Posts tagged ‘QPR bilan 2014-2015’

La saison 2014-2015 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par l’équipe Teenage Kicks :

  • Camille Garnier (Hull, QPR, Stoke)
  • Chris Garnier (Newcastle, Southampton, WBA)
  • Didier Féco (Everton, Man City, Swansea, Tottenham)
  • Kevin Quigagne (Aston Villa, Burnley, Liverpool, Sunderland)
  • Matthew Dymore (Crystal Palace, Leicester, Man United, West Ham)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Chelsea)

Les bilans précédents :

Aston Villa, Burnley

Arsenal, Chelsea, Crystal Palace

Everton

Hull, Leicester

Liverpool

Man City, Man United

Newcastle (15è, 39 points, G-A - 23, 40 buts pour, 63 contre)

Résumé de la saison

Reverrons-nous un jour un Newcastle régulier ? Adepte des montagnes russes depuis quelques années, le dernier virage de cette saison a pourtant failli être fatal à la Toon Army. À la lutte avec Hull pour s’éviter les affres d’une nouvelle relégation, après la catastrophe de 2009, Newcastle s’est sauvé in extremis lors de la dernière journée après 10 matches sans victoire.

La fin du dernier exercice avait prouvé aux Magpies que des renforts étaient nécessaires, après avoir perdu 11 de leurs 15 derniers matches. Ni une, ni deux, Mike Ashley mettait, enfin selon les fans, la main au portefeuille pour composer une équipe séduisante sur le papier. Un bon joueur de Ligue 1 (Cabella), un bon joueur du Mondial (Janmaat) et un bon joueur de Football Manager (Facundo Ferreyra), l’affaire semblait entendue. Que nenni ! Le départ catastrophique du club, 7 matches sans victoires, a renforcé la contestation envers Alan Pardew : site internet « sackpardew.com », banderoles et chants contre le manager déjà fourni en cheveux blancs… Proche de perdre son job, Pardew sauve sa tête à partir d’octobre avec une série de 6 victoires en 8 matches, notamment face à Tottenham, Liverpool et Chelsea.

Forts en photoshop les Magpies !

Forts en photoshop les Magpies !

Comble du comble, les voeux des fans Geordies sont exaucés pour la nouvelle année : Pardew quitte le club pour Crystal Palace, laissant son adjoint John Carver s’occuper d’une équipe bien installée à la 10e place. Les Toon sont même curieusement le 1er club ex-aequo, avec Chelsea, à avoir remporté des points (10) alors qu’ils étaient menés. Bien évidemment, tout ceci ne dure pas. Les fans se rendent vite compte qu’ils ont quitté Charybde pour foncer sur Scylla : Newcastle ne prend que 10 points en 18 rencontres et frémit jusqu’à la dernière journée, sans conséquence, sauf l’exaspération des supporters. Critiquant les choix douteux du propriétaire Mike Ashley (qui s’est également fait une belle réputation chez les Glasgow Rangers), coupable de faire des profits et de ne pas les réinvestir dans le club, ces derniers ont mis en place un nouveau site (AshleyOut.com) qui l’enjoint à vendre Newcastle United, devenu « une coquille vide. Une ombre de sa grandeur passée ». « Il n’y a aucune ambition, à part rester en Premier League pour prendre ”notre” part des droits télévisuels énormes que la ligue génère ». Après le sauvetage du club, le fondateur de l’entreprise Sports Direct a pourtant assuré qu’il resterait « jusqu’à ce que Newcastle gagne un trophée ». Pour l’instant, c’est pas gagné. Comme on dit dans les travées : « We’re shit and we’re sick of it ».

Satisfactions / À la hauteur / N’ont pas à rougir :

- Jack Colback. L’ancien milieu aux taches de rousseur de Sunderland a fait énormément de bien à l’entre-jeu Black & White cette saison. Newcastle est le club de cœur du gamin et ça s’est vu lorsqu’il a fallu mettre de l’envie. Le Daily Mail lors de son transfert libre à St James’ Park l’a d’ailleurs qualifié de « joueur le plus sous-estimé de la Premier League ».

- Moussa Sissoko. Élément essentiel du milieu Geordie à l’instar de Colback, il effectue toujours de bonnes prestations face aux grosses écuries de PL. Signe de son importance croissante, il a hérité du brassard de capitaine lors de la blessure de Coloccini. Mais restera-t-il ? Arsenal et Wenger sont intéressés…

- Ayoze Perez. Les supporters de Newcastle étaient quelque peu dubitatifs lorsque s’est pointé le jeune espagnol en début de saison s’attendant à un cador en attaque. Ils en ont eu un, au moins au début (5 buts jusqu’en janvier, 7 au total). Des promesses à confirmer.

- Daryl Janmaat. Recruté après le départ de Debuchy et une bonne Coupe du monde, le latéral droit a prouvé qu’il était sérieux défensivement et capable de très bonnes montées offensives (5 passes décisives). Joueur le plus utilisé dans l’effectif, il s’est imposé comme une des seules valeurs sûres du back four.

- Aux rayons des méritants, soulignons tout de même que Paul Dummett a fait le boulot sur son côté gauche et que Papiss Cissé a marqué 11 fois, utiles vu le classement de la fin de saison. Le deuxième ne devrait cependant pas se faire de vieux os à St James’ Park.

Déceptions / Pas à la hauteur :

- Emmanuel Rivière. 23 apparitions pour… Un petit but. Le bilan de Manu n’est pas des plus glorieux du côté du Tyne. Forcément, quand on débourse 8 millions €, on est en droit de tirer la tronche. De plus, les qualités physiques et athlétiques du buteur français n’ont jamais semblé lui conférer un avantage sur le terrain. Le syndrome Obertan, sans doute.

Gangsta's paradise

Gangsta's Paradise

- Rémy Cabella. Un peu à l’image de son comparse tricolore, il n’a pas été à la hauteur des attentes. Avec un physique juste face aux exigences de la PL (1m72, 66kg), Cabella a mal commencé et a progressivement perdu sa place. À sa décharge, son exil sur un côté et le fait qu’il est un des joueurs du championnat qui subit le plus de fautes ne l’ont pas aidé.

- Mike Williamson. Certes, le défenseur ne démérite pas et fait de son mieux. Mais le natif de Stoke n’a tout simplement pas le niveau. Lent et peu en réussite dans son jeu de tête, il n’a été aligné (27 titularisations) qu’en raison du peu de moyens derrière.

- Tim Krul. Lors des dernières saisons, le gardien néerlandais était considéré comme le sauveur des siens grâce à ses multiples sauvetages. Sauf que cette saison, l’albatros s’est rendu coupable de friabilité et fautes de mains indigne de son rang.

- Cheick Tioté. Il y a deux saisons, le milieu ivoirien, gratteur de ballons efficaces, était aux portes des grosses écuries européennes. À force de créer des emmerdes à Darsley Park (le centre d’entraînement), d’avoir autant de conquêtes que Napoléon et victime d’un mauvais karma (blessé à partir de janvier sur tout le reste de la saison), sa cote a bien baissé. Son jeu aussi. Va sans aucun doute quitter le club cet été.

- Vurnon Anita. Joueur en théorie intéressant, il se montre bien plus discret en pratique. Ne pas s’imposer après 3 ans au club, c’est révélateur.

Objectif(s) :

L’objectif principal est de retrouver la première partie de tableau après avoir passé deux saisons à tutoyer la zone rouge. Pour cela, il faut trouver un coach qui a quelques notions tactiques (non John Carver, entraîner c’est plus qu’écrire 11 noms de joueurs sur une feuille et faire du gloubi-boulga que n’humerait même pas Casimir) et une certaine cote d’amour auprès des fans, prêts à organiser un boycott lors de la fin de saison (Edit de fin de saison : toute la rédaction de TK souhaite un bon courage à Steve McClaren). Développer un véritable esprit d’équipe à travers le recrutement semble essentiel, tant Newcastle passe auprès des joueurs pour un paillasson vers la Premier League. Jack Colback a prouvé qu’acheter anglais n’était pas une mauvaise idée.

L’homme invisible :

Une double palme d’or est nécessaire. La première concerne Siem de Jong. Arrivé cet été en provenance de l’Ajax, le Néerlandais n’a pu prouver ses qualités à St James’ Park. Une blessure pour plusieurs mois dès septembre l’immobilisa jusqu’en février. Le temps de marquer un but, le seul, face à Swansea et le revoilà sur le billard. Newcastle n’est définitivement pas synonyme de réussite pour le nom De Jong, le frère Luuk ayant été prêté en janvier 2014, sans réussir à marquer.

Si vous le voyez, n'agissez pas seul.

Si vous le voyez, n'agissez pas seul.

Cependant, la vraie palme que n’aurait pas renié H.G. Wells est surtout à décerner à Facundo Ferreyra. Attaquant argentin plein de promesses (Grosse tuerie sur Football Manager, j’dis ça, j’dis rien), il s’était fait remarquer au début de l’année pour avoir refusé de retourner au Shakhtar Donetsk, alors que la guerre faisait (et fait toujours) rage dans le Donbass. Newcastle, flairant le bon filon sur les conseils de Fabricio Coloccini, recruta le bonhomme en prêt, assorti d’une option d’achat à 6M. Les fans d’un jeu précédemment susmentionné se seraient damnés pour récolter immédiatement les fonds mais la réalité est toute autre. L’attaquant n’a jamais convaincu, ayant même selon ses dires un physique bien trop juste pour le football d’outre-Manche. Au point que les journalistes le comparent aux pires recrues offensives récentes des Magpies comme Xisco, Alberto Luque ou Stéphane Guivarc’h. Résultat, il n’a pas joué un seul match en compétition officielle pour Newcastle et a même fini anonymement en réserve. Un gâchis.

Highlights :

- La bonne passe début octobre jusqu’à début décembre, couronnée par la victoire face à Chelsea qui fit tomber le champion pour la première fois de la saison, avec un but de Moussa Sissoko en plus !

- Les bons moments du derby (même s’il y a eu beaucoup plus de « mauvais moments »), cette saison connu sous le nom de « Derby to be proud of » où les supporters des deux camps se sont entendus pour commémorer la mort de deux fans Magpies dans le crash du MH17.

- La victoire en Cup face à Manchester City, à l’Etihad, 2-0, où l’on s’est dit « peut-être que… ».

Lowlights :

- Voyons voyons… Les séries consécutives de 7 matches et de 10 matches sans victoire au début et à la fin de la saison, dans le doute ? Mention spéciale à la seconde qui a vraiment été une purge à suivre pour les fans des Toon, notamment la défaite 3-0 à Leicester, affligeante de médiocrité.

- Les désormais 5 défaites d’affilées dans le derby, du jamais vu…

- La fin de parcours en League Cup. Après avoir vaincu les Citizens, Tottenham s’est fait un plaisir de ramener les Magpies sur terre, avec une défaite 4-0. Et que dire de la défaite en Cup dès le premier match face à des Foxes de Leicester bien mal en point.

… Et la saison a été tellement médiocre sur tous les fronts que le club a annulé les traditionnelles festivités et récompenses de fin d’exercice.

Le Manager :

Sur Alan Pardew, tout a été dit ou presque. Le site « sackpardew.com » a énuméré les listes de ses défauts. Dans le désordre, son incompétence, ses pétages de plomb récurrents (remember le coup de tête à David Meyler la saison dernière), le fait que son équipe soit une passoire défensive et inefficace en attaque, en gros qu’elle n’ait aucun fond de jeu alors qu’il a eu le temps (presque 5 ans à la tête de Newcastle). Pour couronner le tout, sa négligence des coupes énervait les fans au plus haut point, elles qui représentent une chance de trophée bien plus réaliste que la Premier League.

Ils font même de la data chez les Toons

Ils font même de la data chez les Toons

John Carver et John Carter ont beau regarder dans la même direction, la réussite c'est de l'autre côté

John Carver et John Carter ont beau regarder dans la même direction, la réussite c'est de l'autre côté.

Alan Pardew parti, c’est John Carver qui a donc pris les clés du royaume Mag’. À ne pas confondre avec John Carter, le héros d’un film catastrophique de Disney… Mais passons. S’il faut bien reconnaître un mérite au bonhomme, c’est qu’il est un vrai amoureux du club. Passé cela, il n’a malheureusement pas le charisme nécessaire pour bousculer son fantasque président et n’a pas un esprit tactique ultra-développé, au regard du jeu produit par Newcastle en deuxième partie de saison. Pire encore, il s’est attiré les railleries de la PL avec cette punchline : « Je continue de penser que je suis le meilleur coach de Premier League. Si j’ai les bons outils, je peux faire mon travail. En ce moment, je fais aux mieux de mes possibilités ». Si cette déclaration n’est pas forcément fausse, Mike Ashley n’aidant pas, elle est intervenue dans une situation où il valait mieux pas la ramener.

Photo / Vine de la saison :

Il aurait largement pu être dans les highlights, vu la saison déprimante, mais on a préféré le garder pour la fin. Oui, le retour de Jonas Gutierrez en mars 2015 face à Manchester United, juste après un cancer des testicules est LA belle image de cette saison. En plus, celui qui est un des tauliers de Newcastle a réalisé une excellente prestation lors de la victoire salvatrice face à West Ham. Mais comme on est à Newcastle, le bon moment a été très vite brisé lorsqu’il a apprit que le club ne le garderait pas au téléphone…

D’un autre côté, résumer la saison des Magpies à cette photo serait un happy end mensonger. Du coup, pour ne pas oublier le beau foutoir et l’amour que porte les supporters de St James’ Park à leur président, voilà le vine où l’on entend les doux mots d’amour susurrés lors du dernier match : « You fat cockney bastard, get out of our club ».

Queens Park Rangers (20è, 30 points, G-A -31 / 42 buts pour / 73 contre)

Résumé de la saison

QPR remonté difficilement en Premier League après le gros fiasco de la saison 2012-2013, on s’attendait (les fans et nous, quoiqu’il soit impossible de ne pas avoir un peu de tendresse pour ce club) à une politique différente du j’achète-tout-ce-qui-bouge. On se disait que, zut alors, un mec qui tient la compagnie de transport aérien low-cost la plus apprécié du Monde entre 2009 et 2013 selon les « World Airline Awards » (hey ouais, comme pour la musique, les razzies et le porno, y’a des awards de l’aviation civile), aka Tony Fernandes, ne pouvait pas ou plus aussi mal gérer son club après avoir fait exploser Air Asia sur le plan économique.

Sauf que le foot et les avions ne font pas forcément bon ménage - on pense à toi Dennis Bergkamp - et le Malaisien, titulaire, quand même, d’une Légion d’Honneur remise par notre Président en 2013, s’est encore planté.

Avec 11 arrivées à 32M £ (4 prêts et 7 transferts), -dont les milieux Sandro (Tottenham), Leroy Fer (Norwich) et Jordon Mutch (Cardiff), les défenseurs Rio Ferdinand (Man U, qui d’autre ?) et Steven Caulker (Cardiff encore), et les attaquants Eduardo Vargas (Naples) et Mauro Zarate (gros four à West Ham)-, et 10 départs pour seulement 15M, alors qu’il y avait Loïc Rémy, Esteban Granero et Stéphane Mbia dans le lot (certes prêté au FC Séville la saison dernière), l’équipe s’en est trouvée toute chamboulée… Comme en 2012-2013…

Evidemment le scénario a été le même et les Hoops ne se sont pas sauvés, faisant à peine mieux que deux saisons auparavant. C’est bien dommage car, contrairement à l’époque où Djibril Cissé évoluait sous ses couleurs et où QPR était un ramassis de mecs ne jouant que pour leur tronche faisant clairement des Rangers un tremplin pour leur carrière, cette saison ça tentait de jouer ensemble, mais avec beaucoup trop d’inégalités entre les joueurs selon les matches.
Quand l’attaque plantait, la défense ne suivait pas, quand la défense construisait la muraille de Chine devant les cages de Green, Charlie Austin se sentait bien seul devant. Et le milieu dans tout ça, bah… c’était au bon vouloir des envies, des blessures, etc.

Satisfactions / A la hauteur / N’ont pas à rougir :

Compliquées à trouver, mais on en a quand même quelques-unes :

- Robert Green. Le seul, l’unique, l’immense Robert, celui pour qui rien n’est impossible. Aller chercher une mine dans sa lucarne. Foirer un dégagement qui amène un but. Un vrai MacGyver du football, la réussite en moins. Malgré 73 buts encaissés par QPR (dont 9 en trois matches par le remplaçant, Alex McCarthy), le « Keeper that saves when he wants » a plutôt fait une bonne saison, avec peu de cagades. Il n’a pas non plus été aidé par sa défense, la pire du Royaume.

Robert Green en pleine parade nuptiale.

Robert Green en pleine parade nuptiale.

- Steven Caulker. Le défenseur a sans doute été le joueur le plus régulier de son équipe, ce qui, lorsque tout fout le camp, n’est pas une mince affaire. Recruté pour 8M à Cardiff après avoir déjà pris la tangente l’année d’avant, il s’est montré serein (autant que possible) et propre. Aura sans doute l’ambition d’intégrer une équipe du top 6 sous peu.

- Joey Barton. Le puncheur de la PL s’est assagi. Revenu du mistral gagnant marseillais sans grande envie, il a pourtant joué sa saison la plus accomplie. Promu vice-capitaine derrière Clint Hill, il a tenté, et plutôt réussi, d’assumer son statut de leader, et de bouger ses partenaires.

- Leroy Fer. Le milieu offensif qui sortait d’une saison en demi-teinte à Norwich doit affronter une autre relégation. Pourtant il s’agit sans aucun doute d’un top player, qui pourrait intégrer bien des (très bons) clubs, tout en ne cirant pas le banc. Auteur de 6 buts, dont celui-ci. Citons également Matt Phillips. Le winger a joué 25 matches pour trois buts et est le meilleur passeur de son équipe (7 key passes).

- Mais la hype de la saison chez les R’s se situe bien chez Charlie Austin. L’attaquant, ex-maçon, et surtout ex-joueur de Non-League jusqu’en 2009 (!), vient de signer deux exercices impeccables à Loftus Road. Avec 34 buts marqués en deux saisons (17 en Championship, 17 en PL), et malgré quelques absences, notamment lors de la deuxième partie de saison (« he scores when he wants, he scores when he waaaaants… »), il donne l’impression de s’adapter parfaitement à chaque division. Arrivé parmi l’élite et toujours aussi efficace, il devrait être très convoité et vient d’acquérir le statut d’international. On ajoutera Eduardo Vargas, très bon quand il n’était pas blessé, et Bobby Zamora, qui, malgré trois petits pions, a eu le mérite de donner tout ce qu’il a pu pour ses 34 piges. Et c’est déjà pas mal.

- Loftus Road. La dernière satisfaction, et pas des moindres. Le plus petit stade de Premier League (18439 places) n’en possède pas moins l’une des meilleures ambiances. Trop peu cités, les fans des R’s savent mettre le feu dans les rares moments de joie que leur a procuré leur équipe. Ici, un petit cadeau, the song goal (de son vrai nom : « Papa’s got a brand new pigbag »), partagée avec Middlesbrough FC et performée à l’origine par James Brown en 1965, reprise par le groupe post-punk Pigbag. Bon ok ça peut paraître lourdingue, mais interprétée comme ça, ça détonne.

Déceptions / Pas à la hauteur / Ont flopé

On en trouvera beaucoup :

Je savais que vous l’attendiez, voici la demoiselle en question.

Je savais que vous l’attendiez, voici la demoiselle en question.

- Armand Traoré. Aussi mauvais sur le terrain que discret dans sa vie privée (il avait proposé 2000 $ sur Instagram à une actrice X américaine pour venir le rejoindre pendant quelques jours à Londres en octobre 2013), le Sénégalais, formé à Arsenal, passé par la Juve et Portsmouth (du temps de la PL avec Pompey), fait typiquement partie de cette équipe de 2012-2013 où chacun jouait pour sa poire. Aucunement concerné, n’ayant pas le niveau, on se demande comment il peut encore sévir en PL, et surtout comment il a pu percer un jour.

- La défense en général. 73 buts encaissés en 38 journées, ça fait une moyenne de 1,92 buts/match. C’est beaucoup. En même temps, ni Harry Redknapp, ni Chris Ramsey n’auront trouvé le compère idéal à Caulker, le faisant jouer tantôt avec Richard Dunne (23 matches), tantôt avec Nedum Onuoha (23 matches aussi mais la moitié en tant que latéral droit), et très peu avec Rio Ferdinand (11 matches).

- Le milieu Karl Henry, dont on n’a pas compris les 33 matches et 27 titularisations. Devait être une sorte de cadenas lorsqu’il était associé avec Sandro en sentinelle, mais ses difficultés à récupérer un ballon et son incapacité à le ressortir proprement dès qu’il en tient enfin un ont posé d’énormes problèmes à un QPR qui n’a jamais vraiment su tenir la sphère.

- Enfin, si les Hoops sont loin d’être la pire attaque, ils n’ont quand même pas été aidés par Junior Hoilett. Pourtant, l’ancien joueur de Blackburn Rovers était un bon joueur de ballon, doté d’une très grosse technique et d’une bonne frappe, mais il n’a jamais réussi à se mettre en évidence en PL. Semble devoir définitivement être catalogué comme un second couteau.

Objectifs :

Comme chaque saison, remonter, tenter d’essayer de se maintenir, remonter, envisager d’essayer de ne pas être relégué, remonter… Tout ça en gardant l’essentiel : le statut de club fun.

Il y a un autre moyen

Suicide : Il y a un autre moyen

L’homme invisible :

Entre les blessés et les non-utilisés, il y en a un paquet. On retiendra au choix : Alejandro Faurlin (2 matches) qui s’est fait les croisés dès le mois d’août, et qui vient pourtant d’être prolongé ; Shaun Wright-Phillips (127 minutes de jeu), très apprécié des fans des Super Hoops, 33 ans et pour qui ça sent clairement la fin de carrière ; Adel Taarabt (7 matches dont 3 titularisations), qui, après une bonne pige à l’AC Milan la saison dernière, semble être redevenu ingérable et insupportable. Le contexte londonien sans doute.

Highlights :

C’est simple, les 8 petites victoires, contre quasiment toutes les équipes classées en deçà de la 13ème place (Sunderland, West Brom - un 1-4 aux Hawthorns qui a fait son effet -, Burnley, Aston Villa, Leicester avant la fin de saison, Newcastle de la fin de saison).

Lowlights :

Il y en a tellement : les branlées mémorables (0-4 contre Spurs et Man U, 0-6 à Man City, 1-5 chez Leicester…), des parcours en coupe catastrophiques avec des défaites 0-1 au deuxième tour de la League Cup contre Burton Albion (D4) et 0-3 lors de son entrée en FA Cup contre Sheffield United (D3).
Mais la pire, celle qu’on aurait aimé ne jamais voir, et qui a éclipsé sa saison pourrie et sa retraite parmi les Lampard et Gerrard, la mort de Rebecca Ellison-Ferdinand, femme de Rio, des suites d’un cancer du sein. Célébrée par une minute de silence sur tous les stades de Premier League le 2 mai dernier. « Silence like a cancer grow ».

Manager :

Il y en aura eu deux :

Harry - lose his sparkle - Redknapp (l’homme qui a perdu son mojo). Tellement seul et non-soutenu chez les R’s qu’il lui aura fallu prétexter une excuse bidon (une opération du genou, bon d’accord, presque bidon), pour se tirer le 3 février dernier. Avant ça il avait le bilan, peu flatteur, de 5 victoires et 14 défaites pour 23 matches sur le banc de la South Africa Road Stand. Le reverra-t-on un jour entraîner ? En tout cas la question se pose.

Harry fait la moue

Harry fait la moue

Chris Ramsey. « Rambo », d’abord nommé intérimaire, puis confirmé dans ses fonctions, y compris pour la saison prochaine, n’a remporté que 3 matches sur 15 et pris 11 points sur 45 possibles. Le pauvre Chris n’a jamais semblé trouver la solution avec son équipe, et il comptera sur un grand ménage de l’effectif pour y voir plus clair en Championship.

Chris fait la moue

Chris fait la moue

Photo de la saison :

QPR c’est ça, du Love et des cadeaux, surtout aux 19 autres équipes de PL.

QPR c’est ça, du Love et des cadeaux, surtout aux 19 autres équipes de PL.

Stoke City (9è, 54 points, G-A +3 / 48 buts pour / 45 contre)

Résumé de la saison

2014-2015 était l’année de la confirmation pour Mark Hughes à la tête des Potters, après la fin du règne de Tony Pulis et le virage amorcé la saison dernière, dans le jeu et les ambitions du club. Qu’on se le dise, fini le kick-à-tout-va and rush légendaire, finis les purges et les points glanés à coups de boule de Peter Crouch ou de touches-missiles sol-air. Bonjour la quasiment hype Stoke-on-Trent.

Ce qu’on avait entrevu la saison dernière de nos yeux critiques et avisés, séquences parsemées de jeu posé et pass and move, s’est révélé être un plan complètement mis en place par les coéquipiers de Charlie Adam. Et oui, ça va être dur de l’intégrer mais Stoke n’est plus l’équipe de bouchers que l’on connaissait et à qui l’on trouvait quand même un certain charme (ou pas, c’est selon), derniers souvenirs d’une époque révolue du football d’avant les Nineties. La « Team that fun forgot » (terme retrouvé çà et là chez nos amis Magpies, c’est vrai que niveau fun ils en connaissent un rayon eux), est devenu beaucoup plus agréable à regarder, même si, lorsqu’elle défend, elle met encore des brins à tout le monde (deuxième plus mauvaise équipe au classement du fair play pour la saison mais seulement 81 jaunes pour 1 rouge, du côté d’Aston Villa ou Newcastle on en est à 7 rouges).

Une sorte de « F**k the system » qui a le mérite d’être clair

Une sorte de « F**k the system » qui a le mérite d’être clair

Il a manqué tout de même un peu de régularité à cette équipe pour accrocher mieux que cette 9ème place, record égalé de la saison dernière du meilleur classement du club depuis 1975. A noter deux tendances qui se confirment : Stoke sait emmerder jusqu’au bout les équipes du top 6 anglais, mais organise régulièrement des portes-ouvertes contre les équipes de bas de tableau.

Satisfactions / A la hauteur / N’ont pas à rougir :

- Aux latéraux Phil Bardsley et Geoff Cameron. Le premier a poursuivi la lancée de ses bonnes saisons à Sunderland en étant régulièrement aligné (26 matches), tandis que le second, qui a joué la Coupe du Monde avec les USA, reste pour la troisième saison d’affilée le titulaire au poste de latéral droit, malgré la concurrence. Avec pourtant un physique de golgoth (culmine à 1,91m pour 75kg), il s’impose comme une valeur sûre de la Premier League, bien que moins offensif cette année (0 but).

- A Ryan Shawcross et Glenn Whelan, derniers vestiges de l’année de la montée, toujours aussi sûrs et réguliers.

- A Steven N’Zonzi, excellent et indéboulonnable au poste de milieu défensif, a également marqué trois buts (dont celui-ci à 42′‘ à la dernière journée contre Liverpool, magnifique). Le natif de Colombes, élu Player of the Year par les supporters, pourrait être une alternative très intéressante en Equipe de France. Il lui faudra cependant sans doute quitter le Britannia Stadium pour avoir plus de visibilité à l’échelle continentale.

- Aux milieux Charlie Adam qui redevient un bon joueur de PL (6 buts cette année dont celui-ci), et qui a quitté son statut de découpeur de rotule depuis son départ de Liverpool (il casse désormais des nez, notamment celui de Cesc Fabregas), et Stephen Ireland, qui même s’il ne joue pas tous les matches (17 en championnat), est la caution technique dans l’axe.

 Le monde de Charlie.

Le monde de Charlie.

- A la ligne d’attaque en général, composée de l’éternel Peter Crouch et du roublard et infatigable Jonathan Walters (8 buts chacun), ainsi (et surtout !), que de Mame Biram Diouf. Arrivé d’Hanovre à qui il a d’ailleurs beaucoup manqué cette saison, et malgré un nombre de buts un peu faiblard pour un meilleur scoreur de club (11 buts), Diouf a impressionné par sa capacité à être un danger constant pour les défenses de PL. Pas toujours très concerné, à l’image de son équipe, contre les canards boiteux en championnat, il a été redoutable contre les cadors (remember la victoire des Potters à Manchester City en début de saison). Affirmant préférer jouer à l’extérieur plutôt qu’à domicile, le très venteux Britannia Stadium ne lui convenant que peu, trop venteux, il se dit prêt à rester à Stoke la saison prochaine et affronter la concurrence : « peu importe que le club recrute 11 attaquants ». Un vrai battant.

« C’est toi Laurel et moi Hardy »

« C’est toi Laurel et moi Hardy »

Déceptions / Pas à la hauteur

- Au gardien Asmir Begovic, qui, sans être mauvais, s’est tout de même montré moins décisif que la saison dernière, voire parfois fébrile. Risque de se faire presser la saison prochaine par le keeper qui monte chez les espoirs anglais (plus jeune portier à garder les bois de la sélection A, à 19 ans), Jack Butland (22 ans aujourd’hui), qui a d’ailleurs resigné pour 4 ans avec les Potters.

- Au défenseur axial Philipp Wollscheid. Arrivé cet hiver de Leverkusen en prêt (après un passage par Mayence) et considéré comme un grand espoir en Allemagne, Wollscheid a depuis disputé 12 matches avec Stoke, au cours desquels, et malgré quelques bonnes prestations (mais pas beaucoup hein), il a paru très emprunté voire maladroit. Peu au fait des batailles physiques du championnat de nos perfides voisins, malgré sa carrure (1,94m pour 88kg, a souvent mangé le gazon qu’on dit meilleur en perfide Albion), et commettant pas mal d’erreurs dans sa relance. A cependant manifestement convaincu le staff et Mark Hughes qui l’a transféré définitivement en mai pour trois ans. Nul doute qu’il a un potentiel, et qu’il doit s’adapter à la Premier League, mais il s’agira pour lui, et pour les supporters, qu’il se montre plus serein. Same player try again.

- Enfin, au milieu Steve Sidwell, qui sortait d’une saison pleine et qui était la seule satisfaction de Fulham l’année dernière. N’a joué que 12 matches et n’a pas su bousculer la hiérarchie au milieu, où y’avait quand même du lourd faut avouer.

Objectifs :

L’objectif sera de se montrer plus régulier et surtout plus efficace face aux mal classés afin de titiller les places européennes. Avec le jeu actuellement produit, on peut sincèrement l’espérer, en gardant en mémoire que certains concurrents (Everton notamment), ne feront pas toujours des saisons en deçà de leur potentiel.

L’homme invisible :

On pourra nommer la jeune recrue Dionatan Teixeira, le défenseur central n’a joué que 4 malheureuses minutes en PL cette saison. Mention spéciale également à Peter Odemwingie (33 ans) pour qui ça commence à sentir le sapin, après une bonne deuxième partie de saison 2013-2014, et qui n’a joué que 7 petits matches dont 1 comme titulaire pour pas un pion.

Mais comment ne pas décerner la palme à ce bon vieux Wilson Palacios ? Le Hondurien de 30 ans, arrivé pour 9 millions £ à Stoke en 2011 n’y a joué que 28 matches de championnat dont 14 comme titulaire (à 643 000 £ la titularisation donc…) et tout simplement zéro cette saison ! On ne l’a aperçu qu’à quatre reprises sur le banc pour aucune entrée en jeu, sauf décrassage. Ne devrait pas s’éterniser dans le Staffordshire et n’est manifestement pas désiré par son entraîneur.
A noter encore l’absence totale d’apparition du défenseur Andy Wilkinson depuis deux saisons (prêté à Millwall en 2013-2014, pour 9 petits matches), qui ne semble même plus être un joueur de Stoke si ce n’est sur son contrat.

Highlights :

De très belles perfs contre des gros (victoires 3-2 contre Arsenal, 1-0 à Manchester City, 2-1 contre Southampton, 2-1 et 3-0 contre Tottenham (à cette occasion, Mauricio Pochettino, amené à commenter les buts encaissés par les Spurs, avait signalé la difficulté de jouer contre une équipe qui jouait physique et envoyait de longs ballons, il s’est alors fait démonter par la presse en ces termes « Does Mauricio Pochettino do any preparation on his opponents? It’s garbage », comprenez : « Pochettino jette-t-il ne serait-ce qu’un coup d’œil sur ses adversaires ? Foutaises ! »)), et surtout cette raclée infligée à Liverpool 6-1 à la maison.

Lowlights :

Des défaites sans doute évitables aux vues du potentiel de l’équipe (défaites à domicile : 0-1 contre Aston Villa, 0-1 contre Leicester et 1-2 face à Burnley). Des éliminations précoces en Cup avec un très mauvais match face à Blackburn (défaite 4-1) au 5ème tour de la FA, et défaite à domicile (2-3) contre Southampton pour le 4ème tour de la League Cup. Si le club souhaite viser l’Europe, il faudra pouvoir composer avec le championnat et les coupes. Et les Potters ne semblent pas encore forgés pour ça.

Le manager :

« La différence entre toi et moi ? C'est que moi, j'ai la classe »

« La différence entre toi et moi ? C'est que moi, j'ai la classe »

Mark Hughes, le Gallois de 51 ans semble avoir enfin trouvé sa voie à Stoke avec qui il est sous contrat jusqu’en juin 2016. Si l’embellie se confirme, nul doute qu’il sera prolongé. Après avoir débuté sa carrière en Premier League sur le banc de Blackburn Rovers en 2004, et quelques expériences plus ou moins ratées (aucun trophée avec Man City en une saison et demie, une 8ème place avec un Fulham trop peu ambitieux pour lui, un zéro pointé avec QPR), il parvient depuis deux saisons à se faire apprécier par les fans et ses dirigeants, et, comme on l’a dit maintes fois jusqu’ici, a fait de Stoke une équipe qu’on ne reconnaît plus, même si les clichés ont la vie dure.

Photo de la saison :

Sont contents de jouer ensemble les Potters !

Sont contents de jouer ensemble les Potters !