Psychiatrie Saint-Germain (1)

9/02/2009 – 16:56

Les 30 et 31 janvier 2009 s’est tenu à l’amphithéâtre Louis Liard de la Sorbonne un colloque intitulé « Le football au crible des maladies psychiques », qui a rassemblé un panel des meilleurs spécialistes français et internationaux. La cellule « Médecine dure et drogues douces » de Paris Sonne le Glas n’a pas perdu un mot de ces passionnants échanges et vous propose un compte-rendu des exposés et des débats.

C’est devant une salle comble que  le président de la Société française de Psychologie, organisatrice de la manifestation, a prononcé le discours d’ouverture. Après les remerciements d’usage, il a justifié ainsi la tenue de ce colloque :


"Le milieu du sport professionnel, accroché au mythe du mens sana in corpore sano, pratique une omerta tenace vis-à-vis des troubles psychiques frappant certains de ses membres. En miroir, les spécialistes universitaires et hospitaliers que nous sommes, peut-être d’ailleurs influencés par le même mythe, avons jusqu’ici rarement considéré les sportifs comme des objets d’étude.

C’est pour pallier ce manque que nous avons décidé d’organiser ce colloque, tant il est manifeste que le sport de haut niveau, et particulièrement le football, présente une concentration de pathologies mentales à un degré qu’on retrouve dans peu de milieux socio-professionnels – les seules comparaisons me venant à l’esprit étant le milieu des joueurs d’argent, celui des compositeurs de musique dodécaphonique et celui des responsables du parti socialiste.

Afin de ne pas nous disperser, nous avons donné consigne à nos intervenants de concentrer leurs analyses sur le Paris Saint-Germain de ces dix dernières années, club qui durant ce laps de temps a offert en son sein toute la palette des pathologies que nous pouvons rêver d’étudier."


Joueurs de foot-boule

Le premier intervenant, Président de l’Association Boulimie Anorexie, a d’emblée frappé l’assistance par son discours:

«Vous savez, les footballeurs passent leur temps à manger. Ils mangent de la pression, ils mangent des entraînements, ils mangent des arbitres, ils mangent la feuille, certains mangent même la pelouse. Ceux là sont les pires d’ailleurs, parce que non seulement ces chèvres broutent la pelouse mais elles ruminent aussi leur incapacité à s’arrêter de brouter. Cela entraîne un cercle vicieux très difficile à arrêter, sauf par traitement au plomb mis dans du vin et que l’on fait boire à ces malades, les fameux ballons de plomb.

On peut prendre comme exemple de spirale infernale Marcelo Gallardo, qui n’a jamais pu s’extirper de son problème de nourriture et a quitté Paris rapidement pour rejoindre les Etats-Unis, l’antre de la mal bouffe compulsive.

Avec Marcello, c’est parti en brioche.

Comme de bien entendu, la boulimie s’accompagne souvent d’une anorexie mentale, visant à se libérer de la boulimie, donc. Ce paradoxe boulimie / anorexie est particulièrement visible chez un joueur comme Mateja Kezman: il se prive volontairement de temps de jeu pour pouvoir se sevrer mais, une fois sur le terrain, il ne peut s’empêcher de croquer la moindre occasion qui lui passe sous le nez. Oui, s’affranchir de ces troubles, pour Batman, c’est le défi."

Les attaquants parisiens se révèlent souvent herbivores.

 

Déprime de match

 

L’intervenante suivante, Chargée de communication à l’Association France-dépression, a remercié ses deux prédécesseurs d’avoir abordé le sujet de la boulimie, qui permettait de faire le lien avec son propre exposé: la dépression saisonnière, dont la crise boulimique peut constituer l’un des symptômes. Peu de professions offrent autant que le football l’occasion d’en analyser les manifestations… Combien de joueurs virevoltants en août semblent d’un coup amorphes comme les jours raccourcissent? Combien d’athlètes dynamiques et joyeux paraissent empâtés, malheureux, incapables de retrouver l’étincelle qui illuminait leur été? L’oratrice a alors marqué une pause et, prévenant l’auditoire de ce que ces images pourraient choquer les plus sensibles, elle a projeté sur l’écran géant une photographie de Jay-Jay Okocha en août, et une autre de Jay-Jay Okocha en décembre. L’effet a été saisissant, et des voix se sont élevées pour que l’on fasse cesser un spectacle aussi horrible.

 

Dans la déprime, on a souvent recours aux pro-HAC

TOC-tique gagnante

L’intervention suivante a d’abord suscité l’enthousiasme avant de se finir dans la confusion. L’orateur, Président de l’Association française de Thérapie comportementale et cognitive, a commencé par projeter un certain nombre de clichés de Fabrice Fiorèse du temps où il portait la tunique parisienne: Fabrice tombant parce qu’un défenseur lui a touché l’avant-bras; Fabrice tombant parce que l’arbitre a éternué derrière lui; Fabrice tombant parce que le centre de son partenaire était trop haut. L’orateur a ensuite précisé deux points:

  • le visionnage du match montre avec quasi-certitude que Fabrice Fiorèse n’est pas atteint de problèmes de motricité, eu égard à sa capacité à courir, faire des passes, voire marquer des buts;

  • d’autres cas de comportements semblables, et pas moins spectaculaires, sont couramment rapportés: on en trouve par exemple mention dans la Revue de médecine brésilienne de Lyon ou dans le Petit Provençal – il s’agit donc là d’une pathologie qui n’est pas si rare.

Voilà qui relève, a-t-il poursuivi, du trouble obsessionnel compulsif. Un certain nombre de joueurs de football vont ainsi se jeter à terre plusieurs dizaines de fois par match, ou se rouler au sol sans raison apparente, ou encore lever compulsivement le bras pour signaler des hors jeux inexistants.

 

"Retenez moi les gars, je tombe !!"

L’orateur allait aborder la partie de son exposé où il proposait des méthodes de traitement pour ces névrosés d’un genre particulier, et il a voulu introduire son propos par cette phrase: « car ne l’oublions pas, chers confrères, notre rôle ne se borne pas à comprendre, il consiste également, parfois, à guérir ». Cette déclaration manifestement excessive a suscité la colère du Président honoraire de l’Association lacanienne internationale, qui a bondi de son siège, a dit qu’il n’était pas venu pour se faire insulter, que c’était un scandale de tenir de tels propos, et il a essayé de donner des coups de cartable à l’orateur… Il a fallu l’intervention de plusieurs participants pour séparer les deux hommes et, dans un souci d’apaisement, le président a décrété une suspension de séance.

  1. 2,600 réponses to “Psychiatrie Saint-Germain (1)”

  2. Depuis le temps que j’attends cet article!!!

    Le petit (1) indique donc que les troubles bipolaires, BDA, et autres joyeusetés arrivent?

    De animasana le 9/02/2009

  3. “celui des compositeurs de musique dodécaphonique”
    Et la je rigolai bêtement tout seul…

    Il y a encore la place au pupitre pour l’amicale des schizophrènes ou le paranoïaque club de France?

    De Cruzcampo le 9/02/2009

  4. Messieur,

    je trouve profondement méprisable que le courant dugarryien mettant en avant l’oubli du passé dans la réalisation interactionniste d’analyse girondine ai été sciemment oublié

    messieurs , je ne vous salue pas
    bisous
    christophe

    De brandao de morue le 10/02/2009

  5. Me suis endormi. 🙁

    De Vincent le 10/02/2009

  6. C’est bien défois de faire des pages sérieuses où il n’y a pas de trucs marrants.

    De vcvc le 16/02/2009

Pas de commentaire à faire sur ce sujet, merci de contacter M. Martinon.