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2000/2001: le football européen dans l'oeil du cyclone

Sans se hasarder à d'improbables pronostics sportifs, on peut être sûr que la saison prochaine marquera quelques tournants essentiels pour l'avenir du football professionnel européen. Ces parties décisives n'auront pas lieu sur les pelouses, mais devant les instances sportives et politiques, à propos de dossiers aussi déterminants que l'exception sportive, l'harmonisation du calendrier international, la réforme des contrats, le contrôle de gestion à l'échelle européenne… Tour d'horizon des grands enjeux.

Auteur : Julie Grémillon le 23 Mai 2000

 

 

Un rythme planétaire


De toutes les grandes réformes envisagées, la plus avancée est certainement celle du calendrier "Platini/FIFA" qui devrait être ratifié le 6 juin à Zurich et s'appliquer en 2003/2004 (voir Cahiers 32), après une délicate période de transition. L'urgence d'un tel plan s'est imposée aux réticences de certaines confédérations, son intérêt global étant incontestable pour les ligues, les fédérations, les clubs, les joueurs et les médias. L'anarchie ne profitait en effet à personne, encourageait certaines dérives et excitait les groupes des pressions. En toute logique, ce chantier a pu avancer significativement.

 

La montée en puissance des lobbies du foot


Un enjeu important de la période à venir résidera dans l'évolution du rapport de force entre les ligues d'un côté et les clubs puissants de l'autre, de plus en plus associés dans des groupes de pression agissant désormais au grand jour, comme le G14 ou le Club Europe. Se pose aux instances sportives la question de la reconnaissance de ces lobbies comme interlocuteurs, légitimité qui leur est refusée pour l'instant malgré les menaces de sécession très précises qu'ils font peser: le spectre de la Superligue modèle Media Partners est toujours agité, comme tout récemment par Lorenzo Sanz, président du Real Madrid et du G14. Devant cette montée en puissance, les confédérations recherchent des protections auprès des pouvoirs publics, d'abord pour consolider leurs prérogatives dans le domaine sportif. Les principaux intérêts financiers vont cependant s'organiser avec l'efficacité de leurs (grands) moyens pour faire valoir les positions d'une élite sportivo-économique et rééquilibrer à leur profit les positions de pouvoir. L'issue de cet affrontement sera évidemment déterminante, notamment au travers des compétitions qui se dessineront et de la conception du football qu'elles impliqueront.

 

Contrôle ta gestion


Dans l'idée d'encadrer autant que possible la libéralisation à outrance du foot pro, la généralisation des contraintes de transparence et de gestion à l'ensemble des clubs européens serait de bon augure pour le championnat français, où la DNCG fait régner un certain ordre depuis longtemps. Dernièrement, l'UEFA s'est malheureusement contentée de projeter l'attribution d'une "licence" européenne, qui posera entre autres des conditions de transparence financière. Mais comme cette licence —nécessaire pour participer aux compétitions européennes à partir de 2002/2003— serait attribuée par les fédérations nationales, la portée d'une telle exigence se trouvera très limitée. Sans plus d'incitation, la complaisance qui prévaut ici et là ne sera pas remise en cause…

 

Contrats et formation: un cadre juridique européen?


Sur un plan un peu plus juridique encore, la protection de la formation et la réforme des contrats professionnels sera aussi à l'ordre du jour. Pour le premier dossier, l'urgence d'une harmonisation des usages européens a encore été rappelée par les plus récents pillages de nos centres de formation, imparfaitement protégés par une législation seulement nationale. Quant aux contrats, leur caractère totalement fictif consacre un football de mercenaires aux salaires inflationnistes, contribue à la perte d'identité et au cynisme ambiant. Comme le dit Platini, "avant, les gens supportaient leur équipe, maintenant ils supportent leur club" (AFP 22/05/00). Mais dans ces domaines aussi, difficile de savoir dans quel sens évoluera la situation, actuellement discutée entre les organisations de joueurs (comme la FIFPRO), l'UEFA et les commissaires européens. Seule certitude: il devrait y avoir des décisions sur des réglementations qui auront le mérite d'être énoncées pour tous.

 

Le destin incertain de l'exception sportive


Il est clair que les institutions européennes exerceront un arbitrage direct ou indirect sur la plupart de ces dossiers, notamment si elles valident la légitimité d'une "exception sportive", qui permettrait de revenir sur les conséquences les plus dramatiques de l'arrêt Bosman. Portée par plusieurs ministres des sports de l'UE, l'idée s'est présentée avec des fortunes diverses aux examens de passage qui l'attendaient. La commissaire européenne Viviane Reding a annoncé le 11 mai que les ministres n'avaient pu s'accorder pour exempter le sport professionnel du principe de la libre circulation des travailleurs en vigueur dans l'UE. En conséquence, la règle du 6+5 (six joueurs sélectionnables dans l'équipe nationale du championnat) vivement souhaitée par la FIFA et l'UEFA ne pourrait être appliquée. Cependant, Marie-George Buffet défend encore la solution réaliste du "protocole annexe" ou de la "déclaration" contre celle très compromise d'une modification du traité, qui permettrait d'imposer ces réformes (quotas nationaux, contrats, formation…).

 

Enfin, sur le front français, la guérilla entre la Ligue nationale et les représentants du Club Europe sur les droits de diffusion va se superposer à la campagne pour l'élection du président de la Ligue. Cet événement très proche cette fois (le 6 juillet) révélera un peu mieux la personnalité de nos dirigeants préférés. Surtout, le rapport de force qui en résultera décidera des grandes orientations de notre football pour les années à venir. Vers plus d'élitisme ou plus de raison? Une campagne très intense, que l'Euro ne devra pas éclipser et sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir.

 

Entre combats peut-être perdus d'avance, espoirs, urgences et incertitudes, entre sport, marché et politique, le football professionnel va connaître une période qui décidera de son sort. Cette conjonction ainsi que les inévitables turbulences qu'elle implique laissent ouvertes un grand nombre d'hypothèses, entre la fuite en avant dans le sport industriel et un salutaire rééquilibrage. On peut être sûr qu'il n'y aura pas que les débats sportifs pour nourrir l'intérêt des prochaines saisons…

 

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