La saison 2013-2014 de Premier League terminée, TK dégaine son bilan club par club.

Rédaction légère assurée par le quatuor Teenage Kicks suivant :

  • Didier Féco (Cardiff, Chelsea, Crystal Palace, Everton, Norwich)
  • Kevin Quigagne (Hull, Newcastle, Stoke, Sunderland, West Ham)
  • Matthew Dymore (Fulham, Man City, Man United, Swansea, WBA)
  • Pan Bagnat (Arsenal, Aston Villa, Liverpool, Southampton, Tottenham)

Sunderland (14è, 38 points, G-A - 17 / 43 buts pour / 60 contre)

Résumé de la saison

« Dernier à Noël, descente en mai », dit un proverbe du foot anglais, garanti super fiable. Et ben pas ce coup-là ! Une rareté : seul West Brom (en 2004-05) avait réussi à se maintenir en pointant dernier au Boxing Day. La physionomie de cette saison 2013-14 se trouve résumée dans ce titre de film dont l’imagerie est très utilisée en foot british : The Great Escape.

La grande lessive de l’intersaison (14 nouveaux joueurs) après une saison ratée (17è) avait fait naître un timide espoir sur les bords de la Wear. Las, espoirs vite douchés par un démarrage calamiteux sous le leadership hystérique de Paolo Di Canio : 7 défaites et 1 nul sur les 8 premiers matchs.

Après le foutoir innommable laissé par l’ex Owl (limogé fin septembre), l’Uruguayen Gus Poyet reprit efficacement les rênes mais sans véritablement faire décoller le club au classement malgré un gros regain de forme. Un surplace partiellement dû à une féroce bataille en deuxième partie de tableau, cette fameuse relegation scrap. Jusqu’à ce sprint final en mode bulldozer, qui rappelle celui de West Ham en 2007 : 13 points pris en 5 matchs, victoires héroïques à Chelsea et Man United, 1-1 contre Man City à l’Etihad et claques infligées à Cardiff et West Brom.

A toute Grande Evasion son sauveur. Le héros Hammer s’appelait Carlos Tevez, celui des Black Cats Connor Wickham. Avec des similitudes étonnantes : El Apache s’était soudain mis à enquiller les buts dans l’emballage final, idem pour Wickham, rappelé d’urgence de prêt en D2 pour pallier la blessure de Steven Fletcher. West Ham avait eu droit à son scandale (transfert illégal de la paire Tevez-Mascherano, retrait de points évité mais WH dut débourser 24 millions £ en amendes et dommages à Sheffield United), Sunderland l’évita chanceusement malgré l’inégibilité avérée de Ji Dong-won en début de saison et révélée seulement en avril, d’une manière pas franchement très nette. Une erreur de procédure supposée des instances autour du bon de sortie international du Sud-Coréen, aggravé par une bévue administrative d’une secrétaire du club, ont sauvé les Mackems qui s’en sont tirés avec une amende au lieu d’un retrait de points (certes, seul un point aurait été déduit). Phew

Bonne tenue à l’extérieur, 20 points pris ainsi que contre les clubs du Top 10 (24 points). S’land a gardé le pire pour les matchs à domicile en fait (11 défaites !), sympa pour ses 41 000 fidèles. Les grosses qualités mentales affichées sur la fin ont permis d’aller chercher le maintien alors que la situation semblait désespérée. Une 14è place à peu près aussi miraculeuse que la 10è de Newcastle, mais ô combien plus jouissive, surtout pour les vieux supps : selon eux, c’est la saison la plus exciting depuis cinquante ans.

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Les bons points vont :

  • à Vito Mannone. Au départ, on se méfiait, normal : un gardien transfuge d’Arsenal, c’est forcément louche depuis le dernier vrai bon portier Gunner, David Seaman. Mais l’Italien a su profiter de la blessure de Westwood pour s’imposer de belle manière. Elu Sunderland Player of the Season.
  • à Phil Bardsley, joueur clé placardisé par Di Canio pour d’obscures raisons, le latéral droit écossais a pris sa revanche sous Poyet. A battu le record du club d’apparitions PL (avec 174), transféré à Stoke depuis. Immédiatement remplacé par Billy Jones de West Brom.
  • au milieu Jack Colback. Après une saison 2012-13 quelconque, le talentueux Geordie de 24 ans s’est bien remis en selle. Trop bien même : convoité par plusieurs clubs, il serait sur le point de signer à Newcastle, le club de son enfance, pour approx. 220 000 £/mois, soit plus de quatre fois son salaire actuel. Et il part pour rien en plus car il est en fin de contrat (il a rejeté plusieurs offres de Sunderland). Le dernier joueur à filer directement chez le grand rival entre les deux clubs est Lee Clark, l’actuel manager de Birmingham City, en 1997 (de Newcastle à Sunderland) #GingerJudas.
  • Marcos Alonso, le prêté par la Fiorentina a brillé par intermittence. Dans un bon jour, très classieux.

  • à Connor Wickham. Ce jeune espoir du foot anglais de 21 ans (acheté 8m £ en 2011) taxé de « mannequin play-boy qui mériterait des baffes » par Paolo Di Canio (who else?) est revenu fin mars du Yorkshire – prêté à Sheffield Wednesday puis Leeds – plein de confiance, après avoir planté 8 buts en 11 matchs chez les Owls. Technique et surpuissant, ses 5 pions dans l’emballage final ont largement contribué au maintien. Nommé Player of the Month de PL en avril.
  • au milieu défensif Lee Cattermole (ci-dessous en tête à tête avec l’arbitre Phil Dowd). S’énerve souvent pour un rien, sort du match trop facilement, commet son lot de fautes et boulettes, mais Dieu que sa gnaque est indispensable dans l’entrejeu et en défense. A 26 ans à peine, « Clattermole » (to clatter = savater/mettre un tampon) achève sa neuvième saison de PL. Celle du début de la maturité, enfin ? Non, pas tout à fait, il a encore pris 7 jaunes et 1 rouge cette saison. Enfin, il a mûri un poil quand même car il peut enfin entrer dans les pubs et boîtes de son coin (Stockton–Yarm), après quatre ans d’interdiction par le pubwatch local ! Un gros bémol : son habitude de remonter son short jusqu’au nombril, à la Luis Fernandez ; mieux vaut pas faire ça en boîte (tu m’étonnes qu’ils le laissent dehors).

  • Adam Johnson, sublime en milieu de saison (Premier League Player of the Month en janvier). A claqué le premier hat-trick de sa carrière contre Fulham en janvier (1-4). Il est d’ailleurs le seul Anglais a en avoir inscrit un cette saison. Et ouais.
  • Fabio Borini, avant-centre classieux prêté par Liverpool. 7 buts/32 matchs PL, 10/40 avec les coupes. Elu Sunderland Young Player of the Season. Sunderland veut le recruter, Liverpool n’a pas réagi officiellement (au 2/06/2014) mais devrait en demander autour de 10-12m £ (soit son prix d’achat en 2012, 11m). Toutefois, Borini veut absolument retourner à Liverpool, quitte à jouer les bouche-trous.

En vrac : le milieu suédois Seb Larsson, pour sa fin de saison seulement car le reste fut très moyen (contrat renouvelé pour trois ans mardi). Les vieux grognards Wes Brown et John O’Shea, trop lents, trop ceci trop cela, mais ont sorti quelques matchs monstrueux au moment crucial, dans l’emballage final. Mention à Ki (Sung-Yeung) également, milieu prêté par Swansea en janvier.

Rayon déceptions :

  • l’attaque, plus précisément L’écossais Steven Fletcher et l’Américain Jozy Altidore (acheté 6m £ l’été dernier, 30 apparitions PL, 1 but), un duo que l’on mettra au même niveau cette saison, même si Fletch’ a largement prouvé ses qualités de buteur en PL dans un passé récent.

On pourrait certes leur trouver des circonstances atténuantes (retour en cours de saison de longue blessure pour Fletch), argumenter que l’un a mieux réussi que l’autre, que l’un a parfois joué décroché (Altidore, en 10), etc. Toutefois, je laisserais ce genre de débats stérile aux forums de supps, car décider lequel des deux a été le moins mauvais c’est un peu comme ergoter sur qui de Francis Heaulme ou Emile Louis était le plus sympa. Ont tous deux été nullissimes devant les buts et c’est bien tout ce qu’il faut retenir. Altidore, qui semble réserver tous ses buts à la sélection américaine, a même vendangé avec la réserve (appelée U21 Premier League depuis 2012), comme on peut le lire dans ce compte-rendu de son seul match chez les stiffs (réservistes) début avril. Un bilan digne de Jon Stead, le plus inefficace avant-centre de l’histoire du club (2 buts en 40 matchs, entre 2005 et 2007).

Emanuele Giaccherini est à l’évidence un tout bon mais l’ex Bianconero ne s’est jamais trop fait au style local.

Pour finir, citons quelques noms parmi la tripotée de floppeurs arrivés l’été dernier : Dossena, Cabral, Diakité, etc. Par ailleurs, les joueurs suivants ont été libérés : C. Cuellar, C. Gardner, D. Vaughan et le gardien K. Westwood.

L’objectif principal sera de trouver la formule (magique) pour s’ancrer durablement autour du milieu de tableau plutôt que de flirter constamment avec la relégation.

Concrétement parlant, il va falloir recruter au minimum 5 ou 6 joueurs en plus des deux déjà arrivés (B. Jones et J. Gómez), tous les secteurs sont concernés. Il faut : un gardien supplémentaire pour concurrencer Mannone (Speroni ?), un défenseur central, un latéral gauche, un milieu, et un avant-centre (Sunderland aimerait garder Borini).

L’homme invisible

Un duo, celui évoqué plus haut, Fletch & Juice (le surnom d’Altidore).

Highlights

Pas mal de moments sympas dans cette saison riche en émotions.

Le parcours dans les deux coupes tout d’abord, surtout évidemment en League Cup où les Mackems ont atteint la finale après avoir sorti Southampton, Man United et Chelsea, scusez du peu. Sans oublier Milton Keynes (D3) au premier tour, car putain que ça fait du bien par où ça passe de taper le Franchise FC chez eux (4-2), au milieu de leurs vaches en béton. Un petit regret sur la finale contre Man City (perdue 3-1), quand Steven Fletcher (à court de forme et confiance) s’emmêle totalement les crayons sur la balle du 2-2 à 5 minutes de la fin.

Le doublé dans le derby contre Newcastle, 2-1 en octobre au Stadium of Light puis la claque infligée à St James’ Park début février, 3-0. Mais baffer les Mags est devenu tellement routinier qu’on enregistre à peine l’info. Enfin, ne faisons pas la fine bouche, 90 ans tout de même que Sunderland n’avait pas réussi le doublé sur son ennemi juré.

La victoire 2-1 contre Chelsea à en avril : c’était la première défaite de Mourinho à Stamford Bridge ! (77 matchs) « The greatest shock in the Premier League history » a titré le Times.

La victoire 4-0 sur Cardiff en fin de saison, celle (méritée) sur Man City en championnat, 1-0. La routine en fait : c’était en effet le quatrième 1-0 d’affilée à domicile sur les Citizens en PL ; le Stadium of Light est un véritable bogey ground (stade maudit) pour la bande à Nasri.

Grosse saison aussi pour les restos indiens de la ville : les généreux pourboires laissés par le propriétaire du club (l’Américain Ellis Short) après un curry ont continué à tomber les jours de victoire (pas souvent en championnat, mieux en coupe), près de 2 000 £ de tip les bons soirs. Celui-ci date d’avril 2013 mais le Texan a récidivé aussi cette saison.

Et mini-highlight pour clôre la rubrique et satisfaire les amateurs de quiz foot. Le 10 novembre 2013, un petit bout d’histoire du football anglais s’est écrit au Stadium of Light lors du Sunderland-Man City : pour la première fois en Angleterre, deux managers sud-américains s’affrontaient, Gus Poyet et Manuel Pellegrini.

Lowlights

La raclée prise par Swansea (4-0) en début de saison, les non matchs à Arsenal en février (4-1) et Tottenham en avril (5-1). Les trois défaites contre Hull.

Les 7 cartons rouges (dont 3 pour West Brown) et les 6 own goals, on frise les records.

Le communiqué du club sur l’usage de fumigènes lors du derby où, Margaret Byrne, chief exec du club, s’emmêle les pinceaux sémantiques : « We have also been asked by the FA to remind all supporters about the dangers of flares and polytechnics» [La F.A nous a également demandé de rappeler à tous les supporters les dangers des fumigènes et engins polytechniques]. La brave Margaret voulait bien sûr dire « pyrotechniques ». La Polytechnic en Angleterre était, jusqu’au début des années 90, un type d’établissement d’enseignement supérieur du style BTS. Un faux-ami qui servit d’ailleurs longtemps aux étudiants anglais en France – les assistants notamment – à draguer les Françaises (« Wow, Brian a fait Polytechnique, super intelligent le mec ! »).

Le manager

Y’en a eu deux cette saison, Paolo Di Canio d’abord, jusqu’au 23 septembre (limogé), puis Gus Poyet ensuite. Et dire que Sunderland a bien failli avoir Louis Van Gaal…

Di Canio s’était honnêtement débrouillé en D3/D4 avec Swindon Town mais manager en PL demande un tout autre doigté, surtout dans la gestion humaine, en partie car le rapport de force est totalement différent. En D3/D4, le manager est tout puissant et dirige des joueurs souvent en transit ou en situation précaire (les contrats sont très courts à ce niveau et les tricards légion). Des gars qui, en gros, doivent s’écraser et tout accepter s’ils veulent faire leur trou. Les divisions inférieures, c’est le marche ou crève du football anglais. Di Canio est un dinosaure, prisonnier d’une autre époque, lointaine et révolue, et son approche très rigide et autocratique du football est aujourd’hui suicidaire au plus haut niveau (certes, Fergie réussit – dans un autre style – mais seulement après avoir fait ses preuves, et ensuite avec le soutien inconditionnel des boards successifs).


On espérait que l’Italien aurait la présence d’esprit de se montrer plus flexible et hausser son jeu mais non. Ses déclas post limogeage en disent long sur son incapacité à reconnaître ses erreurs et en tirer quelques enseignements salutaires au lieu de mitrailler les reproches tous azimuts (envers le club, les joueurs, recruteurs, médias, etc.). Dont cette perle : « Parfois, un manager n’est pas assez bon pour le groupe qu’il dirige. D’autres fois, c’est le contraire. Dans mon cas, c’est la seconde option. »

Décla en forme de bastos dans le pied car c’est Di Canio lui-même qui recruta, ou entérina, l’arrivée de 14 joueurs à l’intersaison, et non Roberto De Fanti (directeur sportif et cible favorite des attaques di caniesques).

Gus Poyet, infiniment plus intelligent et pragmatique que son prédécesseur, a brillamment pris le relais, sortant plusieurs joueurs clés du placard (dont Bardsley et le sheriff de l’entrejeu, Lee Cattermole) et remettant quelques-uns en selle, dont l’ailier buteur Adam Johnson. Ça manque toujours de liant et créativité au milieu mais la patte Poyet, c’est un jeu au sol, vif et mobile et le système a tendu vers un 4-4-2 ou un 4-5-1 compact, censé être conçu pour le contre (d’ou la plus grande aisance des Black Cats à l’extérieur). Ça, c’est la théorie ; en pratique, ça a trop souvent été la débandade. Maintenant qu’il peut bâtir un effectif à sa guise, il va tenter de créer une vraie identité de jeu en utilisant ses systèmes favoris, à savoir un 4-1-4-1 ou 4-3-3, avec la possession comme priorité.

Il est courant d’entendre dire, démonstrations savantes et chiffrées à l’appui, que l’entraîneur importe finalement peu, ou pas tant que ça. Même un manager réputé compétent ne ferait pas fondamentalement progresser un club hiérarchiquement parlant, cf les travaux poussés de Simon Kuper et Stefan Szymanski dans ce domaine (en particulier le chapitre Do Managers matter? dans le très intéressant Soccernomics, édition 2012 – plus exhaustive que la 2009 ; la troisième vient de sortir). Et il est vrai que le culte de l’entraîneur, à fortiori celui étiqueté « faiseur de miracles », a atteint un degré excessif, tant les fortunes d’une équipe peuvent dépendre d’une myriade de facteurs qui échappent au contrôle direct du manager. Toutefois, si cette théorie de l’entraîneur « placebo » ou interchangeable est éminemment défendable, elle occulte une réalité ô combien palpable mais négligée : un mauvais manager peut vous plomber un club en un temps record. Sunderland en a fait l’amère expérience cette saison.

Photos de la saison

Pendant une bonne minute, Paolo di Canio va communiquer, par signes étranges, avec les 2 000 supporters Black Cats après le West Brom–Sunderland de septembre. C’est Sességnon, viré de Sunderland par Di Canio, qui lui a porté le coup de grâce en marquant et sortant une grosse perf. L’Italien sait alors qu’il est sur le point de se faire limoger. C’est beaucoup plus parlant en clip.

Sympa cette voiture de marque Vauxhall (Opel en Angleterre), avec baffes infligées aux Magpies sur les portières, ça c’est de la personalisation. Une Opel à tartes en quelque sorte. A éviter de garer sur Newcastle par contre.

Vous êtes priés de prendre votre surligneur vert et cocher la dernière case sur votre ordi.

Swansea (12è, 42 points, G-A 0 / 54 buts pour / 54 contre)

Résumé de la saison

Saison relativement décevante au regard de la précédente. Vainqueur de la League Cup (seul trophée majeur de l’armoire du club) et qualifié en Europa League, Swansea affichait quelques espoirs. Mais début février, après une seule victoire en dix matchs, Laudrup se faisait virer. Garry Monk reprenait l’équipe 12ème, place à laquelle elle a terminé l’exercice 13/14.

Au niveau des coupes, les Swans quittaient l’Europa League en 16ème de finale, battus par Naples. Et malgré la belle performance du 3ème tour de Cup face à Manchester United (victoire 2-1 à Old Trafford), ils rendaient les armes contre Everton un mois plus tard.

Jadis dépositaire du beau jeu et d’une élégance collective, Swansea n’a pas brillé outre-mesure cette année, plombé par des résultats très moyens (seulement quatre points pris contre les neuf premiers du championnat) et des relations pas optimales (cf. plus bas).

Satisfactions/Déceptions/Objectifs

Avec 25 buts en 48 matchs, Wilfried Bony réalise une excellente (première) saison, et vaut bien ses 12M£ (record du club). Wayne Routledge est l’autre satisfaction de la saison, principalement pour son apport offensif (ne vous fiez pas à ses 2 buts et 4 passes décisives).

Michu a été décevant, mais pouvait difficilement être à la hauteur de sa saison précédente, lorsqu’il culminait à 18 buts en 35 matchs. Cette année, il s’est arrêté à 2 buts, en 17 matchs de championnat. Faiblard. Son compère de l’attaque, Alvaro Vazquez, n’a pas été meilleur. Pour les transferts, il faudrait un homme par poste. Fabianski est déjà arrivé, en lieu et place de Michel Vorm, donné sur le départ. Notre mauvaise langue nous fait dire qu’il faudrait recruter un vrai gardien, mais donnons une deuxième chance au Polonais.

L’homme invisible

David N’Gog. Arrivé au club à la fin janvier, le Français accumule deux tirs (non cadrés) en trois apparitions. Les blagues fusent à l’évocation de son nom, mais son heure viendra. La tâche qui pèse sur ses épaules trop maigres semble démesurément grande. A lui aussi, donnons-lui une deuxième chance. Son potentiel ne s’est pas encore totalement révélé. Ca viendra, il n’a que 25 ans.

Highlights

La victoire en FA Cup face à United (2-1), avec une tête de Bony dans les dernières minutes, apparaît comme l’une des satisfactions majeures de la saison. Egalement, le parcours en Europa League, avec une petite gifle à Valence (3-0) et le privilège de rencontrer Naples en 16ème de finale.

La victoire contre Cardiff City (3-0) à la maison, qui efface la défaite de l’aller. Les Gallois se quittent bons amis.

Lowlights

Huit matchs sans victoire entre début décembre et mi-janvier, ce qui a d’ailleurs coûté la place de Laudrup.

Pour un tenant du titre, même de League Cup, se faire sortir au premier tour contre une équipe de Championship, c’est pas terrible. C’est pourtant ce qui est arrivé à Swansea, contre à Birmingham (3-1).

Et puis une petite déception en voyant un collectif un peu moins flamboyant.

Le manager

Après une première année très convaincante, le torchon commençait à brûler entre Michael Laudrup et le chairman, Huw Jenkins. Lors d’une réunion début février, celui-ci lui demande de mettre tout son staff à la porte. Laudrup refuse, ils continuent à discuter, se serrent la main et se quittent bons amis. « Le poste de Laudrup n’est pas menacé. » Mauvais signe… Et en effet, quelques heures plus tard, le Danois apprend par e-mail qu’il n’est plus l’entraîneur de Swansea.

Garry Monk le remplace. Malgré un maigre bilan, l’entraîneur-joueur de 35 ans parvient à maintenir le club. En fin d’année, son contrat est prolongé à la tête du club jusqu’en 2017. Gageons qu’en dépit de sa bonne volonté, Monk ne fera pas mieux que Laudrup.

Photo de la saison

En photo, ça donne ceci. Et en vidéo, ça donne ça. Shelvey face à Aston Villa, le 26 avril dernier.

Les autres clubs :

Partie 1 : Arsenal, Aston Villa, Cardiff
Partie 2 : Chelsea, Crystal Palace
Partie 3 : Everton, Fulham, Hull
Partie 4 : Liverpool et les Manchester
Partie 5 : Newcastle
Partie 6 : Norwich, Southampton, Stoke

7 commentaires

  1. Th Fab One dit :

    Dans Soccernomics, les auteurs avancent l’idée que le manager ne participe que marginalement aux résultats à moyen et long terme de l’équipe. Mais cet apport marginal devient prépondérant pour gagner des titres. Un trés bon entraineur apportera le petit plus qui permettra de monter la petite marche qui fait la différence. On l’a bien vu cette année avec Manchester United ou le Real. Et depuis quelques temps avec Barcelone.

    Sinon, excellente série. Surtout avec les clubs en bas de tableau. C’est là que la dérision est utile…

  2. annatar dit :

    “un gardien transfuge d’Arsenal, c’est forcément louche depuis le dernier vrai bon portier Gunner, David Seaman.”

    Euh… Lehmann, gardien des invincibles ? Szczesny, golden gloves de la saison en PL ? Faut un peu arrêter avec ce mythe du mauvais gardien à Arsenal…

  3. Kevin Quigagne dit :

    @ The Fab One.

    Oui, ce que tu écris est sans doute valable pour les quelques cracks de PL (vraiment une poignée) et j’aurais dû le préciser effectivement, en ajoutant par exemple : « hormis quelques-uns ». Pour le gros du reste, on est d’accord sur le fond.

    Précision : quand j’écris dans mon court aparté « l’entraîneur » je parle de la l’entraîneur en général et quand j’écris « le manager réputé compétent », je désigne le bon manager mais pas le spécimen rare.

    Un bémol cependant sur ton appréciation par rapport à Soccernomics car ce que tu écris (« Dans Soccernomics, les auteurs avancent l’idée … la petite marche qui fait la différence. ») ne ressort pas de manière aussi nette que ça dans le livre, édition 2009 et 2012 en tout cas, j’ai pas lu la dernière (y’en a eu trois, j’en ai lu deux), qui met en avant une multitude de facteurs hétérogènes, d’où la difficulté d’appréhender la question rapidos en deux coups de clavier (surtout que ce n’est évidemment pas le sujet de mon article).

    D’un côté, les auteurs écrivent au début (page 113 : « […] That leaves some room for a few good managers to make a difference. » (indéniable). C’est ce que j’écris en substance lignes 2 et 3 de mon aparté. Mais 8 pages plus loin (p. 121 & 122), ils écrivent, sur Arsenal : « […] Eventually, when everyone had more or less the same knowledge, Arsenal were taken over by clubs with bigger wage bills. […] This would explain why Wenger’s team won nothing from 2006 to 2011. »). La valeur intrinsèque du manager est bien sûr un facteur – pour les meilleurs d’entre eux – mais la masse salariale est bien plus déterminante en PL de nos jours.

    Il y a des exceptions bien sûr (à cause des variables) mais c’est la norme. C’est pour cela que j’écris : « […] il est vrai que le culte de l’entraîneur, à fortiori celui étiqueté « faiseur de miracles », a atteint un degré excessif, tant les fortunes d’une équipe peuvent dépendre d’une myriade de facteurs qui échappent au contrôle direct du manager. »

    Dans Soccernomics 2012, au chapitre “Do managers matter?” (en partie étayé sur une analyse comparative des comptes et du ratio masse salariales/succès de presque 100 clubs anglais de 1974 à 2010), les deux auteurs développent l’idée que plus un bon manager dépense (surtout en masse salariale), plus il a de chance de réussir, surtout sur le court/moyen terme (hormis quelques uns, et c’est de moins en moins vrai malheureusement).

    Ce qui ressort de ce chapitre est surtout que la valeur ajoutée est basée sur la masse salariale pour la grande majorité des managers, avec l’aléatoire (notamment le facteur chance) qui peut venir brouiller les cartes (e.g Man City 2012, dernier match contre QPR. Sans l’expulsion de Joey Barton à la 60è, Man City aurait-il gagner ce match à la dernière seconde et remporter ainsi le titre ?). La gestion de la masse salariale faisant bien sûr partie de la valeur ajoutée, puisque l’excellent manager saura en principe faire de meilleurs choix que les autres.

    Page 123 :

    « The vast majority of managers appear to have almost no impact on their teams’ performance, and do not last very long in the job. They seem to add so little value that it is tempting to think that they could be replaced by their secretaries, or their chairmen, or by stuffed teddy bears, without the club’s league position changing. In typical football talk, the importance of managers is vastly overestimated. »

    Page 124 :

    « But there isn’t much else most club managers can do to push their teams up the table. Players matter much more. »

    Quand j’écris brièvement (car c’est simplement un addendum) sur le « culte de l’entraîneur », c’est aussi l’avis des auteurs de Soccernomics, e.g page 128 :
    « The general obsession with managers is a version of the Great Man Theory of History, the idea that prominent individuals – Genghis Khan, or Napoleon, or even Stan Ternent – cause historical changes. Academic historians, incidentally, binned this theory decades ago. »

    Dans le même ordre d’idée, aux USA et en Angleterre vers 2000, est apparu le « culte du CEO » (de grands groupes), une adulation exagérée envers les leaders. Depuis, on s’est apercu que c’était plus un mythe qu’autre chose chose (http://bit.ly/1hG8j03). Des CEOs qui semblent passer d’un groupe à l’autre sans problèmes, indépendamment de leurs résultats et bilans passés. “Jobs for the boys” comme on dit souvent en Angleterre… (http://www.phrases.org.uk/meanings/212000.html)

  4. Kevin Quigagne dit :

    @ Annatar.

    Ce n’est pas un mythe, c’est une réalité, voir plus bas.

    Cela dit, tu as bien sûr raison pour Lehmann, il m’était sorti de l’esprit, honte à moi.

    Le cas de Szczęsny est par contre très différent puisque, dans ton indignation, tu omets de dire qu’il n’est Golden Glove que depuis un mois. Quand Mannone est arrivé à Sunderland (mon point de référence dans le bilan, comme indiqué), Szczęsny n’avait pas une grosse cote, puisque sa saison précédente avait été moyenne, voir :

    http://bit.ly/1hG8lVM (Szczesny – 5/10 – not a great season by any means but ended it strongly) et

    http://bit.ly/1owrCcy.

    Revenons à ton mini coup de gueule. Hormis Lehmann donc, les gardiens titulaires d’Arsène n’ont guère brillé pour un club du top 4, trop de déceptions et mauvais choix, parmi eux Wright, Manninger, Almunia ou Fabianski. Bilan faiblard sur ce poste, surtout si l’on compare avec la lignée de grands gardiens Gunners depuis les années 60-70 (Bob Wilson, Pat Jennings, Jimmy Rimmer, John Lukic, David Seaman et j’en oublie probablement), un contraste que les médias anglais aiment nous rappeler.

    Ce manque de qualité des gardiens d’Arsenal sous Wenger est une lacune souvent évoquée en Angleterre, tant on a l’impression qu’Arsène a négligé ce poste durant ses 18 ans de leadership. On se souvient de ce mot du journaliste Patrick Barclay (vers 2007 je crois), pas spécialement subtil ou fin mais qui résume bien le sentiment général :

    “Even Ferguson and Wenger had their recurrent weaknesses; neither, to take a common instance, appeared capable of distinguishing a top-class goalkeeper from a cheese-and-tomato sandwich.”

    On peut s’étonner pour Man United car on a évidemment tous en tête le grand P. Schmeichel. Mais entre son départ en 1999 et 2005 (arrivée de Van der Sar), Fergie a essayé pas moins de 10 gardiens différents…

  5. Cyril Trool dit :

    Je trouve qu’on est un peu trop excessif avec Di Canio, certes il méritait son limogeage mais il faut pas complètement occulter le fait qu’il a sauvé le club de la relégation la saison dernière alors que tout le monde les voyait descendre en Championship.
    Il est encore relativement jeune en tant que manager donc il fait des erreurs, et il est vrai qu’il a plus un tempérament adapté pour une mission commando qu’à un travail sur le long terme. Lui laisser autant de liberté au niveau du recrutement lors du mercato estival a sans doute été une erreur du club aussi.

  6. Kevin Quigagne dit :

    Trop excessif ? Nan mais attends, faut voir ce que Di Canio a fait de mai à septembre 2013 hein…

    Je vais pas tout reprendre, ça serait trop long et lassant mais en l’espace de quelques mois d’intersaison et début de saison il a fait preuve d’un manque de psychologie effarant à ce niveau et d’une belle incompétence. Quelques exemples :

    - il a vendu Sessègnon pour des raisons obscures (alors que Sess était le meilleur Black Cat et le seul joueur véritablement créatif, et qu’il ne voulait pas spécialement partir, probablement juste une revalorisation, c’est de bonne guerre : les revenus médias des clubs PL ont fortement augmenté cette saison, cf le nouveau deal PL 2013-16 en nette hausse, Sunderland a par exemple touché 73m £ de la PL plc au lieu de 43m l’an dernier).

    - il a placardisé des joueurs clés (Bardsley et Cattermole surtout) pour des motifs obscurs/futiles

    - il a cantonné Wickham au marché du prêt de D2. Erreur également commise par ses prédécesseurs mais lui a ajouté le bonus PdC : l’insulte (dans mon article)

    - il s’est brouillé à des degrés divers avec le reste du groupe et le staff (ambiance pourrie au centre d’entraînement à tous les niveaux, et je tiens ça de source interne – conclue par la rebellion qui conduisit à son limogeage, les joueurs refusant de s’entraîner et faisant venir la Chief exec au training ground, du Knysna quoi).

    - il a créé une ambiance exécrable dans le vestiaire, c’était du « Bande de cons, espèce de fainéants, bande de lâches », etc. à tout bout de champ apparemment. Au bout d’un moment, on comprend que ça fatigue les mecs, surtout les tauliers comme Brown et O’Shea quoi, les mecs ont 800 matchs de Man United au compteur avec Sir Alex, certes ils ne sont plus super vifs mais lâches ou tire-au-flanc certainement pas.

    - il a sorti publiquement un wagon de déclas insultantes, tout le monde a eu droit à son injure, de Martin O’Neill (« un charlatan de manager »), à Bardsley et Cattermole (« pourris »), en passant par le groupe (« arrogant, fainéant et ignorant », « mes joueurs ont des ordures dans le cerveau » etc. et même « mes joueurs sont de vrais snobs » – bizarre celle-là !). A peine Giaccherini était arrivé que PdC s’était déjà embrouillé avec lui, pourtant il l’avait recruté.

    Tout ça en 4 mois seulement !

    Paolo Di Canio a des côtés réellement attachants, je l’ai déjà écrit ici (par exemple sous cet article, dernier commentaire : http://cahiersdufootball.net/blogs/teenage-kicks/2013/09/18/les-pires-maillots-du-foot-anglais-2/) et je le pense vraiment. C’est un passionné comme on en voit rarement. En tant que joueur (à Wednesday en tout cas, que je supporte depuis plus de 20 ans) il se vidait à chaque match et exhortait sans cesse ses coéquipiers. Il a laissé le même souvenir à West Ham .
    PdC respectait et aimait aussi beaucoup les supps. J’ai raconté ici l’anecdote arrivée à un ami à moi supp Owl qui l’avait rencontré dans une supérette d’un coin chicos de Sheffield, PdC lui avait parlé pendant 5 ou 10 minutes comme si c’était un vieux pote, avec tapes sur l’épaule, blagues, etc. Mon pote en était ressorti totalement charmé.
    A Sunderland, PdC a collé des amendes à des joueurs qui avaient négligé leurs obligations extra-sportives, en l’occurrence certains joueurs avaient fait zéro effort pour signer des maillots pour oeuvres caritatives et faire des opérations avec des jeunes du coin. A Swindon, on l’a vu courir 50 mètres en costard pour aller célébrer un but avec ses joueurs en plein match.
    PdC type a vraiment l’amour du maillot dans la peau, les supps sont sacrés pour lui et doivent être respectés par les joueurs, concrétement, il est très à cheval là-dessus et il a raison. Personnellement, je méprise ces joueurs qui cherchent à éviter le peu que le club leur demande niveau extra-sportif, c’est minable. A Wednesday, PdC était impressionnant niveau engagement, surmotivation, etc. C’était loin d’être un modèle évidemment car il lui arrivait de partir en live (affaire Paul Alcock, l’arbitre qu’il poussa à terre) mais niveau passion pure et don de soi, y’en a pas eu beaucoup des comme lui à Wednesday, surtout à cette époque où le club commença à bien partir en vrille. Mais malheureusement, on voyait déjà qu’il était limité aussi, immature et irresponsable. Et niveau sang-froid, zéro quoi.

    Le problème est que sa passion a souvent débouché sur la discorde là où il est passé en tant qu’entraîneur (à Swindon aussi, nombreux problèmes). Il ne réfléchit pas assez, point barre. Lui c’est bim bam boum et au diable les conséquences. En D3 ou D4, ça peut passer un certain temps mais en PL, non. Un groupe PL, ça se gère humainement différemment de la Football League, surtout les divisions inférieures. On est pas en D3-D4 à Swindon hein où le manager est tout puissant et peut se permettre X dérapages parce que la majorité des joueurs sont coincés et doivent ramer, le rapport de force est totalement différent, comme je l’explique dans mon article (et la PFA, syndicat des joueurs, agit aussi différemment, elle a tendance à plus l’ouvrir et monter au créneau s’il s’agit d’un joueur de PL, car évidemment, quelques joueurs de Sunderland se sont plaints auprès de la PFA. Pis la PFA a les agents de joueurs de PL sur le dos, les médias, etc.).

    Quand on manage un groupe PL, on se montre plus réfléchi et prévoyant, on anticipe et pense aux conséquences, on évite donc absolument ce genre de sorties imbéciles susceptibles de mettre un bordel monstre. On engueule les joueurs s’il le faut mais on le fait entre 4 murs. Ironique que fin mai 2013, Di Canio parlait d’une nécessaire « revolution in the brain » en évoquant les changements à venir. Il n’a pas cessé d’employer à propos des joueurs ce genre de rhétorique douteuse tournant autour d’une supposée déficience intellectuelle ; génial comme outil de motivation ! En quelques semaines, il avait réussi à démotiver le groupe qui n’avait probablement plus guère envie de se battre pour lui la saison entamée.

    Bon, c’est sûr aussi que son anglais basique ne l’aide guère avec les médias et ses déclas à chaud, ou pas à chaud d’ailleurs (on a franchement du mal à le comprendre parfois et, malgré ses 15 ans passés en G-B, son anglais est vraiment mauvais, vocabulaire limité). C’est sûr qu’on peut lui reconnaître un mérite, c’est de ne rien mouliner à la machine PR Langue de bois, c’est du 100 % naturel… S’il se calmait deux minutes et réfléchissait un brin, il n’aurait pas dit la moitié de ce qu’il a sorti, ou différemment, en finesse et on sait comme ça compte de nos jours où chaque décla un peu controversée est analysée ad nauseam. En tant que manager PL, les responsabilités sont énormes, pas simplement niveau terrain mais aussi personnel du club (car licenciements inévitables en cas de descente par exemple), faut aussi réfléchir à tout ça.

    Non, on n’oublie pas ce qu’il a fait l’an dernier bien sûr mais n’exagérons rien non plus : le club était 16è quand il est arrivé, 17è à la fin. Il n’a repris l’équipe qu’à 7 journées de la fin. Sur ces 7 journées, 2 victoires, la première superbe mais un peu miraculeuse v NUFC (Mags, éteints à SJP pis bon c’était aussi des mal classés), puis celle v Everton 1-0. La chance de S’land est d’avoir eu comme concurrents à la relégation deux cancres, QPR et Reading (QPR : 4 victoires de la saison et 25 points seulement ; Reading : 28 pts) et un Wigan qui s’est écroulé dans l’emballage final (1 seule victoire en 8 matchs), tout ça a grandement facilité le maintien des Black Cats.

    Pis reprendre un groupe menacé comme ça en fin de saison est très différent, surtout celui de Sunderland où y’avait pas de problèmes de vestiaires particuliers, contrairement par ex. à Newcastle en 2009 quand Shearer reprit le groupe à 8 journées de la fin (problèmes avec Joey Barton, etc.). A Sunderland, tout le monde était positif, jouait la survie et tirait dans le même sens, PdC a utilisé tous les joueurs à sa dispo et s’est comporté professionnellement avec eux, il a essayé d’en tirer le meilleur. Ce n’est qu’après qu’il a dérapé, une fois que le club lui a filé un contrat. Il a ensuite donc pu imposer son régime, il s’est senti protégé par le proprio, s’est cru un peu tout permis et on connaît la suite.

    Toutefois, j’essaie toujours d’être objectif et j’ai dûment félicité Di Canio au moment du bilan de fin de saison 2012-2013, ici (http://cahiersdufootball.net/blogs/teenage-kicks/2013/06/03/premier-league-le-bilan-club-par-club-45/, extrait : « Paolo Di Canio a redynamisé l’équipe et sans doute permis le maintien. »). Je l’ai aussi défendu en dénonçant ce déferlement malsain, cette meute d’hypocrites (le gros des médias britanniques sur ce coup-là) qui lui sont tombés dessus par facilité, lâcheté et addiction au buzz au moment de sa nomination le 31 mars 2013 (lien ci-dessus, dans Lowlights).

    Oui, je suis d’accord, le club lui a laissé trop de latitude dans le recrutement car le type était novice en PL et 14 recrues c’est trop, surtout deux tiers d’illustres inconnus, c’est ce que j’écrivais ici l’an dernier, S’land a privilégié la quantité sur la qualité, 7 ou 8 mieux ciblées aurait été préférable.

    Après, on sait tous comment fonctionne un groupe hein (footeux ou autres), quand les choses vont mal les gens les gens sont souvent très prompts pour se dédouaner de toute responsabilité et pointer du doigt plutôt que faire un brin d’auto-critique. Mais c’est la nature humaine et PdC aurait dû le savoir et composer avec, c’est pour ça que je parle dans mon article de mauvaise gestion humaine de sa part. Respecter les uns et autres, publiquement au moins, lui aurait permis par exemple d’éviter à l’intersaison de faire des déclas publiques stupides sur tel ou tel joueur, ou sur le groupe ; faire ça était évidemment le meilleur moyen de perdre le vestiaire très rapidement et irrémédiablement.

    Il est fort probable que des types comme Bardsley ou Cattermole soient difficiles à gérer, que O’Shea et Brown aient leur égo, etc. et il est certain que des sanctions s’imposaient sur certains points. Après la longue agonie de Martin O’Neill à la tête du groupe sur les derniers mois, les choses s’étaient inévitablement détériorées (laisser-aller, on se pointait aux entraînements en retard, on se faisait porter malade parce qu’on est sorti la veille, etc.) et PdC a bien fait de serrer la vis à l’intersaison, absolument, notamment en collant des amendes. Cela dit, c’est pas en se mettant le groupe à dos avec un régime trop draconien et des déclas publiques inacceptables qu’on règle quoi que ce soit, au contraire, quand le groupe va mal on régresse.

    Aujourd’hui, Di Canio a une telle réput’ que même le Celtic n’en veut pas, les Bhoys ont préféré nommer un illustre inconnu comme manager, Ronny Deila. Je dis pas que ce Deila est mauvais, j’en sais strictement rien mais le fait qu’ils préfèrent un type qui entraînait un club totalement inconnu – Strømsgodset – en dit long sur la cote de Di Canio en G-B (Di Canio est passé par le Celtic bien sûr, ce qui aurait dû faciliter sa nomination). Ça en dit long aussi sur le standing actuel du Celtic et du foot écossais mais ça c’est un tout autre sujet.

  7. The Fab One dit :

    Mi-temps de Angleterre-Italie (désolé, ma belle-famille est italienne et j’ai pas trop le choix de mon camp), j’ai un peu de temps devant moi pour répondre à ton long commentaire.

    Pour ma part,j’ai lu la traduction française de la deuxième édition anglaise (2012).
    Ma remarque sur “la petite marche en plus” est une interprétation de ma part sur le rôle relatif des entraineurs sur les résultats de leur équipe. Une façon d’illustrer le postulat des auteurs sur le rôle prépondérant de la masse salariale et celui moins net des entraineurs.
    A titre d’exemple, en ce moment en France, on est en plein dans le trip “homme providentiel” avec Deschamps qui, parce qu’il a tout gagné en tant que joueur (on sait dans quelles équipes), saura forcément comment faire gagner l’Equipe de France. En tant qu’entraineur, il a gagné avec la Juve en série B (avec un effectif de série A) et Marseille dès sa première saison (mais les deux saisons suivantes ont été moins flamboyantes). Sans oublier son beau parcours en Ligue des Champions avec Monaco en 2004. En finale, il a rencontré une meilleure équipe et, peut-être, un meilleur entraineur avec Mourinho. Un signe ?

    En gros, ce qu’il manque aux entraineurs c’est du temps, non pour développer un style de jeu mais pour construire l’effectif en recrutant les meilleurs joueurs que leur budget permet.

    Sur ce, excellentes vacances et vivement la rentrée (mais piano, piano).

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