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The Back Page, tout près de Saint James’ Park, est la librairie-boutique de football la plus fournie de la planète. C’est aussi le hang-out intello préféré d’Hatem Ben Arfa et de nombreux amateurs de foot du monde entier. C’est du Back Page qu’HBA a voulu lancer ce que les médias ont (erronément) appelé sa « contre-attaque », juste avant qu’Alan Pardew n’expédie l’artiste incompris à Hull City. Rencontre avec son boss atypique, Mick Edmondson, a man you don’t meet every day comme chantaient les Pogues.


Mick, avec l’iconique maillot 1993-95 des Magpies (enfin, « iconique », c’est eux qui racontent ça)

(Avertissement. En tant que supp de Sunderland, j’ai dû faire preuve d’un minimum de bienveillance à l’égard de nos voisins de Newcastle United pour obtenir cette ITW. A partir de cet instant précis donc, je fais entrer TK dans une dimension totalement inconnue et mal maîtrisée : il se peut que j’écrive quelques vagues amabilités sur les Magpies. Si cela devait se produire, que nos lecteurs supps Black Cats ne lancent pas tous une fatwa contre moi).

Pour un Black Cat, le plus dur en poussant la porte du Back Page, véritable shrine (musée, lieu de culte) dédié aux Magpies, n’est pas tant la prolifération de maillots et articles NUFC en tout genre ou la propagande soft mais pesante (grand club, grands joueurs, massive ceci, massive cela). Non. Ce qui fait vraiment mal, c’est que la télé de la boutique, son à donf, passe en boucle des DVDs de NUFC avec une prédilection pour la victoire 5-1 sur Sunderland fin octobre 2010. Evidemment, les Gardiens du Temple, Mick et Dave (le bras droit du boss), se gardent bien de mettre les DVDs où on les rosse 3-0 ou 9-1 à SJP (OK, le 9-1 date un peu, ni radio ni télé à l’époque mais c’est pas une raison).

La souffrance est intense mais l’endroit est unique et son proprio fascinant, alors j’encaisse en silence. Malgré mon appartenance à la tribu ennemie et sa grosse charge de travail, Mick m’a accordé 90 minutes in situ. L’occasion de discuter bouquins, Newcastle United, HBA, Téléfoot, Pardew, hooliganisme, rivalités, Serge le Lama et autre.

[Cliquez sur les photos pour les agrandir]


Un calicot qui en jette.

Mick, qui es-tu ?

J’ai 48 ans, je suis Geordie [habitants de Newcastle et environs] et je supporte Newcastle United depuis toujours. J’ai ouvert le Back Page en novembre 2003. Je suis accro au foot et à United depuis tout petit et j’ai toujours rêvé de créer un endroit comme le Back Page. J’ai aussi joué au football à un honnête niveau dans ma jeunesse.

Je suis aussi DJ dans des pubs et boîtes de Newcastle le week-end, sous le pseudo Mad Mick DJ, ça fait 30 ans que je fais ça. C’est mon métier de départ et c’est d’ailleurs cela qui m’a permis d’ouvrir le Back Page, financièrement et au niveau de ma disponibilité. J’anime un show également, le Mad Mick Show avec des danseuses et tout, c’est au Beyond Bar dans le centre-ville, on s’éclate bien.

T’es trop modeste pour le dire mais je sais, par Dave [son adjoint] que tu as évolué à un excellent niveau à Newcastle United avec les U18, avant qu’une série de blessures ne t’oblige à raccrocher. T’as d’ailleurs joué avec Paul Gascoigne, avec lequel tu es resté ami, c’est bien ça ?

Oui, j’ai joué en Jeunes à Newcastle United de la fin des Seventies au début des Eighties. J’ai effectivement joué avec Paul Gascoigne et on a fait des essais ensemble dans trois clubs pros en tant que jeunes stagiaires, dont Ipswich Town un an après leur triomphe en C3 [1981], sous le grand Bobby Robson. On est ensuite restés amis avec Paul, on se voit toujours à l’occasion, comme Noël dernier mais il vit dans le Sud maintenant. Malheureusement, j’ai dû raccrocher les crampons assez tôt à cause de blessures aux jambes et aussi pour une autre raison : je refusais de jouer le samedi après-midi parce qu’il était hors de question pour moi de rater un match de Newcastle United !

Bel exemple de sacrifice pour son club. Quel est ton tout premier souvenir de Newcastle United ?

Quand on a gagné la Coupe des villes de foires en 1969, j’étais à l’aéroport pour accueillir les héros de retour de Hongrie, les Bob Moncur, Pop Robson, Wyn Davies & co. J’avais seulement 3 ans ½ mais je m’en souviens.

Ah oui, cette fameuse coupe que vous n’auriez jamais dû gagner puisque vous aviez fini 10è de D1 la saison précédente. Quelle bande de vernis alors* !

Attends, attends, on a rien volé hein, les règles sont les règles et on a été admis à la régulière !


30 mai 1969, devant St James’ Park, Newcastle United présente sa Coupe d’Europe des villes foireuses après sa victoire en matchs A/R sur l’obscur club d’Újpest Doza (y’avait que des tocards dans cette coupe en bois cette saison-là de toute manière, même les Glasgow Rangers ont atteint la demi-finale, c’est pour dire)

[*Je persiste et signe : ce sont de sacrés vernis. NUFC avait fini 10è en 1968 et n’était donc absolument pas qualifié pour la Inter-Cities Fairs Cup. Mais les Magpies eurent un coup de bol monstrueux : a) Man United finit 2è et aurait dû disputer la Fairs Cup mais fit la C1 car qualifié d’office en tant que Champion d’Europe sortant b) Everton, 5è, aurait aussi dû la jouer mais comme Liverpool, 3è, la disputait et qu’un seul club par ville était autorisé, pas de Toffees c) idem pour Tottenham et Arsenal, respectivement 7è et 8è et barrés par Chelsea, 6è, qui la disputa d) West Bromwich Albion, 9è, aurait dû donc prendre la place restante mais, en tant que vainqueur de la FA Cup 68, disputa la C2 et libéra ainsi une place. Par un hallucinant et insupportable concours de circonstance de cocu de sa race, Newcastle hérita donc de la dernière place en C3]

Ton premier match à St James’ Park, c’est quand ?

Le 28 août 1971, j’avais 5 ans, un souvenir extraordinaire, c’était Newcastle v Liverpool, et le premier match sous nos couleurs de Malcom Macdonald [NUFC legend], et bim, « Supermac » claque un hat-trick pour son baptème du feu à SJP, 3-2 pour Newcastle ! En plus, il est sorti sur civière avec deux dents cassées sur un choc avec Ray Clemence. Bref, il est d’emblée devenu un terrace hero de SJP.

1977-78 est ma première saison complète à domicile, celle où j’ai assisté à tous les matchs de championnat à SJP. J’ai un abonnement depuis ce temps-là et je n’ai raté qu’un seul match à domicile depuis 1977, contre Tottenham en 1997, manque de bol, j’étais témoin à un mariage. A partir de 1981, je n’ai quasiment rien raté à l’extérieur jusqu’à fin 2003 ou j’ai ouvert Back Page, ce qui a rendu tout déplacement impossible vu que Back Page est ouvert 7 jours/7.

Toute ma famille depuis mon grand-père et avant ont toujours supporté Newcastle. Ma mère, 84 ans, était encore abonnée jusqu’à récemment mais des problèmes de santé l’ont forcée à décrocher.

Tu organises aussi les déplacements de supps via le Back Page Travel Club, n’est-ce pas ?

Effectivement. Newcastle United ne s’occupe plus des déplacements maintenant car en fait, au fil des ans, on leur a piqué le business !

On est plusieurs comme ça à proposer nos services aux supps. Ici au Back Page, on organise les déplacements depuis 11 ans, j’ai rempli jusqu’à 28 bus pour des matchs à l’extérieur. Il faut être membre pour faire nos déplacements, mais l’adhésion à vie n’est que de 3 £. On a plus de 10 000 membres.

Présente-nous ta boutique si particulière s’il te plaît.

Back Page est situé dans le Chinatown de Newcastle, tout près de St James’ Park.

Une épouvantable pièce à ajouter au lourd dossier des terribles conditions de travail et de vie des travailleurs chinois : ceux de Newcastle doivent se cogner cette vue 24 h/24, 7 j./7, 365/365.

La spécialité du Back Page est le livre de sport, surtout de football, on a plus de 3 000 titres de foot différents en rayon. On vend aussi sur Amazon, via le Market Place, on est même souvent moins cher qu’eux et pour les bouquins rares ou difficiles à obtenir on les bat largement niveau prix.

Mais je vends de tout ici, ça va des produits dérivés classiques (DVDs, mugs, pin’s, t-shirts, etc.) aux maillots vintage rares, en passant par des souvenirs personnels d’une certaine valeur, des photos dédicacées ou des ballons signés par des joueurs (football memorabilia), tout ce qui a rapport au football en fait. On fait environ 90 % de football car à Newcastle c’est surtout le foot, c’est une véritable religion ici. Mais c’est aussi une question de place car on est un peu à l’étroit par rapport à notre gros stock donc je privilégie le foot pour l’instant. Quand on (ré)ouvrira le sous-sol, je diversifierai davantage vers les autres sports.

Ça ne se voit pas sur ma photo, mais le ballon de York City (à droite) vaut plus que le Newcastle United. La honte.

Tu comptes t’agrandir en partie pour accommoder ton extraordinaire collection de programmes de match, n’est-ce pas ?

Oui, j’en ai plus de 200 000. On m’en donne ou vend, j’en ai récupéré beaucoup chez des collectionneurs, dans des foires et salons spécialisés, un peu partout. Au fil des décennies, j’ai amassé ce qui doit être la plus vaste collection de programmes de match au monde.

Au premier étage, on propose uniquement les programmes des matchs de Newcastle depuis des décennies, je sais pas exactement combien on en a mais c’est en milliers. La grande majorité de mes 200 000 programmes sont toutefois conservés au sous-sol dans une salle encore fermée au public mais qu’on espère ouvrir bientôt. On compte réorganiser le sous-sol pour justement l’intégrer au magasin et vendre nos programmes mais cela va prendre du temps [nda : j’ai eu la chance de voir et parcourir cette incroyable collection au sous-sol et c’est impressionnant, il y en a absolument partout, des dizaines de bacs, cartons et étagères remplis de programmes. Le genre d’endroit où, si t’amènes ton matelas et une glacière bien remplie, tu passes un week-end de rêve]. Faut tout refaire et aussi installer la télésurveillance car y’a quelques années, quand cette salle faisait partie du magasin, on a subi de la fauche, dont un maillot à 800 £.

Une fois que tous ces programmes du sous-sol seront référencés, étiquetés, évalués et soigneusement présentés dans des bacs spéciaux, on les mettra en vente. Mais c’est un travail considérable comme tu peux l’imaginer, surtout niveau évaluation car ça exige beaucoup de recherche, faut contacter des spécialistes, etc. Et s’agit pas de se planter : la valeur d’un  programme de match varie énormément, de quelques pence à des centaines de £, voire bien plus.

Le Back Page est un endroit très civilisé : il y a même une section Sunderland, non vandalisée lors de ma visite. Pas de doute, nous sommes chez des connaisseurs.

T’as reçu pas mal de médias étrangers depuis quelques années, dont des Français. Je sais que Téléfoot par exemple a rappliqué quand Cabaye a signé à Newcastle. Il est sympa Christian Jean-Pierre en vrai ?

Christian who? [J’explique]. Non, ça me dit rien… Oui, TF1 est venu ici et pas mal d’autres télés du monde entier ces dernières années, allemandes, néerlandaises, scandinaves, etc. En 2012, pour les Jeux Olympiques [football à SJP], on a eu des TV brésiliennes, elles ont débarqué sans trop prévenir avec leurs grosses caméras et toute l’équipe de foot ! Les mecs n’en revenaient pas de découvrir notre boutique.

Y’a quelques années, les mecs de Sky Sports TV étaient souvent fourrés ici, moins aujourd’hui. Pas forcément pour filmer ou autre mais ils adoraient le Back Page et aimaient venir discuter. C’est aussi un rendez-vous de passionnés d’horizons divers. Tu vois par exemple là, en une demi-heure, on a eu 4 ou 5 nationalités en boutique et on a discuté, échangé, plaisanté [nda : souvent aux dépens de Sunderland…]. C’est cosmopolite et enrichissant, c’est tout à fait le genre d’endroit que je voulais créer au départ. [nda : un repaire anti-Sunderland donc]


Une partie de la boutique.

Ouais, j’y reviendrai, j’ai même repéré un Milanais louche qui voulait acheter un T-shirt pas sympa sur Sunderland… Mais parlons d’abord d’Hatem Ben Arfa, un client régulier du Back Page, vous avez d’ailleurs des photos de lui en visite ici sur vos murs. Il vient souvent ? Il vous achète quoi, des poupées Pardew pour y planter des aiguilles ?

[Il se marre] Il est venu plusieurs fois oui. Tu sais, j’ai pas mal discuté avec lui et je te jure, jamais je n’ai entendu Hatem dire un mot de travers sur Alan Pardew, jamais.

Hatem est un gars adorable, super sympa, il vient ici et il écarquille de grands yeux comme un gamin qui découvrirait un magasin de jouets. Il est très curieux, il me pose un tas de questions sur Newcastle United, l’histoire du club, le stade, les supporters, tout. Il regarde les vieilles photos, nos objets, etc. Hatem est vraiment un gars en or et il a Newcastle United dans la peau. Malheureusement, l’anglais d’Hatem est un peu juste alors c’est Bruno qui fait l’interprète. Ça me flingue qu’on l’ait prêté à Hull.

Bruno ?

Oui, c’est un proche d’Hatem, il le connaît depuis l’âge de 12 ans et est souvent avec lui. Il est réalisateur, il a fait un gros docu sur lui et d’autres jeunes joueurs en préformation [nda : s’agit de Bruno Sevaistre. Les 16 volets de sa série A la Clairefontaine – sur la Promotion 86 – sont sur youtube, voici le premier, sympa à regarder].

Venons-en à « l’affaire Ben Arfa » du début août puisque le Back Page en a été l’épicentre. Il a été abondamment dit et écrit qu’Hatem Ben Arfa a voulu organiser ici même une sorte « d’opération anti Newcastle United ». Les médias étrangers et français donc, qui se sont contentés de relayer leurs homologues anglais, ont parlé de « contre-attaque », « duel », « pied de nez », « bras de fer », « contre-soirée » etc. Bref, tout le lexique belliqueux du rapport de force y est passé et HBA s’est fait tailler. Ta version please.

Déjà, il est faux de dire ou écrire qu’Hatem Ben Arfa a voulu organiser quoi que ce soit pour se défendre. Que les choses soient claires : Hatem n’a jamais, jamais cherché à organiser une quelconque contre-attaque ou une dédidace en forme de « réglement de comptes » comme ça a été dit, écrit et commenté ad nauseam.

La vérité est que tout ça a été monté en épingle par les médias anglais et repris machinalement par tous les autres. Un malheureux concours de circonstance au niveau du timing respectif des deux parties [NUFC et HBA] a fait se téléscoper les choses et tout ça a vite tourné au cirque médiatique sans que ni moi ni Hatem ne puissions contrôler quoi que ce soit. Les médias en ont fait une affaire Ben Arfa vs Pardew mais ce n’est absolument pas ce qu’il s’est passé concernant sa venue ici. Il faut vraiment que les gens connaissent la vérité, je vais t’expliquer.

Ouais s’il te plaît car moi j’étais en vacances, totalement deconnecté de l’actu foot et ce n’est que bien après que j’ai lu quelques trucs et entendu les potins des échotiers locaux. Alors, que s’est-il réellement passé ?

Bon, reprenons depuis le début…

A suivre.

Kevin Quigagne.

Bien avant les chinoiseries de Nicolas Anelka, un autre pékin de renom défricha le terrain chinois pour tous les cadors pré-retraités : un certain Paul Gascoigne. Un séjour court mais ô combien mémorable.

Suite de la première partie et fin. Voir introduction ici.

La route de la soif

Paul est un client rêvé pour les médias et la BBC le suit partout. La Beeb produit même un documentaire sur son séjour. Au fil des semaines, il s’ouvre.  Avec émotion et une sensibilité à fleur de peau, il s’exprime sans filtre :

« Ce qui me tue ici, c’est de diriger les entraînements… Et ouais, parce que j’avais oublié en signant que je m’engageais à gérer l’effectif, et ça me flingue. Au début, ça me plaisait, puis maintenant ça me fait paniquer à mort. Parfois je flippe tellement que j’ai du mal à respirer, je me sens comme prisonnier, je tremble et tout, je n’entends plus rien. Je me fais un mourron de chien parfois. J’en fais des cauchemars ! J’ai toujours eu peur de l’avenir, dès l’enfance. Tout ce que les gens voient c’est le Paul Gascoigne clown et con comme un putain de manche mais j’ai des sentiments profonds. »

En attendant le début de la saison (mi-mars), l’équipe dispute quelques matchs amicaux mais l’ennui devient vite pesant. Plus que trois longues semaines à tenir. Seul. Côté divertissement, amateur de dolce vita, passe vite ton chemin. La ville de Lanzhou où est basé le club se trouve aux portes du désert de Gobi et s’enorgueillit du titre de ville la plus polluée de la planète…

Fatalement, l’alcool redevient son meilleur ami. Paul s’envoie souvent une bonne dose de whisky avant l’entraînement et même trois boutanches certains jours. Les hallucinations et délires sont fréquents. Parfois, il est persuadé d’entendre des voix lui ordonnant de « boire, boire, boire ».

Un passage chez Susan Boyle

Autant dire que le football passe au second plan. Les entraîneurs et préparateurs physiques se plaignent ouvertement du lifestyle de Paul, eux qui ont jusqu’alors toléré ses excès et vite archivé son passé éthylique au rang des dossiers classés (« Gascoigne a réglé ses problèmes d’alcolisme avant de venir » avait assuré le manager, Zhong Bohong). Le ton a changé, « Il faut vraiment qu’il bosse bien plus dur » se plaignent les dirigeants à la presse.

« Je me suis retrouvé chez moi, à poil… Je tenais une bible en chinois et je n’arrêtais pas de pleurer devant la glace. Je demandais à voix haute qu’on m’aide, j’étais paumé et je voulais mourir. »

Gazza est très proche de sa famille et il vit mal cette séparation. Une famille si soudée que Paul leur a offert cinq maisons pratiquement côte à côte, dans sa ville natale de Dunston, pour y loger confortablement ses parents – divorcés -, ses deux soeurs et son frère.

La grosse dépression compliquée reprend le dessus. Début mars 2003 :

« Un jour, je marchais dans la rue et j’ai été pris de panique… Je me suis senti totalement étranger à cet environnement et me suis dit qu’il fallait vraiment que je me barre rapidement, sinon j’allais me retrouver coincé ici pour toujours dans cette putain de ville fantôme et je risquais d’en mourir. Peu après, je me suis retrouvé chez moi, à poil… Je tenais une bible en chinois et je n’arrêtais pas de pleurer devant la glace. Je demandais à voix haute qu’on m’aide aussi, j’étais paumé et je voulais mourir. Mon meilleur ami de toujours, Jimmy Five Bellies Gardner, venait de partir et je paniquais. »

[…]

[…]

Là, j’ai recommencé à avoir des crises d’angoisses aiguës. Faut dire que les somnifères n’aidaient pas vraiment, ni les anti-dépresseurs, sans parler de la quantité d’alcool que je m’envoyais. Je tremblais et j’étais parano. Sheryl [son ex femme] m’a alors conseillé d’appeler le thérapeute qui m’avait aidé lors de mon séjour à la Priory Clinic [Clinique de désintox pour people et accessoirement résidence secondaire de « SuBo » – Susan Boyle, ndlr]. Ce dernier m’a dit d’essayer de tenir bon jusqu’ à la trève de mai et qu’il essaierait de me rendre visite. J’ai réussi à ne pas boire pendant dix jours mais ensuite, j’ai eu des gros problèmes de respiration. Je voulais vraiment mourir. »

Enfin, le championnat démarre

Le 22 mars 2003, la saison commence enfin mais sans Paul, Gansu préférant le réserver pour le premier match à domicile. L’attente est énorme.

Le samedi suivant, pour la première sortie, devant un stade plein à craquer, Paul frappe fort. A la 14è minute, il élimine deux adversaires au milieu du terrain, accélère et plante une mine de 20 mètres dans la lucarne gauche. Les 20 000 spectateurs exultent. Cinq minutes plus tard, il fait obtenir un pénalty (manqué) à sa nouvelle équipe et offre ensuite la passe décisive pour le deuxième pion. Victoire 2-0 sur Hailifeng. C’est sûr, se réjouit-on, Paul va tout casser (voir article).

Las ! Inévitablement, son hygiène de vie suicidaire va faire dérailler le scénario. Paul ne se pointe plus qu’occasionnellement aux entraînements et la dépression devient permanente. En tout, il ne disputera que quatre matchs.

Le 18 avril, les dirigeants chinois du club déclarent aux médias que Paul s’est volatilisé sans prévenir personne ! Reuters titre : « Chinese club in hunt for Gazza ». Paul écrira plus tard qu’il était parti avec l’accord du club. Selon certaines sources, il aurait disparu pour une destination inconnue. Toutefois, on a bon espoir de le revoir, une rumeur persistante l’annonçant de retour sous dix jours.

Mais Paul ne remettra plus jamais les pieds en Chine. Il s’est envolé vers l’Arizona, pour soigner son état dépressif (et cocaïneux) à la Cottonwood Clinic. C’est son deuxième séjour là-bas (le précédent datait de juin 2001). Il avait également séjourné deux fois auparavant dans des établissements anglais pour des cures de désintox liées à son addiction à l’alcool, devenue inquiétante depuis ses deux saisons à Middlesbrough (1998-2000 – divorce compliqué avec Sheryl en août 1998).

Une parenthèse Middlesbrough s’impose. Le début de son passage à Boro fut particulièrement arrosé. Et pour cause : de mars à juin 1998, Gazza partagea une maison avec Paul Merson !

Tous deux entretenaient alors un réél espoir de faire partie du groupe England pour la Coupe du Monde 1998. La dive bouteille et les noubas médiatisées se chargèrent de plomber leurs rêves. Comme cette fameuse virée à Londres en mars 1998 où, sous les flashs des paparazzi, Gazza déambula à deux heures du mat’ dans les rues de Soho accompagné de people (dont le célèbre Chris Evans), kebab et bière à la main…

Au final, Glenn Hoddle préféra se passer de Paul (une décision qui mit Gazza dans un tel état qu’il vandalisa la chambre d’hôtel de l’ex Monégasque à la Manga, Costa Blanca).

A ce jour, ce house-share compte probablement comme la plus énorme bourde commise par un club de toute l’histoire des colocations du football anglais. Le chapitre 13 de l’autobiographie de Merson (How not to be a professional footballer) s’intitule « Do not let Gazza move into your house »  – Merson fut vite expédié à Aston Villa).

Après la Chine, retour chez Jimmy Cinq Ventres

Sur ce séjour américain de 2003, Gazza écrit :

« Juste avant de partir en Chine, comme je savais que je reviendra probablement pas et que je partais pour Cottonwood, j’en ai profité pour picoler non-stop pendant huit jours. C’était ma deuxième visite et j’ai pris ça beaucoup plus sérieusement que la première fois. C’est la-bas que j’ai commencé à ecrire sur ma vie, ma carrière. Mettre sur papier tous les trucs horribles que j’ai commis et ceux que j’ai subis m’a aidé à surmonter mes difficultés, je me suis senti mieux. J’y ai passé 33 jours exactement, et ça m’a couté que 16 000 £ cette fois-là, 5 000 £ de moins que pour mon premier séjour, pourtant moins long de presqu’une semaine. On m’a accordé la réduction habitué. »

Fin mai 2003, Paul est de retour en Angleterre. Contractuellement, il est tenu de retourner en Chine le 10 juin, mais il fait savoir au club qu’il n’est pas au mieux psychologiquement. L’affaire traîne et automne 2003, il confirme son refus de repartir en Chine : « Le seul Chinois que je vais m’envoyer dorénavant, c’est au takeaway du coin. » lance-t-il finement à un journaliste. Pour justifier sa décision, il invoque de grosses sommes que lui devrait le club (des primes liées à des apparitions commerciales).

L’affaire s’envenime, le club chinois fait intervenir la fédération. L’agent de Paul contre-attaque en mêlant la FA et la Fifa au contentieux. Entre-temps, la grippe aviaire chinoise frappe durement le pays et le championnat est reporté. Le 16 octobre 2003, Gazza part s’entraîner chez les Wolves histoire d’entretenir sa forme et peut-être y gratter un contrat. Paul Ince (son ex coéquipier de Boro) est là pour l’aider et il joue parfois avec la réserve. Au bout de quelques mois, on arrête les frais et Gazza disparaît un bon moment de la circulation.

Pendant six mois, il se terre chez son vieux pote Jimmy. Même s’il avoue au Daily Mail avoir dépensé 90 % des sommes gagnées durant sa carrière (qu’il estime à 20M £), financièrement, il ne se plaint pas. Il a eu la bonne idée de mettre à l’abri ses signing-on fees (primes à la signature) à Jersey et a de quoi voir venir. Quelques offres médiatiques juteuses le tentent, dont un combat contre Vinnie Jones dans l’émission Gladiators et divers contrats publicitaires (rien de tout cela n’aboutira).

Un contrat Premier League et Ligue des Champions inédit

Paul nourrit toujours l’ambition d’entraîner professionnellement un jour et, entre deux reunions d’Alcoholics Anonymous, il potasse ses bouquins pour espérer passer les examens d’entraîneur.

Belle Vue, le stade de Rhyl, sur pilotis donc.

Belle Vue, le stade de Rhyl FC, sur pilotis donc.

Quelques clubs avides de publicité le contactent. Comme Rhyl FC, une grosse cylindrée de Premier League. De la Welsh Premier League. Rhyl vient de signer un quadruplé totalement bluffant : Championnat-Welsh League Cup-Welsh Cup-North Wales Coast Challenge Cup.

Ergo, Rhyl est européen et doit recruter du lourd pour disputer sa toute première Ligue des Champions. Surtout que Andy Moran, leur buteur vedette, vient de tester  positif à la Nandrolone. Le scandale a éclaboussé le foot du pays-Dragon et son Soulier d’or lui a été dûment retiré. D’autres joueurs de Rhyl sont fortement soupçonnés d’avoir aussi avalé des produits illicites. Et ouais, c’est ça le très haut niveau gallois, si on se dope pas, aucune chance (Rhyl se fera sortir par le Skonto Riga au tour préliminaire, 7-1).

Alors, tout naturellement, Rhyl a pensé à Gazza. Mais le deal proposé par les Gallois fait pouffer de rire le Geordie : 250 £ par semaine. Hébergement et frais de déplacement en sus. S’il acceptait, Gazza y serait de sa poche. Un first dans le football britannique « d’élite ».

Finalement, Gazza trouve preneur. Fin juillet 2004, il signe pour le petit mais ambitieux Boston United en D4, comme entraîneur-joueur (entraîneur dans le sens anglais du terme – coach -, le notoire Steve Evans étant le manager). Le genre d’offre qui ne se refuse pas : 15 000 £ par mois, plus un pourcentage sur les affluences supérieures à 3 500 (sa présence dans l’équipe attirera jusqu’à 7 500 spectateurs).

En contrepartie du salaire mirobolant, il devra s’occuper des équipes de jeunes et des stagiaires du mini centre de formation. Paul est motivé mais l’expérience tourne court. Il ne s’adapte ni à ce coin reculé du Lincolnshire ni à l’ambiance particulière du club. Il a aussi du mal à encaisser les trois heures quotidiennes que Boston United exige de lui le matin en tant qu’entraîneur, en plus de son entraînement comme joueur l’après midi. Quatre matchs et trois mois plus tard, il démissionne mais répète à l’envi qu’il compte bien faire son trou dans le manageuriat.

Dans la foulée, il révèle aussi avoir changé son nom en… G8 (procédure aisée et courante en Angleterre). Paul serait-il devenu un fan des grandes puissances industrielles ? Que nenni. Il s’explique :

« G8, c’est le nom qu’il me faut. J’ai souvent eu ce numéro de maillot et ça sonne un peu comme great. Je veux me débarrasser de mon nom. Paul, c’est trop lié au passé, et je veux tourner la page. Je n’ai pas bu depuis six mois. »

Et G20 pour Nico, ça serait sympa, non ?

Kevin Quigagne.

Bien avant les chinoiseries de Nicolas Anelka, un autre pékin de renom défricha le terrain chinois pour tous les cadors pré-retraités : un certain Paul Gascoigne. Un séjour court mais ô combien mémorable.

Fin 2002, Gazza est un retraité de 35 ans. Après deux saisons quelconques à Everton (2000-02) et une pige de prêté à Burnley au printemps 2002, on pense que le « Clown Prince of football » a définitivement clos une longue et tortueuse carrière commencée en avril 1985 à Newcastle sous Jack Charlton, alors manager des Zébrés. L’été 2002, le Geordie a refusé des offres provenant de D4 anglaise, de Malte et du Pays de Galles. Et, cerise sur le cocktail, des essais en MLS (D.C. United) et en D3 écossaise (Berwick Rangers) se sont avérés non concluants.

Paul a aussi joué les consultants sur ITV pendant la Coupe du monde 2002. Une expérience « mitigée » dont les Britanniques se souviennent bien (il avait parfois l’air bien pompette à l’antenne). Tout comme le service Notes de frais de la célèbre chaîne télé : Paul leur a laissé une facture bar d’hôtel de 9 000 £. En trois semaines de présence sur le sol japonais, soit une bonne petite moyenne de 450 £ par jour (il avancera pour sa défense que ses confrères Ally McCoist et Andy Townsend l’avaient bien aidé à drink the bar dry mais que, grand seigneur, il avait tout mis son ardoise).

Pour beaucoup, la fabuleuse épopée de Gazza-le-joueur est donc terminée. C’est alors que L’Empire du Milieu a la bonne idée de le contacter…

[propos de Gazza tirés principalement de son autobiographie My Story, ainsi que d’interviews d’époque, tirées essentiellement de l’Observer, de l’Independent et du Daily Telegraph. Gazza en Chine : galerie de photos]

Pékin express

Novembre 2002, Paul reçoit un coup de fil enthousiasmé de son agent qui lui apprend que plusieurs clubs chinois voudraient s’attacher ses services. Parmi eux, le Liaoning FC, dont l’un des ex protégés, Li Tie, porte les couleurs d’Everton, que Paul a quitté six mois plus tôt. Les Chinois semblent vouloir Gazza pour les mêmes raisons qu’ils ont déroulé le tapis rouge pour Nico : rehausser le profil de leur football. Ou en jargon média optimiste, « to put Chinese football on the map ».

Vu de 2012, cette opération de profile-raising paraît éminement saugrenue et vouée à un cuisant échec. Dans quel sens les Chinois tenaient-ils cette foutue carte ? Le recrutement d’Anelka montre aussi combien les Chinois ont appris depuis 2003 en matière de marketing et brand awareness. Hier, on fait venir un Gazza titubant et esquinté (3 cures de désintoxication, 27 opérations) ; aujourd’hui, on choisit un Nicolas Anelka frais et dispo. En attendant Drogba & co.

Face aux scandales qui secouent régulièrement le foot chinois – corruption, matchs truqués, dirigeants suspendus, etc. – la Chine, qui sera absente de la Coupe du Monde 2014, avait besoin de frapper un grand coup (après les arrivées médiatiques de Jean Tigana, Dario Conca et d’une poignée d’Occidentaux relativement cotés – tel le serbo-brésilien Cléo ou le Français Matthieu Manset, prêté par Reading).

Décembre 2002, Paul part effectuer plusieurs essais en Chine. Il déclare à l’Independent :

« C’est un défi pour moi et je me rends là-bas sans idée préconçue. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre mais j’ai hâte de découvrir ce football chinois et de retrouver le terrain. Tout ce qu’on m’a dit, c’est que leur bière est bonne […] Ce que je veux surtout, c’est de jouer, en Chine où ailleurs. »

Gazza arrive gonflé d’espoir (une lager à 8 %, le pied) mais les clubs de D1 le trouvent vieillissant et dans un état physique alarmant. C’est finalement Gansu Tianma, ou plus précisèment Gansu Tianma Agricultural Land Reclamation Flying Horses, qui le recrute comme joueur-entraîneur après trois jours d’essai. Gansu est un club englué dans les profondeurs de la D2 mais financé par un multi-milliardaire basé à Hong-Kong. Les « Chevaux Volants » sont persuadés d’avoir réalisé un bon coup, même à 500 000 $ l’année (325 000 £ de l’époque). Gazza signe un contrat d’un an, renouvelable.

Un Noël bien arrosé

L’ex Laziale retourne en Angleterre pour Noël. Fin janvier 2003, il repart en Chine, sans trop savoir où il va. Ce qui l’amuse follement :

« Je n’arrive toujours pas à situer Lanzhou sur une carte… [ville où Gansu Tianma est basé]. Surtout si c’est épelé dans leur langue bizarre avec tous ces griffonnages et ces foutues lignes. De toute manière, peu importe où je me retrouve, tout ce qui m’intéresse et me rend heureux c’est de jouer au foot. »

Les festivités de Noël et autres Foires de la bière ayant fait leur effet, c’est en petite forme que notre Gazza se pointe à l’entraînement fin janvier 2003. Malgré son manque de fitness Adrianoesque et l’alcoolisme chronique qui le mine, Paul se dit très confiant. En le voyant en chair et en os, ses nouveaux coéquipiers le sont moins. L’un deux : « Quand j’étais gamin, Paul Gascoigne était mon idole. Mais je dois dire qu’en vrai, il fait bien plus vieux qu’à la télé. »

A peine débarqué, Paul déchante. Pas niveau football, mais bouffe :

« Dès que j’ai posé le pied en Chine et aussi pour mon premier entraînement, y’avait plein de reporters chinois et anglais. J’étais partout dans la presse sportive. On racontait que je n’avais pas l’air d’être en forme, que j’avais l’air lessivé au possible, etc. Ce qui était vrai bien sûr mais bon, je venais de passer trois jours à voyager aussi. Au début, j’ai détesté ce pays, surtout la bouffe. On mangeait de la tête de canard, des yeux de canard, des pieds de poulet et pas mal de chauve-souris. »

Niveau communication, tout n’est que chinois pour Gazza :

« Je ne parlais pas la langue et personne là-bas ne causait anglais, même le personnel de l’hôtel où je logeais. Quand je voulais un verre d’eau, fallait que je montre le frigo en mimant une bouteille d’eau. »

De l’eau pour Paul ? Pas étonnant que les Chinois ne comprirent rien à ses gesticulations.

Côté nourriture, Paul finit par trouver quelque chose à son goût : des calamars sêchés. Il en devient même accro, jusqu’à s’en enfiler trente paquets par jour. Et bonjour la soif avec ces calamars, des beer snacks au poil pour Paul.

La déconne pour s’évader

Le culture shock ne s’arrête pas là :

« Une fois installé, le gros problème c’est que je m’ennuyais ferme. Hormis les entraînements, y’avait rien à faire. Dès le départ, je me suis dit qu’il fallait vite partir de Chine, sinon j’allais mourrir. C’était comme d’être enfermé dans une grotte. A cause du décalage horaire, quand je téléphonais à mes proches pour tuer le temps, je les réveillais. Ils me disaient Putain, enfoiré, pourquoi tu nous reveilles à c’t heure-là ?” »

Il décide alors de tuer l’ennui en déconnant. Et ça marche :

« Un jour où je m’ennuyais encore plus que les autres, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire avec le bassin plein de carpes Koi devant l’hôtel. J’ai dit à Wes Saunders [son agent], Allez viens, on va à la pêche. Il m’a répondu que j’étais timbré et que de toute manière je n’avais pas de materiel. […]

Là je lui ai fait : attends, tu vas voir. Je retourne dans ma chambre et, avec le kit de couture qu’on file dans les hôtels, je commence à bidouiller un truc. J’envoie Wes chercher un morceau de bamboo tandis que je dégote un appat de mon côté, un morceau de biscuit chinois. Une fois la canne montée, on est allé pêcher dans ce bassin. Et là, ça mord, je chope une carpe ! J’étais aux anges. Après ça, j’ai commencé à mieux me sentir là-bas. »

Nous sommes mi février 2003 et la saison ne débutera que dans un petit mois. Pas une éternité mais 25 jours en Gazza time, ça peut faire des dégâts. Wes et son fidèle compagnon de déroute Jimmy “Five Bellies” Gardner, s’apprêtent à repartir au pays après avoir installé Paul dans sa nouvelle vie.

Jimmy (à gauche sur la photo), ce vieux poteau inséparable. Un phénomène ce Jimmy. Adolescent, il laissait Gazza lui dégommer des fruits sur la tête à l’arbalète et l’encourageait à lui tirer dans les fesses à la carabine à air comprimé pour quelques livres sterling par hit. « Son cul ressemblait souvent à un arrosoir ! » en rigola Gazza quand un journaliste lui remit en bouche les bonnes frasques d’antan.

Mais l’heure n’est plus à la rigolade. Paul sent l’angoisse monter. Bientôt, ni Wes ni l’imposant Jimmy ne seront là pour lui tenir compagnie. Le « Clown Prince of football » va se retrouver seul, dangereusement livré à lui-même et de plus en plus oisif.

A suivre…

Kevin Quigagne.