Ni buts ni soumises » La saison d’après

« Les championnes d’Europe à l’assaut du monde

Direction Paris, via l’Angleterre »

La saison d’après

La D1 reprend après les fastes de la Coupe du monde. L’influence de celle-ci sur celle-là se mesurera avec le temps.

Lyon sera champion devant le PSG, Bordeaux se mêlera à la lutte pour le podium avec Montpellier et le Paris FC et les sept autres équipes tenteront de garder leur place dans l’élite.

Même si cela va décevoir ceux qui pensaient que les 50 000 spectateurs du Parc OL pour la finale de la Coupe du monde allaient se retrouver autour des terrains de D11, le championnat se jouera encore cette saison devant des affluences beaucoup plus confidentielles. L’évolution se comptera dans le meilleur des cas en centaines de spectateurs. De toutes façons, les clubs n’ont pour la plupart pas les infrastructures adaptées à des affluences nettement supérieures.

Les évolutions se font donc petit à petit et le chemin parcouru depuis une dizaine d’année est déjà important et l’été dernier n’est qu’un pas de plus, certes important. Désormais tous les matchs sont télévisés2 là où il y a trois ans la FFF en était presque à chercher si quelqu’un dans le public avait filmé les buts avec son téléphone pour fabriquer les résumés de certains matchs. Cette saison, le diffuseur annonce un plus grand nombre d’affiche sur sa chaîne premium (quand le Top 14 de rugby fera relâche) mais sacrifie le multiplexe de D1 sur l’autel du retour de la Premier League.

Morgane Nicoli

Morgane Nicoli

Le lancement de la D1 a fait l’objet de deux doubles pages consécutives dans L’Équipe et de quatre pages dans France Football là où il fallait une loupe il y a quelques saisons pour trouver les résultats de la D1 entre ceux des U19 régionaux et ceux du championnat du Kazakhstan.

Bref si la médiatisation de la D1 est encore loin de celle de la L1 masculine, elle semble désormais équivalente ou supérieure aux championnats d’autres sports comme le basket ou le handball, masculins ou féminins3.

L’affluence moyenne était de 900 la saison dernière, l’objectif de dépasser les mille spectateurs par match semble réalisable même s’il cachera une grande disparité entre des clubs comme Lyon et le PSG capable de dépasser systématiquement ce seuil et ponctuellement de le multiplier par dix ou vingt pour de grosses affiches et d’autres qui peineront toute la saison à attirer plus de 300 spectateurs. Mais il y a moins de dix ans, ce millier de spectateurs était un maximum atteint une fois tous les trois ou quatre ans.

À moitié synthétique

Au rayon des infrastructures, dix équipes sur douze étant affiliées à des clubs professionnels masculins, elles bénéficient de leurs installations et jouent souvent sur la même pelouse que le centre de formation des garçons.

Le terme pelouse est d’ailleurs légèrement impropre. Ironiquement, quatre ans après le tollé de la Coupe du monde au Canada et juste après l’édition française jouée intégralement sur herbe, la moitié des équipes de D1 recevra cette saison sur un terrain synthétique : à Dijon, Guingamp et Metz viennent s’ajouter les deux promus, Marseille et Reims ainsi que le PSG puisque la pelouse du stade Jean-Bouin est désormais synthétique.

Jessy Danielle Roux

Jessy Danielle Roux

Parmi les évolutions de l’année, la D1 est désormais sponsorisée par une entreprise chimique, ce qui va permettre à chaque club de toucher 80 000 euros. Cette somme sera assez dérisoire pour les plus gros clubs comme le PSG ou Lyon mais sera importante pour les autres, particulièrement pour Soyaux et Fleury qui ne peuvent s’appuyer sur un club professionnel.

Autre changement, les feuilles de matchs peuvent désormais contenir 18 noms, donc sept remplaçantes. Cela va certainement aider les clubs les plus riches qui auront deux joueuses de moins à laisser en tribune mais cela va accentuer l’écart avec les autres qui avaient quelque fois déjà du mal à aligner 16 noms. Lors de la première journée, Metz est la seule équipe en déplacement à avoir réussi à remplir sa feuille. Soyaux est venu à Paris avec 16 joueuses et Fleury à Bordeaux avec 15. Le club floriacumois ne dispose de toute façon pour le moment que de 17 joueuses dans son effectif.

À moitié en lutte pour le maintien

Le plateau réunit désormais 10 clubs professionnels, Rodez4 et Lille ayant été remplacés par Reims et Marseille, deux clubs ayant participé aux débuts de la D1 dans les années 70 avant d’abandonner leur équipe féminine et de la recréer il y a moins de dix ans.

Comme d’habitude, le suspense se situera plutôt en bas de classement où la moitié des équipes cherchera principalement à éviter la relégation. Devant, Lyon sera champion sauf cataclysme et le PSG prendra la deuxième place qualificative pour l’Europe. Le discours sur le resserrement en haut n’est qu’une fable marketing, la structure du championnat fait qu’une équipe comme le PSG gagne en général à peu près tout sauf ses matchs contre Lyon et reste donc mathématiquement dans la course jusqu’au match retour.

Sara Däbritz

Sara Däbritz

Le PSG ne se rapproche pas parce qu’en 2015, il avait déjà dû attendre l’antépénultième journée pour être décroché (certes c’était en février à cause d’un calendrier baroque). Peut-être que cette année, les Parisiennes arriveront à accrocher les Lyonnaises sur l’ensemble de la confrontation aller-retour, comme elles l’avaient fait en Coupe d’Europe en 2014 mais elles ne semblent pas particulièrement plus proche qu’avant de le faire.

Déjà quatrième l’an dernier, Bordeaux semble faire le nécessaire pour transformer durablement le quatuor de tête en quintet et la troisième place sur le podium sera disputée avec Montpellier et le Paris FC.

La lutte pour le maintien est beaucoup plus indécise entre Metz et Dijon qui étaient en difficulté la saison dernière, Soyaux et Fleury qui n’ont pas le soutien d’un club professionnel, Reims et Marseille qui (re)découvrent la D1 et Guingamp qui doit reconstruire toute sa défense et qui repart avec une équipe très jeune. Sur le papier, personne ne part perdant à coup sûr. La progression de la D1 se fait par le bas.

Les équipes

Bordeaux

Quatrième la saison dernière, les Girondines de Bordeaux n’entendent pas se reposer sur leurs lauriers. L’entraîneur Jérôme Daubat, deux fois désigné meilleur entraîneur de D1 n’a pas été conservé au terme de son contrat et il est remplacé par l’Espagnol Pedro Martinez Losa, trois fois champion d’Espagne avec le Rayo Vallecano et vainqueur d’un FA Cup et d’une Coupe de la Ligue anglaise avec Arsenal.

Le club a envoyé Solène Barbance, Rose Lavaud et Carol Rodrigues à Dijon et fait venir Estelle Cascarino, Charlotte Bilbault et Inès Jaurena du Paris FC. Mais il a surtout conservé Claire Lavogez et recruté la Jamaïcaine Khadija Shaw.

Il ne reste plus grand-chose de Blanquefort et à peine plus de la première saison des Girondines en D1 : si les recrues de l’époque Ghoutia Karchouni et Delphine Chatelin devraient se faire une place, la saison pourrait être plus difficile pour les historiques Andrea Lardez et Sophie Istillart qui ont toutefois prolongé leur contrat cet été.

Bordeaux vise ouvertement le podium, sans doute pour se mêler à court terme à la lutte pour l’Europe.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

Dijon

Pour sa deuxième saison dans l’élite, Dijon a globalement conservé son équipe type et laissé partir des remplaçantes pour attirer des titulaires en puissance.
Kenza Dali est partie à West Ham et Lindsey Thomas est retournée à Montpellier d’où elle a été transférée à l’AS Rome. Coline Gouineau et Lalia Dali-Storti qui avaient beaucoup joué en début de saison mais avaient perdu leur place ont également quitté le club tout comme Allison Blais, Fatoumata Baldé, Agathe Maetz et Laura Magnin-Feysot qui avaient assez peu joué.

Afin de se stabiliser en D1, Dijon a établi un pont avec Bordeaux et fait venir Rose Lavaud, Solène Barbance et Carol Rodrigues. Lena Goetsch, Pauline Dechilly et Océane Daniel arrivent pour densifier le secteur défensif, seule la première n’ayant pas d’expérience de la D1.

Mais la question de l’expérience ne se pose pas à Dijon dont tout l’effectif est rompu aux joutes de l’élite et qui compte dans ses rangs Élise Bussaglia pour la dernière saison de sa carrière. Sur le papier, Dijon est sans doute l’équipe qui a le plus d’atout parmi celles qui joueront le championnat du bas.

L’équipe de la première journée :

Pronostic: entre 6e et 12e

Fleury

Fleury est avec Soyaux l’une des deux équipes de D1 qui n’est pas adossée à un club professionnel, les masculins évoluant en National 2. Mais il procède comme les clubs professionnels avec des recrutements de haut niveau. Attendu que Julie Rabanne et Céline Chatelain sont parties pour faire de la figuration cette saison, il ne reste guère que Charlotte Fernandes de l’équipe montée en D1 sous le nom de Val-d’Orge.

Comme c’est souvent le cas avec les Nord-Américaines qui viennent faire un passage en D1 mais restent rarement très longtemps, les Canadiennes Mélissa Roy, Alexandria Lamontagne et Madeline Bauer sont reparties. La capitaine et internationale Maéva Clémaron est allée tenter sa chance outre-Manche à Everton et Marie-Charlotte Léger est retournée à Montpellier. Les autres départs concernent des joueuses en manque de temps de jeu.

Avec onze départs, il était nécessaire de recruter pour pouvoir aligner onze noms sur une feuille de match. Le FCF91 a pioché chez la concurrence : Falonne Tchéno arrive de Guingamp, Hannah Diaz et Marine Dafeur de Lille, Laetitia Philippe de Rodez et Marina Makanza du Paris FC. Et il a activé une filière danoise en engageant les trois internationales Rikke Sevecke, Cecilie Sandvej et Stine Larsen.

Mais cela ne fait encore que 17 joueuses sous contrat, ce qui ne suffit même plus à remplir une feuille de match, d’autant que le club ne semble pas avoir de jeune joueuse qui frappe à la porte. Il pourrait toutefois y avoir d’autres arrivées.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Guingamp

Guingamp était – derrière Lyon et à égalité avec le PSG et Montpellier – l’équipe la plus représentée parmi les 23 Bleues lors de la Coupe du monde même si aucune de ses trois joueuses n’a foulé la pelouse durant la compétition. À la reprise, seule Solène Durand est encore au club, Julie Debever est partie à l’Inter Milan et Émelyne Laurent est retournée à Lyon. L’EAG a également perdu plusieurs de ses internationales. Léa Le Garrec a signé à Brighton, Charlotte Lorgeré à Metz et Falonne Tchéno à Fleury.

En ajoutant les départs d’Élodie Dinglor et de Maëvanne Drozo, c’est toute la défense qui est à reconstruire. Et la nouvelle capitaine Desire Opranozie restait la seule joueuse de l’effectif âgée de plus de 25 ans5.

Comme d’habitude, Guingamp va promouvoir ses jeunes joueuses comme Nolwenn Cheval, Emmy Jézéquel, Margaux Le Mouël, Juliette Merle ou Dialamba Diaby dans un effectif où Ella Palis et Adélie Fourré font déjà figure de cadre.

Et pour éviter une défense où seule Fanny Hoarau aurait plus de vingt ans, l’EAG a recruté la Lilloise Héloïse Mansuy et la Danoise Luna Gevitz en provenance du Fortuna Hjørring mais passée brièvement par Montpellier en 2013.

La Camerounaise Jeannette Yango, titulaire lors de tous les matchs de la Coupe du monde arrive également en provenance des voisines de Saint-Malo. Mais elle a surtout baroudé depuis dix ans en passant par la Serbie et la Pologne, par Potsdam avec qui elle a été vice-championne d’Allemagne puis par toute une série de club française, Rouen, Brest et Yzeure avec qui elle a joué une saison complète de D1 en 2013-2014.

Au total, Guingamp possède un effectif jeune et talentueux mais dont on ne sait pas encore comme il résistera dans les moments difficiles.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Lyon

Difficile d’imaginer que cette saison sera celle de la chute de l’OL en D1. La plus grosse évolution concerne le staff qui a été totalement renouvelé, Jean-Luc Vasseur succédant à Reynald Pedros avec l’étiquette « d’ancien entraîneur de Ligue 1 ». La plus-value de l’ancien joueur de Nantes durant deux ans ne semble pas justifier qu’on s’inquiète pour son successeur.

D’autant que l’effectif lyonnais ne semble pas avoir jamais été aussi riche. La seule perte est celle de Jessica Fishlock, retournée à Seattle puisque Carolin Simon n’a jamais convaincu et a été remplacée par l’internationale anglaise Alex Greenwood et que personne ne sait au juste ce qu’était venue faire Sole Jaimes qui aurait sans doute eu du mal à être titulaire dans n’importe quel club de D1. Enfin, Jessy Danielle Roux a été prêtée à Reims où elle pourra engranger nettement plus d’expérience qu’à Lyon où elle était le cinquième choix sur l’aile droite.

Mais non content d’avoir conservé tout son effectif, l’OL a recruté cinq joueuses, presque toutes internationales, en plus du retour de prêt d’Émelyne Laurent. Nikita Parris a été la première recrue à un poste où jouent déjà Delphine Cascarino et Shanice van de Sanden. Elle complète la colonie anglaise avec Alex Greenwood arrivée cet été et Lucy Bronze et Izzy Christiansen déjà au club.

La Belge Janice Cayman, passée par Juvisy et Montpellier arrive comme doublure de Lucy Bronze alors que la Portugaise de Levante Jéssica Silva vient gonfler un secteur offensif où il n’y avait déjà pas de place pour tout le monde. Enfin la jeune gardienne finlandaise Katriina Talaslahti a été chipée au Bayern mais son heure n’est sans doute pas pour cette saison.

Lyon possède donc vingt internationales A en activité6 soit de quoi aligner deux équipes. Mais il compte aussi dans ses rangs quatre joueuses championnes d’Europe M-19 cet été, Selma Bacha, Manon Revelli, Lorena Azzaro et Melvine Malard, mais aussi Éva Kouache et Grace Kazadi qui ne faisaient pas parti du groupe lors de la phase finale en Écosse mais qui avaient participé au tour précédent au pays basque. Une telle escouade d’internationales des moins de 19 ans ferait rêver à peu près tous les clubs de D1 mais il est à craindre que seule Selma Bacha puisse jouer un peu cette saison.

Comme d’habitude, l’enjeu de la saison lyonnaise se résumera à quelques matchs contre le PSG et à la Coupe d’Europe. Et pour Jean-Luc Vasseur, la question principale sera l’utilisation optimale de l’ensemble de ses troupes, qui pose souvent problème aux entraîneurs lyonnais lors de leur première saison, le temps de comprendre qu’une rotation importante n’empêche pas de remporter largement la plupart des matchs.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : 1er

Marseille

Difficile de savoir quel Marseille on verra en D1 cette saison. Cela fait trois saisons que cette équipe déjoue tous les pronostics. Après une brillante quatrième place pour sa première année dans l’élite, elle avait ensuite fini bonne dernière quand on pensait qu’elle allait capitaliser sur ses succès. Et l’an dernier avec un effectif amputé de la plupart de ses titulaires (Kelly Gadéa, Maëlle Lakrar, Anaïs M’Bassidjé, Viviane Asseyi, Fanndís Friðriksdóttir, Hawa Cissoko, Marie-Yasmine Alidou) et seulement renforcé par Marine Coudon, Éva Sumo et Maéva Salomon, l’équipe de Christophe Parra a réussi à remporter le groupe B de D2 en remportant de haute lutte son duel contre Saint-Étienne.

Désormais pensionnaire d’installations de qualité au stade Paul-Le-Cesne, Marseille s’est mis dans les conditions pour viser le maintien. Avec Blandine Joly, Sarah Palacin et Nadjma Ali Nadjim, il a recruté des joueuses revanchardes après une saison passée en grande partie sur le banc de Fleury. Enfin Candice Gherbi, devancée pour la montée dans le Forez retrouve la D1 au bord de la Méditerranée.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Metz

Sauvées sur le fil la saison dernière après un départ catastrophique, les Messines vont jouer une deuxième saison de rang en D1 à leur troisième tentative. Elles abordent cette année privée de leurs deux joueuses les plus expérimentées. La Brésilienne Simone Jatoba et la Française Marie-Laure Delie ont quitté le club, l’une pour la retraite et l’autre pour Madrid. Pour les remplacer, le club a misé sur la Guingampaise Charlotte Lorgeré, brièvement appelée par Corinne Diacre et actuellement blessée et sur l’internationale turque d’origine allemande Melike Pekel qui avait suffisamment brillé lors de son premier passage par la Lorraine pour être recrutée par le PSG.

Une page se tourne également avec les départs d’Adeline Janela, Pauline Dechilly, Selen Altunkulak et surtout de Léa Khelifi, partie au PSG juste avant d’être appelée en équipe de France.

Ce qui n’empêche pas le FC Metz de miser sur sa jeunesse avec au premier rang la gardienne Justine Lerond, championne d’Europe M-19 cet été et elle aussi appelée par Corinne Diacre, mais aussi avec Hélène Fercocq, Christy Gavory et Amélie Delabre, remarquées l’an dernier à la Coupe du monde M-20 et qui restent à Metz cette saison.

Pour compenser la petite dizaine de départs, le club a activé la filière universitaire nord-américaine en attirant deux Américaines Sh’Nia Gordon et Kristen Ricks ainsi que l’Écossaise Christy Grimshaw.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Montpellier

Changement d’époque à Montpellier : Frédéric Mendy succède à Jean-Louis Saez sur le banc et la colonie suédoise a quitté le club marquant symboliquement ce changement de génération.

Stina Blackstenius était partie dès le mois de janvier, et cet été Linda Sembrant a rejoint la Juventus alors que Sofia Jakobsson est allé renforcer le futur Real Madrid. En ajoutant le départ cet hiver de la Danoise Katrine Veje et à l’intersaison de l’Américaine Casey Murphy, de l’Espagnole Virginia Torrecilla et de la Belge Janice Cayman, Montpellier repart principalement avec ses joueuses françaises et la vice-championne du monde Anouk Dekker.

Pour compléter son effectif, l’équipe héraultaise est allé chercher de l’expérience en Bundesliga avec deux internationales allemandes, la gardienne Lisa Schmitz et l’attaquante Lena Petermann, ainsi que la milieu croate Iva Landeka, passée par l’Allemagne mais qui arrive de Rosengård. Mais il a surtout rajeuni son effectif avec des espoirs françaises, en commençant par le retour de Morgane Nicoli et Marie-Charlotte Léger respectivement prêtées à Lille et Fleury l’an dernier et par le recrutement de la défenseuse Élisa De Almeida du Paris FC, nouvellement appelée chez les Bleues.

La composition alignée lors de la première journée ne comptait ainsi que trois joueuses étrangères au coup d’envoi, loin des standards des dernières années. La défense était composée de Marion Torrent, Élisa De Almeida, Morgane Nicoli et Sakina Karchaoui alors que les championnes d’Europe M-19 Maëlle Lakrar et Lisa Martinez ainsi que Marion Romanelli postuleront pour les prochaines journées.

Au milieu, Sandie Toletti va tenter de reprendre le fil de sa progression et devant outre Valérie Gauvin, Clarisse Le Bihan semble partie pour être la patronne de la division offensive. Sur le papier, l’escouade composée de jeunes françaises épaulées par quelques internationales étrangères est séduisante. Cela sera sans doute un peu léger pour rivaliser avec Lyon ou le PSG mais la troisième marche du podium sera comme d’habitude dans le viseur.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

Paris FC

Traditionnelle place forte de la D1 à l’époque de Juvisy, le Paris FC semble rétrograder un peu plus chaque année. Devancé par Monptellier et Bordeaux l’an dernier, le club a aussi vu trois de ses titulaires rejoindre la Gironde, et sa jeune défenseuse Élisa De Almeida rejoindre l’Hérault, renforçant ainsi ses deux principaux concurrents.

Deux des étrangères recrutées la saison dernière, Rebecca Quinn et Michaela Abam sont aussi reparties sans avoir vraiment convaincu. Avec les départs de la gardienne Karima Benameur et de l’attaquante Marina Makanza, c’est quasiment une moitié d’effectif qu’il a fallu reconstruire.

Le PFC a comme souvent regardé dans les autres clubs de banlieue en attirant Celya Barclais et Cindy Ferreira de la VGA Saint-Maur mais il a aussi cherché à l’étranger en recrutant les Suissesses Natascha Honegger et Coumba Sow et les Allemandes Marith Müller-Prießen et Claire Savin.

Ce recrutement semble taillé pour les joutes de la D1 mais sera sans doute un peu limité qualitativement pour viser le podium sans une grande force collective. Mais il devrait permettre de laisser de la place à la jeune garde déjà aperçue l’an dernier avec la championne d’Europe M-19 Oriane Jean-François mais aussi Caroline Pimentel et Mélanie Carvalho.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 3e et 5e

PSG

Comme chaque année, on annonce que l’écart se réduit entre le PSG et l’OL même si cela ne semble pas fondé sur grand-chose. L’an dernier, l’équipe parisienne a été dans le coup jusqu’à trois journées de la fin mais cela n’a tenu qu’à la date du match retour entre les deux équipes.

En annonçant qu’il veut remporter des titres, Olivier Echouafni est bien conscient de l’avance de ses concurrentes mais il sait aussi que son équipe est capable de remporter à peu près tous les autres matchs en France et que tout devrait se jouer comme d’habitude lors des confrontations directes donc sur un match ou deux, circonstances où les Parisiennes ont déjà battu les Lyonnaises.

Pour arriver à ses fins, le PSG reste sur sa stratégie de bâtir sur un noyau de jeunes joueuses françaises dont beaucoup sont formées au club comme Marie-Antoinette Katoto, Grace Geyoro et Perle Morroni et qu’il entoure d’internationales venues d’horizons variés avec une grande stabilité des titulaires et une forte rotation des remplaçantes.

Les gardiennes Christiane Endler et Katarzyna Kiedrzynek, la nouvelle capitaine Irene Paredes, la légende brésilienne Formiga et l’attaquante danoise Nadia Nadim sont toujours là mais le club a laissé partir la Chinoise Wang Shuang qui avait plafonné après des débuts convaincants, ainsi que les joueuses de complément qu’étaient Charlotte Voll, Davinia Vanmechelen, Dainane, Emma Berglund et Andrine Hegerberg7.

Tout comme Kadidiatou Diani et Aminata Diallo étaient arrivées pour compléter la partie « jeunes françaises » de l’effectif, c’est cette année la Messine Léa Khelifi qui est arrivée, avec comme résultat immédiat d’être appelée par Corinne Diacre. Lina Boussaha, prêtée l’an dernier à Lille revient dans l’effectif contrairement à Anissa Lahmari qui reste à Soyaux.

La partie internationale du recrutement est de haut niveau avec l’arrivée d’une des meilleures joueuses allemandes Sara Däbritz, de la Norvégienne Karina Sævik et de la star annoncée du football canadien Jordyn Huitema qui aura fort à faire pour déloger Marie-Antoinette Katoto si Olivier Echouafni ne trouve pas un système pour les faire cohabiter.

Ainsi bâti, le PSG est prêt à affronter toutes les compétitions avec un espoir raisonnable de les remporter même s’il faudra pour cela réaliser un ou deux exploits.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : 2e

Reims

Vainqueur des trois premiers championnats de D1 de 1975 à 1977 et toujours finaliste jusqu’en 1982, le temps d’ajouter deux autres titres, le Stade de Reims reste le quatrième club le plus titré, devancé dans les années 80 par la VGA Saint-Maur et plus récemment dans les années 2000 par Juvisy et Lyon. Mais victime du déclin de l’équipe masculine, elle disparaît lors de la liquidation judiciaire du club en 1992 pour ne réapparaître qu’en 2014 et monter les marches quatre à quatre pour accéder à l’élite cette saison.

L’entraîneuse rémoise Amandine Miquel dispose d’un effectif assez jeune et globalement peu expérimenté : au coup d’envoi du premier match de la saison, seule Rachel Corboz arrivée cet été de Fleury connaissait la D1 (19 matchs dont 10 comme titulaire l’an dernier), même si Giorgia Spinelli a aussi joué dans l’élite italienne avec l’Atalanta et l’Inter et Melissa Herrera est internationale costaricienne.

Toutefois, d’autres joueuses du club ont une expérience de la D1, Charlotte Blanchard et Gwenaëlle Devleesschauer avec Hénin-Beaumont, Lisa Fragoli avec Arras et La Roche-sur-Yon, Mélissa Gomes avec Juvisy et surtout Saint-Maur, voire Chloé Pierel pour un match avec Juvisy.

Globalement, c’est l’équipe championne de D2 qui a commencé la saison, renforcée seulement par Rachel Corboz et Jessy Danielle Roux, prêtée par Lyon. Ce que l’équipe y perd en expérience, elle le gagne en cohésion. Les Rémoises comptent s’en sortir en jouant, le projet est ambitieux.

L’attaque peut être explosive avec Noémie Feller (championne d’Europe M-19 cet été avec Chloé Philippe), Melissa Herrera et Jessy Danielle Roux.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Soyaux

L’ASJ Soyaux reste un club singulier dans cette D1 même s’il cherche à se normaliser puisqu’il ne compte à peu près plus que des joueuses professionnelles. La grande affaire annoncée de l’intersaison était la fusion avec le club masculin d’Angoulême-Charente FC mais elle a capoté au dernier moment. Soyaux reste donc Soyaux même s’il devrait jouer cette saison au stade Camille-Lebon d’Angoulême plutôt que dans son stade Léo-Lagrange.

Face à l’armada des clubs professionnels, l’équipe charentaise ne peut opposer que la qualité de son travail et profitera encore cette saison de disposer avec Sébastien Joseph sans doute du meilleur entraîneur du plateau. Il n’y a pas de star à Soyaux et à part un bref rappel d’Hawa Cissoko en février, aucune joueuse sojaldicienne n’est dans le viseur de Corinne Diacre qui est pourtant bien placée pour les connaître.

L’évolution de l’effectif à l’intersaison a été réduite au plus strict minimum : Pamela Babinga est partie à Saint-Malo, remplacée par Kimberley Cazeau qui va tenter d’éviter une troisième relégation consécutive après celles d’Albi et de Rodez. Sinon le principal recrutement est sans doute d’avoir réussi à conserver Anissa Lahmari, prêtée par le PSG l’an dernier. Et signe que le club ne peut pas s’aligner avec la force de frappes des clubs professionnels et doit regarder ailleurs, il a fait signer Sarah Magnier, longuement passée par les divisions inférieures et qui arrive de Limoges.

L’équipe de la première journée :

Pronostic : entre 6e et 12e

Kimberley Cazeau

Kimberley Cazeau



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