Bon vent, Alain !

22/04/2008 – 12:02


Alors, Alain, tu nous quittes ? Eh bien, soit. C’est vrai que tu as besoin de repos. A vous voir, toi et Le Guen, ces derniers temps, on pensait à du Rimbaud : “Mon triste coeur bave à la coupe”. Il est temps de te changer les idées…

Pars faire le tour du monde à la voile, la tignasse au vent, avec ton lieutenant breton taciturne, avec ton équipage recruté au Havre, à Nantes et au Brésil. Les postillons de la mer sont moins amers que ceux des chroniqueurs, les vagues de l’océan sont douces pour qui s’est assis à ta place : aucune houle ne vaut Touboul. Fluctuat nec mergitur : ton beau voilier blanc fera briller sa devise en lettres dorées sur le ciel rouge du soir et les profondeurs bleues des vagues.

 

Nicolas de Stael, Paysage Marine, 1954.

“Fiers de nos couleurs”, par Nicolas de Stanelka

D’en bas, tu salueras ton vieux pirate colombien à la vigie, sans cesse à crier et agiter les bras « yé vois oune bateau, on l’aborde, capitan ? ». A la poupe, tu chambreras tes deux marins-pêcheurs, Landreau et Alonzo :
« - Alors, les enfants, on bosse un peu au lieu de rigoler ? Je me souviens d’un temps où vos filets étaient plus souvent garnis…
- Mais le filet il est percé, cap’taine.
- Donnez-le à Amara, il va le réparer, ça le changera de tricoter des pulls marins avec les pieds.
- C’est pas une bonne idée, ça, capitaine. Les filets il a jamais trop aimé, Amara, on dirait qu’il a peur de s’emmêler dedans.
- Et pourquoi vous n’attrapez pas les poissons volants ? Y’en a plein par ici.
- Ben, vous savez bien que Micka il saute pas pour attraper les poissons, il a peur de tomber à l’eau…
- C’est même pas vrai ! C’est surtout que Jérôme il les boxe en dehors du bateau avant que j’aie pu les attraper.
- Bon, débrouillez-vous, mais dépêchez-vous, le cuistot Edel va s’impatienter. Et ça me fait un peu peur, n’oubliez pas que personne ne sait qui il est ni d’où il vient.
- Ca c’est votre faute, capitaine. Si vous aviez prolongé le contrat de Bernard, l’ancien cuistot, on n’en serait pas là.
- Mais tu sais bien que c’était impossible, il s’obstinait à essayer de servir du caviar, sans en avoir les moyens. Résultat on crevait la dalle. Allez, au boulot, je poursuis mon petit tour… »

Tu rigoleras en voyant ton mousse brésilien glisser sur son savon en récurant le pont. Après avoir un peu traîné, sous prétexte d’anticyclone, tu consentiras à déposer un vieux briscard sur son archipel : « Adieu, l’aigle ! Tu es sûr que tu veux pas rester encore un peu ? Qui fera Leonardo Di Caprio sur la proue, maintenant ? ».

Tu regarderas tes deux matelots Clément remonter les voiles de vingt centimètres, les redescendre d’autant, les remonter de quinze, etc. Tu mettras un certain temps à t’apercevoir qu’en fait il n’y en a plus qu’un, de Clément, mais qui travaille tellement qu’on dirait qu’il est deux. Tu lui demanderas :
« - Jérémy, où est ton petit camarade ?
- Je ne sais pas, cap’taine Cayzac, Edel est venu nous voir, il avait un sourire bizarre. Il a tiré à la courte taille entre nous deux, c’est Chantôme qui a gagné, il a dit quelque chose que je n’ai pas bien saisi comme « ça tombe bien, c’est le plus tendre », puis il l’a emmené et depuis je ne l’ai plus revu. Mais ça sent drôlement bon, ils doivent nous préparer quelque chose… »
Ce sera la seule fois où tu auras un peu le mal de mer au dîner, mais tu te souviendras de tout ce que tu as avalé au PSG, et ça passera.

Canoë Cayzac

Non, le Canoë Cayzac ne s’est pas dégonflé. Il a tout simplement été vidé.

Une autre fois, en gagnant le large pour fuir cet insupportable m’as-tu-vu qui tourne en rond sur son hors-bord, mèches blondes au vent, tu croiseras le yatch de JMA, refait à neuf et luisant comme un Renault Truck (le yatch, pas JMA). Alors, après un petit pincement de jalousie en l’entendant commander une glace sur son transat, tu partiras d’un grand éclat de rire en écoutant son maître d’hôtel lui répondre « Désolé, passion on n’a pas, comme agrumes il me reste orange. Ou alors citron ». Il prendra les deux. Sacré JMA, « on refait le yatch », certes, mais on ne se refait pas.

Un peu partout dans le monde, tu verras des vrais supporters du PSG, qui n’ont jamais entendu parler de Pancrate et Luyindula. Tu éclateras de rire en constatant qu’ils croient dur comme fer que le PSG est toujours entraîné par Luis Fernandez. Tu seras un peu surpris et amusé de constater, plusieurs semaines après, en tombant par hasard sur un vieux journal, que Luis est vraiment redevenu entraîneur du PSG. Tu enverras un télégramme au dircom de Nike : « 350 jours navigation -stop- vu 147 maillots PSG -stop- aucun vrai -stop- lol -stop- ».

Bref, tu t’amuseras bien, capitaine au long cours. Quelques recommandations tout de même : tu verras peut-être un type un peu chauve marcher sur les eaux. Ne t’approche pas trop, on dit qu’il met des coups de boule. Il pourrait t’arriver de croiser Dhorasoo, en plein tour du monde en solitaire à la rame, ou bien le terrible pirate Rackham le Rool : dans un cas comme dans l’autre, reste à bonne distance. En revanche, si tu vois une tâche d’hydrocarbures au large des côtes basques, ne t’en fais pas, c’est juste le Pétrole Hahn de Lizarazu. Enfin, évite de chasser la baleine trop près de l’Ecosse, tu pourrais blesser Darcheville, et “il était hors jeu” ne serait pas une excuse valable.

Bon vent, Alain, et si ton bateau doit chavirer de nouveau, que ce soit le plus tard possible! Ou alors, que ce soit carrément de bon heur !

  1. 2 817 réponses to “Bon vent, Alain !”

  2. Bravo. Quelle réactivité.
    C’est beau on dirait du veau.
    Clapclapiser serait un doux euphémisme….
    Kenavo, Cayzac !

    De Jeanroucas le 22/04/2008

  3. Moi je dis chapeau messieurs Cayzac et LeGuen , ils ont reussi a ruiner ce qui etait un grand club de foot pour en faire un lamentable club incéssement sous peu en Ligue 2 et ils s’enfuient comme des voleurs ( Le Guen ne tardera pas a imiter Cayzac) a 4 journées de la fin quand le club est dans la merde !!! Parisiens , nos dirigeants sont mauvais ( surtout Anigo ) mais les votres sont lamentables …
    Bon sejour a l’étage inferieur et a dans 2 ans ( Le parc va me manquer…)

    De Yankee84 le 22/04/2008

  4. Yankke, trois choses:
    - le PSG est malade depuis l’après-Denisot, on ne peut pas tout faire porter à Cayzac
    - Cayzac ne s’est pas enfui, l’actionnaire majoritaire l’a foutu dehors
    - le PSG n’est pas encore en Ligue 2 ;-)

    Et sinon, bravo aux auteurs pour ce texte… C’est beau comme du Saint-Ex’ ;-)

    De Raspou le 22/04/2008

  5. Il était pas déjà en crise avant? (hmmm? remember 96 et 97)

    De Roberto C. le 22/04/2008

  6. Les années où il gagne la C2 et termine finaliste? C’était une sorte de crise, oui… qui semble aujourd’hui bien loin…

    De Raspou le 22/04/2008

  7. Il est clair que les problèmes du PSG ne date pas de CAYZAC et Le GUEN.

    Pas facile à gérer ce club, non pas que les supporters soient pires qu’ailleurs, mais il y a un mélange de jeunes prodiges, jeunes boulets, stars qui ont la grosse tête, parisiens attachés à ce club comme à une femme, ancien marseillais, je crois même ancien marseillais partis du PSG pour y revenir, de retraiter qui veulent se la couler douce encore 1 an ou 2, et tout cela dans une même équipe.

    Pas facile à gérer je vous dis.

    De Ced600 le 22/04/2008

  8. (Desole, pas de compte sur les cdf, donc oblige de poster ici plutot que sur le fil idoine)
    A toutes les mecs et toute la madame du CDF Sound System: Un grand, enormissime, giganto-geantesque MERCI, surtout a le celui qui a mentionne en premier Deezer.
    Je viens de taper Ludwig von 88 sans trop y croire, et savez quoi? 264 titres disponibles, a ecouter sans fin…
    Emigre aux US, sans lien vers le foot que les CDF, me voila maintenant redevable en plus de vos analyses pertinentes, d’un pan de ma jeunesse (et d’une pointe de ma crete).
    Fitain que je vous aime les ami(be)s… Et meme si mon pseudo vous laisser en douter, Allez Poooooooooris!

    De oie d'heule le 22/04/2008

  9. PS: Merci, si quelqu’un ayant un compte poste ici apres moi, de faire passer mes remerciements sur le CDFSS

    De oie d'heule le 22/04/2008

  10. et pour finir en beauté, on pourrait nommer hugues aufray comme mascotte de ce bateau ivre qu’est le PSG. Non? “c’est un fameux trois mats avec des trous d’eau hisse et oh captain pedro!!!

    De Si mou Si lourd le 24/04/2008

Pas de commentaire à faire sur ce sujet, merci de contacter M. Martinon.