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The Back Page, tout près de Saint James’ Park (SJP), est la librairie-boutique de football la plus fournie de la planète. C’est aussi le hang-out intello préféré d’Hatem Ben Arfa et de nombreux amateurs de foot du monde entier. C’est du Back Page qu’HBA a voulu lancer ce que les médias ont (erronément) appelé sa « contre-attaque », juste avant qu’Alan Pardew n’expédie l’artiste incompris à Hull City. Rencontre avec son boss atypique, Mick Edmondson, a man you don’t meet every day comme chantaient les Pogues.

Voir intro ici.

[Cliquez sur les photos pour les agrandir]


Mick, devant le temple.

Concours cadeau TK

Et on en profite pour organiser le troisième concours cadeau TK, la question est en bas d’interview, vous verrez, avec un peu d’imagination c’est jouable. Le plus près de la réponse remportera le cadeau. Joli p’tit lot à gagner : le kit du parfait supporter des Three Lions, idéal pour se faire agresser ou vandaliser sa voiture pendant l’Euro 2016 dans la joie et la bonne humeur, avec :

- 1 drapeau England 91 x 61 cms

- 2 drapeaux England 38 x 25 cms avec système hampe plastique conçu pour accrocher aux rétros extérieurs de votre voiture, ou à vos oreilles si bourré ou sans caisse

- 1 pin’s England et 1 pin’s ballon, tous deux luminescents avec, s’il vous plaît, effet clignotant à la con (enfin, le fabricant décrit ça ainsi : « with dramatic blinking effect »)

Le tout (état neuf, dans l’emballage d’origine) envoyé dans un sac du Back Page, la classe. Je n’ai pas acheté ça à Back Page hein, mais dans une Foir’Fouille anglaise en juin. Ce qui est génial avec les Three Lions, c’est que comme ils sont toujours éliminés rapidos, t’attends une semaine après le début du tournoi et tu peux avoir toute la panoplie officielle du parfait supp pour le prix d’une conserve de baked beans.

Si le vainqueur n’aime pas se faire agresser dans la joie et la bonne humeur ou qu’il supporte une autre nation britannique ou l’Irlande, on lui achetera un magazine de foot anglais de son choix ou un bouquin en rapport avec le foot anglais/britannique. S’il supporte Newcastle United, il aura droit à un cadeau exceptionnel : 2 magazines et 2 bouquins (tous sur Sunderland).

Interview, deuxième partie

Moi : Mick, venons-en à « l’affaire Ben Arfa » du début août puisque le Back Page en a été l’épicentre. Il a été abondamment dit et écrit qu’Hatem Ben Arfa a voulu y organiser une sorte « d’opération anti Newcastle United ». Les médias étrangers et français donc, qui se sont contentés de relayer leurs homologues anglais, ont parlé de « contre-attaque », « duel », « pied de nez », « bras de fer », « contre-soirée » etc. Bref, tout le lexique belliqueux du rapport de force y est passé et HBA s’est bien fait tailler. Ta version please.

Mick : Déjà, il est faux de dire ou écrire qu’Hatem Ben Arfa a voulu organiser quoi que ce soit pour se défendre. Que les choses soient claires : Hatem n’a jamais, jamais cherché à organiser une quelconque contre-attaque ou une dédidace en forme de « réglement de comptes » comme ça a été dit, écrit et commenté ad nauseam.

La vérité est que tout ça a été monté en épingle par les médias anglais et repris machinalement par tous les autres. Un malheureux concours de circonstance au niveau du timing respectif des deux parties [NUFC et HBA] a fait se téléscoper les choses et tout ça a vite tourné au cirque médiatique sans que ni moi ni Hatem ne puissions contrôler quoi que ce soit. Les médias en ont fait une affaire Ben Arfa vs Pardew mais ce n’est absolument pas ce qu’il s’est passé concernant sa venue ici. Il faut vraiment que les gens connaissent la vérité, je vais t’expliquer.

Ouais s’il te plaît car moi j’étais en vacances, totalement deconnecté de l’actu foot et ce n’est que bien après que j’ai lu quelques trucs et entendu les potins des échotiers locaux. Alors, que s’est-il réellement passé ?

Bon, reprenons depuis le départ. Comme Hatem adore cet endroit et qu’il vient de temps en temps, y’a quelques mois je demande à Bruno [Sevaistre, un proche d'HBA, voir 1ère partie] : « Est-ce qu’Hatem accepterait de venir ici pour rencontrer les supps, discuter avec eux, signer quelques autographes, etc. ? », comme on l’a déjà fait avec certains joueurs. Hatem dit OK, pas de problèmes. Donc, on arrange ce meet & greet pour juste avant le début de saison mais sans arrêter de date exacte car Bruno devait me recontacter le moment venu.

Début août, Bruno me confirme par téléphone que c’est bon, Hatem viendra. J’étais en vacances chez de la famille donc j’organise ça comme je peux. Je reviens le dimanche 10 août pour voir Newcastle-Real Sociedad à St James’ Park en amical et dans la soirée, on annonce sur notre site la venue d’Hatem. La saison reprenait le 16 août et fallait donc faire ce meet & greet avant le redémarrage Premier League et comme Bruno prenait l’avion pour la France le 13 août, notre seule date possible était le mardi 12 août, à 18 heures.

Dans le même temps, Newcastle United avait confirmé la tenue de l’Open day le 12 août [entraînement exceptionnellement ouvert aux supps, à SJP, le seul de l’année, rencontre avec les joueurs, etc.]. Coïncidence totale, je t’assure. D’une part, on n’avait que le 12 comme date possible, et d’autre part, on a d’abord arrêté la date avant de savoir quand exactement l’Open day se tiendrait. De toute manière, comme l’Open day finissait à 14 heures, Bruno me dit : « Hatem peut et veut faire les deux, l’Open day et ton Meet & greet en soirée, pas de soucis, on viendra, Hatem y tient. »

Mais le lendemain, le lundi 11, problème. Le club dit à Hatem : « Tu as décidé de rencontrer des supps le jour même de l’Open day du club et faire ta propre séance décidace, OK. Mais inutile de te pointer à l’Open day du club alors. »

Ah ouais carrément, le club a refusé qu’il vienne à l’Open day alors ?

[Vénère]. Oui, carrément, ils ont refusé, sans plus d’explication. Les médias ont déduit que comme Hatem avait été exclu de l’Open day, il avait décidé, par représailles disons, d’organiser sa contre-attaque sous la forme d’une séance dédicace/autographes. Dingue. C’était juste une coïncidence niveau dates mais il était parfaitement disposé à participer à l’Open day bien sûr, il voulait faire les deux.

Comme je te l’ai dit, je n’étais pas sur Newcastle mais je sais qu’il s’est dit dans les médias qu’Hatem comptait plus ou moins vider son sac pendant ce meet & greet ici même.

Oui, il s’est raconté ça mais ce n’est pas du tout, du tout ce qu’on comptait faire. On avait bien précisé sur notre site Internet qu’Hatem venait chez nous rencontrer les supps, discuter avec eux, sans cérémonie. Jamais dans notre esprit ou le sien il s’agissait de régler des comptes ou créer des problèmes.

Cette rencontre avec les supps a finalement été annulée. Ça n’aurait pas été possible de la maintenir et expliquer à tous ce qu’il s’était passé ?

Non, car entre-temps un cirque médiatique s’était créé et le jour J, un tas de journalistes se seraient pointés ici pour poser des questions à Hatem sur Pardew par exemple, ce qui n’était bien sûr pas du tout l’objet de sa venue ici. Bref, ça aurait été le bordel. Donc, on a dû annuler et mis un bref message sur notre site pour expliquer. Ensuite, les médias ont raconté tout un tas de trucs plus ou moins fantaisistes.

C’est vrai que dans ce genre d’affaire l’approximation règne et la course aux clics prime, au final on ne s’embarrasse pas de vérifications, même parfois parmi les médias dits « de qualité » les plus connus (broadsheets, selon le terme anglais consacré), je l’ai souvent constaté en Angleterre. Surtout quand le joueur en question a un problème d’image (le cas de Ben Arfa en France), les médias se disent parfois que bah, tout passera de toute manière alors pourquoi « s’emmerder » à perdre du temps à vérifier !

Oui, c’est dingue. Les médias racontent parfois vraiment n’importe quoi dans ce genre d’histoire. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et tu assistes impuissant à un emballement incontrôlable en te demandant d’où ils sortent tout ça.

Dans ce lien par exemple, le journaliste/pigiste/stagiaire écrit : « Hatem Ben Arfa a décidé de contre-attaquer […] le milieu international français a décidé d’organiser au même moment, dans une librairie toute proche des installations des Magpies, sa propre séance de dédicaces. » Alors que s’il avait vérifié rapidos sur le site du club (ici), il aurait vu que la séance de NUFC finissait à 14 h et non pas « au même moment » que celle du Back Page prévue pour 18 h, comme indiqué clairement sur votre site. Et donc que, ne serait-ce qu’au niveau timing, ça ne pouvait pas coller avec une soi-disante intention de nuire de la part d’Hatem Ben Arfa. Le problème est que ce site, pour ne prendre que celui-là, est très lu et largement repris. Sous cette brève, il y a par exemple 271 réactions, énorme pour un simple communiqué. Tout ça participe à l’instauration d’un climat particulier et fausse le débat à la longue. On cherche à faire le buzz coûte que coûte et au diable les faits quoi.

Oui, tout à fait, c’est un danger permanent. Dans notre affaire, un média comme Talksport par exemple [plus grosse radio sportive britannique] a brodé et raconté un peu n’importe quoi, qu’Hatem avait absolument cherché à faire sa propre séance dédicace, qu’il n’avait pas tenu ses engagements sur ce coup-là et laissé tomber, déçu les supps au final, etc.

Hatem t’a contacté depuis ?

Oui, 4 ou 5 fois. Il est même venu me voir ici le jour de l’annonce de son départ pour Hull City.

Evidemment, t’aurais préféré qu’il reste…

Bien sûr. Mais ce Pardew alors… [vénère]… Quand on pense que Pardew a prêté Mapou Yanga-Mbiwa à l’AS Rome ! Putain, Yanga-Mbiwa a récemment été élu « Défenseur du mois » en Italie ou Meilleur débutant en tout cas… L’autre soir, contre Man City, t’as vu hein, il a totalement muselé Aguero. Yanga-Mbiwa est un crack, l’AS Rome veut même le faire signer du coup, et Pardew, lui, il le prête ! C’est hallucinant.

Le problème est que beaucoup de vos joueurs ont été « Pardewed » comme disent vos supps [To be Pardewed = perdre ses qualités, devenir ordinaire, souvent à cause d’un mauvais positionnement ou d’une frilosité offensive], Pardew faisait par exemple jouer Yanga-Mbiwa arrière droit l’an dernier et la liste des mal-positionnés est longue…

Effectivement, elle est longue ! Quand on a payé 6m £ pour Yanga-Mbiwa, Pardew savait pourtant bien qu’il avait été Champion de France avec Montpellier en arrière central mais bon, va y comprendre quelque chose à Pardew…

On y reviendra sur Pardew et Mike Ashley plus tard mais changeons de sujet. Quels autres footballeurs ou sportifs connus viennent ou sont venus ici ?

Oh, beaucoup, des footballeurs de Newcastle United bien sûr, Bob Moncur est venu, quasiment toute l’équipe du sacre européen de 1969 en fait, Malcolm Macdonald est venu plein de fois, Alan Kennedy aussi [Magpie avant de devenir une Liverpool legend]. Parmi les plus récents, Philippe Albert venait souvent et vient toujours, on a eu Tino Asprilla, Shay Given… Dans l’équipe actuelle, Tim Krul est passé, Cheik Tioté aussi, pas mal de fois. Nile Ranger également… [sans ses flingues espérons]. Quelques commentateurs aussi, comme Martin Tyler [ex Sky].

Pour ce qui est des autres sports, parmi les plus connus on a eu Greg Rutherford, le Champion olympique 2012 du saut en longueur, on l’aide dans les recherches qu’il fait sur Jock Rutherford, son arrière grand-père qui a longtemps joué à Newcastle United et à Arsenal au début du siècle dernier. Egalement feu Alex Higgins, il venait à l’occasion [ancien champion du monde de snooker décédé en 2010 dans des conditions particulièrement tragiques, très connu au Royaume-Uni – en partie pour son lifestyle agité].

Quels événements organisez-vous au Back Page ?

Des lancements de livres, des dédidaces, des discussions, ce genre de chose. Ça permet à tous de rencontrer des gens intéressants et d’échanger. C’est ça aussi le Back Page.

Tu es également auteur d’ailleurs, n’est-ce pas ?

Oui, j’ai publié le livre Black & White Daft* sur la période NUFC 1979-1984. Il s’est correctement vendu, on en a écoulé 3 000 juste via Back Page et Amazon.

Je finis la suite actuellement, de 1984 à 1990, ça devrait sortir Noël prochain en principe. Le livre s’achèvera sur cette terrible demi-finale des play-offs (pour la montée en D1) contre Sunderland en mai 1990 [nda : match A/R mémorable, Sunderland l’emporta 2-0 à SJP au retour, les supps Mags n’apprécièrent pas et envahirent le terrain dans l’espoir de faire abandonner le match. Bande de mauvais joueurs. Peine perdue évidemment. Deux ans plus tard, l'arrivée de Kevin Keegan (manager) et, surtout, des moyens du duo John Hall-Freddy Shepherd, propulsera Newcastle United dans une dimension bien supérieure].

J’ai aussi dirigé le fanzine éponyme pendant quelques années mais on l’a arrêté début 2013**, pour se concentrer sur la boutique et le reste, car c’est très prenant.

[* bouquin intéressant qui contient beaucoup de coupures d'époque de la presse – sur la violence, le racisme, etc. –, de témoignages de supporters et de quelques historiens de club sur cette période sombre du football britannique. ** Bien malheureusement car B&WD était excellent].

Parlons de Newcastle et de la perception qu’ont ses fans de supporter « un grand club ». Une fois, t’as voulu m’impressionner en me disant que le maillot 1995-96 de NUFC [ci-dessous, ère des entertainers de Kevin Keegan] était le plus vendu au monde à l’époque.

Je t’avoue que j’ai toujours franchement du mal à y croire. T’as des preuves, des chiffres ?

Des preuves concrètes, des chiffres, non, mais c’est un fait : ce maillot était le plus vendu au monde à l’époque. Contacte Adidas si tu ne me crois pas. Je ne sais plus où j’ai lu ça mais c’est la stricte vérité.

[J’insiste car tout ça me paraît hautement suspect].

Ecoute, Adidas vendait même plus le maillot NUFC que celui de la Mannschaft à l’époque !

[Je deviens extrêmement sceptique, encore plus qu’en entendant Blair s'ériger en grand thuriféraire des valeurs de gauche ou Cameron nous parler d’égalité des chances… Je ne peux m’empêcher de lâcher un pouffement].

Cette équipe des Entertainers était certes superbe et a d’ailleurs bien failli remporter le titre mais de là à être aussi populaire mondialement, hmm. Je vivais dans le Yorkshire à l’époque et j’ai bien cette période en tête même si je ne suivais pas trop les clubs du North-East. [Je décide de faire dans la brachycérophilie] En fait, les gens aimaient surtout Keegan, Ginola, Asprilla et [Les] Ferdinand, plus que Newcastle United en tant que club…

Mais je t’assure que c’est vrai. Ça peut paraître dingue mais c’est la pure vérité. Tu sais, Newcastle United était le second club de tous les supporters du pays, à part bien sûr ceux de Man United [qui jouait le titre] et Sunderland. Honnêtement, je t’assure, Newcastle etait massive, à l’époque, en Angleterre tout le monde adorait Newcastle et portait la tunique noire et blanche, c’est un FAIT !

[Une vive discussion s’ensuit, sur ce dévastateur syndrome du massive club dont certains supps sont gravement atteints, phénomène fréquemment appelé « delusions of grandeur » en anglais. Putain, j’ai même dû endurer des supps de Middlesbrough l’autre jour me répéter que leur club était « massive ». C’est vrai qu’avec Hartlepool et Darlington comme voisins, je comprends que le sens des réalités des Smoggies soit totalement flingué].

Dans ton livre [sorti en 2009], qui traite de la période Newcastle 1979-84, tu écris ou quelqu’un d’autre écrit je ne sais plus [le livre contient beaucoup de témoignages de supps] : « Newcastle était alors l’un des clubs les plus connus et majeurs de l’époque. » Vu que vous étiez en D2 pendant toute cette période-là, vous n’avez pas l’impression de vous big up un chouia, non ?

Mais non, c’est un fait : Newcastle est l’un des plus grands clubs anglais de ces 120 dernières années en terme d’affluence et de fanbase au niveau international.

[Je fais une moue dubitative]

En Angleterre, surtout dans le Nord, dans des villes moyennes où il n’y a pas de club pro, le maillot le plus porté est celui de NUFC. Tiens, par exemple, avec ma famille on va souvent à Scarborough [station balnéaire de 50 000 habitants du Yorkshire, sans club pro depuis 15 ans] et ben je t’assure que le maillot de Newcastle United est celui qu’on voit le plus.

Je connais ce coin-là et j’ai pas remarqué que vous y étiez si populaire mais bon. [Je contre-attaque] Le fait est que vers 1989-92, avant l’argent de J. Hall & F. Shepherd, vous étiez vraiment un petit club, 20è de D2 en 1992, les gens l’ont oublié ça. Vous faisiez parfois à peine 6 000  spectateurs à SJP, comme contre Oldham en septembre 1989. 6 000, ça fait léger pour un « gros club » !

[Il me reprend de volée] Mais où t’as trouvé des chiffres pareils ?!!! 6 000 spectateurs en championnat, t’as lu ça où ?

Sur la fiche Wikipedia de votre saison 1989-90 (celle-ci), en D2 donc. Il est marqué que vous aviez fait 6 167 spectateurs à domicile contre Oldham. [Avec un peu de mauvaise foi, j’omets de préciser que c’était en Coupe de la Ligue, espérant qu’il ne relèvera pas mais Mick connaît TOUTES les affluences du club depuis des décennies]

[Vénère] Et ben c’est une connerie, ce n’était absolument pas en championnat et en plus SJP était en travaux à cette époque, j’étais à ce match d’ailleurs [Il assiste à tous les matchs à domicile depuis 32 ans]. Tiens, suis moi…

[Il m’emmène dans un bureau, bourré de docu sur Newcastle et me retrouve instantanément tous les programmes des matchs de NUFC pour la saison en question, programmes qu’il a en plusieurs exemplaires. Effectivement, c’est archi faux, leur plus petite affluence en championnat cette saison-là était d’environ 15 000. Mon bluff grossier a lamentablement foiré. Mick savoure son moment…]

[Touché mais pas out, je remets une cartouche] Ouais, enfin bon, vous étiez en D2 quoi, alors ces histoires de « grand club », je veux bien mais ça ne tient pas la route. Votre dernier trophée remonte à 1969 et votre dernier titre de champion d’Angleterre à 1927 !

Je vais te raconter un truc. On a des clients qui, quand ils vont en vacances au Portugal, en Espagne, à Ibiza, Majorque, Tenerife ou ailleurs, s’asseyent à la terrasse d’un bar par exemple et s’amusent à compter le nombre de maillots de clubs non espagnols qu’ils voient. Ben, beaucoup me disent que celui de Newcastle, toutes saisons confondues, est le plus porté.

Ils boivent quoi tes clients Mick ? Et avec ce soleil qui tape fort, ça arrange pas… Me dis pas que le maillot de Newcastle est plus porté à l’étranger que celui que de Man United, Liverpool ou Arsenal.

Si je te jure, tu feras l’expérience si tu veux, je te baratine pas. Peut-être que ces dernières années on a un peu baissé en popularité, mais on a toujours eu un énorme soutien à l’étranger et un gros rayonnement international.

Domestiquement, on a toujours été dans le top 3 en moyenne. Dès le début des années 1900, on avait parmi les plus grosses affluences. Je vais te dire, avant le crash de Munich 1958, on faisait plus que Man United, FACT ! De la création de la Football League (1888) au crash de Munich, Le grand Man United ne nous a battu que 13 saisons sur les affluences moyennes, 13 saisons seulement, sur environ 60.

Ecoute-moi bien, en 1946-47 et 1947-48, on était en D2 et malgré ça on avait les affluences les plus élevées de toute la Football League [qui incluait alors la D1], respectivement 49 379 et 56 839 de moyenne par saison, devant Man United et compagnie. FACT ! Et on était en D2 !!!

[Ma moue est telle que j’en ai des crampes aux muscles faciaux. Il me sort un livre – Through the turnstiles – bourrés de stats et tableaux comparatifs avec les autres clubs. Effectivement, il semble avoir raison. Ou alors il a fait imprimer une fausse version du bouquin rien que pour faire chier les visiteurs Black Cats. Je lui dis que je vérifierai tout ça dans ma doc personnelle mais j’accuse le coup et réponds que je note simplement qu’ils étaient en D2, comme souvent au cours de leur négligeable existence].

Félicitations en tout cas pour ta vitrine « Produits dérivés de club » Mick, tu as un beau p’tit coin Sunderland [2è en bas en partant de la gauche sur la photo, cliquez pour mieux admirer]. Mais t’aurais pu le mettre un peu plus haut hein, pourquoi il est au ras du sol comme ça ?

Et bien, s’il est au ras du sol, c’est que…

Question Concours cadeau : selon vous, comment Mick va-t-il expliquer l’emplacement ras du sol choisi pour le coin Sunderland ?

Kevin Quigagne.

A suivre.

The Back Page, tout près de Saint James’ Park, est la librairie-boutique de football la plus fournie de la planète. C’est aussi le hang-out intello préféré d’Hatem Ben Arfa et de nombreux amateurs de foot du monde entier. C’est du Back Page qu’HBA a voulu lancer ce que les médias ont (erronément) appelé sa « contre-attaque », juste avant qu’Alan Pardew n’expédie l’artiste incompris à Hull City. Rencontre avec son boss atypique, Mick Edmondson, a man you don’t meet every day comme chantaient les Pogues.


Mick, avec l’iconique maillot 1993-95 des Magpies (enfin, « iconique », c’est eux qui racontent ça)

(Avertissement. En tant que supp de Sunderland, j’ai dû faire preuve d’un minimum de bienveillance à l’égard de nos voisins de Newcastle United pour obtenir cette ITW. A partir de cet instant précis donc, je fais entrer TK dans une dimension totalement inconnue et mal maîtrisée : il se peut que j’écrive quelques vagues amabilités sur les Magpies. Si cela devait se produire, que nos lecteurs supps Black Cats ne lancent pas tous une fatwa contre moi).

Pour un Black Cat, le plus dur en poussant la porte du Back Page, véritable shrine (musée, lieu de culte) dédié aux Magpies, n’est pas tant la prolifération de maillots et articles NUFC en tout genre ou la propagande soft mais pesante (grand club, grands joueurs, massive ceci, massive cela). Non. Ce qui fait vraiment mal, c’est que la télé de la boutique, son à donf, passe en boucle des DVDs de NUFC avec une prédilection pour la victoire 5-1 sur Sunderland fin octobre 2010. Evidemment, les Gardiens du Temple, Mick et Dave (le bras droit du boss), se gardent bien de mettre les DVDs où on les rosse 3-0 ou 9-1 à SJP (OK, le 9-1 date un peu, ni radio ni télé à l’époque mais c’est pas une raison).

La souffrance est intense mais l’endroit est unique et son proprio fascinant, alors j’encaisse en silence. Malgré mon appartenance à la tribu ennemie et sa grosse charge de travail, Mick m’a accordé 90 minutes in situ. L’occasion de discuter bouquins, Newcastle United, HBA, Téléfoot, Pardew, hooliganisme, rivalités, Serge le Lama et autre.

[Cliquez sur les photos pour les agrandir]


Un calicot qui en jette.

Mick, qui es-tu ?

J’ai 48 ans, je suis Geordie [habitants de Newcastle et environs] et je supporte Newcastle United depuis toujours. J’ai ouvert le Back Page en novembre 2003. Je suis accro au foot et à United depuis tout petit et j’ai toujours rêvé de créer un endroit comme le Back Page. J’ai aussi joué au football à un honnête niveau dans ma jeunesse.

Je suis aussi DJ dans des pubs et boîtes de Newcastle le week-end, sous le pseudo Mad Mick DJ, ça fait 30 ans que je fais ça. C’est mon métier de départ et c’est d’ailleurs cela qui m’a permis d’ouvrir le Back Page, financièrement et au niveau de ma disponibilité. J’anime un show également, le Mad Mick Show avec des danseuses et tout, c’est au Beyond Bar dans le centre-ville, on s’éclate bien.

T’es trop modeste pour le dire mais je sais, par Dave [son adjoint] que tu as évolué à un excellent niveau à Newcastle United avec les U18, avant qu’une série de blessures ne t’oblige à raccrocher. T’as d’ailleurs joué avec Paul Gascoigne, avec lequel tu es resté ami, c’est bien ça ?

Oui, j’ai joué en Jeunes à Newcastle United de la fin des Seventies au début des Eighties. J’ai effectivement joué avec Paul Gascoigne et on a fait des essais ensemble dans trois clubs pros en tant que jeunes stagiaires, dont Ipswich Town un an après leur triomphe en C3 [1981], sous le grand Bobby Robson. On est ensuite restés amis avec Paul, on se voit toujours à l’occasion, comme Noël dernier mais il vit dans le Sud maintenant. Malheureusement, j’ai dû raccrocher les crampons assez tôt à cause de blessures aux jambes et aussi pour une autre raison : je refusais de jouer le samedi après-midi parce qu’il était hors de question pour moi de rater un match de Newcastle United !

Bel exemple de sacrifice pour son club. Quel est ton tout premier souvenir de Newcastle United ?

Quand on a gagné la Coupe des villes de foires en 1969, j’étais à l’aéroport pour accueillir les héros de retour de Hongrie, les Bob Moncur, Pop Robson, Wyn Davies & co. J’avais seulement 3 ans ½ mais je m’en souviens.

Ah oui, cette fameuse coupe que vous n’auriez jamais dû gagner puisque vous aviez fini 10è de D1 la saison précédente. Quelle bande de vernis alors* !

Attends, attends, on a rien volé hein, les règles sont les règles et on a été admis à la régulière !


30 mai 1969, devant St James’ Park, Newcastle United présente sa Coupe d’Europe des villes foireuses après sa victoire en matchs A/R sur l’obscur club d’Újpest Doza (y’avait que des tocards dans cette coupe en bois cette saison-là de toute manière, même les Glasgow Rangers ont atteint la demi-finale, c’est pour dire)

[*Je persiste et signe : ce sont de sacrés vernis. NUFC avait fini 10è en 1968 et n'était donc absolument pas qualifié pour la Inter-Cities Fairs Cup. Mais les Magpies eurent un coup de bol monstrueux : a) Man United finit 2è et aurait dû disputer la Fairs Cup mais fit la C1 car qualifié d'office en tant que Champion d'Europe sortant b) Everton, 5è, aurait aussi dû la jouer mais comme Liverpool, 3è, la disputait et qu'un seul club par ville était autorisé, pas de Toffees c) idem pour Tottenham et Arsenal, respectivement 7è et 8è et barrés par Chelsea, 6è, qui la disputa d) West Bromwich Albion, 9è, aurait dû donc prendre la place restante mais, en tant que vainqueur de la FA Cup 68, disputa la C2 et libéra ainsi une place. Par un hallucinant et insupportable concours de circonstance de cocu de sa race, Newcastle hérita donc de la dernière place en C3]

Ton premier match à St James’ Park, c’est quand ?

Le 28 août 1971, j’avais 5 ans, un souvenir extraordinaire, c’était Newcastle v Liverpool, et le premier match sous nos couleurs de Malcom Macdonald [NUFC legend], et bim, « Supermac » claque un hat-trick pour son baptème du feu à SJP, 3-2 pour Newcastle ! En plus, il est sorti sur civière avec deux dents cassées sur un choc avec Ray Clemence. Bref, il est d’emblée devenu un terrace hero de SJP.

1977-78 est ma première saison complète à domicile, celle où j’ai assisté à tous les matchs de championnat à SJP. J’ai un abonnement depuis ce temps-là et je n’ai raté qu’un seul match à domicile depuis 1977, contre Tottenham en 1997, manque de bol, j’étais témoin à un mariage. A partir de 1981, je n’ai quasiment rien raté à l’extérieur jusqu’à fin 2003 ou j’ai ouvert Back Page, ce qui a rendu tout déplacement impossible vu que Back Page est ouvert 7 jours/7.

Toute ma famille depuis mon grand-père et avant ont toujours supporté Newcastle. Ma mère, 84 ans, était encore abonnée jusqu’à récemment mais des problèmes de santé l’ont forcée à décrocher.

Tu organises aussi les déplacements de supps via le Back Page Travel Club, n’est-ce pas ?

Effectivement. Newcastle United ne s’occupe plus des déplacements maintenant car en fait, au fil des ans, on leur a piqué le business !

On est plusieurs comme ça à proposer nos services aux supps. Ici au Back Page, on organise les déplacements depuis 11 ans, j’ai rempli jusqu’à 28 bus pour des matchs à l’extérieur. Il faut être membre pour faire nos déplacements, mais l’adhésion à vie n’est que de 3 £. On a plus de 10 000 membres.

Présente-nous ta boutique si particulière s’il te plaît.

Back Page est situé dans le Chinatown de Newcastle, tout près de St James’ Park.

Une épouvantable pièce à ajouter au lourd dossier des terribles conditions de travail et de vie des travailleurs chinois : ceux de Newcastle doivent se cogner cette vue 24 h/24, 7 j./7, 365/365.

La spécialité du Back Page est le livre de sport, surtout de football, on a plus de 3 000 titres de foot différents en rayon. On vend aussi sur Amazon, via le Market Place, on est même souvent moins cher qu’eux et pour les bouquins rares ou difficiles à obtenir on les bat largement niveau prix.

Mais je vends de tout ici, ça va des produits dérivés classiques (DVDs, mugs, pin’s, t-shirts, etc.) aux maillots vintage rares, en passant par des souvenirs personnels d’une certaine valeur, des photos dédicacées ou des ballons signés par des joueurs (football memorabilia), tout ce qui a rapport au football en fait. On fait environ 90 % de football car à Newcastle c’est surtout le foot, c’est une véritable religion ici. Mais c’est aussi une question de place car on est un peu à l’étroit par rapport à notre gros stock donc je privilégie le foot pour l’instant. Quand on (ré)ouvrira le sous-sol, je diversifierai davantage vers les autres sports.

Ça ne se voit pas sur ma photo, mais le ballon de York City (à droite) vaut plus que le Newcastle United. La honte.

Tu comptes t’agrandir en partie pour accommoder ton extraordinaire collection de programmes de match, n’est-ce pas ?

Oui, j’en ai plus de 200 000. On m’en donne ou vend, j’en ai récupéré beaucoup chez des collectionneurs, dans des foires et salons spécialisés, un peu partout. Au fil des décennies, j’ai amassé ce qui doit être la plus vaste collection de programmes de match au monde.

Au premier étage, on propose uniquement les programmes des matchs de Newcastle depuis des décennies, je sais pas exactement combien on en a mais c’est en milliers. La grande majorité de mes 200 000 programmes sont toutefois conservés au sous-sol dans une salle encore fermée au public mais qu’on espère ouvrir bientôt. On compte réorganiser le sous-sol pour justement l’intégrer au magasin et vendre nos programmes mais cela va prendre du temps [nda : j’ai eu la chance de voir et parcourir cette incroyable collection au sous-sol et c’est impressionnant, il y en a absolument partout, des dizaines de bacs, cartons et étagères remplis de programmes. Le genre d'endroit où, si t’amènes ton matelas et une glacière bien remplie, tu passes un week-end de rêve]. Faut tout refaire et aussi installer la télésurveillance car y’a quelques années, quand cette salle faisait partie du magasin, on a subi de la fauche, dont un maillot à 800 £.

Une fois que tous ces programmes du sous-sol seront référencés, étiquetés, évalués et soigneusement présentés dans des bacs spéciaux, on les mettra en vente. Mais c’est un travail considérable comme tu peux l’imaginer, surtout niveau évaluation car ça exige beaucoup de recherche, faut contacter des spécialistes, etc. Et s’agit pas de se planter : la valeur d’un  programme de match varie énormément, de quelques pence à des centaines de £, voire bien plus.

Le Back Page est un endroit très civilisé : il y a même une section Sunderland, non vandalisée lors de ma visite. Pas de doute, nous sommes chez des connaisseurs.

T’as reçu pas mal de médias étrangers depuis quelques années, dont des Français. Je sais que Téléfoot par exemple a rappliqué quand Cabaye a signé à Newcastle. Il est sympa Christian Jean-Pierre en vrai ?

Christian who? [J’explique]. Non, ça me dit rien… Oui, TF1 est venu ici et pas mal d’autres télés du monde entier ces dernières années, allemandes, néerlandaises, scandinaves, etc. En 2012, pour les Jeux Olympiques [football à SJP], on a eu des TV brésiliennes, elles ont débarqué sans trop prévenir avec leurs grosses caméras et toute l’équipe de foot ! Les mecs n’en revenaient pas de découvrir notre boutique.

Y’a quelques années, les mecs de Sky Sports TV étaient souvent fourrés ici, moins aujourd’hui. Pas forcément pour filmer ou autre mais ils adoraient le Back Page et aimaient venir discuter. C’est aussi un rendez-vous de passionnés d’horizons divers. Tu vois par exemple là, en une demi-heure, on a eu 4 ou 5 nationalités en boutique et on a discuté, échangé, plaisanté [nda : souvent aux dépens de Sunderland…]. C’est cosmopolite et enrichissant, c’est tout à fait le genre d’endroit que je voulais créer au départ. [nda : un repaire anti-Sunderland donc]


Une partie de la boutique.

Ouais, j’y reviendrai, j’ai même repéré un Milanais louche qui voulait acheter un T-shirt pas sympa sur Sunderland… Mais parlons d’abord d’Hatem Ben Arfa, un client régulier du Back Page, vous avez d’ailleurs des photos de lui en visite ici sur vos murs. Il vient souvent ? Il vous achète quoi, des poupées Pardew pour y planter des aiguilles ?

[Il se marre] Il est venu plusieurs fois oui. Tu sais, j’ai pas mal discuté avec lui et je te jure, jamais je n’ai entendu Hatem dire un mot de travers sur Alan Pardew, jamais.

Hatem est un gars adorable, super sympa, il vient ici et il écarquille de grands yeux comme un gamin qui découvrirait un magasin de jouets. Il est très curieux, il me pose un tas de questions sur Newcastle United, l’histoire du club, le stade, les supporters, tout. Il regarde les vieilles photos, nos objets, etc. Hatem est vraiment un gars en or et il a Newcastle United dans la peau. Malheureusement, l’anglais d’Hatem est un peu juste alors c’est Bruno qui fait l’interprète. Ça me flingue qu’on l’ait prêté à Hull.

Bruno ?

Oui, c’est un proche d’Hatem, il le connaît depuis l’âge de 12 ans et est souvent avec lui. Il est réalisateur, il a fait un gros docu sur lui et d’autres jeunes joueurs en préformation [nda : s’agit de Bruno Sevaistre. Les 16 volets de sa série A la Clairefontaine – sur la Promotion 86 – sont sur youtube, voici le premier, sympa à regarder].

Venons-en à « l’affaire Ben Arfa » du début août puisque le Back Page en a été l’épicentre. Il a été abondamment dit et écrit qu’Hatem Ben Arfa a voulu organiser ici même une sorte « d’opération anti Newcastle United ». Les médias étrangers et français donc, qui se sont contentés de relayer leurs homologues anglais, ont parlé de « contre-attaque », « duel », « pied de nez », « bras de fer », « contre-soirée » etc. Bref, tout le lexique belliqueux du rapport de force y est passé et HBA s’est fait tailler. Ta version please.

Déjà, il est faux de dire ou écrire qu’Hatem Ben Arfa a voulu organiser quoi que ce soit pour se défendre. Que les choses soient claires : Hatem n’a jamais, jamais cherché à organiser une quelconque contre-attaque ou une dédidace en forme de « réglement de comptes » comme ça a été dit, écrit et commenté ad nauseam.

La vérité est que tout ça a été monté en épingle par les médias anglais et repris machinalement par tous les autres. Un malheureux concours de circonstance au niveau du timing respectif des deux parties [NUFC et HBA] a fait se téléscoper les choses et tout ça a vite tourné au cirque médiatique sans que ni moi ni Hatem ne puissions contrôler quoi que ce soit. Les médias en ont fait une affaire Ben Arfa vs Pardew mais ce n’est absolument pas ce qu’il s’est passé concernant sa venue ici. Il faut vraiment que les gens connaissent la vérité, je vais t’expliquer.

Ouais s’il te plaît car moi j’étais en vacances, totalement deconnecté de l’actu foot et ce n’est que bien après que j’ai lu quelques trucs et entendu les potins des échotiers locaux. Alors, que s’est-il réellement passé ?

Bon, reprenons depuis le début…

A suivre.

Kevin Quigagne.

Il y a cent ans, le jeune manager anglais Fred Pentland débutait un périple européen qui durerait plus de vingt ans. Une aventure qui débouchera sur un évènement aussi sensationnel que majeur : l’apparition du tiki-taka en Espagne.

Les Britanniques ne se sont pas contentés de codifier les règles du football et taper les premiers dans le cuir, il s’en faut. Ils ont aussi largement contribué à sa dissémination et son essor de par le monde, tels d’infatigables missionnaires du ballon rond. Ironique rictus de l’histoire : alors que les clubs et leurs dirigeants imposaient autocratiquement le kick and rush dans la Perfide Albion, bon nombre de sujets de sa Majesté enseignaient au reste de la planète un tout autre modèle, universellement considéré aujourd’hui comme plus élégant, plus efficace et, non sans une pointe de condescendance, plus noble.

Souvent marginalisés ou rejetés au pays pour leurs idées trop audacieuses ou avant-gardistes, beaucoup de ces voyageurs visionnaires devinrent très convoités à l’étranger. Parmi les grands pionniers, Fred Pentland, un gentleman excentrique qui fumait le puro (type de cigare) pendant les entraînements en portant costard-cravate par des chaleurs étouffantes. Mais Pentland, c’est surtout celui qui inculqua patiemment aux Espagnols les principes et vertus du beau jeu.

Golgoths versus Esthètes

En schématisant (car la réalité est évidemment plus nuancée), on pourrait résumer l’histoire stylistique du football sur son premier siècle d’existence - approximativement de 1860 à 1960 - à l’opposition entre deux grands courants : le jeu rudimentaire et physique vs celui basé sur la créativité et technique. En Angleterre, une fois réussie la greffe du passing game écossais sur le football anglais au cours des années 1870 (avatar qui le délesta de ses dernières traces rubgystiques - voir mon dossier là-dessus), on privilégia la physicality et ce que beaucoup ont appelé pudiquement direct football. Les raisons de cette orientation tiennent principalement à l’origine historique et sociale du sport au Royaume-Uni, ainsi que peut-être également au climat (les terrains lourds favorisant le kick and rush), bien que ce dernier point parfois avancé par les historiens du football soit moins convaincant, pour diverses raisons.

Pendant plus d’un siècle, le long-ball game, route one football ou hoofball (autres surnoms du kick and rush, terme inventé dans les années 1950) régnèrent quasi hégémoniquement en Angleterre. Indépendamment des tactiques et dispositifs utilisés (principalement le 2-3-5 avant le crucial changement de la règle du hors-jeu en 1925, qui accoucha du WM, un 3-2-2-3 révolutionnaire), la grande majorité des managers anglais optèrent donc pour une approche robuste et sans fioritures. Puis, l’influence des coupes d’Europe d’abord, à partir de 1955 (ajoutée à la multiplication des rencontres internationales), ainsi qu’une lente pollinisation croisée et hybridation entre les deux « blocs », changeront quelque peu la donne et brouilleront les cartes. Pour autant, nombre d’entraîneurs britanniques ne furent jamais convaincus par cette soi-disante supériorité du physique. Dès le début du XXè siècle, leurs voix dissonantes s’élevèrent mais ils furent soit ignorés et absorbés par le système soit poussés à l’exil. Fred Pentland fut l’un de ces « dissidents » qui dut aller prêcher sa bonne parole à l’étranger [1].

Exil forcé

Après une honnête carrière d’attaquant/ailier de D1 de 1903 à 1913 (principalement à Blackburn Rovers et Middlesbrough - 5 capes anglaises) écourtée par une blessure au genou, Pentland se sent l’âme d’un manager. A Boro, il a évolué aux côtés de l’extraordinairement prolifique avant-centre Steve Bloomer (deuxième meilleur buteur de l’histoire de l’élite anglaise - 317 buts -, derrière Jimmy Greaves et devant Thierry Henry) un personnage qui comptera dans le développement du football à l’étranger, en particulier en Espagne.
Fin avril 1914, à 40 ans, Bloomer raccroche les crampons et conseille à Pentland de le suivre en Allemagne où, pense-t-il, leur vision du football, tout en jeu court et en mouvement, rencontrera plus de succès qu’en Angleterre où la grande majorité des dirigeants et directoires de clubs (omnipotents, jusqu’à sélectionner eux-mêmes les joueurs) ne jurent que par un kick and rush rigide. Les Européens s’initient alors au football et les Britanniques, qui le pratiquent déjà assidûment depuis un demi-siècle, sont vus comme les principaux détenteurs et diffuseurs du savoir.

En juillet 1914, Bloomer se fait embaucher par le Britannia Berlin 92 (aujourd’hui le Berliner SV1892, club amateur) et Pentland prend en charge l’équipe d’Allemagne Olympique.
Las, la guerre éclate deux mois plus tard et Pentland est envoyé dans le camp de prisonniers civils de Ruhleben près de Berlin, où il retrouve Bloomer ainsi que de nombreux autres footballeurs britanniques. Il y restera quatre ans et partagera son temps entre le coaching sportif de militaires allemands et l’organisation d’un championnat interne de football. La guerre terminée, il est nommé entraîneur de l’équipe de France Olympique - ci-dessous - qui se prépare pour les J.O 1920 d’Anvers (elle sera éliminée en demi-finale par la Tchécoslovaquie).

Espagne, terre d’accueil

Peu après, Pentland reprend son baton de pélerin, direction l’Espagne. A l’époque, il n’est guère de terres potentiellement réceptives au football laissées en friche par les Britanniques. Pour beaucoup de ces pays et territoires, la démarche ne relevait pas d’un quelconque prosélytisme ou d’une « évangilisation » footballistique planifiée mais simplement d’un processus naturel, une inévitabilité due à une forte présence planétaire britannique. Dans les pays que ces derniers n’exploitaient pas directement (au propre comme au figuré) dans le cadre de leur vaste Empire, cette population britannique, sédentaire ou itinérante (parfois militaire), transmettait son savoir-faire dans d’innombrables domaines (commerce, industrie, ingénierie, mines, sidérurgie, chemins de fer/transports, chantiers navals, import-export, textile, agriculture, banque/finance, presse/publicité, assainissement, administration, diplomatie, etc.).

Parfois, ce furent des autochtones anglophiles ou des tournées de clubs britanniques qui contribuèrent à accélérer un engouement naissant (e.g le fameux club londonien Corinthian FC en Afrique du Sud en 1897, Swindon Town en Argentine-Uruguay en 1912 ou Chelsea et Exeter City au Brésil en 1914 [2]). Un exemple plutôt inattendu de ce quadrillage serré du terrain planétaire est l’Amérique du Sud : rien que dans la région de Buenos-Aires à la fin du XIXè siècle, on estime la diaspora britannique (Irlande incluse, puisque intégrée au Royaume-Uni) ou d’origine britannique (descendants d’expatriés/colons) à environ 60 000 âmes.

Sur le continent européen, et notamment l’Espagne, ce sont surtout les relations commerciales et industrielles avec le Royaume-Uni qui sont à l’origine du développement du football. Les cités portuaires espagnoles situées sur la façade Atlantique [3] seront parmi les premières bénéficiaires de cet essor (à l’instar du Havre AC en France), notamment celles où l’industrie navale, la mine et/ou la sidérurgie dominent.

nos amis du Moustache Football Club).

Le Havre AC, doyen des clubs français et fondé par des Anglais. En gros donc, Vikash Dhorasoo, c’est la faute aux Rosbifs (crédit photo : nos amis du Moustache Football Club).

C’est dans ce contexte riche en brassage humain, en échanges et opportunités de toutes sortes que Fred Pentland arrive au Racing de Santander en 1920.

Du kick and rush espagnol au tiki-taka anglais

Le Racing est un club en plein développement et Pentland s’y taille immédiatement une belle réputation. Il attire vite la convoitise d’un gros morceau : le voisin de l’Athletic Club (Athletic Bilbao), déjà huit fois vainqueur de la Coupe du Roi (le championnat national de la Liga n’existe pas encore - créé en 1928 - mais la Copa del Rey a démarré en 1903). Preuve de la forte popularité des entraîneurs brito-irlandais : Pentland est remplacé au Racing Santander par le Dublinois Patrick O’Connell, un ex Red Devil qui dirigera Los Racinguistas pendant sept ans puis d’autres clubs espagnols (dont le Barça) jusqu’en 1949.

Le nouveau club de Pentland a été co-fondé en 1898 par des étudiants espagnols anglophiles aidés d’ouvriers navals et gueules noires britanniques (principalement originaires de Sunderland et de Southampton/Portsmouth, d’où le maillot rouge et blanc). L’Athletic a essentiellement été managé par des Anglais (adeptes du kick and rush) depuis sa fondation, dont Billy Barnes, un ancien attaquant de QPR temporairement exilé en Espagne en 1914 pour échapper à la Grande Guerre (il donnera à l’Athletic trois Coupes du Roi). Le football espagnol se professionnalise doucement et l’Athletic offre à Pentland un confortable salaire mensuel de 1 500 pesetas assorti de primes.

C’est chez Los Leones que Pentland va gagner ses galons de grand entraîneur. Décrit par Wikipedia comme ayant « révolutionné le football alors pratiqué par l’Athletic », celui que l’on surnomme désormais El Bombín (l’homme au chapeau melon) fait en effet découvrir à ses protégés un football patient mais vif, basé sur la conservation du ballon, les passes courtes et les enchaînements rapides.
En fait, un tel jeu avait déjà été pratiqué par l’Athletic avant Barnes mais trop sporadiquement pour imprégner le club d’une quelconque « philosophie » de jeu. Pentland tient à former des joueurs complets, polyvalents et à l’aise balle au pied. Il a notamment évolué trois saisons à Blackburn Rovers où le même style de jeu était prisé et il s’en inspire (pour comprendre pourquoi Blackburn, voir article TK - en particulier la footnote [5] - sur les débuts du football anglais et l’influence écossaise, surtout dans le nord de l’Angleterre). Il professionnalise l’équipe, innove et pendant les entraînements qu’il a modernisés et rendus quasi quotidiens, Pentland martèle ses mantras : circulation et maîtrise du ballon, possession, occupation de l’espace, fighting spirit et discipline.

Son jeu posé, conquérant, s’appuyant également sur une présence physique solide, contraste avec les standards ibères existants. Jusqu’ici, le style péninsulaire se caractérisait fortement par son aspect direct, surnommé par les autochtones The English Way ou le « 1-2-3 » (trois passes maximum du gardien à l’attaquant). Fait a priori étonnant mais génétiquement logique : ce modus operandi avait été transmis par des immigrés Britanniques ou rapporté du Royaume-Uni par des Espagnols/Portugais.

Pentland vient tout bonnement d’exporter avec succès l’ancêtre du tiki-taka sur le sol espagnol. Cette rupture avec un passé encore tout frais est un moment séminal dans l’évolution du football ibérique et le séduisant template préconisé par l’Anglais sera vite copié et reproduit ad infinitum dans toute la péninsule.
En 1923, Pentland remporte la Copa del Rey avec l’Athletic. Les joueurs adoptent alors une coutume étrange : à chaque victoire significative, ils lui chipent son chapeau melon et le piétinent. El Bombín en commande alors une vingtaine par saison… La même année, Steve Bloomer, celui qui lui avait conseillé de partir en Allemagne neuf ans plus tôt, le rejoint au Pays Basque pour y coacher le Real Unión Club de Irún, l’un des dix clubs fondateurs de la Liga en 1928-29. Bloomer remportera la Copa del Rey 1924 avec les Txuri-beltz, battant le Real Madrid 1-0 en finale.

Succès sportif phénoménal

En 1925, après deux saisons blanches et des envies d’ailleurs, Pentland signe pour l’Atlético Madrid (alors appelé Athletic Madrid, info ici sur ses liens forts avec l’Athletic Bilbao), un club ambitieux qui vient de se faire construire un stade de 36 000 places. Les Colchoneros atteignent la finale de Coupe du Roi en 1926 mais Pentland a la bougeotte et file à Oviedo l’année suivante, avant de revenir chez à l’Atlético en 1927 pour y remporter le championnat régional du Campeonato del Centro. Au printemps 1929, à la demande du sélectionneur espagnol, il fait même une pige comme entraîneur-adjoint de la Roja le temps d’un match et en profite pour battre l’Angleterre 4-3 le 15 mai 1929 à Madrid devant 45 000 spectateurs, la première défaite de ses compatriotes contre une sélection non britannique. Sa cote est au zénith et il retourne à l’Athletic Bilbao.

Le retour du fils prodige va s’avérer extrêmement fructueux : doublé Liga-Copa del Rey en 1930 et 1931. Le 8 février 1931, l’Athletic inflige au Barça la plus lourde défaite de son histoire : 12-1.

Les titres 1932 et 1933 échappent de peu aux Basques (2è derrière le Real Madrid) mais pas la Coupe du Roi ces deux saisons-là. En 1933, Pentland repart à l’Atlético Madrid. Il y reste deux saisons avant que la guerre civile ne l’oblige à rentrer en Angleterre, où il pige comme entraîneur-adjoint de Brentford (D1) en 1936 avant d’aller manager un petit club du Nord-Ouest de janvier 1938 à l’orée de la Seconde Guerre Mondiale. Entre-temps, l’Athletic a continué sur sa lancée et remporté les titres 1934 et 1936 (ce dernier sous la houlette de l’Anglais William Garbutt, surnommé « The Father of Italian football » par l’auteur Paul Edgerton).

Le 8 décembre 1959, le presque octogénaire Pentland foule la pelouse d’un San Mamés archicomble pour donner le coup d’envoi d’un Athletic-Chelsea donné en son honneur (photo ci-dessus). L’Athletic l’a invité pour lui remettre une haute distinction locale. Une reconnaissance on ne peut plus méritée : les Rojiblancos ont remporté douze trophées sous Pentland. A son décès, le 16 mars 1962, un service religieux en sa mémoire sera célébré dans la « cathédrale » San Mamés.

Méconnu et largement oublié en Angleterre, Pentland est considéré au Pays Basque comme le réel fondateur de l’Athletic, celui qui lui donna ses lettres de noblesse et lui permit de rivaliser longtemps avec les grands. A ce titre et d’autres, on se remémore souvent ce gentleman en lui réservant une place de choix dans la mémoire et l’iconographie footballistiques basques. Idem pour l’Espagne, heureuse héritière de sa formidable legacy qui perdure aujourd’hui, avec la vigueur et le succès que l’on sait. Pour sûrement encore longtemps.

Kevin Quigagne.

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[1] Notons toutefois qu’une proportion de ces exilés ne connaissaient que le kick and rush ou ne juraient que par lui et c’est ce style qu’ils enseignèrent aux étrangers, qui l’adaptèrent aux données locales (morphologie et mentalité de la population, climat, etc.) ou, le plus souvent, le firent considérablement évoluer.

Cette vague d’émigration d’entraîneurs britanniques contient une dimension « alimentaire » quasiment jamais mentionnée (est-elle considérée comme insuffisamment noble ?) mais indéniable. Dès la professionalisation (1885) et le lancement de la Football League (1888), le football devint extrêmement populaire en Angleterre, tant au niveau spectateurs que pratiquants. Naturellement, nombre d’ex joueurs pros souhaitèrent ensuite entraîner ou rester dans le milieu. Or, jusqu’en 1921, seules deux divisions professionnelles existaient, D1 et D2 (une grosse trentaine de clubs), ce qui limitait considérablement les débouchés. Cette implacable réalité incita nombre d’entre eux à tenter leur chance ailleurs, au moment où ce sport se développait considérablement et se professionnalisait à travers le monde.
Il en fut de même pour les travailleurs britanniques ; souvent, ils s’expatriaient pour gagner bien davantage (en particulier dans la construction des chemins de fer où les ouvriers/contremaîtres pouvaient doubler, voire tripler, leur salaire britannique) et/ou échapper au chômage (e.g crise des années 1930).

[2] Ce sont en fait des centaines de déplacements/tournées à travers le monde que des dizaines de clubs britanniques amateurs ou professionnels effectuèrent entre les années 1890 et 1930, souvent sur invitation et pour répondre à une très forte demande, surtout après la première guerre mondiale (liste non exhaustive ici). Ces tournées étaient parfois épiques (2 mois ½ A/R de bateau entre l’Europe et l’Amsud) et même déterminantes. Hormis celles citées dans l’article, certaines sont restées célèbres, tel Exeter City au Brésil l’été 1914 ; la Seleção disputa même son tout premier match contre les Grecians en juillet 1914, un mois après la création de la fédération brésilienne, largement imputable à Charles Miller, considéré comme le père du football brésilien (profitons-en pour mentionner également l’influence de Tom Donohue et d’Oscar Cox dans la naissance du foot au Brésil).

[3] Mais pas que sur la façade Atlantique, e.g le Recreatico de Huelva en Andalousie, originellement Huelva Recreation Club (aujourd’hui en D2), plus vieux club espagnol encore en activité - feu le Rio Tinto FC, créé par des Britanniques, le précéda de onze ans -, fondé en décembre 1889 par Alexander Mackay et Robert Russell Ross, deux médecins écossais de la mine de cuivre du Rio Tinto, propriété britannique (l’industriel allemand Wilhelm Sundheim participa activement également à cette création). En bons notables victoriens (voir article TK, notamment le passage sur la Muscular Christianity, sous l’intertitre « Un curé et un franc-maçon pour donner le coup d’envoi »), ces deux Britanniques se souciaient de la condition physique de leurs prochains et mirent les ouvriers au football/sport. Un mois plus tard, des Britanniques fondèrent Sevilla FC (ici), le premier club spécifiquement créé pour la pratique du foot. Histoire d’éviter les sempiternelles chicaneries de dates entre pionniers (cf Notts County et Stoke City en Angleterre), précisons que le club omnisport du Gimnàstic de Tarragona fut fondé en 1886 mais n’assembla sa première équipe officielle de foot qu’en 1910.

Cher Danny,

Je ne me remets pas de ton départ. Il m’attriste profondément et bouscule mes certitudes. Il est devenu le facteur déclenchant de mes récentes inquiétudes. Celles, notamment, de devoir supporter un club banal. Il y avait eu le limogeage de David, en avril dernier, mais je refusais d’y voir un signe avant-coureur. Je me disais que c’était un cas isolé, un faux-pas sans conséquence. Je me trompais.

Je suis d’autant plus attristé que je comprends les raisons qui t’ont poussé à partir. Tu te baladais tranquillement dans les couloirs de l’hôtel Overlook, Danny, on t’a vu grandir et progresser. Et soudain, cette année, deux frères jumeaux font face à toi et t’obligent à t’arrêter : Angel et Radamel. Ils te regardent en souriant. Tu as peur. Tu ne peux pas reculer. Mais tu ne peux plus attendre. Il y a d’autres enjeux. L’amour de ton club a des limites. Alors, tu fuis par une porte dérobée. Chambre 263. Celle d’Arsenal. Mieux que rien. Tu prétends avoir toujours regardé les Gunners à la télévision avec intérêt. Personne n’y croit, mais qu’importe. A Londres, on te fait confiance.

A Manchester, Alex a toujours compté sur toi. Il connaissait ton potentiel, il t’a couvé, chéri et a patiemment attendu ton éclosion. Si l’on s’en réfère aux standards actuels, elle est venue tardivement, mais c’est la force de Manchester United : former les jeunes, les prêter, les protéger, les faire jouer progressivement, et ne cesser de croire en eux. Au club depuis une quinzaine d’années, tu symbolisais toute la qualité de la formation mancunienne.

Je ne veux pas voir revenir Alex ; je souhaite seulement que les valeurs du club, dont il a hérité et qu’il a renforcées, soient perpétuées. Ton départ ne laisse rien augurer de bon dans ce sens, Danny. Le club est parmi les plus riches de la planète, et tend à le rester. Une deuxième année sans Coupe d’Europe serait vécue comme une catastrophe. Pléthore de pseudo-supporters se tourneraient alors vers des gagnants, le voisin City ou l’honni Chelsea. Les ventes de maillots dégringoleraient et, horreur !, le cours plongerait en Bourse. Pour anticiper, l’équipe dirigeante actuelle s’est mise en tête d’acheter des joueurs à prix d’or, dont le recrutement ne se justifie pas toujours sportivement et dont l’arrivée surprend en cette année de transition. Tout cela ne me dit rien qui vaille. Et le surnom de Van Gaalacticos, encore moins. Nous ne sommes pas une somme d’individualités, nous sommes censés être un collectif.

Tu sais, Danny, il y a encore peu de temps, supporter une équipe étrangère était mal perçu, en France. On t’accusait d’opportuniste ou de traître à la patrie. Les contempteurs ne comprenaient pas mon choix ; or, ce n’en est pas un. Ça m’est tombé dessus, sans que je me l’explique de manière rationnelle et datée. Sans doute ma passion pour Manchester United est-elle née au fil des images vues à la télévision et a-t-elle évoluée au gré des années et des joueurs qui ont arboré le diable rouge sur leur poitrine. Au fond de moi, et un peu bêtement, je préfère Cristiano Ronaldo à Messi, Veron à Riquelme, Van Nistelrooy à Inzaghi, et même Prunier à Thuram.

Je suis bien conscient que cette passion produit des sentiments très ambigus, et que ces griefs adressés aux nouveaux visages de mon équipe ne résisteront pas longtemps aux résultats positifs futurs. Mais toi, tu resteras à part, Danny. Bien qu’ils en retrouveront très vite, les gens qui t’ont poussé dehors ont perdu du crédit à mes yeux. Et je tâcherai de ne pas l’oublier.

Bonne route et à bientôt,

Matthew

Samedi 27 septembre, Hartlepool United accueillait Portsmouth pour le compte de la 10è journée de D4. J’y étais.

La semaine dernière, j’étais machinalement parti pour voir mon club, Sunderland, recevoir Swansea au Stadium of Light samedi aprèm. Pis je me suis dit qu’au lieu de me cogner une énième purge Black Cat et être morose tout l’après-midi, autant assister à un p’tit match sympa dans un p’tit club de mon coin, histoire de faire ma B.A pour le foot grassroots et voir de près comment les gueux vivent par la même occasion.

Alors, que je vous explique, dans un rayon de 60 kms autour de chez moi, comme petit club pittoresque t’as : a) Darlington – option vite abandonnée car vraiment trop déprimant (Darlo est passé de la D4 à la D9 en un temps record – long à expliquer, passons ; en D8 aujourd’hui) ; b) Gateshead – possible, mais j’aime ni leur stade (enceinte d’athlé de 12 000 places à 90 % vide les jours de match) ni leur quartier mort et excentré (zone pavillonnaire, 1 seul pub, familial) donc non ; c) Blyth Spartans – ouais pourquoi pas mais j’étais chez eux y’a pas longtemps donc niet aussi ; d) Newcastle United bien sûr, mais les Mags jouaient à l’extérieur donc impossible.

Restait plus que les Monkey Hangers donc. Hartlepool, avant-dernier, vs Portsmouth, 11è.

[Cliquez sur les photos pour les agrandir]

Hartlepool pour les Nuls

Monkey Hangers, ou Pools, sont les deux surnoms de Hartlepool, ville côtière de 90 000 âmes située au bord de la Mer du Nord, entre Sunderland-la-moche et Middlesbrough-la-super-moche-et-polluée-en-plus (because industries chimiques, d’où le surnom de Boro, les Smoggies). La grande métropole du coin qui sauve la mise, c’est Newcastle, à 50 bornes au nord, cité plutôt élégante, si ce n’était pour un méchant furoncle de 52 404 places qui défigure le centre-ville depuis plus d’un siècle.

La croissance de l’économie britannique a zappé Hartlepool. Le coin est « post-industriel » comme on dit pudiquement. Les locaux disent ne pas avoir ressenti la dernière récession, celle démarrée en 2008. Et pour cause, ajoutent-ils l’air résigné, on n’est jamais vraiment sorti de la grande dépression des années 30 ici. Les plus optimistes d’entre eux décrivent Hartlepool comme une ville jeune et pleine d’atouts. Comprendre : le week-end, des dizaines d’établissements abreuvent des milliers de jeunes soiffard(e)s. Et le week-end commence dès le jeudi soir ici. Chaque drinking hole a sa paire de videurs. Et comme partout ailleurs au Royaume-Uni, ça descend autant que ça s’embrouille ou castagne, surtout à la fermeture, de minuit à 2 heures du mat. Veni, vidi, vomi.

Selon la blague locale, avoir des rapports protégés à Hartlepool signifiait qu’on se mettait sous un abri bus pour copuler.

En 2011, Hartlepool avait le plus fort taux de chômage des 18-24 ans du pays et, vers 2000, l’un des taux de grossesse juvénile parmi les plus élevés du monde occidental (résorbé depuis). Il y a une douzaine d’années, circulait cette cynique blague dans les salles de profs et les plannings familiaux du coin : ici, le protected sex veut surtout dire qu’on se met sous un abri bus pour copuler.

Heureusement, y’a le football, et localement on est servi. Chacun y trouve son bonheur. Les plus sains d’esprit supportent les Black Cats, à 30 kilomètres ; les moins finauds Middlesbrough, les cyclothymiques Newcastle United et aux grands neurasthéniques du cru, il reste Darlington. Pour tous les autres c’est Hartlepool, les Monkey Hangers, les Pendeurs de singes.

Un singe obscène comme mascotte : la faute à Napoléon

Mais d’où vient ce surnom étrange ? Ben c’est encore de notre faute pardi. Enfin, celle de Napoléon plus exactement. En 1805, l’un de ses navires s’échoue dans le coin. Seul survivant du naufrage : un singe qui porte l’uniforme de la marine française. Les autochtones, qui redoutaient une invasion de l’ennemi juré, traduisent la pauvre bête devant un tribunal populaire. Le primate ne pipe mot et refuse de répondre aux questions ; c’est con un singe au fond malgré ce qu’on nous raconte à la télé. Les Hartlepooliens, qui n’ont jamais vu ni Français ni singe de leur vie, décrètent que le mammifère est forcément un espion français et le pendent séance tenante. Surtout, n’insultez pas le premier Rosbif que vous croiserez, ce n’est qu’une légende.  Il existe une autre version beaucoup plus sordide, que n’aurait pas renié Emile Louis, mais passons vite dessus.

Aujourd’hui, le singe est le symbole de la ville et d’Hartlepool United. Tellement plus qu’un symbole d’ailleurs. En mai 2002, Stuart Drummond, la mascotte déjantée du club (H’Angus The Monkey”, notez le jeu de mots) se fait élire maire d’Hartlepool. Comble de l’humiliation pour les autres candidats : pour toute campagne, ce Coluche local s’est contenté de déconner non stop en dégainant son slogan fétiche : « Des bananes gratuites pour tous les écoliers ».
Gros buzz médiatique et terrible
camouflet pour Blair et son gouvernement qui tentaient alors de convaincre la population britannique du bien-fondé d’élections municipales à la continentale (voir ce wiki). Et voilà-t-il pas que l’un des tous premiers maires directement élus est un illuminé payé 53 000 £/an pour faire le singe… Drummond restera maire onze ans ! (il devra toutefois s’allier avec les Travaillistes et rentrera dans les clous. Fin 2012, un référendum local mettra fin à la malheureuse expérimentation et Drummond quittera son poste courant 2013. La ville est depuis revenu au système traditionnel britannique de gestion des municipalités, ici).

Le mec était pas trop net faut dire. En tant que mascotte d’Hartlepool de 1999 à 2002, il s’était fait virer de deux stades, celui de Scunthorpe en 2000 pour gesticulations obscènes derrière une stadière et à Blackpool en 2001 pour des faits similaires sur une poupée gonflable… Et pour l’anecdote, il ne tint jamais sa promesse sur les bananes. Ah ces politiciens, tous les mêmes.

Quelques FACTS sur Hartlepool United :

- Depuis l’accession en Football League, en 1921, Pools a passé son existence à yoyoter entre la D3 (années 2000) et la D4, où ils végètent depuis l’an dernier (19è, sur 24).

- Pools (alors Hartlepools United) fut le premier club de Brian Clough manager. C’est à Pools que la paire Clough-Taylor se fit les dents et se signala pour ses dons de faiseur de miracles. Clough sera limogé fin avril 1967 après un énième accrochage avec le propriétaire et recruté par Derby County, D2. Clough surnomma fameusement Hartlepool « the edge of the world », le bord du monde (la ville et le club ont toujours eu une image de coin un peu isolé et à part, moins aujourd’hui évidemment avec le développement du réseau routier régional et les technologies modernes de communication).

- Deux Newcastle United legends y ont fini leur carrière : Peter Beardsley (59 capes anglaises) et Nobby Solano (95 capes péruviennes).

- Pour un petit club, Pools compte pas mal de celebrity fans, dont Jeff Stelling, l’un des présentateurs vedettes de Sky Sports (célèbre pour les Soccer Saturday un peu déjantés avec Chris Kamara, Dean Windass et consorts), le réalisateur Scott Ridley et le rocker US Meat Loaf qui explique pourquoi dans ce clip, à 1’22 (très marrant).

- Depuis quatre saisons, les vraies celébrités d’Hartlepool sont leurs supps, les Poolies : ils se déguisent pour le dernier déplacement de la saison. En 2012, leurs 171 Schtroumphs ont fait le buzz (ci-dessous dans le Tube londonien, en route pour Charlton).

- Hartlepool a le pire ratio de victoire à domicile de la Football League depuis août 2012 : seulement 33 % (17 victoires sur 51 matchs).

Inutile de vous faire un topo sur Portsmouth hein, vous connaissez déjà sûrement bien l’ancien club à Vincent Péricard si vous nous suivez. Pour plus d’infos sur la D4 cette saison ainsi que les quelques cracks présents aujourd’hui sur le terrain (Pat Agyemang, Nicky Shorey, Marlon Harewood – tous ex Premier League ou D2 –, Jed Wallace et Danny Hollands), j’en parlais longuement ici et ici.

Assez de schtroumpheries, passons à l’avant-match.

L’avant-match, au pub évidemment

C’est en train, de Newcastle, que je me rends au match. A ma descente du train, je n’ai qu’à faire quelques mètres pour atteindre mon premier objectif, le Rat Race Ale House, situé sur le quai. L’endroit est singulier et né d’un concept original, le micropub, un mouvement qui apporte une bouffée d’air frais en Angleterre face au rouleau compresseur des grosses chaînes de pubs, impersonnelles et génériques, qui contribuent à couler les pubs traditionnels depuis une bonne décennie (environ 1 500 fermetures par an).

Ancien kiosque de gare reconverti en micropub en 2009, le Rat Race est particulièrement micro : 6 mètres par 4 à tout casser. Sur le mur (et leur site Internet), une affichette avertit de la fermeture du pub le week-end prochain par mesure de précaution « à cause de soi-disant supporters qui ont causé des problèmes par le passé ». Peter, l’affable patron, un ex informaticien qui a utilisé sa prime de licenciement pour se lancer dans l’aventure, m’explique qu’en septembre 2012 quelques « supporters » de Carlisle United (rival d’Hartlepool, par défaut) avaient mis le bazar dans la gare et autour de son pub. Cette année, il préfère donc fermer.

Ce que me raconte Peter ne m’étonne guère : Carlisle, c’est spécial (j’en avais fait un article). C’est dans cette ville qu’a été inventé le lorry-spotting, navrant hobby de dégénérés en phase terminale d’oisiveté qui passent leur week-end à photographier des camions depuis des ponts autoroutiers et comparent ensuite leurs prises sur Internet (Conversation standard : « T’as spotté combien de Daf X22 Norbert Dentressangle sur la bretelle 34a pendant tes dernières vacances ? – Ben, 8 seulement mais j’ai filmé le dernier Scania Eddie Stobart avec l’Opticruise et remorque triple essieu. Absolument méga. Je retourne camper derrière le dépot à Pâques »).

Les murs du Rat Race sont décorés de 1 000 ronds à bière. Ils en servent presque la moitié, dont – évidemment – la Blue Monkey et ISIS, la bière des Djihadistes.

Le pub est trop petit pour avoir comptoir, tireuses à bière et tout le matos alors quand on commande, Peter disparaît dans une petite remise et ressort avec le nectar. Les bonnes semaines, il y stocke 400 différentes sortes de bières & cidres.

Deux pubs plus tard, j’arrive à Victoria Park, « The Vic » pour les intimes, stade de 7 800 places sans grand charme, refait à neuf dans les Nineties. Abords peu engageants, l’enceinte est coincée entre une ligne de chemin de fer, des ronds-points et des grandes surfaces. Ces précisions ont leur importance, comme vous le verrez.

Devant Victoria Park, un supp de Hartlepool déguisé en « Français typique », avec béret, fausse moustache et collier d’oignons. Y’a du progrés depuis 1805 mais clairement, les mecs sont encore bien marqués.

Le match

Je suis à la bourre et file directement dans les Populaires (20 £ la place debout). Honnête chambrée, 3 500 spectateurs (la D4 fait 4 300 de moyenne), dont 500 supps de Portsmouth qui donnent de la voix malgré leurs dix heures d’autocar. Parmi eux, le fameux John Portsmouth Football Club Westwood (ci-dessous), que j’ai déjà eu l’occasion d’admirer de près, notamment au Stadium of Light. Le mec n’a pas raté un déplacement de Pompey depuis 1980 paraît-il.

Contrairement à tant de clubs plus huppés, pas d’hymne à la con ici que personne ne chante, ça démarre direct.

Les temps forts du match.

8’ : A la stat « Tir non cadré/hors cadre » chère aux dataholics, faudrait ajouter celle du tir hors stade : premier ballon envoyé au-dessus des tribunes, basses. Un odieux raté d’un bleu et blanc qui finit probablement sur la ligne de chemin de fer ou dans un caddy sur le parking de Morrisons (hypermarché collé au stade).

15’ : Premier quart d’heure mort, à peine un tir cadré et même pas un tacle assassin. On ne peut même pas parler de kick and rush, (malheureusement) non. C’est une sorte de mélasse de football, sans jeu ni cours du jeu, un résidu fait de mauvaises passes, de surplace, de cafouillages, de courts ballons imprécis sans cesse contrés, de longs ballons directement en touche et autres phénomènes non identifiables. Engagé mais sans plus.

18’ : Le niveau d’excitation passe soudain de zéro à Red Alert car on m’a assuré avant le match qu’à 19’08 secondes (date de fondation du club) il y aurait une protestation en masse des supps contre la boîte propriétaire du club depuis 1997 (IOR, société pétrolière scoto-norvégienne). En 2014, Hartlepool a vendu deux jeunes joueurs talentueux à Peterborough pour 1,5 million £ (Jack Baldwin et Luke James, ce dernier récemment) sans chercher à les remplacer. De fait, le seul vrai attaquant de l’effectif est Marlon Harewood, 35 ans, qui a marqué 3 buts sur ses 27 dernières apparitions (2 000 minutes de jeu).

Ergo, les supps sont révoltés et parlent de tout faire péter aujourd’hui. Gros buzz là-dessus sur les réseaux sociaux (dont leur principal forum de supps, très actif, 650 000 posts !) avec des fils interminables (ici par exemple) où les échanges ont tendance à vite virer à la brachycérophilie.

Fait tout de même inquiétant : des supps recommandent « de ne surtout rien acheter à la buvette à la mi-temps car ça serait leur filer du fric à ces enculés de propriétaires ». Je préviens mon camarade de travée le plus proche que, nonobstant mon soutien fraternel et idéologique à leur légitime lutte contre le Grand Capital, je ne cautionne pas du tout ce genre de boycott et me désolidariserai illico de leur petite jacquerie.

Concrètement, un max de supps sont censés quitter leur place et se rendre derrière leur tribune respective en candant des slogans anti IOR pendant 10 minutes. Apparemment, ça s’annonce méga. L’asso des supps a prévenu le club : on va vous déclencher une World War III version tribune. Youpi, une insurrection. Je prépare mon appareil photo et me mets en position.

19’08. Absolument rien, walou, zilch, nada. Comme d’hab avec ce genre de truc, ça a fait un gros pschitttt. Bah, le militantisme est mort depuis longtemps en Angleterre, faudrait une bonne révolution pour réveiller tout le monde. Je décide d’entonner la Marseillaise mais me souviens de ce qu’ils ont fait au singe et me ravise illico.

25’ : Deuxième tir par-delà les tribunes, odieux raté d’un jaune (Portsmouth) qui finit probablement sur la ligne de chemin de fer ou dans un wagon de charbon en partance pour la centrale de Drax à 100 kms de là.

38’ : Troisième ballon expédié hors stade sur un dégagement en catastrophe d’un bleu et blanc, corner. Je demande à mon voisin combien ils en envoient sur orbite comme ça par match. « Oh, parfois une dizaine, me répond-il en se marrant. Jusque y’a deux ou trois ans, le club avait des stadiers à l’extérieur pour les récupérer mais ça revient trop cher alors on se débrouille autrement. »

J’essaie de voir en fonction d’un plan Google Map du quartier où ce ballon a pu atterrir cette fois.

Mi-temps : Enfin. Buvette time.

55’ : Domination de Portsmouth depuis cinq minutes, on a même eu le droit à une occasion franche, si si.

Survoltés, les supps de Pompey entonnent leur fameux Pompey Chimes, deuxième plus vieux chant du football anglais après le On The Ball de Norwich City.
Enfin, quand je dis « chant » faut le dire vite hein parce que ça fait juste : «
Play up Pompey, Pompey play up » et basta (l’était plus long à sa création en 1900 mais je vous passe les détails).

C’est super limité mais vu le contexte de vide sidéral, je trouve ce chant absolument fascinant.

60’ : Je me force pour essayer de trouver le moindre petit geste technique super intéressant mais non, rien à faire, je m’emmerde dur. Du coup, j’explique à un jeune stadier sympa de l’autre côté du grillage me séparant de la tribune des supps de Portsmouth que je fais un reportage sur ce match pour un gros média français (le mec a l’air impressionné) et lui demande la permission d’aller dans la tribune extérieur pour photographier des supps de Pompey.

L’accès d’une tribune à l’autre est impossible sans ressortir du stade (et encore), alors j’insiste poliment en racontant que le gros média pour lequel je bosse m’envoie de Paris car on s’intéresse de près à Nigel Atangana, le Frenchie de Pompey, présent sur la pelouse. Le stadier ouvre de grands yeux (je l’imagine se demandant : « Quoi, un Français qui s’appelle Nigel ? Et pourquoi pas un Anglais qui s’appellerait Marcel pendant qu’on y est. Putain d’Europe, tout fout le camp. »).

Tout ce que gars aurait à faire est d’ouvrir une porte grillagée et m’accompagner sur quelques mètres mais, health & safety oblige, ça coince. Il s’en remet à son chef qui me mate bizarrement. Le chef s’adresse alors à l’un des dix policiers de faction dans le no man’s land entre les tribunes (malgré les mégas coupes budgétaires, doit y avoir minimum 50 Bobbies dans ce petit stade hyper calme, on se croirait en Vigipirate).

Le chef s’éloigne et converse avec chépaki sur son talkie-walkie (le Grand Chef des Stadiers ? Le proprio du club ?). Quel binz pas possible pour franchir une simple porte. Le capo des stadiers revient vers moi et, l’air très officiel, me fait : « Impossible de vous laisser accéder à la tribune extérieur pour votre reportage, il aurait d’abord fallu demander la permission au club. » Bon, ben, ça m’apprendra à me big up en faisant croire que je suis un grand reporter tiens ; si j’avais dit que c’était pour la collec personnelle de ma grand-mère mourante qui supporte Pools depuis 1930, il m’aurait sûrement laissé circuler et avec une escorte en plus.

65’ : Cinquième ballon sauvagement bouté hors du stade. A en juger par la trajectoire, celui-ci a dû finir sur le rond-point du centre commercial, pas impossible même qu’il ait pris la direction du Pôle Emploi tout proche s’il a été dévié par un camion. Aidé par mon voisin de main courante, je commence à bien visualiser le plan du quartier.


Chaude ambiance au Vic.

77’ : Marlon Harewood (35 ans, ex Premier League) entre en jeu. Vu sa grosse frappe aléatoire, ça risque pas de nous arranger le ratio de ballons hors stade.

80’ : Harewood touche son premier ballon et rate un contrôle facile. « Et dire que c’est payé 1 500 £/semaine ça », peste mon voisin.

Arrêts de jeu : Ça s’anime enfin, 2 tirs vaguement cadrés dans les dernières minutes.

93’ : Terminé.

C’est le troisième 0-0 d’affilée contre Portsmouth à domicile. Comme disent les Anglais, on s’éclate plus à regarder la peinture sécher que des purges pareilles mais ce point permet au moins à Hartlepool de passer 22è et donc sortir de la zone rouge.

Je rejoins des supps déprimés au Mill House, pub sympa mitoyen au stade, avant de quitter Hartlepool, sceptique sur leurs chances de se maintenir en Football League.

Le classement et le résumé TV du match ici dans le Football League Show de la BBC, à 1h10’50 (attention, géolocalisation). Même en raclant les fonds de surface, ils n’ont trouvé que 3 occasions à montrer.

Kevin Quigagne.

Dans la même série :
Gashead for a day
Belfast and Furious

Série sans trop de bla bla, juste quelques photos cultes et leurs légendes. Avec en gros bonus, un collector : le duel télé Brian Clough vs Don Revie. Because ça fait dix ans que Cloughie nous a quittés.

Ouais enfin, un peu de bla bla quand même, surtout la # 10, mais juste ce qu’il faut (ami lecteur supp de Newcastle United, un conseil : zappe le # 5). Ces perles sont tirées directement du Net ainsi que de plusieurs livres-photos style coffee-table books.

# 1. Canto

Roh qu’il est mignon tout plein en rose.

# 2. Arsène et son zip maléfique

Un grand classique de ces dernières saisons : la fermeture éclair de la doudoune d’Arsène. Que ce zip a perturbé notre Arsène national, paraît qu’il n’en dormait plus… Et après on se demande pourquoi Arsenal en bave pour gratter des trophées. Talksport a fait son historique vestimentaire et Puma a monté une cellule de crise pour le sortir enfin de cet enfer. Mission accomplie : l’équipementier teuton lui a concocté du sur-mesure, ci-dessous.

# 3. Glory Glory Tottenham

Les Spurs avaient sorti le matos Castorama pour cette originale photo d’équipe. Pas super hi-tech mais sur le terrain, c’était nettement plus avant-gardiste (voir article TK sur l’innovant Bill Nicholson, manager Spurs de 1958 à 1974 et digne héritier du push and run du révolutionnaire Arthur Rowe).

C’est l’ère du grand Tottenham : doublé championnat-FA Cup en 1961, vainqueur de la FA Cup en 1962, vice-champion d’Angleterre en 1963 et premier club britannique à décrocher une coupe d’Europe, la C2 en 1963.

En haut à gauche, l’immense Danny Blanchflower et à quatre pattes sous l’escabeau, le non moins immense Dave Mackay. J’ai mis une tartine sur tous ces glorieux anciens dans le Hall of Fame Spurs de TK.

# 4. Allardyce, porte-étendard de la culture française

Depuis qu’il recrute pas mal de Frenchies (Y. Djorkaeff fut parmi les tous premiers), Sam Allardyce essaie par tous les moyens de faire découvrir Bourvil et Louis de Funès aux British, même pendant les matchs. Ici, lors du West Ham-Southampton, Big Sam nous rejoue une scène du Corniaud devant le quatrième arbitre qui s’empresse de noter le nom du film.

# 5. A la recherche du temps pardew

Out today, demain ou après-demain.

Out today, demain ou après-demain.

Alan Pardew, plongé dans une rêverie proustienne pendant le Southampton-Newcastle du 13 septembre dernier, 4-0 (se remémore-t-il les délicieux puddings de la tante Margaret ?). En cadrant habilement son cliché, ce photographe de la Press Association a bien saisi l’avenir du Londonien chez les Mags.

Pendant ce temps-là, dans la tribune exter, les supps Magpies sortaient une micro-banderole anti-Pardew conçue par le dernier site à la mode sur Tyneside, sackpardew.com. Un site qui nous abreuve de stats sympas dans sa section Pardew – The Facts, e.g 5 maigres victoires de tout 2014 et autant de défaites dans les derbys contre Sunderland que les 22 précédents managers Magpies réunis (certes, peu sont restés 4 ans en poste comme Pardew).


Même leurs bâches font pitié à Newcastle.

Pardew est hilare sur la banderolette Mag, normal : il touchera un joli pactole s’il est remercié et abrégera sa longue souffrance. Et donc, se dit le supp lambda qui ne lit pas Teenage Kicks : Pardew va palper 15-18 millions £ vu que son contrat court jusqu’en 2020 et qu’il l’a forcément renégocié à la hausse en 2012 après avoir hissé NUFC dans le top 5. Because, si on sort la calculette, eh ben c’est simple comme hello : 6 ans de contrat x le tarif en vigueur, soit mettons 3m £/an = eine groß paket.

Un raisonnement qui pourrait largement tenir la route. Mais ailleurs, pas chez les Mags. Car le payout ne serait « que » de 5 millions £. Ça paraît léger mais c’est oublier que le proprio de NUFC est Mike Ashley, boss de la chaîne Sports Direct (SD), où les contrats salariaux sont highly incentivised, fortement conditionnés aux résultats : en 2013, plus de 2 000 salariés SD, payés en moyenne 1 600 £/mois, avaient touché une prime de 75 000 £ chacun (!) après une hausse de 40 % des bénéfices l’année précédente (chiffre d’affaires boosté par les Jeux Olympiques et l’expansion du groupe). Mais cela ne concernait que les 10 ou 15 % de chanceux à temps plein ayant intégré la boîte avant 2010. L’envers du décor est moins reluisant : 90 % des employés SD sont à temps partiel avec des contrats zéro heure. Et donc pour eux, pas un penny. Un collectif d’employés SD a porté l’affaire devant les tribunaux.

Pour Mike Ashley, pas question donc en 2012 de payer le going rate (tarif en vigueur) pour un manager d’un club aspirant alors à la Ligue des Champions. Au lieu de 3m £/an, Pardew dut donc se contenter d’un salaire de base + une grosse part variable, en l’occurrence une tapée de primes liées à des objectifs bien précis. Le rédac chef d’un des fanzines du club me confiait l’an dernier que son fixe n’était que d’environ 750 000 £/an. Pas fou, Pardew a donc fait inclure une clause fixant une compensation de 5m £ en cas de licenciement, mais cela reste largement inférieur à ce qu’Ashley aurait dû sortir dans un contrat standard à ce niveau. Même les milliardaires sont près de leurs sous : il est de notoriété publique sur Tyneside qu’Ashley fait le forcing depuis quelque temps pour pousser Pardew à la démission et s’éviter de mettre la main à la poche, qu’il a profonde.

Au passage, puisque j’évoque les fanzines NUFC, une bien triste nouvelle : leurs trois excellents zines ne sortent plus en version papier depuis le printemps dernier, malgré un tirage collectif fort respectable, qui serait d’environ 10 000 exemplaires mensuels (les deux « historiques » - The Mag et True Faith, 41 ans d’existence à eux deux - ont viré au numérique, j’expliquerai pourquoi bientôt).
Un nouveau zine NUFC papier vient toutefois de naître, The Popular Side, longue vie à lui. Tirage réduit et difficile à trouver pour l’instant, 2 numéros parus, vite épuisés (vendu par courrier, dans quelques pubs autour de Saint James’ Park et les jours de match, s’il en reste).

Oh pis alors, je veux pas avoir l’air de m’acharner hein mais les Mags viennent de sortir leur maillot third, popopopopo… Matez-moi plutôt ça :

# 6. Nonos Future

Devant le Stadium of Light avant le Sunderland-Man United du 23 août dernier.

# 7. Alex Ferguson

Fergie en 1967, tout fier d’exhiber le dernier 33 tours de Petula Clark.

Fergie en 1967, tout fier d’exhiber le dernier 33 tours de Petula Clark.

Sévère culture shock en 1976 : les Sex Pistols éjectent les Wombles de la TV

Et ci-dessus, il joue les nettoyeurs de surface avec les Wombles, mascottes de Wimbledon FC, dans le centre-ville de Manchester avant un 32è de FA Cup de janvier 1997 (perdu). Bref, un peu comme si Gerets ou Tapie étaient allés clowner avec Casimir de l’Ile aux Enfants en plein triomphe européen. Les Wombles étaient des personnages d’un dessin animé très regardé de la première moitié des Seventies, des sortes de taupes moralisatrices qui recyclaient les déchets ménagers tout en creusant leurs galeries sous le Wimbledon Common, immense parc local où évolua le Wimbledon FC à sa création et où furent organisés les essais de 250 joueurs au démarrage de l’AFC Wimbledon en juin 2002 (en D9, aujourd’hui en D4).

Léger changement de braquet un an après l’arrêt télévisuel des Wombles : exit les peluches écolos contemplatives, place aux Sex Pistols qui feront imploser la télé des teenagers anglais dès leur premier plateau TV lors d’une interview qui choqua l’Angleterre (article du Daily Mirror ci-dessus et mieux : ce clip, à partir de 3’43).

# 8. Paul Gascoigne

Pas d’album photos british sans Gazza, évidemment.

# 9. Ça c’est de l’animation d’avant match

3 mai 1976, Duncan McKenzie, attaquant de Leeds (1974-76), fait le show à Elland Road en franchissant une mini, juste avant d’être aligné pour le jubilé de Paul Reaney contre Newcastle United ! Il arrivait aussi à ce showman de lancer une balle de golf d’un but à l’autre du terrain, voir clip.

McKenzie, recruté par Brian Clough au début de son fameux passage éclair chez les Whites, était l’un des transferts les plus chers du Royaume-Uni à l’époque, 267 000 £ (le record était à 350 000). McKenzie sévit aujourd’hui sur le circuit de l’after-dinner speech où il saute par-dessus les tables des convives (je déconne, il se contente d’envoyer quelques anecdotes, pour 1 500 £/soirée).

# 10. Duel TV Brian Clough vs Don Revie

Clough et Revie, un temps surnommés les « Richard Nixon et John Kennedy du Yorkshire »

Clough et Revie, un temps surnommés les « Richard Nixon et John Kennedy du Yorkshire »

La même scène, dans le film The Damned United :

Pour clore ce panorama photos, il fallait évidemment Brian Clough, décédé il y a tout juste dix ans (le 20.09.2004 à 69 ans, cancer de l’estomac) mais loin d’être disparu. Oh que non, le bougre est plus présent que jamais : une quinzaine de livres lui ont été consacrés en Angleterre depuis sa mort (en plus des centaines d’articles de presse et Internet, des documentaires et, bien sûr, du film The Damned United). Sans parler des trois statues érigées en l’honneur de « Old Big ‘Ead » (son surnom), cas unique dans le football britannique.

Nous sommes le 12 septembre 1974 et, à la stupéfaction générale, Leeds United limoge Brian Clough, après seulement 44 jours désastreux, surtout en coulisses (en fait, 54 jours depuis la date de sa nomination). Un choc aussi grand que la consternation qui avait accompagné l’annonce de son arrivée dans ce Leeds qu’il détestait ouvertement de tout son être. Un mariage contre nature justifié par l’ambition ultime de Clough : conquérir l’Europe (ce qu’il avait raté – d’assez peu – à Derby County), et ainsi supplanter Don Revie dans la hiérarchie historique des Whites.

Jonathan Wilson, dans sa biographie sur Clough – le livre le plus exhaustif jamais publié sur le sujet – revient sur cette haine tenace qu’il vouait à Leeds United, ses joueurs et son manager. L’inimitié était intensément réciproque : Don Revie déclara un jour que Clough était vraiment la dernière personne avec qui il aimerait être naufragé sur une île déserte. Parmi les passages savoureux de la bio, celui du gala télévisé de janvier 1973 est particulièrement exquis… Pendant son court discours (vite noyé sous les huées et injures),  Clough attaqua verbalement nombre de Whites, présents dans la salle, devant 500 personnes et le leader Travailliste Harold Wilson, ancien et futur Premier Ministre !

Quelques heures après son limogeage, Yorkshire Television attire Brian Clough dans ses studios de Leeds… sans lui dire que Don Revie sera également présent. C’est un coup magistral pour cette chaîne régionale :  Clough et Revie n’avaient cessé de s’allumer par médias interposés depuis des années mais sans jamais en découdre sur un même plateau. Ce face à face (ici en clip) deviendra un monument télévisuel de l’histoire du football britannique.
Une joute a priori inégale, entre un Clough fragilisé, déchu, humilié (et alcoolisé, diront certains), et un Revie solide comme une citadelle imprenable, fraîchement nommé sélectionneur anglais et ex très successful manager de Leeds.

Don Revie et le phénoménal Billy Bremner, « 63 kilos de fil barbelé » comme le surnommait le Sunday Times (c’est lui que je voulais le plus dans mes Panini des années 70, section Joueurs étrangers. J’aurais échangé 50 Duguépéroux + 25 Triantafyllos pour l’avoir).

Don Revie n’a pas seulement ressuscité Leeds, à la manière de Shankly à Liverpool ou Matt Busby à Man United : de mars 1961 à juin 1974, il a bâti ce Leeds United qui vivotait avant lui et attirait péniblement 10 000 spectateurs à Elland Road à son arrivée. Il a fait surgir ex nihilo un grand club de football au coeur de cette ville jusque là acquise au rugby, à XIII, celui des prolos du Nord. Revie, avec son allure de Parrain new-yorkais (il ne fut pas surnommé « The Don » pour rien), a en outre fait de Leeds United une famille indivisible, un clan, une meute, conditionnée pour affronter ensemble toutes les épreuves (dont le fameux label « Dirty Leeds »).

Clough, au contraire, vient de vivre un calvaire à Leeds United. Hormis les piètres résultats (en partie imputables à une cascade de blessures et la suspension de 11 matchs de Billy Bremner, pour s’être battu avec Kevin Keegan au Charity Shield le 10.08.1974, à 25’10 dans ce clip), Cloughie s’est mis la moitié du directoire et toute l’équipe à dos. Hier invulnérable et arrogant au possible, il semble soudain avoir perdu son aura messianique et ses galons de formidable stratège, acquis de haute lutte chez les minots de Derby County de mai 1967 à octobre 1973. Ce qui pousse Austin Mitchell, le présentateur un brin provocateur, à lui lancer (à 24’07 dans le clip) : « Brian, ne vous retrouvez-vous pas aujourd’hui dans une situation très difficile, car après votre dispute avec Derby County, votre départ de Brighton dans des circonstances troubles et maintenant Leeds, quel club voudra-t-il encore vous employer ? »

En septembre 74, Revie est donc au faîte de sa gloire tandis que Clough moisit au fond du trou (même si sa forte indemnité de licenciement – 98 000 £, après impôts et prélèvements – atténue le choc, pactole obtenu par Clough et son avocat en faisant picoler le président de Leeds !). Don Revie l’intouchable vs Clough le paria. Peu après, lors d’un nouvel échange musclé, Revie, profitant de sa position infiniment supérieure à ce moment précis, lui assènera un cinglant : « Brian, on verra dans cinq ans ce que chacun d’entre nous sera devenu. »

Cinq ans plus tard, le contraste entre ces deux ennemis jurés sera en effet saisissant. Mais pas dans le sens imaginé par Don Revie. En mai 1979, Clough est champion d’Angleterre et champion d’Europe avec les sans-grades de Nottingham Forest. De fin novembre 1977 à début décembre 1978 – soit 42 matchs de championnat –, Forest a même réussi l’exploit de rester invaincu, malgré les 76 matchs disputés pendant cette période ! Avec seulement 16 joueurs utilisés. Du jamais vu en Angleterre : même les Invincibles de Preston North End n’avaient pas fait aussi fort dans les années 1888-1890. Le tout au nez et à la barbe du grand Liverpool, double champion d’Europe et champion d’Angleterre sortant, relégué à 7 unités au classement final comme un vulgaire faire-valoir (avec une victoire à deux points de surcroît) et sorti sêchement en C1 par… Forest. L’un des deux buteurs du 2-0 de l’aller est l’attaquant Garry Birtles : deux ans plus tôt, Birtles posait des moquettes avant que Clough ne l’achète 2 000 £ à un club amateur du coin, ne le persuade qu’il était un Pelé en puissance et n’en fasse l’un de ses joueurs clés. En 1980, Clough décroche une deuxième C1 au Bernabéu.

Old Big ‘Ead plane insolemment sur le toit du monde. « J’ai gagné deux C1, fanfaronne-t-il, Leeds United aucune. » Leeds, Leeds, Leeds, encore et toujours. L’obsession Whites ne l’a donc jamais quitté, même dans les moments d’extrême euphorie. Ou aurait-il fallu comprendre « Don Revie » à la place de Leeds United ?

Clough, en pleine déconne à Majorque, juste avant la finale de C1 1980 contre Hambourg (1-0). Pour préparer cette rencontre, il emmena ses joueurs une semaine au soleil, interdit quasiment les entraînements et organisa des séances picole entre joueurs. Les Hambourgeois, eux, optèrent pour une opération commando de 8 jours…

Revie, quant à lui, est enlisé dans les scandales. Début juillet 1977, brouillé avec la direction de la fédération et sentant son poste de sélectionneur anglais menacé (et disent certains, pour d’autres raisons plus inavouables), il accepte un très lucratif poste de manager des Emirats Arabes Unis en pleine campagne des éliminatoires du Mondial 1978… sans avertir immédiatement la FA de sa démission. Pire : Revie monnaie la primeur de sa défection avec le Daily Mail. L’ex grand timonier de Leeds United est accusé par beaucoup de « trahison » envers son pays.  Verdict massue de la fédé anglaise dix-huit mois plus tard : dix ans d’interdiction d’exercice du football en Angleterre (son avocat réussira cependant à faire casser cette décision par la Haute Cour de Justice).

Rebelote en septembre 1977 quand le tabloïd The Daily Mirror publie le témoignage de trois joueurs (dont Gary Sprake, l’ex légendaire gardien de Leeds, aujourd’hui le paria de la famille) et d’un manager (Bob Stokoe, alors à Bury au moment des faits) l’accusant d’avoir arrangé et voulu truquer plusieurs matchs dans les années 60 – accusations déjà portées en 1972 par un autre tabloïd –, classées sans suite par la police et la fédération anglaise. D’autres joueurs, dont Jim Barron, le Gunner Franck McLintock et le champion du monde 1966 Alan Ball, incrimineront Don Revie pour le même genre de faits (il sera aussi soupçonné d’avoir acheté, ou tenté d’acheter, des arbitres – voir article de l’Independent) mais rien ne sera jamais prouvé. Revie poursuivra le Daily Mirror en diffamation mais ne donnera pas suite, trop accaparé qu’il était par sa longue procédure contre la FA dans l’affaire des EAU (Billy Bremner, impliqué dans une affaire similaire, poursuivra un autre tabloïd, le Sunday People, et gagnera son procès). Revie ne reviendra jamais travailler au bercail et s’éteindra le 26 mai 1989 en Ecosse, à 61 ans, atteint de la maladie de Charcot.

Destins inverses qui ajoutent à la mystique développée autour de ces deux monstres sacrés, issus de la même communauté, du même quartier de Middlesbrough et produits de la même époque, l’entre-deux-guerres, celle que l’historien britannique Richard Overy appelle le The Morbid Age (pauvreté, dépression économique, habitat insalubre, chômage de masse, montée du fascisme).

« Don Revie et moi, dit Brian Clough (alias Michael Sheen) à son inséparable adjoint Peter Taylor dans le film The Damned United, avant un 32è de FA Cup Derby v Leeds* de janvier 1968, on a grandi dans le même quartier de Middlesbrough, à l’ombre d’Ayresome Park [l’ancien stade de Boro]. Don et moi, on est comme deux petits pois dans une cosse, identiques. On a sûrement mangé les mêmes bonbons, ceux fabriqués dans l’usine Garnett où bossait mon père. Don, c’est le meilleur manager du pays. On a tous deux été avant-centre de Sunderland et de l’équipe d’Angleterre. Don et moi, c’est deux petits pois dans une cosse. Deux petits pois dans une foutue cosse. »

[*Leeds v Derby en réalité mais inversé pour les besoins du film]

Kevin Quigagne.

Dans la même série : Photos insolites du foot british (1)

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, place au plus grand championnat du monde. Le championnat qui aura consacré certains des plus grands footballeurs de l’histoire, entre David N’Gog, Gael Givet et William Prunier.

Les vieux de la vieille

Cette photo date de 1996, les débuts de Given en équipe d'Irlande

Cette photo date de 1996, les débuts de Given en équipe d'Irlande

Shay Given, c’est 38 ans certes, mais surtout 558 matchs sur les pelouses anglaises. Un titan comme on devrait l’appeler. Aujourd’hui pensionnaire d’Aston Villa, il est toutefois cantonné au rôle de remplaçant. Le plus fort dans tout ça, c’est qu’il totalise aussi 127 matchs avec sa sélection et qu’il a annoncé son retour en août, deux ans après sa retraite internationale.

Après un Irlandais, il était obligatoire pour des questions politiques d’évoquer un Nord-Irlandais. Michael Duff, 35 ans, est loin d’être le plus connu des footballeurs britanniques. Né à Belfast, formé à Cheltenham, il y passe 7 saisons, entre 1997 et 2004, y disputant 247 matchs et inscrivant 15 buts. 2004, c’est sa date d’arrivée à Burnley. Depuis, il est intouchable en défense et totalise 335 matchs et 7 buts. A noter également 24 sélections en sélection d’Irlande du Nord.

L’an dernier, il avait dû suppléer Petr Cech et avait plutôt bien tenu la baraque, on veut bien entendu parler de Mark Schwarzer, 41 ans. Pour vous donner une idée du monument, il a démarré sa carrière en 1990, est arrivé en Angleterre en 1996 via Bradford, avant de démarrer une histoire d’amour de 11 ans avec Middlesbrough, puis de se recycler à Fulham pendant 5 saisons et de prendre une préretraite bien méritée à Chelsea en 2013. Au total, il représente 508 matchs de Premier League et 109 sélections en équipe d’Australie.

Pièce essentielle de l’opération maintien pour Tony Pulis, l’Argentin Speroni passerait presque pour un jeunot dans cette liste, du haut de ses 35 ans. Assez méconnu, il a gagné ses lettres de noblesse l’an dernier en réalisant une très belle saison. À Palace depuis 2004, il a depuis cumulé 346 apparitions sous le maillot des Eagles.

Gueugnon, l'an 2000, la Coupe de la Ligue face au PSG, buts de Trapasso et Flauto

Gueugnon, l'an 2000, finale de la Coupe de la Ligue, buts de Trapasso et Flauto

Honneur au joueur étranger disposant du plus grand nombre d’apparitions en Premier League, avec 447 matchs. Valeur sûre du championnat depuis son arrivée à Newcastle, Distin, 36 ans, a rarement déçu depuis 14 ans, que ce soit à Newcastle donc, mais également à Manchester City, à Portsmouth ou à Everton. Toujours très athlétique, Distin qui explique que son secret s’est de s’entraîner toujours autant qu’auparavant, voire même plus, espère continuer l’aventure pendant encore quelque temps.

Steve Harper, 39 ans, fait partie de ces gardiens qui n’auront jamais eu énormément de chance avec la Premier League. Formé à Newcastle, il est prêté dans de nombreux clubs de divisions inférieures, comme Bradford, Gateshead, Stockport, Hartlepool et Huddersfield. En 1998 il fait son premier match avec Newcastle, mais continue d’évoluer dans l’ombre de Shay Given. Le départ de celui-ci, en janvier 2008, le place en position de titulaire, mais il ne peut rien faire pour éviter la descente de son club un an et demi plus tard. Titulaire en Championship, il participe activement à la remontée de Newcastle en Premier League. Il doit ensuite progressivement laisser sa place au prometteur Tim Krul et finira par retrouver totalement son précieux banc. En 2011, il est même prêté à Brighton, mais là encore il n’est pas titulaire. En 2013, il s’engage avec Hull City et dispute 13 matchs de championnat et comme chantait la Compagnie Créole « C’est bon pour le moral ». Toutes compétitions confondues, il cumule 277 matchs pros.

Avec Paul Konchesky,33 ans et Marcin Wasilewski, 34 ans, Matthew Upson, 35 ans, complète le trio défensif old-school de Leicester. Formé à Luton Town, il débarque à Arsenal, en 1997, où il joue les utilités, 35 matchs en trois saisons. À partir de l’an 2000, Upson multiplie les prêts, Nottingham Forest, Crystal Palace et Reading. En 2003, il quitte Londres et part pour Birmingham. Il y restera quatre ans, 113 matchs pour cinq buts, et y démarrant même sa carrière internationale. Il file ensuite à West Ham, avec à la clé un contrat de quatre ans et y disputera plus de 130 matchs. En 2011, c’est Stoke qui l’accueille, mais l’expérience n’est guère concluante et il finit par partir en prêt à Brighton. Sur la côte Est, Upson revit et y signe définitivement, en 2013. Solide pendant tout le championnat, il attire l’oeil des dirigeants de Leicester et se laisse tenter par un dernier défi en Premier League.

Au total, il cumule 416 matchs sur les vertes pelouses anglaises et 21 sélections pour deux buts.

Steven, un avis ?

Steven, un avis ?

L’idole de tout un peuple. Formé à Liverpool, Gerrard, 34 ans, n’a jamais quitté le navire Reds. Là-dessus plusieurs interprétations, certains disent que c’est son amour pour Liverpool qui en est la cause, d’autres avancent que Gerrard ne voulait peut-être pas quitter son statut d’icône. Bref préférait-il être un gros poisson dans une petite mare ou un petit poisson, dans une grosse, telle est la question, mais je ne me fais aucun doute concernant la réactivité des supporters de Liverpool pour me répondre assez sèchement dans les commentaires !

Enfin bon, Stevie a tout gagné avec Liverpool. Presque du moins, car il lui manque toujours ce titre de champion d’Angleterre. La Coupe de la Ligue, il l’a, pareil pour la Coupe d’Angleterre et le Community Shield. Il a même la Coupe de l’UEFA, la Super Coupe de l’UEFA et bien entendu la fameuse Coupe aux Grandes Oreilles.

Pour faire simple, Gerrard c’est 648 matchs sous le maillot des Rouges pour 167 buts. Sous le maillot de l’équipe nationale, on arrive 114 sélections et 21 réalisations.

Oui, on aurait pu parler de Frank Lampard et de ses 36 printemps, mais en même temps on s’en fout un peu. À City, il y a plus intéressant, car on y retrouve Richard Wright, 36 ans également, et gardien de son état.

Formé à Ipswich, il débute en équipe pro lors de la saison 1995. Six ans plus tard, Arsène Wenger est convaincu qu’il tient là le futur Seaman et décide de l’engager. Un an après, le voilà déjà en train de faire ses bagages et de rejoindre Everton. Si ces derniers avaient berné Arsène avec Francis Jeffers, l’ami Wenger s’est légèrement vengé avec Wright. À Everton, il restera durant cinq saisons. Cinq saisons c’est pas mal quand même, sauf que le mec n’a joué que 60 matchs, réussissant à se faire déborder par Nigel Martyn, qui n’était plus de première fraîcheur en plus. En 2007, nouveau départ et cette fois c’est West Ham qui l’engage. Il ne tiendra pas un an avant d’être prêté à Southampton pour trois mois. En 2008, il repart à Ipswich et la belle histoire prend forme, puisqu’il est élu meilleur joueur du club pour sa première saison. La deuxième est moins rose, il se pète le genou en décembre et n’est pas renouvelé en mai 2010. Suivent Sheffield United, de nouveau Ipswich, Preston et donc Manchester City depuis 2012.

Wright est l’exemple type du jeune gardien britannique qui a été survendu, et qui n’a pas pu supporter la pression. Il présente tout de même un total de 448 matchs , toutes compétitions confondues, ainsi que 2 sélections en équipe d’Angleterre.


Clint Hil est le chouchou du Loftus Road. Elu par deux fois joueur de l’année par les fans, en 2012 et en 2013. À 35 ans, celui qui est le capitaine de cette équipe des QPR espère bien entendu rester en Premier League, parce que, quand on a son parcours, on se réjouit des bas-fonds de l’élite. Né à Liverpool, Hill ne débute ni à Everton, ni à Liverpool, mais à Tranmere. Nous sommes en 1997 et le joueur ne quittera son club local que six ans et 140 matchs (D2 et D3) plus tard. Le voilà à Oldham, mais l’aventure tourne court et Hill est transféré l’été suivant à Stoke City, à l’époque en Championship. Sa première saison est interrompue par les blessures, mais lors de sa deuxième saison il est même élu joueur de l’année par les supporters locaux. Les deux saisons suivantes sont à nouveau hachées par les blessures et Hill finit par partir à Crystal Palace. Là-bas, il retrouve la forme et enchaîne trois saisons pleines. Suffisant pour attirer l’oeil de QPR qui en fait immédiatement un cadre. Il participe à la montée en Premier League, mais est prêté dans un premier temps à Nottingham (3 mois). Revenant au club en décembre, il participe activement au maintien. La saison suivante est compliquée, mais Hill est l’un des seuls à assurer sur le terrain. Ne fuyant pas ses responsabilités, il signe un nouveau contrat après la descente et joue un rôle-clé dans la remontée immédiate du club londonien.

Alors, même si ses stats devraient grossir d’ici à la fin de la saison, pour le moment Hill représente 545 matchs toutes compétitions confondues.

Vous vous souvenez de l’année de la remontée de Southampton ? Le club du Sud se pointait avec un gardien un brin ridicule dans ses cages, Kelvin Davis, 37 ans.

Formé du côté des Luton Town, Davis, évolue alors dans l’actuelle League One (D3). En 1999, il fait le grand saut et rejoint Wimbledon alors en Premier League. Du banc, il assistera au naufrage des siens, mais en profite pour gratter une place de titulaire suite à la relégation de son équipe. Après trois saisons comme titulaire, il rejoint Ipswich où il restera deux ans, là aussi comme titulaire. Premier grand moment dans la vie de Kelvin, Sunderland vient le débaucher, le voilà titulaire en Premier League. Malheureusement, ça ne marche pas comme prévu, Davis est pris pour cible du fait de ses boulettes multiples et Sunderland est relégué. Nouveau départ et atterrissage à Southampton en Championship (D2). Il chipe la place du titulaire, le Polonais Bartosz Biatlkowski, mais participe au déclin de son club, finissant même par être relégué en League One (D3). Tout proches de sombrer en League Two, les Saints finissent par se reprendre et entament leur fantastique remontée, d’abord en Championship, puis en Premier League. D’abord titulaire, ses prestations catastrophiques poussent le club à recruter Artur Boruc. Cette saison, il se retrouve même quatrième gardien, derrière Forster, Gazzaniga et Boruc. Au total, ces divagations à travers l’Angleterre du foot lui ont permis d’accumuler près de 635 matchs en pro. Pas mal pour un manchot.

L’histoire d’amour entre Thomas Sorensen, 38 ans, et l’Angleterre est réelle. Lorsqu’il débarque, en 1998, à Sunderland, alors en League One, Thomas n’a que 51 matchs pro dans les jambes, dont 45 en deuxième division danoise. Formé à Odense, il n’y aura jamais sa chance. Ses deux prêts à Velje ne sont guère plus concluants, avec juste six titularisations. C’est à Svendborg qu’il apprend le métier, disputant 45 matchs en une saison. C’est là que Peter Reid va le chercher et en profite même pour l’installer dans les cages des Black Cats. Au bout de sa première saison, il obtient le droit de jouer en Premier League. Il participera au maintien de Sunderland durant quatre saisons, avant de partir pour Aston Villa. Quatre saisons pleines plus tard, le voilà pousser vers la porte par Brad Friedel et se profile Stoke City. Sous la houlette de Tony Pulis, Sorensen est titulaire durant deux saisons, mais doit laisser petit à petit sa place à Asmin Begovic. Aujourd’hui troisième gardien derrière Begovic et Butland, Sorensen en profite pour jouer quelques matchs de temps en temps. Cette valeur sûre de la Premier League du début du XXIème siècle compte tout de même 484 matchs en Angleterre et 101 sélections avec le Danemark.

Copaings pour la vie

Copaings pour la vie

Les inséparables Wes Brown et John O’Shea, respectivement 34 et 33 ans. Si Wes est arrivé un peu plus tôt, 1997 en équipe première de United que John qui a lui attendu 2001, les deux défenseurs participent à la machine de guerre du début de siècle qu’était Manchester. À eux deux ils cumulent ainsi 12 titres de champions d’Angleterre, 3 Coupe d’Angleterre, 6 Coupe de la Ligue, 8 Community Shield, 3 Ligue des Champions et un Championnat du monde des clubs (pour O’Shea). Symbole de ces joueurs moyens qui étaient toutefois nécessaires à l’équilibre de l’équipe de Sir Alex, nos deux potes se dirigent vers la sortie en 2011 et rejoignent tous deux le Sunderland de Steve Bruce. Ambitieux, ils vont vite déchanter et se mettre à lutter pour le maintien, ce qui n’a pas changé depuis. Tous les deux sont également internationaux, Brown a engrangé 23 sélections et a marqué une fois, alors que O’Shea s’est fait plaisir avec 96 sélections et deux buts. Sur les terrains anglais, Brown cumule 417 matchs pour 6 buts et O’Shea 507 matchs pour 18 buts.

Qui aurait pu prévoir que Gerhard Tremmel, 35 ans, évoluerait un jour en Premier League ? Assurément pas grand monde. Pendant sa formation, Tremmel écume les clubs de sa Bavière natale, passant même par le Bayern durant deux ans. Il se pose finalement à Unterhaching où il reste durant quatre ans. Après des passages dans d’autres clubs allemands comme Hannovre, le Herta Berlin ou Cottbus, il rejoint le RedBull Salzburg. En 2011, Rodgers décide de le ramener au Pays de Galles afin d’en faire le remplaçant de Vorm. En 2012 ce dernier se blesse et Tremmel assure l’intérim d’une très belle manière. Il dispose ainsi de statistiques étonnantes, comme celui du meilleur ratio arrêt/but encaissé en Premier League et du même coup le deuxième plus performant en Europe, derrière son compatriote Manuel Neuer.

Cette saison, avec le départ de Vorm, on aurait pu penser que l’ami Tremmel aurait pu avoir droit à une place de titulaire, mais Garry Monk en a décidé autrement et à fait confiance à Lukasz Fabianski.

Tremmel en résumé, c’est 286 matchs pros, dont 47 avec Swansea.

Ah Brad Friedel ! On parle d’un mec qui a commencé sa carrière pro au Danemark, à Brondby, en 1994, avant de rejoindre Galatasaray, un an plus tard, de s’y imposer, pour finalement repartir aux Etats-Unis à Columbus. Un an et demi après, Brad débarque enfin en Angleterre. En 1994, il avait été tout proche de s’engager avec Newcastle, mais une sombre histoire de permis de travail l’en avait empêché. Donc, on est en 1997 et le voilà à Liverpool. Bien évidemment, pas simple de s’y imposer, même quand le titulaire se nomme David James, alors deux ans et demi plus tard, il fait son baluchon et se pose à Blackburn, d’abord en Championship, puis en Premier League. Il s’impose vite comme une valeur sûre du championnat et finit par rejoindre Aston Villa, en 2008. Le club de Birmingham est alors très ambitieux et titille assez fréquemment les clubs du Big 4. Notre G.I y passera trois saisons, avant de s’engager avec Tottenham. On est en 2011, Friedel vient d’avoir 40 ans, un vrai teenager. D’abord titulaire, il est petit à petit poussé vers le banc par Lloris, mais ne se laisse pas faire, s’arrachant sur tous les matchs qu’il peut disputer et parvenant même à faire douter le gardien international français. Depuis l’an dernier par contre, il ne parvient plus à faire bouger l’ordre établit, devant se contenter de la Ligue Europa. Cette saison, son horizon s’est récemment obscurci avec l’arrivée de l’excellent Michael Vorm. Est-ce la dernière saison de celui qui aura 44 ans en mai ? Ou bien tentera-t-il un dernier challenge ?

Aucun rapport avec Jussi, mais Ron Burgundy est vraiment une légende

Par les ovaires d'Olivia Newton John, c'est Ron Burgundy !

Un nom qui fait peur à bon nombre de commentateurs et un statut de légende vivante à Bolton. Jussi Jaaskelainen naît le 19 avril 1975, à Mikkeli, ville de 50 000 habitants située dans le Sud de la Savonie. Elle même située au Sud-Est de la Finlande, comme ça vous ne pourrez pas dire que vous n’apprenez rien avec TK. Il débute avec le club local, le Mikkeli Palloilijat, puis rejoint trois saisons plus tard la fameuse équipe des Vaasan Palloseura. C’est là-bas que Bolton va le chercher. On est en 1997 et Jussi Albert ne quittera les Wanderers qu’en 2012. Pas très classieux sur un terrain, il en reste toutefois très efficace. En 2012 il rejoint West Ham et s’impose directement comme le boss. Sauf qu’à Londres, notre ami finlandais se retrouve avec une tout autre concurrence que celle d’Adam Bogdan et lors de sa deuxième saison, il finit par perdre sa place, au profit d’Adrian. Désormais remplaçant, ça va être dur pour Jussi de retrouver les terrains.

Bon quand même, le mec a disputé 527 matchs avec Bolton et 53 avec West Ham, ce qui fait un total de 580. Une bien belle carrière. En sélection nationale, il a souffert de la concurrence d’Anti Niemi, ne récoltant que 55 capes entre 1998 et 2010.

Les entraîneurs en vue

Nous sommes chez Brendan Rodgers. Cet homme n'aurait-il pas un léger problème ?

Nous sommes chez Brendan Rodgers. Cet homme n'aurait il pas un léger problème ?

Si Liverpool avait pratiqué un football attractif l’an dernier, finissant la saison avec 102 buts, on attend de voir la confirmation pour Brendan Rodgers. Le très narcissique Nord-irlandais a beaucoup recruté cet été et a surtout perdu son atout numéro un en la personne de Luis Suarez. Arrivera-t-il à trouver la bonne formule ?

L’homme au goitre est très attendu cette année. Arrivé en partie par l’intermédiaire de Van Persie, Van Gaal, va devoir relancer une machine grippée. Si beaucoup accablent Moyes, il ne faut toutefois pas oublier la part de responsabilité de Ferguson dans le non-renouvellement des cadres depuis deux ou trois saisons.

Pour le moment le Néerlandais a réalisé un mercato assez coûteux et parle déjà de faire venir du monde cet hiver. Reste à voir si l’effectif arrivera à s’adapter aux méthodes du mec et à son 3-5-2.

Déjà rien qu'avec son style, Martinez avait deux ou trois longueurs d'avance sur Moyes

Déjà rien qu'avec son style vestimentaire, Martinez avait huit siècle d'avance sur Moyes

L’an dernier Everton avait envoyé du jeu dans tous les sens. Martinez a très vite su imprimer sa patte sur le jeu des Toffees au point de faire oublier le vénérable David Moyes. Il faut dire que battre le record de points en Premier League, 72 désormais, dès sa première saison, c’était costaud. De plus, Everton a été en course pour la Ligue des Champions jusque dans les derniers instants, parvenant toutefois à accrocher la Ligue Europa. La fin de saison difficile s’expliquait en partie par le manque de profondeur du banc et Martinez a tenté d’y remédier cet été, en ne vendant personne et en recrutant du sympathique, voir plus haut.

Entre Gustavo Poyet et Di Canio, il n’y a pas photo. L’Uruguayen a su amener de la sérénité dans un Stadium of Light qui en manquait cruellement. Récupérant une formation mal partie et qui était déjà annoncée parmi les favoris à la relégation, il a réussi à redresser la barre. Avec ses recrues et après avoir assaini son groupe, on pense notamment au départ de Bardsley, Poyet a tout pour de nouveau sauver Sunderland et pourquoi pas viser le ventre mou.

Joueur des basses divisions, Sean Dyche a commencé sa carrière d’entraîneur, en 2011, sur le banc de Watford. Une première expérience positive, puisque le club termine 11ème avec 64 points, soit son plus haut classement et son plus fort total de points depuis 4 ans. Cela ne suffit pas à la famille Pozzo qui le vire et engage Zola. Dyche reste quelques mois sans club et rebondit finalement en octobre à Burnley. Remplaçant Eddie Howe, il redresse une situation qui était un peu tendu pour sauver le club. L’an dernier, il effectue avec son équipe le meilleur démarrage de l’histoire du club. Rapidement en tête, Burnley ne lâche rien et Dyche peut fêter la promotion en terminant second. Burnley retrouve une Premier League qu’il avait quitté en 2010 et Dyche espère bien réussir ce retour.

Ancien grand joueur, Ronald Koeman a eu plus de mal sur le banc. Il a pu et peut toujours capitaliser sur son nom, certes, mais il ne faudrait peut-être pas trop se planter à Southampton. Une première expérience mi-figue mi-raison à l’Ajax, une pige au Benfica peu concluante, un retour au PSV victorieux, mais de peu (voir le fantastique dénouement de la saison 2006-2007 en Eredivisie). À Valence, il réussit à dresser tout le vestiaire contre lui, déclarant à propos de Joaquin « Il a coûté 30 millions au club, vu son rendement, j’aurai plutôt dit 30 euros », ce à quoi Joaquin répondit « C’était une personne qui prenait les gens de haut. Il n’a pas eu le courage de me dire les choses en face. Tout ce qui l’intéressait c’était de dîner avec cinq ou sept bouteilles de vin. Et quand il a quitté le club, il a emporté avec lui six ou sept millions ». Le groupe vivait bien. Plus d’un an après son limogeage de Valence, il s’installe sur le banc de l’AZ Alkmaar, récent champion et orphelin de Louis Van Gaal. Il est à nouveau licencié, après avoir perdu 7 des 16 premiers matchs de championnat.

En 2011, il signe au Feyenoord, récupérant une équipe criblée de dettes et obligée de s’appuyer sur son centre de formation pour survivre. Il en fait une équipe agréable, parvenant l’an dernier à lutter pour le titre et révélant un paquet de bons joueurs. Au passage, il devient la première personne à avoir joué et entraîné les trois grands des Pays Bas (Ajax, PSV, Feyenoord). Comme pour le buteur qu’il a ramené du Feyenoord, Graziano Pellè, on attend de voir confirmation en Premier League avant de s’enflammer.

Star à Southampton, Pochettino avait prévenu qu’en cas de départ de Cortese il ne resterait pas dans le Sud de l’Angleterre. Après y avoir terminé la saison précédente, il a donc rejoint les Spurs de Tottenham. Chez les Spurs, on attend de voir si l’ancien défenseur parisien arrivera imposer son jeu. Première indication, pour une fois le mercato de Tottenham semble avoir été intelligent.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

Il est beau ce Stadium of Light (ça se voit la lèche là ?)

Il est beau ce Stadium of Light (ça se voit la lèche là ?)

Très loin devant on retrouve Old Trafford, le stade de Manchester United, avec 75 623 places. Pas pour autant que l’ambiance y soit dingue. En seconde position, Arsenal et son Emirates Stadium, disposant de 60 272 places. Ensuite, on va tout au nord et on prend une des 52 397 places du Saint James Park du côté de Newcastle, ou alors on est pote avec Kevin et donc on fait quelques kilomètres pour se rendre à Sunderland et s’asseoir parmi les 49 000 places du Stadium of Light.

En fait le stade de Burnley c'est le stade de Dijon, mais à l'anglaise

En fait le stade de Burnley c'est le stade de Dijon, mais à l'anglaise

Dans l’autre sens, si l’on veut du plus intime, mais tout aussi bruyant, on peut aller à Londres et plus précisément au Selhurst Park de Crystal Palace, avec ses 26 309 places. Sinon, si on aime les tigres ou les gros chats en tous genres, comme Steve Bruce par exemple, direction Hull City et son KC Stadium (25 400 places). Admettons que vous habitiez à Vitry-sur-Seine, vous ne saviez peut-être pas que votre ville était jumelée avec celle de Burnley. Raison de plus pour se rendre dans l’antre du club local, le Turf Moore et ses 22 546 places. Enfin, si vous voulez vivre un peu l’histoire, rendez-vous au Loftus Road, le stade des QPR. Le club ayant récemment obtenu le feu vert pour la construction d’un plus grand stade, il en sera bientôt fini du plus petit stade de Premier League, avec ses 18 439 places.

Le club à suivre

Aucune nouvelle de ce jeune enfant depuis.

Aucune nouvelle de ce jeune enfant depuis.

Pour moi Hull a tout simplement fait le recrutement le plus complet de toute la Premier League. Ils ont récupéré gratuitement le très prometteur milieu gauche Thomas Ince, obtenu les prêts d’Hatem Ben Arfa et de Gaston Ramirez. Au niveau des transferts secs, ils ont vu arriver l’attaquant uruguayen Abel Hernandez en provenance de Palerme, le très bon ailier écossais Robert Snodgrass, les milieux Momo Diamé et Jack Livermore, les défenseurs Michael Dawson et Harry Maguire, ainsi que le grand espoir écossais au poste de latéral, Scott Robertson. Costaud donc, d’autant plus qu’ils n’ont perdu que deux potentiels titulaires, à savoir George Boyd et Shane Long.

Pour le moment, Steve Bruce s’oriente vers un 3-5-2, avec McGregor dans les cages, Dawson, McShane et Davies en défense, Robertson en piston gauche et Elmohamady en piston droit, un trident au milieu composé de Huddlestone, Quinn et Livermore et enfin en attaque Jelavic et Ince en attaque.

Tout cela dans un contexte particulier, je vous invite à aller voir le bilan de fin de saison de TK, avec une partie consacrée à l’extrasportif du côté de Hull, et alors que peu de gens pensaient Bruce capable de sauver Hull l’an dernier.

Concernant l’extrasportif, des fans patientaient devant le stade lors de la dernière journée des transferts. Oui, ils n’ont que ça à faire ! Ben Arfa signe et du coup, le proprio du club sort et offre des pizzas aux fans présents. A noter que le club avait déjà fait ça pour les supporters qui faisaient la queue afin d’avoir un billet pour assister à la finale de FA Cup. De plus, on a récemment appris que le club avait été mis en vente.

Le club à ne pas suivre

Comme ça j’aurai dit QPR, parce que j’aime vraiment pas Tony Fernandes, mais c’est un peu facile de toujours taper sur les mêmes. Alors vu que je suis un Toffee, je vais dire Liverpool.

Les pronos TK

L’an dernier j’avais réussi le fantastique score de 0 point. Cette année je vise au moins un point et j’annonce Chelsea champion, suivi de Manchester City, d’Arsenal, de Liverpool, de Tottenham et d’Everton. Pour la relégation, les victimes seraient Crystal Palace dans le rôle du premier relégable, QPR pour la 19ème place et Burnley pour la lanterne rouge.

Voilà les gars, n’hésitez pas à faire vos pronos dans les commentaires et on reparlera en mai prochain.

Didier Feco.

PS : bonne saison à tous.

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, place au plus grand championnat du monde. Le championnat qui aura consacré certains des plus grands footballeurs de l’histoire, entre David N’Gog, Gael Givet et William Prunier.

Le classement après trois journées

Les candidats au titre

Souvenirs de mai 2014

Souvenirs de mai 2014

Favori à sa propre succession, Manchester City ne devrait pas être trop loin de la couronne en mai prochain. Souverain l’an dernier grâce à une attaque de feu (102 buts inscrit), City a cette fois évité d’acheter 18 attaquants. Pour voir des recrues, c’est en défense et au milieu qu’il faut se rendre. Tout d’abord, l’arrivée dans les cages du très bon Caballero en provenance de Malaga. Un choix pas anodin pour Pellegrini, puisque le portier argentin était un des hommes de base du technicien chilien lors de son passage sur le banc du club pensionnaire de la Rosaleda. En défense, on notera les arrivées de Mangala et de Sagna. Enfin, au milieu de terrain, on signalera les signatures de Fernando et de Franck Lampard, ce dernier ayant été prêté depuis New-York. Notons qu’après trois matchs, les Citizens s’en tirent avec deux victoires, mais aussi une défaite à domicile face à Stoke City.

Toujours emmenés par le controversé Mourinho, les Blues de Chelsea comptent bien retrouver un titre qu’ils n’ont plus vu depuis 2010. Pour ça, il faudra s’appuyer sur leur très bonne défense, seulement 27 buts encaissés l’an dernier, mais aussi améliorer l’attaque. Car oui marquer 71 buts en Premier League est désormais insuffisant pour pouvoir espérer quoi que ce soit. Pour ça, le board a fait venir du très très lourd. Bienvenue donc à Diego Costa, Loic Remy et Didier Drogba. Dans les bois, il faut croire que Petr Cech ne suffisait pas, alors Thibault Courtois a été prié de revenir prestement de son prêt à l’Atletico. Il a été suivi de son compère de la défense madrilène, le latéral Filipe Luis. Au milieu de terrain, on notera le refus poli de Tiago, mais la signature controversée de Cesc Fabregas. On parle quand même d’un type qui a été fabriqué par Arsenal et qui avait déclaré en 2010 « Si je porte un jour le maillot de Chelsea, vous pourrez me tuer ». On prend les paris pour le prochain but de Ramsey ?
Au rayon des départs, c’est la fin d’une époque pour Chelsea, Mourinho s’étant séparé de Lampard et d’Ashley Cole. Exit également Demba Ba, mais également David Luiz et Lukaku avec de beaux coups financiers en prime, pour un total de 75M£.
Pour le moment, tout va bien, trois matchs et autant de victoires, dont une très probante sur le terrain d’Everton, sur le score assez fou de 6-3.

Souvenir de mai 2014

Souvenirs de mai 2014

Tout proche de renouer avec la couronne nationale, Liverpool a finalement flanché sur la fin en concédant une défaite à Anfield face à Chelsea et un match nul à Palace. Si le jeu pratiqué par les Reds était spectaculaire, pas moins de 101 buts inscrits, leur défense était souvent catastrophique, avec 50 buts encaissés. Les lacunes en matière d’effectif ayant été maintes et maintes fois évoquées, Rodgers a décidé de faire sortir le chéquier et d’acheter à tout va. Tout d’abord, il a été débauché trois joueurs de Southampton, Adam Lallana, Dejan Lovren et Rickie Lambert. Il est ensuite aller taper dans du jeune prometteur, avec Emre Can, Divock Origi (bien que prêté directement à Lille), Alberto Moreno et Lazar Markovic. Enfin, il va tenter de relancer, une énième fois, Mario Balloteli. Coût total des opérations : 133 millions de pounds.

Bon, il faut tout de même dire que Liverpool a dû se séparer de Luis Suarez. Vous savez celui qui voulait se barrer, mais qui n’a pas pu. Alors après il a dit qu’il voulait passer sa vie à Liverpool. Puis une fois le mercato revenu, il a subitement eu des envies de départ.Reste que son départ est une énorme perte pour Liverpool, mais également pour la Premier League.

La réussite de la saison de Liverpool tiendra pour beaucoup dans l’adaptation de ses recrues, mais si la défaite du côté de Manchester City a permis de montrer un écart assez important entre les deux équipes, l’éclatante victoire (3-0) sur la pelouse de Tottenham a fait du bien au vestiaire des Reds.

Les équipes qui risquent d’avoir besoin d’un concours de circonstances pour être titré sur la fin

Là, on rentre dans les équipes qui risquent d’avoir besoin d’un concours de circonstances pour être titré sur la fin.

Hype de la première moitié de saison l’an dernier, à tel point que certains se sont mis à rêver du titre, les Gunners ont eu du mal à digérer l’hiver. Wenger a fait péter le larfeuille pour ramener Alexis Sanchez, qui ne s’était jamais acclimaté au Barça. Enfin, ne t’emballe pas jeune fan des Gunners, Sanchez il joue surtout ailier. Toutefois, le mercato d’Arsenal reste assez intéressant, avec les signatures du jeune et très prometteur Callum Chambers, en provenance de Southampton, et de deux valeurs sûres du championnat anglais, à savoir Danny Welbeck et Matthieu Debuchy. Notons également l’arrivée du solide David Ospina, qui va essayer d’amener un peu de sérénité dans les cages.

Au niveau des départs, on signalera les départs de Thomas Vermaelen pour le FC Barcelone et de Bacary Sagna pour Manchester City. Oui bon d’accord, il y a aussi ceux de Nicklas Bendtner et de Chu Young Park.

Après s’être tiré, de façon assez poussive, du barrage de Ligue des Champions face au Besiktas (1-0 sur les deux matchs), Arsenal a confirmé ses difficultés à l’extérieur, en concédant deux matchs nuls sur les pelouses d’Everton et de Leicester. Malgré tout, l’équipe a montré une certaine forme de caractère, en arrachant la victoire dans les toutes dernières secondes, lors de l’ouverte face à Palace et en revenant de nul part face à Everton.

Un résumé de la situation de United

Un résumé de la situation de United

Nouvelle révolution de palais à Manchester United. Après moult et moult années sous le règne de Sir Alex Ferguson, la monarchie a vacillé sous David Moyes Ier. Comme pour Edouard II, les sages du royaume ont décidé de l’assassiner et de chercher un nouveau favori. Après leur court intérim, c’est un certain Louis Van Gaal, de la maison Oranje, qui vint prendre la place.

Le nouveau roi amène avec lui une philosophie qui a fait ses preuves à peu près partout, mais qui a aussi eu tendance à user les esprits de ses anciens disciples. Faisant face à des troupes quelque peu rabougries, Van Gaal a également estimé qu’il était important de sortir les deniers royaux afin de combler quelques manques. C’est ainsi que débarquent Angel Di Maria, Daley Blind, Marcos Rojo, Ander Herrera, Luke Shaw ou encore Falcao, et tout ça pour la modique somme de 170M£.

Pour autant recruter, il fallait également tailler dans les dépenses superflues. Au revoir donc au Evra, Vidic, Ferdinand, Büttner, Kagawa, Welbeck, Chicharito, mais surtout la légende locale, le Chevalier au Lion, Ryan Giggs.

Alors vu que Manchester ne jouera pas de Coupe d’Europe, même pas une coupette, on serait tenté de dire que l’effectif est suffisant pour retrouver le top 3 l’an prochain, sauf que ça ne paraît pas très équilibré, et la récente humiliation en League Cup face aux Milton Keynes Dons (4-0) combinée à un début de championnat ultra-poussif (défaite à domicile face à Swansea, nuls à Sunderland et à Burnley), n’incite pas à l’optimisme non plus.

Ouh la grosse cote ! Avec l’arrivée du très demandé Pochettino, Tottenham peut espérer faire quelques bonnes choses cette année. Alors que les fans pensaient sans doute voir arriver un gros contingent de joueurs de Southampton, il n’en fut rien. Malgré tout, le recrutement a été de qualité, avec les signatures de Ben Davies, Fazio, Stambouli, Vorm, Dier et Yedlin (prêté directement aux Seattle Sounders). Du côté des départs, on notera ceux de Sandro, Sigurdsson, Livermore et Dawson.

La saison avait démarré assez joliment, avec une qualification en Ligue Europa face à l’AEL Limassol (5-1 sur les deux matchs), puis avec une victoire du côté du Boleyn Ground face à West Ham (0-1), un massacre de QPR à White Hart Lane (4-0), mais c’était avant le drame bien entendu. Le 31 août, Liverpool se présente à WHL et colle trois bastos dans le buffet des Spurs. Bref, va falloir profiter de la trêve internationale pour se remobiliser et répondre à Sunderland.

Lukaku dans une brillante imitation de Fabrice Fiorèse

Lukaku dans une brillante imitation de Fabrice Fiorèse

Deuxième saison à la tête des Toffees pour Roberto Martinez, qui après avoir réussi une première saison historique, 72 points soit le meilleur total d’Everton depuis l’avènement de la Premier League, essaiera de confirmer. Pour cela, il peut toujours s’appuyer sur ses cadres de la défense, c’est-à-dire Howard, Distin, Jagielka, Baines et Coleman, auxquels on peut désormais associer John Stones. Au milieu de terrain, il a réussi à conserver Barkley (malheureusement blessé depuis), Gareth Barry et en se faisant prêter Christian Atsu. Enfin, en attaque, il a craqué son slip pour faire signer Lukaku, en signant un chèque de 31M£, soit le plus gros transfert de l’histoire du club. Et pour ajouter un peu de concurrence, il a fait venir Samuel Eto’o. Qu’il paraît loin où les attaquants se nommaient Yakubu, Jô et Anichebe…

Le plus fort dans tout ça, c’est qu’au rayon des départs, on ne retrouve pas de joueur clé, excepté éventuellement Deulofeu. Everton se présente donc avec un effectif inchangé et même renforcé, ce qui laisse augurer de belles petites choses…

Pourtant, comme l’an dernier le début de saison est plus que poussif. Après avoir concédé le nul à Leicester, Everton s’est fait remonter comme un bleu à domicile face à Arsenal, avant de livrer un match fou à Goodison, mais néanmoins perdu, face à Chelsea.

Les candidats à la descente

La dernière fois qu’on les avait vus ici, c’était franchement comique. Harry Redknapp, le Patrick Balkany du foot anglais, est toujours aux commandes et est bien décidé à réussir sa mission. Ou à se faire virer pour toucher des indemnités, on ne sait plus à TK.

Or, pour une fois le recrutement des QPR passerait presque pour moyen plus. Bonjour à Alex McCarthy, le portier de Reading, au très bon Steven Caulker, au vieux Rio Ferdinand, à l’espoir Jack Robinson, au paumé Mauricio Isla, à l’inconstant Leroy Fer, à l’utile Jordan Mutch, à l’expérimenté Sandro, à l’éternel espoir Niko Kranjcar et au mal exploité Eduardo Vargas. Avec tout ça, Harry pourra compter sur le retour d’Adel Taarabt, de retour de son prêt à l’AC Milan.

En ce qui concerne les départs, QPR a vu partir définitivement Loic Remy vers Chelsea, mais également Esteban Granero, Danny Simpson et Yossi Benayoun. On notera également la retraite de ce poète de Luke Young et du super coréen Park Ji-Sung.

Avec tout ça, la saison a mal débuté, avec des défaites en Coupe de la Ligue à Burton (1-0) et d’autres revers en championnat, à domicile face à Hull (1-0) et à White Hart Lane (4-0), avant de finir par se ressaisir à Loftus Road face à Sunderland (1-0).

C'est un conceot

C'est un concept.

Ils y sont enfin parvenu. Après avoir échoué de très peu, et de façon dramatique, à la promotion en 2013, les Foxes de Leicester retrouvent une Premier League qu’ils avaient quitté en 2004. Emmenés par un très bon Knockaert, un Nugent de folie et un Schmeichel de plus en plus intéressant, ils devraient tout de même lutter pour se maintenir, petite revue du mercato.

Pearson a décidé de renforcer son effectif, mais sans tout chambouler. Il a donc fait venir Leonardo Ulloa, déjà auteur de deux buts, en provenance de Brighton, le latéral droit de QPR, Danny Simpson, deux milieux de terrain de United, avec la signature sèche de Tom Lawrence et le prêt de Nick Powell et puis le gros coup médiatique avec la signature d’Esteban Cambiasso. Si l’Argentin n’est plus tout jeune, il pourrait apporter toute son expérience.

Pour les départs, on notera ceux de Sean St Ledger et de Kevin Philips. Pour ce dernier, c’est vers la caisse des retraites qu’il faudra désormais se rendre. Une minute de silence pour la mémoire du héros de Kevin Quigagne.

Pour le moment, les Foxes ont limité la casse, dans un début de championnat qui s’annonçait comme très galère. Il a fallu recevoir Everton (2-2), puis se déplacer à Chelsea, avec une défaite à la clé (2-0), puis accueillir Arsenal (1-1). Costaud le calendrier. La déception vient de Coupe de la Ligue et de l’élimination à domicile face à Shrewsbury (1-0).

Les Lego sont parmis nous !

Les Lego sont parmis nous !

Burnley dispose sans doute de l’effectif le plus faible de cette Premier League. Le manager, Sean Dyche, ne disposant pas de ressources exceptionnelles pour son recrutement, il a fallu jouer intelligemment. Tout d’abord en conservant sa colonne vertébrale, Tom Heaton dans les cages, Jason Shackell et Michael Duff en défense, David Jones et David Marney au milieu et le duo d’attaquants Danny Ings et Sam Vokes, 47 buts à eux deux.

A cela, il a ajouté George Boyd, Lukas Jutkiewicz, Michael Kightly, Marvin Sordell, les expérimentés Steven Reid, Matthew Taylor, Matthew Gilks. Enfin, il faut noter les prêts de Michael Keane en provenance de United et celui de Nathaniel Chalobah depuis Chelsea.

Une saison qui s’annonce difficile donc, qui a démarré par deux défaites en championnat, à Stamford Bridge (3-1) et à domicile face à Swansea (1-0), avant de chopper le match nul (0-0) face à United. Il faut également noter l’élimination en Coupe de la Ligue face à Sheffield United et à domicile s’il vous plaît.

En décembre dernier, les observateurs avaient tous condamné Crystal Palace au Championship. Sauf que Pulis est arrivé et a tout changé. Celui qui était décrié à Stoke, a réussi à créer une petite hype autour de son équipe, remontant le classement comme Froome le Ventoux et accumulant les bons résultats face à des équipes de haut de tableau. Sauf que patatras, Pulis s’est barré. Malky Mackay était pressenti pour lui succéder, mais une sombre affaire de SMS à tendance raciste, l’a poussé à renoncer à revenir dans l’arène. Finalement, c’est ce bon vieux Neil Warnock qui a pris place sur le banc, mais franchement on ne voit pas trop comment il pourrait s’y prendre…

Pas vraiment de départ, mis à part celui de Dikgacoi, mais plusieurs arrivées. Tout d’abord celle de James McArthur, le milieu écossais débarquant contre presque 8M£. Ensuite, celles de Zeki Fryers, de Martin Kelly et de Frazier Campbell. Il a également été privilégié l’expérience, avec les arrivées de Hangeland, Andy Johnson et le prêt de Kevin Doyle. Enfin, le retour de l’enfant chéri, décevant à United, à savoir Wilfried Zaha, en prêt lui aussi.

La saison de Palace aura démarré par deux défaites. La première sur le terrain d’Arsenal (2-1), la seconde à domicile face à West Ham (3-1). Après cela, Palace parvint à accrocher le nul à Saint James Park (3-3). Au contraire, ça roule en Coupe de la Ligue avec une qualification sur le terrain de Walsall (3-0) et le prochain tour verra le déplacement de Newcastle.

Mais où est Charlie ?

Mais où est Charlie ?

Bon, ça ne va pas faire plaisir à Kevin, mais les Black Cats font partie des légitimes favoris pour descendre voir comment ça se passe en Championship. Si Gustavo Poyet avait réussi l’exploit de sauver Sunderland l’an dernier, et franchement c’était mal engagé, dur de savoir s’il pourra trouver les ressources pour le faire une deuxième fois d’affilée.

Le technicien uruguayen a décidé de renouveler une grosse part de son effectif afin d’entreprendre cette difficile mission, alors attention y a du départ : Scocco, N’Diaye, Diakité, Cuellar, Ba (prêt), David Vaughan, Bardsley, Craig Gardner, Westwood, Ustari, Roberge (prêt) et Dossena. Mais le départ le plus emblématique de tous, reste celui de Jack Colback. Le rouquin, formé au club a filé sans indemnité chez le voisin honni, à savoir Newcastle. Bref, la trahison ultime et l’équipe de TK était très inquiète concernant Kevin, mais il semble avoir surmonté sa peine.

Alors avec ces nombreux départs, il fallait bien recruter un peu. Les habitués du Stadium of Light ont donc vu débarquer l’éternel espoir Jack Rodwell, Will Buckley, Patrick van Aanholt, Ricardo Alvarez, Costel Pantilimon, Billy Jones, Jordi Gomez et Sebastian Coates.

Pas top. Voilà comment on pourrait qualifier le début de saison de Sunderland. Après avoir été chercher le nul à West Brom (2-2), United a été tenu en échec à Sunderland (1-1), avant que les hommes de Poyet ne tombent dans l’antre des QPR.

En Coupe de la Ligue par contre, ça roule tout seul, après avoir écrasé Birmingham (3-0) au St Andrews, il y aura la réception de Stoke.

Les joueurs à suivre

Courtois surveillant sa surface

Courtois surveillant sa surface

Après un prêt de deux ans dans la capitale espagnole, Courtois revient comme un prince souhaitant se faire couronner roi à la place du roi déjà en place, le vénérable Petr Cech. Ce dernier ne semble rien pouvoir faire pour empêcher le jeune belge de monter sur le trône. En tout cas, avec deux gardiens pareils dans l’effectif, Mourinho peut voyager tranquille.

Idole du Frioul, Alexis Sanchez n’a jamais réussi à s’adapter totalement à la Catalogne. Toutefois, il dispose des qualités pour faire mal en Premier League et devrait s’avérer un renfort de choix pour Wenger. Surtout, il devrait pouvoir déplacer l’attention des suiveurs sur lui, permettant à un Mesut Ozil de jouer un peu plus libéré.

Ouh le gros chèque ! Van Gaal le voulait et contre 66M £ le Real se sera laissé faire. Il faut dire que Di Maria voulait bien prolonger au Real, mais uniquement si l’on augmentait son salaire pour le placer derrière celui de Cristiano Ronaldo. Perez aura refusé et Di Maria a été obligé de quitter Bernabeu avec le cœur gros. L’achat paraît intéressant, car en plus de pouvoir jouer sur l’aile gauche ou droite, Di Maria a de plus en plus évolué dans l’entrejeu, notamment au Real mais surtout en équipe d’Argentine. Reste que son arrivée précipite de plus en plus Juan Angel Mata vers un départ. Oui, le même Mata qui était arrivé en janvier dernier contre une trentaine de millions. Quand on vous dit qu’ils ont des sous à United.

Lukas qui essaie de faire comme Courtois, mais le résultat n'est guère concluant

Lukas essaie de faire comme Courtois, mais le résultat n'est guère concluant

Une histoire bien tortueuse que celle de Lukas Jutkiewicz. Né à Southampton, il intègre l’académie des Saints, mais se barre à Swindon ne voyant pas de contrat pro arriver. Il débute alors en équipe première à l’âge de 17 ans et inscrit 5 buts en 38 apparitions. Suffisant pour attirer l’œil d’Everton. Dans la cité portuaire, le jeune attaquant a du mal à se faire une place et enchaîne les prêts, Plymouth, Huddersfield et Motherwell. C’est justement là-bas qu’il se révèle, en inscrivant 12 buts en 33 apparitions. Coventry le recrute, mais Lukas n’est pas ce que l’on appelle un buteur prolifique. Après une saison et demie, une soixantaine de matchs et 18 buts, le voilà qui plie bagages pour se rendre à Middlesbrough. Pour l’anecdote, il fut d’abord prêté afin de pouvoir lui faire jouer un match le jour même. Une fois le match joué, les dirigeants de Middlesbrough achevèrent de le recruter définitivement. Deux ans plus tard, il part en prêt à Bolton et réalise une bonne demi-saison avec 7 buts en 20 apparitions. Suffisant pour attirer le regard du manager de Burnley et revenir en Premier League avec comme ambition de s’y imposer. À 25 ans, il est temps d’y penser sérieusement…

C’est simple, c’était l’un des seuls joueurs de Norwich à mériter de rester en Premier League. En signant Snodgrass, Hull a fait un très beau coup. Percutant, buteur, infatigable cavaleur sur son côté, il va encore s’amuser sur les prés et Hull espérer qu’il continue sur sa lancée de l’an dernier où il avait inscrit 6 buts en 30 apparitions.

On va avoir droit à notre petite pause chauvinisme. Lorsqu’il était à Guingamp, Knockaert c’était le joueur frisson, capable de faire des gestes fous, mais aussi de disparaître pendant 10 matchs. Contre toute attente, il s’engage avec Leicester et rate ainsi la remontée fantastique du club breton en Ligue 1. Or à Leicester, Knockaert s’amuse et fait le tour des zappings avec ses buts aussi fous les uns que les autres. Il y a un an de ça, alors que Leicester affronte Watford en demi-finale des barrages d’accession à la Premier League, Knockaert provoque balle au pied et obtient un penalty assez généreux. On joue les dernières secondes du match, s’il marque Leicester va en finale. Sauf que son tir est repoussé et que dans la foulée, Watford marque et se qualifie. Le Français aura beaucoup de mal à se remobiliser et va mettre du temps à revenir à la hauteur de son véritable talent, mais ce sera chose faite lors de la seconde moitié du championnat. Cette année, Knocky’ a tout pour régaler les observateurs, participer au maintien des Foxes et pourquoi ne pas rêver d’un transfert dans un club plus huppé.

No comment...

No comment...

« Hey Jack ?! It’s Kevin Quigagne ! Shame on you bastard ! », voilà le message laissé par notre maître vénéré à tous sur le répondeur de Jack Colback. Le pauvre Kevin s’était bien résolu à voir partir son rouquin favori, mais le voir rejoindre Newcastle…. D’autant plus que Colback a avoué avoir toujours été fan de Newcastle ! Toujours est-il que Colback dispose d’une carte à jouer, autant chez les Magpies qu’en équipe nationale. Il a d’ailleurs été récemment appelé par Roy Hodgson pour le match face à la Suisse. À Newcastle, il va tomber dans un effectif fourni, mais va pouvoir user de sa polyvalence pour se faire une place au soleil. Enfin, le soleil… ça reste Newcastle tout de même.

Méconnu en Italie, Pellè a été consacré à Rotterdam en inscrivant 50 buts en 57 matchs sous le maillot du Feyenoord et peut légitimement avoir de belles ambitions. Cette grande tige d’1m93 devra tout de même passer derrière Rickie Lambert. Pas simple, il faut le reconnaître. Heureusement pour lui, il n’est pas seul à passer de Rotterdam à Southampton, puisque son coach, Ronald Koeman vient d’effectuer le même chemin. À 29 ans, il est désormais temps pour Pellè de confirmer au plus haut niveau et pourquoi pas de taper à la porte de la Squadra Azurra.

Le Barça vivait bien à l'époque

Le Barça vivait bien à l'époque (Piqué + Bojan)

Annoncé comme un futur crack, je suis formé à la Masia. Évoluant au poste d’attaquant ou d’ailier, je débute en équipe première à l’âge de 17 ans, mais ne parviens finalement pas à m’imposer durablement. En 2011 je rejoins mon ancien entraîneur de la réserve barcelonaise, Luis Enrique, du côté de la Roma, mais une nouvelle fois je n’arrive pas à m’y imposer. Un an plus tard, je suis prêté au Milan AC, mais une fois de plus je ne suis pas transcendant. Le FC Barcelone me tend alors la main et en profite pour me prêter à l’Ajax Amsterdam. Aux Pays Bas je revis un peu, mais je ne suis toujours pas la machine à buts que j’étais lors de mes jeunes années en Catalogne. En juillet 2014 je signe à Stoke City, je suis le cousin de Lionel Messi, je suis….

BOJAN !

Des fans de WBA invoquant l'esprit de Samaras

Des fans de WBA invoquant l'esprit de Samara

Dieu. Pour son portrait, vous pouvez voir l’article sur les Grecs du foot anglais. West Brom a été très actif sur le marché des transferts, mais le beau coup, il est là. Samaras, l’idole du Celtic. Que fout-il à West Brom ? On sait juste que six ans après son échec à Manchester City, le revoilà en Angleterre. En tout cas il va encore cavaler, monter, descendre, dribbler, énerver, faire preuve d’un peu (beaucoup) de nonchalance, puis finalement se décider à jouer un petit peu. Au final Georgios c’est un peu le footballeur du dimanche un peu technique. Il sait qu’il est costaud techniquement, alors il fait de temps en temps preuve d’un peu de facilité. Ce qui, fatalement, le dessert lui et son équipe. Allez Georgios, amuses-toi et mets du rêve dans les yeux des Baggies.

Zarate is back ! Six ans après son prêt à Birmingham, Mauro revient en Angleterre, mais cette fois il a mûri. Finit l’époque de la Lazio ou de l’Inter où il semblait n’en faire qu’à sa tête. Son retour dans son club formateur, le Velez Sarsfield, semble avoir été un déclic. À 27 ans, il n’a plus de temps à perdre, et peut profiter du virage étonnant pris par le West Ham de Big Sam, pour continuer sa mue et pourquoi ne pas enfin décrocher une sélection en équipe nationale.

Allez bonne lecture et à demain pour la suite de cette preview,

Didier Feco

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. Aujourd’hui, on monte d’un échelon, on y croise pléthore d’internationaux et on prend place aux côtés d’une vingtaine de milliers de spectateurs, en moyenne. L’antichambre de l’élite. Présentation.

Le classement après cinq journées (sur 46).

Les prétendants à la montée

Entre cinq et dix, si l’on inclut les forces supposées vives, les outsiders crédibles et les postulants sur le qui-vive. Revue en détails.

Norwich, Fulham et Cardiff City. Les trois gros, si on peut dire. Les trois relégués de Premier League qui profitent des énormes droits TV de PL et des “parachute payments” (environ 70 millions de livres) accordés aux relégués et échelonnés sur trois ans. Des trois, Fulham est celui qui connaît le début de saison le plus catastrophique. Avant-dernier avec quatre défaites en cinq matchs, les Cottagers doivent rapidement rectifier le tir s’ils veulent prétendre à la remontée immédiate. Surtout que Felix Magath est resté sur le banc malgré la relégation, et que l’effectif est de qualité : Ross McCormack, acheté 11M£ à Leeds, Scott Parker, Hugo Rodallega. En revanche, le four Konstantinos Mitroglou devrait quitter la cuisine londonienne, et Stekelenburg s’est déjà exilé à Monaco.

Sur le papier, Fulham reste donc un prétendant, tout comme Cardiff City, où Ole Gunnar Solskjaer a cette fois pu profiter de deux mois de préparation pour bâtir une équipe cohérente. Le retour en forme de Kenwyne Jones et l’arrivée d’Adam Le Fondre sont à ce titre une excellente nouvelle pour les Bluebirds. Le Brittanique a toujours marqué plus de 10 buts lors de ses saisons complètes (le Gomis Anglais, en quelque sorte) et devrait aider les Gallois à jouer la montée.

Jones et Solskjaer s'entendent déjà à merveille, visiblement

Norwich a conservé son noyau dur, avec John Ruddy dans les cages, Russell Martin et Sebastien Bassong en arrière-garde, Wes Hoolahan et Bradley Johnson au milieu de terrain, Gary Hooper devant. Quelques pertes (Ricky van Wolfswinnkel, que les supporters ne regretteront pas, ou encore Leroy Fer, parti à QPR), mais de bonnes pioches, avec l’attaquant Lewis Grabban, acheté à Bornemouth où il marquait un but tous les deux matchs l’an passé (et déjà cinq cette année).

Derby County. Le malheureux finaliste des play-offs de l’an passé devra se relever psychologiquement de son raté de la dernière minute. La Premier League, que le club n’a plus connue depuis 2008 (et un bilan famélique de 11 points…), était si proche. Cette année, ils peuvent toujours compter sur un entraineur expérimenté (Steve McLaren, l’homme au parapluie) et un effectif très jeune et maintenu en l’état. Les attaquants sont déjà au diapason, avec six buts en dix matchs cumulés pour Chris Martin (l’autre) et Jamie Ward. Le meilleur joueur de l’an passé, Craig Bryson, monte toujours la garde.

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait la cerise aux Pays-Bas

Depuis cet épisode, McLaren s'est refait un peu la cerise

Wigan. L’année dernière, malgré la fatigue de leur parcours en Coupe d’Europe (dernier de leur groupe) et en FA Cup (éliminé en demi-finales aux pénaltys contre Arsenal), le club avait tout de même réussi à se qualifier pour les play-offs du championnat. Cette année, débarrassés de la joute européenne, et avec Maloney, McManaman, Caldwell, Boyce qui ont, entre quelques autres, tous connu la PL sous le maillot bleu et blanc, les Latics peuvent franchement se mêler à la lutte pour les six premières places. Et si Oriol Riera, le buteur Espagnol transféré d’Osasuna pour 2M£, s’adapte bien, ils pourraient même viser davantage.

Et puis en vrac : Brighton & Hove Albion et son manager Sami Hyppiä, Watford, Nottingham Forest, et pourquoi pas Leeds ! (non, on déconne)

Les clients à la descente

Incontestablement, Blackpool fait figure de favori pour la League One. En moins de deux ans, le club a connu six entraîneurs, et celui actuellement en place, Jose Riga, n’avait que neuf joueurs éligibles le matin de son match d’ouverture. L’équipe a perdu 27 (!) joueurs pendant l’été, et a dû recruter douze joueurs en douze jours. Le niveau d’amateurisme administratif ne s’est pas complètement ressenti sur le terrain, bien que Blackpool ait quand même perdu 2-0. Avec aucun point en cinq matchs, le miracle collectif n’a pas encore eu lieu. Et on doute qu’il se produise en cours de saison.

Ils se foutent du ballon rond, à Blackpool

Ils s'en foutent du ballon rond, à Blackpool

La saison de Millwall sera également difficile. Le club s’est maintenu tant bien que mal l’an passé, et il y a eu peu d’ajouts significatifs au cours de l’été. Mais l’entraineur se nomme Ian Holloway, aka le magicien illuminé. Et à ce titre, tout est possible.

Et puis en vrac : Birmingham City, qui s’est maintenu en Championship grâce à un but dans les arrêts de jeu du dernier match, et dont la prochaine saison risque d’être aussi longue que la dernière ; Sheffield Wesnesday, qui attend que Hafiz Mammadov leur envoie de l’argent (décidément, l’Azéri a du mal à recopier les RIB) ; Roterham, quatrième de League One et promu surprise, aura fort à faire pour rester à cet échelon.

Les joueurs à surveiller

Jake Forster-Caskey (Brighton), milieu de terrain de 20 ans et toutes les dents du talent.

Mats Møller Dæhli (Cardiff), milieu de terrain de 19 ans, passé par la réserve de MU et ayant suivi Solskjaer à Molde, puis à Cardiff, donc.

L’année dernière, on vous parlait de Jordan Rhodes, le buteur de Blackburn qui avait planté 27 buts en 43 matchs (saison 12/13). Eh bien il a réitéré, le bougre : 25 buts en 46 matchs (saison 13/14). Et il est resté fidèle à Blackburn, où il a prolongé son contrat. Pas très loin, au nord-ouest, il y a un club qui a acheté Emmanuel Rivière. On dit ça…

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Rhodes avec le plâtre de Johnny Ecker

Britt Assombalonga (Nottingham Forest), 21 ans, l’un des meilleurs buteurs de League One la saison passée (acheté 1,25M£ par Peterborough, record du club ; vendu un an plus tard 5,5M£, record du club). Il découvre quasiment la Championship (il l’avait brièvement connue à Watford il y a deux ans), et déjà quatre buts en cinq matchs. Il pourrait être l’élément favorisant les ambitions de Nottingham à la montée.

Et puis en vrac : Will Hugues (Derby County), milieu de terrain de 19 ans à la coiffure peroxydée et aux performances remarquées ; Kike (Middlesbrough), buteur Espagnol de 24 ans acheté à Murcie ; et Bakary Sako, tiens, un Malien de 26 ans passé par Châteauroux et Saint-Etienne, avant de faire le bonheur de Wolverhampton. L’année dernière, on parlait même d’un intérêt des Verts pour un retour du Malien à Geoffroy-Guichard.

Les vieux de la vieille

Paul Robinson, défenseur de 35 ans à Birmingham, a commencé sa carrière à Watford, en 1996. Il a connu la PL avec Bolton et West Brom.

Ian Harte, défenseur Irlandais de 37 ans. Bien connu pour ses huit saisons passées à Leeds, qu’il va affronter sous le maillot de Bournemouth.

Carlos Edwards, latéral de 35 ans, et Ricardo Fuller, buteur de 34 ans, foulent les pelouses anglaises depuis belle lurette. Ils jouent tous les deux à Milwall, cette année. Pour le second, c’est son quatrième club en quatre ans.

270 matchs avec Wigan pour Emerson Boyce, le défenseur anglais de 34 ans. Et 13 buts, s’il vous plait. Trois clubs en 16 ans de carrière, le jeune homme est stable.

Il est pas si vieux, Yann Kermorgant, mais le Breton a quand même connu la CFA avec Vannes et Châtellerault au milieu des années 2000, ça nous rajeunit pas. Il vient de signer avec Bournemouth, à 32 ans. Il a la vie devant lui, le gamin.

Les entraîneurs en vue

On est curieux de savoir ce que va faire Sami Hyppiä avec Brighton, après deux ans de bons et loyaux services à Leverkusen.

Le bonheur incarné

La joie de vivre incarnée

On est curieux de savoir ce que va faire Ian Holloway avec Milwall, après des années de bons et loyaux services pour promouvoir les clubs à l’échelon supérieur (et se faire virer l’année suivante).

On a déjà peur pour José Riga, qui doit faire fi de l’été calamiteux de Blackpool et monter un groupe de joueurs qui sait à peu près jouer au football.

On n’a déjà plus peur pour Mark Robins, viré de Huddersfield après le premier match de la saison (et remplacé par Chris Powell), ni pour Dave Hockaday, viré de Leeds après six matchs (on en reparle juste après).

On va être attentif au travail de Stuart Pearce, de retour à Nottingham sur le banc après avoir porté plus de 400 fois le maillot sur la pelouse (période 1985-1997).

On va être attentif au travail d’Aitor Karanka, énième bébé Mourinho qui est sur le banc de Middlesbrough depuis novembre.

Les plus grosses et plus faibles chambrées

Derby, Norwich, Brighton : voilà les trois plus grosses affluences depuis le début de saison, avec presque 28 000 spectateurs de moyenne du côté des Rams.

Rotherham et Brentford se disputent la dernière place, avec moins de 10 000 spectateurs de moyenne.

Le club à suivre

A Leeds, le propriétaire s’appelle Massimo Cellino, il mangiatore di direttore. Si vous suivez un tantinet le championnat italien, ce nom vous dit sans doute quelque chose. Pendant 22 ans, il était le président du club de Cagliari. 22 ans pendant lesquels il a changé 36 fois d’entraîneur. En juin, il a vendu le club.

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

Un petit air de Francis Lalanne, là-dessus

C’est désormais Leeds le nouveau joujou de l’Italien, après moult tractations. Brian McDermott parti, il faut lui trouver un remplaçant sur le banc. Ce sera Dave Hockaday, ex-coach de Forest Green Rovers (D5) d’où il s’est fait virer en octobre 2013. Il prend ses fonctions le 19 juin 2014, à la surprise générale. « Un jour, j’ai reçu un coup de téléphone, c’était Massimo. Je suis allé le voir dans un hôtel, on a discuté de football pendant cinq heures. Il m’a dit que je lui plaisais. » 70 jours et trois défaites plus tard, il est viré. Idem pour son assistant.

Leeds, un club à suivre dans les journaux, à défaut du terrain.

Le club à ne pas suivre

On en connait qui vont rapidement s’installer dans le ventre mou (du genre Bolton, ou Reading, ou Brentford) et n’en ressortiront pas de l’année. Fuyez-les.

Les pronos TK montées et descentes

Voilà, c’est maintenant qu’on se mouille ? Allez hop, dans le désordre : Cardiff, Derby County et Wigan pour la montée, Blackpool, Birmingham et Rotherham pour la descente.

Alea jacta est.

Teenage Kicks démarre sa cinquième saison avec une preview des championnats de Football League (D2 à D4) et Premier League. On ne va pas se mentir, La League One 2014-2015 possède, comme sa petite soeur, un sacré nombre de clubs pouilleux, et c’est ça qui fait le charme de cette division. Présentation.

Voir le classement après cinq journées (sur 46).

Les prétendants à la montée

"VOUS AVEZ ENTENDU ? C'EST NOUS LES FAVORIS SELON TK LES GARS, ALORS BOUGEZ-VOUS !"

“VOUS AVEZ ENTENDU ? C’EST NOUS LES FAVORIS SELON TK LES GARS, ALORS BOUGEZ-VOUS !”

Le favori number one cette saison se nomme Sheffield United. Ayant terminé à la place du con l’année dernière (7e, premier non-qualifié pour les play-offs), les Blades devront avant tout régler leurs problèmes offensifs (48 buts inscrits seulement l’an dernier, pire attaque parmi tous les clubs non-relégués) pour espérer monter. Nigel Clough est-il l’homme de la situation ? Les fans en semblent convaincus, et les chiffres leur donnent raison : nommé manager en remplacement de David Weir en octobre dernier, il n’a connu que 7 défaites en 33 matchs de championnat, soit une de moins que son prédécesseur en 13 matchs ; et il a surtout atteint les demi-finales de la FA Cup, décrochant au passage le titre de meilleur entraîneur de la compétition. Avec un début de saison moins pourrave, Sheffield est capable d’accrocher au minimum les play-offs, mais vise une promotion automatique, afin d’aller (enfin) rejoindre les grands rivaux de Wednesday dans la division supérieure. Avec 7 points en 5 matchs, United est dajà un peu en retard sur ses objectifs, il va falloir accélérer.

On met aussi une petite pièce sur Leyton Orient. Troisièmes la saison passée, les O’s ont cruellement échoué en finale de play-offs, aux tirs au but. Les prestations solides des Frenchies du club, Romain Vincelot et Mathieu Baudry, que vous pouvez suivre semaine après semaine chez nos copains de Hat-Trick sont un indicateur de la nouvelle dimension dans laquelle est entré le club. Le club peut-il nous faire une Brentford (échouant en finale de PO il y a deux ans, les Bees ont obtenu la promotion automatique l’année dernière) ? Avec seulement 6 points lors des cinq premiers matchs, ils seraient bien capables de me faire mentir, ces cons…

Louis Tomlinson, à l’aise avec un ballon

“Et les relégués de l’an passé ?”, vous entends-je demander. Ne paniquez pas, ils sont là aussi, avec en tête de proue les Doncaster Rovers. Après l’imbroglio du rachat-pas rachat par Louis Tomlinson, des One Direction (on en a suffisamment parlé sur ce blog, je ne vais pas lui faire l’honneur de mettre un lien), les Rovers ont été relégués à la différence de buts l’an dernier, à la défaveur d’une ultime défaite face à Leicester. Avec 7 points en 5 matchs, Doncaster fait un début de championnat timide, mais c’est surtout les fins de saison qui sont haletantes avec ce club (descente à la dernière journée l’an dernier donc, mais promotion à la toute dernière minute il y a deux ans, rappelez-vous.)
Barnsley sera également a surveiller, sous la houlette de Danny Wilson, revenu en urgence au club l’an dernier, trop tard cependant pour éviter la relégation. 15 ans après son premier passage au club qui l’a vu envoyer les Tykes en Premier League, pour la première fois de leur histoire. Nul doute que la promotion est plus qu’un objectif, c’est une obligation. Avec 8 points en 5 matchs, Barnsley est pour l’instant aux portes des play-offs.
Quant à Yeovil Town, ils sont de retour dans une division qui leur sied mieux, et ne semblent pas en mesure de rééditer l’exploit d’il y a deux ans.

Citons aussi, en vrac, Bristol City, dont tous les voyants semblent au vert, ainsi que les deux “play-offeurs” malheureux de la saison dernière, Peterborough (toujours sous la houlette de Darren Ferguson et pour l’instant leader de la division, avec 12 points) et Preston North End, le premier champion de l’histoire, emmené par un séduisant Simon Grayson, et auteur d’un départ plus que correct (9 points).

Enfin, même si ça nous fait mal de le reconnaître, il faut bien avouer que MK Dons a une équipe taillée pour viser la montée, et pourraît bien traîner ses guêtres d’usurpateur en Championship l’an prochain.

Les clients à la descente

La pire défense de l’an dernier, Crewe Alexandra, semble cette année encore bien mal barrée. Auteurs d’un zéro pointé en ce début de saison, les Railwaymen semblent condamnés à retrouver une League Two qu’ils ont quitté il y a deux ans.

Auteur également d’un début de saison catastrophique, Colchester United, un point en cinq rencontres, devra faire beaucoup mieux à domicile que l’an dernier (10 défaites dans leur antre) pour espérer se maintenir à nouveau (16e l’an passé, à six points de la zone de relégation).

Notts County a bien failli ne pas faire partie de cette preview. Dans la zone rouge pendant 40 journées sur 46 l’an dernier, les Magpies se sont sauvés in extremis grâce à un sursaut d’orgeuil jusqu’alors impensable (6 victoires lors des 9 dernières journées, contre seulement 9 lors des 37 premières). Ils se sont heureusement déjà donné un peu d’air, en entamant bien leur saison : 7 points en 5 matchs.

Les promus risquent également d’être dans le dur, en particulier Rochdale et Scunthorpe, possédant chacun seulement 4 points après 5 journées. On s’attendait également à une saison difficile de la part de Fleetwood Town, mais les Fishermen déjouent actuellement tous les pronostics, totalisant déjà 11 points, et solidement accrochés à la deuxième place du championnat. Pas de soucis en revanche pour Chesterfield, le champion de League Two a les armes pour se maintenir aisément, et pourquoi pas, créer la surprise dans la course à la montée (avec 10 points en 5 matchs, ils sont carrément dans les temps).

Enfin, en vrac, Oldham (pour sa 18e saison consécutive en League One, record du genre), Gillingham et Walsall devraient connaître également une saison compliquée (ce qui ne me dérange pas, perso, je ne sais même pas où peuvent être ces foutues villes).

Les joueurs à surveiller

Benik Afobe, l’attaquant prêté par Arsenal à MK Dons, est sans doute le joueur le plus doué de cette division. Auteur de 3 buts cette semaine (dont deux contre Manchester United, excusez du peu), l’attaquant passé par toutes les catégories de jeunes chez les Three Lions veut prouver qu’il mérite sa chance l’an prochain chez les Gunners. Ca passe avant tout par une saison complète en League One.

Mettre Romain Vincelot et Mathieu Baudry, les deux Frenchies de Leyton Orient dans cette sélection semble chauvin, mais le premier a marqué cette semaine le seul but du match de Cup contre Aston Villa, quelques minutes après son entrée. Quant au deuxième, il a comme son compère été l’un des grands artisans de la 3e place obtenue par son club l’an dernier, et voudra encore briller cette saison.

On gardera également un oeil sur Sam Baldock, l’attaquant de Bristol City, meilleur buteur de la division l’an passé, ainsi que sur Tom Pope, de Port Vale, Jose Baxter, attaquant de Sheffield formé à Everton, et Lanre Oyebanjo, fraîchement arrivé à Crawley, et qui, à 24 ans, possède déjà à son palmarès un FA Trophy, une victoire en finale de Play-offs de Conference, et un diplôme en mathématiques.

Enfin, Joe Garner, de Preston North End, tentera de reproduire son excellente saison passée, où il avait inscrit une volée splendide en demi-finales des play-offs (attention, qualité pourrie (la vidéo, pas la volée, hein, on vous a dit que la volée était splendide, faut suivre…)).

Les vieux de la vieille

Il a l’air jeune, Roy Carroll, non ? Ah bon.

À 37 ans, Kevin Davies continue de jouer, pour le plus grans plaisir des fans de Preston North End. Et l’international anglais, ancien de Bolton a encore de beaux restes, il a disputé l’en dernier 37 matchs de championnat. Le promotion avec son équipe marquerait à coup sûr une belle fin de carrière.

Arrivé à Notts County en provenance de l’Olympiakos, l’ancien gardien de Manchester Roy Carroll est plus vieux que son entraîneur, de 67 jours. Plutôt cocasse comme stat, non ?

Les entraîneurs en vue

Le fils de Sir Alex, Darren Ferguson peut être vénère d’avoir échoué en demi-finales de play-offs l’an passé, et compte bien cette saison mener son équipe, Peterborough, en Championship, sans passer par la case barrages.

Il aura cependant fort à faire face au Sheffield de Nigel Clough. L’ancien attaquant de Liverpool et, surtout, Nottingham Forest, a pris sa retraite de joueur entre ses 32 et ses 42 ans, on ne sait pas trop (en fait, pendant ces 10 ans, il a été entraîneur-joueur de Burton Albion, où il a vraiment joué jusqu’à ses 38-39 ans, se contentant ensuite de quelques caméos).

L’autre entraîneur dont on dit le plus grand bien est Karl Robinson, même s’il coache ces imposteurs de MK Dons. À seulement 33 ans, le manager du Franchise FC maintient depuis quatre ans son équipe dans le haut du tableau, et a réussi quelques jolis coups cet été sur le marché des transferts (Benik Afobe, Will Grigg…). Son objectif est d’un jour entraîner son équipe de coeur, Liverpool. Tremble, Brendan Rodgers.

Petite curiosité cette année en League One : tous les entraîneurs étaient déjà dans leur club à la fin de la saison dernière.

Fleetwood Mac. Oui, je sais, y’a pas tellement de rapport…

Le club à suivre

L’histoire de Fleetwood Town ressemble à s’y méprendre à une partie de Football Manager. Encore au 9ème échelon national en 2004, les Fishermen (oui, Fleetwood est sur la mer, on ne peut rien vous cacher) ont enchaîné six promotions en dix ans et se retrouvent déjà en haut du tableau de League One.
L’équipe est-elle en surrégime ou va t-elle sérieusement prétendre à la montée ? Only time will tell, my friends…

Le club à ne pas suivre

Même s’ils ont un effectif plutôt séduisant, faites-moi un plaisir, chers lecteurs, boycottez les matchs de MK Dons. (Genre quelqu’un regarde des matchs de League One…)

Les pronos TK

Montées (3) : Leyton Orient, Sheffield United et Peterborough
Descentes (4) : Crewe Alexandra, Notts County, Rochdale et Scunthorpe