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Wednesday-United 1979. Le Boxing Day Massacre

Contes de noël - Le 26 décembre 1979 se déroule à Sheffield le plus fameux des derbies opposant les deux grands clubs de la ville, Wednesday et United.

Auteur : Richard Coudrais le 26 Dec 2021

 

La ville de Sheffield, dans le Yorkshire au nord de l'Angleterre, est réputée pour ses couteaux, qu'elle fabrique depuis le XIIIe siècle. Elle est aussi le berceau du football moderne, le Sheffield Football Club, fondé en 1857, étant le premier club de l'histoire. Le doyen n'a jamais accédé au professionnalisme, laissant ce vice à d'autres qui deviendront les rivaux de la cité : Sheffield Wednesday et Sheffield United.

Le premier a été fondé en 1867 au sein du Wednesday Cricket Club, qui portait ce nom car les membres se retrouvaient le mercredi. Il deviendra un des clubs pionniers du professionnalisme vingt ans plus tard. Le second est né en 1889, également d'un club de cricket et qui adoptera rapidement le statut professionnel.

Les joueurs de United ont reçu le surnom de Blades (les Lames) en hommage à la tradition coutelière de la ville. Ceux de Wednesday prennent le plus curieux surnom de Owls (les Hiboux), parce que leur stade de Hillsborough se trouve dans un quartier nommé Owlerton.

 

 

À couteaux tirés

La rivalité est forte entre les deux clubs. Le derby divise la ville et attire du monde, quelle que soit la division dans laquelle il est disputé. Le plus mémorable de ces matches au couteau est celui du Boxing Day 1979, centième confrontation entre les deux clubs, qui ne s'étaient pas rencontrés depuis huit ans.

49.309 spectateurs ont rempli les tribunes de Hillsborough, plus forte affluence jamais vue pour un match de troisième division. Lorsque les équipes se présentent sur la pelouse, au lendemain de Noël à 11 heures du matin, United, maillot rouge et blanc, est le leader du classement alors que Wednesday, maillot bleu et blanc, est à la cinquième place à six points.

 

 

Harry Haslam, l'entraîneur de United, fait pratiquer à ses joueurs un football prudent. Sur le terrain, les Blades s'efforcent de geler le début de la rencontre. Ils n'ont visiblement fait le très court déplacement que pour arracher un match nul. Il leur faut surtout contenir le tempérament offensif de leurs rivaux, entraînés par le champion du monde Jack Charlton.

Les Owls bénéficient depuis le début de saison du renfort de Terry Curran, un transfuge de Southampton, qui n'a pas hésité à dégringoler de deux divisions pour trouver du temps de jeu. Côté United, la vedette est Alejandro Sabella, un Argentin débarqué de River Plate en 1978. Les émissaires de Sheffield s'étaient renseignés sur un autre joueur, un peu trop cher : un certain Diego Maradona...

La rencontre est assez ennuyeuse pendant la première demi-heure, mais peu à peu, Wednesday s'empare de la rencontre et pilonne la cage de Derek Richardson. Juste avant la pause, Ian Mellor ouvre le score d'un magnifique tir de vingt mètres qu'il loge dans la lucarne. United manque l'occasion d'égaliser dans la foulée : John MacPhail reprend un tir repoussé sur la barre par le gardien, mais tire sur ce dernier, au sol.

Requiem pour un massacre

En début de seconde période, Wednesday accentue ses offensives. Un tir de Ian Mellor s'écrase sur le poteau, repris par Jeff King sur la barre. La rencontre est très intense et Mark Speight, capitaine et défenseur central des Blades, est évacué sur une civière, côtes fracturées. Une sortie qui va être très vite ressentie dans une défense déjà bien fébrile depuis la reprise.

 

 

Wednesday prend le large. McCulloch récupère, s'enfonce dans la surface et donne un centre impeccable à Terry Curran qui marque d'une tête plongeante. Deux minutes plus tard, le même Curran s'échappe et délivre le ballon de but à Jeff King. Le score est passé de 1-0 à 3-0 en trois minutes, et l'on peut désormais parler de massacre. En toute fin de rencontre, Mark Smith ajoute un quatrième but sur penalty, obtenu par l'inévitable Curran.

 

 

4-0, c'est le plus gros score de l'histoire du derby. Le match devient le "Boxing Day Massacre" dans la légende locale. Son évocation passionne toujours les gens de Sheffield, d'autant que le résultat a changé le destin des deux équipes. United, le leader vaincu, effectuera une deuxième partie d'exercice catastrophique, achevée en douzième position.

La saison suivante, il sera relégué en quatrième division, tandis que Wednesday accédera à la division supérieure. Terry Curran, auteur d'un but et impliqué sur deux autres, marquera lors du match retour à Bramall Lane (1-1). Il est devenu une véritable idole des fans de Wednesday... même s'il a rejoint le club rival trois ans après la rencontre qui l'a rendu célèbre.

Les deux équipes ne se retrouveront que douze ans plus tard, en novembre 1991, alors qu'elles ont toutes deux rejoint la Premier League. Mais jamais, même au plus haut niveau, le derby ne renouera avec l'intensité de celui du 26 décembre 1979.

Le Boxing Day Massacre, également disponible en puzzle et en badge.

 

Sources

"The Boxing Day Massacre" (whatahowler.com).

"36 years ago today : The Boxing Day Massacre" (The Star).

 

Contes de Noël

Charlton-Huddersfield 1957. Pluie de buts sur la vallée

France-Belgique 1944. Le match de la Libération

Real-Partizan 1955. Le match de la Navidad

Sheffield Wednesday-Sheffield United 1979. Le Boxing Day Massacre

 

Réactions

  • Milan de solitude le 26/12/2021 à 16h55
    Merci pour ces quatre contes de Noël.

  • Pascal Amateur le 26/12/2021 à 20h36
    "Éparpillés façon puzzle", j'ai enfin compris l'expression, merci !

  • Mangeur Vasqué le 29/12/2021 à 12h57
    Merci pour ces contes de Noël.

    Ce “Boxing Day Massacre” est effectivement légendaire dans la culture foot à Sheffield, où j’ai vécu 6 ans dans les années 1990. J’connais des gens qui ont ce puzzle. Les puzzles foot sont assez populaires en Angleterre, c’est pas trop mon truc mais j’en ai offert à des jeunes, eg mon neveu y’a quelques années, mais surtout parce que j’avais envie de faire un puzzle foot le jour de Noël ou Boxing Day (traditionnellement le jour où on visite la famille), au lieu de discuter Brexit avec la famille anglaise (pas mal brexitante), parce que bon, ben, le neveu il aime pas trop le foot quoi… The Happy Puzzle Company a une collection variée sur le foot, si ça intéresse du monde, comme idée cadeau par exemple, leur série “Fiche technique de club” en 400 pièces est bien faite (123 clubs). lien

    Ce match était vu alors comme un vrai match de coupe, “une finale de la Coupe du South Yorkshire”, disaient les gens (coupe qui exista de 1920 aux années 1990, la “Sheffield & Hallamshire County Cup”, organisée sous l’égide de la FA. Les coupes régionales étaient alors populaires).

    La police redoutait des problèmes et le City Council (conseil municipal) avait voté pour faire avancer ce derby à 11 heures du matin comme l’écrit Richard, ce que la Football League accepta. Heure hautement stratégique, avant l’ouverture des pubs... 500 policiers mobilisés, sorte de record local alors.

    Tout se passa finalement bien avant, pendant et après le match, avant le match “peut-être à cause de la longue marche jusqu’au stade due à l'absence de bus ce jour-là* ou à l’inévitable gueule de bois du Boxing Day” avance le journaliste qu'on entend dans le clip reportage de la télé régionale inséré dans l’article (avant le démarrage programmé à 2 minutes).

    Petite tension tout de même quand l’ailier droit Terry Curran, l’un des grands “mavericks” et joueurs cultes de l’histoire de Sheffield Wednesday, alla fêter son but devant le parcage visiteur en narguant un peu les supps Blades (qui lui balancèrent toutes sortes d'objets - pièces, briquets, etc.) parcage situé dans la tribune côté Leppings Lane, partie du stade où presque dix ans plus tard la tragédie d’Hillsborough se déroulerait (le Kop, où j’avais mes habitudes, est à l’opposé).



    [*les réseaux bus au R-U, avant la grande dérégulation-privatisation de 1986 lien, étaient gérés par la ville, comme en France donc, et dans des villes très syndicalisées et socialistes cô Sheffield ils ne tournaient pas les jours fériés. Sheffield était alors surnommée "The Socialist Republic of South Yorkshire" ou “The People's Republic of South Yorkshire" lien, et d’après ce qu’on m’a raconté quand je vivais dans cette très chouette ville, les syndicats faisaient la loi pour ce qui était du transport.]

  • Mangeur Vasqué le 29/12/2021 à 14h24
    “Les Owls bénéficient depuis le début de saison du renfort de Terry Curran, un transfuge de Southampton, qui n'a pas hésité à dégringoler de deux divisions pour trouver du temps de jeu. =”

    Il peut en effet paraître surprenant qu’un jeune joueur abandonne la D1 pour la D3, même si Wednesday était son club de toujours. Y’avait probablement de ça (temps de jeu) dans cette anomalie, mais pas que.

    Terry Curran était un “maverick”, un impulsif qui fonctionnait sur coups de tête et pour cela il n’avait pas une super réput’ auprès des managers. A Southampton (Soton), il s’était brouillé avec le manager, Lawrie McMenemy, entraîneur légendaire des Saints et dont je parlais ici lien car McMenemy réussit l’exploit de faire venir le double Ballon d’Or Kevin Keegan chez le modeste Soton, juste après Hambourg, alors que Keegan envisageait plutôt de retourner à Liverpool. Transfert à Soton hautement improbable bien sûr.

    Curran n’avait pas fait une grosse saison à Soton, 26 matchs mais sans briller,. aucun but (les blessures n’arrangeant rien), et pour une raison ou une autre il se brouilla avec McMenemy, peut-être s'agissait-il d'histoire de temps de jeu la saison suivante, de contrat ou autre, j'en sais rien, mais ces embrouilles donnèrent des envies de départ à Curran.

    La deuxième raison est liée, c’est le différentiel combo salaire-prime de transfert entre la D1 et les autres divisions, pas énorme.

    A l’époque, pré Premier League donc, le système régissant les 4 divisions de Football League était très égalitaire (c'était la tradition, héritage de l'époque où la Football League était encore très marquée par l'amateurisme en tant que philosophie sportive) et faisait que toutes les recettes billetterie en championnat étaient équitablement partagées entre les 92 clubs professionnels de FL.

    Cette répartition équitable est d’ailleurs à l’origine du fait qu’aujourd’hui en PL, les premiers ne touchent pas beaucoup plus que les derniers lien, contrairement aux autres gros championnats européens. Cette curiosité est une survivance du système pré Premier League car quand la transition Football League-Premier League se fit dans les années 1980, dans la douleur, pour aboutir à la création de la PL en février 2012, les relations clubs-Football League étaient exécrables. Pour calmer le jeu et faciliter cette transition, et aussi donner le change (car évidemment avec la PL, exit la répartition équitable des recettes billetterie), il fut décidé au début des années 1990 que le nouveau système de répartition droits médias serait équitable et similaire dans l'esprit à l’ancien.

    Je décris ce système ici lien, en particulier ce passage :

    « C’est le moment que choisissent plusieurs clubs majeurs pour remettre en question un principe sacro-saint et fondateur du football anglais depuis la création de la FL en 1888 : la redistribution des revenus billetterie. Cette règle avait été introduite pour assurer une certaine égalité entre petits et grands clubs. Concrètement, les recettes d’un match sont partagées entre les deux adversaires du jour (le pourcentage s’amenuisera au fil du temps). Naturellement, ce pan du règlement pénalise les plus gros clubs. Si les droits télévisuels sont négligeables (le premier deal entre les télévisions – ITV et BBC – et la FL survient en 1978, 500 000 £) le dossier billetterie, lui, va vite devenir épineux.

    Par ailleurs, la FL prélève 4 % sur la billetterie des quelques 2028 matchs de la saison de FL pour les redistribuer équitablement aux 92 clubs des quatre divisions. Le grand Liverpool, quadruple champion d’Angleterre sur les dernières années (1976, 77, 79, 80) et double champion d’Europe 1977 et 78, est donc logé à la même enseigne que les anonymes Hereford ou Aldershot. Un système collectiviste anachronique qui s’apprête à percuter de plein fouet les Eighties matérialistes de Margaret Thatcher. »

    Ces répartitions égalitaires sont d’ailleurs à l’origine de la brouille entre clubs de D1 et la Football League, différend qui accouchera de la Premier League. Évidemment, Halifax Town ou Hereford United en D4 qui devaient faire 3.000 spectateurs de moyenne mais qui touchaient la même somme que Liverpool ou les autres ténors de D1, ça finit par gonfler les gros clubs.

    Donc, à cause de ce système de partage en vigueur, les écarts de salaire entre les divisions n’étaient pas énormes dans les années 70-80 à l'époque où Curran jouait. Un joueur de D1 gagnait à peine le double d’un joueur de D3. Curran se négocia un bon salaire à Wednesday, pas bcp moins que ce qu’il aurait touché en D1 (il touchait 300 £/semaine à Wednesday et sans doute pas bcp plus à Soton. La moyenne salariale en 1979-80 en D1 étant d’environ 450 £/semaine).

    Curran était assez vénal et vu qu’à chaque fois qu’il changeait de club il touchait une bonne prime de transfert, style 10-20K, ça le dérangeait pas outre mesure d’accumuler les clubs (une douzaine dans sa carrière). D’où son départ pour le rival Sheffield United en 1982 après sa brouille avec Jack Charlton à Wednesday.

    On l’a eu d’ailleurs brièvement chez nous à Sunderland en 1986 (D2), en fin de carrière. Lawrie McMenemy qui entraînait les Black Cats le connaissait bien puisqu'il avait eu à Soton et le fit venir pour une pige, S'land étant dans la mouise. Une pige désastreuse, il se fit expulser pour son premier match et sortit en faisant un doigt d’honneur au public de Roker Park ! Il raccrocha les crampons peu après. Sunderland descendit en D3 cette saison-là… Mais contrairement à aujourd’hui S’land remonta en D2 illico.

  • theviking le 04/01/2022 à 11h14
    Merci beaucoup pour ces 4 articles très intéressants Richard ! (et aussi à MV pour ses compléments)