Jdc du Mardi 26 février 2008

26/02/2008 – 10:27

Clément Chantôme nous livre en exclusivité les affres de la vie de footballeur à Paris. A mi-chemin entre simple boulot et sacerdoce. Jouer au PSG, ca ne s’improvise pas, ca ne se mérite pas non plus, sauf si t’es Fabrice Pancrate.
Insider ultime du PSG, Clément y a tout connu : le centre de malformation, le hasard des sélections en équipe de France espoirs, la déchéance sportive et la déchéance sportive (non je me répète pas).

Mardi 26 février 2008

Cher Journal,

Je te racontais comment Paul Le Guen est venu sauver le PSG la saison dernière. Ou l’inverse, personne ne sait exactement qui a sauvé qui. Bref.

Quand il est arrivé, Paul, ca nous a fait un changement par rapport à Moustache. Déjà, sur la forme, Paul n’a pas de Moustache. Mine de rien, ca fait beaucoup, notamment pour en finir avec l’ombre d’Artur Jorge (qui est Denis Troch, tout le monde sait ça). Sur le fond, aussi ca a changé. Moustache il était en conflit avec tout le monde, les arbitres, la ligue, le gazon, la plupart des joueurs. Enfin, non, juste ceux qui gagnaient plus que lui. Pas de bol, même au PSG, il y a un peu de logique dans les salaires, et ceux qui gagnent bien, en moyenne, ce n’est pas forcément les plus mauvais. Ainsi, Moustache, il s’était fâché avec Vikash, Rothen, Yepes, Kalou et un peu Pauleta. Mais c’est normal aussi, parce que Moustache, il était dans sa phase d’entraîneur adolescent qu’avait besoin de se prouver plein de trucs face à des grands. Un garçon avec du poil sous le nez et des pulls tricotés par sa maman qui est persuadé d’avoir toujours raison, que les autres c’est tous des cons qui comprennent jamais rien, qui clame que la planète entière est pourrie, que tout le monde est ligué contre lui, que c’est trop injuste, et qu’avec les filles, ça marche pas, même avec Nelly Viennot, faut pas lui demander d’être mature et raisonnable.

En revanche, quand Paul est arrivé il a redonné confiance à tous les grands joueurs de l’effectif.

La confiance, ca c’était un truc nouveau. Le dernier à avoir tenté de nous donner confiance en nous, c’était Laurent Fournier. Ca avait moyennement bien marché.

Alors, le premier jour, Paul il a fait une réunion avec tous les joueurs, et il nous a expliqué comment que la situation elle était grave, qu’on était aux portes de la relégation, qu’il fallait se reprendre, travailler tous ensemble pour s’en sortir. Après 12 minutes, Bona, qui digérait mal les critiques, a lâché une caisse terrible. Une arme aussi sonore qu’olfactive. Perso, j’ai cru que sa chaise en plastique allait fondre. On a tous éclaté de rire comme des malades, sauf Pedro qui s’est mis à pleurer.

A ce moment là, Paul était au milieu d’une phrase, il s’est arrêté, bouche bée, il a regardé Yves Colleu d’un air désespéré. Yves a haussé les épaules, dépité, et il lui a montré son contrat avec sa signature dessus, a souri, et a encore haussé les épaules. Alors, Paul s’est ressaisi et a annoncé qu’il allait nous rencontrer un par un pour faire le point.

Alors, nous, on est allé dehors se balader, appeler nos agents pour nos futurs transferts, se griller une clope ou boire une bière, des activités de footballeurs, quoi. Sauf Mario qui mâchait un pneu distraitement dans son coin, et Pedro qui tapait des coups francs en pleurant contre Mickael, clope au bec, qui faisait semblant de vouloir plonger. Il est très fort au « failli de plongeon », Micka. Il fait juste le petit saut en avant, comme pour prendre ses marques et son élan, se retrouver à demi accroupi, comme prêt à jaillir. Puis il regarde le ballon aller se ficher dans le but avec le regard abattu de celui qui croyait pas que ca allait atterrir là. On dirait presque un gardien de but, tu le croirais pas si tu le voyais.

Quand ce fut mon tour, Paul, il m’a expliqué qu’il comptait rebâtir le PSG de son époque, qu’il se donnait 3 ans pour ca, et qu’il comptait sur moi pour être son Vincent Guérin. Moi, j’ai pas du tout compris pourquoi il voulait que j’aille entrainer en CFA, mais j’y suis quand même allé.

Paul est très touché que vous vous intéressiez encore au PSG

Le jour où Saint Paul fut touché par la grâce.

Aux autres, il leur a fait un peu la même chose :
– à Mendy, il a dit qu’il voulait qu’il soit son Jean-Luc Sassus, que ce serait déjà pas mal ;
– à Rothen, il a dit qu’il voulait qu’il devienne son Ginola (qui le vaut bien car lui aussi est capable de faire des centres qui rendent la balle à l’adversaire) ;
– à Rozie qu’il voulait qu’il soit son Roche ;
– à Jérémy Clément (quand il fut arrivé) qu’il serait son Paul Le Guen, pouah le fayot ;
– à Sammy Traoré qu’il serait son Kombouaré (« Ah ouuuaaais pour marquer des têtes à la dernière seconde » « Non, pour être remplaçant ») ;
– à Edouard Cissé qu’il serait son… ben… son milieu de terrain ce serait déjà un bon truc ;
– à Pedro, il a dit qu’il voulait pas de lui parce qu’il avait pas le profil de Weah, et que ça collait pas;

Nous, on s’en fichait un peu des profils qu’on devait avoir mais si ca faisait plaisir au coach, pourquoi pas. Les seuls que ça a touché, c’est Pedro qui pleurait encore plus fort que d’habitude et Gallardo qui est ressorti en dernier de son entretien comme un fou en hurlant « YYYYYééééééé SOUIS VALDOOOOOOOO !!!!! ».

Alors Marcel, il a couru vers des ballons, a enchainé des dribbles, des jongles, puis il s’est approché de la surface de réparation et a tiré de toutes ses forces vers Micka depuis les 16m. La balle s’est arrêté sur la ligne des 6m, et Gallardo s’est écroulé, à bout de souffle, tout rouge, en sueur.

Paul était affolé, il a couru vers Marcel en criant qu’il fallait appeler le SAMU parce qu’il faisait une attaque. Nous, on s’est pas affolé, on savait que c’était normal pour Marcel, qu’il avait déjà battu son record en réussissant à courir comme ça bien 19 secondes d’une seule traite.

Quand Marcel s’est relevé, tout rouge mais avec une banane terrible, Paul a dit « Mais t’es pas mort ? » « Non, yé vé tré bien ». Paul s’est pris la tête entre les mains d’un air désespéré et s’est tourné vers Yves qui lui a remontré son contrat.

Ca commençait bien cette aventure avec Paul Le Guen.

A bientôt Journal,

Clément.

  1. 1,442 réponses to “Jdc du Mardi 26 février 2008”

  2. Tout simplement excellent X)

    De Sti de Caliss le 26/02/2008

  3. ENORME !!!!
    Je suis fan … Allez, vite, la souite !!!!

    De Jartagnan le 27/02/2008

  4. Bel hommage au style de mon blog…

    De Le petit José le 27/02/2008

  5. Ca a toujours été le propos que de s’inspirer de la forme du Petit José pour le mettre à la sauce parisienne.
    Evidemment, ce qui était une simple boutade du fil PEM au départ est ici mise en forme concrète et pérennisée.
    Alors, oui c’est un hommage au Petit José, qui m’avait tant fait rire.
    Alors, merci, José laisse bien tes couilles au chaud.

    De Teixeira Encore le 27/02/2008

  6. Je suis trop fort, aimez moi bande de gueux!

    De Teixera toujours le 27/02/2008

  7. Pour les fakes, merci de veiller à ne pas faire de fautes d’orthographes patronymiques, merci.

    De Teixeira Encore le 28/02/2008

  8. sinon tu t’veixeras encore ?

    De tip le 28/02/2008

  9. Je ne me vexe pas pour si peu. Juste le plaisir d’une reprise de volée.

    Ce qui peut me vexer, ce sont les “auteurs” du blog qui ne participent qu’à faire des commentaires cachés sur le susdit.

    Mais aucun ne serait assez vil pour cela, n’est-ce-pas tip?

    De Teixeira Encore le 29/02/2008

Pas de commentaire à faire sur ce sujet, merci de contacter M. Martinon.