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Le jazz expliqué aux footeux

Passions pathologiques, repaires d\'intégristes, le jazz et le football ont tout à gagner à mieux se connaître. Unissons-les avec des équipes-types.

Auteur : timath le 24 Août 2012

 

Ils ne prennent pas tout à fait les mêmes produits mais inspirent le même genre de ferveur, portée parfois jusqu'à la psychorigidité chronique. Si les uns peuvent réciter en dormant le classement du dernier championnat, disserter sur l'arrière gauche d'Everton ou comparer les systèmes tactiques des seize équipes de l'Euro, les autres vous parleront des heures durant du toucher d'Herbie Hancock, des dernières sorties d'ECM ou des mérites respectifs du post-bob et du soul-jazz. Tous sont au moins d'accord sur une chose: c'était mieux avant. Et chacun sait qu'il ne vaut mieux pas les lancer sur leur terrain... Dans l'espoir d'enfin réunir ces deux catégories de monomaniaques, voici un petit manuel du jazz expliqué aux footeux.

 


POSTE POUR POSTE

Où l'on détaille le rôle de chacun...

 

 

 

Batterie / Gardien de but

Toujours placé en retrait, il occupe un poste à part dans l'équipe : sa virtuosité semble d'un autre ordre, plus instinctive, plus organique, moins artistique diront certains. Doté d'excellents réflexes et d'une coordination parfaite, à l'aise avant tout avec ses bras (aussi avec ses pieds s'il assure un minimum), il peut briller par son sens du jeu, sa science du placement, de l'anticipation, la pertinence de ses interventions ; il est le premier relanceur, celui qui pousse tout le monde vers l'avant, encourageant l'équipe à jouer plus haut. Constamment aux aguets, toujours dans le rythme, ses sorties demeurent ponctuelles, mesurées : il surgit alors tout en puissance, d'une main ferme et assurée - mais quand il se plante, personne n'est là pour le rattraper et la sanction est immédiate.


Certes, les grands costauds tendent à s'imposer tout en muscle (Manuel Neuer, Billy Cobham), mais certains privilégient la vivacité et la souplesse (Bernard Lama, Jérémy Janot, Tony Williams), une sorte de nonchalance déstructurée (Fabien Barthez, Jack DeJohnette), voire un style brouillon mais sympathique (Damien Gregorini, Guillermo Ochoa, Aldo Romano).

 


Piano / Défenseur central

Massif voire inamovible, fermement campé derrière ses partenaires, son rôle délicat le place entre deux eaux : garant des fondations de l'équipe, premier à imprimer le rythme, il se met parfois en avant à l'occasion de montées rageuses. Attentif au jeu d'ensemble, il se tient prêt à recevoir les envolées des solistes avec une régularité de métronome, tranchant par ses interventions autoritaires, rassurant ses coéquipiers d'un bel accord glissé et relevant leurs errements quand tout le monde s'éparpille.


Là encore son style varie du plus basique - efficace mais pas virtuose, parfois un peu lent et raide, ne s'aventurant pas au-delà de son rôle de soutien (Sammy Traoré, Dave Brubeck) - au plus complet, capable de jouer libéro grâce à sa technique sûre (Franz Beckenbauer, Herbie Hancock), de faire parler sa pointe de vitesse (Sergio Ramos, Keith Jarrett) ou sa puissance physique (Pepe, McCoy Tyner), voire de trimbaler nonchalamment entre les lignes son élégance naturelle (Laurent Blanc, Bill Evans).

 


Trombone / Arrière latéral

Le poste ingrat par excellence. S'il est indispensable à l'équilibre de l'ensemble, il se fait toujours voler la vedette par des stars plus visibles et plus glamours. Bien que certains soient reconnus pour leur contribution au succès d'une équipe, voire pour leurs grandes qualités techniques, on attend surtout d'eux un travail obscur, celui de se mettre au service du collectif, de suivre le rythme et de se placer parfaitement. Leurs occasions de briller sont rares, ils prennent les solos avec parcimonie pour un résultat rarement inoubliable, leur quotidien consistant plutôt à coulisser inlassablement d'un bout à l'autre sans économiser leur souffle et en évitant les fausses notes. Fort potentiel comique, jusqu'à gagner une place de choix parmi les arts du cirque (clowns, Bernard Mendy).

 


Basse / Milieu récupérateur/relayeur

Le régulateur, le métronome, la plaque tournante. Celui dont on se demande à quoi il sert sauf quand il n'est pas là, celui dont seul les spécialistes savent évaluer à sa juste valeur l'impact décisif sur l'ensemble. Travailleur de l'ombre, toujours à trottiner dans sa zone d'une façon qui semblera monocorde à l'observateur peu avisé, il dicte pourtant le tempo et l'orientation du jeu. Ses coups d'éclats restent discrets, il préfère généralement s'effacer derrière ses partenaires après les avoir mis dans de bonnes dispositions, mais il ravit tout le monde lorsqu'il s'aventure au-delà de son rôle de piston et part dans des raids solitaires.


Son jeu est parfois limité, classique, il est alors perçu comme lent voire lourdaud (Alou Diarra, adepte du bon vieux "walking"), mais avec un peu plus de dynamisme et de technique le voilà porté par un souffle puissant (Patrick Vieira, Charles Mingus), ou doté d'une précision et d'une justesse qui en font un chef d'orchestre autant qu'un grand soliste (Xavi, Andrea Pirlo, Ron Carter, Dave Holland). Le modèle électrique n'est pas moins efficace mais plus nerveux, plus agressif (Franck Lampard, Marcus Miller), parfois jusqu'au pétage de plomb (Roy Keane, Jaco Pastorius).

 


Guitare / Milieu offensif, meneur de jeu

Lui aussi possède plusieurs visages : étroitement lié au précédent, il intervient pour impulser du dynamisme à l'ensemble, apporter du soutien et se rendre disponible ; c'est lui qui organise le jeu, lui donne sa couleur, placé en retrait immédiat des solistes ; mais cette position le pousse à briller individuellement, à chercher le coup d'éclat mémorable et à se porter aux avant-postes le plus souvent possible. Il peut se distinguer de diverses manières : par son toucher tout en douceur et en sensibilité (Eric Carrière, Kenny Burrell), son énergie électrisante et sa vélocité (Andres Iniesta, John McLaughlin), une décontraction old school alliée à une précision infaillible (Michel Platini, Wes Montgomery), sans oublier le génie du faux lent, complet, moderne, collectif, celui qui met sa technique supérieure au service de quelques touches nuancées plutôt qu'à de laborieux tricotages (Zinédine Zidane et John Scofield, ça marche même pour les cheveux), ou encore l'instinctif pur, divinement inspiré, inclassable, dont la vie de roman a fait un personnage mythique (Diego Maradona, Django Reinhardt).

 


Trompette / Ailier

Le soliste par excellence, toujours porté vers l'offensive, celui qui cherche le débordement tout au long de ses chevauchées frénétiques avant de balancer le témoin en bout de course. On retient avec délice ou agacement les nombreux tricoteurs démonstratifs titulaires du poste (Jérémy Menez, Cristiano Ronaldo, Freddie Hubbard, Dizzy Gillespie. Bonus destin tragique: Garrincha et Lee Morgan), redoutés pour leur vélocité et leurs changements brusques de direction – jusqu'à paraître parfois brouillons; c'est oublier qu'à leurs côtés s'expriment des créateurs plus cool, adeptes du trait victorieux, du positionnement précis, de la petite touche qui fait mouche (Luis Figo, Miles Davis; les inoxydables Ryan Giggs et Enrico Rava; la version sympathique mais un peu limitée: David Beckham et Erik Truffaz).

 


Saxophone / Attaquant

Le poste le plus emblématique, le plus adulé, celui des stars intemporelles, parfois au détriment (injuste) du reste de l'équipe: qui au final n'est pas irrésistiblement tourné vers ce but ultime, l'inspiration décisive qui fait se lever les foules? Et pourtant : seul, il peine à s'exprimer ; son potentiel ne se révèle qu'avec l'appui solide de ses partenaires, tous voués à le placer dans les conditions propices à l'épanouissement de son jeu.
En format de poche, il virevolte, se fait insaisissable, toujours à trainer entre les lignes avant de décocher quelque flèche acérée, de se lancer dans des envolées périlleuses, en équilibre sur la corde raide (Lionel Messi, Wayne Shorter ; existe aussi en approximatif, voire pénible : Arjen Robben, Kenny G).


Vif, incisif, héritier des légendes du poste (Pelé, Charlie Parker), on retrouve dans la catégorie suivante le compromis moderne entre puissance et vitesse, entre instinct et placement, le tout au service d'une efficacité dévastatrice (la version survoltée : Romario, Kenny Garrett ; la version élégante : Dennis Berkamp, Paul Desmond)... jusqu'à finir un peu noyé dans ce style passe-partout (Kevin Gameiro, Dave Sanborn).


Enfin, tout à la pointe de l'équipe, le patron : sobre, puissant, chaleureux, il s'impose par sa présence, sa stature et son charisme. S'il lui arrive, de par son physique conséquent, de se montrer quelque peu pataud et prévisible (Guillaume Hoarau, Sonny Rollins), si son lyrisme tourne parfois à la caricature et son engagement à l'éparpillement (Eric Cantona, Archie Shepp), les plus grands d'entre eux se font subtils, précis, agiles, parfois tout en technique et en explosivité (Ronaldo, Michael Brecker), parfois pétris de classe, inspirés et habités par une force supérieure (David Trézéguet, John Coltrane).

 

 

 

ÉQUIPES-TYPE

Où l'on propose, à titre d'illustration, des équipes-type représentant trois styles, trois époques (très schématiquement), en une sélection purement subjective...

 


1/ New Orleans Old Boys (bop, hard-bop, post-bop...)

 

 

 

Remplaçants : Elvin Jones (GB) Thelonious Monk (DC) Paul Chambers (Mdf) Freddie Hubbard (Ail) Paul Desmond (Att) Cannonball Adderley (Att) Stan Getz (Att)

 

 

 

 

2/ Fusion FC (jazz-fusion, jazz-rock, world-fusion...)

 

 

 

Remplaçants : Tony Williams (GB) Chick Corea (DC) Marcus Miller (Mdf) John Scofield (Mof) Al Di Meola (Mof) Randy Brecker (Ail) Kenny Garrett (Att)

 

 

 

 

3/ Munich 1969 (le jazz moderne, ECM etc.)

 

 

 

Remplaçants : Brian Blade (GB) Jason Moran (DC) Christian McBride (Mdf) John Abercrombie (Mof) Tom Harrell (Ail) Chris Potter (Att) Joshua Redman (Att)


 

Bonus :
"JAZZ / FOOTBALL : QUI AIME QUI"
Quel jazz écouter quand on aime tel club, quel club supporter quand on aime tel jazz?

Réactions

  • Cafu de Paille le 26/08/2012 à 21h14
    Fantastique article, bravo !!!

    Comme Cush, j'aurais bien vu quelques chanteurs en striker, ils feraient aussi bien vibrer les filets que leurs cordes vocales.

    Et puis j'aurais bien rajouté un petit Count Basie pour orchestrer tout ça et entraîner l'une de belles équipes !

    Merci beaucoup !

  • timath le 27/08/2012 à 15h30
    Merci pour vos commentaires, vous êtes choupis !
    Voir son texte en une des Cahiers, après ça on peut mourir tranquille... (le plus tard possible hinhinhin)
    Bon, je vais essayer de répondre à un peu tout le monde :

    Comme je l'ai précisé dans le texte, les "équipes-types" sont 100% subjectives. Je me suis un peu obligé à mettre l'incontournable Louis Armstrong, voire Parker et Gillespie alors que ce n'est pas forcément ce que j'écoute (je préfère des sons un peu plus modernes, ça doit se sentir dans la dernière équipe...), du coup je n'ai pas fait trop d'efforts pour inclure du jazz vocal, des clarinettistes... mais Gone Going l'a bien dit, il y a comme en foot 60 millions de sélectionneurs et chacun est invité à composer sa propre dream team !

    Cush
    24/08/2012 à 11h38
    j'ai toujours pas trouvé le style de jazz qui convient à un supporter niçois (ni où caser George Benson).
    ----------------------------
    Pour les niçois : lien (et c'est un sacré compliment - on n'est pas tout à fait sûrs que ce soit du jazz, mais on n'est pas tout à fait sûrs que l'OGCN fasse du foot non plus...)
    George Benson est un guitariste, donc milieu offensif. Un gros talent révélé très jeune (sélectionné par Miles Davis, quand même), puis compromis par des choix de carrière douteux, au point qu'il ne soit plus guère reconnu pour ses exploits jazzistiques depuis bien longtemps. Une sorte de Mourad Meghni, quoi.


    Saian Supa Carew
    24/08/2012 à 13h53
    Pour le fun, Sun-Ra l'inclassable, tu le mettrais ou ?
    ----------------------------
    Le formidable Sun Ra est un clavier, il joue donc DC. Je pense qu'il aurait globalement sa place dans une équipe de Jazz-Fusion, pour former une charnière cosmique avec Lonnie Liston Smith. (on pourrait d'ailleurs facilement créer une équipe "mystique" en leur ajoutant Christian Vander au goal, Alice Coltrane et Chick Corea en défense, Zappa et McLaughlin en 10, Pharoah Sanders en pointe...)


    Jean-Noël Perrin
    24/08/2012 à 14h16
    je me demande réellement quel genre de stoppeur serait et qui aimerait jouer avec comme stoppeur Thelonious Monk...
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    Bonne question... Monk serait du genre ingérable, imprévisible au point de pouvoir prendre le ballon sous son bras et sortir du terrain si le match l'emmerde. Sa technique peu académique produit des gestes assez bizarres - quoique souvent efficaces, mais il peut connaître de longs passages à vide. Je suppose qu'il devrait jouer tout seul à son poste, avec un gardien aux nerfs solides et un bon contrebassiste devant lui - et sans Miles sur l'aile.


    Cafu de Paille
    26/08/2012 à 21h14
    j'aurais bien rajouté un petit Count Basie pour orchestrer tout ça et entraîner l'une de belles équipes !
    ----------------------------
    Il me semblait logique de mettre un leader de big band pour le premier, ce fut Duke, ç'aurait pu être Basie :)

    Gone Going
    24/08/2012 à 19h26
    je regrette la présence de Bradford Marsalis alors que son frère Wynton me semble quand meme plus talentueux et reconnu? Et puis Roy Hargrove (mais là c'est le trompettiste qui parle).
    ----------------------------
    Oulalalala, malheureux blasphémateur !
    C'est peut-être le saxophoniste qui parle, mais j'assume mille fois la présence de Branford au détriment (totalement prémédité) de Wynton. Certes, celui-ci dispose d'une présence médiatique qui fait un peu défaut à son grand frère, mais c'est sans doute dû à des choix de carrière plus maintreams (collaborations transverses, big bands... je dis pas que c'est mal, hein), tandis que Branford s'acharne en quartet à produire une musique sophistiquée, exigeante et fatalement plus confidentielle.
    Humainement, ils sont tout aussi insupportables l'un que l'autre, d'une humilité à faire passer Thierry Henry pour un moine bouddhiste, n'hésitant pas à trasher leurs confrères, décerner les satisfecits et dénigrer leurs illustres prédécesseurs, à commencer par Miles dont Wynton déteste particulièrement la période électrique - c'est la grande controverse des années 80 initiée par les "Young Lions", cette génération de jeunes musiciens menée par les frères Marsalis qui renia totallement les expérimentations fusion et free-jazz des années 70 au profit du bon vieux hard-bop/jazz modal des années 60.
    Du coup, Wynton, doté d'une excellence technique indéniable, fait des débuts prometteurs dans ce genre neo-bop des années 80, dont on peut retenir quelques albums dont le formidable Black Codes (exemple de ce genre de musique : lien ), mais il singe ainsi clairement le son du "second grand quintet" de Miles, notamment sa section rythmique Hancock-Carter-Williams, avec certes un style plus virtuose à la trompette. Depuis, il s'acharne à perpétuer la grande tradition, multipliant (de façon très honnête, hein) les hommages aux grands noms du passé, l'écriture pour big band, les incursions dans le blues, la country (disque sympa avec Willie Nelson), la musique classique... ça s'écoute, mais disons que ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus.
    A l'inverse, Branford paraît beaucoup plus prompt à l'expérimentation version intello, sans verser dans l'inaudible non plus. Très influencé tout d'abord au ténor par Coltrane et Wayne Shorter (très bon album Random Abstract de 1987 sur lequel il joue son titre "Yes or No" : lien , on peut aussi écouter l'album Trio Jeepy), il développe jusqu'à aujourd'hui son propre son principalement en quartet, plus moderne, avec des influences classiques et un jeu très fin au ténor comme au soprano, pendant très longtemps accompagné des excellents Jeff Watts à la batterie et Kenny Kirkland au piano (puis Joey Calderazzo). On peut écouter Requiem, Eternal, Braggtown... même s'il a tendance à se répéter, il faut avouer.
    (Trieste : lien , dans le même genre A thousand autumns : lien , The Ruby and The Pearl : lien , O Solitude de Purcell : lien , Eternal : lien )

    Quant à Roy Hargrove, j'ai failli le mettre mais j'ai là encore privilégié des noms moins mainstream, Tom Harrell et Kenny Wheeler (trompettiste et compositeur très particulier, trop mésestimé à mon goût).

    Si tu veux découvrir certains noms cités dans l'article, je peux te faire une liste de choses à écouter :)

    (désolé pour le pavé, mais j'avais prévenu, il ne vaut mieux pas me lancer...)

  • timath le 27/08/2012 à 15h33
    (gros pavé + haut de page sur un forum de foot, ou comment les fans de jazz passent pour des psychopathes)

  • Josip R.O.G. le 27/08/2012 à 19h35
    Et Bobby Mc Ferrin c'est du beach-soccer?

  • leo le 28/08/2012 à 12h04
    Chouettes articles, timath, bien ouéj !

    Perso, j'aurais plus vu la (contre)basse en défense centrale et le piano en milieu défensif/relayeur, la basse étant quasi-exclusivement rythmique (à de rares solos/montées à la Arie Haan près), le piano faisant plus le lien entre rythmique et solistes.

    Et puis j'ai du mal à imaginer Keith Jarrett en défense centrale, Jarrett, c'est plus Iniesta que John Terry quand même.

    Allez, je joue à l'équipe-type avec certains de mes chouchous :

    En attaque, ça part dans tous les sens avec au sax John Zorn et James Carter : le premier est bon dans tous les registres (du klezmer au death metal) et est toujours capable de sortir des gestes totalement imprévisibles, le second fera parler sa technique et sa vitesse d'exécution.

    Milieux offensifs : Kurt Rosenwinkel, Bireli Lagrene et Sylvain Luc. Complémentarité toujours entre le compositeur/improvisateur de génie new-yorkais et le virtuose manouche. Kurt est le meneur "à l'ancienne" à la vision du jeu et à la maîtrise du tempo parfaite là où Bireli et Sylvain Luc font exploser toutes les défenses par leur rapidité, leurs prises de risque et la variété de leurs dribbles (on dit "chops" dans le jargon des gratteux). Ils prennent chacun une aile mais attention aux étincelles quand ils se recentrent et se décident à jouer en passes courtes.

    Milieu defensif/relayeur : John Medeski & Bojan Z. Medeski pour le groove, pour l'assise et pour la gestion du rythme du match. Bojan Z. en milieu relayeur, aussi à l'aise quand il faut se fondre dans le collectif que quand il s'agit de faire la différence en solo, le Yougo de la bande, quoi.

    Défense centrale : Avishai Cohen, John Patitucci et Henri Texier. Avishai Cohen est brillant, tout le monde s'accorde là-dessus mais il peut parfois se laisser aller à trop de de mélancolie. Heureusement, les vétéran Patitucci et Henri Texier sont là pour cadrer tout ça et tenir la baraque.

    Gardien : Jeff Ballard. Il sait tout faire, mieux que tout le monde, il joue de la musique avec sa batterie, un génie.

    Remplaçants : Ari Hoenig (d), Larry Grenadier(b), Tigran Hamasyan(p), Mark Turner (ts), Ambrose Akinmusire (t), Lionel Loueke (g)

  • C. Moa le 28/08/2012 à 18h04
    Et bien même pour quelqu'un comme moi, qui n'y connait pas grand chose en jazz, c'est très agréable à lire.
    Félicitations pour tes articles, tu peux mourir tranquille (mais le plus tard possible toujours), ta double entrée Une est bien méritée !

    (En plus, çà peut être utile pour briller en société)

  • Gone Going le 28/08/2012 à 20h28
    timath
    27/08/2012 à 15h30

    Merci bien, au moins, ici, on a un coach qui justifie ses choix et pourquoi il se prive de ses stars pour son projet de jeu.

    Je ne connais pas la moitié des choses que tu connais, mais c'est marrant comme j'avais senti que j'avais affaire à un saxophoniste. Ce qui suit en mon ressenti de trompettiste.
    Pour les Marsalis, j'accroche pas trop à Branford. Pour le boulard, je ne me prononce pas: du peu que j'ai lu, j'ai toujours eu l'impression que Wynton avait un respect pour les anciens (moins pour les contemporains) tant que ceux ci sont attaché à un concept de "jazz historique". WM me semble connaitre l'histoire du jazz pré 70 de manière impressionnante, et chacune de ses contributions parait etre un hommage à un style. De là à dire qu'il singe, il y a un pas que je ne franchirais pas. on ne peut pas reprocher à un mec de jouer la musique qu'il aime, surtout qu'il le fait de facon généralement plus virtuose, avec un touche Marsalis. Ce serait comme reprocher à Rachmaninov de ne pas faire du cabaret.
    Après, j'ai m'impression que ce qui t'intéresse est l'évolution du jazz dans un style de plus en plus libre, et WM ne s'incrit clairement pas dans cette démarche.

    Comme tu me le proposes, je suis bien intéressé par quelques conseils, plutot cuivre que bois si je peux me permettre de faire mon difficile. Pas trop moderne non plus. Mais ca peut attendre la LdC, meme si à en discuter en live, tu te rendras compte que je connais pas grand chose.

  • Pascal Amateur le 30/08/2012 à 15h26
    Et pourquoi pas le surnommer directement "Django Maradona" ?

  • timath le 30/08/2012 à 18h45
    leo
    28/08/2012 à 12h04
    Perso, j'aurais plus vu la (contre)basse en défense centrale et le piano en milieu défensif/relayeur
    ----------------------------
    Faire jouer un milieu défensif en défense centrale, tsss, voilà bien une idée de barcelonais ^^
    J'avais envie que la basse soit au coeur du jeu, c'est mine de rien le poumon de l'orchestre, aussi bien rythmiquement qu'harmoniquement. M'enfin tout se discute, évidemment, ce sont des choix totalement arbitraires...
    Sinon je ne peux qu'approuver tous les noms que tu cites ! (aaah, Jeff Ballard... vu en trio avec l'étonnant Lionel Loueke et Miguel Zenon à l'alto, c'était très très bon). Il y a moyen de se faire tout un championnat en fait.

    Gone Going
    28/08/2012 à 20h28
    ----------------------------
    Je ne serai malheureusement pas des vôtres à la LdC cette année, n'étant officiellement cédéfiste que depuis un mois (et accessoirement parti crapahuter dans la mère-patrie du jazz à cette date), mais je ne désespère pas de vous faire admirer mes contrôles du tibia un jour !

    En attendant, je peux vite fait t'égrener quelques-uns mes trompettistes préférés avec des albums que je connais, comme ça tu peux piocher dedans si ça te dit.
    Du classique :
    - Freddie Hubbard : Born to be blue (plus classique) puis Red Clay, First Light, Straight life, Sky Dive
    - Lee Morgan : The Sidewinder, The Gigolo
    - Tout les Jazz Messengers d'Art Blakey
    - Woody Shaw (plus difficile) : Rosewood, Stepping Stones...
    - Dans le genre hard-bop ultime, tous les albums du VSOP Quintet, monté par Herbie Hancock avec ses compères de chez Miles (Ron Carter, Tony Williams et Wayne Shorter) plus Freddie Hubbard : The Quintet, Live under the sky...

    Du plus moderne :
    - Tom Harrell : The art of rythm (influences bossa), Time's Mirror
    - Les italiens Enrico Rava et Paolo Fresu (pas d'album sous la main)
    - Roy Hargrove : tu connais déjà, au cas où, je ne me lasse pas de Earfood
    - Christian Scott : Anthem (sorte de crossover groove, sool, hip-hop très sombre)

    Si tu te sens d'humeur très aventureuse...
    - Kenny Wheeler : Deer Wan, Gnu High...
    - Dave Douglas
    - Roswell Rudd (tromboniste) : MALIcool avec le joueur de kora Toumani Diabate

    J'ai été très sage, je n'ai même pas glissé un saxo en douce.