Episode XV: Où l’on pousse le bouchon un peu loin

22/03/2008 – 11:23

(Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, c’est mal, allez les lire… Oui oui, maintenant.)

Les Parisii arrivèrent à l’auberge de remplacement et furent accueillis par un tavernier jovial:

- Bienvenue les amis, je vous attendais! Je me présente: Boate Denuix, propriétaire de ce modeste bouchon ludgunumien et fervent amateur de Calcium! C’est un grand honneur d’accueillir en mes murs les redoutables Parisii, et je ferai tout pour vous mettre à l’aise.

A l’aise, les Parisii le furent rapidement. Cela commença par l’apéritix gracieusement offert par la maison: quelques verres de martinix, quelques tournées de pastix, puis on se mit au whiskix pour mieux faire passer le sanglier à la crème sur gratin dauphinois qui fut servi pour dîner.

Une fois mangé le Lutèce-Gesocribate sur lit de chantillix qui faisait office de dessert, Sessafête Susix se leva et dit:

- Bon, hips, c’est pas Toutatis, mais là, je crois que, hips… il est grand temps d’aller au vieux… non, d’aller au pieu! Demain, on a une route à rouer… enfin, j’veux dire… une joute à jouer.

- Comment, s’exclama Boate Denuix, si tôt! Mais ce n’est que le début de la fête, vous n’avez encore rien vu des plaisirs de la capitale, c’est quand même pas votre genre de faire le voyage pour rien, hein, surtout toi, Llacerix!

- Non non, il faut, il faut qu’on soif sérieux, dit Susix…

- Attendez au moins le spectacle des Bergères Folix que j’ai commandé rien que pour vous!

Eux-mêmes dotés d’un sens de l’hospitalité très développé, les Parisii ne pouvaient décemment insulter leur hôte en boudant sa proposition. Ils admirèrent donc les petites demoiselles de Lugdunum en re-vidant quelques amphores de whiskix, histoire de ne pas dé-saouler trop vite. Ils auraient volontiers jeté des sesterces dans le corsage des danseuses pour les féliciter de leur audace chorégraphique, mais elles n’en portaient malheureusement pas: ils furent donc contraints de les inviter à leur table, qu’on ne dise pas des provinciaux qu’ils étaient des rustres dénués de sens artistique.

Mieux: notant que ces jeunes filles, prudes et réservées, rougissaient devant les compliments publics, ils se proposèrent de leur témoigner leur admiration dans des cadres plus intimes… Avides d’échanges avec des spectateurs si raffinés, soucieuses de faire avancer leur art, elles s’empressèrent d’accepter – des observateurs attentifs rapportent que ce travail critique de toute première qualité se poursuivit jusqu’au petit matin.

 

Poster un commentaire