Ni buts ni soumises » Sur la route de Vancouver – Troisième station, Lorient

« Les étrangères en D1

À la saison prochaine »

Sur la route de Vancouver – Troisième station, Lorient

Après l’Allemagne à l’automne, les Bleues sont cette fois venues à bout des États-Unis. La préparation tout comme le bilan de l’actuel sélectionneur sont pour l’instant quasi parfaits. La route vers la Coupe du monde canadienne semble un chemin semé de roses. Peut-être trop.

La France a réussi l’exploit de battre en quelques mois l’Allemagne et les États-Unis sans battre le numéro 1 mondial. Les discussions d’experts fleurissent pour savoir si la victoire contre les Américaine est la première, deuxième ou troisième de l’histoire. En jeu, le statut à accorder à deux matchs du début des années 90, le premier dans un tournoi en Bulgarie où l’actuelle secrétaire générale de la FFF, Brigitte Olive (désormais Henriques) avait donné la victoire aux Bleues, le second lors de la Lyon’ne Cup organisée par le FC Lyon. La FFF considère ces matchs comme des matchs internationaux A, mais pas la fédération américaine pour qui c’était une sorte d’équipe espoir.

Dans ce cas, le plus simple va être de faire appel à un juge impartial et à la réputation de probité au dessus de tout soupçon. Dans sa liste des oppositions entre les deux équipes, la Fifa prend en compte le premier mais pas le second. On dira donc qu’officiellement, la France a battu les États-Unis pour la deuxième fois de son histoire, la première depuis un quart de siècle.

Un bilan presque parfait

Depuis son arrivée il y a 18 mois, le bilan de Philippe Bergerôo est de 20 victoires, contre une défaite et 3 nuls. Les seuls accrocs ont eu lieu lors de la tournée de l’été dernier où des Bleues en fin de saison et hors de condition avaient concédé un nul et une défaites contres les États-Unis, et un nul contre le Brésil. Le seul autre match qui n’a pas été remporté était en ouverture du tournoi de Chypre contre l’Écosse. Il a sans doute été aussi riche d’enseignements que les victoires contre l’Allemagne ou les États-Unis. On ne reverra sans doute jamais une doublette d’attaque Camille Abily-Gaëtane Thiney.

Autre point notable de ce bilan, il a été obtenu face à de nombreux adversaires de qualité (les États-Unis trois fois, le Brésil deux fois, l’Allemagne, la Suède, mais aussi l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Australie). En un peu plus d’un an, les Bleues ont croisé la route de la moitié des 20 meilleures nations mondiales (et pas seulement la deuxième moitié).

Jamais elles n’ont semblé surclassées bien au contraire. Bien sûr, il ne faut pas penser que les états de forme ne changeront pas d’ici la Coupe du monde. Les États-Unis vont passer les quatre prochains mois uniquement à préparer la compétition canadienne, et tout comme l’Allemagne et le Japon, une de leurs forces principale est de savoir se mobiliser sur un objectif.

Eugénie Le Sommer, la locale de l'étape.

Eugénie Le Sommer, la locale de l'étape.

La conséquence directe de cette série de résultat est la montée sur la troisième marche du classement Fifa. Conséquence indirecte, et conséquence de la conséquence, l’image que les autres et surtout qu’elles-mêmes ont des Bleues n’est plus celui de l’équipe qui doit chercher l’exploit mais de l’équipe qui vise naturellement la victoire.

Pendant plusieurs années, la France a fait preuve d’un certain misérabilisme en présentant des nuls contre l’Angleterre ou les Pays-Bas comme des exploits. Le choix des adversaires relevait de cette logique. Désormais, le discours du sélectionneur n’a pas fondamentalement changé, insistant exagérément sur la difficulté de matchs contre l’Autriche ou la Finlande, mais les oppositions ne sont plus les mêmes.

Le risque va maintenant être inverse, celui de l’excès de confiance. L’expérience de la Coupe du monde M-20 l’été dernier en est peut-être un exemple. Les Bleuettes sont arrivé avec un statut de favorites et ont nettement remporté leurs premiers matchs. Mais contre l’Allemagne, elles ont semblé avoir un peu inconsciemment en tête que leur supériorité allait finir par payer.

À ce titre, on ne sait pas si une nette victoire du tournoi de l’Algarve serait tellement préférable à quelques matchs serrés.

Cette évolution psychologique a été assez manifeste lors du match de Lorient. Face à une équipe américaine assez limitée, les Bleues ont passé une demi-heure dans le rôle de la petite équipe face à l’ogre, avant de se rendre compte qu’il n’y avait pas de raison.

Les 23 presque connues

La victoire contre les États-Unis n’a fait que confirmer les tendances déjà vues dans la hiérarchie des Bleues. Trois postes seulement semblaient encore légèrement en balance dans l’équipe type. La composition de départ confirme plutôt l’avance prise par Amel Majri à gauche sur Laure Boulleau, même si son match ne lui aura pas fait gagner beaucoup de points. Camille Abily reste devant Élise Bussaglia pour faire le jeu à côté d’Amandine Henry. Son match a été en tout point satisfaisant, au point qu’on se demande si sa blessure de l’automne n’aura pas été une bonne chose en vue de la Coupe du monde. Mais sa concurrente a comme d’habitude réalisé une très bonne entrée.

Enfin en attaque, on s’achemine plutôt vers un duo principal avec Gaëtane Thiney et Eugénie Le Sommer, deux des joueuses françaises les plus en forme cette saison.

Au delà de l’équipe type, le choix des joueuses entrées en jeu est aussi significatif des tendances déjà constatées. Louisa Necib est titulaire un par défaut à gauche. Par défaut parce qu’il faut bien sûr la titulariser mais parce que son poste n’existe pas vraiment dans le système des Bleues. De l’autre côté, le profil d’Élodie Thomis plaît au moins autant à Philippe Bergerôo qu’il laisse Gérard Prêcheur indifférent. Cela forme une composition assez asymétrique avec une meneuse à gauche qui rentre beaucoup et une ailière à droite qui mord la ligne et fait des différences individuelles.

Les solutions de rechange en cas de blessure ou pour faire tourner ont été assez nombreuses et variées depuis l’Euro. Au départ, les Montpelliéraines Marina Makanza et Viviane Asseyi avaient de l’avance. Mais elle n’ont pas semblé convaincre le sélectionneur, au point que pendant les absences sur blessure d’Élodie Thomis, c’est souvent Eugénie Le Sommer qui a été décalée. Mais depuis la rentrée, la Parisienne Kenza Dali semble avoir gagné sa place, titularisée trois fois sur quatre et choisie pour compenser la sortie sur blessure de Louisa Necib avant la mi-temps. Dans la mesure où elle est plutôt plus à l’aise à droite, on peut imaginer qu’elle remplace aussi Élodie Thomis si besoin.

Devant, Marie-Laure Delie semble avoir désormais un temps de retard, mais reste une option prioritaire derrière les deux titulaires. Claire Lavogez et Kadidiatou Diani ont vraisemblablement définitivement supplanté Laetitia Tonazzi et Pauline Crammer, et la première se fait petit à petit un place en entrant à chaque match pour une vingtaine de minutes, y compris contre l’Allemagne ou les États-Unis.

La blessure de Louisa Necib, le seul point noir du match.

La blessure de Louisa Necib, le seul point noir du match.

Philippe Bergerôo l’a déjà laissé entendre, il a une vingtaine de noms de sa future liste de 23. Vue la faible rotation dans les liste depuis la fin des éliminatoires et sauf blessure, on ne jurerait pas que la liste définitive sera très différente de la dernière. 18 joueuses ont été appelées à chaque fois, Laure Boulleau, Camille Abily, Kenza Dali et Marie-Laure Delie l’ont été quand elles n’étaient pas blessées, cela ne laisse plus tellement de possibilité.

Il se pourrait que la seule place à prendre soit celle de troisième gardienne entre Méline Gérard et Amandine Guérin, en l’absence de Laetitia Philippe de nouveau blessée de longue durée.

L’équipe de France B s’est aussi réunie pendant ce temps avec une liste de 18 joueuses dont la principale chance sera de faire partie de la liste élargie des 35 mais dont la probabilité de présence au Canada est très faible.

Sarah Bouhaddi arrête le pénalty d'Abby Wambach.

Sarah Bouhaddi arrête le pénalty d'Abby Wambach.



Un commentaire pour “Sur la route de Vancouver – Troisième station, Lorient”

  1. Il me semble que vu le profil de l’ équipe, Toletti, en retour de forme, peut être préférée à Diani.
    La blessure de Necib devrait peut-être lui permettre de se faire voir à l’ Algarve.

Répondre