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Robson 1982, coup de chaud à Bilbao

[saga Mundial 1982] Un jour, un but - Le 16 juin 1982 à Bilbao, l'Anglais Bryan Robson ouvre le score après 27 secondes de jeu et assomme d'entrée l'équipe de France. 

Auteur : Richard Coudrais le 16 Juin 2022

 

Il n'aura fallu que vingt-sept secondes. Le temps pour les Anglais de donner le coup d'envoi, de balancer le ballon sur l'aile droite, d'obtenir une touche, de la jouer directement dans la surface de réparation.

Bryan Robson inexplicablement seul au niveau des six mètres, se détend pour reprendre d'une volée du gauche et battre Jean-Luc Ettori. 

 

 

Les Français sont abasourdis. Leur Coupe du monde espagnole commence de la pire des manières. La fébrilité gagne les rangs et la chaleur qui est tombée sur Bilbao est encore plus accablante. Le Stade San Mamès, antre de l'Athletic, est une véritable étuve. 

La délégation tricolore revient tout juste d'une préparation en altitude à Font-Romeu, dans les Pyrénées. Les joueurs étaient censés être au top de leur forme le jour du premier match...

Vingt-sept secondes, faux record

Quatre ans plus tôt à Mar Del Plata, ce sont les Français qui avaient ouvert le score contre l'Italie après trente-huit secondes de jeu. À Bilbao, le but qu'ils encaissent est encore plus rapide. Puisque celui de 1978, inscrit par Bernard Lacombe avait été proclamé le plus rapide de l'histoire de la Coupe du monde, on en conclut quatre ans plus tard que Robson s'est emparé du record.

On découvrira bien des années plus tard plus tard que l'annonce était un peu précipitée. Lors de la Coupe du monde 1962, le Tchécoslovaque Vaclav Masek avait marqué face au Mexique après seulement quinze secondes. 

Ni Lacombe ni Robson n'ont donc vraiment détenu ce record. Celui-ci tombera pour de bon le 29 juin 2002, avec le but inscrit après onze secondes par le Turc Hakan Sükür contre la Corée du Sud.

 

 

L'équipe de Ron Greenwood s'est qualifiée assez miraculeusement pour la phase finale de l'édition espagnole, mais elle a frappé fort d'entrée en dépit de l'absence de ses deux vedettes, Kevin Keegan et Trevor Brooking, handicapés par des douleurs juste avant le début du tournoi.

L'énergie Soler

Le sélectionneur Michel Hidalgo, redoutant le jeu physique des Anglais, a choisi de lui opposer un entrejeu résistant avec René Girard et Jean-François Larios. 

Michel Platini est positionné en avant-centre et la direction du jeu revient à Alain Giresse. La défense est tenue par Trésor, accompagné de Christian Lopez dans l'axe, Patrick Battiston à droite et Maxime Bossis à gauche.

Dans les buts, alors qu'on s'interrogeait sur le choix à faire entre Jean Castaneda et Dominique Baratelli, c'est le troisième gardien, Jean-Luc Ettori, qui est titularisé. Le Monégasque, tout juste sacré champion de France, ne compte que deux sélections, en match amical. Son invincibilité en Coupe du monde n'a duré que vingt-sept secondes.

Gérard Soler parvient à égaliser au bout d'une vingtaine de minutes, mais l'attaquant français ne fait que retarder l'échéance. En deuxième période, l'Angleterre assoit sa domination en inscrivant deux buts, profitant des errements de la défense tricolore. 

Robson, encore lui, s'envole au-dessus d'Ettori puis Paul Mariner profite d'un dégagement raté de Marius Trésor. Et dire que la France avait contesté le statut de tête de série accordée à l'Angleterre, parce que celle-ci avait été absente de la Coupe du monde depuis douze ans...

L'Angleterre remportera ses trois matches du premier tour, mais s'éteindra pendant le second pour avoir oublié de s'économiser sous les hautes températures espagnoles. 

La France, elle, parviendra à se reprendre. Mais au soir de la défaite à Bilbao, qui aurait pu croire qu'on retrouverait trois semaines plus tard les hommes de Michel Hidalgo aux portes de la finale ?

 

RÉTRO COUPE DU MONDE 1982

13 juin. España 1982, nos années Naranjito

14 juin. Un jour, un but : Socrates, deux feintes et une mine

15 juin. Un jour, un but : Milla 1982, l'histoire manquée

16 juin. Un jour, un but : Robson 1982, coup de chaud à Bilbao

17 juin. Fennecs plus ultra

21 juin. Un jour, un but : Giresse 1982, la controverse de Valladolid

24 juin. Manu Amoros, forte tête

25 juin. Un jour, un but : Armstrong 1982, de l'Ulster à la lune

28 juin. Un jour, un but : Genghini 1982, la lucarne bleue

4 juillet. Guerre froide au poteau de corner

5 juillet. Paolo Rossi, l'étoffe qu'on croyait perdue

8 juillet. Battiston, itinéraire d'une tunique oubliée 

 

Réactions

  • suppdebastille le 17/06/2022 à 16h14
    Pour le but de Robson il est dommage que jamais ( à ma connaissance) nous n'ayons vu un plan filmé de derrière le but d'Ettori pour comprendre comment après 40 secondes de jeu il ait pû se retrouver à ce point seul dans la surface.

  • suppdebastille le 17/06/2022 à 16h15
    La fameuse photo sur le 3 e but ( encore Robson) où la tête de l'anglais est au dessus des mains du gardien français.

  • JauneLierre le 17/06/2022 à 18h56
    J'avais en mémoire la demie de Séville (à peine 10 ans à l'époque) et le troisième but des Allemands où Ettori est d'une passivité consternante. Même s'il n'est pas le principal fautif sur ce but, je me rends compte à quel point il était mauvais dès le départ et que, comme cela a été rappelé, nous n'avions pas de titulaire sérieux au poste.
    Je me fais le résumé de RFA - France là et, la sortie d'Ettori sur le deuxième but allemand est du même niveau.

  • suppdebastille le 17/06/2022 à 19h23
    Baratelli sortait d'une grosse saison avec le PSG et de nombreux tab arrêtés lors de la Coupe de France (quand on voit la série d'Ettori face à la RFA..) . J'avais oublié que Curkovic était dans le staff, mais Hidalgo est parti avec ce secret du choix de gardien.

  • OhVertige le 18/06/2022 à 11h32
    c'est la seule spécialité où je lui reconnaissais d'être supérieur à ses concurrents : être bon au péno/tirs aux buts. Sur la séance, j'avais vu un doc où un de ses coéquipiers disait qu'il anticipait toujours pied fermé. et quasi tous les tireurs allemands étaient pied ouvert.
    L'année précédente il y avait alternance entre Baratelli et Castaneda, et c'est le troisième larron qui est sorti, hélas
    D'aucuns disent aussi que Curko en avait profité pour mettre un taquet à son successeur à l'ASSE et à son rival niçois en conseillant Ettori

  • Mangeur Vasqué le 18/06/2022 à 13h03
    Merci Richard.

    J’étais en partie en Espagne pour cette Coupe du monde 1982 (juillet), on y allait souvent (Costa Brava) pour les vacances, mes dernières avec 'my old folks'.

    Pour moi, hormis France-Allemagne et deux ou trois autres choses, ce qui reste de ce Mondial c’est aussi Kevin Keegan, forcé d’observer ce Mondial sur le banc ou des tribunes, pour ce qui était le premier mondial des Anglais depuis Mexique 1970. Keegan, qui devait être capitaine avant ce Mondial, était très diminué et n’a été sélectionné que 27 minutes, dans le dernier match décisif, contre l’Espagne (qu’ils devaient battre par 2 buts d’écart pour atteindre la demi-finale, vs la France).

    Keegan, 31 ans, était alors à Southampton mais il signera quelques semaines plus tard à Newcastle United (D2). Soyons clair : pas pour l’amour des Mags, mais pour le ‘wonga’, la maille. Plus gros salaire du foot anglais, toutes divisions confondues. C’est le regretté Malcom Dix lien, un type formidable et humble qui a beaucoup compté à Newcastle United – il a notamment créé l’une des premières associations de supporters du pays, dans les Seventies, pour donner une voix aux supps et changer les choses – qui m’a raconté toute la saga dans un pub, en 2014 (Dix a facilité le transfert et l’énorme salaire pour l’époque, et pour l’Angleterre, payé en grande partie par le sponsor).

    L’anecdote étonnante ici (et je que raconte de mémoire, peut-être pas 100 % exacte mais peu importe) est que Keegan souffrait terriblement du dos et les soins de l’équipe médicale anglaise n'y faisaient rien. Keegan, qui n’avait donc jamais participé à un Mondial, savait que c’était probablement sa dernière chance.

    Donc, vers le 27 juin, il loue une voiture et part, seul, pour l’Allemagne (!), sans le feu vert du sélectionneur, pour y consulter un spécialiste. Je ne sais plus s’il s’est rendu voir son ancien toubib à Hambourg ou un spécialiste à Munich mais ce médecin lui a prescrit des infiltrations et autres. Keegan retourne en Espagne et arrive après le match Allemagne de l’Ouest-Angleterre (0-0). Le 5 juillet, le sélectionneur Ron Greenwood le met remplaçant vs l’Espagne.

    Dans un remplacement quitte ou double, il rentre à la 63è, en remplacement de Tony Woodcock, en compagnie de Trevor Brooking qui lui remplace Graham Rix (ex Caen et Le Havre; triste d’ailleurs ce qu’est devenu ce type lien, avec son compère Gwyn Williams à Chelsea, une belle pourriture lien)

    Keegan a une belle occasion de marquer de la tête il me semble, mais au-dessus. C'était sa dernière sélection avec les Trois Lions lien

  • Richard N le 18/06/2022 à 18h33
    En effet, j’ai redécouvert cette anecdote récemment. Selon mes sources (FF d’époque, mais pas infaillible pour autant :-) ), KK s’était rendu à Hambourg, chez le kiné qu’il fréquentait durant sa période HSV. Je ne pense pas qu'il y ait été en voiture (plus de quinze heures de route avec un mal de dos, tu imagines ?). Plutôt un aller-retour en avion la veille du match contre le Koweït. Il part le matin, il revient dans la nuit. Le lendemain, il s’entraîne avec les autres, comme si de rien n’était. Il n’est pas aligné contre la RFA (ça n’aurait pas été cool pour le médecin qui l’a soigné) mais il entre contre l’Espagne avec Brooking (façon western, belle mise en scène de Greenwood !). Les deux hommes auront chacun une occasion nette de marquer. La tête de Keegan, en déséquilibre, passe à côté alors qu’Arconada est aux fraises. KK ne sera jamais champion du monde.

  • Mangeur Vasqué le 18/06/2022 à 20h41
    Ah ben j’avais trop idéalisé son trip dans ma tête alors, j’avais entendu ou lu la version low-cost… Effectivement, il avait pris l'avion, la canicule me fait délirer.

    Je viens de consulter sur le Net un extrait de son autobio “My Life in Football: The Autobiography” (2018), que je n’ai pas lue.

    Alors, voyons voir. Il a bien pris la voiture... mais pas pour Hambourg (!) 'juste' pour aller à l’aéroport, qui n'était pas la porte à côté (400 kms). Et il est resté une nuit à Hambourg (il voyageait mode incognito donc il voulait éviter l’hôtel). En tout, il écrit que le périple dura 48 heures. Et d’après cette autobio, c’est après le match du Koweït qu’il s’est envolé pour Hambourg. Effectivement, pas infaillible ton France Football !
    A la décharge de FF, cet A/R express Bilbao-Madrid-Hambourg fut effectué dans le plus grand secret (seulement 4 ou 5 personnes savaient, Greenwood, son adjoint, le médecin de l'équipe, le kiné et Brooking), donc si c'est un FF d'époque cô tu l'écris, possible qu'ils aient été mal informés (par des journalistes anglais par exemple) car tout ça s'était fait en loucedé.

    Les Anglais étaient basés à Bilbao et Keegan dut s’envoler de Madrid. Il partit vers minuit, dans une Seat 500, prêtée par la réceptionniste de l’hôtel ! (je parie que c’est pas dans ton FF ça !). Greenwood et le médecin, Vernon Edwards, étaient contre et en gros, c’était à lui de se démerder. Incroyable vu de 2022 mais bon. Le vol pour Hambourg était à 7 heures du mat’ et Keegan se tapa donc 5 heures de route.

    Donc, il arrive vers midi au cabinet du docteur Jürgen Rehwinkel. Ce dernier lui fait un bon massage, lui remet en place 4 vertèbres et, dit Keegan, 24 h après ça allait mieux.
    Petite anecdote bon enfant. Keegan partageait sa piaule avec Brooking, lui aussi blessé donc (adducteurs), et ces deux-là avaient dessiné une croix rouge sur la porte de leur chambre, cô pour dire ‘Ici Grands Blessés’.

    Keegan ajoute dans son autobio que Vernon Edwards n’avait pas du tout aimé le fait qu’il aille consulter en Allemagne, ça l’avait ulcéré, surtout niveau orgueil professionnel.
    Il écrit aussi que Greenwood semblait penser que c’était un ‘national embarrassment’ qu'il aille consulter un spécialiste allemand (d’ou son escapade secrète, sans que la presse ni aucun autre joueur, à part Brooking, ne soit au courant. Pour conduire sa Seat (y'avait des Seat 500 en 1982 ? J'aurais plutôt misé sur une Fiat 500), il s'était un peu grimé pour surtout pas se faire reconnaître, avais mis des grosses lunettes noires et s'était refait la coiffure.

    Il est clair en lisant cet extrait dans le bouquin qu’il en veut bcp au staff anglais. Je ne vais pas tout raconter mais il est vénère car il leur avait demandé bien avant d’aller consulter à Hambourg et ils avaient refusé. Donc, au lieu de 27 minutes de jeu (ses seules en coupe du monde), il aurait pu jouer bien plus longtemps et, probablement, qualifier l’Angleterre pour les demies vs la France…

    Encore merci Richard pour ces vignettes vintage.

  • Richard N le 18/06/2022 à 22h41
    Ah bien vu ! Je lis peu les autobio de footballeurs, celles-ci sont souvent ennuyeuses. Mais j'aurais dû lire celle de KK rien que pour ce passage savoureux. Peu importe la véracité complète du truc, la légende est trop belle. Je valide :-)

  • Mangeur Vasqué le 20/06/2022 à 20h37
    Il manque ‘chez un ami’ dans ma phrase : “Et il est resté une nuit à Hambourg CHEZ UN AMI (il voyageait mode incognito donc il voulait éviter l’hôtel)”.

    Je n’en lis pas des masses non plus mais y’a des bios/autobios de footeux vraiment au-dessus du lot, surtout quand l’intéressé n’est pas lisse et/ou a une carrière, ou une vie, atypique.

    Je viens d’ailleurs d’en lire une fascinante, et bouleversante. Un docudrame superbement réalisé a d’ailleurs été diffusé le mois dernier par la BBC sur ce footballeur (toujours visionnable, sur leur iplayer, pendant encore au minimum 11 mois. Géolocalisé, malheureusement, mais vous l'aurez peut-être en France cette année). J’ai immédiatement voulu en faire la critique (et élargir sur l'histoire de cet homme), j'ai contacté Dame Rédac et ai envoyé le pitch + échantillon de mon article (it's under consideration, si publication il y a peut-être pour la rentrée).

    L’article est quasiment bouclé (je prends toujours un tas de notes quand je visionne ce genre de chose. Et ce docudrame porte sur un gros scandale récent du football anglais, un scandale déclenché par un lanceur d’alerte qui a provoqué un véritable séisme dans le milieu du football britannique, donc ça ne sort pas de nulle part non plus, y’a matière à faire).

    Cela dit, comme je l’écris je n’ai pas lu cette autobio de Keegan (‘My Life in Football: The Autobiography’, 2018), j’ai lu des bouquins sur lui y’a pas mal de temps déjà mais pas celle-ci, j’ignorais même son existence. J’ai juste entré quelques mots clés dans Google (Keegan – Jürgen Rehwinkel – World cup 1982) et le passage pertinent son autobio est apparu de suite : lien

    Comme tu le soulignes dans l’article Richard, l’Angleterre n’avait guère brillé en qualif, mais y’avait de quoi mieux faire en Espagne. Aucune défaite, 1 seul but encaissé en 5 matchs. De quoi nourrir des regrets. Surtout pour Keegan.