Matchbox vintage - Wimbledon 1-0 Liverpool (Finale de la FA Cup - 14 mai 1988)

Face à des Reds tout juste sacrés champions d’Angleterre, les Dons réalisèrent l’un des plus grands exploits du football anglais et remportèrent la Cup, avant leur longue descente aux enfers.

But : Sanchez (37′)

Tableau de la FA Cup 1988

Tableau de la FA Cup 1988

Montés en D1 la saison précédente, les joueurs de Wimbledon n’a pas la réputation d’une équipe plaisante. Adepte du kick n’rush, dépositaire d’un jeu pas toujours très chatoyant (voire carrément pas du tout), c’est en petit poucet que le Crazy Gang arrive à Wembley, défier le tout juste champion anglais.

Archi-favoris, les Reds visent légitimement le doublé et s’appuient sur leur titre en FA Cup deux ans auparavant face au rival Everton. La victoire annoncée de Liverpool doit s’inscrire dans la logique du football léché pratiqué par cette équipe, et sera, à n’en pas douter, le triomphe du football sur l’amateurisme.

Wimbledon

Beasant (c) - Goodyear, Young, Thorn, Phelan - Wise, Jones, Sanchez, Cork (Cunningham 56′) - Gibson (Scales 63′), Fashanu
Coach : Bobby Gould

Liverpool

Grobbelaar - Nicol, Gillespie, Hansen (c), Ablett - Houghton, Spackman (Mølby 74′), McMahon, Barnes - Beardsley, Aldridge (Johnston 64′)
Coach : Kenny Dalglish

La première mi-temps

Domination territoriale de Liverpool, qui se procure plusieurs très belles occasions, notamment par Aldridge et Beardsley, mais encaisse un but peu après la demi-heure de jeu par Lawrie Sanchez. Beardsley égalise ensuite, mais le but est refusé par l’arbitre, qui avait sifflé pour accorder un coup-franc aux Scousers.

Le but

Coup-franc très excentré sur l’aile gauche, Dennis Wise le tire, comme tous les coups de pieds arrêtés des Dons. Son centre dans les 6 mètres est prolongé dans le petit filet par la tête de Lawrie Sanchez qui s’élève au milieu de quatre Reds pour tromper Grobbelaar. “What a typical Wimbedon goal!” dira le commentateur. 1-0 (36′).

"Super, les gars, merci pour le short."

"Super, les gars, merci pour le short."

La deuxième mi-temps

Tendance plus appuyée pour cette deuxième période, avec une domination très nette de Liverpool, mais Beardsley, Aldridge, Houghton, Hansen et Barnes butent tour à tour sur un très bon Dave Beasant.

Le tournant du match

À l’heure de jeu, M. Brian Hill, l’arbitre du match, siffle un penalty pour les Reds, pour une faute de Goodyear sur Aldridge. La faute est inexistante au ralenti, Goodyear touche bien le ballon, m’enfin. Aldridge s’élance pour se faire justice, mais son tir est repoussé par un superbe plongeon de Beasant sur sa gauche, au ras du poteau. Beasant devient ainsi le premier gardien de but à arrêter un penalty lors d’une finale de FA Cup à Wembley.

Spectateurs

Un bon paquet, plus de 98 000.

Pour en savoir plus sur les aventures du Crazy Gang, visitez environ une page sur trois du fil anglais des Cahiers, ou demandez à Kevin Quigagne directement dans les commentaires de cet article. Bien sûr, si vous faites ça, vous prenez le risque que la page devienne trop longue à charger une fois qu’il vous aura répondu.

9 commentaires

  1. mangeur dit :

    Merci Pan Bagnat pour cette belle vignette sur ce match mythique, souvent considéré comme l’une des plus grosses surprises de l’histoire de la FA Cup, tant ces deux clubs étaient « miles apart », même si le petit Wimbledon n’était pas si petit que ça, évoluant en D1 (il avait même fini 7è cette saison-là).
    Mais tout les séparait : le palmarès, la taille du club, du stade, la renommée, l’histoire, la progression, la situation géographique (Wimbledon n’était guère une terre de foot !), etc.

    N’oublions pas l’une des phrases les plus légendaires du football anglais prononcée à la fin de ce match, celle de l’indétronable (mais excellent) commentateur de la BBC, John Motson (dit “Motty”) : « Le Crazy Gang a battu le Culture Club ! »

    Le Culture Club, en référence à Boy George évidemment, mais aussi car LFC était vu comme l’antithèse de Wimbledon. Les Reds était l’équipe ultra-successful qui pratiquait un football « cultured », sophistiqué et continental.
    Les Dons portaient eux, bien sûr, le costume du méchant bourrin digne représentant du style “Route One”, developpé localement par Dave Bassett (parti 1 an avant cette finale)… Mais il y avait de la méthode dans leur madness ! (sort of).

    Ce terme Crazy Gang (utilisé seulement en interne) passa instantanément à la postérité.

  2. Matt dit :

    Vince Jones (Wimbledon), acteur principal du film “carton rouge” (Mean machine), qui parle d’un ancien footballeur pro condamné à de la prison, et qui va coacher l’équipe des taulards contre celle des gardiens… Un très bon film, à voir absolument ;)

  3. mangeur dit :

    Merci du lien Flo, je n’avais jamais lu cet article de Guy Truite (je connais cependant son excellent site, et ai déjà laissé plusieurs commentaires sous ses articles).

    Une petite erreur cependant dans le Crazy Gang Special de l’ami Guy : le point de départ du Crazy Gang n’est pas 1986 mais cinq ans auparavant, au tout début des Eighties, en gros quand Dave Bassett (manager) et surtout le givré président-proprio Sam Hammam arrivèrent, en 1981 (ce dernier était déjà dirigeant au club depuis 1977)

    Ce sont Dave Beasant, Alan Cork et surtout Wally Downes et qui sont crédités de la « fondation » du Crazy Gang. Downes était le neveu d’un célèbre boxeur anglais et devint le premier professionnel de l’histoire du club, qui ne passa pro qu’à sa montée en Football League, en 1977.

    Et selon les anciens, tels Dave Beasant, le bâtisseur des fondations du Crazy Gang est un anonyme : Steve Parsons, un milieu au club de 1977 à 1980. Selon, les témoignages de l’époque, c’était le plus barge de la bande et il multipliait les farces un peu limites, et parfois hyper dangereuses !

    Puis, à partir de 1984, arriva la relève, la deuxième génération de farceurs à la masse, les Lawrie Sanchez (84), Dennis Wise (85), John Fashanu (”Fash the Bash” – Fash le Cogneur) et Vinnie Jones (tous deux en 86) qui perpétuèrent l’oeuvre commencée par Wally Downes, faisant entrer le Crazy Gang dans la légende.

    Un personnage central est absolument à mentionner si l’on parle du Crazy Gang : le propriétaire du club, le grand taré Sam Hammam.
    Le Libanais racheta le club au très controversé (et notoirement raciste) Ron Noades pour une bouchée de pain en 1981, 40 000 £.

    Un président vraiment pas comme les autres (euphémisme) : non seulement il encourageait les bizutages déments, forçait presque ses joueurs à se faire des coups pendables entre eux mais il participait aussi activement aux conneries !

    Bon, j’en reparlerai en 2012, y’a beaucoup à dire sur cette folle époque qui ne nous manque surtout pas pour certaines choses mais tant pour d’autres.

  4. Flo Giraud dit :

    Merci mangeur pour toutes ses précisions!! ravi que tu apprécies le blog de guy truite!! j’y rédige des articles avec plusieurs potes. ce n’est pas moi qui ai écrit celui-ci mais je viens de transmettre tes infos à son auteur, il appréciera!!

  5. mangeur dit :

    De rien, encore bravo et bonne continuation.

    Par contre, je viens de lire votre billet sur Guivarc’h, par 3 fois j’ai essayé de mettre un commentaire (j’ai adoré sa période Newcastle) mais rien à faire, ça ne veut pas s’afficher (je mets ma réponse, je clique “Répondre” itou itou mais zilch, que dalle).

    Enfin, si vous voyez 3 commentaires quasi similaires de ma part, c’est pas que j’ai trop picolé ce soir mais c’est le bug, hein.

  6. Rhalia dit :

    Merci pour ce billet,s’il y a possibilité de nous livrer un peu plus sur des matces historiques de liverpool fc

  7. Flo Giraud dit :

    putain mangeur je viens de checker mais y a rien…essaie de reposter, suis connecté au modérateur du site. je sens que ça va être aussi brillant que ton speech sur wimbledon donc faut absolument que ce soit sur notre blog ;)

  8. mangeur dit :

    Flo, j’ai courriélé le big Boss, Mister Trout himself, pour lui signaler ce possible bug. Je vais reposter mon commentaire de suite, mais ce com’ sur Guivarc’h est tout ce qu’il y a de plus banal, et court (dix lignes).

    En fait, j’ai eu de la peine pour le Breton à Newcastle, il a été victime d’un double whammy : Rudd Gullit et Freddy Shepherd (proprio) et a payé les pots cassés.

    Newcastle United était alors dirigé par le très antipathique duo d’hommes d’affaires locaux Freddy Shepherd–John Hall. L’arrivée de Gullit en septembre 1998 compliqua sérieusement les choses pour notre Breton.

    Ce n’était pas l’imbuvable Néerlandais qui l’avait fait venir été 1998 mais Kenny Dalglish, qui flasha sur lui et rêvait de l’associer à Alan Shearer (Guivarc’h avait rendu les compteurs fous cette saison 1997-98, 44 buts ou un truc comme ça).

    Las, l’Écossais se fit vite virer et Gullit arriva, et il détestait cordialement Guivarc’h. Je crois bien qu’il détestait tout le monde d’ailleurs, à commencer par les Legends du club, Alan Shearer, Rob Lee & co. Cela causa sa perte d’ailleurs. Guivarc’h fut envoyé aux Rangers début novembre 1998, où il retrouva son compère Lionel Charbonnier (à l’époque, le foot écossais attirait encore du gros – aujourd’hui, c’est plus du gras).

    Bon, tout ça nous éloigne du Crazy Gang.

    Allez, pour me faire pardonner ma digression sur Guivarc’h, je vous mets deux petites anecdotes sur le Crazy Gang du tout début, des trucs bien bêtes et méchants que firent les premiers Crazy Gangers (Wally Downes, Alan Cork), racontées par l’historique du groupe Dave Beasant l’été dernier - lors de la montée historique en Football League du l’AFC Wimbledon.

    1) Le farceur en chef Wally Downes posa un poisson encore brûlant (fish & chips) sur le crane chauve du nouveau chauffeur de bus* du club, alors que celui-ci démarrait le bahut. Ensuite, alors que le bus circulait à 110 km/h sur l’autoroute, le même Downes posa cette fois-ci un gros carton sur la boule à zéro du pauvre chauffeur. Ce dernier démissionna le lendemain.

    2) Le bizutage était leur spécialité. Un jour, ils enfermèrent le petit nouveau (je sais plus qui) quasi à poil dans une boîte en bois et la posèrent devant le stade de Plough Lane deux heures avant le coup d’envoi (avant de filer en courant). Le gars sortit de sa boîte, en slip, devant des dizaines de spectateurs medusés qui s’interrogèrent « Mais c’est pas notre nouvel avant-centre celui-là ?! »

    [*ce qui se passait dans le bus lors des déplacements était pas triste ! pas mal d’anecdotes là dessus…]

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