Matchbox vintage – Liverpool 4 – 3 Newcastle United (3 avril 1996)

Considéré comme l’un des tout meilleurs matchs de Premier League depuis sa création, ce LFC-NUFC a d’abord excité par l’ampleur de son enjeu, puis brillé par le plaisir du jeu. Un régal à déguster, car on ne vit que deux fois.

Buts : Fowler (2’, 55’), Collymore (68’, 90+2’) ; Ferdinand (10’), Ginola (14’), Asprilla (57’)

Le chox des étoiles

Le choc des étoiles

Premiers pendant 29 journées, Newcastle se fait dépasser par Manchester United à la défaveur d’une quatrième défaite en six matchs, cette fois à Arsenal (0-2) quelque part dans le temps. Liverpool a également perdu à Notthingham Forest (0-1), mais conserve sa troisième place. Toutefois, rien n’est joué. De multiples matchs en retard subsistant, le suspense demeure en haut de tableau.

Danse avec les Stars du centre.

Danse avec les Stars du centre.

Liverpool

David James

John Scales – Mark Wright – Neil Ruddock

Jason McAteer – Jamie Redknapp – John Barnes (c) – Rob Jones

Steve McManaman

Stan Collymore – Robbie Fowler

Coach : Roy Evans (en charge depuis deux ans et deux mois)

Newcastle

Pavel Srníček

Steve Watson – Steve Howay – Philippe Albert – John Beresford

Peter Beardsley (c) – David Batty – Robert Lee – David Ginola

Faustino Asprilla – Les Ferdinand

Coach : Kevin Keegan (en charge depuis quatre ans et deux mois)

Le match

Newcastle donne le coup d’envoi de cette guerre des abîmes, obtient même un corner, mais se fait surprendre par Fowler. Après une remontée de balle très propre, Redknapp hérite du ballon au milieu du terrain, qu’il expédie aussitôt vers Jones, sur l’aile gauche. Celui-ci transmet en une touche à Collymore qui centre sur Fowler. Déjà auteur de 23 buts, le buteur Red profite de l’hésitation du tchèque Srníček pour faire chauffer Anfield.

Newcastle est touché, mais pas coulé. Maîtrisant la possession du ballon, les minutes suivantes semblent à leur avantage, grâce à un pressing haut et agressif. Asprilla et Ginola tentent leur chance, mais James veille au grain. A la 10ème minute, ils sont logiquement récompensés de leurs efforts. Après une touche de Watson, Asprilla se joue de Ruddock (petit pont) pour rentrer dans la surface et centrer sur Ferdinand qui, aux six mètres, et malgré la vigilance de Wright, trompe un James apathique.

L’enjeu galvanise les Magpies, l’opération Tonnerre sur Manchester est en marche. Ainsi, quatre minutes plus tard, la défense récupère un ballon dans son camp, transmet à Ferdinand au milieu du terrain, qui lance Ginola dans la profondeur. Après une course de trente mètres, le français résiste au retour en forme de poursuite impitoyable de Scales et vient tromper James du pied gauche. Les Reds touchent les grands fonds. Leur trou noir a duré cinq minutes.

A la 18ème minute, Redknapp réveille un peu ses troupes en tentant un tir des 20 mètres qui frôle le poteau droit de Srníček. Mais si l’anglais ne trouve pas le cadre, il a le mérite de recadrer quelque peu ses coéquipiers, au cœur de la tourmente. Car Liverpool ne convainc pas, et l’on se demande si McManaman ne pense pas déjà à sa reconversion sur ESPN. A la décharge des milieux de terrain, il est vrai qu’ils n’ont que peu l’occasion de briller, tant le ballon file d’un but à l’autre à une vitesse folle.

Si la défense de Liverpool parvient désormais à juguler les attaques adverses, ni Fowler (23ème minute, après un coup-franc de Redknapp), ni Redknapp himself (31ème minute, sur une frappe aux 20 mètres), ni McManaman (43ème minute, seul aux 6 mètres mais très, très approximatif de la tête) ne peuvent égaliser.

L’arbitre décide de siffler la pause. Après 45 minutes aux allures de haute randonnée, le ballon peut enfin souffler. Half time.

Supporter de Newcastle, l'envoyé spécial de Teenage Kicks était soucieux.

Supporter de Newcastle, l'envoyé spécial de Teenage Kicks était soucieux.

La deuxième mi-temps commence comme la première : beaucoup de déchets techniques, mais un rythme soutenu et un scénario dramatique qui compensent. Guerre et passion sont au rendez-vous.

Fowler, décidément la fièvre au corps, est le premier à se mettre en évidence. A la 55ème minute, il reçoit un ballon face au but au point de pénalty de la part de McManaman. Sa reprise puissante fait mouche. Les Reds reviennent dans la partie.

Mais dans la foulée, le French Lover Ginola récupère un ballon au milieu du terrain, fait la passe entre trois défenseurs pour Lee, qui sert Asprilla en profondeur. Aux vingt mètres, celui-ci met l’extérieur de son pied droit pour tromper James, sorti faire la cueillette.

Alors, pour conjurer le jour du fléau, Liverpool repart de l’avant. Et parvient à recoller dix minutes plus tard, grâce à Collymore, venu dans la surface à la réception du centre de McAteer.

Le score est nul, et aucune des deux équipes ne semble s’en réjouir. Bien que Liverpool se crée les meilleures occasions (par Fowler et Barnes, notamment), Ferdinand est tout proche de marquer après avoir gagné son duel à double tranchant face à Harkness, rentré à la pause à la place de Wright, mais James apporte sa première contribution du match en repoussant la frappe de l’attaquant anglais.

A dix minutes du terme, le vétéran Ian Rush remplace Rob Jones, pour l’un de ses derniers matchs sous le maillot Carlsberg. Roy Evans choisit la carte du cœur, car les diamants sont éternels.

On rentre alors dans le temps additionnel, et l’expert McManaman obtient un corner. Qui ne donne rien.

A la 92ème minute, Barnes trouve Rush en double une-deux pour infiltrer la surface des Magpies, puis sert Collymore sur sa gauche. Esseulé, le justicier solitaire anglais contrôle et trompe Srníček dans son angle fermé. Boom ! Anfield est en furie, Keegan est furieux. Full-time.

De mauvaise humeur, il ira pondre un résumé de 15000 signes.

De mauvaise humeur, il ira pondre un résumé de 15000 signes.

Le classement du Top 5 restera inchangé. Il se dit que Roy Evans était au service de sa Majesté Alex Ferguson. Cette année-là, Newcastle a peut-être laissé à Anfield ses espoirs de remporter son premier championnat depuis 1927. Pleure ô pays bien-aimé.

Bonus : les buts et un point de vue du Guardian sur ce match.

(Cette chronique contient 23 messages subliminaux)

4 commentaires

  1. -Twist- dit :

    Il faisait partie de la sélection des 20 ans de l’Equipe du Dimanche. Découvert ce match à cette occasion. Et quel match oui! Mais t’es supporter des magpies, t’as quand même bien envie de te pendre…

  2. hnrh2 dit :

    Je me souviens avoir vu la version 2 au printemps 97 (meme score plethorique je crois). Elle m’avait surtout marque par la pietre qualite de James qui avait reussi a redonner du suspense a un match qui aurait du ne pas en avoir.

  3. Voldemort_Kita dit :

    Je me souviens du commentaire de Martin Tyler,
    juste avant le but de Collymore
    “Collymore closing in!!!!!!!!!!!!!!”
    Des frissons…

  4. JFD dit :

    Talking of Stan the man, l’anecdote que je vais vous narrer vaut ce qu’elle vaut… Dans des temps assez anciens où tweeter n’existait pas, il arrivait que le dit Collymore commentait ses actions une fois le match terminé sur le réseau propre à Microsoft (msn?) Lors d’une rencontre que ma mémoire défaillante ne pourra citer, il avait admis qu’un but qu’il avait marqué ne l’avait été que grâce à une motte qui avait trompé le gardien. Bien évidemment, kikonk du forum supportant une équipe autre que ‘Pool l’avait surnommé “divot” pour le reste de sa carrière msn-esque, ce dont il s’acquittait avec humour.

Répondre