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À nos vieux stades

L'antique enceinte lavalloise fait partie de ces derniers représentants qui n'ont pas été remplacés par des stades modernes. Aller à Francis-Le-Basser, c'est se replonger dans les seventies.

Auteur : Mevatlav Ekraspeck le 27 Avr 2017

 

 

 * * * Texte initialement posté sur le fil Stades Ultimes * * *

 

En ces lieux, nous avons pu lire récemment quelque critique concernant la vétusté du stade Francis-Le-Basser émanant... d'un Lavallois. Il est vrai que l’antique monument n’a guère connu comme réelle rénovation que la démolition de la tribune Nord au profit d’une bonne vieille tubulaire, et que les deux latérales en bois encadrant la tribune d’honneur datent du retour de Coupe de l’UEFA contre Kiev, il y a trente-quatre ans de cela. Certes.

 

 

Absolument hors d’âge, en total décalage avec les normes actuelles, cet ancêtre comporte en son sein toutes les marques et cicatrices de l’évolution des stades en France, des années insouciantes des seventies jusqu’à l’avènement des structures métalliques pérennes ou presque qui fleurissent désormais à Angers, Orléans, ou Brest… Tribune en bois donc, mais aussi virages surélevés aux marches en bétons le long de l’ancienne piste d’athlétisme, tribune d’honneur aux formes architecturales très conformes aux goûts et normes en vigueur en 1971: c’est un patchwork du football, un bout d’histoire du foot qui se trimballe en Mayenne.

 

 

L'âme et l'histoire

Pas pressé de regagner ma grisaille parisienne de retour de Bretagne, un jour, je m’y suis arrêté, la joie de la nationale reliant Rennes à Paris faisant de Laval une étape incontournable. Ce stade transpire le football, aussi laid qu’empli de caractère, vous crache son histoire et celle des Tangos à la tronche, Michel Le Milinaire est là, derrière vous, son génie imprégnant les gradins et l’herbe. Immédiatement, j’imagine Kiev et ses Schtroumpfs, Pouliquen, Omam-Biyik, Tempet, Kéruzoré, Delamontagne, Dogon, Youm… C’est mon éveil au football qui se cachait là, et qui m’a pris aux tripes, me laissant KO, dans un état second, le cul vissé sur le virage bétonné qui fut autrefois le prolongement de l’ancienne tribune "debout" rasée. Ce grand n’importe quoi de bois, de ciment et de fer venait de me coller, à vide, la chair de poule. Je venais de toucher du doigt ce qu’était un stade avec une âme, une vraie.

 

Ayant pourtant écumé tout le territoire et visité un certain nombre de stades de football, très peu me firent cette impression d’être absolument habités, formes de temples, de vestiges religieux, d’animaux sacrés. Le Parc des Princes bien sûr, qui pour moi reste le stade de football de référence, mais aussi La Meinau, Félix-Bollaert, La Beaujoire et Roudourou. C’est totalement partisan, mais c’est ainsi. La tendance est à l’investissement dans de nouvelles enceintes, et c’est bien, c’est sain, c’est nécessaire. Mais elles sont d’une tristesse absolument consternante. Démesurées, froides, sans que les clubs résidents n’aient eu le temps encore d’y inscrire leur histoire, elle me font froid dans le dos et dans le foot. Esthétiques peut-être, pratiques certainement, aseptisées à coup sûr. Le Mans, Le Havre, Bordeaux, Valenciennes, Sedan pour prendre ceux qui me viennent à l’esprit et qui m’ont marqués, entrent dans cette subjective catégorie, et les supporters locaux me contrediront certainement. À raison.

 

 

Mon problème, c’est que ces stades d’antan me parlent. Le Diochon de Rouen est une merveille. Je me suis promis un pèlerinage prochain... Ange-Casanova, du Gazélec, a su faire peau neuve en gardant son charme fou et sa tronche pas possible, le Francis-Le-Blé d’avant était aussi absolument magique, le Bauer de Saint-Ouen est une déclaration d’amour au foot à lui tout seul… À l’exception notable du cas corse, je crois tous ces stades condamnés, parce que les normes, parce que les demandes, parce que le standing, parce que l’image du club…

 

Dans un élan d’anarchie gratuite et de nostalgie débilisante, j’emmerde ce supposé progrès qui veut qu’on quitte Émile-Albeau pour Duguauguez, Léon-Bollée pour la MMARena, Lescure pour le Matmut Atlantique, sans offenser mes copains ardennais, mançeaux ou bordelais certainement ravis de leur nouvel écrin. Je veux du stade qui pue, qui couine, qui grince, qui rouille, de la sono inaudible, du vestiaire qui tremble, je veux des vieux qui se souviennent qu’ils étaient assis là quand Kostedde ou Brisson avaient marqué, que chaque boulon défraîchi de la tribune puisse avoir un truc à raconter et que chaque siège puisse reconnaître ce cul qui le lustre depuis des décennies.

 

 

Nostalgie d'une époque révolue

Oui, Le Basser, c’est le vestige du foot que j’ai aimé, c’est le souvenir de notre première vraie copine qui, même vingt ans après, même marié avec des gosses, ne passe jamais vraiment. Je sais combien c’est égoïste, amis lavallois, je mesure quelle serait votre joie d’avoir une enceinte coquette, un vrai petit anneau du genre du stade de l’épopée de Calais. Mais je n’ai aucune envie que Le Basser disparaisse, ça me ferait le même effet que quand mes parents vendirent la maison de campagne de mon enfance. Vous êtes un des derniers bastions de ce foot qui ne se réserve pas qu’aux grandes contrées urbaines, qu’aux stades qui se ressemblent, qu’aux logiques spatiales des villes. Guingamp survit, mais pour combien de temps? Gueugnon est tombé dans les limbes, Martigues végète, Cannes n’en parlons pas, Châteauroux est sur un fil… pour ne citer que les exemples qui me viennent.

 

C’est une vraie déclaration d’amour à un stade, comme on dit je t’aime à notre vieille tante qu’on sent sur le déclin, elle qui nous a accueilli dans sa cambrousse depuis notre prime jeunesse et chez qui nous avons goûté nos premières cerises, et dragué nos premières minettes. Le temps fait son inéluctable travail, l’âge nous amène la raison, mais parfois, en foot comme pour le reste, on aimerait quelques exceptions à cette fatalité. Le Basser, Diochon, Vallée du Cher, je vous aime...

 

Réactions

  • fireflyonthewater le 27/04/2017 à 08h45
    Magnifique texte, félicitation et merci de l'avoir mis en Article!

    Pour ma part aucun stade (aussi joli et connecté qu'il pourra etre...) ne me fera oublier les match et (pique nique d'avant match) sur la butte du stade Jean Bouin d'Angers du haut de mes 8 ans.


    (Il avait eu droit a un "post remarqable" ou un post du fil politique lui a été "préféré"?)


  • Lucho Gonzealaise le 27/04/2017 à 11h36
    C'est lyes qui avait eu droit à son post remarquable sur sa visite du stade du Ray, plus ou moins en réponse au post de Mev d'ailleurs.

  • Lucho Gonzealaise le 27/04/2017 à 11h37
    Par contre c'est dommage d'avoir pris la tribune la plus récente pour illustrer l'article.

  • fireflyonthewater le 27/04/2017 à 13h24
    Alors autant pour moi ! J'avais bien vu celui de Lyes par contre mais pas celui la.

  • Radek Bejbl le 27/04/2017 à 13h55
    Malheureusement Lucho, se pose le problème des ressources images (libres de droit) disponibles.

  • Sens de la dérision le 27/04/2017 à 16h15
    Vous êtes jaloux du Parc OL c'est tout !