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Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, place au plus grand championnat du monde. Le championnat qui aura consacré certains des plus grands footballeurs de l’histoire, entre David N’Gog, Gael Givet et William Prunier.

Les vieux de la vieille

Cette photo date de 1996, les débuts de Given en équipe d'Irlande

Cette photo date de 1996, les débuts de Given en équipe d'Irlande

Shay Given, c’est 38 ans certes, mais surtout 558 matchs sur les pelouses anglaises. Un titan comme on devrait l’appeler. Aujourd’hui pensionnaire d’Aston Villa, il est toutefois cantonné au rôle de remplaçant. Le plus fort dans tout ça, c’est qu’il totalise aussi 127 matchs avec sa sélection et qu’il a annoncé son retour en août, deux ans après sa retraite internationale.

Après un Irlandais, il était obligatoire pour des questions politiques d’évoquer un Nord-Irlandais. Michael Duff, 35 ans, est loin d’être le plus connu des footballeurs britanniques. Né à Belfast, formé à Cheltenham, il y passe 7 saisons, entre 1997 et 2004, y disputant 247 matchs et inscrivant 15 buts. 2004, c’est sa date d’arrivée à Burnley. Depuis, il est intouchable en défense et totalise 335 matchs et 7 buts. A noter également 24 sélections en sélection d’Irlande du Nord.

L’an dernier, il avait dû suppléer Petr Cech et avait plutôt bien tenu la baraque, on veut bien entendu parler de Mark Schwarzer, 41 ans. Pour vous donner une idée du monument, il a démarré sa carrière en 1990, est arrivé en Angleterre en 1996 via Bradford, avant de démarrer une histoire d’amour de 11 ans avec Middlesbrough, puis de se recycler à Fulham pendant 5 saisons et de prendre une préretraite bien méritée à Chelsea en 2013. Au total, il représente 508 matchs de Premier League et 109 sélections en équipe d’Australie.

Pièce essentielle de l’opération maintien pour Tony Pulis, l’Argentin Speroni passerait presque pour un jeunot dans cette liste, du haut de ses 35 ans. Assez méconnu, il a gagné ses lettres de noblesse l’an dernier en réalisant une très belle saison. À Palace depuis 2004, il a depuis cumulé 346 apparitions sous le maillot des Eagles.

Gueugnon, l'an 2000, la Coupe de la Ligue face au PSG, buts de Trapasso et Flauto

Gueugnon, l'an 2000, finale de la Coupe de la Ligue, buts de Trapasso et Flauto

Honneur au joueur étranger disposant du plus grand nombre d’apparitions en Premier League, avec 447 matchs. Valeur sûre du championnat depuis son arrivée à Newcastle, Distin, 36 ans, a rarement déçu depuis 14 ans, que ce soit à Newcastle donc, mais également à Manchester City, à Portsmouth ou à Everton. Toujours très athlétique, Distin qui explique que son secret s’est de s’entraîner toujours autant qu’auparavant, voire même plus, espère continuer l’aventure pendant encore quelque temps.

Steve Harper, 39 ans, fait partie de ces gardiens qui n’auront jamais eu énormément de chance avec la Premier League. Formé à Newcastle, il est prêté dans de nombreux clubs de divisions inférieures, comme Bradford, Gateshead, Stockport, Hartlepool et Huddersfield. En 1998 il fait son premier match avec Newcastle, mais continue d’évoluer dans l’ombre de Shay Given. Le départ de celui-ci, en janvier 2008, le place en position de titulaire, mais il ne peut rien faire pour éviter la descente de son club un an et demi plus tard. Titulaire en Championship, il participe activement à la remontée de Newcastle en Premier League. Il doit ensuite progressivement laisser sa place au prometteur Tim Krul et finira par retrouver totalement son précieux banc. En 2011, il est même prêté à Brighton, mais là encore il n’est pas titulaire. En 2013, il s’engage avec Hull City et dispute 13 matchs de championnat et comme chantait la Compagnie Créole « C’est bon pour le moral ». Toutes compétitions confondues, il cumule 277 matchs pros.

Avec Paul Konchesky,33 ans et Marcin Wasilewski, 34 ans, Matthew Upson, 35 ans, complète le trio défensif old-school de Leicester. Formé à Luton Town, il débarque à Arsenal, en 1997, où il joue les utilités, 35 matchs en trois saisons. À partir de l’an 2000, Upson multiplie les prêts, Nottingham Forest, Crystal Palace et Reading. En 2003, il quitte Londres et part pour Birmingham. Il y restera quatre ans, 113 matchs pour cinq buts, et y démarrant même sa carrière internationale. Il file ensuite à West Ham, avec à la clé un contrat de quatre ans et y disputera plus de 130 matchs. En 2011, c’est Stoke qui l’accueille, mais l’expérience n’est guère concluante et il finit par partir en prêt à Brighton. Sur la côte Est, Upson revit et y signe définitivement, en 2013. Solide pendant tout le championnat, il attire l’oeil des dirigeants de Leicester et se laisse tenter par un dernier défi en Premier League.

Au total, il cumule 416 matchs sur les vertes pelouses anglaises et 21 sélections pour deux buts.

Steven, un avis ?

Steven, un avis ?

L’idole de tout un peuple. Formé à Liverpool, Gerrard, 34 ans, n’a jamais quitté le navire Reds. Là-dessus plusieurs interprétations, certains disent que c’est son amour pour Liverpool qui en est la cause, d’autres avancent que Gerrard ne voulait peut-être pas quitter son statut d’icône. Bref préférait-il être un gros poisson dans une petite mare ou un petit poisson, dans une grosse, telle est la question, mais je ne me fais aucun doute concernant la réactivité des supporters de Liverpool pour me répondre assez sèchement dans les commentaires !

Enfin bon, Stevie a tout gagné avec Liverpool. Presque du moins, car il lui manque toujours ce titre de champion d’Angleterre. La Coupe de la Ligue, il l’a, pareil pour la Coupe d’Angleterre et le Community Shield. Il a même la Coupe de l’UEFA, la Super Coupe de l’UEFA et bien entendu la fameuse Coupe aux Grandes Oreilles.

Pour faire simple, Gerrard c’est 648 matchs sous le maillot des Rouges pour 167 buts. Sous le maillot de l’équipe nationale, on arrive 114 sélections et 21 réalisations.

Oui, on aurait pu parler de Frank Lampard et de ses 36 printemps, mais en même temps on s’en fout un peu. À City, il y a plus intéressant, car on y retrouve Richard Wright, 36 ans également, et gardien de son état.

Formé à Ipswich, il débute en équipe pro lors de la saison 1995. Six ans plus tard, Arsène Wenger est convaincu qu’il tient là le futur Seaman et décide de l’engager. Un an après, le voilà déjà en train de faire ses bagages et de rejoindre Everton. Si ces derniers avaient berné Arsène avec Francis Jeffers, l’ami Wenger s’est légèrement vengé avec Wright. À Everton, il restera durant cinq saisons. Cinq saisons c’est pas mal quand même, sauf que le mec n’a joué que 60 matchs, réussissant à se faire déborder par Nigel Martyn, qui n’était plus de première fraîcheur en plus. En 2007, nouveau départ et cette fois c’est West Ham qui l’engage. Il ne tiendra pas un an avant d’être prêté à Southampton pour trois mois. En 2008, il repart à Ipswich et la belle histoire prend forme, puisqu’il est élu meilleur joueur du club pour sa première saison. La deuxième est moins rose, il se pète le genou en décembre et n’est pas renouvelé en mai 2010. Suivent Sheffield United, de nouveau Ipswich, Preston et donc Manchester City depuis 2012.

Wright est l’exemple type du jeune gardien britannique qui a été survendu, et qui n’a pas pu supporter la pression. Il présente tout de même un total de 448 matchs , toutes compétitions confondues, ainsi que 2 sélections en équipe d’Angleterre.


Clint Hil est le chouchou du Loftus Road. Elu par deux fois joueur de l’année par les fans, en 2012 et en 2013. À 35 ans, celui qui est le capitaine de cette équipe des QPR espère bien entendu rester en Premier League, parce que, quand on a son parcours, on se réjouit des bas-fonds de l’élite. Né à Liverpool, Hill ne débute ni à Everton, ni à Liverpool, mais à Tranmere. Nous sommes en 1997 et le joueur ne quittera son club local que six ans et 140 matchs (D2 et D3) plus tard. Le voilà à Oldham, mais l’aventure tourne court et Hill est transféré l’été suivant à Stoke City, à l’époque en Championship. Sa première saison est interrompue par les blessures, mais lors de sa deuxième saison il est même élu joueur de l’année par les supporters locaux. Les deux saisons suivantes sont à nouveau hachées par les blessures et Hill finit par partir à Crystal Palace. Là-bas, il retrouve la forme et enchaîne trois saisons pleines. Suffisant pour attirer l’oeil de QPR qui en fait immédiatement un cadre. Il participe à la montée en Premier League, mais est prêté dans un premier temps à Nottingham (3 mois). Revenant au club en décembre, il participe activement au maintien. La saison suivante est compliquée, mais Hill est l’un des seuls à assurer sur le terrain. Ne fuyant pas ses responsabilités, il signe un nouveau contrat après la descente et joue un rôle-clé dans la remontée immédiate du club londonien.

Alors, même si ses stats devraient grossir d’ici à la fin de la saison, pour le moment Hill représente 545 matchs toutes compétitions confondues.

Vous vous souvenez de l’année de la remontée de Southampton ? Le club du Sud se pointait avec un gardien un brin ridicule dans ses cages, Kelvin Davis, 37 ans.

Formé du côté des Luton Town, Davis, évolue alors dans l’actuelle League One (D3). En 1999, il fait le grand saut et rejoint Wimbledon alors en Premier League. Du banc, il assistera au naufrage des siens, mais en profite pour gratter une place de titulaire suite à la relégation de son équipe. Après trois saisons comme titulaire, il rejoint Ipswich où il restera deux ans, là aussi comme titulaire. Premier grand moment dans la vie de Kelvin, Sunderland vient le débaucher, le voilà titulaire en Premier League. Malheureusement, ça ne marche pas comme prévu, Davis est pris pour cible du fait de ses boulettes multiples et Sunderland est relégué. Nouveau départ et atterrissage à Southampton en Championship (D2). Il chipe la place du titulaire, le Polonais Bartosz Biatlkowski, mais participe au déclin de son club, finissant même par être relégué en League One (D3). Tout proches de sombrer en League Two, les Saints finissent par se reprendre et entament leur fantastique remontée, d’abord en Championship, puis en Premier League. D’abord titulaire, ses prestations catastrophiques poussent le club à recruter Artur Boruc. Cette saison, il se retrouve même quatrième gardien, derrière Forster, Gazzaniga et Boruc. Au total, ces divagations à travers l’Angleterre du foot lui ont permis d’accumuler près de 635 matchs en pro. Pas mal pour un manchot.

L’histoire d’amour entre Thomas Sorensen, 38 ans, et l’Angleterre est réelle. Lorsqu’il débarque, en 1998, à Sunderland, alors en League One, Thomas n’a que 51 matchs pro dans les jambes, dont 45 en deuxième division danoise. Formé à Odense, il n’y aura jamais sa chance. Ses deux prêts à Velje ne sont guère plus concluants, avec juste six titularisations. C’est à Svendborg qu’il apprend le métier, disputant 45 matchs en une saison. C’est là que Peter Reid va le chercher et en profite même pour l’installer dans les cages des Black Cats. Au bout de sa première saison, il obtient le droit de jouer en Premier League. Il participera au maintien de Sunderland durant quatre saisons, avant de partir pour Aston Villa. Quatre saisons pleines plus tard, le voilà pousser vers la porte par Brad Friedel et se profile Stoke City. Sous la houlette de Tony Pulis, Sorensen est titulaire durant deux saisons, mais doit laisser petit à petit sa place à Asmin Begovic. Aujourd’hui troisième gardien derrière Begovic et Butland, Sorensen en profite pour jouer quelques matchs de temps en temps. Cette valeur sûre de la Premier League du début du XXIème siècle compte tout de même 484 matchs en Angleterre et 101 sélections avec le Danemark.

Copaings pour la vie

Copaings pour la vie

Les inséparables Wes Brown et John O’Shea, respectivement 34 et 33 ans. Si Wes est arrivé un peu plus tôt, 1997 en équipe première de United que John qui a lui attendu 2001, les deux défenseurs participent à la machine de guerre du début de siècle qu’était Manchester. À eux deux ils cumulent ainsi 12 titres de champions d’Angleterre, 3 Coupe d’Angleterre, 6 Coupe de la Ligue, 8 Community Shield, 3 Ligue des Champions et un Championnat du monde des clubs (pour O’Shea). Symbole de ces joueurs moyens qui étaient toutefois nécessaires à l’équilibre de l’équipe de Sir Alex, nos deux potes se dirigent vers la sortie en 2011 et rejoignent tous deux le Sunderland de Steve Bruce. Ambitieux, ils vont vite déchanter et se mettre à lutter pour le maintien, ce qui n’a pas changé depuis. Tous les deux sont également internationaux, Brown a engrangé 23 sélections et a marqué une fois, alors que O’Shea s’est fait plaisir avec 96 sélections et deux buts. Sur les terrains anglais, Brown cumule 417 matchs pour 6 buts et O’Shea 507 matchs pour 18 buts.

Qui aurait pu prévoir que Gerhard Tremmel, 35 ans, évoluerait un jour en Premier League ? Assurément pas grand monde. Pendant sa formation, Tremmel écume les clubs de sa Bavière natale, passant même par le Bayern durant deux ans. Il se pose finalement à Unterhaching où il reste durant quatre ans. Après des passages dans d’autres clubs allemands comme Hannovre, le Herta Berlin ou Cottbus, il rejoint le RedBull Salzburg. En 2011, Rodgers décide de le ramener au Pays de Galles afin d’en faire le remplaçant de Vorm. En 2012 ce dernier se blesse et Tremmel assure l’intérim d’une très belle manière. Il dispose ainsi de statistiques étonnantes, comme celui du meilleur ratio arrêt/but encaissé en Premier League et du même coup le deuxième plus performant en Europe, derrière son compatriote Manuel Neuer.

Cette saison, avec le départ de Vorm, on aurait pu penser que l’ami Tremmel aurait pu avoir droit à une place de titulaire, mais Garry Monk en a décidé autrement et à fait confiance à Lukasz Fabianski.

Tremmel en résumé, c’est 286 matchs pros, dont 47 avec Swansea.

Ah Brad Friedel ! On parle d’un mec qui a commencé sa carrière pro au Danemark, à Brondby, en 1994, avant de rejoindre Galatasaray, un an plus tard, de s’y imposer, pour finalement repartir aux Etats-Unis à Columbus. Un an et demi après, Brad débarque enfin en Angleterre. En 1994, il avait été tout proche de s’engager avec Newcastle, mais une sombre histoire de permis de travail l’en avait empêché. Donc, on est en 1997 et le voilà à Liverpool. Bien évidemment, pas simple de s’y imposer, même quand le titulaire se nomme David James, alors deux ans et demi plus tard, il fait son baluchon et se pose à Blackburn, d’abord en Championship, puis en Premier League. Il s’impose vite comme une valeur sûre du championnat et finit par rejoindre Aston Villa, en 2008. Le club de Birmingham est alors très ambitieux et titille assez fréquemment les clubs du Big 4. Notre G.I y passera trois saisons, avant de s’engager avec Tottenham. On est en 2011, Friedel vient d’avoir 40 ans, un vrai teenager. D’abord titulaire, il est petit à petit poussé vers le banc par Lloris, mais ne se laisse pas faire, s’arrachant sur tous les matchs qu’il peut disputer et parvenant même à faire douter le gardien international français. Depuis l’an dernier par contre, il ne parvient plus à faire bouger l’ordre établit, devant se contenter de la Ligue Europa. Cette saison, son horizon s’est récemment obscurci avec l’arrivée de l’excellent Michael Vorm. Est-ce la dernière saison de celui qui aura 44 ans en mai ? Ou bien tentera-t-il un dernier challenge ?

Aucun rapport avec Jussi, mais Ron Burgundy est vraiment une légende

Par les ovaires d'Olivia Newton John, c'est Ron Burgundy !

Un nom qui fait peur à bon nombre de commentateurs et un statut de légende vivante à Bolton. Jussi Jaaskelainen naît le 19 avril 1975, à Mikkeli, ville de 50 000 habitants située dans le Sud de la Savonie. Elle même située au Sud-Est de la Finlande, comme ça vous ne pourrez pas dire que vous n’apprenez rien avec TK. Il débute avec le club local, le Mikkeli Palloilijat, puis rejoint trois saisons plus tard la fameuse équipe des Vaasan Palloseura. C’est là-bas que Bolton va le chercher. On est en 1997 et Jussi Albert ne quittera les Wanderers qu’en 2012. Pas très classieux sur un terrain, il en reste toutefois très efficace. En 2012 il rejoint West Ham et s’impose directement comme le boss. Sauf qu’à Londres, notre ami finlandais se retrouve avec une tout autre concurrence que celle d’Adam Bogdan et lors de sa deuxième saison, il finit par perdre sa place, au profit d’Adrian. Désormais remplaçant, ça va être dur pour Jussi de retrouver les terrains.

Bon quand même, le mec a disputé 527 matchs avec Bolton et 53 avec West Ham, ce qui fait un total de 580. Une bien belle carrière. En sélection nationale, il a souffert de la concurrence d’Anti Niemi, ne récoltant que 55 capes entre 1998 et 2010.

Les entraîneurs en vue

Nous sommes chez Brendan Rodgers. Cet homme n'aurait-il pas un léger problème ?

Nous sommes chez Brendan Rodgers. Cet homme n'aurait il pas un léger problème ?

Si Liverpool avait pratiqué un football attractif l’an dernier, finissant la saison avec 102 buts, on attend de voir la confirmation pour Brendan Rodgers. Le très narcissique Nord-irlandais a beaucoup recruté cet été et a surtout perdu son atout numéro un en la personne de Luis Suarez. Arrivera-t-il à trouver la bonne formule ?

L’homme au goitre est très attendu cette année. Arrivé en partie par l’intermédiaire de Van Persie, Van Gaal, va devoir relancer une machine grippée. Si beaucoup accablent Moyes, il ne faut toutefois pas oublier la part de responsabilité de Ferguson dans le non-renouvellement des cadres depuis deux ou trois saisons.

Pour le moment le Néerlandais a réalisé un mercato assez coûteux et parle déjà de faire venir du monde cet hiver. Reste à voir si l’effectif arrivera à s’adapter aux méthodes du mec et à son 3-5-2.

Déjà rien qu'avec son style, Martinez avait deux ou trois longueurs d'avance sur Moyes

Déjà rien qu'avec son style vestimentaire, Martinez avait huit siècle d'avance sur Moyes

L’an dernier Everton avait envoyé du jeu dans tous les sens. Martinez a très vite su imprimer sa patte sur le jeu des Toffees au point de faire oublier le vénérable David Moyes. Il faut dire que battre le record de points en Premier League, 72 désormais, dès sa première saison, c’était costaud. De plus, Everton a été en course pour la Ligue des Champions jusque dans les derniers instants, parvenant toutefois à accrocher la Ligue Europa. La fin de saison difficile s’expliquait en partie par le manque de profondeur du banc et Martinez a tenté d’y remédier cet été, en ne vendant personne et en recrutant du sympathique, voir plus haut.

Entre Gustavo Poyet et Di Canio, il n’y a pas photo. L’Uruguayen a su amener de la sérénité dans un Stadium of Light qui en manquait cruellement. Récupérant une formation mal partie et qui était déjà annoncée parmi les favoris à la relégation, il a réussi à redresser la barre. Avec ses recrues et après avoir assaini son groupe, on pense notamment au départ de Bardsley, Poyet a tout pour de nouveau sauver Sunderland et pourquoi pas viser le ventre mou.

Joueur des basses divisions, Sean Dyche a commencé sa carrière d’entraîneur, en 2011, sur le banc de Watford. Une première expérience positive, puisque le club termine 11ème avec 64 points, soit son plus haut classement et son plus fort total de points depuis 4 ans. Cela ne suffit pas à la famille Pozzo qui le vire et engage Zola. Dyche reste quelques mois sans club et rebondit finalement en octobre à Burnley. Remplaçant Eddie Howe, il redresse une situation qui était un peu tendu pour sauver le club. L’an dernier, il effectue avec son équipe le meilleur démarrage de l’histoire du club. Rapidement en tête, Burnley ne lâche rien et Dyche peut fêter la promotion en terminant second. Burnley retrouve une Premier League qu’il avait quitté en 2010 et Dyche espère bien réussir ce retour.

Ancien grand joueur, Ronald Koeman a eu plus de mal sur le banc. Il a pu et peut toujours capitaliser sur son nom, certes, mais il ne faudrait peut-être pas trop se planter à Southampton. Une première expérience mi-figue mi-raison à l’Ajax, une pige au Benfica peu concluante, un retour au PSV victorieux, mais de peu (voir le fantastique dénouement de la saison 2006-2007 en Eredivisie). À Valence, il réussit à dresser tout le vestiaire contre lui, déclarant à propos de Joaquin « Il a coûté 30 millions au club, vu son rendement, j’aurai plutôt dit 30 euros », ce à quoi Joaquin répondit « C’était une personne qui prenait les gens de haut. Il n’a pas eu le courage de me dire les choses en face. Tout ce qui l’intéressait c’était de dîner avec cinq ou sept bouteilles de vin. Et quand il a quitté le club, il a emporté avec lui six ou sept millions ». Le groupe vivait bien. Plus d’un an après son limogeage de Valence, il s’installe sur le banc de l’AZ Alkmaar, récent champion et orphelin de Louis Van Gaal. Il est à nouveau licencié, après avoir perdu 7 des 16 premiers matchs de championnat.

En 2011, il signe au Feyenoord, récupérant une équipe criblée de dettes et obligée de s’appuyer sur son centre de formation pour survivre. Il en fait une équipe agréable, parvenant l’an dernier à lutter pour le titre et révélant un paquet de bons joueurs. Au passage, il devient la première personne à avoir joué et entraîné les trois grands des Pays Bas (Ajax, PSV, Feyenoord). Comme pour le buteur qu’il a ramené du Feyenoord, Graziano Pellè, on attend de voir confirmation en Premier League avant de s’enflammer.

Star à Southampton, Pochettino avait prévenu qu’en cas de départ de Cortese il ne resterait pas dans le Sud de l’Angleterre. Après y avoir terminé la saison précédente, il a donc rejoint les Spurs de Tottenham. Chez les Spurs, on attend de voir si l’ancien défenseur parisien arrivera imposer son jeu. Première indication, pour une fois le mercato de Tottenham semble avoir été intelligent.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

Il est beau ce Stadium of Light (ça se voit la lèche là ?)

Il est beau ce Stadium of Light (ça se voit la lèche là ?)

Très loin devant on retrouve Old Trafford, le stade de Manchester United, avec 75 623 places. Pas pour autant que l’ambiance y soit dingue. En seconde position, Arsenal et son Emirates Stadium, disposant de 60 272 places. Ensuite, on va tout au nord et on prend une des 52 397 places du Saint James Park du côté de Newcastle, ou alors on est pote avec Kevin et donc on fait quelques kilomètres pour se rendre à Sunderland et s’asseoir parmi les 49 000 places du Stadium of Light.

En fait le stade de Burnley c'est le stade de Dijon, mais à l'anglaise

En fait le stade de Burnley c'est le stade de Dijon, mais à l'anglaise

Dans l’autre sens, si l’on veut du plus intime, mais tout aussi bruyant, on peut aller à Londres et plus précisément au Selhurst Park de Crystal Palace, avec ses 26 309 places. Sinon, si on aime les tigres ou les gros chats en tous genres, comme Steve Bruce par exemple, direction Hull City et son KC Stadium (25 400 places). Admettons que vous habitiez à Vitry-sur-Seine, vous ne saviez peut-être pas que votre ville était jumelée avec celle de Burnley. Raison de plus pour se rendre dans l’antre du club local, le Turf Moore et ses 22 546 places. Enfin, si vous voulez vivre un peu l’histoire, rendez-vous au Loftus Road, le stade des QPR. Le club ayant récemment obtenu le feu vert pour la construction d’un plus grand stade, il en sera bientôt fini du plus petit stade de Premier League, avec ses 18 439 places.

Le club à suivre

Aucune nouvelle de ce jeune enfant depuis.

Aucune nouvelle de ce jeune enfant depuis.

Pour moi Hull a tout simplement fait le recrutement le plus complet de toute la Premier League. Ils ont récupéré gratuitement le très prometteur milieu gauche Thomas Ince, obtenu les prêts d’Hatem Ben Arfa et de Gaston Ramirez. Au niveau des transferts secs, ils ont vu arriver l’attaquant uruguayen Abel Hernandez en provenance de Palerme, le très bon ailier écossais Robert Snodgrass, les milieux Momo Diamé et Jack Livermore, les défenseurs Michael Dawson et Harry Maguire, ainsi que le grand espoir écossais au poste de latéral, Scott Robertson. Costaud donc, d’autant plus qu’ils n’ont perdu que deux potentiels titulaires, à savoir George Boyd et Shane Long.

Pour le moment, Steve Bruce s’oriente vers un 3-5-2, avec McGregor dans les cages, Dawson, McShane et Davies en défense, Robertson en piston gauche et Elmohamady en piston droit, un trident au milieu composé de Huddlestone, Quinn et Livermore et enfin en attaque Jelavic et Ince en attaque.

Tout cela dans un contexte particulier, je vous invite à aller voir le bilan de fin de saison de TK, avec une partie consacrée à l’extrasportif du côté de Hull, et alors que peu de gens pensaient Bruce capable de sauver Hull l’an dernier.

Concernant l’extrasportif, des fans patientaient devant le stade lors de la dernière journée des transferts. Oui, ils n’ont que ça à faire ! Ben Arfa signe et du coup, le proprio du club sort et offre des pizzas aux fans présents. A noter que le club avait déjà fait ça pour les supporters qui faisaient la queue afin d’avoir un billet pour assister à la finale de FA Cup. De plus, on a récemment appris que le club avait été mis en vente.

Le club à ne pas suivre

Comme ça j’aurai dit QPR, parce que j’aime vraiment pas Tony Fernandes, mais c’est un peu facile de toujours taper sur les mêmes. Alors vu que je suis un Toffee, je vais dire Liverpool.

Les pronos TK

L’an dernier j’avais réussi le fantastique score de 0 point. Cette année je vise au moins un point et j’annonce Chelsea champion, suivi de Manchester City, d’Arsenal, de Liverpool, de Tottenham et d’Everton. Pour la relégation, les victimes seraient Crystal Palace dans le rôle du premier relégable, QPR pour la 19ème place et Burnley pour la lanterne rouge.

Voilà les gars, n’hésitez pas à faire vos pronos dans les commentaires et on reparlera en mai prochain.

Didier Feco.

PS : bonne saison à tous.

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, place au plus grand championnat du monde. Le championnat qui aura consacré certains des plus grands footballeurs de l’histoire, entre David N’Gog, Gael Givet et William Prunier.

Le classement après trois journées

Les candidats au titre

Souvenirs de mai 2014

Souvenirs de mai 2014

Favori à sa propre succession, Manchester City ne devrait pas être trop loin de la couronne en mai prochain. Souverain l’an dernier grâce à une attaque de feu (102 buts inscrit), City a cette fois évité d’acheter 18 attaquants. Pour voir des recrues, c’est en défense et au milieu qu’il faut se rendre. Tout d’abord, l’arrivée dans les cages du très bon Caballero en provenance de Malaga. Un choix pas anodin pour Pellegrini, puisque le portier argentin était un des hommes de base du technicien chilien lors de son passage sur le banc du club pensionnaire de la Rosaleda. En défense, on notera les arrivées de Mangala et de Sagna. Enfin, au milieu de terrain, on signalera les signatures de Fernando et de Franck Lampard, ce dernier ayant été prêté depuis New-York. Notons qu’après trois matchs, les Citizens s’en tirent avec deux victoires, mais aussi une défaite à domicile face à Stoke City.

Toujours emmenés par le controversé Mourinho, les Blues de Chelsea comptent bien retrouver un titre qu’ils n’ont plus vu depuis 2010. Pour ça, il faudra s’appuyer sur leur très bonne défense, seulement 27 buts encaissés l’an dernier, mais aussi améliorer l’attaque. Car oui marquer 71 buts en Premier League est désormais insuffisant pour pouvoir espérer quoi que ce soit. Pour ça, le board a fait venir du très très lourd. Bienvenue donc à Diego Costa, Loic Remy et Didier Drogba. Dans les bois, il faut croire que Petr Cech ne suffisait pas, alors Thibault Courtois a été prié de revenir prestement de son prêt à l’Atletico. Il a été suivi de son compère de la défense madrilène, le latéral Filipe Luis. Au milieu de terrain, on notera le refus poli de Tiago, mais la signature controversée de Cesc Fabregas. On parle quand même d’un type qui a été fabriqué par Arsenal et qui avait déclaré en 2010 « Si je porte un jour le maillot de Chelsea, vous pourrez me tuer ». On prend les paris pour le prochain but de Ramsey ?
Au rayon des départs, c’est la fin d’une époque pour Chelsea, Mourinho s’étant séparé de Lampard et d’Ashley Cole. Exit également Demba Ba, mais également David Luiz et Lukaku avec de beaux coups financiers en prime, pour un total de 75M£.
Pour le moment, tout va bien, trois matchs et autant de victoires, dont une très probante sur le terrain d’Everton, sur le score assez fou de 6-3.

Souvenir de mai 2014

Souvenirs de mai 2014

Tout proche de renouer avec la couronne nationale, Liverpool a finalement flanché sur la fin en concédant une défaite à Anfield face à Chelsea et un match nul à Palace. Si le jeu pratiqué par les Reds était spectaculaire, pas moins de 101 buts inscrits, leur défense était souvent catastrophique, avec 50 buts encaissés. Les lacunes en matière d’effectif ayant été maintes et maintes fois évoquées, Rodgers a décidé de faire sortir le chéquier et d’acheter à tout va. Tout d’abord, il a été débauché trois joueurs de Southampton, Adam Lallana, Dejan Lovren et Rickie Lambert. Il est ensuite aller taper dans du jeune prometteur, avec Emre Can, Divock Origi (bien que prêté directement à Lille), Alberto Moreno et Lazar Markovic. Enfin, il va tenter de relancer, une énième fois, Mario Balloteli. Coût total des opérations : 133 millions de pounds.

Bon, il faut tout de même dire que Liverpool a dû se séparer de Luis Suarez. Vous savez celui qui voulait se barrer, mais qui n’a pas pu. Alors après il a dit qu’il voulait passer sa vie à Liverpool. Puis une fois le mercato revenu, il a subitement eu des envies de départ.Reste que son départ est une énorme perte pour Liverpool, mais également pour la Premier League.

La réussite de la saison de Liverpool tiendra pour beaucoup dans l’adaptation de ses recrues, mais si la défaite du côté de Manchester City a permis de montrer un écart assez important entre les deux équipes, l’éclatante victoire (3-0) sur la pelouse de Tottenham a fait du bien au vestiaire des Reds.

Les équipes qui risquent d’avoir besoin d’un concours de circonstances pour être titré sur la fin

Là, on rentre dans les équipes qui risquent d’avoir besoin d’un concours de circonstances pour être titré sur la fin.

Hype de la première moitié de saison l’an dernier, à tel point que certains se sont mis à rêver du titre, les Gunners ont eu du mal à digérer l’hiver. Wenger a fait péter le larfeuille pour ramener Alexis Sanchez, qui ne s’était jamais acclimaté au Barça. Enfin, ne t’emballe pas jeune fan des Gunners, Sanchez il joue surtout ailier. Toutefois, le mercato d’Arsenal reste assez intéressant, avec les signatures du jeune et très prometteur Callum Chambers, en provenance de Southampton, et de deux valeurs sûres du championnat anglais, à savoir Danny Welbeck et Matthieu Debuchy. Notons également l’arrivée du solide David Ospina, qui va essayer d’amener un peu de sérénité dans les cages.

Au niveau des départs, on signalera les départs de Thomas Vermaelen pour le FC Barcelone et de Bacary Sagna pour Manchester City. Oui bon d’accord, il y a aussi ceux de Nicklas Bendtner et de Chu Young Park.

Après s’être tiré, de façon assez poussive, du barrage de Ligue des Champions face au Besiktas (1-0 sur les deux matchs), Arsenal a confirmé ses difficultés à l’extérieur, en concédant deux matchs nuls sur les pelouses d’Everton et de Leicester. Malgré tout, l’équipe a montré une certaine forme de caractère, en arrachant la victoire dans les toutes dernières secondes, lors de l’ouverte face à Palace et en revenant de nul part face à Everton.

Un résumé de la situation de United

Un résumé de la situation de United

Nouvelle révolution de palais à Manchester United. Après moult et moult années sous le règne de Sir Alex Ferguson, la monarchie a vacillé sous David Moyes Ier. Comme pour Edouard II, les sages du royaume ont décidé de l’assassiner et de chercher un nouveau favori. Après leur court intérim, c’est un certain Louis Van Gaal, de la maison Oranje, qui vint prendre la place.

Le nouveau roi amène avec lui une philosophie qui a fait ses preuves à peu près partout, mais qui a aussi eu tendance à user les esprits de ses anciens disciples. Faisant face à des troupes quelque peu rabougries, Van Gaal a également estimé qu’il était important de sortir les deniers royaux afin de combler quelques manques. C’est ainsi que débarquent Angel Di Maria, Daley Blind, Marcos Rojo, Ander Herrera, Luke Shaw ou encore Falcao, et tout ça pour la modique somme de 170M£.

Pour autant recruter, il fallait également tailler dans les dépenses superflues. Au revoir donc au Evra, Vidic, Ferdinand, Büttner, Kagawa, Welbeck, Chicharito, mais surtout la légende locale, le Chevalier au Lion, Ryan Giggs.

Alors vu que Manchester ne jouera pas de Coupe d’Europe, même pas une coupette, on serait tenté de dire que l’effectif est suffisant pour retrouver le top 3 l’an prochain, sauf que ça ne paraît pas très équilibré, et la récente humiliation en League Cup face aux Milton Keynes Dons (4-0) combinée à un début de championnat ultra-poussif (défaite à domicile face à Swansea, nuls à Sunderland et à Burnley), n’incite pas à l’optimisme non plus.

Ouh la grosse cote ! Avec l’arrivée du très demandé Pochettino, Tottenham peut espérer faire quelques bonnes choses cette année. Alors que les fans pensaient sans doute voir arriver un gros contingent de joueurs de Southampton, il n’en fut rien. Malgré tout, le recrutement a été de qualité, avec les signatures de Ben Davies, Fazio, Stambouli, Vorm, Dier et Yedlin (prêté directement aux Seattle Sounders). Du côté des départs, on notera ceux de Sandro, Sigurdsson, Livermore et Dawson.

La saison avait démarré assez joliment, avec une qualification en Ligue Europa face à l’AEL Limassol (5-1 sur les deux matchs), puis avec une victoire du côté du Boleyn Ground face à West Ham (0-1), un massacre de QPR à White Hart Lane (4-0), mais c’était avant le drame bien entendu. Le 31 août, Liverpool se présente à WHL et colle trois bastos dans le buffet des Spurs. Bref, va falloir profiter de la trêve internationale pour se remobiliser et répondre à Sunderland.

Lukaku dans une brillante imitation de Fabrice Fiorèse

Lukaku dans une brillante imitation de Fabrice Fiorèse

Deuxième saison à la tête des Toffees pour Roberto Martinez, qui après avoir réussi une première saison historique, 72 points soit le meilleur total d’Everton depuis l’avènement de la Premier League, essaiera de confirmer. Pour cela, il peut toujours s’appuyer sur ses cadres de la défense, c’est-à-dire Howard, Distin, Jagielka, Baines et Coleman, auxquels on peut désormais associer John Stones. Au milieu de terrain, il a réussi à conserver Barkley (malheureusement blessé depuis), Gareth Barry et en se faisant prêter Christian Atsu. Enfin, en attaque, il a craqué son slip pour faire signer Lukaku, en signant un chèque de 31M£, soit le plus gros transfert de l’histoire du club. Et pour ajouter un peu de concurrence, il a fait venir Samuel Eto’o. Qu’il paraît loin où les attaquants se nommaient Yakubu, Jô et Anichebe…

Le plus fort dans tout ça, c’est qu’au rayon des départs, on ne retrouve pas de joueur clé, excepté éventuellement Deulofeu. Everton se présente donc avec un effectif inchangé et même renforcé, ce qui laisse augurer de belles petites choses…

Pourtant, comme l’an dernier le début de saison est plus que poussif. Après avoir concédé le nul à Leicester, Everton s’est fait remonter comme un bleu à domicile face à Arsenal, avant de livrer un match fou à Goodison, mais néanmoins perdu, face à Chelsea.

Les candidats à la descente

La dernière fois qu’on les avait vus ici, c’était franchement comique. Harry Redknapp, le Patrick Balkany du foot anglais, est toujours aux commandes et est bien décidé à réussir sa mission. Ou à se faire virer pour toucher des indemnités, on ne sait plus à TK.

Or, pour une fois le recrutement des QPR passerait presque pour moyen plus. Bonjour à Alex McCarthy, le portier de Reading, au très bon Steven Caulker, au vieux Rio Ferdinand, à l’espoir Jack Robinson, au paumé Mauricio Isla, à l’inconstant Leroy Fer, à l’utile Jordan Mutch, à l’expérimenté Sandro, à l’éternel espoir Niko Kranjcar et au mal exploité Eduardo Vargas. Avec tout ça, Harry pourra compter sur le retour d’Adel Taarabt, de retour de son prêt à l’AC Milan.

En ce qui concerne les départs, QPR a vu partir définitivement Loic Remy vers Chelsea, mais également Esteban Granero, Danny Simpson et Yossi Benayoun. On notera également la retraite de ce poète de Luke Young et du super coréen Park Ji-Sung.

Avec tout ça, la saison a mal débuté, avec des défaites en Coupe de la Ligue à Burton (1-0) et d’autres revers en championnat, à domicile face à Hull (1-0) et à White Hart Lane (4-0), avant de finir par se ressaisir à Loftus Road face à Sunderland (1-0).

C'est un conceot

C'est un concept.

Ils y sont enfin parvenu. Après avoir échoué de très peu, et de façon dramatique, à la promotion en 2013, les Foxes de Leicester retrouvent une Premier League qu’ils avaient quitté en 2004. Emmenés par un très bon Knockaert, un Nugent de folie et un Schmeichel de plus en plus intéressant, ils devraient tout de même lutter pour se maintenir, petite revue du mercato.

Pearson a décidé de renforcer son effectif, mais sans tout chambouler. Il a donc fait venir Leonardo Ulloa, déjà auteur de deux buts, en provenance de Brighton, le latéral droit de QPR, Danny Simpson, deux milieux de terrain de United, avec la signature sèche de Tom Lawrence et le prêt de Nick Powell et puis le gros coup médiatique avec la signature d’Esteban Cambiasso. Si l’Argentin n’est plus tout jeune, il pourrait apporter toute son expérience.

Pour les départs, on notera ceux de Sean St Ledger et de Kevin Philips. Pour ce dernier, c’est vers la caisse des retraites qu’il faudra désormais se rendre. Une minute de silence pour la mémoire du héros de Kevin Quigagne.

Pour le moment, les Foxes ont limité la casse, dans un début de championnat qui s’annonçait comme très galère. Il a fallu recevoir Everton (2-2), puis se déplacer à Chelsea, avec une défaite à la clé (2-0), puis accueillir Arsenal (1-1). Costaud le calendrier. La déception vient de Coupe de la Ligue et de l’élimination à domicile face à Shrewsbury (1-0).

Les Lego sont parmis nous !

Les Lego sont parmis nous !

Burnley dispose sans doute de l’effectif le plus faible de cette Premier League. Le manager, Sean Dyche, ne disposant pas de ressources exceptionnelles pour son recrutement, il a fallu jouer intelligemment. Tout d’abord en conservant sa colonne vertébrale, Tom Heaton dans les cages, Jason Shackell et Michael Duff en défense, David Jones et David Marney au milieu et le duo d’attaquants Danny Ings et Sam Vokes, 47 buts à eux deux.

A cela, il a ajouté George Boyd, Lukas Jutkiewicz, Michael Kightly, Marvin Sordell, les expérimentés Steven Reid, Matthew Taylor, Matthew Gilks. Enfin, il faut noter les prêts de Michael Keane en provenance de United et celui de Nathaniel Chalobah depuis Chelsea.

Une saison qui s’annonce difficile donc, qui a démarré par deux défaites en championnat, à Stamford Bridge (3-1) et à domicile face à Swansea (1-0), avant de chopper le match nul (0-0) face à United. Il faut également noter l’élimination en Coupe de la Ligue face à Sheffield United et à domicile s’il vous plaît.

En décembre dernier, les observateurs avaient tous condamné Crystal Palace au Championship. Sauf que Pulis est arrivé et a tout changé. Celui qui était décrié à Stoke, a réussi à créer une petite hype autour de son équipe, remontant le classement comme Froome le Ventoux et accumulant les bons résultats face à des équipes de haut de tableau. Sauf que patatras, Pulis s’est barré. Malky Mackay était pressenti pour lui succéder, mais une sombre affaire de SMS à tendance raciste, l’a poussé à renoncer à revenir dans l’arène. Finalement, c’est ce bon vieux Neil Warnock qui a pris place sur le banc, mais franchement on ne voit pas trop comment il pourrait s’y prendre…

Pas vraiment de départ, mis à part celui de Dikgacoi, mais plusieurs arrivées. Tout d’abord celle de James McArthur, le milieu écossais débarquant contre presque 8M£. Ensuite, celles de Zeki Fryers, de Martin Kelly et de Frazier Campbell. Il a également été privilégié l’expérience, avec les arrivées de Hangeland, Andy Johnson et le prêt de Kevin Doyle. Enfin, le retour de l’enfant chéri, décevant à United, à savoir Wilfried Zaha, en prêt lui aussi.

La saison de Palace aura démarré par deux défaites. La première sur le terrain d’Arsenal (2-1), la seconde à domicile face à West Ham (3-1). Après cela, Palace parvint à accrocher le nul à Saint James Park (3-3). Au contraire, ça roule en Coupe de la Ligue avec une qualification sur le terrain de Walsall (3-0) et le prochain tour verra le déplacement de Newcastle.

Mais où est Charlie ?

Mais où est Charlie ?

Bon, ça ne va pas faire plaisir à Kevin, mais les Black Cats font partie des légitimes favoris pour descendre voir comment ça se passe en Championship. Si Gustavo Poyet avait réussi l’exploit de sauver Sunderland l’an dernier, et franchement c’était mal engagé, dur de savoir s’il pourra trouver les ressources pour le faire une deuxième fois d’affilée.

Le technicien uruguayen a décidé de renouveler une grosse part de son effectif afin d’entreprendre cette difficile mission, alors attention y a du départ : Scocco, N’Diaye, Diakité, Cuellar, Ba (prêt), David Vaughan, Bardsley, Craig Gardner, Westwood, Ustari, Roberge (prêt) et Dossena. Mais le départ le plus emblématique de tous, reste celui de Jack Colback. Le rouquin, formé au club a filé sans indemnité chez le voisin honni, à savoir Newcastle. Bref, la trahison ultime et l’équipe de TK était très inquiète concernant Kevin, mais il semble avoir surmonté sa peine.

Alors avec ces nombreux départs, il fallait bien recruter un peu. Les habitués du Stadium of Light ont donc vu débarquer l’éternel espoir Jack Rodwell, Will Buckley, Patrick van Aanholt, Ricardo Alvarez, Costel Pantilimon, Billy Jones, Jordi Gomez et Sebastian Coates.

Pas top. Voilà comment on pourrait qualifier le début de saison de Sunderland. Après avoir été chercher le nul à West Brom (2-2), United a été tenu en échec à Sunderland (1-1), avant que les hommes de Poyet ne tombent dans l’antre des QPR.

En Coupe de la Ligue par contre, ça roule tout seul, après avoir écrasé Birmingham (3-0) au St Andrews, il y aura la réception de Stoke.

Les joueurs à suivre

Courtois surveillant sa surface

Courtois surveillant sa surface

Après un prêt de deux ans dans la capitale espagnole, Courtois revient comme un prince souhaitant se faire couronner roi à la place du roi déjà en place, le vénérable Petr Cech. Ce dernier ne semble rien pouvoir faire pour empêcher le jeune belge de monter sur le trône. En tout cas, avec deux gardiens pareils dans l’effectif, Mourinho peut voyager tranquille.

Idole du Frioul, Alexis Sanchez n’a jamais réussi à s’adapter totalement à la Catalogne. Toutefois, il dispose des qualités pour faire mal en Premier League et devrait s’avérer un renfort de choix pour Wenger. Surtout, il devrait pouvoir déplacer l’attention des suiveurs sur lui, permettant à un Mesut Ozil de jouer un peu plus libéré.

Ouh le gros chèque ! Van Gaal le voulait et contre 66M £ le Real se sera laissé faire. Il faut dire que Di Maria voulait bien prolonger au Real, mais uniquement si l’on augmentait son salaire pour le placer derrière celui de Cristiano Ronaldo. Perez aura refusé et Di Maria a été obligé de quitter Bernabeu avec le cœur gros. L’achat paraît intéressant, car en plus de pouvoir jouer sur l’aile gauche ou droite, Di Maria a de plus en plus évolué dans l’entrejeu, notamment au Real mais surtout en équipe d’Argentine. Reste que son arrivée précipite de plus en plus Juan Angel Mata vers un départ. Oui, le même Mata qui était arrivé en janvier dernier contre une trentaine de millions. Quand on vous dit qu’ils ont des sous à United.

Lukas qui essaie de faire comme Courtois, mais le résultat n'est guère concluant

Lukas essaie de faire comme Courtois, mais le résultat n'est guère concluant

Une histoire bien tortueuse que celle de Lukas Jutkiewicz. Né à Southampton, il intègre l’académie des Saints, mais se barre à Swindon ne voyant pas de contrat pro arriver. Il débute alors en équipe première à l’âge de 17 ans et inscrit 5 buts en 38 apparitions. Suffisant pour attirer l’œil d’Everton. Dans la cité portuaire, le jeune attaquant a du mal à se faire une place et enchaîne les prêts, Plymouth, Huddersfield et Motherwell. C’est justement là-bas qu’il se révèle, en inscrivant 12 buts en 33 apparitions. Coventry le recrute, mais Lukas n’est pas ce que l’on appelle un buteur prolifique. Après une saison et demie, une soixantaine de matchs et 18 buts, le voilà qui plie bagages pour se rendre à Middlesbrough. Pour l’anecdote, il fut d’abord prêté afin de pouvoir lui faire jouer un match le jour même. Une fois le match joué, les dirigeants de Middlesbrough achevèrent de le recruter définitivement. Deux ans plus tard, il part en prêt à Bolton et réalise une bonne demi-saison avec 7 buts en 20 apparitions. Suffisant pour attirer le regard du manager de Burnley et revenir en Premier League avec comme ambition de s’y imposer. À 25 ans, il est temps d’y penser sérieusement…

C’est simple, c’était l’un des seuls joueurs de Norwich à mériter de rester en Premier League. En signant Snodgrass, Hull a fait un très beau coup. Percutant, buteur, infatigable cavaleur sur son côté, il va encore s’amuser sur les prés et Hull espérer qu’il continue sur sa lancée de l’an dernier où il avait inscrit 6 buts en 30 apparitions.

On va avoir droit à notre petite pause chauvinisme. Lorsqu’il était à Guingamp, Knockaert c’était le joueur frisson, capable de faire des gestes fous, mais aussi de disparaître pendant 10 matchs. Contre toute attente, il s’engage avec Leicester et rate ainsi la remontée fantastique du club breton en Ligue 1. Or à Leicester, Knockaert s’amuse et fait le tour des zappings avec ses buts aussi fous les uns que les autres. Il y a un an de ça, alors que Leicester affronte Watford en demi-finale des barrages d’accession à la Premier League, Knockaert provoque balle au pied et obtient un penalty assez généreux. On joue les dernières secondes du match, s’il marque Leicester va en finale. Sauf que son tir est repoussé et que dans la foulée, Watford marque et se qualifie. Le Français aura beaucoup de mal à se remobiliser et va mettre du temps à revenir à la hauteur de son véritable talent, mais ce sera chose faite lors de la seconde moitié du championnat. Cette année, Knocky’ a tout pour régaler les observateurs, participer au maintien des Foxes et pourquoi ne pas rêver d’un transfert dans un club plus huppé.

No comment...

No comment...

« Hey Jack ?! It’s Kevin Quigagne ! Shame on you bastard ! », voilà le message laissé par notre maître vénéré à tous sur le répondeur de Jack Colback. Le pauvre Kevin s’était bien résolu à voir partir son rouquin favori, mais le voir rejoindre Newcastle…. D’autant plus que Colback a avoué avoir toujours été fan de Newcastle ! Toujours est-il que Colback dispose d’une carte à jouer, autant chez les Magpies qu’en équipe nationale. Il a d’ailleurs été récemment appelé par Roy Hodgson pour le match face à la Suisse. À Newcastle, il va tomber dans un effectif fourni, mais va pouvoir user de sa polyvalence pour se faire une place au soleil. Enfin, le soleil… ça reste Newcastle tout de même.

Méconnu en Italie, Pellè a été consacré à Rotterdam en inscrivant 50 buts en 57 matchs sous le maillot du Feyenoord et peut légitimement avoir de belles ambitions. Cette grande tige d’1m93 devra tout de même passer derrière Rickie Lambert. Pas simple, il faut le reconnaître. Heureusement pour lui, il n’est pas seul à passer de Rotterdam à Southampton, puisque son coach, Ronald Koeman vient d’effectuer le même chemin. À 29 ans, il est désormais temps pour Pellè de confirmer au plus haut niveau et pourquoi pas de taper à la porte de la Squadra Azurra.

Le Barça vivait bien à l'époque

Le Barça vivait bien à l'époque (Piqué + Bojan)

Annoncé comme un futur crack, je suis formé à la Masia. Évoluant au poste d’attaquant ou d’ailier, je débute en équipe première à l’âge de 17 ans, mais ne parviens finalement pas à m’imposer durablement. En 2011 je rejoins mon ancien entraîneur de la réserve barcelonaise, Luis Enrique, du côté de la Roma, mais une nouvelle fois je n’arrive pas à m’y imposer. Un an plus tard, je suis prêté au Milan AC, mais une fois de plus je ne suis pas transcendant. Le FC Barcelone me tend alors la main et en profite pour me prêter à l’Ajax Amsterdam. Aux Pays Bas je revis un peu, mais je ne suis toujours pas la machine à buts que j’étais lors de mes jeunes années en Catalogne. En juillet 2014 je signe à Stoke City, je suis le cousin de Lionel Messi, je suis….

BOJAN !

Des fans de WBA invoquant l'esprit de Samaras

Des fans de WBA invoquant l'esprit de Samara

Dieu. Pour son portrait, vous pouvez voir l’article sur les Grecs du foot anglais. West Brom a été très actif sur le marché des transferts, mais le beau coup, il est là. Samaras, l’idole du Celtic. Que fout-il à West Brom ? On sait juste que six ans après son échec à Manchester City, le revoilà en Angleterre. En tout cas il va encore cavaler, monter, descendre, dribbler, énerver, faire preuve d’un peu (beaucoup) de nonchalance, puis finalement se décider à jouer un petit peu. Au final Georgios c’est un peu le footballeur du dimanche un peu technique. Il sait qu’il est costaud techniquement, alors il fait de temps en temps preuve d’un peu de facilité. Ce qui, fatalement, le dessert lui et son équipe. Allez Georgios, amuses-toi et mets du rêve dans les yeux des Baggies.

Zarate is back ! Six ans après son prêt à Birmingham, Mauro revient en Angleterre, mais cette fois il a mûri. Finit l’époque de la Lazio ou de l’Inter où il semblait n’en faire qu’à sa tête. Son retour dans son club formateur, le Velez Sarsfield, semble avoir été un déclic. À 27 ans, il n’a plus de temps à perdre, et peut profiter du virage étonnant pris par le West Ham de Big Sam, pour continuer sa mue et pourquoi ne pas enfin décrocher une sélection en équipe nationale.

Allez bonne lecture et à demain pour la suite de cette preview,

Didier Feco

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, on monte d’un échelon, on y croise pléthore d’internationaux et on prend place aux côtés d’une vingtaine de milliers de spectateurs, en moyenne. L’antichambre de l’élite. Présentation.

Le classement après cinq journées (sur 46).

Les prétendants à la montée

Entre cinq et dix, si l’on inclut les forces supposées vives, les outsiders crédibles et les postulants sur le qui-vive. Revue en détails.

Norwich, Fulham et Cardiff City. Les trois gros, si on peut dire. Les trois relégués de Premier League qui profitent des énormes droits TV de PL et des “parachute payments” (environ 70 millions de livres) accordés aux relégués et échelonnés sur trois ans. Des trois, Fulham est celui qui connaît le début de saison le plus catastrophique. Avant-dernier avec quatre défaites en cinq matchs, les Cottagers doivent rapidement rectifier le tir s’ils veulent prétendre à la remontée immédiate. Surtout que Felix Magath est resté sur le banc malgré la relégation, et que l’effectif est de qualité : Ross McCormack, acheté 11M£ à Leeds, Scott Parker, Hugo Rodallega. En revanche, le four Konstantinos Mitroglou devrait quitter la cuisine londonienne, et Stekelenburg s’est déjà exilé à Monaco.

Sur le papier, Fulham reste donc un prétendant, tout comme Cardiff City, où Ole Gunnar Solskjaer a cette fois pu profiter de deux mois de préparation pour bâtir une équipe cohérente. Le retour en forme de Kenwyne Jones et l’arrivée d’Adam Le Fondre sont à ce titre une excellente nouvelle pour les Bluebirds. Le Brittanique a toujours marqué plus de 10 buts lors de ses saisons complètes (le Gomis Anglais, en quelque sorte) et devrait aider les Gallois à jouer la montée.

Jones et Solskjaer s'entendent déjà à merveille, visiblement

Norwich a conservé son noyau dur, avec John Ruddy dans les cages, Russell Martin et Sebastien Bassong en arrière-garde, Wes Hoolahan et Bradley Johnson au milieu de terrain, Gary Hooper devant. Quelques pertes (Ricky van Wolfswinnkel, que les supporters ne regretteront pas, ou encore Leroy Fer, parti à QPR), mais de bonnes pioches, avec l’attaquant Lewis Grabban, acheté à Bornemouth où il marquait un but tous les deux matchs l’an passé (et déjà cinq cette année).

Derby County. Le malheureux finaliste des play-offs de l’an passé devra se relever psychologiquement de son raté de la dernière minute. La Premier League, que le club n’a plus connue depuis 2008 (et un bilan famélique de 11 points…), était si proche. Cette année, ils peuvent toujours compter sur un entraineur expérimenté (Steve McLaren, l’homme au parapluie) et un effectif très jeune et maintenu en l’état. Les attaquants sont déjà au diapason, avec six buts en dix matchs cumulés pour Chris Martin (l’autre) et Jamie Ward. Le meilleur joueur de l’an passé, Craig Bryson, monte toujours la garde.

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait la cerise aux Pays-Bas

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait un peu la cerise

Wigan. L’année dernière, malgré la fatigue de leur parcours en Coupe d’Europe (dernier de leur groupe) et en FA Cup (éliminé en demi-finales aux pénaltys contre Arsenal), le club avait tout de même réussi à se qualifier pour les play-offs du championnat. Cette année, débarrassés de la joute européenne, et avec Maloney, McManaman, Caldwell, Boyce qui ont, entre quelques autres, tous connu la PL sous le maillot bleu et blanc, les Latics peuvent franchement se mêler à la lutte pour les six premières places. Et si Oriol Riera, le buteur Espagnol transféré d’Osasuna pour 2M£, s’adapte bien, ils pourraient même viser davantage.

Et puis en vrac : Brighton & Hove Albion et son manager Sami Hyppiä, Watford, Nottingham Forest, et pourquoi pas Leeds ! (non, on déconne)

Les clients à la descente

Incontestablement, Blackpool fait figure de favori pour la League One. En moins de deux ans, le club a connu six entraîneurs, et celui actuellement en place, Jose Riga, n’avait que neuf joueurs éligibles le matin de son match d’ouverture. L’équipe a perdu 27 (!) joueurs pendant l’été, et a dû recruter douze joueurs en douze jours. Le niveau d’amateurisme administratif ne s’est pas complètement ressenti sur le terrain, bien que Blackpool ait quand même perdu 2-0. Avec aucun point en cinq matchs, le miracle collectif n’a pas encore eu lieu. Et on doute qu’il se produise en cours de saison.

Ils se foutent du ballon rond, à Blackpool

Ils s'en foutent du ballon rond, à Blackpool

La saison de Millwall sera également difficile. Le club s’est maintenu tant bien que mal l’an passé, et il y a eu peu d’ajouts significatifs au cours de l’été. Mais l’entraineur se nomme Ian Holloway, aka le magicien illuminé. Et à ce titre, tout est possible.

Et puis en vrac : Birmingham City, qui s’est maintenu en Championship grâce à un but dans les arrêts de jeu du dernier match, et dont la prochaine saison risque d’être aussi longue que la dernière ; Sheffield Wesnesday, qui attend que Hafiz Mammadov leur envoie de l’argent (décidément, l’Azéri a du mal à recopier les RIB) ; Roterham, quatrième de League One et promu surprise, aura fort à faire pour rester à cet échelon.

Les joueurs à surveiller

Jake Forster-Caskey (Brighton), milieu de terrain de 20 ans et toutes les dents du talent.

Mats Møller Dæhli (Cardiff), milieu de terrain de 19 ans, passé par la réserve de MU et ayant suivi Solskjaer à Molde, puis à Cardiff, donc.

L’année dernière, on vous parlait de Jordan Rhodes, le buteur de Blackburn qui avait planté 27 buts en 43 matchs (saison 12/13). Eh bien il a réitéré, le bougre : 25 buts en 46 matchs (saison 13/14). Et il est resté fidèle à Blackburn, où il a prolongé son contrat. Pas très loin, au nord-ouest, il y a un club qui a acheté Emmanuel Rivière. On dit ça…

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Britt Assombalonga (Nottingham Forest), 21 ans, l’un des meilleurs buteurs de League One la saison passée (acheté 1,25M£ par Peterborough, record du club ; vendu un an plus tard 5,5M£, record du club). Il découvre quasiment la Championship (il l’avait brièvement connue à Watford il y a deux ans), et déjà quatre buts en cinq matchs. Il pourrait être l’élément favorisant les ambitions de Nottingham à la montée.

Et puis en vrac : Will Hugues (Derby County), milieu de terrain de 19 ans à la coiffure peroxydée et aux performances remarquées ; Kike (Middlesbrough), buteur Espagnol de 24 ans acheté à Murcie ; et Bakary Sako, tiens, un Malien de 26 ans passé par Châteauroux et Saint-Etienne, avant de faire le bonheur de Wolverhampton. L’année dernière, on parlait même d’un intérêt des Verts pour un retour du Malien à Geoffroy-Guichard.

Les vieux de la vieille

Paul Robinson, défenseur de 35 ans à Birmingham, a commencé sa carrière à Watford, en 1996. Il a connu la PL avec Bolton et West Brom.

Ian Harte, défenseur Irlandais de 37 ans. Bien connu pour ses huit saisons passées à Leeds, qu’il va affronter sous le maillot de Bournemouth.

Carlos Edwards, latéral de 35 ans, et Ricardo Fuller, buteur de 34 ans, foulent les pelouses anglaises depuis belle lurette. Ils jouent tous les deux à Milwall, cette année. Pour le second, c’est son quatrième club en quatre ans.

270 matchs avec Wigan pour Emerson Boyce, le défenseur anglais de 34 ans. Et 13 buts, s’il vous plait. Trois clubs en 16 ans de carrière, le jeune homme est stable.

Il est pas si vieux, Yann Kermorgant, mais le Breton a quand même connu la CFA avec Vannes et Châtellerault au milieu des années 2000, ça nous rajeunit pas. Il vient de signer avec Bournemouth, à 32 ans. Il a la vie devant lui, le gamin.

Les entraîneurs en vue

On est curieux de savoir ce que va faire Sami Hyppiä avec Brighton, après deux ans de bons et loyaux services à Leverkusen.

Le bonheur incarné

La joie de vivre incarnée

On est curieux de savoir ce que va faire Ian Holloway avec Milwall, après des années de bons et loyaux services pour promouvoir les clubs à l’échelon supérieur (et se faire virer l’année suivante).

On a déjà peur pour José Riga, qui doit faire fi de l’été calamiteux de Blackpool et monter un groupe de joueurs qui sait à peu près jouer au football.

On n’a déjà plus peur pour Mark Robins, viré de Huddersfield après le premier match de la saison (et remplacé par Chris Powell), ni pour Dave Hockaday, viré de Leeds après six matchs (on en reparle juste après).

On va être attentif au travail de Stuart Pearce, de retour à Nottingham sur le banc après avoir porté plus de 400 fois le maillot sur la pelouse (période 1985-1997).

On va être attentif au travail d’Aitor Karanka, énième bébé Mourinho qui est sur le banc de Middlesbrough depuis novembre.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

Derby, Norwich, Brighton : voilà les trois plus grosses affluences depuis le début de saison, avec presque 28 000 spectateurs de moyenne du côté des Rams.

Rotherham et Brentford se disputent la dernière place, avec moins de 10 000 spectateurs de moyenne.

Le club à suivre

A Leeds, le propriétaire s’appelle Massimo Cellino, il mangiatore di direttore. Si vous suivez un tantinet le championnat italien, ce nom vous dit sans doute quelque chose. Pendant 22 ans, il était le président du club de Cagliari. 22 ans pendant lesquels il a changé 36 fois d’entraîneur. En juin, il a vendu le club.

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

C’est désormais Leeds le nouveau joujou de l’Italien, après moult tractations. Brian McDermott parti, il faut lui trouver un remplaçant sur le banc. Ce sera Dave Hockaday, ex-coach de Forest Green Rovers (D5) d’où il s’est fait virer en octobre 2013. Il prend ses fonctions le 19 juin 2014, à la surprise générale. « Un jour, j’ai reçu un coup de téléphone, c’était Massimo. Je suis allé le voir dans un hôtel, on a discuté de football pendant cinq heures. Il m’a dit que je lui plaisais. » 70 jours et trois défaites plus tard, il est viré. Idem pour son assistant.

Leeds, un club à suivre dans les journaux, à défaut du terrain.

Le club à ne pas suivre

On en connait qui vont rapidement s’installer dans le ventre mou (du genre Bolton, ou Reading, ou Brentford) et n’en ressortiront pas de l’année. Fuyez-les.

Les pronos TK montées et descentes

Voilà, c’est maintenant qu’on se mouille ? Allez hop, dans le désordre : Cardiff, Derby County et Wigan pour la montée, Blackpool, Birmingham et Rotherham pour la descente.

Alea jacta est.

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. On ne va pas se mentir, La League One 2014-2015 possède, comme sa petite soeur, un sacré nombre de clubs pouilleux, et c’est ça qui fait le charme de cette division. Présentation.

Voir le classement après cinq journées (sur 46).

Les prétendants à la montée

"VOUS AVEZ ENTENDU ? C'EST NOUS LES FAVORIS SELON TK LES GARS, ALORS BOUGEZ-VOUS !"

“VOUS AVEZ ENTENDU ? C’EST NOUS LES FAVORIS SELON TK LES GARS, ALORS BOUGEZ-VOUS !”

Le favori number one cette saison se nomme Sheffield United. Ayant terminé à la place du con l’année dernière (7e, premier non-qualifié pour les play-offs), les Blades devront avant tout régler leurs problèmes offensifs (48 buts inscrits seulement l’an dernier, pire attaque parmi tous les clubs non-relégués) pour espérer monter. Nigel Clough est-il l’homme de la situation ? Les fans en semblent convaincus, et les chiffres leur donnent raison : nommé manager en remplacement de David Weir en octobre dernier, il n’a connu que 7 défaites en 33 matchs de championnat, soit une de moins que son prédécesseur en 13 matchs ; et il a surtout atteint les demi-finales de la FA Cup, décrochant au passage le titre de meilleur entraîneur de la compétition. Avec un début de saison moins pourrave, Sheffield est capable d’accrocher au minimum les play-offs, mais vise une promotion automatique, afin d’aller (enfin) rejoindre les grands rivaux de Wednesday dans la division supérieure. Avec 7 points en 5 matchs, United est dajà un peu en retard sur ses objectifs, il va falloir accélérer.

On met aussi une petite pièce sur Leyton Orient. Troisièmes la saison passée, les O’s ont cruellement échoué en finale de play-offs, aux tirs au but. Les prestations solides des Frenchies du club, Romain Vincelot et Mathieu Baudry, que vous pouvez suivre semaine après semaine chez nos copains de Hat-Trick sont un indicateur de la nouvelle dimension dans laquelle est entré le club. Le club peut-il nous faire une Brentford (échouant en finale de PO il y a deux ans, les Bees ont obtenu la promotion automatique l’année dernière) ? Avec seulement 6 points lors des cinq premiers matchs, ils seraient bien capables de me faire mentir, ces cons…

Louis Tomlinson, à l’aise avec un ballon

“Et les relégués de l’an passé ?”, vous entends-je demander. Ne paniquez pas, ils sont là aussi, avec en tête de proue les Doncaster Rovers. Après l’imbroglio du rachat-pas rachat par Louis Tomlinson, des One Direction (on en a suffisamment parlé sur ce blog, je ne vais pas lui faire l’honneur de mettre un lien), les Rovers ont été relégués à la différence de buts l’an dernier, à la défaveur d’une ultime défaite face à Leicester. Avec 7 points en 5 matchs, Doncaster fait un début de championnat timide, mais c’est surtout les fins de saison qui sont haletantes avec ce club (descente à la dernière journée l’an dernier donc, mais promotion à la toute dernière minute il y a deux ans, rappelez-vous.)
Barnsley sera également a surveiller, sous la houlette de Danny Wilson, revenu en urgence au club l’an dernier, trop tard cependant pour éviter la relégation. 15 ans après son premier passage au club qui l’a vu envoyer les Tykes en Premier League, pour la première fois de leur histoire. Nul doute que la promotion est plus qu’un objectif, c’est une obligation. Avec 8 points en 5 matchs, Barnsley est pour l’instant aux portes des play-offs.
Quant à Yeovil Town, ils sont de retour dans une division qui leur sied mieux, et ne semblent pas en mesure de rééditer l’exploit d’il y a deux ans.

Citons aussi, en vrac, Bristol City, dont tous les voyants semblent au vert, ainsi que les deux “play-offeurs” malheureux de la saison dernière, Peterborough (toujours sous la houlette de Darren Ferguson et pour l’instant leader de la division, avec 12 points) et Preston North End, le premier champion de l’histoire, emmené par un séduisant Simon Grayson, et auteur d’un départ plus que correct (9 points).

Enfin, même si ça nous fait mal de le reconnaître, il faut bien avouer que MK Dons a une équipe taillée pour viser la montée, et pourraît bien traîner ses guêtres d’usurpateur en Championship l’an prochain.

Les clients à la descente

La pire défense de l’an dernier, Crewe Alexandra, semble cette année encore bien mal barrée. Auteurs d’un zéro pointé en ce début de saison, les Railwaymen semblent condamnés à retrouver une League Two qu’ils ont quitté il y a deux ans.

Auteur également d’un début de saison catastrophique, Colchester United, un point en cinq rencontres, devra faire beaucoup mieux à domicile que l’an dernier (10 défaites dans leur antre) pour espérer se maintenir à nouveau (16e l’an passé, à six points de la zone de relégation).

Notts County a bien failli ne pas faire partie de cette preview. Dans la zone rouge pendant 40 journées sur 46 l’an dernier, les Magpies se sont sauvés in extremis grâce à un sursaut d’orgeuil jusqu’alors impensable (6 victoires lors des 9 dernières journées, contre seulement 9 lors des 37 premières). Ils se sont heureusement déjà donné un peu d’air, en entamant bien leur saison : 7 points en 5 matchs.

Les promus risquent également d’être dans le dur, en particulier Rochdale et Scunthorpe, possédant chacun seulement 4 points après 5 journées. On s’attendait également à une saison difficile de la part de Fleetwood Town, mais les Fishermen déjouent actuellement tous les pronostics, totalisant déjà 11 points, et solidement accrochés à la deuxième place du championnat. Pas de soucis en revanche pour Chesterfield, le champion de League Two a les armes pour se maintenir aisément, et pourquoi pas, créer la surprise dans la course à la montée (avec 10 points en 5 matchs, ils sont carrément dans les temps).

Enfin, en vrac, Oldham (pour sa 18e saison consécutive en League One, record du genre), Gillingham et Walsall devraient connaître également une saison compliquée (ce qui ne me dérange pas, perso, je ne sais même pas où peuvent être ces foutues villes).

Les joueurs à surveiller

Benik Afobe, l’attaquant prêté par Arsenal à MK Dons, est sans doute le joueur le plus doué de cette division. Auteur de 3 buts cette semaine (dont deux contre Manchester United, excusez du peu), l’attaquant passé par toutes les catégories de jeunes chez les Three Lions veut prouver qu’il mérite sa chance l’an prochain chez les Gunners. Ca passe avant tout par une saison complète en League One.

Mettre Romain Vincelot et Mathieu Baudry, les deux Frenchies de Leyton Orient dans cette sélection semble chauvin, mais le premier a marqué cette semaine le seul but du match de Cup contre Aston Villa, quelques minutes après son entrée. Quant au deuxième, il a comme son compère été l’un des grands artisans de la 3e place obtenue par son club l’an dernier, et voudra encore briller cette saison.

On gardera également un oeil sur Sam Baldock, l’attaquant de Bristol City, meilleur buteur de la division l’an passé, ainsi que sur Tom Pope, de Port Vale, Jose Baxter, attaquant de Sheffield formé à Everton, et Lanre Oyebanjo, fraîchement arrivé à Crawley, et qui, à 24 ans, possède déjà à son palmarès un FA Trophy, une victoire en finale de Play-offs de Conference, et un diplôme en mathématiques.

Enfin, Joe Garner, de Preston North End, tentera de reproduire son excellente saison passée, où il avait inscrit une volée splendide en demi-finales des play-offs (attention, qualité pourrie (la vidéo, pas la volée, hein, on vous a dit que la volée était splendide, faut suivre…)).

Les vieux de la vieille

Il a l’air jeune, Roy Carroll, non ? Ah bon.

À 37 ans, Kevin Davies continue de jouer, pour le plus grans plaisir des fans de Preston North End. Et l’international anglais, ancien de Bolton a encore de beaux restes, il a disputé l’en dernier 37 matchs de championnat. Le promotion avec son équipe marquerait à coup sûr une belle fin de carrière.

Arrivé à Notts County en provenance de l’Olympiakos, l’ancien gardien de Manchester Roy Carroll est plus vieux que son entraîneur, de 67 jours. Plutôt cocasse comme stat, non ?

Les entraîneurs en vue

Le fils de Sir Alex, Darren Ferguson peut être vénère d’avoir échoué en demi-finales de play-offs l’an passé, et compte bien cette saison mener son équipe, Peterborough, en Championship, sans passer par la case barrages.

Il aura cependant fort à faire face au Sheffield de Nigel Clough. L’ancien attaquant de Liverpool et, surtout, Nottingham Forest, a pris sa retraite de joueur entre ses 32 et ses 42 ans, on ne sait pas trop (en fait, pendant ces 10 ans, il a été entraîneur-joueur de Burton Albion, où il a vraiment joué jusqu’à ses 38-39 ans, se contentant ensuite de quelques caméos).

L’autre entraîneur dont on dit le plus grand bien est Karl Robinson, même s’il coache ces imposteurs de MK Dons. À seulement 33 ans, le manager du Franchise FC maintient depuis quatre ans son équipe dans le haut du tableau, et a réussi quelques jolis coups cet été sur le marché des transferts (Benik Afobe, Will Grigg…). Son objectif est d’un jour entraîner son équipe de coeur, Liverpool. Tremble, Brendan Rodgers.

Petite curiosité cette année en League One : tous les entraîneurs étaient déjà dans leur club à la fin de la saison dernière.

Fleetwood Mac. Oui, je sais, y’a pas tellement de rapport…

Le club à suivre

L’histoire de Fleetwood Town ressemble à s’y méprendre à une partie de Football Manager. Encore au 9ème échelon national en 2004, les Fishermen (oui, Fleetwood est sur la mer, on ne peut rien vous cacher) ont enchaîné six promotions en dix ans et se retrouvent déjà en haut du tableau de League One.
L’équipe est-elle en surrégime ou va t-elle sérieusement prétendre à la montée ? Only time will tell, my friends…

Le club à ne pas suivre

Même s’ils ont un effectif plutôt séduisant, faites-moi un plaisir, chers lecteurs, boycottez les matchs de MK Dons. (Genre quelqu’un regarde des matchs de League One…)

Les pronos TK

Montées (3) : Leyton Orient, Sheffield United et Peterborough
Descentes (4) : Crewe Alexandra, Notts County, Rochdale et Scunthorpe

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. A tout saigneur, tout honneur, on entame donc avec la D4 (suite et fin aujourd’hui), ce minot avec ses clubs tout pouilleux et leurs buvettes qui puent la Marmite mais qui réservent aussi quelques surprises.

Deuxième partie de la preview D4. Si vous avez honteusement raté la première, elle est ici.

Le classement après quatre journées (sur 46). Liste et carte des 24 clubs.

Le sketch Benny Hill anglo-français (suite et fin)

L’étrange attelage se poursuit deux mois (Renard manage l’équipe en tandem avec l’adjoint de l’entraîneur limogé, Le Roy se pointe à l’occasion mais juste pour les matchs, le proprio magouilleur tente de sauver le club du redressement judiciaire). Selon les médias anglais, cet « arrangement contractuel » est censé tenir jusqu’à la fin de saison, suivi en principe d’un vrai contrat de deux ans. Détail cocasse : le salaire de Le Roy (le « contrat moral » n’était donc pas complétement philantropique) est partiellement financé par Dr. Johnny Hon, un Docteur en psychiatrie et businessman de Hong-Kong qui siège au directoire du club (il a étudié localement et s’est fait bienfaiteur des causes locales). La barque un peu bancale est néanmoins menée à bon port puisque le maintien est confortablement assuré, Cambridge finissant 13è.

Nul besoin d’être Grand Maître en art divinatoire pour prédire la suite. La saison à peine terminée et sentant peut-être une implosion imminente, Le Roy reprend sa bourlingue, direction le Congo. « Je n’étais là que pour aider mon ami Hervé Renard », lâche-t-il à un canard local. Bizarrement, il se repointera en novembre 2004 pour diriger un entraînement avant un match de FA Cup ; Renard est nommé entraîneur en mai 2004 mais, après un bon début, est licencié mi décembre 2004 (Cambridge est 23è) ; le club vend son stade 2m £ en leaseback pour payer ses dettes (et en devient donc locataire, à 200K/an) ; le club est placé en redressement judiciaire en avril 2005 ; le psychiatre de Hong-Kong démissionne du directoire ; Cambridge finit 24è et descend en D5 où il végétait jusqu’à aujourd’hui. Welcome back en Football League à Cambridge United donc.

Toujours en proie à des problèmes de trésorerie, les U’s ont dû décrocher leur sésame aux play-offs. On aura donc Oxford et Cambridge en D4 cette saison (une première depuis dix ans). Si ça ne devrait pas trop faire bander footballistiquement parlant, ça relèvera le niveau intellectuel de la division, au moins sur le papier.

Les clients à la descente

Aussi nombreux que les candidats à la montée. Aux avant-postes, le minot Accrington Stanley, sempiternel relégable en puissance mais toujours là depuis 2006, un miracle permanent.

L’ex international anglais et Southampton legend James Beattie (ci-contre) est toujours aux manettes. Il a grandi localement et assume cette fonction plus par passion et défi qu’autre chose (il ne touche que 4 000 £/mois). Et gérer le plus petit club de Football League est un challenge permanent. Il faut, entre autres casse-tête, jongler avec la gestion ric-rac de l’effectif, négocier serré pour se faire prêter des joueurs pour peanuts, solutionner les incessants problèmes de logistique ou d’infrastructure et composer avec un budget scoubidou d’à peine 2m £. Un exemple : l’an dernier, les 4 attaquants touchaient 6 000 £/mois… à eux quatre ! En août 2013, Beattie dut même sortir 40 000 £ de sa poche pour payer des arriérés fiscaux du club, menacé d’interdiction de transfert. Il a même dit devoir parfois s’occuper des billets des supporters en déplacement et nettoyer lui-même les toilettes du club… Pour un gars qui roulait en Lamborghini et touchait 150 000 £/mois il y a peu, c’est un sacré dépaysement.

La ville d’Accrington (35 000 habitants, Lancashire, comté berceau du football) occupe une place privilégiée dans l’histoire du football anglais, le genre d’endroit qui fait saliver les puristes et les geeks du ballon rond : Accrington FC était l’un des douze clubs fondateurs de la Football League en 1888 (formé en 1876, dissous en 1896 ; puis Accrington Stanley prit la relève en FL de 1921 à 1962, avant d’être également liquidé en 1966… pour être reformé en 1968, en non-League jusqu’en 2006 donc. D’où leur devise officieuse : The Club that wouldn’t die, le club qui refuse de mourir).

L’effectif paraît léger et ça risque une nouvelle fois de coincer. 1 seul point de gratté en 4 journées. Enfin, ils se sont renforcés devant : Francis Jeffers a été libéré, c’est déjà ça de pris.

Il convient également de caser ici le petit Morecambe car les Shrimps (Crevettes) flirtent souvent avec la relégation, mais comme vous devez vous en battre les paupières avec une épuisette taille XL de ces Crevettes, inutile d’épiloguer sur ces minots qui servent les meilleurs meat pies du pays (petite tourte fourrée à la viande – et à la bière parfois, steak & ale pie –, mets emblématique de la gastronomie britannique de stade). Ils arrivent même à les vendre à Harrod’s, balèze. Peut-être devraient-ils se reconvertir en restaurant finalement.

J’ les pourris, j’ les pourris mais pour l’instant, ils me foutent la honte car ils signent un début tonitruant : 12 points engrangés sur 12 possibles, le seul des 72 clubs de Football League à signer un 100 % !  Ils doivent ce meilleur début de leur histoire au duo Paul Mullin (19 ans) & Kevin Ellison (35 ans, vieux briscard de la Football League, signalé par TK dans la preview D4 2013-14), déjà 7 buts pour le prolifique tandem.

J’aurais donc logiquement dû mettre Morecambe dans la rubrique « Les candidats à la montée » mais j’ai vraiment un mal de chien à me dire que Morecambe peut réellement monter… (ils ne sont en Football League que depuis 2007 mais faillirent bien accéder à l’étage supérieur en 2010, ils finirent 4è et furent sortis en demi-finale des play-offs).

On craint aussi pour Exeter City, l’un des rares clubs professionnels anglais gérés par ses supporters, via le Exeter City Supporters Trust. Les Grecians vont mal financièrement et ont dû se séparer d’une dizaine de joueurs, dans l’ensemble expérimentés (ils ont contracté un prêt d’urgence auprès de la Football Professional Association en juin et fonctionneront avec un budget réduit). Equipe par conséquent très jeune.
Le manager, Paul Tisdale (ci-dessous, en vert et rose donc) est en place depuis plus de huit ans, de loin l’actuel record de Football League. Tombé dans le management par hasard et par des voies de traverse (la filière universitaire, fait rarissime en Angleterre), l’ex Saint a réussi l’exploit de faire passer Exeter de la D5 à la D3 avec une équipe quasiment inchangée. Ne vous étonnez pas s’il arpente toujours la zone technique sapé comme un Lord branché, Tisdale est le meilleur pote du designer de mode Ted Baker, confiait-il en août 2010 dans feu l’excellent magazine Non-League 24.

Tisdale forme un solide duo avec son adjoint Steve Perryman, l’ex Tottenham legend, mais ses jours sont peut-être comptés. Un mauvais point aux Grecians : les billets les plus chers de la division (détails), pas super chouette pour un club managé par les supporters. Ah ces supps, décidément, de plus en plus embourgeoisés…

La dernière fois qu’Exeter a connu de grosses turbulences (il y a une douzaine d’années, épisode totalement surréaliste, voir mon article là-dessus), ils avaient fait appel à Michael Jackson et Uri Geller (qui habitait localement) pour les sortir du fossé, Geller jurant « d’utiliser ses pouvoirs paranormaux pour faire maintenir Exeter ». Ouais, bon, il a dû perdre son mojo l’ami Uri car Exeter était illico descendu en D5 avec des dettes pas possibles et un redressement judiciaire au cul (et donc, les supps avaient pris le relais). Alors prions fort pour qu’ils s’en sortent…

Les joueurs à surveiller

Hormis ceux déjà cités ici, mentionnons :

- La moitié de l’équipe de Bury, en particulier Mickey Adams, Ryan Lowe, Pablo Mills, Daniel Nardiello, Danny Rose, Kelvin Etuhu et Tom Soares. Les deux premiers sont des anciens de la maison et les deux derniers des milieux expérimentés qui ont longtemps évolué dans les divisions supérieures, y compris Premier League.

- Abu Agogo, Dag & Red, ex attaquant de 24 ans reconverti en milieu, en forme (2 buts).

- Kwesi Appiah, Cambridge, attaquant prêté par Crystal Palace. A 24 ans, le Londonien formé au « Club internet » d’Ebbsfleet en est déjà à son 14è club et son 9è prêt. C’est son deuxième passage chez les U’s, il y avait claqué 10 pions en 14 matchs en 2013 (en D5).

- Danny Hollands, Portsmouth, milieu de 28 ans passé par la D2. Prêté par Charlton en fin de saison dernière, il en profita pour claquer 5 buts en 7 matchs.

- Liam Lawrence, Shrewsbury, 32 ans, milieu. Grosse expérience du haut niveau : 250 matchs avec Portsmouth, Stoke et Sunderland en PL ou D2, 15 capes irlandaises et deux saisons au PAOK en Superleague grecque. Longtemps ailier, il joue milieu central depuis deux saisons. Sera le taulier des Shrews.

- Ricky Miller, Luton. Cet attaquant de 25 ans a claqué 28 buts en D6 l’an passé et pourrait être l’une des révélations de l’année s’il gratte suffisamment de temps de jeu.

- John-Joe O’Toole, Northampton, milieu offensif de qualité, 13 buts avec Bristol Rovers l’an dernier.

- Stuart Parnaby, Hartlepool, latéral droit chevronné, 8 saisons de Premier League avec Birmingham City et surtout Middlesbrough. Peu utilisé à Boro, il a fait le court déplacement chez les Monkey Hangers où il retrouve (comme manager) Colin Cooper, son ancien coéquipier de Boro.

- Billy Paynter, Carlisle United, 30 ans, bon buteur de Football League. A laissé passer sa chance en D2 (Southend, Brighton, Leeds, Doncaster) mais loin d’être un peintre (OK, OK, je me suis pas foulé pour la (res)sortir celle-là).

- Reuben Reid, Plymouth, avant-centre de 26 ans passé par West Brom, 17 buts en D4 la saison dernière (2è meilleur buteur de la division).

Chez les jeunes :

- James Collins, Shrewsbury, solide attaquant irlandais de 23 ans formé à Aston Villa, de retour chez les Shrews après une saison ratée chez les Ecossais d’Hibernian (les Hibs ayant été relégués, il est tout excusé). N’a pas perdu de temps pour se rattraper : déjà 3 buts en 3 matchs de championnat.

- George Francomb, Wimbledon, milieu de 23 ans formé à Tottenham et Norwich, excellent distributeur et centreur.

- Jake Howells, Luton, milieu/ailier gauche de 23 ans, ex Espoir gallois.

- Luke James, Hartlepool, attaquant de 19 ans, 13 buts l’an dernier. A signé un nouveau contrat mais est convoité par plusieurs clubs de D2/D3, dont Peterborough.

- Jed Wallace, Portsmouth, milieu offensif très vif de 20 ans et international U19 anglais, excellent la saison dernière (meilleur buteur, 7 buts).

Les vieux de la vieille

- Patrick Agyemang, Portsmouth, 34 ans. Ex Wimbledon & QPR et 2 capes ghanéennes. Pas sûr qu’il joue beaucoup par contre.

- Luke Chadwick, Cambridge. L’ex milieu/ailier de Man United, 33 ans, évoluait chez les faux Dons de Milton Keynes (D3) ces dernières années. Retour au bercail pour le natif de Cambridge, prêté aux U’s par le Franchise FC en fin de saison dernière.

- David Connolly, Portsmouth. Attaquant de 37 ans, joueur le plus expérimenté de D4, 41 capes irlandaises et ancien de D1 (Sunderland, Wigan, Feyenoord, entre autres). Pourrait être (re)prêté, ne s’entendrait pas des masses avec le nouveau manager.

- Richard Cresswell, York City. Avant-centre de 37 ans, pilier de Football League (joua même en PL) et de retour au bercail.

- L’increvable Jamie Cureton, Dagenham & Redbridge, 39 ans et 32 buts en championnat des deux dernières saisons. En 20 ans de carrière pro (14 clubs, 261 buts/753 matchs), ce bourlingueur a connu toutes les divisions, y compris la PL avec Norwich.

- Marlon Harewood, Hartlepool. Attaquant de 35 ans d’une efficacité toute relative mais grosse expérience du haut niveau : il a joué dans 4 clubs de Premier League, dont West Ham et Aston Villa.

- Jason Koumas, Tranmere, 35 ans. Ce milieu offensif classieux a évolué parmi l’élite (avec West Brom et Wigan, aussi 34 capes galloises) et revient à ses premières amours.

- Ryan Lowe, 36 ans, Bury, 19 buts l’an dernier avec Tranmere (alors en D3).

- Matt Oakley, Exeter, 37 ans. Ex Saint et Ram (Derby County), 22è saison pour le milieu de terrain, dont 12 en Premier League. Encadrera la classe biberon des Grecians (flopée de joueurs de 18-22 ans).

- Mark Tyler, Luton, 37 ans. considéré comme l’un des meilleurs portiers de D4 avec Matt Duke (Northampton) et Barry Roche (Morecambe). 23 clean sheets l’an dernier en championnat de D5, record Hatter.

- Paul Wotton, Plymouth, 37 ans. Vieux briscard de la Football League, aussi employé comme entraîneur.

Les entraîneurs en vue

L’an dernier, je vous présentais Gareth Ainsworth, Phil Brown, James Beattie, Justin Edinburgh et Nigel Worthington (tous toujours en place), cette année on s’intéresse à :

- Colin Cooper, Hartlepool. Grosse carrière de joueur (11 saisons de Premier League avec Forest et surtout Middlesbrough, 2 capes anglaises). Tente depuis un an de revitaliser Pools, descendu de D3 en 2013 et un peu moribond depuis deux ans.

- David Flitcroft, Bury. En place depuis une demi-saison chez les Shakers, ce jeune manager (40 ans) est déjà très coté.

- Nicky Mellon, Shrewsbury. L’Ecossais a fait passer Fleetwood Town des profondeurs de la non-League à la Football League (certes, avec un gros budget) et pourrait bien faire remonter illico des Shrews qui ont les crocs. D’ailleurs, ils ont tapé Leicester avant-hier soir en League Cup, 0-1.

- Richard Money, Cambridge. L’ex défenseur de Liverpool est experimenté et devrait maintenir les U’s.

- Gary Rowett, Burton Albion (qui a sorti QPR en Coupe de la Ligue hier soir, 1-0). Fait du super boulot chez les Brewers depuis 2012 et la fin de l’ère Paul Peschisolido, ce Canadien plus connu en Angleterre pour être le mari de Karren Brady, vedette TV et vice-présidente de West Ham, que son pote David Cameron vient de nommer peer (droit de siéger et buller/ronfler avec les 800 autres plutocrates de la Chambre des Lords). Il se dit que les Conservateurs veulent hausser son profil politique afin de la pole-positionner pour la mairie de Londres aux élections de 2016 (et ensuite, après Boris Johnson, Brady future Premier Ministre ? Brady PM, God help us all…).

- John Still, Luton. A enfin extrait les Hatters de la non-League. Grosse cote en Football League, est l’homme qui fit accéder Dagenham & Redbridge à la FL avec des bouts de ficelles.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

L’affluence moyenne de D4 était de 4 352 la saison dernière, ce qui est fort honorable vu qu’une place de D4 coûte en moyenne 20 £ et un abonnement environ 350 £ (pour 23 matchs).

Les grosses chambrées :

- Fratton Park (Portsmouth) devrait continuer d’attirer une moyenne d’environ 15 000 spectateurs cette saison (15 461 l’an passé, + de 10 000 abonnés).

- Le promu Luton Town, ex pensionnaire de D1 de 1982 à 1992 (et également dans les années 1950), devrait faire autour de 8 500.

- Plymouth, Southend ainsi qu’Oxford ont fait respectivement 7 304, 5 959 et 5 923 l’an passé.

Les p’tites chambrées, moins de 2 000 : Accrington, Dag & Red et Morecambe.

Le club à suivre

Luton Town, évidemment. Champion de Conference National (D5) haut la main, 19 points d’avance. Est l’un des favoris pour la montée en D3.

Luton, c’est aussi un cas à part. Hormis Stockport County, passé de la D2 en 2002 à la D6 en 2013, aucun club anglais n’a jamais dévalé les cinq divisions professionnelles aussi spectaculairement que les Hatters : encore en D1 en 1991-92 (avec dans ses rangs notamment l’ex Caennais Brian Stein), le club avait dégringolé en D4 en 2001.

Après un sursaut d’orgueil dans la première moitié des Noughties (D2 en 2005-07), Luton sombra de nouveau et l’impensable est arrivé en 2009 : l’ex pensionnaire de l’élite a quitté la Football League (D2 à D4), synonyme de statut, visibilité et aussi de revenus bien plus substantiels qu’en D5 (la différence entre les deux niveaux est d’1m £ par an minimum, hors billetterie).

Les raisons de cette dégringolade jusqu’en non-League sont autant sportives qu’administratives. Mais ce qui a fait très mal, outre le redressement judiciaire en 2007 (et la pénalité de 10 points), ce sont les 30 points de déduits pour la seule saison 2008-09 (irrégularités diverses, détails). Mauvais timing pour Luton, car c’est l’époque où les instances avaient décidé de taper fort sur les mal gérés, les mauvais payeurs et les margoulins, un serrage de vis précipité par le fiasco ITV Digital de 2002 (ici), alors le principal bailleur de fonds de la Football League, effondrement qui eut de sérieuses répercussions pendant longtemps. Après 2002, on assista en effet à une cascade de redressements judiciaires et retraits de points sans précédent dans l’histoire du foot anglais (outre Luton) : Boston, Wrexham, Cambridge, Bury, Rotherham, Leeds, Darlington, Bournemouth, Stockport, Rotherham, Southampton, Hartlepool, Crystal Palace… Plus de 200 points de pénalité au total furent infligés entre 2003 et 2010 (précisons toutefois que Leeds avait largement creusé sa tombe alors que les Whites étaient en Premier League, tout comme Portsmouth plus tard).

Luton ne put remonter le déficit mais décrocha tout de même le Football League Trophy (Coupe des clubs de D3 & D4), victoire 3-2 à Wembley contre Scunthorpe, grâce à un but du mythique Claude Gnakpa en prolongation devant 55 000 spectateurs.

Cette remontée en Football League après cinq ans de purgatoire chez les non-Leaguers fera aussi du bien à la ville, dont l’image a morflé ces dernières années (« berceau » de la puante English Defence League et réputation de « nid à terroristes », ici et ici par exemple).

Le succès a rameuté les clubs voisins et Luton a perdu plusieurs joueurs clés, notamment Andre Gray (30 buts/44 matchs l’an dernier, transféré à Brentford en D2) et Ronnie Henry, le leader et capitaine de l’équipe parti chez les rivaux de Stevenage.
Pour s’imposer, Luton comptera sur Andy Drury (milieu expérimenté de 30 ans), Pelly Ruddock Mpanzu (puissant milieu de 21 ans), Paul Benson (17 buts l’an dernier). Sans oublier bien sûr l’étonnant Steven McNulty, défenseur central de 31 ans (ci-dessous à gauche – élu meilleur Hatter l’an dernier s’il vous plaît), surnommé « sumo » par les supps, eu égard à ses 90 kilos pas franchement 0 % matière grasse.

S. McNulty, une bedaine à rendre jaloux Steve Elliott (Cheltenham, à droite)

A noter que tous ces surnoms (“The Beast” pour Akinfenwa ou “Sumo” pour McNulty) ne sont pas follement originaux, d’autres avant eux les ont portés. Jon Parkin, ex pilier de Football League, s’est aussi fait appeler “The Beast” – bestial, mais dans un autre registre – et Tomas Brolin, Neil Ruddock et surtout le légendaire Micky Quinn – ex Newcastle et aujourd’hui célèbre présentateur radio – furent également surnommés “Sumo” par les supps, qui aimaient chanter sur Quinn : « He’s fat, he’s round, he cost a million pound, Micky Quinn, Micky Quinn » avant de balancer dans sa direction des meat pies achetées/volées/braquées à la buvette (aucune classe ces Mags). Et un jour, devant la tribune Gallowgate – le Kop de St James’ Park – Quinn en récupéra une et la croqua devant un Kop hilare ! Ses 86 kilos, pour 1,78m, ne l’empêchèrent toutefois pas de claquer 233 buts en championnat.

Luton Town, c’est aussi un stade très pittoresque avec un extraordinaire accès à la tribune supps extérieurs, ci-dessous. Voir l’article TK sur ces stades britanniques très spéciaux.

Le club à pas suivre

Aucun club réellement antipathique ou superflu comme MK Dons en D3, Millwall en D2 ou Newcastle United en PL mais « l’habitat naturel » de Dag & Red étant la non-League, on n’en voudra pas aux Daggers d’y retourner. Et pis les Daggers ont Joss Labadie dans l’effectif, un disciple de Luis Suárez (il aime croquer), raison de plus.

[oui, hormis l’update sur Labadie, c’est un copié-collé sur l’an dernier, j’ai pas changé d’avis]

Les pronos TK montées et descentes

J’avais réussi un petit 2/6 dans mes prédictions l’an dernier, scorant sur la montée de Chesterfield et Fleetwood mais me plantant dans les descentes. J’ai tout de même fait mieux que ce cancre de Didier Féco, en charge de la Premier League (0/3) mais moins bien que Pan Bagnat qui a scoré 4/7 avec sa D3 (lucky bastard) et Matthew Dymore (3/6 - mais bon, ça compte pas, il avait le condamné d’office Yeovil dans sa division, la D2). Je n’ai toujours pas digéré cette humiliation alors j’ai passé mes vacances à tester différents systèmes de pronos sur un tas d’animaux. Je pronostique donc :

Montées (4) : Bury, Luton, Portsmouth, Shrewsbury.

Descentes (2) : Accrington Stanley, Exeter.

Kevin Quigagne. 

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. A tout saigneur, tout honneur, on entame donc avec la D4 (1ère partie aujourd’hui), ce minot avec ses clubs tout pouilleux et leurs buvettes qui puent la Marmite mais qui réservent aussi quelques surprises.

Le classement après quatre journées (sur 46) et la liste & carte des 24 clubs.

Les rubriques :

- Les prétendants à la montée
- Le sketch Benny Hill anglo-français (bonus D4)
- Les clients à la descente
- Les joueurs à surveiller
- Les plus grosses et plus faibles chambrées
- Le club à suivre
- Le club à pas suivre
- Les vieux de la vieille
- Les entraîneurs en vue
- Les pronos TK montées et descentes

Les prétendants à la montée

Une douzaine, pour 4 places (3 automatiques + 1 aux play-offs). Championnat toujours serré, 13 points d’écart seulement entre les 7 premiers l’an passé et 14 la saison précédente (sur 46 matchs). Des budgets homogènes, autour de 3m £ pour la majorité des clubs (approx. 1,8m pour les plus gueux), expliquent ce tassement. Et c’est tant mieux car sans favori qui ne se dégage vraiment, on devrait encore vivre une passionnante saison de D4.

Luton Town, ex D1 (surtout années 80-1992), traité dans la deuxième partie, rubrique « Le club à suivre ». Le promu de D5 (champion avec 19 points d’avance sur le deuxième, Cambridge United) est un peu le nouvel épouvantail de la D4 même si les Hatters ne semblent pas avoir l’effectif pour jouer la montée automatique, surtout depuis le départ de leur buteur Andre Gray (30 buts/44 matchs l’an dernier) à Brentford, D2. Ça pourrait le faire cependant, peut-être via les play-offs. Départ moyen, 5 points engrangés sur 12 possibles.

Bury, moribond et endetté depuis quelques saisons (relégué de D3 en 2012-13, saison pendant laquelle le club fut temporairement interdit de transfert et dut emprunter de l’argent à la PFA – syndicat des joueurs – pour payer les salaires), ce club de Greater Manchester a récemment trouvé son sauveur : Stewart Day, un businessman de 32 ans qui fait dans l’immobilier étudiant. Epaulé par trois associés fraîchement élus dans un directoire renouvelé, ce lifelong fan a sauvé le club d’un redressement judiciaire probable en injectant 2m £ depuis la reprise du mourant en juin 2013 (surtout pour rembourser les dettes). Un gros bon point d’entrée pour le nouveau boss : les billets en baisse, les moins chers de la division même, seulement 15 £ la place (prix unique) et des abonnements très raisonnables à 250 £ (et ouais, 300 € est bien inférieur à la moyenne de la D4 anglaise). Bury fête ses 130 ans cette saison et Day veut faire revenir les 15 % de spectateurs qui ont déserté ces dernières années. A correctement commencé la saison, 7 points pris, mais seulement 5 buts inscrits.


Friends Reunited, tout le monde est back cette saison.

Portsmouth. A fini 3è après une saison fébrile et peu convaincante (22è à sept journées de la fin) mais listé d’office ici vu son standing et aussi car j’ai une tendre affection pour l’ex club de Vincent Péricard (Fratton Park est l’un de mes tous premiers stades anglais visités, il y a presque 35 ans). Un superbe emballage final réalisé sous le leadership d’Andy Awford, l’ex Pompey legend nommé manager fin mars : 5 victoires et 2 nuls sur les 7 derniers matchs. A peut-être sauvé le club de l’humiliation suprême pour un ex Gros : la descente en non-League. A commencé fort, 10 points pris.

L’obstacle principal vers la remontée demeure l’instabilité de Pompey – 3 managers et 41 joueurs utilisés l’an dernier (même si les choses s’améliorent) – et, corollaire naturel, la fragile situation financière (là aussi, ça va mieux, des travaux de mise aux normes porteront Fratton Park à 20 000 places), conséquences d’un quinquennat cauchemardesque : quatre propriétaires désintéressés et magouilleurs, une ambiance hall de gare (77 joueurs en transit sous l’ère Harry Redknapp 2.0 ; normal, ‘Arry touchait – légalement – des commissions sur les achats-ventes), trois relégations, deux redressements judiciaires et plus de dettes qu’un ministère grec. Refonte totale en avril 2013 : 51 % du club appartient désormais à 2 300 supporters via le Portsmouth Supporters Trust et le reste à 11 actionnaires fortunés qui ont injecté plus de 50 000 £ chacun dans le nourrain (2.5m £ collectés au total).

On est loin du Pompey qui s’offrait Peter Crouch pour 11m £, payaient ses vedettes 300 000 £/mois, faisait trembler l’AC Milan en coupe d’Europe (un 2-2 chanceux pour les Rossoneri, acquis dans les dernières minutes) et flambait en Premier League (8è en 2008). C’était pourtant y’a à peine cinq ans…

Le discret John Portsmouth Football Club Westwood (c'est son nom officiel, si si)

Le discret John Portsmouth Football Club Westwood (c'est son nom officiel, si si)

Comme lors des deux dernières saisons, Burton Albion pourrait bien de nouveau surprendre (4è et finaliste des play-offs en mai dernier). Les Brewers, des minots coincés entre Derby et la conurbation de Birmingham (2,5m d’habitants), ne sont en Football League que depuis 2009 (merci Nigel Clough, fils de) mais visent déjà crânement la D3. Va cependant falloir marquer un peu plus, seulement 47 pions l’an dernier (en 46 matchs), 20è attaque de D4. Les résidents du Pirelli Stadium ont commencé pied au plancher, déjà 10 points au compteur.

Southend United et Oxford United (encore un autre ex pensionnaire de D1, dans les Eighties), 6 000 spectateurs chacun de moyenne (contre 4 200 pour la D4), respectivement 5è et 8è la saison dernière, devraient pourraient être aux avant-postes en fin de saison (surtout Southend). Enfin bon, ça c’est la théorie car Oxford connaît quelques turbulences en coulisses et sur le terrain actuellement (zéro point en 4 matchs ! 8 défaites de championnat d’affilée, record du club. Finalement, j’aurais dû mettre ces losers dans la rubrique « Clients à la descente »).
On souhaite bonne chance au jeune et nouveau manager d’Oxford, Michael Appleton (38 ans), qui poursuit sa grande tournée nationale des clubs Barnum : a managé Portsmouth, Blackpool et Blackburn depuis 2011. Bref, en trois saisons, Appleton a dû prendre dix ans et avaler deux caisses d’anxiolytiques. Allez, encore un petit effort et un passage par la case Leeds/Port Vale/Newcastle et le mec sera bon pour la clinique psy avant la quarantaine.

Parmi les quatre relégués de D3 (et donc forcément candidats à la montée), Shrewsbury et Tranmere Rovers semblent les mieux placés pour retrouver l’étage supérieur, surtout le premier cité. Les Shrews ont enregistré pas moins de 17 arrivées (dont le milieu australien James Wesolowski et Liam Lawrence, ex Sunderland & Stoke) qui remplacent les 20 prêtés (!) de l’effectif passé et pourraient faire mal si la mayonnaise prend bien entre tous ces nouveaux. A noter la présence dans l’effectif de l’attaquant toulousain Jean-Louis Akpa-Akpro, 29 ans et déjà vieux routier de la Football League. Bon démarrage, 8 points et 9 buts marqués.

Shrewsbury Town Football Club pourrait jouer les trouble-fête. Ici, leur ancien écusson, de 1993 à 2007, avec la chouette devise du comté (que nos lecteurs non Latinistes – on en a quelques uns, notre grande tare - ne s’excitent pas, ça veut pas dire “salopes en fleur”).

Tranmere Rovers, le troisième club pro de Merseyside et forcé de vivre à l’ombre de ses deux illustres voisins malgré le gros bassin de population local (320  000 habitants de ce côté-ci de la Mersey, appelé le Wirral – évidemment, ces glory hunters supportent en majorité EFC ou LFC), est néanmoins en proie à de sérieux problèmes financiers depuis quelques années (2m £ de dettes), difficultés qui ont forcé le club à vendre des jeunes espoirs tels Aaron Cresswell (aujourd’hui à West Ham) et surtout Dale Jennings, au Bayern Munich, un ex caïd de 21 ans « promis à un grand  avenir » selon la formule rigolote consacrée. Après deux ans glamour (mais pas wunderbar) en Bavière, Jennings porte aujourd’hui les pâles couleurs de Barnsley (D3). Et ouais, les carrières de footeux sont souvent parsemées de reality checks bien cruels.

L’arrivée d’un nouveau duo de propriétaires il y a deux semaines, le couple Mark et Nicola Palios (lui, ci-dessous en photo, est un ex milieu des Rovers et ex chief exec déchu de la FA – célèbre en Angleterre pour cette histoire fédérale de fesses mêlant Sven-Goran Eriksson, who else – et elle, avocate et businesswoman), devrait toutefois relancer ce club qu’on n’avait plus vu traîner en D4 depuis 25 ans. Le proprio partant, l’homme d’affaires Peter Johnson (depuis 27 ans aux commandes) a été grand seigneur, il leur a fait cadeau des 5m £ que le club lui devait, sympa.

Une raison supplémentaire de s’intéresser un peu à Tranmere : ils ont le nom le plus cool de la D4 dans leur effectif, Max Power, milieu de 21 ans formé au club.

Même si la montée paraît hypothétique (surtout avec leur mauvais départ, 2 points), mentionnons également Carlisle United puisque les Cumbrians descendent de D3, eux qui entamaient leur première (et dernière) saison de D1 il y a exactement 40 ans (ils finirent lanterne rouge et descendirent en compagnie de Luton et Chelsea). Carlisle a utilisé la bagatelle de 47 joueurs l’an dernier (dont notre Pascal Chimbonda national, aujourd’hui en D3 grecque), même pour les standards de Football League c’est beaucoup (pléthore de prêts et contrats courts, 3 200 mouvements enregistrés pour les 72 clubs de FL en 2012-13, y compris renouvellements de contrats).
Club notable pour son stade, Brunton Park, tellement vétuste que quand les producteurs du bon téléfilm United (sorti en 2011, sur le crash de Munich) cherchèrent un stade pour filmer les scènes de foot des années 50 et 60, c’était quasiment le seul à faire l’affaire sans trop de retouche ! (y’a encore des populaires sans toit et des rangées entières de vieux sièges en bois dans la tribune principale par exemple). Un nouveau ground serait vaguement dans les cartons, mais pas avant une bonne décennie (problèmes de financement, le club traîne 2m £ de dettes).

York City a fait une belle saison 2013-14 sous la houlette du très expérimenté Nigel Worthington, 7è et battu de justesse par Fleetwood en play-offs. Les Minstermen ont réalisé une phase retour de feu (aucune défaite après la fin janvier !) et sont  invaincus depuis 7 mois (4 nuls en ce début de saison).

On espère aussi voir Plymouth bien figurer, cette grosse cylindrée de D4 plus habituée aux étages supérieurs, D2/D3 (mais qui n’a jamais goûté à l’élite ; avec 261 000 habitants, c’est la plus grande ville anglaise dans ce cas). Toutefois, les Pilgrims sont dans le dur depuis le redressement judiciaire de 2010-11 (17m £ de dettes – il en resterait un tiers à rembourser) et ne semblent pas en mesure de jouer les premiers rôles, malgré leurs 7 000 fidèles (la fameuse Green Army) et leur budget de plus de 4m £. Ils ont cependant fini 10è l’an passé et remontent doucement la pente après les désastreux exercices 2011-12 et 2012-13 où ils frisèrent la descente en non-League.

Plus tous jeunes les fantassins de la Green Army mais toujours prêts à faire des centaines de kms pour soutenir le club aux 4 coins du pays

Plus tous jeunes les fantassins de la Green Army mais toujours prêts à faire des centaines de kms pour soutenir le club aux 4 coins du pays

Y’a Cheltenham Town aussi parmi les prétendants mais vu que c’est probablement le club qui m’intéresse le moins en Angleterre,  j’ai rien à dire sur eux, hormis qu’ils ont bien commencé (10 points), ce dont vous vous foutez probablement autant que moi.

Et pour finir cette rubrique, un souhait : que l’AFC Wimbledon s’en sorte mieux que l’an passé où ils finirent 20è, à trois points seulement du premier relégué.

Le manager des Dons, Neil Ardley, a fait le ménage cet été en virant une douzaine de joueurs. Ayant trouvé ses gars trop inexpérimentés et légers physiquement, l’ex milieu du Crazy Gang a aguerri et musclé l’effectif. Résultat des courses : une dizaine d’arrivées, un mélange de jeunes et de profils chevronnés et/ou bien bâtis, tels Adebayo “The Beast” Akinfenwa, le footballeur le plus costaud au monde (1,80m, 100 kilos de muscles) et Matt Tubbs (prêté par Bournemouth, D2), goal machine de 30 ans présenté par TK dans cet article de 2011 sur Crawley. Pour les hisser vers le haut de tableau, ils compteront aussi sur G. Francomb, le p’tit jeune qui monte, sur les expérimentés B. Fuller (Player of the Year 2014 du club), D. Bulman et l’ex international irlandais A. Bennett, capitaine. Les Dons ont pas mal démarré, 7 points.

Akinfenwa soulève 180 kilos en développé-couché

Akinfenwa soulève 180 kilos en développé-couché et produit l'énergie cinétique d'un TGV une fois lancé

J’ai toujours l’espoir un peu fou de les voir rejoindre MK Dons en D3 et exterminer les imposteurs (dans mon rêve à épisodes entamé il y a douze ans, Milton Keynes prendrait 50 points de pénalité pour malversations et descendrait en D4 ; là, des champignons et xylophages maléfiques inventés par Vinnie Jones devenu scientifique fou transformerait Peter Winkelman en homme-compost, fusillerait leur pelouse et leurs tribunes ; les faux Dons devraient fuir et se nomadiseraient car personne ne voudrait les accueillir, sous peine de représailles de Vinnie et son pote Hollywoodien Sylvester Stallone. Descentes successives jusqu’en Pub League, l’équivalent de la corpo. Entre-temps, Vinnie Jones aurait racheté leur stade sur ebay pour peanuts – car MK Dons en redressement judiciaire permanent –, aurait trouvé l’antidote à son champignon et legué le complexe de 30 000 places au Supporters Trust de Wimbledon. Avec l’argent, les Dons remonteraient les divisions).

Bon, mon scénario rêvé a mal commencé puisque Milton Keynes a battu Wimbledon 3-1 au premier tour de la Coupe de la Ligue il y a deux semaines. Bastards.

Gros Luton-Wimbledon qui fleurait bon les Eighties il y a dix jours, victoire des Dons 1-0 grâce à Matt Tubbs sur une action typiquement Crazy Gang années 80, du pur route-one football : dégagement de 75 mètres du gardien sur l’attaquant et but, voir clip (à 20 secondes).

Le sketch Benny Hill anglo-français

Un bonus sympa qui porte sur un épisode anglo-français exquis de l’histoire récente de Cambridge United, le deuxième promu avec Luton Town.

En mars 2004, à la stupéfaction générale, le petit Cambridge (22è de D4 et fauché) nomme le tandem Claude Le Roy-Hervé Renard comme manager & adjoint. Dès le départ, c’est le flou artistique le plus total sur la nature du contrat et les attributions de chacun. Le « Sorcier Blanc » déclare à un journal local que sa nomination n’en est pas vraiment une et que sa démarche est totalement désintéressée (« C’est avant tout un contrat moral », lâche-t-il au quotidien de la ville).

Interviewé par Canal Plus, le globe-trotter explique (propos rapportés dans le magazine When Saturday Comes de mai 2011) : « Je me suis engagé avec Canal Plus et me dois de leur être loyal. Quand je me suis retrouvé libre [après une pige en Chine], j’ai dit que je serais prêt à donner un petit coup de main à Cambridge, c’est le deal entre nous. On n’a jamais parlé argent ou quoi que ce soit. J’y vais simplement pour faire un audit. »

OK, très charitable au demeurant d’aider les pauvres mais ce n’est manifestement pas ce qu’a compris le président-proprio de Cambridge, l’homme d’affaires Gary Harwood, amateur d’envolées lyriques un brin grandiloquentes : « En faisant venir Claude, nous avons recruté l’un des managers les plus respectés d’Europe, sinon du monde. C’est peut-être la nomination la plus sensationnelle de l’histoire du club. Quand nous aurons, je l’espère, assuré notre place en Football League, Claude pourra bâtir une équipe conquérante et attrayante qui visera bien plus haut. »

Dans un élan émotionnel très « Feux de l’amour », Harwood ajoute (toujours dans cet article de WSC # 291) :

« Claude m’a dit Gary, mon coeur est à Cambridge et y sera jusqu’à ma mort. Je crois sincèrement qu’il s’est vraiment pris d’amitié pour Cambridge United. »

L’étrange attelage se poursuit deux mois (Renard manage l’équipe en tandem avec l’adjoint de l’entraîneur limogé, Le Roy se pointe à l’occasion mais juste pour les matchs, le proprio magouilleur tente de sauver le club du redressement judiciaire). Selon les médias anglais, cet « arrangement contractuel » est censé tenir jusqu’à la fin de saison, suivi en principe d’un vrai contrat de deux ans. Détail cocasse : le…

A suivre. Kevin Quigagne.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Et en bonus tout en bas : notre traditionnel message de fin de saison TK, très chaste cette année.

Tottenham (6è, 69 points, G-A +4 / 55 buts pour / 51 contre)

Résumé de la saison

Une saison étrange pour Tottenham, car plutôt satisfaisante sur le plan comptable, mais totalement abominable sur le terrain. On se demandait si la Bale-dépendance était réelle et si le Gallois allait vraiment manquer à cette équipe, on a eu notre réponse. Souvent incapables d’aligner trois passes, les Spurs doivent leur flatteuse 6e place à la faiblesse des équipes derrière plus qu’à la qualité de leur effectif. Une saison à oublier, et une proposition que je soumets comme ça à Daniel Levy : si vous arrêtiez de changer tout l’effectif chaque saison, ça marcherait peut-être mieux.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Il y a quand même quelques satisfactions dans cette équipe. Hugo Lloris a par exemple prouvé à de maintes reprises qu’il est vraiment le meilleur gardien du monde (chauvinisme force 1). Il faudrait juste qu’il demande au coach de mettre des défenseurs devant lui plutôt que des plots. Parce que sinon, autant il restait à Nice, avec Hognon et Kanté devant lui, il s’amusait autant.

Autre satisfaction : Christian Eriksen. Souvent mal utilisé par AVB, le Danois a néanmoins montré qu’il savait jouer au football et a ébloui White Hart Lane, tout ça pour un investissement raisonnable (£11.5M). Citons enfin, en vrac, Manu Adebayor (10 buts pour le grand attaquant inélégant au possible), Paulinho, Chiriches (jusqu’à sa blessure) et les prometteurs Harry Kane et Nabil Bentaleb.

Quasiment £9M par but marqué : voici le triste bilan de Soldado (£26M, 6 buts) et Lamela (même prix, aucun but)… Si l’Espagnol a réussi de bons matchs en Coupe d’Europe, il a été affligeant en Premier League. Quant au second, on ne l’a quasiment pas vu, et c’est pas plus mal. Les deux ont été nommés dans le liste des 10 pires transferts de Premier League cette saison.

Ont déçu aussi : Danny Rose, qui a semblé embarassé à chaque fois qu’il avait le ballon dans les pieds ; Aaron Lennon, revenu à un stade de joueur-rapide-mais-c’est-tout, et Kyle Walker, très timoré après une bonne saison 2012-13.

Franchement, je ne sas pas quoi attendre de l’année prochaine, si ce n’est une sixième place et des attaquants qui ne marquent pas.

L’homme invisible

Hormis Lamela donc, transparent à chacune de ses entrées en jeu, on a peu vu Lewis Holby, dont on attendait pourtant beaucoup après sa bonne demi-saison l’an passé. Mais l’Allemand a eu du mal à s’imposer et est finalement parti en prêt à Fulham, qu’il n’a pas pu sauver. Mention aussi à Jermaine Defoe : 7 buts en Europa League pour un seul en PL, et un départ en MLS à la mi-saison.

Highlights

Y’en a t-il réellement eu ? Hormis la deuxième victoire d’affilée à OKd Trafford, je vois pas.

Lowlights

Ah là en revanche, ça me parle. Commençons par le bilan catastrophique face aux quatre équipes de tête : un point pris sur 24 possibles (un pénible 1-1 à la maison contre Chelsea), deux buts marqués pour 27 encaissés (soit plus de la moitié de tous les buts pris par les Spurs), et des branlées mémorables (6-0/1-5 contre City, 0-5/4-0 contre Liverpool…). Et bien sûr, dans ces quatre équipes, il y a le rival Arsenal, contre qui les Spurs ont non seulement perdu deux fois en PL, mais aussi en FA Cup (2-0).

Enfin, les Spurs ont également été ridicules dans un autre derby chaud : contre West Ham. Défaits deux fois contre les Hammers (dont un 0-3 à la maison) en championnat, les Spurs se sont également inclinés en League Cup contre cette même équipe.

Le manager

AVB n’ayant pas survécu au 5-0 infligé à White Hart Lane par Liverpool, c’est son adjoint Tim Sherwood qui a assuré le long intérim jusqu’à la fin de la saison.

L’année prochaine, c’est Pochettino qui arrive. Va t-il sublimer cet effectif comme il l’a fait à Southampton ? On l’espère pour les Spurs.

Photo de la saison


A t-on vraiment besoin d’ajouter une légende ?

West Bromwich Albion (17è, 30 points, GA -16 / 43 buts pour / 59 contre)

Résumé de la saison

Très laborieux. Seulement 7 victoires en 38 matchs, soit le plus petit pourcentage du championnat (ex aequo avec Cardiff City). Une défaite à domicile en FA Cup au premier tour, une défaite à domicile en League Cup au deuxième tour. Pas brillant. Les arrivées d’Anichebe (6M£) et de Sessègnon (5,5M£) promettaient pourtant, et on aurait pu attendre d’eux quelques fulgurances au prix où le club les avait achetés. Raté. Au regard des résultats, le maintien en Premier League est en fait quasiment un miracle, et WBA ne doit sa stabilité qu’à la faveur d’adversaires très mauvais. Ils n’auront peut-être pas cette chance tous les ans.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

On connaît la férocité des supporters, mais on peine à leur donner tort lorsqu’ils ne parviennent pas à mettre un ou deux joueurs au-dessus des autres. Tout juste mettent-ils en avant Saido Berahino, le jeune attaquant anglais de 21 ans, meilleur buteur du club (9 buts), et Billy Jones, latéral désormais à Sunderland (fin de contrat).

Les déceptions, c’est le reste, ou presque. Mention spéciale pour Nicolas Anelka, le citoyen du monde, arrivé à WBA avec l’espoir de se refaire une santé sportive (je veux finir ma carrière ici, dira-t-il), et qui trouve le moyen de se faire sottement remarquer pour son premier but. Chapeau l’artiste !

Objectif ménage. Deux coachs se sont succédé au cours de l’année, et le prochain aura fort à faire. Beaucoup de joueurs sont en fin de contrat, et les jeunes de l’Academy seront peut-être amenés à faire leurs preuves plus vite que prévu.

Les hommes invisibles

Brillant à Swansea au début des années 10, Scott Sinclair n’est plus qu’un footballeur intermittent. L’attaquant cumule huit apparitions cette année, dont aucun but. Son transfert à Manchester City ne lui a pas de bien. Désireux de se relancer, son prêt à WBA ne s’est pas avéré très judicieux. Retrouvera-t-il son niveau ?

En défense, c’est Diego Lugano qu’on a peu vu jouer à The Hawthorns. Sept titularisations, un but, et une rupture de contrat en fin d’année. C’était court mais intense. Merci et à bientôt.

Highlights

L’orgasme a eu lieu à la fin septembre, lorsque les Baggies ont successivement battu Sunderland (3-0) et Manchester United (2-1, à l’extérieur). Le reste du temps, en tribunes, on a surtout vu des mouchoirs et des antidépresseurs.

Lowlights

Une seule victoire en 18 matchs, entre début novembre et début mars. C’est long, surtout vers la fin.

En outre, les parcours en coupe ont été assez déplorables.

Le manager

Steve Clark a été viré le 14 décembre 2013, après une année civile assez compliquée. Réussissant merveilleusement ses débuts d’entraineur (2012), la suite fut un peu plus difficile, et les quatre défaites de rang (fin novembre-mi-décembre) ont eu raison de lui.

En remplacement, Pepe Mel est intronisé début janvier avec un contrat de 18 mois, dixit le club. Mel argue qu’il ne dure que six mois. Quoi qu’il en soit, il quitte son poste au bout de quatre mois. Bilan : trois victoires en 17 matchs. Et une apparente mésentente avec ses supérieurs.

On l’a déjà dit, mais on insiste : le nouveau manager aura fort à faire dans ce gros sac de nœuds.

Photo de la saison

Ils sont arrivés les mains pleines de cadeaux de Noël. Mi-décembre, Ben Foster et certains de ses coéquipiers sont allés rendre visite aux enfants de Sandwell Hospital, situé à West Bromwich. C’est une photo comme il en existe des tonnes. Tous les clubs raffolent de ces clichés, qu’ils rendent publics aussitôt pris. Mais on est toujours un peu gêné par l’opération communication. Elle veut rendre les footballeurs humains et proches de leurs supporters. Comme s’ils ne l’étaient pas. Comme s’ils ne pouvaient pas faire une telle chose spontanément. Curieuse impression.

West Ham (13è, 40 points, G-A – 11 / 40 buts pour / 51 contre)

Résumé de la saison

Une saison mal barrée jusqu’à la mi janvier (12 défaites, 4 victoires seulement - 18è) puis net regain de forme et d’efficacité à partir de la fin janvier et du fameux match déclic contre Chelsea, ce 0-0 homérique à Stamford Bridge qui fit tant chouiner le Mou (voir plus bas).

Au final, une année à oublier, une de plus. Pour les supporters, le coupable est tout désigné : le manager, Sam Allardyce. Début mai, un sondage effectué auprès de 12 000 supps  révélait que 78 % d’entre eux souhaitaient son limogeage. Reproche principal : un jeu trop terne et « négatif », surtout à domicile.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

- au gardien espagnol Adrián. On se souvient de sa performance héroïque à Stamford Bridge (0-0) face à l’invraisemblable pilonnage Blues sur ses cages. Elu « Recrue de la saison » et deuxième Meilleur Joueur de la Saison du club.

Mention aussi à l’increvable portier finlandais Jussi Jääskeläinen (39 ans) qui, sans démériter, a perdu son poste de titulaire au profit d’Adrián à partir de janvier. JJ vient de resigner pour un an.

- aux latéraux : l’Ivoirien Guy Demel à droite et l’Irlandais Joey O’Brien à gauche.

- aux arrières centraux James Collins, Winston Reid et James Tomkins. Le Néo-zélandais Reid (Hammer of the Year l’an passé) fait une bonne saison malgré quatre mois d’indisponiblité et Tomkins, 25 ans, commence à confirmer les grands espoirs placés en lui en U21 (10 capes) ; élu troisième Meilleur Joueur de la Saison. 14 clean sheets pour la défense.

- au milieu central Mark Noble, l’âme guerrière et créatrice des Hammers. Doté aussi d’un sacré moteur : 38 fois titulaire en championnat, avec pas mal de 9/10 dans la presse. Au club depuis onze ans, 275 apparitions. Elu Hammer of the Year pour la deuxième fois en trois saisons et Players’ Player of the Year. Serait sans doute international depuis longtemps s’il jouait dans un grand club.  Convoité par du menu fretin (Newcastle & co) mais peu de chance qu’il parte, sauf chez un gros. Rêve du Stade Olympique, probable synonyme de changement dimensionnel du club.

Noble aime les célébrations post-but viriles (ici avec Ilan en 2010)Noble aime les célébrations post-but viriles (ici avec Ilan en 2010)

- au milieu polyvalent sénégalais Mohamed Diamé, très athlétique, percutant et occasionnellement buteur (4 pions, 3 passes décisives). Le Cristolien veut partir dans un club du Top 6 et rêve tout haut de Liverpool où il se verrait bien faire concurrence à Lucas et Joe Allen. C’est sûr que niveau rentre-dedans, y’aurait pas photo.

- au milieu polyvalent Matt Taylor, discret mais efficace.

- au virevoltant ailier gauche Matt Jarvis, un poil irrégulier mais souvent crédité de 6-7/10 dans la presse.

- à l’ex duo de Newcastle Nolan-Carroll. Le premier, capitaine, s’est encore distingué par sa combativité et son sens du placement (21 matchs/7 buts - 2 cartons rouges cependant). Le second n’a pas beaucoup joué (longue blessure, suspension) mais c’est un pion majeur de l’effectif Hammer, pèse terriblement sur les défenses. Aurait pu être du voyage au Brésil s’il n’avait pas raté les deux tiers de la saison.

Et gros bon point à Danny Gray, élu… Supporter of the Season (par d’autres supps, initiative originale du club). Ce super supp a assisté à tous les matchs des Hammers à l’extérieur et à domicile depuis 1976 ! Tous les clubs ont un phénomène comme Danny mais très sympa de la part de WH de l’honorer.

Entre satisfaction et déception, l’ailier Stewart Downing (du mieux dans la percussion mais encore trop inconsistant et petites stats - 1 but/2 passes décisives, en 32 matchs PL) et Carlton Cole, capable du meilleur comme du pire. A vrai dire, on ne sait plus trop où le classer depuis longtemps mais mentionnons-le car son cas est bizarre. Libéré par West Ham en juin 2013 après sept ans de moyens et loyaux services, on pensait le retrouver dans un club exotique ou en pré-retraite à QPR. Mais non, étrangement, il réapparaît… à West Ham. Repris - pour trois mois - par les Hammers en octobre dernier (contrat ensuite prolongé jusqu’en juin 2015).

Rayon déceptions :

- l’ex Sochalien Modibo Maïga, le Malien est souvent cité par les supps Hammers comme le pire joueur cette saison. Prêté à QPR fin janvier mais peu utilisé.

- Joe Cole aurait mieux fait de rester à Lille. A 32 ans, celui qui fut formé chez les Hammers a été libéré. On pourrait le retrouver à QPR, en MLS ou dans un championnat plus exotique à la rentrée.

Temps de prendre le taxi, Joe
Temps de prendre le taxi, Joe

Finissons sur le cas Ravel Morrison. Milieu offensif de 21 ans, sauvé d’un avenir Mélodie en sous-sol par Alex Ferguson. On nous présente le bad boy depuis des années comme l’un des meilleurs jeunes Anglais, avec sa grosse technique, sa belle accélération, etc. en gros le mec potentiellement énorme le jour où il arrêtera de déconner.

Cette saison, on espérait donc enfin voir s’épanouir le reject de Man United (même Fergie jeta finalement l’éponge, trop d’embrouilles). Et il a bien brillé, jusqu’à Noël, par intermittence : 3 buts en 12 titularisations et quelques belles perfs (contre Tottenham notamment).

Hélas, son lifestyle turbulent a déplu à Sam Allardyce qui l’a refilé à Harry [Redknapp] à QPR en février (prêt de 3 mois) où il a claqué 6 buts/15 matchs. C’est un joueur talentueux, qui fait le show et les supps Hammers le considèrent un peu comme un cult hero et aimeraient son retour, histoire de faire vibrer Upton Park. Mais il n’a pas de bol l’héros, West Ham semblerait vouloir s’en séparer, pour environ 5m £. Aux dernières nouvelles, QPR et Swansea seraient intéressés.

Le board a été clair niveau objectifs : le Top 10 et un jeu plus alléchant ou la porte pour Sam Allardyce. Il fallait absolument un deuxième buteur pour épauler Carroll et on attend beaucoup de Mauro Zárate, la recrue argentine.

L’homme invisible

Le milieu français Alou Diarra. Eloigné des terrains à cause d’une blessure sérieuse (ligaments croisés) chopée dès la fin août en Coupe de la Ligue (putain de League Cup), le vice-champion du monde 2006 aux 44 capes n’a pu rejouer que cinq mois plus tard. Il n’affiche que 250 minutes de jeu PL en deux saisons (prêté à Rennes quatre mois l’année dernière) et, en accord avec le joueur, le club pourrait le vendre (il lui reste un an de contrat).

Highlights

Demi-finale de League Cup (éliminé par Man City). Victoires 3-0 sur Spurs (les Hammers ont d’ailleurs battu Spurs trois fois cette saison), 3-1 sur Southampton, et quelques belles perfs de guerrier, comme le 0-0 sur Chelsea à Stamford Bridge après un pilonnage incessant des cages d’Adrian, stat hallucinante : 39 tentatives sur le but Hammer contre… 1 sur le but de Chelsea ! (record PL). Ce qui voudra ce commentaire idiot mais hilarant du Mou : « West Ham pratique un football digne du XIXè siècle. »

La confirmation de l’attribution du stade Olympique à West Ham (54 000 places en configuration football) après une interminable saga débutée en octobre 2010 (moultes embrouilles et complications judiciaires).

A part ça, la grosse highlight à Upton Park, c’est l’acquisition de la saison : deux nouvelles machines à bulles de savon (le club en avait déjà une paire). Les Hammers les activent fièrement au moment où résonne l’hymne du club (Forever blowing bubbles) ; la production de bulles a doublé, tout le monde est content et ressort d’Upton Park bien savonné, investissement payant donc. Ben ouais, tout ça compte dans la vie d’un club, même d’un club avec un hymne en savon. Si vous voulez voir, ça donne ça. Pas si vilain au fond, faut juste adorer le savon quoi.

Lowlights

Vingt défaites et quelques belles roustes (0-3 contre Chelsea par ex, 6-0 contre Man City en League Cup, etc.) mais c’est surtout l’attitude de ce club qui a de quoi irriter. Et là, j’aimerais pousser un coup de gueule contre l’état-major Hammer, ses deux propriétaires, David Gold et David Sullivan, et Karren Brady (inséparable bras droit de Sullivan depuis 25 ans), un trio dont j’ai souvent parlé ici par le passé.

Tout d’abord, Gold & Sullivan. Entre autres faits d’armes cette année, ils se sont ridiculisés pour avoir voulu poursuivre la FA dans l’affaire Andy Carroll v Swansea. Rappel des faits. 1er février, West Ham-Swansea, Chico Flores plaque Carroll au sol. Ce dernier lui met alors un violent coup avec l’avant-bras en se retournant. Par chance, il ne touche que le haut du front de l’Espagnol. Manque de bol pour West Ham, Chico Flores nous fait un numéro digne de l’Actors Studio et s’écroule théâtralement en se tenant le visage, à la Lee Dixon/Rivaldo/Slaven Bilic. L’arbitre expulse (justement) Carroll.

West Ham, furieux de s’être fait enfumer par Chico, parle d’un « préjudice de 75m £ si le club descend à cause de cet incident » (car suspension d’Andy Carroll pour 3 matchs - il revenait après 6 mois d’absence, blessure aux tendons du pied). La FA maintient le carton rouge. Pendant une semaine, West Ham menace haut et fort de poursuivre la FA et Swansea City mais comprend finalement qu’ils n’ont aucune chance de gagner un éventuel procès et jette l’éponge.

Passons à Karren Brady, porte-voix du club et accessoirement groupie des Tories. Ne cesse de cogner sur le secteur public (en voie de semi-extinction en Angleterre - privatisation/semi-privatisation ou disparition tout court, les tribunaux pourraient être les derniers à morfler), sur l’interventionnisme de l’état, les aides publiques, etc. via ses fréquentes divagations dans le Sun et phillipiques anti-fonctionnaires dans les médias audios. Mais, curieusement, jamais aucune mention de sa part du fait que si West Ham aura bientôt la possibilité d’entrer dans la cour des grands, grâce à son occupation du Stade Olympique à partir de 2016-17, il le devra beaucoup :

a) aux 500m £ versés par les contribuables pour un stade qui n’aurait jamais dû voir le jour (le nouveau Wembley devait être étudié pour intégrer les J.O mais des bisbilles entre le gouvernement Blair et la FA firent capoter ce plan) et

b) aux subventions diverses dont West Ham a largement bénéficié - et bénéficiera - pour acquérir et transformer ce stade (sans parler du loyer annuel dérisoire, 2m £).

Une transformation estimée à 175m £… mais West Ham s’est débrouillé pour ne verser que 10 % du coût total ! Au Royaume-Uni actuellement, on licencie ou fait tourner au ralenti dans le secteur public avec une intensité jamais vue depuis les années 1920 (écoles, commissariats, tribunaux, casernes de pompiers, équipements culturels/médicaux/sociaux/sportifs, etc. tout est charcuté - une armée de volontaires a été enrôlée, cette fameuse Big Society chère à Cameron), alors faudrait voir à la mettre décemment en veilleuse.

Un deal a été conclu en février avec un groupe immobilier pour vendre Upton Park qui sera transformé en un « village » de 700 logements.

Le manager

Sam Allardyce, depuis juin 2011 (WH alors relégué en D2). Fait généralement tourner les Hammers en 4-3-2-1, avec Kevin Nolan, Andy Carroll (ou, plus rarement, Carlton Cole) en target man. Dispositif aussi basé sur les centres ou le wing play (Downing à droite et Jarvis à gauche).

Guère apprécié, on estime son style trop négatif. Il y eut des exceptions (à Bolton, jeu chatoyant plusieurs saisons avec J-J. Okocha et Y. Djorkaeff notamment) mais avec « Big Sam » ça joue effectivement généralement direct et musclé, même si WH a produit quelques superbes matchs cette saison, l’un n’empêchant parfois pas l’autre bien sûr.

Le board a fixé des objectifs clairs et précis à Allardyce (voir plus haut) qu’il devra atteindre sinon la porte. On lui a notamment demandé de produire un jeu plus offensif (seulement 40 buts marqués) et dans cette optique, Teddy Sheringham (355 buts en 898 matchs) a été nommé entraîneur des attaquants.

Photo de la saison

Allardyce se fout gaiement de Chico Flores lors du Swansea-West Ham de fin octobre, après une belle performance d’acteur du défenseur central espagnol (roulades hollywoodiennes sur la ligne de touche devant un Big Sam hilare, qui aurait tant aimé remettre à Chico l’Oscar du Meilleur Chiqué). Rangel et d’autres s’interposeront pour éviter que ça parte en sucette.

Chico prendra sa revanche au match retour en faisant expulser un Andy Carroll qui revenait d’une longue blessure. Avec trois matchs de suspension à la clé s’il vous plaît. L’incident déclencha l’ire de West Ham (voir Lowlights). On doute que Carroll et Big Sam veuillent en rester là et les West Ham-Swansea de 2014-15 promettent d’être chauds.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester
Partie 5 : Newcastle
Partie 6 : Norwich, Southampton, Stoke
Partie 7 : Sunderland, Swansea

Et voilà, that’s all folks pour notre quatrième saison sur la Toile.

Cette année pour nos vacances, pas de galères à Bolton sur les traces de Tyrone Mears ou mauvais plans dans les fast-foods de Barnsley à la recherche de Mido, on se la joue star system : on prend nos quartiers d’été à Keepmoat, le stade de Doncaster. Louis Tomlinson (le mec des One Direction) a racheté Rovers en duo avec le roi anglais des nichons en silicone (John Ryan) et ils tiennent absolument à ce que l’équipe TK les aide à refaire monter Rovers en D2. On leur a déjà conseillé de réembaucher l’ex mascotte de Donny, Tracy Chandler, ci-dessous, injustement limogée (ben ouais quoi, elle au moins donnait bien plus de sa personne que Fred Piquionne y’a deux ans).

TK reviendra quand on aura désintoxiqué Louis (tombé dans l’enfer de la drogue le pauvre) et convaincu la branche locale de la Ligue des Puritains que Tracy est une mascotte parfaitement convenable, timide et prude même quand on la connaît bien.

Merci à tous & toutes pour votre fidélité, vos commentaires et toussa qui ne manquent jamais de nous réchauffer le palpitant dans notre petite chambre de bonne mal chauffée et nous vous souhaitons la meilleure trêve estivale possible à encourager les Trois Lions et aussi Doncaster Rovers évidemment.

Une dernière chose : toi aussi tu peux faire partie de la légende TK et connaître la gloire, l’argent sale, les filles faciles et Louis Tomlinson. Toute collaboration, même pour un temps équivalent au coaching de Torquay United par Leroy Rosenior (on kiffe toujours autant cette vanne, est donc la bienvenue. N’hésite pas à nous poker à l’adresse suivante : teenagekickscdf@gmail.com, ou sur notre Twitter ou Facebook.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Sunderland (14è, 38 points, G-A - 17 / 43 buts pour / 60 contre)

Résumé de la saison

« Dernier à Noël, descente en mai », dit un proverbe du foot anglais, garanti super fiable. Et ben pas ce coup-là ! Une rareté : seul West Brom (en 2004-05) avait réussi à se maintenir en pointant dernier au Boxing Day. La physionomie de cette saison 2013-14 se trouve résumée dans ce titre de film dont l’imagerie est très utilisée en foot british : The Great Escape.

La grande lessive de l’intersaison (14 nouveaux joueurs) après une saison ratée (17è) avait fait naître un timide espoir sur les bords de la Wear. Las, espoirs vite douchés par un démarrage calamiteux sous le leadership hystérique de Paolo Di Canio : 7 défaites et 1 nul sur les 8 premiers matchs.

Après le foutoir innommable laissé par l’ex Owl (limogé fin septembre), l’Uruguayen Gus Poyet reprit efficacement les rênes mais sans véritablement faire décoller le club au classement malgré un gros regain de forme. Un surplace partiellement dû à une féroce bataille en deuxième partie de tableau, cette fameuse relegation scrap. Jusqu’à ce sprint final en mode bulldozer, qui rappelle celui de West Ham en 2007 : 13 points pris en 5 matchs, victoires héroïques à Chelsea et Man United, 1-1 contre Man City à l’Etihad et claques infligées à Cardiff et West Brom.

A toute Grande Evasion son sauveur. Le héros Hammer s’appelait Carlos Tevez, celui des Black Cats Connor Wickham. Avec des similitudes étonnantes : El Apache s’était soudain mis à enquiller les buts dans l’emballage final, idem pour Wickham, rappelé d’urgence de prêt en D2 pour pallier la blessure de Steven Fletcher. West Ham avait eu droit à son scandale (transfert illégal de la paire Tevez-Mascherano, retrait de points évité mais WH dut débourser 24 millions £ en amendes et dommages à Sheffield United), Sunderland l’évita chanceusement malgré l’inégibilité avérée de Ji Dong-won en début de saison et révélée seulement en avril, d’une manière pas franchement très nette. Une erreur de procédure supposée des instances autour du bon de sortie international du Sud-Coréen, aggravé par une bévue administrative d’une secrétaire du club, ont sauvé les Mackems qui s’en sont tirés avec une amende au lieu d’un retrait de points (certes, seul un point aurait été déduit). Phew

Bonne tenue à l’extérieur, 20 points pris ainsi que contre les clubs du Top 10 (24 points). S’land a gardé le pire pour les matchs à domicile en fait (11 défaites !), sympa pour ses 41 000 fidèles. Les grosses qualités mentales affichées sur la fin ont permis d’aller chercher le maintien alors que la situation semblait désespérée. Une 14è place à peu près aussi miraculeuse que la 10è de Newcastle, mais ô combien plus jouissive, surtout pour les vieux supps : selon eux, c’est la saison la plus exciting depuis cinquante ans.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

  • à Vito Mannone. Au départ, on se méfiait, normal : un gardien transfuge d’Arsenal, c’est forcément louche depuis le dernier vrai bon portier Gunner, David Seaman. Mais l’Italien a su profiter de la blessure de Westwood pour s’imposer de belle manière. Elu Sunderland Player of the Season.
  • à Phil Bardsley, joueur clé placardisé par Di Canio pour d’obscures raisons, le latéral droit écossais a pris sa revanche sous Poyet. A battu le record du club d’apparitions PL (avec 174), transféré à Stoke depuis. Immédiatement remplacé par Billy Jones de West Brom.
  • au milieu Jack Colback. Après une saison 2012-13 quelconque, le talentueux Geordie de 24 ans s’est bien remis en selle. Trop bien même : convoité par plusieurs clubs, il serait sur le point de signer à Newcastle, le club de son enfance, pour approx. 220 000 £/mois, soit plus de quatre fois son salaire actuel. Et il part pour rien en plus car il est en fin de contrat (il a rejeté plusieurs offres de Sunderland). Le dernier joueur à filer directement chez le grand rival entre les deux clubs est Lee Clark, l’actuel manager de Birmingham City, en 1997 (de Newcastle à Sunderland) #GingerJudas.
  • Marcos Alonso, le prêté par la Fiorentina a brillé par intermittence. Dans un bon jour, très classieux.

  • à Connor Wickham. Ce jeune espoir du foot anglais de 21 ans (acheté 8m £ en 2011) taxé de « mannequin play-boy qui mériterait des baffes » par Paolo Di Canio (who else?) est revenu fin mars du Yorkshire – prêté à Sheffield Wednesday puis Leeds – plein de confiance, après avoir planté 8 buts en 11 matchs chez les Owls. Technique et surpuissant, ses 5 pions dans l’emballage final ont largement contribué au maintien. Nommé Player of the Month de PL en avril.
  • au milieu défensif Lee Cattermole (ci-dessous en tête à tête avec l’arbitre Phil Dowd). S’énerve souvent pour un rien, sort du match trop facilement, commet son lot de fautes et boulettes, mais Dieu que sa gnaque est indispensable dans l’entrejeu et en défense. A 26 ans à peine, « Clattermole » (to clatter = savater/mettre un tampon) achève sa neuvième saison de PL. Celle du début de la maturité, enfin ? Non, pas tout à fait, il a encore pris 7 jaunes et 1 rouge cette saison. Enfin, il a mûri un poil quand même car il peut enfin entrer dans les pubs et boîtes de son coin (Stockton–Yarm), après quatre ans d’interdiction par le pubwatch local ! Un gros bémol : son habitude de remonter son short jusqu’au nombril, à la Luis Fernandez ; mieux vaut pas faire ça en boîte (tu m’étonnes qu’ils le laissent dehors).

  • Adam Johnson, sublime en milieu de saison (Premier League Player of the Month en janvier). A claqué le premier hat-trick de sa carrière contre Fulham en janvier (1-4). Il est d’ailleurs le seul Anglais a en avoir inscrit un cette saison. Et ouais.
  • Fabio Borini, avant-centre classieux prêté par Liverpool. 7 buts/32 matchs PL, 10/40 avec les coupes. Elu Sunderland Young Player of the Season. Sunderland veut le recruter, Liverpool n’a pas réagi officiellement (au 2/06/2014) mais devrait en demander autour de 10-12m £ (soit son prix d’achat en 2012, 11m). Toutefois, Borini veut absolument retourner à Liverpool, quitte à jouer les bouche-trous.

En vrac : le milieu suédois Seb Larsson, pour sa fin de saison seulement car le reste fut très moyen (contrat renouvelé pour trois ans mardi). Les vieux grognards Wes Brown et John O’Shea, trop lents, trop ceci trop cela, mais ont sorti quelques matchs monstrueux au moment crucial, dans l’emballage final. Mention à Ki (Sung-Yeung) également, milieu prêté par Swansea en janvier.

Rayon déceptions :

  • l’attaque, plus précisément L’écossais Steven Fletcher et l’Américain Jozy Altidore (acheté 6m £ l’été dernier, 30 apparitions PL, 1 but), un duo que l’on mettra au même niveau cette saison, même si Fletch’ a largement prouvé ses qualités de buteur en PL dans un passé récent.

On pourrait certes leur trouver des circonstances atténuantes (retour en cours de saison de longue blessure pour Fletch), argumenter que l’un a mieux réussi que l’autre, que l’un a parfois joué décroché (Altidore, en 10), etc. Toutefois, je laisserais ce genre de débats stérile aux forums de supps, car décider lequel des deux a été le moins mauvais c’est un peu comme ergoter sur qui de Francis Heaulme ou Emile Louis était le plus sympa. Ont tous deux été nullissimes devant les buts et c’est bien tout ce qu’il faut retenir. Altidore, qui semble réserver tous ses buts à la sélection américaine, a même vendangé avec la réserve (appelée U21 Premier League depuis 2012), comme on peut le lire dans ce compte-rendu de son seul match chez les stiffs (réservistes) début avril. Un bilan digne de Jon Stead, le plus inefficace avant-centre de l’histoire du club (2 buts en 40 matchs, entre 2005 et 2007).

Emanuele Giaccherini est à l’évidence un tout bon mais l’ex Bianconero ne s’est jamais trop fait au style local.

Pour finir, citons quelques noms parmi la tripotée de floppeurs arrivés l’été dernier : Dossena, Cabral, Diakité, etc. Par ailleurs, les joueurs suivants ont été libérés : C. Cuellar, C. Gardner, D. Vaughan et le gardien K. Westwood.

L’objectif principal sera de trouver la formule (magique) pour s’ancrer durablement autour du milieu de tableau plutôt que de flirter constamment avec la relégation.

Concrétement parlant, il va falloir recruter au minimum 5 ou 6 joueurs en plus des deux déjà arrivés (B. Jones et J. Gómez), tous les secteurs sont concernés. Il faut : un gardien supplémentaire pour concurrencer Mannone (Speroni ?), un défenseur central, un latéral gauche, un milieu, et un avant-centre (Sunderland aimerait garder Borini).

L’homme invisible

Un duo, celui évoqué plus haut, Fletch & Juice (le surnom d’Altidore).

Highlights

Pas mal de moments sympas dans cette saison riche en émotions.

Le parcours dans les deux coupes tout d’abord, surtout évidemment en League Cup où les Mackems ont atteint la finale après avoir sorti Southampton, Man United et Chelsea, scusez du peu. Sans oublier Milton Keynes (D3) au premier tour, car putain que ça fait du bien par où ça passe de taper le Franchise FC chez eux (4-2), au milieu de leurs vaches en béton. Un petit regret sur la finale contre Man City (perdue 3-1), quand Steven Fletcher (à court de forme et confiance) s’emmêle totalement les crayons sur la balle du 2-2 à 5 minutes de la fin.

Le doublé dans le derby contre Newcastle, 2-1 en octobre au Stadium of Light puis la claque infligée à St James’ Park début février, 3-0. Mais baffer les Mags est devenu tellement routinier qu’on enregistre à peine l’info. Enfin, ne faisons pas la fine bouche, 90 ans tout de même que Sunderland n’avait pas réussi le doublé sur son ennemi juré.

La victoire 2-1 contre Chelsea à en avril : c’était la première défaite de Mourinho à Stamford Bridge ! (77 matchs) « The greatest shock in the Premier League history » a titré le Times.

La victoire 4-0 sur Cardiff en fin de saison, celle (méritée) sur Man City en championnat, 1-0. La routine en fait : c’était en effet le quatrième 1-0 d’affilée à domicile sur les Citizens en PL ; le Stadium of Light est un véritable bogey ground (stade maudit) pour la bande à Nasri.

Grosse saison aussi pour les restos indiens de la ville : les généreux pourboires laissés par le propriétaire du club (l’Américain Ellis Short) après un curry ont continué à tomber les jours de victoire (pas souvent en championnat, mieux en coupe), près de 2 000 £ de tip les bons soirs. Celui-ci date d’avril 2013 mais le Texan a récidivé aussi cette saison.

Et mini-highlight pour clôre la rubrique et satisfaire les amateurs de quiz foot. Le 10 novembre 2013, un petit bout d’histoire du football anglais s’est écrit au Stadium of Light lors du Sunderland-Man City : pour la première fois en Angleterre, deux managers sud-américains s’affrontaient, Gus Poyet et Manuel Pellegrini.

Lowlights

La raclée prise par Swansea (4-0) en début de saison, les non matchs à Arsenal en février (4-1) et Tottenham en avril (5-1). Les trois défaites contre Hull.

Les 7 cartons rouges (dont 3 pour West Brown) et les 6 own goals, on frise les records.

Le communiqué du club sur l’usage de fumigènes lors du derby où, Margaret Byrne, chief exec du club, s’emmêle les pinceaux sémantiques : « We have also been asked by the FA to remind all supporters about the dangers of flares and polytechnics» [La F.A nous a également demandé de rappeler à tous les supporters les dangers des fumigènes et engins polytechniques]. La brave Margaret voulait bien sûr dire « pyrotechniques ». La Polytechnic en Angleterre était, jusqu’au début des années 90, un type d’établissement d’enseignement supérieur du style BTS. Un faux-ami qui servit d’ailleurs longtemps aux étudiants anglais en France – les assistants notamment – à draguer les Françaises (« Wow, Brian a fait Polytechnique, super intelligent le mec ! »).

Le manager

Y’en a eu deux cette saison, Paolo Di Canio d’abord, jusqu’au 23 septembre (limogé), puis Gus Poyet ensuite. Et dire que Sunderland a bien failli avoir Louis Van Gaal…

Di Canio s’était honnêtement débrouillé en D3/D4 avec Swindon Town mais manager en PL demande un tout autre doigté, surtout dans la gestion humaine, en partie car le rapport de force est totalement différent. En D3/D4, le manager est tout puissant et dirige des joueurs souvent en transit ou en situation précaire (les contrats sont très courts à ce niveau et les tricards légion). Des gars qui, en gros, doivent s’écraser et tout accepter s’ils veulent faire leur trou. Les divisions inférieures, c’est le marche ou crève du football anglais. Di Canio est un dinosaure, prisonnier d’une autre époque, lointaine et révolue, et son approche très rigide et autocratique du football est aujourd’hui suicidaire au plus haut niveau (certes, Fergie réussit – dans un autre style – mais seulement après avoir fait ses preuves, et ensuite avec le soutien inconditionnel des boards successifs).


On espérait que l’Italien aurait la présence d’esprit de se montrer plus flexible et hausser son jeu mais non. Ses déclas post limogeage en disent long sur son incapacité à reconnaître ses erreurs et en tirer quelques enseignements salutaires au lieu de mitrailler les reproches tous azimuts (envers le club, les joueurs, recruteurs, médias, etc.). Dont cette perle : « Parfois, un manager n’est pas assez bon pour le groupe qu’il dirige. D’autres fois, c’est le contraire. Dans mon cas, c’est la seconde option. »

Décla en forme de bastos dans le pied car c’est Di Canio lui-même qui recruta, ou entérina, l’arrivée de 14 joueurs à l’intersaison, et non Roberto De Fanti (directeur sportif et cible favorite des attaques di caniesques).

Gus Poyet, infiniment plus intelligent et pragmatique que son prédécesseur, a brillamment pris le relais, sortant plusieurs joueurs clés du placard (dont Bardsley et le sheriff de l’entrejeu, Lee Cattermole) et remettant quelques-uns en selle, dont l’ailier buteur Adam Johnson. Ça manque toujours de liant et créativité au milieu mais la patte Poyet, c’est un jeu au sol, vif et mobile et le système a tendu vers un 4-4-2 ou un 4-5-1 compact, censé être conçu pour le contre (d’ou la plus grande aisance des Black Cats à l’extérieur). Ça, c’est la théorie ; en pratique, ça a trop souvent été la débandade. Maintenant qu’il peut bâtir un effectif à sa guise, il va tenter de créer une vraie identité de jeu en utilisant ses systèmes favoris, à savoir un 4-1-4-1 ou 4-3-3, avec la possession comme priorité.

Il est courant d’entendre dire, démonstrations savantes et chiffrées à l’appui, que l’entraîneur importe finalement peu, ou pas tant que ça. Même un manager réputé compétent ne ferait pas fondamentalement progresser un club hiérarchiquement parlant, cf les travaux poussés de Simon Kuper et Stefan Szymanski dans ce domaine (en particulier le chapitre Do Managers matter? dans le très intéressant Soccernomics, édition 2012 – plus exhaustive que la 2009 ; la troisième vient de sortir). Et il est vrai que le culte de l’entraîneur, à fortiori celui étiqueté « faiseur de miracles », a atteint un degré excessif, tant les fortunes d’une équipe peuvent dépendre d’une myriade de facteurs qui échappent au contrôle direct du manager. Toutefois, si cette théorie de l’entraîneur « placebo » ou interchangeable est éminemment défendable, elle occulte une réalité ô combien palpable mais négligée : un mauvais manager peut vous plomber un club en un temps record. Sunderland en a fait l’amère expérience cette saison.

Photos de la saison

Pendant une bonne minute, Paolo di Canio va communiquer, par signes étranges, avec les 2 000 supporters Black Cats après le West Brom–Sunderland de septembre. C’est Sességnon, viré de Sunderland par Di Canio, qui lui a porté le coup de grâce en marquant et sortant une grosse perf. L’Italien sait alors qu’il est sur le point de se faire limoger. C’est beaucoup plus parlant en clip.

Sympa cette voiture de marque Vauxhall (Opel en Angleterre), avec baffes infligées aux Magpies sur les portières, ça c’est de la personalisation. Une Opel à tartes en quelque sorte. A éviter de garer sur Newcastle par contre.

Vous êtes priés de prendre votre surligneur vert et cocher la dernière case sur votre ordi.

Swansea (12è, 42 points, G-A 0 / 54 buts pour / 54 contre)

Résumé de la saison

Saison relativement décevante au regard de la précédente. Vainqueur de la League Cup (seul trophée majeur de l’armoire du club) et qualifié en Europa League, Swansea affichait quelques espoirs. Mais début février, après une seule victoire en dix matchs, Laudrup se faisait virer. Garry Monk reprenait l’équipe 12ème, place à laquelle elle a terminé l’exercice 13/14.

Au niveau des coupes, les Swans quittaient l’Europa League en 16ème de finale, battus par Naples. Et malgré la belle performance du 3ème tour de Cup face à Manchester United (victoire 2-1 à Old Trafford), ils rendaient les armes contre Everton un mois plus tard.

Jadis dépositaire du beau jeu et d’une élégance collective, Swansea n’a pas brillé outre-mesure cette année, plombé par des résultats très moyens (seulement quatre points pris contre les neuf premiers du championnat) et des relations pas optimales (cf. plus bas).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Avec 25 buts en 48 matchs, Wilfried Bony réalise une excellente (première) saison, et vaut bien ses 12M£ (record du club). Wayne Routledge est l’autre satisfaction de la saison, principalement pour son apport offensif (ne vous fiez pas à ses 2 buts et 4 passes décisives).

Michu a été décevant, mais pouvait difficilement être à la hauteur de sa saison précédente, lorsqu’il culminait à 18 buts en 35 matchs. Cette année, il s’est arrêté à 2 buts, en 17 matchs de championnat. Faiblard. Son compère de l’attaque, Alvaro Vazquez, n’a pas été meilleur. Pour les transferts, il faudrait un homme par poste. Fabianski est déjà arrivé, en lieu et place de Michel Vorm, donné sur le départ. Notre mauvaise langue nous fait dire qu’il faudrait recruter un vrai gardien, mais donnons une deuxième chance au Polonais.

L’homme invisible

David N’Gog. Arrivé au club à la fin janvier, le Français accumule deux tirs (non cadrés) en trois apparitions. Les blagues fusent à l’évocation de son nom, mais son heure viendra. La tâche qui pèse sur ses épaules trop maigres semble démesurément grande. A lui aussi, donnons-lui une deuxième chance. Son potentiel ne s’est pas encore totalement révélé. Ca viendra, il n’a que 25 ans.

Highlights

La victoire en FA Cup face à United (2-1), avec une tête de Bony dans les dernières minutes, apparaît comme l’une des satisfactions majeures de la saison. Egalement, le parcours en Europa League, avec une petite gifle à Valence (3-0) et le privilège de rencontrer Naples en 16ème de finale.

La victoire contre Cardiff City (3-0) à la maison, qui efface la défaite de l’aller. Les Gallois se quittent bons amis.

Lowlights

Huit matchs sans victoire entre début décembre et mi-janvier, ce qui a d’ailleurs coûté la place de Laudrup.

Pour un tenant du titre, même de League Cup, se faire sortir au premier tour contre une équipe de Championship, c’est pas terrible. C’est pourtant ce qui est arrivé à Swansea, contre à Birmingham (3-1).

Et puis une petite déception en voyant un collectif un peu moins flamboyant.

Le manager

Après une première année très convaincante, le torchon commençait à brûler entre Michael Laudrup et le chairman, Huw Jenkins. Lors d’une réunion début février, celui-ci lui demande de mettre tout son staff à la porte. Laudrup refuse, ils continuent à discuter, se serrent la main et se quittent bons amis. « Le poste de Laudrup n’est pas menacé. » Mauvais signe… Et en effet, quelques heures plus tard, le Danois apprend par e-mail qu’il n’est plus l’entraîneur de Swansea.

Garry Monk le remplace. Malgré un maigre bilan, l’entraîneur-joueur de 35 ans parvient à maintenir le club. En fin d’année, son contrat est prolongé à la tête du club jusqu’en 2017. Gageons qu’en dépit de sa bonne volonté, Monk ne fera pas mieux que Laudrup.

Photo de la saison

En photo, ça donne ceci. Et en vidéo, ça donne ça. Shelvey face à Aston Villa, le 26 avril dernier.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester
Partie 5 : Newcastle
Partie 6 : Norwich, Southampton, Stoke

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Norwich (18è, 33 points, G-A - 34 / 28 buts pour / 62 contre)

Résumé de la saison

Après une saison 2012-2013 terminée à la 11è place, Chris Hughton est confirmé sur le banc des Canaries. Premier choc pour les supporters : le départ du buteur vedette Grant Holt du côté de Wigan, contre un chèque de 1,6m £. L’ex magasinier/docker/mécano était de la remontée fantastique du club, grimpant de la League One en 2009 à la Premier League en 2011. Pour le remplacer, le board enrôle l’avant-centre néerlandais Ricky van Wolfswinkel, en provenance du Sporting Lisbonne pour 8,5m £. Ambitieux, Norwich en profitera pour ramener l’attaquant du Celtic Gary Hooper (5,5m £). Notons également les signatures de Nathan Redmond (libre, Birmingham), Martin Olsson (2,5m £, Blackburn), Leroy Fer (4,8m £, Twente) et Johann Elmander (prêté par Galatasaray).

Une équipe donc plutôt expérimentée et taillée pour le maintien, voire mieux. D’ailleurs, aucun des TKistes n’avait placé Norwich parmi les futurs relégués. Après une première partie de saison pas franchement terrible (14è avec 19 points), Norwich peut tout de même se rassurer en se disant que derrière ça n’avance pas des masses.

En League Cup, le club aura réussi à passer deux tours, éliminant Bury à Carrow Road (6-3) et Watford à Vicarage Road (2-3 après prolongations). Malheureusement, les Yellows tombent à Old Trafford en seizième de finales (4-0). En FA Cup, pas de gros parcours, puisque après avoir été contraint au match nul à domicile par Fulham (1-1), Norwich se fit laminer au match d’appui (3-0) sur le terrain des Cottagers.

Au mercato d’hiver, Norwich se renforce et recrute deux joueurs expérimentés en prêt, Jonás Gutiérrez (ci-dessus) de Newcastle et Joseph Yobo du Fenerbahce. Fin janvier, les Canaries comptent 24 points et surtout cinq unités d’avance sur le premier relégable, West Ham. Fin février, cette avance n’est plus que de quatre points et surtout, le 18è, Sunderland, compte un match en moins. Le 22 mars, dans un match qui sent le Championship, Norwich accueille Sunderland, soit le 17è v 16è. Grâce à des buts de Snodgrass et Tettey, les Canaries l’emportent, remontent ainsi à la 14è place et comptent désormais six points d’avance sur Cardiff, le premier relégable.

Personne n’imagine alors qu’il s’agit de la dernière victoire de la saison. En effet, Norwich va aligner une série de sept matchs sans victoire, ne prenant qu’un point, celui du nul obtenu à Chelsea. Un barren patch (mauvaise période) qui sera fatal à Chris Hughton, remplacé par Neil Adams au soir de la 33è journée.

Pendant ce temps-là, Sunderland met le turbo et revient à hauteur des Canaries. Il ne reste plus que deux journées à jouer et Norwich est 18è avec 32 points. Lors de la 37è journée, Norwich va chercher un point à Chelsea, mais dans l’intervalle, Sunderland défait West Brom à domicile. Mathématiquement, le maintien est encore possible, même s’il faudrait un petit miracle. West Brom n’est qu’à trois points, mais la différence de buts est nettement en défaveur des joueurs de Norwich (- 32 contre - 15). La Premier League n’étant pas un dessin animé de Walt Disney, Norwich perd son dernier match, à domicile, face à Arsenal (0-2) et retrouve le Championship.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les rares satisfactions :

Carlo Nash. Lors du traditionnel vote de fin d’année des supporters, destiné à élire le meilleur joueur de la saison, ces supps ont voté en masse pour le troisième gardien, le vétéran Carlo Nash. Le plus drôle là-dedans, c’est que ce dernier n’a pas joué un seul match de la saison…

Zéro apparition mais élu Meilleur joueur du club, balèze le Carlo

Zéro apparition mais élu Meilleur joueur de la saison par les supps, balèze le Carlo

Goûtant peu la plaisanterie des supps, les dirigeants des Canaries se sont finalement arrangés pour que le trophée aille à l’ailier écossais Robert Snodgrass (déjà deuxième l’an dernier), l’autre petite satisfaction de cette saison avec ses six buts.

Côté déceptions, l’attaque. On pouvait espérer mieux de la part du trio Van Wolfswinkel-Elmander-Hooper. Les deux premiers atteignent un total retentissant d’un but chacun, le dernier aura été un peu plus prolifique avec six réalisations. Au final, pire attaque du championnat avec seulement 28 buts (troisième pire total de la PL - Derby 20 misérables pions en 2008 et Sunderland 26 en 2006).

La défense n’a pas été en reste, avec ses 62 buts encaissés, moins que Fulham et Cardiff, mais plus que tous les autres.

L’objectif principal : le gros chantier recrutement en perspective. Ça cause beaucoup départs, avec au choix Snodgrass (ci-dessous), Bassong, Hooper, Howson ou encore Fer (dans les 23 Néerlandais pour le Brésil). Bref, Neil Adams va avoir du pain sur la planche.

Highlights

On ne va pas se mentir en se disant qu’il n’y en a pas eu beaucoup. A vrai dire, hormis quelques victoires occasionnelles, Norwich a surtout connu défaites et matchs nuls. Alors on retiendra la première victoire à domicile de l’année face à Southampton (1-0), lors de la 3è journée. Également la dernière, face à Sunderland (2-0).

Lowlights

La deuxième partie de saison, avec seulement 13 points de pris. Les raclées 7-0 et 5-1, sur les terrains de Manchester City et Liverpool. Les longues séries de matchs sans victoire, notamment la dernière à partir de la 32è journée et toujours en cours. L’élimination en Cup à Fulham (3-0).

L’homme invisible

L’homme qui a coûté 8,5m £, Ricky van Wolfswinkel. Grand espoir du football batave, Ricky explose réellement à Utrecht où il score 35 buts en 80 matchs. Le Sporting Lisbonne le repère et l’achète pour 5,4m €. Durant deux ans, il va performer sous la liquette verte et blanche, attirant les convoitises de quelques grands noms européens, comme l’Inter Milan, Manchester United ou encore Chelsea.

Toutefois, c’est à Norwich qu’il s’engage et là on se dit que soit il y a une couille dans le pâté, soit que Norwich a fait un très bon coup. Lors de la toute première journée de championnat, Ricky place sa tête et Norwich arrache le nul face à Everton. On penche alors pour la seconde option (Norwich a fait un gros coup). Sauf qu’en fait, il n’a rien fait après, mais genre rien de rien, nada, walou, zilch… du genre à terminer la saison avec 1 but et 2 passes décisives en 25 apparitions PL. A littéralement joué l’homme invisible lors de la dernière journée contre Arsenal à domicile : informé deux heures avant le coup d’envoi de sa non présence dans les 18, il a piqué sa crise et a quitté le stade.

Le manager

Chris Hughton a démarré la saison, mais la situation assez catastrophique du club a poussé les dirigeants à nommer Neil Adams, le coach des moins de 18 ans. Au départ, il n’était qu’un intérimaire mais a finalement signé un contrat de trois ans le 22 mai. Agé de 48 ans et ancien professionnel à Stoke, Everton, Oldham, mais également Norwich, ce newbie aura la lourde tâche de ramener les Canaries en Premier League. Pour cela il devra rééquilibrer son bilan personnel qui affiche après 5 matchs sur le banc, 1 nul et 4 défaites.

Photos de la saison

On peut penser que Van Wolfswinkel a été quelque peu intimidé par certains autochtones.

On peut penser que Van Wolfswinkel a été quelque peu intimidé par certains autochtones.

On te le souhaite petit bonhomme

On te le souhaite petit bonhomme

Cet homme est activement recherché par la police, n'intervenez pas seul !

Cet homme est activement recherché par la police, n'intervenez pas seul

Southampton (8è, 56 points, G-A + 8 / 54 buts pour / 46 contre)

Résumé de la saison

Après un début de saison tonitruant (une seule défaite et une place sur le podium au soir de la 11è journée), les Saints sont ensuite retombés dans l’anonymat du ventre mou. Oui, mais pour une deuxième saison dans l’élite, le ventre mou c’est vachement bien. Oscillant entre la 8è et la 9è place depuis décembre, Southampton obtient un bilan comptable plus que satisfaisant, mais c’est surtout la manière avec laquelle cette place a été obtenue qui a impressionné. La politique de jeunes a porté ses fruits et nombreux sont les clubs qui voudront chiper leurs joueurs cet été. Seul bémol : le maintien ayant été assuré très tôt dans la saison, on était en droit d’attendre beaucoup mieux des campagnes en FA Cup et en League Cup des Saints, éliminés en huitième dans les deux compétitions, à chaque fois contre Sunderland.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Beaucoup de satisfactions dans le jeu cette année, et Adam Lallana en est l’exemple parfait. Timoré l’an dernier, Lallana s’est transcendé cette saison (9 buts et 6 passes), au point d’être un choix évident pour les Three Lions et Roy Hodgson. Saison complète également pour Rickie Lambert (13 buts et 10 passes, sélectionné également pour la Coupe du Monde) et Jay Rodriguez (15 buts), qui aurait fait partie du groupe anglais cet été s’il ne s’était pas fait les croisés. Enfin, vous savez que c’est pas notre genre de balancer des avis péremptoires, mais putain, Schneiderlin, c’est le meilleur milieu de Premier League et puis c’est tout.

Mais qu’est venu foutre Dani Osvaldo à Southampton ? Malgré ses trois buts en première partie de saison, l’attaquant italo-argentin s’est davantage illustré par ses frasques (participation plus qu’active à la baston contre Newcastle (on peut pas lui en vouloir), baston à l’entraînement avec José Fonte…) que par son jeu. Osvaldo n’aura jamais réussi à s’adapter au jeu anglais et a été prêté à la Juve en janvier (avec une option d’achat qui sera probablement levée), où il a réussi une bien meilleure deuxième partie de saison.

Refaire une aussi bonne campagne l’an prochain serait exceptionnel, mais ça passe par une conservation de l’effectif, le principal enjeu pour les Saints est donc là.

L’homme invisible

Impérial l’an dernier, Maya Yoshida s’est fait piquer sa place cette saison par Dejan Lovren, qui a formé avec Fonte une charnière centrale rassurante (oui oui, c’est le Dejan Lovren de Lyon). Apparu seulement 8 fois cette saison, le Japonais n’est cependant pas le plus à plaindre, son compère de défense centrale Jos Hooiveld n’a, lui, disputé que trois petits matchs.

Highlights

Peu de victoires contre les gros pour les Saints, si ce n’est celle décrochée à Anfield en début de saison (1-0, but de Dejan Lovren). On retiendra donc surtout le début de saison, avec seulement 4 buts encaissés en 11 journées et une place de troisième flatteuse, certes, mais pas imméritée.

Lowlights

En revanche, les 9 journées qui ont suivi ont été catastrophiques, avec seulement une victoire (à Cardiff) pour 6 défaites. À leur décharge, les Saints ont affronté quasi exclusivement les équipes à la lutte pour l’Europe sur cette période (Arsenal, Chelsea, City, Tottenham, Everton et re-Chelsea). La marche était encore trop haute pour pouvoir battre ces équipes.

Le manager

Mauricio Pochettino, loué de tous les côtés dans la presse (par ses joueurs, ses pairs, les journalistes…) s’en va pour Tottenham. Parviendra t-il à insuffler son style de jeu offensif à une équipe en perte de vitesse ? On l’espère.

Le grand favori pour remplacer l’ex Parisien est Ronald Koeman (à 8/11 chez les bookmakers, qiu ont fermé les paris), suivi par Sean Dyche (6/1), l’actuel manager de Burnley. Waouh, Christian Gross est à 10/1…

Photos de la saison

Trois photos symboliques liées entre elles et porteuses de messages inquiétants, car tout ne tourne plus trop rond au royaume des Saints.

1) De gauche à droite : Jay Rodriguez, Luke Shaw, Adam Lallana, James Ward-Prowse et Rickie Lambert. TK vous présentait ce beau quintet en août 2012, ici. En novembre dernier, ils furent tous appelés simultanément en équipe d’Angleterre (Senior ou U21). Lallana, Lambert et Shaw feront la coupe du monde, Rodriguez (15 buts en 33 matchs PL cette saison) aurait probablement été du voyage au Brésil sans sa blessure aux croisés début avril. Ward-Prowse vient de briller au Tournoi de Toulon.

2) Katharina Liebherr, la fille de feu l’ancien propriétaire (dynastie Liebherr, engins de contruction). C’est la boss depuis le décès de son père en août 2010. Ici en photo avec le Canadien Ralph Krueger, ex hockeyeur sur glace professionnel, nommé président il y a trois mois.

3) Nicola Cortese (le quadra au second plan), l’ex homme fort du club, poussé à la démission par K. Liebherr en janvier dernier.

Alors, que se passe-t-il donc de si alarmant chez les Saints ? Et bien, en joignant toutes les pièces du puzzle, on a la désagréable impression que ce club est en train de partir en vrillette. Pour mieux comprendre, prenons les photos dans l’ordre.

La # 1 est synonyme de succès mais aussi d’exode massif, un démantèlement à l’arrière-goût de sauve-qui-peut précipité par les évènements contenus dans les photos suivantes : Lambert a signé pour Liverpool, sans doute suivi par Lallana (environ 30m £ à Anfield ou ailleurs), peut-être aussi par Lovren ; Shaw devrait filer à Man United (pour 27m) ; Le nouveau manager Spurs Mauricio Pochettino, qui a quitté le navire Saints avant le naufrage, se verrait bien piller la moitié de l’équipe, cet été et/ou à l’hiver prochain, en particulier Rodriguez, Lovren, Ward-Prowse et Wanyama. Par ailleurs, M. Schneiderlin et N. Clyne intéresseraient Arsène, entre autres. Bref, il risque de plus rester grand monde au 31 août. Le dernier sorti éteint la lumière…

Question qui s’impose : pourquoi Soton est-il aussi disposé à vendre les bijoux de famille après une saison si prometteuse, au risque de galérer la saison prochaine ?

La réponse est à chercher du côté de Katharina Liebherr, photo # 2, la fille de feu l’ancien propriétaire et sauveur des Saints en 2009, Markus Liebherr, assis à côté de N. Cortese sur la photo # 3 (voir article TK). Changement de stratégie en début de saison quand K. Liebherr décida de surveiller tout ça de près et intervint bien plus dans la gestion du club, sans doute dans l’optique d’une vente à court terme. Cortese subodora alors ses intentions, n’apprécia guère d’être marqué à la culotte et se brouilla avec elle, ce qui conduisit à sa démission-limogeage en janvier dernier. Cortese, ex banquier et bras droit de M. Liebherr, est un personnage controversé (voir lien article TK ci-dessus) mais déterminant dans l’histoire récente des Saints tant il s’était impliqué dans le club de 2009 à son départ forcé en janvier dernier. Il a souvent déclaré considérer Soton comme « son bébé » (une baby-sitter à 1,7m £/an tout de même).

Katharina Liebherr cherche-t-elle à toucher un bon petit pactole grâce aux transferts avant de mettre le club en vente dans le courant de l’année ? Pas impossible.

Stoke (9è, 50 points, G-A - 7 / 45 buts pour / 52 contre)

Résumé de la saison

Le redouté virage de l’après Tony Pulis (une décennie au club) a été remarquablement bien négocié : meilleur classement des Potters en D1 depuis 1975. Et surtout, changement de style payant pour le nouveau boss, l’ex Red Devil Mark Hughes. Sous le casquetté comme un djeun, Stoke était synonyme de kick and rush, surtout de kick d’ailleurs.

Si les Potters ont gardé leur jeu robuste, ils y ont injecté une bonne dose de tika-taka, développant parfois un football chantant et chatoyant (si, si), « à la continentale » comme disent les Anglais. Je devine ce que vous vous dites mais non, je vous jure, j’ai rien fumé de bizarre avant de rédiger cette intro. FACT : dans un bon jour, Stoke est devenu très sympa à regarder (foutrebleu, si on m’avait dit que j’écrirai ça un jour…).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les nombreux bons points à distribuer vont :

- au gardien Asmir Begović, encore excellent cette année. Le Bosnien-Canadien n’a que 26 ans (dont 5 chez les Potters) et devrait logiquement atterrir dans un grand club un jour (peut-être rapidos, surtout s’il fait une bonne Coupe du monde). A marqué ce but d’anthologie en novembre, après 13 secondes de jeu.

- à Ryan Shawcross, défenseur central et capitaine, au club depuis sept ans, plus de 200 matchs PL pour le rugueux international anglais monocapé. Souvent limite dans les contacts mais efficace. Incarne les valeurs viriles du club. Elu Stoke City Player of the Year par les supporters, pour la première fois.

- à l’international néerlandais Erik Pieters, latéral gauche offensif. Bonne première saison PL.

- à Geoff Cameron. Mine de rien, le solide défenseur polyvalent états-unien signe sa deuxième bonne saison avec les Potters. Pour le New-York Times, c’est le meilleur joueur de champ US évoluant en Europe. En même temps, il n’en reste plus bézef des bons outfield players ricains en Europe. Enfin, le NYT n’a pas choisi Jozy Altidore, c’est déjà ça.

- au milieu Glenn Whelan, l’international irlandais achève sa septième saison Potters.

- au milieu gauche Marko Arnautović, 24 ans et déjà quatre championnats différents, arrivé du Werder Brême avec une grosse réput’ de bad boy-forte tête. Le mec faisait chambre commune avec Balotelli à l’Inter faut dire, ça laisse forcément des séquelles. Mais l’international autrichien a été sage et a brillé (devenir papa l’a calmé, a-t-il expliqué).

Croqueur, grand amateur de gris-gris, coups du foulard et tout le pataquès, fin passeur et bon centreur, il a souvent régalé le Britannia Stadium (certes, public pas excessivement difficile, un petit pont involontaire de Charlie Adam peut déclencher une ola là-bas). Seul bémol : 4 pions seulement (de son propre aveu, il devrait marquer plus, faut juste régler un peu le viseur). Elu Stoke City Young Player of the Year et considéré par beaucoup de supps Potters comme Joueur de la saison.

- au milieu français Steven N’Zonzi. Grosse saison pour l’ex Amiénois. Meilleur sur le terrain que sur la route où son attitude lamentable et affreusement arrogante (ainsi que celle du club, ce qui est encore plus grave) lors de cet incident médiatisé en a sérieusement irrité plus d’un.

- aux milieux Charlie Adam, quelques buts et perfs spectaculaires, et Oussama Assaidi (Marocain prêté par Liverpool), 4 buts/19 matchs PL, bonne saison gâchée par une indisponibilité deux mois de février à avril.

- à l’international irlandais Jonathan Walters, souvent précieux, gros volume de jeu. Avant-centre sous Pulis, a été repositionné milieu droit sous Hughes pour sa quatrième saison à Stoke. A longtemps galéré dans les bas-fonds de la Football League et, à 30 ans, il connaît la consécration (récemment nommé capitaine des Boys in Green, qu’il a rejoint à 27 ans).

- au milieu offensif Stephen Ireland. En rentrant de vacances fin juin 2013, l’Irlandais, alors à Aston Villa, retrouve son casier dans le couloir et doit s’entraîner avec les jeunes. Pas con, il pige qu’il est persona non grata. Trop cher (3m £/an), trop lent, trop touriste. A 27 ans et avec son image j’en-foutiste, beaucoup le voient déjà fini pour la PL, au moins pour y jouer un rôle. C’est mal connaître l’énergumène. Certes, il n’a pas de statuette de Zorro sur son bureau pour y puiser force et inspiration (il n’a pas de bureau faut dire) mais il a mieux : des slips Superman, qu’il exhibe volontiers en plein match (Jean-François, tu sais ce qu’il te reste à faire). Début septembre, il est prêté à Stoke, prêt converti en acquisition au mercato d’hiver. Sans forcément déraciner les arbres, il a donné satisfaction et sacrément remonté la pente. Récompensé mi avril par un contrat de 3 ans.

- à l’attaquant nigérian Peter Odemwingie, arrivé de Cardiff au mercato d’hiver. Ses 800 premières minutes de jeu n’accouchèrent que d’un 1 but mais s’est ensuite réveillé (4 buts/15 matchs au total). S’est rabiboché avec Stephen Keshi, le sélectionneur des Super Eagles, et sera au Brésil.

- Peter Crouch, 33 ans. Hughes voulut s’en débarrasser pour seulement 2,5m £ au mercato d’hiver mais ne trouva preneur (faut dire que le double-mètre palpe 350 patates/mois - encore un an de contrat). Ses 8 buts* en 28 matchs PL l’ont fait se rapprocher de la barre des 100 buts PL qu’il espère atteindre avant de tirer sa révérence (en est à 88).

[*officiellement 7 car son superbe retourné acrobatique contre West Ham le 15 mars a été injustement attribué à Peter Odemwingie qui, sur la ligne, n'avait fait qu'effleurer le ballon. Rendons donc à César etc.]

Les déceptions :

- l’avant-centre trinidéen Kenwyne Jones. Aurait largement pu être dans la rubrique « Homme invisible » si celle-ci n’avait été pleine. L’ex Black cat, acheté 8m £ en 2010, déçoit depuis déjà trois saisons. Prêté à Cardiff en janvier, où il a continué à être transparent.

- le milieu central irlandais Marc Wilson n’a pas déçu stricto sensus mais il n’a pas réédité sa bonne saison dernière. A certes joué dans trois positions différentes sous Hughes (milieu, latéral et arrière central après la blessure de Robert Huth).

- le milieu Matthew Etherington, deux tons en dessous et peu utilisé. Libéré par le club, après 5 ans ½ de bons et loyaux services.

L’objectif sera de s’installer durablement dans le Top 10 en continuant à produire un jeu digeste, en essayant de former plus et donc dépenser moins. Car la note est salée : 100m £ claqués ces cinq dernières saisons rien qu’en transferts - pour seulement 9m £ de ventes joueurs -, le quatrième solde net (91m) le plus élevé de Premier League, devançant même Liverpool (89m).

L’homme invisible

Deux pour le prix d’un, car impossible pour mon transparomètre de les départager :

1) Le milieu défensif Wilson Palacios, ci-dessous à gauche (alors à Wigan). Et ouais, il est encore là lui (joueur très périphérique - il tourne surtout autour du rond central). Stat scoumoune de l’Hondurien : Stoke n’a gagné qu’une seule fois lors de ses 14 titularisations. Sera au Brésil (tremblez les Bleus, tremblez).

2) Jermaine Pennant. Rarement utilisé par Mark Hughes, le club a finalement cassé son contrat fin janvier (Stoke a activé une clause de rupture de contrat incluse en début de saison autorisant un licenciement si l’ailier droit ne donnait pas satisfaction ; Pennant s’était sérieusement brouillé avec Tony Pulis l’an dernier et le club l’avait repris sous conditions, notamment un salaire divisé par deux, autour de 75 000 £/mois).

Highlights

Pas mal de big guns ont morflé au Britannia, dont Man United (2-1), Chelsea (3-2), Arsenal (1-0) et Sunderland (2-0). Belle victoire 4-1 à Villa Park en mars.

On a su garder l’infirmerie clairsemée. Logique : les blessures, ce sont les Potters qui les distribuent.

Lowlights

Les pilées 3-0, 4-0 et 5-1 contre Chelsea, Everton et Newcastle respectivement. Quelques vilaines défaites contre des boîteux (Palace, Fulham, Norwich).

Mais le gros lowlight est de toujours devoir se farcir Tom Jones et sa foutue Delilah avant les matchs (l’hymne de Stoke depuis 40 ans). Heureusement, plus les supps Potters sont d’humeur badine, plus les paroles se font grivoises (je vous laisse deviner ce que devient le « I felt the knife in my hand » à 1′27 dans ce clip).

On préférait largement quand ces même supps chantaient il y a quelques années (sur l’air de Too Shy de Kajagoogoo) le classique « Tuncay-cay, Huth Huth, Abdoulaye »… (Tuncay Sanli/Robert Huth/Abdoulaye Faye).

Le manager

Mark Hughes. A su imposer un football fluide et efficace : plus de 400 passes par match selon Opta, contre environ 320 sous Pulis, les bonnes années - 250 en 2008-09. Constant surtout valable à domicile, car à l’extérieur Stoke joue souvent très bas et aime garer l’Airbus. Progrès notables dans la conservation du ballon, ce qui est toujours évidemment bien plus facile avec des joueurs techniques.

Faut dire tout ça vite quand même car on a gardé les coups de coude et les quasi viols sur corner, faut pas rêver non plus, this is Stoke, pas le FC Vatican. Exit le kick and rush, vive le pass and move musclé.  Plus de jeu au sol certes, mais avec toujours un dispositif orienté vers le jeu allongé, 4-4-1-1 ou 4-2-3-1. On ne se débarrasse pas de l’ADN du club aussi facilement et le plan B est trop souvent d’expédier, vers Crouch s’il joue.

Photo de la saison

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull

Partie 4 : Liverpool et les Manchester

Partie 5 : Newcastle.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Newcastle (10è, 49 points, G-A - 16 / 43 buts pour / 59 contre)

A l’instar de Leeds, QPR, Portsmouth, Blackburn ou Port Vale, NUFC est l’un de ces clubs Barnum capable d’alimenter à lui seul une gazette quotidienne année après année. Un vrai grand club Un gros club Un vrai club avec un grand stade Un club avec un stade qui mérite donc un double article rien que pour lui. Aussi l’occasion pour Teenage Kicks de présenter ses plus plates excuses.

Dear readers et readeuses, l’heure est venue de battre notre coulpe sur nos poitrines velues. Il y a quelque temps, des éléments toxiques (supps de Sunderland ? De Gateshead ?) ont piraté l’interface TK ainsi que nos comptes Facebook et Twitter. Ces vils individus, sous couvert de pseudo journalisme jeune et décalé, ont véhiculé une idéologie violemment nihiliste visant à présenter Newcastle United comme un club uniquement mis sur terre pour histrionner et emmerder le monde. Ce putsch, que nous avons tenu secret pour vous protéger de possibles représailles (ces barbares ont vos noms, adresses IP et email), a généré quelques écrits anti Magpie contraires à l’esprit d’impartialité et probité qui fait la force de ce vénérable blog, le Daddy des sites de foot anglais sur le Net francophone.

Notre réactivité n’étant plus celle de notre lointaine jeunesse, nous nous sommes laissés déborder par ces éléments fourbes et vifs. Leur supériorité informatique a rendu impossible tout effaçage de la prose oppressante, ces hackers ayant paralysé la fonction Supprimer. Fort heureusement, les forbans ont fini par être boutés hors de nos murs virtuels et pouvons vous assurer que les heures sombres de TK sont bel et bien dans le rétro. Enfin, enfin, une saine neutralité est de retour ici.

Bon, nos excuses étant présentées et notre orgueil ravalé, partons gaiement casser du Mag, mais en toute objectivité cette fois.

Résumé de la saison

Les deux seules certitudes de la vie, aiment philosopher les penseurs anglais de comptoir, sont a) qu’on mourra tous un jour, et b) qu’on versera un max à l’Etat (the only certainties in life are death and the taxman). Depuis une bonne décennie, il conviendrait d’ajouter une joyeuse valeur sûre à ce déprimant truisme existentiel : on peut toujours compter sur Newcastle United pour nous divertir, même pendant la somnolence de l’intersaison.

Dès le piteux exercice 2012-13 terminé (16è, 41 points), les médias lancèrent les traditionnels soaps estivaux Geordies. Cette fois, les guest stars furent Papiss Cissé qui refusa de porter le maillot, pour cause de sponsor louche (le décrié Wonga, prêts jusqu’à taux annuels de 5 853 % !) et Yohan Cabaye idem mais, lui, pour cause de club louche (convoité par Arsenal, il refusa de jouer et écopa d’une amende de 80 000 £). Finalement, fin août, tout ce petit monde rentra dans le rang et décida de se donner à fond pour NUFC, probablement à 5 999 %.

Parallèlement, on eut droit à un fabuleux sketch en interne avec la nomination en juin du controversé (mais ami du propriétaire, Mike Ashley) Joe Kinnear comme directeur sportif chargé spécifiquement du recrutement (un ex manager Magpie, oct. 2008-fév. 2009 - saison de la relégation -, des problèmes cardiaques l’avaient forcé à arrêter).
Kinnear fit d’entrée exploser le busomètre en écorchant comiquement le nom de ses joueurs (Yohan Kebab, Hatem Ben Afri, Shola Amamobi, etc. - il avait déjà rebaptisé Charles N’Zobgia « Charles Insomnia » en 2009) et en se targuant haut et fort de « pouvoir pousser la porte du bureau de n’importe quel manager au monde, recruter n’importe quel joueur et posséder le meilleur carnet de contact dans le métier ».

L’ex manager du Crazy Gang de Wimbledon (deuxième mouture) fut vite surnommé JFK - Joe Fucking Kinnear - par les supporters Mags, en souvenir de sa première conf’ de presse NUFC en 2008 où il éructa fucking & dérivés 52 fois en neuf minutes (pour faire bonne mesure, il interdit tous les médias, menaça d’en poursuivre trois, insulta reporters et ex joueurs).
En tandem avec le big boss, celui que les fanzines locaux appellent Joke Kinnear et aiment comparer à Kim Jong-Un ne tarda pas à (re)faire interdire de Saint James’ Park tous ceux qui le dérangeaient un chouia, à savoir les trois journaux locaux (Evening Chronicle, Journal et Sunday Sun - même groupe) et le Newcastle United Supporters Trust.

Guère surprenant : nombre de quotidiens nationaux (ou/et de journalistes) ont subi un sort identique à SJP depuis le rachat du club par Mike Ashley (2007), notamment les Daily Telegraph, Daily Express, Daily Mirror et Sunday Express. Se cache également derrière ces excès autocratiques un motif plus cynique qui serait une première* dans le football anglais : l’intention de vendre aux médias des « prestations » jusqu’alors gratuites, à savoir les interviews et les news du club (sauf Sky, BT Sport & BBC qui raquent déjà lourd - 1,1 milliard £/an - via les droits de retransmission versés à la Premier League plc). Cette monétisation de l’info s’articulerait autour d’une structure forfaitaire baptisée Media Access Package par NUFC (pack Bronze, Argent ou Or - détails ici, avec spéculations amusantes : comment déterminer le métal de chacun ? Parce que Ben Arfa, un jour il est Platine, et la semaine suivante il est Plomb hein… Les joueurs de Newcastle seront-ils cotés dans une bourse interne ? Si oui, bonjour les Lundis noirs…).

[*En octobre dernier, deux mois avant Newcastle, Port Vale (club de D3 de Stoke-on-Trent) avait interdit l'entrée du stade au quotidien local, The Sentinel, en voulant facturer l'accès aux matchs/conf de presse & interviews 10 000 £/saison].

Le ras-le-bol des supps Magpies (ici le groupe Time4Change) s'est exprimé bruyamment tout au long de l'année
Le ras-le-bol des supps s’est exprimé bruyamment tout au long de l’année

Suivra un catalogue de grotesqueries follement distrayantes (jusqu’à son limogeage par consentement mutuel début février), dont la soi-disante acquisition en janvier de Mohamed Salah pour 25m £, décla faite quelques heures après la signature de l’Egyptien à Chelsea - pour 12m £ - ou, très fort, la tentative d’achat de Shane Ferguson, prêté à Birmingham City… par Newcastle. Vouloir recruter un joueur qui vous appartient déjà, hum, original et inédit, bravo à NUFC d’innover si brillamment.

« Judge me on my signings » avait claironné JFK. Le jugement fut donc expéditif puisqu’au lieu des Salah, Grenier, Douglas, Cabella (près de signer au 1/06/2014) et autres pépites annoncées, les supps Magpies verront débarquer… absolument personne (Rémy, prêté par QPR, avait déjà été recruté bien avant l’arrivée de Kinnear). Ah si pardon, Olivier “The New Alex Song” Kemen, ado français de 16 ans aux talents maradonesques (voir son but de la main) et Luuk de Jong en janvier, jeune attaquant prêté par Mönchengladbach.

Un peu juste pour viser l’Europe, la vague ambition de ce club perpétuellement For sale et qui affiche de loin le solde net Achat-Vente de joueurs le plus bas de PL sur les cinq dernières saisons : achats : 93m £, ventes 138m £, solde négatif de 45m (le 19è est Everton, solde négatif de 12m ; et le 18è Arsenal, solde négatif de 4m ; le 1er est Man City, achat 640m, ventes 161m). NUFC est le seul club de PL à n’avoir acheté aucun joueur cette saison, malgré la nomination en grande pompe de Kinnear et les 20m £ du transfert de Cabaye.

En définitive, une dixième place un peu miraculeuse pour ce club à l’accent très français (35 buts tricolores sur 42 inscrits), plus pour très longtemps d’ailleurs. Et si le classement ne ment jamais, il nous fait de grosses cachoteries car voir Southampton et Newcastle se tenir dans un mouchoir de poche (respectivement 8è et 10è) fait franchement saigner des yeux. Une grossière anomalie dûe à une bonne phase aller : 6è à Noël, avec 33 points (merci Cabaye et Rémy).


Remballez vos bérets, vos fausses moustaches Brigades du Tigre à la con et vos oignons en plastique, le carnaval est fini les gars.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points (surtout valables pour la première moitié de saison bien sûr) vont :

- à Loïc Rémy, 14 buts/26 matchs PL, le prêté par QPR sauve classieusement la baraque Mag. Largement indisponible en phase retour, blessé deux mois et suspendu trois matchs.

- à Yohann Cabaye, 7 buts et un fort impact. Sortait d’une saison moyenne, s’est nettement racheté avant de s’échapper au PSG en janvier.

- à Moussa Sissoko, auteur de plusieurs grosses perfs, dont v Hull City (4-1) et v Chelsea (2-0). On lui pardonne volontiers ses quelques matchs cauchemardesques (e.g v Sunderland en février, 1/10 dans le Times).

- au capitaine argentin Fabricio Coloccini (ci-dessous), défenseur central technique. « Colo », 32 ans, au club depuis 2008. Taulier de l’équipe, il se chargea des causeries d’avant-match à la suspension d’Alan Pardew. N’a plus les jambes de ses 20 ans cependant. Parle tous les ans de partir mais se ravise vite quand son agent lui montre sa fiche de paye (3,2m £/an, jusqu’en 2016. Et encore, ça a baissé, 4,7m les quatre premières années).

- à Mike Williamson, solide arrière central un peu lent, sans la prestance et l’aisance balle au pied de Colo mais fait le boulot. En décembre dernier, la stat suivante est sortie : sur 32 clean sheets depuis la remontée en PL en 2010, Williamson a disputé 22 matchs.

- au milieu défensif ivoirien Cheick Tioté, grosse percussion, redoutable tacleur.

- à Yoan Gouffran, 6 buts PL, avec quelques performances très remarquées.

- à Tim Krul, a continué d’impressionner (hormis quelques boulettes sur la fin). Selon Opta, c’est le sweeper-keeper (gardien-libéro) le plus efficace de la PL, il a nettoyé les parages avec succès une bonne soixantaine de fois. Est dans les 23 Néerlandais du Mondial, en concurrence avec M. Vorm (Swansea) et J. Cillessen (Ajax) mais en troisième choix à priori.

- au milieu néerlandais Vurnon Anita, sorti de sa coquille cette saison même si toujours trop irrégulier.

Mention aussi à Mathieu Debuchy (en hausse par rapport à l’an passé) et Paul Dummett, latéral gauche de 22 ans qui a commencé l’année troisième latéral gauche derrière D. Santon et le Français M. Haïdara pour la finir titulaire. Egalement le seul Geordie de l’équipe, avec les frères Ameobi. N’est toutefois pas le bienvenu en Uruguay.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les déceptions :

- le défenseur central Mapou Yanga-Mbiwa, talentueux et parfois brillant cette saison mais encore trop inconstant, a signé quelques shockers (matchs exécrables), certes trop souvent utilisé au poste inhabituel pour lui de latéral droit. Jugé trop juste dans les duels aériens par Pardew. Arrivé en janvier 2013 pour 6,5m £ et lié à NUFC jusqu’en 2018 mais peu de chance de le revoir à Saint James’ Park en août (Bordeaux et Lille sont dessus).

- les deux attaquants Papiss Cissé (2 buts/1381 minutes de jeu, dont la moitié hors-jeu probablement) et Luuk de Jong (0 but/670 mins de jeu pas vif vif hein).

- l’Argentin Jonás Gutiérrez (ci-contre). L’ailier tourne en mode Canada Dry depuis deux saisons au moins : le galgo (lévrier) en jette, mouille le maillot, tacle comme un enragé mais manque terriblement d’efficacité.
« Spiderman » a trop peu joué cette saison pour qu’une analyse chiffrée soit pertinente mais ses stats 2012-13, où il évolua principalement ailier/milieu gauche, sont les suivantes : 34 matchs, 1 but, zéro passe décisive, 0.8 « centre précis » par match. Comparé à ses pairs, c’est léger (e.g R. Snodgrass - 37 matchs, 6 buts, 6 passes déc. ; S. Maloney, 36 m., 6 buts, 8 p. déc. ; S. Pienaar, 35 m., 6 buts, 6 p. déc. ; K. Mirallas, 27 m., 6 buts, 3 p. déc.). Ou, comme l’écrit en novembre dernier un journaliste dans le Evening Chronicle (canard local) : « Jonás Gutiérrez works incredibly hard every time he plays but his end product is exactly zero. » Prêté en janvier au Norwich de Chris Hughton (son ancien manager Mag), où il a ciré le banc.

- l’international italien Davide Santon, en baisse. Ce droitier de 23 ans joue latéral gauche depuis deux ans sans se plaindre mais ça semble lui poser des problèmes (était latéral droit à l’Inter Milan). Meilleur aux deux tiers de saison car positionné plus souvent à droite (Pardew a-t-il enfin pigé où le mettre ?). L’ex « jeune prodige du football italien » (8 capes Seniors) a finalement été remplacé par un pas du tout prodige, Paul Dummett, un jeune sans aucune expérience du haut niveau (mais qui s’est pas mal débrouillé). Ecarté en toute fin de saison.

- les frères Ameobi. On ne sait plus trop si c’est une déception ou un simple renvoi à une cruelle évidence. Le duo - l’avant-centre Shola, 32 ans, et le dégingandé ailier Sammy, 22 ans, sorte de croisement de labo lowcost entre Peter Crouch, Paulo Wanchope et Grand Corps Malade - est sympa et bien élevé (du cru, souriants, toujours un mot gentil dans la presse locale pour telle ou telle personne ou asso) mais Dieu que les bougres sont inefficaces. Certes, ils sont principalement remplaçants mais bon, c’est pas une raison hein (2 buts pour Shola en 1 281 minutes de jeu et 5/3 000 minutes ces trois dernières saisons. Shola est recordman du nombre d’entrées en jeu de l’histoire de la D1 anglaise : 145).
Un autre Ameobi sévit dans le paysage footballistique mondial, Tomi. Il traînait en Islande récemment (dans l’ancien club de Lee Sharpe) et joue désormais en D8 sur Newcastle. A suivre, il sera peut-être bientôt Magpie, qui sait.

En attendant, Shola vient d’être libéré par Newcastle, après 14 ans dans l’effectif pro Magpie et 19 au club. On le retrouvera peut-être à la Coupe du monde puisqu’il est international nigérian depuis peu. Et il claque avec eux en plus (2 buts en 5 sélections - Ameobi était du 2-2 contre l’Ecosse il y a quelques jours, la liste des 23 Super Eagles sera publiée demain).

Vu la pléthore de joueurs clés en fin de course/contrat ou qu’en ont marre de cette chienlit tout simplement (Debuchy, Krul, Rémy, Papiss Cisse, etc.), l’objectif Number 1 sera de réussir le grand chantier du recrutement. Financièrement, ça ne devrait pas poser de problèmes. En théorie. En effet, le club dégage désormais un bénéfice (10m £ en 2013) et les caisses sont pleines, avec environ 20m £ supplémentaires cette saison (vente de Cabaye), nonobstant les 129m £ de dettes, « saines » cependant (internes). Le seul créancier est en effet le proprio Mike Ashley qui ne facture pas d’intérêt sur la dette - en contrepartie, il s’octroie le droit de faire un max de pub à SJP pour sa société Sports Direct, numéro 2 européen du secteur derrière Décathlon.

Problème : malgré les gros bénéfices dégagés par SD - Ashley vient même d’empocher 204m £ cash en vendant un wagon d’actions - Newcastle United voudra-t-il vraiment sortir l’oseille pour remplacer la moitié de l’équipe ? Pas sûr. La priorité d’Ashley est surtout de vendre NUFC pour racheter Glasgow Rangers et disputer régulièrement la Ligue des Champions (quand les Gers auront refait surface). Avec comme but ultime : exposer le plus possible  Sports Direct pour en faire un grand à l’international.

L’homme invisible

Bon, je vous fais grâce de la tripotée de mecs qu’on ne sort que pour la League Cup ou quand une épidémie de gastro frappe l’effectif titulaire (les Marveaux, Obertan, Bigirimana, etc.) pour présenter le seul Invisible qui nous intéresse : Hatem Ben Arfa. Le « cas Ben Arfa » ou « Il faut sauver le Soldat Ben Arfa », devrais-je écrire. Commença l’année en fanfare mais la finit encavé. Quelques grosses fulgurances en début de saison (e.g contre Fulham en août, Villa en septembre, Man United et Stoke en décembre), suivies d’un gros trou noir, avant d’être écarté après une énième claque (4-0, contre Man City début avril) puis porté disparu en toute fin de saison.

Souvent remplaçant cette saison, because la concurrence (Sissoko et Gouffran), également parce que Pardew l’a dans le collimateur depuis un bail. Oubliées les comparaisons avec Messi, place au dézingage public. La liste de griefs du manager est longue :

a) trop irrégulier
b) néglige les tâches défensives
c) n’arrive pas à se débarrasser de son pêché mignon, le croquage XXL
d) manque d’application et de discipline tactique (il dézone trop et met en danger l’équilibre de l’équipe)
e) hormis les périodes post blessures, il est trop souvent à court de forme, voire en surpoids (Pardew lui a collé un programme personnalisé de fitness)

Sans parler des fortes rumeurs selon lesquelles certains joueurs cadres (Coloccini en tête) auraient demandé à Pardew de plus l’aligner, pour les raisons évoquées ci-dessus.

L’inclusion de cet artiste du ballon rond dans la rubrique Casper peut être perçue comme sévère mais le degré de mansuétude des médias envers un joueur est souvent inversement proportionnel au niveau de forfanterie de ses déclas. Et Hatem en sort de belles, comme celle-ci (dans un France Football de septembre 2013) :

« Les gens vont penser que je suis fou, mais je rêve toujours de gagner le Ballon d’Or. Dans 20 ou 30 ans, je veux que l’on cite mon nom à côté de ceux de Platini, Zidane, Pelé ou Maradona. »


Hatem, seul au monde.

Disons qu’actuellement, on risque plutôt de l’associer aux Ameobi Brothers. En contrat jusqu’en juin 2015 mais pourrait gicler avant. Et dire qu’en septembre dernier, Ben Arfa impressionnait tellement que Newcastle voulut absolument lui offrir un contrat longue durée… (son agent aurait refusé les offres du club. Pensait-il pouvoir gratter plus en cours de saison si son protégé continuait à flamber ?).

Highlights

Les victoires 1-0 à Old Trafford (la première depuis 42 ans), 2-0 contre Chelsea à SJP et 5-1 contre Stoke à Noël.

7 victoires à l’extérieur, plus vu depuis la glorieuse ère Bobby Robson.

Une lueur d’espoir au niveau de la relève, l’Academy a trois cadors en magasin, dont deux Geordies :

1) l’attaquant/ailier Adam Campbell, 19 ans, international anglais U19. Prêté en janvier à St Mirren (D1 écossaise) où il a brillé.

2) l’attaquant Adam Armstrong, tout juste 17 ans, 4 apparitions PL et 10 buts/10 matchs en U17 anglais. Etait de la victoire la semaine dernière au Championnat d’Europe des U17 (contre les Pays-Bas, ne joua pas la finale car blessé en demi).

3) Freddie Woodman, le portier de la sélection anglaise des U17 (son père, Andy, est entraîneur des gardiens du club).

Lowlights

Le premier match de la saison et cette claque de 4-0 infligée par Man City.

La correction 0-3 reçue à SJP en février contre Sunderland (idem qu’avril 2013), ainsi que le « match aller » perdu 2-1 (47 ans que Sunderland n’avait plus réussi le doublé sur Newcastle, et 90 ans que les Mags n’avaient plus perdu trois fois d’affilée contre S’land).

Sur les 19 défaites (!), 9 l’ont été par au moins trois buts d’écart.


Répétitifs ces DVD…

Le manager

Alan Pardew, jadis appelé « Pardiola » sur les bords de la Tyne, surtout par des étudiants bourrés ou fumeurs de moquette. Notre orchidoclaste préféré est toujours aussi controversé, autant pour ses choix tactiques (joueurs clés utilisés hors de position - dont Ben Arfa -, dispositif qui varie souvent, etc.) que son comportement de fou furieux au bord du terrain ligne. A ajouté le coup de boule sur joueur adverse à son palmarès, déjà bien fourni :

- 5 novembre 2006, contre Wenger, alors que Pardew manageait West Ham. Etait venu célébrer un but dans la zone technique d’Arsène qui l’avait repoussé. Altercation. L’Alsacien écopera de 10 000 £ d’amende, Pardew bafouillera des excuses.

- 4 mars 2012 au Stadium of Light, contre Martin O’Neill, manager de Sunderland. Là encore, ce chieur de première était venu célébrer le but du 1-1 dans la zone technique du Nord-Irlandais. Début d’accrochage, vite stoppé. Aucune sanction.

- 18 août 2012, contre Tottenham à SJP lors de la premiere journée. Notre sociopathe favori engueule et pousse un arbitre assistant qui avait eu l’outrecuidance d’accorder une touche aux adversaires. Envoyé finir son caca nerveux dans les tribunes puis suspendu deux matchs, avec 20 000 £ d’amende.

- 30 octobre 2013, Newcastle-Man City. Insulte Pellegrini sur la ligne de touche (« Ferme-là, putain de vieux connard ») après l’annulation d’un but de Cheick Tioté. Aucune sanction. Pardew s’excusera auprès du Chilien un peu plus tard et promettra de « faire du travail d’intérêt général », en ajoutant : « Je compte aussi verser de l’argent à une oeuvre caritative locale en guise de pénitence car mes deux filles m’ont reproché mon comportement. »

- 1er mars 2014, Hull-Newcastle. Un ballon atterrit dans la zone technique Magpie, Meyler (Hull) pousse stupidement Pardew en tentant de récupérer le ballon, ce dernier voit rouge et bim, il tente de le coup-d’-bouler. NUFC lui colle une amende de 100 000 £. Le lendemain, les supps Black Cats parlent d’une statue de Pardew devant SJP ressemblant à ça. Sanction de la F.A : 60 000 £ d’amende, 4 matchs d’interdiction de stade et 3 matchs de suspension de banc. Son coup d’ boule de grand-mère a donc tarifé 200 000 €, ouch.

Comble de l’ignominie pour les supps Mags : Pardew a touché une prime pour avoir fini dans le Top 10… Le Premier League Manager of the Season 2011-12 a finalement été conservé - décision du directoire il y a deux semaines - mais pourrait gicler avant Noël si les résultats ne suivent pas. Un break lui ferait le plus grand bien (4 ans de NUFC, ça use) et il pourrait ainsi écrire son autobio. Certains supps fans de Proust lui ont déjà soufflé le titre : A la recherche du temps pardew

Photos de la saison

Après le mythique cliché de l’agression d’un supp Magpie sur un pauvre cheval l’an passé, les Mags récidivent avec un autre immortel : le coup de boule d’Alan Pardew sur David Meyler, Hull lors du Hull City-Newcastle (1-4) du février.

Ce à quoi Meyler a répondu par ce headbutt la semaine suivante face à Sunderland en FA Cup (3-1) en marquant le troisième but :

Signalons enfin la chouette expo Toon Times actuellement présentée au Discovery Museum de Newcastle, à la gloire de la ville et (surtout) du club. J’ai vraiment kiffé le memory tag wall (mur-dédidace, ci-dessous)

en forme de but avec cette question en gros posée sur la barre transversale : What does Newcastle United mean to you? On répond sur des étiquettes jaunes accrochées au filet.
J’ai évidemment laissé une trace de ma gratitude, c’eût été terriblement inélégant de se rincer l’oeil et repartir en douce comme un voleur. Pis l’expo est gratos, bien faite, avec plein de superbes photos, de fascinantes archives et documents d’époque ainsi qu’une belle collection d’objets souvenirs (comme le maillot du dernier titre national des Mags ; 1927 quand même, ça commence à dater). J’ai fiché ma gratitude dans la lucarne droite, celle trouvée par Jack Colback à Saint James’ Park en février pour le troisième but de Sunderland, sur ce tag : « Pour moi, Newcastle United, ça veut dire 3 points faciles tous les ans à SJP. Un supp Mackem qui vous aime bien, au moins une fois par saison. » Long live Newcastle United.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester