Archive for octobre 18th, 2012

Des propriétaires blindés du Golfe et d’Asie, des pokéristes patron de club, un ratio salaires/chiffre d’affaires de 90 % (avec pointes à 183 %), des montagnes de dettes, des wagons de stars, une majorité de joueurs étrangers, de la caillera et des Wags en pagaille : bienvenue en Npower Championship (D2), le sous-sol copié-collé de la Premier League. Profitons de la trève internationale pour cuisiner les principaux caïds. Interrogatoire bling bling de bas étage.

Voir intro ici pour lire le reste moins bête.

Deuxième partie aujourd’hui (2/4), les clubs classés 7è et 6è, les ventre-mouistes de notre affaire, les semi-grossistes quoi : Leeds United et Huddersfield Town, ces deux grands voisins du West Yorkshire.

De nouveaux développements ayant fait advancer ce lourd dossier, nos limiers ont pu remonter la piste des vrais leaders. Il a donc fallu ajouter un volet (le # 4), un faisceau d’enseignements et preuves accablantes justifiant un prolongement de garde à vue jusqu’en milieu de semaine prochaine. Le cheminement tortueux de cette longue enquête aux multiples ramifications explique également les quelques méandres et détours. La faute à Ken Bates tout ça, un récidiviste au casier chargé. Cette deuxième partie s’oriente donc davantage vers Leeds que Huddersfield.

[Cliquer sur les photos peut s'avérer utile]

Leeds United, 7è, 18 points (+ 2)

C’est quoi ton surnom ? Les Whites (et les Peacocks - paons - beaucoup plus rare).

Crache le morceau : qui sont tes principaux gangs rivaux des cités voisines ? Man United et Sheffield United (D3).

Et Millwall bien sûr (D2), mais ils habitent loin eux, c’est pas une embrouille territoriale (voir clips). Comme on dit par chez moi « Loin des yeux, loin des coups » mais on tâche quand même de se friter le plus souvent possible avec les Lions londoniens, plus par tradition qu’autre chose. Ça devient plus difficile, les temps changent.

C’est pas qu’on ne pouvait pas les voir viscéralement parlant mais comme tout le monde on s’est mis à les détester dans les Seventies ou plutôt vice-versa, ben, on a suivi le mouvement. Et quand notre tour est arrivé de s’occuper d’eux, après avoir fait la queue, on a fait le sale boulot. Normal, c’était notre tour. Comme dans une tournante de cave quoi. Maintenant, on a plus d’interdits de stade qu’eux (106 v 65), c’est trop d’ la balle.

Ton leader ? Neil Warnock, depuis février 2012 (viré de QPR). La plus grande gueule du Yorkshire est un expert ès remontée : 7 à son actif, avec 6 clubs différents.

7 promotions est d’ailleurs le (co)record du foot pro anglais. Trois autres managers en comptent autant, tous avec 3 clubs : l’ex sélectionneur anglais Graham Taylor, Dave Bassett et Graham Turner. Seul ce dernier est toujours en activité, donc susceptible de dépasser Warnock, même si faire monter le promu Shrewsbury en D2 sera mission quasi impossible.

Pour effacer Warnock des tablettes, Turner devra donc quitter les Shrews, un club surtout célèbre pour son ancien stade : le Gay Meadow, régulièrement élu dans les blases de stade les plus étranges/marrants. L’ancien nom du Comté (toujours largement utilisé commercialement) n’est pas en reste : Salop - rebaptisé Shropshire en 1980. Fermons cette parenthèse Gay & Salop.

Ca s’ bouscule pour t’ chouffer ? Plus trop non : 22 953 cette saison. Affluence similaire à l’an passé et décevante pour une ville de 800 000 habitants qui ne compte qu’un seul club professionnel (one-club city), donc aucune « concurrence » directe. D’où les tarifs billetterie pratiqués, les plus élevés de D2.

Saison 2009-10 (D3) on avait fait 24 775 et 27 299 l’exercice suivant, en D2. Mais seulement 22 569 pour le derby contre Barnsley le 6 octobre. Deux raisons expliquent cette désaffection :

a) les tarifs billetterie, stratosphériques pour la D2 dans le climat économique actuel : l’abonnement le meilleur marché est à 522 £ ! Et les tarifs Jeunes à l’avenant, prohibitifs.

b) plusieurs milliers de supps boycottent Elland Road tant que Ken Bates - propriétaire-président aux penchants dictatoriaux - sera aux commandes.

Les relations supps-Bates sont exécrables depuis quelques saisons, voir article et comments, ici également.

Les rapports avec les journalistes sont aussi très tendus - ceux de la BBC et surtout du Guardian furent interdits d’Elland Road (4 ans pour le Guardian) pour avoir simplement voulu établir à qui appartenait Leeds United [1].

De fait, tout le monde s’y est mis pour pousser Pépé Ken dans les orties, même les Kaiser Chiefs. Qu’on se rassure : le barbon devrait bientôt retourner à son bétail (il fait dans l’élevage, entre autres hobbies).

T’as qui comme people chouffeurs ? Un tas. Y’a plus de people qui nous chouffent que de name-dropping dans une interview de Jacques Séguéla, c’est pour dire. Mate-moi cette liste si tu m’crois pas.

Outre les Kaiser Chiefs, ci-dessous (le nom du club sud-africain où débuta le Chief, Lucas Radebe, voir plus bas), parmi les méga-célèbrités inconnues en France, figure le présentateur-journaliste Jeremy Paxman, 62 ans.

Une méga-star TV ce Paxman. Son style pitbull avec la caillera politicarde est légendaire et il devint internationalement célèbre (dans le monde anglophone) en mai 1997 en posant la même question au leader des Conservateurs… 12 fois de suite ! Voir ce clip mythique (dommage que Paxman n’ait jamais interrogé Ken Bates… Pour la petite histoire, Howard esquiva la question de « Paxo », douze dérobades d’affilée donc, record à battre).

Depuis, les médias français s’imaginent naïvement que tous les journalistes TV britanniques sont comme Paxman… (il s’en faut, Paxo est un spécimen rarissime). Précisons que Paxo ne courait pas non plus un danger démesuré, Blair et son rouleur-compresseur New Labour venant d’arriver au pouvoir en écrasant tout : 418 sièges de députés NL contre 165 pour les Tories (et Michael Howard était fini politiquement, au plus haut niveau. Cet entretien avec Boris Johnson n’est pas piquée des cockchafers non plus, dans un autre registre, celui du bizarre, surtout après 9′40).

Tu crèches où ? Elland Road, vénérable antre de 38 000 places, et ce depuis la création du club en 1919.

Enfin, Elland Road n’est même plus à nous… Dans le nébuleux tourbillon d’emmerdements et avatars en tout genre qui plombent le club depuis une bonne décennie, notre stade a été vendu à un trust offshore ! Et on a aussi perdu notre centre d’entraînement et Academy (en 2004) : on est désormais locataire et on doit verser 500 000 £ par an au Leeds City Council.

Tu t’ la pètes après 10 journées ? Ouais, pas mal, le feelgood factor est revenu après un été angoissant. On craignait surtout que les pertes successives de joueurs clés (dont Snodgrass cet été et Jonny Howson au mercato d’hiver) nous handicapent mais que nenni. Notre XI type pratique un jeu bien léché en général. Le gros hic c’est que notre défense fait relâche cette saison : 16 buts encaissés.

Enfin, Bates est sur le départ, c’est bien l’essentiel.

T’as du caïd ? Bien sûr :

- l’athlétique et prolifique Argentin Luciano Becchio, 8 buts en 10 matchs, deuxième buteur de D2 derrière Charlie Austin de Burnley, 12 buts (Becchio, c’est 76 buts en 202 matchs pour Leeds depuis 2008)

- l’international écossais Ross McCormack, 26 ans

- le latéral Lee Peltier, 25 ans, notre nouveau capitaine

- le milieu-taulier Michael Brown, ex Tottenham, Fulham, etc. Il ne joue plus des masses (presque 36 ans) mais quand il joue, il est souvent performant : encore monstrueux contre Barnsley lors de la dernière journée

- le gardien irlandais Paddy Kenny, 34 ans, ex Sheffield United et QPR

- le défenseur australien Patrick Kisnorbo, 31 ans (qui revient de blessures sérieuses)

Et on finit avec le cador Number 1 : El Hadji Diouf. Le « type pire qu’un rat d’égout » est excellent depuis son arrivée. C’est l’étiquette que lui avait collé… Neil Warnock en janvier 2011, voir clip et notre compte-rendu de l’incident à l’époque (en bas d’article). Mais comme le Sénégalais était libre et partant pour une pige jusqu’à Noël, et que l’heure est à l’austérité à Leeds, les deux hommes se sont réconciliés. C’est pas Leeds must mais Needs must (when the devil drives) comme dit l’adage anglais : nécessité fait loi.

Ton meilleur caïd étranger ever ? Lucas Radebe (1994-2005). On ne présente plus The Chief. L’arrière-central sudaf affiche 262 matchs Whites et un statut de Dieu vivant à Leeds.

Et ta plus grosse pipe étrangère ? Tomas Brolin (1995-97). Idem, on ne présente plus le Suédois mais ça fait toujours plaisir de se l’ remettre en bouche.

T’as un blase comique à nous r’filer qu’on pouffe ? Aucun. Ken Bates ne tolèrerait jamais ce genre de fantaisie.

C’est quoi la cote érectionnelle de l’effectif sur le God Shave the Queen ? DSKienne, 4/3, 70 % d’Anglais.

Un Frenchie dans l’tas ? Nope. Notre dernier vrai bon spécimen frenchie doit remonter à Olivier Dacourt (2000-2003).

Bon, y’a bien eu Didier Domi aussi mais brièvement (en 2003-04) et en prêt seulement. Lui, il est surtout célèbre en Angleterre pour s’être pété une cote… dans un avion ! Nous, on a rien de spécial contre lui, c’est surtout Newcastle United qui l’a eu mauvaise. 6M € pour recruter une côte cassée, ça leur a fait drôle aux Magpies.

T’es blindé ? Non, fauché. Et là, ami(e) lecteur/trice, il nous faut ouvrir une parenthèse chiffrée, car depuis quelques saisons le chiffre est au cœur de l’énigme Leeds. Ce club, censé afficher des ambitions de montée, est (re)devenu très mal géré. Saison 2010-11, le ratio masse salariale/chiffre d’affaires était de… 35 % (tableau ci-dessous). Du jamais vu en Angleterre où quasiment tous les clubs sont à 60 % minimum, sauf circonstances particulières (le ratio salaires/CA de Leeds est monté à 51 % l’an passé. Ce lien - de l’excellent blog The Scratching Shed - répond partiellement à la question brûlante : mais bon dieu, que fait Leeds United de son argent ?

Cette saison-là, les promus (QPR, Swansea et Norwich) affichaient respectivement des ratios salaires/CA de 183 %, 143 % et 61 %. Des chiffres en adéquation avec la réalité de la D2 : pour espérer monter en PL, le ratio doit dépasser 60 %. Une loi d’airain encore vérifiée la saison dernière, les trois heureux élus (Reading, Southampton et West Ham) étaient tous à plus de 90 %.

Faut dire que Ken Bates (proprio depuis janvier 2005, actionnaire à 75 %), outre son côté « excentrique » mal vissé, est un grand nécessiteux du foot : il n’aurait que 20M en poche (grâce à Abramovitch : Bates empocha 18M de plus-value à la vente de Chelsea en 2003 - qu’il paya 1 £ en 1982). Bates est un fermier (il fait dans l’élevage, entre autres) et a adopté au fil du temps la mentalité rustique et « prudente » des gens de la terre, surtout ceux du Yorkshire. En clair, il est radin comme pas deux. Et il vit à Monaco la moitié de l’année, donc la gestion borderline, ça le connaît.

En 1985, l’éleveur-businessman Ken Bates voulut installer un grillage électrifié autour de la pelouse de Stamford Bridge, histoire d’électro-déculotter quelques hooligans. Ou peut-être voulait-il tout simplement écouler un excédent de clôture électrique agricole.

Toutefois, espoir : l’ex big Boss de Chelsea a presque trouvé un repreneur (des banquiers du Golfe, Gulf Finance House) et devrait donc retrouver son bétail sous peu (fingers crossed). Toute une ville est impatiente de voir se conclure fissa cette saga-vente débutée en juin dernier (ici) et surtout, avec les adieux de Bates. Ken Bates, c’est un peu le Millwall des propriétaires : personne ne l’aime mais il s’en fout.

Rappelez-vous, Bates est celui qui, en 1985 et alors proprio-président de Chelsea, installa un grillage électrifié autour de la pelouse de Stamford Bridge histoire d’électro-déculotter les hooligans (le même matos que pour ses autres bovins).

Hélas, le Greater London Council lui interdit d’activer son grille-hool géant et peu après, Bates le fit démonter.

Quel dommage, comme il aurait été rafraîchissant de voir du hool frire en direct. Cela aurait également eu le mérite linguistique de revitaliser et recycler intelligemment un tas d’expressions-clichés, telles que « Wow, l’ambiance est super électrique aujourd’hui », « X a de l’énergie à revendre » ou « quel jus il a ! » ou encore « Son arrivée a créé un électrochoc ».

Alors qu’il était membre de la FA (!), Bates fit aussi campagne pour transformer Wembley en mini Las Vegas. Et alors que le projet New Wembley stagnait à la fin des Nineties, il déclara au sujet de la Ministre des Sports (K. Hoey) : « Le meilleur moyen de faire avancer Wembley est d’abattre Kate Hoey. »

Toutefois, deux semaines après avoir signé un deal, le dossier de la reprise du club s’est enlisé. Le candidat repreneur GFH, loin d’être ce super blindé du Golfe que la presse nous présentait, serait en fait un indigent, un vrai : GFH n’a dégagé que 236 000 £ de bénéfices en 2011 et il ne leur resterait plus que 4M £ en caisse (avec des dettes colossales).

Ami(e) lecteur/trice, si tu comptes investir, ne mets pas tes billes dans l’action GFH : elle a plongé de 9 £ en 2008 à 10 pence aujourd’hui. Sachant que Bates valorise son club à 50M, ça risque fort de coincer… Mille milliards de hool électro-déculotté, y’avait que Ken Bates pour dégoter les seuls gueux du Golfe Persique.

Tout aussi étrange mais très dans l’esprit de cette série TK sur la D2 : l’un des dirigeants de GFH, David Haigh, a comparé Leeds United à « a young Pamela Anderson, in great shape, with superb assets and a great future ahead of her. »

De Lee Bowyer à Pamela Anderson en à peine dix ans, que l’image de ce club a changé !

Leeds United, avant.

Leeds United, aujourd'hui.

Espérons fort que tout cela ne se transforme pas en minable mirage kachkarien et que Leeds retrouve enfin des investisseurs sérieux après quinze ans de marasme financier et sportif (hormis bien sûr l’ère glorieuse 1997-2002, mais bâtie sur du sable).

Leeds est le sleeping giant numéro 1 du football anglais (avec Nottingham Forest) et il serait désolant que ce grand club ne trouve pas vite un repreneur digne de son standing.

Tu payes bien ? Bah, ce n’est plus l’esprit d’antan débordant de générosité, quand Peter Ridsdale était à la barre [2], mais notre wage bill est tout de même de 17M.

Huddersfield Town, 6è, 17 pts (+ 4)

C’est quoi ton surnom ? Les Terriers.

Crache le morceau : qui sont tes principaux gangs rivaux des cités voisines ? Leeds United, Bradford City et Sheffield Wednesday (à noter que Bradford, englué en D4 depuis des années - après avoir brièvement tâté de la PL - a progressivement perdu la deuxième place de rival au profit de Leeds. Les rivalités entre clubs sont très aspirational, si un rival historique passe trop de temps dans les divisions pouilleuses, on ne fait pas de sentiment : on lui trouve un remplaçant).

Ton leader ? Simon Grayson, depuis février 2012 (limogé de Leeds).

Ça s’ bouscule pour t’ chouffer ? Pas des masses mais ça chouffe ça chouffe : 14 913 (l’an dernier en D3 : 14 146).

T’as qui comme people chouffeurs ? Euh… Personne n’a encore fait son coming out.

Ah si, Zoe Lucker, une actrice de soap de 38 ans native d’Huddersfield et relativement connue (surtout si on passe son temps à chouffer du soap et Footballers’ Wives). Son wiki nous dit même qu’elle est diplômée de la Oscars Academy of Performing arts d’HollywoodHuddersfield.

Faut dire que c’était ça ou Bradford City pour Zoe. Et quand elle chouffa les prestations de Bruno Rodriguez à Bradford, elle se décida vite. Arrivé pour six mois et 500 000 £ (avec option d’achat de 3M), son prêt fut stoppé net au bout de six semaines. Le président de Bradford, Geoff Richmond, avait pourtant décrit Rodriguez aux supporters comme « l’un des trois ou quatre meilleurs attaquants français »

(depuis, la mondialisation étant passée par là, Francis Lalanne a atomisé Richmond à ce petit jeu, cf son commentaire collector sur A. Le Tallec. Pis bon, tout comme la route, l’omniprésent ridicule tue beaucoup moins qu’avant, on est vite blasé et beaucoup d’âneries passent inaperçues. Ce genre d’avancée sociétalo-médiatique aide grandement à sans cesse repousser les limites de l’absurdité).

Tu crèches où ? Au John Smith’s Stadium, une belle demeure de 24 500 places (voir plus bas). On cohabite avec les rugbymen à XIII d’Huddersfield Giants.

Tu t’ la pètes après 10 journées ? Bah, ouais, on roule un peu des mécaniques, normal, pour un promu « Hudds » démarre fort (absence en D2 de 11 ans). On a vendu ce colosse de (Jordan) Rhodes à Blackburn pour 8M £, mais sans incidence pour notre rendement. Enfin, pour l’instant.

T’as du caïd ? Ouais, ouais :

- James Vaughan, avant-centre très rapide de 24 ans, ex Everton et Norwich, excellent cette saison (de sérieuses blessures ont freiné sa progression)

- Keith Southern, milieu de 31 ans, ex Blackpool (353 matchs pour les Seasiders)

- Sean Scannell, 22 ans, ex Espoir Irlandais, prometteur ailier droit/attaquant, révélé à Crystal Palace

- Adam Hammill, 24 ans, ailier virevoltant, prêté par Wolves

- Jermaine Beckford, 28 ans, attaquant, ex Leeds et Everton, prêté par Leicester

Et on a un blase qui en jette à mort : Anthony Gerrard, cousin de.

Ton meilleur caïd étranger ever ? Dean Gorré (1999-2001). Ce milieu surinamien acheté à l’Ajax sous Steve Bruce parvint presque à hisser les Terriers dans les play-offs pour la montée en PL.

Et ta plus grosse pipe étrangère ? Kwami Hodouto (1999-2000). Une sorte d’Ali Dia du foot pro. Auxerre attendait beaucoup de ce défenseur togolais en le recrutant à l’AS Cannes à l’âge de 22 ans. Tout comme Steve Bruce deux ans après en le faisant venir à Huddersfield, alors en D2.

Deux matchs et autant de prestations calamiteuses plus tard, il disputa son tout dernier (bout de) match professionnel avec Hudds. Son tout dernier match pro tout court d’ailleurs car il raccrocha les crampons dans la foulée. A 25 ans. Une carrière pas trop nerveuse, digne des PTT (Petits Togolais Tranquilles) : 19 matchs pro en 4 ans.

T’as un blase comique à nous r’filer qu’on pouffe ? Aucun, désolé. Enfin si : notre stade. Il fait surtout pouffer les alcolos : le John Smith’s Stadium, du nom de la fameuse bière anglaise. C’est toujours plus sympa que l’ancien nom : le Galpharm (compagnie pharmaceutique). Remarque, les deux font la paire. A consommer avec modération, surtout les médocs.

La cote érectionnelle de ton effectif sur le God Shave the Queen ? Viagraesque, ferait exploser l’érectomètre, quasiment que des Engliches.

Un Frenchie dans l’ tas ? Nope, même pas l’ombre d’un francophone ou exilé des championnats français. Que des Britanniques et Irlandais, on fait ça à l’ancienne ici.

Dean Hoyle et sa femme Janet

Dean Hoyle et sa femme Janet

T’es blindé ? Ben, pas mal ouais. Depuis 2009, notre maître est Dean Hoyle, un jeune propriétaire au destin hors norme.

Hoyle, c’est avant tout une improbable et phénoménale success story. Dans les Nineties, ce quadra faisait les car boot sales du Yorkshire (sorte de vide-greniers) pour y refourguer ses cartes fantaisie au cul de son break déglingué. Les cartes, créées par sa femme, plurent tellement qu’il acheta une boutique à Wakefield en 1997 (près de Leeds). Puis deux. Puis dix. Puis 480. En 2010, il revendit la chaîne, Card Factory. Pour 350M £.

Hoyle pèse aujourd’hui 150M £. Et dire que les « spécialistes » ont passé les Noughties à nous bassiner que la carte n’avait plus d’avenir because l’écologie et Internet. Ils ont encore eu le nez creux nos experts !

Tu payes bien ? Aucune idée pour cette saison mais l’an dernier en D3, on avait la plus grosse (masse salariale), nanananère. Enfin, la troisième plus grosse, derrière Sheffield United et Sheffield Wednesday, autour de 8M.

Kevin Quigagne.

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[1] De manière incroyable, jusqu’en 2010 et le renforcement de la législation Football League sur l’ownership des 72 clubs de FL (voté dans un souci de transparence et également pour lutter contre la fraude en tout genre - surtout en cas de redressement judiciaire -, l’affaire Portsmouth ayant, enfin, poussé la FL à l’action), rien n’obligeait les clubs à divulguer aux instances le nom des actionnaires, qu’ils soient minoritaires ou majoritaires (mais quasiment tous le firent… sauf Leeds United qui, via Ken Bates, cultive la culture du secret - c’est pas pour rien qu’il est résident monégasque).

Si l’on savait que Ken Bates était le président du club, le nom du propriétaire n’était pas officiellement connu (même si on se doutait qu’il s’agissait de Bates).

Au bout d’un an (!) de pression de la Football League et de la Premier League (qui les menaça de leur barrer la montée) pour que Leeds se conforme à la législation, le club révéla enfin que Ken Bates détenait 73 % des actions et que cinq autres actionnaires se partageaient le reste, tous domiciliés dans des paradis fiscaux. Lire ce lien BBC sur la nébuleuse Leeds et les pratiques de Ken Bates, ainsi que le riche fil du Guardian sur le club, qui contient des dizaines d’articles rien que sur l’ownership de Leeds et l’univers étrange de Ken Bates.

[2] Cf la célèbre et incroyable-mais-vraie anecdote sur Seth Johnson, racontée ici en milieu d’article.