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Comment finir un match de coupe ?

[rétro Euro 2000 • 5/5] Il y a vingt ans, le championnat d’Europe 2000, comme celui de 1996, a désigné son vainqueur par un but en or. Une formule alors récente qui entamait déjà son déclin. 

Auteur : Richard Coudrais le 2 Juil 2020

 

 

Dans son histoire, le championnat d’Europe de football a été un formidable champ d’expérimentations pour les rencontres qui ne peuvent s'achever sur un résultat nul. La première finale, URSS-Yougoslavie en 1960, a ainsi été conclue par une prolongation.

 

Celle de 1968 est également allée jusqu’à la prolongation, mais comme elle n’a pas désigné de vainqueur, la rencontre a été rejouée. Elle a été remportée par l’Italie qui, trois jours plus tôt, avait passé sa demi-finale… par tirage au sort.

 

 

 

 


Des tirs au but au but en or

En 1976 à Belgrade, RFA et Tchécoslovaquie ne parviennent pas à se départager en prolongation. Les deux finalistes ont alors recours aux tirs au but, une première en finale d’une grande compétition. L’occasion, au passage, de découvrir le fameux tir piqué du Tchécoslovaque Antonin Panenka qui donne la victoire aux siens.

 

Vingt ans plus tard à Wembley, les deux mêmes nations ou presque, Allemagne et République tchèque, expérimentent une nouvelle manière de mettre fin à une rencontre sans vainqueur: le but en or. Une faute de main du gardien tchèque Petr Kouba, sur un tir d’Oliver Bierhoff, donne la victoire à l’Allemagne et met soudainement fin au tournoi.

 

 

 

 

Lors de l’édition suivante, l’équipe de France se fait une spécialité de l’exercice. Après avoir été la première à bénéficier du procédé en Coupe du monde (France-Paraguay, huitième de finale du Mondial 1998), la sélection tricolore remporte grâce à lui sa demi-finale face au Portugal, puis le tournoi contre l’Italie.

 

Depuis quelques années, la pratique des tirs au but s’était généralisée dans de nombreuses compétitions de football. Mais elle n’avait pas pour autant gagné en légitimité.

 

Inaugurés à Séville à l’issue de la traumatique demi-finale entre France et RFA, les TAB ont été de plus en plus fréquents en Coupe du monde, dans ses moments de plus en plus décisifs: trois quarts de finale en 1986, quatre rencontres dont les deux demi-finales en 1990, trois en 1994 dont la finale.

 


Quelle légitimité pour les tirs au but ?

La généralisation du procédé commençait à poser problème. L’exercice, bien que particulièrement technique, sort du cadre d’un match à proprement parler. Il donne un résultat considéré comme aléatoire, au détriment de la crédibilité des compétitions.

 

Entre 1984 et 1991, la Coupe des clubs champions est remise presque une fois sur deux à l’issue des tirs au but. Ce fut aussi le cas dans les autres épreuves européennes, en Coupe de France et même en Coupe Gambardella. Le mot d’ordre était donc d’en finir avec les tirs au but, ou du moins d’en limiter leur utilisation.

 

Le but en or semblait la solution idéale: la première équipe qui marque un but en prolongation est déclarée vainqueur. Quoi de plus simple? L’Euro 1996 en Angleterre sert de laboratoire à cette nouvelle règle, mais celle-ci n’est appliquée qu’une seule fois… lors de la finale. Elle n’a pas empêché quatre rencontres (dont les deux demi-finales) de se jouer aux tirs au but.

 

Même chose lors de la Coupe du monde 1998: un seul but en or pour trois matches conclus par une séance de tirs au but. La tendance s’inverse ensuite: deux pour une au cours de l’Euro 2000, trois pour deux en Corée et au Japon pour la Coupe du Monde 2002.

 

Alors que ses promoteurs pouvaient en espérer une incitation à attaquer lors de prolongations souvent crispées et ternes, la peur de la "mort subite" (nom officieux de la méthode) sembla avoir l'effet inverse. Généralement, le regain de tension n'alla pas de pair avec un regain de spectacle.

 


L’occasion ratée du but en argent

S’il semblait en mesure donc de remplir son objectif, le but en or n'apportait finalement pas satisfaction. Dans sa façon de mettre brutalement fin aux rencontres, était-il vraiment moins injuste que les tirs au but? Le problème n’était-il pas la généralisation d’un procédé plutôt que le procédé en lui-même?

 

Indéniablement, le match de foot ne pouvait se terminer sur un but, fût-il en or. L’esprit du jeu demandait que l’adversaire ait une chance d’égaliser.

 

Le but en or a donc disparu très vite, à l'issue du Mondial asiatique. Les instances proposèrent alors une solution un peu plus soft qu’elles baptisèrent "but en argent". Le principe était de relever le score à l’issue d’un certain temps de jeu en prolongation, à la mi-temps puis à la fin.

 

C’est bien sûr le championnat d’Europe qui inaugura cette formule. Elle ne fut appliquée qu’une fois, lors de la demi-finale opposant la République tchèque à la Grèce. Mais ce but en argent ayant été inscrit à la dernière minute d’une période de jeu, il ressembla beaucoup, dans la forme, à un but en or.

 

Les instances du football abandonnèrent alors le but en argent et avec lui toute idée de trouver la solution pour raréfier les tirs au but. Ceux-ci, d'ailleurs, posaient-ils encore problème? La génération des fans de football nés après Séville les a intégrés dans le déroulement normal d’un match de football et apprécie leur dramaturgie.

 


Pour un replay des finales

Il est toutefois dommage que l’on n’ait pas expérimenté plus longtemps le but en argent, qui semblait mieux respecter l’esprit du football que les TAB ou le golden goal. On aurait pu, par exemple, aménager des prolongations de trois fois dix minutes.

 

D’autres idées ont également été avancées, notamment celle de donner un vainqueur par défaut en cas de résultat nul: l’équipe qui a ouvert le score, celle qui a inscrit le plus de buts ou pris le moins de cartons depuis le début de l’épreuve… Certains ont aussi suggéré d'exécuter les tirs au but avant la prolongation, voire avant le match.

 

On oublie par ailleurs que la solution existe depuis la nuit des temps. Les plus anciennes épreuves de coupe ont longtemps fait rejouer les rencontres terminées sur un score nul. Aujourd’hui, les calendriers de plus en plus serrés ne permettent plus de glisser une rencontre supplémentaire entre deux autres.

 

On acceptera volontiers l’argument pour un match qualificatif, mais beaucoup moins sur une finale. Celles de la Coupe du monde ou de la Ligue des champions (mais aussi l’Euro) se jouent souvent avant une période dégagée. Pourquoi, alors, se refuser à faire rejouer ces finales?

 

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Réactions

  • Milan de solitude le 02/07/2020 à 18h38
    Radek Bejbl
    aujourd'hui à 18h20

    ---

    Effectivement, différence de sensibilité, car je me souviens bien des deux buts dans la prolongation de Croatie-Russie, mais la séance a pour moi été quelconque, comme presque toutes les séances de tirs au but du monde. Je revois Fernandes, l'égalisateur, rater son tir au but... Voilà. Croatie-Danemark : je me rappelle le pénalty qui aurait mérité carton rouge, et qui est vendangé par le futur Ballon d'or. Séance quelconque.
    Baggio, c'est bien dans la prolongation, si ça rentre c'est but en or et la France est éliminée dans la seconde. C'est la fois où elle a été la plus près d'être éliminée de toute la compétition, avec le moment entre le tir au but de Lizarazu et celui d'Albertini.

  • José-Mickaël le 02/07/2020 à 21h19
    Il y a un autre système dont on n'a pas parlé et qui a existé à une époque : à la fin des prolongations, on joue de nouvelles prolongations. C'est ainsi que Reims avait éliminé Milan AC en 1/2 de coupe Latine (en fait je crois que c'était un but en or, donc 30 minutes de prolongations, et s'il y a toujours match nul, re-30 minutes mais avec la règle du but en or).

  • Richard N le 03/07/2020 à 12h04
    José-Mickaël
    02/07/2020 à 21h19
    Il y a un autre système dont on n'a pas parlé et qui a existé à une époque : à la fin des prolongations, on joue de nouvelles prolongations (...)
    -----
    En effet, mais c'est inimaginable aujourd'hui où les mecs font deux matchs par semaine. Il faut penser à leur santé aussi :-) Ou alors peut-être des prolongations successives de dix minutes (sans but en or) ?

  • Madar Kvador le 03/07/2020 à 12h48
    Avec le but en or instauré en Coupe du Monde au début des 80's, les Bleus éliminent les Allemands à Séville et gagnent la Coupe du Monde 82. Première étoile.
    Qualifiés automatiquement pour la Coupe du Monde 86, ils sont dispensés d'éliminatoires. Du coup Platini peut souffler un peu plus, et n'arrive pas cramé au Mexique. Il nous refait un tournoi aussi étincelant que celui de l'Euro 84. Deuxième étoile.
    98, rien à signaler. Troisième étoile.
    2006. 103è minute, tête fabuleuse de Zidane. Sous la pression du fatal but en or, Buffon a les gants qui tremblent, il craque, et le ballon retombe derrière la ligne. Quatrième étoile.
    2018, rien à signaler. Cinquième étoile.

    On est aussi fort que le Brésil. La classe.

  • Kéruzorro le 03/07/2020 à 13h15
    Tout compte fait après les différents essais, je trouve que les TAB sont encore la moins mauvaise des solutions !
    En tant que français j'ai d'immenses souvenirs de la période du but en or ! Et évidemment si j'étais paraguayen, allemand ou portugais, ce serait différent je pense.
    J'ai aussi le souvenir lors du but en or de Trézéguet en 2000, d'avoir eu un petit laps de temps (une seconde ? deux ?) à réaliser que c'était fini et que nous étions champions !
    Le but en argent, cet entre-deux ne m'a jamais convenu !
    Merci pour l'article !

  • Espinas le 03/07/2020 à 13h59
    Madar, on aurait surtout perdu l'inoubliable France-RFA 1982 et peut être que les Allemands auraient bétonné 30 minutes pour éviter d'encaisser le but en or.

  • Milan de solitude le 03/07/2020 à 14h07
    rougénoir
    aujourd'hui à 13h15

    ---

    Pourquoi allemand ? Tu veux dire italien ?

  • José-Mickaël le 03/07/2020 à 19h29
    rougénoir
    aujourd'hui à 13h15
    > Tout compte fait après les différents essais, je trouve que les TAB sont encore la moins mauvaise des solutions !

    J'ai tendance à penser la même chose. Mais avec une variante.

    Actuellement on tire dans l'ordre suivant : A-B, A-B, A-B, A-B, A-B. Or ce n'est pas la même chose que de commencer ou de finir, et ici c'est toujours la même équipe qui commence et la même qui finit.

    Il me semble qu'il vaudrait mieux procéder comme pour les jeux décisifs du tennis : A-B, B-A, A-B, B-A, A-B. L'équipe A commence une fois de plus que l'équipe B, ce n'est pas parfaitement symétrique mais c'est déjà mieux. Cela dit, il suffirait de tirer un nombre pair de fois pour avoir la symétrie parfaite. En théorie, puisqu'il peut arriver qu'on arrête la séance avant le nombre de tirs prévus, ou qu'on la poursuive au-delà.

    Tiens, d'ailleurs je serais assez partisan de faire tirer tous les joueurs de champ : dix tirs. Ainsi c'est toute l'équipe qui participe. (Et si des joueurs sont exclus ? Eh bien ça fera un tir de moins pour l'équipe qui a moins de joueurs, gros handicap qui obligera à bien faire attention à ne pas de recevoir de cartons. C'est un début de solution pour décourager la mascarade d'Uruguay-Ghana 2010, tiens.)

  • José-Mickaël le 03/07/2020 à 19h32
    José-Mickaël
    aujourd'hui à 19h29
    > C'est un début de solution pour décourager la mascarade d'Uruguay-Ghana 2010, tiens.)

    En fait non : si je ne sors pas le but de la main, on est éliminé, donc je le sors de la main ; certes on va jouer les tirs aux buts à 9 contre 10, mais on n'est pas encore éliminé.

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