniers du championnat soient de moins en moins des victimes expiatoires. Dix matchs se sont achevés avec un écart de sept buts ou plus soit autant que la saison dernière et moins que les quatre saisons précédentes (mais nettement plus que ce qu’on voyait avant 2010). Deux seulement concernent les équipes reléguées, Saint-Étienne dans les deux cas. Mais l’un des deux est la victoire stéphanoise contre Bordeaux en début de saison. Dans la majorité des cas, ces gros écarts sont concédés par des équipes de milieu de tableau (Soyaux en particulier qui a concédé trois des quatre plus lourdes défaites de la saison) qui semblent avoir au moins autant lâché le match qu’elles n’ont été dépassées.

Plus gros écarts de la saison 2016-2017
Journée Date Match Score
4e journée 9 octobre 2016 Rodez-Juvisy 0-10
21e journée 13 mai 2017 Montpellier-Soyaux 10-0
1re journée 11 septembre 2016 Soyaux-Lyon 0-9
20e journée 8 mai 2017 Lyon-Soyaux 9-0
4e journée 9 octobre 2016 Lyon-Bordeaux 8-0
6e journée 30 octobre 2016 Lyon-Guingamp 9-1
17e journée 26 mars 2017 Lyon-Rodez 8-0
19e journée 23 avril 2017 Saint-Étienne-Montpellier 0-8
2e journée 25 septembre 2016 Bordeaux-Saint-Étienne 0-7
7e journée 21 décembre 2016 Montpellier-Albi 7-0

Des joueuses

La présence dans le championnat de France de joueuses des sélections les plus prestigieuses n’est pas nouvelle. Mais elle a pris une nouvelle ampleur cette saison et de plus en plus la D1 ressemble à un Eldorado pour les meilleures footballeuses de la planète, autant que la Bundesliga et plus que la NWSL9 et la FAWSL10.

Bien sûr cela ne concerne que le trio de tête (et sans doute très bientôt Marseille) mais cela accroît la visibilité et la notoriété de la compétition. Cela peut aussi rejaillir sur le recrutement d’étrangères moins cotées qui pourraient avoir envie de jouer contre Alex Morgan ou Formiga.

Josephine Henning et Alex Morgan

Josephine Henning et Alex Morgan

Cette saison a en particulier été marquée par des mouvements importants en cours de saison. Alex Morgan, Kadeisha Buchanan et Josephine Henning sont arrivées à Lyon, Ashley Lawrence, Formiga, Nataša Andonova et Amandine Henry au PSG, Stina Blackstenius et Janice Cayman à Montpellier. Si la Française est vite repartie, il est quand même resté huit internationales titulaires des plus grandes sélections (ou déjà passées par des clubs étrangers réputés pour la Macédonnienne)11. Avec Dzsenifer Marozsán arrivée en début de saison et sans doute meilleure joueuse du championnat12 ainsi que Loes Geurts, Irene Paredes et surtout Verónica Boquete, le contingent international s’est encore enrichi cette saison malgré les départs de l’intersaison.

Amandine Henry

Amandine Henry

L’un des événements du mercato d’été avait été le passage de plusieurs joueuses du PSG à l’OL. Le bilan que l’on peut en tirer est qu’il valait mieux faire le chemin inverse : Éve Périsset a profité de son transfert à Paris pour prendre une place de titulaire, être appelée en équipe de France, y faire son trou (au point d’être la deuxième française la plus utilisée à la SheBelievesCup derrière Amandine Henry) et finir la saison dans l’équipe type de la Ligue des Championnes désignée par l’UEFA.

Celles qui l’on croisé ont vécu une saison beaucoup plus difficile. Deux ont fait une saison correcte. Jessica Houara a globalement réussi son pari qui était de garnir son palmarès tout en jouant assez régulièrement, y compris dans une défense à trois pas tellement adaptée à ses qualités. Caroline Seger a aussi foulé souvent les pelouses sans totalement convaincre et a fini la saison en capitaine de l’équipe B, celle qui était alignée pour faire souffler les titulaires.

Éve Périsset

Éve Périsset

Les deux autres auxquelles on peut ajouter Aurélie Kaci arrivée la saison précédente semblent par contre avoir beaucoup perdu à faire partie de l’effectif lyonnais cette saison. Kheira Hamraoui a régulièrement été alignée en première partie de saison avant de disparaître complètement et de ne revenir que pour les matchs de l’équipe B. Elle a perdu sa place dans une équipe de France dont elle était une membre régulière jusque là et même si Olivier Echouafni semblait initialement compter sur elle. Ses partenaires Aurélie Kaci et Kenza Dali ont certes été blessées un bonne partie de la saison mais elles ne sont ensuite par revenues dans la rotation. Leur statut en équipe de France était plus précaire et la sélection semble désormais bien loin pour elles.

Les stars de l’hiver

La période hivernale a été marquée par l’arrivées dans le trio de tête de stars étrangères dont le rendement a été variable. Mais elle a aussi été l’occasion pour de équipe du bas de tableau de se renforcer avec succès. Relatif pour Metz qui n’a pas réussi à quitter la dernière place. Mais l’arrivée de la germano-turque Melike Pekel, internationale turque mais née et formée en Allemagne et en provenance du Bayern, a permis aux Lorraines de croire un instant au maintien en marquant 5 des 13 buts de son équipe cette saison.

Emelyne Laurent

Emelyne Laurent

À Bordeaux, le recrutement a été triple avec les arrivées de Delphine Chatelin, Ghoutia Karchouni et Émelyne Laurent. Symboliquement les deux buts face au PSG qui ont donné le point du maintien ont été inscrits par les deux dernières. L’ancienne Montpelliéraine est sans conteste la joueuse qui a fait la différence à Bordeaux, terminant elle aussi meilleure buteuse de son nouveau club, à égalité avec Sarah Cambot.

Enfin les recrues Albigeoises ont été moins remarquées mais elles ont été tout aussi déterminantes. À la trêve, Albi ne devait qu’à ses points offerts par le PSG de ne pas être décroché dans la course au maintien et n’avait marqué qu’un but dans le jeu. Mais son unique buteuse (et peut-être meilleure joueuse) Tatiana Solanet partait rejoindre Dijon. Elle était remplacée par l’internationale serbe Milica Mijatović qui prenait vite sa place dans l’équipe. Pourtant c’est certainement l’arrivée de Laurie Saulnier qui aura été la plus déterminante pour transformer le jeu offensif des Albigeoises, en particulier lors de la victoire décisive contre Bordeaux.

Challenge

L’habituel challenge ni but ni soumis13 récompense comme l’an dernier Ada Hegerberg devant Laetitia Philippe mais avec beaucoup moins d’écart. Il permet de décerner un prix de la joueuse du mois qui permet de mettre en valeur l’extraordinaire fin de saison de Valérie Gauvin.

Ada Hegerberg

Ada Hegerberg

Septembre Ada Hegerberg (Lyon)
Octobre Amel Majri (Lyon)
Novembre Salma Amani (Guingamp)
Décembre Sofia Jakobsson (Montpellier)
Janvier Laura Bourgouin (Soyaux)
Février Irene Paredes (PSG)
Mars Ada Hegerberg (Lyon)
Avril Valérie Gauvin (Montpellier)
Mai Valérie Gauvin (Montpellier)

Il permet aussi de définir une équipe type bien entendu très offensive où il manquerait peut-être d’un milieu récupératrice dans la mesure où il a fallu faire redescendre Saki Kumagai en défense centrale.

Laetitia Philippe

Laetitia Philippe

  1. Ada Hegerberg (Lyon) : 125,22
  2. Laëtitia Philippe (Montpellier) : 123
  3. Sarah Bouhaddi (Lyon) : 115
  4. Eugénie Le Sommer (Lyon) : 114,54
  5. Saki Kumagai (Lyon) : 108,1
  6. Katarzyna Kiedrzynek (PSG) : 108
  7. Verónica Boquete (PSG) : 107,68
  8. Gaëtane Thiney (Juvisy) : 102,12
  9. Camille Abily (Lyon) : 101,3
  10. Laura Agard (Montpellier) : 98,73
  11. Ève Perisset (PSG) : 96,59
  12. Marion Torrent (Montpellier) : 96,08
  13. Maryne Gignoux-Soulier (Guingamp) : 96
  14. Marie-Laure Delie (PSG) : 95,27
  15. Amel Majri (Lyon) : 94,91
  16. Desire Oparanozie (Guingamp) : 94,66
  17. Sabrina Delannoy (PSG) : 94,58
  18. Sandie Toletti (Montpellier) : 92,71
  19. Dzsenifer Marozsán (Lyon) : 91,61
  20. Viviane Asseyi (Marseille) : 91,43
  21. Jessica Houara d’Hommeaux (Lyon) : 89,56
  22. Griedge Mbock Bathy Nka (Lyon) : 89,23
  23. Laura Bourgouin (Soyaux) : 87,51
  24. Irene Paredes (PSG) : 87,24
  25. Wendie Renard (Lyon) : 86
  26. Cristiane (PSG) : 85,86
  27. Salma Amani (Guingamp) : 85,03
  28. Kelly Gadea (Marseille) : 85
  29. Céline Deville (Juvisy) : 84
  30. Charlotte Lorgeré (Guingamp) : 84
  31. Élisa Launay (Bordeaux) : 83,51
  32. Sofia Jakobsson (Montpellier) : 82,37
  33. Anouk Dekker (Montpellier) : 81,83
  34. Camille Catala (Juvisy) : 81,58
  35. Pauline Peyraud-Magnin (Marseille) : 81
  36. Romane Munich (Soyaux) : 81
  37. Shirley Cruz Traña (PSG) : 80,87
  38. Julie Debever (Guingamp) : 80,71
  39. Annaig Butel (Juvisy) : 79,69
  40. Méline Gérard (Lyon) : 79
  41. Linda Sembrant (Montpellier) : 78,76
  42. Pamela Babinga (Soyaux) : 78,22
  43. Sakina Karchaoui (Montpellier) : 76,99
  44. Marine Pervier (Guingamp) : 74,71
  45. Théa Greboval (Juvisy) : 74,44
  46. Kadidiatou Diani (Juvisy) : 73,2
  47. Julie Niphon (Rodez) : 73
  48. Audrey Chaumette (Saint-Étienne) : 72,9
  49. Faustine Robert (Guingamp) : 72,63
  50. Nora Coton-Pelagie (Marseille) : 72,42
Saki Kumagai

Saki Kumagai

Des entraîneurs

La moitié des entraîneurs de D1 ne sera plus l’an prochain sur le banc des équipes qu’ils dirigeaient cette saison. Il s’agit probablement d’une curiosité statistique plus que d’un phénomène de fond puisque chaque cas est spécifique.

Hervé Didier va quitter le banc stéphanois qu’il occupait depuis 2008 alors que le club s’appelait encore RC Saint-Étienne et venait de monter en D1 depuis un an. Il comptait alors dans son effectif des joueuses comme Kelly Gadéa, Jessica Houara, Kheira Hamraoui et Camille Catala ainsi qu’une toute jeune joueuse arrivée de Lyon, Maéva Clémaron désormais capitaine des Vertes. Ces neuf années se terminent par une relégation sans son départ n’en soit la conséquence, à l’inverse il a pu perturber un groupe en perte de confiance.

Quand Hervé Didier a annoncé qu’il ne continuerait pas, le maintien était en bonne voie. Les raisons de son arrêts sont le manque de moyen alloué par le club à son équipe, en particulier la nécessité de s’entraîner sur le terrain même où elle joue ses matchs et dont la pelouse est du coup d’assez piètre qualité. Il est remplacé par son adjoint Jérôme Bonnet.

Gérard Prêcheur

Gérard Prêcheur

À l’autre bout du tableau, Gérard Prêcheur quitte l’OL sur un deuxième triplé consécutif. En trois ans, il a remporté toutes les compétitions possible en dehors de la Ligue des Championnes la première saison. Après une première saison avec un effectif réduit (à l’échelle lyonnaise) et où il a fallu un peu de temps pour mettre en place son jeu et appréhender les quelques grands rendez-vous qui font une saison, le temps d’être donc éliminé par le PSG de la scène européenne, son équipe a ensuite largement dominé en France et en Europe par la qualité de son collectif et sa possession de balle là où celle de son prédécesseur était nettement plus directe.

La dernière saison a été plus compliquée, sans doute en partie en raison d’un recrutement très important qui lui donnait beaucoup de possibilités théorique mais qui le contraignait à certains choix politiques ou marketing.

Son arrivée en provenance de la FFF où il avait beaucoup travaillé à la formation s’expliquait sans doute en partie par la volonté de valoriser la formation lyonnaise à une époque où l’OL faisait des économies à tous les étages. Mais cette interprétation était peut-être erronée, en tous cas les choses ne se sont pas passées comme ça et Gérard Prêcheur s’est appuyé pendant trois ans sur des groupes assez restreints, ne faisant appel au reste de son effectif que pour des matchs sans réel enjeu lors des premiers tours de Coupe de France ou des fins de championnat. Dans tous les cas, c’était au détriment des joueuses qui ne jouaient pas, en 2015 les jeunes pousses lyonnaises, en 2017 les internationales surnuméraires de son effectif pléthorique et c’était sans doute aussi à rebours de la politique du club. L’an prochain, c’est Reynald Pédros qui le remplacera.

Sébastien Joseph

Sébastien Joseph

Les quatre autres cas de changements d’entraîneurs sont beaucoup plus ressemblants. Il s’agit d’entraîneurs en poste depuis deux ans au maximum dans des clubs amateurs qui ont fini en milieu de tableau. Bien sûr les attentes n’étaient pas les mêmes pour Emmanuel Beauchet à Juvisy dont la cinquième place est sans doute plus décevante que la neuvième obtenue par les joueuses d’Adolphe Ogouyon à Albi. L’entraîneur de Rodez Sébastien Joseph a lui choisi de quitter le club mais il ne quittera pas la D1 puisqu’il sera l’an prochain sur le banc de Soyaux qui s’est séparé à quelques matchs de la fin de Nicolas Goursat avec un succès discutable.

Des spectateurs

L’affluence moyenne de la saison est d’un peu plus de 700 spectateurs, égalant le record de l’an dernier. Les scores sont très variables selon les équipes et les affiches. Lyon et Guingamp sont les équipes qui accueillent le plus de spectateurs, en particulier grâce à des matchs dans leurs enceintes de Ligue 1.

Le PSG voit sa moyenne chuter pour avoir disputé ses plus grosses affiches à Saint-Germain-en-Laye plutôt qu’à Charléty. Moins de 2 000 personnes sont venues voir la victoire face à Lyon alors que 3 500 étaient à Charléty la saison dernière. L’affluence pour la réception de Juvisy a été divisée par quatre et même le premier match face à Marseille a attiré moins de monde que la réception de Saint-Maur l’an dernier. En déplacement, ce sont Lyon, le PSG et le promu Marseille qui ont attiré le plus de monde.

Comme l’an dernier, deux des trois équipes attirant le moins de monde descendent mais la saison passée, Nîmes et Saint-Maur étaient accompagnées de La Roche-sur-Yon qui avait la deuxième meilleure affluence et dont la disparition a sans doute compensé l’augmentation de la fréquentation due à la montée de Marseille et de Bordeaux.

Affluences à domicile
Équipe Moyenne
Lyon 2087
Guingamp 1290
Bordeaux 860
PSG 693
Soyaux 667
Albi 576
Rodez 524
Juvisy 502
Marseille 406
Metz 383
Saint-Étienne 271
Montpellier 244
Affluences à l’extérieur
Équipe Moyenne
Marseille 1490
PSG 1467
Lyon 1309
Juvisy 747
Montpellier 577
Saint-Étienne 540
Guingamp 482
Bordeaux 434
Soyaux 376
Albi 374
Metz 363
Rodez 341
Laura Agard

Laura Agard

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