Deuxième et dernière partie de l’article consacré aux aptitudes “mercatesques” de Moyes avec Everton. On l’a vu précédemment, il a réussi à dénicher un bon paquet de sacrés joueurs, souvent pour pas cher. Il ne faudrait toutefois pas occulter un certain nombre de plantages. Je préfère devancer les critiques, tous les joueurs qui seront cités ici, ne sont pas des flops à part entière. On va également trouver des malchanceux, beaucoup de malchanceux, mais aussi des joueurs tout simplement pas fait pour le haut niveau. C’est aussi pour cette raison que j’ai pris la liberté de ne pas faire de classement avec ces joueurs. Allez, let’s go !

  • Rodrigo Juliano, le 25 juillet 2002, prêt avec option d’achat.

Mon Dieu ! Un ovni ! Ah non, c'est juste Rodrigo.

Mon Dieu ! Un ovni ! Ah non, c'est juste Rodrigo...

Nous sommes en 2002, en juillet plus précisément. Le Brésil vient d’être sacré champion du monde et Moyes aborde son premier mercato estival avec Everton. On ne va pas se mentir, le club est fauché, Moyes se retrouve alors obligé de faire dans l’exotisme. Bonjour Li Tie, Li Wei Feng et Rodrigo Juliano. Si Li Tie se révéla une très bonne surprise (31 apparitions, dont 29 titularisations), les deux autres furent moins probants. Li Wei Feng joua deux matchs et Rodrigo Juliano eut droit à 4 apparitions en début de saison avant de se ruiner les ligaments du genou.

Moyes misait beaucoup sur ce meneur de jeu de 26 ans, pourtant les circonstances de son transfert auraient dû mettre la puce à l’oreille du technicien écossais. Retour en juillet, Everton est en stage en Autriche et Moyes accueille Rodrigo Juliano, en provenance de Botafogo, pour un essai. Le joueur dispose d’une bonne réputation au Brésil, puisqu’il facture 19 buts en 59 apparitions, surtout il a été élu plus beau joueur du championnat devant Kaka et Edmundo, un titre de prestige. Notre bon David est alors persuadé qu’il va pouvoir renforcer l’équipe à peu de frais, sauf que le mec est déjà blessé. Il parvient tout de même à se rétablir pour jouer un match amical face à Shrewsbury et satisfait Moyes, qui décide de négocier un prêt avec option d’achat. Le joueur est confiant sur ses capacités, tellement même, qu’il demande que son maillot soit floqué « Rodrigol ».

Arrive le début du championnat et Moyes se rend compte que Rodrigo est encore trop juste physiquement pour prétendre à une place de titulaire. Après une entrée en jeu très convaincante face à Middlesbrough, Moyes déclare aux médias « Je pense qu’il va pouvoir prétendre à une place de titulaire très rapidement ». Pas de bol, la semaine qui suit, Rodrigo se blesse lors d’un match d’entraînement. Le verdict des médecins est clair : ligaments du genou bousillés, saison terminée.

Bon, il devait être un bon camarade, parce que si l’on écoute Moyes « C’est un bon gars. Tout le monde l’adore ici, nous sommes tous très déçus pour lui ».

En mai 2003, Everton annonce que l’option d’achat ne sera pas levée, le joueur repart alors au Brésil. Il ne retrouvera jamais son niveau, changeant de club quasiment tous les ans. Il profite alors de son temps libre pour faire du surf, participant même à des championnats nationaux. Ah et puis, on le surnommait également Rodrigo Beckham, en raison de ses participations répétées à des défilées de haute couture.

Attention, images rares.

  • Espen Baardsen, le 24 décembre 2002, libre de tout contrat.

Baardsen lors de son seul match avec Everton. Il a beaucoup fait rire Robbie Keane

Lui il a un peu un parcours de Citroën ZX. Né en Californie, de parents norvégiens, le petit Espen s’intéresse très vite au soccer et plus particulièrement au poste de gardien de but. Pensionnaire des San Francisco United All Blacks en United Soccer League, il impressionne les observateurs de la sélection américaine (il sera sélectionné en U-18), ainsi que ceux de Tottenham. C’est ainsi que le jeune Espen débarque à Londres, à l’âge de 19 ans, bien décidé à conquérir l’Angleterre, ce qui pour un Norvégien est nécessairement une ambition naturelle (si tu ne comprends pas cette allusion, je te conseille de lire des livres d’histoire). Espen fait ses débuts en 1997 à Anfield et parvient à garder ses cages inviolées. Malgré de bonnes performances, dont un très bon match face à Arsenal, il ne parvient pas à obtenir une totale confiance de George Graham, alors manager des Spurs. En 2000, notre ami fait ses bagages pour Watford, débauché par Vialli contre un chèque de 1,5 M£. Il y restera deux saisons, alternant les périodes en tant que titulaire avec celles sur le banc, dépassé par Alec Chamberlain (36 ans à l’époque).

En décembre 2002, Moyes cherche un gardien pouvant concurrencer Richard Wright et recrute Baardsen. Le mois suivant, le Norvégien fait ses premiers pas avec la liquette des Toffees, face à … Tottenham. Bilan, il en prend 4 et ne réapparaîtra plus jamais sur un terrain de foot. À la fin de la saison, il annonce sa retraite sportive, à l’âge de 26 ans, arguant d’un manque de motivation.

Il faut toutefois noter qu’il n’était pas si mauvais que ça, il arriva même à grappiller 4 sélections en équipe de Norvège, entre 1998 et 2000.

Aujourd\’hui, Baardsen est analyste pour Eclectica. Bref, on est trop con pour comprendre.

  • Francis Jeffers, le retour, le 1er septembre 2003, prêt.

lequel de ces deux joueurs n'a pas planté sa carrière ?

Petite devinette : lequel de ces deux joueurs n'a pas planté sa carrière ?

Né à Liverpool et formé à Everton, Jeffers aurait pu être une légende chez les Toffees et en équipe nationale. Aujourd’hui il est bel et bien une légende, mais plutôt dans la catégorie « Légendaire sortie de route ». Son cas a déjà été évoqué sur ce site, je n’y reviendrai donc pas. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il débute en équipe première en 1997, à tout juste 16 ans. Il explose véritablement lors de la saison suivante, marquant 7 fois en 17 apparitions. En 2001, après 61 matchs et 20 buts avec les Toffees, il signe contre 8 M£ pour Arsenal, ce qui était à l’époque un très gros transfert. Pourtant, si le joueur a du potentiel, il se blesse très rapidement, ce qui n’aurait dû étonner personne, quand on voit que le type n’avait jamais dépassé 28 matchs par saison jusque-là. En deux ans du côté d’Highbury, il ne foulera les pelouses qu’à 40 reprises (pour 9 buts), victime de ses blessures et de la concurrence du duo Wiltord-Henry.

Sa carrière en train de sombrer, Jeffers reçoit un coup de fil inespéré de la part de son ex, Everton, qui par la voix de Moyes lui propose de venir se relancer en prêt. Là encore, ses prestations ne sont guère convaincantes, il marque seulement 2 fois (en coupe contre Fulham) en 22 matchs et finit par s’embrouiller avec Moyes. Réponse du berger à la bergère (coucou Hervé Mathoux), il est renvoyé à Londres. Le plus sympa dans cette histoire, c’est que lors de son premier départ, les supporters d’Everton avaient été très mécontents que l’on laisse partir le plus grand espoir du club depuis une paire d’années, mais quand ils l’ont revu, ils ont compris.

Après ce flop, la vie de Jeffers va ressembler à celle d’un joueur moyen du championnat brésilien, changeant de club quasiment tous les ans : Charlton, Rangers (prêt), Blackburn, Ipswich (prêt), Sheffield Wednesday, Newcastle Jets, Motherwell, Newcastle Jets, Floriana (à Malte), Accrington.

Le plus fort dans tout ça, c’est qu’il a quand même réussi à choper une sélection sous le maillot britannique, c’était face à l’Australie, en 2003, il parvint même à marquer d’ailleurs.

Il en avait du talent pourtant…

  • Eddy Bosnar, le 3 août 2004, libre de tout contrat.

Bosnar et son survêtement. Bon il a jamais pu l'enlever cela dit.

Bosnar et son survêtement. Bon il a jamais pu l'enlever cela dit.

Ah, 2004 ! Moyes commence vraiment à poser sa patte sur le club, mais le pognon est toujours autant absent. Alors, comme précédemment, il tente des paris. Alors, un mois après la démonstration défensive des Grecs à l’Euro, il décide d’agir en conséquence et recrute un défenseur australien, d’origine croate, Eddy Bosnar. Le mec paraît plutôt prometteur, il a 24 ans, est titulaire en Autriche avec Sturm Graz et se permet même de marquer quelques coups francs.

Sauf que ce grand gaillard d’1m93 ne portera jamais le maillot d’Everton (en dehors de la photo officielle), la faute à de multiples blessures. En plus, l’axe défensif était plutôt engorgé, avec la paire Stubbs-Weir et un certain Joseph Yobo en cas de soucis.

Au bout d’un an, Eddy s’ennuie et résilie son contrat pour s’engager avec le Dinamo Zagreb. Après deux années en Croatie (dont une à Rijeka), il se barre en Hollande où il réalise enfin des saisons pleines. Après, ce sera le Japon (JEF Chiba United, Shimizu S-Pulse), la Corée du Sud (Suwon Bluewings) et la Chine (Guangzhou) où il côtoie une autre vieille connaissance d’Everton, un certain Yakubu.

BOUM !

  • Per Kroldrup, le 27 juin 2005, 5 millions de £.

5 millions bordel...

5 millions bordel...

Lui c’est un vrai bon flop. Pourtant, quand il débarque d’Udine en juin 2005, le défenseur international danois dispose d’une solide expérience de la Série A, avec près de 91 matchs (pour 3 buts) sous le maillot du club frioulan. Véritable armoire à glace, 1m94 le garçon, il ne participera qu’à un match de championnat avec Everton, une défaite 4/0 sur le terrain d’Aston Villa. 31 jours après, il signe à la Fiorentina et en deviendra un des piliers défensif. Alors, comment expliquer cet échec ? Le joueur avance plusieurs raisons. Tout d’abord le fait qu’étant arrivé blessé, il n’a pas pu s’intégrer à l’effectif.

Il explique également qu’il n’a jamais réussi à se faire au jeu physique du championnat (en même temps t’as joué qu’un match coco). Il raconte avoir vécu un calvaire face à Aston Villa, parce que l’arbitre ne sifflait que très peu, du coup le jeu accélérait et lui n’arrivait pas à suivre. Toutefois, il précise qu’il aurait bien voulu faire la deuxième partie de saison avec Everton et qu’il se serait certainement adapté. Bien dommage donc, le mot de la fin pour Moyes « Il a montré en Italie qu’il était un très bon défenseur, je continue à croire que c’est ce qu’il est et je lui souhaite bonne chance ». En un mot : classe.

En 2013, neuf mois après la fin de son contrat avec la Fiorentina, il rejoint le promu Pescara avec un contrat de trois mois. Depuis le début de la saison, il évolue au Portugal avec Olhanense.

Même Carla Bruni ne peut retenir ses larmes à l\’évocation du nom de Per Kroldrup.

  • Matteo Ferrari, le 26 août 2005, prêt avec option d’achat.

On voulait mettre une photo d'Aida Yespica, l'ex de Matteo Ferrari. Pis on s'est dit que c'était une mauvaise pour vos écrans.

On voulait mettre une photo d'Aida Yespica, l'ex femme de Matteo Ferrari. Pis on s'est dit que c'était une mauvaise idée pour vos écrans.

2005, une année maudite pour les recrues défensives de Moyes. Après Kroldrup, c’est Matteo Ferrari qui débarque sur les bords de la Mersey et qui va, lui aussi, se planter en beauté. Ferrari c’est pourtant le fruit d’une histoire d’amour à faire pâlir d’envie Hollywood (mais moins l’extrême droite). Un père italien et une mère guinéenne, qui se rencontre en Algérie, là où bosse le père, ingénieur dans le pétrole. Quelques mois plus tard, le petit Matteo naît à Aflou, en Algérie.

Formé à l’Inter, c’est à Parme qu’il prend son envol, disputant 81 matchs en 3 saisons et il parvient même à s’insérer dans l’équipe nationale italienne (11 sélections entre 2002 et 2004). La Roma sent le bon coup et dépense 7,25M£ à l’été 2004 pour le signer. À Rome, Ferrari déjoue et manque de confiance. Au bout d’un an, il décide de quitter le club de la Louve et rejoint Everton en prêt. Après un petit temps d’adaptation, Ferrari commence à impressionner les observateurs et Moyes, malheureusement le sort s’acharne, le voilà blessé. Lorsqu’il reviendra à la compétition, il sera trop tard pour lui. Moyes déclare qu’il sait ce qu’il va faire au mercato et que les performances à venir ne changeront rien pour lui. Finalement, son option d’achat ne sera pas levée et il retournera à la Roma où il sera titulaire pendant deux saisons, avant de filer pour le Genoa, Besiktas et enfin l’Impact de Montreal.

  • Andy Van der Meyde (VDM, oui vie de merde), le 31 août 2005, 2 millions de £.

Tu sens mauvais dans ta bouche José !

Tu sens mauvais dans ta bouche José !

Sans doute l’un des plus gros gâchis du foot néerlandais. Formé à l’Ajax, VDM, est un ailier tout en accélération. Après plusieurs grosses saisons sous le maillot du club d’Amsterdam, il décide de tenter l’aventure en Italie, plus précisément à l’Inter, nous sommes en 2003. Souvent blessé, il offre tout de même quelques frissons aux supporters Nerazzurro, notamment un très beau but face à Arsenal (reprise de volée surpuissante). Toujours qu’avec seulement 32 matchs pour 1 but en deux saisons avec l’Inter, son bilan est trop faible. On l’annonce à l’Ajax, à Monaco ou même à Tottenham, mais finalement c’est à Everton qu’il débarque. Il était pourtant tout proche de s’engager avec Monaco, mais la visite de l’appartement fit apprendre à sa femme qu’ils ne pourraient pas emmener leurs chiens, il fût donc obligé de refuser.

A Everton, il touche clairement le fond. Son seul fait d’arme fut de se faire expulser lors du derby face à Liverpool. Un an après son arrivée, des rumeurs font état d’un alcoolisme assez développé. A cela, il faut ajouter des blessures plus que récurrentes. En vrai, le corps de VDM n’était pas fait pour le foot pro, en quatre saisons avec Everton, il ne participa qu’à 20 matchs de championnat. Pourtant, il était confiant sur ses possibilités, clamant sur le site officiel du club « Je veux rester, je suis déterminé à rester. Le style de jeu me convient parfaitement. J’aime vivre en Angleterre et je veux prouver mes qualités à tout le monde ». Le 7 août 2006, il est admis à l’hôpital dans un état préoccupant, les médecins découvrant qu’il avait quelque peu abusé de l’alcool, mais qu’il avait également ingéré de la drogue (via son verre d’alcool). Le club le fait alors passer en conseil de discipline. Cinq jours plus tard, alors que le club joue un match à Bilbao, sa maison est cambriolée. Les voleurs emportent une Ferrari, une Mini Cooper et le chien de la famille. Si la MiniCooper et le clebs seront retrouvés en bon état, la Ferrari aura fait la connaissance d’un mur.

Comme si cela ne suffisait pas, une de ses filles est atteinte d’une maladie assez grave. Sa femme décide donc de repartir aux Pays-Bas, pour faire soigner sa fille et se rapprocher de sa famille. VDM sombre à nouveau dans l’alcool et se console dans les bras d’autres femmes. Sa femme, sentant le coup venir, décide de le faire suivre par un détective privé. Résultat, divorce et droit de visite réduit avec ses filles. Pris en plein cyclone, il réalise malgré tout une très belle pré saison. Un mois plus tard, en août 2007, il sèche un entraînement. Le club lui inflige une amende de 50 000£ (deux semaines de salaire). Il tente de s’excuser en disant être perturbé par sa vie personnelle, que l’éloignement de sa fille malade lui pèse énormément. Toujours est-il qu’il n’apparaîtra pas en équipe première durant toute la saison.

Son retour aura lieu en décembre 2008, face à Aston Villa. Sauf qu’il se blessera au bout de 5 minutes… Il fit toutefois un beau cadeau aux Toffees, en offrant le but de la victoire à Dan Gosling face à Liverpool en Cup. En juin 2009, son contrat prend fin, mais le joueur reste vivre à Liverpool. Il tombe alors en dépression, boit beaucoup trop et se met à prendre de la drogue. Son agent décide d’intervenir et le fait revenir à Amsterdam, mais c’est le PSV Eindhoven qui lui offre un contrat d’un an. Même sans apparaître une seule fois avec l’équipe pro, VDM reprend pied et obtient même un droit de visite plus élargi pour voir ses filles. Alors, bien sûr ça finit bien, mais je pense que l’on peut officiellement déclarer que la vie est une chienne…

Parce qu\’il était quand même bon.

  • Thomas Gravesen, le retour, le 30 août 2007, prêt avec option d’achat.

Le déménageur danois

Le déménageur danois.

Il y aura eu deux périodes Gravesen à Everton. La première, entre 2000 et 2004 voit l’international danois devenir la coqueluche des Toffees, ainsi qu’un des meilleurs milieux d’Europe. En quatre ans sur les bords de la Mersey, le natif de Vejle va disputer 141 matchs et inscrire 11 buts. Tellement bon que Luxemburgo et Sacchi, respectivement entraîneur et manager du Real Madrid décident de l’engager. L’indemnité est assez faiblarde, 2,5M£, mais motivée par le fait qu’il ne restait plus qu’un an de contrat à Gravesen et que la possibilité de le voir partir pour rien quelque temps après était purement inacceptable pour les dirigeants d’Everton. La seconde sera beaucoup moins glorieuse, entre manque de motivation et désillusion.

Au Real tout change. Tout d’abord son poste, il passe de milieu relayeur à milieu défensif. Ensuite son rapport avec le public, adulé à Goodison, il est raillé au Santiago Bernabeu. En cause, son style de jeu, loin de celui des esthètes madrilènes. En plus, Sacchi et Luxemburgo sont très vite débarqués et Gravesen joue de moins en moins. Six mois après son arrivée, il est tout proche de quitter le club, mais le nouvel entraîneur des Merengue, Juan Ramon Lopez Caro, le titularise à nouveau devant la défense. Après deux saisons à Madrid, le joueur sent qu’il est temps de partir et presse son agent pour lui trouver un autre point de chute. Pendant ce temps-là, il tacle un peu sèchement Robinho à l’entraînement et déclenche une bagarre générale, ce qui fit déclarer à son nouveau coach, Fabio Capello « C’est sa façon d’être, on n’a pas vraiment de problème avec ça. C’est vrai qu’il est un peu particulier.

Il travaille plutôt bien tactiquement, mais son comportement est spécial et je n’aime pas ça. Il veut que tout soit fait comme il le souhaite ». Courtisé par Newcastle, le Danois choisit l’Ecosse et le Celtic. Au début, tout commence bien, il est titulaire et marque même son premier but face aux Rangers. Sauf que petit à petit, Gravesen se relâche et finit par se retrouver remplaçant. Strachan déclare alors « qu’il ne fait rien pour retrouver une place de titulaire ». Au bout d’un an, Gravesen signe en prêt avec Everton, le seul club à l’avoir vraiment compris. Malheureusement, les fans ne retrouvent pas le joueur d’impact qui avait quitté le club seulement trois ans plus tôt. Il traverse la saison comme un fantôme ne disputant qu’une petite dizaine de matchs. Plus du tout motivé, il retourne au Celtic, mais ne tient que 6 mois avant d’annoncer sa retraite.

Comme quoi, à vouloir voler trop près du soleil….

Un crâne luisant qui surgit hors de la nuit !

  • Lars Jacobsen, le 26 août 2008, libre de tout contrat.

Soit il a le hoquet, soit Malouda vient de lui mettre un coup de pied dans les parties.

Soit il a le hoquet, soit Malouda vient de lui mettre un coup de pied dans les parties.

On va être franc, Jacobsen ce n’est pas vraiment un flop, mais plutôt un mauvais concours de circonstances. De l’avis de tous au club, le joueur était bon, mais il avait un physique de fillette.

Il débute en 1996 avec le club de sa ville, l’Odense Boldklub. Six ans et une centaine de matchs plus tard, le latéral droit change de statut en rejoignant Hambourg. Il y restera un an et demi, avant de repartir pour le Danemark, mais avec le FC Copenhague cette fois ou il restera trois saisons et disputera une centaine de matchs. En 2007, il décide de retenter l’aventure en Allemagne et s’engage avec le FC Nuremberg. Nouvel échec, le joueur est souvent blessé et ne participe qu’à 8 matchs de championnat, son contrat est alors résilié à la fin de la saison.

Libre de tout contrat, il intéresse fortement l’OM de Gerets, mais c’est avec Everton que le joueur signe un contrat d’un an renouvelable. Le joueur est tellement chanceux, qu’il arrive à se détruire l’épaule lors d’un match avec sa sélection nationale, deux semaines seulement après avoir signé son contrat. Il ne reviendra qu’en mars 2009 et commencera alors à rentrer dans la rotation au poste d’arrière droit. Le titulaire du poste est alors Tony Hibbert, pas le pire obstacle à surmonter donc, et cela va se remarquer lorsque Jacobsen va le remplacer à la mi-temps de la finale de la Cup, face à Chelsea. Impeccable face à Florent Malouda, le Danois impressionne les observateurs. Les dirigeants d’Everton sont alors chauds pour le prolonger. Le joueur, lui, veut continuer avec les Toffees, son agent déclare alors, le 22 juin : « Les négociations sont en bonne voie, le club veut le prolonger. Toutefois, il n’y aura pas de négociations jusqu’en juillet. ». Le joueur lui-même y croit dur comme fer : « Je trouve très positif le fait qu’après une saison comme celle-ci, j’ai quand même pu prouver aux gens que je pouvais représenter un plus pour l’équipe. Je suis très heureux ici, mais nous devons attendre le retour des vacances pour finaliser tout cela. ». Sauf qu’il n’y aura jamais de signature. Le 29 juin, Blackburn annonce l’arrivée de Jacobsen pour deux ans, c’est ce que l’on appelle un revirement de situation. La vérité c’est que Moyes n’était pas vraiment fan du joueur et qu’il a refusé de prolonger son contrat.

À Blackburn, il subit la concurrence de Michel Salgado et de Pascal Chimbonda (ne riez pas !) et ne dépassera pas les 13 matchs. Une saison après son arrivée, il file à West Ham où il jouera plus, mais dans une ambiance moins bon enfant, notre ami se permettant même de dire que « le club devait s’améliorer et qu’il méritait d’être dans le bas du classement ». West Ham finit par être relégué et Jacobsen trouve refuge, une nouvelle fois, à Copenhague où il retrouve une seconde jeunesse.

  • Philippe Senderos, le 23 janvier 2010, prêt.

A chaque fois il crève les ballons. Il coûte cher n'empêche.

A chaque fois il crève les ballons. Il coûte cher n'empêche.

Senderos, bon Dieu qu’il était mauvais. Pourtant, Senderos était vu comme un des plus défenseurs les plus prometteurs du début du siècle. Très vite repéré par Arsenal alors qu’il évolue au Servette de Genève, Senderos forme une paire très solide avec Campbell. Au pic de sa forme lors de la saison 2005/2006, il est pour beaucoup dans le parcours européen des Gunners, qui verra Arsenal arriver en finale face à Barcelone. Ensuite, sa carrière décline et ce défenseur plutôt rassurant se retrouve à faire des boulettes à quasi tous les matchs. En 2008, il tente de se relancer en étant prêté au Milan AC, Le pari n’est pas gagnant, le joueur se heurtant à la concurrence de Maldini et à celle de Kaladze, il ne sera aligné qu’à 14 reprises.

Arrive alors la saison 2009/2010, avec une Coupe du Monde en ligne de mire. Le joueur veut jouer et trouve une solution avec Everton. De son côté Moyes veut remplacer Lucas Neill (parti pour Galatasaray), Hibbert et Jagielka (tous deux blessés). Encore une fois, le joueur se plante et il ne dépassera pas les trois matchs sous la liquette Toffees. Quand il arrive, il est pourtant très confiant : « Je ne pouvais pas attendre et risquer de rester bloqué à Arsenal. Je suis impatient et je compte bien prendre une place dans l’équipe première ». Il déclare aussi « J’ai parlé avec David Moyes et il espère pouvoir me donner ma chance ». Donc cela voulait dire que même Moyes n’était pas sûr de pouvoir le faire jouer, pourtant il avait déjà tenté de le faire venir lors du mercato estival, mais avait dû renoncer car Senderos était tout proche de signer avec le Celtic.

Depuis l’été 2010, il évolue du côté de Fulham et semble repartir dans le bon sens. Au niveau international, il est toujours considéré comme un patron, affichant un bilan de 50 sélections (pour 5 buts) depuis 2005.

Didier Feco.

13 commentaires

  1. Kevin dit :

    Merci, papier savoureux.

    James Beattie a pas mal floppé aussi (et 6 millions de £ qu’il avait coûté, 13 buts en 76 matchs).

    Francis Jeffers (qui joue d’ailleurs pour Beattie à Accrington, enfin, il joue plus)… Bon, tu le cites, alors tu me forces un peu à en dire un mot.

    Je sais pas si t’as vu son ancien Wiki anglais (2010) :

    http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Francis_Jeffers&oldid=339774333

    y’a ces 2 phrases marrantes :

    « Barcelona have now declared their interest in signing Jeffers due to his recent situation. Jeffers has stated that although a move to the Spanish champions would appeal to him, he would prefer to carry on quietly as a window cleaner in his hometown of Liverpool. »

    « Ipswich did however make a third and final bid for Jeffers but after all the wrestling and wrangling between the two clubs, personal terms could not be agreed without some baby lotion.»

    Je serai triste le jour où il arrêtera sa carrière, des gars comme lui on va plus en voir beaucoup dans le foot britannique. Quel caractère de cochon il avait. Steven Gerrard le détestait (il l’avait appelé le « plus grand plongeur depuis Greg Louganis », un truc comme ça). Les derbies étaient chauds avec Franny.

    A 19 ans à peine, saison 2000-2001, il s’est tellement embrouillé avec le manager d’Everton (Walter Smith) que ça a compromis sa carrière Toffee. Pourtant, il était bon, même à la cave et avec 14 matchs/bouts de match sa dernière saison Toffee, il réussit à planter 7 buts mais sa sale mentalité l’a perdu.

    Smith le refila donc à Arsène pour une fortune. Arsène hésita d’ailleurs entre Jeffers et… Ruud Van Nistelrooy.
    Tu signales sa seule sélection. Marrant d’ailleurs ce match, contre l’Australie. Les Anglais étaient tellement mauvais en 1ère mi-temps (menés 2-0) qu’Eriksson remplaça toute l’équipe à la pause. Jeffers marqua le seul but anglais (défaite 3-1). Autre débutant ce jour-là qui lui ne se ratera pas : Wayne Rooney.

    Jeffers eut souvent l’occasion alors (quand sa carrière Arsenal partit en vrille) de partir dans de bons clubs mais il est tellement vénal qu’il refusa un tas de bonnes propositions.

    Putain, quand je pense que mon club (Sheffield Wednesday) lui filait 45 000 £ par mois en 2007-2010 en D2 (alors que le club avait 30 millions £ de dettes !), pour un retour minable : 5 buts en 60 matchs et une attitude lamentable.
    Ce con se fait bêtement expulser en fin de saison (suspendu) alors que Wednesday luttait pour le maintien (raté, les Owls descendirent). Il avait aussi commencé la saison piètrement le Jeffers, coup de boule sur un adversaire, suspendu. Le manager de Wednesday (Brian Laws, qui vient d’ailleurs aujourd’hui de se faire limoger de Scunthorpe) fait ni une ni deux, lui colle une forte amende et le met illico sur la liste des transferts/prêtables dès le début de saison. Evidemment, à 45 000 £/mois, personne ne se manifeste.

    Tu le sens comment le derby samedi ?

  2. Didier Feco dit :

    Merci camarade !
    Pour Beattie j’ai pas mal hésité (comme pour Marcus Bent), mais je me suis dit que c’était un peu une tradition à Everton les attaquants qui marquent pas.

    C’est vrai que Jeffers a un sacré paquet de casseroles qui lui collent aux fesses. J’ai également hésité à rappeler quelques unes de ses frasques, même si tu m’en apprends. En fait, il faudrait quasiment un article pour lui tout seul !

    Le derby je le sens moyen. Le plus fort dans tout ça, c’est qu’à chaque fois qu’il y a derby je ne peux pas le voir : soit je suis dans le train, soit je suis invité quelque part, etc… Là je serai à un anniversaire. La vie est vraiment une chienne…

  3. Raf dit :

    Chouette galerie de portraits, merci !

  4. Kevin dit :

    Ah merde, pas de derby pour toi, dommage. Je te dis pas bonne chance car je veux la victoire des Reds mais le coeur y est.

    En parlant de ces Li Tie, Li Wei Feng & co à Everton au début de l’ère Moyes (début du partenariat avec Chang, non ?), je sais pas si t’as vu (joke) mais Newcastle United vient aussi de recruter un Chinois, Wy me*…

    [*à prononcer à l'anglaise]

  5. Groover dit :

    super boulot, bravo

    Ce pauvre Jeffers symbolisera longtemps le flop parfait, au grand dam de Tonton Arsène. kevin a rappelé, à juste titre, la tentation Van Nistelroy (qui se bousillera le genou l 1 ou 2 saisons plus tard, notre staff médical l’a échappé belle) mais on peut rappeler aussi qu’on avait Davor Suker dans l’effectif : meilleur buteur de la CDM 98, et il a floppé aussi. comme quoi…

    J’ai failli soumettre Pienaar dans les flops oubliés, mais un rapide retour sur ses stats m’a fait penser que ça aurait été injuste. Un peu de rancune en souvenir du but en contre que nous colle le salopard il y a quelques saisons du côté de Goodison

    Bon derby, en espérant un but de Distin (il est encore pas passé loin la dernière fois)

  6. quent dit :

    Question aux connaisseurs d’Everton : Est ce que vous considérez Royston Drenthe comme un bide ?

    Le mec passe quand même du Real Madrid, à Reading, en passant par le fin fond de la Russie. Il fait une saison en prêt acceptable à Everton, mais bon… les gens attendaient plus (comparé à Edgar Davids, notamment).

  7. Kevin dit :

    Credit where credit’s due, faut remercier Didier Féco pour ce brillant article, ces 2 parties (Top 10 et Flop 10) ont dû lui prendre un temps fou, l’ensemble est très documenté.

    @ Groover.

    Suker et Jeffers n’ont pas été dans l’effectif en même temps, Suker a quitté les Gunners 1 an avant que Franny n’arrive. Je me souviens bien de l’arrivée de Suker, j’avais un assistant espagnol (supp Merengue) dans le lycée où j’enseignais qui m’avait beaucoup parlé de lui en début de saison, me chantant ses louanges, etc.

  8. Kevin dit :

    @ quent.

    Je ne suis pas un grand connaisseur de l’effectif d’Everton mais mon avis est qu’il ne peut pas vraiment être considéré comme un vrai flop. Il jouait ailier il me semble et a surtout été inconstant, alternant les superbes prestations (frappes de ouf) et les matchs transparents. C’est vrai qu’on attendait pas mal de lui alors, dans ce sens, effectivement, il a peut-être floppé. Je crois que son hygiène de vie un peu olé olé a plombé ses relations avec Moyes, à vérifier.

    Il est à Reading aujourd’hui mais ne se fait guère remarquer, je sais même pas s’il joue régulièrement, je mate souvent le Football League Show et ça fait une plombe que j’ai pas entendu son nom, peut-être joue-t-il mais il n’a pas l’air de déraciner les arbres chez les Royals (peut-être est-il blessé, j’en sais trop rien).

  9. teenage-kicks dit :

    @Raf :

    Merci camarade !

    @Kevin :
    Finalement je vais pouvoir voir le derby, mon week end est repoussé. Joie !
    Concernant les Chinois Li Tie et Li Weifeng, ce n’était pas avec Chang, mais avec une boite de télécommunication chinoise (des humanistes) : Kejian. Ils ne sont resté sponsor qu’une saison par contre.
    Concernant ta blague, je sais pas si je l’ai bien compris, mais en tout cas ça m’a fait rire tout seul en td hier aprem.

    @Groover :
    Merci à toi camarade (oui encore) !
    Jeffers c’est vraiment le plantage de Wenger. A côté Chamack c’est du pipi de chat.
    Pour Pienaar c’est un des meilleurs recrutements de Moyes. Il est adoré par les fans et peut vraiment débloquer des rencontres.
    Merci pour le derby, j’espère une victoire, même si l’attaque de Pool me fait peur. On verra.

    @Quent :
    Concernant Drenthe j’ai longuement hésité. Au niveau sportif il était moyen, mais à sa place on aurait eu Magaye Gueye donc… Après niveau comportement c’était une buse. Il s’est brouillé avec Moyes en plein milieu de la saison, et n’était pas aimé par les fans.
    Maintenant, dans cet article, je ne voulais pas juger de la carrière des joueurs, mais uniquement de l’instant à Everton.

    @Kevin :
    C’est vrai que j’ai oublié de signer l’article. Merci de rappeler l’auteur de celui ci ^^
    Le plus chiant ce sont les flops, parce que les Rodrigo ,Baardsen and co ils ont pas laissé de grandes traces dans le monde du foot.

  10. Romain dit :

    Superbe article (comme d’hab avec TK) !
    Pour Drenthe, c’est devenu un mélange de bibendum et de babouin (pour le postérieur). C’est assez pitoyable mine de rien….

  11. Bugz dit :

    Superbe article.

    Je me permets juste d’intervenir pour vous faire remarquer une ch’tite erreur dans la bio de Senderoos. C’est en 2005/2006 qu’Arsenal atteint la finale de la C1, pas en 2006/2007 (cette saison-là, c’étaient les Reds qui avaient affronté Milan en finale à Athènes).

  12. teenage-kicks dit :

    @Romain :

    Merci (au passage féloche pour Kickoff, j’ai jamais pu te le dire).
    Concernant Drenthe, c’est clairement un problème psychologique. Le talent il l’a indéniablement.

    @Bugz :

    Merci camarade. Et merci encore pour la correction (je vais me faire frapper par les fans des Gunners).

  13. Groover dit :

    haha, bien vu Bugz, celle là m’avait échappé ;-)

    @Kevin : dont acte pour Suker, il était parti. En même temps, il était tellement transparent qu’on s’en était pas rendu compte à l’époque

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