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Coupe du monde 2019 – Quarts de finale – Les Bleues hors course

L’équipe de France ne sera pas dans le dernier carré de sa Coupe du monde à domicile, victime des États-Unis, du comité d’organisation et de ses propres insuffisances. Comme prévu, les tenantes du titre américaines affronteront en demi-finale l’Angleterre qui a vaincu sans coup férir la Norvège.

L’affiche de l’autre demi-finale sera plus inattendue. Elle opposera les championnes d’Europe néerlandaises à la Suède qui a pris une revanche sur l’Allemagne qui lui a si souvent barré la route du titre en compétition internationale.

Comme c’était redouté depuis le tirage au sort, l’équipe de France a eu affaire à trop forte partie contre les Américaines, numéro 1 mondiales et tenantes du titre. Le match a été enlevé et les Bleues auraient pu obtenir mieux mais dans l’ensemble la qualification des coéquipières de Megan Rapinoe est simplement conforme au rapport de force entre les deux équipes.

Maintenant que le match est joué, l’interrogation subsiste : comment le comité d’organisation a pu mettre en place un tableau qui permette ce genre d’opposition en quart de finale ? C’est un privilège classique du pays organisateur, il est dispensé de tirage au sort et se retrouve judicieusement placé dans le tableau. Cela permet en particulier de s’assurer qu’il jouera autant que possible dans des stades adaptés.

La formule à 24 équipes réparties en 6 groupes fait que mathématiquement, si les vainqueurs du premier tour passent le cap du huitième de finale1, deux seront opposés en quart de finale à une équipe ayant fini à un moins bon rang.

Cette fois, ce sont les vainqueurs des groupes B et D, respectivement l’Angleterre et l’Allemagne qui avaient cet avantage, le cas de la Mannschaft rappelant qu’il n’est pas absolu et qu’il ne dispense pas de gagner les matchs.

Amandine Henry et Samantha Mewis

Amandine Henry et Samantha Mewis

La France a été placée d’office dans le groupe A qui ne bénéficiait pas de ce chemin jonché de roses. Ou plutôt qui n’en a plus bénéficié après une correction du tableau intervenue la veille du tirage au sort. Cette correction – l’interversion des deux premiers du groupe F, donc finalement les États-Unis et la Suède – est tout à fait rationnelle puisque sans elle, le tableau était totalement déséquilibré avec quatre vainqueurs de groupe d’un côté et seulement deux de l’autre, côté France.

La question qui se pose est de savoir si l’organisation française a simplement complètement ignoré le problème, si « l’erreur » n’en était pas une et visait à faciliter le parcours des Bleues mais a été éventée ou s’il s’agissait réellement d’une erreur qui a fait croire que le tableau de l’équipe de France était idéal.

Dans tous les cas, la responsabilité de l’organisation est patente, soit par ignorance, soit pour ne pas avoir su faire un tableau raisonnable pour l’équipe à domicile, ce qui était faisable très simplement en reproduisant celui de l’édition précédente.

A posteriori, on mesure le poids de ce défaut d’organisation. Non seulement cette défaite en quart de finale accrédite l’idée d’une stagnation et d’un plafond de verre alors que la même défaite un ou deux tours plus tard n’aurait pas eu cette image, mais elle barre aussi aux Bleues la route vers les Jeux Olympiques de Tokyo.

Bien sûr, le tableau ne fait pas tout et les Bleues ont déjà eu l’occasion (souvent à l’Euro) de disposer de tableaux favorables et se sont pris les pieds dans le tapis. La défaite contre les Américaines est comparable avec celles de 2015 contre les Allemandes, elle ne l’est certainement pas avec celle du dernier Euro où les Françaises n’arrivaient pas lestées de quatre victoires lors des matchs précédents.

Les demi-finales à Lyon

L’affiche des demi-finales opposera donc l’Angleterre aux États-Unis et les Pays-Bas à la Suède. La première était attendue2, la seconde beaucoup moins : les Pays-Bas sont champions d’Europe et leur présence dans le dernier carré n’est pas une vraie surprise mais il s’agit de leur première apparition à ce niveau. Au contraire, la Suède est habitué des derniers tours mais a fini deuxième de son groupe – derrière les États-Unis – et a dû ensuite éliminer deux équipes mieux classées, le Canada et surtout l’Allemagne.

Les demi-finales et la finale auront pour cadre le Stade de Lyon, nom donné au stade de l’Olympique lyonnais durant la Coupe du monde, la Fifa n’acceptant pas que les enceintes de sa compétition portent des noms de marques commerciales, surtout s’il ne s’agit pas de ses propres sponsors.

Lucy Bronze et Shanice van de Sanden y seront évidemment en terrain de connaissance comme joueuses lyonnaises. D’anciennes lyonnaises passées suffisamment récemment ont aussi pu jouer à Décines, Alex Morgan et Caroline Seger. En revanche, Morgan Brian n’a fait que s’asseoir sur le banc une fois lors d’un quart de finale contre Barcelone.

Mais beaucoup d’autres joueuses connaissent aussi ce terrain pour l’avoir fréquenté comme visiteuses. Lucy Bronze et Caroline Seger sont d’abord venu avec un maillot adverse, respectivement celui de Manchester City et du PSG.

Avec les affrontements récents entre Lyon et des équipes anglaises, Manchester City et Chelsea, plus de la moitié de la sélection de Phil Neville est déjà venue : Millie Bright, Karen Carney et Fran Kirby cette saison avec Chelsea, Karen Bardsley, Abbie McManus, Steph Houghton, Demi Stokes, Keira Walsh, Jill Scott, Nikita Parris, Georgia Stanway et Toni Duggan avec Manchester City. Cette dernière est ensuite revenue avec Barcelone. Ainsi dix des onze titulaires du quart de finale contre la Norvège ont déjà joué au Stade de Lyon, seule Ellen White ne le connaissant pas encore.

On peut également ajouter à liste Mary Earps venue comme gardienne remplaçante de Wolfsbourg et qui est la seule anglaise qui n’a pas joué lors de cette Coupe du monde.

La Suède pourrait être presque autant en terrain de connaissance mais Montpellier n’ayant pas le lustre du PSG, Linda Sembrant, Sofia Jakobsson et Stina Blackstenius n’ont jamais eu les honneurs du grand stade et ont dû se contenter du centre d’entraînement tout à côté pour affronter l’OL. Néanmoins six de leurs compatriotes sont déjà venues. Caroline Seger donc comme adversaire puis comme hôte, Nilla Fischer avec Wolfsbourg, Kosovare Asllani avec Manchester City (elle avait quitté le PSG avant l’ouverture du stade), Magdalena Eriksson, Jonna Andersson et Hedvig Lindahl avec Chelsea – la gardienne étant restée sur le banc – et Hanna Glas avec le PSG sans entrer en jeu non plus.

Enfin les deux autres équipes ont seulement eu quelques ambassadrices. Alex Morgan a affronté sa compatriote Carli Lloyd qui faisait de son côté un court passage à Manchester City, et Shanice van de Sanden a joué contre Lieke Martens et Barcelone. Loes Geurts est aussi venue avec le PSG mais elle était restée sur le banc comme elle le fera sans doute encore cette fois.

Tableau prévisionnel suivant le classement Fifa
NOR 1 NOR 0 ENG 42,6% USA 68,4%
AUS 1
ENG 3 ENG 3
CMR 0
FRA 2 FRA 1 USA 57,4%
BRA 1
ESP 1 USA 2
USA 2
ITA 2 ITA 0 NLD 50,7% NLD 31,6%
CHN 0
NLD 2 NLD 2
JPN 1
DEU 3 DEU 1 SWE 49,3%
NGA 0
SWE 1 SWE 2
CAN 0

Le dernier carré

Angleterre- États-Unis

La première demi-finale oppose les deux équipes qui ont le plus fait participer l’ensemble de leur banc. Toutes les Anglaises sauf la troisième gardienne Mary Earps ont joué, tout comme l’intégralité des joueuses de champ américaines. Dix-neuf Anglaises ont déjà été titularisées et dix-huit Américaines. Mais si Phil Neville a vraiment fait tourner durant toute la phase de groupe avec trois compositions assez différentes, Jill Ellis a plutôt aligné son équipe type contre la Thaïlande et la Suède et fait jouer une équipe bis contre le Chili. Six joueuses n’ont débuté que ce match alors que les cinq Anglaises qui n’ont commencé qu’un seul match sont réparties trois contre l’Argentine et deux contre le Japon.

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Kelley O'Harra, Lindsey Horan, Julie Ertz, Becky Sauerbrunn

Toutefois depuis le début de la phase éliminatoire, l’Anglais et l’Américaine ont resserré leur composition sur une équipe type. Le premier n’hésite qu’entre Demi Stokes et Alex Greenwood pour le poste d’arrière gauche et la seconde a reconduit contre la France les onze mêmes que contre l’Espagne même si on peut imaginer que Lindsey Horan qui avait débuté tous les matchs de poule pourrait frapper à la porte pour remplacer Julie Ertz (ou la pousser à l’arrière).

Après la France, l’Angleterre est la deuxième dernière équipe à avoir battu les États-Unis. On a vu quel profit cela avait fait aux Bleues. Les Anglaises semblent avoir nettement moins de talent dans les pieds mais en faire nettement meilleur usage que leurs voisines d’outre-Manche, ce qui pourrait leur permettre de déranger les championnes du monde. Mais les Américaines restent clairement favorites.

Pays-Bas- Suède

La Suède est le troisième pays à avoir utilisé le plus de joueuses alors que les Pays-Bas sont celui qui en a utilisé le moins. Pourtant la différence d’utilisation de l’effectif n’est pas aussi grande qu’elle en a l’air. Peter Gerhardsson a utilisé vingt joueuses et en a titularisé 18 mais ces chiffres sont biaisés par le match contre les États-Unis que les Suédoises ne voulaient pas vraiment gagner et où cinq joueuses ont connu leur seule titularisation. Neuf joueuses ont débuté tous les matchs sauf celui là et les deux autres joueuses de l’équipe-type ont démarré à chaque fois sauf contre la Thaïlande. Si le banc est impliqué, le onze-type est solidement installé.

Mais la suspension de Fridolina Rolfö pour deux cartons jaunes reçus contre le Canada et l’Allemagne va obliger son sélectionneur à trouver une autre solution. Cela devrait être Olivia Schough qui avait déjà occupé l’aile gauche lors du match contre l’Allemagne.

Elin Rubensson

Elin Rubensson

Sarina Wiegman n’a pas fait tourner son effectif, comme elle ne l’avait pas fait lors de l’Euro avec une certaine réussite. Neuf joueuses ont débuté à chaque match, Stefanie van der Gragt et Anouk Dekker se sont partagée un poste en défense centrale alors que Merel van Dongel a succédé à Kika van Es à gauche. En dehors de ces treize joueuses, les deux Bavaroises Jill Roord et Lineth Beerensteyn sont entrées à chaque match. Les autres regardent. Seule Renate Jansen a joué trois minutes contre le Canada.

Cette demi-finale pourrait être la revanche du quart de finale du dernier Euro où Lieke Martens et Vivianne Miedema avaient éliminé les partenaires de Caroline Seger.

[Édition du 30/6/2019 : ajout d'une précision concernant la suspension de Fridolina Rolfö]



2 commentaires pour “Coupe du monde 2019 – Quarts de finale – Les Bleues hors course”

  1. [Je crois que mon 1er post a échoué. Dans le doute...]
    Tout-à-fait d’accord sur ce très bon article, notamment l’organisation. Comment peut-on faire un quart avec le pays hôte(s’il termine 1er) contre un vainqueur de poule ? Le format habituel aurait dû voir la France rencontrer le vainqueur de Suède-Espagne et les États-Unis auraient dû rencontrer le Canda en 1/8 puis l’Allemagne en 1/4.
    Sinon, pour les 1/2, les Anglaises me paraissent plus solides que les Américaines et les Hollandaises sont irrégulières (malgré leurs 4 victoires) et ne profitent pas assez des bons appels de van de Donk.

  2. Thank you for the information, this is an amazingly interesting article, we were all really impressed with this

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