Ni buts ni soumises » Direction Paris, via l’Angleterre

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Direction Paris, via l’Angleterre

L’équipe de France de Corinne Diacre retrouve la compétition officielle avec la campagne de qualification pour l’Euro 2021 en Angleterre.

Pour l’instant, la sélection est dans la continuité de celle qui a disputé la Coupe du monde mais l’équipe va sans doute évoluer dans les deux ans à venir et plus encore d’ici les Jeux Olympiques 2024 qui auront lieu à domicile. La plupart des joueuses qui y participeront jouent déjà en D1 ou dans les sélections de jeunes

Après une reprise contre l’Espagne qui a servi à faire le deuil d’une coupe du monde au bilan indéchiffrable, l’équipe de France démarre une nouvelle aventure avec deux objectifs en ligne de mire. Le premier est bien sûr l’Euro 2021 en Angleterre pour lequel la qualification ne fait que peu de doute. Le second est plus lointain. Il s’agit des Jeux Olympiques de 2024 pour lesquelles les Bleues sont déjà qualifiées depuis que Paris en a obtenu l’organisation. Bien sûr il y aura une Coupe du monde entre temps mais elle ne se fera pas indépendamment des jeux à domicile.

C’est la norme, Corinne Diacre va axer son travail et son discours sur le premier objectif, et même sur la phase de qualification. C’est une précaution habituelle dans ce métier où les objectifs se vivent à court terme et l’actuelle sélectionneuse a particulièrement peu été dans l’anticipation durant deux ans où elle n’a appelé presque aucune joueuse en prévision de campagnes futures – quasiment toutes ses nouvelles étant des joueuses expérimentées.

Cela n’empêche pas pour autant d’essayer de décrire les contours de l’équipe de France pour les deux échéances, dans la mesure où l’Euro commence mardi contre le Kazakhstan et où l’expérience prouve que les joueuses qui participent à une compétition internationale ne sont déjà plus des inconnues quatre ou cinq ans avant1, soit qu’elles soient déjà internationales, soit au moins qu’elles jouent en D1 ou dans des sélections de jeunes.

Autant dire que la liste des joueuses qui iront en Angleterre en 2021 ne comportera que des noms connus et qu’il ne devrait pas y avoir plus d’une ou deux jeunes joueuses encore non identifiées2 à Paris 2024.

Dans la continuité

Les deux premières listes de joueuses appelées depuis la Coupe du monde sont globalement dans sa continuité puisque quasiment toutes les joueuses aptes ont été rappelées. Seule la benjamine Émelyne Laurent a laissé la place pour les matchs contre l’Islande et le Kazahkstan. Mais les blessures ont permis un peu de nouveauté avec les entrées de Justine Lerond et Elisa De Almeida, deux nouvelles représentantes de la génération demi-finaliste mondiale chez les moins de 20 ans en 2018 (la première ayant depuis remporté l’Euro des moins de 19 ans) et le retour de Perle Morroni et surtout Marie-Antoinette Katoto pour qui il est temps d’arrêter le psychodrame monté de toute pièce par la fédération et la sélectionneuse alors qu’il est clair depuis au moins trois ans qu’elle devrait être un choix prioritaire en attaque.

Pour l’instant, la révolution n’est pas encore en route et l’équipe de 2021 s’apprête à être une légère évolution de celle de 2019. La raison principale est sans doute l’écart de niveau important entre le niveau international d’un côté et la masse de la D1 et les sélections de jeune de l’autre. Seules les internationales actuelles et les joueuses de l’OL et du PSG (qui sont souvent les mêmes) ont l’occasion de se frotter au plus haut niveau. Ainsi peu d’autres joueuses n’arrivent à bousculer la hiérarchie établie.

Les deux clubs en questions ne semblent pas partis pour donner leur chance à de futures internationales. Le champion de France alimente les autres clubs de D1 plus qu’il n’y recrute des joueuses puisqu’il va plutôt chercher ses titulaires à l’étranger. Et au-delà de sa jeune garde formée au club qui est déjà en sélection, son dauphin tente bien des coups comme avec Annahita Zamanian ou Léa Khelifi mais les aligne avec une extrême parcimonie.

Bordeaux, nouveau vivier d’internationales

Deux pistes permettent d’envisager la progression d’éventuelles futures internationales. La première est bien sûr l’augmentation du niveau de la D1 et sa professionnalisation. La stratégie de Montpellier cette saison avec le retour de Morgane Nicoli et de Marie-Charlotte Léger ainsi que l’arrivée d’Elisa De Almeida pour remplacer l’escouade suédoise permet à ces joueuses ainsi qu’à d’autres comme Maëlle Lakrar de jouer le haut de tableau. L’équipe héraultaise compte ainsi une dizaine de postulantes à l’équipe de France (dont près de la moitié sont effectivement appelées).

Club plus jeune en D1, Bordeaux s’appuie beaucoup moins sur la jeunesse mais pratique également une politique basée sur l’arrivée de solides joueuses de D1 comme les Parisiennes Estelle Cascarino, Inès Jaurena et Charlotte Bilbault, la Lilloise Ouleymata Sarr et la Lyonnaises Émelyne Laurent, cinq recrues qui ont été appelées plus ou moins régulièrement par Corinne Diacre depuis deux ans et qui s’ajoutent à Julie Thibaud, Ghoutia Karchouni ou Maëlle Garbino pour viser le haut du tableau et fournir à la sélectionneuse un panel de joueuses qui passent plus de temps sur le terrain que sur le banc.

Enfin le Paris FC, ancien gros pourvoyeur d’international quand il s’appelait Juvisy, semble au contraire se tourner plutôt vers l’étranger pour compenser les départs. Mais le jeu de la promotion interne peut toujours permettre l’émergence de l’une ou l’autre, comme la titularisation actuelle de Camille Pécharman ou l’entrée dans l’équipe d’Oriane Jean-François.

La piste étrangère

L’autre piste pour les aspirantes internationales est d’aller jouer à l’étranger pour trouver un niveau plus homogène et se frotter à d’autres cultures footballistiques. Idéalement, il faudrait que de jeunes internationales aillent renforcer des équipes de haut de tableau des championnats voisins (Angleterre, Allemagne, Espagne) ou plus lointains (États-Unis).

En pratique, ce sont pour le moment plutôt des joueuses expérimentées – souvent déjà passées par les Bleues – qui rejoignent des équipes de milieu de tableau. En dehors d’Aïssatou Tounkara à l’Atlético Madrid, Kheira Hamraoui à Barcelone, Pauline Peyraud-Magnin à Arsenal qui étaient déjà parties la saison dernière et de Karima Benameur à Manchester City qui ne devrait pas jouer beaucoup, la vague d’expatriation de l’été s’est plutôt faite vers le ventre mou des championnats espagnols et anglais : Méline Gérard au Betis Séville, Marie-Laure Delie au CFF Madrid (rien à voir avec le Real), Aurélie Kaci passée de l’Atlético au CD Tacon (futur Real Madrid), Maéva Clémaron à Everton, Léa Le Garrec à Brighton, Kenza Dali à West Ham. De plus en signant à l’Inter, Julie Debever a rejoint en Italie Laura Agard, à la Fiorentina depuis la saison précédente.

Les onze joueuses citées ont toutes été internationales A (sauf Laura Agard, appelée sans jouer) et en dehors d’Aïssatou Tounkara (24 ans) et Léa Le Garrec (26 ans), elles ont toutes plus de 27 ans et ne représentent donc sans doute pas tellement le futur des Bleues.

Le principal intérêt pour l’équipe de France de cette vague de départ est qu’elle peut être un jalon pour l’avenir. D’une part en montrant aux joueuses que c’est une option envisageable et d’autre part en obligeant un peu le staff de l’équipe de France à regarder ce qui se passe dans les autres championnats, ce qu’il ne faisait pas vraiment ces dernières saisons.

France B devient France M-23

Autre changement intéressant dans la perspective de l’arrivée de jeunes joueuses chez les Bleues, l’équipe de France B est désormais officiellement devenue l’équipe de France des moins de 23 ans, comme elle l’était déjà officieusement au tournoi de La Manga en avril dernier.

Elle offre un terrain d’expression aux joueuses qui ne peuvent plus être appelées dans aucune sélection de jeunes mais qui sont encore un peu tendre pour l’équipe de France A. Ce qui marque aussi une nette inflexion : désormais la sélectionneuse ne devrait plus chercher à faire évoluer son groupe avec des joueuses expérimentées miraculeusement passées inaperçues jusque là.

La liste des joueuses rassemblées en stage en même temps que les A permet de se faire une idées de celles qui sont suivies par le staff de l’équipe de France. On y retrouve des noms passés par les Bleues plus ou moins récemment comme Estelle Cascarino, Marie-Charlotte Léger, Hawa Cissoko, Théa Gréboval, Clara Matéo et Marion Romanelli mais aussi Émelyne Laurent et Léa Khelifi sur le banc contre l’Espagne.

Les sélections A, M-23, M-20 et M-19 étaient en stage à peu près au même moment fin septembre début octobre (et même en éliminatoires du prochain Euro pour les plus jeunes). Cela donne une liste de 92 joueuses parmi lesquelles on devrait trouver presque une vingtaine des noms de la future liste de 2024 (principale et complémentaire puisque les Jeux Olympiques se jouent à 18+4). Et en ajoutant quelques absentes sur blessure comme Ève Périsset et Amandine Henry, on pourrait arriver à un centaine de joueuses parmi lesquelles on aurait quasiment à coup sûr les listes pour les prochaines échéances d’ici 2024.

Liste de l’équipe de France A pour les matchs contre l’Islande et le Kazakhstan

Gardiennes : Sarah Bouhaddi (Lyon), Solène Durand (Guingamp), Pauline Peyraud-Magnin (Arsenal, ENG)

Défenseuses : Elisa De Almeida (Montpellier), Julie Debever (Inter Milan, ITA), Sakina Karchaoui (Montpellier), Griedge Mbock Bathy Nka (Lyon), Perle Morroni (PSG), Wendie Renard (Lyon), Marion Torrent (Montpellier), Aïssatou Tounkara (Atlético Madrid, ESP)

Milieux : Charlotte Bilbault (Bordeaux), Maéva Clémaron (Everton, ENG), Kenza Dali (West Ham, ENG), Grace Geyoro (PSG), Amel Majri (Lyon), Gaëtane Thiney (Paris FC)

Attaquantes : Viviane Asseyi (Bordeaux), Delphine Cascarino (Lyon), Kadidiatou Diani (PSG), Valérie Gauvin (Montpellier), Marie-Antoinette Katoto (PSG), Eugénie Le Sommer (Lyon)

Liste de l’équipe de France M-23 en stage du 1er au 4 octobre

Gardiennes : Mylène Chavas (Dijon), Blandine Joly (Marseille)

Défenseuses : Noémie Carage (Dijon), Hawa Cissoko (Soyaux), Pauline Dhaeyer (Issy, D2), Théa Gréboval (Paris FC), Héloïse Mansuy (Guingamp), Morgane Nicoli (Montpellier), Marion Romanelli (Montpellier), Julie Thibaud (Bordeaux)

Milieux : Maureen Bigot (Metz), Lina Boussaha (PSG), Anna Clérac (Soyaux), Salomé Élisor (Lille, D2), Maëlle Garbino (Bordeaux), Anissa Lahmari (Soyaux), Justine Rougemont (Metz), Annahita Zamanian (PSG)

Attaquantes : Mathilde Bourdieu (Paris FC), Louise Fleury (Guingamp), Adélie Fourré (Guingamp), Léa Khelifi (PSG), Émelyne Laurent (Bordeaux), Marie-Charlotte Léger (Montpellier)

Melvine Malard, Léna Goetsch, Christy Gavory, Maëlle Lakrar, Julie Thibaud, Justine Lerond ; Annahita Zamanian, Sana Daoudi, Selma Bacha, Sandy Baltimore, Émelyne Laurent

Melvine Malard, Léna Goetsch, Christy Gavory, Maëlle Lakrar, Julie Thibaud, Justine Lerond ; Annahita Zamanian, Sana Daoudi, Selma Bacha, Sandy Baltimore, Émelyne Laurent

Liste de l’équipe de France M-20 en stage du 30 septembre au 4 octobre

Gardiennes : Mary Innebeer (Lille, D2), Justine Lerond (Metz), Marie-Morgane Sieber (Vendenheim, D2)

Défenseuses : Selma Bacha (Lyon), Magou Doucouré (Reims), Éva Frémaux (Lille, D2), Maëlle Lakrar (Montpellier), Lisa Martinez (Glasgow Rangers, SCT), Manon Revelli (Lyon), Émeline Saint-Georges (Lille, D2)

Milieux : Chaïma Badr Bassem (Toulouse, D2), Julie Dufour (Lille, D2), Oriane Jean-François (Paris FC), Éva Kouache (Lyon), Margaux Le Mouël (Guingamp), Chloé Philippe (Reims), Carla Polito (Lille, D2)

Attaquantes : Lorena Azzaro (Lyon), Sandy Baltimore (PSG), Vicky Becho (PSG), Kessya Bussy (Orléans, D2), Naomie Feller (Reims), Mélody Lapierre (Saint-Étienne, D2), Melvine Malard (Fleury), Coline Stephen (Dijon)

Liste de l’équipe de France M-19 pour le tournoi qualificatif de l’Euro 2020 en Macédoine du Nord

Gardiennes : Marie Petiteau (Bordeaux), Alice Pinguet (PSG)

Défenseuses : Inès Belloumou (Montpellier), Emmy Jézéquel (Guingamp), Jade Le Guilly (PSG), Assimina Maoulida (Orléans, D2), Clara Moreira (Lyon), Kate Nado (Saint-Maur, D2), Célina Ould Hocine (PSG)

Milieux : Adeline Coquard (Saint-Étienne, D2), Thelma Eninger (PSG), Jamila Hamidou (Marseille), Grace Kazadi (Lyon), Leïla Peneau (Nantes, D2), Océane Picard (Vendenheim, D2), Sarah Zahot (Marseille)

Attaquantes : Kenza Chapelle (Saint-Maur, D2), Dialamba Diaby (Guingamp), Esther Mbakem Niaro (Montpellier), Naomie Vagre (PSG)

L’équipe de France du futur

Gardiennes

Sauf surprise, Sarah Bouhaddi sera à l’Euro et elle sera titulaire parce qu’aucune concurrente ne semble actuellement en mesure de lui disputer la place. Au bout de quinze ans, il faut se faire une raison que personne n’y arrivera.

Pauline Peyraud-Magnin et Solène Durand tiennent la corde pour enchaîner le mondial et l’Euro bien que la seconde ne compte toujours aucune sélection. Pour la suite, ce sont les gardiennes du mondial M-20 en Bretagne qui sont favorites. Justine Lerond a déjà été appelée, Mylène Chavas va finir par reprendre le cours de sa progression quand elle sera titulaire à Dijon comme l’est Camille Pécharman au Paris FC.

Méline Gérard et Laetitia Philippe semblent avoir laissé passer leur chance et risque d’avoir du mal à repasser devant les plus jeunes.

Euro 2021 : Sarah Bouhaddi, Pauline Peyraud-Magnin, Solène Durand

JO 2024 : Sarah Bouhaddi, Mylène Chavas + Justine Lerond

Arrières centrales

En 2024, Wendie Renard aura 34 ans et Griedge Mbock 29. Elles pourraient donc encore être présentes et elles formeront encore à coup sûr la charnière des Bleues à l’Euro. Aïssatou Tounkara est dans le même cas si ce n’est qu’elle n’est pas titulaire.

La relève pointe déjà le bout de son nez. Elisa De Almeida est désormais appelée et les performances de Maëlle Lakrar et Julie Thibaud pourrait leur valoir des convocations prochainement. Comme dans d’autres secteurs de jeu, les générations précédentes qui ne sont pas déjà chez les Bleues ont sans doute laissé passer leur chance (même si la répétition des convocations de Julie Debever montre que rien n’est impossible). Mais si d’autre noms doivent apparaître, il est probable que cela sera plutôt des joueuses comme Lisa Martinez ou Émmeline Saint-Georges.

Euro 2021 : Wendie Renard, Griedge Mbock, Aïssatou Tounkara, Elisa De Almeida

JO 2024 : Griedge Mbock, Maëlle Lakrar, Aïssatou Tounkara + Elisa De Almeida

Arrières droites

Comme toujours, il est difficile d’anticiper qui seront les latérales du futur, surtout à droite. En général, les meilleures ne sont pas positionnées comme latérales dans les catégories de jeunes. Depuis vingt ans (et sans doute plus), les arrières droites de l’équipe de France ont soit été des arrières centrales décalées (Sandrine Dusang, Marion Torrent), soit des milieux replacées (Ève Périsset, Corine Petit), soit des ailières reculées (Jessica Houara).

Les occupantes actuelles du poste, Marion Torrent et Ève Périsset visent certainement l’Euro et peuvent durer jusqu’aux Jeux Olympiques. Leur niveau ne les met pas à l’abri d’un phénomène qui apparaîtrait mais il est difficile à prévoir puisque qu’il joue sans doute à un autre poste. Les Françaises les plus utilisées à ce poste en D1 depuis deux ans sont Charlotte Fernandes à Fleury, Andréa Lardez à Bordeaux et Hawa Cissoko à Soyaux (soit deux attaquantes et une arrière centrale).

Dans les sélections de jeunes, les arrières latérales droites ont souvent été des défenseuses centrales lors des dernières compétitions comme Elisa De Almeida au mondial M-20 breton. La joueuse qui monte est la Stéphanoise de Lyon Manon Revelli. Mais elle aura fort à faire pour avoir du temps de jeu derrière l’indestructible Lucy Bronze et en concurrence avec Janice Cayman.

Euro 2021 : Marion Torrent, Ève Périsset

JO 2024 : Ève Périsset, Charlotte Fernandes

Arrières gauches

Contrairement aux droitières qui sont volontiers placées dans l’axe, les gauchères sont presqu’à coup sûr cantonnée au côté gauche. Les arrières gauches sont donc en général d’anciennes ailières gauches.

Amel Majri ne fait plus partie de la catégorie, elle a finalement réussi à convaincre aussi bien son club que sa sélectionneuse que sa place était devant ou à la rigueur au milieu. La place est sans doute libre pour Sakina Karchaoui même si Ève Périsset peut jouer des deux côtés. Perle Morroni, titulaire au PSG vient d’être rappelée et elle a toutes les qualités pour postuler durablement. La Lyonnaise Selma Bacha est programmée pour bousculer la hiérarchie même si les blessures ont freiné sa progression au mauvais moment la saison dernière puisque la concurrence de Carolin Simon aurait plus facile à écarter que celle d’Alex Greenwood. Mais son arrivée en équipe de France n’est qu’une question de temps.

Enfin parmi les gauchères qui courent le risque de reculer et de postuler, Sandy Baltimore a une bonne figure d’outsider. D’ailleurs c’est au poste d’arrière gauche qu’elle avait connu ses premières entrées en jeu au PSG.

Euro 2021 : Sakina Karchaoui, Perle Morroni

JO 2024 : Selma Bacha, Sandy Baltimore

Milieux défensives et relayeuses

Le secteur est là aussi assez imprédictible. Il est suffisamment sensible pour que les clubs hésitent à y placer de jeunes joueuses et que les débutantes commencent donc à des postes moins exposés, souvent sur un côté. Ainsi la Lyonnaise Éva Kouache n’est apparue la saison dernière que comme latérale droite.

Amandine Henry devrait aller jusqu’à l’Euro mais sa présence aux Jeux reste peu probable à 35 ans (la tentative de faire durer les milieux défensives à des âges avancés n’a pas toujours été un franc succès en équipe de France). Grace Geyoro en revanche devrait être encore de la partie.

Derrière ces deux joueuses, il y a sans doute des places à prendre. Si Élise Bussaglia a laissé la place, Charlotte Bilault et Maéva Clémaron sont toujours là mais elles ne semblent pas avoir une avance invraisemblable sur des joueuses comme Inès Jaurena, Aminata Diallo ou Sandie Toletti, sans même parler de Kheira Hamraoui ou Aurélie Kaci qui semblent hors du périmètre de l’équipe de France.

Mais en dehors de ces joueuses, déjà testées chez les Bleues, les Christy Gavory, Hélène Fercocq, Carla Polito, Chloé Philippe ou Margaux Le Mouël qui ont peuplé le milieu des Bleuettes lors des dernières compétitions ne semblent pas encore en mesure de frapper à la porte.

Les joueuses qui sont sans doute les plus proches sont la Guingampaise Ella Palis et la Parisienne Oriane Jean-François voire les Sojaldiciennes Anna Clérac et Anissa Lahmari dans des options un peu plus offensives.

Euro 2021 : Amandine Henry, Grace Geyoro, Charlotte Bilbault, Ella Palis

JO 2024 : Grace Geyoro, Sandie Toletti + Ella Palis

Joueuses offensives

Les joueuses sont souvent interchangeables entre des postes d’avant-centre, d’ailières, de milieux offensives ou de meneuses et tout dépend tellement du système choisi qu’il est difficile d’anticiper beaucoup que d’imaginer qu’il faudra à peu près quatre « joueuses offensives » dans un onze titulaire.

Eugénie Le Sommer sera en Angleterre en 2021 mais sans doute pas à Paris en 2024 contrairement à Kadidiatou Diani, Delphine Cascarino et espérons-le Marie-Antoinette Katoto. Amel Majri postule actuellement non seulement pour le côté gauche mais aussi pour un éventuel poste plus axial. Elle aussi peut envisager de continuer jusqu’en 2024.

La présence de Gaëtane Thiney, Viviane Asseyi et de Valérie Gauvin à l’Euro est probable mais elles sont en première ligne face à la concurrence qui arrive. Celle d’Émelyne Laurent bien sûr qui était au mondial mais visera à monter dans la hiérarchie mais aussi celle de la jeunesse qui monte menée par Melvine Malard, Naomie Feller et plus tard par Vicky Becho qui n’aura pas 21 ans aux Jeux Olympiques.

Mais la porte semble fermée pour Clarisse Le Bihan qui plane avec Montpellier mais dont la carrière en bleu n’aura pas coïncidé avec son meilleur niveau. Des joueuses déjà appelées comme Clara Matéo ou Ouleymata Sarr pourraient aussi revenir.

Euro 2021 : Eugénie Le Sommer, Amel Majri, Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto, Delphine Cascarino, Valérie Gauvin, Viviane Asseyi, Clara Matéo

JO 2024 : Amel Majri, Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto, Delphine Cascarino, Clara Matéo, Vicky Becho + Naomie Feller

Justine Lerond

Justine Lerond



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