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Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, on monte d’un échelon, on y croise pléthore d’internationaux et on prend place aux côtés d’une vingtaine de milliers de spectateurs, en moyenne. L’antichambre de l’élite. Présentation.

Le classement après cinq journées (sur 46).

Les prétendants à la montée

Entre cinq et dix, si l’on inclut les forces supposées vives, les outsiders crédibles et les postulants sur le qui-vive. Revue en détails.

Norwich, Fulham et Cardiff City. Les trois gros, si on peut dire. Les trois relégués de Premier League qui profitent des énormes droits TV de PL et des “parachute payments” (environ 70 millions de livres) accordés aux relégués et échelonnés sur trois ans. Des trois, Fulham est celui qui connaît le début de saison le plus catastrophique. Avant-dernier avec quatre défaites en cinq matchs, les Cottagers doivent rapidement rectifier le tir s’ils veulent prétendre à la remontée immédiate. Surtout que Felix Magath est resté sur le banc malgré la relégation, et que l’effectif est de qualité : Ross McCormack, acheté 11M£ à Leeds, Scott Parker, Hugo Rodallega. En revanche, le four Konstantinos Mitroglou devrait quitter la cuisine londonienne, et Stekelenburg s’est déjà exilé à Monaco.

Sur le papier, Fulham reste donc un prétendant, tout comme Cardiff City, où Ole Gunnar Solskjaer a cette fois pu profiter de deux mois de préparation pour bâtir une équipe cohérente. Le retour en forme de Kenwyne Jones et l’arrivée d’Adam Le Fondre sont à ce titre une excellente nouvelle pour les Bluebirds. Le Brittanique a toujours marqué plus de 10 buts lors de ses saisons complètes (le Gomis Anglais, en quelque sorte) et devrait aider les Gallois à jouer la montée.

Jones et Solskjaer s'entendent déjà à merveille, visiblement

Norwich a conservé son noyau dur, avec John Ruddy dans les cages, Russell Martin et Sebastien Bassong en arrière-garde, Wes Hoolahan et Bradley Johnson au milieu de terrain, Gary Hooper devant. Quelques pertes (Ricky van Wolfswinnkel, que les supporters ne regretteront pas, ou encore Leroy Fer, parti à QPR), mais de bonnes pioches, avec l’attaquant Lewis Grabban, acheté à Bornemouth où il marquait un but tous les deux matchs l’an passé (et déjà cinq cette année).

Derby County. Le malheureux finaliste des play-offs de l’an passé devra se relever psychologiquement de son raté de la dernière minute. La Premier League, que le club n’a plus connue depuis 2008 (et un bilan famélique de 11 points…), était si proche. Cette année, ils peuvent toujours compter sur un entraineur expérimenté (Steve McLaren, l’homme au parapluie) et un effectif très jeune et maintenu en l’état. Les attaquants sont déjà au diapason, avec six buts en dix matchs cumulés pour Chris Martin (l’autre) et Jamie Ward. Le meilleur joueur de l’an passé, Craig Bryson, monte toujours la garde.

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait la cerise aux Pays-Bas

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait un peu la cerise

Wigan. L’année dernière, malgré la fatigue de leur parcours en Coupe d’Europe (dernier de leur groupe) et en FA Cup (éliminé en demi-finales aux pénaltys contre Arsenal), le club avait tout de même réussi à se qualifier pour les play-offs du championnat. Cette année, débarrassés de la joute européenne, et avec Maloney, McManaman, Caldwell, Boyce qui ont, entre quelques autres, tous connu la PL sous le maillot bleu et blanc, les Latics peuvent franchement se mêler à la lutte pour les six premières places. Et si Oriol Riera, le buteur Espagnol transféré d’Osasuna pour 2M£, s’adapte bien, ils pourraient même viser davantage.

Et puis en vrac : Brighton & Hove Albion et son manager Sami Hyppiä, Watford, Nottingham Forest, et pourquoi pas Leeds ! (non, on déconne)

Les clients à la descente

Incontestablement, Blackpool fait figure de favori pour la League One. En moins de deux ans, le club a connu six entraîneurs, et celui actuellement en place, Jose Riga, n’avait que neuf joueurs éligibles le matin de son match d’ouverture. L’équipe a perdu 27 (!) joueurs pendant l’été, et a dû recruter douze joueurs en douze jours. Le niveau d’amateurisme administratif ne s’est pas complètement ressenti sur le terrain, bien que Blackpool ait quand même perdu 2-0. Avec aucun point en cinq matchs, le miracle collectif n’a pas encore eu lieu. Et on doute qu’il se produise en cours de saison.

Ils se foutent du ballon rond, à Blackpool

Ils s'en foutent du ballon rond, à Blackpool

La saison de Millwall sera également difficile. Le club s’est maintenu tant bien que mal l’an passé, et il y a eu peu d’ajouts significatifs au cours de l’été. Mais l’entraineur se nomme Ian Holloway, aka le magicien illuminé. Et à ce titre, tout est possible.

Et puis en vrac : Birmingham City, qui s’est maintenu en Championship grâce à un but dans les arrêts de jeu du dernier match, et dont la prochaine saison risque d’être aussi longue que la dernière ; Sheffield Wesnesday, qui attend que Hafiz Mammadov leur envoie de l’argent (décidément, l’Azéri a du mal à recopier les RIB) ; Roterham, quatrième de League One et promu surprise, aura fort à faire pour rester à cet échelon.

Les joueurs à surveiller

Jake Forster-Caskey (Brighton), milieu de terrain de 20 ans et toutes les dents du talent.

Mats Møller Dæhli (Cardiff), milieu de terrain de 19 ans, passé par la réserve de MU et ayant suivi Solskjaer à Molde, puis à Cardiff, donc.

L’année dernière, on vous parlait de Jordan Rhodes, le buteur de Blackburn qui avait planté 27 buts en 43 matchs (saison 12/13). Eh bien il a réitéré, le bougre : 25 buts en 46 matchs (saison 13/14). Et il est resté fidèle à Blackburn, où il a prolongé son contrat. Pas très loin, au nord-ouest, il y a un club qui a acheté Emmanuel Rivière. On dit ça…

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Britt Assombalonga (Nottingham Forest), 21 ans, l’un des meilleurs buteurs de League One la saison passée (acheté 1,25M£ par Peterborough, record du club ; vendu un an plus tard 5,5M£, record du club). Il découvre quasiment la Championship (il l’avait brièvement connue à Watford il y a deux ans), et déjà quatre buts en cinq matchs. Il pourrait être l’élément favorisant les ambitions de Nottingham à la montée.

Et puis en vrac : Will Hugues (Derby County), milieu de terrain de 19 ans à la coiffure peroxydée et aux performances remarquées ; Kike (Middlesbrough), buteur Espagnol de 24 ans acheté à Murcie ; et Bakary Sako, tiens, un Malien de 26 ans passé par Châteauroux et Saint-Etienne, avant de faire le bonheur de Wolverhampton. L’année dernière, on parlait même d’un intérêt des Verts pour un retour du Malien à Geoffroy-Guichard.

Les vieux de la vieille

Paul Robinson, défenseur de 35 ans à Birmingham, a commencé sa carrière à Watford, en 1996. Il a connu la PL avec Bolton et West Brom.

Ian Harte, défenseur Irlandais de 37 ans. Bien connu pour ses huit saisons passées à Leeds, qu’il va affronter sous le maillot de Bournemouth.

Carlos Edwards, latéral de 35 ans, et Ricardo Fuller, buteur de 34 ans, foulent les pelouses anglaises depuis belle lurette. Ils jouent tous les deux à Milwall, cette année. Pour le second, c’est son quatrième club en quatre ans.

270 matchs avec Wigan pour Emerson Boyce, le défenseur anglais de 34 ans. Et 13 buts, s’il vous plait. Trois clubs en 16 ans de carrière, le jeune homme est stable.

Il est pas si vieux, Yann Kermorgant, mais le Breton a quand même connu la CFA avec Vannes et Châtellerault au milieu des années 2000, ça nous rajeunit pas. Il vient de signer avec Bournemouth, à 32 ans. Il a la vie devant lui, le gamin.

Les entraîneurs en vue

On est curieux de savoir ce que va faire Sami Hyppiä avec Brighton, après deux ans de bons et loyaux services à Leverkusen.

Le bonheur incarné

La joie de vivre incarnée

On est curieux de savoir ce que va faire Ian Holloway avec Milwall, après des années de bons et loyaux services pour promouvoir les clubs à l’échelon supérieur (et se faire virer l’année suivante).

On a déjà peur pour José Riga, qui doit faire fi de l’été calamiteux de Blackpool et monter un groupe de joueurs qui sait à peu près jouer au football.

On n’a déjà plus peur pour Mark Robins, viré de Huddersfield après le premier match de la saison (et remplacé par Chris Powell), ni pour Dave Hockaday, viré de Leeds après six matchs (on en reparle juste après).

On va être attentif au travail de Stuart Pearce, de retour à Nottingham sur le banc après avoir porté plus de 400 fois le maillot sur la pelouse (période 1985-1997).

On va être attentif au travail d’Aitor Karanka, énième bébé Mourinho qui est sur le banc de Middlesbrough depuis novembre.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

Derby, Norwich, Brighton : voilà les trois plus grosses affluences depuis le début de saison, avec presque 28 000 spectateurs de moyenne du côté des Rams.

Rotherham et Brentford se disputent la dernière place, avec moins de 10 000 spectateurs de moyenne.

Le club à suivre

A Leeds, le propriétaire s’appelle Massimo Cellino, il mangiatore di direttore. Si vous suivez un tantinet le championnat italien, ce nom vous dit sans doute quelque chose. Pendant 22 ans, il était le président du club de Cagliari. 22 ans pendant lesquels il a changé 36 fois d’entraîneur. En juin, il a vendu le club.

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

C’est désormais Leeds le nouveau joujou de l’Italien, après moult tractations. Brian McDermott parti, il faut lui trouver un remplaçant sur le banc. Ce sera Dave Hockaday, ex-coach de Forest Green Rovers (D5) d’où il s’est fait virer en octobre 2013. Il prend ses fonctions le 19 juin 2014, à la surprise générale. « Un jour, j’ai reçu un coup de téléphone, c’était Massimo. Je suis allé le voir dans un hôtel, on a discuté de football pendant cinq heures. Il m’a dit que je lui plaisais. » 70 jours et trois défaites plus tard, il est viré. Idem pour son assistant.

Leeds, un club à suivre dans les journaux, à défaut du terrain.

Le club à ne pas suivre

On en connait qui vont rapidement s’installer dans le ventre mou (du genre Bolton, ou Reading, ou Brentford) et n’en ressortiront pas de l’année. Fuyez-les.

Les pronos TK montées et descentes

Voilà, c’est maintenant qu’on se mouille ? Allez hop, dans le désordre : Cardiff, Derby County et Wigan pour la montée, Blackpool, Birmingham et Rotherham pour la descente.

Alea jacta est.

L’an dernier, la Football League était sponsorisée par Coca-Cola. On l’affublait volontiers d’un moqueur « fizzy pop league » (le championnat gazeux).

Cette année, fini de pouffer. Le sponsor est Npower Energy, et ça décoiffe. La vénérable Football League a été électrisée, du 100 000 volts à tous les étages, des vedettes et pipoles à foison. Faisons donc plus ample connaissance avec le doyen mondial des championnats nationaux, 122 ans et tous ses crocs.

Championship (D2) – 13ème journée

voir résultats Championship ici

Classement

1. QPR 29 points (+21)

2. Cardiff 29

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3. Swansea 23

4. Norwich 23

5. Watford 21

6. Coventry 21

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22. Middlesbrough 11

23. Crystal Palace 11

24. Bristol City 10

Classement des buteurs de D2 :

Bothroyd (Cardiff) 11 buts

Iwelumo (Burnley) 8

Mackie (QPR) 8

Commons (Derby) 7

McGugan (N Forest) 7

Parkin (Preston) 7

Classement des passeurs :

Adel Taarabt (QPR) 7 passes décisives

Don Cowie (Watford) 6

Grant Holt (Norwich) 5

Meilleure affluence : Norwich – Middlesbrough, 25 410

Plus petite chambrée : Doncaster – Sheff United, 8 985

Prix moyen place assise adulte / abonnement : 23 £ / 370 £

Moyenne spectateurs saison 2009-2010 : 18 106

Les matchs. Les faits. Les acteurs de la 13ème journée

Bristol City 1-1 QPR (lien vidéo)

QPR toujours en tête et invaincu, mais Dieu que c’est poussif en ce moment (avec Manchester United, QPR est le seul club invaincu parmi les 92 clubs de League football).

Les propriétaires du club, potentiellement l’un des plus riches au monde (la famille Mittal, et le duo Bernie Ecclestone-Flavio Briatore financent) ont fait circuler des rumeurs il y a peu selon lesquelles Marcello Lippi pourrait bientôt débarquer. Neil Warnock, le fantasque entraîneur des R’s (une sorte de Ian Holloway version hardcore, et un ancien arbitre !), n’a guère apprécié et a déclaré :

« Ça me dérange pas du tout qu’il vienne. Effectivement je pense qu’il ferait un bon entraîneur-adjoint »

Neil Warnock, en pleine zénitude

Neil Warnock, en pleine crise de zénitude

Bristol City est en nette amélioration mais David James commet toujours ses bonnes vieilles bourdes brevetées Jamo (son surnom). L’inusable écolo (40 ans), a dit oui à Bristol City cet été car ce n’est pas trop loin de chez lui (Exeter) et David le Green adhère totalement au projet bristolien. Pas celui du club mais de la ville, capitale verte du pays. C’est vrai qu’à Portsmouth l’an dernier, au milieu des Cadillac Escalade et Hummer de Piquionne et d’Utaka, James avait probablement honte de garer sa voiture électrique. Maintenant, il nous concocte toujours de belles boulettes farcies, il n’est plus entouré de vedettes gangsta rap, mais au moins il peut rouler tranquille, sans honte ni reproche.

David James. 2 boulettes seulement, 2

David James. 2 boulettes aujourd'hui seulement, 2

Burnley 0-4 Reading (lien vidéo)

Les Clarets (7ème) marquent le pas et se sont pris une belle « tonking » (tannée) à domicile contre les Royals de Reading. Tyrone Mears, auteur d’une piètre prestation, a-t-il déjà tout donné ? En fait, un être vous manque et tout s’écroule. Cet homme d’exception, c’est Graham Alexander. Le capitaine des Clarets était absent et ça s’est vu.

Particularité du défenseur international écossais : il a 39 ans et totalise presque 1 000 matchs professionnels ! Et l’incroyable Alexander enquilleur de pénalties (74 réussis sur 80 dans sa carrière) ne compte pas s’arrêter de sitôt, il continue même à revendiquer une place en équipe nationale.

Il est également admiré pour sa technique peu orthodoxe sur les pénalties : il les tire de l’extérieur du pied dans le petit filet.

D’ailleurs, Téléfootix avait diffusé l’un de ses pénos révolutionnaires dans un zapping du printemps dernier, en fanfaronnant, fiers de leur trouvaille :

« Et regardez ce pénalty marqué en Angleterre, totalement dévissé mais ça va quand même dans la lucarne »

(un tir « dévissé » selon Téléfootix, yeah, right).

Graham Alexander, en plein péno dévissé

Graham Alexander, en plein péno dévissé

Coventry 3-0 Barnsley (lien vidéo)

Tranquille victoire des Sky Blues de Coventry contre Barnsley. Guère surprenant : l’équipe du South Yorkshire n’a pas gagné à Coventry depuis la saison 1923-24…

Marlon King (ex-Wigan et FC Jail), nouvelle recrue vedette des Blues récemment sortie de prison, était indisponible (9 mois de zonzon pour une agression sur étudiante, sa 14ème condamnation). Peut-être s’était-il fait excuser pour cause de soirée étudiante en ville ?

Doncaster 2-0 Sheff Utd (lien vidéo)

Victoire des Rovers contre les Blades dans le derby du South Yorkshire. Succès qui permettra à « Donny » (Doncaster) de s’approprier ces fameux « bragging rights » pour un moment (droits tacites de chambrer ses rivaux).

A signaler l’époustouflante longévité du gardien de Donny, l’Ecossais Neil Sullivan, presque 41 ans. Sullivan est un ancien du Crazy Gang de Wimbledon (première mouture – fin années 80) et toujours au top, 22 ans après ses débuts professionnels. Avoir été coéquipier de Vinnie Jones, John Fashanu, Dennis Wise & co pendant les crazy Eighties, visiblement ça conserve.

Un Doncaster transformé depuis quelques saisons, un superbe nouveau stade, où évolue une équipe qui propose du beau jeu. Qu’il est loin le temps où Donny explosait tous les records de défaites en une saison (34 – sur 46 matchs) et descendait en D5… (1998).

Un an plus tard, le propriétaire du club, Ken Richardson, était envoyé en prison pour 4 ans pour avoir fait incendier le stade du club afin de toucher l’assurance ! (la police retrouva sur place le portable de l’un des criminels, un ancien militaire de la SAS, unité commando de l’armée ! Faisait-il partie de l’équipe du Rainbow Warrior ?). Richardson avait aussi auparavant tenté de vendre le stade du club, propriété de la ville…

Situation difficile pour les hommes de Gary Speed, entraîneur des Blades de Sheffield (19èmes), et ancien partenaire de Cantona à Leeds, avec qui il remporta la First Division en 1992.

Le Français Jean Calvé, après des débuts tonitruants pour les Blades (but exceptionnel pour ses débuts, exocet de 35 mètres en pleine lulu), s’est mis au diapason mou de l’équipe.

Hull 1-2 Portsmouth (lien vidéo)

Jimmy Bullard (Hull City), resté au club, aurait mieux fait de partir, même en Ecosse ou en Grèce. Mais à être trop gourmand… (cet été, il avait réclamé un salaire mensuel de 400 000 € au Celtic !). Blessé pour au moins 3 semaines, Jimmy-le-clown pourrait avoir des subites envies de PL au mercato d’hiver.

Bullard, to Hull and back

Bullard, to Hull and back

Portsmouth, ses Utaka, Kanu & co, vont mieux sur le terrain qu’en coulisses. Pompey, toujours en redressement judiciaire (depuis février 2010), est en principe sauvé financièrement. Jusqu’au prochain coup de théâtre.

Kanu s’éclate à Pompey

Kanu s’éclate à Pompey

Les dettes astronomiques de Pompey sont toujours bien là, et une grande partie d’entre elles ne sera jamais remboursée.

Mais que John Utaka se rassure, son petit salaire mensuel de 500 000 €, ses primes et ses droits d’image sont protégés à 200 %.

Et cela, au nom de la Football Creditors rule, règlement façonné par des footeux pour des footeux. Les instances du foot ont divisé les dettes en 2 catégories : les « secured » et les « unsecured ». Toutes les sommes dues aux joueurs et autres clubs sont ultra sécurisées. Les autres, même celles dues au fisc anglais, sont ultra non-sécurisées et souvent passées aux pertes et profits.

Portsmouth avait la bagatelle de 450 créanciers au moment du redressement. Beaucoup n’ont pas été remboursés, dont de nombreuses entreprises, des petits artisans, plusieurs écoles, des associations, des restaurants, les scouts, une entreprise locale d’ambulances, etc.

Utaka est rassuré

Utaka est rassuré

L’administrateur, Andrew Andronikou, a confirmé que la plupart des dettes restantes devraient être remboursées à hauteur de « 20 pence to the pound » (20 %). Si elles le sont un jour. Lorsqu’un club anglais est placé en redressement judiciaire (50 clubs de FL depuis 20 ans, certains plusieurs fois), les premiers à en souffrir ne sont jamais les footballeurs. En revanche, les dommages collatéraux sont aussi conséquents qu’insoupçonnés.

Suite à la décision des propriétaires de Portsmouth de ne pas modifier le nom du club, le supporter le plus connu du pays, John Westwood (qui a fait changer son nom en John Portsmouth Football Club Westwood) s’est dit ravi. Il n’aura donc pas à changer son nom en un patronyme encore plus stupide.

Le discret Westwood

Le discret Westwood

Leeds 0-4 Cardiff (lien vidéo)

4ème victoire consécutive de Cardiff, qui comptait beaucoup de retard sur QPR mi-septembre mais qui a superbement rattrapé les Londoniens, peu en verve en ce moment. Cardiff, par Jay Bothroyd et Craig Bellamy, a atomisé Leeds, encore trop tendres à ce niveau pour prétendre jouer les premiers rôles.

Ce match était un peu un clash entre les has-been et les jeunes loups aux dents longues de la D2. Les Gallois rêvent en bavant de l’élite anglaise depuis leur création en 1899. Surtout Dave Jones, personnage controversé du foot anglais. Les Peacocks de Leeds, eux, ont déjà eu leur dose de rêve dans le passé. Dose administrée par l’inénarrable Peter “we lived the dream” Ridsdale, président de… Cardiff, jusqu’en mai 2010 (Ridsdale est cet ex président de Leeds qui, dans son bureau d’Elland Road, avait des poissons rouges qui coûtaient plus cher en entretien que le stade, lors de la spectaculaire explosion en vol de Leeds United, 2001-2004).

Pour accéder à la terre promise, les Bluebirds s’appuient sur leurs stars internationales : Craig Bellamy, Michael Chopra, Jason Koumas, Jay Bothroyd (le prochain joueur de Championship à recevoir un coup de fil de Signore Capello ?), Gábor Gyepes et Peter Whittingham. Sans oublier Miguel Comminges, le Guadeloupéen de l’effectif…

Côté Leeds (promu), on a du répondant et quelques vedettes, mais rien de transcendant.

Mentionnons tout de même le Sénégalais Amdy Faye puisqu’il est là (ex-Auxerre), le Hondurien Ramón Núñez, l’Australien Patrick Kisnorbo, le Sud-africain Davide Somma, et l’Argentin Luciano Becchio, qui fait un gros début de saison et a marqué l’un des buts de la saison le week-end dernier, d’une somptueuse reprise de volée :

Ajoutons à cette liste le teigneux-mais-brillant Ecossais « Snods », Robert Snodgrass. Et la vraie-fausse vedette : McCartney, George.

Toujours pas de Billy Paynter pour Leeds. Le prometteur buteur a été recruté à Swindon pour ses talents de canonnier, et non de peintre, 30 buts l’an dernier. Il devait assurer le vernissage du club promu en D2, mais n’a pas encore connu l’esquisse d’un match (il s’est blessé au tibia à l’intersaison en s’emmêlant les pinceaux, avant de faire une belle toile et de rater le cadre – Michel Chevalet n’a pas encore expliqué comment ça marche les immanquables de Paynter).

A noter aussi la belle boulette de Kasper Schmeichel (fils de) dans ce match à vite oublier pour les hommes de Simon Grayson.

Je sais, je n’ai pas mentionné Ken Bates, président controversé de Leeds (et ex propriétaire de Chelsea). Cette omission est impardonnable de ma part, surtout que Ken-le-nerveux continue ses amusantes frasques dans la mauvaise humeur cette année, mais restons zen, passons.

Ken Bates, éternel colérique

Ken Bates, éternel colérique

Millwall 2-0 Derby

Le promu Millwall (9ème) poursuit son ré-apprentissage de la D2 avec une belle victoire sur Derby County, équipe managée par Nigel Clough (fils de), et qui restait sur 6 matchs sans défaite. Alberto Bueno, ex Real Madrid, prêté à Derby par le Real Valladolid et superstar de ce début de saison, n’a pas été galactique du tout contre Millwall. Il s’est pris un carton et a été sorti à l’heure de jeu, tout comme Robbie Savage, le Gallois fou, inexistant sur ce match.

Robbie se tape un bélier

Danny Shittu a impressionné pour ses débuts avec les Lions londoniens (il vient de signer un contrat de 3 mois). L’imposant international Nigérian (95 kilos) a été élu homme du match. Il revient d’un séjour galère à Bolton, où il a coûté au club la bagatelle de 200 000 € par match ! (hors salaire). 12 matchs en 2 ans pour les Trotters, qui payèrent 2,4 millions d’euros en 2008 pour s’offrir ses services.

Shittu en action pour Bolton

Shittu en action pour Bolton

Les Lions de Millwall font mieux que se défendre sur le terrain mais la frange dure de leurs « supporters » inquiète. Rien que sur le dernier mois, la faction hooligan du club s’est illustrée par trois fois lors d’incidents violents, dont les batailles rangées du 28 septembre dans l’ouest londonien contre leurs homologues de QPR. La vie est bat’ (de base-ball) pour les inventeurs officiels du hooliganisme. Les derbies Millwall–West Ham s’annoncent chauds la saison prochaine…

Norwich City 1-0 Middlesbrough (lien vidéo)

Bon début de saison des Canaries de Norwich (promu). Le club appartient depuis 1996 à la plus célèbre cuisinière du pays, Delia Smith, une passionnée, qui a refusé nombre d’offres alléchantes pour racheter « son » club.

La reine des fourneaux a patiemment montré aux Anglais dans les années 90 comment faire bouillir un œuf, réussir le pudding à la Marmite, ou concocter une omelette aux baked beans (des dizaines de millions de téléspectateurs et livres vendus).

Delia, les Canaries ne sont pas cuits

Delia, les Canaries ne sont pas cuits

Dorénavant, Delia Smith vise la montée en PL et avec elle, la Total Domination de tout l’est du pays. Roy Keane, l’entraîneur du riche rival Ipswich, s’en étouffe de rage tous les matins en avalant sa bouillie d’avoine. Se faire bouffer par la Maïté anglaise, ça ne faisait pas partie de ses plans quand il reprit l’équipe l’an dernier.

Roy Keane, scary

Roy Keane, scary

Rien ne va plus pour Middlesbrough. Le départ de Gordon Strachan n’a pas eu « l’effet psychologique » escompté (au passage, signalons le noble geste du fantasque Ecossais qui part sans indemnités – démission – et fait donc cadeau au club de 2,5 millions de livres sterling).

Vider une équipe de ses bons éléments (comme les Français Didier Digard et Jérémie Aliadière) et les remplacer par une horde d’Ecossais descendus des Highlands est rarement un gage de réussite (6 Scots dans l’équipe, tous recrutés au dernier mercato d’hiver).

Flash Gordon lâche Middlesbourrin

Flash Gordon lâche Middlesbourrin

Nott’m Forest 2-0 Ipswich Town (lien vidéo)

Ipswich City, managé par Roy Keane, marque le pas. Propriété de Marcus Evans (multi-milliardaire anglais basé aux Bermudes), le club a pour ambition express de retrouver la Premier League. Les Tractor Boys l’ont quittée en 2002, et vivent un calvaire depuis (citons en vrac, un redressement judiciaire, de cruelles déconvenues en championnat et dans les play-offs et l’horreur Ben Thatcher – viré par Keane en février 2010).

Nottingham Forest va mieux, et semble armé pour jouer la montée. But exceptionnel du jeune Lewis McGugan sur un somptueux coup-franc de 35 mètres

Preston North End 4-3 Crystal Palace (lien vidéo)

Le Preston de Darren Ferguson (fils de) dispose de Crystal Palace 4-3 et se sort ainsi de la zone rouge. Palace s’y enfonce et Edgar Davids avec. Le Néerlandais, payé au match joué (1 000 £), accumule les contre-performances.

L’entraînement n’a pas l’air de trop lui convenir non plus. Le 12 octobre dernier, il tombe à bras raccourcis sur son coéquipier Julian Bennett, qu’il secoue comme un cocotier, tout en lui gueulant dessus « I am the boss round here ». Un remake de Scarface qui n’a guère avancé sa cause chez les Eagles.

Celui qu’on appelle The Pitbull a rejoint Palace cet été. Un choix délicat tant ce club est en totale déconfiture financière (redressement judiciaire en janvier dernier). A son arrivée, il déclara : « Comme j’habite dans le coin, je me suis dit que ça serait sympa de jouer pour mon équipe locale ».

Rappelons que le consortium propriétaire du club, le CPFC 2010, avait recruté l’ex star de la Juve pour qu’il « serve de modèle aux jeunes du club ».

Davids, arrêté à Amsterdam le mois dernier pour avoir collé un œil au beurre noir à une cliente dans un cinéma, pourrait vite arrêter la désastreuse expérience Palace.

La dernière fois que Palace avait tenté ce genre de pari du sage vétéran expérimenté, c’était saison 1997-98. Ils avaient alors signé Attilio Lombardo, Tomas Brolin et Michele Padovano – et avaient été dûment relégués de Premier League, dans un feu d’artifice de dettes et scandales.

Swansea 2-0 Leicester

Les Swans disposent facilement des Foxes. Le virevoltant Marvin Emnes, que Middlesbrough recruta en 2008 au Sparta Rotterdam pour 3,2 millions de £ (puis trop vite placardisé par Strachan), vient d’arriver en prêt chez les Gallois.

Débuts du tonnerre de Zeus pour le jeune Néerlandais entré en deuxième mi-temps. Sa technique et pointe de vitesse ont semé la zizanie chez les Fennecs de Sven-Goran Eriksson. Fennec ta mère : ce fut le message du jeune Néerlandais à Boro. Emnes, tout en dreadlocks et accélérations foudroyantes, a été nommé Homme du match et fera sûrement reparler de lui.

Leicester City est un autre club de D2 aux ambitions dévorantes. Oui, les clubs mégalos ne manquent pas en D2, tous appâtés par l’eldorado PL. La mission qu’a confié son propriétaire Lucky Luke, Milan Mandaric, au nouvel entraîneur, SGE, est on ne peut plus simple : remonter en Premier League, et sans traîner, dès 2011.

Il était écrit quelque part que les chemins entre l’entraîneur le plus jet-set au monde et le président de club le plus vorace de la planète foot (une dizaine d’entraîneurs consommés ces 4 dernières années) se croiseraient un jour. Inexorable.

Problème de taille cependant : le Suédois a hérité d’une situation difficile et d’un effectif léger. Les nouveaux proprios thaïlandais lui ont promis 10M de £ pour le mercato d’hiver. Le nom de David Beckham, disponible le mois prochain, a été cité. Pas sûr du tout que cela soit suffisant pour accrocher les play-offs..

Tous ces déboires sur le terrain, est-ce la faute de Yann Kermorgant ? Depuis que le fossoyeur du club de Gary Lineker s’en est allé en prêt en Arles-Avignon, les Foxes galèrent (cf. le fameux pénalty raté lors des play-offs de Wembley, mai 2010)

Watford 0-2 Scunthorpe

Le club d’Elton John (proprio/actionnaire on-off) rentre dans le rang après un départ canon. Un début de saison plus “T.N.T. ” que “Candle in the wind ” de la part des Hornets (frelons), toujours calés en zone play-offs (5èmes).

Les minots de « Scunny » (Scunthorpe) étonnent toujours autant leur monde. Ils perdent leur goal machine Gary Hooper à l’intersaison, on leur prédit l’enfer, mais ils ne souffrent pas le moins du monde (Hooper était l’un des meilleurs « hitmen » de D2 anglaise, 50 buts en deux saisons - transféré au Celtic de Glasgow pour 3 millions d’€, déjà 4 buts en 4 matchs avec les Hoops).

Elton Watford

Elton Watford, Bzzzzzzz

Kevin Quigagne