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Le PSG peut-il survivre<br>à Vivendi et à Fernandez?

Menacé de volatilisation économique, le Paris Saint-Germain a remis son destin sportif entre les mains de Luis Fernandez… Un choix qui paraît de plus en plus hasardeux.
Auteur : Pierre Martini le 5 Sept 2002

 


Lorsque Luis Fernandez a fait son grand retour au Paris Saint-Germain au terme de quelques mois de diplomatie occulte, il s'agissait déjà de l'ultime plan de sauvetage du club, embarrassant petit satellite de l'empire Vivendi Universal. Le débarquement de Pierre Lescure puis la chute de Jean-Marie Messier ont rendu encore plus incertain le destin du club de la capitale, aujourd'hui suspendu à des décisions qui le dépassent complètement et livré à toutes les spéculations (au propre comme au figuré). Les actionnaires "historiques" (Brochand, Talar, Cayzac) ont bien concocté un plan de reprise qui verrait la participation de Canal+ s'abaisser à 25%, l'entrée de nouveaux investisseurs étrangers et surtout l'arrivée d'un nouvel et indispensable actionnaire majoritaire. Mais ce repreneur reste introuvable, l'évocation de TF1 ou Lagardère n'exprimant que de vagues souhaits. Le paradoxe est bien là: seul club professionnel dans le bassin de 11 millions d’habitants d’une prestigieuse métropole européenne, détenteur d’un palmarès et d’une "marque" valorisables, soutenu par un public enfin fidèle, le PSG est invendable. Autant dire que le foot n’est pas rentable... Ronaldinho, un capital hypothéqué C’est dans ce contexte particulier que se définissent les enjeux de la saison en cours et que le PSG joue sa survie, sans savoir d’ailleurs quelle survie. Il y a de quoi perturber sérieusement la perception de la situation, le meilleur exemple étant donné par les interrogations sur Ronaldinho. Le Brésilien est en effet supposé sauver le club à la fois sur le plan sportif (les débuts de saison du joueur et de l’équipe ont souligné cet aspect) et sur le plan économique grâce au montant de sa revente. Il y a quelque chose d’assez triste à voir le genre d’ambition que peut nourrir un club de l’élite française lorsqu’il parvient à intégrer dans son effectif une star de calibre mondial. Entre les six mois qui avaient été nécessaires pour que le Brésilien retrouve le rythme après une longue période d’inaction (due au conflit avec son ancien club) et s’adapte au championnat français, les deux mois consacrés à se remettre de la victoire de la Seleçao au Mondial et les x mois qui le verront probablement démobilisés lorsque son transfert sera conclu, le bilan sportif risque d’être un peu décevant. Seule la conquête d’un titre permettrait en fait de présenter le cas du meneur de jeu sous un jour meilleur et d’assurer à la fois la valorisation du joueur et surtout celle du club. Pour cela, il vaut évidemment mieux que Ronaldinho reste jusqu’au terme de la saison: c’est le raisonnement qui a prévalu chez les partisans d’une vente différée contre une cession immédiate qui aurait allégé les dettes du club. Le problème est qu’après cinq journées, le PSG semble déjà tout attendre de son meneur de jeu. La situation n’est pas sans similitudes avec celle de la saison passée, lorsque l’équipe parisienne était quasiment incapable de se sortir des rencontres sans un coup d’éclat de sa vedette. Cette équipe fut bien incapable de disputer sérieusement le titre, et le millésime suivant ne fait pas meilleure impression… Erreur(s) de casting En plus d’un an et demi, Luis Fernandez, après avoir épuisé toutes les excuses possibles, n’a toujours pas donné à sa formation une identité tactique claire. Il dispose pourtant d’un effectif qu’il a entièrement composé et a pris en main toutes les responsabilités sportives au sein du club, imposant son propre staff et ses propres conditions. S’agit-il alors d’une grave erreur de casting, Fernandez étant le meneur d’hommes idéal pour manager des équipes d’outsiders comme l’Athletic Bilbao, mais dépassant largement son seuil de compétence dans un club qui comprend des stars et implique une gestion humaine très différente? En analysant, en janvier dernier, les taux de présence des vedettes de l’effectif parisien (Anelka, Okocha, Alex, Aloisio et Ronaldinho), nous avions mis en évidence une volonté implicite de ne pas les associer et de réduire la participation de certains à la portion congrue (voir Fernandez et ses stars). Les tensions observées en ce début de saison avec Déhu et surtout Ronaldinho semblent obéir à la même logique, comme si l’entraîneur espérait secrètement que Jérôme Leroy (qu’il imaginait proche de l’équipe de France) soit en mesure de suppléer poste pour poste le champion du monde! La question se pose plus que jamais: Fernandez est-il capable de gérer des joueurs à forte envergure médiatique — susceptibles de lui faire de l’ombre — et donc de gérer un club de la taille de Paris? Tout se passe en fait comme si Fernandez essayait d’imposer la supériorité de son génie du coaching sur tout autre considération rationnelle. Les délirantes combinaisons tactiques de Fernandez ne sauraient tenir lieu de style de jeu, elles sont manifestement incompréhensibles mais peu importe: il veut avoir raison (voir Fernandez, incompréhensible ou incompris?). Un jeu crypté Nous ne nous sentons pas, d’ordinaire, habilités à faire le procès d'un technicien, d'autant qu'en football une majorité de choses sont totalement incompréhensibles ou imprévisibles. Que Paris remporte un titre majeur cette saison avec un jeu brillant et cet article sera rétrospectivement ridiculisé. Mais s'il faut toujours être prêt à s'incliner devant les vérités si particulières du football, il est bien difficile de trouver une cohérence au coaching à la Luis. Fernandez cherche encore ce milieu gauche dont la fonction n’est mystérieusement pas prise par Andre Luiz, pourtant recruté à cet effet, et, après avoir "tué" Alex (quasiment jamais aligné avec son compère Aloisio), il espère que Cardetti sera le buteur providentiel qui manque à une équipe régulièrement alignée sans chasseur de buts (ni Aloisio, ni Fiorèse, ni Laurent Leroy, ni Ogbeche n’ont ce profil). Le coach aime aussi beaucoup faire jouer tout le monde au poste de milieu défensif (Hugo Leal, Leroy, Andre Luiz), sauf Déhu qui est pourtant volontaire. Il espérait par ailleurs que Paulo Cesar, excellent arrière gauche, soit un excellent arrière droit. Il faudrait également recenser ces innombrables changements de configurations tactiques d’un match à l’autre ou dans un même match, compter les déplacements d’un joueur d’un poste à l’autre… Il semble d'ailleurs que lorsque Fernandez constate la réussite d’un essai tactique, il s'interdit de le reproduire la fois d’après. Même la redoutable charnière centrale paraît devoir subir des tentatives de déstabilisation interne (Heinze, impérial dans l’axe, a souvent dû se déplacer dans le couloir gauche, même lorsque d’autres solutions étaient disponibles). Rare constante de ce management à géométrie variable, l’absence totale d’animation de jeu au milieu, impliquant une liaison quasiment nulle avec des attaquants envoyés au casse-pipe… Il n'est pas alors très surprenant que l'équipe ait du mal face aux grosses formations et qu'elle soit si facile à neutraliser au Parc des princes. La fin de l’état de grâce ? Luis Fernandez bénéficie auprès des supporters d’une invraisemblable ligne de crédit, qui l’a longtemps protégé des remises en cause. Aujourd’hui, l’unanimité se fissure devant les évidences et le doute se répand dans les tribunes du Parc des Princes. Significativement, la presse spécialisée abandonne toute retenue: Le Parisien et L’Equipe descendent quasi-quotidiennement les choix de Fernandez, sans l’hypocrisie habituellement en vigueur dans ces cas de figure où l’on préfère saper la position des personnes que les attaquer de front. Bientôt, l'entraîneur parisien va retrouver le bord de touche, où il va de nouveau s'exposer aux pétages de plomb qui l'avaient discrédité et relégué dans la tribune il y a quelques mois… À la fin de la saison 2000/2001, Pierre Lescure avait réclamé, dans un fameux interview accordé aux Inrockuptibles, "Des résultats, oui, mais d'abord un style". On dirait bien que le PSG de Luis Fernandez est parti pour n'avoir ni style ni résultats, assurant ironiquement une certaine continuité dans la gestion sportive du club parisien.

Réactions

  • Maxime le 05/09/2002 à 09h06
    C'est quoi votre objectif là ?
    C'est de me faire pleurer dès le matin ?
    C'est pas chic...

  • houbahouba le 05/09/2002 à 09h34
    Il y a des fois où vous êtes énervants aux CDF…tant vos analyses sont justes et pertinentes.

    A croire que vous avez lu dans mon cerveau, j'aurais pu écrire moi-même cet article (avec moins de talent quand même).

    Le problème du PSG c'est probablement les limites du coaching à la Luis, il a des bons joueurs qu'il fait jouer à un poste où ils ne sont pas forcément les meilleurs (Leroy en meneur de jeu, André-Luiz en fantôme du milieu par exemple)…Bergeroo a été beaucoup critiqué dans les travées du Parc alors qu'il avait réussi à donner une certaine organisation à son équipe. Luis a été réclamé par le "peuple" mais est-ce une raison suffisante pour garantir sa réussite ?

    Et pas de méprise : je suis supporteur du PSG et abonné, alors mon ne jugement ne s'est pas forgé en regardant Télefoot !

  • El mallorquin le 05/09/2002 à 09h35
    Je suis globalement d'accord avec cet article, sauf sur un point "le football n'est pas rentable". Je ne suis pas un spécialiste de l'économie du foot, mais il doit bien y avoir en France et en Europe des clubs qui font des bénéfices, non ? A mon avis, une phrase comme "Le PSG n'est pas rentable" aurait été plus juste : ses mauvais résultats financiers ne sont que la résultante d'une politique sportive calamiteuse. L'OL, les Girondins, Lens, sont-ils dans une même situation économique ?

  • Nico A le 05/09/2002 à 10h25
    Les saisons se suivent et se ressemblent malheureusement au PSG... sauf que cette année, le coup de mou de l'hiver arrive dès l'été (quoiqu'avec l'été pourri que l'on a eu, les joueurs ont peut-être cru qu'on était en hiver ?)

  • tyty le 05/09/2002 à 10h29
    Beaucoup seront probablement de nouveau d'accord avec vous, comme je peux l'être.
    C'est étonnant cette symbiose actuelle ;-)
    Cependant, j'aurais bien aimé voir dans cet excellent article un paragraphe supplémentaire traitant d'éventuelles solutions.
    Parce que virer un entraineur a souvent tendance à me géner. Mais là...

  • baygonsec le 05/09/2002 à 10h51
    ouf ! Enfin réussi à me connecter.
    Juste pour répondre à El Mallorquin (que je salue au passage) que sur la saison 2000-2001 (je crois), seuls Lens, Auxerre et Lyon ont fait des bénéfices. Tous les autres clubs de L1 étaient en déficit.
    Je suis assez d'accord pour dire que le foot n'est pas rentable, sauf à s'appeler Manchester United, et diversifier le club de façon à générer des revenus récurrents et le moins corrélés possible aux résultats sportifs. Ce qui est difficile... Par exemple, Arsenal aurait subi de grosses pertes liées aux monstrueux bonus touchés par les joueurs suite au doublé de l'année dernière. Les analystes financiers des clubs côtés comme la Juve en sont même à espérer que le club ne soit pas champion pour diminuer les montants du payroll !!!

  • El mallorquin le 05/09/2002 à 11h22
    Je voudrais bien connaître tes sources, baygon... ça me paraît énorme ton info sur la L1 (15 sur 18 déficitaires, diantre). Sinon, je ne suis pas persuadé que les résultats sportifs influent à ce point sur les résultats financiers. C'est surtout, à mon avis, une mauvaise évaluation des capacités du club et une gestion hasardeuse qui créent des catastrophes sportives et économiques...

  • snake le 05/09/2002 à 11h38
    "Le coup de mou arrive dès l'été..." Nico A, pourrais-tu argumenter?
    C'est le but de ces réactions à l'article. Et pour tout dire, ces lieux communs, comme quoi on se plante toujours en hiver, me gonflent un peu (notre meilleure période l'an dernier n'a-t-elle pas eu lieu en hiver?)
    Mais tu dois avoir raison pour énoncer ainsi de tels jugements. On est classé combien au fait?

  • chamseddine le 05/09/2002 à 11h43
    Un article qui me semble très juste. Le point central étant sans conteste l'énigmatique gestion sportive (et humaine) de l'effectif par Luis Fernandez.
    J'ai également remarqué l'étrange absence d'un animateur, d'un meneur de jeu depuis le début de la saison alors que, selon moi, Benachour pourrait tout à fait tenir ce rôle, tant ses prestations en Coupe du Monde et contre la France furent convaincantes. Pourquoi se priver d'un si bon numéro 10 alors qu'on l'a sous la main ? Même s'il est jeune et manque d'expérience au plus haut niveau, je pense qu'il raisonnable de l'essayer pour voir ce qu'il donne et d'aviser ensuite.
    Je trouve cela dommage de gacher un tel talent...

  • Nico A le 05/09/2002 à 11h58
    Ne nous trompons pas... Notre classement actuel résulte de gros coups de culs (un pénalty généreux, un but à la dernière minute contre un promu).
    Je ne souhaite qu'une chose : que le PSG soit champion. Malheureusement, il n'en prend vraiment pas le chemin. La manière et la gestion actuelles de l'équipe sont très très très inquiétantes.
    Attention, les mois de novembre sont malheureusement souvent meurtriers au PSG...
    Et dire que nous ne sommes qu'en septembre !