Archive for août, 2012

C’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré le 18 août, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre intelligemment dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur ce début de saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, on torche l’alphabet :

West Bromwich Albion, West Ham et Wigan Athletic.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

West Bromwich Albion

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (10è, 47 points, - 7) Fort bien, meilleur classement du club depuis 31 ans (et la superbe 4è place de 1981, sandwiché entre Arsenal et Liverpool - l’Albion conquérant de l’ère Ron Atkinson, avec Tony Brown - 279 buts WBA -, Bryan Robson, Remi Moses et le trio Laurie Cunningham-Cyrille Regis-Brendon Batson, « The Three Degrees » comme les surnomma Atkinson, du nom de ce groupe Motown de chanteuses black de l’époque. Première fois qu’un club anglais alignait trois joueurs noirs dans son équipe première - ironique qu’Atkinson ait été précurseur en la matière. Bryan Robson suivit Atkinson à Man United en 1981 et auparavant, Cunningham était parti chercher gloire et fortune ailleurs à partir de 1979 - Real Madrid, Marseille, etc. - avant de disparaître tragiquement dans un accident de la route près de Madrid en 1989. Une statue sera érigée localement en leur honneur le 15 juillet 2014, pour les 25 ans de l’anniversaire du décès de l’ex ailier virevoltant. A noter que cette statue sera placée dans le centre de West Bromwich - et non devant le stade des Hawthorns - puisque le projet est financé par le Conseil Municipal, le club n’ayant pas participé à son financement, dommage. S’il y a un secteur en plein boum en Angleterre, c’est bien la fabrication de statues de footballeurs, il en pousse partout depuis une bonne dizaine d’années !).

Cunningham, Batson et Regis avec les Three Degrees, de passage à WBA

L. Cunningham, B. Batson et C. Regis avec les Three Degrees de passage à WBA

Les supporters regrettaient le départ de Roy Hodgson en fin de saison pour les Trois Lions mais son successeur, le novice Steve Clarke, a superbement repris la boutique.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Positives, comme chez tous ceux qui ont bien démarré ! (3-0 contre Liverpool et 1-1 à White Hart Lane). WBA entame sa troisième saison d’affilée en PL et cette stabilité nouvelle augure d’un avenir prometteur pour les Baggies, surnommés The yo-yo club (sept montées ou descentes entre PL et D2 de 2002 à 2010).

Non seulement WBA a réussi à garder tous ses bijoux de famille (Odemwingie, Brunt, Long, Morrison, Olsson, Mulumbu, etc.) mais a ajouté au grisant mix le coriace milieu défensif argentin Claudio Yacob (très efficace contre Spurs), l’expérimenté Suédois Markus Rosenberg (Hambourg) et le surpuissant Belge Romelu Lukaku - photo de gauche -, le « new Didier Drogba » a été prêté par Chelsea pour un an (acheté 18M en janvier 2011 mais rarement aligné par AVB). Le retour de Zoltan Gera, blessé toute la saison dernière (genou), est aussi un gros plus.

WBA est toujours aussi excellemment géré, l’un des seuls clubs professionnels anglais à dégager des bénéfices (9M saison 2010-2011, derniers chiffres disponibles - pour seulement 2M de dettes). Revers de la médaille, certains supporters se plaignent de cette approche « frileuse » et voudraient voir le club lâcher les chevaux.

Les Baggies ne font pas de bruit mais savent recruter malin ! Un recrutement dû en partie au Directeur sportif et technique du club, Dan Ashworth (pour une fois qu’on dit du bien d’eux, autant le citer). Malheureusement pour le club, la FA l’a repéré et devrait bientôt l’installer au poste de Directeur technique national.

Qui est arrivé cette saison ? Ben Foster (Birmingham, 4M), Yassine El Ghanassy (Ghent, prêt), Romelu Lukaku (Chelsea, prêt), Markus Rosenberg (Werder Brême, gratuit), Claudio Yacob (RC Avellaneda, gratuit)

Qui s’est éclipsé ? Keith Andrews (Bolton, gratuit), Simon Cox (Nottingham Forest, 2M), Joe Mattock (Sheffield Wednesday, gratuit), Marton Fulop (Asteras Tripolis, gratuit), Nicky Shorey (Reading, gratuit), Paul Scharner et Somen Tchoyi (libérés).

Photos & profils effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, George Thorne, très coté, un milieu offensif athlétique de 19 ans. Trois apparitions en équipe première l’an dernier, 20 capes avec les U19 anglais. Scharner et Andrews partis, on devrait le voir plus souvent cette saison.

Si WBA était un sport olympique, ça serait quoi ? Le trampoline, évidemment (club yoyo)

… un sélectionné/objet olympique ? Un ressort. Objet qui va bien avec leur autre surnom (ils en ont beaucoup), les Boing Boing Baggies. Pour tout savoir sur ces idiosyncrasies WBA, c’est ici.

C’est qui le big boss au fait ? Jeremy Peace, 55 ans, détient 60 % des actions depuis dix ans (plusieurs petits actionnaires se partagent le reste). Cet ancien trader de la City est aussi président. Expert dans l’art de l’achat-vente de joueurs, il gère intelligemment le club (voir notre profil). Ses quelques détracteurs soulignent sa pingrerie et son manque d’ouverture (a l’habitude de conduire les assemblées générales du club… à Londres).

Et le manager ? Steve Clarke, un Ecossais de plus entraîneur PL ! Et une nomination surprise après le départ de Roy Hodgson pour les Trois Lions. Clarke était numéro 9 sur la shortlist de juin (Ranieri, Hughton, Rangnick, etc.) mais décrocha tout de même le poste. Prône un football offensif et s’est donné comme bel objectif d’atteindre les 50 points. Enfin un entraîneur qui annonce la couleur d’entrée de jeu !  Les supporters Baggies qui s’inquiétaient de l’inexpérience totale de Clarke à ce niveau ont vite été rassurés.

Il n’y avait pas lieu en fait de se tracasser car cet ancien défenseur de Chelsea n’est pas le perdreau de l’année : il a été pendant 14 ans successivement adjoint et entraîneur des réserves de Newcastle, Chelsea, West Ham et Liverpool où il épaula Kenny Dalglish pendant 18 mois. Essaiera de remédier au problème numéro 1 l’an dernier : le déficit de buts à domicile (23 seulement).

Clarke cultive un franc-parler rafraîchissant. A un journaliste qui lui demandait, avant le Tottenham-WBA du week-end dernier, s’il pensait que André Villas-Boas avait été malchanceux de se faire limoger par Chelsea (le sentiment prédominant en Angleterre), il répondit par la négative…

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 2 000/1. Relégation : 4/1

West Ham United

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? 3è de D2, montée en PL via la finale des play-offs (victoire 2-1 sur Blackpool).

Sam Allardyce (« Big Sam ») et son style de prédilection Route One n’ont pas fait l’unanimité, surtout à Upton Park où ce fut laborieux (très critiqué). Ce chant évoquant douloureusement un lointain passé et une tradition révolue descendit parfois des travées frondeuses :

We play on the floor,
We play on the floor,
We’re West Ham United
We play on the floor

Non, non, les gars, c’est fini ça, avec Big Sam c’est dans les airs que ça se passe.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Relativement positives, puisque le club a retrouvé la terre promise et des propriétaires ambitieux (même si la leçon de football reçue à Swansea sonna comme un sacré reality check, voir épisode précédent).

Le déménagement au stade Olympique devrait propulser le club dans une dimension nouvelle (même si les supporters sont très partagés là-dessus). Une saga interminable et fortement judiciarisée qui débuta en octobre 2010 et  s’achèvera dans un bon mois. Avec, enfin, la nomination du futur occupant des lieux, très probablement West Ham comme prévu à l’origine en 2010, puisque les Hammers étaient seuls sur le coup à un mois de la clôture des dossiers… Avant que Tottenham ne surgisse de derrière les fagots à la dernière minute après s’être brouillé avec leur conseil d’arrondissement sur la contruction de leur nouveau stade. Suivi à la culotte par Leyton Orient en casaque rouge et blanche et les rugbymen du London Wasps ainsi que d’une cohorte de projets divers et variés plus ou moins farfelus ou avides de publicité, c’est selon (jusqu’à vingt prétendants au stade olympique courant 2011 !).

Les dossiers des quatre postulants retenus sont entre les mains du nouvellement créé London Legacy Development Corporation chargé de gérer l’après J.O. Il s’agit de :

1)   West Ham United (grandissime favori)

2)   Leyton Orient, D3 (club historique fort intéressant situé à 700 mètres du parc olympique, voir dossier TK)

3)   Un établissement d’enseignement supérieur spécialisé dans le football et les médias, la University College of Football Business

4)   Un projet de… circuit de Formule 1 ! Bernie Ecclestone s’est dit intéressé, le circuit serait construit autour et à l’intérieur du stade… Bernie voit même bien plus grand : il veut créer une course de F1 qui passerait par Buckingham Palace, Big Ben et Trafalgar Square.

2,6 milliards que ça devait coûter... Tony les a tous blousés

2,36 milliards que ça devait coûter... Tony les a tous blousés. Et avec le sourire of course

Une chose est certaine : la piste d’athlétisme restera et l’heureux élu devra composer avec. West Ham l’emportera sûrement et espère y démarrer la saison 2014-15. Le club prévoit l’aménagement de rangées de sieges rétractables qui couvriraient la piste les jours de match. Le stade aura une capacité de 60 000 places.

Contrairement aux cahiers des charges de 2011, le stade restera propriété publique et le locataire paiera un loyer annuel. C’est la moindre des choses, le stade a coûté 490M. Quand Tony Blair présenta le devis des J.O au comité olympique en 2004, la facture était de 2,36 milliards de £. Elle s’élèvera finalement à 11 milliards (dont 80 % de fonds publics). Certaines sources parlent même d’une ardoise globale dépassant les 20 milliards dans quelques années ; projection réaliste étant donné la voracité des gouvernements successifs depuis les Nineties pour les montages Public-private partnership (PPP), de véritables bombes à retardement qui plombent actuellement, entre autres, les budgets de l’éducation nationale anglaise et du National Health Service, ce NHS si cher aux Britanniques et mis à l’honneur lors de la cérémonie d’ouverture.

Côté recrutement, les supps Hammers sont relativement satisfaits, tout en regrettant le départ de Robert Green, plutôt bon ces deux dernières saisons (ça fait tout drôle d’écrire ça). On pense cependant que Jussi Jääskeläinen devrait faire l’affaire, même s’il n’est plus tout jeune (37 ans). Mais au vu du match contre Swansea, on est plus trop sûr à vrai dire (grosse boulette).

Qui est arrivé cette saison ? James Collins (Villa, 2,5M), Mohamed Diamé (Wigan, gratuit), Alou Diarra (Marseille, 2M), Stephen Henderson (Portsmouth, montant non communiqué mais environ 750 000), Jussi Jaaskelainen (Bolton, gratuit), Matt Jarvis (Wolves, 10,75M), George McCartney (Sunderland, gratuit), Modibo Maïga (Sochaux, 5M), Raphael Spiegel (Grasshopper Zurich, montant non communiqué)

Qui s’est éclipsé ? Beaucoup de gratuits : Pablo Barrera (Cruz Azul), Julien Faubert (Real Madrid Elazigspor), Abdoulaye Faye (Hull), Robert Green (QPR), Frank Nouble (Wolves), Freddie Sears (Colchester), Marek Stech (Yeovil).

Et une petite bonne douzaine de libérés, dont John Carew et Papa Bouba Diop. Sans oublier Sam Baldock (Bristol City, 1M) et Ravel Morrison (Birmingham, prêt)

Photos & profils effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, un surtout : Jordan Spence, athlétique latéral droit de 22 ans, international U21 anglais. Formé au club, il pourrait profiter de la relative faiblesse des Hammers à ce poste pour se montrer (l’international Ivoirien Guy Demel et Joey O’Brien, souvent blessé, sont actuellement devant Spence). Prêté en en D2 et D3 ces dernières saisons. Il se dit toutefois que Sam Allardyce ne lancera pas de jeunes dans le grand bain de la PL et ça sera soit un club de Football League pour Spence soit des matchs de coupe.

Les supps Hammers vouent également une affection particulière au classieux et athlétique défenseur polyvalent/milieu défensif James Tomkins, ex U21 anglais (son poste de prédilection demeure toutefois défenseur central). Certes ni tout jeune ni méconnu (24 ans et expérimenté) mais au club depuis l’âge de 7 ans et très apprécié. Cette saison pourrait le voir véritablement éclater au plus haut niveau dans un West Ham new look et, espérons-le pour eux, plus successful que ces dernières saisons (on peut cependant en douter).

Si West Ham était un sport olympique, ça serait quoi ? Tout ce qui se balance haut, loin et fort : disque, javelot, poids, marteau.

... un sélectionné/objet olympique ? Un préservatif (voir ci-dessous). 150 000 furent distribués aux athlètes des J.O londoniens (on ignore le chiffre pour les Paralympiques).

C’est qui le big boss au fait ? Le duo de chauds lapins David Sullivan (63 ans) et David Gold (75 ans), depuis janvier 2010. Ces ex propriétaires de Birmingham City ont fait fortune dans les médias, l’immobilier, le porno et la lingerie coquine (Ann Summers, la florissante chaîne qui a décoincé les Britanniques, est dirigée par la fille Gold, la très médiatique Jacqueline Gold). Les deux David détiennent 61 % des actions (la banque islandaise Straumur, 35 %) et pèsent 650M à eux deux. Y’a pas à dire, le vibro, ça rapporte.

Et le manager ? Sam Allardyce, adepte du jeu direct et physique (avec comme notable exception le Bolton cru 2002-2007, avec les passages de Jay-Jay Okocha, Gary Speed et Y. Djorkaeff entre autres).

Partit ensuite à Newcastle où, à peine 24 h après son arrivée mi mai 2007, il virait cinq joueurs (dont Titus Bramble, qu’il trouva trop enrobé). Huit mois plus tard, à son tour de prendre la porte. Puis Blackburn, d’où il fut injustement limogé en décembre 2010 alors que le club était 13è avec un effectif limité (15è au final).

A bien rebondi chez les Hammers et vu la poulaillerie totale régnant à Blackburn (D2) depuis la reprise du club par la famille indienne Rao en novembre 2010 (poulets Venky’s), Big Sam doit s’estimer heureux de ne plus être le pigeon de cette foire à la volaille (voir clip de la BBC sur le poulet envahisseur lâché par des supporters mécontents). Comptera sur sa grande expérience des relegation scraps pour maintenir les Hammers parmi l’élite (ainsi que sur les moyens des proprios au mercato d’hiver si besoin est).

Big Sam n’aura cependant peut-être pas le temps de démontrer sa science du maintien : la rumeur court depuis hier soir que West Ham pourrait faire venir Harry Redknapp si les résultats ne s’amélioraient pas fissa (on parle aussi de Harry à QPR pour les mêmes raisons - West Ham avait déjà envisagé le remplacement d’Allardyce par Harry fin juin ; ce dernier avait managé les Hammers de 1994 à 2001, avec 4 finish dans le Top 10 PL).

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 3 000/1. Relégation : 3/1

Wigan Athletic

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (15è, 43 points, - 20). Purgesquement jusqu’en mars (lanterne écarlate), puis fin de saison en exocet.

Les deux premiers tiers furent abominables : 14 défaites sur 23 matchs, dont 8 d’affilée de la 4è à la 11è journée ! Mais que l’emballage final fut somptueux : 7 victoires sur 9 matchs. Dont, excusez du peu : Liverpool à Anfield ; Man United à domicile ; Arsenal à l’Emirates et la plus belle de toutes… Newcastle à domicile, 4-0 ! Une claque monumentale (NUFC restait sur 6 victoires, 1 seul but encaissé) infligée le 29 avril et qui plomba sérieusement les chances Magpies de jouer les places Ligue des Champions.

Ça lui apprendra à Alan Pardew de critiquer les Latics trois jours avant le match ! Il avait réclamé de manière très condescendante le double des 4 500 billets réservés à NUFC : « J’espère que Wigan nous donnera plus de billets pour qu’on remplisse le stade.  Cet argent leur ferait le plus bien. » - la règle étant que le club hôte s’engage à allouer au minimum 6 % de la capacité du stade aux supps visiteurs. Avec cette claque 4-0, « Pardiola » a eu sa réponse. Et Newcastle le lot de consolation Ligue Europe.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Relativement positives. On est bien sûr ravi que le manager Roberto Martinez soit resté (après avoir décliné les avances d’Aston Villa et surtout Liverpool) et on se dit que cette septième saison de Premier League d’affilée, même sans Moses, Diamé et Rodallega, pourrait relativement bien se passer, à savoir un finish dans le Top 15.

L’arrivée de l’international Ivoirien Arouna Koné a redonné espoir à Wigan. Les buts devraient aussi venir du meilleur buteur Latic l’an dernier, l’Argentin Franco di Santo (7 buts/32 matchs, en net progrès) et, espérons-le, de Mauro Boselli, acheté 6M à Estudiantes en 2010 mais surtout prêté depuis son arrivée.

On ne le Koné pas encore en Angleterre mais ça ne saurait tarder

On ne le Koné pas encore en Angleterre mais ça ne saurait tarder

Qui est arrivé cette saison ? Fraser Fyvie (Aberdeen, 450 000), Arouna Kone (Levante, 4M), Ryo Miyaichi (Arsenal, prêt), Ivan Ramis (Real Mallorca, 4,5M).

Qui s’est éclipsé ? 3 gratuits : Mohamed Diamé (West Ham), Chris Kirkland (Sheffield Wednesday) et Hugo Rodallega (Fulham). Un très cher : Victor Moses (Chelsea, 9M). Et trois libérés : Steve Gohouri, Jordan Robinson et Hendry Thomas.

Photos & profils effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, deux en particulier (hormis James McCarthy) :

1)   L’attaquant Callum McManaman, il a brillé l’an dernier à Blackpool (prêt)

2)   Fraser Fyvie. Ecossais de 19 ans ½, milieu box to box, le futur Paul Scholes paraît-il…

Si Wigan était un sport olympique, ça serait quoi ? Le ball-trap (skeet). Euh, pas franchement indispensable.

… un sélectionné olympique ? Les trois apatrides. Super sympas, frais et bondissants lors de la cérémonie d’ouverture mais soyons francs, qui a cherché à connaître leurs résultats une fois la compét’ commencée ?

C’est qui le big boss au fait ? Dave Whelan (& family), via Whelco Holdings. Whelan, 75 ans, est un ancien défenseur professionnel de haut niveau (D1 à D4) et un homme d’affaires local qui a réussi dans le secteur des magasins de sport (JJB Sports). Fortune estimée à 140M. Mais son gros coup sportif fut Wigan Athletic. En février 1995, Whelan rachète ce minot, qui végète alors en D4 dans l’un des stades les plus déglingués d’Angleterre (Springfield Park), sinon d’Europe de l’Ouest (voir détails puants). L’affluence moyenne cette saison-là n’est que de 1 845 spectateurs !

Eté 1999, Whelan inaugure le nouveau stade qu’il a financé (30M), une enceinte de 25 000 places située au bord du canal Leeds-Liverpool. Le DW Stadium est également l’antre des Wigan Warriors, le très populaire club de rugby à XIII de la ville. Les Warriors écrasent en notoriété les footeux. Jugez-en plutôt à cet échantillon de leurs celebrity fans (tiré de wiki) et comparez avec celui des Latics :

Bradley Wiggins, Rio Ferdinand, Ryan Giggs, Will Greenwood, Kym Marsh (actrice de soap), Ricky Hatton (boxeur très connu), Lee Westwood, Alex Ferguson, Robbie Savage et Ian Botham (ex vedette de cricket très célèbre… et ancien footballeur à Scunthorpe ! 1980-85, alors en D3/D4).

Wigan Athletic : Mikhail Gorbachev

En 2005, Wigan monte en Premier League et a depuis successivement fini 10è, 17è, 14è, 11è, 16è, 16è et 15è. Depuis 1995, Whelan a injecté plus de 100M dans le club et pourrait bientôt rechercher un investisseur « sûr et bien intentionné » (dixit lui-même) pour reprendre le flambeau Latic. Enfin, il dit ça tous les ans et il est toujours là.

Et le manager ? Roberto Martinez, souvent contacté avec insistance par d’autres clubs mais toujours là. Un lien indéfectible semble l’unir au propriétaire, voir notre dossier complet sur Wigan, Martinez et Dave Whelan.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 4 000/1. Relégation : 6/4

That’s all folks pour cette mini série (retrouvez-nous donc sur Facebook et Twitter).

Kevin Quigagne.

C’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré le 18 août, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre finement dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur ce début de saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, avant-dernière partie :

Swansea City et Tottenham.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

Swansea City

Brendan who ?

Brendan who ?

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (11è, 47 points, - 7) Jouissivement, avec de gros scalps et quelques performances barçaesques qui firent baver les puristes. Citons les victoires de « Swanselona » contre Aston Villa à l’extérieur (2-0) et les beaux succès à domicile contre Arsenal (3-2), Manchester City (1-0) ainsi que le nul contre Tottenham (1-1) qui aurait dû faire victoire. Et tout ça avec une masse salariale d’environ 25M seulement ! [cf footnote 1]

Le Swansea-West Ham d’hier : un choc des cultures big-banguesque entre des Hammers empruntés et recourant quasi systématiquement au kick and rush et des Swans élégants, impressionnants de maîtrise. Cygnes v Marteaux. Michu v Carlton Cole. Laudrup v Allardyce. Rarement une opposition de style n’avait été aussi flagrante cette année.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Si elles étaient incertaines avant le démarrage de la saison (Brendan Rodgers parti, avec dans ses bagages l’iniestien Joe Allen, clé de voute du système Swan), les démonstrations 5-0 contre QPR et 3-0 sur West Ham ont rassuré tout le monde. Bien plus que ça : elles ont enchanté et fait rêver, tant le jeu proposé par les Jacks (leur autre surnom) fut de toute beauté. Du mouvement perpétuel, des combinaisons ingénieuses, de la vivacité, une fluidité éclatante et du football à une touche de balle. Et des buts.

Contre West Ham hier, on assista à un choc des cultures big-banquesque entre des Hammers empruntés, bouletteux et recourant quasi systématiquement au hoofball (kick and rush) et un majestueux Swansea, impressionnant d’efficacité et de maîtrise. Les élégants Cygnes contre les Marteaux cognant sur leur enclume. Michu v Carlton Cole. Sentiment identique au moment de la poignée de main entre Laudrup et Allardyce.

Le supporter est une bête cruelle et, à dire vrai, on a déjà oublié Brendan Rodgers et son Total Football. Déjà 8 buts pour, 0 contre : il fallut attendre fin octobre l’an dernier pour que les Swans en inscrivent autant !

La sérénité règne donc désormais et l’arrivée de Brian Laudrup y est évidemment aussi pour beaucoup. Du coup, d’aucuns dans les médias anglais pensent que Swansea pourrait être le surprise package de la saison. Il y a huit jours, ce paquet surprise devait être QPR…

L’incertitude de pré-saison venait du recrutement : que des inconnus au bataillon (en Angleterre), surtout des Espagnols. Mais quand on a vu que Michu (ci-dessous à gauche) avait claqué 15 buts en Liga l’an dernier (du milieu), ça a tranquillisé le peuple Swans ; car des buts, c’est justement ce qui avait fait défaut en 2011-12. Et quelle affaire à 2M ! Merci Laudrup et ses connections espagnoles.

Joe Allen est parti mais les orfèvres Espagnols ont débarqué. Et en matière de tiki-taka, mieux vaut s’adresser au joueur d’orgue de barbarie qu’à son singe (expression zoologique anglaise). Laudrup connaît bien de Guzmán et l’arrière central JM Florés (dit Chico, photo de droite) qu’il a eu sous sa coupe à Mallorque.

Un Chico artiste à ses heures perdues. Le beau pêcheur de thon tatoué qui joue le galant dans ce clip de zique espagnole, c‘est lui ! Bon, y’a du thon aussi à Swansea mais faut faire gaffe, elles sont bien plus alcoolisées.

Côté coulisses, ça décolle enfin. Un nouveau centre d’entraînement devrait être prêt l’an prochain, l’actuel étant probablement le plus pouilleux de premier League. Mais au moins, c’est le seul club de PL à autoriser les supporters à assister aux entraînements ! (plus pour très longtemps alors profitez-en si vous passez dans le coin).

Dernière vibe pour la route : l’ailier Scott Sinclair gauche a déjà neuf doigts de pied à Man City (pour 6M), il ne figurait pas hier dans les 18 contre West Ham et City veut compenser le départ d’Adam Johnson pour Sunderland. Ce qui ravira sa petite amie mancunienne Helen Flanagan, ex vedette du soap Coronation Street, qui a twitté qu’elle n’en pouvait plus de vivre à Swansea « tant elle s’ennuyait à mourir ». Que l’existence de ces Wags est torturante.

Qui est arrivé cette saison ? Kyle Bartley (Arsenal, 1M), José Manuel Flores (Genoa, 2M), Jonathan de Guzmán (Villarreal, prêt), Michu (Rayo Vallecano, 2M), Jamie Proctor (Preston, montant non communiqué), Itay Shechter (Kaiserslautern, prêt - indisponible jusqu’à délivrance du permis de travail), Ki Sung-yeung (Celtic, 6M - record du club - photo ci-dessous)

Qui s’est éclipsé ? Joe Allen (Liverpool, 15M) et les libérés : Ferrie Bodde, Scott Donnelly, Casey Thomas et Joe Walsh.

L’équipe en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis Ki Sung-yeung (23 ans), un en particulier : Curtis Obeng, 23 ans, véloce latéral droit acheté à Wrexham pour 200 000 £ en janvier 2012 comme doublure d’Angel Rangel. Ex international U19 anglais et ex stagiaire à Man City jusqu’en 2009, il n’a pas encore joué avec les Grands, seulement en réserve où il a impressionné.

On pourrait également les voir (au moins en coupes) :

- le Nord-Irlandais Rory Donnelly, 20 ans, attaquant acheté à Cliftonville en janvier dernier (D1 nord-irlandaise). Etait notamment convoité par Everton et Liverpool.

- le Français Darnel Situ, 20 ans (Lens, 250 000 £), recruté au dernier mercato hivernal au terme d’un prêt Swan.

Si Swansea était un sport olympique, ça serait quoi ? Le VTT. Entré récemment par la petite porte, maintenant très suivi et apprécié.

… un sélectionné/objet olympique ? Oscar Pistorius. Quasi inconnu il y a quelques années, célèbre et admiré aujourd’hui.

les supporters possèdent 20 % du club

Un club à part : les supporters en possèdent 20 %

C’est qui le big boss au fait ? Depuis fin 2001, les supporters ! Enfin, à 20 % seulement, mais fait assez rare pour le signaler : seuls quatre autres clubs professionnels anglais peuvent revendiquer ce noble statut. Swansea est en effet le chef de file de cette minuscule tribu des fan-owned clubs (ownership pris ici au sens large du terme) qui compte dans ses rangs Exeter, D3 ; AFC Wimbledon, D4 ; Ebbsfleet et Wrexham, D5.

Le reste du club appartient à quatre hommes d’affaires plus ou moins locaux qui  possèdent chacun entre 10 et 22,5 % des actions (voir répartition du gâteau). Huw Jenkins (54 ans), l’actuel président Swan et principal sauveur aux heures sombres du club en 2001-02, est celui qui fait tourner la boutique. Ce financier et ex chief executive de banques d’investissement internationales pèse 125M.

Le Swans Trust racheta une partie du club après les graves difficultés financières du début des Noughties quand le club était au fond du trou (mal classé de D4, révolte contre les nouveaux propriétaires australiens, etc.).

Chaque abonné du club (16 000) devient automatiquement membre du Trust qui compte un représentant au directoire (sur onze sièges), officiellement appelé supporter director. Le vote a lieu tous les deux ans et Huw Cooze, supp de toujours et actuelle voix du peuple Swan, est en place depuis 2006. Huw, graphiste de son état, n’est pas tout à fait l’archétype du director classique (sa page Facebook). Il déclarait en 2010 être sur un pied d’égalité avec les dix autres directors et affirmait avoir eu plus que son mot à dire sur les nominations des trois managers qui se sont succédés depuis son arrivée au board (Roberto Ramirez, Paulo Sousa et Brendan Rodgers).

Swansea, c’est un vrai conte de fée. Il y a dix ans seulement, saison 2002-2003, ce club était à deux doigts de disparaître en non-league (divisions inférieures à la Football League) et il fallut un miracle pour qu’il reste en Football League : un hat-trick de leur avant-centre James Thomas contre Hull City lors de la dernière journée de D4 le 3 mai 2003. Maintien en FL arraché d’un petit point !
Ironie de l’histoire, ce Thomas qui joua les urgentistes ce jour-là était ambulancier dans le civil… (plusieurs joueurs étaient semi-pros). Ce fut Exeter City qui descendit à leur place (cette fameuse saison d’anthologie des Grecians, avec Uri Geller, Michael Jackson, Lee Sharpe and co). Le milieu Leon Britton et le défenseur Alan Tate faisaient déja partie de l’effectif.

Et le manager ? Michael Laudrup, 48 ans. Si vous aviez dit ça aux supporters Swans il y a dix ans, quand le club était financièrement exsangue en D4 avec des affluences moyennes d’à peine 3 000 spectateurs dans un stade déglingué, des hommes en blanc seraient venus vous chercher, direction la pièce capitonnée de la nuthouse la plus proche.

Michael Laudrup, ex Juventus, Lazio, Barça, Real Madrid, Ajax… L’un des plus sublimes milieux de terrain des Nineties. Gardiola dit lui devoir beaucoup. Embaucher un manager avec ce palmarès aurait été impensable il y a peu. Tout comme fournir à Liverpool un manager ! (B. Rodgers).

Huw Jenkins, président et actionnaire du club, sut le convaincre en juin dernier et il signa pour deux ans. Ça tombait bien, le Danois recherchait de nouveaux frissons et la Premier League le tentait. Laudrup était professionnellement oisif après sa démission de Majorque en septembre 2011, pour incompatibilité d’humeur avec l’omnipotent et multi-casquetté Llorenç Serra Ferrer, le manager-directeur sportif-vice-président et enfin co-propriétaire du club (!) ; le genre de gars qui aime encore plus s’impliquer qu’un ex scout à Koh-Lanta pendant la construction de la cabane (en gros, Serra Ferrer voulait faire l’équipe).

Laudrup était le candidat idéal pour faire fructifier le précieux héritage tiki-taka laissé par le trio Martinez-Sousa-Rodgers et s’inscrire dans ce continuum. Swansea de Mar pourrait d’ailleurs (rumeurs) récupérer l’international espagnol de Valence, Pablo Hernández (qui eut Laudrup comme boss à Getafe), ce qui porterait à cinq le nombre d’Espagnols au club.

Prône un football offensif en 4-3-3, moins basé sur la possession que ses prédécesseurs, plus direct, plus vif et piégeux pour l’adversaire (même si une ou deux phases de préparation dépassaient les 40 passes hier ! mais une fois le score assuré). Laudrup aime ses latéraux hyper offensifs et déclarait récemment sur la BBC :

« J’aime voir mes joueurs conserver le ballon, mais seulement si c’est pour attirer l’adversaire et contre-attaquer. On essaie de garder le ballon, de frustrer l’adversaire et de créer des espaces pour placer une attaque rapide. »

Laudrup s’inspirera aussi de ses prouesses à Getafe (notamment une victoire sur Barça), un minot comme Swansea, pour bien figurer en Premier League. Et bien plus si affinités.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 750/1 (4 000/1 il y a une semaine). Relégation : 5/1

Tottenham Hotspur

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (4è, 69 pts, + 25). Une saison mouvementée et presque tragique, même si une quatrième place est un beau résultat au demeurant pour un exercice qui s’inscrit dans une période 2006-2012 faste, la plus brillante depuis le début des Sixties (4è en 2010 et 5è en 2011, 2007 et 2006).

Mais voilà, si on fait la fine bouche à Tottenham c’est qu’on a le sentiment d’être passer à côté d’un mini exploit. Après une grosse première partie de rêve, Spurs craque : 6 misérables points pris entre la fin février et la fin avril (1 seule victoire sur 9 matchs).

Tous les grands esprits du football anglais (dont nos deux Alan préférés, Shearer et Hansen) se sont longuement penchés sur les causes possibles de cette liquéfaction et ont évoqué pêle-mêle :

- les pourparlers Harry-FA pour le poste de sélectionneur. Ils auraient engendré incertitude et fébrilité, une sorte d’insoutenable légéreté de l’être sauce Harry

- la méforme de joueurs clés, dont J. Defoe et R. van der Vaart

- un mental trop léger

- une infirmerie bien garnie

-  une densité d’effectif insuffisante

- certains joueurs très fatigués dès mars, ce qui fut confirmé à demi-mots par Ledley King qui parla plusieurs fois de « tired legs » à propos de ses coéquipiers (il peut causer lui, il ne fout pas grand chose la semaine - deux entraînements max - et joue un match sur trois !)

- le procès d’Harry en janvier dernier (fraude fiscale via sa chienne Rosie - Harry relaxé; Rosie également innocentée, la vénale encaissait en douce les primes non déclarées; Harry n’en savait évidemment rien, il a déclaré au tribunal « être très désorganisé ». Ce qu’ont dû confirmer les joueurs on presume ; aucune séance tactique sur le terrain, pas de tableau noir, etc. Tout se tient a conclu le juge).

Ce bon Harry a été limogé fin juin, ses relations avec Daniel Levy n’ayant jamais été simples. Le club cherchait un manager « moderne ». Donc, pas Harry évidemment. De fait, André Villas-Boas est l’exact opposé d’Harry. Cela ne veut pas dire qu’il fera mieux…

Le miracle de l’Allianz Arena le 19 mai (Chelsea vainqueur de la Ligue des Champions) priva injustement Spurs de Champions League. Harry n’a vraiment pas eu de bol.

Une semaine avant, Harry avait également joué d’une terrible scoumoune, lors du West Bromwich Albion-Arsenal de la dernière journée (2-3). Si le gardien hongrois de WBA, Márton Fülöp, n’avait pas ce jour-là realisé la pire prestation de portier des 380 matchs de la saison PL, Tottenham aurait fini 3è devant Arsenal ! Fülöp faisait là sa première apparition en PL depuis deux ans (en remplacement de Ben Foster, blessé) et commit deux boulettes d’anthologie, dont un dégagement aux poings dans son propre but… Plus une erreur non brevetée boulette (clip malheureusement introuvable - noté de 1 à 3/10 dans la presse sportive anglaise. S’est exilé en Grèce).

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? On est tendus, pour deux raisons :

a) L’interminable saga Modric intrigue autant qu’elle saoûle tout le monde. Tottenham est vendeur, Modric irait en Espagne en rampant et Madrid est plus qu’acheteur. Malgré tout ça, on ergote pour quelques millions et ça n’avance guère depuis trois mois. Modric a pourtant tout essayé pour partir. Une conclusion serait cependant imminente (à 33M). 33 millions, c’est le prix d’un Moutinho ça… Il va y avoir du sport cette semaine avant la clôture du mercato estival !

tire-toi

Enfin une consigne claire de Harry

b) Le président Levy a la fâcheuse habitude de régler ses transferts à la dernière minute (on le surnomme parfois « The deadline day Master ») et ça rend tout le monde nerveux. Sa démarche en matière de recrutement ressemble quelquefois à du Fantasy Football… Toutefois, Adebayor reste et c’est un vrai plus pour le club en déficit d’attaquants de classe internationale.

Scott Parker (Player of the Year l’an dernier) qui avait fini l’Euro sur les rotules après des problèmes semi-chroniques au tendon d’Achille a été opéré du genou le 8 août et sera indisponible jusqu’en octobre.

Ledley King, 31 ans (ci-dessous), a dû raccrocher les crampons lui, son genou ne tenait plus et il s’entraînait à l’écart du groupe depuis belle lurette (et souvent une fois par semaine seulement). Il était au club depuis seize ans, 315 matchs Spurs.

Rayon bonnes nouvelles, Tottenham vient enfin de quitter son centre d’entraînement dépassé (Spurs Lodge) pour un complexe hi-tech à Enfield, tout au nord du Grand Londres (déménagement en cours. Coût : environ 35M).

Et enfin, si Rolls-Royce carbure en ce moment (merci les Chinois), Bentley tourne sur une cylindre. Mais le beau David est toujours là, garé au sous-sol (acheté quand même 15M en 2008). Les possibles prêts évoqués - MK Dons et San José, club US partenaire des Spurs - n’ont pas abouti.

Qui est arrivé cette saison ? Emmanuel Adebayor (Man City, 5M), Gylfi Sigurdsson (Hoffenheim, 8M), Jan Vertonghen (Ajax, 9M)

Qui s’est éclipsé ? Ben Alnwick (Barnsley, gratuit), Sébastien Bassong (Norwich, 5M), Vedran Corluka (Lokomotiv Moscow, 5,5M), Ryan Fredericks (Brentford, prêt), Bongani Khumalo (PAOK, prêt), Ledley King (retraite), Nico Kranjcar (Dynamo Kiev, 5,5M), Ryan Nelsen (QPR, gratuit), Steven Pienaar (Everton, 4,5M), Louis Saha (libéré, puis Sunderland)

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, pas mal. Certains connus comme Steven Caulker, excellent en prêt à Swansea et Jake Livermore ; d’autres moins, comme les attaquants Harry Kane, 19 ans (deja expérimenté en Football league) et l’Ivoirien Souleymane Coulibaly, 17 ans ½.

Si Tottenham était un sport olympique, ça serait quoi ? Sur la dernière saison, le water-polo. Au début, c’est sympa, on s’y prend pis ça devient vite répétitif et lassant.

… un sélectionné/objet olympique ? Un lieu en fait : le stade olympique. Ils l’ont avidement désiré pendant un an (campagne de presse, poursuites judiciaires, etc.) avant de jeter l’éponge en novembre 2011 pour se rabattre sur leur Northumberland Development Project à minimum 400M (voir dossiers Teenage Kicks là-dessus : ici et ici).

Mi octobre en principe, deux ans après le début de ce long et épuisant feuilleton du stade olympique, les membres de la London Legacy Development Corporation désigneront l’occupant final (West Ham est grandissime favori parmi les quatre dossiers en compétition).

C’est qui le big boss au fait ? ENIC, société anglaise d’investissements (sports, divertissements/pubs et médias surtout), depuis 2001 et la fin de l’ère Alan Sugar (1991-2001). Elle détient 85 % du capital, plusieurs petits investisseurs se partageant le reste. A la tête d’ENIC, deux lifelong fans du club : Joe Lewis et Daniel Levy, respectivement 75 et 50 ans.

Joe Lewis, financier autodidacte né dans l’East End londonien ouvrier et fiscalement installé aux Caraïbes depuis 1980, contrôle 70,6 % d’ENIC et Daniel Lévy, président du club, 29,4 %.
Lewis démarra comme aide-cuisinier dans l’affaire familiale, puis se lança dans l’achat-vente de devises. Allié à George Soros, il empocha le gros lot lors du fameux Black Wednesday du 16 septembre 1992. Lewis est aujourd’hui financier-spéculateur et businessman multicartes avec des billes dans plus de deux cents sociétés. Son confortable bas de laine, évalué à 3 milliards de £, lui permet de collectionner les belles croûtes (Picasso, Matisse, etc.) et partager son temps entre les Bahamas, la Floride, l’Argentine et l’Europe (à Londres, il vit parfois dans son modeste yacht de 75 mètres amarré près de Tower Bridge).

Joe Lewis et Daniel Levy

Joe Lewis et Daniel Levy

Citons également le richissime (Lord) Michael Ashcroft, 66 ans, 4 % des actions. Cet ancien chômeur et manager de groupe rock a bâti sa considérable fortune d’1,2 milliards dans le nettoyage-gardiennage d’abord puis dans les services aux entreprises. Il est Lord depuis 2001, anobli sous Tony Blair (dans des circonstances très controversées, à cause principalement de son statut de non-dom - non fiscalement imposé sur revenus générés au Royaume-Uni - et plus tard ses dons au parti Conservateur… La polémique Ashcroft fait encore rage aujourd’hui ! ici et ici).

En attendant, Ashcroft avait eu le nez creux en mettant ses billes dans la Priory Clinic (ici) un établissement médical londonien pour les rich and famous : la célèbre résidence secondaire de nombreux people a été revendue en 2011 pour 925M (Priory Group).

Avec tous ces milliardaires (défiscalisés) au sein du club et qui n’hésitent pas à claquer 70M (!) pour une petite redécoration du yacht (Joe Lewis), il paraît irréel que le club ait quémandé avec tant de véhémence et d’artifice (confinant parfois au chantage) quelques millions £ d’aides publiques au Conseil Municipal d’arrondissement (défavorisé) lors des longues et tortueuses tractations qui l’ont opposé aux acteurs publics du compliqué dossier Nouveau stade.

Et le manager ? Luís André de Pina Cabral e Villas-Boas, André Villas-Boas ou AVB pour les intimes, plus jeune entraîneur de PL (34 ans) et limogé de Chelsea début mars 2012. Le Portugais est ambitieux et a même parlé de titre à l’intersaison (maintenant de Top 4), tout en envoyant des piques à Roman qui « n’aurait pas respecté ses engagements ». Le Spurs-Chelsea du 20 octobre promet.

Dans le programme du match d’hier contre WBA, il évoquait une « ère nouvelle prometteuse ». Le changement, c’est donc maintenant pour le Spurs version AVB. Mais lui, il ne bluffe pas. Et les joueurs l’ont vite constaté car entre Harry et André, c’est le jour et la nuit, à tous les niveaux. Fini les séances d’entraînement à la coolle et le tableau noir en guise de penderie pour les blousons…

Il est bien plus détendu que l'an dernier, c'est déjà ça

Cette fois, s'agit pas de se rater

Si AVB a échoué chez les Blues avec les circonstances atténuantes (voir la première partie de cette série), il n’aura pas le droit à l’erreur à Spurs. Il prône un football offensif, tout en mouvement et passes rapides avec pressing haut (Kyle Walker et Benoît Assou-Ekotto positionnés presque comme ailiers hier).
Tottenham est probablement l’équipe la plus rapide de PL (Bale, Walker, Lennon) et ce système devrait lui convenir. Toutefois, il faudra qu’AVB se montre plus flexible qu’à Chelsea s’il veut réussir, on est pas non plus à Porto avec des Hulk et Moutinho à tous les coins de terrain. AVB courrait d’ailleurs toujours après ce dernier, mais ça chiffre (30M). Qui sait, avec la vente imminente de Modric au Read Madrid… Improbable. La venue du milieu offensif brésilien Willian est plus plausible (20M). Leandro Damiao pourrait le suivre.

Match nul 1-1 hier contre un WBA coriace (symbolisé par le pugnace Argentin Claudio Yacob) et qui pilonna le but de Friedel en fin de match. Défense Spurs un peu tendre ? L’athlétique Belge Romelu Lukaku, acheté 18M par Chelsea en 2011 et prêté à WBA, fit en tous cas passer un après-midi musclé à Gallas et consorts.

Spurs, aligné en 4-2-3-1, domina largement la première période, mais sans faire trembler les Baggies. Il leur manquait un finisseur-tueur et le retour d’Adebayor sera le bienvenu (seulement 30 minutes hier). ABV déclara que son équipe méritait mieux que le nul. C’est de bonne guerre, il faut positiver. Espérons seulement que son analyse intérieure soit plus approfondie, car au vu de la fin de match les Lilywhites furent chanceux de partager les points. Spurs donne l’impression de ne pas avoir encore démarré sa saison. Les trois prochains adversaires devraient leur donner l’occasion d’engranger du point : Norwich, Reading, QPR. Espérons-le pour AVB en tous cas.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 45/1. Relégation : 200/1

Kevin Quigagne.

[1] Estimation basée sur la masse salariale 2010-11 de D2 : 17M £, y compris les fortes primes de montée Premier League (chiffres 2011-2012 indisponibles). Par comparaison, 2010-11 : Chelsea : 190M, Man City : 174, Man United : 153, Liverpool : 135, Arsenal : 124, Tottenham : 91, Aston Villa : 83.

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré le week-end dernier, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre finement dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur ce début de saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, les numéros 13, 14 et 15 de l’alphabet, du lourd :

Southampton, Stoke City, Sunderland.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

Southampton

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? Merveilleusement bien, vice-champion de D2 et deuxième montée d’affilée après la déliquescence financière et sportive de la fin des Noughties (redressement judiciaire en avril 2009, retrait de points, décès subit du nouveau propriétaire août 2010, etc.).

La dernière saison de Soton (surnom-abréviation de Southampton) remonte à 2004-2005, quand l’ami Harry [Redknapp] avait renvoyé les Saints en D2, au grand bonheur des rivaux de Portsmouth… qu’Harry venait de quitter ! Avant de les retrouver peu après. Cherchez pas, Harry et la Côte Sud, c’est très compliqué. Encore plus que ses arrangements bancaires avec sa chienne.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Groovy, surtout après le bon match à Man City (2-3). On a quand même tiqué en découvrant le prix des abonnements cet été, + 20 % d’augmentation dans certaines sections.

Avec une season card à partir de 555 £ pour les nouveaux abonnés (détails photo de gauche), on comprend les mécontents : les abonnements démarrent sous les 450 £ dans dix clubs - dont Man City - et les 400 £ dans cinq, dont Newcastle et Aston Villa.
Mais le public est sevré de PL depuis sept ans et l’engouement est fort, ergo le club en profite. Pour se faire pardonner et marquer le grand retour en PL, le club a envoyé un DVD à tous ses abonnés le mois dernier.

L’attitude « même pas peur » prévaut à Soton, le club était encore en D3 il y a deux ans et on jouera crânement sa chance. Mais on est pas des chiffons non plus et on revendique de sérieux credentials qui donnent à penser qu’on n’est pas là pour faire de la figuration :

a) un « droit historique » de faire partie de l’élite : 35 saisons de D1 entre 1966 et 2005

b) des Grands ont porté le maillot rouge et blanc : citons Peter Osgood, Mike Channon (46 capes anglaises, + de 300 buts en pro), Kevin Keegan, Alan Shearer et Matt Le Tissier

c) un stade moderne de 32 000 places  et un public fidèle (26 419 spectateurs de moyenne en D2 l’an passé)

d) des propriétaires ambitieux (la richissime famille Liebherr, voir plus bas), comme le témoigne la chasse au Gaston Ramirez, à 12M quand même.

Malgré les moyens financiers, le modèle reste Norwich City, club modeste qui a également assuré deux promotions successives D3>D1 depuis 2009, avec à la clé une superbe 12è place en PL l’an dernier.

Effectif inexpérimenté à ce niveau mais ce ne sont pas non plus des Ali Dia (parmi les vieux briscards : le Nord-Irlandais Steven Davis et le gardien et capitaine Kelvin Davis - non, ils ne s’appellent pas tous Davis). On attend beaucoup des trois joueurs suivants pour alimenter le compteur buts :

1) l’athlétique Rickie Lambert, 30 ans, Joueur D2 de la saison passée, une goal-machine : 31 buts/45 matchs saison 2011-12 et 88/155 depuis son arrivée aux Saints en 2009. Il a ouvert son compteur PL contre Man City samedi dernier

2) Jay Rodriguez, 23 ans, avant-centre/ailier. L’ex Espoir anglais qui évoluait en D2 à Burnley a coûté bonbon (6M) et sera attendu

3) Billy Sharp, 26 ans, a quitté Doncaster en janvier dernier au plus fort de l’invasion francophone. Scoreur confirmé en Football League, 119 buts/248 matchs. Saison dernière marquée par la tragédie, clip. Très prolifique chez les Saints, 9 buts en 15 apparitions l’an passé (souvent remplaçant).

Sans oublier les deux milieux de terrain talentueux et offensifs, le brésilien Guly Do Prado et Adam Lallana, 11 buts chacun en championnat l’an dernier. Lallana, 24 ans et formé au club, a été élu dans la PFA Team of the Year 2011-2012 de D2 (il figurait dans celle de D3 l’année précédente). Une idole du public Saints ce Lallana. Séquence chant un brin gonflé mais sympa :

He plays on the left,
he plays on the right,
Adam Lallana,
He makes Messi look shite

En défense, on s’est renforcé avec l’über-convoité latéral droit Nathaniel Clyne, Espoir anglais de 21 qui a dû être lié à plus de clubs depuis trois ans qu’en a possédé Tiger Woods dans toute sa carrière.

Le blasphématoire nouveau kit a choqué les supporters, la direction du club ayant troqué les célèbres rayures rouges et blanches pour un rouge uni avec de minuscules rayurettes à peine visibles. La tradition, ça se perd. Demandez aux supps de Cardiff ; eux, ils ont carrément changé de couleur cet été !

Lallana et Lambert figuraient dans l'équipe D2 de la saison

Lallana et Lambert figuraient dans le XI de D2 l'an dernier

Qui est arrivé cette saison ? Nathaniel Clyne (Palace, 2,5M), Steven Davis (Rangers, 800 000), Paulo Gazzaniga (Gillingham, montant non communiqué), Jay Rodriguez (Burnley, 6M)

Qui s’est éclipsé ? Tommy Forecast (Gillingham, prêt), Dan Harding (Nottingham Forest, 500 000), Aaron Martin (Crystal Palace, prêt) et une huitaine de libérés.

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? N. Clyne et J. Rodriguez évidemment, jeunes mais déjà archi-connus (Rodriguez, 21 buts/42 matchs, élu dans l’équipe de D2 de la saison précédente).

Parmi les méconnus très prometteurs : le latéral gauche offensif Luke Shaw, tout juste 17 ans, international anglais U17 et suivi de près par Chelsea, Arsenal et les ogres mancuniens. Evidemment étiqueté « The new Gareth Bale » car très rapide et formé à la prolifique Academy des Saints (Walcott, Oxlade-Chamberlain, Baird, Bridge, L. Best, Surman, etc.). Personne ne sait cependant ce qu’il vaut vraiment puisqu’il n’affiche que 13 minutes en équipe première au compteur.

On gardera également un oeil sur les cracks suivants : James Ward-Prowse (17 ans ½, milieu), Calum Chambers (17, milieu offensif) et Jack Stephens (18, défenseur, U18 anglais).

Si Southampton était un sport olympique, ça serait quoi ? En fait, Soton serait des mini Jeux Olympiques ! Avec en vedette : athlétisme, aviron, badminton, basket, cyclisme sur piste, vélo…

Bref, tous les sports où on a pris des libertés avec le réglement aux derniers J.O. Je fais bien sûr référence au « scandale » Claus Lundekvam qui a éclaté il y a un mois (matchs truqués selon l’ex Saint), ici.

… un sélectionné/objet olympique ? Pour continuer dans la vacharditude, alors Boris Onishchenko forcément. Ce pentathlète avait carrément trafiqué son fleuret aux J.O de Montréal pour s’auto-compter des touches !

Ou comme nous le rappelle Marianne, le discobole tchécoslovaque Karol Meta, il avait un disque plus léger que les autres…

C’est qui le big boss au fait ? Un Trust, celui de la famille de feu Markus Liebherr, un richissime Suisse qui racheta le club en juillet 2009 avant de décéder treize mois plus tard âgé de 62 ans (longue maladie). Liebherr laissa les clés du camion à l’un de ses collaborateurs, Nicola Cortese, et demanda à sa famille de faire fructifier l’héritage.

Le regretté Markus Liebherr et (le moins populaire) N. Cortese

Le regretté Markus Liebherr et Nicola Cortese

Le Southampton nouveau millésime, c’est une histoire de banquiers. Au printemps 2009, Liebherr, richissime industriel suisse-allemand, cherche à acquérir un club anglais à fort potentiel et bon marché. Ergo, un club dans la mouise grave. Au moment de ses recherches, Southampton répond à tous les critères du parfait agonisant à ressusciter : descente en D3, grand stade moderne, public de D1, 30M de dettes et placement en redressement judiciaire.

Liebherr est alors proche de Rupert Lowe, un businessman anglais et banquier international (City, Deutsche Bank, etc.) et président-propriétaire controversé de Soton depuis 1996 (spécialiste de l’embauche-débauche de managers, dont Glenn Hoddle, Graeme Souness et Gordon Strachan). Lowe lui fait l’article et Liebherr rachète le club en juillet 2009 pour 13M (+ les dettes). Une acquisition qui fait un grand déçu : Matt Le Tissier, il tentait tout pour reprendre le club (ici).

Sentant la fin approcher, Liebherr réunit son état-major et place Nicola Cortese, un banquier italien, à la tête du club. Cortese s’est depuis taillé une mini réputation Kim Yongesque, les journalistes et photographes du cru en savent quelque chose : ils ont été plusieurs fois interdits de stade.

Le régime Adtkins, c'est beaucoup de travail physique

Le régime Adkins, c'est beaucoup de travail physique et d'endurance

Et le manager ? Nigel Adkins, 48 ans, ancien gardien de division inférieure (une rareté parmi les managers), recruté de Scunthorpe.

Formé à Liverpool sous Bob Paisley, le très affable Adkins est kinésithérapeute de formation et c’est d’ailleurs comme tel à Scunthorpe (alors en D3) qu’on lui proposa de succèder à Brian Laws en décembre 2006 ! Il délaissa ses pommades pour faire monter ce petit club en D2, deux fois (entre temps, redescente en D3).

Il tapa dans l’oeil de Soton qui le fit venir en septembre 2010, D3 - en remplacement d’Alan Pardew. Compte 4 promotions en 6 ans avec Scunny et Soton. Calendrier coton d’ici la mi septembre : après Man City dimanche dernier, ça sera Wigan et surtout Man United et Arsenal…

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 4 000/1. Relégation : 6/4

Stoke City

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (14è, 45 pts, - 17). Brutalement, ce qui sied à des Potiers qui ne font jamais dans la dentelle. Bonne première partie de saison (8è à la 23è journée) puis lent déclin pour finalement terminer 14è.

Stoke était européen et la saison fut si longue (56 matchs) que nombre de supps Potters ne regretteront pas les joutes continentales. On a fait chauffer les air miles en Ligue Europe : rencontres en Croatie, Suisse, Ukraine, Turquie, Israël et Espagne ! Pour un bon bilan : 7 victoires, 3 défaites, 2 nuls (éliminé 2-0 par Valence en 16è).

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Mitigées, été peu excitant, 2 victoires sur 6 matchs

Stoke, en pleine phase d'attaque placée

Stoke City, en pleine construction d'attaque placée

seulement contre du menu fretin (équipes US et D3/D4 anglaise, ici). Nul chanceux contre Reading le week-end dernier.

Le collectif est vieillissant et on est conscient qu’il faut injecter vivacité et jeunesse, d’où l’arrivée de talents prometteurs. Enfin, deux… On comptera toujours cependant sur le (parfois) redoutable trio Walter-Crouch-Etherington et Crouchy pour les mettre au fond (14 buts l’an dernier), avec Rory Delap en rampe de lancement latérale.

Et évidemment sur leur autre grand buteur… l’arrière-central Huth, 9 buts en 2010-11 (totalement remis de sa méningite diagnostiquée le 8 août - c’est pas une broutille pareille qui va coucher le roc allemand).

Parmi les déceptions : Kenwyne Jones (encore !) et Wilson Palacios.

Parmi les couillons : Jermaine Pennant (encore !). L’administration américaine lui a fait moultes misères question visa de travail avant la tournée US des Potters (casier judiciaire).

Qui est arrivé cette saison ? Geoff Cameron (Houston, 2M), Michael Kightly (Wolves, 3M), Jamie Ness (Rangers, gratuit mais les Gers veulent une compensation - même cas que Naismith à Everton), Goran Popov (Dynamo Kiev, prêt)

Qui s’est éclipsé ? Ryan Brunt (Leyton Orient, gratuit), Danny Collins (Nottingham Forest, 560 000), Florent Cuvelier (Walsall, prêt), Andrew Davies (Bradford, gratuit), Ricardo Fuller (libéré, puis Charlton), Jonathan Woodgate (libéré puis Middlesbrough). Et les libérés chômeurs Salif Diao et Tom Soares.

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, Jamie Ness, milieu écossais de 21 ans, a été du sauve-qui-peut estival des Glasgow Rangers presque comparable en volume à l’exode irlandais des années 1840.

On pensait voir Florent Cuvelier, un belge de 19 ans, auteur d’une excellente saison à Walsall (D3) l’an dernier, mais le Belge est reparti direct chez les Saddlers qui le réclamaient.

Un autre jeune de l’Academy déjà très surveillé : Andew Hall, 18 ans. Mais en taule lui, mis en examen pour homicide.

Si Stoke était un sport olympique, ça serait quoi ? La lutte gréco-romaine. Ou tout autre sport de combat vicieux (avec une surface de réparation si possible).

… un sélectionné/objet olympique ? Shin A Lam, l’escrimeuse sud-coréenne qui refusa de quitter la piste d’escrime et enragea contre la décision d’arbitrage pendant une heure (alors que l’arbitre avait raison, vidéo à l’appui).

Il arrive aussi fréquemment à Tony Pulis, manager des Potters, de piquer ses p’tites crises anti corps arbitral avec force gesticulations et vociférations dans sa zone technique ou au micro. Ils devraient se mettre ensemble tiens, ça ferait un beau couple de pleureuses.

C’est qui le big boss au fait ? Peter Coates, businessman local de 74 ans, depuis 2006 (aussi de 1989 à 1997).

Etrangement, quand les médias foot français évoquent Stoke City (certes, pas tous les jours), ils en parlent comme d’un club sans grands moyens, qui réussirait des miracles chaque saison avec son budget scoubidou, sa philosophie « familiale » et working class, laborieusement cultivée à l’ombre des célèbres cheminées d’usines de la ville (industrie de la poterie) dans un univers presque dickensien. A les entendre, il faudrait presque se cotiser pour aider ces gueux. La réalité est tout autre :

1) Ce bon Peter, sous ses airs de paisible retraité de la Poste, est la 92è fortune du pays avec 800M de £

2) Peter Crouch n’a rien d’une Cosette en short : il palpe 350 000 £/mois

3) Stoke a dépensé la bagatelle de 70M de £ en transfert entre 2009 et 2011 ! (pour seulement 8M de ventes). Cela en fait l’un des clubs les plus dépensiers hors Big Four (en net spend). Dont 26M sur le trio Crouch-Palacios-Jones

Peut-être est-ce l’origine modeste du propriétaire qui donne cette impression de relative indigence. Coates est un fils de mineur qui a fait fortune… dans les buvettes de stade (il créa Stadia Catering en 1968). En 1974, il se lance dans l’industrie du pari en ouvrant trois bookmakers. Les affaires sont florissantes (dérégulation du pari dans les Eighties - dérégulation de tout d’ailleurs) et la petite graine devient une belle chaîne régionale, qu’il revendra 40M à un gros du secteur en 2005. Se lance dans le pari en ligne dès 2000.

Sa société Bet365 (dirigée principalement par sa fille) emploie aujourd’hui presque 2 000 personnes localement et enregistre annuellement pour 12 milliards de £ de paris. C’est la seule du secteur encore basée entièrement au pays (les autres opèrent offshore).

Donc, quand vous choisissez Bet365, dites-vous bien que vous aidez Stoke à recruter des Delap. D’ailleurs, le club a formé un prototype delapien bis, Ryan Shotton, ici. C’est de votre faute tout ça.

Et le manager ? Tony Pulis, en place depuis 2005. Indéboulonnable. C’est le Baup anglais, encasquetté en permanence. Adulé, il a superbement mené sa barque même si ses choix tactiques sont souvent peu esthétiques : du bon vieux kick and rush vers les tours de contrôles, dernièrement : Fuller, Carew, Crouch, K. Jones et C. Jerome (Cameron Jerome hein, pas notre crooner national, le pauvre ne kicke plus grand chose). Faut bien des tiges devant pour récupérer les touches-missiles de Rory Delap. Ce bon Rory, c’est en moyenne 50 touches de balle par match, dont 7 du pied.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 2 500/1. Relégation : 5/1

Sunderland

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (13è, 45 pts, - 1). Une saison of two halves pour reprendre le célèbre cliché. La première partie fut piteuse et brutalement conclue par le limogeage de Steve Bruce fin novembre 2011 alors que SAFC flirtait avec la zone rouge. Et là, petit miracle : Martin O’Neill débarque. Oui, The Martin O’Neill (voir plus bas). La seconde fut bien meilleure même si l’emballage final déçut.

Le derby contre Newcastle à SJP en mars fut exceptionnel d’engagement et d’intensité, le meilleur depuis une douzaine d’années (1-1, avec un Cattermole de feu, mais un Sessègnon qui se fit expulser stupidement à la 58è, coup de coude sur Tioté - qui en fit des caisses évidemment, à 1′02 dans le clip. Pour ne pas être en reste, Lee Cattermole aussi se fit expulser… après le coup de sifflet final ! Allez, encore 4 matchs de suspension pour « Catts »).

Côté recrutement, intersaison calme comparée à l’été 2011 (une douzaine d’arrivées pour 25M), mais qui s’agite depuis une semaine. Bruce aimait brasser du joueur, il en recruta pas moins de 32 en deux et demi (pas mal de boulets). Le big boss, Ellis Short, généreux sugar daddy du club, a mis le holà à tout ça. Short entend privilégier, je cite, « la qualité, pas la quantité ». Bien dit Ellis.

Il faudra se montrer bien plus créatif dans l’entrejeu. Et on attend davantage de maturité de Lee Cattermole. S’il arrivait déjà à aligner trois matchs sans se prendre un carton, ça serait bien. Catts n’a que 24 ans mais compte déjà sept saisons de PL derrière lui et doit vite mûrir. Car 65 jaunes et 6 rouges à son âge et en tant que capitaine (!), ça fait marrer dans les chaumières Geordies mais pas chez les Mackems (voir ses horrifiantes stats).

Pour se venger des railleries Magpies, un soir aviné de décembre 2011, Catts et Bendtner s’en allèrent éclater les rétroviseurs de voitures garées à 200 mètres de Saint James’ Park ! (+ de 4 000 £ de dégâts quand même). En adéquation avec leur QI, ces bourrins choisirent l’une des rues les plus fréquentées de la ville et truffées de caméras de surveillance. Et se firent alpaguer fissa, ici (Catts écopa d’une amende, Bentdner fut relaxé).

Les bons moments de la saison et tous les buts Black Cats dans ce clip superbement monté, à voir absolument ! (et y’a du chef d’oeuvre !), le tout accompagné de zique chouette. Bon, ça vaut pas les Toy Dolls, le plus fameux groupe de la ville, mais c’est très écoutable (à 2′05, le pion de l’année au Stadium of Light, celui de Ji Dong-Won contre Man City, 1-0… à la dernière minute).

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Prudentes après l’euphorie générée par le recrutement de l’été 2011 et vite retombée.

Intersaison quelconque, bon premier match contre un Arsenal fidèle à lui-même. L’optimisme est de retour depuis l’arrivée de Saha… et de l’international écossais Steven Fletcher qui passe son examen médical ce matin sur Sunderland (ici), affaire conclue après trois longs mois de tractations, aux alentours de 14M (record du club si montant confirmé, Asamoah Gyan c’était 13M en 2010). On finalise les derniers détails mais le salaire tournerait autour de 160 000 £/mois (12 buts/32 matchs l’an dernier avec Wolves, dont 7 de la tête). Bon, c’est vrai que ça paraît beaucoup (7 Michu ou 4 Jelavic par exemple) mais des buteurs confirmés à 12-15 pions par saison pleine, ça ne court pas les rues fin août. Attaque Black Cats donc totalement renouvelée.

Sunderland, bientôt le club préféré des AfricainsL’internationalisation du club laisse un peu perplexe toutefois… Peace Cup en Corée du Sud (marché sud-asiatique convoité, because Ji Dong-Won) et nouveau sponsor original : Invest in Africa (qui verse 3M/an). Ça change des précédents ! Invest in Africa est un consortium financé par le gazier-pétrolier britannique Tullow Oil. Assurément pas le plus irréprochable des parrains et cela fait tiquer certains ; bon, pas des masses non plus (on a surtout estimé qu’ils auraient pu donner plus généreusement ! Et allez dégoter une compagnie pétrolière propre sur elle et bien sous tous rapports tiens… Autant essayer de trouver une banque éthique).

Selon les spin doctors du club, Invest in Africa « va faire de Sunderland le club le plus supporté d’Afrique de l’Ouest ». A Cotonou peut-être (Sessègnon), ailleurs, faut voir.

Moins bénin et plus urgent : il faut absolument marquer plus de buts cette saison (seulement 45 l’an dernier, avec 15 scoreurs différents). On comptera sur L. Saha, F. Campbell et donc sur Fletcher.

Qui est arrivé cette saison ? Carlos Cuéllar (Aston Villa), David Ferguson (Darlington),  Wade Joyce (Bury) et Louis Saha (Tottenham), tous gratuits. Plus donc, sauf énorme surprise, Steven Fletcher (Wolves, 14M, voir son profil)

Qui s’est éclipsé ? Marcos Angeleri (Estudiantes, montant non communiqué), Jordan Cook (Charlton, gratuit), Craig Gordon (libéré), Asamoah Gyan (Al-Ain, 6M), George McCartney (West Ham, montant non communiqué - probablement 1,5M), Michael Liddle (Accrington, gratuit), Cristian Riveros (Kayserispor, 240 000), Michael Turner (Norwich, 1,5M) ainsi qu’une dizaine de libérés.

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis l’excellent international irlandais James McClean (23 ans) et le très talentueux rouquin Jack Colback (22), le « nouveau Paul Scholes », on suivra la progression de ces deux surdoués :

1) Ryan Noble, 21 ans, il affole les compteurs en réserve depuis deux ans (une cinquantaine de pions, dont un quadruplé contre Man United) et il faudra confirmer chez les Grands. Il en a les moyens.

2) Connor Wickham, 19 ans, acheté été 2011 à Ipswich pour 8M. Grand espoir du football anglais. Cet athlétique gaillard d’1m91 fut trop souvent blessé l’an dernier pour véritablement pouvoir s’exprimer (19 apparitions, dont 14 comme remplaçant).

Si Sunderland était un sport olympique, ça serait quoi ? On avait eu la beach ball contre Liverpool il y a trois ans, donc le beach volley. En plus, ça tombe bien, le climat de Wearside s’y prête parfaitement.

… un sélectionné/objet olympique ? Steve Cram, médaillé d’argent aux J.O de Los Angeles sur 1 500m et champion du monde 1983 (3′29 - # 362 sur la photo, derrière S. Coe). Aujourd’hui vedette TV (présentateur-commentateur) et plus célèbre supp du club avec Neil Tennant (chanteur des Pet Shop Boys).

C’est qui le big boss au fait ? Ellis Short, ce discret financier et homme d’affaires américain détient le club à 100 % depuis mai 2009 (payé 25M). Expatrié en Angleterre depuis 1996, il partage son temps entre Londres et l’Irlande et pèserait entre 800M et 3,3 milliards de £ selon les sources (et les cours de la bourse).

L’Américain ne s’intéressait pas au football il y a peu mais à la faveur d’une rencontre fortuite avec l’ex président du club & Sunderland Legend Niall Quinn lors de la Ryder Cup 2006, il tomba dans le chaudron. Short, d’origine irlandaise, aurait été séduit par les connections irish de SAFC.

Parmi celles-ci, Niall Quinn évidemment, mais aussi une légende du club : le natif de Cork Charlie Hurley (Cork, d’où est aussi originaire Roy Keane, ex manager SAFC), Black Cat Legend dans les Sixties et élu Sunderland’s Player of the Century par les supporters à l’occasion du centenaire en 1979. Hurley est aussi connu pour avoir dû supporter si longtemps Robin Friday à Reading…

Depuis qu’il a retrouvé ses racines celtes, Ellis Short donne généreusement.

Et le manager ? Martin O’Neill (MON), 60 ans, qu’on ne présente plus. MON possède la midas touch et a tout réussi depuis 25 ans. A realisé des prouesses à Leicester City, au Celtic Glasgow et à Aston Villa. Il n’est que de regarder où en sont ces trois clubs pour apprécier le calibre du bonhomme.

Si l’expression « choc psychologique » figure parmi les grands clichés du football, dans le cas de MON elle a tout son sens. Son impact fut immédiat, dès son arrivée début décembre 2011 : 19 points engrangés sur ses 10 premiers matchs, soit presque deux fois plus que d’août à fin novembre ! Fit passer l’équipe de la 17è à la 8è place en deux mois. Le dernier tiers fut plus compliqué, le manque d’attaquants (tous blessés) se faisant cruellement sentir.

Excellent man-manager, MON est méticuleux, observe vite et juste. Et surtout, MON est audacieux : il aime lancer les petits jeunes dans le bain (Heskey à Leicester, Agbonlahor à Villa, etc.).

Sa première initiative fut d’aller observer la réserve. Il y repéra un ailier gauche oublié par Steve Bruce : James McClean. Un Irlandais de 23 ans recruté cinq mois plus tôt à Derry City pour une misère, 350 000 £ et 18K de salaire mensuel. Ironiquement, ce même Bruce se plaignait depuis le début de saison « de l’absence d’un vrai ailier gauche au club », tout en ajoutant qu’on aurait dû lui donner les moyens de recruter… Charles N’Zogbia, qui fit un flop monstrueux à Villa l’an dernier.

McClean a été l’une des révélations de l’année en PL, un puissant ailier à l’ancienne : il fixe, dribble, accélère et centre (justement). Parfois il ne dribble même pas, paf, ça part tout seul, sans élan. Un phénomène ce McClean. Il a également marqué 6 buts. Ridiculement sous-utilisé à l’Euro 2012 par Trapattoni (13 minutes).

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 1 000/1. Relégation : 10/1.

Kevin Quigagne.

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré il y a trois jours, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur l’avant-saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, les numéros 10, 11 et 12 de l’alphabet :

Norwich City, Queens Park Rangers et Reading.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

Norwich City

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (12è, 47 pts, - 14) Merveilleusement bien, ce fut un rêve éveillé pour tout le Norfolk et les sept (!) joueurs de l’effectif qui ont connu la non-league (D5 et en dessous). Dont Grant Holt, 31 ans, qui changeait encore les pneus crevés et batteries mortes au Kwik Fit de Carlisle - le Norauto anglais - il y a dix ans tout en étant amateur à Barrow, alors en DH anglaise.

Le départ de Paul Lambert, après une 12è place et deux promotions successives (D3 > PL), a été compris mais mal vécu.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Hmm, un brin bilieuses, après la première journée (raclée 5-0 infligée par Fulham). Soudain, on prête attention à ce bon vieux marronnier-cliché cher aux médias anglais : le Second Season Syndrome. Le SSS est une bestiole qui fait peur. Crainte justifiée ou irrationnelle ?

En examinant les stats depuis le démarrage de la PL en 1992, le SSS apparaît plus comme un mythe qu’une réalité : sur les 60 clubs promus en PL depuis 1992, seuls 7 ont été relégués au terme de la deuxième saison (par comparaison, 24 sont redescendus illico). Mathématiquement donc, rien à craindre de spécial, ni malédiction ni fatalisme, mais ce foutu SSS en fait quand même flipper pas mal.

Atout capital : les Canaries ont conservé leur joueur clé, Grant Holt (15 buts PL la saison passée). Contrat de trois ans et salaire mensuel doublé (environ 140 000 £). Non, Grant Holt n’a pas signé à Ipswich, comme malicieusement affiché début août sur le site de l’ennemi Tractor Boys, ici. Dream on Ipswich !

La défense sera la priorité du nouveau manager, Chris Hughton because 66 buts encaissés l’an dernier, ça fait pas sérieux. On n’est pas à Blackpool ici. Hughton a la réputation de pratiquer un football plus défensif que Lambert et la venue du défenseur central Michael Turner est une bonne nouvelle (Sunderland voulait alléger sa masse salariale). Evidemment, après le 5-0 encaissé à Craven Cottage, cette « priorité » défensive peut faire sourire (enfin, pas les Canaries).

Les moyens sont limités à Norwich (prêts à rembourser après de sérieuses restructurations en 2009) et il faudra acheter malin au mercato d’hiver en cas de problèmes. Contrairement à tant d’autres clubs, il sera difficile de sortir le chéquier si ça va mal à Noël.

A noter la colonie d’ex joueurs de Leeds United qui se reconstitue à Norwich (après B. Johnson et J. Howson, voilà R. Snodgrass).

Qui est arrivé cette saison ? Jacob Butterfield (Barnsley, gratuit - mais une compensation sera versée aux Tykes, ici), Javier Garrido (Lazio, prêt), Robert Snodgrass (Leeds, 3M), Michael Turner (Sunderland, 1,5M), Steven Whittaker (Rangers, gratuit).

Qui s’est éclipsé ? Daniel Ayala (Nottingham Forest, prêt), Andrew Crofts (Brighton, montant non communiqué), Josh Dawkin (Braintree Town, gratuit), Adam Drury (Leeds, gratuit), Aaron Wilbraham (Crystal Palace, gratuit), Zak Whitbread (Leicester, gratuit).

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Plusieurs oui, en particulier Ryan Bennett et Jacob Butterfield, tous deux 22 ans. Bennett est un Espoir anglais recruté à Peterborough au mercato d’hiver pour 3M. Huit titularisations remarquées la saison passée, à confirmer.

Le milieu Butterfield était convoité et a été comparé à Paul Gascoigne (ici) pour sa technique. Espérons surtout pour les Canaries qu’il picole moins que lui.

Si Norwich était un sport olympique, ça serait quoi ? Le plongeon. Attention à la chute libre cette année, surtout éviter un atterrissage à la Stephan Feck.

… un sélectionné/objet olympique ? Un lieu plutôt, la cantine du site olympique londonien, le plus grand réfectoire au monde. Ça irait bien à la patronne de Norwich, cuisinière mondialement connue (pour la perfection de ses oeufs durs).

C’est qui le big boss au fait ? LA boss vous voulez dire… Delia Smith et son mari Michael Wynn-Jones (businessman, journaliste, éditeur) qui détiennent 53 % des actions (d’autres actionnaires mineurs ont le reste, dont Michael Foulger, 15 %).

On ne présente plus Delia, grande ambassadrice de l’art culinaire anglais (si si, ça existe). Vedette TV depuis les Eighties avec des émissions très suivies (dont Delia’s How to Cook) et aux antipodes du « gastro-porn » de la plantureuse Nigella Lawson ou du style branché londonien de Jamie Oliver. Si Jamie aimait enfourcher sa Vespa pour acheter son piment de Cayenne au marché ethnique du coin et jouer au basket dans son studio tout en cuisinant, Delia, elle, faisait dans le conversatisme. Comparez : Delia. Maintenant : Jamie.

Une émission en particulier est restée dans toutes les mémoires : quand elle montra en 1998 à sept millions de Britanniques… comment faire un oeuf dur ! Résultat : une augmentation des ventes d’oeufs de 10 % selon son wiki (due aussi aux leçons suivantes : le cake). Alléluia, grâce à Delia, les British savaient enfin se faire cuire un oeuf. A vendu des dizaines de millions de livres et DVD et aidé le club lors des turbulences financières de 2009 (voir plus haut).

Il lui est arrivé de prendre le micro à Carrow Road pour exhorter les supporters à mettre le feu (voir clip - bien pompette ce jour-là Delia, elle prononce football « fuzzball »). Delia is mythique.

Signalons aussi la présence de l’immense Stephen Fry au directoire, l’une des personnalités préférées des Britanniques (un vrai touche à tout, son wiki nous le résume : actor, screenwriter, author, playwright, journalist, poet, comedian, television presenter, film director, and a director of Norwich City FC).

Et le manager ? Chris Hughton (ci-dessus), ex Spurs et international irlandais dans les Eighties (latéral gauche, 53 capes). A fait ses classes à Tottenham où il fut l’adjoint de dix entraîneurs (!) entre 1998 et 2008. Fila ensuite à Newcastle, d’abord comme Number 2, puis comme manager été 2009 (saison passée en D2). Limogé en décembre 2010, il rebondit à Birmingham City l’an dernier.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 5 000/1. Relégation : 2/1

Queens Park Rangers

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? (17è, 37 pts, - 23) Tumultueusement, on se serait cru sur un rollercoaster, émotions et haut-le-coeur à gogo. On plaint leurs supporters cardiaques. Pour leur grand retour parmi l’élite (depuis 1996), les Hoops se sont sauvés à l’arrache et on ne s’est pas ennuyés ! Un grand merci à Djibril Cissé et Joey Barton pour avoir assuré le divertissement en fin de saison.

Inutile de s’éterniser sur l’affaire Anton Ferdinand-John Terry et le cas Joey Barton, tout a été dit et redit (clip de son coup de sang mythique). Le philosophe-psychopathe liverpudlien n’a pas fait partie de la tournée asiatique. Décidément… Déjà, l’été dernier, l’immigration US lui avait refusé un visa de travail à cause de son casier judiciaire, incompatible avec une tournée de club, considérée comme activité professionnelle. Sauf énorme surprise, il ne figurera pas dans la liste des 25 à remettre à la Premier League au 1er septembre, on ne le reverra donc pas en PL avant 2013.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Jusqu’à samedi dernier 15 heures, elles étaient excellentes. Deux heures plus tard, grosse déprime : défaite 5-0 contre Swansea à domicile. Du coup, on se contenterait d’une 15è place avec un peu d’avance arrivé mi avril, histoire de ne pas revivre l’insoutenable fin de saison dernière.

Le recrutement n’est peut-être pas aussi judicieux qu’on a bien voulu le dire, l’effectif semble un brin vieillissant (une douzaine de joueurs ont la trentaine passée).

Côté coulisses, ça bouge et sur deux fronts :

1)   Le nouveau stade. Le club révèlera bientôt les plans d’une enceinte de 45 000 qui condamnera le sympathique mais dépassé Loftus Road (18 360 places). Trois sites sont à l’étude, tous dans l’ouest londonien. 45 000 places,  ça paraît sacrément ambitieux quand même (Loftus Road n’a pas toujours fait le plein l’année dernière). Fernandes a souvent dit vouloir transformer le club en une global brand et à l’évidence, il ne bluffait pas. La venue de Park, adulé en Asie du Sud-Est (marché cible de QPR), s’inscrit dans le projet d’internationalisation du club. Le grand déménagement n’est pas prévu avant 2017. Ce sera le dix-huitième stade/site du club depuis sa création en 1882 ! (record britannique, ici). QPR est à Loftus Road depuis 1917.

2)   Le nouveau training ground, centre d’entraînement et de formation, trente hectares de verdure dans l’ouest londonien (Warren Farm Sports Centre). Selon le club, tout sera prêt pour le début de la saison 2013-14. Le site compte déjà vingt terrains de football ainsi que bâtiments et équipements mais beaucoup sera à refaire ou rénover et le timescale annoncé par le club semble très ambitieux. Un centre ultra-moderne avec terrains artificiels, domes, unité médicale, etc. qui sera le bienvenu : l’actuel Harlington Sports Ground tout près d’Heathrow est probablement le moins fonctionnel (et le plus bruyant) de PL, d’où l’absence d’Academy à QPR, le club n’ayant reçu d’accréditation que pour un Centre of Excellence, le niveau inférieur (tous les centres de formation anglais seront catégorisés du maximum 1 à 4 courant de la saison actuelle dans le cadre de la refonte du système de formation décidée par la Premier League – le controversé Elite Player Performance Plan – dont Teenage Kicks vous parlait en février 2011, ici - QPR devrait être classé 3).
Le propriétaire, Tony Fernandes, restructure actuellement le club pour rattraper le retard perdu. Le dossier de Warren Farm est entre les mains de l’arrondissement d’Ealing qui devrait bientôt donner son feu vert.

C'est plus du pay-as-you-play à ce niveau, plutôt du pray-as-you-play

Ce n'est plus un contrat pay-as-you-play à son niveau, mais du pray-as-you-play

Oh, et QPR a cocassement refilé un an de contrat pay-as-you-play à Kieron Dyer, 33 ans, en permanence blessé depuis des années, un perma-crock dans le jargon (seulement 7 minutes de jeu la saison dernière - les premières de la 1ère journée, 0-4 contre Bolton ; pied, cheville, ligaments, etc.). 
Fait assez incroyable : en 4 saisons à West Ham (
360 000 £/mois, en incluant les droits d’image de 424 000 l’an et une scotchante « prime de fidélité »), il ne disputa que 34 bouts de match toutes compétitions confondues (pratiquement aucun en entier), marqua zéro but et coûta la bagatelle de 30M !

Last but not least, le DVD The Four Year Plan sorti cette année est un formidable documentaire de football, que l’on s’intéresse ou pas à QPR. Procurez-le vous, c’est un must-watch.

Qui est arrivé cette saison ? Jose Bosingwa (Chelsea, gratuit), Fábio da Silva (Man United, prêt), Samba Diakité (Nancy, 3,5M), Robert Green (West Ham, gratuit), Junior Hoilett (Blackburn, un montant compensatoire sera décidé par un tribunal), Andrew Johnson (Fulham, gratuit), Ryan Nelsen (Spurs, gratuit), Park Ji-sung (Man United, 2M)

Qui s’est éclipsé ? Patrick Agyemang (libéré), Akos Buzsaky (libéré), Danny Gabbidon (libéré), Fitz Hall (libéré puis Watford), Heidar Helguson (Cardiff, montant non communiqué), Paddy Kenny (Leeds, 400 000), Peter Ramage (Crystal Palace, gratuit), Danny Shittu (libéré, puis Millwall), Rowan Vine (St Johnstone, gratuit)

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Pas des masses, non. Peut-être le Malien et ex Nancéen Samba Diakité, 23 ans, milieu défensif. Prêté à QPR en janvier dernier, il s’est bien débrouillé depuis (d’où les 3,5M déboursés pour s’attacher ses services).

Si QPR était un sport olympique, ça serait quoi ? Au vu de la saison passée, un truc bien risqué, style VTT ou cyclisme sur piste.

… un sélectionné olympique ? Peut-être l’haltérophile Matthias Steiner aux derniers J.O : attention de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Clip de ce pauvre Matthias (ouch).

Après avoir viré Neil Warnock, Tony se marre en lisant son autobiographie de Neil Warnock

Après avoir viré Neil Warnock, Tony s'est franchement poilé en lisant son autobiographie

C’est qui le big boss au fait ? Tony Fernandes. Cet homme d’affaires malaisien de 48 ans (Air Asia, Caterham F1) scolarisé en Angleterre, voulut racheter son club de coeur West Ham en 2009-10 mais le duo Gold-Sullivan le coiffa sur le poteau. Il se rabattit sur QPR en août 2011 et racheta 66 % des actions à Bernie Ecclestone (les Mittal détiennent le reste).

Tony en a eu pour son argent la saison dernière ! C’est sûr qu’une saison de PL à QPR, c’est un peu plus excitant que d’entr’apercevoir des fusées sur roues faire 60 fois le tour d’un circuit et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent (Schumacher et Vettel).

Et le manager ? Le Gallois Mark Hughes, a remplacé Neil Warnock limogé en janvier dernier. L’ex Manchester United Legend a fait ses classes avec le Pays de Galles qu’il reprit en 1999 et emmena aux play-offs 2004 (défaite contre la Russie), avant de partir manager Blackburn jusqu’en 2008 (remarquables 6è, 10è et 7è places en 2006, 2007 et 2008). Puis Man City en 2009 et enfin Fulham en 2010-11.

Après toutes ces dépenses, pas question de se refaire peur en championnat. Tony Fernandes veut assurer le maintien le plus tôt possible (certes, objectif de la plupart des clubs mais encore plus à QPR !). Tony n’est pas un sentimental et le Gallois pourrait gicler assez pronto si les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre :  2 000/1. Relégation : 5/1

Reading

Comment s’est passée la saison dernière ? 1er de D2, avec un finish de folie : 15 victoires sur 17 matchs ! (de la 28è à la 44è journée). Les Royals peuvent remercier Jason Roberts et Adam le Fondre, le vétéran reject de Blackburn et l’ex joueur de D4 sorti de nulle part ont planté les buts cruciaux dans l’emballage final.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Bonnes, surtout que le club vient d’être racheté à 51 % par le Russe Anton Zingarevich (voir plus bas). On attend beaucoup d’un autre Russe, le puissant avant-centre Pavel Pogrebnyak. Ce quasi nouveau venu en PL cartonna à Fulham en fin de saison dernière.

On retrouvera un ancien du grand Leeds des années 1997-2002 : le latéral gauche Ian Harte, 35 ans, pas le plus rapide des défenseurs mais toujours là. Excellent tireur de coups francs.

Et après la grosse boulette du (normalement fiable) gardien australien Federici contre Stoke lors de la première journée, Reading a recruté Stuart Taylor, 31 ans, 3è ou 4è portier de Man City.

On le surnomme Po

Selon son wiki, on le surnomme Pogreb (la cave en russe). Espérons pour lui qu'il n'y finisse pas.

Oh, et les Royals ont le nom le plus cool de PL dans leur effectif : Hal Robson-Kanu.

Qui est arrivé cette saison ? Chris Gunter (Nottingham Forest, 2,5M), Adrian Mariappa (Watford, 2,5M), Pavel Pogrebnyak (Fulham, gratuit), Danny Guthrie (Newcastle, gratuit), Garath McCleary (Nottingham Forest, gratuit), Nicky Shorey (West Brom, gratuit), Pierce Sweeney (Bray Wanderers, montant non communiqué), (Stuart Taylor (Manchester City, gratuit).

Qui s’est éclipsé ? Michail Antonio (Sheffield Wednesday, 900 000), Tomasz Cywka (libéré puis Barnsley), Mathieu Manset (Sion, montant non communiqué), Joseph Mills (Burnley, prêt), Karl Sheppard (Accrington Stanley, prêt) et les libérés : Cedric Baseya, Brian Howard, Andy Griffin, Jack Mills.

L’effectif en photos et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Deux. Lawson D’ath, milieu offensif de 19 ans, un crack. A impressionné lors de son passage à Yeovil en D3 l’an passé.

Et le petit nouveau, Pierce Sweeney, défenseur de 17 ans, international U18 irlandais qui vient de la D1 irlandaise. La filière irish a réussi au club par le passé (Kevin Doyle et Shane Long - acquis pour une bouchée de pain, revendus une fortune ; Long ne coûta d’ailleurs rien et rapporta 6,5M en 2011 et sympathique plus-value de x 85 sur Doyle).

Si Reading était un sport olympique, ça serait quoi ? Aviron, cheval ou rugby (le rugby à VII sera introduit à Rio). Pourquoi ? Parce qu’on est près d’Eton et Windsor, d’où le surnom du club et du comté, Royal County of Berkshire. Le coin est bourré d’aristos. Attendez-vous à voir Pippa Middleton poser son fessier royal dans les travées VIP du Madjeski Stadium.

Et le sponsor du club n’est pas n’importe qui : Waitrose, chaîne  de supermarchés upmarket. C’est sûr que Waitrose, ça en jette plus sur le maillot que Ramsdens à Middlesbrough (chaîne de prêteurs sur gages).
Il fallait donc un sport très pratiqué dans les Public Schools du coin à minimum 20 000 £ l’année (et Oxford tout proche). Ça aurait pu aussi être le hockey sur gazon, ça tâte pas mal de la crosse dans les écoles privées anglaises (surtout de filles).

… un sélectionné/objet olympique ? Jo-Wilfried Tsonga. Il raffole des Kinder - l’ancien surnom du club est les Biscuitmen (voir ci-dessus).

C’est qui le big boss au fait ? Anton Zingarevitch, un jeune Russe de 30 ans  (sa Wag est déjà fichée) qui cherchait un club dans cette région d’Angleterre où il a été scolarisé. Il supportait Reading quand il étudiait dans le coin. Son pater avait failli racheter Everton en 2004. Les Zingarevich pèseraient autour de 450M (media, édition, production TV, immobilier, hotellerie, etc.) mais on n’en sait pas beaucoup plus, la transparence n’étant pas le fort de ces Russes.

Une opacité qui a fait tiquer la Premier League et le rachat du club à John Madjeski (pour 40M), propriétaire « historique », n’a pas été des plus smooth. Depuis 2004 et une série de scandales retentissants, tout candidat propriétaire doit satisfaire aux exigences du « Fit and proper person test », sorte d’examen de probité basé sur un audit financier, en théorie approfondi. Cette procédure a été établie pour ne plus revivre les heures sombres des Nineties et Noughties où des dizaines de clubs furent placés en redressement judiciaire (propriétaires incompétents ou véreux - souvent les deux).

Ce test est régulièrement critiqué pour son manque de rigueur supposé ; pour ses détracteurs, il ne serait en fait qu’une formalité. Le Thaïlandais Thaksin Shinawatra l’avait par exemple réussi haut la main en juin 2007 lors de son rachat de Manchester City… alors qu’il était recherché pour des détournements de fonds et autres malversations dépassant le milliard de £ !

Reading FC  appartient à la société Thames Sports Investment, dont la structure semble particulièrement nébuleuse : les investigations de la Premier League ont duré quatre mois et n’auraient pas réellement permis d’en savoir plus sur TSI et la réelle solidité financière de l’édifice (de fait, certains montages sont tellement impénétrables - Leeds United ou Portsmouth pour ne citer qu’eux - que la Premier League plc emploie des cabinets spécialisés dans le détricotage financier pour savoir qui se cache derrière tout ça, comment et où ça se cache - souvent aux Caraïbes). Le deal, annoncé par John Madjeski mi janvier, a tout de même été finalisé le 29 mai dernier. John Madejski, propriétaire depuis 1990 (celui qui a fait décoller le club), conserve 49 % des Royals.

Une page se tourne donc pour ceux que l’ont surnomma longtemps les Biscuitmen*. John Madjeski, businessman local et philanthrope - mécène bien connu en Angleterre (éducation, art, communauté, etc.) n’avait plus, de son propre aveu, les poches assez profondes pour continuer l’aventure. « Avoir quelques centaines de millions ne suffit plus aujourd’hui » a-t-il déclaré au moment du passage de témoin. Et ouais, même avec 175M en poche, on n’est qu’un indigent dans le football anglais.

[*à cause de la firme Huntley & Palmers, autrefois basée localement et plus grande usine de biscuits au monde au début du siècle dernier - plus de 5 000 employés. En 1976, l'usine ferma et les supporters qui n'avaient pas trop envie de continuer à se faire traiter de noms de biscuits, organisèrent un vote via le Reading Chronicle pour changer de surnom. Les propositions affluèrent et mi juin 76, le manager Charlie Hurley (le mentor de Robin Friday) choisit The Royals. Ce moment historique vous été offert, dans les grandes lignes, par l'excellent livre Football: Terms and Teams de Ken Ferris, historien du football et membre éminent du mythique 92 Club - il battit même un record de vitesse]

Et le manager ? Brian McDermott, 51 ans, un manager au parcours atypique nommé à ce poste en 2009 après le limogeage de Brendan Rodgers. Cet ancien Gunner (ci-dessous) de 1978 à 1984 qui, de son propre aveumanquait de confiance pour réussir dans un groupe riche en fortes personnalités (voir photo de groupe), a commencé au bas de l’échelle à Slough en D7 et a déclaré avoir souvent failli tout arrêter, tant il tira la langue financièrement pendant des années.

Il persévéra et fit son trou dans le milieu en devenant chef scout puis entraîneur de la réserve de Reading en 2000, jusqu’en décembre 2009, où il fut promu manager. Il emmena les Royals en finale des play-offs en mai 2011, battus 4-2 par Swansea. A une réputation à la Brian Clough, fin psychologue et excellent man-manager qui sait tirer le maximum de ses joueurs. Dit adorer manager des joueurs réputés « difficiles » (on devrait lui envoyer Barton, tiens).

Et s’il quittait Reading, on pourrait peut-être un jour le voir diriger la sélection irlandaise, son rêve (parents natifs de l’île d’émeraude). Ou, qui sait, si Reading fait des miracles, peut-être le retrouvera-t-on un jour à Arsenal. Il a une revanche à prendre sur lui-même.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 5 000/1. Relégation : 5/4

Kevin Quigagne.

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League a redémarré ce week-end, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur l’avant-saison de Premier League 2012-13. On continue notre descente alphabeteuse avec aujourd’hui Manchester City, Manchester United et Newcastle.

Pour le reste de l’intro et les indispensables précisions d’avant-lecture, voir ici.

[Cliquer sur les photos facilite la lecture]

Manchester City

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? On a dépassé toutes les espérances, 1er avec 89 points et un goal average improbable : + 64 ! (93 buts pour, 29 contre). Ce premier titre de champion d’Angleterre depuis 1968 met fin à quatre longues décennies d’une souffrance contenue face au rival United. Titre arraché d’extrême justesse et de manière insensée.

Flashback. Dimanche 13 mai 2012 15h, dernière journée, City et Man United sont ex-aequo à 86 points. City sait que Man United mène 1-0 au Stadium of Light depuis la 20è minute et vu l’horizontalité Black Cat (déjà en vacances), il leur faut absolument battre Queens Park Rangers pour remporter ce titre. Or, à la fin du temps réglementaire, City est mené 2-1 par un QPR réduit à 10 depuis la désormais mythique explosion en vol de Joey Barton à la 55è minute (12 matchs de suspension).

90è min. : United est toujours champion. QPR apprend alors que Bolton descend à leur place, les Hoops sont donc sauvés (se relâchent-ils inconsciemment ?).

91è et 15 sec. : Dzeko marque, 2-2. United toujours champion

93è et 21 sec. : Agüero délivre le peuple Citizen ! clip. C’est son 30è but de la saison (21 en PL) et celui à jamais ancré dans la légende du foot anglais.

Des circonstances dramatiques qui rappelèrent le titre des Gunners de George Graham en 1989, arraché par Michael Thomas dans les arrêts de jeu à Anfield, privant ainsi Liverpool de son 18è titre (clip). Ce Liverpool-Arsenal était la dernière fois (avant mai 2012 donc) que les deux premiers durent être départagés au goal-average et, de plus, ces deux équipes avaient le même G-A à la fin du match ! (+ 37, Arsenal emporta le gros lot au nombre de buts marqués). Ironie de l’histoire, Michael Thomas signa à Liverpool deux ans plus tard.

En revanche, échec en Ligue Europe (après l’élimination en la Ligue des Champions). Les Citizens furent sortis par le Sporting Lisbonne - sans Vincent Kompany, le roc de l’équipe (récompensé par un contrat de six ans en juillet).

Côté coulisses, l’interminable saga Tevez de l’autumne-hiver dernier est oubliée et l’Apache a perdu 6 kilos pour plaîre à son Roberto. Il se sent parfaitement bien à Manchester, il est souriant, n’a plus aucun problème de climat, d’adaptation, de langue, de culture, de famille, de nourrice, de concierge, de ceci de cela, non, tout baigne. Le Tevez nouveau est arrivé.

Un autre petit nouveau : le centre d’entraînement du club (dans les cartons, ici), hors normes, évidemment. Voir également Le complexe de City.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Sereines, sereines. Les supporters Citizens ne sont pas encore descendus de leur gros nuage, surtout que ce but d’Agüero synonyme de titre se fit aux dépens de Man United…

Le club semble tellement sûr de son fait qu’une seule arrivée effective a été enregistrée, pour changer. Le Financial Fair Play approchant, le club a peut-être aussi décidé d’être enfin raisonnable (quoiqu’on voit mal le jour arrivé où l’UEFA dira à Man City ou au PSG : « Désolé les gars, vous n’avez pas équilibré vos comptes, pas de Ligue des Champions ! ». L’UEFA dépend de ces clubs et si sanction il y a, elle prendra probablement la forme d’une amende évidemment inefficace ; de toute manière, l’UEFA n’aurait pas les moyens financiers de lutter juridiquement contre ces clubs - en cas de procès - de vraies sanctions semblent donc improbables).

On vise évidemment de nouveau l’or avec, en bonus, une meilleure prestation en Ligue des Champions. Si Man City est vraiment un crack, il doit maintenant le prouver sur la scène européenne.

On s’inquiète tout de même un chouia du manque d’option (relatif) en défense central si Kompany ou Lescott se blessaient. Idem pour les gardien doublure (Pantilimon) et triplure (Nielsen), inexpérimentés à ce niveau.

Rassure-toi Manu, tu l'auras ton gros chèque

Rassure-toi Manu, tu l'auras ton gros chèque

Parenthèse Saga Africa de l’été : le cas Emmanuel Adebayor n’est toujours pas réglé. La situation n’est pas très claire aux niveau des exigences des différentes parties (Adebayor & agents, Man City et Tottenham).

Le Togolais, payé 740 000 £/mois à City et prêté à Tottenham toute la saison dernière (17 buts/33 matchs), veut partir de Man City mais pas à n’importe quel prix, normal. Si baisse de salaire il y a (Spurs lui offrirait une misère, à peine 450 000 £ mensuels, scandaleux), Adebayor insiste pour qu’elle soit compensée par une bonne petite prime à la signature d’environ 5M £. Comme on le comprend.

Tottenham, qui a proposé 4M à Man City début juillet (offre acceptée), n’est pas d’accord sur le montant de cette prime. En résumé, Adebayor voudrait toucher le même package d’ensemble qu’à City, peu importe sa composition (ça discutaillerait aussi bien évidemment sur les primes de saison, les sous-primes, les primes annexes, les primes déclenchées sur résultats atteints, etc.). Pour l’instant, Adebayor est puissant car il tient Spurs par les gonads : il sait que les Londoniens doivent absolument trouver un avant-centre avant le 31 août (ils n’ont que Defoe devant et l’Urugayen Gaston Ramirez semble leur avoir échappé… A Southampton aussi d’ailleurs car selon le Sunday Telegraph du 19.08, Bologne en veut maintenant 16M, alors que les Saints pensaient avoir conclu l’affaire à 12M). L’ex Monégasque paraît inflexible dans ses exigences, quitte à passer la saison prochaine sur le banc Citizen (on trouvera sûrement une solution d’ici là, il n’aura pas à aller jouer avec la réserve à Wigan ou Doncaster devant one man and his dog comme on dit).

Ah, j’allais oublier, Roque Santa Cruz est toujours dans l’effectif au cas où vous vous demanderiez où il est passé celui-là.

Last but not least, pas mal de supporters commenceraient à trouver la Poznan un peu naff (lourdingue/ringarde) et se demandent si on ne pourrait pas changer de disque. Notre calvaire est donc peut-être sur le point de s’achever.

Qui est arrivé cette saison ? Vlad Marin (Lazio, montant non communiqué - autour de 300 000 £ semblerait-il), Olivier Ntcham (Le Havre, montant non communiqué), Jack Rodwell (Everton, 12M)

Qui s’est éclipsé ? Gai Assulin (R Santander, gratuit), Wayne Bridge (Brighton, prêt), Greg Cunningham (Bristol City, gratuit), Owen Hargreaves (libéré), Andrea Mancini (Real Valladolid, gratuit), Gunnar Nielsen (libéré), Stuart Taylor (libéré), Vladimir Weiss (Pescara, 1,3M).

L’effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis Jack Rodwell (21 ans), deux semblent sortir du lot (on les verra peut-être en Coupe de la Ligue) :

1) Le Néerlando-Tunisien Karim Rekik, 17 ans ½, un arrière-central prometteur, prêté à Portsmouth l’an dernier

2) L’Espagnol Denis Suarez, milieu offensif de 18 ans ½ , U19 Espagne

Si Man City était un sport olympique, ça serait quoi ? Un truc avec des canassons, forcément (la passion du propriétaire, Sheikh Mansour, qui collectionne les purs-sangs, comme beaucoup de riches Emiriens - Newmarket, ville number 1 du cheval en Angleterre, les remercie tous les jours).

… un sélectionné olympique ? Gabriela Andersen-Schiess, aux J.O de Los Angeles. La marathonienne suisse franchit la ligne mais alors, à la Agüero hein, c’était même pas juste, c’était miraculeux, clip.

C’est qui le big boss déjà ? Sheikh Mansour, depuis l’été 2008, membre de la famille dirigeante d’Abou Dhabi et Premier Ministre adjoint des Emirats Arabes Unis. Il n’intervient pas beaucoup et on le voit jamais à Manchester : il n’a assisté qu’à une seule rencontre à l’Etihad en 4 ans et n’était même pas présent le jour du sacre historique !

Mansour délègue entièrement à son bras droit, le discret Khaldoon Al Mubarak, qui composera désormais avec le nouveau Chief exec espagnol Ferran Soriano. Ce poste était vacant depuis le limogeage de Garry Cook en septembre 2011, CEO efficace mais loose cannon bien trop grande gueule et enclin à la gaffe PR pour tenir longtemps compagnie à ces gentlemen corporate formés à l’américaine, donc très soucieux de l’image du club.

Et le manager ? Roberto Mancini, a signé un nouveau contrat de cinq ans le mois dernier. A force d’empiler les vedettes, il a fatalement fini par décrocher le premier titre du club depuis 1968. Mais sans l’extraordinaire coup de sang de Joey Barton qui entreprit de boxer trois Citizens d’un coup, City aurait probablement raté l’or. Toutefois, soyons Coubertiniste : le sacre City est mérité tant le jeu offert par les Citizens fut souvent un régal.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 5/4. Relégation : 2 000/1

Manchester United

Comment s’est passée la saison dernière ? (2è, 89 points, + 56) Moyennement, par rapport aux attentes toujours stratosphériques. Certes il y eut l’énorme déception de la dernière journée car Man United avait fait le boulot devant un Sunderland apathique (1-0) mais le sentiment général est que MU ne méritait pas le titre.

Piètre saison européenne, reversé peu glorieusement en Ligue Europe et éliminé sans coup férir par l’Athletic Bilbao.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Elles étaient mitigées il y une semaine (ça causait et marmonnait beaucoup argent, remboursement de dettes, IPO raté, fronde des supporters, etc.) mais depuis la signature de Robin van Persie, plus de chouineries !

La venue de RvP est un magistral statement of intent de Fergie, comme disent les Anglais (= message fort envoyé aux adversaires). Attaque de feu : la paire Rooney-Van Persie c’est 72 buts en 83 matchs de club l’an dernier (et 1 seul carton jaune pour le Roo !). Les ailiers sont pas minables non plus (Valencia, Kagawa, Nani et Young), sans parler les supersubs Daniel Welbeck et Chicharito. La médaille d’or ne devrait pas ne peut pas leur échapper.

He is back !

He is back !

Derrière, le retour de Vidic est une bénédiction, la confiance en Evra et Rio Ferdinand n’étant plus ce qu’elle était (Smalling indisponible jusqu’en octobre, métatarse). D’ailleurs, Siralex a prévu le coup et la rumeur Alexander Büttner enfle ce soir (19.08). Ce Néerlandais de 23 ans est latéral gauche mais peut aussi jouer à droite. Selon Sky, il viendrait d’atterrir à Manchester et passera un examen médical lundi 20 au Bridgewater Hospital de Manchester (on parle de 5M d’€).

Au milieu, on aura du Scholes, du Carrick, du Cleverley (ces deux derniers d’ailleurs fort bons face aux Italiens il y  a 4 jours). Et du Fletcher quand il n’aura plus mal au ventre.

Cette année verra certainement la retraite définitive des Glorieux Anciens Ryan Giggs et Paul Scholes. Je sais bien que Claudio Caniggia vient de marquer en FA Cup à 45 ans (clip) mais il va bien falloir que nos deux Legends raccrochent. En parlant de Legend, la fête commence sans lui, dommage. Encore un qui a perdu la tête à cause des canassons (Stoke et Everton sembleraient être de nouveau intéressés par Owen, la rumeur Toffee a repris ce week-end).

Qui est arrivé cette saison ? Shinji Kagawa (Dortmund, 12M, jusqu’à 17 avec extras), Nick Powell (Crewe, 2,75M, jusqu’à 4 avec extras), Robin van Persie (Arsenal, 24M)

Qui s’est éclipsé ? Ben Amos (Hull, prêt), Fabio (QPR, prêt), Tomasz Kuszczak (Brighton, gratuit), Matty James & Ritchie de Laet (Leicester, 2M la paire), Oliver Norwood (Huddersfield, 450 000), Michael Owen (libéré), Ji-Sung Park (QPR, 2M), Paul Pogba (Juventus, gratuit)

L’effectif et les fiches  Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis Kagawa et Cleverley, déjà connus et vieux pour des p’tits jeunes, il faut évidemment citer Nick Powell, 18 ans ½.

Pur produit du centre de formation magique de Crewe Alexandra (ville moyenne du Cheshire et Mecque des trainspotters), Powell est un milieu de terrain international anglais U18 auteur de 14 buts avec les Railwaymen l’an dernier (D4). Powell, c’est ça.

Siralex entretenant des liens étroits avec le sorcier de Crewe, Dario Gradi (29 ans comme manager, aujourd’hui responsable de l’Academy), Powell était dans son radar depuis pas mal de temps. Gradi, ex manager de Wimbledon FC (c’est d’ailleurs au début de son règne Don que la légende Crazy Gang naquit) a transformé ce très modeste pensionnaire de Football League en usine à débiter du surdoué : depuis l’arrivée de Gradi en 1983, Crewe a vendu pour plus de 30M £ de joueurs formés au club ! (sans compter ceux qui ont profité du club pour se lancer ou relancer, parmi lesquels David Platt, Robbie Savage et Neil Lennon).

Peut-être verra-t-on aussi émerger Jack Barmby, fils de (Nick Barmby, ex international anglais et récemment manager de Hull City). On parle également de Will Keane (aucun lien de parenté avec Roy), attaquant de 19 ans et Espoir anglais.

Si Man United était un sport olympique, ça serait quoi ? Idem que pour Liverpool.

… un sélectionné/objet olympique ? Paul Elvström. Tout comme Giggs et Scholes, ce régatier danois ne voulut jamais raccrocher et remporta plein de breloques dans une carrière tout en superlatifs : il participait encore aux J.O à 60 ans !  (4 médailles d’or en voile, huit JO de 1948 à 1988, 13 fois champion du monde, etc.).

C’est qui le big boss au fait ? La famille Glazer, depuis juin 2005. Les Glazer viennent d’introduire MU à la bourse de New-York afin de lever 210M destinés en partie à purger une partie des dettes - et intérêts sur dettes - astronomiques que les Glazer ont collé sur le dos du club (clip), plus de 600M.
Vu qu’ils sont du genre taiseux, la communication se fait exclusivement via le Chief Exec du club, David Gill.

Et le manager ? Sir Alex Ferguson bien sûr, aka SAF, Fergie ou Siralex, depuis le 6 novembre 1986. L’ex tenancier de pub est plus que jamais déterminé à montrer aux noisy neighbours qui est le Boss, d’où Robin van Persie. Il veut décrocher le big fat Number 20 et après seulement, il raccrochera. Peut-être.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 7/4. Relégation : 2 000/1

Newcastle United

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? Jouissivement, 5è (65 pts, + 5). Avec de la baraka, une French touch classieuse et souvent beaucoup de maîtrise, les Magpies ont fait taire tous les doom and gloom merchants (Cassandre) qui les voyaient galérer après avoir perdu leurs cadres, les Joey Barton, Kevin Nolan et autre Jose Enrique. Beaucoup « d’experts » avaient en effet pronostiqué le bas de classement pour les Magpies…
Il faut dire que l’un deux, le navrant Alan Shearer (Match Of The Day, BBC), ne connaissait déjà pas du tout Hatem Ben Arfa quand il fut recruté fin août 2010 en affirmant tout de go qu’il était inconnu au bataillon (« He is a young kid, No one really knows a great deal of him » assura-t-il - HBA était international français depuis 2007 !). Alors lui demander d’évaluer l’équipe avec les « obscurs » Santon, Cabaye, Ba and co, c’était mission impossible. Et c’est payé 500 000 £/an avec notre redevance en plus, pour vingt minutes (d’inanités) par week-end. We are in the wrong job.

Et en plus l'université de Newcastle l'a fait Docteur honoraire en Civil Law !

Et en plus l'université de Newcastle l'a fait Docteur honoraire en Civil Law !

L’un des artisans de ce succès est Graham Carr, responsable de la cellule recrutement du club depuis février 2010 (et accessoirement père du très célèbre Alan Carr, comique et vedette TV). Carr et son équipe (dont le vieux briscard Brian Clark, découvreur de Gazza, entre autres) connaissent parfaitement le marché français et continental. Ils se sont par ailleurs attachés les services d’anciens de la D1 française, dont l’ex Magpie Olivier Bernard et l’ex Rouennais Simon Stainrod (agent Fifa qui a servi de player liaison officer à Ben Arfa).

Après les excès des saisons précédentes NUFC tenait à peu dépenser en transferts (et salaires) et bien leur en prit car cela les força à recruter malin. Et quel recrutement : Y. Cabaye, D. Santon, Demba Ba et Papiss Cissé… Une saison à rendre malade de jalousie les Black Cats voisins ! Car Sunderland adopta l’approche inverse, la flambe : 25M £ de dépensés sur 10 joueurs dans l’espoir de titiller les places européennes (objectif raté de 20 points seulement…).

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Conquérantes. On se demande quand même si ça ne va pas faire léger niveau recrutement, surtout avec la Ligue Europe. La CAN en Afrique du Sud privera probablement de nouveau Newcastle de pièces maîtresses (Ba, Cissé et Tioté) et on espère une ou deux recrues supplémentaires avant le 31 août.

Qui est arrivé cette saison ? Vurnon Anita (Ajax, 6,7M), Romain Amalfitano (Reims, gratuit), Gael Bigirimana (Coventry, 1M), Curtis Good (Melbourne Heart, 400 000).

Qui s’est éclipsé ? Leon Best (Blackburn, 3M), Fraser Forster (Celtic, 2M), Danny Guthrie (Reading, gratuit), Tamas Kadar (Roda, gratuit), Peter Lovenkrands (Birmingham, gratuit), Alan Smith (libéré, puis MK Dons) ainsi qu’une dizaine de libérés.

L’effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Pas mal oui. Deux en particulier :  le fraichement débarqué Gael Bigirimana et Sammy Ameobi, régional de l’étape et frère de Shola.

Bigirimana (on a hâte d’entendre Shearer ou Dean Windass essayer de prononcer son nom à la télé), milieu défensif burundais de 18 ans, sort d’une saison réussie chez les Sky Blues dans un contexte difficile (a également fait une belle intersaison).

Idem pour Sammy Ameobi, 20 ans, avant-centre/ailier. Ce joueur très technique et longiligne (1m94, il rappelle un peu le Costa-Ricain Paulo Wanchope) a cartonné à l’intersaison et vu les exigences du calendrier à venir, on le reverra probablement bientôt. A porté dix fois le maillot Magpie en PL l’an dernier (1 fois titulaire).

Newcastle a aussi des munitions en réserve :

-      le milieu franco-algérien Mehdi Abeid, 20 ans
-      le talentueux milieu slovène Haris Vuckic, 19 ans
-      le latéral gauche nord-irlandais Shane Ferguson, 21 ans
-      l’arrière-central australien Curtis Good, 19 ans

Si Newcastle était un sport olympique, ça serait quoi ? Vu le style du proprio, un truc pas trop finaud et bien massif, du style haltérophilie en Super Lourds.

… un sélectionné olympique ? Taras Shelestiuk, l’Ukrainien vainqueur d’Alexis Vastine, plus verni que lui, tu tombes K.O. net.

C’est qui le big boss ? Mike Ashley, depuis 2007 quand il racheta NUFC 134M de £ au duo de businessmen locaux Hall-Shepherd. Ashley a 47 ans et pèse 1,7 milliards de £ (36è fortune du pays).

A osé cette année rebaptiser Saint James’ Park le Sports Direct Arena (du nom de sa chaîne de sport & sportswear entrée de gamme, croisement entre Tati et un Décathlon du tragiquement pauvre).

Non content de sa trouvaille, il a entièrement redécoré le stade en y mettant des logos SD très tacky absolument partout, avec plein de % énormes (réductions en magasin, carte fidélité, etc.). C’est tout juste s’il n’a pas ouvert une boutique derrière chaque but. Même le toit de la tribune Gallowgate a eu droit à un gigantesque panneau à la gloire de SD. Quand on saura que la Gallowgate est à Newcastle United ce que le Gange est aux Hindous (sacrée, les cendres du légendaire Jackie Milburn - 200 buts NUFC - furent dispersées sur la Gallowgate à sa mort en 1988), on comprend mieux la portée blasphématoire du geste de Mike Ashley. Plus aucun respect ces nouveaux riches. La mairie de la cité Geordie l’a prévenu qu’elle refuserait de changer les panneaux de signalisation portant le nom historique du stade (SJP). Ashley a offert de les payer mais niet.

Etait détesté des supporters avant la saison dernière, trop pingre et suspect à leurs yeux, pour un tas de raisons (entre autres, les embrouilles de 2008 entre son protégé Dennis Wise et l’ex NUFC Legend Kevin Keegan ont profondément nourri la rancoeur). Est cependant considéré comme un Dieu vivant depuis la saison passé.

Pardew et O'Neill (Sunderland) lors du dernier derby Tyne & Wear

Pardew et O'Neill (Sunderland) lors du dernier (et chaud bouillant) derby Tyne & Wear en mars 2012

Et le manager ? Alan Pardew, depuis décembre 2010. Débuta en D3 à Reading en 1999 qu’il fit monter en D2 en 2002. Ensuite West Ham (D2) qu’il hissa en PL en 2005. La suite, à Charlton et Southampton, fut bien moins reluisante.

Peut se montrer très fébrile sur la ligne de touche, ce qui fut le cas la saison dernière où l’on eut droit au Pardew Show à chaque désapprobation des décisions arbitrales (souvent). Et hier contre Tottenham, ça. Il a présenté ses excuses après le match aux arbitres et publiquement devant les caméras de la BBC, aussi par anticipation d’une sanction de la FA (on se souvient également d’une grosse altercation avec Wenger en 2006, avait célébré un but de West Ham devant le Français, qui avait réagi… et s’était pris 10 000 £ d’amende).

Désormais surnommé Pardiola dans la cité Geordie. S’il nous fait une saison copié-collé, on lui érigera une statue devant SJP, entre celles de Jackie Milburn et Bobby Robson.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 120/1. Relégation : 40/1

Kevin Quigagne.

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, The blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League redémarre ce week-end, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur l’avant-saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, deuxième partie et on continue notre descente alphabeteuse : Everton, Fulham et Liverpool.

Pour le reste de l’intro et les précisions de pré-lecture fort utiles, voir ici.

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Everton

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? 7è (56 pts, G-A de + 10) avec comme d’hab’ un gros retard à l’allumage (8 défaites sur les 14 premiers matchs !) et un finish à la Mark Cavendish ou Jason Kenny : explosif, invaincu sur les neuf derniers matchs (dont 5 victoires).

Ce départ catastrophique faisait suite à une intersaison transparente niveau recrutement : la première recrue de l’été, le gardien Marcus Hahnemann, n’arriva (gratuitement) à Goodison Park que le 17 septembre !  Cette parcimonie s’inscrivait dans la logique du mercato précédent où seul l’illustre inconnu Apostolos Vellios avait débarqué, pour un montant très grec de 250 000 £ (il s’est d’ailleurs fort bien débrouillé). Il flottait alors sur Goodison Park comme un parfum d’Acropole, gros problèmes de trésorerie et fronde des groupes de supporters (notamment The Blue Union).

Les choses changèrent radicalement au dernier mercato d’hiver, excellente pioche avec l’arrivée de Nikica Jelavic en provenance des Glasgow Rangers (ci-dessous), pour un modique 4,5M £.

Rayon grosses déceptions, la défaite 2-1 contre Liverpool en demi-finale de FA Cup à Wembley sur un but d’Andy Carroll à la 88è fit mal, les Toffees menant 1-0 jusqu’à l’heure de jeu.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Globalement positives. On a le sentiment du côté de Goodison Park qu’un bon départ pourrait voir les Toffees de nouveau titiller l’Europe.

Ne nous emballons pas trop cependant, il faudra déjà garder les convoités aux mercatos, en premier lieu John Heitinga (Player of the Year 2011-12), L. Baines et Jelavic. Le Croate, 11 buts en 13 titularisations depuis son arrivée, sera associé à son ex coéquipier des Rangers, Steven Naismith, ce dernier évoluant probablement en soutien. Faudra aussi que Moyes reste à la barre et renouvelle son contrat qui a encore un an à courir (les pourparlers traînent et ça inquiète un peu).

On ne va pas ici aligner toutes les rumeurs de transfert plus ou moins fondées mais une sort du lot car, si elle se matérialisait, elle constituerait un rare exemple de transfert across the Park comme on dit à Liverpool (le Stanley Park), le premier cas de ce type depuis Abel Xavier en 2002 : Charlie Adam pourrait signer à Everton ! Capable de sublimité comme d’insondable nullité, Adam n’entre pas dans les plans du nouveau manager des Reds, Brendan Rodgers. Moyes veut renforcer son milieu de terrain et serait intéressé par la venue de l’Ecossais pour environ 5M.

Qui est arrivé cette saison ? Steven Naismith (Rangers, gratuit - mais les Gers veulent 1,5M de compensation, ça se règlera aux Prudhommes ou à l’amiable), Steven Pienaar (Tottenham, 4,5M).

Qui s’est éclipsé ? Jose Baxter (libéré), Tim Cahill (New York Red Bulls, 1M), Adam Forshaw (Brentford, montant non communiqué), Marcus Hahnemann (libéré), James McFadden (libéré), Jack Rodwell (Man City, 12M), Connor Roberts (libéré), Joao Silva (Levski Sofia, 350 000 £), Denis Stracqualursi (libéré), James Wallace (Tranmere, montant non communiqué), Joseph Yobo (Fenerbahce, 2M).

L’effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Ross Barkley, athlétique milieu de 18 ans, pourrait endosser le rôle de Tim Cahill.

Si Everton était un sport olympique, ça serait quoi ? La Vitesse individuelle (style Baugé v Kenny). Chiant pendant la moitié de l’épreuve où il se passe rien, puis grosse accélération et regain d’intérêt ensuite.

… un sélectionné/objet olympique ? Christophe Lemaître, évidemment (lent au départ puis ça explose - en principe)

C’est qui le big boss au fait ? Bill Kenwright, 66 ans, un personnage ce Bill. Après avoir exercé un tas de petits boulots et tenté de percer comme acteur (rôles mineurs dans le soap misérabiliste Coronation Street et les célèbres films benny hilliens Carry On, grosso modo l’équivalent anglais des Charlots, humour slapstick, tarte à la crème), il se lance dans la production de shows et devient l’un des imprésarios les plus cotés du West End londonien (quartier des spectacles).

Supporter Toffee depuis l’enfance, Kenwright débarque au directoire d’Everton en 1989. Dix ans plus tard, le club va mal et il devient un héros en arrachant le contrôle financier du club des mains de Peter Johnson, le très décrié propriétaire. En 2004, Kenwright succède à Sir Philip Carter au poste de président (Carter est lui aussi un ancien de feu Littlewoods - voir plus bas - et surtout l’initiateur de la Premier League à son stade séminal, en 1980, voir notre dossier Naissance de la Premier League). La suite fut plus controversée et sa présidence a souvent été critiquée ces dernières années.

Kenwright détient aujourd’hui 26 % des actions du club, l’Américain Robert Earl 23 % et Jon Woods 19 %, un businessman du cru. Le reste, 32 %, est divisé entre Lord Grantchester, 8 % et de nombreux petits actionnaires (voir la répartition des actions).

La principale barrière d’Everton à la réalisation de ses ambitions (Europe, nouveau stade, salaires démentiels, etc.) demeure l’absence de sugar daddy (mécène). Les banques ne prêtent plus guère à Everton FC et les problèmes financiers ont miné le club ces dernières saisons. D’où la vente de l’espoir Jack Rodwell à Man City avant-hier et le départ de plusieurs gros salaires, dont Tim Cahill (240 000 £/mois).

Dommage, car parmi les petits actionnaires du club, il y a un vrai gros blindé, un zillionnaire même : Christopher John Suenson-Taylor (à gauche sur la photo), plus connu sous son titre nobiliaire, Lord Grantchester. Cet aristo et producteur laitier de 61 ans fait partie de la dynastie liverpudlienne des Moores - empire Littlewoods - qui posséda longtemps Liverpool FC, jusqu’en 2007 (et même Everton dans les années 60 !). Ce Lord fort sympathique au demeurant pèse la bagatelle d’1,2 milliards de £.

Ah, si seulement le Lord pouvaient lâcher ses pis de vaches deux minutes !

Ah, si seulement le Lord pouvaient lâcher ses pis de vaches deux minutes !

Malheureusement pour Everton, ce Lord travailliste qui siège à la House of Lords a acquis ses actions EFC plus par atavisme qu’autre chose et s’intéresse bien davantage aux questions agricoles qu’au football… Récemment, au nom des producteurs laitiers et avec Jamie Oliver à ses côtés, il ferraillait contre la grande distribution déterminée à ramener le prix du litre de lait payé aux producteurs à 25 pence (au lieu de 30p, je précise pour nos lecteurs/trices fermier/ères qui souhaiteraient s’établir en Angleterre). Si seulement il pouvait troquer ses trayeuses pour des Caramels cramponnés, Everton serait sauvé !

Kenwright essaie de vendre le club depuis quelques années déjà et a bien failli trouver preneur à plusieurs reprises - le groupe indien Jain étant le dernier en date, novembre 2011 - mais le dossier du nouveau stade semble compliquer les choses (les Russes Zingarevich père et fils - le fiston vient de racheter 51 % de Reading fin mai - furent aussi intéressés vers 2004-05 mais ça capota).

Et le manager ? David Moyes, à la barre depuis mars 2002, fit brillamment ses classes à Preston North End qu’il sauva de la relégation (en D4) à partir de janvier 1998 puis la montée en D2 en 2000, avant de propulser les Lilywhites aux play-offs Premier League en 2001 (échec en finale contre Bolton). Souvent courtisé ces temps-ci (par Tottenham récemment, Newcastle, etc.), il est adulé des supporters qui ajoutent cependant qu’un petit trophée ne ferait pas de mal, le dernier commençant à dater (FA Cup 1995).

David Moyes, pour son premier match chez les Toffees - Unsworth fête le but pour deux

David Moyes, pour son premier match chez les Toffees - Unsworth fête le but pour deux

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre :  250/1. Relégation : 27/1

Fulham

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? 9è (52 pts, - 3), pas mal du tout au final pour une saison étiquetée « de transition ». Le total de points est le deuxième plus élevé de l’histoire du club parmi l’élite. On fête encore dans les chaumières Cottagers le 7-0 cumulé des deux West London Derbies contre QPR.

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Assez sereines même si on plonge un peu dans l’inconnu avec des secteurs clés en chantier (renouvellement de l’attaque). Brede Hangeland est resté et ça a soulagé le peuple Cottagers, dont Lily Allen et Hugh Grant (ci-dessous), ses deux celebrity fans les plus connus (Grant sortit même 60 000 £ de sa poche en 1993 pour permettre au club, alors en D3 et archi-fauché, d’acheter le latéral Robbie Herrera ! Peine et oseille perdues, Fulham descendit en D4).

Une priorité pour les Cottagers : garder Clint Dempsey (23 buts/46 matchs en 2011-12) et Moussa Dembélé. Malheureusement pour eux, il ne reste qu’une année de contrat à Dempsey et il devrait partir. (Breaking news: Jol vient de confier à TalkSport à l’instant - 13h35 heure anglaise 17.08.2012 - que Dempsey ne sera pas inclus dans les 18 contre Norwich demain - départ imminent donc, Liverpool et Everton seraient sur le coup avec les Reds comme destination probable).
Dembélé pourrait rester lui et aurait alors la lourde charge d’animer l’attaque, associé au Croate Mladen Petric et au Colombien Hugo Rodallega.

En coulisses, on avance dans ce club discret : le conseil d’arrondissement vient d’autoriser Fulham à porter la capacité du superbe mais vétuste Craven Cottage à 30 000 places. La Riverside Stand, la tribune qui borde directement la Tamise, sera détruite et remplacée par ça.

Qui est arrivé cette saison ? Mladen Petric (Hamburg, gratuit), Sascha Riether (Cologne, prêt), Hugo Rodallega (Wigan, gratuit), George Williams (MK Dons, gratuit)

Qui s’est éclipsé ? Dickson Etuhu (Blackburn, 1,5M), Marcel Gecov (Gent, 700 000 £), Andrew Johnson (QPR, gratuit), Danny Murphy (Blackburn, gratuit), Pavel Pogrebnyak (Reading, gratuit), Bjorn Helge Riise (Lillestrøm, gratuit), Orlando Sá (libéré, puis Limassol).

L’effectif en photos et les fiches  Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, pas mal même. Le classieux Suisse Kerim Frei (6 titularisations à FFC l’an passé) et le milieu suédois Alex Kacaniklic, 21 ans, excellent durant sa pige de six mois à Watford. On devrait les voir davantage cette saison. Pourraient aussi se montrer, à Fulham ou ailleurs en prêt : le Portugais Mesca Na Bangna, l’Italien Marcello Trotta et l’Anglais Matthew Briggs.

Si Fulham était un sport olympique, ça serait quoi ? L’aviron. Craven Cottage flotte presque sur la Tamise et on se trouve à quelques (bons) coups de rame olympiques des bassins d’Eton.

… un sélectionné/objet olympique ? Une carabine, voir plus bas.

C’est qui le big boss au fait ? L’inénarrable Égyptien Mohamed Al-Fayed (il court toujours après la citoyenneté britannique, ici). L’octogénaire est devenu la 55è fortune du pays il y a deux ans en refilant Harrods aux Qatariens pour 1,5 milliards, empochant au passage une sympathique plus-value de 900M.

Mohammed est tombé amoureux de l’Ecosse depuis qu’on lui a conté comment ses lointains ancêtres avaient découvert la patrie de Sean Connery… Dans les Highlands, le propriétaire du Ritz parisien est d’ailleurs fort connu, mais sous le nom de Mohammed of the Glen (sobriquet censé rappeler une série à succès de la BBC, Monarch of the Glen). En effet, comme tout bon aspirant-aristo qui se respecte, Mohammed de la Vallée Profonde possède Balnagown Castle, un modeste domaine de 27 000 hectares où, vétu d’un kilt, il aime taquiner le saumon et tirer le coq de bruyère. Ça ne s’invente pas (au passage, gros cadeau Harrod’s au premier lecteur qui nous ramène une photo de Momo en kilt dans la lande en train de zigouiller de la grouse).

Martin, c'est quoi déjà le prétérit de « to screw up » ?

Martin, c'est quoi déjà le prétérit de "screw up" ?

Et le manager ? Martin Jol, depuis l’été 2011. Le Néerlandais a eu deux taches lourdissimes dans sa carrière anglaise : 1) enseigner l’anglais à Jacques Santini, son boss à Tottenham (cuisant échec, alors pour se venger d’avoir perdu son temps et ses cheveux à essayer de lui faire entrer les verbes irréguliers dans le crâne, il lui piqua la place)  2) succéder à Roy Hodgson (avec un an de Mark Hughes entre les deux) qui affichait un bilan très positif à la tête des Cottagers. A entrepris le rajeunissement de l’effectif.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre :  1 200/1. Relégation : 9/1

Liverpool

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? Pas franchement dans la joie et la bonne humeur, 8è (52 pts, + 7). On risque souvent l’overdose de stats mais ces deux chiffres sont tristement éloquents :

a)   52 : plus faible total de points parmi l’élite depuis 1953-1954, quand les Reds étaient descendus en D2 (les victoires ne comptaient alors que 2 points cependant)

b)   Seulement 6 victoires PL à Anfield de toute la saison

S’il existait une Olympiade du self-aggrandisement, Damien Comolli raflerait tout.

Une saison en vol plané

Une saison vol plané

Une saison 2011-12 à vite oublier en championnat, traumatisante par moments (immonde défaite 1-2 contre Wigan à Anfield), sur et en dehors du terrain (affaire Suarez-Evra). King Kenny Dalglish limogé, une page se tourne, il faut enfiler le bleu de chauffe, retrouver la grit (gnaque) et vite engranger un capital confiance, vitamine qui semble cruellement faire défaut depuis trois saisons.

Inutile de s’éterniser sur le limogeage par consentement mutuel de Damien Comolli, celui qui « découvrit Gareth Bale » comme on lit dans les gazettes footix en éclatant de rire. Si on organisait des Olympiades du self-aggrandisement, nul doute que Comolli raflerait tout, or, argent et bronze.

Personne n’a jamais trop compris exactement ce qu’il faisait là hormis partager bizarrement avec le propriétaire US une passion commune pour les Sabermetrics… La BBC se posait d’ailleurs la question au moment de son arrivée fin 2010 (ici) :

« The arrival of Damien Comolli at Anfield as the club’s director of football strategy is likely to divide opinion both with fans and pundits - good or bad, genius or idiot? »

La Beeb est désormais en mesure de répondre à sa propre interrogation.

Sans trop entrer dans les individualités, Stewart Downing « doit » une bien meilleure saison au club, indépendamment de son price tag (20M). Zéro passe décisive, zéro but en 36 matchs de PL pour l’ex Villan, c’est moins que… Tim Howard, le gardien d’Everton ! Il est malheureusement loin d’être le seul à avoir déçu (Henderson, Reina, Adam, Spearing ou Carroll ont été below par).

En revanche, les coupes domestiques ont apporté leur lot de satisfactions : finale de FA Cup (défaite 2-1 contre Chelsea) et Coupe de la Ligue remportée, péniblement il est vrai (aux pénalties contre Cardiff, 2-2, premier trophée depuis 2006).

La défense fit bonne figure, grâce surtout à Daniel Agger et au roc Martin Skrtel (le Terminator a été élu Player of the Season par les supps - 44 % des 66 937 votes -, nouveau contrat en discussion).

Petite circonstance atténuante, les Reds ne devraient pas rejouer de malchance ou/et de maladresse de sitôt : 33 montants, 5 pénalties ratés - sur 6 -, 132 tentatives non cadrées !

Le bilan est incontestablement très décevant pour ce qui était considéré comme une saison « de consolidation », après la précédente dite « de transition » qui arrivait après 2009-2010, saison cataloguée elle  « de grande désolation » par les supps Reds, ici.

Après tous ces exercises en « tion », on espère enfin une saison en « pion », avec plein de pions et une qualif’ pour la Ligue des ChamPions (rappel cruel, 2008-2009 : 2è derrière Man United, avec 86 points). Ne nous emballons pas trop, finir dans le Top Four serait un authentique exploit. Il faudra pour cela que Suarez retrouve ses stats de l’Ajax.

Le beau Andy restera-t-il ?

Le beau ténébreux Andy restera-t-il ?

Bon, et comment sont les vibes en ce moment ? Positives, la prolongation de contrat de Suarez et l’arrivée de Brendan Rodgers (de Swansea) et son tiki-taka classieux y étant pour beaucoup.

Tiki-taka ou pas, il faudra des buts, ce que n’a pas toujours su faire «  Swanselona » : une admirable 11è place, de la possession à gogo mais seulement 44 réalisations. Les supps Reds sont réalistes et peu envisagent un finish dans le Top Four. Matt Ladson, le co-editor du site thisisanfield.com, vise le Top Six. Avec le retour de Steven Gerrard, c’est un objectif largement realisable.

Les trois dernières saisons ont émoussé la légendaire winning mentality des Reds (le fameux Liverpool Way) et un certain réalisme mâtiné d’austérité est né après les folies dispendieuses des saisons précédentes, quelques 120M de claqués en 2011 par le tandem Comolli-Dalglish, dont 35 pour Andy Carroll (qui pourrait partir avant le 31 août, Rodgers cherchant déspérément à le caser depuis deux mois).

Qui est arrivé cette saison ? Joe Allen (Swansea, 15M), Fabio Borini (Roma, 10M), Oussama Assaidi (Heerenveen, 2,5M).

Qui s’est éclipsé ? David Amoo (Preston North End, gratuit), Alberto Aquilani (Fiorentina, 7M), Fabio Aurelio (Gremio, gratuit), Craig Bellamy (Cardiff, gratuit), Stephen Darby (Bradford, gratuit), Dirk Kuyt (Fenerbahce, 1M), Maxi Rodriguez (Newell’s Old Boys, gratuit), Toni Silva (Barnsley, gratuit).

L’effectif en photos et les Fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Quelques uns oui, citons Raheem Sterling, 17 ans ½, John Flanagan, Jack Robinson et Conor Coady, tous 19 ans (même si ce dernier joue désormais plus souvent milieu défensif, il se chuchote qu’il pourrait progressivement remplacer Carragher). Tous ces surdoués se trouvent ici.

Si Liverpool était un sport olympique, ça serait quoi ? Pas un sport, mais la cérémonie d’ouverture des JO de Londres : glorieuse, magique, majestueuse, historique, inclassable. Et because les sous-marins jaunes gonflables des Beatles et Paul McCartney, évidemment.

Ou alors le… handball ! Daniel Costantini racontait sur RMC pendant les JO qu’à l’occasion du premier France-GB de l’histoire en 1986, les joueurs britanniques portaient des maillots de Liverpool ! (et, selon Costantini, ils taclaient aussi comme Tommy Smith ! Merci à Vinnie James pour l’anecdote, Vinnie est le créateur-animateur de l’original http://whatafairfoot.blogspot.co.uk où il m’arrive de laisser mes petits commentaires).

… un sélectionné/objet olympique ? Carl Lewis : il a tout gagné - dans les années 80.

C’est qui le big boss au fait ? John W Henry, depuis octobre 2010. Ce zillionnaire US réussit à redorer le blason des Boston Red Sox et on nourrit les mêmes espoirs du côté d’Anfield. Espérons qu’il saura épauler financièrement Brendan Rodgers.

Fini de marcher, faut courir maintenant

Fini de marcher, faut courir maintenant

Et le manager ? C’est le Nord-Irlandais Brendan Rodgers, le quatrième manager en autant de saisons. Il a succédé à Kenny Dalglish après avoir signé un contrat de 3 ans le premier juin. Deuxième plus jeune manager de Premier League après André Villas-Boas (39 ans), cet ex-défenseur qui dut arrêter sa carrière à 20 ans (genou) a surtout fait ses classes manageuriales à Swansea, de 2010 à 2012. Il avait au préalable exercé ses talents à Chelsea sous Mourinho, entre 2004 et 2008, comme entraîneur des jeunes puis manager de l’équipe réserve (le Mou l’avait fait venir, il ne tarit pas d’éloges sur le bonhomme).

Son bref passage à Reading (juin à décembre 2009) se passa mal, principalement car il ne disposait pas des joueurs adéquats pour mettre en place son système de toque. Les résultats piquérent du nez, la grogne s’installa et John Madjeski, propriétaire, décida d’arrêter les frais avant Noël (à sa décharge, Reading, après avoir fini 4è de D2 la saison précédente, avait perdu ses meilleurs joueurs, dont Kevin Doyle et Stephen Hunt, et le va et vient de joueurs clés au club rendait difficile la montée en PL, ce que vient de réussir son successeur, l’atypique Brian McDermott).

Rodgers devrait appliquer les recettes qui lui ont réussi à Swansea depuis l’été 2010, un football de possession offensif (grâce notamment à l’ex Swan et néo Red Joe Allen). Les trois premiers matchs à domicile constitueront une belle entrée en matière : Man City, Arsenal et Man United !

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 22/1. Relégation : 180/1

Kevin Quigagne.

Youpi, c’est reparti pour la troisième saison Teenage Kicks, le blog du foot anglais. Ça tombe bien, la Premier League redémarre ce week-end, 114è édition du football professionnel anglais d’élite depuis 1888-89 et la vision divine de William McGregor, Créateur de toute chose. Pour se remettre dans l’ambiance, les indispensables fiches TK club par club en 10 questions-réponses pertinentes saupoudrées d’une saveur toute olympique of course.

En anglais, on appelle ça le low-down : ce qu’il faut savoir. Voici donc le low-down sur l’avant-saison de Premier League 2012-13. Aujourd’hui, première partie : Arsenal, Aston Villa et Chelsea.

Quelques précisions utiles :

1) Tous chiffres en £
2) Effectifs donnés au 14/08/2012
3) Seuls les principaux départs sont enregistrés - certains clubs libérant/vendant/prêtant jusqu’à 25 joueurs par intersaison, inutile de tous les mettre, beaucoup sont totalement inconnus même des supporters les plus inconditionnels, certains effectifs dépassant allégrement les 50 joueurs pros (par ex. en 2011-12 : 58 à Man United, 59 à Fulham, 60 à Man City, 61 à Liverpool et 63 à Arsenal)
4) Cotes bookmakers prises hier, moyenne du Big Five des bookies : Bet365, Coral, Ladbrokes, Paddy Power et William Hill. Tout est calculé scientifiquement, vous inquiétez pas*.

[*N.B. Clause de non-responsabilité : TK ne pourra être tenu responsable de pertes découlant de votre irresponsabilité ou excès d'alcool au moment du pari (c'est pas dans les voitures qu'il faut rendre obligatoire les éthylotests, mais à côté de l'ordi). Un exemple : à 12/1 pour le titre, Arsenal donne l'apparence d'un pari séduisant de nature à encourager certains esprits imbibés ou euphoriques à miser gros. Caveat aleator donc, ami parieur, prudence. Clause éthique : pariez avec modération et n'hésitez pas à partager - au moins votre joie - si vous gagnez grâce à nous].

Arsenal

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? 3è (70 points, + 25 de goal-average), démarrage catastrophique (7 points sur les 7 premiers matchs), puis mélange de frustration, déception et virtuosité (Van Persie). Alternance du meilleur - victoires 3-0 et 5-2 respectivement contre AC Milan et Spurs - et du pire, comme cette raclée 8-2 à Old Trafford en août 2011. On soupçonne les Gunners d’avoir servi d’inspiration à l’équipe de France féminine de foot aux J.O : des wagons d’occasions pour un end product trop souvent à s’arracher les cheveux.

Comment sont les vibes en ce moment ? Positives, dues à un recrutement classieux et réalisé en début d‘intersaison, pour une fois. Un changement de stratégie (recruter tôt) qui a fait naître l’optimisme chez les supporters : on vise clairement au moins le bronze. Et on s’est débarrassé de Calamidad Almunia, que du bonheur donc. Même la traditionnelle saga estivale partira-partira pas (Van Persie) n’a pas trop refroidi les supps Gunners, rassurés par le calibre des p’tits nouveaux. Faut dire aussi que les supps sont maintenant rodés à ces joutes soapesques dignes des Feux de l’amour (Viera, Henry, Fabregas, Nasri, etc.). Pour RvP, autant de suspense qu’essayer de deviner quel pays raflera les médailles tennis de table aux J.O. Evidemment, il partira, une fois qu’il aura persuadé Man United de lui verser 1M/mois, comme Rooney avec lequel il veut la parité salariale.

Robin Van Persie - John Miller (1893), même combat

Robin Van Persie (225 000 £/semaine) - John Miller (Liverpool, 1893, 3 £/semaine), même combat

Bah, rien de bien nouveau à vrai dire. Il y a 120 ans déjà, saison 1892-93, le meilleur buteur du nouvellement créé Liverpool FC, John Miller (25 buts en 24 matchs), alla au clash toute l’intersaison pour qu’on lui double son salaire. Comme LFC ne céda pas, Miller quitta Liverpool pour The Wednesday (Sheffield Wednesday). Ses exigences salariales étaient il est vrai exorbitantes et choquèrent la presse autant que la population : 3 £ par semaine (le triple d’un ouvrier) et une prime de 100 £… Les bras de fer de ce type se multiplièrent et les salaires (et primes) explosèrent, certaines vedettes touchant jusqu’à 12 £/semaine à la fin du XIXè siècle. Le tandem presse-population s’en émut et la Football Association dut instaurer un plafond salarial en 1901 (4 £/semaine) pour calmer tout le monde et « empêcher les clubs fortunés d’écraser financièrement le reste », un plafond qui courut jusqu’en janvier 1961 (alors à 20 £, soit 25 % seulement au-dessus du salaire moyen - un peu comme si votre chef de service touchait la même chose que Tevez…).

Qui est arrivé cette saison ? Santi Cazorla (Malaga, 16,5 M), Olivier Giroud (Montpellier, 13M), Lukas Podolski (Cologne, 11M).

Qui s’est éclipsé ? Benik Afobe (Bolton, prêt), Manuel Almunia (libéré, a depuis trouvé refuge à Watford, D2), Joel Campbell (Real Betis, prêt), Tom Cruise (Torquay, gratuit), Denilson (Sao Paulo, prêt), Gavin Hoyte (libéré, puis Dagenham & Redbridge), Ryo Miyaichi (Wigan, prêt), Carlos Vela (Real Sociedad, 4,2M - 5,7M si objectifs atteints).

L’effectif et les fiches Wiki.

Myachi, presque aussi rapide qu'Usain Bolt

Ryo Miyaichi, presque aussi rapide qu'Usain Bolt

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis les toujours-jeunes-mais-déjà-archi-connus Oxlade-Chamberlain, Lansbury, Ramsey et Wilshere (blessé au genou et cheville, pas de retour avant octobre), citons parmi les jeunes pépites prometteuses le défenseur espagnol Ignasi Miquel, 19 ans, et l’ailier allemand Serge Gnabry, 17 ans. Peut-être les verra-t-on en coupe ou en Football League (prêtés).
On espère aussi voir plus souvent en action le japonais Ryo Miyaichi, 19 ans et speedster number 1 du football anglais (10,60 aux 100m), prêté à Bolton la saison passée (trop peu utilisé) et qui restera dans le Lancashire, à Wigan cette fois (re-prêt).

Si Arsenal était un sport olympique, ça serait quoi ? L’escrime française. On nous annonçait un triomphe, au lieu de ça, zéro médaille et des embrouilles niveau fédéral digne du board des Gunners. Pschiiiittt…

… un sélectionné/objet olympique ? Le nageur australien James Magnussen annonçait haut et fort qu’il allait tout casser, pour accoucher finalement d’un tétard mouillé. La grosse lose quoi.

Qui est le big boss ? Le très secret Stan Kroenke, surnommé « Silent Stan » par les médias pour la rareté de ses interviews médias, à peu près aussi fréquentes que les médailles indiennes à l’haltérophilie dans l’histoire des J.O (une). Depuis un an, ce zillionaire américain (merci chérie, héritière de la dynastie Walmart) détient la majorité des actions controlées par le Arsenal Holdings plc (66,7 %), tandis que le russe Alisher Usmanov (ci-dessous) est bloqué à 29,9 %, à son grand dam. Usmanov, deuxième fortune du Royaume-Uni derrière Lakshmi Mittal selon le Sunday Times, est plus bavard et meurt d’envie de claquer son oseille. Il l’a d’ailleurs ouverte le mois dernier pour vivement critiquer la légendaire lésinerie du club londonien (via une lettre de cinq pages envoyée au board). Kroenke, évidemment, n’a pipé mot.

Et le manager ? Notre Arsène national. Ni titre ni trophée depuis 2005, toujours soutenu par la majorité des supporters mais les attentes pour un bout de métal ou de gloire se font pressantes. Même le plus pouilleux des trophées, la Coupe de la Ligue, fait désormais fantasmer les supps Gunners. Et ouais, les temps sont durs.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 12/1. Relégation : 500/1

Aston Villa

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? 16è (38 points, - 16), une calamité mes enfants, relégation évitée de deux petites unités, avec le plus faible total de points depuis 25 ans et 7 victoires seulement : on avait pas vu si peu de wins à Villa depuis… 1890-91 ! Et à l’époque, on ne disputait que 22 matchs… Il faut dire que l’été 2011 avait fort mal commencé à Villa, avec la nomination d’Alex McLeish, chantre de la kick and rushitude (avec plus de kick que de rush) et du football perd-petit. Yep, McLeish, celui-là même qui venait d’expédier Birmingham City en D2 à coups de longs ballons balancés au petit bonheur la chance (ou pire, vers le target man Cameron Jerome). Dès octobre 2011, selon divers sondages mal intentionnés, McLeish « mécontentait » 90 % des supporters, avec des pointes à 96 %. Le plus dingue, c’est encore qu’ils aient trouvé 4 ou 10 % de « satisfaits ». D’ailleurs, rien ne va plus pour le sieur McLeish, on parle même de lui retirer ses sept titres du Glasgow Rangers et il a menacé de faire le coup de poing ! (ici)

Dans son livre Inverting the Pyramid, Jonathan Wilson résume bien l’Aston Villa d’Alex McLeish en évoquant le Wimbledon des années 80 : « Wimbledon pratiquait un jeu que personne n’aimait regarder. [...] Leur football n’était pas simplement direct et physique, non. Il était nihiliste. »

Outre les stats suscitées, les chiffres suivants résument à merveille la piètre saison des Villans : seulement 37 buts marqués, 17 matchs nuls (dont 7 zéro-zéro), 0 but inscrit sur corner, etc. Dire que le football proposé par Villa fut négatif reviendrait à qualifier le Wimbledon FC version Eighties d’équipe rugueuse. Ce qui ne serait plus de l’euphémisme ou de la litote mais carrément du mensonge à ce niveau-là. Comme l’écrit l’excellent Jonathan Wilson sur ce Wimbledon-là dans l’indispensable Inverting the Pyramid : « Wimbledon pratiquait un jeu que personne n’aimait regarder. [...] Leur football n’était pas simplement direct et physique, non. Il était nihiliste. »

Le nihiliste salue son seul supporter (son fils)

Mister Nihiliste salue son seul supporter (son fils)

Comment sont les vibes en ce moment ? On positive, prudemment. On attend beaucoup du nouvel entraîneur (Paul Lambert, transfuge de Norwich City) et son football offensif. L’Ecossais a du pain sur la planche, il va s’agir de rebâtir la confiance et l’effectif en y injectant du jeune, issu de l’Academy de préférence (finances obligent). Le club entre dans une phase de transition-reconstruction et les supporters sont conscients qu’il conviendra d’être très patient avant de reparler d’Europe et tout le tremblement. On s’inscrit dans le moyen-long terme. On espère aussi que ce football joyeux et conquérant ne se fera pas au détriment de la défense : Norwich a encaissé 66 buts la saison passée !

On est surtout hyper soulagé de s’être débarrassé du duo Alex McLeish-Emile Heskey. D’ailleurs, petit aparté pour évoquer ce bon Emile qui nous manque déjà, capés 62 fois par l’Angleterre tout de même (et 9 buts en 92 matchs de PL à Villa…). Le pauvre Mimile ne s’est toujours pas remis du contrat offert par Blackpool il y a dix jours… 90 £/semaine ! ici. Des Seasiders coutumiers des contrats tarif tricard, ils avaient fait le coup avec Bojan Djordjic et avec God lui-même, Robbie Fowler ! Un club impossiblement radin qui, il y a deux mois, osa offrir à ce grand serviteur du club qu’est Brett Ormerod un minable salaire de 1 000 £/mois pour un an supplémentaire. Ecoeuré, Ormerod signa à Wrexham en D5 où il touche probablement trois fois plus (précisons que Blackpool appartient à 76 % à la famille Oyston, qui pèse la bagatelle de 100M).

Paul Lambert, le nouveau manager

Paul Lambert, attendu un peu comme le messie après le traumatisme McLeish

Les quatre nouveaux Villans sont méconnus en Angleterre (ou, dans le cas Lowton, inexpérimenté à ce niveau) et cela ne déclenche pas non plus un enthousiasme délirant, même si on dit le plus grand bien du Néerlandais Vlaar et du Marocain El Ahmadi (milieu-relayeur qui va au charbon, dit-on). Parmi les bonnes nouvelles, Stiliyan Petrov, atteint d’une leucémie aiguë diagnostiquée en mars dernier, va beaucoup mieux après sa chimiothérapie (ici).

Si Darren Bent ne se blesse/tire pas, si N’Zogbia retrouve enfin son mojo de Wigan et si Agbonlahor se sort du cycle infernal blessure-méforme-circonstances, alors Villa finira confortablement dans le Top 10. Si déjà Paul Lambert arrive à tirer quelque chose de Stephen Ireland en parvenant à lui faire retrouver la vista et combativité qu’il afficha un temps à Man City (élu Player of the Year du club en 2008-09 et même Greater Manchester Player of the Year !) on aura fait un grand pas vers le redressement du club. Sur certains matchs l’an dernier, la mollesse d’Ireland face à un adversaire coriace laissait penser qu’il avait fait jouer son « droit de retrait ». Bon, ça fait beaucoup de si quand même.

Qui est arrivé cette saison ? Karim El Ahmadi (Feyenoord, 2,5M), Brett Holman (AZ Alkmaar, gratuit), Matt Lowton (Sheffield Utd, 3M), Ron Vlaar (Feyenoord, 3,2M).

Qui s’est éclipsé ? James Collins (West Ham, 2,5 M), Carlos Cuellar (Sunderland, gratuit), Emile Heskey (libéré).

L’effectif et les fiches Wiki.

Heskey balance ses pompes, à la bonne heure.

Le cadavre Heskey balance enfin ses pompes, à la bonne heure.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Oui, beaucoup même, essentiellement issus de la réputée et prolifique Academy du club (une dizaine de joueurs de l’effectif principal ont été formés au club). Hormis les vieux de la vieille (les Albrighton, Bannan, Delph, Herd, Lichaj, Delfouneso and co), citons parmi les jeunots prometteurs de 20-22 ans : Nathan Baker, Andreas Weimann, Gary Gardner et Ciaran Clark. On devrait tous les revoir en action cette saison. Et peut-être aussi Samir Carruthers, un anglo-irlandais de 19 ans d’origine italo-marocaine (le genre de gars à donner des cauchemars à Henri Guaino, Lionnel Luca & co : selon son wiki, il est sélectionnable par l’Angleterre, l’Irlande, l’Italie et le Maroc !).

Si Aston Villa était un sport olympique, ça serait quoi ? Sur ces deux dernières saisons, Villa serait le VTT. Départ ordonné et propre, mais ça se casse souvent la gueule quand même.

… un sélectionné/objet olympique ? Le hurdler chinois Liu Xiang, promet toujours beaucoup mais a une facheuse tendance à se fracasser sur les haies.

C’est qui le big boss ? Le zillionaire américain Randy Lerner depuis 2006, il a racheté le club à Doug Ellis, proprio historique presque quatre décennies durant. Apparemment, cet héritier (merci papa) fait beaucoup dans la philanthropie et le caritatif aux USA. Humainement fort louable mais c’était pas une raison pour garder Heskey si longtemps.

Et le manager ? C’est Paul Lambert, il vient d’arriver après avoir fait des miracles à Norwich City avec des bouts de ficelles (qualité qui a dû plaire à Randy). On devrait enfin voir autre chose que de la purge à Villa Park. Lambert s’attachera à rajeunir l’équipe et on devrait ainsi voir plus souvent les jeunes prometteurs du club, et y’en a un paquet. Les occasions pour un homegrown player d’évoluer en Premier League sont rarissimes et il leur faudra absolument saisir leur chance.

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre : 1 500/1. Relégation : 6/1

Chelsea

Comment s’est passée la saison dernière déjà ? Miraculeusement. 6è (64 pts, + 19), à la rue pendant les six premiers mois où le nouveau manager André Villas-Boas tenta de résoudre, peu subtilement il est vrai, une série d’équations formulées par le boss Roman Abramovitch et qui tenaient de la quadrature du cercle : a) renouveler le personnel sans se mettre à dos les cadres historiques et superstars b) imposer un schéma tactique offensif et pressing haut incompatible avec le profil des joueurs. Evidemment, on se retrouva vite noyé sous un déluge d’emmerdements : mauvais résultats, ambiance pourrie, affaire Terry-A. Ferdinand, révolte du vestiaire, entraîneur viré début mars, tout y passa.

Jusqu’à ce que l’homme providentiel débarque (Roberto Di Matteo), métamorphose les losers en world beaters, en premier lieu l’agonisant Fernando Torres, et que les Blues concluent l’exercice de la plus inouïe des manières : double vainqueur de la FA Cup et Ligue des Champions ! Wow, on en est toujours pas revenu du côté de Stamford Bridge.

Comment sont les vibes en ce moment ? Bonnes, le feelgood factor du printemps est toujours là. Le club baigne encore dans l’euphorie de la Ligue des Champions surtout que Roman a décidé de frapper un grand coup niveau recrutement. Il a fait venir un contingent djeun qui continuera à pousser les vieux vers la sortie. Le bronze serait considéré comme le minimum acceptable.

Les supps espèrent voir enfin un minimum de stabilité dans ce club. La pression sera sur les épaules de Fernando Torres, qui a fini l’année en boulet de canon se payant même le luxe d’être co-Soulier d’or à l’Euro ! Les petits nouveaux ont des noms marrants (Hazard, Marin, Oscar), il faudra donc s’attendre à un tas de jeux de mots capelloviciens de très mauvais aloi.

Va cependant vite falloir descendre du petit nuage : 10 buts encaissés lors des 5 matchs de préparation ! Chelsea s’est pris un 3-1 net et sans bavures à Brighton (D2) il y a dix jours. Si on a bien vu ce jour-là un Espagnol virevoltant et classieux, ce n’était ni Mata ni Torres mais l’ailier des Seagulls, Vicente, 31 ans. L’ex international de la Roja (38 capes) avait brillamment porté les couleurs de Valence pendant 11 ans (338 matchs pour Los Che) avant de signer chez Gus Poyet l’été dernier.

Qui est arrivé cette saison ? Eden Hazard (Lille, 32M), Thorgan Hazard (Lens, 1M), Marko Marin (Werder Bremen, 7M), Oscar (Internacional, 25M).

Qui s’est éclipsé ? Jose Bosingwa (libéré), Kevin De Bruyne (Werder Brème, prêt), Thibaut Courtois (Atletico Madrid, prêt), Didier Drogba (Shanghai Shenhua, gratuit), Salomon Kalou (Lille, gratuit), Jacob Mellis (Barnsley, gratuit), Romelu Lukaku (West Bromwich Albion, prêt), Marko Mitrovic (libéré), Rhys Taylor (Southend, gratuit), Patrick Van Aanholt (Vitesse, prêt).

L’effectif et les fiches Wiki.

Un p’tit jeune à surveiller (ou plusieurs) ? Hormis l’international anglais Espoir Josh McEachran (qui sera sûrement prêté, probablement en PL), quelques-uns oui. Parmi les plus prometteurs, l’attaquant brésilien Lucas Piazon, 18 ans. Avec un peu de chance, on pourrait le voir en équipe première. Egalement, Todd Kane, 19 ans ; le défenseur anglo-sierra léonais Nathaniel Chabolah, 17 ans ½, impressionnant artisan de la brillante victoire en finale de FA Youth Cup (4-1 sur Blackburn Rovers) ; et l’attaquant Islam Feruz, un écossais-somalien d’à peine 17 ans. Ce groupe de jeunes très cosmopolite aura malheureusement du mal à percer à Chelsea mais on les verra peut-être en Football League où ils pourraient être prêtés pour s’aguerrir.

Si Chelsea était un sport olympique, ça serait quoi ? Le polo, of course (qu’ils réintroduiraient aux J.O).

… un sélectionné/objet olympique ? Laura Bechtolsheimer, médaillée britannique à Londres au concours du dressage et petite-fille du zillionnaire allemand Karl-Heinz Kipp, 154è fortune mondiale.

C’est qui le big boss ? Roman Abramovitch, depuis 2003 (déjà huit managers consommés) quand il racheta à Ken Bates ce club alors financièrement exsangue. Il n’y a pas que John Terry à Chelsea qui soit passé par la case tribunal cette saison, Roman aussi, à l’occasion de ce titanesque procès (aussi ici) Abramovich v Berezovsky : rien qu’en frais d’avocats et de justice, il y en aurait eu pour plus de 100M de £ !

Et le manager ? Roberto Di Matteo. Nommé pour remplacer le déchu André Villas-Boas début mars 2012, l’Italien a réussi un tour de force, avec en bonus la mini résurrection de la carrière de Fernando Torres. Roman a donné à Di Matteo un contrat de deux ans mais le doute plane toujours sur les intentions du Russe vis-à-vis de l’ex manager de WBA : ce dernier est-il réellement en place pour deux saisons ou bien, tel un vacataire avec obsolescence programmée, sert-il de bouche-trou en attendant que Pep Guardiola termine tranquillement son année sabbatique ?

Et les cotes, ça donne quoi ? Titre :  5/1. Relégation : 800/1

Kevin Quigagne.