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La saison 2012-2013 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (QPR, Reading, Stoke, Swansea, West Ham)
  • Kevin Quigagne (Aston Villa, Norwich, Newcastle, Sunderland, Tottenham, WBA)
  • Matthew Dymore (Everton, Fulham, Man City, Man United, Wigan)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Southampton).

Fulham (12è, 43 points, G-A -10 / 50 buts pour / 60 contre)

Résumé de la saison
Une saison qui ressemble aux précédentes, à Craven Cottage. Cinq défaites de rang (dont quatre à domicile) pour conclure l’exercice n’ont pas été de trop pour faire monter l’adrénaline des spectateurs, plus habitués depuis dix ans aux Prozac qu’aux bêta-bloquants (hors période européenne sous Hodgson, riche et inattendue). Depuis leur retour en Premier League, le Manchester United of the South est un club discret qui se maintient bon gré mal gré. Une saison pour rien ?

Satisfactions/Déceptions/Objectifs
Berbatov est incontestablement l’homme fort de l’attaque, quoiqu’il ait eu tendance à inhiber ses coéquipiers (tel Rodallega, qui fut décevant). Ailleurs, Steve Sidwell et Sascha Riether ont réussi leurs saisons, Martin Jol priant pour que ce dernier, prêté par le 1. FC Cologne, puisse rester au club.
Les objectifs demeurent simples, en apparence : garder Berbatov et compter sur les jeunes pousses qui poussent (Frei, Kačaniklić, etc.).

L’homme invisible
Simon Davies, rongé par les blessures depuis la mi-2011, n’a pas été vu sur un terrain de Premier League depuis le 4 mars 2012 et un match contre Wolverhampton (victoire 5-0). Fin janvier-début février, il était remplaçant sur deux matchs, un oasis entre deux traversées du désert. Le Gallois aura 34 ans cette année.

Highlights
Première journée, 5-0 face à Norwich et première place (ex aequo) du championnat. Ils l’auront été une fois.

Lowlights
S’il n’y a pas grand-chose de positif à se mettre sous la dent, on peut retenir plusieurs choses négatives : les séries de sept matchs sans victoire entre fin octobre et début décembre et de six matchs sans victoire (six défaites, dont quatre à domicile) entre début avril et mai.

Le manager
De ce que nous avons pu lire ici ou là, les supporters ont tendance à imputer la saison moyenne du club au manque de moyens, amnistiant de fait Martin Jol. Son passé parle pour lui, mais rien n’indique une évolution notable sur les deux années qu’il vient de passer à Fulham. D’ailleurs, on parle de le remplacer.

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Photo de la saison

Keep calm and pass me the ball.

Keep calm and pass me the ball.


Si vous êtes fan de Berbatov et de son goût pour le collectif, vous pouvez acheter le tee-shirt.

Liverpool (7è, 61 points, G-A +28 / 71 buts pour / 43 contre)

Résumé de la saison
Encore une saison de transition pour les Reds, ça commence à faire beaucoup. Le début de saison a été catastrophique, et Liverpool s’est surtout montré incapable d’enchaîner les victoires cette saison (leur plus longue série de victoires consécutives est de… trois). Une première moitié de saison au-delà de la dixième place, puis une timide remontée pour finalement assurer une place de septième, loin de l’Europe mais peut-être en accord avec leur niveau réel.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs
Du côté des satisfactions, outre l’incorrigible Luis Suarez, détesté de tous les fans de football, sauf ceux des Reds, il aura fallu attendre le mercato d’hiver pour voir souffler un vent de fraîcheur sur la Mersey. Les arrivées de Coutinho et Sturridge (10 buts en 14 matchs pour l’international anglais) ont fait énormément de bien au jeu offensif jusqu’alors stérile et peu inventif de Liverpool. En plus, ils aiment jouer ensemble (et ça va dans les deux sens) Le retour de Lucas a également énormément apporté au collectif, et (on trouve les satisfactions où l’on peut) même Downing s’est mis à marquer.

La plus grande déception de la saison est sans conteste Joe Allen. Arrivé dans les bagages de Rodgers, on attendait du Gallois qu’il soit la nouvelle plaque tournante de l’équipe. Il n’en fut rien. Rarement dans le tempo et peu enclin à se projeter vers l’avant, le milieu a déçu, malgré des premières prestations encourageantes (nommé Joueur du mois de Liverpool en Août), pour finir la saison blessé, et avec un compteur de buts et de passes décisives vierge (en Premier League).

On attendra certainement plus de lui la saison prochaine, comme on a hâte de revoir Coutinho et Sturridge, et peut-être d’assister à l’éclosion de Suso et Sterling, en qui le club fonde beaucoup d’espoirs, comme en Robinson, Flanagan ou Coady pour le secteur défensif. L’Academy a encore de beaux jours devant elle.

L’homme invisible
Très souvent blessé, Fabio Borini a joué de malchance cette saison. Première recrue du club l’été dernier, l’Italien a enchaîné les pépins physiques et n’a pu disputer que 13 matchs de Premier League, dont seulement 5 titularisations, durant lesquels il a néanmoins montré pourquoi Rodgers tenait à le recruter.

Highlights
L’inconstance de cette équipe a conduit à quelques coups d’éclat (victoire 3-2 contre Tottenham, deux fois 2-2 contre Manchester City) et surtout à quelques belles raclées (5-0 à Anfield contre Norwich et Swansea, et surtout 6-0 à St. James’ Park conte les Magpies) qui font regretter à ses supporters qu’elle n’ait pas joué à ce niveau toute l’année.

Lowlights
Il y a également eu beaucoup de désillusions. Si les fans sont habitués à s’incliner de justesse contre l’ennemi mancunien (cette saison encore, 2-1 à Old Trafford et Anfield), les défaites à Stoke ou WBA et surtout à Anfield contre Aston Villa (1-3) et encore WBA (0-2) ont dû faire mal au fondement.

Le manager
Précédé par sa réputation d’entraîneur tourné vers le jeu, Rodgers est arrivé l’été dernier avec deux objectifs à court terme : faire de Liverpool une équipe plaisante à voir jouer, et rajeunir l’équipe première. Les deux objectifs n’ont été qu’à moitié respectés. Si l’équipe a, par moments, marché sur l’eau, elle s’est beaucoup noyée dans son manque d’imagination sur le plan offensif. Et quand bien même on ne peut pas discuter l’apport de monstres sacrés comme Carragher ou Gerrard, les recrutements de Coutinho, Borini ou Sturridge, et les apparitions répétées de Wisdom, Sterling ou Shelvey ont contrebalancé les prestations délicates des “vieux” comme Downing ou Enrique.
Il va juste falloir penser à gagner des titres maintenant.

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Photo de la saison

Coutinho et Sturridge, l'avenir des Reds

Coutinho et Sturridge, l'avenir des Reds

Parce qu’il aurait été trop facile de prendre le bouffage de bras de Suarez.

Manchester City (2è, 78 points, G-A +32 / 66 buts pour / 34 contre)

Résumé de la saison
Une saison décevante au regard des attentes du club. Avec trois nuls sur les cinq premiers matchs, City ne partait pas sur les meilleures bases. En novembre, à la suite d’une bonne série, l’équipe parvenait à chiper la première place à United, mais l’abandonnait au match suivant (voir illustration ci-dessous). Pour ne plus jamais la revoir. Alors solidement accroché à leur deuxième place, ils ont surtout pêché en attaque (64 buts marqués cette saison contre 93 l’an passé).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs
On ne veut pas devenir Newman à la place de Newman. Allez donc lire son article, et notamment son passage sur le Club des Cinq. Place aux experts.

L’homme invisible
Micah Richards, blessé d’octobre à avril à cause de son genou. Une préparation tronquée par une sélection aux Jeux Olympiques, puis une blessure. Résultat : seulement sept matchs cette saison, dont un en Coupe d’Europe (à Amsterdam, perdu 3-1). Son contrat court jusqu’en 2015. Une saison de Coupe du Monde, c’est l’occasion de remonter la pente.

Highlights
Bon début de saison, tout de même, avec quinze premiers matchs sans défaite. Et même avec 15 points de retard, la victoire à Old Trafford, début avril, réjouit les supporters en compensant (un peu) la défaite de l’aller.

Lowlights
Cette défaite à l’Etihad Stadium qui les relègue justement à 6 points, début décembre. Puis la fin janvier-début février (deux points en trois matchs) enterre leurs espoirs. Plus récemment, la défaite en finale de FA Cup écorne un peu plus l’image déjà un peu pâle de leur saison. Mancini, qui voulait partir sur un accord majeur, termine sur une note dissonante (ce qui ne l’empêchera pas, dans six mois, d’aller se plaindre auprès de Rybolovlev du manque de moyens mis à sa disposition).

Le manager
Mancini avait trois ans pour convaincre. Il a été renvoyé avant même la fin du championnat, signe qu’il n’était plus du tout en odeur de sainteté. David Platt le suit. Pelligrini se chargera sans doute de tourner la page. A vous de juger.

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Photo de la saison

Mario avait réussi à mettre correctement sa chasuble, mais il doit désormais se faire aider pour l'ôter.

Drame du quotidien : Mario avait réussi à mettre correctement sa chasuble, mais il doit désormais se faire aider pour l'ôter.

Mancini/Balotelli. Une relation je t’aime moi non plus, ponctuée par un départ du joueur au Milan AC. Et, de façon plus générale concernant Mancini, une relation très tendu avec ses joueurs, que ce soit Nasri, Tevez ou Hart, des propos publics qui ne respirent pas la confiance.

Manchester United (1er, 89 points, G-A +43 / 86 buts pour / 43 contre)

Résumé de la saison
United n’avait pas connu la défaite en match inaugural depuis 2004 et Chelsea (0-1). A la fin de cette saison-là, Mourinho avait emmené ses hommes au sommet du pays en comptant 95 points. Un record qu’aurait pu battre United s’ils avaient gagné leurs quatre derniers matchs.

Le titre déjà en poche, les mancuniens ont logiquement relâché la pression à l’issue d’une saison solide, au prologue délicat (deux défaites, une victoire miraculeuse à Southampton) mais acquis grâce à un rythme infernal jusqu’en mars (25 victoires en 30 matchs).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs
Si l’on devait dégager un joueur par ligne : De Gea, qui confirme tout le bien qu’on pensait de sa première saison ; Rafael, dont les progrès accomplis cette saison sont remarquables ; Carrick, dont la présence dans l’entrejeu est devenu indispensable à l’équilibre de l’équipe ; Van Persie, dans la lignée de sa saison précédente à Arsenal (25 buts et 8 passes décisives). Signalons en outre l’excellente saison de Jonny Evans et de Danny Welbeck.

La première partie de saison de Giggs fut pénible, avant de trouver du souffle à partir de février. Kagawa n’a pas (encore) exprimé tout son potentiel, et les ailiers (Young, Nani, Valencia) n’ont pas brillé outre mesure.

L’homme invisible
De retour titulaire à la compétition, Darren Fletcher marquait un but contre QPR, fin novembre. De bon augure pour l’écossais, en proie à une maladie intestinale qui le tenait éloigné des terrains depuis 2011. Mais la malchance le poursuivant, il doit dès la mi-janvier tirer un trait sur sa saison. Dans son discours d’adieu, Ferguson eut un mot envers son ancien protégé et a semblé optimiste.

Highlights
Le triplé de Van Persie contre Southampton (3-2), la première mi-temps contre Reading (4-3), les deux victoires contre Liverpool, la déviation de Samir Nasri, les sept victoires d’affilée entre fin janvier et fin mars (treize buts marqués, un encaissé) qui assurait le titre à 95% (cinq points d’avance fin janvier, quinze fin mars).

Lowlights
Le non-match à Norwich (0-1), les errements défensifs du début de saison (plus gros nombre de buts encaissés depuis la saison 01/02) et l’élimination en FA Cup contre Chelsea alors que l’équipe avait le premier match en main (2-0).

Le manager
Comme Ferguson entra à Old Trafford avec son cortège de railleries sous la pluie anglaise, entre ici, David Moyes, avec ton admirable cortège. Avec ceux qui t’ont accompagné depuis le début, les Mikel Arteta, les Tim Cahill, les Tim Howard, les Victor Anichebe. Avec ton accent écossais qui ne dépaysera pas tes nouveaux protégés. Avec ta virginité en Ligue des Champions, avec tes craintes et tes ambitions, avec ton désir de gagner un titre collectif, et plus seulement individuel. Entre parmi le peuple né à Newton Heath et plus nombreux que jamais à t’accueillir dans la caste des grands.

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Photo de la saison

la parfaite panoplie du beau gosse.

Regard au loin, col roulé à zip, bras croisés : la parfaite panoplie du beau gosse.

Dévoilée en novembre, la statue de Ferguson sonne a posteriori comme les premières prémices de son départ, qui n’était, si l’on en croit l’intéressé, pas à l’ordre du jour. 1500 matchs sur le banc d’Old Trafford toutes compétitions confondues depuis 1986, et une moyenne de six victoires sur dix matchs environ. Sa retraite fut multi-commentée. Ajoutée à celle de Jimmy Davies, ce sont 76 années de coaching qui s’achèvent. Soit 700 fois plus que la carrière managériale de Paul Gascoigne.

À suivre…

Matchbox vintage - Everton 2 - 3 Liverpool (16 avril 2001)

Ce week-end aura lieu le deuxième Merseyside derby de la saison (2-2 à l’aller). On espère qu’il ressemblera à celui d’il y a douze ans, au bout duquel Liverpool l’avait emporté après treize cartons jaunes (dont deux qui font rouge) et un dénouement à suspense.

Buts : Ferguson (42′), Unsworth (83′, sp) ; Heskey (5′), Babbel (57′), McAllister (90′) [1]

Arbitre : Jeff Winter ; Affluence : 40260 spectateurs [2]

Le point sur le classement au coup d’envoi (statto.com)

En 2001, Alan Ball est intégré parmi les Géants d’Everton, pour sa contribution au club à la fin des années 60. Cohérent, puisque depuis le début de l’ère Premier League (1992), les Toffees sont six pieds sous terre, végétant chaque saison entre la treize et la dix-septième place (hormis en 1996, année post-vainqueur de la FA Cup durant laquelle Joe Royle les conduit à la sixième place). Avec huit points d’avance sur le premier relégable, Everton ne risque plus grand-chose. Contre Liverpool, il est donc question de fierté locale, surtout après la défaite 3-1 de l’aller.

A Liverpool, plus personne ne croit au titre puisqu’il est déjà acquis à Manchester United depuis deux jours et sa victoire contre Coventry. Mais l’essentiel est ailleurs : déjà vainqueur de la League Cup, les Reds sont toujours engagés en FA Cup (finale, contre Arsenal) et en Coupe UEFA (demi-finale retour trois jours plus tard, contre Barcelone, 0-0 à l’aller). Il n’est néanmoins pas question de brader un derby : sept joueurs titulaires à Barcelone le sont également à Everton.

Le onze d’Everton

Manager : Walter Smith (en place depuis deux ans et dix mois)

Le onze de Liverpool

Manager : Gérard Houiller (premier coach non-britannique du club) (en place depuis deux ans et neuf mois, incluse sa période de co-management avec Roy Evans)

La première mi-temps au ralenti

La fanfare est à l’heure, le match commence tambour battant : une faute et un hors-jeu après quinze secondes de jeu. Les Toffees semblent motivés comme jamais, mais déchantent rapidement. Liverpool récupère le ballon au milieu de terrain et, à la faveur d’une défense mal alignée, Heskey se retrouve seul devant Paul Gerrard. L’Anglais ne se fait pas prier pour inscrire le vingtième but de sa saison (toutes compétitions confondues).

Les occasions nettes restent néanmoins locales. Entre deux cartons jaunes, Ferguson rate sa reprise aux dix mètres et la tête de Gemmill flirte avec le poteau sur un ballon mal dégagé par Westerveld. C’est finalement ce même Ferguson qui trouve les filets sur une nouvelle erreur défensive, après une action typique kick and rush.

Biscan baille, les Reds ne sont pas dans le coup, et c’est tout heureux qu’ils rentrent aux vestiaires non menés.

La deuxième mi-temps au ralenti

Au retour de la buvette, les spectateurs constatent que la dynamique n’a pas changé. Les Toffees poussent, mais se font avoir comme des bleus. Coup-franc d’Unsworth tiré de l’aile droite, dégagement rapide de la défense et amorce de contre-attaque avec Hamann. Transversale pour Fowler sur l’aile gauche, centre et reprise de la tour Babbel au point de pénalty. Une poignée de minutes plus tard, Gough concède un pénalty, que Fowler se charge de frapper. Le poteau repousse.

Toujours dans le coup, Everton se dit alors que la chance est en train de leur sourire. Les événements leur donnent raison : Biscan se fait expulser après un deuxième carton jaune, et Hyypiä est averti pour un accrochage dans sa surface. Un pénalty généreux partout, balle au centre. Unsworth ne rate pas l’occasion.

La fin de match est nerveuse. Après deux ou trois cartons jaunes, Paul Gerrard sauve superbement les siens sur une tête d’Hyppiä, mais pêche par naïveté sur un coup-franc tiré directement par McAllister aux 35 mètres. Ouh yeah, Liverpool !

This is the end

Que sont-ils devenus ?

Everton

Paul Gerrard est joueur-entraineur des gardiens à Oldam Athletic (D3) ; Steve Watson est assistant manager à Birmingham (D2) ; Richard Gough (39 ans à l’époque) écrit des articles pour The Sun ; David Weir est revenu à Everton en tant que coach, et a joué occasionnellement l’année dernière pour la réserve ; David Unsworth est assistant manager à Sheffield United (D3) ; Michael Ball est toujours joueur (free agent) ; Abel Xavier est retiré du football ; Alex Nyarko serait pasteur au Ghana ; Scot Gemmill est coach des jeunes écossais ; Kevin Campbell est retiré du football et posséderait toujours (en co-propriété) l’entreprise de sécurité T1 Protection ; Duncan Ferguson, intronisé Géant d’Everton en 2011, est coach auprès des jeunes Toffees.

Liverpool

Sander Westerveld joue à Ajax Cape Town, en première division sud-africaine ; Stéphane Henchoz joue pour les anciennes gloires de Liverpool tout en étant consultant pour la télévision asiatique ; Markus Babbel est coach vacant (récemment licencié d’Hoffenheim) ; Sami Hyypiä est l’heureux coach du Bayer Leverkusen ; Jamie Carragher est toujours joueur (Liverpool) ; Vladimir Smicer fait partie du staff de l’équipe nationale de République Tchèque ; Dietmar Hamann serait coach vacant (et l’un des meilleurs amis de Joey Barton) ; Gary McAllister serait coach vacant ; Igor Biscan serait retiré du football ; Emile Heskey traine ses guêtres en Australie (Newcastle Jets, “How could he do this?”) ; après une pige thaïlandaise, Robbie Fowler n’a rien annoncé, mais semble se tourner vers le coaching.

Matthew Dymore

———

[1] On est rarement déçu, finalement, puisque la moyenne de buts des 219 derbys (coupe comprise) atteint 2,5, avec un avantage pour Liverpool (52 buts de plus que son adversaire).

[2] Bien loin du record (période pré-Hillsborough), 78299 spectateurs le 18 septembre 1948, toujours contre Liverpool (Division One). A cette époque, celle de la victoire à deux points, Everton était dernier, pire attaque et pire défense. Le derby accoucha d’un match nul (1-1).

Matchbox vintage - Liverpool 6 - 2 Tottenham (8 mai 1993)

Graeme Souness, parti superviser Peter Ndlovu à Coventry, n’a pas pu/voulu assister à la probable plus belle performance de son équipe sous son commandement. Victoire sans l’ombre d’une moustache. 

Buts : Rush (20′, 88′), Barnes (45′, 89′), Nethercott (csc) (47′), Walters (85′, pen) ; Sheringham (46′), Sedgeley (77′)

Le point sur le classement au coup d’envoi (statto.com)

Titré en 1990 (le 18ème) et tenant du titre en Cup, Liverpool est 8ème à l’orée de cette saison, et suit une mauvaise pente (2ème en 91, 6ème en 92). Pour eux, il s’agit de bien finir la saison.

Troisième en 1990 et vainqueur de la Cup en 91, Tottenham est 10ème à l’orée de cette saison, et fait du faux plat (10ème en 91, 15ème en 92). Pour eux aussi, il s’agit de bien finir la saison.

Le onze de Liverpool

Coach : Graeme Souness (en place depuis deux ans et un mois)

Le onze de Tottenham

Coach : Doug Livermore & Ray Clemence (en place depuis dix mois)

La première mi-temps

Une première période plutôt animée, avec des occasions côté visiteurs, notamment une barre transversale de Van den Hauwe sur un centre élémentaire de Watson, ou encore un tir foudroyant d’Anderton après une contre-attaque éclair, mais du réalisme côté local. Un 2-0 cher payé pour Liverpool, qui n’en demandait pas tant.

Les buts au ralenti

20ème minute (Liverpool) : le moustachu Ian Rush récupère un centre de Barnes au deuxième poteau, résiste au retour du défenseur et fusille le gardien de but. Simple comme bonsoir. Son 300ème but pour Liverpool. On ignore toujours si le commentateur a crié « It’s goal » ou « It’s God ». 1-0.

45ème minute (Liverpool) : le moustachu Grobbelaar anticipe un ballon en profondeur et l’intercepte hors de sa surface. La balle circule dans les pieds des Reds jusqu’à Redknapp, qui alerte Walters sur sa droite en transversale. Un passement de jambes, une course vers l’avant, et un centre pour Barnes esseulé au point de pénalty qui place sa tête. Le retour de Sedgley n’y change rien, et le gardien est battu. 2-0.

"Le vert est satanique."

Rush dit :"Le vert est satanique."

La deuxième mi-temps

Quarante-cinq minutes d’excellente facture, où les trois-quarts des occasions que les joueurs se sont procurées ont modifié le tableau d’affichage. Tottenham a réduit deux fois la différence, mais les velléités offensives de Liverpool ont eu raison de leur persévérance. Rush a raté un duel face au gardien, et Sheringham un pénalty dans les arrêts de jeu.

Les buts au ralenti

46ème minute (Tottenham) : sur un coup-franc joué depuis son propre camp, Ruddock* envoie un ballon dans la surface adverse en espérant une tête ou une déviation. Miracle, la défense joue (très) mal le hors-jeu. Sheringham se retrouve au point de pénalty et ne loupe pas son face-à-face. 2-1.

47ème minute (Liverpool) : dans la foulée, David Burrows obtient un corner sur le flanc gauche. Le frère de Lincoln le joue vite avec Redknapp, qui transmet à Harkness en passe courte. Son centre est dévié par Nethercott, remplaçant de Van den Hauwe à la pause. Le gardien dévie le ballon mais ne peut rien. 3-1.

77ème minute (Tottenham) : un long dégagement imprécis du gardien, une déviation chanceuse de la tête, une simili-passe-lob, puis un contrôle approximatif de Sedgeley aux 16 mètres qui lui permet de devancer miraculeusement le défenseur. Mais, finalement, une jolie frappe de l’intérieur du pied gauche. Ca compense en partie. 3-2.

85ème minute (Liverpool) : un pénalty que Rush obtient au métier. Transformé par Barnes, sans trembler. 4-2.

88ème minute (Liverpool) : joli mouvement en triangle des Scousers sur le côté droit, mais le ballon est intercepté par Danny Hill, qui veut relancer rapidement. Erreur, Redknapp traine dans les parages, récupère aux 25 mètres, rentre dans la surface côté droit. Il passe facilement Ruddock, qui se livre autant qu’un libraire, et centre pour Rush, qui finit le travail au milieu de trois défenseurs. Le jeune Jamie, à peine vingt ans, est amplement félicité. 5-2.

89ème minute (Liverpool) : le ballon circule proprement au milieu de terrain entre les chaussettes rouges. Il arrive jusqu’à Walters, qui a tout le temps de soigner son centre pour Barnes. Mabbutt néglige son marquage, et permet au capitaine Red de réussir le doublé. 6-2.

In the end

—-

*Neil «Razor » Ruddock, plus connu pour son match contre Cantona (durant lequel il parvint à le déstabiliser en lui rabaissant le col) que pour ses interventions défensives.

En Angleterre, pendant la période des fêtes, le championnat continue. Des matchs à trois points la victoire, un point le match nul et zéro point la défaite. Si l’on se permet de rappeler ce point de règlement, c’est moins par condescendance que par souci de précision, tant subsiste l’idée que cette dizaine de jours serait cruciale pour la suite, que l’équipe qui marquerait davantage de points que ses poursuivants obtiendrait un avantage (moral ?) déterminant.

Alors, vrai ou faux ? Nos petits graphiques révèlent une corrélation surprenante entre le niveau de forme au moment des fêtes et le classement final. Mais il ne se fait sans doute pas de différence plus flagrante entre la bûche de Noël et la galette de l’Épiphanie qu’entre l’Assomption et la rentrée des classes, ou encore qu’entre le Mercredi des Cendres et Pâques. La quasi-sacralisation de ces matchs incite seulement à les ranger dans une case à part, et à créer pour elle des statistiques exclusives.

[Note : les graphiques incluent les matchs s’étant déroulés du 26 décembre jusqu’à début janvier - la date varie en fonction des années. Le classement indiqué est celui au 25 décembre. Est signalé entre parenthèses le nombre de points inscrits par l’équipe. Le nombre de matchs étant rarement similaire, il a fallu créer une échelle commune, de 0 (soit une équipe qui a vomi la dinde) à 1 (soit une équipe qui a eu la fève). Pour obtenir des points de comparaison, nous avons comptabilisé le parcours d’au moins trois équipes pour chaque année, voire davantage suivant la place qu’occupait au 25 décembre le vainqueur final de l’exercice. C'est aussi clair qu'une relance de Mertesacker, non ?]

Saison 01/02

Classement Noël : Newcastle (36 pts), Arsenal (33), Liverpool (-1)(33)

Classement final : Arsenal (1er, 87 pts), Liverpool (2ème, 80), Newcastle (4ème, 71)

Saison 02/03

Classement Noël : Arsenal (39 pts), Chelsea (37), Manchester United (35)

Classement final :Manchester United (1er, 83 pts), Arsenal (2ème, 78), Chelsea (4ème, 67)

Saison 03/04

Classement Noël : Manchester United (40 pts), Arsenal (39), Chelsea (39)

Classement final : Arsenal (1er, 90 pts), Chelsea (2ème, 79), Manchester United (3ème, 75)

Saison 04/05

Classement Noël : Chelsea (43 pts), Arsenal (38), Everton (37)

Classement final : Chelsea (1er, 95 pts), Arsenal (2ème, 83), Everton (4ème, 61)

Saison 05/06

Classement Noël : Chelsea (46 pts), Manchester United (37), Liverpool (-2)(31)

Classement final : Chelsea (1er, 93 pts), Manchester United (2ème, 83), Liverpool (3ème, 82)

Saison 06/07

Classement Noël : Manchester United (47 pts), Chelsea (45), Liverpool (34)

Classement final : Manchester United (1er, 89 pts), Chelsea (2ème, 83), Liverpool (3ème, 68)

Saison 07/08

Classement Noël : Arsenal (43 pts), Manchester United (42), Chelsea (37)

Classement final : Manchester United (1er, 87 pts), Chelsea (2ème, 85), Arsenal (3ème, 83)

Saison 08/09

Classement Noël : Liverpool (39 pts), Chelsea (38), Aston Villa (34), Manchester United (-2)(32)

Classement final : Manchester United (1er, 90 pts), Liverpool (2ème, 86), Chelsea (3ème, 83), Aston Villa (6ème, 62)

Saison 09/10

Classement Noël : Chelsea (41 pts), Manchester United (37), Arsenal (-1)(35)

Classement final : Chelsea (1er, 86 pts), Manchester United (2ème, 85), Arsenal (3ème, 75)

Saison 10/11

Classement Noël : Manchester United (-1)(34 pts), Arsenal (32), Manchester City (+1)(32)

Classement final : Manchester United (1er, 81 pts), Manchester City (3ème, 71), Arsenal (4ème, 68)

[Merci à l'indispensable statto.com]

En Angleterre, pendant la période des fêtes, le championnat continue. Des matchs à trois points la victoire, un point le match nul et zéro point la défaite. Si l’on se permet de rappeler ce point de règlement, c’est moins par condescendance que par souci de précision, tant subsiste l’idée que cette dizaine de jours serait cruciale pour la suite, que l’équipe qui marquerait davantage de points que ses poursuivants obtiendrait un avantage (moral ?) déterminant.

Alors, vrai ou faux ? Nos petits graphiques révèlent une corrélation surprenante entre le niveau de forme au moment des fêtes et le classement final. Mais il ne se fait sans doute pas de différence plus flagrante entre la bûche de Noël et la galette de l’Épiphanie qu’entre l’Assomption et la rentrée des classes, ou encore qu’entre le Mercredi des Cendres et Pâques. La quasi-sacralisation de ces matchs incite seulement à les ranger dans une case à part, et à créer pour elle des statistiques exclusives.

[Note : les graphiques incluent les matchs s’étant déroulés du 26 décembre jusqu’à début janvier - la date varie en fonction des années. Le classement indiqué est celui au 25 décembre. Est signalé entre parenthèses le nombre de points inscrits par l’équipe. Le nombre de matchs étant rarement similaire, il a fallu créer une échelle commune, de 0 (soit une équipe qui a vomi la dinde) à 1 (soit une équipe qui a eu la fève). Pour obtenir des points de comparaison, nous avons comptabilisé le parcours d’au moins trois équipes pour chaque année, voire davantage suivant la place qu’occupait au 25 décembre le vainqueur final de l’exercice. C'est aussi clair qu'une interception de Mertesacker, non ?]

Saison 92/93

Classement Noël : Norwich (39 pts), Aston Villa (35), Blackburn (34), Manchester United (34)

Classement final : Manchester United (1er, 84 pts), Aston Villa (2ème, 74), Norwich (3ème, 72), Blackburn (4ème, 71)

Saison 93/94

Classement Noël : Manchester United (52 pts), Leeds United (+1)(40), Blackburn (-1)(38)

Classement final : Manchester United (1er, 92 pts), BLackburn (2ème, 84), Leeds United (5ème, 70)

Saison 94/95

Classement Noël : Blackburn (43 pts), Manchester United (41), Newcastle (38)

Classement final :Blackburn (1er, 89 pts), Manchester United (2ème, 88), Newcastle (6ème, 72)

Saison 95/96

Classement Noël : Newcastle (45 pts), Manchester United (35), Liverpool (34)

Classement final : Manchester United (1er, 82 pts), Newcastle (2ème, 78), Liverpool (3ème, 71)

Saison 96/97

Classement Noël : Liverpool (+1)(38 pts), Arsenal (35 pts), Wimbledon (34), Aston Villa (33), Manchester United (31)

Classement final : Manchester United (1er, 75 pts), Arsenal (3ème, 68), Liverpool (4ème, 68), Aston Villa (5ème, 69), Wimbledon (8ème, 56)

Saison 97/98

Classement Noël : Manchester United (43 pts), Blackburn (39), Chelsea (38), Leeds United (34), Liverpool (-1)(31), Arsenal (-1)(30)

Classement final : Arsenal (1er, 78 pts), Manchester United (2ème, 77), Liverpool (3ème, 65), Chelsea (4, 63), Leeds United (5ème, 59), Blackburn (6ème, 58)

Saison 98/99

Classement Noël : Aston Villa (36), Chelsea (33), Manchester United (31)

Classement final : Manchester United (1er, 79 pts), Chelsea (3ème, 75), Aston Villa (6ème, 55)

Saison 99/00

Classement Noël : Leeds United (41 pts), Manchester United (-1)(39), Sunderland (37)

Classement final : Manchester United (1er, 91 pts), Leeds United (3ème, 69), Sunderland (7ème, 58)

Saison 00/01

Classement Noël : Manchester United (43 pts), Arsenal (35), Leicester City (35)

Classement final : Manchester United (1er, 80 pts), Arsenal (2ème, 70), Leicester City (13ème, 48)

(A suivre…)

[Merci à l'indispensable statto.com]

Matchbox vintage - Liverpool 3 - 1 Chelsea (9 septembre 1967)

A une époque où tout le monde trottinait sur un terrain de football, certains joueurs de Liverpool couraient. Ample victoire des locaux, sans l’ombre d’un doute.

Buts : Smith (38′), Hateley (46′, 47′) ; Houseman (78′)

l'excellent statto.com)

Le point sur le classement au coup d'envoi (source : l'excellent statto.com)

Remontés en D1 en 1963, Chelsea est alors un bon club quoi que modeste : deux titres remportés et autant de finales perdues (Community Shield excepté).  Mais, en quatre ans, les londoniens se sont peu à peu mêlés à la lutte, en terminant deux fois cinquième et une fois troisième. Reste à poursuivre.

Revenus en D1 en 1962, Liverpool gagne le titre en 1964, puis réitère en 1966, son septième sacre national. La défense de leur titre s’est soldée par une cinquième place, pêchant par leur irrégularité à domicile. En étrillant Newcastle 6-0 lors de la 3ème journée, les Rouges se sont rassurés. Reste à confirmer.

Liverpool

Le onze de Liverpool

Le onze de Liverpool

Coach : Bill Shankly (en place depuis sept ans et neuf mois)

Chelsea

Le onze de Chelsea

Le onze de Chelsea

Coach : Tommy Docherty (en place depuis six ans et cinq mois)

Le Onze de Larqué

Le Onze de Larqué

La première mi-temps

Très grosse domination de Liverpool, avec un Thompson omniprésent. Les occasions de Chelsea se sont réduites à des corners, bien que la plus dangereuse d’entre elles vienne d’une action placée. Hateley, tout juste transféré de Chelsea à Liverpool, n’a aucun scrupule vis-à-vis de ses anciens coéquipiers. Avantage « mérité ».

Le but au ralenti

Lawrence, gardien sans gant, dégage au pied. Le ballon arrive dans les vingt-cinq mètres londoniens. La défense renvoie péniblement, et St. John récupère aux trente mètres. Il s’avance et frappe. Waldron contre le ballon, qui parvient à Hateley aux seize mètres, dans l’axe. Harris, le défenseur-sandwich, panique un peu et tacle le buteur en retard. Pénalty, que Smith se charge de tirer. Bonetti, l’autre gardien sans gant, ne peut rien contre le poteau rentrant. 1-0 (38′).

une affiche souvent alléchante, des hectolitres d'alcool, beaucoup de moyens mais les drapeaux nous bouchent la vue et on repart toujours un peu deçu du spectacle

Anfield, c'est un peu comme les Vieilles Charrues : une affiche souvent alléchante, des hectolitres d'alcool et beaucoup de moyens, mais les drapeaux nous bouchent toujours la vue et on repart systématiquement déçu du spectacle

La deuxième mi-temps

Hormis quelques rares incursions dans la surface des Reds, Chelsea boit le calice jusqu’à la lie après les deux buts très précoces encaissés. Liverpool, bien aidé par Thompson, la Botte Increvable de l’équipe, a dominé le match dans ses grandes largeurs, profitant des lacunes défensives de leurs adversaires. Sans Bonetti (et sa barre transversale), l’écart aurait pu être un peu lourd.

Les buts au ralenti

Liverpool donne le coup d’envoi. En deux touches de balle, le ballon arrive à Thompson, excentré sur l’aile. Il contrôle de la poitrine, avance en provoquant son adversaire direct et passe en retrait à Hugues, aux abords de la surface. Celui-ci centre instantanément du gauche sur Hateley qui, d’une tête plongeante aux six mètres, double le score. 2-0 (46′).

Hollins récupère le ballon dans son propre camp et, n’étant pas attaqué, s’avance jusqu’au rond central. Il tente une passe ras de terre à son attaquant, mais le défenseur adverse a bien anticipé et intercepte sans mal. Celui-ci relance immédiatement sur Thompson, sur sa gauche. L’ailier contrôle le ballon sur la ligne médiane et accélère, prend de vitesse Hinton, rentre dans la surface et centre fort devant le but. Hateley se jette et aggrave la marque. 3-0 (47′)

Baldwin récupère le ballon sur l’aile gauche. Le jeu bascule dans l’axe, sur Osgood,  qui passe dans la profondeur à Hollins à l’entrée de la surface. Il perd son duel face à Smith, mais Chelsea garde la possession. Houseman, légèrement décalé sur la gauche, frappe instantanément des seize mètres. Petit filet, 3-1 (78′).

Spectateurs

Officiellement 53839, mais 150000 à vue de nez.

Un peu de légèreté pour conclure la saison Teenage Kicks : le bilan club par club, mode Twitter, en 140 mots (enfin, pour ce qui est du résumé de la saison quoi).

Voir introduction dans la première partie, avec tous les jolis liens (clips grands moments de la saison, plus beaux buts, photos, etc.). Par ailleurs, la Premier League a publié ce matin son calendrier pour la saison à venir, la liste club par club ici et la liste de tous les matchs ici.

Aujourd’hui, troisième partie : de Fulham à Manchester City (deuxième partie ici).

[nb : les chiffres de la rubrique financière sont en £ et portent sur la période 2009-2010. Les dettes (nettes) : emprunts bancaires, propriétaires ou autre provenance. Source Companies House et Guardian].

 

FULHAM (8è, 49 points. G-A + 6 / 49 buts pour / 43 contre)

Résumé de la saison

Première partie de saison difficile, avec notamment une série de huit matchs sans victoire de la 11è à la 18è journée (indisponibilité de Zamora et Johnson - ce dernier revenu fin octobre, mais pas à 100 %), suivie d’une bonne deuxième partie. Bilan positif pour cette dixième saison consécutive parmi l’élite (deuxième meilleur classement de l’histoire du club - 7è en 2009).

Satisfactions

Deuce a bien rapé les défenses aussi
Deuce a bien rapé les défenses gruyère

Yo! Clint Dempsey, rapper à ses heures perdues (nom de scène, « Deuce », voir cool clip). L’Américain, profitant de l’absence de Zamora une bonne partie de saison, y est allé de ses douze réalisations et a logiquement été élu Fulham Player of the Year par les supporters. S’est particulièrement distingué dans les matchs difficiles. Avec 33 buts pour les Cottagers depuis 2007, il devient le meilleur buteur de l’histoire du club en PL (devançant son compatriote Brian McBride et Steed Malbranque, tous deux 32 buts). Citons aussi Salcido, A. Hughes, Hangeland, Dembélé, S. Davies et Zamora (retour de longue blessure encourageant), ainsi que Duff et Murphy, par intermittence.

Déceptions

Peu nombreuses, mais Pantsil n’a pas réédité sa belle saison passée (et pas que pour ses trois buts contre son camp, record de PL égalé). Après le début février, Chris Baird lui a été préféré.

L’homme invisible : Rafik Halliche ou Bjørn Helge Riise

Highlights

Le retour de Bobby Zamora en février (jambe cassée par Karl Henry en septembre) ainsi que celui, graduel, d’Andy Johnson en octobre après des blessures à répétition en 2009-2010 (genou, adducteurs, clavicule) même s’il n’a pas eu l’impact escompté. Qualification pour la Ligue Europe (4è au classement anglais Fair Play de la Premier League, derrière trois clubs déjà qualifiés pour l’Europe). Victoire 4-0 sur Tottenham en FA Cup.

Lowlights

Les terribles corrections à domicile : rossés 4-1 par Man City en novembre, fessés 3-1 par les Hammers à Noël et étrillés 5-2 en mai par un Liverpool déchaîné.

Les enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Mohamed Al-Fayed a vendu son Harrods aux incontournables Qatariens pour 1,5 milliards de £ en mai 2010, ça servira à rembourser la dette et peut-être aussi à recruter costaud, surtout que le nouveau manager, Martin Jol, voudra bâtir sa propre équipe. Un milieu créatif serait un bon début. Selon les médias anglais, Dembélé et Dempsey pourraient partir (ce dernier en quête de Ligue des Champions). Robbie Keane est annoncé comme possible arrivée (le contraire eut été surprenant) ainsi que des joueurs de l’Ajax ou d’Hambourg (connections Jol), tel Mounir El Hamdaoui.

Devant Craven Cottage, Johnny Haynes… et Michael Jackson

 

Trucs bizarres / marrants 

Une imposante statue de Michael Jackson, ex buddy d’Al-Fayed, trône désormais devant Craven Cottage, pas loin de celle de Johnny Haynes, Fulham Legend. Guère du goût de Hugh Grant, supporter du club de longue date (il aurait versé les 60 000 £ du transfert de Robbie Herrera en 1993, voir ici) : « Hmm, Michael Jackson, pas vraiment une recrue de choix à mon avis. » Les supporters ont protesté, ce à quoi le toujours aussi charmant Al-Fayed a répondu : « If they don’t like it, they can go to hell. » Voir ce clip et celui-ci.

Le Manager

Mark Hughes, toute la saison. Il lui restait un an de contrat mais a démissionné le 2 juin. Martin Jol l’a remplacé.

In / Out (le point sur les mouvements au 17 juin)

In : Dan Burn (Darlington, montant élastique non révélé mais, selon les informations TK, le versement initial est de 350 000 £ - record de la non-League battu - et le maximum serait 2M, lié principalement à ses apparitions, sa progression et prime à la revente)

Out : Zoltan Gera, Diomansy Kamara, Eddie Johnson, John Pantsil, Matthew Saunders (tous libérés)

Retours de prêt : Lauri Dalla Valle, Kagisho Dikgacoi, Keanu Marsh-Brown

Les toutes dernières rumeurs ici.

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières

77M / 49M. Perte avant impôts : 19M. Dette : 190M*

(*dont la quasi-totalité - 187M - de prêts à 0 % d’Al-Fayed)

 

LIVERPOOL (6è, 58 pts. G-A + 15 / 59 / 44)

Résumé de la saison

A season of two halves. Et pas mal placée sous le signe de la Joke. Saison de transition très mouvementée mais au final réussie. Départ cauchemardesque (sur et en dehors du terrain) puis léger frémissement et enfin décollage à l’arrivée de Dalglish ; deuxième partie de saison sur les chapeaux de roues. L’avenir s’annonce souriant mais la barre des objectifs a été placée haute (minimum retour dans le Big Four).

Satisfactions

Le héros est incontestablement Kenny Dalglish. Parmi les artistes de la renaissance : Lucas (élu Joueur de la saison du club, 40 % des votes), Kuyt, Maxi Rodriguez (2 hat-tricks), Meireles (élu PFA fans’ Player of the Year ), Spearing, Shelvey, Suárez, peut-être Agger (saison minée par les blessures). Citons aussi le latéral droit Martin Kelly (avant que des blessures lui écourtent sa saison fin février) ainsi que les jeunes de l’Academy (Flanagan et Robinson) qui se sont distingués en deuxième partie de saison. A signaler aussi l’exploit de Škrtel : avec Baines, il est le seul joueur de champ à avoir disputé l’intégralité de la saison de championnat, de la première à la dernière minute (3 420 - et 53 matchs toutes compétitions confondues).

Le trio perdant
The Joke Trio

Déceptions

Citons Konchesky, Poulsen et N’Gog, ce dernier encore trop juste à ce niveau. Mais la palme du flop Red de l’année revient évidemment au duo M. Jovanovic-J. Cole, qui émargent respectivement à 260 000 et 480 000 £ / mois (soit 9M de £ annuels à eux deux). Remettons-nous en bouche la déclaration de Steven Gerrard, à l’annonce de l’arrivée au club de Joe-le-freestyler, priceless :

« Messi est capable de trucs incroyables mais Joe peut faire aussi bien, sinon mieux. Il nous sciait des fois à l’entraînement avec l’équipe nationale, il faisait de d’ces trucs avec une balle de golf, wow, certains joueurs ne pourraient même pas les faire avec un ballon ! Cette saison, je le vois vraiment bien remporter la récompense du Joueur de l’année. »

L’homme invisible : le duo fantôme Jovanovic-Cole (qui figure en bonne place dans la galerie des Europe’s Most Unwanted du Guardian).

Highlights

Le départ de Tom & Jerry (Hicks & Gillett). Rachat du club par des repreneurs ambitieux (Fenway Sports Group). La renaissance de l’Academy (voir détails). Le 15 octobre, après six mois traumatisants (début officiel de la mise en vente du club en avril 2010), la fête devant la High Court de Londres, symbole du renouveau de cette institution du foot international. La victoire 3-1 sur Man United, le 3-0 contre City. Signalons aussi que Liverpool a marqué dans tous les matchs de PL du 1er janvier au 9 mai (dix-huit de suite, la plus longue série en championnat cette saison).

Lowlights

La première moitié de saison, sous Roy Hodgson, LMA Manager of the Year en 2010. Quelques faibles affluences (relativement parlant), dont celle du 3 janvier, seulement 35 400, la pire à Anfield pour une journée du New Year’s Day depuis… la réception de Notts County en 1983 ! (voir ici, entrée du 1er & 2 janvier). La terne performance d’ensemble en Ligue Europe (éliminés en huitième par Braga, finaliste). Les blessures de Steven Gerrard. Oh, et la nouvelle troisième tenue du club dévoilée cette semaine, 70 % des supporters seraient contre, faut dire que y’a pas mal de bleu, ça fait très blue nose (Everton). Certes, la tenue originelle du club était majoritairement bleue (de 1892 à 1896) mais tout de même, shocking.
Un Third très blue nose
The Joke Third

Les enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Saison trop atypique pour en tirer de quelconques enseignements. Disons simplement qu’avoir un centre de formation en bonne santé, c’est chouette. Côté recrutement, idéalement, il faudrait renforcer le flanc gauche avec un latéral offensif et un ailier. Un attaquant d’appoint ne serait pas de trop non plus (si départ de N’Gog).

Selon les médias anglais, LFC reniflerait autour de (valeur approximative entre parenthèses) : un gardien expérimenté pour être la doublure de Reina (Doni ?), Clichy (7M), Adam (8M), Dann (8M), Chamberlain (10M), Wickham (10M), Enrique (10M), N’Zogbia (12M), Gago (12M), Zapata (14M), G. Cahill (16M), Downing (20M). Agger pourrait partir si Cahill, Dann ou Zapata arrivait. Le club est déterminé à recruter au moins six joueurs et serait prêt à faire chauffer le chéquier comme jamais (et ainsi dépasser les 62M dépensés par Rafa en 2007 pour Torres, Babel et Mascherano).

Par ailleurs, Sylvain Marveaux (gratuit) a passé un examen médical jeudi et devrait conclure son transfert dans les jours qui viennent (260 000 £ mensuels). Quant à Ashley Young, l’une des (ex) cibles des Reds, il fait durer le suspense, huit jours après avoir annulé son mariage (et sa sobre cérémonie à 200 000 £) qui devait avoir lieu le week-end dernier. Au lieu de se marier, Young s’est envolé à Las Vegas et pourrait signer pour Man United dès son retour. Une mystérieuse malédiction anti-mariage semble frapper Birmingham car dimanche dernier, Liam Ridgewell, le défenseur de Birmingham City, annulait lui aussi son mariage huit jours avant le jour J.

Trucs bizarres / marrants

Année riche en moments drolatiques. La saga de la pré-vente en août et septembre avec une belle brochette de personnages kashkariens, dont Kenny Huang et l’impayable Yahya Kirdi (sa candidature fut vite surnommée « The Joke Bid », voir détails), soi-disant ex magnat dans l’aéronautique doublé d’un puissant homme d’affaires. Le Syrien a en fait vendu deux coucous d’occasion dans un lointain passé et posséde pour tout bien… une épicerie et une pizzeria au Quebéc ! (la Pizza Da Tony, établissement qui devait donc financer le Liverpool FC ! voir détails). Voir Hicks et Gillett se faire pourrir par la High Court, et à deux reprises s’il vous plaît (octobre et février), fut également jouissif. Autres bizarreries, les Tweets de Ryan Babel et le sketch Facebook de la môman de Paul Konchesky :

« Les Scousers sont des pourritures et l’équipe d’Hodgson c’est de la merde. Arrêtez de vivre dans le passé Liverpool. » [...] : « De toute manière, notre famille ne déménagera jamais à Liverpool, on aime pas leur façon de causer. »  (ici et ici).

Que Môman Konchesky se rassure, nul besoin de déménager sur Merseyside. Fin janvier, le fiston a été prêté à Nottingham Foret (D2 - bilan moyen) et sera sans doute re-prêté. Konchesky apparaît dans la galerie du Guardian des Europe’s Most Unwanted.

La fameuse pizzeria qui devait financer Liverpool FC...
The Joke Bid

Le Manager

Kenny Dalglish, a accompli un boulot remarquable après onze ans d’inactivité (brève pige en tant que manager intérimaire du Celtic, de février à mai 2000). Récompensé par un contrat de trois ans.

In / Out (au 17 juin)

In : Jordan Henderson (Sunderland, 16-20M - le montant exact de la transaction varie d’une source à l’autre et l’addition finale dépendra du départ ou non de Ngog vers Sunderland, affaire qui sera discutée dès le retour de vacances du Français)

Out : Jason Banton, Deale Chamberlain, Alex Cooper, Sean Highdale, Steven Irwin, Nikola Saric (tous libérés)

Retours de prêt : Philip Degen, Alberto Aquilani, Emiliano Insua, Daniel Ayala, Daniel Pacheco, Nabil El Zhar, Chris Mavinga, Brad Jones

Les dernières rumeurs ici.

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières

185M / 121M. Perte avant impôts : 20M. Dette : 123M*.

[*La société du propriétaire John Henry, Fenway Sports Group, a remboursé les 200M de dettes dûs à la Royal Bank of Scotland]                                    

 

MANCHESTER CITY (3è, 71 pts. G-A + 27 / 60 / 33)

Résumé de la saison

Mission accomplie, City décroche une place en Ligue des Champions. Saison commencée dans la tourmente (voir ici), achevée en fanfare, double Arsenal pour la place directement qualificative en Ligue des Champions. Les Citizens finissent sur le podium, ça ne leur était pas arrivé depuis 1977 (2è, à un point de Liverpool).

Satisfactions

Vincent Kompany (dans l’équipe PFA de l’année) et Carlos Tévez, avec Berbatov le meilleur buteur de la saison (20 buts - dont cinq doublés). A noter que depuis Kevin Phillips (2000, Sunderland, 30 buts), tous les Souliers d’or de PL sont des étrangers. Le soulier d’or n’avait pas été partagé depuis 1999 (Hasselbaink, York, Owen, 18 pions). Egalement : Hart, de Jong, Richards, Silva, A. Johnson, Yaya Touré (débuts poussifs pour ce dernier mais bien plus en vue une fois qu’il fut enfin encouragé à tenir un rôle plus offensif). Et puisqu’on est dans les chiffres, Joe Hart : ratio arrêts sur tirs le plus élevé de PL cette saison, 76,4 %. Le cas Balotelli. A mettre dans les satisfactions ou la rubrique ci-dessous ? Disons qu’il est entre les deux mais il nous a tellement fait rire qu’il mérite sa place ici (joli hat-trick contre Villa à Noël - le plus jeune hat-tricker depuis Luke Moore en 2005-2006).

 

 

Déceptions

Barry, Milner, Dzeko, Kolarov, Boateng. Et Kolo Toure. Comment un joueur aussi expérimenté que lui a-t-il pu tester positif à cause de pilules amaigrissantes ? (six mois de suspension, il pourra rejouer à partir du 2/09).

L’homme invisible : Roque Santa Cruz (25 minutes en novembre avant son prêt à Blackburn en janvier)

Highlights

La FA Cup, premier trophée Citizen depuis la Coupe de la Ligue 1976, alléluia. Les victoires 4-0 sur Aston Villa à Noël, 4-3 sur Wolves (beau jeu déployé) et 5-0 sur Sunderland en avril. L’emballage final leur assurant la troisième place (21 points de pris sur les dix derniers matchs). La défense, elle n’a encaissé que 33 buts, plus faible total avec Chelsea.

Lowlights

Les quatre premiers mois, minés par les crises larvées, les secousses diverses et les vives critiques (jeu sans relief). La défaite 3-0 à domicile contre Arsenal et contre Liverpool à Anfield, sur le même score. La terne campagne de Ligue Europe.

Enseignements à tirer / secteurs à renforcer

Après les 160M de £ dépensés en transfert cette saison, on est de nouveau prêt à faire chauffer le sheikhier du côté d’Eastlands, avec dans le viseur du gros gibier. Idéalement, il faudrait un latéral gauche qui trace, un milieu créatif et un ailier. Il faut aussi régler la situation d’une palanquée de prêtés, d’indignados, d’olvidados et de mis en cave. Voir liste rubrique in/out (et vu la taille de la ménagerie, il doit en manquer, on se demande comment le club lui-même fait pour s’y retrouver). Parmi ces prêtés ou éternellement entre-deux-prêts, mention spéciale au trio S. Wright-Phillips, Bridge et Jô, qui figurent dans la galerie des Europe’s Most Unwanted du Guardian.

City serait sur la piste de (entre autres) : Leighton Baines, Gareth Bale, Gary Cahill, Wesley Sneijder, Guiseppe Rossi, Daniele De Rossi, Javier Pastore, Luka Modric et Alexis Sanchez (voir diaporama des cibles City).

Face au policier qui ne reconnaît pas Balotelli et lui demande pourquoi il a 5 000 £ qui lui tombent de la poche arrière du jean, Mario hausse les épaules et répond : « Parce que je suis riche. »

Trucs bizarres / marrants

Les frasques de Mario Balotelli, il nous a comblés pour sa première saison. A peine arrivé sur le sol anglais, il plante son bolide. Sonné par l’accident, et avec 5 000 £ qui lui tombent de la poche arrière du jean, au policier qui ne le reconnaît pas et lui demande pourquoi il a autant de cash sur lui, Mario hausse les épaules et répond : « Parce que je suis riche. » Puis, il y eut les enfantillages, les bagarres, les provocations, les actions de bon Samaritain, l’entrée par effraction dans une prison pour femmes (ici), l’allergie au gazon, le lancer de fléchettes sur des stagiaires (d’une fenêtre du centre d’entraînement), etc. L’irrépressible Balotelli, sur lequel le Guardian a récemment titré « Le nouveau bouffon du pays », exaspère Mancini, qui déclarait il y a peu : « Tous les jours, je me bats contre Mario et parfois j’aurais envie de lui filer un pain. » Réponse de Mario : « Bah, il pourrait pas, je fais du kick-boxing. » Liam Gallagher, en connaisseur, adoube le phénomène : « Mario est malin, j’aime bien la façon dont il joue le taré. » Son sketch du chasuble restera mythique, surtout quand raconté par Robbie Savage, hilarant, voir clip.

Le Manager

Roberto Mancini. « The jury is still out » comme on dit en Angleterre (il faudra attendre pour se prononcer). Prône un style encore trop défensif (et pourquoi diable sous-utiliser Adam Johnson ?).

In / Out (au 17 juin)

In : personne

Out : Felipe Caicedo (Levante a récemment converti le prêt en achat). D. Gonzalez, S. Kay, S. Logan, J. Poole, A. Tutte, J. Vidal, J. Wood (tous libérés)

Retours de prêt : E. Adebayor, C. Bellamy, R. Santa Cruz, N. Onuoha, V. Weiss, S. Wright-Phillips et W. Bridge

- Allez Rob, t' me gardes hein, s'il te plaît ? - Ma che te garder Pat, t'as pas une maison ou oune famille qui t'attend in Francia ?
- Allez Rob, tu m’gardes hein, allez s’il te plaît - Ma ché te garder Pat, t’as pas une maison, une famille, un job de consultant qui t’attendent en France ?
A enfilé les pantoufles (arrêt de carrière) : le nom de Patrick Vieira a été cité dans les médias mais, selon les infos de notre taupe au Manchester Evening News, Pat négocierait un prolongement au club comme joueur-mentor. Selon City, son inclusion parmi les 123 joueurs de la « Free Transfer List » publiée jeudi par la Premier League serait dûe à une erreur (tout comme celle de Javier Garrido, à la Lazio depuis 2010). Si l’option joueur n’aboutit pas, Pat pourrait alors être conservé comme « entraîneur-ambassadeur », sans licence joueur. Joueur de vestiaire, super-sub de Coupe de la Ligue, mentor, motivateur de troupe, entraîneur, formateur, ambassadeur, ambianceur, animateur French cancan, on ne sait trop quel contrat Pat finira par décrocher mais il compte bien se ventouser aux parois de la mine d’or. Réflexe Citoyen ? Hmm, pas sûr. Alors, quelle est donc cette mystérieuse force qui pousse notre Pat national à tant vouloir se fixer chez les über-zillionnaires ? Non, la réponse n’est pas dans la question. L’amour des supporters en est la raison, bien évidemment. Après la victoire en finale de FA Cup, il leur déclare sa flamme : « J’ai ressenti une réelle affinité avec les supporters, surtout ces dernières semaines. Ils ont été fantastiques avec moi toute cette saison. »

Les dernières rumeurs ici.

Chiffre d’affaires / masse salariale et autres stats financières

125M / 133M. Perte avant impôts : 121M. Dette : 41M

Kevin Quigagne.

Matchbox vintage – Liverpool 4 – 3 Newcastle United (3 avril 1996)

Considéré comme l’un des tout meilleurs matchs de Premier League depuis sa création, ce LFC-NUFC a d’abord excité par l’ampleur de son enjeu, puis brillé par le plaisir du jeu. Un régal à déguster, car on ne vit que deux fois.

Buts : Fowler (2’, 55’), Collymore (68’, 90+2’) ; Ferdinand (10’), Ginola (14’), Asprilla (57’)

Le chox des étoiles

Le choc des étoiles

Premiers pendant 29 journées, Newcastle se fait dépasser par Manchester United à la défaveur d’une quatrième défaite en six matchs, cette fois à Arsenal (0-2) quelque part dans le temps. Liverpool a également perdu à Notthingham Forest (0-1), mais conserve sa troisième place. Toutefois, rien n’est joué. De multiples matchs en retard subsistant, le suspense demeure en haut de tableau.

Danse avec les Stars du centre.

Danse avec les Stars du centre.

Liverpool

David James

John Scales – Mark Wright – Neil Ruddock

Jason McAteer – Jamie Redknapp – John Barnes (c) – Rob Jones

Steve McManaman

Stan Collymore – Robbie Fowler

Coach : Roy Evans (en charge depuis deux ans et deux mois)

Newcastle

Pavel Srníček

Steve Watson – Steve Howay – Philippe Albert – John Beresford

Peter Beardsley (c) – David Batty – Robert Lee – David Ginola

Faustino Asprilla – Les Ferdinand

Coach : Kevin Keegan (en charge depuis quatre ans et deux mois)

Le match

Newcastle donne le coup d’envoi de cette guerre des abîmes, obtient même un corner, mais se fait surprendre par Fowler. Après une remontée de balle très propre, Redknapp hérite du ballon au milieu du terrain, qu’il expédie aussitôt vers Jones, sur l’aile gauche. Celui-ci transmet en une touche à Collymore qui centre sur Fowler. Déjà auteur de 23 buts, le buteur Red profite de l’hésitation du tchèque Srníček pour faire chauffer Anfield.

Newcastle est touché, mais pas coulé. Maîtrisant la possession du ballon, les minutes suivantes semblent à leur avantage, grâce à un pressing haut et agressif. Asprilla et Ginola tentent leur chance, mais James veille au grain. A la 10ème minute, ils sont logiquement récompensés de leurs efforts. Après une touche de Watson, Asprilla se joue de Ruddock (petit pont) pour rentrer dans la surface et centrer sur Ferdinand qui, aux six mètres, et malgré la vigilance de Wright, trompe un James apathique.

L’enjeu galvanise les Magpies, l’opération Tonnerre sur Manchester est en marche. Ainsi, quatre minutes plus tard, la défense récupère un ballon dans son camp, transmet à Ferdinand au milieu du terrain, qui lance Ginola dans la profondeur. Après une course de trente mètres, le français résiste au retour en forme de poursuite impitoyable de Scales et vient tromper James du pied gauche. Les Reds touchent les grands fonds. Leur trou noir a duré cinq minutes.

A la 18ème minute, Redknapp réveille un peu ses troupes en tentant un tir des 20 mètres qui frôle le poteau droit de Srníček. Mais si l’anglais ne trouve pas le cadre, il a le mérite de recadrer quelque peu ses coéquipiers, au cœur de la tourmente. Car Liverpool ne convainc pas, et l’on se demande si McManaman ne pense pas déjà à sa reconversion sur ESPN. A la décharge des milieux de terrain, il est vrai qu’ils n’ont que peu l’occasion de briller, tant le ballon file d’un but à l’autre à une vitesse folle.

Si la défense de Liverpool parvient désormais à juguler les attaques adverses, ni Fowler (23ème minute, après un coup-franc de Redknapp), ni Redknapp himself (31ème minute, sur une frappe aux 20 mètres), ni McManaman (43ème minute, seul aux 6 mètres mais très, très approximatif de la tête) ne peuvent égaliser.

L’arbitre décide de siffler la pause. Après 45 minutes aux allures de haute randonnée, le ballon peut enfin souffler. Half time.

Supporter de Newcastle, l'envoyé spécial de Teenage Kicks était soucieux.

Supporter de Newcastle, l'envoyé spécial de Teenage Kicks était soucieux.

La deuxième mi-temps commence comme la première : beaucoup de déchets techniques, mais un rythme soutenu et un scénario dramatique qui compensent. Guerre et passion sont au rendez-vous.

Fowler, décidément la fièvre au corps, est le premier à se mettre en évidence. A la 55ème minute, il reçoit un ballon face au but au point de pénalty de la part de McManaman. Sa reprise puissante fait mouche. Les Reds reviennent dans la partie.

Mais dans la foulée, le French Lover Ginola récupère un ballon au milieu du terrain, fait la passe entre trois défenseurs pour Lee, qui sert Asprilla en profondeur. Aux vingt mètres, celui-ci met l’extérieur de son pied droit pour tromper James, sorti faire la cueillette.

Alors, pour conjurer le jour du fléau, Liverpool repart de l’avant. Et parvient à recoller dix minutes plus tard, grâce à Collymore, venu dans la surface à la réception du centre de McAteer.

Le score est nul, et aucune des deux équipes ne semble s’en réjouir. Bien que Liverpool se crée les meilleures occasions (par Fowler et Barnes, notamment), Ferdinand est tout proche de marquer après avoir gagné son duel à double tranchant face à Harkness, rentré à la pause à la place de Wright, mais James apporte sa première contribution du match en repoussant la frappe de l’attaquant anglais.

A dix minutes du terme, le vétéran Ian Rush remplace Rob Jones, pour l’un de ses derniers matchs sous le maillot Carlsberg. Roy Evans choisit la carte du cœur, car les diamants sont éternels.

On rentre alors dans le temps additionnel, et l’expert McManaman obtient un corner. Qui ne donne rien.

A la 92ème minute, Barnes trouve Rush en double une-deux pour infiltrer la surface des Magpies, puis sert Collymore sur sa gauche. Esseulé, le justicier solitaire anglais contrôle et trompe Srníček dans son angle fermé. Boom ! Anfield est en furie, Keegan est furieux. Full-time.

De mauvaise humeur, il ira pondre un résumé de 15000 signes.

De mauvaise humeur, il ira pondre un résumé de 15000 signes.

Le classement du Top 5 restera inchangé. Il se dit que Roy Evans était au service de sa Majesté Alex Ferguson. Cette année-là, Newcastle a peut-être laissé à Anfield ses espoirs de remporter son premier championnat depuis 1927. Pleure ô pays bien-aimé.

Bonus : les buts et un point de vue du Guardian sur ce match.

(Cette chronique contient 23 messages subliminaux)

Nouvelle rubrique où l’actualité du football anglais du mois écoulé est passée au crible. Et pour un début, ça tombe bien, janvier a été un mois aussi chargé que loufoque. Deuxième partie aujourd’hui, du 11 au 19 (première partie ici).

Au Sommaire :

  • Angleterre-Ecosse 1977 et la destruction de Wembley
  • Ryan Babel
  • Craig Bellamy arrêté rue de la Soif-frites
  • El Hadji Diouf: son palmarès complet
  • 50ème anniversaire de l’abolition du salaire maximal
  • Diouf et les footeux aux voitures chromées
  • La 23è journée de Premier League, les TOP XI et FLOP XI
  • Everton-Liverpool, le « Friendly Derby »
  • Liverpool, la « Self-Pity City » vous salue bien
  • Disparition de Nat Lofthouse
  • Le Fisc anglais veut sévir contre Rio Ferdinand et ses potes

Mardi 11 janvier

La Football Association et son nouveau sponsor principal, Vauxhall (Opel en Angleterre, également parraineur des fédérations écossaise, galloise et nord-irlandaise), veulent ressusciter le « Home International Tournament », tournoi annuel entre les Home Nations (Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord et Pays de Galles), disputé annuellement de 1884 à 1984, traditionnellement au mois de mai. La première réédition marquerait les cent cinquante ans de la FA (créée en 1863), et pourrait avoir lieu de novembre 2012 à juin 2013.

L’un des souvenirs les plus marquants des Home internationals (officiellement appelé le « British Home Championship ») fut le mémorable Angleterre-Ecosse à Wembley en 1977. Au coup de sifflet final (victoire de l’Ecosse 2-1), des milliers d’Ecossais envahirent le terrain, saccagèrent la pelouse et détruisirent les buts (des bouts de terrains ainsi que des morceaux de barre transversale furent arrachés et transportés en Ecosse en guise de trophée). Une autre version du « Crossbar Challenge » écossais, donc. Voir le clip sur ces incidents de 1977, ainsi que celui sur cette folle journée écossaise à Londres et Wembley.

Cette surprenante décision, mal reçue en Angleterre (de nature à donner des cauchemars à la sacro-sainte Health and Safety !), pourrait en partie aider à attirer du public pour rembourser Wembley, véritable boulet financier pour la fédération anglaise.

Les Home Internationals, la FA est nostalgique

Les Home Internationals, la FA est nostalgique

Le même jour, on apprend le décès de Richard Butcher, le milieu de terrain de Macclesfield Town (D4), à l’âge de 29 ans (causes naturelles). Butcher est le troisième joueur professionnel anglais en activité à perdre la vie cette saison (après Adam Stansfield, Exeter City, D3, et Dale Roberts, Rushden & Diamonds, D5, en décembre 2010, suicide).

Tragique année pour Macclesfield, ville moyenne du Cheshire (sud de Manchester). En mars 2010, Keith Alexander, l’ex journeyman (environ vingt-cinq clubs) et manager de Macclesfield, alors seul entraîneur noir dans le football professionnel anglais (avec Paul Ince, alors manager de Milton Keynes, D3) était décédé chez lui, à l’âge de 53 ans. Alexander était célèbre en Angleterre pour avoir été le premier manager noir de la Football League, avec Lincoln City, en 1993. Il avait survécu à deux ruptures d’anévrisme en 2003 et souffrait de graves problèmes de santé depuis 2009.

Mercredi 12 janvier

Ryan Babel écope d’une amende de 10 000 £ pour avoir posté sur Twitter une photo de l’arbitre Howard Webb portant un maillot de Manchester United, suite à la controverse du Manchester United-Liverpool de 32è de FA Cup trois jours avant (voir première partie). Babel, qui s’est plus fait remarquer pour son Twitterisme acharné cette saison (200 000 followers) que par ses prouesses sportives, semble condamné à continuer sa carrière hors des frontières. Le 3 décembre 2010, sur le site de micro-blogging, Babel avait demandé si quelqu’un voulait acheter sa Bentley (« Hey listen up .. is anyone interested in a second hand Bentley… I wanna sell it »).

Babel expliqua plus tard au Sun qu’un ami « pas spécialement riche » lui avait refilé la Bentley :

« Un ami m’a donné cette Bentley, il n’en voulait plus car il s’est fait cambrioler par des types qui ont supposé qu’il était blindé en voyant la voiture garée devant chez lui. Alors, il me l’a filée, mais vu que j’en possède déjà une, je cherche à vendre celle-ci. Je lui reverserai l’argent de la vente. »

Alors avis aux démunis et indigents : surtout, ne garez pas votre Maserati ou votre Bentley devant votre domicile, vous pourriez vous faire cambrioler par des gens qui interprètent mal les signes extérieurs de pauvreté.

Elle concurrence Tata et Dacia

Elle concurrence Tata et Dacia

Craig Bellamy… Ça faisait longtemps qu’on avait pas parlé du « nutter with the putter » (le givré avec le putter). On apprend que le Gallois s’est fait arrêter la veille après une enquête de police (interrogé puis relâché sous caution), suite à une bagarre ayant eu lieu tôt dimanche matin (2h45) sur Caroline Street, surnommée localement « Chippy Lane », la rue de la soif-frites locale.

Craig avait probablement été atterré par la médiocre qualité de son cornet de frites, le standing de la frite anglaise s’étant effondré ces dernières années. Pour remédier à cette crise sans précédent, David Cameron a appelé toutes les forces vives et les acteurs de sa «Big Society » à se mettre autour de la table pour un Grenelle du Fish & Chips, réclamé à cor et à cri par tous les footballeurs et autres pipoles accros. Quant à la gueule du merlan accompagnant la noble frite, n’en parlons pas, mais cela fera l’objet d’autres négociations, a promis le Premier Ministre. En attendant, deux hommes âgés de 20 et 26 ans ont été blessés au visage. La police continue ses investigations. Bellamy ajoute une ligne à son long palmarès de Bad Boy friteur.

Il a promis d'organiser un Grenelle du Fish 'n' Chip

Il compte organiser un Grenelle du Fish 'n' Chips

Pendant ce temps-là, à Blackpool, les Seasiders disposent logiquement d’un Liverpool moribond, 2-1 (match en retard de la 19è journée). John Henry (propriétaire) s’envole vers Liverpool pour des réunions de « crise ».

Jeudi 13 janvier

El Hadji Diouf répond à l’attaque de Neil Warnock (voir première partie, 8 janvier) en niant avoir insulté Jamie Mackie. Dans son style toujours aussi élégant, l’ex Lensois se défend :

« Mais qui est Warnock ? Il n’est rien pour moi, c’est pas Alex Ferguson, ni Arsène Wenger, ni Sam Allardyce ou un autre manager important. »

Focus sur le palmarès de Diouf en Angleterre. Mettez-vous à l’aise, servez-vous une bière, c’est pas court…

Mars 2003 : écope de deux semaines de salaires d’amende (de son club) et de 5 000 £ par la justice écossaise, ainsi que d’une suspension UEFA de deux matchs pour avoir craché sur des supporters du Celtic lors d’un quart de finale télévisé de coupe UEFA avec Liverpool. Le club décide de verser les 60 000 £ d’amende à une œuvre caritative, au choix du Celtic.

Février 2004 : insulte et menace l’arbitre Ali Bujsaim lors d’un match avec le Sénégal contre la Tunisie (quart de finale de CAN). Ses coéquipiers doivent le maîtriser à la fin de la rencontre car il menace de s’en prendre à l’homme en noir (en compagnie de trois membres du staff). Il écope de quatre matchs de suspension.

7 Novembre 2004 : écope de 500 £ d’amende pour avoir craché sur un supporter de Middlesbrough âgé de 11 ans.

27 Novembre 2004 : crache au visage d’Arjan de Zeeuw, capitaine de Portsmouth. Son club, Bolton, lui colle une amende de deux semaines de salaire et la FA le suspend pour trois matchs pour « improper conduct ». Sam Allardyce veut l’envoyer voir un psychologue sportif. Diouf reconnaît qu’il a manqué de « responsabilité morale ».

25 Janvier 2005 : son entraîneur, Sam Allardyce, déclenche une mini-polémique (il en faut bien une toutes les semaines) par ses déclarations controversées, portant sur une simulation flagrante lors d’un match contre Blackburn où Diouf s’était laissé tomber (et avait ensuite inscrit lui-même le pénalty). Big Sam déclare en substance :

« C’est vrai que tout ça ne va guère rehausser sa cote de popularité [...] Il pense avoir été touché dans l’action, il tombe, l’arbitre est bien placé et siffle un pénalty. Bon, c’est quelque chose qu’il a toujours fait [se laisser tomber], comme tant d’autres joueurs. »

7 mars 2005 : nouvelle polémique et amende à la clé. Diouf avait garé sa Lincoln Navigator sur une place pour handicapés à Manchester toute une après-midi. De retour à son pétrolier sur roues, il s’explique auprès des deux contractuels présents : « Je m’excuse, je ne savais pas, je ne comprends pas bien l’anglais. »

30 octobre 2005 : arrêté à Bolton pour conduite en état d’ivresse. Le 8 décembre 2005, il se prend une suspension de permis d’un an et une amende.

Janvier 2006 : arrêté par la police, il aurait frappé l’ex femme de Khalilou Fadiga dans un nightclub de Dakar. Il nie et est relâché sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

Octobre 2007 : admet s’être fait volontairement expulser plus tôt dans la saison afin d’être sélectionnable pour le Sénégal pendant la période de suspension.
26 janvier 2009 : est accusé d’avoir menacé son co-équipier Anto Ferdinand (Sunderland) et provoqué une bagarre. Est vendu à Blackburn trois jours plus tard. Il était arrivé à Sunderland six mois plus tôt (pour 2,6 millions de £), recruté par Roy Keane, qui avait déclaré :

« Nous sommes très contents d’avoir recruté El Hadji Diouf. C’est un joueur talentueux que les adversaires et leurs supporters adorent détester. C’est un vrai poison pour les équipes adverses, et c’est pour ça que nous sommes ravis qu’il soit aujourd’hui chez nous. »

20 septembre 2009 : est entendu par la police, il aurait proféré des insultes à caractère raciste sur un ramasseur de balles d’Everton (« Fuck off white boy »). Il nie et prétend avoir reçu des insultes et des bananes. La police enquête mais ne trouve aucune trace de bananes ou tout autre fruit.

27 février 2010 : reçoit un avertissement de la police pour avoir provoqué une altercation au bord du terrain et dans le tunnel avec Steven Gerrard, lors d’un match très houleux (insultes entre bancs, notamment), risquant de provoquer des incidents en tribune.

Début mars 2010 : comparaît devant un tribunal sénégalais accusé d’avoir frappé une femme dans un casino sénégalais en juin 2009. La plaignante, Khady Sy, affirme que Diouf et son garde du corps (le lutteur Cheik Sadibou Boye) l’avaient agressée au Casino du Cap Vert dans la station balnéaire d’Almadies le 28 juin 2009. Elle avait produit un certificat médical auprès de la Gendarmerie sénégalaise, attestant d’un arrêt de travail de vingt jours. Lors de son arrestation surprise, Diouf était alors en visite au Sénégal (à l’invitation du président sénégalais) pour un évènement caritatif en faveur des sinistrés du tremblement de terre en Haïti.

7 mai 2010 : écope de six mois de suspension de permis pour diverses infractions routières (dont défaut d’assurance et permis non réglementaire - et probablement « excès de chrome » aussi).

Vendredi 14 janvier

Il y a exactement cinquante ans, jour pour jour, les joueurs, soutenus par leur syndicat (la PFA), menacèrent de faire grève pour obtenir l’abolition du salaire maximum, en vigueur depuis soixante ans.

Le plafond salarial avait été introduit par la F.A au début de la saison 1901-1902 (fixé à quatre £ / semaine) pour mettre fin à une « inflation » des salaires (certains joueurs touchaient plus de dix livres, une fortune). Ce salaire maximal représentait deux fois le salaire moyen d’un ouvrier qualifié.

La dispute, qui durait de façon larvée depuis l’après guerre, avait pour chef de file Jimmy Hill, président de la PFA depuis 1957, et principal architecte de l’abolition du « wage cap ». Hill argua du fait que le salaire maximal d’un footballeur (20 £ par semaine) n’était à peine plus élevé que le salaire moyen d’un salarié (15 £), alors qu’il était le double avant la guerre. Craignant une grève généralisée et sentant un fort mouvement de colère monter, la Football League décida de supprimer le salaire maximal dans la semaine qui suivit.

Tous les footballeurs peuvent remercier Jimmy Hill

Tous les footballeurs peuvent remercier Jimmy Hill

Johnny Haynes (Fulham et capitaine de l’équipe d’Angleterre), quintupla son salaire quasi immédiatement, et fut ainsi le premier à atteindre la barre des cent livres par semaine. L’emballement pouvait commencer. En 1968, ce fut George Best qui cria « Preum’s » en devenant le premier à atteindre les mille livres hebdomadaires. En 1992, au tour de John Barnes (Liverpool) de créer la sensation en émargeant à dix mille £ / semaine. Puis enfin, en 2001, Sol Campbell atteignit le seuil des cent plaques / semaine (en passant des Spurs à Arsenal).

Best fut le premier à 1 000 / semaine, et Sol à 100 000

Cependant, certains clubs refusèrent d’entériner la décision, ou d’autres (comme Manchester United) créèrent leur propre maximum (cinquante £). Parallèlement, les clubs exerçaient un contrôle total sur les contrats des joueurs, même quand ils se terminaient, les footballeurs ne pouvaient partir qu’avec l’accord des clubs. En 1963, suite à un énième cas de refus d’application de la législation foot (de la part de Newcastle) la High Court de justice de Londres décréta judiciairement illégale l’imposition d’un salaire maximal, et mit fin à toutes les restrictions sur les contrats.

Le Manchester Evening News nous donne des nouvelles fraîches d’El Hadji Diouf. L’ex Sochalien s’est pris une amende de 35 £ pour avoir mal garé sa voiture chromée (pas une Peugeot, mais un bolide à 420 000 £, le chrome a terriblement augmenté). Le cracheur en série s’était garé sur un emplacement réservé aux taxis devant l’hôtel Radisson de Manchester.

Jamais dans l’histoire de l’amende en Angleterre une si petite prune donnée à Manchester fut saluée avec autant de ferveur par autant de monde à Londres

Pour paraphraser Winston Churchill sur les pilotes de la RAF pendant la terrible Bataille d’Angleterre (« Jamais dans l’histoire des conflits humains un si grand nombre d’hommes n’ont dû autant à un si petit nombre »), jamais dans l’histoire de l’amende en Angleterre une si petite prune donnée à Manchester fut saluée avec autant de ferveur par autant de monde à Londres (QPR).

El Hadji Diouf a clairement un gros problème pour reconnaître les panneaux de stationnement. On le voit ici garer une autre de ses discrètes voitures sur un emplacement livraison. En revanche, il kiffe le chrome et les tons douteux. Il est loin d’être le seul, comme nous le montre ce clip de hip hop (« I can transform ya ») monté par une entreprise de customisation qui compte des dizaines de footballeurs célèbres parmi ses clients, dont la moitié de Gunners, semble-t-il.

Samedi 15 et dimanche 16 janvier

23è journée de Premier League. Résultats, résumés de match et statistiques ici (cliquez sur « report » pour les stats de chaque match).

Journées des derbys chauds, celui de la Merseyside, de Wearside (Sunderland-Newcastle), de Birmingham (Birmingham City-Aston Villa), sans oublier West Ham-Arsenal.

Tottenham et Manchester United font match nul 0-0. Les Mancuniens espéraient bien inscrire leur centième but à White Hart Lane en championnat (99 buts, en 73 visites), ils devront attendre.

Nemanja Vidic élu unanimement homme du match. Les Spurs ont dominé (quinze occasions sur le but mais seulement deux cadrées, beaucoup de ballons aériens sur Crouch) mais se sont fracassés les dents sur un United solide, symbolisé par le roc Vidic. Match animé, ponctué par toute une série de bons duels (non, le p’tit pois Chicharito n’a pas joué, entré à la 78è) : Hutton v Giggs, Crouch v Vidic, Lennon v Evra, Bale v Rafael (le Brésilien, trop nerveux, se fait logiquement expulser à la 73ème pour l’ensemble de son œuvre, dont des protestations à répétition et une bordée de gros mots envers l’arbitre, Mike Dean). Giggs, 37 ans, signait son six centième match de championnat pour les Red Devils.

Encore un sans-faute

Encore un sans-faute

United, qui signe là une vraie performance de batailleur, est toujours premier (à la différence de buts, sur Man City) et demeure invaincu. Dans les tribunes, on voit Beckham et Capello s’embrasser comme deux tourtereaux.

Manchester City l’emporte difficilement, 4-3 à domicile face aux teigneux Wolves de Mick McCarthy (City est 2è, à égalité de points avec Man United). Carlos Tévez signe un doublé (homme du match). L’Argentin jouait excentré sur la gauche pour faire de la place au centre au nouveau populiste mancunien Edin Dzeko qui faisait ses débuts, moyens (il a déclaré que « les vrais Mancuniens supportent Man City »). Les Citizens ont engrangé dix-neuf points sur les derniers vingt-quatre possibles. Bonnes performances de Yaya Touré et Adam Johnson. Côté Wolves, excellent match de Milijas et bonnes prestations de Fletcher, Jones, Jarvis et Doyle, mais défense coupable (sauf Zubar, noté 7 / 10 dans la presse).

West Ham perd 3-0 à domicile contre Arsenal. Promenade de santé pour les Gunners, avec onze tirs / têtes cadrées, contre deux pour les Hammers. Walcott a fait vivre l’enfer à Wayne Bridge, pour son premier match chez les Londoniens, à la faute sur les trois buts. A 400 000 £ mensuel, ça fait cher la contre perf’. Est apparu à court de forme.

Chelsea dispose facilement d’un faible Blackburn, 2-0, mais sans briller (vingt-et-un tirs / têtes pour les Blues - mais seulement six cadrés -, trois occasions pour Rovers). But d’Anelka, qui a marqué pas moins de douze fois contre Rovers en PL (le premier en 1998). Piètre match de Drogba qui rate deux face-à-faces contre Robinson. Essien anonyme, tout comme Malouda, guère en vue.

Superbe match à Hawthorns où West Brom bat Blackpool 3-2, avec un grand Charlie Adam en première mi-temps (trois passes venues d’ailleurs, dont une transversale de soixante mètres dans les pieds de DJ Campbell). Un West Brom qui se donne de l’air après six défaites de suite.

Don't kiss the badge Charlie !

No... don't kiss the badge, Charlie, surtout pas !

Derby Wear-Tyne (quelconque) entre Sunderland - Newcastle (1-1), seuls Joey Barton, Fabricio Coloccini et José Enrique ont surnagé côté Magpie et, pour les Black Cats, Phil Bardsley et Steed Malbranque. Derby marqué par les traditionnelles violences (moins sérieuses que l’édition précédente au Stadium of Light), sièges arrachés et balancés, quelques heurts, vingt-quatre supporters arrêtés.

Birmingham 1 - Aston Villa 1, à St Andrew’s, devant seulement 22 287 spectateurs (le stade fait 30 000), le plus petit total pour le «Second City Derby ». Match plus engagé (trente fautes) que plaisant entre ces mal classés. Villa malchanceux, trois tirs sur les montants.

Everton 2 - 2 Liverpool, derby de la Merseyside, sous les yeux de John Henry, le propriétaire qui s’était déplacé des USA pour « une réunion de crise » avec Dalglish (Liverpool occupe la treizième place).

C’était deux jours après ce même derby (mais en FA Cup, 4 - 4, à Goodison Park), vingt ans auparavant (février 1991) que Dalglish arrêta son long bout de chemin avec les Reds (quatorze ans). Liverpool occupait alors la tête du classement mais des problèmes de santé obligèrent King Kenny à passer la main (à Graeme Souness). Ce 215è derby semble indiquer un renouveau des Reds, combatifs et entreprenants (dix corners, seize occasions de buts, dont onze cadrées - contre quatre cadrées pour les Toffees).

Arrêtons-nous un moment sur cet Everton - Liverpool, un derby vraiment pas comme les autres, entre deux clubs au destin parallèle. Ils connurent le succès avant la deuxième guerre mondiale (cinq titres pour Everton, quatre pour Liverpool), puis la descente en D2 au début des années 50 (1951 pour Everton, 1954 pour les Reds), et enfin la résurrection quelques années plus tard.

Si ce derby n’a aujourd’hui rien d’amical, il était surnommé le « Friendly Derby » pendant les années 80, dans une sorte d’union sacrée des deux clubs, une communion des gens de Liverpool « against the world » (unis contre le sentiment anti-Liverpool dont les Liverpudliens se sentent toujours parfois la cible).

Toutefois, certains historiens réfutent ce qu’ils appellent le « mythe du derby bon enfant » (d’autres soutiennent cependant le contraire), en précisant que cette fraternité n’aurait eu lieu brièvement qu’après la tragédie d’Hillsborough le 15 avril 1989. Il n’en est pas moins qu’il exista une certaine forme de solidarité entre les deux géants de la ville dans les années 80. Plusieurs fois, au cours des années 80, les supporters des deux clubs voyagèrent ensemble en train ou en autocar vers Wembley (pour des finales de coupe), en chantant « Merseyside, Merseyside ».

L’explication de cet étonnant rapprochement entre les deux clubs, réside dans l’image très négative qui colle à la peau de Liverpool à la fin de la décennie 70 et au début de la suivante. Emeutes de Toxteth (1981), grèves à répétition, chômage record, réputation de délinquance et gouvernement local en guerre contre Thatcher, Liverpool devient vite la paria de l’Angleterre, surtout de l’Angleterre du sud.

Après la tragédie de Hillsborough, et ses longues séquelles (toujours d’actualité), certains journaux (dont The Sun) reprochent à la ville de ne pas « passer à autre chose ». Mais c’est surtout après l’affaire James Bulger que Liverpool acquiert nationalement le surnom de « Self-pity City » (expression détestable inventée par Jonathan Margolis, alors journaliste au Sunday Times), une ville peuplée de « whingeing and thieving Scousers » (locaux râleurs et voleurs) pour nombre de Britanniques, l’archétype même de la ville qui s’apitoie sur son sort en rejetant systématiquement la faute sur les autres.

Comme un bras d’honneur à leurs détracteurs, c’est précisément dans les années 80 que les deux clubs connaissent leur « Golden era ». La ville de Liverpool est aujourd’hui la plus titrée d’Angleterre : 27 titres de D1 (18 pour LFC, 9 pour Everton), 12 FA Cups, 7 Coupes de la Ligue et 9 titres européens (8 pour les Reds, 1 pour les Toffees).

Le TOP XI TK du week-end :

———————-Kingson——————

Bosingwa——-Ivanovic—-Vidic———Hutton

Nasri——–Ferguson——Wilshere—–Gardner

————-van Persie—————-Tévez—–

Remplaçants : Gomes, Distin, Tuncay, A Johnson, Walcott, Anichebe, Odemwingie

Le FLOP XI TK du week-end :

———————–Jaaskelainen —————-

Faubert———Knight——–Skrtel———–Bridge

Dunn——-Watson———–Thomas——-Taylor

——————C Cole———–Kalinic———–

Remplaçants : Reina, Cathcart, Kolarov, Reo-Coker, Hines, Elmander, Drogba

Lundi 17 janvier

Les médias annoncent la disparition de Nat Lofthouse, une légende du foot anglais, qui s’est éteint à l’âge de 85 ans (mort naturelle).

Le « Lion de Vienne »

Le Lion de Vienne


Surnommé « le Lion de Vienne », ce joueur d’un seul club (Bolton Wanderers) était un avant-centre « à l’ancienne », tout en puissance, qui devait son surnom à ses deux buts lors d’un Autriche-Angleterre d’anthologie en mai 1952 (2-3), voir clip<(les Autrichiens étaient alors parmi les meilleurs).

En 1953, Nat Lofthouse fut élu Footballeur anglais de l’année. Il a inscrit 255 buts pour 452 matchs sous le maillot des Trotters (1946-1960) et une tribune du stade de Bolton porte son nom. Il fait également partie des premiers footballeurs (« inaugural inductees ») nommés au English Football Hall of Fame du National Football Museum de Preston (fermé en ce moment, il réouvrira à l’automne prochain au centre d’exposition Urbis, à Manchester). Lofhouse compte trente-trois capes pour trente buts en équipe nationale (de 1950 à 1958). Ça c’est du rendement !

Le futur National Football Museum de Manchester

Le futur National Football Museum de Manchester

A la surprise générale, on apprend que Darren Bent a déposé une demande officielle de transfert vers Aston Villa… trois heures après le derby Sunderland - Newcastle ! Darren Bent, attaquant de Sunderland depuis août 2009 (32 buts en 58 matchs de PL), semble bien parti pour signer à Aston Villa pour 24 millions de £ (avec les extras). C’est ce même Bent qui déclarait au journal régional le 5 décembre dernier (je sais, un mois et demi est une éternité en football) :

« Bien sûr que je compte signer une prolongation de contrat à Sunderland, des deux mains même ! Je me sens super bien ici, j’adore ce club [blablabla] et j’aime super bien la [bladibladibla]… »

Mercredi 19 janvier

C’est la crise en Angleterre, la vraie, la tatouée. L’économie avance à reculons, la TVA vient de passer de 15 à 20 %, le chômage explose, l’inflation est galopante, la « Big Society » de Cameron tourne à la big joke, les budgets sont réduits à la dynamite, ça licencie par milliers toutes les semaines et, pour couronner le tout, on va bientôt avoir droit à des mois de couverture non-stop du mariage du Prince William et sa gueuse Kate, festivités payées par les contribuables à n’en pas douter (normal, c’est une roturière).

Toutefois, dans un coin reculé du Royaume en forme de tour d’ivoire, une tribu résiste à la Big Society en se gondolant : les Footballeurs. Ils font même mieux que se défendre, ils payent de moins en moins d’impôts.

Le Fisc anglais (HMRC), qui a dans le collimateur certaines pratiques douteuses mais courantes dans le milieu du football (lire ici), annonce mollement qu’il va sévir durement. L’anachroniquement nommé « Her Majesty’s Revenue and Customs » (le fisc, quoi) compte récupérer la bagatelle de cent millions de £, que les footeux cupides lui auraient barboté (rien que sur la dernière année fiscale), avec la bénédiction des clubs. Cependant, la tache s’annonce compliquée. Le fisc doit prouver que les clubs ont sciemment surévalué les droits d’image payés aux joueurs (et taxés à 28 %) au lieu de leur verser un salaire plus élevé (taxé lui à 50 %). La mesure vise au moins cinquante-cinq footballeurs.

Le principe est simple. Les joueurs signent deux contrats, un classique et un autre exclusivement réservé aux royalties payées sur le merchandising et les droits d’image. Sur le second contrat, les joueurs ne sont assujettis  qu’à 28 % (corporation tax) au lieu du taux de 50 % sur les revenus (40 % avant avril 2010).

En outre, pour payer encore moins, nombre d’entre eux passent par des sociétés qui utilisent un système de prêts déguisés basés sur le principe du « benefit in kind » (avantages en espèces), taxés à seulement… 2 % ! Wayne Rooney, payé plus de 250 000 £ par semaine, a ainsi emprunté 1,6 millions de £ à la société Stonegate en deux ans, mais n’a payé que 25 511 £ en impôts sur cette somme, au lieu de 622 802 £ si elle avait fait partie de son salaire. Peter Fairchild, de la société de comptabilité et conseil fiscal Begbies Travnor, déclare :

« En terme fiscal, si l’on est dirigeant de société [director], emprunter de l’argent d’une société qui gère les droits d’images est vraiment très, très bénéfique »

Je dirais même plus Peter : c’est très, très, très bénéfique. Cela dit, bientôt, les footballeurs n’auront plus à ruser. Le gouvernement bicéphale Cameron-Clegg envisage de refaire passer le taux d’imposition sur les gros revenus (plus de 150 000 £ / an) de 50 à 40 %. Cela confortera les spécialistes qui aiment dire que sur une saison, tout s’équilibre.

Les coupes budgétaires l'inquiètent terriblement

Les coupes budgétaires l'inquiètent terriblement

Certains footballeurs, comme Rio Ferdinand, Ashley Cole ou Michael Owen sont même allés plus loin pour pleinement bénéficier de ces générosités concoctées par le gouvernement Blair : ils ont créé leur propre société de prêt. Le Tweet de la fin donc à Rio Ferdinand (il était probablement coincé dans un embouteillage) qui s’inquiétait il y a peu des coupes budgétaires qui frapperont à partir d’avril :
« Ces coupes budgétaires pourraient avoir un impact très négatif sur notre société. Si le gouvernement commence graduellement à réduire tous les budgets, on pourrait se transformer en un de ces pays en difficulté qu’on considérait un peu de haut auparavant. Espérons que ça ne nous plongera pas dans une spirale négative. »

Kevin Quigagne.

La première partie est ici, tandis que la deuxième est .

Vendredi 15 octobre : enfin, la conclusion ?

Beaucoup de points en suspens.

Le Juge Jordan (la nouvelle célébrité texane) va-t-il abonder dans le sens de la Haute Cour de Londres ? La banque RBS va-t-elle exiger le remboursement prévu aujourd’hui ? Si impossibilité de rembourser, le club va-t-il être placé en redressement judiciaire avec neuf points de retrait ? (Liverpool serait alors à –3 avant de rencontrer Everton dimanche). John Henry et NESV seraient-ils toujours intéressés pour racheter un club alors en redressement ? H & G vont-ils saisir la Cour Suprême des Etats-Unis ? Ou la Cour internationale de justice et des droits de l’homme ? Peter Lim (the new Kenny Huang ?), casaque jaune, toque pailletée rouge, va-t-il surgir de son Disco Inferno déguisé en John Travolta et coiffer tout le monde sur le poteau ? Mill Financial (MF), le new kid on the block, fomente-t-il un sinistre complot pour apparaître de derrière les ragots et rafler la mise devant un directoire médusé ?

On saura tout en fin d’après-midi.

9 h 24. En attendant la fin de l’après-midi, une énième mauvaise nouvelle tombe pour Liverpool : Jamie Carragher vient de prolonger son contrat de deux ans.

On apprend en outre que Mill Financial est hyperactif en coulisses et a proposé à RBS de rembourser intégralement le prêt contracté par H & G (MF a récupéré les actions de Gillett en août après que ce dernier ne s’est pas acquitté des remboursements). La RBS aurait refusé cet arrangement peu scrupuleux. Qui a dit que les banques n’avaient aucun cœur ?

10 h 00 : rumeurs selon lesquelles Hicks tente, dans un dernier élan tordu, de sagouiner la vente du club à NESV en faisant le forcing pour persuader Mill Financial de racheter ses actions (MF qui possède donc déjà les 85 millions d’actions de Gillett, même si ce dernier fait toujours mystérieusement partie du directoire – je sais, c’est étrange, mais plus ça va, moins on sait à qui appartient réellement ce club).

Une course contre la montre s’engage, H & G n’ont plus que six heures pour conclure un deal avec l’énigmatique MF. Situation anxiogène. Contrairement à John Henry-NESV (réanimateur cardiaque des Boston Red Sox et très apprécié sur Boston), on ne sait absolument rien de MF.

Tels des George Marchais sauce ultralibérale, ils ne répondent ni aux questions, ni au téléphone, ni aux courriels, et refusent toute interview. On arrive à peine à trouver un lien internet sur eux.

Voici un extrait amusant que dégotent des journalistes, sur le site de la maison mère (Springfield Financial) : “Springfield sait mieux que quiconque négocier les transactions compliquées de façon créative.” Ça devrait s’avérer utile aujourd’hui…

10 h 30. Enième coup de théâtre. Avant même l’ouverture de l’obscur tribunal texan le plus célèbre au monde, on apprend par Sky que H & G ont “levé” l’ordonnance restrictive qu’ils avaient fait placer sur la vente du club à NESV.

Bonne nouvelle pour Liverpool ? Pas vraiment, H & G ont probablement fait cela dans le but de vendre plus tranquillement le club aux ténébreux de Mill Financial. H & G doivent avoir une dent contre John Henry, un peu quand même.

Malgré la levée de l’ordonnance, H & G déclarent ne pas vouloir lâcher le morceau, ils iront jusqu’au bout. Hasta la muerte.


Ce dernier rebondissement intrigue les observateurs. Voyons voir, il est 4 h 30 du matin au Texas, le tribunal n’ouvrira que dans trois heures pour instruire l’affaire en priorité (demande des autorités anglaises, vu l’urgence). Comment diable se fait-il alors que H & G aient décrété à eux seuls la levée de l’ordonnance restrictive décidée par un tribunal la veille ? H & G ont aussi un pouvoir divin de rendre les décisions de justice, unilatéralement ?

11 h 00. Apparemment, deal conclu entre Hicks et Mill Financial, le texan leur aurait bien vendu ses actions (85M de livres). Cela ne veut pas dire que tout cela est légal… Rien n’est trop légal dans toute cette saga. Le propriétaire des actions est Kop Holdings, société bloquée par la décision de la High Court de Londres.

No pasaran, déclare John Henry, guère inquiet du coup fourré de dernière minute entre Hicks et Mill Financial (actions d’Hicks vendues en douce à MF) : il faudra de toute manière l’accord du directoire pour vendre. Et puis, NESV a un contrat “d’exclusivité” avec le directoire pour racheter le club (valable jusqu’au premier novembre). Hicks rétorque tranquillement qu’il n’a pas besoin de l’accord du board, puisque les proprios, c’est Gillett et lui. Dans leur monde à eux, tout leur appartient et ils rendent eux-mêmes la justice.

11 h 50. John “El Che” Henry prend les armes sur Twitter : “Nous avons un contrat [avec le directoire]. Nous nous battrons pour empêcher MF, H & G de garder le club aujourd’hui. Leur dernière tentative désespérée de s’emparer du club échouera.

13 h 00 (7 h 00 heure texane – transportons-nous là-bas). La bataille s’est donc déplacée du Big Four des tribunaux anglais, la High Court de Londres (magnifique bâtiment gothique) au petit poucet du 160th District Court in Dallas (tribunal d’instance moche).

Tous les avocats sont là, prêts à s’entretuer à coups de Dalloz en angliche (ceux de LFC, RBS, NESV et H&G). Le directoire espère obtenir rapidement l’annulation de cette ordonnance farfelue.

Quelques supporters de Liverpool sont là aussi (ceux basés au Texas). Les huissiers leur intiment l’ordre d’éteindre tout portable (ils twittaient non-stop aux médias anglais), sous peine de Death row. Personne ne bronche. On ne reçoit plus de nouvelles pendant une heure. Les premiers symptômes d’état de manque judiciaire apparaissent.

8 h 00 (on n’a pas reculé dans le temps, juste bougé au Texas). Enfin des nouvelles. Le juge Jordan ordonne la dissolution de cette ridicule ordonnance restrictive qui n’a jamais eu aucune légitimité (c’est vrai, quoi, merde). Youpi.

Le juge d’instance Jordan, inconnu il y a 48 heures, gloire internationale aujourd’hui, déclare : “It’s been an interesting two days.

C’est un vrai pipole maintenant, il passera sûrement bientôt chez Oprah Winfrey et pourra donc se représenter serein aux prochaines élections de Super Juge de la Cour Suprême du Texas ou d’ailleurs.

Fin des aventures texanes. On l’espère en tous cas.

13 h 00, retour à Londres. John Henry vient d’arriver à un meeting du directoire (ce qui signifie : achat du club imminent).

Des petits malins des bureaux d’en face ont réussi à prendre des photos de la table de réunion. Il y a bien trente personnes autour de la table (immense, elle n’a jamais dû entrer par la porte – mais comme on n’a pas vu la porte, on ne peut donc être sûr de rien).

On apprend aussi que ces fourbes de Mill Financial ont approché les Grands Vizirs de la Premier League pour s’enquérir des modalités de passage du fameux “Fit and proper persons test” (un test que tout nouveau propriétaire potentiel doit passer, et réussit toujours haut la main, même Thaksin Shinawatra l’avait réussi, mention du Jury – c’est Harry Redknapp et Sam Allardyce qui corrigent les copies).

La PL les aurait envoyés promener, en leur répondant sèchement qu’elle ne traitait qu’avec des “directoires légalement constitués” (toujours le mot pour rire cette PL).

Décidément, aujourd’hui, c’est tous les habituels pestiférés qui redorent sacrément leur blason (banque, Premier League plc, etc). Ça doit être « Journée rédemption pour les boucs émissaires ».

Dommage que Kerviel ne soit pas supporter de Liverpool, aujourd’hui aurait été l’occasion idéale pour lui de se racheter.

13 h 45. H & G sont dans les cordes et seraient prêts à jeter l’éponge. L’émétique Tom Hicks livre un long communiqué incendiaire mais à l’arrière-goût défaitiste. Tricheur et mauvais perdant, on en était sûr.

Bien sûr, Hicks clame son innoncence, et répète que rien n’est de sa faute et que lui et son compère Gillett n’ont voulu que le bien du club. En grand carambouilleur ès-manipulation, il présente le duo comme deux héros qui ont sauvé le club d’un redressement judiciaire potentiellement fatal. Il réitère ses accusations “d’escroquerie” portées mercredi à l’encontre du directoire du club, et déclare la vente du club “illégale“. Du grand classique. Ça ne serait pas des anciens d’Enron, H & G ?

Ah oui, j’allais oublier, un petit détail : H & G réaffirment leur intention de poursuivre le directoire et la RBS pour obtenir “au minimum” 1 milliard de livres de dommages et intérêts. La RBS est une banque étatisée depuis la crise de 2007. Si G & H arrivent à gratter un beau magot en dédommagement, cela veut-t-il dire que c’est le contribuable anglais qui devra financer ces vautours ? Ben, logiquement, oui. Mais on n’ose pas y penser.

14 h 00 : On s’attend à l’annonce du rachat du club d’une nanoseconde à l’autre. Tout le monde est à cran. Et s’il y avait un ultime rebondissement sismique dans cette histoire de dingues ?

Où est passé Mill Financial ? On est sans nouvelles d’eux depuis ce matin, c’est louche. Et Peter Lim, il est toujours devant sa Karaoke box à Singapour ? Si oui, on lui conseille de ne pas bouger et d’attaquer le répertoire d’Engelbert Humperdinck, ça devrait l’occuper pour un bon moment.

14 h 15. Le suspense devient insupportable. Les rumeurs de vente imminente du club enflent, en même temps que celles d’un pépin de dernière minute.

La banque RBS s’excite toute seul à l’idée de récupérer ses pesos qu’elle flippait de ne plus revoir (”Ma cassette, ma cassette, rendez-moi ma cassette”) et prépare en salivant la réception du colis de 200 millions et des poussières.

Pas une mauvaise semaine finalement pour les petits Ecossais étatisés, avec l’annonce de bénéfices d’1,3 milliards de £ il y a quelques jours.

14 h 15. Le Guardian révèle que Stephen Hester, le Chief exec de RBS, est un supporter acharné de Man United. Va-t-il faire capoter le truc à la dernière seconde ? Pourquoi tant de retard dans cette vente, faut conclure avant 16 h ! Hester est-il le ”traître” de cette affaire ?

En tous cas, gros coup de PR pour la banque RBS, qui sort en Ultimate Hero de cette affaire. Une fois n’est pas coutume.

Patrice Evra, contacté à l’entraînement, déclare qu’il faut être sans pitié avec ce traître qui menace de faire capoter l’affaire (il n’a pas compris qu’Hester est un gentil). Evra est toujours branché sur Knysna FM et déclare : “Le problème dans cette affaire, une fois de plus, c’est ce traître qui rôde autour de la banque, et met en danger le collectif. Il faut l’éliminer.”

14 h 45. Les médias rapportent qu’il y aurait effectivement des complications. Les spéculations vont bon train. Discute-t-on du communiqué belliqueux de H & G livré une heure plus tôt (qui promet de poursuivre tout le monde et sa famille jusqu’en enfer) et essaie-t-on alors de peser chaque mot de l’annonce imminente du rachat ? C’est bien possible.

15 h 35. Les joueurs sortent de l’entraînement. La traditionnelle conf’ de presse du vendredi est remise à plus tard. Roy Hodgson se dit ravi de l’arrivée de ces nouveaux propriétaires. Qu’il ne se ravisse pas trop vite lui, il pourrait bien sauter dès la semaine prochaine.

Les joueurs ne sont guère bavards. Ryan Babel est dans sa tour et se dit au courant de rien. Il déclare cependant qu’il twittera un message cryptique résumant l’affaire. Poulsen, interrogé, botte en touche. Milan Jovanović en profite pour répéter que si les choses s’arrangent, finalement il restera, mais rien n’est moins sûr, ça dépend. Tandis que la légende du club, le gardien number 5 dans l’effectif (remplaçant intérimaire de la doublure de la réserve B), l’ex-Kavalien Charles Itandje, part dans un fou rire incontrôlable avant même que la moindre question ne lui soit posée.

15 h 52 : Ça y est, c’est fait !! Bloomberg est le premier à annoncer la vente du club à NESV. Le magot tant espéré arrive chez RBS en flux tendu. Ça serait marrant qu’il y ait une coupure d’électricité.

15 h 58. Annonce officielle du rachat de LFC par NESV (pour 300M de £). Il était temps, plus que deux minutes et RBS risquait d’imploser. Un cliffhanger pire que la traditionnelle dernière soirée de Mercato.

Une nouvelle ère peut debuter pour le Liverpool Football Club. Les supporters d’Anfield préparent les plumes et le goudron pour H & G.

La quinzaine sera officiellement achevée après le Everton-Liverpool de dimanche. Un derby qui s’annonce des plus explosifs. Mais quoi qu’il arrive dimanche, cela ne sera rien à côté des quinze derniers jours.

Kevin Quigagne