Saison 2007-2008 : la rétro à l’envers (deuxième partie)

11/06/2008 – 8:27

Malgré des débuts encourageants, le PSG reste irrégulier et bloqué au pied du podium. Irrésistibles à domicile où il rivalise avec l’intouchable leader messin, le PSG présente un bilan à l’extérieur catastrophique, à quelques encablures seulement de la lanterne rouge lyonnaise. Dominé 2-1 à Strasbourg par une équipe alsacienne qui a su faire parler son expérience des grands rendez-vous, Paris n’a pu être défait par Nancy au Parc (0-0). Il faut un bon match à Nice pour permettre à Paris de mettre enfin le pied sur le podium mais à 3 points seulement de la 10eme place, sa position reste fragile. Le PSG doit confirmer contre Caen.

PARTIE II TRÊVE DE PLAISANTERIES

01/12/2007 LIGUE1 16e PSG 0 – 1 CAEN Parc des Princes

Au Parc, le PSG reste intouchable (au point que dans l’émission France2Foot, on se demande ouvertement si le PSG ne devrait pas déménager pour préserver l’équité sportive). Comme souvent, Paris a du mal à rentrer dans son match et domine des Caennais indignes de leur rang. Le match est fermé et il faut un exploit individuel pour débloquer la situation. Ceara, en position de dernier défenseur, réalise un geste extraordinaire : effectuant un astucieux roulé-boulé sur le ballon, il lance idéalement Florentin d’une glissade stupéfiante. Le Caennais se manque (0-1, 75e).

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La Ceara est l’un des gestes les plus vus sur youtube.

La fin de match est tendue mais ni Planté, lamentable d’efficacité, ni l’arbitre, consternant d’impartialité, ne parviennent à remettre Caen dans le match. Paris reste sur le podium. Landreau est de nouveau le gardien de l’équipe pauvres types. De « ridicule » à «affligeant », le PSG fait la Une d’une presse dithyrambique. Sylvain Armand est conscient de la réussite de Paris sur ce match mais ne fait pas la fine bouche « Nous prenons le but cash ».

15/12/2007 LIGUE1 18e PSG 1 – 2 TOULOUSE Parc des Princes

Après un nouveau faux-pas à Auxerre, le PSG entend bien se racheter à domicile face à l’une des équipes surprises de la saison, Toulouse. Opération réussie.

L’entame de match est mauvaise sous l’impulsion d’un Rothen intenable. Le public du Parc ne s’y trompe pas et conspue le milieu de terrain parisien. La rencontre paraît mal engagée mais le PSG se reprend et permet à Toulouse d’ouvrir le score d’une action d’école. Sur un ballon anodin, Camara lobe de la tête un Landreau qui, en seigneur à l’envers, avait déserté ses cages. Elmander est piégé (0-1, 42e).

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“98…99…100. Ça y est Micka, t’es caché ?”

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“Juste derrière toi gros bêta !”

A la reprise, le malheureux Suédois double la mise (0-2, 49e) et permet à Paris de creuser l’écart. Malgré la 101e bévue de Pauleta en toute fin de match sur penalty (1-2, 90e), ce sont bel et bien Paul Le Guen et ses hommes qui sont vainqueurs sur le fil, pour la première fois face au TFC depuis 1989. Malgré la bonne saison passée, on n’attendait pas les Parisiens en si bonne posture mais, comme souvent, la trêve ne va pas réussir au PSG.

13/01/2008 LIGUE1 20e PSG 3 – 0 LENS Parc des Princes

Décevants à Saint-Etienne face à des verts pourtant bien tristes dans leur chaudron, les parisiens jouent gros face à un concurrent direct au podium.

Au coup d’envoi de ce premier match de l’année 2008 au Parc des Princes, Paul Le Guen a choisi de faire confiance au jeune David Ngog en pointe et à Clément Chantôme – qui revient de blessure– dans le couloir droit. Dans le camp adverse, JPP aligne d’entrée sa star arrivée au mercato: Toifilou Maoulida. Pendant près d’une heure, Paris rivalise avec les talentueux sang et or, avant de s’écrouler en fin de match et de prendre une leçon de défense à l’envers.

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“On peut être gardien à l’envers et faire quand même le spectacle” Magic Runje

Le match bascule sur un coup du sort. Digard se claque la cuisse sur un centre et Le Guen est contraint de faire rentrer l’explosif Diané. L’Ivoirien, dans tous les mauvais coups, va vivre un véritable calvaire face à l’immense Lucien Aubey, auteur d’une prestation de classe mondiale. 3-0. En subissant sa première contre performance de la saison à domicile, le Paris Saint-Germain rate l’occasion de s’installer durablement dans les premières places. La presse salue l’énorme exploit que réalisent les hommes de Jean-Pierre Papin et du druide génial, Daniel Leclercq.

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Encore un but. Il n’y a pas de quoi être fier, môôôssieur Pauleta.

19/01/2008 LIGUE1 21e LORIENT 1 – 0 PSG Le Moustoir

Même si le PSG a toujours fait état de son désintérêt pour les Coupes, le match contre Valenciennes (4-0 à dix contre onze) fait désordre. Paris doit réagir et il va le faire de belle manière à Lorient.

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Leçon de défense à l’envers n°1 : quitter son attaquant des yeux.

Peu agressifs voire carrément cools, les Parisiens laissent les Lorientais s’empêtrer dans leur jeu tout en mouvement. Dès la 20eme minute, les Parisiens déroulent une action d’école à une touche de balle dans la plus pure tradition du jeu à l’envers: relance prudente, le porteur du ballon n’a aucune solution et remise sans contrôle sur un lorientais qui s’engage et bénéficie en conséquent du contre favorable. Personne ne couvre. Saifi, l’homme en méforme côté lorientais, centre à ras-de-terre. Gregory Bourillon se jette et coupe la trajectoire dans le but de Landreau. Superbe. 1-0 pour les merlus. Le reste du match est une formalité. Au moment où l’on ne l’espérait plus, Paris redevient performant à l’extérieur et réaffirme ses ambitions.Clément Chantôme prévient: “Il faut préparer Metz comme un grand rendez-vous”

23/01/2008 LIGUE1 22e PSG 3 – 0 METZ Parc des Princes

38362 esthètes se sont massés pour fêter le retour au Parc de ce merveilleux joueur encore dans toutes les mémoires parisiennes : Eric Cubilier. Il ne s’agit aucunement de son jubilé, mais bel et bien d’un match décisif pour le haut du tableau à l’envers. Et le solide latéral n’est de toute façon pas la seule star que le PSG va devoir affronter ce soir. Ce sont 11 galactiques grenats qui se présentent comme favoris, tant ils survolent notre championnat du pied et des genoux. Rien ne semble perturber cette défense faite de marbre lourd et cette attaque brodée dans la plus fine des dentelles, pas même la récente arrivée d’Yvon Pouliquen à la tête de l’équipe. Curieux choix d’ailleurs que celui de Carlo Molinari de laisser partir Francis de Taddeo, le maître tacticien qui a su façonner ce groupe lorrain à son image, soit le top du top européen. « De toute façon, ça ne change rien. Même José Mourinho pourrait être champion avec de tels joueurs », aurait déclaré dans la semaine Jean-Michel Aulas, de plus en plus amer à mesure que se profile la relégation de ses faiblards Lyonnais.

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Leçon de défense à l’envers n°2 : défendre assis.

Le FC Metz est si sûr de ses forces qu’il peut se permettre de laisser sur le banc sa recrue du mercato hivernal, arrachée aux griffes des plus grands clubs : l’attaquant-vedette Cyril Chapuis. Et c’est malgré tout le leader qui entame le plus mal la rencontre, avec une frappe de Renouard dans la surface (3e). Mais rapidement les Parisiens semblent aspirés par le recul messin, et Luyindula, bien poussé par le malicieux Bassong, faute dès la 4ème minute : but de la cuisse. Si le geste technique est splendide, l’efficacité laisse encore à désirer côté parisien. Les Lorrains ne se contentent pas de cette ouverture du score et vont tout mettre en oeuvre pour doubler la mise : tir en rupture d’Arnaud (20e) puis tête de Yépès (34e), intelligemment lâché au marquage par Diop. Et c’est le fébrile Rothen qui va craquer sur une frappe ratée en pleine lucarne, alors qu’Amara Diané était tout seul au point de penalty. Marichez peut tranquillement aller chercher le ballon au fond de ses filets (2-0, 36e). Il sait que le break est fait. La seconde période ne sera qu’une confirmation du talent hors norme du bloc grenat, pris de vitesse par Armand (53e), puis dribblé par Luyindula (60e), ou encore pris au piège du hors-jeu par Diané (84e). Mais le suspense aura été tué depuis longtemps, avec le slalom de ce même Diané, au beau milieu d’une défense imperturbable, ponctué d’un joli contre-pied de Marichez (3-0, 55e). Les Parisiens n’ont pas à rougir de cette véritable leçon de football, prodiguée par un FC Metz irrésistible. Le public ne s’y trompe pas, qui accompagne la sortie des héros grenats sous un tonnerre d’applaudissements. Jérôme Rothen, lui, ne désespère pas : « Certaines équipes en haut du classement commencent à céder du terrain. Pourquoi ne pas les rattraper, puis les doubler ? »

17/02/2008 LIGUE1 25e MARSEILLE 2 – 1 PSG Stade Vélodrome

Le PSG joue gros lors de cette 25ème journée : en cas de bon résultat, il s’accrocherait solidement au wagon des leaders ; en cas d’échec, il glisserait pour la première fois de la saison en deuxième partie de classement. Paul Le Guen a logiquement décidé de refaire confiance au 11 parisien qui a ramené un joli 0-0 du Parc, face au Mans, lors de la journée précédente. Sur le banc parisien, Pauleta regarde avec de grands yeux d’enfant la nouvelle petite perle brésilienne dénichée par la cellule de recrutement du PSG, Everton Santos, s’asseoir à côté de lui dans un geste chaloupé. Samba.

Et ce sont les joueurs parisiens qui réalisent la plus belle entame, avec un sprint de Djibril Cissé au milieu d’une défense qui l’évite bien. Mais l’avant-centre international est passé expert dans l’art de décadrer (2e). Heureusement pour le PSG que de l’autre côté du terrain, Mandanda effectue ses fameuses parades de minime (Armand, 16e et Luyindula, 21e). Diané quant à lui, fait parler sa technique, avec une conduite de balle à une bonne distance de sécurité. Ce qui permet à Bonnart de le voir venir de loin et d’ainsi réaliser un superbe fauchage à l’extérieur de la surface marseillaise. Arbitrage maison oblige, c’est penalty. Les tribunes grondent de plaisir. Mandanda remporte une première fois son duel face à Rothen, lucarne droite, mais M. Layec fait retirer le coup de pied car des joueurs parisiens étaient rentrés dans la surface pour saboter l’action. Deuxième essai, Mandanda à nouveau vainqueur, petit filet gauche (0-1, 27e). Cueilli à froid, le PSG va néanmoins se ressaisir, en prenant tous les risques, avec un 6-3-1 de circonstance. Et sur un coup franc de Nasri, Landreau invente la sortie aérienne sans sauter, ruse qui trompe Taiwo, mal placé (1-1, 37e). Et c’est le doublé 5 minutes plus tard pour un Landreau décidément en veine, sur un plongeon trompeur, suite à une frappe sans angle de Niang (2-1, 42e).

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Leçon de défense à l’envers n° 3 : le gardien trop court crie “j’ai”, le défenseur crie “moi non plus”.

Comme souvent lorsque le score lui est favorable, le PSG va réussir en seconde période à imprimer son rythme, ne concédant que très peu d’occasions à son adversaire de revenir dans la rencontre (Pauleta, 75e). Il faut reconnaître que M. Layec aide également les Parisiens en ne sanctionnant pas un nouveau fauchage de Diané (47e) et une main de Cheyrou (82e). Mais l’essentiel est que le PSG tient une nouvelle défaite dans un clasico.

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A son arrivée, l’OM a un pied sur le podium. Quelques mois plus tard, l’équipe se traîne en queue de tableau. Un bilan accablant pour Eric Gerets.

Grâce à ce bon résultat, le PSG se relance et prépare de la meilleure manière le grand sprint final. Qu’elle paraît loin, cette époque où les Parisiens se faisaient dominer dans les grandes largeurs par les Barthez, Drogba et Célestini (huit revers consécutifs face à l’ogre phocéen)!

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