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La saison 2012-2013 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (QPR, Reading, Stoke, Swansea, West Ham)
  • Kevin Quigagne (Aston Villa, Newcastle, Norwich, Sunderland, Tottenham, WBA)
  • Matthew Dymore (Everton, Fulham, Man City, Man United, Wigan)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Chelsea, Liverpool, Southampton).

Newcastle (16è, 41 pts, - 23 / 45 buts pour / 68 contre)

Résumé de la saison

Bilan très décevant après une belle cinquième place la saison passée qui justifiait un solide (mais fatalement déraisonnable) optimisme sur Tyneside. Las, les rêves européens laissèrent place à une relegation scrap qui ébranla fortement ce club « bipolaire » comme l’appelle Steve Harper, le gardien Magpie néo retraité après vingt ans de bons et loyaux services zébrés.

La French Revolution de janvier (5 Français achetés, 18M £) s’est vite transformée en Terreur, avec les médias dans le rôle du Comité de salut public : 10 Frenchies, c’est dangereux. Après évaluation des risques, le Directoire (du club) est d’accord.

Le long parcours en Ligue Europe (14 matchs) a sans doute desservi Newcastle. Par ailleurs, les blessures ont également plombé un effectif peu étoffé (NUFC a fini en tête de la Allo Maman Bobo League).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Ont globablement donné satisfaction : T. Krul, Y. Cabaye (quelques 3/10 dans la presse cependant), J. Perch (en net progrès), G. Bigirimana et M. Sissoko ; Y. Gouffran et M. Debuchy par intermittence. Ajoutons-y le très classieux mais trop croqueur H. Ben Arfa, par fulgurances (pas mal blessé cependant).

Les déceptions : M. Yanga-Mbiwa (bon en Europe, moins en PL), J. Guttierez, C. Tioté, D. Simpson, M. Williamson et V. Anita (mais peut-être pas suffisamment aligné). Papiss Cissé n’a inscrit que 8 buts en 36 matchs PL (3 003 minutes de jeu), après une belle saison 2011-12 (13 pions en 14 matchs).

L’objectif principal du club sera de faire tranquillement son marché cet été et non pas dans l’urgence du mercato d’hiver. Et de soigner son addiction pour la Ligue 1 (en voie de guérison). C’est pourtant ce même Alan Pardew qui déclarait ceci en 2006 sur Arsenal et son contingent étranger : « [...] Il faut recruter anglais, le championnat s’appelle English Premier League. Sinon nous pourrions perdre l’âme même du football britannique : le joueur anglais. »

Sur le plan individuel, le club fera son possible pour retenir l’Argentin Fabricio Coloccini (son retour en toute fin de saison, après une blessure au dos qui l’écarta des terrains pendant douze matchs, a peut-être sauvé les Magpies de la D2). Il faut également un bon avant-centre supplémentaire : le meilleur goalscorer de Newcastle est… Demba Ba (13 buts), parti à Chelsea en janvier.

L’homme invisible

Nile Ranger, visible surtout dans les commissariats et tribunaux de Newcastle (ici). Libéré par le club le 1er mars par « consentement mutuel » (contrat cassé).

Romain Amalfitano : aucun temps de jeu PL et six fois sur le banc seulement.

Highlights

Faiblards. Un superbe 3-2 contre Chelsea en février, l’un des matchs de la saison en PL (avec, notamment, un énorme Moussa Sissoko) et quelques performances honnêtes en Ligue Europe (surtout la victoire 3-0 contre un Bordeaux anémique).

Aurait largement pu se prendre 0-5 ou 0-6 contre Sunderland en avril, ce 0-3 est donc un bon résultat pour les Mags, d’où sa présence dans les temps forts, en toute objectivité (ouais, bon).

Bon résultat pour les Magpies, seulement 0-3

Bon résultat pour les Magpies, seulement 0-3

Lowlights

Trois essentiellement, à des degrés divers dans l’échelle « d’humiliation » comme disent les médias :

1) Défaite 7-3 contre Arsenal fin décembre. Une bonne petite claque mais qui ne sera rien comparée aux deux d’avril.

2) Le 3-0 à Saint James’ Park infligé par l’ennemi juré Sunderland, le premier revers contre les Black Cats en 13 ans et le pire depuis 34 ans (1-4 à Saint James’ Park en février 1979, D2).

Des incidents relativement sérieux éclatèrent en centre ville après le match, dont le désormais mythique combat Supporter Magpie v Cheval (voir clip et photo plus bas - mais c’est ce sale canasson qui avait provoqué le pauvre hool innocent, ici). Newcastle a aussitôt modifié son écusson (voir badge plus haut), pour refléter l’évolution des coutumes locales et Sunderland en a bien sûr fait un t-shirt collector, avec reprise de volée du fameux slogan Magpie sur le soi-disant manque de vécu européen de Sunderland : « Have you ever seen a Mackem in Milan? » (à Milan non, mais à Budapest ou Lisbonne, si).

3) Le 6-0 administré par Liverpool une semaine après, toujours à SJP, pire défaite à domicile depuis 88 ans.

Après avoir adulé Alan Pardew il a neuf mois, certains le comparent désormais à Graeme Souness [manager Magpie de sept. 2004 à fév. 06], c’est pour dire.

Le manager

Alan Pardew, en place depuis une éternité : 2 ans et 6 mois (deuxième au classement PL de la longévité - derrière Arsène, intouchable avec ses 17 saisons).

Grand-guignolesquement surnommé « Pardiola » en début de saison par les supporters, celui qui fut élu Manager of the Year la saison passée (merci le duo D. Ba-P. Cissé) en a profité pour signer un contrat de… huit ans en septembre dernier (certes, pas vraiment bulletproof, il contiendrait plus de clauses qu’un contrat prénuptial entre stars hollywoodiennes). L’objectif de Pardew pour l’an prochain est clair : finir dans le top 10 ou la porte.

Si Mike Ashley kiffe Pardew, ce dernier est aujourd’hui loin de faire l’unanimité, certains catastrophistes allant même jusqu’à le comparer à Graeme Souness [manager Magpie de sept. 2004 à fév. 06], c’est pour dire. Une expression est apparue sur Tyneside : « To pardew a player / to be pardewed » = rendre un bon joueur moyen, à force de le brider ou l’aligner hors de position.

Le supporter étant par nature volage, beaucoup réclament désormais le limogeage du Londonien, neuf mois après lui avoir voué un culte Keeganien [manager Mapgie de fév. 1992 à janv. 1997]. Ils risquent fort d’être déçus : sauf coup de théâtre, Pardew sera toujours à Saint James’ Park à la reprise du championnat le 17 août prochain.

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Photo de la saison

Rebaptiseront-ils le célèbre pub The Strawberry « Aux fraises » ?

Le célèbre pub The Strawberry va être re-rebaptisé « Aux fraises »

Norwich (11è, 44 pts, - 17 / 41 buts pour / 58 contre)

Résumé de la saison

Pas facile de succéder à Paul Lambert mais la deuxième saison de PL sous la houlette du nouveau manager Chris Hughton est satisfaisante, même si cette onzième place est quelque peu flatteuse (- 17 de goal average et seulement 10 victoires). Au vu des moyens engagés, difficile de faire la fine bouche cependant : Norwich possédait l’une des quatre ou cinq masses salariales les plus faibles de la division cette saison (environ 40M £).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Se sont distingués : le gardien J. Ruddy (sélectionné avec les Trois Lions), la charnière centrale S. Bassong-M. Turner (après des débuts hésitants – le Camerounain a été élu Norwich City Player of the Season), R. Snodgrass ainsi que l’ailier gauche A. Pilkington et l’ex Rennais A. Tettey. S’ajoutent à cette liste : R. Martin et Elliott Bennett, par intermittence.

Côté déceptions, hormis les deux derniers matchs où il a brillé, Jonny Howson n’a pas apporté grand chose (a cependant parfois été aligné hors de position). Grant Holt n’a pas réédité sa saison précédente (8 buts seulement) et Wes Hoolahan a été deux tons en dessous. Une dizaine de joueurs ont déjà été libérés.

Les objectifs principaux (recruter un buteur et un latéral gauche) sont déjà remplis : arrivées de Ricky van Wolfswinkel du SC du Portugal (Sporting Lisbonne, acheté pour 8,5M £ en mars dernier) et de l’Espagnol Javier Garrido, prêté par la Lazio Rome cette saison.

L’homme invisible

L’attaquant argentin Luciano Becchio, arrivé au mercato d’hiver (de Leeds, 221 matchs/87 buts), seulement cinq brèves apparitions (166 minutes, aucun but).

Highlights

On a ménagé l’adrénaline mais quelques moments forts tout de même, les victoires 1-0 sur Arsenal et Man United en championnat, puis 4-0 et 3-2 sur WBA et Man City à l’Etihad en toute fin de saison, ainsi qu’un 4-3 tout feu tout flamme contre Swansea. L’avenir est prometteur : Norwich a remporté la FA Youth Cup (équivalent de la Gambardella) en battant Chelsea 4-2 en finale aller-retour.

Lowlights

Le premier match de la saison, 5-0 par Fulham et les deux raclées infligées par Liverpool, à domicile (5-2) et à Anfield, 5-0. Noël fut pourri : zéro point de pris sur 4 matchs. Ajoutons à l’indigestion de décembre-janvier l’élimination à domicile en Coupe de la Ligue (0-1) par Luton Town, D5 (première fois depuis 1989 qu’un club de l’élite se faisait sortir par une D5).

Le manager

Apprécié par les supporters Canaries pour son calme et son football plus équilibré que son prédécesseur, Chris Hughton est probablement ce qu’il faut actuellement à ce modeste club de l’est du pays, et l’un des deux clubs PL seulement (avec Swansea) à ne pas être endetté.

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Photo de la saison

Club si discret qu’aucune photo ne tire son épingle du jeu. Il ne se passe pas grand chose de bandant dans ce club co-dirigé par une cuisinière (Delia Smith) qui enseigna aux Britanniques, en prime time, comment faire cuire des spaghettis ou bouillir un oeuf (véridique). Avant Delia, on bouffait tout à moitié cru en Angleterre.

Comme il en fallait bien une, j’ai choisi la fameuse harrangue de Delia à la mi-temps de Norwich-Man City en 2005 : let’s be having you (on veut vous entendre, clip). Bien pompette la Delia, « football » devient feuzzball dans sa bouche… On ne s’en lasse pas.

QPR (20è, 25 pts, - 30 / 30 buts pour / 60 contre)

Résumé de la saison

Que dire ? Que dire, quand tu dépenses quasiment 22M £ pendant l’été, puis de nouveau la même somme lors du mercato d’hiver et que tu arrives quand même à être ridicule ?

Très ambitieux, le club de White City n’aura jamais réussi à sortir de la zone rouge. Un bel exploit qu’il faut saluer. QPR, tu nous manqueras.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Ahahaha ! Satisfactions et QPR dans une même phrase ? Tu parles d’un baptême du feu pour le rédacteur que je suis…

Enfin, on peut quand même citer Clint Hill, défenseur (pas vraiment le job le plus sympa du côté de QPR) et capitaine depuis janvier, suite au départ de Ryan Nielsen. Le brave Clint, sacré Joueur de l’année par les supporters, a déclaré « Bien sûr je suis fier de remporter ce prix, mais je suis gêné vis-à-vis de la saison que l’on vient de faire. Pour moi ce fut une saison très décevante. Alors, même si j’apprécie la récompense, j’aurais préféré rester en Premier League ». Courage Clint, courage.

Autre satisfaction, les supporters. Le douzième homme a été élu « Joueur de l’année » par les joueurs eux-mêmes. On va appeler ça de la diplomatie.

Côté déceptions, Esteban Granero, le « Pirate » recruté pour 7M £ cet été n’a jamais convaincu. Il finit la saison avec une ligne de stats fantastique de 32 matchs, 1 but et 1 passe décisive. Bravo Esteban. Egalement Julio Cesar, qui devait apporter son expérience du très haut niveau. Au final, une saison qui ressemble à un cauchemar et 41 buts encaissés en 26 apparitions, ce qui fait quand même du 1,6 but par match en moyenne. On aurait pu citer Ji-Sung Park, Adel Taarabt, David Hoilett ou le futur Ballon d’Or, Stéphane Mbia, j’en passe et des meilleurs.

L’objectif numéro 1 sera tout simplement la remontée. Toutefois, ça ne va pas être si facile, avec un effectif de starlettes habitué à péter dans de la soie, la saison à venir s’annonce compliquée. Fernandes, le proprio, souhaite conserver Christopher Samba et aimerait faire revenir Joey Barton.

Un immense chantier s’ouvre devant Redknapp (faudrait-il encore qu’il reste) et sa tâche s’annonce ardue (mais on ne va pas le plaindre non plus). Au programme dégraissage, on peut penser à des joueurs comme Granero, Julio Cesar, Remy, Bosingwa, Park, etc… et pêche aux vieux grognards.

L’homme invisible

L’équipe a été tellement mauvaise qu’on a tous vu le naufrage. Pas vraiment d’homme invisible donc, si ce n’est Andrew Johnson. Recruté cet été du côté de Fulham, il n’aura joué que 145 minutes (en trois apparitions). Bon, faut dire qu’il s’est bousillé le genou et qu’il n’est toujours pas revenu à la compétition.

Highlights

La victoire 2-1, à domicile, contre Fulham, le 15 décembre 2012. Oui c’était la première de la saison. La victoire à domicile contre Chelsea, 1-0, petit phénomène du côté de Loftus Road. Une victoire par trois buts d’écart (3-0) en Coupe de la Ligue contre Walsall (D3). Enjoy !

Et QPR a recruté Beckham. Brooklyn Beckham, le fiston.

Lowlights

A peu près entre le 18 août 2012 et le 19 mai 2013. Rien que le premier match, une défaite 5-0 à domicile face à Swansea laissait augurer de magnifiques choses. Egalement une belle élimination en Coupe d’Angleterre, toujours à domicile, sur le score de 2-4 face à Milton Keynes (D3).

Et 4 victoires seulement, même si on est loin du record (1, Derby County en 2007-08), ça fait léger.

Le manager

D’abord, Mark Hughes, qui ne survivra pas au départ catastrophique des Hoops. Harry Redknapp arrivera à la rescousse début décembre, mais il ne put guère faire mieux, ramenant tout de même quatre victoires PL (aucune sous Mark Hughes).

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Photo de la saison

Reading (19è, 28 points, G-A -30 / 43 buts pour / 73 contre)

Résumé de la saison

Redescendu dans l’antichambre de l’élite en 2008, Reading avait pour but de se maintenir. Une tâche difficile malgré l’apport financier d’Anton Zingarevitch (que l’on pourrait toutefois qualifier d’incertain), magnat du timbre et nouveau propriétaire depuis janvier 2012. Les débuts sont difficiles, il faut attendre le Boxing Day pour voir les Royals atteindre la barre des 10 points. Dès lors, on rentre dans la période faste du club.

Sur les six matchs suivants, Reading ne perd qu’une fois (à Tottenham), engrangeant 13 points sur 18 possibles. Le maintien semble alors possible. Sauf que la machine va s’enrayer, avec une incroyable série de dix matchs sans victoire. Celle-ci fera son retour du côté de Craven Cottage (2-4), mais le mal est fait, Reading plafonne à 28 points et composte son ticket pour le Championship.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Au rayon des satisfactions on retrouve le supersub, au blase le plus classe de tout le royaume, Adam Le Fondre. Ce dernier, prouve que malgré un physique pas exceptionnel (1m77 pour 73 kg) on peut largement réussir en Angleterre. Le Fondre a participé à 37 des matchs des Royals, mais il n’a été titulaire qu’à 14 reprises, ce qui ne l’empêcha pas de scorer 12 fois en championnat, en 1 488 minutes (notamment contre Everton, Manchester United, Chelsea ou Arsenal), soit autant qu’Aguero, Rooney, Cazorla ou Mata. Il a d’ailleurs fini par remporter le Reading FC Player of the season Award. Quatrième meilleur buteur anglais de PL cette saison.

On pourra également citer le milieu Hal Robson-Kanu, auteur de sept buts cette saison, pour deux passes décisives. Surtout, le Gallois a réussi à marquer cinq de ses buts entre mars et début mai, c’est-à-dire pile dans la seconde période sombre de la saison des Royals. Par ailleurs, il a terminé deuxième du trophée de joueur de la saison décerné par les supporters de Reading.

Pire défense de Premier League (73 buts), à égalité avec Wigan, même si on s’y attendait un peu, l’addition est vraiment salée. Malgré tout peut-on parler de déceptions individuelles ? On voit surtout une défaillance collective, causée en partie par le manque d’expérience et par l’absence d’un banc digne de ce nom. En attaque, on pourrait toutefois évoquer le cas du Russe Pavel Pogrebnyak. L’an dernier il avait effectué une belle pige du côté de Fulham, inscrivant 6 buts en 12 matchs. Cette saison, le bilan est faible, 5 buts en 32 apparitions (dont 28 titularisations). On pourra se dire qu’il aura usé les défenses, permettant à Le Fondre de se mettre en valeur, mais son année est quand même, d’un point de vue statistique, marquée du sceau de l’échec.

Adam Le Fondre, encore en D4 il y a deux ans, aujourd'hui parmi les meilleurs buteurs anglais

Adam Le Fondre, encore en D4 il y a deux ans, aujourd'hui parmi les tous meilleurs buteurs anglais

L’objectif l’an prochain sera bien entendu de remonter directement. Contrairement à QPR qui dispose d’un effectif peu habitué aux joutes de Premiership, Reading peut compter sur des gaillards expérimentés, à même de réussir cette mission. Reading va tenter de conserver Adam Le Fondre, suivi par Leeds (où se trouve Brian McDermott, entraineur de Reading entre 2009 et mars 2013), Aston Villa et WBA. Au rayon des joueurs sur le départ on retrouve également les deux gardiens Alex McCarthy et Adam Federici, le défenseur Alex Pearce (Liverpool serait sur sa piste), Danny Guthrie, Hal Robson-Kanu, Garath McCleary et Pavel Pogrebnyak (que le club ne retiendra pas).

L’homme invisible

Auparavant suivi par les plus grands clubs européens (on parlait d’un intérêt de Manchester City, du Real Madrid ou de Valence notamment), c’est à Reading, en janvier, que débarque Daniel Carriço, pour 600 000 £. Il ne jouera que trois matchs, avec assez peu d’explications, mais plusieurs hypothèses. Déjà, l’international portugais n’était pas blessé. Il s’avère que le joueur qui ne jouait quasiment plus au Sporting Lisbonne (deux matchs dans la première partie de saison) était dans un état physique lamentable. On évoque également un problème au niveau de son contrat, une brouille avec la direction. D’autres parlent d’un manque de niveau, que McDermott n’aurait jamais vu jouer Carriço auparavant, le recrutant uniquement sur sa réputation. Toujours est-il que ce joueur restera un mystère.

Highlights

La première victoire de la saison, après onze journées, contre Everton (2-1) au Madjeski Stadium, avec deux réalisations d’Adam Le Fondre. Également la très bonne série entre le 26 décembre et le 2 février, qui verra Reading l’emporter face à West Ham, WBA, Newcastle et Sunderland, ainsi que prendre des points contre Swansea et Chelsea.

Lowlights

Se faire éliminer par Arsenal de League Cup n’est pas forcément déshonorant. Se faire éliminer 7-5 au bout des prolongations, alors que l’on menait 4-1 à la mi-temps, là par contre c’est assez fort.

Autrement les deux séries de sept défaites consécutives en championnat, la première entre le 24 novembre et le 22 décembre, la seconde entre le 9 février et le 6 avril.

Le manager

Deux managers se sont succédés sur le banc des Royals. D’abord Brian McDermott, présent au club depuis 2009. Il sera remercié le 9 mars après la défaite à domicile contre Aston Villa.

Arrive alors Nigel Adkins pour le remplacer. Celui-ci avait été viré de Southampton en janvier, mais est connu pour donner un bon fond de jeu à ses équipes. D’ailleurs Le Fondre le fait bien remarquer en expliquant que sous McDermott, l’équipe n’avait pas assez le ballon et était constamment en danger, alors qu’avec Adkins, ils devaient avoir plus de possessions et pouvaient donc apporter plus de danger et limiter les risques.

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Photo de la saison

Pogrebnyak fête un but, chose rare, on aurait presque l'impression qu'il est déçu.

Pogrebnyak fête un but, chose rare, on aurait presque l'impression qu'il est déçu

A suivre…

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré il y a trois jours, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur l’avant-saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, les numéros 10, 11 et 12 de l’alphabet :

Norwich City, Queens Park Rangers et Reading.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

Norwich City

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (12è, 47 pts, - 14) Merveilleusement bien, ce fut un rêve éveillé pour tout le Norfolk et les sept (!) joueurs de l’effectif qui ont connu la non-league (D5 et en dessous). Dont Grant Holt, 31 ans, qui changeait encore les pneus crevés et batteries mortes au Kwik Fit de Carlisle - le Norauto anglais - il y a dix ans tout en étant amateur à Barrow, alors en DH anglaise.

Le départ de Paul Lambert, après une 12è place et deux promotions successives (D3 > PL), a été compris mais mal vécu.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Hmm, un brin bilieuses, après la première journée (raclée 5-0 infligée par Fulham). Soudain, on prête attention à ce bon vieux marronnier-cliché cher aux médias anglais : le Second Season Syndrome. Le SSS est une bestiole qui fait peur. Crainte justifiée ou irrationnelle ?

En examinant les stats depuis le démarrage de la PL en 1992, le SSS apparaît plus comme un mythe qu’une réalité : sur les 60 clubs promus en PL depuis 1992, seuls 7 ont été relégués au terme de la deuxième saison (par comparaison, 24 sont redescendus illico). Mathématiquement donc, rien à craindre de spécial, ni malédiction ni fatalisme, mais ce foutu SSS en fait quand même flipper pas mal.

Atout capital : les Canaries ont conservé leur joueur clé, Grant Holt (15 buts PL la saison passée). Contrat de trois ans et salaire mensuel doublé (environ 140 000 £). Non, Grant Holt n’a pas signé à Ipswich, comme malicieusement affiché début août sur le site de l’ennemi Tractor Boys, ici. Dream on Ipswich !

La défense sera la priorité du nouveau manager, Chris Hughton because 66 buts encaissés l’an dernier, ça fait pas sérieux. On n’est pas à Blackpool ici. Hughton a la réputation de pratiquer un football plus défensif que Lambert et la venue du défenseur central Michael Turner est une bonne nouvelle (Sunderland voulait alléger sa masse salariale). Evidemment, après le 5-0 encaissé à Craven Cottage, cette « priorité » défensive peut faire sourire (enfin, pas les Canaries).

Les moyens sont limités à Norwich (prêts à rembourser après de sérieuses restructurations en 2009) et il faudra acheter malin au mercato d’hiver en cas de problèmes. Contrairement à tant d’autres clubs, il sera difficile de sortir le chéquier si ça va mal à Noël.

A noter la colonie d’ex joueurs de Leeds United qui se reconstitue à Norwich (après B. Johnson et J. Howson, voilà R. Snodgrass).

Qui est arrivé cette saison ? Jacob Butterfield (Barnsley, gratuit - mais une compensation sera versée aux Tykes, ici), Javier Garrido (Lazio, prêt), Robert Snodgrass (Leeds, 3M), Michael Turner (Sunderland, 1,5M), Steven Whittaker (Rangers, gratuit).

Qui s’est éclipsé ? Daniel Ayala (Nottingham Forest, prêt), Andrew Crofts (Brighton, montant non communiqué), Josh Dawkin (Braintree Town, gratuit), Adam Drury (Leeds, gratuit), Aaron Wilbraham (Crystal Palace, gratuit), Zak Whitbread (Leicester, gratuit).

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Plusieurs oui, en particulier Ryan Bennett et Jacob Butterfield, tous deux 22 ans. Bennett est un Espoir anglais recruté à Peterborough au mercato d’hiver pour 3M. Huit titularisations remarquées la saison passée, à confirmer.

Le milieu Butterfield était convoité et a été comparé à Paul Gascoigne (ici) pour sa technique. Espérons surtout pour les Canaries qu’il picole moins que lui.

Si Norwich était un sport olympique, ça serait quoi ? Le plongeon. Attention à la chute libre cette année, surtout éviter un atterrissage à la Stephan Feck.

… un sélectionné/objet olympique ? Un lieu plutôt, la cantine du site olympique londonien, le plus grand réfectoire au monde. Ça irait bien à la patronne de Norwich, cuisinière mondialement connue (pour la perfection de ses oeufs durs).

C’est qui le big boss au fait ? LA boss vous voulez dire… Delia Smith et son mari Michael Wynn-Jones (businessman, journaliste, éditeur) qui détiennent 53 % des actions (d’autres actionnaires mineurs ont le reste, dont Michael Foulger, 15 %).

On ne présente plus Delia, grande ambassadrice de l’art culinaire anglais (si si, ça existe). Vedette TV depuis les Eighties avec des émissions très suivies (dont Delia’s How to Cook) et aux antipodes du « gastro-porn » de la plantureuse Nigella Lawson ou du style branché londonien de Jamie Oliver. Si Jamie aimait enfourcher sa Vespa pour acheter son piment de Cayenne au marché ethnique du coin et jouer au basket dans son studio tout en cuisinant, Delia, elle, faisait dans le conversatisme. Comparez : Delia. Maintenant : Jamie.

Une émission en particulier est restée dans toutes les mémoires : quand elle montra en 1998 à sept millions de Britanniques… comment faire un oeuf dur ! Résultat : une augmentation des ventes d’oeufs de 10 % selon son wiki (due aussi aux leçons suivantes : le cake). Alléluia, grâce à Delia, les British savaient enfin se faire cuire un oeuf. A vendu des dizaines de millions de livres et DVD et aidé le club lors des turbulences financières de 2009 (voir plus haut).

Il lui est arrivé de prendre le micro à Carrow Road pour exhorter les supporters à mettre le feu (voir clip - bien pompette ce jour-là Delia, elle prononce football « fuzzball »). Delia is mythique.

Signalons aussi la présence de l’immense Stephen Fry au directoire, l’une des personnalités préférées des Britanniques (un vrai touche à tout, son wiki nous le résume : actor, screenwriter, author, playwright, journalist, poet, comedian, television presenter, film director, and a director of Norwich City FC).

Et le manager ? Chris Hughton (ci-dessus), ex Spurs et international irlandais dans les Eighties (latéral gauche, 53 capes). A fait ses classes à Tottenham où il fut l’adjoint de dix entraîneurs (!) entre 1998 et 2008. Fila ensuite à Newcastle, d’abord comme Number 2, puis comme manager été 2009 (saison passée en D2). Limogé en décembre 2010, il rebondit à Birmingham City l’an dernier.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 5 000/1. Relégation : 2/1

Queens Park Rangers

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (17è, 37 pts, - 23) Tumultueusement, on se serait cru sur un rollercoaster, émotions et haut-le-coeur à gogo. On plaint leurs supporters cardiaques. Pour leur grand retour parmi l’élite (depuis 1996), les Hoops se sont sauvés à l’arrache et on ne s’est pas ennuyés ! Un grand merci à Djibril Cissé et Joey Barton pour avoir assuré le divertissement en fin de saison.

Inutile de s’éterniser sur l’affaire Anton Ferdinand-John Terry et le cas Joey Barton, tout a été dit et redit (clip de son coup de sang mythique). Le philosophe-psychopathe liverpudlien n’a pas fait partie de la tournée asiatique. Décidément… Déjà, l’été dernier, l’immigration US lui avait refusé un visa de travail à cause de son casier judiciaire, incompatible avec une tournée de club, considérée comme activité professionnelle. Sauf énorme surprise, il ne figurera pas dans la liste des 25 à remettre à la Premier League au 1er septembre, on ne le reverra donc pas en PL avant 2013.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Jusqu’à samedi dernier 15 heures, elles étaient excellentes. Deux heures plus tard, grosse déprime : défaite 5-0 contre Swansea à domicile. Du coup, on se contenterait d’une 15è place avec un peu d’avance arrivé mi avril, histoire de ne pas revivre l’insoutenable fin de saison dernière.

Le recrutement n’est peut-être pas aussi judicieux qu’on a bien voulu le dire, l’effectif semble un brin vieillissant (une douzaine de joueurs ont la trentaine passée).

Côté coulisses, ça bouge et sur deux fronts :

1)   Le nouveau stade. Le club révèlera bientôt les plans d’une enceinte de 45 000 qui condamnera le sympathique mais dépassé Loftus Road (18 360 places). Trois sites sont à l’étude, tous dans l’ouest londonien. 45 000 places,  ça paraît sacrément ambitieux quand même (Loftus Road n’a pas toujours fait le plein l’année dernière). Fernandes a souvent dit vouloir transformer le club en une global brand et à l’évidence, il ne bluffait pas. La venue de Park, adulé en Asie du Sud-Est (marché cible de QPR), s’inscrit dans le projet d’internationalisation du club. Le grand déménagement n’est pas prévu avant 2017. Ce sera le dix-huitième stade/site du club depuis sa création en 1882 ! (record britannique, ici). QPR est à Loftus Road depuis 1917.

2)   Le nouveau training ground, centre d’entraînement et de formation, trente hectares de verdure dans l’ouest londonien (Warren Farm Sports Centre). Selon le club, tout sera prêt pour le début de la saison 2013-14. Le site compte déjà vingt terrains de football ainsi que bâtiments et équipements mais beaucoup sera à refaire ou rénover et le timescale annoncé par le club semble très ambitieux. Un centre ultra-moderne avec terrains artificiels, domes, unité médicale, etc. qui sera le bienvenu : l’actuel Harlington Sports Ground tout près d’Heathrow est probablement le moins fonctionnel (et le plus bruyant) de PL, d’où l’absence d’Academy à QPR, le club n’ayant reçu d’accréditation que pour un Centre of Excellence, le niveau inférieur (tous les centres de formation anglais seront catégorisés du maximum 1 à 4 courant de la saison actuelle dans le cadre de la refonte du système de formation décidée par la Premier League – le controversé Elite Player Performance Plan – dont Teenage Kicks vous parlait en février 2011, ici - QPR devrait être classé 3).
Le propriétaire, Tony Fernandes, restructure actuellement le club pour rattraper le retard perdu. Le dossier de Warren Farm est entre les mains de l’arrondissement d’Ealing qui devrait bientôt donner son feu vert.

C'est plus du pay-as-you-play à ce niveau, plutôt du pray-as-you-play

Ce n'est plus un contrat pay-as-you-play à son niveau, mais du pray-as-you-play

Oh, et QPR a cocassement refilé un an de contrat pay-as-you-play à Kieron Dyer, 33 ans, en permanence blessé depuis des années, un perma-crock dans le jargon (seulement 7 minutes de jeu la saison dernière - les premières de la 1ère journée, 0-4 contre Bolton ; pied, cheville, ligaments, etc.). 
Fait assez incroyable : en 4 saisons à West Ham (
360 000 £/mois, en incluant les droits d’image de 424 000 l’an et une scotchante « prime de fidélité »), il ne disputa que 34 bouts de match toutes compétitions confondues (pratiquement aucun en entier), marqua zéro but et coûta la bagatelle de 30M !

Last but not least, le DVD The Four Year Plan sorti cette année est un formidable documentaire de football, que l’on s’intéresse ou pas à QPR. Procurez-le vous, c’est un must-watch.

Qui est arrivé cette saison ? Jose Bosingwa (Chelsea, gratuit), Fábio da Silva (Man United, prêt), Samba Diakité (Nancy, 3,5M), Robert Green (West Ham, gratuit), Junior Hoilett (Blackburn, un montant compensatoire sera décidé par un tribunal), Andrew Johnson (Fulham, gratuit), Ryan Nelsen (Spurs, gratuit), Park Ji-sung (Man United, 2M)

Qui s’est éclipsé ? Patrick Agyemang (libéré), Akos Buzsaky (libéré), Danny Gabbidon (libéré), Fitz Hall (libéré puis Watford), Heidar Helguson (Cardiff, montant non communiqué), Paddy Kenny (Leeds, 400 000), Peter Ramage (Crystal Palace, gratuit), Danny Shittu (libéré, puis Millwall), Rowan Vine (St Johnstone, gratuit)

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Pas des masses, non. Peut-être le Malien et ex Nancéen Samba Diakité, 23 ans, milieu défensif. Prêté à QPR en janvier dernier, il s’est bien débrouillé depuis (d’où les 3,5M déboursés pour s’attacher ses services).

Si QPR était un sport olympique, ça serait quoi ? Au vu de la saison passée, un truc bien risqué, style VTT ou cyclisme sur piste.

… un sélectionné olympique ? Peut-être l’haltérophile Matthias Steiner aux derniers J.O : attention de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Clip de ce pauvre Matthias (ouch).

Après avoir viré Neil Warnock, Tony se marre en lisant son autobiographie de Neil Warnock

Après avoir viré Neil Warnock, Tony s'est franchement poilé en lisant son autobiographie

C’est qui le big boss au fait ? Tony Fernandes. Cet homme d’affaires malaisien de 48 ans (Air Asia, Caterham F1) scolarisé en Angleterre, voulut racheter son club de coeur West Ham en 2009-10 mais le duo Gold-Sullivan le coiffa sur le poteau. Il se rabattit sur QPR en août 2011 et racheta 66 % des actions à Bernie Ecclestone (les Mittal détiennent le reste).

Tony en a eu pour son argent la saison dernière ! C’est sûr qu’une saison de PL à QPR, c’est un peu plus excitant que d’entr’apercevoir des fusées sur roues faire 60 fois le tour d’un circuit et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent (Schumacher et Vettel).

Et le manager ? Le Gallois Mark Hughes, a remplacé Neil Warnock limogé en janvier dernier. L’ex Manchester United Legend a fait ses classes avec le Pays de Galles qu’il reprit en 1999 et emmena aux play-offs 2004 (défaite contre la Russie), avant de partir manager Blackburn jusqu’en 2008 (remarquables 6è, 10è et 7è places en 2006, 2007 et 2008). Puis Man City en 2009 et enfin Fulham en 2010-11.

Après toutes ces dépenses, pas question de se refaire peur en championnat. Tony Fernandes veut assurer le maintien le plus tôt possible (certes, objectif de la plupart des clubs mais encore plus à QPR !). Tony n’est pas un sentimental et le Gallois pourrait gicler assez pronto si les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre :  2 000/1. Relégation : 5/1

Reading

Comment s’est passée la saison dernière ? 1er de D2, avec un finish de folie : 15 victoires sur 17 matchs ! (de la 28è à la 44è journée). Les Royals peuvent remercier Jason Roberts et Adam le Fondre, le vétéran reject de Blackburn et l’ex joueur de D4 sorti de nulle part ont planté les buts cruciaux dans l’emballage final.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Bonnes, surtout que le club vient d’être racheté à 51 % par le Russe Anton Zingarevich (voir plus bas). On attend beaucoup d’un autre Russe, le puissant avant-centre Pavel Pogrebnyak. Ce quasi nouveau venu en PL cartonna à Fulham en fin de saison dernière.

On retrouvera un ancien du grand Leeds des années 1997-2002 : le latéral gauche Ian Harte, 35 ans, pas le plus rapide des défenseurs mais toujours là. Excellent tireur de coups francs.

Et après la grosse boulette du (normalement fiable) gardien australien Federici contre Stoke lors de la première journée, Reading a recruté Stuart Taylor, 31 ans, 3è ou 4è portier de Man City.

On le surnomme Po

Selon son wiki, on le surnomme Pogreb (la cave en russe). Espérons pour lui qu'il n'y finisse pas.

Oh, et les Royals ont le nom le plus cool de PL dans leur effectif : Hal Robson-Kanu.

Qui est arrivé cette saison ? Chris Gunter (Nottingham Forest, 2,5M), Adrian Mariappa (Watford, 2,5M), Pavel Pogrebnyak (Fulham, gratuit), Danny Guthrie (Newcastle, gratuit), Garath McCleary (Nottingham Forest, gratuit), Nicky Shorey (West Brom, gratuit), Pierce Sweeney (Bray Wanderers, montant non communiqué), (Stuart Taylor (Manchester City, gratuit).

Qui s’est éclipsé ? Michail Antonio (Sheffield Wednesday, 900 000), Tomasz Cywka (libéré puis Barnsley), Mathieu Manset (Sion, montant non communiqué), Joseph Mills (Burnley, prêt), Karl Sheppard (Accrington Stanley, prêt) et les libérés : Cedric Baseya, Brian Howard, Andy Griffin, Jack Mills.

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Deux. Lawson D’ath, milieu offensif de 19 ans, un crack. A impressionné lors de son passage à Yeovil en D3 l’an passé.

Et le petit nouveau, Pierce Sweeney, défenseur de 17 ans, international U18 irlandais qui vient de la D1 irlandaise. La filière irish a réussi au club par le passé (Kevin Doyle et Shane Long - acquis pour une bouchée de pain, revendus une fortune ; Long ne coûta d’ailleurs rien et rapporta 6,5M en 2011 et sympathique plus-value de x 85 sur Doyle).

Si Reading était un sport olympique, ça serait quoi ? Aviron, cheval ou rugby (le rugby à VII sera introduit à Rio). Pourquoi ? Parce qu’on est près d’Eton et Windsor, d’où le surnom du club et du comté, Royal County of Berkshire. Le coin est bourré d’aristos. Attendez-vous à voir Pippa Middleton poser son fessier royal dans les travées VIP du Madjeski Stadium.

Et le sponsor du club n’est pas n’importe qui : Waitrose, chaîne  de supermarchés upmarket. C’est sûr que Waitrose, ça en jette plus sur le maillot que Ramsdens à Middlesbrough (chaîne de prêteurs sur gages).
Il fallait donc un sport très pratiqué dans les Public Schools du coin à minimum 20 000 £ l’année (et Oxford tout proche). Ça aurait pu aussi être le hockey sur gazon, ça tâte pas mal de la crosse dans les écoles privées anglaises (surtout de filles).

… un sélectionné/objet olympique ? Jo-Wilfried Tsonga. Il raffole des Kinder - l’ancien surnom du club est les Biscuitmen (voir ci-dessus).

C’est qui le big boss au fait ? Anton Zingarevitch, un jeune Russe de 30 ans  (sa Wag est déjà fichée) qui cherchait un club dans cette région d’Angleterre où il a été scolarisé. Il supportait Reading quand il étudiait dans le coin. Son pater avait failli racheter Everton en 2004. Les Zingarevich pèseraient autour de 450M (media, édition, production TV, immobilier, hotellerie, etc.) mais on n’en sait pas beaucoup plus, la transparence n’étant pas le fort de ces Russes.

Une opacité qui a fait tiquer la Premier League et le rachat du club à John Madjeski (pour 40M), propriétaire « historique », n’a pas été des plus smooth. Depuis 2004 et une série de scandales retentissants, tout candidat propriétaire doit satisfaire aux exigences du « Fit and proper person test », sorte d’examen de probité basé sur un audit financier, en théorie approfondi. Cette procédure a été établie pour ne plus revivre les heures sombres des Nineties et Noughties où des dizaines de clubs furent placés en redressement judiciaire (propriétaires incompétents ou véreux - souvent les deux).

Ce test est régulièrement critiqué pour son manque de rigueur supposé ; pour ses détracteurs, il ne serait en fait qu’une formalité. Le Thaïlandais Thaksin Shinawatra l’avait par exemple réussi haut la main en juin 2007 lors de son rachat de Manchester City… alors qu’il était recherché pour des détournements de fonds et autres malversations dépassant le milliard de £ !

Reading FC  appartient à la société Thames Sports Investment, dont la structure semble particulièrement nébuleuse : les investigations de la Premier League ont duré quatre mois et n’auraient pas réellement permis d’en savoir plus sur TSI et la réelle solidité financière de l’édifice (de fait, certains montages sont tellement impénétrables - Leeds United ou Portsmouth pour ne citer qu’eux - que la Premier League plc emploie des cabinets spécialisés dans le détricotage financier pour savoir qui se cache derrière tout ça, comment et où ça se cache - souvent aux Caraïbes). Le deal, annoncé par John Madjeski mi janvier, a tout de même été finalisé le 29 mai dernier. John Madejski, propriétaire depuis 1990 (celui qui a fait décoller le club), conserve 49 % des Royals.

Une page se tourne donc pour ceux que l’ont surnomma longtemps les Biscuitmen*. John Madjeski, businessman local et philanthrope - mécène bien connu en Angleterre (éducation, art, communauté, etc.) n’avait plus, de son propre aveu, les poches assez profondes pour continuer l’aventure. « Avoir quelques centaines de millions ne suffit plus aujourd’hui » a-t-il déclaré au moment du passage de témoin. Et ouais, même avec 175M en poche, on n’est qu’un indigent dans le football anglais.

[*à cause de la firme Huntley & Palmers, autrefois basée localement et plus grande usine de biscuits au monde au début du siècle dernier - plus de 5 000 employés. En 1976, l'usine ferma et les supporters qui n'avaient pas trop envie de continuer à se faire traiter de noms de biscuits, organisèrent un vote via le Reading Chronicle pour changer de surnom. Les propositions affluèrent et mi juin 76, le manager Charlie Hurley (le mentor de Robin Friday) choisit The Royals. Ce moment historique vous été offert, dans les grandes lignes, par l'excellent livre Football: Terms and Teams de Ken Ferris, historien du football et membre éminent du mythique 92 Club - il battit même un record de vitesse]

Et le manager ? Brian McDermott, 51 ans, un manager au parcours atypique nommé à ce poste en 2009 après le limogeage de Brendan Rodgers. Cet ancien Gunner (ci-dessous) de 1978 à 1984 qui, de son propre aveumanquait de confiance pour réussir dans un groupe riche en fortes personnalités (voir photo de groupe), a commencé au bas de l’échelle à Slough en D7 et a déclaré avoir souvent failli tout arrêter, tant il tira la langue financièrement pendant des années.

Il persévéra et fit son trou dans le milieu en devenant chef scout puis entraîneur de la réserve de Reading en 2000, jusqu’en décembre 2009, où il fut promu manager. Il emmena les Royals en finale des play-offs en mai 2011, battus 4-2 par Swansea. A une réputation à la Brian Clough, fin psychologue et excellent man-manager qui sait tirer le maximum de ses joueurs. Dit adorer manager des joueurs réputés « difficiles » (on devrait lui envoyer Barton, tiens).

Et s’il quittait Reading, on pourrait peut-être un jour le voir diriger la sélection irlandaise, son rêve (parents natifs de l’île d’émeraude). Ou, qui sait, si Reading fait des miracles, peut-être le retrouvera-t-on un jour à Arsenal. Il a une revanche à prendre sur lui-même.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 5 000/1. Relégation : 5/4

Kevin Quigagne.

4.

On peut se procurer dans les librairies de Norwich un petit ouvrage à la couverture verte et jaune, au format de Bible, intitulé Norwich City, Miscellany et qui regorge d’anecdotes relatant les épisodes glorieux ou pas (plus nombreux) de la longue vie des Canaries.

Son auteur, Edward Couzens-Lake, y fait en préface l’aveu solennel suivant : « l’espoir. L’espoir est la richesse incommensurable de tout supporter et existe en abondance parmi les supporters de Norwich à travers le monde. Tous, nous espérons le meilleur et le meilleur est ce que nous espérons tous ». Le propos ne surprendra aucun habitant des tribunes mais résonne d’un écho particulier dans le cas du Norwich City Football Club.  Comment ne pas y lire, derrière son optimisme de façade, les affres éprouvées des années durant dans les divisions inférieures ? Comment, fondamentalement, ne pas interpréter le discours de l’espoir comme le fruit d’un infiniment douloureux travail sur soi-même sans lequel l’éternel déclassé ne survivrait pas? Et comment, enfin, ne pas voir dans ces mots un mouchoir inconsciemment tendu aux supporters messins et bordelais ?

On mesure par contraste, à l’heure où Norwich City occupe une fière neuvième place au classement de Premier League (juste après la victoire sans appel face à Swansea  et avant celle, unanimement espérée, face à Liverpool ce samedi), l’allégresse qui ne lâche pas les fans des Canaries cette saison, lesquels furent plus bruyants à Old Trafford il y a trois semaines que leurs homologues locaux, malgré la défaite.

Ces dernières années, à Norwich, la figure de l’espoir s’est appelée Delia Smith. Avant d’incarner l’espoir footballistique cependant, Delia Smith a incarné l’espoir gastronomique. Il y a presque 40 ans, Delia Smith a entrepris d’éduquer, devant les cameras de la BBC, un pays culinairement sinistré. L’un de ses héroïques faits d’armes fut d’expliquer à un public que l’on imagine en état de détresse profonde face à la nouvelle que les spaghettis ne se cuisent pas 20 minutes*. Non contente de prendre soin des corps, Delia Smith s’est aussi occupée des esprits britanniques. Elle partagea par écrit ses expériences mystiques, non sans dénoncer au passage la nature profondément anti-spirituelle du four à micro-ondes.

Le gout des causes perdues est-il ce qui a poussé Delia Smith à devenir, avec son mari, l’actionnaire majoritaire des Canaries, sauvant ainsi le club de la banqueroute? Le sens aigu des affaires dont est dotée Delia nous démentirait sans doute. Il n’empêche : en 2005, une intervention publique inouïe, à la mi-temps d’un match à domicile face à Manchester City, consacre Delia Smith comme Grande Prêtresse des fans gentiment fêlés. Le barrage de la raison s’effondre lorsque les Canaries qui menaient 2-0 à Carrow Rd encaissent deux buts coup sur coup. Apparait alors au milieu de la pelouse une Delia Smith nettement moins policée que devant ses fourneaux**

Le match se conclut sur la victoire de Manchester City par 3 buts à 2.

* Consciente de l’aversion du public pour un changement par trop brutal de ses pratiques alimentaires, Delia Smith prit soin de proposer aux Britanniques quelques recettes plus conformes à leurs traditions immémoriales, telles que la barre chocolatée Mars trempée dans un mélange gras.

**”A message for the best football supporters in the world: we need a 12th man here. Where are ya? Where are ya? Let’s be ‘avin’ ya! Come on!”

Dans la même série :

Troisième rendez-vous
Deuxième rendez-vous
Premier rendez-vous