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Fabien Barthez : un ver dans le fruit jaune

Le recrutement d'un grand joueur lors du mercato d'hiver n'est pas toujours une bonne idée. Il y a dix ans, un FC Nantes à la dérive avait pourtant cru à l'affaire du siècle avec Fabien Barthez.

Auteur : Richard Coudrais le 10 Jan 2017

 

 

En cet hiver 2006/07, il y a longtemps que le FC Nantes n'est plus une place forte du football français, ni même le fief d'un football léché et agréable. Déserté par ses meilleurs joueurs, privé de ses meilleurs techniciens, le club est tombé aux mains de dirigeants persuadés de n'avoir rien à apprendre du passé.

 

Recrue d'envergure

Au début de la saison, le club a laissé partir son emblématique gardien Mickaël Landreau. En contrepartie, il s’est montré très actif sur le marché des transferts. Six joueurs ont rejoint la maison jaune, parmi lesquels le gardien serbe Vladimir Stojkovic. Or, les performances de celui-ci sont telles que le club s’en sépare au bout de onze matches. Le jeune Vincent Briant assure l’intérim jusqu’à la trêve, où le président du club Rudi Roussillon annonce fièrement une recrue d’envergure: Fabien Barthez.

 

 

Curieuse idée d’aller chercher un homme qui certes a disputé la finale de la Coupe du monde six mois plus tôt, mais qui depuis a annoncé avoir mis un terme à sa carrière. On ignore à vrai dire ce qui a pu attirer Fabien Barthez au FC Nantes. Si l’affaire passe médiatiquement pour un bon coup, elle ressemble à une erreur de casting. Il eut été plus logique que l’ex-gardien rejoigne Toulouse ou Marseille, des clubs pour qui il avait une attirance affective. Nantes, c'est le pire choix pour un nom connu: un club renfermé sur lui-même où l'esprit de clocher est encore plus fort qu'ailleurs, où traditionnellement la réussite d'une recrue tient de circonstances exceptionnelles. Une situation encore plus compliquée lorsque le club traverse des difficultés qui lui étaient jusqu'alors inconnues.

 

Si un champion du monde peut apporter un mental de gagneur et un état d’esprit positif, encore faut-il s'assurer que celui-ci n'a pas mentalement décroché. Depuis le Mondial, Fabien Barthez entretient sa forme à Blagnac comme joueur de champ dans une équipe amateur. Est-il encore un footballeur de haut niveau?

 

 

Club Med

À Nantes, le portier ne se montre pas enclin à se fondre dans le collectif. S'ils pensaient avoir affaire à son double de latex qui amuse les foules dans une émission satirique, les Nantais découvrent un être de chair et d'os plutôt fermé et peu souriant. Dès les premiers entraînements, le divin chauve déclare trouver l'ambiance de la Jonelière un peu trop "Club Med" à son goût. Plus tard, il lâche ses nouveaux coéquipiers en plein exercice de tirs au but, sous le prétexte d'un mauvais esprit. Les dirigeants ne prennent aucune sanction.

 

Les premiers matches se passent pourtant bien. La Beaujoire applaudit même son nouveau gardien en voyant celui-ci aller faire une touche dans les dernières secondes d'un Nantes-Nice qui enclencha un but victorieux. La suite oscillera entre le meilleur et le pire. En février, Barthez prend cinq buts face à Valenciennes (2-5). Une semaine plus tard, alors qu'un nouvel entraîneur a pris place, le club nantais arrache à Marseille un 0-0 qu'il doit principalement à son gardien.

 

Arrive la réception de Sedan, le premier avril, pour un match des relégables qu'il ne faut absolument pas perdre. L'ex-meilleur goal du monde réalise une boulette invraisemblable qui donne l'avantage à ses adversaires. Cette péripétie du jeu aurait pu en rester là si, dix minutes plus tard, le maladroit n'avait demandé à sortir du terrain. L'entraîneur Michel Der Zakarian s'exécute et grille un remplacement à un moment où son coaching aurait pu inverser la tendance (même si ça reste à prouver). Barthez n'est même pas blessé, sinon dans son orgueil. Il ne reste même pas sur le banc pour soutenir ses coéquipiers. Il rentre chez lui sans se soucier de la suite des événements.

 

 

Parking

Il devient naturellement la cible des sifflets du public de la Beaujoire lors des matches qui suivent. Le reste du temps, pas une journée ne passe sans que les échos du centre d'entraînement ne relatent un accrochage plus ou moins important entre Barthez et un Canari. On prête même au gardien l'intention d'avoir fait venir son propre nutritionniste pour expliquer à ses coéquipiers comment s'alimente un joueur de haut niveau. Au bout de quelques mois, le cadeau empoisonné du président Rudi Roussillon ne parle quasiment plus à personne.

 

Le match Nantes-Rennes du 29 avril crève pour de bon l'abcès. Au terme d'une nouvelle défaite qui enfonce le club à la vingtième place, le gardien est au centre d'une altercation sur le parking du stade. Coups de poings? Menaces? Simple échanges de mots choisis? Les versions de l'incident diffèrent mais l'histoire fait grand bruit. En quittant le parking et engageant son bolide sur la rocade, le gardien prend la décision de quitter le soir-même ce club dont il n'avait finalement rien à secouer.

 

 

Réactions

  • Toni Turek le 10/01/2017 à 04h28
    Ah ben elle démarre bien l'année, Richard, si tu nous remets pareil souvenir en mémoire !

    Dix ans déjà ! Quand je me souviens du soulagement ressenti au maintien obtenu par miracle deux années plus tôt...

    Et même pas un Ballon de Plomb, ou même un Podium de Ballon de Plomb, pour conclure ce rocambolesque passage nantais !

  • Gouffran direct le 10/01/2017 à 05h06
    Mais est-ce que c'est vraiment arrivé tout ça?

    Un peu comme le prétendu Mondial 2002 ou le piratage russe, pas sûr qu'on ait pas été manipulés par des messages subliminaux.

    C'est trop gros, trop énorme pour être vrai.


    Ce ne fut pas la Divine comédie de Dante, mais le divin chauve comédien de Nantes.

  • le Bleu le 10/01/2017 à 06h32
    "un club renfermé sur lui-même où l'esprit de clocher est encore plus fort qu'ailleurs, où traditionnellement la réussite d'une recrue tient de circonstances exceptionnelles."

    Mais pourquoi les articles sur le FC Nantes ne passent pas d'abord systématiquement par le filtre vérificateur "sansai" ?

  • le Bleu le 10/01/2017 à 06h33
    Je veux dire, cette phrase, c'est du Pascal Praud. Il ne manque que le mot "consanguin".

  • Bof le 10/01/2017 à 13h11
    Toni Turek

    Et même pas un Ballon de Plomb, ou même un Podium de Ballon de Plomb, pour conclure ce rocambolesque passage nantais !

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    Ça m'avait marqué aussi à l'époque, car il avait fait un vrai carton sur les trois critères, pour moi c'était le lauréat incontestable en 2007. Au lieu de ça, on a vu le sacre d'un plutôt innocent Matt Moussilou qui faisait un peu dézinguage d'ambulance, comme pour Bernard Mendy l'année précédente.

    C'est plutôt à cette époque-là que je me serais retrouvé dans le communiqué de la rédac' scellant l'annulation du concours des années plus tard, alors qu'on restait sur une belle série de vainqueurs franchement (les Maazou, Jemaa... pfiou...)

  • Tonton Danijel le 10/01/2017 à 13h49
    Le portrait d'époque était, à vrai dire, aussi impartial que Cambadélis dans une primaire:

    lien

  • Radek Bejbl le 10/01/2017 à 14h58
    Les commentaires d'époque sont excellents.

  • André Pierre Ci-Gît Gnac le 11/01/2017 à 04h21
    Du coup, je suis allé voir un résumé du fameux Nantes-Sedan. Voir Payet aussi jeune m'a foutu un sacré coup de vieux.

  • Tonton Danijel le 11/01/2017 à 09h04
    Payet avait d'ailleurs failli en venir aux mains avec Barthez, ce dernier ayant fait une sortie deux pieds en avant sur le joueur lors d'un entraînement.

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