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Les boss des clubs de Premier League n’ont plus guère de secret pour nous [1]. A de rares exceptions, ils semblent tous sortir du même moule corporate, aussi lisses et predictable qu’un « exclusif » de Téléfoot sur Lionel Messi. Au contraire des quelques patrons de clubs de divisions inférieures sélectionnés pour illustrer cette nouvelle série.

Premier spécimen passé aux rayons X : Barry Hearn, 65 ans et propriétaire atypique de Leyton Orient, deuxième plus vieux club londonien et actuel superbe leader de D3. Hearn et Leyton Orient, c’est aussi une belle histoire d’amour typiquement britannique entre un supporter et son club de toujours.

[Cliquer sur les photos fait parfois un p'tit kekchose]

Le choix du coeur

Quand Barry Hearn acquiert Leyton Orient en avril 1995, le club de l’est londonien ne vaut rien, littéralement. Enfin, si : 2,47 £, à peine 3 €. C’est cette somme d’une précision loufoque que débourse Hearn pour empêcher la liquidation de ce club historique qu’il supporte depuis toujours. En fait, Tony Wood, le propriétaire vendeur, avait dit à Barry qu’il lui donnait volontiers le club, gratos. Barry, grand seigneur, répondit qu’il acceptait de le payer à sa juste valeur, au cours des actions. « Justement » lui dit Wood, « j’ai vérifié et les actions valent 2,47 £… Allez, donne-moi 5 £ si tu veux. »

Conversation surréaliste vite plombée par la brutale réalité des chiffres : 2M £ de dettes à éponger. Même le pauvre laitier attend son chèque depuis des mois. Il était temps que Barry se pointe. Toutefois, cette somme est colossale pour un club qui descend en D4 et ne génère quasiment aucun revenu hormis la maigre billetterie. Sans compter qu’il faudra urgemment rénover le vétuste stade.

Hearn hésite franchement, au point de presque renoncer à son projet un peu fou. Il est pas encore riche à millions [2] et le pari est très risqué. S’il se rate, c’est le redressement judiciaire assuré et de gros ennuis financiers pour lui et sa famille. Mais ce qui va se passer juste après cette discussion avec Tony Wood décidera du cours des choses (anecdote qu’aime raconter le sieur Hearn).

Pour se changer les idées, Barry-le-businessman laisse son costume de gestionnaire au vestiaire et c’est Barry-le-supporter qui s’en va fouler la pelouse du stade de Brisbane Road un long moment. Et là, en perdant son regard dans les travées, les souvenirs d’enfance lui remontent. Quand, en 1960, sa maman l’emmitouflait soigneusement pour l’envoyer au stade par le métro, de leur cité HLM perdue au fin fond de l’Essex et qu’il se débrouillait tout seul, sans son père (au boulot le samedi), comme un grand de 11 ans, se mêlant aux autres supporters de ce club de D2… Quand, Leyton Orient, pour la première fois de sa longue histoire, monta en D1 en 1962 en compagnie de Liverpool, qu’Orient tint en échec 2-2 à domicile, devant 26 000 spectateurs. Pour redescendre illico, la saison suivante. Joies et désillusions classiques du supporter. Le jeune Barry n’était qu’un ado mais avait déjà son club profondément dans la peau et ses couleurs dans les veines. Pour toujours. Orient till I die

Ce jour-là, en balayant Brisbane Road des yeux, Hearn revit aussi les matchs d’anthologie du club, comme ces victoires 2-0 sur l’ennemi juré West Ham en 1962 et 1978 ou la formidable épopée de FA Cup en 1978, où Orient, mal classé de D2, élimine successivement Norwich (D1), Blackburn Rovers (D2), Chelsea (D1) et Middlesbrough (D1) avant de tomber en demi-finale contre Arsenal.

Saurez-vous trouver qui trottine
derrière Cunningham ?

Il se remémore les vedettes révélées ou passées par le club. La goal-machine écossaise Tommy Johnston, un ex mineur de fond qui claqua 121 buts en 180 matchs pour Orient de 1956 à 1961 ; l’immense Laurie Cunningham (WBA, Real Madrid, Marseille, etc.), cette « Black Pearl » qui lança sa carrière à Orient avant de mourir tragiquement à 33 ans dans un accident de voiture ; le fantasque Stan Bowles (photo du centre), un showman qui passa par Brisbane Road ; l’inusable Peter Shilton, qui finit sa carrière chez les O’s et y disputa son 1000è match de championnat, à 47 ans…

La réflexion ne s’éternise pas, au diable la raison… Barry Hearn fait le choix du coeur et dit banco. Les supporters O’s poussent alors un énorme ouf de soulagement.

Un club à la dérive et la risée de tous

En cette fin de saison 1994-95, Leyton Orient, vieux club fondé en 1881, descend en D4, après une saison catastrophique (32 défaites sur 46 matchs) et qui plus est filmée par la caméra expertement baladeuse de Jo Trehearne, une étudiante en cinéma supportrice d’Orient à qui le club a donné carte blanche pendant toute une saison. Un docu à priori inoffensif mais qui aura des conséquences désastreuses pour le manager, John Sitton, un personnage aux méthodes très particulières. Bien malgré lui, Sitton sera la « vedette » du film [3]. Ce documentaire de 50 minutes, devenu culte, fut diffusé par Channel 4 et intitulé « Orient, club for a fiver » (Orient, club à vendre : 5 £). Il est souvent considéré comme l’un des tous meilleurs docus britanniques de foot jamais réalisés, les coups de gueule monstrueux de Sitton - un ex karatéka qui virait les joueurs en plein match, les insultait ou les invitait à la baston (ici et ici) - ajoutant indéniablement à l’intérêt de la chose (voir article TK là dessus, avec traductions des moments chauds).

Début 1995, quand Tony Wood, le propriétaire d’Orient approche Barry Hearn pour lui proposer le club après la faillite de ses plantations de café au Rwanda (suite à la guerre civile), Hearn est un promoteur de boxe qui cherche à diversifier ses activités. Après le rachat, il rebaptise le stade de Brisbane Road du nom de sa société (Matchroom) et organise toutes sortes de shows à l’américaine avant les matchs. Orient, anonyme de D4, se signale alors par quelques coups spectaculaires, notamment l’acquisition en octobre 1998 de l’ex international français Amara Simba, un vétéran de 37 ans (l’expert ès bicyclette, grassement payé - 10 000 £/mois - claquera 12 buts en 37 matchs et laissera un excellent souvenir).

Coup de poker gagnant sur le billard

Rien ne prédestinait Barry Hearn, 65 ans, à devenir le promoteur sportif le plus successful du Royaume-Uni. Et Lady Luck joua un certain rôle dans son destin, ce qu’il admet humblement. Issu d’une famille très modeste (père chauffeur de bus, mère femme de ménage) Hearn grandit dans la cité HLM du Debden Estate à Dagenham, l’est ouvrier du Grand Londres. Ford y a une gigantesque usine depuis 1931 qui emploiera jusqu’à 40 000 personnes dans les années 50. Y avait. Ce qui restait de l’ex plus grande usine automobile d’Europe vient en effet de pousser ses derniers râles.

Encouragé par sa mère, Barry étudie la comptabilité. Il a du bagout et, au début des années 70, il est nommé directeur financier d’une entreprise de design textile. Mais l’exubérant Barry se sent à l’étroit dans ce milieu et convainc son patron d’investir dans l’immobilier commercial. En 1974, avec l’aide financière du boss, il acquiert par hasard une chaîne de salles de snooker (billard anglais de compétition). Le sport est confidentiel et Hearn achète le lot pour seulement 500 000 £. Il ne connaît rien au snooker mais se dit que l’emplacement des salles (situées en plein centre-ville) vaudra forcément bonbon un jour.

Barry Hearn, à droite, avec Steve Davis (après la finale 1985)

Barry Hearn, à droite, avec Steve Davis (après la mythique finale des championnats du monde 1985)

Par chance, les médias se mettent soudain à promouvoir ce loisir bon marché qui sied à la récession en cours. Entre-temps, Hearn s’est lié d’amitié avec un jeune joueur talentueux qui vient régulièrement s’entraîner dans sa salle de Romford, un certain Steve Davis. Un prodige qui deviendra six fois champion du monde (toute l’Angleterre se souvient de la mythique finale du Championnat du monde 1985 opposant Steve Davis à Dennis Taylor, suspense insoutenable - 18-17 score final, après 15 heures de jeu !). Le snooker explose et Hearn empoche un bénéfice de 1M £ en revendant la chaîne en 1982 pour 3,5M. Dans une interview accordée à un quotidien londonien en 2010, il déclarait : « Tout le monde me félicita en me disant que j’avais réussi un coup de génie, que j’avais eu le nez creux, etc. En fait, rien de tel, j’ai simplement été très chanceux ! »

Deuxième round gagnant

Dans la foulée, il devient l’agent-promoteur des meilleurs joueurs de snooker et prend de belles commissions sur leurs gains, jusqu’à 20 %. Il profite de la fulgurante ascension de ce sport (qui devient plus rentable pour les chaînes que le football, voir article TKpresque 19 millions de téléspectateurs britanniques regardent cette finale du Championnat du monde 1985 !) pour s’associer avec la BBC et créer Matchroom Sport, une société de promotion sportive.

C’est la boxe qui lui donnera son deuxième souffle à la fin des années 80, quand l’un de ses poulains, le poids lourd Frank Bruno, devient mondialement connu. Hearn, lui-même ancien boxeur amateur, managera ensuite tous les grands boxeurs britannniques et irlandais, de Lennox Lewis au très excentrique Chris Eubank, en passant par Carl Froch aujourd’hui.

Au début des Nineties, l’essor de Sky lui permet d’étendre son empire. Hearn produit un peu de tout (boxe, snooker, fléchettes, poker, etc.) en l’adaptant au format télé. Mais son vrai génie est ailleurs : il ne se contente pas de promouvoir ces sports ou loisirs très masculins et un peu poussiéreux, il les glamourise. Rapidement, il devient le premier promoteur sportif du pays et peut enfin se consacrer à sa passion de toujours : son club de Leyton Orient.

Barry Hearn, touche-à-tout faiseur de miracles

Des fléchettes, autrefois loisir ringard cantonné aux pubs enfumés, Hearn en a fait un vrai sport richement doté qu’il a réussi à vendre au prix fort à Sky et la BBC. Les darts font aujourd’hui des cartons d’audience. La Coupe du monde de fléchettes se déroule annuellement à Noël à Londres sur trois semaines devant des milliers de spectateurs déchaînés et souvent bien imbibés (on peut dîner sur place, voir clip, très impressionnant). Le prix offert au vainqueur n’est pas de la petite bière non plus : 250 000 £. Les cadors de la discipline, tels Phil “The Power” Taylor, sont adulés des tabloïds et starisés, avec des pages Wiki et contrats publicitaires à la mesure de leur notoriété. Grâce à Barry Hearn.

Idem pour le circuit des douze tournois majeurs de snooker que Hearn a reformaté en l’internationalisant (Chine, Qatar, etc.). Et surtout, il l’a généreusement doté :  9M £ de prix. L’Anglais Ronnie “The Rocket” O’Sullivan, numéro 1 mondial et grand showman devant l’éternel, a largement profité de l’explosion de ce sport : à seulement 37 ans, il a déjà empoché plus de 7M £ en gains et est l’un des sportifs britanniques les plus (re)connus. Merci qui ? Merci Barry.

Et coup magistral, Hearn a même réussi à transformer un banal concours de pêche en évènement incontournable de la grille Sky depuis 20 ans, le Fish ‘O’ Mania, avec la bagatelle de 30 000 £ au vainqueur !

Des miracles, Hearn en a fait aussi pour son club. En 2003, peu après la faillite d’ITV Digital (ex bailleur de fond de la Football League), Leyton Orient a un besoin vital d’argent frais. Qu’à cela ne tienne, en plein boom immobilier, Hearn vend à un constructeur… les virages du stade (pour la belle somme de 8,5M £). Quatre immeubles y sont dûment construits par Bellway Homes, avec balcons (certains ont une vue imprenable sur le terrain, ici et iciUne centaine de spectateurs regardent regulièrement le match des balcons, parfois en se faisant leur petit BBQ…). Les bénéfices sont illico réinvestis dans la reconstruction des tribunes Ouest et Nord et le financement de la promotion de Leyton Orient en D3 en 2006, les 3 millions de revenus annuels ne suffisant plus à faire tourner le club [4].

Brisbane Road, centre de l’univers

Aujourd’hui, Hearn a beau vendre annuellement 2 500 heures de sport et loisir dans une centaine de pays (40 000 h avec les rediffusions), du bowling au golf, en passant par le poker ou les boules anglaises (bowls), il n’est pas rassasié et cherche toujours le produit magique le plus porteur possible. Et quand il n’existe pas, il l’invente.

Comme en 2011, quand il annonce sa dernière idée fumeuse : transformer le tennis de table en un « sport glamour capable de brasser des millions de dollars ». Tout au moins sa propre version du sport, avec raquettes d’antan (à picots courts) et règles modifiées. Un sport qui, dixit Barry, serait un « ping-pong bien plus rock and roll à même d’attirer de fortes audiences. » Le premier tournoi du genre, baptisé World Championship of Ping-Pong et doté de 70 000 £, s’est disputé à Londres en janvier dernier, avec l’inévitable retransmission sur Sky Sports (ici), son fidèle partenaire depuis 22 ans. L’ITTF, la fédé internationale pongiste, ne goûte guère de ses excentricités et a menacé d’exclure tout participant. Barry n’en a cure et réplique que 600 millions de foyers ont vu les images de son ping pong. Il prévoit bien sûr de remettre ça en janvier 2014.

L'humour sauce Leyton Orient

L'humour sauce Leyton Orient

Au fil des ans, Hearn a réussi à bâtir un club qui tient bien la route en D3, où il évolue depuis 2006. Et ce n’est pas un mince exploit, coincés qu’il est au centre d’un losange dévoreur de supporters : Tottenham (au nord), West Ham (à l’est), Millwall (au sud) et Arsenal (à l’ouest), tous à quelques kilomètres seulement de Leyton. Malgré cela, les O’s font mieux que résister : 7è l’an dernier, avec les barrages d’accession en D2 ratés de peu et une affluence moyenne de seulement 4 000 spectateurs, la 18è de D3 (sur 24). Cette saison, Orient signe le meilleur départ en championnat de son histoire : 1er avec 25 points engrangés sur 27 possibles (grâce en partie au duo irlando-jamaïcain Mooney-Lisbie, déjà 15 pions à eux deux en championnat. Trois Frenchies dans l’effectif, dont deux dans le XI type : l’ex Chamois Niortais Romain Vincelot et l’ex Troyen Mathieu Baudry, récemment interviewé par Romain Molina pour zonemixte.fr. L’ex Grenoblois Yohann Lasimant vient d’arriver).

« Pourquoi se droguer ? Supportez Leyton Orient à la place. Ce soir, je plane. On va tous boire l’élixir de la vie ici à Brisbane Road, centre de l’univers. » Barry Hearn se prend pour Salvador Dalí, 16 mai 2001, après la victoire contre Hull City en demi-finale des play-offs pour l’accession à la D3.

Depuis 1995, Hearn a injecté environ 15M £ dans Orient, un club régulièrement endetté (comme tant d’autres) mais « raisonnablement » aime ajouter ce franc-tireur qui milite vigoureusement pour « que le système arrête de faire des cadeaux aux clubs qui dépensent bien au-dessus de leurs moyens et faussent le championnat ».

Quand on lui demande si Leyton Orient pourra un jour se hisser en Premier League, il sourit et répond d’un « maybe, who knows? » espiègle qui laisse penser que la PL n’est pas vraiment son but. Cet iconoclaste préfère probablement rester parmi les siens, dans l’univers décalé de la Football League. L’erreur serait de prendre son côté débonnaire pour un manque d’ambition. Car maintenir un bon club de FL dans ce coin de Londres, a fortiori avec la venue très controversée de West Ham en 2016 au stade olympique tout proche [5], est déjà en soi un petit miracle. Un de plus.

Kevin Quigagne.

PSJe recommande le blog The O Zone écrit par le Chargé  de communication de Leyton Orient (et publié le lundi dans The Independent). Il raconte avec humour les coulisses d’un club professionnel, la préparation des matchs, les relations avec les médias et les autres clubs, la détection, les « candidatures spontanées de stars ivoiriennes », etc.

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[1] Et si vous ne les connaissez pas, ils sont présentés dans cette série.

[2] Sa fortune, estimée aujourd’hui à 25M £ par le Sunday Times, fut largement constituée à partir du milieu des années 90, en partie grâce à son étroite collaboration avec Sky qui décolla aussi à ce moment-là.

[3] Il fut limogé après seulement un an en tant que manager et ne retrouva plus jamais de poste d’entraîneur (c’était son premier). Il vécut très mal l’après Leyton Orient et après plusieurs années d’inactivité, il se reconvertit en chauffeur de taxi, métier qu’il exerce toujours. Il y a quelques mois, et pour la première fois devant les caméras depuis 1995, il revenait sur cette période douloureuse - clip. Son autobiographie devrait sortir bientôt.

[4] La masse salariale y était de 1,8M £ en 2011-12, dans la moyenne de la D3. Au sujet des immeubles dans les virages, quelques joueurs/membres du staff – y compris le manager, Russell Slade - habitent dans ces tours. Le club y possède plusieurs appartements – un studio y vaut environ 170 000 £ –, ce qui permet de loger facilement les joueurs de passage, soit gratuitement soit à loyer réduit. Cette pratique (historique) est courante en Football League où contrats sont souvent courts et les mouvements très nombreux (prêts, essais, etc.). On dénombra environ 3 200 mouvements de joueurs la saison 2011-12 dans les 72 clubs de Football League (ce chiffre comprend les prolongations de contrats).

[5] Une relocalisation que Barry Hearn a combattu de toutes ses forces depuis trois ans, à grands frais (légaux). Voir article TK là-dessus ainsi que les fils Olympic Stadium du Guardian et Leyton Orient de la BBC. Leyton Orient est situé à un mile seulement du Stade Olympique que West Ham occupera à partir d’août 2016. Au-delà de la possible illégalité* de ce déménagement, Leyton Orient craint une érosion progressive de sa fanbase et, à terme, des difficultés à se maintenir en Football League. Pour Hearn, c’est l’existence même du club qui pourrait être remise en question.

Les détracteurs de Barry Hearn pensent qu’il remue ciel et terre depuis octobre 2010 pour des raisons financières (ses tentatives de faire capoter la venue de WH au Stade Olympique étant vouées à l’échec dès le début de cette interminable saga - toujours en cours ! Hearn envisage maintenant de faire appel ou poursuivre la Premier League -, il essaierait selon eux d’obtenir une forte compensation).

[*Selon Hearn, la règle I. 6.5 du règlement de la PL a été enfreinte. Cette règle (légèrement modifiée depuis) était la suivante en 2011 : « La Premier League refusera le droit à un club de changer de stade si la nouvelle enceinte proposée nuit à un club situé à proximité immédiate, y compris un club de Football League. ». Mais comme bien souvent avec ce type de législation,  l'interprétation d'une partie du texte s'est retrouvée au centre des débats, en l'occurence « nuit à un club situé à proximité immédiate »]

Troisième partie des évènements et futilités du mois dans le football anglais.  Encore un mois riche en émotions, surprises et cocasseries. Aujourd’hui, du 14 au 21 février (voir première partie ici et deuxième ici).

Au sommaire :

  • Barry Austin, refoulé pour quelques quintaux en trop
  • Francis Jeffers is back
  • Dossier sur la refonte des centres de formation anglais
  • Gattuso et Joe Jordan, une histoire d’amour en version écossaise
  • FA Cup: changements dans l’air
  • Leyton Orient (D3), 130 ans, et menacé de disparition par West Ham
  • Le cultissime documentaire « Orient: Club for a Fiver », plus les « bleus dans les yeux » que l’inverse
  • John Sitton, « a fuckin’ legend », le manager hors norme plombé par cet extraordinaire docu
  • Hicks et Gillett: la High Court a rendu son verdict
  • Quand Robbie Savage pourrit Gattuso
  • L’UEFA dévoile sa politique de prix. Dossier complet et révélations exclusives TK : comment l’UEFA calcule le prix des billets
  • 8è de finale de FA Cup
  • Jonathan Téhoué, des Derviches Tourneurs à l’Orient
  • Beckham redevient working-class avant de quitter Tottenham

 … et bien plus encore

 

LUNDI 14 FÉVRIER

 Barry Austin, « massive fan » de Birmingham City, se fait refouler par Wembley pour la finale de laCoupe de la Ligue entre Arsenal et B’ham City (27 février). Barry n’est pas un interdit de stade comme les autres. Notre Brummie traîne un embonpoint qui fait que, bon, il lui faut trois sièges, en acier. Barry pèse 260 kilos. A St Andrew’s (antre de City), il payait un double abonnement pour les deux places qu’il occupait, en arrondissant en sa faveur. Certaines saisons, on lui fournissait même un banc pour lui tout seul. Mais là, il a un peu forci et il ne rentre plus nulle part ; et pis, ben, la législation Health & Safety a bien grossi elle aussi. C’est la deuxième fois qu’on lui fait le coup. Furax, il ne décolère pas dans le Sunday Mercury :

« J’avais pas pu me rendre non plus au Millenium Stadium de Cardiff en 2001 pour la finale de la Coupe de la Ligue. Je rêve de voir mes Blues fouler la pelouse de Wembley, mais dès que je téléphone et mentionne ma corpulence, on me balance la législation Health & Safety au nez. »

Il ajoute, dans le Sunday Times :

« Quand j’ai insisté pour savoir pourquoi on refusait de me vendre une place, ou même deux, on m’a répondu que les sièges strapontins n’étaient pas assez solides. »

 Francis Jeffers, ex Galactico Gunner, de retour de son escapade australienne (Newcastle Jets, 9 matchs, 1 but) signe à Motherwell (SPL). A peine les valises posées, il se prend une belle Samsonite contre les Glasgow Rangers (samedi) : 6-0. We didn’t miss you one bit Franny, but welcome back to Blighty.

 

MARDI 15 FÉVRIER

Francis Jeffers marque d’une belle tête contre Aberdeen. Extrait du compte rendu de la BBC :  

« Jeffers, impressionnant, porta plusieurs fois le danger dans le camp adverse au cours de la première période, avant d’être sorti à la 58e. »

Je retire ce que j’ai écrit hier sur Franny, il est (par)fait pour la SPL.

Gary Neville. Le Guardian sort un diaporama marrant intitulé « Ce qu’a fait Gary Neville une fois la retraite arrivée ». A voir.  

La Premier League annonce les détails de sa refonte du système de formation, son « Elite Player Performance Plan ». Ged Roddy, directeur de la formation à la PL, tire la sonnette d’alarme sur fond de « Reform or England will die » (titre du Sunday Times). Un brin alarmiste, il déclare dans le dominical :

« Si nous ne réformons pas le système de formation maintenant, le football anglais va mourir. Bientôt, nous ne produirons plus aucun joueur de qualité. »

Cette proposition de réforme conclut une période d’étude du système de formation anglais menée par la PL depuis janvier 2010. Si cette réforme est adoptée en juin prochain (assemblée générale entre la PL et la Football League), elle « continentaliserait » considérablement les quatre-vingt-huit centres de formation du pays. La PL souhaite augmenter le nombre de jeunes formés localement (homegrown player) pour moins consommer étranger. Ce système entrerait en vigueur à partir de la saison 2012-2013.

Les centres de formation anglais sont actuellement régis par la « Charter for Quality » introduite par Howard Wilkinson en 1997, alors directeur technique de la FA. Ce document sert de cahiers des charges aux quarante Academies et quarante-huit Centres of Excellence qui forment environ dix mille jeunes de 9 à 21 ans (on trouve les CoE plutôt dans les clubs de D3 à D5). L’étude approfondie sur la formation a conclu que le système actuel désavantage les clubs anglais par rapport à leurs principaux rivaux européens. Quatre aspects en particulier devraient être totalement modifiés ou introduits. Ils portent sur :

 

 

 

1) la limite des heures d’entraînement que les plus jeunes doivent observer actuellement (environ six heures par semaine max.). En conformité avec la Charte, un jeune Anglais ne peut bénéficier que de maximum 3 760 heures de formation entre 9 et 21 ans (« contact time »), bien moins qu’un Néerlandais (5 940) ou Français (5 740). Grâce à une formation en masse d’entraîneurs spécifiques (au National Football Centre de Burton upon Trent, ouverture prévue été 2012, voir article), et une maximalisation de la gestion du temps de scolarité (voir 2 et 3), le nombre d’heures-contact passerait de 8 500 à 10 000.

2) l’introduction d’une catégorisation des centres de formation (trois ou quatre). Ceux de PL et certains de D2 seraient Category 1 et bénéficieraient de prérogatives plus larges que les autres catégories. En contrepartie, ils devront investir davantage (surtout en entraîneurs), et dépenser au moins 2,5M de £ par an chacun. Les Cat. 1 s’apparenteraient aux centres continentaux et pourraient héberger des jeunes de 13 à 16 ans dans des « residential centres », chose impossible aujourd’hui (voir 3). Les centres de Cat. 3 (clubs de D3 et D4) ne pourraient plus accueillir de jeunes de moins de 12 ans. Cela permettrait aux Cat. 1 d’acquérir plus facilement les jeunes les plus prometteurs.

Howard Wilkinson et le NFC de Burton, qui ouvrira (enfin) en 2012

Howard Wilkinson et le NFC de Burton, qui ouvrira (enfin) en 2012 et formera des milliers d'entraîneurs

3) les restrictions géographiques. Actuellement, un centre de formation ne peut enrôler un jeune de moins de 16 ans que s’il réside à moins de 90 minutes du centre d’entraînement (60 minutes pour les 9-13 ans), et ce, afin de gêner au minimum sa scolarité, le gamin devant à la fois combiner école le jour (jusqu’à 15h30 en Angleterre) et plusieurs entraînements par semaine, le plus souvent vers 18 heures. Actuellement, aucun club (sauf Watford, à titre expérimental, partenariat créé avec la Harefield Academy school) n’est autorisé à héberger des jeunes de moins de 16 ans car ils doivent être scolarisés en milieu scolaire classique. Avec le nouveau système, les Cat. 1 pourraient soit leur dispenser les cours via des enseignants au centre, ou s’arranger avec des écoles partenaires pour aménager leur emploi du temps. A lire cet article complet sur le sujet.

4) les compétitions entre jeunes des centres de formation. Actuellement, les jeunes s’étalonnent dans un championnat de valeur inégale, la Premier Academy League, où quarante clubs s’affrontent dans quatre poules de dix (clubs de PL à D4, comme Crewe Alexandra, centre formateur réputé). Même si les jeunes affrontent parfois en amical des équipes professionnelles de Football League ou Conference pour s’aguerrir, le consensus parmi les managers de PL, Alex Ferguson en tête, est que ce système n’est pas assez compétitif pour les meilleurs d’entre eux. La PL avait d’abord pensé verser les meilleurs centres de formation en Football League, en League Two (D4), complétés par quelques joueurs des réserves. Cela fut bien sûr accueilli froidement par la FL, à cause de la radicalité du plan ; il aurait en effet fallu rétrograder quelques clubs professionnels en non-League. La PL penche maintenant pour un système incorporant les meilleurs centres étrangers, afin d’organiser une sorte de « Ligue des Champions » pour les meilleurs centres de formation, U18’s et équipes réserves. Manchester United et Chelsea pousseraient fort dans cette direction et Mike Foster, secrétaire général de la PL, a déjà consulté les meilleurs centres de formation allemands, espagnols et français sur cette Champions’ League pour jeunes prodiges.

Ce nouveau système de formation, beaucoup plus intensif que l’actuel, s’inspire directement d’établissements tels la Yehudi Menuhin Music School de Londres ou la Royal Ballet School où chaque élève bénéficie d’au moins 10 000 heures de cours durant sa formation.

Certaines de ces mesures ne plaisent évidemment pas aux 72 clubs de Football League. La semaine dernière, ces derniers, par la voix de leur président, Greg Clarke, ont exposé leurs inquiétudes à une commission parlementaire (dans le cadre de la « inquiry into football governance » lancée par le gouvernement de coagulation  - « coalition » fait un peu trop fluide pour le bordel ambiant).

La Football League est essentielle au développement de la Premier League, en particulier car elle lui fournit beaucoup de jeunes, les plus doués d’entre eux rejoignant souvent des centres de formation PL. Sur les vingt-trois Anglais du récent Danemark-Angleterre, treize avaient été partiellement ou intégralement formés par des clubs de FL. Avec le nouveau Elite Player Performance Plan, ces derniers pourraient partir à un plus jeune âge, et plus facilement. Cela priverait les petits clubs de revenus vitaux (ils reçoivent peu d’argent de la FL, seulement 3M / an pour les plus gros, une goutte d’eau par rapport aux 40M minimum reçus annuellement par chaque club de l’élite, droits TV versés par Sky via la PL). Clarke estime que trente ou quarante clubs de FL pourraient se voir forcés d’abandonner la formation (le coût minimum de fonctionnement annuel d’un centre de formation en FL est de 600 000 £).

Afin d’assurer la survie de ces clubs de D3 et D4, Clarke veut qu’un échelle de de primes compensatoires figure au programme de refonte. Le fossé entre la Premier League et la Football League ne cesse de croître, et Clarke veut limiter les dégâts. Il livre un chiffre éloquent : le seul transfert de Torres à Chelsea paierait allégrement le coût de fonctionnement annuel (40M) des soixante-huit centres de formation hors PL.

Ils se sont insultés en écossais

Ils se sont insultés en écossais

Milan AC 0 - Tottenham 1.  Gattuso s’accroche avec Crouch et ensuite Joe Jordan, célèbre hard man du foot britannique (ex membre du Dirty Leeds de Don Revie et ex Rossonero, 1981-1983). Jordan n’est probablement pas innocent dans l’affaire. Gattuso accuse l’Ecossais de l’avoir traité de « Italian bastard » (ce qu’a bien sûr nié Jordan, qui a juré adorer les Italiens…). L’ex Gers Gattuso s’est excusé d’avoir pris à la gorge et à demi coup-de-boulé « une personne plus âgée » (quatre matchs de suspension). Selon Gattuso, les deux hommes se sont insultés en « écossais ».

Jordan est une « Scotland Legend » (il figure au Scottish Hall of Fame). Il est particulièrement vénéré pour avoir, en 1973, marqué le but victorieux contre la Tchécoslovaquie qui envoya les Ecossais à la coupe du monde 74, leur première depuis 1958. Il est aussi l’auteur de la « original Hand of God » (Wales - Scotland), que Monsieur Wurtz loupa…

Première apparition depuis novembre 2009 du revenant Jonathan Woodgate (entré à la 55è, après un violent tacle deux pieds décollés de Flamini sur Corluka).

 

MERCREDI 16 FÉVRIER

Arsenal terrasse Barcelone 2-1, notes et photos de l’Independent.

Robbie Savage raconte Gattuso dans sa tribune du Mirror, article intitulé : « La fois où Gattuso a pété un cable contre moi, comme avec Joe Jordan ».

on a osé comparer Savage à Gattuso

on a osé comparer Savage à Gattuso

Lors d’un Pays de Galles-Italie en octobre 2002 (2-1), Trapattoni sort Gattuso après l’avoir fait entrer 23 minutes auparavant, car le Trap’ sentait qu’il allait exploser face aux provocations de Robbie Savage et Craig Bellamy. Par ailleurs, Robbie se dit chagriné des commentaires de certains auditeurs qui ont osé appelé Gattuso « le Robbie Savage italien ». Robbie s’offusque :

 « OK, Gattuso est bien meilleur je ne l’ai été, mais le fait que des auditeurs me mettent dans le même panier que lui niveau discipline m’a vraiment été consterné car son comportement a toujours été scandaleux. »

Bilan disciplinaire de la carrière pro de Robbie : 150 cartons jaunes (record d’Angleterre). Il fut aussi longtemps l’un des joueurs les plus détestés du football britannique pour ses coups tordus.

La FA annonce une possible refonte de la FA Cup à partir de la saison 2012/2013, et ce, pour deux raisons principales.

1) affluences en baisse constante. Lundi soir, par exemple, replay des 16è entre Bolton et Wigan, 7 515 personnes… La Cup n’a plus la cote qu’elle avait autrefois et la situation économique anglaise continue de se détériorer (le gouvernement dément et parle d’une « job-loss recovery »).

2) sa magie a du mal à opérer pour les clubs de PL, qui alignent souvent des équipes B, bien plus préoccupés qu’ils sont par le maintien en PL.

Quatre changements majeurs pourraient avoir lieu :

  • fin des replay (prolongations et tirs au but à la place)
  • déroulement de la compétition en milieu de semaine (génial pour remplir les stades !)
  • un système de tête de série pourrait intervenir dès les 32è
  • la victoire offrirait une place en Ligue des Champions… à condition que l’UEFA accepte d’octroyer un cinquième ticket à l’Angleterre (et vu les relations exécrables entres les instances anglaises, PL et FA, et les pontes de Suisse, c’est pas gagné).

Barry Hearn (propriétaire-président de Leyton Orient) alerte tous les médias et le gouvernement après la décision du OPLC d’accorder le stade olympique à West Ham (voir article). Hearn, qui craint que son club disparaisse, déclare :

« Nous ne sommes situés qu’à 700 mètres des abords du stade Olympique, WH est à six kilomètres et Tottenham neuf, mais on nous traite comme une tribu perdue de l’Est Londonien, personne ne nous écoute et cela suffit. Dorénavant, on va nous entendre ! On va pas laisser un gros club de PL menacer notre existence sans réagir. Nous sommes le deuxième plus vieux club pro du Grand Londres ! [130 ans] et la voix de toute une communauté ici. Nous sommes fiers de nos racines et notre réputation, et nous comptons bien nous battre pour continuer d’exister. »

Selon Hearn, West Ham devra obligatoirement conquérir de nouveaux supporters pour remplir le stade Olympique (60 000 places), et naturellement, venir « chasser » sur les terres naturelles des O’s (Leyton-Stratford). Pour Hearn, c’est l’existence même du club qui serait remise en question. Ce dernier veut que le gouvernement utilise son véto pour annuler la décision. Hearn se dit prêt à engager des poursuites car, selon lui, la règle 6.5 (Section I), du règlement de la PL aurait été enfreinte (voir page 126 du pdf). Cette règle est la suivante :

« La Premier League refusera le droit à un club de PL de changer de stade si la nouvelle enceinte proposée nuit à un club situé à proximité immédiate, y compris un club de Football League. »

Hearn déclare en substance :

« Avoir un géant comme West Ham si près de chez nous est dangereux. Comme l’a dit Karren Brady [vice-présidente des Hammers], WH fera un max de publicité sur Stratford car ils chercheront à élargir leur fanbase, ils ont déjà déclaré qu’ils casseront les prix sur des milliers de billets pour remplir le stade.  Tout cela pourrait nous être fatal. Si nous n’arrivons pas à nous faire entendre, nos avocats porteront l’affaire devant la justice. Nous avons écrit à la Premier League, au gouvernement et à Boris Johnson [ndlr : maire de Londres] pour qu’ils nous écoutent avant de se prononcer sur la décision du comité. »

 

Comme la créature mythique sur l'écusson du club, mi dragon, mi serpent, Hearn est en colère

Comme la vouivre sur l'écusson du club, mi dragon, mi serpent, Hearn crache le feu en envoyant le venin

Fait révélateur dans cette déclaration choc de Hearn : ce dernier ne mentionne pas la Football Association. Cela en dit long sur le standing de la FA et sa dégringolade dans le « pecking order » (hiérarchie non officielle) du football anglais. Ce serait pourtant à la FA d’intervenir et clarifier le débat. Cependant, la FA est totalement dépassée depuis des années et a été étrangement silencieuse dans cette affaire qui couve depuis octobre dernier. C’est pourtant cette même FA qui avait joué les médiateurs et arbitré la dispute FC Wimbledon-Milton Keynes en 2002 (au final, via une commission indépendante). Depuis, la PL s’est musclée, a occupé le terrain, « étoffé » son règlement et relégué la FA au rang de sous-fifre. Cette affaire était pourtant l’occasion idéale pour le tout nouveau président, David Bernstein, de monter au créneau et ne pas laisser la Premier League régler tous les problèmes du foot anglais !

Hearn n’empêchera pas WH d’emménager dans le stade olympique [ndlr : le 3 mars, le duo gouvernement-maire de Londres ratifiait la décision de l'OPLC]. En revanche, Barry compte bien obtenir compensation. Pour en savoir plus, cet article.

Barry Hearn est un personnage exubérant et fantasque qui a fait fortune dans la promotion d’événements sportifs et autres (boxe, snooker, fléchettes, poker, etc.). En avril 1995, il rachète Leyton Orient à Tony Wood, un producteur de café dont le business au Rwanda s’est écroulé pendant la guerre civile. Le club est alors à vendre pour… 5 £ ! (et 2M de dettes). En fait, Hearn paie Orient 2,34 £… A son arrivée, il rebaptise le stade de Brisbane Road du nom de sa société (Matchroom) et fait venir toute sorte de shows loufoques avant les matchs. Les supporters de Leyton ont un peu la même réputation exhibitionniste que leur célèbre propriétaire….

ils se marrent tout le temps

On reconnaît facilement les supps de Leyton (ici, Orient - Brighton, 2007) : ils se marrent tout le temps

En 2007, Hearn vend les virages du stade à des promoteurs immobiliers pour 7M de £. Ils y construisent quatre immeubles, avec balcons (certains avec vue imprenable sur le terrain, ici et ici). Au fil des ans, Hearn a réussi à bâtir un club qui tient la route en D3, où ils évoluent depuis 2006. Et ce n’est pas un mince exploit, coincés qu’ils sont au centre d’un losange dévoreur de supporters : Tottenham (au nord), West Ham (à l’est), Millwall (au sud) et Arsenal (à l’ouest), tous à quelques kilomètres seulement de Leyton.

La saison où Hearn rachète le club, 1994-1995 (l’une des pires de leur histoire), Jo Trehearne, étudiante et supportrice de Leyton Orient, à qui le club avait accordé le droit de tout filmer, produit un extraordinaire documentaire de 50 minutes sur la saison en cours, Orient : Club for a Fiver (voir fiche). Sans doute l’un des meilleurs documentaires de football jamais tournés. (diffusé sur Channel 4 en 95 et devenu culte, mis entièrement sur youtube depuis, voir la première partie).

Deux scènes en particulier sont restées cultissimes : celle-ci et celle-là. Deux coups de gueule parmi les plus mythiques de l’histoire du foot anglais.

Dans la première scène, on est à la mi-temps de Brentford-Orient, 26 décembre 1994, les O’s sont menés 3-0 (ce sera le score final). Après que Chris Turner (son adjoint) a chauffé le vestiaire, le manager John Sitton intervient, et pas pour leur souhaiter un joyeux Noël. Moment phare : à 1′52, quand il annonce aux joueurs que le propriétaire va virer la dizaine de « gros » salaires (3 000 £ / mois +), pour les remplacer par des morts de faim à 1 000 £ / mois.

Dans la deuxième, toujours Sitton (mi-temps Orient-Blackpool, 0-1, 7 février 1995). Il s’est calmé mais est encore plus menaçant. Après avoir viré son défenseur Terry Howard (véritable Orient Legend) en direct devant le reste du vestiaire pour « prestation exécrable » (il fut effectivement viré, voir article), il lance cette tirade, restée légendaire, à l’adresse de plusieurs joueurs :

« Toi [Terry Howard], demain, dans mon bureau, t’es viré. T’as deux semaines de préavis, après, du balai, parce que ta prestation d’aujourd’hui, c’est la goutte d’eau [...] Toi, c’est pas parce que t’as aligné deux bonnes prestations d’affilée que tu dois t’ prendre pour Bertie-les-grosses-burnes [...] Toi, espèce de p’tit connard, quand je te dis de faire quelque chose du bord du terrain, tu discutes pas, tu le fais ; et toi, espèce de putain de gros connard, pareil. Et si vous me répondez encore une fois, je vous règle votre compte à tous les deux, ici même. OK ? Parce que se prendre des insultes de la part de putain de cloportes dans les tribunes, c’est une chose ; mais pas question que mes propres joueurs discutent mes ordres. Et vous pouvez venir ensemble, pas de problèmes, et même appeler un putain d’autre en renfort si ça vous chante… et amenez votre putain de repas avec vous, parce que quand j’en aurais terminé avec vous, putain, croyez-moi, vous en aurez besoin. »

John Sitton, manager culte mais vite au chômage permanent

John Sitton, manager culte mais vite au chômage permanent

Début avril 1995, à trois journées de la fin, Sitton est viré (son premier et dernier poste). En mai, Leyton descend en D4 (26 points sur 46 matchs). L’ex joueur de D2 à D4, se retrouve alors au chômage (son manager fait un break de quatre ans). Il postule à plus de soixante postes dans des clubs pros, en vain. Le documentaire « fly-on-the-wall » (brut / pris sur le vif) de télé réalité avant l’heure lui a été fatal. Quelques années plus tard, une pétition en forme de gag est même lancée (« Bring John Sitton back into football ») et envoyée à la FA pour la convaincre de donner à Sitton le poste de sélectionneur national…. Elle recueille 342 signatures. Contacté par le Guardian en 2006, Sitton est plus amer que jamais :  

 

« Le foot est un monde dégueulasse, qui baigne dans sa propre crasse. Dans ce docu qui m’a causé tant de tort, j’utilise un langage aujourd’hui largement toléré, regardez comment parle Gordon Ramsay à la télé ! [célèbre chef au langage ordurier]. En plus, il est devenu milliardaire grâce à ses émissions ! Certains, comme Ron Aktinson, sortent des trucs racistes, mais lui, ça l’empêche pas d’être encore à la télé à distiller ses conseils ; d’autres admettent avoir touché des pots-de-vin mais leurs carrières continuent. Et moi, qu’est-ce que j’ai fait de si répréhensible ? J’ai juste gueulé sur un groupe de joueurs que je considérais trop payés par rapport à ce qu’ils montraient. J’étais au four et au moulin dans ce club, j’faisais tout, on était dans une situation financière exécrable et j’ai craqué… Je le regrette mais bon sang, ça s’ comprend, non ? La manière dont le monde du foot m’a rejeté, je m’en suis pas encore remis. J’ai toujours mal. Ma femme se demande sans cesse quand je vais redevenir heureux, elle fait tout pour, mais j’y arrive pas. C’est l’adrénaline du foot qui me manque, tout le temps. »

Plus tard, Sitton exercera comme moniteur de ju-jitsu (il est second dan) puis passera le célèbre et exigeant examen du Knowledge pour devenir chauffeur de taxi à Londres. Aujourd’hui, il conduit toujours son black cab et compile des stats pour Opta et Actim (mais pas en même temps). Il fait aussi des piges d’entraîneur dans le cadre de programmes jeunes de la FA.

 

JEUDI 17 FÉVRIER

Sparta Prague 0 - Liverpool 1 en Ligue Europe. Début sur le banc Red de Raheem Sterling (LFC), un phénomène de 16 ans et 71 jours formé à QPR, qui vient de marquer cinq buts en Youth Cup (équivalent de la Gambardella, voir article et clip). Il est présent car c’est les vacances scolaires dans l’académie de Liverpool.

Aris Thessalonique - Man City en Ligue Europe (1-1). Les médias révèlent l’incroyable bourde du staff grec qui, par erreur, avait sélectionné une photo trafiquée de l’effectif pour la mettre dans le programme du match (avec plus de 80 joueurs, dont Rooney, Ribéry, Kaka, Messi, Ronaldo, Robben, … et Wally au milieu ! Cette photo-pour-rire fut sortie à l’origine par le Guardian (voir ici). Le programme est déjà un collector’s item et circule sur ebay pour 40 £. Voir article et photo détaillée avec les 86 joueurs et staff.

 

Hicks & Gillett. La High Court de Londres rend son verdict : elle considérera comme nulle toute poursuite initiée aux USA. H & G ont immédiatement déclaré qu’ils entameraient des poursuites en Angleterre contre leur ribambelle d’adversaires (NESV, Broughton et les directors du club, RBS, etc.). Selon H & G, Broughton & co avaient vendu le club à prix cassé, faisant perdre au duo (je cite) « des centaines de millions de $ au minimum. » L’affaire sera entendue par la HC courant 2012. Voir cet article ou même celui-ci si vous y tenez tant que ça.

 

VENDREDI 18 FÉVRIER

Ryan Giggs (37 ans ½) rempile pour un an, sa 21è saison à MU. Le Gallois signa son premier contrat pro en mars 1990 et est titulaire depuis septembre 1991 (862 apparitions, plus de 600 matchs en PL, voir article).

L’UEFA dévoile le coût des 11 000 billets de la finale de CL bientôt mis en vente générale (voir détails). Le moins cher sera à 150 £, plus frais de réservation… 26 £ ! (36 £ hors Europe). 26 £, c’est plus cher qu’une place de match dans onze clubs de PL ! Trois catégories. Cat. 1 : 300 £ ; 2 : 225 £ ; 3 : 150 £. Et la catégorie handicapé (chaise roulante) : 80 £. Cinquante mille billets seront ensuite réservés aux supporters des deux clubs finalistes, dont « quelques » billets Category 4 à 80 £, ajoute vaguement l’UEFA.

Malcolm Clarke, président de la Football Supporters Federation, s’étrangle :

« Ces chiffres sont absolument scandaleux et propulsent le prix des billets à des niveaux stratosphériques. En ces temps économiquement difficiles, cela représente une exploitation honteuse des supporters. Quant aux frais d’administration, c’est la cerise sur un gâteau particulièrement dégoûtant. » 

Les principaux managers de PL sont choqués et demandent à l’UEFA de baisser les prix. Le plus révolté d’entre eux est Carlo Ancelotti, qui s’emporte dans le Daily Telegraph du 19 février :

« 300 £, c’est beaucoup trop. Pour 300 £, je peux me payer un fantastique dîner avec une bonne bouteille dans un restaurant londonien. »

Le plus communiste d’entre eux est Arsène Wenger qui propose, lui, que la finale soit… gratuite. Le camarade Wenger déclare :

« C’est pas moi qui décide du prix et c’est impossible de savoir comment ils arrivent à ces chiffres. Si je décidais, cette finale serait gratuite [...] Les prix des places sont devenus bien trop chers, que ça soit la finale de la Coupe du monde, la finale de la Ligue des Champions ou la finale de la FA Cup. »

Pour fixer le prix des billets, l’UEFA utilise le même système que dans les restaurants de luxe : ils pensent à un chiffre, et le multiplient par cinq.

Arsène oublie curieusement de mentionner la PL et l’Emirates, où l’abonnement meilleur marché, à 893 £, est le plus cher d’Angleterre. Précisons toutefois que cet abonnement inclut sept matchs de Coupe (le plus cher season-ticket Gunner est à 1 825 £). Le deuxième meilleur marché est Liverpool, à 680 £, pour 19 matchs de PL (le plus cheapo des cheapos étant Blackburn, à 209 £). Arsène, TK a enquêté pour toi et en exclusivité mondiale, nous pouvons aujourd’hui révéler la méthode scientifique que l’UEFA utilise lors de ses brainstorming : c’est comme pour le pinard dans les restos de Carlo, ils pensent à un chiffre, et le multiplient par cinq. Pressée de s’expliquer, l’UEFA se défend, par la voix de son Director of competitions, Giorgio Marchetti :

« Ces prix sont dans la moyenne des grands événements sportifs comparables et sont basés sur le marché. Nous contestons la notion que ces billets soient trop chers. Notre intention n’est nullement de tirer le maximum des supporters. Nous essayons de trouver un équilibre entre l’intérêt des supporters et l’événement en lui-même. Pourquoi les prix devraient-ils être moins chers que ce que nous pensons être le juste prix ? »

C’est vrai ça pourquoi ? Faudrait demander à Philippe Risoli. Tandis qu’un porte-parole de l’UEFA déclare :

« Les prix ont augmenté mais c’est Londres, et Londres est une ville chère. »

Une cherté que l’UEFA n’est pas disposée à combattre. Dans la moyenne d’évènements comparables ? Hmm, voyons voir. Les billets Category 3 de la finale de Rome (2009) étaient à 80 £, et ceux de la finale 2010 (Munich) étaient 15 % moins chers qu’à Wembley. Quant à ceux de la finale de Coupe du monde, ils démarraient à 106 £. La finale Homme sur le court central de Wimbledon est à 104 £, et le billet meilleur marché de la soirée du 100 mètres aux J.O de 2012 sera à 50 £, pour trois heures de spectacle garanti, Usain Bolt et tout le funky jazz (assurément plus alléchant que le genre de pétard mouillé dont accouche souvent la finale de Ligue des Champions).

Ouh, ouh, ouh, c'te bonne blague, mes excuses aux familles

Ouh, ouh, ouh, ouh, c'te bonne blague... mes excuses aux familles

En outre, l’an dernier, la finale eut lieu un samedi car Michel Platini voulait « attirer plus d’enfants au stade et donner la chance aux familles, surtout aux enfants, de voir ce grand match. ». Là-dessus  Marchetti ajoute:

 « C’est pour cela que nous avons proposé des billets réduits de 50 % pour les enfants cette année. »

Comme tout cela est adorable. Mais terriblement vague. Marchetti ne précise pas combien de billets, quelles sont ces mystérieuses « réductions » et par rapport à quelle catégorie. Mais heureusement, le TK est là. En fait, il ne s’agit que de 500 « Youth packages »… et seulement disponibles en Category 2, à 338 £ pour un adulte et un enfant ! (au lieu du prix normal de 450). Donc, pour une famille (couple + 2 enfants), avec la « réduction », ça fait pas loin de 700 £. Heureusement que Marchetti bosse pas au service « Réduction famille nombreuse » de la SNCF, il se serait vite fait lyncher.

 

Malcolm Clarke de la FSF n’a guère goûté la « réduction famille pas nombreuse et blindée » :

« C’est invraisemblable, le combo adulte + enfant le moins cher est à 338 £ ! Mais c’est ce que dépensent certaines familles pour leurs vacances ! Combien de familles peuvent raisonnablement se permettre ces prix ? »

Ben ouais Malcolm, mais que veux-tu, Platini a fait un gros effort, 50 % de réduction famille, il peut pas non plus baisser les prix à ton niveau « raisonnable » et remplir Wembley d’indésirables, ou God forbid, de gueux plein de poux. Pour tes familles nécessiteuses, on conseille l’opéra, on est mieux accueilli, et c’est bien meilleur marché.

Le billet le plus cher (Cat. 1) de la finale de la Ligue Europe à Dublin est à 147 £ (25 £ de frais de réservation inclus) ; le moins cher (Cat. 4) coûte 42 £. Et les billets de la finale de Women’s Champions League à Craven Cottage (antre de Fulham) coûtent 5 £. Pressés par les journalistes anglais lors du lancement de la campagne de billetterie à Londres, de s’expliquer sur ces 26 £ et l’absence de ces frais pour les autres matchs européens (comme la finale de CL féminine), Marchetti  réplique :

« Votre question est “nasty”. Les frais de 26 £ sont justifiés à cause des coûts de gestion. J’espère que vous ne pensez pas que la finale homme et celle des femmes ont les mêmes publics cibles. Nous ne faisons pas de bénéfices, nous avons des cibles et objectifs différents pour la finale femme. »

 

SAMEDI 19 & DIMANCHE 20 FÉVRIER

♦ 8è de finale de FA Cup. Tous les résultats, résumés et stats de match ici.

Enorme perf de Crawley à Old Trafford devant 75 000 spectateurs, les Red Devils de D5 ne s’inclinant que 1-0 (tête décroisée de Wes Brown à la 28è minute). Ils sortent en héros, ayant dominé leurs glorieux homonymes en deuxième mi-temps. Tubbs, Hunt, et Brodie (tête sur la barre) auraient même pu égaliser dans les dernières minutes. Exécrable match de Bébé (2 à 4 / 10 dans la presse), et guère mieux de la part de Chicharito et Obertan, admirablement bien muselés par le back four de Crawley, Howell - Mills - McFadzean - Hunt (match héroïque les deux arrières centraux). Toute l’impuissance et la frustration de MU se résumèrent dans le vilain coup au mollet que fila Wayne Rooney à McFadzean à la 88è  (jaune mais qui aurait très pu être un rouge). Cette piètre prestation rendit Fergie furieux (Obertan et Bébé fortement visés) :

« Horrible prestation de notre part en deuxième période, j’ai été très déçu de la performance de certains et aussi des remplaçants à la mi-temps [ndlr : ça, c'est pour Rooney]. Il se peut que certains ne comprennent pas ce que représente la FA Cup, mais j’espère que ce match leur servira de leçon.

Leyton Orient (D3). L’autre petit poucet s’est inspiré de Crawley. Magnifique Orient devant Arsenal sur ses terres de l’est londonien, 1-1. Il y aura donc un replay à l’Emirates (le 2 mars). Voir le compte-rendu du match.

Jonathan Téhoué, des Derviches Tourneurs à Las Vegas

Jonathan Téhoué, des Derviches Tourneurs à Las Vegas

Superbe but tout en finesse et technique du globe-trotter français Jonathan Téhoué à la 89è. Tel l’Orient Express, Téhoué zigzague dans la défense, et fusille Almunia, voir clip. L’ex coéquipier d’Alex Song à Bastia fait une belle saison dans ce modeste club de D3, même s’il est souvent remplaçant. Il est d’ailleurs considéré comme un « supersub » par son entraineur, Russell Slade, qui déclare :

 

 

« Les fois ou j’ai titularisé Jonathan, ça n’a pas trop marché. Par contre, quand il est entré en cours de match, il a souvent eu un impact formidable. Il nous a marqués ses huit buts cette saison après la 85è ! [sur 10, ndlr] Un sacré supersub ! »

Lire l’odyssée de Téhoué, des Derviches Tourneurs de Konya à l’est londonien, en passant par la Belgique, la Chypre et la Corse. Téhoué précise :

« J’ai été blessé 4 mois avec des problèmes d’ischio-jambiers et j’ai quatre kilos à perdre. »

Barry Hearn, propriétaire de Leyton (voir 16 février), avait promis à ses joueurs un voyage à Las Vegas en cas de nul ou victoire (le club empochera 1,5M de £ en tout, soit presque autant que la masse salariale annuelle du club, 1,8M). En attendant Vegas, les joueurs ont accueilli leur boss dans les vestiaires au son de « Viva Las Vegas » d’Elvis (et écrit par Mort Shuman !).

Ailleurs, Man City étrille Notts County 5-0 (mais score très flatteur, County ayant dominé en première période). Deux buts de Vieira et 50è but de Tévez (en 73 matchs). Encore une p’tite crise de Balotelli (pour son retour, à la suite de problèmes au genou). L’Italien, inefficace, n’a pas apprécié d’être remplacé par Tévez à la 60è et a gesticulé vers Mancini, avant de jeter son snood à terre et disparaître dans le tunnel.

Everton sort un piètre Chelsea à Stamford Bridge, aux tirs au but (Chelsea ne deviendra pas la première équipe depuis 125 ans à remporter la FA Cup trois fois de suite). West Ham étrille Burnley 5-1, avec un but du petit nouveau Thomas Hitzlsperger, surnommé « Der Hammer » quand il évoluait à Aston Villa. Hammer depuis l’été dernier, l’Allemand s’était blessé à la cuisse juste avant le début de la saison.

 

DIMANCHE 20 FÉVRIER

On tire les boules des quarts de FA Cup, voir tirage (12 et 13 mars).

Match en retard de PL, le Black Country Derby West Bromwich Albion 1 - Wolves 1, l’un des plus vieux derbies au monde (le premier eut lieu le 20 janvier 1883, plus de 150 éditions depuis). C’était le premier parmi l’élite depuis 27 ans. En 2008, un sondage du Loto foot anglais (les « Pools ») le vota « Derby le plus chaud d’Angleterre ». Superbe but de Jamie O’Hara (Wolves). Le but du Mexicain Carlos Vela dans les arrêts de jeu donne un point aux Baggies. Incidents en tribunes, une habitude lors de ce derby, souvent marqué par la violence entre hooligans depuis les années 60.

Kenny Dalglish et Andy Carroll sortent ensemble… à un concert de Boyzone ! (sortis de la zone boy depuis belle lurette).

Invités au Liverpool Echo Arena par le groupe quasi andropausé, l’Ecossais tient vraiment à son Geordie, au point de l’accompagner à des gigs pour grands ados. Ça, ou il n’a absolument pas confiance en Andy. Le dernier concert en public d’Andy, c’était 50 Cent, en mars 2010, deux jours après avoir fracturé la mâchoire de Steven Taylor (voir reportage).

 

 

 

 

 

LUNDI 21 FÉVRIER

David Beckham. Dernier jour d’entraînement londonien pour Becks, après deux mois de fun avec Spurs. Cependant, comme TK vous l’annonçait le janvier, Redknapp déclare qu’il pourrait bien recruter Becks dans six mois.

Le Daily Telegraph et The Independent révèlent une nouvelle d’une importance stratosphérique : Beckham, pour son dernier entraînement, a fait livrer douze portions de « Pie and mash » (40 £). Beck a régalé les joueurs et le staff avec ce combo purée-tourte à la viande (la « pie » est aussi un snack traditionnel dans les stades de foot anglais, en-cas cependant menacé par l’invasion des fast-food). Redknapp a adoré :

« Les joueurs étrangers ne savaient pas trop ce que c’était. C’est un mets traditionnel de la classe ouvrière, surtout de l’est Londonien. Y’a que nous, les Cockney, qui savons ce que c’est. »

Tony Lane, propriétaire du restaurant-livreur :

« David est un client régulier depuis 2004. Il a déjà emmené sa famille dans mon restaurant, il adore tout ce qui est plat traditionnel de l’East End, comme la gelée d’anguille [aspic d'anguille]. Ses garçons en raffolent aussi. En revanche, sa femme Victoria, n’y touche pas, je pense pas qu’elle soit trop branchée sur ce genre de nourriture. »

Kevin Quigagne.