JdC du Mercredi 20 Février 2008

20/02/2008 – 11:24

Clément Chantôme nous livre en exclusivité les affres de la vie de footballeur à Paris. A mi-chemin entre simple boulot et sacerdoce. Jouer au PSG, ca ne s’improvise pas, ça ne se mérite pas non plus, sauf si t’es Fabrice Pancrate.
Insider ultime du PSG, Clément y a tout connu : le centre de malformation, le hasard des sélections en équipe de France espoirs, la déchéance sportive et la déchéance sportive (non je me répète pas).

Mercredi 20 Février 2008

Cher Journal,

Avant que tu gueules : oui, je sais, je t’ai délaissé depuis longtemps. C’est comme ça, j’ai une vie d’homme moi maintenant. Enfin d’homme. On se comprend.

Cependant, j’aurais dû revenir bien plus tôt, tu m’as manqué.

Par où commencer ? Ben, déjà on a fini la saison avec le PSG. Et on a fait la moitié de la suivante. Obligé, entre temps, on a changé de coach. C’est Paul Le Guen le chef maintenant. Moi, au début, ça m’a vraiment embêté parce que Moustache, il m’aimait bien et que je jouais avec lui. Mais, Paul Le Guen, c’est toute une histoire avec le PSG.

Une histoire de champions, de titres, de gloire, de casques d’or, de brésiliens, de croix celtiques pour saluer le départ de nos meilleurs joueurs. De la paléontologie. Moi, je croyais que les gars de cette époque, ils étaient morts. Non, pas tous finalement. Il y a Le Guen.

Le Guen, c’est un mec auréolé de gloire. Déjà comme joueur, c’était la classe. Ok, la classe à coups de patates de 30m, de fracassages d’os de Charles-Edouard Coridon. Mais la classe à coups de titres et de sélections en équipe de France. Ca impose le respect. Quand tu penses que les gars de cette époque ils étaient capables de battre le Real en coupe d’Europe avec Sassus, Simba et Kombouaré titulaires, t’imagines comme ils étaient forts.

Mais en plus, le gars, il en impose comme entraineur. Bon, ok il a été champion 3 fois avec Lyon. La belle affaire. Non, Paul Le Guen, c’est avant tout l’homme d’un exploit. Unique. Le type qui a fait jouer Rennes en Coupe d’Europe contre la Juventus. C’était la coupe intertoto, tu sais, la coupe que tu joues en bus dans des équipes de bleds introuvables de pays à peine créés. Mais quand même. C’était la Juve. Enfin, avant tout, c’était Rennes.

Parce que jouer la Juve en Coupe d’Europe, c’est avant tout une histoire de tirage au sort. Mais la jouer avec Rennes c’est juste une histoire de miracle. Pour t’expliquer la valeur de l’exploit, Rennes, ils sont structurellement exemptés de Coupe d’Europe. Certains racontent que c’est parce que leur stade est maudit et qu’il est hanté par les fantômes de Lucas, Turdo et Fleurquin, leurs stars à eux que personne n’a jamais vu jouer. Il paraît qu’une crêpe complète vaudou est enterrée quelque part et transmet une influence négative qui plombe leurs résultats. Ou alors c’est François Pinault. En tout cas, ils ont un truc, c’est sûr.

Ainsi, Rennes, ils étaient bons la saison dernière, ils auraient dû jouer la Ligue des Champions. Mais finalement, à la Ligue, ils ont préféré repêcher Toulouse pour la Champion’s League, pour une obscure raison de piafs qui envahissent un terrain. Tu admettras qu’ils auraient pu trouver mieux comme excuse. Voilà, ça c’est Rennes. C’est pas de bol, mais faut voir l’avantage, ça nous évite à tous d’entendre l’hymne de la Champion’s League joué au biniou par un breton déchiré au chouchen.

Bref, la Coupe d’Europe, ils n’ont pas le droit, à Rennes. Et ben, Paul Le Guen, il l’a quand même fait. Un vrai rebelle Paul. Bon un rebelle en col roulé beige, mais un rebelle quand même.

Donc voila, maintenant, c’est ce gars là notre coach. T’imagines bien comment on en est fiers. Evidemment, il s’est retrouvé là un peu par hasard parce qu’il s’est planté quand il a voulu entraîner les Glasgow Rangers. Mais bon tout le monde se retrouve au PSG parce qu’ils se sont planté quelque part. Moi par exemple, c’est parce que je croyais signer un contrat avec le centre de formation de Fos-sur-Mer que j’ai signé au PSG. Mais bon, c’est pas tant la honte que ça de se planter aux Rangers : eux, c’est comme la lose de PSG mariée avec des bretons. En kilt. Et avec du whisky à la place du chouchen. Au final, le cocktail est explosif.

Donc, voilà, Paul Le Guen était sans club, il aime le PSG, nous on était presque relégables, on avait pas de coach (enfin, si, on avait Moustache, mais ça compte pas, pour te dire maintenant, lui, il est à Rennes justement), donc ça s’est fait naturellement.

Et c’est là que rien n’a changé. Mais je te raconterai ça plus tard.

Au revoir Journal,

Clément.

  1. 2,893 réponses to “JdC du Mercredi 20 Février 2008”

  2. Merci. J’ai bien ri.

    De Guy Lacombe le 20/02/2008

  3. Rennes a joué la coupe de l’UEFA ?

    Et pourquoi pas Gueugnon tant qu’on y est, hein ?

    De Djamel Belmadi que tu m'aimais encore le 21/02/2008

  4. Oui.
    Outre cette saison, c’était l’intertoto à l’époque du Gwen.
    Mais par égard pour nos amis marseillais, on comptera ça comme une coupe d’Europe.
    Non, parce que la Coupe de France, décidément, non, ils peuvent pas.

    De Clément le 21/02/2008

  5. Riche et généreux par nature, le PSG fait souvent des cadeaux.

    Oui, en 2000 on offre une coupe et un ticket pour l’Europe à des forgerons nécessiteux.

    Mais il y a mieux : l’année précédente, on avait carrément offert un titre de champion de France à de sympathiques Girondins qui passaient par là.

    Car tel était notre bon plaisir…

    De Belmadi d'aller siffler là-haut sur la colline... le 21/02/2008

  6. C’est qui ce type qui se prend pour Hemingway ? Paris n’est pas magique !

    De emmanuel le 21/02/2008

  7. Heminguen se prend pour Hemingway, ce qui donne “Paris Sonne le Glas”.

    On attend maintenant que Hemingerets se lance dans “Le Vieilodrome et la (bonne) mère”.

    De Heminguen le 21/02/2008

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