Ni buts ni soumises » Les Vertes en finale

« Hénin-Beaumont et Soyaux, une page d’histoire

Des louves contre les lionnes »

Les Vertes en finale

Les demi-finales de la Coupe de France ont donné lieu à une surprise et demi. Une très jeune équipe de Saint-Étienne a dominé un PSG ultra favori, et Montpellier a obligé Lyon à concéder son premier match nul de la saison, mais a perdu une séance de tirs aux buts très controversée.

Les demi-finales de la Coupe de France féminine présentaient des affiches propre à faire plaisirs aux diffuseurs qui serinent que ce qu’attend le public pour suivre le football féminin, ce sont des affiches avec des noms de clubs professionnels masculin.

Saint-Étienne-PSG et Montpellier-Lyon auraient pu être les affiches des demi-finales de la Coupe de France masculine ou de la Coupe de la Ligue. Chacune des quatre équipes est effectivement adossée à un club professionnel qui l’aide plus ou moins. Seule la section féminine du PSG a été créée sous ce nom, les autres issues du rapprochement entre un club de l’élite féminine et un club professionnel. Et l’évolution du rapport entre le PSG et sa section féminine cette saison ressemble assez au scénario vécu par les autres clubs, hormis le changement de nom. Mais ces équipes sont aussi les quatre derniers vainqueurs, chacune ayant remporté l’une des quatre dernières éditions. Il faut même remonter à 2005 pour trouver un autre vainqueur (Juvisy).

Qui c’est les plus fortes ?

Sur le papier, l’affrontement entre Saint-Étienne et le PSG était totalement déséquilibré. D’un côté Saint-Étienne qui a peiné toute la saison pour se remettre du départ de Camille Catala et de Kheira Hamraoui, de l’autre le PSG qui a recruté quelques unes des meilleures joueuses du monde, et où Kheira Hamraoui n’est qu’une solution parmi d’autres, sur le banc au début de ce match.

D’ailleurs, les deux confrontations en championnat ont été largement remportée par les Parisiennes, 5-0 et 4-1, avec en plus la blessure de la capitaine stéphanoise Astrid Chazal lors de ce match retour, alors qu’elle revenait seulement après 9 mois d’absence.

Depuis un mois, l’attaque stéphanoise est composée de Candice Gherbi et d’Audrey Chaumette, qui ont pris la suite de la Taiwanaise Chu O Tseng et de l’Américaine Megan Manthey qui ont assez moyennement convaincu. La première de ce nouveau duo a 17 ans et est championne du monde M-17 depuis novembre et la seconde a un an de moins.

Candice Gherbi

Candice Gherbi

En face, le club parisien se présentait privé de ses Allemandes Annike Krahn, sur le banc pour son retour de blessure et Linda Bresonik.

Dès le début du match, les débats étaient équilibrées, le PSG tenant plutôt le ballon mais Saint-Étienne plaçant des contres tranchants, en particulier sur l’aile droite où Rose Lavaud livrait un beau duel avec Laure Boulleau. Les stars parisiennes du milieu Shirley Cruz et Tobin Heath pas plus que leurs coéquipières Aurélie Kaci et Kenza Dali ne parvenaient pas à prendre le dessus sur Maéva Clemaron, Aude Moreau et Amélie Barbetta, ni à trouver Kosovare Asllani – certes assez invisible – ou Lindsey Horan.

La jeunesse au pouvoir

À la demi-heure de jeu, Rose Lavaud chipait le ballon dans les pieds d’Aurélie Kaci, s’enfonçait dans l’axe pour servir Audrey Chaumette qui éliminait Caroline Pizzala d’un crochet intérieur avant d’enrouler une frappe dan la lucarne de Karima Benameur.

Mené 1-0, le PSG ne parvenait pas à accélérer et malgré son effectif, manquait de solution de rechange : Kheira Hamraoui remplaçait Kenza Dali poste pour poste avant que Farid Benstiti ne tente son classique « le tout pour le tout en sortant une attaquante pour faire entrer une défenseuse centrale » en remplaçant Kosovare Asllani par Annike Krahn1.

De son côté, Hervé Didier modifiait légèrement son équipe en faisant entrer Léonie Fleury pour apporter de la vitesse en contre attaque maintenant que son équipe avait nettement reculé. Entrée à la place d’Audrey Chaumette, elle n’apportait pas plus d’expérience puisqu’elle a 16 ans également. Le coaching était gagnant même si l’action ne venait pas d’un contre.

Sur une relance parisienne, Julie Debever servait l’inévitable Rose Lavaud, qui éliminait Laure Boulleau pour servir Léonie Fleury à l’entrée de la surface. La frappe de l’entrante était difficilement repoussée par Karima Benameur mais Candice Gherbi était la plus prompte pour pousser la balle au fond des filets. À 2-0 à moins de dix minutes de la fin, les coups de boutoirs parisiens ne changeaient rien, Saint-Étienne sera en finale de la Coupe de France.

L’invraisemblable tir au but

À Clermont-Ferrand, l’ASSE devrait jouer un derby. Mais ce n’est pas encore sûr.

Lyon se déplaçait à Montpellier battu largement deux fois en championnat. Et comme dans l’autre demi-finale, les débats étaient beaucoup plus équilibrés en Coupe. Lotta Schelin marquait comme à chaque match, mais Marie-Laure Delie lui répondait en fin de première mi-temps. Rien ne bougeait en seconde période et la décision se faisait aux tirs aux buts.

Le bilan des Lyonnaises dans cet exercice est simple : en 7 tentatives (dont une en Coupe d’Europe), elles ont perdu à chaque fois, dont trois contre Montpellier. Les Héraultaises n’ont perdu qu’une séance lors de la finale 2011 contre Saint-Étienne. Dans une séance où chaque équipe passait de l’espoir au désespoir, huit joueuses de chaque équipe tentaient leur chance et le fait du match était la tentative de Rumi Utsugi : après une première tentative réussie mais annulée parce que le ballon était en mouvement à cause du vent, la Japonaise faisait un remake de Bruno Bellone face au Brésil. Dans la confusion, l’arbitre n’accordait pas le but et après quelques tirs supplémentaires, Sarah Bouhaddi arrêtait celui de Kelly Gadea et donnait la victoire à l’OL, brisant la malédiction (ou l’incapacité) lyonnaise.

Rumi Utsugi

Rumi Utsugi



4 commentaires pour “Les Vertes en finale”

  1. Incroyable ce TAB invalidé par l’arbitre !. Il faut noter que Montpellier a déposé une réserve technique et il n’est pas garanti que l’OL remporte ce match car la séance pourrait être à rejouer. En effet, le TAB est bel et bien valable et l’arbitre va avoir du mal à justifier la raison de l’invalidation…

  2. Peux-t-on en savoir plus sur la blessure d’Astrid Chazal ? Fille super rencontrée au cours de ma rééduc à Hauteville, elle était en stage kiné, et venait de remporter la coupe de France d’ailleurs !
    Et merci pour ce papier !

  3. Astrid Chazal ,qui revenait de blessure s’est fait une rupture des ligaments croisés en décembre .
    En ce qui concerne la demi finale contre psg ,vous auriez pu citer Méline Gérard qui a multiplié les arrêts décisifs ;)

  4. Certes.
    D’ailleurs ça me fait penser que j’avais prévu un paragraphe sur les deux gardiennes qui font partie des 7 joueuses qui étaient déjà présentes lors du premier Saint-Étienne-PSG en 2007 lors de la montée de ce qui s’appelait alors le RSCE.
    Outre Méline Gérard et Karima Benameur, il y avait Jessica Houara, Aude Moreau, ainsi que Sabrina Delannoy, Laure Boulleau et Caroline Pizzala.
    Mais les 4 premières jouaient ce match pour l’autre club : Méline Gérard et Aude Moreau au PSG et Karima Benameur et Jessica Houara à Saint-Étienne.

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