Ni buts ni soumises » Six mois

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Six mois

Édition du 9/12/2018 : La Fifa a “corrigé une erreur administrative” la veille du tirage au sort et rectifié le tableau pour replacer le vainqueur du groupe F dans la première moitié de tableau.

La quasi totalité de cet article devient donc nulle et non avenue.

Le plateau de la Coupe du monde est désormais connu et il ne comporte pas de surprise à part peut-être la Jamaïque. Mais il ne manquera personne.

Place désormais au tirage au sort où comme d’habitude c’est plus l’agencement du tableau que la composition des six poules de quatre qui retiendra l’attention. Le tableau est conçu pour être favorable aux Bleues qui attendront principalement la tête de série du groupe D qui sera leur principal obstacle sur la route de la finale.

Dans six mois aura lieu la Coupe du monde en France. Les Bleues n’ayant pas disputé de match depuis le mois dernier, la cote des joueuses n’a pas vraiment évolué même si Clarisse Le Bihan est peut-être en train de marquer des points avec Montpellier pour accrocher une place dans la liste.

Mais depuis la dernière fois, toutes les places pour la Coupe du monde ont été attribuées. Il n’y a presque pas de surprise, les dix meilleures nations mondiales seront là et 17 des vingt premières au classement Fifa. Chaque confédération envoie globalement ses meilleures représentantes : le plateau à 24 équipes limite le risque d’une absence majeure.

Cinq finales et les Pays-Bas par les barrages

En Europe l’Angleterre, l’Écosse, la Norvège, la Suède et l’Allemagne ont remporté leurs finales respectives contre le Pays de Galles, la Suisse, les Pays-Bas, le Danemark et l’Islande pour rejoindre l’Italie et l’Espagne qui étaient déjà qualifiées.

La revanche de l’Allemagne contre l’Islande prive non seulement les joueuses du nord de la qualification mais aussi d’une place en barrage à cause de deux nuls concédés aux Tchèques. Du coup, ce sont les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique et le Danemark qui se sont disputé la dernière place.

Dans la revanche de la finale de l’Euro, les coéquipières de Lieke Martens ont battu deux fois celles de Pernille Harder, pendant que la Suisse éliminait la Belgique grâce à un but supplémentaire marqué à l’extérieur après deux nuls. Et en finale, les championnes d’Europe ont fait la différence lors de la seconde mi-temps du match aller contre une équipe suisse privée de Lara Dickenmann et Ramona Bachmann. Le but de Vivianne Miedema au match retour éteignait ensuite tout suspense malgré l’égalisation de Coumba Sow. La Coupe du monde ne sera donc pas privée de l’équipe championne d’Europe.

Neuf des onze équipes européennes les mieux classées par la Fifa seront donc en France l’été prochain, l’Italie ayant profité d’un groupe plus abordable que le Danemark et l’Écosse ayant devancé à la régulière la Suisse.

La surprise jamaïcaine

La zone Concacaf – Amérique du Nord et du Centre et Caraïbes – dispose de trois places pour deux équipes capables de jouer les premiers rôles. Autant dire que les États-Unis et le Canada n’ont jamais été en danger durant la Gold Cup qui servait d’éliminatoires. Avec trois victoires en poules (pour des différence de buts respectives de 18-0 et 17-1), suivis de demi-finales remportées 6-0 et 7-0, la question de la qualification n’était pas posée et la victoire 2-0 des Américaines sur les Canadiennes leur permet simplement de remporter leur huitième titre en dix éditions (les deux autres étant remportés par leur adversaires de la finale).

Le niveau de ces deux équipes vaut à la confédération de disposer d’un troisième ticket pour lequel le Mexique voire le Costa Rica étaient favoris. Mais les premières ont été battues au premier tour par Panama et les secondes par la Jamaïque. Après les demi-finales pour du beurre contre les favorites, Panaméennes et Jamaïcaines se retrouvaient dans un match pour la troisième place en forme de barrage pour la Coupe du monde, remporté par les Caribéennes grâce à un but de Khadija Shaw.

Comme l’équipes masculine en 1998, la Jamaïque jouera sa première Coupe du monde en France l’an prochain. L’équipe du Panama avait ensuite une seconde chance en barrage contre l’Argentine mais les Sud-Américaines l’emportaient 4-0 à l’aller avec deux buts au bout du temps additionnel et pouvaient gérer le match retour.

L’Argentine accompagne le Brésil et le Chili pour la zone Conmebol. Argentines et Chiliennes ont sorti la Colombie habituelle représentante sud-américaine dans les phases finales mais la confédération envoie trois de ses quatre meilleures représentantes.

Première pour l’Afrique du Sud

La Coupe d’Afrique des Nations disputée en novembre au Ghana délivrait trois des dernières places pour le mondial. Elle commençait par un imbroglio concernant la Guinée équatoriale, disqualifiée et remplacée par le Kenya puis repêchée à quelques jours de la compétition. Mais cela n’avait pas vraiment d’impact sur la qualification pour la Coupe du monde puisque la Guinée équatoriale est de toute façon exclue par la Fifa pour usage de fausses licences et qu’elle perdra ensuite ses trois rencontres.

Dans la poule A le Ghana, deuxième meilleure équipe africaine et évoluant à domicile faisait figure de favori face au Cameroun, au Mali et à l’Algérie. Mais après une courte victoire contre les Algériennes, les Black Stars étaient défaites par le Mali et ne parvenaient pas à se rattraper en concédant le nul contre le Cameroun vainqueur de ses deux premiers matchs. Camerounaises et Maliennes rejoignaient donc les demi-finales.

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Christine Manie sera à la Coupe du monde l'an prochain avec le Cameroun

Dans l’autre poule, l’Afrique du Sud créait la surprise en battant les quasi-invincibles Nigérianes et complétait avec un facile victoire sur la Guinée équatoriale et un nul contre la Zambie pour finir en tête. Toutefois les Super Falcons remportaient leurs deux matchs suivant pour l’accompagner en demi-finales.

Bien que vainqueur de sa poule, le Cameroun était donc opposé en demi-finale à l’ogre nigerian et devait s’avouer vaincu à l’issue des tirs aux buts après un nul 0-0. L’Afrique du Sud battait le Mali 2-0 et filait vers la France en capitalisant sur sa victoire initiale.

La finale était – comme d’habitude – remportée par le Nigeria, à nouveau aux tirs aux buts après un match nul 0-0 pour un troisième titre d’affilée, le dixième en douze éditions.

Le Cameroun et le Mali se retrouvaient après leur affrontement du premier tour pour un match autrement important puisqu’il envoyait le vainqueur à la Coupe du monde. Comme deux semaines auparavant, les Camerounaises de Christine Manie l’emportaient et complètent donc le plateau.

Trois des quatre meilleures nations africaines iront en France, avec une grosse déception pour le Ghana qui avait pourtant l’avantage de jouer sa qualification à domicile.

La Nouvelle-Zélande sans surprise

La dernière place ne faisait pas de doute mais il fallait que la Nouvelle-Zélande dispute les matchs afin d’être officiellement qualifiée. Le dernier ticket se jouait lors de la Coupe d’Océanie disputée en Nouvelle Calédonie et comme prévu, il n’y eut pas de débat : 11-0 contre les Tonga, 6-0 contre les Îles Cook et 10-0 contre le Fidjis, puis 8-0 contre la Nouvelle Calédonie en demi-finale et 8-0 à nouveau contres les Fidjis en finale, les Football Ferns sont seront sans surprise en France l’été prochain.

Répartition par chapeau et par confédération
Confédération \ Chapeau 1 2 3 4 Total
AFC 1 1 3 5
CAF 3 3
CONCACAF 2 1 3
CONMEBOL 1 2 3
OFC 1 1
UEFA 3 4 2 9
Total 6 6 6 6 24

Sur mesure pour les Bleues

Le plateau est désormais complet, il est temps de passer au tirage au sort qui aura lieu le 8 décembre. Comme il y a quatre ans, la compétition va se disputer à 24 équipes, réparties en six groupes de quatre, d’où sortiront les deux premiers et les quatre meilleures troisièmes pour disputer des huitièmes de finale, dans un format utilisé chez les garçons entre 1986 et 1994.

Les équipes sont réparties en quatre chapeaux suivant le classement Fifa au jour du tirage au sort1. Les écarts sont tels qu’il ne devrait pas y avoir de changement entre le dernier classement connu à ce jour et le prochain qui puisse changer la composition des chapeaux.

Chapeau 1
Équipe Pos. Pts. Conf.
États-Unis 1 2114 CONCACAF
Allemagne 2 2060 UEFA
Angleterre 3 2034 UEFA
France 4 2033 UEFA
Canada 5 2014 CONCACAF
Australie 6 2012 AFC
Chapeau 2
Équipe Pos. Pts. Conf.
Japon 7 1981 AFC
Brésil 8 1973 CONMEBOL
Suède 9 1964 UEFA
Pays-Bas 10 1963 UEFA
Espagne 12 1916 UEFA
Norvège 13 1907 UEFA
Chapeau 3
Équipe Pos. Pts. Conf.
Corée du Sud 14 1880 AFC
Chine 15 1876 AFC
Italie 17 1855 UEFA
Écosse 19 1811 UEFA
Nouvelle-Zélande 20 1810 OFC
Thaïlande 28 1677 AFC
Chapeau 4
Équipe Pos. Pts. Conf.
Argentine 37 1633 CONMEBOL
Nigeria 38 1607 CAF
Chili 39 1594 CONMEBOL
Cameroun 49 1478 CAF
Afrique du Sud 50 1446 CAF
Jamaïque 64 1387 CONCACAF

Cette répartition n’étant pas géographique, le tirage au sort sera dirigé pour assurer qu’aucun groupe n’aura plusieurs équipes de la même confédération ou plus de deux équipes européennes. Pour la France, cela augmente légèrement la probabilité de tomber sur le Japon voire le Brésil dans le deuxième chapeau.

Mais comme souvent, la composition de la poule de l’équipe de France n’aura à ce stade que peu d’importance : la répartition est assez homogène et à moins de tomber sur la Thaïlande qui semble nettement plus faible que les autres équipes du troisième chapeau, tous les groupes possibles seront assez équivalents.

Depuis la prise de fonction de Corinne Diacre, les Bleues ont rencontré trois de leurs six adversaires potentiels du second chapeau pour deux victoires contre le Brésil et l’Espagne et un nul contre la Suède disputé il y a un an, avant le big bang de la SheBelieves Cup avec une équipe dont la moitié ne sera pas titulaire l’an prochain et dont un tiers ne devrait même pas faire partie du groupe.

La Norvège et les Pays-Bas étaient deux des trois équipes affrontées lors de la préparation pour le dernier Euro, pour un nul et une victoire. La dernière confrontation avec le Japon remonte à l’Algarve 2015 avec là aussi une large victoire. Autant dire que s’il faudra jouer les matchs, aucun adversaire de ce deuxième chapeau n’est hors de portée des Bleues actuelles.

La remarque vaut évidemment encore plus pour les équipes des troisième et quatrième chapeaux : les Bleues en ont affronté huit sur douze depuis la dernière Coupe du monde (incluse), ne concédant qu’un nul en début d’année contre l’Italie.

Dans l’optique de remporter la Coupe du monde – ou au moins de se hisser en demi-finale – aucun des tirages possibles ne doit donc faire peur aux joueuses de Corinne Diacre pour le premier tour, il suffit d’espérer mollement la Thaïlande pour rendre les choses plus faciles mais c’est à peu près tout.

La structure du tableau fait qu’il faudra par contre s’intéresser de très près à la position des autres têtes de série. Les Bleues sont d’office placées dans le groupe A, celui qui jouera le match d’ouverture au Parc de Princes le 7 juin. Elles joueront ensuite à Nice et Rennes.

En cas de première place, elles joueraient ensuite un huitième de finale au Havre, puis un quart au Parc des Princes, les deux demi-finales et la finale étant disputées au Stade des Lumières de Lyon. En cas de deuxième place, ce serait Nice puis éventuellement Le Havre et en cas de troisième place, Montpellier puis Valenciennes ou Grenoble puis Rennes.

L’importance du groupe D

Mais ce n’est pas la géographie qui importe. Comme d’habitude, l’équipe du pays organisateur bénéficie d’un tableau cousu main. Comme le Canada en 2015, si la France finit en tête de son groupe, elle affrontera le troisième d’une autre poule. Et en cas de victoire, elle sera confrontée au vainqueur d’un duel entre seconds. Ce qui lui permettrait d’atteindre les demi-finales sans avoir rencontré une équipe ayant remporté son groupe du premier tour. Et si elle finit deuxième de son groupe, elle rencontrera le deuxième d’un autre groupe avant d’affronter éventuellement en quart de final un premier de groupe.

Mais au contraire du Canada il y a quatre ans, les deux parties du tableau ne sont pas équilibrées : dans la partie haute, on ne retrouvera que le vainqueur du groupe A de la France et celui du groupe D. Les quatre autres vainqueurs du premier tours seront envoyés dans l’autre partie du tableau pour s’affronter éventuellement dès les quarts.

La conséquence de ce tableau, c’est qu’à condition d’éviter que les États-Unis et l’Allemagne ne se retrouvent dans le groupe D2, que ces tout le monde tienne son rang au premier tour et bien sûr que les Bleues finissent à l’une des deux premières places de leur poule, elles auraient une route dégagée avec potentiellement aucune équipe mieux classée jusqu’à la finale3. Cela serait en quelque sorte le contraire du tableau proposé il y a quatre ans où le quart contre l’Allemagne était annoncé, suivi éventuellement d’une demi-finale contre les États-Unis.

Cet avantage théorique nécessiterait bien sûr d’être confirmé sur le terrain. À Rio, le quart de finale contre le Canada était sur le papier une bonne affaire.

Enfin, tout bien échafaudé qu’il soit, ce plan nécessite que la tête de série du groupe D soit la plus faible possible, a priori l’Australie ou le Canada. Mais si c’était les États-Unis ou l’Allemagne4, cela rendrait la première place du groupe impérative.

La contrepartie de ce tableau, c’est qu’une troisième place envoie directement en enfer affronter toutes les meilleures équipes du monde. Mais autant l’équipe de 2017 dans la foulée d’un Euro affreux pouvait laisser craindre qu’il faille en passer par une place de meilleur troisième pour s’extirper du premier tour, autant l’équipe de 2018 n’aura pas d’excuse de ne pas sortir de poule par le haut.

En résumé, un bon tirage pour la France serait la Thaïlande dans le chapeau 3, l’Australie ou le Canada dans le groupe D et peu importe le reste.

Tableau final prévisionnel
8e de finale Quarts de finale Demi-finales Finale
A2 A2 ou C2 D1 D1 ou A1
C2
D1 D1
B/E/F3
A1 A1 A1
C/D/E3
B2 B2 ou F2
F2
C1 C1 C1 ou E1 B1, C1, E1 ou F1
A/B/F3
E1 E1
D2
B1 B1 B1 ou F1
A/C/D3
F1 F1
E2


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