
Foot et politique
Le fil politique est un fil du rasoir, alors évitons de s'y couper. Par ailleurs, n'oublions pas que son but est d'accélérer l'avènement du grand soir, un des ces quatre matins!
Ô Mexico
02/07/2012 à 16h59
Pour bien comprendre les accusations de fraude, il faut expliquer le processus électoral et le rôle de cette magnifique institution qu'est l'IFE (Institut Fédéral Électoral).
Le nombre de bureaux de vote est prodigieux, j'ai entendu 140000 dans tout le pays comme je l'expliquais. Mais les gens ne sont pas forcément obligés d'aller voter dans la "casilla" qui leur est assignée. Il existe des bureaux spéciaux, montés sous des bâches ou des chapiteaux où vous pouvez aller voter, si vous n'êtes pas dans votre ville par exemple.
Mais là, le nombre de bulletins est limité, et la queue énorme (beaucoup de mes amis ont fait 8 ou 9 heures de queue, sous le soleil, pour voter hier).
Hier les Mexicains étaient appelés à voter pour leur président, leurs sénateurs, leurs députés et parfois leur président municipal et chefs de district. La multiplication des scrutins et des bulletins ajoutent de la confusion pour les personnes qui savent à peine lire. À cet effet, on fait figurer la photo et le symbole de chaque parti sur les bulletins.
Mais il faut savoir que les bulletins ne sont pas nominatifs pour l'élection : pour la présidentielle figurait par exemple la photo des 4 candidats et le votant doit faire une croix sur son favori. Bizarrement, l'IFE a demandé cette année de barrer les noms avec un crayon à papier (!) et non au stylo comme auparavant.
Je vous laisse aussi imaginer l'interprétation des bulletins selon que la croix dépasse du cadre (accepté), déborde un peu sur la case d'un autre candidat (pas toujours annulé), etc.
Et en dehors de ces possibles falsifications de bulletins, il est bien sûr possibles d'acheter le vote des électeurs (le PRI est spécialiste de la distribution de filets garnis dans les communautés les plus pauvres) ou encore d'acheter les responsables des "casillas" : certains dénoncent qu'on leur a donné 5000 pesos (salaire de base autour de $3000) pour changer les voix d'AMLO pour celles de Peña Nieto.
Difficile en effet de leur jeter la pierre, mais comme le disaient beaucoup hier, est-ce que ces 5000 pesos vont leur permettre de tenir 6 ans, une fois que le PRI aura ruiné le pays ? (lors de ses 70 ans au pouvoir, le parti était le spécialiste des dévaluations).
khwezi
02/07/2012 à 17h00
@ManuFou: ça c'est parce que tu vis pas en Basse Californie...
Plus globalement, la question n'est pas à poser sur ce forum; Globalement, on s'en sort tous ici (coeur de cible CdF = CSP +/ CSP++) et même pour les moins favorisés, on reste à un monde de distance en terme de filets sociaux avec la situation Mexicaine.
arnaldo01
02/07/2012 à 19h03
Gone n Rosette
aujourd'hui à 16h39
Ô Mexico
aujourd'hui à 16h19
Tiens, question pour revenir au débat : si on vous avait offert plus d'un mois de salaire pour changer votre vote et donner votre voix à Sarkozy, vous auriez accepté ?
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Oui évidemment.
Mais sans blague, je ne sais pas à qui s'adressait ces achats de vote, mais imaginons que ton salaire te permette à peine de nourrir ta famille, je comprends que certains vendent leur vote.
Si ça peut leur éviter de vendre un rein.
Ceci dit, sans rire, je vend mon vote pour un mois de salaire.
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Si ton salaire sert à peine à nourrir ta famille, c'est qu'il doit etre ridiculement petit donc le doubler une fois ne sert à rien.
Marius T
02/07/2012 à 19h07
Si bouffer un mois de plus.
kinilécho
02/07/2012 à 19h27
Tecumseh
aujourd'hui à 16h33
Ils viennent avec toi dans l'isoloir?
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Pour ces questions d'achat du vote, en effet, il y a peu de chances que le mec te suive dans l'isoloir, mais dans un système de contrôle social assez efficace, quand on achète ton vote, c'est aussi ce que tu affiches qu'on achète.
Parce que si tu te dis "je m'en fous, je prends l'argent de A et je vote pour B quand même", et qu'en public, tu te vantes de voter pour B, les partisans de B présents sur le terrain, ils vont faire pression sur toi (te gronder, menacer de ne pas te filer de subvention, ou te tabasser, en fonction des méthodes d'achat de vote) et tu vas finir par dire à tout le monde que tu votes pour A. Et ça aura un impact réel, surtout si les acheteurs sont malins et qu'ils t'ont ciblés parce que tu es un "leader d'opinion".
C'est ce que montre le système d'achat de voix de Dassaut dans l'essonne (entre autres le documentaire "la cause et l'usage" sorti cette année)
JihaiR
02/07/2012 à 19h30
A ce niveau là, la marge supplémentaire par rapport aux besoins fondamentaux est même énorme.
Gone Going
02/07/2012 à 20h38
Tecumseh
aujourd'hui à 16h33
Pour les élections péruviennes, un ami qui bossait pour une ONG m'a dit que les acheteurs de vote (le parti de la fille de Fujimori) demandent une preuve photo du vote (enveloppe avec le bulletin dedans), et il est en plus facile de vérifier que le votant ne prend bien qu'un bulletin avant d'aller dans l'isoloir.
Pas une surprise de voir une telle campagne de presse anti-gauche.
Ce qui m'inquiete le plus pour le Mexique est que les cartels, qui sous le PRI, me paraissaient faire leur business chacun de leur coté, semblent se tourner vers une violence très importante, digne des maras des pays d'Amérique Centrale. Les Zetas particulièrement me paraissent moins hiérarchisés et plus prompts à l'impro et donc la violence au niveau local.
J'ai à peine commencé le bouquin d'Anabel Hernandez, je sais pas encore ce que ca vaut, mais si j'ai bien compris, le PAN, pour avoir sa part du gateau, a avantagé le cartel de Sinaloa et a donc déséquilibré l'équilibre entre les cartels mexicains.
Pas sur que le PRI puisse revenir comme à l'époque, l'infiltration sinaloense dans le gouvernement me semble trop importante pour qu'ils acceptent un rééquilibrage. Ils vont devoir se bouger dans un sens ou dans l'autre à mon avis.
Ne vous y fiez pas trop, cette analyse est sujette à destruction point par point de la part d'O Mexico.
Si Rock'n Santa Cruz passe par là, je veux bien son avis sur la situation paraguayenne, je trouve pas grand chose, meme dans la presse péruvienne.
Hydresec
04/07/2012 à 20h19
Bernard Maris qui explique sur BFM TV que les fonctionnaires, déjà qu'ils ont une super retraite par rapport au privé alors bon, hein, les "gars" (sic), vous allez pas la ramener sur les salaires, non plus ?
J'ai raté un épisode ou bien ?
JL13
04/07/2012 à 20h31
B. Maris est bien réputé comme économiste de gauche, voire gauchiste, non ?
Hydresec
04/07/2012 à 20h59
Ben justement, un "gauchiste" qui reprend la rengaine des fonctionnaires nantis qu'il s'agit d'opposer aux salariés du privé qui n'ont pas la sécurité de l'emploi etc., ça me fait un peu bizarre. J'ai connu l'économiste en question plus amène avec les serviteurs de l'Etat.
OK Choucroute!
04/07/2012 à 21h14
Rosanvallon sur rue89:
http://minilien.fr/a0na3a
Matière à, comme on dit.