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La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Et en bonus tout en bas : notre traditionnel message de fin de saison TK, très chaste cette année.

Tottenham (6è, 69 points, G-A +4 / 55 buts pour / 51 contre)

Résumé de la saison

Une saison étrange pour Tottenham, car plutôt satisfaisante sur le plan comptable, mais totalement abominable sur le terrain. On se demandait si la Bale-dépendance était réelle et si le Gallois allait vraiment manquer à cette équipe, on a eu notre réponse. Souvent incapables d’aligner trois passes, les Spurs doivent leur flatteuse 6e place à la faiblesse des équipes derrière plus qu’à la qualité de leur effectif. Une saison à oublier, et une proposition que je soumets comme ça à Daniel Levy : si vous arrêtiez de changer tout l’effectif chaque saison, ça marcherait peut-être mieux.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Il y a quand même quelques satisfactions dans cette équipe. Hugo Lloris a par exemple prouvé à de maintes reprises qu’il est vraiment le meilleur gardien du monde (chauvinisme force 1). Il faudrait juste qu’il demande au coach de mettre des défenseurs devant lui plutôt que des plots. Parce que sinon, autant il restait à Nice, avec Hognon et Kanté devant lui, il s’amusait autant.

Autre satisfaction : Christian Eriksen. Souvent mal utilisé par AVB, le Danois a néanmoins montré qu’il savait jouer au football et a ébloui White Hart Lane, tout ça pour un investissement raisonnable (£11.5M). Citons enfin, en vrac, Manu Adebayor (10 buts pour le grand attaquant inélégant au possible), Paulinho, Chiriches (jusqu’à sa blessure) et les prometteurs Harry Kane et Nabil Bentaleb.

Quasiment £9M par but marqué : voici le triste bilan de Soldado (£26M, 6 buts) et Lamela (même prix, aucun but)… Si l’Espagnol a réussi de bons matchs en Coupe d’Europe, il a été affligeant en Premier League. Quant au second, on ne l’a quasiment pas vu, et c’est pas plus mal. Les deux ont été nommés dans le liste des 10 pires transferts de Premier League cette saison.

Ont déçu aussi : Danny Rose, qui a semblé embarassé à chaque fois qu’il avait le ballon dans les pieds ; Aaron Lennon, revenu à un stade de joueur-rapide-mais-c’est-tout, et Kyle Walker, très timoré après une bonne saison 2012-13.

Franchement, je ne sas pas quoi attendre de l’année prochaine, si ce n’est une sixième place et des attaquants qui ne marquent pas.

L’homme invisible

Hormis Lamela donc, transparent à chacune de ses entrées en jeu, on a peu vu Lewis Holby, dont on attendait pourtant beaucoup après sa bonne demi-saison l’an passé. Mais l’Allemand a eu du mal à s’imposer et est finalement parti en prêt à Fulham, qu’il n’a pas pu sauver. Mention aussi à Jermaine Defoe : 7 buts en Europa League pour un seul en PL, et un départ en MLS à la mi-saison.

Highlights

Y’en a t-il réellement eu ? Hormis la deuxième victoire d’affilée à OKd Trafford, je vois pas.

Lowlights

Ah là en revanche, ça me parle. Commençons par le bilan catastrophique face aux quatre équipes de tête : un point pris sur 24 possibles (un pénible 1-1 à la maison contre Chelsea), deux buts marqués pour 27 encaissés (soit plus de la moitié de tous les buts pris par les Spurs), et des branlées mémorables (6-0/1-5 contre City, 0-5/4-0 contre Liverpool…). Et bien sûr, dans ces quatre équipes, il y a le rival Arsenal, contre qui les Spurs ont non seulement perdu deux fois en PL, mais aussi en FA Cup (2-0).

Enfin, les Spurs ont également été ridicules dans un autre derby chaud : contre West Ham. Défaits deux fois contre les Hammers (dont un 0-3 à la maison) en championnat, les Spurs se sont également inclinés en League Cup contre cette même équipe.

Le manager

AVB n’ayant pas survécu au 5-0 infligé à White Hart Lane par Liverpool, c’est son adjoint Tim Sherwood qui a assuré le long intérim jusqu’à la fin de la saison.

L’année prochaine, c’est Pochettino qui arrive. Va t-il sublimer cet effectif comme il l’a fait à Southampton ? On l’espère pour les Spurs.

Photo de la saison


A t-on vraiment besoin d’ajouter une légende ?

West Bromwich Albion (17è, 30 points, GA -16 / 43 buts pour / 59 contre)

Résumé de la saison

Très laborieux. Seulement 7 victoires en 38 matchs, soit le plus petit pourcentage du championnat (ex aequo avec Cardiff City). Une défaite à domicile en FA Cup au premier tour, une défaite à domicile en League Cup au deuxième tour. Pas brillant. Les arrivées d’Anichebe (6M£) et de Sessègnon (5,5M£) promettaient pourtant, et on aurait pu attendre d’eux quelques fulgurances au prix où le club les avait achetés. Raté. Au regard des résultats, le maintien en Premier League est en fait quasiment un miracle, et WBA ne doit sa stabilité qu’à la faveur d’adversaires très mauvais. Ils n’auront peut-être pas cette chance tous les ans.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

On connaît la férocité des supporters, mais on peine à leur donner tort lorsqu’ils ne parviennent pas à mettre un ou deux joueurs au-dessus des autres. Tout juste mettent-ils en avant Saido Berahino, le jeune attaquant anglais de 21 ans, meilleur buteur du club (9 buts), et Billy Jones, latéral désormais à Sunderland (fin de contrat).

Les déceptions, c’est le reste, ou presque. Mention spéciale pour Nicolas Anelka, le citoyen du monde, arrivé à WBA avec l’espoir de se refaire une santé sportive (je veux finir ma carrière ici, dira-t-il), et qui trouve le moyen de se faire sottement remarquer pour son premier but. Chapeau l’artiste !

Objectif ménage. Deux coachs se sont succédé au cours de l’année, et le prochain aura fort à faire. Beaucoup de joueurs sont en fin de contrat, et les jeunes de l’Academy seront peut-être amenés à faire leurs preuves plus vite que prévu.

Les hommes invisibles

Brillant à Swansea au début des années 10, Scott Sinclair n’est plus qu’un footballeur intermittent. L’attaquant cumule huit apparitions cette année, dont aucun but. Son transfert à Manchester City ne lui a pas de bien. Désireux de se relancer, son prêt à WBA ne s’est pas avéré très judicieux. Retrouvera-t-il son niveau ?

En défense, c’est Diego Lugano qu’on a peu vu jouer à The Hawthorns. Sept titularisations, un but, et une rupture de contrat en fin d’année. C’était court mais intense. Merci et à bientôt.

Highlights

L’orgasme a eu lieu à la fin septembre, lorsque les Baggies ont successivement battu Sunderland (3-0) et Manchester United (2-1, à l’extérieur). Le reste du temps, en tribunes, on a surtout vu des mouchoirs et des antidépresseurs.

Lowlights

Une seule victoire en 18 matchs, entre début novembre et début mars. C’est long, surtout vers la fin.

En outre, les parcours en coupe ont été assez déplorables.

Le manager

Steve Clark a été viré le 14 décembre 2013, après une année civile assez compliquée. Réussissant merveilleusement ses débuts d’entraineur (2012), la suite fut un peu plus difficile, et les quatre défaites de rang (fin novembre-mi-décembre) ont eu raison de lui.

En remplacement, Pepe Mel est intronisé début janvier avec un contrat de 18 mois, dixit le club. Mel argue qu’il ne dure que six mois. Quoi qu’il en soit, il quitte son poste au bout de quatre mois. Bilan : trois victoires en 17 matchs. Et une apparente mésentente avec ses supérieurs.

On l’a déjà dit, mais on insiste : le nouveau manager aura fort à faire dans ce gros sac de nœuds.

Photo de la saison

Ils sont arrivés les mains pleines de cadeaux de Noël. Mi-décembre, Ben Foster et certains de ses coéquipiers sont allés rendre visite aux enfants de Sandwell Hospital, situé à West Bromwich. C’est une photo comme il en existe des tonnes. Tous les clubs raffolent de ces clichés, qu’ils rendent publics aussitôt pris. Mais on est toujours un peu gêné par l’opération communication. Elle veut rendre les footballeurs humains et proches de leurs supporters. Comme s’ils ne l’étaient pas. Comme s’ils ne pouvaient pas faire une telle chose spontanément. Curieuse impression.

West Ham (13è, 40 points, G-A – 11 / 40 buts pour / 51 contre)

Résumé de la saison

Une saison mal barrée jusqu’à la mi janvier (12 défaites, 4 victoires seulement - 18è) puis net regain de forme et d’efficacité à partir de la fin janvier et du fameux match déclic contre Chelsea, ce 0-0 homérique à Stamford Bridge qui fit tant chouiner le Mou (voir plus bas).

Au final, une année à oublier, une de plus. Pour les supporters, le coupable est tout désigné : le manager, Sam Allardyce. Début mai, un sondage effectué auprès de 12 000 supps  révélait que 78 % d’entre eux souhaitaient son limogeage. Reproche principal : un jeu trop terne et « négatif », surtout à domicile.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

- au gardien espagnol Adrián. On se souvient de sa performance héroïque à Stamford Bridge (0-0) face à l’invraisemblable pilonnage Blues sur ses cages. Elu « Recrue de la saison » et deuxième Meilleur Joueur de la Saison du club.

Mention aussi à l’increvable portier finlandais Jussi Jääskeläinen (39 ans) qui, sans démériter, a perdu son poste de titulaire au profit d’Adrián à partir de janvier. JJ vient de resigner pour un an.

- aux latéraux : l’Ivoirien Guy Demel à droite et l’Irlandais Joey O’Brien à gauche.

- aux arrières centraux James Collins, Winston Reid et James Tomkins. Le Néo-zélandais Reid (Hammer of the Year l’an passé) fait une bonne saison malgré quatre mois d’indisponiblité et Tomkins, 25 ans, commence à confirmer les grands espoirs placés en lui en U21 (10 capes) ; élu troisième Meilleur Joueur de la Saison. 14 clean sheets pour la défense.

- au milieu central Mark Noble, l’âme guerrière et créatrice des Hammers. Doté aussi d’un sacré moteur : 38 fois titulaire en championnat, avec pas mal de 9/10 dans la presse. Au club depuis onze ans, 275 apparitions. Elu Hammer of the Year pour la deuxième fois en trois saisons et Players’ Player of the Year. Serait sans doute international depuis longtemps s’il jouait dans un grand club.  Convoité par du menu fretin (Newcastle & co) mais peu de chance qu’il parte, sauf chez un gros. Rêve du Stade Olympique, probable synonyme de changement dimensionnel du club.

Noble aime les célébrations post-but viriles (ici avec Ilan en 2010)Noble aime les célébrations post-but viriles (ici avec Ilan en 2010)

- au milieu polyvalent sénégalais Mohamed Diamé, très athlétique, percutant et occasionnellement buteur (4 pions, 3 passes décisives). Le Cristolien veut partir dans un club du Top 6 et rêve tout haut de Liverpool où il se verrait bien faire concurrence à Lucas et Joe Allen. C’est sûr que niveau rentre-dedans, y’aurait pas photo.

- au milieu polyvalent Matt Taylor, discret mais efficace.

- au virevoltant ailier gauche Matt Jarvis, un poil irrégulier mais souvent crédité de 6-7/10 dans la presse.

- à l’ex duo de Newcastle Nolan-Carroll. Le premier, capitaine, s’est encore distingué par sa combativité et son sens du placement (21 matchs/7 buts - 2 cartons rouges cependant). Le second n’a pas beaucoup joué (longue blessure, suspension) mais c’est un pion majeur de l’effectif Hammer, pèse terriblement sur les défenses. Aurait pu être du voyage au Brésil s’il n’avait pas raté les deux tiers de la saison.

Et gros bon point à Danny Gray, élu… Supporter of the Season (par d’autres supps, initiative originale du club). Ce super supp a assisté à tous les matchs des Hammers à l’extérieur et à domicile depuis 1976 ! Tous les clubs ont un phénomène comme Danny mais très sympa de la part de WH de l’honorer.

Entre satisfaction et déception, l’ailier Stewart Downing (du mieux dans la percussion mais encore trop inconsistant et petites stats - 1 but/2 passes décisives, en 32 matchs PL) et Carlton Cole, capable du meilleur comme du pire. A vrai dire, on ne sait plus trop où le classer depuis longtemps mais mentionnons-le car son cas est bizarre. Libéré par West Ham en juin 2013 après sept ans de moyens et loyaux services, on pensait le retrouver dans un club exotique ou en pré-retraite à QPR. Mais non, étrangement, il réapparaît… à West Ham. Repris - pour trois mois - par les Hammers en octobre dernier (contrat ensuite prolongé jusqu’en juin 2015).

Rayon déceptions :

- l’ex Sochalien Modibo Maïga, le Malien est souvent cité par les supps Hammers comme le pire joueur cette saison. Prêté à QPR fin janvier mais peu utilisé.

- Joe Cole aurait mieux fait de rester à Lille. A 32 ans, celui qui fut formé chez les Hammers a été libéré. On pourrait le retrouver à QPR, en MLS ou dans un championnat plus exotique à la rentrée.

Temps de prendre le taxi, Joe
Temps de prendre le taxi, Joe

Finissons sur le cas Ravel Morrison. Milieu offensif de 21 ans, sauvé d’un avenir Mélodie en sous-sol par Alex Ferguson. On nous présente le bad boy depuis des années comme l’un des meilleurs jeunes Anglais, avec sa grosse technique, sa belle accélération, etc. en gros le mec potentiellement énorme le jour où il arrêtera de déconner.

Cette saison, on espérait donc enfin voir s’épanouir le reject de Man United (même Fergie jeta finalement l’éponge, trop d’embrouilles). Et il a bien brillé, jusqu’à Noël, par intermittence : 3 buts en 12 titularisations et quelques belles perfs (contre Tottenham notamment).

Hélas, son lifestyle turbulent a déplu à Sam Allardyce qui l’a refilé à Harry [Redknapp] à QPR en février (prêt de 3 mois) où il a claqué 6 buts/15 matchs. C’est un joueur talentueux, qui fait le show et les supps Hammers le considèrent un peu comme un cult hero et aimeraient son retour, histoire de faire vibrer Upton Park. Mais il n’a pas de bol l’héros, West Ham semblerait vouloir s’en séparer, pour environ 5m £. Aux dernières nouvelles, QPR et Swansea seraient intéressés.

Le board a été clair niveau objectifs : le Top 10 et un jeu plus alléchant ou la porte pour Sam Allardyce. Il fallait absolument un deuxième buteur pour épauler Carroll et on attend beaucoup de Mauro Zárate, la recrue argentine.

L’homme invisible

Le milieu français Alou Diarra. Eloigné des terrains à cause d’une blessure sérieuse (ligaments croisés) chopée dès la fin août en Coupe de la Ligue (putain de League Cup), le vice-champion du monde 2006 aux 44 capes n’a pu rejouer que cinq mois plus tard. Il n’affiche que 250 minutes de jeu PL en deux saisons (prêté à Rennes quatre mois l’année dernière) et, en accord avec le joueur, le club pourrait le vendre (il lui reste un an de contrat).

Highlights

Demi-finale de League Cup (éliminé par Man City). Victoires 3-0 sur Spurs (les Hammers ont d’ailleurs battu Spurs trois fois cette saison), 3-1 sur Southampton, et quelques belles perfs de guerrier, comme le 0-0 sur Chelsea à Stamford Bridge après un pilonnage incessant des cages d’Adrian, stat hallucinante : 39 tentatives sur le but Hammer contre… 1 sur le but de Chelsea ! (record PL). Ce qui voudra ce commentaire idiot mais hilarant du Mou : « West Ham pratique un football digne du XIXè siècle. »

La confirmation de l’attribution du stade Olympique à West Ham (54 000 places en configuration football) après une interminable saga débutée en octobre 2010 (moultes embrouilles et complications judiciaires).

A part ça, la grosse highlight à Upton Park, c’est l’acquisition de la saison : deux nouvelles machines à bulles de savon (le club en avait déjà une paire). Les Hammers les activent fièrement au moment où résonne l’hymne du club (Forever blowing bubbles) ; la production de bulles a doublé, tout le monde est content et ressort d’Upton Park bien savonné, investissement payant donc. Ben ouais, tout ça compte dans la vie d’un club, même d’un club avec un hymne en savon. Si vous voulez voir, ça donne ça. Pas si vilain au fond, faut juste adorer le savon quoi.

Lowlights

Vingt défaites et quelques belles roustes (0-3 contre Chelsea par ex, 6-0 contre Man City en League Cup, etc.) mais c’est surtout l’attitude de ce club qui a de quoi irriter. Et là, j’aimerais pousser un coup de gueule contre l’état-major Hammer, ses deux propriétaires, David Gold et David Sullivan, et Karren Brady (inséparable bras droit de Sullivan depuis 25 ans), un trio dont j’ai souvent parlé ici par le passé.

Tout d’abord, Gold & Sullivan. Entre autres faits d’armes cette année, ils se sont ridiculisés pour avoir voulu poursuivre la FA dans l’affaire Andy Carroll v Swansea. Rappel des faits. 1er février, West Ham-Swansea, Chico Flores plaque Carroll au sol. Ce dernier lui met alors un violent coup avec l’avant-bras en se retournant. Par chance, il ne touche que le haut du front de l’Espagnol. Manque de bol pour West Ham, Chico Flores nous fait un numéro digne de l’Actors Studio et s’écroule théâtralement en se tenant le visage, à la Lee Dixon/Rivaldo/Slaven Bilic. L’arbitre expulse (justement) Carroll.

West Ham, furieux de s’être fait enfumer par Chico, parle d’un « préjudice de 75m £ si le club descend à cause de cet incident » (car suspension d’Andy Carroll pour 3 matchs - il revenait après 6 mois d’absence, blessure aux tendons du pied). La FA maintient le carton rouge. Pendant une semaine, West Ham menace haut et fort de poursuivre la FA et Swansea City mais comprend finalement qu’ils n’ont aucune chance de gagner un éventuel procès et jette l’éponge.

Passons à Karren Brady, porte-voix du club et accessoirement groupie des Tories. Ne cesse de cogner sur le secteur public (en voie de semi-extinction en Angleterre - privatisation/semi-privatisation ou disparition tout court, les tribunaux pourraient être les derniers à morfler), sur l’interventionnisme de l’état, les aides publiques, etc. via ses fréquentes divagations dans le Sun et phillipiques anti-fonctionnaires dans les médias audios. Mais, curieusement, jamais aucune mention de sa part du fait que si West Ham aura bientôt la possibilité d’entrer dans la cour des grands, grâce à son occupation du Stade Olympique à partir de 2016-17, il le devra beaucoup :

a) aux 500m £ versés par les contribuables pour un stade qui n’aurait jamais dû voir le jour (le nouveau Wembley devait être étudié pour intégrer les J.O mais des bisbilles entre le gouvernement Blair et la FA firent capoter ce plan) et

b) aux subventions diverses dont West Ham a largement bénéficié - et bénéficiera - pour acquérir et transformer ce stade (sans parler du loyer annuel dérisoire, 2m £).

Une transformation estimée à 175m £… mais West Ham s’est débrouillé pour ne verser que 10 % du coût total ! Au Royaume-Uni actuellement, on licencie ou fait tourner au ralenti dans le secteur public avec une intensité jamais vue depuis les années 1920 (écoles, commissariats, tribunaux, casernes de pompiers, équipements culturels/médicaux/sociaux/sportifs, etc. tout est charcuté - une armée de volontaires a été enrôlée, cette fameuse Big Society chère à Cameron), alors faudrait voir à la mettre décemment en veilleuse.

Un deal a été conclu en février avec un groupe immobilier pour vendre Upton Park qui sera transformé en un « village » de 700 logements.

Le manager

Sam Allardyce, depuis juin 2011 (WH alors relégué en D2). Fait généralement tourner les Hammers en 4-3-2-1, avec Kevin Nolan, Andy Carroll (ou, plus rarement, Carlton Cole) en target man. Dispositif aussi basé sur les centres ou le wing play (Downing à droite et Jarvis à gauche).

Guère apprécié, on estime son style trop négatif. Il y eut des exceptions (à Bolton, jeu chatoyant plusieurs saisons avec J-J. Okocha et Y. Djorkaeff notamment) mais avec « Big Sam » ça joue effectivement généralement direct et musclé, même si WH a produit quelques superbes matchs cette saison, l’un n’empêchant parfois pas l’autre bien sûr.

Le board a fixé des objectifs clairs et précis à Allardyce (voir plus haut) qu’il devra atteindre sinon la porte. On lui a notamment demandé de produire un jeu plus offensif (seulement 40 buts marqués) et dans cette optique, Teddy Sheringham (355 buts en 898 matchs) a été nommé entraîneur des attaquants.

Photo de la saison

Allardyce se fout gaiement de Chico Flores lors du Swansea-West Ham de fin octobre, après une belle performance d’acteur du défenseur central espagnol (roulades hollywoodiennes sur la ligne de touche devant un Big Sam hilare, qui aurait tant aimé remettre à Chico l’Oscar du Meilleur Chiqué). Rangel et d’autres s’interposeront pour éviter que ça parte en sucette.

Chico prendra sa revanche au match retour en faisant expulser un Andy Carroll qui revenait d’une longue blessure. Avec trois matchs de suspension à la clé s’il vous plaît. L’incident déclencha l’ire de West Ham (voir Lowlights). On doute que Carroll et Big Sam veuillent en rester là et les West Ham-Swansea de 2014-15 promettent d’être chauds.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester
Partie 5 : Newcastle
Partie 6 : Norwich, Southampton, Stoke
Partie 7 : Sunderland, Swansea

Et voilà, that’s all folks pour notre quatrième saison sur la Toile.

Cette année pour nos vacances, pas de galères à Bolton sur les traces de Tyrone Mears ou mauvais plans dans les fast-foods de Barnsley à la recherche de Mido, on se la joue star system : on prend nos quartiers d’été à Keepmoat, le stade de Doncaster. Louis Tomlinson (le mec des One Direction) a racheté Rovers en duo avec le roi anglais des nichons en silicone (John Ryan) et ils tiennent absolument à ce que l’équipe TK les aide à refaire monter Rovers en D2. On leur a déjà conseillé de réembaucher l’ex mascotte de Donny, Tracy Chandler, ci-dessous, injustement limogée (ben ouais quoi, elle au moins donnait bien plus de sa personne que Fred Piquionne y’a deux ans).

TK reviendra quand on aura désintoxiqué Louis (tombé dans l’enfer de la drogue le pauvre) et convaincu la branche locale de la Ligue des Puritains que Tracy est une mascotte parfaitement convenable, timide et prude même quand on la connaît bien.

Merci à tous & toutes pour votre fidélité, vos commentaires et toussa qui ne manquent jamais de nous réchauffer le palpitant dans notre petite chambre de bonne mal chauffée et nous vous souhaitons la meilleure trêve estivale possible à encourager les Trois Lions et aussi Doncaster Rovers évidemment.

Une dernière chose : toi aussi tu peux faire partie de la légende TK et connaître la gloire, l’argent sale, les filles faciles et Louis Tomlinson. Toute collaboration, même pour un temps équivalent au coaching de Torquay United par Leroy Rosenior (on kiffe toujours autant cette vanne, est donc la bienvenue. N’hésite pas à nous poker à l’adresse suivante : teenagekickscdf@gmail.com, ou sur notre Twitter ou Facebook.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Sunderland (14è, 38 points, G-A - 17 / 43 buts pour / 60 contre)

Résumé de la saison

« Dernier à Noël, descente en mai », dit un proverbe du foot anglais, garanti super fiable. Et ben pas ce coup-là ! Une rareté : seul West Brom (en 2004-05) avait réussi à se maintenir en pointant dernier au Boxing Day. La physionomie de cette saison 2013-14 se trouve résumée dans ce titre de film dont l’imagerie est très utilisée en foot british : The Great Escape.

La grande lessive de l’intersaison (14 nouveaux joueurs) après une saison ratée (17è) avait fait naître un timide espoir sur les bords de la Wear. Las, espoirs vite douchés par un démarrage calamiteux sous le leadership hystérique de Paolo Di Canio : 7 défaites et 1 nul sur les 8 premiers matchs.

Après le foutoir innommable laissé par l’ex Owl (limogé fin septembre), l’Uruguayen Gus Poyet reprit efficacement les rênes mais sans véritablement faire décoller le club au classement malgré un gros regain de forme. Un surplace partiellement dû à une féroce bataille en deuxième partie de tableau, cette fameuse relegation scrap. Jusqu’à ce sprint final en mode bulldozer, qui rappelle celui de West Ham en 2007 : 13 points pris en 5 matchs, victoires héroïques à Chelsea et Man United, 1-1 contre Man City à l’Etihad et claques infligées à Cardiff et West Brom.

A toute Grande Evasion son sauveur. Le héros Hammer s’appelait Carlos Tevez, celui des Black Cats Connor Wickham. Avec des similitudes étonnantes : El Apache s’était soudain mis à enquiller les buts dans l’emballage final, idem pour Wickham, rappelé d’urgence de prêt en D2 pour pallier la blessure de Steven Fletcher. West Ham avait eu droit à son scandale (transfert illégal de la paire Tevez-Mascherano, retrait de points évité mais WH dut débourser 24 millions £ en amendes et dommages à Sheffield United), Sunderland l’évita chanceusement malgré l’inégibilité avérée de Ji Dong-won en début de saison et révélée seulement en avril, d’une manière pas franchement très nette. Une erreur de procédure supposée des instances autour du bon de sortie international du Sud-Coréen, aggravé par une bévue administrative d’une secrétaire du club, ont sauvé les Mackems qui s’en sont tirés avec une amende au lieu d’un retrait de points (certes, seul un point aurait été déduit). Phew

Bonne tenue à l’extérieur, 20 points pris ainsi que contre les clubs du Top 10 (24 points). S’land a gardé le pire pour les matchs à domicile en fait (11 défaites !), sympa pour ses 41 000 fidèles. Les grosses qualités mentales affichées sur la fin ont permis d’aller chercher le maintien alors que la situation semblait désespérée. Une 14è place à peu près aussi miraculeuse que la 10è de Newcastle, mais ô combien plus jouissive, surtout pour les vieux supps : selon eux, c’est la saison la plus exciting depuis cinquante ans.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

  • à Vito Mannone. Au départ, on se méfiait, normal : un gardien transfuge d’Arsenal, c’est forcément louche depuis le dernier vrai bon portier Gunner, David Seaman. Mais l’Italien a su profiter de la blessure de Westwood pour s’imposer de belle manière. Elu Sunderland Player of the Season.
  • à Phil Bardsley, joueur clé placardisé par Di Canio pour d’obscures raisons, le latéral droit écossais a pris sa revanche sous Poyet. A battu le record du club d’apparitions PL (avec 174), transféré à Stoke depuis. Immédiatement remplacé par Billy Jones de West Brom.
  • au milieu Jack Colback. Après une saison 2012-13 quelconque, le talentueux Geordie de 24 ans s’est bien remis en selle. Trop bien même : convoité par plusieurs clubs, il serait sur le point de signer à Newcastle, le club de son enfance, pour approx. 220 000 £/mois, soit plus de quatre fois son salaire actuel. Et il part pour rien en plus car il est en fin de contrat (il a rejeté plusieurs offres de Sunderland). Le dernier joueur à filer directement chez le grand rival entre les deux clubs est Lee Clark, l’actuel manager de Birmingham City, en 1997 (de Newcastle à Sunderland) #GingerJudas.
  • Marcos Alonso, le prêté par la Fiorentina a brillé par intermittence. Dans un bon jour, très classieux.

  • à Connor Wickham. Ce jeune espoir du foot anglais de 21 ans (acheté 8m £ en 2011) taxé de « mannequin play-boy qui mériterait des baffes » par Paolo Di Canio (who else?) est revenu fin mars du Yorkshire – prêté à Sheffield Wednesday puis Leeds – plein de confiance, après avoir planté 8 buts en 11 matchs chez les Owls. Technique et surpuissant, ses 5 pions dans l’emballage final ont largement contribué au maintien. Nommé Player of the Month de PL en avril.
  • au milieu défensif Lee Cattermole (ci-dessous en tête à tête avec l’arbitre Phil Dowd). S’énerve souvent pour un rien, sort du match trop facilement, commet son lot de fautes et boulettes, mais Dieu que sa gnaque est indispensable dans l’entrejeu et en défense. A 26 ans à peine, « Clattermole » (to clatter = savater/mettre un tampon) achève sa neuvième saison de PL. Celle du début de la maturité, enfin ? Non, pas tout à fait, il a encore pris 7 jaunes et 1 rouge cette saison. Enfin, il a mûri un poil quand même car il peut enfin entrer dans les pubs et boîtes de son coin (Stockton–Yarm), après quatre ans d’interdiction par le pubwatch local ! Un gros bémol : son habitude de remonter son short jusqu’au nombril, à la Luis Fernandez ; mieux vaut pas faire ça en boîte (tu m’étonnes qu’ils le laissent dehors).

  • Adam Johnson, sublime en milieu de saison (Premier League Player of the Month en janvier). A claqué le premier hat-trick de sa carrière contre Fulham en janvier (1-4). Il est d’ailleurs le seul Anglais a en avoir inscrit un cette saison. Et ouais.
  • Fabio Borini, avant-centre classieux prêté par Liverpool. 7 buts/32 matchs PL, 10/40 avec les coupes. Elu Sunderland Young Player of the Season. Sunderland veut le recruter, Liverpool n’a pas réagi officiellement (au 2/06/2014) mais devrait en demander autour de 10-12m £ (soit son prix d’achat en 2012, 11m). Toutefois, Borini veut absolument retourner à Liverpool, quitte à jouer les bouche-trous.

En vrac : le milieu suédois Seb Larsson, pour sa fin de saison seulement car le reste fut très moyen (contrat renouvelé pour trois ans mardi). Les vieux grognards Wes Brown et John O’Shea, trop lents, trop ceci trop cela, mais ont sorti quelques matchs monstrueux au moment crucial, dans l’emballage final. Mention à Ki (Sung-Yeung) également, milieu prêté par Swansea en janvier.

Rayon déceptions :

  • l’attaque, plus précisément L’écossais Steven Fletcher et l’Américain Jozy Altidore (acheté 6m £ l’été dernier, 30 apparitions PL, 1 but), un duo que l’on mettra au même niveau cette saison, même si Fletch’ a largement prouvé ses qualités de buteur en PL dans un passé récent.

On pourrait certes leur trouver des circonstances atténuantes (retour en cours de saison de longue blessure pour Fletch), argumenter que l’un a mieux réussi que l’autre, que l’un a parfois joué décroché (Altidore, en 10), etc. Toutefois, je laisserais ce genre de débats stérile aux forums de supps, car décider lequel des deux a été le moins mauvais c’est un peu comme ergoter sur qui de Francis Heaulme ou Emile Louis était le plus sympa. Ont tous deux été nullissimes devant les buts et c’est bien tout ce qu’il faut retenir. Altidore, qui semble réserver tous ses buts à la sélection américaine, a même vendangé avec la réserve (appelée U21 Premier League depuis 2012), comme on peut le lire dans ce compte-rendu de son seul match chez les stiffs (réservistes) début avril. Un bilan digne de Jon Stead, le plus inefficace avant-centre de l’histoire du club (2 buts en 40 matchs, entre 2005 et 2007).

Emanuele Giaccherini est à l’évidence un tout bon mais l’ex Bianconero ne s’est jamais trop fait au style local.

Pour finir, citons quelques noms parmi la tripotée de floppeurs arrivés l’été dernier : Dossena, Cabral, Diakité, etc. Par ailleurs, les joueurs suivants ont été libérés : C. Cuellar, C. Gardner, D. Vaughan et le gardien K. Westwood.

L’objectif principal sera de trouver la formule (magique) pour s’ancrer durablement autour du milieu de tableau plutôt que de flirter constamment avec la relégation.

Concrétement parlant, il va falloir recruter au minimum 5 ou 6 joueurs en plus des deux déjà arrivés (B. Jones et J. Gómez), tous les secteurs sont concernés. Il faut : un gardien supplémentaire pour concurrencer Mannone (Speroni ?), un défenseur central, un latéral gauche, un milieu, et un avant-centre (Sunderland aimerait garder Borini).

L’homme invisible

Un duo, celui évoqué plus haut, Fletch & Juice (le surnom d’Altidore).

Highlights

Pas mal de moments sympas dans cette saison riche en émotions.

Le parcours dans les deux coupes tout d’abord, surtout évidemment en League Cup où les Mackems ont atteint la finale après avoir sorti Southampton, Man United et Chelsea, scusez du peu. Sans oublier Milton Keynes (D3) au premier tour, car putain que ça fait du bien par où ça passe de taper le Franchise FC chez eux (4-2), au milieu de leurs vaches en béton. Un petit regret sur la finale contre Man City (perdue 3-1), quand Steven Fletcher (à court de forme et confiance) s’emmêle totalement les crayons sur la balle du 2-2 à 5 minutes de la fin.

Le doublé dans le derby contre Newcastle, 2-1 en octobre au Stadium of Light puis la claque infligée à St James’ Park début février, 3-0. Mais baffer les Mags est devenu tellement routinier qu’on enregistre à peine l’info. Enfin, ne faisons pas la fine bouche, 90 ans tout de même que Sunderland n’avait pas réussi le doublé sur son ennemi juré.

La victoire 2-1 contre Chelsea à en avril : c’était la première défaite de Mourinho à Stamford Bridge ! (77 matchs) « The greatest shock in the Premier League history » a titré le Times.

La victoire 4-0 sur Cardiff en fin de saison, celle (méritée) sur Man City en championnat, 1-0. La routine en fait : c’était en effet le quatrième 1-0 d’affilée à domicile sur les Citizens en PL ; le Stadium of Light est un véritable bogey ground (stade maudit) pour la bande à Nasri.

Grosse saison aussi pour les restos indiens de la ville : les généreux pourboires laissés par le propriétaire du club (l’Américain Ellis Short) après un curry ont continué à tomber les jours de victoire (pas souvent en championnat, mieux en coupe), près de 2 000 £ de tip les bons soirs. Celui-ci date d’avril 2013 mais le Texan a récidivé aussi cette saison.

Et mini-highlight pour clôre la rubrique et satisfaire les amateurs de quiz foot. Le 10 novembre 2013, un petit bout d’histoire du football anglais s’est écrit au Stadium of Light lors du Sunderland-Man City : pour la première fois en Angleterre, deux managers sud-américains s’affrontaient, Gus Poyet et Manuel Pellegrini.

Lowlights

La raclée prise par Swansea (4-0) en début de saison, les non matchs à Arsenal en février (4-1) et Tottenham en avril (5-1). Les trois défaites contre Hull.

Les 7 cartons rouges (dont 3 pour West Brown) et les 6 own goals, on frise les records.

Le communiqué du club sur l’usage de fumigènes lors du derby où, Margaret Byrne, chief exec du club, s’emmêle les pinceaux sémantiques : « We have also been asked by the FA to remind all supporters about the dangers of flares and polytechnics» [La F.A nous a également demandé de rappeler à tous les supporters les dangers des fumigènes et engins polytechniques]. La brave Margaret voulait bien sûr dire « pyrotechniques ». La Polytechnic en Angleterre était, jusqu’au début des années 90, un type d’établissement d’enseignement supérieur du style BTS. Un faux-ami qui servit d’ailleurs longtemps aux étudiants anglais en France – les assistants notamment – à draguer les Françaises (« Wow, Brian a fait Polytechnique, super intelligent le mec ! »).

Le manager

Y’en a eu deux cette saison, Paolo Di Canio d’abord, jusqu’au 23 septembre (limogé), puis Gus Poyet ensuite. Et dire que Sunderland a bien failli avoir Louis Van Gaal…

Di Canio s’était honnêtement débrouillé en D3/D4 avec Swindon Town mais manager en PL demande un tout autre doigté, surtout dans la gestion humaine, en partie car le rapport de force est totalement différent. En D3/D4, le manager est tout puissant et dirige des joueurs souvent en transit ou en situation précaire (les contrats sont très courts à ce niveau et les tricards légion). Des gars qui, en gros, doivent s’écraser et tout accepter s’ils veulent faire leur trou. Les divisions inférieures, c’est le marche ou crève du football anglais. Di Canio est un dinosaure, prisonnier d’une autre époque, lointaine et révolue, et son approche très rigide et autocratique du football est aujourd’hui suicidaire au plus haut niveau (certes, Fergie réussit – dans un autre style – mais seulement après avoir fait ses preuves, et ensuite avec le soutien inconditionnel des boards successifs).


On espérait que l’Italien aurait la présence d’esprit de se montrer plus flexible et hausser son jeu mais non. Ses déclas post limogeage en disent long sur son incapacité à reconnaître ses erreurs et en tirer quelques enseignements salutaires au lieu de mitrailler les reproches tous azimuts (envers le club, les joueurs, recruteurs, médias, etc.). Dont cette perle : « Parfois, un manager n’est pas assez bon pour le groupe qu’il dirige. D’autres fois, c’est le contraire. Dans mon cas, c’est la seconde option. »

Décla en forme de bastos dans le pied car c’est Di Canio lui-même qui recruta, ou entérina, l’arrivée de 14 joueurs à l’intersaison, et non Roberto De Fanti (directeur sportif et cible favorite des attaques di caniesques).

Gus Poyet, infiniment plus intelligent et pragmatique que son prédécesseur, a brillamment pris le relais, sortant plusieurs joueurs clés du placard (dont Bardsley et le sheriff de l’entrejeu, Lee Cattermole) et remettant quelques-uns en selle, dont l’ailier buteur Adam Johnson. Ça manque toujours de liant et créativité au milieu mais la patte Poyet, c’est un jeu au sol, vif et mobile et le système a tendu vers un 4-4-2 ou un 4-5-1 compact, censé être conçu pour le contre (d’ou la plus grande aisance des Black Cats à l’extérieur). Ça, c’est la théorie ; en pratique, ça a trop souvent été la débandade. Maintenant qu’il peut bâtir un effectif à sa guise, il va tenter de créer une vraie identité de jeu en utilisant ses systèmes favoris, à savoir un 4-1-4-1 ou 4-3-3, avec la possession comme priorité.

Il est courant d’entendre dire, démonstrations savantes et chiffrées à l’appui, que l’entraîneur importe finalement peu, ou pas tant que ça. Même un manager réputé compétent ne ferait pas fondamentalement progresser un club hiérarchiquement parlant, cf les travaux poussés de Simon Kuper et Stefan Szymanski dans ce domaine (en particulier le chapitre Do Managers matter? dans le très intéressant Soccernomics, édition 2012 – plus exhaustive que la 2009 ; la troisième vient de sortir). Et il est vrai que le culte de l’entraîneur, à fortiori celui étiqueté « faiseur de miracles », a atteint un degré excessif, tant les fortunes d’une équipe peuvent dépendre d’une myriade de facteurs qui échappent au contrôle direct du manager. Toutefois, si cette théorie de l’entraîneur « placebo » ou interchangeable est éminemment défendable, elle occulte une réalité ô combien palpable mais négligée : un mauvais manager peut vous plomber un club en un temps record. Sunderland en a fait l’amère expérience cette saison.

Photos de la saison

Pendant une bonne minute, Paolo di Canio va communiquer, par signes étranges, avec les 2 000 supporters Black Cats après le West Brom–Sunderland de septembre. C’est Sességnon, viré de Sunderland par Di Canio, qui lui a porté le coup de grâce en marquant et sortant une grosse perf. L’Italien sait alors qu’il est sur le point de se faire limoger. C’est beaucoup plus parlant en clip.

Sympa cette voiture de marque Vauxhall (Opel en Angleterre), avec baffes infligées aux Magpies sur les portières, ça c’est de la personalisation. Une Opel à tartes en quelque sorte. A éviter de garer sur Newcastle par contre.

Vous êtes priés de prendre votre surligneur vert et cocher la dernière case sur votre ordi.

Swansea (12è, 42 points, G-A 0 / 54 buts pour / 54 contre)

Résumé de la saison

Saison relativement décevante au regard de la précédente. Vainqueur de la League Cup (seul trophée majeur de l’armoire du club) et qualifié en Europa League, Swansea affichait quelques espoirs. Mais début février, après une seule victoire en dix matchs, Laudrup se faisait virer. Garry Monk reprenait l’équipe 12ème, place à laquelle elle a terminé l’exercice 13/14.

Au niveau des coupes, les Swans quittaient l’Europa League en 16ème de finale, battus par Naples. Et malgré la belle performance du 3ème tour de Cup face à Manchester United (victoire 2-1 à Old Trafford), ils rendaient les armes contre Everton un mois plus tard.

Jadis dépositaire du beau jeu et d’une élégance collective, Swansea n’a pas brillé outre-mesure cette année, plombé par des résultats très moyens (seulement quatre points pris contre les neuf premiers du championnat) et des relations pas optimales (cf. plus bas).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Avec 25 buts en 48 matchs, Wilfried Bony réalise une excellente (première) saison, et vaut bien ses 12M£ (record du club). Wayne Routledge est l’autre satisfaction de la saison, principalement pour son apport offensif (ne vous fiez pas à ses 2 buts et 4 passes décisives).

Michu a été décevant, mais pouvait difficilement être à la hauteur de sa saison précédente, lorsqu’il culminait à 18 buts en 35 matchs. Cette année, il s’est arrêté à 2 buts, en 17 matchs de championnat. Faiblard. Son compère de l’attaque, Alvaro Vazquez, n’a pas été meilleur. Pour les transferts, il faudrait un homme par poste. Fabianski est déjà arrivé, en lieu et place de Michel Vorm, donné sur le départ. Notre mauvaise langue nous fait dire qu’il faudrait recruter un vrai gardien, mais donnons une deuxième chance au Polonais.

L’homme invisible

David N’Gog. Arrivé au club à la fin janvier, le Français accumule deux tirs (non cadrés) en trois apparitions. Les blagues fusent à l’évocation de son nom, mais son heure viendra. La tâche qui pèse sur ses épaules trop maigres semble démesurément grande. A lui aussi, donnons-lui une deuxième chance. Son potentiel ne s’est pas encore totalement révélé. Ca viendra, il n’a que 25 ans.

Highlights

La victoire en FA Cup face à United (2-1), avec une tête de Bony dans les dernières minutes, apparaît comme l’une des satisfactions majeures de la saison. Egalement, le parcours en Europa League, avec une petite gifle à Valence (3-0) et le privilège de rencontrer Naples en 16ème de finale.

La victoire contre Cardiff City (3-0) à la maison, qui efface la défaite de l’aller. Les Gallois se quittent bons amis.

Lowlights

Huit matchs sans victoire entre début décembre et mi-janvier, ce qui a d’ailleurs coûté la place de Laudrup.

Pour un tenant du titre, même de League Cup, se faire sortir au premier tour contre une équipe de Championship, c’est pas terrible. C’est pourtant ce qui est arrivé à Swansea, contre à Birmingham (3-1).

Et puis une petite déception en voyant un collectif un peu moins flamboyant.

Le manager

Après une première année très convaincante, le torchon commençait à brûler entre Michael Laudrup et le chairman, Huw Jenkins. Lors d’une réunion début février, celui-ci lui demande de mettre tout son staff à la porte. Laudrup refuse, ils continuent à discuter, se serrent la main et se quittent bons amis. « Le poste de Laudrup n’est pas menacé. » Mauvais signe… Et en effet, quelques heures plus tard, le Danois apprend par e-mail qu’il n’est plus l’entraîneur de Swansea.

Garry Monk le remplace. Malgré un maigre bilan, l’entraîneur-joueur de 35 ans parvient à maintenir le club. En fin d’année, son contrat est prolongé à la tête du club jusqu’en 2017. Gageons qu’en dépit de sa bonne volonté, Monk ne fera pas mieux que Laudrup.

Photo de la saison

En photo, ça donne ceci. Et en vidéo, ça donne ça. Shelvey face à Aston Villa, le 26 avril dernier.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester
Partie 5 : Newcastle
Partie 6 : Norwich, Southampton, Stoke

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Norwich (18è, 33 points, G-A - 34 / 28 buts pour / 62 contre)

Résumé de la saison

Après une saison 2012-2013 terminée à la 11è place, Chris Hughton est confirmé sur le banc des Canaries. Premier choc pour les supporters : le départ du buteur vedette Grant Holt du côté de Wigan, contre un chèque de 1,6m £. L’ex magasinier/docker/mécano était de la remontée fantastique du club, grimpant de la League One en 2009 à la Premier League en 2011. Pour le remplacer, le board enrôle l’avant-centre néerlandais Ricky van Wolfswinkel, en provenance du Sporting Lisbonne pour 8,5m £. Ambitieux, Norwich en profitera pour ramener l’attaquant du Celtic Gary Hooper (5,5m £). Notons également les signatures de Nathan Redmond (libre, Birmingham), Martin Olsson (2,5m £, Blackburn), Leroy Fer (4,8m £, Twente) et Johann Elmander (prêté par Galatasaray).

Une équipe donc plutôt expérimentée et taillée pour le maintien, voire mieux. D’ailleurs, aucun des TKistes n’avait placé Norwich parmi les futurs relégués. Après une première partie de saison pas franchement terrible (14è avec 19 points), Norwich peut tout de même se rassurer en se disant que derrière ça n’avance pas des masses.

En League Cup, le club aura réussi à passer deux tours, éliminant Bury à Carrow Road (6-3) et Watford à Vicarage Road (2-3 après prolongations). Malheureusement, les Yellows tombent à Old Trafford en seizième de finales (4-0). En FA Cup, pas de gros parcours, puisque après avoir été contraint au match nul à domicile par Fulham (1-1), Norwich se fit laminer au match d’appui (3-0) sur le terrain des Cottagers.

Au mercato d’hiver, Norwich se renforce et recrute deux joueurs expérimentés en prêt, Jonás Gutiérrez (ci-dessus) de Newcastle et Joseph Yobo du Fenerbahce. Fin janvier, les Canaries comptent 24 points et surtout cinq unités d’avance sur le premier relégable, West Ham. Fin février, cette avance n’est plus que de quatre points et surtout, le 18è, Sunderland, compte un match en moins. Le 22 mars, dans un match qui sent le Championship, Norwich accueille Sunderland, soit le 17è v 16è. Grâce à des buts de Snodgrass et Tettey, les Canaries l’emportent, remontent ainsi à la 14è place et comptent désormais six points d’avance sur Cardiff, le premier relégable.

Personne n’imagine alors qu’il s’agit de la dernière victoire de la saison. En effet, Norwich va aligner une série de sept matchs sans victoire, ne prenant qu’un point, celui du nul obtenu à Chelsea. Un barren patch (mauvaise période) qui sera fatal à Chris Hughton, remplacé par Neil Adams au soir de la 33è journée.

Pendant ce temps-là, Sunderland met le turbo et revient à hauteur des Canaries. Il ne reste plus que deux journées à jouer et Norwich est 18è avec 32 points. Lors de la 37è journée, Norwich va chercher un point à Chelsea, mais dans l’intervalle, Sunderland défait West Brom à domicile. Mathématiquement, le maintien est encore possible, même s’il faudrait un petit miracle. West Brom n’est qu’à trois points, mais la différence de buts est nettement en défaveur des joueurs de Norwich (- 32 contre - 15). La Premier League n’étant pas un dessin animé de Walt Disney, Norwich perd son dernier match, à domicile, face à Arsenal (0-2) et retrouve le Championship.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les rares satisfactions :

Carlo Nash. Lors du traditionnel vote de fin d’année des supporters, destiné à élire le meilleur joueur de la saison, ces supps ont voté en masse pour le troisième gardien, le vétéran Carlo Nash. Le plus drôle là-dedans, c’est que ce dernier n’a pas joué un seul match de la saison…

Zéro apparition mais élu Meilleur joueur du club, balèze le Carlo

Zéro apparition mais élu Meilleur joueur de la saison par les supps, balèze le Carlo

Goûtant peu la plaisanterie des supps, les dirigeants des Canaries se sont finalement arrangés pour que le trophée aille à l’ailier écossais Robert Snodgrass (déjà deuxième l’an dernier), l’autre petite satisfaction de cette saison avec ses six buts.

Côté déceptions, l’attaque. On pouvait espérer mieux de la part du trio Van Wolfswinkel-Elmander-Hooper. Les deux premiers atteignent un total retentissant d’un but chacun, le dernier aura été un peu plus prolifique avec six réalisations. Au final, pire attaque du championnat avec seulement 28 buts (troisième pire total de la PL - Derby 20 misérables pions en 2008 et Sunderland 26 en 2006).

La défense n’a pas été en reste, avec ses 62 buts encaissés, moins que Fulham et Cardiff, mais plus que tous les autres.

L’objectif principal : le gros chantier recrutement en perspective. Ça cause beaucoup départs, avec au choix Snodgrass (ci-dessous), Bassong, Hooper, Howson ou encore Fer (dans les 23 Néerlandais pour le Brésil). Bref, Neil Adams va avoir du pain sur la planche.

Highlights

On ne va pas se mentir en se disant qu’il n’y en a pas eu beaucoup. A vrai dire, hormis quelques victoires occasionnelles, Norwich a surtout connu défaites et matchs nuls. Alors on retiendra la première victoire à domicile de l’année face à Southampton (1-0), lors de la 3è journée. Également la dernière, face à Sunderland (2-0).

Lowlights

La deuxième partie de saison, avec seulement 13 points de pris. Les raclées 7-0 et 5-1, sur les terrains de Manchester City et Liverpool. Les longues séries de matchs sans victoire, notamment la dernière à partir de la 32è journée et toujours en cours. L’élimination en Cup à Fulham (3-0).

L’homme invisible

L’homme qui a coûté 8,5m £, Ricky van Wolfswinkel. Grand espoir du football batave, Ricky explose réellement à Utrecht où il score 35 buts en 80 matchs. Le Sporting Lisbonne le repère et l’achète pour 5,4m €. Durant deux ans, il va performer sous la liquette verte et blanche, attirant les convoitises de quelques grands noms européens, comme l’Inter Milan, Manchester United ou encore Chelsea.

Toutefois, c’est à Norwich qu’il s’engage et là on se dit que soit il y a une couille dans le pâté, soit que Norwich a fait un très bon coup. Lors de la toute première journée de championnat, Ricky place sa tête et Norwich arrache le nul face à Everton. On penche alors pour la seconde option (Norwich a fait un gros coup). Sauf qu’en fait, il n’a rien fait après, mais genre rien de rien, nada, walou, zilch… du genre à terminer la saison avec 1 but et 2 passes décisives en 25 apparitions PL. A littéralement joué l’homme invisible lors de la dernière journée contre Arsenal à domicile : informé deux heures avant le coup d’envoi de sa non présence dans les 18, il a piqué sa crise et a quitté le stade.

Le manager

Chris Hughton a démarré la saison, mais la situation assez catastrophique du club a poussé les dirigeants à nommer Neil Adams, le coach des moins de 18 ans. Au départ, il n’était qu’un intérimaire mais a finalement signé un contrat de trois ans le 22 mai. Agé de 48 ans et ancien professionnel à Stoke, Everton, Oldham, mais également Norwich, ce newbie aura la lourde tâche de ramener les Canaries en Premier League. Pour cela il devra rééquilibrer son bilan personnel qui affiche après 5 matchs sur le banc, 1 nul et 4 défaites.

Photos de la saison

On peut penser que Van Wolfswinkel a été quelque peu intimidé par certains autochtones.

On peut penser que Van Wolfswinkel a été quelque peu intimidé par certains autochtones.

On te le souhaite petit bonhomme

On te le souhaite petit bonhomme

Cet homme est activement recherché par la police, n'intervenez pas seul !

Cet homme est activement recherché par la police, n'intervenez pas seul

Southampton (8è, 56 points, G-A + 8 / 54 buts pour / 46 contre)

Résumé de la saison

Après un début de saison tonitruant (une seule défaite et une place sur le podium au soir de la 11è journée), les Saints sont ensuite retombés dans l’anonymat du ventre mou. Oui, mais pour une deuxième saison dans l’élite, le ventre mou c’est vachement bien. Oscillant entre la 8è et la 9è place depuis décembre, Southampton obtient un bilan comptable plus que satisfaisant, mais c’est surtout la manière avec laquelle cette place a été obtenue qui a impressionné. La politique de jeunes a porté ses fruits et nombreux sont les clubs qui voudront chiper leurs joueurs cet été. Seul bémol : le maintien ayant été assuré très tôt dans la saison, on était en droit d’attendre beaucoup mieux des campagnes en FA Cup et en League Cup des Saints, éliminés en huitième dans les deux compétitions, à chaque fois contre Sunderland.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Beaucoup de satisfactions dans le jeu cette année, et Adam Lallana en est l’exemple parfait. Timoré l’an dernier, Lallana s’est transcendé cette saison (9 buts et 6 passes), au point d’être un choix évident pour les Three Lions et Roy Hodgson. Saison complète également pour Rickie Lambert (13 buts et 10 passes, sélectionné également pour la Coupe du Monde) et Jay Rodriguez (15 buts), qui aurait fait partie du groupe anglais cet été s’il ne s’était pas fait les croisés. Enfin, vous savez que c’est pas notre genre de balancer des avis péremptoires, mais putain, Schneiderlin, c’est le meilleur milieu de Premier League et puis c’est tout.

Mais qu’est venu foutre Dani Osvaldo à Southampton ? Malgré ses trois buts en première partie de saison, l’attaquant italo-argentin s’est davantage illustré par ses frasques (participation plus qu’active à la baston contre Newcastle (on peut pas lui en vouloir), baston à l’entraînement avec José Fonte…) que par son jeu. Osvaldo n’aura jamais réussi à s’adapter au jeu anglais et a été prêté à la Juve en janvier (avec une option d’achat qui sera probablement levée), où il a réussi une bien meilleure deuxième partie de saison.

Refaire une aussi bonne campagne l’an prochain serait exceptionnel, mais ça passe par une conservation de l’effectif, le principal enjeu pour les Saints est donc là.

L’homme invisible

Impérial l’an dernier, Maya Yoshida s’est fait piquer sa place cette saison par Dejan Lovren, qui a formé avec Fonte une charnière centrale rassurante (oui oui, c’est le Dejan Lovren de Lyon). Apparu seulement 8 fois cette saison, le Japonais n’est cependant pas le plus à plaindre, son compère de défense centrale Jos Hooiveld n’a, lui, disputé que trois petits matchs.

Highlights

Peu de victoires contre les gros pour les Saints, si ce n’est celle décrochée à Anfield en début de saison (1-0, but de Dejan Lovren). On retiendra donc surtout le début de saison, avec seulement 4 buts encaissés en 11 journées et une place de troisième flatteuse, certes, mais pas imméritée.

Lowlights

En revanche, les 9 journées qui ont suivi ont été catastrophiques, avec seulement une victoire (à Cardiff) pour 6 défaites. À leur décharge, les Saints ont affronté quasi exclusivement les équipes à la lutte pour l’Europe sur cette période (Arsenal, Chelsea, City, Tottenham, Everton et re-Chelsea). La marche était encore trop haute pour pouvoir battre ces équipes.

Le manager

Mauricio Pochettino, loué de tous les côtés dans la presse (par ses joueurs, ses pairs, les journalistes…) s’en va pour Tottenham. Parviendra t-il à insuffler son style de jeu offensif à une équipe en perte de vitesse ? On l’espère.

Le grand favori pour remplacer l’ex Parisien est Ronald Koeman (à 8/11 chez les bookmakers, qiu ont fermé les paris), suivi par Sean Dyche (6/1), l’actuel manager de Burnley. Waouh, Christian Gross est à 10/1…

Photos de la saison

Trois photos symboliques liées entre elles et porteuses de messages inquiétants, car tout ne tourne plus trop rond au royaume des Saints.

1) De gauche à droite : Jay Rodriguez, Luke Shaw, Adam Lallana, James Ward-Prowse et Rickie Lambert. TK vous présentait ce beau quintet en août 2012, ici. En novembre dernier, ils furent tous appelés simultanément en équipe d’Angleterre (Senior ou U21). Lallana, Lambert et Shaw feront la coupe du monde, Rodriguez (15 buts en 33 matchs PL cette saison) aurait probablement été du voyage au Brésil sans sa blessure aux croisés début avril. Ward-Prowse vient de briller au Tournoi de Toulon.

2) Katharina Liebherr, la fille de feu l’ancien propriétaire (dynastie Liebherr, engins de contruction). C’est la boss depuis le décès de son père en août 2010. Ici en photo avec le Canadien Ralph Krueger, ex hockeyeur sur glace professionnel, nommé président il y a trois mois.

3) Nicola Cortese (le quadra au second plan), l’ex homme fort du club, poussé à la démission par K. Liebherr en janvier dernier.

Alors, que se passe-t-il donc de si alarmant chez les Saints ? Et bien, en joignant toutes les pièces du puzzle, on a la désagréable impression que ce club est en train de partir en vrillette. Pour mieux comprendre, prenons les photos dans l’ordre.

La # 1 est synonyme de succès mais aussi d’exode massif, un démantèlement à l’arrière-goût de sauve-qui-peut précipité par les évènements contenus dans les photos suivantes : Lambert a signé pour Liverpool, sans doute suivi par Lallana (environ 30m £ à Anfield ou ailleurs), peut-être aussi par Lovren ; Shaw devrait filer à Man United (pour 27m) ; Le nouveau manager Spurs Mauricio Pochettino, qui a quitté le navire Saints avant le naufrage, se verrait bien piller la moitié de l’équipe, cet été et/ou à l’hiver prochain, en particulier Rodriguez, Lovren, Ward-Prowse et Wanyama. Par ailleurs, M. Schneiderlin et N. Clyne intéresseraient Arsène, entre autres. Bref, il risque de plus rester grand monde au 31 août. Le dernier sorti éteint la lumière…

Question qui s’impose : pourquoi Soton est-il aussi disposé à vendre les bijoux de famille après une saison si prometteuse, au risque de galérer la saison prochaine ?

La réponse est à chercher du côté de Katharina Liebherr, photo # 2, la fille de feu l’ancien propriétaire et sauveur des Saints en 2009, Markus Liebherr, assis à côté de N. Cortese sur la photo # 3 (voir article TK). Changement de stratégie en début de saison quand K. Liebherr décida de surveiller tout ça de près et intervint bien plus dans la gestion du club, sans doute dans l’optique d’une vente à court terme. Cortese subodora alors ses intentions, n’apprécia guère d’être marqué à la culotte et se brouilla avec elle, ce qui conduisit à sa démission-limogeage en janvier dernier. Cortese, ex banquier et bras droit de M. Liebherr, est un personnage controversé (voir lien article TK ci-dessus) mais déterminant dans l’histoire récente des Saints tant il s’était impliqué dans le club de 2009 à son départ forcé en janvier dernier. Il a souvent déclaré considérer Soton comme « son bébé » (une baby-sitter à 1,7m £/an tout de même).

Katharina Liebherr cherche-t-elle à toucher un bon petit pactole grâce aux transferts avant de mettre le club en vente dans le courant de l’année ? Pas impossible.

Stoke (9è, 50 points, G-A - 7 / 45 buts pour / 52 contre)

Résumé de la saison

Le redouté virage de l’après Tony Pulis (une décennie au club) a été remarquablement bien négocié : meilleur classement des Potters en D1 depuis 1975. Et surtout, changement de style payant pour le nouveau boss, l’ex Red Devil Mark Hughes. Sous le casquetté comme un djeun, Stoke était synonyme de kick and rush, surtout de kick d’ailleurs.

Si les Potters ont gardé leur jeu robuste, ils y ont injecté une bonne dose de tika-taka, développant parfois un football chantant et chatoyant (si, si), « à la continentale » comme disent les Anglais. Je devine ce que vous vous dites mais non, je vous jure, j’ai rien fumé de bizarre avant de rédiger cette intro. FACT : dans un bon jour, Stoke est devenu très sympa à regarder (foutrebleu, si on m’avait dit que j’écrirai ça un jour…).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les nombreux bons points à distribuer vont :

- au gardien Asmir Begović, encore excellent cette année. Le Bosnien-Canadien n’a que 26 ans (dont 5 chez les Potters) et devrait logiquement atterrir dans un grand club un jour (peut-être rapidos, surtout s’il fait une bonne Coupe du monde). A marqué ce but d’anthologie en novembre, après 13 secondes de jeu.

- à Ryan Shawcross, défenseur central et capitaine, au club depuis sept ans, plus de 200 matchs PL pour le rugueux international anglais monocapé. Souvent limite dans les contacts mais efficace. Incarne les valeurs viriles du club. Elu Stoke City Player of the Year par les supporters, pour la première fois.

- à l’international néerlandais Erik Pieters, latéral gauche offensif. Bonne première saison PL.

- à Geoff Cameron. Mine de rien, le solide défenseur polyvalent états-unien signe sa deuxième bonne saison avec les Potters. Pour le New-York Times, c’est le meilleur joueur de champ US évoluant en Europe. En même temps, il n’en reste plus bézef des bons outfield players ricains en Europe. Enfin, le NYT n’a pas choisi Jozy Altidore, c’est déjà ça.

- au milieu Glenn Whelan, l’international irlandais achève sa septième saison Potters.

- au milieu gauche Marko Arnautović, 24 ans et déjà quatre championnats différents, arrivé du Werder Brême avec une grosse réput’ de bad boy-forte tête. Le mec faisait chambre commune avec Balotelli à l’Inter faut dire, ça laisse forcément des séquelles. Mais l’international autrichien a été sage et a brillé (devenir papa l’a calmé, a-t-il expliqué).

Croqueur, grand amateur de gris-gris, coups du foulard et tout le pataquès, fin passeur et bon centreur, il a souvent régalé le Britannia Stadium (certes, public pas excessivement difficile, un petit pont involontaire de Charlie Adam peut déclencher une ola là-bas). Seul bémol : 4 pions seulement (de son propre aveu, il devrait marquer plus, faut juste régler un peu le viseur). Elu Stoke City Young Player of the Year et considéré par beaucoup de supps Potters comme Joueur de la saison.

- au milieu français Steven N’Zonzi. Grosse saison pour l’ex Amiénois. Meilleur sur le terrain que sur la route où son attitude lamentable et affreusement arrogante (ainsi que celle du club, ce qui est encore plus grave) lors de cet incident médiatisé en a sérieusement irrité plus d’un.

- aux milieux Charlie Adam, quelques buts et perfs spectaculaires, et Oussama Assaidi (Marocain prêté par Liverpool), 4 buts/19 matchs PL, bonne saison gâchée par une indisponibilité deux mois de février à avril.

- à l’international irlandais Jonathan Walters, souvent précieux, gros volume de jeu. Avant-centre sous Pulis, a été repositionné milieu droit sous Hughes pour sa quatrième saison à Stoke. A longtemps galéré dans les bas-fonds de la Football League et, à 30 ans, il connaît la consécration (récemment nommé capitaine des Boys in Green, qu’il a rejoint à 27 ans).

- au milieu offensif Stephen Ireland. En rentrant de vacances fin juin 2013, l’Irlandais, alors à Aston Villa, retrouve son casier dans le couloir et doit s’entraîner avec les jeunes. Pas con, il pige qu’il est persona non grata. Trop cher (3m £/an), trop lent, trop touriste. A 27 ans et avec son image j’en-foutiste, beaucoup le voient déjà fini pour la PL, au moins pour y jouer un rôle. C’est mal connaître l’énergumène. Certes, il n’a pas de statuette de Zorro sur son bureau pour y puiser force et inspiration (il n’a pas de bureau faut dire) mais il a mieux : des slips Superman, qu’il exhibe volontiers en plein match (Jean-François, tu sais ce qu’il te reste à faire). Début septembre, il est prêté à Stoke, prêt converti en acquisition au mercato d’hiver. Sans forcément déraciner les arbres, il a donné satisfaction et sacrément remonté la pente. Récompensé mi avril par un contrat de 3 ans.

- à l’attaquant nigérian Peter Odemwingie, arrivé de Cardiff au mercato d’hiver. Ses 800 premières minutes de jeu n’accouchèrent que d’un 1 but mais s’est ensuite réveillé (4 buts/15 matchs au total). S’est rabiboché avec Stephen Keshi, le sélectionneur des Super Eagles, et sera au Brésil.

- Peter Crouch, 33 ans. Hughes voulut s’en débarrasser pour seulement 2,5m £ au mercato d’hiver mais ne trouva preneur (faut dire que le double-mètre palpe 350 patates/mois - encore un an de contrat). Ses 8 buts* en 28 matchs PL l’ont fait se rapprocher de la barre des 100 buts PL qu’il espère atteindre avant de tirer sa révérence (en est à 88).

[*officiellement 7 car son superbe retourné acrobatique contre West Ham le 15 mars a été injustement attribué à Peter Odemwingie qui, sur la ligne, n'avait fait qu'effleurer le ballon. Rendons donc à César etc.]

Les déceptions :

- l’avant-centre trinidéen Kenwyne Jones. Aurait largement pu être dans la rubrique « Homme invisible » si celle-ci n’avait été pleine. L’ex Black cat, acheté 8m £ en 2010, déçoit depuis déjà trois saisons. Prêté à Cardiff en janvier, où il a continué à être transparent.

- le milieu central irlandais Marc Wilson n’a pas déçu stricto sensus mais il n’a pas réédité sa bonne saison dernière. A certes joué dans trois positions différentes sous Hughes (milieu, latéral et arrière central après la blessure de Robert Huth).

- le milieu Matthew Etherington, deux tons en dessous et peu utilisé. Libéré par le club, après 5 ans ½ de bons et loyaux services.

L’objectif sera de s’installer durablement dans le Top 10 en continuant à produire un jeu digeste, en essayant de former plus et donc dépenser moins. Car la note est salée : 100m £ claqués ces cinq dernières saisons rien qu’en transferts - pour seulement 9m £ de ventes joueurs -, le quatrième solde net (91m) le plus élevé de Premier League, devançant même Liverpool (89m).

L’homme invisible

Deux pour le prix d’un, car impossible pour mon transparomètre de les départager :

1) Le milieu défensif Wilson Palacios, ci-dessous à gauche (alors à Wigan). Et ouais, il est encore là lui (joueur très périphérique - il tourne surtout autour du rond central). Stat scoumoune de l’Hondurien : Stoke n’a gagné qu’une seule fois lors de ses 14 titularisations. Sera au Brésil (tremblez les Bleus, tremblez).

2) Jermaine Pennant. Rarement utilisé par Mark Hughes, le club a finalement cassé son contrat fin janvier (Stoke a activé une clause de rupture de contrat incluse en début de saison autorisant un licenciement si l’ailier droit ne donnait pas satisfaction ; Pennant s’était sérieusement brouillé avec Tony Pulis l’an dernier et le club l’avait repris sous conditions, notamment un salaire divisé par deux, autour de 75 000 £/mois).

Highlights

Pas mal de big guns ont morflé au Britannia, dont Man United (2-1), Chelsea (3-2), Arsenal (1-0) et Sunderland (2-0). Belle victoire 4-1 à Villa Park en mars.

On a su garder l’infirmerie clairsemée. Logique : les blessures, ce sont les Potters qui les distribuent.

Lowlights

Les pilées 3-0, 4-0 et 5-1 contre Chelsea, Everton et Newcastle respectivement. Quelques vilaines défaites contre des boîteux (Palace, Fulham, Norwich).

Mais le gros lowlight est de toujours devoir se farcir Tom Jones et sa foutue Delilah avant les matchs (l’hymne de Stoke depuis 40 ans). Heureusement, plus les supps Potters sont d’humeur badine, plus les paroles se font grivoises (je vous laisse deviner ce que devient le « I felt the knife in my hand » à 1′27 dans ce clip).

On préférait largement quand ces même supps chantaient il y a quelques années (sur l’air de Too Shy de Kajagoogoo) le classique « Tuncay-cay, Huth Huth, Abdoulaye »… (Tuncay Sanli/Robert Huth/Abdoulaye Faye).

Le manager

Mark Hughes. A su imposer un football fluide et efficace : plus de 400 passes par match selon Opta, contre environ 320 sous Pulis, les bonnes années - 250 en 2008-09. Constant surtout valable à domicile, car à l’extérieur Stoke joue souvent très bas et aime garer l’Airbus. Progrès notables dans la conservation du ballon, ce qui est toujours évidemment bien plus facile avec des joueurs techniques.

Faut dire tout ça vite quand même car on a gardé les coups de coude et les quasi viols sur corner, faut pas rêver non plus, this is Stoke, pas le FC Vatican. Exit le kick and rush, vive le pass and move musclé.  Plus de jeu au sol certes, mais avec toujours un dispositif orienté vers le jeu allongé, 4-4-1-1 ou 4-2-3-1. On ne se débarrasse pas de l’ADN du club aussi facilement et le plan B est trop souvent d’expédier, vers Crouch s’il joue.

Photo de la saison

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull

Partie 4 : Liverpool et les Manchester

Partie 5 : Newcastle.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Newcastle (10è, 49 points, G-A - 16 / 43 buts pour / 59 contre)

A l’instar de Leeds, QPR, Portsmouth, Blackburn ou Port Vale, NUFC est l’un de ces clubs Barnum capable d’alimenter à lui seul une gazette quotidienne année après année. Un vrai grand club Un gros club Un vrai club avec un grand stade Un club avec un stade qui mérite donc un double article rien que pour lui. Aussi l’occasion pour Teenage Kicks de présenter ses plus plates excuses.

Dear readers et readeuses, l’heure est venue de battre notre coulpe sur nos poitrines velues. Il y a quelque temps, des éléments toxiques (supps de Sunderland ? De Gateshead ?) ont piraté l’interface TK ainsi que nos comptes Facebook et Twitter. Ces vils individus, sous couvert de pseudo journalisme jeune et décalé, ont véhiculé une idéologie violemment nihiliste visant à présenter Newcastle United comme un club uniquement mis sur terre pour histrionner et emmerder le monde. Ce putsch, que nous avons tenu secret pour vous protéger de possibles représailles (ces barbares ont vos noms, adresses IP et email), a généré quelques écrits anti Magpie contraires à l’esprit d’impartialité et probité qui fait la force de ce vénérable blog, le Daddy des sites de foot anglais sur le Net francophone.

Notre réactivité n’étant plus celle de notre lointaine jeunesse, nous nous sommes laissés déborder par ces éléments fourbes et vifs. Leur supériorité informatique a rendu impossible tout effaçage de la prose oppressante, ces hackers ayant paralysé la fonction Supprimer. Fort heureusement, les forbans ont fini par être boutés hors de nos murs virtuels et pouvons vous assurer que les heures sombres de TK sont bel et bien dans le rétro. Enfin, enfin, une saine neutralité est de retour ici.

Bon, nos excuses étant présentées et notre orgueil ravalé, partons gaiement casser du Mag, mais en toute objectivité cette fois.

Résumé de la saison

Les deux seules certitudes de la vie, aiment philosopher les penseurs anglais de comptoir, sont a) qu’on mourra tous un jour, et b) qu’on versera un max à l’Etat (the only certainties in life are death and the taxman). Depuis une bonne décennie, il conviendrait d’ajouter une joyeuse valeur sûre à ce déprimant truisme existentiel : on peut toujours compter sur Newcastle United pour nous divertir, même pendant la somnolence de l’intersaison.

Dès le piteux exercice 2012-13 terminé (16è, 41 points), les médias lancèrent les traditionnels soaps estivaux Geordies. Cette fois, les guest stars furent Papiss Cissé qui refusa de porter le maillot, pour cause de sponsor louche (le décrié Wonga, prêts jusqu’à taux annuels de 5 853 % !) et Yohan Cabaye idem mais, lui, pour cause de club louche (convoité par Arsenal, il refusa de jouer et écopa d’une amende de 80 000 £). Finalement, fin août, tout ce petit monde rentra dans le rang et décida de se donner à fond pour NUFC, probablement à 5 999 %.

Parallèlement, on eut droit à un fabuleux sketch en interne avec la nomination en juin du controversé (mais ami du propriétaire, Mike Ashley) Joe Kinnear comme directeur sportif chargé spécifiquement du recrutement (un ex manager Magpie, oct. 2008-fév. 2009 - saison de la relégation -, des problèmes cardiaques l’avaient forcé à arrêter).
Kinnear fit d’entrée exploser le busomètre en écorchant comiquement le nom de ses joueurs (Yohan Kebab, Hatem Ben Afri, Shola Amamobi, etc. - il avait déjà rebaptisé Charles N’Zobgia « Charles Insomnia » en 2009) et en se targuant haut et fort de « pouvoir pousser la porte du bureau de n’importe quel manager au monde, recruter n’importe quel joueur et posséder le meilleur carnet de contact dans le métier ».

L’ex manager du Crazy Gang de Wimbledon (deuxième mouture) fut vite surnommé JFK - Joe Fucking Kinnear - par les supporters Mags, en souvenir de sa première conf’ de presse NUFC en 2008 où il éructa fucking & dérivés 52 fois en neuf minutes (pour faire bonne mesure, il interdit tous les médias, menaça d’en poursuivre trois, insulta reporters et ex joueurs).
En tandem avec le big boss, celui que les fanzines locaux appellent Joke Kinnear et aiment comparer à Kim Jong-Un ne tarda pas à (re)faire interdire de Saint James’ Park tous ceux qui le dérangeaient un chouia, à savoir les trois journaux locaux (Evening Chronicle, Journal et Sunday Sun - même groupe) et le Newcastle United Supporters Trust.

Guère surprenant : nombre de quotidiens nationaux (ou/et de journalistes) ont subi un sort identique à SJP depuis le rachat du club par Mike Ashley (2007), notamment les Daily Telegraph, Daily Express, Daily Mirror et Sunday Express. Se cache également derrière ces excès autocratiques un motif plus cynique qui serait une première* dans le football anglais : l’intention de vendre aux médias des « prestations » jusqu’alors gratuites, à savoir les interviews et les news du club (sauf Sky, BT Sport & BBC qui raquent déjà lourd - 1,1 milliard £/an - via les droits de retransmission versés à la Premier League plc). Cette monétisation de l’info s’articulerait autour d’une structure forfaitaire baptisée Media Access Package par NUFC (pack Bronze, Argent ou Or - détails ici, avec spéculations amusantes : comment déterminer le métal de chacun ? Parce que Ben Arfa, un jour il est Platine, et la semaine suivante il est Plomb hein… Les joueurs de Newcastle seront-ils cotés dans une bourse interne ? Si oui, bonjour les Lundis noirs…).

[*En octobre dernier, deux mois avant Newcastle, Port Vale (club de D3 de Stoke-on-Trent) avait interdit l'entrée du stade au quotidien local, The Sentinel, en voulant facturer l'accès aux matchs/conf de presse & interviews 10 000 £/saison].

Le ras-le-bol des supps Magpies (ici le groupe Time4Change) s'est exprimé bruyamment tout au long de l'année
Le ras-le-bol des supps s’est exprimé bruyamment tout au long de l’année

Suivra un catalogue de grotesqueries follement distrayantes (jusqu’à son limogeage par consentement mutuel début février), dont la soi-disante acquisition en janvier de Mohamed Salah pour 25m £, décla faite quelques heures après la signature de l’Egyptien à Chelsea - pour 12m £ - ou, très fort, la tentative d’achat de Shane Ferguson, prêté à Birmingham City… par Newcastle. Vouloir recruter un joueur qui vous appartient déjà, hum, original et inédit, bravo à NUFC d’innover si brillamment.

« Judge me on my signings » avait claironné JFK. Le jugement fut donc expéditif puisqu’au lieu des Salah, Grenier, Douglas, Cabella (près de signer au 1/06/2014) et autres pépites annoncées, les supps Magpies verront débarquer… absolument personne (Rémy, prêté par QPR, avait déjà été recruté bien avant l’arrivée de Kinnear). Ah si pardon, Olivier “The New Alex Song” Kemen, ado français de 16 ans aux talents maradonesques (voir son but de la main) et Luuk de Jong en janvier, jeune attaquant prêté par Mönchengladbach.

Un peu juste pour viser l’Europe, la vague ambition de ce club perpétuellement For sale et qui affiche de loin le solde net Achat-Vente de joueurs le plus bas de PL sur les cinq dernières saisons : achats : 93m £, ventes 138m £, solde négatif de 45m (le 19è est Everton, solde négatif de 12m ; et le 18è Arsenal, solde négatif de 4m ; le 1er est Man City, achat 640m, ventes 161m). NUFC est le seul club de PL à n’avoir acheté aucun joueur cette saison, malgré la nomination en grande pompe de Kinnear et les 20m £ du transfert de Cabaye.

En définitive, une dixième place un peu miraculeuse pour ce club à l’accent très français (35 buts tricolores sur 42 inscrits), plus pour très longtemps d’ailleurs. Et si le classement ne ment jamais, il nous fait de grosses cachoteries car voir Southampton et Newcastle se tenir dans un mouchoir de poche (respectivement 8è et 10è) fait franchement saigner des yeux. Une grossière anomalie dûe à une bonne phase aller : 6è à Noël, avec 33 points (merci Cabaye et Rémy).


Remballez vos bérets, vos fausses moustaches Brigades du Tigre à la con et vos oignons en plastique, le carnaval est fini les gars.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points (surtout valables pour la première moitié de saison bien sûr) vont :

- à Loïc Rémy, 14 buts/26 matchs PL, le prêté par QPR sauve classieusement la baraque Mag. Largement indisponible en phase retour, blessé deux mois et suspendu trois matchs.

- à Yohann Cabaye, 7 buts et un fort impact. Sortait d’une saison moyenne, s’est nettement racheté avant de s’échapper au PSG en janvier.

- à Moussa Sissoko, auteur de plusieurs grosses perfs, dont v Hull City (4-1) et v Chelsea (2-0). On lui pardonne volontiers ses quelques matchs cauchemardesques (e.g v Sunderland en février, 1/10 dans le Times).

- au capitaine argentin Fabricio Coloccini (ci-dessous), défenseur central technique. « Colo », 32 ans, au club depuis 2008. Taulier de l’équipe, il se chargea des causeries d’avant-match à la suspension d’Alan Pardew. N’a plus les jambes de ses 20 ans cependant. Parle tous les ans de partir mais se ravise vite quand son agent lui montre sa fiche de paye (3,2m £/an, jusqu’en 2016. Et encore, ça a baissé, 4,7m les quatre premières années).

- à Mike Williamson, solide arrière central un peu lent, sans la prestance et l’aisance balle au pied de Colo mais fait le boulot. En décembre dernier, la stat suivante est sortie : sur 32 clean sheets depuis la remontée en PL en 2010, Williamson a disputé 22 matchs.

- au milieu défensif ivoirien Cheick Tioté, grosse percussion, redoutable tacleur.

- à Yoan Gouffran, 6 buts PL, avec quelques performances très remarquées.

- à Tim Krul, a continué d’impressionner (hormis quelques boulettes sur la fin). Selon Opta, c’est le sweeper-keeper (gardien-libéro) le plus efficace de la PL, il a nettoyé les parages avec succès une bonne soixantaine de fois. Est dans les 23 Néerlandais du Mondial, en concurrence avec M. Vorm (Swansea) et J. Cillessen (Ajax) mais en troisième choix à priori.

- au milieu néerlandais Vurnon Anita, sorti de sa coquille cette saison même si toujours trop irrégulier.

Mention aussi à Mathieu Debuchy (en hausse par rapport à l’an passé) et Paul Dummett, latéral gauche de 22 ans qui a commencé l’année troisième latéral gauche derrière D. Santon et le Français M. Haïdara pour la finir titulaire. Egalement le seul Geordie de l’équipe, avec les frères Ameobi. N’est toutefois pas le bienvenu en Uruguay.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les déceptions :

- le défenseur central Mapou Yanga-Mbiwa, talentueux et parfois brillant cette saison mais encore trop inconstant, a signé quelques shockers (matchs exécrables), certes trop souvent utilisé au poste inhabituel pour lui de latéral droit. Jugé trop juste dans les duels aériens par Pardew. Arrivé en janvier 2013 pour 6,5m £ et lié à NUFC jusqu’en 2018 mais peu de chance de le revoir à Saint James’ Park en août (Bordeaux et Lille sont dessus).

- les deux attaquants Papiss Cissé (2 buts/1381 minutes de jeu, dont la moitié hors-jeu probablement) et Luuk de Jong (0 but/670 mins de jeu pas vif vif hein).

- l’Argentin Jonás Gutiérrez (ci-contre). L’ailier tourne en mode Canada Dry depuis deux saisons au moins : le galgo (lévrier) en jette, mouille le maillot, tacle comme un enragé mais manque terriblement d’efficacité.
« Spiderman » a trop peu joué cette saison pour qu’une analyse chiffrée soit pertinente mais ses stats 2012-13, où il évolua principalement ailier/milieu gauche, sont les suivantes : 34 matchs, 1 but, zéro passe décisive, 0.8 « centre précis » par match. Comparé à ses pairs, c’est léger (e.g R. Snodgrass - 37 matchs, 6 buts, 6 passes déc. ; S. Maloney, 36 m., 6 buts, 8 p. déc. ; S. Pienaar, 35 m., 6 buts, 6 p. déc. ; K. Mirallas, 27 m., 6 buts, 3 p. déc.). Ou, comme l’écrit en novembre dernier un journaliste dans le Evening Chronicle (canard local) : « Jonás Gutiérrez works incredibly hard every time he plays but his end product is exactly zero. » Prêté en janvier au Norwich de Chris Hughton (son ancien manager Mag), où il a ciré le banc.

- l’international italien Davide Santon, en baisse. Ce droitier de 23 ans joue latéral gauche depuis deux ans sans se plaindre mais ça semble lui poser des problèmes (était latéral droit à l’Inter Milan). Meilleur aux deux tiers de saison car positionné plus souvent à droite (Pardew a-t-il enfin pigé où le mettre ?). L’ex « jeune prodige du football italien » (8 capes Seniors) a finalement été remplacé par un pas du tout prodige, Paul Dummett, un jeune sans aucune expérience du haut niveau (mais qui s’est pas mal débrouillé). Ecarté en toute fin de saison.

- les frères Ameobi. On ne sait plus trop si c’est une déception ou un simple renvoi à une cruelle évidence. Le duo - l’avant-centre Shola, 32 ans, et le dégingandé ailier Sammy, 22 ans, sorte de croisement de labo lowcost entre Peter Crouch, Paulo Wanchope et Grand Corps Malade - est sympa et bien élevé (du cru, souriants, toujours un mot gentil dans la presse locale pour telle ou telle personne ou asso) mais Dieu que les bougres sont inefficaces. Certes, ils sont principalement remplaçants mais bon, c’est pas une raison hein (2 buts pour Shola en 1 281 minutes de jeu et 5/3 000 minutes ces trois dernières saisons. Shola est recordman du nombre d’entrées en jeu de l’histoire de la D1 anglaise : 145).
Un autre Ameobi sévit dans le paysage footballistique mondial, Tomi. Il traînait en Islande récemment (dans l’ancien club de Lee Sharpe) et joue désormais en D8 sur Newcastle. A suivre, il sera peut-être bientôt Magpie, qui sait.

En attendant, Shola vient d’être libéré par Newcastle, après 14 ans dans l’effectif pro Magpie et 19 au club. On le retrouvera peut-être à la Coupe du monde puisqu’il est international nigérian depuis peu. Et il claque avec eux en plus (2 buts en 5 sélections - Ameobi était du 2-2 contre l’Ecosse il y a quelques jours, la liste des 23 Super Eagles sera publiée demain).

Vu la pléthore de joueurs clés en fin de course/contrat ou qu’en ont marre de cette chienlit tout simplement (Debuchy, Krul, Rémy, Papiss Cisse, etc.), l’objectif Number 1 sera de réussir le grand chantier du recrutement. Financièrement, ça ne devrait pas poser de problèmes. En théorie. En effet, le club dégage désormais un bénéfice (10m £ en 2013) et les caisses sont pleines, avec environ 20m £ supplémentaires cette saison (vente de Cabaye), nonobstant les 129m £ de dettes, « saines » cependant (internes). Le seul créancier est en effet le proprio Mike Ashley qui ne facture pas d’intérêt sur la dette - en contrepartie, il s’octroie le droit de faire un max de pub à SJP pour sa société Sports Direct, numéro 2 européen du secteur derrière Décathlon.

Problème : malgré les gros bénéfices dégagés par SD - Ashley vient même d’empocher 204m £ cash en vendant un wagon d’actions - Newcastle United voudra-t-il vraiment sortir l’oseille pour remplacer la moitié de l’équipe ? Pas sûr. La priorité d’Ashley est surtout de vendre NUFC pour racheter Glasgow Rangers et disputer régulièrement la Ligue des Champions (quand les Gers auront refait surface). Avec comme but ultime : exposer le plus possible  Sports Direct pour en faire un grand à l’international.

L’homme invisible

Bon, je vous fais grâce de la tripotée de mecs qu’on ne sort que pour la League Cup ou quand une épidémie de gastro frappe l’effectif titulaire (les Marveaux, Obertan, Bigirimana, etc.) pour présenter le seul Invisible qui nous intéresse : Hatem Ben Arfa. Le « cas Ben Arfa » ou « Il faut sauver le Soldat Ben Arfa », devrais-je écrire. Commença l’année en fanfare mais la finit encavé. Quelques grosses fulgurances en début de saison (e.g contre Fulham en août, Villa en septembre, Man United et Stoke en décembre), suivies d’un gros trou noir, avant d’être écarté après une énième claque (4-0, contre Man City début avril) puis porté disparu en toute fin de saison.

Souvent remplaçant cette saison, because la concurrence (Sissoko et Gouffran), également parce que Pardew l’a dans le collimateur depuis un bail. Oubliées les comparaisons avec Messi, place au dézingage public. La liste de griefs du manager est longue :

a) trop irrégulier
b) néglige les tâches défensives
c) n’arrive pas à se débarrasser de son pêché mignon, le croquage XXL
d) manque d’application et de discipline tactique (il dézone trop et met en danger l’équilibre de l’équipe)
e) hormis les périodes post blessures, il est trop souvent à court de forme, voire en surpoids (Pardew lui a collé un programme personnalisé de fitness)

Sans parler des fortes rumeurs selon lesquelles certains joueurs cadres (Coloccini en tête) auraient demandé à Pardew de plus l’aligner, pour les raisons évoquées ci-dessus.

L’inclusion de cet artiste du ballon rond dans la rubrique Casper peut être perçue comme sévère mais le degré de mansuétude des médias envers un joueur est souvent inversement proportionnel au niveau de forfanterie de ses déclas. Et Hatem en sort de belles, comme celle-ci (dans un France Football de septembre 2013) :

« Les gens vont penser que je suis fou, mais je rêve toujours de gagner le Ballon d’Or. Dans 20 ou 30 ans, je veux que l’on cite mon nom à côté de ceux de Platini, Zidane, Pelé ou Maradona. »


Hatem, seul au monde.

Disons qu’actuellement, on risque plutôt de l’associer aux Ameobi Brothers. En contrat jusqu’en juin 2015 mais pourrait gicler avant. Et dire qu’en septembre dernier, Ben Arfa impressionnait tellement que Newcastle voulut absolument lui offrir un contrat longue durée… (son agent aurait refusé les offres du club. Pensait-il pouvoir gratter plus en cours de saison si son protégé continuait à flamber ?).

Highlights

Les victoires 1-0 à Old Trafford (la première depuis 42 ans), 2-0 contre Chelsea à SJP et 5-1 contre Stoke à Noël.

7 victoires à l’extérieur, plus vu depuis la glorieuse ère Bobby Robson.

Une lueur d’espoir au niveau de la relève, l’Academy a trois cadors en magasin, dont deux Geordies :

1) l’attaquant/ailier Adam Campbell, 19 ans, international anglais U19. Prêté en janvier à St Mirren (D1 écossaise) où il a brillé.

2) l’attaquant Adam Armstrong, tout juste 17 ans, 4 apparitions PL et 10 buts/10 matchs en U17 anglais. Etait de la victoire la semaine dernière au Championnat d’Europe des U17 (contre les Pays-Bas, ne joua pas la finale car blessé en demi).

3) Freddie Woodman, le portier de la sélection anglaise des U17 (son père, Andy, est entraîneur des gardiens du club).

Lowlights

Le premier match de la saison et cette claque de 4-0 infligée par Man City.

La correction 0-3 reçue à SJP en février contre Sunderland (idem qu’avril 2013), ainsi que le « match aller » perdu 2-1 (47 ans que Sunderland n’avait plus réussi le doublé sur Newcastle, et 90 ans que les Mags n’avaient plus perdu trois fois d’affilée contre S’land).

Sur les 19 défaites (!), 9 l’ont été par au moins trois buts d’écart.


Répétitifs ces DVD…

Le manager

Alan Pardew, jadis appelé « Pardiola » sur les bords de la Tyne, surtout par des étudiants bourrés ou fumeurs de moquette. Notre orchidoclaste préféré est toujours aussi controversé, autant pour ses choix tactiques (joueurs clés utilisés hors de position - dont Ben Arfa -, dispositif qui varie souvent, etc.) que son comportement de fou furieux au bord du terrain ligne. A ajouté le coup de boule sur joueur adverse à son palmarès, déjà bien fourni :

- 5 novembre 2006, contre Wenger, alors que Pardew manageait West Ham. Etait venu célébrer un but dans la zone technique d’Arsène qui l’avait repoussé. Altercation. L’Alsacien écopera de 10 000 £ d’amende, Pardew bafouillera des excuses.

- 4 mars 2012 au Stadium of Light, contre Martin O’Neill, manager de Sunderland. Là encore, ce chieur de première était venu célébrer le but du 1-1 dans la zone technique du Nord-Irlandais. Début d’accrochage, vite stoppé. Aucune sanction.

- 18 août 2012, contre Tottenham à SJP lors de la premiere journée. Notre sociopathe favori engueule et pousse un arbitre assistant qui avait eu l’outrecuidance d’accorder une touche aux adversaires. Envoyé finir son caca nerveux dans les tribunes puis suspendu deux matchs, avec 20 000 £ d’amende.

- 30 octobre 2013, Newcastle-Man City. Insulte Pellegrini sur la ligne de touche (« Ferme-là, putain de vieux connard ») après l’annulation d’un but de Cheick Tioté. Aucune sanction. Pardew s’excusera auprès du Chilien un peu plus tard et promettra de « faire du travail d’intérêt général », en ajoutant : « Je compte aussi verser de l’argent à une oeuvre caritative locale en guise de pénitence car mes deux filles m’ont reproché mon comportement. »

- 1er mars 2014, Hull-Newcastle. Un ballon atterrit dans la zone technique Magpie, Meyler (Hull) pousse stupidement Pardew en tentant de récupérer le ballon, ce dernier voit rouge et bim, il tente de le coup-d’-bouler. NUFC lui colle une amende de 100 000 £. Le lendemain, les supps Black Cats parlent d’une statue de Pardew devant SJP ressemblant à ça. Sanction de la F.A : 60 000 £ d’amende, 4 matchs d’interdiction de stade et 3 matchs de suspension de banc. Son coup d’ boule de grand-mère a donc tarifé 200 000 €, ouch.

Comble de l’ignominie pour les supps Mags : Pardew a touché une prime pour avoir fini dans le Top 10… Le Premier League Manager of the Season 2011-12 a finalement été conservé - décision du directoire il y a deux semaines - mais pourrait gicler avant Noël si les résultats ne suivent pas. Un break lui ferait le plus grand bien (4 ans de NUFC, ça use) et il pourrait ainsi écrire son autobio. Certains supps fans de Proust lui ont déjà soufflé le titre : A la recherche du temps pardew

Photos de la saison

Après le mythique cliché de l’agression d’un supp Magpie sur un pauvre cheval l’an passé, les Mags récidivent avec un autre immortel : le coup de boule d’Alan Pardew sur David Meyler, Hull lors du Hull City-Newcastle (1-4) du février.

Ce à quoi Meyler a répondu par ce headbutt la semaine suivante face à Sunderland en FA Cup (3-1) en marquant le troisième but :

Signalons enfin la chouette expo Toon Times actuellement présentée au Discovery Museum de Newcastle, à la gloire de la ville et (surtout) du club. J’ai vraiment kiffé le memory tag wall (mur-dédidace, ci-dessous)

en forme de but avec cette question en gros posée sur la barre transversale : What does Newcastle United mean to you? On répond sur des étiquettes jaunes accrochées au filet.
J’ai évidemment laissé une trace de ma gratitude, c’eût été terriblement inélégant de se rincer l’oeil et repartir en douce comme un voleur. Pis l’expo est gratos, bien faite, avec plein de superbes photos, de fascinantes archives et documents d’époque ainsi qu’une belle collection d’objets souvenirs (comme le maillot du dernier titre national des Mags ; 1927 quand même, ça commence à dater). J’ai fiché ma gratitude dans la lucarne droite, celle trouvée par Jack Colback à Saint James’ Park en février pour le troisième but de Sunderland, sur ce tag : « Pour moi, Newcastle United, ça veut dire 3 points faciles tous les ans à SJP. Un supp Mackem qui vous aime bien, au moins une fois par saison. » Long live Newcastle United.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City (enfin presque), Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Liverpool (2è, 84 points, G-A +51 / 101 buts pour / 50 contre)

Résumé de la saison

Après une saison en demi-teinte, Liverpool revenait pour accrocher l’Europe, et, pourquoi pas, se réinstaller dans le Big Four. Certains supporters optimistes voyaient même les Reds champions, mais fallait pas déconner…
Ambitions renforcées par un mercato intelligent, mêlant joueurs d’avenir (Luis Alberto, Séville, £6.8M et Tiago Ilori, Sporting, £7M) et valeurs sûres (Mignolet, Sunderland, £9M et Kolo Touré, Manchester City, gratos). Arrivent aussi Iago Aspas (Celta Vigo, £7M) et surtout Mamadou Sakho (PSG, £15M), ainsi qu’Aly Cissokho (Valence) et Victor Moses (Chelsea) en prêt.

Du côté des départs, outre la traditionnelle pléiade de jeunes pas au niveau (Wilson, Gulacsi, Pacheco…) et le départ à la retraite de Carragher, les Reds ont surtout réussi à se débarrasser de leurs deux cadavres, Andy Carroll et Stewart Downing, tous deux partis à West Ham. Exit aussi Jay Spearing (Bolton) et Jonjo Shelvey (Swansea), probablement trop moches pour évoluer sous le maillot de Liverpool.

La preuve.

La preuve.

La mayonnaise prend vite et les Reds démarrent bien leur saison, avec trois victoires 1-0 (grâce à trois buts de Sturridge), dont la dernière, contre les éternels rivaux de Manchester, leur permet de prendre la tête du championnat. La première défaite de la saison, à domicile contre Southampton, à la cinquième journée, montre néanmoins quelques faiblesses dans le jeu des Reds qui, s’ils dominent souvent, ont du mal dès que l’adversaire ne lâche pas Sturridge d’une semelle.
Heureusement, dès le match suivant, Suarez revient (il avait pris 10 matchs de suspension pour avoir mordu Ivanovic) et claque un doublé, permettant à son équipe de s’imposer sur la pelouse de Sunderland.

Test

I'm back baby

Une bonne prestation confirmée par un nul 2-2 à Newcastle, puis une victoire 4-1 (avec un triplé de Suarez) face à West Ham. Liverpool est alors second, au soir de la 9e journée, et se déplace chez le leader Arsenal, à qui il pourrait chiper la place en cas de victoire. Malheureusement, les Gunners sont sur un nuage et se débarrassent des Reds 2-0.
Retombés à la 3e place, les Reds réagissent d’abord avec orgueil (4-0 contre Fulham), et se rassure avant le Merseyside Derby contre Everton. Un derby animé et qui restera dans les annales, Liverpool mènera 1-à, puis 2-1, avant de se faire remponter puis dépasser, avant que Sturridge n’arrache le nul à Goodison Park en toute fin de match.
S’ensuit alors une défaite inexplicable à Hull (3-1), avant une série de 4 larges victoires (5-1 contre Norwich avec un quadruplé de Suarez, 4-1 contre West Ham, 5-0 à Tottenham et 3-1 contre Cardiff), histoire d’aborder le Boxing Day en pleine confiance, et en tête du championnat.
Surtout que la dernière semaine de l’année propose deux déplacements, et pas n’importe lesquels : à Manchester City et à Chelsea. Deux grosses affiches qui se solderont par deux défaites 2-1.
À la mi-saison, Liverpool est retombé à la 5e place (son pire classement de l’année), à 6 points du leader Arsenal.

C’est le moment que choisissent les joueurs de Brendan Rogers pour arrêter de déconner et se mettre à gagner. Les buts et les points pleuvent alors à Anfield comme à l’extérieur, et, après un début d’année 2014 convaincant (3 victoires et 2 nuls, dont un mémorable 4-0 passé à Everton), Liverpool enchaîne une série de 11 victoires consécutives, avec quelques (beaucoup de) branlées, même contre les gros : 5-1 face à Arsenal, 3-0 à Old Trafford, 4-0 contre Tottenham, 3-2 contre Manchester City.
À trois matchs de la fin, Liverpool est en tête et compte alors cinq points d’avance sur son prochain adversaire, Chelsea, et 6 sur Manchester City, qui a un match en moins. L’équation est simple : un nul contre les Blues et deux victoires ensuite, et c’est le titre qui attend, enfin, les Reds. Toute une ville (sauf quelques pouilleux de Toffees) se met à y croire.
Oui, mais c’était sans compter sur José Mourinho, dit “Le Maçon”.

La preuve.

La preuve.

La fin de la saison, tout le monde la connaît : Liverpool perd, n’a plus son destin en main, se fait remonter de 3-0 à 3-3 contre Crystal Palace, pour avoir joué l’offensive jusqu’au bout, les pouilleux cités ci-dessus perdent contre City, et ce sont finalement les pétrodollars qui sont sacrés.
Il n’y aurait pas pu y avoir de plus beau champion que les Reds, Liverpool se contentera d’être un loser magnifique. Et retentera sa chance l’année prochaine, pour probablement finir loin.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Il est presque difficile de sortir un joueur du lot, tant la saison a été parfaite pour les Reds, mais il y a Luis Suarez. 31 buts en 33 matchs (sans avoir tiré de pénalty), des buts du droit, du gauche, de la tête, de 40 mètres, de raccroc… Meilleur buteur et meilleur joueur de la saison, Suarez nous a sorti l’arsenal du parfait attaquant, que dis-je, du parfait Ballon d’Or. Il a été bien épaulé par ses compères d’attaque Sturridge (21 buts en championnat) et Sterling (la révélation de la saison, 10 buts), ainsi que par un Steven Gerrard toujours au rendez-vous (13 buts dont 10 pénalties, et 13 passes décisives) et un Coutinho certes discret dans les stats (5 buts), mais extrêmement précieux et élégant.

C’est la première fois de l’histoire de la Premier League (donc depuis 1992) que les deux meilleurs buteurs du championnat appartiennent au même club. En ce qui concerne l’ancêtre de la Premier League, il faut remonter au siècle précédent pour trouver une trace d’un pareil exploit : Johnny Campbell et Jimmy Hannah ont respectivement inscrit 31 et 19 buts pour Sunderland lors de la saison… 1892-1893. C’est dire la portée de l’exploit des Reds !

Du côté des déceptions, je vais être honnête, je n’en vois pas. Mais comme il faut être pro, on va dire que la défense des Reds a un peu déçu. 50 buts encaissés, c’est trop pour prétendre à un titre de champion. À part Martin Skrtel (qui est soit dit en passant, le troisième meilleur buteur du club en valeur absolue, avec 13 buts), pratiquement toujours aligné, on ne peut pas dire que la stabilité ait été la grande qualité de cette défense. Johnson, Touré, Agger, Sakho, Cissokho et Flanagan ont tous disputé plus de 15 matchs, et, hormis pour les deux derniers, ils ont été trimbalés à tous les postes de la défense.

L’année prochaine, on espère une aussi belle saison, on rêve d’un titre, mais on se contentera d’une difficile qualification pour une coupe d’Europe.

L’homme invisible

On en a parlé lors de nos Frannys, il s’agit de Tiago Ilori. Recruté pour 7 millions de livres, le Portugais n’a jamais foulé la pelouse d’Anfield (ou d’un autre stade, pour ce que ça vaut), et est parti en prêt au mercato d’hiver. Mention également à Luis Alberto, dont je n’ai personnellement toujours pas compris le recrutement.

Highlights

Il y en a eu tellement : les 11 victoires consécutives, le but de 40m de volée de Suarez contre Norwich (ou n’importe lequel de ses trois autres buts dans le même match), les deux victoires contre United, la raclée infligée aux Toffees, la délivrance de Coutinho contre Manchester City, les neuf buts passés à Hugo Lloris… Choisissez.

Lowlights

Les deux dernières semaines de la saison, où tous les efforts d’une année entière se sont fracassés contre un mur bleu.

Le manager

Brendan Rodgers aurait pu être Dieu, il n’est finalement qu’un entraîneur comme un autre. Enfin, un entraîneur comme un autre qui ne jure que par l’attaque, le mouvement et le jeu collectif. Un visionnaire quoi.

Photo de la saison

Cruel.

Cruel.

Manchester City (1e, 86 points, G-A +65 / 102 buts pour / 37 contre)

Résumé de la saison

Plus mouvementée qu’il n’y paraît. Durant les premiers mois, c’est l’instabilité qui règne en alternant les belles victoires et les défaites contre des équipes en difficulté. Puis les Citizens se lancent dans une série de 12 matchs sans défaite (dont 8 victoires consécutives) et se prennent à croire au titre pour lequel ils partaient favoris grâce à leur attaque de feu, sans pourtant accrocher la place de leader plus de 2 journées jusqu’au dénouement.

Las, les défaites en Champion’s League contre Barcelone, en championnat contre Chelsea et en Cup contre Wigan (encore) donnent à penser que la première saison de Pellegrini ne remplira pas l’armoire à trophées, avant que l’équipe ne console les supporters en remportant la League Cup face à Sunderland. Les supporters se résignent pour de bon après la défaite à Anfield, mais finissent enfin par raviver la flamme de 2012 en voyant le chemin vers la première place se dégager. Interminable ascenseur émotionnel que cette saison pour une équipe qui a parfois peiné à dégager une assurance à la hauteur de ses ambitions démesurées, tout en parvenant à être la plus régulière parmi ses concurrents. Pour la seconde fois consécutive, c’est en profitant du relâchement d’équipes qui semblaient parfois supérieures que City parvient à décrocher le titre au finish, en ayant avancé masqués toute la saison.

Satisfactions

La satisfaction est principalement collective, car c’est l’homogénéité de l’équipe qui a permis au club de remporter son titre, grâce à un bon recrutement. Fernandinho a brillé toute la saison, donnant une stabilité au milieu citizen qui a probablement été à l’origine de l’explosion offensive de Yaya Touré, indiscutablement le meilleur joueur du club depuis son rachat. Les super subs Navas, Milner et Dzeko/Negredo (l’un en 2013, l’autre en 2014) ont montré toute leur utilité en variant les profils à leurs postes. Enfin, cette saison est à retenir comme étant la plus aboutie de Samir Nasri depuis son arrivée. Titulaire indiscutable, son entente avec David Silva a accouché de mouvements parmi les plus beaux qu’on ait vus à l’Etihad depuis longtemps, et sa régularité n’est pas étrangère aux bonnes prestations collectives que l’équipe a produit toute la saison.

Déceptions

Difficile de pointer du doigt un échec total, mais on retiendra la saison mitigée de Gaël Clichy, dont les faibles capacités offensives ont conduit Pellegrini à accentuer la concurrence avec Aleksandar Kolarov. De même, le physique de Jovetic qui a rechuté après deux saisons pleines à la Fio aurait pu avoir de lourdes conséquences lors de l’absence d’Agüero. De même, les blessures de Matija Nastasic, grand espoir pour la défense du club, ont conduit les supporters à voir plus souvent que prévu le chouchou du coach Martin Demichelis, dont les interventions défensives rugueuses ont ajouté un grain de folie dont beaucoup se seraient probablement passés.

Objectif

Désormais, l’objectif est le même que pour chaque club « nouveau riche ». Triompher sur la scène continentale après avoir triomphé sur le plan national. Dans cette optique, le club va devoir en priorité garder ses joueurs sans augmenter encore plus la masse salariale vertigineuse qui a déjà alerté les instances chargées de mettre en place le fair-play financier.

L’homme invisible

Jack Rodwell et Micah Richards, deux ancien espoirs anglais. Le premier a été recruté à prix d’or, mais n’a jamais semblé ni percer ni progresser et Pellegrini ne compte pas sur lui. Le second est un des derniers joueurs anglais formés au club, mais ses longues blessures ne lui ont jamais permis de revenir au plus haut niveau, sans compter qu’il candidate au poste d’un joueur bien trop performant et régulier en la personne de Zabaleta. Un échec navrant pour le football anglais.

Highlights

Les deux victoires (4-1 ; 0-3) lors des derbys face à un United désemparé n’ont pas eu le même retentissement que par le passé. Ce sont donc les démonstrations face à Norwich (7-0), Tottenham (6-0 ; 1-5) ou le match épique face aux Gunners (6-3) qui ont démontré par l’exemple l’exceptionnelle force de frappe des Citizens cette saison. A cela s’ajoute la victoire en finale de League Cup, acquise grâce à une belle réaction de l’équipe après avoir été menée pendant 45 minutes.

Lowlights

Les défaites face à Liverpool et Chelsea (deux fois) ont laissé de gros doutes sur la capacité de l’équipe à gagner le championnat. Le relâchement contre des clubs luttant pour le maintien en début de saison avait déjà annoncé des difficultés à maîtriser les matchs, qui fut sans conséquence au final mais n’a pas permis d’imposer un rythme de champion rapidement.

Le manager

Manuel Pellegrini a parfois eu l’air de ne pas savoir où aller, mais sa première saison a été une franche réussite sur le plan du jeu. C’est peut-être la première fois City depuis son rachat qu’un manager a su imposer une identité collective régulièrement performante qui a surpassé les aléas de forme de ses joueurs, en plus de promouvoir un football offensif et efficace (36 buts de plus que l’an passé). Voilà qui n’annonce que du bon pour la suite.

Photo de la saison

Eh bien oui, Martin Demichelis est de retour au premier plan. Qui l’eût cru ? On le croyait en semi-retraite à Malaga, mais son compatriote Pellegrini l’a relancé au point d’en faire un homme-clé de son onze type. Comme quoi, rien n’est jamais terminé, en football.

Manchester United (7è, 64 points, G-A +21 / 64 buts pour / 43 contre)

Résumé de la saison

Saison très moyenne ? Catastrophique ? De transition ? Si on ne s’attendait pas au triplé championnat-FA Cup-C1 dès la première année, au moins espérait-on une lutte pour le titre et une qualité de jeu ambitieuse. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Les anciens ne se sont pas montrés à la hauteur, la plupart des jeunes ont peiné, Moyes n’a jamais trouvé la clé. Trois défaites sur les six premiers matchs, dont un 4-1 encaissé contre Manchester City, ne présageaient rien de très bon. Une saison à oublier.

Satisfactions

Commençons par le positif : Danny Welbeck n’est plus le joueur un peu gauche qui court vite et tout droit. Il est devenu un vrai attaquant capable d’affoler une défense par ses appuis et ses dribbles et de conclure (plus ou moins) adroitement. Ses récentes déclarations sur son départ du club sont au moins le signe qu’il a pris conscience d’avoir franchi un palier.

Si Moyes s’est fait virer aussi tard, c’est en partie grâce à Wayne Rooney. L’Anglais a sauvé les meubles à maintes reprises, marquant 17 buts en 29 apparitions en championnat et participant à l’élan offensif de l’équipe. Loin de ses rancœurs d’avec Ferguson et de ses velléités de départ.
Sans David de Gea, United n’aurait peut-être pas terminé à une si bonne place. En l’absence de défense, il a été l’homme de nombreux matchs. Clairement l’un des meilleurs gardiens du pays.
Adnan Januzaj s’est révélé à l’Angleterre, amenant une quarantaine de sélections à se battre pour sa nationalité (on lui a récemment découvert un arrière-grand-père éthiopien). Précieux en première partie de saison, plus discret depuis l’arrivée de Mata.

Enfin, Chris Smalling a vraiment progressé cette année, notamment au pied, son point relativement faible. Reste que le balader à tous les postes n’est pas très judicieux (et cela vaut aussi pour Phil Jones).
Notons également l’arrivée de Juan Mata, une réelle valeur ajoutée.

Déceptions

La défense. Jadis considérée comme l’une des meilleures charnières d’Europe, Vidic et Ferdinand ont vécu des saisons compliquées, le second ayant vivement critiqué les méthodes de David Moyes (ceci expliquant peut-être cela). Rafael a déçu, Evra est égal à lui-même.
Au milieu de terrain, Carrick prend de l’âge et ça commence un peu à se voir. Sur les ailes, Young et Valencia n’ont pas brillé, tandis que Kagawa peine toujours à trouver sa place à Old Trafford.
Devant, Van Persie fut souvent blessé et sa saison fut loin d’être à la hauteur de la première.

Enième déception : le club ne compte visiblement plus sur Bébé. Avec 12 buts en 27 matchs de championnat portugais, il est pourtant la lumière au bout du tunnel. Son retour ferait un bien fou au club. Espérons que Van Gaal en fasse un titulaire indiscutable.

Objectifs

Acheter quelques défenseurs ne serait pas du luxe.
Acheter quelques milieux de terrain serait un vrai plus.
Et puis, dans la foulée, vendre quelques joueurs un peu laborieux.
Tout le contraire du dernier mercato d’été, en somme.

L’homme invisible

On aurait aimé que Marouane Fellaini le reste.

Highlights

Quatre victoires de suite en décembre, certes contre des équipes mineures, mais qui ont quelque peu remonté le moral des supporters et redonné l’illusion que Moyes pouvait gagner un trophée cette année.
En sus, le retour du huitième de finale contre l’Olympiakos fut un joli comeback. Et le but d’Evra face au Bayern en quarts de finale retour a prolongé l’espoir. Un peu. On se console comme on peut.

Lowlights

Le vrai point noir de la saison, c’est le médiocre bilan face aux six équipes de devant. Une victoire face à Arsenal (et une célébration de Van Persie) constitue le seul et unique motif de satisfaction. Seulement six points pris sur trente-six possibles. Accablant.

Le manager

Les raisons de l’éviction de David Moyes sont nombreuses, et il n’est pas question de revenir dessus de manière exhaustive. Mais peut-être que l’une des toutes premières décisions de Moyes fut la plus lourde de conséquences. En voulant balayer le passé de Ferguson (Mike Phelan, René Meuleunsteen, etc.), il lui a peut-être manqué une vision globale du club en même temps qu’une précieuse mise à l’étrier, eu égard à sa relative inexpérience et à la marche un peu haute qu’il venait de monter.
A présent, nouveau manager et nouvelles méthodes. On loue les mérites de Van Gaal et on dit de lui qu’il est l’homme de la situation. On attend de voir.

Photo de la saison

On aurait pu en choisir des pires et des meilleures. On a voulu garder de Moyes ce sourire nerveux bien caractéristique de l’homme, avec ce photobomb aussi amusant que touchant.

Les autres clubs :
Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull

Le bilan de Man City a été en grande partie réalisé par un de nos lecteurs, rendons donc gloire ) Belmondo Bizarro.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Everton (5è, 72 points, G-A +22 / 61 buts pour / 39 contre)

Résumé de la saison

Une nouvelle ère a débuté cette année à Everton. Exit l’Ecossais David Moyes, qui quitte le club après 11 années de bons et loyaux services, marquées par le redressement du club et son retour dans la première partie de tableau. Moyes fait tout de même une petite erreur, c’est de rejoindre Manchester United, autant dire pas le meilleur ami du Toffee. A sa place, arrive un fringant espagnol, Roberto Martinez, qui entraînait alors Wigan où il a certes connu la relégation, mais a surtout remporté la Cup.

Martinez ramène avec lui quatre joueurs de Wigan. Dans un premier temps, débarquent Arouna Koné (attaquant, 7 millions de livres), Antolin Alcaraz (défenseur central, libre) et Joel (gardien qui était prêté par l’Atletico à Wigan l’an dernier). Arrivera par la suite le jeune milieu de terrain irlandais James McCarthy (15 millions d’euros). Signalons également les signatures en prêt de Gérard Deulofeu (ailier, Barcelone), Gareth Barry (milieu, Manchester City) et Romelu Lukaku (attaquant, Chelsea).

Côté départs, alors que Moyes avait certifié lors de sa réunion de départ ne pas prendre de joueurs d’Everton, le voilà qu’il se met à faire le forcing pour récupérer Fellaini et Baines. Grâce au Ciel, seul Fellaini partira. Heureusement, car beaucoup plus simple à remplacer que Baines, véritable leader de l’équipe. Fellaini rapportera quand même 32 millions d’euros, un beau petit paquet de sous, surtout vu la saison qu’il a balancé derrière. On notera également les départs de Victor Anichebe (7 millions d’euros, WBA), de Thomas Hitzlsperger et de Jan Mucha comme agents libres et de Phil Neville à la retraite, puis dans le staff de David Moyes à Manchester United. Joli coup d’avoir réussi à refourguer Anichebe pour 7 millions, un joueur attachant, mais terriblement déprimant face au but, excepté lors des derniers mois où il avait semble-t-il compris que son rôle était de tirer dans les filets. Sa dernière saison était d’ailleurs la plus prolifique, avec des stats de folie, 26 matchs de championnat et 6 buts, un monstre. Au final, Anichebe quitte les Toffees avec un bilan de 131 matchs de Premier League pour 18 buts, soit environ un but tous les sept matchs.

Everton démarre sa saison plutôt mal, puis qu’après trois matchs, les hommes de Martinez n’ont pas récolté une seule victoire. La délivrance survient le 14 septembre face au Chelsea de Mourinho, Steven Naismith marque dans le temps additionnel de la première mi-temps et offre la victoire aux Toffees. Lors de la 7ème journée, Everton s’incline 3-1 sur la pelouse de City et signe sa première défaite de la saison, soit le club ayant été le plus longtemps invaincu en championnat. On pourrait croire que cela porterait un coup d’arrêt à l’équipe, mais non. Martinez remotive les troupes, les joueurs commencent à s’éclater sur le terrain et ça se voit dans les résultats. Everton signe alors une série de dix matchs sans défaite, dont un match nul épique à Goodison face à Liverpool (3-3) et une belle performance chez le leader de l’époque, Arsenal (1-1). Assez étonnant, Everton tombe à Goodison pour la première fois depuis très longtemps. Face à Sunderland en plus, équipe qui n’était pas très fringante à cette époque de l’année. L’équipe se reprend encore, signant quatre matchs sans défaite, mais doit se rendre à Anfield, avec une équipe diminuée physiquement. En plus, Heitinga part à Fulham et Jelavic à Hull. Pas des titulaires, certes, mais des gars qui pouvaient répondre présent en cas de besoin.

Le problème d’Everton, c’est que si le 11 de départ est taillé pour jouer les premiers rôles, le club n’a pas la puissance financière nécessaire pour entretenir un banc de niveau comparable. Du coup, quand un joueur important se blesse, c’est un peu problématique. En face le rouleau compresseur rouge est lancé et le mur des Toffees ne peut pas résister. Le résultat est sans appel, Everton s’incline 4-0 et les ambitions de Ligue des Champions en prennent un coup.
Trois jours après, les joueurs réagissent en s’imposant à domicile face à Aston Villa (1-0), mais Lukaku est blessé et sans son buteur fétiche, l’équipe a du mal à transformer les occasions en but. Surtout qu’en face d’elle se dresse Tottenham et Chelsea, à chaque fois à l’extérieur. Deux défaites plus tard, alors que le moral des supporters est un peu retombé dans les chaussettes, Martinez et ses hommes vont sortir la série parfaite au bon moment. Sept victoires consécutives, entre le 1er mars et le 14 avril. Newcastle s’écroule à domicile (3-0), West Ham résiste, mais finit par tomber (1-0), Cardiff repousse pendant longtemps les offensives des Toffees, mais Coleman vient placer sa frappe – ratée - dans la lucarne de Marshall à la dernière seconde (2-1), Swansea n’y arrive pas non plus (3-2), Fulham est courageux, mais trop limité (3-1). Et puis, et puis, le 6 avril Arsenal se présente à Goodison. Arsenal n’est qu’à quatre points et a joué un match en plus. Sur le terrain, on ne voit qu’une équipe, Arsenal explose et repart avec une défaite 3-0. Tout le peuple Toffee se met à y croire, la Ligue des Champions est à portée de main. D’autant plus qu’à Sunderland, l’équipe souffre, mais parvient tout de même à ramener les trois points. Se pointe alors Crystal Palace, l’autre équipe en forme du moment. Martinez opère un remaniement tactique surprenant : il ne place qu’un seul milieu défensif, Barry, et laisse cinq joueurs à vocation offensive devant. Le milieu prend l’eau et Palace repart avec une victoire 3-2. Palace, fossoyeur des rêves de la cité de Liverpool ?

Pas le temps de se reposer, Manchester United et Moyes arrivent à leur tour. Encore une fois, l’équipe est transfigurée, United explose littéralement et Moyes sautera deux jours après cette défaite 2-0. Les deux défaites à Southampton et face à City ne feront que confirmer que l’effectif était trop juste en nombre pour pouvoir tenir toute la saison à un rythme d’enfer.
Malgré tout, Everton termine avec 72 points, soit le meilleur total du club depuis la création de la Premier League. Avec la troisième meilleure défense du championnat, 39 buts encaissés, et la sixième attaque, grâce à ses 61 buts. Surtout, l’Europa League est au bout et ça fait plaisir.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Si l’on ne devait en retenir que cinq, on commencerait par Seamus Coleman, élu meilleur joueur de la saison. Belle progression pour lui, que ça fait du bien de le voir s’éclater comme ça, lui qui termine sa saison avec six buts en championnat. Cette saison, c’est sans doute le meilleur arrière droit du championnat. Au milieu, on saluera la paire Barry – McCarthy, tout en complémentarité. Kevin Mirallas, raillé par la France, façonné par la Grèce et adulé par Goodison, un top player selon Martinez et il n’a pas tort, huit buts pour lui. Lukaku, le buffle, prêté par Chelsea. 15 buts, huit passes décisives, un talent énorme, une marge de progression encore large, le gars n’est que prêté, mais bon sang il aura marqué le club. Ross Barkley, le gamin formé au club, qui s’est adapté à l’équipe première comme un gant. Il a tout pour lui, la puissance, la technique, la vitesse, la précision. Il lui manque juste un peu d’expérience et il deviendra un sacré joueur. Au final, il en met six cette saison et que des beaux.

Déceptions : Les recrutements de Koné et Alcaraz. Surtout le premier en fait. Un Steven Pienaar moins fringant, la fin approche malheureusement. Le bout de saison de Nikica Jelavic, passé de héros à zéro en quelques mois.

Objectifs : Essayer de ne pas trop se faire dépouiller. Les finances sont un poil mieux, ça devrait aider. Au rayon « je vais avoir des offres », on place Coleman, Stones, Baines, McCarthy, Barkley et Mirallas.
De plus, on sait déjà que Lukaku et Deulofeu ne poursuivront pas l’aventure avec Everton.
Au rayon arrivées, on parle avec insistance d’un prêt de Thorgan Hazard, mais également de l’arrivée de Momo Diamé. Ont également été évoquées les pistes Demba Ba, Pierre-Michel Lassoga, Danny Welbeck et Didier Ya Konan.

L’homme invisible

Arouna Koné. Recruté pour 7 millions, de quoi susciter des interrogations chez les supporters, mais bon, Martinez le connaît bien. Début de saison tronqué par le Ramadan, sauf que depuis il n’est apparu qu’à 10 reprises pour 168 minutes de jeu. A croire que c’est un Ramadan à l’année qu’il a fait. Vraiment l’interrogation de cette saison, surtout que 7 millions pour Everton c’est pas une petite somme, le club ne peut pas se permettre de telles erreurs. Restera, restera pas ? Qui voudrait d’un attaquant qui ne joue pas et dont personne ne sait pourquoi exactement ?

Highlights

Les 10 matchs sans défaite allant de la 8ème à la 17ème journée. Les 7 victoires consécutives entre la 28ème et la 34ème journée. Le match nul dantesque contre Liverpool à Goodison Park (3-3). Les victoires contre Manchester United, 1-0 à l’extérieur et 2-0 à domicile. La victoire 3-0 à domicile contre Arsenal. La victoire 1-0 contre Chelsea, la première de l’ère Martinez.

Lowlights

La défaite 4-0 à Anfield, suivi de près par les deux revers consécutifs à Tottenham et à Chelsea. C’était plus ou moins attendu, mais ça a remis pas mal de monde sur terre. La défaite absolument honteuse face à Crystal Palace. Enfin, la défaite à domicile contre Sunderland, 1-0. Les insultes contre Moyes lors du déplacement à United, indigne des supporters d’Everton.

Le manager

Roberto Martinez aura réussi à faire oublier Moyes. C’est dur de dire ça, mais son arrivée a vraiment changer un paquet de trucs. Déjà, l’équipe n’est plus dépendante d’un seul schéma tactique. Martinez est capable d’évoluer pendant les matchs et à transmis ça à son effectif. Roberto a aussi apporté un côté winner à l’effectif. Là où Moyes faisait match nul, Martinez gagne. Là où Moyes perdait, Martinez va chercher le nul.
Attention, on ne remet pas en cause tout le travail effectué par Moyes à la tête d’Everton. Si Martinez peut se permettre de faire ça aujourd’hui chez les Toffees, c’est parce que les bases ont été assuré par Moyes.
Enfin, il n’a pas hésité à faire pleinement confiance à de jeunes joueurs, en lançant vraiment Barkley, Deulofeu, Stones, Oviedo (qui n’est plus très jeune, mais en terme d’expérience c’est tout comme), en confiant la responsabilité du milieu de terrain au très bon McCarthy, parfaitement épaulé par Barry.
Bref, une belle réussite que cette arrivée, en espérant qu’il fera aussi bien l’an prochain, mais de toute façon il n’aura pas trop la pression, le peuple bleu est patient et compréhensif.

Photo de la saison

Phil Jagielka se la raconte à Miami avec un maillot tout moche.

Phil Jagielka se la raconte à Miami avec un maillot tout moche.

Fulham (19è, 32 points, G-A -45 / 40 buts pour / 85 contre)

Résumé de la saison

Deux managers virés en cours de saison (Martin Jol, puis René Meulensteen), 39 joueurs utilisés en Premier League (un record depuis sa création) : en résumé, Fulham a clairement manqué de stabilité. Relégables pendant 25 journées, les Cottagers peuvent remercier Cardiff d’avoir été plus mauvais qu’eux. Point négatif : leur défense a encaissé deux buts par match en moyenne. Point positif : on a toujours vu au moins un but lors d’un match de Fulham.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Il n’y a visiblement pas grand-chose à sauver de cette saison, à part Steve Sidwell, très apprécié des supporters. Bien que très discret, Berbatov aurait pu aider (un peu) l’équipe si son départ n’avait pas été précipité. En ayant joué une demi-saison, il demeure tout de même deuxième meilleur buteur (ex aequo) de l’équipe en PL avec quatre buts. Joli bilan.
La descente en Championship devrait leur permettre de faire du tri dans l’effectif et retrouver de la stabilité. Avec Craven Cottage, la Premier League perd néanmoins un de ses plus beaux joyaux architecturaux.

L’homme invisible

17 buts en 19 matchs avec l’Olympiakos et transféré en janvier à Fulham pour 11M£ (record du club), Kostas Mitroglou a depuis déserté les terrains en raison d’une blessure persistante au genou (aucun but en trois matchs). Il y a un mois, Felix Magath disait qu’il pourrait jouer un rôle important avant la fin de saison. Indéniablement.

Highlights

Premier match de la saison, et première victoire. A l’extérieur. 1-0. L’équipe est troisième. Craven Cottage rêve déjà d’Europe.
C’est à peu près tout.

Lowlights

Les six défaites d’affilée en PL (fin octobre-début décembre) qui plongent le club dans la zone de relégation qu’il ne quittera quasiment plus.
En sus, la désastreuse campagne en FA Cup, avec une élimination au quatrième tour (replay) à domicile contre Sheffield United (League One). Ca fait tâche.

Le manager

Lequel ? Martin Jol, en mal de projet ? René Meulensteen, fossoyeur d’ambitions ? Ou Felix Magath, qui n’avait jamais entraîné hors d’Allemagne et qui reprenait du service après une coupure de plus d’un an ? La descente incombe davantage aux dirigeants qu’à l’un de ces trois managers en particulier. Même si aucun n’a su faire briller un effectif assez faible.

Photo de la saison

Mi-avril, Sascha Riether et ses coéquipiers remercient au téléphone les fans qui ont renouvelé leurs abonnements pour la saison 14/15. Une marque d’humilité plutôt bienvenue.

Mi-avril, Sascha Riether et ses coéquipiers remercient au téléphone les fans qui ont renouvelé leurs abonnements pour la saison 14/15. Une marque d’humilité plutôt bienvenue.

Hull City (16è, 37 points, G-A - 15 / 38 buts pour / 53 contre)

Résumé de la saison

Saison où Hull City n’a jamais été véritablement en danger (10è à mi parcours), malgré une phase retour ratée (13 défaites pour seulement 4 victoires). Comeback tout de même réussi en Premier League après le fameux double exercice 2008-10, le baptême du feu des Tigers en D1 (ah, les centres mythiques de Bernard Mendy… les immanquables de Jozy Altidore… les clowneries de Jimmy Bullard… les excentricités du manager Phil Brown…).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

- au gardien international écossais Allan McGregor.

- aux défenseurs centraux Curtis Davies et James Chester ( recruté en janvier 2011 pour des clopeanuts, 300 000 £). Meilleure saison de Davies depuis un bail. A 29 ans, le Londonien justifie enfin les 8m £ que claqua Aston Villa en 2008 pour s’offrir ses services (Hull l’acquit pour 2,2m à Birmingham City il y a un an). Elu Player of the Season par les supps et Players’ Player of the Year par les joueurs.

- au latéral/milieu droit égytien Ahmed Elmohamady (positionné en wing-back dans le 3-5-2 de Steve Bruce, son dispositif de prédilection ces deux dernières saisons). Fin technicien et bon centreur, élu Hull City Player of the Year l’an dernier et deuxième derrière C. Davies cette saison. Faudrait quand même régler le viseur, marque trop peu.

- à Liam Rosenior, latéral polyvalent (à gauche – en wing-back – quand les Tigers évoluent en 3-5-2 ; à droite quand Hull joue en 4-4-2, moins fréquent). Liam est le fiston de Leroy Rosenior, recordman interplanétaire de la plus courte durée comme manager : 10 minutes (à Torquay United).

- au milieu international irlandais David Meyler. Sunderland l’a laissé filer, à tort. Gros mauvais point : sa minable agression sur un Adnan Januzaj à terre lors du MU-Hull du 6 mai (impunie par l’arbitre et la fédération – serait grand temps que les modalités d’intervention de la commission de discipline FA soient réformées).

- aux milieux Tom Huddlestone (ci-dessous, frappe de mule) et Jake Livermore, surtout première partie de saison pour ce dernier (éternel prêté, par Tottenham : 24 ans et déjà son septième prêt).


- aux attaquants Shane Long et Nikica Jelavic, intelligentes acquisitions du mercato d’hiver (pour 14m £), une dizaine de buts à eux deux (voir celui-ci à 1’02). Rendement certes moyen mais avant eux y’avait Danny Graham (voir plus bas) alors forcément…

Une mention à l’avant-centre Sone Aluko, talentueux mais un poil irrégulier. Indisponible plus trois mois de novembre à février (blessure) après un honnête début de saison, et ce magnifique but contre Newcastle. Sa soeur, Eniola Aluko, n’est pas en reste niveau talent : 27 ans et déjà 80 capes anglaises chez les féminines.

Les déceptions :

- l’attaquant franco-ivoirien Yannick Sagbo. L’ex buteur d’Évian TG ne s’est guère illustré (2 buts/1 499 minutes de jeu), sauf au rayon quenelle.

- Alex Bruce, arrière central. Le fiston du boss (29 ans) n’a pas démérité pour sa première saison parmi l’élite mais quelques boulettes et mauvaises performances ternissent l’impression générale. Peut-être trop juste pour le top flight.

- l’ailier gauche écossais George Boyd. Meilleure tenue en seconde moitié de saison, avant de se faire suspendre 3 matchs par la F.A pour avoir craché sur Joe Hart mi mars.

Par ailleurs, ces trois Hullensians ont été libérés (une dizaine en tout en fait mais ne citons que les plus connus) : Matty Fryatt, l’ex Lensois Abdoulaye Faye (36 ans, très peu utilisé cette saison) et l’international slovène Robert Koren.

L’objectif global sera de développer le jeu collectif et tenter de construire davantage quand l’équipe est menée, ça balance encore trop devant au petit bonheur la chance.

Niveau effectif, on essaiera d’abord de conserver le tandem offensif Jelavic-Long et ensuite le faire fructifier. Une paire complémentaire – avec le Croate Jelavic dans le rôle du goal poacher (renard de surface) et l’Irlandais Long dans celui du 9 pur, vif et tout en percussion (et en plongeons/simulations aussi) – mais encore perfectible.

L’homme invisible

L’attaquant Danny Graham, prêté par Sunderland. L’ex Black Cat doit se payer l’un des pires ratios buts/matchs de l’histoire du football depuis l’harpastum des Romains (quoique Shola Ameobi aurait son mot à dire). Muet à Sunderland l’an dernier – en 940 minutes de jeu – et 1 seul pion PL cette saison – 1002 minutes –, contre Swansea, son premier en 30 matchs. En janvier, Hull a cassé le prêt et l’a refilé aux Smoggies (Middlesbrough, D2), son quatrième club en un an, où il a enfin claqué en mars.

Bilan sur les deux dernières saisons : 4 buts en 48 matchs PL et 5/17 en D2. Le pire, c’est que même après un an de disette totale, il a refusé de célébrer son but contre Swansea en décembre (because il fut Swan 18 mois). Ce n’est plus du respect pour son ancien club à ce niveau-là mais du sado-masochisme.

Highlights

- L’épopée FA Cup jusqu’en finale (perdue 3-2 contre Arsenal), une première dans l’histoire du club. Ligue Europe donc la saison prochaine (fin juillet, car la défaite en finale est synonyme d’entrée en lice dès le troisième tour de qualif – une victoire aurait fait débuter Hull en poules). Pas mal pour un club qui évoluait en D4 de 1996 à 2004 et fut longtemps financièrement à la rue (redressement judiciaire en 2001, les 5 000 fidèles devant même se cotiser dans les tribunes pour payer les salaires des joueurs).

- Le 4-0 sur Cardiff en déplacement, les victoires 3-1 et 6-0 sur Liverpool et Fulham respectivement.

Plus globalement, le retour réussi du foot d’élite dans cette grande ville du Yorkshire férue de rugby à XIII – deux clubs en Super League (D1), Hull FC et Hull KR, duo qui attire 20 000 spectateurs en moyenne – et souvent décriée (ou oubliée, les énormes inondations de 2007 sur Hull et alentours sont largement passées inaperçues nationalement, contrairement à celles des – riches comtés – Berkshire et Oxfordshire l’hiver dernier). Une région sévèrement touchée par la crise (80 candidats par offre d’emploi, record national) mais qui relève fièrement la tête avec notamment la nomination de Hull UK City of Culture pour 2017 et l’émergence d’une scène culturo-artistique d’envergure dont le Fruitmarket Cultural Quarter est le fleuron (David Hockney réside localement depuis quelques années – sur la cote – et Hull pourrait se doter d’un musée en son honneur).

La ville des Housemartins, de William Wilberforce (politicien à l’origine de l’abolition de la traite négrière et l’esclavage dans les colonies britanniques) et – adoptive – de Philip Larkin (sorte de Houellebecq anglais d’après-guerre) n’a connu que trois saisons parmi l’élite depuis sa fondation en 1904 et un enracinement en D1 bénéficierait grandement à la région. Parce que dans le coin, c’est pas la joie côté foot de haut niveau, les seuls clubs pros à moins d’une heure de route sont des minots (Grimsby, York et Scunthorpe, même si ce dernier vise l’ancrage en D2 à moyen-long terme via un projet de nouveau stade. Leeds est certes à 100 kms mais vu la circulation et les légendaires roadworks sur les autoroutes anglaises, faudrait un hélico pour faire le trajet dans l’heure le samedi. Pis bon, Leeds c’est surtout le haut niveau du N’importe quoi depuis des années, encore une affaire la semaine dernière).

Lowlights

La claque 4-1 prise contre Southampton et quelques cinglantes défaites à domicile (2-0 contre dix Citizens, 4-1 v Newcastle, 3-0 v Arsenal et 2-0 v Chelsea).

Le ridicule soap identitaire autour du nom du club qui a occulté la bonne performance d’ensemble.

Le manager

Steve Bruce. Nommé en 2012 (Hull alors en D2) après un passage mitigé à Sunderland, « Brucie » a récemment découvert l’informatique et se met lentement à la page (est vieille Angleterre niveau méthodologie). Comme l’an passé, l’ex Red Devil a principalement fait jouer son équipe en 3-5-2/3-5-1-1, un dispositif remis au goût du jour il y a trois ans par Kenny Dalglish et qui a plutôt réussi aux Tigers.

Photos de la saison

Depuis un an, Assem Allam, le propriétaire de Hull (dirige le club avec son fils, Ehab), fait une grosse fixette sur le nom du club. Installé en Angleterre depuis 1968 et âgé de 74 ans, le brito-égyptien (qui débarqua avec 20 £ en poche [1] et pèse aujourd’hui 320m £) a repris le club en décembre 2010 pour y injecter 75m £ au total, ce qui a permis l’épongement des dettes et le retour en PL (précision utile car on oublie trop souvent de le dire : c’est 75m £ en prêts à 5 %, pas vraiment désintéressé donc, vu qu’Allam – via sa société Allamhouse Ltd, propriétaire du club – touche annuellement un joli pactole en intérêts).

Pour d’obscures raisons sémiologiques (« Le terme City est nul et fait bien trop ordinaire » a-t-il balancé) liées à une improbable opération de rebranding-marketing à l’international, Allam est parti en croisade pour rebaptiser Hull City AFC « Hull Tigers » après avoir changé la raison sociale en Hull City Tigers l’été dernier (mais toujours appelé Hull City AFC par tous, sauf le club). Avec Tigers dans le blaze nous martèle Allam, on kiffera Hull jusqu’au fin fond de la Birmanie. Allam a une vision très américaine du patronyme de club. Il a par exemple déclaré au Gardian à l’automne dernier :

« Il faut des noms courts et évocateurs de puissance. Si j’étais le propriétaire de Manchester United par exemple, je changerais leur nom en Manchester Hunter. Tous les clubs avec City, Town, County dedans devraient changer de nom. Dans quelques années, beaucoup de clubs changeront leur nom pour adopter quelque chose de plus intéressant et j’aurais alors prouvé avoir été un précurseur dans ce domaine. »

« We’re Hull City Till We Die » ont chanté les supporters (traditionnel terrace chant anglais) tout en investissant les réseaux sociaux. Ce à quoi le charmant Allam a répondu :

« Il s’agit d’une minorité de hooligans qui cherche à empêcher la majorité de regarder tranquillement les matchs. S’ils veulent mourir, et bien qu’ils meurent le plus tôt possible. »

Allam (ci-contre, avec son fils) n’a cessé de menacer de vendre le club si la fédération lui faisait barrage. Pour tenter de mettre la pression aux instances, il a même organisé une pétition auprès des 15 033 abonnés (résultat apparemment très légèrement en sa faveur – au passage, décevant de constater que seuls 39 % des season card holders ont voté).

Le 9 avril, la FA a tranché : on garde Hull City AFC. Assam a fait appel – auprès du Tribunal Arbitral du Sport car la FA n’autorise aucun recours en l’espèce, elle permet simplement la représentation du dossier la saison suivante – et se dit prêt à porter l’affaire devant la justice anglaise (Allam est également en conflit avec la municipalité sur le stade, propriété de la ville).

La semaine dernière, le club annonçait que les abonnements 2014-15 augmenteront… de 30 % ! (Allam avait menacé en février de coller 50 % sur la billetterie la FA le bloquait). Un coup de bambou à l’arrière-goût de vengeance personnelle mal dirigée. Et ce, dans une ville où 43 % des adultes sont dans une situation financière très difficile selon l’organisme gouvernemental Money Advice Service (record britannique). Apprécié il y a peu (il donne généreusement à des structures et administrations locales diverses, notamment dans la santé), Assam a vu son capital sympathie sérieusement s’effriter ces derniers mois. Peut-être médite-t-il déjà le célèbre mot de Larkin : « Je n’ai aucun ennemi mais mes amis ne m’aiment pas. »

Les autres clubs :
Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace

[1] Allam s’exila en Angleterre pour échapper à la dictature égyptienne de Gamal Nasser. En tant qu’étudiant (en comptabilité), puis cadre supérieur au ministère des Finances, il s’opposa publiquement au régime, ce qui lui valut d’être emprisonné et torturé. A 29 ans, il fuit l’Egypte et s’installa à Hull où il fit des petits boulots avant de reprendre les études et obtenir une maîtrise en économie (et non pas un doctorat comme il est souvent écrit. Il a simplement été fait Docteur Honoris Causa par Hull University en 2011, nuance – université à laquelle il avait donné 1,5 m £ en 2009). Il dirigea ensuite une entreprise locale qu’il racheta en 1981 et créa Allam Marine en 1992, aujourd’hui l’un des leaders européens en générateurs industriels.

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Chelsea (3è, 82 points, G-A +44 / 71 buts pour / 27 contre)

Résumé de la saison
Mourinho est revenu et comme d’habitude depuis une dizaine d’années, l’objectif clairement affiché était le titre (le dernier commence un peu à dater, puisque c’était en 2010), voire une coupette et puis pourquoi pas passer une marche au dessus et ramener la coupe aux grandes oreilles. Pour ça, Mourinho demande des renforts. Son patron chiant dans des chiottes en or massif, on peut se dire que c’est pas trop compliqué d’aligner des sous, alors ce que José veut, Roman veut.

Arrive tout d’abord le jeune espoir du Vitesse Arnhem, Marco Van Ginkel, 20 ans et gros talent en perspective, contre un chèque de 9 millions d’euros. André Schürrle, ailier de Leverkusen est acheté pour 22 millions. On notera également l’arrivée de Mark Schwarzer comme doublure de Petr Cech, le premier arrivant libre suite à sa fin de contrat avec Fulham. Plus tard, vers la fin du mois d’août, Chelsea casse la tirelire (33 millions d’euros) pour acheter Willian. Le Brésilien était annoncé un peu partout en Angleterre depuis quelque temps et il semblerait même qu’il fût tout proche d’accepter de signer pour Tottenham, avant de faire machine arrière et de parapher son contrat avec le club de Stamford Bridge. L’ami José commet alors sa première erreur : la signature de Samuel Eto’o. On veut bien que le Camerounais soit un grand nom du football, que José le connaisse bien, etc… mais recruter un joueur de 33 ans, en préretraite en Russie depuis deux ans n’était peut-être pas la meilleure idée qui soit. Surtout que cela pousse un certain Romelu Lukaku à de nouveau quitter le club, car jugé trop tendre pour évoluer à Chelsea. Everton te remercie d’ailleurs José. A noter enfin, la signature du Ghanéen Atsu, mais qui sera aussitôt prêté au Vitesse Arnhem.

Le début de saison des Blues est conforme aux attentes des supporters et des dirigeants. Au soir du Boxing Day, Chelsea est 3ème, avec 37 points, à deux unités de la tête du championnat alors occupée par les voisins honnis d’Arsenal. Le club peut alors se baser sur une défense des plus solides, mais semble quelque peu en difficulté dans la surface adverse (tout est relatif, 33 buts en 18 matchs ça reste plus que correct). En League Cup, après avoir éliminé Swindon Town et Arsenal sur le même score, 2-0 et à chaque fois à l’extérieur, Chelsea se fait lamentablement sortir en quart de finale par Sunderland, via des buts de Borini et Ki (2-1). En Ligue des Champions, les Blues sont tombés sur un groupe plutôt abordable, avec Schalke et Bâle comme principaux outsiders et le Steaua Bucarest en victime expiatoire. Curieusement, Chelsea concéda deux défaites face aux Suisses, mais fit carton plein contre les deux autres, assurant du coup sa place en 1/8èmes de finale.

Arrive le mercato de janvier et Mourinho se met à saliver comme ta copine la veille des soldes. Arrivent alors Nemanja Matic (Benfica, 25 millions d’euross) et Mohamed Salah (FC Bâle, 13,2 millions d’euros). Matic c’est quand même la preuve de l’intelligence du board de Chelsea. En 2009, Matic est déjà recruté par Chelsea contre 1,75 million d’euros. Jeune et pas encore prêt à évoluer en équipe première, il est envoyé se faire les dents à Arnhem. Un an après, il s’envole pour le Portugal et le Benfica pour 5 millions d’euross. Et voilà que trois ans et demi après, Chelsea dépense 25 millions pour le reprendre. On se demande comment les Anglais ont fait pour gouverner le monde pendant si longtemps.

La deuxième partie de saison sera intense, puisque Chelsea luttera jusque dans les derniers instants pour le titre et pour la Ligue des Champions. Pour le titre national, ils y auront cru jusqu’au match nul à domicile face à Norwich le 4 mai 2014. Nul qui condamnera également les Canaris au Championship. Pour la Ligue des Champions, après avoir évité le piège des Stambouliotes du Galatasaray (3-1 sur l’ensemble des deux matchs), Chelsea se retrouve face au Paris Saint Germain. Entre délires de milliardaires, les retrouvailles sont sympas. Le match aller se solde par une défaite, 3-1, et Hazard annoncé au PSG se présente aux journalistes avec un maillot du club parisien. Belle idée gamin. Au retour, alors que toutes les rédactions de France sont persuadées que Paris va passer easy, Mourinho sort son plan spécial et renverse la situation l’emportant 2-0 avec un but de Demba Ba dans les derniers instants du match. En demi-finale, Mourinho doit faire face à la hype 2014, l’Atletico Madrid. Après avoir été chercher le nul au Vicente Calderon, 0-0, Chelsea prend le bouillon à domicile, défaite 3-1. Images assez tristes de personnes quittant le stade alors qu’il restait encore un quart d’heure à jouer, comme quoi l’augmentation du prix des places ça n’aide pas à avoir des supporteurs fidèles.

Au final, Mourinho ne gagnera rien cette saison, mis à part des polémiques débiles vis-à-vis de l’âge d’Eto’o, qui ne l’a toujours pas digéré au passage. Alors certes, la saison n’est pas ratée, le club n’a jamais été en dessous de la 6ème place (5ème journée), termine 3ème, à quatre points de Manchester City et à deux points de Liverpool, avec la meilleure défense, 27 buts encaissés, et la troisième attaque, 71 buts. Mais, en dépensant autant d’argent, en faisant autant de foin avec la réputation de vainqueur de Mourinho on était légitimement en droit d’attendre plus.

Satisfaction(s)/Déceptions/Objectifs
Satisfaction : La défense clairement. Seuls 27 buts encaissés, avec un Petr Cech de gala et un Mark Schwarzer qui aura parfaitement fait le job quand il était sur le terrain. On notera également les performances des latéraux, mais aussi d’Azpi’ capable de jouer à peu près partout. Gary Cahill a vraiment passé un palier ces dernières saisons. Enfin, le joueur qui aura porté l’attaque à bout de bras cette saison, Eden Hazard.

Déception : L’attaque. Fernando Torres n’est plus le buteur qu’il était à l’Atletico et surtout à Liverpool et ça fait un peu de peine faut l’avouer. Demba Ba n’est pas un top player. Eto’o n’est plus de première jeunesse. Au final, si l’on regarde les stats, le meilleur buteur de Chelsea c’est Hazard avec 14 réalisations, Eto’o n’a que neuf buts, cinq pour Ba et Torres. Même Schürrle et Oscar ont plus marqué que Ba et Torres grâce à leurs huit buts.

Objectif : Remporter le championnat, une coupe, une Ligue des Champions (au choix, rayez la mention inutile). Pour ça, Mourinho qui a déjà dépensé plus de 114 millions d’euros pourra à nouveau compter sur le chéquier de son président afin de renforcer son équipe. Recruter un vrai attaquant et commencer à donner plus de temps de jeu à Kalas.

L’homme invisible
Malheureusement, le jeune attaquant belge Kevin de Bruyne. Un des plus grands talents des anciens colonisateurs du Congo. Un jeune type tout rouquin, qui taquine la gonfle avec plaisir. Un gamin recruté en janvier 2012 à Genk pour 7 millions de livres, mais laissé en prêt dans son club afin de finir la saison. La saison suivante il est prêté au Werder de Brême, et rayonne avec 10 buts en 32 matchs. Il rayonne tellement que lors de son retour à Londres Mourinho ne veut pas de lui. Neuf bouts de matchs plus tard, de Bruyne traine son spleen. Zéro en Angleterre, mais héros en Allemagne, il s’engage en janvier 2014 pour Wolfsburg, contre un chèque de 19 millions de livres. Un beau gâchis.

Highlights
La série de 14 matchs sans défaite, onze victoires pour trois matchs nuls, entamée au soir de la 16ème journée le 14 décembre et interrompue lors de la 30ème journée le 15 mars par une défaite à Birmingham face à Aston Villa.

La raclée mise à Arsenal, à Stamford Bridge lors de la 31ème journée. Un 6-0 qui ravit Mourinho qui put ainsi exprimer toute sa joie d’avoir détruit Wenger pour son 1000ème match sur le banc des Gunners.
La victoire 2-0 sur le terrain de Liverpool, avec une prestation défensive admirable. Certains disent que Mourinho n’a pas respecté le football en jouant de la sorte. Foutaises, arrêtons avec cette idée que seul le football offensif serait digne d’exister. Le football joué défensivement est certes moins spectaculaire, mais il est tout autant admirable. Et puis, si vous devez absolument gagner pour pouvoir encore espérer gagner le championnat, est-ce que vous partez à l’abordage face à la deuxième meilleure attaque du championnat ?

Lowlights
La finale de Supercoupe d’Europe perdue aux tirs au but face au Bayern de Guardiola. L’élimination en quart de finale de la League Cup face à Sunderland. La mauvaise prestation face à l’Atletico à Stamford Bridge. Le nul à domicile face à Norwich lors de la 37ème journée, nul qui enlève aux Blues leur infime possibilité de remporter le titre.

Le manager
La saison 2014 marquait le grand retour de José Mourinho sur le banc des Blues de Chelsea après ses années d’exil en Italie, puis en Espagne. Mourinho qui revient, c’est l’assurance de voir à nouveau des mots doux un peu partout, des pro-Mourinho hurler au génie à la moindre petite pique envers un adversaire, à un regard mauvais envers un arbitre, etc… mais aussi de voir tous les anti-Mourinho analyser prestement la moindre prestation à coup de « C’est la mort du foot » ou le fameux « Bouh c’est nul ».

D’ailleurs, il était souvent opposé à Brendan Rodgers. Avec dans le rôle de Batman, l’ami Rodgers et dans le rôle du Joker, José. Maintenant, José a beau être Portugais, c’est loin d’être un peintre (une blague éculée sur les Portugais, une !). Quand on lit que Rodgers est parfait, qu’il a tout compris, que Mourinho est méchant, qu’il ne sait pas faire jouer ses équipes, que ça donne envie de vomir, etc… STOP ! Rodgers aura gagné quoi cette saison ? Rien. Comme Mourinho. Sauf que si Rodgers avait su être un peu intelligent de temps en temps, on pense au match de Palace tiens, et bien Liverpool aurait sûrement été champion. Avec Mourinho sur le banc de Liverpool, je le dis, Liverpool était champion.

Photo de la saison

Le moment où les derniers espoirs de titre se sont envolés devant José

Le moment où les derniers espoirs de titre se sont envolés devant José

Crystal Palace (11è, 45 points, G-A -15 / 43 buts pour / 59 contre)

Résumé de la saison
Pour leur retour en Premier League, les joueurs de Crystal Palace partaient favoris pour une des trois places vers le Championship. Le début de saison des hommes de Holloway allait même dans ce sens, puis-qu’après 21 journées, le club pointait à une désespérante 20ème place.

Le board avait pourtant très vite réagi, en renvoyant Ian Holloway à ses affaires après seulement 8 journées. Il faut dire que le bilan d’un de nos coachs favoris n’était guère positif : avec une victoire pour sept défaites, Crystal Palace se retrouvait 19ème du championnat.

Keith Millen assura l’interim pendant quatre matchs, obtenant une victoire et un match nul. Arrive alors un entraineur bien trop décrié à mon humble avis, l’homme à la casquette, le bûcheron de Stoke, Tony Pulis. Avec lui, l’équipe va connaître deux phases. Une première phase dite de réaction, entre la 14ème et la 21ème journée, avec trois victoires, quatre défaites et un match nul. Puis une phase dite « d’offensive de grande ampleur », allant de la 22ème à la 38 journée, avec huit victoires, quatre matchs nuls et cinq défaites. Une équipe en forme, qui réussira même à terminer à une belle 11ème place, très loin de que prédisait les commentateurs.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs
On retiendra le travail devant le but de Dwight Gayle (23 matchs, 7 buts), mais également la belle saison des milieux Jedinak et Puncheon. Enfin, les encouragements pour Yannick Bolasie, né en France il y a de ça 24 ans, mais formé en Angleterre. Un ailier costaud, mais rapide, capable de faire mal aux latéraux adverses. Un certain Glen Johnson s’en souvient encore. En général c’est toute l’équipe qui est à féliciter.
Enfin, un public toujours autant présent et toujours aussi bruyant.

Pas vraiment de déception à vrai dire. Crystal Palace c’est tout l’inverse d’un QPR ou d’un Cardiff, ça pète pas plus haut que son cul et ça recrute des joueurs corrects, mais habitués aux joutes pour le maintien. Alors c’est sûr, c’est pas très beau à voir, c’est très kick’n rush, mais c’est honnête.

Conserver les quelques joueurs intéressants d’autres clubs, comme Thomas Ince (Everton, Swansea, Sunderland), Yannick Bolasie (Fiorentina) ou encore le portier argentin Julian Speroni (Leicester, Sunderland).
Au niveau du recrutement, le club serait lié à Harry Kane (Tottenham), Moustapha Bayal Sall (Saint-Etienne), Connor Wickham (Sunderland) ou encore à Michael Mancienne (Hambourg). A noter la signature du milieu de terrain espagnol José Campana, 21 ans, en provenance de Nuremberg.

L’homme invisible

F. Marange, Palace attendu.

Florian Marange, pas l'as attendu.

Elle est facile, mais on va ressortir la blague Florian Marange. Ce dernier évoluait la saison dernière à Bordeaux, mais s’indignait de ne pas jouer suffisamment en équipe première, se considérant pourtant largement au niveau. Le club girondin lui propose toutefois une prolongation de contrat, mais le joueur refuse. Refus qu’il donnera également aux dirigeants de Bastia et de Livourne, avant de s’engager avec Crystal Palace. Sauf que comme vous le savez sûrement, les clubs doivent livrer début septembre une liste de 25 joueurs pouvant évoluer en championnat. Une règle que ne connaissait manifestement pas notre ami, tout étonné de se retrouver absent de celle-ci et donc condamné à des matchs avec la réserve ou des matchs de Cup et surtout à attendre début février et une éventuelle modification de la liste (après le Mercato d’hiver). Le problème c’est que niveau Cup, l’aventure se termine très vite avec une défaite au premier tour face à Bristol City.

Ne voulant pas patienter jusqu’en février pour avoir une chance de se montrer, Marange rompt alors son contrat à l’amiable début octobre. Aux dernières nouvelles il évolue depuis janvier avec le FC Sochaux Montbéliard.

Highlights
Le mandat Pulis, qui verra le club se sortir d’une situation très mal embarquée et terminer la saison à une honorable 11ème place, glanant alors 28 points en 17 journées.
Les victoires face à West Ham, à domicile comme à l’extérieur, mais également celle à domicile face à Chelsea et celle à l’extérieur face à un Everton en lutte pour la 4ème place.

Lowlights
21 premières journées absolument cauchemardesques, avec seulement 17 points.
Une élimination précoce en Coupe de la Ligue, dès l’entrée en lice en fait, avec une défaite 2-1 sur le terrain de Bristol City. En Coupe d’Angleterre, Palace parvint tout de même à passer un tour, éliminant WBA à l’extérieur sur le score de 2-0 avant de chuter face à Wigan 2-1.

Le manager
Le fantasque Ian Holloway a eu le privilège de débuter la saison après avoir fait monter le club. Mais comme souvent avec lui, le licenciement est très rapide. Ce coup-ci il aura tenu huit journées, à peine le temps de signer une victoire, contre Sunderland certes, mais ça reste une victoire. Logiquement mis dehors, tant l’équipe manquait de compétitivité, il est remplacé par Keith Millen qui assura l’intérim durant quatre matchs et ramenant tout de même quatre points.

Enfin arriva le sauveur, j’ai nommé Tony Pulis. Injustement décrié par les amoureux du football latin, l’homme à la casquette reste un formidable meneur d’hommes. Tellement bon qu’il aura redonné de l’espoir à tout un club, le sortant de sa dernière place pour l’amener à la 11ème et en faisant du même coup une des équipes les plus dynamiques sur la fin de saison, avec notamment une série de quatre victoires consécutives (32ème-35ème journées) sur Chelsea, Cardiff, Aston Villa et West Ham. Alors qui c’est le patron ?

Photo de la saison

Vous êtes bien en Premier League

Vous êtes bien en Premier League

Les autres clubs :
Partie 1 : Arsenal, Aston Villa & Cardiff

La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Arsenal (4è, 79 points, G-A +27 / 68 buts pour / 41 contre)

Résumé de la saison

Sur le plan comptable, ce fut une très bonne saison pour les Gunners : avec 79 points, ils obtiennent leur meilleur total depuis la saison 2007-08 (3e avec 83 points). J’ai déjà dit ça l’année dernière, mais cette saison encore, Arsenal a assuré contre les « petites » équipes, et pris des toutounes contre les gros clubs (voir plus bas).
L’impression globale laissée par les Gunners reste néanmoins mitigée : Arsenal n’ayant passé que les deux premières journées hors du top 4, et surtout la moitié du championnat en tête (de la 4e à la 24e journée, hormis au soir de la 17e), on s’attendait à un dénouement plus heureux que cette sempiternelle quatrième place.
Mais l’évènement de l’année a eu lieu le week-end dernier : Arsenal a enfin gagné un titre !

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

La satisfaction de l’année est sans conteste l’éclosion d’Aaron Ramsey. Auteur de 10 buts en PL et 5 en C1, le Gallois a été élu quatre fois d’affilée meilleur Gunner du mois (d’août à novembre). Malheureusement, sa blessure lors du Boxing Day l’a tenu éloigné des terrains pendant plus de trois mois, ce qui coincide avec la période de moins-bien des Gunners.
Au rayon des satisfactions, on peut également citer les 16 buts en championnat d’Olivier Giroud, en grande forme cette année. Il vaut mieux cela dit, c’est le seul vrai attaquant du groupe (Niklas qui ?). Mention aussi à Flamini, qui a plus que réussi son retour à Londres, et des bons points en vrac à Mertesacker, rassurant, Wilshere, étonnant et détonnant, et Cazorla, toujours précieux bien qu’en-deça de son niveau l’année passée.

Parler de déception pour Koscielny ou Özil est un peu exagéré, mais on était en droit d’attendre mieux du défenseur central, auteur de quelques énormes boulettes rédhibitoires à ce niveau, ainsi que du milieu allemand, acheté pour £42M, et qui n’a fait que trop rarement étalage de sa classe. Saison difficile aussi pour Theo Walcott, trop souvent blessé, et qui n’a pas pu confirmer sa progression en flèche depuis quelques saisons. Enfin, je sais pas vous, mais moi les défenseurs latéraux d’Arsenal (en vrac, : Sagna, Gibbs, Monreal, Jenkinson) me rassurent toujours aussi peu.

L’année prochaine, comme d’hab, on va viser une nouvelle qualification pour la Champions’ League, tout en essayant de refaire quelque chose en coupe.

Ayé, le site sincearsenallastwonatrophy.co.uk a été mis à jour !

Ayé, le site sincearsenallastwonatrophy.co.uk a été mis à jour !

L’homme invisible

On a le droit de citer Abou Diaby ? Ou Park Chu-Young ? Si c’est trop facile, prenons Kim Kallstrom (oui oui, il était à Arsenal). Prêté au mercato d’hiver par le Spartak Moscou, et ce malgré une blessure au dos découverte lors de la visite médicale, le Suédois a disputé en tout et pour tout trois matchs de Premier League (dont une seule titularisation, contre West Ham).

Highlights

Arsenal a remporté cette saison ses deux North London Derbies, sur le même score, 1-0. Au-delà de ces victoires symboliques contre l’ennemi juré, l’équipe de Wenger a surtout impressionné en première partie de saison, avec deux séries de 5 victoires consécutives (J2 à J6 et J18 à J22), qui leur ont permis de faire un bon bout de chemin en tête de la Premier League. En fin de saison, les Gunners ont remis un coup de collier (encore 5 victoires consécutives, J34 à J38) pour assurer la 4e place et la C1, devant un Everton pressant mais terminant finalement en roue libre.
Evidemment, je suis obligé de dire un mot de la première compétition remportée par les Gunners depuis neuf ans, alors allons-y gaiement : « youpi ».

Lowlights

Trois défaites et 17 buts encaissés, voilà le triste bilan d’Arsenal en déplacement chez les trois équipes situées au-dessus d’elle au classement (Man City 6-3 Arsenal, Liverpool 5-1 Arsenal et surtout Chelsea 6-0 Arsenal). Trop insuffisant pour espérer mieux. Au rayon des déceptions, on notera aussi l’élimination en Champions’ League au même stade (huitièmes) et contre la même équipe (le Bayern) que l’année dernière.

Le manager

Avec une saison finalement plutôt réussie, un système de jeu convaincant, et des paris sur les jeunes plutôt satisfaisants (Sanogo, Gnabry…), Wenger a répondu aux critiques de la fin de la saison dernière de la meilleure des manières. Elu entraîneur du mois en septembre, le technicien français a regagné la confiance de ses supporters et séduit les observateurs de la Premier League. Il entamera l’année prochaine sa 19e saison à la tête du club.

Photo de la saison

Le (superbe) but de Ramsey, son douzième, pour une victoire 2-0 contre Liverpool

Le (superbe) but de Ramsey, son douzième, pour une victoire 2-0 contre Liverpool

Aston Villa (15è, 38 points, G-A -22 / 39 buts pour / 61 contre)

Résumé de la saison

Une année plus calme que la précédente pour Villa, qui aura passé la quasi-intégralité de la saison dans le ventre mou (27 journées passées entre la 10e et la 13e place). Une saison correcte donc au niveau comptable, mais qui masque un spectacle souvent navrant à Villa Park (10 défaites à domicile). Villa, comme l’année dernière, n’a de plus pas été épargné par les blessures (encore deuxième de l’Injury League, derrière Arsenal).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

On prend les mêmes et on recommence : Benteke (10 buts en 26 matchs puis une sale blessure qui lui fera rater le Mondial) aura réussi une saison pleine, tout comme son coéquipier d’attaque Andreas Weimann, qui confirme les espoirs placés en lui en étant cette année le joueur de Villa le plus utilisé (39 matchs toutes compétitions confondues). Malgré un bon paquet de buts encaissés, Brad Guzan aura sauvé les Villans plus d’une fois et mérite qu’on l’honore dans cette rubrique. Gloire à toi, donc, Brad.

En revanche, certains cadres de l’équipe ont déçu, en premier lieu Gabriel Agbonlahor. Certes victime de plusieurs petites blessures qui l’auront fait raté une dizaine de matchs sur la saison, Gabby n’a inscrit que quatre pauvres buts, soit autant que Libor Kozak, arrivé en janvier et souvent remplaçant. Du côté de la défense, il est difficile de sortir un homme de ce marasme, alors on va tenir pour responsable les deux joueurs les plus utilisés : Ron Vlaar et Nathan Baker.

Les ambitions pour l’année prochaine restent les mêmes : se sauver, se sauver et se sauver. En continuant ainsi, pas sûr qu’ils y parviennent.

L’homme invisible

Là par contre, c’est plus facile : Charles N’Zogbia. Blessé depuis juin 2013, il n’est pas apparu une seule fois dans le groupe cette saison. Weimann lui a d’ailleurs piqué son numéro 10. Sinon, on n’a pas compris pourquoi Villa a recruté Grant Holt en prêt pendant le mercato d’hiver (10 apparitions dont 3 titularisations, 1 but), ou claqué £2M l’été dernier pour Niklas Helenius (3 apparitions dont aucune titularisation, 1 but).

Highlights
Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour les fans cette saison, si ce n’est la victoire 3-1 à l’Emirates lors de l’ouverture du championnat, ou la victoire 3-2 contre le futur champion fin septembre. Deux victoires de prestige qui cachent une forêt de défaites évitables (je pourrais les lister, mais y’en a une quinzaine). Il est à noter que Villa a été invaincu durant tout le mois de novembre (trois nuls et une victoire, on trouve les satisfactions où on peut).

Lowlights

Au choix :

- L’épouvantable fin de saison des Villans : une victoire et un nul seulement sur les neuf derniers matchs
- L’humiliation à Villa Park en 16e de finale de la League Cup : 0-4 contre Tottenham
- L’élimination dès son entrée en FA Cup (32e de finale), à domicile, contre Sheffield United (D3). Troisième élimination par un club de division inférieure en deux ans (Millwall et Bradford ont sorti les VIllans l’année dernière)

Le manager

Paul Lambert n’a plus la confiance des supporters, qui lui reprochent d’aligner en permanence une équipe de contre-attaque, sans jamais chercher à faire le jeu, particulièrement à domicile. Lambert a également sorti l’une des phrases de la saison : « Pour être honnête, certains clubs de Premier League n’ont pas besoin de la distraction qu’est la FA Cup ». Quelques jours plus tard, Lambert était éliminé contre une équipe de division inférieure, pour la quatrième année consécutive.

Photo de la saison

Si quelqu'un sait pourquoi ces supps de Villa se sont déguisé en cônes, qu'il nous écrive. Sinon, ça pourra toujours leur servir de défenseurs pour l'année prochaine.

Si quelqu

Cardiff (20è, 30 points, G-A -42 / 32 buts pour / 74 contre)

Résumé de la saison

Vous vous souvenez du vol MH370 de la Malaysian Airlines ? Mais si, cet avion dont on ne savait pas où il était passé, bref, au final l’avion a bien rencontré l’océan. Cardiff c’est un peu pareil. Tout le monde était content de découvrir la Premier League, le patron était complètement barré, mais il avait su garder la raison en ne se séparant pas de son entraineur Malky Mackay. A cela, il rajoutait des transferts pas trop dégueulasses, comme Gary Medel, Andreas Cornelius, Peter Odemwingie ou encore Steven Caulker. Non franchement, ça partait pas trop mal. D’ailleurs, le rédacteur de ce billet était tellement confiant pour cette équipe qu’il prédisait que ça allait « passer crème ». Sauf que la crème a tourné.

Après une première partie de saison digne d’un promu, à oscillé entre la 11ème et la 16ème place, Vincent Tan décide de dire au revoir à Mackay. L’équipe était peut être en perte de vitesse, mais le coach semblait soutenu par les fans. Du coup, la défaite 0-3 face à Southampton est fatale au technicien écossais, qui présente un bilan passable de quatre victoires, cinq nuls et neuf défaites (donc 17 points si on compte bien).
Pour le remplacer, Tan (le boss, pas les Transports de l’agglomération nantaise) décide de faire venir le super sub de légende de Manchester United, le Norvégien Ole-Gunnar Solskjaer. Ce dernier, que l’on appellera affectueusement OGS pour des raisons pratiques évidentes, débarque de sa Norvège natale et plus précisément de Molde où il vient d’être champion deux fois consécutivement. OGS ramène pas mal de jeunes norvégiens, Magnus Wolff Eikrem, Mats Mooler Daehli et Jo Inge Berget. Arrivent également des joueurs plus connus comme Kenwyne Jones, Fabio ou Zaha.

Au final, pas de vraie amélioration, le club continue de sombrer et lors de la 21ème journée il rentre dans une zone de relégation qu’il ne quittera jamais plus. Pire encore, si on prend en compte l’intérim effectuée par David Kerslake, Cardiff n’aura pris que 13 points en 20 journées (trois victoires, quatre matchs nuls et douze défaites). Bref, relégation et retour en Championship.
En Coupe de la Ligue, l’aventure s’arrête après deux tours face à West Ham (2-3), alors qu’en Coupe d’Angleterre, Cardiff réussit à atteindre les 16èmes où Wigan leur dit stop (1-2).

Satisfaction(s)/Déceptions/Objectifs

Le jeune milieu de terrain Jordan Mutch, auteur de sept réalisations en championnat. On saluera également les performances du portier David Marshall, qui aura bien souvent essayer de sauver ce qu’il restait d’espoir. En défense centrale ressort le transfuge de Tottenham, Steven Caulker, auteur quant à lui de cinq buts. Enfin, on citera également l’ancien de Manchester United et de Sunderland, Frazier Campbell.

Déceptions : la saison de Peter Odemwingie. On peut dire que l’ancien buteur de WBA a du flair. L’an dernier il voulait faire le forcing pour rejoindre QPR, finalement c’est à Cardiff qu’il pose ses bagages. Encore un qu’on va retrouver dans le Golfe d’ici quelques semaines.
L’affaire Aaron Gunnarsson (attention l’affaire Snowden c’est du pipi de chat à côté). Quelques temps avant le match opposant Cardiff à Crystal Palace, un sms aurait été envoyé à Tony Pulis par l’international islandais, afin de révéler l’équipe qui serait mise en place par OGS. Match remporté finalement par Crystal Palace sur le score de 3-0. Finalement, OGS apporte tout son soutien à son joueur, tout comme David Marshall au passage. Reste que Gunnarsson n’aura pas fait une très grande saison, lui que j’attendais pourtant au tournant.
Sinon le reste de l’équipe n’a pas été folichon, alors un gros caca collectif et tout est réglé.

Objectifs : la remontée en Premier League. Une remontée d’autant plus attendue, que Tan a d’ors et déjà annoncée que si Cardiff retrouvait les sommets, le club pourrait revenir à sa couleur bleue traditionnelle.
Essayer de conserver le jeune Mutch, mais également Marshall, Caulker (suivi par Liverpool, mais également Tottenham), ainsi que le taureau chilien Gary Medel (dont la liste des prétendants est longue, avec Valence, Malaga et le Besiktas).

Je viens seulement de signer, mais Vincent Tan j'en ai déjà jusque là

Je viens seulement de signer, mais Vincent Tan j

L’homme invisible

Recruté pour environ 8 millions de livres, l’attaquant danois Andreas Cornelius n’aura pas particulièrement brillé. Apparu seulement 8 fois en championnat et à chaque fois en tant que remplaçant, il n’aura jamais réussi à ouvrir son compteur but. Il faut dire qu’il aura manqué presque trois mois de compétition suite à une blessure au genou. Mais le plus drôle, ou désolant c’est selon, c’est que le 31 janvier dernier, le FC Copenhague annonce le retour de Cornelius pour une somme non communiquée. Quelques temps plus tard, on apprendra que les Danois l’avaient racheté pour 3 millions de livres, une magnifique transaction menée par les Gallois. D’ailleurs, pour son premier match avec Copenhague, il inscrit trois buts. Toujours trois de plus qu’avec Cardiff…

Highlights

Y en a pas eu des masses, vous l’imaginez bien. On signalera tout de même la victoire 3-2 à domicile contre Manchester City lors de la 2ème journée. Victoire importante, car première victoire du club dans l’élite.
Autrement… ah si ! La victoire en Cup à Newcastle, sur le score de 2-1.

Lowlights

Une période allant d’août 2013 à mai 2014. On retiendra la défaite 3-6 à domicile face à Liverpool, mais également la magnifique série de sept matchs sans victoire entre la 17ème et la 24 journée. Au final, aucun vrai rayon de soleil dans le ciel gallois. Ce qui confirme quelque peu le célèbre proverbe « Au Pays de Galles il y a deux saisons, l’hiver et le 15 août ». Y a plus de saison ma petite dame…

Le manager

Malky Mackay n’aura donc tenu que 18 journées sur le banc de Cardiff (en PL du moins, parce que ça faisait deux saisons qu’il était là bas). Lâché par ses joueurs, mais également par sa direction, l’Ecossais aura eu droit à un bel adieu de la part des supporters. On l’annonce d’ailleurs sur le banc de Norwich la saison prochaine.
Son remplaçant, l’ami OGS, n’aura pas vraiment réussi son baptême du feu en Premier League. Avec une moyenne de points inférieure à celle de son prédécesseur. Reste qu’il s’agit d’un manager prometteur, apprécié de ses joueurs. Continuera-t-il la saison prochaine ? Le principal intéressé semble motivé, mais qu’en est il de Vincent Tan ?

Photo de la saison

Même à l'autre bout du monde on croyait au miracle pour Cardiff

Même à l

Avec la gloire, l’argent sale et les filles faciles, on (le Team TK) a chopé un méchant boulard : on décerne désormais nos propres récompenses, comme à Cannes. Sauf que les nôtres sont Gérardesques. On les a appelées les Frannys, en honneur de la mascotte de TK, l’immense Francis Jeffers (aka Franny Jeffers).

Catégorie Clubs/Dirigeants/Propriétaires

Le Franny du proprio le plus cintré

Vincent Tan, Cardiff City.

Le Franny du proprio qu’on pensait pas regretter mais qui nous manque, un peu

Mohamed Al-Fayed, ex proprio de Fulham.

Le Franny du proprio qui remonte son bénard tellement haut qu’il finira un jour par disparaître dedans

Vincent Tan, Cardiff City.

Le Franny de l’explication de dirigeant/ex dirigeant la plus bidonnante

Mohamed Al-Fayed, pour avoir déclaré que la descente des Cottagers était imputable à l’enlèvement de la statue de Michael Jackson devant Craven Cottage.

Le Franny du dirigeant le plus glorieusement inutile

Joe Kinnear, Newcastle United (chargé du recrutement. N’a recruté personne, a fait interdire la presse à Saint James’ Park et a sacrément emmerdé le monde).

Le Franny de la protestation la plus fort de Roquefort envers l’arbitrage

Stoke City, lors du Newcastle-Stoke du Boxing Day (5-1) où les Potters ont fini à neuf. Vu les tampons qu’ils envoient depuis X années souvent en toute impunité, comique de leur part de chouiner.

Le Franny du club qui a fait valser les managers mais ça a servi à rien

Fulham, trois managers cette saison (M. Jol - viré début décembre -, R. Meulensteen - viré en février - et F. Magath). Tout ça pour descendre.

Un supp de Fulham s'est bricolé les mêmes lunettes que Magath, mais ‘achement plus pratiques

Un supp de Fulham s'est bricolé les mêmes lunettes que Magath, mais anti-intempéries lui. Et ouais, pas con (Vorsprung durch Technik)

Le Franny du club qu’on pensait plus revoir chez les Grands [Football League] mais qui refait finalement surface

Luton Town, ex pensionnaire de D1 (années 80-début 90’s) et Champion du Monde de retrait de points, 40 sur deux saisons il y a quelques années (redressement judiciaire et irrégularités), les Hatters sont enfin de retour en Football League après 5 ans de purgatoire chez les pouilleux de non-League.

Le Franny du club qu’on big up tous les ans en se disant qu’il vont remonter en PL pis finalement non c’est toujours le bordel chez eux, ils vendent (presque) tous leurs bons et se vautrent inexorablement

Leeds United, solidement ancré en D2.

Le Franny du club qu’on big up tous les 3-4 ans en se disant que ça y est, enfin ils vont regagner un truc, pis finalement non, y’a toujours une couille à la fin et ils se vautrent inexorablement

Liverpool, putain.

Le Franny du club dont le proprio vaut X milliards et que les supps croyaient qu’il allait investir lourd et jouer la Ligue des Champions mais non en fait le boss se sert du club comme caravane publicitaire pour son business et ils jouent péniblement le maintien (quand ils ne sont pas en D2)

Newcastle United. Le NUFC ère Mike Ashley Pour Les Nuls, ça donne :

1) Le propriétaire actuel, le Southerner Mike Ashley, achète NUFC en 2007 pour 134m £ à J. Hall et F. Shepherd, le duo d’hommes d’affaires locaux qui a propulsé NUFC dans la dimension supérieure il y a deux décennies (notamment en doublant presque la capacité du stade). Le foot, Ashley s’en cogne, son truc à lui c’est le squash. Et le business. Il veut acquérir un club susceptible de jouer la Ligue des Champions régulièrement/occasionnellement (le cas de NUFC pré-2007) afin de développer sa boîte, Sports Direct, pour laquelle il a de grandes ambitions internationales (une chaîne – aujourd’hui numéro 2 européenne, derrière Decathlon – championne des fameux contrats zero-hour, l’un des subterfuges du gouvernement Cameron-Clegg pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage).

2) Dès 2008, il met le club en vente car entre-temps il a repris ses esprits et s’est apercu que la période pré-2007, c’est de la préhistoire : il faut désormais un méga budget pour jouer la Ligue des Champions régulièrement/occasionnellement et merde, ça tombe mal, lui est un beau radin. Sheikh Mansour veut racheter Newcastle mais Ashley est trop gourmand, il lui en aurait demandé 400m £. L’Emirien rachète Man City à la place, pour 200m.

3) Newcastle investit de moins en moins au fil des ans. Le club affiche de loin le solde net Achat-Vente de joueurs le plus bas de PL sur les cinq dernières saisons : achats : 93m £, ventes 138m £, solde négatif de 45m. Seul club de PL à n’avoir acheté aucun joueur cette saison, malgré la nomination en grande pompe de Kinnear (chargé du recrutement !), les 20m £ du transfert de Cabaye et les 30m £ supplémentaires en revenus TV (versés par la Premier League Plc).

4) La priorité d’Ashley est de vendre NUFC pour racheter Glasgow Rangers et donc disputer régulièrement la Ligue des Champions (quand les Gers auront refait surface) pour atteindre son but ultime : exposer médiatiquement le plus possible Sports Direct et conquérir le monde, la Chine notamment.

Catégories Entraîneurs/Managers

Le Franny du manager qui se prend pas pour une moitié d’épluchure mais signe le pire début de saison d’un entraîneur en Premier League

Paolo Di Canio, limogé de Sunderland au bout de 8 matchs (1 point) et après avoir, entre autres faits d’armes : vendu le meilleur joueur du club (S. Sessègnon) ; recruté un panier de truffes ; placardisé des joueurs clés pour d’obscurs motifs et s’être mis toute l’équipe et le club à dos en quelques semaines.

Le Franny du commentaire d’après-match de manager le plus idiot mais marrant tout de même

José Mourinho, Chelsea : « West Ham pratique un football du XIXè siècle. »

[après Chelsea-West Ham du 29 janvier, et le bétonnage musclé des Hammers sur le but d'Adrian (le Mur d'Adrian ?), 39 tentatives - record PL -, contre 1 sur celui de Cech. Rien à voir donc avec la « tactique » de Mourinho à Anfield.]

Le Franny du manager qu’on détesterait avoir dans son club mais ailleurs c’est hyper poilant

Alan Pardew, Newcastle United.

Le Franny du manager qui aura réussi en une saison à faire mieux que son prédécesseur en onze

Roberto Martinez, Everton.

Le Franny du manager que ses nombreux potes dans les médias nous présentaient comme un Dieu vivant à Tottenham - merci Bale, Modric & Adebayor - mais qui s’est vautré cette saison et que c’est marrant maintenant on les entend plus ses p’tits copains

Harry Redknapp (Queens Park Rangers), pas foutu de décrocher une montée directe en PL (à 13 points du premier promu !) malgré un effectif PL, un budget PL et des contacts PL (sympa pour les prêts). Echec total passé sous silence dans les médias anglais (non, non, faut pas croire tout ce qu’on vous raconte sur les journalistes/médias anglais, y’a aussi beaucoup de copinage et d’auto-censure de peur de perdre ses petits privilèges. Et une règle d’Or : on touche pas à Harry).

QPR a tout de même sorti Wigan en demi-finale des play-offs avant-hier, 0-0 et 2-1 après prolongations (heureusement pour les Hoops que les buts à l’extérieur ne comptent pas double en barrages) et affrontera en finale le Derby County de Steve McLaren le 24 mai à Wembley (l’ancien sélectionneur anglais et manager du grand Middlesbrough des années 2000, finaliste Coupe UEFA en 2006).

Le Franny du manager qu’a recruté du tocard en masse mais qui refuse d’assumer

Paolo Di Canio, 14 recrues l’été dernier, dont une moitié de pipes, et qui a essayé de nous faire le coup du « Ah ben c’est pas moi, c’est la faute du Directeur sportif [Roberto De Fanti] et du Responsable de la détection [Valentino Angeloni], c’est eux qui dirigent tout, c’est eux les incompétents. » Yeah, right.

Le Franny du manager qu’on pensait qu’il nous manquerait mais non, pas du tout

Michael Laudrup, Swansea City.

Le Franny de la stratégie hara-kiri de manager pendant un match

Brendan Rodgers, Crystal Palace-Liverpool du 5 mai (3-3 alors que Liverpool menait 3-0 à 12 minutes de la fin - Rodgers fait rentrer Moses à la 79è au lieu de bétonner pour conserver le 3-1).

Le Franny de la pire décla d’un manager novice en PL

Paolo Di Canio : « J’étais trop fort pour Sunderland, j’ai un trop haut niveau pour eux, des attentes trop élevées. [...] Ce qui ne tue pas rend plus fort. J’ai hâte qu’on me donne une autre chance au bon endroit avec les bonnes personnes qui me laissent travailler comme je l’entends. Cette expérience à Sunderland a fait de moi un meilleur manager qu’avant, bien meilleur. J’attendrai cette chance, il serait stupide pour un président de club de ne pas m’embaucher. »

Le Franny du pétage de plomb de dirigeant le plus péteux

Rui Faria, entraîneur à Chelsea, après Chelsea-Sunderland, clip.

Le Franny de l’allumage de manager le plus minable

José Mourinho, Chelsea : « Arsène Wenger a raison, j’ai peur de l’échec. Et si j’en ai peur, c’est parce que je n’ai pas souvent échoué. Huit ans sans trophée, ça c’est de l’échec. Wenger est un spécialiste de l’échec. »

Le Franny du manager mauvais perdant

Re-José Mourinho, après Chelsea-Sunderland du 19 avril, 1-2 et première défaite à Stamford Bridge en PL de Mourinho depuis 2004 (77 rencontres), pour cette décla un poil sarcastique : « Félicitations à [l'arbitre] Mike Dean pour sa fantastique prestation et quand les arbitres sont aussi performants, il est normal de les féliciter. Et félicitations aussi à Mike Riley [le patron des arbitres de Premier League], ce qu’ils ont fait toute la saison est fantastique, surtout les deux derniers mois et envers les clubs qui jouent le titre, absolument fantastique, alors bravo Monsieur Riley. »

La FA lui a collé une amende de 10 000 £. Il s’était déjà pris deux prunes de 8 000 £ chacune en octobre et mars (Chelsea-Cardiff et Aston Villa-Chelsea) pour improper conduct.

Le Franny de la remontrance de manager la plus bizarre

José Mourinho, toujours lui, qui pourrit un ramasseur de balles pas trop pressé lors du Crystal Palace-Chelsea du 29 mars (1-0).

Le Franny du manager qui s’est tiré une belle bastos dans le pied

José Mourinho, who else?, en prêtant Romelu Lukaku à Everton, 15 buts (bordel, c’est pas comme si le Belge n’avait rien prouvé : 17 buts à West Brom l’an passé).

Et dire que le Mou, zen et souriant, nous avait dit en arrivant cette saison qu’il serait « The Happy One ». Ben bon Dieu, on voudrait pas voir la version du José « Unhappy One » hein…

Le Franny du manager dont on voulait la démission en tout début de saison, puis finalement il a fait 4è comme d’hab, alors ça va

Arsène Wenger.

Le Franny du manager qui a eu la réaction la plus courte quand on lui a remis notre Franny

Arsène Wenger :
- Arsène, vous êtes heureux de ce Franny ?
- Oui.

Catégories Joueurs

Le Franny du buteur vedette qu’a coûté un bras et a floppé grave

Ex-aequo :

Andreas Cornelius (Cardiff - 8m £, 11 apparitions, 0 but)

Danny Graham (Sunderland - prêté à Hull, 6m £,- 18 apparitions, 1 but)

Erik Lamela (Tottenham - 30m £, 9 apps, 0 but)

Roberto Soldado (Tottenham - 26m £, 28 apps, 6 buts, dont 4 pénaltys)

Ricky Van Wolswinkel (Norwich - 8,5m £, 25 apps, 1 but)

Le Franny du buteur vedette qu’a coûté un bras et qu’on a même pas remarqué

Kostas Mítroglou (Fulham - 12m £, 3 apparitions, 0 but)

Le Franny du joueur-branleur qu’on espère que les clubs vont arrêter de lui donner une Xième chance

Nile Ranger (ci-dessous), viré de Swindon Town (contrat cassé) après s’être fait virer de Newcastle United pour un catalogue d’incartades et méfaits.

Le Franny du joueur-branleur qui nous les brise menu

Ravel Morrison, West Ham, prêté à QPR en février because Sam Allardyce le supportait plus, apparemment.

Le Franny du joueur qui est recruté pour diversifier le secteur offensif mais qui fait le Ramadan d’août à mai

Arouna Koné, Everton.

Le Franny de l’ex vedette qu’on croyait retraité mais en fait non pas du tout

Pascal Chimbonda, Carlisle (relégué en D4).

Le Franny du joueur vedette qui a totalement disparu des radars

David Bentley, acheté 17m £ par Tottenham en 2008, sans club depuis l’été dernier.

Le Franny du buteur nul et qui ferait passer Abou Diaby pour super bien portant

Shola Ameobi, Newcastle United (seulement 43 buts/297 matchs PL, 46 blessures différentes en 15 ans de carrière pro, à Newcastle - qui ne renouvellera sans doute pas son contrat).

Le Franny de l’attaquant à l’utilité sportive limitée mais qu’aime bien enlever les crottes du nez de ses adversaires car il est comme ça, altruiste et un peu hygiéniste sur les bords

Fernando Torres (avec Jan Vertonghen).

Attends, bouge pas, je l'ai

Attends, bouge pas... arrgh, je l'ai, wow elle est balèze

Le Franny du Casper de luxe

Marouane Fellaini, Man United (27,5m £).

Le Franny de la recrue chère super incognito

Tiago Ilori, Liverpool (7m £).

Le Franny du joueur sur lequel on avait de gros doutes car on l’avait déjà vu à l’oeuvre en PL mais comme on nous racontait qu’il s’était amélioré et avait de grosses stats à l’étranger on se disait que peut-être. Mais non, on avait raison, c’est bien une grosse truffe

Jozy Altidore, Sunderland (6,5m £, - 30 apps, 1 but).

Le Franny du joueur qu’on se demande comment il a fait pour être là

Martin Demichelis, Man City.

Le Franny du joueur qu’on se demande comment il fait pour jouer autant

Martin Demichelis, Man City.

Le Franny du mec qu’on croyait encavé-bouilli-fini mais non

John Terry, Chelsea (qui vient de prolonger son de contrat d’un an - il en voulait deux -, mais le pauvre a été obligé d’accepter une baisse salariale de 45 % et touchera le SMIC Chelsien, 100K £/semaine).

Le Franny du biloute qu’aurait mieux fait de rester dans le Ch’Nord

Joe Cole, West Ham (740 minutes de jeu seulement).

Le Franny du joueur que tout le monde a oublié mais qui existe encore

Charles N’Zogbia (Aston Villa), s’est blessé en vacances en juin 2013, après deux saisons 2011-13 largement transparentes (blessure de trois mois l’an passé aussi). Encore deux ans de contrat.

Le Franny de la décla de joueur qu’on jurerait inventée mais non elle a bien été dite

Hatem Ben Arfa, dans un France Football de septembre 2013 :

« Les gens vont penser que je suis fou, mais je rêve toujours de gagner le Ballon d’Or. Dans 20 ou 30 ans, je veux que l’on cite mon nom à côté de ceux de Platini, Zidane, Pelé ou Maradona. »

Euh… je veux pas être méchant Hatem mais actuellement on associe plutôt ton nom aux Ameobi Brothers hein.

Seul au monde

Hatem, seul au monde. Quel gâchis.

Catégories Médias

Le Franny du consultant TV orchidoclaste

Alan Hansen, BBC.

Le Franny du plus obséquieux éloge à un consultat TV poussé vers la retraite car il fatigue tout le monde depuis un bail

Le sycophantic Gary Lineker, à Alan Hansen (BBC), dans le Times et en direct dans l’émission Match Of The Day dimanche 11 mai, la der de l’Ecossais : « Alan a profondément changé sa profession et a révolutionné la façon d’analyser les matchs. »

Ah ouais ? Marrant, on avait rien remarqué. Sauf son salaire obscène (40 000 £ par émission) payé par les contribuables alors que la Beeb a licencié des milliers d’employés depuis 2005. Malheureusement, on devra encore se le cogner pendant la Coupe du monde.

Le Franny du site français de foot anglais qu’a fêté au champagne le « titre » de Liverpool trois semaines avant la fin tel un vulgaire Footix ou un alcolo

Teenage Kicks (ben ouais quoi).

Le Franny de la recrue la plus chochotte

Louis Tomlinson, des One Direction (Doncaster Rovers), indisponible six mois après une poussette (de Gabby Agbonlahor, Aston Villa).

Catégorie Fourre-tout

Le Franny des supps qui se croient hipsters mais en fait, non, ils sont ringards

Les quelques supps de Man United qui ont claqué 840 £ pour une banderole aéroportée au-dessus d’Old Trafford (Wrong One, Moyes Out). C’est bon là les gars, les micro tweets au cul d’un avion, ça devient lourd. La première fois*, ça waouhait mais au bout de la xième, ça fait naff (ringard). Pis y’a quelques années, les mecs payaient 350 £ (Blackpool, Burnley, Millwall, Preston, etc.), ergo les supps Red Devils se sont fait arnaquer, bien fait pour eux. Malheureusement, ça continue… Au lieu de dilapider leur thunes dans ces facéties très old hat, ils feraient mieux de nous créer de beaux tifos. Ou faire comme les supps de Newcastle (ci-dessous) : ils ont récemment affrété un bus open top pour circuler dans le centre-ville avant un match et faire passer le message (Mike Ashley & Pardew OUT).

[*en… mai 1991 : Staying down forever luv Rovers Ha Ha Ha, pour chambrer Burnley coincé en D4 ; l’attaquant de Blackburn Simon Garner, meilleur buteur de l’histoire du club, fut soupçonné d’avoir organisé la farce mais il a toujours nié]

Le Franny de la pire décision arbitrale

Andre Marriner, lors du Chelsea-Arsenal du 22 mars (6-0 et le millième match d’Arsène Wenger à la tête des Gunners), pour avoir expulsé le mauvais joueur : Kieran Gibbs, au lieu d’Alex Oxlade-Chamberlain.

Le Franny du mauvais au grand coeur

Markus Rosenberg, West Bromwich Albion (pour ça).

Le Franny du mauvais sans coeur

Nicolas Anelka, West Bromwich Albion.

Le Franny de la compétition que tout le monde a oublié cette semaine sauf les Gunners because ça pourrait être leur premier trophée depuis la chute de l’empire romain

Avec la fin de la Premier League et l’excitation des listes de Coupe du monde et du buzz autour, on a oublié notre bonne vieille FA Cup. Ça commence timidement à en causer dans les médias, au moins du mythique Wembley Way. Alors, n’oubliez pas : la finale de la FA Cup, Arsenal v Hull City, c’est samedi après-midi 17 h heure TK (anglaise). Et pis première finale en coupe (FA Cup ou League Cup) de Hull, si on exclut une finale en Football League Trophy (coupe des clubs de D3 & D4).

Le Franny de la causerie à ses coéquipiers la plus malheureuse

Steven Gerrard. Après le Liverpool-Man City du 13 avril (3-2), le capitaine rassemble ses troupes sur le terrain et leur gueule : « This does not fucking slip now! » (Putain, interdit de laisser filer ce titre maintenant), à 52 secondes dans ce clip de déclas remarquables de la saison.

Deux semaines plus tard contre Chelsea à Anfield (0-2), Gerrard, dernier défenseur, slips (glisse) devant Demba Ba à 40 mètres du but. Le Sénégalais en profite pour marquer et, sonner le glas des espoirs de titre pour les Reds. D’une indicible cruauté.

Robin Friday (1952-1990), terrassé par un arrêt cardiaque dû à une overdose d’héroïne, aurait pu être un grand du football anglais. Au lieu de ça, il a été son enfant terrible le plus givré.

L’intro est ici.

[REP = Reading Evening Post. Les mentions en bleu non gras figurent dans le livre, en italique]

The greatest footballer you never saw: THE ROBIN FRIDAY STORY

REP, 20 avril 1976

Reading 1 - Brentford 0

… La magie de Robin Friday a encore opéré. Un superbe numéro de Friday a amené le but de Reading : le Royal a éliminé trois défenseurs avant de frapper, sur le poteau - Ray Hiron, en embuscade, n’a plus eu qu’à pousser le ballon au fond des filets. Il ne manque plus qu’un point à Reading pour accéder à la D3. Enfin ! Cela fait exactement 50 ans que les Biscuitmen n’ont plus connu les joies de la montée.

REP, 22 avril 1976

Cambridge 2 - Reading 2

… Reading est en D3 ! 21è but de la saison de Robin Friday. Le Champagne a coulé à flot dans les vestiaires. La fête sera complète lors du prochain et dernier match à domicile contre Crewe Alexandra dans trois jours, devant 20 000 spectateurs.

DAVID DOWNS, historien de Reading : Après ce match à Cambridge, en rentrant sur Reading on s’est arrêté dans un pub-hôtel pour un repas. Gordon Cumming, l’un de nos joueurs, a fait remarquer que les verres à vin étaient vraiment chouettes. Robin s’est alors éclipsé et est revenu quelques minutes plus tard avec un carton rempli de verres identiques qu’il venait de piquer dans une salle de l’hôtel, pour les offrir à Gordon. Finalement, Robin aussi les a trouvés chouettes et a décidé de se les garder !

REP, 26 avril 1976

Reading 3 - Crewe Alexandra 1

… 22è but en championnat de Robin Friday, soirée mémorable ! Un bémol toutefois : Friday a appris que son carton jaune reçu il y a quelques jours contre Cambridge portait son bilan disciplinaire à plus de 40 points, ce qui lui vaudra une suspension en début de saison prochaine. Friday, élu Joueur de l’année du club, a demandé la clémence de la fédération.

SYD SIMMONDS, ami : Avec la prime de montée, Robin a emmené Liza à Gibraltar.

EAMON DUNPHY, joueur de Reading : On s’est quand même fait entuber par le club car on nous a donné moins d’argent que promis, le directoire a été mesquin aussi. Par exemple, l’un de nos plus fidèles supporters était boucher et il a fait cadeau au club d’une grosse quantité de viande. Ben, les mecs du directoire ont gardé les meilleurs morceaux pour eux et nous ont refilés la viande hâchée ! Je peux te dire que les joueurs n’ont pas apprécié. Ils se sont alors rendus compte que ceux qui nous dirigeaient étaient de beaux fumiers. Robin n’a pas du tout aimé leur coup foireux, on a tous été déçus.

 De la viande hâchée comme cadeau de remerciement... Pas toujours super rock n' roll les Seventies.

De la viande hâchée comme cadeau de remerciement... Pas toujours super rock n' roll les Seventies

REP, 4 juin 1976

… Le calendrier de D3 est sorti et Reading affrontera Gillingham pour son premier match, le 21 août. Robin Friday, 23 ans, a demandé à être transféré et a remis une lettre au président du club, Frank Waller. Extrait : « Je souhaite jouer dans un club ambitieux (un club londonien, de préférence) qui me versera un salaire plus en rapport avec ma valeur. J’ai mouillé le maillot comme jamais pour aider Reading à monter en D3 et la dernière offre du club est insuffisante. Ce club manque d’ambition, à croire qu’il se satisferait éternellement de la deuxième partie de tableau de D3. » Rappelons qu’il y a quelques mois, Reading a décliné une offre de 60 000 £ faite par Cardiff City [promu en D2]. Ce point figurera à l’ordre du jour de la prochaine réunion du directoire du club, qui devrait vraisemblablement rejeter sa demande de transfert. En attendant, Robin Friday se mariera (pour la deuxième fois) la semaine prochaine avec Liza Deimel, 24 ans, à l’église St James’s de Reading. Le couple s’envolera à Amsterdam en lune de miel dès le lendemain.

Ah, Amsterdam… Ses cafés si pittoresques, ses romantiques péniches, ses parcs à la végétation luxuriante, sa gastronomie typique (ci-dessus : salade batave au Gouda). Parfait pour la lune de miel des Friday.

ROB LEWINGTON, ami : Ah ouais, ce mariage, c’était quelque chose ! Robin avait invité 200 personnes. Il portait un costume marron en velours, une espèce de chemise tigrée et des bottes en peau de serpent. Southern TV était là et filmait tout. Avant l’église le matin, Robin s’assoit sur les marches et se roule un joint, tranquille, devant les caméras de la télé régionale. Tout le monde avait fumé du chichon avant l’église. Bon, on rentre tous dans l’église et les fous rires commencent, les gens étaient vraiment cassés. Même le curé se marrait, il a dû penser « Quelle joyeuse assemblée ! » Le déjeuner s’est tenu dans un manoir très classe. Robin roulait des joints à la chaîne et les distribuait à ses potes, à sa famille, ses oncles, ses vieilles tantes, à tout le monde. Vers 1h30 de l’aprèm, les gens étaient soit bourrés, soit cassés. Je revois encore les femmes très âgées, avec leurs jupes fourrées dans la culotte, qui sautillaient sur la pelouse. Je n’ose pas imaginer ce que le curé a pensé. Jamais vu un mariage pareil.

LIZA FRIDAY, ex femme : C’est vrai que notre mariage a été hilarant. Les invités venaient tous de Londres, y’a eu des bagarres et un tas de cadeaux ont disparu. Une fois la cérémonie finie, on s’est rendus compte en nettoyant qu’on nous avait tout piqué.  Ça fumait comme pas pensable, ma mère n’arrêtait pas de s’exclamer : « J’y crois pas, j’y crois pas. » Notre lune de miel à Amsterdam fut mémorable. Comme cadeaux de mariage, on a reçu un tas de barrettes de shit et autres. En arrivant à l’aéroport d’Amsterdam, Robin était sous acide et bien parano. Il craignait de se faire fouiller alors il avait mis ses barrettes dans la bouche, tout en mâchant du chewing-gum. Je vous raconte pas, on a passé notre première nuit de noce à séparer le chewing-gum du shit… Le lendemain, on a fait une excursion sur les canaux mais tout ce qui intéressait Robin, c’était de trouver de la dope.

REP, 5 août 1976

… Robin Friday a signé un nouveau contrat avec Reading FC et entamera d’ici peu sa troisième saison avec le club.

CHARLIE HURLEY, manager de Reading : Après notre montée, il a beaucoup changé. Il est devenu très médiatique localement - les journaux titraient « Le Roi Friday » - et tout ça lui est monté à la tête. J’imagine qu’il a bien fêté l’accession en D3 car quand il est revenu à l’entraînement, début juillet, il était totalement hors de forme et plus lent. Il refaisait de l’asthme aussi.

REP, 30 août 1976

Shrewsbury 2 - Reading 0

… Malgré une belle prestation de Friday, Reading s’est logiquement incliné. Reading envisagerait de vendre Friday après avoir reçu une offre ferme pour l’attaquant. Le club souhaiterait acquérir deux ou trois joueurs avec l’argent du transfert.

REP, 6 septembre 1976

Reading 2 - Walsall 1

… Un sublime geste de Friday a amené le deuxième but. L’attaquant Royal a mystifié le gardien de Walsall d’un lob de 30 mètres forçant un défenseur à arrêter le ballon avec la main. Pénalty transformé. Hormis cette fulgurance, Friday a déçu.

REP, 13 septembre 1976

Northampton 1  - Reading 2

… Troisième victoire d’affilée de Reading qui prend la tête du classement après six journées. Friday, grippé, devrait être indisponible pour les deux prochains matchs.

CHARLIE HURLEY : Entre la fin du championnat de D4 au printemps et le début de la saison suivante en D3, il avait clairement perdu de la vitesse. Sa touche de balle n’était plus aussi bonne.

MAURICE EVANS, entraîneur à Reading : Moi, je n’arrêtais pas de dire à Charlie : « Ecoute, va falloir le vendre. » Le public adorait toujours Robin mais pas ses coéquipiers. Les mecs se demandaient pourquoi il bénéficiait de passe-droits, comme de zapper l’entraînement pendant trois jours et de ne s’entraîner souvent que deux fois par semaine. Charlie faisait du mieux qu’il pouvait pour le gérer mais c’était très dur. Rapidement, Charlie est tombé d’accord avec moi pour le vendre, Robin se croyait alors vraiment tout permis.

DAVID DOWNS : Pas mal de gros clubs s’intéressaient à lui, dont QPR et West Ham [tous deux D1] mais sa personnalité les effrayait. Ils le considéraient ingérable.

Friday, blessé, est sorti en cours de jeu. Il est rentré aux vestiaires et en a profité pour chier dans la baignoire des adversaires.

REP, 28 octobre 1976

… Reading FC a annoncé le départ probable de la vedette locale, Robin Friday, meilleur buteur du club ces deux dernières saisons et élu deux fois Meilleur Joueur de Reading FC. Friday a évoqué son ambition d’évoluer à l’étage supérieur et Cardiff City, D2, serait intéressé.

REP, 9 novembre 1976

Mansfield 4 - Reading 0

… Piètre performance d’ensemble à l’occasion de ce match comptant pour la 16è journée de D3. Friday, totalement transparent, a été remplacé en cours de jeu. Ce n’est peut-être qu’une coïncidence mais lorsqu’il est sorti, une demi-douzaine de managers et d’émissaires ont quitté le stade.

DAVID DOWNS : L’entraîneur a dit ensuite avoir remplacé Friday en cours de jeu contre Mansfield car il était blessé. En tout cas, Robin a chié dans la baignoire des joueurs de Mansfield ce jour-là !

REP, 30 novembre 1976

… Charlie Hurley a déclaré : « On ne fait que parler du départ de Robin Friday dans les journaux car un tas de clubs seraient intéressés, mais depuis que je l’ai placé sur la liste des transferts, personne ne s’est manifesté. »

REP, 20 décembre 1976

Grimsby 2 - Reading 1

… Quatrième défaite d’affilée pour Reading, désormais 18è.

LIZA FRIDAY : Je me suis vite aperçue que ce n’était pas du tout l’homme à épouser car il était adulé par les supportrices. Quand l’équipe revenait d’un match à l’extérieur, j’allais attendre l’autocar au point d’arrivée mais Robin était toujours descendu avant. Il disait à ses coéquipiers : « Racontez ce que vous voulez à ma femme, je m’en fous. » Moi, je restais là comme une conne à me dire : « Putain, ce salaud s’est encore éclipsé. » Je crois qu’il allait traîner en boîte et je ne sais où.

CHARLIE HURLEY : C’est sûr que les responsabilités et lui, ça faisait deux. Quand on regarde sa carrière, on constate que c’est quand il était célibataire qu’il a brillé.

MAURICE EVANS : Juste avant Noël 1976, on jouait à l’extérieur et Jimmy Andrews, le manager de Cardiff City, est venu nous voir pour finaliser le transfert, pour 30 000 £. Robin a super bien joué ce jour-là. Après le match, Robin file direct au bar du club et Charlie Hurley, de peur que le transfert nous échappe, vient me voir et me dit : « Va surveiller Robin, fais surtout gaffe qu’il ne picole pas trop parce que tu le connais, tu lui laisses 10 minutes et ça lui suffit pour descendre six pintes et commencer ses conneries. » Je vais au bar, Robin venait d’arriver mais s’était déjà enfilé trois pintes et commençait à s’animer ! Sur ce, arrive Jimmy Andrews avec son chèque de 30 patates. Putain, là je lui ai mis une main ferme sur l’épaule pour l’éloigner le plus possible de l’énergumène.

CHARLIE HURLEY : Quand Cardiff a mis 30 000 £ sur la table [au lieu des 60 000 £ offerts la saison précédente, offre alors rejetée], j’ai dû convaincre les dirigeants que finalement, c’était une belle somme car Robin avait nettement régressé et changé, à tous les niveaux, qu’il était devenu ingérable, etc. Ils l’ont accepté et même si je me suis fait bien allumer par les supporters pour l’avoir transféré, je n’ai jamais révélé la vraie raison de son départ car je ne voulais pas le critiquer publiquement. A l’époque, je préférais encaisser les critiques et les laisser penser que j’étais un imbécile qui l’avait bradé pour 30 plaques.

LIZA FRIDAY : Robin n’a jamais voulu partir à Cardiff en fait. Trop loin de tout et la D2 ne l’intéressait pas, il voulait une D1. Mais Reading tenait absolument à s’en débarrasser. Cardiff se doutait que y’avait anguille sous roche car Reading l’a laissé filer pour moitié prix et sans difficulté mais les dirigeants de Cardiff, malgré leurs réserves, l’ont pris. C’était un peu un coup de poker de leur part.

C’est sûr qu’il était spécial. En déplacement dans l’autocar, il collait ses fesses ou ses bijoux de famille à la vitre de derrière, il balançait des bouteilles sur l’autoroute alors que le bus roulait et j’en passe.

REP, 30 décembre 1976

… Robin Friday devrait officiellement devenir joueur de Cardiff City aujourd’hui. Il est attendu à Cardiff dans la journée pour finaliser le contrat et pourrait débuter après-demain à domicile contre Fulham, qui devrait aligner George Best et Bobby Moore. Friday, qui a déclaré être ravi de rejoindre Cardiff City, a une bonne chance d’évoluer en Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe la saison prochaine car Cardiff City est favori pour remporter la Welsh Cup.

CHARLIE HURLEY : Avant son départ, il est venu me voir et m’a dit : « Je sais pourquoi vous m’avez vendu boss : je ne suis plus le même joueur qu’avant, c‘est ça, hein ? » Je lui ai répondu : « Tu sais Robin, dans la vie ce qui m’importe plus que tout, c’est ma famille, les amis, le football et l’honnêteté. Alors, pour en revenir à ta question, oui, c’est pour ça. Tu es l’ombre du joueur que tu étais la saison dernière mais je ne suis pas l’un de ces types heureux de voir que les évènements lui donnent raison. J’ai vraiment envie que tu réussisses à Cardiff. Tu possédes en toi des qualités uniques mais t’as aussi beaucoup de problèmes personnels. Tu n’es plus le joueur que tu étais l’an dernier et entre-temps, tu t’es marié. Et ça, c’est pas l’idéal, hein ? »

Robin signe à Cardiff City (D2), Noël 1976

Robin signe à Cardiff City (D2), Noël 1976

JIMMY ANDREWS, manager de Cardiff City : A chaque fois que je l’ai observé à Reading, il a excellé. C’était un joueur hors pair. Je n’arrivais pas à croire qu’on l’avait eu pour seulement 30 000 £. Je savais bien que sa personnalité était spéciale mais je m’en fichais, j’avais vu de quoi il était capable sur un terrain.

JOHN MURRAY, joueur de Reading : C’est sûr qu’il était spécial. En déplacement dans l’autocar, il collait ses fesses ou ses bijoux de famille à la vitre de derrière, il balançait des bouteilles sur l’autoroute alors que le bus roulait et j’en passe. Des fois, il était marrant mais d’autres, il était super dangereux.

RITCHIE MORGAN, coéquipier et capitaine à Cardiff : Je me rappelle bien ma première rencontre avec lui. Il était alors encore à Reading, nous [Cardiff City] revenions d’un match sur Londres et, à un feu rouge, notre bus s’arrête juste à côté du bus de Reading. Bon, ça se chambre pas mal mais ambiance bon enfant. Pis là, Robin saute du bus, monte à l’arrière d’un black cab (taxi londonien), descend la vitre, baisse son pantalon et tourne son cul dans notre direction. Là, le feu passe au vert, le taxi démarre, remonte le Mall [prestigieuse avenue londonienne qui donne sur Buckingham Palace] et on ne voyait plus que les fesses de Robin qui sortaient du taxi et faisaient des bonds à cause des vibrations. Je vous raconte pas comme ça se marrait dans les deux bus, on était tous pliés.

Jimmy Andrews n’eut pas à attendre longtemps pour découvrir les nombreuses facettes excentriques de la personnalité de Robin Friday. Le jour où il se pointa pour la première fois à Cardiff City, Friday débarqua du train à la gare de Cardiff avec seulement un ticket de quai, et fut verbalisé par la police des transports.

HARRY PARSONS, dirigeant de Cardiff : On nous avait dit qu’il jouait parfois l’arlésienne alors quand on ne l’a pas vu arriver à l’heure convenue, on s’est dit qu’il avait dû decider de ne pas se pointer ce jour-là. Pis là, on reçoit un coup de fil de la police nous informant qu’ils avaient dans leurs locaux un type disant être le nouveau buteur vedette de Cardiff City et nous demandant de venir le chercher.

PHIL DWYER,  joueur de Cardiff et détenteur du record d’apparitions du club : Je crois que pas mal de gars ont été choqués en le voyant débarquer pour son premier entraînement avec juste un t-shirt, un bas de survêt et un sac en plastique. Robin était un type qui faisait peur, meme à ses coéquipiers. A l’entraînement, on devait fréquemment lui dire de se calmer car il courait partout comme un dératé et faisait pas mal de rentre-dedans. C’était sa manière de montrer son extrême motivation, il avait la gagne. Avant les matchs surtout, il était toujours incroyablement motivé. Il avait un talent fou ce joueur et si quelqu’un avait pu canaliser son exubérante énergie dans la bonne direction, il aurait pu aller très, très loin.

RITCHIE MORGAN : Sur une dizaine de mètres, il allait vite. Il n’était pas super rapide mais une fois qu’il partait, dur de l’arrêter. Pour un attaquant, ce sont les 5 ou 6 premiers mètres qui comptent car ça peut suffire à éliminer un adversaire et sur ce point-là, Robin était similaire à George Best, super vif pour se créer une occasion. Il réfléchissait très vite sur le terrain et sa vision du jeu était exceptionnelle.

PAUL WENT, coéquipier et compagnon de chambrée de Robin Friday : On s’est tout de suite entendus, je l’adorais. On s’était déja rencontrés sur les terrains et il se souvenait bien d’un gros tampon que je lui avais mis un jour. D’ailleurs il m’a montré la cicatrice, souvenir de mon tacle en retard, ça nous a fait rigoler. C’était un gars très extraverti, une fois qu’il était parti, terminé, impossible de le raisonner. Sur le terrain, il pétait souvent un cable mais c’est dingue le nombre de coups qu’il se prenait, j’ai jamais vu un joueur se faire autant savater. Il en mettait aussi pas mal ! Même à l’entraînement, il cognait. Je me souviens d’une fois où Robin a pris un ballon perdu sur la tête, un coéquipier a vu ça et s’est marré. Robin a cru que ce joueur avait envoyé le ballon et l’a violemment frappé sur la tête, si bien que le gars a dû porter une minerve pendant deux semaines. Il pouvait péter un plomb hyper facilement.

Pendant son séjour à Cardiff, Friday logeait à l’hôtel et revenait à Londres régulièrement. Pour voyager gratuit, il frappait à la porte des WC du train en se faisant passer pour le contrôleur et récupérait ainsi le titre de transport. Ses débuts avec Cardiff City contre Fulham le 1er janvier 1977 furent tout aussi mémorables. Fulham et ses vedettes (dont Bobby Moore et George Best - ce dernier ne fut finalement pas aligné). Le match se joua à domicile et on enregistra la plus grosse affluence de la saison (20 368 spectateurs).

A suivre.

Dans la même série TK des grands tarés du foot british :
Lars Elstrup
Chic Charnley