Psychiatrie Saint-Germain (2)

12/02/2009 – 13:14


La cellule « Médecine dure et drogues douces » de Paris Sonne le Glas propose le compte-rendu du colloque « Le football au crible des maladies psychiques ». Vous avez pu en lire le premier volet il y a quelques jours; en voici la suite.

  

 

Dysphase offensive

 

Après l’interruption de séance provoquée par le pugilat entre lacaniens et adeptes des TCC, une communication plus consensuelle a merveilleusement ramené le calme. L’oratrice, Chargée d’étude à l’Association Avenir Dysphasie, a en effet commencé par diffuser un montage d’entretiens avec Laurent Fournier et Vincent Guérin. Devant la mine perplexe de l’auditoire, elle a poursuivi:  

 « Ce que vous venez d’entendre est typique d’une pathologie méconnue. Le sujet, d’apparence normale, semble juste un peu renfermé, peu doué pour les échanges humains. Il s’exprime difficilement, mais on met ça sur le compte de la timidité ou d’un niveau d’éducation permettant mal d’apprivoiser la prise de parole en public. C’est une erreur terrible, qui interdit de reconnaître l’aspect pathologique du trouble du langage: oui, la dysphasie, comme le bégaiement, comme les troubles de l’écriture si fréquents chez les journalistes sportifs, la dysphasie disais-je, relève d’une maladie psychologique. Ces gens-là sont malades, et plutôt que de les harceler de conférences de presse en interviews, on ferait mieux de leur tendre la main et de leur dire: je sais que tu souffres, mais, ensemble, nous pouvons t’aider à te soigner ».

Ici Laurent F. mimant les consignes à Fabrice F.

 

 

Paranoïa et reviens tard

 

C’est très émue par l’intervention précédente que la salle a accueilli à la tribune l’orateur suivant, Conseiller scientifique de l’Association d’Aide aux Personnes en Etats Limites. Il s’est excusé d’emblée: sa présentation susciterait sans nul doute moins de compassion que la précédente. Lui était spécialiste de la paranoïa et ses sujets d’étude attiraient moins la sympathie, tant leur agressivité pouvait devenir forte au fur et à mesure que leur délire prenait de l’ampleur.

 

Ces psychotiques sont particulièrement nombreux dans le milieu du football. On entend généralement parler du délire d’interprétation, que des cas comme Jean-Michel Aulas ou Frédéric Antonetti viennent illustrer de manière presque caricaturale. Au PSG, il faut admettre que c’est plutôt le délire de relation qui est fréquent, se développant sur des personnalités hypersensibles, en général après un événement spécifique (marcher sur le ballon à trois mètres du but grand ouvert, se faire siffler par tout un stade, avoir sa voiture taggée et son pare-brise cassé, etc.). Le malade à l’impression d’être le centre d’attention de tout son entourage, et il est convaincu que tout le monde le juge ou parle de lui en permanence de façon négative. Des éléments de dépression et de forte anxiété sont en général associés.

 

Sans trahir le secret médical, on peut donner quelques exemples de ces délires de relation: 

 
 

Grégory B.: « Oh ça va, je sais bien que tout le vestiaire m’appelle le plot et s’amuse à calculer mon ratio tacle réussi / minute jouée! »

 

 Le blason de Grégory B.

 

  Vahid H.: « Taupes! Partout taupes! Vahid vomir! »

 

Charles V.: « Sachez que je les ai percés à jour, tous ces étrangleurs ottomans qui se réunissent dans l’ombre pour jouer aux vipères lubriques se prenant pour des pythons royaux. »

 

 Mateja K.: « Remise tête trop derrière moi pas pouvoir frapper frapper public siffler siffler coach me sortir sortir alors moi maillot jeter jeter maillot jeter jeter!! »

 

 

 

Névrose ou nez rouge?

 

L’intervenant suivant, dernier du programme et Directeur de la Haute autorité de Santé, a enchainé en prévenant tout de suite l’auditoire: son intervention risquait de choquer certains fans du PSG, voire certains nostalgiques de la seule équipe de France qui mérite le respect éternel, celle du carré magique.

 

En effet, pour lui, bien que cette maladie soit censée être exclusivement féminine, il est indéniable que Luis Fernandez est atteint de névrose hystérique, et de citer un certain nombre de syndromes en appui de son diagnostic: exubérance, grande démonstrativité, théâtralisation de toutes les situations, besoin d’être apprécié par le public…

 

 Tu vois cette main, elle a fessé Marseille

 

 

Merde, où j’ai foutu ma modération déjà ? 

L’intervenant n’a malheureusement pas pu aller au bout de sa démonstration, tant des sifflets nourris sont venus l’interrompre, scandés de « Touche pas à mon Luis! » et de « Remember Eighty-Six»… Des chaussures ont commencé à voler et le président de séance a de nouveau été contraint de faire évacuer la salle.

Ce qui, pour notre envoyé spécial, tombait très bien: il était pour lui l’heure de filer s’il ne voulait pas être en retard à la séance de thérapie de groupe de Paris Sonne le Glas.

  1. 2 551 réponses to “Psychiatrie Saint-Germain (2)”

  2. et le ratio brioche avalée / passe réussie de Gallardo ? qu’en est il ?

    De brandao de morue le 12/02/2009

  3. sup’alagrimace était sûrement présent dans l’audience. ‘faut pas dire du mal de Luis.

    De la menace chantôme le 12/02/2009

Pas de commentaire à faire sur ce sujet, merci de contacter M. Martinon.