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Vive le championnat de France!

La dernière journée a donc rendu son verdict et le vrai bilan de la saison apparaît enfin, au terme d'un championnat resserré et incertain. Trois observations délibérément optimistes: le classement respecte une certaine justice sportive, les ambitions économiques ne garantissent décidément pas les résultats, et le foot français ne va pas si mal…
Auteur : Julie Grémillon le 16 Mai 2000

 

Le seul suspens trahi en 99/2000 aura été celui de l'attribution du titre, rapidement acquis à l'AS Monaco qui a su éviter les pièges d'un confort excessif. Derrière, la bagarre fit rage et les incertitudes alimentèrent l'intérêt de cette édition. Certaines équipes auront fait des sinusoïdes dans le tableau et les bilans précoces ont été très hasardeux: les places de Lens et Bordeaux sont les meilleurs exemples de saisons pas aussi ratées qu'on a pu longtemps le croire … Le FC Nantes sauvé peut aussi se prévaloir d'un titre et d'une participation à la coupe d'Europe; peu importe alors les frayeurs!

Logique sportive
En y regardant de plus près, et malgré les 7 points seulement qui séparent le 16ème du 5ème, ce classement reflète pourtant assez bien le niveau constaté des équipes, il respecte une certaine logique sportive et semble même récompenser l'audace et la solidarité: aux 7èmes et 6èmes places, les promus verts se sont offerts un rang prestigieux, devant la plupart des équipes qu'elles avaient surclassées cette année (sans être toujours récompensés au score). Plus bas, le courage des Troyens leur vaut un deuxième tour dans le train de la peur dès la saison prochaine. La discrète régularité du PSG a été gratifiée d'une deuxième place qui ressemble à une rédemption, les Lyonnais se consolent de regrets moins amers que ceux des Bordelais (qui restent toutefois européens) et tâcheront de ne pas passer deux fois de suite à la trappe du tour préliminaire de Ligue des champions… L'OM a pu mesurer à quel point une saison catastrophique à tous points de vue lui aura fait frôler le précipice, sans que l'avenir soit très rieur pour autant. Strasbourg a réussi sa 21ème saison médiocre consécutive, Auxerre a bien joué le maintien et la préretraite de son entraîneur. Après Montpellier et Le Havre, Nancy était la victime un peu trop idéale pour la relégation. Les Lorrains peuvent maudire les chronomètres et une commission de discipline qui valide des matches gagnés dans les tunnels.

L'argent ne fait pas le classement
Mais ce sont les déceptions les plus criantes qui sont les plus significatives. Le sauvetage in extremis de Rennes ne peut masquer l'échec d'une saison qui aurait dû consacrer les grandes ambitions de ses dirigeants. En octobre déjà (CdF4), nous nous amusions d'une certaine perte de sang froid de la part de Pierre Blayau (nettement plus à l'aise pour annoncer des plans sociaux chez Moulinex), alors que le club breton manifestait quelques signes de fragilité. L'impatience des dirigeants trahissait leur crispation ainsi que leurs véritables attentes: oubliés l'amour de la région et le mécénat généreux, François Pinault est simplement venu exploiter une nouvelle source de profit. Seul problème, on ne manipule pas le classement d'un championnat aussi facilement que le cours d'une action en bourse, on ne remplace pas non plus un projet sportif par des investissements massifs. La 13ème place du Stade rennais a la saveur de l'ironie quand on se rappelle les prétentions très élitistes de ses dirigeants lors de la renégociation des droits de télévision, l'été dernier. Si le principe de solidarité avait été abandonné, Rennes ne toucherait aujourd'hui que l'aumône réservée par l'élite aux "petits". Au fait, le club breton est-il bien ce 12ème membre occulte du Club Europe? Pour ne pas donner l'impression d'attaquer le club lui-même, souhaitons quand même au bel effectif rouge et noir et à son respectable entraîneur (s'il est maintenu en fonction) de connaître d'autres émotions que celle d'une relégation évitée de justesse…
Bien que son bilan sportif soit évidemment très différent, l'Olympique Lyonnais de notre ami Jean-Michel Aulas ne doit pas prendre sa 3ème place avec une allégresse démesurée… Même en supposant que les Rhodaniens se sortiront cette fois d'un tour préliminaire de Ligue des champions dont ils connaissent les dangers, on constate que ce podium n'est pas tout à fait à la hauteur des très grandes prétentions du Président. Toujours aucun titre depuis 1973, et cette phrase prononcée il y a quelques mois, qui décrit un challenge peut-être plus ardu que son auteur ne l'avait pensé: "Si nous achevons cette saison au deuxième rang, ce sera le fruit d'une stratégie. Et c'est pour cette même raison que nous serons inéluctablement champion de France dans un proche avenir" (Le Monde, 29/02/00, voir CdF24).

Enfin, cette semaine de bilan apportant son inévitable lot de verdicts définitifs sur le fatal "nivellement par le bas du foot français", il faut une nouvelle fois s'inscrire en faux et dénoncer ce lieu commun à la mode (depuis 15 ans). Le fait que cette saison les positions aient été compactes et donc précaires pour une majorité de clubs ne doit pas être interprété comme un nivellement pas le bas, mais plutôt "par le milieu": la valeur moyenne de la D1 semble très constante au contraire. L'ensemble du foot pro paraît en bonne santé, appuyé sur ses qualités (techniciens, formation), pouvant compter désormais sur un public de plus en plus nombreux et des ressources accrues… Une évolution globalement positive, qui offre de bien meilleures garanties à terme que le creusement brutal des inégalités entre les clubs, l'exclusion des joueurs nationaux, l'abandon de la formation, comme on le voit dans certaines ligues très riches… Sur la scène européenne, les performances n'ont pas été aussi dramatiques que cela, et si l'on devait en tirer des vérités générales, il faudrait alors mettre le Calcio bien bas. Laissons les choses s'équilibrer d'elles-mêmes (en espérant un début de contrôle de gestion à l'échelle européenne et une protection de la formation), et nous évaluerons mieux le rang continental de nos clubs nationaux, lesquels devraient d'abord s'attacher à définir des politiques sportives intelligentes plutôt que des business plans de start-up.

Après une intersaison qui sera peut-être plus animée que les précédentes, le championnat de France repartira sur des bases renouvelées mais avec sa réjouissante incertitudes. Soyons sûrs que l'intérêt qu'il suscitera ne sera pas moindre que celui de l'édition aujourd'hui achevée.

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