Episode XIV: Où l’on chemine vers le Aulix Grail
21/03/2008 – 17:35(Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, c’est mal, allez les lire… Oui oui, maintenant.)
C’est dans l’allégresse que les Parisii Sauveurs de la Gaule prirent la route de Lugdunum pour disputer la partie retour. Ils sortirent de leurs coffres leurs plus belles braies et leurs plus beaux plastrons, ceux qu’ils réservaient aux mariages ou aux enterrements. Les maris crièrent à leurs femmes « où qu’ t’as-mis-don’ mon col? », et les femmes les trouvèrent très craquants. Leurs potes, qui n’avaient pas pour eux les yeux de Falbala, se doutaient vaguement qu’ils n’étaient pas si classes que ça, que leurs braies risquaient d’être démodées sur le pavé de la capitale, que leurs sourires n’auraient pas la blancheur éclatante de ceux des Gau-bos, les Gaulois bohèmes de Lugdunum – mais qu’importe! A ami donné, on ne regarde pas les dents.
La charrette des héros se mit en route vers le Sud, résonnant de chants mélodieux et de plaisanteries viriles. Avec trois têtes d’avance, la confiance était à son maximum. Certes, pour la toute première fois, les Parisii allaient jouer ailleurs que dans leurs Arènes adorées où ils régnaient en princes… Certes, Aulix et ses alliés risquaient de multiplier les fourberies pour combler leur retard… Mais trois têtes de plus, quand même! C’était un avantage considérable, ils pouvaient regarder leurs adversaires de haut.
Effectivement, c’était impressionnant… La capitale des Gaules bouillonnait de passion. Il y avait des rues où plus de deux personnes parlaient en même temps. Il y avait des groupes d’un ou deux jeunes qui déambulaient en arborant des tuniques de l’O-Lix. Il y eut même une tête brûlée qui apostropha les Parisii à leur passage, en ces termes crus: «vous les paysans, vous êtes méchants». Heureusement qu’un ami à lui était là pour le retenir et l’empêcher d’aller plus loin dans le dérapage verbal… On était à la limite de l’incident.
Malgré cette alerte, les Parisii finirent par arriver à l’auberge qui devait les héberger. Manque de chance, des légionnaires venaient de la fermer pour vente de sanglier avarié – sur un ordre de Caudillus Francus donné le matin même. Voyant leur embarras, le légionnaire resté en faction devant l’auberge désormais fermée leur donna une autre adresse - « encore meilleure que celle-ci », assura-t-il… et il eut un sourire carnassier comme il vit la petite troupe s’éloigner vers l’auberge de remplacement – le plan se déroulait à merveille.
