Ni buts ni soumises » Le point à mi-saison de la D1 2019-2020 (1/4) - Les affluences

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Le point à mi-saison de la D1 2019-2020 (2/4) - Les recrues »

Le point à mi-saison de la D1 2019-2020 (1/4) - Les affluences

La moitié de la saison est passée et à quelque jour de la reprise, c’est l’occasion de faire un bilan d’étape de la D1 d’après Coupe du monde en quatre partie concernant la fréquentation des stades, le recrutement à l’étranger, le niveau général et la course au maintien.

Les affluences

Après une Coupe du monde qui avait attiré beaucoup de spectateurs et de téléspectateurs, la D1 était attendue au tournant pour savoir s’il y aurait un « effet Coupe du monde ». Au bout d’une demi-saison, les affluences n’ont pas explosé ce qui était prévisible et qui n’est sans doute pas vraiment grave.

Il fallait vraiment n’avoir jamais regardé la D1 et avoir découvert la discipline lors de la Coupe du monde pour penser que le championnat de France reprendrait dans les stades des garçons pleins. Et à vrai dire, presque aucun des clubs de D1 n’aurait eu les infrastructures pour l’assumer.

À la mi-saison, la moyenne de spectateurs dépasse les 1200, soit près de deux fois que ce qu’elle était il y a seulement deux ans et six fois plus qu’avant 2011 et la première vague de médiatisation.

Affluence moyenne à domicile des clubs de D1 2019-2020
Équipe Moyenne Matchs
Lyon 5 470 7
Dijon 1 642 5
PSG 1 462 6
Reims 1 150 5
Paris FC 834 6
Bordeaux 819 6
Guingamp 759 7
Soyaux 577 5
Metz 466 6
Montpellier 436 5
Fleury 340 6
Marseille 304 7

L’an dernier, la moyenne tournait autour de 900 et il faut se méfier du chiffre actuel puisqu’il est tiré vers le haut par le Lyon-PSG qui a attiré 30 661 spectateurs, soit le tiers de l’affluence totale et qui n’aura lieu qu’une fois. Mais en ignorant ce match (et le match homologue de la saison précédente qui s’était joué devant 25 907 spectateurs), la moyenne passe de 713 à 822 par rapport à la saison dernière soit une augmentation d’environ 15 %.

Un effet Canal +

Plus qu’un « effet Coupe du monde » proprement dit, on peut voir dans cette augmentation le résultat de la médiatisation croissante. Il y a sans doute autant un « effet Canal+ » puisque la progression était déjà de +50 % la saison dernière (+30 % sans le Lyon-PSG dont le succès croissant a vraisemblablement les mêmes causes) pour la première année où la chaîne a diffusé la quasi intégralité du championnat et lui a fait une importante promotion dans ses différentes émissions.

Le stade Jean-Bouin est le plus fréquenté des résidences habituelles des clubs de D1.

Le stade Jean-Bouin est le plus fréquenté des résidences habituelles des clubs de D1.

En 2011, lors du précédent saut d’affluence (triplement en une saison), la Coupe du monde avait été précédée par la diffusion des matchs qualificatifs des Bleues sur D8 en clair, et par la victoire de l’OL en Coupe d’Europe diffusée sur la même chaîne, record d’audience à la clé.

Les affluences n’ont pour autant pas explosé, l’augmentation se fait par dizaine et un seul match par an dépasse les 20 000 spectateurs. Mais ce chiffre était jusqu’à très récemment à peu près le record sur le sol français.

Les chiffres de la D1 n’ont jamais approché ceux des Bleues : le rapport entre les moyennes de spectateurs varie d’une saison à l’autre mais globalement les courbes d’évolution sont comparables depuis quinze ans, avec des chiffres 20 fois supérieurs pour l’équipe de France.

Évolution des affluences moyennes en D1 et en équipe de France (les échelles ne sont pas les mêmes pour les deux courbes)

Évolution des affluences moyennes en D1 et en équipe de France (les échelles ne sont pas les mêmes pour les deux courbes)

La comparaison avec la Coupe du monde, fortement événementielle et concernant les Bleues ne serait donc pas pertinente. Celle avec les championnats étrangers équivalents peut l’être avec toutes les précautions d’usages. Pour la saison 2018-2019, la D1 (911 spectateurs de moyenne) se trouvait bien calée entre la FAWSL anglaise (1010) et la Bundesliga allemande (8331). Cette saison l’Angeterre semble décoller avec plus de 4000 spectateurs de moyenne dans le cadre d’un championnat médiatisé comme la FA sait le faire : tous les matchs sont par exemple diffusés gratuitement en ligne.

La comparaison avec l’Espagne et l’Italie est difficile faute de chiffre fiables mais la structure semble proche de celle de la D1 avec une grande majorité de matchs joués devant des affluences limitées et quelques affiches événementielles réunissant d’importantes foules comme l’Atletico-Barcelone joué devant 60 739 spectateurs et le Juventus-Fiorentina devant 39 027, dans les deux cas dans le stade où joue habituellement l’équipe masculine.

La comparaison internationale nécessite aussi de prendre en compte les habitudes nationales. La Bundesliga masculine attire deux fois plus de spectateurs par match que la Ligue 1 et la Premier League une fois et demi (et l’EFL Championship, la D2 anglaise à peu près autant que la L1). Bref les habitudes de fréquentation des stades varient beaucoup selon les pays et la D1 est plutôt plus proche de la Ligue 1 que les autres championnats féminins de leurs homologues masculins.

Cohabiter avec les garçons

Cinq des six stades ayant les meilleures affluences (certes le plus souvent pour un seul match) sont ceux où évolue habituellement l’équipe masculine. Seul le stade Jean-Bouin parvient à devancer l’autre stade parisien Sébastien-Charléty. Le petit frère du Parc-des-Princes est un cas à part parmi ces stades puisqu’il est la résidence habituelle du PSG qui ne lui a fait qu’une infidélité contre Bordeaux pour cause de match de rugby.

Affluence moyenne par stade lors de la première partie de saison de D1 2019-2020
Stade Moyenne Matchs
Décines-Charpieu (Parc OL) 30 661 1
Dijon (Stade Gaston-Gérard) 5 064 1
Guingamp (Stade du Roudourou) 3 166 1
Reims (Stade Auguste-Delaune) 2 578 2
Longeville-Les-Metz (Stade Saint-Symphorien) 1 913 1
Paris (Stade Jean-Bouin) 1 634 5
Paris (Stade Sébastien-Charléty) 1 543 2
Décines-Charpieu (OL Training Center) 1 272 6
Le Bouscat (Stade Sainte-Germaine) 819 6
Dijon (Stade des Poussots) 786 4
Saint-Germain-en-Laye (Stade Georges-Lefèvre) 600 1
Angoulême (Stade Camille-Lebon) 577 5
Bondoufle (Stade Robert-Bobin) 479 4
Montpellier (Stade Bernard Gasset n°7-Mama Ouattara) 436 5
Pabu (Stade du Centre de Formation “Akademi”) 357 6
Fleury-Mérogis (Stade Auguste-Gentelet) 340 6
Marseille (Stade Paul-Le-Cesne) 304 7
Bétheny (Stade Louis-Blériot) 197 3
Longeville-Les-Metz (Stade Dezavelle) 176 5

Bien entendu ce phénomène tient surtout aux affiches puisqu’en dehors du PSG lui-même, tous les matchs sont des réceptions de l’OL ou du PSG (et celle de Metz par le Paris FC à Charléty), soit les matchs qui sont de toute façon les plus plus grosses affluences de la saison pour leurs hôtes. Mais l’expérience montre que l’affluence est plus importante pour une même affiche dans ce type de stade. Ainsi cette saison, Metz à reçu le PSG à Saint-Symphorien devant 1913 spectateurs. Ils n’étaient que 667 l’an dernier au stade Dezavelle pour la même affiche, et 493 en 2017 à Amnéville. Mais pour la première saison de Metz en D1, le match s’était déjà déroulé à Saint-Symphorien en 2014 et il y avait 1893 spectateurs.

À l'ombre de Saint-Symphorien, le stade Dezavelle de Metz connaît la plus faible affluence de D1 cette saison.

À l'ombre de Saint-Symphorien, le stade Dezavelle de Metz connaît la plus faible affluence de D1 cette saison.

Guingamp à recu Lyon au Roudourou devant 3 166 personnes, loin du record de 2011 où elles étaient 12 263, mais il n’y en avait que 735 l’an dernier à Pabu pour la même affiche.

Il est sans doute encore un peu tôt pour faire jouer les équipes de D1 dans des stades de Ligue 1 de façon systématique, d’autant que la convivialité en souffrirait. Mais l’exemple du Havre est parlant même s’il n’est pas unifactoriel : l’équipe de D2 du club normand joue comme celle de Ligue 2 tous ses matchs au stade Océane et avec une moyenne 729 spectateurs, elle possède de loin la meilleure affluence de D2 et ne déparerait pas en D1 où elle ne serait déjà pas loin de la première moitié de tableau alors qu’elle n’est pas dopée par une ou plusieurs grosses affiches.



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