Archive for janvier, 2013

Obi vous salue.

Après une longue trève sports d’hiver en quête (frustrante) de neige sur Ben Nevis, Teenage Kicks est de retour avec une exclusivité explosive. En juillet dernier, dans le plus grand secret, Sky et TF1 réunissaient des personnalités du football pour un Survivor caritatif (les fonds récoltés iront à la Fondation Tony Blair contre la pauvreté dans le centre de Londres). Compte rendu des temps forts.

Grâce à ses contacts dans le milieu indigent de Knightsbridge, TK a pu partiellement visionner ce document exceptionnel qui devrait sortir en juin 2013 pour pallier le manque de compétition internationale.

L’action a pour cadre un chapelet d’îles paradisiaques en mer des Philippines. Les règles sont simples : 2 équipes, 11 jours, 22 participants, jusqu’à la terrible épreuve des poteaux (où il s’agira de tirer sur les poteaux du milieu du terrain, les yeux bandés).

Pas de noms de tribus faussement ethniques dans cette édition, mais simplement des Jaunes contre des Rouges, comme sur un terrain. Les personnalités du football qui ont gracieusement répondu à l’appel sont :

Les Jaunes                Les Rouges

Mario Balotelli                 Emmanuel Adebayor
Paolo Di Canio                Bernard Casoni
El Hadji Diouf                  Raymond Domenech
El Hadji Diouf*                 Patrice Evra
Kieron Dyer                     Fabrice Fiorèse
André-Pierre Gignac        Paul Gascoigne (Gazza)
René Girard                     Zlatan Ibrahimovic
David Luiz                       Péguy Luyindula
Florent Malouda              Paul Merson
Harry Redknapp              Mido
Frank Ribéry                   Yann M’Vila
Marama Vahirua

(*EH Diouf a tenu à figurer deux fois au générique. Remplaçants : Jimmy Bullard et Frédéric Thiriez)

[les sponsors - parmi lesquels Accor, Duracell, Barclays, GlaxoSmithKline, Carrefour, Décathlon, Starbucks, Total, Vodafone, Waitrose et le MRAP - nous ayant interdit de révéler plus de 20 % du déroulement de la plupart des jeux ainsi que des conseils, seules quelques bribes des moments clés jeu et conseils sont présentées. En bleu, est signalée la voix off du présentateur, Denis Brogniart]

4ème jour

Jour blanc, aucun tournage. Un gros incident chez les Rouges a obligé la production à faire relâche. Selon nos informations, l’équipe rouge aurait refusé de continuer l’aventure si on ne leur donnait pas feu et eau.

Devant le niet du duo TF1-Sky, le leader des Rouges, Patrice Evra, avec l’aide de quelques indigènes abonnés à Old Trafford, aurait fait grimper tout le monde au sommet d’un cocotier et transmis à Denis Brogniart une lettre rédigée avec des bouts de noix de coco ingénieusement tressée sur une feuille de palme par Marama Vahirua (ci-dessous. En fait, pas du tout une technique polynésienne ancestrale mais un vieux truc de paysan vigneron enseigné à Pascal Vahirua par Guy Roux pour économiser du papier - le sorcier bourguignon faisait ses devoirs de la sorte étant jeune, sur des feuilles de vigne, puis plus tard pour les contrats).

Nous ignorons le contenu de cette lettre ainsi que l’issue du différend mais nous avons pu obtenir cette bribe de conversation entre l’homme fort des Rouges, Pat Evra, et Denis Brogniart :

« Pat, pas de feu, pas d’eau, vous perdez toutes les épreuves, c’est une véritable déconfiture, c’est la Bérézina. Quel est le problème de fond chez les Rouges ?

- Non Denis, ce n’est pas un problème de confiture ou de bérets résineux, le mal est plus profond. Le problème c’est le traître, il y a une taupe chez nous et il faut l’éliminer, l’éradiquer, l’écarter et l’écarteler. »

Les Rouges ont enfin trouvé l’eau, cachée : quelqu’un l’avait détournée pour semble-t-il monter un mini laboratoire de poudre pas nette en pleine jungle. Paul Merson nie toute implication mais, sur les conseils de son cabinet d’avocats qui mouille au large, il quitte le camp.

La mort dans l’âme, David Luiz doit abandoner (ci-dessous), John Terry vient d’être mis en examen et Chelsea a besoin du Brésilien pour un match amical d’intersaison contre le Bandung Karawang FC, tout dernier partenaire clé du club londonien à Java.

5ème jour

[Voix off. Le coquillage est l'unité de ration alimentaire à Koh-Lanta, et chez les Jaunes, André-Pierre a été bigrement chanceux : il a découvert par hasard une espèce inconnue de palourde géante vraisemblablement créée par des essais nucléaires voisins. Elle fait polémique vu sa taille (40 cms de diamètre) mais le Marseillais a le réglement pour lui et refuse d'utiliser une coquille ordinaire]

Denis Brogniart annonce le jeu d’immunité, avec un kit de pêche à la clé (la moitié se met à chercher une clé).

Miraculeusement, les Rouges l’emportent.

Au conseil chez les Jaunes, atmosphère tendue. Denis essaie d’en savoir plus sur le malaise ambiant auprès de Frank Ribéry :

« Frank, vous êtes un battant, et pourtant trois épreuves perdues d’affilée par les Jaunes, ambiance maussade et j’en passe. Tout est en train de partir à vau-l’eau, ces échecs répétés ne gênent-ils pas un compétiteur comme vous ?

- C’est clair que, comme vous dites Denis, tout part à vélo actuellement mais on va réagir et redorer notre blouson, vous inquiétez pas. »

Ribéry, lors de la cruelle épreuve de l'huile bouillante

Ribéry, lors de la si cruelle épreuve de l'huile bouillante

Mais ce n’est pas Ribéry qui a le plus à craindre ce soir. Malgré son utilité sur le camp et ses causeries churchilliennes d’avant épreuves, c’est bien René Girard qui est sur la sellette (ses incessantes chouineries fatiguent - il a aussi fait un doigt d’honneur à un couple de vieillards indigènes qui lui offrait pourtant du manioc et des fruits).

Néanmoins, au moment du conseil, tous les compétiteurs sont étonnamment dithyrambiques à l’égard de René et ce dernier garde logiquement espoir. Sélection de louanges :

- c’est un grand homme droit et fort, il est au-dessus de nous tous

- quelqu’un d’exceptionnel, on a envie de partager tant de choses avec lui

- il se dévoue pour les autres avant de penser à lui, ça fait partie des valeurs du scoutisme, on l’admire tous

[Voix off : Coup de théâtre ! Le vote est effectué et il est sans appel : René est éjecté, 6 votes sur 6. Le bouillant patriarche voit rouge]

Choqué par tant d’hypocrisie, René refuse de quitter les lieux, insulte à la cantonade, hurle quelques obscénités sur les scouts, se saisit de flambeaux et les balance sur ses ex petits camarades. La sécurité doit intervenir.

(à notre connaissance, ces images ont déclenché une vague de protestation internationale, discrète mais bien réelle, et ne seront pas diffusées - Charles Pasqua et François Fillon, ex Chefs Louveteaux, auraient porté plainte au nom de l’Amicale des Anciens Scouts de France et la WAGGGS, World Association of Girl Guides and Girl Scouts, aurait fait de même. A leur tour, les Wags songeraient à intenter un procès aux Scouts pour « plagiat et utilisation abusivement champêtre d’un acronyme respecté et reconnu pour son prestige »).

Fillon a tenu à rassurer les Scouts après l'incident

Fillon a tenu à rassurer les Scouts après l'incident

6ème jour

Florent Malouda revient de l’île aux Pestiférés. Paolo Di Canio est également de retour (bredouille) de sa chasse au vétéran de guerre.

Au matin, pendant la pêche, Mario blesse Malouda avec le harpon (il dira avoir pris le Français pour une murène - « Ça fait un bail que je ne l’avais plus vu sur les terrains celui-là, désolé, je ne l’ai pas reconnu » se défendra le maladroit Italien, en se marrant).

Direction l’infirmerie d’où est éjecté Kieron Dyer (trop cher à la production en soins, il est renvoyé en Angleterre par cargo humanitaire, son club ayant refusé d’affréter un avion sanitaire - « Qu’il reste chez les Philippinos, on a pas besoin de lui » aurait pesté un dirigeant du club londonien, avant de consentir à financer un billet train troisième classe pour un retour ferroviaire via l’Asie - il se serait ravisé en étudiant l’option bateau de fret, 50 % moins chère).

Bouteille à la mer. A l’intérieur, un message codé où il est question de gourdes et de points cardinaux. Gazza s’excuse de ne pouvoir aider car, bougonne-t-il, il n’y connaît rien en connasses ou en religion. A vrai dire, personne ne comprend l’énigme et après moultes plaintes sur la difficulté du jeu, la direction doit fournir la réponse aux naufragés en colère.

[ce passage a semble-t-il été refilmé et l'on devrait voir Zlatan feindre de résoudre l'énigme à lui seul, avant d'être chaudement congratulé par ses petits camarades, obligés de faire la queue pour le féliciter. En fait, il fallait simplement faire dix pas en arrière et récupérer les instructions au pied d'un faux plant de manioc, dont la présence au beau milieu de la plage aurait dû attirer l'attention].

Les Jaunes remportent l’épreuve de confort et sont invités à partager le quotidien d’une tribu voisine, les Gravos-Gravelos, des va-tout-nus qui vivent dans des HLM sur pilotis. Hormis une initiative culturelle déplacée de Paolo, tout se passe bien (l’Italien avait tenu à enseigner aux enfants la danse du bras levé et tendu inspirée, leur avait-il vociféré, du nouveau clip de Psy, Ausgangnam Style). El Hadji Diouf semble même touché :

« Malgré mon fort caractère tordu, je suis émotionné par ces gens qui n’ont pas grand-chose, même pas un objet chromé, rien. C’est une vraie leçon de vie pour nous, les privilégiés, même si moi je suis un travailleur pauvre, je touche quasi rien à Leeds United. Des fois, faut savoir faire simple dans la vie pour être heureux, inutile d’aller chercher midi à quatorze heures.

Ribéry acquiesce :

- Ouais, c’est beau comment ils vivent ces gens-là, ça m’ rappelle ma cité. Tu dis qu’on devait aller chercher qui à quatorze heures, Medhi ?

- T’as rien compris toi, c’est un adage.

- Nadège, la copine de Zahia ? »

[voix off : c'est repus et la tête pleine d'images que les naufragés regagnent le camp]

On apprendra plus tard que des Gravos-Gravelos ont kidnappé Jimmy Bullard (dans le but de l’adopter). Ils affirment reconnaître formellement l’histrion anglais comme étant un descendant de l’un de leurs glorieux ancêtres. Il semblerait toutefois que Bullard lui-même aurait supplié les indigènes de le séquestrer pour ne pas avoir à retourner à Milton Keynes.

Un ancêtre des Gravos-Gravelos ?

Jimmy Bullard, un descendant Gravos-Gravelos ?

7ème jour

La journée commence par quelques bisbilles sur le camp jaune entre les jeunes et les vieux.

Jeu de confort. Les naufragés, attachés à des élastiques géants, devront récupérer des poignards (appelés des Koumbwarés, symboles des pêcheurs locaux) et les planter dans des effigies de joueurs / d’entraîneurs qui ont causé une révolte de vestiaire. Victoire des Rouges. DB s’adresse aux Jaunes :

« Zlatan, selon vous, quel est le problème ?

- C’est clair qu’on traîne du bois mort, des boulets… Le problème c’est que y’a les compétiteurs, les vrais guerriers et y’a les faux compétiteurs, los touristos, ceux qui comprennent pas que un vrai compétiteur quand il perd il devient fou. Y’a ceux qui sont là [il mime une marque fictive haut placée] et y’a les petits qui sont là [marque au ras du sable] et c’est à ceux qui sont là de monter mais ceux qui sont là ils restent là et voilà, donc on peut pas. »

[Denis Brogniart semble perplexe]

- Paolo, alors selon vous, quel est le problème ?

- Pour moi Denis, si on veut avancer, il faut tuer le maillon faible, l’éliminer, le faire disparaître, l’é-ra-di-quer [son visage se fige en un violent rictus], l’atomiser le pulvériser, lui faire… »

- On a compris votre ressenti Paolo, coupe nerveusement D. Brogniart qui sent que cela peut vite dégénérer. Et pour vous Raymond ?

- La question se pose différemment Denis. C’est à la fois un conflit de générations et un problème de maturité. Les plus sportifs ont de suite adopté une rhétorique triomphaliste qui passe mal sur le camp et le stress peut déclencher chez certains un processus de somatisation qui…

Domenech a montré l'exemple dans les épreuves

Domenech a montré l'exemple dans les épreuves

[Un cri l'interrompt, c'est Ribéry, il hurle « On va vous battre à plats de couture »]

D. Brogniart profite de l’aubaine pour passer directement aux explications du jeu de confort et la merveilleuse recompense à la clé :

« Imaginez, si vous gagnez, un téléphone vous permettra d’effacer les milliers de kilomètres entre ici et vos proches. [Il s'adresse à E. Adebayor]. Emmanuel, je vous vois trembler et je ressens une très forte émotion chez vous, 5 minutes avec vos proches par visio-téléphone satellite, ça représenterait quoi pour vous ?

- Tout, absolument tout Denis, j’attends ce moment avec impatience depuis le début. Ce coup de fil aurait une telle signification pour moi… impossible de trouver les bons mots. »

[30 minutes plus tard. Voix off. Survolté, Emmanuel Adebayor a gagné et verse quelques larmes]

DB : Je vous sens très ému, Emmanuel. Je comprends car je sais que vous vous entraînez depuis 5 ans pour ce Koh Lanta alors allez-y, faites-vous plaisir, je vous remets le téléphone magique.

[Musique doucereuse. Adebayor compose son numéro et, soudain, sa voix se durcit]

- Bon alors Carlos [son agent], tu branles quoi là, j’ai pas de nouvelles depuis deux jours, ça en est où avec le Anzhi Macashkala ou ché pas quoi là, ils crachent combien ?

[l'agent répond]

- Par mois ou par semaine ? Par mois !!! Tu fais l’ bouffon ou quoi là ? Capte-moi bien, tu leur répétes que chuis ni un réfugié, ni un SDF demandeur d’asile moi. Non, non, moi c’est 800 batons par mois sans les primes, et [il crie] NETTO, ou macache. Et dis-leur que j’veux une plus grande piscine d’intérieur que Sam Eto’o, j’veux la 25 mètres hein, tu leur dis bien. »

Il raccroche, presque hagard.

[voix off. Ce coup de téléphone l'a visiblement chamboulé]

Pendant ce temps-là, au conseil. D. Brogniart égrène les votes, identiques :

« Patris… Pattrisse… Pattricze… Patreece… Phatriz… 5 votes contre vous Patrice, ce dernier bulletin peut être décisif… [il tire le dernier]… Patriece. Patrice, je vais vous demander d’éteindre votre flambeau et de me rejoindre [Evra s'exécute, l'air rageur]. Les aventuriers Rouges ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable.

- Je n’ai qu’une chose à vous dire : démasquez le traître et vous irez loin, maybe. »

Pat Evra, éliminé (on aperçoit son cabinet d'avocats mouiller au large)

Pat Evra, éliminé (on distingue son cabinet d'avocats mouiller au large)

La seule image de l’après vote que nous ayons pu voir est celle de deux compétiteurs qui brandissent leur bulletin de vote en déclarant :

« Pat, je vote contre toi parce que tu es trop manigançateur et t’es trop fort dans les épreuves, trop fort. »

« Pat, je vote contre toi parce qu on en a tous notre claque de t’entendre réciter le mot traître en 33 langues tous les soirs. Moi aussi je suis polyclotte mais je saoûle personne avec mes connaissances languistiques. »

[Voix off. Le fier Patrice s'en va avec ses certitudes. Raymond Domenech est aussi éliminé - nous ne pouvons rien révéler à ce sujet - et dans l'affrontement entre les générations, ce sont les jeunes qui ont eu le dernier mot]

8ème jour

Jeu de confort. Il s’agit d’aller récupérer des coraux dans la mer, jusqu’à 20 mètres de profondeur. Désastre pour les Jaunes, Ribéry a fait chou blanc. Debriefing.

« Frank, vous avez raté pas mal de coraux, comment expliquer cette nervosité car vous étiez largement en tête ? Ce collier d’immunité était pour vous aujourd’hui !

- Ben, je sais, effectivement, à un moment j’avais un corau dans la main et je l’ai lâché, puis un autre corau, etc. [...] J’accepte ma part de responsabilité, je ne cherche pas à noyer le poisson dans l’eau, je le dis, j’ai merdé, voilà. Tant pis pour le collier d’immu… d’umane… euh… le collier d’humanité.

- Frank, vous devez vous sentir menacé, vous le voudriez ce collier d’immunité ?

- Oui, c’est sûr que je voudrais bien ce collier de… euh, d’unanimité mais je me sens pas plus menacé qu’un autre.

- En êtes-vous bien sûr Frank ? Songez à ce que ce collier d’immunité pourrait vous apporter.

- Oui, je sais, mais je ne l’ai jamais cherché ce collier d’humilité car pour le trouver, c’est quasi impossible, c’est comme chercher une aiguille dans une boîte de foin. »

[...]

[Voix off et musique menaçante. La hâche de guerre est déterrée, qui aura le dernier mot ? Entre séduction et coups bas, soulagements et entourloupes, complicités et profondes déceptions, les naufragés ne sont pas au bout de leurs surprises. Koh Lanta, la guerre des clans, c'est vendredi prochain à 20 h 50]

La suite en juin 2013, sur les écrans cette fois.

Dans la même série Foot & télé :
C’est pas sorcier (Lars Elstrup)
Faites entrer l’accusé (Omer Riza)
Jean-Claude Delarue (Cédric Anselin)

En attendant, gazouillez avec nous. Et on fessebouque aussi.

Kevin Quigagne.

Après une longue trêve sports d’hiver en quête (frustrante) de neige sur Ben Nevis, Teenage Kicks est de retour avec une exclusivité explosive. En juillet dernier, dans le plus grand secret, Sky et TF1 réunissaient des personnalités du football pour un Survivor caritatif (les fonds récoltés iront à la Fondation Tony Blair contre la pauvreté dans le centre de Londres). Compte rendu des temps forts.

Grâce à ses contacts dans le milieu indigent de Knightsbridge, TK a pu partiellement visionner ce document exceptionnel qui devrait sortir en juin 2013 pour pallier le manque de compétition internationale.

L’action a pour cadre un chapelet d’îles paradisiaques en mer des Philippines. Les règles sont simples : 2 équipes, 11 jours, 22 participants, jusqu’à la terrible épreuve des poteaux (où il s’agira de tirer sur les poteaux du milieu du terrain, les yeux bandés).

Pas de noms de tribus faussement ethniques dans cette édition, mais simplement des Jaunes contre des Rouges, comme sur un terrain. Les personnalités du football qui ont gracieusement répondu à l’appel sont :

Les Jaunes                 Les Rouges

Mario Balotelli                 Emmanuel Adebayor
Paolo Di Canio                Bernard Casoni
El Hadji Diouf                  Raymond Domenech
El Hadji Diouf*                 Patrice Evra
Kieron Dyer                     Fabrice Fiorèse
André-Pierre Gignac        Paul Gascoigne (Gazza)
René Girard                     Zlatan Ibrahimovic
David Luiz                       Péguy Luyindula
Florent Malouda              Paul Merson
Harry Redknapp              Mido
Frank Ribéry                   Yann M’Vila
Marama Vahirua

(*EH Diouf a tenu à figurer deux fois au générique. Remplaçants : Jimmy Bullard et Frédéric Thiriez)

[les sponsors - parmi lesquels Accor, Duracell, Barclays, GlaxoSmithKline, Carrefour, Décathlon, Starbucks, Total, Vodafone, Waitrose et le MRAP - nous ayant interdit de révéler plus de 20 % du déroulement de la plupart des jeux ainsi que des conseils, seules quelques bribes des moments clés jeu et conseils sont présentées. En bleu, est signalée la voix off du présentateur, Denis Brogniart]

1er jour

Les aventuriers sautent de l’hélico (Fiorèse, lui, plonge), malgré l’insistance d’EH Diouf de se faire déposer en Ecureuil chromé et Paolo Di Canio de se faire parachuter d’un bombardier Fiat CR 42 Falco. Zlatan a revêtu une combinaison Baumgartner et plane jusqu’au premier cocotier.

A peine arrivés sur l’île pour ce KL accéléré, Denis Brogniart annonce la première épreuve (sans Kieron Dyer - épaule démise en détachant sa sangle de sécurité) et à l’issue de laquelle deux participants seront envoyés sur l’île des Pestiférés à bord d’une galère. Après quelques palabres, Fiorèse et Malouda demandent à être conduits sur l’ilot susnommé histoire de gagner du temps (requête refusée. Fiorèse pète un plomb et quitte le camp. Frédéric Thiriez le remplace).

Denis Brogniart : « L’épreuve est simple mais physique et, chers naufragés, si vous me permettez ce trait d’esprit sadique, elle ne manque ni de mordant ni de piquant : il s’agit de récupérer un boulet en mer par 15 mètres de fond dans une nasse pleine de barracudas, se l’attacher au mollet, le traîner jusqu’à une fourmilière géante, creuser un mini tunnel à l’aide d’un protège-tibia et ressortir avec son boulet. »

Zlatan est le premier à récupérer son boulet et c’est donc avec Luyindula accroché à sa cheville qu’il remonte à la surface (malheureusement, nous ne pouvons révéler la suite. Malouda sera bien conduit sur l’ilot des Pestiférés).

Les Jaunes constituent deux groupes, l’un s’attaque à la construction de la cabane tandis que l’autre part chercher le bois, l’eau et le riz. EH Diouf et Harry Redknapp, amateurs éclairés de joaillerie fine et clinquante, s’en vont à la quête du collier d’immunité. Mario Balotelli s’occupe du feu. Côté construction cabane, ça se chamaille : René Girard veut une guérite, Di Canio un bunker, Kieron Dyer penche pour un design infirmerie, etc. Dans un accès de rage, Di Canio assomme Dyer avec une noix de coco. Echauffourée.

Chez les Rouges, c’est aussi la zizanie. Gazza, envoyé chercher l’eau, revient bredouille en jurant ne plus se rappeler à quoi ressemble ce liquide.

De son côté, Yann M’Vila, observé de près par Harry Redknapp qui profite de l’occasion pour l’étudier, a fait écrouler la cabane en voulant y ajouter un lounge avec section VIP (Harry - ci-contre - n’est guère emballé par l’international français et veut appeler Antonetti pour en savoir plus. Requête acceptée mais le manager rennais raccroche de suite en entendant parler anglais, non sans avoir balancé quelques jurons dans un sabir anglo-corse mâtiné de breton - notamment un « feuckeu off you bruttu cuglione di capirossu, kenavo penn marc’h »).

Chez les Jaunes, Mario a brillamment réussi le feu, mais emporté par sa fougue et son ADHD - Attention Deficit Hyperactivity Disorder -  il a allumé quelques pétards introduits clandestinement et incendié la partie sud de l’île. Deux Canadairs sont réquisitionnés de Manille.

De leur côté, les Rouges n’arrivent pas à faire ce foutu feu.

Les Rouges ont d’ailleurs perdu le jeu d’immunité et on les retrouve donc au conseil, où Frédéric Thiriez se fait éliminer (ci-dessous). Les commentaires off des naufragés sont accablants pour l’apprenti stratège rouge :

« Il parlait trop beau et promettait trop », confie un compétiteur tandis qu’un autre se lâche :

« Il répétait sans arrêt que c’était une idée lumineuse doublée d’une aventure humaine unique et que la LFP pourrait monter un championnat international des Koh Lanta du foot avec des vedettes et tout et tout et qu’on torcherait les Anglais avec ce produit révolutionnaire. »

Le coup de grâce est asséné par un candidat qui tient à garder l’anonymat :

« J’y croyais pas, il a cherché à faire des alliances et des combines de ouf dès la salle d’embarquement pour l’hélicoptère ! Dans les urinoirs en plus, alors qu’on avait tous les yeux bandés, même pour pisser. D’ailleurs, on s’est tous pissés les uns sur les autres. Même couvert de pisse, il continuait à dire que c’était sensationnel. Il est trop lui. »

2ème jour

On s’organise pour la nourriture. Paolo part à la chasse armé d’un fusil qu’il dit avoir trouvé dans une grotte voisine et identifie jouissivement comme étant un Arisaka Type 38 japonais datant de la deuxième guerre mondiale. Euphorique, il s’enfonce dans l’épaisse jungle en faisant claquer sa pétoire tel un Pancho Villa de fête foraine.

A midi, Denis Brogniart annonce l’épreuve de confort : s’agripper à un tronc le plus longtemps possible façon koala ou, si vous préférez, à la manière d’un défenseur de Stoke City sur un adversaire lors d’une phase coup de pied arrêté. Le jeu démarre.

Kieron Dyer est le premier à tomber. Denis Brogniart le félicite :

« C’est bien Kieron, vous avez lutté et tenu deux minutes. »

Un par un, les candidats craquent. Au bout de 5 heures, il ne reste plus que deux irréductibles : Zlatan et Harry Redknapp.

Etonnament, Harry l’emporte, il zlatane même le Master en signant une performance d’anthologie. Si le Suédois a tenu 5 h 35, Harry a dû être persuadé par l’équipe technique de redescendre du tronc, à la tombée de la nuit.

Zlatan est soufflé par l’exploit d’Harry. Les Jaunes poussent leur cri de guerre :

On est les Jaunes, les Jaunes, les Jaunes,
on écrase, on broie, on bulldoze, on pulvérise,
Jaunes, Jaunes, Jaunes, Jaunes, Jaunes
On vaporise, on extermine, on atomise

D. Brogniart : « Harry, votre perf’ est hors norme, 11 h 48 et à aucun moment vous n’avez semblé souffrir, j’ai même l’impression que vous auriez pu rester toute la nuit sur votre tronc. Ce n’est pas vous faire injure Harry de rappeler votre âge, 65 ans, et dire que vous n’avez plus le physique de vos vingt ans (ci-dessous). Alors, expliquez-nous, qu’est-ce qui vous a donné cette force extraordinaire, cette rage hors du commun ? Aviez-vous une stratégie, un plan de jeu ?

- Un plan de jeu, késaco ? Non, tout est dans le mental Denis, dans le mental.

- Harry vous n’avez cessé de vous encourager vous-même durant cette épreuve, c’est ça la clé de votre réussite sur ce jeu ?

- Oui, c’est sûr que quand on est si loin de ses proches, sans rien, sans repère, on se raccroche à des images fortes, des gens que l’on chérit plus que tout, des souvenirs inoubliables, des sentiments…

[Zlatan ne cesse de hocher et secouer la tête, totalement scotché par l'exploit d'Harry. Plan caméra serré sur Harry qui semble bouleversé]

- Harry, vous n’êtes pas connu pour être un écorché vif mais je vous ai senti très ému par moments et ce malgré la douleur intense…

[Harry l'interrompt, la voix tremblante - façon Philippe le Normand dans l'actuel Koh Lanta]

- Oui, j’ai souffert Denis, je me suis vidé la tête mais cette victoire, je la voulais plus que tout, pour tous ceux qui comptent tant pour moi et m’ont toujours soutenu dans l’adversité et la non adversité, dans l’abnégation et la négation, tout ceux qui ont toujours cru et misé en moi… [Harry s'interrompt, larmes aux yeux. Le plan caméra se resserre].

- Vous êtes un grand pudique Harry. Dites-nous, à qui, à quoi pensiez-vous pour avoir tenu si longtemps ?

- A beaucoup de choses et de gens Denis… [Plan hyper serré sur les yeux d'Harry, on frise l'ophtalmoscopie. L'Anglais fond en larmes mais se reprend]. J’ai surtout pensé à… à… [voix chevrotante, débit saccadé. Puis la gorge s'assèche et les mots coincent. Longue pause]…

Pardon… j’ai pensé à mes avocats, dont Maître Sormoi-Dsemerdié. J’ai pensé à mes putains de contrats passés aussi, surtout celui de Portsmouth en 2005-2008, 4M l’an avec des maousses multi-commissions sur achat-vente de joueurs qui courrent sur X années, même plusieurs générations si on sait y faire, on n’en fait plus des comme ça, 78 joueurs que j’avais fait transiter en trois ans ! Putain, on savait négocier à l’époque…

- Harry, je vous sens tout retourné, votre sentiment à chaud est bouleversant, vous avez aussi dû penser j’imagine à vos proches, à votre f… [Harry le coupe, troublé et rougissant d'émotion]

- Oui Denis bien sûr j’ai pensé à mon Freddy, un grand homme avant d’être un grand agent.. A mon comptable aussi, à mon conseiller en placements, à mon maximisateur en entubage fiscal, à mon banquier monégasque, à mon imprésario relations médias, sans oublier mes amis de Sky qui m’ont toujours soutenu et ont bien aidé mon fiston Jamie, car la famille, y’a rien de plus important Denis. Et bien sûr, à mon ancien président de club, Milan Mandaric, à qui je dois tant. »

Mido (ci-dessous), puis M’Vila sont envoyés en urgence à l’infirmerie VIP. Le médecin les juge trop affaiblis après 30 heures de privations. Ils sont remplacés par Jimmy Bullard.

Le Rennais quitte ses petits camarades un large sourire aux lèvres et en faisant un ostensible V de la victoire - ou était-ce deux doigts à la caméra ? (pour éviter toute ambiguité et un nouvel effritement de sa valeur marchande, la scène sera retoquée à la demande du Stade Rennais, de son agent, de ses conseillers financiers, des partenaires, des sponsors, du Collectif Taxis en colère, etc.). En partant, il déclare :

« Je pensais qu’avec un bon steak et une piqûre aux vitamines, je reprendrais vite du poivre de la bête mais je me sens trop faible. »

Toujours pas de putain de feu chez les Rouges. Et bizaremment, pas d’eau non plus. Patrice Evra, le valeureux leader des Rouges, est hors de lui, il subodore un complot et mentionne le T word [1] qu’il dit avoir appris en 31 langues avant de faire ce Koh-Lanta, de l’estonien au tagalog, en passant par l’espéranto ou le swahili.

Au conseil, Bernard Casoni (ci-dessous) est éliminé, les clans parisien et lyonnais n’ayant pas supporté l’influence mais surtout l’accent du Marseillais.

« Ici t’es un Rouge mais pour moi tu resteras toujours un Bleu ciel et Blanc. Allez, va rejoindre ta race de bon marché, enfin de Peuchères… Ici c’est Paris ! » envoie d’un ton guerrier et moqueur l’un des Rouges en prenant un grotesque accent à la Fernandel (nous ne pouvons nommer ce Rouge, sous peine de poursuites pour « Complicité d’incitation à la haine entre clubs et supporters dans un cadre ludique ». Ce passage ne sera pas diffusé, l’un des sponsors ayant menacé d’attaquer, au grand dam des autres partenaires).

[La caméra se fixe sur un vautour qui gobe un toucan en vol. On entend la foudre s'abattre sur l'île, de gigantesques éclairs déchirent le ciel]

[voix off. Coup de Trafalgar chez les Rouges. Bernard est sorti, victime de la guerre des gangs]

Domenech a-t-il comploté pour faire éliminer Casoni ?

Raymond Domenech a-t-il comploté pour faire éliminer Bernard Casoni ?

3ème jour

Les Jaunes se lèvent et consternation : la moitié du riz a disparu ! Penaud, André-Pierre avoue s’être envoyé sept rations pendant la nuit. Crues. Il se justifie en disant qu’un surpoids est excellent pour la santé, fait médicalement prouvé affirme-t-il en s’énervant (il sort même de son slip un article tiré du Lancet pour prouver ses dires). Début de dispute.

Paolo Di Canio a décampé. Il a laissé un mot :

« Je suis parti en fôret car on m’a dit que des vétérans de la Bataille de la Mer des Philippines se cachaient dans la jungle. Il me faut les retrouver. »

Denis Brogniart ne sait que faire (le réglement est impuissant) et décide de temporiser. En attendant, il annonce le jeu des fardeaux : un parcours du combattant à elimination par étapes, les derniers devant donner leurs sacs à d’autres, en principe les plus forts.

Zlatan se retrouve vite avec 25 kilos à porter. Puis 50 et enfin 88 dans la dernière phase. De peu, il se fait rafler la victoire par Kieron Dyer qui n’a que 3 kilos à porter et court sous infiltrations (et avec l’assistance d’une équipe médicale, chargée de lui soulever les jambes à chaque obstacle). Zlatan l’a mauvaise. D. Brogniart prend sa température :

« Zlatan, depuis le début, je vous sens revanchard et…

[Zlatan le coupe, furieux. Voix off. Le volcan scandinave entre en éruption]

- Denis, j’ai toujours joué sportif, j’ai toujours été droit et voté dans le sens de mon équipe, je ne suis pas un mouton ou un caribou de Laponie moi, j’ai toujours voté en mon âne et confiance, aujourd’hui je paie ma fidélité… Ça va péter mais j’attends la suite avant d’en dire plus. »

[Voix off. Zlatan crie vengeance, ses adversaires n'ont qu'à bien se tenir (clip de Zlatan en séance de Taekwondo étêtant trois pauvres souffre-douleur d'un seul coup de savate). Le vent tourne sur Koh Lanta, et certains pourraient se retrouver dans l'oeil du cyclone]

Toujours pas de putain de sa race de feu chez les Rouges.

(ça avait bien failli mais Paul Merson et Gazza - ci-dessous, dans la cabane - ont pissé par inadvertance sur le stock de bois en rentrant d’une virée en forêt. La production les soupçonne d’avoir introduit quelques breuvages sur le camp).

4ème jour

Jour blanc, aucun tournage. Un incident majeur chez les Rouges a obligé la production à faire relâche. Selon nos informations, l’équipe rouge aurait refusé de continuer l’aventure si on ne leur donnait pas feu et eau.

Devant le niet du duo TF1-Sky (l’état major des deux chaînes fut contacté, ainsi que les sponsors, avocats et agents), le leader des Rouges, Patrice Evra, avec l’aide de quelques indigènes abonnés à Old Trafford, aurait fait grimper tout le monde au…

A suivre.

Kevin Quigagne.

Dans la même série Foot & télé :
C’est pas sorcier (Lars Elstrup)
Faites entrer l’accusé (Omer Riza)
Jean-Claude Delarue (Cédric Anselin)

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[1] traître (en mots étrangers qu’égrène religieusement Pat’ ça donne : traitor / traidor / traditore / proditor / verräter / traidorearen / trădător / petturi / izdajica / išdavikas / zrádce / zdrajca / perfidulo / reetur / áruló / bradwr / svikari / forræder / msaliti / người phản bội / προδότης / בוגד / მოღალატე / предатель / здраднік / خائن / դավաճան / xain / বিশ্বাসঘাতক / 叛徒 / காட்டிக்கொடுப்பவன்)