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La place de San Marco

Il y a presque vingt-cinq ans, Marco van Basten mettait, à contrecœur, un terme à une carrière qui en fit un des plus grands avant-centres de l'histoire.

Auteur : Christophe Zemmour le 31 Mars 2020

 

 

L’été 1995 bat son plein, la nouvelle saison de football s’annonce. Celle du Milan AC commencera sans son avant-centre star. En ce 17 août, Marco van Basten, la mort dans l’âme, annonce sa retraite.

 

À seulement trente ans, il sort de deux interminables années de convalescence et d’opérations pour soigner une cheville droite définitivement abîmée. Mais sa légende est déjà écrite.

 

 

 

 


Naître et partir à Munich

Son dernier match professionnel remonte au… 26 mai 1993. Ce jour-là, bien qu'il ne soit déjà plus lui-même, il reste un danger majeur pour l’Olympique de Marseille, qui plie mais ne rompt pas lors de cette première période périlleuse. 

 

Ses gestes de classe butent contre un jeune gardien en état de grâce, qui détourne d’un réflexe du pied son magnifique enchaînement contrôle orienté du droit-frappe du gauche, ou qui a la réussite de son côté quand le centre en demi-volée de Marco trouve la tête trop croisée de Daniele Massaro.

 

Cette finale restera une souffrance définitive. Celle des poings de Fabien Barthez qui lui cognent la tête lors d’une sortie aérienne. Celle de la défaite. Il ne le sait pas encore, mais ce sera aussi sa dernière fois.

 

Marco van Basten, le footballeur, a joué ses ultimes notes dans cet Olympiastadion de Munich. Dans ce stade où il a signé son œuvre la plus légendaire, la mère de toutes les volées. Dans ce stade si particulier pour les Pays-Bas, théâtre de leur défaite la plus amère et de leur grand triomphe. 

 


L’avant-centre modèle

Marco van Basten, c’était tout simplement l’attaquant parfait. Grand, technique, intelligent, instinctif, efficace, puissant, vif, doté d’un timing et d’un jeu de tête exceptionnels, excellent joueur de ballon, capable de tous les gestes. Peu ont, comme lui, marié aussi bien l’élégance à l’efficacité.

 

Ici un retourné acrobatique dans la lucarne, là un subtil crochet suivi d’un lob. Il était un monstre footballistique, révélé au monde professionnel sous le maillot de l’Ajax Amsterdam avant de devenir l’une des figures emblématiques du grand Milan d’Arrigo Sacchi. L’un des principaux artisans de la révolution tactique de la fin du vingtième siècle.

 

 

 

 

Parmi ses plus hauts faits d’armes, outre évidemment l’Euro 1988, il y a cette finale de C1 1989 durant laquelle il détruit, avec son compère Ruud Gullit, le Steaua Bucarest. Il y a ce total ahurissant de 265 buts en 393 matches.

 

Il y a cette année 1992 qui le voit renaître après une brouille avec Sacchi et redevenir l’artificier en chef d’un Milan invaincu en Serie A, régaler les mirettes, mais aussi connaître l’échec face à Peter Schmeichel sur son tir au but en demi-finale de l’Euro suédois.

 


Une légende en or

En dépit des réserves que l’on peut émettre sur cette distinction individuelle, Van Basten est lauréat de trois Ballons d’Or, codétenteur alors du record avec Michel Platini et Johan Cruyff, excusez du peu.

 

Gagner trois fois quelque chose, c’est ne rien devoir au hasard, se placer au-delà des circonstances, au-delà du commun des footballeurs. Et c’est le grand Johan qui le dit: "Si vous avez remporté trois fois le Ballon d'Or, vous appartenez à une communauté de gens qui ont été des joueurs extraordinaires".

 

Quand il annonce sa retraite, un jeune Brésilien vient d'affoler les compteurs lors de la saison écoulée, aux Pays-Bas justement. Il se nomme Ronaldo Luis Nazário de Lima et joue pour le PSV Eindhoven.

 

Ce phénomène va bouleverser la fin des années 90, connaître un destin chaotique quelque peu similaire à celui du grand Marco, et devenir le plus sérieux prétendant à ce titre honorifique de meilleur avant-centre de l’histoire du football – que Van Basten méritait alors très probablement. 

 

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Vingt-cinq ans après, la conviction reste intacte: le magnifique Marco est bien l’un des plus merveilleux footballeurs que l’on ait eu la joie de connaître.

 

 

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Réactions

  • Richard N le 31/03/2020 à 11h58
    Bel article, Christophe !

    L'abandon de Marco Van Basten, après deux ans de lutte contre les blessures, fut l'une des nouvelles les plus tristes de cette année 1995. Il aura eu le chic ultime d'annoncer son retrait l'année d'une finale de Ligue des Champions qui a opposé ses deux clubs, l'Ajax et l'AC Milan. La classe.

  • Marius T le 31/03/2020 à 15h45
    Ce bel article me refait penser au choix discutable de JPP d’aller au Milan pour faire de la figuration devant une telle concurrence.

  • Ba Zenga le 31/03/2020 à 16h03
    Merci pour vos retours.

    @Richard: En effet, bien vu. Une de mes finales favorites, entre un grand Milan en baroud d'honneur et cette magnifique Ajax qui concrétise une saison exceptionnelle. Match serré, avec le but de ce jeune nommé Patrick, autre attaquant dont j'aimais bien le style aussi.

    @Marius: Clairement. Et l'année qui a suivi, Massaro et Savicevic étaient également trop performants pour garantir à JPP une place dans le onze.

  • Lionel Joserien le 31/03/2020 à 16h11
    Intéressant comme toujours, merci pour le boulot.

    J'aurais vraiment aimé voir ce que MVB serait devenu après toutes les révolutions de 94 - 95 (la victoire à 3 points, plus de buts, plus de rouges, l'arrêt Bosman...).

  • Mevatlav Ekraspeck le 31/03/2020 à 20h36
    Et qui se souvient qu'à un Kieft près, les hollandais ne passaient pas les poules de l'euro, la faute à de magnifiques irlandais?

    Rien de ce que fit Marco ne fut possible, et on aurait été privé de la plus belle volée du monde.

    Merci Wim!

  • narcoleps le 31/03/2020 à 20h57
    Et qui se souvient que Van Basten n'est même pas titulaire en début de tounoi ?

    Merci pour la série, très chouette à lire.

  • Balthazar le 31/03/2020 à 21h23
    Et qui se souvient que mon grand-père adorait Van Basten (et Luc Nilis) ?

    On avait regardé ensemble le match aller de cette merveilleuse affiche, Real-Milan. Bon, c'était pas en 95. Van Basten avait égalisé avec pas mal de chance. Et je me souviens ou crois me souvenir qu'au retour les Milanais ont marqué aux 17e (Ancelotti), 24e (Rijkaard) et 45e minute (Gullit).

    Van Basten avait marqué en deuxième mi-temps, et puis peut-être Donadoni.

    Le pic de réminiscence, comme disent certains.

    Merci pour l'article !

  • Raspou le 01/04/2020 à 09h55
    Je remets ce que j'avais mis après l'article sur sa volée:
    "La quintessence de Van Basten, ce qui en faisait un joueur différent, est donnée par cette vidéo du 3-1 contre l'Allemagne en 1992: lien
    Le ralenti du 3e but hollandais, qui commence à la 54e seconde, montre ce qu'on ne voit pas en direct, la caméra faisant (déjà!) un gros plan sur Winters en train de déborder: tout en faisant son appel au premier poteau, Van Basten tend le bras en arrière pour montrer Bergkamp qui arrive démarqué. A la 56e seconde on voit même qu'il tourne la tête, toujours le bras tendu. Ce gars était un génie."



  • jeronimo le 01/04/2020 à 13h41
    Merci pour ce bel article.
    Je souscris en tout point à la conclusion : sans Ronaldo il n'aurait pas de concurrent au titre de meilleur 9 de l'Histoire.

    Ce profil de 9 "hypercomplet" tend à disparaître... je ne vois guère que Lewandowski aujourd'hui pour tenir le rôle.

  • leo le 01/04/2020 à 14h55
    Son seul concurrent, si on le considère comme un 9 (ce qui est mon cas), est Cristiano Ronaldo.