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Etoiles et toiles

Non, ce n’est pas un forum sur le PSG, même si le titre aurait sans doute convenu, mais bien sur le cinéma, pour parler de tout ce qui touche de près ou de loin au septième art.

  • Sens de la dérision le 31/12/2021 à 07h46
    L'hégémonie des DisneyMarvel, il y a quand même des possibilités de passer à côté (ou en tout cas de voir d'autres choses). Bon faut le vouloir quand même mais je tente souvent d'emmener mes enfants voir des films ni Disney, ni Dreamworks, ni Pixar (c'est ma compagne qui s'y colle pour ces trucs).

    Et pour répondre à Pascal, j'ai moi aussi bien aimé le film. Quand je dis qu'il ne m'a pas emporté, c'est parce que je me rappelais d'Ame et Yuki qui doit être le plus beau film du monde entier (mais Belle m'a tiré quelques larmes quand même).

  • Aristofan le 31/12/2021 à 09h28
    C'est par pudeur que personne ne parle du nouveau Matrix ?
    Je serais curieux d'avoir des avis avant d'envisager d'aller le voir…

  • Bale de jour le 31/12/2021 à 09h48
    Pas grand chose à en dire pour ma part, tant j'ai trouvé ça nul. La première demi-heure est pas totalement inintéressante, avec cette approche de déconstruction du mythe Matrix, jusqu'au montage White Rabbit... puis ça se perd totalement. Pas grand fan de cette saga en général (outre le premier, ce sont des films moyens voire mauvais pour moi), mais là ça réussit un sacré plantage, au-delà de ce que je pouvais imaginer. Les scènes d'action sont par ailleurs assez ratées.

    J'ai vu quelques autres films qui m'ont en revanche emballé :
    - un Scorsese de 2016, Silence, sur des pères jésuites partis à la recherche de leur mentor dans un Japon du 17e siècle où il ne fait pas bon être catholique vu l'inquisition qui règne ; beau trio d'acteurs (Andrew Garfield, Adam Driver et Liam Neeson), tous excellents, et scénario lent et patient qui fait se questionner sur le maintien de sa foi dans un contexte de répression brutale ; très beau film que je n'avais pas eu l'occasion de voir à sa sortie, c'est désormais chose faite.
    - The Green Knight, par David Lowery, qui réécrit une des histoires du mythe arthurien ; Dev Patel porte le film, qui est par ailleurs assez superbe du point de vue esthétique, et offre une vision intéressante sur la question du destin, et du self-made man, avec une séquence de fin qui s'étire sur une vingtaine de minutes et restera en tête longtemps.
    - finalement sur Netflix j'ai regardé Tick Tick Boom, sur le musicien Jonathan Larson, qui a notamment écrit la comédie musicale Rent ; ça ne s'éloigne jamais vraiment du genre, et c'est un scénario assez classique de "tortured artist" auquel le succès échappe... mais c'est fait avec une telle énergie, un tel enthousiasme, que ce soit au niveau de la réalisation (et pourtant Lin Manuel Miranda m'agace, de manière totalement irrationelle), ou du cast, porté par un Andrew Garfield qui montre à nouveau pourquoi il est l'un des jeunes acteurs en activité les plus intéressants. Si vous avez une réticence totale vis-à-vis des comédies musicales, alors passez votre chemin, mais si le genre peut trouver grâce à vos yeux, vous pouvez y aller.

  • Roy compte tout et Alain paie rien le 31/12/2021 à 11h29
    Pour moi Matrix 4 j'ai trouvé que le début tenait plutôt du sketch géant tellement le fan service y est outrancier avec en plus force d'images reprises directement des premiers films. Par moment c'était du Mozinor en crossover avec les Nous C Nous !
    Au milieu c'est chiant et il ne se passe rien puis ils essayent de relancer un nouveau scénario avec un super méchant, des gentilles machines etc... qui aurait pu être intéressant si ça avait été moins rushé et par conséquent incompréhensible. Pas grand chose de bon à retenir finalement : n'y allez pas.

  • Luis Caroll le 31/12/2021 à 11h43
    Bon, allez, Matrix Resurrections. 

    Pour commencer, n'y allez pas si vous n'avez pas adoré la première trilogie. C'est une longue mise en perspective des 3 films et de ce qui s'est passé depuis. Et à ce titre, c'est un film infiniment pessimiste, voire triste. LW raconte qu'en 20 ans, leurs films subversifs ont été littéralement digérés par le système et elle fait un constat d'échec de 2h30. Ça se passe après mais ce n'est pas une suite, c'est une vision de l'univers qu'elle a créé et de la manière dont il a vécu. 

    La mise en perspective de la première trilogie se fait sous deux points de vue principaux : celui des marketeux qui veulent faire une suite aux jeux vidéos, et celui de Bugs, qui représente le public tel que Lana Wachowski le fantasme: celle qui maintient l'étincelle révolutionnaire crée il y a 20 ans. C'est la même thématique que celle creusée dans Cloud Atlas (et la thématique principale creusée par les sœurs dans leur carrière). Ce n'est pas un hasard si Bugs est le personnage le plus cool du film (peut être même le seul) : LW dit "soyez cette personne, qui a vu les films et veut agir". 

    A l'opposé, elle fait le constat  que sa trilogie a été tellement déconstruite que les marketeux qui en font l'exégèse l'ont vidée de sa force. 

    C'est d'ailleurs explicite sur la scène d'intro où "Trinity" s'échappe à nouveau : c'est la même scène mais réalisée avec les pieds, le point de vue externe sur la première scène du premier film est là pour dire "une fois digérés par la matrice, mes premiers films n'ont plus aucun intérêt". 

    L'architecte avait codé la le mythe d'une révolution à l'intérieur de sa matrice pour la régénérer en contrôlant l'étincelle - la thématique qu'elles étaient allées chercher chez Baudrillard - 20 ans plus tard l'analyste n'a plus besoin d'en faire un mythe, la révolution est devenue une source de revenus et d'énergie. C'est le Mérovingien qui l'explique: la promesse d'un internet vert et noir, un internet des hackers, qui avait le potentiel pour changer la réalité s'est transformé en un internet du controle absolu par les GAFA. L'analyste qui ne se voit que comme un ministre de l'énergie (et donc de l'économie) y tient son raisonnement de machine "on le fait parce que la peur et le désir produisent plus d'énergie". LW explique que les hackers de 1999 se sont fait hacker par le capitalisme. 

    Dans ce contexte il fait un étalage des nouveaux pouvoirs de la matrice pour détailler ce qui s'est passé en 20 ans : elle n'est plus verte et noire, elle est multicolore (Elle a demandé à son directeur de la photo de lui faire du Le Caravage, avec des couleurs très vives et du sombre très sombre) parce que la carte a recouvert le territoire et qu'elle peut donc remplacer toute la réalité. Le "swarm mode" qui lui permet de faire faire tout ce qu'elle veut à qui elle veut est une façon de montrer ce que le contrôle de l'internet a permis en matière de contrôle de la population, à l'inverse de la promesse d'origine, donc. La scène ou l'analyste prend un plaisir sadique à torturer Neo avec le bullet-time, c'est-à-dire le pouvoir avec lequel il avait réussi à prendre le dessus la première fois, est une manière de dire "vous ne gagnerez jamais". 

    Pessimiste, donc, aussi car c'est le 398e reboot / prequel / sequel depuis 20 ans et le premier à en être aussi conscient, au point de se plier à la tradition de la scène post-générique dans un seul but : y dire "on a perdu, il va falloir faire des vidéos de chat, y'a que ça qui marche". En utilisant le format des Avengers qui mangent un chawarma après avoir sauvé le monde, elle choisit d'inverser le happy ending obligatoire.

    Ca ne manque pas de poésie, la scène finale qui entérine le passage de témoin entre l'élu masculin vers l'élu féminin est vraiment touchante, et elle fait le pari qu'au milieu de cette merde l'amour peut sauver quelque chose, mais vraiment, n'y allez pas en espérant voir un blockbuster hyper cool, c'est pas du tout ce qu'elle a cherché à faire, et ce n'est ni une suite, ni un film d'action, c'est un film destiné aux fans désabusés de la première trilogie. En cela il n'est comparable à aucun autre film que j'aie déjà vu.

  • Benoit Fleck le 31/12/2021 à 11h46
    Matrix Resurrections, perso je l'ai trouvé intéressant. Un brin de réfléxion sur la saga, et sur cette volonté made in Hollywood de relancer constamment la machine, de se la jouer meta pour le meta ( cf. le dernier Spiderman ). Pourquoi programmer du neuf avec des bouts de vieux code ? Directemet on te le balance et c'est pour moi l'intention de l'entreprise. Même dans l'action, au final toute classique alors que le premier était un précurseur absolu dans le domaine, dans la contre utilisation du bullet time, utilisé contre Néo. Mais aussi dans ce qu'il doit en ressortir de ces bouillies méta : de la tendresse bordel. Cela en fait pas un film extraordinaire, et parfois c'est limite l'ennui qui pointe, mais au moins cela conclu l'affaire avec plus de points positifs qu'avec les numéros 2 et 3.

    Sinon, je place du +1 sur Green Knight. Une des réussites de l'année. Ambitieux à l'époque de Marvel et de The Rock, de sortir un truc sur la déconstruction du plan "je suis un héro". Et une merveille visuelle.

  • Moravcik dans les prés le 31/12/2021 à 15h44
    Je ne sais pas comment vous faites : j'ai survécu (de justesse) à Matrix 2, mais l'idée d'en subir un autre me donne autant envie que d'aller me faire arracher une dent.

  • Luis Caroll le 31/12/2021 à 16h50
    Moravcik, sur cette image tu es le deuxième en partant du haut / deuxième en partant de la gauche.
    lien

  • Moravcik dans les prés le 31/12/2021 à 17h16
    Oui, ou le troisième.

  • OLpeth le 05/01/2022 à 10h03
    Les fins d'année, c'est pas seulement l'occasion de boire du bon pif, mais aussi de regarder plein de films. Y'avait du bon, y'avait du moins bon, je mets tout pour éviter des pertes de temps aux illustres cdfistes cinéphiles et à Red Tsar, cet espèce de gauchiste inculte en cinéma. C'est aussi un hommage aux défuntes Dino listes.

    1) Pour les amateurs d'horreur :

    Relic : Kay s'inquiète de ne plus avoir de nouvelles d'Edna, sa mère qui vit dans la cambrousse australienne, depuis plusieurs semaines. Avec sa fille Sam, elle se rend dans sa maison isolée, et constate qu'elle a disparu. Elles la recherchent activement quand Edna réapparaît soudainement dans la cuisine de la maison. Cependant, très vite, les trois femmes sont la cible de phénomènes étranges. Bruits insolites, hallucinations, comportement étrange d'Edna... Un film d'épouvante malin qui se sert intelligemment et avec respect des tropes du film d'horreur pour traiter [ATTENTION GROS SPOILER] de la dégénérescence liée à l'âge (démence sénile et autres Alzheimer). Une fois qu'on a chaussé ces lunettes pour interpréter le film, tout est limpide : la transformation d'Edna qui se nécrose lentement, ses comportements incongrus (elles mangent ses photos de famille et enterre à mains nus le livre de la famille : seul moyen qu'elle a trouvé de conserver ses souvenirs) et le labyrinthe inextricable que devient le maison (superbe séquence très anxiogène lorsque la mère et la fille errent dans des couloirs impossibles, et qui vont en se rétrécissant, de la maison). La séquence finale prend ainsi tout son sens : la mère et la fille "épluchent" avec tendresse la carapace noire du monstre qu'est devenu la grand-mère, alors qu'une petite tâche noire apparaît sur la nuque de la mère (la maladie est héréditaire, et la mère est la prochaine). Note : 3,5/5

    Sait Maud : Maud (bluffante Morfydd Clark), infirmière à domicile, est devenue une fervente catholique (carrément illuminée en fait). Elle se met en tête de sauver des flammes de l'enfer sa patiente Amanda, une ancienne danseuse star, au style de vie résolument dissolu malgré le cancer terminal qui la ronge. Enfermée dans son délire mystique, elle va franchir le pas vers l'horreur et la folie. Comment faire un chouette film d'horreur psychologique avec le budget sandwich de FF9 ? Réponse brillante de Rose Glass qui dissèque cette descente vers la folie avec style, distillant avec parcimonie ses effets sans tirer à la ligne (1h20 ça suffit amplement !), et en comptant sur une actrice principale habitée par son rôle. Le plan final est marquant (du paradis à l'enfer en une seconde). Note : 3,5/5.

    The Farm : Un métrage sans doutes financé par L214 et PETA. Pitch ultra classique avec un jeune couple de bobos californiens qui s'arrêtent dans un motel de cambrousse tenu par un mec pas du tout louche. Ils se réveillent enfermés en cages dans une ferme à bétail humain. Les femmes sont inséminées de force pour produire lait et petits bébés bien tendres, les mecs servent de viande de boucherie. C'est très gore (une exécution de bébé entre autres) mais c'est complètement con scénaristiquement (la tentative d'évasion finale est complètement pétée) et ça ne renouvelle pas beaucoup l'esthétique de ce type de film (à part que le personnel de la ferme porte des masques d'animaux). Faire un film militant ne dispense pas d'écrire un scénario qui se tient et des persos un peu fouillés. Note : 1,5/5.

    Son : Un petit film d'horreur qui suit une jeune maman qui s'est échappée du culte satanique dont son père était le chef alors qu'elle était enceinte. Ses vieux amis débarquent alors que son fils a grandi et les cadavres vont s'accumuler. La police ne croit pas à l'histoire de la maman, qui a été prostituée par son père quand elle était enfant : cette histoire de culte satanique serait une façon de gérer son trauma... Alors réalité ou délire ? Le film crée une jolie ambiance avec peu et sait maintenir la tension et le doute, même si les habitués du genre auront vu venir le twist final. Bravo à l'actrice principale Andi Matichak qui interprète impeccablement cette jeune mère voulant protéger son fils envers et contre tous. Quant au gamin, il est flippant sans nécessairement faire grand chose. Et il y a aussi Emile Hirsch qui fait le job dans un petit rôle de flic troublé. Un honnête film d'horreur qui ne réinvente rien mais fait bien le job. Note : 3/5.

    Nightmare Island : L'énigmatique M. Roarke assure qu'il peut réaliser les rêves secrets de ses invités dans un luxueux complexe tropical. Mais il insiste bien sur le fait d'être très précis sur le vœu que l'on va formuler. Car les fantasmes peuvent se transformer en cauchemars, et c'est évidemment ce qu'il va arriver aux heureux tirés au sort, qui vont devoir lutter pour leur survie avant un twist final tout moisi. C'est pas aussi nul que ce que le pitch et la BA pouvaient laisser présager mais c'est tout de même pas très brillant. Réalisation de tâcheron, acteurs qui en font des caisses (en même temps leurs persos sont pour la plupart très agaçants), il y a quand même deux-trois idées qui sauvent un petit peu le truc. Mais c'est quand même pas bien brillant. Note : 2/5.

    2) Pour ceux qui aiment la guerre (sales communistes ! Blague compréhensible que par les nanardeurs avertis) :

    Battleship Island : Un film de guerre coréen par le réalisateur de The Berlin File ? On achète de suite, d'autant que le propos est alléchant : un petit voyage dans l'île prison d'Hashima, mine de charbon transformée pendant l'expansion japonaise en camp de travail forcé pour des Coréens envoyés là par des compatriotes peu scrupuleux. C'est ce qui va arriver au leader d'un petit groupe de jazz qui, croyant aller au Japon pour jouer des concerts avec sa petite fille, va se retrouver aux travaux forcés. Combinard dans l'âme et parlant japonais, il va vite se tailler sa place pour protéger sa fille et ses intérêts. Le film tape donc très fort sur ces salops de Japonais (en même temps ils continuent à nier et à honorer la mémoire de leurs criminels de guerre...), avec ce plan marquant où notre anti-héros coupe un drapeau nippon en deux au sabre pour fabriquer la corde pour s'échapper. Mais il n'oublie pas non plus de savater les nombreux Coréens qui ont joyeusement collaboré avec l'oppresseur japonais. Un film intense, bien construit, bourré d'idées visuelles, et qui montre que le contentieux de cette sombre période est loin d'être soldé. Note : 3,5/5.


    3) Pour ceux qui aiment la bagarre :

    Guns Akimbo : Miles est un développeur de jeux vidéo un peu looseur, qui compense sa VDM en faisant le SJW sur les réseaux sociaux (démerdez vous pour les acronymes). Sa vie bascule lorsqu'il a le tort de s'attaquer au nouveau site qui monte, Skizm, qui filme en live des duels à mort entre criminels. Les modos débarquent chez lui et décident qu'il sera plus marrant de lui visser des guns aux mains et le faire participer contre la meilleure tueuse, plutôt que de simplement le buter. Non violent et poltron, Miles va devoir se bouger les miches pour les sauver.
    Second long-métrage de Jason Lei Howden, après Deathgasm (vu au NIFFF) une sympathique comédie qui mixait gore et métal, il reste dans les mêmes clous en livrant un film drôle et bourré d'action, qui mise avant tout sur le fun et le mauvais goût. Daniel Radcliffe continue de (bien) casser son image de Harry Potter, et Samara Weaving (la nièce de Hugo) joue avec délice une psychopathe sadique. Côté réal, ça tourne et bouge un peu dans tous les sens pour communiquer de l'énergie, mais ça passe. Il y a bien aussi une vague critique pachydermique des réseaux sociaux et surtout de leur public, mais on s'en fout, l'important c'est qu'on s'amuse. Note : 3/5.


    4) Pour les amateurs de thriller :

    Les enquêtes du Département V : l'effet Papillon : La série de (télé)films adapté des enquêtes du département V (du polar à la scandinave) continue pour un 5ème opus, et pas pour le meilleur hélas. La faute à un changement de casting bien foiré. Ulrich Thomsen remplace pachydermiquement (tout en tirage de tronche et haussements de sourcils) le subtil Nikolaj Lie Kaas dans le rôle de l'enquêteur surdoué mais misanthrope Carl Morck, tandis que son acolyte d'origine syrienne Assad, auquel l'excellent Fares Fares avait donné une vraie ampleur malgré un personnage peu caractérisé, est maintenant incarné par l'endive Zaki, qui ne sublime rien du peu qu'on lui a donné à jouer. L'intrigue est quant à elle bien molle du cul, on se croirait dans Derrick, avec des méchants anticharismatiques au possible et des péripéties souffreteuses. Note : 1,5/5.

    L'homme du président : Un thriller politique coréen qui reconstitue avec quelques libertés l'assassinat du dictateur Park en 1979. Très peu d'action et beaucoup d'intrigues de couloir pour ce film à la reconstitution classieuse qui nous promène entre Séoul, Washington et Paris, dans les guerres de pouvoir entre le directeur de la KCIA Kim (Lee Byung-hun un peu en-dedans), le président Park et son chef de la sécurité Kwak. Malgré une réal au classicisme impeccable (on pense aux grands thrillers politiques des seventies) et des acteurs investis, le film peine à convaincre, la faute à un manque de péripéties, une intrigue finalement assez creuse et des personnages pas assez caractérisés : on comprend mais ressent mal le dilemme de Kim, partagé entre sa loyauté envers son président, et le fait que ce dernier semble trahir les idéaux de leur révolution en étant prêt à écraser le peuple pour se maintenir. Dommage. Note : 2,5/5.

    5) Pour les fans de mafieux :

    L'immortale : Le film tiré de l'excellente série Gomorra, qui fait à la fois le lien entre le cliffhanger de la saison 4 et l'ultime saison 5, et sert de "Ciro Origins". On va donc découvrir en flashbacks l'enfance de "l'Immortel" (comment il est devenu la légende qu'il est), et en parallèle ce qu'il est devenu suite au coup de théâtre de la fin de la saison 4. C'est bien mais on a l'impression de voir un épisode allongé et un peu plus friqué de la série, pas vraiment un film de cinéma. La réalisation manque d'ampleur, et le scénario reste dans les clous de ce que propose Gomorra habituellement (des mafieux qui se mettent sur gueule, des amitiés trahies, des luttes de pouvoir, tout le monde finissant plus ou moins mal). Mais je suis un fidèle client donc ça passe crème. Note : 3,5/5.

    Sons Of Philadelphia : Un polar sombre, dans lequel deux cousins essaient de faire vivre leur petite bande de truands irlandais face au gang italien dominant. Michael est le chef, pas très subtil et trop impulsif, tandis que Peter est plus réfléchi et mélancolique (sa sœur est morte quand il était petit, bientôt suivi par son mafieux de père). Les tensions créées par la guerre auront-elles raison des liens du sang ? Un film résolument minimaliste, qui s'intéresse plus aux tourments de Peter qu'à la dimension criminelle de l'intrigue. On est plus dans une tragédie familiale se déroulant dans un univers mafieux. Plutôt bien fait (par un Français, cocorico), mais un peu anecdotique. Note : 2,5/5.

    6) Le monde merveilleux de l'animation :

    Le mystère des pingouins : Premier long-métrage de Hiroyasu Ishida, dans la veine de ce que peut proposer un Hosoda ou un Shinkai. Aoyama est un studieux élève de CM1, passionné par la nature. Quand des pingouins apparaissent mystérieusement partout dans sa petite ville, semant au passage une joyeuse pagaille, il décide de mener l'enquête. Accompagné de son meilleur ami, et bientôt de la petite nouvelle de la classe, aussi forte aux échecs que lui, mais aussi d'une énigmatique assistante dentaire pour laquelle il a le béguin, il va mettre au jour l'incroyable histoire derrière cette invasion de pingouins. Un film original et sensible, qui se sert de son postulat absurde pour ausculter cette période très spéciale où un enfant entre petit-à-petit dans l'adolescence et vit ses premiers émois. Ishida dresse par petites touches très bien senties le portrait du jeune Aoyama, et ne donne pas toutes les clés des métaphores que propose son film, et c'est tant mieux. L'animation est très réussie, avec de jolies trouvailles visuelles, malgré un design assez passe-partout. Assurément un réalisateur à suivre. Note : 3,5/5.

    Miraï ma petite soeur : Mamoru Hosoda (Summer Wars, Les Enfants loups, Le garçon et la bête...) livre un film comme il sait si bien les faire, suivant les pas du petit Kun 4 ans, dont la petite vie tranquille va être bouleversée par l'arrivée d'une petite sœur (autant dire que notre fiston a vu le film avec nous). Vivant très mal l'arrivée de cette intruse, il fait caprice sur caprice et devient vite invivable. Mais heureusement, l'esprit de sa sœur du futur et un avatar de son chien vont le visiter et lui apprendre à accepter sa sœur. C'est bien vu, touchant, malin et très beau (même si le gamin est sacrément insupportable). Note : 3,5/5.

    Piano Forest : Le père du jeune Shu est un grand pianiste japonais, ses parents espèrent donc qu'il marchera sur les traces de son père. Il s'entraîne d'arrache-pied, finissant par voir le piano non comme un plaisir mais un défi nécessitant un investissement total. Un jour, il quitte avec sa mère sa grande maison en ville pour rejoindre quelques temps dans une petite ville de campagne sa grand-mère malade. Dans les bois, il découvre un mystérieux piano. Les brutes de son école le bizutent en le mettant au défi d'en jouer. Il n'y arrive pas, et découvre vite que seul son camarade de classe Ichinose parvient à en jouer. Aux antipodes de Shu, le garçon vient d'une famille monoparentale pauvre (sa mère travaille dans un bar à hôtesses) et a appris sur le tas, en jouant à l'oreille des morceaux sur ce fameux piano. Loin d'être jaloux, Shu cherche à encourager le talent d'Ichinose, secondé par le mystérieux prof de musique qui cache un secret. Mais le rebelle résiste... Inspiré d'un manga populaire (que je ne connaissais pas), cet anime méconnu de 2007 explore la fameuse opposition entre talent inné et travail, relevé d'une touche de lutte des classes. La musique va réunir les deux enfants si différents, en apprenant les bénéfices du travail à l'un, et en faisant retrouver le plaisir de jouer à l'autre. Un petit conte bien troussé, réalisé sans grande originalité mais avec soin. Idéal pour les enfants qui font de la musique ou veulent en faire. Note : 3/5.

    Wonderland, le royaume sans pluie : Akane est une jeune fille rêveuse qui s'ennuie dans sa petite ville. La veille de son anniversaire, elle se rend chez sa tante antiquaire pour récupérer son cadeau. Dans l'étrange bric à brac de la boutique, elle pose sa main sur une pierre magique. S'ouvre soudain un passage secret d'où surgit Hippocrate, un alchimiste venu d'un autre monde, qui la désigne comme la sauveuse qui peut libérer son monde d'une sécheresse persistante. Il embarque séance tenante Akane et sa tante vers son monde merveilleux. Keiichi Hara (Un été avec Coo, Miss Hokusai) se risque sur des terres ghibliesques, avec un film qui ressemble par bien des aspects au Château Ambulant. Adaptation du roman pour enfants L'Etrange Voyage depuis la cave, sur commande de la chaîne privée japonaise Fuji Television Network, l'univers est merveilleux, mais les péripéties sont filandreuses et sans surprise. Et les persos sont trop superficiels pour entraîner le spectateur avec eux. De la forme mais pas de fond, dommage vu le pedigree du réalisateur. Note : 2,5/5.

    Heavy Metal : Jetez-moi des cailloux les vieux, je l'avais jamais vu. Manque rattrapé et je comprends bien pourquoi il avait fait si forte impression en son temps, tant il est visionnaire, et porté dans chaque secteur par des génies. Dan O'Bannon pour quelques scénars, Corben, Giménez et Moebius (entre autres) au design, Elmer Berstein au score, et la fine fleur du rock et du hard rock pour les chansons (Trust, Blue Öyster Cult, Sammy Hagar, Cheap Trick, Nazareth, Grand Funk Railroad, Black Sabbath). Sans oublier une esthétique propre à émoustiller le public cible (ados et geeks de l'époque) : femmes fatales peu farouches aux atouts proéminents, vaisseaux spatiaux et batailles épiques. Alors c'est sûr que l'animation en a pris un coup avec l'âge (et encore, le dernier segment Taarna se tient bien) mais l'alliance entre l'esthétique générale et hard FM fonctionne si bien qu'on pardonne tout (j'ai découvert Reach Out de Cheap Trick, c'est un super morceau !). Note : 3,5/5

    7) Blockbuster débile :

    King Kong Vs Godzilla : Pas de scénario, pas de personnages, juste deux monstres géants qui se mettent sur la gueule, avant qu'ils se liguent pour latter un 3ème larron. C'est complètement Kong et pas si fun finalement, la faute à un manque de moments whaou. Note : 2/5.

    8) Du drame dramatique :

    Drunk : Quatre amis profs décident de mettre en pratique la théorie d'un psychologue norvégien selon laquelle l'homme aurait dès la naissance un déficit d'alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n'en sera que meilleure. Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle... Un joli film sur la crise de la quarantaine/cinquantaine, où comment l'alcool va révéler les failles dans la petite vie rangée des quatre amis. Mads Mikkelsen est impérial et démontre s'il en était encore besoin qu'il peut tout jouer, y compris les monsieurs tout-le-monde en dépression. La réalisation ne se contente pas de rester dans les clous austères du drame psychologique et se risque à jouer avec la lumière et les cadres pour un résultat très plaisant. Note : 4/5.


    9) Inclassable :

    The Lighthouse : Le réalisateur de l'encensé The Witch revient avec un concept audacieux : un huis clos en noir et blanc et format carré accompagnant la dérive vers la folie d'un gardien de phare et de son assistant. On salue la tentative, pour un résultat qui en rebutera cependant plus d'un. C'est du cinéma exigeant, âpre, très psychologique avec un soupçon de fantastique pour brouiller les cartes. Les numéros d'acteur de Dafoe et Pattinson sont remarquables, tout comme l'esthétique qui lorgne vers l'expressionnisme. J'ai apprécié le voir mais je pense pas que je le reverrai. Note : 3,5/5.

    John dies at the end : Dernier film de Don Coscarelli qui poursuit dans la lignée de son Bubba Ho-Tep avec un mélange psychédélique d'horreur, d'humour et d'absurde. Un film à la croisée de Buckaroo Banzaï et Bill and Ted's Excellent Adventure, dans lequel deux lycéens un peu cons doivent sauver l'univers en se servant d'une drogue surpuissante aux effets secondaires imprévisibles. Ça part dans tous les sens, les effets jouent résolument la carte du Z qui tâche, pour un résultat pas exceptionnel mais assez plaisant. Note : 2,5/5.