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Le saint suaire de Paolo Rossi

[saga Mundial 1982] Quand Paolo Rossi meurt en 2020, l'Italie se met à la recherche du maillot qu'il portait le 5 juillet 1982, jour de son triplé face au Brésil... 

Auteur : Richard Coudrais le 5 Juil 2022

 

Ce 5 juillet 1982 au stade Sarrià de Barcelone, l'équipe d'Italie, que l'on jugeait moribonde, provoque la stupeur en terrassant l'invincible Brésil, grand favori de la Coupe du monde espagnole. L'étonnement est d'autant plus grand que les trois buts italiens ont été inscrits par Paolo Rossi.

L'attaquant a été rappelé juste avant le tournoi alors qu'il venait de purger une suspension de deux ans, à la suite d'un scandale de matches arrangés qui fit grand bruit. Ses premières prestations sont médiocres, mais le sélectionneur Enzo Bearzot lui maintient sa confiance envers et contre tous.

 

 

Contre le Brésil, l'attaquant de la Juve inscrit trois buts et est acclamé par toute l'Italie. Mieux, il poursuit sa résurrection jusqu'à la finale, devient meilleur buteur du tournoi et permet à la Squadra Azzurra de décrocher un titre mondial plutôt inattendu.

 

 

La pièce manquante

Trente-huit ans plus tard, toute l'Italie pleure son buteur, vaincu par un cancer le 9 décembre 2020 à l'âge de soixante-quatre ans. Paolo Rossi avait arrêté sa carrière à trente et un ans tant à cause de blessures que par manque de motivation.

Son dernier match avec la Juventus aura été la finale de la Coupe d'Europe 1985 disputée au Heysel après le drame qui a coûté la vie à trente-neuf personnes. Paolo Rossi s'est ensuite lancé dans l'investissement immobilier et a affiché son soutien à quelques candidatures politiques. Loin du football.

Après sa mort, on donne son nom au trophée du meilleur buteur du championnat italien, titre que lui-même avait décroché en 1978. Son épouse, la journaliste Federica Cappelletti, entreprend de monter un musée à sa mémoire et rassemble des objets : le Ballon d'Or de 1982, le trophée du meilleur buteur de la Coupe du monde et une multitude d'équipements portés au cours de sa carrière.

Mais il lui manque une pièce importante : le maillot qu'il portait lors de la rencontre contre le Brésil. Sur les images de la fin du match, on voit le joueur fêter la victoire et sa résurrection, mais à aucun moment il n'échange son maillot avec un adversaire. Qu'a donc pu devenir ce maillot ? Qui peut l'avoir en sa possession ?

« Il était enroulé, je l'ai pris sans regarder »

C'est alors que se manifeste un certain Alcides Fonseca Júnior, plus connu sous le nom de Juninho Fonseca. Le 5 juillet 1982, celui-ci est l'un des cinq remplaçants brésiliens. L'obscur défenseur de Ponte Petra a été couché sur la feuille de match par Télé Santana après le forfait d'Edinho. Sans jamais entrer en jeu durant ce Mundial.

Mais Juninho Fonseca est un collectionneur qui veut garder quelques souvenirs du tournoi. À la fin de chaque rencontre, il a pris l'habitude de se rendre dans le vestiaire d'en face pour proposer son maillot en échange de celui d'un adversaire.

À Sarrià, il pénètre donc dans le vestiaire italien, où la fête bat son plein et n'a même pas le temps de s'adresser à un joueur. Un membre du staff italien lui donne un sac plastique contenant un maillot bleu : "Il était enroulé, je l'ai pris sans regarder", expliquera Juninho Fonseca au site Globo Esporte.

Ce n'est qu'en rejoignant ses coéquipiers que le réserviste brésilien y jette un œil et découvre qu'il s'agit du numéro 20, celui du héros du jour, trempé de sueur : il ne fait aucun doute qu'il a été porté ce jour-là.

Longtemps, la tunique reste dans une valise de son domicile à Olimpia, dans l'État de Sao Paulo. C'est à l'occasion d'un déménagement à Ribeirão Preto que le défenseur se rappelle que la prestigieuse tunique est en sa possession, et décide de créer un petit musée où elle sera mise en valeur. La relique est exposée ainsi pendant plus d'une décennie.

Le prix de la relique

Le joueur, retraité en 1992, a exercé le métier d'entraîneur pendant une vingtaine d'années avant de devenir consultant et de commenter le foot sur sa chaîne YouTube. Il est contacté par Federica Cappelletti, avant même la mort de son époux, laquelle mène son enquête auprès des experts et des collectionneurs pour s'assurer de l'authenticité du saint suaire.

 

 

Le Brésilien dit être très attaché à l'objet et qu'il n'acceptera de le céder qu'à une personnalité du monde du sport : "L'important est que le maillot finisse entre de bonnes mains, déclare-t-il. Un ancien joueur du Brésil me l'a demandé avec insistance, mais nous n'avons pas encore trouvé d'accord. Non, je ne vous dirais pas qui c'est."

Pour la veuve de Paolo Rossi, il fixe un prix de vente à 50.000 dollars (environ 40.000 euros). L'Italienne commente avec philosophie : "Puisqu'une vignette Panini de Paolo peut se vendre jusqu'à 70 euros, son maillot doit bien valoir ce prix."

La FIGC, fédération italienne de football, est récemment venue en aide à Federica Cappelletti. En contact avec le Brésilien, elle cherche à négocier au meilleur prix. Les anciens champions du monde de 1982 sont sollicités pour faire avancer l'affaire.

En décembre dernier, ceux-ci se réunissent à Zurich, au musée de la FIFA, pour un hommage à Paolo Rossi un an après sa mort. La veuve du buteur, présente, vient faire don au musée du maillot qu'il portait lors de la demi-finale contre la Pologne dont il avait inscrit les deux buts.

Le directeur du musée annonce pour l'occasion qu'une exposition sera consacrée au buteur italien en 2023. Y verra-t-on le maillot porté par Paolo Rossi contre le Brésil ?

 

 

RÉTRO COUPE DU MONDE 1982

13 juin. España 1982, nos années Naranjito

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Réactions

  • Red tattoo le 05/07/2022 à 10h34
    Quel soulagement de lire cet article complètement décalé, sur cette histoire de maillot dont je n'avais jamais entendu parler.
    Soulagement, parce que Brésil-Italie reste pour moi un drame éternel et que je m'apprêtais à boire à nouveau la lie et le calice d'un récit de ce match aberrant, qui contient à la fois le pire et le meilleur du football. Le pire, quand CE Brésil là peut être battu par CETTE Italie là, quand un jeu de mouvement et de créativité peut être battu par un opportunisme froid. Le meilleur, parce que c'est ça le foot, et le sport en général : des surprises, des résurrections improbables et des échecs inconcevables.
    Ca a été dit mille fois, mais ce jour-là, le football a basculé dans une autre époque : la rigueur tactique, la préparation physique et l'hygiène de vie sont devenues les priorités. Quand Socratès est allé joué en Italie un an après, à la Fiorentina, lui le dilettante génial qui avait toujours une bonne raison de ne pas se fatiguer à l'entraînement, n'a pas existé face à des joueurs certainement moins doués, mais qui travaillaient davantage.
    Sans doute que cette évolution était inévitable, mais pourquoi a-t-il fallu que ça commence justement ce jour-là ? Putain ! On ne pouvait pas attendre deux semaines de plus non ? La tête d'Oscar aurait pu rentrer à la dernière minute, le Brésil aurait eu chaud mais il serait passé, il aurait ensuite dansé autour de la Pologne et de la RFA, Zico et Socratès auraient été champions du monde, tout le monde aurait été content, et les pères la rigueur auraient parlé diététique et autres sujets austères un peu plus tard.
    On fait comme ça, d'accord ?

  • Ba Zenga le 05/07/2022 à 14h25
    En effet, angle de vue de ce match super intéressant. Merci Richard. C'est quand même fou que ce Juninho Fonseca n'ait pas encore voulu céder le maillot à la femme de Rossi... Ma foi, c'est probablement un truc de collectionneur.

  • José-Mickaël le 05/07/2022 à 20h12
    Ah oui, très intéressante cette approche ! J'aurais bien aimé lire le récit de ce match qui fait partie de l'histoire du football, mais c'est vrai qu'il a été raconté maintes et maintes fois. J'ignorais complètement cette anecdote. Merci de nous dévoiler aussi la petite histoire !