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Sport et santé

Parce que si on aime bien le regarder dans le canapé, ça nous arrive aussi de le pratiquer...

  • L'amour Durix le 10/07/2023 à 20h19
    IGWT3
    Est-il bien raisonnable, après un mois et demi et déjà 4 compte-rendus tous plus brillants les uns que les autres, de m'atteler à l'exercice ? Cela le serait d'autant moins que Red Tsar s'est déjà positionné sur mon créneau du CR égocentré. Il ne me reste donc plus qu'à me montrer carrément mégalo. Et en bon mégalo, de ne pas me préoccuper de l'intérêt pour les autres de ce CR.
    Voici donc mon compte-rendu, non pas d'IGWT3, mais de MOI sur le Ventoux, avec des morceaux d'IGWT3 dedans.

    Rappel des épisodes précédents : Bon dernier lors de la première édition, forfait lors de la deuxième et interrompu par le verglas lors d'une séance de rattrapage en novembre, j'aurais pu renoncer. Mais c'était sans compter sur l'irrépressible envie de ressentir à nouveau cette profonde auto-satisfaction, fût-elle à retardement. Me voici donc, en ce dernier tiers du printemps 2023, reparti à l'assaut du géant de Provence.


    21 mai : solder les comptes

    Une semaine avant IGWT3, je n'ai plus le choix si je veux rattraper la montée par Malaucène effectuée par les autres en octobre et prétendre au groupe fermé de ceux qui auront bouclé toutes les éditions, modulo un léger changement de date sur certificat médical dans mon cas. Les prévisions météo du week-end sont incertaines et je décide d'entreprendre la montée depuis Malaucène à 10 heures du matin le dimanche, en espérant passer entre les gouttes. Sur le parking de départ, je remplis consciencieusement mes poches de l'indispensable et il ne m'en reste plus que deux pour un coupe-vent, un vêtement chaud et une veste imperméable. J'abandonne cette dernière dans la voiture malgré l'humidité et la couverture nuageuse basse, « plutôt trempé que frigorifié ». Il fait 15°C au pied de la montée et les premières pluies sont annoncées à partir du début d'après-midi. Dans les premiers hectomètres à la pente tout à fait raisonnable, ayant le souci de n'écouter que mon propre rythme, je double à contrecœur une paire de quinqua, sachant qu'ils me reprendront certainement plus tard. Pas si tard que cela puisque c'est fait avant le quatrième kilomètre. Passée cette perturbation extérieure, je me reconcentre sur moi-même, pas distrait par le paysage qui disparaît progressivement derrière un voile de brume qui se fera de plus en plus épais au fur et à mesure des coups de pédale. Le souvenir de l'ascension de novembre en compagnie de valdo est encore assez frais pour que je me remémore ses indications sur les différents pourcentages et je reconnais donc, après un léger virage à gauche, la première des deux interminables lignes droites affichant un pourcentage à deux chiffres. Mais là où, 6 mois auparavant, l'augmentation de la pente m'avait meurtri le dos, je constate soulagé que cela se passe mieux. Pas bien, mais mieux. Un peu de répit (relatif, « seulement » 9%) et après une épingle à gauche, c'est une nouvelle ligne droite de l'enfer qui s'annonce, à 11%. Alors que mon allure me fait craindre que Strava se mette à tort en mode pause automatique, j'entends des encouragements derrière moi, et leur auteur se rapproche. « Allez vas-y ! Allez, faut pas lâcher. Vas-y, tu tiens le bon bout ! ». Je m'apprête à saluer ce bon samaritain du Ventoux lorsqu'il passe à ma hauteur mais il n'a ni un regard, ni un mot à mon égard. Et pas de brumisateur, mais cela eût été déplacé au regard du brouillard qui nous humidifie naturellement. Je doute donc que les encouragements m'aient été destiné et ce doute m'accompagnera jusqu'au répit, réel cette fois, de la station du mont Serein. Le plus dur est passé et je m'apprête à aborder les 5 derniers kilomètres pour la première fois. J'ai tellement la confiance que j'entreprends d'enfiler mon coupe-vent sans descendre de vélo, quitte un perdre des Watts que je ne mesure de toute façon pas. Le sommet se laisse enfin entrevoir et les bornes informatives disparaissent après celle indiquant les trois derniers kilomètres. Le temps de le comprendre et j'entame ce qui doit être le dernier. J'aperçois au loin un VAE qui m'avait déposé quelques hectomètres plus tôt. Il semble en panne de batterie, ce qui m'amène à une profonde réflexion : Sheh ! Me dis-je en mon for intérieur. Il finit à pied et j'ai largement le temps de le doubler à mon tour avant les premières places de parking et me voici au sommet en moins de 2 heures et 25 minutes, et en ayant infiniment moins souffert que la première fois par Bédoin. Strava m'indiquera plus tard que j'ai d'ailleurs établi mon record sur 30 segments, battant ainsi mes performances du mois de novembre (ceci dit, j'avais le covid !). De quoi faire le plein de confiance avant le week-end suivant. Mais avant cela il faut redescendre, non sans avoir accompli le rituel du sommet. Mon premier geste est évidemment d'enfiler une couche supplémentaire de vêtements (haut, tour de cou, bonnet, et je remonte mes chaussettes). Un panneau neuf indiquant le sommet a été installé 5 jours avant, le précédent ayant été dérobé et il y a moins d'une dizaine d'autocollant lorsque j'appose fièrement celui des cahiers du football. Quelques photos et je peux entamer la descente, non sans avoir enfilé mes gants. Et là, c'est le drame ! Bien qu'ayant préparé au mieux mes affaires la veille au soir, j'ai commis l'irréparable : j'ai pris deux gants de deux paires différentes. Ce qui ne serait pas bien grave s'il ne s'agissait pas… de deux mains gauches ! (smiley qui pleure et smiley horrifié). Mes mains étant solidaires l'une de l'autre, je me résous à redescendre sans aucun des deux. Je ne voudrais pas que ma main droite me fasse une crise de jalousie en pleine descente et refuse de freiner avant une épingle. Je descends donc prudemment, plus encore qu'en temps normal, me méfiant de la chaussée humide et pianotant sur les cocottes entre deux freinages espérant ainsi me réchauffer un peu les phalanges. L'avancement de la journée et la perte d'altitude aidant, une certaine douceur se fait ressentir dans l'air mais je ne retrouverai de sensations dans le bout de mes doigts que bien plus tard, après l'arrivée à Malaucène. Ce raté mis à part, mon dimanche matin est une franche réussite et il me tarde encore plus d'être au week-end prochain. IGWT3, me voilà !

    À paraître demain : IGWT3

  • L'amour Durix le 11/07/2023 à 20h20
    28 mai : IGWT3

    Je ne reviendrai pas sur les multiples péripéties préalables déjà exposées dans les autres CR, notamment le forfait déchirant de Maniche et l'absence prévue de Firefly en plus de celle de BIG parmi les pères fondateurs, mais je tiens à souligner le cas de Red Tsar qui annonce son absence pour cause d'annulation de train très exactement 42 minutes après que j'ai suggéré que nous ferions le trajet entre la gare TGV et Villeneuve en vélo. 42 minutes, c'est à peu près le temps nécessaire à quelqu'un de moyennement entraîné pour produire un faux message de la SNCF sur paint. Ah ces parisiens, s'ils n'ont pas leur Uber à la descente du train, ils nous font une syncope ! Résultats des courses, il aura bien eu son chauffeur privé, mais entre Lyon et Bédoin.
    Bref, nous voici donc au matin du grand jour, dimanche 28 mai. À défaut d'avoir pu jouer à l'hôtelier faute de participants à héberger avec la réduction de 50% des nuitées dans les dernières 24 heures, je prépare un petit déjeuner continental, histoire d'emmagasiner un maximum de calories à brûler. Je me suis fait rire au nez la veille lorsque que j'ai émis l'idée de préparer des sandwiches à glisser dans les poches de nos maillots, l'idée étant apparemment, une fois partis, de se contenter des gels immondes et autres pâtes de fruits. La digestion aura le temps de se faire lors du trajet en voiture et nous sommes à Bédoin assez tôt pour ne pas permettre à John d'annoncer un forfait météorologique, malgré les gros nuages en formation au-dessus du sommet. On ressent malgré tout chez notre expert du Ventoux une envie de ne pas s'attarder et il mène grand train jusqu'à Villes-sur-Auzon ou démarre la première ascension. Le peloton explose rapidement sous ces coups de boutoirs (qu'on me reprochera en ma qualité de « guide », comme si je connaissais mieux le coin que John !) et c'est ainsi que nous perdons le Padawan de valdo, que nous nommerons Padawaldo, ainsi que 30 bonnes minutes sur notre feuille de route, le temps pour Red Tsar de réparer du regard sa crevaison.

    J'entame donc l'ascension jusqu'au rocher du Cire par les gorges de la Nesque aux côtés de Padawaldo, kollop et (Autant en emporte l')Owen. Les données chiffrées de l'ascension (18,4 km à 2,3% de moyenne et 4,9% pour les 100 mètres « les plus raides ») nous laissent le temps de converser, de profiter des doux cliquetis de la roue libre d'Owen (en montée, donc) et surtout d'admirer le paysage qui s'embellit virage après virage. Enfin pour tout le monde sauf pour Padawaldo, la tête dans le guidon et le moral dans les chaussettes. La suite s'annonce compliquée. L'idée de le laisser à son sort a pu germer dans l'esprit de certains membres du trio qui l'accompagne (dont moi, assurément) mais ses remerciements formulés par les seuls mots qu'il est capable d'expirer nous incitent à rester à ses côtés, ainsi que l'envie de chacun de profiter au maximum du lieu avant le début des choses sérieuses après Sault où le reste de la troupe est censée nous attendre.

    Après une liaison Monieux-Sault en solitaire (l'envie de me tester sur la petite rampe menant à la capitale de la Lavande), je retrouve les premiers arrivés, certains depuis presqu'une heure et d'autre avec… des sandwiches, achetés à la boulangerie du coin. Traîtres ! La pause est de courte durée pour les derniers arrivés et nous repartons au moment où des éclairs zèbrent le ciel en direction du sommet. Mais pas de faux suspens, l'expertise météo de valdo nous permettra donc d'échapper au déluge et de profiter d'une chaussée plus humide que détrempée, juste ce qu'il faut pour rafraichir un peu les chaussettes dans les points clés de l'ascension. Dans ma tête, la montée sera « chacun pour sa gueule ». Pas question cette fois ci d'imposer mon sous-rythme à quiconque ou de suivre celui d'un autre. Padawaldo et valdo étant partis derrière, je me retrouve assez vite dans un trio de queue avec kollop et Pier Feuil Scifo, laissant partir devant, dans le désordre, John, Red Tsar, le duo de Janettes (JJ herself et Mr J), Kumar et Owen, qui a visiblement assez profité du paysage le matin. PFS réussit la jonction avec JJ et Mr J, que j'ai encore en ligne de mire. Au moment où je m'attendris devant la belle collaboration entre un Lyonnais et deux Stéphanois, ces derniers font sauter de leur roue sans aucune pitié ni même un regard le pauvre PFS, que je finis moi-même par dépasser. Le fait de « reprendre » enfin quelqu'un me donne des ailes et je reviens même sur le binôme au triple J, que je dépasse là aussi, juste avant de passer à la hauteur de Red Tsar arrêté au bord de la chaussée, un peu avant le Ventouret. Il prétend avoir fait cette halte pour récupérer des forces, mais je comprends vite qu'il a surtout voulu récupérer un compagnon de route à qui parler et à faire parler, ayant dû renoncer à suivre John lancé dans une course contre l'orage. Je rallierai donc le chalet Reynard à ses côtés, entre autres. Car JJ et Mr J étaient restés en embuscade et nous rejoignent au bout de quelques kilomètres. Nous nous retrouvons donc à 4, à rouler parfois de front, ce qui me parait une bien mauvaise idée puisque des voitures sont susceptibles d'arriver en face ou de vouloir nous doubler. Je place donc une accélération que je veux franche mais légère pour étirer un peu le groupe en longueur. Je le réitère donc ici : CE N'ÉTAIT PAS UNE ATTAQUE ! (malgré le petit écart creusé). Nous arrivons à 4 au Chalet Reynard, où j'apprends à mon grand désarroi qu'une pause y a été programmée. La décision ayant été prise à Sault en attendant les derniers, Owen n'a pas eu d'avantage que moi l'information et est déjà en route vers le sommet, suivi par Kumar. Seul John nous attend et Red Tsar a juste le temps d'aller acheter un coca (« Wouah ! 5 euros la canette, c'est vraiment pas cher. Vous avez de la chance dans les territoires ! ») avant que kollop et PFS ne nous rejoignent.

    Et là, autant les 2 kilomètres après le chalet sont un délicieux moment quand on arrive de Bédoin et que le pourcentage se divise par deux, autant en venant de Sault, c'est une autre mayonnaise, les deux kilomètres avant le chalet étant quasiment plats et la route ne s'étant jamais élevée à ce point depuis au moins 7 kilomètres voire le début de l'ascension, et donc du parcours. Et avant de s'attaquer à cela, il faut repartir. Entre la chute de Mr J qui peine à rechausser en montée et mon tour de parking pour les mêmes raisons, le regroupement au chalet n'est qu'un lointain souvenir et nous entamons les 6 derniers kilomètres en ordre dispersé. Les dernières rampes du Ventoux sur ce versant sont connues pour être les plus difficiles, parce que plus pentues et abordés avec déjà 15 km et 1100 mètres de dénivelé dans les pattes. Alors après 60 km, 1400 m de d+ et des pourcentages qui ne m'ont pas préparé à ceux que j'affronte, c'est un peu violent. Mais contrairement à ma première montée en juillet 2021, je parviens cette fois à profiter du paysage, la vue s'étant dégagée opportunément. Comme il y a deux ans, je croise Owen qui n'aime rien plus que se dégourdir les jambes en haut du Ventoux. Il s'en va cette fois visiter le col des Tempêtes qui s'avérera sans intérêt.

    Le sommet est finalement rallié par tous, sauf par Padawaldo qui a renoncé au début de la montée depuis Sault et est reparti dans l'autre sens (au moins aura-t-il pu profiter du paysage dans la descente des gorges de la Nesque). Valdo nous rejoint donc avec un peu de retard et après quelques canettes encore moins chères qu'au chalet (Red Tsar va finir par demander sa mutation dans le Vaucluse pour vivre comme un nabab) et une subite envie de nougat pour ma part vient le moment des au-revoir. Nous ne serons que 4 à poursuivre comme prévu vers Malaucène, les autres, entre impératifs horaires et gout limité pour la descente, préférant rallier Bédoin au plus vite. À choisir, la descente par Malaucène est quand même bien plus agréable (en fait moins désagréable) que celle par Bédoin. Modulo un connard d'automobiliste Hollandais (triple pléonasme ?) qui, en pleine ligne droite et sans personne en face, trouve quand même le moyen de me frôler, m'occasionnant le même genre de frayeur qu'à kollop quand j'ai poussé un petit cri en le doublant (karma ?). Kollop qui porte magnifiquement le sweat trop petit de valdo, confirmant ainsi que les deux ne boxent pas dans la même catégorie. Passé ce moment désagréable, le périple se termine hors du temps, avec 4 gamins qui jouent à faire la course dans un col de la Madeleine qui est la cerise acidulée sur le délicieux gâteau de la journée. Arrivée à Bédoin à 18h, après 7h30 de périple. Les moins pressés d'entre nous prolongent le plaisir au bar, profitant de la tournée généreusement offerte par Padawaldo. Plus tard encore, nous serons 6 chez valdo, pour une nouvelle délicieuse soirée post-IGWT, la première sans pluie ! Ce qui se passe chez valdo reste chez valdo. Sachez tout de même que le programme pour IGWT4 est prêt. Sans Ventoux mais ce n'est pas grave, j'y retourne dans une semaine…

    À paraître demain : Vis ma vie de valdo (et aussi de kollop)

  • Jeremie Janette le 12/07/2023 à 08h20
    Ca ressemblait quand même furieusement à une attaque...

  • Red Tsar le 12/07/2023 à 09h06
    Tu as beau amuser la galerie avec toutes tes pitreries – le plus souvent aux dépens de tes camarades, cela n'atténuera pas le scandale : tu t'es entraîné pour la montée. Et s'entraîner pour une rencontre sportive des CdF, c'est comme se doper.
    Je demande donc ton déclassement et ta promesse solennelle de ne toucher aucun ballon de football avant les matchs de la LdC XIII (Espalion, 26 août).

  • L'amour Durix le 12/07/2023 à 09h09
    Je sais que les apparences sont contre moi...

  • L'amour Durix le 12/07/2023 à 09h10
    Ce n'est pas de l'entraînement, mais de la remise à niveau.
    Concernant le ballon, aucun risque.
    J'ai essayé en juin, j'ai tenu 10 minutes.

  • L'amour Durix le 12/07/2023 à 20h06
    3 juin : Vis ma vie de valdo (et aussi de kollop)

    Petit retour en arrière, fin avril. Le père d'une copine de ma fille, que j'appellerai Copfather, me branche sur le Ventoux. Il aimerait essayer. Il est plutôt sportif, coutumier d'efforts à haute intensité, court pas mal et a bouclé un semi l'année dernière. Il n'a par contre presque jamais fait de vélo et n'est pas au top de sa forme physique. Il est motivé, mais aussi très occupé. En tout cas pas dispo sur mes deux montées relatées précédemment et déjà prévues à l'époque. Nous nous fixons donc comme date celle du 3 juin et ce sera par Bédoin. De son côté, il veut du mythique, une monté avec laquelle il pourra épater ses voisins, « Vue à la TV ! ». Du mien, ça m'arrange de compléter mon triptyque par la seule montée encore non réalisée en ce printemps 2023. Dans la voiture vers Bédoin, son assurance chancelle un peu, et ma confiance en lui avec. Je me suis préparé, tel le valdo de juillet 2021, à l'accompagner de bout en bout, lui prodiguer les meilleurs conseils, l'avertir sur les différents moments de plaisir et ceux un peu moins agréables. Mais je me demande sur le trajet si, au-delà des capacités de Copfather à boucler l'ascension, j'aurai celles du motivateur et de l'accompagnant. J'ai bien révisé mon profil de montée de peur que mes souvenirs d'il y a deux ans ne soient pas suffisants mais saurai-je lui transmettre ma force. L'aurai-je moi-même ?

    Le temps est au beau fixe et l'affluence sur la route s'annonce bien plus importante que les deux précédents week-ends. Une fois sur le vélo, tout se passe plutôt bien sur les cinq premiers kilomètres, avant le fameux virage de Saint-Estève. Et là, une fois passé ce virage, je sens clairement que Copfather en bave. Il comprend que pour monter des pentes à 9 ou 10%, le cardio et l'endurance ne suffisent pas. Je me cale sur son (sous-)rythme et nous nous faisons petit à petit doubler par tout un tas de profils différents, de l'arbalète sans un poil de graisse qui file tel l'Owen la semaine précédente au mec un peu plus lambda que j'aurais peut-être été capable de suivre, tant il reste longtemps quelques mètres devant nous, probablement pour récupérer de l'effort produit pour nous doubler le plus sèchement possible. Je rassure Copfather en lui rappelant qu'il n'a à lutter que contre lui-même. Il me demande un arrêt à mi-chemin du virage et du chalet Reynard auquel je consens bien que n'en ressentant aucunement le besoin. Nous en profitons pour boire et avaler une pâte de fruit avant qu'un des nombreux cyclistes s'arrête à notre hauteur et me demande le nombre de kilomètres encore à parcourir avant le chalet Reynard. Je n'ai pas le temps de répondre que Copfather reconnait… un de ses voisins. Celui qu'il pourra moins épater que les autres dorénavant. Encore que le voisin en question ne parait pas au meilleur de sa forme et il semble qu'il songe à faire du chalet Reynard un nouvel objectif. Tel Daniel Johnson, après s'être désolé en se regardant monter le Ventoux, Copfather se console en se comparant à son voisin et nous voilà repartis à deux, lui à son rythme et moi bien calé dans sa roue.

    Au passage devant le chalet, je repère quelques cyclistes arrêtés à la tenue bleue siglée AFU. Pas question pour nous de faire une pause, d'autant moins que j'ai motivé Copfather avec la promesse deux kilomètres « faciles » à venir. Il abonde dans mon sens, sans que je sache s'il ressent réellement l'adoucissement de la pente ou s'il feint de la percevoir, pour se rassurer et moi avec. En ce premier samedi de juin, les photographes sont nombreux au bord de la route, à immortaliser l'instant pour ensuite glisser leur carte dans la poche arrière des maillots à leur portée. L'un deux, sans probablement penser à mal, porte un sérieux coup au moral de Copfather en annonçant sur le ton de l'encouragement : « allez, plus que trois kilomètres ! ». C'est mentalement trop pour lui et il pose pied à terre une fois hors de vue du photographe indélicat à la faveur d'un virage. Il dit ne plus avoir de forces mais le sommet est trop proche pour renoncer. Il profite d'être arrêté pour s'alimenter et boire et me suggère de partir devant pour le laisser seul avec sa peine pour la fin de l'ascension. Je l'accompagne encore un gros kilomètre et lui offre un moment seul avec lui-même pour le dernier. J'en profite pour enfin monter à mon rythme et, bien que n'ayant grappillé que un ou deux kilomètres par heure, j'ai l'impression de voler en reprenant certains de ceux qui nous avaient dépassés le plus récemment. Je me fais enfin mal, me rendant compte à quel point les 20 premiers kilomètres ne m'avaient pas occasionné de réelle souffrance. À suivre le sous-rythme de Copfather, je m'étais juste assez économisé pour monter dans un confort relatif, jamais ressenti jusqu'à maintenant. Je pense alors à kollop qui s'était plaint de mon sous-rythme en 2021 et je comprends rétrospectivement que plutôt que de me le reprocher, il aurait dû m'être reconnaissant de lui avoir offert des minutes de plaisir en plus. Car oui, je n'ai pratiquement ressenti que du plaisir sur cette montée, en mettant de côté mon empathie pour un Copfather parfois au bord de la rupture qui faisait que je souffrais avec lui. Et ce dernier kilomètre où mes cuisses brûlent parce que je l'ai décidé est en définitive une forme d'apothéose, de plaisir pervers.

    J'arrive au sommet et me rhabille assez vite car malgré un soleil éclatant, la température est fraîche pour un mois de juin. En attendant Copfather que j'aperçois à l'entame des 500 derniers mètres (les plus durs), je constate des grappes de coureurs au maillot AFU qui s'agglutinent sous le panneau « Mont Ventoux » et un automobiliste garé à proximité sort même du coffre de sa voiture trois grandes lettres en polystyrène qui reproduise le sigle vu sur les maillots et les pose sous le panneau, privatisant ainsi l'espace. Une rapide recherche internet m'apprend qu'il s'agit de l'association française d'urologie. Copfather me rejoint à pied, après avoir pris le prétexte du changement de revêtement pour descendre de vélo. Il a mal à peu près partout (sauf aux bras mais cela ne va pas durer…) mais est heureux et fier d'avoir terminé. Son sourire sur le selfie pris à bonne distance du panneau est sincère quoiqu'un peu crispé en raison de la douleur et du froid. Vient le moment toujours aussi peu enthousiasmant de la descente. Pendant celle-ci, je croise un nombre impressionnant de maillots AFU. Connaissant les délais pour avoir un rendez-vous y compris dans une région correctement dotée en spécialistes en tous genres, je m'étonne de voir autant d'urologues et regrette de n'avoir pas négocié un rendez-vous au sommet. J'apprendrai plus tard que tous n'étaient pas urologue et surtout que parmi eux se trouvait Bernard Hinault, que j'ai très probablement croisé au sommet sans le reconnaitre. Honte à moi ! Après une erreur d'aiguillage dénotant un certain manque de lucidité (il avait pris la route de Sault après le Chalet Reynard), Copfather profite modérément du plaisir de la descente. De retour à Villeneuve, il me remercie chaleureusement, gardant peut-être pour lui un léger ressentiment qui devrait passer avec le temps.

    Le triptyque est clos pour ma part et j'ai effectué les trois montées à 13 jours d'intervalle. Il aurait été sain de m'arrêter là au moins momentanément mais je me sens invincible après cette montée légère et la course cycliste qui se tient 10 jours plus tard est une excellente raison de remettre le couvert.


    À paraître demain : là-haut avec Lenny.

  • serge le disait le 12/07/2023 à 21h22
    Ah tiens vos histoires d'arrêt, ça me fait penser qu'à mes débuts j'avais voulu me faire un basque.
    Un col Basque hein.
    Un truc avec des passages à 15%.
    Et bah je sais pas comment vous faites mais clipser les cales pieds après t'être arrêté quand y a plus de 10% de pente c'est chaud.
    J'ai du redescendre, chausser et reprendre la montée.
    La honte.
    Pour abandonner 500m plus loin, beaucoup trop dur pour un branleur.

  • L'amour Durix le 12/07/2023 à 21h36
    Et bien on ne fait pas : MrJ s'est cassé la gueule et moi j'ai fait un tour de parking (en légère descente donc) pour rechausser.
    Avec l'habitude, tu essaies de trouver des pentes un peu plus douces pour t'arrêter, ce qui n'est pas chose aisée dans le Ventoux depuis Bedoin.
    Tu peux aussi repartir en zigzagant, ou avec une seule chaussure clipsée et l'autre juste posée sur la pédale en attendant d'avoir pris un peu de vitesse.

    Après il y a la technique dite de valdo-Janette : nique les pédales autos !

  • kollop le 12/07/2023 à 22h18
    L'Amour durix... Tu portes bien ton pseudo. Deux ans après cette indélicatesse de ma part, après mettre expliqué, excusé, après tout ce qu'on a vécu ensemble, tu me ressors encore cette histoire de sous rythme !
    L'anecdote de Serge me permettra peut être de me faire pardonner définitivement.
    Par Bedoin, le virage de saint-Esteve fait mal et fait comprendre dans quoi on s'est engagé. Lors de ce fameux jour fondateur du 31 juillet 2021, mes années de sportif émérite étaient déjà loin derrière moi, pourquoi dès lors aller plus vite que des gars qui ont l'air de savoir ce qu'ils font ? (Finalement moi,toi et Fly nous nous connaissions si peu à l'époque). Je me suis donc mis derrière vous et je n'étais pas bien du tout.
    Je tiens à te rappeler que durant ces quelques hectomètres, j'ai failli me foutre dans le ravin (oui oui en montant) et que pour éviter une chute risible, j'ai déchaussé.
    Recliper ses pédales en montée, comme tu l'expliques si bien, c'est compliqué.
    J'ai réussi. Et pour vous rejoindre, j'ai du augmenter ma cadence, accélérer. Et finalement, une fois que je vous ai rejoint, j'ai continué sur le même rythme...et donc je vous ai dépassés, laissés sur place, abandonnés...
    L'accool versé en tonneaux chez valdo le soir, m'a conduit à justifier cet épisode honteux par cette histoire de sous rythme.
    Pardonne moi !